La présente invention concerne la fabrication des graisses et, plus précisément,un procédé de transformation des graisses animales en graisses alimentaires plastiques. Les graisses animales naturelles (lard, suif ou graisse de boeuf, graisses d'os et autres) présentent des particularités spécifiques qui en compromettent sensiblement la valeur d'usage. Parmi ces particularités il convient de citer l'odeur sui generis parfois désagréable, le gout de graisse, le point de fusion élevé, la consistance insuffisante, la tendance au rancissement rapide, les variations considérables des caractéristiques physiques et chimiques telles que le point de fusion, la dureté, etc., que l'on observe parfois pour un même type de graisse animale. L'odeur spécifique d'une graisse animale dépend du genre d'animal, de sa ration alimentaire, ainsi que de son degré de rancissement. Par traitement à la vapeur d'eau vive sous vide (désodorisation), on arrive à éliminer les impuretés volatiles qui confèrent à la graisse animale son odeur sui generis. Toutefois, au cours de l'utilisation ultérieure d'une graisse désodorisée, on observe une réversion rapide de son odeur sui generis, qui nuit aux qualités du produit dans lequel la graisse animale est utilisée.La réversion de l'odeur stexpli- que par l'oxydation facile de l'acide linolénique, de l'acide arachidonique et d'autres acides gras contenant plusieurs liaisons doubles par molécule et qui sont présents dans les triglycérides des acides gras en quantités modérés (Jusqu'a' 3%). En cas d'une oxydation plus poussée des graisses animales conservées à l'air, elles acquièrent l'odeur et la saveur typiques des graisses rances. La saveur de graisse, la consistance insuffisante et le haut point de fusion des graisses animales sont dus à leur composition en acides gras et en triglycérides. A titre de comparaison, les tableaux t et 2 indiquent les compositions en acides gras (tableau I) et en triglycérides (tableau 2) des échantillons de lard, d'huiLe de tournesol et d'huile de tournesol sélectivement hydrogénée (huile "durcie".) que l'on utilise dans la production de la margarine. Tableau 1 Composition des échantillons en Acides gras acides gras. % Lard Huile Huile de hydrogénée tournesol Acide linolénique et autres acides à plusieurs doubles liaisons par molécule 0,8 0t0 O,o Aeide linoléique 7,9 6,9 72,1 Acide oléique et autres acides mono-oléfiniques 45,4 79,3 18,1 Acide palmitique et autres acides saturés 45,9 13,8 9,8 Tableau 2 Composition des échantillons en triglycérides, Groupes de triglyce'rides triglycérides r Lard Huile hydrogénée Trois restesd'acides saturés 9,8 0,8 Deux restes d'acides satures, non symetriques 37,5 6,4 Deux restes d'acides saturés symétriques 2,0 3,6 Un reste d'acide saturé, non symétrique 7,5 26,7 Un reste d'acide saturé, symétrique 36,0 12,t Trots restes d'acides non saturés 7,2 50,4 Comme le montre le tableau 1, le lard contient environ 46% d'acides gras saturés de haute masse moléculaire, ces acides étant présents essentiellement sous forme de triglycérides à trois restes d'acides saturés et à deux restes d'acides saturés (tableau 2) ayant un point de fusion élevé (43 à 71 0C). C'est Justement la présence de ces proportions considérables de triglycérides à point de fusion élevé qui confere un goût de graisse et une consistante hétérogène au lard et à d'autres graisses animales. Enfin, un défaut tout aussi grave des graisses animales dont il a été question plus haut est l'instabilité de leurs caractéristiques physiques et chimiques. Ces caractéristiques sont indiquées dans le tableau 3. Tableau 3. Dénomination N de l'échantillon Point de Dureté, de la graisse fusion, gf/cx 0C lard (graisse Lard (graisse de pnrc) t 29,0 16 2 29,8 34 3 37,5 180 4 40,0 177 Suif (graisse de boeuf) t 42,5 230 2 44,0 350 3 47,0 690 4 48,4 770 Graisse d'os 1 36,3 68 2 37,4 86 Il est évident qu'une m8me graisse, comme par exemple le lard, peut avoir des points de fusion et des duretés différentes.Il existe d'autre part, pour lesdifférentit graisses animales, des rapport différents entre le point de fusion et la duret. On conçoit donc que, même abstraction faite des autres inconvénients des graisses animales, l'utilisation des graisses animales à titre de constituants d'un produit gras soit extrêmement difficile à cause de l'inconstance de leurs caractéristiques physiques et chimiques.Cette conclusion s'explique par les résultats résumés dans le tableau 4, qui se rapportent à des mélanges de différentes graisses animales et d'une méme huile de tournesol sélectivement hydrogénée (huile "durcie). Comme le montre le tableau 4, le mélange Tableau 4 Caractéristiques des mélanges de graisses animales Teneur du mélange en graisse animale, s avec l'huile 0 5 10 15 20 40 hydrogénée 1. Lard, Point de fusion 28,9 C, dureté 13 gf/cm Point de fusion 32,6 33,3 32,9 32,3 31,0 29,3 Dureté, gf/cm 220 199 193 59 165 116 2. Lard (graisse de porc). Point de fusion 40,00C, Dureté 230gf/cm Point de fusion, OC 32,6 33,3 33,4 33,9 34,1 35,9 Dureté, gf/cm 220 240 230 236 257 266 3. Suif (graisse de boeuf).Point de fusion 44,tOC, dureté 27Ogf/cm Point de fusion, OC 32,6 33,9 34,4 34,6 35,5 37,7 Dureté, gtVni- 220 203 205 209 215 219 4. Suif (graisse de boeuf). Point de fusion 47,00C,dureté 690gf/cm Point de fusion, OC 32,6 34,6 35,6 38,2 37,0 42,0 Dureté, gf/cm 220 244 265 297 301 418 des graisses animales avec des huiles hydrogénées ne permet pas d'obtenir un produit final doué de caractéristiques définies, étant donné que le point de fusion et la dureté des mélanges sont fonctions aussi bien des rapports entre la graisse animale et l'huile hydrogénée que des caracteristiques de la graisse animale proprement dite.Il s'ensuit que dans les conditions de fabrication industrielle, quand on cherche à obtenir un produit final ayant des propriétés relativement constantes, il faudrait chaque fois modifier la formule du mélange aussitôt que les caractéristiques de la graisse animale varient. En outre, le mélange d'une graisse animale à haut point de fusion, de dureté insuffisante, avec une huile végétale hydrogénée (ou n'importe quelle autre graisse ou huile), n'aboutit pas à un produit exempt d'odeur sui generis ou de goat de graisse animale et présentant le rapport nécessaire entre le point de fusion et la dureté. En effet, comme l'indique le tableau 4, la préparation d'un tel mélange n'est pas accompagnée d'une élévation proportionnelle du point de fusion et de la dureté du produit fini, car la dureté augmente beaucoup moins vite que le point de fusion.Ce phénomène s'explique par le fait que la formation du mélange ne modifie pas la composition de la graisse animale en triglycérides et, pour cette raison, lorsque la teneur du mélange en graisse animale est suffisamment-élevée, les triglycérides à deux et trois restes d'acides saturés exercent une influence néfaste sur la consistance du produit. Ainsi, pour obtenir, à base d'une graisse animale, une graisse alimentaire plastique exempte d'odeur sui generis et de saveur de graisse, et présentant en outre le point de fusion requis (de 31 à 370) et la dureté requise (respectivement de 160 à 400 g/cm), il faut a) éliminer de la graisse animale les acides gras à plusieurs liaisons doubles par molécule, responsables de son odeur et son aptitude au rancissement b) réaliser la restructuration moléculaire de la graisse animale mélangée à d'autres graisses ou huiles, afin d'obtenir une distribution plus régulière des acides gras dans les triglycérides et, par conséquent, l'amélioration de sa plasticité et la disparition de son goût de graisse. Le procédé connu d'épuration-raffinage par hydrogénation des graisses animales, ayant pour but de les débarraser de menues quantités d'acides gras à plusieurs liaisons doubles 4tells que l'acide linolénique, etc.), consiste à traiter une graisse animale sous une pression élevée d'hydrogène, notamment de 5 à 10 atm, et sous des températures élevées, de 200 à 2300C, en présence de catalyseurs au cuivre-chrome. Un tel traitement conduit à une transformation presque complète de l'acide linolénique et autres acides à plusieurs liaisons doubles en acides linoléique, oléique et stéarique, grtce à quoi la graisse animale perd son odeur sui generis et devient beaucoup plus résistante à l'action oxydante du milieu.Toutefois, cela s'accompagne d'une isomérisation trans indésirable de l'acide oléique de la graisse animale, avec formation d'isomères indésirables de l'acide linolénique de la graisse animale (dièhes conjugués). Au total, ces réactions d'isomérisation des acides non saturés nuisent quelque peu à la valeur biologique de-la graisse animale, étant donné que son point de fusion reste inchangé (ne baisse pas), alors que son goût de graisse demeure. Parmi les autres inconvénients de ce procédé il faut noter la nécessité d'un raffinage extrêmement soigné de la graisse animale avant et après son traitement catalytique. Le raffinage préalable est indispensable pour éliminer de la graisse animale les acides gras libres qui réagissent facilement avec le catalyseur au cuivre-chrome en formant des savons cuivriques. Le raffinage définitif est indispensable car, dans tous les cas, la graisse, après le traitement catalytique, contient du cuivre sous forme de savon ou de particules colloIdales, ce quiet inadmissible à cause des propriétés spécifiques du cuivre qui est un promoteur de l'oxydation des graisses. Il convient de noter que l'élimination du cuivre n'est réalisée que par un raffinage spécial de la graisse au moyen de solutions d'agents de complexation. Ensuite on mélange les graisses animales, traitées par le procédé précité, avec des huiles et des graisses spécialement sélectionnées, et on les soumet ensuite à une transestérification en présence de catalyseurs alcalins tels que le méthylate de sodium, ltéthylate de sodium, le sodium métallique, etc. On obtient par trans-estérification une restructuration moléculaire du mélange de graisses, le gout de graisse disparatt, le point de fusion baisse et la plasticité du produit final s'améliore. Toutefois, un tel procédé de trans-estérification sur des catalyseurs alcalins est entaché de certains inconvénients. Tout d'abord, il est indispensable de libérer au maximum la graisse animale ou le mélange de graisses et d'huiles (si l'on pratique le mélange préalable) des acides gras libres et de l'humidité, afin d'éviter des pertes sensibles de graisses au cours de la trans-estérification et une forte consommation d'un catalyseur onéreux. Ensuite, il faut effectuer la transestérification de façon telle que la restructuration moléculaire n'aboutisse pas à une distribution statistique des acides gras parmi les triglycérides. Cela est indispensable, car en cas de distribution statistique des acides gras, la dureté du produit final resterait toujours minimale, alors que le point de fusion baisserait insensiblement.En pratique, ladite transestérification partielle en présence de catalyseurs alcalins est irréalisable, aussi la graisse trans-estérifiée plastique présente-t-elle un point de fusion trop élevé et une dureté insuffisante. Ou compense cet inconvénient de la graisse trans-estérifiée en la mélangeant avec une huile végétale durcie non trans-estérifiée (naturelle ou hydrogénée) pour obtenir finalement un mélange gras de caractéristiques requises. Le schéma technologique généralement adopté et qui vient d'être décrit pour la transformation des graisses animales en graisse alimentaire plastique présente des inconvénients sérieux il se.compose d'étapes multiples (l'hydrogénation et la trans-estérification se réalisent sous forme d d'opérations isolées);; il est compliqué au point de vue technologie (il utilise en effet deux catalyseurs spécifiques pour la réalisation séparée de l'hydrogénation sélective de la graisse animale et de la trans-estérification subséquente) il impose des conditions sévères au raffinage préalable ainsi qu'au raffinage intermédiaire des graisses et des huiles il oblige à choisir les constituants du mélange gras formant le produit final tel que la graisse plastique, en fonction des caractéristiques de la graisse animale et de la graisse trans-estérifiée. On connart déjà une tentative d'améliorer la technologie de transformation des graisses animales d'après le brevet espagnol N0 193123 (1951). Ce procddé consiste à traiter un mélange d'huile végétale et de graisse animale par l'hydrogène sous une pression de 10 kgf/cmt et à la température de 25O0C en présence d'un catalyseur au nickel et de 2 8 5% de méthylate ou d'éthylate de sodium. Ce même brevet prévoit l'utilisation, au lieu de'méthylate ou d'éthylate de sodium, de l'étain ou de zinc qu'on introduit à raison de 2 à 5% de la masse du mélange d'huile et de graisse. La vérification du procédé d'après le brevet espagnol No 193123 a montré que, tout d'abord, le mélange du catalyseur au nickel avec le ;aéthylate ou l'éthylate de sodium et l'hydrogénation subséquente dans les conditions indiquées conduisent à un empoisonnement très rapide et complet du catalyseur au nickel, à la dégradation complète du méthylate ou de ltéthylate et à une forte dégradation (saponification) du mélange d'huile et de graisse. Pratiquement, cette version du procédé du brevet espagnol ne permet pas d'obtenir une graisse alimentaire plastique. En second lieu, si l'on remplace le méthylate 4U su l'éthylate de sodium par l'étain ou le zinc, mdme dans les proportions aussi élevées que celles qui sont indiquées dans le brevet, la trans-estérification ntintervient pratiquement pas, alors que, de pair avec l'huile, c'est la graisse animale qui subit une hydrogénation poussée. Il s'ensuit que le produit final présente un point de fusion élevé et a un goût de graisse. Il est essentiel de noter également qu'à cause des difficultés de l'élimination subséquente du zinc et surtout de l'étain, ce produit ne peut entre admis pour des usages alimentaires. Le but de la présente invention consiste à éliminer les inconvénients indiqués du procédé connu de transformation des graisses animales alimentaires. On s'est donc proposé d'élaborer un procédé de préparation d'une graisse alimentaire plastique à partir de graisses animales alimentaires, permettant de réaliser simultanément l'hydrogénation sélective des acides gras à plusieurs liaisons doubles de la graisse animale et Sa trans-estérification partielle avec une huile végétale sélectivement hydrogénée en présence d'un catalyseur hétérogène unique. La solution au problème ainsi posé consiste à transformer les graisses animales en graisses alimentaires plastiques en les mélangeant avec une huile végétale et en les traitant ensuite par l'hydrogène sur un catalyseur au nickel, procédé qui, suivant l'invention, est caractérisé en ce qu'on mélange la graisse animale alimentaire fondue avec une huile végétale alimentaire fortement non saturée dans des proportions telles qu'à une partie de graisse animale corresponde de 0,4 à 9 parties de ladite huile, et en ce qu'on soumet à l'hydrogénation le mélange obtenu à une température de 180 à 2200C, sous une pression manométrique d'hydrogène ne dépassant pas 2 kgf/cm2 et à une activité du catalyseur ne dépassant pas 350C ; dans lesdites conditions il se déroule essentiellement l'hydrogénation sélective des acides gras à plusieurs liaisons doubles par molécule de la graisse animale; l'hydrogénation sélective des acides gras fortement non saturés de l'huile végétale et une trans-estérification partielle de la graisse animale avec cette huile. Par "huile végétale fortement non saturée" on entend ici n'importe quelle huile végétale ou n'importe quel mélange d'huiles végétales contenant au moins 30% d'acide linolénique et au plus 30 d'acides gras saturés. Par "acides gras à plusieurs liaisons doubles par molécule" on entend les acides gras portant trois liaisons doubles ou davantage en channe carbonée. On désigne par acides gras fortement non saturés tous les acides gras portant plus d'une liaison double en chaine carbonée. Si l'ôn cherche à obtenir une graisse plastique à bas point de fusion (de 31 à 3300), on peut utiliser n'importe quelle graisse animale alimentaire ou un mélange de graisses animales correspondantes dont le point de fusion (de la graisse individuelle ou du mélange de graisse) ne doit pas dépasser 43 C. Dans ce cas on sélectionne le rapport entre la graisse animale et 1 'huile végétale de façon que le point de fusion de ce mélange ne dépasse pas le point de fusion requis du produit final qu'est la graisse plastique. C'est ainsi que pour obtenir une graisse plastique d'un point de fusion de 32+10C il est souhaitable que le point de fusion du mélange initial de graisse animale avec l'huile végétale soit compris entre 15 et 300C. Pour obtenir une graisse plastique avec un point de fusion de 320 10C et avec une teneur en isomères trans des acides gras à une seule liaison double (mono-oléfiniqu.s) ne dépassant pas 45%, il est souhaitable qu'à 1 partie de graisse animale correspondent 1 à 3 parties d'huile végétale. On entend par le terme "partie", qui exprime les proportions des constituants, aussi bien les parties pondérales que les parties volumiques des constituants dans lefimélange. En d'autres mots, le dosage des constituants du mélange peut être contrôlé aussi bien par des procédés pondéraux que par des procédés volumiques. Suivant l'invention, il est indispensable d'effectuer l'hydrogénation sur un catalyseur au nickel dont l'activité n'est pas supérieure à 35 C. On classe avec les catalyseurs au nickel les catalyseurs pulvérulents dont le constituant actif est le nickel, par exemple le nickel obtenu à partir de formiate ou de carbonate de nickel ; le nickel déposé sur le kieselguhr ou d'autres supports utilisés dans les réactions catalysées par les acides ou par les bases ; le nickel activé par le cuivre ainsi que d'autres catalyseurs au nickel activés par des métaux, à l'exclusion du plomb, de l'étain, du zinc et des métaux ou des non-métaux dont la présence dans les produits alimentaires est inadmissible. Il est recommandé que l'activité du catalyseur utilisé d'après la présente invention soit comprise entre 20 et jOOC. On détermine l'activité des catalyseurs par un procédé adopté dans l'industrie des corps gras qui consiste à déterminer la température de fusion de 50 g d'huile de tournesol hydrogénée pendant 60 mn à 2200C sous la pression normale, à une vitesse de barbotage dthydrogène à travers la couche d'huile de 3 l/mn, en présence de 0,15* de catalyseur calculé par rapport au nickel métallique. Pour obtenir un catalyseur présentant ladite activité, il suffid'utiliser plusieurs fois l'un quelconque des catalyseurs au nickel employés dans l'industrie des corps gras, dans un procédé ordinaire d'hydrogénation des huiles et graisses raffinées. D'après l'invention on conduit les opérations avec des matières premières dont la concentration en nickel est celle adoptée pour l'hydrogénation sélective des huiles végétales alimentaires (0,08 à 0,25fui) et déterminée d'après l'activité du catalyseur, de la température du procédé, de la pression d'hydrogène, du point de fusion de la graisse animale et du point de fusion du mélange de graisse animale et d'huile végétale. En observant les conditions énoncées on obtient une graisse plastique hydrotransestérifiée pour laquelle on ne décèle plus les caractéristiques spécifiques de la graisse animale de départ. il n'est pas recommandé d'abaisser la température des opérations au-dessous de 1800C, sous peine d'aboutir à un ralentissement marqué de la transestérification sur les catalyseurs au nickel. Ene élévation de la température du procédé au-dessus de 2200C n'est pas souhaitable à cause de l'accélération des réactions parasites de dégradation thermique d'hydrolyse et de polymérisation des huiles et des graisses. La pression d'hydrogène, comme on l'a indiqué, ne doit pas dépasser 2 kgf/cm2. il est recommandé qu'elle soit maintenue entre 0,1 et 1,0 kgf/cm2, ce qui garantit, entre la vitesse d'hydrogénation et la vitesse de transestérification, un rapport pour lequel, au moment de l'obtention de la graisse plastique à point de fusion imposé, le taux de transestérification de la graisse animale est voisin de l'unité. On entend ici par taux de transestérification le rapport de la concentration en acide palmitique en (position) 2 des triglycérides du mélange graisse-hui:le à la concentration en acide palmitique de ce même mélange. Sous une pression d'hydrogène supérieure à 2 kgf/cm2 la sélectivité d'hydrogénation baisse, alors que la vitesse globale d'hydrogénation dépasse sensiblement la vitesse de transestérification. Au total, l'élévation de pression nuit à la consistance et au goQt du produit final. L'utilisation de catalyseurs d'une activité supérieure à 350C exerce la m8me influence sur la marche du procédé et la qualité du produit fini que l'élévation de la pression d'hydrogène. La vitesse de la réaction-est fonction dudit rapport entre les constituants, de la température, de la pression, de la quantité et de l'activité du catalyseur. L'invention permet d'obtenir à partir des graisses animales et des huiles végétales des graisses alimentaires plastiques d'un point de fusion de 29 à 400C et d'une dureté de 130 à 400 g/cm n'ayant pas d'odeur sui generis, ni de goût de graisse animale, stables au cours des transformations ultérieures et aptes à l'utilisation dans la production de margarine, de graisses culinaires (shortings) et de produits gras spéciaux (pour la boulangerie, la patisserie, la fabrication de concentres alimentaires, etc.) Parmi les graisses obtenues par le procédé suivant l'invention, ce sont les graisses plastiques d'un point de fusion de 32+ 1 C, utilisées essentiellement pour la production de la margarine, qui présentent le plus dtintérêt. L'invention permet de transformer les graisses animales avec les huiles végétales dans un procédé d'hydrotransestérification en une seule itape qui aboutit simultanément a) à l'hydrogénation des acides gras à plusieurs liaisons doubles par molécule de la graisse animale, entraSnatt la disparition de l'odeur spécifique des graisses animales et excluant sa r rrsion b) à l'hydrogénation sélective des acides gras fortement non saturés de l'huile végétale, ce qui permet d'atteindre le point de fusion et la dureté du produit fini dénommé graisse plastique alimentaire ; c) à une trans-estérification partielle de la graisse animale et de l'huile végétale, excluant le goût de graisse du produit final et en élevant l'homogénéité et la plasticité. Suivant l'invention, on dissout la graisse animale dans une huile fortement non saturée. Il s'ensuit qu'étant donné la combinaison des autres conditions prévues par la présente invention, il ne se produit pratiquement qu'une hydrogénation des acides à plusieurs liaisons doubles par molécule, dont la teneur dans les graisses animales est faible et ne dépasse pas 3%, ce qui est suffisant pour faire disparaître l'odeur su generis de la graisse, exclure la réversion éventuelle de cette odeur, conserver pratiquement invariable le point de fusion de la graisse animale tout en assurant la stabilité de la graisse animale vis-à-vis de l'action oxydante du milieu (c'est-à-dire de l'air). Simultanément intervient, dans les conditions indiquées, l'hydrogénation sélective des acides gras fortement non saturés de l;'-huile végétale, ce qui permet d'aboutir au taux de durcissement nécessaire du produit fini. De pair avec les réactions indiquées, on observe, sous les conditions de mise en oeuvre des opérations suivant l'invention, une trans-estérification partielle de la graisse animale et de l'huile végétale, ce qui conduit à une meilleure homogénéité et plasticité du produit fini, et à la disparition dans ce produit, du goût de graisse animale. Un avantage sérieux du procédé suivant l'invention est que toutes les transformations chimiques précitées sty déroulent en présence d'un seul catalyseur, qui est d'ailleurs largement disponible et réutilisable dans des opérations multiples. Un autre avantage de l'invention est la possibilité d'obtenir des graisses alimentaires plastiques ayant un point de fusion et une dureté imposés, indépendamment du point de fusion et de la dureté de la graisse animale de départ. il suffit à cet effet de mélanger une graisse animale avec une huile fortement non saturée dans des proportions telles que le point du fusion du mélange initial soit inférieur au point de fusion du produit final et d'effectuer ensuite l'hydrogénation et la trans-estérification combinées dans un processus unique suivant l'invention. Un avantage du procédé suivant l'invention est la possibilité de transformer des graisses alimentaires animales non seulement de qualité extra, mais aussi de qualités inférieures, notamment des graisses qui présentent l'odeur spécifique des aliments du bétail ainsi qu'une coloration spécifique Le procédé en question n'exige pas de raffinage préalable poussé desdites graisses. Un autre avantage, tout aussi importante de l'invention est la possibilité d'obtenir une graisse alimentaire plastique d'un point de fusion de 32+ t C et d'une dureté non inférieure à 160 g/cm, allant de pair avec une teneur réduite en acides gras mono-oléfiniques trans (45 au maximum), indésirables au point de vue biologique, ce à quoi l'on parvient par un taux relativement bas d'hydrogénation de l'huile végétale et par un taux inférieur d'isomérisation catalytique de l'acide oléique de la graisse animale. L'invention permet de réaliser un processus mixte dthydrogénation et de trans-estérification (processus d'hydro- trans-estérification) dans les conditions industrielles, aussi bien en continu qtx'en discontinu. Pratiquementb on applique le procédé de transformation des graisses animales en graisse alimentaire plastique en opérant de la manière suivante et en utilisant le matériel standard des établissements de l'industrie des corps gras. Ch admet un mélange homogène (une solution) préalablement préparée de graisse animale et d'huile végétale, dont la qualité répond à celle des produits alimentaires, à une vitesse de 5 à 8 tonnes par heure en continu dans un premier réacteur d'une unité à marche continue comprenant par exemple trois réacteurs d'une capacité utile unitaire de 6 m3, munis d'agitateurs à turbine ou autres, de dispositifs de barbotage d'hydrogène, d'échangeurs de chaleur intérieurs ou extérieurs, ainsi que d'instruments de contrôle et de mesure standard. Simultanément on admet en continu dans ce premier réacteur de l'unité, à partir d'une capacité séparée, une suspension homogène de catalyseurs au nickel finement dispersés dans le mélange initial de graisse animale et d'huile. Ou maintient la concentration en catalyseur de la suspension, calculée par rapport au nickel, entre 1 et 5% en poids. La quantité de suspension du catalyseur admise dans le réacteur doit être telle que la concentration en nickel des produits hydrogénés soit maintenue constante, entre 0,08 et 0,4% en poids.Au cours de l'hydrogénation continue, la pression dans les réacteurs de l'unité est maintenue entre 0,1 à 2 kgf/cm2 par barbotte d'hydrogène et sa circulation dans le circuit à une vitesse de 500 à 1000 m3/h. On contrôle la fin des réactions d'hydrogénation 'hydro-transestérification) en mesurant le point de fusion, l'indice de réfraction et la dureté du produit sortant du dernier réacteur de l'unité.On maintient la température dans les réacteurs de l'unité à 200+20 C. On refroidit la graisse sortant du dernier réacteur de l'unité, et qui contient 0,08 à 0,4* de nickel, jusqu'à une température d'environ 1000C en faisant passer en continu la graisse par des échangeurs de chaleur, et on filtre ensuite en continu la graisse refroidie sur les filtres-presses horizontales ou verticales du type "Niagara", etc. Ou soumet ensuite la graisse filtrée à une neutralisation alcaline, au lavage et séchage sur une unité de raffinage du type discontinu ou continu (notamment sur des centrifugeurs "De Lavas"), ainsi qu'à une désodorisation discontinue ou continue sur des unités ordinaires (notamment du type de "de Smeet") et en régimes ordinaires des procédés de raffinage et de désodorisation. On peut effectuer également l'hydrogénation (l'hydrotrans-estérification) des mélanges de graisses animales et d'huiles végétales, aux régimes indiqués dans ce qui précède, dans des réacteurs d'hydrogénation de construction analogue, à marche discontinue. Dans ce cas, on charge un mélange homogène de graisse animale et d'huile végétale dans un réacteur à marche discontinue, notamment de la société "Blaw-Knox", et, en faisant barboter l'hydrogène et en agitant, on le porte à i70-180 O ; ensuite on admet dans ce méme réacteur une suste-lsion de catalyseur en quantité indiquée plus halt et d'activité requisse. Aux températures et sous pressions d'hydrogène indiquées dans l'invention, on conduit pendant 1 à 3 heures lthydrotrans-estérification en contrôlant la marche des opérations d'après l'indice de réfraction, la dureté et le point de fusion de la graisse. On arrête-les opérations aussitôt après que les caractéristiques requises de la graisse alimentaire plastique ont été acquises. Ensuite on refroidit et on filtre la graisse obtenue, on la soumet au raffinage et à la désodorisation comme indiqué plus haut. D'autres caractéristiques et avantages du procédé d'hydrogénation sélective et de trans-estérification partielle des mélanges de graisses animales et d'huiles végétales suivant l'invention seront mieux compris à la lecture-de la description, qui va suivre, de plusieurs exemples de réalisation, les exemples 8 à 10 étant donnés à titre de comparaison. EXEMPTE 1. Dans un appareil muni d'un agitateur, on mélange du lard (graisse de porc) de première qualité, d'un point de fusion de 28,50C, d'un indice d'acidité de 0,6 mg de KOH, avec de l'huile de tournesol d'un indice d'acidité de 0,2 mg de KOH. On prend pour 1 partie en poids de lard (graisse de porc) 1 partie en poids d'huile de tournesol et on obtient un mélange ayant un indice d'acidité de 0,4 mg de KOH, un point de fusion de 240C et une dureté de O g/cm. La composition du mélange en acides gras est représentée par les résultats suivantes~:: acide linolénique et autres acides non saturés à plusieurs doubles liaisons par molécules 0,3%, acide linoléique 38,9*, acide oléique et autres acides oléfiniques 3,I%, acide palmitique 1327%, autres acides saturés 8,0. On place 6 tonnes dudit mélange dans un réacteur d'hydrogénation industriel à marche discontinue, d'une capacité totale de 22 m3, muni d'un agitateur à turbine, de serpentins pour le chauffage et le refroidissement du mélange.Ensuite en agitant et en faisant barboter l'oxygène à une vitesse de 100 m3/h (9ous une pression de 0,1 kgf/cm2) en porte la matière première à 170 - 175 et à cette température on charge dans le réacteur une suspension de catalyseur au cuivre-nickel dans la matière première. L'activité du catalyseur est égale à 22,40C.On charge la suspension du catalyseur en proportions telles que la doncentration en nickel du mélange soumis au traitement soit de 0,*. On obtient le catalyseur par précipitation simultanée des carbonates de nickel et de cuivre dans le rapport nickel/cuivre de 3/1, avec réduction subséquente des carbonates coprécipités dans l'huile de tournesol et prétraitement (du catalyseur) par hydrogénation de l'huile de tournesol jusqu'à l'obtention d'une activité de 22,40C. Après chargement de la suspension du catalyseur, on porte le contenu du réacteur à 215 + 50C et, à cette température, sous 9ne pression d'hydrogène de 0,1 kgf/cm2 et à une vitesse de barbotage de l'hydrogène de 100 m3/h, on poursuit le processus d'hydrotrans-estérification pendant 1,5 heure, en achevant ce processus lorsque l'indice de réfraction de la graisse hydroestérifiée obtenue, mesurée à 600C, se trouve égal à 14539 + 0,0001. A la fin de la réaction on véhicule le produit par pompage dans une capacité pour graisse non filtrée et ensuite, à partir de cette capacité, on dirige la graisse à travers un échangeur: de chaleur dans un filtre-presse pour séparation du catalyseur. On recueille le catalyseur prélevé sur le filtrepresse dans une capacité pour catalyseur récupéré à réutiliser, tandis qu'on recueille la graisse filtrée dans des capacités ad hoc. Ensuite on soumet la graisse obtenue, ayant un indice d'acidité de 0,7 mg de K0H, à un raffinage continu dans une unité centrifugeuse, ainsi qu'à une désodorisation en continu. La graisse plastique raffinée et désodorisée a les caractéristiques0suivantes. point de fusion 31,50C dureté 190 gf/cm teneur en isomères trans 41,0 teneur en diènes conjugués 24 composition des acides gras acide non saturés à plusieurs doubles liaisons par molécule 7w7 acide s oléfiniques (à une liaison double par molécule) 69,2% acide palmitique 14,5% autres acides saturés 9,196 D'après les résultats de l'hydrolyse enzymatique sélective, il a été établi que l'acide palmitique est distribué dans les triglycérides de façon statistique en 1,-2 et -3. La graisse plastique obtenue ne présente ni le godet, ni l'odeur du lard (de la graisse de porc). Lors de la conservation de ladite graisse pendant 30 jours à une teipérature de 4 à 200C on n'a pas noté de réversion de l'odeur du lard. La graisse est bonne pour la fabrication de la margarine. EXEMPIM 2. On mélange du lard de 1-ère qualité, d'un point de fusion de 29,5 OC et d'un indice d'acidité de 0,4 mg de EOH, comme indiqué dans l'exemple 1, avec de l'huile de cotonnier raffinée. On prend, pour 1 partie en volume de graisse animale, 1,5 partie en volume d'huile, et on obtient un mélange ayant un point de fusion de 24,70C, ne présentant pas de dureté. On admet ledit mélange en continu à raison de 6 tonnes par heure dans le premier réacteur d'une unité d'hydrogénation à marche continue qui se compose de trois réacteurs décrits dans l'exemple 1. On effectue le traitement sous une pression effective d'hydrogène de 0,8 à 1,0 kgf/cm2, en présence de 0,1% de nickel sous forme de catalyseur nickel-cuivre en suspension d'une activité de 350C. La préparation de ce catalyseur est décrite dans l'exemple 1. La vitesse de barbotage de l'hydrogène que l'on admet en parallèle dans chaque réacteur de l'unité est de 750 m3/H. On contrôle les opérations d'après le point de fusion de la graisse qui sort du dernier réacteur de l'unité. On soumet le produit obtenu à la filtration, au raffinage et à la désodorisation d'après l'exemple 1. La graisse raffinée et désodorisée, plastique et hydrotrans-estérifiée, ne présente pas d'odeur sui generis, ni de goat du lard (de la graisse de porc). Elle est stable en conservation et présente un point de fusion de 32,7 OC et une dureté de 340 gf/cm. Les autres caractéristiques de la graisse obtenue sont les suivantes teneur en isomères trans 35,0 teneur en diènes conjugués 0% composition des acides gras acides non saturés à plusieurs liaisons doubles 15,7% acides oléfiniques (à une liaison double) 53,7% acide palmitique 23,6% autres acides saturés 7,0% Le rapport de la concentration en acide palmitique en -2 des triglycérides de la graisse à la teneur totale en acide palmitique de la graisse est égale à 1,03. Ia graisse est bonne pour la fabrication de la margarine, des graisses culinaires (shortings), des concentrés alimentaires, etc. EXEXPIE 3. On soumet un mélange contenant 1 partie de lard (graisse de porc) de qualité "extra" (point de fusion 37,50C), une partie de lard de 3ère qualité (point de fusion 28,70C) et 3 parties d'huile de tournesol, le point de fusion dudit mélange étant égal à 27,30C, à un traitement catalytique comme décrit dans l'exemple 2, mais en présence de 0,12% de nickel sous forme de catalyseur au nickel-cuivre d'une activité de 300C. La graisse alimentaire plastique hydrotrans-estérifiée a les caractéristiques suivantes point de fusion 31 ,90C dureté 250 gf/cm teneur en isomères trans 28% composition des acides acides non saturés à plusieurs liaisons double par molécule 0* acide s bioléfiniques (à deux liaisons double par molécule) 8,9% acides oléfiniques (à une liaison double par molécule) 68,446 acide palmitique 12,1S autres acides saturés 9,6% Le rapport de la concentration en acide palmitique en -2 des triglycérides de la graisse à la teneur totale en acide palmitique de cette graisse est égale à 1,2. EXEMPLE 4. On transforme un mélange dans lequel, pour 1 partie de lard (graisse de porc), il y a 1,9 parties d'huile de tournesol et dont le point de fusion est de 260C, comme décrit dans l'exemple 2, mais en présence d'un catalyseur nickel sur kieselguhr préparé à partir de formiate de nickel déposé sur ledit support. L'activité du catalyseur est de 320C, La graisse plastique préparée a les caractéristiques suivantes point de fusion 32,700 dureté 210 gf/cm teneur en isomères trans 36% composition des acides gras acides non saturés bioléfiniques 7,6% acides oléfiniques 69,5% acide palmitique 9,9% autres acides saturés 8,7% Le taux de trans-estérification (d'après les résultats de la distribution de l'acide palmitique) est égal à 1,3.Dans le mélange initial, le rapport de la concentration en acide palmitique dans les monoglycérides -2, isolés après hydrolyse enzymatique d'un échantillon de mélange, à la concentration en acide palmitique des triglycérides de cet échantillon, est égal à 2. EXEMPLE 5. On transforme un mélange contenant 1 partie de lard, 1 partie d'huile de cotonnier et 0,5 partie d'huile de tournesol d'après l'exemple 2. Le produit obtenu a un point de fusion de 32w9 C et une dureté de 250 & cm. On peut juger de l'importance de la trans-estérification intra- et intermoléculaire d'après les résultats résumés dans le tableau 5, qui indique la teneur en chaque acide gras des triglycérides (TG) et en monoglycérides -2 (MG) du mélange de départ et du produit final qu'est la graisse plastique. Tableau 5. Composition des acides gras,% Dioléfiniques Mono-oléfiniques Stéari- Palmitique EXEMPLE 5 que MG/TG MG/TG MG/TG MG/TG Mélange 4t,6/35,8= 1,2 23,1/31,2=0,7 2,2/8,2= 36,1/24,8= initial 0,3 1,4 Produit 14,9/13,6=1,1 54,2/53,2=1,0 6,2/8,6= 26,0/24,6= final 0,7 1,1 Comme le montre le tableau 5, au cours de l'hydro- trans-estérification d'après la présente invention, le rapport MG/TG se rapproche de t, ce qui témoigne d'une trans-estérification poussée des triglycérides dans les conditions exposées ci-dessus. EXEMPLE 6. On mélange î partie de graisse (suif) de boeuf, d'un point de fusion de 47,4RC, avec 3 parties d'huile de soja, et on soumet le mélange obtenu d'un point de fusion de 38,50C à l'hydrotrans-estérification comme indiqué dans l'exemple 1. La graisse hydrotrans-estérifiée obtenue a un point de fusion amélioré de 36,7 C et une dureté de 270 gf/cm. D'autre part, comme le montre le tableau 6, l'intensité de la trans-estérification est suffisamment élevée. Tableau 6 EXEMPLE 6 Composition des acides gras, % Bioléfiniques Mono-oléfiniques Stéarique Palmitique MG/TG MG TG MG/TG MG/TG Mélange 54,5/44,5=1,2 32,026,1,2 3,1/10,9=0,3 9,3/17,6=0,5 initial Produit 15,9/15,5=1,0 56,8/55,4=1,0 10,4/11,0=1,0 16,9/18,1=0,9 final EXEMPLE 7. On mélange 4 parties de lard (graisse de porc), d'un point de fusion de 340-C, avec 1 partie de suif (graisse de boeuf) ayant un point de fusion de 46 C, et avec 10 parties poids d'huile de tournesol. Le point de fusion du mélange initial tial de graisses et d'huile est égal à 33,40C. On effectue les opérations comme décrit dans l'exemple 1. On effectue lthydrotrans-estérification pendant un laps de temps suffisant pour obtenir un produit ayant un point de fusion de 35,20C, une dureté de 370 gf/cm. La graisse contient 42,5% d'isomères trans, 8,3 d'acides non saturés bioléfiniques, 63,8% d'acide gras mono-oléfiniques et 27,9 d'acides gras saturés.Elle est bonne pour la fabrication de graisses culinaires. EXEMPLE 8. On place un mélange de lard (graisse de porc) et d'huile de tournesol suivant l'exemple 1, à raison de 1 kilogramme, dans un réacteur d'hydrogénation de laboratoire à action discontinue, d'une capacité de 2 litres, muni d'un agitateur à turbine, d'un chauffage électrique réglable, et prévu pour une pression de service de 10 kgf/cm2. On effectue les réactions à la température et en présence du catalyseur mentionné dans l'exemple 1, mais sous une pression d'hydrogène de 3 kgf/cm2, sans barbotage de gaz. Cn achève les opérations comme dans l'exemple 1 après que l'indice de réfraction ait atteint la valeur de 1,4539+0,0001 (mesure à 600C). On effectue la filtration, le raffinage et la désodorisation du produit final dans des unités de laboratoire à marche discontinue. A l'encontre de la graisse plastique suivant l'exemple 1, on obtient une graisse d'un point de fusion de 34,0 C et d'une dureté de 150 gf/cm. La basse dureté, alliée à un point de fusion élevé, qui caractérise le produit obtenu, ainsi que son goat de graisse, rendent ce produit inapte à la fabrication de la margarine. EXEMPlE 9. On traite dans un réacteur de laboratoire suivant l'exemple 8 un mélange de lard (de graisse de porc) et d'huile de tournesol suivant l'exemple t sous une pression d'hydrogène de 1 kgf/cm2, à une température de 165 à 1700C, en présence de 0,25 > d'un catalyseur suivant l'exemple 1. Etant donné la température réduite du procédé, la valeur requise de l'indice de réfraction (à60 C) de 1,453940,0001 n'est atteinte qu'au bout de 3,5 heures.La graisse obtenue ne possède pas l'odeur sui generis du lard, ne possède pas non plus un goût de graisse nettement marqué ; elle contient 28% d'isomères trans, mais tout en ayant un point de fusion de 32,5 OC, elle présente une dureté insuffisante (de 170 g/cm) et, en cas de magasinage à la température ambiante, elle se sépare en fraction liquide et en fraction à point de fusion élevé. Au point de vue industrialisation, la graisse ne satisfait pas aux conditions imposées pour la fabrication de la margarine. EXEMPLE 10. On transforme dans un réacteur de laboratoire (exemple8) un mélange suivant l'exemple 1, mais à la température de 210+500 et sous une pression de l'hydrogène de 1 kgf/cm2, en présence de 0,15% de nickel sous forme de catalyseur suivant l'exemple 1. Au total on effectue successivement 5 essais sur des catalyseurs d'une activité de 22 à 460C. Dans chaque essai on achève les opérations après que le produit de la réaction ait atteint un indice de réfraction (à 600C) de ts4539+0,0001. les résultats de l'analyse des cinq échantillons de graisse obtenus sont résumés dans le tableau 7. Tableau 7 Activité Indice de Point de Dureté de Taux de transdu cata- réfraction fusion de la grais- estérification de lyseur, à 600C la graisse se, gf/cm l'acide palmiti OC OC que, (KG/TG) 22,4 1,4540 31,3 270 28,6 1,4538 31,7 260 1 30,0 t,4539 31,6 230 1,2 40,0 1,4538 33,4 170 1,5 46,4 1,4540 34,3 200 1,6 Bien que toutes les graisses préparées se rapportent essentiellement aux graisses alimentaires plastiques, ne possèdent pas l'odeur du lard et ne manifestent pas de tendance à la réversion de cette odeur, leurs caractéristiques technologiques (le rapport entre leur point de fusion et leur dureté pour un taux d'hydrogénation donné) se détériore au fur et à mesure de l'augmentation de l'activité du catalyseur. Cela est particulièrement notable lorsqu'on emploie des catalyseurs typiques pour l'hydrogénation des huiles végétales, dont l'activité est comprise entre 40 et 460C. La détérioration des caractéristiques technologiques se manifeste par une augmentation du goût de graisse, par la tendance à la séparation en fraction liquide et fraction solide, et s'explique par la réduction du taux de trans-estérification. C'est ainsi qu'en cas d'utilisation de catalyseurs d'une activité de 22 à 300 C, le facteur MG/TG qui caractérise la distribution de l'acide palmitique entre la position 2 du triglycéride et les positions 1,3- des triglycérides est égal à 1-1,2. Ce facteur caractérise un taux élevé de trans-estérification.Toutefois, sur les catalyseurs d'une activité de 40 à 460C, ledit facteur a une valeur de 1,5 à 1,6, c'est-à-dire qu'il est voisin de celui du mélange de départ, ce qui indique un faible degré de trans-estérification et, par conséquent, une faible vitesse de trans-estérification relative. De ce fait, les exemples 8-10 illustrent la mise en oeuvre d'un procédé ne respectant pas la technologie préconisée dans l'invention en ce qui concerne la pression, la température et l'activité du catalyseur, ce qui conduit à l'obtention d'un produit ne correspondant pas aux exigences auxquelles doivent satisfaire les graisses alimentaires plastiques de bonne qualité. Bien entendu, l'invention n'est nullement limitée aux modes de réalisation décrits qui n'ont été donnés qu'à titre d'exemple. En particulier, elle comprend tous les moyens constituant des équivalents techniques des moyens décrits ainsi que leurs combinaisons, si celles-ci sont exécutées suivant son esprit et mises en oeuvre dans le cadre des revendications qui suivent. REVENDICATIONS 1. Procédé de transformation des graisses animales en graisse alimentaire plastique, consistant à les mélanger avec une huile végétale et à les traiter ensuite avec de l'hydrogène sur un catalyseur au nickel caractérisé en ce qu'on mélange une graisse alimentaire animale fondue avec une huile végétale alimentaire fortement non saturée, dans un rapport de 1 partie de graisse animale pour 0,4 à 9 parties de ladite huile, et l'on soumet le mélange obtenu à l'hydrogénation à une température de 180 à 2200C, sous une pression effective d'hydrogène ne dépassant pas 2 kgf/cm2 et avec un catalyseur dont l'activité ne dépasse pas 350C, lesdites conditions assurant essentiellement l'hydrogénation sélective des acides gras de la graisse animale qui contiennent plusieurs liaisons doubles, l'hydrogénation sélective des acides gras fortement non saturés de huile végétale et une trans-estérification partielle de la graisse animale avec ladite huile. 2. Procédé suivant la revendication î, caractérisé en ce que l'on utilise une huile végétale contenant au moins 30 d'acide linoléique et'au plus 30% d'acides gras saturés. 3. Procédé suivant l'une des revendication 1 et 2, caractérisé en ce que l'on utilise des mélanges desdites huiles. 4. Procédé suivant l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que l'on utilise un mélange de graisses animales. 5. Procédé suivant l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que pour obtenir une graisse avec un point de fusion de 32 + 10C on utilise un mélange initial constitué de graisse animale et d'huile végétale et dont le point de fusion ne dépasse pas 300C. 6. Procédé suivant l'une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que pour obtenir une graisse dont le point de fusion est de 32+ 100 et contenant au maximum 45aw d'isomères trans d'acides gras oléfiniques, on utilise un mélange contenant 1 partie de graisse animale dont le point de fusion ne dépasse pas 430C, et 1 à 3 parties d'huile végétale. 7. Procédé suivant l'une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que l'on utilise un catalyseur dont l'activité est de 22 à 300C. 8. Procédé suivant l'une des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que l'on effectue les opérations sous une pression de 0,1 à 1,0 kgf/cm2. 9. Graisse alimentaire plastique, caractérisée en ce qu'elle est obtenue par le procédé faisant l'objet de l'une des revendications 1 à 8.