La présente invention, a' laquelle ont collaboré Messieurs Jean MAURIN et Jean ROSSARIE, concerne 1'épuration des gaz hydro- génés ; elle~concerne plus particulièrement l'élimination de gaz acides tels que les oxydes de carbone et/ou les gaz sulfurés contenus dans des gaz hydrogénés. Dans différentes industries, notamment les industries pétrolière, pétrochimique ou chimique, la demande en hydrogène d'une pureté assez élevée est constante. Les sources d'hydrogène peuvent être très variées, provenant du réformage à la vapeur, de procédés de conversion ou d'oxydation partielle d'hydrocarbures. Les divers courants gazeux produits contiennent dans la plupart des cas des gaz acides tels que les oxydes de carbone et les gaz sulfurés. Ainsi, le gaz obtenu par oxydation partielle contient-il un mélange d'hydrogène, de dioxyde et de monoxyde de carbone,de sulfures d'hydrogène et de carbonyle, de gaz inertes tels que 1'azote ou l'argon, etc... De façon identique, le gaz produit par réformage à la vapeur contient, outre l'hydrogène que l'on cherche à produire, des gaz oxydés (monoxyde et dioxyde de carbone) et du méthane résiduel (celui-ci constituant le plus souvent la charge du réacteur de réformage à la vapeur). Dans I'hydrogène de raffinerie, on trouve principalement comme impuretés, outre des hydrocarbures légers tels que le méthane, des produits sulfurés (sulfure d'hydrogène). Pour de nombreuses applications de l'hydrogène produit, il est nécessaire de purifier l'hydrogène pour le débarrasser des gaz acides tels que l'oxyde de carbone ou les gaz sulfurés : en effet, ces gaz acides sont indésirables lorsque l'hydrogène est utilisé, par exemple, dans des réactions catalytiques ; les catalyseurs, en particulier, peuvent être très rapidement altérés sous l'effet de ces gaz, ou bien des réactions parasites peuvent intervenir. De nombreux procédés ont par conséquent été étudiés pour purifier l'hydrogène provenant des diverses sources citées plus haut. Pour les courants gazeux ne contenant comme impuretés que l'un ou l'autre des gaz acides oxydes de carbone et gaz sulfurés, la technique employée est l'extraction à l'aide d'un solvant approprié. Dans le cas de l'oxyde de carbone,par exemple, les solvants peuvent être choisis parmi les solutions de carbonates, certaines amines, le N-méthylpyrrolidone (NMP) etc... Dans le cas des gaz sulfurés, on peut employer certaines amines, le méthanol etc... Lorsque ces deux types de gaz acides sont presents dans le courant gazeux à purifier, ce qui est le cas par exemple des gaz d'oxydation partielle des hydrocarbures,-la technique la plus communément employée est la technique d'extraction par solvants sélectifs de ces deux gaz. Il est en effet utile que le dioxyde de carbone - qui est rejeté, dans le cas général, à l'atmosphère - ne contienne que très peu de gaz sulfurés, de manière à éviter toute pollution. Les solvants utilisés dans ce but sont très nombreux et les plus employés semblent être la N-méthylpyrrolidonne, le méthanol froid, certains glycols, certaines alcanol-amines telles que la diisopropylamine, le tributylphosphate, etc... Les solvants sélectifs utilisés jusqu'à présent ont l'incon dénient, cependant, d'avoir un pouvoir solvant relativement peu élevé. Ceci entraine qu'il est nécessaire d'utiliser de grandes quantités de solvant pour obtenir une purification suffisante du courant hydrogéné, d'où une taille importante des tours de purification du courant gazeux et des installations de régénération du solvant.- Il en résulte de gros investissements et des frais d'exploitation élevés, Le but de la présente invention est de proposer un procédé permettant la purification de mélanges gazeux contenant de l'hydrogène,par extraction du dioxyde de carbone et/oudes gaz sulfurés à l'aide d'un produit possédant un pouvoir solvant élevé. La Demanderesse a en effet découvert que l'acétonitrile est un liquide d'extraction à haut pouvoir solvant, qui permet d'extraire les gaz acides d'un courant d'hydrogène contenant, l'un, l'autre ou un mélange des gaz acides précités. La présente invention a par- conséquent pour objet un procédé de purification d'un courant gazeux d'hydrogènei contenant des oxydes de carbone et/ou des gaz sulfurés, ledit procédé comprenant une extraction par l'acétonitrile à l'état liquide. L'invention a également pour objet l'application du procédé de purification défini ci-dessus à un courant gazeux d'hydrogène contenant des oxydes de carbone et/ou des gaz sulfurés, ledit procédé comprenant les étapes suivantes - conversion du monoxyde de carbone en dioxyde de carbone par passage dudit courant gazeux dans un réacteur de conversion, en présence d'un catalyseur insensible au soufre ; - extraction des gaz sulfurés et du dioxyde de carbone -; - éventuelle-at1 élimination du monoxyde de carbone restant dans le courant d'hydrogène purifié ; ladite application étant caractérisée en ce que ladite extrac- tion est effectuée a l'aide d'acétonitrile. Un troisiées objet de l'invention est l'application du procédé de purification défini ci-dessus b un courant gazeux contenant de l'hydrogène, des oxydes de carbone et/ou des gaz sulfurés, ledit procédé comprenant une extraction par l'acétonitrile a l'état liquide, éventuellement suivie d'une élimination de monoxyde de carbone résiduel, ladite application étant caractérisée en ce que l'on effectue,préalablement a î 'extraction par 1eacétonitri#e, une extraction sélective des gaz sulfurés, libérant un courant gazeux riche en dioxyde de carbone,suivie d'une conversion du nionoxyde de carbone contenu dans le courant gazeux riche en dioxyde de carbone. Un quatriéne objet de l'invention est l'application du procédé de purification défini ci-dessus a un courant gazeux contenant de l'hydrogène, des oxydes de carbone etfiou des gaz sulfurés, ledit procédé comprenant une extraction par l'acétonitrile å l'état liquide, éventuellement suivie d'une élimination de monoxyde de carbone résiduel, ladite application étant caractérisée en ce que l'on effectue, préalablement a # e extraction par I 'acétonitrile, une extraction non sélective des gaz sulfurés, libérant un courant gazeux riche en dioxyde de carbone, suivie d'une conversion du monoxyde de carbone contenu dans le courant gazeux riche en dioxyde de carbone. Dans le procédé selon l'invention, l'utilisation de lacétoni- trile (ACN) cosse solvant ne pose pas de probleme particulier. Ce liquide possède un haut pouvoir solvant vis-à-vis du dioxyde de carbone, pouvoir solvant qui peut être caractérisé par la mesure du coefficient de Bunsen, donnant le volume normalisé (soit a OOC, 1 atmosphere) de gaz absorbé par unité de volume du liquide, à la température fixée. Ainsi, la valeur de ce coefficient pour 1'ACN vis-à-vis du dioxyde de carbone, à OOC, est de 13,5 normaux-litres par litre, soit plus du double de ce même coefficient pour le solvant méthanol (6,4) a la même température. En conséquence, le débit d'acétonitrile à utiliser à une même température est moindre que celui de méthanol, pour épurer une quantité fixée d'hydrogène. Il s 'ensuit une économie substantielle sur les investissements, d'une part, sur les frais d'exploitation de l'unité, d'autre part. Le solvant particulier constitué par l'acétonitrile peut etre employé, selon l'invention, de diverses manières s 1) Il peut etre utilisé pour extraire le dioxyde de carbone d'un courant gazeux contenant principalement de L'hydrogène, du dioxyde de carbone et, dans des proportions faibles, du monoxyde de carbone, et des gaz tels que l'argon, le méthane, etc... Ce type de courant gazeux peut provenir par exemple d'une unité d'oxydation partielle des hydrocarbures, après désulfuration et conversion du monoxyde de carbone en dioxyde de carbone. La désulfuration du courant gazeux sortant de l'oxydation partielle peut être effectuée par des moyens bien connus dans la technique, par extraction sélective des gaz sulfures à l'aide d'un solvant sélectif par exemple.La conversion du monoxyde de carbone en dioxyde peut être conduite de façon connue en soi, avant ladite désulfuration,sur des catalyseurs insensibles aux composés sulfurés, ou après, sur des catalyseurs de conversion sensibles ou non à ces composés sulfurés. De façon générale, le monoxyde de carbone est transformé en dioxyde de carbone avant extraction de celui-ci, le monoxyde de carbone non converti dans cette opération étant lui-même retiré de l'hydrogène après l'extraction du dioxyde, par extraction sélective ou conversion (méthanation notamment). La conversion du monoxyde en dioxyde se fait à 1'aide de catalyseurs plus ou moins sensibles à la présence de gaz sulfurés. Ainsi, lorsqu'on emploie des catalyseurs comme les oxydes de zinc, de cuivre, d'aluminium ou de chrome, sont-ils empoisonnés par la présence du sulfure d'hydrogène: il convient dans ce cas d'extraire la quasi totalité des gaz sulfurés avant ladite conversion, qui, elle-meme, est suivie de l'extraction du dioxyde.Par contre, lorsqu'on emploie des catalyseurs insensibles à la présence du soufre dans la réaction de conversion du monoxyde de carbone en dioxyde, tels que les oxydes de molybdène et de cobalt, les gaz sulfurés peuvent alors être présents dans le courant gazeux à traiter, sans pour autant altérer les propriétés des catalyseurs. Comme on le verra dans la description détaillée qui suivra, en référence aux dessins annexés, ces deux solutions peuvent être adoptées dans le cadre de la présente invention. La tour d'extraction liquide-gaz, alimentée en courant gazeux en fond et en acétonitrile en tête, fonctionnera alors entre - 400C et + 500C, de préférence entre - 300C et +200C, sous une pression de 10 à 120 atmosphères et de préférence 30 à 90 atmosphères. De façon à ne pas perdre d'hydrogène par absorption dans le solvant ACN, l'extrait subit une première détente à une pression moyenne (entre 5 atm et 120 atm) légèrement inférieure à la pression partielle du dioxyde de carbone dans le gaz à purifier et à une température voisine de celle du fond de la tour d'extraction. Ce flash sépare l'hydrogène éventuellement absorbé de la phase liquide ACN -dioxyde de carbone absorbé. Il faut traiter cette phase liquide de façon à recycler le solvant à la tour d'extraction. Ce traitement comprendra avantageusement une détente sous basse pression, d'environ 1 à 5 atmosphères, à une température voisine de celle qui règne en tête de la tour d'extraction S une partie du solvant ainsi primairement régénéré retourne à la tour d'extraction qu'il alimentera dans sa partie médiane, le restant allant dans une colonne de strippage, de façon à le débarasser des gaz non désorbés lors de la détente ; la colonne de strippage fonctionnera, sous une pression de 1 à 5 atmosphères, à une température de l'ordre de - 10 à + 500C, de préférence O à 400C, Le gaz de strippage injecté sera par exemple de l'air. 2) Le solvant peut également être utilisé pour épurer le courant gazeux non désulfuré venant directement,par exemple,d'une unité d'oxydation partielle d'hydrocarbures. Il absorbera alors, dans une première tour d'extraction, les composés sulfurés et du dioxyde de carbone, puis, dans une deuxième tour, le dioxyde de carbone restant. Les solvants contenant les gaz absorbes seront dans ce cas réunis en un seul courant liquide que l'on traitera pour régénérer le solvant et libérer les gaz acides absorbés. Cinq figures sont jointes à titre d'illustration non limitative à la présente description, en vue d'exposer plus en détail l'invention La figure 1 représente un schéma industriel du procédé selon l'invention, l'acétonitrile servant ici à extraire les gaz acides (dioxyde de carbone, sulfure d'hydrogène ou de carbonyle) éventuel lement présents dans un courant d'hydrogène t La figure 2 illustre le schéma de principe d'une épuration de courant d'hydrogène comprenant les étapes suivantes - conversion du monoxyde en dioxyde de carbone ; - extraction des gaz acides - élimination du monoxyde de carbone résiduel - restitution des gaz acides (sélective) ; La figure 3 est également un schéma de principe d'un procédé comprenant - l'extraction sélective ou non des gaz acides sulfurés d'un courant d'hydrogène :: - la conversion du monoxyde en dioxyde de carbone t - l'extraction du dioxyde de carbone par l'acétonitrile t - l'élimination du monoxyde de carbone résiduel ; Les figures 4 et 5 illustrent des réalisations industrielles selon le schéma de principe de la figure 3. Dans la forme de mise en oeuvre de la figure 4, les gaz acides sulfurés sont extraits sélectivement de façon connue dans la technique. Dans ce cas, le solvant ACN est donc appliqué à l'extraction des oxydes de carbone uniquement. La figure 5 présente un schéma d'extraction non sélective des gaz acides, à l'aide d'un solvant unique, l'acétonitrile. On se réfèrera d'abord à la figure 1. Un courant gazeux 1 contenant notamment de l'hydrogène (que l'on cherche à isoler), des oxydes de carbone et/ou des gaz acides sulfurés tels que le sulfure d'hydrogène, alimente en fond une tour 14 d'extraction liquide-gaz à contre-courant. De l'acétonitrile (ACN) alimente en tête ladite tour d'extraction par la ligne 3, et absorbe notamment le dioxyde de carbone et/ou le sulfure d'hydrogène. L'hydrogène contenant du monoxyde de carbone, mais débarassé des gaz acides, sort par la ligne 2. Cet hydrogène peut etre ensuite soumis à une purification supplémentaire destinée à enlever le monoxyde de carbone. De telles purifications sont connues dans la technique (extraction liquidegaz notamment, ou méthanation). Le solvant ACN, chargé en dioxyde de carbone et/ou en gaz sulfurés, sort de la tour 14 par la ligne 4 et alimente un ballon de détente sous moyenne pression 17, destiné à récupérer l'hydrogène absorbé qui retourne à la tour 14 par la ligne 5 ; après cette détentetle solvant alimente par la ligne 6 un ballon de détente 15, qui sépare en tête les gaz acides (ligne Il) et en fond le solvant ACN encore chargé en gaz acides (ligne 7 > ; ce solvant est conduit par la ligne 9, après mise à température dans un échangeur non représenté,dans un strippeur 16, qui complète la séparation commencée dans le ballon 15.Pour cela, ledit strippeur reçoit un gaz de strippage par la ligne 13 et sépare, en tête, par la ligne 10, les gaz acides et le gaz de strippage, et, en fond, par la ligne 3 llACN purifié. L'ACN purifié retourne à la tour d'extraction 14, après mise à température dans un échangeur non représenté et reprise par une pompe 19. Une partie du solvant 7 issu du ballon de détente 15 peut éventuellement retourner directement à la tour d'extraction par la ligne 8, après reprise# par une pompe 18 et passage dans un échangeur non représenté. Les gaz acides évacués en 11 et 10, respectivement, du ballon de détente 15 et du strippeur 16, sont réunis dans la ligne 12 en un seul mélange gazeux 12,qui peut être ultérieurement, si nécessaire, soumis à une séparation. Le dioxyde de carbone doit, dans de nombreux cas, être rejeté à l'atmosphère. Il ntest donc pas possible d'y conserver des gaz sulfurés tels que le sulfure d'hydrogène s t ils sont présents dans la ligne 12. La séparation du mélange peut être effectuée par tout procédé connu dans la technique, telle que,par exemple, une extraction sélective des gaz sulfurés par un solvant approprié, ou par une oxydation de sulfure d'hydrogène en soufre, en milieu solvant. On peut initialement effectuer sur le courant gazeux 1, s'il provient par exemple d'une unité d'oxydation partielle des hydrocarbures, une conversion du monoxyde de carbone en dioxyde. Toutefois, cette conversion devra etre effectuée sur des catalyseurs non empoisonnés par le soufre,#tant donné que le mélange peut contenir des gaz sulfurés. On peut par exemple opérer une telle conversion vers 2800C à 3500C, en présence de catalyseurs aux oxydes de cobalt et molybdène. La figure 2 donne le schéma de principe d'une telle unité Un courant 25 d'hydrogène contenant du monoxyde et du dioxyde de carbone, autre que des gaz sulfurés tels que le sulfure d'hydrogène ou le sulfure de carbonyle, doit etre purifié. Ce mélange gazeux est d'abord soumis en 34 à une conversion du monoxyde en dioxyde de carbone, sur des catalyseurs insensibles à la présence de soufre, puis le mélange résultant est amené par la ligne 26 dans une unité d'extraction 35 des gaz acides, gaz sulfurés et dioxyde de carbone, du type de celle représentée à la figure 1.De cette unité d'extraction 35 sortent - d'un coté (ligne 30), le mélange gazeux de gaz sulfurés et de dioxyde de carbone, qui peut alimenter une unité 37 d'extraction sélective, dans laquelle sont séparés le dioxyde de carbone (ligne 31) et les gaz sulfurés (ligne 32) ; - de l'autre côté (ligne 27), un hydrogène purifié qui contient encore du monoxyde de carbone non converti en 34 ; ledit monoxyde est extrait (extraction sélective) ou converti (méthanation) en 36 par des techniques connues de lthomme de l'art t au cas ou il est extrait, il peut être recyclé après sa restitution en totalité ou en partie (lignes 29 et 33) à l'unité 34 de conversion.L'hydrogène purifié est évacué de l'unité par la ligne 28e Lorsque l'on emploie, pour la conversion du monoxyde de carbone en dioxyde, des catalyseurs sensibles à la présence de composés sulfurés, tels que par exemple des oxydes de fer et de chrome (conversion à haute température, de l'ordre de 350 à 4000C) ou des oxydes de zinc, de cuivre, d'aluminium ou de chrome (conversion à basse température, de l'ordre de 200 à 2400C) -ces deux types de conversion étant le plus souvent combinés- il faut alors extraire les gaz acides sulfurés préalablement a ces conversions. Le schéma de principe de ce procédé est représenté sur la figure 3 Le courant d'hydrogène à purifier alimente, par la ligne 40, une unité 49 d'extraction sélective ou non des gaz acides sulfurés, qui libère lesdits gaz par la ligne 41. Le courant d'hydrogène 42 ne contient alors plus de soufre et il est possible d'opérer la conversion du monoxyde de carbone dans l'unité 50 sur des catalyseurs sensibles au soufre.La conversion étant effectuée, le courant d'hydrogène contenant du dioxyde de carbone et du monoxyde de carbone non converti alimente par la liane 43,1'unité 51 d'extraction par l'acétonitrile du dioxyde de carbone,qui sépare ce gaz par la ligne 44 et un courant 45 d'hydrogène ne contenant que du monoxyde de carbone résiduel pour obtenir un hydrogène purifié 46o Au cas où le monoxyde est extrait, il peut être,comme précédemment,recyclé en totalité ou en partie au réacteur de conversion 50 (lignes 47 et 48). La figure 4 représente une réalisation industrielle du schéma de principe de la figure 3,dans le cas d'utilisation d'un solvant sélectif des gaz acides sulfurés. Les solvants sélectifs de ces gaz sont connus dans la technique ; on peut citer, à titre d'exemple, la N-méthylpyrrolidone (NMp). En référence à cette figure : un courant d'hydrogène 60, contenant principalement du dioxyde et du monoxyde de carbone, ainsi que des gaz acides sulfurés (sulfures d'hydrogène) alimente la colonne 82 dans laquelle est effectuée l'extraction sélective de ces derniers, à l'aide d'un solvant sélectif tel que la NMP, ou tout autre solvant sélectif des gaz acides sulfurés, Les conditions de fonctionnement de la colonne d'extraction sélective des gaz acides sulfurés à l'aide de solvants sont bien connues dans la technique.La solution extraite contenant ceux-ci, 72, alimente la colonne de strippage 88,dans laquelle on injecte un gaz de strippage 81 et du solvant par la ligne 79,de manière à restituer sélectivement le dioxyde de carbone qui a pu être extrait dans la colonne 82 conjointement aux gaz acides sulfurés, et à concentrer la solution en gaz acides sulfurés. Ce dioxyde de carbone est récupéré par la ligne 75, alors que la solution extraite strippée, laquelle ne contient plus beaucoup de dioxyde de carbone, alimente par les lignes 76 et 77 une colonne 87 de restitution des gaz acides sulfurés. Une partie de la solution extraite de la colonne 82 par la ligne 72 peut éventuellement etre additionnée par la ligne 74 à la solution extraite strippée en 76. De la colonne 87 sort le solvant d'extraction sélective dont une partie est recyclée à la tour d'extraction 82 par la ligne 80, et dont une autre partie est recyclée à la colonne de strippage 88 par la ligne 79. Les gaz acides sulfurés contenant un peu de dioxyde de carbone sont récupérés par la ligne 78. Le raffinat gazeux 61 sortant de la tour d'extraction 82 alimente une unité 83 de conversion de monoxyde de carbone en dioxyde Cette conversion peut être effectuée en présence de catalyseurs sensibles ou non au soufre, puisque le raffinat 61 ne contient plus de gaz acides sulfurés. La conversion sera justifiée par l'importance de la quantité de monoxyde de carbone dans le raffinat 61. A l'entrée de l'unité de conversion 83 du monoxyde en dioxyde, il est préférable que la teneur en gaz acides sulfurés résiduels du raffinat soit inférieure à 10 p.p#m., si on utilise des catalyseurs sensibles aux composés sulfurés. En variante, ladite conversion peut en outre avoir été effectuée en amont de la tour d'extraction 82, sur des catalyseurs insensibles à la présence de composés sulfurés. Le courant gazeux provenant de l'unité 83 alimente par la ligne 62 une nouvelle tour d'extraction 84, dont le rale est d'extraire le dioxyde de carbone à l'aide d'acétonitrile et de fournir par la ligne 63 un hydrogène ne contenant plus de dioxyde de carbone. Dans ce but, ladite tour 84 est alimentée en fond par le courant gazeux 62 et en tête par de l'acétonitrile (ligne 70). La solution extraite en 64 alimente un ballon de flash 89, dont le rôle est de séparer par la ligne 90 l'hydrogène absorbé qui est alors recyclé à la tour 84, et, en fond, une solution extraite qui alimente par la ligne 91 un ballon de détente 85 qui fait un premier dégazage du solvant, évacuant par 65 une partie du dioxyde de carbone absorbé dans la tour 84, et par 66 le solvant ACN, primairement dégazé, dont une partie peut -alimenterpar67latour 84 (à un niveau inférieur à l'alimentation d'ACN pur,70). Le solvant primairement dégazé alimente par 68 une tour de strippage 86, dans laquelle on injecte, en fond, un gaz de strippage inerte 71.De cette tour, sort en tête, le dioxyde de carbone désorbé de 1'ACN et le gaz de strippage (ligne 69) et, en fond, l'acétonitrile suffisamrnent pur, qui est recyclé par la ligne 70 à la tour d'extraction 84. La figure 5 représente une autre réalisation industrielle du schéma de principe de la figure 3. Dans ce cas, les gaz acides sulfurés ne sont pas extraits par un solvant sélectif, comme dans le cas de la figure 4, mais par l'acétonitrile. Un courant d'hydrogène 100 contenant des gaz acides alimente une première tour d'extraction 119, laquelle est alimentée en tête par de I'acétonitrile (ligne 114). Celui-ci absorbe une partie des gaz acides et rejoint par la sortie 101 un'ballon de détente sous moyenne pression 120, dont le rôle est de séparer, d'une part, l'hydrogène absorbé, qui retourne à la tour 119 par la ligne 102, d'autre part, la phase liquide de 11 extrait, qui va, par la ligne 103, alimenter la colonne de strippage 125, comme il sera décrit plus loin. Le courant gazeux raffiné 104, contenant principalement de l'hydrogène et des oxydes de carbone, passe dans une unité de conversion du monoxyde de carbone schématisée par 121. La conversion peut être effectuée sur des catalyseurs sensibles au soufre, car le courant gazeux 104 ne contient que très peu de gaz sulfurés résiduels. Elle sera donc conduite, comme il a été précédemment expliqué, en deux étapes, l'une à haute température (350 - 4000C > , l'autre à basse température (200 à 2400C) sur des catalyseurs appropriés. Il sort de l'unité 121 de conversion du monoxyde de carbone en dioxyde, un courant gazeux 105 contenant principalement de l'hydrogène et du dioxyde de carbone. Ce courant gazeux alimente une deuxième tour d'extraction 122, dans laquelle le dioxyde de carbone est absorbé dans de l'acétonitrile alimentant ladite tour par la ligne 118 (ACN pur) et par la ligne 112 (ACN non complètement purifié}. On #récupère par la ligne 106 de l'hydrogène pur. La phase solvant sort de la tour par la ligne 107 et subit une détente à moyenne pression en 123, dont le rôle est de récupérer, d'une part1 l'hydrogène absorbé, ligne 108, qui retourne à la tau#122, d'autre part l'acétonitrile chargé de gaz carbonique, qui rejoint par la ligne 109 un ballon de détente 124, dans lequel on sépare :: - en tête, du dioxyde de carbone (ligne 110) - en fond, ligne 111, de 1'acétonitrile contenant notamment du dioxyde de carbone t une partie de ce solvant retourne par la ligne 112 à la tour d'extraction 122 ; une autre partie, 113, alimente, conjointement avec l'acétonitrile provenant de la première tour d'extraction 119 par la ligne 103, une colonne de strippage 125 par la ligne 115 dans laquelle on injecte un gaz de strippage (ligne 117)o On récupère en fond de colonne de l'acétonitrile pur qui, par la ligne 118, retourne à la deuxième tour d'extraction 122o Par la ligne 116, on récupère les gaz dissous dans l'acéto- nitrile et le gaz de strippage.Une troisième partie de l'acétonitrile 111 provenant du ballon de flash 124 alimente par la ligne 114 la première tour d'extraction 119. Cette réalisation industrielle permet, par rapport à celle décrite dans la figure 4, une diminution du coût c'investissement, puisque les tours 57 et 85 de ladite figure 4 ne sont plus néces- saires ,' il n'est pas non plus nécessaire, dans le cas de la figure 5, de prévoir deux stockages de solvant. Cependant, dans ce cas, les gaz acides sulfures ne sont ir-#s extraits sélective et, comme dans le cas de la figure 4, et- 11 sera nécessaire ce traiter le mélange gazeux 116 avant de le rejeter à l'atmosphère. Comme précédemment, l'hydrogène obtenu en 110 peut être soumis C une extraction pour éliminer le monoxyde de carbone résiduel Les trois exemples qui suivent sont destinés à illustrer l'invention sans la limiter. On fera référence,dans ces exemples, aux schémas industriels des figures 1, 4 et 5 EXEMPLE l Cet exemple concerne une unité de production d'hydrogène de 60 000 tonnes par an environ, illustrée par la figure 1. Les conditions de marche des appareillages sont les suivantes TOUR D'EXTRACTION 14 : Elle comprend six étages théoriques au-dessus de l'alimentation en solvant par la ligne 8, et également six en dessous de cette alimentation. Elle fonctionne dans les conditions suivantes - température en tête : OOC, - température en fond : 420C, - pression : 60 atmosphères. DETENTE A MOYENNE PRESSION 17 - température : 42 C, - pression : 15 atmosphères. DETENTE A BASSE PRESSION 15 - température : OOC, - pression r 1 atmosphère0 COLONNE DE JTRIPPAGE 16 - température : 200C, - pression : 1 atmosphère, - gaz de strippage : 244 tonnes/h d'air. Dans ces conditions, la tour 14 est aliîentee ar un courant gazeux (ligne 1) comprenant (en volume) : - hydrogène : 61 %, - dioxyde de carbone : 35 %, - monoxyde de carbone : 2 %, - sulfure d'hydrogène : 1 %, - divers (méthane, azote, argon) : 1 %, et avec un débit pondéral de 104 tonnes par heure. On a indiqué dans le tableau I qui suit, les débits et compositions des principales lignes de l'unité d'épuration d'hydrogène. TABLEAU I Référence delaligneetnature teneurs % poids du constituant principal débit en t/h C02 2 HS C02 2 3 : ACN 190 0,1 0w0015 8 s ACN 40 3,4 0,5 6 : ACN 322 28 0,6 9 : ACN 198,5 3,4 0e5 7 : ACN 238,5 3,4 | 0,5 L'hydrogène produit par la ligne 2 possède alors la composition suivante (en volume) - hydrogène : 95,5 % - dioxyde de carbone : - sulfure d'hydrogène : - monoxyde de carbone : 3 ; - divers : 1,5 % En outre, on évacue par la ligne 12 un courant gazeux composé de 19,5 % en volume de dioxyde de carbone, 0,5 % de sulfure d'hy- drogène et 80 % d'air. L'hydrogène produit peut être ultérieurement traité pour éliminer le monoxyde de carbone résiduel, EXEMPLE Il Cet exemple illustre la figure 4. Cependant, le fonctionnement des colonnes 82, 87 et 88, ainsi sue celui de la conversion 83 étant connu, on ne rapporte ici que les résultats concernant I'ex- traction du dioxyde de carbone à l'aide d'acétonitrile (tour 84, flash 89, détente 85, strippeur 86) Les conditions de fonctionnement sont les suivantes : TOUR D'EXTRACTION 84 (identique à la tour 14 décrite dans l'exemple I)o - pression : 60 atmosphères, - température de tête : OOC, - température de fond :400 C. BALLON DE DETENTE SOUS MOYENNE PRESSION 89 - température : 40 C, - pression : 15 atmosphères, BALLON DE DETENTE 85 : - température : OOC, - pression : 1 atmosphère. COLONNE DE STRIPPAGE 86 : - température : 20 C, - pression : 1 atmosphère, - gaz de strippage : 245 tonnes/h d'air. La composition du gaz à épurer (ligne 60) est la suivante (en volume) - hydrogène : 61,8 %, - dioxyde de carbone : 36,2 %, - monoxyde de carbone : O,3 %, - divers (CH4, N2, Ar,..) : 1,7 %. Son débit est de 104 t/heure. On a indiqué dans le tableau Il les débits et compositions des principales lignes de solvant ACN. TABLEAU Il Référence de la ligne et débit horaire % poids de C02 dans constituant principal 70 : ACN 190 t 0,1 % 67 : ACN 40 t 3,4 % 66 : ACN 238 t 3,4 % 68 : ACN 198 t 3,4 % 91 : ACN 323 t 29 % Les gaz s'échappant par les lignes 69 et 65 (relargage du dioxyde de carbone) ont la composition suivante (en volume) s - dioxyde de carbone : 20 /o, - air : 80 %, et sont libérés à raison de 338 tonnes/h. En outre, l'unité produit parla ligne 63 un courant d'hydrogène contenant (en volume) - hydrogène : 97 % - dioxyde de carbone : ( 0,1 %, - monoxyde de carbone : 0,5%, - divers : 2,5 % . EXEMPLE III Cet exemple concerne la figure 5, dans laquelle le solvant d'extraction unique est l'acétonitrile. La tour d'extraction 119 comporte vingt-cinq étages théoriques. La pression qui y est maintenue est de 40 atmosphères, les températures de tete et de fond sont respectivement 00C et 2 C. La conversion 121 du monoxyde de carbone en dioxyde est réalisée, de façon connue en soi, en deux étapes, l'une à haute température, la seconde à basse température, comme précédemment décrit. On injecte de la vapeur d'eau dans cette unité de conversion 121 à raison de 55 tonnes/h, de façon a' réaliser la réaction H20 + CO - > C02 + H2 Le ballon de détente sous moyenne pression 120 fonctionne sous 2 atmosphères à 20C. La deuxième tour d'extraction 122 est identique aux tours 14 ou 84 des deux exemples précédents. Elle fonctionne sous 60 atmosphères, les températures de tete et de fond étant respectivement de 00C et 400C. Le ballon de détente sous moyenne pression 123 fonctionne sous 15 atmosphères à 400C Le ballon de détente 124 fonctionne à 04C sous 1 atmosphère. La colonne de strippage 125 fonctionne à 200C sous 1 atmosphère. Elle est alimentee (ligne 117) par 30,3 tonnes/h d'air de strippage. Dans le tableau III, on a rassemblé les compositions et duits des courants gazeux dans l'unité. TABLEAU III Référence de Débit horaire Composition, % volume la ligne H2 CO2 CO H2S divers 100 50,4 t 40 51 5 1,5 2,5 104 46,7 t 41 52,4 4 10 ppm 2,6 105 101,7 t 61 | 37 0,3 - 1,7 106 11 t 96,9 0,5 - | 2,6 110 84 t - # 100 - - | 116 40,7 i - 16w8 3,2 80 (air) Dans le tableau IV ci-après, sont rassemblés les débits et compositions des phases liquides circulant dans l'unité. TABLEAU IV Référence de la ligne et constituant principal Débit horaire Teneurs, % poids C02 H2S 114 : ACN : 57 t 3,4 - 103 s ACN 60,7 t 7 2,3 118 : ACN l90 - - 112 :ACN | 40 3,4 111 : ACN 236,7 3,4 1 113 : YACN 139,7 3,4 - 109 : ACN 320,7 29 REVENDICATIONS 1.- Un procédé de purification d'un courant gazeux d'hydrogène, contenant des oxydes de carbone et/ou des gaz sulfurés, ledit procédé étant caractérisé en ce outil comprend une extraction par l'acétonitrile à l'état liquide, dans un ou plusieurs absorbeurs. 2.- Un procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que ladite extraction est conduite à une température comprise entre - 400 et + 500C, de préférence - 30 et + 200C, 3.- Un procédé selon l'une des revendications 1 ou 2, caractérisé en outre en ce que ladite extraction est effectuée sous une pression de 10 à 120 atmosphères, de préférence entre 30 et 90 atmosphères. 4.- Un procédé selon l'une des revendications 1, 2 ou 3, caractérisé en ce que l'acétonitrile est soumis à une régénération après ladite extraction, puis est recyclé vers celle-ci. 5.- Un procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce que ladite régénération comprend une détente sous une pression de 1 à 5 atmosphères, produisant de l'acétonitrile primairement dégazé, et un strippage d'au moins une partie de I'acétonitrile primaire dégazé, sous une pression de 1 à 5 atmosphères et à une température comprise entre - 10 et + 500C, ledit strippage produisant de l'acétonitrile pur, qui est recyclé à ltétape d'extraction, 6o - Un procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce qu'une partie de l'acétonitrile primairement dégazé est recyclé à l'étape d'extraction. 7.- L'application d'un procédé selon l'une des revendications 1 à 6 à un courant gazeux d'hydrogène contenant notamment du monoxyde de carbone, du dioxyde de carbone et des gaz sulfurés, ladite application étant caractérisée en ce sue préalablement à l'extrac- tion par l'acétonitrile, le monoxyde de carbone contenu dans ledit courant gazeux est converti en dioxyde de carbone, à l'aide de catalyseurs insensibles à la présence de composés sulfurés. 8.- Une application conforme à la revendiction 6, caractérisée en ce que la conversion du monoxyde de carbone en dioxyde est rea- lisée en une seule étape, à une température comprise entre 280 et3500C. S.- L'application d'un procédé selon l'une des revendications 1 à 6 à un courant gazeux contenant notamment du monoxyde de carbone, du dioxyde de carbone, et des gaz sulfurés, ladite application étant caractérisée en ce que, préalablement à l'extraction par l'acétonitrile, on effectue une extraction sélective des gaz sulfuras par des moyens connus dans la technique, et une conversion du monoxyde de carbone en dioxyde. 10.- Une application conforr,le à la revendication 9, caractérisée en ce que ladite conversion est effectuée avant l'extraction sélective, à l'aide de catalyseurs insensibles à la présence de composés sulfurés. 11.- Une application conforme à la revendication 10, caractérisée en ce que ladite conversion est effectuée en une étape, à une température comprise entre 280 et 3500C0 12.- Une application conforme à la revendication 9, caractérisée en ce que ladite conversion est effectuée après ladite ext#ac- tion sélective à l'aide de catalyseurs sensibles à la présence de composés sulfurés 13.- Une application conforme à la revendication 12, caractérisée en ce aue ladite conversion est effectuée en deux étapes, l'une à une température comprise entre environ 200 et 2400C, l'autre à une température comprise entre environ 350 et 4000C. 14.- L'application d'un procédé conforme à l'une des revendications 1 à 6, à un courant gazeux d'hydrogène contenant notamment du monoxyde de carbone, du dioxyde de carbone et des gaz sulfurés, ladite application étant caractérisée en ce que l'on effectue dans un premier absorbeur une première extraction des composés sulfurés à l'aide d'acétonitrile, ladite première extraction produisant un courant gazeux d'hydrogène contenant notamment du monoxyde et du dioxyde de carbone, et, dans un deuxième absorbeur, l'extraction du dioxyde de carbone contenu dans le courant gazeux produit dans la première extraction, à l'aide d'acétonitrile. 15.-- Une application conforme à la revendication 14, caractérisée en ce que le courant gazeux d'hydrogène produit par la premire extraction est soumis, préalablement à l'extraction du dioxyde de carbone, à une conversion du monoxyde de carbone en dioxyde