L'invention concerne un procédé et une installation pour l'élevage industriel des escargots, selon lesquels les mollusques sont séparés de leur milieu naturel pour être élevés dans une installation climatisée selon un cycle biologique artificiel. Le développement de conserveries dans les pays traditionnellement exportateurs d'escargots est l'une des causes principales de l'amoindrissement du contingent de mollusques importés et de la baisse sensible dans la qualité de ce produit. Etant donné que la production actuelle ne peut couvrir qu'unie infime partie de la consommation et que les escargots sont concentrés dans certains pays privilégiés, les industries des autres pays concernées par la transformation de ce produit sont tributaires des importations. De plus, la politique d'exploitation intensive de l'escargot, sur la base de ramassages dans la nature pratiquée à l'heure actuelle dans tous les pays producteurs, offre des perspectives pessimistes quant au maintien des populations animales dont le niveau ne pourra, d'ici peu, répondre à la demande des marchés aujourd'hui en pleine expansion. L'escargot est un animal consommé, dès la haute antiquité, mais son abondance relative ainsi que, naguère, sa position marginale dans l'alimentation du monde occidental n'ont pas poussé les chercheurs à se préoccuper sérieusement de sa biologie et encore moins de son élevage. Les recherches bibliographiques ont montré que quelques personnes ont tenté cet élevage, guidées seulement par l'empirisme. Par ailleurs, ces personnes ne se sont contentées, dans leurs parcs, que d'aider la naturessans jamais penser à la contrôler. Toutefois et même en se plaçant dans les meilleurs conditions possibles, il est évident qu'un élevage industriel de quelque envergure ne peut stétablir sur de telles bases. En effet, l'éleveur ntest pas martre des facteurs du milieu naturel et,de ce fait,en reste tributaire. De plus l'influence de ces facteurs sur la longueur du cycle de développement de l'espèce ne lui permet pas de faire de prévisions sur sa production, ce qui est contraire aux nécessités commerciales. I1 convient donc de sortir l'animal de son cadre traditionnel pour mieux le contrôler, et, dans un contexte artificiel, s'assurer ainsi de sa production. L'invention concerne donc un procédé pour l'élevage artificiel des escargots à des fins industrielles, caractérisé en ce que I'on place dans une enceinte climatisée une population d'escargots,que l'on soumet cette enceinte à un programme de température et d'humidification en relation avec un cycle biologique artificiel, et que l'on irradie périodiquement la population animale par des radiations lumi neuses spécifiques en rapport avec les exigences physiologiques et comportementales de l'animal. L'invention s'étend également à une installa tion caractérisée en ce qu'elle est constituée d'une enceinte d'élevage étanche, équipée d'un climatiseur, d'organes d'humi dification et d'éclairement. Une installation selon l'invention est repré sentée, à titre d'exemple non limitatif, sur les figures ci jointes, dans lesquelles - la figure 1 est une vue de dessus, ne repré sentant, pour plus de clarté,que deux bacs d'élevage, les autres étant schématisés par des traits mixtes - la figure 2 est une vue en coupe transver sale de la figure montrant le détail d'un bac d'élevage et son équipement, les autres bacs étant, là encore, schématisés pour plus de clarté. L'installation pour la mise en oeuvre du pro cédé est constituée essentiellement d'une enceinte climatisée 1 subdivisée en deux chambres, l'une 2 dite d'élevage, l'outre 3 réservée à la machinerie. La chambre d'élevage comporte une série de bâtis 4 se présentant sous la forme de montants métalliques 5 pourvus de consoles 6 (figure 2), ces batiks étant destinés à recevoir des bacs 7 où sont élevés les escargots. Ces batiks peuvent avoir plusieurs étages et être placés en rangées ména geant des couloirs d'accès 8. Chaque bac 7 est constitué par un réceptacle de forme sensiblement parallélépipédique, de faible hauteur, dont la face supérieure est recouverte d'un grillage 9. Deux des côtés 10 et 11, opposés, de chaque bac comportent une ouverture 12 s'détendant sur toute leur longueur , ces ouvertures servant au passage d'un substrat souple 13 constitué par une bande de cellulose dévidée par un rouleau 14. Chaque bac est placé sur un plateau humidificateur 15 comportant un système d'approvieionnement en eau fonctionnant à l'aide d'un flotteur 16 à niveau constant, et d'un robinet 17. Le transfert de l'eau du plateau humidificateur au bac superposé 7 est obtenu par capillarité à l'aide de mèches de cellulose 18 qui baignent dans le plateau 15 et font saillies à l'intérieur du bac 7 par passage dans des orifices 19 ménagés dans le fond de celui-ci. Les bandes de cellulose 13 formant plancher sont donc humidifiées par contact sur les mèches qu'elles rencontrent. Les bandes sont périodiquement déroulées afin de changer l'aire d'élevage, ce qui permet de maintenir une hygiène rigoureuse dans les bacs. L'ensemble des bacs est positionné de la manière indiquée précédemment sur les bâtis 4, chaque bac comportant une bande de cellulose formant plancher. Les bacs sont équipés d'une mangeoire amovible et d'un pondoir constitué d'un réceptacle contenant de la perlite ou encore de la vermiculite humidifiée, afin de reconstituer un milieu naturel adapté au comportement de la ponte. Les bâtis 4 sont pourvus de systèmes d'éclairage composés de réflecteurs de tubes fluorescents 20 et de filtres lumineux 21, placés entre les tubes fluorescents et les animaux, ces filtres étant maintenus dans les profilés 22. La combinaison des radiations iumineuses sélectionnées par les filtres permet d'agir favorablement sur l'activité locomotrice et le comportement sexuel de l'animal et sur la physiologie de leurs organes génitaux. A eet égard, on a observé que, pour une radiation de 4500 à 4906 A, on obtient, d'une part, une augmentation pondérale des animaux d'élevage et, d'autre part, une activité sexuelle importante. En trois semaines, 150 à 170 ffi d'accouplements sont observés. En outre, pour une radiation de 6250 , on pense obtenir une maturité plus rapide des gonades. Le conditionnement de l'enceinte d'élevage est assuré par un groupe frigorifique 23 associé à des résistances chauffantes 24, cet appareillage étant situé dans la chambre 3 réservée à la machinerie. Ils sont contrôlés par un thermostat 25 et l'air est pulsé dans une gaine 26 traversant la chambre d'élevage 2, ce jet d'air étant fractionné par des buses 27 orientées latéralement L'air pulsé est humidifié par des humidificateurs ou bruratiseurs 2o contrôlés par un hygrostat 29. L'air vicié est recyclé vers le groupe calorifique 23 par des ventilateurs 30 placés sur la paroi 31 séparant les deux chambres 2 et 3. L'air est épuré avant introduction dans la chambre d'élevage 2, par une rampe de tubes germicides 32. L'installation ainsi décrite est mise en oeuvre suivant un exemple de réalisation ci-après décrit. On place dans chaque bac d'élevage, qui mesure 1 m2, une population de 50 à 100 escargots. Ces bacs sont éclairés, à l'aide des tubes fluorescents, 14 heures chaque jour, pendant quatre mois, l'éclairement étant réglé par une minuterie. La température ambiante est de 18 à 200 C pendant la période de reproduction. Elle peut être cycliquement abaissée à 15 et même 10 C pour augmenter l'activité locomotrice des animaux. Pendant la période d'hibernation, qui est réduite à un mois environ, la température est abaissée à 50 C. L'humidité relative est fixée à 80-90 %. Cette humidité est maintenue à ce taux par les humidificateurs placés dans la chambre d'élevage. Le cycle ainsi obtenu (4 mois d'activité un mois d'hibernation) est répété au cours de l'année. Durant ce cycle, pendant l'activité, on obtient une augmentation pondérale des animaux, leur accouplement, la ponte et, pendant l'hibernation, le repos des organismes et la préparation à une nouvelle période d'activité. Par expérience, on a constaté que chaque cycle de cinq mois correspond à une année de vie en condition naturelle. Ainsi les escargots deviennent commercialisables, à l'aide du procédé suivant l'invention, au bout de 18 mois, contrairement au cycle naturel qui est de trois ans minimum pour l'espèce étudiée (Hélix aspersa Müller). Une réduction du cycle naturel dans les mêmes proportions est envisageable pour les Helix Pomatia L. Les pontes sont recueillies à chaque cycle dans les réceptacles remplis de vermiculite et placées dans les conditions appropriées à leur éclosion. Les jeunes sont placés dans des bacs d'élevage précités, à une densité supérieure à celle des adultes. Tous les deux jours les planchers en cellulose sont renouvelés par déplacement de la bande. Ce renouvellement peut être réalisé manuellement ou automatiquement, avec programmation. Ce procédé présente un certain nombre d'avan tages et notamment les suivants Une indépendance vis-à-vis des importateurs traditionnels et, corrélativement, un meilleur contrôle de la qualité du produit de base. Une adaptation plus facile du stock de produit brut aux besoins du marché, en influant directement sur la longueur du cycle de l'animal. (De par sa physiologie, l'es- cargot se prête assez bien à ce genre d'opération). En outre, le développement d'élevages industriels permet de garder intact le patrimoine naturel, en évitant d'épuiser les populations sur les terrains, de préserver le capital génétique des espèces concernées par le ramassage. Ces espèces sont d'ores et déjà signalées comme en voie de disparition dans certaines parties de leur aire de répartition. Bien entendu, Invention n'est pas limitée à l'exemple de réalisation ci- dessus décrit et représenté, à partir duquel on pourra prévoir d'autres modes de réalisation, sans pour cela sortir du cadre de l'invention. REVENDICATIONS 10) Procédé pour l'élevage artificiel des escargots à des fins industrielles, caractérisé en ce que l'on place dans une enceinte climatisée une population d'escargots, que l'on soumet cette enceinte à un programme de température et d'humidification en relation avec un cycle biologique artifi cive3, et que l'on irradie périodiquement la population animale par aes radiations lumineuses spécifiques en rapport avec les exigences physiologiques et celles dues au comportement de l'animal. 20) Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on soumet la population animale à une température de 18 à 200 C pendant quatre mois, l'hygrométrie, pendant cette période, étant de 80 à 90 %. 30) Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on établit un gradient de température de 20 à 100 C pendant la période de quatre mois dite "période d'activité". 40) Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on abaisse la température à 50 C pendant une durée d'un mois qui suit la période d'activité, cette durée correspondant à la phase dthibernation. 50) Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on irradie la population animale 14 à 16 heures par jour pendant tout le cycle biologique. 60) Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on climatise l'enceinte d'élevage par pulsation d'air, mis en température- et épuré préalablement à son introduction dans l'enceinte, l'air étant recyclé en circuit fermé. 70) Installation pour la mise en oeuvre du procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisée en ce qu'elle est constituée d'une enceinte d'élevage étanche, équipée d'un climatiseur, d'organes d'humidificateur et d'éclairement. 80) Installation selon la revendication 7, caractérisée en ce qu'elle comprend des bâtis servant de supports à des plateaux humidificateurs sur lesquels sont superposés des bacs d'élevage. 90) Installation selon la revendication 8 t caractérisée en ce que les plateaux humidificateurs sont équipéséquipés d'un robinet à niveau constant. 100) Installation suivant la revendication 9, caractérisée en ce que les bacs sont constitués par un réceptacle dont le fond est pourvu d'orifices par lesquels passent des mèches baignant dans les plateaux humidificateurs. 110) Installation selon la revendication 8, caractérisée en ce que les bacs présentent, sur deux de leurs côtés opposés, deux ouvertures dans lesquelles passe une bande de cellulose déroulée à partir d'un rouleau, celle-ci constituant le plancher renouvelable des bacs, la face supérieure de ces bacs étant recouverte d'un grillage. 120) Installation suivant la revendication 7, caractérisée en ce que le climatiseur est constitué par un groupe frigorifique et des résistances électriques, les orgnnes d'humidification étant constitués par des humidificateurs contrôlés respectivement par un thermostat et un hygrostat. 130) Installation suivant la revendication 7, caractérisée en ce nue les organes d'éclairement sont constitués par des réflecteurs, des tubes fluorescents et des filtres lumineux.