La présente invention concerne une lentille à puissance focale progressivement variable. L'invention a pour but de réaliser des lentilles qui permettent à une personne dont le pouvoir d'accommoda- tion du cristallin est réduit de voir successivement de loin et de près avec un bon confort visuel. Les brevets FR 2 058 499 et 2 079 663 ainsi que les brevets GB 1 484 382, 1 484 383 et 1 484 396 décrivent des lentilles classiques à puissance progressive. Les len- tilles que décrivent ces brevets comportent une zone de vision de loin (qu'on appellera ci-après "zone lointaine"), une zone de vision intermédiaire (qu'on appellera ci-après "zone intermédiaire") et une zone de vision de près (qu'on appellera ci-après "zone proche"). En outre, ces brevets sont basés sur la technique bien connue selon laquelle la lentille comporte une méridienne principale, du type ombi- lic, dont on fait varier progressivement la courbure par apport d'une addition de puissance prédéterminée. Les différents brevets précités ont également leurs caractéris- tiques propres. La lentille qui correspond aux brevets FR 2 058 499 et 2 079 663 est basée sur le principe de conception selon lequel l'aberration qui existe inévitablement dans la len- tille à puissance progressive doit être répartie uniformé- ment sur toute la surface de la lentille, afin de réduire la déformation de l'image ainsi que le saut de l'image lorsque le porteur des lentilles déplace son visage. La ligne d'intersection entre le plan orthogonal à la méri- dienne principale et la surface de réfraction n'est circu- laire qu'à son point central. Dans la partie supérieure par rapport au point central, le rayon de courbure de la ligne d'intersection diminue au fur et à mesure qu'on s'éloigne de la méridienne principale. Dans la partie inférieure, le rayon de courbure augmente au fur et à mesure qu'on s'éloi- gne de la méridienne principale. La partie supérieure comme la partie inférieure de la ligne d'intersection sont des courbes non circulaires. Ainsi, toutes les parties sauf une sont des courbes non circulaires. Il est donc évident que la région de vision nette (dans la plage dans laquelle l'astig- matisme est inférieur ou égal à 0,5 dioptrie) est étroite dans la zone proche. En outre, elle est également très étroite dans la zone lointaine. Du fait que-lutilisateur observe une région étendue lorsqu'il regarde au loin, une telle région étroite est très incommode. Le principe de conception des brevets GB 1 484 382, 1 484 383 et 1 484 396 consiste en ce qu'on- doit donner une grande étendue à la région de vision nette dans la zone lointaine et dans la zone proche, et en ce qu'on doit con- centrer les aberrations à la périphérie de la région de vision nette, sous la forme d'une bande longue et étroite, afin d'obtenir une vision relativement bonne dans la partie qui se trouve à l'extérieur de la partie dans laquelle les aberrations sont concentrées. Par exemple, la zone intermé- diaire est divisée latéralement en cinq partieset on fait en sorte que la partie centrale parmi elles soit une région dans laquelle l'aberration est faible et la région de vision nette est étendue. Dans les deux parties extérieures, on corrige l'effet prismatique de façon à l'annuler. Chaque partie intercalée entre la partie centrale et l'une des deux parties extérieures est une partie frontière. Les aberrations sont concentrées dans ces parties frontières et de ce fait l'astigmatisme y devient très important et l'image y est très déformée. Lorsqu'on observe une ligne horizontale, sa partie centrale présente une forme en U renversé ( fi) mais la ligne est horizontale dans ses par- ties les plus extérieures, si bien qu'elle présente une courbure brusque dans les parties frontières. Comme la zone proche, la zone intermédiaire d'une telle lentille est formée par une surface circulaire et, en outre, toute la surface de la zone lointaine est constituée par une surface sphérique. De ce fait, les régions de vision nette de la zone lointaine (vision de loin) et de la zone proche (vision de près) sont extrêmement grandes, en comparaison de celles des lentilles des brevets FR 2 058 499 et 2 079 663. Du fait de l'existence de régions étendues de vision nette et de la correction de l'effet prismatique des régions les plus exté- rieures, les aberrations sont essentiellement concentrées dans les régions frontières. Lorsqu'on porte ces lentilles, le saut d'image se manifeste fortement, ce qui est une source d'inconfort. Ainsi, malgré un point favorable qui consiste dans l'existence de régions de vision nette éten- dues pour la vision de loin et de près, l'utilisation effec- tive de ces lentilles donne une sensation d'inconfort à la personne qui les porte. Les lentilles mentionnées ci-dessus conviennent à certaines utilisations spéciales qui sont adaptées aux caractéristiques de ces lentilles, comme par exemple cer- tains types de sports, la lecture, la prise de notes, etc. Ces lentilles présentent cependant certains défauts mention- nés ci-dessus qui produisent une gene pour le porteur dans le cas de l'utilisation courante aussi bien que pour les travaux et les sports mentionnés ci-dessus. L'invention apporte une amélioration globale aux défauts précités et offre des lentilles à puissance focale progressivement variable. En effet, ces lentilles ont une région de vision nette dont l'étendue convient à l'utilisa- tion courante, dans chacune des zones de vision de loin, de vision intermédiaire et de vision de près, et la concentra- tion des aberrations est réduite dans la partie périphéri- que. La zone lointaine est divisée horizontalement en trois parties. La partie centrale est une région de vision nette dans laquelle l'astigmatisme est inférieur ou égal à 0,5 dioptrie. Dans les parties qui se trouvent de part et d'autre de la partie centrale, l'astigmatisme est supérieur à 0,5 dioptrie. De ce fait, l'astigmatisme et la distorsion sont réduits à l'extérieur de la zone intermédiaire et de la zone proche. La largeur de la partie centrale est supé- rieure à 30 mm. Cette valeur de 30 mm correspond à la plage de rotation des yeux de 300, qui est très fréquemment utili- sée. L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui va suivre d'un mode de réalisation, et en se référant aux dessins annexés sur lesquels: La figure 1 est une vue de face de la lentille à puissance focale progressive qui correspond à l'invention. La figure 2 est une vue en perspective de la len- tille à puissance focale progressive qui correspond à l'in- vention. La figure 3(a) est un graphique qui montre la variation de courbure le long de la méridienne principale- de la lentille qui correspond à l'invention. La figure 3(b) est un graphique qui montre la variation de la valeur de k (coefficient asphérique) dans le cas o la ligne d'intersection entre la surface de -réfraction et le plan orthogonal à la méridienne principale - de la lentille à puissance focale progressive qui correspond à l'invention est une courbe du second degré. La figure 4 montre la forme de la ligne d'inter- section dans la zone de vision de loin de la lentille à puissance focale progressive qui correspond à l'invention. La figure 5 montre la variation de la courbure le long de la ligned'intersection qui passe par les points A., AF et AN. La figure 6 représente la déformation d'un qua- drillage à mailles carrées vu à travers la lentille à puissance focale progressive qui correspond à l'invention. La figure 7 représente la zone de vision nette de la lentille à puissance focale progressive. Comme le montre la figure 1, la méridienne princi- pale MM' de la lentille de l'invention est pratiquement ver- ticale, en une position centrale. Lorsqu'on parcourt la méridienne principale MM' à partir de la partie supérieure, on trouve une zone lointaine F, une zone intermédiaire P et une zone proche N. Ces zones se raccordent successivement les unes aux autres. La zone lointaine F précitée est divi- sée en trois parties dans une direction horizontale, à savoir une partie F1 dont la méridienne principale MM' occupe pratiquement le centre, et des parties F2 et F3 qui se trou- vent de part et d'autre de la partie F1. La courbure de la méridienne principale MM' varie progressivement dans la zone intermédiaire de façon à donner une addition de puissance prédéterminée. On peut représenter la forme de la variation par une ligne droite, une ligne cubique ou d'autres formes arbitraires. Pour réduire au minimum l'astigmatisme le long de la méridienne principale MM', la totalité de la ligne correspondant à la méridienne principale de la zone F jusqu'à la zone N doit être formée par des points ombilics. Un point ombilic est un point auquel les rayons de courbure dans les directions des rayons de courbure principaux sont identiques. Il correspond à une surface sphérique. Dans la partie inférieure de la région centrale en direction horizontale F1, mentionnée précédemment, de la zone de vision de loin F, la ligne d'intersection entre le plan orthogonal à la méridienne principale et la surface de réfraction de la lentille est représentée par une courbe non circulaire dont le rayon de courbure diminue au fur et à mesure qu'on s'éloigne du point d'intersection avec la méridienne principale MM' (mais l'écart par rapport à la forme circulaire est relativement faible du fait que la quasi-totalité de la partie F1 correspond à une zone de vision nette). Du fait que le rayon de courbure de la méridienne principale MM' dans la zone lointaine F est supérieur au rayon de courbure dans la zone proche N, si les lignes d'intersection dans la zone lointaine F comme dans la zone proche N sont circulaires, la différence de puissance augmente progressivement lorsqu'on s'éloigne du point d'intersection. Pour cette raison, on adopte la courbe non circulaire mentionnée précédemment pour donner à cette différence une valeur faible et pour rendre progressive la correction entre la zone lointaine F et la zone proche N, en passant par la zone intermédiaire P. De ce fait, on peut réduire l'astigmatisme et la distorsion dans les régions de raccordement. La ligne d'intersection dans la région centrale F1 de la zone lointaine F perd son caractère non circulaire lorsqu'elle s'approche de la partie supérieure de la méri- dienne principale. En effet, elle devient progressivement voisine de la forme circulaire et devient exactement circu- laire en une partie déterminée. Une fois qu'elle est devenue circulaire, elle conserve cette condition. Ainsi, dans la partie supérieure de la zone lointaine F, la ligne d'inter- section mentionnée précédemment prend une forme circulaire, si bien que l'astigmatisme devient très faible et on peut obtenir une région de vision nette étendue pour la vision de loin. Ceci est très commode du fait que le porteur des lentilles lève généralement les yeux lorsqu'il regarde au loin et qu'il est nécessaire de disposer à ce moment d'une région de vision nette étendue dans la partie supérieure de la zone lointaine F. Les deux parties F2 et F3 qui se trouvent de cha- que coté de la zone lointaine F sont rarement utilisées lorsqu'on emploie les lentilles de l'invention en lunettes. De ce fait, ces régions ne produisent pas d'effet défavora- ble sur les yeux, même si elles manifestent des aberrations assez importantes. En conséquence, les lignes d'intersection de ces parties F2 et F3 sont un peu différentes de la courbe de la partie F1. L'utilisation de cette structure permet de réduire les aberrations dans la zone proche N et dans la zone intermédiaire P (en particulier dans les parties laté- rales respectives de ces zones), et d'éviter une concentra- tion des aberrations dans une partie déterminée de la sur- face de la lentille. Dans la zone proche N, la ligne d'intersection entre le plan orthogonal à la méridienne principale MM' et la surface de réfraction de la lentille est une courbe non circulaire dont le rayon de courbure augmente tout d'abord et diminue ensuite au fur et à mesure qu'on s'éloigne du point d'intersection avec la méridienne principale MM'. On augmente tout d'abord le rayon de courbure dans le but de raccorder progressivement la zone lointaine et la zone pro- che. Dans ce cas, il est nécessaire que le taux d'augmenta- tion du rayon de courbure soit assez élevé afin d'établir une région de vision nette qui soit suffisamment grande pour permettre une utilisation commode. Si on n'accroit pas le taux d'augmentation, l'aberration devient trop grande lorsqu'on se dirige vers la partie latérale. On doit donc faire diminuer le taux d'augmentation, à partir d'une cer- taine région. On peut alors faire en sorte que la distor- sion sur les côtés de la zone proche soit faible et que le saut d'image soit faiblement ressenti, et on peut en outre réduire également l'astigmatisme. Dans la zone intermédiaire P, lorsque la ligne d'intersection entre le plan orthogonal à la méridienne principale MM' et la surface de réfraction de la lentille s'éloigne du point d'intersection avec la méridienne prin- cipale MM', le rayon de courbure diminue du coté de la partie de raccordement avec la zone lointaine F, et il augmente du côté de la partie de raccordement avec la zone de vision proche N. (Le rayon de courbure diminue ensuite de la même manière que dans la zone proche N). Le rayon de courbure passe successivement d'une diminution à une augmentation entre ces côtés de raccordement avec la zone proche et la zone lointaine. Cette variation n'est pas monotone. La ligne d'intersection pour laquelle le taux d'augmentation est maximal se trouve pratiquement dans la partie centrale de la zone intermédiaire P. La zone loin- taine F et la zone proche N peuvent ainsi être raccordées plus progressivement et l'astigmatisme au voisinage de la méridienne principale MM' diminue, ce qui a pour conséquen- ce d'élargir le champ pour la vision intermédiaire. On décrira des lentilles réalisées en CR-39, ayant une puissance focale de O dioptrie et une addition de puissance de 2 dioptries, à titre de mode de réalisation de l'invention. Sur les figures 2 et 3, les valeurs de la puissan- ce dioptrique en chaque point sont les suivantes Point A1 Pw dioptrie Point A2 PW2 l 1,0 dioptrie Point A3 PW3 12,0 dioptries Les points A1 et A3 sont les centres optiques respectifs de la zone lointaine F et de la zone proche N. La valeur de la courbure sur la méridienne princi- paleMM' est constante dans la zone lointaine F et dans la zone proche N. Elle varie conformément à une courbe en sinus du point A1 au point A3. Les valeurs aux points respectifs sont les suivantes Point A1 1/Rl = 0, 01094 (Rl = 91,41 mm) Point A2 1/R2 = 0,01279 (R2 - 78,17 mm) Point A3 1/R3 = 0,01479 (R3 = 67,60 mm) Il n'y a donc aucune variation de puissance sur la méri- dienne principale MM' dans la zone lointaine F et dans la zone proche N, ce qui permet d'obtenir un bon champ de vision. Dans la zone lointaine F, la ligne-d'intersection entre le plan orthogonal à la méridienne principale MM' et la surface de réfraction de la lentille est représentée par exemple par la courbe du second degré: y = cx2 (1 +Nfl - kc. x), en désignant par k le coefficient asphérique et par c la courbure (1/R). La figure 4 montre la forme de la ligne d'intersection. Le rayon de courbure devient de plus en plus faible au fur et à mesure que la ligne d'intersection s'éloigne de la méridienne principale. Sur cette figure, la ligne en pointillés représente une courbe circulaire. La ligne d'intersection s'écarte de plus en plus du cercle du fait que la valeur de k augmente lorsqu'on suit la ligne d'intersection en se dirigeant vers la partie inférieure de la zone lointaine F. Lorsqu'on suit la ligne d'intersection en se dirigeant vers la partie supé- rieure de la zone lointaine F, la valeur de k diminue (c'est-à-dire que la différence de forme par rapport au cer- cle devient plus faible). Dans la partie intermédiaire de la zone lointaine F, k devient égal à 1 (cercle) et k demeure toujours égal à 1 dans la partie qui se trouve au-dessus de la partie intermédiaire. La figure 3(b) montre la variation de k. La courbure de la ligne d'intersection qui passe par le point A correspond à une courbe a-a' qui est représentée F sur la figure 5, et la courbure sur toutes les lignes d'intersection qui sont situées au-dessus de la ligne d'in- tersection passant par le point A0 correspond à la ligne a-a". (On n'a représenté dans les deux cas qu'une moitié de la ligne d'intersection). La largeur de la partie'centrale F1 est d'environ 40 mm. Dans la zone proche N comme dans la zone intermé- diaire P, la ligne d'intersection n'est pas aussi simple que dans la zone lointaine F. C'est une courbe spéciale qui com- porte un terme de degré supérieur. Elle est cependant simi- laire à la courbe du second degré dans la partie qui est - proche de la méridienne principale MM' (environ 10 mm d'un côté ou de l'autre). La figure 3(b) montre la variation de k dans ce cas, par rapport à la valeur de k dans la zone lointaine F. Comme le montrent les figures 3(a) et 3(b), la courbure et la valeur de k de la ligne d'intersection dans la zone proche N varient peu et sont presque constantes, sauf dans la partie de raccordement avec la zone intermé- diaire P. La largeur de la région de vision nette pour la vision de près est également presque constante. La courbe b-b' de la figure 5 montre la variation de courbure sur la ligne d'intersection mentionnée précédemment qui passe par le point AN. La zone lointaine F et la zone proche N sont raccordées par la zone intermédiaire P, et la-valeur de k de la zone P est minimale au voisinage de la partie centrale de cette zone (légèrement du côté de la zone proche N), comme le montre la figure 3(b). On obtient ainsi une amélio- ration de la distorsion comme de l'astigmatisme, en compa- raison du cas dans lequel le coefficient k de la zone inter- médiaire P varie de façon monotone. La figure 6 montre la distorsion qui se manifeste lorsqu'on observe un quadrillage à mailles carrées à travers la lentille correspondant à l'invention. Du fait que la moitié supérieure de la zone loin- taine F est pratiquement une surface sphérique, on ne cons- tate aucune distorsion. Le quadrillage à mailles carrées qui est observé à travers la lentille demeure inchangé et ses dimensions ne varient pas. Comme on l'a mentionné précédem- ment, dans la partie inférieure la forme de la ligne d'inter- section correspond à une courbe asphérique et le rayon de courbure diminue lorsque la ligne d'intersection s'éloigne de la méridienne principale MM', ce qu'on peut voir sur la figure 6 sur laquelle les intervalles entre les lignes ver- ticales du quadrillage augmentent progressivement. Dans la zone proche N, il existe une partie dans laquelle on voit le quadrillage avec une taille un peu plus grande que la taille réelle et avec des mailles presque carrées. Cette partie est presque identique à la région de vision nette de la zone proche N. De la même manière que dans la zone lointaine F, la variation du rayon de courbure de la ligne d'intersection se manifeste par la variation de l'intervalle entre les lignes verticales du quadrillage. Dans la partie qui se trouve à l'extérieur par rapport à la partie quasicentrale, entre la méridienne principale MM' et le bord de la lentille, les lignes verti- cales du quadrillage apparaissent sous la forme de lignes presque droites, mais elles ne sont pas exactement vertica- les et sont légèrement inclinées. Ceci est dû à ce que la valeur de k (coefficient asphérique) change dans la zone proche. De plus, dans la zone intermédiaire P et dans la zone proche N, l'inclinaison des lignes verticales demeure inchangée, sans correction de l'effet prismatique. Les lignes verticales du quadrillage ne sont pas exactement verticales mais sont très légèrement inclinées. Le saut d'image qu'on éprouve lorsqu'on. déplace le visage ou les yeux est moindre dans le cas o ces lignes apparaissent droites que dans le cas o elles présentent une déforma- tion soudaine. En outre, la concentration de l'astigmatisme est faible, si bien que le flou qu'on ressent est faible et l'utilisation des lunettes s'en trouve facilitée. En ce qui concerne le saut d'image, il est iden- tique pour les lignes horizontales. Dans la partie extérieu- re de la zone proche N et dans la zone intermédiaire P, les lignes horizontales du quadrillage sont presque horizontales mais on les voit descendre en s'approchant du bord extérieur. Dans ce cas, on réduit l'importance de la réfraction et la variation devient progressive, si bien que le porteur ressent rarement le saut d'image. Globalement, le quadrillage qu'on voit à travers cette lentille ne comporte aucune partie présentant une variation brusque, et le saut d'image que ressentent les yeux est faible. La valeur de l'effet prismatique de la lentille de l'invention est la suivante. Cette valeur s'exprime sous la forme: 2f/.x À. On a ici: z, f(x, y). x et y sont les distances dans les directions horizontales et verticales, avec le centre géométrique (centre optique dans la zone lointaine de ce mode de réalisation) à l'origine, et z est la distance de la surface de réfraction par rapport au plan x-y. Lorsque l'effet prismatique est nul, on a: Q2f/1x)y = 0. Cependafnt, dans la lentille ayant une addi- tion de puissance de 2 dioptries qui correspond à l'inven- tion, la valeur de y2f/nx. est comprise entre 0,0007 et 0,0016 dans la région latérale de la zone intermédiaire P. Cette valeur augmente dans le cas o l'addition de puissan- ce est plus élevée. Ainsi, dans la lentille à puissance focale progressivement variable qui correspond à l'inven- tion avec une addition de puissance de 1 à 3 dioptries, la valeur de;2f/,3x4r est comprise entre 0,0003 et 0,0020. La lentille qui correspond à l'invention présente une telle valeur d'effet prismatique du fait qu'on adopte une courbe non circulaire spéciale dans la zone intermé- diaire P. Cette valeur n'est pas corrigée pour obtenir les effets mentionnés précédemment, compte tenu de l'équili- brage global des aberrations de la lentille. La figure 7 montre l'étendue de la région de vision nette pour la vision de loin, la vision de près et la vision intermédiaire. Cette région est suffisamment étendue pour l'utilisation courante. En particulier, dans la zone de vision de loin la région de vision nette présente une étendue suffisante compte tenu de l'angle de rotation des yeux. Sur cette même figure, la partie hachurée repré- sente la région dans laquelle l'astigmatisme est plus élevé. C'est la région extérieure qui présente la plus forte valeur d'astigmatisme. Cependant, la valeur de l'astigmatisme n'augmente pas rapidement, mais lentement. Ainsi, dans la lentille qui correspond à l'inven- tion la région de vision nette est très étendue pour la vision lointaine, dans laquelle il est nécessaire de voir un champ large, et la région de vision nette de la zone proche et de la zone intermédiaire a également une largeur telle que l'utilisateur ne ressent aucune gêne dans la vie courante. Du fait que l'astigmatisme est réparti afin d'éviter une concentration dans une région particulière, et que la région de vision nette est acquise de la manière mentionnée ci-dessus, on peut obtenir une lentille à puissance focale progressivement variable convenant parfaitement à l'utilisa- tion quotidienne courante. Lorsqu'on utilise effectivement la lentille à puissance focale progressivement variable qui correspond à l'invention, on fait en sorte que le point A1 soit le cen- tre de la lentille et on fait tourner la lentille de manière que le point A3 soit légèrement à l'intérieur. Ceci résulte du fait que la distance entre les pupilles des yeux d'une personne diminue lorsqu'elle regarde un objet- proche. Il va de soi que de nombreuses modifications peu- vent être apportées au dispositif décrit et représenté, sans sortir du cadre de l'invention. REVENDICATIONS 1. Lentille ophtalmique comportant une zone de vision de loin F dans la partie supérieure de la lentille, une zone de vision de près N dans la partie inférieure de la lentille, une zone de vision intermédiaire P qui s'étend entre la partie supérieure et la partie inférieure, dans la partie intermédiaire, et une méridienne principale MM' qui est pratiquement verticale et en position centrale, carac- térisée en ce que la zone de vision de loin F est divisée horizontalement en trois parties dans lesquelles l'astigma- tisme est le plus faible dans la partie centrale F1 et il augmente dans les parties qui se trouvent des deux côtés de cette partie centrale, tandis qu'une partie de la méri- dienne principale MM' se trouve dans la région approxima- tivement centrale de la partie centrale F1. 2. Lentille ophtalmique selon la revendication 1, caractérisée en ce que la largeur de la partie centrale F1 de la zone de vision de loin F est supérieure à 30 mm. 3. Lentille ophtalmique selon la revendication 1, caractérisée en ce que l'effet prismatique J 2f/$ lx dans la région latérale de la zone de vision intermédiaire est com- pris entre 0,0003 à 0,0020 pour une addition de puissance comprise entre 1 et 3 dioptries. 4. Lentille ophtalmique comportant une zone de vision de loin F dans la partie supérieure de la lentille, une zone de vision de près N dans la partie inférieure, une zone de vision intermédiaire P dans laquelle la puissance dioptrique à la surface varie progressivement, de la partie supérieure vers la partie inférieure, dans la partie inter- médiaire, et une méridienne principale MM' qui est pratique- ment verticale et en position centrale, caractérisée en ce que: dans la partie inférieure de la zone de vision de loin F, la ligne d'intersection entre la surface de réfraction et le plan orthogonal à la méridienne principale MM' est une courbe non circulaire dont le rayon de courbure diminue lorsqu'on s'éloigne de la méridienne principale MM', le taux de diminution de la valeur du rayon de courbure diminuant successivement jusqu'à 0 (c'est-à-dire que la courbe devient circulaire), après quoi il devient constant; dans la zone de vision de près N, le rayon de courbure de la ligne d'in- tersection entre la surface de réfraction et le plan ortho- gonal à la méridienne principale MM' augmente lorsqu'on s'éloigne de la méridienne principale MM', puis diminue ensuite, le taux d'augmentation du rayon de courbure étant presque constant sauf dans une partie qui est raccordée à la zone de vision intermédiaire et au voisinage de cette partie; dans la zone de vision intermédiaire P, la ligne d'intersection entre le plan orthogonal à la méridienne principale MM' et la surface de réfraction est une courbe non circulaire dont le rayon de courbure augmente lorsqu'on s'éloigne de la méridienne principale MM', sauf dans une partie qui est raccordée à la zone de vision de loin F et au voisinage de cette partie, le taux d'augmentation du rayon de courbure étant maximal dans la partie approximati- vement centrale de la zone de vision intermédiaire; et la méridienne principale MM' est entièrement une ligne ombilic et, dans la zone de vision intermédiaire, elle présente un changement de courbure qui donne une addition de puissance prédéterminée lorsqu'on passe de la zone de vision de loin F à la zone de vision de près N. 5. Lentille ophtalmique selon la revendication 4, caractérisée en ce que l'effet prismatique _32f/1,xjy dans la région latérale de la zone de vision intermédiaire est com- pris entre 0,0003 à 0,0020 pour une addition de puissance comprise entre 1 et 3 dioptries.