i La présente invention concerne un procédé et un instrument pour prélever une veine, en particulier un segment de veine saphène, dans un état convenant à son emploi comme greffon dans la chirurgie de revascularisation ou de reconstruction vasculaire. La veine saphène est. largement utilisée comme auto- greffe dans la chirurgie de revascularisation. Elle constitue en effet pratiquement le seul substitut artériel valable dont on dispose actuellement dans la chirurgie des pontages coronaires et dans la grande majorité des interventions de revascularisation périphérique. Toutes ces interventions commencent par le prélèvement d'un segment de longueur désirée de la veine saphène, ce qui est réalisé, soit par de multiples incisions sur la face interne de la cuisse et de la jambe, soit par une seule longue incision allant de l'aine à un point situé près du genou ou sous le genou. La veine est ensuite disséquée et excisée. Les multiples incisions ou la longue incision unique sont refermées et la veine enlevée est préparée pour l'inter- vention de revascularisation par ligature des veines tributaires, dissection de l'adventice de la veine et dilatation avec du sérum salé injecté sous pression. Il est évident que ce prélèvement de veine demande beaucoup de temps. L'incision unique ou les multiples incisions laissent en outre des cicatrices disgracieuses et, bien souvent, des zones de peau défigurées par l'intervention chirurgicale sur la partie inférieure de la face interne de la cuisse et de la région du genou. L'invention vise à éviter ces inconvénients. Elle apporte un instrument qui permet de prélever la veine saphène en bon état, comme cela est nécessaire pour sa réuti- lisation, par une opération qui ne nécessite que deux petites inci- sions. Par le procédé selon l'invention et l'instrument pour sa mise en oeuvre, une seule personne est capable de prélever la veine saphène en quelques minutes, alors qu'il faut une ou deux heures selon les procédés classiques. De plus, l'instrument selon l'invention est de fabri- cation relativement simple et peut de ce fait constituer un instrument jeté après un seul emploi. Comme le procédé selon l'invention a, mécaniquement, une certaine analogie avec le stripping ou arrachement de veines, de nombreux instruments connus pour cette application ont été notés. Une différence très importante est que tous ces instruments servent normalement à arracher des veines pour débarrasser des patients de varices ou d'autres affections, tandiem que le procédé de l'invention consiste à prOlver avec soain une veine saine en bon état en vue de son réemploi *aIs un eavironnement différent, pour un pontage coro- naire par exemple. Les brevets d'instraments à arracher des veines dont il a été tenu compte Eont les brevets des Etats-Unis d'Aérique suivants: n 2 661 &D3, 2 863 458, 2 8 8 206, 3 045 676, 3 508 553, 3 568 677, 3 659 606, 3 788 325 Il a également été tenu cGmpte d'une publication concer- nant l'arrachement de veines par un instrument ayant une certaine ressemblance avec lVinstrument décrit dans le troisième brevet cité cidessus. Il s'agit de l'article de Kutz et Hendricks intitulé "New Vein Stripper and Technique of Stripping" dans le périodique "Surgery", volume 20, pages 271=275 (1975). A la cónnaissance de la demanderesse, l'art antérieur ne contient nulle part la moindre suggestion en direction d'un pro- cédé et d'un instrument pour, comme c'est le cas selon l'invention, prélever un segment de veine saphène & l'état étalé, supporte sur une tige et enfermé dans un tube, dans l'état néceesaire pour son réemploi, pour des pontages par exemple. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront plus clairement de la description qui va suivre d'exemples de réalisation pratiques mais nullement limitatifs de l'instrument utilisé pour la mise en oeuvre du procédé de l'invention, ainsi que du dessin annexé, sur lequel: - la figure 1 est une élévation d'un instrument selon un premier exemple, avec des arrachements pour montrer des éléments intérieurs; - la figure 2 est une coupe transversale suivant la ligne II-II de la figure 1 mais à plus grande échelle; - la figure 3 est une coupe longitudinale partielle suivant la ligne III-III de la figure 2; - la figure 4 est une coupe transversale suivant la ligne IV-IV de figure 1 mais à plus grande écbelle; - la figure 5 est une coupe axiale partielle suivant la ligne V-V de figure 3; - la figure 6 est une élévation d'un instrument selon un second exemple; - la figure 7 est une vue en bout de la tête de cet instrument, prise de la droite de figure 6 et à plus grande échelle; et - la figure 8 est une coupe axiale partielle suivant la ligne VIII-VIII de figure 7. Comme on peut le voir sur le dessin, en particulier sur les figures 1 à 5, l'instrument selon l'invention est constitué de deux parties: une tige centrale et un élément coupant séparé. Selon un mode de réalisation avantageux, la tige cen- trale, servant de mandrin sur lequel la veine prélevée est supportée et maintenue à l'état étalé, est faite de Nylon de qualité médicale et possède un diamètre d'environ 3 am et une longueur de 105 cm, ce qui est plus du double de la longueur (50 cm) de l'élément coupant représenté. Au milieu et/ou près du milieu de sa longueur, la tige présente une ou plusieurs gorges annulaires 11 dans sa surface exté- rieure (trois gorges étant représentées ici), avec des écartements d'environ 1 à 2 cm. L'élément coupant de l'exemple des figures 1 à 5 possède un corps tubulaire 20 d'un plastique lisse approprié, dont le diamètre extérieur ne dépasse pas 15 mm et dont la lumière 21 a un diamètre d'environ 7 mm. A une extrémité, ce corps porte une tête coupante 22 sensiblement cylindrique, qui est fixée par un embout 23 dans l'extré- mité distale du corps 20 et comporte en outre une partie intermé- diaire porte-lames 24 et un nez 25 faisant saillie à l'extrémité distale. La partie intermédiaire présente deux méplats opposés d'o font saillie une ou plusieurs bossages 26 s'emboltant dans des fentes ou des trous de deux lames d'acier 27. Des pièces de remplissage 28 en H contribuent au maintien en place des lames. Chaque lame possède un tranchant 29 parallèle à l'axe de la tête et un bord avant non coupant 30 orienté obliquement vers l'arrière à partir de la pointe distale 31. Les lames sont fixées sur la tête coupante par une virole cylindrique 32 en acier ou plastique. Le nez 25 de la tête possède une section circulaire et s'amincit faiblement en cône vers son extré- mité libre, laquelle dépasse légèrement (de 3 mm par exemple), dans le sens distal, des pointes 31 des lames. L'ensemble de la tête coupante de cet exemple est fixé dans le corps 20 par une protubé- rance 35 prévue sur l'embout 23 et s'encliquetant dans un trou 36 du corps, ce qui constitue un verrouillage mécanique, pouvant s'ajouter si désiré à une fixation par ciment ou autre. La stabilité de la tête coupante est assurée en plus par des protubérances radiales 37 prévues à l'extrémité avant de l'embout 23 et s'ajustant dans des encoches ménagées dans le bord distal du corps 20. La partie extrême proximale du corps 20 forme une partie de préhension ou manche 38, pouvant être matérialisée par un striage ou un moletage sur une longueur adéquate afin de faciliter la rotation manuelle de l'élément coupant pour l'exécution de la fonction pour laquelle il est prévu. L'élément coupant de l'exemple des figures 6S 7 et 8 possède un corps tubulaire 40 (corme le corps 20), sur l'extrémité distale duquel est montée une tête coupante 41 de forme cylindrique, présentant une lumière 42 avec un orifice 43 qui s'évase vers l'avant. Deux côtés opposés de la tête sont évidés pour former des logements avec des protubérances de support 44 pour deux lames 45. Chacune de ces lames comporte une queue droite 45' et une partie coupante 45" qui s'incurve vers l'intérieur et l'arrière à partir d'une pointe distale 46. Les queues des lames s'ajustent par des fentes 47 sur les protubérances 44 pour le maintien sûr des lames en position de coupe. La portion extrême proximale du corps 40 forme un manche (non repré- senté) semblable au manche 38 pour la rotation manuelle de l'élément coupant. Les éléments coupants des deux exemples sont utilisés avec la même tige centrale 10. Le mode opératoire recommandé pour prélever une veine sapliène consiste à pratiquer une incision dans la région de la veine en deux points: un premier point sous le genou et un deuxième point choisi dans l'aine. Au premier point sous le genou, la veine est ligaturée et sectionnée. La tige centrale 10 en plastique est intro- duite dans la veine saphène et remontée dans la lumière de la veine 249592V jusqu'à ce qu'elle puisse être palpée a l'aine. L'extrémité inférieure coupée de la veine est attachée solidement dans une ou plusieurs des gorges Il pour maintenir la veine étendue et l'empêcher de glisser pendant le prélèvement. L'élément coupant est ensuite enfilé sur la partie extérieure de la tige (dont la moitié seulement se trouve dans la lumière de la veine) et introduit dans la jambe au droit de lVinci- sion sous le genou puis avancé - pendant qu'il est tourné autour de son axe longitudinal - autour de la tige et sous la peau, tout au long du trajet de la veine saphène vers l'aine. Les lames effilées dans la tête cylindrique coupent les veines tributaires et les tissus gras autour de la veine saphène pendant l'avance en hélice de l'élé- ment coupant vers l'aine. La tige en plastique centre la veine et assure que l'outil coupant suit le trajet de la veine saphène jusqu'à l'aine. Le nez proéminent 25 de la tête coupante 22 empêche de manière efficace le contact de la veine avec les lames 27 et présente le tissu environnait à l'état légèrement tendu aux lames, ce qui accroit la précision.de coupe. Avec l'instrument des figures 6 à 8, le bord de l'orifice 43 déforme le tissu qui entoure la veine de manière à présenter aux lames 45 des surfaces à couper espacées de la veine, laquelle est située dans la lumière 42 de la tête coupante. Quand la tête coupante atteint l'aine, la veine est ligaturée et sectionnée puis tout l'instrument, contenant la veine supportée sur la tige 10 et enfermée dans le corps tubulaire 20 (ou 40), est retiré par la première incision. Les deux petites incisions sont fermées et un pansement élastique est appliqué à la cuisse pour empê- cher le saignement, comme cela est effectué couramment pour des opéra- tions d'arrachement de veines saphènes. La veine, ainsi enlevée en très peu de temps, est ensuite préparée de façon habituelle pour être utilisée dans un pontage par exemple. Toute l'opération de prélèvement de la veine peut être réalisée par une seule personne. D'après des expérimentations faites avec des prototypes élèmcntaires, une personne peut prélever toute la veine saphène en moins de 5 minutes, alors qu'il faut 1 à 2 heures lorsqu'on applique la technique couramment utilisée dans la plupart des institutions, comme décrit dans ce qui précède. La tige centrale, servant de support pour la veine et de guide pour la tète coupante, doit être plus de deux fois plus longue que l'outil coupant. I1 est important> après que la veine saphène a été attachée sur la tige centtrale, qu'une traction soit exercée sur la tige pour maintenir la veine sous légère tension pen- dant que l'outil coupant est poussé en avant vaers l'aine, ceci afin d'azsurer que la veine ne se plie pas et ne soit accidentellement prise dans l'élément coupant. L'invl'tion aest pas limitée aux formes de réalisation décrites et l'homne do l'art pourra y apporter diverses modifications, sans pour autant sortir de son cadre. R E V E N D I C A T I 0 N S 1. Instrument pour prélever un segment de veine ou une veine entière comme tissu vivant en vue de son utilisation dans un environnement différent, caractérisé en ce qu'il com- prend une tige centrale (10) susceptible d'être passée par la lumière d'une veine à prélever et un élément coupant tubulaire, possédant à son extrémité distale une tête coupante cylindrique (22, 41), laquelle présente une lumière dimensionnée pour rece- voir la veine et la tige centrale, une partie distale de la tête coupante étant située dans un premier plan définissant l'extrémi- té distale de l'élément coupant, en ce qu'au moins une lame coupante plate (27, 45) est fixée dans la tête coupante (22, 41) dans un second plan parallèle à l'axe de l'élément coupant, la lame possédant une pointe (31,46) qui ne s'étend pas au-delà dudit premier plan dans le sens distal, en ce que la longueur de l'élément coupant tubulaire est au moins égale à la longueur de la portion de veine à prélever et en ce que la longueur de la tige centrale (10) est plus grande que le double de la longueur de l'élément coupant. 2. Instrument selon la revendication 1, caractérisé en ce que la tige centrale (10) présente au moins une gorge annulaire (11) près du milieu de la longueur de la tige. 3. Instrument selon l'une quelconque des revendica- tions 1 et 2, caractérisé en- ce qu'il comprend deux lames (27, ) possédant chacune un tranchant (29, 45') dont chaque point est sensiblement tangentiel à la tête coupante (22, 41). 4. Instrument selon la revendication 3, caractérisé en ce que les tranchants (29) des lames (27) sont droits et sensiblement parallèles à l'axe de la tAte coupante (22). 5. Instrument selon la revendication 3, caractérisé en ce que les tranchants (45") des lames (45) sont courbes.