La présente invention a trait aux feuilles de placage discontinues obtenues à l'aide de machines trancheuses ou dérouleuses, à partir de billes de bois le plus souvent préalablement passées à l'étuve ou préparées en vue de la coupe. Ces feuilles sont fréquemment recueillies à la main au fur et à mesure de l'opération de découpage, afin d'etre empilées sur des chariots qui sont ensuite amenés à l'entrez d'un séchoir, lesdites feuilles étant manuellement prélevées de la pile pour etre introduites une par une dans la goulotte d'alimentation. Cette manutention implique l'intervention d'au moins deux opérateurs et il s'agit d'un travail répétif pénible, fastidieux et coûteux, qui ralentit la cadence de production et grève de maniere très sensible le prix de revient des placages. Afin d'éviter cet inconvénient l'on a proposé des dispositifs du type à courroies, qui prélèvent les feuilles à la sortie de la trancheuse ou de la dérouleuse pour les introduire de façon automatique dans le séchoir. I1 faut cependant noter que le travail des machines de découpage est discontinu alors que pour un bon rendement le séchoir doit etre alimenté en continu.Les cadences de fonctionnement en amont et en aval du processus sont en conséquences différentes et pour réaliser la synchronisation l'on doit avoir recours a des agencements complexes, délicats et couteux, à défaut de quoi le rendement n'est pas optimal. I1 convient d'observer à ce sujet que les agencement de ce type ne permettent bien entendu aucun traitement des feuilles préalablement à leur introduction dans le séchoir, alors qu'un nettoyage s'avère fréquemment nécessaire. La présente invention a pour objet un procédé de manutention qui ne comporte pas les inconvénients rappelés ci-dessus, en permettant de séparer les opérations de découpage, de pré-traitement-et de séchage, en rendant ainsi autonomes les différentes machines et en autorisant un rendement optimal pour chaque machine > et ce meme dans le cas où l'on a affaire à des feuilles obtenues à partir de bois difficiles. L'invention consiste principalement à recueillir, au fur et à mesure de leur découpage, les feuilles sur une nappe de fils ou rubans parallèles tendus longitudinalement, et à enrouler l'ensemble formé par ladite nappe et les feuilles qu'elle supporte sur un rouleau tournant d'envidage. On conçoit qu'un tel procédé permet de stocker en quelque sorte, de manière entierement automatique et sous un encombrement très réduit, les feuilles de placage à leur sortie des machines trancheuses ou dérouleuses ses le rouleau obtenu est susceptible, à un moment et à un rythme quelconques, d'etre dévidé en vue de l'introduction des feuilles dans un séchoir, étant observé que lors de ce dévidage et préalablement à l'entrez dans la zone de séchage lesdites feuilles peuvent subir tout traitement préalable, par exemple etre soumises à un pressage automatique. L'ensemble du processus, qui permet le traitement de feuilles obtenues très lentement à partir de bois difficiles, est propre à etre mis en oeuvre à l'aide d'un appareillage remarquablement simple et fiable, lequel fait également l'objet de l'invention. Le dessin annexé, donné à titre d'exemple, permettra de mieux comprendre l'invention, les caractéristiques qu'elle présente et les avantages qu'elle est susceptible de procurer Fig. 1 est une vue en plan schématique montrant l'agencement général d'une machine pour la mise en oeuvre du procédé de manutention suivant l'invention. Fig. 2 en est une coupe longitudinale. La machine représentée comprend un caisson d'aspiration 1 oriente de manière oblique et dont l'espace interieur est relié par une canalisation élastiquement extensible 2 à l'admission d'un moto-ventilateur d'extraction 3 porté par un trépied 4, de façon à ce que la rotation de cet appareil provoque un effet de dépression dans le caisson 1. La paroi supérieure de ce dernier est découpée d'une série d'ouvertures longitudinales la, de largeur reduite, qui s'entendent parallèlement les unes aux autres ; contre chacune de ces ouvertures ou fentes la est appliquée une courroie 5 percée d'une multitude de perforations. Chaque courroie perforée 5 est tendue entre une petite poulie supérieure lb portee par le caisson 1 et un cylindre inférieur 6 ; il convient d'observer que la périphérie de ce cylindre est creusée, au niveau de chacune des ouvertures la du caisson 1, d'une gorge circulaire 6a qui prolonge en quelque sorte l'ouverture correspondante, ainsi qu'on le comprendra mieux ci-après. Le cylindre 6 est solidaire de deux bouts d'arbre 7 dont chacun est supporté par une coulisse 8 engagée sur un guide horizontal 9, ce dernier étant soutenu par une semelle fixe 10. L'un des bouts d'arbre 7 est entraîné en rotation par un moto-réducteur électrique 11. En arrière des guides 9 les deux semelles 10 portent un axe transversal 12 sur lequel sont montées folles une série de bobines 13, dont chacune est garnie d'une longueur de fil 14. Le déroulement de ces fils i4 est freiné par un mécanisme qui dans l'exemple de réalisation considéré comprend d'une part un mors fixe formé par une traverse inférieure 15 solidaire de deux bras latéraux 16 fixés en arrière des semelles 10, et d'autre part des mors mobiles indépendants 17 commandés verticalement par des vérins pneumatiques 18. Les fils 14, dont le nombre varie en fonction de la largeur du caisson d'aspiration 1, sont supportés, à leur sortie du mécanisme de freinage 15-16-17-18, par deux tambours 19 de manière à déterminer une nappe substantiellement horizontale disposée au-dessous du cylindre 6. Cette nappe est amenée à passer au-dessus d'un caisson aspirant 20 agencé de manière analogue au caisson 1 et relié comme ce dernier au motoventilateur 3 par une canalisation extensible (non représentée). Le bord transversal de ce caisson 20 qui est tourné du cté du second tambour 19 est porté à pivotement par les coulisses 8 tandis que le bord transversal opposé est soutenu par deux vérins pneumatiques 21 alimentés à travers un réducteur de pression 22 ; ces vérins 21 sont ainsi susceptibles de se contracter progressivement et de permettre l'abaissement du bord libre du caisson 20 lorsque ce dernier est soumis de par la nappe des fils 14 à un effort de basculement, comme on le comprendra mieux ci-apres. En arrière du caisson aspirant 20 il est prévu sur le sol deux rails parallèles 23 orientés transversalement à la nappe des fils 14. Ces rails 23 assurent le guidage des roues 24 d'un chariot de transfert 25 dont la partie supérieure du châssis est conformée de manière à constituer un berceau apte à recevoir de façon amovible un rouleau horizontal 26. L'un des bouts d'arbre d'entratnement de ce rouleau 26 est relié par un organe démontable 27 au cardan 28 qui forme l'arbre de sortie d'un moto-rdducteur 29. On remarquera qu'en vue de laisser un espace libre suffisant autour du rouleau 26 le brin inférieur des courroies 5 est renvoyé par deux petits tambours 30 afin de s'entendre contre la paroi inférieure du caisson 1. Au voisinage de son sommet ce caisson 1 est équipé d'entretoises 31 qui assurent la fixation de l'appareillage à la partie mobile 32 d'une trancheuse du type usuel. A la façon habituelle cette partie mobile 32, munie d'un couteau de tranchage 33, se déplace le long du bâti 34 de la trancheuse au fur et à mesure de I'opération de découpe, afin que le couteau 33 précité se trouve toujours correctement disposé par rapport à la périphérie de la bille de bois 35 en cours de travail. Cette bille 35 est animée, par un dispositif de type connu, d'un mouvement vertical alternatif qu'on a schématisé par la flèche double 36. Bien entendu il est prévu entre les entretoises 31 du caisson 1 et les coulisses 8 une armature 37 qui rigidifie l'ensemble de l'appareillage tout en permettant audit caisson 1 et au cylindre 6 de se déplacer en même temps que le couteau 33. On exposera maintenant le fonctionnement général de la machine qui vient d'être décrite. Préalablement à la mise en route d'une opération de tranchage, l'extremite libre des fils 14 est rendue solidaire de la périphérie du rouleau 26, par exemple par coincement à l'aide d'une barrette longitudinale amovible 38. La trancheuse est alors mise en fonctionnement, en meme temps que les deux moto-réducteurs 11 et 29 et le groupe moto-ventilateur 3. Dans ces conditions les feuilles 39 détachées de la bille 35par le couteau 33 sont successivement recueillies par les courroies 5 ; par suite de l'aspiration qui s'exerce à travers les ouvertures la du caisson 1 et les perforations des courroies précitées, ces feuilles adhèrent à ces dernières et sont ainsi transférées sur le cylindre 6. L'effet de succion continue à s'exercer au niveau de la périphérie de ce cylindre par suite des gorges 6a, mais par contre les feuilles 39 tombent sur la nappe de fils 14 dès qu'elles dépassent ledit cylindre.Par suite de la rotation du rouleau 26, l'ensemble formé par la nappe de fils 14 et les feuilles 39 est déplacé en direction dudit rouleau sur la périphérie duquel il s'enroule de manière régulière, le caisson 20 qui assure par succion le maintien en place des feuilles 39 sur la nappe s'abaissant progressivement au fur et à mesure de l'augmentation du diamètre de l'enroulement formé sur le rouleau précité. Les feuilles de placage 39 sont ainsi manutentionnées sans aucune intervention manuelle, dès leur sortie de la machine de tranchage. Le rouleau 26 peut etre déplacé avec le chariot 25 pour etre amené soit dans une aire de stockage, soit à l'entrée d'un séchoir de type usuel où un appareillage facile à imaginer permet son déroulement progressif et l'introduction automatique des feuilles 39 dans ledit séchoir. A la sortie de ce séchoir l'on peut prévoir un appareillage pratiquement identique a celui décrit ci-dessus pour recueillir les feuilles séchées et les transporter et/ou les stoker en vue d'un traitement ultérieur (pressage en continu par exemple).La nappe formée par les fils 14 maintient les feuilles, à l1etat humide ou à l'état sec, à l'encontre de tout risque de détérioration ou de plissage. I1 va de soi qu'on peut envisager de nombreuses variantes de réalisation pour l'appareillage destiné à la mise en oeuvre du procédé suivant l'invention. Cet appareillage peut etre aisément adapté aux différents types de tranchez, ses, de dérouleuses ou de séchoirs ; il n'est évidemment pas indispensable que le rouleau 26 soit disposé au-dessous du caisson d'aspiration 1 et l'on peut au contraire placer ledit rouleau dans le prolongement de ce caisson. I1 en va de meme pour le système de déroulement et de fréinage des fils, ainsi que pour le dispositif d'aspiration. On comprend encore qu'on peut jouer sur les vitesses respectives des courroies 5 et de la nappe de fils 14 (rouleau 26) pour obtenir sur cette dernière une disposition particulière des feuilles 39 (chevauchement, bord à bord, disposition espacée, etc...). I1 doit d'ailleurs etre entendu que la description qui précède n'a été donnée qu'à titre d'exemple et qu'elle ne limite nullement le domaine de l'invention dont on ne sortirait pas en remplaçant les détails d'exécution décrits par tous autres équivalents. REVENDICATIONS 1. Procédé pour la manutention de feuilles de placage, caractérisé en ce qu'il consiste à recueillir sur une nappe de fils tendus longitudinalement les feuilles de placage à manutentionner, et à envider sur un rouleau tournant la nappe et les feuilles qu'elle supporte en vue d'un traitement autonome subséquent. 2. Machine pour la mise en oeuvre du procédé de manutention suivant la revendication 1, caractérisée en ce qu'elle comprend en combinaison des moyens pour former une nappe de fils tendus longitudinalement, des moyens pour amener à cette nappe et pour maintenir en place sur celle-ci les feuilles de placage à manutentionner, et un rouleau tournant dont la périphérie est rendue solidaire de l'extrémité libre de la nappe de façon à ce que sa rotation provoque l'envidage de ladite nappe et des feuilles qu'elle supporte. 3. Machine suivant la revendication 2, caractérisée en ce que les moyens pour former la nappe comprennent une série de bobines renfermant une longueur de fil, un dispositif pour le freinage de ces fils en vue de leur tension, ainsi que des tambours pour supporter et guider lesdits fils en direction du rouleau d'envidage. 4. Machine suivant la revendication 3, caractérisée en ce'qu 'au- dessous de la nappe est disposé un caisson dont l'espace intérieur est soumis à une dépression et dont la face supérieure est découpée d'ouvertures longitudinales étroites, de façon à déterminer un effet de succion propre à maintenir en place les feuilles sur la nappe. 5. Machine suivant la revendication 4, caractérisée en ce que le caisson aspirant est prévu pivotant de manière à se déplacer angulairement au fur et à mesure de l'augmentation de diamètre de l'enroulement réalisé sur le tambour au cours de I'opération d'envidage. 6. Machine suivant l'une quelconque des revendications 2 à 5, carac térisée en ce qu'en amont des moyens pour la formation de la nappe de fils est prévu un dispositif collecteur propre à recueillir les feuilles de placage à leur sortie d'un traitement antérieur et à les amener à ladite nappe. 7. Machine suivant la revendication 6, caractérisée en ce que le dispositif collecteur comprend un caisson d'aspiration et une série de courroies perforées agencées de manière à se déplacer immédiatement au-dessus d'ouvertures longitudinales étroites pratiquées dans la paroi supérieure du caisson précité. 8. Machine suivant la revendication 7, caractérisée en ce que les courroies perforées passent sur un tambour de retournement qui, au niveau de chacune desdites courroies, est creusé périphériquement d'une gorge annulaire qui assure par succion la retenue des feuilles de placage jusqu'à ce que les courroies quittent le tambour par leur brin inférieur.