L'invention est relative à la fabrication de chaussures et en particulier au traitement du bord de feuilles découpées en matières synthétiques imitant le cuir, telles que celles qui sont utilisées par exemple-comme élément de fabrication de chaussures. On utilise de plus en plus dans l'industrie de la chaussure et dans les industries analogues des matières qualifiées de porométriques, récemment mises au point, pour constituer des éléments composants, par exemple des empeignes de chaussures,qui e'taient"jusqu' présente réalisés en'cui'r naturel. Les matières porométriques sont disponibles sous différentes formes , mais toutes comprennent au moins une couche microporeuse de polyuréthane ou d'une matière polymère analogue.Des exemples de matières porométriques , disponibles de façon courante, sont celles vendues sous les marques "Corfam" , "Hi-Telac" ,~"Clarino" et "Porvair" De telles matières porometriques sont disponibles sous forme composite et comprennent une couche support fibreuse non tissée, liée à la couche microporeuse et, dans certains cas, une couche intermédiaire de tissu disposée entre la couche microporeuse et la couche support.Dans dentelles matières composites, les agents de liaison des couches sont généralement du polyurie thane ou des matières polyméries, qui peuvent être ou non microporeux . La couche microporeuse elle-même comprend normalement deux zones analogues au cuir naturel , à savoir une zone intérieure coriace et une zone extérieure à grain ou couche de finition. Un procédé usuel pour le traitement du bord de cuirs pour la fabrication de chaussures est connu sous le nom de lissage. Il consiste à commencer par enlever par drayage une petite partie de la couche de chair ou de peau tout le long du bord à traiter. Une source de chaleur intense, localisée, sous forme de petite flamme oxyacétylénique ou d'un élément chauffant électrique, est appliquée à la surface de la chair, Juste' sur son bord drayé et la plèce traitée est déplacée par rapport i la source de chaleur. Un tel traitement à la chaleur produit une contraction de la surface à grain du cuir et la courbe d'une manière provoquée,ce qui fait que cette surface présente l'apparence d'un bord plié lorsqu'on la regarde de ce côté. Le traitement de lissage ne peut être appliqué aux matières synthétiques imitant le cuir, telles que les matières poro métriques, qui sont ,2dans une certaine, mesure, thermoplastiques, du fait. que de telles. matières ne se contractent pas en général lorsqu'elles sont chauffées et, de plus, qu'elles brûlent le plus souvent lorsqu'-on-leur applique une source de chaleur in tense localisée. Un but particulier de l'invention est de fournir un procédé de traitement approprié du-bord de pièces en feuille découpée de matières synthétiques imitant le cuir, telles eue des matié- res porométriques. Conformément à l'invention, le procédé de traitement du bord de pièces en feuille découpée de matières 'synthétiques imi tant le cuir, d'un genre qui e,st. déformable à la chaleur, consis te. à amener en contact avec le -bord à traiter un organe de formage chauffé dont la surface a un profil correspondant à celui recherché pour le bord et en produisant un déplacement relatif de la matière de la feuille et de cet organe pour déformer successivement les différentes parties du-bord de la pièce en feuille et lui donner ce profil. Le procédé conforme à l'invention permet d'obtenir un bord de feuille d'apparence agréable. De préférence, l'organe de formage chauffé est maintenu à une température située dans la gamme de 250-600 C, de manière optimale à 300 C . La vitesse du déplacement relatif entre la pièce en feuille et l'organe de formage chauffé-est,- d'une manière caractéristi- que, de l'ordre de trois mètres par minute. L'organe de formage peut être chauffé électriquement et maintenu à la tempéra,ture- désirée par n'importe quel moyen approprié. Ainsi, cet organe lui-même peut être constitué en un matériau conducteur, par exemple en fer, et chauffé par le passage d'un courant électrique d'intensité commandée. Le bord peut être le bord d'une simple épaisseur de la matière synthétique imitant le cuir, par. exemple le bord libre d'une empeigne. ou-le, bord destiné à devenir-le. bord libre de l'empeigne. Toutefois, l'invention est particulièrement intéressante pour traiter le bord brut. formé par l'assemblage d'un cer tain nombre de feuilles ou d'un certain nombre d'épaisseurs en un cordon, de fermeture. Lorsque la matière synthétique imitant le cuir est vraiment thermoplastique, le cordon de fermeture peut être formé par soudage. Lorsque ce'tte matière. comporte un tissu de renforcement incorporé, la liaison par soudage est impossible ou ne convient pas et les feuilles peuvent être liées de la même manière que les feuilles de cuir classiques, par couture.L'in- vention est applicable dans les deux cas , bien qu'elle convienne particulièrement mieux lorsque la matière est thermoplasti que. Lorsque la matière est au moins partiellement non thermo plastique, on a découvert que l'invention peut encore être uti lisée dans le cas où le bord de la matière est déformable par carbonisation. Dans ce cas l'excès de matière sur le c & é brut du cordon de fermeture peut être enlevé par le traitement du bord conforme à l'invention. Le cordon de fermeture assure , comme on le sait dans cette technique, un cordon réunissant les bords retournés bout-à-bout des deux éléments composants de chaussure à réunir, sous forme différente d'un cordon de fermeture à abou tement ou d'un cordon de fermeture à chevauchement. La réduction des cordons-de fermeture est une opération standard dans la fabrication des chaussures, aussi bien dans le cas du cuir -que des matières'synthétiques imitant le cuir. Jus qu'à présent, on a largement utilisé des machines variées qui compriment ou meulent la matière en excès, mais elles n'ont pas donné entière satisfaction dans le cas des éléments composants en matière synthétique imitant le cuir. Une-'- des principales difficultés est que ces matieres synthetiques,dans l'ensemble, manquent de compressibilité. En utilisant un organe 'de formage chauffé se déplaçant relativement au cordon de liaison, on peut obtenir la réduction désirée, d'une manière qui fournit un bord de cordon nivelé et arrondi. Ces de-ux-sortes de cordions de fermeture par soudage, comprenant l'obturation par déchirement et l'obturation par fermeture à la machine,- peuvent être traité de la manière conforme à l'invention ; la technique présente une qualité particulière avec les cordons de soudure par déchirement du fait qu'ils ont fréquemment un bord acéré indésirable le long de la ligne de soudage. Un avantage important de cette caractéristique conforme à l'invention est que le cordon de liaison n'a pas besoin d'etre évasé extérieurement, avant son traitement par l'organe de for mage chauffé. Ceci est contraire à la pratique habituelle dans la fabrication des chaussures de cuir. Dans ce cas, après que le' cordon de fermeture a été formé, les feuilles sont repliées vers Irintérieur et d'autres phases de fabrication sont effectuées avant le traitement de meulage. Il s'agit là d'une phase opératoire conteuse et longue qui se trouve évitée grâce à la mise en oeuvre du procédé conforme à l'invention. Dans ces conditions, l'invention fournit un procédé de fabrication de chaussures munies d'une empeigne de matière synthétique imitant le cuir, d'un genre qui est déformable par traitement à la chaleur, dans lequel procédé l'excès de matière sur le cordon de fermeture se trouve partiellement enlevé et le cordon se trouve égalisé, en soumettant le bord brut du cordon, après sa formation, mais avant que les feuilles assemblées soient retournCes vers l'intérieur et tandis qu'elles demeurent encore disposées à plat l'une sur l'autre, à un traitement du bord, tel que celui décrit ci-dessus. Au cours de la présente description, les termes "déformable par traitement à la chaleur1, sont réputés inclure la fusion et la solidification consécutive de la matière thermoplastique et ltenlèvement par carbonisation de la matière qui n'est pas nécessairement vraiment thermoplastique. L'invention est applicable, plus particulièrement, au cas où la matièré en feuille est constituée par une matière porométrique. Cette matière porométrique peut être constituée par exemple par une couche microporeuse présentant une zone intérieure coriace et une zone extérieure à grain de finition, le profil de l'organe de formage chauffé ayant une forme telle qu' il présente un bord arrondi de la forme désirée dans la zone à grain ou de finition de ladite couche. Une matière préférentielle peut être définie comme une matière élastomère, thermoplastique, microporeuse en feuille, dénuée de tout renfort fibreux et constituée essentiellement par un polymère microporeux, laquelle' matière est teinte ou pigmentée suivant son épaisseur, tout au moins au voisinage immédiat du bord à traiter. Si cette matière est, par exemple, teinte ou pigmentée en noir sur sa surface extérieure, avec une finition intérieure pigmentée en gris et rugueuse, le traitement du bord donne lieu à une finition en noir, recouvrant les bords arrondis, imitant un bord replié usuel. L'invention est relative,également, à un appareillage pour le traitement du bord de matière synthétique imitant le cuir, d'un genre déformable par traitement à la chaleur comportant un organe de formage du bord,chauffé, présentant un profil de surface correspondant à celui désiré pour le bord, des moyens pour effectuer le déplacement relatif, de vitesse commandée, de la matière en feuille et de l'organe de formage, et des moyens pour échauffer le bord à une température suffisante pour déformer ladite matière. L'appareillage comporte, de préférence, une plate-forme et un mécanisme d'alimentation agencé pour entrer en contact avec et saisir une feuille plate de la matière précitée en laissant la possibilité de faire pivoter ladite matière dans le plan de la plate-forme, lorsqu'elle est amenée le long de la plate-forme, l'organe de formage précité étant disposé au voisinage immédiat mais à une certaine distance du mécanisme d'alimentation. Les moyens d'alimentation peuvent comprendre une roue motrice à friction montée en dessous de la plate-forme de manière à faire saillie à travers elle, une roue à friction tournant librement, montée au-dessus de la roue motrice,et des moyens pour pousser élastiquement la roue tournant librement et l'amener en contact avec la roue motrice, de manière à entrer en contact avec la matière disposée entre elles, et à l'entrainer De préférence, l'arête inférieure de l'organe de formage est à peu près au niveau de la surface supérieure de la plateforme et les deux roues reposent,au cours du fonctionnement,dans un plan distant de 3,2 à 12,5 mm environ du bord, le plus proche de l'organe de formage. L'organe de formage est de préférence fixé sur un support dont la position peut être ajustée parallèlement et perpendiculairement à une surface porteuse plate sur laquelle la matière en feuille est portée au cours du fonctionnement de l'appareil- lage. L'invention est relative aussi a une feuille découpée de matière synthétique imitant le cuir, formant par exemple un élément composant de chaussure et présentant un bord traité par le 'procédé décrit ci-dessus ; l'invention est relative également à des chaussures fabriquées à l'aide de tels éléments composants. L'invention est décrite plus en détail ci-après, à l'aide d'un exemple, non limitatif, de réalisation, en se référant aux dessins annexés dans lesquels: - la figure 1 est une coupe verticale schématique (agrandie) d'une partie d'un appareillage destiné à effectuer le traitement du bord de feuilles découpées de matière synthétique imitant le cuir, conformément à un mode préférentiel de réalisation de l'invention, cette coupe étant faite suivant la ligne I-I de la figure 2 - la figure 2 est une vue schématique (agrandie) en perspective de l'organe de formage dudit appareillage, montrant ses connexions électriques;; - la figure 3 est une vue en perspective de l'appareillage con firme à l'invention, montrant l'organe de formage et le mécanisme d'alimentation - la figure 4 montre, en coupe, deux épaisseurs de matière synthétique thermoplastique imitant le cuir alignées avant le soudage - la figure 5 est la même vue après soudage - la figure 6 est une vue analogue après déchirement de la matière brute, montrant le bord déchiqueté ainsi formé - la figure 7 montre l'effet du retournement vers l'intérieur du cordon de fermeture de la figure 6 - la figure 8 montre l'assemblage de la figure 6 après que le traitement du ord conforme à l'invention a été effectué, et - la figure 9 est une vue analogue à celle de la figure 7 montrant le perfectionnement obtenu après le traitement du bord. Comme on le voit sur la figure 1, la matière synthétique imitant le cuir, en feuille, 1 est découpée pour former un élément composant de chaussure, tel qu'une partie supérieure ou empeigne. La matière en feuille découpée 1 est placée sur une plate-forme horizontale 2 et'peut être , si on le désire-, fixée sur la plate-forme par n'importe quel moyen approprié (non représenté sur la figure) Là- matière en feuille'1 est constituée par une matière porométrique, ainsi qu'on l'a décrit ci-dessus, présentant une zone intérieure coriacè et uné zone extérieure grainée ou de finition. Un organe de formage du bord 3 est muni d'une surface de contact avec le bord 4, chauffée, dont le profil a une forme correspondant à celui que l'on désire donner au bord de coupe de la matière en feuille 1. Vu en plan, l'organe 3 peut avoir un contour extérieur circulaire dépassant par exemple de 3/8 du diamètre maximal du bord extérieur, cet organe étant formé par une pièce unique de fer. Il est muni, à chacune de ses extrémi tés de deux branches 5 faisant corps avec lui et dirigées ver ticalement vers le haut, au moyen desquelles il est fixé sur un support 6, dont une partie seulement a été représentée sur la figure 2. Les branches 5 sont utilisées également pour assurer la liaison électrique avec les bornes respectives dtune source électrique d'alimentation à intensité régulée, représentée sché matiquement sur la figure 2 sous la forme d'une, source de cou rant alternatif 7, bien qu'on puisse en variante utiliser une source de courant continu, et d'un rhéostat 8 monté en série avec la source et les deux branches 5. Un courant d'intensité régu lée traverse l'organe 3, échauffant ainsi sa surface de contact avec le bord 4. Le courant traversant l'organe 3 est régulé de manière à échauffer cette surface 4 à la température désirée dans la gamme de 250 à 6000C, de préférence à une température de l'ordre de 300C. La position-du support 6 de l'organe 3 peut etre ajustée par rapport à la surface 2 à la fois horizontalement et verticalement. La surface chauffée 4, ou l'organe de formage 3, est placé contre le bord de coupe de la matière en feuille 1 et est maintenue appuyée contre ce bord avec une légère pression, com me on peut le voir sur la fig. 1. Le déplacement relatif de la, matière 1 et de l'organe 3 s'effectue suivant la direction du bord de coupe, soit par un déplacement continu d;çampnée de la matière 1, soit par un déplacement continu de Organe 3.La vitesse préférentielle de ce déplacement relatif est de l'ordre de trois mètres par minute, mais la vitesse réelle adoptée en pratique peut être modifiée en fonction de la température à la quelle la surface 4 de contact avec ie bord a ête portée. Les parties successives du bord de coupe de la matière 1 sont échauffées au passage devant elles de organe 3 provo quant, dans la zone à grain ou de finition le ramollissement de la matière porométrique et sa conformation selon le profil de la surface 4 elle-même. La surface 4 peut avoir n'importe quelle forme de profil désirée ; de la manière représentée sur la fig. 1, cette forme est destinée à donnera après traitement, une apparence arrondie agréable au bord de coupe de la matière. Un mode de réalisation préférentiel d'un appareillage con forme à l'invention est représenté sur la fig. 3 où les mêmes références numériques ont été utilisées. On a représenté une forme différente de supports 6', comportant des fentes à l'intérieur desquelles les branches soudées peuvent être insérées et ajustées suivant la direction verticale, puis fixées au moyen de la vis 9. L'ajustement vertical est rendu possible par l'ouverture 21 ménagée dans la plate-forme. La plate-forme 2 est constituée avec une ouverture 10 à travers laquelle fait légèrement saillie une roue motrice 11 qui a une surface crénelée ou de toute autre nature à coefficient de frottement élevé. Une roue crénelée, tournant librement, 12 est montée au-dessus de la roue 11. Le pivot de montage de la roue 12 est constitué par un tube 13 fixé par des boulons î4à un support 15.A l'intérieur du tube 13 est disposé un arbre coulissant 16 duquel fait saillie une vis 17, à laquelle est fixé un ressort 18 dont l'autre extrémité est fixée-au support 15. A l'autre extrémité de l'arbre 16 est fixé un levier 19 qui est incurvé dans le plan de la figure et porte un palier pour la roue crénelée 12, disposé suivant l'axe de celle-ci. Le ressort 18 entraine la rotation du levier 19 conjointement avec la roue crénelée 12 dans un sens qui est approximativement celui des aiguilles d'une montre, comme on le voit, afin d'amener la roue 12 vers le bas contre la roue Il en un emplacement dis posé légèrement en avant de la position du point mort supérieur de la roue 11, de manière à pincer entre les roues la matière en feuille insérée entre elles. Le fonctionnement de ce mécanisme est analogue à celui d'une scie mécanique à contourner.- La roue motrice est agencée de manière à entraîner la matière en feuille vers l'avant (dans la direction de la flèche) à environ trois mètres par minute au moyen par exemple d'un moteur électrique. Le bord du plan des roues est placé, comme on le voit, à environ six millimètres de l'organe de formage 3'. Ceci permet à la matière en feuille, qu'elle soit à simple épaisseur ou à double épaisseur, comme par exemple dans un cordon de fermeture, d'être manipulée à la main pour la faire tourner dans le plan de la plate-forme où elle est amenée d'une manière analogue à celle utilisée pour une opération de sciage. L'ajustement horizontal du support, en l'approchant et en l'éloignant du plan des roues, peut être effectué en faisant glisser le support 20 auquel le support 6' est fixé, lequel support 20 est monté sur le support principal 15 sur lequel il peut coulisser. Les figures 4 à 9 montrent les phases de fabrication du cordon de fermeture pour le talon d'une empeigne, qui constituent une partie de la fabrication dtune chaussure, conformément aux principes de l'invention. On voit sur la fig. 4 que deux feuilles 30, 31 de matière, par exemple de "Porvair" , sont alignées sous une électrode 32 qui est amenée vers le bas de manière à entailler partiellement la première feuille, de la manière représentée sur la fig. 5,en soudant une partie de la matière en dessous de l'entaille. Le chauffage est ensuite coupé et le déplacement de la matière provoque ensuite son déchirement, comme le montre la fig. 6, laissant un bord déchiqueté 33. Si la matière en feuille est alors roulée ou retournée vers l'intérieur à ce moment, pour constituer le talon, on obtient l'effet représenté sur la fig. 7. Même si on coud, ou on fixe de toute autre manière, une semelle intérieure à l'intérieur de la surface 34 du talon, on réalisera ainsi une chaussure non confortable.Normalement, dans la fabrication des chaussures, on obtient la conformation de la fig. 7 avant que la matière brute soit enlevée par meulage. Conformément à l'invention, cependant, la feuille de double épaisseur, ainsi qu'on le voit sur la fig.-E , est traitée par exemple en la faisant passer à travers la machine de la fig. 3, ce qui provoque l'arrondissement du bord déchiqueté et fournit la forme représentée sur la fig. 8. Lorsque cette feuille double est retournée vers l'intérieur, de la manière représentée par la fig. 9, on peut voir qu'il se forme un cordon de fermeture arrondi acceptable, qui est supérieur à celui obtenu dans la plupart des chaussures de cuir. Cet effet s'accompagne d'une économie de phases opératoires. On remarquera que les feuilles 30, 31, ainsi qu'on l'a représenté sur la fig. 4, peuvent tout aussi bien être réunies par couture, même si la matière en feuille est vraiment thermoplastique. Dans tous les cas il se produit un effet analogue à celui représenté sur la fig. 8. Ceci est vrai même su la matière en feuille comporte un renfort en tissu, pourvu qu'une telle matière soit susceptible d'être carbonisée. L'invention convient tout particulièrement pour fournir des finitions à bords lisses, comme il est nécessaire , par exemple dans les zones des lignes supérieures dans la fabrication des empeignes, à partir de feuilles de matières plastiques polymères présentant des pores perméables à la vapeur d'eau, et en particulier microporeuses, dont l'extensibilité n'est pas limitée par des renforts fibreux. Les matières qui conviennent particulièrement ont des extensibilités, c'est-à-dire des allongements à la rupture, qui sont supérieures à 100 ou 150 %.Une matière typique de ce genre est celle couramment vendue sous la marque nPorvair" , Ces matières , pour les rendre aptes à être utilisées pour fabriquer des empeignes ou parties supérieures de chaussures, présentent aussi de préférence des contraintes maximales de traction d'au moins 3,6 kg/cm de largeur/mm d'épaisseur et de préférence de 4,5 kg/cm de largeur/mm d'épaisseur, et de préférence d'au moins des multiples de 10 de 1,8 kg/cm de largeur/mm d'épaisseur. Ces matières sont de préférence perméables à la vapeur d'eau au moins sur une gamme d'au moins 100, de préférence au moins 500, par exemple de 900 à 1500 ou même 2.000 glu2/24 heures. La matière extensible a de préférence une épaisseur d'au moins 0,5 mm. Pour être utilisée dans la fabrication de chaussures, la matière elle-même a, de préférence, une épaisseur de l'ordre de 0,5 à 5 mm et, pour les chaussures de dames, de l'or- dre de 0,8 à 1,5 mm, de préférence de 0,8 à 1,1 mm. Pour les chaussures d'hommes, cette gamme est de préférence de 1,1 à 2,5mm plus particulièrement de 1,5 à 1,8 mm. Les polymères utilisés de préférence sont des polyuréthanes élastomères présentant des propriétés de retour à l'état initial intermédiaires entre celles du caoutchouc pur et celles de matières thermoplastiques pures, à la température de la pièce. L'article de Schollenberger Scott et Moore dans la revue tRubber Chemistry and Technology", Vol. XXXV, n- 3, 1962, pages 742 à 752, page 743 et dans la figure 3, indique les valeurs de la période (ou demi-vie) des uréthanes de polyester obtenus à partir de l'acide adipique 1,4-butane diol et diphényl méthane-p, p'-diisocyanate. Cette découverte est introduite ici à titre de référence. Les polyuréthanes utilisés de préférence ont des points de fusion d'au moins 1000C, de préférence en dessus de 150-C (par exemple d'environ 170 à 200'C), mesurés par analyse thermique différentielle ou par calorimètre différentielle. Lorsqu'ils sont formés en pellicule mince lisse, dénuée de vides, de 0,2 à 0,4 mm d'épaisseur (en fondant soigneusement une solution dégazée dans du diméthylformamide et en évaporant ensuite soigneusement le solvant dans une atmosphère sèche) ils ont les propriétés décrites ci-dessous : une résistance à la traction d'au moins 210 kg/cm2 (de préférence d'au moins 350, par exemple de 420 à 560 kg/cm2 environ) , un allongement relatif à la rupture d'au moins 300 X (de préférence d'au moins 400 X, par exemple de 500 à 700 % environ), un module d'élasticité d'au moins 105 kg/cm (de préférence d'au moins 350, par exemple de 560 à 770 kg/cm environ), un module à 100 % (contrainte divisée par l'allongement à 100 % d'allongement relatif) d'au moins 28 kg/cm (de préférence d'au moins 84, par exemple de 110 à 134 kg/cm). Ces propriétés mécaniques ont été mesurées suivant la norme D 882-67 de 1'ASTM (Société américaine d'essais de matériaux ). Le polyuréthane utilisé de préférence (essayé encore sous forme de pellicule mince ainsi qu'on l'a décrit ci-dessus) revient complètement à son état initial à partir d'un allongement de 5 X à la température de la pièce (23-C), mais de préférence ne prend pas un allongement permanent (mesuré par exemple suivant la norme D 412-66 de l'ASTM) après un allongement de 100%. Cet état est hahituellement à 11 intérieur de la gamme de 5 à 20X environ, aussi bien qu'à l'intérieur de la gamme de 10 à 20 % environ, par exemple environ 15 %. I > "allongement permanent" est généralement mesuré une heure après la cessation de la contrainte ; par exemple, une matière qui présente un allongement à la traction de 24 à 26 % immédiatement apres cessation de la contrainte, après avoir été maintenue à l'allongement de 100 % pendant dix minutes, aura un allongement résiduel à la traction de 14 X mesuré une heure après la cessation de la contrainte (Pour la mesure, une pellicule-échantillon de 1 cm de large, avec une longueur d'épreuve de 5 cm, est amenée à l'allongement de 100 % à une vitesse de 254 % par minute). De préférence, la matière a une dureté Shore d'au moins 75A (de préférence aux environs de 90A à 60 D) mesurée suivant la norme D 1706-67 de l'ASTM. La technique utilisée de préférence pour la fabrication de la matière en feuille microporeuse préférentielle pour empei gnes de chaussures, conformément à l'invention, consiste à cou ler une couche mince d'une suspension de particules salines microscopiques dans une solution dans du diméthylformamide (DMF) du polyuréthane, à coaguler la solution et à lessiver le sel. L'épaisseur de la feuille coagulée, après lessivage et séchage est, si on le désire, d'au moins 0,63 mm, par exemple d'environ 0,75 à ,5 mm et de préférence d'environ 0,75 à 1,8 mm. D'autres techniques cependant peuvent être utilisées. Les dimensions des particules de la matière en particules microscopiques, par exemple du chlorure de sodium, sont inférieures à 100 microns, de préférence moindres que 50 microns et su supérieures à environ un micron, mais de préférence cependant dans la gamme de 3 à 20 microns environ.Le rapport du volume total de la matière en particules microscopiques formant les vides au volume total du polyuréthane en solution peut être, par exemple,dans la gamme de 0,5/1 à 5/1 environ, mais de préférence dans la gamme de 1/1 à 3/1 ; ainsi, 178 grammes de particules de chlorure de sodium peuvent être mélangés avec 333 grammes d'une solution à 30 X de polyuréthane dans le diméthylformamide, fournissant un sel volumétrique ; le rapport de polymère est de 1/1 La feuille microporeuse a de préférence une densité apparente dans la gamme de 0,25 à 0,7 g/cm3 environ, mais de préférence-dans la gamme de 0,35 à 0,5 g/cm environ.D'une manière caractéristique, la densité du polyuréthane lui-même est d'environ 1,2 g/cm ; on voit donc. qu'environ 1/2 à 3/4 du volume, de la matière microporeuse est constitué par de l'air. La feuille présente de préférence un allongement relatif à la rupture supérieur à 50 X (par exemple dans la gamme de 300 à 400 X environ, ou plus) ; une résistance à la traction supérieure à 35 (par exemple dans la game de 60 à environ 100 kg/cm; un module d'élasticité supérieur à 2 (par exemple dans la gamme de 4 à 9 environ) kg/cm2 , et une résistance au déchirement après entaille supérieure à 2 (par exemple de l'ordre de 3 à 5) grain d'épaisseur. Une telle feuille permet le passage de la vapeur d'eau dans ces conditions, la transmission d la vapeur d'eau devrait être au moins de 200 g/m2 /24 heures (mesurée selon la norme E9666 de l'ASTM, procédé B). I1 est également souhaitable qu'au moins la surface supérieure de la feuille, après une finition appropriée, puisse s'opposer au passage de l'eau liquide ; par exemple la feuille terminée devrait supporter une pression hy drostatique- (British Standard 2823) d'environ 100 mm de mercure. Tandis que le polyuréthane lui-même présente habituellement un allongement permanent à la traction inférieur à 100 X, ainsi qubn l'a exposé ci-dessus, les feuilles préférentielles de polyuréthane microporeux reviennent en général complètement à leur état initial sans allongement permanent appréciable (dans des conditions d'hygrométrie usuelles et à la température de la pièce) après avoir été soumises à un allongement de 100 %. Toutes les mesures citées ici ont été effectuées à la température de la pièce (par exemple 230C) sauf spbcificatiannen- traire indiquant la méthode d'essai utilisée. La matière peut être teinte ou pigmentée. Pour fabriquer une matière de couleur noire, cette matière peut être constituée de deux couches, savoir : une couche ou couche-support,ayant une épaisseur de 1,65 mm et une couche de finition moins dense, d'une épaisseur de 0,25 mm. La couche-support peut contenir 0,25 à 0,50 % de noir de charbon disposé sur le polyuréthane et la couche de finition 3,0 à 5,0 % ou plus de noir de charbon.La couche-support est grise et la couche de finition noire, mais lorsque le bord a été traité conformément à l'invention, les deux couches prennent une apparence noire uniforme. Loraquton utilise d'autres teintures ou d'autres pigments, les augmentations de proportions seront évidemment différentes en vue d'obtenir la profondeur de couleur adéquate. En variante, lorsque la matière présente uniquement une mince couche. de finition, colorée et une couche-support non colorée, ou légèrement colorée, le bord peut être traité, par exemple juste avant le traitement à la chaleur, à l'aide d'une teinture ou d'un pigment composite, par exemple à l'aide d'un rouleau analogue à un rouleau encreur, afin de colorer le bord sur une étendue appropriée, de manière qu'à sa fusion sous l'action de la chaleur il prenne, d'une manière adéquate, l'apparence de la surface libre de la couche de finition et ressemble ainsi à un bord replié, ou prenne toute autre apparence adéquate sur une étendue satisfaisante. 0n'a mentionné qutavec la matière constituée par le polyuréthane microporeux préférentiel présentant une densité dans la gamme de 0,4 à 0,7 et un point de fusion du polymère dans la gamme de 120 à 2000C, les conditions préférentielles sont une température de 300 C avec une vitesse relative de trois 'mètres par minute. La pression utilisée est celle qui est suffisante pour amener le contact de l'outil et de la matière. Avec les gammes préférentielles de température de 250 à 600C, mentionnées ci-dessus, on remarquera qu'on pourrait utiliser des vitesses relatives inférieures ou supérieures à trois mètres par minute, par exemple 1,25 à 5 mètres par minute, et en particulier 2,3 à 3 mètres par minute sont considérées co me des vitesses convenables fournissant des résultats satisfaisants. On remarquera que plus la température est élevée, plus la vitesse relative peut être élevée. On remarquera aussi que la densité et le point de fusion de la matière traitée affecteront les conditions qui doivent être mises en oeuvre pour chaque matière particulière. Toutefois, avec le procédé exposé ici, le spécialiste de cette technique sera immédiatement en mesure de choisir les conditions qui conviennent à la matière particulière qu'il utilise. Le-procédé ne réduit l'étendue du bord que d'une très faible quantité, par exemple de 0,4 à 1,6 mm, par exemple de 0,8 mm, et il en résulte une économie de matière en comparaison du pliage du bord qui nécessite 6 à 12 mm. Comme il va de soi et comme il résulte d'ailleurs déjà de ce qui précède, l'invention ne se limite nullement à celui de ses modes d'application, non plus qu'à ceux des modes de réalisation de ses diverses parties, ayant été plus spécialement indiqués ; elle en embrasse, au contraire, toutes les variantes. REVENDICATIONS 1. Procédé pour le traitement du bord de feuilles découpées de matière synthétique imitant le cuir, d'un genre qui est déformable par traitement à la chaleur, lequel procédé est caractérisé essentiellement en ce qutil comporte l'amenée en contact avec le bord à traiter d'un organe de formage chauffé dont la surface a un profil correspondant à celui recherché pour le bord et la production d'un déplacement relatif de la matière de la feuille et de cet organe pour déformer successivement les différentes parties du bord de la pièce en feuille et lui donner ce profil. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la matière synthétique imitant le cuir est disposée sur une plate-forme alors qu'elle se trouve à l'état plan, non encore formée, qu'elle est saisie par des moyens d'alimentation d'une machine et amenée à passer devant l'organe de formage chauffé, à une vitesse commandée. 3. Procédé selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que l'organe de formage chauffé est maintenu à une température située dans la gamme de 250 à 6000 C. 4. Procédé selon l'une-quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'organe de formage chauffé est chauffé électriquement. 5. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que la vitesse du déplacement relatif est de l'ordre de 3 mètres par minute. 6. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le bord précité est le bord dtune simple épaisseur de la matière synthétique imitant le cuir précitée. 7. Procédé selon l'une quelconque des reMendacations 1 à 5, caractérisé en ce que le bord précité est le bord brut d'un certain nombre d'épaisseurs réunies par un corioa de fermeture. 8. Procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce que le cordon de fermeture est constitué par couture. 9. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes , caractérisé en ce que la matière synthétique imitant le cuir est, au moins partiellement, non thermoplastique, mais est déformable par carbonisation. 10. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à S > caractérisé en ce que la matière synthétique imitant le cuir est vraiment thermoplastique. 11. Procédé selon la revendication 10 et la revendication 7, caractérisé en ce que le cordon de fermeture est formé par soudage. 12. Procédé selon la revendication 10 ou la revendication 11, caractérisé en ce que la matière précitée est une matière élastomère, thermoplastique, microporeuse, en feuille dénuée de renfort fibreux et constituée essentiellement drun polymère microporeux, laquelle matière est teintée ou pigmentée au moins au voisinage immédiat du bord à traiter. 13. Procédé de fabrication de chaussures comportant une empeigne en matière synthétique imitant le cuir, d'un genre qui est déformable par traitement'à la chaleur, lequel procédé est caractérisé en ce que l'excès de matière le long du cordon de fermeture est partiellement enlevé et le cordon égalisé en soumettant le bord brut du cordon, après sa-formation mais avant que les feuilles assemblées-soient retournécs vers l'intérieur, et pendant qu'elles sont encore disposées à plat l'une sur l'autre, à un traitement du bord selon 1'une quelconque des revendica- tions précfdentes. 14. Appareillage pour le traitement du bord de feuilles de matière synthétique imitant le cuir, d'un genre qui est déformable par traitement à la chaleur, caractérisé en ce qu'il comprend un organe de formage du bord, chauffé, présentant un profil de surface correspondant à celui' que l'on désire pour le bord, des moyens pour effectuer le déplacement relatif, de vitesse commandée, de la matière en feuille et de l'organe de formage, et des moyens pour échauffer le bord à une température suffisante pour déformer ladite matière. 15. Appareillage selon la revendication 14, caractérisé en ce qu'il comporte une plate-forme et un mécanisme d'alimentation agencé pour entrer en contact et saisir une feuille plate de la matière précitée, en laissant la possibilité de faire pivoter ladite matière dans le plan de la plate-forme, lorsqu'elle est amenée le long de la plate-forme, l'organe de formage précité étant disposé au voisinage immédiat mais à une certaine distance du mécanisme d'alimentation. 16. Appareillage selon la revendication 14 ou la revendication 15 caractérisé en ce que les moyens d'alimentation comprennent une roue motrice friction montée en dessous de la plate-forme, de manière à faire saillie à travers elle, une roue à friction tournant librement, montée en dessus de la roue motrice,et des moyens pour pousser élastiquement la roue tournant, librement et 11 amener en contact avec la roue motrice, de manière à entrer en contact avec la matière disposée entre elles et à l'entrainer. 17. Appareillage selon la revendication 16, caractérisé en ce que l'arête inférieure de l'organe de formage est à peu près au niveau de la surface supérieure de la plate-forme et les deux roues reposent' (au cours du fonctionnement) dans un plan distant de 3,2 à-12,5 mm environ du bord le plus proche de l'organe de formage. 18. Appareillage selon l'une quelconque des revendications 14 à 17, caractérisé en ce que ltorgane de formage est monté de manière que sa position puisse être ajustée. 19. Chaussures établies selon le procédé spécifié dans l'une quelconque des revendications 1 à 13.