La présente invention se rapporte a un nouveau vaccin antivariolique, purifié et exempt d'eau, sous forme de pâte, et applicable par multiponcture à laide d'un dispositif approprié. La présente invention se rapporte également au procédé de vaccination à l'aide de ce dispositif. La vaccination antivariolique est en général réalisée par application du vaccin sous forme liquide, le liquide ayant été au préalable conservé à basse température en suspension aqueuse ou sous forme lyophilisée. Les suspensions aqueuses sont peu stables dans le temps et lorsque celles-ci sont appliquées sur-la peau, il peut se produire des écoulements. En ce qui concerne le vaccin sous forme lyophilisée, en plus des désavantages des suspensions aqueuses, il nécessite avant l'usage une réhydratation de la préparation qui peut entraîner des erreurs de manipulation ou des contaminations lors de la réhydratation ou encore provoquer une baisse rapide du pouvoir infectieux. Dans le but de remédier â ces différents inconvénients, il a déjà été proposé, selon le brevet français NO 71.15228, un vaccin antivariolique directement applicable par un procédé transcutané, ce vaccin étant une dispersion sous forme de pommade de virus de vaccine et d'une huile de silicone visqueuse ou d'une pâte de silicone. Ce type d'excipient pour le virus vaccinal n'est pas sans présenter certains inconvénients. En effet, les huiles de silicone ne sont pas résorbées et la disponibilité du vaccin ainsi préparé n'est pas satisfaisante. La non-résorption des huiles de silicone peut dans certains cas provoquer au niveau des tissus des processus inflammatoires avec apparition de granulomes. Il a maintenant été constaté, de façon tout-à-fait surprenante, qu'il était possible d'obtenir un vaccin antivariolique exempt d'eau donc de bonne stabilité, sous forme d'une pâte visqueuse, assurant une bonne prise de la vaccination, en mélangeant le virus vaccinal lyophilisé dans un excipient hydrofuge contenant une huile résorbable. La présente invention a pour objet un vaccin antivariolique purifié, exempt d'eau, caractérisé par le fait qu'il se présente sous forme d'une pâte visqueuse obtenue par mélange du virus vaccinal purifié et lyophilisé dans un excipient constitué d'huile de vaseline, d'huile d'arachide et de vaseline blanche. Ce type de vaccin s'est révélé présenter des caractéristiques de conservation semblables a celles du vaccin lyophilisé et permet d'être appliqué sans réhydratation préalable. Les excellents résultats obtenus sont dts a l'utilisation en tant qu'excipient d'un mélange d'huile de vaseline, d'huile d'arachide et de vaseline blanche. En effet, il s'est avéré que l'utilisation de vaseline seule ne présentait pas tous les critères requis, notamment une bonne résorption et une viscosité adaptée. te virus vaccinal, souche Elstree, est préparé sur la peau de génisse et purifié par centrifugation différentielle en gradient de saccharose. La suspension virale est lyophilisée avec comme support de lyophilisation : tampon Mac Ilvaine 0,004 M, saccharose 15 %, peptone 5 %. Selon l'invention, le virus vaccinal lyophilisé est mélangé dans une proportion d'environ 1:3 à 1:8 avec l'excipient, mais de préférence dans une proportion de 1:4 a 1:5. L'excipient est lui-même constitué de 20 a 35 % en poids d'huile de vaseline, de 5 a 20 % en poids d'huile d'arachide et de 45 à 70 % en poids de vaseline blanche. Selon un mode préférentiel de réalisation l'excipient est constitué de 25 % d'huile de vaseline, 15 % d'huile d'arachide et de 60 % de vaseline blanche. Les essais effectués par la Société demanderesse ont permis de montrer que, pendant un certain temps de conservation dans l'excipient gras, les propriétés biologiques du virus vaccinal n'étaient pas modifiées de façon significative ; mais on pouvait observer une légère atténuation de sa virulence se traduisant par une baisse du pourcentage de lapins mourant après inoculation intracérébrale. La présente invention a en outre pour objet un procédé de préparation du vaccin antivariolique purifié sous forme de pâte. Ce procédé consiste à mélanger la vaccine à l'huile d'arachide et à l'huile de vaseline puis à épaissir le mélange en ajoutant la vaseline blanche préalablement rendue fluide par chauffage. La masse obtenue est ensuite homogénéisée et affinée. La présente invention concerne également un dispositif de vaccination par multiponcture, ce dispositif étant constitué d'une bague munie à sa partie supérieure de pointes, lesdites pointes étant recouvertes du vaccin antivariolique sous forme de pâte selon l'invention. Ce dispositif sera mieux compris en se référant aux figures annexées - la figure 1 représente en perspective la bague de vaccination, - et la figure 2 est une vue en coupe de la partie supérieure de la bague selon A-A'. En se référant aux figures 1 et 2, la bague de vaccination par multiponcture est constituée d'un anneau (i) ouvert à sa partie inférieure (la - lb) de façon à être facilement adaptée au pouce de l'utilisateur. A sa partie supérieure un plateau de forme carrée (2) supporte les pointes (3) dont le nombre est de préférence de 9, chaque pointe ayant une hauteur d'environ 2,15 mm et étant espacée entre leur base de 76/100 mm. Autour des pointes une gorge (4) est prévue dans laquelle vient s'encastrer un micro-tuyau (5). De façon préférentielle la bague et le plateau sont réalisés en matière plastique par exemple en polyméthacrylate de méthyle. Le micro-tuyau (5) qui est destiné à protéger le vaccin antivariolique sous forme de pâte peut étre réalisé en la même matière ou en toute autre matière synthétique. A la figure 2 on a représenté en (6) le vaccin antivariolique sous forme de pâte visqueuse recouvrant les pointes (3) de la bague de vaccination. Ce dispositif de vaccination permet de mettre en oeuvre un procédé de vaccination qui consiste à appliquer sur la peau de la personne à vacciner, de préférence sur la région deltoldienne préalablement nettoyée à l'alcool, la bague, en exerçant une pression légère pendant quelques secondes. Pour réaliser cette application la bague est placée sur le pouce droit de l'utilisateur, les pointes étant dirigées vers la face palmaire, puis l'embout protecteur des pointes est alors retiré. Ce dispositif de vaccination permet de réaliser la vaccination sans douleur et sans que le vaccin ne s'écoule en dehors de l'impact de vaccination. On va maintenant donner à titre d'illustration et sans aucun caractère limitatif un exemple du vaccin selon l'invention. Le vaccin antivariolique est fabriqué selon les normes techniques actuelles du vaccin antivariolique purifié. C'est une préparation obtenue à partir du broyat de lambeaux épidermiques d'une éruption cutanée de vaccine. Ce broyat est purifié par traitement aux ultrasons, filtrations et centrifugation différentielle sur coussins de saccharose, avant d'être incorporé à une solution tamponnée de peptone. Cette préparation qui contient en finale 5 % de peptone et 15 % de saccharose est soumise à une cryodessication en vrac. Le produit desséché est broyé finement et englobé dans l'excipient gras dans un rapport de 1:3 à 1:8 de préférence dans un rapport de 1:4 à 1:5, l'excipient étant cons titué d'un mélange d'huile de vaseline, d'huile d'arachide et de vaseline blanche. A titre d'exemple, pour un lot de 30 g de pâte on mélange Vaccine cryodesséchée 6 g Huile d'arachide (HA) 4 g Huile de vaseline fluide (HV) 6 g Vaseline blanche (VB) 14 g La vaccine en poudre est tout d'abord mélangée à l'huile de vaseline et à l'huile d'arachide jusqu'à ce qu'il se forme une pâte lisse assez fluide. On épaissit alors en ajoutant la vaseline blanche préalablement rendue plus fluide par chauffage à une température d'environ 500C. La masse est ensuite triturée jusqu'à l'obtention d'une homogénéité et d'une finesse convenables. Après obtention de la pâte visqueuse, celle-ci est répartie sur les pointes de la bague munie de son tube protecteur de façon à ce que les pointes soient totalement recouvertes. Les tubes des bagues ainsi obtenues sont alors fermés à l'aide d'un appareil à haute fréquence et peuvent être conservées dans les memes conditions que le vaccin lyophilisé, c'est-à-dire à 40C. Une conservation à la température ambiante (entre 170C et 370C) ne modifie pas le virus, n'influence pas son activité sur la peau et ne produit pas une baisse du titre infectieux supérieure à 1 log après 30 jours. Une bague représente une dose individuelle pour une primovaccination ou un rappel. Résultats des contrôles de conservation De façon à déterminer la stabilité du vaccin antivariolique selon l'invention dans le temps, le pouvoir infectieux a été contrôlé sur la membrane chorioallantoidienne (MCA) d'oeufs embryonnés. Pour obtenir une suspension aqueuse nécessaire au titrage du virus, il a été procédé de la façon suivante. On récupère dans un récipient la pâte vaccinale chargée sur les pointes des bagues. On ajoute dans le récipient un volume de tampon Mac Ilvaine 0,004 M chauffé préalablement à 500C. Le récipient est agité vivement pendant 10 minutes. La vaseline s'émulsionne et relargue les constituants hydrosolubles, ainsi que les virus et les bactéries éventuellement contaminantes. Après quelques minutes de repos la séparation des deux phases est totale. Pour connattre la quantité de pâte vaccinale prise en contrôle, on effectue une détermination d'azote total dans la phase aqueuse en rapportant la valeur obtenue à la valeur de l'azote total déterminée dans la pâte vaccinale en vrac. La phase aqueuse est diluée et inoculée sur la MCA.Le tableau ci-dessous montre que le vaccin sous forme de pâte selon l'invention peut se conserver dans d'excellentes conditions semblables à celles du vaccin lyophilisé selon les normes de 1'OMS un vaccin lyophilisé peut perdre jusqu'à 9/10 de son pouvoir infectieux après une conservation de 30 jours à 370C). CONSERVATION DU POUVOIR INFEXIEUX SUR MCA : : : : : Type du VACCIN : No du : Activité sur MCA en Log 10 : Perte : : Lot : (pK.F.v./ml) : d'activité : : : : en Log 10 : : : Temps 0 : Après 30 jours à : : : : : + 37 C : : : : : : : : : : : : VACCIN lyophilisé : Lot 1 : 8,20 : 7,63 : 0,57 : à réhydrater avant : : : : : usage : Lot 2 : 7,88 : 7,32 : 0,56 : : : : : : : : : : : VACCIN pâte selon : : : : : l'invention : : Lot 3 : 8,69 : 8,17 : 0,52 : Vaccine 20 % : : : : : Excipient 80 % : : : : : Excipient : HV'25 % : Lot 4 : 8,43 : 7,91 : 0,52 HA 15 % : : : : VB 60 % : : : : : : : : ESSAIS DE VACCINATION Les essais de vaccination contre la variole sur le lapin selon la technique habituelle ont permis de montrer que pour des bagues de vaccination selon l'invention conservées pendant 30 jours à une température de 40 ou 370C le pourcentage des prises était compris entre 80 et 100 %. REVEND I CAT IONS 1. Vaccin antivariolique purifié, exempt d'eau, caractérisé par le fait qu'il se présente sous forme d'une pâte visqueuse obtenue par mélange du virus vaccinal lyophilisé dans un excipient constitué d'huile de vaseline, d'huile d'arachide et de vaseline blanche. 2. Vaccin selon la revendication 1, caractérisé par le fait que le virus vaccinal est mélangé dans une proportion d'environ 1:3 à 1:8 avec l'excipient, mais de préférence dans une proportion de 1:4 à 1:5. 3. Vaccin selon l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisé par le fait que l'excipient est constitué de 20 à 35 % en poids d'huile de vaseline, de 5 à 20 % en poids d'huile d'arachide et de 45 à 70 % en poids de vaseline blanche. 4. Vaccin selon la revendication 3, caractérisé par le fait que l'excipient est constitué de 25 % d'huile de vaseline, de 15 % d'huile d'arachide et de 60 % de vaseline blanche. 5. Procédé de préparation du vaccin antivariolique selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé par le fait que l'on mélange tout d'abord le virus vaccinal à l'huile de vaseline et à l'huile d'arachide et que l'on ajoute ensuite la vaseline blanche préalablement rendue fluide par chauffage. 6. Procédé selon la revendication 5, caractérisé par le fait qu'après mélange du virus vaccinal à l'huile de vaseline, à l'huile d'arachide et à la vaseline blanche, la masse obtenue est homogéneseelet affinée. 7. Dispositif de vaccination par multiponcture, caractérisé par le fait qu'il est constitué d'une bague munie à sa partie supérieure de pointes, lesdites pointes étant recouvertes du vaccin antivariolique selon l'une quelconque des revendications 1 à 4. 8. Procédé de vaccination par multiponcture, caractérisé par le fait que l'on applique directement sur la peau de la personne à vacciner, de préférence sur la région deltoidienne, le dispositif de vaccination selon la revendication 7.