Aliment à humidité intermédiaire, notamment pour animaux, ainsi que le procédé et l'agent pour le préparer. L'invention a pour objet un aliment à humidité intermé- diaire, notamment pour animaux, c'est-à-dire un aliment du genre de ceux qui présentent une humidité comprise entre 15 et 50 %, plus généralement comprise entre 18 et 40 % en poids qui leur confère une structure souple, leur conserva- tion ne nécessitant, par ailleurs, ni traitement thermique ni réfrigération. La bonne conservation de ces aliments est obtenue grâce à la réduction, par action sur les solutés, de l'activité de l'eau entrant dans leur constitution. Ainsi, la technologie des aliments à humidité intermé- diaire consiste à en ajuster la formulation pour obtenir des produits bien définis tant d'un point de vue nutritionnel (ajustement de la valeur nutritive, apports caloriques et vitaminiques) que d'un point de vue organoleptique (goût et couleur, texture) et physico-chimique, en agissant sur l'ac- tivité de l'eau et sur l'optimisation des autres paramètres pour rechercher les effets inhibiteurs maxima. Elle vise également le procédé et l'agent pour préparer le susdit aliment. Les aliments à humidité intermédiaire les plus connus sont ceux destinés aux animaux domestiques, comme le chien et le chat; ils contiennent généralement de 30 à 35 % de viande, de 20 à 30 % de saccharose, de 10 à 20 % de céréales et de protéines végétales, des agents minéraux, des vitamines, ain- si que des agents humectants, des agents antimycotiques et, éventuellement, des agents anti-oxydants. L'agent humectant habituellement utilisé est le propy- lèneglycol: ce produit qui joue également le râle d'antisep- tique, est mis en oeuvre à des taux d'environ 4 à 6 % en poids, l'humidité de ces aliments se situant à l'intérieur du domaine indiqué plus haut et plus préférentiellement vers environ 20 à 35 % en poids. Parmi les agents antifongiques habituellement utilisés, on peut citer le propionate de calcium et le sorbate de po- tassium qui sont,mis en oeuvre à des taux d'environ 0,1 à 0,4 % en poids. Parmi les agents anti-oxydants habituellement utilisés, on peut citer par exemple le BHA, le BHT, la tributylhydro- quinone et la vitamine E. Pour illustrer cet art antérieur, on indique ciaprès la composition d'un aliment à humidité intermédiaire imitant' une viande persillée et destiné aux chiens (Article de POTTER paru dans "Food Product Development" 4, n 7, p. 38-48, éd. 1970). Nature des ingrédients Sous-produit de boeuf Sucre Caséinate de sodium Parures de boeuf Amidon de mais Propylèneglycol Phosphate dicalcique (déshydraté) Sel iodé Sorbate de potassium Vitamine E Oxyde de titane Riboflavine (8 gm/kg) Vitamine A (60.000 IU/kg) Levure séchée irradiée Colorant rouge Colorant jaune Mononitrate de thiamine TOTAL Proportion (% en poids) 32,3750 26,5584 ,0000 ,1250 7,5000 4,5000 2,5000 1,2000 0,1000 0,0503 0,0500 0,0202 0,0503 0,0030 0,0020 0,0020 0,0007 , 0000 Les aliments à humidité intermédiaire connus sont sa- tisfaisants du point de vue de la stabilité bactériologique, de la valeur nutritionnelle et de l'aspect du produit, mais présentent des inconvénients graves du point de vue du goût, du prix de revient et de l'appétence. Ainsi, l'incorporation de 4 à 6 % de propylèneglycol, en tant qu'humectant et agent de conservation, exerce un ef- fet très néfaste du point de vue du goût-de l'aliment fini, ce produit possédant un goût très amer. De mêmes les agents antifongiques susmentionnés ont un goût très désagréable, même au taux habituellement employé de plus, ils sont chers et leur efficacité se limite aux mi- lieux acides. Pour faciliter la conservation bactériologique de ces aliments, il est souvent nécessaire d'ajouter des acides, no- tamment acétique, citrique ou lactique; il se trouve que cette addition affecte de façon-négative l'appétence des ali- ments. Enfin, pour abaisser l'activité de l'eau (abréviation utilisée dans le métier: aw) en vue d'améliorer la conserva- tion et pour augmenter la valeur nutritionnelle, les aliments connus comportent de fortes quantités de sucres et sont sup- plémentés en oligo-éléments et vitamines, ce qui grève le prix de revient. L'invention a pour but, surtout, de remédier à ces incon- vénients et de proposer un aliment du genre en question ré- pondant mieux-que ceux qui existent déjà aux divers deside- rata de la pratique. Or, la Société demanderesse a eu le mérite de trouver que, de façon inattendue et surprenante, ce but et notamment la suppression partielle et éventuellement totale des agents humectants tels que le propylèneglycol, pouvait être atteint par l'utilisation de ce qu'on désigne par "solubles de mais", notamment sous la forme d'eaux de trempage du mais éventuel- lement concentrées,dans la préparation des aliments semi- humides, notamment destinés à l'alimentation animale, les aliments semihumides ainsi obtenus présentant une excellente stabilité- bactériologique, une excellente appétence, une va- leur nutritionnelle accrue ainsi que des propriétés textura- les améliorées. - La Société demanderesse a également trouvé que l'utilisa- tion des solubles de mais sous forme d'eaux de trempage éven- tuellement concentrées, permettait de présenter, sous la forme d'aliments à humidité intermédiaire, des aliments pour animaux qui ne contiennent pas nécessairement la viande et les autres constituants des aliments à humidité intermédiaire connus et qui jusqu'à ce jour étaient présentés sous forme de produits secs à quelques pourcents en humidité résiduelle, la fabrication de ces aliments présentant l'inconvénient de nécessiter une dépense d'énergie importante pour le séchage. Parmi ces aliments, on citera notamment certains aliments pour ruminants et porcs et, en particulier, ceux à base de produits cellulosiques, notamment de drèches de mais ou de pulpe de pomme de terre et de solubles de mais. Il s'ensuit que l'aliment à humidité intermédiaire con- forme à l'invention est caractérisé par le fait qu'il com- porte, à titre d'agent humectant et de conservation, une pro- portion efficace de "solubles de mais", notamment sous forme d'eaux de trempage du mais éventuellement concentrées. Le procédé conforme à l'invention est caractérisé par le fait que l'on fait entrer dans la composition d'un aliment à humidité intermédiaire, à titre d'agent humectant et de conservation, une proportion efficace de "solubles de mais" notamment sous forme d'eaux de trempage du mais éventuelle- ment concentrées. L'agent humectant et de conservation conforme à l'in- vention est constitué par les "solubles de mais" notamment sous la forme d'eaux de trempage du mais éventuellement con- centrées, dans l'application de ces solubles à la constitu- tion de l'aliment à humidité intermédiaire conforme à l'in- vention. L'invention vise encore d'autres dispositions qui s'u- tilisent de préférence et dont il sera plus explicitement question ci-après. Et elle pourra, de toute façon, être bien comprise à l'aide du complément de description qui suit et des exemples, ledit complément de description et lesdits exemples étant donnés en rapport avec des modes de réalisation avantageux de l'invention. Se proposant, par conséquent, d'établir un aliment à humidité intermédiaire conforme à l'invention, on s'y prend comme suit ou de façon équivalente. Cet aliment comporte, à titre d'agent humectant, de conservation et également à titre d'agent nutritif, une pro- portion efficace de solubles de mais, notamment sous forme d'eaux de trempage éventuellement concentrées; la susdite proportion est généralement d'environ 0,1 à 70 % en poids, de préférence de 1 à 65 % en poids, par rapport à la masse to- tale de l'aliment. S'agissant d'un aliment destiné par exemple aux chiens et aux chats et qui, outre les solubles de mais, contient de la viande, des céréales, des protéines végétales, des su- cres, des vitamines et d'autres agents présents dans les ali- ments semi-humides du genre en question déjà connus, l'ex- pression "proportion efficace" désigne la proportion de solu- bles de mais par rapport à la masse totale de l'aliment qui confère audit aliment une stabilité bactériologique suffisan- te en cas de suppression partielle voire totale du propylène- glycol. Dans la pratique, cette "proportion efficace" correspond environ 0,1 à 40 % en poids, de préférence à environ 1 à 30% en poids et, plus préférentiellement encore, à environ 3 à % en poids par rapport à la masse de l'aliment complet. S'agissant des aliments à humidité intermédiaire qui ne comportent pas nécessairement de la viande, c'est-à-dire no- tamment des aliments pour ruminants et porcs qui remplacent les aliments présentés jusqu'à ce jour sous la forme d'ali- ments secs, l'expression "proportion efficace" désigne la proportion de solubles de mais sous la forme d'eaux de trem- page éventuellement concentrées qui apporte à ces aliments une quantité de substances sèches constitutives des solubles de mais équivalente à celle comportée par les aliments secs connus. Dans la pratique, cette proportion est de 25 à 65 % en poids par rapport à la masse totale de l'aliment. Toujours du point de vue pratique, il est précisé que les solubles de mais incorporés, conformément à l'invention, aux aliments à humidité intermédiaire, sont mis en oeuvre sous la forme de sirops plus ou moins concentrés obtenus à partir des eaux de trempage du mais qui, dans le métier, sont désignées par l'expression "Corn-Steep Liquor" ou C.S.L. et qui peuvent d'ailleurs être utilisées telles quelles sans aucune concentration. Généralement toutefois, on les met en oeuvre après une concentration à environ 45 à 55 %, de préfé- rence voisine de 50 % de matières sèches. Avantageusement, cette concentration peut être de 70 à 75 % de matières sèches; la mise en oeuvre sous forme de poudre déshydratée est éga- lement possible. On rappelle à ce propos que les solubles de mais sont obtenus lors de la première étape du travail du mais en lami- donnerie humide, au cours de laquelle les grains de mais sont trempés à contre-courant dans une eau sulfitée chaude et du- rant un temps déterminé qui est généralement de l'ordre de 35 à 50 heures. Deux phénomènes essentiels se produisent lors de cette trempe. Le premier de ces phénomènes consiste en une diffusion des matières solubles du grain de mais vers l'eau de trempe, le second consistant en une fermentation de ces matières so- lubles dans l'eau de trempe. Les "solubles de mais" sont donc le produit résultant d'une diffusion et d'une fermentation simultanées des matiè- res solubles présentes à l'origine dans le grain, et en par- ticulier dans le germe de mais. Les eaux de trempage qui les renferment ont une couleur jaune clair et une odeur caracté- ristique très agréable après déshydratation du C.S.L., les solubles se présentent sous la forme d'une poudre jaune. Ces solubles de mais renferment environ 45 à 50 % de protéines et d'acides aminés libres (le rapport azote aminé/ azote total est voisin de 0,35), 22 % d'acide lactique, 20 % de minéraux (essentiellement sous forme d'inosito-phosphate de calcium et de magnésium) et présentent, en absence de traitement préalable, un pH voisin de 4,0. La composition selon le tableau I comportant des acides aminés directement assimilables, constitue une excellente source nutritionnelle, dont la valeur est encore renforcée par la présence d'oligo-éléments (environ 300 ppm de fer, ppm de cuivre, 40 ppm de manganèse et 100 ppm de zinc). Les solubles de mais sont d'autre part très riches en vitami- nes, comme l'indique le tableau II (composition vitaminique en mg/100 g de matières sèches d'eau de trempage du mais] et particulièrement en vitamines du groupe B: riboflavine, acide pantothénique, pyridoxine et amide nicotinique notam- ment. Ils contiennent, de plus, des facteurs de croissance non identifiés, notamment pour l'alimentation des volailles et des bovins. TABLEAU I (Composition en acides aminés) Nature de l'acide aminé Proportion en g acide aspartique 5,57 thréonine 3,79 sérine 4,48 acide glutamique 17,26 proline 9,09 glycine 5,06 alanine 9,48 valine 4,95 cystine 1,66 méthionine 1,63 isoleucine 3,15 leucine 7,9 tyrosine 3,00 phényl-alanine 3,50 lysine 4,45 histidine 3,40 arginine 4,60 NH3 6,38 TABLEAU II (Teneur en vitamines du groupe B d'après H. AURICH de l'Institut Physiologique et Chimique de Leipzig) Désignation de Proportion en la vitamine mg/100 g m.s. thiamine (vitamine B 1) 2,97 riboflavine (vitamine B 2) 0,616 acide pantothénique (vitamine FF) 10,56 amide nicotinique (vitamine PP) 11,264 acide p-amino-benzoique 0,132 pyridoxine (vitamine B 6) 1,408 m-inositol [vitamine B 7) 352,00 biotine (vitamine B 8) 0,066 choline (facteur lipotrope) 202,4 cyanocobalamine (vitamine B 12) 0,01408 acide folique (vitamine B 9) 0,009 La mise en oeuvre des solubles de mais dans les aliments conformes à l'invention entraîne des avantages déterminants du point de vue de la stabilité bactériologique de ces ali- ments qui, lorsqu'ils contiennent environ 20 % en poids de solubles de mais sous la forme d'un sirop à 50 % de matières sèches, peuvent contenir de 25 à 35 % d'eau sans qu'apparais- se aucune prolifération bactérienne ou mycotique après 60 jours de stockage à température ambiante, et ceci sans la présence dans ces aliments des agents humectants et des agents antimycotiques usuels. La présence des solubles de mais conduit donc à une ex- cellente stabilité bactériologique des aliments, permettant de diminuer ou même d'éliminer complètement les agents humec- tants et les agents de conservation obligatoirement utilisés dans les aliments de l'art antérieur. A titre illustratif, on signale qu'une comparaison effectuée entre, d'une part, un aliment à 30 % d'humidité, contenant 20 % de solubles de mais à 50 % de m.s. et ne contenant aucun agent humectant ou sta- bilisant et, d'autre part, un aliment témoin à 30 % d'humi- dité contenant 5 % de propylèneglycol et 0,2 % de sorbate de potassium, montre qu'au bout de 10 jours dans une atmosphère assez sèche (45 % d'humidité relative) à une température de 350C, l'aliment témoin avait perdu 15 % de son humidité alors que l'aliment selon l'invention n'en avait perdu que 10 %. De plus, l'incorporation de solubles de mais dans-un aliment semi-humide accroit la valeur nutritionnelle de cet aliment et permet de remplacer une partie des protéines et des vitamines présentes dans les aliments de l'art antérieur. La neutralisation par un alcali, préalablement à leur mise en oeuvre, des solubles de mais se traduit favorablement sur le plan de leur efficacité en tant qu'agents humectants. Cette neutralisation est effectuée avantageusement jus- qu'à un pH d'environ 5,6 à 6. Avantageusement on utilise la soude ou l'ammoniaque les aliments comportant des solubles neutralisés à la soude sont plusparticulièrement destinés aux animaux domestiques tels que chiens et chats; ceux qui comportent des solubles de mais neutralisés à l'ammoniaque sont plus appropriés pour les ruminants de par leur apport d'azote. g On a constaté, par ailleurs, que les aliments semi- humides conformes à l'invention se distinguent par une très bonne extrudabilité et présentent des propriétés texturales améliorées. La présence d'acides aminés libres dans les solubles de mais exerce un effet bénéfique sur l'appétence des aliments et la forte proportion d'acide lactique, comportée par les solubles, permet, de par son effet sur le pH, de diminuer voire de supprimer l'addition d'acides tels que les acides phosphorique, acétique-ou citrique habituellement utilisés. Il est avantageux d'amener les solubles de mais, préala- blement à leur mise en oeuvre, à une concentration en ma- tières sèches d'environ 70 à 75 % en poids. En effet, les solubles de mais, ainsi concentrés, appor- tent moins d'humidité, ce qui permet d'augmenter la propor- tion de viande -- dont la teneur en eau est élevée et atteint environ 70 à 80 % en poids -- dans l'aliment fini. Pour réaliser cette concentration, il convient d'aliminer des solubles de mais les phytates ou autres matières insolu- bles qui empêchent toute concentration à une matière sèche supérieure à 50 %. Pour ce faire, on peut neutraliser les eaux de trempage (environ 25 % en poids de matières sèches) jusqu'à un pH voisin de 7 grâce à l'addition d'alcali, no- tamment de soude, pour précipiter des phytates qui peuvent alors être éliminés très simplement par filtration, le pH étant ensuite ramené aux environs de 5 par l'addition d'aci- de, notamment d'acide chlorhydrique ou d'acide lactique, ce qui présente l'avantage d'amener la formation de lactate, de sodium par exemple, qui renforce encore le pouvoir humectant et bactériostatique des solubles de mais ainsi traités. On peut également envisager de traiter, à ce stade, les solubles de mais à l'aide de charbon actif afin de les désa- mériser. Les solubles de mais débarrassés des phytates peuvent être concentrés sans difficulté à 70-75 % de matières sèches et présentent un pouvoir humectant et une action sur l'acti- vité de l'eau améliorée, en raison de l'alimination des ma- tières insolubles initialement présentes et en raison égale- ment de l'accroissement de leur teneur en chlorure de sodium * ou en lactate de soude. Les solubles de mais, tels qu'issus de la trempe du mais et concentrés à 50 % de matières sèches, neutralisés partiel- lement ou non, ou concentrés à 70 % de matières sèches après le prétraitement ci-dessus défini, ou encore présentés sous forme de poudre déshydratée, sont mis en oeuvre, conformément à l'invention, dans les proportions indiquées plus haut. Mise à part l'incorporation conforme à l'invention des solubles de mais au cours d'une des étapes de la fabrication des aliments à humidité intermédiaire du genre en question, cette fabrication peut être réalisée d'une manière en soi connue, par exemple celle apparaissant dans le brevet U.S. No 3.202.514. L'invention pourra de toute façon être bien comprise à l'aide des exemples qui suivent et qui sont relatifs à des modes de réalisation avantageux. EXEMPLE 1 Un aliment semi-humide pour chiens a été préparé selon. la formule suivante Déchets de viande (porc et boeuf) 2500 g Protéine de pomme de terre 1300 g Farine de blé 1300 g Dextrose monohydrate 2600 g Solubles de mais à 50 % m.s. 2000 g Huile de mais 200 g Chlorure de sodium 100 g Carmin de Cochenille 1 g. Les déchets de viande, à environ 80 % d'humidité, ont été préalablement hachés dans un hachoir du type HOBART, puis ont été soumis, en autoclave, à une température de 1100C pen- dant 10 minutes. Après refroidissement, la viande ainsi trai- tée a été mélangée avec les autres ingrédients dans un mélan- geur HQBART, les ingrédients étant ajoutés sans ordre préfé- rentiel et le mélange étant poursuivi durant 15 minutes. Le produit obtenu se présente sous la forme d'une "pou- dre" très homogène et non collante. Cette poudre a ensuite été extrudée sous forme de granules réguliers, de dimensions voisines de 5 mm sur 12 mm, qui présentent une excellente texture, ne sont pas collants, ne se désagrègent pas et ne présentent aucune altération physique au stockage. Cet aliment présente une humidité -de 32 % environ, un pH de 4,9, une teneur en protéines de 25 % due à la bonne qua- lité de la viande utilisée ainsi qu'à la présence des pro- téines de pomme de terre. Une analyse bactériologique, effectuée sur l'aliment fini après trois mois de stockage dans un récipient fermé maintenu à température ambiante, donne les résultats suivants Germes aérobies (dilution 1/100) 0 Moisissures et levures (dilution 1/100) 0 Clostridiums sulfito réducteurs (dilution 1/100) 0. La stabilité bactériologique de l'aliment ainsi préparé est donc excellente, malgré l'absence totale des agents hu- mectants et antimycotiques habituellement utilisés et malgré l'humidité assez élevée de cet aliment. * Cet aliment, placé durant 10 jours dans une atmosphère sèche à 45 % d'humidité relative et à 350C, ne perd que 10 % de son humidité initiale. Il présente, d'autre part, une excellente valeur nutri- tionnelle, due à la présence dans les solubles de mais d'une très forte proportion de peptides et d'acides aminés directe- ment assimilables, ainsi qu'à la présence d'oligo-éléments et de vitamines. L'aliment ainsi préparé est consommé très facilement par les chiens, ce qui prouve son excellente appétence. EXEMPLE 2 Une comparaison a été établie entre un aliment témoin trouvé dans le commerce et un aliment expérimental préparé suivant une formule très voisine mais comportant, conformé- ment à l'invention, 20 % en poids de solubles de mais. Les formules de l'aliment témoin T et de l'aliment ex- périmental E sont indiquées dans le tableau suivant (les pourcentages étant exprimés en poids). TABLEAU III L'aliment expérimental a été préparé sus de l'exemple 1. suivant le proces- Les 20 % de solubles de mais sont incorporés en lieu et place de 13 % de farine de soja, de 6 % de propylèneglycol et de 3 % de minéraux et autres agents constitutifs comme des acides, vitamines, agents mycotiques. 2 % de sorbitol ont été incorporés dans l'aliment expé- rimental, non seulement en raison de son pouvoir humectant mais également en raison de son remarquable effet cholagogue chez le chien. Des analyses effectuées sur ces deux aliments ont donné les résultats suivants: Humidité Perte d'humidité à 35 C, Aliment T Aliment E 29 % 30 % RH 40 après 10 jours 15 % 14 % Protéines tN x 6,25) 21 % 22 % pH 4,70 4,8 Une analyse bactériologique effectuée sur les deux ali- ments stockés deux mois à température ambiante a donné les résultats suivants: Proportion en % en poids Constituant Aliment T Aliment E Abats de viande 24 % 24 % Farine de blé 20 % 20 % Farine de soja 25,5 % 12,5 % Amidon de mais 12 % 12 % Saccharose 8,5 % 0 Dextrose monohydrate 0 8,5 % Propylèneglycol 6 % 0 Sorbitol 0 2 % Minéraux et autres ingrédients 3 % 0 NaCl _ 1% 1% Solubles de mais à 50 % m.s. 0 20 % 13. Aliment T Aliment E Germes aérobies (1/100) 34 40 Levures et moisissures (1/100) 0 0 Clostridiums sulfito réducteurs (1/100) 2 2 Cet essai comparatif faisant ressortir les valeurs équivalentes, montre tout l'intérêt de l'incorporation des solubles de mais à la place du propylèneglycol, des minéraux et autres agents constitutifs dont les inconvénients sont bien connus ainsi que de la farine de soja. EXEMPLE 3 L'aliment semi-humide pour chiens de la composition indiquée ci-après a été préparé suivant le processus de l'exemple I: Déchets de viande 2500 g Farine de blé 1300 g Protéine de pomme de terre 1300 g Dextrose monohydrate 260 g 2600 g Solubles de mais à 50 % de m.s. neutralisés à pH 5,6 par la soude 2000 g Huile de mais 200 g Chlorure de sodium 100 g Carmin de cochenille I g. Les solubles de mais incorporés dans cet aliment avaient subi un traitement de neutralisation préalable à l'aide de la soude jusqu'à un pH de 5,6. Du fait de cette neutralisation préalable, une partie de l'acide lactique présent dans les solubles de mais a été transformée en lactate de soude. Ce produit se prate bien à l'extrusion. L'aliment extrudé présente un pH de 6,,30 et les analy- ses ont donné les résultats suivants: Protéines (N x 6,25) 26 % en poids Humidité 29 % en poids Perte d'humidité après un stockage de 10 jours à 35 C et sous une humidité relative de 40 % 10 % en poids. 1 4 Par ailleurs, une analyse bactériologique effectuée après quatre mois de stockage en récipient fermé et à tempé- rature ambiante montre que, malgré le pH élevé de l'aliment, la stabilité bactériologique reste excellente Germes aérobies (dilution 1/100) 36 Moisissures et levures 0 Clostridiums sulfito réducteurs 0. Cet aliment présente une odeur caractéristique très agréable et il est très bien accepté par les chiens. EXEMPLE 4 Un aliment semi-humide comportant une très haute teneur en viande a été préparé selon la formule suivante et d'après le processus de l'exemple 1 Viande 3500 g Dextrose monohydrate 2500 g Farine de blé 1650 g Protéine de pomme de terre 600 g Solubles de mais à 70 % m.s. 1300 g Huile de mais. 150 g Carmin de cochenille 1 g. Pour pouvoir être concentrés à 70 % de matières sèches, une solution de solubles de mais à 25 % de matières sèches a été amenée au préalable de pH 3,9 à pH 7,0 par addition de soude technique, ce qui a eu pour effet de faire précipiter les phytates qui sont éliminés par un passage sur terres de filtration, après addition d'une très faible quantité d'agent floculant. Le filtrat ainsi débarrassé des phytates a ensuite été ajusté à un pH de 5,0 par l'addition d'acide chlorhydrique technique, puis les solubles de mais ainsi traités ont été évaporés jusqu'à une concentration de 70 % de matières sè- ches. L'extrusion de ce produit est facile. Son analyse a permis de réunir les résultats suivants pH 5,6 Teneur en protéines 26 % en poids Teneur en humidité 34 % en poids. La perte d'humidité après un stockage de 10 jours à 35'C et sous une humidité relative de 40 % est de 9 % en poids. 1 5 Une analyse bactériologique, effectuée après trois mois de stockage en récipient fermé et à température ambiante, démontre la bonne stabilité du produit malgré un pH élevé (5,6) et un taux d'humidité important (34 %) ; en effet, on S note la présence de: Germes aérobies 54 Moisissures et levures 2 Clostridiums sulfite réducteurs 1. EXEMPLE 5 Un aliment semi-humide pour ruminants a été préparé selon la formule suivante * - Urèches de mais séchées à environ 12 % d'eau 500 g Solubles de mais à 50 % m.s. 600 g. Le produit obtenu présente une teneur en humidité d'envi- ron 32 % et une teneur en protéines d'environ 20 % en poids. Après un stockage en sachet étanche pendant quatre mois, cet aliment s'est révélé parfaitement conservé: ses proprié- tés organoleptiques n'ont pas été modifiées. Ce produit se prête bien à là pelletisation. Il présente d'autre part une excellente valeur nutritionnelle due à la présence des solubles de maïs. L'action de ce produit sur le développement des fermenta- tions dans le rumen a été appréciée par une technique d'incu- bation artificielle. Cette dernière consiste à recréer au laboratoire, les conditions de la digestion dans le rumen en mettant à incuber dans le contenu du rumen une quantité définie de l'aliment à tester. Ce contenu est prélevé sur une génisse munie d'une fistule de rumen. Les paramètres étudiés au cours de l'incubation sont - la quantité de gaz dégagé - la teneur en ammoniac - la concentration en acides gras volatiles du milieu. L'utilisation de ce produit est très bonne au niveau du rumen, les essais in vitro réalisés par la méthode décrite ci-dessus ont en effet montré que: - la fermentation augmente d'autant plus rapidement que le pourcentage de Corn-Steep dans l'aliment est élevé, - la production d'acides gras volatiles est plus importante, - l'observation la plus intéressante est le faible - dégagement d'ammoniac, qui traduit une bonne uti- lisation de cet ammoniac au fur et à mesure qu'il se forme. Les pellets obtenus, malgré un taux d'humidité d'envi- ron 32 %, sont très stables bactériologiquement. EXEMPLE 6 Un autre aliment semi-humide a été préparé selon la formule suivante Pulpes de pomme de terre séchées à environ 12 % d'eau 400 g - Solubles de mais à 50 % de matières sèches, neutralisés à pH 6,0 avec de l'ammoniaque 600 g. Le produit ainsi obtenu, présente une humidité d'envi- ron 35 % et une teneur en protéines d'environ 20 % en poids. Cet aliment, stocké dans un paquet étanche pendant six mois, est parfaitement conservé sans addition d'agents con- servateurs. Son action sur le développement des fermentations dans le rumen, appréciée par la technique décrite à l'exemple 5, est très bonne. En effet, on constate - une amélioration du dégagement gazeux, - une production d'acides gras volatiles plus im- portante, surtout pour ce qui est de l'acide acétique et de l'acide propionique, - une meilleure utilisation de l'azote ammoniacal. o o, Comme il va de soi et comme il résulte d'ailleurs déjà de ce qui précède, l'invention ne se limite nullement à ceux de ses modes d'application et de réalisation qui ont été plus spécialement envisagés elle en embrasse, au contraire, toutes les variantes. 1 7 REVENDICATIONS 1. Aliment à humidité intermédiaire caractérisé par le fait qu'il comporte, à titre d'agent humectant et de conser- vation, une proportion efficace de solubles de mais. 2. Aliment selon la revendication 1, caractérisé par le fait qu'il comporte de 0,1 à 70 % en poids, de préférence de 1 à 65 % en poids de solubles de mais par rapport à la masse de l'aliment complet. 3. Aliment à humidité intermédiaire selon la revendi- cation 2, destiné aux chiens et aux chats et caractérisé par le fait qu'il comporte une proportion de solubles de mais de 0,1 à 40 %, de préférence de 3 à 25 % en poids par rapport à la masse de l'aliment complet. 4. Aliment à humidité intermédiaire selon la revendi- cation 2, destiné aux ruminants et aux porcs et caractérisé par le fait qu'il est à base de produits cellulosiques, no- tamment de drèches de mais ou de pulpe de pomme de terre et qu'il comporte une proportion de solubles de mais de 25 à % en poids par rapport à la masse de l'aliment complet. 5. Procédé de préparation de l'aliment selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé par le fait que l'on-fait entrer dans la composition dudit aliment, à titre d'agent humectant et de conservation, une proportion efficace de so- lubles de mais notamment sous forme d'eaux de trempage. 6. Procédé selon la revendication 5, caractérisé par le fait que les solubles de mais sont mis en oeuvre sous la forme d'eaux de trempage concentrées à 45-55 %, de préférence à environ 50 % de matières sèches. 7. Procédé selon la revendication 5, caractérisé par le fait que les solubles de mais sont mis en oeuvre sous la forme d'eaux de trempage concentrées à environ 70 à 75 % de matières sèches. 8. Procédé selon la revendication 5, caractérisé par le fait que les solubles de mais sont mis en oeuvre sous forme de poudre déshydratée. 9. Application des solubles de mais notamment sous la la forme d'eaux de trempage pouvant être concentrées à 50 ou -75 % de matières sèches, dans le cadre du procédé selon les revendications 5 à 8, à la constitution de l'aliment selon l'une des revendications 1 à 4.