La présente invention,due à Eduard Alexandrovich MEIEROVICH, Pavel Borisovich SHENDEROVICH,Jury Iosifovich CHALISOV,Valery Alexeevich GOLENCHENKO,Igor Vasilievich RYBIN, Vitaly Borisovich SUKHU SHIN,concerne les systèmes magnétiques supraconducteurs. L'invention peut s'appliquer dans diverses industries et dans l'expérimentation scientifique,par exemple dans les transports, comme suspension magnétique,dans la production d'énergie,comme accumulateur inductif d'énergie,et dans la physique nucléaire pour le confinement magnétique du plasma. Il existe à l'heure actuelle des systèmes magnétiques supraconducteurs qui comportent essentiellement un cryostat,un système de refroidissement,une bobine supraconductrice fractionnée et un évacuateur d'énergie assurant la protection du système magnétique -en cas d'apparition de zones non supraconductives dans le supraconducteur des sections de la bobine. La configuration,la taille des sections de la bobine et leur agencement tiennent à la fonction du système magnétique.Or, étant donné que les systèmes magnétiques à supraconducteurs coûtent cher,il est très important d'éviter leur destruction à l'interruption de supraconductibilité. On entend ici par "interruption de supraconductibilitéw la formation d'une zone non supraconductive dans le supraconducteur formant les sections de la bobine. Tout au début de l'évolution des systèmes magnétiques supraconducteurs,lorsque les principes de stabilisation des supraconducteurs,leur technique de fabrication,les principes de conception du cryostat et du système de refroidissement,nétaient pas encore suffisamment développés, les siécialistes s'efforçaient surtout d'empêcher la possibilité de formation des zones non supraconductives(interruption de supraconductibilité)à caractère fluctuant. Ainsi,dans un système magnétique supraconducteur connu,les couches de la bobine supraconductrices sont maintenues à un certain écart l'une de l'autre grâce aux éléments supports qui représentent des écrans en matériau conducteur à faible résistivité. Les écrans forment des spires en court-circuit,les deux faces de chaque écran portant superficiellement des couches de matière isolante poreuse;il est à noter à ce propos que lesdits écrans sont munis de canaux pour la circulation d'un agent frigorifique. Le système magnétique supraconducteur ainsi conçu a un comportement plus stable,ce qui est dû à l'introduction de la stabilisation électrodynamique (spires en court-circuit) et à l'amélioration de la stabilisation cryostatique (surface de refroidissement augmentée par la présence de canaux). Une stabilité de fonctionnement améliorée par la suppression de sauts du flux magnétique présente un système magnétique supraconducteur qui comporte des insertions de fer produisant une forte magnétisation là où les composantes de flux magnétique sont perpendiculaires à la surface supraconductive de la bande formant la bobine. Dans un système magnétique supraconducteur composé d'un cryostat, d'un système de refroidissement et d'une bobine supraconductrice, le refroidissement de ladite bobine s'opère par la circulation forcée ce qui confère une stabilité cryogénique plus élevée au supraconducteur de la bobine grâce à l'échange thermique accru. Il existe des systèmes magnétiques supraconducteurs utilisant divers éléments de frettage évitant la dégradation des propriétés supraconductrices et réduisant le risque d'apparition de zones non supraconductives. Aussi, au fur et à mesure de l'évolution des systèmes magnétiques supraconducteurs, action fini par considérer l'apparition dans le supraconducteur d'une zone non supraconductive comme un phénomène irréversible qui oblige à arrêter le fonctionnement du système. L'arrêt du système s'accompagne, comme on le sait, de dégagement de l'énergie emmagasinée dans le champ magnétique du système. Dans ce cas, le problème consiste à faire sortir l'énergie sans détériorer le système magnétique supraconducteur. Ici, de même, on a le choix entre divers systèmes magnétiques supraconducteurs. I1 existe, par exemple, un système magnétique supraconducteur comportant une bobine de protection réali sée en matériau supraconducteur et couplée par induction à la bobine supraconductrice du système magnétique.Une zone non supraconductive apparaissant dans la bobine supraconductrice du système magnétique produit l'excitation de la bobine de sécurité dont le champ magnétique fait passer la bobine supraconductrice du système magnétique à l'état normal (non supraconductif), ce qui permet d'éviter le grillage du supraconducteur du système magnétique à l'endroit de formation initiale de la zone non supraconductive. Pourtant, la plupart de ces solutions tendent à expulser, dans le milieu environnant, l'énergie emmagasinée dans le système magnétique supraconducteur (Tsst300K). L'énergie évacuée peut, soit être transmise à un réseau de transport à l'aide, par exemple, d'un convertisseurontinu-alternatif, soit dissipée en chaleur dans un shunt de sécurité extérieur qui peut éventuellement être réalisé sous forme d'une résistance refroidie. Il existe également un système magnétique supraconducteur dans lequel les sections de la bobine supraconductrice sont reliées en série entre elles et à une source d'alimentation, au régime de fonctionnement normal du système, et en parallèle avec un shunt de sécurité extérieur (coupure de la source d'alimentation) à l'apparition d'une zone non supraconductive dans le supraconducteur de n'importe laquelle des sections. Un système magnétique supraconducteur plus simple est connu dans lequel les sections de la bobine supraconductrice sont en shunt sur un métal non supraconducteur dont la résistance électrique dépasse celle du substrat stabilisateur du supraconducteur. Ledit système est également doté d'un évacuateur d'énergie comportant un shunt de sécurité extérieur et un interrupteur de la source d'alimentation du système magnétique supraconducteur. L'évacuateur d'énergie entre en action sur un signal émis par un détecteur de zone non supraconductive. Une telle forme de réalisation permet de sortir l'énergie et le shunter en même temps le supraconducteur, ce qui engendre un échauffement moindre de ce dernier. Pourtant, aucun de ces divers -systèmes magnétiques supraconducteurs connus, n'est capable de demeurer en fonctionnement après l'apparition d'une zone non supraconductive, alors qu'une telle possibilité serait bénéfique. Par exemple, un système magnétique supraconducteur devrait pouvoir continuer son fonctionnement et conserver ses paramètres de sortie à un niveau requis lorsque ce système magnétique est lui-même intégré à des dispositifs plus importants, en particulier à ceux nécessitant le confinement magnétique du plasma. Il existe un système magnétique supraconducteur comportant une bobine supraconductrice fractionnée dont chaque section,avec son interrupteur série, est placée en parallèle sur un shunt réglable en matériau supra conducteur et un détecteur de zone non supraconductive, ladite section étant couplée par induction avec un évacuateur d'énergie. Ledit système magnétique supraconducteur, dans lequel chaque section de la bobine supraconductrice est montée en série sur un interrupteur et en parallèle sur un shunt en matériau supraconducteur, permet de couper la section où une zone non supraconductive est apparue, de conserver la liaison électrique entre le reste des sections et la source d'alimentation, et de localiser dans la section coupée le lieu de dégagement principal de chaleur. Dans le système magnétique ci-dessus, l'évacuateur d'énergie possède un circuit magnétique assurant, d'une part, un bon couplage magnétique entre l'évacuateur et toute section de la bobine, et, d'autre part, la possibilité de commande des états de shunts en matériau supraconducteur disposés dans les entrefers des branches du circuit magnétique.Pourtant, la présence d'un circuit magnétique dans l'évacuateur d'énergie limite les domaines d'application d'un tel système magnétique supraconducteur, du -fait de la saturation du circuit magnétique qui, pour la plupart des matériaux ferromagnétiques usuels, a lieu lorsque leur induction magnétique atteint le niveau de2 T (il existe actuellement des matériaux ferromagnétiques qui aux températures cryogéniques se saturent au niveau de 4 T, mais ils sont d'une technologie compliquée et l'induction due aux champs produits par des systèmes magnétiques supraconducteurs va dans la majorité des cas jusqu'à 6 T et au-delà).Cette saturation provoque une dégradation du couplage magnétique entre les sections et l'évacuåteur d'énergie qui comprend, en plus d'un circuit magnétique, une bobine supraconductrice de sécurité, des entrées de courant, et un shunt de sécurité extérieur avec interrupteur. La bobine supraconductrice de sécurité qui se situe sur ledit circuit magnétique,tout comme les sections de la bobine supraconductrice du système magnétique, est reliée à l'aide d'entrées de courant, à travers l'interrupteur, au shunt de sécurité extérieur. Au régime de fonc -tionnement normal du système magnétique supraconducteur le circuit de la bobine de sécurité est ouvert. L'apparition d'une zone non supraconductive dans toute section de la bobine supraconductrice produit la coupure de cette section et la remise en circuit de la bobine de sécurité. L'énergie liée à la section coupée se transmet à l'aide de la bobine de sécurité dans l'évacuateur d'énergie pour être dissipée par le shunt de sécurité extérieur et, en partie, par l'interrupteur de la section coupée. La dissipation d'énergie dans l'interrup teur est accompagnée d'une évaporation intense de l'agent frigorifique dans le cryostat du système magnétique supraconducteur. Le même agent frigorifique est utilisé pour assurer le fonctionnement normal de la bobine supraconductrice fractionnée. La détérioration du couplage magnétique a pour effet un dégagement accru de chaleur dans l'interrupteur de la section coupée (en panne), ce qui peut entraîner une montée de pression prohibitive de l'agent frigorifique, une éjection de celui-ci et l'interruption du fonctionnement du système magnétique supraconducteur.La-saturation du circuit magnétique provoque également la réduction de l'intensité du champ magnétique dans les entrefers des branches du circuit magnétique et la mise anticipée dans l'état passant (supraconducteur) des shunts en matériau supraconducteur, ce qui, en cas de fluctuation du champ magnétique, peut être à l'origine du cheminement d'une certaine quantité d'énergie vers la source -d'alimentation, ou bien, en cas d'utilisation d'un élément supraconducteur court-circuitant la bobine supraconductrice fractionnée, d'une croissance inopportune de courant dans la bobine supraconductrice fractionnée. I1 est à noter également que la présence d'entrées de courant dans l'évacuateur d'énergie peut causer le passage de la bobine de sécurité à l'état non supraconductif, ce qui provoque également un dégagement de chaleur considérable dans l'interrupteur à la coupure de la section et, d'autre part, la montée de pression de l'agent frigorifique et l'échappement de ce dernier. La présente invention vise à procurer un système magnétique supraconducteur dans lequel l'évacuateur d'énergie soit réalisé de telle façon et en des matériaux tels, qu'il soit capable d'assurer la fiabilité du système magnétique supraconducteur avec une efficacité accrue de sa protection, quelle que soit la valeur du champ magnétique engendré. Le système magnétique supraconducteur selon l'invention comporte une bobine supraconductrice fractionnée dont chaque section, avec son interrupteur série, est mise en parallèle sur un shunt réglable en matériau supraconducteur et sur un détecteur de zone non supraconductive, chaque section étant couplée par induction avec un évacuateur d'énergie, le susdit système magnétique étant caractérisé en ce que l'évacuateur d'énergie contient une enceinte calorifugée et refroidie à des températures cryogéniques, en ce que cette enceinte renferme au moins une bobine en métal non supraconductif dotée d'un pont en matériau supraconducteur, cette bobine et ce pont formant un circuit électrique fermé, en ce que les interrupteurs se situent dans ladite enceinte calorifugée et refroidie à des températures cryogéniques, et en ce que chaque shunt réglable et chaque pont sont munis d'enroulements de commande reliés électriquement, pour le shunt, au détecteur de zone non supraconductice correspondant, et, pour le pont, à chaque détecteur de zone non supraconductive. Il est avantageux de disposer l'enceinte calorifugée et refroidie à des températures cryogéniques de manière qu'elle entoure la bobine supraconductrice fractionnée. Il est par ailleurs souhaitable que l'enceinte calorifugée et refroidie à des températures cryogéniques soit logée à l'intérieur de la bobine supraconductrice fractionnée et que, dans ce cas, la fonction de matériau supraconductif dont est fait le -pont soit remplie par un supraconducteur de deuxième genre. De préférence, la liaison électrique entre les bobines de commande et les détecteurs de zone non supraconductive s'effectue à travers un dispositif de commande programme. L'implantation de tous les éléments constitutifs du système magnétique dissipant en chaleur l'énergie magnétique dans une enceinte calorifugée et refroidie à des températures cryogéniques permet d'empêcher la variation des conditions de refroidissement de la bobine supraconductrice fractionnée du système magnétique supraconducteur selon l'invention. La présence d'un circuit électrique fermé, composé d'une bobine en métal non supraconducteur et d'un pont en matériau supraconducteur et isolé du milieu ambiant, réduit le risque de panne de l'évacuateur d'énergie et, par suite, de l'ensemble du système magnétique supraconducteur selon l'invention. Le fait que les shunts et les ponts en matériau supraconducteur possèdent des enroulements de commande, ainsi que la liaison électrique de ceux-ci avec les détecteurs de zone non supraconductive, permettent de diversifier le choix des matériaux constitutifs des susdits shunts et ponts et le caractère de commande (thermique, magnétique) de ces derniers. Il devient possible, de plus, de réaliser la mise en marche des éléments constitutifs du système magnétique supraconducteur selon l'invention dans une succession temporelle requise. La possibilité de faire varier la disposition de l'enceinte calorifugée et refroidie à des températures cryogéniques par rapport à la bobine supraconductrice fractionnée permet de choisir un niveau thermique optimal de refroidissement de ladite enceinte. Dans ce qui suit, la présente invention sera expliquée plus en détail à l'aide de la description de certains de ses modes de réalisation préférés, mais non limitatifs, en se référant aux dessins annexés sur lesquels: -la figure 1 représente le schéma du système magnétique supraconducteur selon l'invention, -la figure 2 représente le synoptique général de la disposition relative de l'évacuation d'énergie et de la bobine supraconductrice fractionnée du système magnétique supraconducteur de la figure 1; -la figure 3 représente le schéma fonctionnel du dispositif de commande programmé du système magnétique supraconducteur de la figure 1; -la figure 4 représente le synoptique général d'une autre variante de disposition relative de l'évacuateur d'énergie et de la bobine supraconductrice fractionnée du système magnétique supraconducteur selon l'invention;; -la figure 5, enfin, représente une autre variante du schéma du système magnétique supraconducteur selon l'invention; -Le système magnétique supraconducteur selon l'invention, illustré fig.1, contient une bobine supraconductrice fractionnée 1 dont chaque section 2, avec son interrupteur série 3, est mise en parallèle sur un shunt réglable 4 en matériau supraconducteur et sur un détecteur de zone non supraconductive 5, ladite section étant couplée par induction à un évacuateur d'énergie 6. L'évacuateur d'énergie 6 comporte une enceinte calorifugée et refroidie à des températures cryogéniques 7 qui renferme une bobine en métal non supraconductif 8 avec un pont en matériau supraconducteur 9, l'ensemble formant un circuit électrique fermé 10. La même enceinte-7 contient les interrupteurs 3. Chaque shunt réglable 4 et chaque pont 9 sont munis, respectivement, d'enroulements de commande Il et 12 reliés électriquement, pour chaque shunt 4, au détecteur de zone non supraconductive 5 respectif, et,pour le pont 9 à chaque détecteur de zone non supraconductive 5. La bobine supraconductrice fractionnée 1 se situe dans une enceinte refroidie 13 qui, comme l'enceinte 7, est placée dans un cryostat 14. Dans le mode de réalisation particulier considéré du système magnétique supraconducteur selon l'invention, l'enceinte calorifugée et refroidie å des températures cryogéniques 7 (fig.2) se situe de manière à entourer l'enceinte refroidie 13 qui renferme la bobine supraconductrice fractipnnée 1. La liaison électrique des enroulements de commande Il et 12 (fig.1) avec les détecteurs de zone non supraconductive 5 s'effectue à travers un dispositif de commande programmé 15.Ce dernier comporte un bloc logique 16 (fig.3) qui a ses entrées raccordées aux sorties des détecteurs de zone non supraconductive 5 et sa sortie reliée à l'entrée d'un formateur de signaux de commande 17 dont la sortie est raccordée à un retardateur 18 dont les sorties sont reliées respectivement aux enroulements de commande 11 et 12 et aux interrupteurs 3. La bobine supraconductrice fractionnée 1 (fig.1) estrac- -cordée, à travers des entrées de courant 19, à une source d'alimentation 20. Les entrées de courant 19 sont montées dans le cryostat 14 et dans l'enceinte refroidie 13. On vient de décrire un mode de réalisation particulier du système magnétique supraconducteur comportant une seule bobine en métal non supraconducteur 8 avec un seul pont en matériau supraconducteur 9 dont l'ensemble forme un seul circuit électrique fermé 10, respectivement. Cependant, il est possible d'utiliser plusieurs bobines avec ponts formant, respectivement, plusieurs circuits électriques fermés. Le nombre de bobines 8 est choisi de façon à assurer une fiabilité requise au système magnétique supraconducteur et en fonction de la quantité de sections 2 de la bobine 1 et du nombre admissible de dérangements (nombre de sections coupées). Compte tenu du mode de réalisation qui vient d'être décrit, on peut avantageusement adopter un système magnétique supraconducteur dans lequel une enceinte calorifugée et refroidie à des températures cryogéniques 21 (fig.4) de l'évacuateur d'énergie 6 renferme deux bobines en métal non supraconducteur 22, avec des ponts en matériau supraconducteur 23, formant deux circuits électriques fermés 10. L'enceinte calorifugée et refroidie à des températures cryogéniques 21 se situe à l'intérieur de la bobine supraconductrice fractionnée 1 logée dans une enceinte refroidie 24 disposée dans un cryostat 25. Dans ce cas, le rôle de matériau supraconducteur constitutif de chaque pont 23 est tenu par un supraconducteur de deuxième genre. Sous sa forme d'exécution particulière représentée à la figure 5, le système magnétique supraconducteur comporte une porte 26 (un élément supraconducteur court-circuitant la bobine îY mise en parallèle sur la source d'alimentation 20 et la bobine supraconductrice fractionnée 1 et reliée à la sortie du dispositif de commande programmé 15, capable d'empêcher, conjointement avec l'évacuateur d'énergie 6, la dissipation d'énergie dans la source d'alimentation 20 à la coupure de la section 2 de la bobine 1. Dans les modes de réalisation particuliers du système magnétique supraconducteur décrits ci-dessus, le nombre de sections de la bobine supraconductrice fractionnée dépend de la gamme admissible de variations de ses paramètres de sortie (induction du champ magnétique engendré, énergie emmagasinée) pour un nombre donné de pannes apparues dans le système magnétique supraconducteur. Le choix du niveau de température de refroidissement de l'enceinte de l'évacuateur d'énergie peut être fait dans une plage assez large et il ne tient qu'à la conservation des propriétés supraconductives du pont en période de sortie de l'énergie dans le circuit électrique fermé. Les interrupteurs peuvent, soit couper entièrement le circuit électrique, soit introduire dans ce celui-ci une certaine résistance chimique. Il est souhaitable de placer les shunts réglables dans les parties du système où les champs magnétiques sont faibles. L'action à exercer sur ces shunts et ces ponts peut être thermique ou magnétique suivant les conditions spécifiques d'utilisation du système. Le fonctionnement du système magnétique supraconducteur selon l'invention est le suivant: Au régime de fonctionnement normal du système magnétique supraconducteur (zone non supraconductive inexistante), l'état de ses éléments constitutifs se présente comme suit. Dans toutes les sections 2 coupées (fig.i ) de la bobine li les enroulements de commande 11 des shunts 4 sont désexcités, ce qui rend passants (supraconducteurs) les shunts 4; les interrupteurs 3 sont ouverts (ou présentent une certaine résistance chimique au courant), c'est-à-dire qu'ils se trouvent en état non supraconducteur. Il est admissible que l'interrupteur 3 de la section 2 coupée soit en étant supraconducteur. Dans les sections 2 de la bobine 1 qui restent actives, les enroulements de commande il des shunts 4 sont excités, ce qui met en état bloqué (non supraconducteur) les shunts 4; les interrupteurs 3 desdites sections 2 sont fermés, c'est-à-dire qu'ils se trouvent en état supraconducteur. Dans l'évacuateur d'énergie 6, l'enroulement de commande 12 du pont 9 est excité, ce qui entraîne l'état bloqué (non supra conducteur) du pont 9 et la résistance active du circuit 10 s'en trouve substantiellement accrue; on a ainsi la possibilité de faire varier les paramètres de sortie du système magnétique su praconducteur selon l'invention; par exemple, on peut augmenter l'induction magnétique. I1 est à noter que l'implantation des interrupteurs 3 dans l'enceinte calorifugée 7 permet d'accepter qu'ils présentent une certaine résistance (inférieure à celle que prend un interrupteur 3 sur un signal venu du dispositif de commande programmée 15) au régime normal du système magnétique supraconducteur selon l'invention. A l'apparition d'une zone non supraconductive dans le supraconducteur d'une section 2 quelconque en état actif, un signal, émis par le détecteur de zone non supraconductive 5 associé à la section 2 qui est le siège de la zone non supraconductive, vient sur le dispositif de commande programmé 15 qui forme les signaux de commande pour les délivrer dans l'ordre de succession suivant: signal de coupure de l'enroulement de commande 12 du pont 9, signal de coupure de l'enroulement de commande Il du shunt 4 disposé dans la section 2 à couper; signal de commande sur l'interrupteur 3 de la section 2 à couper. Cette succession des signaux permet de préparer l'éva cuateur d'énergie 6 et la bobine supraconductrice fractionnée 1 au début du processus de sortie de l'énergie de la bobine 1,qui commence pratiquement à luapplication du signal de commande à l'interrupteur 3. Un signal de commande apparu sur l'interrupteur 3 pro duit son ouverture (ou lui confère une résistance chimique),ce qui entraîne la déviation du courant de la section 2 coupée vers le shunt 4 monté en parallèle sur ladite section 2 et l'interrup teur 3. Cette déviation du courant électrique provoque la varia tion du flux magnétique commun à la bobine 1 et au circuit élec trique fermé 10 de l'évacuateur d'énergie 6, ce qui permet de transmettre au circuit 10 une partie importante d'énergie stockée avant sa coupure par la section 2; grâce à une résistance ohmique faible du circuit~10 due à la désexcitation de l'enroulement de commande 12 du pont 9 il est possible de dissiper l'énergie transmise au circuit 10 à une vitesse accessible (en fonction du refroidissement de l'enceinte 7), c'est-à-dire pendant la période requise.Lors du passage du courant de la section 2 dans le shunt 4, une partie d'énergie est dissipée dans l'interrupteur 3. L'implantation de l'interrupteur 3 et du circuit 10 dans l'enceinte calorifugée 7 permet de conserver inchangées les conditions de refroidissement de la bobine 1, tant au régime de fonctionnement normal du système magnétique qu'à l'apparition d'une zone non supraconductive. La présence d'enroulements de commande Il et 12 augmente l'efficacité de protection du système magnétique, quels que soient les paramètres de celui-ci (résultant de son induction magnétique). Le fonctionnement du système magnétique supraconducteur selon l'invention représenté aux figures 4 et 5 est-analogue à celui du système de la figure 1, à cela près que, dans le système de la figure 5 le dispositif de commande programmé i5 fournit un signal de commande à la porte 26. Dans ce cas, la suite des signaux de commande comporte en tête le signal de commande de la porte 26, le reste de la susdite suite étant formé comme décrit précédemment. La présence de la porte 26 effectuant le courtcircuitage de la bobine 1 pendant la sortie d'énergie (c'est-àdire à l'apparition d'une zone supraconductive) permet de supprimer la dissipation d'énergie dans la source d'alimentation 20. Cette dissipation d'énergie dans la source d'alimentation 20, pendant la sortie d'énergie à la coupure de la section 2 de la bobine 1, résulte du couplage par induction existant entre la section 2 à couper et le reste des sections 2 de la bobine 1. Le court-circuitage de la bobine 1 par la porte 26 conduit uniquement à l'augmentation du courant dans la bobine 1. (Dans ce cas, après la première panne la source d'alimentation 20 n'est plus connectée à la bobine 1 et la porte 26 reste fermée, c'est à-dire en état supraconducteur). Dans ce qui suit on décrira des modes de réalisation parti culiers du système magnétique supraconducteur selon l'invention qui comporte neuf sections formant la bobine supraconductrice fractionnée et, respectivement, un seul circuit électrique et deux circuits électriques fermés. Dans la description qui suit, les chiffres de référence des éléments sont les mêmes que sur les figures 1 à 5. EXEMPLE 1. Le système magnétique supraconducteur selon l'invention comporte une bobine supraconductrice fractionnée 1 ( fig.1)dont chacune des neuf sections 2 est réalisée en alliage supraconduc teur niobium-titane. Cette bobine, avec son interrupteur 3 en série constitué en matériau supraconducteur (plomb par exemple), est montée en parallèle sur le shunt réglable 4 en matériau supraconducteur (plomb par exemple) et le détecteur de zone non supra -conductive 5, chacune desdites sections étant couplée par induction à l'évacuateur d'énergie 6. L'évacuateur d'énergie 6 contient l'enceinte 7 calorifugée avec un isolant poreux quelconque et refroidie à l'hélium liquide qui renferme la bobine 8 en métal normal (cuivre par exemple) dont. la spire unique a la forme d'un cylindre entourant la bobine 1 (fig.2), ladite bobine 8 (fig.1) étant munie d'un pont 9 en matériau supraconducteur. La bobine 8 et son pont forment le circuit électrique fermé 10. Dans les mêmes enceintes 7 se trouvent les interrupteurs 3. Le refroidissement de l'enceinte 13 renfermant la bobine 1 se fait à l'hélium liquide. L'isolant thermique poreux est imprégné d'hélium liquide qui peut circuler entre les enceintes 7 et 13. Les enceintes 7 et 13 sont disposées dans le cryostat 14 doté d'une isolation thermique à vide et d'un écran d'azote (non montrés sur les dessins). Le cryostat 14 et l'enceinte 13 sont munis d'une entrée de courant galvanique 19 assurant l'amenée du courant à partir de la source d'alimentation 20 vers la bobine 1. Chaque shunt réglable 4 et chaque pont 9 sont dotés, respectivement, d'enroulements de commande 11 et 12 réalisés en fil de cuivre (les enroulements de commande 11 des shunts 4 peuvent être constitués en alliage supraconducteur niobium-zirconium) et couplés électriquement, pour chaque shunt 4, au détecteur correspondant de zone non supraconductive 5, et pour le pont 9, à chaque détecteur de zone non supraconductive 5. La liaison électrique entre les enroulements de commande 11 et 12 et les détecteurs de zone non supraconductive 5 s'effectue par le dispositif de commande programmé 15.Ce dernier contient le bloc logique 16 (fig.3) qui a ses entrées raccordées aux sorties des détecteurs de zone non supraconductive 5 et sa sortie reliée à l'entrée du formateur de signaux de commande 17 dont la sortie est raccordée au retardeur 18 qui a ses sorties reliées respectivement aux enroulements de commande 11 et 12 et aux interrupteurs 3. Dans le mode de réalisation particulier du système que l'on vient de décrire, l'interrupteur 3 (fig.1) est doté d'un enroulement de commande réalisé en fil de cuivre (non montré sur les dessins). Le système magnétique supraconducteur selon l'invention possède les paramètres suivants: Energie emmagasinée 4,5 MJ Inductance d'une section unique 2 0,2 H Inductance du reste des sections 2 7,6 H Inductance mutuelle de la section coupée et du reste des sections 2 0,68H Inductance de l'évacuateur d'énergie 6 2.10 H Inductance mutuelle de l'évacuateur d'énergie 6 et de la section coupée 2 0,4103H Inductance mutuelle de l'évacuateur d'énergie 6 et du 3 -3 reste des sections 2 2 10 H Il s'agit là du plus mauvais cas d'apparition de la zone non supraconductive. La résistance ohmique introduite de l'interrupteur 3 est de 1 ohm. La résistance ohmique de l'évacuateur d'énergie 6, lorsque le pont 9 est en état supraconducteur, est de 0,5 1 -6 ohm. Dans le cas considéré de coupure d'une seule section 2, les pertes d'énergie emmagasinée constituent 10%. L'utilisation, dans le système selon l'invention, d'une porte 26 (fig.5) abaisse les pertes à 3%, l'augmentation du courant électrique dans la bobine 1 étant de 8%. EXEMPLE 2. A la différence de l'exemple 1, dans le système de la figure 4, l'enceinte calorifugée et refroidie à des températures cryogéniques 21 se situe à l'intérieur de la bobine supraconductrice fractionnée 1 et est refroidie à l'hydrogène en phase mixte gazeuse-solide. L'enceinte 21 renferme deux bobines 22 en métal normal (cuivre) dont chacune a une spire unique constituée sous forme d'un cylindre placécoaxialement à l'intérieur de la bobine 1; chaque bobine 22 est munie de ponts 23 en alliage supraconducteur niobium-étain formant ensemble deux circuits électriques fermés 10. L'isolement thermique entre les enceintes 21 et 13 se fait à l'aide d'un espace à vide (pas de circulation des agents frigorifiques entre les enceintes 21 et 13). Le système magnétique supraconducteur selon liinvention,non seulement présente une fiabilité sensiblement accrue1 mais encore est capable de conserver son intégrité et le niveau requis de ses paramètres de sortie (par exemple l'induction magnétique). Comme il va de soi et comme il résulte d'ailleurs déjà de ce qui précède,l'invention ne se limite nullement à ceux de ses modes d'application et de réalisation qui ont été plus spécialement envisagés; elle en embrasse au contraire, toutes les variantes. -REVENDICATIONS 1.- Système magnétique supraconducteur comportant une bobine supraconductrice fractionnée, dont chaque section, avec son interrupteur série, est montée en parallèle sur un shunt réglable en matériau supraconducteur et sur un détecteur de zone non supraconductive, chaque section étant couplée par induction avec un évacuateur d'énergie, le susdit système maynétique étant caractérisé par le fait que l'évacuateur d'énergie contient une enceinte calorifugée et refroidie à des températures cryogéniques, renfermant au moins une bobine en métal normal munie d'un pont en maté- riau supraconducteur formant ensemble un circuit électrique fermé, que ladite enceinte calorifugée et refroidie à des températures cryogéniques contient les interrupteurs, chaque shunt réglable et chaque pont étant muni d'enroulements decommande reliés électriquement, en ce qui concerne le shunt, à un détecteur de zone non supraconductive correspondant et, en ce qui concerne le pont, à chaque détecteur de zone non supraconductive. 2.- Système, magnétique supraconducteur selon la revendication 1, caractérisé par le fait que l'enceinte calorifugée et refroidie à des températures cryogéniques est disposée de manière à entourer la bobine supraconductrice fractionnée. 3.- Système magnétique supraconducteur selon la revendication 1, caractérisé par le fait que l'enceinte calorifugée et refroidie à des températures cryogéniques se trouve à l'intérieur de la bobine supraconductrice fractionnée et que le matériau constitutif du pont est un matériau supraconducteur de deuxième genre. 4.- Système magnétique supraconducteur selon l'une quelconque des revendications 1 à 3,caractérisé par le fait que la liaison électrique entre les enroulements de commande et les détecteurs de zone non supraconductive s'effectue à travers un dispositif de commande programme.