L'invention a pour objet un procédé de fabrication de lunettes et les lunettes obtenues par mise en oeuvre de ce procédé. C'est, d'une manière générale, un but de 11 invention de fournir un procédé de fabrication de lunettes, notamment de lunettes médicales à verres correcteurs, mais également de lunettes de soleil ou analogues, qui permette la réalisation de façon plus simple que cela n'était possible jusqu'à présent, par l'opticien, des verres et de la monture, en particulier de la face d'une paire de lunettes, aussi bien sur le plan artisanal que sur le plan industriel. C'est aussi un but de l'invention de fournir un tel procédé qui permette la fabrication, par l'opticien, des verres et d'une face de monture de lunettes adaptée à la morphologie de leur utilisateur. C'est encore un but de l'invention de fournir un tel procédé qui permette la fabrication de façon économique de lunettes plus résistantes que celles obtenues par les procédés connus. C'est, enfin, un but de l'invention de fournir un tel procédé qui permette la fabrication de lunettes de forme particulièrement esthétique. Le procédé selon l'invention, pour la fabrication d'une paire de lunettes, est caractérisé en ce qu'on découpe à la pointe sèche ou à l'aide d'un outil analogue dans une plaquette mince un gabarit de forme des verres et un gabarit de forme de la face de la monture, en ce qu'on fabrique, à partir du premier gabarit, un calibre propre à être utilisé pour le maintien sur une machine à recopier de la face découpée intérieurement et pour le meulage des verres de lunettes, en ce qu'on taille par fraisage ladite face à partir du second gabarit et en ce qu'on assemble entre eux les éléments constitutifs de la paire de lunettes. Le procédé selon l'invention permet ainsi, de façon particulièrement simple, de réaliser des lunettes adaptées à la morphologie de leur utilisateur. L'invention prévoit, en particulier, que les verres d'une paire de lunettes soient conformés, sur au moins une partie de leur périphérie, suivant une courbe à convexité tournée vers le centre du verre. De façon avantageuse, la zone périphérique du verre à convexité tournée vers le centre dudit verre est ménagée dans la partie destinée à former la zone temporale de sorte que pour des lunettes dont la face de monture entoure complètement les verres, ladite face présente, dans la zone d'attache des branches de la monture, une plus grande épaisseur favorable à sa solidité. Dans cette même zone, qui est celle de plus grande épaisseur pour de nombreux verres médicaux, la taille du verre suivant une courbe à convexité tournée vers le centre du verre permet de réduire l'épaisseur de ce dernier. L'invention prévoit également que la zone périphérique du verre à convexité tournée vers le centre dudit verre soit ménagée dans la partie destinée à former la zone nasale, avec pour résultat une plus grande épaisseur, dans cette zone, de la face de la monture qui accroît d'autant la solidité des lunettes. L'invention sera bien comprise par la description qui suit, faite à titre d'exemple et en référence au dessin annexé dans lequel - la figure 1 est une vue de face d'un gabarit propre à être utilisé dans le procédé selon l'invention - la figure 2 est une vue de face d'un autre gabarit - la figure 3 est une vue d'encore un autre gabarit obtenu à l'aide de ceux montrés sur les figures 1 et 2 - la figure 4 est un schéma d'un appareillage pour la fabrication, par le procédé selon l'invention, de calibres de verres de lunettes - la figure 5 montre l'utilisation des gabarits des figures 1 et 2 pour la fabrication d'une face de monture de lunettes - la figure 6 est unetvue en coupe selon la ligne 6-6 de la figure 5 - la figure 7 est une vue analogue à celle de la figure 4 illustrant la fabrication de la face de monture - la figure 8 est une vue d'une paire de lunettes selon l'invention. Pour la fabrication, par le procédé selon l'invention, d'une paire de lunettes, on dessine directement ou par transfert sur un support mince propre à être découpé à la pointe sèche, par exemple une feuille de rhodoid de 5/10 de mm d'épaisseur, d'une part la forme des verres et, d'autre part, celle de la face de la monture entourant ceux-ci, On trace également, sur ce support mince, l'axe horizontal et l'axe vertical de la paire de lunettes et, après découpe, on obtient un gabarit 10, figure 1, correspondant aux verres et sur lequel sont portés un axe vertical 11 et un axe horizontal 12, ainsi qu'un gabarit 13, figure 2, dont le contour est celui de la forme extérieure de la face de la monture et qui porte le tracé d'un axe vertical 14 et d'un axe horizontal 15, ce gabarit étant limité, au droit du milieu du pontet, par une partie rectiligne 16. On ponce alors les gabarits 10 et 13, par exemple à la toile émeri, pour les amener à la forme exactement souhaitée. Sur une feuille 17, figure 3, en le même matériau et de même épaisseur que celle dans laquelle ont été découpés les gabarits 10 et 13, on trace ensuite un axe horizontal 18 et un axe vertical 19. En superposant le gabarit 13 et la feuille 17 de manière que l'axe 15 cotncide avec l'axe 18 et que la partie rectiligne 16 coincide avec l'axe 19 on détermine,-sur la feuille 17,- les axes verticaux 20 et 21 des verres de la paire de lunettes. Le gabarit 10 est alors placé sur la feuille 17 de manière que l'axe ll coïncide avec l'axe 20 et l'axe 12 avec l'axe 18 pour tracer sur ladite feuille un contour 22 correspondant à la forme d'un des verres et un même contour 23, symétrique par rapport à l'axe 19, est tracé sur ladite feuille à l'aide du même gabarit 18 lorsque son axe 11 est amené à colncider avec l'axe 21 et son axe 12 avec l'axe 18. La feuille 17 est alors découpée, par exemple à la pointe sèche, le long des contours 22 et 23, qui sont ensuite poncés à la toile émeri. Pour la réalisation du contour intérieur de la face, la feuille 17, découpée comme indiqué ci-dessus, est alors placée, par collage ou tout autre moyen approprié, sur un dispositif 25,(figure 4), constitué par une plaque supérieure 26 et une plaque inférieure 27, en acier doux, propres à être solidarisées entre elles par des vis 28 coopérant avec des canons filetés 29 de la plaque 26, le dispositif 25 faisant partie d'une machine à recopier, non représentée, et qui comprend une fraise 29 dont le déplacement est asservi à celui d'un toucheur 30 propre à coopérer avec les contours 22 et 23 de la feuille 17. Une plaque 31 en un matériau destiné à former la face de la monture de la paire de lunettes étant serrée entre les plaques 26 et 27, avec interposition de cales en rhodoid 32 et 33, la forme intérieure de la face est alors obtenue, avantageusement en deux passes de travail dont une première d t d'#aycr# et une seconde de finition, par taillage de la plaque 31 de la fraise 29 qui traverse le support 27 par des lumières 34 et 35 ménagées dans ledit support, le déplacement de la fraise correspondant à celui du toucheur 30 coopérant avec les contours 22 et 23. Pour conformer la plaque 31 au profil extérieur souhaité, on superpose d'abord les gabarits 10 et 13, en faisant coïncider l'axe 11 avec l'axe 14 et l'axe 12 avec l'axe 15, figures 5 et 6, et on perce à l'intersection de ces axes, dans les deux gabarits, un trou 40 de plus grand diamètre que celui de deux trous 41 et 42, équidistants des axes ll et 14 alors confondus, et alignés sur les axes 12 et 15 également confondus. L'ensemble des gabarits 10 et 13 est alors rapporté sur une plaque d'acier doux 43 où il est maintenu par des pions 44 et 45 de diamètre et d'écartement correspondant à ceux des trous 41 et 42. Dans une machine à recopier munie d'un dispositif analogue a celui montré sur la figure 4, mais dans lequel la plaque 43 joue le rôle de la plaque 26, on fraise alors dans une plaquette 48, par esemple en rhodoïd et d'une épaisseur de 5 mm, un "calibre" intérieur avantageusement en deux passes de travail, dont une première d'ébauche et une seconde de finition, lorsque le toucheur 30 coopère avec la périphérie externe du gabarit 10. Le "calibre" ou jeton ainsi obtenu est propre à servir au maintien de la face de monture fraisée intérieurement et au meulage des verres de la paire de lunettes. Pour ce faire, liensemble des gabarits 10 et 13 accolés et solidaires de la plaque 43 est placé dans un dispositif comme montré sur la figure 7 qui comprend une vis 46 et un écrou 47 pour la fixation, sur la face de la plaque 43 opposée à celle portant les gabarits 10 et 13, de la plaquette 48. D'une manière analogue à ce qui a été décrit en référence à la figure 4, une cale 49 présentant des passages 50 en correspondance des pions 44 et 45 et un passage 51 en correspondance de la vis 46 est interposée entre la plaque 43 et la plaquette 48. On fixe alors la face fraisée intérieurement dans la plaque 31 sur les jetons, pour le montage de ladite plaque sur la machine à recopier, et ladite plaque est d'abord fraisée suivant le profil extérieur d'une demi-face lorsque le toucheur 30 coopère avec le gabarit 10 puis suivant le profil extérieur de l'autre demi-face en retournant ladite plaque 31 dans son support, étant entendu que, lors du fraisage qui est avantageusement effectué en deux passes dont une première d'ébauche et une seconde de finition, la partie rectiligne 16 du gabarit 13 n'est pas utilisée. Le procédé selon l'invention permet ainsi, de façon simple, d'obtenir rapidement, d'ue part, les calibres destinés à servir au meulage des verres et, au maintien de la face de lunettes et, d'autre part, une face-de monture de lunettes propre à coopérer avec ces verres. Le procédé peut être mis en oeuvre, non seulement pour la réalisation de paires de lunettes à l'unité, mais également pour la réalisation d'un outillage destiné à la fabrication de lunettes en série, de manière industrielle. Dans ce cas, on fabrique comme indiqué ci-dessus et à partir de feuilles minces, des gabarits correspondant aux faces de lunettes, d'une part, et des calibres plus épais correspondant aux verres, d'autre part. Dans ce cas,également, les matériaux constitutifs des gabarits ou calibres définitifs sont avantageusement réalisés en un matériau plus résistant et plus stable dans le temps que le rhodoïd, comme de l'aluminium, du laiton ou un alliage léger d'aluminium dont le travail de taille par une fraise peut également être commandé à l'aide d'un dispositif à toucheur, Selon une autre caractéristique de l'invention on prévoit que les verres d'une paire de lunettes soient conformés, sur au moins une partie de leur périphérie, suivant une courbe à convexité tournée vers le centre du verre. Comme visible sur la figure 8, les verres 55 et 56 d'une paire de lunettes présentent, l'un et l'autre, une partie de leur périphérie, montrée en 57 pour le verre 55, qui est une courbe à convexité tournée vers le centre C du verre. Lorsque, de façon avantageuse, la courbe à convexité tournée vers le centre du verre est ménagée dans la zone temporale, il en résulte une plus grande épaisseur de la monture 58 dans cette zone, de sorte que peuvent être logés, sans difficulté et en particulier sans diminution de résistance, les tenons 59 et 60 de montage d'une branche de la paire de lunettes. D'autres parties périphériques des verres peuvent également être conformées suivant des courbes à convexité tournée vers le centre du verre, par exemple comme montré en 61 pour le verre 55 et cela pour, d'une part, conférer un aspect esthétique particulièrement agréable à la paire de lunettes mais également et principalement permettre, le cas échéant, d'adapter la forme de la monture et en particulier sa face à la morphologie de l'utilisateur tout en augmentant les caractéristiques de résistance de l'ensemble monté. REVENDICATIONS 1. Procédé de fabrication d'une paire de lunettes, caractérisé en ce qu'on découpe à la pointe sèche ou à l'aide d'un outil analogue dans une plaquette mince un gabarit de forme des verres et un gabarit de forme de la face de la monture, en ce qu'on fabrique, à partir du premier gabarit, un calibre propre à être utilisé pour le maintien sur une machine à recopier de la face de monture découpée intérieurement ainsi que pour le meulage des verres de lunettes, en ce qu'on taille par fraisage ladite face de monture à partir du second gabarit et en ce qu'on assemble entre eux les éléments constitutifs de la paire de lunettes. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la plaquette dans laquelle sont découpés les gabarits est une feuille de rhodoid ou analogue, d'une épaisseur de l'ordre de 5/10 de mm. 3. Lunettes obtenues par la mise en oeuvre du procédé selon la revendication 1 ou la revendication 2. 4. Lunettes, notamment lunettes médicales, caractérisées en ce qu'elles comprennent des verres conformés, sur au moins une partie de leur périphérie, suivant une courbe à convexité tournée vers le centre du verre. 5. Lunettes selon la revendication 4, caractérisées en ce qu'une courbe à convexité tournée vers le centre du verre est ménagée au moins dans la zone temporale des lunettes et avantageusement dans d'autres zones, comme la zone nasale.