La présente invention concerne un procédé de cristallisation continue utilisant au moins deux étages de cristallisation. Des cristalliseurs continus à étages multiples sont utilisés dans un certain nombre dtindustries, entre autres pour la précipitation d'hydrate d'aluminium pendant la fabrication d'oxyde d'aluminium. Un cristalliseur moderne destiné à la précipitation de Al(OH)3 dans le procédé Bayer comporte généralement dix réservoirs en série, ou davantage. Les cristaux et la liqueur résiduelle circulent d'un réservoir au suivant, sans aucun tri des cristaux. Le courant qui quitte le dernier réservoir est trié. La fraction des gros cristaux constitue le produit tandis qu'une suspension des plus petits cristaux est retournée au premier réservoir de la série, pour deux raisons, premierement pour former des germes de cristallisation dans le premier réservoir et, ensuite, pour augmenter la grosseur des cristaux du produit.La précipitation dans les réservoirs se fait en maintenant la solution sursaturée par un refroidissement successif des réservoirs de la série. Cette disposition présente les inconvénients suivants : (a) la séparation après le dernier réservoir est compliquée et conteuse (b) la distribution des grosseurs des cristaux dans le produit n'est pas celle -souhaitée, ce dont il peut résulter des difficultés dans le traitement ultérieur du produit ; et (c) la disposition est sensible aux instabilités du processus. Des brevets antérieurs décrivent certains modes de réalisation de cristalliseurs qui éliminent au moins partiellement ces inconvénients. Ainsi, le brevet des Etats-Unis d'Amérique n0 3 607 113 décrit un cristallisateur continu à étages multiples pour l'hydrate d'aluminium. Les étages sont reliés en cascade, de sorte qu'un courant liquide contenant uniquement des petits cristaux passe d'un étage à l'autre. La sortie du dernier étage passe à un réservoir de séparation à deux sorties. La première délivre le liquide exempt de cristaux pour un traitement ultérieur et la seconde délivre des cristaux et un peu de liquide. Ce dernier revient au premier étage de l'ensemble. En plus, le contenu de chaque étage est mis périodiquement en circulation par un séparateur à cyclone ou autre. Dans ce dernier, les plus grosses particules sont séparées et le reste du courant retourne à l'étage. Un seul étage circule à la fois, et cette circulation démarre quand les cristaux constituent 50 efo volume de la suspension. Le principe de la réalisation n'est ni un principe de circulation à contre-courant, ni suivant le courant des plus grosses ou plus fines particules. Les plus petits cristaux ne sont pas complètement éliminés du produit car un séparateur à cyclone ne peut séparer tous les petits cristaux des gros. Le processus n'est que partiellement continu. Il n'est pas indiqué si les instabilités du processus peuvent être compensées et, éventuellement, de quelle manière. La demande de brevet allemand NO 1.107.200 décrit un procédé de cristallisation à étages multiples pour la fabrication de gros sel par refroidissement sous vide. Selon ce brevet, une cristallisation à contre-courant est utilisée, et le liquide avec des petits cristaux sont entraînés dans le sens opposé à celui des plus gros cristaux. Le contre-courant est obtenu par le fait que chaque étage comporte un tube de classification. Le courant total du liquide doit remonter par le tube de classification à chaque étage. Ainsi, le débit total de chacun des étages est prédéterminé et ne peut être utilisé pour un réglage. Etant donné que les petits cristaux ne peuvent non plus retourner à l'étage précédent de l'ensemble, il n'est pas possible d'obtenir une distribution définie des fines particules entre les étages. Il n'est donc pas possible d'obtenir un produit avec une distribution déterminée de grosseur des cristaux. Selon ce brevet, il est avantageux de séparer les petits cristaux du liquide qui sort du dernier étage et de les mélanger avec l'alimentation du premier étage. Etant donné que le produit est prélevé à cet étage, la possibilité existe qu'il contienne des petits cristaux. Le brevet de la République Fédérale Allemande n0 888 090 décrit également une cristallisation continue à étages multiples. Ce brevet concerne un procédé et un appareil de concentration continue de cristaux de glace. L'appareil comporte un certain nombre d'étages et les cristaux les plus gros passent en contre-courant dans la solution et les petits cristaux. Ce résultat est obtenu en faisant passer un courant de suspension provenant de chaque étage vers un séparateur centrifuge ou autre associé dans lequel les gros cristaux passent à l'étage précédent tandis que le liquide et les petits cristaux retournent à l'étage dont ils viennent. La grosseur critique des cristaux ne peut être réglée pendant le fonctionnement de l'appareil. En outre, un courant principal de liquide correspondant au courant d'arrivée et des cristaux mélangés passe d'un étage au suivant. Dans cet appareil, les petits cristaux-ne peuvent suivre les cristaux produits. Mais, selon le procédé décrit, il n'est possible de commander la durée de passage dans chaque étage que pour les gros cristaux, et non pour les petits. Le cristalliseur est ainsi réalisé parce que les grosses particules entraînent avec elles relativement moins de liquide que les petites. La seule condition pour la distribution de grosseurs des cristaux dans le produit est que ces cristaux soient aussi gros que possible. L'invention concerne donc un procédé de cristallisation continue à partir d'une solution d'au moins une substance cristallisable, selon lequel la solution est amenée au premier d'une série d'étages de cristallisation, avec une cristallisation partielle dans chaque étage, la suspension partiellement cristallisée étant soumise à une classification entre chaque étage, la suspension provenant du dernier étage passant par un séparateur qui sépare et retourne un courant des cristaux qui restent vers le dernier étage et le reste de la solution provenant du séparateur étant déchargé tandis que les cristaux produits sont prélevés au premier étage. Le perfectionnement qui caractérise le procédé selon l'invention est que les cristaux en cours de croissance circulent dans des circuits constitués par deux ou plusieurs autres étages de cristallisation de la série et leurs conduites de branchement, de manière qu'un courant de suspension partiellement cristallisée après la séparation d'une fraction de gros cristaux par classification soit passé d'un étage au suivant de la série ; ainsi, un courant de suspension en retour passe à contre-courant dans la série d'un étage au précédent, sans classification, et une suspension de cristaux est prélevée au premier étage par une colonne à décantation (tube de classification hydraulique) en contre-courant avec le courant d'arrivée, qui ramène les cristaux en cours de croissance au premier étage. Selon un autre mode de réalisation de l'invention, le courant d'arrivée au premier étage peut passer partiellement en bas d'une colonne à décantation, et partiellement par une conduite de dérivation. De cette manière, les cristaux produits provenant du premier étage, qui sont généralement plus gros qu'une grosseur spécifique, peuvent être réglés indépendamment de toutes les autres commandes. Selon l'invention également, le niveau du premier étage peut etre utilisé pour commander le débit d'arrivée par la conduite de dérivation, au moyen d'un dispositif de commande. Une pompe ou une vanne peut convenir comme dispositif de commande. Selon l'invention également, une partie de la suspension des cristaux produits provenant de la colonne à décantation peut revenir au premier étage par un autre dispositif de commande (pompe ou vanne). De cette manière, la sortie des cristaux au premier étage peut être réglée indépendamment du tri dans la colonne a décantation. Selon l'invention également, le courant de suspension partiellement cristallisée entre deux étages peut être relié hydrauliquement par une vanne avec le courant de suspension de retour entre ces deux mêmes étages. Selon l'invention également, le niveau du liquide dans un étage peut commander un troisième dispositif de commande (pompe ou vanne) pour le courant de suspension partiellement cristallisée dans l'étage. Selon ltinvention encore, le courant de suspension partiellement cristallisée provenant du dernier étage peut commander le courant de suspension restante provenant du séparateur, simultanément avec le courant des cristaux qui restent sans être modifié. Selon l'invention également, la classification après un étage peut être effectuée dans un dispositif qui maintient les cristaux dépassant une vitesse linéaire prédéterminée dans la suspension partiellement cristallisée, cette vitesse linéaire pouvant être déterminée au moyen d'une pompe variable dans le courant de suspension partiellement cristallisée. La classification des cristaux dans le courant de suspension partiellement cristallisée peut ainsi être réglée indépendamment de toutes les autres commandes. Selon l'invention également, la classification peut se faire au moyen d'un étage constitué par un réservoir comprenant une chambre annulaire de classification que la suspension partiellement cristallisée doit traverser pour arriver au dernier étage. Selon l'invention également, le courant de suspension en retour peut etre commandé au moyen d'un quatrième dispositif de commande (pompe ou vanne). Ainsi, le courant de suspension en retour peut être commandé indépendamment de toutes les autres commandes. Selon une autre caractéristique de l'invention, un dispositif mécanique ou électronique peut coordonner le réglage du dispositif de commande du courant d'arrivée en bas de la colonne de décantation, le courant en retour de la suspension de cristaux produits vers le-premier étage, le courant de suspension partiellement cristallisée et le courant de suspension en retour de manière à obtenir une distribution prédéterminée de grosseur des cristaux et/ou de manière que les cristaux de chaque étage représentent une surface déterminée. La dimension moyenne des cristaux produits, leur distribution autour de la grosseur moyenne et leur grosseur minimale peuvent ainsi être réglées dans certaines limites, indépendamment de toute autre action de réglage. Le procédé selon l'invention présente les avantages suivants sur les procédés anciens de cristallisation continue. A. le temps de résidence des cristaux au-dessus d'une grosseur minimale peut en principe être modifié sans limite pour un volume donné du cristalliseur. Une réduction du volume du cristalliseur est possible pour une production donnée. B. Une meilleure distribution de grosseur des cristaux dans le produit est obtenue par le fait que : (1) aucun cristal n'est plus petit qu'une grosseur minimale déterminée ; (2) la grosseur des cristaux exprimée en poids moyen peut être choisie dans de larges limites ; (3) la répartition autour de la grosseur moyenne peut être choisie dans des limites déterminées. C. Le fonctionnement peut être stable sans influencer de façon notable la distribution de grosseur des cristaux produits. D. Des séparateurs spéciaux pour séparer les petit et les gros cristaux sont inutiles. L'ensemble du processus continu de cristallisation à partir d'une solution peut se faire en principe selon le procédé de l'invèntion. Ceci s'applique indépendamment que la sursaturation soit produite par refroidissement, par évaporation, par relargage, par réaction chimique, ou combinaison de ces procédés. De plus, une cristallisation qui a été jusqu'à présent ef fectuée dans un seul étage peut être améliorée de plusieurs manieras grâce au procédé selon l'invention, mais le plus grand avantage technique et économique est probablement obtenu dans le cas d'opérations de cristallisation qui sont exécutées dans plusieurs étages. Un exemple en est la précipitation de Al(OH)3 dans le procédé Bayer de préparation d'oxyde d'aluminium. Le rendement de la précipitation de matières cristallisables est bas et les cristaux tendent à etre trop petits. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention.appa- rateront au cours de la description qui va suivre. Aux dessins annexés, donnés uniquement à titre d'exemples nullement limitatifs La fig. 1 est un croquis illustrant le principe d'un cristalliseur utilisé selon le procédé de l'invention, La fig. 2 montre une disposition du branchement des étages dans le cristalliseur utilisé, La fig. 3 montre une disposition d'alimentation d'arrivée et de sortie des cristaux produits dans un cristalliseur utilisé selon l'invention, La fig. 4 est un croquis d'un cristalliseur à étages multi- ples déjà connu avec classification et recirculation extérieure, La fig. 5 montre la distribution de grosseur des cristaux exprimée en poids dans le produit des exemples spécifiques Al, A2, A3 et F3. La fig. 1 représente donc un cristalliseur à trois étages 1, 2 et 3. La liaison entre les étages 2 et 3 est représentée interrompue. Cela veut dire que le cristalliseur utilisé pour le procédé selon l'invention peut comporter davantage d'étages. Comme cela a été mentionné précédemment, le moyen par lequel la sursaturation est créée n'a pas d'importance. Par exemple, elle peut être produite par refroidissement. Aucun dispositif de refroidissement n'a été représenté sur la figure, mais il peut se faire par exemple en équipant aux étages correspondants des chemises ou des serpentins de refroidissement ou en faisant passer le courant d'entrée des réservoirs à refroidir par un échangeur thermique. Des dispositions peuvent aussi être prises pour produire é ventuellement un échauffement lorsque la sursaturation est produit te par évaporation. Chaque étage est muni d'un dispositif de circulation interne. Cela est représenté sur la figure par des pompes à air comprimé 24, 25 et 26. L'air comprimé est amené par une conduite qui débouche immédiatement au-dessous de l'ouverture inférieure du tube dans la pompe à air comprimé correspondante. En variante, la circulation interne peut être produite par des agitateurs mécaniques. Chaque étage comporte une conduite de débordement 4, 5 et 6. A l'exception du premier, chaque étage comporte également une conduite inférieure d'arrivée 7, 8. Chaque étage comporte également un dispositif de classification du débordement. Les dispositifs de classification des débordements consiste, selon la figure, en des chambres annulaires 9, 10 et 11, mais d'autres dispositions, par exemple des hydrocyclones peuvent aussi convenir. les dimensions des chambres annulaires déterminent la vitesse linéaire du liquide pour un débit volumétrique donné, et également les dimensions des cristaux qui ne suivent pas la fraction des petits cristaux. Au lieu d'une conduite inférieure, l'étage 1 comporte une colonne à décantation 12 qui débouche dans un distributeur de liquide 20 qui, par l'intermédiaire d'une conduite 21, est relié à un filtre 13. Pour un débit volumétrique donné dans la colonne à décantation, le diamètre de cette dernière est déterminé par la grosseur minimale acceptable des cristaux du produit. Le filtre 13 peut être remplacé par un autre dispositif qui convient pour séparer les matières solides d'un liquide, par exemple une centrifugeuse. Les cristaux produits qui sont éliminés du filtrat sont désignés par la flèche 22, tandis que la référence 23 désigne une conduite de retour du filtrat. La solution qui doit être cristallisée est amenée par une conduite 14, avec des conduites de dérivation 18 et 19. Le débordement du dernier étage passe par un réservoir à séparation 15 comprenant une boîte de débordement 16 qui retourne le liquide dans une conduite de recirculation 17. Un hydrocyclone ou un filtre peut être utilisé à la place du réservoir a sédimentation, pour la séparation. En fonctionnement, le cristalliseur reçoit un courant d'arrivée par la conduite 14. La plus grande partie passe par la conduite de dérivation 19 et le distributeur de liquide 12, pour pénétrer dans l'étage 1. A partir du bas de l'étage 1, les cristaux de grosseur acceptable descendent dans la colonne à décantation. Dans le but de maintenir un niveau constant à l'étage 1, une partie du courant d'arrivée peut passer directement à cet étage par la conduite de dérivation 18 sans intervenir sur la vitesse du liquide dans la colonne à décantation 12. Tous les étages contiennent une suspension mélangée qui contient des gros et des petits cristaux. le courant principal quitte chaque étage par les conduites de débordement 4, 5 et 6. Avant que la suspension n'atteigne la conduite de débordement, elle doit passer par les chambres annulaires 9, 10 et 11. Dans ces chambres annulaires, la suspension est triée par le fait qu'elle doit y passer à une vitesse donnée. Les plus gros cristaux quittent l'étage dans un courant latéral par une conduite inférieure 7 ou 8 ou, pour l'étage 1, par la colonne à décantation 12 suivie du distributeur de liquide 20 et la conduite 21 vers le filtre 13 dans lequel les cristaux produits quittant appareil par la conduite 22 sont séparés du liquide qui retourne par la conduite de retour et renient à l'étage 1 par la conduite de dérivation 19. Un courant de liquide et de petits cristaux passe de l'étage 1 au réservoir de séparation 15 tandis que les plus gros cristaux en suspension dans le liquide ne peuvent que circuler dans le sens opposé. Le liquide épuisé quitte le dernier étage par la sortie 6, il est séparé des cristaux qui l'accompagnent dans le réservoir de sédimentation 15 et sort par la boite de débordement 16. Des cristaux séparés sont mélangés avec le liquide qui revient au der- nier étage par la conduite 17. Les courants entre les étages, dans les conduites 4, 5, 7 et 8 remplissent plusieurs fonctions indépendantes : ils établissent une classification spécifique du débordement à partir de chaque étage ; ils produisent une recirculation spécifique à partir de chaque étage, et par conséquent des conditions spécifiques de circulation ; ils maintiennent un niveau constant dans les réservoirs des étages, dans toutes les circonstances. La fig. 2 représente une disposition qui satisfait à ces trois conditions. Cette figure représente les liaisons entre deux étages arbitraires successifs, dans le cas présent les étages 1 et 2. La figure montre également la conduite de débordement 4 et la conduite d'arrivée inférieure 8. Une pompe réglable 27 controle la recirculation du courant entre l'étage 2 et l'étage 1. Une autre pompe réglable 28 détermine un débordement spécifique à partir de l'étage 1. Ce courant se divise en deux parties dont la première pénètre dans l'étage 1 par la vanne de commande 29 tandis que la seconde revient à l'étage 1 par la vanne 30. La vanne de commande est commandée par un détecteur de niveau, non représenté, dans l'étage 2. Les variations des courants entrant et sortant dans l'étage 2 sont ainsi compensées par le courant principal passant par la vanne de commande 29. Ainsi, la commande de niveau nta qu'un effet négligeable sur l'entrainement des cristaux entre les étages. La fig. 3 illustre la disposition de-l'arrivée et de la sortie des cristaux produits à l'étage 1. Une pompe réglable 33 détermine le courant de retour de suspension contenant des cristaux et de la solution provenant de la conduite 21 vers l'étage 1. Par une vanne de communication 34 dans la conduite 21, le courant principal de suspension avec les cristaux produits passe dans le filtre 13, cette vanne pouvant être remplacée par une vanne de tout autre type. La pompe réglable 35 dans la conduite de dérivation 19 établit un débit volumétrique commandé d'alimentation par la colonne de décantation 12, quand le courant dans la conduite de dérivation 31 n'est pas modifié. Grâce à l'utilisation coordonnée des pompes réglables 33 et 35, la classification dans la colonne de décantation et le courant principal des cristaux produits vers le filtre peuvent être commandés indépendament l'un de l'autre. La vanne de commande 32 dans la conduite de dérivation 18 pour l'alimentation de l'étage 1 peut être commandée par un détecteur de niveau, non représenté, dans cet étage.- La commande de niveau dans l'étage 1 peut donc se faire sans intervenir sur la classification des cristaux produits, ou leur arrivée dans le filtre. Quelques exemples numériques illustrent le procédé selon ltinvention, comparativement avec les procédés de cristallisation déjà connus. Ces exemples numériques reposent nécessairement sur des simplifications substantielles car les conditions du processus sont décrites par des équations différentielles simultanées, non linéaires, qui doivent être résolues numériquement. Les calculs qui vont suivre sont limités à la distribution de grosseurs des cristaux dans chaque étage et dans le produit. Les solutions sont analytiques et ont été trouvées au moyen d'un calculateur program me Des cristalliseurs avec recirculation de suspension de cristaux doivent être considérés dans le premier cas. Le produit contient exclusivement des cristaux plus gros qu'une dimension spécifique.La distribution des grosseurs dans le produit est la même que la distribution de grosseurs des cristaux de 11 étage de sortie, prêts à devenir le produit à L'exception près d'un facteur constant de concentration (c'est-à-dire de classification idéale). En outre, les conditions ci-après sont supposées : fonctionnement à l'état permanent ; sursaturation créée sans changement de volume (par exemple par refroidissement) ; la proportion du volume des cristaux est négligeable ; tous les étages du cristalliseur ont la même densité constante de germes ; le volume total est le même pour tous les cristalliseurs ; la production massique totale est la même pour tous les cristalliseurs considérés, et également distribuée entre tous les étages ; les plus petits cristaux produits ont la grosseur de référence (voir ci-après). Parmi les cristalliseurs classiques avec lesquels il est naturel d'effectuer une comparaison, celui du type représenté sur la fig. 4 sera considéré. Dans les exemples, un appareil classique à un étage et à deux étages seulement a été considéré. A titre de référence pour les calculs, un-cristalliseur classique à un étage avec recirculation de 20 ffi du débit d'entrée a été choisi. La grosseur de référence choisie est celle jusqu'à laquelle croissent les germes des cristaux pendant la durée totale de résidence du liquide dans le cristalliseur de référence. La surface de référence est la surface totale des cristaux dans le cristalliseur de référence. Dans le calcul d'un cristalliseur utilisé pourle procédé selon l'invention, l'élimination des cristaux produits doit être représentée d'une manière spéciale. Le transport est représenté par un courant volumétrique fictif multiplé par la distribution de grosseurs des cristaux produits à l'étage de sortie. Le courant volumétrique est choisi de manière que le temps de résidence des cristaux produits soit à peu près le même dans les deux étages. -La classification dans le courant principal de suspension partiellement cristallisée provenant du premier étage est supposée idéale. Les calculs ont été effectués sur la base des équations sui vantes Les symboles ont la signification suivante Ai = surface totale des cristaux dans l'étage numéro i par rapport au volume du réservoir AO = surface de référence par rapport au volume du réservoir C.V. = coefficient d'irrégularité (dispersion) f(l) = densité de population avec une grosseur de cristal sans dimension comme argument f = densité de population dans la suspension avec les cristaux p produits i = numéro d'étage ka = facteur de surface L = dimension caractéristique d'un cristal (diamètre par exemple) LO = grosseur de référence n = nombre d'étages du cristalliseur = courant de suspension de cristaux avec une densité de popu lation f( > ) = courant d'arrivée = distribution en poids normalisée = grosseur moyenne des cristaux calculée sur une base de poids. Les résultats des calculs apparaissent dans le tableau I ciaprès. La fig. 5 montre la distribution de grosseurs des cristaux dans le produit des exemples Al, A2, A3 et F3. Les exemples Al, A2, A3 et Bi, B2 et B3 montrent que, avec la même recirculation, le procédé selon l'invention donne une surface de cristaux trois fois plus grande. Une plus grande surface des cristaux indique une plus faible vitesse de croissance, c'est-à-dire une sursaturation plus faible ou un meilleur rendement de précipitation. L'exemple A3 donne une grosseur moyenne supérieure à celle de AI et A2. Au contraire, l'exemple K3 donne à peu près la même grosseur moyenne et le même coefficient d'irrégularité, ou de dispersion que A2 tandis que la surface des cristaux est presque quatre fois supérieure. En prenant l'exemple 3 comme point de départ, les exemples C3 et D3 montrent la manière selon laquelle la grosseur moyenne du produit peut être diminuée ou augmentée, sans modifier la dispersion. Les exemples E3 et F3 montrent que la grosseur moyenne peut être maintenue inchangée tandis que la dispersion est spécifiée indépendamment de la grosseur moyenne. Les limites de ces variations sont étendues en augmentant le nombre des étages du cristalliseur. Les exemples Gj et H3 montrent la manière selon laquelle la surface totale des cristaux peut être réduite sans modifier la distribution de grosseur du produit d'une manière notable. la réduction en pourcentage est respectivement 19 et 28. La réduction supplémentaire de l'exemple H3 est obtenue au prix d'une dispersion plus élevée. Les exemples I3 et J3 montrent une augmentation correspondante de surface de 60 et 68 %. Ces modifications de surface des cristaux influencent la formation des germes et, par conséquent, la stabilité dans le cristalliseur. Dans un second cas, d'autres essais de comparaison ont été effectués avec des conditions différentes, et dont les résultats apparaissent ci-après. En ce qui concerne la précipintion d'alumine selon le procédé Bayer, une simulation de précipitation continue a été effectuée dans des processus différents, basés sur les conditions de l'usine d'alumine Baton Rouge de Kaiser Aluminium & Chemical Corp. (E.M. Reese, W.H. Cundiff, 1955) I. & E.C. Vol. 47, N09. Liqueur mère : Al203 : 112 g/l (amenée au premier étage de précipitation Rapport en poids de Al203/Na2O : 1,10 Température : 720C Liqueur usée : Rapport en poids de Al203/Na2O : 0,56 (après le dernier étage de précipitation) Trois étages de précipitation. Les résultats apparaissent sur le tableau Il. les appareils de précipitation simulés sont les suivants : Type A : Appareil classique à co-courant avec une recirculation volumétrique de 10 % du débit d'entrée. Type 3 : Contre-courant sans classification du produit ou circula tion des cristaux (quantité négligeable de cristaux en débordement). Type C : Contre-courant avec classification du produit et circu lation interne des cristaux. En ce qui concerne la précipitation rapide, une simulation a été faite d'une opération de précipitation continue artificielle avec différentes configurations d'appareils. les valeurs de sursaturation jusqu'à 0,1 fo ou moins de la concentration diminuent dans le cristalliseur. Concentration de la solution d'entrée : 50 g/l Concentration de la solution effluente : 1 g/l Trois étages de précipitation. Les résultats apparaissent sur le tableau III. Les appareils de précipitation simulée étaient les suivants Type h : Un seul passage sans classification. Type B : Appareil classique à co-courant avec 20 ss en volume de recirculation par rapport au débit d'entrée, et classi fication du produit. Type C : Contre-courant sans classification du produit ou circu lation interne des cristaux. Type D : Contre-courant avec classification du produit et circula tion interne des cristaux. Tableau I Surface des cristaux, grosseur moyenne et dispersion pour différents oristalliseurs Type Classique Cristalliseur utilisé selon l'invention Identification A1 B1 A2 B2 A3 B3 C3 D3 E3 F3 G3 H3 I3 J3 K3 Nombre d'étages 1 1 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 Recirculation (%) 20 50 20 50 20 50 500 10 43,5 103 19,5 25 20,5 17 150 Courant du produit (%) - - - - 20 50 20 20 20 20 30 30 10 10 20 Plus gros cristaux en débordement - - - - 1,0 1,0 0,84 1,18 0,01 4,0 0,5 0,5 1,5 1,5 0,7 Surface des cristaux à l'étage 2 - - 1,11 0,96 2,49 1,30 1,22 4,25 0,97 3,51 2,53 1,83 2,44 3,24 0,52 Surface moyenne 1,0 0,86 0,88 0,76 3,25 3,11 3,08 3,84 2,83 3,63 2,62 2,35 5,21 5,46 3,49 Grosseur moyenne - 50 % en poids 3,42 3,19 2,91 2,71 4,53 3,63 3,70 5,31 4,54 4,53 4,53 4,52 4,54 4,53 2,88 Coefficient 1) d'irrégularité (%) 49,6 49,1 44,1 43,2 44,3 42,2 44,3 44,3 55,4 18,5 44,7 49,4 43,9 39,7 44,2 Toutes les grosseurs et surfaces se rapportent aux valeurs de référence 1) Définition : (L0,16 - L0,84)/2.L0,50 où 16 % en poids des cristaux dépassent L0,16. Tableau Il Type A B C Appareil : Réduction de volume (*) - 68 82 Economie de chaleur : Température de la solution usée ( C) 58 64 65 Produit : Grosseur moyenne (microns) 721) 105 55 Plus petites particules (microns) 30 O 44 Moyenne qdratique (microns) 19 43 10 en poids - 44 microns 10 4,2 0 Surface (m2/kg) 2) 38 28 47 i) 50 % en poids de -75 microns 2) Particules purement sphériques Tableau III Type A B C D Appareil : Réduction de volume (%) - 0,6 -4,2 9,7 Produit : Grosseur moyenne (microns) 75 46 77 59 Plus petites particules (microns) O 30 0 44 Moyenne quadratique (microns) 38 14 31 5 0jo' en poids - 44 microns 21 55 13 O Surface (m2/kg) 1) 44 58 38 51 1) Particules purement sphériques REVENDICATIONS 1 Procédé de cristallisation continue à partir d'une solution d'au moins une substance cristallisable, selon lequel la solution est amenée au premier d'une série d'étages de cristallisation avec une cristallisation partielle à chaque étage, la suspension partiellement cristallisée étant soumise à une classiftion entre chaque étage-, la suspension provenant du dernier étage passant à un séparateur qui sépare et retourne un courant de cristaux restants vers le dernier étage et le reste de la solution provenant du séparateur étant prélevé et les cristaux produits étant prélevés au premier étage, procédé caractérisé en ce que des cristaux en cours de croissance circulent dans des circuits comprenant deux ou plusieurs autres étages de cristallisation dans la série, dont les conduites de liaison sont telles qu'un courant de suspension partiellement cristallisée,après séparation d'une fraction de gros cristaux par classification, passe d'un étage au suivant dans la série, de manière qu'un courant de suspension en retour passe à contre-courant dans la série, d'un étage à l'étage précédent, sans classification, et qu'une suspension de cristaux produits soit prélevée au premier étage par l'intermédiaire d'une colonnededécantation, ou d'un tube de classification hydraulique, à contre-courant par rapport au courant entrant ciii entraîne des cristaux en cours de croissance vers le premier étage. 2 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le courant qui entre au premier étage est amené partiellement en bas de la colonne de décantation et partiellement par une conduite de dérivation. 3 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le courant entrant dans le premier étage est amené partiellement en bas de la colonne de décantation et partiellement par une conduite de branchement, le niveau dans le premier étage déterminant le débit du courant dans la conduite de dérivation au moyen d'un dispositif de commande. 4 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'une partie de la suspension de cristaux produits provenant de la colonne de décantation revient au premier étage par l'intermédiaire d'un autre dispositif de commande. 5 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le courant de suspension partiellement cristallisée entre deux étages est relié hydrauliquement par une vanne avec le courant de suspension en retour entre ces deux mêmes étages. 6 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le niveau du liquide dans un étage commande un troisième dispositif de commande pour le courant de suspension partiellement cristallisée dans l'étage. 7 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le courant de suspension partiellement cristallisée provenant du dernier étage commande le courant de solution restante provenant du séparateur, simultanément avec le courant de cristaux restants qui est maintenu inchangé. 8 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la classification après un étage est effectuée dans un dispositif qui retient les cristaux surmontant une vitesse linéaire déterminée de la suspension partiellement cristallisée dans le dispositif, ladite vitesse linéaire étant commandée au moyen d'une pompe réglable dans le courant de suspension partiellement cristallisée, ledit étage étant constitué par un réservoir qui comprend une chambre de classification annulaire que la solution partiellement cristallisée doit traverser pour arriver à l'étage suivant. 9 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le courant de suspension en retour est commandé au moyen d'un quatrième dispositif de commande. 10 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que qu'un dispositif mécanique ou électronique coordonne le réglage des dispositifs de commande du courant entrant en bas de la colonne de décantation, le courant de suspension de cristaux produits en retour vers le premier étage, le courant de suspension partiellement cristallisée et le courant de suspension en retour de manière que les cristaux produits présentent une distribution prédéterminée de grosseurs et que les cristaux de chaque étage représentent également en option une surface déterminée.