l'invention concerne des produits de synthèse entre le dextrane et la novocaïne en divers rapports molaires. On a trouvé Que des produits de synthèse entre le dextrane et la novocaïne présentent des caractéristiques de nature à permettre de les employer utilement en thérapeutique comme médicaments anesthésiques locaux de lonbue durée: en effet, les substances selon l'invention sont stables et présentent un effet pharmacologique Indubitable. Chose plus importante, on a constaté que leur effet est durable et se prolonge dans le temps, ce qui est très précieux pour un anesthésique local. On effectue la synthèse entre le dextrane et la novo canine en activant les groupes hydroxyle du dextrane avec BrO avec formation dtiminocarbonates cycliques qui forment des liaisons homéopolaire avec le groupe amine en para de la novocalne. Ce procédé a rait l'objet dtune autre demande de brevet-déposée le 4 avril 1973. le poids moléculaire du dextrane utilisé et les quan- tités relatives de dextrane activé et de novocaïne que lton fait réagir amènent la formation de produits différents par la difference de proportion molaire entre le résidu dextrane et les résidus de novocaïne. vous ces différents produits présentent une action pharmacologique pour l'anesthésie locale, de durée notable dans le temps, toujours supérieure statistiquement à celle de la novocaine et de ses sels. Selon l'invention, le pourcentage de novocaïne dans le produit obtenu peut être compris dans de très larges-limites, par exemple entre 0,1 % et 95% en poids, et de préférence entre 1 et 40% en poids La synthèse se fait selon le schéma général R = résidu de la novocaïne. La Quantité de novocaïne présente à 'état lié dan les composés macromoléculaires obtenus a été déterminée sur la base de l'analyse élémentaire C, H, N de ces derniers. Exemple n On dissout 5 g de dextrane ayant un poids moléculaire moyen de 70 000 dans environ 160 cm d'eau distillée et on porte le PH à Il en ajoutant du NaOH IN. A cette solution, on ajoute, avec agitation et par petites portions, 2,5 g de bromure de cyanogène, en maintenant le pH constant, toujours par addi- tion de NaOH 1N. On chromatographie la solution obtenue, légè- riment opalescente, en utilisant une colonne remplie de ",Sephadex G-25" pour séparer le bromure de cyanogène qui n'a pas réagi sur le dextrane.On utilise comme éluant du borax à o'. On réunit les fractions dextrogyres au polarimètre (300 cm3 envîron)et on y ajoute 1,75 g de novocaïne base, récemment précipitée. Il est connu en effet que la novocaine base précizi- tée récemment a une plus grande solubilité dans l'eau. On place le mélange en cellule frigorifique à 50C environ et on laisse réagir pendant 24 heures. On retire de la cellule la solution qui a un pH basique (9 environ) et on la chromatographie sur une colonne remplie de "Sephadex G-50 (dimensions de la colonne : hauteur 100 cm, diamètre 4,5 cm), en utilisant comme éluant l'eau distillée.On recueille des fractions de 50 cm3; on analyse chaque fraction par chromatographie sur couche mince en utilisant des lamelles de gel de silice "F 254" Merck et comme éluant, une solution méthanol-acétonetriéthandamine avec rapports 1:1:0,03. Dans ces conditions, alors que la novocaïne présente un Rf de 0,58, le composé macromoléculaire de novocaine et de dextrane a un Rf de 0,00 (les taches sont mises en évidence par éclairage de la lamelle au moyen de rayons ultra-violets de longueur d'onde 254 On réunit les fractions qui présentent cette tache caractéristique à Rf = 0,00 dans les conditions expérimentales exposées ci-dessus, dans la chromatographie sur couche mince et on les lyophilise. On obtient 4 g d'un produit léger, blanc, facilement soluble dans l'eau avec formation de solutions à p11 neutre. L'analyse élémentaire, C, H, N donne les valeurs sui vantes: C: 48,81% H: 6,64% N : 2,40 % Cette analyse correspond à un produit de condensation entre la novocaïne et le dextrane ayant un poids moléculaire de 70 000, contenant 20 O/a de novocaïne dans le composé macro- moléculaire obtenu. Exemple 2 Â 5 g de dextrane, poids moléculaire 70 000, dissous dans 160 cm3 d'eau et porté au p11 Il au moyen de naOH IN, on ajoute, avec agitation et par petites portions, 2,5 g de bromure de cyanogène, en maintenant le pH constant à 11, toujours par addition de NaOH 1N. On chromatographie la solution opalescente sur une colonne (hauteur 60 cm, diamètre 4 cm) remplie de 215 g de "Sephadex G-25" préalablement gonflé selon les techniques usuelles. Par élution au moyen de borax, on sépare facilement le dextrane activé du bromure de cyanogène en excès, inaltéré. Aux fractions dextrogyres au polarimètre et réunies (environ 350 cm3) on ajoute 2 g de monochlorhydrate de novocaïne. On laisse reposer pendant 12 heures à la température ambiante la solution obtenue qui a un pH de b; ensuite, on chromatographie sur une colonne analogue à la précédente, remplie de "Sephadex C-25" en éluant par une solution de borax à 2 %. On trouve que les fractions éluées initialement et dectrogyres au polarimètre, analysées par chromatographie sur couche mince (lame de gel de silice Marck "F 254"; éluant: méthanol acétone-triéthanolamine, rapports 1:1:0,03) contiennent une seule substance dont le Rf = 0,00 est très éloigné de celui du chlorhydrate de novocaïne (Rf = 0,58). Pour éliminer le tampon de borax présent dans la solution donnée par la réunion des susdites fractions, on effectue une chromatographie sur une colonne de dimensions identiques à la précédente, remplie de "Sephadex G-25" en éluant à l'eau distillée. Après lyophilisation de la solution neutre obtenue, on obtient 4,5 g d'un produit blanc soluble dans l'eau. Les résultats de l'analyse élémentaire C: 46,61% H: 6,40% N: 1,19% démontrent que dans le composé macromoléculaire ainsi formé par synthèse entre un dextrane d'un poids moléculaire de 70 000 et la novocaïne, celle-ci est présente à raison de 10%. Exemple 3 On active 25 g de dextrane, poids moléculaire 70 000, de la façon décrite aux exemples précédents, avec 12,5 b de bromure de cyanogène. A la solution (1400 cm3) contenant le dextrane ainsi activé, on ajoute 10 g de chlorhydrate de novocaïne. Après repos en cellule frigorifique à 4 C. pendant 24 heures, on dialyse ce soluté sur membrane de dialyse "Diaflo X.tI. 50" de la firme Amicon. On sépare ainsi facilement le composé macromoléculaire de la petite quantité de novocaïne inaltérée ainsi que du sel de borax qui constitue le tampon. Pendant l'opération de dialyse, on obtient aussi une diminution notable du volume de la solution qui passe des 1400 cm3 initiaux à environ 800 cm3. Le composé macromoléculaire obtenu par lyophilisation sous forme de poudre blanche soluble dans l'eau (environ 22 g) donne l'analyse suivante C: 45,52% H : 6,29 % N: 0,59% Les données de l'analyse élémentaire indiquent que la novocaïne est présente dans la macromolécule à raison de 5 Exemple 4 A 10 g de dextrane, poids moléculaire 40 000, activé de la façon habituelle par 5 g ae bromure de cyanogène, on ajoute 4,5 g de monochlorhydrate de novocaïne. On laisse la réaction se dérouler au repos pendant 12 heures a la température ambiante. On chromatographie la solution opalescente à un pli de 9 environ, ainsi obtenue, sur une colonne remplie de "Sephadex G-50" (dimensions : hauteur 150 cm, diamètre 4,5 ev; quantité de "Sephadex" utilisée: 480 g) en utilisant corme éluant l'eau distillée afin de séparer le composé macromoléculaire de la novocaine en excès inaltérée et du borax.L'analyse chromato- graphique sur couche mince selon la méthode exposée aux exem- ples précédents, portant sur les fractions éluées en premier lieu (qui sont dextrogyres au polarimètre et ne présentent pas, a la chromatographie, de taches ayant le Rf de la novocaïne) indique la pureté du composé macromoléculaire ainsi obtenue L'analyse élémentaire C, H, N de la substance obtenue par lyophilisation est la suivante c : 45,53 % H : 6,28 % N: 0,58% ce qui démontre que la novocaïne est présente dans la macro molecule à raison ae 5 %. On a soumis à l'essai pharmacologique d'activité anesthésique locale les composés formés par le dextrane ayant un poids-moléculaire de 70 000 avec 5 %, 10 % et 20 % de novocaïne. Il s'avère Que l'activité anesthésique locale existe pour les trois composés macromoléculaires et quelle est liée à la quantité de novocaïne liée au dextrane. Il apparaît en outre que cette activité est nettement de plus longue durée que celle de la novocaïne. En effet, alors qu'en bout de 90 minutes l'activité anesthésique de la novocaïne est quasi nulle, celle des composés macromoléculaires susdits existe encore à des niveaux efficaces au-delà de 120 minutes. Activité anesthésique locale On étudie l'activité anesthésique locale sur le cobaye selon la méthode de Buldring et Wajda (Büldring E., Wajda I, J. Pharmac. 85, 78, 1945). On utilise 9 cobayes albinos d'un poids moyen de 300 g épilés dans la région dorsale le jour précédant l'essai, avec une pAte au sulfure ae baryum. Dans la partie centrale de la zone épilée, on choisit deux zones, une antérieure et une postérieure, dans lesquelles on injecte par oie Intradermique, apres les avoir pris au hasard, deux des quatre produits à l'examen. Sur les boutons ainsi obtenus, on procède à l'applica- tion de six stimulus douloureux (piqûres dlaiguille) à des intervalles de 5 secondes toutes les 15 minutes et on considère a réponse comme positive en cas de sursaut moteur cu d'un cri bref Le nombre des réponses négatives, relativement au nombre total des stimulus, exprimé en pourcentage, fournit l'indice de l'activité anesthésique locale. Les produits étudiés sont les suivants : novocaïne- dextrane (5/95%), novocaïne-dextranne (10/90%), novocaïnedextrane (20/80%) comme médicament de comparaison, on adopte la novocaïne. Les résultats sont récapitulatifs au Tableau 1 et repré- sentés graphiquement sur le dessin annexé, les pourcentages d'inihibition des réponses étant portés en abscisses et l'activité anesthésique locale sur le cobaye en ordonnées, en minutes. Indications thérapeutiques Les substances formant l'objet de l'invention seront convenablement présentées sous forme pharmaceutique pour administration à l'homme ou aux animaux. Ainsi on prévoit en outre dans l'invention des compositrons pharmaceutiques contenant l'un des produits, objets de 11 invention, en association avec des excipients pharmaceutiques non toxiques. Les exemples ci-après illustrent, de façon non limita tive, des compositions pharmaceutiques en accord avec l'invention: Exemple A. Ingrédients contenus mg/ampoule Composé novocaine-dextrane poids moléculaire 70.000 à 10% de novocaïne H2O distillée q.s. à 5 cm3 250 Exemple B: Ingrédients contenus mg/ampoule Composé novocaine-dextrane poids moléculaire 700000 à 10% de novocaïne H2O distillée q.s. à 1 cm 50 Exemple C. Ingrédients contenus mg/ampoule Composé novocaine-destrane poids moléculaire 700000 à 10% de novocaïne H2O distillée q.s. à 1 cm 15 Exemple D.Ingrédients contenus mg/amopoule Composé novocaïne-dextrane poids moléculaire 700000 à 200 de novocaïne H2O distillée q.s. à 2 cm En outre les compositions pharmaceutiques de ladite invention puevent contenir, en plus de l'ingrédient actif fai sant 11 objet du brevet, une ou plusieurs autres substances thérapeutiques actives, compatibles avec la première et qui produisent des effets complémentaires désirables (par exemple pour infiltrations ou anesthésie des nerfs, dans des régions douloureuses ou sujettes à un choc chirurgical on ajoute l'équivalent de 1:200.000 à 1::100.000 d'épinéphrine pour ses effets vasoconstricteurs et pour empocher une absorption rapide) Quand la substance, objet du brevet, est utilise en thérapeutique pour l'homme, une administration quotidienne de 15 à 500 mg par voie intramusculaire et intraveineuse est généralement satisfaisante, mais le dosage exact pourra varier en fonction de divers facteurs tels que l'indication d'emploi (comme anesthésie locale ou générale), la gravité des symptômes, l'état, la santé et le poids du patient. Les composés de dextranenovocaïne 70.000, objets de la présente invention sont des anesthésiques locaux qui sont employés par infiltration dans le système nerveux et il est possible en outre d'utiliser l'anes- thesie locale par voie intraveineuse pour produire de l'anéphlo- gésine dans diverses situations thérapeutiques. TABLEAU 1 Dose Activité anesthésique locale, % au bout de (minutes) Produit mg/kg de poids 15' 30' 45' 60' 75' 90' 105' 120' Novocaïne 1 100 100 100 75 43 23 8 4 novocaïne-dextrane 20/80% 5 93 92 94 86 78 60 51 35 novocaïne-dextrane 10/90% 10 73 75 68 65 39 23 17 20 novocaïne-dextrane 5/95% 20 84 78 79 79 71 55 54 50 REVENDICATIONS 1. Dérivés de novocalne doués d'une action anesthesique locale de longue durée, caractérisés en ce qu'ils sont constitués par de la novocalne liée à un dextrane préalablement activé par du bromure de cyanogene. 2. Dérivés selon la revendication 1, caractérisés en ce que la teneur en novocaïne est de 0,1 à 95% et de préférence de I à 30% en poids. 3. Dérivés selon l'une des revendications et 2, caractérisés en ce guzlas contiennent des dextranes de poids moléculaire moyen différent. 4. Médicament à action anesthésique locale du type de la novocaïne, de longue durée, caractérisé en ce qu'il contient comme principe actif un dérivé novocaïne-dextrane selon l'une des revendications 1 à 3.