La présente invention a pour objet#un dispositif de blocage pour l'immobilisation d'un fil de suture comprenant, d'une part, un corps rigide perforé au travers duquel est inséré d'une zone amont à une zone aval, le fil de suture à immobiliser et, d'autre part, des projections qui font saillie sur la face aval du corps perforé. On a déjà utilisé des dispositifs de ce type à l'occasion de la réparation de formations tissulaires, tels que les tendons, qui sont soumises à de fortes tensions et dont les parties à rapprocher doivent être parfaitement immobilisées l'une par rapport à l'autre. Ainsi, pour la réparation des tendons, on introduit, à l'aide d'une aiguille droite, un fil de suture sur le côté du segment proximal du tendon blessé à environ 20 mm de la tranche de la section, le fait passer le long de l'axe de ce segment pour le faire ressortir au centre de la tranche puis pénétrer au centre de la tranche du segment distal du tendon, passer le long de l'axe de ce segment sur environ 20 mm et ressortir vers l'extérieur du tendon. Il faut naturellement bloquer les deux extrémités de la section de fil, ce que l'on fait en utilisant une aiguillée de fil pourvue d'un dispositif de blocage tel que défini plus haut serti sur une partie du fil éloignée de l'aiguille droite.En tirant sur cette aiguille droite, et par suite sur le fil, on amène le dispositif de blocage en butée contre la face externe du segment de tendon, ce qui immobilise l'extrémité de la section de fil opposée à l'aiguille droite ; l'autre extrémité est immobilisée à l'aide d'un plomb situé à l'extérieur de l'organisme avec interposition d'un disque de caoutchouc ou de matière plastique s'appuyant sur la peau. Une aiguille courbe est sertie sur l'extrémité de la section de fil en amont du dispositif de blocage. Cette aiguille courbe permet au fil de traverser la peau, grâce à quoi le système peut être facilement retiré, le moment voulu, sans avoir à faire une contre incision. Un tel mode de réparation qui se fait selon l'axe des segments de tendon est impropre à empêcher à lui seul la rotation des segments l'un par rapport à l'autre. Aussi doit-on effectuer un laçage tout autour de la périphérie des tranches du tendon sectionné, laçage qui constitue un facteur d'ischémie, L'immobilisation du fil à l'aide d'un plomb situé à l'extérieur de l'organisme présente un sérieux inconvénient il est en effet toujours dangereux de faire communiquer le milieu extérieur avec l'intérieur de l'organisme par l'interme- diaire d'un fil, en raison du danger d'infection. Dans le cas des réparations tendineuses, lesquelles affectent des tissus dynamiques, le matériel utilisé pour la réparation ne peut être laissé en place une fois les tranches ressoudées, car il entraverait le fonctionnement du tendon. Aussi, doit-on pouvoir extraire ce matériel en prévoyant, à l'extérieur de l'organisme, un "accès" à ce matériel, et accepter l'inconvénient signalé ci-dessus. Par contre, dans le cas de réparations de tissus statiques, tels que les ligaments, le matériel peut être laissé en place une fois les tissus ressoudés. Il est donc inutile de s'exposer au danger d'infection qu'implique l'utilisation de l'ensemble dispositif en Y/plomb évoqué plus haut. L'invention s'est donc fixé pour but d'apporter un nouveau dispositif de blocage qui permette d'immobiliser les extrémités du fil de suture en un point situé à l'intérieur de l'organisme, et qui supprime tout risque de rotation relative des segments de tissus à réparer sans pour autant provoquer d'ischémie cellulaire et sans avoir recours à plusieurs fils de suture munis de dispositifs de blocage. Ce but est atteint grâce à l'utilisation d'un dispositif de blocage du type précité qui se caractérise en ce qu'il comporte un corps présentant deux perforations aptes à recevoir respectivement l'une et l'autre extrémités libres d'un fil de suture munies chacune d une aiguille. Le mode d'utilisation d'un fil de suture pourvu d'un tel dispositif de blocage diffère de celui qui a été expose plus haut, en ce sens qu'au lieu "d'enfiler" les deux segments de tendon sur une fraction de fil disposée selon l'axe de ces deux segments, on les enfile sur deux fractions du même fil dont l'une au moins n'est pas disposée selon cet axe il s'ensuit que la rotation relative des deux segments est impossible et que le laçage devient inutile. Par ailleurs, les deux extrémités libres du fil de suture sont immobilisées par nouage l'une avec l'autre, à l'intérieur de l'organisme, ce qui élimine le risque d'infection signalé. Dans un mode d'exécution préféré, le corps perforé du dispositif de blocage revêt la forme d'un bloc parallélépi pédique et les projections sont constituées par deux picots. Ces picots permettent d'ancrer le dispositif dans la formation tissulaire et contribuent ainsi à empêcher la rotation relative des segments à ressouder. Les picots peuvent être perpendiculaires à la face aval du bloc parallélépipédique ou être orientés différemment, par exemple faire avec cette face un angle de 600, pour donner une meilleure prise mécanique. Les perforations peuvent être pratiquées dans la zone centrale du corps, les projections étant disposées de part et d'autre de la zone occupée par ces perforations, ou inversement, ce sont les projections qui peuvent occuper la zone centrale et les perforations les zones latérales. Selon la disposition respective des perforations et des projections, les deux brins du fil de suture sont plus ou moins écartés l'un de l'autre ce qui offre une possibilité de choix au chirurgien, compte tenu de l'intervention à effectuer. Pour assurer un cadrage correct et effectuer un serrage progressif non traumatisant, il est possible de faire passer les extrémités du fil de suture munies d'aiguilles dans les perforations d'un second dispositif de blocage inversé avant d'immobiliser ces extrémités par nouage. Quoique le dispositif selon l'invention n'ait pas été conçu pour les réparations tendineuses, il peut cependant avantageusement être utilisé dans le cadre de telles réparations pour autant que l'on prévoie des moyens permettant de l'extraire une fois les tranches ressoudées. Ces moyens sont constitués par un fil d'extraction fixé au corps perforé. Naturellement, dans ce cas, on ne nouera pas les extrémités du fil à l'intérieur de l'organisme mais on les immobilisera à l'aide d'un plomb comme dans le cas du dispositif en Y antérieurement connu. nour enlever le dispositif, le fil de suture sera coupé entre le plomb et la peau et une traction sera exercée sur le fil d'extraction. Dans son application aux réparations tendineuses, et par rapport au dispositif en Y, le dispositif selon l'invention offre l'avantage de supprimer tout risque de rotation relative des segments de tendon, sans avoir à effectuer un laçage. Le dispositif de blocage selon l'invention peut être fabriqué en diverses tailles ; par exemple, il pourra exister en trois tailles : - grande : 10 mm de long (avec utilisation conjointe d'un fil n0 5), - moyenne: 5 mm de long (avec utilisation conjointe d'un fil n0 2,5) - petite : I mm de long (avec utilisation conjointe d'un fil n0 1). Le dispositif selon l'invention peut être réalisé en divers matériaux, par exemple en matière synthétique, biodégradable ou non, ou en métal. I1 est possible de fabriquer des dispositifs en matière plastique dont seules les projections sont opaques aux rayons X, cela pour permettre un repérage radiologique ultérieur. En ce qui concerne les fils de suture, il peut s'agir de fil métallique ou de fil organique résorbable ou non, naturel ou synthétique. Le fil de suture et le dispositif d'immobilisation étant deux éléments séparés, toutes les combinaisons, quant à leur matériau constitutif, sont possibles. Le dispositif selon l'invention peut être utilisé dans le cadre de différentes interventions, par exemple 1) Dans la chirurgie de la peau, des aponévroses et des muscles. Le dispositif selon l'invention permet d'assurer sans ischémie un bon rapprochement des berges que ce soit dans les cures de hernie ou d'éventration, dans les fermetures de parois hypotoniques, dans les sutures cutanées sous tension, etc... Afin de pouvoir réaliser un cadrage satisfaisant, il est nécessaire, dans ce domaine, de faire passer le fil de suture muni à chacune de ses extrémités d'une aiguille dans deux dispositifs de blocage inversés, comme indiqué plus haut. 2) Dans la chirurgie ligamentaire. Le dispositif selon l'invention est utilisable - dans la réparation des ruptures ligamentaires fraîches, que le ligament soit désinséré au niveau de son insertion osseuse ou déchiré en son milieu, - dans le traitement des laxités chroniques en assurant une meilleure insertion trans-osseuse des formations ligamento-capsulaires distendues intervention de Bankart à l'épaule, d'Oidonoghue, de Trillat ou de Lenghenhegger au genou, d'Emslie à la cheville, etc... 3) Dans la chirurgie tendineuse. Le dispositif selon l'invention permet une réinsertion trans-osseuse facile sans ischémie du bout proximal dans les transplantations tendineuses (intervention de Lindeman au genou, transplantation du jambier postérieur au pied, arrachement du fléchisseur profond au niveau de P3...). Le cadrage à l'aide d'un deuxième dispositif de blocage inversé permet la réparation de sections tendineuses quel que soit leur siège. 4) Dans la chirurgie des artères et des nerfs. On peut envisager d'utiliser le dispositif selon l'invention dans sa plus petite-taille, par exemple 1 mm, combiné à un micro-fil, pour rapprocher le bout proximal - lorsqu'il est rétracté - du bout distal sans risquer la déchirure. Les matériaux utilisés doivent ici être préférentiellement bio-dégradables. Des formes d'exécution de l'invention sont décrites ciaprès en référence aux dessins annexés dans lesquels les figures 1 et 2 sont des vues en perspective selon deux angles différents du dispositif selon l'invention 7 la figure 3 représente une variante du dispositif des figures 1 et 2 les figures 4a et 4b illustrent l'utilisation du dispositif selon l'invention appliquée à une réparation ligamentaire ; Les figures Sa et 5b illustrent l'utilisation du dispositif selon l'invention appliquée à une réparation tendineuse la figure 6a montre l'utilisation de deux dispositifs de blocage inversés. Si l'on se réfère aux figures I et 2, on voit que le nouveau dispositif est constitué par un bloc parallélépi pédique 12 percé de deux perforations 13a et 13b présentant deux picots 14. Dans la forme d'exécution des figures 1 et 2, les picots 14 sont situés à l'extérieur de la zone occupée par les perforations 13a et 13b. A l'inverse (figure 3), les picots peuvent occuper la zone centrale et les perforations être disposées à l'extérieur de cette zone. L'application du dispositif selon l'invention, par exemple, à des réparations ligamentaires ressort des figures 4a et 4b. Ce dispositif est employé en combinaison avec un fil de suture 5 muni à ses deux extrémités d'une aiguille 6. Les deux aiguilles 6 sont introduites respectivement dans les deux perforations 13a et 13b du bloc 12, de telle manière que les aiguilles se trouvent du côté de la face du bloc présentant les picots 14 (face aval). Pour réunir les deux segments de ligaments, on "enfile" les parties de tissu à rapprocher sur les deux sections de fil de la même aiguillée, puis, en tirant sur les deux aiguilles, on amène le dispositif selon l'invention en butée contre la face extérieure du ligament, et immobilise les extrémités libres des sections de fil en les nouant l'une à l'autre. Les figures Sa et 5b montrent l'application du dispositif selon l'invention à une réparation tendineuse. On utilise cette fois un dispositif muni d'un anneau d'extraction 15 dans lequel est passé un fil 16. L'extrémité libre de ce fil 16 est munie d'une aiguille courbe 17 qui permet de faire ressortir ce fil 16 à l'extérieur de la peau 18. La réunion des tissus à réparer se fait comme indiqué à propos des figures 6a et 6b, si ce n'est qu'au lieu de nouer ensemble les extrémités du fil 5, on les immobilise à l'aide d'un plomb 9 en interposant entre ce plomb et la peau 18, un disque d'isolement 10 en caoutchouc ou en matière plastique. L'extrémité libre du fil d'extraction 16 est immobilisée de la même manière. Une fois les tissus ressoudés, on coupe les deux sections du fil 5 entre le disque 10 et la peau et tire sur le fil 16 pour extraire le dispositif (figure 5b). Dans certains cas, en particulier dans le domaine de la chirurgie de la peau, des aponévroses et des muscles, il est souhaitable, pour obtenir un cadrage satisfaisant, d'utiliser deux dispositifs de blocage inversés (figure 6). Dans ce cas, avant d'immobiliser les extrémités libres de la fraction de fil, on fait passer les deux aiguilles dans les perforations d'un deuxième dispositif de blocage dont les picots sont dirigés vers les picots du premier dispositif de blocage. De la description qui précède, il est clair qu'en n'utilisant qu'une seule aiguillée de fil de suture et qu'un dispositif de blocage, on peut procéder à la réparation de formations tissulaires soumises à de fortes tensions, sans avoir recours a un laçage néfaste des tranches de segments à ressouder, en empêchant la rotation relative desdits segments et en limitant les risques d'infection. L'invention ayant maintenant été exposée et son intérêt justifié sur des exemples détaillés, le Demandeur s'en réserve l'exclusivité, pendant toute la durée du brevet sans limitation autre que celle des termes des revendications ciaprès. REVE2qDICATIO 1. Dispositif de blocage pour l'immobilisation d'un fil de suture comprenant, d'une part, un corps rigide perforé au travers duquel est inséré, dune zone amont à une zone aval, le fil de suture à immobiliser et, d'autre part, des projections qui font saillie sur la face aval du corps perforé, caractérisé en ce qu'il comporte un corps présentant deux perforations aptes à recevoir respectivement l'une et l'autre extrémités libres d'un fil de suture munies chacune d'une aiguille. 2. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que le corps perforé du dispositif de blocage revêt la forme d'un bloc parallélépipédique et les projections sont constituées par deux picots. 3. Dispositif selon la revendication 2, caractérisé en ce que les picots sont perpendiculaires à la face aval du bloc parallélépipédique. 4. Dispositif selon la revendication 2, caractérisé en ce que l'axe des picots est oblique par rapport à la face aval du bloc parallélépipédique. 5. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que les perforations sont pratiquées dans la zone centrale du corps, les projections étant disposées de part et d'autre de la zone occupée par ces perforations. 6. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que les projections sont disposées dans la zone centrale du corps, les perforations étant pratiquées de part et d'autre de la zone occupée par les projections. 7. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce qu'un fil d'extraction est fixé au corps perforé. 8. Ensemble pour la réparation de formations tissulaires soumises à de fortes tensions, du type comprenant un fil de suture muni d'un dispositif de blocage, comprenant, d'une part, un corps rigide perforé au travers duquel est inséré, d'une zone amont à une zone aval, le fil de suture à immobiliser et, d'autre part, des projections qui font saillie sur la face aval du corps perforé, caractérisé en ce que le corps présente deux perforations qui reçoivent respectivement l'une et l'autre extrémités libres du fil de suture, extrémités munies chacune d'une aiguille.