La présente invention concerne un procédé de préparation de cétones, par addition d'un organomagnésien sur un nitrile organique. Dans le secteur de la chimie fine (pharmacie, parfumerie, etc...), les nitriles organiques constituent des intermédiaires de - synthèse privilégiés, car l'introduction d'une fonction nitrile dans une chaîne organique équivaut à greffer sur cette dernière un atome de carbone supplémentaire. L'introduction d'une fonction nitrile dans une chaîne organique est obtenue de différentes manières. La plus commode consiste souvent en une substitution nucléophile d'un halogénure d'alcoyle avec un cyanure minéral. Pour passer d'un nitrile organique à une cétone, l'addition d'un organomagnésien sur la fonction nitrile parait à priori la voie la plus directe, et par conséquent la plus commode. Cette réaction s'effectue en deux temps, selon les étapes réactionnelles suivantes 1) attaque nucléophile de la fonction nitrile par le reste carboné de l'organomagnésien, avec obtention d'un cétiminate, selon le schéma réactionnel 2) hydrolyse en milieu acide du cétiminate, conduisant à la cétone, selon la réaction Malheureusement, dans le cas de nitrilesorganiques comportant un atome d'hydrogène en 8 de la fonction nitrile, cette réaction s'effectue en général avec un très mauvais rendement en cétone d'addition, car le nitrile organique est alors susceptible de perdre l'atome d'hydrogène en & , sous l'influence du caractère nucléophile de l'organomagnésien, et de participer ainsi à de nombreuses réactions secondaires parasites, notamment selon les schémas réactionnels suivants 1) déprotonation en GL de la fonction nitrile, avec obtention d'un cétène-iminate magnésien mixte, selon la réaction 2) addition sur le nitrile organique du cétène-iminate magnésien mixte, selon la réaction 3) et bien d'autres réactions ... Par conséquent, par hydrolyse en milieu acide du milieu réactionnel, outre la régénération du nitrile de départ et l'obten- tion de la cétone d'addition, on obtient notamment les produits secondaires suivants En outre, pour tous les nitriles organiques, y compris les nitriles organiques ne comportant pas d'atome d'hydrogène en de la fonction nitrile, l'addition d'un organomagnésien est en général une réaction lente, nécessitant au moins une dizaine d'heu- res. Par conséquent, malgré l'intérêt certain de la réaction de Grignard appliquée aux nitriles organiques, cette dernière est demeurée peu utilisée dans la chimie industrielle de synthèse, et ceci principalement à cause des inconvénients signalés précédemment. Consécutivement, le passage d'une fonction nitrile à une fonction cétene s'effectue en général selon un chemin réactionnel différent, plus complexe que la réaction de Grignard. Par exemple, on peut opérer selon les trois étapes réactionnelles suivantes 1) hydrolyse du nitrile, en milieu acide ou alcalin, permettant d'obtenir l'acide carboxylique correspondant, 2) transformation de l'acide carboxylique en chlorure d'acide cor respondant, sous l'action du chlorure de thionyle, du trichlo rure de phosphore, ou du pentachlorure de phosphore, 3) addition dtun organomagnésien sur le chlorure d'acide. Malgré son intérêt industriel limité, la réaction de Grignard appliquée aux nitriles organiques a toutefois fait l'objet de nombreuses investigations scientifiques. Dans le cadre de travaux visant certains composés organométalliques, mais non spécifiques à la réaction de Grignard appliquée aux nitriles organiques, G.R. C0E a découvert incidemment que le perchlorate de lithium, et dans une certaine mesure le perchlorate de tétrabutylammonium, accéléraient substantiellement l'ad- dition du bromure de butylmagnésium sur le benzonitrile ; conférer thèse soutenue à l'Université de Cincinnati (Etats-Unis d'Amérique) en 1964, et mentionnée dans les "Dissertation Abstracts" en 1965, au numéro 25, page 5545. Toujours dans le cadre des mêmes travaux, G.R. C0E a également découvert que le nitrate de lithium et le bromure de lithium présentaient à un moindre degré le même effet, vis à vis de la même réaction d'addition. Comme l'addition du bromure de butylmagnésium sur le benzonitrile ne constituait pas l'objet principal des recherches de G.R. COE, ce dernier n'a pas cherché à étudier plus complètement sa découverte. Dans le cadre de travaux consacrés à l'interaction de certains sels vis à vis de composés organométalliques, les présents inventeurs ont été amenés à effectuer une étude cinétique approfondie de la réaction de Grignard appliquée au benzonitrile ; les résultats de ces recherches ont fait l'objet d'une publication récente, parue en 1974 au "Journal of Organometallic Chemistry", numéro 78, pages 303 à 311. Dans cette étude, les présents inventeurs ont cherché essentiellement à déterminer la stoechiométrie des complexes sel/ organomagnésien, et à interpréter les effets de sels observés pour la réaction d'addition étudiée. A cette fin, ils ont observé l'action de nombreux sels sur un système réactionnel bromure de n-propylmagnésium/benzonitrile, et sur un système réactionnel di-n propylmagnésium/benzonitrile. A cette occasion, les expériences effectuées ont notamment confirmé la découverte de G.R. COE, à savoir que la présence de perchlorate de lithium ou de tétrabutylammonium accélère l'addition d'un organomagnésien sur le benzonitrile. Mais ces expériences ont aussi permis d'aller plus loin, et d'établir que d'autres sels avaient un effet accélérateur similaire, vis à vis de cette même réaction; il en est ainsi par exemple pour le chlorure de té trabutylammonium. Toutefois, les résultats de ces différents travaux scientifiques sont d'une utilité limitée pour revaloriser à 11 échelon industriel la réaction de Grignard appliquée aux nitriles organiques. En effet, les réactions étudiées ne visent que le benzonitrile, et par conséquent ne s'intéressent aucunement à des nitriles organiques possédant un atome d'hydrogène en & de la fonction nitrile ; or ceux-ci constituent la majeure partie des nitriles rencontrés dans la chimie industrielle de synthèse, et sont donc ceux auxquels la réaction de Grignard pourrait être appliquée avec le plus de profit. En outre, ces travaux se sont uniquement intéressés à l'aspect cinétique de la réaction de Grignard appliquée au benzonitrile. Par conséquent, les résultats de ces recherches présentent un intérêt réduit pour la chimie industrielle de synthèse, car elles ont visé uniquement un nitrile organique ne possédant pas d'atome d'hydrogène en & de la fonction nitrile, à savoir le benzonitrile, et par conséquent non susceptible de déprotonation en Gt de la fonction nitrile, entraînant des réactions secondaires parasites, concurrentes de la réaction principale d'addition. L'objet essentiel de la présente invention vise uniquement les nitriles présentant au moins un atome d'hydrogène en & de la fonction nitrile, et consiste essentiellement à trouver des conditions opératoires appropriées permettant de défavoriser substantiellement la déprotonation en 6~ de ces nitriles, et par conséquent leurs réactions secondaires parasites, lorsque ces nitriles réagissent avec un organomagnésien selon la réaction de Grignard. Dans le cadre de leurs travaux sur les effets de sel vis à vis de différents systèmes réactionnels, les présents inventeurs ont découvert que la déprotonation en as des nitriles organique s définis ci-dessus se trouvait substantiellement défavorisée, au profit de la réaction principale d'addition avec l'organomagnésien, a) pour les nitriles erganiques répondant à l'une quelconque des formules suivantes, à savoir (R1 , R2) CH - CN et CN-(CH2)n-CN, dans lesquelles 1) R1 , R2 répondent à l'une quelconque des définitions sui vantes 1.1) R1 , R2 sont chacun identiques à l'un quelconque des groupements suivants, à savoir premièrement un atome d'hydrogène, deuxièmement une chaîne aliphatique comportant au moins un atome de carbone, substituée ou non, troisièmement un noyau à caractère aromati que, substitué ou non, 1.2) les groupements R1 , R2 constituent ensemble une structure alicyclique ou hétérocyclique, 2) n est au moins égal à 3, b) et pour un organomagnésien répondant à la formule suivante, à savoir RMgX, dans laquelle 3) R est une chaîne aliphatique comportant q atomes de carbo ne, avec ql, 1, répondant à l'ensemble des définitions suivantes - l'atome de carbone de rang 1 de ladite chaîne alipha tique, porteur de l'atome de magnésium, n'est pas un carbone quaternaire, - ladite chaîne aliphatique est saturée entre les ato mes de carbone de rang 1 et de rang 2, lorsque q=2 elle est entièrement saturée entre l'atome de carbone de rang 1 et l'atome de carbone de rang 3, lorsque q > 3, - ladite chaîne aliphatique n'est pas substituée par au moins un noyau à caractère aromatique, sur l'atome de carbone de rang 1, 4) X est un halogène choisi parmi les éléments suivants, à savoir le chlore, le brome, et l'iode, c) lorsque la réaction d'addition est effectuée en présence d'un sel choisi parmi les corps suivants, à savoir le perchlorate de lithium, et un perchlorate d'ammonium quaternaire répondant à la formule suivante, à savoir LN(R')4 , C1043 , dans laquelle R1 est une chaîne aliphatique saturée, non substituée, compor tant plus d'un atome de carbone. De manière connue en soi, selon la présente invention, la réaction d'addition de l'organomagnésien sur le nitrile organique, ces deux corps répondant aux définitions ci-dessus, s'effectue selon les étapes suivantes a) on prépare une solution de l'organomagnésien, et du sel choisi conformément à l'invention, soluble en présence de l'organoma- gnésien, puis b) on ajoute le nitrile organique à la solution de l'organomagné- sien et du sel, et on fait réagir en solution l'organomagnésien avec le nitrile organique, en présence du sel, puis c) on hydrolyse le milieu réactionnel avec une phase aqueuse acide, et on extrait la cétone d'addition de la phase aqueuse. Comme l'établiront les exemples donnés ci-après, pour les nitriles organiques possédant un atome d'hydrogène en 8 La présente invention résulte donc de la découverte d'une nouvelle propriété du perchlorate de lithium,ou des perchlorates d'ammonium quaternaire répondant à la définition ci-dessus, à savoir qu'un tel sel mis en présence d'un système réactionnel nitrile organique (tel que défini ci-dessus) /organomagnésien (tel que défini ci-dessus), oriente préférentiellement la réaction de ces deux corps vers la réaction de Grignard, et non vers la déprotonation en ot du nitrile. Une telle propriété ne pouvait se déduire des résultats des travaux scientifiques discutés précédemment, pour les raisons suivantes 1) ces travaux se sont intéressés à un nitrile organique ne ré pondant pas à la définition ci-dessus, et par conséquent ne possédant pas d'atome d'hydrogène en & de la fonction nitrile, 2) ces travaux se sont intéressés à l'influence de certains sels sur la cinétique d'une réaction unique, à savoir la réaction de Grignard, et non à l'influence de ces sels sur la comEéti- tion de plusieurs réactions concurrentes dans un système réactionnel donné, 3) en particulier, certains des sels mentionnés dans les travaux précédemment cités, par exemple le bromure de lithium et le chlorure de tétrabutylammonium, se sont avérés n'avoir aucun effet favorable sur la compétition déprotonation/addition, dans le cas d'un système réactionnel nitrile avec hydrogène en /organomagnésien. En conclusion, la présente invention réside en combinaison dans le choix d'un substrat approprié (nitriles organiques répon dant à la définition ci-dessus), d'un réactif approprié (organomagnésien répondant à la définition ci-dessus), et dans la sélection de sels donnés (perchlorate de lithium ou d'ammonium quaternaire) défavorisant la déprotonation du substrat choisi au profit de l'addition de Grignard. A titre secondaire, on a également découvert que les conditions opératoires caractérisant l'invention accéléraient la réaction d'addition, aux dépens de la déprotonation du nitrile organique. A cet égard, si l'on se réfère aux travaux scientifiques précédemment cités, il n'était pas du tout évident, antérieurement à l'invention, que les sels choisis n'accélèrent pas aussi la déprotonation du nitrile organique choisi, et par conséquent les réactions secondaires parasites de ce dernier. Au total, gråce aux conditions opératoires propres à l'invention, la réaction de Grignard, appliquée aux nitriles organiques ayant un atome d'hydrogène en & de la fonction nitrile, redevient une voie de synthèse industriellement intéressante pour passer directement d'une fonction nitrile à une fonction cétone. Par "noyau à caractère aromatique", on entend désigner dans toute la présente description et dans les revendications, tout d'abord tout hydrocarbure cyclique comportant au moins un cycle benzénique, mais également tout hydrocarbure hétérocyclique comportant au moins un cycle à caractère aromatique (par exemple, furanne, thiophène, pyrrole, pyridine, quinoléine, pyranne, etc...). En ce qui concerne l'organomagnésien, lorsque lton indique que l'atome de carbone,porteur de l'atome de magnésium,ne doit pas être un carbone quaternaire, ceci veut dire que la substitution de cet atome de carbone ne doit pas être telle qu'elle gêne l'attaque nucléophile de l'organomagnésien ; à ce citre, le radical R ne peut pas être un enchaînement tertiobutyle. Les perchlorates d'ammonium quaternaire pouvant être choisis selon l'invention sont par exemple le perchlorate de tétraéthylammonium, le perchlorate de tétrapropylammonium, le perchlorate de tétrabutylammonium, etc... Les sels choisis selon l'invention, à savoir perchlorate de lithium ou d'ammonium quaternaire, apparaissent satisfaisants non seulement parce qu'ils orientent favorablement la réaction nitrile/organomagnésien, mais aussi parce que - ils ne réagissent pas avec l'organomagnésien, - ils sont solubles dans une solution appropriée de l'organoma gnésien, et donnent un complexe avec ce dernier, - ils peuvent être déshydratés sans décomposition. Selon l'invention, le solvant mis en oeuvre pour préparer la solution de l'organomagnésien et du sel, et pour faire réagir ledit organomagnésien avec le nitrile organique, a une polarité et une basicité substantiellement voisines de celle de l'éther. Cette définition vise des solvants tels que le méthylal, ou l'éther, et exclut des solvants tels que le TKF et 1'HMPT. Les conditions opératoires, choisies préférentiellement selon l'invention, sont les suivantes - au début de la réaction de l'organomagnésien et du nitrile organique, ltorganomagnésien est en excès molaire par rapport au nitrile organique ; à cet égard, au début de la réaction, le rapport initial molaire de l'organomagnésien par rapport au nitrile organique est par exemple au moins égal à 1,1 , - le sel est en excès molaire par rapport à ltorganomagnésien, dans la solution de I'organomagnsien et du sel, avant réac tion avec le nitrile organique ; à cet égard, dans cette so lution, le rapport molaire du sel par rapport à l'organoma gnésien est par exemple au moins égal à 1,2. La présente invention sera mieux comprise à la lecture de la description suivante, donnant un certain nombre d'exemples illustrant l'invention. Afin d'obtenir la cétone d'addition recherchée, on utilise en général la procédure suivante, comportant les étapes successives définies ci-après A) on prépare une solution de l'organomagnésien, et d'au moins un sel soluble en présence dudit organomagnésien, choisi parmi les composés suivants, à savoir le perchlorate de lithium, et un perchlorate d'ammonium quaternaire, répondant à la défini tion ci-dessus, B) puis, on ajoute le nitrile organique à la solution de l'organo- magnésien et du sel, et on fait alors réagir cette solution avec le nitrile organique, en présence du sel choisi, C) finalement, on hydrolyse le milieu réactionnel avec une phase aqueuse acide, et on extrait la cétone d'addition de ladite phase aqueuse. Cette procédure générale comporte deux modes d'exécution différents. Tout d'abord, dans les cas où la réaction de l'organomagnésien avec le nitrile organique conduit dans les conditions classiques, ctest-à-dire en l'absence de perchlorate de lithium ou d'ammonium quaternaire, a un rendement très faible en cétone d'addition (par exemple, CH3CN , C6H5CICN, etc... 3, on utilise préférentiellement le premier mode opératoire suivant 1) on prépare selon l'opération (A) la solution de l'organoma gnésien et du sel, successivement 1.1) en préparant ltorganomagnésien dans un solvant, et en obtenant ainsi une solution de l'organomagnésien, 1.2) en dissolvant le sel, préalablement séché, dans la solution de l'organomagnésien, 1.3) en chauffant la solution de l'organomagnésien et du sel, sous reflux du solvant, 2) on ajoute selon l'opération (B) le nitrile organique à la so lution de ltorganomagnésien et du sel, et on procède à la réaction, toujours en chauffant la solution de ltorganoma- gnésien et du sel, sous reflux du solvant. Mais, de manière générale, on peut aussi utiliser le deuxième mode opératoire suivant 1) on prépare selon l'opération (A) la solution de l'organoma- gnésien et du sel, successivement 1.1) en préparant l'organomagnésien dans un solvant, et en obtenant ainsi une solution de l'organomagnésien, 1.2) en dissolvant à la température ambiante le sel, préa lablement séché, dans la solution de l'organomagné sien, 2) on ajoute selon l'opération (B) le nitrile organique à la solution de ltorganomagnésien et du sel, et on procède à la réaction, toujours à la température ambiante. Le premier mode opératoire est illustré par les exemples 1 et 2 suivants. Exemple 1 Ce premier exemple vise l'obtention de dodécanedione-4,9 (appelée ci-après cétone d'addition) par addition de bromure de n-propylmagnésium (appelé ci-après organomagnésien) sur de lthexa- nedinitrile (appelé ci-après nitrile organique), en présence de perchlorate de lithium (appelé ci-après sel), et en solution dans de l'éther anhydre (appelé ci-après solvant). La réaction d'addition est effectuée dans un ballon de réaction à quatre cols de 250 ml, muni d'un agitateur mécanique en verre, d'une arrivée d'azote sec, d'une ampoule de coulée, et d'un réfrigérant surmonté d'une gaine à chlorure de calcium. On prépare tout d'abord une solution de l'organomagnésien et du sel choisi, et cela successivement - en préparant dans un autre ballon l'organomagnésien, à par tir de 26 gr de magnésium, 123 gr (1 mole) de bromure de n-propyle, et 410 ml du solvant ; on obtient ainsi une solu tion de ltorganomagnésien, - en introduisant dans le ballon de réaction 9,96 gr (0,094 mole) du sel préalablement séché, et 35 ml (0,078 mole) de la solution de l'organomagnésien ; on dissout alors le sel dans la solution de l'organomagnésien, - lorsque le sel est complètement dissous, en chauffant la so lution de l'organomagnésien et du sel, sous reflux du sol vant. Toujours en chauffant la solution de l'organomagnésien et du sel, sous reflux du solvant, on ajoute goutte à goutte en 9mn, par l'ampoule de coulée, le nitrile organique (2,8 gr, soit 0,026 mole), en solution dans le solvant (14 ml), à la solution de l'or- ganomagnésien et du sel. On fait alors réagir la solution de l'organomagnésien et du sel avec le nitrile organique, pendant 30 minutes. Finalement, on hydrolyse le milieu réactionnel à OOC avec une phase aqueuse acide, telle qu'unie solution environ normale d'acide chlorhydrique, et ceci jusqu'à l'obtention d'un pH acide. Au bout d'une nuit d'hydrolyse, la cétone d'addition est extraite à l'éther de la phase aqueuse. La phase éthérée est lavée à l'eau jusqu'à l'obtention d'un pH neutre. Après séchage sur sulfate de magnésium anhydre, et élimination de l'éther, la cétone d'addition précipite. Après filtration et recristallisation dans l'éther de pétrole (fraction bouillant entre 40 et 650C), on obtient 1,4 gr (0,007 mole) de la cétone d'addition. Le rendement par rapport au nitrile de départ est égal à 27 %. Exemple 2 Ce deuxième exemple vise l'obtention de méthyl-n propyl cétone (cétone d'addition) par addition de bromure de n-propylmagnésium (organomagnésien), sur de l'acétonitrile (nitrile organique), en présence de perchlorate de lithium (sel), et en solution dans l'éther (solvant). On procède comme dans ltesemple précédent, avec 6,17 gr (0,058 mole) du sel, 25 ml (0,048 mole) de la solution de l'orga- nomagnésien, et 8,6 ml d'une solution de nitrile organique (1 gr, soit 0,024 mole) dans le solvant. L'addition du nitrile organique à la solution de l'orga- nomagnésien et du sel dure 6 mn 5. La réaction de la solution de l'organomagnésien et du sel avec le nitrile organique dure 15 mn. Les produits de réaction contiennent 31,5 % (pourcentage molaire) de cétone d'addition. les pourcentages molaires de cétone d'addition formée et de nitrile restant sont déterminés à l'aide de la surface des pics obtenus par chromatographie gaz/liquide (colonne : 10 % Carbowax 20 M, 7 % Apiézon M sur Chromosorb W 80/100, longueur 3 m, diamètre 1/8" , température 1600 ; gaz vecteur : hydrogène, débit 30 ml/ mn). Les surfaces sont mesurées à l'aide d'un intégrateur électronique, en utilisant l'anisole comme étalon interne. Le deuxième mode opératoire est illustré par les exemples 3 et 4 suivants. Exemple 3 Ce troisième exemple vise ltobtention dthexanone-3 (cétone d'addition) par addition de bromure de n-propylmagnésium (organomagnésien), sur du propionitrile (nitrile organique), en présence de perchlorate de lithium (sel), et en solution dans l'éther (solvant). La réaction d'addition s'effectue dans un ballon à quatre cols d'un litre, équipé comme précédemment. On prépare la solution de l'organomagnésien et du sel successivement - en préparant l'organomagnésien (0,22 mole.) dans 100 cm3 du solvant, à partir de 5,45 gr de magnésium et 27,06 gr (0,22 mole) de bromure de propyle ; on obtient ainsi une solution d1 organomagnésien, - une fois l'addition du bromure de propyle terminée, en chauf fant pendant 20 mn la solution de l'organomagnésien,sous re flux du solvant, - en introduisant à la température ambiante 23,41 gr (0,22 mole) du sel ; on dissout ainsi le sel dans la solution de l'orga nomagnésien. Après dissolution du sel, on ajoute à la température ambiante, goutte à goutte, le nitrile organique (11,02 gr, soit 0,2 mole), en solution dans 86 cm3 du solvant, à la solution de l1organomagnésien et du sel ; cette addition dure environ l heure. On fait alors réagir la solution de l'organomagnésien et du sel avec le nitrile organique, à la température ambiante. Cette réaction dure environ 7 H (durée de l'addition comprise). Finalement, on refroidit et on hydrolyse le milieu réactionnel avec 400 cm3 d'une phase aqueuse acide, identique à une solution d'acide chlorhydrique environ normale. Après une nuit d'hydrolyse, on extrait à l'éther la cétone d'addition de la phase aqueuse. La phase éthérée est lavée à l'eau jusqu'à l'obtention d'un pH neutre, puis séchée sur sulfate de magnésium anhydre. Après filtration et évaporation de l'éther, le résidu est distillé à la pression atmosphérique avec une colonne Vigreux. Entre 120 et 1250C, on obtient 11,2 gr de la cétone d'addition, à environ 98 % de pureté, soit un rendement de 56 % par rapport au nitrile de départ. Exemple 4 Ce quatrième exemple vise l'obtention d'hexadécanedione 4,13 (cétone d'addition) par addition de bromure de n-propylmagnésium (organomagnésien), sur du décanedinitrile (nitrile organique), en présence de perchlorate de lithium (sel), et en solution dans l'éther (solvant). On opère dans les mêmes conditions que dans l'exemple 3, à partir de 2,85 gr (0,027 mole) du sel, 5 ml du solvant, 25 ml d'une solution de l'organomagnésien (0,054 mole), et 4,2 gr (0,025 mole) du nitrile organique, dissous dans 19 ml du solvant. L'addition du nitrile organique à la solution de l'organomagnésien et du sel est effectuée rapidement, et la réaction de la solution de l'organomagnésien et du sel avec le nitrile organique dure environ 7,5 H. Le rendement en cétone d'addition, par rapport au nitrile organique de départ, est de 87 %. Le tableau I illustre l'effet favorable, obtenu selon l'invention, sur le rendement en cétone d'addition, dans le cas de la réaction du bromure de n-propylmagnésium sur différents nitriles organiques, en présence de perchlorate de lithium, et en solution dans éther (1) Toutes les réactions sont effectuées selon le second mode opératoire décrit ci-dessus, et par conséquent à la tempéra ture ambiante. Au début de la réaction, la concentration de l'organomagnésien est de 1 mole par litre, et le rapport mo laire de l'organomagnésien par rapport au nitrile organique est de 1 , 1. (2) La quantité de perchlorate de lithium est exprimée en pour centages molaires par rapport à la concentration initiale du milieu réactionnel en organomagnésien. (3) A la différence des autres réactions, ces deux réactions sont effectuées en chauffant le milieu réactionnel, sous reflux du solvant. Par ailleurs, la concentration initiale en orga nomagnésien est de 1,4 mole par litre, et le rapport molaire initial de l'organomagnésien par rapport au nitrile organi que est égal à 2. Le tableau II illustre également l'effet favorable, obtenu selon l'invention vis à vis du rendement en cétone d'addition, pour différentes réactions effectuées avec différents sels (perchlorate de lithium ou de tétrabutylammonium), par addition de différents organomagnésiens sur différents nitriles organiques, dans différents solvants. L'absence d'indications dans la colonne "température" signifie que la réaction est effectuée à température ambiante, - TABLEAU I nitrile Conditions de la % molaire des organique réaction (1) produits obtenus R1\GH CN sel : Durée CH quantité - CN quantité de en heures organique Divers d'addition -R2 LiCl04 (2) restant R1 H 0 4,5 16,5 28,5 55 R2 = C2H5 50 4,5 8 3 89 R1 = H 6 5 43 52 50 6 2 12 86 R2 = CH3 120 6,5 0,5 8,5 91 J 120 6,5 0,5 8,5 91 O 5,5 O 97,5 2,5 120 5 O 85 15 R1,R2=H 200 3 0 79,5 20,5 200 0,5 O 73,5 26,5 120 (3) 0,25 0 68,5 31,5 o 6,5 5 92,5 2,5 R1 = H 50 7 30 62 8 R - m 120 6 33 57 10 200 3 32 55 13 200 3 32 55 13 200 0,5 31,5 55,5 18 120 (3) 0,25 19 47 34 - TABLEAU II - nitrile solvant magnésien sel Conditions de la réaction % molaire des organique RMgX (1) produits obtenues R1# CH-CN % molaire % sel Duree Tempé- Nitrile Cétone R2# organomagné- en rature organique d'addition sien-nitrile restant R1 = H éther R = nC3H7 aucun 1,1 0 6,5 - 5 52 R2 = CH3 X = Br Bu4NClO4 1,1 50 6,5 - Traces 71 #CH3 R=CH #CH3 aucun 1,1 0 6,5 - 2 38 X = Cl LiClO4 1,1 120 6 - Traces 57 Méthylal R = nC3H7 aucun 1,1 0 6,5 - 4 30 X = Br LiClO4 1,1 120 6,5 - 2 57 R1 = H éther R = nC3H7LiClO4 2 120 0,25 - 15 5 R2 = # X = Br 1,1 120 0,5 reflux 21 16 éther R=C2H5 LiClO4 2 (2)120 0,25 reflux 20 22 X = Br éther R = CH3 aucun 1,1 0 1 - 12 2 X = I LiClO4 1,1 120 1 - 27 6 1,25 0 C 59 4 2 120 0,3 reflux 26 13 éther méthylal R = CH3 aucun 1,1 0 1 - 37 2 X = I LiClO4 1,1 120 1 - 68 3 CN(CH2)nCN éther R = nC3H7 aucun 3 0 0,5 reflux 0 2 avec n = 4 X = Br éther LiClO4 3 1200,5 reflux 0 27 éther selon le deuxième mode opératoire défini ci-dessus.L'indication "reflux éther" dans cette même colonne "température" signifie que la réaction s'effectue en chauffant le milieu réactionnel, sous reflux du solvant, selon le premier mode opératoire défini cidessus ; (1) la concentration en organomagnésien est de 1 mole par litre, lorsque le rapport molaire organomagnésien/nitrile organique est de 1,1 , de 1,4 mole par litre lorsque ce même rapport molaire est égal à 2, et de 1,5 mole par litre lorsque ce même rapport molaire est égal à 3. le pourcentage en sel est un pourcentage molaire par rapport à la concentration ini tiale en magnésien. (2) En l'absence de sel, pour la même réaction, et avec une du rée de réaction de 4 à 6 heures,sous reflux d'éther, Hauser et Humplett [conferer Journal of Organic Chemistry, 15 (1950) 359] ne mentionnent aucune formation d'une cetone d'addition. Comme indiqué précédemment, la présente invention s'applique plus particulièrement à la synthèse de cétones, dans le secteur de la chimie fine, par exemple pharmacie et parfumerie. - REVENDICATIONS 1.- Procédé de préparation de cétones, par addition d'un organomagnésien sur un nitrile organique, selon lequel a) on prépare une solution de l'organomagnésien, et d'au moins un sel soluble en présence dudit organomagnésien, puis b) on ajoute le nitrile organique à la solution de l'organomagné sien et du sel, et on fait réagir en solution l'organomagnésien avec le nitrile organique, en présence dudit sel, puis c) on hydrolyse le milieu réactionnel avec une phase aqueuse aci de, et on extrait la cétone d'addition de ladite phase aqueuse, caractérisé en ce-que, dans le cas d'un nitrile organique répondant à l'une quelconque des formules suivantes, à savoir (R1 s R2) CH-CN et CN-(CH ) -CN, dans lesquelles 1) R1 , R2 répondent à l'une quelconque des définitions sui vantes 1.1) R1 ' R2 sont chacun identiques à l'un quelconque des groupements suivants, à savoir premièrement un atome d'hydrogène, deuxièmement une chaîne aliphatique comportant au moins un atome de carbone, troisième ment un noyau à caractère aromatique, 1.2) les groupements R1 S R2 constituent ensemble une structure alicyclique ou hétérocyclique, 2) n est au moins égal à 3, et dans le cas d'un organomagnésien répondant à la formule suivante, à savoir RMgX, dans laquelle 3) R est une chaîne aliphatique comportant q atomes de carbone, avec q > 1 , répondant à l'ensemble des desdéfinitions suivan- tes - l'atome de carbone de rang 1 de ladite chaîne alipha tique, porteur de l'atome de magnésium, n'est pas un carbone quaternaire, - ladite chaîne aliphatique est saturée entre les atomes de carbone de rang 1 et de rang 2, lorsque q=2 ; elle est entièrement saturée entre l'atome de carbone de rang I et l'atome de carbone de rang q, lorsque q ) 3 , - ladite chaîne aliphatique n'est pas substituée par au moins un noyau à caractère aromatique, sur l'atome de carbone de rang 1. 4) X est un halogène choisi parmi les éléments suivants, à sa voir le chlore, le brome, et l'iode, le sel est choisi parmi les corps suivants, à savoir le perchlorate de lithium, et un perchlorate d'ammonium quaternaire répondant à la formule suivante, à savoir LN(R')4 , ClO41 , dans7aquelle R' est une chaîne aliphatique saturée, non substituée, comportant plus d'un atome de carbone. 2.- Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le sel choisi est le perchlorate de lithium. 3.- Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le sel choisi est le perchlorate de tétrabutylammonium. 4.- Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que le solvant mis en oeuvre pour préparer la solution de l'organomagnésien et du sel, et pour faire réagir ledit organomagnésien avec le nitrile organique, a une polarité et une basicité substantiellement voisines de celles de l'éther. 5.- Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce que le solvant est au moins un corps choisi parmi les corps suivants, à savoir le méthylal, et l'éther. 6.- Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce qu'au début de la réaction selon b), l'organo- magnésien est en excès molaire par rapport au nitrile organique. 7.- Procédé selon la revendication 6, caractérisé en ce que, au début de la réaction selon b), le rapport initial molaire de ltorganomagnésien par rapport au nitrile organique est au moins égal à 1,1. 8.- Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que le sel est en excès molaire par rapport à l'organomagnésien, dans la solution préparée selon a). 9.- Procédé selon la revendication 8, caractérisé en ce que, dans la solution préparée selon a), le rapport molaire du sel par rapport à l'organomagnésien est au moins égal à 1,2. 10.- Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 9, caractérisé en ce que la réaction selon b) est effectuée en chauffant la solution de ltorganomagnésien, du nitrile organique, et du sel, sous reflux du solvant.