La présente invention concerne un appui pour batiments, tabliers de pont ou autres ouvrages construits au-dessus d'espaces à circulation dense, tels que les faisceaux ou réseaux de voies ferrées dans les gares ou à proximité de celles-ci. De tels appuis sont connus, notamment sous le nom de culées pour les appuis extremes et sous le nom de piles pour les appuis intermédiaires. En règle générale, il s'agit d'appuis en maçonnerie formés par des murs ou des ouvrages ovalisés en section horizontale, qui supportent le poids propre et les charges du batiment ou du pont construit audessus de l'espace à circulation dense, et qui s'appuient eux-mêmes sur une fondation appropriée. De tels appuis ont l'inconvénient qu'ils subdivisent l'espace couvert en plusieurs parties qui, par exemple dans les réseaux ferrés près des gares, donnent l'impression de former des tunnels pour chaque voie ou pour chaque groupe de voies.De tels appuis limitent également de façon considérable ou excluent même totalement les possibilités de construire de nouvelles voies transversales ou de réaménager des voies transversales existantes, comme cela est le cas par exemple pour les rues qui croisent les voies ferrées près des gares. En outre, le réaménagement de l'espace à forte densité de circulation, par exemple en vue de la construction de voies ferrées nouvelles, n'est pratiquement plus possible ou seulement par des travaux très importants. Pour éviter les inconvénients de ces appuis en forme de murs, on a tenté de les remplacer par des piliers séparés. Toutefois, pour des raisons de sécurité, la construction de piliers séparés est seulement concevable dans les parties d'espaces à circulation dense oùoespiliersdebienplus faible section ne risquent pas, ou presque pas, d'être heurtés par des véhicules. A ce sujet, une directive des chemins de fer de la République Fédérale d'Allemagne interdit l'érection de piliers séparés juste à côté des voies ferrées si ces piliers doivent supporter des batiments ou d'autres ouvrages construits au-dessus des voies ferrées. En effet, en cas de déraillement d'un train circulant à grande vitesse, ces piliers érigés à proximité immédiate de la voie et ayant des dimensions normales risquent de ne pas supporter l'impact, surtout si un pilier est heurté par l'une des parties massives de la locomotive, ce qui risque de provoquer l'écroulement de l'ouvrage construit à cheval sur la voie ferrée, même si seulement l'un des piliers est endommagé ou détruit. I1 n'est d'ailleurs pas souhaitable que les appuis résistent à l'impact, notamment des parties massives d'un train déraillé, étant donné que la brusque décélération qui en serait la conséquence accroit le risque auquel sont exposés les voyageurs. D'un autre côté, on ne peut pas davantage admettre l'écroulement du batiment porté par les appuis. L'objet de l'invention est un appui pour batiments, ponts ou autres ouvrages construits au-dessus d'espaces à circulation dense, tels que les faisceaux ou réseaux de voies ferrées près des gares, qui permet, sans que cela entraîne une dépense importante, des possibilités de croisement optimales et également des réaménagements des voies, et qui est conçu de manière que l'écroulement du batiment ou de l'ouvrage porté par lui ne soit pas à craindre, ni en cas d'endommagement de l'appui, ni dans le cas de sa destruction totale par un véhicule qui vient le heurter. Conformément à l'invention, ce résultat est obtenu par un appui qui est composé de préférence de deux parties ou piliers qui sont disposés l'un à cOté de l'autre, avec un espacement correspondant à peu près à l'épaisseur d'un pilier, sur un socle commun semblable à une traverse, et dont les extrémités supérieures portent une tête commune qui est également semblable à une traverse. Comparativement aux murs de soutènement et aux piliers séparés de même section transversale, un appui réalisé conformément à l'invention présente notamment les avantages essentiels suivants a) Lorsque l'appui est heurté, par exemple au moment du déraillement d'un train, seulement l'une des parties, c'est-à-dire l'un des piliers de l'appui suivant l'invention sera endommagé ou détruit. Le pilier resté intact reprend cependant la partie de la charge supportée jusqu'à ce moment par le pilier endommagé ou détruit. Le pilier resté intact est capable de supporter cette charge accrue, quoique avec un coefficient de sécurité fortement amoindri, pendant peu de temps. Le batiment ou un autre ouvrage supporté au-dessus de l'espace à circulation dense par l'appui suivant l'invention ne risque donc pas de s'écrouler. b) Le pilier endommagé ou détruit de l'appui suivant l'invention peut être remplacé de façon simple par un pilier neuf puisque le pilier resté intact est capable de supporter toute la charge. c) Les appuis suivant l'invention permettent une transmission plus favorable de charges élevées au sous-sol. La répartition de la charge par le socle commun en forme de traverse permet en effet une transmission plus favorable des efforts à la fondation. Notamment dans les réseaux ferrés des gares, on préfère généralement des fondations formées par des pieux en raison du manque de place entre les différentes voies. Le socle commun en forme de traverse de l'appui suivant l'invention convient donc excellemment à une fondation qui est constituée par une série de pieux disposés les uns derrière les autres. d) Grâce à la large surface d'appui des poutres principales du batiment ou du tablier de pont sur la tête commune en forme de traverse de l'appui suivant l'invention, le moment d'appui, donc également l'armature nécessaire dans cette zone sont fortement réduits. e) Enfin, grace au fait que l'appui est composé de deux parties, la section transversale de chaque partie ou pilier n'a pas besoin d'être très grande, ce qui ouvre la voie de l'utilisation d'éléments préfabriqués. Pour réduire le risque de percussions frontales des piliers de l'appui suivant l'invention, il est avantageux de donner une section transversale cunéiforme aux côtés de l'appui qui risquent d'être heurtés, les cOtés obtus étant tournés l'un vers l'autre. De cette manière, les côtés cunéiformes des piliers produisent un effet de déviation qui les protège contre l'endommagement ou la destruction dans le cas d'une percussion non frontale. En vue de la réalisation d'un appui suivant l'invention à partir d'éléments préfabriqués, il est avantageux d'utiliser des piliers creux en béton qui comprennent déjà l'armature nécessaire pour la charge prévue. La demanderesse a constaté qu'il est avantageux d'utiliser des piliers de section transversale carrée dont les côtés extérieurs opposés dans chaque appui, c'est-à-dire le côté avant d'un pilier et le coté arrière du deuxième pilier, ont une forme en coin sur toute la hauteur de l'appui et dont l'arête est dirigée vers l'extérieur. Après leur installation, de tels piliers creux peuvent hêtre remplis de façon simple avec du béton coule sur place. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront plus clairement de la description qui va suivre d'un exemple de réalisation non limitatif, ainsi que du dessin annexé sur lequel - la figure 1 est une coupe verticale schématique d'un appui selon un exemple de réalisation de l'invention, utilisé de préférence pour la construction de b timents ou de ponts au-dessus de voies ferrées près des gares; et - la figure 2 est une coupe horizontale, suivant la ligne II-II de la figure 1, montrant la section transversale des deux piliers composant l'appui. Comme on le voit sur les figures 1 et 2, un appui suivant l'invention se compose essentiellement de deux parties ou piliers 1 et 2 qui sont disposés l'un à cOté de l'autre sur un socle commun 3 semblable à une traverse, et dont les extrémités supérieures portent une tette commune 4 qui est également semblable à une traverse. L'espacement S (figure 2) entre les deux piliers 1 et 2 correspond à peu près à l'épaisseur S de chacun des piliers. Comme mentionné dans ce qui précède, l'appui représenté sur le dessin annexé convient en particulier à la transmission de charges à des pieux 5 qui sont enfoncés l'un derrière l'autre dans le sel en raison du peu de place disponible entre des voies ferrées. Gracie au socle commun 3, reposant à la façon d'une traverse sur les têtes des pieux 5, on obtient une transmission très favorable des efforts à la rangée de pieux. De façon analogue, la tête 4 qui est commune aux deux piliers de l'appui suivant l'invention permet d'obtenir une grande surface d'appui pour les poutres principales d'un plancher ou d'un tablier 6 s'appuyant sur la tête 4 en forme de traverse. Le moment d'appui est ainsi diminué considérablement, ce qui permet bien entendu la réduction de l'armature nécessaire dans cette zone. Comme on le voit sur la figure 2, les piliers 1 et 2 de l'exemple représenté ont une section transversale essentiellement carrée, à l'exception d'une saillie cunéiforme 7 sur les cOtés extérieurs opposés des piliers 1 et 2. Ces saillies s'étendent sur toute la hauteur de l'appui et elles sont dirigées vers l'extérieur par leur arpète, formant dans ce cas un angle d'environ 90". Grtce à cette forme de l'appui, on obtientun effet de déviation des véhicules qui ne heurtent pas l'un ou l'autre pilier de front. Cet effet de déviation peut encore être accru par la disposition de garde-fous ou de guides de protection analogues (non représentés) lOge- rement au-dessus du socle 3 et dans le prolongement des saillies 7. Le risque d'endommagement d'un appui suivant l'invention par des percussions est de cette manière diminué dans une large mesure. Comme il ressort également de la figure 2, les piliers de l'appui suivant l'invention sont des piliers creux en béton. Ces piliers creux portent déjà toute l'armature nécessaire. Grâce à cette réalisation, les deux parties de l'appui peuvent être relativement légères, ce qui permet l'utilisation d'éléments préfabriqués. Après l'installation des piliers, ils peuvent être remplis de béton coulé sur place. REVENDICATIONS 1. Appui pour batiments, tabliers de pont ou autres ouvrages construits au-dessus d'espaces à circulation dense, tels que les faisceaux ou réseaux de voies ferrées dans les gares ou à proximité de celles-ci, caractérisé en ce qu'il est composé de préférence de deux parties ou piliers qui sont disposés l'un à côté de l'autre, avec un espacement correspondant à peu près à l'épaisseur d'un pilier, sur un socle commun semblable à une traverse et dont les extrémités supérieures portent une tete commune qui est également semblable à une traverse. 2. Appui selon la revendication 1, caractérisé en ce que les piliers ont une section transversale à peu près cunéiforme, les cOtés obtus étant dirigés l'un vers l'autre. 3. Appui selon la revendication 1, caractérisé en ce que les piliers ont une section transversale sensiblement carrée et sont munis sur leurs cOtés extérieurs opposés, de préférence sur toute leur longueur, d'une saillie cunéiforme. 4. Appui selon la revendication 1, caractérisé en ce que les piliers sont des piliers en béton armé creux. 5. Appui selon la revendication 4, caractérisé en ce que les piliers sont remplis de béton coulé sur place après leur installation.