On sait que lorsqu'il s'agit d'équiper un ski de carres s'éten dant sur toute la longueur de la face inférieure ou semelle, il est indispensable de procéder au préalable au cintrage desdites carres de façon à ce que celles-ci s'appliquent de manière correcte contre les côtés de la spatule et du talon, lesquels présentent un amincis- senent plus ou moins progressif joint à une certaine courbure dans le plan vertical. A l'heure actuelle cette opération de cintrage préalable est réalisée à froid à l'aide de dispositifs de conformation qui néces sitent une énergie considérable et une nain-d'oeuvre importante, étant noté que par suite des caractéristiques d'élasticité présentées par le septal normalement employé pour la fabrication des carres, on assiste inanquablement à une déformation de la partie cintrée à la sortie du cintrage, de telle sorte qu'en fin de compte il est pratiquement impossible d'obtenir une carre qui "colle" parfaitement au profil de la portion terminale (spatule ou talon) du ski à équi per.. Les perfectionnements qui font l'objet de la présente inven tion ont plus spécialement pour but de remédier aux inconvénients précités et de peur mettre le cintrage dans des conditions telles qu'à la sortie de l'opération de conformation les carres épousent très exactement le profil de la portion correspondante du ski. Conformément à l'invention, on commence par chauffer la partie à cintrer de chaque carre jusqu'à la porter au rouge, puis on fait inédiatement agir sur ladite partie un galet mobile commandé de façon à appliquer celle-ci contre une forme ou matrice présentant le profil de la portion galbée du ski à équiper. Conformément à un mode de mise en oeuvre préféré du procédé de cintrage suivant l'invention, le chauffage préalable des carres est opéré électriquement, en reliant momentanément chaque carre à un circuit approprié. Les bonnes de ce circuit sont avantageusement fixées à deux mécanismes de pince associés aux deux extrémités de la partie à cintrer de chaque carre, l'un de ces mécanismes étant fixé sur la matrice ou forte tandis que l'autre est porté par un chariot qui est déplacé axialement de façon à tenir compte de la dilatation de ladite partie dans le sens axial.La forme ou matrice ainsi que les deux mécanismes de pince sont agencés de manière~3 coopérer avec deux carres disposées parallèlenent l'une à l'autre, ces cirres étant conformées par deux galets mobiles reliés à un dispositif d'actionnement unique. Le dessin annexé, donné à titre d'exemple, permettra de mieux comprendre l'invention, les caractéristiques"qutelle présente et les avantages qu'elle est susceptible de procurer. Fig. 1 est une vue de cEté avec coupe verticale partielle montrant l'agencement général d'une machine pour la mise en oeuvre du procédé de cintrage suivant l'invention. Fig. 2 reproduit fig. 1 à une autre position des éléments de la machine. Fig. 3 et 4 sont des coupes transversales schématiques, respectivement suivant III-III (fig. 1) et IV-IV (fig. 2). La machine représentée comprend un bti horizontal 1 dont la partie centrale est pourvue d'un support 2 à profil en arc-de-cercle, équipé d'un dispositif de refroidissement au et destiné à recevoir, de manière aisément interchangeable, une forme 3 qui est établie au profil de la portion terminale (spatule dans le cas considéré) du type de skis à équiper. La partie supérieure de ce support 1 est munie d'un premier mécanisme de pince référencé 4, comprenant un étrier 5 attelé à la tige mobile d'un vérin pneumatique 6 dont le corps est fixé latéralement audit support.Lorsque ce vérin 6,du type à double effet, est commandé à I'extension, l'étrier 5 se soulève au-dessus du support 1 en permettant la mise en place de la partie antérieure de deux carres rectilignes 7,amenées axialement a travers un guide vertical 8. La contraction de ce vérin 6 provoque au contraire l'abaissement de l'étrier S qui vient alors pincer les carres 7 en les appliquant fermement contre la forme 3. L'extrémité libre des deux carres 7 coopère de la meme manière avec un mécanisme de pince 9 constitué par un étrier 10 porté par un levier Il lui-moeme articulé à la tige mobile d'un vérin 12 du type à double effet. Le fonctionnement de ce mécanisme 9 est identique à celui exposé pour le mécanisme 4, étant toutefois noté que ledit mécanisme 9 est monté sur un chariot horizontal 13 pourvu d'une semelle dépassante 13a contre laquelle l'étrier 10 vient appliquer l'extrémité antérieure de chacune des carres 7.Comme plus particulièrement montré en fig. 3, le chariot 13 est avantageusement constitué par une plaque dont les bords sont engagés dans des rainures pratiquées dans les faces en vis-à-vis de deux flasques verticaux 14 solidaires du b ti 1. Cette plaque ou chariot 13 est fixé au cylindre mobile 15 d'un vérin dont la tige 16 est immobili- sée sur une partie la du b ti 1. Les deux mécanismes de pince 4 et 9 sont convenablement isolés diélectriquement l'un par rapport à l'autre de façon à pouvoir entre reliés aux bornes 17 et 18 d'un circuit électrique de chauffage. Ce circuit se trouve ainsi fermé par les deux carres 7 lorsque les mécanismes précités sont en position abaissée de pinçage, si bien que la partie desdites carres 7 qui se trouve ainsi maintenue en place est portée au rouge. Afin d'éviter tout risque de cambrage intempestif de la partie précitée des carres sous effet de la dilatation due au chauffage, le vérin 15-16 est alimenté sous faible pression, de façon à ce que le chariot 13 se déplace lentement en suivant en quelque sorte l'allongement axial. En fin de chauffage le mécanisme 9 est commandé à l'ouverture et libère donc les extrémités des carres 7, lesquelles sont alors immédiatement soumises à une opération de conformation. A cet effet et comme plus particulièrement montré en fig. 3, la machine comprend deux galets mobiles 19 à axe oblique, portés par deux chappes fixées en bout de bras horizontaux 20. Chacun de ceux-ci coulisse à l'intérieur d'un manchon 21 et reçoit l'action de deux ressorts latéraux 22 qui tendent à le repousser en direction de la forme 3, laquelle se trouve disposée entre les deux galets 19 ; un mécanisme de guidage, non détaillé, s'oppose à tout déplacement angulaire des bras 20 à l'intérieur des manchons 21.Chaque manchon 21 est fixé transversalement en bout de deux leviers 23, eux-m & es axialement mobiles et retenus angulairement à l'intérieur de douilles 24, solidaires en rotation d'un axe tubulaire 25. L'extrémité inférieure de chaque levier 23 est équipée d'un ressort 26 qui tend à le rappeler axialement vers le bas. La base des douilles de guidage 24 est rendue solidaire d'une traverse 27 dont la partie centrale s'attelle à la tige mobile 28 d'un vérin dont le cylindre 29 (fig. 1 et 2) est porté à articulation par le bâti 1, et l'on conçoit que la commande de ce vérin 28-29 à la contraction dEterminé , à partir de la position illustrée en fig. 1, le déplacement angulaire des deux leviers 23 autour de l'axe 25. Sous l'effet des ressorts 22 et 26, les galets 19 s'appli- quent contre la partie des carres 7 qui a été libérée après chauffage, en la repoussant contre la forme 3 et en l'obligeant ainsi à se conformer au profil latéral de celle-ci. Lorsque les galets 19 sont arrivés en bout de la partie à cintrer de chaque carre 7 (fig. 2),le vérin précité est commandé à l'extension pour ramener les bras 20 à leur position initiale de fig. 1. En fin de déplace ment angulaire de retour, chaque levier 23 vient porteur, par I l'in- termédiaire d'une butée inférieure 23a, contre un sabot fixe lb solidaire du bâti 1, en même temps que chaque galet 19 est commandé au retrait par portée d'une butée 20a (fig. 3) contre une rampe fixe 2a solidaire du support 2, de teIle sorte que lesdits galets libèrent complètement les carres 7, lesquelles sont ainsi susceptibles d'entre enlevées en vue de permettre une opération ultérieure de cintrage sur deux nouvelles carres rectilignes. On notera que l'ensemble du fonctionnement de la machine est entièrement automatique et ne nécessite aucune intervention manuelle. Les carres peuvent oestre amenées deux par deux sur le bâti 1 à l'aide de dispositifs mécaniques appropriés, après quoi les mécanismes de pince 4 et 9 entrent en action ; le circuit de chauffage est alors mis sous tension pour porter au rouge les parties à cintrer, le vérin 15-16 assurant le déplacement progressif du chariot 13. Une fois la température atteinte, le système général de commande de la machine coupe le circuit précité et actionne à l'ouverture le mécanisme 9 pour libérer les extrémités des parties à cintrer le vérin 28-29 est à ce moment commandé à la contraction pour opérer le déplacement des galets de conformation 19 et, lors du retour des leviers 23 à la position initiale, le chariot 13 est lui-meme ramené à sa position avancée pour recevoir les extrémités des deux carres suivantes à cintrer. Il est parfois nécessaire que les carres laissent libre l'exrémité antérieure de la spatule des skis en vue de permettre la fixation d'un nez de carre, à profil en forme de V. En pareil cas il est avantageux de faire comporter à la machine un dispositif de sectionnement commandé par un vérin 30 (fig. Xet 2) dont l'organe mobile est attelé à un levier basculant 31 pourvu en bout d'un mors 32 propre à prendre appui sur les carres cintrées après retour des galets 19. A ce dispositif est associée une fraise 33 entraînée par un moteur orientable 34, laquelle fraise sectionne l'extrémité de la partie cintrée de chaque carre 7 en vis-à-vis d'une cavité ménagée à cet effet dans le support 9 immédiatement au droit de l'ex- trémité de la forme 3. I1 doit d'ailleurs & re.entendu que la description qui précède n'a été donnée qu'à titre d'exemple et qu'elle ne limite nullement le domaine de l'invention dont on ne sortirait pas en remplaçant les détails d'exécution décrits par tous autres équivalents. On conçoit en particulier que la commande des galets mobiles de conformation peut entre assurée à l'aide de tout mécanisme approprié, par exemple du type à bielles et à guides arqués. R E V E N D I C A T I O N S 1. Procédé pour le cintrage des carres en vue de leur fixation ultérieure cgntre les portions galbées (spatule ou talon) des skis, caractérisé en ce qutil consiste à chauffer la partie à cintrer de chaque carre jusqu'à la porter au rouge et à faire agir contre ladite partie un galet mobile commandé de façon à appliquer celle-ci contre une forme présentant le profil de la portion galbée considérée. 2. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'on opère le chauffage de la partie à cintrer en reliant momentanément celle-ci à un circuit électrique approprié, en même temps qu'on maintient l'une de ses extrémités contre la forme et l'autre contre un élément indépendant, prévu mobile pour permettre la dilatation de ladite partie dans le sens axial. 3. Procédé suivant la revendication 3, caractérisé en ce qu'on branche les bornes du circuit électrique de chauffage aux deux mécanismes qui assurent le maintien en place des extrémités de la partie à cintrer contre la forme et contre l'élément. 4. Machine pour la mise en oeuvre du procédé de cintrage suivant l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée en ce quelle comprend en combinaison une forme reproduisant le profil de la portion galbée du ski considéré, un premier mécanisme de pince propre à appliquer contre ladite forme l'une des extrémités de la partie de la carre à cintrer, un second mécanisme de pince qui coopère avec l'extrémité opposée de ladite partie, ce second mécanisme étant porté par un chariot, un circuit électrique de chauffage dont les bornes sont respectivement branchées à l'un ou à l'autre des deux mécanismes de pince, et au moins un galet mobile conformation actionné de façon à prendre appui contre l'extrémité de la partie à cintrer qui est retenue par le premier mécanisme de pince et, une fois l'extrémité opposée libérée par le second mécanisme après chauffage, à appliquer ladite partie contre la forme en vue de lui faire épouser le profil de celle-ci. 5. Machine suivant la revendication 4, caractérisée en ce que chaque mécanisme de pince comprend un étrier propre à coopérer avec deux carres parallèles, ledit étrier étant attelé à l'organe mobile d'un vérin. 6. Machine suivant l'une quelconque des revendications 4 et 5, caractérisé en ce que le chariot est commandé axialement de manière à ce que le second mécanisme de pince se déplace en fonction de l'allongement axial de la partie à cintrer sous l'effet de l'action du circuit de chauffage. 7. Machine suivant l'une quelconque des revendications 4 à 6 > caractérisée en ce que chaque galet de conformation est porté par un bras coulissant lui-meme monté transversalement en bout d'un levier pivotant susceptible de coulisser dans le sens axial, des moyens élastiques étant associés auxdits bras et levier de façon à ce que tout au long de son déplacement le galet soit obligé d'appliquer fermement la partie à cintrer de la carre contre la face latérale de la forme. 8. Machine suivant l'une quelconque des revendications 4 à 7, caractérisée en ce qu'elle comprend en outre des moyens destinés à sectionner le bout des carres après cintrage de celles-ci. 9. Machine suivant la revendication 8, caractérisée en ce que les moyens de sectionnement comprennent un mécanisme de retenue propre à maintenir en place les deux carres cintrées, et une fraise tournante à orientation réglable.