L'invention est relative à un corps de matière synthétique à plusieurs couches comportant un noyau de matière expansée et un revêtement extérieur, entourant le noyau, qui est rigidement lié avec celui-ci avec interposition d'une armature intermédiaire. L'invention est plus particulièrement relative à un corps de matière synthétique à plusieurs couches de ce genre se présentant sous la forme d'un ski à noyau de matière expansée formé entre les revêtements extérieurs, dans lequel, entre le noyau et les revêtements extérieurs, est disposée une armature intermédiaire de matériau en fibres. Dans les skis, à noyau de matière expansée incorporé, on prévoit en principe une armature intermédiaire formée d'un tissu ou d'une toison afin d'assurer une meilleure liaison entre le noyau de matière expansée et les revêtements extérieurs et d'agir sur la flexibilité du ski à l'aide de matériaux qui sont capables d'absorber et de supporter des forces de traction et de compression. L'utilisation d'un tissu ou d'une toison comme armature intermédiaire entraîne toutefois des difficultés de fabrication, du fait que le tissu n'est pas traversé uniformément par la matière expansée et que dans ces conditions sa liaison optimale avec le noyau n'est pas assurée. Des difficultés analogues se posent également, par exemple pour la construction de bateaux de matière synthétique composés de parties à doubles parois séparées par un noyau de matière expansée. L'invention a donc pour but de réaliser un corps de matière synthétique du genre décrit ci-dessus, en particulier un ski, sous une forme telle qu'on obtienne une traversée uniforme de l'armature intermédiaire au cours de l'opération d'expansion de la matière constituant le noyau. Ce problème est résolu, conformément à l'invention, par le fait que 1 'armature intermédiaire comporte des fibres qui font saillie dans le noyau de matière expansée à peu près à angle droit par rapport à la couche extérieure. Une telle armature intermédiaire oppose, au passage de la matière expansée, moins de résistance et assure en outre un ancrage excellent de l'armature dans le noyau, tout en offrant la possibilité de faire varier d'une manière simple la résistance au cisaillement en fonction de la longueur dont les fibres s'engagent dans le noyau de matière expansée.Ainsi, dans le cas de skis, la longueur des fibres sur toute la longueur du ski peut augmenter en même temps que la section droite de celui-ci et la densité des fibres peut augmenter des extrémités au milieu du ski, ce qui permet de jouer, sans affecter pratiquement sa flexibilité, sur sa résistance au cisaillement et par conséquent, sur son pouvoir porteur. Un autre domaine d'application de l'invention serait la construction de bateaux, pour autant que la coque de celui-ci soit formée de parties à doubles parois à noyau de matière expansée interposé. Les fibres peuvent être déposées sur les revêtements extérieurs ou couches extérieures par un procédé de flocage dans un champ électrostatique, les diverses fibres adhérant alors à une couche de matière adhésive déposée sur la surface intérieure des revêtements extérieurs. On peut également coller les revêtements extérieurs à l'aide d'une nappe de feutre imprdgnée de matière synthétique, aiguilletée en direction du noyau de telle manière que les fibres sortant de la nappe de feutre fassent saillie dans le noyau. L'invention est décrite plus en détail ci-après dans certains de ses modes de réalisation, pris à titre illustratif mais nullement limitatif, en se référant aux dessins schématiques annexés dans lesquels - les figures 1 et 2 représentent en demi-coupe transversale deux modes de réalisation différents d'un ski construit conformément à l'invention, et - les figures 3 et 4 représentent en coupe longitudinale différentes dispositions dans un ski d 'une armature intermédiaire conforme à l'invention. Le ski de la figure 1 se compose d'un revêtement supérieur et d'un revêtement inférieur 1 et de joues latérales 2, rigidement liées à ces revêtements, l'espace délimité par ces éléments étant rempli de matière synthétique expansée constituant un noyau 4. Sur la surface inférieure du ski sont disposées latéralement, comme d'habitude, des carrés en tôle d'acier 7 qui sont liés au revêtement inférieur 1 avec interposition d'une couche de caoutchouc. Le revêtement inférieur est recouvert et délimité par une couche de glissement 8. Le revêtement supérieur et le revêtement inférieur 1 sont réalisés en métal, notamment en aluminium, ou en matière synthétique.Dans le cas de la figure 2, à la place du revêtement supérieur 1 de la fi gure 1 et des joues latérales 2, on a prévu une pièce à section en forme de U, de métal ou de matière synthétique 11, armée à la fibre de verre, le reste du ski demeurant identique au mode de réalisation de la figure 1. Entre le noyau 4 et les revêtements 1 et éventuellement les joues latérales 2 sont interposées des armatures intermédiaires 3, à l'aide desquelles le noyau est mieux lié à ces éléments qu'il ne le serait sans cela. Cette armature intermédiaire est constituée principalement de fibres naturelles ou synthétiques qui, à partir des revêtements, font saillie dans le noyau de matière expansée et qui, selon leur longueur, assurent la profondeur de liaison optimale et par conséquent, la résistance au cisaillement optimale, entre le noyau et ses revêtements. Elle assure en outre une traversée excellente et uniforme de la matière synthétique expansée, du fait que celle-ci peut s'infiltrer pratiquement librement entre les fibres. Les figures 3 et 4 montrent, à titre d'exemple, de quelle manière on peut faire varier, grâce à un choix approprié de la longueur des fibres, leur profondeur d'ancrage ou leur densité tout le long du ski. La figure 3 montre la manière dont on peut augmenter la profondeur d'ancrage avec la hauteur de la section droite du ski et la figure 4 la manière dont on peut augmenter la densité des fibres lorsqu'on se rapproche du milieu du ski. Ces deux mesures peuvent évidemment être adoptées simultanément sur un seul et même ski, une variation de densité suivant la hauteur de la section droite pouvant en outre être prévue en disposant côte à côte des fibres longues et des fibres courtes, de manière que la densité des fibres croisse à partir du milieu du noyau en direction des revêtements. Selon la profondeur et la densité choisies, on peut fixer à sa valeur optimale la résistance au cisaillement entre les revêtements et le noyau, de sorte que, le ski étant par ailleurs construit de la même manière, ces mesures simples permettent de faire varier la résistance au cisaillement du ski sans provoquer en même temps une augmentation considérable de la résistance à la traction qui intervient dans la flexion. La résistance à la traction et à la compression qui interviennent nécessairement dans la flexion peuvent être déterminées par les revêtements 1 eux-mêmes, par exemple de la même manière pour tous les skis, seule la résistance au cisaillement étant modifiée, en agissant conformément à l'invention sur l'armature intermédiaire, selon les propriétés désirées pour les divers skis. Evidemment on peut aussi utiliser des bandes de tissu ou de toison usuelles, imprégnées de matière synthétique, interposées entre le noyau et les revêtements, lesquelles bandes sont collées sur les revêtements et leurs fibres faisant saillie, conformément à l'invention, à peu près à angle droit dans le noyau de matière expansée. Les fibres 3 peuvent être déposées sur les revêtements, directement par un procédé de flocage électrostatique. Mais II est possible aussi d'utiliser une nappe de feutre, pour coller sur les revêtements, qu'-il est avantageux d'imprégner de matière synthétique avant l'expansion du noyau et de laquelle les fibres font saillie dans le noyau expansé après avoir été pour cela repoussée, hors de la nappe de feutre par une opération d'aiguilletage, de manière à obtenir une sorte de pilosité. L'armature intermédiaire peut être limitée aux revêtements supérieur et inférieur, cf figure 1, mais on peut tout aussi bien prévoir une telle armature 3 sur tous les côtés d'un-noyau, comme on l'a représenté sur la figure 2. La fabrication d'un ski conforme à l'invention s'effectue avantageusement de la manière suivante. On commence par munir les revêtements 1, préalablement découpés, et éventuellement les joues latérales 2, du côté qui sera ensuite celui du noyau, d'une armature intermédiaire 3. Avec les joues latérales 2 ou, en l'absence de celles-ci, uniquement avec les côtés du moule à fermeture, on constitue une sorte de caisson et, une fois le moule fermé, on injecte, à travers une ouverture 5 (figure 1) qui débouche dans la partie la mieux appropriée du ski, la matière synthétique sous forme expansée ou contenant un agent d'expansion. L'air contenu dans la cavité est soufflé hors de celle-ci au cours de l'opération d'injection, à travers des orifices de purge d'air particuliers. Les fibres isolées qui font saillie à l'intérieur du noyau assurent les meilleures conditions d'ancrage possibles du noyau sur les revêtements. Comme il va de soi, et comme il résulte d'ailleurs de ce qui précède, l'invention ne se limite nullement à ceux de ses modes d'application, non plus qu'à ceux des modes de réalisation de ses diverses parties, ayant été plus spécialement envisagés; elle en embrasse, au contraire, toutes les variantes. REVENDICATIONS 1. Corps de matière synthétique à plusieurs couches, notamment un ski, comportant un noyau de matière expansée et un revêtement extérieur, entourant le noyau, qui est rigidement lié avec celui-ci avec interposition d'une armature intermédiaire de matériau en fibres, lequel corps de matière synthétique est caractérisé en ce que l'armature intermédiaire comporte des fibres qui font saillie dans le noyau de matière expansée à peu près à angle droit par rapport à la couche extérieure 2. Corps de matière synthétique selon la revendication 1, caractérisé en ce que la densité des fibres décroit des revêtements extérieurs au noyau. 3. Corps de matière synthétique selon l'une quelconque des revendications 1 et 2, constitué par un ski, caractérisé en ce que, sur toute la longueur du ski, la longueur des fibres croit en même temps que la hauteur de la section droite du ski. 4. Corps de matière synthétique selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, constitué par un ski, caractérisé en ce que la densité des fibres croit des extrémités du ski à son milieu. 5. Corps de matière synthétique selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que les fibres sont disposées par un procédé électrostatique et sont fixées aux revêtements par un agent adhésif. 6. Corps de matière synthétique selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que l'armature intermédiaire est constituée par des nappes de feutre aiguilletées qui sont fermement liées aux revêtements. 7. Corps de matière synthétique selon la revendication 6, caractérisé en ce que les nappes de feutre sont imprégnées d'une matière synthétique et collées aux revêtements par cette matière synthétique. 8. Corps de matière synthétique selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que l'armature intermédiaire est constituée par une nappe de tissu ou de toison, imprégnée de matière synthétique qui est revêtue par flocage de fibres naturelles ou artificielles qui font saillie dans le noyau de matière expansée essentiellement à angle droit de la nappe. 9. Armature intermédiaire de matériau en fibres servant d'élément de liaison entre un noyau de matière expansée et un revêtement extérieur, caractérisée en ce que des extrémités de fibres en font saillie en direction du noyau de matière expansée.