Depuis toujours, de nombreux efforts ont été accomplis pour diminuer, voire supprimer, la gêne de certaines odeurs, tels les relents de cuisine par exemple. Bien avant le début du siècle, le papier d'Arménie avait ses adeptes. La combustion catalytique de substances aromatiques, dans des dispositifs en forme de bibelot (telle la lampe Berger), connut aussi un grand succès. Il faut cependant reconnaitre que 1 'efficacité de ces systèmes restait plutôt limitée. Dès l'après-guerre, une étude plus rationnelle de la question déboucha, d'une part, sur l'utilisation de dispositifs filtrants, d'autre part, sur la création de composés chimiques très actifs pour masquer des odeurs particulièrement nauséabondes sous une relative fragrance. Dans le même temps, le problème s'amplifiait par la multiplication des foyers incommodants autant que par l'enva- hissement des moteurs carburants. A une gêne, qui n'était souvent qu'olfactive, venait désormais s'ajouter une action physiologique aux conséquences imprévisibles. A l'incommodité se substituait la pollution. Pour aborder valablement le problème et être en mesure d'y apporter une solution, il fallait avant tout déceler la vraie nature des substances gênantes - incommodantes et polluantes; ensuite, sélectionner le mode d'intervention le plus efficace pour les convertir en substances inertes. La diversité des substances indésirables et leurs caractéristiques particulières compliquent encore un problème déjà touffu par lui-même. Il y a, en effet, des substances facilement décelables et d'autres, peut-être plus dangereuses, qui ne le sont pas. Par exemple, il faut recourir à des indicateurs chimiques pour déceler la présence du mortel oxyde de carbone dans une atmosphère, ce gaz étant imperceptible à nos sens; par contre, dans une cuisine industrielle ot se préparent des omelettes aux oeufs brouillés, sera #revelée la présence presque inévitable de l'hydrogène sulfuré par une sensation olfactive dès que le taux dépassera 0,007 ppm (seuil de la perception sensorielle de ce gaz). Il en est de même de l'acide butyrique, indice du rancissement du beurre; 10 volumes de cet acide répartis dans un million de volumes d'air (seuil de la perception sensorielle) suffisent à révéler olfactivement sa présence. Il serait sans objet de multiplier les exemples. Ce qu'il importait de dégager, c'est que ces substances, généralement nocives, sont véhicules par l'air ambiant, soit sous forme de gaz (oxyde de carbone, benzo-pyrène des gaz d'échappement), soit sous forme de fines gouttelettes (graisses alimentaires chaudes - acroléine des matières grasses usées), soit sous forme de minuscules particules (grillades trop chauffées, etc...). C'est donc en définitive à une épuration de l'air chargé qu'il faut procéder. La présente invention a pour objet un dispositif réalisant cet objectif par la conversion des substances indésirables en produits d'une innocuité certaine. Le principe de l'invention-est simple :il s'agit de forcer l'air chargé à franchir une enceinte garnie intérieurement d'un catalyseur actif, a partir de températures voisines de 3000C. Dans la pratique, on donnera à cette enceinte la forme la plus adéquate pour que l'activité de la masse catalytique s'exerce au maximum, celle-ci devant, bien entendu, offrir la plus grande surface spécifique possible. Vue de cette manière, l'enceinte serait, par exemple, avantageusement un cylindre d'acier creux, dont chaque base serait constituée d'une toile métallique inoxydable amovible. Le cylindre, rempli de fragments informes de la masse catalytique, comporterait un dispositif de chauffage électrique à deux niveaux limites de températures et un dispositif (type ventilateur) forçant l'air chargé à passer dans le cylindre ou, différemment, un dispositif (type aspirateur) appelant, par dépression, l'air chargé vers le cylindre. Une réalisation selon cette description conviendrait notamment pour l'épuration des gaz d'échappement des moteurs à carburants. On peut envisager aussi une enceinte en forme de parallélépipède droit, qui contiendrait la masse catalytique, moulée en plaques à superposer. Une telle enceinte comporterait un dispositif de chauffage électrique et un dispositif de circula tion d'air, comme déjà dit. Ces formes à donner à enceinte et à sa garniture ne sont pas limitatives de la portée de l'invention et ne sont dé- crites ici qu'à titre d'aillustration. La planche unique représente une enceinte de forme parallélépipèdique avec ses accessoires. Toute autre disposition du catalyseur est, bien entendu, possible. En ce qui concerne le catalyseur, il sera avantageusement constitué de dérivés des métaux de la série 6a et de la série 8 du tableau périodique. Selon les besoins, le simple oxyde de cobalt, Co304, conviendra parfaitement; dans d'autres cas, on emploiera de préférence des dérivés plus élaborés comme le tungstate, le vanadate ou le molybdate ou encore le molybdate de palladium ou d' osmium. Ces divers composés peuvent samployer avec ou sans support inerte; ils peuvent être moulés sous diverses formes et agglomérés par un liant ou simplement frittés. Les variations de température de la masse catalytique sont fonction des substances à traiter : l'hydrogène sulfuré se convertit déjà vers 275 C, les émanations des huiles de friture réclament une température voisine de 4000C et le C0 des gaz d'échappement ne se convertit qu'au dessus de 4700C. Lorsqu'après un long usage, le catalyseur accuse un affaiblissement d'activité, , il suffit de le porter pendant un temps relativement bref à une température de l'ordre de 800 0C pour restaurer sa vigueur initiale. La présente invention s'applique à tous les cas d'atmosphères viciées ou délétères. L'épuration des gaz d'échappement des moteurs thermiques, l'assainissement de 11 air des salles de machines-outils, le maintien d'une atmosphère fraiche dans les installations industirlles de cuisines, de charcuteries et de patisseries, trouvent, entre autres, une solution grâce à ce dispositif. REVENDICATIONS 1.- Dispositif pour la désodorisation et/ou l'épuration de toute mas se de gaz pollué ou d'air vicié, caractérisé par la mise en con tact très intime de ces masses avec un ou des lits fixes ou flui disés chauffés constitués par un ou plusieurs des composés (quel quefois des complexes), à propriétés catalytiques, issus des élé ments appartenant aux séries 6a et 8 du tableau périodique. 2.- Dispositif selon la revendication 1, caractérisé par le fait que les lits catalytiques sont disposés en nombre et sont façonnés sous des formes répondant le mieux aux circonstances. 3.- Dispositif selon la revendication 1, caractérisé par le fait que la mise en contact steffectue par le passage, forcé et inévita ble, des masses à traiter au travers des lits catalytiques. 4.- Dispositif selon la revendication 1, caractérisé par le fait que le passage forcé au travers des lits catalytiques est obtenu par une pression exercée en amont (laquelle peut résulter de l'échap pement subi d'un gaz comprimE) ou d'uredépression provoquée en aval. 5.- Dispositif selon la revendication 1, caractérisé par le fait que le passage est inévitable parce que toutes les voies autres que les lits catalytiques sont fermées à la masse à traiter. 6.- Dispositif selon la revendication 1, caractérisé par le fait que la masse traitée est dispersable dans l'atmosphère, par tout mo yen approprié,étranger à l'invention, aussitôt qu'elle commence à s'échapper de la face externe du dernier des lits catalytiques traversés. 7.- Dispositif selon la revendication 1, caractérisé par le fait que les lits catalytiques sont chauffés électriquement et qu'un sys tème connu quelconque de réglage permet de les maintenir à volon té à toute température comprise entre 1000C et 8000C.