La présente invention concerne l'amélioration de la, résistance au feu des articles cellulosiques asphaltes, notamment des articles cellulosiques asphaltés destinés à servir d'éléments de couverture ou de bardage. I1 est connu de fabriquer des plaques autoportantes de couverture ou de bardage en carton imprégné de bitume. Ces plaques de carton bituminé, ondulées ou profilées, éventuellement peintes, sont principalelent composées de cellulose et de bitume; elles sont donc en général facilement combustibles. Dcs tentatives ont alors été faites pour les ignifuger ; mais tous les travaux qui ont été effectués, soit pour rendre de telles plaques effectivement incombustibles, soit pour simplement assurer la protection des abords, en général la protection du reste des batiients portant ces plaques, vis-à-vis d'un feu venant de l'extérieur, se sont avérés difficiles à mettre en oeuvre et simultanément très couteaux I1 i. faut en effet pas oublier que, quand un matériau enflammé vient en contact avec des plaques de carton bituminé ou plaquel cellulosiques asphaltées, ce matériau provoque un ramollisse ment dubitume, qui exsude à la surface, coule et prend feu lui-même; le feu qui se propage ainsi s'accroche sur la cellulose qui forme lèche et remonte rapidement le long de toute la surface des plaques, qui s'embrase rapidement. parmi les protections envisagées Jusqutalors, la principale consistait à interposer, entre la plaque cellulosique et le matériau enflammé ou brandon susceptible d'entrer en contact avec ladite plaque, un écran qui pouvait être en pratique un film métallique, une peinture ignifuge ou un enduit granulé comprenant un liant et du sable ou des pierres concassées.Mais aucun de ces moyens n'a donné entière satisfaction car, tandis que les films métalliques et les peintures ignifuges sont des moyens onéreux et d'une faible longévi- té, les enduits granulés selon cet art antérieur sont bon marché, mais peu efficaces, l'écran qu'ils constituent étant perméable au bitume, qui ne charbonne de ce fait que partiellement et continue, malgré cette pleudo-protection, de couler en surface et de propager le feu. On a maintenant trouvé de façon inattendue que l'on pouvait améliorer radicalement les articles cellulosiques asphaltés du point de vue de leur résistance au feu on leur appliquant un enduit granulé original. La présente invention a pour premier objet une composition pour enduit granulé, caractérisée en ce qu'elle comprend un liant classique, éventuellement chargé, et des granulats qui contiennent, dans leur masse, de l'eau susceptible de se vaporiser en absorbant des calories, lors d'un chauffage marqué, rendant alors les granu- lats poreux. L'eau que doivent contenir lesdits granulats est de l'eau de cristallisation et/ou de l'eau occluse. L'invention a également pour objet un procédé pour l'amélie- ration de la résistance au feu des articles cellulosiques asphaltés, caractérisé en ce qu'il consiste à appliquer sur lesdits articles une composition d'enduit granulé comprenant un liant classique, éventuellement chargé, et des granulats contenant, dans leur masse, de l'eau susceptible de se vaporiser en absorbant des calorisa, lors d'un chauffage marqué, rendant alors les granulats po- reux et capables d'absorber du bitume fondu. Dans une telle composition, le liant peut être un liant quelconque classique, tel que par exemple une résine acrylique, une ré- sine styrène acrylique, etc.... Les granulats peuvent être des granulats naturels, notamment de silice hydratée SiO2, n H2O (où n est un nombre positif, entier ou fractionnaire différent de 0) de gypse cristallisé CaS04, 2H2O ou de granulats fabriqués artificiellement, tels que des gels de silice ou d'alumine partiellement déshydratés, et qu'il est donc possible par exemple de colorer à volonté lors de leur fabrication. L'homme de l'art est à même de déterminer aisément, en mettant éventuellement en oeuvre de simples essais de routine, les Matériaux les plus appropriés pour être utilisés à titre de granu- lats selon l'invention, sachant que ceux-ci doivent, tout à la fois et de façon la plus prononcée possible - posséder une forte teneur on eau, soit de cristallisation soit occluse, - céder aisément tout ou partie de cette eau lors d'une élévation de la température au-dessus de 1000C. - présenter, après élimination de l'eau, une forte porosité et une grande capacité d'absorption vis-à-vis du bitume fondus et - être sous forme de particules d'assez grosses dimensions, notaient d'environ 0,1 à 1,5 mm de diamètre, de façon que l'enduit protecteur constitue une composition suffisamment épaisse sans nécessiter trop de liant onéreux. De façon avantageuse, la proportion d'eau dans les granulats doit être de 5% à 50% en masse par rapport au matériau hydraté. Le liant lui-même peut être un liant classique quelconque, comme il a été dit plus haut, mais ce peut être également, au moins pour partie, le bitume encore collant, de préférence sous forme d'une émulsion à la surface des articles cellulosiques. En pratique, l'homme de l'art aura seulement à choisir un liant de nature telle et dans des proportions telles que ce liant soit et reste adhésif même à température élevée, notamment au-dessus de 100 C, et empêche les granulés de se séparer de l'article cellulosique par gravit, lorsque la température s'élève. On notera que, outre loi granulats décrits plus haut, ledit liant peut également contenir, ai on le désire, des charges et/ou des pigments. Le mode d'association des granulats avec le liant et de ces constituants avec l'article cellulesique asphalté peut être tout mede d'application approprié, connu de l'homme de l'art, et notamment, il peut consister en - le mélange notassent de de liant et des granulats et l'enduction ultérieure des articles cellulosiques asphaltés par projec- tion sous pression de la coubinaison liant-granulats ainsi formée, ou - l'enduction des articles cellulosiques asphaltés par éta- lement du liant et projection (ou même simple départ par gravit) des granulats sur le liant adhésif ainsi réalisé, ou même - projection (ou simple dépôt par gravité) des granulats sur des articles cellulosiques asphaltés doat l'émulsion de bitume est encore collante en surface, séchage et revêtement au moyen d'une pellicule protectrice de liant. Le procédé et la composition pour enduit granulé selon ltin- vention ont pour avantage do remplir les fonctions suivantes - formation d'un écran de protection suffisamment épais entre les articles cellulosiques asphaltés et tout matériau enflammé susceptible de venir on contact avec ces articles, - absorption d'au moins une partie des calories qui se d*- gagent des matières combustibles d'articles cellubsiques asphaltés, lorsque ceux-ci entrent en contact avec des matériaux enflam- lés, empêchant ainsi dans un premier temps une trop forte éléva- tion de température des constituants desdits articles. - absorption ultérieure du bitume fluide et rétention de celui-ci par formation d'une croute charbonneuse protectrice, et - éventuellement, dans un stade ultérieur encore, fillérisa- tion du bitume jusqu'à le rendre visqueux et l'empêcher ainsi de couler. Les articles cellulosiques asphaltés traités selon l'invention satisfont, entre autres, aux tests de résistance au feu sué- dois, allemand et français des matériaux de couverture. L'invention est décrite plus en détail dals les exemples ci-après, qui ne la limitent aucunement. EXEMPLE 1 On a préparé par simple mélange une composition pour enduit contenant, en poids, 100 parties de silice hydratée sous forme de granulats de 0,400 à 1,500 mm environ, 1 partie de pigment coloré minéral, 25 parties (en poids sec) de résine styrène acrylique et une quantité d'eau suffisante pour assurer une viscosité cenvena- ble à l'ensemble. On a projeté cet enduit, sous pression, sur des plaques en- dulies autoportantes en carton cellulosique asphalté et on a séché le tout en tunnel à 80 C environ. On a obtenu ainsi des plaques revêtues satisfaisait, entre autres, aux tests au feu suédois, allemand et français relatifs aux matériaux de couverture. EXEMPLE 2 On a projeté, selon la panière habituelle, une émulsion de bitume sur des plaques ondulées en carton cellulesique asphalté. Sur la surface collante ainsi réalisée sur le matériau cellulosique, on a laissé tomber par gravité des granulats (ayant de 0,100 à 1,500 mm de diamètre environ) de silice hydratée, colorée artifi- ciellement, obtenus par formation d'un geî de silice en présence d'un pigment vert (oxyde de chrome), puis Bêchage et broyage à la granulométrie désirée. On a fait passer les plaques ainsi revêtues dans un tunnel de séchage; on a éliminé par soufflage l'excès de granulats non fixés et on a recouvert l'enduit ainsi préparé, au moyen d'une pellicule protectrice transparente composée de résine acrylique On a obtenu des plaques colorées satisfaisant, entre autres, aux tests au feu suédois, allemand et français relatifs aux maté- riaux de couverture. REVENDICATIONS 1. Composition pour enduit granulé, caractérisée en ce qu'elle comprend un liant classique, éventuellement chargé, et des granulats qui contiennent, dans leur masse, de l'eau susceptible de se vaporiser en absorbaat des calories, lors d'un chauffage lar- qué, rendant alors lesdits granulats poreux. 2. Composition selon la revendication 1, caractérisé en ce que les granulats comportent de l'eau de cristallisation et/ou de l'eau occluse, de préférence à raison de 5 à 50% en masse par rtp- port au milieu hydraté, et sont notamment choisis parmi de la silice hydratée, du gypse cristallisé et des gels de silice ou d'alumine partiellement déshydratée. 3. Composition selon ltune des revendications 1 ou 2,carac- térisée en ce que le liant est composé principalement d'une résine acrylique ou d'une résine styrène acrylique. 4. Composition selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée en ce que les granulats ont des diamètres de particules de 0,1 à 1,5 mm environ. 5. Procédé pour l'amélioration de la résistance au feu des articles cellulosiques asphaltés, caractérisé en ce qu'il consiste à appliquer sur lesdits articles une composition d'enduit granulé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4. 6. Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce qu'il comprend le mélange notamment du liant et des granulats et l'enduc- tion ultérieure des articles cellulosiques asphaltés par projection sous pression de la combinaison liant-granulats ainsi formée. 7. Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce qu'il comprend l'enduction des articles cellulosiques asphaltés par étalement du liant et projection ou dépôt par gravité des granulats sur le liant achésif réalisé. 8. Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce qu'il comprend la projection ou le dép8t par gravité des granulats sur des articles cellulosiques asphaltés dont l'émulsion de bitume est encore collante en surface, le séchage et le revttement au moyen d'une pellicule protectrice de liant. 9. Articles cellulosiques asphaltés, caractérisés/en ce qu'ils comportent un enduit granulé ayant la composition selon l'une quelconque des revendications 1 à 4. 10. Articles cellulosiques asphaltés, caractérisés en ce qu'ils comportent un enduit granulé réa usé par le procédé selon l'une quelconque des revendications 5 à 8.