PROCEDE DE TRANSFORMATION D'UN ALDEHYDE EN UN ALCENE, EN PARTICULIER D'ALDEHYDES PHENOLIQUES EN ALCENES CORRESPONDANTS I Iinvention concerne un procédé de trans- formation d'un aldéhyde en un alcène correspondant en parti- culier de type E majoritaire Elle s'applique en particulier pour la transformation d'aldèhydes phénoliques en alcènes correspondant ou encore de furfural en furfurylidènes diverse- ment substitués Par aldèhyde, on entend de façon générale tout corps ayant une ou plusieurs fonctions aldéhydes. La réaction de WITTIG découverte en 1954 est actuellement très utilisée pour préparer des alcènes à partir des aldéhydes correspondants; en particulier cette réaction permet d'obtenir des alcènes fonctionnalisés ou non en ou/3 d'un carbone de la double liaison éthylénique par un cycle ou une chaine aliphatique, et non fonctionnalis à partir du meme carbone par un hétéroatome ou un groupe fonctionnel hétéroatomique; on sait que ce type d'alcènes intervient dans de nombreuses synthèses o U sont ex=mmes directement actifs dans de nombreux domaines notamment dans l'industrie chimique (polymères, intermédiaires de synthè- se), pharmaceutique (antibactériens, analg 6 siques), agrochimijue et agroalimentaire (phéromones, paâums, -insecti- cides) Les alcènes obtenus à partir des aldéhydes phénoli- ques ou des dérives du furfural sont particulièrement actifs dans ce dernier domaine, essentiellement par leurs proporiétés antibactériennes et antifongiques. La réaction de WITTIG consiste en une condensation entre un sel de phosphonium et un composé carbo- nylé en présence de certaines bases fortes et en milieu orga- nique protique strictement anhydre; les bases-utilisées sont des bases fortes du type butyl-lithium, hydrureso qui dé- composent l'eau (force basique supérieure à celle de l'ion hydroxyde) et les solvants sont des solvants organiques ba- siques ou peu basiques L'obtention d'alcènes par cette réac- tion pose des problèmes techniques très difficiles à résoudre à échelle industrielle En premier lieu l'état strictement anhydre du milieu réactionnel est difficile à atteindre dans i' les installations industrielles et exige des traitements et contrôles spéciaux de mise en oeuvre très onéreux (étuvage, séchage par courant d'azote) En outre, les bases fortes utilisées ont une réactivité violente et explosive avec l'eau, qui rend leur stockage dangereux; de plus, ces pro- duits sont chers et grèvent considérablement le coût de la synthèse Au surplus, la réaction est généralement mise en oeuvre dans des solvants lourds (tels que diméthylsulfoxyde DMSO, diméthyl formamide DMF, hexaméthyl phosphorotriamide HMPT), qui sont difficiles à séparer des produits réac- tionnels et à recycler Enfin, cette réaction qui est opéran- te avec un rendement satisfaisant avec les aldéhydes aroma- tiques, devient peu intéressante avec les aldéhydes phénoli- ques en raison de son faible rendement. En vue d'éliminer ou de réduire ces dé- fauts, la réaction de WITTIG a fait l'objet de nombreuses études et deux types essentiels de techniques de mise en oeuvre ont été développés L'une des techniques appliquées vers 1975 à la réaction de WITTIG est celle de la catalyse par transfert de phase (on se reportera par exemple à la pu- blication suivante qui décrit ce type de technique TETRAHE- DRON LETTERS no 30,1974 PERGAMON PRESS GB auteurs W TAGAKI et al) cette technique permet d'éviter les difficultés liées à l'état anhydre imposé au milieu, mais implique la présence d'une phase aqueuse importante et corrosive qui li- mite son intérêt; de plus, le rendement en alcène est mé- diocre et la réaction n'est pas stéréosélective (rapport Z/E de l'ordre de 1) Enfin, cette technique n'est pas applica- ble aux aldéhydes phénoliques et aliphatiques en raison de réactions secondaires qui apparaissent; cette limitation est un inconvénient grave en pratique car les al- cènes phénoliques et aliphatiques sont des substrats extrê- mement utiles, qui sont indispensables pour la synthèse de produits actifs, essentiels dans le domaine de la chimie bio- logique, tels par exemple que les phéromones,les prostaglandi- nes et les anti-bactériens. Un autre type de technique utilisant une réaction dite de WITTIG-HORNER, dérivée de la réaction de WITTIG, consiste à faire réagir un phophonate en présence 13244 d'une base forte en milieu liquide biphasique, constitué par une phase aqueuse et une phase organique non miscible (On peut se reporter pour plus de précisions à la publication suivante: revue SYNTHIESIS 1976, 396 auteurs: M MIKOLAJCZYK et al) Une variante décrite en 1979 (revue SYNTHESIS 1979, p 884, auteurs: FOUCAULT et ai) consiste à réaliser la réac- tion en phases solide/liquide. -Toutefois, com- me la technique précédente, ces techniques ne sont pas applicables aux aldéhydes phénoliques et aliphatiques, ce qui représente une grave limitation com- me déjà mentionné De plus, ellesne permettent d'obtenir que des alcènes fonctionnalisés en z ou/3 du carbone de la double liaison éthylénique provenant des phosphonates, par un hétéroatome ou un groupe fonctionnel hétéroatomique Ces al- cènes sont très différents sur le plan de leur activité des alcènes non fonctionnalisésen O ou/3 et cette limitation réduit encore l'intérêt de ces procédés. Par ailleurs, on a décrit dans la deman- de de brevet n 80 16767 déposée le 28/07/1980 par la deman- deresse un nouveau procédé de transformation d'aldèhydes, qui écarte les inconvénients sus-évoqués des procédés classi- ques Ce procédé est essentiellement caractérisé en ce que la réaction de transformation s'effectue en milieu organique aprotique avec un faible taux d'hydratation contrôlé Ce pro- /importante/ cédé conduit à une stéréosélectivitée P av-udes isomères type Z. La présente invention se propose d'indi- quer un procédé relevant d'une idée-mère inventive voisine de celle du procédé ci-dessus et permettant d'éliminer dans les mêmes conditions, les défauts des procédés classiques et de fournir des alcenes de type E majoritaires On sait que ce type d'isomère est, contrairement à l'isomère Z, actif sur le plan biologique de sorte que son obtention majo- ritaire est capitale dans de nombreuses applications. L'inventio visetearticulier un pro- cédé permettantd'obtenir des alcenes/fonctionnalisés ou non en c ou/3 du carbone de la double liaison éthylénique, pro- venant d'un réactif phosphorique, par un cycle ou une chaine aliphatique ou un hétéroatome ou un groupe fonctionnel hétéro- atomique. Un autre objectif de l'invention est d'indiquer un procédé, susceptible d'être mis en oeuvre avec des rendements satisfaisants aussi bien avec des aldéhydes phénoliques aromatiques ou hétéroaromatiques qu'avec des al- déhydes aliphatiques, pour obtenir le type d'alcènes sus-é- voqués. Un autre objectif est de supprimer l'exi- gence stricte du caractère anhydre de la réaction de WITTIG en fournissant un procédé apte à être mis en oeuvre en pré- sence d'eau dans des conditions très performantes. Un autre objectif est de permettre l'u- tilisation de bases classiques ne présentant aucun risque et bénéficiant de coûts réduits. Un autre objectif de l'invention est d'indiquer un procédé apte à opérer avec un solvant léger, peu onéreux, susceptible d'être régénéré et duquel les pro- duits de synthèse sont faciles à séparer. Un autre objectif est d'indiquer un pro- cédé mettant en oeuvre une réaction non exothermique, ne pré- sentant aucun danger, même avec de grandes quantités de pro- duits en présence, et se déroulant dans des conditions douces de température et de pression. Un autre objectif est d'indiquer un pro- cédé permettant d'ajuster de façon précise la stéréosélectivi- té de la réaction en vue d'obtenir simultanément un alcène du type E majoritaire et un alcène du type Z dans des propor- tions désirées. A cet effet, le procédé de transformation visé par l'invention est du type dans lequel l'aldéhyde est mis en présence d'un réactif phosphorique et d'une base, dans un solvant organique; selon la présente invention, en vue d'obtenir un alcène du type E majoritaire, on réalise la ré- action dans les conditions suivantes: on utilise comme solvant un alcool, on utilise une base minérale ayant en milieu aqueux une force basique inférieure ou égale à celle de l'ion hydroxyde ou une base organique fortement basiqie de la famille des amines, et on linrite le taux d'hydratation du milieu réactionnel à une valeur au plus égale à 10 moles d'eau par mole d'aldéhyde. /que/ Les expérimentations ont montré, de fa- çon inattendue,/l'utilisation d'un alcool comme solvant (condition essentielle) conjuguée-àla maitrise du taux d'hy- dratation permet,en utilisant une base du groupe indiqué, une transformation sélective de l'aldéhyde en alcène de type E majoritaire avec de très hauts rendements L'utilisation du solvant dans les conditions précitées ne soulève aucune difficulté pratique compte tenu de la banalité de ce corps sans aucun danger et dont le coût est très faible Le taux d'hydratation est facile a contrôler dans les limites four- nies et les conditions difficiles de la réaction de WI;TTIG sont ainsi éliminées. Les alcools qui paraissent fournir les meilleurs rendement sont le méthanol et l'éthanol qui seront donc utilisés préférentiellement; il est à noter que ces alcools sont très faciles à separer ensuite du milieu réactio- nel et àa recycler. Selon un mode de mise en oeuvre préféré, la quantité d'alcool est avantageusement ajustée de fa on à réaliser une dilution de ' aldéhyde comprise entre environ 0,2 et 2 moles d'aldéhydes par litre d'alcool. De plus, la base utilisée peut être une base classique notamment un composé ionique de métaux alcalin o l'anion présente un caractère basique en particulier com- posé ionique de potassium, de rubidium ou de cesium; ce type de base n'entraîne aucun risque sur le plan industriel et son prix de revient est faible. En outre, on a pu constater que cette réaction est également opérante avec de bons rendements avec les aldéhydes phénoliques, aromatiques, hétéroaromatiques, ali-. phatiques, fonctionnalisés ou non Les conditions du procédé permettent l'inhibition des réactions secondaires d'aldolisa- tion, ce qui explique que les rendements obtenus avec les aldéhydes aliphatiques prisentent également des valeurs élevées il est à noter que, dans le cas des al- 13244 déhydes aromatiques, il se produit parfois dans les procédés classiques une réaction secondaire (dite de CANNIZARO) qui limite le rendement en alcène Dans le cas du procédé de D l'invention, cette réaction est extrêmement peu sensible elle est totalement inhibée lorsqu'on utilise comme base le carbonate de potassium, de rubidium ou de césium. La réaction se produisant dans le procé- dé de l'invention est légèrement endothermique et ne suscite aucun risque de développement brutal Le rendement est amélio- ré par un léger chauffage: en pratique, le milieu réaction- nel peut être gardé à température ambiante, la réaction res- tant omérante d'environ 30 à + 1200 C. De plus, sur le plan des quantités rela- tives de produits, on opère avantageusement dans les condi- tions suivantes: base utilisée en léger excès stoechio- métrique par rapport à l'aldéhyde. réactif phosphorique utilisé en léger excès stoechiométrique par rapport à l'aldéhyde. Le réactif phosphorique utilisé peut être un sel de phosphore phosphonium ou phosphonate et perraet d'obtenir un alcène fonctionnarisé ou non en pharmaceutiques et chimiques, tant par leurs activités bio- logiques propres que comme intermédiaires de synthèse; c'est un avantage important de l'invention que de permettre d'orien- ter la réaction vers la production de ce type de composé. Par ailleurs, le procédé conforme à l'invention permet, le cas échéant, d'ajuster la stéréochimie de la réaction, les alcènes de type E obtenus étant toujours majoritaires Dans ce but, il consiste à additionner au sol- vant principale constitué par l'alcool un solvant organique aprotique, en particulier dioxanne ou diméthoxyéthane (DME) ou chlorure de méthylène ou nitrobenzène La proportion des deux solvants fixe la stéréochimie de la réaction qui peut ainsi être adaptés à l'application envisagée. L'invention exposée de façon générale /non limitatifs/ ci-dessus est illustrée ci-après par des exemple s/de mise en oeuvre. EXEMPLE 1 Synthèse du hydroxy-l, méthoxy-2, (pen- tène-1) yl-4 benzène à partir de la vanilline en présence de carbonate de potassium et de bromure de butyl-triphényl- phosphonium dans le méthanol. On place dans un réacteur de 1 litre: 0,12 mole de sel de phosphonium, 0, 12 mole de carbonate de potassium, 0,1 mole d'aldéhyde dans 100 ml de méthanol commercial. Après 1 heure de réaction à températu- re ambiante, le milieu réactionnel et filtré et concentré. L'alcène formé est obtenu après distillation (p eb: 90 /0,5 mm Hg) avec un rendement voisin de 85 % et caractérisé par ses spectres infra-rouge et R M N. La réaction est stéréosélective et l'isomère E est obtenu majoritairement ( % isomère E/ % isomère Z: 85/15) Aucun autre procédé connu ne permet d'obtenir un tel résultat Les aldéhydes phénoliques qui peuvent être ainsi valorisé sont pour la -:plupart extraits de la matière végétale notamment par traitement biologique ou chi- mique de la lignine. EXEMPLE 2 Synthèse du hydroxy- méthoxy-2, (hep- tène-l) yl-4 benzène à partir de la vanilline en présense de fluorure de potassium et de bromure d'hexyl-triphénylphos- phoniurm dans le méthanol. Dans un réacteur identique de 1 litre, on place 0,12 mole de sel de phosphonium, 0,12 mole de fluo- rure de potassium, 0,1 mole d'aldéhyde dans 100 ml de métha- nol commercial. Après 2 heures 15 d'agitation à tempé- rature ambiante; l'hydroxyl, méthoxy-2,(heptène-l) yl-4 benzène est obtenu pur, avec un rendement de 88 %, par dis- tillation sous vide (p eb 115 C/0,8 mm Hg). La stéréosélectivité de la réaction con- duit au produit majoritairement E (% isomère E/ % isomère Z 87/13 '). L'activité antibactérienne de ce pro- duit est mise en évidence par son coefficient phénolique à 37 C 625 sur St Aureus 667 sur M Tuberculosis 556 sur C Albicans. EXEMPLE 3 Synthèse de l'isoeugenol à partir de la vanilline en présence de carbonate de potassium et de bro- mure d'éthyle triphényl phosphonium dans le méthanol commer- cial. Dans un réacteur de 250 ml, on place 0,025 mole de sel de phosphonium, 0, 025 mole de carbonate de potassium, 0,02 mole d'aldéhyde et 20 ml de méthanol commercial. Le milieu est mis en agitation soit pendant heures à 10 C 2 heures 30 à O C 1 heure à 20 C 0 Heure 30 à 40 C. Ces conditions permettent la transfor- mation complète de la vanilline en isoeugenol Après distilla- tion, l'isoeugenol est identifié par comparaison de ses carac- téristiques physicochimiques avec celles du produit commercial. EXEMPLE 4 Synrthèse du hydroxy-l, (butène-l)yl-2 benzène à partir de l'aldéhyde salicylique en présence de carbonate de césium et de bromure de propyl-triphényl phospho- nium dans le méthanol On mélange dans un réacteur, 0,025 mole de sel de phospholium, 0,025 mole de carbonate de cesium et 0,02 mole d'aldéhyde dans 20 ml de méthanol commercial. Le mélange réactionnel est agité à température ambiante pendant I heure 30 L'hydroxy-l, (butène -1) yl-2 benzène (% isomère E/ % isomère Z: 82/18) est obte- nu pur avec un rendement de l'ordre de 80 % par distillation (p eb: 75 C/i mm Hg) I 1 est caractérisé par ses spectres infra-rouge et de résonnance magnétique nucléaire dont les ré- sultats sont confirmés par micro-analyse. EXEMPLE 5 Synthèse de hydroxy-l, vinyl-4 ben- zène à partir de l'hydroxy-4 benzaldéhyde en présence de car- bonate de potassium et de bromure de méthyl-triphénylphospho- nium dans le méthanol. Dans un réacteur de 250 ml, on place: 0,025 mole de sel de phosphonium, 0, 025 mole de carbona Le de potassium et 0,02 mole d'hydroxy-4 benzaldéhyde dans 20 ml de méthanol commercial. Le milieu réactionnel est agité à température ambiante pendant 4 heures La majeure partie de l'oxyde de triphénylphosphine formé précite et est séparé par filtration de la phase organique qui est ensuite analysée par chromatographie en phase vapeur sur colonne du type OV 101. L'hydroxy-l vinyl-4 benzène est obtenu avec un rendement voi- sin de 90 % après distillation. EXEMPLE 6 Synthèse du -(butène-l)yi-2 furanne à partir de furanne carboxaldéhyde en présence de carbonate de potassium et de bromure de propyl-triphényl phosphonium dans l'éthanol. On place dans un réacteur de 250 mi 0,025 mole de sel de phospnonium, 0,025 mole de carbonate de po- tassium et 0,02 mole d'aldéhyde dans 20 ml d'ethanol à 95 . Le mélange réactionnel est agite au reflux de l'éthanol pendant 2 heures Ces conditions permetteit la transformation complète du furfural en (butène-l)yl-2 furan- ne qui est extrait après filtration et concentration du milieu réactionnel par chromatographie sur une courte colonne de sili- cagel en utilisant l'hexane comme éluant. La réaction est stéréosélective et l'i- somère E est obtenu majoritairement (% isomère E/% isomère Z: 70/30). Le composé de départ: le furanne 2-car- boxaldéhyde (ou furfural) est fabriqué industriellement à par- tir de sous-produits agricoles richesen pentosanes (rafles de mais, balles de riz et d'avoine, bagasses de canne à sucre, coques d'arachides et déchets de bois) Ces déchets traités en milieu acide concentré conduisent à des aldopentoses obte- nus par hydrolyse de leur pentosanes qui se déshydratent pour donner le furfural. EXEMPLE 7 Synthèse du (pentène-l)yl-2 furanne -2 à partir du furanne-carboxaldéhyde en présence de carbonate de potassium et de bromure de butyltriphénylphosphonium dans le méthanol. Dans un réacteur identique de 250 ml on place 0,025 mole de sel de phosphonium, 0,025 mole de car- bonate de potassium et 0,02 mole de furfural dans 20 ml de méthanol commercial. Le mélange réactionnel est porté au reflux et maintenu sous agitation pendant 1 heure 15 Le (pentène-l)yl-2 furanne (% isomère E/% isomère Z: 69/31) est obtenu pur avec un rendement de l'ordre de 85 % après filtra- tion et chromatographie rapidesurgel de silice. *EXEMPLE 8 Synthèse du (pentène-l)yl benzène à partir de benzaldéhyde en présence de carbonate de potassium et de bromure de butyl-triphényl phosphonium dans un mélange de dioxanne-1,4 et de méthanol. On place dans un réacteur: 0,025 mole de sel de phosphonium, 0,025 mole de carbonate de potassium et 0,02 mole de benzaldéhyde dans 20 ml de mélange de dioxanne -1,4 et de méthanol du commerce. Après 2 heures 30 d'ébullition, sous agitation, le milieu réactionnel est filtré pour éliminer la majeure partie d'oxyde de triphénylphosphine foroe Après évaporation du solvant, le (pentène-l) yl benzene est chrora- tographié-sur une courte colonne de gel de silice; éluant; hexane, quelque soit le pourcentage de méthanol dans le mélan- ge de solvant, le rendement en oléfine est voisin de 95 %. La stéréosélectivité de la réaction est fonction de la quantité de méthanol dans le milieu. pour 1 ml de méthanol, 30 % d'isomère E pour 3,5 ml de méthanol, 50 % D'isomè- 3244 re E pour 5 ml de méthanol, 64 % d'isomère E pour 20 ml de méthanol, 77 % d'isomè- re E. EXEMPLE 9 Synthèse de l'anéthole à partir de l'anisaldéhyde en présence de carbonate de rubidium et de bromure d'éthyl-triphényl phosphonium dans le méthanol. A 0,025 mole de sel de phosphonium et 0,025 mole de carbonate de rubidium, on ajoute 0,02 mole d'a- nisaldéhyde et 20 ml de méthanol du commerce. Le mélange réactionnel est agité au reflux du méthanol pendant 3 heures L'anéthole (% isomère E/ % isomère Z: 67/33) est obtenu pur avec un rendement de l'ordre de 85 % et identifié par comparaison avec le produit commercial et analyse de ses spectres infra-rouge et R M N. Le transanéthole, produit majoritaire de cette synthèse, présente un caractère insecticide notoire et est un corps très important dans le domaine de l'agro-alimentaire. EXEMPLE 10 Synthèse du tétradêcène-5 à partir de décanal en présence de carbonate de potassium et de bromure de butyl-triphénylphosphoni am dans le butanol-l. On mélange dans un réacteur: 0,025 mole de sel de phosphonium, 0,025 mole de carbonate de potas- sium, 0,02 mole d'aldéhyde et 0,04 mole d'eau dans 20 ml de butanol-l. Le milieu réactionnel est porté au reflux et maintenu-sous agitation pendant 3 heures 30 L'al- cène correspondant est obtenu après chromatographie sur colon- ne avec un rendement de 70 % et caractérisé par ses spectres infra-rouge et de résonnance magnétique nuclaire et par micro- analyse. La réaction est stéréosélective et l'isomère E est obtenu majoritairement (% isomère E/% isomère Z: 70/30). La séparation de ces isomères peut être obtenue par chromatographie sur colonne d'alumine impré- gnée de 20 % de nitrate d'argent. I 1 faut souligner que dans ces condi- tions expérimentales, la réaction secondaire d'aldolisation est inhibée. EXEMPLE 11 Synthèse du phényl-3 propénoate d'é- thyle à partir de benzaldéhyde en présence de carbonate de potassium et de diméthylphosphonoacétate d'éthyle dans l'étha- nol. On mélange dans un réacteur 0,025 mole de phosphonate, 0,025 mole de carbonate de potassium et 0,02 mole d'aldéhyde dans 20 ml d'éthanol commercial. Le mélange réactionnel est agité au reflux de l'éthanol pendant 1 heure Ces conditions permettent la transformation complète du benzaldéhyde en phényl-3 propé- noate d'éthyle qui est extrait après filtration et concentra- tion du milieu réactionnel par chromatographie sur colonne de gel de silice en utilisant un mélange d'heane et d'éther comme éluant. La réaction est stéréosélective et l'isomère E est obtenu majoritairement (% isomère E/% isomère Z: 86/14). Le rendement de la réaction après purification est de l'ordre de 85 % Le phényl-3 propénoate d'éthyle est caractérisé par ses spectres infra-rouge et de résonnance magnétique nuclaire dont les résultats sont con- firmés par microanalyse. EXEMPLE 12 Synthèse du furyl-3 propénoate d'é- thyle à partir de furfural en présence de carbonate de potas- sium et de diméthylphosphonoacétate d'éthyle dans l'éthanol. On place dans un réacteur de 250 ml: 0,025 mole de sel de phosphonium, 0, 025 mole de carbonate de potassium, 0,02 mole d'aldéhyde dans 20 ml d'éthanol à 95. Le mélange réactionnel est porté au reflux et maintenu sous agitation pendant 1 heure Le furyl-3 propénoate d'éthyle (% isomère E/% isomère Z: 90/10) est obtenu pur avec un rendement de l'ordre de 80 % après fil- tration et chromatographie sur gel de silice. 1 l est à noter que la stéréochimie de l'alcène obtenu à pairtir des phosphonates est indépendante de la nature du solvant, que la réaction soit effectuée dans l 1 dioxanne, dans l'éthanol ou dans un mélange de ces deux solvants, la stéréochimie préférentielle E ne change pas. REVENDICATIONS 1/ Procédé de transformation d'un aldéhyde en alcène correspondant dans lequel l'aldéhyde est mis en présence d'un réactif phosphorique et d'une base dans un solvant organique, ledit procédé étant caractérisé en ce que, en vue d'obtenir un alcène du type E majoritaire: on utilise comme solvant un alcool, * on utilise une base minérale ayant en milieu aqueux une force basique inférieure ou égale à celle de l'ion hydroxyde ou une base organique, fortement ba- sique de la famille des amines, et on limite le taux d'hydratation du milieu réactionnel à une valeur au plus égale à environ 10 moles d'eau par mole d'aldéhyde. 2/ Procédé de transformation selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on utilise comme sol- vant du méthanol ou de l'éthanol. 3/ Procédé de transformation selon l'une des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que l'on utilise comme base un composé ionique de métaux alcalins ou l'anion présente un caractère basique, en particulier composés ioniques de potassium, rubidium ou césium. 4/ Procédé de transformation selon l'une des revendications 1, 2 ou 3, caractérisé en ce qu'il est mis en oeuvre à température ambiante. / Procédé de transformation selon l'une des revendications 1, 2, 3 ou 4, caractérisé en ce que la quantité d'alcool est ajustée de façon à réaliser une di- lution de l'aldéhyde comprise entre environ 0,2 et 2 moles d'aldéhyde par litre d'alcool. 6/ Procédé de transformation selon l'une des revendications 1, 2, 3, 4 ou 5, permettant d'obtenir un alcène fonctionnarisé ou non en a ou ( 3 de la double liaison éthylénique, caractérisé-en ce que l'on utilise comme réactif phosphorique un sel de phosphore (phosphonium ou phosphonate) 7/ Procédé de transformation selon l'une des revendications 1, 2, 3, 4, 5 ou 6, dans lequel le réactif phosphorique est mis en présence d'un léger excès stoe- chiométrique par rapport à l'aldéhyde. 13244 8/ Procédé de transformation selon l'une des revendications 1, 2, 3, 4, 5, 6 ou 7, caractérisé en ce que, en vue d'obtenir simultanément un alcène du type E majoritaire et un alcène du type Z avec une stéréochimie désirée, on additionne au solvant principal constitué par l'alcool un solvant organique aprotique, en particulier dioxanne, ou diméthoxyéthane (DME) ou chlorure de méthylène ou ou nitrobenzène. 9/ Procédé selon l'une des revendi- cations précédentes; appliqué à la transformation d'un aldé- hyde phénolique, en particulier extrait de la lignine, dans lequel on utilise comme base une base minérale autre que la soude et la potasse. 10/ Procédé selon l'une des reven- dications 1 à 8, appliqué à la transformation du furfural en furfurylidène.