La présente invention concerne une méthode d'élevage de larves et des premières post-larves de crevettes Penaeus japonicus sans apport de proies animales. La méthode peut également s'appliquer à l'élevage larvaire des eneides en général. Parmi les techniques connues d'élevage larvaire de Penaeus japonicus en petits et moyens volumes, on peut citer la méthode de Galveston décrite dans la communication de C.R. Mock et R.A. Neal faite au symposium "FAO/CARPAS Symposium on Aquaculture in Latin America", 26 nov. au 2 déc. 1974, et intitulée "Penaeid shrimp hatchery systems". Selon- cette méthode, on commence à alimenter les larves de Penaeus japonicus avec des proies vivantes dès la première Mysis et mimez le plus souvent, dès la dernière Zoé, soit pendant environ la moitié de la vie larvaire. Les proies vivantes sont généralement des nauplii d'Artemia salina ou des Rotifères.Or l'élevage en masse d'Artemia salina ou de Rotifères, qu'il faut mener parallèlement à celui des larves de Penaeus japonicus, impose des contraintes et exige un apport considérable de nourriture inerte comme, par exemple, une poudre fine de Spirulina maxima, à fournir quotidiennement. Ces élevages annexes occupent donc un personnel nombreux pour nourrir, puis pêcher les proies vivantes, et pour entretenir les installations. En outre, les oeufs d'Artemia salina disponibles dans le commerce sont de qualité variables et leur approvisionnement est difficile. Selon la méthode "japonaise", en grands volumes, également décrite dans la communication mentionnée ci-dessus, on utilise également des proies vivantes dans la seconde partie de la vie larvaire de Penaeus japonicus. Il faut encore rappeler que, à côté de ces proies vivantes servant à simuler un zooplancton naturel, les larves de Penaeus japonicus se nourrissent aussi des nauplii aux premières post-larves, d'un phytoplancton formant également objet d'un élevage annexe. Un objet de l'invention consiste à prévoir une méthode d'élevage larvaire dans laquelle on substitue aux proies vivantes des produits inertes capables de simuler un zooplancton. Un autre objet de l'invention consiste à prévoir un régime algal permettant de retarder l'addition de zooplancton dans la nourriture des larves, tout en conservant une survie satisfaisante jusqu'après la métamorphose. Un autre objet de l'invention consiste encore à prévoir un procédé de fabrication de prompts inertes, à base de poissons et/ou de moules, destinés à remplacer un zooplancton. On a déjà décrit des compositions de nourriture d'animaux aquatiques, par exemple dans le brevet américain 3 889 007. Ces compositions formées de mélanges broyés de chair de poissons, d'extrait liquide de poissons, etc., doivent toujours comprendre un liant qui évite la désagrégation des particules de nourriture, leur altération et donc la contamination de l'eau. Dans le brevet américain mentionné ci-dessus, il est prévu d'ajouter àla composition de-l'eau de mer à cause des minéraux et des sels qu'elle contient et qui peuvent être utiles à la santé et la croissance des animaux aquatiques à nourrir, et également à cause des interactions entre les ions que contint et la gélatine utilise de préférence comme liant, ces interactions favorisant théoriquement l'effet du liant. Toutefois, dans le brevet américain précité, il est prévu que l'aliment est relativement grogs pour servir à l'alimentation d'animaux adultes et non de larves. En effet, la nourriture des larves, quelle mie soit sa nature, algues unicellulaires, nauplii ou particules inertes, doit être présentée avec des dimensions compatibles avec les orifices bucaux des larves considérées, ces dimensions variant avec l'age desdites larves. Un objet de la présente invention consiste à prévoir un procédé de préparation d'aliments pour larves et post-larves qui remplissent les conditions énoncées ci-dessus, en particulier en ce qui concerne la stabilité du liant et les dimensions. Suivant une caractéristique de ltinventionf il est prévu une méthode d'élevage larvaire dans laquelle le phytoplancton offert aux larves du stade nauplius à celui de la deuxième Mysis incluse est exclusivement à base d'algues de Monochrysis lutheri et Isochrysis galbana,~de ghaeodactylun tricornutllm et de Tetraselmis suecica dans des proportions prédéterminées variant suivant le stade larvaire. Suivant une autre caractéristique, il est prévu d'ajouter au phytoplancton, à partir de la troisième Mysis seulement des nauplii d'Artemia salina en quantités croissantes. Suivant une autre caractéristique, il est prévu d'ajouter au phytoplancton, à partir de la troisième Mysis, des particules de produits inertes de dimensions d'abord comprises entre 200 et 400 microns environ, puis entre 400 et 600 microns, pour simuler un zooplancton. Suivant une autre caractéristique, lesdites particules de produits inertes destinées à simuler un zooplancton sont fabriquées à partir d'un broyat de poissons et/ou de moules mélangé avec un alginate, le broyat étant introduit par'unie seringue au centre d'un jet d'air sous pression entrainant des particules de broyat alginaté suivant la granulométrie mentionnée ci-dessus. Suivant une autre caractéristique, les particules sont entraînées, par le jet d'air, dans de l'eau de mer dont les ions calcium réagissent avec l'alginate du broyat pour donner un gel enrobant les produits initiaux du broyat Les caractéristiques de l'invention mentionnées ci-dessus, ainsi que d'autres, apparaitront plus clairement à la lecture de la description suivante d'exemples de mise en oeuvre des procédés de l'invention, ladite description étant faite en relation avec les dessins joints, parmi lesquels: la Fig. 1 représente un bac d'élevage vu en coupe, et la Fig. 2 représente un appareil, vu en coupe, destiné à la fabrication du zooplancton artificiel. Au cours des expériences d'élevage larvaire de Penaeus japonicus, on a utilisé des cuves de 250, 450 et 1500 litres, les cuves axe 450 litres donnant les meilleurs résultats de survie. La géométrie d'une cuve de 450 litres est montrée schématiquement à la Fig. 1 où la cuve 1 est en polyester revêtue intérieurement d'un "gelcoat". La cuve 1 est montée sur des pieds 2 pour permettre la peche finale au moyen d'un concentrateur, tel que celui décrit dans les Actes de colloques du "Colloque sur 1 'Aquaculture" de 1 974 édités par le CNEXO et intitulé "Dispositif pour concentrer et transporter les oeufs, larves et herbivores d'aquaculture" par M. L'Herroux, J.P. Flassch et M. Girin.L'aération et l'agitation de l'eau du volume sont effectuées à partir de 7 orifices ouverts dans le fond de la cuve,- dont un orifice sur la robinetterie dévacuation pour éviter des dépôts en ce point bas. Les débits d'air sont semblables pour chaque orifice et sont réglés pour un total de 100 litres/heure jusqu'au stade Mysis I, puis de 200 litres/heure jusqu'àprès la métamorphose. L'eau de mer utilisée dans les cuves d'essai a une salimité normale entre 34 et 35 /0O et est maintenue aux environs de 24 C. L'élevage est effectué en eau stagnante avec renouvellements de l'eau à partir du quatrième jour de vie des larves, puis tous les deux jours à raison d'un tiers du volume, sauf dans un cas particulier important que l'on verra dans la suite. Les animaux sont élevés dans ces cuves jusqu'au troisième jour après la métamorphose. Les larves élevées au cours de ces expériences proviennent d'oeufs de lots de géniteurs captifs dont la maturation contrôlée est obtenue par utilisation de thermopériode et photopériode variables, comme il est décrit dans l'article "Reproduction contrôlée chez la crevette Penaeus japonicus" par A. Laubier-Bonichon et L. Laubier, paru dans les comptes-rendus de la conférence intitulée "FAO Techrical Conference on Aquaculture", 1976. On va maintenant décrire dans le Tableau 7 le régime algal utilisé au cours des expériences et qui a permis de retarder l'alimentation en zooplancton ou pseudo-zooplancton. TABLEAU 1 Monochrysis lutheri Phaeodactylum Tetraselmis ou tricornutum suecica Isochrysis galbana Jours Stade Ration Stade Ration nombre Ration nombre Ration nombre indivi. par litre indivi. par litre indivi. par litre 1 Nauplius 300 000 2,4.107 2 Zoé I 300 000 2,4.107 150 000 1,2.107 3 " 300 000 2,4.107 100 000 0,8.107 4 Zoé II 400 000 3,2.107 100 000 0,8.107 5 " 400 000 3,2.107 200 000 1,6.107 6 Zoé III 400 000 3,2.107 300 000 2,4.1G7 7 " 400 000 3,2.107 500 000 4,0.107 8 Mysis I 400 000 3,2.107 700 000 5,6.107 9 Mysis II 300 000 2 4.107 600 000 4,8.107 10 Mysis III 100 000 0,8.707 500 000 4,0.107 11 PI 400 000 3,2.107 12 P2 Post-larves 300 000 2,4.107 13 P3 Il faut retenir du Tableau 1 ci-dessus que jusqu'au stade de la Mysis III, l'alimentation des larves est uniquement basée sur le phytoplancton constitué par le mélange algal indiqué. A partir du stade de la Mysis III, on ajoute dans la nourriture au phytoplancton constitué par le mélange indiqué, du zooplancton constitué par des métanauplîi dsArtemia salina de 2 jours, ou un pseudo-zooplancton constitué comme on le verra dans la suite. il faut également retenir de ce qui précède que le mélange algal présenté aux larves -permet de retarder l'apport de zooplancton du stade Zoé III ou Mysis I au stade Mysis III. Ainsi ce mélange permet de gagner de l'ordre de deux jours de production d'Artemia salina, quand on utilise cette proie vivante, ce qui constitue déja un progrès sensible par rapport aux méthodes d'élevage connues. Le Tableau 2 indique la composition du zooplancton d'Atemia salina en fonction des stades larvaires qui a été utilisé pour compléter le phytoplancton dans une première série série d'expériences qui ont conduit à des survies moyennes de 63 % estimées au stade post-larvaire 3 ou P3 (dans le Tableau 1 PI, P2 et P3 désignent respectivement les trois premiers stades post-larvaires. Le taux de survie indiqué ci-dessus correspond à une quinzaine d'expériences. TABLEAU 2 Jours Stade Artemia Broyat salina en gramme par 200à 400 400 à 600 400 à 600 Ration nombre microns à microns à microns à indivi. par litre base de base de base de poissons poissons poissons et moules 10 Mysis III 9 25.10 11 P1 20 1 600 12 P3 30 2 400 13 P2 50 4 000 1.10 au-delà > 1.1 de P4 Dans le cas de l'utilisation d'Artemia salina, après la métamorphose au troisième stade post-larvaire, les animaux sont transférés dans des bacs type "Ewos" de 2 mètres sur 2 mètres, avec un circuit ouvert d'eau d'un débit de l'ordre de 0,5 m3/h.Ils sont répartis à raison de 30 000 animaux par bac jusqu'a ce qu ils puissent se nourrir uniquement de moules franches ouvertes posées sur le fond du bac, le passage à ce régime se faisant progressivement entre P5 et P9 à P10 (le chiffre derrière P désignant le numéro du stade postlarvaire). Dans les dernières colonnes du Tableau 2, on a indiqué des rations de broyat destiné à constitué un pseudo-plancton, en lieu et place d'Artemia salina. On va maintenant décrire la préparation des particules d'un tel broyat. Le broyat est constitué à partir de moules crues ou ébouillantées, de filets de poisson blanc et d'alginates, auxquels on ajoute de petites quantités de vitamines et d'huile de foie de morue. Le Tableau 3, ci-après, donne; des exemples de compositions de broyats. TABLEAU 3 Composants du broyat (en ,% sec) A B C D Moules crues 9o Moules ébouillantées 86 41,5 Filet de poisson blanc 41,5 81 Huile de foie de morue 3 5 Vitamines 4 4 4 Alginates 10 10 10 10 Les moules et/ou les filets de poissons sont finement broyés à l'aide d'un broyeur du type "wading blendor". La pate obtenue est pressée à travers une toile à bluter de 200 microns ce qui permet d'éliminer les éventuels résidus de byssus, coquilles ou arêtes. La pâte, alors très fluide, est à nouveau introduite dans le broyeur où l'on ajoute successivement l'huile1 les vitamines et les alginates, selon les proportions voulues.Le broyage est prolongé, une ou deux minutes, pour favoriser l'incorporation de microbulles et permettre ainsi l'obtention ultérieure de particules ayant une densité voisine de celle de l'eau de mer. Pour obtenir les particules à partir de la pâte ci-dessus, on utilise l'appareil qui est montré schématiquement en coupe à la Fig. 2. Cet appareil est du type d'une trompe à vide, mais est utilisé d'une manière toute différente. il comprend une seringue extérieure 3 dans laquelle est montée coaxia- - lement un embout 4 relié en 5 à une canalisation d'air comprimé. La seringue 3 comporte latéralement un orifice 6 à travers lequel la pâte définie ci-dessus est injectée. Four faciliter le nettoyage, l'embout 4 est démontable. En effet, la base de la seringue 3 est filetée pour permettre de visser un écrou 7 qui fixe un épaulement circulaire 8 de ltembout 4. La pâte injectée par 6 avec, par exemple, un débit voisin de 600 grammes/ minute parvient devant la sortie 9 de l'embout 4 où l'air en détache des particules qui sont précipitées dans un récipient rempli d'eau de mer 10. Dans l'eau de mer 10, dès la rencontre de chaque particule avec des ions calcium de l'eau, ceux-ci réagissent avec l'alginate pour donner un gel qui enrobe parfaitementlamicro-particule. On obtient ainsi des micro-particules dont les dimensions vont de 50 microns à 1 mm. Le calibrage s'effectue par tamisage sous courant d'eau de mer. En pratique, dans les expériences effectuées, bien que les aliments A et B soient très satisfaisant, mais difficiles pour l'instant à utiliser notamment l'ouverture des moules crues consomme beaucoup de temps -, on a retenu la composition D pour nourrir les larves et la composition C pour nourrir les post-larves. Par ailleurs, comme l'indique les dernières colonnes du Tableau 2, on a sélectionné des micro-particules de 200 à 400 microns, calibrées comme on l'a dit plus haut, pour nourrir les tysis III et la post-larve du premier stade, et des micro-particules de 400 à 600 microns pour nourrir ensuite les postlarves, avec les quantités par individu indiquées -dans le Tableau 2. L'utilisation de ces micro-particules alginatées formant un pseudozooplancton nécessite de poursuivre l'élevage dans des cuves hautes jusqu'à la post-larve de 9 à 10 jours pour assurer le maintien en suspension des micro-particules. Ensuite, les post-larves sont assez développées pour s'alimenter dans des volumes à fonds plats dans lesquels elles consomment des moules crues ouvertes. Les expériences menées avec ce pseudo-zooplancton, soit environ une quinzaine, ont permis d'obtenir un taux de survies moyennes de 47,6 %, les survies étant estimées au troisième stade post-larvaire. A noter que les distributions de broyat ont été effectuées de manière discontinue deux fois par jour, mais que l'adaptation d'une distribution continue permettrait vraisemblablement d'améliorer les résultats. Il faut bien noter que les compositions de broyats du Tableau 3 ne sont données qu'à titre indicatif, mais que le composant essentiel est l'alginate qui mélangé à un produit nutritif quelconque donne lors de la projection des micro-particules dans l'eau de mer un gel enrobant les autres composants et évitant ainsi la décomposition de ceux-ci et, par conséquent, la pollution de l'eau des volumes d'élevage. Enfin, on a pu constater en utilisant l'appareil de la Fig. 2, qu'en réglant les débits d'air et/ou de patte, on pouvait faire varier la distribution des dimensions des micro-particules. REVENDICATIONS 1 ) Méthode d'élevage de larves et des premières post-larves de crevettes Penaeus japonicus caractérisée en ce que le phytoplancton offert aux larves du stade nauplius à celui de la deuxième Nxsis incluse, est à base d'algues de Monochrysis lutheri et Isochrysis galbana, de Phaeodactylum tricornutum et ae Tetraselmis suecica dans des proportions prédéterminées variant suivant le stade larvaire, à l'exclusion de tout zooplancton ou pseudo-zooplancton. 2) Méthode d'élevage suivant la revendication 1, caractérisée en ce que lesdites proportions prédéterminées correspondent à celles indiquées dans le tableau ci-dessous: Monochrysis lutheri Phaeodactylum Tetraselmis ou tricornutum suecica Isochrysis galbant Jours Stade Ration nombre Ration nombre Ration nombre indivi. par litre indivi par litre indivi. par litre 1 Nauplius 300 000 2,4.107 2 Zoé I 300 000 2,4.107 150000 1,2.107 3 " 300 000 2,4.107 100 000 Or 8.1 07 4 Zoé II 400 000 3,2.107 100 000 018.107 5 " 400 000 3,2.107 200 000 7,6.107 6 Zoé III 400 000 3,2.107 300 000 2,4.107 7 " 400 000 3,2.107 500 000 4,0.107 8 Ptysis I 400 000 3,2.107 700 000 5,6.107 9 Mysis II 300 000 2,4.107 600 000 4,8.107 3) Méthode suivant la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce qu'il est ajouté au phytoplancton, à partir de la troisième Mysis, des nauplii d'Artemia salina en quantités croissantes pour former un zooplancton. 4) Méthode suivant la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce qutil est ajouté au phytoplancton, à partir de la troisième Mysis, des microparticules de produits inertes de dimensions d'abord comprises entre 200 et 400 microns environ, puis entre 40a et 600 microns environ, pour former un pseudo-zooplancton. 5) Procédé de fabrication de micro-particules de produits inertes utilisables dans la méthode suivant la revendication 4, caractérisé en ce que lesdites micro-particules sont fabriquées à partir d'un broyat de chair animale mélangée avec un alginate, le broyat étant introduit dans un jet rapide d'air entralnant des particules de broyat laginaté. 6) Procédé de fabrication suivant la revendication 5, caractérisé en ce que les particules sont entrainées par ledit jet d'air dans de l'eau de mer dont les ions calcium réagissent avec l'alginate pour donner un gel enrobant chaque particule. 7) Produit obtenu suivant la revendication 6.