L'invention concerne l'emballage du chlorate de soude, lequel, en raison de son instabilité à la chaleur et de ses propriétés très vivement oxy dantes, présente un danger permanent d'explosion ou d'incendie stil n'est pas convenablement protégé. Le plus souvent, ce produit est stocké et transporté en fats de types divers relativement onéreux, ce qui impose généralement un retour à vide des récipients. De plus, ces fats ne sont généralement pas absolument efficaces étant donné que, si un incendie se déclare au sein ou à proximité d'un empilement de tels fats emplis de chlorate, cela peut provoquer leur explosion avec projection de débris et propagation de proche en proche à tout lempiiement. I1 suffirait naturellement de remplacer les fats par de simples sacs en papier ou en matière plastique pour éviter tout risque d'explosion, mais alors le produit ne serait pas suffisamment protégé, notamment contre les flammes, de sorte qu'en cas d'incendie celui-ci se propagerait librement d'une ma nière continue à tout l'empilement des sacs dont la combustion serait accélérée par la décomposition oxydante du chlorate. Pour éviter ces divers inconvénients, l'invention se propose de réaliser un nouvel emballage de chlorate qui soit suffisamment résistant pour permettre les manipulations usuelles, même en régime sévère, mais suffisamment peu résistant pour éviter le confinement sous pression permettant les explosions et qui, d'autre part, protège convenablement le produit à la fois contre les intempéries et contre les flammes. L'invention consiste en premier lieu à réaliser un produit nouveau constitué par une feuille de papier Kraft ignifugé sur laquelle est contrecollée une feuille d'aluminium extra-mince, elle-meme revêtue de préférence par un vernis antisoude. Elle consiste également, en second lieu, à réaliser un sac pour le chlorate de soude caractérisé par le fait que ses parois sont constituées de l'extérieur vers l'intérieur par une feuille de contrecollé du type précédent avec sa face aluminium du côté extérieur, puis plusieurs plis de papier ignifugé, et enfin une autre feuille de contrecollé du type précédent avec sa face aluminium du côté intérieur. Ce sac, de préférence à valve et à fonds collés étagés, est d'un type tel que la face aluminium soit partout apparente tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. A titre d'exemple non limitatif, on peut fabriquer des sacs dont les dimensions sont de 40 cm x 50 cm x 10 cma prévus pour 25 kg de chlorate de soude, en utilisant pour les divers plis constituant ses parois les produits suivants - pour le pli extérieur, un contrecollé alu de 164 g comprenant une feuille d'aluminium de 20 microns contrecollée sur une feuille de papier Kraft ignifugé, la face aluminium étant orientée vers l'extérieur - pour les plis intermédiaires, trois plis séparés constitués chacun par une feuille de papier Kraft ignifugé de 90 g - pour le pli intérieur, une feuille de contrecollé alu de 132 g constituée par une feuille d'aluminium-de 9 9 microns contrecollée sur une feuille de papier Kraft ignifugés la face aluminium étant orientée vers l'intérieur. Les deux faces aluminium extérieure et intérieure sont de préférence traitées par un vernis antisoude. Le sac fabriqué est un sac à valve à fonds collés à collages étagés d'un type connu, avec un découpage approprié et des pièces rapportées de telle manière que tous les plis travaillent à la résistance et qu'en mème temps-la face aluminium soit partout apparente tant sur la surface extérieure que sur la surface intérieure du sac, et qu'en outre ltétanchéité du sac soit assurée notamment au niveau de la manchette de remplissage. Gr ce à sa constitution, le sac selon l'invention est d'une très haute résistance mécanique gr ce aux caractéristiques et à la relative indépendance des divers plis qui le constitue. Des essais sévères, notamment de chute libre de sacs remplis de chlorate, ont permis d'obtenir des résultats extrêmement satisfaisants avec des hauteurs de chute supérieures à trois mètres et un nombre de chutes de l'ordre de vingt. D'autre part, le sac selon l'invention, d'une grande étanchéité, protège le produit contre les intempéries, notamment contre I'humidité ambiante bien que le chlorate de soude soit un produit très hygroscopique. Des essais de stockage en chambre tropicale à 380C et 92 % d'humidité relative ont été poursuivis pendant plus d'un an sans donner lieu à une reprise de masse mesurable pour le chlorate. Mais surtout les parois du sac selon l'invention sont particulièrement aptes à résister à la chaleur d'un foyer proche ou d'une flamme grâce à leur constitution même. En effet, la couche extérieure d'aluminium, grâce à son haut pouvoir réflecteur, s'oppose d'une manière très efficace à la transmission de chaleur par rayonnement entre le foyer et le pli extérieur de papier. D'autre part, les cinq couches de papier Kraft ignifugé successives, correspondant aux cinq plis du sac et qui sont toujours séparées entre elles par de fines lames d'air, constituent un excellent isolant ssopposan-t à la transmission par conduction de la chaleur depuis la face extérieure du sac jusqu a sa face intérieure.Par ailleurs, toutes ces couches de papier ignifugé résistent à la chaleur sans subir d'inflammation spontanée et sans charbonner jusqutà une température élevée pour laquelle Iraluminîum Iui-meme se trouve détruit. Enfin, si l'action du foyer ou de la flamme continue ju-squ'8 provoquer la perforation du sac et la destruction du chlorate contenu, il ne résulte aucune explosion de ce sac ni aucune propagation de la flamme. Le doublage de la face intérieure par une couche d'aluminium constitue une mesure de sécurité supplémentaire pour parfaire l'étanchéité et éviter l'imprégnation éventuelle de l'emballage. D'autre part, le vernis antisoude déposé sur les deux faces d'aluminium constitue également une protection supplémentaire de ces couches d'aluminium. A titre d'essai, on a exposé devant un foyer violent des sacs vides ayant contenu du chlorate : ces sacs, lorsqu'ils sont atteints par la flamme ou par un rayonnement intense, brûlent lentement mais ne flambent pas et l'on obtient immédiatement une auto-extinction dès quton les met à l'écart du foyer. On a également essayé, devant un foyer violent, de placer un empilement de sacs pleins de chlorate : on a constaté alors que les sacs situés le plus près du foyer supportent très longtemps la chaleur, et même le contact direct de la flamme. Au bout d'un certain temps, cependant, les sacs charbonnent puis s'ouvrent et le chlorate se décompose et active le feu, mais la décomposition se fait sous forme de chlorure de sodium qui fond et isole la matière sousjacente produisant ainsi une auto-extinction. Dans le reste de l'empilement, au contraire, les sacs non situés au voisinage immédiat du foyer ne sont pratiquement pas attaqués.De même, après extinction du chlorate, par exemple au moyen de mousse ou d'eau pulvérisée, on peut constater que toutes les parties de papier qui n'ont pas été en contact direct avec la flamme, sont restées intactes, ce qui prouve qu'il nty a aucune propagation de la flamme par le sac. Enfin, on a réalisé également des essais d'inflammation sous confinement de chlorate de soude en présence de sacs de papier, qui montrent que les sacs selon l'invention ne transmettent pas l'explosion produite par l'inflammation locale drun échantillon de substance explosive, confinée dans un tube d'acier et séparée de l'échantillon de chlorate par des échantillons de la sustance des sacs. On peut donc dire que les sacs à chlorate selon l'invention, non seulement sont beaucoup plus économiques que les fats habituels et beaucoup plus pratiques dans la mesure où ils constituent des emballages perdus, mais en outre ils assurent une protection au- moins aussi efficace dans la plupart des cas et meme plus sure vis-à-vis du danger de propagation dlun incendie. Il est bien entendu que le mode de réalisation ci-dessus décrit ne présente aucun caractère limitatif et pourra recevoir toutes modifications désirables sans sortir pour cela du cadre de l'invention. REVENDICATIONS I. Feuille d'emballage destinée à protéger un produit contre l'incendie, caractérisée par le fait qu'elle est constituée par une feuille de papier Kraft ignifugé contrecollée avec une feuille d'aluminium extrainince d'épaisseur comprise entre 5 et 50 microns-située sur la face extérieure de la feuille, cette face étant de préférence recouverte d'une couche de vernis antisoude. 2. Sac spécialement destiné au chlorate de soude ou produits similaires, caractérisé par le fait qu'il comporte plusieurs plis dont un pli extérieur cong titué par le contrecollé selon la revendication 1 avec sa face aluminium dirigée du cssté extérieur, plusieurs plis intermédiaires constitués par du papier Kraft ignifugé et un pli intérieur constitué par le contrecollé selon la feven- dication 1, mais avec 1a. face aluminium dirigée du côté intérieur. 3. Sac à chlorate ou produits similaires selon la revendication 2, caractérisé par le fait qu'il est du type sac à valve à fonds collés à collages étagés, avec un découpage approprié et des pièces rapportées pour que la face aluminium soit partout apparente tant sur la surface extérieure que sur la surface intérieure du sac. 4. Sac selon la revendication 3, caractérisé par le fait qu'il comporte un pli extérieur en contrecollé aluminium, trois plis intermédiaires en papier Kraft ignifugé et un pli intérieur en contrecollé aluminium.