La présente invention concerne un dispositif de sécurité pour allumeur ou fusée destiné à initier toute charge militaire (grenades, mines, obus ...) et à limiter au maximum les risques d'explosion pendant le stockage ou le transport par terre, air ou mer. Pendait le stockage, les risques d'explosion doivent etre limités en cas d'incendie du magasin. Pendant le transport, les munitions sont soumises à un environnement particulièrement agressif pour la charge primaire de l'allumeur. Même en position non armée, lrinitiation de la charge primaire peut se faire sous l'action d'un champ magnétique intense ou de fréquences élevées (radar par exemple). I1 faut donc dans ces conditions que le départ intempestif d'un allumeur n'entraîne pas facilement l'explosion de la munition complète. Selon des dispositifs connus, la chaîne pyrotechnique à l'intérieur de l'allumeur composée d'un percuteur, d'une amorce, d'une charge à combustion lente, dite charge de retard, d'une charge primaire facilement inflammable et d'une charge amplificatrice, dite charge secondaire, est interrompue entre la charge primaire et la charge secondaire par un espace libre que dot franchir l'onde de détonation avant d'initier la charge secondaire. Cet espace libre est étudié pour que la charge secondaire ne soit pas initiée lors d'un--départ intempestif de la charge primaire. Elle peutZêtre, lors d'un amorçage volontaire, lorsque la charge primaire se rapproche de la charge secondaire avant d'être initiée. On a pensé également à interposer, entre les charges primaires et secondaires, un écran matériel pour interrompre ainsi le chaîne pyrotechnique. Mais, suivant l'emplacement disponible, les écrans ne peuvent pas toujours présenter l'épaisseur nécessaire pour assurer une bonne protection On est conduit alors à diminuer les puissances d'amorçage du détonateur. Malheureusement, l'espace libre, laissé par l'effacement de l'écran, que doit alors parcourir l'onde de détonation pour initier la charge secondaire entraîne une diminution notable suivant le cas, du rendement global de la munition. C'est donc un but de l'invention d'obtenir le meilleur rendement de la chaîne pyrotechnique en réduisant au strict minimum la distance relative entre la charge primaire et la charge secondaire par déplacement de cette dernière, tout en conservant une grande sécurité dans les conditions de stockage ou de transport par l'interposition d'un écran matériel. Un autre but de l'invention est, dans le cas d'un projectile lancé par un canon, de retarder la mise en alignement de la chaîne pyrotechnique, c'est-à-dire de différer le rapprochement mutuel de la charge secon daire et de la charge primaire, pour procurer une sécurité dite "de bouche" Ce but est atteint, selon l'invention, en ce que le dispositif, comportant une chaîne pyrotechnique composée dune amorce, d'une charge à combustion lente, d'une charge primaire très sensible et d'une charge secondaire amplificatrice, ladite chaîne pyrotechnique étant interrompue entre les charges primaire et secondaire, et étant du type dans lequel le percuteur est retenu par un étrier, est caractérisé en ce que l'interruption de la chaîne pyrotechnique est assurée par un piston maintenu en position par l'étrier, et en ce que la charge secondaire est déplaçable sous l'action d'un ressort, de telle sorte que, à la libération de l'étrier, le piston soit susceptible d'être éjecté, autorisant alors le déplacement de la charge secondaire vers la charge primaire. Selon l'invention, le piston est verrouillé en position par une goupille à tête conique maintenue en position par l'étrier et susceptible d'être éjectée au cours du déplacement du piston. Selon une réalisation particulière de l'invention, l'éjection du piston, après libération de l'étrier, est retardée jusqu'à rupture d'une liaison qui le lie au corps de fusée et qui est constituée soit par une bague fusible sensible au dégagement de chaleur de la charge à combustion lente soit par une goupille à cisaillement, soit par un joint annulaire à fort coefficient de frottement et situé à la périphérie du piston près de la charge primaire, l'éjection étant commandée par un ressort et/ou par la pression des gaz de combustion de la charge à combustion lente. L'invention sera mieux comprise au moyen d'un exemple non limitatif de réalisation de l'invention décrit ci-après en relation avec le dessin annexé sur lequel La figure 1 est une coupe d'un élément selon l'invention, La figure 2 est une coupe d'une autre réalisation dé l'invention, La figure 3 est une coupe d'une troisième réalisation de l'invention. Selon la figure 1, l'allumeur se compose d'un corps d'allumeur 1 surmontant un élément cylindrique 2. Le corps 1 est percé d'un alésage 3 dans lequel se trouvent un piston 4 et un module pyrotechnique pénétrant dans un alésage du piston 4. Le module pyrotechnique se compose d'un support 5 fixé au corps 1, et obturant hermétiquement l'alésage 3 dans lequel se trouvent une amorce ou capsule d'allumage 6, une charge à combustion lente ou charge de retard 7 et une charge primaire (détonateur) 8. Le support 5 est relié au piston 4, dans son alésage, par un élément fusible 10. Le piston 4 est soumis à la pression d'un ressort 11 qui tend à l'éjecter hors du corps i. Il y est maintenu grace à un étrier 12 entourant en partie le corps 1 et solidarisé avec celui-ci par une goupille 13. L'étrier maintient également un percuteur 14 monté pivotant dans un évidement du corps 1, contre l'action d'un ressort qui tend à le faire pivoter pour venir percuter l'amorce 6. Un verrou de sécurité constitué par une goupille 18 traversant le corps 1, dont la pointe conique pénètre dans un évidement de forme correspondante du piston 4 est également maintenu en place par l'étrier 12.La charge amplificatrice ou secondaire 16 placée dans l'élément cylindrique 2 est soumise à la pression d'un ressort 17 qui tend à la faire pénétrer dans l'évidement 3 du corps 1 lorsque le piston est éjecté, et la presse contre lui lorsqu'il est en place. L'allumeur peut être mis en place par vissage dans la munition à laquelle il est destiné. Le fonctionnement normol du dispositif selon la figure 1 est le suivant : La goupille 13 étant retirée, l'étrier 12 bascule sous l'effet du ressort 15 du percuteur 14 et saute, dégageant ainsi le piston 4 et la goupille 18. Le percuteur 14 frappe l'amorce 6 qui enflamme la charge à combustion lente 7. La chaleur dégagée par la combustion de celle-ci fait fondre l'élément fusible 10. Sous l'effet du ressort 11, le piston 4 est repoussé vers l'extérieur, la goupille 18 est éjectée gr8ce à la poussée du piston sur sa pointe conique, et le piston est à son tour éjecté. Le ressort 17 repousse alors la charge 16 dans l'évidement 3, la mettant ainsi à proximité de la charge primaire qui la met à feu en s'allumant. La charge secondaire 16 allume alors la charge militaire. Si pendant le stockage ou le transport, la charge primaire 8 devait être allumée pour une raison quelconque, le piston 4, bloqué par l'étrier 12 et la goupille de sécurité 18, fait écran et la charge 16 ne peut être initiée. La goupille 18 a pour but de préserver l'état de sécurité de l'allumeur si pour une raison quelconque l'étrier était partiellement dégagé et qu'on désire le ramener à sa position initiale, une impureté pouvant alors initier l'amorce 6. Le piston 4 ainsi verrouillé empeche ainsi la charge 8 d'initier la charge amplificatrice 16. Il est en outre prévu des encoches de faiblesse 19 dans le corps 1 près du module pyrotechnique. Ces encoches affaiblissent le corps 1 dans cette zone de manière qu'il éclate lorsque, pendant le stockage ou le trnsport, la pression due à la combustion intempestive de la charge 7 devient trop importante et risque de provoquer l'allumage de la charge amplificatrice ou secondaire 16. Le dispositif selon la figure 2 diffère de celui de la figure 1 en ce que le moyen d'éjection du piston 4 n'est plus constitué par un ressort mais par la pression des gaz de combustion de la charge à combustion lente 7. A cet effet, un canal 24 est pratiqué dans le corps 1, qui met en communication le module pyrotechnique avec la chambre 21 formée par un élargissement de l'alésage 3 et dans laquelle coulisse la tête 20 du piston 4. L'étanchéité est assurée grace à un joint torique 22 situé sur la tête de piston 20. Une goupille de cisaillement 25 fixant la tête de piston 20 assure la sécurité. Pendant le stockage ou le transport, le maintien du piston 4 est assuré par l'étrier 12 et les goupilles 13 et 18. En utilisation normale, lorsque la goupille 13 est retirée, l'étrier 12 bascule et le percuteur 4 frappe l'amorce 6 qui initie la charge 7. Celleci en brulant dégage un gaz qui parvient par le canal 24 jusque dans le chambre 21. La pression monte et la force exercée sur la tête de piston 20 cisaille la goupille 25. Le piston 4 est éjecté et la charge secondaire 16 vient se placer à proximité de la charge primaire, sous l'effet du ressort 17. Lorsque la charge primaire 8 port, elle initie la charge 16 qui met à feu la charge militaire. Selon la figure 3, le maintien du piston 4 à l'intérieur du corps 1, lorsque l'étrier saute, est assuré non plus par une goupille de cisaillement, comme la goupille 10 sur la figure 2, mais par un joint annulaire 23 de section cruciforme à fort coefficient de frottement, disposé autour du piston 4 dans la zone du module pyrotechnique. Ce joint à fort coeffi-. cient de frottement bloque le déplacement du piston 4 vers l'extérieur jusqu'à ce que la pression créée dans la chambre du module pyrotechnique par la combustion de la charge 7 soit suffisamment élevée pour vaincre la force de frottement Afin d'éviter un blocage du joint 23 contre la charge secondaire 16 qui est pressée contre le piston 4 par le ressort 17, le piston comporte une section de diamètre plus large située entre sa tête et un épaulement dont la distance au joint 23 est inférieure à la largeur de la charge secondaire 16. Il va de soi que l'invention ne se limite pas aux exemples décrits qui correspondent au cas d'une grenade. On peut envisager l'utilisation du dispositif dans le cas d'un obus ou d'une mine. REVENDICATIONS 1. - Dispositif de sécurité pour fusée de mise à feu de charge militaire, avec une chaîne pyrotechnique comportant une amorce, une charge à combustion lente, une charge primaire très sensible et une charge secon daire amplificatrice, ladite chaîne pyrotechnique étant interrompue entre les charges primaire et secondaire, du type dans lequel le percuteur est retenu par un étrier, caractérisé en ce que l'interruption de la chaîne pyrotechnique est assurée par un piston maintenu en position par l'étrier, et en ce que la charge secondaire est déplaçable sous l'action d'un ressort de telle sorte que, à la libération de l'étrier, le piston soit susceptible d'être éjecté, autorisant alors le déplacement de la charge secondaire vers la charge primaire. 2. - Dispositif de sécurité selon la revendication 1, caractérisé en ce que le piston est verrouillé en position par une goupille à tette conique maintenue en position par l'étrier, et susceptible d'etre éjectée au cours du déplacement du piston. 3. - Dispositif de sécurité selon l'une des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que le piston est maintenu en position par un élément susceptible d'assurer une liaison provisoire destinée à etre rompue au cours de la combustion de la chorge lente. 4. - Dispositif de sécurité selon la revendication 3, caractérisé en ce que l'élément susceptible d'assurer la liaison provisoire est une bague fusible. 5. - Dispositif de sécurité selon la revendication 3, caractérisé en ce que l'élément susceptible d'assurer la liaison provisoire est une goupille à cisaillement. 6. - Dispositif de sécurité selon la revendication 3, caractérisé en ce que l'élément susceptible d'assurer la liaison provisoire est un joint annulaire à fort coefficient de frottement. 7. - Dispositif de sécurité selon l'une quelconque des revendications 4 ou 6, caractérisé en ce que l'éjection du piston après rupture de la liaison provisoire est assurée par un ressort et, éventuellement, par l'action des gaz de combustion de la charge lente. 8. - Dispositif de sécurité selon la revendication 5, caractérisé en ce que l'éjection du piston après rupture de la goupille à cisaillement est assurée par l'action des gaz de combustion de la charge lente. 9. - Dispositif de sécurité selon la revendication 6, caractérisé en ce que le piston se déplace dans un alésage muni d'un élargissement, et en ce que la distance entre le joint annulaire et le bord de l'élargissement est inférieure au diamètre de la charge secondaire. 10. - Dispositif selon la revendication 5, caractérisé en ce que la tête du piston porte un joint torique d'étanchéité. 11. - Dispositif selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le piston et la charge secondaire sont susceptibles de se déplacer dans deux directions perpendiculaires.