La présente invention se rapporte aux dispositifs de visualisation à mémoire qui permettent d'inscrire dans un matériau sensible des signes ou des images qui sont ensuite observés soit directement soit par projection sur un écran. Ces signes ou ces images restent inscrits dans ce matériau jusqu'à ce qu'une action extérieure les efface. L'invention concerne également les systèmes de visualisation qui comprennent un tel dispositif. On sait réaliser des dispositifs de visualisation utilisant comme matériau sensible des cristaux liquides. De tels dispositifs sont notamment décrits dans l'ouvrage intitulé: "Opto-électronique" de Georges BROUSSAUD, et dont la référence ISBN est: 2- 225 39 138-6. Il est connu dans un tel dispositif d'utiliser un matériau smectique préalablement porté dans une phase o il est diffusant et de le rendre transparent en lui appliquant un champ électrique continu ou alternatif. Un tel dispositif est notamment décrit dans le brevet français NI 74.20 715 déposé par la demanderesse le 14 Juin 1974 sous le titre: "Dispositif de reproduction d'images en noir et blanc utilisant un matériau présentant une phase smectique et système de télétransmission et téléreprographie mettant en oeuvre ce dispositif". Dans ce dernier dispositif, on utilise pour rendre le cristal liquide diffusant une source lumineuse dont le faisceau est focalisé sur le dispositif de manière à chauffer le cristal liquide. Celui-ci en se refroidissant en l'absence de champ électrique devient diffusant, et lorsque par contre on applique un tel champ lors du refroidissement il devient plus ou moins transparent selon la valeur du champ appliqué. Pour obtenir ce faisceau lumineux on utilise comme source dans les réalisations pratiques un laser et tout un ensemble de déflecteurs électro-optiques. Ces organes sont encombrants et coûteux et ne permettent pas d'obtenir un dispositif de visualisation susceptible d'être fabriqué à un grand nombre d'exemplaires. Pour pallier ces inconvénients, l'invention propose un dispositif de visualisation à mémoire, du type comprenant une couche de cristal liquide smectique pouvant prendre un état transparent sous l'action d'un champ électrique, une première et une deuxième lames enserrant cette couche, au moins une première électrode supportée par la face de la première lame en contact du cristal liquide, et au moins une deuxième électrode supportée par la face de la deuxième lame en contact du cristal liquide et permettant avec la première électrode de soumettre une partie de la couche de cristal liquide à un champ électrique de réorientation, principalement caractérisé en ce qu'il comprend en outre des moyens permettant de modifier momentanément la position de la première lame par rapport à la seconde pour porter le cristal liquide dans un état diffusant uniforme. D'autres particularités et avantages de l'invention apparaîtront clairement dans la description suivante présentée à titre d'exemple non limitatif et faite en regard des figures annexées suivantes: - la figure 1, qui représente une vue de dessus d'une cellule de visualisation selon l'invention; - la figure 2, qui représente une coupe de la cellule de la figure 1. Le dispositif représenté sur les figures 1 et 2 comprend sur un substrat transparent 101 une lame de verre 102 et deux cales piézoélectriques 103. Cette lame de verre et ces cales piézoélectriques sont collées sur le substrat 101 par exemple à l'aide d'une colle cyanoacrylique. Pour obtenir une épaisseur bien définie de la couche de cristal liquide décrite plus loin, seules les surfaces en contact avec le substrat 101 sont polies avant le collage, les autres surfaces restant à l'état d'ébauche. Lorsque le collage est effectué on procède à un rodage de l'extrémité supérieure de la lame et des cales, qui permet d'amener ces extrémités dans un même plan de référence. On termine ensuite par un polissage optique. Une deuxième lame dé verre 105 délimite un espace avec la première lame 102, espace qui est rempli d'une couche de cristal liquide 106. L'épaisseur de cette couche de cristal liquide est déterminée par deux cales 104 qui reposent sur les cales piézoélectriques 103 et qui supportent la deuxième lame de verre 105. Ces cales 104 sont taillées par exemple dans une feuille de polytéréphtalate d'éthylène glycol. La couche est délimitée sur ses bords par une couronne en matériau souple tel que par exemple du caoutchouc de silicone. Un premier ensemble d'électrodes parallèles 107 est déposé sur la face inférieure de la lame 105. Il détermine avec un deuxième ensemble d'électrodes 108 déposé sur la face supérieure de la lame 102 un ensemble de points de croisement qui peuvent être adressés individuellement selon un adressage matriciel. Ces électrodes transparentes sont réalisées par exemple avec un oxyde mixte d'indium et d'étain, et on n'a représenté sur la figure 1 qu'une seule électrode de chaque ensemble pour que cette figure soit plus lisible. La couche de cristal liquide 106 est formée d'un cristal liquide maintenu dans un état smectique. L'épaisseur de cette couche est de l'ordre de quelques dizaines de microns. Ce cristal liquide peut être par exemple du 4-4' cyano-octyl - biphényl connu sous le nom de COB. Les cales piézoélectriques 103 sont munies à leurs surfaces supérieure et inférieure - 35 d'électrodes 110 qui sont reliées à des connexions 109. En appliquant à ces connexions 109 un échelon de tension on fait varier l'épaisseur des cales 103. Cette variation d'épaisseur des cales 103 entrarne par l'intermédiaire des cales 104 le déplacement de la deuxième lame de verre 105. L'épaisseur de l'espace compris entre les lames de verre 102 et 105 augmente ainsi brusquement ce qui crée à l'intérieur de la lame de cristal liquide 106 des variations de pression et des mouvements tourbillonnaires dûs au fait que le cristal liquide tend à remplir l'espace supplémentaire qui lui est offert. Sous l'effet de ces mouvements tourbillonnaires et de ces variations de pression la structure homéotrope du liquide smectique ne peut subsister et celui-ci s'organise en un autre état fortement diffusant et très analogue à celui connu sous le nom de structure en conique focale. Cet état est stable et le retour lent de la lame 105 à sa position lorsque l'on supprime l'échelon de tension appliqué aux connexions 109 ne le modifie pas. Ainsi après l'application transitoire d'un échelon de tension sur les électrodes 110 le cristal liquide compris entre les lames de verre 105 et 102 est devenu diffusant dans la totalité de son volume. On a ainsi effacé l'ensemble du dispositif qui se trouve donc prêt pour une nouvelle inscription. Pour procéder à cette inscription, on applique aux électrodes 107 et 108, respectivement par les connexions H et V, des tensions électriques qui déterminent au point de croisement des électrodes un champ électrique appliqué à la couche de cristal liquide en ce point. Sous l'effet de ce champ électrique le cristal liquide tend à se réorienter et à reprendre une structure transparente. Cet effet est surtout sensible dans les cristaux liquides présentant une anisotropie diélectrique positive, tels que le COB cité plus haut. Ces produits, en particulier le COB, présentent le plus souvent un seuil de réorientation qui permet un adressage matriciel tel que celui utilisé dans la réalisation ici décrite. Cet adressage peut se faire selon la technique classique dite en V/3V qui permet en appliquant au repos sur les électrodes verticales une tension V et sur les électrodes horizontales une tension 2V d'adresser un point quelconque en appliquant sur l'électrode verticale correspondante une tension 3V et sur l'électrode horizontale correspondante une tension nulle. La tension V est choisie pour être inférieure au seuil de réorientation, mais telle que la tension 3V soit supérieure à ce seuil. Ceci permet en outre une inscription ligne par ligne en appliquant à l'électrode correspondant à cette ligne une tension nulle et à l'ensemble des électrodes verticales correspondant aux colonnes un ensemble de tensions choisies entre les valeurs V et 3V et permettant de représenter l'ensemble des points visualisés sur la ligne adressée en totalité. La phase transparente obtenue au point adressé est stable dans le temps, ce qui facilite d'ailleurs l'adressage matriciel. Ainsi donc le dispositif de visualisation est doté d'une mémoire intrinsèque et lorsque l'inscription à visualiser est effectivement inscrite dans la couche de cristal liquide elle y reste sans nécessité de rafraîchissement. Le dispositif ne consomme donc l'énergie électrique qu'au moment de l'inscription et de l'effacement. Dans l'exemple décrit, la source lumineuse se trouve en-dessous du substrat 101 et l'observateur au-dessus de la lame 105, le dispositif fonctionnant ainsi par transmission. En utilisant pour les électrodes 108 un dépôt métallique réfléchissant, par exemple une couche d'aluminium, le dispositif fonctionnera par réflexion d'une source lumineuse située au-dessus de la lame de verre 105 vers un observateur situé au-dessus de cette lame de verre. Dans une réalisation pratique, on a utilisé une épaisseur de 20 microns de COB. Pour cette épaisseur le seuil de réorientation est de 20 volts et la structure diffusante s'établit pour une dilatation rapide de 100 Angstrâms environ. La valeur relative de cette dilatation est suffisamment faible pour ne pas risquer de décollement de la couche de cristal liquide sur la surface des lames de verre qui l'enserrent. Pour réaliser les cales piézoélectriques 103 on a utilisé une céramique du type P4-68 dont la variation d'épaisseur est de 4,8 Angstr ms par volt et par millimètre avec une tension maximale de 600 volts par millimètre. La dilatation de 100 Angstrâms est donc obtenue avec une tension un peu supérieure à 100 volts, qui est largement compatible avec les transistors disponibles actuellement. L'apparition de la structure diffusante, et donc l'effacement, s'effectue en moins de 1 seconde. Le temps de réponse pour l'inscription lorsqu'elle est faite ligne par ligne est de l'ordre de quelques dizaines de millisecondes. Cette cadence n'est pas très rapide mais la mémoire intrinsèque du dispositif permet de s'en contenter. Cette mémoire intrinsèque et la possibilité de se contenter d'une entrée de l'information à cadence relativement lente permet en particulier d'utiliser un tel dispositif dans un terminal téléphonique o l'on souhaite afficher des informations numériques provenant par la ligne téléphonique à la vitesse usuelle de 1200 Bauds. Un tel terminal permet par exemple d'afficher les informations correspondant à l'annuaire téléphonique consulté à distance à partir du clavier du terminal. L'invention n'est pas limitée aux mouvements transversaux qui tendent à écarter les substrats de la cellule à cristal liquide. Elle s'étend à tous les mouvements des substrats qui permettent de briser. fa structure homéotrope et en particulier aux mouvements latéraux et aux vibrations. REVENDICATIONS 1. Dispositif de visualisation à mémoire, du type comprenant une couche de cristal liquide smectique pouvant prendre un état transparent sous l'action d'un champ électrique, une première et une deuxième lames enserrant cette couche, au moins une première électrode supportée par la face de la première lame en contact du cristal liquide, et au moins une deuxième électrode supportée par la face de la deuxième lame en contact du cristal liquide et permettant avec la première électrode de soumettre une partie de la couche de cristal liquide à un champ électrique de réorientation, caractérisé en ce qu'il comprend en outre des moyens permettant de modifier momentanément la position de la première lame par rapport à la seconde pour porter le cristal liquide dans un état diffusant uniforme. 2. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé ence que les moyens permettant de modifier la position relative des lames permettent de modifier l'épaisseur de la couche de cristal liquide. 3. Dispositif selon la revendication 2, caractérisé en ce que les moyens permettant de faire varier l'épaisseur de la couche de cristal liquide permettent d'écarter les deux lames enserrant cette couche. 4. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 2 et 3, caractérisé en ce que les moyens permettant de faire varier l'épaisseur de la couche de cristal liquide comprennent au moins une cale piézoélectrique munie d'électrodes permettant d'appliquer une tension pour faire varier son épaisseur. 5. Dispositif selon la revendication 4, caractérisé en ce qu'il comprend en outre un substrat supportant la première lame et la cale piézoélectrique; et au moins une cale d'épaisseur placée sur la cale piézoélectrique et supportant la deuxième lame l'épaisseur de la cale piézoélectrique étant égale à celle de la première lame. 6. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que la première lame supporte un premier ensemble d'électrodes rectilignes et parallèles comprenant la première électrode, et que la deuxième lame supporte un deuxième ensemble d'électrodes rectilignes et parallèles comprenant la deuxième électrode; ces deux ensembles d'électrodes étant croisés et permettant de définir un ensemble de points d'affichage susceptibles d'être adressé de manière matricielle. 7. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que les électrodes et les lames sont transparentes pour permettre une visualisation par transmission. 8. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que la deuxième lame et la deuxième électrode sont transparentes et que la première électrode est réfléchissante pour permettre une visualisation à travers la deuxième lame par réflexion sur cette première électrode. 9. Terminal téléphonique, caractérisé en ce qu'il comprend un dispositif de visualisation selon l'une quelconque des revendications 1 à 8.