la présente invention,- réalisée dans les laboratoires de l'INSTITUT PASTEUR, est due aux travaux de Monsieur Mirko BELJANS XI et de Madame Bionique BEIJANSKI, tous deux appartenant au CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIIQUE. Elle est relative a des produite nouveaux, a savoir des polynucléotides, à leur application en tant que principe actif de médicaments et à un procédé d'obtention de ces polynucléotides. Par polynucléotides, on entend des substance formées par l'encaînement de motifs séquentiels phosphates-sucres-bases puriques ou pyrimidiques. Elle vise plus particulièrement des polynucléotides, c'est-à-dire des polynucléotides dans lesquela le constituant sucre est du ribose. Les bases puriques sont constituées par 1' adénine et la guanine, et les bases pyrimidiques par la cytosine et l'uracile. Pour la connnodité de l'expression, on désignera, ci-après, les motifs de la channe polyribonucléotidique renfermant respectivement ces bases par A, G, C et U. Les polyribonucléotides visés par l'invention sont plus particulièrement des substances dérivées de certains acides ribonucléiques, communément désignés par l'abréviation ARN. De nombreuses recherches ont été effectuées sur les ARN. Ces travaux ont montré que certains d'entre eux, en association avec des acides désoxyribonucléiques, ou ADN, pouvaient exercer une activité antitumorale ou induire la formation d'anticorps suscepti- bles de réagir avec divers types d'acides nucléiques. D'une façon générale, les ARN pris seuls, exempts de traces de protéines ou de polysaccharides, semblent être inactifs en ce qui concerne la production d'anticorps. Leur utilisation, en tant que telle, ne peut donc être envisagée dans un but thérapeutique. I1 en est de même dans le domaine du traitement des tumeurs, iie si des auteurs ont pu constater que des ARN isolés du foie de veau, et utilisés en quantité importante (20 ig par souris), sont susceptibles d'inhiber l'apparition de tumeurs ascitiques chez la souris. L'invention repose sur la constatation que certains polyribonucléotides de faible masse moléculaire, dérivés d 'ARN isolés de bactéries ou de cellules d'organes, présentent une activité considérable à l'égard de virus à ADN, et sont capables d'inhiber très fortement in vivo le développement ou la multiplication de ces virus. Cet effet est d'autant plus remarquable que les ARN intacts du genre en question sont pratiquement inactifs. Les polyribonucléotides conformes à l'invention renferment des chatnes simples comportant environ 20 à environ 80 motifs ribonucléotides, de préférence de 25 à 50, et dans lesquelles les bases puriques sont en excès par rapport aux bases pyri midiques. Selon une caractéristique supplémentaire de l'invention, les bases G et A sont associées dans les susdites channes selon des séquences G-A. Conformément au procédé selon l'invention, on prépare les polyribonucléotides du genre en question en soumettant des acides ribonucléiques présentant un excès de bases puriques par rapport aux bases pyrimidiques à l'action de ribonucléases pendant le temps nécessaire pour obtenir par "fragmentation" de ces ARN, des polyribonucléotides ayant de 20 à 80, de préférence 25 à 50 motifs ribonucléotides. Selon une disposition avantageuse de l'invention, on utilise des ribonucléases qui laissent intacts les motifs séquentiels G-A contenus dans ces ARN. Selon une autre disposition avantageuse, on utilise des ARN dans lesquels prédominent des motifs séquentiels G-A. Les fragments correspondant aux polyribonucléotides selon l'invention, obtenus lors de la dégradation ménagée des chatnes d'ARN, peuvent être isolés selon les techniques courantes. En ce qui concerne l'étape de dégradation des channes d'acides ribonucléiques, elle est avantageusement réalisée à des températures de l'ordre de 32 à 36 C, pendant environ une demiheure. Bien entendu, la durée d'incubation des ARN et des ribonucléases, et la température, seront différentes selon les quantités d'ARN que l'on désire dégrader. Ces conditions de température, durée d'incubation,et et quantités de réactifs sont interdépendantes et seront aisément mises au point par tout homme de l'art. Pour arrêter la réaction, on ajoute au mélange réactionnel un solvant organique inerte vis-à-vis des fragments formés, tel que du chloroforme renfermant en faible quantité de l'alcool isoamylique. Il est avantageux de soumettre le mélange réactionnel à ce stade à une agitation, puis à une centrifugation, et de répéter éventuellement ces opérations, avant de récupérer la solution aqueuse qui renferme les polyribonucléotides recherchés. Pour ce qui est de l'isolement des fragments formés, il est intéressant pour sélectionner les différents polyribonucléotides actifs, et éliminer les fractions non actives, d'avoir recours à des techniques de séparation sur colonne. On obtient de bons résultats en remplissant la colonne avec un tamis moléculaire, particulièrement celui commercialisé sous la dénomination 'Sephadex G-25 fine Il est avantageux de mettre en oeuvre des acides ribonucléiques d'origine ribosomique, étant donné que ces acides ribonucléiques sont susceptibles de fournir des polyribonucléotides contenant un excès de bases puriques par rapport aux bases pyrimidiques et de nombreuses séquences G-A. Différentes sources acides ribonucléiques ribosomiques peuvent autre utilisées, notamment les bactéries ou encore les organes d'animaux, par exemple les organes de mammifères tels que le foie de boeuf, de lapin, ou de singe. Parmi les bactéries qui conviennent, on peut citer celles appartenant au genre A. tumefaciens, notamment la souche B 6-TR-1 décrite par M. Beljanski, M. S. Beljanski, P. Manigault et P. Bourgarel dans l'article intitulé "Transformation of Agrobacterium tumefaciens into a Non-oncogenie species by an Escherichia coli RNA" dans Proc. Nat. Soi. USA,(1972) 69, 191-195, et enre gistrée au Centraal Bureau Voor Schimmelcultures sous le n CBS 616-74 ou encore celle appartenant au genre E. coli, notamment la souche sauvage E. coli K 12. On peut accrottre la proportion des ARN de bactéries en bases puriques par rapport aux bases pyrimidiques, en traitant ces bactéries par l'antibiotique connu sous le nom de tshowdomycine" et décrit par exemple par M. Belkanski, P. Bourgarel et M. BelJanski dans "Showdomycine et biosynthese d'ARN non complémentaires de l'ADN". Ann. Inst. Pasteur, 118, 25-276 (1970). En particulier, on utilise avantageusement comme matière première le "mutant" obtenu par action de la showdomycine sur la souche sauvage E. coli K 12, enregistré au Centraal Bureau Voor Schimmelcultures sous le n CBS 615-74, et décrit par M. Beljanski, M. Bel3anski et P. Bourgarel dans "ARN transformants porteurs de caractères héréditaires chez Escherichia coli showdomicine-resistant". paru dans CRAc.Sc. Paris. Série D. 272, 2107-2110. Ce mutant qui résiste à l'action de la showdomycine est désigné, ci-après, par M 500-Sho-R. Les ARN ribosomiques de cette souche mutante sont particulièrement riches en nucléotides G et A. En effet, le rapport des bases G + A/C + U est voisin de deux, alors que ce rapport est voisin de 1 dans les ARN de la souche sauva ge susmentionnée E. coli K 12. Cette caractéristique avantageuse lui confère une plus grande résistance vis-à-vis de certaines nucléases. Ci-après, on donne un exemple d'obtention de polynucléotides selon l'invention par mise en oeuvre du susdit procédé. Dans cet exemple, on utilise une souche M 500-Sho-R. Les figures 1 et 2 représentent respectivement les courbes d'absorption des fractions obtenues par élution des produits résultant de l'action d'une ribonucléase sur les ARN ribosomiques isolés de la souche M 500 Sho-R,et de ailes obtenues par centrifugation par gradient dessxh=ose se de ces mimes pro- duits. On a porté en ordonnée les valeurs d'absorption me surée à 260 nm et en abscisse la quantité d'éluat. 1) Culture des souches bactériennes d'Escherichia coli M 500 Sho-R : On cultive les bactéries en milieu riche, avec aération, à 37 C, dans les conditions décrites par M. Beljanski P. Bourga rel ét M. Beljanski dans "Showdooeycine et biosynthèse d'ARN non complémentaires de l'ADN", Ann. Inst. Pasteur., (1970) 118 253 276. On les récolte à la fin de la phase exponentielle de crois sance ,puis on procède à un lavage avec un tampon tris-HCl 10-2 M, pH 7,4 , contenant du KCl 0,06 N et de l'acétate de Mg 10-2 M. 2) Isolement des ribosomes des bactéries et récupération de l'ARN ribosomique On isole les ribosomes des bactéries en opérant selon la technique décrite par M.W. Nirenberg (1963) dans "Cell-Free Protein Synthesis Directed by messenger RNA",paru dans Methods in Enzy mology, ed. S. P. Colowick and N. O. Kaplan. Academic Press, New York 6 17-23, et par M. Beljanski, P. Bougarel et M. Beljanski dans "Drastic alteration of ribosomal RNA and ribosomal proteins in Showdomycin-resistant Escherichia coli" paru dans Proc. Nat. Acad. Sci. USA, (1971) 68, 491-495. Pour récupérer les ARN riboso tiques, on effectue immédiatement, une extraction à l'aide de phé nol en présence du même tampon que celui utilisé pour le lavage des bactéries. Cette opération peut être avantageusement répétée de manière à récupérer la plus grande quantité possible des ARN présents dans les ribosomes. Les solutions heures sat riches et retrai- tées par le chloroforme. Pour précipiter les ARN ribosomique qu'elles renferment, on utilise de l'alcool à 96 . Cette précipitation est effectuée dans de bonnes conditions en utilisant un volume d'alcool double de celui des solutions phénoliques.On procéde ensuite à une centrifuga tion, puis à une dialyse durant environ 12 heures à une températu- re de l'ordre de 40C contre de l'eau distillée. A l'aide d'un Spectrophotomètre Jean et Constant, on détermine à 260 et 280 nm la quantité d'ARN ribosomiques. Elle est de 1 tordre de 5 mg/ml de dialysat 3) Action des ribonucléases sur l'ARN ribosomique. On met en oeuvre différentes ribonucléases qu'on désigne ra par P, T, et U, et qui correspondent respectivement à celles décrites par L.A. Heppel, P.R. Whitfeld and R. Markham (1955) dans "Nucleotide Archange Reactions catalysed by ribonuclease and Spleen phosphodiesterase II. Synthesis of polynucleotides. Biochem. J, 60 8 - 15.; K. Sato and F. Egami (1957) "Studies on Ribonucleases in Takadiastase > ', I. J. Biochem. 44, 753-767; et T. Arima, T. Uchida and F. Egami (1968). Studies on Extråcellular Ribonucleasis of Ustilago Sphaerogena. Biochem. J. 106, 601-606. On prépare des solutions de 16 mg d'ARN ribosomiquesdans 4 ml d'eau distillée, auxquelles on ajoute soit 300 ug de P, soit15.000 unités de T, ou 40 unités de U On laisse le mélange durant 30 minutes à 360C (bain-marie). Pour arrêter la réaction, on ajoute en quantité équivalente à celle des solutions réactionnelles du chloroforme (contenant 5 % d'alcool isoamylique), puis on effectue une agitation vigoureuse (wortex) pendant 1 à 2 minutes. Après une brève centrifugation (5 mn à 5000 t/m), on recueille le surnageant qu'on soumet une seconde fois à une agitation avec du chloroforme ; on effectue ensuite une nouvelle centrifugation. La phase aqueuse renferme les polynucléotides recherchés, et est immédiatement utilisée pour isoler par groupes ces polynucléotides. 4) Séparation des polynucléotides résultant de la dégrada tion des chatnes dsARN ribosomiques. Sur une colonne de 300 cm sur 2,5 cm,remplie d'un tamis moléculaire, tel que celui commercialisé sous la dénomination "SEPHADEX G-25 fine", équilibrée avec un tampon tris-HCl pH 7,4, on dépose les polynucléotides résultant de la dégrada- tion des ARN ribosomiques,et on les élue à l'aide du même tampon. On recueille des fractions dé 5 mi dont on détermine l'absorption à 260 nm avec le Spectrophotomètre Jean et Constant (Les valeurs d'absorption sont reportées sur la figure 1). On regroupe les fractions correspondant à un pic donné. On obtient ainsi des familles de polynucléotides qu'on désignera par P1, P2, P3, P4 ou T1, T2, T3 ou encore U1, U2, U3 selon la ribonucléase utilisée et l'ordre d'élution. Sur la figure 1, on donne la courbe d'élution obtenue avec la famille P, l'absorbance mesurée à 260 mm étant portée en abscisse, et la quantité d'éluant étant portée en ordonnée. Les fractions correspondant à une famille donnée sont lyophilisées à sec. Le résidu sec est repris dans 1 à 3 ml d'eau distillée stérile, traité une nouvelle fois par du chloroforme puis centrifugé. Le surnageant, contenant les produits de l'invention, est dialysé, pendant 24 heures contre de l'eau distillée stérile (les sacs à dialyse, fratchement bouillis sont rincés avec de l'eau distillée stérile). La quantité de fragments d'ARN non dialysables (30 à 45 % de la quantité initiale d'ARN) a été déterminée à 260 nm dans le spectrophotomètre. Les échantillons sont conservés dans des tubes stériles et gardés congelés. ANALYSE DES POLYRIBONUCLEOTIDES SELON L'INVENTION 1) SPectre d'absorption en ultraviolet On a recherché si les produits selon l'invention présentaient un effet hyperchromique en présence de KOH 0,1 M. On sait que l'existence d'un tel effet traduit la présence d'une structure secondaire ou de double channe. Les résultats obtenus montrent que l'absorption des produits selon l'invention ne varie pratiquement pas par rapport à celle observée en milieu neutre, ce qui montre qu'aucune struoture double chatne n'existe chez ces produits. 2) Masse moléculaire Le profil et la position des familles de produits appartenant à chacun des pics d'élution ont été déterminés après centrifugation sur gradient de saccharose 5 à 20 %,selon les techniques classiques,telle que celle décrite pa M. Beljanski, P. Bourgarel et M. Beljanski (1970)"Showdomycine et biosynthèse d'ARN non complémentaires de l'ADN. Ann. Inst. Pasteur, 110, 253-276. L'ARN purifié et ayant un coefficient de sédimentation de 4 S a servi de marqueur. La figure 2 montre que tous les fragments obtenus en présence de P ont un profil symétrique sur gradient de saccharose et possèdent un coefficient de sédimentation compris entre 1 et 3 S. Ils ont une masse moléculaire nettement inférieure à celle de l'ARN transfert. 3) Analyse du rapport des nucléotides On hydrolyse 150 ug de produits selon l'invention pendant 1 heures à 100 C (bain-marie) à l'aide d'HCl 1 N (les tubes sont couverts à l'aide de billes de verre pour éviter l'évaporation). Evaporé à sec dans un dessicateur, à la température ambiante, le résidu est repris dans 0,02 ml d'eau distillée et déposé de façon ponctuelle sur plaque de cellulose ectéola,selon la technique décrite par G.R. Bjork and L. Svensson (1967) Ana- lysis of methylated constituent from RNA by thin layer chromato graphe; Biochim. Biophys. acta 138, 430-432. L'hydrolyse libère les bases puriques (G et A) alors que les bases pyrimidiques (C et U) restent sous forme de nucléo- tides. On effectue une chromatographie en cuve fermée : on utilise tout d'sabord comme éluant un mélange butanol/H20 (86 : 14). La migration demande 3 heures. On effectue une deuxième élution, suivant une deuxième dimension, à l'aide d'un mélange isopropanol/ HCl conc./H20 (170 : 41: 39). La migration dure de 6 à 7 heures. Les taches, après séchage de la plaque, sont repérées à l'aide d'une lampe U.V., grattées, éluées chacune séparément dans 1 ml d'HCl 0, 1 N pendant 24 heures. Après une rapide centrifugation, la nature dé chaque tache absorbant les U.V. est identifiée par le rapport d'absorption à 280 nm et 260 nm. Pour calculer la quantité de chaque base on a opéré comme décrit dans Methods in Enzymology XII. Nucleic Acids, Part. A, Ed. Grossman and K. Moldave Academic Press (1967) p.386,et utilisé les coefficients d'extension (maximum d'absorption)suivants A = 13 ; G = 12,8 ; C = 11,5 et U = 10. On rapporte dans le tableau qui suit les résultats obtenus avec les produits résultants de l'action de P et de T sur les ARN ribosomiques de E. coli M.9O0 Sho-R et de P sur ceux de E. coli K 12. L'examen de ce tableau montre que les produits de l'invention se distinguent entre eux par le rapport des bases, les produits P1à P3 étant les plus riches en bases puriques G et A. TABLEAU Rapport des bases des polyribonucléotides des familles P et T obtenus à partir d'ARN ribosomiques (en moles pour 100 moles de nucléotides) E. colli M 500 Sho-R E colli K 12 E. colli M 500 Sho-R G+A/C+U G+A/C+U G+A/C+U P1 A = 55 P1 A 32,5 T1 A = 28,9 G = 45 G = 45,0 G = 27,8 C = trace > 99 C = 11,1 3,50 C = 23,8 1,28 U = trace U = 11,4 U = 20,5 P2 A = 36,1 P2 A = 29,8 T2 A = 28,0 G = 43,2 G = 30,2 G = 28,3 C = 10,3 4,8 C = 20,0 1,50 C = 20,3 1,26 U = 10,4 U = 20,0 U = 23,4 P3 A = 29,0 P3 A = 25,5 T3 A = 23,4 G = 41,1 G = 34,0 G = 30,2 C = 15,2 2,3 C = 20,1 1,49 C = 23,3 1,16 U = 15,0 U = 20,4 U = 23,1P4 A = 25,6 P4 A = 25,6 G = 26,3 G = 24,2 C = 21,0 1,06 C = 23,0 0,98 U = 27,1 U = 28,2 Comme indiqué ci-dessus les produits selon l'invention sont doués de remarquables propriétés thérapeutiques. Les travaux effectués par la demanderesse montrent que ces produits manifestent notamment un effet inhibiteur vis-A-vis de la multiplication in vivo de virus, particulièrement de virus à ADN. Outre cette action sur les virus, l'étude des propriétés de ces produits montre qu'ils exercent également un effet stimulant à l'égard de cellules impliquées dans la défense de I 'orga- nisme. Pour mettre en évidence ces propriétés,on rapporte ciaprès les résultats d'essais concernant respectivement l'action des produits selon l'invention sur la piultiplication des virus à ADN, puis sur la stimulation de cellules de l'organisme. A) Inhibition in vivo de la multiplication des virus Les résultats qui suivent concernent les essais effectués sur des animaux de laboratoire auxquels ont été inoculés soit le virus du fibrome de Shope, soit celui de la vaccine, ou bien celui de l'herpès. 1 - Action sur le virus du fibrome de Shorie. On étudie l'action de produits de la série P chez des lapins du type "fauves de Bourgogne" en procédant comme suit. On rase les poils sur les flancs des lapins puis on nettoie leur peau. Le flanc gauche de l'animal sert de témoin, c'est-à-dire qu'il ne reçoit,que le virus, alors que le flanc droit reçoit le virus ainsi que les produits selon l'invention. Le virus est administré sous forme d'une suspension virale obtenue selon la technique suivante : on inocule dans les testicules d'un lapin le virus du fibrome de Shope dans les conditions décrites dans l'article de R.E. Shope (1932)A transmissible Tumorlike condition in rabbits" J. Exptl. med., 56, 793-803 and 803-821. Le lapin qui présente alors une orchite importante est sacrifié. Les testicules prélevés sont broyés. Le broyat est dilué au 1/100 avec de l'eau physiologique, puis centrifugé pendant 10 minutes à 10.000 t/mn. Le surnageant (qui peut Qtre conservé par congélation à -700C) est utilisé pour former les suspensions virales mises en oeuvre dans ces essais. La suspension inoculée est obtenue en diluant au 1/100 0,25 ml de surnageant (le titrage de la suspension sera vérifié avant chaque utilisation). L'injection de cette suspension virale et des produits de l'invention peut entre effectuée notaninent par voie intradermique ou par voie intramusculaire, ou encore par voie intraveineuse. Différents modes opératoires peuvent entre pratiqués si l'on choisit d'injecter les produits par voie intradermique à savoir - contact de 2 à 4 heures entre la suspension virale et les polyribonucléotides, ou bien - inoculation du virus 4 heures après avoir injecté les polyribonucléotides, ou encore - injection simultanée, sans contact préalable, des polyribonucléotides et de la suspension virale. A chaque point d'inoculation, on injecte environ de 20 pg à 1 mg de produits selon l'invention en solution dans environ 0,2 à 0,5 ml d'eau distillée On constate sur le flanc gauche des animaux, c'est-à-dire le flanc traité, un arrêt total de l'apparition des tumeurs provoquées par le virus. Les tumeurs se développant normalement sur le flanc droit, la diffusion des produits dans l'épiderme semble faible. Pour assurer une bonne efficacité des produits, il apparatt alors préférable de les injecter dans la région même où le virus a été inoculé. D'excellents résultats sont obtenus lorsque la concentration en produits selon l'invention est de 20 à 200 pg par point d'inoculation. Le traitement peut également Etre effectué par voie intramusculaire. On administre à chaque lapin une préparation renfermant environ 2,5 à 5 mg de P1, P2 ou P3 en solution dans environ 2 ml d'eau distillée et > quatre jours après, on inocule le virus, On constate que les tumeurs n'apparaissent pas chez les lapins auxquels on a administré les produits selon l'invention, alors qu' elles se développent rapidement chez les lapins non traités. 2) Action sur le virus de la vaccine. Comme dans le cas précédent, on réalise les expériences sur des lapins fauves d2 Bourgogne et en utilisant les produits de la série P. On enlève les poils sur les flancs des animaux puis on scarifie l'épiderme. On inocule le virus dans le c8té gauche des animaux en utilisant 0,1 ml d'une suspension virale obtenue à partir d'une souche provenant d'une suspension de cerveau de lapin lyophilisée et diluée au 1/10. En opérant par voie intraveineuse, on injecte les produits de la série P dans le côté droit, soit en même temps que le virus, soit une heure après. On utilise des préparations renfermant environ 2 à 4 mg en solution dans environ 2d d'eau physiologique. On observe un arrêt total de l'apparition des papules sur les côtés traités. En revanche, les papules apparaissent normalement au troisième jour après inoculation du virus sur les côtés gauches où seul le virus a été injecté. On réalise une autre série d'expériences en administrant les produits de la série P, chacun séparément, par voie intrasmusculaire ou intraveineuse, le virus étant inoculé par voie intraveineuse. Pour obtenir un arrêt total de la multiplication virale sur la peau scarifiée, il s'avère nécessaire d'administrer un minimum de 2,5 mg de produit par lapin. 3) Action sur le virus de l'herpès. On rapporte les résultats d'essais effectués sur le cobaye avec les familles P1 et P2. On injecte dans l'épiderme de la patte postérieure du cobaye (derrière le coussinet) 0,1 ml d'une culture obtenue en transférant le virus de l'herpès isolé à partir de vésicules buccales humaines dans une culture in vivo de cellules K-B (souche d'origine cancéreuse). On observe l'apparition de vésicules au bout de 48 heures. Le cinquième jour, on injecte dans la région des vésicules 1 mg de P1 + P2 en quantités égales, puis une deuxième dose le 6ème jour. On constate que les vésicules disparaissent progressivement deux à trois fois plus rapidement que les vésicules des témoins. Les susdits résultats montrent les remarquables propriétés antivirales des produits selon l'invention. Dans chacun des cas étudiés, le traitement des animaux avec les produits de l'invention se traduit par une disparition totale des tumeurs, papules ou vésicules, produits par les virus. L'action de ces produits à l'égard du virus du fibrome de Shope est particulièrement intéressante étant donné que dans certaines conditions, les tumeurs que ce virus provoque peuvent se transformer en tissus cancéreux. B) Stimulation de la défense de l'organisme. Différentes expériences ont été réalisées pour étudier l'action des produits selon l'invention sur différentes cellules impliquées dans la défense de l'organism. On rapporte ci-dessous les résultats des essais effectués in vivo chez la souris et le lapin. On administre à des lapins et des souris les produits de la famille P, marqués avec du 14C en vue de déterminer dans quels organes ils vont se loger. Alors que les produits P1 et P2 ne se logent pratiquement pas dans la rate et les ganglions des animaux, on observe en revanche que P4 se loge essentiellement dans les cellules de la rate et du foie. Ces résultats permettent de conclure que P.4 stilule l'activité de ces organes. En sacrifiant une série de souris traitées par P4 marqué au 14C, on constate en particulier une augmentation très sensible du poids du foie (25 à 30 % en 16 jours) et une très forte augumen- tation du volume et du poids de la rate (environ trois fois en 21 jours) et ceci après une seule injection correspondant à une dose de 100 à 200 #g/ml. Le foie et la rate retrouvent leur poids normal après 'cinq à six semaines. Compte tenu de ce qui précède, on peut envisager l'applica tion,de P4 notamment pour palier certaines insuffisances de là rate. L'ensemble de ces résultats et notamment en évidence l'activité antivirale et l'activité stimulante vis-d-vis de cellules de l'organisas des produits de l'invention. L'intérêet de ces derniers est encore accru du fait de leur faible toxicité, qui ressort des résultats suivants cotes- pondant à des essais effectués sur les lapins, souris et poulets provenant d'élevages contrôlés. Chez les lapins : les produits de la série P, dissous dans du sérum physiologique, à raison de 2 mg/l, sont injectés chacun séparément par voie intradermique (0,5-1 mg par animal pesant 2-3,5 kg), intraveineuse (2-3 t) et intramusculaire (5 mg). Aucun choc anaphylactique n'a été 'observé. Les animaux survivent sans manifester de comportement anormal. Les produits de la série T (mélange de T1, T2 et T3 sans séparation sur colonne de séphadex), injectés par voie intraiusculaire à raison de 20 à 30 mg/lapin ne provoquent appa renient aucun comportement anormal de l'animal qui survit parfai terrent. Chez les souris : l'administration de 0,2 mg (une seule injection) de P1, P2, P3 ou P4 par voie intraveineuse, à des souris de 20 g environ, est sans action apparente sur le comportement et Ia survie de l'animal. P4 (200 pg) a été administré à une souris gravide (début) : les nouveaux nés n'ont présenté aucune anomalie et sont devenus des souris dont la rate en particulier ne se distingue pas macroscopiquement de celle des souris témoins. Chez les poulets, 1,5 mg de P4 ou T1 > administré par voie intraveineuse, en trois doses à 48 heures d'intervalle, à des poulets âgés de quatre à six semaines, ne se traduit par aucun comportement anormal et les poulets survivent parfaitement. L'ensemble de ces résultats montre les propriétés avantageuses des produits selon l'invention. Ces derniers peuvent être utilisés notamment dans le traitement de maladies antivirales. Les médicaments conformes à l'invention peuvent être administrés à l'homme, de préférence par voie orale sous forme notamment de comprimés, de gélules, formes retard, ou encore par voie intramusculaire, sous forme par exemple de solutions aqueuses conservées dans des ampoules. La dose posologique est de 10 à 50 mg, de préférence de 20 à 30 mg, administrée tous les 10 à 15 jours. Dans les formulations pharmaceutiques, les produits selon l'invention, qui contiennent le principe actif des médicamentis, peuvent être associés aux excipients pharmaceutiques et supports habituels. RIVENDI CATIONS 1 - Polyribonucléotides caractérisés par le fait qu'ils sont formés de chaînes simples comportant environ 20 à environ 80 motifs ribonucléotides et que, dans ces chaînes les bases puriques sont en excès par rapport aux bases pyrimidiques. 2 - Polyribonucléotides selon la revendication 1, caractérisés par le fait que les susdites chaînes simples renferment de 25 à 50 motifs ribonucléotides. 3 - Polyribonucléotides selon l'une quelconque des revendica- tions 1 ou 2, caractérisés par le fait qu'ils comptent des chaî- nes de ribonucléotides dans lesquelles prédominent les motifs 84- quentiels de type Ot. 4 - Procédé de dégradation de chaînes diacides ribonucléiques, caractérisé par le fait qu'on soumet des acides ribonucléiques ou ARN, renferment un excès de bases puriques par rapport aux bases pyrimidiques, à l'action de ribonucléases agissant pendant le temps nécessaire pour obtenir des polyribonucléotides ayant de 20 à 80, de préférence de 25 à 50 motifs ribonucléotides. 5 - Procédé selon la revendication 4, caractérisé par le fait qu'on met en oeuvre des ribonucléases qui laissent intacts les mo-' tifs séquentiels G-À contenus dans les susdits ARN. 6 - Procédé selon l'une quelconque des revendications 4 ou 5, caractérisé par le fait qu'on met en oeuvre des ARN d'origine ribo- sonique. 7 - Procédé selon la revendication 6, caractérisé par le fait que les susdits ARN ribosomiques proviennent de bactéries ou d'organes de mammifères. 8 - Procédé selon la revendication 7, caractérisé par le fait que les susdites bactéries appartiennent aux genres Agrobacterium tumefaciens ou Escheria colli. 9 - Procédé selon la revendication 8, caractérisé par le fait qu'on met en oeuvre les ARN ribosomiques provenant de la souche A. tumefaciens B6-Tr-1. 10 - Procédé selon la revendication 8, caractérisé par le fait qu'on met en oeuvre les ARN ribosomiques provenant de la souche E colli K 12. 11 - Procédé selon la revendication 8, caractérisé par le fait qu'on met en oeuvre les ARN ribosomiques provenant de bactéries traitées par l'antibiotique connu sous le nom de showdomycine. 12 - Procédé selon la revendication 11, caractérisé par le fait qu'on met en oeuvre les ARN ribosomiques provenant de la souche E*coli M 500 Sho R. 13 - Procédé selon l'une quelconque des revendications 4 à 12, caractérisé par l'étage supplémentaire consistant à isoler, notamment par séparation sur colonne, les fragments de polyribonucléotides ayant de 20 à 80, de préférence 25 à 50 motifs ribonucléotides. 14 - Polyribonucléotides présentant sensiblement les mimes caractéristiques que ceux obtenus par mise en oeuvre du procédé selon l'une quelconque des revendications 4 à 13. 15 - Médicaments caractérisés par le fait qu'ils renferment une quantité efficace de polyribonucléotides selon l'une quelconque des revendications 1 à 3 ou 14.