La présente invention se rapporte à un produit et à un procédé de lutte contre certaines sortes de moustiques. Pour combattre les moustiques (Culicidae), on connaît déjà un grand nombre de procédés qui sont 1) la lutte au moyen d'insecticides, 2) les dispositions prises par des constructions de retenue d'eau, 3) le développement de conditiorsde de vie d'ennemis naturels des moustiques ou de leurs chrysalides et de leurs larves, 4) les traitements de surface des étendues d'eau, 5) l'utilisation de régulateurs de croissance (Hormones), 6) les procédés microbiologiques, 7) les méthodes génétiques (stérilisation chimique ou radiologique), 8) les pièges à moustiques. Certains de ces procédés, par exemple l'application de mesures comprises au point de vue retenue des eaux, n'apportent des résultats que si l'on dispose des conditions d'environnement nécessaires. D'autres procédés tels que les manipulations génétiques, n'ont fait jusqu'à présent l'objet que de trop peu d'expériences pour être utilisés en laissant envisager des chances de succès. La lutte par des moyens chimiques ainsi que le traitement de surface des étendues d'eau servant d'emplacement de développement aux moustiques, sont donc particulièrement intéressants. La destruction chimique des moustiques échoue toutefois essentiellement parce qu'il n'existe aucun insecticide à action sélective sur les moustiques. En plus des différentes sortes de moustiques, d'autres sortes d'insectes sont régulièrement détruits qui servent pour leur part de nourriture à un grand nombre d'autres formes de vie. Ceci entraine la plupart du temps une destruction de l'équilibre écologique régnant par exemple dans les zones humides. Par le traitement des surfaces des étendues d'eau, on cherche à provoquer que les différentes phases de dévelop pement vivant dans l'eau des moustiques ne puissent plus absorber d'air . Suivant les méthodes les plus anciennens dans ce domaine, on déverse du pétrole sur la surface des eaux dans lesquelles se développent les moustiques. Etant donné que cette façon de nombreux organismes vivant dans l'eau sont détruits et que les importantes quantités de pétrole constituent un danger pour les nappes aquifères, cette méthode est totalement inappliquable pour des raisons écologiques. Par ailleurs, il est connu que la lécithine obtenue à partir du jaune d'oeuf ou de substances cérabrales animal se répand sur les surfaces des eaux en formant une couche sensiblement monomoléculaire.Cette couche empêche que les chrysalides des moustiques et les larves ne puissent traverser la surface de l'eau avec leur tube respiratoire. Cette méthode constitue donc un procédé de lutte efficace et largement spécifique pour les moustiques. Toutefois elle présente l'inconvénient que les sortes de lécithine précitées sont rares et donc coûteuses. La lécithine d'origine végétale la meilleure marché et dont on peut disposer en plus grande quantité, n'est pas en mesure de former des couches monomoléculaires sur les surfaces des eaux. La présente invention repose donc sur le fait connu que avec de la lécithine d'origine végétale, avantageusement de la lécithine de soja, on peut obtenir la formation d'une couche très mince sur les eaux servant de nids aux moustiques si l'on utilise la lécithine sous forme d'une solution de lécithine végétale dans un solvant écologiquement non dangereux, non miscible à l'eau présentant un pouvoir dispersant important ou si cette lécithine est absorbée sur une substance portante soluble dans l'eau écologiquement non dangereuse. Comme lécithine, on peut utiliser de la lécithine de soåa couramment commercialisée, du type utilisé dans l'industrie alimentaire. On peut également utiliser de la lécithine végétale présentant un degré de pureté moins important. Comme solvant, on pourra utiliser des paraffines à channe rectiligne biologiquement dégradables. Une paraffine-n liquide particulièrement avantageuse présentera notamment la composition suivante n-paraffine minimum 99% i-paraffine maximum 0,2% Aromate maximum 0,05% Point d'ébullition 180-2000C La partition de n-paraffine C9 maximum 0,1% C10 maximum 10% C12,13 minimum 50% C14 maximum 1,5% Reste C11 Il est également possible d'utiliser les isoparaffines plus difficiles à dégrader, par exemple un hydrocarbure contenant plus de 90, avantageusement plus de 98% d'isoparaffine. Suivant un autre mode de réalisation avantageux de l'invention, le produit est formé d'une solution d'une part en poids de lécithine de soja dans 0,5-10 parts en poids, avantageusement 1-3 parts en poids de solvant. Le cas échéant, on pourra également utiliser un mélange de solvants non dangereux au point de vue écologique. La proportion de lécithine de soja et du solvant peut être de 1:3 dans le cas d'isoparaffines et de 1:2 dans le cas de n-paraffines. Comme substances portantes solubles dans l'eau non dangereuses au point de vue écologique, on peut par exemple utiliser des sucres tels que du sucre de canne, ou de la dextrose, du bicarbonate de sodium ou d'autres sels anorganiques non toxiques. La lécithine végétale est absorbée par la substance portante avantageusement à raison de 1:1 à 1:10, avantageusement de 1:2 à 1:5 en étant répartie avantageusement sous forme de granulés sur les eaux servant de nids aux moustiques. Ce produit est particulièrement avantageux lorsqu'il est utilisé dans des étendues d'eau comportant une dense végétation. Le procédé conforme à l'invention se caractérise essentiellement par le fait que l'on utilise le produit avant la période d'éclosion des moustiques à raison de 0,1 à 10 litres ou kilos par hectares de surface d'eau. L'application du produit est simple. Ceci peut notamment être réalisé par pulvérisation sur la surface de l'eau. Le produit présente un grand pouvoir dispersant si bien que le film de lipide se répartit très largement même si la surface de l'eau est souillée par la formation d'une peau de moisissure. Le grand pouvoir dispersant permet également l'application à l'intérieur d'une végétation dense. La mise en danger d'autres animaux aquatiques dans le produit conforme à l'invention n'est pas à craindre, à quelques exceptions près. Certaines sortes d'insectes aquatiques aerobies et leur larves sont momentanément perturbées si l'on utilise des quantités importantes de produits. Par ailleurs, ce produit est biologiquement dégradable et disparait donc en peu de temps de 1écosystème. L'invention sera mieux comprise et d'autres buts caractéristiques détails et avantages de celle-ci apparaîtront plus clairement à l'aide des différents exemples et expériences en laboratoire et en milieu réel décrits ci-après. La lécithine de soåa utilisée provenait de l'industrie alimentaire. Comme solvant pour le produit de lécithine visqueux, on a utilisé une isoparaffine peu visqueuse, par exemple les produits connus sous les dénominations commerciales respectives de "Isopar-M et Mobisol 10a! Ces isoparaffines sont utilisées pour la protection des plantes avec des émulsionnants à titre de "Synergides" dans les procédés de pulvérisation, l'émulsionnant normalement utilisé étant dans ce cas remplacé par le lécithine. Les isoparaffines precitées ne contiennent pas d'impuretés toxiques et ne présentent aucun danger pour les plantes, même à haute dose. Dans ce cas, le rapport de lécithine et de solvant était de 1:3. Résultats des expériences de laboratoire Efficacité contre les chrysalides de moustiques Des expériences ont été ffiites dans des bacs de plastique (33 cm de large, 33 cm de long, 18 cm de haut) qui ont été préalablement nettoyées à fond à l'acétone. Ces cristallisoirs peuvent contenir 8 litres d'eau de mare.0na appliqué différentes quantités de substances formant un film de lipide avec une pipette puis on a testé son efficacité et sa durabilité Dans chaque cristallisoir, on a déposé 10 chrysalides de moustiques (Aedes vexans,quietla famille de moustiques la plus couramment rencontrée sur les prairies en bordure du Rhin). La durée pendant laquelle pour B plus faible concentration, 100% des animaux meurent, est utilisée comme durée de test.Les autres animaux morts ou survivants dans les cristallisoirs sont comptés et retirés. Ensuité, on rajoute 10 nouvelles chrysalides. L'expérience est répétée 5 fois de suite. On calcule ensuite les valeurs moyennes. Les résultats obtenus sont résumés au tableau 1. Tableau I Mortalité en % après 3 heures de durée d'action du film de lipide sur les chrysalides de moustiques en fonction de l' ge du film et de la quantité appliquée Quantité appliquée 0-3 h 3-6 h 6-9 h 9-12 h (ul) 10 (1 1/ha) 100 83 50 37 5 (0,5 1/ha) 77 43 20 10 2,5 (0,25 1/ha) 73 30 10 6 1,25 (0,125 I/ha) 30 0 0 0 K O O O O Les expériences montrent que la quantité minimale à appliquer est de 1 litre à l'hectare et que l'efficacité du film de lipide diminue rapidement. Efficacité vis à vis des larves de moustiques (4ème stade de développement) Dans des cristallisoirs de matière plastique contenant 8 litres d'eau de mare, on a déposé 10 larves de moustiques (au 4ème stade de leur développement). Comme nourriture, on a utilisé les comprimés déposés au fond du produit connu sous la dénomination de "Tabi Min Trockenfutter" à raison de 2 comprimés par cristallisatoir. On a appliqué différentes quantités de la substance formant un film puis on a compté les animaux morts suivant le laps de temps prédéterminé. L'expérience est répétée 5 fois et on calcule ensuite les valeurs moyennes. Les résultats de ces expériences sont résumées au tableau nO 2. Efficacité du film de lipide sur d'autres organismes aquatiques Les expériences ont été exécutées dans des cristallisoirs de matière plastique avec 10 animaux et elles ont été répétées 3 fois. Les cristallisoirs contiennent 8 litres d'eau de mare contenant des plantes aquatiques (Ceratophyllum). Une planchette de bois surnageant à la surface de l'eau offre aux animaux la possibilité de sortir de l'eau en cas d'absence d'oxygène. Les résultats de ces expériences sont résumés au tableau 3. Tableau 2 Mortalité des différents stades de larves d'insectes de la famille Anopheles en fonction de de la quantité de produits appliquée et de la durée d'action. Evaluation: Quantiés 0-3 h 3-24 h 24-48 h Mortalité au bout de 2 jours 1. Stade 1 1/ha 0 8 7 100 % 2 1/ha 0 6 7 87 % 4 1/ha 0 6 8 93 % 8 1/ha 0 10 5 100 % 2. Stade 1 1/ha 0 10 4 93 % 2 1/ha 0 8 7 100 % 4 1/ha 0 11 4 100 % 8 1/ha 0 10 5 100 % 3. Stade 1 1/ha 0 11 3 100 % 2 1/ha 0 9 6 100 % 4 1/ha 0 13 2 100 % 8 1/ha 0 12 3 100 % 4. Stade 1 1/ha 4 11 0 100 % 2 1/ha 5 10 0 100 % 4 1/ha 7 8 0 100 % 8 1/ha 5 10 0 100 % Contrôle 0 0 0 0 % Tableau 3 Animaux auatiques aérobie Famille, sorte, stade Mortalités Fuites Survivant dans l'eau Notonectidae, Notonecta glauca (insecte) 30 % 0 % 70 % Notonectidae, Notonecta glauca (1.Stade) 0 % 0 % 100 % Naucoridae, Naucoris cimicoides (dernie stade de larve) 50 % 30 % 20 % Coricidae, Ligara lateralis 50 % 30 % 20 % Dytiscidae, Coelambus impressopunct, (insecte) 0 % 0 % 100 % Suite de tableau 3 Famille, sorte, stade Mortalités Fuites Survivants dans l'eau Hydrophilidae, Berosus signaticouis (insecte) 0 % 0 % 100 % Nepidae, Ranatra linearis (insecte) 0 % 0 % 100 % Les animaux qui ne sont pas obligés pour vivre de respirer de l'air tel que Tubificidae, Cladocera, Copepoden, Isopoda, Chironomidae, Ephemeridae, Trichoptera, Odonata (Zygoptera et Anisoptera), Chaoboridae, Physidae et Limnaeidae, n'ont subi aucun dommage. Les têtards de crapauds terrestres et les alvins de poissons n'ont également subi aucun dommage. Au cours d'une expérience menée dans des praires en bordure du Rhin, dans le régioe Philippsburg et de Oberhausen Rheinhausen, il n'a pas été constaté de détérioration de l'environnement animal ni même des insectes aquatiques se trouvant dans les étendues d'eau traitées, à l'exception des punaises d'eau de la famille Corixa, bien que l'on ait appliqué des quantités maximales (8-10 1/hua). D'après des expériences plus récentes, il s'avère que sur le terrain, des quantités de 4 I/ha suffisent. Les familles de Gerridae et de Hydrométridae peuvent fuir. Au plus tard au bout de 10 minutes, ces animaux peuvent à nouveau se déplacer sans aucune gêne sur la surface d'eau recouverte du film de lipide. Résultats des expériences réalisées dans la nature. Dispersion Sur une mare au sud de Rheinhausen présentant une faible pellicule de moisissure en surface, on a appliqué avec une pipette 5 mm de la substance formant un film. La température de l'air était de 250C, celle de l'eau de 200C. Malgré la présence de la pellicule de surface, la substance s'est répartie en 10 minutes sur environ 50 m2. Efficacité sur leschrpElides de moustiques et les larves (au 4ème stade de développement). Lieu : des fossés au sud de Philippsburg, en direction de Rheinsheim sur un ancién bras du Rhin. Nature de l'étendue d'eau : longueur 50 m, largeur 1,50 à 2,00 m, profondeur 10 cm. Couleur verte recouverte de feuilles d'arbre, légère pellicule de moisissure sur l'eau, absence de végétation. Un dm2 d'eau contenait environ 25 à 50 chrysalides de moustiques (Aedes vexans) et environ 5 larves au 4ème stade de développement. Par ailleurs, on a trouvé un grand nombre de dytiques différents (larves et insectes développés), des écrevisses et des daphnies. Conditions d'expériences Avec de la terre, on a défini trois portions de 5 m et de 1,50 m de large puis on a appliqué à l'aide d'une pipette la substance en quantités différentes. La température de l'air, au moment de l'application, était de 280C, celle de l'eau de 220C. Le fossé était à l'ombre. Conditions atmosphériques : ensoleillé, léger vent d'ouest. 1ère portion : 6 ml ont été appliqués c'est-à-dire 81/ha 2ème portion : 3 ml ont été appliqués c'est-à-dire 41/ha 3ème portion : contrôle Résultat Dispersion : la substance s'est répartie dans les deux portions sur l'ensemble de la surface disponible. Efficacité Au bout d'une heure : dans les deux portions, on a observé les premières chrysalides mortes tandis que les insectes au stade achevé de leur croissance ne pouvaient pas se libérer de la surface. (Dans les deux portions précitées, à part un mince filet pratiquement invisible de lécithine, le film de substance n'était pratiquement plus visible). Au bout de deux heures : dans la première portion, toutes les chrysalides étaient mortes et les larves étaient fortement affaiblies Au bout de trois heures : dans le seconde portion toutes les chrysalides étaient mortes et les larves fortement affaiblies. Contrôle : 25-50 chrysalides/dm2, 5 larves/dm2. Au bout de 24 heures : dans la première portion, toutes les chrysalides et les larves étaient mortes et dans la seconde portion, au maximum une chrysalide/dm. 2 Contrôle : 25-50 chrysalides dm2, aucune larve. En rajoutant des chrysalides, on peut constater que les films ne sont plus efficaces. Les écrevisses, les dytiques et les daphnies n'ont subi aucun dommage. Bien entendu, l'invention n'est nullement limitée aux modes de réalisation décrits et représentés qui n'ont été donnés qu'à titre d'exemple. En particulier, elle comprend tous les moyens constituant des équivalents techniques des moyens décrits, ainsi que leurs combinaisons, si celles-ci sont exécutées suivant son esprit et mises en oeuvre dans le cadre des revendications qui suivent. REVENDICATIONS 1. Procédé servant à lutter contre différentes sortes d'insectes par l'application d'un film de lécithine sur des étendues d'eauslvalLde mes aux moustiques, caractérisé par une solution de lécithine végétale dans un solvant écologiquement non dangereux, non miscible à l'eau, présentant un grand pouvoir dispersant, ou par une lécithine végétale adsorbée sur une substance portante soluble dans l'eau ne présentant aucun danger au point de vue écologique. 2. Produit selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il contient de lécithine de soja. 3. Produit selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que le solvant contient plus de 90%, avantageusement plus de 98% d'isoparaffine. 4. Produit selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que le solvant est une paraffine à channe rectiligne. 5. Produit selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé par une solution d'une part en poids d'une lécithine de soja dans 0,5 à 10 avantageusement,1 à 3 parts en poids du solvant. 6. Produit selon la revendication 1 ou 2, caractérisé par un mélange 1-1 O, avantageusement 2-5 parts en poids de substance portante et d'une part en poids d'une lécithine de soja. 7. Procédé de lutte contre différentes sortes de moustiques en utilisant le produit selon l'une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que lton utilise le produit à raison de 0, 1 à 10 litres ou kilos par hectares de surface d'eau avant la période d'éclosion des moustiques.