L'invention concerne la réalisation de revetements de façade de bâtiments comportant au moins un film de peinture. L'invention concerne plus particulièrement un procédé pour améliorer les caractéristiques mécaniques de tels revêtements de façade. On applique, en effet, fréquemment sur les façades de bâtiments une ou plusieurs couches de peinture qui, après séchage et durcissement, forment un film plastique destiné non seulement à enjoliver la façade, mais aussi à la protéger des intempéries et à dissimuler au regard les fissures éventuelles de cette façade. Ces fissures, qui peuvent atteindre plusieurs millimètres de largeur, posent toutefois de sérieux problèmes aux entrepreneurs, car, si une fissure apparat au-dessous d'un film plastique de peinture, ce film va s'étirer et son épaisseur va diminuer à cet emplacement dans des proportions considérables, pour passer, par exemple, de 1 - à 0,1 ou 0,2 mm. Un film ainsi aminci, sans support, ne présentera aucune résistance mécanique et ne tardera pas à se déchirer. Ce risque de déchirure des films de peintures à base de polymères constitue l'un des graves inconvénients de cette technique et l'on a donc proposé d'armer les revêtements avec différents matériaux, afin de répartir les tensions qu'ils subissent en cas de fissuration de la façade et de permettre un fluage du film de peinture qui étendra la diminution de l'épaisseur à une plus grande surface en limitant ainsi l'amincissement de ce film. A cet effet, on a suggéré d'incorporer dans la peinture des fibres courtes (quelques millimètres de longueur) de nylon ou d'un autre matériau fibreux. En utilisant environ 10 à 50 g de 2 fibres par m de surface traitée, on obtient des résultats satis- faisants tant que les fissures ne dépassent pas 1 à 2 me, mais, au-delà, l'allongement du film de peinture reste trop faible pour permettre un fluage suffisant et l'épaisseur du fila diminue de façon beaucoup trop importante (30 à 50 %) au droit des fissures. On a également proposé d'armer les revetements dé façade avec des tissus de verre, c'est-à-dire des matériaux tissés à chatne et trame, d'allongement nul. Cette technique de renforcement produit de bons résultats tant que la largeur des fissures ne dépasse pas 8/10 de mm. Cette amélioration de comportement du film de peinture résulte d'un phénomène difficilement contrôlable, qui est un décollement du fila de part et d'autre de la fissure, avec formation d'un pont, qui réduit l'allongement du film à un faible pourcentage. Lorsque les fissures ont une largeur atteignant le millimètre, cette technique ne procure cependant pas d'amélioration notable. Enfin, il a également été suggéré d'utiliser comme matériau de renfort des tissus textiles non tissés, en fibres synthétiques, qui, à raison de 50 à 70 g de fibres continues par mètre carré, confèrent au film de peinture des propriétés exceptionnelles de ténacité et de résistance à la déchirure. C'est cette dernière technique, qui procure déjà des résultats satisfaisants, que l'invention se propose de perfectionner en proposant l'application au renforcement de revêtements de façade comprenant au moins un film de peinture de matériaux non tissés particuliers, aptes à améliorer encore les caractéristiques de résistance mécanique de ces revêtements. Le but de l'invention est donc de proposer un nouveau procédé de réalisation de tels revêtements qui permette au film de peinture, on cas d'apparition d'une fissure sous-jacente importante pouvant atteindre une largeur de plusieurs millimètres, de se décoller légèrement de la façade, de se prêter à un allongement élastique de l'ordre de 120 à 150 % et de présenter une importante déformation plastique de fluage. L'invention a par conséquent pour objet un procédé pour la réalisation de revêtements de façades de bâtiments comportant au moins un fila de colle d'apprêt et/ou de peinture de finition, ce procédé comprenant l'incorporation dans ledit film d'une nappe d'un matériau non tissé à base de fibres synthétiques et étant caractérisé en ce que ledit matériau non tissé comprend un mélange de monofilaments d'un homopolymère et d'hétérofilaments de deux polymères ayant des points de fusion ou de ramollissement différents, ledit matériau non tissé ayant été réalise en soumettant ledit mélange de monofilaments et d'hétérofilaments à un traitement thermique apte à provoquer le ramollissement en surface au moins des hétérofilamentswafin de souder entre eux lesdits monofilaments et lesdits hétérofilaments. Des matériaux non tissés de ce type sont par exemple commer coalisés par la Société Britannique Imperial Chemical Industries sous l'appellation Glassfab ou sous l'appellation Terras. Les mono- filaments sont par exemple constitués de polypropylène et les hétérofilaments de polypropylène (25 - 50 % en poids) et de nylon (75 - 50 %). Dans de tels matériaux non tissés, les hétérofilaments fondent en surface au cours du traitement thermique et se soudent soit a des monofilaments,soit à d'autres hétérofilaments, pour former une nappe souple, où seuls les hétérofilaments seront fixés entre eux ou aux monofilaments, tandis que ces derniers ne sont normale- ment pas fixés entre eux. Aucun liant ou agent de collage chimique n'entre dans la fabrication de ces non tissés, ce qui les rend fondamentalement différents des autres matériaux non tissés connus dans la technique. La soudure thermique procure en outre à la nappe d'excellentes caractéristiques de résistance à la rupture, d'élongatien et de résistance à la déchirure, que la présente invention et à profit dans l'application de ces matériaux. De plus, ceux-ci sont insensibles à l'action des micro-organismes et résistent aussi bien a des solutions faiblement acides que faiblement alcalin-s,de sorte que, dans l'application conforme à l'invention, ils présentent d'excellentes qualités de résistance au vieillissement. Les colles d'apprêt et/ou les peintures de finition utilisées en combinaison avec ces matériaux non tissés seront, de façon connue en soi, à base de copolymères thermoplastiques, par exemple de polymères acryliques, styrène-acryliques etc... Les dessins annexés illustrent l'invention et mettent en évidence les avantages, dans cette application nouvelle, des maté- riaux non tissés évoqués ci-dessus, par rapport aux autres maté- riaux non tissés déjà utilisés dans les revêtements de façade à base de peinture. sur ces dessins s Les figures 1, 2 et 3 sont des vues schématiques en coupe il lustrant le comportement de revêtements usuels de peinture sur des substrats fissurés t La figure 4 représente les courbes force-allongement pour des films de colle d'apprêt armés par différents matériaux t La figure 5 représente la courbe force-temps établie pour un fila de colle armé par un matériau non tissé connu dans la technique, le fila étant maintenu a un allongement constant après une traction rapide, et l'opération étant répétée pour des allongements croissants ; La figure 6 est une figure analogue a la figure 5, dans le cas où le fila de colle est armé conformément à l'intention. La figure 1 représente un substrat 1, sur lequel est déposé un film 2 de colle ou de peinture ne présentant pas d'élément de renfort. Corme on le voit alairement, l'apparition d'une fissure 3 se traduit par un amincissement considérable du fila 2 a l'aplomb de la fissure. Si le film 2 a, à l'origine, une épaisseur de 1 mm et que la fissure 3 a une largeur de 1 n, la zone amincie 4 n'aura plus que 0,1 a 0,2 mm d'épaisseur et ne tardera pas à se déchirer, du fait de sa résistance mécanique insuffisante. Dans le cas de la figure 2, le film de colle 2 a été armé par une nappe 5 d'un matériau non tissé, qui permet au fila de fluer largement et de répartir la zone d'amincissement 4 sur une plus grande surface. C'est ce type de revêtement que vise à perfectionner l'invention. Enfin, la figure 3 illustre un autre mode de renforcement de la technique antérieure, par incorporation dans le fila de colle 2 d'un tissu de verre 6. Lors de l'apparition de la fissure 3, il se produit simultanément un fluage de fila 2 et un décollement en 7 de ce fila, avec pour effet la formation d'un pont 8. Comme il a été indiqué ci-dessus, cette dernière technique ne produit des effets satisfaisants que dans le cas où la fissure ne dépasse pas 8/10 de mm. La figure 4, qui représente les courbes force-allongement pour des films de colle d'une épaisseur de 1 - avec différents renforts, illustre clairement les avantages du procédé selon l'invention. La colle utilisée avait la composition suivante (en % en poids): PDLYMERE STYRENE ACRYLIQUE 30 DIOXYDE DE TITANE 2 SULFATE DE BARYUM 10 SILICATE ALUMINE 5 CARBONATE DE Mg et Ca 15 DIATOMEES 10 MU et ADJUVANTS DIVERS 100 las courbes représentées sur les dessins sont les suivantes s - A s colle non renforcée , - B t film renforcé par un tissu de verre commercialisé sous l'appellation 952 B 994 par GLASS FIBRES EUROPA t - C s colle renforcée avec des fibre. de nylon de 5 - 10 n de longueur, commercialisées sous l'appellation P S 66 - 22 Dtex par INSODEC ;; - D s film renforcé par un matériau non tissé du commerce filament continu de polyester, commercialisé par la Société RHONE-POULENC TEXTILE ; - E i film renforcé, conformément à l'invention, par une nappe de non tissé commercialisé sous la marque TERRAM, par la Société Impérial Chemical Industries. Corme on le voit sur le dessin, le film de colle seule courbe A) s'allonge considérablement sous un très faible effort, pour se rompre après avoir atteint un allongement de 420 % . On a donc une déformation uniquement plastique, qui diminue dangereusement l'épaisseur du fila0 Dans le cas du film armé par le tissu de verre (courbe B), l'allongement est très faible pour un effort très important. Aucun fluage n'apparaît et la rupture intervient pour un faible allongement. Lorsque le film est armé par des fibres de nylon (courbe C) ou par un non tissé du commerce (courbe D) le film de colle présente un meilleur comportement. mais le fluage du film est insuffisant (pas de déformation plastique). Au contraire, dans le cas du fila armé conformément à l'inven- tion, le film se déforme plastiquement sur une zone importante, ce qui traduit un excellent fluage, et la rupture n'intervient qu'après un allongement de 120 X, alors qu'avec le non tissé de la technique antérieure, la rupture intervient avant la limite d'élasticité, après un allongement limité (85 %). La comparaison des figures 5 et 6 met également en évidence la supériorité du fila armé conformément à l'invention (figure 6), par rapport au film armé par un non tissé du commerce à filaient continu de polyester. Les essais ont été effectués sur les mêmes fils de colle que précédemment. en mesurant, pour différents allongements, la relaxation de l'effort au sein d'un film maintenu en allongement constant après une traction rapide.Avec le nontissé de la technique antérieure, la rupture - intervient pour un allongement de 100 %, après deux cycles d'allongement seulement (30 % et 60 %), alors que la rupture n'intervient que beaucoup plus tard, après de nombreux cycles,pour le film armé conformément à l'invention. Des essais d'allongement de nappes de tissus de verre ou de matériaux non tissés imprégnés d'un polymère thermoplastique dur ou souple utilisé dans les peintures montrent la très nette supériorité des non tissés commerciallisés sous les marques Glassfab ou Terram, en particulier pour les polymères durs. Or, les poly aères utilisés dans les techniques de revêtement de façade sont tous durs à basse température (-10 C), ce qui confirme la supériorit du procédé conforme à l'invention. REVEND ICAT IONS 1.- Procédé pour la réalisation de revêtements de façades de batiments comportant au moins un fila de colle d'apprit et/oe de peinture de finition, ce procédé comprenant l'incorporation dans ledit film d'une nappe d'un matériau non tissé à base de fibres synthétiques et étant caractérisé en ce que ledit matériau non tissé comprend un mélange de monofilaments d'un homopolymère et d'hétérofilaments de deux polymères ayant des points de fusion ou de ramollissement différents, ledit matériau non tissé ayant été réalisé en soumettant ledit mélange de ont filaments et d'hétérofilaments à un traitement thermique apte a provoquer le ramollissement en surface au moins des hétérolilaients, afin de souder entre eux lesdits monofilaments et lesdits hétérofilaments. 2.- Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que les monofilaments du matériau non tissé sont constitués de polypropylène, tandis que les hétérofilaments sont constitués de polypropylène et de nylon. 3.- Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit matériau non tissé est désigné par les appellations co-er- ciales Glassfab ou Terra. 4.- Procédé selon l'une des revendications la 3, caractérisé en ce que la colle d'apprêt et/ou la peinture de finition est a base de copolymères thermoplastiques. 5.- Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce que ledit polymère est un polymère acrylique.