La présente invention se rapporte à une nouvelle composition pour la destruction de rongeurs nuisibles, en particulier rats, souris, rats musqués et. similaires. La destruction de rongeurs, surtout rats et souris, présente une grande importance économique et sanitaire, aussi a-t-elle donné lieu à des études poussées. De bons résultats ont été obtenus par lZutilisation de substances. anticoagulantes, qui tuent les ron- geurs par l'effet h:norragique qu'elles produisent. On connatt notamment plusieurs anticoagulants, ddrivés de la coumarine, de formule géniale : où R est un radical cyclique, tel que phényle, chlorophényle ou fúryle.Ces produits se trouvent dans le commerce sous diverses dénominations, par exemple : Warfarin, Coumafene, Compound 42, Althrombine-K ou Coumadine pour R constitué par le phényle (C6H5) : Coumachlor lorsque R est le chlorophényle (Cl en méta du -CH-) et Coumafuryle. dans le cas du furyle. Ces composés sont en génial employés en association avec un appât, le plus souvent graines de céréales, ou bien 3 l'état de poudre très fine, renfermant une charge pulvérulente, mouillable, consti- tuant un raticide "piste" ; ce dernier est répandu sur les lieux ou pistes fréquentés par les rongeurs, pour être entratné par le :P image de l'animal, ensuite ingéré par celui-ci, lorsque l'animal selon son habitude - lèche ses poils qui ont ramassé la poussière. Les raticides à base d'agents anticoagulants, connus jusqu'à présent, comportent deux inconvénients. Le premier est le danger, qu'ils constituent pour les autres vertébrés, notamment chiens, cnats et aussi basse-cour. Le second réside en ce que lerongeur doit absorber la composition raticide plusieurs fois, avant de succomber. L'application des produits de l'art antérieur exige donc une surveillance et des précautions pour éviter l'ingestion de raticide par des animaux utiles; elle doit, en outre, être répétée plus ou moins longtemps, ce qui augmente encore le danger susmentionné. La nouvelle composition, suivant l'invention, supprime ces deux inconvénients des produits connus jusqu'3 présent : elle est inoffensive vis-à-vis des vertébrés autres que les rongeurs, et il est aisé de la rendre suffisamment concentrée en produit actif, pour qu'un seul repas tue le rongeur. La composition suivant l'invention peut être utilisée sous les deux formes habituelles ; avec appat ou en poudre fine "piste". L'avantage de la rapidité d'action est sensible surtout pour la première de ces formes, c' est-à-dire celle d'un appât auquel est associée la substance anticoagulante. L'invention résulte de la constatation inattendue que la présence de vitamine anti-hémorragique et de sucre assimilable, dans la composition renfermant l'agent anticoagulant, rend ce dernier inoffensif pour tous les vertébrés à l'exception des rongeurs. Dans la préparation classique des raticides b base d'anticoagulants on évite l'inclusion de matières pouvant contenir une vitamine antihémorragique K, pour ne pas contrecarrer l'action de l'anticoagulant 5 or, suivant l'invention, de telles matières sont justement utiles à l'inhibition de cette action chez les vertébrés autres que les rongeurs ; par contre, dans le cas de ces derniers, la vitamine K n'arrive pas à empêcher les effets de 1' anticoagulant,ce qui pourrait s1 expliquer par le fait que ces deux sortes de substances ne sont pas assimilées simultanément par les rongeurs dont l'organisation enzymatique du tube digestif est différente de celle des félidés ou des canidés. La nouvelle composition suivant l'invention comprend un excipient pulvérulent ou/et granuleux, auquel est associée une faible proportion d'une ou de plusieurs substances anticoagulantes et de vitamine antihémorragique, accompagnées d'une proportion substantielle de sucre assimilable par les mammifères. Dans la forme d'exécution préférée, l'excipient est constitué au moins en majeure partie par des brisures de graines écraséee de céréales ou/et légumineuses. Il y a intérêt à utiliser pour cela des graines de bonne qualité, non avariées, en particulier maTs, riz, orge, blé, avoine, manioc, pois, haricots, fèves, soya, etc. Le broyage préféré des graines est tel que les fragments obtenus présentent des dimensions d'environ 0,3 à 3 mm. Ces fragments peuvent être accompagnés d'une moindre proportion de particules fines, notamment de farine d'une ou de plusieurs céréales ou/ et légumineuses. Grâce à la division des graines, le mélange de la substance active avec l'appt est bien plus intime et le rongeur ne peut pas manger l'intérieur de la graine, en laissant l'enveloppe empoi sonnée, comme c'est le cas avec les produits classiques, constitués par des graines dont seule la surface porte la substance active, fixée par un adhésif approprié. Dans le mélange intime, suivant l'invention, l'animal ne peut pas faire ce tri, et l'anticoagulant pénètre dans son tube digestif, sans qu'il s'en aperçoive ; il y a donc ingestion d'une quantité substantielle dekroduit actif dès la première consommation, contrairement aux raticides classiques dont il faut plusieurs ingestions avant d'atteindre la dose mortelle. En général, la proportion de substance active, anticoagulante, est comprise entre 0,01 % et 0,05% en poids de la composition, selon la nature chimique de cette substance et suivant l'excipient choisi. Avec des composés coumariniques habituels, cette proportion est de préférence de 0,025% à 0,030%, et le mieux aussi proche que possible de 0,0256%. Le produit suivant l'invention peut être préparé avec un ou plusieurs des agents anticoagulants connus, ctest-à-dire inhibiteurs de la prothrombine ; elle peut notamment comprendre des dérivés de la coumarine, dont quelques uns sont cités plus haut à titre d'exemples. Des bons résultats sont obtenus, entre autres, avec du "Warfarin" ou "Coumafène" qui est la ( -phényl- ss-acétyl- éthyl)-3 hydroxy-4 coumarine : La vitamine antihémorragique peut & re constituée par une ou plusieurs des substances connues sous la dénomination de Vitamine K. Ce sont, comne le sait, des naphtoquinones-1,4 portant des substituants, en général des groupes aliphatiques en position 2 ou/et 3. Convient tout particulièrement la vitamine K1, c'est-àdire la méthyl-2-phytyl-3-naphtoquinone-1,4, qui se trouve dans le commerce sous divers noms, tels que "3-phy- thylmenadione", "Phytomenadiène", "Phytonadione", "Mephyton", "Phylloquinone", etc. On peut cependant employer également les autres dérivés naphtoquinoniques favorisant la synthèse de la prothrombine dans le foie. Ainsi, conviennent des vitamines de la série i à différentes chatnes aliphatiques en position 3, par exemple trans-farnésyl-géranyle (C35), ou même la simple méthyl-2-na phtoquinone-1,4, connue sous le terme "Menadione". La vitamine peut être prise à 11 état plus ou moins pur, que l'on trouve actuellement, ou bien sous la forme d'une matière naturelle la contenant, comme par exemple extraits ou poudres de plantes vertes, en particulier d'alfa, farine de poisson, mycélium de culture microbienne appropriée, etc. Le sucre, dont la présence constitue une forme d'exécution préférée de la composition selon l'invention, peut être tout sucre facilement assimilable par les mammifères, en particulier canidés et félidés. Plus particulièrement, la nouvelle composition renferme une proportion sensible, par exemple 1 à 20% en poids - et de préférence 5 à 15% - d'un ou de plusieurs oses, tels que glucose, lactose, rhamnose, saccharose, maltose, etc. Des polysaccharides assimilables peuvent de même convenir. La forme particulièrement pratique du sucre utilisée est celle de saccharose cristallisé, de betterave ou de canne, que 1. on trouve en abondance sur le marché. Des cristaux de sucre des dimensions d'environ 0,1 à 2 mm, et surtout 0,3 à 1 mm conviennent fort bien. La composition peut, en outre, renfermer utilement un parfum ou arme alléchant les rongeurs ; de tels adjuvants étant connus en soi, il n'y a pas lieu de les décrire en détail ici ; à titre d'exemple non limitatif on indiquera seulement le goût d'anis que l'on peut obtenir par l'0djonction d'unetite quantité d'anéthol, de l'ordre de Iooppm. Il est également bon de colorer la composition à la manière habituelle, surtout par mesure de précaution et d'avertissement pour les personnes susceptibles de la manipuler ou rencontrer. A titre d'exemple non limitatif, voici la composition d'un raticide suivant l'invention, particulièrement efficace. L'excipient est constitué par du malus écrasé en morceaux dont les plus gros présentent une dimension d'environ 2 mm et les plus fins moins de 0,1 win ; il y a approximativement 75% en poids de brisures de Or3 à 2 mm et 25% de particules de moins de 0,3 mm. Le mais contient environ 0,04 mg de vitamine K1 par kgO 90 parties en poids de cet excipient sont mélangées avec 10 parties de sucre de betterave ou de canne cristallisé en cristaux d'environ 0,5 à 1,5 mm. A ce mélange on incorpore 0,0256 g de ( -phényl-ss-acétyl-éthyl)-3 hydroxy-4 coumarine ("Warfarin" ou wCoumafène"), ainsi que 100 ppm d'anéthol. Le produit pulvérulent, et croquant, ainsi formé, peut etre répandu en tous lieux fréquentés par des rongeurs, sans danger pour enfants, chiens, chats ou autres vertébrés, non rongeurs. Ces derniers sont détruits généralement après une seule ingestion de la composition. REVENDICATIONS 1, Composition pour la destruction de rongeurs, formée par l'asso ciation d'une substance anticoagulante, en particulier dérivée de la coumarine, avec un excipient pulvérulent ou/et granulé, caractérisée en ce qu'elle renferme une vitamine antihémorragi- que et une proportion substantielle d'un sucre assimilable par les mammifères. 2. Composition suivant la revendication 1, caractérisée en ce que l'excipient est constitué par des morceaux ou/et particules de graines écrasées de plante céréale ou/et légumineuse. 3. Composition suivant la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce que la substance anticoagulante est un dérivé de la couma rine dont l'atome de carbone en position 3 porte une chatne aliphatique renfermant une fonction cétone et un groupe cycli que en ss de la fonction cétone. 4. Composition suivant la revendication 3, caractérisée en ce que ledit groupe cyclique est le phényle, chlorophényle ou furyle. Se Composition suivant la revendication 3 ou 4, caractérisée en ce que la substance anticoagulante est la (a-phényl--acétyl- éthyl)-3 hydroxy-4 coumarine. 6. COmposition suivant une des revendications précédentes, carac térisée en ce que la vitamine antihémorragique est la vitamine K16 7. Composition suivant une des revendications précédentes, carac térisée en ce qu'elle contient 1 à 20%, et plus particulière ment 5 à 15%, de sucre assimilable par les mammifères. 8. Composition suivant la revendication 7, caractérisée en ce que ledit sucre est du saccharose, de préférence cristallisé. 9. Composition suivant une des revendications précédentes, carac térisée en ce que la majeure partie de l'excipient est sous la forme de graines de céréale, légumineuse ou autre plante ali mentaire, écrasées en fragments dont la majeure partie présente des dimensions d'environ 0,3 à 3 mm, les particules les plus fines pouvant mesurer moins de 0,1 mm.