La présente invention concerne les plateaux tournants, organes essentiels des machines phonographiques. On sait combien les disques actuels de grand format sont sujets au bombage et au gondolement, et que cela nuit à la qualité des sons par le fait qu'ils imposent au bras de lecture et à sa pointe des comportements anormaux. Les frictions en porte-à-faux du stylet contre les flancs du sillon ainsi que les perturbations de la force d'appui n'engendrent pas seulement, dans l'instant, des altérations acoustiques plus ou moins perceptibles, mais entraînent aussi, à la longue, une usure prématurée des disques présentant ces déformations. Le nombre grandissant de ceux-ci a motivé récemment l'avènement du palet presseur, objet en forme de rondelle percée qu'on applique en superposition sur la zone centrale du disque, le blocage s'obtenant par étreinte du piton.Or, le palet presseur ne réalise d'aplanissement absolu que dans un seul cas : celui d'un disque bombé uniformément, et à condition cu'on place le creux en dessous. Il ne peut avoir qu'une efficacité restreinte en toute autre circonstance, étant donné sa limitation de surface. 1 a été créé dernièrement un modèle de machine phonographique dont le plateau, dédaigneux de tout palet presseur, accomplit par lui-même le redressement parfait, sur la totalité de leur surface, des disques gondolés, bombés ou diversement tordus. Le procédé employé, en l'ocourence une succion d'air produisant un effet de ventouse, présente l'avantage d'une efficacité absolue mais l'inconvénient d'un coOt très élevé. Le plateau conçu selon l'invention exposée ci-après a des prétentions plus modestes mais il ne risque guère, en revanche, de majorer sensiblement le prix global de la machine. Ici, le disque est aplani à sa périphérie. Selon les cas, l'usage annexe du paletwsentral demeurera nécessaire ou s'avèrera superflu. Le diamètre de ce plateau ne peut mesurer moins de trente-deux centimètres, car une marge est nécessaire, hors du disque, dans laquelle deux perçages verticaux, situés chacun à un polo dudit diamètre, reçoivent respectivement les deux broches serties à une vaste couronne qui s'abaisse. Rigoureusement plate et horizontale, la face de dessus de cette couronne est élargie d'environ deux millimètres sur toute l'étendue de sa circonférence intérieure. Nous appellerons "margelle d'appui" cet élargissement qui constitue en effet la surface de pression sur le bord du disque à redresser. Elle doit être aussi mince que possible, afin que le dessous du phonoceoteur, en position de départ, ne risque pas de l'effleurer.Pous la fabrication, elle peut étre obtenue soit dans la basse comme résultat d'un feuillurage fort conséquent, soit en addition par l'apport d'un placage débordant brasé ou collé. Son découpage en créneaux lui permet tcur à tour et à volonté l'escamotage et la mise en service. Chacune des deux broches, filetée à large pas, est assemblée avec un écrou niché dans le flanc du plateau. Au lieu d'être taillés à facettes, les deux écrous sont cylindriques et dentés, faisant ainsi office de pignons à leurs parois externes, lesquelles se trouvent engrenées à une cene ture qui encercle le plateau. En manoeuvrant cette ceinture, on obtient donc la montée ou la descente de la couronne inerte au sens horizontal. Sur la planche annexée, les figures 1, 2 et 3 représentent successivement le seul et même plateau pris dans son entité et regardé selon la même ligne de vue, en coupe suivant l'élévation. Elles sont en grandeur réelle, sauf en ce qui concerne l'étendue diamétrale abrégée par des brisures abstraites. En grandeur réelle sont également les figures fragmentaires 5,6 et 7 vues par le dessus. Seule la figure 4, vue elle aussi par le dessus, est à échelle réduite. En partant de la figure 1, on constate premièrement que le plateau(1# est nettement plus vaste que le disque manifestement concave posé à titre d'exemple sur le tapis isolateur 4. Le diamètre du tapis est le même que celui du disque (trente centimètres) et son bord s'aligne exactement sur l'arête d'une feuillure circulaire ménagée dans la périphérie supérieure du plateau. La partie haute de ce -même dessin représente la couronne presseuse(20 avec sa margelle d'appui 5 recouvrant de deux millimètres, environ, la lisière du disque. A ce stade de l'exa:en, il convient de remarquer les encoches 3 figurées à droite et à gauche dans l'extrémité diamétrale du tapis. La figure 4, ainsi que les vues fragmentaires 5 et 6, nous montre que la margelle d'appui est crénelée. A chacun de ses créneaux correspond une encoche 3 en bordure du tapis. Ces encoches permettent à la margelle de s'abaisser jusqu'au-dessous de la surface du tapis, comme on le voit à la figure 3. Quand on n'utilise que des disques en parfait état de pja#ité on peut à bon droIt délaisser l'appareillage de redressement. Par contre, quand il s'agit d'aplanir un disque, on peut s'assurer une pression impeccable par un petit déplacement giratoire du tapis sur le plateau, de manière que les saillies se superposent comme le montre la figure fragmentaire 6 (en base. En cela, la précision dépend d'un ou plusieurs petits assemblages très simples à batée et mortaise. Le dispositif permettant de hisser ou d'abaisser la couronne 2 consiste en deux brcches 6 filetées comme des vis mécaniques. Leurs logements respectifs sont deux tunnels verticaux à paroi lisse forés aux deux extrémités d'une ligne diamétrale unique. Leur sommet serti à la couronne leur interdit tout mouvement giratoire. Au-dessous de la feuillure périphérique, deux mortaises horizontales renferment respectivement les deux écrous cylindriques 7 assemblés avec lesdites broches filetées 6. La rotation-simultanée de ces deux écrous conditionne ainsi l'ascencion ou la descente des deux broches à la fois, et par là-même, de la couronne presseuse. La bordure externe de ces deux écrous est dentée. Il sera donc plus juste de les nommer désormais "pignons-écrous". Ils sont de cette façon engrenés à une grande ceinture 8 qui encercle le plateau. Celle-ci n'est dentée que partiellement, et la limitation de ses deux étendues fontionnelles bloque naturellement l'ascencion de la couronne presseuse quand celle-ci atteint sa hauteur critique. On peut s'en faire une idée en observant la figure fragmentaire 7. Le crénelage extérieur de la ceinture 8, essentiellement conçu pour en faciliter la manipulation, peut en outre faire office de stroboscope. On tourne la ceinture dans le sens de rotation du plateau pour hisser la couronne, et dans le sens inverse pour l'abaisser. Les encoignures 9 en coupe de cornière situées aux extrémités inférieures des figures 1, 2 et 3 représentent effectivement les sections d'une cornière circulaire rapportée après le montage de la ceinture 8. Naturellement, la cornière est d'une seule pièce, de même que la ceinture 8 et la couronne 2. Pour pouvoir installer la ceinture 6 en l'engageant par le dessous, il fallait bien que le flanc du plateau fut désépaissi. Enfin, pour éviter que la ceinture ne tombe, un calage s'avérait nécessaire. A cet effet, un simple bandeau pourrait suffire, mais le repli en cornière permet une fixation par dessous, doncinvisible. Le piton central du plateau t103 est nécessairement amovible ou rétractable, sans quoi l'insertion du disque entre tapis et couronne serait malaisée sinon impossible. Plusieurs solutions peuvent être envisagées. A titre d'exemple, les dessins ici-présents proposent un système valable pour des platines à entrainement direct. L'arbre tournant, sur lequel s'emboîte en cône l'évidement central du plateau, est obligatoirement creux à cause de la présence d'un fourreau 11 contenant le piton, creux lui-meme et recélant en partie un ressort à compression dont l'extrémité inférieure touche le fond dudit fourreau. Grace à un petit mécanisme pareil à ceux employés notemment dans les stylobilles de poche, une pression du doigt produit l'escamotage et la retenue, après quoi une deuxième provoque le rejaillissement. Lorsqu'on a enfoncé le piton (figure 13, on place le disque en s'aidant d'une pince. Un rapide regard par le dessus permet de s'assurer qu'il est assez bien centré. On déclanchera le rejaillissement du piton en utilisant un batonnet, fourni à cette intention, dont on introduira l'extrémité antidérapante dans le trou du disque pour opérer la pression de déverrouillage. Si on devait utiliser accessoirement un palet presseur, il conviendrait que la pose de celui-ci puisse se réaliser sans contrainte verticale sur le piton. Il ne pourrait donc être question d'une simple rondelle de caoutchouc, mais bien plutôt d'un objet à serrage mécanique. La description détaillée de notre plateau phonographique aplanisseur et son mode d'emploi s'achèvent ici selon la version principale. Cependant, tout en conservant l'élément fondamental tla couronne presseuse avec sa margelle d'appui) on peut proposer de cette mème invention deux variantes simplificatrices. Selon l'une d'elles, la ceinture 8 n'existerait pas. A sa place, une saillie circulaire de la masse périphérique du plateau, à bordure lisse, en tiendrait lieu figurativement. Les deux écrous 7 auraient leur diamètre très élargi de façon que leur bordure molletée affleurât la lig#ne de circonférence extérieure de cette fausse ceinture. Un léger enlèveme de matière tirée de celle-ci justement dans l'aire de chaque écrou, sous forme de méplat ou de concavité, permettrait la manipulation directeaY# les doigts en prise sur les molletages respectifs des deux écrous parti'#- lement découverts. Pour que les-deux mains droite et gauche travaillent en mouvements parallèles, il faudrait donc que les deux broches 6 soient filetées inversement l'une de l'autre comme seraient inversement taraude les deux écrous. Selon l'autre variante, la ceinture 8 n'existerait pas non plus, et sa configuration ne serait même plus nécessaire. Les broches 6 seraient lisses. La couronne presseuse et le plateau proprement dit seraient retenus constamment serrés l'un sur l'autre par des attaches extensibles, et un blocage vertical empeoherait à coup sûr ledit plateau de se déboiter de son axe. Pour l'insertion du disque, l'écartement s'obtiendrait par l'action d'un dispositif installé non pas dans le plateau mais au-dessous de lui, dans le coffret de la machine. Un tel système nécessiterait l'immobilisation très précise du plateau, afin que deux fines broches verticales, agissant comme des chasse-goupilles avec un parfait synchronisme, s'introduisissent dans les tunnels respectifs des deux bro- ches de la couronne presseuse pour repousser celles-ci vers le haut. Le retour au point mort du levier de commande accomplirait instantanément le resserrement sur le disque. REVENDICATIONS I. Plateau tournant phonographique (i) surmonté d'une couronne (2) qu'un mécanisme élève et rabaisse afin de redresser momentanément tout disque gondolé ou concave mis en tlace pour l'audition en réalisant une pression verticale sur la lisière périphérique de celui-ci, l'élément spécifique depres- sion (5) étant un élargissement intérieur, aussi mince que pos- sible, de la face horieontale supérieure de ladite couronne. 2. Plateau selon la revendication I, caractérisé en ce que les organes de liaison unissant le plateau proprement dit et ladite couronne sont deux broches verticales filetées (6) serties d'un bout à ladite couronne et séparees par la longueur diamétrale commune de celle-ci et dudit plateau comportant#eux tunnels verticaux sépares de meme et dans lesquels lesdites broches coulissent respectivement. 30 Plateau selon les revendications I & 2, caractérise en ce aue chacune des deux broches verticales filetées (6) est assemblée avec un écrou (7) niché dans la paroi dudit plateau, de sorte que les mouvements giratoires coordonnés de ces deux écrous déterminent le processus de cheminement vertical de 1 > dite couronne, en montée ou descente selon leur sens dero#t#on. 4. Plateau selon les revendications 1,2 & 3, caractérisé en ce que, sachant que les deux écrous (7) ont leur paroi exter- ne dentée en forme de pianon, une ceinture (8), encerclant le plateau et engrenée avec eux, constitue liélément coordinateur sur lequel s'opère directement la manipulation en glissement horizontal circulaire.