La présente invention concerne le domaine technique de l'architecture. Elle a pour objet une liaison entre des éléments architecturaux qui peuvent travailler aussi bien à la compression qu'à la flexion, liaison constituée de tirants maintenant les éléments à distance sans aucun contact mutuel dans une position d'équilibre stable, quelle que soit la direction des efforts exer cés sur ladite liaison. Cette liaison s'inspire de celles mises en oeuvre dans les structures architecturales que le demandeur a décrites dans son brevet 1.560.367 déposé le 18 Decembre 1967 et son addition 95.761 du ler Août 1968. C'est un des objets de l'invention que de présenter des configurations entièrement nouvelles des systèmes de tirants de ces liaisons susceptibles d'applications les plus diverses. Plus particulièrement, la présente invention a pour objet de concevoir des bâtiments, édifices, ouvrages d'art, résistant aux secousses sismiques en utilisant ces liaisons pour en réaliser les ossatures. A cette fin, la présente invention montre comment il est possible en utilisant certaines configurations de tirants, ima ginés à partir de propriétés remårquables décrites ci-après de ces liaisons, de-conférer à l'ensemble de l'ossature une très grande résistance aux secousses telluriques. Avant- de présenter cette conception, il convient en premier lieu d'analyser la nature d'un séisme et ses effets destructeurs. Un séisme est en fait une onde vibratoire se déplaçant dans la croute terrestre avec une certaine vitesse. Cetté onde est essentiellement multiforme c'est-à-dire que les déplacements de la croûte terrestre à son passage ont lieu dans toutes les directions et de façon très erratique. Les bâtiments construits sur cette croûte peuvent à la suite de ses déplacements entrer en vibration et, pour peu que leur fréquence propre corresponde à la fréquence vibratoire sismique, entrer en résonance. Le degré de destruction dépend naturellement de l'amplitude et de la durée de la vibration. Au-delà d'un certain seuil d'amplitude, les bâtiments se rompent inéluctablement. Pour éviter cette destruction on a jusqu'à présent, notamment proposé les trois techniques de construction suivantes - la première technique correspond à celle prescrite par les règlementations en vigueur en.matière de séisme dans les principaux pays industriels. Cette technique concerne les bâtiments construits en béton armé. Elle consiste à renforcer systématiquement toutes les armatures de ce béton et principalement au niveau des liaisons. De la sorte, le bâtiment constitue un ensemble particulièrement rigide, difficile à briser. On comprendra aisément que dans ces conditions, s'il peut difficilement s'effondrer sous l'effet de la secousse, il se fissure par contre en de multiples endroits. Ces fissures ne sont généralement pas "reparables". En tout cas, on peut affirmer que le coût de la réparation est particu lièrement éleve. C'est pourquoi, après la secousse, les bâ timents ainsi conçus sont, alors même qu'ils restent sur pied, souvent rasés et rebâtis. - La deuxième technique est celle employée pour les construc tions traditionnelles extreme-orientales. Cette technique consiste, à l'inverse de la précédente, à éviter l'emploi d'ossatures rigides de construction. Dans ce but, les ossatures de bâtiments sont réalisées en reliant essentiellement les différents éléments qui les composent par appuis simples, plusieurs appuis empilés les uns sur les autres pouvant même constituer une seule liaison. Cette conception autorise une certaine latitude de dé placement des éléments les uns par rapport aux autres au moment de la secousse, par glissement des éléments sur leurs appuis. Une certaine déformation du bâtiment est ainsi pos sible, cette déformation pouvant subsister d'ailleurs après la secousse. Cependant, pour peu que la secousse soit un peu violente, certains éléments risquent de quitter leurs appuis au moment ou elle se produit en entraînant un écroulement général de la structure a la manière d'un château de cartes. - La troisième technique, employée notamment au Japon pour les constructions modernes, consiste à réaliser les ossa tures de bâtiments à l'aide de poutres métalliques ortho gonales et parallèles entre elles reliées les unes aux au tres par encastrements rigides (soudage) sans aucune trian gulation. L'ossature très souple ainsi créée se déforme sous la secousse sans se rompre. Malheureusement,- les encastrements mutuels de poutres constituent des noeuds de vibration faci litant la transmission de la vibration d'une poutre à une autre et, par conséquent, à l'ensemble du bâtiment. La présente invention a pour objet une solution entièrement nouvelle pour construire des bâtiments résistant aux séismes, cette solution visant à pallier certains des inconvénients des structures antisismiques précédemment décrites. Elle propose à cette fin de désolidariser tous les éléments rigides constitutif-s de~l'ossature d'un bâtiment, autrement dit de réaliser des liaisons souples entre ces éléments. Cette liaison doit être naturellement suffisamment résistante pour supporter les efforts auxquels elle est soumise. La souplesse de la liaison a pour rôle d'amortir la transmission de la vibration d'un élément rigide à un autre. Comme les déplacements engendrés par une vibration sismique ont lieu dans toutes les directions, la liaison doit être souple et stable dans toutes les directions. Dans son brevet 1.560.367 déposé le 18 Décembre 1967 et son addition 95.761 du ler Août 1968, le demandeur décrivait une structure architecturale dont tous les éléments solides oblongs constitutifs sont reliés entre eux et positionnés les uns par rapport aux autres sans aucun contact mutuel par un système de tirants ou câbles. Pour un nombre minimum donné de tirants, cette liaison assure un équilibre isostatique stable de tous les éléments qu'elle relie quelle que soit la direction des efforts exercés sur ces éléments. Le système de tirants correspondant est dit système de tirants conjugués. Cependant la stabilité générale dépend de tous les tirants du système ; dès que l'un d'eux casse, elle est compromise. La présente invention a précisément pour objet de renforcer la stabilité générale de ces structures en introduisant des sys tèmes supplémentaires de tirants conjugués dont la configuration permet de répartir continûment les efforts dans tous les tirants et dont la constitution permet d'assouplir la liaison et d'amortir les vibrations. En effet, le demandeur a découvert que de façon surprenante le système de tirants conjugués assurant la stabilité de la liaison pour une position donnée des éléments, n'est pas unique, mais peut être choisi arbitrairement à partir du moment où une certaine configuration géométrique entre tous les points d'attache de ces tirants est respectée. Cette configuration donnée en détail ci-après permet de tendre, selon une caractéristique de l'invention, plusieurs sys tèmes de tirants conjugués entre les éléments, chaque système assurant indépendamment la stabilité de la liaison. Ainsi, il devient possible d'accroître la sécurité en multipliant les systèmes de tirants conjugués tendus entre les eléments. Selon une autre caractéristique de l'invention, les tirants sont de longueurs (choix des points d'attache), de matériaux et sections très divers de façon à répartir au sein de chaque faisceau et au sein de l'ensemble de la structure, leur frequence de résonance suivant une gamme comportant une pluralité de valeurs. De la sorte, l'ensemble des tirants constitue un bon amortisseur de vibrations résonant difficilement. Tout au plus, quelques tirants pourront casser après une secousse tellurique sans compromettre la stabilité générale de la liaison. En outre, après la secousse, il est particulièrement aisé de retendre ou réparer les tirants détendus ou brisés pour repositionner correctement les différents éléments entre eux et redonner au bâtiment sa résistance et son aspect originel. Selon une autre caractéristique de l'invention, certains points d'attache de tirants ou d'autres points sont reliés entre eux par des liens supplémentaires dont les caractéristiques d'élasticité de résistance et de résonance leur permettent de se rompre ou se déformer progressivement sous la secousse en jouant un rôle d'amortisseur. D'autres propriétés nouvellement découvertes de ces liaisons peuvent être utilement appliquées comme expliqué ci-après pour la facilité de conception, de calcul, de transport et de montage des bâtiments conçus à partir de ces liaisons. Plus précisément, un système de tirants particulier confère à la liaison précédemment décrite un état d'équilibre indifférent quelle que soit la position des éIéments'entre eux. Selon une caractéristique subsidiaire, la présente invention montre com ment cette propriété peut être exploitée pour faciliter la mise en oeuvre desdites liaisons et le transport et le montage de bâtiments dont les poutres constitutives sont reliées entre elles par ladite liaison. Elle propose à cet effet de réaliser le bâtiment au moyen d'un certain nombre de cellules élémentaires à trois éléments orthogonaux reliés par ladite liaison, les cellules étant jux taposées ou empilées. Plus généralement, la présente invention montre comment, à partir d'une liaison tridimensionnelle de ce genre à trois éléments orthogonaux, il est possible de construire tout bâtiment dont le squelette, ou ossature, est constitué de poutres orthogonales. Cette ossature sè trouve alors composée uniquement d'éléments oblongs, ou poutres, suspendus les uns aux autres par un système de tirants. Cet ensemble, stable de lui-même dans toutes positions, peut être simplement posé sur fond de fouille. Ainsi, à l'inverse des structures classiques (généralement suspension au bout d'un ou plusieurs mâts fichés dans le sol), aucune fondation particulière et notamment encastrement rigide n'est nécessaire pour assurer la stabilité générale de l'ensemble, ce qui empêche encore d'une certaine manière, la transmission des déplacements et vibrations du sol à l'ossature. Dans certains cas, il peut être, malgré tout, préférable d'encastrer (à cause de la pente du terrain, de tirants mal placés, etc...) sans sortir du cadre de l'invention. I1 est bien évident que la présente invention ne se limite pas à ces structures orthogonales. On notera en effet que la stabilité de ces structures est conservée lorsqu'on lui fait subir un certain nombre de transformations géométriques simples dont un exemple ci-après est donné, permettant de réaliser toutes formes de bâtiments. De plus, le nombre 'd'éléments par cellules est nullement limitatif, toute structure comportant des cellules à plus de trois éléments faisant naturellement partie de la présente invention. I1 est bien évident également que la présente invention prend toute son ampleur dans le cas de la construction de bâtiments antisismiques. Néanmoins, cette application n'est nullement limitative. Bn particulier, la multiplicité des systèmes de tirants conjugués permet de répartir les efforts dans toute la structure, en faisant travailler tous les éléments aussi bien en compression que flexion. Cette liaison permet ainsi de réaliser les bâtiments les plus difficiles à construire (à cause de la concentration inévitable des efforts en certains points de la structure dans une construction classique), avec une résistance exceptionnelle (du fait de cette répartition). La présente invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui suit, en regard des dessins annexés, lesquels, description et dessins ne sont donnés qu'à titre d'exemples non limitatifs. Sur ces dessins la figure 1 est une épure montrant comment déterminer les points d'attache d'un système de tirants conjugués dans le cas d'une liaison "réguliere", la figure 2 représente une liaison "régulière" entre trois éléments orthogonaux entre eux, comportant plusieurs systèmes de tirants conjugués, la figure 3 est une liaison analogue à celle de la figure 2 ;;- elle montre une variante de la disposition des éléments orthogonaux et une variante dans les systèmes de tirants conjugués, la figure 4 représente une liaison analogue à celle de la figure 2 mais ayant subi une affinité verticale, la figure 5 représente un exemple d'ossature de bâtiment dont tous les éléments sont reliés entre eux à partir des liaisons représentées en figures 2 et 3, la figure 6 représente schématiquement la position de "repliage" de trois éléments reliés par une des liaisons repré sentes figures 2 et 3, permettant de transporter facilement trois éléments ainsi reliés. Sur la figure 1, partie supérieure, on peut voir une liaison dite "régulière" entre trois éléments rectilignes référencés 1 - BB'1 1 CC'1. Le système minimum de tirants permettant de maintenir ces éléments à' distance les uns des autres dans une position stable est constitué de quatre tirants par éléments issus de. quatre points distincts de cet élément, deux points extrêmes et deux points intermédiaires, aucun des quatre tirants d'un élément n'étant situé dans un même plan passant par cet élément. Ce système minimum de tirants est dit système de tirants conjugués. Les points d'attache de ces tirants sont dit points conjugués. Les points extrêmes sont référencés par des lettres majuscules. Les points intermédiaires sont référencés par des lettres minuscules. La liaison de cette figure 1 est dite régulière parce que - les six points extrêmes (3 x 2) se répartissent sur les deux bases d'un cône droit tronqué, trois points sur la gran de base A, B, C et trois points sur la petite base A', B', C' - les triangles ABC et A'B'C' sont deux triangles équilaté roux. Autrement dit, les sommets A, B, C du triangle équilatéral ABC se déduisent respectivement des sommets C', A', B' du triangle équilatéral A'B'C' par une translation de hauteur du cône suivie d'une homothétie centrale de rapport, le rapport des rayons des cercles de base (C) et (C') du cône et de centre, le centre du cercle (C) et, d'une rotation angulaire centrale de centre, le centre du cercle (C). On peut voir sur cette figure les points intermédiaires b, b'; c, c' et a, a' des éléments correspondants. Le système de tirants conjugués est ainsi composé de six tirants Ac, Ba, Cb, A'b', B'c', C'a'. La partie inférieure-de la figure l montre la projection sur le plan du cercle (C) (plan de la base inférieure du cône) des éléments reliés figurés en perspective à la partie supérieure. Les points et leur projection ont été référencés avec la même lettre. La série des traits paralleles rappelle les correspondances de- projections pour certains des points. La projection de l'axe du cône est référencée 0. Les projections des deux points extrêmes d'un même élément A, A' ; B, B' ; C, C' sont vues du point 0 sous le même angle A A t = AOA' = BOB' = COC' (cela découle simplement de la réparti- tion sur les deux cercles de base du cône de ces points extrêmes). Ladite rotation centrale (centre O) fait ainsi coïncider les directions OA, OB et OC avec, respectivement, les directions OC', A 4 . OA' et OB'-. L'angle de rotation AOC' = BOA' = COB' est appelé . On appelle e l'angle au centre interceptant deux sommets consécutifs de l'un des triangles équilatéraux ABC ou A'B'C' 360 # = AOB = A'OB' = BOC = B'OC' = COA = C'OA' = 3 = 120 On observera que 9 = e + Des etudes sur l'équilibre de ces trois éléments reliés par ce système de tirants ont permis de montrer que les conditions d'équilibre d'une telle liaison régulière sont au nombre de deux 1 - d'une part, l'angle # est égal à 180 - # = - 120 = 30 2 2 2 2 soit encore l'angle # e + # est égal à 180 + # = 180 + 120 = 150 2 2 2 2 2 - d'autre part, les projections des deux points intermédiai res d'même élément (sur la figure a, a' ou b, b' ou c, c') sont vues sous l'angle' par rapport au point O A A aOa' = bOb' = cOc' = # = 30 . Ces conditions d'équilibre angulaire sont générales pour chaque élément et il est évident que la seconde condition d'équilibre ne prend son sens que pour des points intermédiaires a, b, c, se déduisant respectivement les uns des autres par rotations angulaires successives de centre O et d'angle = e = 1200 (aOb = bOc = cOa = 120 ). Ces aonditions d'équilibre montrent que l'angle e étant déterminé, les angles # et # le sont aussi. Sur la projection on constate donc que, pour une configuration donnée des éléments (positions respectives données), le cercle de base ABC (cercle (C)) étant déterminé, la projection du cercle (C') l'est aussi par la première condition AOA' = BOB' = COC' = 20 ou encore AOC' = BOA' = COB' = ; la projection des points A', B', C' est alors déterminée. La deuxième condition aOa' = bOb' = cOc'= # permet de déterminer tous les points a,-a' ; b, b' ; c, c' à partir du moment où l'un d'eux est déterminé. En déplaçant a sur l'élément correspondant, il est possible d'obtenir une infinité de groupes de six points intermédiaires a, a' ; b, b' ; c, c' - al, a'l ; bîr b 1 ; cl, c'1 - etc... chacun des groupes appartenant à un même système de tirants conjugués, tous ces systèmes ayant en commun les points extrêmes A, B, C et A', B', C' (les points al, a'1, b1, b'l, clr c'1 n'ont pas été représentés pour ne pas encombrer davantage la figure). Parmi ces groupes, l'un particulier est celui où trois des six points intermédiaires sont confondus avec les trois points extrêmes A, B, C ou A', B', C' du système de tirants conjugués correspondant, les trois autres points intermédiaires étant alors véritablement en position intermédiaire. Cette propriété tout à fait remarquable permet ainsi de tendre entre les éléments plusieurs systèmes de tirants conjugués à partir des mêmes points extrêmes. Le nappage de tirants issus de chaque point extrême prend alors la forme d'un faisceau de tirants reliant en nappe un élément voisin. Chaque faisceau (un faisceau par point extrême) comporte naturellement le même nombre de tirants, ce nombre constituant le nombre de systèmes de tirants conjugués issus du groupe de points extrêmes A, A', B, B', C, C'. Inversement, les éléments étant dans la position précédente, la seconde condition aOa' = bOb' = cOc' = # permet, à partir d'un point a de déterminer tous les autres points intermédiaires correspondants à savoir a, a' ; b, b' ; c, c' (ces points se répartissent d'ailleurs aussi sur un cône non représenté pour ne pas encombrer la figure, puisque, succintement, les projections des points a, b, c, sont sur un même cercle de centre O ainsi que a', b',- c'). Ces points intermédiaires étant déterminés, la première condition permet de déterminer une infinité de points extrêmes A, B, C, A', B', C'.- En effet, A permet de déterminer A' par la -relation AOA = 9 = 1500 ; idem pour B, B' et C, C' : BOB' = COC' = w = 1500. En déplaçant A sur l'élément correspondant, on détermine une infinité de groupes de points extrêmes A, A' ; B, B' ; C, C' chacun des groupes appartenant à un même système de tirants conjugués, tous ces systèmes ayant en commun les points intermédiaires a, a' ; b, b' ; c, c'. Sur la figure 1, on a représenté un deuxième groupe de points extrêmes A A'1 ; B1, B 1 ; C1, C 1 conjugués avec les points intermédiaires a, a' ; b, b' ; c, c'. Les points extrêmes A1, B1, B1, ; C1, C1, C ' 1 illustrent le cas particulier où le cône de cercles de base (C), (C') se réduit à un cylindre de cercles de bases respectifs (C1) et (C'1) se projetant sur la base inférieure suivant le cercle unique (C1). Pour ne pas encombrer la figure, seuls les tirants reliant respectivement les points extrêmes C'1 et B1 aux points intermédiaires a' et a ont été représentés. Les tirants Alc, B'lc', Clb, A' bu non figurés complètent naturellement le système de tirants conjugués. Ce cas particulier illustratif montre comment tendre entre les éléments plusieurs systèmes de tirants conjugués à partir des mêmes points intermédiaires. Le nappage de tirants issus de chaque point intermédiaire prend alors la forme d'un faisceau de tirant reliant en nappe un élément voisin, chaque faisceau comportant le même nombre de tirants, ce nombre constituant le nombre de systèmes de tirants conjugués issus du groupe de points intermédiaires a, a', b, b' , c, c'. Il est ainsi possible de tendre entre lesdits éléments une double infinité de faisceaux issus soit d'une infinité de groupes de points extrêmes conjugués soit d'une infinité de groupes de points intermédiaires conjugués. Cette propriété tout à fait remarquable permet de renforcer la stabilité générale de la liaison en multipliant les systèmes de tirants conjugués assurant indépendamment les uns des autres la stabilité de cette liaison. En répartissant les points d'attache des différents systèmes de faisceaux conjugués sur la longueur des éléments on répartit les longueurs de tous les tirants suivant une gamme comportant une pluralité de valeurs, en particulier la longueur des tirants composants de chaque faisceau. La structure des tirants et les matériaux qui les composent pouvant en outre être très différents d'un tirant à un autre. La nature physique de chaque tirant peut ainsi être très variable drun tirant à un autre ce qui permet de repartir la fréquence de résonance de chaque tirant suivant une gamme comportant une pluralité de valeurs. La liaison constituée alors par tous ces tirants est ainsi rendue difficilement résonance à une vibration de frequence quelconque.Tout au plus, certains tirants pourront entrer en résonance et se rompre sous l'effet de cette vibration sans pour autant compromettre la stabilite générale de la liaison, cette stabilité étant assurée par tous les autres systèmes de tirants conjugués auxquels n'appartiennent pas les tirants rompus. I1 devient très simple ensuite de réparer les tirants rompus et éventuellement de repositionner correctement les éléments en retendant les tirants qui auraient pu se déformer et s'allonger sous l'effet de cette vibration. Certains tirants peuvent d'ailleurs présenter des caractéristiques d'élasticité telles qu'ils puissent jouer un rôle d'amortisseur.- Dans ce but, des liens supplémentaires (non représentés), dont les déformations sous l'effet des efforts de traction as surdent un rôle d'amortisseur de vibrations, peuvent être également tendus entre les différents points d'attache, notamment les points intermédiaires des systèmes de tirants conjugués, ou d'autres points d'attache, vers le centre de croisement des éléments (on peut imaginer par exemple des liens supplémentaires : ac, a'c',- ab, a'b', bc, b'c'). Sans sortir du cadre de l'invention, on peut également placer des tirants supplémentaires entre deux éléments, dans le but par exemple de renforcer la liaison en des zones privilégiées soumises à des efforts importants. L'ensemble des systèmes de tirants décrits et éventuellement des liens supplémentaires apportés offrent la possibilité: - d'une part, de construire des structures particulièrement résistantes du fait de la multiplication des tirants et de la répartition des efforts qu'ils exercent (le nombre des tirants n'étant pas limité, la répartition peut être appro ximativement continue), - d'autre 'part, de construire des structures dont tous les élé- ments constitutifs sont désolidarisés les uns par rapport aux autres et reliés simplement entre eux par un système de tirants souples et amortisseurs évitant ainsi la transmission d'une vibration, en particulier vibration sismique, d'un élément à un autre et par conséquent les effets destructeurs de ces vibrations. Parmi les systèmes de tirants conjugués exposés ci-dessus, il existe un système particulier qui confère, en agissant seul, un état d'équilibre indifférent aux trois éléments reliés par celui-ci : il s'agit de cas où, en projection sur l'une des bases du cône, les deux points intermédiaires et les deux points ex- trêmes sont vus du point projection de l'axe du cône suivant deux angles dont les bissectrices sont communes, autrement dit, il s'agit du cas particulier où, par exemple pour l'élément AA' AoA et aOa' ont les mêmes bissectrices. Cette configuration trouve une application intéressante pour le montage et le transport de'trois éléments reliés entre eux par un ensemble de systèmes de tirants conjugués précédemment décrit Il suffit en effet parmi tous ces systèmes de tendre un dit système particulier en atelier, tous les autres systèmes n'étant montés et tendus que sur chantier. Ce système de tirants particulier permettant un équilibre indifférent, il est possible de replier les éléments (reliés- uniquement par ce système) comme l'indique le schéma de la figure 6 (position transport). Un déploiement de ces éléments sur chantier ne nécessite, aucune difficulté étant donné le caractère indifférent de l'équilibre. Une fois que les éléments sont en bonne position les uns par rapport aux autres, on tend tous les autres systèmes de tirants conjugués prévus, sans aucune difficulté particulière (montage). Tout ce qui a été exposé figures 1 et 6 pour trois éléments peut être généralisé à n éléments. Le systèmes minimum de tirants conjugués d'une liaison régulière à n éléments se compose également de quatre tirants par éléments issus de quatre points d'attache distincts, deux points intermédiaires, deux points extrêmes. Les points extrêmes se répartissent sur les sommets de deux polygones réguliers inscrits sur les deux cercles de base d'un cône droit, les polygones se déduisant l'un de l'autre par translation, homothétie centrale et rotation centrale. On notera que pour un polygoné à n éléments e = 360 degrés pour n un polygone régulier convexe 8 = (2n3+6Oî) degrés pour un polygone régulier étoilé à (2n+1) côtés. Les conditions générales d'équilibre 1 et 2 pour- trois élé- ments sont exactement les mêmes pour n éléments (donner à 8 la valeur correcte). Tout ce qui concerne la répartition des sys tèmes de tirants conjugués et faisceaux de tirants conjugués est par conséquent parfaitement valable pour n éléments. I1 est à noter à ce sujet que puisque les conditions d'équilibre ne dépendent que des projections des différents points d'attache des tirants sur le cercle (C), toutes liaisons se déduisant d'une liaison en équilibre par une affinité suivant l'axe dudit cône est en équilibre. Parmi toutes ces liaisons déduites, une liaison particulière à trois éléments orthogonaux a été représentée figures 2 et 3. Sur la figure 2, on peut voir en perspective les trois éléments orthogonaux EE', FF',- GG'. On a représenté sur cette figure plusieurs systèmes de tirants conjugués, chacun des systèmes ayant en commun les points extrêmes E, Fr C, E', F', G'. On a là l'illustration de faisceaux de tirants issus de points extrêmes communs à tous les systèmes de tirants conjugués. Plus précisément trois systèmes de tirants conj;ugués - Eg, F'g', Fe, G'e',- &commat;f Gf, E'f' - Eg1, F'g'l, Fel, G'e'1, Gf1, E'f'1 ; - Eg2, F'g'2, Fe2, G'e'2, Gf2, E'f'2 sont tendus entre les trois éléments. Pour la clarté de la figure, les tirants d1un même système de tirants conjugués ont~été représentés par des traits de meme-nature (traits pointillés, traits d'axe, traits continus). L'illustration de systèmes de tirants conjugués issus de points intermédiaires en commun n'a pas été représentée. Tout homme de métier pourra néanmoins l'imaginer facilement à partir de la description précédente (de la figure 1). Sur la figure 2, on peut voir également une liaison entre trois éléments orthogonaux deux à deux HH', II', JJ', également à trois systèmes de tirants conjugués issus des points extrêmes communs H, I, J, H', I', J'. La figure 3 est un exemple d'une cellule du type de la figure 2 mais "vue dans un miroir La figure 3 correspond exactement à la configuration de la liaison entre les trois éléments décrits figure 1 dans laquelle il est nécessaire, pour faire coïncider les directions de plan passant par 11 axe du cône et respectivement les points extrêmes A et C' ou B et A' ou C et B', de faire tourner le cercle (C) inférieur du cône; par rapport au cercle (C') supérieur du cône dans le sens des aiguilles d'une montre. Pour cette raison, la liaison représentée figure 3 est dite dextrogyre. La liaison représentée figure 2 pour laquelle la rotation inverse est nécessaire pour cette coincidence, est dite lévogyre. Sur la figure 3 les points intermédiaires n'ont été référen cés que pour l'élément HH'. On peut suivre malgré tout les systèmes de tirants conjugués par la nature des traits correspondants. La configuration des systèmes de tirants de la figure 3 est légèrement différente de celle de la figure 2. En effet, aucun des segments déterminés par deux points intermédiaires d'un même élément, ces deux points appartenant à un système de tirants conjugués (segments h h', hl h'l, h2 h'2) ne se trouve en quinconce par rapport à un autre, comme cela est le cas sur la figure 2 pour les segments el e'1 et e2 et e'2. Une liaison entre trois élements orthogonaux deux à deux confèrmément à la description des figures 1, 2, 3 présente un intérêt particulier En effet, elle permet de construire tout bâtiment dont l'ossature- est constituée uniquement de poutres orthogonales deux à deux, notamment horizontales et verticales- (système classique poteaux-poutres, une poutre verticale étant appelée un poteau). - soit en mettant en oeuvre la liaison sur chantier, - soit en réalisant en atelier des cellules unitaires de construction constituées de trois poutres orthogonales re liées entre elles par ladite liaison et en juxtaposant ou superposant de telles cellules pour réaliser cette ossature. Les figures 2 et 3 représentent des exemples de ces cellules. Dans ce dernier cas la possibilité de "repliage" de la cellule décrite figure 6 pourra être utilement utilisée pour le transport et le montage des cellules Sur la figure 5 un tel exemple de bâtiment a été représenté. Ce bâtiment est réalisé à partir de huit cellules du type de celles décrites figures 2 et 3 : quatre cellules dextrogyres référencees D conformes aux schémas des figures 3 et-4 et quatre cellules lévogyres référencées L conformes au schéma de la figure 2. Les cellules D et L de la figure 5 comportent toutes deux systèmes de tirants conjugués par liaison ; chaque système ayant en commun les mêmes points extrêmes (les faisceaux sont réduits à deux tirants par faisceau). Sur cette figure, on peut remarquer également qu'un-point intermédiaire sur chaque élément (le point intermédiaire central) est commun aux deux systèmes de tirants conjugués. Cette forme de réalisation est naturellement nullement limitative et tout ensemble de systèmes de tirants conjugués conformes à la description de la figure 1 peut être utilisé. L'ossature une fois construite, il suffit de l'habiller par des murs, planchers et toitures supportés parles éléments (les planchers peuvent être supportés directement par tous les éléments horizontaux situés dans un même plan). Les liaisons décrites jusqu'à présent sont des liaisons 'régulières. On a vu notamment que la stabilité générale d'une telle liaison n'est pas compromise en faisant subir à celle-ci une affinité d'axes parallèles à l'axe du cône decrit figure 1 Les transformations géométriques conservant la stabilité générale de la liaison ne se résument pas à cette affinité. Des développements théoriques montrent en effet que cette stabilité est conservée notamment pour toutes affinités obliques. Une affinité de direction verticale pour une liaison du type de celle décrite figure 2 est particulièrement intéressante. En effet, une telle affinité conserve l'orthogonalité entre les trois éléments. La figure 4 illustre une telle transformation (par rapport a la figure 2, le rapport d'affinité verticale a été pris sensiblement égal à 2). En ramenant la figure 4 à l'échelle de la figure 2, c'est-àdire en divisant toutes les longueurs par sensiblement deux, on obtient une nouvelle cellule orthogonale dont les trois éléments orthogonaux-constitutifs se sont rapproches. Une telle affinité est donc très intéressante pour jouer avec les distances entre éléments reliés, ce qui permet de moduler les espaces libres entre ces éléments et l'organisation intérieure de ces espaces. Sur la figure 4 représentant une telle liaison transformée, on a placé trois systèmes de tirants conjugués issus des points extrêmes communs à ces trois systèmes K, L, M, K', L', M'. Les points intermédiaires n'ont été référencés que sur l'élément KK' sur lequel les groupes de deux points intermédiaires conjugués sont k, k' ; k1, k'l ; k2, 2 La cellule lévogyre représentée sur la figure 4 permet naturellement d'imaginer la correspondante dextrogyre. Ces cellules peuvent être utilisées pour réaliser de la meme façon qu'explicité figure 5 tous bâtiments dont l'ossature se compose d'un ensemble de poutres orthogonales entre- elles. D'autres transformations (rotation, homothétie, .) permettant d'imaginer d'autres formes de liaison à partir d'une liaison donnée et donc d'autres cellules correspondantes, peuvent être utilisées pour la réalisation de bâtiments de toutes formes dont l'organisation intérieùre peut être modulée suivant les désirs de l'architecte. On peut, en particulier, combiner tous les types de cellules (à trois ou plus de trois éléments). I1 est bien évident également que la présente invention ne se limite pas aux bâtiments d'habitation. Toutes constructions, ouvrages d'art, etc... utilisant une ou des liaisons ci-dessus décrites en font intégralement partie. L'invention ayant maintenant été exposée et son intérêt justifié sur des exemples détaillés, le demandeur s'en réserve l'exclusivité pendant toute la durée du brevet sans limitation autre que celle des termes des revendications ci-après. REVENDICATIONS 1. Liaison entre éléments de construction, constituée par un ensemble de tirants positionnant ces éléments les uns par rapport aux autres sans aucun contact mutuel, ladite liaison étant caractérisée en ce que l'ensemble des tirants se décompose en plusieurs systèmes de tirants conjugués conférant à ladite liaison un état d'équilibre isostatique stable ne dépendant pas de la direction des efforts exercés sur cette liaison, un dit système de tirants conjugués étant constitué de quatre tirants par élément, dont aucun n'est situé dans un même plan passant par l'élément, issus de quatre points d'attache distincts - deux points extrêmes et deux points intermédiaires - aboutissant à deux éléments voisins chacun des deux en deux points distincts, chaque tirant reliant un point extrême d'un élément à un point intermédiaire d'un élément voisin. 2. Liaison selon la revendication 1, caractérisée en ce que dans un même dit système de tirants conjugués - tous lesdits points d'attache extrêmes se répartissent sur deux polygones plans réguliers de centre aligné sur un même axe orthogonal à leur plan, dont le nombre de côtés est égal au nombre d'éléments, l'un des deux polygones se déduisant de l'autre par une translation suivie d'une homothétie centrale et d'une rotation centrale d'angletP= 180 e 2 2 degrés, e représentant l'angle au centre interceptant deux sommets consécutifs d'un même polygone, - les projections des deux points intermédiaires d'un même élément sur le plan de l'un des polygones sont vues du centre de ce polygone, sous l'angle + - les projections des deux points extrêmes d'un même élément sur le plan de l'un des polygones sont vues du centre de ce polygone sous l'angle W = 180 + e degrés. 2 3. Liaison selon l'une des revendications 1 ou 2, caractérisée en ce que lesdits points extrêmes d'un même système de tirants conjugués sont communs à plusieurs systèmes de tirants conjugués, chacun de ces points déterminant le sommet d'un faisceau de tirants reliant en nappe un élément voisin, chacun de ces faisceaux comportant le même nombre de tirants. 4. Liaison selon la revendication 3r caractérisé en ce que lesdits points intermédiaires d'un même système de tirants conjugués sont communs à plusieurs systèmes de tirants conjugués, cha cun de ces points déterminant le sommet d'un faisceau de tirants reliant en nappe un élément voisins chacun de ces faisceaux comportant le même nombre de tirants. 5. Liaison selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce qu'elle comporte en outre des tirants supplémentaires de renfort n'appartenant à aucun système de tirants conjugués. 6. Liaison selon l'une des revendications précedentes, caractériséee en ce que vers le centre de croisement des éléments reliés entre eux, ladite liaison comporte un système de liens supplémentaires reliant les éléments voisins entre eux, notamment des points intermédiaires deux à deux d'un même système de tirants conjugués. 7. Liaison selon la revendication 6 caractérisée en ce que ledit système de liens supplémentaires présente des caractéris- tiques d'élasticité et ae résonance lui conférant un rôle d'amortisseur de vibrations. 8. Liaison selon l'une des revendications précédentes r caractérisée en ce que les fréquences de résonance propre de chaque tirant se répartissent suivant une gamme comportant une pluralité de valeurs. 9. Liaison caractérisée en ce qu'elle se déduit d'une des liaisons selon l'une des revendications précédentes par une transformation géométrique conservant la stabilité générale conférée par chaque système de tirants conjugués. 10. Liaison selon la revendication 9 caractérisée en ce que ladite transformation est une affinité axiale, notamment une affinité parallèle à la direction de l'un des éléments. 11. Structure tridimensionnelle préfabriquée constituée de poutres reliées entre elles par un système de tirants positionnant ces poutres les unes par rapport aux autres sans aucun contact mutuel, ladite structure étant caractérisée en ce que la liaison des poutres entre elles est une liaison selon l'une des revendications précédentes dans laquelle lesdits éléments oblongs sont lesdites poutres. 12. Structure selon la revendication 11, caractérisée en ce que certains tirants sont attachés aux poutres en des points choisis de façon à faciliter les opérations de montage et de transport 13. Structure selon la revendication 12 dont la liaison est une liaison selon l'une des revendications 2 à 8, caractérisée en ce que l'ensemble-dçs systèmes de tirants conjugués comprend un système particulier composé de quatre tirants par poutre attaché en quatre points distincts dont les projections sur l'une des bases dudit cône respectivement des deux points intermédiaires et des deux points extrêmes sont vues du point projection de l'axe dudit cône suivant deux angles dont les bissectrices sont communes, ce système particulier conférant à la structure un état d'équilibre indifférent. 14. Structure selon l'une des revendications 11 à 13, caractérisée en ce que les poutres sont au nombre de trois et orthogonales deux à deux. 15. Ossature de bâtiment caractérisée en ce que toutes les poutres qui constituent cette ossature sont reliés entre elles par des liaisons selon l'une des revendications 1 à 10. 16. Ossature de bâtiment selon la revendication 15, caractérisée en ce qu'elle est constituée de structures tridimensionnelles préfabriquées selon l'une des revendications 11 à 14, juxtaposées ou superposées. 17. Ossature selon la revendication 15 caractérisée en ce qu'elle est constituée de l'assemblage de structures tridimensionnelles selon la revendication 14. 18. Bâtiment caractérisé en ce qu'il est constitué de murs, planchers et toitures habillant une ossature suivant l-'une des revendications 15 à 17. 19. Constructions, ouvrages d'art caractérisés en ce que certains de leurs éléments constitutifs sont reliés entre eux par une liaison selon l'une des revendications 1 à 10.