La présente invention est relative à un procédé permettant de réaliser des impressions polychromes en deux, trois, quatre ou plusieurs couleurs, sans mettre en oeuvre les techniques de "photogravures en couleurs" habituellement utilisées. La présente invention permet de réaliser ces travaux d'impression dans des conditions optimales d'efficacité et d'économie. Dans l'état actuel des connaissances, la réalisation d'une impression polychrome peut être effectuée selon plusieurs méthodes quel que soit le mode d'impression choisi ( phototypie, lithographie ou offset, typographie, héliographie, sérigraphie). Une première technique antérieure connue consiste a imprimer en utilisant autant de couleurs d'encres qu'il y a de tons dans le document de base. Il faut donc autant de matériels d'impression et autant de passages sur machine qu'il y a de couleurs à reproduire. Cetteméthode n'est donc valable que pour des impressions comportant un nombre restreint de couleurs. Une deuxième technique antérieure connue consiste à reproduire toutes les couleurs du document en n'utilisant que trois encres primaires qui sont le jaune, le rouge magenta et le bleu cyan (trichromie) et en ajoutant éventuellement un noir pour modifier ou renforcer les nuances obtenues (quadrichromie). Une phase préparatoire (photogravure en tri ou quadrichromie) consiste à "analyser" le document de base afin de déterminer les valeurs dans lesquelles devront être imprimées les encres primaires en un point donné, pour obtenir en ce point une couleur conforme à celle du document initial. Cette analyse appelée "sélection" s'opère généralement à partir d'un document d'exécution en couleurs ou à partir d'un ektachrome. Elle est performée soit selon des procédés conven tionnels, soit pardes procédés électroniques. I1 convient de signaler que dans le cas des impressions courantes sur papier, les encres primaires commercialisées par divers fabricants ont des caractéristiques chromatiques identiques (gamme européenne unifiée). Une autre technique antérieure connue appelée "trame de Benday" consiste à monter des trames mécaniques de diverses valeurs pour composer l'élément d'impression de chaque encre primaire. Cette méthode est valable pour réaliser des tons venant en aplat" dans des formes géométriques simples mais ne peut s'appliquer à des documents détaillés car elle entraine dans ce cas des montages complexes difficilement réalisables et beaucoup plus coûteux que la photogravure en tri ou quadrichromie. Le procédé selon l'invention permet de réaliser plusieurs centaines de teintes composées venant soit en aplat soit en "valeurs" ou "modelés" et s'applique plus particulièrement à des reproductions de créations artistiques (compositions décoratives, illustrations, affiches et affichettes, matériel publicitaire ou de conditionnement, etc ...). Le procédé selon l'invention consiste à remplacer le document d'exécution en couleurs (qui dans la deuxième technique antérieure connue serait destiné aux opérations de photogravure en tri ou quadrichromie) par deux, trois, quatre (ou éventuellement plus) documents monochromes en repérage peint dans un camaïeu de diverses valeurs choisies à partie de gammes préétablies selon diverses combinaisons de base. Le processus peut se résumer ainsi a/ Etablissement d'un tracé fin et précis délimitant les zones ou motifs correspondant aux diverses nuances composées voulues par l'artiste. - Placement, dans les marges, "d'hirondelles de repérage", - A titre d'exemple non limitatif, ce tracé peut être fait à l'encre de chine noire soit sur un support transparent ou translucide comme de l'acétate ou du kodatrace, soit sur un support opaque comme de la carte ou un papier à dessin sans grain. b/ Duplication de ce tracé en autant d'exemplaires qu'il a été choisi de couleurs d'encres d'impression pour obtenir les multiples tons composés de la maquette initiale, par exemple trois pour un tirage en tri-chromie, quatre pour un tirage en quadrichromie ou davantage si l'on a décidé l'utilisation de couleurs additionnelles comme par exemple, un bistre ou toutes autres couleurs. La duplication doit être effectuée sur un support rigoureusement stable ne risquant pas de subir de variations dimensionnelles par suite des conditions atmosphériques ou de l'humidité des encres ou peintures utilisées par la suite. Ce support peut être en n'importe quelle matière offrant les garanties voulues de stabilité. A titre d'exemple, un papier ; dessin contrecollé sur une fine plaque de métal constitue un excellent support. N'importe quel procédé connu de duplication peut être utilisé dans la mesure où il respecte scrupuleusement le dessin initial et ou tous les exemplaires obtenus seront rigoureusement identiques. c/ Notation, en marge de chacun des exemplaires ainsi dupliqués, de la couleur d'encre d'impression. A titre d'exemple, pour un tirage en quadrichromie, l'on aura un exemplaire pour le jaune, un pour le magenta, un pour le cyan et un pour le noir. d/ Détermination, au moyen des "clefs" données par la gamme préétablie, des diverses valeurs dans lesquelles les encres d'impression devront venir pour composer les diverses nuances voulues par la maquette initiale. A titre d'exemple, dans le cas d'un tirage en quadrichromie plus un bistre soit une impression en cinq couleurs, des nuances x, y, z d'une maquette comportant 27 teintes différentes pourraient être composées comme suit Jaune Maqenta Cyan Noir Bistre x = 10 % 90 % 60 % - y = - 30,' - - 75 ,' z = 40 % 15 % 80 % 5 ,' e/ Application, sur chaque document, des diverses valeurs voulues par la détermination indiquée au point d, au moyen d'une peinture ou d'une encre d'une seule et même couleur mais dégradée soit par adjonction de blanc, soit par dillution pour s'étendre de 100 % à 0 % en passant par les valeurs intermédiaires prévues par la gamme préétablie. La peinture de chaque document peut aller du noir pur au blanc pur en passant par toutes sortes de-valeurs de gris mais l'on peut choisir d'autres teintes pour établir des valeurs dégradées. Ainsi, il a été observé que l'utilisation du rouge vermillon pur allant au blanc pur en passant par une gamme de roses donne de bons résultats pour l'établissement de la simili mentionnée au point "f". Il est à noter qu'en utilisant un support blanc, il n'est pas nécessaire de peindre les zones dans lesquelles n'entre aucune valeur de la couleur traitée. Ainsi, dans l'exemple donné au pant "d" toutes les zones correspondant à la nuance x resteront vierges sur les documents du noir et du bistre. Toutes les zones correspondant à la nuance y resteront vierges sur les documents du jaune, du cyan et du noir etc f/ Gravure en"simili", comme pour un simple tirage en noir de chacun des documents ainsi obtenus, mais en orientant l'axe des trames comme il est normalement pratiqué pour les travaux en polychromie. Il a été observé que l'orientation des trames n'est pas nécessaire pour les "impressions transfert" puisqu'en se sublimant pour aller se fixer dans le tissu, les colorants contenus dans les encres transfert et déposés sur le support provisoire que constitue le papier d'impression, agissent comme une "teinture" et n'ont pas besoin "d'illusion dbptique" pour créer la couleur composée. Le procédé selon l'invention consiste donc à réaliser soimeme, directement sur des documents 'monochromes, la sélection des diverses valeurs dans lesquelles chacune des encres de base (primaires ou non primaires) choisies pour le tirage, devra être imprimée, en telle ou telle partie de la surface tota#le, pour reproduire les diverses nuances du tirage polychrome. Le procédé selon l'invention se caractérise en ce que la mise en place des composantes des teintes finales, sélectionnées à partir d'une ou plusieurs gammes dont les clefs ont étfipréétablies (comme c'est le cas d'une technique antérieure connue appelée "Trame de Benday") s'opère non point par montage de trames mécaniques (dont l'emploi n'offre aucune souplesse et se limite à des surfaces peu détaillées) mais par l'application de peintures ou encres correspondant à des valeurs très définies. L'application de ces peintures ou encres peut être effectuée selon toutes sortes de méthodes (pinceau, brosse, pochon, rouleau, tampon, aérographe etc .) parmi lesquelles on choisira la mieux adaptée au cas spécifique de l'oeuvre à réaliser. Dans le cas d'un document très détaillé, le pinceau permettra par exemple de réaliser d'extrêmes finesses. Le procédé selon l'invention permet non seulement de réaliser des "aplats" mais encore des tons dégradés en renforçant ou en diminuant la valeur d'une des composantes. Dans ce domaine, l'artiste pourra éventuellement réaliser lui-même ses documents ou les retoucher pour créer des "effets" personnels. Le procédé selon l'invention n'est pas limitatif au niveau des 'Valeurs" utilisables. Les mélanges ou les dillutions de peintures ou d'encres peuvent aboutir à de nombreux dégradés mais il a été observé qu il est préférable dansun souci d'efficacité et d'économie, d'en restreindre le nombre ; à titre d'exemple 6 valeurs permettent d'obtenir 342 nuances pour un tirage en 3 couleurs. Bien entendu, le nombre des nuances susceptibles de se distinguer les unes des autres est inférieur au nombre de combinaisons que l'on obtient avec la formule (n+l)x - 1 dans laquelle n = le nombre de valeurs et x = le nombre de couleurs de base du tirage car les valeurs faibles des couleurs claires ne modifient pas sensiblement les valeurs fortes des couleurs foncées. Les peintures ou encres de diverses valeurs utilisées pour exécuter les documents monochromes doivent être préparées en laboratoire, selon des dosages précis afin que chaque valeur reste rigoureusementcaiforme à celle utilisée pour l'établissement de la gamme de base. Le procédé selon l'invention permet une grande souplesse d'utilisation car l'artiste exécutant lesvdocuments peut, s'il le désire, modifier un ton de la gamme préétablie en mélangeant deux valeurs réalisées par le laboratoire. Cette modification restera ainsi dans les limites d'une fourchette connue. A titre d'exemple, citons deux nuances, x, y, de la gamme préétablie susceptibles de convenir à un créateur qui aimerait pourtant obtenir un ton un peu plus rouge que x et un peu moins rouge qu'y. En supposant que la composante rouge de x soit une valeur "c" et que celle de y soit une valeur "d" il suffira, en peignant le document prévu pour le tirage du rouge, de mélanger les valeurs c et d, pour obtenir une valeur intermédiaire. La modification d'une nuance de la gamme de base par mélange de deux valeurs connues d'une des composantes permettra soit de réaliser des aplats d'une nouvelle nuance, soit de créer les effets" Ot "modelés mentionnés plus haut. L'application du procédé selon l'invention est particulièrement intéressante dans le domaine des impressions polychromes destinées au transfert par sublimation. En effet, les encres transferables proposées par l'ensemble des fabricants, tant en France qutà ltétranger, ne sont pas normalisées c'est-à-dire que leurs caractéristiques chromatiques ne corresponden pas à la gamme G.U.E. (A titre d'exemple il n'existe pas de colorant sublimables permettant de réaliser du cyan). Les procédés de photogravure en tri ou quadrichromie habituellement mis en oeuvre pour des impressions traditionnelles sont#donc mal adaptés à des sélections pour le transfert. En conséquence, les résultats sont approximatifs et nécessitent des corrections longues et couteuses. Le procédé selon 11 invention permet de supprimer le caractère aléatoire de la sélection puisque celle-ci est effectuée, à partir des clefs d'une gamme de base, avec des peintures dont les valeurs précises sont les composantes testées et reconnues des nuances préalablement étalonnées. Le procédé selon 11 invention permet d'obtenir une bonne conformité et une bonne reproductibilité des nuances de la gamme de base pour autant que les divers paramètres afférant à l'impression et aux opérations ultérieures de transfert soient respectés. REVENDICATIONS 1. Procédé destiné à la réalisation d'impressions polychromes, caractérisé essentiellement en ce qu'il consiste à déposer sur des documents monochromes en repérage, dont chacun correspond à l'une des couleurs de base du tirage, une substance (peinture, encre ou analogue), selon les valeurs dans lesquelles ces encres de base, primaires ou non primaires, devront être imprimées pour composer les diverses nuances de la polychromie. 2. Procédé suivant (1) dans lequel les valeurs de la peinture encre ou analogue, correspondent à une gamme préétablie ou à plusieurs gammes préétablies dont les clefs sont connues et permettent une répétition dans le temps et dans ltespace. 3. Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes dans lequel les dites valeurs sont appliquées aux endroits voulus, suivant la méthode la mieux appropriée à chaque cas spécifique, par exemple, au moyen de pinceaux, brosses, pochons, rouleaux tampons ou analogue, ou au moyen d'un aérographe. 4. Procédé suivant l'une quelconque des renvendications précédentes, caractérisé en ce que les documents peints en diverses valeurs n'ont pas besoin de subir de sélection de photogravure en tri ou quadrichromie mais sont seulement gravés en simili comme pour un simple tirage en noir. 5. A titre de produits industriels nouveaux, toutes impressions polychromes en encres normales, toutes impressions polychromes en encres transfert et tous articles fabriqués avec des impressions transfert réalisées conformément au procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes.