L'invention a pour objet un métier à tisser réalisant l'entrecroisement de fils de chaste et de fils de trame, dans lequel les lisses qui provoquent la formation de la foule sont des barrettes rigides ayant chacune une ouverture de passage d'un ou plusieurs fils de chaise. On connais déjà par les brevets fran çais Nos 2 023 179 et 2 193 895 des métiers à tisser à lisses rigides montées coulissantes chacune dans un chemin de guidage et présentant chacune un oeil pour le passage d'un fil de charnue. Dans le premier brevet mentionné cidessus, les lisses sont réunies par groupes et toutes les lisses de chaque groupe sont manoeuvrées simultanément. Dans le second brevet mentionné, les lisses sont manoeuvrées individuellement par le moyen d'un organe de sélection. Le métier de la présente invention est du type à lisses manoeuvrées individuellement. Il se distingue du brevet précité N0 2 193 895 en ce sens que les lisses sont guidées individuellement dans les rainures opposées situées face à face de deux fontures parallèles entre lesquelles ces lisses stéte dent. Des moyens individuels de manoeuvre des lisses sont disposés sur chaque fonture à chacune des deux extrémités de chaque lisse ; un moyen de sélection-est associé à chaque moyen individuel de manoeuvre afin de rendre sélectivement ce moyen actif ou inactif vis-à-vis de la lisse correspondante. Selon un premier aspect de l'invention, chaque lisse est une barrette présentant sensiblement en son milieu un trou de passage d'un fil de channe ; chaque moyen de manoeuvre est apte à pousser la lisse qui lui est associée dans la rainure d'une première fonture afin de l'engager davantage dans la rainure de la fonture opposée sans lui faire quitter la première fonture. Selon un second aspect de l'invention, chaque lisse est une barrette ayant une fente longitudina le s'étendant à partir du voisinage d'une extrémité jusqu' au voisinage de l'extrémité opposée ; chaque moyen de manoeu vre est apte à tirer ou à pousser sélectivement la lisse qui lui est associée dans la rainure d'une fonture en lui faisant quitter, en la tirant, la rainure de la fonture opposée. Dans l'un et l'autre aspect de linven- tion, chaque moyen de manoeuvre est monté pivotant, par son extrémité éloignée de la lisse, sur une barre de co mande à courses alternatives et chaque moyen de sélection associé à chaque moyen de manoeuvre est apte à soulever et/ou à abaisser par un mouvement de pivotement le moyen de manoeuvre qui lui est associé afin de le rendre actif ou inactif pendant son déplacement. Pour mieux faire comprendre l'invention et en faire apprécier les avantages on donnera maintenant une description de deux exemples de réalisation respecti- vement de l'un et de l'autre aspect de l'invention. On se reportera aux dessins annexés dans lesquels : - les figures 1 à 3 sont des vues de côté en coupe par un plan passant par les rainures situées en regard l'une de l'autre de deux fontures opposées dtun métier à tisser conforme au premier aspect de l'invention, - les figures 4 à 8 sont des vues de côté en coupe par un plan passant par les rainures situées en regard l'une de l'autre de deux fontures opposées d'un métier à tisser conforme au deuxième aspect de l'invention. Dans l'un et l'autre cas, les vues 5 a' 3 et 4 à 8 montrent les positions successives des lisses. pendant le tissage. L'invention n'apporte pas de modifica- tion aux organes des métiers à tisser. qui ne sont pas representés. On ne décrira donc pas ces organes qui peuvent être d'un type classique approprié. Comme dans tout métier à tisser, les fils de chaine partent d'une ensouple ou d'un cantre à bobines et arrivent aux lisses, dans la zone de formation de la foule, et du tissage proprement dit. Le passage des fils de trame dans l'ouverture des fils de chaine peut être exécuté par tout moyen connu, l'invention D'imposant rien à cet égard.De même, les peignes de frappe et leurs moyens de manoeuvre sont d'un type quelconque connu approprié. le tissu confectionne est diriez jusqu'à un rouleau où il est enroulé : ceci s'exécute à l'aide d'élémepts connus qu'il n'est pas nécessaire de décrire. l'invention prévoit l'utilisation, pour le guidage des lisses en déplacement rectiligne, de fontures qui sont déjà connues en soi dans d'autres machines, par exemple dans les machines à tricoter. Il n'est donc pas indispensable non plus de décrire en détail les fontures de l'invention. Leur particularité essentielle est de présenter de nombreuses rainures, étroites et allongées, disposées côte-à-côte ; ces rainures sont destinées à recevoir des éléments rectilignes qu'elles guident pendant les déplacements de ceux-ci le long de courses alternatives. Une caractéristique de base de l'invention est la combinaison de fontures avec des lisses rigides et rectilignes montées pour être déplacées dans les rainures de ces fontures. Selon l'invention, on se sert de deux fontures parallèles, disposées l'une en face de l'autre, avec leurs rainures mises en correspondance par une extrémité ouverte. Selon le premier aspect de l'invention, illustré par les figures 1 à 3, une première fonture 1 est placée en face d'une seconde fonture 2 ; les rainures, respectivement 3 et 4, de ces fontures sont mises en alignement de part et d'autre d'un intervalle 5 qui les sépare. Les rainures sont dirigées les unes vers les autres par leur extrémité ouverte, respectivement 6, 7, de sorte que des lisses rigides, rectilignes 8 sont engagées à la fois chacune dans chaque paire de deux rainures 3, 4 alignées, en enjambant l'intervalle 5. Pratiquement, les lisses 8 sont des barrettes à section droite rectangulaire ayant une largeur suffisante pour être guidées correctement, sans frottement excessif, dans les rainures 3, 4. Deux pontets, respectivement 9 et 10, s'étendent au-dessus de toutes les rainures des deux fontures 1, 2, à proximité des extrémités ouvertes 6, 7 affin de maintenir les lisses dans leurs rainures. Chaque lisse 8 présente sensiblement en son milieu un trou Il pour le passage d'un fil de chaine 12, 13. Sur ces figures, on a dessiné en trait plus fin le fil 12 de la lisse 8, étant entendu que ce fil représente tous ceux des lisses qui occupent la même position, et en trait plus gros le fil 13 de la lisse suivante, ce fil représentant aussi tous les autres fils. Sur sa face supérieure, d'un même côté par rapport au trou 11, chaque lisse 8 a deux encoches espacées 14, 15 destinées à recevoir une barre de retenue 16 qui s'étend transversalement à l'ensemble des rainures 3 de la fonture 1. Si nécessaire, les parois qui limitent les rainures 3 sont elles-mêmes échancrées, en 17, pour permettre à la barre 16 de pénétrer dans les encoches 14, ou 15, selon la- position des lisses 8. Chaque fonture 1, 2 comprend une semelle porteuse 18, 19, qui laisse libre l'espace en-dessous de l'intervalle 5 pour que les fils 12, 13 et le tissu formé y passent librement. Un peigne 21 de type classique et mû par des moyens classiques est placé endessous des semelles 18, 19 avec un débattement suffisant. À chaque lisse 8 sont associés deux moyens individuels de manoeuvre, qui sont montés sur l'une et 1' autre fonture 1, 2. Chaque moyen de manoeuvre comprend un doigt de poussée, respectivement 22, 23, qui est monté pivotant autour d'un axe transversal 24, 25, par son extré- mité éloignée de la lisse correspondante. Chaque axe transversal 24 ou 25 s'étend sur toute la longueur du métier en traversant les doigts de poussée 22 ou 23 et en traversant aussi une paire, respectiveeent 26 ou 27,due de guides qui sont disposés aux extrémités du métier. Dans chaque paire 26 ou 27 de ces guides. est ménagée une fente 24A ou 25A par laquelle passe l'axe 24 ou 25 correspondant. Chaque axe 24, 25 s'étend au-delà des guides 26, 27 et il est accouplé par ses parties extrêmes à des moyens de manoeuvre (non représentés) tels que des bielles capables de lui imposer un déplacement alternatif le long des fentes 24A, 25A. De cette façon, la commande des axes 24 ou 25 par coulissement dans les fentes 24A ou 25A permet de déplacer simultanément tous les doigts de manoeuvre 22 ou 23 dans les rainures d'une fonture ou de l'autre. La course de chaque doigt de manoeuvre 22, 23 est déterminée pour que, à sa position d'éloignement maximum de l'intervalle 5 séparant les fontures 1, 2, son extrémité libre 22A, 23A,éloignée de l'axe 24, 25, se trouve reculée en arrière de l'extrémité libre voisine de la lisse 8 comme on peut le voir sur la partie gauche de la figure 2. Chaque doigt de poussée 22, 23 est suffisamment mince pour entrer dans la rainure 3, 4 qui lui correspond et pour g glisser par sa partie extrême avant. Pendant le mouvement d'avance des axes 24, 25 les extrémités libres 22A, 23A des doigts 22, 23 glissent dans les rainures et poussent les lisses 8e La course est telle que les lisses 8 poussées passent d'une position extrême où les trous Il et les fils sont proches de la fonture 1 à la position extrême opposée où les trous 11 sont proches de la fonture opposée 2, comme suggéré par les fils 13 sur la figure 1. Ce que l'on vient de décrire se produit quand les doigts de poussée sont actifs. A chaque doigt est associé un moyen de sélection qui permet de le rendre actif ou inactif, à volonté. Pour rendre inactif un doigt 22, il suffit de le faire pivoter d'une manière quelconque autour de son axe 24, avant son mouvement d'avance pour que son extrémité libre 22A ne rencontre pas l'extrémité libre de la lisse 8 mais passe au-dessus d'elle. il n'est pas nécessaire de tenir soulevé le doigt 22 pendant toute sa course. Dès que la partie extrême de la lisse 8 a été franchie, on pourrait libérer le doigt 22 qui glisserait alors sur la face supérieure de la lisse. Etant donné la simplicité du rôle de chaque moyen de sélection, il est facile de réaliser ce moyen selon de nombreuses variantes équivalentes, mécaniques, électromagnétiques, pneumatiques. L'invention envisage d'adopter des moyens de sélection comprenant chacun un moteur d'un type approprié quelconque agissant sur une tige 28, 29 montée coulissante dans la semelle 18, 19 en- dessous de chacun des doigts de poussée 22, 23. Les tiges 28, 29 sont placées en arrière de chaque fonture 1, 2 à l'emplacement voulu pour tenir soulevés les doigts 22, 23, au moins pendant le début de leur course d'avance, quand ils ne doivent pas rencontrer les lisses 8.Il suffit donc que les tiges 28, 29 possèdent deux positions distinctes une position de soulèvement (tige 28 de la figure 1) rendant inactif le doigt 22 correspondant, et une position d'abaissement (tige 29 de la figure 1) rendant actif le doigt 23 correspondant. Cette conception rend très facile et très rapide la sélection de chaque lisse et donc de chaque fil. Par conséquent, on peut modifier avec la plus grande souplesse l'armure d'un tissu à réaliser, ou le dessin d'un tissu en cours de tissage, ou même changer d'armure pendant la confection d'un tissu.De plus, un moyen de sélection à deux positions seulement est facile à commander à partir d'un programmateur contenant des instructions dans le système binaire, principalement quand le moteur de chaque tige 28, 29 est un vérin pneumatique ou un électro-aimant. Le fonctionnement sera expliqué maintenant en référence-aux figures 1 à 3. Sur la figure 1, la lisse 8 représentée a été poussée vers la gauche par le doigt 23 rendu actif puisque la tige 29 était abaissée tandis que le doigt 22 était rendu inactif par la tige 28 soulevée. Avant ces mouvements la barre 16 était soulevée ; après leur exécution, elle est abaissée et elle immobilise alors toutes les lisses 8 en pénétrant soit dans les encoches 15, soit dans les encoches 14. Des rangées de fils 12, 13 sont écartés pour ouvrir une foule 30 dans laquelle on fait passer une duite 31, en-dessous du peigne 21. La figure 2 montre que pendant le passage de la duite 31 les doigts 22, 23 ont été reculés ; le peigne a été déplacé pour frapper la duite 31 ; la barre 16 est prête à être déplacée dans le sens de la flèche F hors des encoches 14, 15 pour libérer les lisses 8. Pour l'opération suivante les fils 12 doivent être repoussés vers la droite ; par conséquent les tiges 28 sont abaissées pour rendre actifs les doigts 22 et les tiges 29 sont soulevées pour rendre inactifs les doigts 23. lies dispositions inverses sont prises pour les fils 13. lia figure 3 montre la fin de l'exécution des mouvements préparés comme expliqué ci-dessus après soulèvement de la barre 16 et pendant la remontée du peigne 21 les doigts 22, 23 repoussent les lisses 8 de façon à reformer une foule après inversion des positions des fils 12, 13. Il serait possible de simplifier le métier que l'on vient de décrire, à condition d'accepter une diminution de sa vitesse de marche et un amoindrissement de la possibilité de sélection des lisses, en supprimant les doigts de manoeuvre 23, l'axe 25 et les guides 27 sur l'un des côtés du métier,par exemple celui de la fonture 2 > et en remplaçant ces pièces par des ressorts de rappel qui auraient pour seul rôle de tendre à toujours renvoyer les lisses 8 en direction du côté opposé. Un ressort de rsppel serait associé à chaque lisse 8 ; la sélection et la poussée sélective des lisses 8-pourrait se faire, contre l'action des ressorts de rappel, par les doigts de poussée 22 conservés sur un côté du métier. Selon le second aspect de l'invention illustré par les figures 4 à 8, on utilise essentiellement les mêmes pièces que l'on ne décrira donc pas à nouveau et que l'on désignera par les mêmes références. On expliquera plutôt en détail des différences par rapport à l'exemple des figures à 3. Dans les lisses 8, au lieu d'un trou, il existe une fente longitudinale 110 qui s'étend à partir du voisinage d'une extrémité jusqu'au voisinage de l'extrémité opposée de la lisse. lies deux parties extrêmes opposées de chaque lisse 8 se terminent par un crochet, respectivement 32, 33, ouvert à l'opposé du fond des rainures 3, 4. lies doigts de poussée 22, 23 sont toujours montés pivotants par une extrémité autour d'axes 24, 25 portés par des poussoirs (non représentés ici) mais leur extrémité libre se termine par un crochet 220A, 230A ouvert en direction du fond des rainures 3, 4 et de profil complémentaire à celui des crochets 32, 33. Ainsi, quand les crochets des doigts et des lisses sont engagés ensemble, les doigts peuvent pousser ou tirer les lisses, selon le cas. lies crochets 32, 33 des lisses ainsi que les crochets 220A, 230A des doigts de poussée 22, 23 ont un profil ayant de part et d'autre d'un sommet arrondi des pentes assez faibles pour que ces crochets s'engagent ou se dégagent par suite d'un déplacement relatif en sens longitudinal pendant lequel les doigts de poussée 22, 23 sont laissés libres de se soulever par pivotement autour de leur axe 24, 25, comme on peut le voir sur la partie droite de la figure 6. Pour que les crochets ne s' engagent pas ou pour qu'ils s'engagent ensemble, il suffit que les doigts 22, 23 soient laissés libres de se soulever ou qu'ils ne le soient pas, sous l'action d'un organe de sélection (non représenté sur les figures 4 à 8) capable de tolérer ou d'interdire le mouvement en sens vertical des parties extrêmes des doigts de poussée 22, 23 ; par exemple cet organe de sélection pourrait permettre ou interdire le soulèvement des extrémités 220A, 230, ou l'abaissement des extrémités opposées au-delà des axes 24, 25. On pourrait, en variante, donner aux crochets 220Â, 230A d'une part et 32, 33 d'autre part des profils ne permettant pas leur engagement ou leur dégagement automatique par suite d'un déplacement relatif en sens longitudinal. Dans ce cas, les organes de sélection pourraient etre analogues aux tiges 28, 29 provoquant sélectivement le soulèvement et l'abaissement des doigts de manoeuvre 22, 23 afin que ceux-ci s'engagent avec les lisses ou s'en dégagent. De plus, l'intervalle 5 entre les fontures 1, 2, la longueur des lisses 8, celle des fentes 110 et les courses des doigts 22, 23 sont choisis pour que, pendant le fonctionnement, les lisses 8 soient transférées totalement d'une fonture à l'autre à chaque changement de position des fils de chaine. Autrement dit, quand la foule est totalement ouverte, les lisses 8 qui écartent les fils (12) (figure 4) sont engagées au maximum dans les rainures 3 de la fonture 1 en ne laissant en dehors de ces rainures que les crochets 33 et la partie extrême des fentes 110 où se trouvent les fils 12. Quand les fils 12 doivent être écartés dans la direction inverse pour former une nouvelle foule, les crochets 220A des doigts de poussée 22 sont engagés avec les crochets 32 des lisses 8 (figure 5) et les doigts de poussée 22 déplacés par l'axe 24 (non représenté sur les figures 4 et 5) poussent les lisses 8 jusqu'à commencer à faire entrer celles-ci dans les rainures 4 de la fonture 2 par leur extrémité pourvue du crochet 33. En même temps les doigts 23 de la fonture sont déplacés vers les lisses 8 (figure 6). A un certain moment (figure 6), la lisse 8 rencontre le doigt de poussée 23 qui est laissé libre de se soulever en pivotant autour de l'axe 25 ; par conséquent les crochets 230A et 33 s'engagent ensemble. Quand les axes 24, 25 ont atteint leur position extrême d'avance en direction de l'intervalle 5 séparant les fontures 1, 2, les crochets 32, 33 des lisses 8 sont engagés avec les crochets 220A et 230A et les lisses occupent une position symétrique dans laquelle elles enjambent l'intervalle 5 en reposant par leurs crochets extrêmes 32, 33 respectivement sur les fontures I et 2 (figure 7). A ce moment les fils 12 sont sensiblement au milieu des fentes 110 des lisses 8. C'est à ce moment que se fait la sélection des lisses 8 par l'intermédiaire des organes de sélection qui autorisent ou non le pivotement des doigts de poussée 22, 23 au début de leur recul et qui déterminent ou non le dégagement des crochets 220cet 32 ou 230A et 33. Ainsi, comme on le voit sur la figure 8, le doigt 22 a été laissé libre de se soulever en pivotant autour de son axe ; il s'est donc dégagé de la lisse 8. Au contraire, le doigt 23 a été empêché de se soulever il est donc resté engagé avec la lisse 8 et, pendant son mouvement de recul sous l'effet de l'axe 25, il tire derrière lui la lisse 8 qui quitte la fonture 1. Il en est de même pour chaque lisse de sorte que, à la fin de ce mouvement, la situation est symétrique de celle de la figure 4 et les fils 12 sont écartés vers la fonture 2 par l'extrémité gauche des fentes 110. Ce second aspect de l'invention apporte les mêmes avantages que ceux qui sont procurés par le premier aspect mais, en plus, à chaque nouvelle foule, chaque fonture 1, 2 est libérée des lisses qui sont engagées dans la fonture opposée, comme on le voit sur les figures 4 et 8. Il est donc possible, à ce moment, de produire par des moyens quelconques appropriés connus en soi, un décalage transversal d'une fonture par rapport à l'autre, de façon que les lisses 8 pénètrent ensuite non pas dans les rainures mêmes 4 qu'elles ont quittées mais dans des rainures voisines. Il est possible alors de confectionner des tissus dans lesquels les fils de chaîne ne sont plus constamment rectilignes mais sont déportés et inclinés d'un coté puis de l'autre dans des tronçons successifs du tissu.On remarquera que l'invention n'impose pas le type des fontures 1, 2 servant à guider les lisses 8. On peut adopter à volonté des fontures rectilignes ou incurvées ou même totalement circulaires sans que cela change les caractéristiques de l'invention et sans que cela en diminue les avantages. Lorsqu'il s'agit de deux fontures circulaires disposées concentriquement, il devient possible de déplacer l'une des fontures, par un mouvement de rotation, à chaque fois de l'intervalle d'une rainure. On obtient alors un tissu du type dit triaxial dans lequel les ils de chaine sont inclinés par rapport aux fils de trame et ne leur sont plus perpendiculaires. On notera que, dans ses deux aspects, l'invention permet non seulement la sélection individuelle des lisses mais aussi leur manoeuvre individuelle. Il est donc aisé soit de déplacer ensemble toutes les lisses comme dans les métiers classiques, soit les unes après les autres comme dans les métiers à foule ondulante. R DICADIOIE n étier à tisser comprenant des lisses rigides individuelles présentant chacune une ouverture pour le passage des fils ae chaîne et montées chacune coulissante dans un chemin de guidage, chaque lisse étant associée à un moyen de manoeuvre et à un moyen de sélection, caractérisé en ce que chaque lisse est une barrette (18) ayant entre ses parties extrêmes une ouverture (11, 110) de passage d'un fil de chaîne et les barrettes (18) sont guidées dans les rainures (3, 4) de deux fontures (1, 2) parallèles, disposées face à face avec leurs rainures (3, 4) mises en correspondance par leurs extrémités ouvertes, chaque moyen de manoeuvre comprenant un doigt (22), déplaçable dans la rainure (3) de guidage de la lisse (8) correspondante pour effectuer des mouvements alternés d'avance et de recul par rapport à l'intervalle (5) séparant les fontures (1, 2), chaque doigt (22) ayant une extrémité libre (22A), apte à coopérer avec l'extrémité voisine de la lisse (8) correspondante et étant monté pivotant autour d'un axe (24) pour pouvoir occuper une position dans laquel- le il est actif et coopère avec la lisse (8) pour la déplacer et une position dans laquelle il est inactif et ne coopère pas avec la lisse (8) correspondante, le moyen de sélection étant apte à donner au doigt correspondant l'une ou l'autre de ses deux positions. 2) Métier à tisser selon la revendication 1, caractérisé en ce que les barrettes (8) sont constamment contenues dans les rainures (3, 4) des deux îontu- res (1, 2) pendant leurs déplacements, l'ouverture de passage des fils de chaîne étant un trou (11) prévu dans le milieu de chaque barrette (8) et les doigts (22) agissant quand ils sont en position d'activité par poussée effectuée par leur extrémité libre (22A) sur l'extrémité voisine de la barrette (8) correspondante. 3) étier à tisser selon la revendica tion 2 caractérisé en ce qu'il comprend des moyens de manoeuvre et de sélection conformes à la revendication 1, disposés sur l'un des côtés du métier en coopération avec une seule fonture 1, tandis que des ressorts de rappel sont associés respectivement à chacune des lisses pour renvoyer celles-ci vers ces moyens de manoeuvre. 4) Métier à tisser selon la revendication 2, caractérisé en ce qu'il comprend des moyens de manoeuvre et de sélection conforme à la revendication 1 disposés sur les deux côtés du métier en coopération avec chacune des fontures 1, 2, les moyens de manoeuvre agissant sur les lisses 8 en sens opposés en direction l'un de l'autre. 5) étier à tisser selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que le moyen de sélection associé à chaque lisse est une tige (28) montée coulissante sous chaque doigt (22) et apte à soulever celui-ci jusqu'à mettre son extrémité libre 22A audessus de la lisse, chaque tige (28) étant guidée dans un trou ménagé dans la semelle (18) des fontures en correspondance avec les rainures (3). 6) Métier à tisser selon la revendication 1, caractérisé en ce que les barrettes (8) sont contenues alternativement, à leurs positions extrêmes de déplacement, dans les rainures (3, 4) de l'une ou de l'autre des fontures (1, 2), l'ouverture de passage des fils de chaîne étant une fente longitudinale (110) s'étendant à partir du voisinage d'une extrémité jusqu'au voisinage de l'extrémité opposée de chaque barrette (8), les doigts (22, 23) étant pourvus à leur extrémité libre d'un crochet (220A, 230A) ouvert vers le fond des rainures (3, 4) et les extrémités des barrettes (8) ayant chacune un rochet (32, 33) ouvert à l'opposé du fond des rainures (3, 4), les doigts (22, 23) étant ainsi aptes à tirer ou à pousser les barrettes (8) quand les crochets sont engagés ensemble. 7) Métier à tisser selon l'une quelcon- que des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que les axes (24) d'articulation des doigts de manoeuvre (22) passent dans des fentes (24A) de guides (26) et sont attelés -a des organes de commande par leurs extrémités. 8) Métier à tisser selon la revendication 6, caractérisé en ce que les crochets (32, 33) des barrettes (8) et les crochets (220A, 23où) des doigts de manoeuvre (22, 23) ont un profil permettant leur engagement ou leur dégagement par suite d'un mouvement relatif en sens longitudinal et le moyen de sélection associé à chaque barrette (8) est apte à permettre ou à interdire le pivotement des doigts de manoeuvre (22, 23) autorisant ou non le dégagement des crochets au moment du recul des doigts de manoeuvre par rapport aux barrettes (8). 9) Métier à tisser selon les revendications 1 et 6 réunies, caractérisé en ce que les fontures sont disposées parallèlement l'une en face de l'autre le long d'un tracé quelconque choisi entre les traces rectiligne, incurvé, circulaire. 10) Métier à tisser selon la revendication 9, caractérisé en ce que l'une au moins des fontures est déplaçable transversalement par rapport à l'autre de façon telle que les lisses changent de rainures pendant le fonctionnement.