La présente invention concerne un nouveau sel de L (+) ornithine et ses applications en thérapeutique. Ainsi, la présente invention a pour objet le phosphate de L (+) ornithine, dibasique, répondant à la formule Il se présente sous forme d'une poudre microcristalline blanche, légèrement hygroscopique très soluble dans l'eau (plus de 40 /o, à 200C) en donnant une solution liquide pratiquement neutre (pH=7,3 à 7,8). 210 Son pouvoir rotatoire [&alpha;]D21 est de + 7 ,4 en solu D tion aqueuse (C = 10 % - à pH 7,6). Il peut être préparé par réaction en solution aqueuse de l'acide phosphorique sur la L (+) ornithine. L'exemple suivant illustre la préparation de ce sel. Une solution aqueuse de L (+) ornithine base (fratchement préparée à partir d'un sel courant tel que le chlorhydrate par passage sur une résine échangeuse dotions) et contenant 53,5g d'ornithine dans 100 ml, est ajoutée en refroidissant à une solution aqueuse d'acide phosphorique. La proportion utilisée est de 200 ml de solution aqueuse d'ornithine pour 40,4g d'acide P04H3 à 99 %, dans 100 ml d'eau. Le pH de la solution obtenue est de 7,8. Il est ramené à 7,3 par une addition supplémentaire d'acide phosphorique. L'addition à cette solution aqueuse, d'un grand volume de solvant tel que l'éthanol, ou le méthanol (1000 ml de méthanol pour les quantités indiquées cidessus), provoque une cristallisation lente d'un solide blanc. Celu-ci est essoré, séché sous vide, puis broyé et agité avec une nouvelle quantité d'éthanol ou de méthanol, de préférence en chauffant légèrement (vers 40 C). Le produit cristallin est essoré et séché sous vide. Rendement : 96 %. Analyse Dosage protométrique de ltornithine base théorie : 73 % trouvé : 70 % Eau de solvation : ou 95 % Identification chromatographique de l'ornithine: sur couche mince de gel de silice (SiHF254) en utilisant comme éluant un mélange d'acétone (25 vol.), acide acétique (5 vol.) et eau (10 vol.): on observe une seule tache dont le Rf d'environ 0,43 correspond à celui de l'ornithine base témoin. Le phosphate de L (+) ornithine, dibasique, stimule la régénération tissulaire et peut être utilisé en thérapeutique, notamment pour accélérer les cicatrisations. Il stimule par ailleurs la libération de l'hormone de croissance ou hormone somatotrope. On donnera ci-après des résultats d'essais pharmacologiques et toxicologiques. a) Régénération hépatique chez le rat 22 rats femelles Sprague-Dawley (Charles Rivers) pesant 165g ont été répartis après hépatectomie partielle en deux groupes de ll rats par tirage au sort, l'un recevant deux gavages quotidiens de 1 g/kg de phosphate L (+) ornithine dibasique dans 1 ml d'eau, soit 2 g/kg par 24 heures. Les rats témoins ont reçu de la même façon deux gavages d'l ml d'eau par 24 heures. Les résultats sont donnés par le tableau suivant. TABLEAU I traités témoins Signifi- cation % Régénération 77,2 + 1,1 72,1 + 1,6 Poids du foie régénéré sec % 10,5 + 0,2 9,6 -+ 0,2 P (0,02 Poids de l'ani mal au sacrifice Il apparalt que le phosphate de L (+) ornithine dibasique stimule la régénération hépatique chez le rat. Comme il s'agit de foie sec, il s'agit dTune régénération tissulaire effective. b) Cicatrisation de l'excision cutanée chez le rat 20 rats femelles de souche Sprague-Dawley pesant environ 150g ont subi après anesthésie à l'éther une excision cutanée circulaire de 2 cm de diamètre, soit 3,14 cm2 de surface sur la peau préalablement marquée. L'excision était faite aux ciseaux et portait sur le plan cutané et sous-cutané jusqu'à lrapo névrose. Les rattes étaient alors tirées au sort et réparties en deux groupes de 10 animaux recevant par gavage quotidien 2 g/kg de phosphate de L(+)ornithine, dibasique, dans 1 ml d'eau. Les animaux témoins recevaient de la même façon un gavage quotidien de 1 ml d'eau. Le premier gavage était réalisé immédiatement après l'intervention. La surface excisée était photographiée à distance constante au travers d'un cache rectangulaire de dimension fixe deux fois par semaine. Le négatif était projeté avec un agrandisseur sur une feuille de papier dont le pourtour coïncidait avec le pourtour du cache agrandi. Les contours de l'excision étaient dessinés sur la feuille qui était ensuite découpée. La-surface était estimée par pesée du fragment découpé. Les résultats ont montré que la surface de ltex- cision était beaucoup plus faible dès le lendemain de l'excision chez les animaux traités (4,2 cm2 - 0,1) que chez les animaux témoins (4,7 cm2 + 0,2-). Le test de Man et Whitney donnait une différence significative ( P Cette différence initiale est liée à une moindre béance de la cicatrice chez les animaux traités (ltex- cision ne porte que sur 3,14 cm2, mais il existe un agrandissement immédiat par rétraction tissulaire). Au quatorzième jour, 10 rattes sur 10 ayant reçu le phosphate de L (+) ornithine, dibasique, avaient complètement cicatrisé contre 6 sur 10 dans le groupe des témoins. Cette différence est significative (p = 0,43, test de probabilité exacte de Fi sher). I1 apparat donc que le phosphate de L (+) ornithine, dibasique, réduit la béance des excisions cutanées et accélère la cicatrisation d'une perte de substance cutanée chez le rat. c) Détoxication ammoniacale Les effets connus de ltornithine sur la détoxication ammoniacale ont été retrouvés. Le phosphate de L (+) ornithine, dibasique, comme le montre le tableau II suivant, exerce une action protectrice contre la toxicité du chlorure d'ammonium chez le rat. TABLEAU II DL50 Augmentation mg/kg C1NH4 + phosphate de L(+)ornithine di basique 950 + 72,7 % (0,5 moles pour 1 mole de C1NH4) d) Tolérance locale 5 cobayes de 30g en moyenne ont reçu une injection quotidienne de 1 ml intra-musculaire dans la cuisse droite et 1 ml sous-cutané dans la région inter-scapulaire d'une solution à 26 g/litre de phosphate de L (+) ornithine, dibasique, stérilisé par filtration sur ultra-filtre millipore, pendant dix jours. L'examen anatomique et histologique des zones d'injection n'a montré aucune altération. e) Toxicité aiguë La DL50 par voie intrapéritonéale et par voie orale chez le rat est supérieure à 3 g/kg. La toxicité intraveineuse a été étudiée chez 6 cobayes de 300g par perfusion d'une solution hypertonique à 50 g/1 pendant 20 minutes au débit de 1 ml/ kg/mn. Une dose totale de 1 g/kg a été ainsi injectée sans mortalité et sans que soient observées de modifications électro-cardiographiques. f) Toxicité chronique L'étude de l'effet d'une administration réitérée du produit a été faite chez 10 rats pesant 100g environ, recevant par gavage par sonde gastrique 1 g/kg de phosphate de L(+) ornithine, dibasique, tous les jours dans 1 ml d'eau. Les 10 rats témoins recevaient dans les mêmes conditions un gavage d'l ml d'eau. L'administration a été faite pendant deux semaines. Le gain de poids a été identique dans les deux groupes 103,2 + 3,4 chez les témoins; 102,6 + 4,1 chez les traités. Avant sacrifice, la glycémie, la phosphorémie et la calcémie ont été dosées, pour juger de 17é- ventuel effet diabétogène d'une stimulation somatotrope et des effets sur le métabolisme phospho-calcique. La glycémie a été retrouvée chez les témoins à 1,37 + 0,4 g/l et chez les traités à 1,32 + 0,03 g/l. Cette différence n'est pas significative. La calcémie a été de 81,2 + 1,04 mg/l chez les témoins et de 83,5 + 1,5 mg/l chez les traités. Cette différence n'est pas significative. La phosphorémie, par contre, a été trouvée à 107,1 f 1,21 mg/l chez les témoins et à 117,8 t 2,7 mg/l chez les animaux traités. Cette augmentation de 10,7 , est significative avec une probabilité infe- rieure à 0,01 pour qu'elle soit due au hasard. L'étude histologique nta montré aucune altération, en particulier aucune atteinte rénale. ESSAIS CLINIQUES Une étude clinique portant sur la cicatrisation a été réalisée sur deux séries de 14 patientes ayant subi des interventions de chirurgie plastique, dont certaines se présentaient avec un état de denutrition relative lié à une cure préalable d'amaigrissement. Les malades recevaient une dose de 5 g de phosphate de L (+) ornithine, dibasique, dans 50 ml d'eau sucrée,trois fois par jour, ou l'eau sucrée pour les témoins, pendant sept jours suivant l'intervention. L'intervention était réalisée par le même chirurgien avec même désinfection de la peau, même hémostase au bistouri électrique, mêmes fils de suture et même pansement, drainage systématique par drain de Redon ou par lame de caoutchouc. Les interventions étaient, soit des corrections d'hypertrophie mammaire, soit des lipectomies. Les complications étaient, soit des névroses glandulaires, des déhiscences de la cicatrice, des suppurations. Les résultats ont été les suivants. TABLEAU III Traités Témoins Nombre de malades 14 14 Nombre de malades ayant fait une cure 7 9 d'amaigrissement Lipectomies 6 7 Hypertrophies 8 7 mammaires Complications 1 cutanées Durée moyenne 12 + 1,2 18 t 3,1 d'hospitalisation jours jours La différence d'incidence de complications cutanées est significative avec une probabilité de 0,015 pour que cet effet soit dQ au hasard. La différence des durées moyennes dthospitali- sation a une probabilité de 0,08 d'être due au hasard. L'invention a donc également pour objet une composition thérapeutique ayant notamment un effet de stimulation sur la régénération tissulaire, caractérisée en ce qu'elle contient à titre de principe actif du phosphate de L (+) ornithine, dibasique. Cette composition peut être administrée à l'hom- me notamment par voie orale sous forme de comprimés, gélules, de poudre en sachet à dissoudre, ou en solution sous forme d'ampoules buvables. Elle peut être également administrée à l'homme par voie intramusculaire, sous -cutanée ou intraveineuse en solution de préférence isotonique. La dose journalière peut être de 100 mg à 30 g. REVENDICATIONS 1. Phosphate de L (+) ornithine, dibasique, de formule 2. Composition thérapeutique ayant notamment un effet de stimulation sur la régénération tissulaire, caractérisée en ce qu'elle contient à titre de principe actif du phosphate de L (+) ornithine, dibasique. 3. Composition selon la revendication 2 sous une forme convenant pour- l'administration par voie orale. 4. Composition selon la revendication 2 sous forme de solution isotonique.