La présente invention a pour objet l'utilisation de sels de l'acide 2,4,5-trichloro-phénoxy-acétique avec des amines, plus particulièrement en mélange avec un phosphate, pour la lutte sélective contre la végétation indésirable dans les plantations de conifères. Pour combattre les plantes dicotylédones indésirables dans les plantations de conifères, on utilise déjà quelques substances actives, qui. présentent cependant les inconvénient s suivants Les préparations à base d'esters de l'acide 2,4s5- trichloro-phénoxy-acétique ne peuvent être mises en jeu dans les plantations de conifères -exception faite du mélèze- qu 'à la fin de l'été, lorsque la cro-issance des plantes cultivées est complètement arretée, si bien qu'il est difficile d'atteindre diverses plantes advendices, comme par exemple les pousses de bouleau, étant donné que leur croissance est elle aussi arretée. Par ailleurs, la détermination objective de ce moment se heurte à des difficultés dans la pratique, ceci en raison des variations climatiques et locales.En outre, le dégagement du mélèze, qui est indispensable, ne s'effectue pas de façon satis faisant, De leur côté, les préparations à base du dichlorure de 1,1'-diméthyl-4,4'-bipyridinium sont pulvérisées à l'aide de buses à ået plat ou d'un écran protecteur. Comme l'agent détruit néanmoins toutes les parties de plantes vertes avec lesquelles il entre en contact, il est nécessaire d'assurer, avant la pulvérisation, une protection suffisante des plantes cultivées, ce qui n'est guère réalisable en raison des difficultés de déplacement dans les zones forestières cultivées, surtout quand la végétation a déjà grandi. Par contre, les préparations à base de 2,6-dichlorothio-benzamide sont épandues. L'application a lieu au début du printemps, ce qui exclut les plantations de pins La limitation dans le temps de l'emploi et l'exclusion d'un type important de conifères, en l'espèce le pin, ainsi que la nécessité d'un dosage très précis, entraient des difficultés importantes pour l'utilisation de ces préparations. Il était donc tres souhaitable de pouvoir disposer d'un agent chimique de lutte contre les plantes adventices, lequel permit de lutter, sans utilisation de dispositifs de protection techniques, et en assurant une protection entière des conifères très sensibles, au cours de la croissance, contre les plantes adventices ligneuses et herbacées, prédominant dans les zones en question telles que les jeunes pousses de bouleau, les framboisiers, les ronces, le séneçon, le chardon, l'ortie, Les agents à action sélective utilisés dans les cultures de céréales, qui sont à base d'herbicides régulateurs de croissance, comme l'acide 2-méthyl-4-chloro-phénoxy-acétique (MCPA), l'acide 2,4-dichloro-phénoxy-acétique (2,4-D) l'acide 2,4,5-trichloro-phénoxy-acétique (2,4,5-T), l'acide a-(2-méthyl 4-chloro-phenoxy)-propionique (CMPP), ou des mélanges de ces composés avec des sels hydrosolubles d'acides phosphoriques (cf. brevet allemand N 1 094 524) paraissent les moins appropriés à cette fin. En effet, certains de ceux-ci, par exemple le MCPS, le 2,4-D et les mélanges de ces composés, n'ont aucune action contre les plantes adventices ligneuses dans les cultures de conifères, tandis que d'autres, par exemple les 2,4,5-esters, leurs mélanges avec le MOXA, ainsi que les mélanges de 2,4,5-T avec le CBdPP, ne sont pas supportés par les cultures au cours de leur croissance. Or la Demanderesse a trouvé que l'utilisation d'au moins un sel d'amine de l'acide 2,4,5-trichloro-phénoxy-acétique, surtout en mélange avec un phosphate hydrosoluble, permet de lutter de façon sélective contre la végétation indésirable dans les plantations de- conifères. Cette action sélective est d'autant plus surprenante que l'on aurait dû s'attendre à ce que, de même qu'avec les autres herbicides indiqués plus haut, des dommages soient causés aux conifères, ce qui n' est pourtant pas le cas. Au contraire, même avec des doses d'emploi allant de 12 à 15 kg/ha, les conifères ne sont pas endommagés, alors que la lutte contre les plantes adventices n'exige que 6 kg/ha. Le procédé de l'invention permet en particulier de lutter contre les jeunes pousses de bouleau, le genet, le troène, la bardane, les ronces, le séneçon, le solidago, l'églantine, le sureau et le marc eau, lesquels ne sont que peu ou pas du tout endommagés par les autres herbicides régulateurs de croissance. Par contre les plantations des conifères des genres Picea spéc., Pinus spec., Abies spec. et Douglasie sont absolument épargnées, si bien qu'il est possible pour la première fois de lutter sur toute la surface de ces plantations contre la végétation indésirable, pendant la croissance des plantes.Si l'on tient compte de la situation économique actuelle de la sylviculture, ce fait constitue un facteur important pour le succès des exploitations de conifères, et, par conséquent, une amélioration considérable apportée à l'état actuel de la technique. Comme sels d'amines de l'acide 2,4,5-trichloro phénoxy-acétique, on envisage plus particulièrement les sels de dialkylamines inférieures, et, de préférence, le sel de diéthylamine. On a constaté par ailleurs que l'on obtient des résultats particulièrement satisfaisants quand on utilise un mélange contenant, en dehors du sel d'amine de l'acide 2,4,5 trichloro-phénoxy-acétique, un phosphate hydrosoluble, de préférence le pyrophosphate tétrapotassique ; le rapport pondéral entre les composantes est de préférence voisin de 1 : 1. On effectue avantageusement l'application sous la forme d'un agent pulvérisable aqueux du type courant, avec addition de substances surfactives, par exemple du polyoxypropylène polyéthoxylé. Les exemples dressais qui suivent ont pour but d'illustrer la présente invention. Exemples d'essais Dans divers essais,on pulvérise, sur des plantations de conifères, à chaque fois 6 kg/ha d'un mélange présentant la composition suivante 47,5 % du sel de 2,4,5-9 et de la diéthylamine, 47,5 % du pyrophosphate tétrapotassique et 5 , d'un agent mouillant à base de polyoxypropylène polyéthoxyîé, en solution dans environ 300 à 400 litres d'eau par hectare. Les essences prédominantes sont ici l'épicéa, suivi par le sapin, le douglasie, le pin et le mélèze. On peut constater qu'il est possible de traiter sans crainte de risques ces genres de conifères par le mélange conforme à l'invention. keme les pousses spontanées de conifères sont dégagées avec un bon résultat et, également, les plants, semés depuis un an, dépi- céas, de sapins, de douglasies et de pins supportent très bien le traitement. Dans différents essais, les conifères supportent aussi très bien des doses d'application allant jusqu'à 10 kg/ha et davantage. Dans le cas des mélèzes, on observe certes un certain degré de sensibilité, mais également un bon pouvoir de régénération, si bien que les éventuelles distorsions des pousses disparaissent rapidement. Les tableaux qui suivent montrent l'action du mélange conforme à l'invention contre les types de plantes adventices (a) et d'arbres indésirables (b) les plus importants en ce qui concerne la sylviculture, sous la forme des valeurs moyennes obtenues, dans chaque cas, à partir de plusieurs essais. Pour évaluer 1' action on se base sur trois groupes de valeurs 1 à 2 = de très bonne à bonne 2 à 2,5 = suffisante au point de vue de la sylviculture. 2,6 à 3 = de médiocre à non-satisfaisante au point de vue de la sylviculture. De plus les symboles ont les significations suivantes F = traitement au début du printemps s = traitement pendant l'été Z = nombre des essais W = valeur moyenne Tableau a) Action du mélange conforme à l'invention, appliqué à raison de 6 kgfha, sur les plantes adventices les plus importantes au point de vue de la sylviculture. Ortie Variétés Digitale Séneçon Soliago Balsa- Epilobe de chardon mine Z W Z W Z W Z W Z W Z W Z W F 7 1,95 9 2,83 2 2,5 1 2 5 2 S 43 1,29 43 2,06 6 2,35 40 2 3 2,3 4 1,65 39 1,44 Tableau b) Action du mélange conforme à l'invention sur les arbres et arbustes nuisibles les plus importants au point de vue de la sylviculture. Rue Bouleau Genêt à balais Ronces Noisetier Framboisier Sureau Saule Z W Z W Z W Z W Z W Z W Z W Z F 4 1,5 7 2 1 2 18 2 7 2,35 S 11 2,23 88 1,39 17 1,33 113 2,13 4 2 159 1,55 47 2,17 15 2,17 REVESDICATIONS 1.- Procédé de lutte contre-la végétation indésirable dans les plantations de conifères, caractérisé en ce qu'on utilise au moins un sel d'amine de l'acide 2,4|5-trichloro- phénoxy-acétique. 2.- Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on utilise au moins un sel amine de l'acide2,4,5 trichloro-phénoxy-acétique en mélange avec un phosphate hydrosoluble. 3.- Procédé de lutte contre la végétation indésirable dans les plantations de conifères, tel que spécifié à la revendication 1, caractérisé en ce qu'on utilise un sel de dialkylamine inférieure et de l'acide 2,4,5-trichloro phénoxy-acétique, de préférence le sel de diéthylamine. 4.- Procédé de lutte contre la végétation indésirable dans les plantations de conifères, tel que spécifié à la revendication 2, caractérisé en ce que le phosphate hydrosoluble est le pyrophosphate tétrapotassique. 5.- Un procédé de lutte contre la végétation indésirable dans les plantations de conifères, tel que spécifié à l'une quelconque des revendications 1 à-4, caractérisé en ce que l'on utilise un sel d'amine de l'acide.2,4,5-trichloro- phénoxy-acétique en mélange avec un phosphate dans un rapport pondéral voisin de 1 : 1. 6.- Un procédé de lutte contre la végétation indésirable dans les plantations de conifères, tel que spécifié à l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que l'on utilise un mélange du sel de diéthylamine et de l'acide 2,4,5-trichloro-phénoxy-acétique avec le pyrophosphate tétrapotassique, dans un rapport pondéral de 1 : 1, avec addition de composés surfactifS,.