L'invention concerne un procédé et un appareil pour le déroulage du bois. Selon ce nouveau procédé, le déroulage du bois est notablement mieux réglé que dans les procédés antérieurs et on obtient ainsi des avantages parmi lesquels la qualité améliorée du produit fini. Dans les procédés de déroulage antérieurement connus, le chariot porte-lames se déplace en direction de la bille de bois à mesure que le déroulage progresse de sorte que le chariot avance exactement d'une distance prédéterminée à chaque tour de la bille et que cette distance correspond à l'épaisseur et à la longueur du bois déroulé pendant chaque tour de la bille, c'est-à-dire que la lame détache de la surface de la bille une feuille spirale d'une certaine épaisseur uniforme. Cette avance à commande linéaire (dite ci-après synchronisée) du chariot est réalisée par divers moyens selon le dispositif que l'on utilise pour faire tourner la bille. On a utilisé des vis, des engrenages, des chaînes et des moyens similaires en eux-mêmes connus pour réaliser ce mouvement synchronisé du chariot porte-lames. Des moyens électroniques sont aussi connus à cet effet. L'avance du chariot porte-lameadoit être préréglée selon l'épaisseur du bois de placage à dérouler. Lorsqu'on utilise des moyens mécaniques pour réaliser le mouvement du chariot porte-lames, on règle habituellement l'avance du chariot en modifiant les rapports de démultiplication. Les procédés de déroulage connus utilisant l'avance syn chronisée susdite du chariot porte-lamesont pour but de réaliser une certaine épaisseur uniforme sur toute la longueur du bois déroulé. En théorie, l'avance synchronisée du chariot porte-lames conduit effectivement au résultat voulu mais seulement en théorie car ce procédé ne tient pas compte de la matière qu'il s'agit de travailler, c'est-à-dire d'un bois non homogène dont la structure et le comportement pendant le déroulage sont déjà différents, par nature, pour l'aubier et le coeur. En outre, ces différences peuvent parfois être accrues fortuitement par une imprégnation non uniforme ou imparfaite des billes de bois avant le déroulage.Les différences dans les propriétés de déroulage d'une bille se font sentir de façon notable dans le procédé connu, d'autant plus qu'habituellement, utilise une contre-lame pour comprimer la bille juste en face du point où s'effectue le déroulage. Lorsqu'on applique cette compression de la surface de la bille, le bois de coeur sec et dur casse souvent et la bille risque même de se détacher des broches. Le rôle de la contre-lame est donc de former sur la bille une zone de pression là où le tranchant de la lame coupeuse avance et d'obtenir ainsi un bois de placage ayant une bonne qualité de surface. Cette compression causée par la contrelame, en pourcentage de l'épaisseur du bois déroulé, est ce qu'on appelle le degré de compression, La contre-lame est fixée au même chariot que la lame coupeuse elle-même et avance à la même vitesse. Pendant le processus de déroulage, le chariot porte-lame avance, à chaque tour de la bille, d'une distance qui est liée à l'épaisseur et à la longueur du bois déroulé pendant chaque tour de la bille. L'épaisseur du bois déroulé au point de coupe équivaut à l'interstice entre la lame coupeuse et la contre-lame.Le bois est donc comprimé dans une mesure bs avant de subir l'action de la lame coupeuse et le bois déroulé revient immédiatement à l'état on comprimé après la coupe. Ainsi, d'après l'épaisseur s du bois déroulé et la compression b s, on peut exprimer le degré de compression existant, en pourcentage de l'épaisseur du bois déroulé, soit A s/s x 100%. Si l'on utilise un certain degré de compression, on peut appliquer sans difficulté ce procédé de déroulage connu à l'aubier humide et le bois déroulé est de bonne qualité. I1 se produit des difficultés à mesure crue le déroulage progresse et atteint le coeur séché de la bille qui ne se comprime pas dans la même mesure que l'aubier plus humide. Le chariot portelames et les lames qu'il supporte avancent avec un synchronisme prédéterminé relativement à la rotation de la bille, ne tenant pas compte de la résistance croissante opposée par le coeur plus dur et étant donné qu'à ce stade la bille a une grosseur inférieure à sa grosseur initiale, il devient notablement plus difficile de limiter sa flexion.Généralement, on ne peut pas dérouler correctement le coeur sec de la bille jusqu'à ce qu'il reste un noyau mince car elle tend à ce détacher des broches et à se courber de façon gênante si le déroulage s'effectue avec un degré de compression considérable. Dans le déroulement connu où l'on utilise le mouvement synchronisé du chariot porte-lames et un degré de compression prédéterminé, un inconvénient est que si l'on règle le degré de compression convenant à la qualité de bois déroulé, dans les limites permises pour l'aubier tendre, ce degré de compression est toujours trop grand pour le coeur sec et dur. I1 est donc nécessaire, dans le déroulage de ce genre de bois, de régler le degré de compression au niveau nécessité par le coeur.Pour cette raison, on ne peut pas obtenir un bois de placage de la meilleure qualité à partir de l'aubier. I1 s' ensuit qu'à mesure que le bois, déroulé sèche, le bois humide obtenu par déroulage de l'aubier se contracte plus que le bois sec obtenu par déroulage du coeur étant donné qu'ils sont coupés à la même épaisseur nominale et ainsi, le bois final présente de nettes différences d'épaisseur selon la partie de la bille dont il est tiré. Par le procédé nouveau dont il s'agit, on peut régler le degré de compression sur toute l'épaisseur de la bille et réaliser une épaisseur uniforme du bois déroulé sec. On y parvient, selon l'invention, grâce au fait que pendant la coupe, la lame coupeuse et la contre-lame qui pousse contre la bille sont sollicitées ensemble vers la bille par une certaine force préréglée de sorte qu'une pression linéaire constante est maintenue entre la bille et la contre-lame pendant tout le processus de déroulage. Le degré de compression ainsi obtenu s'ajuste automatiquement en fonction de la dureté du bois et des différences de teneur en humidité de sorte que le bois humide et élastique est déroulé avec un plus haut degré de compression que la partie sèche et plus dure. Ainsi, le bois déroulé tiré de la partie humide est de haute qualité et son épaisseur tient mieux compte du séchage. D'autre part, les billes ne se brisent pas dans la même mesure qu'antérieure- ment étant donné que la force perpendiculaire à la bille est constante (et non croissante) et le déroulage est ainsi plus facile à régler. Etant donné que le degré de compression est plus élevé lorsqu'on déroule l'aubier humide, ce bois déroulé est plus épais que celui qui est tiré du coeur sec. Les différences d'épaisseur se compensent toutefois notablement lors du sé chage, où l'aubier humide se contracte plus que le coeur sec. De cette manière, on obtient comme produit final un bois déroulé d'épaisseur pratiquement uniforme. Quand on pratique le procédé de l'invention, on peut opérer en deux stades, c'est-à-dire qu'au début du processus de déroulage, donc pendant l'arrondissement de la bille, lorsque la lame ne coupe pas encore sur toute la longueur de la bille, l'avance du chariot porte-lames s'effectue de telle sorte que la lame coupeuse progresse de façon synchronisée avec la rotation de la bille et que seulement lorsqu'on peut commencer à dérouler complètement le bois, l'avance passe automatiquement au procédé de l'invention c'est-à-dire qu'elle est assurée par une certaine force préréglée. I1 est spécialement important, au début du déroulage, de régler la progression de la lame coupeuse de façon que par exemple, elle n'entame pas trop une fissure de la bille. Dans ce nouveau procédé, l'épaisseur du bois déroulé est réglée de façon continue, à la différence des procédés antérieurs où l'on règle seulement l'interstice entre les lames et le degré de compression appliqué pendant l'opération de déroulage. Pendant l'arrondissement de la bille et le déroulage du bois initial incomplet, l'avance du chariot portelames s'effectue cependant de telle sorte que l'avancement de la contre-lame équivaut à l'épaisseur du bois déroulé par tour de la bille, c'est-à-dire qu'elle est synchronisée avec la rotation de la bille. L'appareil destiné à la mise en oeuvre du procédé selon l'invention peut avoir une structure assez simple, comprenant seulement un dispositif connu servant à déplacer le chariot en direction de la bille de manière à réaliser la pression désirée entre la contre-lame et la bille. - la figure 1 montre une dérouleuse selon l'invention, vue de côté; les parties importantes quant à l'invention étant seules représentées schématiquement - la figure 2 est une vue par le haut correspondant à la figure 1 - la figure 3 montre un détail du point de coupe où la compression 4 s appliquée par la contre-lame à la bille est indiquée. Le système de lames est formé de la lame coupeuse 2 et de la contre-lame 1. La distance (interstice) entre les lames est réglée par le dispositif 6. Cette ouverture entre les lames, jointe à la pression d'avance F, donne au bois déroulé 5 l'épaisseur désirée. Le mécanisme d'avance 4 pousse le chariot, portant la lame coupeuse et la contre-lame, en direction de la bille 3, sous la pression désirée F, qui est réglable en fonction du degré de compression A s désiré. Le mécanisme d'avance 4 est avantageusmeent formé d'un vérin à fluide et de moyens permettant de réaliser une pression constante dans le cylindre de celui-ci. REVENDICATIONS 1. Procédé de déroulage d'une bille de bois en rotation dans lequel on déplace ensemble la lame coupeuse et la contrelame vers la bille à mesure que le déroulage progresse, procédé caractérisé par le fait que l'on réalise l'avance des lames en les poussant contre la bille avec une force réglée et prédéterminée. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé par le fait que l'on règle la pression d'avance et, si on le désire, l'interstice entre les lames, de manière à réaliser l'épaisseur désirée du bois déroulé. 3. Procédé selon l'une des revendications 1 et 2, carac térisé par le fait que l'on établit le réglage de la pression d'avance en fonction du type de la bille 4. Procédé selon l'une des revendications 1 et 2, carac térisé par le fait que l'on réajuste la pression d'avance au cours du déroulage de la bille lorsque c'est nécessaire. 5. Procédé selon la revendication 4, caractérisé par le fait que l'on modifie le réglage de la pression d'avance en fonction de l'épaisseur du bois déroulé. 6. Procédé selon l'une des revendicationsl à 5, caractérisé par le fait que l'on effectue le déroulage de chaque bille en deux stades, en ce sens qu'au stade d'arrondissement de la bille, l'avance de la lame est synchronisée avec la rotation de la bille et qu'au stade de déroulage qui suit, 1' avance est assurée par une force prédéterminée. 7. Procédé selon l'une des revendicationsl à 6, caractérisé par le fait que l'on maintient l'avance du chariot portelame en dessous d'une grandeur maximale connue. 8. Procédé selon la revendication 7, caractérisé par le fait que l'avance du chariot correspond tout au plus à chaque degré maximal de pression. 9. Appareil pour la mise en oeuvre du procédé selon l'une des revendications 1 à 8, comportant un dispositif connu de rotation de la bille et un chariot porte-lames connu servant à faire avancer le système de lames et caractérisé par le fait qu'il comprend des moyens (4) servant à réaliser le mouvement d'avance du chariot porte-lames de manière à pousser la contrelame contre la bille (3) sous une pression constante connue. 10. Appareil selon la revendication 9, caractérisé par le fait que le dispositif d'avance est formé d'un vérin à fluide et de moyens permettant de réaliser une pression constante dans le cylindre de celui-ci.