La présente invention concerne une nouvelle composition permettant de remédier à des perturbations de la circulation veineuse. Elle se rapporte notamment à un médicament qui améliore la résistance capillaire et exerce, en même temps, un effet antiinflammatoire marqué. il est d'usage courant de traiter les désordres circulatoires veineux par des flavonoides, et en particulier par la rutine et certains de ses dérivés, tels que vitamine P4 connue sous les noms de troxérutine, trioxyrutine ou venoruton P4. D'autre part, un vasodilatateur périphérique puissant est constitué par de l'alcool para-hydroxy-ar (méthyl-1-phényl-3-propylamino)-1- éthyl 2-benzylique, désigné par les vocables 'nylidrine", "buphénine", "arlidine" ou "dilatai1, ; cependant, les effets secondaires, connus, de ce vaso-dilatateur, périphérique, à savoir nervosité et palpitations, limitent ses applications pharmaceutiques.On sait également qutune saponine du marron d'Inde, l'escine (appelée aussi "aescîne", "aescusan" ou "reparil") augmente la résistance capillaire, tout en exerçant une action anti-inflammatoire; cependant l'escine doit outre administrée avec précaution, en particulier à causede son indice hémolytique assez élevé. La présente invention résulte de la constatation inattendue que des résultats thérapeutiques fortement améliorés peuvent être atteints, dans le traitement des perturbations de la circulation veineuse, par l'application conjointe d'un flavonorde et de la saponine du marron d'Inde ; ces résultats sont encore meilleurs, si iton applique, en meme temps, un vaso-dilatateur artériel, de préférence choisi parmi ceux dont l'action sur les veines est nulle ou constrictive. On réalise ainsi une médication originale par l'action sur la motricite veineuse, en même temps que sur les parois des vaisseaux, par une association synergique de substances actives, au lieu d'utiliser - comme dans l'art antérieur - des médicaments agissant seulement sur les dites parois. Une des observations, fondamentales pour la présente invention, fut celle de l'exaltation considérable de l'action anti-inflammatoire de l'escine, par l'association de cette saponine avec des flavonoides ; on a trouvé notamment que cette action est multipliée par 5, lorsque l'escine est accompagnée de 10 fois son poids de flavonoide, et plus particulièrement de troxérutine. D'autre part, un effet de synergie inattendu fait qu'après l'administration d'une composition, formée de flavonoide et d'escine, et de préférence contenant aussi un vasodilatateur artériel, la résistance capillaire du sujet est accrue d'une valeur bien plus grande qu'elle ne le serait après l'application de chacun de ces composants pris séparément. Le nouveau médicament comprend ainsi, en association synergique, un ou plusieurs flavonoides accompagnés d?une proportion moindre dtescine. Dans une forme préférée de l'invention, le médicament contient, en outre, une faible dose d'un vasodilatateur périphérique, artériel, de préférence n'agissant pas sur le système veineux, ou bien exerçant une action constrictive sur celui-ci. Un tel vasodilatateur est, en particulier, à base d'hydroxy-phényl-car- binol, dont l'atome de carbone aliphatique porte une chatne aliphatique renfermant une fonction amine secondaire et un phényle. Plus particulièrement, le flavonoide, utilisé suivant l'invention, est un dérivé de la rutine dont un ou plusieurs des hydroxyles en positions 7, 3' et 4' sont éthérifiés par un diol. Lorsque les trois -OH sont ainsi éthérifiés, le composé peut être où R est un groupe alkylbne, surtout en C1 à C4, ctest-à-dire -CH2-, -CH2CH2-, -CH2CH2CH2- ou -CH2CH2CH2CH2-. Par mesure de simplification, le reste de la molécule de rutinose, lié à l'atome d'oxygène en 3, est indiqué en toutes lettres ("rutinose") au lieu de la formule encombrante du sucre lui-m8me. D'excellents résultats sont obtenus avec le flavonoide dont R est -CH2CH2-, substance connue sous diverses dénominations : Facteur P-Zyma, Vitamine P4, Troxérutine, Trioxyrutine et Venoruton P40 Ce flavonolde est désignd par le terme Troxérutine, dans la suite de la présente description. Le vasodilatateur périphérique, convenant particulièrement bien à la réalisation de l'invention, est le dérivé de l'alcool benzylique (phényl-carbinol) connu sous les noms de Nylidrine ou Buphénine, de formule qui peut être appelé (para-hydroxy-phényl)-1-(méthyl-1'-phényl-3'- propylamino)-propanoI-1. Cette substance, dont les applications pharmaceutiques sont connues en soi, présente la particularité d' agir dans le sens de la dilatation des artères avec, simultanément, la constriction des veines ; ajoutée en faible proportion au mélange de flavonoide avec l'escine, elle complète l'action synergique de ce mélange, par le renforcement de la motricité veineuse. On retient le nom de buphénine, pour ce composé, dans la suite de la description. En ce qui concerne l'escine, entrant dans la composition suivant l'invention, elle est formée d'aglucon (escigénine), d'acide glucuronique, de glucose et de xylose ; sa structure est donnée par exemple dans "THE MERCK INDEX" 8ème Edition, page 421. La nouvelle composition médicamenteuse doit contenir au moins 2 parties en poids de flavonoîde pour 1 partie d'escine ; le vasodilatateur périphérique est, de préférence, également présent à une dose d'environ 0,05 à 0,3 parties pour 1 partie d'escine. Cependant, il est préférable que le flavonoide soit en large excès par rapport à ltescine, notamment à raison de 4 à 20, et mieux de 5 à 10 parties en poids pour 1 partie d'escine ; quant au vasodilatateur, pris de préférence sous la forme de chlorhydrate de buphénine, ses meilleures proportions sont d'environ 0,1 à 0,2 parties pour 1 d'escine. Ainsi, les compositions préférées, suivant l'invention, comprennent : pour 50 mg de troxérutine, 5 à 10 mg d'escine et lmg de chlorhydrate de buphénine. Bien que le nouveau médicament puisse être administré par d'autres voies, l'absorption per os est très recommandable0 De préférence, afin d'éviter toute intolérance digestive, on met la composition sous la forme de comprimés à double noyau, à la manière connue en soi : le noyau internegcOnçiorentisaornts 'tandis que le flavonoSde et le vasodilatateur se trouvent dans l'envelop- pe entourant ce noyau. Etant donné la très faible toxicité du médicament selon l'invention, les dosages peuvent varier entre des larges limites ; on peut utiliser, par exemple, des comprimés contenant 50 à 500 mg de substances actives. Dans la suite de la présente description, les expérimentations, clinique et animale, ont porté sur des comprimés formés de : 200 mg de troxérutine 20 mg d'escine 2 mg de chlorhydrate de buphénine et une q.s. d'excipient pour 1 comprimé. Ces comprimés ont été appliqués en clinique, à la suite d'une large expérimentation animale préalable, qui avait montré les avantages du médicament. Le tableau ci-après résume les résultats des traitements de patients avec trois lots de comprimés s A - placebo, B - escine et buphénine, sans troxérutine, C - composition suivant l'invention (troxérutine + escine + buphénine). Les comprimés des trois lots étaient identiques extérieurement, et les médecins ne connaissaient pas leurs compositions respectives. TABLEAU 1 Jam- Oedème Phlébi- Stase to 6es Varices Phlébi- post- te super- vei- taux pour tes phldbi- I ficielle neuse es tique A Nombre de sujets, 20 20 15 15 2 2 74 dont hommes 8 9 7 12 2 0 38 femmes 12 11 8 3 0 2 36 Résultats nuls ..... 17 18 13 12 2 2 64 moyens ... 3 2 1 3 I 0 0 9 bons ..... 0 0 1 0 0 O 1 excellents 0 0 0 0 0 0 0 B Nombre de sujets ... 20 20 15 15 2 2 74 hommes ... 5 8 9 12 2 0 36 femmes ... 15 12 6 3 0 2 38 Résultats nuls .... 3 3 4 4 0 2 16 moyens .. 10 10 2 5 2 0 29 bons .... 5 6 8 6 0 0 25 excellents 2 1 1 O O 1 O 4 Tableau 1 (suite) Oedème Phlebi- Stase to Jam- Varices Phlébi- post te super- vei- taux bes tes phlébi- ficielle neuse lour- tique des c Nombre de sujets .... 20 20 15 15 2 2 74 hommes ... 3 6 9 7 2 0 27 femmes ... 17 14 6 8 0 2 47 Résultats : nuis ...... 2 2 O 3 O 2 9 moyens ... 2 3 1 3 0 0 9 bons ...... Il 10 9 8 0 0 / 38 excellents 5 5 5 1 2 O 18 Les données statistiques sur 74 malades font ainsi ressortir la supériorité de la combinaison C suivant l'invention, puisque les totaux (dernière colonne du tableau 1) des résultats "bons" et "excellents", respectivement 38 et 18, après le traitement avec C, sont nettement supérieurs aux chiffres correspondants 25 et 4, obtenus avec B. Ces résultats cliniques confirment parfaitement les conclusionsde l'expérimentation animale, notamment l'action antiinflammatoire accrue, déterminée sur la souris et l'augmentation de la résistance capillaire trouvée pour le cobaye. ACTION ANTI-INFLAMMATOIRE La méthode appliquée est celle de BOUNAMEAUX et LECOMPTE (C.R. Soc. Biol. 1955, 149 p. 625). Par injection sous-cutanée d'une solution d'huile de croton à la souris, on provoque une inflammation particulièrement marquée au niveau des petits vaisseaux, ainsi qutune boule d'oedème bien visible. Les animaux utilisés sont des souris albinos, de race Swiss, ma les, adultes jeunes (5 mois environ) d'un poids de 20-+2g. Chaque animal reçoit, par voie endoveineuse, dans une veine candale, 0,25 ml d'une solution à 2,22 mg de la composition sus indiquée, par ml, dans une solution aqueuse glucosée, isotonique ; on évite d'agiter, car la solution mousse facilement. Une minute après, on pratique une injection sous-cutanée, dans la partie médiane du dos, de 0,1 ml de solution d'huile de croton au 1/4 (v/v) dans de l'huile d'olive, mesurée très exactement avec une seringue de précision. Une heure après cette deuxième injection, les animaux sont sacrifiés par inhalation de chloroforme, leur enveloppe cutanée est entièrement découpée et mise à plat, après incision ventrale médiane sur toute la longueur du corps, et épinglée sur une planche de liège. Deux autres lots de souris servent de comparaison : un lot ne recevant rien, et un second recevant uniquement lthuile de croton. On opère sur des lots de 10 souris pour chaquehot témoin et sur 30 souris pour le lot en expérience. La lecture des résultats est fondée sur l'appréciation de l'état inflammatoire des petits vaisseaux, qui est chiffré d' après l'échelle suivante : - vaisseaux normaux (lot témoin) ...... cote O - vasodilatation simple ............... n 1 - - pétéchies isolées , n 2 - pétéchies groupées par zones ........ n 3 - zones hémorragiques isolées n 4 n - hémorragie généralisée (témoins n'ayant reçu que lthuile de croton). n Bien que cette appréciation paraisse subjective, les différents aspects d'inflammation sont nettement différenciés, et la méthode se révèle sûre et précise. La boule d'oedème qui accompagne l'inflammation ajoute une présicion supplémentaire. Les résultats trouvés sont réunis au Tableau 2 ci-après. TABLEAU 2 Nombre Cote Moyenne lot de souris Témoins- sans au- 9 O ) cune 1 1 1 injection 1 i ) Témoins-injection 8 5 ) de l'huile ) 4,8 0,12 de croton 2 4 ) seulement ) Expérience - huile 2 4 ) de croton 10 3 et médicament 12 2 , 6 1 Le calcul des probabilités montre que, dans cette expérience, P est très inférieur à 0,01, c'est-à-dire hautement signi ficatif. Une expérimentation menée dans les mêmes conditions a fourni pour l'acétate de cortisone la cote 1,5 (dm = 0,18) et avec la rutine la cote 3,1 (ffh = 0,13). ACTION SUR LA RESISTANCE CAPILLAIRE La méthode appliquée est celle de PARROT et CANU Arch. int. Pharmacod. 152 p.234. Elle est fondée sur l'étude de la résistance capillaire chez le cobaye soumis à l'action de l'angiostéromètre de Parrot, dans des conditions expérimentales bien précises.Les animaux employés sont des cobayes tricolores, mâles, jeunes, d'un poids moyen de 300 - 350 g. On choisit les sujets à arrière train blanc, donc à peau sous-jacente blanche, ce qui facilite la lecture des résultats au niveau des muscles fessiers.La nourriture est toujours identique à elle-meme, pendant la durée de 11 expérimentation. Au cours de la présente étude, elle était constituée par une composition renfermant en % : - protéines ......... 18,9 - lipides ............ 3,3 - cellulose ......,, 10,5 - sels minéraux ..... 7,5 - eau ............... 11 - glucides .. . . .....ô. 48,8 - vitamines ......... q.s. (A B2 C D) L'eau est donnée "ad libitum". L'épilation des cobayes est réalisée au moyen d'une pâte obtenue par addition du volume convenable d'eau à la poudre de formule : - sulfure de baryum .. 20 g - oxyde de zinc ...... 10 g - amidon de blé ...... 10 g Cette patte est appliquée sur l'arrière-train durant 4 minutes, et enlevée ensuite sous un courant d'eau tiède. La résistance capillaire n'est prise que 24 heures au plutôt après l'épilation. L'appareil de mesure de la résistance capillaire est l'angiostéromètre de PARROT, muni de la ventouse de 1 cm de diamètre. On réalise une dépression donnée, qui est maintenue 1 mn, et l'on recherche la dépression maximale ne provoquant pas la formation de pétéchies. Les animaux choisis sont soumis au régime alimentaire, 15 jours avant l'expérimentation, et ce régime est maintenu pendant toute la durée de l'expérience. La résistance capillaire est contrôlée durant les 4 jours précédant le début de l'expérience ; pour chaque animal, elle ne doit pas varier de plus de - 2,5 cm de mercure. 24 heures avant l'expérimentation proprement dite, on procède à une nouvelle mesure, et l'on administre, par voie intrapéritonéale, à chaque animal des lots en expérience, 1 ml de la solution à étudier par 100 g de poids corporel ; cette quantité contient 2,5 mg de substance active qui est : rutine pour le lot ................ n 2 escine n n ................ n0 3 escine avec 10% de buphénine pour le lot ........................ n 4 composition toxérutine, escine, buphénine-HCl des comprimés, décrits plus haut pour le lot n 5 Ainsi, chaque animal des lots 2 à 5 reçoit 25 mg de substance à étudier, par kg. Les cobayes du lot n 1, servant de témoins pour le contrôle des variations journalières, ne reçoivent rien. Chaque lot comprend 10 animaux. La résistance capillaire est prise aux temps 0, 6h, 12h, 24h, 48h, 96h, 144h. Les résultats sont donnés dans le tableau 3 suivant ; ils expriment les moyennes des résistances capillaires en cm Hg aux temps (en heures) susindiqués. TABLEAU 3 Lot n 1 2 3 4 5 Substance - rutine escine escine + toxérutine buphénine escine buphénine Temps 0 25,25 25,25 25,0 25,0 25,0 " 6 h 25,0 28,5 34,25 36,0 40,0 n 24 h 25,5 30,25 36,5 39,0 42,5 n 48 h 22,25 30,25 34,5 38,5 42,0 n 96 h 25,25 25,5 27,75 31,0 34,0 n 114 h 25,0 25,5 27,25 28,5 31,0 Il en ressort que l'association du flavonoîde avec l'es- cine et la buphénine potentialise l'action de l'escine sur la résistance capillaire ; c'est d'autant plus inattendu que l'activité de l'escine seule est supérieure à celle des flavonoTdes seuls. L' augmentation est du type d'une courbe monophasique, puisqu'on ne constate pas de rebond aux environs de la 48ème heure. Cette augmentation de la résistance est très précoce, se faisant sentir nettement dès la Sème heure. Des nombreux essais toxicologiques, effectués sur des rats, il résulte que la composition suivant l'invention est particulièrement inoffensive, lorsqu'elle est administrée par voe orale. On a trouvé, notamment, les toxicités DL50 suivantes pour les rats : toxicité aiguë, voie buccale ............ 3500 mg/kg n n " intrapéritonéale ... 260 " n subaiguë, voie buccale ~ 1875 " n chronique, n n 200 à 400 mg/kg/jour pendant 90 jours sont supportés de façon satisfaisante. REVt IChTIONS 1. Composition msdicamenteuse, pour le traitement de la circula tion veineuse perturbée, à base de saponine, caractérisée en ce qu'elle comprend en association synergique, une proportion majeure d'un flavonoide, constitué par un dérivé de la rutine dont un ou plusieurs des hydroxyles en positions 7, 3' et 4' sont éthérifiés par un diol, avec une proportion mineure d > escine. 2. Composition suivant la revendication 1, caractérisée en ce que les trois hydroxyles sont remplacés par des groupes -OROH, dans lesquels R est un alkylène, principalement en C1 à C4 et sur tout -CH2-CH-. 3. Composition suivant la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce qu'elle contient, en outre, un vaso-dilatateur, constitué par un dérivé de l'alcool benzylique substitué par une chaîne ali phasique renfermant une fonction amine et un phénl, et plus particulièrement la buphénine. 4. Composition suivant une des revendications précédentes, carac térisée en ce que la quantité pondéra le dudit flavonolde est d'au moins 2 parties pour 1 partie d'escine et de préférence de 4 à 20 parties pour une d'escine. 5. Composition suivant la revendication 4, caractérisée en ce qu'elle contient 0,05 à 0,3 parties en poids, et de préférence 0,1 à 0,2, d'un sel de buphénine pour 1 partie d'escine. 6. Composition suivant une des revendications précédentes, carac triste en ce qu'elle est constituée par un mélange de 50 par ties en poids de troxérutine avec 5 à 10 parties d'escine et l partie de chlorhydrate de buphénine, abstraction faite d'un éventuel excipient. 7. Composition suivante une des revendications précédentes, carac térisée en ce qu'elle est sous la forme d'un comprimé à double noyau, dont le noyau interne contient l'escine, le flavonolde et éventuellement le vasodilatateur se trouvant dans la couche externe, ledit noyau interne étant gastrorésistant et retard.