La présente invention concerne un procédé de collage de tapis sur des sols avec possibilité de décollement, procédé dans lequel, avant l'application de l'adhésif, on enduit le sol d'une couche de fond favorisant le décollement. En outre, l'invention concerne une couche de fond pour la réalisation de ce procédé. En vue de leur utilisation, les tapis, en particulier, les revêtements de sol en matière textile de tous types tels que les voiles de carde, les feutres, les feutres tuftés et analogues, sont posés d'une manière fiable sur les sols par collage. Dans ce cas, pour les motifs les plus divers, il peut être nécessaire de décoller le tapis, en particulier, lorsque celui-ci doit être emporté, par exemple, lors d'un déménagement ou lorsqu'il doit être remplacé. A de nombreux égards, le collage à demeure connu jusqu'à présent implique de grandes difficultés, c'est-à-dire que le décollement du tapis est pratiquement impossible ou ne peut être effectué qu'en détériorant le tapis et/ou le sol, ce qui peut donner lieu à un travail considérable et à d'importantes pertes de rendement, le facteur temps pouvant également entrer pour une large part en ligne de compte. Afin d'éviter ces inconvénients, on a déjà proposé des adhésifs dits de reprise qui, après des laps de temps relativement courts, permettent encore de décoller le tapis d'une manière satisfaisante. Toutefois, déjà après plusieurs mois et très souvent déjà après quelques semaines, ces adhésifs connus de reprise sont à ce point modifiés qu'ils présentent, lors du décollément des tapis, des difficultés au moins semblables à celles des adhésifs habituels pour les collages à demeure. On a essayé de remédier à cet inconvénient en enduisant le sol, avant l'application de l'adhésif, d'une couche de fond assurant dès le début, au moyen de l'adhésif qui y est appliqué, un collage des tapis d'une durabilité suffisante, tout en permettant cependant de décoller le tapis et d'enlever la couche de fond après n'importe quel laps de temps. Les couches de fond cbnnues sont généralement constituées de dispersions diluées d'esters polyvinyliques, d'esters polyacryliques ou de copoly mères pour lesquels on emploie, comme adhésifs, par exemple, une dispersion aqueuse d'esters polyvinyliques, d'esters polyacryliques, de leurs copolymères, des latex naturels et synthétiques ou des solutions de résines et d'élastomères dans des solvants organiques. Dans ce cas, les adhésifs peuvent être utilisés avec ou sans charges.Toutefois, on a constaté que, déjà après un laps de temps relativement court, l'adhérence des adhésifs aux couches de fond était à ce point accrue qu'il était impossible de décoller le tapis sans détériorations. Dans la demande de brevet publiée en Allemagne Eédé- rale nO 1.957.329, on propose un papier peint aisément décollable comportant une couche dorsale anti-adhésive appliquée sur une couche de matière synthétique. Lors du décollement du papier peint, la colle reste sur la paroi si bien qu'en quelque sorte on ne peut enlever que les colles hydrosolubles dont la force d'adhérence serait insuffisante pour les tapis de sol. En outre, l'ap- plication d'une couche dorsale correspondante sur les tapis serait très coûteuse et, au besoin, elle ne pourrait être réalisée qu'à l'échelle industrielle si bien que, faute d'un caractère universel suffisant, le procédé de la demande de brevet précitée ne peut être utilisé avec succès et d'une manière correspondante pour les tapis. La présente invention a pour objet de résoudre les problèmes précités du collage des tapis sur les sols avec possibilité de décollement moyennant un procédé réalisé en utilisant une couche de fond. A cet effet, suivant l'invention, un procédé du type décrit ci-dessus est caractérisé en ce qu'on utilise au moins une couche de fond contenant un savon métallique. Suivant l'invention, une couche de fond destinée à la réalisation de ce procédé est caractérisée en ce qu'elle contient au moins un savon métallique. Les savons métalliques sont le mieux connus sous le nom d'anti-adhésifs, en particulier, sous le nom d'agents de démoulage, ce qui signifie qu'ils possèdent des propriétés antiadhésives à ce point remarquables que l'on ne pourrait pas compter sur le collage durable d'un tapis sur un sol comportant une couche de fond contenant un savon métallique. Il faudrait plu tôt admettre qu'avec ces types de collages, on ne peut obtenir la résistance voulue au cisaillement et au foulage, par exemple, la résistance à l'usure par la marche et les fauteuils roulants. Toutefois, de façon étonnante, on a constaté que, même sur des couches de fond constituées presque exclusivement de savons métalliques, avec les adhésifs habituels, par exemple, ceux énumérés ci-dessus à titre d'illustration, on pouvait obtenir de remarquables valeurs d'adhérence utiles lors du collage des tapis. Néanmoins, la résistance à l'écaillage est suffisamment faible pour permettre, même après une forte sollicitation et un important vieillissement, un décollement des tapis, même de ceux comportant des couches dorsales d'une résistance relativement faible à l'arrachement; dans ce cas, il n'est pas rare que la couche de fond se sépare en elle-même et subsiste en partie sur le sol et en partie sur la couche d'adhésif adhérant à la face dorsale du tapis.Toutefois, même si la couche d'adhésif subsiste, par exemple, partiellement sur la couche de fond, notamment du fait qu'elle est déjà trop fortement desséchée avant le collage pour encore adhérer partout sur le tapis, il est très aisé d'enlever cette couche de fond du sol. Cette élimination peut généralement être effectuée à l'aide d'eau, d'un agent mouillant et, par exemple, d'une brosse. A cet égard, il est à nouveau surprenant de constater que, lors de l'application de l'adhésif, une couche de fond pouvant être éliminée aussi aisément ne devienne pas inutilisable. A proprement parler, il faudrait s'attendre à ce que, lors de l'application de l'adhésif à la spatule-, cette couche de fond soit à nouveau dispersée ou qu'elle se détache de la spatule. Moyennant les précautions normales, on ne risque ni l'un ni 11 au- tre. Comme savons métalliques, on peut employer, en particulier, les stéarates métalliques, en particulier le stéarate de calcium qui, lorsqu'on les délaye, par exemple, avec de l'eau et de faibles quantités d'agent dispersant, donnent de bonnes couches de fond; dans ce cas, on peut également employer conjointement des diluants tels que le talc, la craie, l'amidon et analogues. On peut obtenir de bons résultats même en ajoutant d'im portantes quantités de diluants, par exemple, jusqu'à 50 ffi en poids des savons métalliques. Au lieu ou en plus de l'eau, on peut également envisager l'emploi de solvants organiques pour former la dispersion.En outre, on peut également utiliser des solutions fortement colloldales du ou des savons métalliques dans des solvants organiques, avec ou sans diluants, ainsi que des mélanges de dispersions et de solutions colloidales. Dans ce cas, on peut renoncer à l'emploi d'agents liants spéciaux ou on peut utiliser des diluants ayant la nature d'agents liants (par exemple, 1'amidon) ou d'autres agents liants. Une autre possibilité confis te à appliquer une couche de fond pulvérulente que l'on peut ensuite solidifier en une couche de fond par apport de chaleur, de pression et/ou d'un liquide. Exemples Dans les exemples suivants, on enduit un sol décrit plus en détail dans un exemple particulier, avec une couche de fond en dispersion que l'on prépare comme suit a) dans 46,5 parties en poids d'eau du robinet, b) tout en agitant, on dissout 3,5 parties en poids d'un dispersant non ionogène (2,0 parties en poids de "Span 6o" (marque commerciale) et 1,5 partie en poids de "Tween 60" (marque commerciale)) , c) puis, tout en agitant vigoureusement, on incorpore et disperse 25 à 50 parties en poids d'un sayon métallique et 25 à 0 parties en poids d'un diluant. Les quantités et les types de savons métalliques et de diluants sont indiqués dans les exemples particuliers. Ensuite, on laisse sécher à l'air la couche de fond appliquée au pinceau ou au rouleau. Sur la couche de fond, on applique alors de la manière habituelle au moyen d'une spatule dentelée, une colle spécifiée plus en détail dans chaque exemple particulier, puis on y colle un tapis de feutre tufté. Même après un vieillissement intensif, ce tapis de feutre tuf té peut être détaché du sol sans être altéré et la couche de fond qui subsiste peut être détachée du sol par voie humide. Exemple On forme la couche de fond en utilisant 50 parties en poids de stéarate de calcium sans diluant supplémentaire. On l'applique sur un sol en ciment lissé. Comme adhésif, on emploie une dispersion de copolymères d'esters vinyliques contenant des charges. Exemple 2 On forme la couche de fond en utilisant 25 parties en poids de stéarate de calcium et 25 parties en poids de craie (comme diluant). On l'applique sur un revêtement de sol en chlorure de polyvinyle. Comme adhésif, on utilise une dispersion de latex naturel contenant des charges. Exemple 3 On forme la couche de fond en utilisant 50 parties en poids de stéarate de zinc (sans diluant). On l'applique sur un sol parqueté poncé, mais par-ailleurs non traité. Comme adhésif, on emploie une dispersion de butadiène-styrène contenant une charge. Tandis que, dans les exemples ci-dessus, la couche de fond ne contient aucun agent liant, on peut éventuellement en utiliser. De même, au lieu d'eau, on peut utiliser un autre liquide, par exemple, un liquide organique et des mélanges de liquides et, au lieu d'une dispersion, on peut employer au moins un savon métallique ou, en plus d'une dispersion de ce type, des dispersions fortement colloidales de savons métalliques. REVENDICATIONS 1. Procédé de collage de tapis sur des sols avec possibilité de décollement, procédé dans lequel, avant l'applica tion de l'adhésif, on enduit le sol d'une couche de fond favorisant le décollement, caractérisé en ce qu'on utilise une couche de fond contenant au moins un savon métallique. 2. Procédé selon la revendication t, caractérisé en ce qu'on utilise une couche de fond contenant au moins un stéarate métallique, de préférence, le stéarate de calcium. 3. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisé en ce qu'on utilise une couche de fond contenant au moins un savon métallique en dispersion aqueuse et/ou en solution fortement colloïdale dans un solvant organique. 4. Procédé selon l'une quelconque des revendications t et 2, caractérisé en ce qu'on utilise une couche de fond contenant au moins un savon métallique sous forme d'une poudre très fine. 5. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce qu'on utilise une couche de fond sans agents liants spéciaux, mais éventuellement une couche de fond contenant des diluants. 6. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce qu.' on utilise une couche de fond contenant des liants et éventuellement des charges. 7. Couche de fond pour la réalisation du procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisée en ce qu'elle contient au moins un savon métallique. 8. Couche de fond selon la revendication 7, caractérisée en ce qu'elle contient au moins un stéarate métallique, de préférence le stéarate de calcium. 9. Couche de fond selon l'une quelconque des revendications 7 et 8, caractérisée en ce qu'elle contient au moins un savon métallique en dispersion aqueuse et/ou en solution fortement colloïdale dans un solvant organique. 10. Couche de fond selon l'une quelconque des revendications 7 et 8, caractérisée en ce qu'elle contient au moins un savon métallique sous forme d'une poudre très fine. tt. Couche de fond selon l'une quelconque des revendications 7 à 10, caractérisée en ce qu'elle ne contient aucun agent liant particulier, mais-éventuellement des diluants. 12. Couche de fond selon l'une quelconque des revendications 7 à 10, caractérisée en ce qu'elle contient des agents liants et éventuellement des charges.