Traditionnellement certains sous-produits des industries alimentaires sont utilisés pour l'alimentation du bétail. I1 s'agit toujours de l'utilisation telle quelle (en I'état) par des éleveurs locaux. C'est le cas, entre autres, des pulpes de betteraves et des drêches de brasserie. Ce sont des sous-produits obtenus après extraction de substances alimentaires, le plus souvent par des procédés de fermentation ou de traitement thermique en milieu humide. I1 en résulte que ces sous-produits contiennent, au départ, une quantité d'eau importante (80 % en poids au minimum) ainsi que des constituants dégradés (sucre, amidon) et des levures. Ce sont par conséquent des produits pauvres, compte tenu de leur teneur en eau, et de conservation difficile.Trois considérations sont à retenir a) La déshydratation a été pratiquée pendant un certain temps, mais le coût de l'énergie est maintenant disproportionné par rapport à la valeur ajoutée. La déshydratation n'améliore pas la valeur nutritionnelle au contraire, l'alimentation en phase humide donne des résultats supérieurs chez les bovins. b) La répartition du cheptel (bovins notamment) ne correspond pas à l'implantation des brasseries. De plus, il n'y a pas concomitance entre les besoins des bovins et le rythme de la production. (La production de drêches est plus élevée en période d'été ; or, à cette époque, les animaux sont au pré.) c) La conception actuelle et l'aménagement des usines d'afin ments ne permet pas d'utiliser, dans les mélanges, des matières premières titrant plus de 10 à 15 ç d'humidité de constitution. Pour remédier à ces inconvénients, la présente invention a pour objet un procédé consistant à traiterJavantageusement sur place, les dèches au fur et à mesure de leur évacuation des filtres, à les enrichir, à les conserver et à les conditionner en emballages appropries pour garder leur valeur intrinsèque. Les opérations se décomposent comme suit 10) On part des drêches humides, dont la teneur en extrait sec est si possible ramenée de 20 à 33 % en poids par centrifugation, passage sur cylindres ou à la presse ou tous autres procédés mécaniques ou thermiques. 2 ) Ces drêches sont enrichies en levure ou autres sous-produits organiques recueillis dans la brasserie, par recyclage, au tra vers des filtres chargés des dreches séparées du brassin, des levures, boues et sous-produits de la fermentation, les levures devant au préalable avoir été éclatées par un procédé thermique ou plus simplement par hydrolyse, pour que leur prolifération soit stoppée. 30) En fonction de l'équilibre protéines-cellulose ainsi obtenu, on ajoute aux drêches enrichies un correcteur minéral classique approprié, qui apporte essentiellement du pbosphore, du calcium et des oligo-éléments dans une proportion précise, convenable pour l'alimentation animale. 40i On mélange en outre avec les drêches un conservatenr d'en- silage, efficace en milieu humide et non corrosif, dont le but est notamment d'éviter la dégradation de l'azote, l'oxydation des matières grasses et la prolifération des fen--ntations nuisibles (butyriques). 50) Les drêches peuvent, dans des cas particuliers, être enri- chies également par un apport d'azote non protéique, sons forme d'urée ou de dérivés azotés du même type : jus de fermentation ("Protéinal" , marque de la Société ORSAN, France)de l'acide glutamique , par exemple. I1 est noter que les apports 3, 4 et 5 peuvent être faits simultanément, lorsqu'il s'agit de produits secs. Ce procédé est commenté ci-après. I - Maintien du milieu humide D'une façon classique, les drêches sortent des filtres avec une humidité moyenne de 85 % en poids et à une tetrature de 400C. Une partie de l'eau excédentaire peut être facilement évacuée par un procédé classique, mécanique de préférence. Par contre, il existe une humidité liée aux fragments végétaux, dont l'extraction serait onéreuse, et qui de plus présente un intérêt au niveau de l'assimilation. L'augmentation de l'extrait sec se limite donc à l'élimination de l"eaa libre, soit 10 à 15 % en poids. II - Enrichissement par recyclage des jus résiduels de brassin et des levures de brassin En général, la majeure partie des levures de hrasserie est recueillie séparément par centrifugation et le reste est eltni"é par passage sur des filtres de diatomées, les gâteaux de levures sur diatomées sont éliminées avec les boues, et les levures ooncen- trées séparées par centrifugation sont stockées a basse température en attendant d'être livrées à des transformateurs. I1 est possible, suivant l'invention,soit de les sécher et de les réincorporer sous forme de poudre, soit plus simplement de les hydrolyser et de les réinjecter en phase humide sur les drêches, par un ou deux passages au travers des filtres chargés de drêches,jusqu'à épuisement des jus les contenant. Les éléments protéiques et cellulosiques étant retenus par les drêches, on parvient ainsi à enrichir les. dreches et à diminuer plrallèlement le taux de pollution des eaux résiduaires. Cette opération ne concerne pas uniquement les levures, mais, également, les gâteaux de levures sur diatomées, les boues et les autres produits résiduaires ayant une valeur alimentaire. Dans les drêches humides ainsi enrichies, la proportion de levures humides hydrolysées est d'environ 1 à 3 % en poids. En leur état traditionnel, les drêches peuvent être consommées telles quelles par les animaux; les bovins notamment en consomment couramment comme produit d'appoint. Dans le cas des drêches enrichies, il s'agit alors d'une source d'azote et d'énergie de base. III - L'incorporation d'un correcteur minéral a pour but de rééquilibrer les drêches afin d'en faire un aliment, ou plus exactement un concentré minéral azoté, c'est-à-dire un élémentéquilibré de la ration et non plus le simple appoint signalé précédemment. IV - Le conservateur préconisé en milieu humide est du type "Monosil+",qui est à base de formiate, de propionate et d'acétate de calcium, avec une adjonction de phosphate d'urée ayant pour but d'accélérer l'acidification du milieu en vue d'une meilleure conservation et d'une augmentation des rendements. Dans la proportion où ils sont utilisés, les trois sels de calcium agissent tout d'abord comme conservateur par abaissement du pH et augmentation des fermentations lactique et acétique. Par contre, on constate une stabilité de l'azote ammoniacal et une absence presque totale de fermentation butyrique. Parallèlement, les essais sur animaux ont démontré que l'emploi dans ce conservateur d'acides faibles réducteurs, qui sont déjà présents dans le rumen, facilitait nettement l'augmentation des rendements en lait et en viande ; ces acides jouent le rôle de facteurs de croissance. Un tel conservateur est décrit dans le brevet français nO 71 31609 et dans le certificat d'utilité nO 73 21928 et est fabriqué et vendu sous la marque "Monosil+" par la Société S.A.R.A.P. - CEPCA, Frånce. V - I1 ne faut pas perdre de vue que l'on se trouve en milieu humide, que les drêches contiennent des levures à un stade plus ou moins évolué- ainsi que des microorganismes aérobies. La présence d'urée (provenant du phosphate d'urée ou d'un apport extérieur d'urée libre) entraine une libération de CO2 dans un pourcentage proportionné à l'air ambiant ; le CO2 n'est pas totalement nuisible ; à la limite, il pourrait jouer un rle positif dans la conservation (en tant que gaz inerte dans le sac d'emballage}. VI - On a envisagé ci-dessus la transformation des drêches essentiellement sur place, avec des moyens intérieurs, plus l'emploi d'un correcteur minéral, d'un conservateur et éventuellement d'urée, mais il est bien évident que d'autres sous-produits alimentaires, tels que la mélasse de betterave sucriers, pourraient être utilisés et incorporés aux drêches traitées pour en augmenter la valeur ou la corriger. Comme on est déjà en milieu humide, l'emploi d'autres produits liquides reste provisoirement limité. VII - I1 est aussi utile d'adjoindre aux drêches de la kaolinite. Il s'agit d'une argile mlcronisée. très pure, qut dispose sur le plan physique d'une propriété absorbante élevée ; de ce fait, le mélange humide est moins fluide et plus facile à tasser et à conditionner. Par ailleurs, cette kaolinite exerce un action au niveau intestinal pour ralentir le transit. VIII - Le procédé décrit ci-dessus non seulement accroît incon testablement la valeur nutritive des drêches, mais encore il apporte parallèlement un début de solution au problème de la pollution par élimination des eaux chargées de levure. A cause de ce problème, les produits, même traités, ne peuvent être entreposés indéfiniment en vrac à l'intérieur de la brasserie. Une caractéristique de l'invention consiste alors à conditionner les drêches enrichies dans des emballages étanches et si possible partiellement désaérés;qui constituent des minisilos. Les sacs en plastique, une fois remplis, sont passés sur un vibreur, afin d'assurer un tassement qui est d'autant plus faciale que l'extrait sec est plus élevé. Après soudure, les sacs sont partiellement désaérés au moyen d'un système de valve. Ainsi conditionnées, les drêches peuvent se garder plu sieurs mois et être transportées sans perdre leur valeur nutritive et sans risque de détérioration. Parallèlement, elles peuvent être manipulées et stockées facilement sans accroître la pollution par les jus qui, autrement, ruissellent. Le taux d'incorporation de l'adjuvant constitué par le correcteur minéral, le conservateur et l'urée ou similaire varie entre 1 et.5 %, de préférence entre 2 et 3 % en poids, et la kaolinite est employée à raison de 1 à 3 % en poids, ces pourcentages s'entendant par rapport au poids des drêches humides enrichies de levures. Dans ledit adjuvant, la proportion du correcteur minéral peut varier d'environ 70 à environ 90 % en poids, celle du conservateur d'environ 10 à environ 15 % en poids et celle de l'urée ou similaire de 0 à environ 15 % en poids. Sur le plan économique, les drêches ainsi valorisées viennent en remplacement d'autres produits simples d'origine nationale ou souvent d'importation (soya payé en dollars). Elles sont aptes à être consommées directement par les animaux. La présence des levures notamment augmente l'appétence en même temps que la valeur intrinsèque. Deux modes de réalisation du procédé suivant l'invention sont décrits ci-après, à titre d'exemples purement indicatifs et nullement limitatifs. Tous les % sont en poids. Exemple 1 On ajoute aux drêches humides enrichies de levures (contenant 2 % de levures hydrolysées humides) 2 % de kaolinite et 2 % d'un adjuvant ayant la composition suivante Phosphate d'urée 5 % Paraformaldéhyde 3 % Conservateur # Formiate de calcium 3 % Propionate de calcium 1 % Acétate de calcium 0,2 % Phosphate bicalcique 27 % Phosphate D.F.P. 50 % Oligo-éléments Oxyde Oxyde de magnésium 6 % Chlorure Chlorure de sodium 2,5 % Sulfate Sulfate de fer 0,4 % Sulfate Sulfate de cobalt 0,01 % Correcteur ss Oxyde de manganèse 0,3 % minéral # Oxyde de zinc 0,4 % Iodure Iodure de potassium 0,01 % Sulfate Sulfate de cuivre 0,15 % Sulfate de soude anhydre 1,04 % 100,00 % Garanties aux 100 kg de cet adjuvant : matières minérales totales 85 % Au minimum Phosphore 14,5 % Calcium 23 % Magnésium 3 % Na 5 % Au maximum Chlorures 5 % Insoluble dans HCl 3 % Oligo-eléments Fer 800 ppm Cuivre 340 ppm Zinc 3 000 ppm Manganèse 1 850 ppm Le phosphate D.F.P. est un phosphate double de calcium et de sodium fortement défluoré Exemple 2 :On ajoute aux drêches humides enrichies de levures (contenant 2 % de levures hydrolysées humides) 2 % de kaolinite et 2,5 % d'un adjuvant ayant la composition suivante Urée Urée 45,5 13,5 % Phosphate d'urée 5 % Paraformaldéhyde 3 % Conser Formiate de calcium 3 % vateur vateur I Propionate de calcium 1 % Acétate de calcium 0,2 % Phosphate bicalcique 13,5 % Phosphate D.F.P. 50 % Magnésie calcinée 6 % Sel (ClNa 3,4 % Correc- Sulfate de fer 0,4 % teur minéral # Sulfate de cobalt 0,01 % Oxyde de manganèse 0,3 % Oxyde de zinc 0,4 % Iodure de potassium 0,01 % Soufre 0,28 % 100,00 % Garanties aux 100 kg de cet adjuvant : : Matières minérales totales 77 % Au minimum Phosphore 12 % Calcium 20 % Mg 3 % Na 4 % Au maximum Chlorures 5 % Insoluble dans HC1 3 % Oligo-éléments Fer 800 ppm Cuivre 340 ppm Zinc 3 000 ppm Manganèse 1 850 ppm Azote non protéique 43/N L'urée 45,5 est de l'urée contenant 45,5 % d'azote. REVEND ICAT IONS 1.- Procédé de valorisation des drêches humides de brasseries en vue de leur utilisation comme aliments de base pour animaux, par mélange de ces drêches avec des levures de biere désactivées et d'autres additifs, caractérisé en ce que l'on mélange les drêches humides, éventuellement après élimination des 10 à 15 % en poids d'eau libre qu'elles contiennent, avec des levures et autres sous-produits organiques recueillis dans la brasserie, lesdites levures ayant été au préalable traitées par hydrolyse afin que leur prolifération soit stoppée, avec un correcteur minéral contenant essentiellement du phosphore, du calcium et des oligo-éléments, et avec un conservateur d'ensilage connu en soi, à base de formiate, de propionate et d'acétate de calcium et contenant en outre du phosphate d'urée. 2.- Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que le mélange est effectué à la brasserie même, de façon connue en soi. 3.- Procédé suivant la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que l'on ajoute encore au mélange de l'azote non protéique, sous forme d'urée ou de dérivés azotés du même type. 4.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que l'on ajoute encore au mélange au moins un autre résidu d'industries alimentaires, tel que la mélasse de betterave sucrière, de façon connue ai. soi. 5.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que l'on ajoute encore au mélange de la kaolinite. 6.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que la proportion de levures humides hydrolysées introduite dans les drêches humides est d'environ 1 à 3 % en poids, en ce que le taux dtincorporation de l'adjuvant constitué par le correcteur minéral, le conservateur et la substance apportant de l'azote non protéique varie entre 1 et 5 z en poids et en ce que la kaolinite est employée à raison de 1 à 3 % en poids, ces deux dernières gammes de pourcentages s'entendant par rapport au poids des drêches humides enrichies de levure. 7.- Procédé suivant la revendication 6, caractérisé en ce que, dans ledit adjuvant, la proportion du correcteur minéral peut varier d'environ 70 à environ 90 % en poids, celle du conservateur d'environ 10 à environ 15 % en poids et celle de la substance apportant de l'azote non protéique de O à environ 15 % en poids. 8.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que ledit mélange est emballé dans des sacs en plastique, qui sont partiellement désaérés après soudure, ces sacs constituant des mini-silos étanches et sous vide partiel. 9.- Aliments de base pour animaux, tels qu'obtenus par le procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 8.