La présente invention concerne un procédé permettant la longue conservation de produits alimentaires tels que légumes et fruits et, d'une façon générale, de n'importe quelle denrée périssable ou produit d'origine biologique, y compris les fleurs coupées qui, au cours de leur stockage ou transport prolongé, risquent de s' avarier ou de s'aber en raison de l'activité connue des micro-organismes. On sait en effet que les bactéries vivent aux dépens du milieu ambiant ou de l'organisme qu'elles ont envahi et qu'elles prolifèrent dans des limites de température et d'autres paramètres physiologiques dont l'optimum est toujours adapté a' leur milieu ou à leur hôte habituel. Ainsi, les micro-organismes aérobies ne se développent qu'en présence d'oxygène (oxygene de l'air ou oxygène libre). Or, la prolifération des bactéries de ce type, y compris celle des moisissures ou champignons, etc., qui auraient besoin d'oxygène libre pour leur respiration, se trouverait inhibée si ces micro-organismes étaient placés dans une atmosphère dont la teneur en oxygène ou dont la pression partielle d'oxygène était au-dessous d'une valeur minimale qui leur est nécessaire pour se développer et/ou se multiplier. Par ailleurs, les micro-organismes anaérobies ne se développent, eux, qu'a l'abri de l'air et utilisent pour leur nutrition l'oxygène qui se trouve combiné aux milieux organiques dans ou sur lesquels ils vivent. Leur développement ou leur multiplication se trouverait donc inhibée si ces micro-organismes étaient placés dans une atmosphère renfermant de l'oxygène libre. Or, la présente invention vise à obtenir simultanément ces deux résultats en créant artificiellement autour des produits à conserver un milieu ou une atmosphère extremement défavorable à la multiplIcation de n'importe quel genre de micro-organismes, qu'ils soient aérobies ou anaérobies. Dans ce but, l'invention fournit un procédé essentiellement caractérisé par le fait qu'il consiste à placer le ou les produits à conserver dans une enceinte hermétiquement fermée, à créer un certain vide dans cette dernière, correspondant à x millibars, à remplacer progressivement une fraction seulement du volume du milieu évacué par de l'air humide purifié de manière à ramener le vide à une valeur de y millibars (y Pendant ces renouvellements périodiques d'atmos phère, le bilan hydrique du produit à conserver ne subit pas de fluctuations importantes du fait de l'introduction d'air humide et, dans le cas des plantes, végétaux, etc., les réactions métaboliques habituelles peuvent se dérouler normalement, sans déshydratation ; c'est la raison pour laquelle le degré hygrométrique de l'air admis est maintenu au-dessus de 80 %. Pour la mise en oeuvre du procédé de l'invention, il suffit de disposer (a) d'une enceinte munie d'un moyen de fermeture étanche, de deux tubulures, l'une branchée sur une pompe à vide de type courant, l'autre branchée sur un moyen d'admission d'air humide, enceinte réalisée de façon générale pour supporter le vide ; (b) d'une chambre dont la température de l'atmosphère interne peut être réglée dans une gamme de valeurs désirées et dans laquelle est logée l'enceinte ci-dessus. Dans un premier stade on met en service la pompe à vide (l'enceinte étant évidemment chargée du produit à conserver et hermétiquement fermée). Lorsque la valeur 'tx' du vide désirée est atteinte, valeur dictée par la nature du produit à conserver, l'ouverture du dispositif d'admission de l'air humide se fait par tout moyen de commande automatique connu en soi et cette admission se fait à un débit extrêmement lent jusqu'à ce que la valeur initiale du vide t,xt, soit ramenée à une valeur "y". A cette valeur, le moyen de commande automatique connu en soi arrête l'admission de l'air humide et remet en service la pompe à vide pour ramener la valeur du vide à llx" millibars. Le cycle peut ainsi recommencer ; sa durée est également fonction de la nature du ou des produits à conserver. Cette façon de procéder permet de conserver des produits alimentaires tels que légumes et fruits et de façon générale toutes denrées périssables ou produits d'origine biologique y compris les fleurs coupées en raison de l'inhibition des conditions favorables au développement et à la propagation des micro-organismes responsables de la dégradation de ces produits.-T'avantage supplémentaire qui s'associe à ce procédé se constate au niveau du balayage des substances volatiles nocives pouvant envahir l'atmosphère dans laquelle sont conservés ces produits. On sait en effet que dans le cas des fruits et notamment des fruits qui mûrissent ainsi que dans le cas des fleurs coupées, on assiste à une formation d'une énorme quantité d'éthylène qui est une hormone dite murissante.Or il se trouve que les fleurs et les fruits sont particulièrement sensibles à l'éthylène, même à des doses infinitésimales dans le cas des fleurs et, de ce fait, les fruits, les légumes et les fleurs coupées placées dans des endroits confinés risquent inévitablement de s'intoxiquer à cause de la formation et de la présence de cette hormone. Les fleurs se flétrissent rapidement, perdant leur turgescence ; dans le cas de-s fruits, les phénomènes de fermentation deviennent importants à brève échéance.Or, grace à l'effet simultané de l'action du vide et du renouvellement fréquent de l'ambiance dans laquelle sont conservés les produits en cause, les composés formés comme l1éthylène, l'acé- tylène et analogues, sont rapidement chassés, dissipés et balayés. I1 en résulte que les fruits, les fleurs coupées, les légumes peuvent rester frais infiniment plus longtemps du fait que leur respiration se trouve ralentie par manque d'oxygène et que l'accumulation de substances toxiques pour ces produits est évitée par balayage et élimination dans le temps au fur et à mesure de leur apparition. le contrôle de la température dans la chambre dans laquelle est logé l'appareil pour la mise en oeuvre de l'in vention est assuré par un simple réglage du débit de l'agent de transfert de calorie (frigorigène ou calorigène . Le procédé selon l'invention permet la conservation des produits visés pendant des mois. Le champ d'application du procédé selon l'invention est très étendu et peut même couvrir le domaine médical pour, par exemple, une longue conservation du sang humain lequel, à l'heure actuelle,ne peut être conservé plus de quatre semaines au maximum. On peut également appliquer le procédé de l'invention à la conservation d'organes humains ou même de la peau humaine. Ce procédé peut être mis en oeuvre très aisément avec un minimum de main d'oeuvre en tout lieu approprié y compris sur les engins de transport, que se soient les camions ou même des bateaux. A titre d'exemple non limitatif, des légumes, des fleurs coupées ont été conservés en créant tout d'abord un vide de l'ordre de 1014 millibars et en admettant extrêmement lentement de l'air humide jusqu'à atteindre un vide de 700 millibars et ce, en l'espace de 4 à 6 heures tout en maintenant la température entre -5 et +16 C. A 700 millibars, la pompe à vide est remise en service et crée à nouveau un vide de 1014 millibars pour permettre l'admission lente de l'air humide. Dans le cas de la conservation des fruits mûrs par exemple, ce cycle ne demande qu'une à deux heures seulement en raison de la formation abondante d'éthylène qui doit être évacué le plus rapidement possible. Autrement dit, en l'es- pace d'une à deux heures on admet dans le système une quantité d'air humide correspondant à 300 millibars de pression. En général on obtient des résultats intéressants et avantageux en travaillant sur des zones de différence de pression de 300 à 500 millibars. Pour obtenir l'air humide nécessaire, tout homme de l'art comprendra aisément qu'il suffit de faire barbotter de l'air atmosphérique dans une succession de flacons laveurs renfermant éventuellement les solutions appropriées pour parfaire à volonté son degré de pureté (solution de permanganate de potassium, solution d'acide sulfurique, solution de potasse caustique). Pour des applications dans le domaine médical, il y aura lieu de prévoir également des filtres et des dispositifs de stérilisation convenables qui n'entrent pas dans le cadre de la présente invention et que tout homme de l'art pourra appliquer suivant ses besoins. I1 va de soi que la présente invention n'a été décrite qu'à titre purement explicatif et nullement limitatif et que toute modification utile pourra y être apportée sans sortir de son cadre tel que défini par les revendications ci-après. REVENDICATIONS 1. Procédé permettant la longue conservation de produits alimentaires, de denrées périssables et de tous produits d'origine biologique, procédé caractérisé par le fait qu'il consiste à placer le ou les produits à conserver dans une enceinte hermétiquement fermée, à créer un certain vide dans cette dernière, correspondant à x millibars, à remplacer progressivement une fraction seulement du volume du milieu évacué par de l'air humide purifié de manière à ramener le vide à une valeur de z millibars ( z millibars et ainsi de suite pendant toute la durée désirée de la conservation, ces cycles d'opération se faisant à une température comprise entre -5 et +160C. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé par le fait que le degré hygrométrique de l'air admis est maintenu au-dessus de 80 %. 3 Appareil pour la mise en oeuvre du procédé selon la revendication 1, caractérisé par le fait qu'il comprend (a) une enceinte munie d'un moyen de fermeture étanche, de deux tubulures, l'une branchée sur une pompe à vide de type courant, l'autre branchée sur un moyen d'admission d'air humide, enceinte réalisée de façon générale pour supporter le vide ; (b) d'une chambre dont la température de l'atmosphère interne peut être réglée dans une gamme de valeurs désirées et dans laquelle est logée l'enceinte ci-dessus et (c) des moyens d'ouverture et de fermeture automatiques fonction de la pression des conduites d'admission et d'évacuation.