J. 1464506 MATERIAU EN FEUILLE UTILISABLE POUR UN ECRAN DE PROJECTION La présente invention concerne les écrans de projection, notamment pour la projection d'images de télé- vision, et un matériau en feuille pour fabriquer de tels écrans. Un objectif principal dans l'industrie concernant la projection d'images de télévision est d'augmenter la luminosité, le contraste et l'uniformité dans des positions de vision différentes, et d'autres aspects de l'image de télévision projetée lorsqu'elle est vue sur un écran de projection. Cet objectif a incité à de nombreux efforts de recherche à la fois dans le domaine de l'équipement de projection et des écrans de projection; cependant en dépit de ces efforts, il faut encore un net perfectionnement avant de pouvoir assurer une utilisation large et satisfaisante de la projection d'images de télévision. Actuellement, les écrans les plus largement uti- lisés pour la projection d'images de télévision sont cons- titués par un matériau en feuille décrit dans le brevet américain no 3 408 132, qui est constitué par une feuille d'aluminium possédant une surface plissée obtenue en faisant passer deux épaisseurs de feuilles ensemble entre des cylin- dres avec une pression importante. Ce matériau en feuille permet d'améliorer la luminosité de l'image par rapport aux écrans de projection constitués par des petites sphères ou des lentilles existant dans le commerce, mais il pré- sente un certain nombre d'inconvénients importants qui sont: a) une grande susceptibilité à se détériorer, à un point tel que le seul fait de frotter légèrement l'écran pour le netto- yer déforme la surface métallique plissée et laisse une marque durable (ce problème a été récemment amoindri grâce à des revêtements d'oxyde appliqués sur la surface de la feuille métallique); b) un niveau de réflexion trop faible pour permettre une vision satisfaisante dans un environne- ment éclairé, tel qu'une pièce normalement éclairée par le jour; et c) des limitations de la gamme de réflexion angu- laire à partir de l'écran (du fait de ces limitations de la gamme angulaire, on donne aux écrans constitués par une 2 2464506 feuille plissée une courbure composée (horizontale et ver- ticale) pour condenser ou diriger les réflexions vers les spectateurs; cette courbure composée est obtenue en collant le matériau en feuille sur des substrats à courbure compo- sée, ce qui est une procédure coûteuse et prédisposant aux erreurs; de plus, même avec un écran à courbure composée, les images projetées par des télévisions de projection en couleurs à tubes multiples, comportant de façon typique trois tubes de projection côte à côte projetant chacun une cou- leur différente, ont une couleur ou une teinte différente qui dépend du décalage horizontal d'un spectateur par rap- port à l'axe de projection central). Les écrans décrits dans le brevet américain n0 4 089 587 ont été mis au point pour pallier certaines in- suffisances des écrans constitués par une feuille plissée. Ces écrans comportent un film polymère transparent présen- tant de miniscules stries verticales sur une face, une tex- ture mate aléatoire sur cette face ou la face opposée, et une couche de matériau réfléchissant, par exemple de l'alumi- nium déposé par vaporisation, sur une des faces. Le film est collé sur un substrat, de préférence de manière que la sur- face métallisée soit collée sur le substrat pour assurer la durabilité. Les écrans décrits dans ce brevet américain n0 4 089 587 fournissent une image possédant une très bonne luminosité pour des spectateurs proches de l'axe de pro- jection, et peuvent être plus durables que les écrans cons- titués par une feuille plissée. Cependant, ils n'ont été acceptés que de façon limitée, principalement à cause de la gamme de réflexion angulaire limitée à partir des écrans. En dehors d'une gamme d'environ plus ou moins 50 par rapport à l'axe de projection, la luminosité de l'image décline rapi- dement. Une approche différente, pas encore lancée dans le commerce, est décrite dans le brevet allemand n0 2 655 527. Cette approche est basée sur un film orienté de polypropylène cellulaire, tel que décrit dans le brevet américain n0 3 214 234. Le processus d'orientation ou d'étirage laisse 3 2464506 la surface extérieure du film tassée, de façon dense, avec une configuration aléatoire de bosses ou de creux allongés microscopiques allongés sensiblement parallèles. Il est dit dans ce brevet que lorsque cette surface est métalliqée, c'est-à-dire munie d'un revêtement à réflexion spéculaire de métal déposé par vaporisation, elle peut être utilisée comme écran de projection pour des images de télévision et des images semblables. Il est indiqué également qu'un film cellu- laire peut-être utilisé comme modèle, par exemple, en formant une copie métallique de la surface et en utilisant la copie métallique pour imprimer la surface cellulaire dans un film plastique qui peut lui-même être étiré et métallisé. On a testé des écrans de projection constitués par du polypropylène cellulaire orienté métallisé tels que décrits dans ce brevet allemand et on a trouvé qu'ils avaient une bonne luminosité; cependant, il apparaît une variation non souhaitable de la luminosité lorsqu'un spectateur se dé- place à partir d'une position située directement derrière le projecteur. Par exemple, lors des mesures on a trouvé que de tels écrans ont un facteur de gain(défini ci-après) de 39 pour un angle de divergence de 0 , mais le facteur de gain n'est égal qu'à 29, soit 67 % de sa valeur à 0 , pour un angle de divergence horizontale de 100. Le facteur de gain décroît en- core jusqu'à 45 % de la valeur à 0 pour une divergence hori- zontale de 200, et jusqu'à 29% pour une divergence horizon- tale de 30 . Simultanément, l'écran présente une distribu- tion verticale très étroite de la lumière, avec un facteur de gain de seulement 6 % de sa valeur à 0O pour un angle de diver- gence verticale de 5 . La distribution verticale extrêmement étroite est un inconvénient important, étant donné que pour que des spectateurs voient une image projetée sur l'écran avec une telle distribution, ils doivent se trouver sur une seule rangée et leurs yeux doivent se trouver au même niveau. Le facteur de gain est le rapport de la réfle- xion à partir d'un écran considéré et la réflexion à partir d'une surface diffusante blanc standard avec le même éclai- rage. Le facteur de gain correspond au coefficient multipli- cateur de la luminosité de l'écran par rapport à celle de la surface diffusante blanc standard. Les facteurs de gain mentionnés ici sont mesurés avec un goniophotomètre de Gardner Laboratory Inc., Bethesda, Maryland, Modèle n0 GG 9204. Dans cet instrument, la lumière est envoyée sur l'écran testé suivant une ligne écartée horizontalement d'en- viron 150 par rapport à une ligne perpendiculaire à l'écran. Les mesures sont relevéesau moyen d'un détecteur placé sur le côté de la ligne perpendiculaire de l'autre côté du faisceau projeté. Lorsque le détecteur est placé dans une position espacée horizontalement de 15 sur le côté de la li- gne perpendiculaire de l'autre côté du faisceau projeté (me- surant de ce fait la réflexion suivant un angle égal et oppo- sé à l'angle d'incidence), la mesure est considérée comme la réflexion pour un angle de divergence de 00. Cette valeur peut être considérée comme la réflexion maximale étant donné que, dans la réflexion spéculaire, la réflexion est plus im- portante lorsque l'angle de réflexion est égal et opposé à l'angle d'incidence. Lorsque le détecteur est placé suivant un angle de 25 sur le côté de la ligne perpendiculaire opposée au faisceau projeté, la réflexion mesurée est considérée comme la réflexion pour un angle de divergence de 10 ; la valeur suivant un angle de 350 est la réflexion pour un angle de di- vergence de 200; etc. Avant l'apparition dans le commerce de la télé- vision par projection, on a fait d'autres tentatives pour fa- briquer des-écrans de projection possédant une meilleure lumi- nosité que les écrans lenticulaires ou à petites sphères, dont les facteurs de gain sont inférieurs à 5. Le brevet amé- ricain n0 2 660 927 décrit un écran constitué par un morceau clair de matériau transparent tel que du verre, dont le dos est muni d'une configuration sinusoïdale de nervures verti- cales faiblement espacées, la surface arrière nervurée du verre est plaquée à la manière d'un miroir, et la surface frontale est rendue suffisamment rugueuse pour éliminer l'é- blouissement. Les inconvénients de cet écran sont notamment qu'une surface de configuration rectangulaire produit souvent un scintillement, c'est-à-dire un éclair de réflexion brillante 2464506 à partir de l'écran vu sous certains angles, qui interrompt la vision d'une image projetée, et que le verre est lourd et fragile. Le brevet américain no 3 492 060 décrit un écran qui représente un perfectionnement de l'écran décrit dans le brevet américain n0 2 660 927, et qui comporte une feuille translucide située à une certaine distance devant une feuille arrière réfléchissante ondulée présentant alter- nativement des nervures et des rainures. Cet écran présente également un scintillement, et en outre l'espacement de deux feuilles rend le produit difficile à fabriquer et à appliquer sur un substrat. Les brevets américains n 2984 152 et n0 3 063 339 décrivent également des écrans présentant une configuration régulière de surfaces réfléchissantes incurvées. Dans le bre- vet américain no 2984 152, les surfaces réfléchissantes sont des ondulations verticales qui sinuent suivant leur longueur verticale. Le brevet américain n0 3 063 339 décrit une sur- face d'utilisation plus générale conçue pour fournir un champ d'observation souhaité; et un revêtement diffusant est appli- qué sur la surface munie de ladite configuration. Il est dit dans le brevet américain n0 2 984 152 que les écrans décrits peuvent être fabriqués en préparant manuellement un modèle plus grand que nature, puis en préparant un patron de gau- frage en reproduisant le modèle à échelle réduite "sur une ma- chine de gravure tridimensionnelle de conception classique uti- lisant le principe du pantographe". Il semble que ce type de matériau en feuille ne soit pas encore apparu dans le commerce, et de toute façon il est probable qu'il scintillerait. La présente invention fournit un nouveau matériau en feuille, et des écrans de projection possédant une durée de vie importante fabriqués à l'aide de ce matériau, qui sont capa- bles de réfléchir des images avec une bonne luminosité de façon uniforme pour des spectateurs répartis sur une large gamme angulaire. Le matériau en feuille suivant l'invention comporte un film transparent muni sur ses faces avant et arrière de creux ou bosses microscopiques et revêtu sur sa face arrière d'une couche réfléchissante spéculaire, et se caractérise en ce que les creux ou les bosses sur la face arrière sont constitués par une configuration aléa- toire de creux ou bosses allongés sensiblement parallèles qui sont concaves ou convexes à la fois, suivant la direc- tion longitudinale et suivant la direction transversale, et les creux ou bosses sur la face avant sont des creux ou bosses lenticulaires qui diffusent la lumière pénétrant et quittant la face avant. Une couche réfléchissant spéculairement par exemple de l'aluminium déposé par évaporation, est déposée sur la face arrière présentant ladite configuration, et une couche d'adhésif est de préférence disposée sur la couche réfléchissant spéculairement pour coller le matériau en feuille sur un support ou substrat. La combinaison de creux ou bosses réfléchissants et réfringents fournit une réflexion et une distribution uni- ques de la lumière projetée. Le matériau en feuille est géné- ralement utilisé de manière que les creux ou bosses allongés réfléchissant la lumière soient orientés verticalement, grâce à auoi ces creux ou bosses provoquent une diffusion horizon- tale de la lumière. Les creux ou bosses réfractant la lumiè- re sur la face frontale augmentent cette diffusion horizon- tale et provoquent également une diffusion verticale. La configuration aléatoire des creux ou bosses réfléchissant la lumière sur la face arrière du film se présente de préférence sous la forme d'une reproduction po- sitive ou négative d'un film cellulaire étiré du type dé- crit ci-dessus, et les creux ou bosses réfractant la lumière sur la face avant sont également constitués par une repro- duction positive ou négative d'un tel film cellulaire étiré. Un matériau en feuille possédant de telles faces avant et arrière reproduites comporte un nombre de creux ou bosses réfractant la lumière (face avant) et réfléchissant la lu- mière (face arrière) plus important suivant l'axe horizon- 7 2464506 tal que suivant l'axe vertical, et les surfaces des creux ou bosses individuels sont plus fortement inclinées (c'est à dire forment un angle plus important par rapport au plan du matériau en feuille) suivant l'axe horizontal que sui- vant l'axe vertical; ce nombre plus important et cette in- clinaison plus importante des creux ou bosses provoquent une diffusion préférentielle de la lumière projetée dans la direction horizontale lors de l'entrée initiale des rayons lumineux projetés dans le film, lors de la réflexion au niveau de la face arrière du film, et lors de la sortie des rayons réfléchis du film. Tout en augmentant la diffu- sion horizontale de la lumière, les creux ou bosses réfrac- tant la lumière augmentent la diffusion verticale, ce qui aug- mente fortement l'utilité du matériau en feuille suivant l'in- vention par rapport aux possibilités offertes par le polypro- pylène cellulaire métallisé décrit ci-dessus. Le matériau en feuille suivant l'invention peut être adapté pour fournir des distributions différentes de la lumière suivant les besoins. Cependant, même avec l'équipe- ment de projectiond'images de télévision fournissant la meil- leure luminosité, on peut s'attendre à ce que le facteur de gain pour un angle de divergence de 00 soit au moins égal à 5, et plus particulièrement il est souhaitable et on peut obtenir avec le matériau en feuille suivant l'invention des facteurs de gain d'au moins 10 ou 15 pour un angle de divergence de 00. Pour obtenir une bonne luminosité dans des positions de vision horizontales, les facteurs de gain pour des angles de 100,200 et 300 sont respectivement égaux au moins à 75%, 50% et 25 % de la valeur à 00, et sont de préférence égaux à au moins 85% 60%, et 35 % de la valeur à 0 . De façon très importante, on obtient un bon contraste entre une image projetée et le fond avec des écrans suivant l'invention, même en présence d'un éclairage venant du haut, étant donné qu'un tel éclairage a tendance à être réfléchi vers le sol au lieu d'être réflé- chi vers les spectateurs.- Il est également important pour la plupart des télévisions par projection en couleurs actuelles que les écrans constitués par le matériau en feuille suivant l'invention fournissent une bonne uniformité des couleurs pour des spectateurs répartis suivant une direction hori- zontale, même lorsque l'image est projetée par plusieurs tubes côte à côte projetant des couleurs différentes. De mêmeles images projetées sur les écrans ne présentent pra- tiquement pas de scintillement ni de "points chauds". Le matériau en feuille suivant l'invention s'ap- plique de façon commode sur un substrat qui est normalement incurvé autour d'un seul axe, la face arrière du film trans- parent supportant la couche réfléchissant spéculairement étant située du côté de ce substrat. Ainsi, le film transpa- rent recouvre et protège la surface réfléchissante vis-à-vis de l'abrasion, et des écrans constitués par le matériau en feuille suivant l'invention sont durables dans les conditions de manipulation prévues et normales, et peuvent être lavés si nécessaire. Bien qu'une utilisation principale du matériau en feuille suivant l'invention soit un écran pour la télé- vision par projection, le matériau en feuille a d'autres uti- lisations, par exemple en tant qu'écran pour des projecteurs de cinéma ou de diapositives; en tant qu'écrans d'affichage pour des affichages publicitaires (c'est-à-dire dans lesquels une diapositive est-projetée sur l'écran), en tant qu'écrans d'optométrie, etc. Les propriétés otpiques de l'écran peu- vent être modifiées pour de telles utilisations. Par exemple, il peut être souhaitable que l'écran ait un gain plus faible pour des projecteurs de diapositives ou de cinéma domesti- ques. La présente invention sera mieux comprise à la lecture de la description détaillée qui va suivre et à l'exa- men des dessins annexés qui représentent, à titre d'exemple non limitatif un mode de réalisation de l'invention. - La figure 1 est une vue en perspective d'un écran de projection suivant l'invention; La figure 2 est une vue de côté, à échelle agrandie, du matériau en feuille et du substrat suivant l'in- vention; 9 2464506 La figure 3 est une photographie agrandie 200 fois par rapport à l'échelle normale, de la face avant du matériau en feuille suivant l'invention. La figure 1 représente un écran de projection 10 comportant un matériau en feuille Il suivant l'invention fixé sur un substat 12. Un projecteur 13, qui peut être un projecteur de télévision, un projecteur de cinéma ou de diapositives, ou un projecteur semblable, envoie des images vers l'écran o elles sont réfléchies en direction de spec- tateurs. Le substrat est légèrement incurvé de façon cylin- drique autour d'un axe horizontal pour concentrer ou diriger verticalement les rayons réfléchis par l'écran en direction des spectateurs. La figure 2 est une vue de côté, à échelle agran- die, du matériau en feuille Il et du substrat 12. Le maté- riau en feuille il comporte un film transparent 14 muni sur sa face avant 15 et sa face arrière 16 de creux 17' et de bosses 17". Les creux et les bosses ont une forme allongée et sont sensiblement parallèles les uns aux autres, leurs axes longitudinaux s'étendant perpendiculairement au plan du dessin. Une couche 18 réfléchissant spéculairement est placée sur la face arrière 16, et une couche d'adhésif 19 est placée sur la couche réfléchissant spéculairement et fixe le matériau en feuille sur le substrat 12. Des trajets représentatifs des rayons lumineux projetés sur le matériau en feuille 11 sont indiqués sur la figure 2. Les rayons lumineux 20, 21 et 22 pénètrent dans le film 14 au niveau de la surface 15 o ils sont réfractés; ils se dirigent ensuite vers la surface 16 et la couche 18 réfléchissant spéculairement, o ils sont réfléchis; ils reviennent ensuite vers la face avant 15 o ils sont de nou- veau réfractés en sortant du film. La figure 3 est une photographie agrandie 200 fois par rapport à l'échelle normale, et représente une vue en perspective d'une moitié d'un film 14; le film photogra- phié devra être collé dos à dos avec un film de configura- tion similaire ou différente pour former le film complet 14. 2464506 La partie blanche du bord du film photographié est une ligne de cassure qui a été formée lorsque le film a été gelé et cassé pour obtenir une arête pour faire la pho- tographie. Les surfaces configurées du matériau en feuille suivant l'invention sont de préférence obtenuesen coulant un matériau liquide sur une surface de moulage. De façon typique, on utilise une surface de moulage en déplacement, par exemple une courroie ou un tambour. Une fois coulé, le matériau se solidifie, par exemple par évaporation du solvant, refroidissement ou réaction de composants réac- tifs, pour prendre la configuration de la surface de mou- lage. Dans une variante, on peut utiliser des tech- niques de bosselage suivant lesquelles une surface de bos- selage est pressée contre un film ramolli. Le film est ensuite séché, refroidi ou soumis à un composant réactif pour se solidifier. On peut également utiliser des combi- naisons des techniques de coulée et de bosselage, par exem- ple en formant une première surface configurée pendant la coulée du film, et en formant une configuration en creux et bosses réfractant la lumière par bosselage de la sur- face opposée du film, avant que celui-ci se soit complète- ment solidifié. Les surfaces de moulage ou de bosselage peuvent être préparées de différentes façons. Comme on l'a vu pré- cédemment, une méthode préférée consiste à utiliser un film cellulaire étiré comme décrit dans le brevet améri- cain n0 3 214 234. Ce film est préparé par extrusion à travers un orifice d'un mélange en fusion d'un polymère normalement solide et d'un agent de formation de mousse. Des cellules ou bulles se forment dans le film durant l'ex- trusion. Lors de l'étirage ultérieur du film, les cellules extérieures apparaissent sous la forme de bosses allongées sensiblement parallèles dans la surface extérieure du film. Certaines cellules s'écrasent durant le processus d'étirage et forment des creux allongés sensiblement pa- rallèles dans la surface du film. Des creux sont également 11 2464506 formés à côté ou entre les bosses. Le film cellulaire étiré peut lui-même être utilisé comme surface de moulage, ou bien on peut faire à partir du film des reproductions positives ou négatives, par électroformage ou en caoutchouc au sili- cone, pour obtenir une surface de moulage ou de bosselage plus durable. Le film photographié sur la figure 3 a été obtenu en utilisant un film cellulaire étiré comme surface de moulage. On peut préparer une surface de reproduction différente en formant un film avec une configuration dense de creux ou de bosses sphériques, puis en étirant le film. On peut former un film avec des bosses sphériques en utilisant un moule préparé en pressant un matériau en feuille conte- nant des petites billes (par exemple un matériau en feuille réfléchissant comportant une couche unique de microsphères partiellement noyées dans le matériau en feuille et partiel- lement en saillie par rapport à ce matériau en feuille) contre une feuille ou un bloc de surface plate constitué par un matériau souple mou conservant la forme donnée. Le maté- riau en feuille contenant des petites billes peut' être pres- sé plusieurs fois contre la feuille ou le bloc, la position de ce matériau en feuille étant légèrement modifiée à chaque fois. De tels pressages répétés permettent d'obtenir un tas- sement souhaité, c'est à dire que les creux ou les bosses du matériau final sont contigus; de sorte qu'il ne reste prati- quement pas de parties plates provenant de la surface plate originale de la feuille. On peut alors préparer une reproduc- tion par électroformage de la surface de moulage résultante, ou d'ensembles de parties plus petites-de cette surface de moulage résultante, et couler un film sur cette surface de moulage. Une autre façon de former un patron ou modèle, consiste à entailler mécaniquement une feuille de métal mou, en frappant de façon répétée la surface à l'aide de disques de martelage dont les extrémités des filaments sont munies de grenaille métallique dure. 12 2464506 Le film du matériau en feuille suivant l'inven- tion est le plus souvent moulé ou bosselé de manière que les creux ou les bosses aient leur forme finale. Cependant, comme indiqué ci-dessus, le film peut également recevoir une configuration dense de creux ou de bosses sphériques, puis être étiré pour donner une forme allongée concave ou convexe à ces creux ou bosses. Les dimensions et la forme des creux ou des bosses peuvent être modifiées pour obtenir des propriétés réfléchissantes convenant à un usage particulier. Une telle * modification peut être obtenue en utilisant des degrés d'é- longation différents pour un modèle de film cellulaire étiré ou des films moulés; en utilisant des dimensions différen- tes pour les billes lors de la fabrication d'un modèle à l'aide de billes pressées; etc. Les creux ou les bosses ont généralement des dimensions microscopiques, c'est-à- dire qu'on les voit mieux à l'aide d'un microscope, de sorte que les creux ou bosses individuels ne ressortent pas à l'oeil nu lorsqu'un spectateur regarde l'écran. La concavité ou la convexité des creux ou des bosses est généralement très progressive suivant la direc- tion longitudinale, mais contribue à la diffusion souhaita- ble de la lumière, notamment à une diffusion verticale de la lumière. La concavité ou convexité longitudinale découle de la longueur généralement finie des creux ou des bosses (par comparaison avec les stries de longueur sensiblement infinie de l'écran décrit dans le brevet américain n0 4 089 587 mentionné ci-dessus). Par exemple, lorsque les surfaces des films préférés coulés sur des modèles en poly- propylène cellulaire étiré sont mesurées à l'aide d'un pro- filomètre Bendix en utilisant un style possédant un rayon de 12,7 >i et un poids d'entraînement de 250 mg, le rapport des crêtes mesurées suivant la direction transversale aux crêtes mesurées suivant la direction longitudinale varie entre 3/1 et 10/1, suivant la hauteur des crêtes qui sont considérées comme "parasites" (les crêtes parasites sont celles dont la hauteur est très faible par rapport à celle des crêtes plus importantes qui sont mesurées, et l'instrument de mesure 13 2464506 peut être réglé de manière à ne pas en tenir compte). Pour le matériau décrit dans le brevet américain n0 4 089 587, les valeurs obtenues suivant la direction longitudinale des stries snt insuffisantes pour calculer un rapport significatif. Le rapport des crêtes suivant la direction transversale et la direction longitudinale pour le matériau en feuille sui- vant l'invention est une valeur finie de l'ordre de 25 à 1 ou moins. Il n'est pas nécessaire que les creux ou bosses aient une surface concave ou convexe lisse, bien qu'on ob- tienne généralement de meilleurs résultats lorsque c'est le cas. Cependant, il peut apparaître certaines imperfections; par exemple descreux produits par des bulles écrasées dans un film polymère cellulaire étiré peuvent avoir une surface rugueuse laissée par des résidus de la paroi des bulles écrasées. Certaines imperfections de la surface produisant une diffusion des rayons lumineux, peuvent être utiles pour fournir une image "plus douce", c'est-à-dire une image pré- sentant un scintillement minimal dû à des concentrations de rayons lumineux, formant une image, provenant de creux ou bosses individuels. Une telle image plus douce peut égale- ment être obtenue par inclusion d'agents de dispersion de la lumière dans le film transparent, par exemple de minuscules particules transparentes ou gouttelettes de liquide dans le film. Les creux ou bosses utiles réfractant la lumière sur la face avant du matériau en feuille suivant l'invention se distinguent par leur caractère lenticulaire; c'est-à- dire que la distribution de la lumière provenant de ces creux ou projections est ordonnée plutôt qu'aléatoire. L'ordonnance nécessaire peut être testée en métallisant une surface con- cernée et en mesurant le facteur de gain de la surface. Les surfaces utiles fournissent en général un gain d'au moins 2, et de préférence d'au moins 5, pour une divergence de 0O dans un tel test. La nécessité d'un traitement ordonné de la lu- mière n'impose pas que les creux ou bosses qui réfractent la lumière aient des dimensions ou une forme régulières nu 14 2464506 soient agencés de façon ordonnée; au contraire, il est préférable d'avoir une configuration aléatoire de creux ou bosses réfractant la lumière. Les creux ou bosses réfrac- tant la lumière peuvent avoir une forme et une disposition identiques ou différentes de celles des creux ou bosses réfléchissants. A part les surfaces réfringentes qui repro- duisent un film polymère cellulaire étiré, les meilleurs ré- sultats sont obtenus avec des surfaces qui reproduisent la surface d'un tambour entouré d'un fil à un ou plusieurs fila- ments. Comme indiqué-précédemment, le film transparent dans le matériau en feuille suivant l'invention peut être préparé en réunissant deux films préparés séparèment, en bosselant les deux surfaces d'un film unique, ou en faisant durcir un matériau coulé entre deux surfaces de moulage. Le film transparent peut être thermoplastique mais souvent il est préparé de préférence à partir de composants réactifs qui réagissent pour prendre un état sensiblement non fusi- ble et insoluble après formation du film. La réaction est de préférence effectuée en exposant le matériau de forma- tion du film à un rayonnement, par exemple à la chaleur, à la lumière, à un faisceau électronique, etc, lorsque le matériau se trouve sous une forme liquide sur une surface de moulage. Les matériaux utiles pour former le film com- portent les polyacrylates ou méthacrylates (de préférence sous formes réactives), les polyméthanes, les polyesters, les polycarbonates, le polypropylène, et l'acétate buty- rate de cellulose. La couche réfléchissant spéculairement est ap- pliquée de façon commode par dépôt par évaporation, habi- tuellement d'un matériau métallique tel que de l'aluminium. Un adhésif est habituellement placé sur la couche réfléchis- sant spéculairement pour coller le matériau en feuille sur un substrat. On préfère les adhésifs sensibles à la nres- sion, bien qu'on puisse également utiliser des adhésifs activés par la chaleur ou par un solvant. 2464506 L'invention sera encore mieux illustrée par l'exemple suivant. On prépare un mélange comportant 69,7 % en poids d'un uréthane à base de polyester à terminaison acrylate (Urithane 893 de Thiokol), 29,8 % en poids, le diacrylate de tétraéthylêneglycol, et 0,5 % en poids deO' diéthoxyacétophénone, et on le coule, à l'aide d'une machine à enduire avec racle sur rouleau avec une épaisseur de 0,09 p sur la surface d'un film de polypropylène cellulaire étiré, comme décrit dans le brevet américain n0 3 214 234. Le film cellulaire est étiré longitudinalement jusqu'à obtenir fois sa dimension initiale. Le film muni du revêtement est passé trois fois, à une vitesse de 15 m par minute, sous deux lampes à ultra-violets d'environ 30 W/cm 2, sous une at- mosphère d'azote dans un dispositif commercialisé par Pittsburgh Plate Glan, sous la référence Modèle QC 1202, à la suite de quoi le mélange coulé réagit pour prendre un état sensiblement non fusible et insoluble. Le film coulé résultant, lorsqu'il est arraché du film cellulaire et ob- servé à l'aide d'un microscope, a l'aspect général du film représenté sur la figure 3, une face présentant une configu- ration particulière et l'autre étant lisse. Une couche d'a- dhésif à base d'acrylate, sensible à la pression, est pla- cée sous forme de solution sur la face lisse d'une certaine longueur du film, puis séchée. La face lisse d'une autre longueur de film est ensuite pressée contre l'adhésif pour réunir les deux longueurs de film. Les deux longueurs de film sont orientées de manière que les creux et bosses dans chacun des films soient parallèles entre eux. La surface con- figurée d'un des films accolés est ensuite recouverte, par dépôt par évaporation, d'une couche d'aluminium, et une cou- che d'adhésif à base d'acrylate, sensible à la pression, sous forme de solution est déposée sur la couche réfléchissant spéculairement à l'aide d'une machine à enduire avec racle sur rouleau. En mesurant les propriétés réfléchissantes du matériau en feuille, on constate que le film présente un gain de 17 pour un angle de divergence de 00, de 15 pour un angle de divergence horizontale de 10 , de 12,4 pour un 16 2464506 angle de divergence horizontale de 200, de 9 pour un angle de divergence horizontale de 30 , et de 2,5 pour un angle de divergence horizontale de 5 . Bien entendu, l'invention n'est nullement li- mitée à l'exemple décrit et représenté, elle est suscep- tible de nombreuses variantes accessibles à l'homme de l'art, suivant les applications envisagées et sans s'écar- ter pour cela du cadre de l'invention. 17 2464506 REVENDICATIONS 1. Matériau en feuille utilisable comme écran de projection comportant un film transparent muni sur ses faces avant et arrière de creux ou bosses microscopiques et revêtu sur sa face arrière d'une couche réfléchissante spé- culaire caractérisé en ce que les creux ou les bosses sur la face arrière sont constitués par une configuration aléatoire de creux ou bosses allongés sensiblement parallèles qui sont concaves ou convexes à la fois suivant la direction longi- tudinale et suivant la direction transversale, et les creux ou bosses sur la face avant sont des creux ou bosses lenti- culaires qui diffusent la lumière pénétrant et quittant la face avant. 2. Matériau en feuille suivant la revendication 1, caractérisé en ce que les creux ou bosses lenticulaires sur la face avant sont allongés suivant une direction géné- ralement parallèle aux creux ou bosses de la face arrière. 3. Matériau en feuille suivant l'une des reven- dications 1 ou 2, caractérisé en ce que la disposition des creux ou bosses sur la face arrière est une reproduction de la surface formée en étirant une feuille polymère cellulaire. 4. Matériau en feuille suivant l'une des reven- dications 1 à 3, caractérisé en ce que les creux ou bosses réfractant la lumière sur la face avant sont sensiblement les mêmes que les creux ou bosses de la face arrière. 5. Matériau en feuille suivant l'une des reven- dications 1 à 4, caractérisé en ce qu'une couche d'adhésif est disposée sur la couche réfléchissant spéculairement pour coller le matériau en feuille sur un support. 6. Matériau en feuille suivant l'une des reven- dications 1 à 5, caractérisé en ce qu'il présente un facteur de gain au moins respectivement égal à 85 %, 60 % et 35 % du facteur de gain pour un angle de divergence de 00, pour des angles de divergence de 100, 200 et 30 . 7. Matériau en feuille suivant la revendication 6, caractérisé en ce que le facteur de gain pour un angle de di- vergence de 0 est au moins égal à 15. 18 2464506 8. Ecran de projection, caractérisé en ce qu'il est constitué par un matIriau en feuille suivant la revendication 1 collé sur un substrat rigide.