L'invention concerne une-chaussure comportant une semelle faite d'une matière moulable, antistatique et, en particulier, une chaussure de sécurité et de travail, et concerne aussi un procédé pour sa fabrication. On pose des exigences sévères aux propriétés technologiques des chaussures de travail et de sécurité, et en particulier en raison de prescriptions spéciales. De ce fait, il n'est fréquemment pas possible de mettre en oeuvre, pour la fabrication de ce genre de chaussures, de leurs semelles en particulier, des matériaux particulièrement économiques ou avantageux pour d'autres motifs. Par exemple, l'utilisation du polyuréthane comme matière première dans l'industrie de la chaussure, principalement pour la fabrication des semelles s'est fortement développée. L'utilisation du polyuréthane n'a cependant pas été possible jusqu'ici dans les chaussures de travail et de sécurité. On peut, sans doute, rendre cette matière antistatique au moyen d'une composition appropriée, et lui donner ainsi des propriétés technologiques exigées.Main, elle présente comme in- convénients une faible résistance à une forte abrasion et à la chaleur, et une résistance insuffisante à la coupe. Ce sont justement ces dernières propriétés qui sont indispensables pour la diffusion des chaussures de ce genre dans un large domaine. D'autre part, l'utilisation du polyuréthane est souhaitable aussi pour la fabrication des chaussures de travail et de sécurité, car cette matière possède des propriétés au porter favorables, en particulier, la faiblesse de son propre poids. L'invention apour objet de proposer une chaussure, en particulier une chaussure de travail et de sécurité, dont la semelle satisfasse, gracie à choix approprié de matières, à ce que l'on exige comme propriétés technologiques d'une chaussure de sécurité et assure, en méme temps, des avantages d'économie et de propriétés au porter favorables. Pour répondre à ces conlitions, l'invention propose une chaussure caractérisée en ce que la semelle est constituée d'au moins une semelle intermédiaire faite d'une matière antistatique et d'une semelle résistante, la semelle intermédiaire étant pourvue de ponts conducteurs, traversant la semelle de marche. L'invention est basée sur cette constatation que des semelles en plusieurs couches, meme si l'on utilise des matières qui, par elles-mêmes, ont des propriétés antistatiques, ne présentent pas, dans leur ensemble, la propriété voulue.Le comportement, au point de vue antistatique de l'ensemble de la semelle, est affecté défavorablement par le fait que la semelle comporte plusieurs couches ainsi que par des couches ou lits supplémentaires, par exemple par un adhésif posé entre les couches qui composent la semelle. L'idBe, qui consiste à constituer la semelle d'une chaussure de ce genre de deux couches, savoir, une couche intermédiaire d'une matière économiquement avantageuse et présentant des propriétés au porter agrda- bles d'une part, et une semelle de marche en matière solide à l'abra sion, résistante et stable à la chaleur, d'autre part, ne peut pas entre mise en pratique directement.Cependant, il est proposé, suivant l'invention, une construction d'une semelle de ce genre en deux couches, la propriété antistatique exigée étant obtenue du fait que la semelle intermédiaire en matière antistatique est reliée au moyen de ponts conducteurs avec la surface de marche et, par suite, avec le 80l, quand on marche et quand on stationne. Ces ponts conducteurs sont, de préférence, établis sous la forme de tenons isolés, traversant la surface de marche. Un petit nombre de ponts conducteurs, disposés dans la zone de la surface d'appui de la semelle de marche, wnffizent déjà pour que lton obtienne des effets antistatiques favorables. La semelle de marche sera constituée ici de préférence de caoutchouc, pendant que la semelle intermédiaire sera fabriquée, de préférence, ~i polyuréthane, avec un bord remontant sur la tige. Suivant une autre proposition de l'invention, la semelle ainsi établie est formée à partir d'une semelle de marche, en caoutchouc par exemple, préfabriquée. Celle-ci est pourvue de cavités dans lesquelles pénètre la matière de la semelle intermédiaire que l'on produit ensuite. Quand cette dernière est solidifiée, on supprime les extrémités inférieures des cavités qui apparaissent sur la semelle de marche sous la forme de saillies, en les coupant par exemple, de façon telle que la matière de la semelle intermédiaire qui a pénétré dans les cavités devienne libre sur la face inférieure, sensiblement sur le plan de la surface de marche, sous la forme de ponts conducteurs. D'autres caractéristiques de l'invention concernent la construction de la semelle ainsi que sa fabrication. L'invention- sera mieux comprise en regard de la description ci-après et des dessins annexés, représentant un exemple de réalisation de l'invention, dessins dans lesquels : - la figure 1 montre une chaussure, ou plutôt sa semelle, en coupe longitudiinale, - la figure 2 est une coupe transversale suivant Il-Il de la figure 1, - la figure 3 est une vue de la semelle vue du dessous, - la figure 4 est une coupe transversale correspondant à la figure 2 pendant la fabrication de la semelle. La chaussure de travail et de sécurité, illustrée comme exoh ple de réalisation, est pourvue d'une semelle 10 en deux couches. Une semelle intermédiaire 12, moulée directement sur une tige 11, ou sur une semelle seconde (non représentée), est constituée d'une matière ayant des propriétés antistatiques, mais aussi des caractéristiques avantageuses au point de vue économie, propriétés au porter, etc.. C'est en particulier le polyuréthaae qui peut entrer en ligne comme matière première pour cette semelle intermédiaire. Sur cette semelle intermédiaire 12 se raccorde une semelle de marche 13, dont la matière première n'est pas nécessairement antistatique, mais quit en revanche, est résistante à la chaleur et résina tante à l'abrasion et autres influences mécaniques ainsi que chimie ques. La surface de marche de cette semelle présente un profil 14. La semelle intermédiaire 12 est reliée, quand on porte la chaussure, notamment quand on marche ou stationne, avec le sol de façon telle que les propriétés antistatiques de la semelle interm6- diaire 12 déterminent le comportement de la semelle tout entière. Â cet effet, des ponts conducteurs 15 constitués par la matière qui forme la semelle intermédiaire 12 traversent la semelle 13, et ce, au moins jusqu' à la surface de marche. Comme on peut le voir d d'après la figure 3, on répartit un petit nombre de ponts conducteurs, que- tre par exemple, dans la zone de charge maximlm de la semelle, donc dans sa partie centrale, dans le cas présent. aux angles d'un rectangle (idéal). Les ponts conducteurs 15 se présentent dans la zone des surélévations de la semelle 13, notamment dans la zone des emplacements profilés 16 du plan de la surface de marche Il est toutefois aussi possible d'établir les ponts conducteurs 15 de façon telle qu'ils dépassent le plan de la surface de marche et soient éventuellement entourés par une saillie annulaire de la semelle 13. La semelle 10 ainsi établie sera, de préférence, fabriquée en utilisant une semelle 13, préfabriquée par ailleurs. Cette dernière est pourvue, comme on le voit d'après la figure 4, de cavités 17 qui se présentent, sur la surface inférieure de cette semelle 13 sous la forme de saillies dépassant la surface de marche, comportant une paroi de recouvrement 18. On fabrique la semelle intermédiaire 12 sur cette semelle 13 en coulant ou en injectant la matière, de pré iérence en la moulant, et en la fixant sur la tige 11. La matière moulable de la semelle intermédiaire 12 pénètre ici dans les cavités 17 et forme les ponts conducteurs 15. On supprime ensuite les parois de recouvrement 18, en les coupant par exemple sur un plan de séparation 19, de façon que les ponts conducteurs 15 se trouvent à l'air libre vers le bas sur le plan de la surface de marche. La semelle 10 ainsi formée est fabriquée de préférence dans un moule de coulée dans lequel on a posé la semelle 13 préfabriquée. Bien entendu, l'invention n'est pas limitée à l'exemple de réalisation ci-dessus décrit et représenté, à partir duquel on pourra prévoir d'autres modes et d'autres formes de réalisation, sans pour cela sortir du cadre de l'invention. RVE NI) lC ÂT iONS 1.- Chaussure comportant une semelle faite d d'une matière moulable, antistatique, notamment chaussure de travail et de sécurité, chaussure caractérisée en ce que la semelle (10) est constituée d'au moins une semelle intermédiaire (12) faite d'une matière antistatique, et d'une semelle (13) résistante, la semelle intermédiaire (12) étant pourvue de ponts conducteurs (15), traversant la semelle (13) de marche. 2.- Chaussure suivant la revendication 1, caractérisée en ce que les ponts conducteurs (15) se terminent à ras de la surface de marche de la semelle (10). 3.- Chaussure suivant l'une des revendications 1 ou 2, caractérisée en ce que les ponts conducteurs (15) sont établis sous la forme de tenons traversant la semelle (13), ayant une section sensiblement circulaire, et faits de la matière de la semelle intermédiaire (12). 4.- Chaussure suivant l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée en ce que les ponts conducteurs (15) sont disposés dans la zone des saillies profilées (16) de la semelle (13) pourvue d'un profil (14). 5.- Chaussure suivant l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisée en ce que les ponts conducteurs (15) sont disposés seulement dans une zone centrale de la semelle (10). 6.- Chaussure suivant l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisée en ce que l'on prévoit quatre ponts conducteurs (15) disposés aux angles d'une figure quadrangulaire (idéale). 7.- Chaussure suivant l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisée en ce que les ponts conducteurs (15) sont exposés à l'air libre, dans la zone de la surface de narce, en enlevant une paroi de recouvrement (18) de la semelle (13). 8.- Chaussure suivant l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisée en ce que la semelle intermédiaire (12) est faite de polyuréthane, et la semelle (13) de caoutchouc. 9.- Procédé pour la fabrication d'une chaussure suivant l'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que lton fabrique d'abord une semelle (13) fermée comportant des cavités (17), et oule ensuite la semelle intermédiaire (12) sur cette semelle (13) de façon telle que la matière qui constitue la semelle interm6- diaire 02) pénètre dans les cavités (17), et qu'enfin on élimine la paroi de recouvrement (18) dans la zone des cavités (17).