La présente invention est relative à un procédé de traitement d'un tissu de fibres synthétiques pour donner à celui-ci l'aspect de la flanelle, ainsi qutà un tissu de fibres synthétiques présentant cet aspect. On sait que le terme "flanelle" désigne traditionnellement un tissu de laine présentant en surface des poils longs et couchés lui donnant un aspect duveté et un toucher doux et moelleux. Une telle flanelle est traditionnellement obtenue par passage du tissu de pure laine dans un bain de dégraissage, puis foulonnage. Ce traitement est malheureusement long, notamment quant au foulonnage qui dure de 1 heure 30 à 2 heures, et délicat à mettre en oeuvre car on risque d'obtenir un produit feutré, c'est-à-dire trop dur, ou trop moelleux De plus, ce traitement ne peut s'appliquer qu'à la laine. Pour faire apparaître des poils sur un tissu synthétique, par exemple sur un tissu acrylique, il est connu de soumettre le tissu, après passage dans un bain adoucissant, un grattage en profondeur, en pratique mis en oeuvre sur des travailleuses,/libère les fibres mouillées. Ce traitement aboutit toutefois à l'apparition de poils très rapprochés, tirés en profondeur, qui sont caractéristiques du molleton et non de la flanelle. Le but de la présente invention est par contre de communiquer à un tissu synthétique l'aspect caractéristique de la flanelle, c'est-à-dire de faire apparaître à la surface de ce tissu des poils longs et couchés lui donnant un aspect duveté et un toucher doux et moelleux. A cet effet, le procédé selon l'invention est caractérisé en ce que lton pratique successivement, sur le tissu en grande lèze - un grattage en surface du tissu à l'état non tendu, sans enlèvement de matière, pour provoquer l'apparition de poils sur le tissu, - un foulardage comportant un passage du tissu en grande lèze dans un bain adoucissant, suivi d'un exprimage, - un séchage du tissu en grande lèze par un flux gazeux orienté de fanon à plaquer les poils. I1 est à noter que pratiquer un foulardage, c'est-à-dire mouiller le tissu, après le grattage présente un caractère tout à fait inhabituel, les traitements mécaniques tels que le grattage ou ltémerisage étant traditionnellement toujours appliqués après le mouillage du tissu, pour libérer la fibre de celui-ci. L'invention sera mieux comprise si l'on se réfère à la description ci-dessous, relative à un mode de mise en oeuvre non limitatif. Ce mode de mise en oeuvre a donné toute satisfaction lors du traitement d'un tissu de fibres synthétiques comportant de 55 à 100 % de fibres acryliques et la quantité complémentaire à 100 % de viscose. Dans un premier temps, le tissu en grande lèze, c'est-à-dire libre dans le sens de sa largeur, a été soumis à un grattage par chardons métalliques, sur une machine dite "chardonneuse de type connu. Ce grattage, effectué sans tension du tissu, ne concerne que les fibres de surface et n'arrache pas la matière ou, en d'autres termes, n'entraine pas de diminution du poids du tissu. Suivant les tissus, on a obtenu de bons résultats en une ou deux passes de chardonneuse, ce nombre de passes n n'étant naturel- lement pas limitatif puisqu'il dépend non seulement du type de tissu traité, mais également du type de machine utilisé On a ensuite fait traverser au tissu, toujours en grande lèze, un bain contenant un adoucissant destiné à donner du moelleux au produit On a obtenu de bons résultats en utilisant comme adoucissant un adoucissant cationique dérivé d'acides gras , divers adjuvants tels qu'un antistatique pouvant être ajoutésà ce bain. La température du bain était de l'ordre de 40 à 450 C ; à environ sa sortie, 100 kgs de matière stétaient chargés/de 70 litres de bain, lesquels contenaient une quantité de l'ordre de 1 à 1,5 kgs d'adoucissant. Des rouleaux situés à la sortie du bain exprimaient une quantité de l'ordre de 70 %de cette quantité de bain entrainée par le tissu, lequel était ensuite séché à l'air en grande largeur. A cet effet, le tissu défilait à une vitesse de l'ordre de 12 mètres par minute en regard de moyens y.projetant de l'air chauffé à une température de de'ordre de 1300 C, sous un angle tel que les poils longs apparus à la surface du tissu lors du grattage se couchent et se plaquent à la surface du tissu, faisant disparaître l'aspect gratté tout en conservant au produit son moelleux communiqué par le passage en bain adoucissant, le produit prenant alors l'aspect et le toucher caractéristiques de la flanelle. Naturellement, les chiffres indiqués ci-dessus ne correspon dent qu'à un exemple de mise en oeuvre non limitatif de l'invention, et pourraient varier dans une grande mesure notamment en fonction de la composition et de la structure du tissu traité. De même, le -matériel et les agents chimiques utilisés pourraient être différents de ceux qui ont été décrits. En effet, on pourrait appliquer l'invention, éventuellement moyennant quelques adaptations à la portée de l'Homme de l'Art, au traitement de tissussynthétiqus autres que les tissus 100 % à base de fibres acryliques ou à base de fibres acryliques dans des proportions allant de 55 à 100 % et de viscose dans des proportions complémentaires %. Dans l'ensemble des cas, en permettant d'utiliser des fibres synthétiques en remplacement de la laine coûteuse et du fait de la mise en oeuvre peu coûteuse du procédé selon l'invention, il est possible d'obtenir par ce dernier des produits présentant toutes les cara ctéristiques d'aspect et de toucher de la flanelle pour un coût bien moindre que celui de la flanelle de laine traditionnelle. REVENDICATIONS I) Procédé de traitement d'un tissu de fibres synthétiques pour y faire apparaître en surface des poils longs et couchés lui donnant l'aspect de la flanelle, caractérisé en ce que l'on pratique successivement, sur le tissu en grande lèze - un grattage en surface du tissu à l'état non tendu, sans enlèvement de matière, pour provoquer l'apparition de poils à la surface de celui-ci, - un foulardage, comportant un passage du tissu en grande lèze en bain adoucissant suivi d'un exprimage, - un séchage du tissu en grande lèze, par un flux gazeux orienté de façon à plaquer les poils. 2) Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on pratique le grattage par chardonnage. 3) Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le bain de foulard comporte un adoucissant cationique dérivé d'acides gras. 4) Procédé selon l'une quelconque des revendications prcédentes, caractérisé en ce que le bain de foulard comporte un adjuvant antistatique. 5) Procédé selon l'une quelconque des revendications 3 et 4, caractérisé en ce que 100 kgs de tissu entraînent, à la sortie du bain de foulard, une quantité de l'ordre de 70 litres de ce bain contenant une quantité de l'ordre de 1 à 1,5 kgs d'adoucissant, et en ce que l'on exprime environ 70 % de cette quantité de bain entraînée. 6) Procédé selon l'une quelconque des revendications 3 à 5, caractérisé en ce que le bain de foulard est à une température de l'ordre de 40 à 45 C. 7) Procédé selon l'une quelconque des revendications préce dentes, caractérisé en ce que l'on pratique le séchage en provo quant un défilement du tissu ffi grande lèze à une vitesse de l'ordre de 12 mètres par minute, sous un flux d'air à une température de l'ordre de 1300 C. 8) Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'on traite un tissu formé de 55 à 100 % de fibres acryliques et d'une quantité complémentaire % de viscose. 9) Tissu de fibres synthétiques, caractérisé en ce qu'il présente en surface des poils longs et couchés lui donnant L'aspect de la flanelle. 10) Tissu selon la revendication 9, caractérisé en ce qu'il comporte des fibres acryliques dans une quantité de 55 à 100 % , et de la viscose en quantité complémentaire %.