La présente invention concerne un nouveau matériau et un dispositif pour le traitement de gaz ou liquides en vue de la ré- action ou de ltépuration d'un ou plusieurs constituants des gaz ou liquides. Elle se rapporte également à un procédé de filtration ou d'épuration d'effluents gazeux ou liquides au moyen de ces matériau et dispositif. De nombreux matériaux et dispositifs existent pour 1' épuration de fluides. Certaines couches filtrantes ont pour rôle de fixer des solides tels que poussières, ou bien d'absorber ou d'adsorber les polluants sous forme ionique ou moléculaire. Dans certains cas, une réaction chimique a lieu entre le polluant et la masse filtrante, comme par exemple lors de la fixation de 1' acide fluorhydrique sur des grains d'alumine d'un lit fluidisé, ou dans la désulfuration par des masses d'oxydes de métaux ferreux ou du cuivre.Le plus souvent, les lits de filtration sont statiques et, pour cette raison, ils se saturent progressivement jus qu'd un stade où ils deviennent inopérants ou gênants ; une cause en est que la matière d'absorption ou d'adsorption a perdu son activité ; une autre cause réside en ce que le passage du fluide à épurer ne se produit plus du fait de l'obturation des multiples canaux traversant le lit de traitement t il faut donc arrêter la filtration, soit pour changer la couche de matière, soit pour ré- générer celle-ci. L'action dtépuration est donc non seulement discontinue, mais ses caractéristiques d'origine décroissent progressivement. Les dispositifs d'épuration connus sont généralement des tours ou colonnes, dans lesquelles les fluides sont traités soit par barbotage, lavage à l'aide de liquides ou de matières spécifiques, soit par adsorption ou absorption sur des matériaux poreux, régénérables ou non.Lorsque les lits de filtration sont mobiles, et se déplacent en continu devant l'arrivé des flux à épurer, leur activité est constamment maximale, et il est possible demies régénérer en continu ; toutefois, en tant que dispositifs de ce type on connait seulement les filtres mécaniques, Il existe bien un type de lit fluidisé, en déplacement continu, dans lequel a lieu une réaction chimique entre un gaz nocif et les grains du lit fluidise, mais il exige un dispositif complèmentaire, à manches, encombrant et de maniement laborieux, pour la filtration des fines particules solides, entratndes par le flux de gaz à traiter.Les dispositifs "statiques ou continus", souvent de dimensions encom brantes, sont coûteux et ne présentent pas une bonne souplesse d' utilisation, surtout au moment du remplacement des réactifs saturés. La présente invention remédie aux inconvénients précités de la technique connue ; elle apporte un perfectionnement qui rend possible un travail d'épuration véritablement continu, de qualité et de rendement stables avec le temps. Dans 16 cas de matitres actives régénérables, l'invention facilite la régénération qu'elle permet d'effectuer plus rapidement, de façon plus rationnelle, voire automatique, avec des manipulations réduites au minimum. En outre, l'invention permet de charger et décharger plus aisément les matériaux actifs d'épuration ou de filtration. Le matériau suivant l'invention, pour le traitement de gaz ou de liquides, est constitué de couches multiples de matière fibreuse ou/et cellulaire, dans les interstices ou mailles de laquelle sc#t disséminés un ou plusieurs agents actifs, notamment adsorbants, absorbants ou/et réactifs, à ltétat divisé ou non, ayant pour rôle de retenir les substances à éliminer du fluide traité. Les agents actifs sont, dans le systbme suivant l'invention, des grains, fils, bâtonnets ou autre morceaux ou même de feuilles, plus ou moins fins ; ils sont emprisonnés entre les fibres qui les maintiennent en place, tout en permettant un contact parfait entre le fluide traité et chacune des unités de volume de ces agents, Ces derniers présentent une certaine liberté de mouvement, ce qui fait que le matériau de l'invention se comporte comme une "suspension" de l'agent au sein de la matière fibreuse. De cette constitution nouvelle du matériau de traitement, il résulte que des particules solides, charriées par le fluide, peuvent être arrttées par le roseau filtrant que forme ensemble des fibres et des agents actifs. La matière fibreuse, qui constitue le support des agents actifs, peut être une matière tissée ou/et non tissée, le roseau fibreux pouvant tre plus ou moins serré ou lèche, selon les besoins, et suivant les dimensions des agents actifs à maintenir en place. On entend également, sous le terme de matière fibreuse, les diverses mousses ou éponges, naturelles ou artificielles, dans lesquelles les interstices sont des alvéoles de la structure, plus ou moins cellulaire, que constituent les mousses ou éponges. Les tissus, feutres, éponge et autres matières fibreuses, utilisés suivant l'invention, peuvent être de nature organique ou minérale, notamment enkellulose ou en différents polymères, tels que esters ou éthers cellulosiques, polyamides, polyoléfines, polyesters, polyurdthanes, etc., en amiante, verre, carbone, métaux frittés, oxydes ou autres dérivés métalliques frittés ou agglomérés, etc. En ce qui concerne les agents actifs disséminés dans la matière fibreuse ou cellulaire suivant l'invention, ils peuvent ê- tre constitués par toutes substances absorbantes, adsorbantes ou chimiquement réactives, appropriées au traitement d'un fluide donné. Ainsi peuvent-ils être par exemple choisis parmi des substances telles que charbon actif, pierre ponce éventuellement imprégnée, terres adsorbantes, comme bentonite, montmorillonite, kaolin, terre d'infusoire ou diatomée, alumine, résine échangeuse d'ions, ma tière plastique microporeuse imprégnée de réactif chimique, zéoli- the, etc., cette énumération n'ayant, bien entendu, aucun caractère limitatif. Qu'ils soient sous la forme de grains, de fils, de paillettes, bâtonnets, bandes ou autres, les agents actifs présentent des dimensions telles outils restent accrochés dans les interstices ou alvéoles déterminés par ltentrelacement des fibres ou par les parois des cavités des éponges formant le matériau suivant lt invention. Selon les modalités d'emploi envisagées, les nouveaux matériaux de traitement se présentent sous une forme stratifiée, notamment en feuilles ou bandes de dimensions voulues, pouvant avoir une épaisseur allant par exemple depuis quelques millimètres jusqu'à quelques dizaines de centimètres ; ils peuvent, d'autre part, s'employer sous la forme de blocs ou tampons, de toute forme appropriée, parallélépipédique, cylindrique, prismatique ou autres,selon la forme et les dimensions de l'appareil dans lequel ils doivent être employés. Eventuellement, le nouveau matériau peut être pris sous la forme de bourre facile à introduire dans la capacité servant au traitement envisagé. Une autre forme, très pratique, particulière est celle d'une bande, ou sorte de tapis, qui peut être roulée en spirale, pour donner un ensemble cylindrique, ou bien pliée longitudinalement avec superposition, en vue de lt obtention d'une bande dtSpaisseur multiple, voulue. Un procédé Dour la fabrication de matériaux suivant lt invention consiste à faire passer une bande de matière fibreuse ou cellulaire sous un distributeur de grains ou autres morceaux d' agent actif ; il peut être utile de recouvrir la bande, ayant reçu les grains ou morceaux, avec une autre bande, similaire ou différente, et de fixer les deux bandes l'une à l'autre par tout moyen convenable, par exemple couture, collage, soudage, etc.Les élé- ments de l'agent actif se trouvent ainsi emprisonnés entre les deux couches de matière fibreuse oicellulaire. Le dispositif pour la réalisation de ce procédé comprend, dans l'ordre, des moyens de déroulement d'une première bande, un distributeur d'éléments d' agent actif, des moyens de ddroulement d'une seconde bande et des moyens de fixation, en particulier un ou plusieurs postes de soudague Un autre mode de production des matériau, suivant 1' invention, consiste à mélanger simplement une matière fibreuse, prise par exemple sous la forme de fibres individuelles ou de groupes de fibres ou éponges, avec des grains, paillettes ou fils de agent actif choisi, et à donner à l'ensemble la forme voulue.Cet te dernière phase peut comporter une certaine compression, éven- tuellement avec adjonction d'un adhésif compatible avec ltemploi envisagé. L'invention comprend également un procédé d'épuration d' un fluide au moyen du nouveau matériau décrit plus haut,en une opération continue, avec régénération continuelle de l'agent actif. Ce procédé consiste à faire passer une bande sans fin de matériau actif à travers une enceinte ou conduite, où il rencontre un courant de fluide à apurer ; d'autre part, la bande étant en mouvement continuel, elle passe dans une zone de régénération d'où - toujours en continu - elle retourne dans la conduite pour y rencontrer le courant de fluide, et ainsi de suite. Dans ce qui précède, on a décrit le nouveau matériau et les dispositifs les utilisant,dans leur utilisation à I'épuration ou la filtratio#'effluents gazeux ou liquides ; il est cependant entendu que ces matériaux et dispositifs peuvent également servir dans tous les autres cas où il s'agit de traiter un fluide par un solide plus ou moins divisé. Il en est ainsi notamment dans de nombreuses réactions catalytiques, qui peuvent être avantageusement rdalisées dans un système suivant l'invention, dans lequel les agents actifs sont des éléments porteurs de catalyseur.Il va de soi que, dans cette dernière utilisation, la matière fibreuse ou cellulaire doit être choisie en fonction de la t-empdrature à laquelle est opérée la réaction catalytique ; aux températures relativement basses, on peut utiliser des matières supports organiques, telles que fibres, feutres ou mousses de cellulose ou de différents polymères, tandis que, dans des milieux beaucoup plus chauds, il convient d'employer des matières résistant à la chaleur, telles que par exemple amiante, verre, carbone, etc. L'invention est illustrée par la description plus détaillée, non limitative, d'un certain nombre de ses formes d'exécution représentées sur les dessins annexés. Fig. 1 montre en coupe transversale schématique 4 types de matières supports, A, B, C, D pour la constitution du matériau suivant l'invention. Fig. 2 représente également des coupes transversales schématiques des matières supports de la figure 1, mais avec des agents actifs déjà incorporés dans ces matières ; à chacune des vues A, B, C, D, correspond une vue désignée par la même lettre ; on y voit en plus des coupes A', B', C', D', dans lesquelles la couche d'agent actif est prise en sandwich entre deux couches superposées de matières supports. Fig. 3 illustre, toujours en coupe transversale schématique, 4 phases successives dans la préparation d'un matériau à partir d'un squelette de matière fibreuse. Figs 4, 4a et 4b montrent trois formes d'exécution particulières du matériau suivant l'invention. Fig. 5 est la vue de plan d'une bande de matériau renforcée par des soudures, agrafes ou coutures. Fig. 6 est une vue en perspective schématique d'un dispositif pour la préparation du matériau suivant l'invention. Figs 7, 7a et 7b montrent respectivement, en perspective et en coupes transversales une série de couches absorbantes de lt invention, disposées en nappes parallèles. Fig. 8 est la vue en élévation avec arrachement partiel d'une enceinte servant au traitement d'un gaz sur le matériau suivant l'invention, mis sous la forme d'une spirale. Fig. 9 est une coupe transversale de la spirale du matériau employé dans l'appareil de la figure 8. Fig. 10 est une coupe axiale schématique d'une conduite ou colonne pour le traitement d'un fluide en continu, avec régénération continuelle des agents actifs employas. Fig. 11 montre, en coupe verticale schématique, un dis positif suivant l'invention pour l'épuration des gaz issus des cuves de l'électrolyse ignée de l'alumine. Sur la figure 1, La vue A montre une bande non tissée 1 en fibres synthétiques ou naturelles, éventuellement en carbone, amiante ou verre, susceptible de former la matière support pour le matériau suivant l'invention. La vue B correspond à une bande similaire, mais constituée par une mousse alvéolaire, 2, à cellules ouvertes, naturelle ou synthétique, notamment éponge, mousse de polyuréthanne ou autres. La bande C est constituée par de la poudre frittée 3, cette poudre pouvant être organique ou minérale, par exemple du polystyrène, de la silice, de l'alumine, du fer, etcv Quant à la bande D, elle est formée également par frittage, mais à partir de fibres 4, qui peuvent être d'un polymère, tel que par exemple polyamide, polyester, polyoléfine, etc. ou bien de verre, de quartz ou autres. La matière constitutive 1, 2, 3 ou 4 des bandes A à D de la figure 1, peut être elle-même une matière active, comme le sont par exemple la fibre de carbone, l'amiante traitée à l'acide ou l'alumine frittée. Sur les six vues de la figure 2, on retrouve les matières fibreuses ou cellulaires 1, 2, 3 et 4 de la figure 1, mais elles jouent ici leur rôle de support suivant l'invention, vis-àvis des agents actifs 5, dont les grains sont emprisonnés dans ces matières supports. Dans les vues A, B, C, D, les grains 5 sont inclus dans une seule couche de support, tandis que dans les bandes A', B', C', D', ils sont pris entre deux couches de matière support, respectivement 1, 2, 3, 4 et 1', 2', 3', 4'. La figure 3 schématise les phases successives d'obtention d'un matériau très avantageux suivant l'invention. La préparation part d'une matière se prêtant particulibrement bien à la rétention des agents actifs ; une telle matière A est constituée par une armature de fibres principales 6 formant squelette, analogues à celles des branches d'un pin. La vue B montre l'association de plusieurs squelettes A, dans un mEme plan. Sur cet ensemble, on projette des fibres plus courtes 7, qui viennent stenChe- vêtrer et prendre entre les fibres 6 du squelette A, comme le montre la vue C. En projetant sur cet ensemble une poudre active 5, on arrive/la configuration D représentant une section transversale du matériau particulièrement avantageux suivant l'invention. Le matériau de la figure 4 se distingue de celui de la Figure 2 A' en ce que l'ensemble formé par la matière fibreuse 1 et les agents actifs 5 est recouvert sur ses deux faces par du tissu tissé 8 et 8'. Le matériau de la figure 4a est similaire à celui de la figure 4, mais il contient en plus une grille de raidissement 9. La même grille 9 se retrouve dans la forme d'exécution de la figure 4b, mais ici, les deux faces extérieures de l'ensemble sont revêtues d'un film 10 et 10' imperméable ou peu perméable aux liquides. Le tapis du matériau 11, figure 5, qui peut avoir la constitution suivant une quelconque des figures 2 à 4, est caractérisé en ce que ses cohésion et tenue sont assures par des points ou lignes de fixation 12-12'. Cette dernière est réalisée par des coutures, soudures, agrafes, collages ou autres moyens similaires, destinés å fixer les unes aux autres les différentes couches formant l'épaisseur du tapis 11. Lorsque, par exemple, celui-ci a la structure de la figure 4, des coutures 12#12', au moyen d'un fil traversant l'épaisseur du tapis de part en part, fixent les tissus extérieurs 8 et 8' l'un à l'autre et aux couches supports fibreuses 1 et 1'.Ainsi confectionné, le tapis 11 - qui peut se présenter sous toute longueur voulue - est pret à l'utilisation dans un système d'épuration) de filtration, de catalyse, etc Un mode de fabrication des matériaux du type en sandwich, tels que ceux des vues A', B', C', D' de la figure 2 ou des figures 4, 4a et 4b, est illustré schématiquement sur la figure 6. On y voit, sur un plateau 13, une première feuille de matière support 14 fibreuse ou cellulaire, à cellules ouvertes, se déroulant d'un rouleau classique ; cela peut être, par exemple une bande d'un feutre léger de quelques millimètres d'épaisseur.En aval du rouleur 14 est disposée une trémie de distribution 15 servant à répandre, sur la feuille déroulée, un agent actif 16, qui se présente, par exemple sous la forme de grains d'environ 0,1 à 5 mm de charbon actif, d'alumine activée, d'un catalyseur ou de toute autre substance appropriée. A la suite de la trémie 15, se trouve un second rouleau 14', de matière support, la même ou différente que celle de 14 ; la feuille, déroulée du rouleau 14', vient recouvrir la face de la feuille 14, qui a reçu les éléments 16 de l'agent actif. En aval de 14t sont placés des dispositifs figurés par 17, 17' et 18, dont le rôle consiste à fixer les feuilles 14 et 14t l'une à l'autre.Suivant la nature de ces feuilles, les dispositifs de fixation peuvent être des barres de soudage, des agrafeuses, des machines à coudre, des riveteuses, ou autres mécanismes adéquats. Le dessin représente les dispositifs 17 et 17' placés au-dessus des bordures opposées des feuilles 14-14', en vue de la fermeture de ces bordures ; le dispositif 18 est représenté transversalement par rapport aux feuilles, son roule étant de fixer l'ensemble suivant des lignes ou points de la surface des feuilles, entre les bords de celles-ci. Cependant, 18 peut comprendre un ou plusieurs organes mobiles parcourant la surface de la feuille, pour que le matériau obtenu 19 représente des lignes ou/et points de fixation comme ceux que représentent les repères 12 et 12' sur le tapis 11 de la figure 5. Les bâtis des installations pour les déroulement et traitement de feuilles, les trémis de distribution de poudres, ainsi que les dispositifs de fixation par couture, soudage, agrafage, etc., étant bien connus en soi, il n'y a pas lieu de les décrire en détail ici, à propos des éléments 13, 14, 14', 15, 17, 17' et 18 de la figure 6. Dans une variante, les dispositifs de fixation 17, 17' ou/et 18 sont remplacés ou complétés par des moyens d'encollage de la face inférieure de la feuille 14'. Ainsi, des buses de projection d'un adhésif - non représentées sur le dessin - sont installées entre 15 et 14', de façon à projeter l'adhésif sur la face arrière de 141. Une des formes avantageuses de la disposition du matériau, suivant 11 invention, pour son utilisation, est représentée sur les figures 7, 7a et 7b. C'est une superposition avec espaces vides, qui consiste à placer un certain nombre de feuilles ou nappes du matériau, tel que montre par exemple aux figures 2, 4, 5 ou 6, parallèlement, les unes sur, ou à c6té, des autres, sans qu' elles se touchent, pour que le fluide à traiter puisse circuler entre et à travers elles. Sur la figure 7, on voit, en perspective, six nappes 20 assemblées parallèlement, mais écartées les unes des autres par des intercalaires 21.L'ensemble, ainsi formé, peut être utilisé à la manière schématisée sur la figure 7a, c'està-dire avec arrivée et départ du courant fluide à traiter, parallèlement aux nappes 20 ; les flèches indiquent le trajet du fluide, et montrent comment ce dernier diffuse à travers les nappes. Le trajet du fluide peut d'ailleurs être contrôlé par la disposition convenable des intercalaires 21. Une autre manière d'utiliser l'ensemble, de la figure 7, est celle de la figure 7b, où le fluide est envoyé transversalement, ctest-à-dire normalement ou obliquement sur la première des nappes 20. Les dispositions des figures 7, 7a et 7b peuvent être réalisées fort pratiquement à l'aide d'un filtre-presse, dont les toiles filtrantes sont remplacées par des feuilles ou nappes de matériau suivant l'invention. Un autre mode d'application du matériau selon ltinven- tion est illustré par les figures 8 et 9. Ici, une bande ou nappe 25 de matériau, roulé en spirale de façon à former un rouleau cylindrique, dont la section transversale est visible sur la figure 9, est introduite dans l'enceinte cylindrique 22 de l'appareil de la figure 8. Ce dernier est muni d'une entrée 23 et d'une sortie 24, pour le fluide traité. De préférence, le rouleau de matériau 25 est cerclé, dans sa partie inférieure, d'un anneau ou cerceau 26 d'épaisseur faible, mais suffisante pour laisser canaliser le fluide vers la sortie 24, dans le bas de 22 ; par contre, audessus du cerceau 26, le rouleau 25 est plaqué sur la paroi intérieure de l'enceinte 22.Dans ces conditions, le fluide, injecté par 23 au milieu et en haut de la spirale 25, suivant la flèche schématique f1 (figure 9), traverse le matériau 25 du rouleau, et sort au bas de celui-ci, en 24. Pour la clarté du dessin, la figure 9 montre des intervalles relativement grands entre les spires, mais, dans la pratique, celles-ci sont beaucoup plus jointives. Lorsque l'agent actif du matériau, suivant l'invention, a cessé d'être suffisamment efficace, on peut le remplacer par de l'agent frais, après l'avoir chassé de la matière support, par exemple par des secousses. Bien entendu, si cet agent est régénérable, par chauffage, lavage, vide ou autre moyen, le matériau peut autre soumis à la régénération classique. Il y a lieu de noter, cependant, que la régénération, comme le remplacement, était jusqu'à présent une opération discontinue, occasionnant une perte de temps. L'emploi du matériau de l'invention permet, par contre, de la rendre continue, comme le montre par exemple la figures. Le dispositif schématique de la figure 10 comprend une enceinte ou conduite de traitement 28 délimitée par la paroi 27, qui reçoit le fluide 33 à épurer ou transformer. L'intérieur de 1' enceinte est parcouru transversalement par une bande sans fin 19 du matériau suivant l'invention, qui passe ensuite dans une cuve 30 renfermant le liquide de régénération approprié 32. La bande 19, entratnée dans le sens montré par une flèche, s'appuie sur des rouleaux 29, 29', 29", 23"'qui la font passer deux fois à travers l'espace intérieur 28 et dans le bain 32.Ainsi, le brin descendant de la bande 19, le plus chargé en impuretés, ou le plus "us4", passe dans le régénérateur 30, d'où le brin de bande régénéré remonte, entre rouleaux 29"-29"'dans l'espace 28, en aval du brin descendant, pour continuer à être traversé par le fluide à traiter 33. Le fluide traité 34 quitte l'enceinte, dans la partie droite de la figure 10, tandis que la bande 19 continue son cycle vers la gauche. Le liquide de régénération peut être introduit dans la cuve 30, par intermittences, par la tubulure 35, puis - une fois usé - évacué en 31. Il est possible, s'il y a lieu, de faire circuler ce bain en continu, auquel cas son introduction se fait en 31 et l'dvaWuation en 35. Bien entendu, en cas de besoin, le système d'épuration, ou d'autre traitement, selon le principe de la figure 10, peut comporter le passage du fluide à travers plusieurs bandes sans fin 19 successives. Le dispositif peut d'ailleurs travailler sous une certaine pression du fluide. La figure 11 illustre l'invention par une application particulière, notamment l'épuration des gaz issus des cuves de fabrication de l'aluminium par électrolyse ignée de l'alumine. Ces gaz contiennent du HF et des poussières de A 03. Dans la coupe verticale, schématique, de la figure 11, un carter 37 d'amenée des gaz à épurer 39, débouche sous un transporteur ans fin 35, formé par un tapis métallique ou non à très larges mailles, qui passe sur les rouleaux 36-36'. Sur ce transporteur est progressivement dévidé un rouleau de matériau suivant l'invention 19. La bande 19 est constituée comme celle de la figure 6, avec en plus une feuille de papier sans cendre sur une ou sur ses deux faces, sur chacune de ses faces. La matière support est ici du feutre de carbone, l'agent actif étant de l'alumine en grains fins. La vitesse d'avancement de la bande 19, de gauche à droite suivant la figure 11, étant convenablement réglée pour un débit donné des gaz 39, pratiquement la totalité de HF de ces gaz est absorbée par réaction avec l'alumine du matériau 19 et formation de fluorure d'aluminium ; en même temps, les poussières dotal203 de ces gaz sont arrêtées par le feutre de carbone et le papier sans cendres. Comme résultat, les gaz s'échappant en 40 ne renferment nratiquernent plus d'acide fluorhydrique ni de poussière d'alumine. Quant à la bande 19, à sa sortie 38 du dispositif, elle est dirigée dans un broyeur et, une fois déchiquetée, elle est introduite dans les cuves d'électrolyse : de cette manière HF et Al203 des gaz sont recyclés sous la forme dlAlF3 et de poussière d'alumine arrêtée par la bande, pendant que le carbone et le papier de celle-ci servent de réducteurs utiles à la fabrication de I'Al. REVENDICAtIONS 1. Nouveau matériau pour le traitement de fluides par des solides à l'état divisé ou non, caractérisé en ce qu'il est constitué par une matière support fibreuse ou/et cellulaire, à cellules ouvertes, dans les interstices, mailles ou alvéoles de laquelle sont disséminés un ou plusieurs agents actifs, solides, à lt état divisé, soutenus par ladite matière support. 2. Matériau suivant la revendication 1, caractérisé en ce que les agents actifs sont sous la forme de grains, de fils ou fibres ou sous celle de bâtonnets ou de film continu. 3. Matériau suivant la revendication 2, caractérisé en ce que les agents actifs sont des absorbants, des adsorbants, des réactifs, des catalyseurs ou des aides de filtration, et en particulier des terres adsorbantes, de l'alumine, des résines échangeuses d'ions, des zéolithes, ou des matières plastiques microporeuses imprégnées de réactifs chimiques. 4. Matériau suivant une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que la matière fibreuse est tissée ou non tissée, organique ou minérale, en particulier cellulosique, polyamide, polyoléfinique, polyester, polyuréthanne, amiante, verre, carbone. 5. Matériau suivant une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que la matière cellulaire à cellules ouvertes, est une éponge naturelle ou artificielle, ou une masse frittée, organique ou minérale, en particulier constituée d'oxydes ou de métaux frit tés ou agglomérés. 6. Matériau suivant une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce qutil est constitué par une ou plusieurs couches de matière sup port renfermant imagent actif, ou bien par des blocs, des tam pons ou de la bourre. 7. Matériau suivant une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que l'agent actif est pris entre deux couches de matière support. 8. Matériau suivant une des revendications 1 à 7, caractérisé en ce qutil est recouvert d'un tissu tissé ou/et dtune grille de raidissement. 9. Matériau suivant une des revendications 1 à 8, caractérisé en ce qu'il est recouvert d'un film imperméable ou peu perméable aux liquides. 10. Matériau suivant une des revendications 1 à 9, caractérisé en ce qutil est sous la forme de nappe ou de bande, dont la cohé sion est assurée par des coutures, soudures, collages, agrafages ou autres points de fixation. 11. Procédé pour la production d'un bloc ou tampon en un matériau suivant une des revendications 1 à 10, caractérisé en ce qu'il consiste à mélanger la matière support, prise sous la forme de fibres ou de petits éléments cellulaires, avec l'agent actif divisé, et à comprimer le tout, le mélange ayant été éventuel lement additionné d'un adhésif. 12. Procédé pour la production d'une nappe de matériau suivant une des revendications 1 à 10, caractérisé en ce qu'une première bande ou nappe de matière support est déroulée, à partir d'un rouleau de cette matière, que l'agent actif est répandu sur la surface déroulée, et que celle-ci est ensuite recouverte d'une seconde bande ou nappe similaire, qui est fixée à la première, en particulier par coutures, soudages, agrafages ou/et colla ges. 13. Dispositif pour la réalisation du procédé suivant la revendi cation 12, caractérisé en ce qu'il comprend en combinaison, sur un support plat, des moyens pour le déroulage d'un premier rouleau de matière support t une ou plusieurs trémies de dis tribution de l'agent actif sur la surface déroulée de la ma tière support ; des moyens pour le déroulage du second rou leau de matière support ; des moyens de fixation des deux nap pes déroulées, et des moyens pour faire avancer l'ensemble de ces nappes sur le support plat. 14. Dispositif pour l'utilisation du matériau suivant une des re vendications 1 à 10, caractérisé en ce que des nappes de ce matériau sont disposées parallèlement les unes aux autres et écartées les une8 des autres par des intercalaires, une ou plusieurs arrivées de fluide à traiter étant dirigées parallè lement ou perpendiculairement aux dites nappes. 15. Dispositif pour l'utilisation du matériau suivant une des revendications 1 8 10, caractérisé en ce qutil comprend une enceinte cylindrique, dans laquelle est placé un rouleau d' une nappe de matériau roulé en spirale, une entrée pour le fluide étant prévue en haut dans le centre de l'enceinte, une ou plusieurs sorties étant branchées sur les parois pé riphériques au bas de l'enceinte, le rouleau de matériau étant de préférence légèrement écarté de la paroi intérieure de l'enceinte, au bas de celle-ci, notamment à l'aide d'un cerceau, anneau ou moyen similaire. 16. Dispositif pour l'utilisation du matériau suivant une des revendications 1 j 10, caractérisé en ce qu'il comprend une enceinte ou conduite pour le passage du fluide à traiter, dans laquelle passe transversalement une bande sans fin de matériau, une partie terminale de cette bande passant dans une cuve de régénération, montée de façon étanche contre la paroi de ladite enceinte ou conduite. 17. Dispositif pour l'épuration d'un gaz, et en particulier de l'effluent des cuves d'électrolyse ignée de l'alumine, utili sant le matériau suivant une des revendications 1 à 10, carac térisé en ce qu'il comporte un carter d'amenée des gaz, dé bouchant sous un transporteur sans fin à mailles larges, et un rouleau de matériau dont la nappe vient se poser sur ledit transporteur, cette nappe étant plus particulièrement consti tuée par du feutre de carbone contenant des grains d'alumine, recouvert de papier sans cendres.