La dispersion uniforme de substances "actives" dans un support pulvérulent simple ou complexe, inerte ou doué de propriétés définies, de mêe que l'incorporation à ces supports de très faibles proportions d'éléments constituants, uniformément répartis, revêt une importance très grande, surtout lorsque certains de ces constituants sont des oligo-éléments. C'est le cas de bon nombre de mélanges fourragers, alimentaires, diététiques ou pharmaceutiques et, actuellement aussi, de fertilisants organo-minéraux. Les uns et les autres contiennent des éléments actifs essentiels ou des oligo-éléments dont le taux dans le mélange final est très fréquemment inférieur à 1 *. Dans le domaine alimentaire et dans la préparation des produits diététiques, l'incorporation de faibles doses de compléments minéraux tels que phosphates de calcium et fluor, de condiments ou d'aromes, de vitamines et d'hormones, de colorants ou d'éléments conservateurs, constitue- un problème de dispersion qu'un mélange mécanique ne réalise que très imparfaitement. En pareil cas, ur manque d'homogénéité du mélange final a pour conséquence que certaines de ses fractions peuvent dépasser le seuil de tolérance imposé au matériel, tandis que d'autres de ses fractions restent insuffi santes pour exercer leur pleine efficacité. Dans le domaine des fortifiants, d'autre part, on constate actuellement une évolution accélérée vers la création de mélanges complexes à haute teneur en matières organiques destinés à suppléer à la pénurie croissante de fumier de ferme. On constate, en outre, un épuisement progressif et parfois carentiel d'éléments mineurs, épuisement que les végétaux accusent par de nombreux signes extérieurs : malformations, décoloration ou coloration anormale du feuillage, tares physiologiques sur les fruits ou sur d'autres organes des plantes. Il s'ensuit que l'agronomie moderne est tenue d'orienter les méthodes de fertilisation vers l'emploi d'éléments complémentaires oligo-dynamiques introduits dans les formules classiques qui ne prévoient, en général, que les trois éléments essentiels : azote, acide phosphorique et potasse. Le but de la présente invention est de créer un procédé de fabrication rationnel d'un mélange pulvérulent ou granulé parfaitement homogène contenant une petite proportion d'au moins un consti tuant dispersée dans une masse d'un autre constituant formant support. Pour atteindre ce but, le procédé selon l'invention est caractérisé en ce qu'on pulvérise sur un constituant de base véhiculé sur une bande transporteuse au moins un constituant complémentaire, on règle le débit du constituant complémentaire proportionnellement au débit de la bande de façon à obtenir un dosage déterminé des constituants du mélange et on brasse le mélange pendant qu'il est véhiculé sur la bande. Le dispositif selon l'invention est caractérisé en ce qu'il comprend une bande transporteuse sans fin, des moyens d'entraînement de la dite bande à une vitesse constante, des moyens d'alimentation de la bande en un constituant de base, ces moyens étant situés à l'une des extrémités de la bande, un distributeur de constituant complémentaire comprenant plusieurs pulvérisateurs réglables répartis le long du distributeur et des moyens de brassage du mélange. Selon l'invention, le procédé est appliqué à la fabrication en continu de mélanges dosés destinés à l'agriculture. La description qui suit se rapporte à divers exemples de mise en oeuvre du procédé, ainsi qurà une forme d'exécution du dispositif, objet de l'invention, cette forme d'exécution étant représentée au dessin annexé. La fig. 1 est une vue en élévation longitudinale du dispositif, la fig. 2 en est une vue en coupe transversale selon la ligne II-II de la fig. 1, et la fig. 3 est une vue partielle à plus grande échelle de la bande transporteuse vue de dessus. L'installation représentée à la fig. I est constituée d'un bâti 1, par exemple en fers profilés soudés les uns aux autres. Il est de forme allongée et comporte à ses deux extrémités des paliers 2 et 3 destinés à supporter des rouleaux 4 sur lesquels est tendue une bande sans fin 5 qui sera de préférence en une matière légèrement élastique. Le ruban souple 5 est entraîné par un moteur (non représenté) qui attaque l'un des royaux 4 et l'entraine à vitesse constante. A la fig. 1, le sens de déplacement de la bande est de droite à gauche pour le brin supérieur. L'instalIationcomprend des moyens d'alimentation qui ne sont pas représentés à la fig0 1, et qui déversent sur le brin supérieur de la bande 5 une masse de matière destinée à former le constituant un de base du mélange. Le dispositif 6 estvémotteur, constitué d'un cylindre rotatif qui réduit le constituant de base à une masse pulvérulente ou granulée en cassant les parties compactes qu'elle peut contenir. En avant de cet émotteur est disposé un gabarit 7 qui règle le volume du constituant de base véhiculé par le ruban 5.Ce constituant, après avoir passé sous le gabarit 7 parcourt toute la longueur de l'installation et tombe finalement dans un récipient qui peut être constitué par un silo de réserve ou une trémie ensa- cheuse distribuant le mélange sortant de l'installation directement dans des sacs prêts à être livrés aux utilisateurs. La vitesse du moteur étant constante, de même que le profil du matériau véhicule et la concentration, le débit de matière est constant. Le chissis 1 porte deux tuyauteries 8 et 9 qui s'étendent parai lblement au-dessus de l'axe du ruban 5. A ces tuyauteries sont raccordés des conduits 10 qui sont munis à leur extrémité inférieure d'un bec de pulvérisation ll. Ces conduits 10 sont répartis sur toute la longueur de la bande et sont raccordés alternativement à l'une et à l'autre des tuyauteries 8 et 9. Les pulvérisateurs li sont agencés en fonction de la pression du fluide refoulé dans les canalisations 8 et 9 pour que le jet qui en sort ait une forme conique et une ouverture suffisante pour se disperser sur toute la largeur de la bande. Les tuyauteries 8 et 9, de même que les conduits 10 sont équipés de vannes de réglage du débit (non représentées). Ces vannes permettent de régler exactement le débit des fluides qui parcourent les dites canalisations. Le châssis 1 est encore équipé de dispositifs de brassage constitués par des barres 12 munies de socs 13. Ces barres sont réparties également sur toute la longueur du châssis, sous forme de lignes transversales disposées de distance en distance. Comme on le voit à la fig. 3, les socs 13 d'une ligne sont décalés par rapport à ceux des deux lignes adjacentes. La forme de ces socs est telle qu'ils produisent un brassage des matériaux supportés par la bande 5 au fur et à mesure de leur déplacement d'une extrémité à l'autre du chasses 1. Dans une autre forme d'exécution encore, les canalisations d'amenée du produit complémentaire pourraient être en nombre supé rieur à 2 ou, au contraire, ne comporter qu'une canalisation. Elles pourraient être équipées de façon à conduire un produit en poudre au lieu d'un produit liquide, ou un fluide et suspension. De toute façon, la ou les solutions, ou la masse de matière pulvérulente, conduites dans les pulvérisateurs il, peuvent provenir d'une cuve de préparation. Elles sont refoulées à pression constante dans les conduits d'amenée. On voit à la fig. 2 que le constituant de base réparti sur la bande 5 provoque par son poids un léger cintrage de cette bande, ce qui facilite le maintien de la masse de constituant de base sous forme de granulé ou de poudre tout le long du - chssîs. L'installation qui vient d'être décrite peut être utilisée pour préparer des engrais ou des denrées fourragères utilisables en agro e ote ent nomie, ces mélanges ayant des propor ion s es des différents constituants prévus. On va décrire ci-après différents exemples de mise en oeuvre du procédé de fabrication de ces mélanges. Exemple 1 : On étale, sur le ruban transporteur alimenté par un distributeur, une couche régulière de farine de tourteaux. Le débit horaire est réglé à l'aide d'un gabarit fixé au point de départ du ruban. A l'aide d'une série de pulvérisateurs réglables disposés sur une conduite située dans l'axe du ruban transporteur, on imprgne au passage la farine de tourteaux avec une solution à 10 s d'urée, à raison d'une partie de la solution pour dix parties de la farine de tourteaux. Le ruban transporteur déverse la matière imprégnée dans un silo de stockage. La solution d'urée peut être remplacée par une solution de substances organiques azotées, telles que : sang, résidus de fabrication des acides aminés, vinasses de sucrerie, eaux amoniacales, eaus-mères résiduelles. On obtient ainsi un engrais. Exemple 2 On peut préparer un engrais anti-parasitaire (insecticide, fongicide ou herbicide) en alimentant le ruban avec un support de résidus végétaux pour engrais tels que tourteaux d'extraction sur lesquels on pulvérise une solution concentrée d'une substance antiparasitaire. On obtient ainsiwun engrais insecticide des parasites du sol, soigneusement dosé, dont l'épendage supprime l'emploi d'appareils pulvérisateurs en combinant, en une seule opération, désinfection et fumure. Bxemnle 3 : On imprègne un support pulvérulent de tourteaux de pépins de raisin avec une solution de sels métalliques de fer, de manganèse, de cobalt, de cuivre, de nickel, de molybdène, pour obtenir un fertilisant porteur d'éléments oligo-dynamiques. On obtient ainsi un engrais. Stemfile 4 : On peut préparer un fourrage mélassé, homogène, riche en éléments oligo-dynamiques, en pulvérisant sur un son fourrager véhiculé par le ruban transporteur, une solution contenant de la mélasse diluée, additionnée de vitamines, d'hormones et de sels minéraux. La nasse imprégnée est conduite à la sortie du ruban dans un séchoir tunnel pour éliminer l'eau de dilution de la solution dimprdgnationz Corse on le voit, le procédé décrit peut s'appliquer à la formation de mélanges à partir de différents constituants de base. Ainsi, on peut utiliser comme constituant de base du tourteau de pépins de railla, de la tourbe moulue; de la farine de tourteau d'extraction d'olives, de la farine fourragère. Quant au constituant complémentaire, il peut être selon les cas, lorsqu'on utilise un constituant liquide, une solution de nitrate d'ammoniaque, une solution résiduelle de la fabrication d'acides aminés, un herbicide en solution aqueuse ou alcoolique, une solution d'insecticide, ou solution de fongicide par exemple.Le liquide pulvérisé peut être aussi de la mélasse additionnée d'éléments oligo-dynamiques et d'hormones. I1 peut être aussi un hydrolysant de protéines. Au lieu d'un liquide, on peut ajouter au constituant de base, par exemple une poudre anydre, ce qui permet de réaliser une déshydratation des constituants de base humides véhiculés par le ruban transporteur. Le procédé décrit permet de fabriquer des engrais ou des denrées fourragères sur mesure en dosant à volonté les types et les quantités des produits entrant dans la composition de ces mélanges. L'utilisation de conduites et de pulvérisateurs séparés permet d'introduire dans le mélange des liquides différents qui, s'ils étaient mis en présence l'un de l'autre avant d'être mélangés à la base, seraient l'objet de réactions diminuant leur possibilité d'utilisation. Dans cet ordre d'idée, on remarque que le procédé décrit permet d'opérer au cours de la fabrication d'un engrais par exemple, la synthèse de composés minéraux ou organiques par addition ou substitution. D'une façon générale, mais plus spécialement dans le cas où les produits complémentaires sont des liquides, ceus-ci peuvent être amenés dans les tubes 8 et 9, à des températures variables, et choisies en fonction du résultat que l'on désire atteindre. Les réac tions chimiques que l'on introduit au moment de la fabrication du mélange peuvent donc se faire à la température optimum. BEVGIJDICBTIOS 1. Procédé de fabrication d'un mélange dosé et homogène, pulvérulent ou granulé, destiné à l'agriculture, caractérisé en ce qu'on pulvérise sur un constituant de base véhiculé sur une bande transporteuse au moins un constituant complémentaire, on règle le débit du constituant complémentaire proportionnellement au débit de la bande de façon à obtenir un dosage déterminé des constituants du mélange et on brasse le mélange pendant qu'il est véhiculé sur la bande. 2. Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comprend une bande transporteuse sans fin, des moyens d'entraRnement de la dite bande à une vitesse constante, des moyens d'alimentation de la bande en un constituant de base, ces moyens étant situés à l'une des extrémités de la bande, un distributeur de constituant complémentaire comprenant plusieurs pulvérisateurs réglables répartis le long du distributeur, et des moyens de brassage du mélange. 3. Procéd selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on met le eonstituant complémentaire sous forme d'une solution liquide. 4. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on met le constituant complémentaire sous forme de produits pulvérulents ou de suspension aqueuse de produits pulvérulents. 5. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on fait passer la bande sous des organes de brassage fixes répartis le long de la bande et plongeant dans le mélange. 6. Procédé selon la revendication 1 ou l'une des revendications 3 B 5, caractérisé en ce qu'il est appliqué à la fabrication en contiau de denrées fourragères. 7. Procédé selon la revendication 1 ou l'une des revendications 3 à 5, caractérisé en ce qu'il est appliqué à la fabrication en continu d'engrais. 8. Dispositif selon la revendication 2, caractérisé en ce que les moyens d ' alimentation de la bande comprennent un gabarit réglant le volume du constituant de base recouvrant la bande. 9. Dispositif selon la revendication 2, caractérisé en ce que les pulvérisateurs sont agencés de façon à distribuer le constituant complémentaire de façon homogène sur toute la largeur de la bande. 10. Dispositif selon la revendication 2, destiné à la fabrication d'un mélange contenant deux constituants complémentaires en solution, caractérisé en ce que le distributeur comporte deux tuyauteries s'étendant côte à côte le long de la bande et des distributeurs répartis le long des dites tuyauteries et connectés de façon alterne chacun avec l'une des dites tuyauteries. 1l. Dispositif selon la revendication 2, caractérisé en ce qu'il comprend des organes de brassage fixés à un bâti au-dessus de la bande et pénétrant dans le constituant de base, ces organes étant répartis le long de la bande. 12. Dispositif selon la revendication 11, caractérisé en ce que les organes de brassage comprennent chacun un soc fixé à l'extrémité inférieure d'un support. 13. Dispositif selon la revendication 11, caractérisé en ce que les organes de brassage sont répartis en rangées successives le long du bâti, les organes de chaque rangée étant décalés par rapport à ceux des rangées voisines.