La présente invention a pour objet un matériau pour le conditionnement de produits qui contiennent des acides organiques libres et/ou des alcools, matériau composé d'aluminium et d'une pellicule de polyoléfine, appliquée au moyen d'une substance adhésive. La pratique a montré qu'il était extrêmement difficile, dans le cas de matériaux composites aluminium/polyoléfine pour la fabrication d'emballages, de trouver dans une seule substance adhésive toutes les propriétés requises pour satisfaire, dans la même mesure, aux nombreuses exigences de la pratique et pour remplir de façon satisfaisante les conditions nécessaires, en vue d'une bonne adhérence et d'une bonne étanchéité. Cela est dû notamment au fait que les surfaces des pellicules de poly-oléfines et des bandes d'aluminium présentent des caractéristiques très différentes aussi en ce qui concerne la technique du collage, à tel point que l'emploi d'adhésifs de nature différente devrait être, en soi, envisagé. A ceci s'ajoute le fait que les films de polyoléfines, et il s'agit ici le plus souvent de polypropylène, ne sont pas absolument imperméables et que, à ce point de vue, les adhésifs ne constituent pas non plus un barrage efficace. En tant que "contenu", les substances qui ont une action négative au point de vue étanchéité sont notamment les acides organiques libres et les alcools. Ils peuvent traverser la pellicule de matière plastique et la couche d'adhésif et réagir ensuite, grâce à leurs caractéristiques chimiques, avec le film d'oxyde naturel qui recouvre l'aluminium; cela a comme conséquence une diminution de l'adhérence, au niveau de la surface de séparation adhésif/aluminium. Cela a lieu surtout pendant l'opération de stérilisation, à cause des températures élevées enregistrées à ce niveau. Il se produit alors une séparation entre la polyoléfine et l'aluminium (décollement). Les cas de produits conditionnés contenant des acides sont le plus souvent des mets à base de viande, des pâtés de foie gras et des poissons apprêtés dans de l'huile. En soi, ils n'ont pas une action corrosive sur 1'aluminium mais occasionnent néanmoins le décollement susmentionné, qui suscite une impression désagréable surtout au moment où l'emballage est ouvert. On a maintenant trouvé qu'il était possible, grâce à une formation appropriée en plusieurs strates de la pellicule du matériau composite, de conférer à ladite pellicule, au moyen de couches intermédiaires, des propriétés répondant à toutes les exigences. On a constaté qu'il était particulièrement avantageux de procéder comme suit : enduire d'abord 72 11380 , 2132300 l'aluminium avec la solution d'une laque époxyphénolxque thermodurcissable puis, après séchage, traiter au four le film selon une méthode conventionnelle et enfin coller la mince couche de polyoléfine au moyen d'un adhésif pour contrecollage, à base de polyuréthane. 5 Le matériau pour emballage selon l'invention est, conformément à ce qui précède, caractérisé par le fait qu'il comprend une couche de 2 laque époxyphénolique de 0,5 à 2 g/m entre la surface de l'aluminium et une couche d'adhésif à base de polyuréthane. Les laques époxyphénoliques sont bien connues et se composent d'un mélange de résine époxyde (produit 10 de condensation de 1'épichlorhydrine et du diphénylolpropane) et de résine phénolique (produit de condensation du phénol et du formaidéhyde), dans lequel la résine époxyde est hétéropolymérisée par la résine phénolique. Les adhésifs à base de polyuréthanes sont également connus en soi; on les obtient par hétéropolymérisation des isocyanates avec des composés contenant 15 des groupes carboxyles et/ou hydroxyles. Le matériau pour emballage peut se présenter sous forme de feuilles composites, par exemple pour des sachets et autres emballages souples, et aussi sous forme de bandes composites pour récipients emboutis 20 et boites de différents types. Une couche de résine époxy-phénolique de 2 2 plus de 2 g/m (1 g/m correspond à une épaisseur d'environ lyum) a une action négative car, à partir de cette valeur, l'adhérence devient à nouveau moins bonne. Bien que, dans la pratique relative à la fabrication des boites de conserve, il soit connu que, pour obtenir une protection irréprochable 25 contre la corrosion d'un récipient métallique pour produits alimentaires, il faille des couches de laque de 5-7yum, on a constaté, avec surprise, que l'on pouvait déjà obtenir une protection suffisante contre les phénomènes de décollement, avec des épaisseurs de couche inférieures à 2jim de résine époxy-phénolique. Cela permet, pour la première fois, lfemploi de films 30 minces de polypropylène dont l'épaisseur peut descendre jusqu'à 12,5yum. Des films d'une telle minceur n'avaient même jamais pu, jusqu'à ce jour, être utilisés, à cause de leur perméaKlité vis-à-vis des "contenus" du type mentionné, perméabilité présentant un grave danger de décollement. De même, il devient possible pour la première fois, d'utiliser des films,étirés bi-35 axialement, de faible épaisseur, pour la fabrication de corps de boîte par emboutissage profond. De plus, le matériau composite ainsi préparé présente des résistances au pelage de loin supérieures à celles de matériaux fabriqués avec des adhésifs à une seule couche, et qui, lorsque l'on emploie des films de 72 11380 2132300 matière plastique ayant une épaisseur inférieure à 50yLuit, dépassent la résistance à la traction du film de matière plastique, si bien que celui-ci ne peut plus être décollé de l'aluminium par des moyens mécaniques. C'est pour cette raison que des récipients fabriqués avec un tel matériau peuvent être ouverts par déchirage, le long d'une ligne déterminée, sans que cela entraîne dés décollements importants entre 1'a.luminium et la matière plastique. Les avantages mentionnés sont aussi acquis par rapport à un matériau composite dont la surface de l'aluminium a été soumise, avant le collage, à un dégraissage ou à un traitement chimique. Cela prouve que l'emploi de la couche complémentaire de laque, en plus de tous les avantages déjà mentionnés, présente aussi celui de- rendre superflu un dégraissage et/ou un prétraitement chimique des bandes d'aluminium, ceci contrairement à l'enseignement de l'expérience acquise jusqu'ici. Des essais, au cours desquels d.es feuilles composites conformes à l'invention ont été soumises à une opération de stérilisation au contact avec différentes graisses alimentaires, ont donné des valeurs de résistance au pelage constantes et élevées; par contre, des feuilles composites sans couche intermédiaire ont donné des valeurs correspondantes plus faibles qui, en outre,: ont diminué encore très sensiblement lorsque l'indice d'acide de la graisse a augmenté. 7l 11380 2132300 REVENDICATION Matériau composite, notamment pour l'emballage de produits contenant des acides organiques libres et/ou des alcools, caractérisé en ce qu'il est constitué, dans l'ordre, par les couches superposées suivantes : une feuille d'aluminium, une couche de laque à base de résine époxy-phénolique de 0,5 à 2 g/m^, une couche d'adhésif à base de polyuréthane et une feuille de polyoléfine de 0,012 à 0,05 mm d'épaisseur.