La présente invention concerne un procédé et une composition pour la désinfection et le nettoyage des lentilles de contact. L'invention vise a fournir un procédé de désinfection et de nettoyage de lentilles de contact qui élimine l'utilisation d'appareils électriques d'ébullition ainsi que l'utilisation d'un produit détergent chimique risquant de causer des réactions allergiques. Actuellement, on utilise surtout les lentilles de contact sous forme de lentilles souples, c'est-à-dire fabriquées avec un polymère souple et pouvant donc facilement s'adapter a la forme de 1' oeil. Un des polymères utilisés est un copolymère de méthacrylate d'hydroxyéthyle et de diméthacrylate d'éthylène qui est pratiquement inerte pharmacologiquement, physiologiquement et toxicologiquement. Le polymère est utilisé a l'état hydraté et coopère donc avec le liquide de l'oeil. Les lentilles de contact souples peuvent aussi être fabriquées en gomme de silice. Les lentilles de contact souples sont utilisées de plus en plus par ceux qui ont besoin de corriger leur vision car elles sont très commodes à porter une fois qu'on y est habitué. En pratique, les lentilles de contact souples sont contaminées par des microorganismes provenant du milieu ambiant et sont aussi tachées par des dépôts de protéines provenant de l'oeil. Afin de ne pas causer d'infections ophtalmiques, il faut désinfecter les lentilles toutes les 24 heures et, afin qu'elles ne se salissent pas et ne donnent pas une vision confuse, il faut les nettoyer tout aussi souvent. On a trouvé que la flore microbienne normale de l'oeil est souvent modifiée en une flore contenant des microorganismes intestinaux aérobies lorsque des désinfectants chimiques ont été utilises un certain temps. Ainsi, on a trouvé l'E. coli, le Pseudomonas, le Proteus, des Staphylococci, le Corynebacterium, le B. subtilis et le Candida. En tout état de cause, afin de ne pas causer d'infections bactériennes dans l'oeil, il faut désinfecter les lentilles toutes les 24 heures comme indiqué plus haut. Le procédé le plus couramment utilisé est le procédé "à chaud", qui consiste a placer les lentilles dans une chambre close contenant une solution saline aqueuse et que l'on maintient au dessus du point d'ébullition de I' eau pendant environ 20 mn. La chambre et son contenu sont ainsi stérilisés a chaud et les lentilles peuvent servir aussitôt qu'elles atteignent la température ambiante. Toutefois, le procédé " chaud" a ses inconvénients, en ce sens qu'on a besoin d'une chaudière thermostatique, d'eau de préférence distillée et d'électricité. A domicile, on n'a généralement pas de difficultés importantes a cet égard, mais en voyage il risque d'être difficile d'emporter la chaudière, d'obtenir un raccordement entre différents appareils électriques etc. L'eau sur le point de bouillir peut aussi poser un problème de corrosion ou d'autres problèmes similaires si on laisse la chaudière au même endroit d'une semaine a l'autre. Un autre procédé consiste a rincer les lentilles avec une solution contenant une composition bactéricide (et virulicide). Les composés utilisés a cet effet sont entre autres le digluconate de chlorohexidine, le chlorure d'alkyl-triéthylolammonium, les iodophores, le thiomersal (composé de mercure), la tétracémédine-sodium, l'acide sorbique. Il est connu aussi d'utiliser une solution a 3 % d'eau oxygénée pour le nettoyage et la désinfection. En voyage, le procédé chimique est à préférer puisqu'il suffit d'avoir un paquet de comprimés et de les dissoudre dans de l'eau distillée. La quantité d'eau nécessaire est petite. Toutefois, il est apparu que certaines personnes ont des réactions allergiques dans les yeux lorsqu'elles utilisent le procédé chimique. On ne connait pas encore avec certitude les raisons des réactions allergiques mais les usagers sont invités a faire preuve de prudence dans l'utilisation de ces systèmes chimiques et a utiliser de temps en temps le procédé a chaud. On a donc besoin qu'un procédé chimique qui élimine les inconvénients susdits. L'invention propose donc un procédé et une composition pour la désinfection et le nettoyage des lentilles de contact dans lesquels on utilise un système réduction-oxydation qui comprend un composé ène-diol pouvant être l'acide ascorbique, l'acide isoascorbique, l'acide dihydroxymaléique, l'acide dihydroxyfumarique, I' acide réductique ou un sel ou dérivé de ceux-ci et un oxydant sous la forme d'un peroxyde hydrosoluble pouvant être un percarbonate alcalin, un peroxyde alcalinovterreux, le peroxyde de carbamide ou le peroxyde d'hydrogène, ce système étant en solution, de préférence en solution aqueuse, et étant mis en contact avec la ou les lentilles de contact a désinfecter pendant un temps suffisamment long pour la désinfection. Le composé ène-diol peut être le dihydroxy-,3-cyclopentene-2- one-l. Selon un mode d'exécution préférentiel, on utilise l'acide ascorbique ou isoascorbique en même temps que le percarbonate de sodium, de préférence l'acide ascorbique. Dans certaines circonstances, on peut encore activer le système au moyen d'un catalyseur sous la forme d'un sel de métal lourd, de préférence le sulfate de cuivre. Les concentrations du composé ène-diol et de l'oxydant doivent être équivalentes. Toutefois, les concentrations peuvent être différentes. On sait qu'une concentration 0,0001 M d'acide ascorbique donne un effet antimicrobien. On observe un effet antimicrobien prononcé quand la concentration atteint 0,002 M et davantage. La concentration de sulfate de cuivre peut être de 0,000004 a 0,0004 % en poids, de préférence d'environ 0,00001 %. Ces faibles concentrations sont inférieures aux niveaux toxiques pour les tissus les plus sensibles que l'on rencontre. En outre, on peut utiliser comme catalyseurs Cu, Fe, Mn, Ni et Co. Les sels de composés éne-diol utilisés sont les sels de sodium, de potassium ou de calcium. Les dérives utilisés sont, par exemple, les esters d'acide gras contenant 2 18 atomes de carbone comme l'acétate, le palmitate ou le stéarate. Le système redox selon l'invention est de préférence sous la forme d'une composition pulvérulente, granulaire ou en comprimés, a dissoudre dans une quantité prédéterminée d'eau distillée. Exemple 1 On prépare un mélange sec de 35,2 mg d'acide ascorbique et 31,4 mg de percarbonate de sodium et on le conditionne dans un emballage imperméable contenant en outre un desséchant séparé du mélange lui-même. Le mélange étant sous forme pulvérulente, on le dissout dans 100 ml d'eau distillée et on place dans la solution les lentilles de contact souples.On laisse les lentilles dans la solution pendant 5 mn puis on les retire et, si on le désire, on les rince avec du sérum physiologique Le temps fixé pour la désinfection, 5 mn, suffit à l'activité antimicrobienne et en tout cas, la solution n'a plus d'effet au bout d'une heure, étant donné l'achèvement de la réaction, On peut laisser les lentilles souples dans la solution pendant la nuit si on le désire, puisque le système rédox se détruit spontanément. Exempl- 2 On ajoute 0,001 mole d'acide isoascorbique à 100 ml d'une solution de peroxyde d'hydrogène (0,002 mole) dans l'eau distillée. On y place les lentilles souples et on les traite pendant 5 mn. Après avoir retiré les lentilles de la solution, on les rince avec du sérum physiologique. Exemple 3 On fabrique des granules contenant de l'acide ascorbique et du percarbonate de sodium en quantités équivalentes et on les conditionne dans des emballages imperméables. Chaque emballage contient des granules en quantité voulue pour donner une concentration 0,00Q5 M de chacun des constituants dans 100 ml d'eau distillée. Exemple 4 On dissout 17,6 mg d'acide ascorbique, 15,7 mg de percarbonate de sodium et 40 pg de sulfate de cuivre dans 100 ml d'eau distillée. On fait tremper des lentilles de contact souples dans la solution pendant 5 mn puis on les rince avec du sérum physiologique. Etant donné quéle système redox est activé en présence d'eau, il faut préparer la solution immédiatement avant l'usage et, par conséquent, conserver le mélange sec à l'abri de l'humidité dans un sac imperméable etc. Le système rédox selon l'invention est apparu plus efficace contre 1'E coli que l'eau oxygénée. On utilise une solution contenant (I) 8 millimoles d'ascorbate de sodium, B millimoles de H202 et 0,03 % de CuSO4 et on la compare à une solution (II) contenant 8 millimoles de H202 et 0,03 % de CuSo4. Témoin : sérum physiologique. On expose aux solutions ci-dessus une suspension d'E. coli et on prélève des volumes de 0,1 ml que l'on étale sur des plateaux d'endo-agar au bout de 5, 15, 30 et 60 mn d'exposition aux solutions d'essai. Les résultats sont donnés au tableau I ci-après. On fait des essais en double. Les nombres de colonies sont donnés pour chaque essai. (voir tableau I page suivante) Tableau 1 Relation de l'effet antibactérien avec le temps d'exposition Solution Nombre de colonies 5 15 30 60 témoin 331;342 334;318 II 354;343 353;310 298;324 245;271 I 80;90 0;0 0;0 0;0 Le système selon l'invention est actif contre le B. proteus, le pseudomonas pyocyanea, le Candida albicans et le virus de la poliomyélite. On observe aussi un effet bactéricide prononcé sur les streptocoques, les pneumocoques, le Samonella typhimurium, le Corynebacterium diphtheriae, 1 'Hemophilus pertussis ,etc. Le système rédox selon l'invention a un effet de décomposition du mucus, ce qui signifie que l'effet antimicrobien s'améliore étant donné que la viscosité diminue et que le système rédox atteint plus facilement les microbes. Les lentilles de contact dures peuvent aussi être nettoyées et désinfectées selon le procédé de l'invention et au moyen de la composition de l'invention. La concentration du système rédox peut atteindre 0,01 à 0,04 M, les concentrations de composé ene-diol et de peroxyde étant de préférence équimolaires. On peut introduire du chlorure de sodium dans la composition en quantité voulue pour créer une solution saline quand la réaction est achevée. REVENDI-CATIONS 1. Composition pour la désinfection et le nettoyage des lentilles de contact, caractérisée par le fait qu'elle comprend un composé ène-diol pouvant être l'acide ascorbique, l'acide isoascorbique, l'acide dihydroxymaléique, l'acide dihydroxyfumarique, 1' acide réductique ou un sel ou dérivé de ceux-ci et un oxydant sous la forme d'un peroxyde hydrosoluble pouvant être un percarbonate alcalin, un peroxyde alcalino-terreux, le peroxyde de carbamide ou le peroxyde d'hydrogène. 2. Composition selon la revendication 1, caractérisée par le fait que le composé ène-diol est l'acide ascorbique ou l'acide isoascorbique et que l'oxydant est le percarbonate de sodium. 3. Composition selon la revendication 2, caractérisée par le fait que le composé ène-diol est l'acide ascorbique. 4. Composition selon une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée par le fait qu'elle comprend en outre un catalyseur sous la forme d'un sel de métal lourd. 5. Composition selon la revendication 4, caractérisée par le fait que le catalyseur est le sulfate de cuivre. 6. Composition selon une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisée par le fait que la concentration de composé ene-diol est d'au moins 0,0001 M et que la concentration d'oxydant est d'au moins 0,0001 M. 7. Composition selon une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisée par le fait que la concentration de sulfate de cuivre est d'au moins 0,000004 % en poids. 8. Composition suivant une quelconque des revendications 1 à 7, dans laquelle le composé ène-diol est le dihydroxy-2,3-cyclopentène 2-one-l. 9. Procédé de désinfection et de nettoyage de lentilles de contact, caractérisé par le fait que l'on met les lentilles en contact avec une solution active antimicrobienne contenant un système rédox formé par une composition selon une quelconque des revendications 1 à 8.