Ligament ou tendon prothétique, et procédés de fabrication de ceuxci. La présente invention concerne un ligament ou tendon prothétique en fibres d'un matériau biodégradable, muni d'un revêtement également biodégradable, et induisant la formation d'un tissu fibroconjonctif de remplacement. Elle s'étend également à des procédés de fabrication de ceux-ci. On a déjà tenté de remplacer les ligaments ou tendons naturels gravement endommagés par des ligaments ou tendons entièrement prothétiques. Les ligaments ou tendons entièrement prothétiques, non biodégradables, notamment en fils d'acier inoxydable ou de polyester revêtus de silicone, en polyéthylène, n'ont pas donné de résultats satisfaisants de façon durable. On a aussi proposé de remplacer ces ligaments ou tendons naturels par des ligaments ou tendons en fibres d'un matériau biodégradable, notamment des fibres de carbone, revêtues d'un matériau non biodégradable, tel que le pyrocarbone, ou biodégradable, tel que l'acide polylactique, et permettant une réhabitation par du tissu conjonctif, d'où la formation d'un néo-ligament ou néo-tendon. Ces ligaments ou tendons présentent une fragilité mécanique dans la phase initiale précédant la formation du tissu conjonctif de remplacement. En effet, après fixation et mise en tension, le ligament ou tendon prothétique vient frotter contre les surfaces articulaires et les parties osseuses, et peut se dégrader par abrasion. La présente invention a pour but de remédier à cette fragilité initiale, et de procurer un ligament ou tendon synthétique qui résiste à une abrasion par les surfaces articulaires ou osseuses avec lesquelles il vient en contact, et qui induise rapidement la formation d'un tissu conjonctif de remplacement reformant un nouveau ligament ou tendon dont les caractéristiques mécaniques, notamment la résistance et l'allongement à la rupture, soient proches de celles du ligament ou du tendon naturel. Le ligament ou tendon prothétique selon l'invention est caractérisé en ce que le revêtement biodégradable de ses fibres est formé au moins en partie de collagène. Il répond en outre de préférence à au moins l'une des caractéristiques suivantes - Ses fibres sont en carbone. - Les fibres de carbone ont un diamètre d'environ 7 microns et sont groupées en tresses d'environ 10000 fibres. - Ses fibres sont en soie naturelle. - L'épaisseur du revetement de collagène est comprise entre 5 microns et 3 mm. L'invention s'étend en outre à des procédés de fabrication de ces ligaments ou tendons prothétiques. Selon un premier procédé, on prépare des tresses de fibres de matériau biodégradable, les revêt au moins une fois d'une couche de collagène, sèche celle-ci, puis effectue le toronnage des tresses revêtues de collagène. Selon un autre procédé, on toronne ensemble des tresses de fibres de matériau biodégradable, revêt le faisceau des tresses au moins une fois d'une couche de collagène, puis sèche celle-ci. On effectue de préférence le séchage de la couche de collagène par lyophilisation. Bien que l'invention ne soit pas limitée à un mécanisme particulier de formation du néo-ligament ou néo-tendon, il semble que les fibres de matériau biodégradable induisent la formation de tissu conjonctif tout en se fragmentant, chaque fragment de fibre produisant lui-même une réaction tissulaire d'enrobage par du tissu conjonctif. En fin de compte, le tissu naturel du ligament ou tendon initial se reconstitue, cependant que les fibres de matériau biodégradable se résorbent. La croissance de tissu conjonctif nta par contre pas lieu lorsque les fibres sont revetus d'un matériau non poreux ou peu poreux, par exemple avec des fibres de carbone revêtues de pyrocarbone. Le collagène s'obtient de façon connue à partir de collagène d'origine animale, notamment de bovins. On peut éventuellement l'additionner d'un autre matériau biodégradable, par exemple d'acide polylac tique. L'invention s'applique notamment chez l'homme â la réparation des ligaments latéraux et croisés du genou, du ligament latéral externe de la cheville, du tendon d'Achille, des ligaments de l'articulation acromio-claviculaire. Elle s'applique également à la réparation de ligaments ou tendons chez l'animal. REVENDICATIONS 1/ Ligament ou tendon prothétique en fibres d'un matériau biodégradable muni d'un revêtement également biodégradable, et induisant la formation d'un tissu conjonctif de remplacement, caractérisé en ce que le revêtement biodégradable est formé au moins en partie de collagène. 2/ Ligament ou tendon prothétique selon la revendication 1, caractérisé en ce que ses fibres sont en carbone. 3/ Ligament ou tendon prothétique selon la revendication 2, caractérisé en ce que les fibres de carbone ont un diamètre d'environ 7 microns et sont groupées en tresses d'environ 10000 fibres. 4/ Ligament ou tendon prothétique selon la revendication 1, caractérisé en ce que ses fibres sont en soie naturelle. 5/ Ligament ou tendon prothétique selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que l'épaisseur du revêtement de collagène est comprise entre 0,2 et 5 mm. 6/ Procédé de fabrication d'un ligament ou tendon prothétique selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on prépare des tresses de fibres de matériau biodégradable, les revêt au moins une fois d'une couche de collagène, sèche celle-ei , puis effectue le toronnage des tresses revêtues de collagène. 7/ Procédé de fabrication d'un ligament ou tendon prothétique selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on toronne ensemble des tresses de fibres de matériau biodégradable, revêt le faisceau des tresses au moins une fois d'une couche de collagène, puis sèche celle-ci. 8/ Procédé selon les revendications 6 ou 7, caractérisé en ce que l'on effectue le séchage de la couche de collagène par lyophilisation.