La présente invention se rapporte à un procédé de préparation d'huiles à très bas point de goutte convenant à l'utilisation comme huiles pour transformateurs. Plus précisément, l'in- vention concerne un procédé perfectionné pour préparer des huiles pour transformateurs à bas point de goutte à partir de pétroles bruts paraffiniques. Les huiles pour transformateurs sont des huiles électriquement isolantes à haute stabilité, qu'on peut d'ailleurs utiliser dans d'autres équipements électriques tels que les disjoncteurs. En plus d'une viscosité relativement basse, d'une forte constante diélectrique et d'un point d'inflammation relativement élevé, ces huiles doivent avoir un point de goutte relativement bas. La condition est particulièrement impérative lorsque les huiles doivent titre utilisées dans des climats froids. En outre, ces huiles doivent être aussi exemptes que possible de substances corrosives telles que les acides, les alcalis et le soufre, elles doivent résister à l'oxydation et ne doivent pas former de boues. On connaît déjà plusieurs procédés permettant de préparer des huiles isolantes. En général, ces huiles sont préparées à partir de pétroles bruts naphténiques non paraffineux dont de nombreuses régions productrices sont dépourvues, et qui, par conséquent, ont des prix de départ élevés auxquels s'ajoutent de lourds frais de transport. Ces pétroles bruts permettent de préparer des huiles isolantes à point de goutte exceptionnellement bas sans déparaffi- ner ni veiller avec une attention particulière au degré de fractionnement ou à la largeur de coupe de distillation,mais ils contiennent de fortes proportions de soufre et d'azote qui doivent être éliminées si l'on veut satisfaire aux exigences sévères de stabilité auxquelles ces huiles isolantes doivent répondre. On utilise également des huiles isolantes extmement stables, produites en totalité ou en partie à partir de pétroles bruts paraffiniques par des techniques classiques de déparaffinage, dans certaines applications où les conditions climatiques tempérées n' exigeant pas des huiles à point de trouble ou à point de goutte particulièrement bas. Toutefois, lorsqu'on exige des points de goutte très bas, un déparaffinage poussé des distillats paraffiniques à des températures inférieures à - 400C ne peut pas concurrencer, en raison de son prix de revient, la fabrication de ces huiles à partir de pétroles bruts naphténiques. Le brevet US 2.906.688 décrit un procédé qui permet d'éviter un déparaffinage poussé et d'obtenir, à partir de distillats paraffiniques, des huiles à basse viscosité et à point de goutte remarquablement bas à des prix concurrentiels. Dans ce procédé, on part dtune fraction à large intervalle de distillation contenant des paraffines, qu'on soumet d'abord à un fractionnement serré. On prélève une coupe de coeur étroite à la viscosité voulue qu'on soumet ensuite à un déparaffinage à une température d'environ - 18 OC; l'huile déparaffinée a un point de goutte de - 450c ou meme audessous. On peut également soumettre la coupe de distillation étroite à une extraction par solvant avant le déparaffinage sans af- becter dans une mesure appréciable le point de goutte du produit. Les difficultés auxquelles on se heurte dans ce procédé résultent des propriétés particulières des huiles à bas point de goutte obtenues. Bien que ces huiles aient de bas point de goutte,leurs points de trouble -il s'agit de la température à laquelle les paraffines commencent à précipiter-,sont relativement élevés, et voisins de la température à laquelle on a déparaffiné.Le point de goutte est,par suite,extremement sensible à la contaminatioel par des paraffines, lesquelles se rencontrent obligatoirement dans les conduits d'unités opératoires telles que les unités de traitement par solvant (extraction) de raffinage hydrogénant ("hydrofining") et les unités de déparaffinage qui fonctionnent norma le ment avec des courants de produits paraffineux à point de goutte relativement élevé.En fait,on a constaté que l'addition d'une très faible proportion, par exemple O, 5%, de paraffines à une huile isolante préparée par le procédé en question et ayant un point de trouble de -240C,faisait passer le point de goutte de -46 à -210C,alors que l'addition de la même quantité de paraffines à une huile naphténique non paraffineuse ayant la même viscosité et le même point de goutte n'affectqpas du tout ce dernier. Dans le brevet US 3.627.673, on décrit un procédé de préparation d'huiles pour transformateurs à bas point de goutte à partir de pétroles bruts paraffiniques, procédé dans lequel on n'utilise plus la tour de fractionnement étroitement spécialisée qui est nécessaire pour isoler la coupe de distillation initiale étroite exigée dans le procédé du brevet US 2.906.688 précité, et on obtient des produits beaucoup moins sensibles aux impuretés paraffineuses.Dans ce procédé, on part d'une coupe étroite ayant un intervalle d'ébullition n5-95" (il s'agit de l'intervalle séparant la température observée après distillation de 5% en volume de liquide et la température observée après distillation de 95% en volume de liquide) de 288 à 3990C dans un appareil à distiller sous vide classique pour pétrole brut, on soumet cette coupe étroite å extraction par solvant, on déparaffine, on traite par raffinage hydrogénant (ci-après nhydroftning" : c'est l'opération classique de raffinage par hydrogénation catalytique, appliquée le plus souvent pour améliorer la qualité des huiles lubrifiantes) et on termine par une distillation fractionnée dans laquelle on prélève une coupe étroite (coupe de coeur) ayant un intervalle d'ébullition 5-95% de 304 à 3824C ou mEme plus étroit. Les colonnes de fractionnement nécessaires dans ce procédé sont relativement compliquées et contiennent un nombre assez important de plateaux. Un procédé qui permettrait d'obtenir, à partir de pétroles bruts paraffiniques, des huiles pour transformateurs à bas point de goutte beaucoup moins sensibles aux impuretés paraffineu ess que les huiles obtenues par le procédé décrit dans le brevet US 2.906.688 sans faire appel aux colonnes de fractionnement spéciales nécessaires dans les procédés des brevets US 2.906.688 et 3.627.673 précités, constituerait un progrès technique considérable. La demandçr + a précisément trouvé un procédé commode et rentable pour préparer des huiles pour transformateurs,à bas point de goutte. Dans ce procédé (1) on soumet à extraction par solvant une fraction de distillation paraffineuse d'un pétrole brut paraffinique, ladite fraction présentant un intervalle d'ébullition de 5 à 95% de 313 à 4020C à pression atmosphérique, l'extraction donnant un extrait et un produit raffiné. (2) on soumet le produit raffiné à un déparaffinage -par solvants à une température comprise entre - 23 et - 400c dans un milieu liquide à deux phases non miscibles entre elles, avec formation d'une dispersion à trois phases dont une phase solide paraffineuse, une phase liquide riche en huile et une phase liquide riche en solvant. (3) on filtre cette dispersion à une température comprise entre - 23 et - 400 C, ce qui donne un filtrat consistant prati quement en la phase riche en solvant et un gâteau paraffineux contenant la plus grande partie de la phase riche en huile, et (4) on isole du filtrat une huile pour transformateurs à bas point de goutte. La fraction de distillation paraffineuse peut être obtenue à partir du pétrole brut paraffinique sous forme d'une coupe de distillation étroite avec un intervalle d'ébullition 5-95 d'environ 313 à 402 C , dans un appareil à distiller de type classique pour pétrole brut avec prise de vide.Ce distillat est soumis à une extraction par solvant dans laquelle on sépare une proportion importante de ses constituants aromatiques et polaires en utilisant des solvants d'extraction classiques tels que la Nméthylpyrrolidone, le phénol, le furfural, etc.... la composition du solvant utilisé pour le déparaffinage est réglée de manière qu'il se forme à partir du distillat ou produit raffiné extrait, dans la zone de déparaffinage, une dispersion à trois phases comprenant une phase paraffineuse solide et deux phases liquides non miscibles, l'huile pour transformateurs à bas point de goutte étant l'un des constituants de la phase liquide riche en solvant.En général, la température de déparaffinage ne doit pas se situer au-dessus de - 2900 et la dispersion froide est ensuite filtrée au voisinage de la température de déparaffinage. Au cours de l'opération de filtration, la phase liquide riche en huile se comporte comme de la paraffine solide et reste sur le filtre avec le gâteau de paraffine. Par contre, la phase riche en solvant, qui contient l'huile pour transformateurs, passe au travers du fil tre et > à partir de ce Piltrat,on isole I'huile pour transforma- teurs. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront plus clairement de la description détaillée donnée ciaprès en référence aux figures des dessins annexés dans lesquels Fig. 1 représente schématiquement un cycle opératoire comme plet dans un mode de réalisation particulier du procédé selon li invention pour préparer des huiles pour transformateurs i bas point de goutte et, Fig. 2 est un graphique représentant la solubilité d'une huile paraffinique dans des solvants cétoniques mélangés. En référence à la figure 1 des dessins annexés, on envoie un pétrole brut paraffinique contenant des paraffines cireuses, par exemple un pétrole brut de 1 'Aramco, par un conduit (1), dans un appareil classique en raffinerie pour la distillation des pétroles bruts (10). Dans cet appareil, le pétrole brut est séparé en plusieurs fractions, y compris une fraction ayant un intervalle d'ébullition 5-95 (de liquide, en % en volume) de 313 à 4020C (mesuré à pression atmosphérique), et qui contient l'huile pour transformateurs recherchée.Cette coupe est prélevée dans la par tie sous vide de l'appareil à distiller le pétrole brut (10) par le conduit (2) et transférée vers une unité d'extraction (11) dans laquelle on élimine une partie des constituants aromatiques et polaires de la fraction contenant l'huile pour transformateurs par extraction à l'aide de solvants classiques tels que le phénol, le furfural, la N-méthylpyrrolidone et d'autres solvants analogues Le solvant d'extraction pénètre dans l'unité d'extraction (11) par le conduit (3) et y entre en contact avec la fraction contenant l'huile pour transformateurs, en s'écoulant de préférence à contrecourant par rapport à cette fraction. Dans l'unité d'extraction, il se forme une phase extrait et une phase produit raffiné.Une partie importante du solvant d'extraction quitte l'unité d'extraction (11) par le conduit (4) en tant que constituant principal de la phase extrait, laquelle contient la plus grande partie du solvant et la plus grande partie des constituants aromatiques et polaires de la fraction transportant l'huile pour transformateurs. La phase produit raffiné contenant la fraction recherchée pour son huile pour transformateurs est évacuée en tête d'appareil par le conduit (5) et envoyée à l'unité de déparaffinage (12). Dans cette installation, un solvant de déparaffinage froid, par exemple un mélange méthyléthylcétone/méthylisobutylcétone, pénètre par le conduit (6) et se mélange avec le produit raffiné. Laineur en paraffines cireuses du produit raffiné est abaissée au niveau voulu par refroidissement du mélange solvant/produit raffiné à une température déterminée, par exemple - 320 C, à laquelle la paraffine précipite.La température- et la composition du solvant de déparaffinage doivent titre réglées (ainsi par exemple à 90% en volume de méthyléthylcétone et 10 volume de méthylisobutylcétone, à - 320C) de manière qu'à la fin du cycle de réfrigération dans l'appareil à déparaffiner (12) il se forme une dispersion à deux phases liquides et une phase solide paraffineuse. t'unité de déparai finage (12) peut également contenir un ou plusieurs réfrigérants et des racleurs permettant si on le désire de refroidir encore le mélange solvant/produit raffiné et de former la dispersion à trois phases.La phase solide contient les paraffines,les deux phases liquides consistent en une phase riche en huile et une phase riche en solvant, cette dernière contenant elle- méme l'huile pour trans formateurs à bas point de goutte (inférieur à - 40 C) recherchée. La dispersion passe de l'appareil de déparaffinage (12) au filtre (13) par le conduit (7); la phase liquide riche en solvant passe au travers du filtre, en est évacuée par le conduit (9) et envoyée à des appareils tels que des évaporateurs à solvant (non représentés) qui permettent de séparer le solvant de l'huile pour transformateurs à bas point de goutte recherchée. A la filtration, la phase liquide riche en huile se compte comme une cire de paraf- fine et reste dans le gateau de filtration qu'on évacue du filtre (13) par le conduit (8).Le gâteau de paraffine contenant la phase riche en huile est ensuite traité par un moyen quelconque approprié permettant de séparer l'huile à haut indice de viscosité de la paraffine proprement dite.Ainsi par exemple, on peut procéder à une seconde filtration, la phase liquide du gâteau ayant été rendue homogène. Pour que la phase liquide du produit soit homogène au second filtre, on peut soit augmenter la température de filtration au-dessus de la température de démixtion, soit ajouter des compléments de solvant de déparaffinage (plus riche en méthylisobutylcétone) au gSteau deparaffine,ctest-à-dire augmenter le rapport solvant/huile et la teneur en méthylisobutylcétone.Le filtrat et le gâteau de paraffine sont envoyés dans une installation de récupération du solvant; l'huile à haut indice de viscosité isolée du filtrat et la paraffine peuvent Etre soumises à des raffinages complémentaires. Les huiles lubrifiantes recueillies peuvent titre soumises, si on le désire, à des opérations variées de finissage telles qu'un traitement par des argiles, un raffinage par hydrogénation catalytique, un traitement par des acides et des traitements analogues. En outre, pour parvenir aux huiles lubrifiantes plates à l'emploi, on peut ajouter des inhibiteurs variés et d'autres additifs. Le procédé selon l'invention permet d'obtenir une huile pour transformateurs très stable, à bas point de goutte, à partir d'un pétrole brut paraffinique et paraffineux tel qu'on en trouve dans l'ouest du Canada, l'Arabie Saoudite, le Xoweit, le Panhandle, à Tia Juana, etc.... Lorsqu'on parle de bas point de goutte, il s'agit d'un point de goutte au moins inférieur à - 400C et de pré férence d'environ -460C ou meme au-dessous. La fraction à partir de laquelle on prépare l'huile pour transformateurs selon l'invention est elle-mEme en général obtenue à partir du pétrole brut paraffinique et paraffineux par passage dans un appareil à distiller le pétrole brut sous vide. Toutefois, dans la pratique de l'invention, il est essentiel que la fraction prélevée dans la partie sous vide de/l'appa- rail de distillation du pétrole brut soit une coupe de distillation relativement étroite consistant en une huile paraffinique à faible viscosité, à savoir à une viscosité d'environ 40 à 70 unités Saybolt à 38 C, de préférence environ 45 à 65 unités Say bolt à 380C et, mieux encore, de 50 à 60 unités Saybolt à 380C. Lorsqu'on parle de coupe "étroite" on veut préciser qu'il s'agit d'une coupe ayant un intervalle d'ébullition 5-95% de 313 à 4020C sous une pression de 1 atmosphère. Cette coupe contient la fraction d'huile pour transformateurs à bas point de goutte qu'on cherche à isoler conformément à l'invention. On utilisera de préférence des fractions ayant un intervalle d'ébullition d'environ 316 à 3990C et,mieux encore,de 316 à 3g1tC sous une pression de 1 atmosphère. Ces coupesde distillation étroites, bien fractionnées, à taible viscosité, ont un grand intérêt en raison du fait que, lorsqu'on les soumet à déparaffinage par des cétones (par exemple à une température de - 230C), elles donnent lieu à un phénomène d'inversion du point de goutte et de la température de filtration : le point de goutte de l'huile déparaffinée peut descendre Jusqu' 17 à 220C au-dessous de la température de d6paraffinage,alors qu'avec les distillats classiques, (-à large intervalle de distillation) le point de goutte se situe en général à environ 9 C audessus de la température de déparaffinage.Les coupes de distillation étroites utilisées conformément à l'invention peuvent titre prélevées dans une tour de distillation classique sous vide pour pétrole brut. Mais ces coupes de distillation ne sont pas suffisam- ment étroites pour manifester le phénomène d'inversion point de goutte-tempErature de filtration de 17 à 220 C, à soins de subir un traitement compleentaire. Les opérations d'extraction par solvants non miscibles, de déparaSfinage et de filtration selon l'invention conduisent à une nouseme diminution du point de goutte, de 60C ou plus au-dessous de la température de déparaffinage.Finale ment, il est important qu a fraction servant à l'isolement de l'huile pour transformateurs soit obtenue en tant que coupe de coeur dans l'appareil à distiller le pétrole brutw sous vide å un intervalle d'ébullition 5-95% (liquide en volume) de 313 a 402 C à pression atmosphérique.En g6ndral, une fraction bouillant dans cet intervalle présente l'effet d'inversion point de goutte-tem pérature de filtration et contient l'huile pour transformateurs recherchée, et elle aura de préférence une viscosité de 50 à 60 unités Saybolt à 380C bien que, cependant, sa viscosité puisse sortir de ces limites, selon l'application voulue pour l'huile. Des constituants aromatiques et polaires indésirables de la fraction servant à la préparation de l'huile pour transformateurs sont éliminés par contact ou extraction de l'huile par des solvants ayant de l'affinité pour ces composés. Ces solvants sont bien connus dans l'industrie et comprennent par exemple le phénol, la N-méthyl-2-pyrrolidone, le furfural, le mélange N-méthylpyrro lidone/phénol et des solvants analogues, avec jusqu'à 20% environ d'eau. L'eau introduitquans le solvant d'extraction sert à accrot- tre sa sélectivité à l'égard des constituants aromatiques et polaires de l'huile.En général, le solvant est utilisé à ltextrac- tion en quantités d'environ 0,5 à 4 volumes par volume d'huile. La température se situe en général dans l'intervalle de 49 à 121 C et atmosphérique les pressions vont de la pression/à 18 kg/cm. Habituellement, dans une tour d'extraction verticale,. le solvant s'écoule en mouvement descendant et entre en contact à contre-courant avec l'huile qui est en mouvement ascendant, dans des conditions dans lesquelles les constituants les plus aromatiques et les constituants de type polaire se dissolvent dans le solvant, avec formation d'une phase produit raffiné riche en huile et d'une phase extrait riche en solvant.Le solvant d'extraction en écoulement descendant peut contenir la quantité d'eau voulue mais on peut également injecter l'eau séparément au voisinage du pied de l'appareil d'extraction. La phase extrait est évacuée de la zone d'extraction. On la traite ensuite pour séparation du solvant d'une part et des composés aromatiques et polaires d'autre part, et on recycle le solvant à l'extraction ou on l'envoie au stockage. En général, si on utilise pour-llextraetion des solvants tels que le phénol et le furfural, tout le solvant éventuellement entratné dans la phase produit raffiné est éliminé de cette phase avant le déparaffinage. Toutefois, si on utilise comme solvant d'extraction la N-méthyl-2-pyrrolido- ne, on peut éventuellement éviter d'éliminer tout le solvant en trané dans la phase produit raffiné avant le déparaffinage. C'est le produit raffiné sortant de l'opération d'extraction qui contient l'huile pour transformateurs recherchée. Le produit raffiné sortant de l'extraction est soumis à déparaffinage par solvants au moyen de tous solvants capables de donner la dispersion voulue à trois phases.L'envoi final aux filtres à paraffine après déparaffinage d'une dispersion à trois phases constitue un élément critique dans l'invention.Ainsi par exemple, on peut mettre le produit raffiné en contact avec un solvant de déparaffinage cétonique auto-réfrigérant, tel qu'un mélange propane/méthylisobutylcétone/acétone, un mélange propylène/ méthylisobutylcétone/acétone, un mélange propylène/méthyléthyl cétone/méthylisobutylcétone, un mélange propylène/méthyléthylcé- tone/toluène ou un mélange analogue, le mélange du solvant et du produit raffiné étant refroidi dans une mesure suffisante pour provoquer la démixtion du liquide et la précipitation de la paraffine ne, en partie au moins par auto-réfrigération in situ.D'autres solvants de déparaffinage sont constitués de mélanges de cétones en C 3-C 6 entre elles ou avec des solvants aromatiques monocycliques, par exemple un mélangqméthyléthylcétone/toluène. Les solvants les plus appréciés parmi ceux qui ont permis d'obtenir les mélanges recherchés à trois phases, c'est-à-dire la dispersion liquide-liquide-solide dans 2a quelle la phase solide contient la paraffine, l'une des phases liquide est riche en solvant et l'autre contient l'huile pourtransformateurs recherchée, sont les mélanges binaires méthyléthylcétone/méthylisobutylcétone et acétone/méthyli- sobutylcétone. Les facteurs qui interviennent dans la formation de la dispersion à trois phases nécessaire elle-mEme pour parvenir à la diminution voulue du point de goutte sont 1) la composition du sol vant, 2) la température, )) 1 nature de lthuiletise en oeuvre et 4) le rapport solvant/huile. La relation mutuelle entre ces divers facteurs pour un produit raffiné léger d'Arabie à un rapport solvant/huile mise en oeuvre de 2:1, avec des mélanges méthyléthyl cétone/méthylisobutylcétone comme solvants de déparaffinage, est représentée graphiquement à la figure 2. En général, la méthyléthylcétone représentera d'environ 45 à 95% en volume du mélange méthyléthylcétone/méthylisobutylcétoneà des températures de filtration d'environ - 23 à -400C.Pour assurer la démixtion à des températures de filtration comprises entre - 23 et - 400C avec un mélange binaire acétone/méthylisobutylcétone, ce mélange devra contenir de 55 à 95% en volume, et de préférence d'environ 50 à 75% en volume, d'acétone. Normalement, le solvant est réfrigéra avant entre mélangé avec l'huile paraffineuse (fraction contenant l'huile pour transformateurs). On peut provoquer la démixtion et abaisser simultanément la température de la dispersion jusqu'à la température de filtration voulue par simple inJection du solvant froid dans l'hui- le paraffineuse. Toutefois, le refroidissement provoqué par le mélange de l'huile paraffineuse avec un solvant de déparaffinage froid n'est que partiel et on procède au refroidissement complémentaire par d'autres moyens, par exemple en faisant passer le mélange paraffine/huile/solvant dans des échangeurs à surface équipés de racleurs et des appareils analogues qui peuvent également être considérés comme parties intégrantes de l'unité de déparaffi nage.En d'autres termes, on peut mélanger l'huile et le solvant alors que ce dernier est homogène et en une seule phase liquide, et provoquer la précipitation de la paraffine et la démixtion du liquide par refroidissement plus profond du mélange jusqu'à la température appropriée. On notera que, naturellement, le choix du solvant approprié et le choix de la température finale à laquelle on doit éventuellement refroidir le mélange et la dispersion sont fonction d'un certain nombre de facteurs tels que la nature et la composition du solvant, la nature de l'huile mise en oeuvre, le point de goutte voulu, etc...En général, la température à laquelle on refroidit finalement la dispersion avant filtration se situe entre - 23 et - 4O0C, de préférence entre - 26 et - 370C et, mieux core,entre - 29 et - 340C. La température de la dispersion au moment de la filtration est la température atteinte avant filtration comme décrit ci-dessus. Le point de goutte de l'huile pour transformateurs obtenue en définitive dépend de la nature de la fraction mise en oeuvre, de la température de déparaffinage, de la nature du solvant, du rapport de dilution, etc..., comme on l'a dit précédemment. On peut améliorer la coloration et la stabilité à l'oxyda- tion des huiles déparaffinées et diminuer leur teneur en soufre en les soumettant à un raffinage par hydrogénation catalytique. On peut ainsi mettre l'huile déparaffinée en contact avec uneataly- seur approprié de raffinage par hydrogénation catalytique, catalyseur contenant les sulfures ou oxydes de plusieurs métaux tels que le cobalt et le molybdène, le nickel et le molybdène, lehic- kel et le tungstène et d'autres encore. En général, ce raffinage par hydrogénation catalytique est réalisé par passage de l'huile déparaffinée sur un lit rixe à une vitesse spatiale d'environ 0,3 à 3,0 volumes/volume/heure à une température de 177 à 343 C sous une pression partielle d'hydrogène de 21 à 63 kg/cm.Cependant, cette opération n'est pas essentielle pour les buts de l'invention et peut etre supprimée. L'exemple suivant illustre l'inventionsans toutefois la limiter; dans cet exemple, les indications de parties et de % s'entendent en poids sauf mention contraire. EXEMPLE L'appareillage utilisé dans l'opération de cet exemple est représenté schématiquement dans la figure 1 des dessins annexés, qu'on a déjà décrite. On envoie par le conduit (1) dans un appareil à distiller les pétroles bruts, classique en raffinerie, (10), un pétrole brut de I'Aramco. Dans la partie sous vide de l'appareil à distiller le pétrole brution prélève par le conduit (2) une fraction de distillation paraffineuse représentant 5,4% en volume du volume du produit brut et ayant un intervalle de distillation 5-95% de 317 à 3910C (norme américaine ASTM D-2 887 66 T), un point de goutte de + 80C et une viscosité de 56 unités Saybolt à 38 C; on envoie cette fraction à l'appareil d'extraction (11). Dans cet appareil, les constituants aromatiques et polaires sont éliminés di distillat par contact avec du phénol pénétrant dans l'appareil par le conduit (3).La quantité/phénol (contenant lui-même 8% en volume d'eau) utilisée pour ce traitement représente 131%en volume, par rapport à la fraction de distillation. 29% en volume de la fraction de distillation sont évacués de l'appareil d'extraction par le conduit et forment la phase extrait, les 71 restants, constituant la phase produit raffiné, sont envoyés à l'appareil de déparai finage (12) par le conduit (5).Dans cet appareil, le produit raffiné est mélangé avec un solvant de déparaffinage froid consistant en méthyléthyloétone/méthylisobutylcétone et pénétrant dans l'appareil (12) par le conduit (6), dans des proportions relatives finales solvant/huile de 2:1 en poids et à une tenWerature finale de - 320C;il y a alors précipitation d'une proportion importante de paraffine (l9,5) à partir de huile La dispersion est ensuite envoyée au filtre de ddparaffinage (18) par le conduit (7); la paraffine est séparée de la dispersion par une opération classique de filtration sous vide.Le gateau de filtration et le filtrat sont recueillis respectivement par les conduits (8) et (9) et le solvant est ensuite éliminé du filtrat par distillation. On a procédé à des essais de déparaffinage avec des mélan ges méthyléthylcétone/m6thylisobutylcétone a 9 roportions en volume de 50:50, 75:25 et 90:10. On a provoqué la démixtion en portant la teneur en méthyléthylcétone du solvant au-delà de 85, cette proportion représentant approximativement celle à laquelle le produit raffiné est tout Juste mis cible avec B mélange méthyléthyl- cétone/méthylisobutylcétone à - 320C. On trouvera les indications précises sur la miscibilité dans le tableau I ci-après et dans la figure 2 des dessins annexés. Les résultats rapportés dans le tableau I ci-après montrent que le déparaffinage par solvant en deux phases liquides conduit à une amélioration du point de goutte de 60C environ; en effet, le point de goutte du produit déparaffiné par solvant à deux phases est de - 460C alors que,lorsqu'on déparaffine dansun sdvant miscible, on parvient à un point de goutte de -400C. Les résultats rapportés mettent également en évidence l'inversion point de gout te-tempirature de filtration à laquelle on parvient lorsqu'on extrait et qu'on déparaffine la coupe de distillation étroite selon l'invention; en effet, les points de goutte des huiles pour transformateurs obtenues sont beaucoup plus bas que la température de déparaffinage. TABLEAU I Préparation d'huiles pour transformateurs à partir de pétroles bruts paraffiniques Solvant méthyléthylcétone/méthylisobutylcétone Composition, % en volume 50/50 75/25 90/10 Rapport pondéral solvant/huile 2,0/1 Température du filtre, C -32 Température de démixtion* C (M = miscible; D = démixtion) -2 (M) -16 (M) -22D) Huile pour transformateurs à bas point de goutte ** Viscosité, unités Saybolt à 38 C 56,0 56,2 56,7 à 99 C 34,2 34,3 34,3 point de trouble, C - 31 - 33 - 34 point de goutte, C - 40 - 40 - 46 * cf. figure 2. Il y a tout juste miscibilité à - 32 C avec un mélange méthyléthylcétone/ méthylisobutylcétone, 85:15 en/volume, ** On n'a pas séparé la phase riche en huile du gâteau de filtration. REVENDICATIONS 1. Procédé de préparation d'une huile pour transformateurs à bas point de goutte, ce procédé se caractérisant par les diverses étapes suivantes (a) on soumet à une extraction par solvant une fraction de distillation paraffineuse d'un pétrole brut paraffinique présentant un intervalle d'ébulltion 5-95$ (intervalle séparant la température observée après distillation de 5% de liquide de la température re observée après 95% de liquide) de 313 à 4020C à pression atmos phérique, formant ainsi un extrait et un produit raffiné, (b) on soumet le produit raffiné à un déparaffinage par solvant à une température comprise entre - 23 et - 400C environ dans des conditions telles qu'on obtient deux phases liquides non miscibles, formant ainsi une dispersion à trois phases; une phase raffineuse solide, une phase liquide riche en huile et une phase liquide riche en solvant, (c) on filtre cette dispersion à une tempêrature comprise entre - 23 et - 400C environ, et on obtient un filtrat consistant pratiquement en la phase riche en solvant qui contient l'huile pour transformateurs recherchée et un gateau paraffineux qui contient la phase riche en huile, et (d) on sépare du filtrat, par élimination du solvant, une huile pour transformateurs à bas point de goutte. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la fraction de distillation paraffineuse a une viscosité de 40 à 70 unités Saybolt à 380C. 3. Procédé selon la revendication I ou 2, caractérisé en ce que la fraction de distillation paraffineuse a un intervalle d'ébullition 5-95% de 316 à 3900C à pression atmosphérique. 4. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que le déparaffinage et la filtration sont effectués à une température comprise entre - 29 et - 340C. 5. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 43 caractérisé en ce que le solvant utilisé pour le déparaffinage comprend au moins deux cétones choisies parmi les cétones en C 3 C 6. 6. Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce que le solvant utilisé pour le déparaffinage est un mélange méthyl é thylcétone/méthylisobutylcétone ou un mélange acétone/méthyliso- butylcétone. 7. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que le solvant utilisé pour le déparaffinage est choisi parmi les cétones en C 3-C 6 ou les mélanges de ces cétones avec un solvant aromatique monocyclique. 8. Procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce que le solvant utilisé pour le déparaffinage est un mélange de méthyléthylcétone et de toluène. 9. Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce que le solvant utilisé pour le déparaffinage comprend un constituant auto-réfrigérantet un mélange binaire de cétones en C 3-C 6. 10. Procédé selon la revendication 9, caractérisé en ce que le constituant auto-réfrigérant du solvant est le propylène et/ou le propane.