La présente invention est relative à un procédé de traitement d'immondices. On sait que l'élimination des ordures ménagères est un problème qui préoccupe la plupart des pays industrialisés. Les quantités de résidus domestiques augmentent chaque année. Par ailleurs, les critères pour la protection de ltenvironnement sont de plus en plus sévères. On connatt diverses techniques pour éliminer les immon- dices. Parmi ces techniques, l'incinération est fréquemment pratiquée. Elle présente l'inconvénient d'être très conteuse, tant au niveau des investissements que du prix de revient du traitement. De plus, elle ne peut oestre appliquée que dans des régions à forte densité de population, pour lesquelles la quantité de déchets collectés dans une zone géographique limitée justifie un tel investissement. Dans ce cas, les coûts de transport ne viennent pas grever trop lourdement le cotit global du traitement. Les ordures ménagères peuvent être également traitées dans des installations de compostage. L'objectif de cette technique est de transformer les immondices par fermentation en engrais utilises pour l'agriculture. On reconnatt à ce traitement les mimes inconvénients que ceux du procédé par incinération. De plus, en raison du caractère saisonnier de l'activité agricole, les quantités importantes de compost ne trouvent pas de débouchés suffisants. Généralement, la technique de traitement la plus pratiquée est l'épandage contralé. Elle consiste à déverser les immondices dans une excavation naturelle ou artificielle ou sur un terrain qui a été préalablement aménagé à cet effet. Les immondices sont déversés puis épandues régulièrement au moyen d'une pelle mécanique. Préalablement au versage, elles peuvent entre broyées. Elles sont ensuite tassées par passage d'un engin lourd, muni d'un rouleau ou d'une roue garnie de dents ou de couteaux pour faciliter le broyage des déchets. Après ces opérations, les déchets sont recouverts de terre ou de sable. L'épandage contr81é est intéressant par le faible coflt du traitement et par le fait qu'il peut être transformé en terre agricole moyennant le recouvrement d'une couche de terre arable ou valorisé comme terrain de construction d'immeubles, de plaines de sport ou de parcs. Toutefois, le traitement des déchets par épandage présente divers inconvénients, parmi lesquels on peut mentionner les sui vants - l'envol de poussières et de particules légères provoque la pollu tion de l'atmosphère et des terrains environnants, - les déchets ménagérs contiennent des matières putrescibles, dont la fermentation dégage des gaz malodorants, - la mise en décharge des immondices constitue un risque grave de contamination des eaux superficielles et des nappes aquifères, - la prolifération des insectes, rongeurs et oiseaux porteurs de germes nocifs est importante. Le but de la présente invention est de remédier aux in convénients qui résultent du traitement des ordures ménagères par épandage. A cet effet, l'invention concerne un procédé d'assainissement des immondices ou ordures ménagères destinées à être déversées sur des terrains d'épandage, ce procédé étant caractérisé en ce qu'on ajoute aux ordures de la chaux vive ou hydratée dans des proportions qui peuvent varier notamment selon la nature des immondices à traiter et qui sont, de préférence, comprises entre environ 1 et 10% en poids par rapport à la masse d'immondices, plus particulièrement entre environ 4 et 7%. On peut utiliser, dans le cadre de l'invention de la chaux vive (CaO) ou de la chaux hydratée rCa(OX2)7 sous forme pulvérulente ou en dispersion ou solution aqueuse. Selon une particularité avantageuse de l'invention, on mélange intimement la chaux à la masse d'immondices, Ainsi, dans le cas d'un broyage préalable des ordures avant leur épandage, 1' addition de chaux peut s'effectuer avantageusement dans les broyeurs mêmes ou à la sortie de ceux-ci lors du chargement des camions. Lorsque les immondices ne subissent pas un broyage préalable, 1' addition de chaux se fait, de préférence, par épandage en une couche uniforme à la surface des immondices. L'appareil qui effectue cet épandage est, de préférence, un véhicule tracté distributeur de chaux dont le débit d'alimentation en chaux est proportionnel à la vitesse de déplacement du véhicule, ce qui permet un-dosage uniforme de la chaux. Lors du compactage au moyen d'un rouleau compresseur ou d1un tracteur à chenilles ou, de préférence, au moyen de roues métalliques munies de dents, on obtient une pénétration suffisante de la chaux pour atteindre les effets désirés. Le procédé suivant l'invention offre des avantages bénéfiques inattendus. Ainsi, lorsqu'on ajoute, par exemple, 6% en poids de chaux aux immondices, on augmente le pH du miliéu (dont la teneur en humidité varie entre 20 et 40%) à une valeur comprise entre Il et 12. Dans ces conditions, on obtient une stérilisation du milieu et la-suppression des germes pathogènes. Au surplus, l'addition de chaux provoque un abaissement du pourcentage d'humidité à la surface des immondices. Cet abaissement entratne un collage des fines particules, et en conséquence, une diminution de l'envol des éléments légers sous l'action du vent. Des essais réalisés en laboratoire et au niveau semiindustriel ont montré que l'addition de chaux, de préférence à raison d'au moins 4% en poids, a pour effet de réduire fortement, sinon d'annuler l'émission de gaz nauséabonds. Dans des conditions climatiques favorables au développement des insectes et asticots, c'est-à-dire dans des milieux humides et chauds on constate, par ailleurs, une absence de ces insectes et asticots à la surface et dans la masse des immondices traitées au moyen de chaux. On a remarqué aussi, d'une façon surprenante et inattendue, que la vitesse de percolation de liteau au travers de couches d'immondices traitées à la chaux diminue, lorsque le pourcentage de chaux augmente. La pollution des nappes aquifères étant proportionnelle à la quantité d'eau qui traverse les immondices, cet effet d'imperméabilisation diminue sensiblement la pollution des nappes aquifères. L'addition de.chaux par son pouvoir alcalin a, de plus, une action très favorable sur la dégradation des matières organiques. La faible solubilité de la chaux dans 11 eau ntentratne pas une augmentation excessive du pH des eaux de percolation. Le contact avec l'anhydride carbonique de l'air ramène le pH de ces eaux à des valeurs inférieures à 8, rapidement. Des essais menés en laboratoire sur une variété de rats de race SPRAGUE DAinLEY SPF dont le comportement peut titre assimilé au ratus-ratus brun, hutte priviligié des dépOts d'immondices, apermfs d'étudier ltinfluence de l'addition de chaux sur leur comportement lorsqu' ils ne disposent comme seule nourriture que d' immondices traitées à la chaux. Par addition de 4% en chaux, à partir du sixième jour d'expérimentation, les rats rejettent du sang par voie anale. La mort survient quelques jours après l'apparition de ces symptomes. La dissection des animaux a permis de mettre en évidence une dégradation de tout l'appareil digestif. Le traitement des immondices au moyen de chaux permet aussi d'assainir les terrains d'épandage et de venir à bout de cette prolifération des rongeurs vecteurs de maladies, pour lesquels des terrains traités n'ont plus d'attrait. La mise en oeuvre du procédé suivant l'invention conduit en outre à d'importantes économies d'exploitation par le fait que l'addition de chaux ne nécessite plus l'apport de matériaux de recouvrement. Les colts élevés de transport et de manutention de terres ou de sables nécessaires au recouvrement des immondices dans le procédé traditionnel. sont évités. D'autre part, l'inutilité d'apports de matériaux supplémentaires constitue également un avantage économique, du fait que ces matériaux contribuent au remplissage du dépit et diminuent de la sorte le volume utile de remplissage. EXEMPLE L'exemple purement illustratif décrit ci-après précise un des modes de réalisation du procédé suivant l'invention et les avantages qui en résultent. A un lot dtimmondices correspondant à la composition moyenne ci-après gaines 24% I & tières végétales et putrescibles 18% Papiers et cartons 32% Métaux 5% Chiffons 3% Verre 8% Débris combustibles non classés 3% (os, paille, cuir) Débris incombustibles non classés 3% Matières plastiques 4% on a ajouté 6% en poids de chaux vive pulvérente. Préalablement à cette addition, les immondices ont subi une réduction granulométrique par broyage. Les immondices mélangées avec la chaux ont été placées dans des fates d'une capacité de 100 litres puis tasses. Les fAts ont été entreposés à l'air libre. La température moyenne au cours de l'vessai a été de 25 C, La durée de l'essai a été d'un mois. La température du mélange-n'a pas dépassé une valeur de 500C. Après deux jours, elle s'est maintenue à une valeur de 300C. A la fin de l'essai, soit après un mois, on a observé une réduction de volume de 16%. Par rapport à un lot de référence placé dans les mêmes conditions , mais ne contenant pas de chaux, on a mesuré pour le lot qui contenait 6io de chaux, une absence totale de mouches, d'asticots et d'odeurs nauséabondes. La teneur en gaz ammoniac (çXH3) a été nulle ou inférieure à 3ppm. Pour le lot de référence, c' est-à-dire sans chaux, au cours de la même période, soit du premier jour de l'essai jusqu'au trentième Jour, on a noté une prolifération de mouches et d'asticots, la présente d'odeurs très désagréables ainsi que des teneurs en NH3 à la surface des immondices supérieures à 10 ppm. REVENDICATIONS 1.- Procédé de traitement d'immondices ou d'ordures ménagères destinées à & re déversées dans des terrains dtapandage, caractérisé en ce qu'on traite les immondices ou ordures ménagères à 1' aide de chaux dans une proportion telle que la prolifération d' insectes ou d'animaux ainsi que le dégagement de gaz malodorants soient sensiblement réduits, sinon supprimés. 2.- Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'on ajoute environ 1 à 10% en poids de chaux par rapport au poids de la masse d'immondices. 3.- Procédé suivant la revendication 2, caractérisé en ce qu'on ajoute environ 4 à70% en poids de chaux aux immondices. 4.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'on utilise de la chaux vive (CaO). 5.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce qu'on utilise de la chaux hydratée E(Ca(OH)2. 6.- Procédé suivant l'une quelconqe des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'on utilise la chaux sous forme pulvérente. 7.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 55 caractérisé en ce qu'on utilise la chaux sous forme d'une dispersion ou solution aqueuse. 8/- Procédé- suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'on mélange intimement la chaux aux immondices ou ordures ménagères. 9.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel les immondices ou ordures ménagères sont broyées avant et/ou après leur épandage, caractérisé en ce qu'on ajoute de la chaux pendant ou après le broyage des immondices ou ordures ménagères. 10.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'on mélange de la chaux aux immondices ou ordures ménagères avant ou après leur épandage 11.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications i à 6, caractérisé en ce qu'on épand des couches successives alternées d'immondices et de chaux, ces couches ayant des épaisseurs appropriées pour assurer la pénétration de la chaux dans les couches d'immondices.