La présente invention concerne un procédé de traitement de matières végétales fibreuses, telles que de la paille, par un alcali en solution aqueuse, en vue d'augmenter et d'améliorer la valeur alimentaire de ces matières, avec rinçage ultérieur du produit traité, ce procédé comprenant le traitement de la matière végétale par étapes, le premier traitement par de l'alcali étant effectué avec la plus faible teneur en alcali dans la solution et le dernier traitement avec la plus forte teneur en alcali, l'alcali utilisé étant épuisé le plus possible par utilisation répétée des solutions Rien qu'en Suède, de nombreux millions d'unités alimentaires sont perdus annuellement avec la paille qui est brûlée ou enfouie dans le sol par labourage.Dans quelques cas, il peut être avantageux de réincorporer dans le sol, par ce labourage,une certaine partie de la paille mais, dans de nombreux cas, ceci peut avoir un effet défavorable et peut parfois conduire à de grandes difficultés. La paille a été autrefois utilisée a la nourriture des animaux dans une mesure sensiblement plus grande qu'on ne le rait aujourd'hui. L'utilisation de la paille comice nourriture animale, en particulier pour les vaches laitières, est devenue progressive- ment moins appréciée pour diverses rasons, en particulier a' cause de la faible teneur en protéines de la paille et de la faible digestibilité de la cellulose. Toutefois, par un traitement industriel > il est possible de rendre la matière fibreuse plus assimilable par les animaux et d'augmenter ainsi considérablement la valeur nutritive de la paille. En fait, il est possible d'au moins doubler la valeur nutritive de la paille qu'on utilise actuellement comme fourrage. Il semble donc d t un grand intérêt de développer les techniques de traitement afin de tirer parti de toute la valeur nutritive de la paille et d'autres matières végétales riches en fibres, d'une manière économique et qui ne soit pas préjudiciable a l'environnement. Le procédé initialement utilise pour améliorer la valeur nutritive de la paille est le traitement à la lessive de soude, qui est d'un emploi général en Korvège et qui est basé sur le procédé Beckman de 1921. Suivant ee procédé, on fait d'abord tremper la paille dans une solution à 1,5% de soude caustique pendant 20 à 24 heures, puis on la rince plusieurs fois avec de i'eau fratche. La consommation d'eau, qui est très importante, s'élève à 5 000 a 10 000 litres pour 100 kg de paille sèche. Sous sa forme initiale, ce procédé nécessite beaucoup de travail et une grande partie des matières nutritives intEres- santes présenteidrns la paille est perdue, notamment les matières nutritives solubles dans l'eau ou dans une solution aqueuse faiblement alcaline, Au moins 20 à 30% de la matière sèche de la paille s'échappent avec l'eau de rinçage. Cette perte en matières d'une grande activité biologique représente une grave source de pollution. Un autre procédé connu, élaboré à partir d'eipériences il y a quelques années, est basé sur la réaction rapide de la cellulose de la paille avec l'alcali. Suivant ce procédé, on arrose la paille d'une solution de soude caustique d'une concentration comprise entre 3 et 15% suivant la structure et la teneur en humidité du produit et suivant la quantité de liquide employée pour cet arrosage. Dans le cas où l'on utilise une faible quantité de liquide et où la concentration de ee liquide est faible, on peututiliser la paille directement comme nourriture, quelques heures seulement après la fin de ce traitement.Si lion utilise la solution d'alcali en une plus grande quantité et à une plus forte concentration, on neutralise une partie de ltexcbs de soude caustique en arrosant la paille avec un acide, Suivant la nature de l'acide qu'on utilise pour la neutralisation, il est possible d'obtenir des substances qui sont plus ou moins importantes pour les animaux. Par ce procédé, on améliore la valeur nutritive ainsi que les qualités organoleptiques du produit. Toutefois, cette valeur nutritive n'est encore qu'incomplètement utilisée, Suivant un procédé mis au point depuis plusieurs années au Danemark par le "Forskningsinstitutet for Handels- og Industriplanter", on traite la paille par une lessive de soude sous une très forte pression (jusqu'à 500 bars) et à haute température (environ 100 C), la durée de réaction étant ainsi réduite à un minimum. Suivant ee procédé qui n'est pas préjudiciable à l'environnement (aucune émission de produits polluants), la consommation en alcali est plus faible que suivant le procédé norvégien et les besoins en un ample approvisionnement d'eau sont éliminés. Le produit est aisément emballé et transporté, contrairement à de la paille ayant subi le traitement classique avec de la lessive de soude. I1 n'est cependant pas sûr que ce produit satisfasse aux exigences de saveur agréable et de qualité alimentaire. Si l'on utilise pour l'alimentation du bétail de la paille traitée à la lessive, cette paille présente évidemment des caractéristiques qui la distinguent considérablement de la paille non traite. Lorsqu'on traite de la paille par de la lessive, la teneur en énergie transformable dans la matière sèche augmente de 1,4 à 2,0 mégacalories par kg et le rendement en énergie nette est doublé.En plus, du fait que l'énergie contenue dans la paille peut Stre ainsi mieux assimilée par les animaux, l'expérience a montré d'autres avantages de la paille traitée par lixiviation à la soude et, notamment, que des animaux initialement nourris d'une composition elassique de fourrage peuvent augmenter leur rendement lorsqu le fourrage est complété par de la paille traitée à la lessive, I1 ne semble pas que la paille ainsi traitée soit en concurrence avec le fourrage brut restant mais qu'au contraire, les animaux augmentent leur consommation totale de fourrage brut, de serte qu'un équilibre physiologiquement plus favorable entre le fourrage brut et le fourrage concentré est également maintenu pour des femelles bonnes laitières, I1 semble donc que l'apport complémentaire en paille traitée à la lessive ait pour effet que les animaux peuvent augmenter leur consommation totale d'énergie, ce qui, à son tour, conduit à une meilleure utilisation de leur capacité de production. Au cours d'un colloque sur la nutrition tenu à Toronto (Ontario) en avril 1973, M. D.N. Mowat, professeur à l'Université de Guelph, a signalé des essais d'alimentation animale dans lesquels de la paille traitée à la lessive était incorporée au fourrage. Ces essais, effectués sur des moutons, ont montré que la consommation de fourrage, comptée en matière sèche, avait augmenté de 48%. La digestibilité de la matière sèche s'butait accrue de 41% et la rétention d'azote, de 78%. Le produit ainsi traité s'est avéré d'un goût très apprécié par les animaux, L'effet diététique favorable de paille traitée à la lessive n'a pas encore été complètement élucidé. I1 a été démontré qu'en relation avec le traitement de la paille par de la lessive, il se produit un effet physique : les cellules dégradées de la paille gonflent et acquièrent une plus grande aptitude à retenir du liquide, ce qui les rend plus assimilables, et le produit devient un meilleur substrat pour les enzymes. On a de bonnes raisons de supposer que la paille Joue aussi le sôle d'un régulateur du pH dans la panse des ruminants, par exemple en raison des capacités d'échange d'ions de la cellulose dégradée par le traitement à la lessive et parce qu'il reste dans le produit final, c'est-à-dire dans la paille lessivée, une certaine quantité d'alcali. On a depuis longtemps essayé l'apport de régulateurs du pH, tels que du bicarbonate ou de la bentonite, afin de contrecarrer les effets négatifs d'une nourriture riche en graines, sans obtenir cependant des résultats bien nets.Toutefois, on a de bonnes raisons de penser que du fourrage protéinique concentré, lorsqu'il est distribué aux animaux d'après les normes suédoises actuelle, couvre les beseins en protéines des animaux et a en même temps pour effet de stimuler le rendement, étant donné que l'ammoniac dégagé par ce fourrage agit comme substance tampon. Si cet effet peut être obtenu d'une manière différente, il devrait atre possible d'abaisser la teneur en protéines. On arriverait alors à ce fait paradoxal qu'un fourrage tel que de la paille lessivée, ne contenant que des proportions négligeables de protéines, peut exercer un effet économique sur les protéines de fourrage. Le traitement de la paille par un alcali entrants donc deux effets importants. D'une part, il altère la structure des fibres de manière à permettre aux animaux de mieux digérer et de mieux assimiler les matières nutritives de la paille et, d'autre part, en raison de la modification de structure et de la teneur en alcali de la paille, il stimule l'appétit des animaux, augmentant ainsi leur consommation de fourrage et leur rendement. Ce dernier effet n'était pas eonnu antérieurement. Sous sa forme initiale, le procédé de traitement de la paille par de la lessive présente plusieurs graves inconvénients, comme mentionné ci-dessus. L'un de ces inconvénients est la forte consommation d'eau afférente au rinçage de la paille les vée. Cet inconvénient est d'autant plus grave que les moyens disponibles d'approvisionnement en eau sont souvent déjà exploités au maximum. Dans des régions où l'approvisionnement en eau est limité, un procédé de traitement de la paille par de la lessive et impliquant une forte consommation d'eau ne peut évidemment absolument pas être envisagé.Un autre inconvénient très grave de ce procédé réside dans les grandes quantités dteau résiduaire polluée qui doivent être évacuées au risque d'une pollution de l'environnement ou traitées et détruites, ce qui entraîne nécessairement des frais considérables. De plas, l'eau résiduaire entratne avec oie de grandes quantités de substances d'une certaine valeur nutritive éliminées de-la paille par dissolution. Le brevet suédois no 46 598 décrit un procédé de traitement de matières végétales fibreuses, telles que de la paille, par un alcali en solution aqueuse, afin d'augmenter la valeur alimentaire de ces matières végétales, l'excès d'alcali étant ensuite éliminé par rinçage avec de l'eau. Suivant les indications de ce brevet, on déplace la première lessive par d'autres lessives, fratches ou déjà usagées, ceci afin d'épuiser les lessives le plus possible par utilisation répétée. Lorsque le traitement par la lessive estterminé, on rince avec de l'eau la matière végétale peur en éliminer les restes d'alcali nocifs pour l'organisme. Le brevet allemand n0 335 155 concerne un perfectionne- ment du traitement précité, suivant lequel on utilise la lessive déjà usagée pour des traitements supplémentaires, le cas échéant jusqu a réaction acide, le premier traitement étant effectué avec une lessive relativement faible et le dernier avec une lessive plus forte. Le traitement de lessivage de la paille suivant les deux premiers brevets précités comporte d'importants inconvénients, en particulier une forte consommation d'eau, une perte de substances de valeur, éliminées de la paille par dissolution ou mises en suspension dans une solution, et la nécessité de se débarrasser de grandes quantités de liquides pollués comprenant à la fois des solutions de traitement usagées et des liquides de rinçage et qui peuvent contenir à la fois des restes d'alcali et des substances éliminées de la paille par dissolution ou des particules en suspension dans le liquide. Ces liquides sont habituellement évacués dans les cours d'eau voisins, ce qui provoque une grave pollution de l'environnement. L'invention a pour objet un procédé perfectionné de traitement de la paille par de la lessive, ce procédé permettant d'éviter les inconvénients précités, c'est-à-dire de réduire la consommation en eau à peu près à la quantité de celle-ci qui est absorbée par la paille, de rendre superflue la décharge de liquide résiduaire et de conserver des substances dissoutes dans ce liquide ainsi que des particules en suspension afin de les utiliser comme nourriture animale ou pour d'autres applications appropriées, tout en maintenant la consommation en alcali aussi faible que possible. Ce procédé est essentiellement caractérisé par le fait mulon opère en un système fermé dans lequel les liquides de traitement et les liquides de rinçage sent déplacés par étapes, la solution d'alcali servant dans la dernière étape de traitement étant utilisée, avec remplacement de l'alcali consommé, pour le traitement final de la matibre végétale pré-traitée et les liquides de traitement restants et contenant de l'alcali étant réutilisés pour le prd-traitement de la matière végétale et le rinçage de cette matière traitée, en n'utilisant de l'eau fratche que pour le rinçage final de la matière végétale traitée. Suivant l'invention, le traitement à l'alcali de matières végétales fibreuses (qui peuvent être constituées par divers types de paille ou d'autres matières végétales fibreuses, telles que des roseaux, de la bagasse, des rafles de mats, des produits forestiers, en particulier du bois d'arbres feuillus de structure lâche, des déchets de l'industrie du bois contenant de la cellulose, etc.) et l'élimination de l'excès de la solution alcaline de traitement contenant des substances extraites de la matière par dissolution sont effectués en un système fermé. Ceci sous-entend entre autres que la solution d'alcali usagée qui s 'égoutte du produit traité est réutilisée au traitement d'une nouvelle quantité de produit dès que de l'alcali neuf a été ajouté en remplacement de l'alcali antérieurement consommé. De cette manière, il est possible d'économiser à la fois de l'eau et de l'alcali. Du fait que, suivant l'invention, on opère en système fermé, le liquide de rinçage utilisé pour réduire la teneur en lessive du produit traité n'est pas évacué mais il est au contraire réutilisé pour traiter (par pré-lessivage) un produit non traité ou pré-lessivé additionnel avec une solution aqueuse alcaline. Le traitement de la paille ou d'une autre matière végétale fibreuse par une solution alcaline est effectue en différentes étapes de manière que le produit soit pré-traité par une ou plusieurs solutions faibles en alcali avant le traitement final par une solution d'une plus forte concentration en alcali. Pour le pré-traitement du produit, on utilise une solution aqueuse alcaline provenant du "rinçage" de paille ou d'un autre produit ayant été traité par une solution d'alcali plus concentrée. De même, le rinçage de la paille ou d'une autre matière première traitée par une solution d'alcali relativement concentrée est effectué par étapes de telle manière que la matière soit rincée avec une ou plusieurs solutions faiblement alcalines avait le rinçage final par de l'eau fratehe. Suivant ce procédé, il n'est pas nécessaire 41 introduire dans le système davantage d'eau fratche que ce qui correspond sensiblement à la quantité d'eau retenue dans la paille. Pour la ou les opérations de rinçage préliminaire, on utilise les solutions précédemment utilisées au pré-traitement de la paille. Dans le procédé suivait l'invention, la conzommation OR eau est évaluée à environ 300-350 litres d'eau pour 100 kg de paille sèche. La paille traitée à la lessive centient environ 80% d'eau, ce qui réduit les besoins des animaux en eau potable. la dehors de l'eau consommée, il circule dans le système fermé une quantité d'environ 1200 litres d'eau pour 100 kg de paille sèche à traiter. Il est possible de réduire cette quantité de liquide. Avant chaque commencement de la dernière phase de traitement à la lessive dans le cycle, en ajoute à la lessive de traitement une quantité d'alcali, do préférence de soude causti- que, équivalente à celle qui a été consommée au cours de l'opéra- tion de lessivage immédiatement précédente. Dans le procédé initial, la consommation es soude caustique était d'environ 8 kg pour 100 kg de paille sèche. Dans le procédé suivant 17 invention, effectué sans décantation, la consommation en alcali diminue d'environ 20%.Au début du traitement, la concentration de la lessive forte ne doit pas être inférieure à 1,6% et peut de préférence autre un peu plu élevée sais, néanmoins, seulement dans une mesure telle que, lorsqu'on applique le procédé suivant l'invention, la paille traitée à la lessive et rincée ne contienne pas plus de 1,5 g de soude caustique par kg de paille lessivée. La teneur en alcali de cette paille lessivée correspond de préférence à 1,0-1,5 g de soude caustique par kg de matière lessivée, d'une teneur en eau d'environ 80%. Si l'on rince complètement la paille lessivée, ses qualités organoleptiques sont nettement diminuées et les animaux on consomment moins.Si la teneur en soude caustique dépasse quelque peu 1,5 g par kg de paille traitée à la lessive, on peut "aérer" la paille avant de la mettre à la disposition des animaux car, de cette lanière, la quantité de soude caustique libre diminue, en partie parce que le processus de traitement se poursuit et on partie parce qu'une certaine quantité de cette soude caustique se transforme en carbonate de soude par combinaison avec l'anhydride carbonique de l'air. L'ampleur de la quantité de soude caustique restant dans la paille rincée et prête à la consommation est d'une plus grande importance qu'un pH exact, qui est normalement compris entre 8,5 et 9,0.Il n'est donc pas nécessaire de neutraliser complètement la nourriture traitée par l'alcali avant de l'offrir aux animaux. Lorsqu'un tel fourrage est utilisé pour l'alimentation des animaux, le pH dans la panse des ruminants est souvent inférieur à ce qu'il est lorsqu'on offre à ces-ruminants du fourrage non traité, ee qui dépend du fait que davantage d'acide organique se forme dans la panse et de la quantité de salive sécrétée. Pour augmenter l'efficacité de ee traitement, la matière utilisée doit être sèche ou séchée et, dans certains cas, finement divisée. L'effet de lessivage sur la paille (environ 85% de matière sèche) est analogue si la paille est entière (comprimée) ou hachée. Si l'on utilise de la paille hachée, la capacité utile de la cuve de lessivage augmente de 40 à 45%. On compte environ 45 kg de paille entière, sèche, ou environ 75 kg de paille hachée, par mètre cube. Comme indiqué ci-dessus, la cellulose présente dans la matière végétale fibreuse réagit rapidement avec l'alcali. La durée du lessivage dépend de plusieurs facteurs et notamment de la concentration en alcali, de la température, de la pression, de la consistance de la matière, de son humidité, etc. En opérant suivant le procédé eonnu, le traitement par la seude caustique demande environ 24 heures. Dans le procédé suivant l'invention, la paille est "pré-lessivée"avant d'Otro soumise à un traitement par de la nlessive forte" et il est possible de ce fait de réduire la durée de traitement à environ 13 heures en opérant à une température de 10 à 20 C et avec une -concentration minimale de 1,6% de la lessive forte. Les opérations de rinçage et de "pré- lessivage" peuvent être effectuées en continu, c'est-à-dire qu'une opération commence immédiatement après l'achèvement de l'opéra- tion précédente. A une température plus basse, le traitement doit strie quelque peu prolonge et l'efficacité du traitement à la lessive est quelque peu intérieure. A une température plus élevée, le processus se déroule plus rapidement et, si l'on élève la température de 100, la durée du traitement est réduite approximativement de moitié. Si l'on a recours au procédé connu de traitement de la paille ou d'autres matières végétales fibreuses par un alcali, les substances enlevées de cette matière par dissolution ou mises en suspension dans les solutions sont entraînées par l'eau de rinçage, comme indiqué ci-dessus, Au eontraire, en effectuant le "lessivage" dans un système fermé, comme prévu par l'invention, il se produit progressivement un enrichissement des solutions d'alcali utilisées dans les différentes étapes du procédé. Comme indiqué ci-dessus, on a affaire à dos quantités considérables, de l'ordre de 25 à 30%, de la matière sèche de la paille. L'expérience a montré que les substances nutritives pour les animaux restent pratiquement dissoutes à une température non inférieure à 10 C et à un pH non inférieur à 9,0. Etant donné que ces substances sont présentes dans le liquide absorbé par la paille, elles accompagnent la paille au moment de la nourriture. Si la température baisse et/ou si le pH descend au-dessous de 9,0, il y a précipitation des substances dissoutes sous forme d'une "boue". S'il se forme de trop grandes quantités de cette boue ou des grumeaux durs et cohérents, il est à craindre que ces substances n'accompagnent pas la paille mais, au contraire, se déposent dans les cuves de traitement à la lessive ou dans les canalisations, perturbant ainsi le traitement.Pour éviter cet inconvénient ou s'il est souhaitable d'utiliser séparément ces substances intéressantes enlevées de la matière par dissolution, on peut faire passer une eu plusieurs des-solutions enrichies impliquées dans le traitement dans un récipient de traitement particulier, en même temps qu'on abaisse le pH par addition de produits chimiques. Dans ee but, il est avantageux d'utiliser des acides de qualité alimentaire, par exemple ltzeide propionique, ltacide rormique, l'acide acétique, l'acide citrique ou ltacide lactique. I1 est également possible d'utiliser de l'acide phosphorique étant donné que les phosphates résultant de la précipitation peuvent être utilisés comme engrais ou donnés en nourriture aux animaux pour satisfaire leurs besoins en phosphore. I1 peut être avantageux d'utiliser un mélange de différents acides pour obtenir des produits nutritifs appropriés ou d'autres substances adaptées à la ligne de production. Si l'on abaisse le pH, les substances précipitées se déposent, en Z8me temps que les particules en suspension dans les solutions d'alcali, sous forme d'une "boue" au fond du récipient de traitement qui peut être un décanteur. Afin de faciliter la manutention de cette "boue", on peut modifier sa consistance par un acide ou mélange d'acides approprié. On sépare cette boue de la solution, après quoi l'on ajoute de nouveau à celle-ci la quantité requise d'alcali pour réutilisation dans le système fermé pour le traitement d'une nouvelle quantité de matière. Comme indiqué ei-dessus, la "boue" nutritive ainsi obtenue peut btre offerte séparément en alimentation aux animaux ou être rajoutée au produit traité à la lessive. On peut également envisager de l'utiliser comme engrais ou d'en récupérer certains produits chimiques. La description qui va suivre, en référence à l'exemple indiqué à titre non limitatif, permettra de bien comprendre comment l'invention peut être mise en pratique. Exemple On traite de la paille par une solution aqueuse de soude caustique. La limite inférieure de température à laquelle on opère est de 10 C. On fait circuler dans le système fermé quatre solutions alcalines, à savoir a) la lessive forte, rechargée en soude caustique après chaque traitement.A la fin de chaque traitement à la lessive et avant d'être rechargée en soude caustique, la solution est appelée liqueur noire b) le liquide de rinçage I, utilisé alternativement pour un premier rinçage de la paille traitée à la lessive et pour un troisième pré-traitement de la paille devant être traitée à la lessive, c) le liquide de rinçage II, utilisé alternativement pour un second rinçage de la paille traitée à la lessive et pour un seeond prétraitement de la paille devant Autre traitée à la lessive, d) le liquide de rinçage III, utilisé alternativement pour un troisième rinçage de la paille traitée à la lessive et pour un premier pré-traitement de la paille non traitée et devant être traitée à la lessive. Alimentation es eau. La porto en liquide de la liqueur noire est couverte par pompage d'une partie du liquide de rinçage I dans la liqueur noire. Pour compenser la quantité correspondante de liquide ainsi que la perte en liquide de l'eau de rinçage I, la quantité correspondante de liquide de rinçage II est, de même,transférée par pompage. Be la même manière, on compense la réduction de volume du liquide de rinçage II par transfert de liquide de rinçage III. La réduction de volume du liquide de rinçage III, qui s'élève à 3,5 fois le poids de paille sèche, est compensée par do l'eau fratche, une fois que celle-ci a été utilisée pour le rinçage final de la paille lessivée prête.Cette quantité de liquide compense ainsi la consommation totale d'eau. I1 est également possible d'utiliser un nombre plus faible ou plus grand de liquides de rinçage et/ou, en rapport avec la précipitation, d'obtenir un produit final qui ne contienne pas plus de soude caustique libre qu'il ne convient pour qu'il soit approprié comme nourriture animale. Programme des opérations. On appelle A, B, C, D, E, ZI et Z2 les différentes cuves de traitement utilisées dans la mise en oeuvre du procédé suivant l'invention. Disposition do départ. Cuve 1. Cuve remplie de paille lessivée et de liqueur noire (c'est-à-dire do lessive forte usagée). Cuve B. Cuve remplie de paille pr*-lessivée et de liquide de rinçage I. Cuve C. Cuve remplie de paille pré-lessivée et de liquide de rinçage Il. Cuve D. Cuve remplie de paille pré-lessivée et de liquide de rinçage III. Cuve E. Cuve vidée de la paille traitée à la lessive, ayant subi le rinçage final et étant prête pour l'alimentation, cette cuve étant rechargée de paille sèche non traitée. Cuve de décantation Z1. Cuve contenant la "boue" provenant de la dernière décantation et qui est retirée de la cuve. Cuve de décantation Z2. Cuve vide. On se sert. alternativement de la cuve Z1 et de la cuve Z2. Stades de traitement. Stade 1. On pompe le liquide de rinçage III de la cuve D et on le projette en pluie sur la paille sèche, non traitée, contenue dans la cuve E. Stade 2. On pompe le liquide de rinçage Il de la cuve C et on le projette en pluie sur la paille pré-lessivée contenue dans la cnve D. Stade 3. On pomme le liquide de rinçage I de la cuve D et on le projette en pluie sur la paille pré-lessivée contenue dans la cuve C. Stade 4. On pompe la liqueur noire de la cuve A dans la cuve B. Stade 5. On pompe le liquide de rinçage I de la cuve C et on le projette en pluie sur la paille lessivée dans la cuve A. Ensuite, à partir de la couche inférieure de la cuve A, on pompe d'abord assez de liquide pour remplir la cuve B et l'on renvoie le reste par pompage dans la cuve C. Stade 6. Après que la liqueur noire dans la cuve B a été complétée par du liquide de rinçage I suivant le stade 5, on ajoute à la liqueur noire une quantité de soude caustique suffisante pour réaliser la concentration pré-déterminée (lessive forte). On brasse la lessive forte contenue dans la cuve D en la faisant circuler par pompage à des intervalles déterminés. Le stade de traitement à la lessive dans la cuve B est maintenant arrivé à sa phase finale. Stade 7. On pompe le liquide de rinçage II de la cuve D et on le projette en pluie sur la paille lessivée dans la cuve A. Ensuite, à partir de la couche inférieure de la cuve A, on pompe d'abord assez de liquide pour remplir la cuve C, après quoi l'on pompe le reste dans la cuve D. Stade 8. On pompe le liquide de rinçage III de la cuve E et on le projette en pluie sur la paille lessivée dans la cuve A. Ensuite, à partir de la couche inférieure de la cuve A, on pompe assez de liquide pour remplir la cuve D, le reste étant pompé dans la cuve E. Stade 9. On projette d'abord en pluie dans la cuve A, sur la paille lessivée (rinçage final) une quantité d'eau fratche telle que peut en contenir la cuve E, ainsi que le reste du liquide de rinçage III, puis on la pompe dans le liquide de rinçage III dans la cuve E qui est ainsi remplie. Stade 10. On termine le traitement à la lessive de la paille dans la cuve A et la paille est prête pour Stre donnée en nourriture aux animaux. On vide complètement la cuve A de la paille traitée a la lessive et on la recharge avec de la paille sèche. On poursuit alors le traitement à la lessive suivant le même programme que décrit ci-dessus mais en remplaçant la cuve A par la cuve B, la cuve B par la cuve C, la cuve C par la cuve D, la cuve D par la cuve E et la cuve E par la cuve A, etc. Si, au cours du programme de traitement (ceci peut concerner en particulier les liquides de rinçage III et II), le pi avoisine 9,0 dans l'une quelconque des solutions d'alcali (on suppose que la température de traitement est supérieure à 100C), on pompe la solution en question dans l'une des cuves de déeantation Z1 ou Z2 en même temps qu'on abaisse le pH par addition d'un acide ou d'un mélange d'acides au moyen d'une pompe distributrice. Après avoir séparé le précipité résultant et une partie des particules en suspension dans la solution, on renvoie la solution par pompage dans le système en même temps qu'on règle le pH par addition de soude caustique au moyen d'un appareil distributeur, après quoi l'on poursuit le traitement conformément au programme pré-déterminé. Ceci permet d'obtenir le pH souhaité pour le produit final en relation avec la décantation du dernier liquide de rinçage. Le précipité et les particules en suspension, séparées, appelés ensemble la "boue", sont retirés des cuves de décantation Z1 ou Z2, éventuellement au moyen d'une vis d'ArchimOde, et sont utilisés pour les applications prévues. S'il ne semble y avoir aucun risque de précipitation (le pH des solutions d'alcali étant supérieur à 9,0 et/ou la température étant nettement supérieure à 100C) et s'il n'est pas souhaitable d'obtenir une "boue" séparée, on effectue le prograxe- de traitement sans pomper aucune des solutions d'alcali dans Z1 ou Z2. Au lieu d'opérer d'une manière discontinue, comme dans l'exemple précité, on peut effectuer le traitement on continu en observant exactement la mime succession des opérations de traitement. Un tel traitement en continu peut être effectué dans un convoyeur ou autre dispositif analogue, en variante dans une série de convoyeurs ou dispositifs dans lesquels un système de pompage assure la circulation des diverses solutions d'alcali et des eaux de rinçage sur la matière transportée. Avant traiterent, la matière peut être coupée à diverses longueurs, si nécessairo. Si l'on souhaite séparer de la matière les substances dissoutes et présentes dans les solutions d'alcali, on effectue une précipitation en continu selon le mEme principe que dans l'exemple ci-dessus. Dans ce qui précède et dans les revendications, il n'est pas possible d'établir une nette distinotion entre le rinçage et le lessivage proprement dit, pas plus qu'entre le liquide de rinçage et la solution de traitement, ces derniers servant alternativement de liquide de rinçage (lavage) et de solution de traitement. REVENDICATIONS 1.- Procédé de traitement de la paille et autres matières végétales fibreuses par un alcali en solution aqueuse, afin d'augmenter et dtaméliorer la valeuraliventaire de ces matières, avec rinçage final de la matière végétale traitée, procédé du genre suivant lequel on traite la matière végétale en plusieurs étapes, le premier traitement par de l'alcali étant effectué avec la solution de plus faible teneur en alcali et le dernier traitement avec la solution de plus forte teneur en alcali, l'alcali utilisé étant épuisé le plus possible par utilisation répétée des solutions, caractérisé par le fait qu'on opère en un système fermé dans lequel les liquides de traitement et les liquides de rinçage sont déplacés par étapes en dedans du système, la solution d'alcali servant dans la dernibre étape de traitement étant utilise avec remplacement de l'alcali consommé, pour le traitement final de la matière végétale pré-traitée et les liquides de traitement restants et contenant de l'alcali étant réutilisés pour le pré-traitement de la matière végétale et le rinçage de la matière traitée, en n'utilisant de l'eau fratche que pour le rinçage final de la matière végétale traitée. 2.- Procédd suivant la revendication 1, caractérisé par le fait qu'on effectue au menins l'un des pré-traitements de la matière végétale par une solution de faible concentration en alcali, provenant du rinçage de la matière végétale auparavant traitée par une solution de plus forte concentration en alcali. 3.- Procédé suivant la revendieation 1 ou la revendica- tion 2, caractérisé par le fait qu'on effectue au moins l'une des opérations de rinçage avec une solution faible en alcali, utilisée pour le pré-traitement de la matière végétale. 4.- Procédé suivant la revendication 1, caractérisé par le fait que le système fermé comprend au moins une solution de traitement utilisée alternativement au pré-traitement de la matière végétale devant Store traitée par de la lessive et au rinçage de la matière végétale traitée par de la lessive. g.- Procédé suivant la revendication 1, caractérisé par le fait que le système fermé comprend quatre solutions de traitement en circulation a) une solution alcaline aqueuse, appelée liqueur noire, utilisée au traitement final de la matière végétale pré-traitée, cette solution étant rechargée en alcali après chaque traitement, b) un liquide I, utilisé pour un troisième pré-traitement de la matière végétale devant être traitée par de la lessive et, ensuite, pour un premier rinçage de la matière végétale traitée par de la lessive, c) un liquide II, utilisé pour un deuxième pré-traitement de la matière végétale devant Stre traitée par de la lessive et utilisé ensuite pour un deuxième rinçage de la matière végétale traitée par de la lessive, d) an liquide III, utilisé pour un premier pré-traitement de la matière végétale non encore traitée et, ensuite, pour un troisième rinçage de la matière végétale traitée par de la lessive. 6.- Procédé suivant la revendication 5, caractérisé par le fait que l'eau fraîche utilisée au rinçage final de la matière végétale traitée par de la lessive s'ajoute, lors de ee rinçage, audit liquide III afin de remplacer le volume de liquide absorbé par la matière végétale au cours du traitement. 7.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé par le fait que des substances dissoutes de la matière végétale précipitent dans une cuve de solution de traitement et qu'on sépare de cette solution les substances précipitées en mAeme temps que les particules en suspension dans la solution et entratnées par le précipité. 8.- Procédé suivant la revendication 7, caractérisé par le fait qu'on ajoute un acide comme agent de précipitation. 9.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé par le fait que l'alcali est un hydroxyde de métal alcalin. 10.- Procédé suivant la revendication 9, caractérisé par le fait que ledit hydroxyde de métal alcalin est la soude caustique. ll.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 10, caractérisé par le fait que le traitement do la matière végétale traitée par un alcali est effectué de telle manière que la teneur en alcali de la matière végétale corresponde à 1,0-1,5 g de soude caustique par kg de matière traitée, avec une teneur en eau d'environ 80ss. 12.- Produits obtenus par la mise en oeuvre du procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 11.