L’invention concerne un procédé et un système de contrôle d’une unité de séparation membranaire d’une installation de traitement d’un effluent liquide aqueux comprenant un système d’injection d’au moins un composé chimique dans l’effluent à traiter. Le procédé et le système permettent de réguler au moins un paramètre choisi parmi une quantité de composé(s) chimique(s) à ajouter et un taux de conversion afin d’éviter le colmatage et/ou la précipitation d’espèces ioniques dans le rétentat. Cette régulation utilise des valeurs de consignes optimales déterminées en fonction d’un ou plusieurs paramètres caractéristiques du rétentat et non de l’eau à traiter. Une régulation précise de la quantité de composé(s) chimique(s) à ajouter et/ou du taux de conversion de l’unité de séparation membranaire, à une valeur optimale permettant à la fois d’éviter le colmatage et/ou la précipitation des espèces susceptibles de précipiter et de minimiser les coûts de fonctionnement est ainsi obtenue. Figure pour l’abrégé : figure 1 Procédé et système de contrôle préventif d’une unité de séparation membranaire apte à empêcher le colmatage Domaine de l’invention L’invention concerne un procédé et un système de contrôle d’une unité de séparation membranaire, notamment par osmose inverse ou nanofiltration, d’une installation de traitement de l’eau. En particulier, l’invention concerne un procédé et système permettant de faire fonctionner une unité de séparation membranaire sans risque de colmatage et à moindre coût. Etat de la technique L’osmose inverse est une méthode de séparation membranaire qui a suscité un grand intérêt dans le traitement de l'eau au cours de ces dernières années, par exemple pour le dessalement de l'eau de mer, la purification de l'eau saumâtre et l'obtention d'eau potable, ainsi que pour la purification des eaux usées industrielles ou la préparation d'eau pure et ultra-pure pour diverses applications industrielles. Dans un système d'osmose inverse, les substances dissoutes sont éliminées d'un milieu habituellement aqueux, comme une solution aqueuse comprenant un ou plusieurs composés dissous dans celle-ci sous forme d'ions, et sont séparées du solvant en pressant ladite solution sous haute pression à travers une membrane semi-perméable qui permet de façon très sélective aux molécules de solvant de passer à travers la membrane formant ce que l'on appelle le perméat, sensiblement exempt de toute impureté comme les ions dissous initialement présents dans la solution d'alimentation. Les impuretés sont retenues dans un concentré, appelé rétentat (ou concentrât) qui est par conséquent plus riche en matières dissoutes que la solution d'alimentation. Un problème récurrent associé à un fonctionnement continu à long terme des systèmes d'osmose inverse est le contrôle, ou plutôt la prévention, des dépôts dans le système, en particulier des dépôts se formant sur la surface de la membrane qui fait face au rétentat. Outre ce qu'on appelle l’« encrassement » ou « colmatage » (« fouling » en anglais), c'est-à-dire le dépôt de matières organiques en suspension, de colloïdes et de micro-organismes sur la membrane, l’« entartrage » (« scaling » en anglais), c'est-à-dire la formation de précipités inorganiques, est une cause majeure de la formation de tels dépôts. Ces deux phénomènes, l'encrassement et l'entartrage, ont tendance à bloquer la membrane pour les molécules de solvant. Il en résulte une diminution du débit de perméat du système, une réduction de la sélectivité du système, une augmentation des coûts énergétiques, une réduction des cycles de purification de la membrane et une réduction de sa durée de vie. Le terme « entartrage » se réfère à la formation de dépôts inorganiques par précipitation se produisant lorsque la concentration dans le rétentat de certains sels plus ou moins solubles dans l'eau, comme par exemple le CaCO 3 , le Ca 2 (PO 4 ) 3 , les sulfates de métaux alcalino-terreux, en particulier le CaSO 4 , le BaSO 4 et le SrSO 4 , et/ou certains silicates et similaires, dépasse la limite de solubilité de ces sels. La concentration de particules ioniques retenues dans le rétentat est particulièrement élevée dans l'eau située à proximité immédiate de la surface de la membrane, où elle peut être jusqu'à 20 % plus élevée que dans le rétentat. Généralement, afin d’éviter la précipitation et le colmatage du système membranaire, des composés chimiques inhibiteurs de précipitation (souvent appelés « anti-scaling agent » en anglais) sont ajoutés à l’eau à traiter et le pH est ajusté, le plus souvent par ajout d’acide. En outre, le taux de récupération de perméat est ajusté afin que les concentrations maximales de sels susceptibles de précipiter restent sous la limite de solubilité dans le rétentat. Les inhibiteurs de précipitation sont des composés qui interfèrent avec, ou perturbent, la croissance cristalline de composés susceptibles de précipiter. Ces composés agissent soit en formant des complexes relativement solubles avec les ions susceptibles de précipiter, soit en dispersant les composés de la précipitation. Le dosage appliqué des inhibiteurs de précipitation et/ou d’acide est généralement calculé sur la base d'une analyse chimique de la composition moyenne du milieu aqueux d'alimentation. Les méthodes de calcul couramment utilisées ne tiennent compte que de certains paramètres modèles pour la formation de tartre, par exemple l'indice de saturation (IS) des composés susceptibles de précipiter présents dans le milieu d'alimentation et son pH, mais ignorent d'autres paramètres souvent trop complexes pour être accessibles. Le dosage conventionnel des inhibiteurs de précipitation est donc plutôt imprécis, et une trop grande quantité d'inhibiteurs de précipitation et/ou d’acide est généralement utilisée afin d’éviter un entartrage du système membranaire. Ces surdosages, s’ils permettent un mode de fonctionnement sûr des systèmes de séparation membranaire, ont un impact important sur les coûts de fonctionnement de ces systèmes de séparation ainsi que sur les coûts de post-traitement du perméat (par reminéralisation). Le document WO2006/128730 décrit un procédé de traitement d’un milieu aqueux utilisant l’osmose inverse dans lequel on suit en continu la présence dans le rétentat de particules de composés susceptibles de précipiter par mesure de la turbidité ou par comptage du nombre de particules ayant une taille spécifique, on compare les données relatives à ces particules avec des données déterminées expérimentalement préalablement pour un milieux aqueux similaire dans des conditions de fonctionnement similaires et on ajoute un inhibiteur de précipitation lorsque les données provenant du suivi en continu diffèrent des données expérimentales. Ce procédé présente l’inconvénient de détecter des particules de composés susceptibles de précipiter. La présence de ces particules signifie cependant que la précipitation a débuté : le procédé décrit ne permet donc pas de prévenir une précipitation mais de la limiter, ce qui peut s’avérer insuffisant. En outre, les données de comparaison sont basées sur des données expérimentales obtenues à partir d’un même milieu aqueux à traiter, dans des conditions de fonctionnement identiques : ces données expérimentales risquent de ne pas limiter la précipitation lors d’une variation dans la composition du milieu aqueux à traiter, dans la mesure où celle-ci n’est pas suivie. Les problèmes de colmatage et entartrage sont observés à la fois pour les systèmes de séparation membranaire à osmose inverse et nanofiltration. Il existe donc encore un besoin pour un procédé permettant d’injecter des quantités d’inhibiteurs de précipitation et/ou d’acide minimales pour empêcher de manière fiable une précipitation des espèces susceptibles de précipiter. Il existe également un besoin pour optimiser les coûts de fonctionnement, de préférence en prenant en considération les coûts de post traitement. L’invention concerne un procédé et un système de contrôle d’une unité de séparation membranaire d’une installation de traitement d’un effluent liquide aqueux. Une unité de séparation membranaire reçoit l’effluent à traiter et produit un rétentat et un perméat. Le procédé et le système de contrôle de l’invention, destinés à contrôler une unité de séparation membranaire comprenant un système d’injection d’au moins un composé chimique dans l’effluent à traiter, permettent de réguler au moins un paramètre choisi parmi une quantité de composé(s) chimique(s) à ajouter et un taux de conversion afin d’éviter le colmatage et/ou la précipitation d’espèces ioniques dans le rétentat. Cette régulation utilise des valeurs de consignes optimales déterminées en fonction d’un ou plusieurs paramètres caractéristiques du rétentat. En déterminant une valeur de consigne en fonction d’un paramètre caractéristique du rétentat et non de l’eau à traiter, le procédé et le système de contrôle selon l’invention permettent de réaliser une régulation précise de la quantité de composé(s) chimique(s) à ajouter et/ou du taux de conversion de l’unité de séparation membranaire, à une valeur optimale permettant à la fois d’éviter le colmatage et/ou la précipitation des espèces susceptibles de précipiter et de minimiser les coûts de fonctionnement. Ainsi, le procédé et le système de contrôle selon l’invention permettent d’ajuster les paramètres de fonctionnement de l’unité de séparation membranaire avant l’apparition des phénomènes de colmatage et/ou précipitation, notamment avant la formation de particules de composés susceptibles de précipiter, assurant ainsi un fonctionnement fiable dans la durée de l’unité de séparation membranaire et l’augmentation de sa durée de vie, tout en limitant les coûts d’exploitation. En particulier, en choisissant comme paramètre caractéristique du rétentat, le pH, un paramètre chimique de mesure de la concentration de l’ion oxonium H 3 O + dans une solution aqueuse, l’invention permet de réaliser une régulation avant la formation (et donc la détection éventuelle) de particules de composés susceptibles de précipiter, avec les avantages susmentionnés. Définitions Le taux de conversion est défini de manière usuelle comme étant le rapport du débit de perméat au débit total d’alimentation de l’unité de séparation membranaire. Le taux de conversion permet de caractériser le fonctionnement hydraulique de l’installation. Par « valeur en cours » d’un paramètre, on entend la dernière valeur déterminée de ce paramètre. L’unité de séparation membranaire mentionnée dans la présente invention peut comprendre un, deux ou plusieurs étages de filtration, notamment trois étages, typiquement agencés en série. Chaque étage de filtration produit un rétentat et un perméat, le rétentat d’un étage amont formant l’effluent à traiter de l’étage aval. Chaque étage de filtration est composé d’un ou plusieurs modules membranaires, typiquement connectés en série et/ou parallèle. On pourra par exemple utiliser des modules membranaires et des modules de filtration FILMTEC®. Par « effluent à traiter », on entend un effluent liquide aqueux à traiter tel qu’une eau brute (eaux de surface ou souterraines), l'eau de mer, les eaux saumâtres, les effluents urbains, les effluents industriels, le rétentat d’un ou plusieurs des étages de filtration d’une unité de séparation membranaire à plusieurs étages, seuls ou en mélanges. Notamment, le rétentat sortant de l’unité de séparation membranaire (à un ou plusieurs étages) peut être recyclé à l’entrée de celle-ci. Description des figures L'invention est maintenant décrite en référence au dessin annexé, non limitatif, dans lequel : La est une représentation schématique d’une unité de séparation membranaire équipée d’un système de contrôle selon l’invention. La est une représentation schématique d’une unité de séparation membranaire à trois étages de filtration équipée d’un système de contrôle selon l’invention. La est une représentation schématique d’une unité de séparation membranaire à trois étages de filtration et ajout de composés chimique au niveau de chaque étage, équipée d’un système de contrôle selon l’invention. La est une représentation schématique d’une unité de séparation membranaire à trois étages de filtration et boucle de recirculation du rétentat équipée d’un système de contrôle selon l’invention. La représente schématiquement une unité de séparation membranaire 10 faisant partie d’une installation de traitement 1 d’un effluent liquide aqueux. Cette unité de séparation membranaire 10 comprend un module membranaire 101, à membrane d’osmose inverse ou à membrane de nanofiltration. Cette unité de séparation membranaire 10 ne dispose ainsi que d’un seul étage de filtration composé d’un unique module membranaire 101. L’invention n’est toutefois pas limitée par ce mode de réalisation et l’unique étage pourrait être composé d’un ou plusieurs modules membranaires, typiquement au moins deux modules membranaires. Une conduite 102 amène l’effluent à traiter à l’unité de séparation membranaire 10, plus précisément au module de séparation membranaire 101, qui produit un rétentat et un perméat évacué via les conduites 103 et 104 respectivement. L’unité de séparation membranaire 10 comprend également un système d’injection 105 d’au moins un composé chimique dans l’effluent à traiter. Ce dernier comprend une ou plusieurs cuves de composé chimique en connexion de fluide avec la conduite 102. Sur la , deux cuves 106, 107 sont représentées, l’une pour l’ajout d’acide, l’autre pour l’ajout d’un inhibiteur de précipitation. L’invention n’est bien entendu pas limitée par un nombre de cuves particulier, ni par la nature des composés chimiques à ajouter pourvu qu’ils permettent soit d’ajuster le pH, soit d’inhiber la précipitation. En général, on pourra prévoir au moins une cuve d’un composé chimique d’ajustement du pH, et optionnellement au moins une cuve d’un composé chimique inhibiteur de précipitation. Le système de contrôle 20 selon l’invention permet de réguler l’unité de séparation membranaire afin d’éviter une dégradation par colmatage et/ou précipitation du module membranaire 101. A cet effet, le système de contrôle 20 comprend : - des moyens de réglage 201 du taux de conversion de l’unité de séparation membranaire, - des moyens de réglage 202, 203 d’une quantité d’au moins un composé chimique à ajouter à l’effluent à traiter, - un capteur de pH 204 du rétentat, ici un pH mètre, - une régulation 205 comprenant des moyens de calcul et de transmission 206 reliés au capteur de pH 204 par des moyens de communication 207, - des moyens de communication 208 entre les moyens de calcul 206 et les moyens de réglage 201-203 pour y introduire les valeurs de consigne initiales et ladite au moins une valeur de consigne optimale. Des moyens de réglage 202, 203 de la quantité de composé chimique ajoutée sont notamment prévus pour chacune des cuves de composé chimique. Ces moyens de réglage 202, 203 peuvent comprendre une pompe, un débit mètre, une vanne ou une combinaison de ces moyens. Les moyens de réglage du taux de conversion de l’unité de séparation membranaire comprennent, dans cet exemple, un moyen de réglage 201a du débit d’effluent à traiter entrant dans l’unité de séparation membranaire et un moyen de réglage 201b du débit de perméat. Les moyens de réglage du taux de conversion comprennent également une boucle de régulation 201 qui agit sur les moyens de réglage 201a, 201b de manière à contrôler le taux de conversion en accord avec une valeur de consigne. Ces moyens de réglage 201a, 201b peuvent être une pompe, un débitmètre, une vanne ou similaire. Dans une variante, la régulation du taux de conversion pourrait être réalisée directement par la régulation 205. Les moyens de communication 207, 208 sont par exemple des interfaces de sortie ou d’entrée/sortie. Il peut s’agit d’interfaces interfaces de communication sans fil (Bluetooth, WIFI ou autre) ou des connecteurs (port réseau, port USB, port série, port Firewire®, port SCSI ou autre). Les moyens de calcul 206 peuvent être un ou plusieurs processeurs, par exemple des microprocesseurs ou des microcontrôleurs. Le ou les processeurs peuvent avoir des moyens de stockage qui peuvent être une mémoire vive (RAM), une mémoire morte programmable effaçable électriquement (EEPROM), une mémoire flash, une mémoire externe ou autre. Ces moyens de stockage peuvent, entre autres, stocker des données reçues, un modèle de contrôle et un ou plusieurs programmes informatiques. Le signal du capteur de pH 204 est envoyé sur une entrée E1 de la régulation 205. Par une entrée E2, la régulation 205 peut également recevoir une valeur de consigne initiale pour le taux de conversion de l’unité de séparation membranaire et/ou pour une quantité de composé chimique à ajouter à l’effluent à traiter. Le système de contrôle peut également comprendre, tel que représenté dans le mode de réalisation de la , un capteur de température 209, un capteur de conductivité 210 et au moins un analyseur 211 apte à déterminer une concentration en au moins une espèce ionique susceptible de précipiter. Ces différents éléments 209-211 sont tous disposés sur la conduite 103 de circulation du rétentat. En variante, le capteur de température pourrait être positionné sur la conduite 102 de circulation de l’effluent à traiter ou un autre capteur de température pourrait être prévu sur cette conduite 102. Chacun des capteurs et analyseur 209-211 fournit un signal envoyé sur une entrée E3, E4, E5 respectivement, de la régulation 205. Les moyens de calculs 206 sont programmés pour mettre en œuvre les étapes (a) à (c) du procédé selon l’invention. Dans cet exemple, ils sont programmés pour réguler au moins le taux de conversion de l’unité de séparation membranaire à une valeur de consigne initiale, typiquement non nulle, et éventuellement pour réguler une quantité d’au moins un composé chimique à ajouter à l’effluent à traiter à une valeur de consigne, qui peut être nulle. Ils peuvent aussi être programmés pour réguler au moins un autre paramètre de fonctionnement de l’unité à une valeur de consigne initiale ou non, typiquement non nulle. Selon l’invention, les moyens de calculs 206 sont programmés pour déterminer, à partir de la valeur en cours du pH du rétentat fournie par le capteur 204 au moins une valeur de consigne optimale. Dans le présent exemple, ces valeurs de consigne optimales sont déterminées également à partir des valeurs en cours de la température, de la conductivité et d’une concentration en espèce ionique telles que fournies par les capteurs et analyseurs 209-211. Cette valeur de consigne optimale peut être telle que précédemment définie aux points (i), (ii) et (iii) du procédé. La valeur de consigne optimale (ou le couple de valeurs de consigne optimale) ainsi déterminée est ensuite délivrée sur une sortie dédiée S1a, S1b et S2 de la régulation 205 reliée par un conducteur 208 à l’entrée de chacun des moyens de réglage 201-203. Ces valeurs de consigne peuvent être extraites d’une base de données construite lors d’une étape préalable de construction d’une base de données par des méthodes expérimentales et/ou empiriques. On pourra par exemple créer une classification des rétentats en fonction des paramètres suivants : pH, température, conductivité, concentration en une ou plusieurs des espèces ioniques susceptibles de précipiter. Cette caractérisation des rétentats pourra notamment être réalisée au cours d’essais de traitement de différents effluents avec l’unité de séparation membranaire qui devra être contrôlée. Puis, pour chaque classe de rétentat définie par un ensemble de ces paramètres, on détermine de manière expérimentale et/ou par des calculs (par exemple basés sur des calculs de solubilité), des paramètres de fonctionnement optimal de l’unité de séparation membranaire à contrôler permettant d’éviter une précipitation/colmatage. Cette optimalisation des paramètres peut notamment prendre en compte le coût de(s) composé(s) chimique(s) à ajouter lorsqu’un tel ajout est nécessaire pour préserver l’unité de séparation membranaire, éventuellement en combinaison avec un taux de conversion maximal ou un taux de conversion maximal en absence d’ajout de composé chimique. L’optimalisation peut également prendre en compte les coûts de prétraitement de l’effluent à traiter, les coûts énergétiques, les éventuels coûts de post-traitement du perméat et/ou du rétentat liés à l’ajout de composés chimiques. Ainsi, l’installation représentée comprend sur la conduite 104 d’évacuation du perméat, une unité de post-traitement 30, et en aval et en amont de cette unité de post-traitement, relativement à la circulation du perméat, des capteurs de pH 301 et 302. Ces paramètres de fonctionnement optimal comprennent ainsi : la quantité minimale d’au moins un composé chimique à ajouter dans un effluent pour éviter un colmatage et/ou précipitation, notamment pour différents taux de conversion, ou le taux de conversion maximal pour éviter un colmatage et/ou une précipitation en absence d’ajout de composé(s) chimique(s), ou un couple d’une quantité minimale d’au moins un composé chimique à ajouter et d’un taux de conversion maximal pour éviter un colmatage et/ou précipitation. Ceci permet de créer une matrice permettant d’associer à une valeur de pH du rétentat, et éventuellement à au moins un autre paramètre du rétentat (conductivité, température, concentration en espèce ionique) ou de l’effluent à traiter (température), une quantité minimale, un taux de conversion maximal ou un couple d’une quantité minimale et d’un taux de conversion maximal. En variante, on pourra collecter pour différents rétentats, les valeurs des paramètres suivants : pH, température, conductivité, concentration en une ou plusieurs des espèces ioniques susceptibles de précipiter. On pourra ensuite : calculer les limites de saturation des différentes espèces susceptibles de précipiter en fonction du pH du rétentat, ceci sans aucun ajout de composé chimique, calculer les limites de saturation des différentes espèces susceptibles de précipiter en fonction du pH du rétentat, avec ajout de composé chimique, réaliser une simulation des différentes conditions de fonctionnement (y compris une quantité de composé chimique à ajouter) en fonction du taux de conversion et du pH du rétentat, choisir la simulation optimale permettant de limiter l’ajout de composé chimique et/ou de maximiser le taux de conversion tout en évitant tout risque de colmatage et/ou précipitation. De manière générale, on pourra en outre équiper l’installation de traitement avec un ou plusieurs systèmes de surveillance des phénomènes de colmatage/précipitation déjà connus. De tels systèmes viennent uniquement en complément du système de contrôle selon l’invention dans la mesure où ils permettent de détecter une précipitation et non de la prédire. On pourra également par exemple contrôler la turbidité du rétentat afin de détecter tout problème de précipitation, mais ce paramètre ne sera pas utilisé pour contrôler la quantité de composé chimique à ajouter. On pourra aussi mettre en place sur une ligne de dérivation du rétentat, une unité de membrane sacrificielle identique à l’unité de séparation membranaire mais fonctionnant à un taux de conversion plus élevé que cette dernière et dont on surveillera la dégradation par exemple en contrôlant la différence de pression entre le flux entrant dans l’unité de membrane sacrificielle et le rétentat de celle-ci. Une méthode de ce type est décrite dans le document WO0228517A1. On pourra enfin utiliser un outil de suivi de l’entartrage d’un dispositif de récupération d’énergie (ERD « Energy recovery device »). La représente une unité de séparation membranaire 10 d’une installation de traitement 1 d’un effluent liquide aqueux qui ne diffère de celle représentée que par le fait que l’unité de séparation membranaire comprend trois étages de filtration 101a, 101b, 101c, chaque étage de filtration pouvant être composé d’un ou plusieurs modules membranaires, typiquement au moins deux. La représente une unité de séparation membranaire 10 d’une installation de traitement 1 d’un effluent liquide aqueux qui ne diffère de celle représentée que par le fait qu’un ajout d’au moins un des composés chimiques, ici celui de la cuve 107, par exemple contenant un composé chimique d’ajustement du pH tel qu’un acide, est envoyé à l’entrée du deuxième étage 101b et/ou à l’entrée du troisième étage 101c. Les quantités de composés chimiques sont alors régulées grâce à des moyens de réglage similaires aux moyens 202, 203 précédemment décrits (non représentés sur les figures pour des raisons de clarté) en communication également avec les moyens de calcul 206. On notera que cette configuration peut permettre d’optimiser la consommation de produit chimique (notamment d’acide), avec une consommation en baisse. A titre d’exemple, une consommation en baisse de 20 à 25% peut être observée. Dans cet exemple, seule la cuve 107 contenant un composé chimique d’ajustement du pH alimente les étages 101b et 101c, on pourrait néanmoins prévoir que le composé chimique permettant d’inhiber la précipitation de la cuve 106 alimente également ces étages. La représente une unité de séparation membranaire 10 d’une installation de traitement 1 d’un effluent liquide aqueux qui ne diffère de celle représentée que par le fait qu’une boucle de recirculation 110 renvoie le rétentat sortant de l’unité de traitement (ici du troisième étage de filtration 101c) à l’entrée de l’unité de traitement. Bien entendu, cette boucle de recirculation peut être prévue quel que soit le nombre d’étages de filtration de l’unité de séparation membranaire. Procédé de contrôle d’une unité de séparation membranaire d’une installation de traitement d’un effluent liquide aqueux, l’unité de séparation membranaire recevant l’effluent à traiter, produisant un rétentat et un perméat et comprenant un système d’injection d’au moins un composé chimique dans l’effluent à traiter, dans lequel : (a) on mesure une valeur du pH du rétentat, (b) on détermine à partir de la valeur mesurée du pH du rétentat, au moins une valeur de consigne optimale pour éviter le colmatage de l’unité de séparation membranaire et/ou la précipitation dans le rétentat d’espèces ioniques initialement présentes dans l’effluent à traiter et choisie parmi : (i) une première valeur de consigne correspondant à une quantité minimale de l’au moins un composé chimique à ajouter à l’effluent à traiter pour un taux de conversion en cours de l’unité de séparation membranaire, (ii) une deuxième valeur de consigne correspondant à un taux de conversion maximal en l’absence d’ajout d’un composé chimique, (iii) un couple d’une troisième et quatrième valeur de consigne correspondant à une quantité minimale de l’au moins un composé chimique à ajouter à l’effluent à traiter combiné à un taux de conversion maximal, (c) on applique ladite au moins une valeur de consigne optimale au paramètre correspondant de l’unité de séparation membranaire. Procédé de contrôle selon la revendication 1, dans lequel : - on procède à une itération de l’étape (a), - à chaque itération, on vérifie au cours d’une étape (a’) si la valeur du pH du rétentat mesurée à l’étape (a) atteint au moins une valeur seuil prédéterminée ou varie d’au moins une quantité prédéterminée, puis - on met en œuvre les étapes (b) à (c) lorsque ladite au moins une valeur seuil prédéterminée ou quantité prédéterminée est atteinte. Procédé de contrôle selon l’une quelconque des revendications 1 ou 2, dans lequel : - au cours de l’étape (a) on mesure en outre la valeur d’au moins un autre paramètre du rétentat choisi parmi la conductivité et une concentration en au moins une espèce ionique susceptible de précipiter, - optionnellement on détermine une variation de la valeur de l’au moins un autre paramètre du rétentat, et - au cours de l’étape (b) on détermine l’au moins une valeur de consigne optimale à partir de la valeur mesurée du pH du rétentat et de la valeur mesurée de l’au moins un autre paramètre du rétentat, optionnellement de la valeur mesurée de l’au moins un autre paramètre pour lequel une variation est déterminée. Procédé de contrôle selon la revendication 3, dans lequel lorsqu’une variation est déterminée à la fois pour la valeur de la conductivité et pour une concentration en au moins une espèce ionique susceptible de précipiter, on détermine ladite au moins une valeur de consigne à partir de la valeur mesurée du pH du rétentat et de la valeur mesurée de ladite au moins une concentration pour laquelle une variation a été déterminée. Procédé de contrôle selon l’une quelconque des revendications 3 et 4, dans lequel au cours de l’étape (a) on mesure une concentration en au moins une espèce ionique choisie parmi un ion calcium, un ion carbonate, un ion magnésium, un ion sulfate, un ion silicium, un ion baryum, un ion strontium, un ion manganèse, un ion fer II, un ion fer III, un ion aluminium, un ion fluorure. Procédé de contrôle selon l’une quelconque des revendications 1 à 5, dans lequel : - au cours de l’étape (a), on mesure au moins une température choisie parmi la température de l’effluent à traiter et la température du rétentat, et - au cours de l’étape (b), on détermine ladite au moins une valeur de consigne à partir de la valeur mesurée du pH du rétentat et de la valeur mesurée de l’au moins une température. Procédé de contrôle selon l’une quelconque des revendications 1 à 6, dans lequel au cours de l’étape (a) on détermine le pH du rétentat, et optionnellement l’au moins autre paramètre du rétentat et/ou l’au moins une température, par des mesures en ligne. Procédé de contrôle selon l’une quelconque des revendications 1 à 7, comprenant une étape préalable de constitution d’une base de données laquelle associe une ou plusieurs valeurs de consigne à des ensembles de valeurs de paramètres, ces paramètres comprenant le pH du rétentat, au moins un paramètre de fonctionnement de la même unité de séparation membranaire, et optionnellement au moins un autre paramètre choisi parmi la température du rétentat, la température de l’effluent à traiter, la conductivité du rétentat et une concentration du rétentat en au moins une espèce susceptible de précipiter. Un programme informatique comprenant les instructions pour exécuter les étapes du procédé de contrôle selon l'une quelconque des revendications 1 à 8, lorsque lesdites instructions sont exécutées par un ou plusieurs processeurs. Un support lisible par ordinateur sur lequel est stocké le programme informatique de la revendication 9. Système de contrôle d’une unité de séparation membranaire d’une installation de traitement d’un effluent liquide aqueux, l’unité de séparation membranaire recevant l’effluent à traiter, produisant un rétentat et un perméat et comprenant un système d’injection d’au moins un composé chimique dans l’effluent à traiter, le système de contrôle comprenant : - des premiers moyens de réglage du taux de conversion de l’unité de séparation membranaire, - des deuxièmes moyens de réglage d’une quantité d’au moins un composé chimique à ajouter à l’effluent à traiter, - un moyen de mesure de pH du rétentat, - des moyens de calcul et de transmission reliés au moyen de mesure de pH du rétentat et programmés pour : (a) recevoir du moyen de mesure de pH une valeur mesurée du pH du rétentat, (b) calculer à partir de la valeur mesurée du pH du rétentat au moins une valeur de consigne optimale pour éviter le colmatage de l’unité de séparation membranaire et/ou la précipitation dans le rétentat d’espèces ioniques initialement présentes dans l’effluent à traiter, ladite au moins une valeur de consigne étant choisie parmi : (i) une première valeur de consigne correspondant à une quantité minimale de l’au moins un composé chimique à ajouter à l’effluent à traiter pour un taux de conversion en cours, (ii) une deuxième valeur de consigne correspondant à un taux de conversion maximal de l’unité de séparation membranaire en l’absence d’ajout d’un composé chimique, (iii) un couple d’une troisième et quatrième valeur de consigne correspondant à une quantité minimale de l’au moins un composé chimique à ajouter à l’effluent à traiter combiné à un taux de conversion maximal, (c) transmettre ladite valeur de consigne calculée aux moyens de réglage correspondants. Système de contrôle selon la revendication 11, caractérisé en ce que les moyens de calcul et de transmission sont programmés : - pour recevoir une pluralité de mesures du pH du rétentat, - pour vérifier à chaque nouvelle mesure reçue si la valeur mesurée du pH du rétentat atteint au moins une valeur seuil prédéterminée ou varie d’au moins une quantité prédéterminée, puis, - pour calculer ladite au moins une valeur de consigne et la transmettre aux moyens de réglage correspondants lorsque ladite au moins une valeur seuil prédéterminée ou quantité prédéterminée est atteinte. Système de contrôle selon la revendication 11 ou 12, caractérisé en ce qu’il comprend en outre : - des deuxièmes moyens de mesure de la valeur d’au moins un autre paramètre du rétentat choisi parmi la conductivité et une concentration en au moins une espèce ionique susceptible de précipiter et en ce que les moyens de calcul et de transmission sont programmés : - pour recevoir des deuxièmes moyens de mesure une valeur mesurée de l’au moins un autre paramètre du rétentat, - optionnellement pour déterminer une variation de la valeur mesurée de l’au moins un autre paramètre du rétentat et - pour calculer l’au moins une valeur de consigne à partir de la valeur mesurée du pH du rétentat et de la valeur mesurée de l’au moins un autre paramètre du rétentat, optionnellement de la valeur mesurée de l’au moins un autre paramètre pour lequel une variation est déterminée. Système de contrôle selon la revendication 13, dans lequel les moyens de calculs et de transmission sont programmés pour, lorsqu’une variation est déterminée à la fois pour la valeur mesurée de la conductivité et de l’au moins une concentration en au moins une espèce ionique susceptible de précipiter, calculer ladite au moins une valeur de consigne à partir de la valeur mesurée du pH du rétentat et de la valeur mesurée de ladite au moins une concentration pour laquelle une variation a été déterminée. Système de contrôle selon l’une quelconque des revendications 13 ou 14, dans lequel les deuxièmes moyens de mesure comprennent des moyens de mesure d’une concentration en au moins une espèce ionique choisie parmi un ion calcium, un ion carbonate, un ion magnésium, un ion sulfate, un ion silicium, un ion baryum, un ion strontium, un ion manganèse, un ion fer II, un ion fer III, un ion aluminium, un ion fluorure. Système de contrôle selon l’une quelconque des revendications 11 à 15, caractérisé en ce qu’il comprend : - des troisièmes moyens de mesure d’au moins une température choisie parmi la température de l’effluent à traiter et la température du rétentat, et en ce que les moyens de calcul et de transmission sont programmés pour calculer ladite au moins une valeur de consigne à partir de la valeur mesurée du pH du rétentat et de la valeur mesurée de l’au moins une température.