On sait que les feuilles ou les enductions en matière plastique, notamment les feuilles ou enductions en PVC, peuvent entre décorée. avantageusement selon le procédé de thermoinpression, ou procédé d'impression par transfert, dans lequel la feuille à décorer est pressée à chaud en contact avec une enduction déposée sur un support flexible, constitué le plus souvent de papier, d'aluminium ou d'un film ou d'un stratifié en cellulose régénérée. L'enduction qui contient les pigments et motifs nécessaires à la décoration peut être facilement détachée du support flexible, duquel elle est séparée par une couche constituée le plus souvent de silicones ou, comme dans le cas du brevet belge o n 756.694, d'un mélange de nitrocellulose et d'un amino- plaste.On a essayé sans succès de décorer aussi des textiles avec les supports provisoires dudit brevet belge mais la couche de décoration des supports provisoires n'adhère pas aqkextile ou, si elle y adhère, elle n'est pas solide au frottement ou elle forme une pellicule cassante qui adhère mal ou qui se fendille; on ne peut de cette manière fabriquer par exemple des toiles cirées ou des articles imperméables. Pour pallier cet inconvénient on a, sans succès, essayé d'appliquer l'impression transfert à des toiles déjà enduites de polymères ou de copolymères. Les produits obtenus n'ont plus de toucher textile sur aucune de leurs faces. La présente invention concerne un procédé selon lequel il est possible de fabriquer et d'imprimer simultanément un produit composite souple et plan en forme de feuilles, bandes ou rubans dont ltune des faces a un aspect et un toucher textile, l'autre était lisse comme une feuille de matière plastique et portant un motif coloré d'une ou plusieurs couleurs.A cet effet,on presse, l'une contre l'autre, pendant quelques secondes sur une plaque ou un cylindre chauffé à au moins 185 0C, et dans l'ordre indiqué ci-après: gaz une feuille de papier qui porte des colorants transférables à chaud sur b) la matière textile qui va former une des faces du produit composite final, c) une feuille thermoplastique dont le point de fusion est inférieur à celui de la plaque ou du cylindre chauffé, et d) une feuille "release" d'aluminium, de "Cellophane" ou, de préférence, de papier qui porte le motif coloré à transférer sur la feuille thermoplastique, puis on sépare d) et a) du matériau formé. On obtient ainsi en une seule opération une bonne adhérence de la feuille thermoplastique sur le textile et une coloration des deux faces du produit obtenu. Celui-ci a un aspect et un toucher textile sur une de ses faces, l'autre est lisse et, suivant la nature de la feuille thermoplastique utilisée, imperméable à l'eau et éventuellement à l'air. Dans ce qui suit, le terme 'feuille" signifie également un ruban ou une bande, le terme "motif" désigne aussi bien un dessin qu'une coloration uniforme deJoute la feuille; par "mo- tif coloré" et par "coloration", il faut entendre toute décoration ou dessin qui peut etre obtenu par impression ou par teinture; par "fusion", on entend aussi un ramollissement suffisant pour que, sous une pression de quelques centaines de graametar 2 cm , la feuille thermoplastique adhère au textile. Les produits à utiliser selon le présent procédé sont connus. Ainsi on trouve dans le commerce des feuilles de papier portant un ou plusieurs colorants transférables à chaud, de préférence en phase gazeuse, par exemple, des colorants sublimables ou vaporisables entre 185 et 2200 C à pression atmossphérique. Elles sont décrites par exemple aux brevets français 1 223 330, 1 585 119, 1 575 069, 1 575 547, 2 262 601. La matière textile qui forme une des faces du produit obtenu par le présent procédé est également connue. On peut par exemple utiliser un tissu, un tricot ou un non-tissé de fibres naturelles ou artificielles, voire synthétiques, telles que, par exemple, un tissu, un tricot ou un non-tissé de coton, de viscose, de polyamide, de polyester (polyéthylène téréphtalate), de polyacrylonitrile, d'épaisseur variable qui peut aller du lourd ve lours au voile le plus léger.On obtient cependant de meilleurs 2 résultats, en utilisant des tricots d'au moins 150 g/m2 et des tissus/d'au moins 100 g/m2; les feuilles de papier transfert dont les colorants ne transfèrent bien qu'en dessus de 200 OC donnent également de meilleurs résultats que les autres. Les feuilles thermoplastiques d'un point de fusion inférieur à la température du cylindre ou de la plaque qu'on utilise dans le-présent procédé sont également connues et disponibles sur le marché. On mentionnera à titre d'exemple les différentes feuilles de chlorure de polyvinyle plus ou moins plastifié, celles de copolymères vinyliques, tels que les copolymères du chlorure et de l'acétate de vinyle, celles de polyuréthanne, de polystyrène etc. Ces feuilles thermoplastiques peuvent porter sur leurs deux faces ou seulement sur l'une d'entre elles, de préférence sur celle de leurs faces qui est mise en contact avec le textile, un agent d'accrochage par exemple du type dit "hot melt" ou tout moyen qui favorise l'adhérence sur le textile, par exemple des colles ou des produits thermocollants. La feuille thermoplastique utilisée peut aussi être préalablement grainée. On peut effectuer un grainage chimique ou mécanique durant le passage sur la calandre qui fait l'objet de la présente invention. Le grainage peut également se faire dans une opération ultérieure. Au lieu d'utilisr une feuille thermoplastique indépendante, on peut réunir les deux feuilles c et d en une seule, en recouvrant par exemple la feuille "release" d qui porte le motif à appliquer sur la feuille thermoplastique, par tous moyens appropriés, dune couche de matières thermoplastiques qui vont, dans le procédé de l'invention, jouer le rôle de la feuille c. Quant aux feuilles "release" qui portent un motif coloré transférable sur thermoplastique elles sont décrites dans de nombreux brevets tels les brevets français 2 062 556, 2 185 499 et 2 273 672 ainsi qu'au brevet US 2 556 078 déposé au*tats-Unis d'Amérique le 18 mai 1945 par l'American Viscose Corporation. I1 s'agit, en général, de feuilles de papier portant un film thermoplastique, pigmenté et détachable du papier, à chaud ou après refroidissement. Comme indiqué aux brevets ci-dessus, ce film détachable est généralement de résines vinyliques telles que les polymères et copolymères du chlorure de vinyle. Selon le présent procédé, on presse dans l'ordre indiqué les diverses feuilles les unes sur les autres pendant quelques secondes, par exemple 10 à 25 secondes si on emploie un textile fin, 25 à 60 secondes si le textile utilisé est plus lourd ou la feuille thermoplastique plus épaisse. La plaque ou le cylindre utilisé doit être du côté où se trouve la feuille portant les colorants transférables à chaud (au revers de celle-ci, cela va de soi) et il faut opérer sur une plaque ou un cylindre chauffé à au moins 1850C; de préférence on opère entre 195 et 2150, par exemple, sur une calandre chauffée à au moins 200 C, puis on sé- pare les papiers de l'article imprimé, à chaud ou après refroidissement, selon la nature de la feuille "release" utilisée; on sait en effet que le dé laminage des papiers "release" varie selon leur nature; ainsi, un papier "release" dont l'impression est à base de résines vinyliques (comme par exemple ceux du brevet français 2 273 672) se détache aisément après avoir été refroidi à une température inférieure à 7SOC, tandis que d'autres peuvent être détachés indifféremment à chaud ou après refroidis se- ment. I1 est important pour le succès du présent procédé que la chaleur de la plaque ou du cylindre chauffé provienne d'abord du papier proche du textile; on n'obtient pas le résultat escompté si l'on chauffe des deux côtés à la fois ou si l'on chauffe d'abord le papier "release" proche de la feuille thermoplastique. Dans les exemples non limitatifs suivants, les parties et pourcentages s'entendent, sauf mention contraire, en poids et les températures en degrés Celsius. EXEMPLE 1 On fait passer ensemble dans une calandre usuelle de thermo-impression à sec (telle que celles qui sont couramment utilisées pour thermoimprimer des tissus ou tricots de polyester) dont le cylindre est chauffé à 215 OC, a) une bande de papier transfert qui portune impression obtenue à l'aide d'encres alcooliques à ltéthylcellulose contenant les trois colorants suivants: hydroxyquinophtalone ou o-(p' acétaminophénylazo)-p-crésol, l-amino-2-phénoxy-4-hydroxyanthra- quinone et l-amino-2-cyano-4-éthylamino- ou phénylaminoanthraquinone, b) une bande d'un tissu ou d'un non-tissé de polyester (polyéthylènetéréphtalate) d'un poids d'environ 150 g/m, c) une bande légèrement moins large que le tissu b) de chlorure de polyvinyle d'une épaisseur de 0,15 mm environ contenant environ 30 % de plastifiant et un produit stabilisateur qui empêche la décomposition du chlorure de polyvinyle à chaud, et d) une bande de papier "release" portant une impression en pigments MICROLITH K sur une couche polyacrylique ou polyvinylique recouvrant un enduit "release" formé d'un mélange de nitrocellulose et d'aminoplastes. On passe le tout dans la calandre à une vitesse de 3 m/min., ce qui correspond à un temps de contact de 25 secondes, en tendant suffisamment pour éviter la formation de plis. Au sortir de la calandre, on sépare les deux papiers de la feuille forée, Celleci est imprimée sur ses deux faces; la face textile a gardé son toucher doux; l'autre face est lisse et imperméable à l'eau. On obtient ainsi, en un seul passage sur calandre une feuille composite du genre toile cirée, imprimée sur ses deux faces. Elle peutêtre utilisée pour confectionner des vêtements réversibles, nappes de table, bagages, rideaux de salles de bain, toiles de tente, stores, toiles de parapluie et d'ombrelles etc. La feuille a) utilisée dans cet exemple est une feuille de papier commercial SUBLISTATI,R la feuille d) une feuille de papier commercial NORlDEM-release R la calandre une calandre commerciale LEMAIRE. Le même résultat est obtenu sur une calandre Stork ou Kleinewefers quand on n inverse pas l'ordre des différentes feuilles et que la feuille a) est la plus proche du cylindre chauffant, d) étant sur le doublier (bande d'entranement). EXEMPLE 2 On opère comme à l'exemple 1 mais sur une calandre chauffée à 2050 et en utilisant un tissu de polyamide 6.6 au lieu de polyester et un temps de contact de 30 secondes. On obtient également un matériau composite imprimé sur sa face textile comme sur la face thermoplastique. On obtient également selon ce mode de faire un excellent résultat en remplaçant le tissu de polyamide par un tricot d'ACRYLAN type 16 qui est du polyacrylonitrile. EXEMPLE 3 On opère comme à l'exemple 1 mais en utilisant un tricot de polyester-coton 65:35 traité au préalable de la manière suivante: On imprègne le tricot d'un mélange de 35 g de hexaméthylolmélamine perméthylée 30 g d'une émulsion aqueuse de poyéthylène à 40% et 2 g de chlorure de magnésium dans 1 litre d'eau; on ex prime à un taux d'exprimage de 100 t et on sèche à 1600. On obtient au sortir de la calandre un matériau composite qui peut être utilisé comme ceux de l'exemple 1. EXEMPLE 4 On imprime un motif coloré sur une feuille de papier par la méthode offset, par flexographie ou par héliogravure à l'aide d'encres contenant comme collant jaune lto(-(nitrotoluidylazo)- acétoacétanilide, comme rouge la 1-amino-2,ss-hydroxyéthyloxy-4hydroxy-anthraquinone et comme bleu la l-méthylamino-4-hydroxy- éthylaminoanthraquinone. On imprègne un tricot de coton de 180 g/m2 avec une solution aqueuse à 100 g/litre de polyéthylèneglycol d'un poids méléculaire de 400 ou plus (ou de polypropylèneglycol d'un poids moléculaire d'au moins 400) et un taux d'exprimage de 90 à 100 (c'est-à-dire de telle manière qu il restedans le tricot après que l'excès de la solution utilisée pour l'imprégner a été exprimée, une quantité de cette solution égale à 90 à 100 % du poids du tricot sec) et on sèche à 1100. Puis on répète l'opération de l'exemple 1 en utilisant le papier ainsi imprimé comme papier transfert (bande a) et le tricot de coton imprégné et séché comme bande b à la place du polyester, les bandes c et d restant les mêmes qu'à l'exemple 1. On obtient ainsi en un seul passage sur calandre une feuille composite du genre toile cirée imprimée sur ses deux faces. La face coton a gardé son toucher textile. La feuille composite ainsi obtenue peut être utilisée comme celle de l'exemple 1. Au lieu du tricot de coton, on peut avec succès utiliser une toile de coton, un tissu ou un tricot de polyester-coton 50:50 ou un non-tiss-é de fibres cellulosiques. REVENDICATIONS 1. Procédé de fabrication et d'impression simultanées de matériaux composites plans ayant une face textile et une face thermoplastique, c a r a c t é r i s é p a r 1 e f a i t qu'on presse l'une contre l'autre, pendant quelques secondes, sur une plaque ou un cylindre chauffé au moins 185 C, et dans l'ordre indiqué ci-après a) une feuille de papier qui porte des colorants transférables à chaud sur b) la matière textile qui va former une des faces du produit composite final, c) une feuille thermoplastique dont le point de fusion est inférieur à la température du cylindre ou de la plaque chauffé et d) une feuille "release" d'aluminium, de "Cellophane't ou, de préférence, de papier qui porte le motif coloré à transférer sur la feuille thermoplastique, puis qu'on sépare d) et a) du matériau formé. 2. Procédé selon la revendication 1, c a r a c t é r i s é p a r 1 e f a i t qu'on imprime les deux faces du matériau composite fabriqué sur une calandre chauffée à au moins 200 C. 3. procédé selon la revendication l, c a r a c t é r i s é p a r 1 e f-a i t qu'on fabrique et imprime un matériau composite dont la face thermoplastique est en polymère ou copolymères du chlorure de vinyle. 4. procédé selon la revendication 1, c a r a c t é r i s é p a r 1 e f a i t qu'on fabrique et imprime un matériau comp site dont la face textile est en polyester (polyéthylène teréphtalate), en polyacrylonitrile ou en polyamide. 5. Procédé selon la revendication 1, c a r a c t é r i s é p a r 1 e f a i t qu'on fabrique et imprime un matériau composite dont la face textile est constituée de fibres cellulosiques. 6. Procédé selon la revendication 1, c a r a c t é r i s é p a r 1 e f a i t que la feuille thermoplastique c et le film détachable de la feuille d sont tous deux faits de résines vinyliques, de préférence de polymères ou de copolymères du chle- rure de vinyle. 7. Les produits obtenus par le procédé faisant l'objet de l'une quelconque des revendications précédentes. 8. Un matériau composite, flexible et plan dont l'une des faces est textile et l'autre thermoplastique, caractérisé par le fait qu'il porte sur ses deux faces des motifs semblables ou différents et que la face textile a gardé son toucher textile et porte des colorants transférables à chaud. 9. Un matériau selon la revendication 8 dont la face textile en polyester ou en polyamide est imprimée à l'aide de colorants sublimables ou vaporisables, de préférence des colorants sublimables ou vaporisables entre 185 et 220 C à pression atmosphérique. 10. Un matériau selon la revendication 8 dont la face thermoplastique porte un film adhérent, indétachable, en polymères ou copolymères du chlorure de vinyle qui présente un motif coloré. 11. Un matériau selon la revendication 8 dont la face textile contient des fibres cellulosiques imprimées avec des colorants sublimables, de préférence des colorants sublimables entre 185 et 220"C à pression atmosphérique.