L'invention a pour objet un procédé pour séparer une nappe d'un liquide qui recouvre la surface d'une masse d'un autre liquide, les deux liquides, non miscibles, ayant des densités, des viscosités et/ ou des tensions superficielles différentes. Elle concerne plus particulièrement un tel procédé consistant à débarrasser une certaine étendue d'eau de-mer d'une nappe, unique ou en plusieurs parties, d'hydrocarbures employés comme combustibles et qui, accidentellement ou non, se sont répandus sur cette étendue. On n'ignore pas les graves problèmes de danger et de pollution que pose le recouvrement de surfaces de la mer par des couches de mazout, naphte , pétrole, gas-oil ou autres hydrocarbures analogues, tant pour la faune et la flore sous-marines que, le cas échéant, vis à vis des rivages terrestres baignés par ces surfaces. L'importante et le fréquence de tels accidents sont bien connus, aussi s'est-on beaucoup appliqué à réduire aussi rapidement et complètement que possible les conséquences de cette marée noire. On a, pour celà, eu recours notamment à divers moyens dont les principaux ont été surtout d'ordres physique et physico-chimique. En particulier, on s'est adressé à des agents précipitants, fractionnant la couche surnageante d'hydrocarbures en petits agglomérats qui se trouvent entrainés au fond de la mer ; malus ce résultat s'exerce au détriment de la faune et de la flore sous-marines. On a aussi fait appel à des agents émulsionnants ayant essentiellement pour objet, par action tension-active, de diviser la nappe polluante en particules plus facilement destructibles, du moins répartissables, sans produire d'effets fâcheux ; mais cette manière de faire est onéreuse et ne produit pas tous les résultats escomptés. On a, par ailleurs, employé des produits absorbants des hydrocarbures (Cf :Brevet fran çais 1 600 066) ; âependant, les degrés d'absorption sont relativement faibles et, de plus, ces produits, qui sont perdus, sont assez coûteux. On a aussi utilise des moyens mécaniques divers, tels que engins de raclage, de balayage, d'aspiration, d'absorption (Cf : par exemple Brevet français 2 169 836) de la nappe polluante ; mais diverses difficultés, notamment le faible rendement de ces opérations au regard des moyens mis en oeuvre, ainsi que la difficulté d'exercer ces opérations, ont fait que ces méthodes de nettoiement ne se sont pas mpntrées bien satisfaisantes. Si bien qu'on peut dire qu a ce jour, on ne connait pas vraiment de procédé simple, économique, réellement efficace, de parfaite innocuité, qui permette de débarrasser une grande masse d'eau de mer d'avec une nappe ou un film d'une substance étrangère liquide, plus ou moins visqueuse, telle qu'une couche d'hydrocarbures, qui en recouvre pour partie la surface , et qui présentent une densité, une viscosité et/ou une tension superficielle sensiblement différente de celles du liquide sous-jacent. L'invention vise un procédé du genre en question qui ne présente pas les inconvénients inhérents à ceux préconisés ou utilisés jusqu'à présent et qui apporte une contribution importante aux dif férents efforts qui ont été fournis jusqu'ici, notamment pour l'élimination des surfaces polluantes hydrocarbonées répandues à la surface de la mer. L'invention consiste en un procédé visant a séparer, sur au moins un lieu de recueillement situé sensiblement à son- niveau, une nappe d'un liquide qui recouvre en partie au moins la surface d'une massa d'un autre liquide, les deux liquides se trouvant superficiellement, tous deux ensemble, en déplacement horizontal relatif sensiblement rectiligne dans une direction principale, vers ledit lieu de recueillement situé sur le trajet de ladite nappe. Ce procédé est caractérisé par le fait - que, de manière continue, au cours de ce déplacement, on concentre progressivement la nappe dans une de ses zones proche dudit lieu de recueillement, - et que, ce faisant, et de manière continue aussi, on puise à distance, de ce lieu de recueillement, dans ladite zone, les parties concentrées de la nappe au fur et à mesure qu'elles se for ment. L'invention concerne plus spécialement un ensemble nouveau de moyens pour la mise en oeuvre de ce procédé général. Ce mode opératoire particulier est caractérisé par le fait - qu'on dispose, transversalement aux surfaces des susdites nappe et masse liquide, et flottant sur ces surfaces, obliquement par rapport à la susdite direction principale, sous forme de poche avec concavité tournée du côté de ladite nappe, au moins un moyen de filtration à l'état d'au moins une bande souple présentant des orifices de passage dimensionnés de manière telle qu'ils laissent passer le liquide sous-jacent, mais ne le permettent pas pour le liquide de la nappe, le moyen de filtration étant avantageusement situé entre la nappe et le lieu de recueillement, - que, de manière continue également, on fait se déplacer ho rizontalement, l'un vers l'autre, le moyen de filtration et/ou ladite nappe tout d'abord, jusqu a ce qu'ils viennent en contact l'un avec l'autre, . ensuite, jusqu'à ce que l'agent flottant déforme la nappe pour l'envelopper progressivement, en partie du moins, ce qui en train une concentration elle #aussi progressive de la nappe dans le fond de la susdite poche, - qu'enfin, ce faisant, et de manière toujours continue, on puise à distance, en surface, au fur et à mesure qu'elles se forment, les parties de la nappe concentrées en ce fond. On estime que c'est dans le cas on des hydrocarbures employés -ou destinés à êtré employés- comme combustibles sont répandus sur la surface de la mer que l'invention présente le plus d'intérêt ; aussi va-t-on s'attacher ci-après# à considérer cette situation. Mais il doit être entendu que l'invention n'est pas limitée à cette application et vaut aussi en bien d'autres circonstances dans lesquelles une nappe ou un film d'un liquide non miscible avec le second, recouvre une masse d'un autre liquide, de caractéristiques physiques sus-mentionnées différentes. En particulier, le liquide surnageant peut ne pas être à base d'hydrocarbures, mais être cons titué d'alcools gras supérieurs, d'alcools aromatiques, d'esters lourds, etc. Bien entendu aussi, la nappe surnageante peut n'être pas entièrement constituée par un liquide, mais contenir en suspension des substances solides diverses plus ou moins finement réparties, l'essentiel étant qu'elles comportent une pha#se liquide continue Les demandeurs ont constaté que divers agents de filtration laissent passer l'eau et constituent écran pour. les hydrocarbures. En particulier, certains possèdent une structure textile, sont relativement faciles à établir, présentent une bonne légèreté et une souplesse satisfaisante#, peuvent être établis en tissus de grandes longueurs, se montrent pratiquement insensibles à la lumière, aux moisissures et sont doUés d'une solidité élevée. On peut citer, à cet égard, les tissus dits à trois dimensions, en particulier ceux tissés avec channe et trame, tels ceux, notamment, à chaînes déca- lées et trames superposées, selon le brevet français 1 576 185. On connaît aussi des tissus à trois dimensions tricotés > égale- ment des tissus dits non-tissés, constitués essentiellement par un voile, une nappeeou un matelas de fibres réparties directionnelle ment au hasard et liées entre elles par cohésion interne. De tels tissus peuvent être établis en fils métalliques, mais ils sont le plus souvent obtenus à l'aide de filaments organiques synthétiques, comme les polyamides, les polyesters, les polyamide imides, les polyoléfines, certains#dérivés vinyliques (chlorofibres) ou acryliques (polyacrylonitrile). Les fils constitutifs peuvent être des monofilaments, des multifilaments, des assemblés, des filés de fibres, des brins discontinus, unitaires ou en mélange entre eux ou avec d'autres filaments naturels, artificiels ou synthétiques. En un mot, toutes les, combinaisons sont permises, l'indispensable étant, comme déjà dit, que la structure finale constituée partir de ces filaments soit telle, tenant compte des caractéristiques des liquides à séparer, qu'elle laisse passer l'eau, corps le plus lourd, le plus fluide, de grande tension superficielle et qu'elle fasse obstacle, au contraire, au passage du produit hydrocarboné, plus léger, visqueux, de faible tension su perficiellle comparativement. D'une manière ou d'une autre, à l'aide de telles structures textiles, on est à même de disposer ces moyens de filtration transversalement a la surface de l'eau recouverte de la nappe polluante, par exemple sensiblement perpendiculairement à la surface des liquides (c'est-à-dire verticalement) ; il suffit, par exemple, pour assurer cette position, d'arrimer l'agent filtrant à un organe flotteur de grande longueur (ou à plusieurs organes flotteurs assez rapprochés) et, avantageusement, de lester l'agent filtrant avec une charge suffisante, de manière qu'il ne s'écarte que de peu de sa position normale (par temps calme ou peu agité, bien entendu). Le ou les organes flotteurs peuvent être de toute nature appropriée, par exemple être réalisés en une structure gonflée ou bien, mieux, en une structure poreuse légère (liège, caoutchouc ou certains plastiques dits mousse, etc). Quant au lest, il peut être constitué par tout corps de densité très sensiblement supérieure à l'unité, plomb notamment. Tout mode d'attache convenable entre l'agent filtrant à maintenir transversalement au plan des surfaces des liquides et le ou les organes flotteurs propres à le garder dans la positions voulue peut être adopté, la préférence étant que les organes flotteurs se trouvent toujours hors de contact avec la nappe polluante, donc du côté de l'agent oit ne peut se trouver le liquide de cette nappe. Une autre formule qui peut présenter des avantages dans cer tains cas consiste à incorporer les organes flotteurs dans l'agent filtrant luilneme, en disposant par exemple ces organes, qu'ils soient à l'état de structures gonflées ou gonflables#, ou mieux de structures légères poreuses > dans des compartiments ou des logements ménagés,Iors de leur fabrication, dans les tissus filtrants euxmêmes, notamment s'ils sont tridimensionnels à channe et trame,selon le brevet français 1 526 185. En opérant ainsi qu'il vient d'être dit, on réalise, conformé- ment à l'invention, une manière de poche, en forme de V ou de Q horizontal , plus ou moins prononcée, plus ou moins ouverte, à branches verticales filtrantes, laissant passer librement le liquide sous-jacent et retenant, par contre, en surface, la nappe polluante, laquelle, sous l'effet du déplacement relatif de cet ensemble séparateur par rapport aux liquides, se concentre dans le fond de la poche, dont on a choisi convenablement l'ouverture ou l'écartement suivant les conditions du moment, (par exemple un angle d'ouverture du V compris entre 30 et 1700) .En effet, par suite de ce mouvement relatif, on produit un rassemblement progressif de la nappe au sommet du V ou dans le fond de la boucle du U.de l'espèce de vaste entonnoir horizontal plat ainsi créé, sommet oû l'on positionne -ou au voisinage duquel on positionne- un système collecteur tel qu'une ou plusieurs pompes aspirantes, situées à poste fixe si le sommet est situé sur ou très près de la terre ferme d'un rivage, ou bien, le plus souvent, lo gées sur un bateau qui emmagasine provisoirement la masse polluante concentrée, masse qu'il suffit, ensuite, une fois le bateau au port, de déverser ou d'enfouir en des lieux perdus, de brûler, de détrui- re chimiquement, ou miéux encore de récupérer en quasi-totalité. Le déplacement relatif dont il est question ci-dessus varie suivant le mouvement propre de la masse d'eau et de la masse surnageante : - ou bien, sous l'effet du courant local, de la marée du lieu, ou des vents régnants, les couches superficielles -sont mobiles et, dans ce cas, l'agent filtrant est fixe, tenu à cet effet, avantageusement à son sommet, par le bateau collecteur ancré et, surtout, aux extrémités libres de chaque branche de la poche par deux bateaux d'amarrage eux aussi ancres, - ou bien, au contraire, les couches en question sont immobiles ou presque (absence sensible de vent, de courant, de marée) et, dès lors, c'est tout l'ensemble flottant,agent filtrant plus bateau collecteur plus bateaux d'amarrage > quise déplace, de manière bien synchrone, pour aller au devant de la nappe "marée noire'. Ce sont là, bien entendu, des cas extrêmes et, pratiquement, il se présentera toutes les situations intermédiaires qui amèneront, en définitif, à mettre l'agent filtrant et ses éléments de positionnement ou de direction respectivement en immobilité ou en déplace- ment. Il peut arriver que, dans des situations très particulières, on soit amenéssans sortir du cadre de l'invention, à envelopper complètement la nappe polluante par l'agent de filtration et à transporter, à faible vitesse, la nappe ainsi prisonnière dans son filet plat, en un lieu plus favorable pour la puiser, après qu'on l'aura concentrée dans une de ses zones, par déplacement relatif suffisamment rapide par rapport à la surface de la mer de l'agent de filtration que l'on déploie alors quelque peu pour dégager en partie la nappe de l'enveloppe la ceinturant entièrement. L'invention peut être mise en oeuvre, non seulement en pleine mer, mais aussi au voisinage d'un rivage sur lequel peut se situer, à poste fixe, le point recueillement. Elle peut, d'une façon générale, être utilisée sur des lacs, de grands étangs, de vastes retenues d'eau, en un mot sur toute masse d'eau de quelque importance, mobile ou non par rapport au sol.On peut meme, à l'extrême, l'adapter sur un fleuve ou une rivière, on l'agent de filtration sera disposé en travers du cours d'eau, par exemple sous la forme d'un grand V horizontal, un bateau au point fixe, situé en aval de l'agent de filtration, pompant par exemple les parties de la nappe qui se rassemblent, en continu, dans l'angle du V, au fur et à mesure qu'on les en enlève, et celà jusqu a épuisement de la nappe polluante. Quoiqu'il en soit, le procédé selon l'invention peut être réalisé avec des éléments simples existants, il est facile à mettre en oeuvre (et à mettre hors de fonctionnement par le démontage des eleo ments constituants), il n'est pas coûteux, il permet de recueillir la quasi intégralité de la nappe polluante, il est "propre" vis à vis des faunes diverses et n'entraine aucune fatigue sérieuse pour le personnel, lequel ne requiert aucune formation ou constitution physique spéciale pour la pratique du procédé en question. On va décrire, dans le complément de description qui suit, certains modes de mise en oeuvre du procédé selon l'invention, en se référant au dessin- ci-annexé, qui montre schématiquement les moyens à utiliser pour cette mise en oeuvre,dans trois situations différentes, selon, en plan, les figures 1 à 3. Les figures 4 et 5, enfin, montrent, en coupe verticale, schématiquement, l'agent filtrant muni de ses organes flotteurs positionnés à la surface des liquides. En figure 1, on a représenté en 1 une nappe n de mazout issu d'une station off-shdre 2 située en pleine mer M et d'où il s'est échappé par suite d'une fuite dans la canalisation de pompage à l'air libre de cette station. Un courant d'environ quatre (4) noeuds à l'heure, aidé par un vent favorable, pousse cette nappe dans le sens de la direction f, mais laisse cependant la mer peu agitée. Le tonnage ainsi échappé représente un chiffre de l'ordre de quatre mille tonnes par jour (40QOt/jour), soit environ quatre mille cinq cents mètre cube par jour (4500 m3/jour), pour une densité de 0,9 dumazout. La viscosité de ce dernier est sensiblement de dix huit (18) centistokes à 150C. L'épaisseur de la nappe est d'un ordre de grandeur de cinq (5) centimètres.On admet qu'au bout de vingt quatre (24) heures, la fuite- sur la station est aveuglée et que la nappe a passé de la forme a représentée èn pointille et hachuresdans un sens; a celle b figuréè,en traits pleins, hachures dans l'autre sens,très approximativement par un cercle, dont le diamètre est alors de cent soixante dix mètres (170m) environ. Pour constituer l'agent filtrant, on a recours à un tissu 3, marque XXX, référence 13174, fabriqué et vendu par la Société SARTI, de Tarare (thane) France. I1 s'agit d'un tissu tridimensionnel, ho morène, en monofilaments polyester de diamètre 0,22 Millimetres, comportant quatre vingt filaments par centimètre (80 filaments/cm > en channe, quarante et un et demi (41,5) en trame, de poids égal à sept cent cinquante (750) grammes environ. Ce tissu la particula rité, lorsqu'employé comme tissu filtrant,de laisser passer l'eau et, au contraire, de s'opposer au passage du mazout tel que caractérisé plus haut (celà, à la température de 10 à 150C environ, température de la mer M au lieu de travail. Le tissu a une largeur de 1,00 mètres et une longueur de 1500 mètres. il est fixé, t-tiers-largeur, sur une face, à des flotteurs 4 (Cf. figure 4), cylindriques, en mousse polyuréthane,et est lesté, sur un coté, tous les dix (10) mètres, avec une charge 5 de plomb, de deux mille (2000) grammes. Ainsi agencé, un tel tissu est disposé verticalement sur sa longueur, à la surface de la mer M, comme le montre clairement la figure 4, avec approximativement le tiers supérieur hors d'eau, On a amarré les extrémités libres du tissu à deux bateaux 6 et 7 éloignés d'environ huit cent mètres (800m),que llon a placés symétriquement par rapport & l'axe central xy d'avancement de la nappe n et que l'on a ancrés au fond de la mer. Sous l'effet du courant de direction f, -la nappe n,en se déformant sur son front d'avancée, vient s'appliquer sur le tissu filtrant 3 qui s'est déployé en forme de U apparentée à un arc de chaînette, en jouant le rôle d'enveloppe pour le front de la nappe n en question.On a pris soin de disposer l'ensemble pour que les flotteurs 4 se trouvent du coté opposé du tissu 3 par rapport à la nappe n, comme le montre clairement les figures 1 et 4. En définitive, toute la partie antérieure de la nappe de mazout se trouve rassemblée dans le fond du U (Cf. figure 1) situé à environ quatre cent mètres (400m) de la ligne droite joignant les deux bateaux 6 et 7,et s'y trouve prisonnitre, puisque le tissu filtrant 3 constitue écran pour elle, alors qu'au dessous du niveau de la mer, l'eau passe librement à travers les mailles du tissu 3. On -a amené, au voisinage du sommet de la poche en U, et à l'extérieur de l'enveloppe constituée par le filtre-barrage 3, un bateau-pompe 8 que l'on a également ancré au fond de la mer. Une pompe aspirante est montée sur ce bateau et, par une canalisation 9 qui débouche peu au-dessous du niveau de la nappe polluante, elle aspire la partie de la nappe de mazout qui lui est proche, c'est-àdire celle qui se trouve dans le fond de la boucle*; ainsi recueillet-on toute la nappe, une partie aspirée étant remplacée par une partie qui, poussée par le courant, vient remplacer celle retirée. Une certaine quantité d'eau est normalement aspirée en même temps que te mazout, mais cela n'est pas gênant, car les deux liquides n'étant pas miscibles et présentant des densités différentes pourront, par la suite, être aisément séparés par décantation. Les liquides pompés sont recueillis et emmagasinés dans le bateau 9 qui rejoindra le port quand la nappe n sera épuisée (sinon, un autre bateau 8 viendra remplacer le précédent qui aura rempli ses soutes). A terre, on fera l'opération inverse : on vidangera chaque soute, après avoir, le cas échéant, décanté l'eau du mazout, et on donnera à ce dernier la destination désirée : récupération, enfouissement, combustion, etc. Bien entendu, il est aussi possible, si le besoin s'en fait sentir, d'avoir recours à divers bateaux-pompes 8 disposés simulta nément au voisinage du fond de la boucle en U et pompant ensemble dans la partie antérieure de la nappe, de même que plusieurs pompes peuvent être prévues sur un même bateau#puiseur 8. En figure 2, on est en présence d'une nappe 'de mazout, de forme vaguement circulaire, représentée en contours pointillés a', hachures dans le sens de l'écriture cursive ordinaire penôhée,et qui est répandue à la surface d'une mer M' calme (on sait qu'un corps huileux répandu sur la mer calme ceile-ci dans une certaine mesure). Cette nappe provient d'un navire transporteur qui s'est échoué sur un récif et le mazout possède une composition et des propriétés physiques tout à fait analogues à celles du mazout dont il est question à l'exemple 1. L'épaisseur de la nappe est d'environ quatre (4) centimètres ,son diamètre moyen de deux cents ('200) mè- tres. On a recours à un tissu filtrant 10 (figure 5 > semblable à celui utilisé dans l'exemple 1, mais portant la référence 13.171. Un tel tissu possède une structure très voisine de celle du tissu reférence 13.174, notamment au point de vue dimensions des mailles, mais présente des logements transversaux ménagés au tissage, dans lesquels on introduit, dans certains, à tiers-largeur, les organes flotteurs constitués par des plaques 11 de caoutchouc mousse, dans d'autres, sur toute la largeur, des éléments 12 "rigidifiant" transversalement le tissu. On a constitué ainsi un agent de filtration qui est auto-flotteur, grâce à ces plaques 10 assurant la flot stabilité. Les lests 13 donnent la tenue verticale des tissus en flot taison. Un tel tissu filtrant est mis en place verticalement à la surface de la mer, sur une longueur d'environ mille cinq cent (1500) mètres et est fixé, par ses bords libres, à deux bateaux remorqueurs 14 et 15, situés de part et d'autre, et à. égale distance, d'un axe xty' de symétrie approchée de la nappe n'. La distance séparant les deux bateaux 14 et 15 est de l'ordre de six cents (600 > mètres. On place un bateau pompe 16 sur l'axe x'y' et amarre à lui le tissu filtrant 10 à peut près en son milieu (ce qui correspond à une angle d'ouverture du tissu d'environ 400). Les bateaux 14,15 et 16 se mettent en route, de manière bien coordonnée, dans le sens de la flèche f', qui est une direction pa rallèle à l'axe xty'. Dans leurs premiers déplacements, les trois bateaux assurent la mise en forme du tissu filtrant, de préférence, comme indiqué sur la figure 2, la forme d'un grand V, dont le bateau 16 eccupe approximativement le sommet, les deux autres 14 et 15 les extrémités libres ( noter qu'aussi bien, le bateau-pompe 16 pourrait occuper le sommet même #du grand V et le tissu filtrant être en deux parties distinctes, chacune constituant une branche du grand V et étant attachée directement au bateau-pompe 16 : position représentée en pointillé à la partie inférieure de la figure 2). Lorsque la mise en forme en grand V est bien assurée, les trois bateaux se mettent en route parallèlement et dans le même sens que f' avec une même vitesse de trois (3) noeuds à l'heure, en déplaçant, dans une translation parallèle, le tissu filtrant 10. I1 arrive un moment on ce tissu filtrant vient, par l'une et l'autre de ses deux branches, au contact de la nappe n'. Poursuivant son avance, le tissu déforme cette nappe jusqu'à lui donner la même forme que lui en l'enveloppant (position avec contours en traits pleins, hachures dans le sens de l'écriture cursive renversée). Les bateaux poursuivant leur mouvement, la nappe n' se concentre dans le fond de la poche formée par la pointe du grand V et y augmente donc d'épaisseur puisqu'elle est prisonnière en cet endroit, ne pouvant s1 échapper à travers le tissu 10 qui constitue écran pour elle, et s'y trouve rassemblée.Quand l'épaisseur de la nappe n' est jugée suffisante, par exemple est de Tordre de six (6) à huit (8) centimètres et plus, le bateau-pompe 16, par sa canalisation 17 qui débouche légèrement au-dessous du niveau de la mer, aspire la partie de la nappe qui se trouve dans la pointe du grand V, partie qui se renouvelle sans cesse, du fait de l'avancement constant des trois bateaux.On fait fonctionner la pompe à son rendement optimum et règle la vitesse des trois bateaux 14,15 et 16 de manière qùe 1 'épaisseur de la nappe dans le fond du grand V reste sensiblement constante à quatre (4) centimètres en moyenne. I1 arrive finalement un moment où la nappe a été toute entière captée, absorbee de la surface de la mer et emmagasinée dans les soutes du bateau-pompe 16. Présentement, l'#nnble de ces opérations a demandé une dizaine d'heures. La suite des opérations intervient comme il est exposé dans l'exemple 1. il est évident que différents facteurs peuvent intervenir en cours de manoeuvre qui amènent à modifier celle-ci tel qu'il v & nt d'être indiqué. Par exemple, rencontre avec un courant dérivant ou intervention d'un fort vent provoquant un déplacement de la nappe. Il est clair que les navires adapteront leurs mouvements à ces cir constances. De même, au fur et à mesure que la nappe s'épuisera, les bateaux pourront être amenés à effectuer un certain rapprochement entre eux ( fermer l'angle du grand V,par exemple), pour mieux concentrer à la pointe de la poche# le liquide surnageant, etc. il doit être mentionné également #que si le diamètre ou le front de la nappe étaient d'une dimension transversale D telle qu'il dépasse largement la plus grande ouverture pratique possible 0 de la poche constituée par le tissu filtrant (figure 3), on accouplerait transversalement plusieurs groupes de bateaux de pointe et de ba teaux-pompe pour "embrasser11 le front de la nappe dans toute sa dimension D. Semblablement, en cas de suralimentation de la nappe, les navires de pointe 14 et 15 pourraient-ils s'écarter ltun de l'autre pour ouvrir le V et , de pair avec le bateau-pompe 16 , réduire leur vitesse, afin de faire face à une plus grande masse de liquide à capter, rassembler et puiser, celà indépendamment d'une augmentation de la vitesse de pompage pour le bateau 16. R E V E N D i C A T -I- o N S 1/ Procédé pour séparer, sur un lieu de recueillement, situé sensiblement à son niveau, une nappe d'un liquide qui recouvre en partie la surface -d'une masse d'un autre liquide, les deux liquides, non miscibles, se trouvant, superficiellement, tous deux ensemble, en déplacement horizontal relatif sensiblement rectiligne suivant une direction principale, vers ledit lieu de recueillement situé sur le trajet de ladite nappe, 'cara;;ctéris'é p-ar-le- fait - que, de manière continue, au cours de ce déplacement, on concentre progressivement la nappe dans une de ses zones proche dudit lieu de recueillement, - et que, ce faisant, et de manière continue aussi, on puise à distance, de ce lieu de recueillement, dans ladite zone, les parties concentrées de la nappe au fur et à mesure qu'elles se forment. 2/ Procédé selon la revendication 1, caractérisé- par le fait : - qu'on dispose, transversalement aux surfaces des susdites nappe n et n' et masse liquide M,M', et flottant sur ces surfaces, obliquement par rapport à la susdite direction principale f, f', sous forme de poche avec concavité tournée du cte de ladite nappe, au moins un moyen de filtration l'état d'au moins une bande souple 3 présentant des orifices de passage dimensionnes de manière -telle qu'ils laissent passer le liquide sous-jacent, mais ne le permettent pas pour le liquide de la nappe, le moyen de filtration étant avantageusement situé entre la nappe et le leu de recueillement 8,16. - que, de manière continue également, on fait se déplacer horizontalement l'un vers l'autre, suivant la direction f', le moyen de filtration et/ou ladite nappe . tout d'abord, jusqu' ce qu'ils viennent en contact l'un avec l'autre, . ensuite, jusqu'S ce que l'agent filtrant déforme la nappe pour l'envelopper progressivement, en partie du moins, ce qui entraîne une concentration elle aussi progressive de la nappe dans le fond de la susdite poche, - qu'enfin, ce faisant, et de manière continue, on puise à distance, en surface, au fur et à mesure qu'elles se forment, les parties de la nappe concentrées en ce fond. 3/ Procédé selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisé par le fait que la masse de liquide est l'eau de mer. 4/ Procédé selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé par le fait que la nappe est essentiellement constituée par des hydrocarbures pour-combustib1es#. 5/ Procédé selon la revendication 2, caractérisé par le fait qu'on fait effectuer à l'agent filtrant une translation dans le sens opposé à celui de la susdite direction principale f. 6/ Procédé selon la revendication 5, caractérisé par le faite qu'on hàle l'agent filtrant à l'aide de deux bateaux liés aux extré- mités libres de la poche, tandis qu'un troisième bateau, lié au sommet de la poche#, constitue lieu de recueillement, par son aptitude à puiser, par aspiration, les parties concentrées de la nappe rassemblées dans le fond de la boucle et à les emmagasiner à bord. 7/ Procédé selon la revendication 6, caractérisé par le fait que le troisieme bateau occupe le sommet de la poche. 8/ Procédé selon la revendication 32 caractérisé par le fait que l'agent filtrant est fixe par rapport au fond de la mer. 9/ Procédé selon la revendication 2, caractérisé par le fait le moyen de filtration est constitué par un tissu à trois dimensions. 10/ Procédé selon la revendication 9, caractérisé. par le fait que le tissu à trois dimensions est un tissu à channes décalées et trames superposées, en monofilaments synthétiques. 11/ Procédé selon la revendication 2, caractérisé par le fait que la forme de la poche# affecte approximativement celle d'un V. 12/ Procédé selon la revendication 2, caractérisé par le fait que la forme de la poche affecte approximativement celle d'un U. 13/ Procédé selon la revendication 2, caractérisé par le fait que l'agent filtrant est solidaire de flotteurs 4 positionnés aux environs de son tiers supérieur. 14/ Procédé selon la revendication 13, caractérisé par le fait que les flotteurs sont incorporés aux environs du tiers supérieur de l'agent filtrant dans l'épaisseur de ce dernier, par insertion de ces flotteurs dans des logements ménagés dans cet agent filtrant lors de sa fabrication. 15/ Procédé selon la revendication 10,##caractérisé par le fait que l'agent filtrant comporte transversalement des éléments 10 lui donnant de la rigidité. 16/ Procédé selon la revendication 11, caractérisé par le fait que l'agent filtrant comporte un lest 5,13, à la base de sa partie immergée.