La présente invention a pour objet un procédé d'assemblage d'éléments, notamment en bois, destinés en parties culier mais non exclusivement, à la formation de cadres ouverts ou fermés pour la reprise des efforts de contreventement et pour assurer la stabilité des constructions ou pour toute autre utilisation nécessitant l'assemblage de pièces de bois ayant à supporter des efforts d'encastrement. Un des problèmes rencontrés lors de la réalisation des infra- et superstructures en bois, réside dans la difficulté d'assemblage des différentes pièces entre elles. Les différents types d'assemblages connus ne peuvent être systématiquement utilisés pour différentes raisons dans le domaine de la construction et, en particulier, en ce qui concerne la reprise des efforts d'encastrement. Dans ce domaine, l'assemblage le plus connu (figure 1) est appelé "moise", les éléments étant au nombre de 3 : une pièce C recevant deux flasques A et B venant serrer la première de part et d'autre, le tout étant assemblé par boulons D, crampons, anneaux de répartition d'efforts, etc. Ce type d'assemblage nécessitant des surépaisseurs, diminue la résistance du bois par la présence de percements pour boulons, de pointes etc. I1 importe que l'inertie entière des pièces de bois participe aux efforts qui lui sont appliqués.Jusqu'à maintenant, le problème était résolu par l'augmentation des sections de bois mises en oeuvre. Selon la présente invention, le procédé d'assemblage des pièces en bois formant un angle différent de 1800 l'une avec l'autre, est caractérisé en ce que l'on forme dans chacune des pièces, des entures correspondantes, les entures étant placées l'une contre l'autre après introduction de colle thermo-durcissable. La demanderesse a observé que dans un assemblage d'angle simple par onglet unique, les efforts se trouvaient etre maxima au niveau du plan de collage, c'est-à-dire au niveau de la bissectrice de l'angle, la géométrie de l'ensemble étant préjudiciable à la résistance du bois (angle entre les fils du bois des différentes pièces trop important). L'idée de base de cette invention consiste à supprimer cet unique plan de collage de façon à ce que les efforts soient répartis dans l'inertie du bois, de sorte que la bissectrice de l'angle ne corresponde pas avec un plan de collage. Une clé est donc interposée entre les pièces à assembler, ladite clé portant de part et d'autre des entures correspondant aux entures des pièces. Cette clé étant destinée à éviter que l'angle des fils du bois entre les différentes pièces ne soit trop important. Plus l'angle entre les différentes pièces collées est faible, moins les efforts entre ces pièces sont importants. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront au cours de la description qui va suivre d'un mode particulier de réalisation, en regard des figures qui représentent - la figure 1 un assemblage selon la technique antérieure - la figure 2 le coin d'un cadre réalisé conformément au procédé de l'invention - la figure 3, un exemple de fabrication d'un cadre selon l'invention - la figure 4 une coupe selon la ligne A-A de la figure 2 - la figure 5 un demi portique en bois lamellé collé - la figure 6 un exemple d!utilisation de l'invention dans la construction de maisons individuelles. Sur la figure 2, deux éléments 1 et 2, par exemple en bois lamellé collé, sont réunis par l'intermédiaire d'une clé 3. La clé 3 est également réalisée en lamellé collé et elle peut comprendre une partie 4, représentée en traits pointillés sur la figure 2. L'ensemble des efforts qui sont appliqués sur les pièces 1 ou 2 ou sur les autres parties du cadre, se trouve reporté sur la clé 3 qui seule soutient ces efforts. La partie 4 ne participe en aucun cas à la réunion des éléments 1 et 2, mais elle peut être avantageusement adjointe à la clé 3 pour des raisons pratiques. Selon l'invention, la clé 3 permet de supprimer le plan de joint qui existe dans les assemblages classiques entre deux éléments perpendiculaires ou non. Avantageusement, les éléments I et 3 et les & & ents 3 et 2 sont respectivement assemblés au moyen d'entures 5, entures qui apparaissent sur la figure 4, qui est une coupe selon la ligne A-A de la figure 2. La figure 3 est un exemple de fabrication d'un cadre constitué par quatre éléments 1 et 2 > tels que ceux qui sont représentés sur la figure 1. Le cadre formé par les éléments 1 et 2 étant monté rigidement dans un gabarit schématisé par les repères 6, les extrémités de ces éléments et les parois latérales des clés 3 sont enduites de colle thermo-durcissable et les clés sont introduites entre les éléments sous la pression de vérins, hydrauliques par exemple. Dans l'exemple qui est représenté sur la figure 3, le cadre est fe-rmé et les éléments sont perpendiculaires les uns aux autres, ce qui est un cas d'utilisation fréquent. Toutefois, on comprendra que la présente invention n'est nullement limitée à ce cas particulier. Lorsque la pression est exercée par l'intermédiaire de clé, ce qui n'est également qu'un cas particulier, le cadre est tenu rigidement dans le gabarit, ce qui permet de respecter les cotes générales. Dans toute la mesure du possible, on doit essayer de limiter l'angle du fil du bois dans deux pièces consécutives pour éviter des efforts secondaires de traction ou de compression perpendiculaires aux fibres. C'est ainsi qu'il est possible, par exemple, de constituer un assemblage en trois parties, en cinq parties ou, plus généralement, en un nombre impair d'éléments. Sur les figures 5-et 6, les références précédemment utilisées ont été conservées. La figure 5 représente un demi portique permettant, par assemblage avec une pièce -semblable, de constituer une charpente support de toiture pour un hangar ou une salle d'éducation physique, par exemple. Ce mode d'assemblage permet de réaliser une économie substantielle par rapport au pressage à la forme qui nécessite des temps de 12 à 24 heures. La clé 3 en lamellé collé réunit, comme il a été dit précédemment, le montant 1 et l'élément de charpente 2. On remarque sur les figures que l'introduction de la clé permet de réduire l'angle des fibres de lamelles utilisées. La figure 6 représente une application de l'invention à la construction de maisons individuelles. Le cadre de contreventement 7, constitué de quatre éléments (1, 2) réunis par des clés 3, est fixé sur les montants 10. Ce cadre 7 fait office d'ossature pour des combles WBén gea- bles. La partie supérieure de l'habitation est surmontée par un toit 8 porté par des éléments de charpente 9 qui peuvent être assemblés par le procédé objet de l'invention. Les cadres réalisés selon la présente invention trouvent de nombreuses applications, en particulier dans la construction de maisons individuelles et dans les charpentes. Les cadres ainsi obtenus sont très résistants et au cours d'essais de rupture on a pu constater que, comme prévu, la rupture des pièces se produisait, non pas dans les zones d'assemblage par entures collées, mais dans les bois, ce qui est le but recherché. L'assemblage permet d'utiliser pleinement la résistance du matériau. Il va de soi que des modifications peuvent être apportées au mode de réalisation qui vient d'être décrit, notamment par substitution de moyens-techniques équivalents, sans que l'on sorte pour cela du cadre de la présente invention. REJIENDICATIONS 1.- Procédé d'assemblage d'éléments, notamment en bois lamellé collé, formant entre eux un angle différent de 1800, caractérisé en ce que lton forme dans chacune des pièces des entures correspondantes, entures enduites de colle thermo-durcissable, les deux pièces étant ensuite pressées l'une contre l'autre. 2.- Procédé d'assemblage selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'au moins une clé est interposée entre les deux éléments à assembler, ladite clé étant munie sur chaque côté d'entures correspondant aux entures des pièces à assembler. 3.- Procédé selon la revendication 2, caractérisé entre que l'assemblage est constitué d'un nombre impair de pièces juxtaposées. 4.- Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que les éléments à assembler étant montés dans un gabarit, la pression du collage est appliquée sur la ou les clés. 5.- Assemblage obtenu par le procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes. 6.- Cadre ouvert ou fermé comprenant au moins deux assemblages obtenus par le procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4.