La présente invention concerne un procédé d'obtention d'une ma trière fibreuse convenant pour la fabrication de papier et de carton, ainsi que d'obtention de lignine, de xylose et/ou de furfural à partir de matières végétales. L'invention concerne de plus un procédé de fabrication de papier et de carton à partir d'une matiere fibreuse contenant de la cellulose, ainsi que le papier et le carton fabriqués à l'aide de ce procédé. La demande de brevet hollandais nO 243 781 mise à l'inspection Publique décrit un procédé de digestion de matières végétales contenant des fibres de cellulose et de la lignine par extraction à l'acide chlorhydrique. Les matières cellulosiques finement divisées, en particulier le bois, sont extraites avec de l'acide chlorhydrique à 30-35 % d une température comprise entre 15 et 30 OC, puis la cellolignine obtenue comme résidu est digérée de la manière habituelle pour donner une cellulose très pure. On peut soumettre par exemple la cellolignine à la digestion habituelle à l'aide de sulfite. Il n'est fait aucune mention concernant l'influence de la durée d'extraction à l'acide chlorhydrique.Selon l'Exemple I de la demande précitée, on traite 100 parties en poids de copeaux de bois de hêtre avec 2 000 parties en volume d'acide chlorhydrique à 32 % à une température de 20 OC pendant 8 heures. Selon l'Exemple Il de la demande précitée, on traite 100 parties en poids de copeaux de sapin argenté avec 2 000 parties en volume d'acide chlorhydrique à 35 % à une température de 20 OC pendant 4 heures. Ce procédé connu présente l'inconvénient que les autres composants de la matière de départ sont perdus en tant que produits de déchet.Ce procédé est non seulement peu économique du fait qu'on ne peut obtenir la totalité des produits intéressants ou de leurs produits de transformation, mais, de plus, l'eau résiduaire est fortement polluée par la matière organique, la purification de cette eau, essentielle pour la protection de l'envi- ronnement, augmentant les frais engagés. Le brevet des E.U.A. nO 3 251 716 décrit un procédé d'hydrolyse des matières lignocellulosiques avec de l'acide chlorhydrique concentré. Ce procédé vise la préparation de sucres et, selon ce procédé, la lignine s'obtient sous forme de résidu et l'acide chlorhydri qhe est récupéré. On peut utiliser comme matière de départ de la balle d'avoine, des épis de mavs et de la bagasse, mais on préfère surtout le bois provenant de toutes les espèces d'arbres. Bien que ces matières contiennent des fibres cellulosiques, celles-ci ne sont pas produites par le procédé décrit mais se décomposent en sucres. On réalise l'hydrolyse à la pression atmosphérique à une température comprise entre 15 et 32 OC. Un inconvénient d'ordre économique que présentent ces procédés connus réside dans le fait que la digestion s'effectue dans un bain de liquide, à la suite de quoi, au cours de la séparation de la masse fibreuse digérée du bain liquide, une grande quantité de liquide du bain (environ 65 %) est retenue par la masse fibreuse. En conséquence, cette grande quantité de liquide du bain renferme beaucoup d'acide chlorhydrique dissous dont on doit séparer et récupérer le gaz chlorhydrique. Etant donné que le gaz chlorhydrique engendre une forte chaleur positive de dissolution lorsqu'il est dissous dans l'eau, la séparation du gaz chlorhydrique et de l'eau nécessite beaucoup d'énergie thermique. Cette chaleur de dissolution s'élève à 500 kcal par Kg de gaz chlorhydrique.Ceci implique d'utiliser 10 000 kg de vapeur d'eau environ pour la récupération du gaz chlorhydrique utilisé pour la digestion de 1 000 kg de paille. Habituellement, les matières fibreuses cellulosiques sont les matières premières les plus largement utilisées dans la fabrication du papier et du carton. Pour préparer ces matières premières, on a recours en général à divers procédés de digestion de la matière cellulosique. Par digestion alcaline, on obtient, en plus de la masse fibreuse désirée, un filtrat, appelé liqueur noire, contenant des sucres (pentoses) et de la lignine. Bien qu'essentiel du point de vue de la protection de l'environnement, le traitement ultérieur de ce filtrat présente l'inconvénient de ne pas être économique. L'intérêt des produits obtenus n'est pas supérieur au prix du traitement du filtrait.Par digestion à l'aide de sulfite, on obtient, en plus des fibres désirées, un filtrat appelé liqueur sulfitique, à partir duquel on peut obtenir de l'acide lignosulfonique, mais le nombre des possibilités d'application n'est que limité. On ne peut obtenir de façon économique les sucres à partir du filtrat. En utilisant ces procédés de digestion, les eaux résiduaires sont fortement polluées. En conséquence, on a besoin d'un procédé de traitement complet des fibres cellulosiques et des matières végétales contenant de la lignine, grâce auquel il ne se produit que peu de déchets et on ob tient des fibres convenant à la fabrication du papier et du carton et de sous-produits intéressants. On a découvert un procédé qui satisfait ces critères et dans lequel on évite l'inconvénient d'ordre économique des procédés connus à savoir une grande consonation d'énergie thermique. Le procédé de la présente invention est caractérisé en ce qu'on fait agir un hydracite halogéné gazeux sur des résidus de plantes annuelles contenant des fibres cellulosiques de bois avec de l'hémicellulose et avec plus de 10 % en poids de lignine par rapport aux matières solides, à une température de 70 OC au maximum et en présence de 25 à 65 % en poids d'humidité par rapport à la matière humide, jus qutà ce que 50 à 75 % en poids de l'hémicellulose initialement présente dans la matière soient transformés en substances solubles, puis on lave à l'eau la masse fibreuse cellulosique et on la sèche si on le désire. Il est surprenant de constater que malgré l'action d'une solution d'hydracide halogéné, la masse fibreuse convient pour la fabrication de papier et de carton, car on sait que la cellulose est affectée par les acides minéraux forts en formant ce qu'on appelle l'hydrocellulose, à la suite de quoi les fibres sont affaiblies et le papier ainsi fabriqué est fragile. Contrairement au procédé décrit dans la demande de brevet hollandais nO 243 781, le procédé selon la présente invention permet d'obtenir de la lignine et de récupérer un filtrat contenant des pentoses après séparation de la lignine, filtrat à partir duquel on peut obtenir le xylose et le furfural. On utilise comme matière de départ dans le procédé de la présente invention, des résidus de plantes annuelles. On peut avoir recours à cet effet aux résidus de mais, à l'alfa, à la bagasse (canne à sucre pressée), au roseau, en particulier à la paille de céréales. Afin de ne pas altérer la pureté des produits obtenus, il est nécessaire d'éliminer la poussière, la saleté, le sable, les particules métalliques et autres impuretés de la matière de départ avant de la soumettre au traitement de digestion selon l'invention. Avant la purification, la matière peut être réduite en fragments, par exemple en la hachant. La matière peut également être mise sous forme de fibrilles, mais ceci n'est pas indispensable. Il s'est révélé nécessaire que la matière végétale devant être digérée sous l'action de l'hydracide halogéné gazeux contienne une certaine quantité d'humidité. Cette quantité doit être d'au moins 25 % en poids afin d'obtenir une action uniforme de l'hydracide halogéné. En fait, la teneur en humidité naturelle de la matière végétale séchée à l'air s'élève à environ 18 % en poids, si bien qu'il suffit d'ajouter une petite quantité d'eau pour ajuster la teneur en humidité minimale de 25 % en poids.La teneur en humidité de la matière végétale doit être de 65 % en poids au maximum car si la teneur en humidité est plus grande, on perd l'avantage économique du procédé selon l'invention, qui permet une moins grande dépense d'énergie pour la récupération de l'hydracide halogéné que lorsqu'on utilise un bain d'acide chlorhydrique. La PrÉsence d'eau provoque probablement le gonflement de la matière végétale, et par suite, ladite matière devient plus sensible à l'action de l'hydracide halogéné. En outre, l'eau est également nécessaire pour l'hydrolyse de la cellulose, de l'hémicellulose et d'autres polysaccharides et substances analogues présentes dans la matière végétale.Un avantage réel réside dans le fait que les hydracides halogénés ont une chaleur de dissolution positive si bien que lorsque l'hydracide halogéné vient au contact de l'humidité de la matière végétale, de la chaleur est en gendrée par suite de la dissolution de l'hydracide halogéné dans l'eau présente. Par conséquent, il n'est pas nécessaire d'appliquer de la chaleur dans le but de chauffer la masse à la température désirée. Si l'on n'ajoute que de l'eau à la matière végétale afin de porter sa teneur en humidité à la valeur désirée et que la matière végétale est mise au contact de l'hydracide halogéné, la quantité de chaleur engendrée est même supérieure A celle nécessaire pour obtenir la température nécessaire de réaction.En fait, cette température est de 70 OC au maximum du fait qu'à une température dépassant 70 OC, le furfural se forme prématurément à partir des pentosanes présents. De préférence, on utilise une température ne dépassant pas 50 OC. Il est difficilement possible d'établir une limite inférieure critique de température. La digestion se produit déjà également à la température ambiante mais, en pratique, la température est toujours supérieure par suite de la chaleur engendrée au cours de la dissolution de l'hy- dracide halogéné dans l'eau. Pour obtenir la digestion la plus homogène, le procédé est généralement mis en oeuvre à la saturation en hydracide halogéné de l'eau à une température de réaction déterminée. La concentration de saturation est d'autant plus forte que la température est plus basse. Pour éviter qu'une trop grande chaleur de dissolution soit engendrée et que la température de la masse réactionnelle n'augmente dans une trop grande mesure, la matière végétale est avantageusement humidifiée, non avec de l'eau mais avec une solution diluée d'hydracide halogéné dans l'eau, si bien qu'une moins grande quantité d'hydracide halogéné gazeux est nécessaire pour provoquer la concentration de saturation. De cette manière, la quantité de chaleur de réaction, engendrée est limitée et, en conséquence, également l'élévation de température de la masse réactionnelle.Grâce à la chaleur de dissolution des hydracides halogénés dans l'eau et à la quantité d'eau présente dans la solution diluée obtenue, on peut calculer la quantité de chaleur engendrée jusqu'a l'obtention d'une solution saturée ainsi que la température atteinte par la nasse réactionnelle. Inversement, on peut déterminer de cette manière la quantité de solution diluée d'hydracide halogéné dans l'eau et la quantité d' hydracide halogéné gazeux devant être fournis à une certaine quantité de matière végétale pour atteindre une certaine température de réaction désirée. Avec 11 élévation de la température, on exige une qualité supé- rieure du matériau de construction des appareils en ce qui concerne la rQsistance à une corrosion par une solution d'acide minéral fort. Corme indiqué précédenent, la teneur en humidité de la matière végétale doit être de 25-65 ffi en poids lorsqu'elle vient au contact de l'hydracide halogéné. De préférence, la teneur en humidité s'élève å 35-45 % en poids. Dans cette gamme, les conditions sont optimales pour une digestion uniforme de la matière végétale et pour l'é- nergie fournie en vue de la récupération de l'hydracide halogéné. Il ressort de ce qui précède que l'agent approprié agissant sur la matière végétale est une solution saturée d'hydracide halogéné dans l'eau. On a constaté d'une façon surprenante que sous l'action de l'hydracide halogéné gazeux, grâce auquel on produit en fait une solution aqueuse saturée, on effectue une digestion homogène même à une faible teneur en humidité du mélange réactionnel total bien que la répartition de l'humidité dans la matière végétale ne soit pas homogène. En ajoutant une solution saturée d'hydracide halogéné dans l'eau, il est impossible de réaliser au sein du mélange réactionnel une phase aqueuse saturée d'hydracide halogéné en raison du fait que la matière de départ contient par elle-même de l'humidité (au moins 15 % en poids).On a constaté que, dans ce cas, on ne peut obtenir de digestion homogène. Pour des raisons économiques et compte tenu du fait qu'il peut être aisément obtenu et manipulé, on préfère utiliser comme hydracide halogéné de l'acide chlorhydrique. Le temps nécessaire à la digestion de la matière végétale dépend de la température et de la concentration de l'hydracide halogéné dans l'eau présente, déterminée par cette température ainsi que de la nature de la matière et du degré désiré de digestion de ladite matière. Le critère de détermination du degré de digestion est le pourcentage dthémicellulose initialement présent dans la matière qui a été convertie en substances solubles. Pour obtenir les meilleurs résultats, ce pourcentage doit être de 50 à 75 96 en poids.Si moins de 50 % en poids de l'hémicellulose initialement présente sont convertis, les fibres obtenues, lors de leur raffinage pour la fabrication de papier ou de carton, sont insuffisamment fibrillées pour obtenir une cohésion satisfaisante du papier tandis qu'également une quantité relativement faible de xylène est obtenue. Si plus de 75 % en poids de l'hémicellulose sont convertis, ceci nécessite une lon gue. période de réaction en entrain une diminution de la qualité du papier ou-du carton obtenu.Il va sans dire, en pratique, qu'il est difficilement possible de déterminer, au cours du procédé de digestion, le pourcentage d'hémicellulose rendue soluble.Pour cette raison, la relation existant entre le temps et le pourcentage dthémicel- lulose rendue soluble est déterminée par les expériences précédentes pour une certaine matière - par exemple des tiges de blé -, une certaine température, un certain hydracide halogéné et sa concentration préalablement déterminée. En général, la durée nécessaire pour le degré requis de digestion varie entre 5 et 60 minutes, selon le type de matière. La digestion de la matière végétale peut s'effectuer d'une fa çon continue ou discontinue. Avec le type de digestion de matière végétale ci-dessus, on obtient une masse fibreuse, dont la teneur en humidité est égale au maximum à celle de la matière végétale après addition d'eau ou d'une solution d'hydracide halogéné diluée, et au début de la digestion. En fait, on n'ajoute pas d'eau supplémentaire; au contr~aire, l'eau est consommée avec l'hydrolyse des polysaccharides et des substances apparentées. En fait, la teneur en humidité de la masse fibreuse est de 25 à 65 % en poids environ après la digestion. Outre l'eau et l'hydracide halogéné, la masse fibreuse contient de la cellulose, de l'hémicellulose, de la lignine, des produits d'hydrolyse de lthémi cellulose , des sucres et autres substances dérivant de la matière de départ. Pour la purification et l'obtention des fibres & partir de la nasse fibreuse digérée humide obtenue, on lave cette masse à l'eau. Ceci s'effectue de préférence en mettant la nasse fibreuse en suspension dans l'eau un certain nombre de fois et en l'en retirant successivement et, si nécessaire, en la pressant. Le procédé le plus efficace est le lavage à contre-courant qui consiste à introduire de l'eau franche dans le récipient de la dernière mise en suspension et en utilisant le filtrat de chaque étape de lavage comme liquide de suspension pour l'étape de lavage précédente, de sorte qu'on obtient a partir de la première étape de lavage une eau de lavage ayant la plus forte concentration en substances dissoutes.Pendant le lavage, l'hydracide halogéné et les sucres sont séparés presque quantitati vexent et l'hémicellulose et la lignine sont séparées en partie des fibres et entrainées avec l'eau de lavage. Après la mise en suspension dans l'eau, le gâteau pressé humide et lavé de fibres peut être utilisé immédiatement pour la fabrication de papier ou de carton. Dans ce but, la suspension est battue au degré désiré d'une manière connue puis traitée pour fabriquer du papier ou du carton. Les fibres obtenues par le procédé de l'invention conviennent particulièrement à la fabrication de carton pour la couche ondulée d'un carton ondulé. On obtient ainsi une couche ondulée résistant parfaitement à un aplatissement. La nature du papier ou du carton est déterminée par la nature des résidus de plantes et des conditions régnant au cours de leur digestion. Si on le désire, les fibres obtenues après lavage peuvent être conservées pendant un certain temps, également sous la forme d'un gâteau comprimé humide, après addition d'un agent de conservation. Ceci peut etre intéressant lorsque le traitement pour obtenir du papier doit avoir lieu & un endroit différent de celui où a lieu la digestion de la matière de départ. Une moins grande quantité d'eau doit alors être transportée. De même, les fibres peuvent être séchées et emmagasinées, auquel cas elles doivent être plongées dans l'eau pendant un certain temps avant d'être battues pour former de la pulpe. L'eau de lavage obtenue après le lavage des fibres est recueillie pour en récupérer l'hydracide halogéné, la lignine, le xylose et/ou le furfural. En général, l'eau de lavage contient 3 à 20 % en poids d'hydracide halogéné. Tout d'abord, la partie de la lignine qui est finement dispersée et non dissoute est séparée de l'eau de lavage d'une façon classique. Une proportion de 75 à 85 % en poids du liquide restant est éliminée dans un évaporateur à vide sous une pression réduite d'environ 30 à 50 mm de mercure sous forme de vapeur, cependant qu'un mélange d'hydracide halogéné et de vapeur s1 échappe à l'extrémité supérieure de l'évaporateur.Afin qu'il subsiste encore de la lignine et en particulier du xylose à obtenir par la suite sous forme aussi peu modifiée que possible, la température régnant à l'intérieur de l'évaporateur ne doit pas dépasser 50 OC. Le mélange d'hydracide halogéné et de vapeur entrarné au sommet de l'évaporateur est séparé dans une colonne de distillation fonctionnant sous pression réduite et dans une colonne de distillation fonctionnant à la pression atmosphérique successivement, pour former de la vapeur et de l'hydracide halogéné d'une façon connue en soi, par exemple comme décrit dans le brevet allemand nO 844 000. La vapeur est condensée et éliminée du système en partie sous forme d'eau. En même temps que l'eau évaporée restante, l'hydracide halogéné peut de nouveau être utilisé pour l'extraction. A la base de l'évaporateur, dans lequel l'eau de lavage est évaporée sous pression réduite, il se forme un azéotrope d'hydracide halogéné et d'eau, qui contient la lignine et des sucres. En raison de l'évaporation, une partie de la lignine dissoute s'est de nouveau transformée en produit non dissous à l'état finement dispersé. Cette partie de la lignine est également séparée par filtration. La plus grande partie de l'hydracide halogéné présent est retiré du sirop de sucre acide par rectification sous pression réduite en introduisant de la vapeur d'eau vive. Le mélange de vapeur d'eau et d'hydracide halogéné est introduit dans ladite colonne de distillation pour être séparé en vapeur et hydracide halogéné. On obtient à partir du rectificateur, un sirop de sucre ne contenant que 2 à 5 % en poids environ d'hydracide halogéné. La quasi-totalité de la lignine présente est transformée à l'é- tat finement dispersé. Cette lignine est séparée. Le xylose provenant du liquide restant, refroidi, est cristallisé et peut être obtenu par centrifugation ou filtration. A partir de la liqueur-mère, on peut obtenir le furfural à l'aide d'un chauffage et éventuellement des polyalcools par réduction. L'obtention de xylose peut également être supprimée et le sirop de sucre exempt de lignine peut être entièrement traité en furfural, nais ceci n1 est pas économique car le xylose est un produit plus intéressant que la furfural.L'obtention de lignine, de xylose et de furfural å partir de l'eau de lavage des fibres est connue en soi et décrite par le brevet des E.U.A. nO 3 251 716 et le brevet allemand nO 940 984. Si l'on utilise comme matière de départ de la paille de céréale, on obtient de 60 à 75 % en poids de fibres cellulosiques, de 2 à 4 % en poids de lignine, de 6 à 15 % en poids de xylose et de 4 à8 8 J16 en poids de furfural, ces pourcenta- ges étant calculés par rapport au poids de la paille sèche. On peut utiliser la lignine notamment pour la préparation de résines synthétiques par condensation avec du forwaldéhyde. Ces résines synthétiques peuvent être utilisées came matière de moulage ou comme charge d'une matière de moulage pour la fabrication d'objets. Si on le désire, le xylose peut être converti en xylitol par réduction. Le furfural sert de matière première & la préparation d'alcool furfurylique et il peut être utilisé tel quel comme agent d'extraction dans l'industrie du pétrole. Un schéma du procédé décrit ci-dessus est représenté sur la figure 1. Un appareil l de mélange et d'humidification est alimenté en 2 par une matière végétale purifiée et, par une conduite 3, il reçoit de l'eau ou, pour compenser la perte d'hydracide halogéné du procédé, une solution diluée d'hydracide halogéné dans l'eau. La matière de départ humidifiée est acheminée vers un appareil 4 de digestion dans lequel de l'hydracide halogéné gazeux est introduit par une conduite 5. Après la digestion, la matière fibreuse digérée humide est lavée dans une machine à laver 6 alimentée en eau en 7 et évacuée en 8. L'eau de lavage est évacuée par une conduite 9. En 10, la partie non dissoute de la lignine est séparée de l'eau de lavage. Le filtrat est évaporé dans un évaporateur à vide 11. Le liquide concentré est évacué par une conduite 12. En 13, la partie de la lignine rendue insoluble pendant l'évaporation est retirée par un filtre non représen té. Le filtrat est acheminé dans un appareil à vide 14, appelé rectificateur, dans lequel de la vapeur d'eau vive est insufflée en 15 pour l'élimination de 11 hydracide halogéné. La partie restante de la lignine provenant du liquide quittant l'appareil 14 par une conduite 16 est retirée en 17. Dans l'appareil de cristallisation 18, le xylose est cristallisé et évacué en 19.On prépare du furfural à partir de la liqueur-mère de cristallisation, dans un réacteur 20, en chauffant, et on l'évacue en 21 avec la vapeur d'eau tandis que la liqueur-mère résiduelle est éliminée du système en 22. Le furfural évacué en 21 est purifié par distillation d'une manière connue en soi. Un mélange de vapeur et d'hydracide halogéné est acheminé depuis l'extrémité supérieure de l'évaporateur à vide 11 par une conduite 23 et de l'extrémité supérieure du rectificateur 14 par une conduite 24 vers une colonne de distillation 25. Depuis le bas de cette colonne 25, un mélange azéotropique d'eau et d'hydracide halogéné correspondant à la pression réduite (acide chlorhydrique à 24 % si on utilise de l'acide chlorhydrique) est acheminé vers une colonne de distillation 27 fonctionnant à la pression atmosphérique. A partir du bas de la colonne 27, un mélange azéotropique d'eau et d'hydracide halogéné correspondant à la pression atmosphérique (acide chlorhydrique à 21 % si.on utilise de l'acide chlorhydrique > est réacheminé vers la colonne à vide 25 par une conduite 28.A partir de l'ex- trémité supérieure de la colonne 25, la vapeur est éliminée du système par une conduite 29. A partir de l'extrémité supérieure de la colonne 27, l'hydracide halogéné gazeux est évacué par une conduite 30. Une partie de ce courant de gaz est introduite dans l'appareil de digestion 4 par la conduite 5. Par une conduite 31, le reste du courant de gaz est introduit dans un absorbeur 32 dans l'extrémité supérieure duquel l'eau est pulvérisée en 33 pour dissoudre l'hydraci- de halogéné gazeux. A partir de la base de l'absorbeur 32, la solution hydracide halogéné obtenue est évacuée par une conduite 34 et introduite dans l'appareil d'humidification 1 par la conduite 3. Comparativement aux procédés dans lesquels on utilise pour la digestion une solution d'hydracide halogéné dans l'eau, le procédé selon l'invention économise de l'énergie d'évaporation. On a constaté qu'il existe une relation à peu près linéaire entre le logarithme de l'énergie nécessaire pour la récupération de l'hydracide halogéné et la teneur en humidité de la matière végétale à l'étape de la digestion. Sur la figure 2, cette relation est représentée graphiquement dans le cas de la digestion de paille avec de 11 acide chlorhydrique gazeux en une quantité telle qu'on obtient une saturation de l'eau présente. Cette relation est indépendante de la température régnant au cours de la digestion. L'invention est illustrée par l'exemple non limitatif suivant. VEXEZ On mélange par heure 1 000 kg de paille de blé hachée et purifiée ayant une teneur en matières solides de 82,2 % en poids et à une température de 17 OC avec 489 kg d'acide chlorhydrique à 30 % à une température de 15 OC. Ensuite, on introduit 56 kg d'acide chlorhydrique gazeux et on mélange avec la paille, ce qui se traduit par une augmentation de la concentration de ICI dans la phase liquide du mélange à 37,6 % en poids, la température s'élevant à 54 OC. Le mélange ayant une teneur en matières solides de 60 % en poids est maintenu à cette température pendant 20 minutes. La masse fibreuse humide est mise en suspension dix fois successivement dans 30 000 litres d'eau froide et séparée de cette eau. Dans ce but, on utilise dix fois de suite des récipients de lavage reliés en série, å travers lesquels on fait passer å contrecourant par rapport à la masse fibreuse 1 500 litres d'eau de lavage. Après avoir quitté le dernier récipient de lavage, la masse fibreuse humi- de est pressée ce qui donne 1 740 kg de fibres humides ayant une teneur en matières solides de 31,3 % en poids. Cette masse fibreuse est mise en suspension dans l'eau à une ooncentration de 4,2 % en poids et raffinée dans un raffineur à disque de la manière habituelle jusqu' & un degré de raffinage de 29 SR (Schopper-Riegler), la durée de déshydratation étant de 23 secondes. A partir de la pulpe obtenue, on fabrique de la manière habituelle du papier sur une base pondérale de 110 g/m2. Le papier obtenu a les propriétés suivantes CMI30 41 kg/cm Résistance à l'éclatement d'après M6llen 1,8 kg/cm2 La mesure CMT30 est une mesure de la résistance à un aplatissement de la couche ondulée de carton ondulé. Sa détermination est décrite dans TAPPI T 908 suppl. 66, 1966 (voir également "Wochenblatt für Papierfabrikation" 1959, nO 11/12 et "Medelelingen en Rapporten van Centre Européen des Papiers pour Ondulé, septembre 1963). On constate que le papier convient particulièrement bien pour être utilisé comme couche ondulée du carton ondulé. Le liquide obtenu pendant le lavage de la masse fibreuse a la composition suivante 282 kg de solides dérivant de la paille; 204 kg d'acide chlorhydrique, 2 110 litres d'eau. On sépare de cette composition l'acide chlorhydrique d'une fa çon connue en soi par évaporation sous une pression de 32,5 mm de mercure à une température de l'évaporateur de 48 OC, Le mélange de vapeur et d'acide chlorhydrique est séparé en ses composants par distillation sous une pression de 38 mm de mercure et à la pression atmosphérique successivement. I1 faut 4 980 kg de vapeur d'eau pour récupérer de cette manière l'acide chlorhydrique. Une partie de l'acide chlorhydrique récupéré est transformée en acide chlorhydrique à 30 % dans un absorbeur, par addition d'eau. On utilise cette solution d'acide chlorhydrique pour l'humidification de la charge suivante de paille. En ajoutant de l'acide chlorhydrique dilué frais, on utilise pour la digestion suivante l'acide chlorhydrique gazeux. Après élimination de l'acide chlorhydrique de l'eau de lavage, on sépare de cette eau par filtration 21 kg au total de lignine. On obtient d'une manière connue à partir du filtrat 93 kg de xylose et 42 kg de furfural. A titre de comparaison, on extrait 1 000 kg de la même paille purifiée et hâchée avec 12 000 litres d'acide chlorhydrique à 37 % pendant 15 minutes à une température de 20 C. Ensuite, on sépare la masse fibreuse obtenue du liquide sur un tamis métallique et on la presse entre des rouleaux, après quoi la masse fibreuse contient environ 32 % en poids de matières solides. On met la masse fibreuse humide en suspension dans 30 000 litres d'eau froide à dix reprises successivement et on la sépare de l'eau. Dans ce but, on utilise dix récipients de lavage reliés en série à travers lesquels on fait circuler 1 500 litres d'eau de lavage à contre-courant par rapport à la masse fibreuse. Après avoir quitté le dernier récipient de lavage, la masse fibreuse humide est pressée pour donner 1 680 kg de fibres humides ayant une teneur en matières solides de 33,4 1% en poids. On met cette masse fibreuse en suspension dans l'eau jusqutà une concentration de 4,2 % en poids et on la soumet à un raffinage dans un appareil de raffinage à disque de la manière habituelle jusqu'à un degré de raffinage de 32 SR, la durée de déshydratation étant de 24 secondes. A partir de la pulpe ainsi obtenue, on fabrique du papier sur une base pondérale de 110 g/m. Le papier obtenu a les propriétés suivantes Cet30 43 kg/cm Résistance à l'éclatement 2 selon Mhllen 1,7 kg/cm On constate que le papier convient particulièrement bien pour être utilisé comme couche ondulée de carton ondulé. Le liquide obtenu pendant le lavage de la masse fibreuse a la composition suivante 240 kg de solides dérivant de la paille; 360 kg d'acide chlorhydrique, 1 280 litres d'eau. On en sépare l'acide chlorhydrique d'une façon connue en soi par évaporation sous une pression de 32,5 n de mercure à une tempé- rature de l'évaporateur de 48 OC. Le mélange de vapeur et d'acide chlorhydrique est séparé en ses composants par distillation sous une pression de 38 me de mercure et à la pression atmosphérique successivement. Il faut 9 600 kg de vapeur d'eau pour récupérer HC1 de cette manière. L'acide chlorhydrique et une partie de l'eau évaporée sont combinés avec le liquide provenant du pressage de la masse fibreuse extraite. On ajoute de l'acide chlorhydrique frais au liquide que l'on utilise de nouveau pour l'extraction. Après avoir retiré l'acide chlorhydrique de l'eau de lavage, on en sépare par filtration 23 kg de lignine au total. On obtient & partir du filtrat, d'une façon connue, 85 kg de xylose et 39 kg de furfural. I1 ressort de ce qui précède que grace au procédé de l'invention, 11 énergie nécessaire à la récupération de HC1 s'élève à environ 52 % de la quantité nécessaire à l'opération utilisant un bain d'acide chlorhydrique, les résultats de la digestion étant pratiquement analogues. REVENDICATIONS 1. Procédé d'extraction d'une matière fibreuse convenant à la fabrication du papier et du carton, de lignine, de xylose et/ou de furfural à partir de matières végétales, caractérisé en ce qu'on fait agir un hydracide halogéné sur des résidus de plantes annuelles con tenant des fibres cellulosiques du type de celles du bois avec de l'hémicellulose et plus de 10 % en poids de lignine par rapport aux matières solides, à une température de 70 OC au maximum et en présen ce de 25 à 65 % en poids d'humidité par rapport à la matière humide, jusqu'à ce que 50 à 75 ffi en poids de l'hémicellulose initialement présente dans la matière soient transformés en substances solubles, puis la masse fibreuse cellulosique est lavée à l'eau et séchée si on le désire. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on u tilise de la paille de céréales comme résidus de plantes annuelles. 3. Procédé selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce qu'on fait agir l'hydracide halogéné gazeux à une température de 50 OC au maximum. 4. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, ca ractérisé en ce qu'on fait agir l'hydracide halogéné en présence de 35 à 45 % en poids d'humidité par rapport à la matière humide. 5. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce qu'on introduit une quantité suffisante d'hydracide halogéné pour saturer à la température de fonctionnement l'eau présente dans la matière à digérer. 6. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que l'hydracide halogéné utilisé est l'acide chlorhydrique. 7. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que l'hydracide halogéné est séparé de l'eau de lavage provenant du lavage de la masse fibreuse. 8. Procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce que l'hy hydracide halogéné séparé est utilisé à nouveau pour le traitement des matières végétales. 9. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que la lignine est obtenue à partir de l'eau de lavage provenant du lavage de la masse fibreuse. 10. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 9, caractérisé en ce qu'après extraction de l'hydracide halogéné et de la lignine, on obtient le xylose et/ou le furfural à partir de l'eau de lavage provenant du lavage de la masse fibreuse. 11. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 10, caractérisé en ce que le procédé est mis en oeuvre en continu ou en discontinu. 12. Procédé de fabrication de papier et de carton à partir d'une matière fibreuse cellulosique, caractérisé en ce qu'on utilise la matière obtenue par le procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 6. 13. Papier et carton caractérisés'en ce qu'ils sont fabriqués par le procédé salon la revendication 12.