La présente invention est relative à un procédé de fabrication de plaques de coulée. Par plaques de coulée, on entend, comme il est connu, les plaques de base nécessaires à la coulée de brames et de lingots, sur lesquelles on met les coquilles. Les plaques de coulée de ce type sont, comme les coquilles, en hématite ou en fonte Martin. Dans un procédé connu, on coule les plaques dans des fosses, dans des moules fermés comportant un demi-moule supérieur et un demi-moule inférieur. Ce procédé présente cependant l'inconvénient que les fosses doivent se trouver dans le rayon d'action d'une grue dimensionnée pour la charge dtune poche de coulée. le temps de refroidissement de plaques coulées de cette façon est très Xet est, suivant la grandeur des plaques, de trois à cinq jours environ. Du fait de l'encombrement à l'intérieur du rayon d'action d'une grue de coulée, dû aux temps de préparation, de coulée et de refroidissement, la capacité de production des fonderies est fortement réduite. Un procédé de ce type est en outre très coûteux. I1 est également déjà connu de fabriquer à découvert, donc sans demi-moule supérieur, des plaques de coulée dans des fosses. Comme l'encombrement nécessaire pour fabriquer des plaques de ce type à l'intérieur du rayon d'action d'une grue appropriée correspond à peu près à celui du procédé précédemment cité, la surface dont on doit disposer limite également, dans ce cas, la capacité de production. C'est un but de l'invention de fournir un procédé de fabrication de plaques de coulée pour lequel il n1 est pas nécessaire de disposer de grandes surfaces et d'un rayon d'action élevé de la grue à l'intérieur de l'exploitation. Suivant l'invention, on applique un procédé connu de fabrication de pièces coulées, dans lequel on met les moules compos tant un rev8tement réfractaire sur des chariots mobiles, -de préférence des chariots sur rails-, et on les amène,séparément ou en plus grand nombre, en un lieu de coulée commun, par exemple au voisinage d'une grue de coulée, pour fabriquer, conformément à l'invention, des plaques de coulée lourdes. Suivant un mode d'exécution préféré de l'invention, on place sur des chariots sur rails des plaques d'acier ou de fonte brute comme fonds des moules, sur lesquels on pose des châssis con stitués par des poutres. lies fonds des moules sont revêtus, à l'in térieur du châssis, d'une maçonnerie réfractaire. Les châssis sont revêtus, à l'intérieur, de plaques réfractaires qui comportent également la numérotation nécessaire pour identifier les plaques de coulée. On verse la fonte liquide dans les différents moules par une rigole ou, dans le cas où lton dispose de plusieurs chariots par une rigole déplaçable parallèlement aux chariots. On gare les chariots avec les moules entièrement coulés, pour la solidification et le refroidissement de la fonte, en un lieu quelconque, par exemple à l'air libre sur une voie de garage.Pour décharger les plaques achevées, on ramène les chariots au voisinage d'une grue, où l'on remet de nouveaux moules dans les chariots après le déchargement. On peut cependant remettre également les moules vidés dans le chariot transporteur, pour le nouveau moulage, en un autre endroit sans intervention d'une grue. Il est à vrai dire déjà connu d'amener, sur des véhicules sur rails à quatre roues, à la main ou mécaniquement, des chtssis de moulage en un lieu de moulage commun. Ces procédés concernent cependant tous la fabrication en série de petites pièces. Dans le procédé conforme à l'invention, il s'agit par contre, toutefois, de la fabrication de plaques de coulée lourdes présentant des poids unitaires de plusieurs tonnes. Le procédé conforme à l'invention présente l'avantage que I'on peut fabriquer des plaques de cette taille, même dans des fonderies qui n'offrent que peu de place et meme si la force portante de la grue est faible. Cela permet d'accroRtre considérablement la capacité des fonderies existantes tout en diminuant considérablement les coûts de fabrication, sans devoir réaliser un programme d'investissement coûteux. Par suite du changement des conditions de refroidissement, la durée de refroidissement n'est au maximum que d'un jour encore, meme lorsque les plaques sont lourdes et pèsent 8 à 10 tonnes, et ne limite d'aucune façon la capacité de production, car le refroidissement n'est pas localisé. Il s'est avéré de façon surprenante que, contrairement à l'idée courante suivant laquelle, pour éviter des fentes et des cavités, le refroidissement doit être lent, et suivant laquelle la cristallisation ne doit pas être perturbée par des vibrations, le refroidissement d'une rapidité peu commune des plaques couléesXet le mouvement des moules n'exercent pas, même juste après que la coulée soit achevée, d'influence fâcheuse sur la solidité des plaques d coulées fabriquées suivant l'invention. lies spécialistes donnent également, comme autre argument venant à l'appui d'un refroidissement lent considéré comme nécessaire, que les plaques de coulée de grande surface se déforment lorsque le refroidissement est assez rapide. lies plaques de coulée fabriquées suivant l'invention ne se déforment cependant pas, malgré leur refroidissement très rapide. Contrairement donc aux procédés connus, la surface dont on dispose à l'intérieur du rayon d'action d'une grue de coulée ne limite pas la capacité de production qui ne dépend que du nombre des moules et chariots prévus, que l'on peut adapter aux nécessités de chaque cas spécifique. lie procédé conforme à l'invention ne s'applique pas qu'à la production de plaques de coulée simples, mais peut naturellement s'appliquer aussi à la fabrication de pièces coulées lourdes, pour lesquelles les moules de façonnage comportent un noyau. Il est en outre possible aussi, évidemment, d'ajusteur des valeurs analytiques chimiques optimales pour la fonte liquide utilisée, que ce soit par un mode de conduite approprié du heut fourneau ou par alliage ultérieur de la fonte brute dans la poche à fonte lors de la percée du haut fourneau. REVEh,TDI CATI ONS 1. Application à la fabrication de plaques de coulée lourdes d'un procédé de fabrication de pièces coulées, caractérisé en ce qu'on met les moules comportant un revêtement réfractaire sur des chariots mobiles, -de préférence des chariots sur rails-, et en ce qu'on les amène, séparément ou en plus grand nombre, en un lieu de coulée commun, par exemple au voisinage d'une grue de coulée. 2. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que l'on verse dans les différents moules la fonte brute provenant d'une poche de coulée, directement ou par une rigole de coulée, ou bien par une rigole de coulée déplaçable parallèlement à plusieurs chariots mis en place. 3. Procédé suivant les revendications 1 et 2, caractérisé en ce que l'on gare les chariots comportant les moules entièrement coulés à un moment quelconque après la coulée, en un endroit quelconque, par exemple à l'air libre sur une voie de garage, pour durcir et refroidir la fonte. 4. Procédé suivant les revendications 1, 2 et 3, caractérisé en ce que, pour décharger les plaques achevées, on ramène les chariots au voisinage d'une grue, où l'on remet de nouveaux moules sur les chariots après le déchargement.