La presente invention concerne la réalisation des plaques de forme générale rectangulaire en plan pour couvertures, notamment en amiante-ciment; elle s'applique en particulier, mais non exclusivement, à la réalisation des plaques ondulées. Dans un procédé connu de pose de telles plaques sur les pannes d'une charpente, il faut, pour des raisons d'ordre mécanique (assise des plaques, continuité de la couverture, ...) et afin d'obtenir une bonne étanchéité, faire se chevaucher quelque peu les plaques, tant dans le sens transversal que dans le sens longitudinal de la couverture. Ces chevauchements impliquent que dans la zone de recouvrement de quatre plaques adjacentes, quatre épaisseurs de plaques sont empilées, ce qui crée des porte a faux indésirables et nuit à l'étanchéité. Pour remédier a ce problème, on coupe deux coins diagonalement opposés de toutes les plaques courantes et un ou zéro coin pour les plaques de bordure, la diagonale concernée étant déterminée par le sens de pose des plaques, lui-meme défini en fonction de la direction des vents de pluie dominants.Cette découpe permet, au niveau du chevauchement des plaques, d'avoir trois épaisseurs au lieu de quatre, les deux épaisseurs intermédiaires étant réduites à une seule par la découpe des coins et la juxtaposition des lignes découpées. Cette opération permet également de respecter le profil dans le cas de plaques du type ondulé. Cette opération est habituellement réalisée sur chantier sur des plaques de matériau sec prêtes à la pose; elle nécessite donc des opérations préliminaires à la pose des plaques et un certain outillage (outils de coupe et gabarits). De plus, dans le cas de plaques en amiante-ciment, la découpe des coins opérée en chantier entraîne la formation de poussières parfois considérées comme toxiques,ces poussières pouvant de plus se répandre dans l'environnement immédiat sous l'influence du mouvement des masses d'air. L'invention a pour but d'éviter cette découpe des coins des plaques sur le chantier et donc de faciliter le montage d-'une couverture en réduisant les opérations préliminaires à effectuer sur les plaques et d'éliminer la formation de poussières. A cet effet, l'invention a pour objet une plaque de couverture de forme générale rectangulaire en plan, caractérisée en ce qu'elle comporte au moins un coin présentant une ligne oblique affaiblie. Pour faciliter la pose, on prévoit de préférence une ligne affaiblie à chaque coin. De préférence, la ou chaque ligne affaiblie est une pré-entaille. Suivant l'invention, lorsqu'une telle plaque est en amiante-ciment ou en un matériau analogue, on réalise la ou chaque ligne affaiblie en usine, sur le matériau frais, c'est-à-dire sur le matériau à l'état humide. L'invention a également pour objet un appareil permettant la mise en oeuvre de ce procédé. Cet appareil est caractérisé en ce qu'il comprend un support de plaque au-dessus d'au moins un coin duquel est disposé un bâti par rapport auquel un: outil vertical d' affadi blissement , oblique par rapport à l'axe longitudinal du support, est monté coulissant dans le sens vertical, un dispositif moteur étant interposé entre cet outil et le b ti.L'outil peut notamment être une lame plane. Ainsi, la plaque, une fois les opérations de finition (découpe, séchage, ...)terminées, est livrée sur le chantier avec ses coins dotés de lignes d'affaiblissement. I1 suffit pour le monteur de casser 0, 1 ou 2 coins, à la main ou avec une pince, pour que la plaque soit prête à la pose. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à la lecture de la description ci-après, faite en référence aux dessins annexés donnés à titre d'exemples non limitatifs et sur lesquels la Fig. 1 est un schéma indiquant un plan de pose des plaques, par exemple ondulées, d'une couverture; la Fig. 2 schématise les découpes de coins à réaliser; la Fig. 3 est une vue du profil transversal d'une plaque ondulée (dite grandes ondes) en amianteciment destinée à réaliser la couverture de la Fig. 1; la Fig. 4 montre en perspective un coin coupé d'une telle plaque; la Fig. 5 montre de façon schématique un appareil conforme a l'invention permettant la réalisation de lignes d'affaiblissement sur les coins de plaques de couverture telles que celle de la Fig. 3;; la Fig. 6 est une vue à plus grande échelle d'une partie de l'appareil de la Fig. 5, à savoir du dispositif de pré-entaillage proprement dit; la Fig. 7 est une vue partielle de dessus de l'appareil de la Fig. 5; la Fig. 8 est une vue d'un détail de l'appareil de la Fig. S,prise en regardant suivant la flèche 8 de cette Fig. 5; la Fig. 9 est une vue à grande échelle de la lame d'entaillage du dispositif de la Fig. 6; la Fig. 10 est une coupe longitudinale d'un coin d'une plaque pré-entaillée au moyen de la lame de la Fig. 9; la Fig. 11 est une vue analogue à la Fig.10 d'une variante de coin pré-entaillé suivant l'invention; les Fig. 12 à 14 sont des vues en coupe prises respectivement suivant les lignes 12-12, 13-13 et 14-14 des Fig. 10, il et 12. La Fig. 1 montre un exemple de plan de pose correspondant a une direction D, de droite a gauche, des vents de pluie dominants. C'est cette direction D qui détermine le sens de pose, la pose s'effectuant depuis la sablière 1 jusqu'au faîtage 2 et de gauche a droite. Les plaques 3, qui sont ondulées, comportent des perforations 4 pour leur fixation sur les pannes 5 de la charpente. Les coins diagonalement opposés situés en bas a droite et en haut a gauche sont tous coupés en oblique, sauf aux quatre bordures de la couverture. Ainsi, comme représenta a la Fig. 2, les plaques 3 peuvent avoir zéro (plaque 3a), un (plaques 3b)ou deux (plaques 3C) coin(s) coupé(s), La Fig. 3 montre a titre d'exemple non limitatif le profil transversal d'une plaque 3 ondulée en amiante-ciment du type dit "grandes ondes", les ondes s'détendant dans la direction longitudinale de la plaque. Sur ce profil, on remarque que la plaque 3 présente a droite un sommet inférieur d'onde et a gauche un sommet supérieur d'onde. Le profil comporte cinq ondes; la plaque a des dimensions qui peuvent être pour sa longueur de l'ordre de quelques mètres et pour sa largeur de l'ordre du mètre. Les ondes s'étendent suivant la plus grande pente de la couverture. La Fig. 4 montre un coin 6 coupé en oblique sur une plaque 3 après avoir été pré-entaillé conformément au procédé de l'invention. La ligne de découpe est plane et contenue dans un plan vertical faisant un angle aigu avec la direction longitudinale de la plaque, et son profil diffère d'un coin a l'autre de la plaque. Chaque plaque 3 est pré-entaillée en usine au moyen de l'installation des Fig. 5 a 9, qui va maintenant être décrite. Cette installation comporte trois parties alignées : un dispositif d'entrée 7, un appareil de préentaillage 8 et un dispositif de découpage 9. Le dispositif d'entrée 7 est constitué d'une rangée de roues motrices coaxiales 10 adaptées pour rouler dans des creux d'onde d'une plaque 3. L'appareil 8 comporte un support 11 surmonté a chaque coin d'un dispositif de pré-entaillage 12. Le support 11 comporte plusieurs rangées successives de roues motrices coaxiales 13 analogues aux roues 10 et alignées avec elles. De plus (Fig. 8), ce support comporte a chaque coin, au-dessous des dispositifs 12, un galet fou conique 14 convergent vers l'extérieur et tourillonnant surun axe transversal dans une ferrure 15. Chaque roue 10, 13 porte un bandage caoutchouté a profil arrondi convexe et a par exemple un diamètre de l'ordre de 400 mm. Les galets 14 peuvent également comporter un tel bandage, ou bien ils peuvent être entièrement métalliques. Le dispositif de pré-entaillage 12, représenté en détail å la Fig. 6,est contenu dans l'ensemble dans un plan vertical incliné d'un angle aigu par rapport a la direction longitudinale de l'installation. I1 comporte une plaque de base horizontale 15 solidaire du bâti de l'installation schématisé par une poutre horizontale 16. Sur cette plaque 15 est monté mobile verticalement un équipage 17 composé d'un cassis 18 supportant un vérin central 19 dont la tige 20 porte, par l'intermédiaire d'un axe d'articulation 21, une lame de pré-entaillage 22. L'équipage mobile 17 peut être mfl verticalement grâce a une vis 23 reliéà- un volant 24 et vissée dans un trou taraudé de la plaque de base 15. La base élargie 25 de la vis 23 est bloquée en translation sur le châssis 18 grâce à une douille 26 dans laquelle elle peut tourner librement. Les mouvements verticaux de l'équipage 17 sont guidés par des coulisses 27 mobiles dans des manchons 28 solidaires de la plaque de base 15 du dispositif. La lame 22 est supportée par une poutre 29 guidée en translation verticale par des coulisses 30 mobiles dans des manchons 31 en saillie sur la face inférieure du châssis 18 de part et d'autre du vérin 19. Cette lame 22 est plane et contenue dans le plan vertical général du dispositif 12=-En variante, ce plan général pourrait avoir une orientation différente, la lame étant orientable par rapport au reste du dispositif 12. Comme on le voit plus en détail à la Fig. 9, la lame 22 comporte sa partie supérieure des trous pour sa fixation à la poutre 29. La section de la lame est effilée a son extrémité inférieure, et son profil tranchant correspond exactement a la section d'une plaque a pré-entailler par le plan de la lame. A chaque extrémité, ce profil est prolongé par un court segment oblique 32,dirigé vers le bas, appartenant a un appendice 33 de la lame. La longueur totale de cette dernière est un peu supérieure a celle de la pré-entaille à réaliser. Le dispositif de pré-entaillage 12 fournit donc a la lame 22 une double possibilité de mouvement vertical : d'une part, un mouvement de course réglable m (voir Fig. 5) pour la lame 22 par rapport au châssis 18, sous l'action du vérin 19, d'autre part un mouvement de course réglable n (voir Fig. 5) pour l'ensemble de l'équipage 17, sous l'action de la vis 23. Le deuxième mouvement de course n est un mouvement d'approche ou de réglage, tandis que le premier mouvement de course m correspond au pré-entaillage proprement dit. La course de pré-entaillage m est réglée en fonction de la profondeur de l'entaille a réaliser partir de la position théorique de la feuille intercalaire métallique 34 supportant la plaque fraiche 3 a entailler au cours du cycle de fonctionnement de celle-ci. Cependant, cette intercalaire 34 est flexible, du fait qu'elle est mince et métallique, et, lors de l'appui de la lame 22 sur la plaque 3, elle aura tendance à fléchir en provoquant la réalisation d'une entaille beaucoup moins profonde que souhaité. Pour supprimer ce risque, lors du pré-entaillage, chaque coin de l'intercalaire 34 est supporté par un galet 14 (Fig. 8), chague galet 14 étant situé sous la région médiane de la lame 22 associée de façon à rouler dans un creux d'onde extérieur de la plaque 3 et de l'intercalaire 34. Ainsi, grâce aux galets 14, lors du préentaillage, l'appui des lames 22 sur la plaque 3 ne provoque pas de flexion de la feuille intercalaire 34, et la profondeur des entailles réalisées a exactement la valeur souhaitée et déterminée par la course m de la lame 22. On peut d'ailleurs, en variante, prévoir plusieurs galets 14 pour chaque coin de l'intercalaire 34. Le dispositif de découpage 9 comporte, montés dans un bâti fixe, des roues motrices inférieures 35 analogues aux roues 10 et 13 et alignées avec elles,deux disques-scies supérieurs 36 et deux lames dé colleuses ou "pieds de biche" 37 en forme de truelles (Fig. 5 et 7) réalisées en acier à ressort et disposées entre les roues 35 et les disques 36. Les disques 36 découpent dans chaque plaque pré-entaillée deux bandes longitudinales a éliminer, pour sa mise a dimension, tandis que les lames 37 décollent la plaque 3 de son intercalaire 34 lors de cette découpe. Toutes les roues 10, 13 et 35 tournent dans le même sens d'avance f, et les disques tournent dans le sens contraire g. L'installation ainsi décrite fonctionne comme suit. Une plaque fraîche 3 en amiante-ciment reposant sur son intercalaire 34 est amenée suivant la flèche h par les roues 10 et 13 en position de pré-entaillage. Les roues 13 sont alors arrêtées, puis on procède au "retaquage" : au moyen de taquets escamotables, l'intercalaire 34 est positionnée longitudinalement de façon que pour toutes les plaques, les lames 22 d'entaillage soient correctement disposées au-dessus des coins à pré-entailler. Le dispositif de retaquage est classique et n'est pas représenté. Lors de ce retaquage, pour que l'intercalaire vienne en appui contre les taquets escamotables, on utilise des poussoirs également classiques et non représentés. La course n est réglée une fois pour toutes au démarrage de l'installation, ainsi que l'inclinaison des lames 22 par rapport à l'axe longitudinal de l'installation. La course m est affichée et les vérins 19 abaissent suivant cette course les lames 22, qui entaillent les quatre coins de la plaque 3 . Puis les vérins 19 se rétractent et remontent les lames 22 en position de repos. Le pré-entaillage étant terminé, on suppri me le retaquage, et la plaque pourvue de son intercalaire est évacuée suivant la flèche j par les roues 13 et 35 vers le poste de découpe 9, où s'opère la mise à dimen sion dans le sens transversal et la séparation de la plaque 3 de son intercalaire. Ensuite, la plaque passe à des postes classiques, non représentés, de finition (séchage, pré-peràge, ...) puis de stockage. Les entailles 6a réalisées sont telles que représenté aux Fig. 10 et 13. Elles ont une section transversale en V et une profondeur el constante sauf a leurs deux extrémités, où cette profondeur croit jusqu'a une valeur e2. A titre d'exemple, pour une plaque d'épais seur e = 6,5 mm, on a el = 2 mm et e2 = 4 mm. En modifiant le profil longitudinal des lames 22, on peut obtenir un autre profil d'entaille 6b avantageux, représenté aux Fig. 11 et 14, possédant une forme bombée, avec une profondeur minimale e3 au milieu croissant progressivement jusqu'à une valeur eq à chaque extrémité. Par exemple, avec e = 6,5 mm, on a e3 = 1,5 mm et e = 4 mm. L'invention permet donc de découper sur le chantier, à la main ou au moyen d'une simple pince et sans dégagement de poussières, le nombre de coins nécessaires sur les plaques sèches. Lorsque les entailles possèdent une profondeur plus importante à leurs extrémités, comme représenté aux Fig. 10, 11 et 13, 14, ceci favorise la casse des coins, grâce aux amorces de rupture ainsi définies, sans pour autant créer de risque de découpe inopinée lors des manutentions des plaques. La réalisation des entailles en usine, sur le matériau frais, s'effectue facilement, avec un effort faible, sans dégager de poussières. Le procédé se prête bien à l'automatisation. L'appareil de pré-entaillage 8 peut facilement être combiné à un appareil capable de réaliser des trous borgnes dans la plaque 3. Certains de ces trous borgnes seront percés sur le chantier pour définir les trous de fixation 4 visibles à la Fig.l. Ce pré-perçage s'effectue alors au même poste et simultanément au préentaillage décrit ci-dessus. On peut obtenir diverses formes d'entailles, ou plus généralement de lignes affaiblies, en modifiant la forme des lames 22 ou autres outils d'affaiblissement localisé. On peut bien entendu utiliser une plaque de base 15 unique et un châssis réglable 18 unique pour toutes les lames 22. De plus, on peut associer à une même poutre 29 deux lames disposées en V afin de pré-entailler simultanément deux coins adjacents de deux plaques fraîches contiguës amenées ensemble au poste de pré-entaillage. L'invention peut s'appliquer à des plaques d'amiante-ciment ayant d'autres profils d'onde, ou bien planes, ou encore pourvues de reliefs quelconques, ainsi qu'à des plaques de couverture en d'autres matières que l'amiante-ciment. - -REVENDICATIONS 1. Plaque de couverture de forme générale rectangulaire en plan, caracterisée~en ce qu'elle comporte au moins un coin présentant une ligne oblique affaiblie (6 a; 6b). 2.- Plaque suivant la revendication 1, caractérisée en ce qu'elle comporte une ligne affaiblie (6a; 6b) à chaque coin. 3.- Plaque suivant l'une des revendications 1 et 2, caractérisée en ce que la ou chaque ligne affaiblie (6a; 6b) est une pré-entaille. 4.- Plaque suivant la revendication 3, caractérisée en ce que la pré-entaille (6a) a une profondeur constante (el) sur l'essentiel de si longueur et est plus profonde a ses extrémités. 5.- Plaque suivant la revendication 3, caractérisée en ce que la pré-entaille (6b) présente en section longitudinale un profil bombé. 6.- Procédé de fabrication d'une plaque en amiante-ciment suivant l'une quelconque des revendications 1 a 4, caractérisé en ce qu'on réalise la ou chaque ligne affaiblie (6a; 6b) en usine, sur le matériau frais. 7.- Appareil pour la mise en oeuvre d'un procédé suivant la revendication 6, caractérisé en ce qu'il comprend un support de plaque (11) au-dessus d'au moins un coin duquel est disposé un bâti (16) par rapport auquel un outil vertical (22) , d'affaiblissement oblique par rapport à l'axe longitudinal du support (11), est monté coulîssant dans le sens vertical, un dispositif moteur (9 ) étant interposé entre cet outil et le bâti. 8.- Appareil suivant la revendication 7, caractérisé en ce qu'il comprend au moins un organe de support (16) situé sous l'outil (22). 9.- Appareil suivant l'une des revendications 7 et 8, caractérisé en ce que l'outil (22) est une lame plane. 10.- Appareil suivant l'une quelconque des revendications 7 à 9, caractérisé en ce que le support de plaque (11) est adapté pour supporter au moins deux plaques (3) adjacentes, le bâti (16) portant au moins deux outils (22) solidaires l'un de l'autre et disposés en V pour affaiblir simultanément deux coins adjacents de ces deux plaques.