La présente invention concerne les matelas pour literie et, plus particulièrement, les matelas en mousse, notamment de latex, pourvus d'un grand nombre d'alvéoles. Les matelas en mousse fabriqués actuellement sont généralement en mousse de latex ou en mousse de polyether. Ceux en mousse de latex sont pourvus d'un grand nombre d'alvéoles afin de présenter la souplesse nécessaire au confort, tandis que ceux en polyether sont constitués d'un bloc homogène de mousse. Le confort d'un matelas est généralement exprimé par un facteur d'indentation (en anglais "sag factor") représentant le rapport entre la force nécessaire pour enfoncer une surface d'aire donnée du matelas de o5 de son épaisseur t la force nécessaire pour assurer un enfoncement de cette même aire représentant 258 de l'épaisseur du matelas. Le confort d'un matelas est d'autant plus grand que son coefficient d'enfoncement est élevé et c'est ainsi, par exemple, que celui d'un matelas en mousse de polyether est de l'ordre de 1,7 à 2 tandis que celui d'un matelas alvéolé en mousse de latex est généralement compris entre 3 et 3,5. Bien que ces matelas connus, notamment ceux en mousse de latex alvéolés, donnent dans l'ensemble satisfaction, ils présentent l'inconvénient d'opposer une résistance uniforme aux différentes parties du corps alors que celles-ci sont de formes et dimensions différentes. I1 en résulte que le corps d'un individu allongé sur le dos sur un matelas ne présente jamais le profil idéal, c'est-àdire celui correspondant à la station debout, les bras le long du corps. Pour remédier à cet inconvénient, on connaît un "matelas orthopédique", mais qui est en réalité conforme à un sommier, comportant un certain nombre de ressorts uont la tension est réglable, ce qui permet de faire varier localement la rigidité du "matelas" et donc de répartir celle-ci de façon à ce que le matelas prête un appui approprié à chaque partie du corps en accompagnant les courbes de celui-ci. En dépit des qualités présumées de confort de ce "matelas orthopédique", celuI-ci est d'une construction beaucoup trop complexe et coûteuse pour pouvoir en envisager une utilisation courante, d'autant qu'il ne peut être~réellement substitué à un matelas classique reposant sur un sommier. L'invention vise donc à réaliser un matelas perfectionné qui coffre un appui approprié à chaque partie du corps d'un individu couché sur ce matelas, tout en étant d'une construction simple et peu coûteuse. A cet effet, l'invention a pour objet un matelas alvéolé en mousse qui comprend, suivant sa longueur, plusieurs zones dans lesquelles la section totale des alvéoles pour une aire donnée de la surface du matelas est différente de l'une desdites zones à une zone voisine. Suivant une caractéristique de l'invention, lesdits alvéoles ont un pas constant sur toute la surface du matelas et une section individuelle différente de l'une desdites zones à une zone voisine. Suivant une autre caractéristique de- l'inven- tion1 lesdits alvéoles ont une section individuelle constante et un pas différent de l'une desdites zones à une zone voisine. Suivant un mode préféré de réalisation de l'invention, le matelas comprend, suivant sa longueur, deux zones d'extrémité et deux zones- intermédiaires dans lesquelles ladite section totale des alvéoles est relati- vement faible et qui sont séparées deux à deux par trois zones dans lesquelles ladite section totale est relativement importante. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront-de la description qui va suivre de deux- exemples de réalisation illustrés par les dessins annexés sur lesquels: - la Fig. 1 est une vue partielle en plan d'un matelas suivant l'invention, supposé vu suivant la ligne 1-1 de la Fig. 2 de façon à montrer la répartition des alvéoles; - la Fig. 2 est une vue en coupe à plus grande échelle prise suivant la ligne 2-2 de la Fig. 1; - la Fig. 3 est une vue de profil d'un individu supposé couché sur le côté pour montrer la correspon dance entre les différentes parties du corps de cet indi vide et les zones du matelas de la Fig. 1; - la Fig. 4 est une vue analogue à la Fig. 3 mais montrant l'individu supposé couché sur le dos; et - la Fig. 5 est une vue analogue à la Fig. 1 d'un matelas suivant une variante de réalisation de l'invention; En se reportant tout d'abord aux Fig. 1 et 2, le matelas 1 suivant l'invention comprend une ame alvéolée 2 en mousse de latex de densité homogène recouvertesur ses faces opposées de couches 3 et 4 en mousse de polyether. L'âme 2 est constituée d'un bloc de mousse de latex en forme de parallélépipède rectangle dans lequel sont ménagées un grand nombre d'alvéoles 5 constitués par des trous borgnes débouchant du côté de~lafacede l'ame 2 qui est recouverte par la couche 4 en mousse de polyether. Trace à cet agencement, le matelas peut être utilisé indifféremment sur ses deux faces. Conformément à l'invention, l'âme 2 en latex comprend, suivant la longueur du matelas l,-plusieurs zones A à G aans lequelles la section totale des alvéoles 5, pour une aire donnée de la surface du matelas, est différente d'une zone à l'autre. C'est ainsi que dans les zones d'extrémité A et G et les zones intermédiaire-s C et E les alvéoles ont un diamètre plus petit que dans les zones B, D et F qui séparent deux à deux les zones précitées,les pas entre les alvéoles 5 étant constants sur toute la surface du matelas. Plus précisément, les zones A, C, E et G com- portent des alvéoles cylindriquesd'un diamètre d1 cet les zones B,.D et F des alvéoles cylindriques d'un diamètre d2 supérieur à d1 ainsi que des alvéoles cylindriques d'un diamètre d3 compris entre d1 et d2 de manière à assurer la transition entre une zone donnée et la Qu les zones adja- centes. Les alvéoles de même diamètre sont alignés en rangées parallèles aux bords d'extrémité 6 du matelas, les rangées voisines étant décalées pour assurer une répartition en quinconce des alvéoles. Dans l'exemple representé aux Fig. 1 et 2, la zone A comprend trois rangées d'alvéoles de diamètre d1,et la zone B quatre rangées d'alvéoles de diamètre dX encadrées respectivement d'une et deux rangées d'alvéoles de diamètre d3 assurant la transition avec les zones C et A. La zone C comprend quatre rangées d'alvéoles de diamètre tandis que la -;one médiane D comporte cinq rangées d'alvéoles de diamètre d2encadrées de chaque côté d'une rangee d'alvéoles de diamètre d3 assurant la transition avec les zones C et E respectivement. En outre, les zones A et G, B et F et C et E sont deux à deux symétriques par rapport à un plan transversal médian de trace X-X qui constitue également un plan de symétrie pour la zone médiane D. Grâce à cette symétrie du matelas 1 par rapport au plan de trace X-X, celui-ci peut être utilisé dans un sens ou dans l'autre, c'est-àdire que ses deux bords d'extrémité 6 peuvent être disposés indifféremment au pied ou en tête de lit. Comme on peut le constater en se réportant aux Fig. 1, 3 et 4, les zones A à G sont réparties de façon à supporter des parties distinctes du corps d'un individucouché, sur le dos ou sur le côté, sur le matelas 1. Ainsi, la zone A sert à supporter la tête de l'individu, la zone B ses épaules ou son dos, la zone C ses reins, la zone D son bassin, la zone E ses cuisses, la zone F ses mollets et la zone G ses pieds. Grâce à cette répartition des zones A à G, le matelas 1 assure un confort maximal car il permet de supporter le corps d'un individu dans une position naturelle, et en particulier ne provoque qu'une déformation très faible ou nulle de la colonne vertébrale. En effet, la tête, qui est une partie lourde du corps mais de petite surface, ne doit s'enfoncer que faiblement dans le matelas. Ceci est obtenu grâce au fait que la zone A est relativement rigide à cause de la présence d'alvéoles de petit diamètre. Par contre, les épaules ou le dos, qui sont une partie également lourde mais de surface relativement importante, doivent pouvoir s'enfoncer plus profondément dans le matelas que la tête, ce qu'autorise la partie B beaucoup plus souple que la zone A du fait que les alvéoles 5 y ont un plus grand diamètre. De même, la zone C relativement rigide assure un bon support des reins, sans enfoncement important, tandis que la partie D plus souple autorise l'enfoncement nécessaire du bassin. Enfin, la partie E relativement rigide permet d'éviter un enfoncement important au niveau des cuisses,-qui sont relativement lourdes, la partie F plus souple peut épouser le galbe des mollets et la partie G plus rigide offre un support approprié aux pieds, soit avec pratiquement aucun enfoncement dans la position couchée sur le coté, soit avec enfoncement des talons dans la position couchée sur le dos du fait que le poids des pieds est alors appliqué au matelas par l'intermédiaire de la surface réduite des talons. En d'autres terr,les, le matelas 1 oppose à chaque partie du corps une réaction appropriée en fonction de la pression appliquée par cette partie et du degré d'enfoncement souhaité pour celle-ci. A titre d'exemple, il a été mesuré pour un matelas 1 du type qui vient d'être décrit un coefficient d'enfoncement de 4,12 dans les zones souples B, D et F et de 4,3 dans les zones dures ou rigides A, C, E et G, ce qui est très supérieur aux valeurs mesurées pour des matelas alvéolés classiques en mousse de latex. La Fig. 5 montre une variante de -réalisation qui diffère du matelas de la Fig. 1 au niveau de la répartition des alvéoles 5. L'agencement suivant cette variante, qui est plus particùlièrement approprié pour un matelas à une seule place alors que celui de la Fig. 1 convient aussi bien à un matelas à une place qu'à un matelas à deux places, comporte des zones successives A' à G' analogues aux zones A à G du martelas de la Fig. 1, mais les zones intermédiaires C' et E' ne s'étendent pas sur toute la largeur du matelas, c'est-à-dire qu'elles sont bordées par des régions où les alvéoles ont un plus grand diamètre et qui assurent latéralement une continuité entre les zones B', D' et F'.D'autre part, une rangée d'alvéoles de petit diamètre d1 est prévue le long de chaque bord latéral du matelas 1 pour en renforcer localement la rigidité ou dureté. Le matelas suivant l'invention peut être fabri qué de façon classique au moyen d'un moule pourvu d'un couvercle présentant des dents cylindriques servant de matrices pour les alvéoles. A cet effet, on dépose la couche 3 de polyéther dans le fond du moule, on coule de la mousse de latex dans celui-ci, et on abaisse et ferme le couvercle. Une fois le latex durci, on ouvre le moule et on colle l'autre couche 4 de polyéther sur l'âme 1, la liaison entre la couche 3 et l'autre face de l'âme 1 étant assurée automatiquement lors du durcissement du latex. Bien entendu, l'invention n'est pas limitée aux modes de- réalisation décrits ci-dessus. C'est ains-i,par exemple,que la variation d'une zone à l'autre de la section totale de l'aire des alvéoles par unité de surface pourrait être obtenue en modifiant, non plus le diamètre des alvéoles, mais leur nombre,c'est-à-dire en réalisant des alvéoles à section individuelle constante disposés avec un pas plus petit dans les zones souples que dans les zones rigides. Toutefois, le mode de réalisation à pas constant des deux exemples décrits ci-dessus a pour avantage de permettre d'utiliser des moules existants en remplaçant simplement certaines des dents cylindriques par d'autres de plus petit ou plus grand diamètre suivant les besoins. D'autre part, les alvéoles ne sont pas nécessairement cylindriques mais peuvent avoir n'importe quelle autre forme appropriée, et leur répartition peut être différente de celles décrites et représentées. On notera également que la présence de la couche 4 de mousse de polyéther n'est pas indispensable, bien qu'elle permette d'utiliser le matelas sur ses deux faces. De même, la couche 3 peut être supprimée, au détriment cependant du confort du matelas. Enfin, et bien que cette énumération de modifications ne soit pas exhaustive, il doit étre compris que le matelas suivant l'invention peut être réalisé en toute matière appropriée autre que les mousses de latex et de polyéther. - REVENDICATIONS-- - 1. Matelas alvéolé en mousse, caractérisé en ce qu'il comprend, suivant sa longueur, plusieurs zones (A-G; A'-G') dans lesquelles la section totale des alvéoles (5) pour une aire donnée de lasurface du matelas (1) est différente de llune desdi-tes zonesàune zone voisine. 2. Matelas suivant la revendication 1, caractérisé en ce que lesdits alvéoles (5) ont un pas constant sur toute la surface du matelas et une section individuelle différente de l'une desdites zones à une zone voisine. 3. Matelas suivant la revendication 2, caractérisé en ce qu'il comprend alternativement des zones (A,C,E,G; A', C', E', G')- -dans lesquelles les alvéoles (5) ont un premier diamètre (dl) et des zones (B,D,F; B',D', F') -dans lesquelles les alvéoles ont un second diamètre (d2) supérieur audit premier diamètre (d). 4. Matelas suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comprend égaiement des alvéoles d'un troisième diamètre (d3) intermédiaire assurant la transition entre les alvéoles depremier (dl) et second (d2) diamètre. 5. Matelas suivant la revendication 1, caractérisé en ce que lesdits alvéoles (5) ont une section individuelle constante et un pas différentde l'une desdites zones à une zone voisine. 6. Matelas suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il comprend plusieurs-zones (B,D,F; B',D',F') d'un premier type dans lesquelles la section totale des alvéoles est relativement importante et qui sont réparties de manière à recevoir des parties relativement proéminantes d'un individu et, en alternance avec-celles-ci, plusieurs autres zones (A,C,E,G; A',C',E',G') d'un second type dans lesquelles la section totale des alvéoles est relativement faible et qui sont réparties de manière a supporter les autres parties non ou peu proéminantes d'un individu. 7. Matelas suivant la revendication 6, caractérisé en ce qu'il comprend, suivant sa longueur, deux zones d'extrémité (A,G; A',G') et deux zones intermédiaires (C,E; C',E') dudit second type qui sont séparées deux à deux par trois zones (B,D,F; B',D',F') dudit premier type. 8. Matelas suivant l'une quelconque des revendications 1 à 7, comprenant une âme en mousse de latex dans laquelle sont formés les alvéoles, caractérisé en ce qu'il comporte une couche de mousse de polyether (4) recouvrant la face de ladite âme (1) sur laquelle sont ouverts lesdits alvéoles (5). 9. Matelas suivant la revendication 8, caractérisé en ce qu'il comprend une couche de polyether (3) recouvrant l'autre face de ladite âme (1).