L'invention concerne les métiers à tisser sans navette, etest-b-dire ceux dans lesquels le fil de trame est introduit dans la foule par des inséreurs de trame tels que des aiguilles ou des lances, par exemple. Elle vise à remédier aux défauts appelés "barres en trame" observés sur des tissus généralement délicats et peu denses, lorsque, par suite d'un arrêt fortuit du métier, la régularité de la distance entre deux duites consécutives n'a pu être respectée dans la zone du tissu correspondant à cet arrêt. Un tel défaut pourrait également être observé sur des métiers classiques A navette, lors d'une frappe lente des duites, mais il ne s'agit lu que d'une manoeuvre inhabituelle, car on peut toajours faire tourner le métier en marche arrière et lui faire reprendre de l'élan, afin que toutes les frappes de duites se produisent dans les mêmes conditions de vitesse.Par contre, dans les métiers sans navette, à lances par exemple, métiers où, après chaque frappe, se produisent toute une série d'opérations concernant la coupe de la duite, sa présentation à 1' aiguille d'entrée et son insertion dans la foule, il n'est pas possible de faire tourner le métier en arrière pour le lancer suffisamment pour la frappe suivante, sous peine d'abandnnner les extrémités de trame en présentation; on doit alors arrêter le métier avant l'insertion des aiguilles dans la foule pour permettre une éventuelle recherche de pas des mouvements de laves, le battant restant arrêté.Si l'on prend comme origine des angles du mouvement de rotation de l'arbre vilebrequin du métier, la position qui correspond à la frappe de la duite contre la façure du tissu, les aiguilles entrent dans la foule à un angle d'environ 60# il est donc nécessaire d'arrêter le métier à l'intérieur des limites d'un angle de 60# maximum, puisque la dernière frappe de duite doit être réalisée à pleine vitesse; par ailleurs, après cet arrêt, on ne dispose donc plus que de 300# au maximum pour relancer l'arbre vilebrequin dans des conditions qui permettent à la nouvelle frappe d'être réalisée à pleine vitesse Four que ne se produisent pas les défauts de barres en trame précités, c'est-à-dire pour que toutes les duites soient frappées contre la façure à la même vitesse, c'est-à-dire à la vitesse élevée de régime du métier, on a donc à résoudre un problème de temps de freinage et de démarrage.Aux grandes vitesses généralement adoptées pour ces machines, on a été conduit à mettre au point des embrayages et des freins générale- ment coûteux par rapport à la solution qui consisterait à utiliser un moteur-frein, mais, ce dernier ne permet pas de respecter les conditions de rapidité de freinage et de mise en vitesse requises pour éviter la formation des barres en trame, ainsi qu'il vient d'être exposé. Le but de l'invention est de perfectionner les métiers à tisser du genre en question en vue d'empêcher que se produisent les défauts de barres en trame, tout en adoptant cependant la solution relativement économique de l'utilisation d'un moteur- frein pour entraîner l'arbre vilebrequin et l'arrêter dans les positions angulaires précises désirées pour la recherche du pas après l'enlèvement d'une duite défectueuse ou bien pour la réparation d'une casse de fil de chaîne. A cet effet, dans un métier à tisser sans navette, dans lequel une partie du fil de trame à insérer est temporairement maintenue tendue sur le trajet de 1' inséreur, à l'entrée de la foule, entre une encoche d'un guide-fil et un coupe-fil de trame portés par le battant, l'invention est caractérisée en ce quelle consiste à munir le métier de moyens pour faire sortir, à volonté, ladite partie de fil de trame de l'encoche du guide-fil et pour l'éloigner temporairement du trajet de l'in séreur. Grâce à cette solution, lorsqu'on a besoin d'arrêter le métier, par exemple pour l'enlèvement d'une duite défectueuse, au lieu d'être obligé d'arrêter la rotation de l'arbre vilebrequin dans les limites d'un angle de 60#, on dispose alors d'un angle de l'ordre de 250 , puisque, même si l'inséreur a péné- tré de nouveau dans la foule, il n'a pas rencontré sur son passage le prochain fil de duite à insérer, puisque ce dernier a été maintenu temporairement hors du trajet dadit inséreur par les moyens que constitue le perfectionnement proposé.D'autre part, on dispose d'un angle de l'ordre de 400 pour le ddmarra- ge subséquent de 11 arbre vilebrequin, c'est-à-dire d'un angle supérieur à un tour complet, de sorte que, aussi bien pour la précision de l'arrêt que pour la mise en vitesse nécessaire, un moteur-frein ordinaire est tout à fait satisfaisant. Toutes les duites étant ainsi serrées contre la façure à la vitesse normale de fonctionnement du métier, on n'a plus à craindre la formation de barres en trame et le perfectionnement a été réalisé par des moyens économiques, puisqu'il suffit d'un dispositif très simple, comme on le verra plus loin, pour éloigner le fil de duite du passage de l'inséreur. L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui va suivre et à l'examen des dessins annexés qui montrent, à titre d'exemple non limitatif, un mode de réalisation d'un dispositif faisant l'objet du perfectionnement proposé appliqué à un métier à tisser à aiguilles volantes du type décrit dans le brevet français de la demanderesse N# 1.290.867 du 14 Sérier 1961. Sur ces dessins Les figs. 1 à 5 représentent schématiquement, en perspective, les éléments de présentation d'un fil de trame à l'inséreur et une partie du peigne du métier à tisser dans les phases de fonctionnement qui précèdent et celles qui suivent immédiate- ment l'engagement d'un fil de trame dans l'entrée de la foule, dans la structure antérieure du métier tel que décrit dans le brevet précité, et Les figs. 6, 6A, 7 et 8 sont les représentations schimati- ques correspondantes des phases essentielles représentées aux figs. 1 à 5, après application du perfectionnement suivant l'invent ion. La partie de métier à tisser à aiguilles volantes représentée sur la fig. 1 comporte le peigne I solidaire du battant, un guide fil 2 et un dispositif de coupe de duite 3 portés également par le battant, ainsi qu'un guide fixe 4 pour le fil de trame 5, porte par le bâti du métier. On a indiqué aussi, en 6, la nappe supérieure de fils de chaîne, en 7 le tissu fabriqué, et en 8 la façure. Le guide-fil de trame 2 comporte une partie 2A inclinée vers le haut et vers l'arrière puis, une partie 2B recourbée vers le bas, suivie d'une partie horizontale 2C qui forme le fond d'une encoche 12, une partie remontante 2D et, enfin une partie terminale 2E dirigée vers l'avant et sensiblement horizontale. L'encoche 12 sert à retenir temporairement le fil de trame 2 pour sa présentation à la tête 13 (fig. 5) de l'insérer de trame. Le dispositif 3 de coupe de fil de trame comporte un couteau 16, qui est mobile dans un plan vertical et qui coopère, par l'un de ses côtés, qui est coupant, avec une contrelame 17 pour couper le fil de trame au ras de la lisière et, par son autre côté qui est arrondi, avec une plaquette 18 de façon que la partie de fil de trame reliée à la bobine de réserve de fil, e'est-à-dire celle qui passe sur le guide-fil 2 et dans le guide-fil fixe 4, soit retenue par pinçage, sans être coupée, entre le couteau 16 et la plaquette 18 (fig. 4). Le perfectionnement suivant l'invention, tel que représenté sur les figs. 6 à 8,consiste à modifier le guide-fil 2 de manière à remplacer le fond 2C de l'encoche 12 (fig. 1) du guidefil 2 par le dessus de l'extrémité d'un doigt mobile 22 monté à pivotement sur un axe 23 porté par le battant. Cet axe se trouve à une certaine distance du guide-fil 2, vers l'intérieur du métier et il est incliné dans deux directions, à savoir, d'une part, vers le haut et vers l'avant, et d'autre part, vers le haut et vers l'intérieur du métier. Le guide-fil 2 ne compor- te plus que sa première partie 2A suivie du prolongement 2B recourbé vers le bas. Le doigt mobile 22 peut occuper, sélectivement, l'une ou l'autre de deux positions, à savoir : une position inactive qui est celle représentée sur les figs. 6 et 6A,pour laquelle le doigt 22 porte contre la face latérale interne de la partie 2B recourbée vers le bas du guide-fil 2, c'est-à-dire celle qui se trouve du côté de la foule, et une position active qui est celle représentée sur la fig. 7 pour laquelle ledit doigt est éloigné du guide-fil 2 au dessus du tissu 7 et à un niveau plus élevé que celui du sommet du guide-fil 2, situe à la rencontre des deux parties 2A et 2B dudit guide-fil. L'encoche de guidage normal du fil de duite 5 est donc cons tituée par un fond formé par le dessus de l'extrdmité du doigt 22 et par une paroi avant sensiblement verticale constituée par le prolongement 2B du guide-fil 2. Le doigt mobile 22 est muni d'un bec 25 dirigé vers l'intérieur du métier dans une direction sensiblement horizontale, afin d'éviter que le fil de duite ne risque de s'en échapper lorsque le doigt mobile prend sa position active de la fig. 7. Dans le mode de réalisation suivant l'invention, le guidefil 2 ne colporte donc plus le fand 2C (fig. 4), ni la partie remontante 2D, ni le prolongement vers l'avant 2s. L'arbre 2-3 qui porte le doigt mobile 22 peut être actionné par tous moyens appropriés, soit k contrôle manuel, soit à contrôle automatique. On a représenté, à titre d'exemple, un électro-aimant à avalement 27 (fig. 6) dont l'armature coulissente 28 est articulée sur I'extrémité d'une manivelle 29 sol'daire de l'ar@re 23. Selon que l'électro-aimant 27 est excité ou nom, le doigt mobile 22 occupe l'une ou l'autre de ses position l'active représenté sur la fig. 6 oa active repr4sen- tée sur la fig. 7. Le fonctionnement du dispositif est le suivant Pour faciliter la compréhension, on va rappeler brièvement le fonctionnement du dispositif antérieur des figs. 1 à 5. Bar la fig. 1, le fil de la prochaine duite à insérer 5 compor- te, entre la lisière du tiesa 7 et le guide-fil fixe 4, une partie qui se trouve sur la branche inclinée 2A du guide-fil 2. Le battant, et par conséquent le peigne 1, aval cent daas la direction de la flèche r en entraînant le guide-fil 2 et le coupe-fil 3; vers la fin de ce mouvement, le fil de duite 5 tombe dans l'encoche 12 du guide-fil 2. Lorsqu le peigne 1 va être sur le point de serrer la duite précédente 5A contre la façure 8 du tissu, un prolongement du couteau 16 heurte mie butée fixe solidaire du bâti qui fait pivoter ledit couteau vers le haut pour l'amener dans la position représentée sur la fig. 2, puis la partie de fil de duite comprise entre l'enco- che 12 du guide-fil 2 et la façure 8 se place sous la partie coupante 16A du couteau 16 (fig. 3). Dès que le battant com- pence à reculer, le couteau 16 reprend sa position basse et coupe la dernière duite en coopération avec la contre-lame 17, tandis que, de l'autre côté, il pince, contre la plaquette fixe 18, l'extrémité de la partie du fil de trame reliée à la bobine de ré serve 20 qui se trouve en amont du guide-fil 4 (fig. 4). C'est la partie de fil de trame tendue entre la pla cette 18 et le guide-fil 2 qui va être saisie au passage par la tête de l'inséreur 13 entrant dans la foule dans la direction de la flèche f2 (fig. 5).Le battant continue à reculer pendant que l'aiguille 13 entraîne la duite dans la foule, à la rencontre d'une aiguille de tirage (non représentée) qui la reprend et la tire dans la deuxième moitié de la foule, puis les deux aiguilles ressortent de la foule, de chaque côté du métier, pendant que le battant va reprendre sa course vers l'avant, comme représenté sur la fig. 1 du début du cycle considéré. Le fonctionnement du métier perfectionné comme représenté sur les figs. 5 à 7 se différencie du fonctionnement qui vivent autre décrit en référence aux figs. 1 à 5 du dispositif antérieur, par le fait que l'encoche du guide-fil est constituée par l'angle dièdre formé par l'extrémité du doigt mobile 22 et la partie 2B recourbée vers le bas du guide-fil 2 (fig. 6). En fonctionnement normal du métier, le doigt mobile 22 occupe sa position inactive représentée sur la fig. 6, c'est-à-dire que l'électro-aimant 27 n'est pas excité. Dans ces conditions, le fonctionnement est le même que celui décrit plus haut en référence aux figs. 1 à 5. Si l'on désire retirer une duite défectueuse, on va donc, comme antérieurement, arrêter le métier tisser dans ane-po- sition telle que la foule soit largement ouverte et les insé- reurs sortis de la foule. Cet arrêt sera provoqué par une coupure du courant d'alimentation du moteur-frein dont le frein se trouve automatiquement mis en application. En même temps que l'initiation de cette commande, on excite l'électro-aimant 27, ce qui fait prendre au doigt mobile 22 la position active représentée sur la fig. 7. Etant donné que le doigt mobile 22 se déplace vers l'inté- rieur du métier, c'est-à-dire vers la gauche sur les dessins, il empeche le fil de trame de se prendre sous la partie actite 16A du couteau 16 et gracie à l'inclinaison de l'axe qui le porte, il soulève le fil de trame au-dessus du niveau du som- met du guide-fil 2, vers la fin du mouvement d'avance du battant. Puis le battant recule; le guide-fil 2 qui est porté par le battant, se déplace vers l'arrière par rapport au tissu, de sorte que la partie de fil de traie comprise entre la raça- re 8 et le guide-fil 5 fixe glisse vers le bas et vers sur la partie 2A du guide-fil 2 (fig. 8). C'est alors que l'inséreur 13 pénètre dans la foule (fig.8), mais il ne rencontre pas le fil de trame, puisque celui-ci se trouve en avant par rapport au trajet dudit inséreur. Le traitement du fil de trame à insérer est donc temporairement arrêté, aussi longtemps que le doigt mobile 22 se trouve dans sa position active de la fig. 7. On peut donc dliminer la trame défectueuse et rechercher le pas en déplaçant seulement les lames du harnais; lors de la remise en marche, on disposera d'un très grand angle permettant au moteur-frein d'accelérer pleinement et d'avoir atteint sa vitesse de régime au moment de la frappe de la duite suivante . Dans le cas de casse de fil de chaîne, on arrête le battant dans la position pour laquelle les aiguilles sont sur le point de sortir du pas précédent, ce qui est la position la plus commode pour la réparation des fils de chaîne. De préférence, simultanément avec la mise du doigt mobile en position inactive, on assure le débrayage du dispositif d'entraînement du rouleau d'appel du tissu. Grâce au perfectionnement présenté, étant donne que les inséreurs peuvent pénétrer dans la foule sans y introduire de fil de duite, on peut les arrêter dans une position quelconque, sans qu'il en résulte de gene dans la remise en vitesse du moteur-frein d'entraînement du métier qui peut donc avoir atteint sa pleine vitesse au moment de la frappe de la duite suivante. Toutes les duites étant ainsi frappées à la vitesse normale de régime du métier, il ne se produit plus de défauts de barres en trame. Bien entendu, l'invention n'est pas limitée au mode de réalisation décrit et représenté; on peut y apporter des modifications, suivant les applications envisagées, sans sortir, pour cela, du cadre de l'invention et, notamment, appliquer le per fectionnement à d'autres métiers sans navette que celui pris comme référence dans la description. REVENDICATIONS 1 - Métier à tisser sans navette, c'est-à-dire comportant au moins un inséreur de trame tel qu'une aiguille ou une lance, et dans lequel une partie du fil de trame insérer est tempo revirement maintenue tendue sur le trajet de l'inséreur, à l'entrée de la foule, entre une encoche d'un guide-fil et un coupe fil de trame portés par le battant, caractérisé en ce qu'il comporte, en outre, des moyens pour faire sortir à volonté ladite partie de fil de trame de l'encoche du guide-fil et pour l'éloigner temporairement du trajet de l'inséreur. 2 - Métier suivant la revendication 1, caractérisé en ce que le fond de ltencoche du guide-fil fixe est constitué par la face supérieure d'un doigt mobile monté à pivotement sur un axe porté par le battant et incliné vers le haut à la fois vers 1' avant et vers l'intérieur du métier, de manière que ledit doigt mobile puisse occuper, sélectivement, soit une position inactive contre la face latérale interne du guide-fil et une position active dans laquelle il est éloigaé de ladite face interne du guide-fil et situé plus haut que lui pour soulever le fil de trame du guide-fil et lui permettre de glisser vers 1' avant du guide-fil durant le début du mouvement de recul du battant. 3 - Métier suivant la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce qu'il est actionné par un moteur-frein électrique.