La présente invention concerne de nouveaux médicaments pour le traitement des tumeurs malignes ainsi que des anémies, des thrombocytopénies et des états d'inanition dus en particulier à des maladies néoplasmiques. De nouvelles découvertes dans le domaine de la croissance des 5 cellules dans les maladies à tumeurs et, en particulier, les observations cytocinétiques in vitro sur des cellules cultivées, ont conduit à la conviction qu'il fallait chercher de nouveaux agents palliatifs et curatifs pour le traitement des maladies à tumeurs, Les agents connus antérieurement n'ont pas permis de réaliser une action spécifique quelconque 10 sur les cellules tumorales. En outre, les agents chimiothérapeutiques connus antérieurement pour le traitement des tumeurs malignes possèdent in vivo une toxicité générale si forte que leur utilisation clinique doit souvent être fortement limitée. Mais même les interventions chirurgicales effectuées sur les tumeurs malignes possèdent, dans de nombreux cas, des inconvénients : en 15 particulier, lorsque l'opération n'est plus possible parce que l'état général du patient et l'apparition de métastases ne permet plus l'opération. La Demanderesse a cherché à trouver un agent qui inhibe la croissance des tumeurs (les mitoses des cellules des tumeurs sont bloquées) et diminue leur grosseur et le nombre des cellules d'une tumeur maligne par 20 une mort induite des cellules sans que les cellules normales et saines soient affectées. En outre, on a cherché à obtenir une stimulation de l'épithélium de l'intestin et de la moelle des os qui permette d'éviter les états de cachexie, d'inanition et d'anémie apparaissant en particulier dans le cas de tumeurs malignes. 25 Ces buts ont été atteints conformément à l'invention dans des compo sitions pharmaceutiques qui se caractérisent en ce qu'elles contiennent de la désoxy-cytidine ou de la désoxy-thymidine. L'avantage des médicaments selon l'invention réside surtout en ce qu'ils contiennent une substance physiologique dont la toxicité est très faible. En outre, les médicaments selon l'invention 30 possèdent un fort effet stimulant de la croissance, mais ne sont absorbés que par les cellules en cours de croissance (c'est-à-dire les cellules dans le cycle de croissance, conduisant normalement à la multiplication -mitose). Contrairement aux cellules normales, les cellules tumorales semblent pouvoir être très facilement bloquées dans leur phase de constitution. Il en résulte que les 35 agents selon l'invention provoquent un blocage sélectif des cellules tumorales et, ultérieurement, la mort des cellules. Peu à peu, on constate objectivement une diminution du volume de la tumeur. Un autre avantage des médicaments selon l'invention réside en ce 70 30165 2 2068506 qu'ils permettent de faciliter considérablement le traitement des tumeurs malignes par les autres moyens usuels (radiothérapie et chimiothérapie) car ils provoquent un renforcement général de l'organisme. Cette action ne doit pas être attribuée uniquement auxprocessus décrits ci-dessus : elle a 5 pu être prouvée expérimentalement car,même chez des animaux sains, l'administration des médicaments selon l'invention permet de parvenir à une augmentation remarquable du poids. On a, en outre, pu constater que les médicaments selon l'invention conduisaient à la guérison dans des cas d'anémies aplasmiques et de thrombocytopénies d'origines variées. Par 10 ailleurs, les médicaments selon l'invention confèrent une protection contre les divers produits toxiques résultant de la dégradation des tumeurs par autolyse. Les exemples suivants illustrent l'invention sans toutefois la limiter ; dans ces exemples, les indications de parties et de % s'entendent 15 en poids, sauf mention contraire. Exemple 1 On donne à 25 souris de la souche C3H.Fl-hybrides, d'un poids moyen de 24 g, une alimentation normalisée, à volonté. Pendant 30 jours, on administre à ces souris, chaque jour, par voie intramusculaire, 2 mg 20 de désoxy-cytidine en solution aqueuse. Pendant l'essai, le poids moyen des souris passe à 30 g. Toutes les souris sont en bonne santé et ne manifestent aucun symptôme fiévreux. Aucun autre symptôme de toxicité nra pu être décelé. Même 90 jours après la fin de l'essai, toutes les souris sont encore en vie. 25 Dans un essai comparatif, on- nourrit également 25 souris de la même souche à volonté par de la nourriture normalisée ; le poids de départ est également de 24 g. Au bout de 30 jours, le poids moyen de ces souris n'est que de 25 g. Exemple 2 30 La toxicité in vivo de ces substances est faible ou négligeable. On a administré jusqu'à 2,5 g de désoxy-thymidine par kg de poids corporel, par voie intramusculaire,à une colonie de souris de 25 g, chaque jour, pendant 5 jours consécutifs, sans constater d'effet de toxicité. On constate une légère perte de poids, d'environ 1 à 2 g, mais cette même perte de poids 35 se constate également dans le groupe témoin auquel on a injecté de manière similaire 1 ml d'eau déminéralisée pendant 5 jours consécutifs. Toutes les souris qui ont servi à ces essais sont encore vivantes et constituent des géniteurs sains 6 mois après l'essai. 70 30165 3 2068506 Dans une autre série d'essais, on a injecté à des souris, journellement, le même composé pendant plusieurs semaines ; tous les organes présentent ensuite une histologie parfaitement normale. L'activité de synthèse des cellules du foie, de l'intestin et de la moelle osseuse est supérieure à la normale 5 si on juge par leur cytologie. Dans les essais effectués sur des humains et rapportés ci-après, on a pu administrer en 12 mois des quantités totales de 400 g de désoxy-thymidine sans noter d'effets secondaires gênants. Exemple 3 10 Un homme âgé de 44 ans manifeste depuis 2 ans environ des symptômes abdominaux diffus. Les douleurs sont principalement localisées du côté gauche et apparaissent souvent en relation avec les repas. L'examen de l'estomac aux rayons X fait apparaître un processus expansif à l'arrière de l'organe. Une première opération est effectuée en mai 1969 et permet de 15 découvrir une tumeur pancréatique très importante. On n'a pu réaliser qu'une résection partielle de la tumeur. On a procédé à une résection gastrique simultanée et à l'ablation de la rate. Le poids de la tumeur résectée est de 0,9 kg et fait apparaître un adénocarcinome pancréatique anaplasmique marqué. 20 Trois semaines seulement plus tard, le patient a été réadmis à la suite d'une occlusion sévère dans la partie distale du canal gastrique et également dans la partie inférieure du duodénum. Le malade a été opéré une seconde et même une troisième fois. On a trouvé 2 récurrences rétropéritoné-ales ; on a procédé à une duodénotomie et à une gastroentérostomie large 25 de 3 doigts. Le passage a été rétabli pendant quelques semaines, mais 4 semaines seulement plus tard, le patient souffrait à nouveau d'une rétention complète et de vomissements représentant un volume de 2 à 3 litres. La radiographie a montré une occlusion complète du duodénum et, également, d'un passage gastro-30 entérostomique. On a alors commencé un essai de traitement clinique à l'aide uniquement de désoxy-thymidine aux doses suivantes Date Voie Dose quotidienne de Etat clinique 1969 désoxy-thymidine 35 8.8 I.V. 450 mg Rétention gastrique complète. Aucun passage. Jaunisse marquée. Alimentation uniquement par voie parentérale intraveineuse BAD ORIGINAL t 70 30165 4 2068506 Date 1969 9.8 10.8 11.8 5 12.8 14.8 16.8 18.8 20.8 10 22.8 24.8 25.8 15 26.8 27.8 28.8 2.9 3.9 4.9 8.9 20 25 Voie I.V. I.V. I.V. I.M. I.M. I.M. I.M. I.M. I.M. Dose quotidienne de désoxy-thymidine 450 mg 450 mg 450 mg 450 mg 450 mg 450 mg 450 mg 450 mg 450 mg 450 mg 900 mg 900 mg 1.800 mg 1.800 mg 900 mg 900 mg 1.800 mg 1.800 mg Etat clinique Rétention gastrique complète. Aucun passage. Jaunisse marquée. Alimentation uniquement par voie parentérale intraveineuse. Passage reconstitué ; reçoit une alimentation liquide ; jaunisse en diminution. Nourriture solide ; jaunisse disparue. 30 35 Entièrement rétabli. Alimentation normale. Retourne chez lui. Réadmis pour une autre période de traitement de 5 jours. Au cours des 6 mois suivants, le malade a été soumis à un traitement par 4 doses intermittente» de p-di(2-chloréthyl)-amino-L-phény lalanine d'environ 1 mg/kg et à un traitement continu à la désoxy-thymidine selon le programme de médication indiqué ci-dessus (en général, on a administré 450 ou 900 mg par voie intermusculaire pendant 5 jours chaque semaine). On n'a fait appel à aucun autre traitement. Pendant tout ce temps, le malade n'a manifesté aucun symptôme de troubles : pas de rétention, pas d'âscite, pas de métastases, pas de modifications dans la fonction du foie ou dans le spectre des erjzymes. Le malade a repris rapidement 12 kg, ce qui l'a ramené à son poids et à sa force normale. En août 1970, il mène une vie régulière et a repris un travail â temps partiel. Le scintigramme du foie au radio-or est "normal" au bout de 10 semaines. Comme il n'existe plus de tumeur, le malade a été réadmis pour un BAD ORIGINAL 70 30165 5 2068506 examen plus détaillé. Une angiographie splanchnique n'a fait apparaître aucun dérangement vasculaire retropéritonéal. On n'a trouvé aucune récurrence, mais l'angiographie hépatique artérielle a fait apparaître des petites accumulations denses de contraste dans le foie. Apparemment, le 5 malade manifestait déjà des petites métastases du foie en août 1969, mais ces métastases ne progressent pas ou ont régressé. L'avenir donnera une réponse définitive à cette question. Le traitement par la désoxy-thymidine est poursuivi selon un programme de dosage intermittent de 3 fois par semaine. 10 Résultats On a pu réaliser nettement une régression tout à fait inattendue. Comme on n'a observé aucun effet secondaire, ce type de traitement est considéré comme très supérieur par ses effets à tous les effets obtenus par ' des traitements de radiothérapie ou par d'autres traitements chimiothérapiques 15 seuls. La désoxy-thymidine a également apporté une protection remarquable de la moelle osseuse (durant et après le traitement chimiothérapique à la p-di(2-chloréthyl)-amino-L-phénylalanine) et a conduit à une augmentation de poids. 20 Exemple 4 On a opéré en novembre 1965 une patiente âgée de 48 ans et d'un poids de 51 kg, d'un carcinome ovarien malin, mais le carcinome était déjà généralisé à la cavité abdominale. Après opération, la patiente a été soumise à une irradiation très prolongée par du radio—cobalt. Après ce traitement, la 25 patiente présentait un état relativement bon jusqu'à ce que, en novembre 1968, environ 3 ans après l'opération, on constate des métastases abdominales et des métastases sous-cutanées. Malgré un traitement par des agents cytostatiques, l'état de la patiente ne s'est pas amélioré. Bien au contraire, il s'est rapidement dégradé et la malade était moribonde à la fin du mois de mai 1969. 30 On ne trouvait plus que 1,1 million de globules rouges, 1.500 leucocytes et 24.000 thrombocytes. On a alors commencé le traitement à l'aide du médicament selon l'invention. Les deux premiers jours, la patiente a été traitée par 1/2 g par jour de désoxy-cytidine dans du sérum physiologique, par injection 35 intramusculaire. La dose a ensuite été réduite à 1/2 g tous les 2 jours. Sept jours après le début du traitement, le nombre des thrombocytes était déjà passé à 120.000. Quatorze jours après le début du traitement, le nombre des globules rouges était passé à 4 millions. En 10 jours, tout le BAD ORIGINAL 70 30165 2068506 liquide ascitique avait disparu et la patiente avait pris plusieurs kg. On notait également une amélioration considérable de l'état général» de sorte que la malade a pu quitter le lit. Pendant les 3 premières semaines de l'essai, toutes les métastases de la peau ont également disparu et 5 l'état général de la patiente s'est amélioré si rapidement qu'elle a pu quitter la clinique et reprendre une vie normale. Exemple 5 Chez une femme de 45 ans, auparavant en bonne santé, on a constaté une tumeur ovarienne. On n'a pas pu pratiquer d'opération radicale car on 10 a constaté des métastases de l'abdomen et de la plèvre. L'examen cytologiqûe a fait constater des métastases d'adénocarcinome, partant de l'ovaire droit. Un traitement par des cytostatiques et une irradiation profonde au radio-cobalt n'ont apporté aucune amélioration. La patiente se trouve alors dans un état de cachexie profonde et manifeste la plus grave thrombocytopénie à 15 la suite de la maladie tumorale et du traitement. Pendant toute une semaine, on administre à la patiente, chaque jour, 0,5 g (soit 9,8 mg par kg de poids du corps) de désoay-cytidine dans du sérum physiologique,par injection intramusculaire.Au bout de 7jours,on constate brusquement une amélioration profonde de l'état général et de la composition 20 sanguine. La dose est alors réduite à 0,5 g de désoxy-cytidine tous les deux jours. Un mois après le début de l'essai, on ne décèle plus d'exsudât pleuréti-que, ni de liquide fficitique.Un examen approfondi réalisé au bout de 3 mois montre que non seulement la grosse tumeur primaire, mais également les métastases constatées antérieurement, ont entièrement disparu. Le traitement 25 a été poursuivi par des administrations de 0,5 g de désoxy-cytidine tous les deux jours et a duré 4 mois. Pendant ce temps, on a également administré à la patiente, à deux reprises, à intervalle d'un mois, une injection intraveineuse de l'agent cytostatique connu sous la marque commerciale p-di-(2-chloréthyl)-amino-L-phénylalanine, dont une fois à une dose de 30 0,8 mg de poids. Les deux doses ont été bien tolérées, sans phénomènes secondaires ou modification de la composition sanguine. Exemple 6 ' A une femme âgée de 48 ans et pesant 64 kg qui souffre d'un carcinome péritonéal en progression et d'une tumeur ovarienne inopérable, après un 35 traitement prolongé par des agents chimiothérapeutiques (de juillet à novembre 1969, 5 x 70 mg de p-di-(2-chloréthyl)-amino-L-phénylalanine par voie intraveineuse) et également des traitements par rayons, on constate des signes 3 alarmants de leucoténie (globules blancs totaux : 260/mm ; les lymphocytes 1 BAD ORIGINAL 70 30165 7 2068506 représentent 80 % du total), de thrombocytopénie (moins de 8.000 par mm ) et une énorme prolongation des durées de saignement et de coagulation (20 minutes environ). Des transfusions, etc. n'ont aucun résultat. On commence alors le traitement par la désoxy-thymidine, à savoir, 5 au premier jour, 1,2 g de désoxy-thymidine par injection intramusculaire en solution aqueuse puis, pendant 9 jours, 0,9 g par jour. Après 2 jours de traitement déjà, on observe une augmentation du nombre des plaquettes sanguines. Un examen de la moelle osseuse fait apparaître une aplasie avec pratiquement pas de mégakaryoblastes. Le saignement de la ponction n'a été 10 arrêté que très difficilement. Après 5 jours de traitement, l'état général était presque complètement rétabli cliniquement et la durée de coagulation était à nouveau presque normale. En outre, après traitement, on a pu constater que le nombre des diverses cellules sanguines avait considérablement augmenté. 3 Le nombre des leucocytes était remonté à 6.000/mm et le nombre des plaquettes 15 dépassait 200.000. Après le traitement sévère par des agents cytostatiques et les irradiations au cobalt, on ne pouvait pas s'attendre à une telle remontée. Dans d'autres examens, on a, en outre, constaté que la fonction hépatique et la moelle des os avaient fait l'objet d'améliorations profondes à la suite du traitement par les agents selon l'invention. Mais surtout, le 20 point extrêmement important réside en ce que, grâce au traitement par les agents selon l'invention, les malades peuvent être maintenus dans un très bon état général, ce qui permet encore, par exemple, les opérations les plus sévères. En particulier, et dans tous les cas jusqu'à maintenant, on a pu constater qu'il n'apparaissait plus ou qu'il apparaissait beaucoup moins de 25 métastases nouvelles. Les nouveaux agents thérapeutiques selon l'invention ont pu également être transformés en composés qui ne libèrent les substances actives que dans le corps, par scission ou dégradation. On a pu ainsi parvenir avec des injections intramusculaires à un certain effet de dépôt. BAD CHiGINAL 70 3016e) 2068506 REVENDICATIONS 1. À titre de médicaments nouveaux, utiles notamment pour le traitement des tumeurs malignes et des anémies, des thrombocytopénies, des états d'inanition, dus en particulier à des maladies néoplasmiques, la désoxy-cytidine et la désoxy-thymidine. 5 2. Médicaments selon la revendication 1, caractérisés en ce qu'ils consistent en un mélange de désoxy-cytidine et de désoxy-thymidine. 3. Médicaments selon les revendications 1 et 2, caractérisés en ce qu'on les administre à une dose d'au moins 5,0 mg par kg de poids de corps et par jour. 10 4. Les compositions thérapeutiques contenant, comme substance active, l'un au moins des médicaments selon la revendication 1. 5. Compositions thérapeutiques selon la revendication 4, caractérisées en ce qu'elles contiennent, en outre, des agents cytostatiques et/ou en ce que leur administration est accompagnée de traitements 15 radiothérapiques. 6. Compositions thérapeutiques selon la revendication 5, caractérisées en ce qu'elles contiennent une proportion relativement importante d'agents cytostatiques. 7. Compositions thérapeutiques selon l'une des revendications 20 4 à 6, caractérisées en ce que les substances actives sont libérées progressivement dans le corps. 8. Les formes d'administration des compositions thérapeutiques selon l'une quelconque des revendications 4 à 7. BAD ORIGINAL,