La présente invention concerne une charge explosive à revêtement pour la perforation des blindages. On sait que les charges de ce genre font appel à l'implosion d'un revêtement métallique garnissant une cavité conique normalement dirigée vers le blindage. Dans les charges dites " creuses " , où l'angle au sommet du cône est inférieur à 800, le revêtement, en fin d'implosion, se divise en un jet rapide à fort-gradient de vitesse et de faible masse, et un noyau lourd et lent. Or, la masse du jet étant faible, son allongement a pour contre-partie une diminution de son diamètre et, par suite, une augmentation de sa vulnérabilité face aux blindages modernes à effet perturbateur. Pour pallier cet inconvénient, on a tenté d'utiliser des charges dites " plates " , où l'angle au sommet du cône est supérieur à 100 . Avec ces charges, il y a formation d'un projectile unique de forme quasi-tronconique se déformant en vol et de vitesse voisine de 2.000 à 3.000 m/s. Toutefois, l'efficacité des charges plates est très inférieure à celle des charges creuses, toutes choses égales d'ailleurs. Cette efficacité, définie comme la pénétration dans l'acier homogène rapportéé au calibre de la charge, tombe de 6-7 pour les charges creuses à 1,5 pour les charges plates. La présente invention vise à réaliser une charge plate qui présente une efficacité améliorée se rapprochant de celle des charges creuses. Suivant l'invention, la charge explosive à revêtement pour la perforation des blindages présente sur sa face normalement dirigée vers ledit blindage une cavité conique garnie d'un revêtement métallique, l'angle au sommet du cône étant d'au moins 1000, et elle est caractérisée en ce que le revêtement est réalisé-en un alliage dit superplastique, c' est-à-dire capable d'un grand allongement sans striction jusqu'à la rupture, et en ce que ltépaisseur de-ce revêtement décroît de sa périphérie vers le sommet du cône. On a trouvé que l'emploi de ces alliages superplastiques dans des charges plates à revêtement d'épaisseur décroissante de la base vers le sommet, ctest-à-dire à fort gradient de vitesse de projection, permettait de former un projectile présentant à la fois un grand allongement et un diamètre suffisant pour faire face aux protections modernes. D'une façon générale, les meilleurs résultats sont obtenus avec les alliages superplastiques à grain fin. D'autre part, des essais comparés ont permis de sélectionner certaines familles d'alliages superplastiques qui conservent leurs qualités quand ils subissent des déformations rapides Il en est ainsi, par exemple, des alliages plomb-étain et zinc-aluminium. En particulier, les résultats sont améliorés par l'emploi de l'eutectoide Zn-Al 22 eS ou d'un alliage voisin. En ce qui concerne la variation d'épaisseur durevêtement, on a trouvé que l'optimum était obtenu pour une épaisseur à la base au moins 1,5 fois supérieure à l'épaisseur au sommet. D'autres particularités de l'invention ressortiront encore de la description détaillée qui va suivre. Aux dessins annexés, donnés à titre d'exemple non limitatif, la figure unique est une vue en coupe longitudinale d'une charge explosive conforme à l'invention. En référence à cette figure, la charge explosive comprend une masse de matière explosive 1, sensiblement cylindrique7 déterminée en qualité et en quantité conformément aux règles de l'art et munie à Itune de ses extrémités d'une capsule détonatrice 2 reliée à des fils d'amorçage 3. L'extrémité de la masse I opposée à la capsule 2 est destinée à être dirigée vers le blindage à perforer et elle présente une cavité conique recouverte d'un revêtement métallique 4. L'épaisseur du revêtement 4 décroît de sa périphérie vers son sommet. L'épaisseur à la périphérie est égale à 1,5 fois l'épaisseur au sommet ou légèrement supérieure L'angle au-sommet du cône creux formé par le revêtement 4 est de 1000 ou légèrement supérieur. Dans l'exemple décrit, le revêtement 4 est en alliage de zinc et d'aluminium, à 22% d'aluminium, qui constitue un eutectolde. A la mise à feu, l'implosion du revêtement 4 provoque la formation d'un projectile présentant, par rapport aux charges plates classiques, à la fois un grand allongement et un diamètre légèrement diminué mais encore très supérieur au diamètre du jet des charges creuses. Ce projectile peut donc faire face aux blindages modernes, notamment, aux blindages à effet perturbateur. Pratiquement, les projectiles ainsi obtenus sont, du point de vue géométriques, intermédiaires entre les jets des charges creuses et les projectiles formés par les charges plates classiques à revêtement de cuivre. Leur vitesse est de l'ordre de 2 à 3.000 m/s, nettement inférieure à celle deys jets où la vitesse de la tête est d'environ 7.000 m/s. De même, l'efficacité d'une charge conforme à l'invention, telle que définie plus haut, est au moins égale à 3, valeur intermédiaire entre celle des charges creuses et celle des charges plates classiques. L'exemple décrit correspond à une forme de réalisation préférée de l'invention, mais celle-ci rie se limite pas à cet exemple. On obtient, en effet, des résultats satisfaisants avec tous les alliages dits " superplastiques " , c'est-à-dire capables d'un grand allongement sans striction jusqu'à la rupture. Toutefois, ces alliages doivent, de préférence, être à grain fin. On obtient, en particulier, de bons résultats avec les superplastiques conservant leurs propriétés quand ils subissent des déformations rapides, tels que les alliages plomb-étain et zinc-aluminium. D'une façon générale, de nombreux alliages superplastiques peuvent convenir, tels que par exemple les alliages Z-A22, E-BiS, Pb-E38, Cd-Z27, Pb-Cdl7 ou des alliages de compositions voisines correspondant très souvent à des points eutectiques ou eutectoldes, tous ces alliages présentant uné grande finesse de grain. REVENDICATIONS 1. Charge explosive à revêtement pour la perforation des blindages, présentant sur sa surface normalement dirigée vers ledit blindage une cavité conique garnie d'un revetement métallique, l'angle au sommet du cône étant d'au moins 100 , caractérisée en ce que le revêtement est réalisé en un alliage dit superplastique, c'est-à-dire capable d'un grand allongement sans striction jusqu'à la rupture, et en ce que l'épaisseur de ce revêtement décrolt de sa périphérie vers le sommet du cône 2. Charge explosive conforme à la revendication 1, caractérisée en ce que l'alliage superplastique constituant le revêtement est un alliage à grain fin. 3. Charge explosive conforme à la revendication 2, caractérisée en ce que l'alliage superplastique constituant le revêtement est un alliage de plomb et d'étain. 4. Charge explosive conforme à la revendication 2, caractérisée en ce que l'alliage superplastique constituant le revêtement est un alliage de zinc et d'aluminium. 5. Charge explosive conforme à la revendication 4, caractérisée en ce que l'alliage de zinc et d'aluminium constituant le revêtement est voisin de I'eutectolde à 22 % d'aluminium 6 Charge explosive conforme à l'une des revendications 1 à 5, caractérisée en ce que l'épaisseur du revêtement à sa périphérie est au moins égale å 1,5 fois son épaisseur au sommet du cône.