La présente invention concerne un produit pour le conditionnement des sols, du type dit "'fumier artificiel". On connatt depuis fort longtemps des fumiers artificiels, destinés à l'amendement et à la fertilisation des terres arables, obtenus par des traitements appropriés de tourbes ou de lignites, de tels fumiers artificiels étant appelés à se substituer aux fumiers naturels, dont les quantités disponibles tendent à diminuer dans de fortes proportions par suite de la disparition de plus en plus rapide de la traction animale, notamment hippomobile, et de la modernisation des méthodes d'élevage du bétail. De très nombreux procédés de traitement de tourbes et de li griltesont déjà été proposés à cet effet et plusieurs d'entre eux ont fait et font l'objet d'une exploitation industrielle notable. On a en effet constaté par expérience que les tourbes ou les lignites à l'état naturel, stils concourraient à un certain amendement des sols arables déterminés, par correction de leur constitution chimique d'ensemble, ne possédaient pratiquement aucune action fertilisante, et qu'il était nécessaire de solubiliser les acides humiques naturellement contenus dans ces matières premières et, de préférence, d'augmenter la teneur de celles-ci en azote disponible. C'est ainsi que l'on a été conduit à proposer de former des humates alcalins et alcalino -terreux, et/ou des nitro-humates, par l'action de divers réactifs. Dans ce domaine, on a suggéré par exemple de soumettre la tourbe ou le lignite à un traitement par des dérivés sodiques et potassiques, tels que les hydroxyles ou carbonates de sodium et de potassium, suivi d'un traitement par l'ammoniaque ou par des carbonates d'ammonium, ou encore de traiter ces matières premières par un carbonate d'ammonium et de l'urée. On a également proposé de soumettre la tourbe ou le lignite à une oxydation au moyen d'acide nitrique dilué, en vue de former des acides nitro-humiques, puis de transformer ces derniers en nitro-humates d'ammonium par action de l'ammoniaque sec ou aqueux. Enfin, de nombreuses combinaisons de ces divers traitements ont également été décrites et mises en oeuvre, l'addition d'autres éléments tels cue les phosphates étant éventuellement prévue en vue d'obtenir des fertilisants complets. Par ailleurs, on a également procédé à des essais à l'aide de tourbe fermentée en présence de vinasses de mélasse. Bien que certains résultats aient pu être obtenus dans cer tains cas par les moyens antérieurement décrits et ci-dessus rappelés de façon succincte, l'expérience a montré queces résultats étaient assez loin d'atteindre ce que l'on espérait d'eux. La présente inventionapour objet un procédé qui permet d'obtenir,à partir de lignite humifère,des produits conditionneurs de sols procurant des résultats particulièrement avantageux.Elle a également pour objet les produits ainsi obtenus,qui possèdent des caractéristiques tout a fait particulières permettant leur identification. Conrormément à l'invention,on broie un lignite présentant des solubilités minimales d'environ 20% dans l'ammoniaque aqueuxà2% de NH3,10% dans le pyrophosphaté de sodium à 1% au pH 9 et 5% dans le pyrophosphate de sodium tamponnéàpH 7,les fractions solubilisées étant précipitables par les ions Ca,ainsi qu'une teneur en cendres inférieure dont 15% d'insolubles dans l'acide nitrique,on ajuste le pH dudit lignite broyé àune valeur comprise entre 7,5 et 8,5 par addition d'ammoniac et/oude composés du sodium et/ou du calcium enquantités maximales de 2% de NH NH3,3,5% de Na et 5% de CaD en poids,on introduit dans ledit lignite une quantité de 2 à 6% en poids d'azote sous formes organique,uréique,amidique et/ou de phosphate d'azote, seules ou en mélange,on aJouteaumélange,à raison d'environ 0,3 à 0,5% en poids, des oligo-éléments indispensables à la vie des micro-organismes,on ensemence ledit mélangeàl'aide des souches microbiennes normalement présentes dans le fumier naturel,le taux d'humidité du lignite etant ajusté et maintenu aux environs de 50 à 60% et on le soumet ensuite àune fermentation aérobie pendant une durée d'environ 20 à 30 Jours, en maintenant la température à un maximum de rp'f:. Au sens de la présente description, les résultats chiffrés des analyses opérées sur le lignite et le produit final correspondent à la matière brute, telle qu'elle se présente à l'utilisateur et non pas à la matière sèche. Les opérations d'aJustemtt du pH, de mélange àvec les produits azotés et les oligo-éléments, ainsi que d'ensemencement sont réalisées par mélange intime des additifs avec le lignite broyé, par exemple dans un mélangeur rotatif. Le lignite à traiter doit de préférence ne pas avoir subi de minéralisation par pression,et être friable et doux au toucher.Son broyage initial,qui peut être accompli à l'aide de tout appareil connu, est de préférence mené Jusqu'à obtention d'une semoule fine. Pour l'aJustement du pH, l'ammoniac peut Entre utilisé sous forme de lessive ammoniacale, par exemple à 26% de NH ou d'ammo niac anhydre. Comme dérivés du sodium, on utilise de préférence l'hydroxyde de sodium sous forme de lessive, ou le carbonate de sodium. Quant au calcium, il est de préférence ajouté sous forme de chaux éteinte pulvérulente. Les doses respectives des deux premiers produits, ammoniac et composés du sodium, sont fonction du pH initial de la solution et du pouvoir tampon du lignite mis en oeuvre. Quant à la dose de chaux, elle est fonction de la solubilité à l'ammoniaque du lignite.Une forte solubilité, de l'ordre de 50% permet l'addition d'une quantité de 2 à 5% de CaO, autorisant l'élimination du carbonate de sodium ou de l'ammoniaque.Dans tous les cas, la quantité du carbonate de sodium ne doit pas dépasser 7%, en s'efforçant de la maintenir la plus basse possible (de 4 à 5% en moyenne) à l'aide des autres adjuvants dans leur limite de doses respectives, et la dose d'ammoniaque ne doit pas dépasser 2% Ng,. Le choix des différents produits utilisés pour élever le pH et celui des quantités à appliquer sont déterminés après analyse du lignite et mesure de son pouvoir tampon. Pour un lignite de pH inférieur à 4, on peut utiliser soit un mélange de chaux et d' ammoniaque en lessive ou anhydre, soit un mélange de chaux et de carbonate de sodium. Le sodium étant un élément de faible utilité pour les plantes, on doit s'efforcer de choisir la solution permettant de le limiterou de l'éliminer. Pour un lignite de pH supérieur à 4, on peut utiliser soit de la chaux seule, soit un mélange de chaux d'ammoniaque anhydre, soit de l'ammoniaque seul. Dans tous les cas, la chaux sera introduite en premier lieu avant l'injection d'ammoniaque qui débute en cours de mélange, soit 5 à 6 minutes après le début de ce dernier. En ce cui concerne l'apport d'azote, celui-ci peut être réalisé par addition d'azote sous forme dite "organique", c'est-àdire provenant d'organismes vivants, l'additif utilisé à cet effet pouvant entre, par exemple, du sang desséché, de la farine de soJa ou des déchets organiques divers contenant de l'azote en proportions notables par exemple des tourteaux d'oléagineux. On peut également apporter l'azote sous forme d'urée solide ou liquide, de cyanamide calcique et/ou de phosphate d'azote cui est un composé obtenu par raction de l'aire sulfurique ou de l'acide phosphorique sur un phosphate naturel, en présence d'urée.Ce phosphate,que l'on trouve dans le commerce, peut cependant, avec avantage, être préparé sur place, parallèlement à la fabrication du produit conforme à l'invention et être introduit directement dans le lignite broyé sous forme de bouillie, ce qui évite le séchage préalable du produit conduisant à une prise en masse et nécessitant ensuite un broyage; son utilisation présente en outre l'avantage d'accrottre la teneur du produit final en phosphate, élément fertilisant supplémentaire, et ceci à partir de matières premières peu coû- teuses. Ainsi qu'il a été indiqué, les différentes forme sous lesquelles est apporté l'azote peuvent être utilisées seules ou en mélanges entre elles. D'une façon générale, la combinaison des formes organiques et uréique ou amidique est avantageuse sur le plan technique, les doses utilisées étant de préférence comprises entre 0,2 et 2% de N pour l'azote organique, 0,2 à 5% de N pour l'azote uréique et 0,2 à 3% de N pour l'azote amidique sous forme d'anhydride calcique .Dans le cas de mélanges, les proportions des divers additifs, qui doivent donner au total la teneur de 2 à 6% de N ainsi qu'il a été précisé, sont dictées par des considérations économiques et, en ce qui concerne le phosphate d'azote, de la quantité totale de phosphate que l'on désire obtenir dans le produit final, compte tenu de ce qu'une addition supplémentaire de phosphate dépourvu d'azote disponible peut être opérée, le cas échéant, avant la fermentation, pour atteindre la teneur finale voulue sans pour autant dépasser la teneur maximale de 6% d'ezote permise pour la fermentation. Dans le cas où l'on utilise l'azote uréique ou amidique seul, ou le phosphate d'azote seul, on peut avantageusement incorporer ninmoins une faible quantité, de l'ordre de 0,1 à 0,2% d'azote organique au cours du mélange en vue d'activer la fermentation, l'azote protéique et aminé ainsi apporté étant utilisé pour assurer la nutrition de départ des micro-organismes. Les oligo-éléments nécessaires au développement des microorganismes sont, de façon bien connue, des composés inorganiques de métaux tels que Cu, Zn, Mg, Mn, B, P et, en moindres quantités Ni, Cr et Co. A titre d'exemple, on peut utiliser, à raison de 5 kg par tonne de produit, le mélange suivant, les quantités indiquées étant en kg S04Mg 2,83 S04Mn,H20 0,66 S04Cu 0,66 804Zn 3,30 BO fHh 2,24 MoO4(NH4)2 0,20 Cl2Ni 0,06 CrOlK2 0,04 (NO3Co 0,01 Dans le cas où le mélange ne fait pas déJà l'objet d'un apport de phosphate, soit sous forme de phosphate d'azote, soit en vue d'obtenir un produit final phosphaté, il y a lieu d'en aJouter avec les oligo-éléments ci-dessus précisés, par exemple sous forme de superphosphate dit "super triple" à raison de 5 kg par tonne de produit à traiter, la présence de phosphate étant indispensable au bon développement microbien lors de la fermentation. Les souches microbiennes utilisées pour la fermentation du lignite traité comme il a été précisé ci-dessus sont celles qui sont normalement présentes dans le fumier naturel, notamment : Sporosarcina urea, Bacillus pasteurii, Bacillus mycoides, Bacillus subtilis, Pseudomonas putrefaciens, ainsi que les bactéries des genres Cytophaga, Cellfacicula et Cellvibrio. Ces souches microbiennes se préparent de la façon suivante. Une première macération est faite à partir d'un fumier chaud, noir, à raison de 10 litres pour 200 litres d'eau. Le liquide décanté au bout de 48 heures environ est introduit dans des cuves de 500 à 1000 litres, non fermées à leur partie supérieure et contenant une solution de composition suivante, par litre Urée 10 g Superphosphate 46% 50g Mélange d'oligo-éléments lg Mélasse de sucrerie 50 g Dans chaque cuve, on inJecte de l'air envoyé par un compresseur par des tubes percés disposés au fond de la cuve. Chaque cuve est chauffée à 400C par une résistance immergée. Au bout de 2 Jours, le liquide est prêt à l'emploi. I1 utilise à raison de 10 litres par tonne de mélange de lignites et d'ingrédients. Une série de 2 cuves permet l'alimentation régulière de la fabrication. Comme il a été indiqué, on prend soin, au cours du mélange, de maintenir le taux d'humidité du produit aux environs de 50, ce qui peut être réalisé, soit par fine pulvérisation d'eau à 1'intérieur du mélangeur, en évitant de préférence de mouiller les parois, soit par inJection, dans le mélangeur, de vapeur d'eau à basse pression. La quantité d'eau ou de vapeur à inJecter varie selon les matières premières utilisées et réclame une surveillance constante du mélange. Avec tant soit peu d'expérience, ce réglage peut être opéré à l'oeil, de façon précise, selon l'aspect que prend le mélange. Le maintien d'un taux d'humidité situé dans les limites indiquées est nécessaire pour assurer la bonne conduite de la fermentation.Il a de plus l'avantage de donner lieu à une granulation du mélange, qui favorise encore les échanges gazeux indispensables à la fermentation homogène en tas de ce dernier, et permet d'obtenir un produit final se présentant sous une forme d'un emploi particulièrement facile en agriculture. te réglage de l'humidité par inJection de vapeur est particulièrement avantageux car il donne lieu simultanément à un préchauffage du mélange déclenchant une fermentation rapide. Pour réaliser cette fermentation, le mélange obtenu comme il est dit ci-dessus est dressé en tas allongés ne dépassant pas de préférence 3 mètres de hauteur, afin d'assurer l'aération nécessaire à une fermentation intense et homogène. Pour favoriser encore cette aération, notamment atpied des tas, ceux-ci sont avantageusement dressés sur une aire dallée comportant des drains débouchant à sa surface.Afin de maintenir la température à la valeur maximale de 700C, condition essentielle à l'obtention des propriétés désirées du produit final, on peut éventuellement être amené à procéder à des recoupages, par addition et mélange, aux tas en cours de fermentation, demélange frais en quantité déterminée par l'expérience selon l'évolution de la température, un premier recoupage pouvant être opéré lorsque la température atteint 70 C et un deuxième lorsqu'elle atteint à nouveau 70 C. La durée de la fermentation, qui est de 20 à 30 jours est déterminée par l'analyse d'échantillons pris périodiquement. La fermentation est considérée comme terminée lorsque l'analyse ré-vèle, pour un échantillon, les caractéristiques ci- après , lorsque le produit ne contient que de l'azote, à l'exclusion d'éléments fertilisants minéraux ajoutés - teneur d'au moins 10% à 20six en colloïdes organiques solu bles à l'eau froide. Selon le lignite employé et selon que l'on a utilisé du carbonate de sodium ou de l'ammoniac ou de la chaux ou un mélange approprié de ces trois composés. Ces Aois colloïdes doivent précipiter entre pH 1 et ptI2 ou en présence de sels de calcium. Ils doivent également se lier aux argiles et former avec elles un précipité brun homogène avec des ions calcium. - Teneur totale d'au moins 20% en collogdes organiques extrac tioles de l'ammoniaque à2% NI1,selon la teneur des lignites du départ,ladite teneur en colloïdes organiques ou humiques, é tant déterminée après extraction du produit à l'abri de l'air. - Taux d'humidité de 35% à 45% correspondant à une consomma tion de 5 à 15% de lthumidité de départ au cours de la fermen tation. - Teneur décelable en azote uréique lorsque l'apport initial d'azote a été opéré au moyen d'urée. - Population microbienne totale d'au moins I million de germes par gramme de produit. - Aptitude à accroetre de façon notable et statistiquement assu rée la vitesse d'absorption du phosphore par des plantes telles que mais ou ray-grass,servant de plantes test.Cet accroissement est mesurable en laboratoire à partir de solutions nutritives mi nérales,contenant 5mg par litre d'acides humiques extraits à l'eau froide du produit fabriqué, dont on suit l'appauvrissement en phosphore,par rapport àun témoin sans acides humiques.te contrôle est effectué pour chaque nouvelle matière première u tilisée. Une fois la fermentation terminée, le produit est de préférence soumis à un tamissage en vue de séparer des granulés ayant de 1 à 2mm de diamètre,le refus étant constitué par un produit pulvérulent,luimême commercialisable. Les produits granulés et pulvérulents sont finalement mis en sacs, par exemple de 50 kg. Si l'on désire obtenir un conditionneur de sols fertilisant complet,on procède à une addition d'éléments fertilisants apportant les quantités voulues de phosphore et de potassium sous forme assimilable.On peut utiliser par exemple à cet effet - des engrais phosphatés super-triple à 46-48% P205 phosphate d'ammoniaque phosphate d'azote. - des engrais potassiques sulfate de potasse chlorure de potasse carbonate de potasse bicarbonate de potasse. Cette addition est avantageusement opérée dans le mélange avant Sermentation,avec toutefois des limites imposées par la nécessité d'- éviter un blocage de cette dernière.C'est ainsi que la proportion de phosphate ne doit pas dépasser 8% environ,calculésenp2O5 et celle de potasse 10% environ,calculés enK20,la proportion totale des additifs ainsi incorporés devant en outre eAtre maintenue à une valeur telle que la teneur du mélange en azote d'apport soit d'au moins 2%, avant fermentation.Lorsque les teneurs désirées du produit fini en éléments fertilisants additionnels PetK sont supérieures aux limites permises pour la fermentation, il y a lieu de procéder à une addition complémentaire desdits éléments après cette dernière. Dans le cas où il est procédé àune telle addition, la détermination analytique de la teneur minimale de 10 à 20% en colloldes solubles à l'eau froide,à partir de laquelle la fermentation est considérée comme achevée,doit se faire après lavage de l'échantillon avec une solution normale de NH4C1 qui a pour but d'éliminer les ions minéraux libres en maintenant floculés les colloides organiques. Ce lavage permet également de doser les complexes phosphohumiques ainsi que les humates de calcium et de potassium qui se trouvent libérés dans la solution d'extraction à l'eau après lavage au chlorure d'ammonium. On notera qu'en présence des éléments Pet K, la teneurencollol- des humiques solubles dans l'eauestdéterminée après lavage avec une solution normaledeNH4Cl permettant d'éliminer les ions floculants. Le conditionneur de sols obtenu conformément à l'invention est donc le résultat d'une fermentation microbienne intense qui,après avoir solubilisé les colloldes organiques,se trouve chargé de divers composés organiques actifssurl1absorption radiculaireeten conséquence sur le rendement des cultures (complexes organiques du phosphore,aminoacides,azote protéique, etc...)qui se lient en partie aux colloïdes organiques libérés de la matière première. I1 possède les propriétés essentielles suivantes 1) il forme avec les argiles une liaison stable aux pH norma lement rencontrés dans les sols cultivés et, de ce fait, ac croIt leur stabilité structurale ainsi que la capacité d'échan ge des sols en anions et cations. 2) il complexe une partie des phosphates contenus ou apportés aux sols sous une forme accessible aux plantes, même lorsque les conditions sont défavorables. 3) il accroît l'absorption des anions et cations par les ra cines des plantes. 4) I1 possède une bonne résistance à la dégradation dans les sols cultivés. 5) I1 apporte aux sols une proportion d'éléments minéraux indispensables aux plantes sous forme organominérale très assimilable et permet à ces éléments d'échapper en partie aux rétrogradations, fixation énergique et pertes diverses que supportent les engrais minéraux seuls. Son coefficient d'utilisation est suprrieur à l'équivalent minéral seul. Ainsi qu'il a déjà été précisé, le conditionneur de sol pourra, selon les besoins agronomiques, etre plus ou moins complet et, soit ne contenir que de l'azote et un ensemble d'oligoéléments, soit contenir deux éléments principaux (azote et phosphate) et l'ensemble d'oligoéléments, soit contenir les trois éléments majeurs, N, P, K et ensemble des oligoéléments. Les proportions possibles de chaque élément offrent différentes combinaisons pouvant être adaptées aux diverses sortes de cultures ou de sols. Ce produit peut être utilisé parépandage, comme les engrais usuels. I1 peut également être utilisé sous forme de solutions aqueuses à toutes concentrations voulues. Les exemples ci-après illustrent la présente invention sans toutefois la limiter. Série A (exemples 1 à 5). On a utilisé un lignite présentant les caractéristiques sui vantes Taux d'humidité pH 3 > 3 Solubilité au pyrophosphate 1% 40,5% Solubilité au pyrophosphate tamponné Si7,0 Solubilité à l'amnoniaque 2% 52% Teneur en cendres k dont insolubles à HNO3 2%) 12,17 EXEMPLE 1 ( > ormule 3-0-0) Dans un mélangeur constitué par un tamoour rotatif de 1,5 m de diamètre et de 6 m de longueur, muni de façon connue, d'une rampe de pulvérisation d'eau par "jet miroir", d'une rampe percée de petits orifices espacées de 5 cm à la partie basse, destinée à l'injection d'ammoniaque anhydre, et de palettes de brassage sur ses parois, on a introduit 975 kg de lignite présentant les caractéristiques précédemment indiquées. Le mélangeur a été mis en marche et on y a introduit successivement les additifs suivants chaux agricole 25 kg carbonate de soude anhydre 50 kg aninloniaque à 20 NH 40 kg pour obtenir un pH de 7,9. On a ensuite ajouté les ingrédients ci-après solution urée à 46% 44 kg mélange oligo-éléments 5 kg super triple 8 kg jus de macération de fumier 10 litres. Le mélange d'oligo-éléments et le jus de macération de fumier étaient ceux qui ont été décrits plus haut. Dès le début de l'opération de mélange, on a pulvérisé de l'eau sur le contenu du mélangeur pour atteindre un taux d'humidité de 50 , environ donnant lieu à une agrégation des fines particules pour former de petites granules de 0,5 à 2 mm de diamètre et à l'apparition d'une couleur noire, le mélange à son début étant marron foncé. Le taux a ensuite été maintenu par nouvelle pulvérisation, après introduction de chaque additif, de la quantité d'eau voulue, la quantité totale d'eau utilisée pour ce mouillage au cours de l'opération de mélange, qui a été poursuiviepen- dant 15 minutes, étant de 12 litres (eau de la lessive ammoniacale en plus). lOOOkg de mélange ainsi obtenu, se présentant sous forme de granules accompagnés de fines, ont ensuite été mis en tas de 20m de long, 4 m de large et 3 m de hauteur, sur une aire constitué par des dalles de béton sous lesquelles sont disposés des drains débouchant à leur surface à travers des ouvertures convenablement protégées, en vue d'assurer une bonne aération du pied des tas. On a laissé ces tas fermenter pendant 10 jours, au bout des quels la température a atteint 75 C. On a alors repris les tas pour aérer la masse et laissé fermenter à nouveau pendant 15 jours. La température atteint alors 630cl Fpartir de ce moment, on a régulièrement prélevé des échantillons que l'on a soumis aux analyses de contracte ci-dessus précisées. Après une durée totale de fermentation de 26 jours, on a constaté que l'échantillon prélevé présentait les caractéristiques suivantes teneur en colloldes organiques solubles à liteau 25% teneur totale en colloïdes organiques extractibles à l'ammoniaque à 2% N 52% taux d'humidité 34,3 teneur en azote uréique 0,1% population microbienne par gramme 1,2 millions On a alors repris les tas et on asoumis le produit résultant àun tamisage pour obtenir des granules d'environ 1 à 2 mm de diamètre. Ces granules, d'une part, et le refus pulvérulent, d'autre, part ont été ensachés pour la vente. EXEMPLES 2 à 5 En partant du même lignite,on a procédé comme à l'exemple 1 en utilisant les ingrédients additifs, conditions opératoires spécifiés ci-après,le mélange d'oligo-éléments et le jus de macération de fumier étant les mêmes qu'à l'exemple 1. EXEMPLE 2(formule 2-0-0 à azote organique) lignite 982 kg chaux agricole 25 kg ammoniaque à 26% NH 55 1 sang desséché à 13( N 52 kg mélange oligo-éléments 5 kg super triple 8 kg jus de macération de fumier 10 1 eau pour mouillage 10 1 pH départ 8,2 durée totale de mélange 10 mn durée totale de fermentation 15-20 jours recoupage après (13 jours) Ensachage après 25 jours : 100 kg environ de produit fini à 43k d'humidité. EXEMPLE 3 (formule 3-3-1) lignite 920 kg chaux agricole 25 kg carbonate de soude anhydre 50 kg lessive ammoniacale à 26% 40 1 solution d'urée à 46% N 44 kg superphosphate à 46% P205 65 kg sulfate de potasse à 48% K20 21 kg mélange équilibré d'oligo-éléments 5 kg eau pour mouillage 25 1 pH de départ 7,5 durée totale de mélange 15 mn durée totale de fermentation 20-25 jours recoupage (après 15 jours) recoupage (après 16 Jours) recoupage (après 12 jours) Ensachage après 22 jours : 1000 kg environ de produit fini à 37% d'humidité. EXEMPLE 4 (formule 4-6-8) lignite 690 kg chaux agricole 25 kg carbonate de soude anhydre 50 kg ammoniaque à 26, ,N 68 1 composition d turne 50 kg super-phosphate à 46% P205 130 kg sulfate de potasse 48% K20 167 kg oligo-éléments 5 kg eau pour mouillage 32 1 pH de départ 7,7 Jus de macération de fumier 10;1 durée totale de mélange 15 mn durée totale de fermentation 20-25 jours ensachage après 25 jours : 1000 kg de produit fini à 33% d'humidité. EXEMPLE 5(formule 4-1,54 au phosphate d'azote) lignite 995 kg phosphate d'azote 86 kg carbonate de soude anhydre 60 kg ammoniaque à 26% NH) 60 1 oligo-éléments 5 kg pH de départ 7,6 Jus de macération de fumier 10 1 durée totale de mélange duree totale de fermentation - Jours Ensachage au bout de 20 jours :100kg produit fini à 40% NH3 H2O Dans cet exemple, le phosphate d'azote a été utilisé sous forme d'une solution dans 100 litres d'eau, qui a servi au mouillage du mélange. Série B (exemples 6 à Dans cette seriedxemples le lignite utilisé avait les caractéristiques suivantes Taux d'humidité 50v8 pH 5,7 Solubilité au pyrophosphate 1% 16% Solubilité au pyrophosphate tamponné 7,8% Solubilité à l'ammoniaque 2 25,2 Teneur en cendres 13,75 dont soluble NO)H 2 6,27 EXEMPLE ó (formule 3-0-0 spéciale pour terrain décalcifié) Le mélangeur a reçu dans l'ordre, les produits suivants lignite 980 kg chaux agricole 25 urée 70 super triple 8 Mélange d'oligo-éléments 5 Jus de macération de fumier 10 Conditions opératoires pH obtenu 7,7 Durée totale du mélange 10 mn Recoupage au bout de 15 jours Ensachage au bout de 23 jours : 1000kg environ. Le produit obtenu avait les caractéristiques suivantes Humidité Colloïdes organiques solubles dans l'ammoniaque à NH3 27% ColloIdes organiques solubles à l'eau 9,4 % Colloïdes organiques fixés au calcium 6,21 EXEMPLE 7 (formule 3-3-1) Ingrédients Lignite 960 kg NH4 anhydre 10 Urée 47,5 Super triple Sulfate de potasse 22 Mélange oligo 3 Jus de macération 10 1 Conditions opératoire : pH obtenu 7,6 Durée totale de mélange lC mn Recoupage au bout de 12 jours Ensachage au bout de 25 jours : 1000 kg environ. Caractéristiques du produit obtenu Taux d'humidité 42% Colloldes organiques solubles dans l'ammoniaque à 2% NH 32% Colloïdes organiques solubles dans liteau 18 Série C (exemple 8) Le lignite utilisé avait les caractéristiques suivantes Taux d'humidité 42% pH 4,3 Solubilité pyrophosphate 1% 34,8 Solubilité pyrophosphate tamponné 35,2 Solubilité dans l'ammoniaque 2% NH3 37 47 Taux de cendre 21,6 dont solubles N03H 12,2 EXEMPLE 8 (formule 3-0-0) Ingrédients lignite 1000 kg ammoniaque anhydre ? kg Urée 62 kg Oligo-éléments 5 kg Jus de macération 10 litres Eau 72 litres Conditions opératoires pH obtenu 7,5 Durée totale du mélange 10 mn Recoupage au bout de 15 jours Ensachage au bout de 25 jours : 1000 kg environ Caractéristiques du produit obtenu Taux d'humidité 45% Colloïdes organiques solubles dans l'ammoniaque à 2% NH3 40% Colloïdes organiques solubles dans l'eau 20% EXEMPLE 9 solutions Les produits obtenus selon les 3 séries d'exemples contenant de 20 à 30:5 de colloides organiques solubles dans l'eau, ont été respectivement agités, dans 100 litres d'eau, à raison de 3 à 5 kg de produit selon sa teneur en colloïdes solubles. Après une nuit de contact avec alternances de repos et d'agitation et décantation finale, onà obtenu des solutions titrant environ- 10 g/l de colloïdes organiques, qui ont pu être utilisées par arrosage. Ces solutions peuvent recevoir diverses adjonctions d'élé ments majeurs D us les formes suivantes, permettant diverses com- binaisons d'équilibres et de dosages - nitrate de potasse - phosphate d'ammoniaque - sulfate d'ammoniaque - urée - ammoniaque anhydre - lessive ammoniacale - acide phosphorique et superphosphorique - chlorure de potassium - carbonate de potasse - bicarbonate de potasse Un complément d'une solution d'oligo-éléments peut être ajouté. Divers équilibres en N P K peuvent ainsi être obtenus et permettre la fabrication d'engrais liquides utilisables en arrosage du sol ou en pulvérisation folliaire. REVENDICATIONS 1. Procédé de fabrication d'un conditionneur de sols fertilisant, par traitement de lignites, caractérisé en ce qu'on broie un lignite présentant des solubilités minimales d'environ 20 dans 1 ammoniaque aqueux à 2 de NH3 > 10% dans le pyrophosphate de sodium à 1 au pH 9 et 5% dans le pyrophosphate de sodium tamponné à pH 7, les fractions solubilisées étant précipitables par les ions Ca, ainsi qu'une teneur en cendres inférieure à 25% dont 15% d'insolubles dans l'acide nitrique, on ajuste le pH dudit lignite broyé à une valeur comprise entre 7,5 et 8,5 par addition d'am moniac, et/ou de composés de sodium et/ou de calcium en quantités maximales de 2% de N5, 3,5 ss de Na et 5 de CaO en poids, on in troduitans ledit lignite une quantité de 2 à 6% en poids d'azote sous formes organique, uréique, amidique et/ou de phosphate d'azote, seules ou en mélange, on ajoute au mélange, à raison d'environ o,sso,5% en poids, des oligo-élements indispensables à la vie des micro-organismes, en ensemence ledit mélange à l'aide des souches microbiennes normalement présentes dans le fumier naturel, le taux d'humidité du lignite étant ajusté et maintenu aux environs de 50 à 60%, et on le soumetensuite à une fermentation aérobie pendant une durée d'environ 20 à 30 jours en maintenant la température à un maximum de 700C. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que, pour l'ajustement du pH, on utilise ammoniac sous forme de lessive ammoniacale ou d'ammoniac anhydre. 3. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que, pour l'ajustement du pH, on utilise, cqmme dérivé du sodium, l'hydroxyde de sodium sous forme de lessive ou le carbonate de sodium. 4. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que, pour l'aJustement du pH, on utilise la chaux éteinte pulvérulente comme dérivé du calciuii. 5. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'apport d'azote s'opère sous forme d'azote organique, notamment sang desséché, farine de soja, déchets organiques azotés, sous forme d'urée, ou de cyanamide calcique, et/ou sous forme de phosphate d'azote. 6. Procédé selon l'une quelconque des revendications pré cédentes, caractérisé en ce que les obligo éléments aJoutés comprennent des sels de Cu, Zn, Mg, Mn, B, P, Ni, Co, Cr. 7. Procédé selon 1'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'on aJoute un phosphate au mélange, avant fermentation. 8. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu on ajoute au mélange, avant fermentation, un ou plusieurs éléments fertilisants usuels à base de phosphore et/ou de potassium. 9. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que les souches microbiennes sont obtenues par macération de fumier naturel dans l'eau en présence d'urée et d'alsmoniaque. 10. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que la fermentation du mélange est opérée par mise de ce mélange en tas convenablement aérés, un ou plusieurs recoupages étant éventuellement opérés pour maintenir la température en-dessous du maximum de 700cl 11.Conditionneur de sols fertilisant obtenu par le procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes caractérisé en ce qu'il comporte une teneur d'au moins 10 à 20% en colloldes organiques solubles dans liteau précipitant entre les pH 1 et 2 en présence d'ions calcium, une teneur totale -déterminée après extraction du produit à l'abri de l'air-en colloïdes organiques extractibles par une solution ammoniacale à 2% Nb d'au moins 20% si le produit ne contient pas une teneur importante en éléments fertilisants complémentaires P et K et d'aukoins 10% si le produit contient de tels éléments, un taux d'humidité de 35 à 45% environ et une population microbienne totale d'au moins 1 million de germes par gramme de produit.