La présente invention est relative à une enzyme spécifique utilisable comme médicament, notamment pour la régulation du transit intestinal et pour lutter contre la constipation. On sait que la plupart des fonctions organiques sont contrôlées ou réglées par des enzymes spécifiques élaborées au sein même de l'organisme et agissant dans un domaine très limité et très circonscrit. Les enzymes, généralement constituées pour la plupart par des protéines, sont de remarquables catalyseurs biologiques que l'on est actuellement obligé d'extraire des organismes vivants, encore qu'on en ait synthétisé quelques-unes tels que la ribonucléase et la chymotrypsine. On sait actuellement que la constipation se produit lorsque le bol fécal, ayant atteint une consistance plus dure que la normale, stagne trop longtemps dans l'intestin. Cette stagnation peut être due à une hyper-résorption de la masse aqueuse du chyme, ce qui provoque une déshydratation exagérée et par suite une fluidité insuffisante du bol fécal, phénomène auquel peut encore s'ajouter, pour le renforcer dans ses effets, une insuffisance du volume du bol fécal que l'on compense habituellement par des mucilages, ou bien par un excès du volume du bol fécal entraînant une diminution de la motricité de l'intestin. Les méthodes pharmacologiques classiques mises en oeuvre pour faciliter ltévacuation des fèces lors d'une constipation accidentelle ou chronique font généralement appel à des substances étrangères à l'organisme dont l'effet doit être, en général, de provoquer une stimulation de la sécrétion muqueuse et mucolde, d'assurer une augmentation de la motricité ou d'assurer une plasticité du bol fécal. C'est le cas notamment des médicaments connus, tels que le séné et ses dérivés, ou des modificateurs connus, comme l'huile de paraffine, l'agar-agar ("Parolagar") et analogues. L'invention a pour objet d'appliquer à la régulation du transit intestinal une enzyme spécifique dénommée sulfatase, qui existe normalement dans l'organisme, dans les cellules intestinales, et qui, en modifiant la teneur en sulfate du bol fécal se trouvant dans la lumière intestinale, accélère le taux des échanges métaboliques. La constipation provoquant toutefois une diminution de l'activité enzymatique, il est nécessaire de réactiver l'enzyme naturelle, en l'occurrence la sulfatase, en administrant selon l'invention à la cellule intestinale, dont l'activité est ralentie, une sulfatase complémentaire qui, tout en réactivant l'activité cellulaire, va en même temps intervenir directement dans le bol fécal et aider à son ramollissement, tout en régularisant le taux des échanges aqueux entre le milieu intérieur et le milieu extérieur. L'invention concerne également un procédé pour le traitement thérapeutique de la constipation, consistant à administrer au patient, par voie entérale ou parentérale, une préparation pharmaceutique renfermant, éventuellement en combinaison avec un excipient ou une matière de support appropriée, une sulfatase naturelle -ou synthétique, dans une quantité apte à assurer la transformation des sulfates présents en excès dans le bol fécal. La sulfatase -est une enzyme qui peut être extraite de trois sources différentes, à savoir 10) des microsomes du foie de boeuf : dans ce cas on broie au Latapie du foie de boeuf frais et met des aliquots en suspension dans du sucrose à 40 C/o. On soumet ensuite à une ultra-centrifugation à une température de + 40, puis sépare les-différentes fractions en vue d'obtenir une solution de la fraction microsomique que l'on peut lyophiliser. A partir de cette dernière et par une méthode de séparation classique, on extrait la sulfatas sous forme de solution aqueuse ou sous forme de poudre lyophilisée pouvant être conservée pendant un temps prolongé. 20) du suc digestif de mollusques terrestres et notamment d'Helix pomatia. On prélève le suc digestif d'Helix pomatia et le dissout dans du sérum physiologique standard. On procède à l'extraction de la sulfatase en opérant une chromatographie sur colonne. La solution aqueuse lyophilisée peut être conservée. 30) à partir du suc digestif de mollusques marins, tels que Patella vulgata ; on procède d'une manière identique à celle indiquée sous 20). En ce qui concerne les propriétés thérapeutiques de l'enzyme sulfatase, elles spnt dues à une hydrolyse des sulfates du bol fécal. En ce qui a trait à l'activité de l'enzyme sulfatase on indiquera de plus, ci-après, le résultat de mesures effectuées en présence de para-nitro-cathéchol sulfate. a) un millilitre d'une solution crue d'Helix pomatia hydrolyse par heure jusqu'à 10 000 Ag de para-nitro-cathéchol sulfate, à 370C et à un pH de 5. b) à l'état partiellement purifié, un gramme de poudre d'Helix pomatia hydrolyse par heure une quantité égale de para-nitro-cathéchol sulfate, à 350C et à un pH de 5. c) un gramme de poudre acétonique de Patella vulgata hydrolyse par heure un poids égal de para-nitro-cathéchol sulfate, à 370C et à un pli de 5. d) en ce qui concerne l'activité de la poudre lyophilisée d'Helix pomatia, elle est de 10 à 15 000 unités Roy par milligramme. On précisera que l'unité Roy est la quantité d'enzyme nécessaire pour libérer un milligramme de para-nitrocathéchol par heure, à partir de para-nitro-cathéchol sulfate, dans des conditions de température et de pH se situant à 370C et à neutralité. Pour déterminer l'activité, on mesure par voie colorimétrique, à 546 nm (c), la phénolphtaléine libérée en une heure à un pH de 6,2 et à 380C par l'aryl-sulfatase agissant en présence de phénolphtaléine sulfate comme substrat. En ce qui concerne les propriétés de l'enzyme devant être utilisée, il y a lieu d'indiquer qu'en solution aqueuse la sulfatase est stable pendant une année au moins en présence d'éthanol à une température de 4 C, si elle est conservée en flacon bouché. En ce qui concerne la poudre lyophilisée, elle est stable pendant une année au moins à la température ordinaire si elle est conservée en flacon hermétiquement bouché. Pour son application thérapeutique, une préparation universelle contient 60 000 unités Whitehead environ par millilitre. On rappellera que l'unité Wzaitehead est la quantité d'enzyme libérant par heure, à un pli de 6,2, un gramme de phénolphtaléine à partir de phénolphtaléine disulfate. Pour son application thérapeutique, la sulfatase peut être administrée soit seule, soit associée à des préparations existantes, l'administration au malade pouvant avoir lieu par voie entérale, par exemple par voie orale ou rectale, ou bien par voie parentérale, notamment par voie intra-musculaire, sous-cutanée, ou intra-veineuse. Lorsqu'elle est utilisée seule, l'enzyme sulfatase peut être administrée par voie intramusculaire, intra-veineuse ou sous-cutanée, alors que lorsqu'elle est utilisée~ en association avec des matières de support, renfermant ou non un laxatif, elle est administrée par voie perorale, en capsules, comprimés, dragées, gélules, élixirs, sirops ou en suppositoires. On donnera ci-après quelques exemples de préparations pharmaceutiques renfermant la sulfatase et utilisables pour le traitement de la constipation I - Ampoules inåectables Dans le cas d'une constipation légère, on administre par voie intramusculaire ou sous-cutanée, une à deux fois par jour, une ampoule d'un millilitre d'une préparation titrant 1.106 UR à un pH de 7,2 (UR = Unité Roy, cf. page 3, ligne 18). Dans le cas d'une constipation forte, on administre par voie intramusculaire, deux fois par jour, une ampoule d'un millilitre d'une préparation d'enzyme sulfatase titrant lu.106 UR à pi 7,2. Lorsque la constipation est opiniâtre, on administre par voie intra-veineuse, deux fois par jour, à raison d'un millilitre, une solution d'enzyme de préférence tamponnée et titrant 10.106 UR à pli 7,2. II - Capsules On administre par voie perorale une capsule à double noyau dont la dissolution ne s'effectue opportunément qu'au niveau de l'intestin, ladite capsule renfermant avantageusement l'enzyme pure, en mélange avec une matière de support appropriée inerte telle que le talc, le lactose, l'amidon ou d'autres excipients connus, ladite capsule contenant une quantité de sulfatase correspondant à 1.106 UR à pli 7,2 et 1/2.106 UR à pli 5,5, soit environ 100 mg de poudre lyophilisée. III - Suppositoires Pour l'administration par voie rectale, on peut utiliser des suppositoires renfermant chacun, avec du beurre de cacao ou du glycérogel comme excipient, 100 mg de poudre d'enzyme lyophilisée titrant de 1.106 à 10.106 UR à pli 7,2 et 1.106 UR à pli 5, suivant qu'on désire administrer une dose faible à forte. IV - Elixirs ou siroPs On peut envisager également une administration sous cette forme, 100 ml d'élixir ou de sirop renfermant de 1.106 à 10.106 UR de sulfatase à pH 7,2, en association aux constituants traditionnels de tels sirops ou élixirs. REVENDICATIONS 1. L'utilisation en thérapeutique, pour la régulation du transit intestinal et notamment pour le traitement de la constipation passagère ou chronique, d'une enzyme spécifique dénommée sulfatase et obtenue à partir d'organismes d'animaux. 2. Enzyme suivant la revendication 1, caractérisée par le fait qu'elle est obtenue par extraction des microsomes du foie de boeuf. 3. Enzyme suivant la revendication 1, caractérisée par le fait qu'elle est obtenue en dissolvant, dans du sérum physiologique, du suc digestif du mollusque terrestre dénommé Helix pomatia, en extrayant la sulfatase par chromatographie sur colonne et en lyophilisant. 4. Enzyme suivant la revendication 1, caractérisée par le fait qu'elle est obtenue en soumettant au traitement indiqué dans la revendication 3, le suc digestif du mollusque marin dénommé Patella vulgata. 5. Des préparations pharmaceutiques servant à la régulation du transit intestinal, caractérisées par le fait qu'elles renferment, éventuellement avec une matière de support appropriée, l'enzyme suivant l'une quelconque des revendications 1 à 4. 6. Des préparations pharmaceutiques suivant la revendication 5, caractérisées par le fait qu'à l'état de solutions elles renferment par millilitre 60 000 unités Whitehead environ de l'enzyme suivant l'une quelconque des revendications 1 à 4. 7. Des préparations pharmaceutiques suivant la revendication 5, caractérisées par le fait qu'elles se présentent sous la forme de gélules ou de comprimés à double noyau ne libérant l'enzyme que dans l'intestin. 8. Des préparations pharmaceutiques suivant la revendication 5, caractérisées par le fait qu'elles se présentent sous la forme de suppositoires renfermant, par gramme d'excipient, une quantité équivalente de sulfatase. 9. Des préparations pharmaceutiques suivant la revendication 5, caractérisées par le fait qu'elles sont conditionnées en ampoules injectables par voie intramusculaire, intraveineuse et sous-cutanée renfermant, chacune, par millilitre, de 1.106 à 10.106 UR (Unité Roy) de sulfatase à pH 7,2. 10. Des préparations pharmaceutiques suivant la revendication 5, caractérisées par le fait qu'elles sont conditionnées en capsules ou comprimés, par exemple à double noyau, renfermant avec un support inerte convenable, 0,5.106 à 1.106 UR à pH 5,5 - 7,2 de poudre lyophilisée de sulfatase. 11. Des préparations pharmaceutiques suivant la revendication 5, caractérisées par le fait qu'elles sont conditionnées en suppositoires renfermant avec un excipient usuel, tel que le beurre de cacao, le xérogel, la lanoline, la vaseline, 100 mg chaque fois de poudre lyophilisée de sulfatase titrant de 1.106 à 10.106 UR à pi 5,5 - 7,2. 12. Des préparations pharmaceutiques suivant la revendication 5, caractérisées par le fait qu'elles se présentent sous la forme d'élixirs ou de sirops renfermant, avec un support standard, pour 100 millilitres, de 0,5.106 à 10.106 UR de sulfatase pour 100 ml, à pH 5,5 - 7,2. 13. Un procédé pour régulariser le transit intestinal et combattre la constipation chronique ou passagère, caractérisé par le fait qu'il consiste à administrer au patient une préparation pharmaceutique suivant l'une quelconque des revendications 5 à 12.