La présente invention concerne une nasse mobile pour la pêche, notamment sur fond marin. La pêche sur fond marin se pratique généralement au chalut, c'est-à-dire au moyen d'un filet tramé sur le fond par un navire. L'avant du filet est évasé pour offrir une large entrée au poisson, et le filet se termine à l'arrière par une poche où le poisson est collecté. Ce type de pêche présente l'inconvénient que, du fait du remorquage du filet, le rendement de propulsion du navire tombe à des valeurs très faibles, de l'ordre de 15 à 30%. En outre, on est obligé de rechercher un compromis dans le cadencement des opérations de relevage du filet. Ces opérations sont en effet longues et délicates, mais leur trop long espacement entraîne un long séjour du poisson dans le filet, ce qui peut nuire à son aspect. Enfin, la pêche s'effectue dans une certaine mesure à l'aveuglette, le navire n'explorant strictement que la zone où traîne le filet. La présente invention vise à réaliser une nasse mobile dont le déplacement ne nuise pas au rendement de propulsion du navire et soit, par là, génératrice d'économie d'énergie, et qui, en outre, simplifie les manoeuvres de relevage du filet et permette l'exploration d'une vaste zone en vue de concentrer la pêche sur les points les plus productifs. Suivant l'invention, la nasse mobile pour la pêche, notamment sur fond marin, comprend un filet évasé formant poche à l'opposé de l'évasement, et destiné à être déplacé sur le fond, l'évasement étant situé à l'avant. Elle est caractérisée en ce que le filet est fixé sur une plate-forme munie de moyens de roulement sur le fond et de moyens moteurs autonomes pour actionner ces moyens de roulement. La nasse n'est pas traînée sur le fond par le navire, ce qui supprime dans une large mesure les effets de frottement. En outre, le navire peut soit s'immobiliser, soit avancer à sa vitesse normale pendant certaines périodes, évitant le mauvais rendement de propulsion dû au remorquage à vitesse lente. Bien entendu, les moyens de roulement peuvent consister aussi bien en des roues qu'en des chenilles. Suivant une réalisation préférée de l'invention, la nasse comprend des moyens de communication hertzienne avec le navire, et ces moyens commandent avantageusement les moyens moteurs de la nasse. Le navire peut donc surveiller et commander un certain nombre de nasses qui explorent et exploitent le fond sur une étendue assez grande, permettant de découvrir rapidement les régions les plus poissonneuses. Suivant une réalisation avantageuse de l'invention, la partie du filet formant poche est demontable et des poches repliées sont maintenues en réserve. Grâce à un détecteur de remplissage, une poche pleine est remplacée automatiquement par une poche vide. Le gonflement automatique d'un ballon relié à la poche pleine permet de la localiser et de la récupérer. On évite ainsi les rele vages fréquents de l'ensemble. D'autres particularités et avantages de l'invention ressortiront encore de la description détaillée qui va suivre. Aux dessins annexés, donnés à titre d'exemple non limitatif: la figure 1 est une vue d'ensemble, en perspective, d'une nasse conforme à l'invention en opération de pêche; la figure 2 est une vue de côté d'une telle nasse; la figure 3 est une vue en coupe suivant III-III de la figure 2; la figure 4 est une vue à plus grande échelle d'une partie de la figure 3; la figure 5 est une vue en coupe suivant V-V de la figure 4; la figure 6 est une vue analogue à la figure 5, dans une autre position de fonctionnement. la figure 7 est une vue schématique d'une poche en operation de remontée. En référence aux figures I et 2, la nasse ccrrprend un filet 1 composé d'une partie avant évasée 2 maintenue par une membrane et d'une poche arrière 3 dont la partie inférieure, qui peut frotter sur le fond, est faite d'une toile résistante 4. Le filet 1 repose, sur une plate-forme 5 par l'intermédiaire, à l'arrière, d'une articulation 6 et, à l'avant d'un vérin de relevage 7. La plate-forme 5 est elle-même fixée sur un train à chenilles 8 muni de moyens moteurs (non représentés) qui, dans l'exemple décrit, sont électriques et alimentés par un groupe électrogène en surface. Une glissière composée de deux montants 9 en U (figure 3) est fixée sur la membrane de la partie avant 2 du filet 1 et s'étend au-dessus de ce filet, les U étant ouverts vers l'intérieur. La poche 3 a son ouverture définie par deux barres rigides transversales 11, 12 dont les extrémités sont engagées dans les glissières. Ces barres sont réunies par des barres latérales 13 formées chacune de deux parties articulees en 14. L'articulation 14 est munie de moyens élastiques tendant à déployer les deux parties de chaque barre 13, de sorte qu'au repos et en dehors de toute autre sollicitation les barres constituent un cadre définissant une ouverture rectangulaire de la poche, comme représenté à la partie inférieure de la figure 3. Les barres 13 sont attachées aux barres 11 et 12 par l'intermédiaire d'anneaux 15 (figure 4) qui constituent des articulations omnidirectionnelles. Un conteneur 16 (figure 2) contient une réserve de poches 3a repliées dont les barres 11 et 12 sont toutes engagées dans la glissière 9. Des taquets 17 sont fixés dans le fond de chaque montant 9 (figures 3 à 6) pour servir de butée aux extrémités de la barre 11 de la poche. La barre inférieure 12 est prévue plus courte que la barre supérieure 11, de manière qu'elle échappe aux taquets 17. Corrélativement, les ailes des U sont plus longues vers le bas (figure 3) de manière que la barre 12 soit maintenue dans la glissière malgré sa plus faible longueur. On comprend que, grâce aux ressorts des articulations 14, la barre 11 étant suspendue sur les taquets 17, la poche 3 présente une ouverture rectangulaire qui vient s'adapter à la partie avant 2 du filet 1. Des vérins 18 appuient sur les extrémités des barres 11 des poches en réserve et tendent à les faire descendre- en pressant les uns contre les autres des cadres repliés. A cet effet1 chaque barre 12 est munie de cales 19 qui permettent de ménager un certain espace entre elle et la barre 11 de la poche située sous elle. Dans les glissières 9 sont encore prévus des taquets 21 éclipsables grâce à des électro-aimants 22 et présentant un profil effilé pour venir s engager sur les barres 12 en formant pour elles une butée. A leur partie inférieure, les glissières 9 peuvent s'ouvrir vers l'arrière grâce à une partie mobile 9a articulée sur une charnière 23. Des détecteurs de remplissage de la poche 3 sont constitués par des lampes 24 coopérant avec des cellules photoélectriques 25 fixées sur des poutres 26 solidaires de la membrane de la partie avant 2 du filet 1. Ces détecteurs sont placés de manière à indiquer non seulement le remplissage total de la poche, mais également un remplissage partiel. Afin de tenir compte d'une transparence variable de l'eau, cette série de détecteurs est doublée, en un montage différentiel, sur des poutres 26a situées en eau libre. lJn câble de relevage 30 est relié à la plate-forme 30 et à une bouée 28 qui porte une antenne 29. Un émetteur récepteur 27 est fixé à l'avant du filet 1 et il.est relié d'une part à l'antenne 29 et d'autre part aux moyens moteur de la nasse. La bouée 28 contient le groupe électrogène alimentant les moyens moteurs de la nasse. Egalement à l'avant du filet, à sa partie inférieure, une chaîne 3 tendue entre des bras 32 maintenus écartés par des noyers élastiques constitue un détecteur d'obstacles. Les mouvelllents des bras 32 actionnent l'alimentation du vérin 7 de relevage du filet. Enfin, divers leurres 33 sonores, lumineux ou olfactifs sont répartis sur le filet 2. Le dispositif décrit fonctionne de la façon suivante. Le navire dispose d'un certain nombre de nasses sur chacune desquelles on pose le conteneur 16 contenant les poches en réserve. Grâce aux vérins 18, les cadres de ces poches sont pressés vers le bas, et la poche inférieure voit sa barre 11 arrêtée par les taquets fixes 17. Grâce aux ressorts des articulations 14, les barres 13 se déploient et la poche se trouve ouverte derrière la partie avant 2 du filet 1. Les taquets eclipsables 21, qui étaient en position éclipsée sont alors engagées sous la barre 11 de la poche située juste au-dessus (figure 4) grâce à l'espace laissé libre par les cales 19. Les nasses sont alors immergées et téléguidées sur le fond par voie hertzienne sur une zone relativement étendue. Les détecteurs de remplissage partiel des poches permettent de détecter les nasses qui se remplissent le plus vite et qui correspondent aux zones les plus poissonneuses, en vue d'y concentrer les nasses. Quand une poche est pleine, le détecteur de remplissage total provoque l'ouverture des parties mobiles 9a des glis sières 9, ce qui laisse échapper le cadre de la poche vers l'arrière, suivant la fleche F (figure 6) . La partie mobile 9a est alors refermée, puis les taquets 21 sont éclipsés pour laisser descendre la première poche en réserve sous la poussée des vérins 18. Le poisson est empêché de sortir de la poche détachée par un filet conique 34 en forme d'entrée de nasse classique. D'autre part, chaque poche est munie d'un ballon dégonflé et d'une bouteille d'air comprime 35 (figure 2) qui s'ouvre pour gonfler le ballon sur un traction exercée par un câble relie a la structure fixe de la nasse. Le ballon 36 vient en surface et il ne reste plus qu'à hisser la poche à bord. Le câble 37 du ballon 36 est fixé au milieu d'un câ ble 38 reliant les articulations 14 des bras 13, de sorte que 1-a traction sur le câble 37 tend à fermer l'entrée de la poche; les bras 13 prenant la position indiquée sur la figure 7 gracie à la liberté procurée par les anneaux de liaison 15. La nasse comporte encore une caméra de télévsion logée dans l'émetteur-récepteur 27 et visant dans le sens de l'avance. Les signaux émis par cette caméra sont reçus à bord du navire d'accompagnement en vue de controler la marche de l'engin et de contribuer à la détection d'obstacles. Grâce à l'invention, on réalise une importante économie d'énergie, on améliore le rendement de la pêche en explorant et en exploitant facilement les régions les plus poissonneuses, et on évite les opérations de relevage qui deviennent très espacées et n'ont lieu que pour recharger des poches vides. Bien entendu, l'invention n'est pas limitée à l'exemple écrit mais couvre toute variante technologique à la portée de l'homme de l'art. REVENDICATIONS 1. Nasse mobile pour la pêche, notamment sur fond marin, comprenant un filet (1) évasé formant poche (3) à l'opposé de l'évasement (2), et destiné à être déplacé sur le fond, l'évasement étant situé à l'avant, caractérisée en ce que le filet (1) est fixé sur une plate-forme (5) munie de moyens de roulement (8) sur le fond et de moyens moteurs autonomes pour actionner ces moyens de roulement. 2. Nasse conforme à la revendication 1, caractérisée en ce que la partie (3) du filet formant poche est démontable de la partie avant évasée (2). 3. Nasse conforme à la revendication 2, caractérisée en ce que la poche comprend un cadre (11,12,13) inséré dans une glissière (9) solidaire de la partie avant (2) du filet. 4. Nasse conforme à la revendication 3, caractérisée en ce que le cadre est formé de barres articulées (11,12,13) pour permettre de replier la poche à plat. 5. Nasse conforme à la revendication 4, caractérisée en ce que les glissières (9) s'étendent au-dessus de la partie avant (2) du filet pour recevoir les cadres d'un certain nombre de poches repliées mises en réserve. 6. Nasse conforme à la revendication 5, caractérisée en ce qu'elle comprend des moyens de détection (24,25) sensibles à un degré de remplissage prédéterminé de la poche (3) pour actionner des moyens moteurs (18) provoquant la descente d'une poche mise en réserve en dégageant de la glissière (9) la poche (3) raccordée à la partie avant (2). 7. Nasse conforme à la revendication 6, caractérisée en ce que chaque poche (3) comprend une réserve d'air comprimé (35) pour gonfler automatiquement un flotteur (36) relié à ladite poche quand cette poche est dégagée de la glissière (9). 8. Nasse conforme à l'une des revendications 1 à 7, caractérisée en ce qu'elle comprend des moyens (31,32) de détection d'obstacles pour actionner des moyens de relevage (7) de la partie avant (2) du filet (1). 9. Nasse conforme à l'une des revendications 1 à 8, caractérisée en ce qu'elle comprend des moyens de communication hertzienne (27) avec un navire d'accompagnement. 10. Nasse conforme à la revendication 9, caractérisée en ce que les moyens de communication hertzienne (27) sont reliés à un étage de commande des moyens moteurs. 11. Nasse conforme à l'une des revendications 1 à 10, caractérisée en ce que la partie avant du filet porte un certain nombre de leurres (33) 12. Nasse conforme à l'une des revendications 9 à Il, caractérisée en ce qu'elle comprend une caméra de télévision visant dans le sens de l'avance, dont les signaux sont reçus à bord du navire d'accompagnement.