La présente invention se réfère aux courroies transporteuses équipées de moyens propres a retenir la matière transportée pour l'empêcher de se déplacer exagérément sur la face porteuse soit dans le sens transversal, soit dans le sens longitudinal. On sait que lorsqu'une courroie comporte un trajet ascensionnel, il convient d'empêches les matériaux transportés de glisser sur elle. Pour y parvenir on dispose en général sur la face porteuse de la courroie considérée une série de barrettes transversales ou "taquets" qui forment organes de retenue. D'autre part lorsque la matière transportée risque de fluer latéralement et de s'échapper, on peut soit maintenir la courroie a un profil transversal en V ou en U par le moyen de galets de guidage appropriés, soit lui faire comporter une bordure relevée très souple. Dans l'un et l'autre cas l'enroulement de la courroie sur ses poulies ou tambours d'extrémité n'est pratiquement pas gêné. Toutefois dans certaines applications particulieres les solutions classiques rappelées ci-dessus conviennent mal. Ainsi, par exemple, dans les machines a vendanger, les grappes détachées des ceps successifs tombent sur une courroie transporteuse élévatrice qui les déverse dans un récipient approprié. Les taquets transversaux usuels assurent bien l'entrainement de ces grappes, mais il arrive fréquemment que celles-ci s'écrasent en partie sur la courroie en donnant naissance a du jus qui s'écoule sur les côtés des taquets pour être finalement perdu. On a songé a remédier a cet inconvénient en utilisant des taquets non plus rectilignes, mais bien incurvés plus ou moins en forme d'arcs de cercle s'ouvrant vers le haut de la partie ascendante de la courroie pour collecter le jus et le déverser avec les grappes. Malheureusement les taquets ainsi établis ne s'étendent plus suivant une génératrice des poulies ou tambours de renvoi, de sorte qu'ils empêchent la courroie de s'enrouler correctement autour de ceux-ci. Le fonctionnement devient alors dur et saccadé. On a proposé de réaliser de tels taquets en une matière extrêmement déformable, en les moulant avec la courroie ellememe.Mais la fabrication de celle-ci s'en trouve considérablement compliquée et son prix de revient en est ainsi défavorablement affecté, sans que pour autant l'on aboutisse a une flexibilité suffisante, le taquet devant rester suffisamment rigide pour ne pas se coucher sous le poids des grappes. La présente invention vise remédier aux inconvénients sus exposés et à permettre de réaliser de façon économique une courroie à taquets incurves qui comporte une souplesse d'enroulement égale à celle des courroies non pourvues de taquets, tout en convenant parfaitement pour les applications telles que la collecte automatique des raisins. Conformément à l'invention chaque taquet est réalisé par le moyen d'une feuille d'une matière élastiquement déformable, repliée sur elle-même de manière à déterminer une poche fermée par liaison des deux moitiés de la feuille d'une part suivant une ligne transversale substantiellement parallèle à l'axe du pli et située à une certaine distance des bords de la feuille opposés à celui-ci, d'autre part le long des bords longitudinaux latéraux de cette feuille entre le sommet du pli et la ligne transversale précitée, les parties en forme de bande comprises entre la ligne transversale et les bords opposés au pli étant rabattues de manière à constituer des pattes de fixation de la feuille repliée à la face porteuse de la courroie. Les liaisons des deux moitiés de la feuille peuvent fermer la poche de façon étanche ou non. En ce qui concerne plus particulièrement la liaison parallèle à l'axe du pli, elle peut être réalisée de façon indirecte par la fixation des pattes à la face utile de la courroie. On comprend qu'en raison de la déformabilité de la feuille, la poche allongée ainsi réalisée peut être incurvée comme on le désire sans que cela détermine des plissements ou des cassures. On conçoit en outre que si la poche est fermée de façon étanche, l'air qui y est enfermé-maintient écartées l'une de l'autre les deux parois transversales de celle-ci en lui conférant ainsi une rigidité suffisante pour ne pas se coucher sous la charge des grappes. I1 convient d'ailleurs de noter à ce sujet que la poche constitue un bourrelet qui délimite avec la face porteuse de la courroie une sorte de godet collecteur et cela même si l'ensemble fléchit quelque peu sous le poids supporté. On peut éventuellement pour certaines applications particulie- res gonfler la poche d'air comprimé ou la remplir en totalité ou en partie d'un élastomère cellulaire propre à mieux la maintenir. Cet élastomère cellulaire peut être établi sous la forme d'un revêtement appliqué sur la face intérieure de la feuille. Le dessin annexé donné à titre d'exemple, permettra de mieux comprendre l'invention les caractéristiques qu'elle présente et les avantages qu'elle est susceptible de procurer Fig. 1 est une vue en perspective partielle d'une courroie équipée de taquets de retenue suivant l'invention. Fig. 2 est une vue en plan de la feuille destinée à la réalisation d'un tel taquet. Fig. 3 en est une coupe suivant III-III (fig. 1). Fig. 4 et 5 sont des coupes transversales schématiques montrant deux autres formes d'exécution d'un taquet suivant l'invention. On a représenté en fig. 1 une partie d'une courroie transporteuse 1 sur laquelle est fixé un taquet 2 suivant l'invention. Bien entendu la courroie porte une succession de tels taquets regulibre- ment espacés sur sa longueur Chacun d'eux présente une forme incurvée à concavité tournée vers l'avant par rapport au sens d'avancement 3 de la courroie. De cette manière lorsque celle-ci comporte sur son trajet utile une section ascendante, les matières transpor tées sont retenues par les taquets et ne peuvent glisser vers le bas en dépit de la pente.Si parmi ces matières il y a des composants susceptibles de couler facilement (liquides ou poudres), ils sont maintenus grâce à la forme incurvée et ne peuvent retomber latéralement de la courroie, à tout le moins si leur proportion dans la masse transportée n'est pas trop élevée, ce qui est notamment le cas pour les transporteurs associés aux machines à vendanger, ou la matière à transporter est en principe solide et non sus ce tible de s'échapper latéralement (grappes), mais où l'écrasement des grains peut déterminer la présence d'un peu de jus liquide. Le taquet 2 est constitué par une feuille d'une matière déformable telle que le caoutchouc ou une matière plastique susceptible à tout le moins d'un allongement notable sous l'effet de la traction. Cette feuille, qu'on a représentée à l'état déployé en 4 en fig. 2, est de forme substantiellement rectangulaire. On la replie sur elle-même parallèlement aux grands côtés du rectangle et l'on soude les deux moitiés déterminées par le pli d'une part suivant une ligne parallèle aux grands côtés précités mais située à une certaine distance de ceux ci (les deux zones linéaires ainsi soudées l'unèà l'autre étant référencées 5), d'autre part suivant deux lignes (zone 6) s'étendant le long des petits côtés du rectangle entre le sommet du pli (axe 7) et la ligne de soudure 5 pré- citée. On réalise ainsi une sorte de poche allongée fermée, réfé rencée 8 en fig. 1, solidaire de deux pattes 9. Cette poche est rectiligne à l'état libre, en ce sens que le sommet du pli correspond à une génératrice elle-même rectiligne, mais elle est très aisément déformable. On peut donc -l'incurver comme on le désire et la fixer à la courroie 1 à l'état ainsi incurvé en utilisant pour cette fixation les pattes 9 et en procédant de toute manière appropriée, par exemple par collage ou soudure. En variante on peut même ne pas réaliser la soudure des zones 5, la fermeture de la poche 8 étant alors assurée par la seule fixation des pattes 9 à la courroie 1, comme indiqué en fig. 3. De quelque manière qu'on procède on obtient finalement un taquet de retenue incurvé qui, grâce à la présence de la poche 8 formant chambre à air, comporte une rigidité suffisante pour ne pas se coucher sous l'effet de la charge retenue, mais qui du fait de la grande déformabilité d' une telle poche, ne gêne nullement 1 'enroule- ment correct de la courroie sur ses poulies de renvoi. I1 est à noter que le bourrelet constitué par la poche donne quelque peu au taquet la section d'un godet, de sorte que moyennant une incurvation suffisante (plus forte que celle représentée en fig 1), l'on pourrait utiliser la courroie pour le transport de matières liquides, ou à tout le moins visqueuses ou pâteuses. On peut envisager de gonfler la poche 8 à l'air comprimé pour en accrottre la résistance à la déformation. En sens inverse dans certaines applications l'élasticité de la matière constitutive de la poche peut être suffisante, de sorte qu'il n'est plus besoin de la fermer de façon étanche. Dans. la variante de fig. 4 la poche 8 est remplie non plus d'air, mais d'une masse- 10 d'un élastomère cellulaire propre à assurer un effet du même genre. Dans la forme d'exécution de fig. 5 la matière cellulaire, ici reerencee il, est constituée par une couche d' épaisseur appropriée collee contre la face interne de la poche 8 dans laquelle il subsiste un espace 12 rempli d'air et qu'on peut ou non fermer de façon étanche. Il doit d'ailleurs être entendu que la description qui précè- de n'a- été donnée qu'à titre d'exemple et qu'elle ne limite nullement le domaine de l'invention dont on ne sortirait pas en rempla çant les détails d'execution décrits par tous autres équivalents. REVENDICATIONS 1. Taquet de retenue pour courroie transporteuse, du genre incurvé en arc de cercle s'ouvrant vers le haut du brin ascendant de la courroie, caractérisé en ce qu'il est constitué par une feuille d'une matière déformable repliée sur elle-même de façon à déterminer une poche fermée par liaison des deux moitiés de la feuille d'une part suivant une ligne transversale parallèle à l'axe du pli, d'autre part B long des bords longitudinaux latéraux de cette feuil- D-le entre le sommet du pli et la ligne transversale précitée. 2. Taquet suivant la revendication 1, caractérisé en ce que la ligne transversale de liaison des deux moitiés de la feuille repliée est située à une certaine distance des bords de celle-ci oppo Sés au pli de manière à déterminer deux parties en forme de bande comprises entre ladite ligne et lesdits bords, ces parties ou pattes étant rabattg; pour constituer des brides de fixation du taquet sur la face porteuse de la courroie. 3. Taquet suivant la revendication 2, caractérisé en ce que la liaison des deux moitiés de la feuille suivant une ligne para lèle à l'axe du pli est réalisée indirectement par la fixation des pattes sur la courroie. 4. Taquet suivant l'une quelconque des revendications qui précèdent, caractérisé en ce que la poche est fermée de façon étanche. 5. Taquet suivant la revendication 4, caractérisé en ce que la poche est remplie d'air sous pression. 6. Taquet suivant l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que la poche est fermée de façon non étanche. 7. Taquet suivant l'une quelconque des revendications qui précèdent caractérisé en ce que la poche est remplie en partie ou en totalité d'un Blastomère cellulaire. 8. Taquet suivant la revendication 7, caractérisé en ce que l'élastomère cellulaire est établi sous la forme d'un revêtement appliqué sur la face intérieure de la poche. 9. Courroie transporteuse, notamment pour machine à vendanger, caractérisée en ce qu'elle est équipée de taquets de retenue suivant l'une quelconque des revendications qui précèdent.