La présente invention a pour objet un procédé d'obtention de capsules de gélatine dure gastro-résistantes. On a déjà tenté d'obtenir de telles capsules en mettant en oeuvre deux procédés différents. Le premier de ces procédés consiste à réduire la solubilité de la gélatine qui constitue l'enveloppe des capsules en les traitant par le formaldéhyde en atmosphère sèche; Cette opération, qui se pratique sur les capsules vides, n en altère pas la forme et donne un degré d'entéro-solubilité raisonnable. Elle présente néanmoins l'inconvénient d'être laborieuse et de ne pas aboutir à des résultats complètement satisfaisants surtout au regard de la reproductibilité et de la stabilité. Selon le second de ces procédés les capsules de gélatine, placées dans des turbines ouvertes ou dans des appareils à lits fluidisés. (type GLATT ou WURSTER), sont enrobées par une pellicule de vernis gastro-résistant. Là encore, les résultats obtenus ne sont pas reproductibles et sont instables dans le temps. Du fait de leurs inconvénients, les procédés connus ne conviennent qu 'à la production de petits lots, à l'issue d'opérations onéreuses non extrapolables à des fabrications industrielles de routine. Le but de la présente invention est précisément de permettre l'obtention industrielle de capsules de gélatine dure gastro-résistantes et, à cette fin, elle a pour objet un procédé qui consiste, comme l'un des procédés antérieurement connus, à enrober des capsules de gélatine dure d'une pellicule gastrorésistante et qui est caractérisé en ce que la pellicule est formée par pulvérisation et séchage simultané d'une solution gastro-résistante sur lesdites capsules en mouvement dans une turbine à dragéifier fonctionnant sous pression réduite. En pratique, le séchage est réalisé par circulation d'un courant d'air chaud dans la turbine à dragéifier, le débit de l'air chaud insufflé dans ladite turbine étant inférieur au débit d'air extrait de celle-ci. Grâce à ces dispositions, on obtient des capsules recouvertes d'une pellicule absolument uniforme ce qui garantit une bonne reproductibilité des résultats d'une fabrication à l'autre. I1 semble que ces résultats tiennent au fait que le séchage de la solution gastro-résistante sur les capsules est instantané ce qui, à son tour, provient de l'existence d'un vide partiel dans la turbine. Un mode de mise en oeuvre du procédé selon l'invention est décrit ciaprès, à titre d'exemple non limitatif, en référence au dessin annexé dans lequel - la figure 1 est une vue en coupe d'une turbine à dragéifier convenant pour ladite mise en oeuvre, et - la figure 2 est une vue en plan du couvercle obturant l'ouverture de ladite turbine. La turbine à dragéifier comprend une cuve sensiblement sphérique 1 supportée par un socle 2 et présentant une ouverture circulaire 3. La cuve 1 tourne autour d'un axe oblique 4 perpendiculaire au plan de l'ouverture 3 sous l'action de moyens d'entrainement non représentés inclus dans ledit socle 2. L'ouverture 3 est obturée par un couvercle circulaire fixe 5 solidaire d'un bâti 6 mobile selon la flèche F. Le couvercle 5 est pourvu à sa périphérie 7 d'un joint 8 en caoutchouc assurant une étanchéité partielle entre la cuve 1 et ledit couvercle 5. Le couvercle 5 présente, en outre, deux ouvertures circulaires 9 et 10 entourées chacune extérieurement d'un rebord rapporté 11 et 12, ainsi qu'une ouverture rectangulaire 13 fermée par une porte d'accès 14 transparente, par exemple en Plexiglas, pivotant sur une charnière 15. Sur les rebords 11 et 12 des ouvertures 9 et 10 sont montées deux conduites flexibles, l'une, 16 reliée à un dispositif d'admission d'air chaud, l'autre 17 reliée à un dispositif d'extraction d'air. Une canalisation 18 acheminant la solution gastro-résistante pénètre également dans la cuve 1 par l'ouverture 9 du couvercle 5. A l'intérieur de ladite cuve 1, la conduite d'admission d'air chaud 16 et ladite canalisation 18 sont coaxiales. La canalisation 18 se termine par une buse de pulvérisation 19. La porte d'accès 14 permet d'intervenir en cas d'anomalie de fonctionnement, au niveau de la buse 19, par exemple. Le procédé selon l'invention est mis en oeuvre de la manière suivante Le couvercle 5 de la cuve 1 étant séparé de ladite cuve par déplacement du bâti 6 selon la flèche F, la cuve est chargée d'une quantité déterminée de capsules de préférence auto-verrouillables (environ 100 000 capsules pour une cuve de 105cm de diamètre) et ce, après que lesdites capsules aient été remplies, dans les conditions habituelles, du principe actif ne devant être libéré que dans l'intestin. Le couvercle 5 est alors remis en place sur l'ouverture 3 de la cuve, le joint 8 assurant une étanchéité partielle entre ladite cuve 1 et ledit couvercle 5. Tandis que la cuve 1 tourne autour de son axe 4, en provoquant un mouvement continuel des capsules qui y sont contenues, on admet, par la canalisation 18, une solution gastro-résistante sous pression qui est pulvérisée sur les capsules par la buse 19, par exemple à raison de 500 ml/mn. A cet effet, la canalisation 18 est reliée à une pompe à haute pression, de type sans air, capable de travailler à des pressions de l'ordre de 35 kg/cm. Simultanément, un courant d'air chaud, dont la température peut varier entre 60 et 800C, selon le point d'ébullition des solvants entrant dans la composition de la solution gastro-résistante, est admis dans la cuve 1 par la conduite 16 et sèche instantanément ladite solution au fur et à mesure qu'elle enrobe les capsules. L'air de séchage et les vapeurs de solvants sont évacués par la conduite 17. Afin de créer un vide partiel dans la cuve 1 propre à accélérer le séchage des capsules, le débit d'air extrait de la cuve est supérieur au débit d'air chaud admis dans celle-ci, le complément étant constitué par de l'air atmosphérique s'infiltrant entre le joint 8 du couvercle 5 et la cuve 1. Par exemple, pour une cuve de 105 cm de diamètre, le débit d'air admis est de 10 à 12 m3/mn et le débit d'air extrait de 20 à 25 m3/mn, tandis que pour une cuve de 90 cm de diamètre, le débit d'air admis est d'environ 7 m3/mn et le débit d'air extrait de 14 à 16 m3/mn. Dans les conditions opératoires énoncées ci-dessus l'opération d'enrobage est menée en une heure environ, la pulvérisation et le séchage étant effectués en continu et simultanément. Les capsules obtenues sont d'un aspect très agréable en raison de l'uni formité et de la transparence de la pellicule d'enrobage. Cette transparence est telle que lorsqu'onsenrobe des capsules imprimées, l'impression demeure lisible au travers de l'enrobage entérique ce qui est d'une grande importance puisque, dans certains pays, il est obligatoire que chaque unité pharmaceutique porte une marque d'identification. La brillance des capsules de gélatine initiale a disparu mais l'aspect mat obtenu n'altère en rien leur présentation. L'uniformité de la pellicule d'enrobage garantit une bonne reproductibi lité des tests de désagrégation d'une capsule à l'autre. Le contrôle de la gastro-résistance et de l'entérosolubilité des capsules enrobées selon l'invention, par exemple à l'aide de la solution suivante Acétophtalate de cellulose ............ 6% Phtalate d'éthyle ..................... 2% Alcool isopropylique .................. 46% Acétate d'éthyle ...................... 46% a été effectué sur un appareil ERWEKA dont le bain-marie est réglé à 37 C + 0,10C. I- Gastro-résistance Le milieu gastrique utilisé est composé comme suit Chlorure de sodium ..................... 2g Pepsine ................................ 5g Acide chlorhydrique concentré 7ml Eau distillée q.s.p. ................. 1 000 ml Le pH du milieu est ajusté entre 1,1 et 1,3 par addition d'HCl ou de NaOH. Ce milieu est à préparer extemporanément. A la limite, il peut être conservé 24 heures au réfrigérateur. Les capsules entériques placées dans ce milieu résistent environ deux heures et demie avant de se désagréger ce qui est tout à fait satisfaisant puisque selon la Pharmacopée française, est considérée comme gastro-résistante, une forme pharmaceutique résistant une heure dans un tel milieu. Bien entendu, la durée de résistance des capsules pourrait être encore accrue par épaississement de l'enrobage. 2 - Entéro-solubilité Le milieu intestinal utilisé est composé comme suit Pancréatine ........................... 3,33g Phosphate monopotassique ............... 6,6 g Soude 0,1 N............................. 300 ml Eau distillée q.s.p .................... 1 000 ml Le pH du milieu est ajusté à 7,5 avant chaque essai de solubilité. Les capsules entériques sont, en premier lieu, placées une heure dans le milieu gastrique défini plus haut puis dans le milieu intestinal où elles se délitent en moins de trente minutes. REVENDICATIONS 1- Procédé 'd'obtention de capsules de gélatine dure gastro-résistantes qui consiste à enrober- lesdites capsules d'une pellicule gastro-résistante, caractérisé en ce que la pellicule est formée par pulvérisation et séchage simultané d'une solution gastro-résistante sur lesdites capsules en mouvement dans une turbine à dragéifier fonctionnant sous pression réduite. 2- Procédé selon la revendication l, caractérisé en ce que le séchage est réalisé par circulation d'un courant d'air chaud dans la turbine à dragéifier, le débit de l'air chaud insufflé dans ladite turbine étant inférieur au débit d'air extrait de celle-ci.