La présente invention concerne des oxydes mixtes d'aluminium, leur procédé de fabrication et leur application. De façon plus précise, l'invention concerne des oxydes mixtes d'aluminium obtenus sous forme de monocristaux et trouvant une application particulière dans le domaine des microlasers pour l'optique inté- grée ou les télécommunications par fibres optiques et dans le domaine des lasers de puissance émettant dans l'infrarouge permettant par exemple d'effectuer des traitements de matériaux, des réactions photochimi- ques et la fusion thermonucléaire contrôlée. On connaît actuellement des oxydes mixtes d'aluminium et en particulier des aluminates mixtes de lanthane-magnésium, de cérium-magnésium, de lanthane- manganèse et de cérium-manganèse, de formule chimique LnMA111O 9 o Ln représente le lanthane ou le cérium et M le magnésium ou le manganèse. Ces oxydes mixtes d'aluminium fabriqués par la société Philips peuvent être dopés par des ions luminophores tels que les ions 3+ 3+ 2+ 2+ Ce, Tb, Eu, Mn Ces oxydes mixtes dopés ou non et obtenus uniquement sous forme de poudres, possèdent des pro- priétés luminescentes importantes (dispositif d'affi- chage,...) mais ne présentent pas l'effet laser. Leurs procédés de fabrication et leurs propriétés optiques (luminescence) sont décrits dans plusieurs articles tels que par exemple un article intitulé "Cerium and Terbium luminescence in LaMgAl 1109" paru dans le Journal of Luminescence 6 (1973), pages 425 à 431 et dans un autre article intitulé "Red Mn luminescence in hexagonal aluminates" paru dans le Journal of Lumi- nescence 20 (1979), pages 99 à 109. L'invention a pour objet des oxydes mixtes d'aluminium obtenus sous forme de monocristaux et qui présentent notamment des propriétés optiques permet- tant de les utiliser comme émetteur pour laser. Ces oxydes mixtes d'aluminium se caractéri- sent en ce qu'ils présentent la formule suivante: xi 2 mi 2 Al M3 01 différents représentent un métal de la série des ter- res rares à condition que Xi et X2 soient différents lorsque Xi ou x2 représente le cérium, le lanthane ou le gadolinium; M1 et M2 qui peuvent être identiques ou différents représentent un métal choisi dans le groupe comprenant le magnésium et les métaux de transition bivalents; M3 représente un métal de transition tri- valent; x, y et z qui peuvent être identiques ou dif- férents représentent un nombre compris entre 0 et 1. De façon avantageuse, X1 et x2 sont choisis dans le groupe comprenant le lanthane, le praséodyme, le néodyme, le samarium, l'europium, le gadolinium et les différents métaux de transition dans le groupe comprenant le chrome, le manganèse, le fer, le nickel et le cobalt. De préférence, selon l'invention, l'oxyde mixte d'aluminium présente la formulé: La0, 9Nd0, MgA111019 Cet oxyde mixte est particulièrement bien adapté comme émetteur pour laser car il présente des propriétés optiques comparables à celles que possèdent le grenat d'yttrium et d'aluminium de formule Y3A15012 dans lequel 1% des ions yttrium ont été substitués par des ions néodyme et connu sous le nom anglosaxon de YAG et l'ultraphosphate de néodyme (NdP5014) utilisés couramment comme émetteur pour laser travaillant dans l'infrarouge. Ces oxydes mixtes sont obtenus à partir d'un premier procédé se caractérisant en ce que l'on mélan- ge intimement dans les proportions stoechiométriques les poudres des oxydes de X1, X2, Ml, M2, M3 et d'alu- minium et en ce que l'on fond le mélange obtenu. Selon une autre caractéristique de ce pre- mier procédé, on traite le mélange fondu de façon à obtenir par solidification dudit mélange un monocris- tal. Ces oxydes mixtes peuvent aussi être obtenus à partir d'un second procédé se caractérisant en ce que l'on coprécipite les hydroxydes de sels de X1, X2, Ml, M2, M3 et d'aluminium, dissous dans un solvant non aqueux dans les proportions stoechiométriques et en ce que l'on calcine le coprécipité obtenu. Selon une autre caractéristique de ce second procédé, on fond le coprécipité après broyage de celui-ci et on traite le coprécipité fondu de façon à obtenir par solidification dudit coprécipité un mono- cristal. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront mieux à l'aide de la descrip- tion qui va suivre, donnée à titre purement illustra- tif et non limitatif, en référence aux figures an- nexées, dans lesquelles: - la figure 1 représente schématiquement un dispositif d'obtention d'un monocristal d'oxydes mix- tes d'aluminium selon l'invention; - la figure 2 représente schématiquement le diagramme d'émissions de fluorescence de l'oxyde mixte Nd 0La. 9MgA111O19 A titre d'exemple, on décrit ci-après la fa- brication de l'aluminate mixte de néodyme-magnésium de formule NdMgAliOl19. Pour cela on mélange de façon intime de l'oxyde d'aluminium sous forme de poudre, fourni par l'industrie des Pierres Scientifiques H. Djevahirdjian, 1870 Monthey, Suisse, de l'oxyde de néodyme (Nd203) fourni par la société Rhône-Progil, et de l'oxyde de magnésium (MgO) de qualité R.P (oxyde pour analyse) fourni par la société Prolabo, également sous forme de poudre, et ce, dans les proportions stoechiométriques, c'est-à-dire suivant la réaction chimique: lIA1203 + Nd203 + 2MgO --) 2NdMgAlilO19 Ces oxydes se présentent sous la forme d'une poudre possédant une granulométrie comprise entre 1 et 101i et une pureté supérieure à 99,9%.. Le mélange intime de ces différentes poudres peut se faire soit à l'état solide dans un mortier par broyage, durant environ une demi-heure, soit en dis- persant lesdites poudres dans un solvant organique de préférence l'éther ou l'acétone de façon à améliorer l'homogénéité du mélange. La suspension est alors agi- tée vivement pendant une demi-heure environ. Le sol- vant organique n'ayant aucun rôle chimique est ensuite éliminé par évaporation. Pour obtenir par exemple 30,7 grammes (g) de mélange on ajoute à 22,400g d'alumine, 6,730g d'oxyde de néodyme et 1,600g d'oxyde de magnésium, constituants possédant les caractéristiques données précédemment. C'est après fusion de ce mélange intime que peut être obtenu le monocristal de NdMgAl11O19. Pour un oxyde mixte d'aluminium plus com- plexe contenant par exemple en plus des constituants cités ci-dessus, du lanthane et du chrome, le mélange se fait de la même façon en ajoutant dans les propor- tions adéquates de l'oxyde de lanthane (La203) et de l'oxyde de chrome (Cr203) sous forme de poudre. Les oxydes des lanthanides (La203, Nd203,...) étant très hydroscopiques, il est nécessai- re de les calciner avant de les mélanger aux autres constituants par exemple à une température voisine de 10001C. L'obtention de ce monocristal peut avoir lieu soit par la méthode de fusion de zone ou méthode de la zone flottante, soit par induction directe de la haute fréquence en auto-creuset puis refroidissement lent à partir des parois de l'auto-creuset, (méthode connue sous le nom de méthode de Kyropoulos), soit par tirage à partir d'un bain en fusion (méthode connue sous le nom de méthode de Czochralski) soit à partir de la méthode dite de Verneuil. Cette dernière méthode de mise en oeuvre facile permet d'obtenir des mono- cristaux de grandes dimensions. Cette méthode va main- tenant être décrite en se référant au dispositif de mise en oeuvre schématisé sur la figure 1. Ce dispositif comprend un distributeur de poudre 2 comportant à sa partie inférieure un tamis 4 sur lequel est placé le mélange de poudre 6 obtenu précédemment. Ce tamis 4 présente une ouverture de maille pouvant varier de 125 à 2101. de façon à permet- tre le passage des poudres. Ce distributeur de poudre 2 comporte de plus un dispositif à percussion consti- tué d'un marteau 8 et d'une tige 10 en contact avec le fond du tamis 4. Lorsque le marteau 8 vient frapper la tige , celle-ci se met à vibrer provoquant ainsi la chute d'une certaine quantité de poudre en direction d'une buse 12 d'un chalumeau oxhydrique. La cadence des coups de marteau peut varier de 10 à 40 coups par minute, ce qui provoque la chute de 1 à 6 milligrammes de poudre à chaque percussion. Le chalumeau oxhydrique permet-de fondre le mélange de poudres 6. L'alimentation du chalumeau en oxygène se fait à l'aide d'un conduit d'amenée 14 si- tué en haut du distributeur de façon à entraîner la poudre 6 vers la buse 12 du chalumeau; l'alimentation en hydrogène se fait à l'aide d'un conduit d'amenée 16. Le débit d'oxygène variant de 4 à 7 litres par minute (1/mn) sous une pression de l'ordre de 10 mil- libars (mb) est contrôlé au moyen d'un système de ma- nomètres et de débitmètres schématisés en 18, le débit d'hydrogène variant de 12 à 21 1/mn sous une pression de l'ordre de 2 mb est contrôlé- de la même façon au moyen d'un système schématisé en 20. Le mélange de poudres 6 fondu par l'intermé- diaire du chalumeau se dépose alors sur un support 22 en alumine placé à l'intérieur d'un moufle en argile 24 recouvert sur ses faces internes par de l'alumine. Ce moufle 24 est percé d'une fenêtre 26 pou- vant être associée à un dispositif optique 28 permet- tant le contrôle de la formation du monocristal 30 et du maintien du front de cristallisation à un niveau constant. Ce maintien du front de cristallisation dans la flamme 32 du chalumeau est obtenu au moyen d'un dispositif automatique 34 permettant de faire descen- dre le support 22. Ce support 22 peut aussi être mis en rotation au moyen d'un dispositif automatique 36. Pour fabriquer le monocristal de l'oxyde mixte d'aluminium, on fixe après mise en route du cha- lumeau un débit de poudre élevé afin d'obtenir sur le support 22 un cône fritté 38 d'oxyde mixte mesurant environ 10 mm de haut. La chute du mélange de poudres 6 est ensuite arrêtée et la flamme 32 du chalumeau réglée de façon à réaliser la fusion de l'oxyde mixte. Une goutte en fusion qui donnera le germe de cristal- lisation se forme alors au sommet du cône 38. Cette goutte peut s'étaler sur un diamètre variant de 3 à mm.La croissance du monocristal s'amorce. L'ali- mentation en poudre 6 est ensuite réglée (nombre de coups de marteau par minute) de façon à maintenir à un niveau constant, c'est-à-dire dans la flamme 32 du chalumeau, le front de cristallisation et une vitesse d'élaboration du monocristal 30 de l'ordre de 10 à 20 mm/heure. En fin d'opération, l'alimentation en pou- dre 6 est arrêtée et le monocristal 30 est éloigné progressivement de la flamme 32 du-chalumeau. Le re- froidissement du monocristal 30, après arrêt du chalu- meau, se fait dans le moufle 24, ce qui permet d'évi- ter toute variation brusque de température; une va- riation brusque de température risquant de provoquer des craquelures dans le monocristal. De plus, pour éviter un refroidissement trop rapide du monocristal 30, on ferme la partie inférieu- re 40 du moufle. Lorsque le monocristal est totalement refroidi, il suffit de le séparer du cône 38 par un simple coup de scie. De cette façon, on peut obtenir un échantil- lon de NdMgAlilO19 présentant un diamètre d'environ mm et une longueur de 50 mm. L'élaboration d'un tel échantillon peut durer de 5 à 8 heures et le refroi- dissement est contrôlé par l'inertie thermique du mou- fle 40. Il est à noter que les oxydes mixtes selon l'invention présentant une croissance cristalline voisine de celle de l'alumine, leur fabrication sous forme de monocristaux ne semble pas plus difficile que la fabrication de monocristaux d'alumine. Ce monocristal de NdMgAl11109 ainsi que les autres oxydes mixtes d'aluminium selon l'invention peuvent être obtenus au moyen d'un autre procédé de fabrication. Cet autre procédé de fabrication pour l'oxy- de NdMgAliOl19 consiste à coprécipiter sous forme amorphe (dont très réactive) les hydroxydes des diffé- rents éléments Nd, Mg et Al. - On réalise tout d'abord trois solutions que l'on mélange ensuite dans des proportions convenables pour conduire à l'oxyde mixte de formule NdMgAl lO19. La première solution est constituée par de l'oxyde de néodyme (Nd2O3) que l'on dissout dans de l'acide chlorhydrique très concentré, ce qui permet d'obtenir le chlorure correspondant. La seconde-solu- tion est constituée par du chlorure de magnésium (MgCl2) que l'on dissout dans de l'alcool absolu, et la troisième par du chlorure d'aluminium (AlCl3) dis- sout aussi dans de l'alcool absolu. Le mélange des trois solutions étant réali- sé, on coprécipite les hydroxydes correspondants de préférence par de l'ammoniaque. Certains hydroxydes tels que l'hydroxyde de magnésium étant soluble dans l'ammoniaque en solution aqueuse, on réalise la copré- cipitation dans un solvant non aqueux comme l'alcool absolu. Le coprécipité ainsi obtenu est ensuite cal- ciné à une température d'environ 5001C de façon à éli- miner le chlorure d'ammonium (NH4Cl) formé lors de l'addition de l'ammoniaque. Le coprécipité ainsi cal- ciné est ensuite broyé. Comme précédemment, on peut obtenir le mono- cristal de NdMgAl lO19 à partir de ce coprécipité par la méthode dite de Verneuil ou toutes autres méthodes citées plus haut. Le deuxième procédé selon l'invention pré- sente l'intérêt- de donner un mélange très homogène mais il ne peut être généralisé à tous les oxydes mix- tes selon l'invention pour diverses considérations chimiques. Au contraire, le premier procédé est appli- cable à tous les oxydes mixtes d'aluminium selon l'in- vention, moyennant quelques modifications opératoires au niveau de la fabrication du monocristal suivant que les constituants de base pour la fabrication dudit mo- nocristal sont plus ou moins réducteurs ou oxydants. Ces oxydes mixtes obtenus comme précédem- ment présentent une structure hexagonale intermédiai- re entre la structure de la magnétoplombite de formule BaA112O19, la structure de l'alumine 9 au sodium et de l'alumine f à l'argent, bien connues de l'homme de l'art. Les différents oxydes mixtes obtenus sous forme de monocristaux selon les procédés précédemment décrits et en particulier ceux contenant du néodyme présentent des propriétés optiques permettant leur utilisation comme émetteur pour laser. On sait que l'effet laser dépend de certains paramètres et en particulier de la durée de vie de l'état excité des ions (niveau d'énergie supérieur au niveau fondamental). Si la durée de vie de l'état ex- cité est suffisamment importante (plusieurs dizaines de microsecondes), l'inversion de population (le nom- bre d'ions dans l'état excité est supérieur au nombre d'ions dans l'état fondamental) peut avoir lieu. Des études ont montré que la présence de néodyme, associé au lanthane ou au gadolinium dans les oxydes mixtes selon l'invention, permet d'obtenir des durées de vie suffisamment importantes pour réaliser cette inversion de population, le gadolinium et le lanthane jouant le même rôle. Dans ces oxydes mixtes, l'état excité correspond au niveau d'énergie 4F32 de 3+32 l'ion Nd On va maintenant indiquer dans un tableau la durée de vie de l'état excité 4F32 en fonction de la quantité d'ions Nd3+ par centimètre cube de monocris- tal pour des oxydes mixtes de formule Nd (_x)La(x)MgAl Ol9 avec x compris entre 0 et 1. Le dernier composé de formule Y3 A5012 avec 1% de néodyme appelé YAG est donné à titre comparatif, (voir tableau ci-joint). D'après ce tableau, on constate que plus le composé mixte contient de lanthane, plus la durée de vie de l'état excité augmente. De plus, pour une con- ce- 3+ centration d'ions Nd comprise entre 0,03 et 0,34xl021/cm3, la durée de vie de l'état excité d'un oxyde mixte selon l'invention est supérieure à la du- rée de vie de l'état excité pour le composé de réfé- rence utilisé couramment comme émetteur pour laser. Il est à noter qu'un oxyde mixte ne conte- nant que du lanthane, c'est-à-dire de formule LaMgAlilO19 ne présente pas d'effet laser. Celui-ci est bien dû à la présence de néodyme dans les oxydes mixtes selon l'invention. Les autres oxydes mixtes ne contenant comme lanthanide que du praséodyme, du sama- rium ou de l'europium possèdent quant à eux des pro- priétés luminescentes intéressantes. Les propriétés optiques (luminescence ou effet laser) étant caractéristiques des lanthanides cités ci-dessus, le magnésium présent dans l'oxyde mixte considéré peut être remplacé en tout ou partie par le manganèse, le fer, le nickel, le cobalt sous forme bivalent, ces différents éléments jouant le même rôle. On sait de plus que l'effet laser dépend de la force d'oscillateur des transitions dans les ions luminophores. Cette force d'oscillateur doit être aus- si élevée que possible. Les oxydes mixtes selon l'in- vention possèdent des forces d'oscillateur, lorsque la lumière se propage suivant l'axe C du cristal, voisi- il nes de celles par exemple de l'ultraphosphate de néo- dyme. L'intensité de la fluorescence augmente avec la concentration en ions néodyme mais une trop grande quantité d'ions Nd 3+ favorise des interactions entre ions luminophores nuisibles à la fluorescence. La présence de lanthane permettant d'augmenter le ren- dement de fluorescence, par effet de dilution, l'oxyde mixte de formule Nd0,1Lao09MgA111O19 semble un bon compromis en ce qui concerne la quantité d'ions Nd. Le fait d'utiliser pour la fabrication des oxydes mixtes selon l'invention, présentant l'effet laser, des constituants de base possédant une grande pureté (supérieure à 99,9%) permet d'obtenir un bon rendement de fluorescence. En effet, l'existence d'im- puretés dans le monocristal conduirait à des pertes de fluorescence, car les ions néodyme dans l'état excité pourraient se désactiver vers l'état fondamental selon un processus non radiatif. Des études ont montré que les oxydes mixtes contenant du néodyme présentent trois genres d'émis- sion, représentés sur la figure 2, entre l'état excité 4F32 présentant une énergie E et l'état 4I présen- 3/2 1 tant quatre sous-niveaux d'énergie E croissante, 4I 4I 4I 4 9/21 111/21 13/21 Il5/2- L'émission entre le niveau excité E1 et le niveau 4I présente une longueur d'onde voisine 9/2 de 0,89li, l'émission entre le niveau excité E1 et le niveau 4Iîî/2 une longueur d'onde voisine de 1,06v. et l'émission entre le niveau excité E1 et le niveau 4Iî3/2 une longueur d'onde A voisine de 1,32v. L'émission à la longueur d'onde 1,061i permet d'utiliser ces oxydes mixtes dans des lasers travail- lant dans l'infrarouge. Les émissions aux longueurs d'onde de 1,06 et 1,321. devraient permettre d'utiliser ces oxydes mixtes dans le domaine des télécommunications par fi- bres optiques. En effet, les fibres optiques par exem- ple en silice, qui sont plus ou moins absorbantes aux longueurs d'onde à transmettre, ont une faible atté- nuation à ces longueurs d'onde, ce qui permet la transmission d'un maximum d'informations. Pour réaliser le peuplement de l'état excité 4F3/2 d'énergie E1, on excite les atomes jusqu'à un niveau d'énergie E2 tel que E2 soit supérieur à E1. Le peuplement de l'état d'énergie E2 est obtenu par ab- sorption de lumière. Le niveau d'énergie E2 étant très instable, les ions Nd3+ se désexcitent spontanément jusqu'à l'état d'énergie E1, état 4F Cette méthode de peuplement de l'état excité 4F3/2 est connue sous le nom de pompage optique. bu fait que les pics d'ab- sorption du néodyme sont très étroits, on peut favori- ser dans certains cas l'absorption de lumière de ces oxydes mixtes en substituant par exemple, 1% des ions aluminium par des ions de métaux de transition et de préférence par du chrome. En effet, ce dernier pré- sente dans le visible deux bandes d'absorption beau- coup plus large (400 à 500 nanomètres et 600 à 700 nanomètres). L'énergie due à l'absorption de lumière par le chrome peut être transmise aux ions Nd3+, ce qui permet le peuplement du niveau d'énergie E1. Les propriétés physiques des oxydes mixtes selon l'invention, telles que les propriétés mécani- ques et thermiques sont voisines des propriétés physi- ques de l'alumine. Des études de propriétés magnétiques effec- tuées sur l'oxyde NdMgAliOl10 ont révélé que cet oxyde présente une importante anisotropie de sa susceptibi- lité magnétique principalement aux basses temperatu- res. Les oxydes mixtes contenant du néodyme asso- cié à du gadolinium ou du lanthane présentent des pro- priétés optiques permettant de les utiliser comme émetteur pour laser travaillant dans le domaine infra- * rouge et trouvant des applications par exemple dans le traitement des matériaux ou les télécommunications par fibre optique. T A B L E A U Oxydes mixtes Nombre d'ions Nd3+ par cm3 (x1021) Temps de vie de l'état excité 4F3/2 en micro- seconde NdMgAlll019 Nd0, 33La0,66MgA111O19 Nd 0,1La0,9MgA111O19 Nd0,05La0, 95MgA11119 Nd0,01La0, 99ggMgA11O!9 Y3A15012 avec 1% Nd3+ 3 5 12 3,36 1,12 0,34 0,17 0,03 0,14 à 240 REVENDICATIONS 1. Oxyde mixte d'aluminium caractérisé en ce qu'il présente la formule suivante: 1 -)2 M1 2 A 3ô (-x)(x)M(y)M(1-y) Al(ll-z)(z)019 dans laquelle, X1 et x2qui peuvent être identiques ou différents représentent un métal de la série des ter- res rares à condition que X1 et X2 soient différents lorsque X1 et x2 représentent le cérium, le lanthane 1 -2 ou de gadolinium; M et M qui peuvent être identi- ques ou différents représentent un métal choisi dans le groupe comprenant le magnésium, les métaux de tran- sition bivalents; M3 représente un métal de transi- tion trivalent; x, y et z qui peuvent être identiques ou différents représentent un nombre compris entre 0 et 1. 2. Oxyde mixte selon la revendication 1, ca- ractérisé en ce que X1 et X2 sont choisis dans le groupe comprenant le lanthane, le praséodyme, le néo- dyme, le samarium, l'europium, le gadolinium. 3. Oxyde mixte selon l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisé en ce que les mé- taux de transition M1 et M2 sont choisis dans le grou- pe comprenant le manganèse, le fer, le nickel et le cobalt. 4. Oxyde mixte selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que M3 est le chrome. 5. Oxyde mixte selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que X1 repré- sente le lanthane ou le gadolinium, x2 le néodyme, M1 le magnésium. 6. Oxyde mixte selon la revendication 5, ca- ractérisé en ce que x est égal à 0,1. 7. Oxyde mixte selon la revendication 1, ca- ractérisé en ce qu'il présente la formule La gNd 0,MgA111l 8. Procédé de fabrication d'un oxyde mixte selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, ca- ractérisé en ce que l'on mélange intimement dans les proportions stoechiométriques les poudres des oxydes de X1, X2, M1, M2, M3 et d'aluminium et en ce que l'on fond le mélange obtenu. 9. Procédé selon la revendication 8, carac- térisé en ce que l'on traite le mélange fondu de façon à obtenir par solidification dudit mélange un mono- cristal. 10. Procédé selon l'une quelconque des re- vendications 8 et 9, caractérisé en ce que l'on mélan- ge les oxydes avant la fusion, dans un solvant organi- que que l'on élimine ensuite par évaporation. 11. Procédé selon la revendication 10, ca- ractérisé en ce que le solvant organique est choisi dans le groupe comprenant l'éther et l'acétone. 12. Procédé de fabrication d'un oxyde mixte selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, ca- ractérisé en ce que l'on coprécipite les hydroxydes de sels de X1, X2, M1, M2, M3 et d'aluminium dissous dans un solvant non aqueux dans les proportions stoechiomé- triques et en ce que l'on calcine le coprécipité obte- nu. 13. Procédé selon la revendication 12, ca- ractérisé en ce que l'on fond le coprécipité après broyage de celui-ci et en ce que l'on traite le copré- cipité fondu de façon à obtenir par solidification du- dit coprécipité un monocristal. 14. Procédé selon l'une quelconque des re- vendications 12 et 13, caractérisé en ce que l'on co- précipite les hydroxydes par de l'ammoniaque. 15. Procédé selon l'une quelconque des re- vendications 12 à 14, caractérisé en ce que le solvant non aqueux est de l'alcool absolu. 16. Application aux lasers de puissance émettant dans l'infrarouge et aux télécommunications par fibres optiques d'un monocristal d'un oxyde mixte selon l'une quelconque des revendications 5 à 7.