La présente invention a pour objet un procédé de préparation de protéines et de lipides microbiens a partir d'hydrates de carbone végétaux par culture d'un microbe sur un milieu de culture contenant ces hydrates de carbone. De façon plus particulière, la présente invention a pour objet un procédé de préparation de protéines et de lipides microbiens à partir d'hydrates de carbone végétaux, notamment de l'amidon, caractérisé par les deux étapes suivantes on liquéfie de l'amidon par l'action d'enzymes dextrinogènes pour préparer un milieu de culture pour un microbe et on saccharifie le milieu de culture liquéfié en ajoutant de façonsaseptique une amylase saccharogène au milieu de culture pendant la culture du microbe sur ce milieu. Ces dernières années, on a préparé artificiellement des protéines monocellulaires à partir d'hydrates de carbone végétaux ou d'hydrocarbures minéraux en cultivant un micro-organisme. Les protéines ainsi obtenues proviennent des cellules du microorganisme cultivé et se distinguent généralement de celles simplement extraites de sources végétales, tels que des grains de soja, par un moyen chimique. Ces protéines artificielles sont utilisés comme substituts de la viande et sont largement utilisées dans l'industrie alimentaire comme substituts de la viande, additifs à des produits alimentaires et pour l'alimentation des animaux, etc.. Jusqu'ici, de nombreuses études ont été effectuées en ce qui concerne la préparation de protéines microbiennes à partir d'hydrates de carbone végétaux par culture d'un microbe sur un milieu de culture préparé à partir de ces hydrates de carbone. Comme produit de départ pour la fermentation ou pour la préparation de protéines et de lipides microbiens, on utilise, conformément à ces études, des hydrates de carbone représentés de façon caractéristique par des monosaccharides et des oligosaccharides, ainsi que par de l'amidon, ce dernier étant disponible commercialement en grande quantité. De ce fait, l'utilisation d'amidon comme produit de départ est souhaitable d'un point de vue économique. Cependant, si le microbe utilisé pour la culture ne peut utiliser que des monosaccharides ou des oligosaccharides, on doit préalablement hydrolyser (saccharifier) l'amidon ou les autres produits analogues à valeur moléculaire élevée par tout moyen approprié, avant de l'utiliser comme milieu de culture. Des procédés usuels adoptés pour résoudre ce problème sont le procédé appelé Amylo utilisé pour la préparation d'alcools à partir d'.amidon,le procédé appelé au Koji et la méthode d'élection entre le procédé au koji et le procédé Amylo. Selon ces procédés, on cultive du koji (levain obtenu en ensemençant du riz avec l'Aspergillus oryzoe) pendant plusieurs dizaines d'heures, dans des conditions appropriées, lors d'une étape préliminaire, précédant le procédé de fermentation principal dans lequel le koji produit une amylase utilisée pour la saccharification dans l'étape ultérieure. Dans ce cas, le contrôle et la mise en oeuvre de cette culture sont compliqués et longs.En conséquence, ces procédés ne conviennent pas à lapréparation de protéines microbiennes,préparation pour la- quelle on doit traiter rapidement et par un procédé simple une grande quantité de matériaux de départ. Récemment, le procédé Symba a attiré l'attention comme procédé depréparatxn de protéines microbiennes à partir des eaux usées provenant du traitement de l'amidon. Ce procédé est un procédé de culture mixte (symbiotique) dans lequel on effectue la saccharification d'amidon stérilisé à chaud avec une espèce spéciale de microbes (Endomycopsis fibligar) pouvant produire de l'amylase, laquelle est cultivée dans une cuve de fermentation séparée d'une cuve de fermentation principale, dans laquelle on cultive la levure principale, Candida utilis.Cependant, si la concentration initiale en amidon est élevée dans le procédé Symba, on voit à coup sflr apparaître un phénomène de gélatinisation au cours de la stérilisation thermique de l'amidon. I1 est donc vraisemblable que la concentration d'amidon à traiter soit inévitablement limitée. Comme on cultive ensemble deux types différents de levures dans la cuve de fermentation principale, la croissance bien équilibrée de ces deux levures soulève un problème difficile. En outre, il n1 est pas facile de maintenir la culture et d'obtenir un produit de qualité constante. On est donc toujours a la recherche d'un. nouveau -procédé de préparation de protéines microbiennes à partir d'amidon, procédé dans lequel la culture des microbes s'effectuerait aisément, efficacement et sans inconvénients. En conséquence, l'invention a pour buts de fournir une protéine microbienne utilisable comme substitut de la viande et additif aux produits alimentaires ou aux aliments pour animaux; un procédé de préparation de protéines et de lipides microbiens à partir d'hydrates de carbone végétaux par culture de microbes; un procédé de preparadon de protéines et de lipides microbiens par culture de microbes, dans lequel on liquéfie de l'amidon par action d'enzymes dextrinogênes et on effectue ensuite une saccharification enzymatique de cette culture de microbes; un procédé simple et automatiquement réglable de préparation de protéines et de lipides microbiennes, dans lequel on peut traiter rapidement, de façon continue et efficace, une grande quantité de matériau de départ;; un procédé de culture en continu et en plusieurs étapes pour préparer des protéines microbiennes, dans lequel on maintient une différence de pression entre des cuves de culture individuelles de façon à regler la quantité de liquide de fermentation circulant entre les cuves de culture individuelles. On a maintenant constaté que les inconvénients des techniques antérieures, décrits précédemment, peuvent être éliminés en recourant séparémentàune étape de liquéfaction enzymatique de l'amidon et à une étape de saccharification enzymatique et de culture pour effectuer simultanément une saccharification enzymatique et une culture d'un microbe. Conformément à l'invention, on fournit un procédé de préparation de protéines et de lipides microbiens à partir d'hydrates de carbone végétaux, y compris de l'amidon, par culture d'un microbe, caractérisé en ce qu'on liquéfie de l'amidon avec une enzyme dextrinogene dans une cuve de liquéfaction pour préparer un milieu de culture pour un microbe, on effectue simultanément une saccharification enzymatique et une culture du microbe dans une ou plusieurs cuves de fermentation en ajoutant de façon aseptique une amylase saccharogène au milieu de culture tout en y cultivant le microbe, et on sépare les cellules microbiennes cultivées et les lipides du milieu de culture. Le procédé selon l'invention comporte plusieurs étapes, à savoir une étape de liquéfaction enzymatique pour liquéfier l'amidon avec une enzyme dextrinogène de façon à préparer un milieu de culture pour un microbe,une étape de stérilisation pour le milieu de culture,une étape de saccharification enzymatique et de culture pour effectuer simultanément une saccharification enzymatique et la culture du microbe dans une ou plusieurs cuves de fermentation en ajoutant de façon aseptique une amylase saccharogène au milieu de culture tout en cultivant le microbe,une étape de séparation et de concentration pour les cellules microbiennes cultivées, et une étape de séchage pour obtenir la protéine microbienne désirée. La présente invention est caractérisée en ce que l'étape de liquéfaction enzymatique est indépendante de l'étape de saccharification enzymatique et de culture. Comme produits de départ pour la présente invention, on peut utiliser divers types d'hydrates de carbone à forte valeur moléculaire et de l'amidon. On préfère utiliser de l'amidon, du fait qu'on peut en disposer aisément en grande quantité et à bas prix. On peut utiliser comme produits de départ divers amidons végétaux tels que l'amidon de pomme de terre et une liqueur usée provenant d'un atelier de fabrication d'amidon. Lorsqu'on utilise de l'amidon comme produit de départ pour la préparation de protéines microbiennes, on doit l'hydrolyser préalablement à moins que le microbe utilisé possède l'activité amylase. L'hydrolyse de l'amidon s'effectue de façon continue et rapide en utilisant pour l'étape de liquéfaction une enzyme dextrinogène disponible dans le commerce. On ajoute ensuite des sels nutritifs inorganiques au liquide hydrolysé jusqu'à ce que la concentration en sels soit optimale pour la culture du microbe. Ensuite, au cours de 1'epede stérilisation, on stérilise à la chaleur le milieu de culture ainsi préparé et on le transporte dans une unité de fermentation constituée habituellement par toute une série de plusieurs cuves de fermentation.Au cours de l'étape suivante de sacchariSztin enzymatique et de culture, on ajoute de façon aseptique une amylase saccharogènesdisponible dans le commerce au milieu de culture dans les cuves de fermentation où la saccharification enzymatique et la culture du microbe s'effectuent simultanément. De cette manière, l'hydrolyse a lieu de façon rapide et efficace . On sait que les réactions hydrolytiques par enzymes, telles que la saccharification, sont généralement réversibles et qu'il apparaît un phénomène d'inhibition du produit. Dans le procédé selon l'invention, dans lequel on effectue simultanément la saccharification et la culture, le glucose ou le maltose libéré par l'action de l'amylase saccharogène est consommé successivement par les microbes coexistants et est ainsi rapidement empoché de participer à la réaction hydrolytique.En conséquence, les réactions inverses et l'inhibition du produit deviennent toutes deux négligeables. En fait, il faut 60 à 90 heures pour saccharifier indépendamment une solution d'amidon liquéfié dans une cuve de saccharification en utilisant une quantité donnée d'amylase saccharogène jusqu'à ce que le degré de saccharification excède DE 97. Au contraire, la durée d'une culture discontinue d'une levure Candida est environ entre 14 et 24 heures dans l'étape de saccharification et de culture selon l'invention, en utilisant une solution d'amidon liquéfié ayant une teneur totale en sucre de 4%. Dans l'étape de séparation et de concentration, on recueille les cellules microbiennes cultivées, par exemple par décantation et séparation centrifuges.Les cellules microbiennes ainsi isolées sont finalement séchées au cours de l'étape de séchage, grâce à quoi on obtient la protéine microbienne recherchée. Le rendement des cellules microbiennes cultivées est compris entre 45 et 52%, sur la base de la quantité de sucre totale ajoutée, et la quantité de sucre restant inutilisée est 0,1 à 0,2%. L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description détaillée, faite à titre d'exemple et en référence au dessin annexé sur lequel la figure 1 est un schéma-montrant les différentes étapes du procédé selon l'invention; la figure 2 représente schématiquement un exemple de mise en oeuvre de l'étape de saccharification enzymatique et de culture;et la figure 3 est une vue schématique montrant un autre exemple de mise en oeuvre de l'étape de saccharification enzymatique et de culture. Sur la figure 1, 1 représente une étape préliminaire pour préparer un produit ou matériau de départ, 2 représente une étape de liquéfaction enzymatique pour l'hydrolyse enzymatique d'amidon, 3 représente une étape de préparation d'un milieu de culture, 4 représente une étape de stérilisation par chauffage, 5 représente une étape de saccharification enzymatique et de culture, 6 repré, sente une étape de séparation et de concentration pour récupérer les cellules microbiennes cultivées, 7 représente une étape de séchage et 8 représente le produit recherché. Dans l'étape préliminaire pour préparer le matériau de départ, on traite divers matériaux en fonction de leurs propriétés et de leur forme, afin d'empêcher toute perturbation au cours des étapes ultérieur. Par exemple, si on utilise comme matériau de départ du manioc brut, ou d'autres types similaires de racines ou de tubercules de pommes de terre bruts, on doit les broyer, les tamiser et les broyer une deuxième fois si nécessaire, pour finalement les mélanger avec de l'eau en vue d'obtenir la concentration voulue en amidon.On ajuste la valeur du pH de la boue. Si on utilise comme matériau de départ une liqueur usée provenant d'un atelier de fabrication d'amidon, on effectue, si nécessaire, un traitement pour enlever les protéines, en plus des traitements essentiels pour ajuster la valeur du pH et la concentration en amidon. Dans l'étape de liquéfaction enzymatique, on liquéfie le matériau de départ correctement préparé en ajoutant une enzyme dextrinogène (a-amylase). Le matériau et l'enzyme sont chargés en continu dans des cuves de liquéfaction à deux étages,et chauffés à une température de 85 à 880C. Le temps de séjour est compris entre 60 et 90 mn. Dans l'étape de préparation d'un milieu de culture, on dilue le matériau liquéfié avec de l'eau pour former une solution ayant une concentration totale en sucre comprise entre 1 et 8%,habituellement 4 %.Ensuite,on ajoute à ce milieu les quantités nécessaires de sels nutritifs inorganiques contenant de l'azote,du phosphore, du magnésium et du potassium, et on ajuste la valeur du pH entre 4,5 et 6. I1 est nécessaire qu'il existe une source d'azote dans le milieu de culture. Comme telle source, on utilise un ou plusieurs composés inorganiques, ou parfois certains composés organiques contenant de l'azote, par exemple de l'urée, du sulfate d'ammonium, du phosphate d'ammonium et du nitrate d'ammonium. En outre, on ajoute au milieu, comme autre source nutritive nécessaire, des sels inorganiques, par exemple du phosphate monopotassique (Po4oeH2), du phosphate disco dique (PO4Na2H), du sulfate de magnésium et du sulfate ferreux. Dans l'étape de stérilisation, le milieu de culture ainsi ajusté est stérilisé à 120-1350C, sous pression, pendant 10 à 60 mn. Cette étape est généralement mise en oeuvre en continu après la préparation du milieu de culture. Dans l'étape de saccharification enzymatique et de culture, le milieu de culture stérilisé est amené aux cuves de fermentation où sont cultivés des levures, des bactéries ou d'autres microorganismes. Pour le procédé selon 1' invention, on préfère utiliser des levures appartenant au genre Candida ou au genre Rhodotorula produisant des lipides, par exemple Candida utilis et Rhodotorula glutinis. Simultanément, on ajoute également de façon aseptique dans les cuves une quantité déterminée d'amylase saccharogêne (gluco-amylase), grâce à quoi le milieu (solution liquéfiée) est saccharifié et en même temps les microbes croissent effectivement en utilisant comme sources de carbone le glucose et le maltose produits.Pour ajouter de façon aseptique l'amylase saccharogène, on stérilise par exemple une solution d'amylase saccharogène (telle qu'une solution de Glucuzyme N, Amano Seiyaku KK, Japon) en la faisant passer à travers un microfiltre avec une dimension de pores d'environ 0,2 micron (par exemple filtre Millipore EX, Millipore Corp. USA) et on ajoute ensuite cette solution au milieu. La culture a lieu dans des conditions aérobies, à une valeur de pH comprise entre 4,0 et 7,0,et à une température de 30 à 450C, avec aération et agitation. Bien que cette étape puisse être conduite de façon discontinue, on peut utiliser une culture continue en plusieurs stades afin d'obtenir un meilleur résultat. La culture continue en plusieurs stades s'effectue de façon générale en utilisant une unité de fermentation ayant plus de deux cuves de fermentation disposées en série. Sur la figure 2 montrant un exemple de l'étape de saccharifi- cation enzymatique et de culture, une telle unité de fermentation comprend trois cuves de fermentation 11, 12 et 13 disposées en série. Le volume de la troisième cuve 13 est le double de celui de la première cuve ll ou de la deuxième cuve 12. Le milieu de culture est amené à travers une canalisation 15 et l'amylase saccharogène à travers une canalisation 16. Les trois cuves sont réunies série par deux canalisations 17A et 17B. Une partie du milieu de culture est ramenée de la deuxième cuve à la première cuve à travers une canalisation 14, la quantité ainsi recyclée étant déterminée par le taux de croissance du microbe utilisé, la capacité effective des cuves, la concentration des microbes, et la concentration et la quantité du milieu de culture initial amené dans les cuves. Le but de recycler une partie du milieu de culture de la deuxième cuve à la première cuve est d'inoculer la première cuve avec le microbe ayant un degré de croissance élevé dans la deuxième cuve, et ainsi de stabiliser la concentration microbienne dans la première cuve de façon à éviter que se produise le phénomène appelé de lavage ("washout") même si une plus grande quantité du milieu de culture est amenée dans la première cuve. Lorsque le milieu est recyclé dans une opération de culture continue en plusieurs stades, il est habituel de recycler le milieu depuis la dernière cuve. Cependant, le procédé selon l'invention se distingue en recyclant de la deuxième cuve le milieu contenant le microbe en phase de croissance logarithmique ayant une forte activité. En conséquence, dans le système de culture en continu en trois stades selon l'invention, on constate l'accroissement de l'activité microbienne et le début de la saccharification dans la première cuve, l'existence de microbes en phase de croissance logarithmique et avec un taux de croissance maximal dans la deuxième cuve, et une phase du microbe appelée stationnaire dans la troisième cuve. La demande biologique en oxygène (DBO) et la même valeur dans l'eau usée du processus de fermentation sont notablement réduites du fait de la maturation microbienne et de l'assimilation du sucre restant dans la dernière cuve. Sur la figure 3 représentant un autre exemple de l'étape de saccharification enzymatique et de culture, l'unité de fermentation comprend trois cuves de fermentation 21, 22 et 23 disposées en série comme dans l'unité représentée sur la figure 2, mais son rendement de fermentation est notablement amélioré. Dans l'unité de culture habituelle utilisant le système de débordement dans le procédé de culture continu en plusieurs stades, seul le milieu de culture débordant d'une cuve de fermentation est transporté à la cuve de fermentation suivante. De ce fait, il n1 est pas facile de maintenir stable le niveau du liquide dans la cuve de fermentation. Comme l'aération est naturellement indispensable pour cultiver des micro-organismes aérobies, on obtient une mousse intense.En outre, lorsqu'on utilise comme matériaux de départ pour la culture des molasses, des solutions d'amidon usées ou des effluents rejetés par des industries alimentaires, la mousse est encore plus importante du fait des divers constituants moussants de ces matériaux, et il en résulte que le courant de liquide passant de la première cuve à la deuxième cuve ou de la deuxième cuve à la troisième cuve entrain des mousses et des bulles d'air qui rendent instable l'écoulement d'une cuve à l'autre. Les fluctuations qui en résultent dans le débit et dans le taux de dilution dans les procédés en continu habituels par débordement ou par recyclage, réduisent considérablement le rendement. L'unité de fermentation de cet exemple est conque pour éliminer les inconvénients précités et se caractérise par le fait qu'on maintient une différence de pression entre la première, la deuxième et la troisième cuves de fermentation, ce qui fait progresser régulièrement la culture en continu de microbes aérobies. Le réglage du niveau de liquide devient extrêmement difficile lorsque l'emploi d'unm;têriai moussant facilement provoque une émulsion de mousse et de liquide. Dans cet exemple, le niveau de liquide dans les cuves est bien déterminé du fait que la circulation du liquide est régléeen maintenant une différence entre les niveaux de pression P1 et P2 dans les cuves respectives 21 et 22, et P2 et P3 dans les cuves 22 et 23 respectivement.Si le niveau du liquide dans la première cuve de fermentation s'élève du fait d'une violente production de mousse, on peut faire descendre ce niveau en augmentant légèrement la pression P1 tout en augmentant légèrement les pressions P2 et P3, permettant ainsi un fonctionnement stable de la culture continue en plusieurs stades. Dans l'unité de fermentation continue en plusieurs stades, comprenant la première cuve 21, la deuxième cuve 22 et la troisième cuve 23, qui sont reliées entre elles par les canalisations 26 et 27, on amène le matériau de départ par une canalisation d'arrivée 24 dans la première cuve 21 et on amène de l'air par une canalisation 25 dans les cuves individuelles,cet air étant évacué par un orifice 28. Les débits dans les cuves individuelles sont bien équilibrés en établissant une différence dans les pressions des cuves individuelles de maniere à maintenir habituellement une pression de 1000-2500 mm d'eau dans la première cuve, 600-1800 mm d'eau dans la deuxième cuve et 300-1500 mm d'eau dans la troisième cuve, grâce à quoi le liquide circule entre les cuves à travers les canalisations 26 et 27. Si nécessaire, on peut élever la pression dans la première cuve au-delà de 2500 mm d'eau. Lorsqu'on utilise des molasses, une solution d'amidon usée, un effluent d'industrie alimentaire ou analogue contenant des constituants moussants comme sources de carbone dans la culture de microbes, spécialement de microbes aérobies, il est indispensable de procéder à une aération en dispersant de l'air à travers la canalisation 25 ou en agitant le milieu par des moyens mécaniques.Dans ce cas, la production de mousse peut devenir suffisamment violente pour rendre impossible de continuer l'opération. Toutefois, dans la réalisation de cet exemple, on peut régler le niveau du liquide facilement en établissant une différence entre les pressions des cuves individuelles. En outre, une légère augmentation de la pression dans les cuves sert à augmenter le taux de transfert d'oxygène, grâce à quoi on augmente le taux de croissance des microbes aérobies, ce qui augmente le rendement. Lorsqu'on cultive en continu une levure appartenant au groupe Candida dans un milieu contenant des sels nutritifs inorganiques et une source de carbone préparée à partir de produits agricoles, dans l'unité de fermentation améliorée représentée sur la figure 3, le rendement en protéines microbiennes est en fait 50% ou plus, sur la base du substrat amené. Dans l'étape de séparation et de concentration pour la récu pération des cellules microbiennes cultivées, le milieu de culture dans lequel a eu lieu la croissance des microbes est soumis à une décantation pour séparer le liquide surnageant des cellules microbiennes qui sont ainsi concentrées. Si nécessaire, la pâte de cellules microbiennes est rincée à l'eau et à nouveau concentrée. Cette étape est généralement mise en oeuvre en utilisant un séparateur centrifuge à ajutages ou d'autres types de séparateurs, tels que des décanteurs, en fonction du type de microbe utilisé. Dans l'étape de séchage, on sèche une boue ou une galette des cellules microbiennes pour préparer le produit final. Ce traitement de séchage s'effectue normalement en utilisant un atomiseur, un séchoir à tambour ou un séchoir-flash. Dans certains cas, on peut utiliser un type spécial de séchoir pour préparer le produit sous forme de grains ou de pastilles. Conformément au procédé selon l'invention dans lequel étape de liquéfaction enzymatique est effectuXeindépendamment, on peut conduire le procédé comme une simple réaction chimique par rapport aux procédés classiques (par exemple procédé Amylo, procédé au koji ou procédé Symba), dans lesquels les microbes produisant l'amylase doivent être cultivés ensemble avant le procédé de fermentation principalEn conséquence,le procédé selon l'invention présente des avantages en ce qu'on peut traiter facilement et rapidement une grande quantité de matérmux de départ, que l'opération est simple et peut être réglée automatiquement, et que l'on peut traiter un matériau de départ à forte concentration.Du fait que la saccharification enzymatique et la culture des microbes peuvent s'effectuer simultanément, on peut supprimer le récipient de saccharification et l'hydrolyse s'effectue plus rapidement et plus efficacement. Ces avantages sont particulièrement importants pour préparer à l'échelle industrielle des protéines microbiennes. On va maintenant illustrer plus en détail la présente invention par les exemples suivants, qui ne sauraient en aucun cas en limiter la portée. EXEMPLE 1 On broie des racines de manioc (tapioca) et on dilue le produit obtenu avec de l'eau pour former une pâte ayant une teneur en amidon d'environ 16%. On ajuste le pH de laboue à 6,0-6,2 et on ajoute 0,2% d'une enzyme d'extrigène (Spitase K, Nagase Ind.Corp. Japon) ,le pourcentage étant calculé sur la base de l'amidon. Cette boue est continuellement liquéfie à une température de 85-8sOe dans l'étape de liquéfaction enzymatique. Après enlèvement des produits polluants, on dilue la solution liquéfiée avec de l'eau jusqu'à ce que la concentration totale en sucre dans la solution soit comprise entre 1,5 et 6%. On ajoute à la solution une quantité appropriée de sels nutritifs inorganiques et on ajuste le pH à 4,5 à 5, grâce à quoi on a ainsi préparé un milieu de culture. Ce milieu est stérilisé en continu par chauffage dans un stérilisateur et est ensuite amené dans une première cuve de fermentation.Dans l'étape de saccharification enzymatique et de culture, on cultive en continu dans le milieu des microbes du type Candida utilis, tout en ajoutant de façon continue et aseptique au milieu, à un taux donné, l'amylase saccharogène. La durée totale de la culture (temps de séjour du produit amené) est 4 à 8 heures. Après séparation centrifuge et concentration du milieu, on obtient le produit recherché, à savoir la protéine microbienne. Le rendement en cellules microbiennes sèches est 45 à 53%, sur la base de l'amidon dans le tapioca. EXEMPLE 2 On traite et on liquéfie des racines de manioc (tapioca) de la même manière que dans l'exemple 1. On dilue la solution liquéfiée jusqu'à avoir une concentration de 4% en amidon. On ajoute à la solution la quantité nécessaire de sels inorganiques, tels que composés inorganiques d'azote, de phosphore, de potassium, etc., et on stérilise ensuite à la chaleur et on amène en continu le produit obtenu à la cuve de fermentation. On cultive en continu une levure de Saccharomyces cerevisiae dans le milieu de culture, tout en lui ajoutant de façon aseptique 0,3 à 0,5% d'enzyme saccharogène, sur la base du poids de sucre total dans le milieu. Une saccharification enzymatique accompagnant lap,oductiai de glucose et de maltose et la multiplication de la levure ont lieu simultanément et rapidement. La durée totale de la culture (durée de séjour du produit amené) est 6 à 10 heures. La culture de Saccharomyces cerevisiae , qui est habituellement fragile dans une solution de sucre, se poursuit sans difficulté même avec une teneur en sucre relativement élevée, par exemple plusieurs % sur la base des substrats du milieu de culture. Les cellules de levure dans le milieu sont séparées concentrées et séchées, et on obtient une masse de cellules de levure sèches. Le rendement en est 45 à 50%, sur la base du poids d'amidon dans les racines de manioc. EXEMPLE 3 Un effluent d'un atelier de préparation d'amidon de pommes de terre (pourcentage de matières sèches : environ 8%, pourcentage d'un matériau soluble dépourvu d'azote : 3 à 4%) est ajusté à un pH de 6 et liquéfié en lui ajoutant une quantité donnée d'enzymes de liquéfaction. On ajoute à la solution la quantité nécessaire de sels nutritifs inorganiques pour préparer un milieu de culture qui est ensuite stérilisé à la chaleur et amené en continu à une cuve de fermentation. On cultive en continu dans le milieu une levure appartenant au genre Candida, tout en ajoutant de façon aseptique une amylase saccharogène à un taux donné. Les cellules de levure dans le milieu sont séparées, concentrées et séchées, et on obtient une masse de cellules de levure sèches. Dans ce cas, on estime qu'environ 45% du matériau soluble dépourvu d'azote est transformé en cellules de levure. EXEMPLE 4 On traite du manioc brut et on le liquéfie de la même manière que dans l'exemple 1. La solution liquéfiée est diluée jusqu'à obtenir une concentration totale en sucre de 2 à 5%. On ajoute ensuite des sels nutritifs inorganiques à la solution pour préparer un milieu de culture dans lequel le rapport C/N de la source d'azote est limité à 20-40. On stérilise le milieu et on l'amène dans une cuve de fermentation. On y cultive une levure appartenant à la souche Rhodotorula, capable de produire des lipides avec un rendement élevé, soit de façon discontinue, soit de façon continue, tout en ajoutant de façon aseptique une amylase saccharogène à un taux donné. Après séparation etconcentration du milieu, le solide obtenu est séché pour obtenir des cellules de levure sèches ayant une teneur élevée en lipides. Le rendement en cellules de levure sèches est de 40 -à 48%, sur la base de l'amidon dans le manioc brut. La teneur en lipides dans les cellules de levure sèches est de 15 à 50%. Si on procède à l'extraction des lipides après l'étape de séparation et concentration pour isoler les cellules de levure,on obtient un lipide de haute qualité,ayant une composition similaire à celle d'une huile vegétale. En outre, le résidu séché après extraction des lipides procure une masse sèche de cellules de levure ayant une teneur élevée en protéines. EXEMPLE 5 Dans les conditions définies ci-après, on procède à une culture continue d'un microbe en utilisant l'unité de fermentation représentée sur la figure 3. La pression est de 1800 mm d'eau dans la première cuve, 1500 mm d'eau dans la deuxième cuve et 1000 mm d'eau dans la troisième cuve. Le taux d'aération est de 0,5 VVM dans la première cuve, 1 VVM dans la deuxième cuve et 0,5 WM dans la troisième cuve. Les volumes de la première, de la deuxième et de la troisième cuves sont respectivement 500 litres, 500 litres et 1000 litres. On maintient dans les cuves respectives 300 litres, 300 litres et 600 litres de milieu de culture et on y effectue l'incubation d'un microbe à un taux d'amenée de 250 litres/heure. Le microbe cultivé est une levure appartenant au genre Candida. Le milieu de culture utilisé contient les sels nutritifs inorganiques suivants NH4NO3 6 g KH2PO4 3 g Na2HPO4.12H20 0,5 g MgSO4.7H2O 0,5 g FeSO4 0,5 g Eau du robinet 1000 ml, pH 5,5 Comme source de carbone, on ajoute une solution préparée en broyant, liquéfiant et saccharifiant des patates douces brutes, contenant 4% de glucose, dans le milieu de culture précité. On ajuste la valeur de pH du milieu avec de l'ammoniaque. Dans cette culture continue en trois stades, la durée est de 500 heures, le rendement de 50% ou plus sur la base de la source de carbone ajoutée et le taux de multiplication p) de la levure est 0,6. EXEMPLE 6 La composition du milieu de culture utilisé est la même que celle décrite dans l'exemple 5. Comme source de carbone, on ajoute au milieu des molasses, a une concentration de 4% en poids de sucre. On cultive en continu une levure du type Candida utilis. On règle les pressions dans la première, la deuxième et la troisième cuves, respectivement à : P1 = 2500 mm d'eau, P2 = 200 mm d'eau et P3 = 1500 mm d'eau, et le taux d'aération est respectivement 1,0 VVM, 1,0 VVM et 0,5 VVM. On procède à une culture continue en trois stades en utilisant l'unité de fermentation représentée sur la figure 3. La dimension des cuves et la quantité de milieu chargé dans celles-ci sont identiques à celles de l'exemple 5. On procède à cette culture en continu pendant plus de 300 heures sans aucun inconvénient par contamination avec d'autres microorganismes. Le rendement en cellules microbiennes est de 52%, sur la base de la concentration en sucre dans les molasses amenées. On ne constate pas de variation dans les cellules microbiennes lors de cette culture continue. EXEMPLE 7 On prépare un milieu inorganique ayant la même composition que dans l'exemple 5 et on utilise comme source de carbone une solution usée provenant d'un traitement d'amidon de pommes de terre. On utilise comme levure à cultiver dans le milieu le genre Candida utilis. On ajoute la source de carbone au milieu à une concentration de 4%. On procède à une culture en continu dans les mêmes conditions que dans l'exemple 6. On peut continuer la culture de la levure pendant plus de 1500 heures sans constater de troubles provenant de la contamination par d'autres micro-organismes. Le rendement en cellules microbiennes est de 48%, sur la base de la concentration du sucre ajouté. La teneur en protéines dans les cellules microbiennes est de 46 à 52%. EXEMPLE 8 On cultive comme levures produisant des lipides des Rhodotorula gracilis en utilisant des molasses à la place des Candida utilis habituellement utilisées comme sources de carbone. La concentration en poids de la source de carbone est de 4%. Le milieu inorganique est constitué par 75 mg/litre d'urée et 25 mg/l de phosphate monopotassique, et on ajuste le milieu à une valeur de pH de 5,0. Le taux d'aération est de 0,5 VVM. On procède à une culture continue de la levure à une température de 320C en agitant à une vitesse de 200 tours/minute, et en utilisant l'unité de fermentation représentée sur la figure 3. On règle les pressions dans la première, la deuxième et la troisième cuves respectivement à P1 = 1200 mm d'eau, P2 = 800 mm d'eau et P3 = 500 mm d'eau. Dans cette culture en continu, on atteint une durée de 250 heures, et la teneur en lipides atteint 39,6% sur la base des cellules de levures séchées. REVENDICATIONS 1.- Procédé de préparation de protéines et de lipides microbiens à partir d'hydrates de carbone végétaux par culture d'un microbe, caractérisé en ce qu'on liquéfie un hydrate de carbone avec une enzyme dextrinogène pour préparer un milieu de culture pour un microbe, on effectue simultanément la saccharification enzymatique et la culture de ce microbe en ajoutant de façon aseptique une amylase saccharogène au milieu de culture tout en y cultivant le microbe, et on sépare les cellules microbiennes cultivées du liquide du milieu de culture. 2.- Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'hydrate de carbone est de l'amidon. 3.- Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la saccharification enzymatique et la culture du microbe s'effectuent simultanément en utilisant une unité de fermentation comportant au moins trois cuves de fermentation disposées en série. 4.- Procédé selon la revendication 3, caractérisé en ce qu'on maintient une différence de pression entre les cuves de fermentation individuelles de façon à régler la quantité du liquide de fermentation circulant entre les cuves. 5.- Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le microbe est une levure appartenant au genre Candida. 6.- Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce que la levure est Candida utilis. 7.- Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le microbe est une levure appartenant au genre Rhodotorula. 8.- Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la nervure est Rhodotorula gracilis. 9.- Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on ajoute des sels nutritifs inorganiques au milieu de culture. 10.- Procédé selon la revendication l,caractérisé en ce que le milieu de culture est stérilisé avant d'effectuer la saccharification enzymatique et la culture du microbe simultanées. 11.- Procédé selon la revendication 10, caractérisé en ce que le milieu de culture est stérilisé à 120-135 C sous pression. 12.- Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on sépare les cellules microbiennes cultivées du milieu de culture par séparation centrifuge. 13.- Procédé de culture continue en plusieurs stades pour lapAS paration des protéines microbiennes, caractérisé en ce qu'on maintient une différence de pression entre des cuves de culture individuelles de façon à régler la quantité du liquide de fermentation circulant entre ces cuves de culture individuelles. 14.- Protéine microbienne préparée par le procédé selon la revendication 1.