La machine à carton représentée partiellement aux Fig. 1 à 3 est du type dit à alimentation négative. Cette machine comprend wìe cuve 1 de forme allongée, munie d'une goutti~ -e d'entrée 1a, contenant la majeure partie d'un tamis cylindrique métallique 2 d'axe horizontal. Une bande de feutre 5 sans fin, de même largeur que le tamis 2 et entralnée par un moteur non représenté, est appuyée sur toute une génératrice de ce tamis par un rouleau coucheur 4, monté fou sur un axe parallèle à celui du tamis,et entraîne de ce fait ce dernier en rotation dans le sens de la flèche f. La ligne joignant les centres du tamis et du rouleau coucheur est légèrement inclinée sur la verticale dans le sens de déplacement du feutre, qui arrive sur le tamis et en repart à peu près horizontalement.La cuve 1 contient,à l'extérieur du tamis 2, des batteurs rotatifs 5. Au-dessous de la paitie du feutre quittant le tamis, une rampe de lavage 6 permet d'envoyer ae l'eau sur ce tamis le long d'une de ses génératrices. Au-dessous de cette rampe de lavage et au voisinage des deux extrémités axiales du tamis sont disposés deux injecteurs 7 raccordés à un tuyau 8. Chaque injecteur 7 comprend un cylindre 9a fermé à une extrémité et sur lequel fait saillie latéralement un prisme 9- convergent vers Itextérieur et présentant une ouverture de sortie c de forme allongée. Les injecteurs 7 sont disposés de telle sorte que les ouvertures 9c se trouvent très près de la surface du tamis 2 et soient à peu près parallèles à l'axe de ce dernier.Une bavette rectangulaire 10, d'orientation à peu près radiale par rapport au tamis 2,est prévue entre la rampe de lavage 6 et chaque injecteur 7. Au voisinage des extrémités fermées des injecteurs 7,deux cloisons ll entourent le tamis en laissant subsister chacune un espace annulaire d* faible épaisseur entre elles et ce tamis. Les extrémités axiales de ce dernier sont au contact des parois d'extrémité de l & cuve; celle-ci est donc séparée, à l'extérieur du tamis, en trois compartiments : un compartiment cens 2 et dieux compartiments latéraux 13 contenant les injecteurs 7. Le fonctionnement de cette machine est le suivant La cuve 1 contient, à l'extérieur du tamis 2, vtne principale ou lotion 1S composée de fibres d'amiante, de ciment et d'eau. Cette lotion est injectée dans la cuve 13 au moyen de la gouttière d'entrée a entre les deux cloisons il, de façon que ces cloisons émergent en permanence; elle ne pénètre dans les deux compartiments 13 qu'à travers espace existant entre ces cloisons 11 et le tamis e le niveau de la lotion est donc inférieur dans les compartiments 13 au niveau dans le compartiment 12, et la lotion est plus liquide dans les compartiments 13.La lotion 14 filtre à travers le tamis 2, dans la zone centrale de celui-ci et en regard des cloisons 11, et il se dépose sur ce tamis une mince couche d'amiante-ciment ou monocouche qui se forme progressivement en traversant la cuve 1 lorsque le tamis 2 tourne. L' é- paisseur d'une monocouche est de l'ordre de 0,6 mm. L'eau de filtration 15 est recueillie à l'intérieur du tamis 2 et est évacuée au fur et à mesure de sa formation à une extrémité de ce tamis. Chaque injecteur 7, alimenté par son tuyau 8 relié à un réservoir non représenté, dépose sur le taris 2 une pellicule d'une pâte de renfort 14-a également composée de fibres d'amiante, de ciment et d'eau, mais pouvant être de cofloosîtion différente de la lotion 14. Cette pâte 14a peut être notarnment enrichie en amiante par la teneur en amiante ou par la présence d'amiante à fibres plus longues ou plus résistantes. Il est également avantageux d'utiliser une pâte d'une densité légèrement supérieure à celle de la lotion contenue dans la cuve, auquel cas l'injection se fait sous pression, par exemple à l'aide d'une pompe. Cette pâte se dépose sur le tamis en bandes s'étendant sur à peu près toute la largeur des compartiments extérieurs 13 de la cuve, et pénètre dans la lotion contenue dans ces compartiments.La lotion 14 filtre à travers toute la longueur du tamis en y déposant progressivement une pellicule d'amiante-cin"eft ou monocouche, mais comme elle est plus riche en matière solide dans le compartiment central 12, où elle a de plus un niveau plus haut, donc une pression hydrostatique plus forte, le dépit sur le tamis est beaucoup plus important dans ce compartiment central et négli gable dans les compartiments latéraux 13. Ceci permet, par un réglage convenable du débit des injecteurs 7 en fonction de la vitesse de rotation du tamis, d'obtenir à la sortie de la lotion une nappe 16 d'épaisseur uniforme, par exemple G,6 mm, sur toute sa largeur. Cette nappe 16 est reprise par adhérence par le feutre 3 au passage entre le tamis 2 et le rouleau coucheur 4. Le feutre portant la nappe passe ensuite, comme connu, dans un poste d'essorage sur des boltes à vide, et la nappe est enroulee sur un cylindre-format(non représenté) jusqu'à l'obten- tion de l'épaisseur désirée pour la plaque d'amiante-ciment à réaliser, qui est par exemple de l'ordre de 6 millimètres. La rampe de lavage 6 permet d'enlever du tamis les résidus de monocouche non prélevés par le feutre, et la bavette 10 protège les injecteurs 7 contre l'eau envoyée sur le tamis par cette rampe de lavage. Les plaques d'amiante-ciment obtenues par superposition sur le cylindre-format d'un nombre voulu de nappes sont d'épaisseur constante et présentent,comme représenté à la Fig. 4, deux bords enrichis 17 séparés d'une partie centrale 18 par des zones de transition 18a correspondant à la zone du tamis située en regard des cloisons 11. On utilise de préférence des injecteurs dont la section de sortie a la forme représentée aux Fig. 6 et 7. De plus, les propriétés mécaniques de la plaque obtenue dépendent de l'orientation des fibres d'amiante dans les deux parties marginales 17. Un facteur de cette orientation des fibres d'amiante est la position des injecteurs par rapport au tamis. C'est pourquoi ces injecteurs sont, de façon avantageuse, orientables aussi bien par rotation autour de l'axe des cylindres 9a que par inclinaison de cet axe par rapport à celui du tamis 2. Une inclinaison de la sortie des injecteurs dans le sens de rotation du tamis, c'est-à-dire vers le fond de la cuve,est, en particulier, favorable à une disposition longitudinale des fibres d'amiante. La projection doit être très régulière en ce qui concerne le débit et la qualité de la pâte proåetée,afin d'assurer une épaisseur et des qualités mécaniques constantes sur toute la longueur de la plaque finale obtenue. En variante, la cuve peut ne pas comporter de cloisons 11. Dans ce cas, les bandes de renfort déposées par les injecteurs 7 sont complétées lors de la rotation du tamis par une nouvelle charge de pâte obtenue par filtration et constituant une monocouche identique à celle qui se dépose sur la partie centrale du tamis. I1 est en effet remarquable de constater que la présence de la pâte projetée n empêche pas la filtration de la lotion; de plus, les deux couches s'humidifient de façon identique, ce qui assure l'absence de phénomènes différentiels ultérieurs de contraintes internes de cisaillement. -- -- --Le-s deux bords longitudinaux 20 de la nappe reprise par le feutre 3 présentent alors une surépaisseur et l'on obtient, après enroulement sur le cylindre-format comme précédemment, une plaque dont la section transversale est représentée à la Fig. 5. Les bords 20 de cette plaque, de plus forte épaisseur que sa partie centrale 19, peuvent éventuellement ne pas être enrichis en amiante.Afin d'assurer un raccordement progressif 19a entre chaque partie marginale 20 et la partie centrale 19, la section de sortie des injecteurs est avantageusement convergente vers le milieu du tamis, comme représenté à la Fig. 8. Une seconde variante de réalisation consiste à disposer plusieurs injecteurs le long d'une génératrice du tamis afin d'obtenir une plaque d'épaisseur variable dans sa largeur, par exemple comme représenté à la Fig. 10, présentant plusieurs bourrelets 21. On utilise alors de préférence des injecteurs extrêmes dont la section de sortie est convergente vers le milieu du tamis, comme représenté à la Fig. 8,et des injecteurs intermédiaires dont la section de sortie est convergente des deux côtés, comme représenté à la Fig. 9. Une telle plaque, disposée sur un moule de conformation approprié, permet l'obtention d'une plaque ondulée à section dite compensée, c'est-à-dire dont l'épaisseur aux sommets et aux creux d'ondes est supérieure à l'épaisseur des parties intermédiaires et possède ainsi un profil mécaniquement plus avantageux. L'enroulement de couches présentant des surépaisseurs sur les cylindres-format provoque un certain tassement de la hauteur des bourrelets. On peut cependant obtenir, par un réglage convenable d'une part de la pression exercée par le cylindre-format, et, d'autre part, de la densité et de la pression de la pâte déposée par les injecteurs 7, des surépaisseurs supérieures à 1 mm pour une épaisseur courante de plaque de l'ordre de 6 mm. L'invention permet ainsi de réaliser des plaques d'amianteciment à épaisseur constante ou non et possédant des propriétés mécaniques variables suivant leur largeur. On peut aisément adapter l'invention au cas de machines dites à alimentation positive, dans lesquelles la lotion est déposée directement sur le feutre, sans utilisation de tamis. Une telle machine est représentée schématiquement et partiellement à la Fig. 12. La lotion est amenée,par un conduit 22, dans une cuve 23, et des agitateurs 24 la déposent sur un feutre sans fin 25 à mouvement continu. La monocouche déposée passe sous un rouleau 26, qui égalise son épaisseur, puis sur un poste d'égouttage 27, avant d'être, comme précédemment, essorée dans des boîtes à vides et enroulée sur un cylindre-format (non représentés). On dispose deux injecteurs 7 à la sortie de la cuve 23 et en amont du rouleau 26, à l'aplomb des bords latéraux du feutre. Si l'on veut que le renforcement se fasse sans surépaissueur, on limite latéralement l'arrivée de la lotion par des cloisons dont il convient, là encore, qu'elles réservent une place suffisante, entre leurs tranches et le feutre, de façon qu'une couche de pâte principale puisse se déposer sur le feutre en débordant légèrement à l'extérieur des cloisons; la couche produite à l'extérieur de ces cloisons est alors limitée à celle déposée par les injecteurs et se raccorde à la monocouche centrale. Si, par contre, on désire obtenir un renforcement en surépaisseur, la pâte de renfort est déposée par les injecteurs directement sur la monocouche déjà produite, avant passage sous le rouleau 26 et aux endroits souhaités, en particulier sur les bords, et, dans ce cas, la surépaisseur subsiste même après le passage sous le rouleau 26. Dans l'un et l'autre cas, la monocouche, avec son renfort, surépaissi ou non, passant sur les rouleaux égoutteurs et sur les caisses à vide, se présente au niveau du cylindre-format dans de bonnes conditions de formation, si le réglage de l'essorage est bien fait. Par ailleurs, comme on l'a vu plus haut dans l'application de l'invention aux machines à cuve, il est possible d'orienter les fibres par inclinaison des injecteurs; on peut bien entendu également disposer un nombre quelconque d'injecteurs sur la largeur du feutre et obtenir ainsi des plaques analogues à celles de la Fig. 10. Le mode de renforcement suivant l'invention, quelle qu'en soit l'application, c'est-à-dire en alimentation négative ou en alimentation positive, est intéressant en ce que l'apport étant fait juste avant, ou juste après le dépit de la monocouche classique, la pâte de renfort fait immédiatement corps avec la monocouche, les fibres s'enchevêtrant plus ou moins sous l'effet des différentes pressions auxquelles se trouve soumise par la suite la nappe et par ailleurs, cet apport se faisant avant tout essorage, il y a homogénéité totale de la nappe obtenue, au point de vue teneur en eau, au moment où celle-ci arrive au cylindreformat en vue de son enroulement. RhaVENDICATIONS 1. Procédé de formation d'une nappe d'amiante-ciment ou autre matière fibreuse présentant des bandes longitudinales renforcées, caractérisé en ce que l'on dépose sur un support mobile d'une part,sur au moins la largeur des zones autres que les bandes à renforcer, une pâte principale composée de ladite matière fibreuse et d'un liant hydraulique, d'autre part, sur la largeur des bandes à renforcer, une pâte de renfort composée de ladite matière fibreuse et dudit liant hydraulique, les deux pâtes déposées étant ensuite simultanément égouttées et essorées. 2. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que l'on ne dépose la pâte principale sur le support que sur les zones autres que les bandes à renforcer et sur des zones adjacentes étroites de ces dernières. 3. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que l'on dépose la pâte principale sur le support sur toute la largeur de la nappe. 4. Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que l'on dépose sur le support la pâte principale, puis la pâte de renfort. 5. Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que l'on dépose sur le support la pâte de renfort, puis la pâte principale. 6. Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que la seconde pâte est enrichie par rapport à la première, par sa teneur en fibres, la qualité de ses fibres et/ou sa densité. 7. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que ladite matière fibreuse est de l'amianteciment, ledit liant hydraulique étant de l'eau. 8. Machine pour la mise en oeuvre d'un procédé suivant la revendication 1, du type comprenant un support mobile, des moyens pour déposer ladite pâte principale sur ce support et un dispositif d'égouttage et d'essorage disposé en aval de ces derniers, caractérisée en ce qu'elle comprend pour chaque bande à renforcer un injecteur (7) relié à un réservoir contenant ladite pâte de renfort (14a) et présentant une ouverture de sortie disposée en amont du dispositif d'égouttage et d'essorage et au voisinage de la surface dudit support (2, 25) destinée à recevoir la pâte principale (14),cette ouverture c s'étendant à peu près sur toute la largeur de ladite bande a renforcer. 9. Machine suivant la revendication 8, caractérisée en ce qutil est prévu des cloisons (11) perpendiculaires au support (2, 25) et ménageant un espace entre elles et ce support, ces cloisons étant disposées au droit des lignes limitant transversalement les bandes à renforcer et les moyens (la, 23- 24) pour déposer ladite pâte principale étant prévus essentiellement entre ces bandes. 10. Machine suivant l'une quelconque des revendications 8 et 9, caractérisée en ce que, dans le cas où ledit support est un tamis cylindrique monté rotatif dans une cuve, lesdits moyens pour déposer la pâbe principale comprenant des moyens (la) pour introduire cette pâte dans la cuve à l'extérieur de ce tamis, les injecteurs (7) sont disposés au-dessus du niveau de cette pâte (14), du côté où le tamis (2) pénètre dans cette dernière. 11. Machine suivant l'une quelconque des revendications 8 et 9, caractérisée en ce que, dans le cas où ledit support est un feutre, les injecteurs (7) sont disposés en aval desdits moyens (23-24) pour déposer la pâte principale sur ce feutre (25). 12. Machine suivant l'une quelconque des revendications 8 à 11, caractérisée en ce que les positions des ouvertures de sortie (9-) des injecteurs (7) par rapport au support (2, 25) sont réglables.