L'invention concerne une nouvelle mine antichar. On sait qu'il existe divers types de mines antichar qui rd- pondent à une ou plusieurs des conditions suivantes d'utilisation: - être indétectable à volonté par les moyens électromagnéti- ques usuels ; - 8trie posable en toute sécurité par les appareils de pose mécanique t - être largable ou jetable ; - être piégeable en toute sécurité à la pose manuelle - être résistante aux moyens de déminage par explosif ; - être transformable à volonté en mine à action ventrale. l'invention a pour objet une mine antichar d'une conception simple et d'une grande sûreté de fonctionnement, qui présente l'ensemble des caractéristiques fonctionnelles résumées ci-dessus. La msne selon l'invention est caractérisée en ce que, sur la channe pyrotechnique d'allumage,est disposé un dispositif de sé ~curité de pose et de stockage comprenant deux interrupteurs à écoulement de billeqdisposés en sens inverse l'un de l'autre et solidaires l'un du fond, l'autre du couvercle de la mine, l'orifice d'écoulement des billes de ces interrupteurs pouvant être ouvert ou obturé au moyen d'un organe de commande à distance. Du fait de la présence des deux interrupteurs à billes, la sécurité de pose interviendra avec la même efficacité, que la mine repose sur son fond ou sur son couvercle. L'organe permettant de commander- à distance l'ouverture et la fermeture de L'orifice des interrupteurs peut, par exemple, être déplacé en translation par un bouton d'armement et porter des obturateurs, des billes par exemple, qui peuvent ainsi être amenés ou non en position d'obturation. Avantageusement, en vue de permettre la récupération de la mine, les interrupteurs seront équipés d'un bouchon amovible, permettant ainsi dty réintroduire des billes après avoir fermé l'orifice d'évacuation. Selon une autre caractéristique importante de l'invention, la mine peut 8tre équipée d'un dispositif de piégeage comprenant un allumeur à traction commandant un détonateur disposé au voisinage de la channe pyrotechnique. On conçoit aisément que, lors due la pose de la miney le fonctionnement accidentel de ce dispositif de piégeage ne provoquera pas 1' explosion de la mine, tant que celle-ci n'aura pas été armée à l'aide des interrupteurs à billes. Au contraire, au cours d'une opération de déminage in, tervenantalors que la mine est armée, le dispositif de piégeage provoquera l'explosion de cette mine. Toujours selon une caractéristique importante de l'invention, le couvercle de la mine comporte, sur sa face extérieure, des nervures faisant saillie au-delà de la face supérieure du plateau de pression. On peut ainsi empiler les mines aussi bien lors du stockage que dans des engins de pose mécanique. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront de la description détaillée qui va suivre, dans laquelle on se réfèrera aux dessins annexés, qui représentent diverses formes de réalisation de l'invention. Sur ces dessins: La figure 1 est une coupe axiale d'une première forme de réalisation La figure 2 est une vue de détail, à plus grande échelle, du dispositif de sécurité à écoulement de billes La figure 3 est une vue en coupe d'un interrupteur à billes utilisable dans la mine selon l'invention La figure 4 est une coupe d'un bouchon formant recharge pour l'interrupteur de la figure 3. La figure 5 illustre un dispositif de piégeage équipant la mine. La figure 6 est une coupe axiale d'une autre forme de réalisation de cette mine. On se référera d'abord à la figure 1. La mine antichar représentée sur cette figure comprend un corps de mine 1 en matière plastique, renfermant l'explosif principal 2, habituellement constitué par de l'bexolite. Le couvercle supérieur 3 présente une cavité dans laquelle est introduit et immobilisé, au moyen du filetage 4, le plateau de pression anti-souffle 5. Le couvercle supérieur 3 comporte,sur sur face-extérieure, des nervures 3a dont la hauteur dépasse de quelques millimètres la face supérieure du plateau de pression antisouffle 5, de fa çon à permettre l'empilage des mines au stockage ou dans les engins de pose, sans action sur le plateau de pression antisouffle 5,et à faciliter la circulation des mines à l'intérieur des engins de pose mécanique.La résistance à ltéerasesent des nervures 3a est déterminée de façon à être insuffisante pour supporter sans- se rompre le passage d'une chenille de char sur la mine, lorsque celle-ci est simplement posée sur la surface du sol, et à permettre ainsi le fonctionnement normal du plateau de pression antisouffle 5. Ge dernier renferme un dispositif à "dash-pot" de modèle connu et un allumeur à pression 6 également de modèle connu. Le fond du corps de mine 1 présente une cavité dans laquelle est logé un relais d'amorçage 7. Lors du fonctionnement, l'allumeur à pression 6 initie l'ex- trémité 8a du cordeau détonant 8 ou cordeau primaire. Ce cordeau primaire 8 traverse le relais d'amorçage 7 a l'intérieur d'une cheminée 9 venue de moulage avec le corps 1. La puissance du cordeau primaire 8 et l'épaisseur de la paroi de la cheminée9 sont déterminées de façon que la détonation du cordeau primaire 8 ne polisse, en aucun cas, se transmettre au relais d'amorçage 7. L'extrémité 8b du cordeau primaire 8 est reliée à un dispositif de sécurité d'armement comportant deux-interrupteurs de chaîne pyrotechnique, à billes, 10 et 11, reliés entre eux par un cordeau détonant 12 dit cordeau intermédiaire (Figure 2). Ces deux interrupteurs à billes 10 et 11 sont décrits en détail dans la demande de brevet déposée en France par la même Demanderesse le 19 Juin 1975, sous le numéro d'enregistrement national 75 19 275. Ils sont montés en sens inverses, l'un, 10, sur le couvercle 3 de la mine, l'autre, 11, sur le fond du corps 1, de façon que la sécurité d'armement soit obtenue aussi bien lorsque la mine est posée sur le fond du corps 1, que lorsqu'elle est posée sur le couvercle 3. Le cordeau primaire 8est relié par son extrémité 8b à l'entrée de l'interrupteur à billes10. La sortie de cet interrupteur est reliée à l'entrée de l'interrupteur à billes 1-1 par le cordeauintermédiaire 12. La sortie de l'interrupteur à billes il est elle-même reliée par un cordeau détonant 13 -ou cordeau principalau renforçateur 14 placé à l'intérieur du relais d'amorçage 7 dans une cheminée 15. La puissance du renforçateur 14 eut l'épaisseur de la paroi de la cheminée 15 sont déterminées de façon que -la détonation du renforçateur 14 entraîne, dans tous les cas, la détonation du relais d'amorçage 7. Les orifices d'écoulement des interrupteurs à billes 10 et 11 sont obturés par des billes 16 et 17 en matière élastique. Ces billes 16 et 17 sont maintenues dans un étrier 18 et peuvent être déplacées, au moment de l'armement de la mine, par une translation du dit étrier, provoquée par une translation équivalente du bouton l'armement 19. Ce mouvement de translation,qui provoque l'armeioentde la mine, a pour effet de déboucher les orifices des interrupteurs 10 et 11 et de permettre l'écoulement des billes contenues dans l'interrupteur supérieur 10 ou dans l'interrupteur inférieur lit suivant que la mine est posée sur le fond du corps 1 ou sur le couvercle 3. Le fonctionnement des interrupteurs à billes, qui est décrit dans la demande de brevet précitée, va être sommairement rappelé en référence à la figure 3. Les billes 20 contenues dans le corps 10 de l'interrupteur à billes sont en quantité suffisante pour constituer un obstacle à la transmission de la détonation du cordeau primaire 8 au cordeau intermédiaire 12. Lorsqu'on a déplacé la bille obturatrice 16 par translation de l'étrier 18, les billes s'écoulent par l'orifice inférieur du corps 10. 'obstacle à la transmission de la détonation du cordeau primaire 8 au cordeau intermédiaire 12 se trouve ainsi supprimé au bout d'un temps prédéterminé, qui dépend de la quantité de billes contenues à l'origine dans le corps 10 et du diamètre- de l'orifice inférieur. Dans la position montrée par les figures 1 et 2 correspondant à la position "mine non armée", l'interrupteur 10 oppose un obstacle à-la transmission de la détonation du cordeau primaire 8-au cordeau intermédiaire 12, alors que l'interrupteur 11 laisse le libre passage de la -détonation du cordeau intermédiaire- 12 au cordeau principal 13. Le principe de fonctionnement reste le même, mutatis mutandis, si la mine est posée sur le couvercle 3 au lieu de l'être sur la base du corps 1. Si,après pose et armement de la mine, aucun char n'est passé sur celle-oi, la mine peut être réutilisée en opérant de la fa çon suivante; on referme 11 orifice inférieur de l'interrupteur 10 en ramenant à la position de stockage le bouton d'armement 19 puis on retire le bouchon 21 de l'interrupteur à billes 10 et on le remplace par un bouchon recharge 22 (Figure 4 ) renfermant la quantité de billes 20 nécessaire à un nouveau fonctionnement. Ces billes sont logées à l'intérieur du bouchon 22, lequel est fermé à sa base par un paillet 23. Lors du vissage du bouchon, ce paillet est déchiré par une pièce 24 fixée à l'intérieur de l'interrupteur à billes 10 et les billes remplissent alors le corps de l'interrupteur. Dans une autre forme de réalisation, la mine peut comporter un dispositif de piègeage disposé sur le trajet du cordeau primaire 8. Ce dispositif, renrésenté sur la figure 5 et utilisable dans le cas d'une pose manuelle de la mine, permet de faire la manoeuvre de piégeage sans risque de faire détoner accidentellement la mine. Dans cette forme de réalisation de l'invention, le corps de mine 1 comporte, soit sur le fond de ce corps, soit sur une paroi latérale, un alvéole dans lequel est vissé un allumeur à traction 25 servant au piégeage. Si l'allumeur 25 fonctionne accidentellement au cours de l'opération de piégeage, la détonation du cordeau primaire 8 se produit par l'intermédiaire d'un détonateur 26, mais est arrêté par llinterrupteur à billes 10, sans dommage pour l'opérateur.Au contraire, si le fonctionnement de l'al- lumeur 25 se produit au óurs-d'une manoeuvre de déminage par lten- nemi, donc après l'expiration du délai d'armement de l'interrup- teur à billes 10, la mine explose entièrement. Dans une forme de réalisation peu différente des précédentes, la mine peut entre transformée à volonté en mine de chenilles (version indétectable) ou en mine à action ventrale (version détectable). la figure 6 montre, à titre d'exemple non limitatif, une forme de réalisation d'une telle mine. Les organes déjà décrits en réfé- rence aux figures précédentes sont affectés des mêmes chiffres de référence et ne seront pas décrits à nouveau. Dans la cavité du couvercle 3 est immobilisé, au moyen du filetage 4, un ensemble allumeur comprenant: - Un allumeur à influence de type connu, représenté schématiquement en 28,qui comporte une source incorporée de courant électrique - Une charge de poudre noire 29 5 - Un détonateur électrique 30 à retard d'environ 100 millisecondes placé au-dessous du revêtement métallique 27 - Un inflammateur électrique instantané 31 ; - Un couvercle supérieur 32 ; - Un câble d'armement 33, qui comporte à son extrémité libre un contacteur électrique 34,que que l'on introduit, après vissage de l'ensemble allumeur, l'intérieur de la mine par un trou 35 pratiqué dans le couvercle 3. Lorsque la mine est en position de stockage (position "non armée") les billes 16 et 17 obturent les orifices des interrupteurs à billes 10 et 11. Dans cette position, le contacteur électrique 34 est ouvert et l'allumeur à influence 28 n'est pas alimenté. Au moment de l'armement de la mine, la translation du bouton d'armement 19 entrain la translation de l'étrier 18, ce qui a pour effet de déboucher les orifices des interrupteurs à billes 10 et 11 et de fermer l'interrupteur électrique 34. L'allumeur à influence 28 est alors alimenté et la mine est prête à fonctionner après expiration du délai d'écoulement des billes de l'interrupteur à billes 10. Si un char passe alors au-dessus de la mine, le signal fourni par l'allumeur à influence 28 met à feu l'inflammateur 31, lequel enflamme la charge de poudre noire 29. Le couvercle 72 et l'allu- meur à influence 28 sont projetés. Le revêtement métallique 27 reste en place. Environ 100 millisecondes après la mise à feu de l'inflammateur 31, le détonateur 30détone .La détonation se transmet au cordeau primaire 8, puis au cordeau intermédiaire 12 (Figure 6), ensuite,au cordeau principal 13 et enfin au détonateur 14, lequel fait détoner- le relais d'amorçage 7 et la charge principale 2. Le revêtement métallique 27 est alors projeté contre le plancher du char. R E V E N DI C A T I 0 N S 1.- Mine antichar largable et posable éaractérisée en ce que, sur la chaine pyrotechnique d'allumage,est disposé un dispositif de sécurité de pose et de stockage comprenant deux interrupteurs à écoulement de billesdisposés en sens inverse l'un de l'autre et solidaires ltun du fond, l'autre du couvercle de la mine, 11 orifice d'ecoulement des billes de ces interrupteurs pouvant être ouvert ou obturé au moyen d'un organe de commande à distance. 2.- Mine antichar selon la revendication 1, caractérisée en ce que 1 1organe permettant de commander à distance l'ouverture ou l'obturation de l'orifice des interrupteurs porte des obturateurs, des billes par exemple, et est susceptible d'être déplacé en translation par un bouton d'armement. 3.- Mine antichar selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisée en ce que les dits obturateurs sont équipés d'un bouchon amovible, permettant de recharger les interrupteurs avec des billes. 4.- Mine antichar selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisée en ce qu'elle est équipée dtun dispositif de piégeage comprenant un allumeur àsstraction commandant un détonateur disposé au voisinage de la chaîne pyrotechnique. 5.- Mine antichar selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisée en 3e~que son couvercle comporte des nervures faisant saillie au-delà de la face supérieure du plateau de pression.