La présente invention a trait å une composition destinée å lutter contre le "Botrytis cinerea" et å un procédé pour la fabrication de cette composition. On sait que de nombreux végétaux, et notamment la vigne, sont exposés aux attaques de la moisissure grise ou Botrytis cinerea, particulièrement au cours de la maturation, et plus sp.cialement lors des années pluvieuses et chaudes, et peuvent en éprouver des dommages énormes. Les conditions de ddveloppement de la moisissure grise sont fortement favorisées par certaines caractéristiques génétiques du cépage, par une fumure azotée abondante qui provoque une exubSrance de la végétation, et par la pré, sence de grappes compactes, 9 haute concentration en sucre avec une peau mince. De grands efforts ont été consacrés, encore au cours de ces dernières annexes, à la lutte contre oe fléau, en faisant appel a diverses préparations auti-botrytiques, sans apporter de résultats satisfaisants. La seule défense connue jusqu'à prisent consiste 9 intervenir, tant au moment de la vendange que pendant la vinification, afin de limiter les consequences de la moisissure ou pourriture gris. Il est donc évident que la solution la plus souhaitable serait de réaliser un moyen de lutte préventive contre la dévastation des vignes et du raisin par l'faction de Botrytis cinerea. Ainsi qu'on vient de le rappeler, on a tenté de recourir, soit à des produits antifongiques de surface ("Folpet", dichlofluanide, captan, phaltan, etc..), soit a des produits dits "systémiques", sans obtenir de résultats concluants, en particulier, les produits systémiques se sont montrés dlautant moins efficaces que les conditions ambiantes étaient plus propices au dévelop- pement de ltinfection. On sait que Botrytis cinerea, sous sa forme la plus virulente, envahit principalement les grappes, en désasrégsant leurs tissus et en provoquant leur pourriture. Lorsque les raisins sont ainsi infectés, une large part de la récolte est perdue pour la production, et les vins obtenus sont treks inférieurs, étant notamment exposés au risque de zaddrisation et å des altérations microbiennes (casse, vins tournés , etc...). Du point de vue botanique, Botrytis cinerea est un champignon ou hyphoamy- cète constitué de filaments (hyphes) dont le réseau forme le mycélium, lequel constitue la forme végétative du champignon. La reproduction agamique s'effectue au moyen de conidies (spores) portés par des hyphes dénommées conidiophores. les cellules et les tissus de cas hyphes contiennent en abondance des enzymes extremement actifs, parmi lesquels on trouve principalement les polyphénol-oxy- dases, communément désignées sous le simple non d'oxydases. Ces enzymes possèdent une forte activité odante et constituant l'élement physiologique responsable de ltactivitd destructrice exercée par la moisissure grise. Celle-ci élabore en outre d'autres substances qui accompagnent et déterminent son développement, notassent des substances antibiotiques telles que la botrycin, qui tout en ayant tendance a freiner ou a inhiber- l'activité blastomycètyque, stimulent par contre celles des acetobacters. Ceci explique la rapidité et l'ampleur de l'acétffication qui se produit sur les grappes pourrissantes. On a maintenant trové, et ceci constitue ltobjet principal de la présente invention, une composition pour combattre Botrytis einersa, en particulier dans la phase initiale de l'infection, composition caractérisée en ce qu'elle com- prend, en combinaison, une argile bentonitique et un agent réducteur lié b la bentonite, préférablement un dérive du soufre capable de former S0z. La bentonite intervient en fait par ses propriétés particulières d'adscrp- tion et son aptitude, lorsqu'elle enrobe la grappe de raisins, b dépouiller les hyphes du champignon de leur charge enzymatique, de leurs vitamines et de leurs antibiotiques, de telle sotte que ces hyphes se trouvent dévitalisés ou tout au moins anemiés. En outre, le contact s'effectue avec un substrat extrêmement subdivisé et humide. L'agent réducteur est capable de dégager de l'anhydride sulfureux, ce qui explique son fort pouvoir feducteur à l'égard des oxydases et de toutes les autres substances sécrétées par le mycélium ou présentes dans ses tissus; en meme temps, l'anhydride sulfureux a aussi une action bactéricide et est capable de désorganiser les mycéliums fongiques avec lesquels il entre en contact. Toutefois, le simple mélange d'une bentonite avec un composé capable de dégager de l'anhydride sulfureux, tel qu'un nétabisulfite, s'est révélé inapte a réaliser l'objectif visé, car dans ce cas les deux composants agissent indé- pendamment, procurant des résultats intéressants, mais non satisfaisants, dans le seul cas du traitement b sec. En particulier, dans le cas d'un simple mélange, le sulfite de décompose rapidement sur 1. substrat à pH acide et s'oxyde, ou bien se transforme en sulfate au contact de l'air libre. En second lieu, le simple mélange ne répond pas au but recherché, qui est d'obtenir un dégagement progressif de l'anhydride sulfureux, dosse temporellement en fonction de ltetat et du degré d'évolution de la moisissure grise. Enfin, le simple mélange ne forme pas de gel aqueux: autrement dit, lorsqu'on désire pratiquer le traitement par voie humide, il ne peut foritor un "lait" ou gel homogène et stable, mais on constate une rapide décantation de lai bentonite, comme si elle était un produit amorphe, laissant au dessus une aqueuse limpide et sulfite. A cet égard, il ne faut pas non plus négliger le fait que la valeur idéale du pH pour l'emploi de la composition selon la présente invention (a une concent tration d'environ 5 % dans l'eau) doit se situer, d'après les indications expérimentales, entre 6 et 6,5 sinon la réaction devient légèrement acide. Un produit ayant un PH voisin de la neutralité ou, moins bien encore, un pH alcalin ne serait que médiocrement ou pas du tout en mesure, venant en contact avec les grappes plus ou moins attaquees par la moisissure, de dégager de l'acide sulfureux, compte tenu des conditions du substrat, qui est rarement assez acide, tout au moins au cours des premières phases de l'infection par le Botrytis. Par contre, un pH trop bas provoquerait des pertes spontanées et non négligeables de SO2, en particulier lors de la préparation des compositions selon l'invention et lors de leur utilisation, et risquerait en outre de provoquer des lésions ou des brûlures sur les parties les plus tendres de la plante traitée. C'est ainsi qu'il a été trouvé qu'il fallait, lors de la préparation des compositions selon l'invention, prendre certaines précautions essentielles pour bien atteindre les buts recherchés. En premier lieu est apparue la nécessité d'utiliser une bentonite appropriée, par sa pureté et par son activité d'échange, et celle de pratiquer l'introduction du composé sulfureux par voie humide (on utilisera de préférence une bentonite du type montmorillonite, en raison de sa forts aptitude 9 former un gel), la bentonite étant sous forte de gel, et en prenant soin de contrôler la charge cationique (Na, K, Ca, etc...) nécessaire pour permettre la formation entre les lamelles solvatées de la bentonite, de sulfites plus ou moins facilesent ioniaables. On détermine ainsi des liaisons physico-chimiques particulières et complexes entre les deux composants du mélange, gracie auxquelles le produit fini acquiert des caractéristiques bien définies et un comportement particulier. La masse obtenue, se trouvant encore a l'état hydraté, est ensuite séchée b température modérée sous vide partiel, afin d'éviter des déperditions de qui pourraient être appréciables. La matière desséchée est enfin pulvérisée et micronisée, puis on la conserve a l'abri de l'humidité. On choisira de préférence une bentonite sodique, a forte activité. On contrblera la charge cationique libre de cette bentonite, en particulier en présence de Na, Ca, K. Eventuellement, on pratiquera uns addition calculée de certains cations, tels que des sels ionisables. Cette charge doit assurer une formation de sulfites de l'ordre de 6 å 7 % exprimés en SO2. On procède tout d'abord a la formation du gal bentonitique, dans de l'eau décationisée puis, dans un récipient fermé construit en matériau inattaquable, on fait barboter l'anhydride sulfureux dans le gel bentonitique maintenu en agitation, å une température de 22 - 25 C. Au contact de l'eau du gel, le S02 se transforme en acide sulfureux lequel, réagissant 9 son tour avec les cations libres présents entre les lamelles solvates de la bentonite (en particulier Na , Ca , K ) donne lieu å la formation des sulfites correspondants, intimement liés aux particules de montmorillonite, sans qu'on connaisse toutefois la nature précise de ces liaisons On procède ensuite à la dessication du matériau sulfo-bentonitique, à une température ne dépassant pas 40 OC et sous vide partiel.Cette opération peut se faire dans des caissons fb(Ds, sous vide, munis de nombreux bassinets en acier inoxydable superposée, dans lesquels on dépose le lait sulfo-bentonitique, en couches plutôt minces. On obtient ainsi rapidement une complète dessication du gel. On Procède enfin au broyage "micronisé", et le produit est ensuite conservé sous emballages impérmeables dans un endroit frais, pour éviter les déperditions de SO2. La composition selon la présente invention se présente donc soue la forae d'un matériau pulvérulent, constitué de bentonit à laquelle l'anhydride sulfureux se trouve lié par des liaisons physico-chimiques l'état de sulfite; cette composition peut être appliquée å sec, par pulvérisation, ou bien sous la forms de suspension aqueuse stable, dans laquelle la bentonite est sous la forme d'un gel. Des expériences pratiques ont démontré que les compositions selon la présente invention sont en assure, une fois réparties a la surface des raisins dans des conditions adéquates, de régulariser par voie physico-chimique et grce å leur capacité d'echange ainsi qu'a leur êtat gélifié et b des variations du pH, l'émission de S02 en quantité importante (environ 6,5 å r %).En outre, ces compositions conservent intégralement leur activité adsorbante assurant la fixation des enzymes et autres substances précédemment mentionnées, qui accca- paginent le développement de la moisissure grise, provoquant ainsi l'asphyxis progressive de cette moisissure, puis sa aessication, permettant des lors aux raisins de murir normalement. En Ce qui concerne l'application des compositions selon la présente invention, il y a lieu d'observer ce qui suit : Dans le cas du traitement humide, on dissout la composition dans de l'eau, b la teneur de 5 å 7 %, en formant un lait qui sera répandu sur les plantes au moyen d'un atomiseur. Ceci a non seulement pour effet de réduire les deperdi- tions de produit actif, qui pourraient atteindre une certaine importance en pdriode de sent, mais aussi de procurer une action plus rapide contre le Botrytis, compte tenu du fait que la composition est sous la forme d'une suspension aqueuse au contact de la moisissure alors que cette dernière ne se trouve pas toujours sous l'état de pourriture humide. Dans le cas du traitement a sec, on pulvérise la composition en poudre sur les plantes, au moyen d'appareils de type courent. les résultats du traitement a sec sont sensiblement améliorés lorsque l'application est réalisée t la suite d'une pluie, Bêle léger, ou encore pendant une matinée humide ou nuageuse, lorsque les grappes et les parties aériennes de la vigne se trouvent dans des conditions de forte humidité. . Dans ces conditions, la composition pulvérulente se gélifie in-situ. Le traitement à sec présente dans ce cas ltavantage d'une pénétration plus uniforme et plus profonde du produit actif entre les grains des grappes. I1 y a lieu de noter encore le fait suivant : la dessication naturelle du gel, déposé ou formé sur les grappes et sur les autres organes de la plante, forme une pellicule active très adhérente qui ne peut presque pas être éliminée sous l'action du vent ou de fortes pluies. Le mécanisme de l'action des compositions selon la présente invention parait en outre dépendre du degré d'humidité du substrat: l'effet antifongique est en fait d'autant plus rapide et d'autant vieux assuré que le substrat est plus humide et plus acide, ces conditions étant précisément celles qui accoapagnent en général le développement de Botrytis cinerea. Par conséquent l'humidité atmosphérique (en particulier des rosées abondantes, des brouillards matinaux, un temps couvert) et la plue, qui d'une part favorisent l'infection botrytique, créent d'autre part les conditions les plus favorables pour une action optimale des compositions selon l1invention. I1 apparaît clairement de ce qui précède, que les modalitJs d'application des compositions selon la présente invention, et en particulier le choix du traitement b sec ou par voie humide, seront détermines en tenant compte des conditions atmosphériques. Les traitements humides ou à sec peuvent autre renouvelés plusieurs fois au cours de la maturation du raisin, sans aucun inconvénient, selon le type de vigne, le système de culture, les conditions météorologique et surtout selon le degré d1infection botrytique. A cet égard, il est å noter que l'infection ne se constate pas seulement lors de la phase finale de la maturation du raisin, Min que le champignon stinstalle sur les jeunes pousses tendres et sur les jeunes grappes, avant de devenir apparent.Par conséquent, le traitement au moyen des compositions anti-betrytiques selon l'invention devrait de préférence être entrepris en temps opportun, de préférence pas plus tard que les premiers jours du juin, dans l'hémisphère Nord. En ce qui concerne le dosage de ces compositions, il est évident qu'il variera en fonction de divers facteurs tels que l'état sanitaire des raisins, le système de culture ou les conditions végétatives des vignes, l'époque du traite- ment, la compacité et l'abondance des grappes, les conditions atmosphériques, etc... A titre d'indication, les compositions selon l'invention se sont montrées actives dans une mesure satisfaisante avec des dosages de 20 â 40 kg par hectare de vignoble pour le produit sec, ce qui équivaut b 4DO-800 litres de suspension aqueuse a 5 % dans le cas du traitement par voie humide. Pour résumer brièvement les principaux aspects et les principaux résultats relevés a la suite de l'application expérimentale des compositions anti-botry- tiques selon l'invention : la moisissure grise des grappes régresse et se dessèche dans la quasi -totalitd des cas, tandis que les grappes encore saines ne s'infectent plus que dans une proportion négligeable. En outre, l'action anti-botrytique stexeroe d'un façon prolongée. Un autre aspect important est celui de l'action des compositions selon l'invention, lorsqu'elles sont appliquées sur les signes après une chute de grêle : quand la formation de la grappe est plut, avancée, ce traitement a des effets extrêmement positifs en ce sens que les grains atteints par la gréle ont tendance b se dessécher et les lisions cutanées se cicatriser, sans entre attaques par la pourriture. Un autre aspect important est celui de la prévention de l'acétification. On sait que la moisissure grise déclenche un important processus d'acétification. t1 application de la composition selon l'invention a non seulement pour effet de bloquer ce processus, Min aussi d'atténuér l'odeur acétique, jusqu'a sa disparition presque complète. En outre, les traitements réalisés avec les compositions selon l'invention, au cours de la végétation aussi bien que pendant les vendanges, exercent encore un effet favorable sur les phases successives de la vinification, ce qui va dans certains cas jusqu'a rendre superflues les additions habituelles d'anhydride sulfureux, R E V E N D I C A T I O N S 1. Composition destinée à combattre le Botrytis cinerea ou moisissure grise, caractérisée en ce qu'elle comprend, en combinaison, une argile bentoni tique et un agent fortement réducteur lié å celle-ci sous la forme d'un complexe. 2. Composition selon la revendication 1, caractérisée en ce que l'agent réducteur est de l'anhydride sulfureux iie a la bentonite sous la forme de sulfite. 3. Procédé de fabrication d'une composition selon les revendications 1 et/ou 2, caractérisé en ce que la bentonite, convenablement pure ou épurée, et dotée d'une charge contrôlée de cations, est solvatée sous forte de gel puis traitée avec de l'anhydride sulfureux ou de l'acide sulfureux, le mélange résultant étant ensuite dessèche et réduit b la granulométrie désirée. 4. Procédé selon la revendication 3, caractérisé en ce que ladite composition pulvérisée est mise en suspension dans de l'eau, en formant un gel pouvant être appliqué sur les plantes par aspersion/pulvérisation. 5. Composition selon la revendication 1, caractérisée en ce qu'elle est à l'état sec, pour être appliquée par pulvérisation, ou sous forme de suspension aqueuse pour être appliquée par aspersion/pulvérisation.