^5157 1 2091851 La présente invention se réfère à la coulée continue des métaux et elle vise plus spécialement, mais non exclusivement, le cas particulier de l'acier. Dans les explications gui vont suivre on se référera donc à ce métal, étant entendu que tout 5 ce qu'on en dira vaudra également pour les autres métaux susceptibles d'être coulés suivant les mêmes procédés généraux. Dans les premières machines pour la coulée continue de l'acier, le métal solidifié dans une lingotière verticale recti-ligne descendait en ligne droite dans une zone de refroidisse-10 ment de grande longueur à la sortie de laquelle le produit obtenu était découpé en morceaux successifs. Cela avait l'inconvénient d'exiger des installations de grande hauteur. On y a remédié -en faisant suivre au produit sortant de la lingotière et encore à l'état plastique, un trajet en arc de cercle l'amenant 15 à l'horizontale. Le produit est alors redressé entre des rouleaux appropriés de sorte que son avancement peut se poursuivre sur toute longueur désirable sans qu'on soit obligé de surélever l'appareillage de coulée. La lingotière peut alors être incurvée pour imposer directement -une courbure au produit qui en sort 20 à l'état partiellement solidifié, ou bien on peut la prévoir verticale, comme dans les premières machines, en agençant peu après un rouleau de cintrage du produit. La production horaire d'une machine de coulée continue est évidemment fonction d'une part de la vitesse linéaire du pro-25 duit coulé, d'autre part du poids au mètre courant de ce produit. La vitesse linéaire du produit coulé doit obligatoirement se trouver au-dessous de la limite pour laquelle celui-ci sortirait de la lingotière à un état insuffisamment refroidi ne lui 30 permettant pas de conserver sa continuité et/ou sa conformation. En fait le refroidissement s'effectue de l'extérieur vers l'intérieur, de sorte qu'au début le produit se présente sous la forme d'une sorte de gaine ou "peau" solide (mais encore plus ou moins plastique) entourant un coeur encore liquide. La condition à 35 remplir est qu'à la sortie de la lingotière cette peau soit assez résistante pour ne pas céder à la pression hydrostatique du liquide intérieur. Le temps nécessaire pour que la masse, initialement liquide en totalité dans le haut de la lingotière, puisse satisfaire à cette condition dépend donc de la durée et de l'in-40 tensité du refroidissement. Or p.our de mêmes conditions d'é 69 45157 2 2091851 change de chaleur, cette rapidité de refroidissement varie comme le rapport par unité de longueur entre la surface extérieure du produit et son volume, ou, si l'on se réfère à la section, comme le rapport entre la longueur de la périphérie et la surface. On 5 en conclut donc que la vitesse linéaire de coulée d'un produit pourra être d'autant plus élevée que la longueur de sa périphérie sera plus grande. Pour réaliser de grandes vitesses linéaires on a donc avantage à couler des produits peu épais. Mais d'autre part le poids au mètre du produit est d'autant 10 plus réduit que la section est plus faible. Il y a donc lieu de comparer ces deux facteurs entre eux pour les différentes vitesses de coulée susceptibles d'être envisagées. Or, ainsi qu'on l'exposera ci-après, de ces deux facteurs opposés, c'est le premier qui prédomine, en ce sens qu'en 15 dépit de l'abaissement du poids au mètre, on a avantage au point de vue de la production horaire à couler à grande vitesse des produits de faible épaisseur. Mais on est très vite limité dans cette voie par les conditions mêmes de la coulée continue. En effet, que la lingotière 20 reçoive l'acier liquide sous la forme d'un Jet tombant d'un panier de coulée (tundish) ou par l'intermédiaire de busettes immergées, l'on ne peut réduire l'une de ses dimensions transversales au-dessous d'une certaine limite sous peine d'aboutir à des remplissages défectueux, à des rejaillissements, à des dé-25 fauts internes du métal, etc ... En pratique il est impossible de descendre au-dessous d'environ 60 mm soit pour le diamètre d'un produit rond, soit pour l'épaisseur d'un produit carré ou plat. Cela limite dans une large mesure les avantages de forte production horaire qu'on pourrait autrement attendre de la cou-30 lée continue. Une autre difficulté à laquelle on se heurte dans la technique de la coulée continue réside dans l'adhérence de l'acier sur le cuivre dont sont généralement faites les lingotières. Certes le retrait que le refroidissement intense des parois de 35 la lingotière impose au produit coulé détermine un décollement entre celui-ci et le cuivre, mais uniquement dans la partie basse de la lingotière, alors que dans la partie haute l'acier accroche partiellement au cuivre en dépit des lubrifiants injectés en tête de coulée. Pour éviter cet inconvénient l'on a eu 40 l'idée o'imposer à la lingotière un déplacement vers le bas pour 69 45157 3 2091851 lui faire suivre en quelque sorte la descente du produit coulé. Mais "bien entendu ce déplacement doit être suivi d'une remontée plus ou moins brusque qui provoque un arrachement de la peau du produit sur le cuivre dans le haut de la lingotière. D'autres 5 méthodes utilisées pour diminuer les effets nocifs de l'arrachement du métal sur le cuivre de la lingotière consistent à faire vitrer mécaniquement celle-ci. D'autres enfin agissent sur la peau du métal en cours de solidification. On a aussi cherché à établir une lingotière dont les parois 10 puissent suivre continuellement le produit coulé. Dans la machine HAZZELETT la lingotière est réalisée sous la forme de deux bandes sans fin articulées à la façon des chenilles de véhicules, ces deux bandes, disposées en vis-à-vis et convenablement refroidies, comportant des prolongements latéraux de manière à délimi-15 ter ion espace tubulaire de coulée. Dans une telle machinele métal coulé ne se déplace plus par rapport aux parois de la lingotière et ce sont au contraire celles-ci qui l'entraînent. Il en résulte que la coulée peut s'effectuer non plus verticalement, mais avec une faible inclinaison sur l'horizontale, ce qui ré-20 duit la pression hydrostatique s'exerçant sur la peau du produit incomplètement solidifé et permet par conséquent, toutes autres conditions égales d'ailleurs, d'adopter des vitesses linéaires un peu plus élevées. Toutefois en dépit de ces avantages, la machine HAZZELETT ne s'est guère répandue en raison entre autres 25 des difficultés éprouvées pour la tenue des parois refroidies. On a encore imaginé de faire tourner en sens inverse dans tin bain d'acier fondu, un ou deux cylindres de cuivre convenablement refroidis de manière à former sur eux une pellicule de métal solide ; dans le cas de deux cylindres les deux pellicules 30 se soudent l'une à l'autre par pression vers l'entrefer ou point de rapprochement maximum des cylindres. Cette technique présente cependant diverses difficultés dont l'une réside dans la mauvaise tenue des cylindres plongeant dans l'acier et donc mal refroidis. En outre le produit coulé collecte les oxydes super-35 ficiels du bain, ce qui provoque des défauts. L'invention vise encore à établir une machine de coulée continue susceptible de produire, avec de très forts tonnages horaires, des produits minces susceptibles d'être ensuite traités en continu à la sortie de la machine pour être finalement recueillis 40 sous forme de bande enroulée sur elle-même. 69 45157 4 2091851 Enfin l'invention vise é^alestent à réaliser une telle machine dans laquelle le produit cculé ne soit jamais soumis à des phénomènes d'arrachement superficiel, d'autant plus dosjna-geables que l'épaisseur de sa peau est moindre, 5 Conformément à l'invention l'on injecte l'acier .liquide de bas en haut, par le moyen d'une buse convenablement conformée, entre deux cylindres refroidis à axes horizontaux parallèles, disposés en vis-à-vis l'un de l'autre, de manière à obtenir un produit mince donc l'épaisseur est fonction de l'écarté-10 ment des cylindres. Suivant une autre caractéristique de l'invention l'on maintient le produit coulé au contact de la périphérie de l'un des cylindres dont on ne le détache qu'en un point de celle-ci où il est suffisamment refroidi pour être facilement et naturellement 15 décollé du cylindre. On peut alors le redresser à l'horizontale, sa faible épaisseur le rendant aisément déformable, pour le soumettre en continu à tous traitements utiles, notamment à un laminage, en vue d'en faire une bande régulière qu'on puisse recueillir par enroulement sur un support approprié. 20 la machine propre à la mise en oeuvre de 1'invention com porte essentiellement deux cylindres horizontaux disposés en vis-à-vis de manière à déterminer entre eux un entrefer, une buse située au-dessous de cet entrefer pour permettre d'y injecter l'acier liquide, des dispositifs de refroidissement de ces cylin-25 dres et du produit plat porté par l'un d'eux, ainsi que des moyens pour détacher de ce cylindre le produit solidifié et le ramener à la forme rectiligne. Dans une forme d'exécution, l'un des cylindres, et préférablement celui destiné à supporter le produit coulé, comporte des joues latérales entre lesquelles 30 l'autre cylindre vient s'engager, de manière à délimiter latéralement l'espace de coulée. Chacune de ces joues latérales est avantageusement réalisée sous la forme d'une série de blocs mobiles repoussés contre la face d'extrémité adjacente du second cylindre, mais susceptibles d'en être écartés par les bords du 35 produit coulé qui, sous l'effet de l'écrasement qu:il subit entre la buse d'injection et le point le plus rapproché de la périphérie des cylindres, tend, à s'étaler latéralement. Grâce à cette disposition l'on évite que cet écrasement ne provoque le glissement du produit dans le sens de sa longueur, au risque 40 d'entraîner un arrachement entre la peau et les deux cylin- 69 45157 5 2091851 dres avec toutes les conséquences fâcheuses que cela peut avoir ■ pour l'aspect du produit coulé et la tenue des cylindres eux-mêmes. Certes le produit sortant du premier cylindre n'est pas un plat parfait puisqu'il comporte des bords relevés ; mais ces 5 bords, de faible épaisseur, peuvent être aisément aplatis par les rouleaux qui ramènent le produit à la forme rectiligne et en admettant même que cet aplatissement détermine des fissures, il est facile d'éliminer les bords défectueux par cisaillage des rives en vue de l'obtention d'un produit de largeur constante 10 propre à être stocké par enroulement sur lui-même. La machine suivant l'invention peut avantageusement comporter une lame fixe propre à détacher le produit du premier cylindre, ainsi que des rouleaux d'aplatissement de ce produit. On peut lui associer un four rendant uniforme la température du 15 produit en continu et une cage de laminage l'amenant à l'épaisseur exacte voulue. Les cisailles rotatives de découpage des rives peuvent être disposées à tout endroit convenable. Le dessin annexé, donné à titre d'exemple, permettra de mieux comprendre l'invention, les caractéristiques qu'elle pré-20 sente et les avantages qu'elle est susceptible de procurer : Fig. 1 est une vue de côté générale d'une machine de coulée continue suivant l'invention. • Fig. 2 est une coupe verticale partielle à grande é- chelle de l'espace de coulée ou lingotière de cette machine. 25 Fig. 3 est une coupe à plus petite échelle suivant III-III (fig. 2). On a représenté en II-II dans cette vue le plan de coupe qui correspond à fig. 2. Fig. 4 est une vue en plan partielle à grande échelle montrant les deux cylindres avec le produit coulé, supposé cou-30 pé au niveau de l'entrefer de ceux-ci. Fig. 5 est line coupe de détail montrant la réalisation des joues du premier cylindre par le moyen de blocs chargés hydrauliquement. Fig. 6 est un développement montrant comment les blocs 35 constitutifs d'une des joues sont progressivement repoussés par les bords du produit jusqu'à l'instant où ce dernier atteint le plan d'entrefer des cylindres. Fig. 7 est un graphique explicatif montrant la relation entre les épaisseurs de peau et la production horaire en 40 fonction de la vitesse de coulée d'un produit de section donnée. 69 45157 6 2091851 Fig. 8 et 9 sont des vues semblables à celle de fig. 2 et 3, mais correspondant à une autre forme d'exécution de l'invention. La machine représentée en fig. 1 comprend deux cylindres 5 métalliques 1 et 2, de grand diamètre, disposés en vis-à-vis a-vec leurs axes orientés parallèlement l'un à l'autre dans tin même plan horizontal, de manière à définir entre eux tua entrefer a (fig. 2) de faible valeur, par exemple wm. pour fixer les idées. Ces cylindres sont faits en un métal bon conducteur de 10 la chaleur, préférablement en cuivre. Ils sont convenablement refroidis intérieurement par exemple par une circulation d'eau. Dans une forme d'exécution préférée l'on prévoit chacun de ces cylindres à double paroi et l'on fait circuler l'eau entre les deux parois élémentaires, des chicanes appropriées assurant un 15 renouvellement de la couche d'eau en tous les points de celle-ci. Les deux cylindres sont portés par des arbres 3 et 4, qu'on peut réaliser sous forme tubulaire, si on le désire, pour constituer des raccords en vue de la circulation de l'eau. Les arbres 3 et 4- sont convenablement entraînés en synchronisme et en 20 sens inverse l'un de l'autre de manière que les périphéries des deux cylindres se déplacent suivant une direction ascendante dans la zone de l'entrefer a, comme le montrent les flèches de fig. 1 et 2. Le cylindre 1, prévu un peu plus long que le cylindre 2, 25 équipé de joues latérales 5 dont on verra le détail plus loin et qui, en combinaison avec les faces d'extrémité du cylindre 2, ferment l'espace intermédiaire correspondant à l'entrefer a en déterminant ainsi une chambre délimitée par des parois qui se déplacent de concert vers le haut. Comme on le com-30 prendra mieux ci-après, cette chambre constitue la lingotière de la machine. Entre les deux cylindres 1 et 2, et un peu au-dessous du plan horizontal de leurs axes (plan qui correspond à l'entrefer a de fig. 2), est disposée une buse de coulée 6 faite par 35 exemple en graphite ou autre matière réfractaire, l'orifice de cette buse s'ouvrant de préférence en divergeant vers le haut comme indiqué en 6a en fig. 2 et 3• La buse 6 se raccorde au débouché latéral 7a d'un canal de coulée 7 en terre réfractaire disposé .horizontalement au-dessous de l'entrefer a et à un ni-40 veau suffisamment bas pour ne pas être gêné par les épaulements 69 45157 7 2091851 5. Ge canal 7 reçoit de l'acier à l'état liquide par tout moyen approprié. Il peut par exemple se raccorder de façon étanche à une capacité en réfractaire dans laquelle tombe un jet d'acier provenant d'une poche de coulée tandis qu'on maintient le niveau 5 dans la capacité à une hauteur appropriée, comme on le comprendra mieux-ci-après. On rappellera à ce sujet que le maintien du niveau d'un bain d'acier liquide dans une goulotte, lingotière ou autre récipient en écoulement constitue un problème bien connu dans la coulée classique dite "coulée en source" et qu'il 10 n'est donc pas besoin de s'étendre sur la façon dont il peut être résolu. On comprend que l'acier qui sort à l'état liquide de la buse 6 remplit l'espace ou lingotière délimité par la périphérie des cylindres 1 et 2 et par les deux joues 5» Le métal se solidifie instantanément au contact des parois refroidies de cette 15 lingotière, de sorte que sa masse affecte ainsi la forme physique d'une gaine solide ou "peau" entourant un coeur encore à l'état liquide. Cette masse est évidemment entraînée par le déplacement des cylindres sur la périphérie desquels la peau adhère plus ou moins. Le produit complexe solide-liquide ainsi obtenu 20 est en quelque sorte laminé du fait du rapprochement des périphéries des cylindres, jusqu'à traverser l'entrefer a. A partir de ce moment la section de la lingotière va en augmentant de sorte que le produit solidifié va se détacher d'un des cylindres. Le cylindre 2 ayant été graissé abondamment, comme on l'indiquera 25 plus loin, c'est préférablement de celui-ci qu'il se sépare en restant adhérent au cylindre 1, lequel l'entraîne donc dans son mouvement de rotation. Au-dessus du cylindre 2 sont prévues des rampes d'arrosage 8 (fig. 1) qui permettent de pulvériser sur la périphérie libre 30 de ce cylindre un liquide de refroidissement approprié tel que 3.'eau. En aval de ces rampes la surface du cylindre est nettoyée par une brosse 9 à laquelle est associé un jet d'air de séchage chaud, non détaillé. En aval de la brosse 9 est disposée une rampe de graissage 10 constituée par exemple par un rouleau conti-35 nuellement enduit d'huile et qui transfère celle-ci à la périphérie du cylindre contre laquelle il est appliqué avec une pression déterminée. Au cylindre 1 sur lequel le produit coulé reste adhérent, correspondent également des rampes d'arrosage 11. Dans l'exemple 40 figuré ces rampes sont coiffées par une hotte 12 destinée à as 69 45157 8 2091851 surer l'évacuation de la vapeur qui prend naissance au contact du produit coulé porté par le cylindre. Les rampes 11 sont situées immédiatement au-dessus de l'entrefer a précité. En aval des rampes 11 et à une distance angulaire d'environ 120° par rap-^ port à l'entrefer dans le sens de rotation du cylindre, il est prévu une lame détacheuse 15 qui s'étend sur la presque totalité de la largeur de ce cylindre entre les joues 5 de celui-ci pour en séparer le produit coulé.Il est à noter qu'en ce point le produit s'est suffisamment refroidi pour s'être décollé de 10 lui-même du cylindre par un effet de contraction thermique. En aval de la lame 13, le cylindre 1 reçoit encore l'action de rampes d'arrosage 14, puis Gelle d'une brosse de nettoyage 15 à laquelle est là encore associé un jet d'air de séchage. Dans l'exemple figuré il n'a pas été prévu de dispositif de graissage de la périphérie du cylindre 1, mais la présence d'un tel dispositif n'est nullement exclue. En avant de la lame 13, la machine comprend deux rouleaux 16 et 17 destinés à redresser le produit coulé, puis deux séries de rouleaux planeurs 18 et 19 propres à assurer la planéité de celui-ci. Au sortir de ces rouleaux le 2o produit passe dans un four d'homogénéisation 20 à l'intérieur duquel il est supporté par des rouleaux 21. Le produit provenant du four 20 traverse un élément 22 de chauffage par induction qui l'amène à la température appropriée avant son entrée dans une cage de laminage 23 équipée de cylindres 24, lesquels lui impo-25 sent l'épaisseur exacte désirée. Le produit sortant de la cage 23 passe entre des cisailles circulaires 25 qui découpent ses bords ou "rives" pour l'amener à une largeur constante avant de l'enrouler en 26. Ainsi qu'on l'a expliqué plus haut le produit coulé dans 30 l'espace situé immédiatement au-dessus de la buse 6 est constitué par une enveloppe solide ou "peau" enfermant un coeur liquide. Or, et comme le montre bien fig. 2, ce produit est comprimé entre la buse et l'entrefer a des cylindres. Si les deux joues 5 du cylindre 1 étaient maintenu; à un faible jeu près au 35 contact des faces d'extrémité du cylindre 2, la variation de volume résultant de cette compression ne pourrait s'effectuer que dans le sens longitudinal du produit, c'est-à-dire de bas en haut. Il en résulterait un refoulement de la peau solidifiée avec des risques de déchirures provoquant des défauts de surface. Le 40 refoulement de l'acier se ferait au détriment du cuivre, plus 69 45157 9 2091851 malléable et les cylindres se détérioreraient rapidement. De plus la peau serait amenée à glisser sur les cylindres avec tous les inconvénients que cela comporte. Pour remédier à cet état de choses l'on a prévu d'agencer 5 chaque joue 5 de manière qu'elle puisse en quelque sorte reculer pour permettre à la variation de volume du produit de s'effectuer dans le sens transversal. Comme montré plus particulièrement en fig. 5, chaque joue 5 comprend une partie fixe extérieure 27, directement solidaire 10 du cylindre 1, cette partie recevant une bague de recouvrement 28, fixée par des vis 29 et qui détermine une espace annulaire dans lequel coulissent à jeu réduit une série de blos 30 en contact jointif les uns avec les autres.- Des garnitures telles que 31- et 32 assurent 1'étanchéité entre les blocs 30 et les pa-15 rois. L'espace compris entre les blocs 30 et la partie fixe 27 est alimenté en graisse sous une pression réglable par une canalisation 33. Le choix de cette pression permet de maîtriser le refoulement des bords du produit coulé. Les blocs 30 sont eux-mêmes énergiquement refroidis par des circulations d'eau inté-20 rieures34 alimentées à partir de l'alimentation générale du cylindre . Lorsque le produit 35 est comprimé entre les cylindres 1 et 2, la peau solide tend à se replier sur elle-même et à être chassée latéralement. Elle vient donc repousser les blocs 30 en 25 constituant sur chaque côté un bord relevé 36 entre la face d'extrémité intéressée du cylindre 2 et lesdits blocs 30. Tout déplacement longitudinal relatif entre ce produit et les cylindres se trouve ainsi évité. Fig. 6 montre bien comment les blocs 30 sont progressive-30 ment repoussés entre la sortie de la buse (point A) et le plan d'entrefer des cylindres (point B). Le fonctionnement de la machine reste ainsi assuré pendant de longues durées de service. Au plan de l'entrefer des cylindres (point B), lorsque le produit coulé n'est plus maintenu par les parois de ceux-ci, 35 il est nécessaire que la peau formée résiste à la pression hydrostatique de 1*'acier liquide. Or cette pression peut être réglée aussi faible qu'on le veut en agissant sur le niveau d'acier dans la lingotière ou panier d'alimentation, alors que dans tous les dispositifs de coulée continue connus la pression hy-40 drostatique est obligatoirement élevée au moment où le produit 69 45157 2091851 quitte la lingotière. Ceci est la cause de nombreuses "percées". Dans le graphique de fig. 7 l'axe des abcisses représente la vitesse linéaire du produit. L'axe des ordonnées correspond soit à l'épaisseur de peau (échelle E) soit à la production ho-5 raire (échelle P) pour une section de produit donnée et pour une lingotière déterminée. La courbe M indique la variation de l'épaisseur de peau avec la vitesse linéaire du produit ; plus cette vitesse est grande, plus la peau est mince à la sortie de la machinerais la diminution de l'épaisseur de peau n'est pas 10 proportionnelle à la vitesse de coulée et tend vers une limite pratique. La courbe N correspond à la production horaire qui augmente linéairement avec la vitesse. On voit immédiatement qu'on a avantage à choisir une épaisseur de peau aussi réduite que possible pour réaliser une très forte production. Or précisé-15 ment les produits minces où, par unité de section du produit, la surface d'échange de chaleur avec l'extérieur est maximale, permettent d'obtenir des points de fonctionnement situés en direction de la droite du graphique, c'est-à-dire que, pour une même épaisseur de peau, ils permettent des vitesses plus éle-20 vées à condition que la pression hydrostatique soit faible. On conçoit aisément que la machine suivant l'invention est particulièrement bien placée de ce fait et qu'elle permet d'obtenir une forte production horaire. Les échanges thermiques y sont facilités par le renouvellement constant des surfaces 25 en contact avec l'acier et par le diamètre des cylindres. Dans la forme d'exécution de fig. 8 et 9 le premier cylindre, ici référencé 37» n'a plus de joues latérales. Pour limiter l'écoulement latéral du métal coulé on a prévu d'une part de prolonger vers le haut en 38a les bords latéraux de la buse 30 de coulée 38, d'autre part d'appliquer contre les faces d'extrémité des cylindres 2 et 37 des flasques métalliques fixes 39• Les flasques 39 sont sollicités par des ressorts 40 appuyés sur des montants 41 et qui leur permettent de reculer si la pression exercée sur eux par le métal comprimé entre les cylindres de-35 vient excessive. Ils s'élèvent à peu près jusqu'à l'entrefer a. Ils peuvent être refroidis, si on le désire, par circulation ou projection d'eau. On peut les faire en cuivre ou, préférablement en fonte. Pendant la coulée il y a frottement entre la peau, du pro-40 duit en mouvement et les flasques, itais cela n'intéresse- que les 69 45157 2091851 "bords ou rives du produit, c'est-à-dire une zone destinée à être éliminée. Quant à l'usure des flasques, elle est peu marquée s'ils sont faits en fonte. Au surplus leur remplacement est facile et peu onéreux. Par ailleurs la machine est plus simple 5 et la perte de métal au découpage des rives est moindre. Il doit d'ailleurs être entendu que la description qui précède n'a été donnée qu'à titre d'èxemple et qu'elle ne limite nullement le domaine de l'invention dont on ne sortirait pas en remplaçant les détails d'exécution décrits par tous autres équi-10 valents. On conçoit plus particulièrement que fig. 1 ne montre que très schématiquement les dispositions les plus essentielles de la machine. En pratique on a avantage à ce que l'entrefer des cylindres soit réglable, ce qui implique qu'on puisse également déplacer la buse d'injection 6 pour.qu'elle se trouve toujours 15 à la position correcte représentée en fig. 1 et appliquée vers le haut avec une force constante et réglable. On conçoit d'autre part que les cylindres peuvent être faits en tout matériau conducteur approprié, par exemple en graphite. 69 45157 2091851 HEVENDICATIONS 1 - Procédé pour la coulée en continu des métaux en gé- 5 néral, et plus particulièrement de l'acier, caractérisé en ce qu'on injecte le métal liquide de bas en haut oar le moyen d'une "buse convenablement conformée entre deux cylindres refroidis à axes horizontaux parallèles disposés en vis-à-vis l'un de l'autre de manière à obtenir un produit dont l'épaisseur est fonc- 10 tion de l'écartement des cylindres. 2 - Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'on règle à une faible valeur la pression hydrostatique de l'acier liquide à l'intérieur du produit dans la zone où la peau de celui-ci n'est plus maintenue par les cylindres, en agissant 15 à cet effet sur le niveau du métal liquide dans la lingotière-mère ou panier qui alimente la buse de coulée. 3 - Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisé en ce qu'on maintient le produit coulé au contact de la périphérie de l'un des cylindres dont on ne le dé- 20 tache qu'en un point de celle-ci où il est suffisamment refroidi pour se décoller facilement et naturellement du cylindre. 4 - Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1, 2 et 3, caractérisé en ce qu'on redresse à l'horizontale le produit détaché du cylindre sur lequel il s'était refroidi pour le 25 soumettre en continu à tous traitements utiles. 5 - Machine pour la mise en oeuvre du procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisée en ce qu'elle comprend deux cylindres horizontaux disposés en vis-à-vis de manière à déterminer entre eux un entrefer, une buse située au- 30 dessous de cet entrefer pour permettre d'y injecter le métal liquide, des dispositifs de refroidissement de ces cylindres et du produit plat porté par 1'un d'eux ainsi que des moyens pour détacher de ces cylindres le produit solidifié et le ramener à la for~me rectiligne. 35 6 - Machine suivant la revendication caractérisée en ce que l'un des cylindres comporte des joues latérales entre lesquelles 1'autre cylindre vient s'engager de manière à délimiter latéralement l'espace de coulée ou lingotière. 7 - Machine suivant la revendication 6, caractérisée en ce 40 que les joues latérales sont solidaires du cylindre sur lequel 69 45157 13 2091851 le produit coulé reste adhérent jusqu'à son refroidissement. 8 - Machine suivant la revendication 6, caractérisée en ce que chacune des joues latérales est réalisée sous la forme d'une série de blocs mobiles sollicités contre la face d'extrémité ad-5 jacente du second cylindre, mais susceptibles d'en être repoussés par les bords du produit coulé sous l'effet de la dilatation transversale de ce produit due à la compression qu'il subit entre la sortie de la buse et le point de rapprochement maximum des cylindres. 10 9 - Machine suivant la revendication 8, caractérisé en ce que les blocs sont chargés par de la graisse sous pression injectée dans un espace annulaire dans lequel ils sont engagés à la façon de pistons. 10 - Machine suivant la revendication 5, caractérisée en ce 15 que l'espace de coulée ou lingotière défini par la buse et les cylindres est fermé latéralement par des flasques repoussés contre les cylindres par des ressorts.