La présente invention concerne les techniques de fabrication d'articies recouverts extérieurement de métal sur lesquels apparaît un motif coloré, par exemple les techniques de fabrication de panneaux décoratifs métalliques, d'articies d'orfèvrerie, de bijouterie, etc... Elle a pour objet, d'une part, un procédé de réalisation de tels articles, d'autre part, les articles nouveaux obtenus par ce procédé. Suivant un procédé connu, le motif coloré est peint directement sur la surface métallique épousant la forme de l'objet à fabriquer. On obtient dans ce cas un simple dessin plat sans aucun relief. La couche de couleur, non délimitée dans une cuvette creusée dans la surface du métal, a par ailleurs une épaisseur nécessairement limitée peu compatible avec un motif visant à faire apparaître un certain relief. Enfin, les métaux de surface utilisés étant fréquemment des métaux précieux, I'orfèvre hésitera à usiner avec beaucoup de pertes de tels métaux fort onéreux pour tenter de redonner indirectement à l'article fabriqué l'impression de relief. D'autres procédés connus consistent à conformerl'article à fabriquer dans un matériau facilement usinable, par exemple le bois, et à recouvrir ce dernier en surface de feuilles de métal. Ces procédés ne permettent pas de donner l'illusion totale d'un article en métal massif car les matériaux facilement usinables utilisés laissent apparaître, sous la très fine couche de métal de surface, leurs traces d'usinage et leur état de surface usinée qui leur sont propres. L'utilisation de feuilles de métal de surface plus épaisses ne résoud pas le problème car leur application sur le matériau facilement usinable devient très difficile et le coût de l'article augmente dans des proportions considérables (le métal de surface utilisé est fréquemment un métal précieux).Par ailleurs, le problème de l'application de couleurs en couches épaisses sur ces articles n'apparaît pas davantage résolu. La présente invention vise à pallier les inconvénients de ces techniques connues. Elle propose à cet effet un procédé nouveau de réalisation de tels articles. Les articles réalisés suivant ce procédé, ayant une structure nouvelle, font également partie intégrante de cette invention. Suivant ce procédé, - le motif désiré est préalablement dessiné sur une face d'une feuille de métal mou en repoussant les traits du dessin de façon à délimi ter des cloisonnés en relief sur l'autre face, - la face dessinée est ensuite solidarisée sur un support, par exem ple collée, en lui faisant épouser les formes de ce support, - une fine pellicule de métal de surface est alors déposée sur l'autre face de la feuille de métal mou, de façon que cette pellicule adhère étroitement au métal mou et - les couleurs sont appliquées sur la pellicule de métal de surface à l'intérieur de tout ou partie des cloisonnés. On obtient ainsi un article réalisé en apparence dans un métal massif susceptible de présenter des motifs colorés au relief très prononcé. La fine pellicule de métal de surface déposée sur la feuille de métal mou donne en effet cette apparence avec un réalisme suprenant. La feuille de métal mou, facilement malléable, peut épouser les formes les plus diverses ; de plus, son travail est aisé si bien que la réalisation des cloisonnés, suivant une technique classique, n'offre aucune difficulté particulière. Enfin, la présence de cloisonnés permet, d'une part, de délimiter nettement les parties colorées au moyen d'une trace en relief, d'autre part, de contenir une épaisse couche de couleur (entre 0,1 et 1 mm par exemple), de façon à faciliter l'application de motifs colorés au relief très prononcé. Le métal mou utilisé sera de préférence de l'étain, ou plus exactement un alliage de plomb et d'étain que l'on trouve couramment dans le commerce sous la forme de feuilles de quelques dixièmes de millimètre d'épaisseur. Les feuilles de trois dixièmes de millimètre se prêtent particulièrement bien à la réalisation des cloisonnés. Toutefois, d'autres épaisseurs pourraient conve nir. Ces feuilles d'étain présentent généralement une face brillante dite endroit et une face plus mate dite envers. L'endroit se prêtant mieux à l'application de la pellicule de métal de surface, le motif sera dessiné et repoussé à l'envers pour le faire apparaître en relief à l'endroit. L'utilisation de feuilles de métal mou aux faces symétriques fait naturellement cependant partie de l'invention, mais, pour la commodité de la rédaction, les termes d' "envers" pour la face sur laquelle on dessine le motif et d' "endroit" pour l'autre face où ce dernier apparaît en relief ont été conservés quelle que soit la nature des feuilles de métal mou utilisées. Dans le but d'améliorer le relief des motifs colorés à l'intérieur des cloisonnés, il est possible de gauffrer certains desdits cloisonnés. Pour ce faire, il suffit d'exercer une pression, avec le doigt ou un instrument du genre burin déplacé suivant un mouvement de balayage, à l'intérieur des cloisonnés à gauffrer, face envers de la feuille de métal mou. On appliquera ici de préférence l'endroit de cette feuille sur une étoffe épaisse pendant cette opération de telle manière que le gauffrage apparaissant sur cette face puisse se développer sans gêne particulière. Bien que les techniques ci-dessus décrites de gauffrage et de repoussage de l'étain en vue d'obtenir des cloisonnés bombés à relief soient des techniques manuelles, il est clair qu'elles pourraient être mises en oeuvre industriellement par une machine ; I'utilisation d'une presse à emboutir équipée d'une forme et d'une contreforme appropriées permettrait par exemple de parvenir au même résultat. Les cloisonnés et gauffrages une fois formés, il est avantageux de les remplir d'un matériau côté creux, c'est-à-dire à l'envers de la feuille de métal mou, susceptible de passer d'un état liquide ou pâteux à un état solide. Le but de ce remplissage est de rendre les cloisonnés et gauffrages indéformables dans l'article fini. A titre d'exemple, un tel matériau pourra être choisi parmi les cires, résines, ciments et colles divers additionnés éventuellement d'un durcisseur (cas des résines époxy synthétiques). En particulier, un mélange de résine et cire naturelles en proportions égales préalablement chauffé (le mélange durcit en refroidissant) convient. D'une façon avantageuse également, L'envers de la feuille de métal mou cloisonnée et gauffrée peut être appliqué sur le support de l'article avant le durcissement total du matériau de remplissage des creux des cloisonnés et gauffrages. De la sorte, I'application étroite de cet envers sur le support, de façon à faire épouser à la feuille de métal mou les formes de ce support, se trouve grandement facilitée. Dans le cas où le support est plan, le matériau de remplissage peut être dur avant application de l'envers de la feuille de métal mou sur le support (prendre soin simplement que le matériau de remplissage ne dépasse pas le niveau des parties planes de la feuille de métal mou). Une colle, par exemple une colle néoprène, constitue alors un excellent moyen de réaliser la solidarisation de la feuille de métal mou au support (cas d'un support en bois notamment) . Il est évident que, dans le cas de réalisations suivant un procédé industrialisé, cette application feuille de métal mou sur support serait grandement facilitée car cette feuille serait emboutie aux formes exactes du support. A titre d'exemples, l'aluminium, le cuivre, le zinc, le plomb, (purs ou sous forme d'alliages, laiton etc...) se prêtent particulièrement au laminage en feuilles minces et molles, facilement pliables, qui pourraient être utilisées comme feuilles de métal mou suivant l'invention ; l'épaisseur adéquate de ces feuilles dépend de la finesse du trait repoussé que l'on veut obtenir et de la maléabilité du métal mou utilisé. De préférence, afin d'améliorer l'adhérence de la pellicule de métal de surface sur l'endroit de la feuille de métal mou, cette face est préalablement lissée par frottement à l'aide d'un instrument récurant. De la sorte, I'in- crustation intime de la pellicule de métal de surface avec l'endroit de la feuille de métal mou s'effectue correctement en donnant de surcroit à l'article fini un aspect extérieur de métal brossé. Pour cette opération de lissage, un tampon de fine paille de fer, du type de ceux utilisés couramment pour récurer la vaisselle, convient parfaitement. D'autres instruments (papier de verre très fin, brosse métallique très douce, etc...) pourraient cependant être utilisés. L'application de la fine pellicule de métal de surface peut être réalisée de diverses manières (dépôt en milieu aqueux, pulvérisation d'une fine poudre dans un solvant volatil, etc...). Parmi ces techniques classiques entrant toutes dans le cadre de l'invention, on préférera celle qui consiste à coller en chevauchement des feuilles de ce métal de surface sur l'endroit de la feuille de métal mou et à iisser ces feuilles collées à l'aide d'un instrument approprié. S'agissant de feuilles d'or, le lissage de ces dernières s'effectue avantageusement selon l'invention à l'aide d'un pinceau à poils fins, par exemple à poils de martre. Dans ce dernier cas, les feuilles d'or utilisées seront de préférence de 22 carats et leur épaisseur de l'ordre de quelques microns. De fines feuilles de tous métaux, (notamment de fines feuilles de cuivre, de quelques microns d'épaisseur, appelées couramment dans le commerce feuilles d'or mi-fin) peuvent également être utilisées. Les feuilles des métaux précieux (essentiellement or et argent) présentent cependant un intérêt particulier pour leur aspect décoratif et leur capacité à épouser les contours les plus complexes de la feuille de métal mou sous-jacente, notamment dans le cas d'une feuille d'étain. L'éclat particulier qui ressort de cette combinaison feuille de métal précieux / feuille d'étain confère ainsi à l'article fini une esthétique particulièrement réussie. De surcroît, les métaux précieux s'oxydent très difficilement (I'or et le platine sont inoxydables) dans le temps ce qui accroît la longévité des articles fabriqués. Dans le cas de l'or, le collage des feuilles s'effectue de façon courante avec de la mixtion à dorer. Selon l'invention, il est préférable d'utiliser une mixtion non clarifiée que l'on répartit sur l'endroit de la feuille de métal mou cloisonnée et gauffrée en une couche aussi fine que possible ; un passage à l'essence de térébenthine au moyen d'un chiffon sans pelluche ou d'un pin ceau est alors effectué et les feuilles d'or ne sont appliquées qu'après avoir attendu quelques instants (entre 10 minutes et quelques heures suivant la mixtion employée). De la sorte, I'adhérence est parfaite et aucune bavure de la mixtion après application et lissage des feuilles d'or n'est à craindre L'application des couleurs dans les cloisonnés recouverts du métal de surface peut se faire directement.D'une façon avantageuse, cependant, il est préférable de recouvrir préalablement toute la pellicule de métal de surface d'une ou plusieurs couches de laque transparente. Cette couche améliore la protection de l'article fini et facilite l'application des couleurs. Elle met par ailleurs en valeur l'éclat du métal de surface combiné avec le métal mou. Un exemple de laque convenant bien est la gomme-laque naturelle. Des produits synthétiques peuvent néanmoins être utilisés, I'essentiel étant que ces produits soient chimiquement compatibles avec le métal de surface sousjacent et les couleurs appliquées. Ces dernières peuvent être les plus diverses. Elles ont intérêt cependant à être pour une large part transparentes ou translucides de façon à les combiner avec l'éclat de métal de surface sous-jacent. Dans un soucis purement esthétique, de contraste par exemple, des cloisonnés opaques peuvent se mêler au cloisonnés transparents ou translucides. Certaines couleurs adhèrent particulièrement bien au métal de surface revêtu de gomme laque : il s'agit des émaux à froid et peintures acrylovinyliques. Les couleurs peuvent être mélangées avec un vernis solvant compatible. Ainsi, par exemple, les couleurs transparentes dites "émail vitrail" (marque "Pebeo") et "couleur vitrail" (marque "Lefranc et Bourgeois") se mélangent elles facilement et avantageusement avec le "vernis pour gouache" (marque "Lefranc et Bourgeois"), les couleurs opaques correspondantes "émail à froid" et "couleurs céramiques" s'avèrant par contre incompatibles avec ce vernis alors que les "peintures acrylovinyliques" (marque "Lefranc et Bourgeois") se solubilisent facilement dans ce dernier. Toutes ces couleurs peuvent être mélangées entre elles et avec le "vernis pour gouache" dans les limites de leur compatibilité avec ce dernier. L'emploi de couleurs nacrées apparaît également avantageux car le reflet produit se combine avec l'éclat du métal de surface modulé par l'épaisseur de la couche de façon à accentuer l'impression de profondeur et de relief du motif. Enfin, de préférence, L'article fini coloré à l'intérieur des cloisonnés est revêtu d'un vernis protecteur transparent séchant très rapidement et n'accrochant pas la poussière. Il conservera ainsi ses qualités durablement. La présente invention ayant été exposée sous sa forme générale, elle sera maintenant mieux comprise à la lecture de la description qui suit en regard des dessins annexés, lesquels, description et dessins, ne sont donnés qu'à titre d'exemple non limitatif. Sur ces dessins la figure 1 représente le détail d'un article selon l'invention présentant en surface une partie hémisphérique bombée revêtue d'une couleur les figures 2 à 10 illustrent les différentes opérations à effectuer conformément au procédé de l'invention pour réaliser le détail de la figure 1 la figure 11 est une vue partielle grossie de l'article fini représenté en coupe à la figure 10. Sur la figure 1, on peut voir à titre illustratif le détail d'un article pouvant être réalisé suivant un procédé conforme à l'invention. Ce détail comprend une surface plane 1 entièrement métallique (Gr) dont on voit l'épaisseur en 4 et sur laquelle apparaît un motif coloré 2. Ce motif coloré 2 a la forme d'un cercle légèrement bombé (partie hémisphérique faisant saillie par rapport à la surface plane 1). Le trait 3 délimite ce cercle et représente la limite entre la partie plane 1 et la partie en légère saillie 2. Pour réaliser un tel article, le procédé selon l'invention consiste à - dans un premier temps, dessiner sur l'envers d'une feuille d'étain 5 un cercle de la dimension correspondant à celui 3 du motif à réaliser - dans un second temps, repousser (figure 2) la trace du cercle 7 vers l'endroit de la feuille d'étain. Pour ce faire, cet endroit est avantageusement posé sur un matériau mou 8, par exemple un morceau d'étoffe, afin d'éviter que la partie repoussée 7 ne ren contre une résistance au niveau de l'appui de la feuille d'étain 5 sur le support de travail. L'instrument 6 servant à ce travail de repoussage peut être le stylo même qui a servi à tracer le cercle, si sa pointe est suffisamment dure, un tout autre instrument pointu mais non susceptible de déchirer la feuille d'étain 5. Il peut s'agir, par exemple, d'un burin coudé à pointe arrondie. Pour parfaire ce repoussage de l'étain, il y a intérêt à re tourner la feuille d'étain 5 côté envers sur le support de travail et à affiner la trace du trait repoussé côté endroit (figure 3). Pour ce faire, on peut exercer une pression à l'aide de la pointe d'un burin 9, de part et d'autre du trait repousse 7 de façon à ce que la saillie formée par ce trait soit nette (angle vif). Sur la figure 3, le burin 9 affine le côté 10 du trait repoussé 7 alors que le côté 11 n'a pas encore subi l'action du burin 9. Dans les figures suivantes, le trait repoussé et affiné a été réferencé en 13 (sur les figures, on voit clairement la saillie nette que forme ce trait par rapport à la surface de l'endroit de la feuille d'étain). La partie de la feuille-d'étain située à l'intérieur du cercle repoussé 13 sera appelée le cloisonné 13. - Dans un troisième temps (figure 4), gauffrer le cloisonné 13. Pour ce faire, L'endroit de la feuille d'étain est posé sur un matériau mou 15, par exemple un morceau de tissu épais et doux. A l'aide du doigt 12 ou de tout autre instrument approprié, une pression est exercée sur l'envers du cloisonné pour le faire ressortir en relief (gauffrage) côté endroit. Le matériau mou constitué par la feuille d'étain se prête en effet bien à de telles déformations plas tiques comme on a pu le remarquer d'ailleurs déjà au cours de l'opération de repoussage du trait 7. Sans user du doigt, un tel gauffrage peut être réalisé par pression d'un burin dur poli (en pierre d'agathe par exemple) sur l'envers du cloisonné en impri mant à ce burin un mouvement alternatif rotatif. Comme pour la figure 2, le matériau mou 15 a pour objet de permettre les déformations de l'endroit de la feuille d'étain sans rencontrer de force d'appui gênante sur le support de travail. - Dans un quatrième temps (figure 5), combler les parties creusées côté envers formées par le gauffrage 14, d'une part et le trait repoussé 13, d'autre part. Pour effectuer cette opération, la feuille d'étain 5 est laissée en place dans sa position occupée à la figure 4 et un matériau liquide ou pâteux 16 durcissant après quelques instants est versé dans les creux de telle sorte que la surface 17 de ce matériau 16 affleure la surface du côté envers de la partie plane de la feuille d'étain 5. Pour obtenir un tel affleurement, le niveau du matériau 16 peut être ajusté après solidification de ce matériau à l'aide d'un instrument râcleur approprié (éventuellement chauffé pour un matériau thermodurcissable). - Dans un cinquième temps (figure 6), coller l'envers de la feuille d'étain 5, munie du cloisonné bombé 13 et comblé par le matériau 18 (matériau 16 solidifié), sur un support approprié 19. Pour un support 19 en bois, une colle néoprène donne un résultat satisfaisant. - Dans un sixième temps (figure 7), lisser la feuille d'étain 5 collée sur son support 19 à l'aide d'un instrument récurant, par exemple un tampon de paille de fer. Cette opération a pour objet de bien faire adhérer la feuille d'étain 5 sur son support 19 et en même temps de donner à cette dernière un état de surface légèrement érodée propice à un bon accrochage et à une combinaison étroite avec la feuille d'or que l'on viendra coller par dessus. - Dans un septième temps (figure 8), recouvrir d'une fine pellicule d'or l'endroit de la feuille d'étain. Une façon commode de procéder à cette opération consiste à enduire de mixtion à dorer l'endroit de la feuille d'étain De préférence, on étalera une couche de mixtion à dorer non diluée aussi fine que possible puis on passera, après avoir attendu quelques instants, un chiffon imbibé d'es sence de térébenthine sur toute la surface couverte afin d'homogénéiser la couche de mixtion et de rendre celle-ci fortement adhérente en surface placer une rangée de feuilles d'or en chevauchement (recouvrement partiel).Sur la figure, on voit ainsi la feuille d'or 22 qui recouvre partiellement la feuille 21 qui recouvre elle-même partiellement la feuille 23 ; ces feuil les peuvent être de différentes couleurs (naturel, vert, rouge, etc...) lisser la surface obtenue afin, d'une part, de bien faire adhérer ces feuilles à la mixtion à dorer sous-jacente, d'autre part, d'enlever les parties de feuille d'or en chevauchement. Sur la figure 8, on voit par exemple l'opération de lissage sur la feuille 23, au niveau de la fonction avec la feuille 21, et le travail de l'instrument de lissage 27 (pinceau doux, de préférence en poil de martre) qui enlève la partie 26 de la feuille d'or 21 en chevauchement sur la feuille d'or 23, alors que la partie de la feuille d'or 22 en chevauchement sur la feuille d'or 21 n'a pas encore été otée. A la suite de cette opération, les feuilles d'or sont parfaitement jointives brisure de la partie en recouvre ment à la limite exacte de l'adhérence sur la mixtion (c'est-à-dire à la limite exacte de la jointure des feuilles) et la surface dorée obtenue 30 apparaît continue comme de l'or massif. Une nouvelle rangée de feuilles d'or en chevau chement partiel sur la précédente peut alors être- appli quée etc... - Dans un huitième temps (figure 9), appliquer les couleurs à l'intérieur du cloisonné 13. Le cloisonné 13 étant nettement délimité par les traits repoussés en saillie désignés également par 13, une épaisse couche 23 de couleur peut être appliquée. Si la couleur est transparente, cette épaisse couche 23 combinée avec bombage du cloisonné 13 confère à l'article fini une impression de relief et de profondeur particulièrement accentuées. De préférence et préalablement à l'application des cou leurs, on a intérêt à appliquer sur l'ensemble de la surface dorée une couche de laque, par exemple de la gomme laque. Cette couche, protégeant l'or et facilitant l'application et l'accrochage des couleurs, n'a pas été représentée sur les figures 9, 10 et 11. - Dans un neuvième temps (figure 10), passer sur l'article formé une ou plusieurs couches 24 d'un vernis protecteur inaltérable incolore et n'accrochant pas la poussière. La figure 11 détaille la constitution en couche de l'article fini. On- peut noter ici que toutes les figures 2 à il sont vues en coupe suivant A-A de la figure 1. Sur la coupe de la figure 11 donc, on aperçoit les différentes couches référencées au fur et à mesure de la description ci-dessus. Toutefois, ni la couche de gomme-laque, appliquée directement sur les feuilles d'or 30 entre ces dernières et la couche de couleurs 23 pour le cloisonné 13 ou la couche de vernis 24 pour les parties planes 1, ni la très fine couche de mixtion à dorer entre les feuilles d'or 30 et la feuille d'étain 5, n'ont été représentées. Les épaisseurs figurées ne correspondent pas à la réalité. En effet, la couche de couleur peut être de l'ordre du millimètre alors que celle d'étain (épaisseur de la feuille utilisée) de l'ordre du dixième de millimètre (entre 1 et 5 dixièmes par exemple). L'épaisseur des feuilles d'or est celle des feuilles du commerce, soit quelques microns. La couche de mixtion à dorer est imperceptible alors que les couches de vernis 24, de gomme-laque et de colle 25 (colle faisant adhérer la feuille d'étain 5 et le matériau de remplissage 18 sur le support 19) relèvent d'une application classique au pinceau ou à la spatule (pour la colle 25). Sur les figures, on a représenté comment réaliser un motif coloré très simple (cercle coloré légèrement bombé sur une surface métallique plane). II est évident què l'invention ne se limite pas à cet exemple purement illustratif. Le procédé décrit permet en effet de réaliser les motifs les plus complexes sur des surfaces métalliques aux formes les plus variées. Le dessins des cloisonnés peut en effet être quelconque et la feuille de métal mou peut être appliquée sur un support courbe (dans ce dernier cas, il y a intérêt à coller cette feuille sur le support avant le durcissement total du matériau de remplissage 18 qui épousera ainsi au mieux les formes de ce support). Les possibilités de conformation de la feuille de métal mou aux formes du support dépendent de la ductilité du métal mou employé et de son épaisseur. L'étain, ou plutôt un alliage d'étain et de plomb, donne de bons résultats pour des courbures légères, mais d'autres métaux peuvent être utilisés sans sortir du cadre de l'invention (plus la courbure du support est importante et plus le métal mou utilisé doit subir des déformations plastiques). Le gauffrage des cloisonnés n'est pas une opération obligatoire. II dépend de la forme extérieure du motif que l'on veut obtenir et de l'effet esthétique désiré (impression plus ou moins forte de relief). En particulier, certains cloisonnés peuvent être gauffrés vers l'envers (profil en creux sur l'article fini) sans sortir du cadre de l'invention (dans ce cas, le matériau de remplissage devra combler les différences de niveau entre la surface extérieure de l'article fini et la surface extérieure du support). Enfin, les différentes étapes du procédé décrit ne sont pas toutes indispensables. Elles dépendent de la qualité exigée de l'article fini et des outils et matériaux utilisés. En particulier : les premier, deuxième, et troisième temps peuvent être remplacés par une seule étape dans le cas d'un emboutissage à la presse à l'aide d'une forme et d'une contreforme; la couche de gomme-laque déposée dépend du matériau de surface utilisé et des qualités d'accrochage de la couleur appliquée dans les cloisonnés ; les outils décrits sont adaptés aux métaux employés (or et étain) mais peuvent être différents dans le cas d'autres métaux ; le vernis utilisé, non indispensable pour l'or, peut s'avérer nécessaire lorsque le métal de surface s'oxyde à l'air ambiant etc... Enfin, on peut remplacer l'application des couleurs par une incrustation de pierres précieuses ou simplement décoratives, de préférence transparentes en combinaison éventuelle avec des pierres opaques (ivoire, nacre, verre, etc...). L'article fini peut d'ailleurs également comporter simultanément des cloisonnés revêtus de couleurs et incrustés de pierres décoratives. Dans le cas de pierres incrustées, on dessinera de préférence les cloisonnés à la taille des pierres (réalisation du motif en fonction des pierres disponibles) au lieu d'ajuster la taille des pierres au cloisonné ; ce procédé permet de sertir facilement les pierres dans les cloisonnés correspondants. L'invention ayant maintenant été exposée et son intérêt justifié sur des exemples détaillés, la demanderesse s'en réserve l'exclusivité pendant toute la durée du brevet sans limitation autre que celle des termes des revendications ci-après. REVENDICATIONS 1. Procédé de réalisation d'un article dont la surface extérieure métallique porte un motif coloré, caractérisé en ce qu'il consiste à - dessiner ledit motif sur l'envers d'une feuille de métal mou en repoussant les traits du dessin de façon à délimiter des cloisonnés en relief sur l'endroit de ladite feuille de métal mou, - solidariser l'envers de ladite feuille de métal mou sur un support, par exemple par collage, en lui faisant épouser les formes de ce dernier, - recouvrir ladite feuille de métal mou d'une fine pellicule de métal de surface, - appliquer des couleurs sur ladite pellicule de métal de surface à l'intérieur de tout ou partie desdits cloisonnés. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il consiste à lisser ladite feuille de métal mou à l'aide d'un instrument récurant, par exemple un tampon de paille de fer, de façon à éroder légèrement l'endroit de ladite feuille de métal mou afin de permettre une bonne adhérence de ladite pellicule de métal de surface sur ladite feuille de métal mou. 3. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que, pour dessiner ledit motif sur l'envers de ladite feuille de métal mou en repoussant les traits du dessin de façon à délimiter des cloisonnés en relief, il consiste à - disposer l'endroit de ladite feuille de métal mou sur un tissu épais ou tout autre matériau équivalent, - appuyer fortement sur lesdits traits dudit motif dessiné sur l'en vers de ladite feuille de métal mou, par exemple à l'aide d'un instrument rigide analogue à la pointe d'un crayon, de façon à enfoncer le métal mou au niveau de ces traits, - retourner ladite feuille de métal mou et affiner, au burin ou tout autre instrument similaire, sur l'endroit de ladite feuille de métal mou les pourtours du relief apparu de façon à définir nettement les limites des traits repousses. 4. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il consiste en sus à - gauffrer certains desdits cloisonnés. 5. Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce que pour gauffrer certains desdits cloisonnés, il consiste à repousser lesdits cloisonnés au doigt ou à l'aide d'un instrument après avoir disposé l'endroit de ladite feuille de métal mou sur un tissu épais ou sur tout autre matériau équivalent. 6. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il consiste à - combler les creux de l'envers de ladite feuille de métal mou au mo yen d'un matériau susceptible d'épouser les formes de ces creux, avant de - solidariser l'envers de ladite feuille de métal mou sur ledit sup port. 7. Procédé selon la revendication 6, caractérisé en ce que, pour combler lesdits creux de l'envers de ladite feuille de métal mou, il consiste à remplir lesdits creux à l'aide d'un matériau susceptible de passer d'un état liquide ou pâteux à un état solide. 8. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que ladite feuille de métal mou est une feuille d'étain d'épaisseur comprise entre 1 et 5 dixièmes de millimètre, de préférence 3 dixièmes. 9. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que ledit métal de surface est un métal précieux. 10. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que ledit métal de surface est du cuivre. 11. Procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce que ledit matériau susceptible de passer d'un état liquide à un état solide, est une cire ou une résine ou un mélange des deux, additionnée éventuellement d'un durcisseur. 12. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que, pour recouvrir ladite feuille de métal mou d'une fine pellicule de métal de surface, il consiste à - coller en chevauchement des feuilles dudit métal de surface sur l'endroit de ladite feuille de métal mou et à - lisser lesdites feuilles de métal de surface collées à l'aide d'un instrument au contact doux, de préférence un pinceau à poil de martre. 13. Procédé selon la revendication 12, caractérisé en ce que ladite feuille de métal de surface a une épaisseur de l'ordre de quelques microns. 14. Procédé selon la revendication 12, caractérisé en ce que lesdites feuilles de métal de surface sont des feuilles d'or, de préférence de 22 carats. 15. Procédé selon la revendication 14, utilisant de l'or comme dit métal mou, caractérisé en ce que pour coller lesdites feuilles d'or, il consiste à - appliquer une très fine couche de mixtion à dorer non clarifiée sur ladite feuille de métal mou, - passer ensuite un chiffon sans peluche imbibé d'essence de téré benthine de façon à affiner encore et homogénéiser la couche de ladite mixtion à dorer, - attendre quelques instants pour obtenir une bonne adhérence et - appliquer les feuilles d'or sur ladite mixtion passée à l'essence de térébenthine. 16. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il consiste à recouvrir préalablement toute ladite pellicule de métal de surface d'une couche de laque transparente avant l'application desdites couleurs à l'intérieur desdits cloisonnés. 17. Procédé selon la revendication 16, caractérisé en ce que ladite laque est de la gomme-laque. 18. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il consiste à - appliquer lesdites couleurs sur une forte épaisseur comprise par exemple entre 1/10ème de millimètre et 1 millimètre. 19. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il consiste à utiliser comme dites couleurs des émaux à froid éventuellement dilués dans un vernis solvant. 20. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il consiste à utiliser comme dites couleurs des peintures acrylovinyliques éventuellement diluées dans un vernis solvant. 21. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il consiste à utiliser comme dites couleurs des couleurs transparentes ou translucides éventuellement en combinaison avec des couleurs opaques. 22. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il consiste à utiliser comme dites couleurs des mélanges d'émaux à froid et/ou des peintures acrylonvinyliques dont certaines d'entre elles sont nacrées. 23. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il consiste à recouvrir d'un vernis protecteur transparent toute la surface dudit métal de surface revêtue desdites couleurs. 24. Articles obtenus par le procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes.