La présente invention concerne un interrupteur commandé par pression différentielle de fluide. Ce type d'interrupteur est couramment utilisé sur les véhicules automobiles comportant un système de freinage hydraulique à deux circuits indépendants, pour détecter, à l'occasion du serrage des freins, une absence ou une nette perte de pression dans l'un des circuits de freinage. De façon classique, les interrupteurs commandés par différence de pression comprennent deux éléments mobiles sous l'effet de la pression et formant poussoirs, en général deux pistons, chacun exposé à la pression de fluide régnant dans l'un des circuits de freinage, et reliés l'un à l'autre en opposition, autrement dit de façon telle que la force developpée par un piston s'oppose au mouvement de l'autre piston sous l'action de la pression que ce dernier piston reçoit. Lorsque les pistons reçoivent des pressions égales, ils restent pratiquement immobiles, et, si les pressions sont inégales, le mouvement conjugué des pistons est utilisé pour établir un contact électrique.Toutefois, il est souhaitable que les pistons se déplacent non pas lorsque les pressions sont peu différentes, mais seulement lorsque la différence de pression dénote une défaillance de l'un des circuits de freinage. I1 se pose donc un problème pour obtenir que le déplacement des pistons ne se produise qu'à partir d'un certain seuil de différence de pression. Suivant diverses dispositions connues, ce problème est résolu au moyen d'un ou plusieurs ressorts dont la force doit être surmontée pour que les pistons puissent se déplacer. L'inconvénient de cette solution réside dans le fait que les ressorts doivent être l'objet d'un tarage qui est quelquefois délicat et risque de varier dans le temps.Un autre problème se pose lorsque l'on désire que le contact établi par l'interrupteur soit permanent et permette d'obtenir un signal d'avertissement qui subsiste en dehors des périodes de freinage, sans qu'il soit nécessaire d'intervenir manuellement pour remettre l'interrupteur en position de fonctionnement normal lorsque le système de freinage est réparé. La plupart des solutions proposées jusqu'à maintenant sont compliquées, ou exigent soit une action manuelle, soit un démontage partiel, pour remettre l'interrupteur en position de fonctionnement normal. La présente invention se propose de réaliser un interrupteur commandé par pression différentielle n'utilisant pas de ressort pour produire un seuil de fonctionnement, et capable de se maintenir en permanence dans la position pour laquelle il permet d'obte nir un signal d'avertissement, tout en étant capable de reprendre automatiquement sa position de fonctionnement normal dès que l'égalité des pressions est rétablie. Dans l'interrupteur conforme à l'invention, les deux éléments sensibles à la pression formant poussoirs sont parallèles entre eux et interconnectés par un levier sur lequel ils prennent appui, ce levier étant lui-même en appui contre un arrangement présentant au levier deux axes de pivotement séparés situés entre les deux poussoirs, la distance entre l'un des axes de pivotement et l'un des poussoirs étant égale à la distance entre l'autre axe de pivotement et l'autre poussoir, des moyens étant en outre prévus pour établir un contact électrique en réponse au basculement du levier autour de l'un ou de l'autre des axes de pivotement. Suivant une forme de réalisation avantageuse, l'arrangement offrant un appui au levier est constitué par deux rouleaux espacés l'un de l'autre. Il est également avantageux de réaliser le contact électrique au moyen d'un clip fixé vers chaque extrémité du levier et d'une barre surplombant le levier, cette barre pouvant être agrippée par l'un des clips lorsque le levier bascule. L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui suit, illustrée par les figures jointes en annexe énumérées ciaprès La Figure 1 est une vue en élévation et en coupe d'un interrupteur conforme à l'invention en position de fonctionnement normal. La Figure 2 est une vue partielle illustrant la forme du contact électrique. La Figure 3 représente l'interrupteur de la Figure 1 dans la position qui résulte de la défaillance d'un circuit de fluide. Sur la Figure 1, l'interrupteur commandé par différence de pression comprend un boîtier métallique 10 définissant une cavité 12 dans le fond de laquelle sont formés deux alésages parallèles 14, 16. Deux pistons 18, 20, respectivement munis d'une bague d'étanchéité et montés coulissants dans les alésages 14, 16, présentent chacun une surface réceptrice de pression à une extrémité, tandis que leur autre extrémité forme poussoir et pénêtre dans la cavité 12. Du côté tourné vers les surfaces réceptrices de pression, deux orifices 22, 24 permettent à un fluide sous pression, provenant par exemple d'un maître-cylindre double pour système de freinage, de pénêtrer dans chacun des alésages.Deux rouleaux 26, 28 fixés aux parois du boîtier 10 s'étendent à travers la cavité 12 dans le sens de l'épaisseur du boîtier (perpendiculairement à la Figure 1); ces rouleaux sont espacés l'un de l'autre, disposés au même niveau, et chacun d'eux est également distant de l'un des pistons. Un levier 30, sollicité en appui contre les rouleaux 26, 28 par un ressort 32 reposant sur le fond de la cavité 12, s'étend dans le sens de la longueur du boîtier en surplombant les pistons 18, 20. Dans la forme de réalisation illustrée par la Figure 1, on voit que le levier 30 est une pièce en métal embouti comportant des bords longitudinaux 34 repliés, des empreintes semi-circulaires 36, 38 qui définissent l'appui du levier 30 sur les rouleaux 26, 28, ainsi que des empreintes qui définissent le point d'appui des pistons 18, 20, lorsque ces pistons sont poussés par le fluide sous pression. De plus, près de chacune de ses extrémités, le levier 30 supporte un élément élastique de connexion électrique en forme de clip 40 qui, lorsque le levier 30 bascule autour de l'un des rouleaux 26, 28 dans des conditions exposées plus loin, est prévu pour agripper une barre à section circulaire 42 qui surplombe le levier 30. La Figure 2 montre la forme du clip 40.Sur la Figure 1, on voit que la barre 42 traverse les parois du boîtier 10 par des passages isolants 44, et qu'elle traverse aussi un bossage 46 formé au milieu d'un couvercle 48 en matière isolante, de telle sorte que le couvercle 48 est maintenu par la barre 42. Ce couvercle est muni d'un joint d'étanchéité 49. Une cosse 50, destinée à être reliée à un circuit électrique de signalisation non représenté, est serrée entre une tête de la barre 42 et l'un des passages isolants 44, tandis que, du côté de l'autre passage isolant, l'extrémité de la barre traverse une rondelle d'appui 52 et est fendue. Enfin, entre les orifices 22, le boîtier 10 présente un embrèvement perforé 54 qui permet la fixation de l'interrupteur sur une partie métallique formant masse électrique. Dans son fonctionnement, l'interrupteur commandé par différence de pression que l'on vient de décrire est alimenté en fluide sous pression à l'occasion de chaque application des freins, lorsqu'il est utilisé pour contrôler les circuits de freinage d'un système de freinage à deux circuits indépendants. Tant que les pressions de fluide sont approximativement égales dans les deux circuits, les pistons 18, 20 exercent sur le levier 30, et de part et d'autre des rouleaux 26, 28, des poussées sensiblement égales qui ne modifient pas la position du levier. Si, par suite d'une défaillance de l'un des circuits de fluide, les poussées accusent un certain déséquilibre, le levier bascule en pivotant autour de celui des rouleaux qui est le plus proche du piston soumis à la plus forte pression de fluide.La Figure 3 illustre le cas où le piston 20 (à droite) ne reçoit pas de pression. On voit que le levier 30 a basculé en pivotant autour du rouleau 26 sous la poussée du piston 18; de ce fait, le clip 40 s'est enclenché sur la barre 42, établissant ainsi une continuité électrique entre la masse du boîtier 10 et la cosse 50. Lorsque l'opérateur relâche les freins, le levier 30 cesse de recevoir la poussée du piston 18, mais il reste accroché à la barre 42 par l'intermédiaire du clip 40; de ce fait, la continuité électrique qui subsiste permet à l'opérateur d'obtenir un signal d'avertissement permanent, signalant le défaut même quand les freins ne sont pas appliqués. Lorsque le système de freinage est réparé, les deux pistons 18 et 20 reçoivent à nouveau des pressions de fluide approximativement égales.La force résultante décroche alors le levier 30 de la barre 42, et ramène automatiquement ce levier en position d'qui libre; cette position de fonctionnement normal de l'interrupteur se rétablit donc sans intervention manuelle à la première application des freins que l'on effectue après réparation du système de freinage. L'invention utilise la différence de bras de levier qui existe entre l'un des rouleaux et le point d'application de chacun des pistons, d'une part pour obtenir que le basculement du levier se produise seulement lorsque la différence des pressions de fluide est supérieure aux fluctuations normales et dénote une défaillance de l'un des circuits de freinage, et, d'autre part, pour obtenir que le levier se décroche de la barre lorsque l'égalité des pressions est rétablie.En effet, si l'on considère la Figure 3, la poussée du piston 18 est équilibrée par une poussée plus faible du piston 20, les poussées étant dans le rapport des distances qui séparent le rouleau 26 de chacun des pistons; on voit donc que le basculement du levier 30 se produit seulement lorsque la poussée du piston 20 est inférieure à ladite poussée plus faible d'équilibre, et la différence des poussées, donc la différence de pression de fluide nécessaire pour déterminer la commande de l'interrupteur est fixée à toute valeur choisie par construction, indépendamment d'un système à ressort tel que ceux qui étaient utilisés par le passé, dont le tarage était quelquefois délicat et souvent variable dans le temps. Le même raisonnement montre que, lorsque les poussées sont à nouveau égales après que le levier 30 ait basculé, la force qui agit sur le levier à l'em- placement du clip accroché 40 n'est pas nulle, et il est facile de prévoir que cette force soit suffisante pour provoquer le décrochement du clip. Il va de soi que la disposition utilisant les deux rouleaux 26, 28 n'a été décrite qu'à titre d'exemple, et qu'il suffit que le levier 30 soit en appui contre un arrangement lui offrant deux axes de pivotement espacés, cet arrangement pouvant notamment comprendre une surface plane dont les bords forment les axes de pivotement, ou encore une surface courbe à grand rayon occasionnant une variation continue de la longueur des bras de levier. REVENDICATIONS 1. Interrupteur commandé par pression différentielle de fluide comprenant deux éléments mobiles sous l'effet de la pression et formant poussoirs, ces éléments étant soumis à la pression régnant dans deux circuits de fluide indépendants et étant reliés l'un à l'autre en opposition, de telle sorte qu'ils restent pratiquement immobiles lorsque les pressions sont approximativement égales, et qu'ils se déplacent pour établir une continuité électrique lorsque la différence de pression dénote une défaillance de l'un des circuits de fluide, caractérisé en ce que les éléments formant poussois sont parallèles entre eux et interconnectés par un levier sur lequel ils prennent appui, ce levier étant lui-même en appui contre un arrangement présentant au levier deux axes de pivotement séparés situés entre les deux poussoirs, la distance entre l'un des axes de pivotement et l'un des poussoirs étant égale à la distance entre l'autre axe de pivotement et l'autre poussoir, des moyens étant en outre prévus pour établir un contact électrique en réponse au basculement du levier autour de l'un ou l'autre des axes de pivotement. 2. Interrupteur suivant la revendication 1, caractérisé en ce que le levier est sollicité en appui contre ledit arrangement par un ressort. 3. Interrupteur suivant la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que ledit arrangement est constitué par deux rouleaux espacés l'un de l'autre. 4. Interrupteur suivant la revendication 3, caractérisé en ce que le levier porte des empreintes définissant l'appui des rouleaux et l'appui des poussoirs sur ce levier. 5. Interrupteur suivant l'une des revendications 1,2,3 ou 4, caractérisé en ce que les moyens pour établir un contact électrique comprennent une barre qui surplombe le levier, ainsi que deux éléments élastiques de connection en forme de clip, chacun fixé vers une extrémité du levier et prévu pour être retenu à la barre par pincement élastique de cette barre lorsque le levier bascule. 6. Interrupteur suivant la revendication 5, caractérisé en ce qu il est contenu dans un boîtier fermé par un couvercle, ladite barre traversant le boîtier et le couvercle par des passages électriquement isolés de façon à fixer le couvercle sur le boîtier.