L'instruction des corps de troupe avec les armes et systèmes d'arme modernes devient de plus en plus coûteuse. On sait que, pour diminuer les dépenses, une grande partie de l'instruction s'effectue généralement sans tir à l'aide de simulateurs ou encore avec des appareils tirant des munitions très simplifiées et d'un calibre d'un ordre infé- rieur à celui de l'arme opérationnelle. Cependant, une instruction suffisamment complète et représentative suppose que chaque homme à instruire tire un certain nombre de coups avec une munition dSinstruction de même calibre que la munition opérationnelle et présentant au chargement, au départ et sur la trajectoire, les mêmes caractéristiques que la munition opérationnelle à tête active. La munition à tête active, elle-même, peut exceptionnellement constituer la munition d'instruction, mais un tel emploi entraide évidemment, en temps de paix, de graves contraintes de champ de tir et de sécurité. La munitio n d'instruction est donc très généralement constituée par une munition à tête inerte de même masse et de même géométrie extérieure que la tête active. Les autres sous-ensembles et caractéristiques de cette munition d'instruction sont, par ailleurs, identiques à ceux de la munition à tête active. Dans le cas de munitions dont la tête est assemblée au corps de la munition par les utilisateurs eux-memes, la substitution de têtes inertes aux têtes actives en vue de l'instruction ne pose aucun problème particulier. Une telle façon de faire a, par ailleurs, l'avantage de renouveler les stocks de guerre de la partie vecteur de ces munitions alors que leurs têtes actives sont encore capables d'être stockées de façon prolongée. Malheureusement, les munitions modernes constituent le plus souvent des ensembles dont les différentes parties sont intégrées les unes aux autres. La substitution d'une tête inerte à une tête active, exige alors une opération de reconstruction en usine : opération coûteuse, susceptible, de plus, d'affecter la fiabilité de la munition ainsi reconstruite. Les services d'équipement des armées sont alors conduits à commander deux modèles de munitions : des engins à tête active pour le stock de guerre, des engins à tête inerte pour l'instruction. Le renouvellement des vecteurs des munitions du stock de guerre n'est plus assuré par la consommation correspondant aux besoins de l'instruction. Ceci est particulièrement regrettable dans le cas des munitions autopropulsées, pour lesquelles - la part du vecteur dans le court de la munition est particulièrement importante; - ctest généralement le comportement du vecteur au stockage qui limite la durée de vie de la munition. La présente invention propose un procédé pour neutraliser la tête active des munitions du stock de guerre sans nécessiter pour cela des opérations de reconstruction en usine. A cet effet, on observe que les munitions actives modernes comportent obligatoirement une interruption de chaise pyrotechnique. On sait qu'avant armement de la fusée, l'interruption de chaine en position de sécurité sépare l'explo- sif primaire de amorce de ltexplosif secondaire constituant relais et charge principale de la tête active. On rappelle qu'unie tête active dont l'amorce aurait été détruite en posi tion de sécurité, n'est pas capable de détoner sous le seul effet de ltimpact ou des chocs, vibrations et autres épreuves d'environnement qui accompagnent ordinairement les opérations de manutention et transport sur les champs de tir à fin de destruction. C'est pourquoi, selon la présente invention, on propose de constituer des munitions d'instruction, notamment autopropulsées, par destruction cer taine de amorce des munitions à tête active destinées à l'instruction, cette opération de destruction sreffectuant sans nécessiter le démontage du projectile ni sa dépose hors de son conteneur tactique. A cet effet et selonllinvention, on propose de détruire l'amorce des dites munitions actives par l'effet d'un rayonnement laser dirigé sur l'amorce à travers la structure de la fusée et de la munition, voire à travers la structure de son conteneur. Selon l'invention, les caractéristiques du rayonnement laser utilise, longueur d'onde, puissance de crête, énergie, diamètre du faisceau... sont, bien entendu, adaptées aux caractéristiques de chaque type de munition à neu traliser en fonction des résultats d'expérimentations préalables spécifiques de chacun de ces types de munition. On observe que la trace du faisceau dans les structures intéressées présente, par nature, un très petit diamètre, de telle sorte que la résistance de la structure ntest pas altérée. De plus, dans le cas où le conteneur de la munition joue le rôle dtun tube de lancement'soumis à effet des gaz d'un propulseur, on peut, si nécessaire et selon l'invention, assurer ltétanchéité aux gaz de ce conteneur au niveau de la trace laser2 par une opération extérieure très simple de colmatage par résine polymérisable ou par renfort mécanique.ou par tout autre moyen équivalent. Selon ltinvention, la destruction de amorce est acquise avec certitude par llo bservation et l'enregistrement du bruit de la détonation de l'amorce ou par cliché radiographique. Cette opération de destruction peut et doit, selon l'invention, être effectuée en respectant les normes de sécurité propres aux opérations susceptibles de provoquer la détonation accidentelle d'une tête active. Ainsi, la réalisation de l'opération dé destruction de l'amorce en télécommande sur une aire de sécurité, à l'abri de murs, cloisons et protections réglementaires, doit assurer la sécurité du personnel même en cas de défaillance de la fusée entraidant une non-interruption de la channe pyrotechnique lors de sa neutralisation. On voit que la destruction certaine des amorces équipant les engins à tête active destinés à ltinstruction peut être réalisée par la mise en oeuvre du procédé Laser selon l'invention - avec les munitions de différents types déjà en service2 notamment munitions antichars autopropulsées; - loin des usines de construction de ces munitions, par exemple dans les parcs à munitions, à condition dly disposer d'un local conforme aux normes de sécurité, d'un Laser et d'un dispositif de télécommande et dtenregistrement. Les divers caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront de l'exemple de réalisation décrit ci-après, en référence à la figure unique du dessin qui en représente en plan un mode d'exécution non limitatif. I1 est bien précisé qutil sragit uniquement d'exemple et que tous autres modes de réalisation, formes, proportions, dispositions, etc.. . peuvent être également utilisés sans sortir du cadre de ltinvention. On utilise un local 1 satisfaisant aux normes de sécurité vis-à-vis des nuisances afférentes à une explosion accidentelle dune tête active, notamment en ce qui concerne l'utilisateur, et l'éloignement de tout autre bâtiment 2 par rapport au local I. A l'intérieur du local I, on dispose, selon exemple de l'invention, dune chambre de neutralisation 3 et d'une chambre de commande 4. La disposition des murs et cloisons de la chambre 3 et de la chambre 4 est telle que les normes de sécurité sont respectées en ce qui concerne le personnel effectuant la neutralisation aussi bien que les tiers environnants tels que les occupants du b timent 2, par exemple - chambre 3 avec murs très solides et toiture très légère et accès par la chicane 5; - chambre 4 avec toutes parois très solides et accès unique par l'extérieur; - espace important entre chambre 3 et chambre 4; - espace important entre le local 1 et le bâtiment 2. La munition à neutraliser 6 est placée dans la chambre 3, la partie avant préférentiellement vers le bas, sur un bâti de maintien et de positionnement 7 adapté au type de la munition à neutraliser. Un Laser 8 est placé devant le bati 7. Ses caractéristiques sont adaptées aux configurations des structures et aux caractéristiques de amorce de la munition à tete active du type à neutraliser. Pour ajuster, ou recalibrer en position et en puissance le rayonnement Laser destiné à neutraliser amorce, on dispose d'une cible 9 que l'on peut placer, selon exemple de l'invention, sur le bâti 7 en lieu et place de la munition 6 à neutraliser. Des écrans de protection 10 peuvent etre interposés entre la munition 6 et le Laser 8, en vue de minimiser les conséquences matérielles d'un accident éventuel. Dans la chambre 4, un pupitre de commande et d'enregistrement 11 permet de mettre en oeuvre le Laser 8 auquel il est relié ainsi que le capteur sonore 12 par le réseau de conducteurs 13. Un système de sécurité 14 interdit le fonctionnement du Laser 8 et met en oeuvre un voyant 15 sur le pupitre 11 siun ou plusieurs des capteurs d'interdiction 22, 22', placés dans la chambre 3 ou dans ses environs, détectaient une présence anormale ou la non-fermeture des portes 16 et 17. Une ou plusieurs lampes de sécurité 18 sont allumées à l'extérieur du local 1 avant et pendant l'opération de neutralisation. Un circuit de telévision:caméra 19, cible 20 et récepteur 21, complète préférentiellement, au plan de la sécurité, cet exemple de réalisation de l'in vention. REVENDICATIONS 1) Procédé de neutralisation des munitions à têtes actives notamment en vue de leur emploi à lrinstruction au tir, caractérisé en ce que la neutralisation de chaque munition est obtenue par destruction de ltexplosif primaire de l'amorce de la tete active sans nécessiter le démontage du projectile à tête active ni sa dépose hors du conteneur tactique de ladite munition, ladite neutralisation étant effectuée sur une munition dont la fusée est en position sécurité, ctest-à-dire avec séparation de ltexplosif primaire de l'amorce et l'ex- plosif secondaire de la charge par une interruption de chaise pyrotechnique, et la destruction de 1' amorce étant obtenue par ltémission d'un rayonnement Laser au travers des structures de la fusée, du projectile et, éventuellement, du conteneur tactique de la munition à tete active. 2) Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que les caractéristiques du rayonnement Laser, notamment longueur d'onde, puissance de crete, énergie, diamètre du faisceau, sont adaptées en fonction des résultats d'une expérimentation préalable aux caractéristiques de amorce et à la configuration des structures entourant cette amorce. 3) Procédé selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisé en ce que lsaltération apportée par le rayon Laser à l'étanchéité des conteneurs vis-àvis des environnements extérieurs et éventuellement aussi vis-à-vis des gaz d'un système de lancement, est minimisée soit par un colmatage notamment à l'aide d'une résine, soit par un renfort mécanique extérieur, soit encore par tout autre moyen équivalent. 41 Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'un système d'observation et d'enregistrement sonore et/ou radiographique, assure l'utilisateur de la destruction certaine de l'amorce 5) Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'opération de destruction est effectuée à distance à l'aide d'une installation satisfaisant à toutes les normes de sécurité. 6) Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le calibrage du rayonnement Laser en position et en puissance est effectué sur cible ad-hoc déposée en lieu et place de la munition à neutraliser sur le bâti de maintien et positionnement destiné à la neutralisation de ladite munition. 7) Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que I'organisation de la cible est spécifique du type de munition à neutraliser.