i 210.3445 l'invention concerne un médicament pour la thérapeutique orale à l'huile de moutarde» Jusqu'ici,, la "bonne action antibactérienne et antimycosique bien connue des huiles de moutarde» n'a pu être expliquée qu'à 5 un degré limité en thérapeutique, car l'huile de moutarde libre irrite les muqueuses et sa mauvaise tolérance ne permet pas un dosage suffisant au point de vue thérapeutique, même si elle est administrée sous forme de capsules destinées à masquer l'odeur et la saveur désagréables et à protéger l'estomac. 10 L'administration orale d'hétérosides de l'huile de moutarde, à partir desquels il se forme de l'huile de moutarde sous l'influence d'une enzyme, le myrosinase, ou l'administration de générateurs synthétiques d'huile de moutarde, est également contre-indiquée, car les huiles de moutarde ne sont pas libérées du 15 tout, ou elles sont métabolisées avant d'avoir atteint la concentration requise à l'endroit désiré. En outre, il arrive souvent que des produits de décomposition nuisibles soient formés lors de la libération» On a maintenant découvert que des huiles de moutarde sont 20 excrétées sous une forme combinée» liées à de 1'acétylcystéine. Oette liaison du groupe isothiocyanate de l'huile de moutarde, avec le groupe mercapto de la cystéine, implique la formation de dithio-carbamates. En outre, on a constaté que l'action antibactérienne des 25 huiles de moutarde peut être inactivée par la cystéine, ce qui est également imputable à une liaison mercapto et dépend du pH du milieu et des conditions de concentration» D'autre part, on sait aussi que des enzymes renfermant des groupes mercapto, en particulier les ferments respiratoires 30 et digestifs, peuvent être liés et inactivés par les huiles de moutarde» Enfin, on connaît le pouvoir désintoxicant, anti-infectieux et antihépatotoxique de la cystéine, dû en partie à son intense pouvoir réducteur et en partier à son groupe SH. 35 D'après ce qui précède, on pourrait donc s'attendre à ce que la cystéine, étant donné son affinité pour l'huile de moutarde, déploie de manière compétitive une activité protectrice et iin effet stérique, prévenant les irritations et empêchant des inactivations enzymatiques. 40 On a donc essayé de développer une combinaison d'huile de moutarde 71 30255 2 2103445 et de cystéine qui, après administration orale, ne serait dissociée en ces deux composants actifs qu'après avoir traversé l'estomac. Les combinaisons d'huile de moutarde et de cystéine se sont malheureusement révélées inadéquates9. en raison de la formation 5 de composés cycliques non dissociables dans l'organisme en huile de moutarde et cystéine. On a maintenant découvert que l'on peut éviter la cyclisa-tion et obtenir un dithiocarbamate dissociable de la façon désirée* en conduisant la réaction dans un milieu d'un pH presque 10 neutrea Cette préparation se prête facilement à une exploitation industrielle.» Lorsqu'on utilise pour le couplage avec la cystéine par exemple de l'huile de moutarde; benzylique, possédant un pouvoir antibactérien et antimycosique particulièrement intense, on obtientj, en procédant selon l'invention décrite plus en détail 15 ci-dessouss le produit réactionnel suivant % acide 25 dont l'intervalle de fusion se situe entre 187 et 190°C. Cet ester est une substance blanche pulvérulente, ayant l'odeur insignifiante et caractéristique des dérivés dithioniques, très peu hydrosoluble, plus facilement soluble dans l'acide chlorhydrique dilué, stable en milieu acide, alors que, en milieu 30 alcalin, il est hydrolysé en ses deux composants, l'huile de moutarde benzylique et la cystéine, présents dans un rapport ttbléculaire 1 % 1. Ces propriétés se répercutent favorablement sur le stabilité, la tolérance et constituent un avantage pour la thérapeutique par 35 administration orale. L'administration orale de l'ester est suivie dans l'estomac, de la dissolution et de la diffusion, mais le dédoublement n'a pas lieu à ce niveau, et une irritation de la muqueuse intestinale est donc impossible» Ce n'est qu'après le passage au duodénum que 40 commence l'hydrolyse graduelle en huile de moutarde et en cystéine, formule 20 71 30255 3 210.3445 qui progresse en fonction de l1alcalinisation, la zone de pH préférentielle étant située entre 695 et 9,0. ; L*huile de moutarde est absorbée au niveau du duodénum et T, _ • • dans les segments supérieurs du grêlea La cystéine, libérée en 5 une .quantité équimoléculaire lors de l'estérolyse, offre en vertu de son affinité pour l'huile de moutarde» une protection fiable contre les irritations de la muqueuse intestinale et contre l'inactivation des enzymes intestinales par l'huile de moutarde. 10 A ces avantages considérables au point de vue de la valeur pratique de la thérapeutique à l'huile de moutarde, découlant de la présence de la cystéine, vient s'ajouter l'effet avantageux propre à la cystéine elle-même. Un avantage supplémentaire résulte du fait que la thérapeutique à l'ester qui sera dédoublé 15 en huile de moutarde et en cystéine fournit également les éléments structuraux de la cystéine requis pour l'excrétion ultime de l'huile de moutardep ce qui assure un métabolisme bien équilibré de la cystéine. Parmi les composants de l'ester, la cystéine joue donc un 20 rôle déterminant, en assurant une thérapeutique orale à l'huile de moutarde efficacement dosée et exempte de risques d'intolérance, d'effets secondaires et autres. Lors de 1'estérolyse in vitro. dans du suc intestinal artificiel de pH 8S3S la quantité d'huile de moutarde benzylique 25 retrouvée correspond en moyenne à 66 fo de la valeur théorique, contre 45 i° dans le suc intestinal naturel de pH 8,1. Cependant, • ces valeurs ne correspondent pas aux proportions rencontrées in vivo, car la paroi intestinale est très perméable à. l'huile de moutarde benzylique, mais non la paroi d'un récipient en verre. 30 Au bout d'un essai de deux heures sur des animaux de laboratoire, on n'a plus pu déceler d'huile de moutarde benzylique libre dans l'intestin, ce qui témoigne d'une absorption complète. En clinique, on a administré l'ester selon une posologie comportant 3 à 4 fois par jour 2 dragées contenant chacune 60 mg 35 de substance active. Ce traitement a produit de bons résultats en cas de pyélonéphrite aiguë et chronique, pyélocystite, cystite, urétrite, épididymite et en présence de candidoses. Lors des essais cliniques comparatifs portant sur la tolérance, réalisés chez 340 patients (dont 50 enfants et 50 dermopathes) 40 souffrant d'infections des voies urinaires, de pyélonéphrite chro 71 30255 4 2103445 nique et aiguë et de diverses affections des annexes masculines impliquant des infections concomitantes, 9. investigateurs ont constaté à l'unanimité une bien meilleure tolérance par comparaison à l'huile de moutarde benzylique administrée dans des 5 capsules résistantes au suc gastrique„ bien que la dose unitaire ait été plus que doublée (de i4 à 32 mg en ce qui concerne l'huile de moutarde benzylique)® Pendant une période'allant jusqu'à plusieurs semaines} on a administré l'ester selon une posologie variant entre 2 fois par jour 1 dragée (enfants) 10 et 4 fois 2 dragées de 60 mg. Il s'agissait de 290 infections bactériennes et de 50 cas de condidoses. Pour le couplage à la cystéine, conforme à l'invention, on peut utiliser diverses huiles de moutarde. On préfère l'huile de moutarde benzylique en vertu de sa gamme d'activités anti-15 bactériennes et antimycosiques particulièrement large. Cependant, les huiles de moutarde phénylique, allylique et butylique, par exemple, se sont aussi révélées convenables. Pour éviter la cyclisation indésirable, il faut s'assurer, comme déjà mentionné, que la réaction de conjugaison s'effectue 20 dans 'un milieu neutre. On prépare une solution aqueuse de cystéine et une solution équimoléculaire d'huile de moutarde dans de l'alcool à 80 on réunit les deux solutions en agitant „ puis on abandonne le mélange à la température ambiantes, en agitant de temps en temps, 25 pendant 2 à 3 jours. On essore le dithiocarbamate précipité, on le lave à l'eau distillée, puis à l'alcool et on sèche à 50 -60°C. A la place de la cystéinet on peut avantageusement utiliser, en une quantité multipliée par 1,45 par rapport à la cystéine, 30 la Ii(+)-cystéine HCl.H^O, qu'on dissout dans 3,5 fois son poids d'eau dans laquelle on aura préalablement dissout 6,6 fo d'hydroxyde de sodium. Pour la fabrication industrielle, le chlorhydrate offre l'avantage de sa bonne hydrosolubilité, permettant de travailler 35 avec des quantités relativement faibles de solvant. En outre, la présence de l'hydroxyde alcalin assure une tr ans formation particulièrement aisée du chlorhydrate, en quelque sorte à l'état naissant. 40 Q& dissout 1*52 fcg (larmoies) de !>(+)-cystéine dans 5,2 1 71 30255 5 210.3445 d'eau distilléea puis on ajoute à la température ambiante et en agitant énergiquement , une solution de 1,72 kg (11,5 moles) d'isothiocyanate benzylique rectifié dans 40 1 d'éthanol de 80 tfo dénaturé avec de la méthyl-éthylcétone. 5 On abandonne, pendant 48 heures à la température ambiante, en agitant de temps en temps. Au bout de ce temps, la réaction est pratiquement achevée. On essore le précipité, puis on lave deux fois à l'eau distillée, afin d'éliminer la cystéine non transformée et deux fois 10 à l'éthanol, afin d'éliminer l!isothiocyanate benzylique non transformé» On sèche le produit dans une étuve sous vide .à 50 -60°C. L®acide EXEMPLE 2 On délaye 1,16 kg (6,6 moles) de L-(+)cystéine HCl.HgO (correspondant à 0,8 kg de cystéine) dans 4 1 d'eau distillée dans 20 ' laquelle on.a préalablement dissout 0,264 kg d'hydroxyde de sodium. On dissout 0,990 kg (6,6 moles) d'isothiocyanate benzylique rectifié dans 25 1 d'alcool de 80 $ dénaturé (avec de la méthyl-éthyl-cétone)o On ajoute cette solution alcollique à la solution aqueuse de cystéine, en agitant énergiquement, à la température 25 ambiante. Le produit réactionnel précipite déjà au cours de cette opération. On laisse reposer la massé réactionnelle pendant 2 à 3 jours, à la température ambiante, en agitant de temps en temps. Au bout de cette période, la réaction est pratiquement achevée.' On traite lé produit réactionnel obtenu, en suivant la 30 méthode décrite dans l'exemple 1. Rendement 1 1,8 kg = 83,5 # de la valeur théorique Intervalle de fusion s 187 «= 190°0. EXEMPLE 3 On mélange 6 kg de 1 ' acide o( ~amino~y8/fN~benzy 1-thiocarbamoyl ) -35 thio_7propionique, 18f75 kg de lactose et 0,25 kg de stéarate de magnésium et on presse des comprimés de 0,25 g (teneur en substance active = 60 mg). Les comprimés peuvent être utilisés tels quels ou comme noyau pour la fabrication de dragées, en ajoutant les constituants usuels 40 en quantité totale de 20 kg pour le poids de comprimés donné, de sorte à obtenir des dragées pesant à peu près 0,45 g. 71 30255 6 2103445 REVENDICATIONS -Dithiocarbamate dissociable en cystéine et isothiocya-nate de formule 5r* R_EH—C—S—CH.—CH—rCOOH S 1 s - m2 dans laquelle R. est un reste aliphatique ou aromatique. 2.- Dithiocarbamate selon la revendication 1, caractérisé 10 par le fait que le reste aliphatique est un groupe benzyle ou alkyle. 3.~ Dithiocarbamate selon la revendication 1, caractérisé par le fait que le reste aromatique est un groupe phényle ou, de préférence, un groupe benzyle, 15 4»~ Dithiocarbamate selon la revendication 3S caractérisé par le fait quf il est de formule suivante s / \ «ch2~nh-c»s~ch2~ch~cooh 20 ' ' S HH 5.- Procédé de préparation du dithiocarbamate de la revendication 1, caractérisé par le fait qu'afin d'obtenir un milieu réactionnel neutre, on prépare une solution aqueuse de cystéine 25 et une solution alcoolique à 80 $ d'isothiocyanate, on mélange les deux solutions dans une proportion équimoléculaire i en agitant énergiquement et on laisse ensuite reposer le mélange pendant deux à trois jours à la température ambiante, en agitant de temps en temps, et qu'ensuite, on isole et on essore le dithiocarbamate 30 précipité, on le lave à l'eau distillée, puis à l'alcool et on le sèche à 50 - 60°C. 6«- Procédé selon la revendication 2, caractérisé par le fait qu'on remplace dans un rapport pondéral de 1 % 1,45 la cystéine par la L(+)«cystéine HCl.HgO, dissoute dans 3,5 fois son 35 poids d'eau, dans laquelle on aura préalablement dissout 6,6 tfo en poids d'hydroxyde de sodium. 7.- Médicament pour le traitement oral d'affections bactériennes et mycosiques de systèmes excréteurs, en particulier des voies urinaires, caractérisé par le fait qu'il contient comme 40 substance active un dithiocarbamate selon l'une quelconque des revendications 1 à 4. 71 30255 7 210.3445 8o~ Médicament selon la revendication 7, caractérisé par le fait qu'il a une teneur en substance active de 50 à 100 mg, de préférence de 60 mg. 9«