La présente invention, due aux travaux de Messieurs Bernard HOULIER, Manuel YUSTE, Jean-Pierre CHAPPELLE et de Mademoiselle Lucienne TAUREL, a pour objet un dispositif à mémoire à accès optique, utilisable pour stocker une densité élevée d'informations. On sait qu'il existe des dispositifs à mémoire à accès optique utilisant, comme support de l'information, par exemple un film photochromique. Ce support nécessite cependant une grande énergie de lecture et sa durée de vie est médiocre. D'autres dispositifs connus utilisent un support semi-conducteur tel qu'il existe un ou plusieurs niveaux pièges pour les electrons et pouvant être utilisés pour stocker une information binaire. Ces dispositifs conduisent cependant à des conditions d'excitation et de lecture très strictes, en ce qui concerne en particulier la longueur d'onde des rayonnements d'écriture et de lecture, de sorte que la mise en oeuvre de ces appareils est souvent délicate et le prix de revient toujours élevé. L'invention a pour objet un dispositif à mémoire à accès optique répondant mieux aux exigences de la pratique que ceux antérieurement envisagés, notamment en ce qu'il nécessite des puissances faibles à l'écriture et à la lecture, en ce que cette lecture est non destructive de l'information stockée, et enfin en ce qu'il offre la possibilité d'un effacement, de mise en oeuvre très simple. De façon plus précise, l'invention a pour objet un dispositif à mémoire à accès optique, caractérisé en ce qu'il comprend: - un support constitué par un monocristal contenant des centres colorés de type F présentant au moins une bande d'absorption, - un ensemble de points mémoire répartis à la surface du support et pouvant prendre deux états distincts, - des premiers moyens optiques, dits d'écriture, permettant d'illuminer sélectivement les différents points mémoire par un premier rayonnement dont la longueur d'onde et la polarisation correspondent à l'une des bandes d'absorp tion desdits centres F et dont la puissance est suffisante pour blanchir ladite bande d'absorption, - des moyens de lecture non destructive, comprenant d'une part, des seconds moyens optiques pour illuminer sélectivement les différents points mémoire avec un second rayonnement dont la longueur d'onde correspond à la bande d'absortion desdits centres F utilisée à l'écriture et la polarisation et la puissance sont telles que la puissance absorbée par le support est suffisamment faible pour ne pas blanchir lesdites bandes, et, d'autre part, des moyens pour détecter l'absorption ou l'absence d'absorption dudit second rayonnement par le support, - des moyens d'effacement permettant de restituer les bandes d'absorption qui ont été blanchies à l'écriture. Dans une variante privilégiée de l'invention les moyens d'effacement sont constitués par des moyens thermiques aptes à porter le support à une température inférieure à 200 C. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaitront après la description qui suit, d'exemples de réalisation donnés à titre explicatif et nullement limitatif, en référence aux dessins annexés sur lesquels: - la figure 1 représente un spectre d'absorption optique d'un monocristal de chlorure de baryum BaC12; - la figure 2 représente un spectre d'absorption d'un monocristal de bromure de baryum BaBr2; - la figure 3 est un schéma de principe du dispositif à memoire à accès optique; - la figure 4 est un schéma d'un mode de réalisation particulier du dispositif à mémoire à accès optique. Avant de décrire le dispositif selon l'invention, qui est illustré sur les figures 3 et 4, il n'est peut être pas inutile de rappeler quelques notions élémentaires concernant les centres colorés de type F. Les centres colorés en général sont des imperfections dans des solides cristallins transparents, qui introduisent des bandes d'absorption. Ces centres colorés apparaissent au cours de traitement divers, dont les plus fréquents sont l'exposition aux rayons X, le chauffage du cristal dans sa vapeur alcaline et la coloration électrolytique. Bien qu'ils ne se trouvent pas exclusivement dans ces corps, les centres colorés ont surtout été étudiés dans les cristaux d'halogénures alcalins. Parmi les différents types de centres colorés, le centre dit F, joue un rôle privilégié.Sans qu'il soit besoin d'entrer dans le détail de la théorie des centres F, on peut dire que les études des spectres d'absorption optique, et ceux de résonance paramagnétique électronique, ont permis d'interpréter le centre F comme étant dû à un électron piégé dans un défaut d'ion négatif. Cet électron subit des interactions plus ou moins importantes avec les ions positifs qui l'entourent et également, mais à un degré plus faible, avec les ions négatifs les plus proches. La possibilité d'une absorption optique par le centre F résulte de l'excitation de cet électron d'un niveau de base fondamental vers un niveau excité, généralement situé à quelques dixièmes d'électrons volts en dessous de la bande de conduction du cristal. Les bandes d'absorption dues à la présence du centre F peuvent être blanchies par un rayonnement suffisamment puissant, qui correspond tant en longueur d'onde qu'en polarisation, à l'une des bandes d'absorption F. Ce blanchiment peut donner naissance à d'autres bandes d'absorption, situées généralement à une longueur d'onde supérieure, et qui sont dues à la création d'autres centres colorés dont le type dépend des conditions de blanchiment et en particulier de la température à laquelle s'effectue cette opération.Dans certains cas, il est possible de régénérer les bandes d'absorption initiales, et corrélativement, les centres F, en chauffant le cristal préalablement blanchi. Cette régénération s'effectue en général à une température supérieure à 5000C. Cette haute température nécessaire à la régénération rend très difficile l'utilisation de ce phénomène et de ces corps pour la réalisation de dispositifs à mémoire. Le demandeur a mis en évidence des cristaux pour lesquels le blanchiment des bandes d'absorption est possible et la température de régénération beaucoup plus faible que celle des cristaux antérieurement connus, et notamment inférieure a 5000C et le plus souvent voisine de 1000C. Ces cristaux ont pour formule générale BaX2, où X est un halogène, notamment le chlore et le brome. Les travaux du demandeur ont montré que si l'on colore, en particulier électrolytiquement, de tels cristaux, il apparait des bandes d'absorption et des spectres de résonance paramagnétique électronique, qui semblent indiquer que l'opération de coloration a fait apparaitre des centres F. Sur la figure 1 on a représenté un tel spectre d'absorption dans le cas particulier dw chlorure de baryum, de formule BaC12, la longueur d'onde X du rayonnement figure en abscisse sur l'axe situé en haut de la figure et les unités y sont en nanomètres; l'énergie E du rayonnement figure en abscisse sur l'axe inférieur, l'unité étant l'électro-volt; la densité optique d figure en ordonnée. Le chlorure de baryum à température ordinaire est un cristal orthorhombique et le spectre d'absorption représenté sur la figure 1 correspond à un rayonnement polarisé suivant l'axe b de la maille cristalline. Sur cette figure la courbe en tiret représente une bande d'absorption, désignée par la suite par la référence D, caractéristique d'un centre F et de la polarisation précisée plus haut. Si l'on expose le cristal à un rayonnement tombant dans la bande d'absorption D, cette bande se blanchit et disparait peu à peu en donnant naissance à une seconde bande d'absorption, beaucoup plus large et moins intense, et représentée en traits pleins sur la figure 1, et désignée par lazulite par la référence P. Les travaux du demandeur ont montré que cette bande P pouvait être à son tour blanchie, pour redonner la bande d'absorption D. Ce blanchiment peut s'effectuer soit thermiquement, à une température relativement basse de l'ordre de 1000C, soit optiquement par un rayonnement dont la longueur d'onde tombe dans cette bande d'absorption P. Si le rayonnement incident a une polarisation autre que celle précédente, et en particulier parallèle à un autre axe de la maille cristalline que l'axe b le spectre d'absorption est différent de celui représenté sur la figure 1, mais les phénomènes de blanchiment des bandes et de régénération des bandes initiales après blanchiment, restent les mêmes. De tels spectres ont été publiés par le demandeur, notamment dans : "Comptes rendus à l'Académie des Sciences", tome 268, 20 janvier I969, page 260, série B "Etude préliminaire du centre F qui apparait dans un monocristal de chlorure de baryum coloré électrolytiquement "et dans 1,Comptes Rendus à l'Académie des Sciences, tome 270, 25 mai 1970, page 1355, série B, "Etude préliminaire des centres colorés qui apparaissent dans le bromure de baryum coloré électrolytiquement". On a représenté, à titre explicatif, sur la figure 2 le spectre d'absorption d'un monocristal de bromure de baryum BaBr2, pour une polarisation du rayonnement parallèle à l'axe c de la maille cristalline. Les coordonnées et les unités sont les mimes que celles de la figure 1. Ces phénomènes étant rappelés, on comprendra mieux le fonctionnement du dispositif illustré schématiquement sur la figure 3. Sur cette figure, le support 2 est un monocristal contenant des centres colorés de type F et présentant au moins une bande d'absorption susceptible d'être blanchie; des premiers moyens optiques 4, servant à l'écriture, permettent d'illuminer sélectivement les points du support 2, que l'on appellera par la suite points mémoire, par un premier rayonnement référencé 6 et dont la longueur d'onde et la polarisation correspondent à l'une des bandes d'absorption desdits centres F, et dont la puissance est suffisante pour blanchir ladite bande d'absorption : ainsi le faisceau lumineux 6 atteint le support 2 au point mémoire 7; des moyens de lecture 8 sont constitués, d'une part, par des seconds moyens optiques 10 permettant d'illuminer sélectivement les différents points mémoire du support 2, par exemple le point 13, avec un second rayonnement 12 dont la longueur correspond aussi à la bande d'absorption desdits centres F, et, d'autre part, par des moyens 14 de détection de l'absorption ou de l'abscence d'absorption du rayonnement 12 a la traversée du support 2, ce qui se traduit par l'absence ou la présence d'un signal électrique sur la connexion 17; des moyens d'effacement 16 permettent de restituer les bandes d'absorption qui ont été blanchies par le faisceau 6 pendant l'opération d'écriture. Le fonctionnement de ce dispositif est conforme à ce qui suit. Dans une première phase, dite d'écriture, l'information à stocker est transmise au moyen d'écriture 4, sous la forme d'une suite de nombres binaires. Chaque bit d'information est adressé sur un des points mémoire du support 2 par les moyens d'écriture 4, qui comprennent, ainsi qu'on le verra plus loin en détail, des moyens d'adressage électroniques et des moyens de déflexion du faisceau lumineux 6. Le faisceau lumineux 6 a une longueur d'onde et une polarisation qui correspondent à l'une des bandes d'absorption des centres F contenus dans le support 2 et la puissance du faisceau lumineux 6 est suffisante pour blanchir ladite bande d'absorption au point d'impact 7 sur le support 2.La puissance du faisceau lumineux 6 est modulée suivant l'information à stocker : si l'on suppose, à titre purement explicatif, qu'au bit d'information +1 correspond une puissance lumineuse maximale, l'information correspondant à ce bit sera inscrite optiquement par blanchiment de la bande d'absorption du point mémoire 7 correspondant inversement, le bit O, qui doit correspondre dans cette hypothèse à une puissance lumineuse nulle ou très faible, s'inscrit au point mémoire 7 en laissant subsister la bande d'absorption. Le point mémoire 7 ayant été ainsi blanchi ou non, l'information correspondante subsiste indéfiniment dans le support 2. Waturellement, on peut adopter la convention inverse en faisant correspondre au bit O le blanchiment et au bit 1 l'absence de blanchiment Dans une deuxième phase, de lecture, le faisceau lumineux 12 explore le support 2, point mémoire par point mémoire. Pour éviter que cette opération de lecture ne provoque l'inscription erronée d'une information, il est nécessaire que la puissance absorbée par le support soit suffisamment faible pour que les bandes qui subsistent dans certains points mémoire ne soient pas blanchie par le faisceau de lecture 12.Deux cas se présentent donc lors de la lecture - si une information a été écrite sur le support 2, c'est à dire si le point mémoire 13 qui est lu a été blanchi, le faisceau lumineux traverse le support 2 en subissant une absorption très faible ; il frappe les moyens de détection 14 qui fournissent un signal électrique sur la connexion 17, indiquant que le point mémoire exploré contient l'information +1; - si aucune information n'a été inscrite dans le point mémoire 13, c'est-à-dire si la bande d'absorption n'a pas été blanchie au cours de ltopération d'écriture, le faisceau lumineux 12 est considérablement absorbé par le point mémoire et très peu de lumière parvient au détecteur 14, ce qui indique que le point mémoire exploré contient l'information logique 0. On conçoit qu'il est nécessaire, au cours de cette opération de lecture, et dans le cas particulier où le point mémoire 13 n'a pas été blanchi, que ce point n'absorbe qu'une faible quantité d'énergie, pour éviter qu'à la lecture, l'état de ce point mémoire soit modifié. On voit également que si tel est le cas, la lecture est non destructive de l'information stockée. Si l'on désire stocker de nouvelles informations sur un support 2 qui contient déjà une série d'informations, il est nécessaire de régénérer l'ensemble du support. Ceci peut s'effectuer de deux manières différentes, grâce aux moyens d'effacement 16; ces moyens sont de préférence des moyens thermiques, qui sont aptes à porter le support 2 à une température de l'ordre d'une centaine de degrés C, ce qui restitue, ainsi qu'on l'a expliqué à propos de la figure 1, les bandes initiales d'absorption du monocristal (le blanchiment thermique de la bande P restitue la bande D).Suivant une autre variante de réalisation les moyens d'effacement sont constitués par des moyens optiques permettant d'illuminer le support 2 par un rayonnement dont la longueur d'onde est inférieure à celle des rayonnements 6 et-12, et qui permet de blanchir la bande P de la figure 1, ce qui restitue encore les bandes d'absorption dues au centre F. Selon une disposition priviligiée du dispositif de l'invention, les moyens optiques servant à l'écriture et les moyens de lecture peuvent avoir en commun un certain nombre d'éléments, ainsi qu'il est représenté schématiquement sur la figure 4. Sur cette figure, une source de rayonnement unique 20 fournit un faisceau lumineux 22 qui traverse un modulateur de lecture 24, est défléchi par un dispositif de déflexion 26, puis traverse un modulateur d'écriture 28 et atteint le support mémoire 2 en un point mémoire 30 ; un interrupteur 32 définit l'opération de lecture (en position L) ou l'opération d'écriture (en position E); cet interrupteur peut être relié à une connexion portée au potentiel logique +1; les informations à stocker sont injectées dans le dispositif par la borne d'entrée 34 dans un circuit d'adressage 36; ce circuit d'adressage fournit, d'une part, par la connexion 38, un signal d'adressage destiné à la commande du dispositif de déflexion 26, et, d'autre part, par la connexion 40, l'information proprement dite à stocker, qui commande une porte 42 de type ET, qui reçoit par ailleurs, sur sa deuxième connexion d'entrée, le signal logique définissant l'opération d'écriture +1 ou de la lecture O. Un détecteur 14, associé à un filtre 15, reçoit le rayonnement qui a traversé le support 2 et émet un signal électrique appliqué sur l'une des deux entrées d'une porte logique 44 de type ET, qui reçoit sur son autre entrée, l'inverse du signal logique de commande d'écriture les signaux logiques,de valeur +1 ou 0, qui définissent l'opération d'écriture ou de lecture, sont amplifiés par des organes 46 et 48 et commandent ensuite les modulateurs de lecture 24 ou d'écriture 28. Le fonctionnement d'un tel dispositif est conforme à ce qui suit. Dans la phase d'écriture, l'interrupteur 32 étant sur la position E, le modulateur de lecture 24 n'est commandé par aucune tension électrique et il n'a aucune action sur le faisceau de lumière 22 émis par la source 20. Ce faisceau de lumière a des caractéristiques telles qu'il peut être absorbé par le support 2, par l'intermédiaire de l'une des bandes d'absorption dues à la présence de centres F; en particulier, la longueur d'onde doit être située dans cette bande d'absorption, et la polarisation du rayonnement doit être en correspondance avec la polarisation de la transition utilisée par exemple, si l'on utilise la raie d'absorption D de la figure 1, le champ électrique du rayonnement 22 doit être parallèle à l'axe b de la maille cristalline.Le faisceau lumineux est défléchi par le dispositif de déflexion 26, commandé par le circuit d'adressage 36; la commande de ce dispositif est réalisée par le signal d'adressage véhiculé par la connexion 38, qui permet d'atteindre sur le support 2 un point mémoire quelconque, par exemple le point mémoire 30; l'information à écrire est transmise par la connexion 40 et commande le modulateur d'écriture 28; si l'information à écrire correspond au bit + 1 le modulateur d'écriture laisse passer le rayonnement 22 issu de la source 20; ce rayonnement atteint le point mémoire 30 et le blanchit; au contraire, si l'information à écrire correspond à un bit O, le modulateur d'écriture modifie les caractéristiques du rayonnement 22 pour qu'elles ne satisfassent plus aux conditions d'absorption, de sorte que le point mémoire atteint conserve son absorption. Il est évident que le dispositif de déflexion 26 doit être muni d'un organe qui interrompt le faisceau de lecture lorsque le système de déflexion est en cours de commande et que le faisceau n'a pas encore atteint le point mémoire désiré, cela pour éviter l'inscription d'informations au cours du déplacement du faisceau lumineux. Au cours de cette opération d'écriture, le détecteur 14 reçoit une partie du rayonnement, tant que le blanchiment du point mémoire n'est pas achevé. Si l'on veut éviter que le récepteur 14 ne donne une information pendant cette phase d'écriture, il suffit de prévoir sur sa connexion de sortie, une porte logique telle que celle représentée à titre explicatif par la porte ET 44, qui est inhibée pendant l'opération d'écriture; ainsi, aucun signal ne peut être transmis à partir du détecteur 14 pendant toute cette phase d'écriture. Au contraire pendant l'opération de lecture, la porte 44 s'ouvre et la réponse du détecteur 14 est transmise vers des dispositifs ultérieurs de traitement de l'information. Au cours de l'opération de lecture, la source 20 émet un faisceau de lumière 22 qui a les mêmes caractéristiques que celles qui correspondent à l'opération d'écriture. Pour satisfaire à la condition de non inscription d'informations erronées au cours de l'opération de lecture, il convient de modifier les propriétés du rayonnement 22 de telle sorte que l'absorption par les points mémoire du support 2 soit suffisamment faible pour ne pas blanchir les bandes d'absorption. Cette modification est effectuée par le modulateur 24.Le faisceau lumineux est ensuite défléchi par le dispositif de déflexion 26, commandé par le circuit d'adressage 36, puis il traverse le modulateur d'écriture 28; pendant cette opération de lecture le commutateur 32 est sur la position L et le signal logique O apparaît sur l'une des entrées de la porte 42; aucune tension ne commande donc le dispositif amplificateur 48, et le modulateur d'écriture 28 n'a pas d'action sur le faisceau lumineux de lecture. Ce dernier atteint alors le point mémoire 30, dont on désire lire l'information qui y est contenue. Si ce point mémoire a été blanchi, c'est-à-dire si l'information +1 a été stockée, le rayonnement de lecture traverse le support 2 pratiquement sans atténuation et atteint le détecteur 14; un signal électrique apparaît donc à la sortie de la porte 44. Si le point mémoire 30 n'a pas été blanchi, le rayonnement incident de lecture est absorbé par le point mémoire, l'absorption étant suffisamment faible pour que le blanchiment soit inexistant, ainsi qu'on l'a expliqué plus haut. Le détecteur 14 ne fournit alors aucun signal sur la sortie de la porte 44 (ou éventuellement un signal très faible) ce qui correspond à l'information O. Les circuits ultérieurs de traitement peuvent avantageusement comprendre des circuits comparateurs à seuil, qui permettent de distinguer sans ambiguïté un signal électrique de forte amplitude (correspondant au bit + 1) et un signal de faible amplitude (correspondant au bit O). Les modulateurs 24 et 28 sont destinés, ainsi qu'on l'a expliqué plus haut, à modifier les caractéristiques du faisceau lumineux pour éviter l'absorption dans le support mémoire, soit pour écrire l'information O, soit pour lire les informations. Bien que l'invention ne se limite pas à ces deux modes de réalisation, on peut donner à titre explicatif deux dispositifs qui permettent d'obtenir ce résultat. La première consiste à atténuer purement et simplement la puissance du faisceau 22, en utilisant comme modulateur des atténuateurs commandés par les organes 46 et 48,; ces modulateurs atténuent dans un rapport approprié, par exemple 10 ou 100, la puissance du rayonnement incident 22.Il est commode d'utiliser des atténuateurs électro-optiques, qui peuvent prendre différentes formes, par exemple des cellules électrooptiques de Pockels ou de Kerr, associées à des couples polariseur-analyseur croisés. Dans une deuxième variante de réalisation, on peut laisser la puissance du rayonnement incident 22 constante mais modifier sa direction de polarisation; on a précisé en effet que la bande d'absorption utilisée pour inscrire l'information possédait une polarisation bien définie. Si celle du rayonnement incident ne coincide pas avec la direction de cette polarisation, le rayonnement est très peu absorbé; on peut donc, à l'aide des modulateurs 24 et 28 faire tourner suffisamment la polarisation du rayonnement 22, pour que l'absorption dans les points mémoire soit suffisamment faible pour que le blanchiment soit inexistant; de tels dispositifs destinés à faire tourner le plan de polarisation sont connus de l'homme de l'art et peuvent étre réalisés à partir de dispositifs électro-optiques biréfringents. Dans l'hypothèse où le faisceau de lecture voit sa polarisation tourner sous l'action du modulateur de lecture 24, il est nécessaire de prévoir devant le détecteur 14 un filtre analyseur 15 destiné à ne prélever que la composante du rayonnement de lecture parallèle à la direction de polarisation de la bande d'absorption utilisée dans le support 2. En effet, dans ce mode de réalisation, la polarisation du rayonnement de lecture étant en grande partie décalée par rapport à la polarisation de la bande absorbante, la composante perpendiculaire à la direction de polarisation de la bande d'absorption traverse le support 2 en subissant une absorption très faible de sorte que, quelle que soit l'information écrite sur le support 2, cette composante franchit le support 2; le rôle de l'analyseur 15 est donc de bloquer cette composante et de ne laisser passer que la composante correspondant à la direction de la polarisation de la bande d'absorption, qui est la seule polarisation réellement utilisée à la lecture et dont l'absorption ou la non-absorption définit l'état du point mémoire. Le dispositif de l'invention n'est pas limité à des moyens de déflexion électro-optiques comme cela est reprété sur la figure 4. Des dispositifs utilisant des systèmes mécaniques tels que des miroirs tournants ou des prismes font également partie de l'invention. Néanmoins, les dispositifs de déflexion électro-optiques, sont particulièrement bien adaptés à un tel dispositif à-mémoire à accès optique. Le dispositif selon l'invention tel qu'il vient d'être décrit, permet d'atteindre une densité d'informations qui n'est pratiquement limitée que par la précision avec laquelle on peut diriger sur la surface du support 2 le pinceau de lumière destiné à l'écriture et à la lecture. Selon une variante privilégiée de l'invention on peut utiliser comme source de lumière 20 un laser fonctionnant sur la longueur d'onde correspondant à la bande d'absorption que lton désire blanchir ou non, et dont la polarisation du rayonnement correspond à cette bande d'absorption. Le faisceau lumineux émis par le laser peut être focalisé sur une très petite surface -de l'ordre de la longueur d'onde du rayonnement émis- par des moyens qui ne sont pas représentés explicitement sur la figure 4, mais qui sont bien connus, ce qui permet donc d'obtenir un grand nombre de points mémoire. Sans que l'invention se limite à ces seuls lasers on peut citer deux lasers à gaz privilégiés qui sont bien adaptés à cette application - le laser à hélium et néon, qui émet à 6.328 A et qui permet de blanchir certaines bandes d'absorption comme, par exemple, celle représentée sur la figure 2 relative au bromure de baryum et qui est marquée d'une flèche verticale située à cette longueur d'onde. Un ordre de grandeur convenable pour la puissance d'émission de ce laser à l'écrire ture est de quelques dizaines de milliwatts; - le laser à argon ionisé, qui émet un rayonnement bleu-vert en particulier à 4880 A et à 5145 A et qui correspond sensiblement à la bande D d'absorption du chlorure de baryum, telle qu'elle est représentée sur la figure 1 (les deux flèches verticales situent ces deux longueurs d'onde ). Dans la description qui précède, la lecture de l'information se fait séquentiellement, point mémoire après point mémoire. Un dispositif où la lecture de l'information se fait globalement fait également partie de l'invention: dans ce cas l'organe 26 de déflexion n'est plus utilisé et le faisceau de lecture est dirigé sur l'ensemble du support-mémoire 2; chaque point mémoire réagit suivant l'information qui y a été stockée et le détecteur 14 détecte l'absence ou la présence d'absorption pour chaque point mémoire: cela nécessite naturellement que le détecteur 14 soit constitué par une monarque de détecteurs photo-électriques associés à chacun des points mémoires. Dans ce cas, la sortie du détecteur se présente sous la forme d'une pluralité de connexions sur lesquelles on trouve soit l'information o, soit l'information 1, suivant l'information lue dans le point mémoire correspondant. La description qui précède montre que le dispositif de l'invention conduit à une mémoire à accès optique pour laquelle les énergies d'écriture et de lecture sont très faibles; le dispositif conduit également à une forte densité d'informations et la lecture est non destructive; l'effacement du support peut être thermique ou optique mais de toute façon nécessite des températures ou des puissances d'effacement faibles, La durée du stockage de l'information peut étre très grande et le corps ne présente pas de fatique. REVENDICATIONS 10) Dispositif à mémoire à accès optique, caractérisé en ce qu'il comprend - un support constitué par un monocristal contenant des centres colorés de type F présentant au moins une bande d'absorption, - un ensemble de points mémoire répartis à la surface dudit support, et pouvant prendre deux états distincts, - des premiers moyens optiques, dits d'écriture, permettant d'illuminer sélectivement les différents points mémoire par un premier rayonnement dont la longueur d'onde et la polarisation correspondent à l'une des bandes d'absorption desdits centres F et dont la puissance est suffisante pour blanchir ladite bande d'absorption, - des moyens de lecture non destructive, comprenant, d'une part, des seconds moyens optiques pour illuminer les différents points mémoire avec un second rayonnement dont la longueur d'onde correspond à la bande d'absorption desdits centres F utilisée à l'écriture et la polarisation et la puissance sont telles que la puissance absorbée par le support est suffisamment faible pour ne pas blanchir lesdites bandes, et, d'autre part, des moyens pour détecter l'absorption ou l'absence d'absorption dudit second rayonnement par le support, - des moyens d'effacement permettant de restituer les bandes d'absorption qui ont été blanchies à l'écriture. 20) Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que les moyens d'effacement sont constitués par des moyens thermiques aptes à porter le support à une température inférieure à 5000C, ce qui restitue les bandes d'absorption qui ont été blanchies. 30) Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que les moyens d'effacement sont constitués par des troisièmes moyens optiques permettant d'illuminer les points mémoire par un troisième rayonnement dont la longueur d'onde, qui est inférieure à celles desdits premier et second rayonnements, et la polarisation sont telles que ce dit troisième rayonnement est absorbé par les points mémoire dont la bande d'absorption a été blanchie, la puissance de ce troisième rayonnement étant suffisante pour régénérer les bandes d'absorption initiales. 40) Dispositif selon les revendications 1 à 3, caractérisé en ce que lesdits premiers moyens optiques servant à l'écriture et lesdits seconds moyens servant à la lecture ont en commun une même source de lumière associée à un organe d'adressage de faisceau lumineux, et à des modulateurs des caractéristiques du faisceau lumineux émis par la source. 50) Dispositif selon la revendication 4, caractérisé en ce que la puissance dudit premier rayonnement servant à l'écriture, est modulé suivant l'information à écrire, par un premier organe atténuateur. 60) Dispositif selon la revendication 4, caractérisé en ce que la direction de la polarisation dudit premier rayonnement servant à l'écriture est modifiée suivant l'information à écrire, par un premier organe apte à faire tourner la polarisation du faisceau lumineux d'écriture. 70) Dispositif selon la revendication 4, caractérisé en ce que la puissance dudit second rayonnement servant à la lecture est atténuée par rapport à la puissance émise par la source de lumière, au moyen d'un second organe atténuateur. 80) Dispositif selon la revendication 4, caractérisé en ce que la direction de polarisation de la lumière issue de la source est modifiée pour obtenir ledit second rayonnement servant à la lecture, par un second organe apte à faire tourner la polarisation du faisceau lumineux issu de la source. 90) Dispositif selon l'une quelconque des revendications 5 à 8, caractérisé en ce que l'un au moins desdits premier et second organes atténuateurs et desdits premier et second organes aptes à faire tourner la polarisation d'un faisceau lumineux, est électro-optique. 100) Dispositif selon l'une quelconque des revendications 4 à 9, caractérisé en ce que ladite source commune est un laser. 110) Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'à la lecture tous les points mémoires sont illuminés simultanément et en ce que lesdits moyens pour détecter la partie dudit second rayonnement transmise à travers le support, sont constitués par une mosaSque de détecteurs photoélectriques associés chacun à un point mémoire. 120) Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit support est un monocristal d'halogénure de baryum, de formule BaX2. 130) Dispositif selon la revendication 12, caractérisé en ce que X = Cl, le support étant un monocristal de chlorure de baryum. 140) Dispositif selon la revendication 10, caractérisé en ce que X = Br, le support étant un monocristal de bromure de baryum. 150) Dispositif selon la revendication 10, caractérisé en ce que ledit laser est un laser à l'argon ionisé émettant un rayonnement constitué par au moins l'une des deux raies O O à 4880 A et 5145 A. 160) Dispositif selon la revendication 10, caractérisé en ce que ledit laser est un laser à hélium et o néon émettant un rayonnement à 6328 A.