La présente invention se rapporte aux procédés de revêtement multicouches en général et concerne plus particulièrement ceux impliquant conjointement une peinture aux résines alkydes à séchage à l'air sous une peinture, connue pour être incompatible comme par exemple une peinture polyuréthane à deux composants. L'inte'rêt des peintures polyuréthanes est énorme en tant que revêtement d'anti-salissure ainsi que pour leur très bonne résistance à la plupart des agents chimiques. Malheureusement, tous les spécialistes s'accordent pour déclarer incompatible l'application directe d'une peinture polyuréthane à deux composants sur un fond alkyde à séchage à l'air ce qui pose des problèmes considérables dans la pratique lorsqu'il faut éliminer en totalité, par des moyens mécaniques ou chimiques, cette couche alkyde pour permettre d'appliquer la gamme polyuréthane souhaitée. On connait de nombreux procédés de revêtements de couches polyuréthanes à un composant mais ceux-ci n'entrent pas dans le cadre de l'invention. D'une manière générale, il peut être rappelé que toutes les peintures à base de résines d'uréthane ont été classées dans une norme US-. ASTM, selon le fait qu'elles comportent un ou deux composants essentiels et qu'elles durcissent par oxydation ou réaction chimique (voir J. Berteaux "Les revêtements aux résines-de polyuréthanes"- Cours pos t-universi taires, Cours n" 139 - Centre d'enseignement de la lutte contre la corrosion). Le tableau ci-après résume les caractéristiques des principales d'entre elles. PEINTURE A UN COMPOSANT ESSENTIEL : Durcissant par oxydation. TYPE 1 : Huiles d'uréthanes et alkyde-uréthanes qui durcissent par oxydation atmosphérique. TYPE 2 : Produits d'addition ou précondensats de polyisocya nates (en excès) et de polyols qui durcissent par absorption de l'humidité atmosphérique. PEINTURES A DEUX COMPOSANTS ESSENTIELS -: Durcissant par réac Xion chimique. TYPE 3 : Mélanges polyisocyanates bl-oqués/polyols ou polyamines qui durcissent par polyaddition à température élevée. TYPE 4 : Mélanges dans lesquels le composant essentiel est un produit d'addition ou un précondensat de polyisocya nate (en excès) et de polyol durcissant par addition d'un pourcentage modeste du deuxième composant. TYPE 5 : Polyisocyanate ou précondensat de polyisocyanate Cen excès) et de polyol durcissant par mélange à parties égales avec des molécules à plusieurs atomes d'hydro gène mobiles. Toutes ces peintures polyuréthanes entrent, de toute manière, dans une classfication plus générale de tous les revêtements connus. La classification traditionnelle des couches de revêtement déposées à l'état fluide, peut en effet être ainsi définie 1 - les revêtements séchant par un phénomène physique d'éva poration et comprenant par exemple : les vernis non réti culables constitués d'une résine dissoute dans un mélange solvant dont la nitrocellulose, les polymères et copoly mères vinyliques, les résines acryliques thermoplastiques, les caoutchoucs chlorés, les copolymères du styrène et du butadiène, les polyéthylènes et polypropylènes chlorés et les polyamides et super-polyamides. 20 les revêtements durcissant par oxydation et comprenant par exemple : les peintures aux huiles siccatives (huiles cui tes et sandolies), les peintures dites vernis gras et les peintures glycérophtaliques et oléoglycérophtaliques sic catives, ainsi que les résines alkydes en général. La réticulation de ces revêtements est souvent fonc tion de la polymérisation qui est elle-même conditionnée par la pénétration de l'oxygène dans l'épaisseur de la couche. Par ailleurs, certains de ces revêtements subissent avec le temps, des évolutions. Ainsi les peintures dont la substance filmogène est constituée en totalité ou en partie par une huile siccative, telles que celles de types oléoglycérophtaliques, ne peuvent se solidifier qu'après évaporation des solvants puis oxy dation. 3 - les revêtements durcissant par réaction chimique et com prenant deux composants mélangés avant emploi et consti tuant un système par exemple comme les systèmes - esters-pe.roxyde, - caoutchouc butyl-néoprène-sel de plomb, - résine époxy-polyamine ou polyamide, - groupes isocyanates et hydroxyles -Il doit être noté que les solvants de ces peintures durcissant par réactions chimiques, telles que celles à base dtisocyanates donnant des polyuréthanes, contiennent des hydrocarbures aromatiques comprenant le toluène, le xylène, etc., dénaturant~les revêtements mentionnés en 10 et 2" ci-dessus, séchant par un phénomène physique (évaporation) et par oxydation, revêtements sur lesquels il pourrait être désirable de les appliquer. Cette action denàturante, qui intéresse precisé- ment le cas des revêtements polyuréthane à deux composants, d'épaisseur normale (supérieure à 20 microns) sur des couches de revêtement réalisées avec des peintures alicydes séchant à itair, est à l'origine de l'incompatlbilité d'application précédemment mentionnée et qui est universellement reconnue Par conséquent, les solvants et les liants des deux couches doivent être compatibles. Ce point avait bien été noté par M. NEDEY, Ingéw nieur Docteur-Professeur au Centre d'Enseignement de la Lutte contre la Corrosion7 qui relatait dans son cours post-univer s-itaire de Czars 49dom sur la "consçitution des revêtements multicouches pour peintures et vernis, page 16, "chaque couche, applique après séchage de la précédente, doit détremper légèrement celle-ci pour y adhérer fortement afin de faire du revêtement multicouche un ensemble homogène qui adhère d'un seul bloc au subjectile qu'il est chargé de protéger et de décorer. Cette condition implique donc l'identité ou tout au moins la compatibilité entre les liants dé deux couches successives, ces deux liants devant avoir des solvants communs. C'est pourquoi, il est impossible d'appliquer par exemple une peinture cellulosique ou une peinture émail à base de résine thermodurcissable sur une sous-couche à l'huile de lin". Partant du fait qu'aucun procédé connu ne pourrait résoudre le problème posé, la Demanderesse propose, dans la presente invention, une solution à ce problème. Selon le procédé conforme à l'invention, on apprête le revêtement de base de manière à le rendre apte à recevoir un revêtement adhérent compatible avec le revêtement i-inal réputé incompatible avec le premier. Pour la mise en oeuvre de l'invention, on nettoie d'abord le revêtement de base pour en enlever les produits gras eb les salissures en faisant appel aux solvants hydrocarbures aliphatiques habituellement utilisés à cet effet, on fait suivre cette opération d'une opération dite de très légère détrempe de la couche superficielle ainsi préalablement dégraissée en faisant appel à des mélanges dont les solvants ont au moins un des constituants que l'on sait faire partie de la composition du revêtement à appliquer sur le revêtement de base, on applique après cette opération de étrempe ladite composition de revêtement choisie parmi celles connues pour durcir par un phénomène physique, dont le liant est compatible avec les solvants de la composition de revêtement final, et comprenant dans sa composition une addition d'au moins un des solvants ayant servi à la très légère détrempe, et enfin on applique sur le revêtement ainsi réalisé ladite composition de revêtement final à deux composants durcissant par réaction chimique. Parmi les compositions utilisées pour réaliser le revêtement final, on citera en particulier les peintures polyuréthanes à deux constituants pour lesquelles le durcissement repose sur la réaction de groupements isocyanates et de groupements hydroxyles donnant des liaisons uréthane particulièrement stables étant bien entendu que les autres compositions à base des systèmes à au moins deux constituants rappelés cidessus (sous 3 ) peuvent être utilisés ainsi que tout autre peinture réputée incompatible. La présente invention est donc fondée sur l'ex- ploitation d'un processus permettant de réaliser entre deux revêtements reputés incompatibles, un écran chimiquement neutre pour les mélanges solvants faisant partie de la composition utilisée pour la couche de finition, solvants qui, autrement, dénatureraient le revêtement de support initial. La composition appliquée sur le revêtement est choisie parmi celles connues pour sécher par un phénomène physique d'évaporation telles que celles rappelées ci-dessus (sous 1"). On citera en particulier les compositions comprenant un polyamide ou superpolyamide non réticulé. Les solvants utilisés avantageusement dans de telles compositions chimiquement neutres sont choisis dans les classes suivantes : Hydrocarbures aliphatiques, alcools, cétones, esters. I1 est bien entendu que le mélange solvant résultant doit satisfaire aux regles de l'art dictées par le mode d'application, le processus de séchage et le critère de compatibilité selon l'invention. En procédant par le procédé selon l'invention, il est possible, sur une surface comportant déjà un premier revêtement du type mentionné sous 2"), d'appliquer un autre revêtement connu pour être incompatible avec ce premier revêtement, sans être obligé d'éliminer préalablement entièrement celui-ci. D'excellents résultats sont par ailleurs obtenus en procédant conformément à l'invention eu égard à l'adhérence et aux autres propriétés physiques recherchées. I1 va de soi que la présente invention n'a été décrite qu'à titre purement explicatif et nullement limitatif et que toute modification utile pourra y être apportée sans sortir de son cadre tel que défini par les revendications ciaprès. REVENDICATIONS 1. Procédé permettant d'obtenir un revêtement multicouches à l'aide de peintures réputées incompatibles, caractérisé par le fait qu'on apprête un revêtement initial de base de manière à le rendre apte à recevoir un revêtement adhérent compatible avec le revêtement final réputé être incompatible avec le revêtement de base et que, pour ce faire, on procède comme suit : on nettoie d'abord le revêtement de base pour en enlever les produits gras et les salissures en faisant appel aux solvants hydrocarbures aliphatiques habituellement utilisés à cet effet, on fait suivre cette opération d'une opération de très légère détrempe de la couche superficielle ainsi préalablement dégraissée en faisant appel à des mélanges dont les solvants ont au moins un des constituants que l'on sait faire partie de la composition du revêtement à appliquer sur le revêtement de base, on applique après cette opération de détrempe ladite composition de revêtement choisie parmi celles connues pour durcir par un phénomène physique, dont le liant est compatible avec les solvants de la composition de revêtement final et comprenant dans sa composition une addition d'au moins un des solvants ayant servi à la très légère détrempe et enfin on applique sur le revêtement ainsi réalisé ladite composition de revêtement final à deux composants durcissant par réaction chimique grâce à quoi on réalise entre deux revêtements réputés incompatibles un écran chimiquement neutre.- 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé par le fait que le revêtement de base est un revêtement obtenu à partir d'une composition durcissant par oxydation et choisie parmi les peintures aux huiles siccatives (huiles cuites et sandolies), les peintures dites vernis gras et les peintures glycérophtaliques et oléoglycérophtaliques siccatives, ainsi que les resines alkydes en général. 3. Procédé selon la revendication 1 ou 2, caractérisé par le fait que le revêtement appliqué sur le revêtement de base est obtenu à partir d'une composition séchant par un phénomène physique d'évaporation et choisie parmi les vernis non réticulables constitués d'une résine dissoute dans un mélange solvant dont la nitrocellulose, les polymères et copolymères vinyliques, les résines acryliques thermoplastiques, les caoutchoucs chlorés, les copolymères du styrène et du butadiène, les polyéthylènes et polypropylènes chlorés et les polyamides et superpolyamides. 4. Procédé selon la revendication 1 2 ou 3, caractérisé par le fait que le revêtement final est réalisé au moyen d'une composition durcissant par réaction chimique et comprenant deux composants essentiels constituant un système choisi parmi les systèmes - esters-peroxyde, - caoutchouc butyl-néoprene - sel de plomb, - résine époxy-polyamine ou polyamide, - groupes isocyanates et hydroxyles 5 Procédé selon ltune quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé par le fait que le mélange solvant utilisé avantageusement pour la réalisation de l'écran chimiquement neutre comporte des solvants choisis dans les classes suivantes : : hydrocarbures aiphatiques, alcools, cétones, esters.