La présente invention concerne un procédé pour déli- miter un passage à travers une nappe de fluide inflammable, consistant à déployer, sur la nappe de fluide inflammable, bout à bout et de manière contiguë, plusieurs éléments de plate-forme comprenant chacun une couverture de matière poreuse non capillaire et résistant au feu, la matière de cette couverture présentant une épaisseur au-dessus de la surface du fluide qui est suffisante pour empêcher la péné- tration des flammes depuis la surface supérieure de la cou- verture vers le fluide inflammable, les éléments étant cha- cun prévus pour supporter le poids d'une ou de plusieurs personnes sans déformation importante, en formant ainsi un chemin allongé sensiblement continu. La fonction de la matière de la couverture est d'em- pêcher ou de contrôler la combustion du fluide inflammable au voisinage des divers éléments de la plate-forme de manière que, soit il n'y ait aucune combustion au niveau de la sur- face supérieure de l'élément de plate-formesoit que la - combustion soit limitée à de petites poches enflammées de manière intermittente, de sorte que, dans tous les cas, la surface supérieure du chemin puisse être traversée sans grand risque. Lorsqu'une nappe de matières combustibles ou d'autres liquides inflammables prend feu et que la surface du liquide est en flamme, celleci devient chaude et, dans les zones de la surface du liquide qui ne sont pas recouvertes par les éléments de plate-forme selon l'invention, la pression de vapeur de la matière combustible monte et son taux d'évapo- ration augmente. Cependant, dans les zones de contact avec la matière de la couverture, étant donné que celle-ci présente une grande surface, elle dissipe de la chaleur rapidement vers l'atmosphère et reste ainsi beaucoup plus froide que la ma- tière combustible. Lorsque des vapeurs de matière combusti- ble s'élèvent, une interférence mécanique provenant de la couverture limite leur passage libre en permettant ainsi un contact prolongé de ces vapeurs avec la matière de la cou- verture. La plus grande partie des vapeurs se condense sur la matière plus froide de la couverture et retourne vers la nappe de liquide. Le taux net d'évaporation, qui est le taux d'évaporation au niveau de l'interface entre la cou- verture et la matière combustible diminué du taux de con- densation de la matière combustible, est par conséquent réduit de manière significative. Le taux net d'évaporation est inversement propor- tionnel à la surface de la couverture et à la vitesse du vent sur cette surface. Une partie plus large de matière de couverture, du fait de sa surface supérieure, dissipe plus rapidement la chaleur, et une plus grande vitesse du vent sur sa surface élimine rapidement la chaleur. Un mélange de combustible et d'air-ne peut pas s'en- flammer à moins que le rapport de la vapeur à l'air se trou- ve à l'intérieur de certaines limites bien définies appelées seuils inférieurs et supérieurs d'inflammabilité. La plus petite concentration (pourcentage par volume) de vapeur de combustible dans un mélange vapeurair qui peut être enflammé est appelée limite ou seuil inférieur d'inflammabilité. De même, le plus fort pourcentage par volume de vapeur de com- bustible dans l'air qui peut être enflammé est-appelé limite ou seuil supérieur d'inflammabilité. La zone entre les deux pourcentages ci-dessus est appelée gamme d'inflammabilité. Le point éclair est la température la plus basse à laquelle la pression de vapeur du liquide est suffisamment élevée pour produire un mélange au seuil inférieur d'inflammabilité. Lors de la mise en oeuvre de la présente invention, les conditions ambiantes le permettant, jusqu'à ce que la surface supérieure de la matière de la couverture atteigne au moins la température du point éclair de la matière com- bustible pour permettre qu'il existe-sur sa surface un mélange vapeur-air à l'intérieur de la gamme d'inflammabi- lité, une source d'inflammation ne sera pas capable d'amener cette matière combustible à brûler. Pour un hydrocarbure volatil, tel que l'essence, du fait que son point éclair est bien en dessous de - 20'C à la pression atmosphérique, pour des températures ordi- naires la pression de vapeur de l'essence est suffisamment élevée pour réaliser un mélange en équilibre au-dessus du seuil supérieur d'inflammabilité. Il existe dans ce cas toutefois une gamme d'inflammabilité au-dessus de ce mé- lange riche vapeur-air. Si la surface supérieure de la cou- verture se trouve au-dessus du mélange vapeur-air au seuil inférieur d'inflammabilité, une combustion ne peut pas avoir lieu. Seule une élévation de la température de la ma- tière combustible repoussera le mélange inflammable vapeur- air au-dessus de la surface de la matière de la couverture. Lors de l'utilisation du dispositif suivant l'inven- tion, des flammes de durée très courte peuvent enflammer des poches de mélange vapeur-air correctement proportionné au- dessus de la surface de la couverture. Dans un système qui ne serait pas protégé par un dispositif conforme à l'inven- tion, les flammes continuant de se développer peuvent vola- tiliser la matière combustible et enflammer les vapeurs dégagées. Une fois que la réaction chimique de la combus- tion a commencé, la chaleur de la réaction dégage l'énergie nécessaire pour la poursuite du processus assurant une com- bustion incontrôlable. La matière de la couverture conforme à l'invention fait que la situation ci-dessus ne se produit pas car la flamme ne vient pas en contact direct avec la matière com- bustible puisque, au cas o le front de flammes pénètre vers le bas en dessous de la surface supérieure de la cou- verture, il s'éteint car il rencontre une zone o le mélange vapeur-air est riche en vapeur et se trouve au-dessus du seuil supérieur d'inflammabilité et, de plus, l'amenée de la matière combustible vers le front de flamme est limitée par les dispositions mentionnées précédemment. En même temps, la matière de la couverture se trouvant au-dessus de la flamme retire de manière continue de la chaleur à cette zone, notamment lorsque la matière de la couverture est bonne conductrice de la chaleur, et la dissipe vers l'atmosphère. Il se produit évidemment une élévation de la température de la matière dans la région de la flamme et en même temps une augmentation dans le taux d'évapora- tion de la matière combustible, notamment aux points chauds, car moins de vapeur de matière conductrice se condense, mais la flamme ne sera pas hors de contrôle comme c'est le cas dans les zones qui ne sont pas protégées par la matière de la couverture conforme à l'invention. On voit que, pour pouvoir éteindre les flammes avec efficacité, il est souhaitable que la couverture présente des interstices de dimensions suffisamment importantes pour que la matière soit perméable aux flammes, c'est-à-dire qu'elle permette la propagation d'un frontde flammes lors- qu'elle est exposée à un mélange combustible enflammé d'air et de vapeur, que de plus les éléments de plate-forme soient bien contigus et que la couverture ait sa face inférieure plongée dans la nappe de matière combustible ou en contact avec sa surface de sorte qu'il n'existe aucun intervalle dans lequel des flammes puissent se produire. Il est égale- ment important que les interstices ne soient pas capillaires de sorte que ne puisse se-produire un effet de mèche du combustible liquide en direction de la surface supérieure de la couverture. Le procédé ci-dessus peut avantageusement être utilisé pour permettre l'accès d'équipes de prévention ou de lutte contre l'incendie sur une nappe de fluide en flamme ou de fluide potentiellement inflammable, par exemple pour atteindre le foyer d'un incendie ou pour permettre à des personnes emprisonnées par ce fluide de s'échapper, ou encore pour permettre l'accès à travers la nappe de fluide d'un per- sonnel de secours vers de telles personnes emprisonnées. L'expression "fluide inflammable" concerne, dans les pré- sentes, des liquides, par exemple des combustibles liquides en flamme aussi bien que les vapeurs lourdes inflammables lorsque la vapeur forme une étendue dense sur la surface localisée d'un terrain et, dans ce dernier contexte, on doit comprendre l'expression "la surface de la nappe de fluide" comme se référant à l'interface entre la vapeur dense de matière combustible et l'air ambiant. - A titre d'exemple non limitatif on peut mentionner que le procédé conforme à l'invention peut s'appliquer à des processus anti-feu contre des incendies dans des cuves de matière combustible dans lesquelles il peut être néces- saire de traverser une nappe de matière combustible enflam- mée pour atteindre un ensemble de vannes endommagé,-des réservoirs ou des canalisations à partir desquels fuit une matière combustible liquide ou gazeuse afin d'interrompre la source de fuite et/ou d'appliquer des mesures usuelles de lutte contre l'incendie. Le procédé peut de plus s'ap- pliquer pour traverser des nappes de matière combustible pour l'aviation, lorsque cette matière est en flamme, de manière à appliquer des processus d'extinction d'incendie, ou pour former un passage sensiblement sans flamme permet- tant de s'échapper d'un avion qui s'est écrasé au sol et qui est entouré par de la matière combustible enflammée. En assurant un passage dont la surface supérieure est à peu près sans flamme, le procédé conforme à l'inven- tion peut permettre à des personnes emprisonnées par les flammes de s'échapper dans des cas o ceci serait autrement impossible et il peut permettre que des opérations de lutte contre l'incendie, telles que celles données ci-dessus à titre d'exemple, soient effectuées sans risques importants pour les équipes de lutte contre l'incendie. La présente invention concerne également un dispo- sitif pour délimiter un passage à travers une nappe de fluide inflammable comportant plusieurs éléments de plate- forme comprenant chacun une couverture de matière non capil- laire, poreuse et résistant au feu, la matière de cette couverture présentant une épaisseur suffisante pour empê- cher la pénétration des flammes depuis la surface supérieure de la couverture vers le fluide inflammable lorsqu'il se trouve en contact avec la surface inférieure de la couver- ture, les éléments étant chacun prévus pour supporter le poids d'une ou de plusieurs personnes sans déformation im- portante et étant prévus pour être déployés bout à bout de manière contiguë pour former un chemin allongé sensiblement continu. Les matières que l'on peut préférer pour la couver- ture comprennent des matières conductrices de la chaleur telles que des matières poreuses métalliques. Une matière particulièrement préférée comprend plusieurs couches de feuilles métalliques expansées, par exemple des feuilles d'aluminium expansées, comme décrit dans le brevet des EtatsUnis d'Amérique n' 4 149 649 du 13 avril 1969 au nom de Andrew Szego, ou dans le brevet des Etats-Unis d'Amérique n0 3 356 256 du 5 décembre 1967 au nom de Joseph Szego, voir notamment la figure 9 de ce document. Une telle matière est disponible sous la marque EXPLOSAFE fabriquée par la divi- sion Explosafe de la Vulcan Industrial Packaging Limited, Rexdal, Ontario, Canada. Cette matière est formée de plusieurs couches, chaque couche comprenant une feuille de métal expansé formée de mailles planes reliées ensemble et qui sont chacune inclinées selon le même angle par rapport au plan général de la couche en définissant entre elles des ouvertures en forme de dia- mant. Dans une forme disponible dans le commerce, une telle matière présente des pores ou interstices de dimensions relativement importantes et est perméable aux flammes. Les interstices n'ont aucune action capillaire, et il n'existe par conséquent aucune attraction capillaire du liquide à travers la couverture, de sorte que, lorsqu'on l'utilise, le niveau supérieur de la couverture n'est pas mouillé quand elle est appliquée iur un fluide inflammable. De plus, la feuille d'aluminium résiste aux flammes et à la chaleur et est relativement légère. Des matières semblables perméables aux flammes et résistant à la chaleur, qui peuvent être employées pour une couverture sur laquelle on peut passer, comprennent des ma- tières de réalisation en sandwich à nid d'abeilles par exemple les matières métalliques en nid d'abeilles disponi- bles sous la marque HEXCEL, de la Société Hexcel Corporation, Dublin Californie, et des produits métalliques à mailles tricotées tels que ceux disponibles sous la marque METEX, de la Société Metex Corporation, Edison, New Jersey. Des couvertures en matières cohérentes tissées, non tissées ou tricotées constituées de matières filamenteuses minérales, par exemple de laines de roche, peuvent également être utilisées. Il est cependant préférable d'employer des matières métalliques non conductrices de la chaleur, car les capaci- tés de dissipation de la chaleur des couvertures conductri- ces peuvent augmenter l'effet d'extinction des flammes. Des exemples d'autres matières utilisables pour la couverture de l'invention et qui peuvent être perméables aux flammes selon la dimension des pores comprennent des mousses en polyuréthane anti-feu présentant de larges cel- lules ouvertes non capillaires, des mousses de matières plastiques plaquées de métal et disponibles sous la marque RETIMET, de la société Dunlop Limited, Angleterre, et des mousses de céramique telles que la mousse de céramique à pores ouverts continus disponible sous la marque SELEE de la société Consolidated Aluminium Corporation, Etats-Unis d'Amérique. Diverses autres caractéristiques de l'invention ressortent d'ailleurs de la description détaillée qui suit. Des formes de réalisation de l'objet de l'invention sont représentées, à titre d'exemples non limitatifs, au dessin annexé. La figure 1 est une vue en perspective d'une forme de réalisation de l'élément de couverture éteignoir de flammes. La figure 2 est une vue d'extrémité d'une forme modifiée de la couverture de la figure 1 reposant sur la surface du sol. La figure 3 représente plusieurs des éléments de la figure 1 reliés entre eux pour former un passage continu sans flammes. La figure 4 est une vue latérale, à plus grande échelle, des éléments de couverture de la figure 3 et repré- sente les moyens de liaison mutuelle. La figure 5 est une vue en perspective d'une autre forme de réalisation de l'élément de couverture. La figure 6 montre les éléments de la figure 5 à l'état enroulé. La figure 7 montre, de manière en partie schémati- que, une forme de réalisation d'un appareil permettant de déployer les éléments de couverture. La figure 8 montre plusieurs éléments de couverture munis d'éléments de flottaison. Au dessin, dans lequel des références analogues indiquent des pièces semblables, la figure 1 représente un élément de plate-forme 11 en forme de plaque et qui comprend une couverture 12 de matière en feuilles expansées de EXPLOSAFE (marque déposée) à couches multiples présentant sur sa surface un pont de distribution de charges 13 réa- lisé en un métal expansé de fort calibre ou en une autre matière relativement rigide perméable aux flammes et résis- tant à la chaleur, qui permet à la couverture de résister au poids d'au moins une personne, ou de préférence plusieurs personnes, sans déformations importantes. Le pont présente des prolongements rigides 14 dirigés vers le bas qui trans- fèrent au moins la plus grande partie de la charge vers une portion inférieure basse 16 de sorte que les prolongements 14 supportent le pont. Une telle disposition fait que la charge est transmise au sol, dans la forme préférée de l'in- vention, par l'intermédiaire d'un ou de plusieurs organes anti-friction avec contact sur le sol, par exemple des galets 17 ou des patins 18, ce qui facilite le déploiement des 2 464722 éléments de plate-forme sur la surface du sol. Dans l'exem- ple représenté, les côtés du pont 13 présentent un recou- vrement non perforé imperméable aux flammes et résistant à la chaleur réalisé en feuille métallique 5 et recouvert d'un revêtement de matière isolante de la chaleur, de pré- férence un revêtement de matière boursouflée 10, pour réduire le risque de fusion ou de combustion de la matière 12 de la couverture lors de son utilisation. Le revêtement peut être remplacé, après l'utilisation du dispositif, en même temps que les feuilles 5 le cas échéant, permettant ainsi de réutiliser l'élément de plate-forme. Lors de l'utilisation du dispositif, comme on le voit à la figure 3, plusieurs éléments de plate-forme 11 sont déployés de manière contiguë et bout à bout pour for- mer un chemin continu. De manière à éviter la formation d'intervalles entre les extrémités des éléments, intervalles dans lesquels des flammes pourraient se produire, les élé- ments présentent des moyens de liaison mutuelle ou d'inter- verrouillage qui, dans la forme de réalisation des figures 2 et 3, prennent, sur la face adjacente à une extrémité de chaque élément 11, la forme d'un crochet supérieur articulé 19 et d'une tige inférieure 21 et, à l'extrémité opposée de chaque élément, la forme d'une tige supérieure corres- pondante 22 et d'un bras inférieur formant crochet 23. Les bras 19 et 23 pivotent respectivement autour de points 24 et 26. Chaque bras 22 et 23 est relié à un câble d'action- nement 27 par l'intermédiaire de prolongements 28 passant librement autour de tiges de guidage 29 et à travers des cavaliers de guidage 31. Un mou suffisant est maintenu dans le câble 27 pour permettre aux bras 19 et 23 formant crochets de rester dans une position de non-jonction, comme indiqué en traits mixtes pour le bras 19 de la figure 4. Cette réalisation permet aux éléments 11 d'être empilés les uns sur les autres en vue d'un stockage commode et permet au moins une articulation entre les éléments adja- cents 11 de manière à faciliter la manoeuvre et le déploiement de ces éléments. Une fois que les éléments 11 sont déployés, la disposition à liaison mutuelle ou d'interverrouillage est actionnée en appliquant une certaine tension sur les cables 27 et 28 de sorte que les bras 19 et 23 sont amenés à tourner depuis leur position de stockage vers les positions représentées en traits pleins à la figure 4 o les bras 19 et 23 se verrouillent respectivement sur les tiges 22 et 21 pour maintenir bien serrés les éléments de la couverture entre eux et pour éviter une séparation des élé- ments adjacents. D'autres formes d'organes d'interverrouil- lage peuvent évidemment être utilisées. On a représenté à la figure 2 une autre variante de réalisation dans laquelle un bouclier non perforé 32, réa- lisé par exemple par des feuilles métalliques, est articulé de chaque côté de l'élément 1i par une charnière 33. Les parois latérales 32 formant le bouclier peuvent être char- gées par un ressort et sont, de quelque autre manière, à auto-érection, de sorte que, lorsque les éléments indivi- duels 11 ne sont pas empilés, les boucliers 32 se déplient de leur position de stockage inférieure représentée en traits mixtes vers leur position supérieure, comme indiqué par les flèches de la figure 2 et, dans ces positions, ils protègent de la chaleur et des flammes environnantes les personnes passant sur la surfacé supérieure du chemin. Lors de l'utilisation du dispositif, dans le cas d'un déversement ou d'une fuite de liquide inflammable ou de vapeurs lourdes présentant une potentialité d'incendie ou étant elles-mêmes en flamme, un chemin formé d'éléments de plate-forme iL d'épaisseur suffisante pour exercer sur le fluide inflammable en question une action d'extinction des flammes est déployé sur une étendue de fluide inflam- mable, la surface inférieure de l'élément étant immergée dans le fluide ou en contact avec sa surface supérieure. La figure 2 représente l'élément de plate-forme 11 monté sur la surface d'un sol 44, sa face inférieure étant immer- gée dans une étendue 46 de liquide inflammable. Le chemin constitué par les éléments 11 sert à assurer un passage sans flammes à travers la nappe de fluide enflammé au cas o le fluide prend feu, et, dans un exemple d'application indiqué précédemment, cela peut être utilisé pour permet- tre à un personnel de lutte ou de prévention contre l'in- cendie d'accéder au foyer de l'incendie, ou cela peut encore être utilisé pour permettre l'accès au personnel de secours ou pour permettre à des personnes emprisonnées par des flam- mes de s'échapper par exemple d'un avion écrasé au sol, ou dans le cas de déversement ou autres fuites de matières combustibles depuis des organes de stockage à grandes capa- cités ou d'ensembles de traitement. L'épaisseur de la couverture qu'il est nécessaire de placer au-dessus du niveau de la surface du liquide de ma- nière à assurer une action satisfaisante d'extinction des flammes dépend de la dimension des pores ou interstices de la couverture ainsi que du point éclair du liquide inflam- mable. Plus larges sont les dimensions des pores de la ma- tière de la couverture et plus faible est le point éclair du liquide inflammable en question, et plus grande est l'épaisseur nécessaire pour la couverture. A titre d'exemple, on peut mentionner qu'une action d'extinction de flammes, pouvant éteindre les flammes d'un solvant de point éclair moyen, par exemple de l'essence pour véhicule à moteur, peut être obtenue avec une épais- seur minimale d'environ 10 cm de feuilles expansées d'EXPLOSAFE au-dessus du niveau 46 du liquide, comme indi- qué par la dimension A-A de la figure 2. Il est préférable d'utiliser des épaisseurs quelque peu supérieures au mini- mum déterminé par la pratique, de manière à permettre une certaine marge de sécurité. De préférence l'épaisseur sera par conséquent d'au moins environ 25 cm dans le cas d'essence pour véhicule à moteur et autres liquides inflammables à point éclair moyen, par exemple certains solvants du com- merce. On peut souhaiter d'utiliser des épaisseurs quelque peu supérieures, pouvant par exemple aller jusqu'à environ 2464722. cm, avec des liquides inflammables à point éclair infé- rieur, par exemple de l'essence pour avions à réaction telle que le JP 4, et avec des solvants à point éclair inférieur tels que le toluène. Des épaisseurs inférieures d'environ 15 cm peuvent être utilisées dans le cas de li- quides à point éclair supérieur, par exemple des huiles plus lourdes. Dans une forme de réalisation d'essais pour déter- miner les propriétés d'extinction des flammes d'une matière donnée poreuse pour couverture, ainsi que l'épaisseur appro- priée devant être utilisée pour obtenir un effet d'extinc- ti6n des flammes, un récipient métallique à dessus ouvert est rempli de la matière poreuse à essayer et des quantités variables de fluide inflammable sont introduites dans le récipient. Le récipient peut être muni d'un regard de sorte que la profondeur du liquide de l'essai ainsi que la pro- fondeur de la matière poreuse s'étendant au-dessus de la surface du liquide peuvent être plus facilement mesurées. Le fluide inflammable est introduit dans le récipient, il est enflammé et on observe l'action d'extinction des flam- mes. Le cas échéant on peut effectuer des essais répétés avec diverses épaisseurs de matières placées au-dessus du niveau du liquide de manière à déterminer l'épaisseur nécessaire pour obtenir un court laps de temps voulu entre l'allumage de la vapeur et l'extinction des flammes. On voit qu'en utilisant la forme d'essai ci-dessus, les propriétés d'extinction des flammes et l'épaisseur nécessaire sont des éléments qui peuvent être facilement déterminés par l'expérience dans le cas de tout fluide inflammable donné et toute matière poreuse déterminée pour la couverture. Bien qu'il soit possible, dans certaines circons- tances, de déployer les éléments de plate-forme à la main à partir d'un état empilé ou autrement stocké, dans de nom- breux cas, notamment lors d'opérations de secours, la vitesse 24& 4722 de déploiement des éléments de la couverture est essen- tielle et, dans un tel cas, il est souhaitable d'utiliser un appareil de déploiement mécanisé de manière à accélérer la vitesse de déploiement des éléments et l'assemblage du chemin sans flammes. Une forme d'un tel appareil est représentée à la figure 7 et comprend un véhicule à che- nilles présentant une caisse 47 et des chenilles d'entraî- nement 48. Monté sur la caisse 47 du véhicule à chenilles se trouve un magasin 49 d'éléments de plate-forme 11 empi- lés. Lors de la mise en place des éléments de plate-forme, le véhicule qui, de préférence, est télécommandé.est entraîné dans et/ou à travers une nappe de fluide en feu ou de fluide inflammable de manière à former un chemin dans ou à travers ladite nappe. Les éléments de plate-forme 11 en forme de plaques sont, si nécessaire, transportés selon une séquence voulue à partir du magasin 49 par un transporteur 51 monté sur la caisse du véhicule vers un organe de couplage et d'assemblage 52 o les éléments il successifs sont reliés entre eux par exemple au moyen d'une disposition analogue à celle des figures 3 et 4, les éléments étant alors amenés à descendre le long d'une rampe de sortie 53 au fur et à mesure que le véhicule 47 est entraîné progressivement le long d'un trajet donné. Dans une variante de réalisation, des éléments rigides de couverture pouvant présenter une longueur rela- tivement importante, par exemple de l'ordre de 10 m, peu- * vent être empilés sur une remorque mobile ou sur un véhi- cule autopropulsé muni d'organes, par exemple de pistons hydrauliques, permettant de pousser des éléments successifs le long de la surface du sol, le bord avant de chaque élé- ment venant en butée contre le bord arrière de l'élément précédent de telle sorte qu'un chemin sans flamme soit progressivement formé à l'arrière du véhicule, lequel peut être fixe ou mobile. Les figures 5 et 6 illustrent une autre variante dans laquelle le pont de la surface supérieure des éléments 11 de plate-forme comprend des sortes d'ardoises 54 de distribution de charge s'étendant transversalement en per- mettant à la matière d'extinction des flammes 12 de chaque élément 11 de supporter le poids d'une personne ou, de pré- férence, de plusieurs personnes. Les ardoises 54 permettent à la matière 12 des éléments 11, qui présente un certain degré d'élasticité et de flexibilité, d'être enroulée en bobine pour le stockage, comme indiqué à la figure 6, sur la plate-forme 56 d'un transporteur mobile à roues 57. Le transporteur 57 peut être entraîné ou remorqué rapidement vers l'emplacement d'un incendie o les éléments 11 peuvent être débobinés et déployés pour constituer le chemin voulu. Dans certains cas, le danger d'incendie peut se trouver au niveau d'une nappe de liquide de profondeur notable. Par exemple, la nappe de liquide inflammable peut elle-même s'étendre sur une profondeur importante, ou bien le liquide ou les vapeurs inflammables peuvent former une couche sur la surface d'une étendue d'eau. De telles condi- tions se rencontrent souvent dans le cas de déversements ou de fuites se produisant dans des réservoirs de stockage de combustible o il est habituel d'entourer chaque réservoir par une sorte de digue de retenue de déversement qui sert de barrage de capacité suffisante pour retenir l'ensemble du contenu du réservoir en cas de rupture de celui-ci. Selon la valeur du déversement, ces digues de retenue peu- vent être remplies par une hauteur considérable d'une ma- tière combustible inflammable ou peuvent contenir de l'eau de pluie selon une profondeur importante, ce qui, lors- qu'une couche de matière combustible inflammable flotte sur la surface de l'eau, constitue un danger sérieux pour la sécurité des équipes de prévention ou de lutte contre l'in- cendie qui cherchent à traverser la zone de retenue pour atteindre par exemple une vanne de fermeture ou une cana- lisation cassée ou une quelconque autre source de fuite du contenu du réservoir de matières combustibles. Dans certains cas, il est souhaitable de maintenir les éléments il sur des organes de flottaison, par exemple des flotteurs cylindri- ques 58, comme représenté à la figure 8, les organes de flottaison et l'épaisseur des éléments 11 étant prévus et choisis pour que chaque élément 11 supporte le poids d'une personne ou, dans une réalisation préférée, le poids de plusieurs personnes, la surface supérieure de l'élément 11 maintenant une distance d'extinction de flammes appropriée au-dessus de la surface 59 de la matière combustible ou du mélange de matière combustible et d'eau, alors que, lorsque la charge portée par l'élément 11 est retirée, la surface inférieure de cet élément reste immergée dans le liquide de sorte qu'il n'existe aucun intervalle d'air dans lequel les flammes puissent se produire. R E V E N D I C A T I O N S 1. Dispositif pour délimiter un passage à travers une nappe de fluide inflammable comportant plusieurs élé- ments de plate-forme comprenant chacun une couverture de matière non capillaire, poreuse et résistant au feu, la matière de cette couverture présentant une épaisseur suffi- sante pour empêcher la pénétration des flammes depuis la surface supérieure de la couverture vers le fluide inflam- mable lorsque celui-ci est en contact avec la surface infé- rieure de la couverture, les éléments étant chacun prévus pour supporter le poids d'une ou de plusieurs personnes sans déformations importantes et devant être déployés bout à bout de manière contiguë pour former un chemin allongé sensiblement continu. 2. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que la couverture poreuse comprend un bon conducteur de la chaleur. 3. Dispositif selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisé en ce que la couverture poreuse est métallique. 4. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que la matière poreuse comprend des cou- ches superposées de feuilles de métal expansé. 5. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que la matière poreuse est choisie parmi des matières métalliques en nid d'abeilles, des mailles mé- talliques tricotées, des matières filamenteuses minérales, des mousses de matières plastiques à cellules ouvertes, des mousses de matières plastiques à cellules ouvertes revêtues de métal ou des mousses céramiques. 6. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que chaque élément présente sur sa sur- face supérieure un pont de distribution de charge réalisé en matière poreuse et relativement rigide. 7. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que le pont comprend des éléments en métaux expansés de fort calibre. 8. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 7, caractérisé en ce qu'il comprend un élément de base sur la surface inférieure de chaque élément et des organes de support rigides reliant l'élément de base et le pont. 9. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 8, caractérisé en ce qu'il comprend un élément antifriction venant encontact avec le-sol sur la surface inférieure de chaque élément. 10. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 9, caractérisé en ce que l'élément venant en contact avec le sol est un galet ou un patin. 11. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 10, caractérisé en ce que chaque élément de plate-forme présente sur ses extrémités opposées des organes de liaison mutuelle ou d'interverrouillage pour le relier de manière contiguë à un élément de plate-forme adjacent. 12. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 11, caractérisé en ce que chaque élément de plate-forme présente sur ses côtés opposés un revêtement non perforé et résistant à la chaleur pour protéger les côtés de l'élément de plate- forme d'un endommagement par la chaleur. 13. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 12, caractérisé en ce que le revêtement comprend un revêtement boursouflé d'isolation thermique. 14. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 13, caractérisé en ce que chaque élément présente, articulé de chaque côté, un bouclier non perforé qui peut pivoter à partir d'une position inférieure repliée sur la surface supérieure de l'élément vers une position d'érection dans laquelle le bouclier s'étend vers le haut à partir du côté de l'élément. 15. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 14, caractérisé en ce qu'il comprend plusieurs éléments de plate-forme reliés bout à bout entre eux pour former un tapis allongé, les éléments présentant une flexibilité suf- fisante pour permettre au tapis d'être enroulé en bobine. 16. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 15, caractérisé en ce qu'il comprend supplémentairement un véhi- cule autopropulsé, lesdits éléments de plate-forme étant portés par le véhicule, des moyens étant prévus sur le véhi- cule pour décharger successivement les éléments sur le sol au fur et à mesure que le véhicule s'y déplace, de sorte que les éléments peuvent être déployés pour former un che- min allongé sensiblement continu défini par le trajet de déplacement du véhicule. 17. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 16, caractérisé en ce que l'épaisseur de la couverture est com- prise entre environ 10 cm et environ 50 cm. 18. Procédé pour délimiter un passage à travers une nappe de fluide inflammable consistant à déployer, en con- tact avec la nappe de fluide inflammable, bout à bout et de manière contiguë, plusieurs éléments de plate-forme com- prenant chacun une couverture de matière poreuse, non capil- laire et résistant au feu, la matière de cette couverture présentant une épaisseur au-dessus de la surface du fluide qui est suffisante pour empêcher la pénétration des flammes depuis la surface supérieure de la couverture vers le fluide inflammable, les éléments étant chacun prévus pour supporter le poids d'une ou de plusieurs personnes sans déformations importantes, en formant ainsi un chemin allongé sensiblement continu. 19. Procédé selon la revendication 18, caractérisé en ce que le fluide est une matière combustible liquide. 20. Procédé selon l'une des revendications 18 et 19, caractérisé en ce que la couverture comprend des couches superposées de feuilles de métal expansé. 21. Procédé selon l'une des revendications 18 à 20, caractérisé en ce que la couverture comprend une matière choisie parmi des matières métalliques en nid d'abeilles, des mailles métalliques tricotées, des matières filamen- teuses minérales, des mousses de matières plastiques à cellules ouvertes, des mousses de matières plastiques à cellules ouvertes revêtues de métal ou des mousses céra- miques. 22. Procédé selon l'une des revendications 18 à 21, caractérisé en ce que le liquide présente un point éclair au-dessus d'environ 30'C, l'épaisseur de la matière de la couverture placée audessus de la surface du liquide étant d'environ 10 à 25 cm. 23. Procédé selon l'une des revendications 18 à 22, caractérisé en ce que le liquide présente un point éclair en dessous d'environ 30'C, l'épaisseur de la matière de la couverture placée audessus de la surface du liquide étant d'environ 25 à 50 cm.