La présente invention est relative aux sutures chirurgicales ; et elle concerne, plus particulièrement, des sutures ayant une moindre réactivité à ltégard des tissus, ainsi qu'un procédé pour la préparation de telles sutures. On peut classer les sutures selon qu'elles sont absorbables ou non-absorbables, et elles peuvent être polyfilamenteuses ou monofilamenteuses. Les chirurgiens préfèrent les sutures polyfilamenteuses parce qu'elles donnent de meilleurs noeuds que les sutures monofilamenteuses. Par contre, les patients préfèrent les sutures monofilamenteuses parce qu'elles sont moins genantes en cas d'infection. I1 est généralement admis que des monofilaments tels que ceux produits à partir de différents matériaux, y compris acier inoxydable, superpolyamides (dénommés couramment "Nylons"), polyéthylène, polypropylène, donnent les sutures non-absorbables les plus inertes. Quand elles sont implantées dans une zone où intervient une infection, en règle générale, elles ne sont pas rejetées spontanément par la plaies et elles ne nécessitent pas non plus une intervention chirurgicale pour les enlever. En ce qui concerne leur section transversale, tous ces monofilaments ont une chose en commun : ils sont pleins, sans "espaces morts" ni interstices. Au contraire, quand des sutures tressées ou câblées et retordues sont implantées là où intervient une infection, en règle générale, elles sont rejetées spontanément par la plaie, ou bien il faut recourir à une intervention chirurgicale pour les enlever, afin qu'un cicatrisation soit possible. Considérées en section transversale, les sutures tresses ou câblées sont constituées par de nombreux filaments entre lesquels subsistent des espaces morts. Par exemple, une suture en soie tressée comporte en coupe transversale de 40 à-50% d'espace mort. Sur la base des faits exposés ci-dessus, il semble possible qutil y ait une relation directe entre l'existence d'espaces morts dans une suture et l'apparition d'un rejet spontané ou la nécessité d'une intervention chirurgicale pour enlever la suture quand une infection intervient. Si cette hypothèse est correcte, les monofilaments constitueraient les sutures de choix pour le patient ayant à subir une intervention chirurgicale. Mais les chirurgiens se heurtent à de grandes difficultés au cours de leur utilisation. Toutes ces sutures sont rigides, difficiles à nouer et ont tendance à stouvrir spontanément. Certaines, en outre, ont des extrémités à angle vif, ont tendance à se tortiller, ou sont trop élastiques. Il apparait que tous les monofilaments soulèvent des difficultés pour la mise en oeuvre des techniques chirurgicales.De nombreux chirurgiens continuent à utiliser les monofilaments, en dépit des problèmes qu'ils posent, à cause de l'excellente réponse du patient. Toutefois, bien entendu, les monofilaments deviennent inutilisables si la technique chirurgicale de formation des noeuds devient inadéquate. Un but de la présente invention est de réaliser un procédé permettant de conférer à des structures polyfilamenteuses des caractéristiques de sutures mono filamenteuses. Le but sus-spécifié et d'autres qui apparaîtront au cours de la description suivante concernant un mode de réalisation préféré de ladite invention sont atteints conformément à l'invention en éliminant substantiellement les espaces morts occupés par de l'air dans une suture polyfilamenteuse, et ce en remplissant les interstices de la suture en soie par de nombreuses particules solides en matières polymères synthétiques. On a en effet découvert que la réactivité de la suture polyfilamenteuse peut être abaissée à un point tel que la réactivité de la suture devient aussi basse que celle d'un monofilament quand de telles particules solides y sont incorporées. La matière inerte servant à combler les espaces morts des sutures peut être toute substance polymère synthétique adéquate inerte, insoluble et en particules assez petites pour pénétrer dans les interstices de la suture en soie. Des polymères du tétrafluoroéthylène tels que la matière connue sous le marque "Te flon (polytétrafluoroéthylène) constituent des particules particulièrement convenables. rarmi-d'autres résines synthétiques inertes et insolubles utilisables figurent des polyoléfines telles que polyéthylène, polypropylène et analogues ; des polydioléfines telles que des polymères du butadiène et de l'iso- prène ; le polystyrène ; des polyesters, des polyamides et des substances analogues.Des dispersions aqueuses de ces substances, dispersions telles que celles de "Teflon" décrites dans le brevet E.U.A. n" 2.478.229 de Berry, conviennent pour incorporer des particules aux sutures. Des dispersions aqueuses saturées sont particulièrement adéquates. Ordinairement, les particules inertes utilisées ont des dimensions atteignant jusqu'à un micron. Parmi les sutures que l'on peut améliorer conformément à l'invention figurent toutes les sutures non-absorbables. Comme exemples de telles sutures, on peut citer des structures polyfilamenteuses préparées à partir de soie ; des substances synthétiques hydrophobes telles que des polyesters (par exemple ceux connus sous la marque 1,Dacron"), des polyoléfines (par exemple du polypropylène), des polyamides (par exemple "Nylon" et polyacrylonitrile), et d'autres substances analogues ; le coton et le lin. On pense quten comblant l'espace mort des interstices de la suture en soie, les poches susceptibles de donner asile à des organismes infectieux se trouvent éliminées ou tout au moins réduites à un degré tel que les résultats cliniques permettent d'assimiler la suture résultante à une suture monofilamenteuse. Autrement dit, bien qu'il ne soit pas certain que les vides soient éliminés, les sutures produites conformément à la présente invention se comportent comme un monofilament. En tout cas, il convient que la proportion des particules introduites dans la suture soit suffisante pour rendre la suture substantiellement monofilamenteuse. Il est toutefois considéré comme préférable que les particules remplissent substantiellement l'espace mort subsistant dans les interstices de la suture. La proportion exacte de particules nécessaire pour remplir les espaces morts initialement présents dans la suture varie selon la nature et la configuration de la suture et, bien entendu, selon la densité de la matière en particules utilisés. Par exemple, il convient généralement d'utiliser, pour rendre la suture substantiellement monofilamenteuse, une proportion en poids de polyté trafluoroéthylène (sur la base du poids de la suture) comprise entre un minimum de 6% environ et un maximum correspondant à l'imprégnation à refus dans la suturé. Cette proportion maximum dépend des techniques mises en oeuvre aussi bien que des substances et des opérations d'imprégnation sous pression utilisables. Il convient toutefois de noter qu'une suture manifestant les caractéristiques d'une suture monofilamenteuse peut être obtenue sans combler entièrement les espaces morts initialement présents dans la suture polyfilamenteuse. On réalise une imprégnation de la-suture conformément à la présente invention -en plongeant la suture dans une dispersion aqueuse de particules solides de polymère pendant un laps de temps d'une durée suffisante pour introduire lesdites particules de polymère dans la suture. Après l'immersion, on soumet la suture imprégnée à une centrifugation pour extraire l'eau ayant servi de véhicule et pour, en même temps, sécher la suture. Cette opération d'extraction et de séchage aboutit à l'obtention d'une suture dans laquelle les particules de polymère se trouvent uni formément réparties d'une manière homogène dans la totalité de la suture.Le procédé faisant l'objet de la présente invention empêche donc un égouttage et une exsudation des dispersions aqueuses à partir de la suture imprégnée, égouttage et exsudation qui provoqueraient une répartition non-uniforme et une perte des particules imprégnant la suture. On peut recourir à tous moyens de centrifugation ou de rotation permettant de développer une force centrifuge suffisante pour éliminer l'eau ayant servi de véhicule, tout en séchant la suture. On utilise toutefois, de préférence, un extracteur à action relativement lente- afin d'éviter une projection brutale des particules solides comblant plus ou moins les interstices initiaux de la suture imprégnée, projection qui ne manquerait pas de se produire si l'on se servait d'extracteurs excessivement rapides.Bien que l'on puisse utiliser des extracteurs rapides, ayant une vitesse de rotation comprise par exemple entre 1600 et 1750 tours/minute et mëme plus, pour mettre en-oeuvre l'opéra- tion d'extraction et séchage, il est alors fréquemment ncessai- re de répéter plusieurs cycles d'imprégnation et de centrifugation-pour aboutir au produit final désiré. L'utilisation d'extracteurs plus lents, par exemple à environ 700 tours/minute, pour l'opération d'extraction par centrifugation permet d'obtenir la suture imprégnée désirée en un seul cycle. Le temps de rotation varie bien entendu selon la force centrifuge à laquelle la suture imprégnée se trouve soumise.Avec des extracteurs plus lents, le temps de centrifugation est habituellement d'au moins une minute. On peut, si on le désire, chauffer les moyens de centrifugation pour abréger le temps d'extraction. -On peut,-bien entendu, utiliser une cire pour traiter pour des annexes des sutures polyfilamenteuses en soie. D'une manière analogues il a aussi été proposé.d'utiliser des silicones pour traiter des sutures polyfilamenteuses en "Dacrot" et en soie pour diverses raisons. Toutefois, dans: les cas civdessus et dans tous les cas analogues, les structures, quand on les a utilisées cliniquement, se sont comportées comme des polyfilaments et non comme des monofilaments.On pense que les caractéristiques propres aux mono filaments conférées par suite de la mise en oeuvre de la présente invention sont dues principalement à l'utilisation de dispersions des particules solides pour charger la suture avec des particules de matière. Les anciens traitements, pratiqués en utilisant des cires et des silicones n'ont strictement concerné que l'utilisation de solutions liquides de la matière en question, cire ou silicone. Les exemples suivants, bien entendu non limitatifs, ont uniquement pour but d'illustrer la mise en oeuvre de la présente invention. Exemple I.- On immerge une suture en soie dans une suspension de particules de "Teflon" (polytétrafiuoroéthylène) ayant des dimensions colloldales ; en effet, dans cette suspension, vendue par DuPont sous la dénomination selon Te 3170", la dimension moyenne des particules est d'environ 0,2 micron. La suspension décrite parBerry dans son brevet E.U.A. ne2.478.29 sus-mentionné convient également en vue de l'application envisagée. La suture a une âme constituée par 3 éléments de 2 fils et une enveloppe tressée comprenant 12 éléments de 2 fils. La suture a un denier total de 420. On poursuit l'imprégnation pendant 5 minutes après lesquelles on soumet la suture imprégnée à une opération de centrifugation et séchage pendant 10 minutes dans un extracteur rotatif à une-vitessede rotation de 700 tours/minute. La suture résultante présente un gain de poids d'environ 9% et se comporte substantiellement comme un monofilament. Les particules de "Teflon" restent tenacement noyées dans le corps de la suture, et des cycles de lavage répétés n'en délogent pas une proportion décelable. On peut stériliser les sutures de la manière habituelleet à n'importe quel stade de la fabrication, ou bien elles peuvent être stérilisées par l'utilisateur. Etant donné que des sutures en soie ont tendance à gonfler dans eau ou dans la vapeur d'eau, on les stérilise de préférence par mise en oeuvre de techniques mettant en jeu des rayonnements électromagnétiques ou de l'oxyde d'éthylène. On peut, bien entendu, attacher les sutures à des aiguilles chirurgicales. Exemples II et III.- On peut préparer des sutures polyfilamen- teuses en soie présentant des caractéristiques analogues à celles de sutures monofilamenteuses en utilisant, lors de la mise en oeuvre du mode opératoire décrit dans exemple I, des particules synthétiques des substances suivantes à la place du "Teflon" spécifié dans le susdit exemple I : polyéthylène (exemple II) et polystyrène dans un latex (exemple ICI), Exemple IV.- On confère, à une suture polyfilamenteuse du type 4-0 préparée à partir de Dacron DuPont type 55", comportant une âme de 56 deniers à 4 fils et une enveloppe tressée comportant deux fils de 13-15 deniers par porteur, des caractéristiques monofilamenteuses en imprégnant la suture par mise en oeuvre du mode opératoire décrit ci-dessus dans l'exemple I. REVENDICATIONS 1. Procédé pour conférer des caractéritiques analogues à celles d'un monofilament à une suture polyfilamenteuse, caractérisé en ce qu'il consiste essentiellement : à immerger une suture polyfilamenteuse dans une dispersion aqueuse de particules de polymère synthétique insoluble et inerte, lesdites particules étant d'une dimension suffisamment petite pour pénétrer à l'intérieur des interstices de la suture ; à maintenir l'immersion pour introduire lesdites particules de polymère dans ladite suture en quantité suffisante pour conférer à la suture polyfilamenteuse des propriétés substantiellement analogues à celles d'une suture monofilamenteuse ; et à soumettre ladite suture imprégnée à une force centrifuge pour effectuer simultanément une extraction de l'eau et un séchage de ladite suture. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on traite une suture polyfilamenteuse en soie et on utilise, comme particules de polymère synthétique, des particules de polymère de tétrafluoroéthylène. 3. Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que l'on utilise des particules de polytétrafluoroéthylène ayant une dimension moyenne au plus égale à un omicron. 4. Procédé selon la revendication 3, caractérisé en ce que l'on charge la'suture avec au moins 6% en poids desdites particules, sur la base du poids de la suture. 5. Suture caractérisée en ce qu'elle comprend essentiellement une structure polyfilamenteuse câblée à partir de filaments de soie et en ce qu'elle comporte un assez grand nombre de fines particules solides d'une substance polymère synthétique et insoluble incorporées dans les interstices de la susdite structure en une proportion suffisante pour conférer à la suture polyfilamenteuse en soie des propriétés substantiellement analogues à celles d'une suture monofilamenteuse. 6. Suture selon la revendication 5, caractérisée en ce que les particules solides sont des particules d'un polymère de tétrafluoroéthylène.