La présente invention est relative à la drégamine, alcaloïde connu de formule Suivant l'invention, on a maintenant trouvé que la drégamine présente des propriétés thérapeutiques intéressantes, utilisables en thérapeutique humaine. L'invention a donc pour objet un médicament présentant en particulier des propriétés sthéniques, anti-inflammatoires et antivirales, caractérisé en ce qu'il comprend de la drégamine ou un de ses sels d'additions non toxiques et un véhicule ou excipient pharmaceutiquement acceptable. Parmi les sels utilisables figurent les sels d'addition avec les acides, notamment le chlorhydrate. La découverte des vertus curatives de la dréganine est d'autant plus attrayante quton a maintenant trouvé, suivant un autre aspect de l'invention, un procédé de préparation de la drégamine susceptible d'une mise en oeuvre à l'échelle industrielle. La drégamine a déjà été préparée en petites quantités par extraction de diverses plantes, telles que celles du genre tabernaemontana, par exemple tabernaemontana sphaerocarpa de l'ile de Java, tabernaemontanacoronaria (ou ervatamia coronaria) des Indes. Les rendements en drégamine sont très faibles; on rapporte que de 2,2 kg de racines d'Ervatamia coronaria, on n'a extrait que 25 mg de drégamine impure. L'invention vise un procédé de préparation qui fournit des rendements au moins mille fois plus élevés en drégamine pure. L'invention a donc pour objet un procédé de préparation de la drégamine par extraction de matières végétales du genre tabernaemontana, caractérisé en ce que la matière première végétale est l'espèce dont un échantillon est déposé sous le NO 255 au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. Cette espece, Teconnue par R. Capuron sous le NO 27452 SF, pousse dans l'ile de Madagascar Elle est considérablement plus riche en drégamine que toutes les autres plantes. On peut effectuer l'extraction-à partir d'une partie quelconque de la plante et, en particulier, à partir des feuilles, des écorces de tiges ou des racines. Suivant un mode d'exécution du procédé d'extraction, on met la matière végétale en contact avec un solvant constitué par de liteau acidulée ou par un alcool inférieur éventuellement en solution aqueuse acidulée ou non, de manière à obtenir une solution d'extraction, on élimine le solvant, on reprend l'extrait par 1'eau acidulée de manière à obtenir un pH inférieur à 4, on clarifie la solution d'extraction, on lui ajoute un agent alcalin pour amener le pH à une valeur supérieure à 7, on sépare la drégamine qui précipite et on la purifie. L'alcool utilise comme solvant est de préférence un alcool inférieur ayant, par exemple, moins de 5 atomes de carbone. On peut purifier la dregamine brute par recristallisation dans un solvant organique de point d'ébullition inférieur à 1300C, tel qu'un hydrocarbure aromatique ou aliphatique éventuellement halogé né, le cyclohexane, un alcool inférieur (c à C4) l'acétone, la i 4) méthyléthylcétone, ou ces mimes solvants en mélange avec de l'eau, l'éther éthylique, l'éther propylique, éther isopropylique ou ces mêmes éthers en mélange avec les solvants précités. Suivant un autre mode d'exécution du procédé d'extraction, on triture la plante avec une solution alcaline, on la met en contact avec un solvant organique non miscible à lteau, on agite la solu- tion organique d'extraction obtenue avec une solution aqueuse acide pour faire passer les alcaloïdes dans la phase aqueuse, on iso et le celle-ci,/on ajuste le pH à une valeur supérieure å 7 de maniè- re à précipiter la drégamine qu'on isole et purifie. La solution alcaline mise en oeuvre dans le stade de trituration est habituellement une solution aqueuse ou hydro-alcoolique d'une base minérale ou d'un carbonate de métal alcalin ou de l'ammoniaque éventuellement en solution alcoolique. A titre de solvant organique, on peut faire appel a un hydrocarbure aromatique ou aliphatique éventuellement halogéné, de point d'ébullition inférieur à 350QC environ. Pour isoler la drégamine, on peut effectuer soit une filtra tion, soit une extraction par agitation avec un solvant organique non miscible à l'eau, tel qu'un hydrocarbure aromatique ou aliphatique éventuellement halogéné de point d'ébullition inférieur à 1150c. Après repos, la phase organique- est séparée par décantation, puis privée de solvant par distillation. Le résidu obtenu est de la drégamine encore impure, qu'il suffit de cristalliser dans les mêmes conditions que la drégamine brute obtenue par précipitation et filtration, pour aboutir à la drégamine cristallisée caractéri sée par ses constantes physiques : point de fusion à 1070C, pouvoir rotatoire spécifique lévogyre de -93 dans le chloroforme, maximums d'obseoption dans-l'ultra-violet à 239 et 316 nonamètre. Les exemples suivants illustrent le procédé de préparation de la drégamine suivant l'invention. EXEMPLE 1. 1 000 g d'écorces de tige de l'espèce indiquée plus haut réduites en poudre sont agités avec 8 litres de méthanol pendant 2 heures. Par filtration, on isole une première solution d'extraction et le marc. Ce dernier est encore agité une fois avec 5 litres de méthanol, puis séparé par filtration, ce qui donne une seconde solution d'extraction. Le mélange des deux solutions est distillé pour recupérer le solvant qui servira dans une autre opération. On obtient ainsi 1'extrait E pesant environ 200 g. Ce dernier est repris par agitation avec une solution aqueuse sulfurique à2 parties pour mille. Après avoir été clarifiée par filtration, la solution acide est portée à un pH compris entre 9 et 12 par addition d'une quantité suffisante de lessive de soude. Le précipité formé est isolé par filtration et essoré; il constitue la drégamine brute et pèse 55 à 75 g. La drégamine brute est dissoute avec une quantité minimum de chlorure de méthylène bouillant. Par additiond'unequantité suffisante d'éther oxyde d'éthyle, la solution se trouble. Elle laisse alors déposer, par repos à zero degré centigrade, 35 g de drégamine pure qui sont isolés par filtration. EXEMPLE 2. 1 000 g de feuilles de l'espèce Pndiquée -plus haut réduites en poudre sont épuisées par lixiviation continue avec 10 litres du mélange éthanol 70 parties, eau 30 parties. La solution d'extrac tion est privée d'éthanol par distillation, puis portée à pH 2 par addition d'une quantité suffisante d'acide acétique. Après un repos d'un jour, la solution acide est clarifiée par filtration, puis portée à pH 9 par addition d'une quantité suffisante d'ammoniaque. Le précipité formé est isolé par filtration et essoré : il constitue la drégamine brute et pèse 25 à 45 g. Cette drégamine brute est mise en solution dans une quantité minimum d'acétone à l'ébullition. La solution acétonique est filtrée à chaud, diluée par 5 volumes d'éther et placée vingt-quatre heures à 00. L'abondant dépôt cristallin est isolé par filtration. On obtient ainsi 18 g de drégamine pure. EXEMPLE 3. 1 000 g de poudre d'écorce de racine de l'espèce indiquée plus haut sont agités avec 10 litres de solution aqueuse chlorhydrique décinormale pendant deux heures . Par filtration, on sépare du marc une solution aqueuse acide qui est portée à pH 8 par addition de potasse et agitée avec 5 litres de benzène. La solution benzénique est décantée, agitée avec un mélange de 100 g de sulfate de sodium sec, puis clarifiée par filtration sur un buchner garni avec 100 g de silice colloïdale servant d'adjuvant de filtration. La solution limpide benzénique privée dé solvant par filtration laisse un résidu de 80 g de drégamine brute. La drégamine brute est dissoute dans une quantité minimum de cyclohexane bouillant. La solution obtenue est diluée par 5 volumes d'éther de pétrole bouillant entre 45 et 55 C, puis abandonnée un jour à OOC. Le précipité cristallin isolé par filtration pèse 48 g et est constitué par de la drégamine pure. EXEMPLE 4. 1 000 g de poudre d'ecorce de tronc de l'espèce indiquée plus haut sont triturés avec 500 ml de solution d'ammoniaque à 10 . Le granulé humide homogène est introduit dans un lisiviateur et lixivié par 10 litres de chloroforme. La solution d'extraction chloroformique est agitée avec 2 litres d'acide sulfurique à 2 pour mille. Le pH est égal à 1. Après décantation, on isole la phase aqueuse acide qui est alors portée à pH 10 par addition d'une quantité suffisante d'ammoniaque. Le précipité formé isolé par filtration est de la drégamine brute pesant 65 à 75 g. Cette drégamine brute est purifiée comme à l'exemple 2. EXEMPLE 5. 1 000 g de poudre de feuilles de l'espèce indiquée plus haut sont triturés avec 500 ml dé solution de carbonate de sodium à 10t, et 11 ensemble est immédiatement agité avec 20 litres de toluène. Par filtration, on obtient une solution extractive toluénique qui est traitée comme la solution extractive chloroformique de 1'exemple 4. EXEMPLE 6. 1 000 g de poudre d'écorce de racines de l'espèce indiquée plus haut sont humectés avec 600 ml du mélange suivant : éthanol 400 parties,solution d'ammoniaque à 20 > 200 parties. Après trituration, l'ensemble est agité avec 30 litres de fuel du pétrole bouillant entre 170 et 2200C. Par filtration, on obtient une solution d'extraction organique qui est traitée comme la solution chloroformique de l'exemple 4. EXEMPLE 7. A 1 g de drégamine base en solution dans 10 ml de méthanol, on ajoute d'abord 2 ml d'éther saturé d'acide chlorhydrique gazeux, puis une quantité suffisante d'éther pour provoquer un trouble qui cristallise par repos; par filtration, on isole 0,8 g de chlorhy drate de drégamine : F. 2400C ( On donnera ci-dessous des résultats d'essais toxicologiques et pharmacologiques montrant l'innocuité et l'activité de la drégamine. Chez la souris, la dose léthale 50 6ió mortelle est de 25 mg/kg par voie intra-veineuse, 55 mg/kg par voie intra-péritonéale et 130 mg/kg par voie orale. Mais, à des doses plusieurs fois plus faibles chez l'animal, cet alcalolde présente d'intéressantes propriétés pharmacologiques qui peuvent etre classées sous trois rubriques principales - action stimulante, - action anti-inflammatoire, - action anti-virale. Action stimulante. Elle est mise en évidence par les techniques usuelles de psychopharmacologie; épreuve dite de la "cheminée" et de la "planche percée", ainsi que par les effets sur la musculature de la respiration. A des-posologies de 10 à 20 mg/kg chez la souris par voie intra-péritonéale, la drégamine raccourcit le temps de sommeil provoqué par les barbituriques et renforce les effets de l'amphétamine. A la dose de 5 mg/kg par voie endo-veineuse, soit le 1/5 de la dose toxique, la drégamine se présente comme un analeptique respiratoire. Elle accrott l'amplitude et le rythme des contractions et s'oppose aux actions dépressives de la morphine sur le système respiratoire. A ces posologies faibles de 3 à 10 mg/kg, la drégamine combat l'asthénie musculaire; elle rétablit à un taux normal la contraction musculaire d'une préparation tibial-sciatique du rat intoxiquée préalablement par de l'acide lactique. En résumé, la drégamine est capable de lutter contre l'asthénie d'origine nerveuse et musculaire et contre la dépression respiratoire. Action anti-inflammatoire. A des posologies très éloignées de la dose toxique, soit de 1 à 5 mg/kg par voie intra-péritonéale, soit de 5 à 25 mg par voie orale, la drégamine diminue fortement le gonflement articulaire provoqué chez le rat par la technique dite de l'arthrite expérimen- tale au kaolin. -A des posologies du même ordre, la drégamine diminue également la phase granulomateuse inflammatoire provoquée par la technique du morceau de coton. Ces actions subsistent après que les animaux aient subi une surrénalectomie anti-inflammatoire, ce qui est une propriété de la drégamine qui la distingue des autres anti-inflammatoires connus. Action anti-virale. Cette action est mise en évidence par la technique de diffusion sur gélose renfermant 105 à 107 particules virales par millilitre au moment de l'essai. L'alcaloïde est déposé sur des disques de papier à des doses de 1 000 à 125 microgrammes. L'action de la drégamine est évaluée par la mesure en millimètre s du diamètre de la zone dans laquelle les particules virales sont altérées. Par cette technique et à des doses de 500 à t 000 microgram mes, la drégamine se montre active à la fois sur-le virus de la vaccine et sur le virus poliomyélitique de type III. En résumé, à des doses éloignées de la dose toxique, la drégamine manifeste -des actions pharmacologiques puissantes qui justifient l'emploi de cet alcaloïde: dans le traitement des états dépressifs d'origine psychique et nerveuse, des asthénies d'origine musculaire et des dépressions respiratoires, dans le traitement des malafies inflammatoires rhumatismales et -dans celui de certaines affections virales. Dans ces indications, la posologie journalière varie de 1 à 100 mg suivant la nature de l'affection et la-voie.d'administra- tion choisie, la dose par unité de prise étant de 1 à 10 mg. Pour son emploi en thérapeutique, la drégamine, au besoin transformée en sels solubles dans l'eau et diluée dans des excipients pharmaceutiques usuels, peut autre administrée, -soit par voie orale en comprimés, pilules, granulés, sirop, gélules, soit par voie anale, sous forme de suppositoires, soit encore par voie trans ou percutanée, sous forme de soluté stérile injectable, de pommade ou de spray. On donne ci-dessous quelques exemples de formulations du médicament. Comprimés. Dose faible Dose forte en poids en poids Drégamine 1 partie 1 partie Excipient 50 parties 10 parties Pilules. Chlorhydrate de drégamine 1 partie ' 1 partie Excipient 50 parties 10 parties Soluté injectable. Chlorhydrate de drégamine 1 partie 1 partie Eau pour préparation injectable 100 parties 50 parties - REVENDICATIONS. 1 - Les applications thérapeutiques de la drégamine ou de ses celles sels non toxiques d'addition avec des acides, et notamment/utili- sant leurs propriétés sthéniques, anti-inflammatoires et anti-virales. 2 - Procédé de préparation de la drégamine par extraction de matières végétales du genre tabernaemontana, caractérisé en ce que la matière première végétale est l'espèce dont un échantillon est déposé sous le NO 255 au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. 3 - Procédé suivant la revendication 2, caractérisé en ce qu'on utilise les feuilles, les écorces de tige ou les racines de ladite espèce. 4 - Procédé suivant la revendication 2, caractérisé en ce qu' on met la matière végétale en contact avec un solvant constitué par de l'eau acidulée ou par un alcool inférieur éventuellement en solution aqueuse acidulée ou non, de manière à obtenir une solution d'extraction, on élimine le solvant, on reprend 11 extrait par l'eau acidulée de manière à obtenir un pH inférieur à 4, on clarifie la solution d'extraction, on lui ajoute un agent alcalin pour amener le pH à une valeur supérieure à 7, on sépare la drégamine qui précipite et on la purifie. 5 - Procédé suivant la revendication 4, caractérisé en ce quê l'alcool a moins de 5 atomes de carbone. 6 - Procédé suivant la revendication 4, caractérisé en ce qu'on purifie la drégamine par reeristallisation dans un solvant organique de point d'ébullition inférieur à 1300C, tel qu'un hydrocarbure aromatique ou aliphatique éventuellement halogéné, le cyclohexane, un alcool inférieur (C1 à c4) l'acétone, la méthyldthylcé- tone, ou ces mêmes solvants en mélange avec de l'eau, l'éther éthylique, l'éther propylique, l'éther isopropylique ou ces mêmes éthers en mélange avec les solvants précités. 7 - Procédé suivant la revendication 2, caractérisé en ce qu'on triture la plante avec une solution alcaline, on la met en contact avec un solvant organique non miscible à l'eau, on agite la solution organique d'extraction obtenue avec une solution aqueuse acide pour faire passer les alcaloïdes dans la phase aqueuse, on isole celle-ei,sson ajuste le pH à une valeur supérieure à 7 de manière à précipiter la drégamine qu'on isole et purifie. 8 - Procédé suivant la revendication 7, caractérisé en ce que la solution alcaline est une solution aqueuse ou hydro-alcoolique d'une base minérale ou d'un carbonate de métal alcalin ou de l'ammoniaque éventuellement en solution alcoolique. 9 - Procédé suivant la revendication 7, caractérisé en ce que le solvant organique est un hydrocarbure aliphatique ou aliphatique éventuellement halogéné de point d'ébullition inférieur à 3500C environ. 10 - Procédé suivant la revendication 7, caractérisé en ce qu'on isole la drégamine en effectuant soit une filtration, soit une extraction par agitation avec un solvant organique non miscible à l'eau, tel qu'un hydrocarbure aromatique ou aliphatique éventuellement halogéné de point d'ébullition inférieur à 115 C.