La présente invention concerne le formage des métaux à des températures modérées, et plus précisément un lubrifiant de formage de métaux ferreux à température modérée, permettant la réalisation directe d'éléments mis en forme, nécessitant une finition ou un usinage supplémentaire faible ou nul. On utilise depuis longtemps le formage à froid pour la réalisation d'éléments en forme tels que des coussinets, des raccords et analogues. le formage à froid présente des avantages ~particuliers qui en ont fait un procédé avantageux. Parmi ces avantages, on peut citer la contribution de ce procédé à l'augmentation de la résistance mécanique de l'élément terminé, et le fait que l'élément formé à froid peut être utilisé avec un usinage ultérieur ouune finition de surface faible ou nulle. le formage à froid nécessite cependant la dépense d'une quantité importante d 1énergie, et en pratique, son application est limitée à une dimension relativement faible d'ébauche,donc une dimension relativement faible pour l'élément final formé à froid. le forgeage ou extrusion à chaud est un procédé bien connu destiné au formage de matière brute de laminage qui est ensuite soumise à un formage, un usinage et/ou une finition de surface donnant la configuration voulue. le forgeage ou l'extrusion à chaud est habituellement mis en oeuvre sur un métal qui a été chauffé à une température à peine inférieure à sa température de fusion, c'est-à-dire à une température supérieure à la température de recristallisation du métal. A la suite d'un tel chauffage, la structure cristalline du métal ou de l'alliage est modifiée et sa résistance mécanique est réduite. Ce comportement indique que, bien que le travail à chaud nécessite une quantité d'énergie bien inférieure au premier procédé cité au cours de la phase de travail, une réduction de la résistance mécanique finale doit être tolérée, et des opérations supplémentaires de formage et d'usinage doivent etre mises en oeuvre. la brève description quisprécède des procédés de travail à froid et à chaud indique que chacun de ces procédés a ses avantages et ses inconvénients et qu'il est souhaitable qu'un procédé unique puisse avoir les avantages combinés tout en éliminant ou rendant minimaux les inconvénients. Un tel pro cédé est ce qu'on appelle dans la suite du présent-mémoire "le formage à température modérée". Dans une telle opération, l'ébauche qui doit être mise à la configuration voulue par estampage à chaud est portée à une température inférieure aux valeurs pour lesquelles une recristallisation appréciable du métal apparaît.Dans le cas des métaux et alliages ferreux, la température modérée de formage ne dépasse pas 8150C environ. te chauffage de l'ébauche facilite son travail mais, comme la recristallisation n'apparaît pas, le travail a des effets physiques pratiquement égaux à ceux du travail à froid. le procédé de formage à température modérée réduit la quantité d'énergie nécessaire et conserve cependant la résistance mécanique après formage associée au formage à froid des pièces. Comme tous ces procédés de formage impliquent un contact métal-sur-métal à pression très élevée et avec des forces de frottement importantes, on constate qu'un lubrifiant convenable est nécessaire de manière qu'il évite l'entaillage des surfaces des deux pièces formées et de l'outillage utilisé. Au cours du formage à froid, le lubrifiant utilisé est en général un revêtement complet des ébauches, à l'aide d'oxalates, de phosphates ou de sulfures de fer. On a superposé des films de matière thermoplastique à ces revetements(comme décrit par exemple dans le brevet des Etats-Unis d'Amérique nO 2 588 234 redélivré sous le nO 24 017). On a aussi utilisé des polymères organiques seuls pour l'extrusion à froid des aciers doux, comme décrit par exemple dans l'article "Polymer lubricants for the Cold Extrusion of Nild Steel" Do Blake et coll, Metallurgia and Metal Forming, janvier 1972, p 30 et 31. lies revêtements complets de sulfures et analogues nécessitent le traitement des ébauches dans des atmosphères particulières, dans des conditions soigneusement controlées, si bien que leur application accroît le prix du procédé de formage à froid. L'utilisation des résines thermoplastiques comme lubrifiants présente des avantages dans le formage à froid, mais les résines thermoplastiques ne conviennent pas au formage à température modérée étant donné qu'elles se dégradent thermiquement aux températures utilisées avant de jouer le rôle d'un lubrifiant. On a déjà utilisé du verre sous diverses formes comme lubrifiant des filières d'extrusion fonctionnant à environ 10904(= lors du traitement des matières brutes de laminage. Ces divers types de verre comprennent des plaques uniques, comme décrit dans le brevet des Etats-Unis d'Amérique nO 2 539 9t7, plusieurs plaques comme décrit dans le brevet des Etats-Unis d'Amérique nO 3 390 079, plusieurs couches de verre comme décrit dans le brevet des Etats-Unis d'Amérique nO 3 345 842, des plaques associées à des fibres de verre comme décrit dans le brevet des Etats-Unis dlAmérìque nO 2 630 220, de la poudre de verre associée à un tissu de verre, comme décrit dans le brevet des Etats-Unis d'Amérique nO 3 254 401, du verre finement divisé dispersé dans de la graisse comme décrit dans le brevet des Etats-Unis d'Amérique nO 3 485 753, et un revêtement de verre adhérant à la surface de ltebauche, comme décrit dans le brevet des Etats-Unis d'Amérique n 3 465 424. Lors du formage à température modérée qui nla pas été utilisé de façon aussi importante que le formage à froid ou l'extrusion à chaud, on a utilisé du graphite pour le revêtement des surfaces de ébauche et de l'outillage. Cependant, le graphite ne suit pas les nouvelles surfaces créées au cours du formage et en conséquence, sur les parties qui subissent des opérations de formage- sévères,l'outillage vient au contact de surfaces non lubrifiées et subit une usure intolérable.Des revêtements complets d'une combinaison de phosphate de manganèse et de bisulfure de tungstène ont déjà-été proposés pour le formage à température modérée, comme décrit dans le brevet des Etats Unis d'Amérique nO 3 378 903, mais, comme dans le cas des revetements complets formés sur les ébauches de formage à froid, ce type de lubrifiant est coûteux et son application est complexe. Ainsi, on note-que le formage à température modérée des éléments métalliques présente des-avantages très nets, mais un lubrifiant convenable peu coûteux, rendant possible l'utilisation de tous les avantages potentiels du formage à température -modérée est nécessaire. L'invention concerne un lubrifiant fiable d'application facile et peu coûteuse destiné au formage à température modérée des métaux ferreux. Un tel lubrifiant peut setre utilisé en quan tité minimale et donne en même temps une protection maximale des surfaces de l'outillage. L'invention concerne aussi un procédé de formage à température modérée des métaux ferreux0 Un tel procédé rend possible le formage à température modérée de pièces métalliques avec une quantité dténergie réduite par rapport à celle que nécessite le formage à froid, le métal conservant cependant une résistance mécanique analogue à celle d'un métal formé à froid. Un tel procédé convient aux alliages ferreux qui ont des résistances mécaniques trop élevées pour qu'ils puissent être formés à froid. I1 convient aussi au traitement d'ébauches de grande dimension, donnant des pièces plus grandes que celles que le procédé de formage à froid permet d'obtenir. L'invention concerne aussi un procédé d'estampage de pièces métalliques ayant une dimension et une qualité de surface réglées telles que la finition ou l'usinage ultérieur est pratiquement superflu. L'invention concerne aussi des pièces métalliques réalisées avec un investissement réduit. Le lubrifiant selon l'invention, destiné au formage à température modérée, comprend une combinaison d'oxyde de fer de formule FeO sensiblement, ayant la structure de la wüstite, avec une mince couche de verre qui adhère à l'oxyde de fere Selon le procédé de l'invention, la surface de l'ébauche en métal ferreux qui doit être formée a une configuration prédéterminée et est oxydée de façon réglée de manière qu'une mince couche d'oxyde de fer, de formule correspondant sensiblement à FeO et de structure de wllstite se. forme, un mince film de verre étant alors colléài'oxyde fer dans des conditions qui conservent une partie de la structure de wüstite. L'ébauche portant ce lubrifiant composite subit alors un formage à température modérée dans une presse d'estampage à une température inférieure à la température de recristallisation du métal ferreux. Les surfaces de l'outillage de la presse sont de préférence revetues de graphite. D'autre caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront mieux de la description qui va suivre, faite en référence au dessin annexé sur lequel la figure 1 est une perspective d'un exemple d'ébauche; la figure 2 est une coupe simplifiée d'une presse d'estampage convenant à une extrusion vers ltarrlère, et elle représente une ébauche en position la figure 3 représente la presse de la figure 2 après formation d'un élément en métal ferreux ayant une configuration voulue la figure 4 est une perspective de la pièce formée ; la figure 5 est une coupe simplifiée d'une presse d'estampage convenant à l'extrusion vers l'avant et elle représente une pièce partiellement formée à la configuration voulue la figure 6 est une coupe par le plan repéré par la ligne 6-6 de la figure 5 ; et la figure 7 est une coupe du système lubrifiant selon l'invention. Avant a description de la formation du système lubrifiant selon l'invention, il est utile de considérer rapidement le procédé général de formation de configurations prédéterminées à partir d'ébauches métalliques. La figure t est une perspective d'une ébauche 10 en métal ferreux convenant à la mise en oeuvre-de l'invention0 Au cours d'une extrusion vers l'arrière, l'ébauche 10 et sa surface lubrifiante Il (figure 2) sont placées à température modérée dans la presse 12 qui, dans sa forme la plus simple, comprend une matrice cylindrique fermée 13 délimitant à sa surface interne 14 une cavité 15, et un poinçon 16 ayant une surface externe 17o La matrice 12 et le poinçon 16 forment l'outillage et les surfaces 14 et 17 des surfaces d'usinage qui sont de préférence revetues de graphite. Lorsque le poinçon 16 est enfoncé sous pression contre la surface 18 de-l'ébauche, le métal de cette dernière est repoussé vers l'arrière dans le volume délimité entre la surface 17 du poinçon et la surface 14-, avec formation de nouvelles surfaces métalliques 19 et 20e Ces nouvelles surfaces, lorsqu'elles frottent en glissant contre les surfaces de l'outillage, restent protégées par le lubrifiant qui porte la référence lia sur la figure 3. Le lubrifiant vitreux flue dans ces conditions et continue à revêtir les nouvelles surfaces lorsqu'elles se forment. A la fin du parcours du poinçon 16, la pièce métallique 21 qui est représentée, en dehors de la presse, sur la figure 4, est formée. La pièce 21 peut être utilisée par exemple comme coussinet dans un appareillage de grande dimension, par perçage de l'extrémité fermée de manière que le trou 22 soit ouvert a La figure 5 représente un procédé d'extrusion vers l'avant, une ébauche 25 (ayant la configuration originale de la figure 1) étant disposée dans une cavité 26 aboutissant à une filière 27 d'extrusion dont la configuration interne, représentée sur la figure 6, est destinée à la formation dtune pièce métallique 28 de configuration circulaire.Lorsque le poinçon 29 est chassé contre 11 ébauche 25, une nouvelle surface métal lique 30 se forme et le lubrifiant lia la protège et empêche la formation d'entailles dans les surfaces de la filière et de la pièce métallique. Le film vitreux qui constitue le lubrifiant doit être efficacement fixé à la surface du métal ferreux, et cette fixation est assurée par une couche d'oxyde de fer formée dans des conditions réglées à la surface de manière que sa composition soit sensiblement FeO et sa structure cristalline celle de la wEstite. La figure 7 est un schéma qui représente la structure générale du système lubrifiant selon l'invention, disposée sur une surface 75 en métal ferreux. La couche FeO adhère probablement à la couche métallique 350 Le film lubrifiant vitreux 38 est lui-meme fixé à la couche 36 de FeO, donc au métal 35, par l'intermédiaire d'une couche 39 d'interface qui est apparemment formée de FeO dissous dans du verre. L'ébauche comprenant le système lubrifiant selon l'invention, est formée à partir d'un métal ferreux, cette expression désignant entre autresles aciers et d'autres alliages a Les aciers utilisés de façon générale pour la formation de pièces de configurations choisies par estampage sont des aciers à faible teneur en carbone. Cependant, le lubrifiant et le procédé de formage à température modérée selon l'invention ne sont pas limités aux applications des aciers à faible teneur en carbone. I1 suffit que les métaux utilisés puissent former la couche nécessaire d'oxyde de fer (FeO sous forme wilstite) à leur surface et puissent être mis en forme dans une presse à une température ne dépassant pas 8150C environ. Les procédés de formation d'une couche de mastite sont décrits dans la littérature et on peut par exemple consulter les articles "The System Iron-Oxygen.I. The Wustite Field and Related Equilibria" de L.S. Darken et coll. J. Amer. Chem. Soc. 67 1398-1412 (1945) et "The System Iron-Oxygen. Il. Equili- brium and Thermodynamics of Liquid Oxide and other Phases" de L,S, Darken et molle J. Amer, Chem.Soc. 798-815 (t946). Lors de la formation de la wustite, la température et la pression partielle de l'oxygène sont réglées de manière que l'atmosphère nécessaire à l'oxydation du fer à la surface métallique avec formation d'oxyde de fer de composition correspondant sensiblement à FeO soit réalisée. la wUstite peut être essentiellement formée uniquement dans une plage de températures comprises entre environ 590 et 13700C, avec une pression partielle convenable d'oxygène qui peut être facilement déterminée d'après un diagramme convenable température-pression > par exemple du type qui figure dans l'ouvrage "Physical Chemistry of Metals" de L.S. Darken et R.W. Gurry, McGraw-dill Book Gompany, Ino., New York, 1953, page 349. Les pressions partielles d'oxygène, selon les procédés bien connus, sont obtenues par utilisation d'atmosphère ayant des rapports convenables H2/H20 ou CO/C02, Plus la température utilisée pour la formation de FeO est élevée et plus la plage des pressions partielles d'oxygène est large. Les températures comprises entre environ 590 et 7600C sont avantageuses car elles évitent la recristallisation de l'acier. L'épaisseur de la couche de wüstite doit être comprise entre environ 0,5 et 10 microns, une valeur comprise entre environ 1 et 5 microns étant avantageuse. L'ébauche ayant la surface revêtue dè wUstite est de préférence refroidie rapidement de manière qu'il ne se forme pas de magnétite Fie304. Un verre convenant-au système lubrifiant selon l'in- vention doit posséder certaines propriétés physiques. Il doit avoir une température de fusion comprise dans la plage au-dessus de laquelle la structure de la wustite est stable dans l'atmosphère dans laquelle le verre est fondu pour la formation d'un film. (La température de fusion d'un verre est celle à laquelle les particules de verre se ramolissent et s'associent par coalescence en formant un film de verre à la surface). En consé quence, ce critère signifie que le verre doit avoir une température de fusion comprise entre environ 590 et 7600C de manière qu'il puisse être appliqué et mis sous forme d'un film dans une atmosphère convenable. Le verre doit avoir une viscosité comprise entre environ 100 et 1000 poises à la température modérée de formage.L'atmosphère dans laquelle le verre est fondu doit être telle que FeO reste stable à la température de fusion. Il peut s'agir d'une atmosphère totalement inerte, par exemple d'azote, ou dans laquelle la pression partielle d'oxygène est inférieure à celle pour laquelle une quantité appréciable de FeO s'oxyde. Le verre doit être au moins un solvant partiel de la wüstite à sa température de fusion0 On pense que la liaison efficace nécessaire du verre à la surface de wtistite est obtenue par dissolution d'une partie de la wüstite dans le verre mais non de la totalité. Dans le système lubrifiant selon l'invention, une couche de wüstite est nécessaire de manière qu'elle fixe le lubrifiant vitreux à la surface du métal ferreux. Cette fixation est réalisée par l'intermédiaire d'une couche d'interface dans laquelle la wüstite est dissoute dans le verre comme représenté sur la figure 7. De façon générale, lorsque le verre est fixé à une surface métallique, il est souhaitable, snnon nécessaire, que le verre utilisé ait un coefficient de dilatation thermique pratiquement égal à celui du métal auquel il est fixé a Dans le système lubrifiant de l'invention, il est préférable bien que non essentiel, que le verre utilisé ait un coefficient de dilatation thermique différent de celui du métal de manière que, après la formation de la pièce qui a été formée à température modérée, le film vitreux puisse être facilement retiré par effritement0 Comme le verre a une résistance à la traction plus faible que sa résistance à la compression, il est aussi avantageux que le verre utilisé ait un coefficient de dilatation thermique supérieur à celui du métal de manière que le film de verre soit en traction après le formage à température modérée. On note que les propriétés physiques du verre déterminent ses possibilités d'utilisation dans le système lubrifiant selon l'invention. Bien que les verres à base de silicates de c-omposition bien connue soient normalement utilisés, l'invention concerne aussi l'utilisation de verres à base de silicate contenant des éléments aetifs tels que le soufre ou le sélénium, ou des verres ne contenant pas de silicate, par exemple au phosphate de plomb ou de zinc, dans la mesure oU le verre possède les propriétés physiques indiquées a Le film de verre du système lubrifiant, avant formage à température modérée, ne doit pas avoir une épaisseur supérieureà 25 microns environ.Lorsque cette épaisseur dépasse beaucoup 25 microns, le verre peut s'accumuler sur les surfaces de ltoutillage, notamment sur les parois délimitant la cavité de la matrice. L'épaisseur minimale du verre varie avec le rapport de la nouvelle surface formée à la surface d'origine de I'ébauche. Quel que soit ce rapport et la combinaison d'ébauche et de pièce terminée, un spécialiste peut facilement déterminer quelle plage d'épaisseurs de verre lubrifiant peut être efficacement utilisée L'efficacité du système lubrifiant est jugé d'après la présence ou l'absence d'entaillage des surfaces des pièces formées à température modérée et des surfaces de ltoutillage. Le film de verre peut etre appliqué par tout procédé convenable. Par exemple, il peut etre appliqué à la surface sous forme d'une matière finement divisée qui peut être saupoudrée sous forme d'une poudre sèche, ou il peut être en suspension dans un liquide tel que liteau ou un liquide organique relativement volatil, puis peint, pulvérisé ou appliqué d'une autre manière convenable. Selon les procédés connus, des agents convenables de mise en suspension peuvent être ajoutés de manière qu'ils forment des barbotines Certains verres peuvent aussi être appliqués en solution. Les verres appliqués sous forme d'une matière finement divisée, avec ou sans liquide de mise en suspension, doivent etre fondus après dépôt de ma nière qu'ils forment un film essentiellement continu. La température à laquelle cette fusion est réalisée et le temps pendant lequel le verre est chauffé de manière qu'il atteigne la température voulue et que la fusion soit assurée, doivent être maintenus en combinaison entre les limites qui assurent la préservation de l'intégrité de la couche de wUstite nécessaire à la formation de la liaison entre le verre et la surface du métal. Comme indiqué précedemment, une partie de la wüstite se dissout apparemment dans le verre, mais la formation du film vitreux doit être réalisée sans dissolution d la totalité de la wüstite. Dans une variante à l'utilisation de deux étapes distinctes comprenant la formation initiale de la couche de FeO puis d'une couche de verre sur cette couche de FeO, le système lubrifiant de l'invention, comme représenté schématiquement sur la figure 7, peut être appliqué à l'aide d'un verre dont la composition est saturée en FeO.Un tel verre peut être préparé par exemple par incorporation d'oxalate ferreux et par utilisation de conditions de fusion dans lesquelles l'activité de 11 oxygène de la matière fondue est réglée. la formation de telles compositions vitreuses contenant FeO est décrite dans la littérature, par exemple dans l'article de A. Paul et R.W. Douglas "Ferrous-Ferric Equilibrium in Binary Alkali 5silicate Glasses", Physics and Chemistry of Glasses (Society of Glass Technology) vole 6, nO 6, décembre 1965, p. 207-211. Le verre contenant FeO est alors appliqué comme décrit pour l'application du verre à la couche formée séparément de FeO, compte tenu des conditions de fusion du verre, c'est-à-dire des températures et des atmosphères, dans lesquelles FeO reste stable et ne s'oxyde pas de façon appréciable. Lorsque le surface de l'ébauche métallique porte le système lubrifiant adhérent, et lorsque le film vitreux s'est solidifié, l'ébauche peut etre chauffée et placée dans la presse en vue de son formage. Lorsque le dépôt du film vitreux comprend une étape de fusion et lorsque l'ébauche a été chauffée, on peut tirer avantage de ce fait et supprimer totalement le réchauffage de l'ébauche à la température modérée de formage. Après formage à teepérature modérée, la pièce ayant la configuration finale voulue est débarrassée du verre, par exemple par effritement mécanique avec sablage ou par dissolution par de l'eau ou une solution alcaline. La pièce terminée nécessite en général un usinage ou une finition faible ou nulle avant utilisation. Cependant, l'invention concerne aussi le formage à température modérée d'acier allié relativement dur à une configuration nécessitant une certaine finition ou un certain usinage. Dans de tels cas, la plus grande partie de l'usinage est éliminée par la formage à température modérée. On décrit maintenant l'invention en référence à un exemple particulier qui est purement illustratif et non limitatif. On utilise des ébauches en acier de I 1,74 cm de diamètre et t,70 cm de hauteur L'acier utilisé est du type SAE 1018, c'est-à-dire une matière à faible teneur en carbone (0,18 % de C). On porte les ébauches à 7600 en atmosphère formée par un courant de gaz contenant 10 % de H2 et 90 % de N2 en volume, qui a circulé dans un bain d'eau à 4O0C. Ce mélange H2O-H2 donne une pression partielle d'oxygène d'environ 2.1O15Pa, c'est-à-dire la valeur nécessaire à la formation de wustite sans formation de magnétite ou d'hématite. On maintient la température à 76O0C pendant 1 à 2 h de manière que la formation de la couche de FeO soit complète.Ensuite, on refroidit rapidement les ébauches résultantes ayant une surface en wustite dans la même atmosphère de manière que cette phase de wiistite soit maintenue à température réduite. Le verre utilisé contient 632 % de PbO, 21,3 46 de SiO2 et 15,5 ffi de B203, en poids. il est mis sous forme d'une suspension par broyage au broyeur à boulets dans du méthanol. La suspension est appliquée sur toute la surface des ébauches revêtues de wüstite par trempage, et les ébaucheerevetues sont alors portées à 76O0C en atmosphère d'azote de manière que le verre fonde, s'étale et forme un film. Le temps de maintien à 7600C est d'environ 2 à 10 mn de manière que la wüstite ne soit pas totalement dissoute dans le verre. Les ébauches en acier, revêtues du système lubrifiant, sont alors portées à 76O0C à l'air et, lorsque le verre a fondu, les ébauchas sont rapidement placées dans une presse du type représenté sur la figure 2, en vue du formage à température modérée. Les surfacesd'outillage sont revêtues de graphite. L'opération de formage est une extrusion de la matière vers l'arrière dans la presse, avec une striction de 70 ffi et un rapport de la hauteur de la pièce au diamètre du poinçon de 2,5/t. On juge l'efficacité du lubrifiant d'après la présence ou l'absence d'entailles à la surface interne de la pièce en acier. Lorsque les entailles sont présentes, elles peuvent donner une indication sur le contact matériel du poinçon avec l'acier si bien que le poinçon subit une usure rapide. Comme la formation d'entailles peut s'accentuer au fur et à mesure de la formation des pièces à température modérée, on réalise successivement par formage à température modérée plusieurs pièces. Les ébauches dacier portant le système lubrifiant de l'invention ne présentent pas d'entaillage après formage, même après formage successif de cinq pièces dans la même presse. L'examen des pièces formées indique que le verre s'est écoulé sur les surfaces de l'acier nouvellement formé lors du formage de la pièce, le verre ayant constitué une protection matérielle entre la surface de-l'outil et l'acier. Plusieurs ébauches d'acier identiques à celles qu'on vient de décrire sont directement revêtues par le même verre, sans formation initiale de la surface de wllstita. Elles subissent alors un formage à température modérée comme décrit avec la même presse et dans les mêmes conditions de formage. il apparaît des entailles sur l'acier et le- verre ne suit pas les surfaces d'acier qui sont nouvellement créées. Ainsi, il apparaît que la formation de la wüstite à la surface est nécessaire pour l'utilisation d'un verre comme lubrifiant de formage à température modérée. La quantité d'énergie nécessaire au formage à température modérée des pièces dans cet exemple est estimée à environ 50 à 75 % de la quantité nécessaire au formage à froid correspondant. Ainsi, les mêmes pièces peuvent être formées à tempé rature modérée de façon peu coûteuse Avec la même quantité d'énergie, le formage à température modérée permet le traitement de pièces plus grandes que celles que permet le formage à froid. il est bien entendu que l'invention n'a été décrite et représentée qu'à titre d'exemple préférentiel et qu'on pourra apporter toute équivalence technique dans ses éléments constitutifs sans pour autant sortir de son cadre, qui est défini dans les revendications annexées, REVE ATIONS 1. Procédé de formage à température modérée d'une pièce de configuration prédéterminée à partir d'une ébauche en métal ferreux par estampage à une température pouvant atteindre 8150C environ, ledit procédé étant caractérisé en ce qu'il comprend la fixation à la surface de ébauche d'une quantité efficace d'un lubrifiant vitreux, la fixation étant réalisée par l'intermédiaire d'une couche d'oxyde de fer de formule correspon nuant sensiblement à FeO et ayant la structure de la mastite. 2. Procédé de traitement de la surface d'une ébauche en métal ferreux convenant au formage à température modérée d'une pièce de configuration prédéterminée, ledit procédé étant- caractérisé en ce qu'il comprend l'oxydation réglée de la surface de l'ébauche en métal ferreux de manière qu'une couche d'oxyde de fer de formule sensiblement FeO et ayant la structure de la wustite soit formée, puis la fixation sur l'oxyde de fer d'un film lubriflant. 3. Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que le coefficient de dilatation thermique du verre diffère de celui du métal ferreux et est par exemple supérieur à celui du métal ferreux. 4. Procédé de formage à température modérée d'une pièce de configuration prédéterminée à partir d'une ébauche en métal ferreux, ledit procédé étant caractérisé en ce qu'il comprend l'application à la surface de ébauche en métal ferreux d'un film lubrifiant de verre fixé à la surface par une couche d'oxyde de fer de composition correspondant sensiblement à FeO et ayant la structure de la wiIstite, le chauffage de l'ébauche à une température inférieure à une valeur à laquelle une recristallisation notable du métal ferreux apparat, et la mise en contact sous pression de la surface de l'ébauche chauffée avec un outillage de manière que l'ébauche soit repoussée et prenne la configuration prédéterminée sous pression. 5. Procédé selon l'une des revendications 2 et 4, caractérisé en ce que la couche d'oxyde de fer a une épaisseur comprise entre environ 0,5 et 10 microns. 6. Procédé selon l'une des revendications 2 et 4, caractérisé en ce que le film de verre a unesépaisseur qui ne dépasse pas 25 microns environ. 7. Procédé selon l'une des revendications 2 et 4, caractérisé en ce que le verre a une température de fusion comprise entre environ 590 et 76O0C, et une viscosité comprise entre environ 100 et 1000 poises à la température de formage à température modérée. 8. Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que la fixation du verre à l'oxyde de fer comprend l'application de verre finement divisé à la surface de l'oxyde de fer, puis la fusion du verre de manière qu'il forme le film voulu, les conditions de la fusion étant telles qu'une partie au moins de l'épaisseur originale de la couche d'oxyde de fer soit conservée. 9. Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce que l'application du film lubrifiant de verre comprend la fusion à la surface de l'ébauche métallique d'un film de verre dont la composition contient une quantité de FeO correspondant à la saturation, la fusion étant réalisée dans des conditions de température et de pression partielle d'oxygène qui empochent toute oxydation notable de FeO. 10. Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce que l'application du film lubrifiant de verre comprend l'oxy- dation réglée de la surface de l'ébauche en métal ferreux de manière qu'une couche d'oxyde de fer soit formée, puis la fixation du film de lubrifiant vitreux à l'oxyde de fer. 11. Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce que l'outillage comprend une cavité fermée de matrice et un poinçon coopérant avec celle-ci de manière que le contact sous pression provoque I'extrusion vers-l'arrière de l'ébauche dans la cavité de la matrice avec formation de la configuration prédéterminée. 12. Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce que l'outillage comprend une cavité de matrice aboutissant à une filière d'extrusion, et un poinçon se déplace dans la cavité de manière que le contact sous pression provoque l'extrusion vers l'avant de l'ébauche, par la filière, avec formation de la configuration prédéterminée. 13. Ebauche en métal ferreux destinée au formage à tempé rature modérée à une configuration prédéterminée, ladite ébauche étant caractérisée en ce qu'elle porte un lubrifiant vitreux adhérant à sa surface par l'intermédiaire d'une couche d'oxyde de fer dont la composition est sensiblement FeO et dont la structure est celle de la wUstite. 14. Ebauche selon la revendication 13, caractérisée en ce que la couche d'oxyde de fer a une épaisseur comprise entre environ 0,5 et 10 microns, le verre est sous forme d'un film pratiquement continu dont l t épaisseur ne dépasse pas 25 microns environ, et le verre a une température de fusion comprise entre environ 590 et 7600C, et une viscosité comprise entre environ 100 et 1000 poises à la température du formage à température modérée.