Feuille amortissant le bruit. La présente invention concerne une feuille amortissante destinée à être appliquée sur un subjectile métallique à des fins d'insonorisation, ctest-à-dire d'amortissement du bruit, et en même temps de protection contre la corrosion. L'insonorisation, c'est-à-dire l'amortissement du bruit, de tôles, comme par exemple des tôles de carrosseries, peut être réalisée soit avec des couches de recouvrement simples amortissant le bruit, soit avec des systèmes dits composites ou en sandwich. Dans le cas des couches de recouvrement amortissantes simples il est appliqué, en vue de l'obtention d'un amortissement phonique suffisant, par exemple une feuille lourde, qui peut être composée de bitume additionné de charges, présentant un poids important par unité de surface et une épaisseur double à triple de la tôle formant support. Il est également connu un revêtement amortissant en une seule pièce qui, composé de bitume, de cire ou autres et comportant éventuellement des charges, est appliqué sur les différentes parties de la carrosserie par fusion sous l'effet de la chaleur et présente, afin d'éviter qu'il ne renferme des bulles d'air, un réseau de trous traversants (modèle d'utilité nO 7 926 517). De telles feuilles ne produisent cependant pas l'effet d'amortissement phonique nécessaire à moins de comporter des charges. D'autre part, un revêtement dont la matière de base est additionnée de charges présente un poids-trop élevé par unité de surface. On connaît également des bandes de recouvrement amortissantes à plusieurs couches qui sont aptes à revêtir des carrosseries. Elles se composent d'une couche supérieure constituée par exemple par une feuille en matière synthétique déformable à chaud et d'une couche inférieure solidaire de cette dernière et servant de couche amortissante proprement dite formée d'une charge finement divisée dont les particules sont liées entre elles au moyen de matière synthétique ou de bitume (modèle d'utilité nO 6 751 796). En tant que charges minérales sont utilisées entre autres de la poudre de pierre et de la barytine. La couche inférieure contient par exemple 60 % de charges minérales.Ces systèmes composites déformables à chaud ont cependant pour inconvénient d'hêtre encore trop lourds et, en outre, de devoir être préalablement mis en forme selon le subjectile à revêtir. Pour permettre de réaliser des économies d'énergie et, par suite, de poids dans le domaine de la construction automobile il s'agissait de pouvoir disposer de feuilles insonorisantes suffisamment minces et légèress et permettant d'obtenir , malgré leur poids beaucoup plus faible, par rapport aux matières amortissantes connues, un degré d'amortissement élevé. Ce but est atteint suivant la présente invention au moyen d'une feuille amortissante servant en même-temps de feuille protectrice contre la corrosion et composée de la combinaison d'une feuille en matière synthétique thermoplastique et d'une feuille fusible à base de bitume modifié par de la matière synthétique. La feuille en matière synthétique est constituée par exemple par du chlorure de polyvinyle, du polypropylène, dupolystyrène, du polycarbonate, de l'alcool polyvinylique, du polyester, du polyester acrylique, des dérivés de la cellulose ou du polyamide. La feuille fusible est formée de bitume modifié par de la matière synthétique. On utilise dans une proportion de 70 à 95 % un bitume primaire, de préférence celui dénommé B 80 ou B 200, qui est modifié par 5 à 30 % de matière synthétique. Comme matières synthétiques peuvent être utilisés du caoutchouc SBR, du polyisobutylène, du polybutène, du caoutchouc SBS, du polyéthylène et du polypropylène atactique. La feuille de matière synthétique confère à la feuille fusible la nécessaire rigidité mais est déformable à chaud.On peut renoncer à l'incorporation de charges. Ceci tient à ce que l'effet d'amortissement est obtenu par le fait que la couche bitumineuse fonctionne, lorsque la feuille se trouve mise en place, en tant que couche intermédiaire entre deux feuilles, à savoir la feuille supérieure formant support et la tôle métallique située du côté inférieur. Il suffit ainsi d'utiliser des couches intermédiaires minces de 0,5 à 2 mm d'épaisseur, ce qui permet de réaliser des économies de poids énormes.Le facteur de perte (indice de l'amortissement) du système composite se situe sensiblement entre 0,06 et 0,30 en fonction de la nature et de l'épaisseur des couches intermédiaire et extérieure. Sous l'effet de la chaleur (chaleur rayonnante) les feuilles suivant l'invention s'adaptent, par collage à chaud, de façon excellente à la partie de tôle moulurée à insonoriser. L'épaisseur de la feuille de recouvrement est fonction de la courbure du substrat à insonoriser. Après le refroidissement l'effet d'amortissement est obtenu par solidification de la feuille de recouvrement. En faisant varier les caractéristiques viscoélastiques et I'épaisseur de la couche de recouvrement, on peut conférer au système composite une action optimale dans les intervalles de fréquence et de température prescrits. La fabrication de la feuille amortissante suivant l'invention est décrite dans les deux exemples suivants EXEMPLE 1 - 80 % de bitume B 200 et 20 ffi d'un caoutchouc SBR tel que celui commercialisé par la société Phillips PM sous la désignation Solprene 475 P sont mélangés entre eux dans un mélangeur à agitateur chauffé à 1900C. La matière ainsi obtenue est appliquée sous la forme d'une couche de 1,5 mm d'épaisseur sur une feuille thermoplastique en CPV rigide et amenée à se refroidir. La feuille amortissante ainsi obtenue est placée sur une pièce en tôle mise en forme et est thermocollée dans un canal chauffant. Un ruban de tôle formant éprouvette de 300 x 10 x 1 mm, soumis à l'essai défini dans la norme DIN 53 440, présente à environ 200 Hz et à la température ambiante (200C) un facteur de perte de 0,18. EXEblPLE 2 80 % de bitume B 200 et 20 % d'un caoutchouc SBR tel qu'il est commercialisé par la société Phillips PM sous la désignation Solprene 475 P sont mélangés entre eux dans un mélangeur à agitateur porté à 190pu. La matière ainsi obtenue est appliquée sous la forme d'une couche de 1,5 mm sur une feuille thermoplastique en polyméthacrylate de méthyle et amenée à se refroidir. La feuille amortissante ainsi obtenue est placée sur une pièce en tôle mise en forme et est thermocollée dans un canal chauffant. Un ruban de tôle formant éprouvette de 300 x 10 x 1 mm, soumis à l'essai défini dans la norme DIN 53 440 présente à environ 200 Hz et à la température ambiante (200C) un facteur de perte de 0,20. REVENDICATIONS 1 - Feuille amortissante déformable à chaud destinée à insonoriser et en même temps à protéger contre la corro sion des substrats métalliques, caractérisée en ce qu'elle est formée d'un produit composite constitué par une feuille en matière synthétique thermoplastique et une feuille fusible à base de bitume modifié par de la matière synthétique. 2 - Feuille amortissante suivant la revendication 1, caractérisée en ce que la feuille fusible se compose pour 70 à 95 % en poids de bitume primaire, de préférence celui dénommé B 80 ou B 200, et pour 5 à 30 % en poids de caoutchoucs synthétiques. 3 - Feuille amortissante suivant la revendication 1, caractérisée en ce que la feuille fusible se compose pour 70 à 95 % en poids de bitume primaire, de préférence celui dénommé B 80 ou B 200, et pour 5 à 30 % en poids de polyéthylène ou de polypropylène atactique.