La présente invention concerne un dispositif complémen- taire des véhicules tractés, pour rendre plus aisés le chargement et le décharqement de pièces lourdes ou encombrantes. On sait que le chargement du genre qros matériel de chantier par exemple, et, d'une façon tout à fait générale, de tout objet pesant (caisses, fardeaux et similaires) est pénible si l'on ne dispose pas d'engins de levage appropriés. On sait aussi que le décharqement est parfois, sinon son- vent, plus pénible encore du fait que dans de nombreux cas, le lieu de destination est dépourvu de tout dispositif mécanique de manutention. Dans les pays fortement industrialisés, le problème ne prend que rarement un caractère aiqu. Par contre, dans les )ays en voie de développement, où la plupart des chantiers naissent dans des régions en général déser tique s, il revêt presque toujours un aspect grave. On doit avoir recours alors à des quais de déchargement construits à-la hate et, forcément, rudimentaires ou à la création de rampes de terre ou de sable, aménagées plutot mal que hien ou tout autre moyen de fortune et, par l' même, on s expose à mille aléas, à un gaspillage de temps et à une accumulation d'efforts musculaires. Certains constructeurs ont contribué avec honheur à rendre plus faciles ces opérations de chargement et de déchargement. par exemple, on a surbaissé la partie centrale des châssis des semi-remorques; dans d'autres cas, on a doté l'arrière des plateaux de rampes articulée s, qui s'abaissent jusqu'au sol pour les manutentions et se rel8cvent à la verticale pendant la marche du véhicule. Il y a lien d'observer que les services rendus par ces rampes sont assez limités : en position de manutention, les rampes offrent des pentes nécessairement raides, sinon, dans leur position verticale, elles dépasseraient les hauteurs admissibles. Se rend-on compte qu'avec un véhicule porté par des pneus de 1600 mm de diamètre - dimension courante pour les gros véhicules- une rampe de pente commodément utilisable devrait s'étaler sur six mètres de longueur ? La présente invention résoud, de façon définitive, aussi hien le chargement que le déchargement des pièces les plus lourdes comme les plus volumineuses. Elle s'applique à tout véhicule tracté, quelles qu'en soient la longueur et la hauteur. A cet effet, l'invention fixe, d'une manière qui sera dite, au droit de certains points du châssis qui seront précisés-, un dispositif, dénommé "béquille", connu en soi en tant quJobjet mais caractérisé ici par diverses particularités qui seront décrites. Avant de détailler l'invention, il semble utile de faire connaître les phases de son fonctionnement - dans un premier temps, par une commande simple, on met en place les béquilles, qui, ainsi, maintiendront la semi-remorque horizon- tale et en équilibre s table lorsque le tracteur en est détaché;; - dans un second temps, une deuxième manoeuvre, en principe télécommandée à partir du tracteur, fera s'incliner progressivement vers le sol l'avant de la semi-remorque, de telle sorte que sa position de marche représentée par la Figure 1 de la Planche I, prendra finalement la position représentée par la Figure 3, après être passée par une succession de positions intermédinires de plus en plus obliques, dont la ligure 2 illustre l'une d'elles;; Dnns la position de la Figure 3, on plateau d'une lon- gueur de 12 mètres, sur pneu de 1600 mm de diamètre, accusera une inclinaison maximale de 80 et un plateau de 14 mètres, dans les mêmes conditions, une inclinaison de 70, pentes commodes pour les chargements et les déchargements. - dans un troisième temps, les manutentions des charges étant ef fectuées, le plateau retrouvera son horizontalité par nne commande inverse agissant sur les béquilles. Pour être complet, on ajoutera que le tracteur, rendu indépendant de la semi-remorque vendant l'inclinaison de celle-ci, exercera, bien entendu, avantageusement le rôle de cabestan par rapport à la charge, si, convenablement élingué à elle, il est pla c à l'arrière du plateau pour le chargement et à l'avant pour le déchargement. es transporteurs par véhicules lourds et tous les spécialistes des manutentions pénibles comprendront que les manoeuvres détaillées ci-dessus s'effectuent beaucoup plus rapidement que leur énoncé. Ceci étant dit, il est précisé que pour réaliser l'inven- t ion, il y aura lieu de fixer des béquilles spéciales sous le châs sis des véhicules, dans une zone proche des points "a" de la Fiçi. 1 Planche I. Tout châssis sera équipé d'autant de béquilles qu'il comportera de longerons. Les béquilles décrites ci-dessous, à titre d'exemple énonciatif mais non limitatif de la portée de l'invention, ne définissent qu'une réalisation parmi d'autres possibles. Une béquille sera composée d'au moins trois tubes concentriques, chacun d'un diamètre différent, s'emhoitant les uns dans les autres et glissant les uns dans les autres à la façon d'un piston dans un cylindre. Chaque tube sera fermé à l'une de ses extrêmités, pour former un long godet. es butées judicieusement disposées interdiront aux godets de se séparer mais permettront cependant à chacun d'eux un éloignement limité, ce qui aura pour effet de créer entre le godet supérieur et le suivant, et entre celui-ci et le troisième, deux espace s dans lesquels pourra etre insufflé un fluide (par exemple de l'air comprimé foiirni par le moteur du tracteur) qui maintiendra des distances entre les trois nordets, donnant ainsi à la bé- quille une hauteur naturellement calculée pour garder l'horizontalité du plateau de la semi-remorque, le tracteur en étant détaché. A ce moment, la semi-remorque ne sera plus portée que par les deux "chambres à air" des héquilles à l'avant et les trains de roues à l'arrière. I1 va de soi que les béquilles devront être calculées en fonction de la charge maximale prévue. En choisissant des tubes pour constituer les béquilles, on allège la masse de métal utilisé puisque le calcul de leur résistance se ramène à celui des colonnes creuses (flambage). our obtenir l'inclinaison du plateau, on comprend qu'il suffira de faire échapper l'air comprimé logé dans les deux "cham- hures à air A cet effet, une soupape d'un genre approprié, fixée sur chacune des chambres, permettra de régler la progression de 1 'échap- pement, laquelle sera d'autant plus lente que la charge sera plus élevée. Lorsque l'avant du plateau aura atteint le niveau du sol, les trois godets concentriques de la béquille seront réemboités (Fig. 3, Planche III). Pour redresser le plateau et en rétablir l'horizontalité, il suffira d' obturer les sounapes d'échappement et d'envoyer un nouveau flux d'air comprimé, lequel recréera petit à petit les "chambres à air", augmentant, par voie de conséquence, la hauteur des béquilles jusqu'au point voulu. Lorsque le tracteur sera remis en place, il sera rationnel de ramener les béquilles le long des longerons, sans pour autant devoir obligatoirement les vider de l'air comprimé, opération qui reste facultative. Ramener les béquilles dans une position horizontale lorsqu'elles sont hors service, suggère évidemment l'êxistence d'une articulation proche du point de fixation. De même, lorsque les béquilles seront verticales et en service, les irrégularités inévitables du sol imposeront e munir le pied des béquilles d'une large et solide assise, elle-même nécessairement articulée. Il semble souhaitable que cette articulation de l'assise des béquilles soit constituée par une rotule, alors que l'articu- lation de l'attache au chassis ne doit aqir que dans un seul plan vertical. Tous les plat eaux des semi-remoralues non surbaissées ou légèrement surbaissées (Planche II) peuvent utiliser la présente invention. REVENDICATIONS 1.- Dispositif appliqué aux semi-remorques, selon lequel, le trac teur étant détaché, elles peuvent à volonté, avec pour point fixe l'attache au châssis d'un des trains de roues à l'arrière, s'incliner progressivement jusqu'à prendre contact avec le sol par leur bord avant ou, à l'inverse, retrouver petit à petit leur horizontalité première, grace à une action proche ou à dis tance sur un oyen de sustension, à la fois rétractile ou expan sible selon le cas, fixé en un endroit approprié à chacun des longerons du chassies, tout ceci de manière telle que le plateau une fois incliné accuse une pente légère qui rend plus aisés le cllargement et le déchargement de pièces lourdes, caisses voluili- neusas ou fardeaux encombrants, surtout en l'absence d'engins de levage. 2.- Dispositif selon 1, caractérisé par le fait que le moyen de sus tentation peut être une béquillespéciale composée d'au moins trois godets allongés, renversés et emboités les uns dans les autres, glissant à frottement doux à la façon d'un piston dans un cylindre, réalisant ainsi une parfaite étanchéité. 3.- Dispositif selon 1 et 2, caractérisé par le fait que si les go dets peuvent s'écarter les uns des autres, en déterminant ainsi des espaces (chambres) qui les séparent, ils ne peuvent toute fois se déboiter du fait des butées qui leur imposent une soli darité c-onstante. 4.- Dispositif selon 1, 2, 3, caractérisé par le fait que des soupa pes judicieusement disposées permettent de remplir les dites chambres d'un fluide (air comprimé, huile, eau, etc...) de ma nière à maintenir fermement l'écartement des godets , quelle que soit la -force appliquée. 5.- Dispositif selon 1, 2, 3 et 4, caractérisé par le fait qu'un au tre jeu de soupapes assurera, à un rythme réglable, l'évacuation du fluide et, en conséquence, la vidange des chambres, de ma nière à rendre possible le réemboitement des godets. 6.- Dispositif selon 2, caractérisé par le fait que le point d'atta che de chaque béquille au chassies est articulé, 7. - Dispositif selon 2 et 6, caractérisé par le fait que la base de la bequille doit reposer sur une assi-se large et solide pour compenser les irregularités du sol, cette assise étant elle-me"me dotée d'une rotule d'articulation. O.- Dispositif selon l'ensemble des revendications de 1 à 5, caractérisé par le fait qu'une liaison par une canalisation souple peut être établie entre le tracteur et les soupapes d'admission dans les "chambres". 9. - Dispositif selon l'ensemble des revendications 1 à 5 et de 8, carac térisé par le fait que pour la commande des soupapes des "chambres", tout système mécanique manuel, connu en sol, telles par exemple la manivelle et la crémaillère, peut se substituer, le cas échéant, à la commande électrique ou à la télécommande de n'importe quelle nature, assurant le remplissage ou la vidange des chambres.