La présente invention se rapporte à un nouvel agent de contraste pour l'examen radiologique du foie et à un procédé pour sa préparation. L'examen radiologique contrasté du foie constitue un voeu ancien du praticien. Mais jusqu'à maintenant, on ne disposait pas d'agent de contraste utilisable à cet effet. L'hépato-liénographie, c'est-å-dire l'examen contrasté positif du foie et de la rate par voie indirecte, après injection intraveineuse d'un agent de contraste; a déjà été réalisée antérieurement, d'abord avec du Thorotrast et plus tard avec des sols d'iode. En raison de la nocivité de ces agents de contraste, qui ne sont plus excrétés ou qui sont excrétés trop lentement, ce type d'examen n'est plus réalisé que pour des recherches expérimentales /arke, Rontgenkontrastmittel page 266, Georg Thieme-Verlag, Leipzig 19707. Les examens du foie par des techniques d'échos d'ultrasons proposées récemment, ne donnent pas des informations suffisantes pour le diagnostic. Le problème posé est alors le suivant : comment pourrait-on mettre des agents de contraste aux rayons X qui soient bien tolérés, par exemple les agents urographiques et vasographiques modernes, très bien tolérés par administration intraveineuse -AMIDOTRIZOAT, ACIDUM IOXOTRIZOICUM, METRIZOAT, ACIDUM IOTALAMICUM, ACIDUM IOXITALAMICUM, ACIDUM IOGLICICUM, ACIDUM IOXAQLICUM et ACIDUM IOCARMICUM ou les agents cholestographiques ADIPIODON, ACIDUM IOGLYCAMICUM, ACIDUM IOTROXICUM et ACIDUM IOSEFAMICUM sous une forme telle qu'ils puissent être utilisés pour examen du foie et de la rate On a tenté par exemple d'utiliser comme agents hépato-liénographiques des émulsions ou des suspensions d'esters des acides mentionnés ci-dessus en tant qu'agents de contraste.Mais, d'une part la stabilité des émulsions et des suspensions s'est en général avérée insuffisante et, d'autre part, le métabolisme des esters est trop lent pour assurer, à l'utilisation clinique, une sécurité suffisante de cette méthode de diagnostic. On sait que les liposomes de phospholipides, après injection intraveineuse, se concentrent préférentiellement dans le foie et la rate. Les liposomes sont des microcapsules sphériques ou polysphériques formées--à partir de phospholipides et dont le noyau ou les espaces intermédiaires peuvent contenir des substances activés ou des indicateurs qui sont libérés lentement dans l'organisme. Les liposomes ont en général des dimensions qui sont de l'ordre de grandeur des globules rouges et par conséquent peuvent être injectés par voie intraveineuse. Comme ils consistent en substances naturelles ou se métabolisent en composants naturels, les liposomes à dimension appropriée sont en général bien tolérés par l'organisme ; cf. par exemple demande de brevet de la RFA publiée avant examen DT-OS 2 725 696. De toutes manières, et contrairement au cas du Jodoelen, on ne craint pas les embolies huileuses ni les thromboses.Grâce à la libération lente de l'agent de contraste, on ne risque pas non plus de phénomène d'excrétion brutale, en forme de choc, du calcium. Parallellement aux progrès de la technique des liposomes, on a porté un intérêt croissant à l'utilisation des liposomes en tant que véhicules pour des substances actives et des enzymes et également en tant que produits auxiliaires immunologiques (cf. demandes de brevets de la RFA publiées avant examen DT-OS 2 532 317, 2 712 031 et 2 643 641). La structure générale des liposomes est connue dans une certaine mesure. Il s'agit par exemple de structures rappelant la forme de l'oignon, comportant une série de couches de lipides, c'est-à-dire dessphérules qui renferment un liquide aqueux, lequel peut contenir des substances actives. Les liposomes sont habituellement dispersés, en dispersion collodale, dans des milieux aqueux isotoniques, en particulier du sérum physiologique (à 0,9 en poids de NaCl). A l'origine de la présente invention, on trouve une idée du demandeur selon laquelle on pourrait renfermer dans des liposomes des composants opacifiants très bien tolérés, ayant déjà donné d'excellents résultats à l'utilisation en tant qu'agents de contraste aux rayons X, et créer ainsi des produits qui, après administration intraveineuse, se concentreraient préférentiellement dans le foie et la rate. D'autres buts et avantages de l'invention apparaitront à la lecture de la description ci-après. La demanderesse a trouvé qu'en opérant selon -des techniques connues, on pouvait mettre, en particulier sous la forme de liposomes administrables par voie intra-veineuse, des sels des acides forts très bien tolérés en tant qu'agents de contraste, tels qu'on les utilise dans les agents urographiques, vasographiques et cholécystographiques modernes à administrer par voie intraveineuse. Elle a en outre trouvé que quelques minutes après l'administration intraveineuse de ces liposomes, le foie et la rate étaient visibles à l'image contrastée de rayons X. La mesure quantitative des contrastes foie/rate peut également être réalise à laide de la tomographie, une méthode qui permet aussi de déceler quantitativement de fines différences et de les exploiter pour le diagnostic. Habituellement, au bout de quelques heures seulement après l'administration intraveineuse des liposomes, les contrastes aux rayons X ont pratiquement disparu. Par conséquent, les composants opacifiants ont déjà été excrétés. Comme on pouvait sty attendre en raison de leur parfaite tolérance bien connue et de leur grande vitesse d'excrétion, ils sont éliminés en continu avec l'urine. Au bout de 24 à 48 heures seulement, les agents de contraste sont pratiquement éliminés totalement de l'organisme. On est donc parvenu au but recherché, à savoir créer des agents de contraste pour l'examen spécifique du foie et de la rate, permettant un diagnosticsiir et éliminés rapidement de l'organisme, ne pouvant donc causer les troubles permanents propres à tous les agents de contraste pour le foie qui ont été essayés antérieurement. L'invention concerne donc en premier lieu des agents de contraste aux rayons X pour l'examen plus spécialement du foie et de la rate, ces agents de contraste se caractérisant en ce qu'ils consistent en agents de contraste iodés, parfaitement tolérés, du type des dérivés de l'acide 2,4,6-triodobenzoique, renfermés dans des liposomes sphériques, à structure en couches multiples, à base de phospholipides. On utilise en tant que composants opacifiants des composés connus répondant à la formule générale dans laquelle "Acyl" représente un reste acide mono- ou di-valent, Y représente un atome d'hydrogène, un groupe acylamino, N-alkyl-acylamino, alkylaminocarbonyle ou hydroxyalkylaminocarbonyle et X est un groupe OH ou -O-cation. Parmi les composés opacifiants qui conviennent tout spécialement, on citera l'acide 3,5-bis-(acétylami- no)-2,4,6-triodo-benzolque, l'acide 5-acétamido-2,4,6- triodo-lT-méthylisophtalimidique, le bis-(3-carboxy-2,4, 6-triodo-anilide) de l'acide adipique, le bis-(3-carboxy-2,4,6-triodo-anilide) de l'acide diglycolique ou l'acide 5,5'-(adipoyldiamino)-bis-(2,4,6-triodo-N- méthylisophtalamidique) et leurs sels. Le procédé de préparation des agents de contraste aux rayons X selon l'invention se caractérise en ce que lion disperse de manière connue en soi un phospholipide dans une solution saline concentrée du composant opacifiant et, à partir de cette dispersion, on forme des liposomes à structure en couches multiples. Les exemples suivants illustrent l'invention sans toutefois la limiter ; dans ces exemples, les indications de parties et de % s'entendent en poids sauf mention contraire. Exemples Agents de contraste (comPosants owacifiants) AMIDOTRIZOAT : acide 3,5-bis-(acétylamino) -2,4,6-triodo- benzoïque ACIDUM IOXOTRIZOLCUM : acide -ac 3-acétamido-5-glycolamido 2,4,6-triodo-benzoSque METRIZOAT : acide 3-acétamido-2,4,6-triodo-5-(N-méthyl- acétamido)-benzoSque ACIDUM IOTALAMICUM : acide 5-acétamido-2,4,6-triodo-Nméthyl-isophtalamidique ACIDUM IOXITIMICUM : acide 5-acétamido-N-(2-hydroxy éthyl)-2,4,6-triodo-isophtalamique. On utilise une solution concentrée du sel de sodium ou de N-méthylglucamine ("MGA") ou un mélange des deux sels ADIPIODON : bis-(3-carboxy-2,4, 6-triodo-anilide) de l'acide adipique (solution à 50% du sel de sodium ou de MGA) ACIDUM IOGLYCAMICUM : bis-(3-carboxy-2,4,6-triodo-anilide) de l'acide diglycolique (solution à 50% du sel de sodium et/ou de MGA) ACIDUM IOCARMICUM : acide 5,5'-(adipoyldiamino)-bis (2,4,6-triodo-N-méthyl-isophtalamidique). Solution du sel de sodium ou de MGA Véhicule Phospholipides, en particulier lécithines de compositions variées. Préparation des liposomes Les phospholipides sont dissous dans un solvant organique approprié tel que le méthanol, l'éthanol, le chloroforme ou le chlorure de méthylène. La solution est évaporée dans un ballon à fort volume, dans des condi tions telles que la surface intérieure du ballon soit revêtue d'une pellicule régulière aussi mince que possible. Le solvant organique est éliminé complètement par application d'un haut vide. On ajoute alors la solution aqueuse concentrée du composant opacifiant et on secoue ou on agite à l'aide d'une turbine. On centrifuge la dispersion obtenue (15 mn à 25.000 g). La couche de liposomes flotte à la partie supérieure. On la sépare de l'excès de la solution de l'agent de contraste et on la disperse à nouveau dans du sérum physiologique. On sépare les particules grossières par centrifugation (2 mn à 2.000 g). La solution homogène laiteuse colloïdale de liposomes constitue agent de contraste aux rayons X prêt à l'emploi. Toutes les opérations sont effectuées en atmosphère de gaz protecteur, habituellement d'azote, afin d'éviter une oxydation des phospholipides qui y sont sensibles. Tous les produits de départ et récipients doivent être stérilisés (éventuellement par filtration). Toutes les opérations sont effectuées dans des conditions stériles. Mode opératoire de préparation On dissout en atmosphère d'azote 4 g d'un mélange de phospholipides obtenu à partir du soja, et présentant des charges négatives en excès, dans 40 ml de chloroforme. On concentre la solution lentement dans un ballon d't litre sous le vide de l'évaporateur rotatif. Il se forme une pellicule mince et régulière sur la paroi du ballon. On la sèche d'abord sous le vide de la trompe à eau puis sous haut vide à une température maximale de 500C. Après séchage, on ajoute 20 à 40 ml de la solution aqueuse concentrée du composant opacifiant qu'on veut renfermer dans le liposome. En secouant à la main, en agitant à la turbine ou à l'aide du vibro-mixeur, on forme les liposomes. Un léger réchauffage favorise la formation des liposomes.Dès que la pellicule d'origine s'est complètement dispersée, on centrifuge la solution laiteuse (15 mn à 25.000 g). Les liposomes formés flottent sur l'excès de solution du composant opacifiant. On décante la solution et on remplace par un volume égal de sérum physiologique. On disperse à nouveau les liposomes en secouant ou à l'aide d'un vibro-mixeur. Les particules grossières sont séparées par une nouvelle centrifugation brève (2 mn à 2.000 g). L'émulsion surnageante constitue l'agent de contraste aux rayons X prêt à l'emploi. Examens pharmacologique s Les dispersions de liposomes obtenues comme décrit ci-dessus ont été administrées par voie intraveineuse à des lapins et à des chiens, à des doses d'environ 1 à 3 ml par kg et à une vitesse d'injection d'environ 0,2 à 10 ml/mn. Les dispersions utilisées contenaient environ 0,05 à 0,2 g de composant opacifiant par ml, soit environ 30 à 120 mg d'iode par ml, et présentaient une faible pression osmotique. Résultats 15 mn seulement après l'administration intraveineuse des liposomes, on peut voir apparaitre à la radiographie le foie et habituellement également la rate des animaux d'expérience. Les contrastes peuvent entre exploités avec des conclusions très saures à l'égard du diagnostic, en particulier par mesure à l'aide de la tomographie. Cette méthode permet dtapprécier quantitativement des faibles différences de contraste à peine visibles à l'oeil nu. REVENDICATIONS 1 - Agent de contraste aux rayons X pour l'examen en particulier du foie et de la rate, cet agent de contraste se caractérisant en ce qu'il consiste en agents de contraste aux rayons X iodés et parfaitement tolérés, du type des dérivés de l'acide 2,4,6-triodo-benzoi.que, renfermés dans des liposomes sphériques à structure en couches multiples, à base de phospholipides. 2 - Agent de contraste selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on utilise en tant que composants opacifiants des composés connus répondant à la formule générale dans laquelle "Acyl" représente un reste acyle mono- ou di-valent, Y représente l'hydrogène, un groupe acylamino, N-alkyl-acylamino, alkylaminocarbonyle ou hydroxyalkylaminocarbonyle et X représente un groupe -OH ou un groupe -O-cation d'un carboxylate. 5 - Agent de contraste selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que l'on utilise en tant que composant opacifiant l'acide 3,5-bis-(acétylamino)-2,4,6triodo-benzolque ou l'acide 5-acétamido-2,4,6-triodo-N méthylisophtalamidiquQ ou leurs sels. 4 - Agent de contraste selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que l'on utilise en tant que composant opacifiant le bis-(3-carboxy-2,4,6-triodo-ani- lide) de l'acide adipique, le bis-(3-carboxy-2,4,6triodo-anilide) de l'acide diglycolique ou l'acide 5,5' (adipoyldiamino)-bis-(2,4,6-triodo-N-méthylisophtalamidi- que) ou leurs sels. 5 - Procédé de préparation des agents de contraste aux rayons X selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on disperse de manière connue en soi un phospholipide dans une solution saline concentrée du composant opacifiant et à partir de cette dispersion, on forme des liposomes à structure en couches multiples.