La présente invention concerne un procédé de conditionnement micro-biologique de matières d'origine végétale pecto-ligno celiuiosiques fragmentées, notamment du bois, en milieu solide, en vue principalement de leur écorçage et/ou de leur agglomération à des fins diverses. Elle concerne plus particulièrement un procédé de conditionnement de matières telles que bois,-feuillages, plantes, produits forestiers tels que plaquettes et chips, déchets forestiers, déchets agricoles et industriels tels que bagasse, sciures et copeaux, résidus urbains et industriels, etc. L'agglomération de telles matières peut intéresser directement ou indirectement la fabrication de produits divers tels que panneaux de fibres ou de particules, objets moulés, éléments de construction finis ou semi-finis, papiers et cartons, produits agroalimentaires, briquettes combustibles pour le chauffage ou la métallurgie, etc. En général, trois opérations fondamentales physiques interviennent successivement dans le processus de telles fabrications: 1 - Fragmentation en un ou plusieurs stades pour obtenir la granulométrie désirée. 2 - Séchage pour ramener l'humidité à un taux convenable. 3 - Agglomération sous pression. Dans ces processus de fabrication, on a depuis longtemps pensé à introduire, en milieu solide, une phase d'activité microbiologique dite de fermentation, ce terme couvrant aussi bien les réactions de fermentation anaérobie que celles d'oxydation aérobie. On connaRt de nombreux procédés ayant pour objet d'utiliser cette énergie biologique disponible afin de faciliter une ou plusieurs des opérations de fabrication - soit la fragmentation, par réactions de dégradation de la structure pecto-ligno-cellulosique, - soit le séchage, par réactions exothermiques de déshydratation, - soit l'agglomération, par formation de composants de liants. Parmi ces procédés, les plus nombreux utilisent, en milieu solide, une fermentation naturelle laissant au hasard les conditions du développement sauvage des microorganismes présents non identifiés, spécifiques ou non du résultat recherché. Comme procédés utilisant une telle fermentation naturelle,on peut citer le brevet US 1 534 236 décrivant un procédé de traitement de la paille par fermentation en vue de la fabrication du papier, le brevet US ? 382 568 décrivant un procédé de traitement d'Eichhornia crassipes en vue de la fabrication de produits moulés et comprenant un stade de fermentation de la plante, le brevet FR. 2 253 125 décrivant un procédé de séparation de l'écorce des copeaux de bois en vue de la fabrication de pâte à papier, ainsi que le brevet FR. 2 307 866 décrivant un procédé de fabrication de briquettes combustibles, mettant en oeuvre des opérations de fermentation et de pulvérisation combinées. Certains documents font état d'un ensemencement par des microorganismes. Cependant, généralement, les microorganismes ne sont pas identifiés. On peut citer à ce propos le brevet G.B. 503 770 décrivant la déshydratation de la tourbe en vue de la fabrication de briquettes combustibles et comprenant deux stades de fermentations avec des microorganismes non identifiés, ainsi que le brevet FR. 1 057 791 décrivant un procédé de fabrication de pièces moulées à partir de déchets de bois, qui comprend un stade de fermentation naturelle éventuellement activée par des ensemencements non identifiés. A la connaissance du demandeur, seul le brevet'FR.2 154 411 décrit un procédé mettant en oeuvre un ensemencement spécifique. Ce procédé concerne toutefois un ensemencement en milieu liquide. La présente invention vise à fournir un procédé de conditionnement de matières d'origine végétale pecto-ligno-cellulosique frag;nentées en milieu solide à l'aide de microorganismes spécifiques dans des conditions optimales de fermentation permettant d'obtenir dans le minimum de temps les réactions biochimiques les plus favorables pour la fragmentation et/ou le séchage. La présente invention vise ainsi à fournir un procédé utilisable à l'échelle industrielle qui permette de réduire au minimum le temps de fermentation, temps qui est un élément essentiel du prix de revient du procédé, une diminution de ce temps permettant de réduire la taille des installations et la quantité de matière immobilisée dans le circuit de fabrication. Un tel objectif n'était nullement visé par la technique antérieure. La présente invention a ainsi pour objet un procédé de conditionnement de matières d'origine végétale pecto-ligno cellulosiques fragmentées, en milieu solide, à l'aide de réactions biochimiques exothermiques mettant en oeuvre des microorganismes aérobies ou anaérobies facultatifs, caractérisé en ce qu'on effectue un ensemencement avec au moins un inoculum d'une souche de microorganismes spécifiques, on introduit les matières végétales ensemencées dans un fermenteur et on contrôle la fermentation des matières végétales ensemencées en faisant circuler de l'air à travers les matières végétales ensemencées à un débit tel que l'on maintienne au sein des matières végétales la température optimale de croissance de la souche spécifique d'ensemencement. Cette régulation du débit d'air peut être avantageusement commandée par la différence entre les températures d'entrée et de sortie de l'air circulant dans le fermenteur. Si nécessaire, on peut, dans une phase initiale, atteindre plus rapidement la température optimale de croissance en réchauffant l'air devant circuler à travers les matières végétales ensemencées. A cet effet, on peut utiliser l'air provenant d'un appareil de séchage utilisé dans une opération ultérieure possible du procédé de conditionnement. Selon un mode de réalisation préféré e la présente invention, l'inoculum utilisé pour l'ensemencement est lui-même préparé, en opérant comme pour le procédé principal de conditionnement, dans un réacteur, par culture de la souche sur un substrat prélevé dans le procédé de conditionnement des matières végétales. Ainsi, ce substrat fragmenté est de préférence constitué des mêmes matières végétalesqueles matières à conditionner. I1 peut avoir subi ou non la ou les fermentations principales et, en outre, être prélevé après une opération de séchage à température relativement élevée qui provoque une stérilisation du substrat. Comme indiqué ci-dessus, l'inoculum est préparé en opérant comme pour le procédé de conditionnement principal, c'est-àdire en contrôlant la fermentation dans le réacteur par circulation d'air à travers le substrat ensemencé, de façon à maintenir la température optimale de croissance de la souche. Selon un mode préféré de réalisation de la présente invention, on effectue un ensemencement des matières végétales avec un inoculum d'au moins une souche de microorganismes essentiellement pectinolytiques, on introduit les matières végétales ensemencées dans un premier fermenteur, on contrôle la première fermentation des matières végétales ensemencées en faisant circuler de l'air à travers les matières végétales ensemencées à un débit tel que l'on maintienne au sein des matières végétales la température optimale de croissance de la souche de l'inoculum et, après fermentation, on soumet les matières végétales à une fragmentation plus poussée. L'inoculum peut en outre comprendre au moins une souche de microorganismes cellulolytiques. L'utilisation de ces souches favorise notamment la fragmentation, ainsi que l'homogénéisation des matières traitées. On peut également effectuer avantageusement en plus un ensemencement avec un deuxième inoculum d'au moins une souche de microorganismes ayant une action oxydative de déshydratation. On introduit les matières végétales ayant subi une fragmentation plus poussée dans un dernier fermenteur, on contrôle la dernière fermentation des matières végétales ensemencées en faisant circuler de l'air à travers les matières végétales à un débit tel que l'on maintienne au sein des matières végétales la température optimale de croissance de la souche du dernier inoculum et, après fermentation, on soumet les matières végétales partiellement déshydratées à un séchage. L'ensemencement avec ce deuxième inoculum peut etre effectué, soit en même temps que le premier, soit après l'opération de fragmentation plus poussée. L'utilisation d'une telle souche à action oxydative de déshydratation permet d'économiser une partie substantielle de l'énergie nécessaire au séchage ultérieur. On peut également effectuer avantageusement en plus un ensemencement avec un troisième inoculum d'au moins une souche de microorganismes pectinolytiques, cellulolytiques ou lignolytiques assurant la formation de composants de liants polymérisables et,'ou d'éléments utiles à l'agglomération et à la qualité du produit final. L'ensemencement avec de telles souches permet ainsi d'ob- tenir des constituants chimiques utiles pour une agglomération ultérieure ou la qualité technique du produit final. Les constituants composants de liants peuvent le cas échéant, être complétés après la fermentation notamment par un agent de polymérisation susceptible de se copolymériser avec les composants de liants formés ou de les réticuler et donc d'insolubiliser les composants de liants formés, rendant ainsi le matériau résistant à l'eau. A cet effet, on peut utiliser par exemple llépichlorhydrine. Selon un mode particulier de réalisation dé l'invention, on effectue un ensemencement avec un inoculum d1au moins une souche mésophile et avec un inoculum d'au moins une souche thermophile et par réglage du débit d'air on maintient, dans un premier stade, la température optimale de croissance de la souche mésophile et, dans un deuxième stade, la température optimale de croissance de la souche thermophile. C'est ainsi que l'on peut utiliser notamment un premier inoculum d'une souche ayant une activité pectinolytique de type mésophile et un deuxième inoculum d'une souche ayant une action oxydative de type thermophile et effectuer une première fermentation dans un premier fermenteur avec un débit d'air tel que l'on maintienne la température optimale de croissan-ce de la souche du premier inoculum, soumettre les matières végétales à une fragmentation plus poussée, effectuer une seconde fermentation dans un deuxième fermenteur avec un débit d'air tel que lion maintienne la température optimale de croissance de la souche du deuxième inoculum et soumettre les matières végétales ainsi traitées à un séchage final. D'autres éléments, buts et avantages ressortiront des considérations et descriptions ci-après, relatives aux dispositions caractérisant le procédé suivant l'invention. Préalablement, il convient de rappeler certains faits connus pris en considération dans le procédé selon l'invention. En dehors de certains autres éléments (pH, taux d'humidité, facteurs de croissance, saturation du milieu), la température est un paramètre essentiel du développement des processus biologiques et de l'activité des enzymes catalysant les réactions biochimiques de fermentation recherchées. Pour chaque microorganisme (bactérie, actinomycète ou champignon) existe une courbe du taux de croissance en fonction de la température. Cette courbe comprend une croissance de type exponentiel, atteint un maximum relativement aplati correspondant à la température optimale de croissance, puis chute brutalement jusqu'à s'annuler à la température limite. Au-dessus de celle-ci, le temps de survie est limité en fonction de la température atteinte. Au sens de la présente invention, on désigne par température optimale de croissance non seulement la température optimale au sens strict correspondant au maximum, mais également une gamme de température en général d'environ 100C, autour de ce maximum, qui correspond sensiblement au même taux de croissance que celui du maximum. La température optimale de croissance est généralement comprise entre 25 et 400C pour les microorganismes mésophiles et 45 et 650C pour les thermophiles. Toutes les réactions biochimiques du domaine de l'inven- tion ont une résultante énergétique exothermique tendant à élever la température du milieu. Comme cela a été indiqué précédemment, deux éléments essentiels du procédé sont les conditions de fermentation et l'utilisation de microorganismes spécifiques. 1) Les conditions de fermentation Pour maintenir la température optimale de croissance des microorganismes dans le milieu solide qui est le siège de réactions biochimiques exothermiques, une circulation d'air est prévue à travers ce milieu. Tout en remplissant le rôle d'apporteur d'oxygène nécessaire aux microorganismes aérobies et aux réactions d'oxydation, l'air mis en circulation assure l'évacuation de la chaleur en excès et une homogénéisation de température proche de la température optimale.A cet effets le débit de cet air peut être réglé en fonction de ses températures d'entrée et de sortie du milieu, lequel peut éventuellement être agité. La circulation d'air peut être naturelle ou forcée par ventilateur. Cet air peut être recyclé après mélange avec de l'air frais ou des gaz prélevés avant ou après un appareil de séchage. Si nécessaire, en cas de température extérieure trop élevée, un abaissement de température peut être prévu par humidification de l'air frais à l'entrée. Le milieu est maintenu en couche mince (10 à 20 cm) en cas de circulation d'air naturelle et plus épaisse en cas de circulation forcée. Des réalisations diverses peuvent etre conçues, par exemple sur grillss,en siloaen tunnelssen cellules,en cylindre vertical,kiclînéou horizontal, fixe ou tournant, à simple ou double parois avec arrivée d'air étayée, centrale ou périphérique, avec agitation du milieu par vis sans fin, channe à godets, tapis roulant, etc. 2) L'utilisation de microorganismes spécifiques Ceux-ci > dont les souches identifiées sont sélectionnées en laboratoire sont aérobies ou anaérobies facultatifs. Les espèces sont choisies en fonction de la matière à traiter et du but recherché, pour assurer une ou plusieurs des actions biochimiques suivantes A - Dégradation des hemi-celluloses et matières pectiques qui jouent le rôle de ciment de la cellulose ét de la lignine à conserver autant que possible. On obtient ainsi une destruction des assises génératrices situées sous l'écorce du bois et un défibrage des chaînes cellulosiques qui apportent un ou plusieurs des avantages suivants: - Une économie de l'énergie mécanique nécessaire à la séparation de l'écorce et du bois et/ou à la fragmentation finale ainsi qu'une meilleure tenue en service du matériel utilisé. - Une homogénéisation de la matière traitée qui peut être de nature et d'origine différentes et variables. - Une meilleure pénétration calorifique dans la matiere pour l'évacuation de l'humidité existant sous forme d'eau libre et d'eau liée aux particules colloidales, ce qui permet une économie de l'énergie thermique nécessaire au séchage. - Une amélioration et une économie dans l'opération d'agglomération résultant de la possibilité d'orientation des fibres et de l'action de feutrage. A cet effet, les microorganismes sélectionnés sont des microorganismes d'action essentiellement pectinolytique. On peut aussi utiliser des microorganismes cellulolytiques permettant d'obtenir des protéines et du glueose à partir de déchets cellulosiques. B - Déshydratation de la matière fragmentée par échau- fement maximum résultant des réactions biochimiques exothermiques. On obtient ainsi une économie de l'énergie thermique nécessaire au séchage pour ramener à une valeur convenable le taux d'humidité du produit. A cet effet, on recherche des réactions oxydatives avec formation de CO2à partir d'oxygène atmosphérique fourni par l'air circulant à travers le milieu suivant les conditions indiquées ci-dessus pour la fermentation. Cette action intervenant en dernier, on peut sélectionner des microorganismes thermophiles dont la température optimale de croissance est de 45 à 65"C. On règle en conséquence la température du milieu par l'air en circulation. Il en résulte un ralentIssement ou une desvraction des microorganismes précédents d'action pectinolytique et mésophile dont les produits sont utiles au métabolisme des thermophiles. C - Formation, à partir de réactions pectinolytiques, cellulolytiques, ou ligninolytiques, de produits chimiques favorables - à l'opération d'agglomération (liants ou composants de liants polymérisables insolubles), - et/ou à la qualité du produit fini (caractéristiques techniques, protection contre des éléments extérieurs : humidité, feu, insectes, etc .), - et/ou aux caractéristiques intéressant la combustion, pour les produits combustibles destinés au chauffage ou à la métallurgie. A titre d'exemple, sont indiqués ci-après quelques microorganismes aérobies ou anaérobies facultatifs qui peuvent être utilisés dans le procédé: bactéries (B), actinonycètes (A) ou champignons (C) identifiés dans le catalogue ATCC (American Type Culture Collection) édition 1978. Inoculés ensemble ou séparément, ils peuvent assurer les réactions biochimiques recherchées pour les phases de fermentation décrites ci-dessus. Pour chacun d'eux se trouve indiquée la température optimale de croissance (t) qui constitue un élément de contrôle du procédé suivant l'invention. I - Fermentation primaire a) Microorganismes mésophiles, action de dégradation essentiellement pectinolytique - Flavobacterium aquatile (B) aTCC 8357 : t = 300C - Ervinia salicis (B) ATCC 15712 : t = 26cC - AH : 6,5 - Ervinia chrysantemis (B) ATCC 11 662 : t = 260c - pH : 6,5 - Myxococus coralloides (B) ATCC 25 202 : t = 26 à 300C - pH : 7 à 7,5 b) Microorganismes cellulolytiques - Cellulomonas (B) : t = 300C - pH : 7 - Trichoderma (C), dont une souche thermophile est citée ci-après II - Fermentation finale Thermophiles, action de déshydratation - Bacillus subtilis (B) (dégradant pectine et polysaccharides) ATCC 82 : t = 500C - pH : 5,5 à 8,5 - Bacillus stearothermophilus (B) ATCC 12 980 : t = 550C - pH : plus de 5 - Thermoactinomyces Vulgaris (A) ATCC 15 733 : t = 500C - pH 7,5 à 7,8 - Streptomyces thermoviolaceus (A) ATCC 19 283 : t = 500C - pH : 6 à 8 - Thermomonospora viridis (A) ATCC 15 396 : t = 50 C - Trichoderma viride Q M 9414 (C) : t = 50 à 65 C - pH : 4,8 - Thermoactinomyces species (A) ATCC 14 171 : t = 500C - pH : 7,5 à 7,8 III - Fermentation intermédiaire (Mésophiles, formation de composants liants à partir de réactions pectinolytiques, cellulolytiques ou ligninolytiques) - Rhizopus nigricans (C) (produisant de l'avide fumarique constituant des résines polyesters) ATCC 24 795 : t = 300C - pH : 5 à 6 - Aspergillus terreus (C) (produisant de l'acide itaconique constituant des résines thermo durcissables) ATCC 10 020 : t = 300C - pH : 6 - Aspergillus itaconicus (C) ATCC 1021 : t = 30 à 55 C - pH : 5 à 6 - Candida hydrocarbofumarica (C) ATCC 28 532 : t = 30 C - pH : 5 à 6 (avec NaOH) - Polypurus palustrus (C) (produisant de l'acide formique) ATCC 26 013 t = 280C En cas de formation d'un liant soluble, on peut obtenir l'insolubilisation de celui-ci par addition d'un agent de polymérisation peu coûteux, assurant la copolymérisation (en général polycondensation) ou le pontage moléculaire nécessaire, par exemple l'épichlorhydrine. Pour la mise en oeuvre du procédé selon l'invention, on utilise un ou plusieurs réacteurs de culture d'inoculum et un ou plusieurs fermenteurs. 1 - Le réacteur de culture de l'inoculum La nature de la matière traitée peut varier et être soumise aux réactions complexes résultant des potentiels métaboliques différents des espèces microbiennes présentes. Pour que l'inoculation soit efficace et homogène, il faut que celle-ci soit faite largement pour un développement rapide supplantant celui des microorganismes inutiles ou indésirables. On utilise de préférence une quantité d'inoculum égale à 5 à 15 ffi du poids de la matière traitée. Pour faciliter l'adaptation et le développement des souches sélectionnées dans le réacteur, le substrat utilisé est prélevé sur le circuit de fabrication, de préférence après fragmentation finale et, de préférence après une opération de séchage pour rendre le substrat relativement stérile. Le circuit de fabrication peut ainsi être périodiquement utilisé spécialement pour constituer une réserve de substrat pour l'alimentation du réacteur. Avant introduction au réacteur, le substrat peut être mélangé à des éléments constitutifs complémentaires des microorganismes (facteurs de croissance et sels minéraux) et amené aux taux de de pH et d'humidité convenables. L'ensemencement du substrat entrant dans le réacteur se fait en le mélangeant intimement avec une quantité égale d'inoculum sortant du réacteur pour être dirigé vers le circuit de fabrication. La quantité d'inoculum absorbée par ce circuit est compensée par une quantité sensiblement égale de substrat entrant dans le réacteur. Le temps de séjour du substrat dans le réacteur doit permettre sa transformation en inoculum avec une concentration convenable en biomasse spécifique. Une réalisation simplifiée statique consiste à disposer sur une surface couverte un certain nombre de cellules dispo sées linéairement ou circulairement. On prévoit un nombre de cellules au moins égal au nombre de jours nécessaires à la transformation du substrat en inoculum. Chaque cellule est prévue pour contenir une quantité d'inoculum sensiblement double de celle distribuée journellement au circuit de fabrication. La quantité restante d'inoculum est mélangée à une quantité égale de substrat et réintroduite dans la cellule où ce mélange séjourne jusqu'à ce que se termine le cycle d'alimentation se déplaçant journellement de cellule en cellule. Des réalisations dynamiques plus élaborées peuvent être conçues prévoyant un déplacement continu du mélange de substrat et d'inoculum. La culture de plusieurs souches de microorganismes spécifiques différents peut être prévue simultanément dans le même réacteur ou dans des réacteurs indépendants. 2 - Les fermenteurs Généralement, deux fermenteurs sont disposés sur le circuit de fabrication et reçoivent le mélange intime de la matière à traiter avec l'inooulum. Le temps nécessaire au conditionnement microbiologique, soit 12 à 24 heures, détermine les dimensions et dispositions des fermenteurs en fonction de la quantité à traiter. Le premier fermenteur reçoit la matière à traiter ayant subi un conditionnement mécanique primaire par déchiqueteur ou fragmenteur, séparateur magnétique et tamis, éliminant les éléments de dimensions trop importantes et les corps étrangers. L'alimentation du circuit de fabrication peut être faite avec u.l mélange de matières d'origines diverses. Ce mélange peut être proportionné pour obtenir un taux d'humiditsé moyen, d'environ 50 %, nécessaire au développement convenable des réactions biochimiques. Eventuellement, il est procédé à une humidification additionnelle pour maintenir l'humidité entre 30 et 60 ss en poids par rapport au poids des matières végétales sèches. Ce premier fermenteur est disposé immédiatement avant le fragmenteur final et assure les réactions biochimiques de dégradation des hemi-celluloses et matières pectiques. Ce fermenteur peut être utilisé périodiquement pour revoir séparément les plaquettes de bois ou chips et assurer spécialement la séparation de l'écorce et du bois, laquelle est achevée physiquement à la sortie du fermenteur par séparateur pneumatique ou balistique par exemple. Le bois écorcé peut alors être dirigé vers des utilisations plus rémunératrices: papier, produits agro-alimentaires, etc. et l'écorce séparée peut être réintroduite dans le premier fermenteur. Le dernier fermenteur est placé immédiatement avant un séchoir et reçoit la matière à traiter ayant subi et déstructuration et fragmentation finale. Ce fermenteur assure les réactions biochimiques oxydatives de déshydratation. I1 peut également assurer préalablement les réactions de formation de produits favorables à l'agglomération et à la qualité du produit fini, à moins qu'un fermenteur intermédiaire ait été spécialement prévu à cet effet. L'alimentation des fermenteurs peut être faite en continu ou par intermittence. Les introductions d'inoculum relatif à la fonction de chacun des fermenteurs peut ëtre effectuée globalement dans le premier ou séparément avant l'entrée dans chacun d'eux. Après le dernier fermenteur interviennent les opérations classiques de séchage, puis d'agglomération de la matière pulvérulente déstructurée et déshydratée. Pour illustrer la mise en oeuvre du procédé selon l'invention, on a représenté sur les figures 1 et 2 deux formes de réalisation de chambres de fermentation utilisables comme réacteur de culture d'inoculum, ou comme fermenteur, de la matière à conditionner suivant l'invention et, sur la fig. 3, un schéma d'un circuit de fabrication de panneaux de particules mettant en oeuvre le procédé selon l'invention. La fig. 1 représente un appareil de fermentation. La chambre de fermentation est constituée par une cellule maçonnée 2 à grille inclinée 3 supportant le talus de matière à traiter 1, qui est introduite à l'aide d'un chouleur, après mélange avec I tinoculum. Un couvercle rabattable 1 permet, en position haute. le travail du chouleur tandis que, en position basse, il isole la chambre de fermentation. L'air, dont la circulation est assurée par le ventilateur 5, débouche sous la grille de la chambre fermée 6, munie d'une porte d'accès 7, traverse la grille 3, puis la matière à traiter 1, et est évacuée par la cheminée 8. L'utilisation de la grille inclinée permet ainsi une distribution d'air à différents niveaux et donc de limiter l'épaisseur des matières végétales traversées par l'air. Un thermomètre rétractable 9 permet de vérifier la température du milieu dépendant des températures indiquées aux thermomètres d'entrée 10 et de sortie 11 de l'air dont le débit est réglé en conséquence par le registre 12. La fig. 2 représente un appareil de fermentation perfectionné à alimentation continue. La matière à traiter 1 est préalablement dosée et mélangée avec l'inoculum par les dispositifs d'alimentation automatique 13 et 14 (mécaniques ou pneumatiques) qui maintiennent remplie la chambre de fermentation à travers laquelle cette matière s'écoule en y séjournant le temps nécessaire. La chambre de fermentation est constituée par un silo vertical biconique 15, dont la partie supérieure comporte des orifices latéraux de sortie d'air 16 débouchant dans un collecteur d'évacuation à double paroi 17 muni d'une cheminée d'évacuation 18. Un arbre central tourant creux 19, fermé à son extrémité supérieure, comporte des orifices de distribution d'air 20 sur toute sa hauteur et des bras 21 d'agitation du milieu. Cet arbre, guidé par les paliers supérieur 22 et inférieur 23 sur lequel il repose par la sole tournante 24 dont il est solidaire, est relié à une chambre d'arrivée d'air 25. Les bras 21 peuvent être constitués par des pales hélicotdales dont l'extrémité libre est plus haute que l'extrémité fixée à l'arbre pour réduire le tassement du milieu. La sole tournante 24, commandée par le moteur à vitesse variable 26, assure, par le racleur 27, l'écoulement de la matière fermentée déversée sur le tapis roulant 28 d'évacuation. L'air, dont la circulation est assurée par le ventilateur 29, traverse la chambre d'arrivée d'air 25, l'arbre creux 19 et ses orifices de distribution 20, le milieu agité en fermentation 1, les orifices de sortie 16, le collecteur d'évacuation 17 et est évacué par la cheminée 18. Deux thermomètres 30 et 31 contrôlent la température du milieu dépendant des températures, indiquées aux thermomètres d'entrée 32 et de sortie 33, de l'air dont le débit est contrôlé en conséquence par le registre 34 éventuellement commandé automatiquement. Sur l'aspiration 35 du ventilateur 29 peut être prévue une arrivée réglable par registre 36 recevant un recyclage partiel de l'air provenant du piquage 37 prévu sur la cheminée 18 et/ou une arrivée de gaz 38, prélevé avant ou après le séchoir, et/ou une arrivée d'air frais humidifié 39. Cet air humidifié peut être utilisé pour régler le degré d'humidité dans le fermenteur. I1 peut en outre contenir des substances telles que des bases ou des acides pour régler le pH, des sels minéraux ou des oligoéléments favorisant les réactions biochimiques, qui peuvent ainsi être introduites au sein des matières végétales en cours de fermentation. La fig. 3 représente schématiquement, à titre d'exemple, l'application du procédé suivant l'invention, à un circuit de fabrication de panneaux de particules. La matière première, suivant sa provenance, est stockée à son arrivée en tas distincts 1A, 1B, 1C, avec un tas spécial séparé 1D, pour les tablettes ou chips (copeaux non écorcés) qui sont traités séparément et dont les écorces sont restockées en 1E. Avant d'être introduites dans le circuit de fabrication, ces matières convenablement mélangées traversent un conditionneur mécanique primaire 40 constitué par un déchiqueteur ou fragmenteur, un séparateur magnétique et un tamis. Cet ensemble réglable élimine les éléments de dimensions trop importantes, qui seront recyclés, et les corps étrangers. Pour la mise en oeuvre du procédé selon l'invention, sont prévus a) les réacteurs d'inoculum 41 A, 41 B, 41 C, avec leurs dispositifs doseurs mélangeurs d'entrée 42 A, 42 B, 42 C, et leur réserve d'alimentation 43; b) les fermenteurs 44 A, 44 B, 44 C, et leurs dispositifs doseurs mélangeurs d'entrée 45 A, 45 B, 45 C. Aussitôt après le premier fermenteur 44 A, se trouve un conditionneur mécanique secondaire ou fragmenteur final 46 constitué par un pulvérisateur, à marteaux par exemple, qui ramène les particules à un dimensionnement maximum (0,2 à 0,5 mm) et homogénéise leur mélange. Aussitôt après le dernier fermenteur 44 C, se trouve le séchoir 47, du type vertical à suspension par exemple, à travers lequel les particules circulent au contact de gaz chauds (150 à --3500C) pour etre évacués par un cyclone avec un taux d'humidité d'environ 4 ss et une température de 100 à 1500C, qui détruit tous les organismes ayant assuré les réactions biochimiques. Le conditionnement micrùbiologique suivant l'invention fonctionne schématiquement comme suit Pour compenser la consommation des réacteurs 41, leur réserve d'alimentation 43 reçoit la matière pulvérisée prélevée soit par 48 après le fragmenteur final 46, soit par 4 9 après le séchoir 47. ne prélèvement par 48 (milieu vivant) peut se faire proportionnellement de manière continue, alors que celui par 49 (milieu stérile) se fait périodiquement avec mise en service spéciale du circuit de fabrication, qui le précède, sans fermentation. Au fur et à tiesure de la sortie de l'inoculum vers le fermenteur, chaque réacteur 4i. par son dispositif doseur, mélangeur d'entrée 42, reçoit par a la matière alimentaire fragmentée provenant de sa réserve 43, par b de l'inoculum sortant partiellement recyclé (31 environ 50 ) et par c les éléments nécessaires à la croissance biologique spécifique optimale correspondante. L'inoculum avec sa biomasse spécifique à concentration convenable provenant du réacteur 41 est amené par 50 au fermenteur 44, après avoir été mélangé en 45 avec la matière à traiter dans la proportion convenable (5 à 15 ss en poids). Dans le schéma représenté, les réacteurs et fermenteurs sont respectivement affectés aux réactions biochimiques spécifiques suivantes assurées en 12 à 24 heures A : dégradation, pectinolytique avec microorganismes mdsophiles; B : formation de composants polymérisables de résine thermodurcissable; C : réactions oxydatives de déshydratation avec microorganismes thermophiles. On peut envisager une installation simplifiée en utilisant ensemble différentes familles de microorganismes et en ne conservant par exemple- que 41 A et 44 A. La matière cbnvenablement conditionnée sortant du sé choir 47 parvient alors au mélangeur-encolleur 51, du type à pulvérisation par exemple, à travers lequel circulent les particules pour être intimement mélangées (encollées) avec un liant et des additifs introduits par 52. Ce liant peut être réduit ou supprimé en fonction des composants formés dans le fermenteur 44 B. Le conformateur 53, à moule par exemple, débite ensuite la matière en panneaux ou gâteaux de particules pour un pressage à plat assuré par une presse 54 à plateaux chauffants par exemple. Sous l'effet de la préssion (20 à 83 Ig/ci2) et de la température (100 à 1800C) les réactions de polymérisatioL s'efrectuent pour assurer la restructuration ligno-cellulosique et les liaisons d'agglomération. Des machines de finition 55 mettent a dimensions, puis calibrent en épaisseur les panneaux sortant de la presse. On peut prévoir une utilisation spéciale intermittente de la première partie de l'installation pour l'écorçage des tablettes ou chips (copeaux non écorcés). Provenant du tas spécial de stockage ID, ces cqpeaunc, après avoir traversé le conditionneur mécanique primaire 40, sont soumis, dans le fermenteur 44 A, à l'action de dégradation pectino- lytique prévue dans celui-ci. I1 en résulte une destruction prefe- rentielle des liaisons que les assises génératrices constituent entre le bois et l'écorce des copeaux. Un séparateur 56, par exemple balistique (pneumatique), assure ensuite la séparation de l'écorce et du bois qui est dirigé vers une utilisation plus rémunératrice (industries du papier. tex- tiles, agro-alimentaires, etc.). L'écorce restante est restockée en 1E avant d'etre réintroduite dans le circuit de fabrication de panneaux de particules décrit ci-dessus. En outre, l'installation comporte un conduit 57 de recyclage des gaz du séchoir vers le fermenteur 44 A pour réchauffer, si besoin est, les matières végétales introduites ans ce premier fermenteur. REVENDICATIONS 1. Procédé de conditionnement de matières d'origine végétale pecto-ligno-cellulosiques fragmentées, en milieu solide, à l'aide de réactions biochimiques exothermiques mettant en oeuvre des microorganismes aérobies ou anaérobies facultatifs, caractérisé en ce que l'on effectue un ensemencement avec au moins un inoculum d'une souche de microorganismes spécifiques, on introduit les matitres végétales ensemencées dans un fermenteur et l'on contrôle la fermentation des matières végétales ensemencées en faisant circuler de l'air à travers les matières végétales ensemencées à un débit tel que l'on maintienne au sein des matières végétales la température optimale de croissance de la souche spécifique d'ensemencement. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la régulation du débit d'air est commandée par la différence entre les températures d'entrée et de sortie de l'air circulant dans le fermenteur. 3. Procédé selon la revendication 1 ou la revendication 2, caractérisé en ce que, dans une phase initiale, l'air circulant à travers les matières végétales fragmentées ensemencées est réchauffé pour amener ces matières végétales à la température optimale de croissanie de la souche. 4. Procédé selon la revendication 1 ou la revendication 2, caractérisé en ce que ltinoculum est préparé dans un fermenteur par culture de la souche sur un substrat prélevé dans le procédé de conditionnement desdites matières végétales, en opérant se'cn la revendication 1. 5. Procédé selon la revendication 4, complété par une opération de séchage, caractérisé en ce que le substrat de l'inoculum est prélevé après l'opération de séchage. 6. Procédé selon l'une quelconque des revendications précé- dentes, caractérisé en ce qu'on effectue un ensemencement avec un inoculum d'au moins une souche de microroganismes essentiellement pectinolytiques, on introduit les matières végétales ensemencées dans un premier fermenteur, on contrôle la première fermentation des matitres végétales ensemencées en faisant circuler de l'air à travers les matières végétales ensemencées à un débit tel que l'on maintienne au sein des matières végétales la température optimale de croissance de la souche de llinoculum et, après fermentation, on soumet les matitres végétales à une fragmentation plus poussée. 7. Procédé selon la revendication 6, caractérisé en ce que l'inoculum comprend en outre au moins une souche de microorganismes cellulolytiques. 8. Procédé selon la revendication 6 ou la revendication 7, caractérisé en ce que l'on effectue en plus un ensemencement avec un deuxième inoculum d'au moins une souche de microorganismes ayant une action oxydative de déshydratation, on introduit les matières végétales ayant subi une fragmentation plus poussée dans un dernier fermenteur, on contrôle la dernière fermentation des matières végétales ensemencées en faisant circuler de l'air à travers les matières végétales à un débit tel que l'on maintienne au sein des matières végétales la température optimale de croissance de la souche du dernier inoculum et, après fermentation, on soumet les matières végétales partiellement déshydratées à un séchage. 9. Procédé selon l'une quelconque des revendications 6 à 8, caractérisé en ce qu'on effectue en plus un ensemencement avec un troisième inoculum d'au moins une souche de microorganismes pectinolytiques, cellulolytiques ou ligninolytiques, assurant la formation de composants de liants polymérisables et/ou d'éléments utiles à l'agglomération et à la qualité du produit final. 10. Procédé selon la revendication 9, caractérisé en ce qu'on ajoute après la fermentation un agent de polymérisation susceptible de se copolymériser avec les composants de liants formés, ou de les réticuler. 11. Procédé selon l'une quelconque des revendications 6 à 10, caractérisé en ce que l'on effectue un ensemencement avec un inoculum d'au moins une souche mésophile et esrec un inoculum d'au moins une souche thermophile et par réglage du débit d'air on maintient, dans un premier stade, la température optimale de croissance de la souche mésophile et, dans un deuxième stade, la température optimale de croissance de la souche thermophile. 12. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 11, caractérisé en ce que chaque inoculum représente de 5 à 20 % du poids des matières végétales traitées. 13. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 12, caractérisé en ce que l'humidité est maintenue entre 30 et 60 7 en poids par rapport au poids des matières végétales sèches avant la dernière fermenta t ion. 14. Procédé selon l'une quelconque des revendications 6 à 13, caractérisé en ce qu'on alimente périodiquement le premier fermenteur en produits forestiers fragmentés non écorcés ensemencées avec un inoculum d'au moins une souche de microorganismes pectinolytiques, on contrôle la première fermentation de ces produits en maintenant par le débit d'air la température optimale de croissance de la sou che, on sépare le bois écorcé de l'écorce et on réintroduit l'écorce parée dans le premier fermenteur. 15. Appareil pour la mise en oeuvre d'un procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 14, caractérisé en ce qu'il comprend une chambre de fermentation alimentée en air par un dispositif de distribution d'air à différents niveaux permettant de limiter i'épaisseur de matières végétales traversée par l'air. 16. Appareil selon la revendication 15, caractérisé en ce qUe la chambre de fermentation est constituee par un silo vertical, cette chambre étant munie d'un arbre central creux tournant comportant des bras d'agitation et des orifices de distribution d'air sur toute sa hauteur. 17. Appareil selon la revendication 16, caractérisé en ce que les bras sont constitués de pales hélicoldales dont l'extrémité libre est plus haute que l'extrémité fixée à l'arbre.