L'invention a pour objet une tuyauterie de remblayage pneumatique à déchargement frontal composée de tubes raccordés bout à bout, lesdits tubes étant, au fur et à mesure de la progression du remblayage d'une zone, désaccouplés à tour de rôle pour être décalés de la largeur d'une ligne de remblayage et raccordes à une nouvelle ligne de tubes, décalée et prête à entamer une nouvelle phase de soufflage. On connait le procédé consistant à utiliser une tuyauterie de remblayage pneumatique selon la manière décrite cidessus, et ce dans le cas où le soutènement est réalisé à l'aide d'étançons séparés et de rallonges et que la zone à remblayer se trouve derrière la dernière rangée d'étançons, située à l'arrière-taille. Le tube démonté tombe alors à l'arrière de cette rangée, c'est-à-dire sur le mur de la zone à remblayer, d'où l'on doit le tirer à la main pour le faire passer entre les étan gongs de la dernière rangée jusqu'à la zone voisine à remblayer. Ce travail est extrêmement pénible et n'est pas sans danger. Dans la nouvelle zone de remblayage, les tubes sont ensuite soulevés à la main pour être raccordés à la nouvelle tuyauterie préparée pour commencer le remblayage de la largeur suivante. On connaît également (cf. la revue "Bergbaurundschau1, 1957, p. 367), un procédé de remblayage pneumatique lié à un soutènement totalement mécanisé. Selon ce procédé1 la tuyauterie est suspendue au soutènement composé de châssis, à l'intérieur de ceux-ci. La longueur des tronçons de tubes est alors adaptée aux intervalles du soutènement, ce qui évite d'avoir à les descendre ou à en modifier la suspension lorsqu'on avance le dernier châssis de la taille chassante. I1 suffit alors de séparer le tronçon de tube en bout de la conduite soufflante pour l'avancer vers sa nouvelle position avec le chassies de soutènement dans lequel il est suspendu. La zone à remblayer se trouve alors, vue dans le sens de la pente de la veine, à l'arrière de la partie déjà déplacée du soutènement.On évite ainsi une partie du travail manuel nécessaire selon le procédé décrit précédemment. Le fait de loger la tuyauterie de remblayage à l'intérieur des châssis de soutènement est plus avantageux, en règle générale, que la suspension d'une telle tuyauterie à un bras en porte-àfaux d'un élément de soutènement qui pénètrerait dans la zone de remblayage, -par exemple une rallonge-, parce que ce système permet de mieux observer la tuyauterie et que les réparations sont plus faciles tout en présentant moins de risques. Par contre, un inconvénient considérable réside en ce que les tronçons de tubes suspendus à deux châssis doivent être déplacés ensemble, c' est-à-dire en accompagnant lesdits châssis. Or, il faut tenir compte de ce que le déplacement des châssis réclame une surveillance attentive de la partie de toit non soutenue sur toute la largeur d'un étrésillonnage, où il faut empêcher ou combattre les éboulements.Ceci suffit déjà à absorber toute l'attention des équipes, d'autant que le déplacement des élé- ments de soutènement ne s'effectue souvent que par saccades. Dans ces conditions, le tronçon de tube, désolidarisé de la conduite et suspendu au soutènement, se met à osciller et doit être ramené dans la position correcte pour le raccordement à la nouvelle ligne de tubes correspondant à la mise en route du remblayage d'une nouvelle largeur, et qu'il faut assembler. Souvent, il faut d'ailleurs modifier la hauteur du soutènement lorsque ce dernier est décalé et doit occuper son nouvel emplacement, ce qui oblige à procéder à une correction de la suspension du tronçon de tube ou de la tuyauterie toute entière. A cet effet, on a déjà créé des dispositifs d'accrochage à hauteur réglable, actionnés par des cylindres dès la phase de rabotage de la couche explqitée. L'invention a donc pour but de donner à une tuyauterie de remblayage pneumatique à déchargement frontal du type précité une confIguration telle que chacun des tubes isolés puisse être déplacé indépendamment des éléments de soutènement qui le portent et qu'en outre le travail manuel puisse être supprimé dans une large mesure. La solution de ce problème consiste, selon l'invention, en ce que les tronçons de tubes, suspendus au soutènement ou en appui sur le mur selon les méthodes connues, sont reliés entre eux par des éléments d'un parallélogramme déformable et qu'ainsi chaque tronçon de tube, une fois désaccouplé du suivant, peut être décalé parallèlement à lui-même, selon une direction perpendiculaire, du moins approximativement, à son axe. Un mode d'exécution particulièrement rationnel consiste à donner aux éléments du parallélogramme déformable la forme de deux bielles de guidage articulées à leurs extrémités, les articulations situées à un bout étant axialement fixes sur l'extrémité de l'un des tubes, tandis que celles situées à l'au tre bout sont axialement mobiles, le long d'une douille entourant l'autre tube, grâce à des mécanismes à cylindres et pistons parallèles à l'axe du tube, et que l'extrémité de ladite douille située du côté de l'extrémité dudit tube est reliée à une crosse coudée orientée vers le tube voisin, sa branche coudée, qui dépasse la jonction du tube, portant par une articulation un bras de guidage dont l'autre bout est articulé à un point situé entre les deux articulations d'extrémité d'une bielle de guidage. D'autres particularités et avantages de l'invention ressortiront de la description qui va suivre. En effet, le montage et le fonctionnement de l'objet de cette invention sont explicités de façon plus détaillée èn s'appuyant sur un exemple d'exécution, sans aucun caractère limitatif, illustré aux dessins annexés, dans lesquels Fig. 1 est une vue latérale d'une section de la tuyauterie de remblayage pneumatique selon l'invention. Fig. 2 est unevue de dessus correspondant à Fig. 1. Fig. 3 et 4 sont des vues de dessus, à plus grande échelle, d'un détail du dispositif dans deux positions différen tes. Si l'on se réfère aux figures I et 2, la flèche I indique la direction du front de taille de l'exploitation d'une veine. Le repère II indique la zone à remblayer. L'étrésillon nement 1 est indiqué par des traits discontinus. Les éléments porteurs décalables du soutènement sont figurés du côté du remblayage et s'appuient sur des dalles-semelles 3. Le soutène ment peut être, par exemple, du type à boucliers, le bouclier d'attaque ou de toit du côté du front de taille n'étant pas représenté pour plus de simplicité. La terre de remblayage est déchargée à l'avant, en sortant de la ligne de tubes 4, selon la direction de la flèche III, pour être déposée dans la zone à remblayer Il. La ligne de tubes 5 est tenue prête pour une nouvelle phase du soufflage et à mesure que le remblayage progresse, la conduite est avancée en désolidarisant de la ligne de tuyauterie 4 le tube 6 situé à l'avant, pour le décaler en direction du front de taille et le raccorder à la ligne de tuyauterie 5. Ensuite, on avance l'élément de soutènement 1 correspondant. Les deux lignes de tuyauterie 4 et 5 sont disposées à l'intérieur de l'espace libre du soutènement mobile, donc faciles à surveiller, et d'autre part, les réparations éventuellement nécessaires peuvent être exécutées à l'abri du soutènement.Les tronçons de tuyauterie sont suspendus au soutènement, par exemple, à l'aide de chaînes 7 ; ce dispositif de suspension peut être réglé latéralement et-en hauteur à mesure que l'exploitation de la veine progresse, ce fait n'étant pas illustré aux dessins. La chaîne de suspension 7 porte une patte 8 qui fait partie de la tuyauterie. La longueur du tronçon de tube correspond, dans l'exemple choisi, à la largeur de deux éléments 1 de soutènement se succédant sur la pente de la veine, plus particulièrement de deux boucliers. Les tronçons de tubes 6 sont raccordés entre eux par des dispositifs de raccordement 9 à entraînement hydraulique, portés par une extrémité de chaque tronçon 6 ; l'about étanche antagoniste du tronçon voisin est désigné par 10. Une douille 11 est emboîtée sur le tronçon de tube 6, la face frontale de ladite douille étant en appui sur le dispositif de raccordement 9, tandis que son autre extrémité est fixée de façon amovible sur le tronçon 6 par un assemblage à brides 12. La douille 11 se compose de deux sections cylindri ques 13 et 14 de diamètres différents, reliées par une partie conique, la section 13, située en regard du raccordement 9, ayant un diamètre extérieur plus petit que la section 14, située en regard des brides 12. Les sections 13 et 14 de la douille 11 forment une surface de glissement pour un manchon 15. Ce dernier présente une fente 16 qui lui permet de coulisser axialement le long de la patte de suspension 8 élargie en plaque 17 à cet endroit, tout en restant bloqué en rotation.Le manchon 15 est entraîné par les deux tiges 18 de deux cylindres 19 dont les culots sont fixé-s à un étrier 20 bloqué sur le tube 6. Ces cylindres moteurs sont disposés parallèlement à l'axe du tube 6, à faible distance de celui-ci ou de sa douille 11. Aux deux points 21 du manchon 15 viennent s'articuler deux bielles de guidage 22 et 23 dont les extrémités opposées sont articulées aux points 24 avec un collier de serrage 25 disposé à demeure sur le tronçon de tube voisin 6. Une crosse coudée 26 est fixée à la douille 11 et/ou au dispositif de raccordement 9 et sa branche coudée 27, parallèle à l'axe du tube, porte, par une articulation 28, un bras de rappel 29 dont l'autre extrémité est articulée avec la bielle de guidage 22 en un point 30 situé entre les articulations extrêmes 21 et 24 de cette dernière. La distance de la branche horizontale 27 de la crosse coudée à l'axe du tube est réglable, ce qui permet de réduire ou d'augmenter la distance du point d'articulation 28 du bras de rappel 29 à l'axe du tube. Les bielles de guidage 22, 23 avec leurs articulations 21, 24 et le bras de rappel 29 coopèrent pour former une transmission spéciale à parallélogramme déformable. Grâce à cet agencement, l'effort exercé par l'un des deux cylindres moteurs 19 est transmis au collier 25 par application aux points d'articulation 21 qui le transmettent aux belles 22, 23 de telle manière que les points d'articulation 24 desdites bielles effectuent une translation perpendiculaire aux axes des tuyauteries 4, 5. Les positions de fin de course de ce mouvement sont plus spécialement visibles aux fig. 3 et 4.En réglant la position du point d'articulation 28 du bras de rappel 29 à une distance plus ou moins qrande de l'axe du tronçon de tube 6, on modifie la longueur du bras de rappel 29 et l'on peut donner ainsi à la translation du tronçon 6, qui reste parallèle à luimeme, une direction légèrement différente ~d'une perpendiculaire à l'axe,au cas où ceci s' avérerait utile. Meme dans ce dernier cas, lorsque le tronçon de tube a été ainsi décalé, il peut être raccordé à la nouvelle ligne de soufflage 5 en réalisant une jonction suffisamment étanche entre le dispositif de raccordement 9 et la surface de l'about étanche antagoniste 10 pour lancer la phase suivante du remblayage pneumatique. Ainsi qu'on peut le reconnaître à la figure 1, les différents éléments précités, nécessaires pour réaliser la cinématique du dispositif, sont disposés symétriquement par rapport à chacun des tronçons de tubes 6, c'est-à-dire au-dessus et au-dessous de ce dernier. Llun des avantages inhérents à l'invention consiste dans le fait qu'en desserrant l'étrier 20 bloqué sur le tube, le collier 25 et l'assemblage à brides 12, on peut faire tourner le tronçon de tube 6 autour de son axe, ce qui permet d'asurer la régularité de l'usure de sa paroi intérieure. REVENDICATIONS 1. Tuyauterie de remblayage pneumatique à déchargement frontal composée de tubes raccordés bout-à-bout, lesdits tubes étant, au fur et à mesure de la progression du remblayage d'une zone, désaccouplés à tour de rôle pour être délacés de la largeur d'une portée de remblayage et assemblés pour former une nouvelle ligne de tubes, décalée et prête à entamer-une nouvelle phase du remblayage pneumatique, tuyauterie caractérisée en ce que les tronçons de tubes (6), suspendus au soutènement (1) ou posés sur le mur, sont reliés les uns aux al7tres par les éléments d'une transmission à parallélogramme déformable et que chacun desdits tronçons (6), apres avoir été désaccouplé par ouverture du dispositif de raccordement (9), peut être déplacé parallèlement à lui-même, selon une direction perpendiculaire, au moins approximativement, à son axe 2. Tuyauterie de remblayage selon la revendication 1, caractérisée en ce que les éléments de la transmission à paral lélogramme déformable se composent de deux bielles de guidage (22, 23), articulées à leurs deux bouts, dont les articulations situées à un bout (24, 25) sont axialement fixés sur le tube auquel elles les rattachent, tandis que les articulations (15, 21) situées à l'opposé sont situées sur une douille tubulaire (11) entourant le tube (6) voisin sur lequel ladite douille est fixée, ces articulations pouvant coulisser axialement sur ladite douille sous l'action de mécanismes à cylindres et pistons (18, 19) agissant parallèlement à l'axe du tube, et que l'extrémité de la douille (11) située en regard de l'extrémité du tronçon de tube (6) porte une crosse coudée (26) orientée vers le tube voisin et dont la branche coudée (27), qui dépasse le dispositif de raccordement (9), porte, par une articulation (28), un bras de rappel (29) dont l'autre extrémité est articu lée avec une bielle de guidage (22) en un point (30) situé entre les deux articulations d'extrémité (21, 24) de ladite bielle (22). 3. Tuyauterie de remblayage selon la revendication 2, caractérisée en ce qu'en position de raccordement entre deux tronçons de tubes voisins (6), le bras de rappel (29) forme, avec la partie de la bielle de guidage (22) située en regard de l'articulation axialement coulissante (15, 21), un angle obtus dont l'ouverture est orientée à l'opposé du tube, tandis qu'avec l'autre partie de la bielle (22) située an regard de l'articulation axialement fixe (24, 25), ledit bras (29) forme un angle aigu. 4. Tuyauterie de remblayage selon la revendication 3, caractérisée en ce qu'en désaccouplant deux tronçons de tube (6) successifs, on transforme l'angle obtus cité en angle aigu et l'angle aigu en angle obtus. 5. Tuyauterie de remblayage selon l'une des revendications 2 à 4, caractérisée en ce que la longueur efficace du bras de rappel (29) est réglable. 6. Tuyauterie de remblayage selon l'une des revendications 2 à 5, caractérisée en ce que la distance entre le point d'articulation (28) du bras de rappel (29) et l'axe du tube peut être modifié en faisant varier la position de la crosse (27). 7. Tuyauterie de remblayage selon l'une des revendications 2 à 6, caractérisée en ce que deux bielles de guidage (22, 23) et un bras de rappel (29) sont disposés au-dessus et au-dessous de la tuyauterie, symétriquement par rapport à un plan horizontal passant par son axe (Fig. 1). 8. Tuyauterie de remblayage selon l'une des revendications 2 à 7, caractérisée en ce que les cylindres (19) du mécanisme à cylindres et pistons sont disposés parallelement aux tronçons de tubes (6) et que leurs culots, situés à l'opposé des points de raccordement des tubes, sont articulés sur un étrier (20) relié au tube (6), tandis que les tiges (18) attaquent un manchon (15) coulissant sur la douille (11) et portant les articulations (21) des deux bielles (22, 23). 9. Tuyauterie de remblayage selon l'une des revendications 2 à 8, caractérisée en ce que le chemin de glissement extérieur que la douille (11) présente pour le coulissement du manchon (15) se compose de deux sections (13, 14) de diamètres différents, séparées par une transition conique, la section (13) dont le diamètre est plus petit se trouvant en regard du dispositif de raccordement (9). 10. Tuyauterie de remblayage selon l'une des revendications 2 à 9, caractérisée en ce quelles pattes de suspension (8) des tronçons de tubes (6) sont fixées sur la douille (11) près de laquelle elles s'élargissent en plaques longitudinales (17) traversant le manchon (15) par une fente (16) ménagée dans ce dernier et lui permettant ainsi de coulisser en direction de l'axe du tube, tout en lui interdisant toute rotation sur la douille (11) qui le porte. 11. Tuyauterie de remblayage selon l'une des revendications 2 å 10, caractérisée en ce que les tronçons de tubes individuels (6) peuvent tourner autour de leurs axes en desserrant les étriers (20) qui, pourvus d'un dispositif de serrage, forment les supports fixes des mécanismes à cylindres et pistons (18, 19), et en ouvrant de même les liaisons de l'assemblage à brides (12) entre le tube et sa douille (11) d'une part, celle du collier (25) d'autre part. 12. Tuyauterie de remblayage selon l'une des revendications 1 à 11, caractérisée en ce que la ligne de tubes (4, 5) qui la prolonge est disposée à l'intérieur de l'espace libre protégé par les éléments de soutènement. 13. Utilisation d'une tuyauterie de remblayage pneumatique selon une ou plusieurs des revendications 1 à 12, en liaison avec un soutènement à boucliers (1).