La présente invention concerne un revêtement de sol permettant notamment la pratique des sports et en particulier la course à pied sur toutes distances. On a déjà réalisé, à cette fin, des revêtements de sol en élastomères divers posés à la manière d'un tapis collé sur une fondation pratiquement rigide. Les pistes de course à pied ainsi obtenues permettent, en raison de leur élasticité, de très grandes vitesses. On constate toutefois qu'elles provoquent, lorsqu'elles sont utilisées pour l'entraînement intensif imposé actuellement aux athlètes, des accidents musculaires ainsi que des tendinites. Ce grave inconvénient peut être attribué à l'incompressibilité des élastomères utilisés, ce qui entraîne deux conséquences : lors de l'impact du pied de l'athlète, le revêtement subit une déformation élastique limitée, après quoi il se comporte comme un corps rigide puis, le mouvement se poursuivant, le revêtement restitue au pied et à la jambe qui le quittent une grande partie de l'énergie reçue. Cette dureté du sol en fin d'impact et le choc en retour qui suit sont les causes des désordres organiques constatés. Pour remédier à cet inconvénient, on a déjà proposé d'incorporer au revêtement d'élastomères des éléments compressibles sous la forme d'élastomères mousses microcellulaires à bulles gazeuses de faibles dimensions. Dans ce cas, le revêtement est, à la fois, élastique et compressible, c'est-à-dire qu'en fin d'impact du pied, celuici n'est plus en contact avec une masse rigide mais avec une masse à laquelle la matière mousse apporte la compressibilité des gaz qui y sont occlus. Cependant, ces revêtements binaires comportant des éléments granulaires en élastomères mousses mélangés à un élastomère servant de liant sont relativement onéreux et, pour réduire leur prix, on a déjà proposé de réduire ltépaisseur du tapis d'élastomère et de le superposer à un revêtement bitumineux, connu en soi, contenant un agrégat microporeux élastique, tel que le liège notamment. De tels revêtements bitumineux, décrits dans le brevet français nO 1.302.205, utilisés seuls avaient déjà été proposés pour les sols de pratique des sports. L'élasticité différée de ces matériaux bitumineux leur permet, après l'impact d'une semelle, de reprendre leur forme, non pas instantànémént, mais-au bout d'un certain temps seulement, ce qui évite les accidents musculaires mentionnés cidessus, mais ne permet pas toutefois une aussi grande vitesse que les revêtements d'élastomères à réaction élastique instantanée. Les revêtements connus comportant un tapis formé d'éléments microcellulaires élastiques enrobés dans un liant d'élastomère, tapis posé sur une sous-couche bitumineuse incorporant aussi des éléments microcellulaires élastiques, donnent des résultats très satisfaisants, tant en ce qui concerne l'élasticité immédiate que la protection des muscles et tendons grâce à leur compressibilité profonde. Même dans cette variante plus économique les revêtements binaires, formés de deux couches superposées, restent assez onéreux car le calibre des élastomères mousses microcellulaires disponibles impose à la couche supérieure une épaisseur minimum de l'ordre de 10 mm,au-dessous de laquelle la mise en oeuvre du produit devient difficile. La présente invention permet un abaissement appréciable du prix de revient des-revêtements de sol, notamment pour la pratique des sports, tout en conservant les avantages de sécurité des meilleurs revêtements connus. Selon l'invention, un revêtement de sol comportant une sous-couche à liant bitumineux incorporant, entre autres charges, des éléments microcellulaires élastiques et compressibles, et un tapis à base d'élastomères, est caractérisé en ce que ledit tapis, d'épaisseur au plus égale à un centimètre, contient exclusivement des composants incompressibles. Dans une forme avantageuse de réalisation, ce tapis est constitué par un liant d'élastomères et une charge formée de grains obtenus par mouture de déchets de caoutchouc, naturel ou synthétique, tels que ceux qui proviennent des bandages pneumatiques. Dans un revêtement selon l'invention, l'amortissement du choc des foulées-pendant la course est obtenu par la compressibilité de la sous-couche résultant de la présence dans celle-ci d'éléments microcellulaires, tandis que le tapis incompressible fournit essentiellement l'élasticité instantanée. Les charges pleines incorporées dans l'élastomère de base formant le liant peuvent être moulues avec une grande finesse. Il est donc possible de réduire l'épaisseur du tapis à des valeurs très inférieures à un centimètre, par exemple de deux a quatre millimètres. Une aussi faible épaisseur présente des avantages complémentaires. L'élasticité reste suffisante pour fournir l'énergie de rebond, mais la faible épaisseur du tapis facilite l'action d'amortissement de la sous-couche bitumineuse. De plus, l'épaisseur de tapis peut être suffisamment réduite pour que les pointes réglementaires des chaussures de course à pied la traversent entièrement et pénètrent partiellement dans la sous-couche bitumineuse. Or, la pénétration des pointes dans la sous-couche bitumineuse demande moins d'énergie que la pénétration dans le tapis d'élastomères et surtout, lors de l'extraction des pointes, l'énergie nécessaire est beaucoup moins forte dans le cas d'un revêtement bitumineux que dans le cas d'un tapis d'élastomères. On peut donc estimer qu'un tapis mince d'élastomères formé exclusivement d'éléments incompressibles, posé sur une sous-couche bitumineuse,- réduit le freinage dû à la présence des pointes sous les chaussures. Enfin, le tapis d'élastomères empêche l'évaporation et l'oxydation des huiles minérales légères hydrocarbonées qui sont adjointes à l'asphalte et aux goudrons pour former le liant bitumineux. Les élastomères utilisés pour la fabrication du tapis peuvent être quelconques. De préférence, ils seront choisis pour ne pas être attaqués par les huiles incorporées à la sous-couche bitumineuse ou qui peuvent exsuder des asphaltes ou goudrons utilisés comme liant. En particulier, l'élastomère peut être du néoprène comme indiqué, il peut être additionné d'une poudrette de déchets de caoutchouc jusqu 'a une proportion de 468. L'élastomère peut être étalé sur place en une ou plusieurs couches, ce qui assure l'adhérence à la sous-couche, ou bien on peut préparer un tapis à l'avance et le coller sur cette sous-couche. EXEMPLE Sur un revêtement bitumineux réalisé de façon connue, on étale d'abord une première couche, de 1,5 à 2 millimètres d'épaisseur, formée de liant d'élastomere additionné de poudrette. Après séchage pendant une journée, on étale une deuxième couche sensiblement de même épaisseur et de même nature, mais dans laquelle la poudrette est sensiblement plus fine. Les-opérations sont conduites à froid à l'abri de la pluie. L'invention s'applique aux terrains de sports couverts ou à l'air libre, cours de récréation, allées de promenade, champs de courses hippiques. REVENDICATIONS 1. Un revêtement de sol comportant une sous-couche à liant bitumineux incorporant, entre autres charges, des éléments microcellulaires élastiques et compressibles, et un tapis à base d'élastomères, caractérisé en ce que ledit tapis, d'épaisseur au plus égale à un centimètre, ne contient pas de composants compressibles tels que des granulats microcellulaires. 2. Revêtement de sol selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'une charge constituée par des déchets de caoutchouc moulus est incorporée à l'élastomère constituant le tapis.