On connait depuis longtemps la plume double traçant deux traits paralleles en un seul passage, notamment celle brevetée en France le 26 Août 1902, sous le numéro 320.849. On connait aussi les stylos à pointes multiples, tra çant plusieurs traits parallèles en un seul passage, tels ceux brevetés en France le 6 Mars 1909, sous le numéro 397.771. La présente invention relative à un instrument à pointes multiples se différencie des inventions rappelées ci-dessus et d'autres similaires par un certain nombre de caractéristiques qui ressortiront de la description qui va suivre. La présente invention se caractérise essentiellement par la possibilité, avec un seul instrument - d'une part, de rendre actifs, simultanément ou séparément, au gré de l'utilisateur, un certain nombre de moyens d'écriture, de dessin ou de traçage, comme par exemple la mine de crayon, la plume, le tube encreur à bille ou à feutre, le tire-lignes, la pointe acérée, etc..., pour obtenir des traits parallèles; - d'autre part, de faire varier à volonté, entre certaines limites, l'écartement de ces moyens. Dans un but de concision, les divers moyens seront dénommés du terme générique de "pointes" dans la suite de ce texte. Dans une expression la plus simplifiée, l'invention peut se représenter par un instrument à deux pointes, choisies parmi les moyens énumérés à l'alinéa précédent ou, éventuellement, parmi d'autres tels que de minuscules pinceaux, par exemple. La réalisation de cet instrument consiste à loger parallèlement, dans un corps cylindrique tel que celui montré par la Figure 1 de la Planche I, dont la forme est familière à tous,deux pointes utilisant l'un des moyens énoncés. I1 est parfaitement concevable de prévoir trois et même quatre pointes dans un corps de cette forme, si le bec de celuici comporte trois ou autre canaux de sortie au lieu des deux montrés par la Figure 2 de la Planche I. Dans cette expression de l'invention, les pointes sont inamovibles, sauf dans le cas ol serait employée la mine de crayon ol, alors, le corps serait complété d'un dispositif a pince commun à tous les porte-mines. Une expression de l'invention, un peu plus évoluée que la précédente, consiste à rendre les pointes rétractiles. Ce résultat peut être obtenu par divers dispositifs. Le mécanisme simple, largement popularisé par certains modèles de crayons à bille, s'appliquerait efficacement dans le cas présent, au prix de l'addition d'une pastille, agissant simultanément sur toutes les pointes par un seul enfoncement du poussoir. Dans les versions précédentes, l'écartement des pointes ne peut être modifié. Divers agencements s'offrent pour rendre celui-ci possible. Le demandeur préconise le dispositif ci-après, illustré par les figures, fortement agrandies, de la Planche III. Cet agencement se compose de 1) deux prismes minuscules M et M', portant chacun un tube fendu destiné à recevoir une pointe; celle-ci est fermement maintenue en place par une vis à molette V; 2) un étrier extensible E, pour rendre les deux pièces M et M' solidaires; il est prolongé par une allonge ê, dont la longueur est fonction de l'usage qui doit en être fait; 3) une barrette B, portant plusieurs cônes C, assujettie au prisme M par un goujeon G, engagé dans l'oeillet O, et au prisme M' par un coulisseau S où elle glisse à frottement doux; 4) une vis micrométrique à molette R, qui agissant sur la barrette B, enfonce plus ou moins profondément les cônes C dans les alvéoles prévues à cet effet dans les prismes; 5) des prismes intermédiaires M'' à intercaler entre M et M' pour réaliser les systèmes à plus de deux pointes. I1 va de soi que dans l'instrument à deux pointes, un seul cone est nécessaire; dans les autres, il intervient autant de cônes moins un qu'il y a de pointes. L'industrie de la petite mécanique de précision produit couramment les pièces énumérées, qui s'apparentent à celles utilisées dans la fabrication des compas et de leurs accessoires. I1 ne sortirait pas du cadre de l'invention d'employer pour la confection de ces pièces n'importe quelle matière, qu'elle soit métallique ou plastique. Pour offrir à l'utilisateur une réalisation rationnelle de l'invention, il pourrait être prévu un coffret ou un écrin de rangement, moins gros qu'une boite d'allumettes, qui contiendrait: a) une pièce M et une pièce M'; b) une série de pièces intermédiaires M" (de six à dix par exemple; c) une allonge *, avec son étrier extensible E; d) une barrette B à un cane; e) une barrette à canes multiples. Les applications de l'invention apparaissent infinies dans bien des domaines. Par exemple, dans le dessin industriel, l'invention simplifie et améliore le tracé des hachures; dans les dessins artistiques, elle permet de représenter plus clairement et plus rapidement l'expression de la pensée créatrice; dans l'écriture, elle fournit de nombreuses ressources pour la stylisation et l'ornementation des lettres, pour la personnalisation des signatures et des paraphes; dans le domaine des jouets instructifs, elle captive l'attention et l'intérêt des enfants qui, d'un seul geste, voient apparaître des traits multiples, le cas échéant, colorés en diverses nuances; dans l'industrie, où elle rend possible le tracé des sillons de formes diverses sur matières plastiques ou sur métaux, selon la dureté de la pointe à tracer utilisée. I1 peut être mentionné notamment la possibilité de tracés ornementaux sur verre, par des pointes au carbure de tungstène, voire d'éclats de diamant. Les figures de la Planche IV montrent, à titre d'exemple, quelques-unes des utilisations les plus banales de l'invention. REVENDICATIONS 1.- Dispositif pour obtenir des traits parallèles, caractérisé par la juxtaposition de deux ou plusieurs moyens d'écriture, de dessin et/ou de traçage, introduits et maintenus en place dans un agencement de prismes minuscules, mobiles et rendus solidai res par un étrier extensible. 2.- Dispositif selon 1, caractérisé par le fait que l'agencement rend possible l'écartement des moyens grâce à l'introduction plus ou moins profonde, dans des alvéoles ménagés à cet effet, de cônes qui modifient la distance entre les prismes. 3.- Dispositif selon 1, caractérisé par le fait que dans le cas où deux moyens seulement sont juxtaposés, ceux-ci peuvent être fixes ou rétractiles. 4.- Dispositif selon 1, caractérisé par le fait que les moyens, noirs ou colorés, d'écriture, de dessin ou de traçage, peuvent être la mine de crayon, la plume, le tube encreur à bille ou à feutre, le tire-ligne, le pinceau, la pointe à tracer, etc...