Les réservoirs mobiles doivent, comme les réservoirs qui font partie d'installations industrielles, être soumis périodiquement à des contrôles, révisions et/ou réparations. Il est évident que pour des raisons de sécurité et de santé, les personnes chargées de ces travaux ne doivent entrer dans ces réservoirs qu'après vidange et nettoyage complet de ceux-ci. Dans le cas de réservoirs appartenant à des installations industrielles, ces opérations ne posent pas de problèmes particuliers; par contre, la protec tion de l'environnement rend le dégazage et le nettoyage à l'atmosphère im pratiquables lorsqu'il s'agit de produits nocifs. Jusqu'à présent en effet, c'était de cette manière que ces réservoirs mobiles étaient dégazés, ce qui présentait de multiples inconvénients et même de réels dangers pour le voisinage, même si l'on prenait la précaution d'opé rer les jours de grand vent et si les ateliers qui se livraient à ces opérations étaient situés à quelque distance des habitations. Parmi les produits particulièrement nocifs, on peut citer notamment le chlore, le HF et le HCl. Ces gaz toxiques et corrosifs sont particulièrement dangereux et la vidange et le nettoyage des réservoirs dans lesquels ils ont été transportés étaient selon la technique antérieure des opérations très dan gereuses. Pour remédier à ces inconvénients, l'invention a maintenant pour objet un procédé de vidange et de nettoyage de réservoirs mobiles ayant contenu un produit toxique halogéné, caractérisé en ce que l'on place le réservoir dans un local fermé soumis à une extraction continue de l'air, on fait passer dans un premier stade le gaz présent sous surpression dans le réservoir dans un liquide absorbant ce gaz, jusqu a obtenir dans le réservoir la pression am biante, dans un deuxième stade on balaye le réservoir au moins 3 fois et de préférence 4 fois avec un gaz inerte sec en remplissant chaque fois le réser voir jusqu'à une pression de 5 à 6 bars et en ramenant chaque fois la pression à la valeur ambiante, dans un troisième stade on rince le réservoir avec de l'eau pendant un temps prolongé, dans un quatrième stade on effectue un rinçage sous fort brassage avec de l'eau contenant un agent neutralisant, en suite on rince à l'eau et on sèche le réservoir. L'invention concerne également une installation pour la mise en oeuvre du procédé ci-dessus défini, caractérisée en ce qu'elle comprend une encein te (1) pour la vidange et le nettoyage des réservoirs, munie d'un dispositif (3) pour l'entrée du gaz de balayage et pour relier le réservoir à l'installation; une colonne d'absorption (8) dont la partie inférieure est reliée à l'enceinte (1) et qui est précédée d'une colonne barométrique (7) reliée au dispositif (3); un ventilateur (13) pour assurer le débit de gaz dans la colonne d'absorption (8) et une cuve de stockage d'hypochlorite (9) reliée à la colonne-barométrique (7) et à la sortie de liquide de la colonne d'absorption (8), la cuve (9) et la colonne étant toutes deux reliées à des réservoirs de liquide d'absorption. Selon l'invention on effectue la vidange et le nettoyage des réservoirs par une série d'opérations successives au cours desquelles on chasse le produit halogéné du réservoir et on le recueille de façon à le fixer sous une forme plus facile à manipuler et qui ne présente pas les risques et dangers de ces produits gazeux ou dissous. Pour fixer les effluents des réservoirs soumis au nettoyage, on conduit les gaz soit directement dans un liquide absorbant ou bien dans une colonne d'un type connu dans laquelle le gaz est mis à contre-courant en contact avec un liquide absorbant. La solution ainsi obtenue peut être utilisée ou détruite. Dans la description ci-après, le procédé de l'invention sera décrit d'abord pour la vidange et le nettoyage des réservoirs ayant transporté du chlore. Selon les cas, ces réservoirs contiennent, à leur arrivée au poste de nettoyage, du chlore gazeux, éventuellement du chlore liquide et éventuellement un ou plusieurs produits étrangers, gazeux ou liquides tels que l'air, l'azote ou l'acide sulfurique. Dans un premier stade, on conduit le chlore, sous la force de la pression régnant dans le réservoir mobile, dans une solution diluée de NaOH contenant environ 240 g de NaOH par litre, jusqu'à obtenir dans le réservoir la pression ambiante. Dans un second stade, on introduit dans le réservoir un gaz inerte sec. L'air ou l'azote conviennent parfaitement à cet usage. On introduit le gaz au moyen d'un tube plongeur, on fait monter la pression jusqu'à environ 5 ou 6 bars en maintenant le réservoir fermé. Ensuite on ferme l'arrivée de gaz inerte et on ouvre la sortie et on conduit les gaz sortants dans une colonne de lavage où le chlore est absorbé par une solution diluée de NaOH (environ 240 g/l). Cette opération de purge est répétée encore au moins deux fois et de préférence trois fois. A la fin de chaque purge on ramène la pression à la valeur atmosphérique. Au cours du troisème stade, on effectue un lavage à l'eau à grand débit. On introduit l'eau à l'aide d'un tube plongeur de manière à chasser les gaz restants de façon contrôlée, et on les conduit dans une solution diluée de NaOH ou dans du lait de chaux pour absorber le chlore. Le remplissage avec l'eau doit se faire le plus rapidement possible pour éviter, dans le cas où de l'acide sulfurique concentré serait présent dans le réservoir, une élévation excessive de la température, ce qui augmenterait beaucoup dans ces conditions les risques de corrosion. Après ce premier lavage à l'eau, on effectue au cours d'un quatrième stade un rinçage neutralisant avec brassage énergique. Le brassage se fait par injection d'air comprimé et pour la neutralisation on ajoute une quantité d'environ 15 à 20 kg d'hyposulfite ou d'hydroxyde de sodium pour un réservoir mobile d'une capacité de 58 tonnes. On rince ensuite à l'eau et on sèche le réservoir au moyen d'air sec. Pour le traitement de réservoirs ayant contenu du HF ou du HCl on apporte au procédé ci-dessus décrit les modifications suivantes HC1 et HF : on supprime les purges et on fait le premier lavage avec du lait de chaux; HF : le dégazage (premier stade) doit être fait à une température supérieure à 20"C, avantageusement entre 30 et 35"C. A cet effet on chauffe l'enceinte dans laquelle se trouve le réservoir à traiter. Pour le traitement des effluents des réservoirs, on a conçu une installation dans laquelle on neutralise de façon habituelle ces gaz, et représentée schéma tiquement'dans la figure unique du dessin joint. L'installation compr end une enceinte fermée 1 dans laquelle on fait entrer le réservoir mobile, représenté ici sous forme d'un wagon-citerne. Le procédé de l'invention s'applique cependant à toutes sortes de réservoirs mobiles tels que camion-citernes et isoconteneurs. L'enceinte est maintenue à une pression légèrement inférieure à la pression atmosphérique régnant pour éviter tout échappement de gaz nocifs dans l'atmosphère environnante. Dans cette enceinte se trouve un dispositif 3 auquel est reliée la citerne à traiter au moyen d'une tuyauterie mobile 4. Le gaz inerte de balayage entre par le tuyau 5 et les effluents sont envoyés en passant par la tuyauterie 6 et la colonne barométrique 7 soit dans la colonne d'absorption 8 ou directement dans la cuve de stockage d'hypochlorite 9. La colonne d'absorption a un diamètre et une hauteur convenables et est garnie de corps de remphissage, par exemple anneaux de Raschig, selles de Berl ou Intalox ou similaires, dont les dimensions sont appropriées au diamètre de la colonne, à la nature du produit à traiter et aux conditions de fonctionnement de la colonne. La fonction de ces corps de remplissage est de favoriser le contact, donc les échanges entre les deux phases c'est-à-dire entre le liquide d'absorption qui s'écoule de haut en bas dans la colonne en formant un film sur les dits corps de remplissage et les gaz à absorber qui cheminent de bas en haut -lèchent les surfaces mouillées. La colonne porte à sa partie supérieure une entrée 10 pour la solution diluée de NaOH qui chemine à contre-courant des gaz à traiter introduits à 11. Le bas de la colonne est relié par un tuyau 12 à l'enceinte 1, d'une part pour assurer la sous-pression dans cette enceinte, d'autre part pour diluer les gaz à traiter, ce qui permet d'obtenir un meilleur fonctionnement de la colonne et une meilleure évacuation des calories résultant de la réaction C12-NaOH. Le sommet de la colonne est relié à un ventilateur 13 qui maintient le débit gazeux dans la colonne 8. La colonne et les corps de remplissage sont réalisée en matériaux résistant au chlore, à l'acide fluorhydrique et à l'acide chlorhydrique et aussi à l'hypochlorite de soude formé par la réaction du chlore sur la soude : PVC, polyester renforcé avec des fibres de verre, acier ébonité, graphite, grès, briquetage antiacide, etc.... Le garnissage peut être en grès, en porcelaine, en graphite, etc. La colonne barométrique est destinée à éviter les retours de la solution d'absorption (NaOH dilué) ou d'hypochlorite de soude dans la citerne au cours de dégazage en fin d'opération dans le cas où la colonne s'engorgerait. La solution d'hypochlorite de soude sortant au bas de la colonne est envoyée dans la cuve de stockage 9 qui est refroidie au moyen du serpentin 14 pour garder la température au-dessous de 30"C. Dans le cas où il s'agit de citernes ayant contenu du HC1 ou du HF ou encore du NH3 on remplace le NaOH dilué par de l'eau. On peut employer les présents procédé et installation également pour des citernes ayant servi au transport de SO2, on ajoute alors à l'eau une faible quantité de NaOH. Les indications numériques suivantes sont données à titre d'exemple non limitatif. Une colonne d'absorpton d'un diamètre de 0, 85 m et dans laquelle le remplissage d'anneaux Raschig (diamètre 30 mm) atteint une hauteur de 4 m, permet de traiter 1116 m3/h de gaz, d'un poids de 1748 kg contenant 508 kg de chlore et 1240 kg d'air. Le débit de la solution d'absorption, contenant 240 g/l de NaOH est de 20 m3/h. La même colonne avec de l'eau comme liquide d'absorption, à 15"C, permet de traiter un conteneur de 16 m3 en une demi-heure ce qui correspond à l'absorption de 60 kg d'acide fluorhydrique. REVENDICATIONS 1. Procédé de vidange et de nettoyage de réservoirs mobiles ayant contenu un produit toxique halogéné, caractérisé en ce que l'on place le réservoir dans un local fermé soumis à une extraction continue de l'air, on fait passer dans un premier stade le gaz en surpression dans le réservoir dans un liquide absorbant ce gaz jusqu'à obtenir dans le réservoir la pression ambiante, dans un deuxième stade,dans le cas où le produit halogéné est le chlore, on balaye le réservoir au moins trois tis et de préférence quatre fois avec un gaz inerte sec en remplissant chaque fois le réservoir jusqu'à une pression de 5 à 6 bars et en ramenant chaque fois la pression à la valeur ambiante, dans un troisième stade on rince le réservoir avec de l'eau pendant un temps prolongé, dans un quatrième stade, on effectue un rinçage sous fort brassage avec de l'eau contenant un agent neutralisant, et ensuite on rince à l'eau et on sèche le réservoir. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le produit halogéné est le chlore et le liquide absorbant est une solution diluée de NaOH ou du lait de chaux. 3. Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que le liquide absorbant contient environ 240 g/l de NaOH. 4. Procédé selon la revendication I, caractérisé en ce que le produit halogéné est le HF ou le HC1 et le liquide absorbant est de l'eau. 5. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que le gaz inerte est l'air ou l'azote. 6. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que dans le quatrième stade l'agent neutralisant est de l'hydroxyde ou de l'hyposulfite de sodium. 7. Installation pour la mise en oeuvre du procédé ci-dessus défini, caractérisée en ce qu'elle comprend une enceinte (1) pour la vidange et le nettoyage des réservoirs, munie d'un dispositif (3) pour l'entrée du gaz de balayage et pour relier le réservoir à l'installation; une colonne d'absorption (8) dont la partie inférieure est reliée à l'enceinte (1) et qui est précédée d'une colonne barométrique (7) reliée au dispositif (3); un ventilateur (13) pour assurer le débit de gaz dans la colonne d'absorption (8) et une cuve de stockage d'hypochlorite (9) reliée à la colonne barométrique (7) et à la sortie de liquide de la colonne d'absorption (8), la cuve (9) et la colonne étant toutes deux reliées à des réservoirs de liquide d'absorption.