L'invention se rapporte à la construction et à l'aménagement d'un port amovible artificiel faisant essentiellement appel à l'emploi d'éléments préfabriqués appelés barges et destinés à être acheminées sur le site opérationnel par voie maritime, pour y former un appontement ou quai d'accostage pour navires, en combinaisons variables d'emploi. Elle a pour objet une réalisation de barge évitant de recourir sur place à tout travail de génie civil ou similaire et comportant des moyens d'équipement simples pour en permettre une implantation aisée de façon autonome, tout en conservant la possibilité d'appareillage rapide pour un nouveau mouillage. Essentiellement, à cet effet, la barge selon l'invention est caractérisée en ce qu'elle comporte des piliers montés mobiles en hauteur de part et d'autre d'une piste longitudinale de circulation qu'elle forme, des moyens de déplacement en hauteur et de verrouillage par rapport à la barge desdits piliers pour assurer leur appui sur le fond de l'eau ou les relever pour le déplacement de la barge par flottaison, et au moins un ballast disposé sous la barge et ayant avec elle des moyens de liaison et guidage mobiles en hauteur et verrouillables, disposés de part et d'autre de ladite piste, lesdits moyens de liaison étant soumis à des moyens de déplacement en hauteur du ballast, et le volume de ce dernier et la longueur desdites liaisons étant tels qu'ils permettent, par immersion et vidange du ballast, de faire émerger la barge entièrement au-dessus du niveau de l'eau avec ses piliers disposés en appui sur le fond pour former un appontement ou élément de quai d'accostage. L'invention englobe également des dispositifs de régulation de la position des barges,adaptés à leur agencement précité, et notamment un dispositif de régulation à niveau constant d'un ensemble de barges associées pour former un appontement ou un quai, et un dispositif de régulation individuel de gîte et d'assiette Jon gitudinale, wur compenser notamment les affaissements éventuels d, De telles barges peuvent être autopropulsées ou non, et être alors remorquées ou poussées, voire arrimées avec une barge autopropulsée pour leur déplacement. De plus, elles peuvent permettre l'embarquement dans leurs cales de véhicules et engins divers, tels que ceux de manutention et transport utiles sur le port qu'elles serviront 3 créer. Une forme de réalisation d'une barge selon l'invention et une mise en oeuvre des équipements de telles barges pour constituer un appontement ou quai d'accostage sont ci-après décrits à titre d'exemple et en référence au dessin annexé, dans lequel - la figure 1 est une vue en plan d'une barge selon l'invention - la figure 2 est une vue en coupe suivant II-II de la fi gure 1, de la barge en position opérationnelle, avant lage du i - la figure 3 est une vue en coupe transversale de la barge suivant III-III de la figure 1, la barge étant en position de transfert sur l'eau - la figure 4 est une vue en coupe transversale suivant IV-IV de la figure 1, la barge étant représentée en une phase de sa mise en position opérationnelle - les figures 5 à 9 sont des vues schématiques illustratives de différentes phases de la mise en position opérationnelle de la barge à partir de sa position de transfert - les figures 10 et 11 sont deux vues en coupe verticale passant par les organes d'accouplement entre barges illustratives de deux phases de l'accouplement - la figure 12 est une vue de détail en coupe suivant XII-XII de la figure 11, des organes d'accouplement entre barges; - la figure 13 est une vue schématique illustrative d'un dispositif destiné à maintenir à un niveau constant un ensemble de barges constituant un quai d'accostage - les figures 14 et 15 sont deux vues schématiques illustratives d'un dispositif de contrôle correcteur d'assiette longitudinale et de gîte de la barge en position opérationnelle ;; - la figure 16 est une vue schématique en plan de la barge illustrant l'implantation des systèmes détecteur de gîte et d'inclinaison d'assiette longitudinale - la figure 17 est une vue en élévation d'un quai d'accostage constitué à l'aide d'un ensemble de barges alignées ; - la figure 18 est une vue en plan d'un exemple d'aménagement de quais à l'aide de diverses variantes de barges selon l'invention - la figure 19 est une vue en plan schématique illustrant un mode d'arrimage des barges pour leur transfert par voie maritime. La barge représentée aux figures 1 à 4 est de forme générale rectangulaire bordée sur son pourtour de caissons de flottaison latéraux 1, 2,de proue 3 et de poupe 4, ces caissons supportant un pont supérieur 5 qui présente une piste de circulation médiane 6 s'étendant dans la longueur de la barge et, de part et d'autre de celle-ci, des surfaces 7, 8 pouvant former quai d'accostage et de chargement ou déchargement pour un navire. Au voisinage de ses quatre angles la barge est pourvue de guides tubulaires verticaux 9 dans lesquels sont montés coulissants en hauteur des piliers 10. Chaque pilier est ici constitué sous forme d'une poutre à trois montants li réunis par des triangles équilatéraux étagés et entretoisés, les montants étant solidarisés à leur base par soudage avec un pied 12 formé d'un caisson lesté à base tronconique, destiné à prendre appui sur le fond en position opérationnelle de la barge. Comme on le voit mieux aux figures 3 et 4, sur chaque montant Il est fixée une crémaillère 13 avec laquelle coopère, implanté sur le pont, un cric motorisé 14 à coulisse de guidage 15 et à pignons d'entraînement 16 de la crémaillère, celle-ci étant également guidée à la base du guide 9 du montant par une roue à gorge correspondante 17. Chaque cric est ici électriquement motorisé avec un moteur-frein usuel non représenté, dont le frein de blocage en l'absence d'alimentation électrique constitue alors élément de verrouillage du cric et donc de chaque montant 11 de pilier par rapport à la barge. Sous le pont 5 de la barge et entre les caissons latéraux 1, 2 est disposé un ballast mobile en hauteur désigné par 18 dans son ensemble, et ici constitué de quatre réservoirs longitudinaux 19 à 22 accolés et assemblés entre eux par des traverses 23, ainsi que maintenus et mis en intercommunication aux fins de purge ou vidange générale, par deux paires de traverses creuses 24, 25 solidaires de quatre colonnes verticales 26 qui sont montées mobiles en hautur dans des gildes tubulaires 27 ménagés ar le pont 5, de part et d'autre de la piste de circulation 6.Chaque colonne 26 est pourvue suivant deux génératrices opposées de deux crémaillères 28 avec chacune desquelles coopère, implanté sur le pont, un cric motorisé 29 à pignons d'entraînement 30 de la crémaillère, (voir figure 2), des patins de guidage 31 étant ici prévus dans les guides tubulaires 27 (voir figure 1). Chaque cric est ici électriquement motorisé avec un moteur-frein usuel non représenté, dont le frein de blocage en l'absence d'alimentation électrique constitue alors élément de verrouillage du cric et donc de chaque colonne 26 par rapport à la barge. En outre, comme on le voit à la figure 1, sur chaque barge et pour chaque pilier 10, les pignons d'entraînement correspondants des crics 14 sont reliés entre eux et synchronisés par des arbres d'accouplement 32, 33 à renvois d'angle d'extrémité 34. De plus, un accouplement commandé est prévu entre les crics 14 de manoeuvre des piliers 10, longitudinalement par l'intermédiaire de deux arbres 35, 36 solidaires en rotation des arbres 32 correspondants et pouvant être accouplés par l'intermédiaire d'un embrayage 37, et transversalement par l'intermédiaire de deux arbres 38, 39 à renvois d'angle d'extrémité 40 avec les arbres 35, 36, un embrayage 41 permettant l'accouplement entre les arbres 38, 39. Les crics motorisés 29 d'actionnement des colonnes de liaison 26 avec le ballast sont mécaniquement synchronisés, pour chaque colonne, par l'intermédiaire d'arbres d'accouplement 42 3 renvois d'angle d'extrémité 43 reliés aux pignons d'entraînement des crics, et entre colonnes, longitudinalement à l'aide d'arbres d'accouplement 44 prolongeant les arbres 42, ainsi que transversalement à l'aide d'arbres d'accouplement 45 à renvois d'angle d'extrémité 46 ayant un pignon commun avec les renvois d'angle 43. Une machinerie de ballastage des réservoirs 19 à 22 (voir figure 3) est implantée dans un compartiment 47 de l'un au moins des réservoirs accessible par l'intérieur de l'une des colonnes 26. Elle comprend notamment une électrovanne 48 placée sur un collecteur de remplissage 49 des réservoirs par immersion, ainsi qu'un groupe de pompes de vidange, schématisé en 50, dont l'entrée d'aspiration est reliée aux réservoirs par un collecteur 51 et dont la sortie est reliée à une conduite de refoulement 52 pouvant être pourvue d'un clapet de non-retour non représenté. L'électrovanne 48 peut être remplacée par quatre électrovannes de remplissage sélectif de chacun des réservoirs, de même que chaque réservoir peut être relié au collecteur 51 par l'intermédiaire d'une électrovanne de vidange sélective. La méthode de mise en place ou mouillage d'une barge est illustrée à l'aide des figures 5 à 9. La figure 5 illustre la barge en position de transfert par flottaison, dans laquelle on voit que les piliers 10 sont relevés en une position de moindre tirant d'eau que les caissons de flottaison tandis que le ballast 18 est relevé en position d'émersion ici presque entière sous le pont 5. Dans un premier temps, la barge, supposée destinée à former un appontement, est mise en position d'ancrage par mouillage de ses ancres non représentées. Puis, comme l'illustre la figure 6, les quatre piliers 10 sont individuellement commandés à la descente à l'aide de leurs crics motorisés respectifs 14, jusqu'à prendre tous appui sur le fond, ces manoeuvres étant effectuées et ajustées de sorte que la barge se trouve finalement maintenue horizontalement et en état d'appui stable par une nette prépondérence de gravité sur ses quatre piliers 10, étant entendu qu.' elle se trouve verrouillée en hauteur sur ceux-ci lorsque tous les moteurs-freins des crics motorisés 14 ont cessé d'être alimentés. La phase suivante, illustrée à la figure 7, consiste d'abord à remplir d'eau les réservoirs du ballast 18 en les immergeant sous gravité et par manoeuvre d'accompagnement des crics motorisés 29, jusqu'à la plus grande profondeur possible, limitée selon le cas par le fond de l'eau ou la longueur des colonnes de liaison 26 pourvues à leur partie supérieure d'une butée de fin de course 26a coopérant mécaniquement avec leur guide 27. Les colonnes 26 étant reverrouillées par rapport à la barge en fin d'immersion du ballast 18 par blocage des crics 29, la phase suivante, illustrée à la figure 8, consiste à mettre préalablement les crics motorisés 14 en position de déverrouillage (par alimentation électrique d'au moins les freins des moteursfreins) et les embrayages 37 et 41 en état d'embrayage, de sorte que tout déplacement de la barge par rapport aux piliers 10 s'effectue avec une horizontalité maintenue de la barge. On commande alors la vidange des réservoirs 19 à 22 du ballast par le groupe de pompes 50, le volume du ballast étant tel qu'il permet la montée et mersion totale hors de l'eau de la barge. On notera qu'en fonction de la profondeur du fond rencontré, et notamment si le ballast 18 n'a pu être de ce fait descendu de toute la longueur des colonnes de liaison 26, on peut alors répéter les phases de manoeuvre illustrées par les figures 7 et 8 jusqu a atteindre la hauteur de la barge au-dessus du niveau de l'eau fixée par l'appontement désiré. Lorsque la hauteur voulue est ainsi atteinte, la barge est reverrouillée en position sur les piliers 10 par blocage des crics motorisés 14 (cet état final étant celui représenté par la figure 8). Comme l'illustre la figure 9, le ballast 18 vidangé est finalement remonté en position d'émersion sous le pont 5, par déblocage et actionnement des crics motorisés 29 de manoeuvre des colonnes 26, avant leur reblocage en position haute qui peut être engendré automatiquement de manière usuelle par un contacteur de fin de course non représenté. Les barges sont également adaptées à leurs extrémités pour pouvoir être accouplées bout à bout en état de liaison articulée transversale (voir figures 10 à 12). A cet effet, chaque barge présente à sa proue deux consoles 56 de support d'axes d'articulation 57, tandis qu'à la poupe elle est pourvue de deux glissières 58 sensiblement verticales, adaptées pour recevoir par le bas les axes 57 d'une barge à accoupler, et surmontées à leur partie supérieure d'un demi-palier 59 de butée de ces axes en une position de même hauteur de pont des deux barges accouplées, telle que l'illustre la figure 11. Chaque demi-palier de butée 59 est fixé sur la barge par l'intermédiaire d'une liaison 60 à blocs élastiques amortisseurs. Il est en outre pourvu en bout de son logement de réception de l'axe 57 correspondant, de deux vérins 61 dont les tiges de piston mobiles 62 sont destinées à coopérer comme verrous avec des logements correspondants 63 ménagés en bout de chaque axe 57 (voir figure 12 > Ainsi, dans le cas d'élaboration d'un appontement ou quai d'accostage à l'aide de plusieurs barges, à partir d'une barge précédemment installée en position opérationnelle émergée comme déjà exposé, telle que celle de droite de la figure 10, la barge à accoupler dont la proue est représentée à gauche sur cette figure est initialement mise en état de mouillage dans la position de butée entre axes 57 et glissières 58 représentée sur cette figure, avant que l'on procède à sa propre mise en position opérationnelle émergée comme déjà exposé, la conduisant à la position illustrée à la figure il. La proue de chaque barge est également équipée d'une plate-forme de jonction entre ponts de barges accouplées, cette plate-forme étant en deux parties 64, 65 articulées sur les demipaliers 59, l'une 64 prolongeant le pont de la barge qui la porte, l'autre 65 étant en porte-à-faux par rapport aux demi-paliers 59 de façon à être engagée par dessous par le haut de la barge venant s'accoupler avec celle pourvue de ladite plate-forme. Afin d'interrompre automatiquement à bonne hauteur la montée de la barge venant s'accoupler avec celle en place, il peut être prévu sur les deux consoles 56 deux contacteurs électriques 66 coopérant par butée avec le demi-palier 59 et placés en série dans un circuit électrique de commande de reverrouillage automatique des crics motorisés 14 mis en service pour cette phase d'accouplement des barges. De même, un contacteur non représenté peut être prévu sur chaque demi-palier 59 d'une barge pour coopérer par butée avec la console 56 de l'autre barge, ce contacteur étant placé en série dans un circuit électrique de commande de verrouillage à relais à automaintien mis en service pour déclencher le verrouillage des axes 57 par les tiges de piston 62 des vérins 61. Lorsque plusieurs barges sont ainsi accouplées bout à bout pour former un appontement ou un quai relié à la terre, il est en outre prévu ici un dispositif de régulation à niveau constant de l'ensemble des barges, à partir de l'une d'elles prise comme barge de référence, et faisant appel sur chaque autre barge à une mise en oeuvre synchronisée des crics motorisés 14 pour en ajuster la hauteur en réponse à un système détecteur d'altitude relative des barges par rapport à la barge de référence. Un tel dispositif est représenté à la figure 13, qui met en oeuvre un système détecteur hydropneumatique comprenant sur chaque barge, vers son milieu, un réservoir de liquide 68 dans lequel est engagée sur une longueur prédéterminée une canne plongeuse 69, les réservoirs 68 de toutes les barges étant mis en intercommunication liquide par une conduite générale 70. Toutes les cannes plongeuses 69 sont individuellement alimentées à partir d'une chambre d'air comprimé 71 à pression constante, au travers de gicleurs 72 et chambres de détente 73 reliées dans cet exemple à cinq cannes plongeuses 69, par un conduit 74 pour celle de la barge de référence, et par des conduits 75 à 78 pour celles de quatre barges accouplées bout à bout à la suite de la barge de référence, dont deux sont seulement ici représentées à l'échelle du dessin. La chambre d'air à pression constante 71 fait partie d'un régulateur de pression comportant une source d'air comprimé 79 alimentant un conduit d'admission 80 débouchant dans cette chambre, laquelle comporte une fuite à l'atmosphère par une canne plongeuse 81 maintenue immergée dans une hauteur donnée H d'un liquide contenu dans un bac 82.Ainsi, la pression régnant dans la chambre d'air 71 est en permanence égale à la pression atmosphérique plus celle de la hauteur de liquide H dès lors que le débit de la source d'air comprimé 79 est réglé de sorte qutil y ait en permanence une fuite visible par bulles à la base de la canne plongeuse 81. Les détecteurs hydropneumatiques des barges à réservoir 68 et canne plongeuse 69 sont tels qu'ils fuient tous à l'atmossphère sous une pression inférieure à la pression constante de la chambre 71, et qui varie en fait en fonction de la hauteur immergée de chaque canne 69 dans le liquide du réservoir 68 correspondant, cette hauteur immergée et pression correspondante étant le reflet de toute variation d'altitude éventuelle d'une barge par rapport à la barge de gauche au dessin, prise comme barge de référence ainsi qu'il a été dit, et dont les crics motorisés 14 sont maintenus en état de verrouillage de la barge sur les piliers 10. Ces variations d'altitude éventuelles et donc de pression d'air sont comparées dans des capsules manométriques 83 à 86 comprenant chacune deux chambres, l'une reliée au conduit 74 alimentant la canne plongeuse 69 de la barge de référence, l'autre reliée à celui des conduits 75 à 78 qui alimente la canne plongeuse 69 de chaque barge asservie. Les deux chambres de chaque capsule sont délimitées par une membrane souple 87 reliée par une tige de commande 88 à la palette mobile d'un inverseur électrique, les quatre inverseurs correspondant aux quatre capsules 83 à 86 étant désignés par les références 89 à 92. Ces inverseurs servent chacun à actionner par leurs contacts de sortie l'un ou l'autre de deux relais inverseurs prévus sur chaque guide 9 pour gouverner la polarité d'alimentain des crics motorisés 14, ctest-à-dire la montée ou descente de la barge considérée par rapport à ses piliers 10. Ainsi, toute variation ou écart d'altitude d'une barge asservie par rapport à la barge de référence se trouvera rapidement compensée par une mise en action des crics motorisés 14 tendant à rétablir l'égalité de hauteur immergée de la canne plongeuse 69 de la barge asservie avec celle de la canne plongeuse de la barge de référence, et ramenant la capsule manométrique correspondante en l'état neutre de non-actionnement des inverseurs correspondants de commande des crics. Un inverseur manuel 93 est prévu pour actionner à volonté les crics 14 de la barge de référence le cas échéant.Conjointement avec cette régulation à niveau constant des barges, on peut en outre prévoir, selon un principe analogue et pour chaque barge, une régulation d'assiette longitudinale et de gîte faisant appel à une mise en oeuvre sélective par pilier des crics motorisés 14, en réponse à une détection d'inclinaison d'assiette longitudinale et de la gîte. Cette régulation est illustrée aux figures 14 à 16 et fait appel sur chaque barge à un système détecteur hydropneumatique comprenant, situés dans la région des quatre angles de celleci, quatre réservoirs de liquide 95 à 98 dans lesquels sont engagées sur une longueur prédéterminée des cannes plongeuses 99, ces réservoirs étant mis en intercommunication liquide par une conduite générale 100. Un réservoir de référence 101 est également disposé sur la barge, où il est de préférence monté de façon autostable, et il reçoit aussi une canne plongeuse 102 engagée d'une longueur prédéterminée dans le liquide du réservoir telle que sa hauteur immergée h soit égale à celle des cannes plongeuses 99 dans les ré servoirs de liquide 95 à 98 lorsque la barge est en position d'horizontalité (cas de la figure 14). Toutes les cannes plongeuses sont individuellement alimentées à partir d'une chambre d'air comprimé 103 à pression constante au travers de gicleurs 104 et chambres de détente 105 reliées aux cinq cannes plongeuses 99 et 102, par un conduit 106 pour la canne 102 et par des conduits 107 à 110 pour les cannes 99. La chambre d'air à pression constante 103 fait partie d'un régulateur de pression comportant une source d'air comprimé 111 alimentant un conduit d'admission 112 débouchant dans cette chambre, laquelle comporte une fuite à l'atmosphère par une canne plongeuse 113 maintenue immergée dans une hauteur donnée H d'un liquide contenu dans un bac 114. Ainsi, comme précédemment, ce régulateur de pression a son débit réglé de sorte qu'il y ait fuite visible de bulles sur la canne plongeuse 113, la pression de la chambre 103 étant alors en permanence égale à la pression atmosphérique plus celle de la hauteur de liquide H. La hauteur h d'immersion des cannes plongeuses 99 dans les réservoirs de liquide 101 et 95 à 98 est inférieure à la hauteur de liquide H déterminant la pression de la chambre 103, de sorte que les cannes 99 fuient toutes à l'atmosphère aussi. Tout écart de la barge hors de sa position dthorizonta- lité se traduit par des variations de hauteur d'immersion des cannes plongeuses 99dans les réservoirs intercommunicants 95 à 98, comme l'illustre la figure 15 dans l'exemple d'une inclinaison d'assiette longitudinale, entre les réservoirs espacés longitudinalement (seuls les réservoirs 95 et 98 étant représentés mais la situation étant bien entendu alors analogue entre les réservoirs 96 et 97). Ces différences de hauteur d'immersion des cannes 99 des réservoirs 95 à 98 se traduisent par des pressions de fuite différentes dans leur circuit respectif, qui sont comparées dans quatre capsules manométriques, seulement représentées au dessin par deux d'entre elles 115 et 116 pour les réservoirs 95 et 98 considérés dans le cas des figures 14 et 15. Ces capsules manométriques comprennent chacune deux chambres, l'une reliée au conduit 106 alimentant la canne plongeuse 102 du réservoir de référence 101, l'autre reliée à celui des conduits 107 à 110 qui alimente la canne plongeuse 99 de chacun des réservoirs 95 à 98. Les deux chambres de chaque capsule sont délimitées par une membrane souple 117 reliée par une tige de commande 118 à la palette mobile d'un inverseur électrique, les deux seuls inverseurs représentés 119, 120 étant ceux correspondant aux capsules 115 et 116. Ces inverseurs servent chacun à actionner, par l'un ou l'autre de leurs deux contacts de sortie, les relais inverseurs précités qui gouvernent la- polarité d'alimentation des crics motorisés 14, ctest-à-dire la montée ou descente de la barge par rapport au pilier considéré, comme illustré par les flèches M et D à la figure 15, à partir d'une variation d'assiette longitudinale de la barge ayant pour effet de placer les détecteurs hydropneumatiques dans l'état indiqué. Bien entendu, une régulation analogue à celle venant d'être exposée en cas de variation d'assiette longitudinale, interviendrait de même en cas de gîte pure prise par la barge, les détecteurs hydropneumatiques réagissent alors différemment selon leur position à babord ou tribord de la barge. Comme il a été dit, cette régulation d'assiette et de gîte est destinée à être mise en oeuvre conjointement avec la régulation à niveau constant des barges et comme elles font appel toutes deux à une mise en oeuvre des crics motorisés 14 de montée et descente par rapport aux piliers 10, elles seront mises en oeuvre alternativement par intermittence, sous la dépendance d'un programmateur non représenté, commun à toutes les barges, pouvant être du type rotatif à cames ou à temporisation électronique par exemple,mettant alternativement sous tension les palettes mobiles des inverseurs des capsules manométriques de l'un ou de l'autre des dispositifs de régulation considérés. On notera à cet égard que le programmateur servira aussi, dans la phase de régulation à niveau constant des barges, à activer simultanément les embrayages 37, 41 de chaque barge rendant solidaires en mouvement tous les crics motorisés 14 de toutes les barges, tandis que dans la phase de régulation d'assiette longitudinale et de gîte il désactivera les embrayages précités pour permettre l'indépendance des mouvements correcteurs pouvant s'effectuer sur chacun des piliers 10 par l'intermédiaire des crics motorisés 14 ainsi rendus indépendants. Ces deux régulations nécessitent donc bien entendu des moyens de raccordement des circuits hydrauliques, pneumatiques et électriques considérés entre barges, et ce n'est qu'après assemblage des barges constitutives d'un appontement ou quai comme on l'a décrit, et après exécution des raccordements de circuit précités entre bargesque lesdites régulations peuvent être mises en oeuvre. Les barges selon l'invention peuvent ainsi être assemblées entre elles pour former un quai d'accostage pour navires comme le montre à titre d'exemple la figure 17, et en utilisant notamment côté terre une barge spéciale désignée par 123 dans son ensemble, montée elle aussi mobile en hauteur sur des piliers 10 destinés à assurer son appui au fond de l'eau, et pourvue de crics motorisés de surélévation au-dessus du niveau de cette dernière, cette barge comportant entre ses caissons longitudinaux une passerelle 124 articulée en 125 sur un caisson transversal d'extrémité et suspendue à l'autre extrémité à un portique 126 à palan de suspension 127 de la passerelle, permettant de l'abaisser en un point du sol auquel elle servira ainsi à raccorder la piste de circulation des barges constitutives du quai représenté.Un autre type de barge à passerelle, tel que la barge spéciale désignée par 128 à la figure 17 peut aussi être prévu pour être disposé en bout du quai et pourvu d'une passerelle articulée plus courte 129 destinée à être raccordée à une rampe de chargement déchargement en bout d'un navire, suivant le système dit t'ROLL ON - ROLL OFF". La figure 18 illustre elle aussi à titre d'exemple un mode d'utilisation de telles barges pour former, outre un quai rectiligne du genre précédent, des quais annexes transversaux ou en épi, ce dernier type de quai étant notamment obtenu en faisant appel à une barge 130 ayant une forme en pointe à l'une de ses extrémités utilisée à cet effet et équipée d'une plate-forme de raccordement comme on le voit en 131. De telles barges peuvent être autopropulsées ou destinées à être remorquées ou poussées, et on peut mettre à profit les excroissances de forme qu'elles présentent ici aux endroits avoisinant les piliers, pour les arrimer entre elles en position imbriquée pour leur transport sur l'eau, ainsi qu'illustré à la figure 19, où la barge centrale de chaque ensemble de trois barges est ici prévue comme barge autopropulsée ayant sa machinerie installée à l'arrière en 132. I1 est à voir que le dispositif de régulation individuel de gite et d'assiette longitudinale est essentiellement employé sur de telles barges pour compenser éventuellement un affaissement ponctuel d'une pile pouvant survenir à la suite, soit d'un ravinement du fond marin dû à des perturbations intempestives créées par l'accostage des bateaux ou par courant sous marin vagabond, mais aussi à la suite d'une surcharge occasionnelle qui pourrait agir sur l'enfoncement d'un pilier en complémentarité des phénomènes précédents. Le dispositif de régulation à niveau constant permet de remédier lui aussi à de tels phénomènes affectant simultanément plusieurs piliers ainsi qu a ajuster en cas de besoin la hauteur de l'appontement ou du quai en fonction des navires utilisateurs, voire de l'état de la mer. On notera aussi qu'un intérêt du ballast mobile est que, lors du transfert d'une barge selon l'invention par mer agitée, l'immersion de ce ballast permet d'améliorer la stabilité du bâtiment. Bien entendu, d'autres variantes peuvent encore être imaginées, tout en restant dans le cadre de l'invention. REVENDICATIONS 1. Barge destinée à former un appontement ou élément de quai d'accostage, en particulier pour l'aménagement de ports artificiels, caractérisée en ce qu'elle comporte des piliers montés mobiles en hauteur de part et d'autre d'une piste longitudinale de circulation qu'elle forme, des moyens de déplacement en hauteur et de verrouillage par rapport à la barge desdits piliers pour assurer leur appui sur le fond de l'eau ou les relever pour le déplacement de la barge par flottaison, au moins un ballast disposé sous la barge et ayant avec elle des moyens de liaison et guidage mobiles en hauteur et verrouillables, disposés de part et d'autre de ladite piste, lesdits moyens de liaison étant soumis à des moyens de déplacement en hauteur du ballast, et le volume de ce dernier et la longueur desdites liaisons étant tels qu'ils permettent, par immersion et vidange du ballast, de faire émerger la barge entièrement au-dessus du niveau de l'eau avec ses piliers disposés en appui sur le fond pour former un appontement ou élément de quai d'accostage. 2. Barge selon la revendication 1, caractérisée en ce qu'elle présente des caissons latéraux de flottaison traversés par lesdits piliers et entre lesquels est disposé ledit ballast, ces caissons étant d'un volume tel qu'ils peuvent supporter les piliers en position de moindre tirant d'eau qu'eux et le ballast vide en position d'émersion entre eux. 3. Barge selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que les moyens de déplacement en hauteur des piliers par rapport à la barge sont des moyens motorisés à commande d'ensemble asservie à un système détecteur d'altitude relative entre barges constitutives d'un même (pai ou appontement. 4. Barge selon la revendication 3, caractérisée en ce que lesdits moyens motorisés de déplacement en hauteur sont propres à chaque pilier et ont également leur commande asservie sur chaque barge à un système détecteur de gîte et d'horizontalité d'assiette longitudinale de la barge, cet asservissement étant mis en jeu par intermittence avec celui dépendant dudit système détecteur d'altitude relative entre barges. 5. Barge selon les revendications 3 et 4, caractérisée en ce que lesdits moyens motorisés de déplacement en hauteur sont synchronisés sur une même barge par accouplement pour la phase de régulation d'altitude des barges et par intermittence désaccouplés pour la phase de régulation de gîte et d'assiette longitudinale. 6. Barge selon la revendication 3 ou 5, caractérisée en ce que le système détecteur d'altitude relative est hydropneumatique, à cannes plongeuses alimentées en air comprimé et immergées à refoulement dans des réservoirs de liquide intercommunicants au nombre d'un par barge, dont l'une constitue barge de référence, et qu'une capsule manométrique est prévue sur chaque barge et pourvue d'un organe mobile sensible à la pression de refoulement d'air dans le détecteur de cette barge opposée à celle du détecteur de la barge de référence, l'organe mobile de cette capsule étant lié à un organe de commande à la montée ou à la descente desdits moyens de déplacement en hauteur de labarge correspondante. 7. Barge selon la revendication 4 ou 5, caractérisée en ce que le système détecteur de gîte et d'horizontalité d'assiette longitudinale est hydropneumatique, à cannes plongeuses alimentées en air comprimé et immergées à refoulement dans des réservoirs de liquide intercommunicants espacés longitudinalement et transversalement sur la barge, cette dernière comportant en outre un réservoir de référence à canne plongeuse, et une capsule manométrique étant prévue pour chacun des réservoirs intercommunicants précités et pourvue d'un organe sensible à la pression de refoulement dans ce réservoir opposée à celle du réservoir de référence, l'organe mobile de cette capsule étant lié à un organe de commande à la montée ou à la descente desdits moyens de déplacement en hauteur propres au pilier de la barge avoisinant 11 ensemble réservoircanne plongeuse correspondant. 8. Barge selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce qu' elle comporte à la proue et à la poupe des moyens d'accouplement bout à bout avec une autre barge. 9. Barge selon la revendication 8, caractérisée en ce que lesdits moyens d'accouplement comprennent d'une part, deux axes d'articulation horizontaux espacés transversalement, et d'autre part deux demi-paliers ouverts vers le bas auxquels sont as sociés des glissieres inférieures de guidage des axes d'articulation correspondants de la barge à accoupler, destinés à être engagés dans ces glissières avant surélévation de cette dernière et accouplement, les demi-paliers comportant des moyens de verrouillage desdits axes d'articulation en position d'accouplement.