La présente invention concerne un dispositif pour conformer une pièce allongée à une surface de référence, plane ou courbe, notamment pour dresser une pièce allongée. On connaît déjà un procédé qui permet notamment de dresser une pièce allongée, par exemple une poutre ou une plaque, par application à la pièce, supportée en au moins deux points, d'au moins un effort de flexion, produisant une déformation permanente appropriée. Ce procédé de dressage par flexion est-mis en oeuvre de la façon suivante, qui est illustrée sur la figure 1 du dessin annexé La--pièce -à dresser, par exemple une plaque métallique cintrée, Ai est tout d'abord posée sur un marbre B (figure l-a), et l'on détermine avec précision la flèche f de la pièce à dresser; la pièce A est ensuite amenée en-dessous du-plateau d'une presse, où elle est déposée sur deux appuis C et X, situés dans un même plan horin ntal (figure 1-b); on fait ensuite descendre le plateau de la presse# de manière à appliquer à la pièee. A un effort vertical de flexion F, suffisant:pour annul#er#la flèche f de la pièce cintrée, et même éventuellement pour inverser la courbure de ladite pièce A, comme illustré sur la figure l-c; l'effort de flexion F ést.choisi suffisant pour que soit dépassée la limite de déformation élastique du matériau constitubant la pièce A; la pièce A est ensuite replacée sur le marbre X, pour mesurer sa flèche résiduelle f (figure l-d); sicettederùière est supérieure à:#la tolérance fixée, on répète l'opération illustrée sur la figure l-b-c, jusqu'à ce que la flèche résiduelle soit nulle-, ou tout au moins inférieure à la tolérance fixée. La mise en oeuvre de ce procédé connu .est rendue compliquée et longue par la nébessité- de transférer plusieurs fois de suite la pièce à dresser, entre le marbre et la presse. Le dispositif selon la présente invention permet .également de conformer une pièce allongée à une surface de référence, et notamment de dresser une pièce allongée, par application à cette pièce, supportée en au moins deux points, d'au moins un effort de flexion, produisant une déformation permanente appropriée; il permet cependant d'accélérer nota blement les opérations de dressage en supprimant la nécessité de transférer plusieurs fois de suite la pièce à dresser entre un marbre et la presse. Le dispositif selon la présente invention est du type qui vient d'être indiqué, et il est caractérisé en ce qu'il comporte essentiellement un grand nombre de touches, montées pivotantes sur un mme axe sans flexion, des moyens élastiques, tels que des ressorts, pour maintenir respectivement lesdites touches pivotantes dans des positions respectives de butée, où les faces juxtaposées des touches, convenablement rectifiées, forment, pour la pièce à dresser, une surface d'appui allongée, conforme à la surface de référence, et des moyens pour bloquer en position de butée au moins deux quelconques desdites touches pivotantes. Le dispositif selon la présente invention étant placé en-dessous du plateau d'une presse, et la pièce à dresser étant posée sur la surface d'appui formée par les faces juxtaposées des touches, la flèche de la pièce à dresser peut être immédiatement déterminée puisque ladite surface d'appui est conforme à la surface de référence à laquelle la pièce doit Etre conformée; après avoir bloqué en position de butée deux au moins des touches pivotantes, pour leur permettre de jouer respectivement les rôles des organes d'appui C et D, indiqués sur la figure l-b, on peut alors faire exercer effort de flexion nécessaire par la presse dont le plateau surmonte le dispositif portant la pièce à dresser, sans qu'il soit nécessaire d'effectuer un transfert quelconque du dispositif et/ou de la pièce; bien entendu, l'inversion éventuelle de la courbure de la pièce àdresser (Figure l-c) est autorisée par le pivotement des touches du dispositif, qui ne sont pas bloquées, certaines au moins de ces touches pouvant entre ramenées éventuellement en position de butée, par les ressorts correspondants, lorsque effort de flexion exercé par la presse est supprimé. La détermination de la flèche résiduelle f peut alors nécessiter de retourner la pièce sur la surface d'appui du dispositif, dans le cas où sa déformation permanente précédemment produite a eu pour effet d'inverser la flèche initiale f. Les opérations de dressage peuvent #tre poursuivies de la façon précédemment décrite, jusqu a ce que la flèche résiduelle soit satisfaisante ou nulle. Le dispositif selon la présente invention offre en outre l'avantage d'être utilisable non seulement pour le dressage d'une pièce allongée, telle qu'une poutre, une plaque... etc., mais aussi pour conformer une pièce allongée quelconque à une surface de référence courbe; il suffit pour cela d'utiliser un dispositif dont la surface d'appui, formée par les faces juxtaposées des touches, convenablement rectifiées, soit conforme à la surface courbe de référence. A titre d'exemple, on a décrit ci-dessous et illustré schématiquement au dessin annexé une forme de réalisation du dispositif selon la présente invention. La figure 1 illustre le procédé connu de dressage par flexion. La figure 2 est une vue en plan de ladite forme de réalisation. La figure 3 est une coupe suivant la ligne III-III de la figure 2. Le dispositif illustré schématiquement sur les figures 2 et 3 est constitué essentiellement par une plaque de base 1, de forme rectangulaire allongée, en particulier une plaque d'acier de forte épaisseur; le bord gauche (sur la figure 3) de la plaque de base 1 forme un palier longitudinal 2, dans lequel un axe 3, de m#me longueur que la plaque de base 1, est fixé par tous moyens appropriés, par exemple par des vis DE, 3b, de manière à être supporté sur toute sa longueflr, et à ne subir par suite aucune flexion. Sur cet axe 3 sont enfilées, en juxtaposition, des touches en forme de levier coudé, 4, dont chacune présente, dans l'exemple de réalisation considéré, un bras 4a, ayant une longueur sensiblement égale à la largeur de la plaque de base 1, et un bras plus court, 4b, sensiblement perpendiculaire au bras 4a, et s'étendant presque jusqu'à la face inférieure de la plaque de base 1. Chacune des touches 4 présente, dans la zone de raccordement de ses deux bras 4a et 4b, un alésage 5, qui est ouvert au niveau du palier 2, et qui permet un pivotement libre, d'amplitu de limitée, de la touche 4 correspondante sur l'axe 3. Sur la face du bras 4a de chaque touche 4, opposée à la plaque de base 1, est fixée, par des vis telles que 6, une plaquette d'appui 7, qui est constituée en un matériau plus résistant que celui des pièces à dresser, et dont la face libre, qui, sur la figure 3, est la face supérieure 7a, est rectifiée de la façon qui sera indiquée ultérieurement; les bords tels que 7d de chacune des plaquettes d'appui telles que 7 sont arrondis pour éviter d'endommager la pièce en cours de dressage.L'extrémité libre du bras 4b de chaque touche 4 est traversée par un goujon fileté 8, dont l'extrémitd tournée du cSté du bord la de la plaque de base 1 vient en butée contre ce bord la lorsque la touche 4 tend à pivoter dans le sens inverse des aiguilles d'une montre (sur la figure 3) sous l'action d'un ressort hélicoidal 9, dont les extrémités sont logées respectivement dans des évidements appropriés des faces en regard de la plaque de base 1 et du bras 4a de la touche 4; un écrou 10,. qui immobilise le goujon 8 dans le taraudage correspondant du bras 4b de la touche 4, permet d'ajuster l'inclinaison de la face 7a de la plaquette d'appui 7 par rapport à la plaque de base 1 lorsque la touche 4 est poussée par le ressort 9 dans sa position de butée, visible sur la figure 3.Les touches 4 sont maintenues juxtaposées sur l'axe 3- grâce à des rondelles 11, qui sont assujetties aux extrémités dudit axe 3 par des vis 12. Le bord droit (sur la figure 3) de la plaque de base 1 présente un bossage lb, qui forme une glissière, parallèle à l'axe 3, pour des cales du type curseur, 13, dont deux sont prévues dans la forme de réalisation considérée; chacune des cales 13 a une largeur au plus égale à celle des touches en forme de levier coudé, 4, et une épaisseur suffisante pour maintenir dans la position de butée visible sur la figure 3, la touche 4 en regard de laquelle se trouve la cale 13. Le bord droit de la plaque de base 1 est pourvu d'empreintes équidistantes 14, qui sont placées chacune en regard de l'une des touches 4, et dans chacune desquelles un ressort 15, logé dans un évidement approprié de la partie inférieure de la cale 13, peut pousser une bille 16. Les différentes pièces du dispositif précédemment décrit, à ltexception des plaquettes d'appui 7, sont assemblées, puis les goujons de réglage 8 des différentes touches 4 sont ajustés de manière que les faces supérieures 4c, juxtapo- sées, des différentestouches 4 se trouvent sensiblement dans un même plan; on rectifie alors simultanément ces faces supérieures 4c des touches 4; si les efforts verticaux transmis par ltoutil de rectification à chacune des touches 4 sont supérieurs à la force du ressort 9 correspondant, il faut préalablement bloquer chacune des touches 4 dans sa position de butée, visible sur la figure 3, par des moyens appropriés, qui peuvent consister en un nombre de cales 13 égal à celui des touches 4.On fixe ensuite les plaquettes d'appui 7 sur les faces supérieures respectives, 4c, des différentes touches 4, à l'aide des vis 6, puis l'on rectifie à nouveau les faces supérieures 7a, juxtaposées, des plaquettes d'appui 7, fixées aux différentes touches 4, en calant éventuellement ces dernières, de la façon précédemment indiquée. La rectification des faces supérieures 7a des plaquettes d'appui est effectuée de manière que les faces supérieures, rectifiées, 7a, desdites plaquettes d'appui 7, forment une surface conforme à la surface de référence, plane ou courbe. Le dispositif précédemment décrit est utilisé de la façon suivante, par exemple pour dresser une plaque rectangulaire, initialement cintrée La plaque à dresser est tout d'abord posée, par sa face concave, sur le plan de référence formé par les faces supérieures 7a des plaquettes d'appui 7; la plaque à dresser ne repose alors que sur un nombre limité de touches, par exemple sur deux touches, qui ont été désignées par 4A et 4B sur la figure 2; les ressorts 9 ont été dimensionnés de telle sorte que les touches, 4A et 43, sur lesquelles repose alors la pièce à dresser, ne pivotent pas sous l'effet de son poids; cette condition est certainement satisfaite si chaque ressort 9 exerce sur la touche 4 correspondante un effort au moins égal à la moitié du poids de la pièce à dresser la plus lourde, puisqu'elle doit reposer sur au moins deux touches. Après avoir déterminé la flèche de la pièce à dresser~ par rapport au plan de référence formé par les faces supérieures 7a des plaquettes d'appui 7, on fait glisser les deux cales 13 sur la glissière lb jusqu'à ce que leurs billes respectives 16 viennent s'engager dans les empreintes du bord de la plaque de base 1, qui correspondent respectivement aux touches 4A et 4B, ce qui a pour effet de bloquer ces deux touches dans leurspositioxtde butée respectives. On fait ensuite descendre le plateau d'une presse, située au-dessus du dispositif portant la plaque à dresser, de telle sorte qu'il exerce sur cette dernière un effort vertical descendant de flexion, qui produit une déformation permanente appropriée; au cours de cette opération, la plaque à dresser est supportée à un niveau constant par les deux touches bloquées 4A et 4B, et si l'effort de flexion est suffisant pour inverser la courbure de ladite plaque, comme illustré sur la figure 1-c, les touches 4 non bloquées autorisent cette inversion de la courbure de la plaque, en pivotant autour de l'axe 3 dans le sens des aiguilles d'une montre (figure 3), moyennant une compression des ressorts 9 correspondants; lorsque le plateau de la presse est remonté et que l'effort de flexion cesse, les ressorts 9 appliquent les faces supérieures 7a des plaquettes d'appui 7 sur la face inférieure de la plaqueàdresser si cette face inférieure est devenue convexe; si elle est restée concave, avec une flèche résiduelle, ou si elle est devenue parfaitement plane, les mazes ressorts 9 repoussent les touches 4 non bloquées dans leur position de butée visible sur la figure 3. Pour mesurer ensuite la flèche résiduelle de la plaque, il faut retourner celle-ci seulement dans le cas où sa courbure a été inversée, pour permettre aux ressorts g de repousser toutes les touches 4 dans leurs positions de butée respectives. Si la flèche résiduelle ainsi déterminée est supérieure à la tolérance fixée, ltopération précédemment décrite doit être répétée. La forme de réalisation précédemment décrite:du dispositif selon la présente invention est susceptible de nombreuses variantes, évidentes pour lthomme de l'art, et rentrant toutes dans le cadre de l'invention. REVENDICATIONS 10 Dispositif pour conformer une pièce allongée à une surface de référence, plane ou courbe, notamment pour dresser une pièce allongée, par application à la pièce, supportée en au moins deux points, d'au moins un effort de. flexion, produisant une défonnation permanente appropriée, ce dispositif comportant plusieurs leviers montés pivotants sur un même axe et maintenus par des ressorts dans des positions respectives de butée,- et étant caractérisé en ce que les différents leviers pivotants portent ou forment des touches dont les faces juxtaposées, convenablement rectifiées, forment, lorsque lesdits leviers sont en position de butée, une surface d'appui allongée, pour la pièce à dresser, cette surface d'appui étant conforme à la surface de référence, et que des moyens sont prévus pour bloquer en position de butée au moins deux quelconques -desdits leviers pivotants. Dispositif suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comporte une plaque de base de forme allongée, un axe supporté sur toute sa longueur par un palier s'étendant longitudinalement sur ladite plaque de base, des touches en forme de levier, montées pivotantes, en Juxtaposition sur ledit axe, des-ressorts insérés chacun entre la plaque de base et un bras de l'une des touches, de manière à pousser l'autre bras de la touche contre une butée solidaire de la plaque de base, et au moins deux cales, montées coulissantes sur une glissière de la plaque de base, parallèle audit axe, chacune de ces cales ayant des dimensions appropriées pour bloquer une seule touche en position de butée. 30 Dispositif suivant la revendication 2, caractérisé en ce que, sur un bras de chaque touche, en forme de levier, est fixée une plaquette d'appui, en matériau très résistant, convenablement rectifiée et traitée. 40 Dispositif suivant l'une quelconque des revendications 2 et 3, caractérisé en ce que chaque touche a la forme d'un levier coudé, dont l'autre bras vient en butée contre un bord de la plaque de base, de préférence par I1 inter- médiaire d'une vis, permettant d'ajuster la position de butée de la touche correspondante. 50 Dispositif suivant l'une quelconque des revendications 2 à 4, caractérisé en ce que des moyens sont prévus pour immobiliser chaque cales en regard de l'une quelconque des touches, par exemple sous la forme d'un encliquetage, libérable en exerçant sur la cale correspondante une faible poussée dans la direction de la glissière.