L'invention concerne une matière d'étanchéïté destinée en particulier à l'étanchement des berges ou talus des barrages dans les constructions hydrauliques et comprenant un liant bitumineux et un mélange d'agrégats minérauxde granulométrie échelonnée. On connait des matières d'étanchéïté de ce genre qui servent à realiser les revêtements étanches de surface pour les berges des barrages de retenue, réservoirs, canaux et autres ouvrages hydrauliques. En général, elles sont préparées à chaud sur le chantier et appliquées mécaniquement au moyen d'appareils de finissage ou encore manuellement lorsqu'il s'agit de petites surfaces puis elles sont tassées . La mise en oeuvre est le plus souvent effectuée par la mise en place de bandes perpendiculaires à l'axe du barrage,tandis qu'aucun joint n'est prevu entre les différentes bandes. En effet, ces dernières sont JUxtapOséeS et raccordées à chaud en agissant directement sur le mélange. Lors de la fabrication des matières d'étanchéïté connues, il faut surtout veiller à ce qu'elles aient une résistance suffisante pour ne pas glisser sur les surfaces relativement abruptes des berges, sous les températures élevées de mise en oeuvre ou encore1 après la pose, par temps chaud sous l'action des rayons solaires. Pour cette raison, il n'est pas possible d'utiliser des mélanges bitumineux applicables par coulée ou à la truelle et ayant une composition telle qu'ils sont imperméables à l'eau même sans tassement, comme par exemple l'asphalte coulé ou le mastic à l'asphalte. Les matériaux de ce genre n' ont pas une stabilité suffisante. Ils coulent ou glissent lors de la mise en place sur les surfaces inclinées et s'en détachent.C'est pourquoi, en pratique, on utilise seulement des matières d'étanchéïté bitumineuses qui ont une composition du genre du béton bitumineux. Ces matières contiennent seulement assez de liant bitumineux pour avoir encore après la mise en oeuvre, une proportion résiduelle de cavités d'environ i à 2% en volume. Selon ltétat de la technique, une teneur en cavités de cet ordre de grandeur est nécessaire afin que, d'une part, la couche d'étanchéïté soit pratiquement imperméable et que, d'autre part, elle soit suffisamment stable. Avec les appareils de finissage seulement, il n'est pas possible de tasser le béton bitumineux de façon suffisamment dense et il faut un travail supplémentaire très important de tassement au moyen de vibrateurs et de rouleaux avec,de plus,des conditions favorables de mise en oeuvre.En cas de circonstances atmosphé- riques défavorables, telles par exemple des températures extérieures très basses et du vent, un tassement correct n'est pas toujours assuré. Il est particulièrement difficile aussi de réaliser des raccordements homogènes et étanches entre les bandes mises en place. Enfin, le degré de tassement réalisable dépend aussi de ltépaisseur de la couche d'étanchéïté. Il n'est possible d'obtenir l'étanchéïte nécessaire qu'avec des couches relativement épaisses. Selon l'invention, on parvient à réaliser une matière d'étanchéïté de composition telle qu'il est possible de la mettre en place sur des berges en pente ou talus avec les appareils usuels de finissage sans qu'il soit nécessaire de la tasser par la suite.. Grâce à sa seule composition, elle est pratiquement exempte de cavités et imperméable à toutes les pressions d'eau. Il suffit de faire passer sur la matière d dfétanchéité plane à surface fermée. La matière d' étanchéïté selon l'invention contient notablement plus de liant que la masse minérale ne contient de cavités.Pour obtenir la résistance nécessaire à la pose sur des surfaces de berge fortement inclinée, on ajoute des additifs fortement stabilisants, par exemple des matières fibreuses minérales dans la proportion de 10 à-30% du poids du liant,des matières organiques fines pouvant gonfler comme la sciure de bois ou la tourbe dans la proportion de 15-à 30% du poids du liant,du caoutchouc granulé,du caoutchouc ou de la matière synthétique(l0 à 30% du poids du liant par exemple)ou encore des charges minérales fortement renforçantes telles que la poudre fine d'ardoise,les bentonites,la chaux éteinte ou des cendres fines à raison par exemple de 100 à 200% du poids du liant.Grâce aux additifs,il est possible d'adopter une proportion de liant aussi grande que l'on veut,même notablement plusXgmmv de que dans le cas de l'asphalte coulé ou le mastic bitumineux, sans que cela nuise à la résistance.Comme liants,il est possible d'utiliser aussi bien des bitumes que des goudrons. La matière d'éganchéïté selon l'invention présente, par rapport aux matières du genre du béton bitumineux qui sont usuelles dans la construction hydraulique,de nombreux avantages techniques et économiques : Elle n'a pas besoin de subir un tassement ultérieur et garantit à coup sir, sans celui-ci, une imperméabilité absolue. Elle est notablement plus malléable et plus extensible que les matières d'étanchéïté usuelles et peut subir sans s'arracher, tous les tassements auxquels sont pratiquement soumis les ouvrages. Elle peut être mise en place même dans des conditions atmos phériques difficiles ou l'application des matières d'étanchéïté usuelles est très hasardeuse. Par fusion, elle forme des joints homogènes et parfaitement étanches aux endroits de raccordement avec des éléments encas trés et entre les différentes bandes, alors qu'avec les matières usuelles, cela nécessite un travail supplémentaire important de tassement et la réussite n' est souvent qu'imparfaite. Par la suppression du tassement après coup, pour lequel il faut utiliser plusieurs rouleaux ou vibrateurs, on bénéficie d'une réduction des frais de mise en oeuvre. Etant donné l'imperméabilité assurée, les couches d'étanchéïté peuvent être relativement minces, notablement plus minces qu'avec les matières d'étanchéïté usuelles pour lesquelles, pour des raisons de sécurité, il est souvent nécessaire de prévoir une pluralité de couches épaisses appliquées en plusieurs fois. Une composition avantageuse de matière d'étanchéïté bien appropriée, selon l'invention, est définie ci-dessous 50,0 % en poids de pierraille de 2/11mm. 17,0 % en poids de sable de 0,09/2mm. (sable naturel et sable de concassage) 16,5 % en poids de poudre de pierre 3,0 % en poids de fibres d'amiante 13,5 % en poids de bitume 100,0% Comme liant, à la place du bitume, il est aussi possible d' utiliser du. goudron auquel il est encore possible d'ajouter des matières synthétiques. Dans la préparation de la matière d'éan- chéïté, on ajoute de préférence les additifs de renforcement dans le malaxeur pour les malaxer soigneusement avec les autres agrégats et le liant avant que la matière d'étanchéïté ne soit appliquée sur la surface à recouvrir. On effectue alors la mise en place de la matière avec les appareils de finissage usuels. REVENDICATIONS 1 - Matière d'étanchéïté, en particulier pour étancher la surface des berges des ouvrages hydrauliques, formée d'un mélange comprenant un liant bitumineux et un mélange minéral de gra nulométrie échelonnée et caractérisée en ce qu'elle contient du bitume ou-du goudron en excès et des additifs renforçants. 2 - Matière selon la revendication 1, caractérisée en ce que les additifs renforçants sont des matières fibreuses minérales dont la proportion représente 10 à 30% du poids du liant. 3 - Matière selon la revendication 1, caractérisée en ce que les additifs renforçants sont des matières organiques fines capables de gonfler et dont la proportion représente 15 à 30% du poids du liant. 4 - Matière selon la revendication 1, caractérisée en ce que les additifs renforçants sont formés de caoutchouc ou de matières synthétiques dont la proportion représente 10 à 30% du poids du liant. 5 - Matière selon la revendication 1, caractérisée en ce que les additifs renforçants sont des charges minérales fortement renforçantes qui sont ajoutées à raison de 100 à 200 % du poids du liant.