La présente invention concerne un procédé et une installation pour édifier un réservoir aérien, tel qu'un château d'eau, en l'absence de moyens de levage autonomes. I1 s'agit, en effet, dans les pays en voie de développement ou dans les zones sous-équipées qui ne disposent pas de moyens de levage de grande puissance, tels que des grues fixes ou portées, ou de moyens de transport de gros tonnage tolérant un gabarit de chargement relativement important, de pouvoir, malgré cela, installer des réservoirs aériens de capacité moyenne avec une maind'oeuvre non spécialisée et un matériel rudimentaire, en ne nécessitant pas d'investissements coûteux tant à la fabrication que lors du transport et sur le chantier. Conformément à l'invention, le procédé consiste - à construire une plate-forme de soùbas sement - à coucher successivement sur le terrain au moins trois poteaux pour qu'ils s'étendent dans des directions sensiblement radiales par rapport au centre de la plate-forme et qu'ils butent par leurs pieds contre des appuis de celle-ci - à dresser ces poteaux au fur et à mesure qu'ils sont déposés, par pivotement du pied de chacun d'eux, sur l'appui correspondant, en tirant à un niveau supérieur à celui de la plate-forme dans le plan vertical du poteau considéré sur un point de celui-ci déporté latéralement et situé au dessus - à fixer définitivement dans la plate-forme le pied de chaque poteau dès que le poteau considéré est dressé - à monter le réservoir entre les poteaux - à hisser ce réservoir jusqu'au niveau supérieur choisi, en le guidant le long des poteaux et en le tirant près de chacun de ceux-ci, dans une direction montante puis descendante, après renvoi au sommet ; - et à fixer ledit réservoir sur chacun des poteaux lorsqu'il est parvenu au niveau supérieur précité. En ce qui concerne l'installation, l'invention réside en ce que la plate-forme présente au moins trois encoches pour l'appui des pieds des poteaux à dresser, en ce qu'une-chèvre de relevage est successivement montée en regard de chacun des poteaux et comporte un montant coopérant éventuellement avec des contrevents et ancré au sol, pour supporter un appareil de traction, tel qu'un treuil à commande manuelle, tirant sur un cable qui s'élève le long du montant, est dévié par une poulie de renvoi de celui-ci et prend l'extrémité libre d'un bras démontable rendu solidaire en porte à faux du poteau à dresser et en ce que chaque poteau est équipé d'un moyen inférieur de fixation du poteau considéré sur la plate-forme, d'un moyen bas pour l'appui d'un appareil de traction, tel qu'un treuil à commande manuelle, d'une poulie supérieure de renvoi du cible de celui-ci et d'un moyen haut de fixation du réservoir sur ce poteau, tandis que ledit réservoir est muni, en regard de chaque poteau, d'un moyen de guidage en translation verticale le long de celui-ci, d'un moyen d'accrochage du câble de l'appareil de traction correspondant et d'un moyen conjugué de fixation sur le poteau considéré. Divers autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortent d'ailleurs de la description détaillée qui suit. Une forme de réalisation de l'objet de l'invention est représentée, à titre d'exemple non limitatif, sur le dessin annexé. Sur ce dessin - la figure 1 est une élévation-coupe illustrant les phases initiales de montage de l'installation conforme à l'invention ; - la figure 2 est une vue en plan prise de dessus relativement à la figure 1 - la figure 3 est une élévation faisant ressortir les phases finales du montage ; - la figure 4 est une vue en plan prise en coupe transversale suivant la ligne IV-IV de la figure 3 - les figures 5 et 6 sont des vues partielles analogues à la figure 4 ayant trait à des opérations par ticulières. Comme le montrent les figures 1 et 2, l'installation comporte une plate-forme ou semelle 1, de pré- férence en béton armé, présentant une configuration annulaire et construite dans le sol 2 avec toutes les garanties nécessaires pour pouvoir supporter le poids et autres sollicitations du réservoir aérien qui, dans l'exemple choisi, est un château d'eau de capacité moyenne. Ce réservoir 3 doit normalement être fixé au sommet de poteaux 4 qui, dans ce même exemple, sont au nombre non restrictif de trois. Dés lors, la plate-forme 1 délimite trois encoches 5 réparties de façon équiangle, débouchant à la périphérie et dont le fond central est conforme complémentairement au pied hémisphérique 6 des poteaux 4, afin de constituer un appui pour le pivotement de ceux-ci depuis leur position allongée (en trait plein sur la figure 1) suivant laquelle ils s'étendent sensiblement horizontalement dans des plans radiaux jusqu'à leur posi tion érigée (en trait interrompu sur la figure 1) suivant laquelle ils sont verticaux. Les poteaux sont déposés sur le terrain (figure 1) puis redresses l'un après l'autre. L'opération qui est décrite ci-après se trouve donc répétée trois fois de suite. Le premier poteau 4 (figures 1 et 2) est amené à pied d'oeuvre et couché sur le terrain 2 de façon que son pied 6 bute contre le fond d'appui de l'encoche correspondante 5 et qu'en reposant dans sa partie médiane sur un talus 7 il se dirige en descendant vers le centre de la plate-forme 1. Sur ce premier poteau, un bras 8 est rapporté et fixé de façon démontable, par exemple au moyen d'un collier 9 ; il s'étend perpendiculairement au poteau et fait saillie vers le haut, position dans laquelle il est maintenu solidement pa des haubans 10 ; il est muni, à son extrémité supérieure libre, d'une poulie folle 11 qui se trouve donc déportée et permet, lorsque lton tire dessus dans une direction sensiblement horizontale, d'engendrer un moment de pivotement et de redressement du poteau considéré. Pour réaliser ce relevage, une chèvre 12 est installée momentanement. La chèvre 12 comporte un montant 13 dont le pied, diamétralement opposé à celui 6 du poteau, est enfoncé dans le sol ; dans l'exemple représenté, le montant 13 est formé de deux profilés en U, écartés l'un de l'autre et solidarisés entre eux par tout moyen approprié ; ceux-ci sont maintenus en position verticale par deux barres inclinées de contreventement 14 dont des plaquettes inférieures 15 sont fixées sur la plateforme 1 au voisinage des deux encoches 5 restantes ; à leur extrémité supérieure, les deux profilés du montant 13 supportent une poulie folle de renvoi 16 et, à leur extrémité inférieure, ils sont solidaires d'une console 17 sur laquelle est accroché un appareil de traction 18, de pré férence constitué par un treuil à commande manuelle qui, dans exemple choisi, est du type connu sous le nom de "tirfor". Cet appareil coopere avec un câble 19 qui s'élève le long du montant 13, est dévié horizontalement par la poulie de renvoi 19, s'enroule partiellement autour de la poulie 11 du bras 8 du poteau 4 et revient vers le montant 13 au sommet duquel il est accroché. Ainsi, en manoeuvrant le "tirfor" 18, on provoque le relevage du poteau 4 qui pivote par son pied 6 sur le fond conformé en correspondance de l'en- coche 5. Lorsque ledit poteau est dressé, il est fixé sur la plate-forme 1 au moyen d'une patte 20 dont il est solidaire et qui coopère avec des goujons 21 ancrés dans le béton. Puis, on démonte le dispositif de relevage (bras 8 et haubans 10, câble 19, "tirfor 18", montant 13 et contrevents 14) et on le remonte pour dresser et fixer successivement les deux autres po teaux 1 dans les deux autres encoches 5 de la plateforme 1. La fixation des poteaux est améliorée en maçonnant les trois encoches pour encastrer parfaitement les pieds de ces derniers. Le réservoir 3 amené en pièces détachées est assemblé sur la plate-forme 1 entre les trois poteaux 4. il présente en saillie, en regard de chacun de ceux-ci, une fourchette haute 22 et une fourchette basse 23 dont les branches respectives emprisonnent, de part et d'autre, le poteau considéré et portent un galet fou de guidage haut 24 ou bas 25, conformé en diabolo si la section de ce poteau est uniformément circulaire. Bien entendu, pour que le guidage du réservoir en montée soit possible, il est nécessaire que les trois poteaux soient parallèles entre eux et que leur section soit constante sur toute leur hauteur. Par ailleurs, le dessus du réservoir est solidaire de trois oreilles 26 situées au voisinage desdits poteaux et prévues pour l'accrochage de câbles de levage 27. Chaque câble longe en s élevant le poteau correspondant, s'enroule partiellement autour d'une poulie de renvoi 28 montée folle au sommet de ce poteau et longe ledit poteau en descendant pour être pris en charge par un appareil de traction 29, du meme type par exemple que le "tirfor" de relevage 18 précité, ce "tirfor" 29 étant accroché sur une console 30 solidaire de la base du poteau considéré. En manoeuvrant en synchronisme les trois "tirfor" 29, on élève le réservoir 3 le long des poteaux 4 jusqu'à ce qu'il parvienne au niveau supérieur représenté en trait interrompu sur la figure 3. Lorsque ce niveau est atteint, une fixation provisoire du rdser- voir est réalisée au moyen de boulons 31 (figure 5) traversant les branches des fourchettes hautes 22, ainsi que des trous 32 percés à l'avance (figure 1) dans les poteaux 4. Puis, éventuellement, les galets 24 et 25 sont démontés et les branches des fourchettes 22 et 23 sont tronçonnées au ras des poteaux. Lesdites branches sont alors sodées définitivement sur ces derniers, que l'opération précédente soit ou non executée. Bien entendu, les câbles de levage 27 sont decrochés des oreilles 26, dégagés des poulies 28 qui peuvent ou non rester en place sur les poteaux et récu pérés avec les "tirfor" 29. L'invention n'est pas limitée à la forme de réalisation, représentée et décrite en détail car diverses modifications peuvent y être apportées sans sortir de son cadre. Elle est applicable à l'édification de réservoirs aériens et, notamment, de châteaux d'eau, en l'absence de moyens de levage autonomes. REVENDICATIONS 1 - Procédé pour édifier un réservoir aérien, tel qu'un chateau d'eau, en l'absence de moyens de levage autonomes, caractérisé en ce qu'il consiste - à construire une plate-forme de soubassement - à coucher successivement sur le terrain au moins trois poteaux pour qu'ils s'étendent dans des directions sensiblement radiales par rapport au centre de la plate-forme et qu'ils butent par leurs pieds contre des appuis de celle-ci ;; - à dresser ces poteaux au fur et à mesure qu'ils sont déposés, par pivotement du pied de chacun d'eux sur l'appui correspondant, en tirant à un niveau supérieur à celui de la plate-forme dans le plan vertical du poteau considéré sur un point de celui-ci déporté latéralement et situé au dessus - à fixer définitivement dans la plate-forme le pied de chaque poteau dès que le poteau considéré est dressé - à monter le réservoir entre les poteaux - à hisser ce réservoir jusqu'au niveau supérieur choisi, en le guidant le long des poteaux et en le tirant près de chacun de ceux-ci > dans une direction montante puis descendante, après renvoi au sommet - et à fixer ledit réservoir sur chacun des poteaux lorsqu'il est parvenu au niveau supérieur précité. 2 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que, pour dresser chaque poteau, on exerce la traction en prenant appui sur la plate-forme. 3 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que, pour hisser le réservoir, on exerce les tractions synchrones le long des poteaux en prenant appui sur la plate-forme. 4 - Installation mettant en oeuvre le procédé selon l'une quelconque des revendications 1 å 3, caractérisée : - en ce que la plate-forme présente au moins trois encoches pour l'appui des pieds des poteaux à dresser - en ce qu'une chèvre de relevage est successivement montée en regard de chacun des poteaux et comporte un montant coopérant éventuellement avec des contrevents et ancre au sol, pour supporter un appareil-de traction, tel qu'un treuil à commande manuelle, tirant sur un cable qui s'élève le long du montant, est dévié par une poulie de renvoi de celui-ci et prend l'extrémité libre d'un bras démontable rendu solidaire en porte à faux du poteau à dresser ;; - et en ce que chaque poteau est équipé d'un moyen inférieur de fixation du poteau considéré sur la plate-forme, d'un moyenbas pour l'appui d'un appareil de traction, tel qu'un treuil à commande manuelle, d'une poulie supérieure de renvoi du câble de celui-ci et d'un moyen haut de fixation du réservoir sur ce poteau, tandis que ledit réservoir est muni, en regard de chaque poteau, d'un moyen de guidage en translation verticale le long de celui-ci, d'un moyen d'accrochage du cable de l'appareil de traction correspondant et d'un moyen conjugué de fixation sur le poteau considéré. 5 - Installation selon la revendication 4, caractérisée en ce que le bras démontable, à rapporter sur chaque poteau, est muni en bout d'une poulie folle de renvoi autour de laquelle passe le câble de l'appareil de traction de la chèvre de relevage, l'extrémité libre de ce câble étant accrochée sur le montant de cette dernière.