L'invention est relative à un procédé de lutte contre l'incendie, dans lequel un liquide extincteur, en particulier de l'eau, est répandu par un aéronef sur le lieu de l'incendie. Ce procédé convient plus particulièrement à la lutte contre les incendies de forêt et les incendies d'une certaine surface. On sait projeter un liquide extincteur sur un lieu d'incendie à partir d'un avion. Ce procédé présente l'inconvénient qu'une partie du liquide projeté est vaporisée dans la fournaise qui règne au-dessus de l'incendie et que seule la fraction résiduelle entre en action. On évite cet inconvénient en lançant des bombes à eau, notamment des sacs de matière plastique remplis d'eau, sur le lieu de l'incendie; mais ce procédé présente d'autres inconvénients. Les bombes à eau n'éclatent qu'en frappant le sol, elles n'ont donc pas d'action extinctrice sur les cimes des arbres lorsque celles-ci sont en feu. L'extinction des cimes en feu est toutefois importante du fait que les parties en feu des cimes sont transportées par le courant d'air produit par l'incendie, aux alentours et peuvent provoquer une extension de l'incendie.Lorsque les bombes à eau frappent le sol, l'eau est le siège d'une pression élevée qui fait éclater leur enveloppe (sac de matière plastique) et l'eau, projetée en quantités importantes dans toutes les directions, peut entraîner des éléments en feu, ce qui peut produire une extension de l'incendie. D'autre part, le remplissage des enveloppes demande beaucoup de personnel et de temps et ces enveloppes constituent un matériel consommable couteux. L'invention a donc pour but d'amener le liquide extincteur, en particulier l'eau, à agir d'une manière pratiquement complète, de telle manière que même les cimes en feu des arbres puissent être éteintes sans qu'il se produise de pression excessive du liquide, susceptible de projeter et d'entraîner des éléments enflammés. Pour cela, l'invention doit permettre de mettre en oeuvre une grande quantité de liquide extincteur, sans beaucoup de personnel, en un temps très court et sans matériel consommable supplémentaire. Pour résoudre ce problème, conformément à l'invention, un réservoir rempli de liquide extincteur est vidé, au-dessus du lieu d'incendie, à partir d'un aéronef immobile ou volant à une vitesse suffisamment faible, d'une manière suffisamment brusque pour que le liquide extincteur tombe d'une seule masse. L'expérience a montré que dans ee cas, l'eau tombe, comme dans une chute d'eau, suivant une masse cohérente. La vaporisation de l'eau à la surface extérieure, relativement petite en comparaison du volume de cette masse est alors négligeable, de sorte que pratiquement la totalité du liquide extincteur entre en action et ceci avant même d'avoir atteint le sol, ce qui permet, par exemple, d'éteindredes cimes enflammées d'arbres. Du fait que le liquide extincteur, lorsqu'il atteint le sol, n'est pas enfermé dans une enveloppe, il ne peut se produire de pression élevée capable de projeter et de- transporter des éléments en feu. Le remplissage du réservoir (dans le dispositif conforme à l'invention un réservoir ouvert) demande peu de temps et peu de personnel. Le matériel consommable est constitué uniquement par le liquide extincteur, notamment l'eau. Lorsqu'on utilise comme liquide extincteur de l'eau versée d'un réservoir ouvert, il est particulièrement avantageux de traîner pour son remplissage le réservoir ouvert, suspendu à un aéronef par un câble porteur, à la surface d'un plan d'eau, jus qu'à ce qu'il soit immergé, puis de le sortir de l'eau et de le transporter au-dessus du lieu-de l'incendie. Le procédé conforme à l'invention peut être mis en oeuvre à l'aide d'un dispositif qui, conformément à l'invention, comporte un réservoir ouvert destiné à contenir le liquide extincteur, qui est monté de manière à pouvoir tourner autour d'un axe horizontal situé en dessous du centre de gravité du réservoir rempli de liquide et qui peut être immobilisé dans la position dans laquelle le coté ouvert du réservoir se trouve en-dessus au moyen d'un dispositif de blocage, lequel peut être libéré à partir de l'aéronef pour produire automatiquement une rotation libre d'environ 1800, à partir de la position instable precitée du réservoir rempli, afin de vider. celui-ci brusquement. I1 est particulièrement avantageux de placer l'axe de rotation du réservoir au-dessus du centre de gravité de celui-ci non rempli de liquide. On obtient ainsi go'après avoir été vidé, le réservoir revient automatiquement à la position dans laquelle son côté ouvert se trouve en-dessus et y est immobilisé par le dispositif de blocage, de même qu'après libération du dispositif de blocage, il parvient automatiquement, à partir de cette position, à la position renversée de vidage. L'invention est expliquée plus en détail ci-après à l'ai- de de certains de ses modes de réalisation pris à titre illustratif mais nullement limitatif, en se référant aux dessins annexés dans lesquels - la figure 1 représente, vue de face, une benne à liquide extincteur, destinée à être transportée par un aéronef, - la figure 2 est une vue latérale du dispositif de la figure 1, - la figure 3 représente un détail, vu suivant la direction de la flèche TII de la figure 1, - la figure 4 est une coupe suivant la ligne IV-IV de la figure 3, - la figure 5 est une variante du détail de la figure 3, - et la figure 6 est une coupe suivant la ligne VI-VI de la figure 5. La benne à liquide extincteur 1 est constituée par un réservoir ouvert en-dessus (dans la position représentée ici) qui est monté dans un étrier porteur en forme -de U 2, de manière à tourner autour d'un axe horizontal 3. La traverse 4 de l'étrier 2 est reliée par des câbles porteurs 5 à un aéronef (non représenté ici), plus particulièrement un hélicoptère. Le montage de la benne 1 est effectué au moyen d'axes 7 prévus sur les parois latérales 6 de la benne et de paliers correspondants prévus aux extrémités libres des branches 8 de l'étrier 2. Deux entretoises 9 maintiennent la benne 1 à une certaine distance des branches 8 de étrier 2. L'espacement entre la benne 1 et la.traverse 4 est suffisamment grand pour permettre à la benne de tourner de 1800 autour de l'axe 3 à partir de la position représentée ici. Dans cette position, dans laquelle le côté ouvert 10 de la benne 1 est disposé en-dessus, le centre de gravité 11 de la benne vide se trouve en-dessous de l'axe 3 et le centre de gravité 12 de la benne remplie d'eau en-dessus de l'axe 3. On obtient ainsi que la benne 1, dans sa position représentée ici, se trouve en équilibre stable lorsqu'elle est vide et en équilibre instable lorsqu'elle est remplie d'eau. I1 en résulte que la benne remplie d'eau ne demeure dans sa position représentée ici que si elle est immobilisée dans cette position par rapport à l'étrier 2 et qu'une fois cette immobilisation supprimée, elle tourne automatiquement autour de l'axe 3, de sorte que le côté ouvert 10 vient en-dessous et que la benne 1 se vide. I1 en résulte ensuite que la benne vidée 1, dont le côté ouvert 10 est en-dessous, se trouve en équili- bre instable ét revient automatiquement à sa position représentée sur les figures, dans laquelle elle se trouve en équilibre stable. I1 n'y a donc pas à exercer de couple de rotation sur la benne 1, ni pour vider celle-ci, ni pour la ramener à sa position de remplissage. I1 suffit d'immobiliser, d'une manière permettant de la libérer, la benne 1 dans sa position de remplissage (représentée ici), la benne se v-idant automatiquement après libération de son immobilisation, et, une fois vidée, revenant automatiquement à sa position de départ, dans laquelle son côté ouvert 10 est situé endessus. Un dispos-itif de blocage à encliquetage destiné à immobiliser la benne 1 par rapport à l'étrier 2 est indiqué sur les figures 1 et 2 et est représenté plus en détail sur les figures -3 et 4. Ce dispositif comporte un levier d'encliquetage symétrique 13 dont une extrémité 14 est articulée à la face intérieure de la branche 8 de l'étrier 2 et dont l'autre extrémité 15 est reliée à un câble de traction 16 qui va à l'aéronef. Le levier 13 présente sur son côté inférieur deux dents d'arrêt 17 dont les flancs les plus abrupts délimitent un espace interdentaire 18 au milieu de la longueur du levier 13.Lorsque le levier 13 se trouve dans la position représentée en trait plein et en trait interrompu sur la figure 3, une cheville 19 prévue sur la paroi latérale 6 de la benne 1 engage dans l'espace 18, ce qui empêche la benne de tourner à partir de sa position représentée ici. Une traction exercée sur le câble 16 soulève, à l'encontre de la force d'un ressort de rappel 21, le levier 13 et l'amène dans la position, représentée en trait mixte sur la figure 3, dans laquelle il libère la cheville 19, la benne 1, remplie et par conséquent en équilibre instable, tournant alors de lao0, de sorte que son côté ouvert 10 vient en-dessous et que la benne 1 se vide. La benne vidée, qui se trouve alors en équilibre instable, comme on l'a exposé ci-dessus, revient à sa position d'équilibre stable.La cheville 19 passe alors sur le flanc faiblement incliné 20 d'une des dents 17 du levier 13 en soulevant celui-ci au passage jusqu'à ce qu'elle s'engage dans l'espace interdentaire 18. La benne 1 est alors immobilisée dans la position représentée ici et peut de nouveau être remplie. Le ressort de rappel 21 est accroché à une cheville 22 portée par la branche 8. Deux chevilles de butée 23 limitent le mouvement du levier 13. Avec le dispositif de blocage à encliquetage des figures 3 et 4, lorsque ce dispositif libère la benne 1, celle-ci peut tourner, à partir de la position représentée sur les figures 1 et 2, dans n'importe quel sens autour de l'axe 3 et revenir à sa position de départ également dans n'importe quel sens ; elle peut tourner librement de 3600. Sa rotation commence dès que son centre de gravité 12 ou 11 n'est plus exactement à la verticale au-dessus de l'axe 3. Cet état se produit en pratique du fait des oscillations pendulaires de l'ensemble de la benne 1 et de l'étrier 2 suspendu aux câbles porteurs 5, la position du centre de gravité de la benne passant d'un côté à l'autre de la verticale de l'axe 3. Le dispositif de blocage à encliquetage représenté sur les figures 5 et 6 comporte un levier d'encliquetage 24, articulé à la face extérieure de l'une des branches 8 de l'étrier 2 et ne comportant qu'une seule dent d'arrêt 25 dont le flanc le plus abrupt délimite, avec le bord 26 de la branche 8, un espace analogue à l'espace interdentaire 18 du mode de réalisation précédent. Dans la position représentée en trait plein du levier 24, une cheville 27 fixée à la paroi latérale 6 de la benne 1 est maintenue à l'intérieur de l'espace précité, où elle est retenue d'un côté par le bord 26 et de l'autre côté par le flanc abrupt de la dent 25 du levier 24. Si le levier 24 est soulevé, par une traction exercée, à l'encontre de la force du ressort de rappel 21, sur le câble 16, jusqu'à la position représentée-en trait mixte, la benne 1 ne peut tourner que dans le sens des aiguilles d'une montre (sur la figure 5) autour de l'axe 3 et ne peut être ensuite immobilisée de nouveau dans sa position de départ que si elle y est revenue dans le sens contraire des aiguilles d'une montre.Elle ne peut donc tourner que de 1800 et même, d'une manière avantageuse, d'un angle un peu inférieur, ce qu'on peut obtenir à l'aide d'une seconde cheville (non représentée ici) fixée à la benne 1, par exemple à l'em- placement 28 (figure 2) qui vient buter contre le bord, opposé au bord 26, de la branche 8 et l'étrier 2 lorsque le côté ouvert 10 de la benne 1 se trouve en-dessous. On est assuré ainsi que la benne 1 revient à sa positionne départ par le chemin nécessaire. Le ressort 21 (figures 3 à 6) est important pour que la benne 1 demeure immobilisée d'une manière sûre par rapport à l'é- trier 2 lorsqu'elle est traînée pour son remplissage à la surface d'un plan d'eau, auquel cas les branches 8 de l'étrier 2 se trouvent à peu près à l'horizontale. La distance entre les centres de gravité 11 et 12 dépend, pour des dimensions données de la benne, du rapport du poids des parois latérales 6 à celui du fond 29 de la benne et peut être augmentée en augmentant le poids du fond 29. Du fait que le couple qui amène la benne 1 de sa position instable (dans laquelle le centre de gravité 11 ou 12 se trouve au-dessus de l'axe 3) à sa position stable (dans laquelle le centre de gravité se trouve endessous de l'axe 3) depend de la distance du centre de gravité à l'axe 3, il peut être avantageux d'augmenter la distance entre les centres de gravité 11 et 12 pour augmenter la distance de ceux-ci à l'axe 3. Dans ce but, le fond 29 peut être réalisé sous forme plus épaisse ou en un matériau de masse spécifique plus grande que les parois latérales 6 ou le fond peut être muni d'un corps pesant supplémentaire. Afin d'augmenter la distance des centres de gravité, on peut donner à la benne une forme tronconique (plus large à sa partie ouverte qu'au fond), le fond pouvant en outre être alourdi. Comme il va de soi et comme il résulte d'ailleurs déjà de ce qui précède, l'invention ne se limite nullement à ceux de ses modes d'application et de réalisation qui ont été plus spécialement envisagés ; elle en embrasse, au contraire, toutes les variantes. REVENDICATIONS 1. Procédé de lutte contre l'incendie, dans lequel un liquide extincteur, en particulier de l'eau, est répandu par un aéronef sur le lieu de l'incendie, lequel procédé est caractérisé en ce qu'un réservoir rempli de liquide extincteur est vidé, audessus du lieu d'incendie, à partir d'un aéronef immobile ou volant à une vitesse suffisamment faible, d'une manière suffisamment brusque pour que le liquide extincteur tombe d'une seule masse. 2. Procédé selon la revendication 1, dans lequel on utilise comme liquide extincteur de l'eau versée d'un réservoir ouvert, caractérisé en ce que le réservoir ouvert, suspendu à un câble porteur fixé à l'aéronef, est traîné, pour son remplissage, à la surface d'un plan d'eau de telle manière qu'il soit immergé et qu'ensuite, on sort le réservoir de l'eau et on le transporte audessus de l'emplacement de l'incendie. 3. Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon'la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comporte un réservoir ouvert (1) destiné à contenir le liquide extincteur,*qui est monté de manière à pouvoir tourner autour d'un axe horizontal (3) situé en-dessous du centre de gravité (12) du réservoir (1) rempli de liquide et qui peut être immobilisé dans la position dans laquelle le côté ouvert (10) du réservoir se trouve en-dessus au moyen d'un dispositif de blocage (13-23 ; 24-27), lequel peut être libéré à partir de l'aéronef pour produire automatiquement une rotation libre d'environ 1800, à partir de la position instable précitée du réservoir rempli, afin de vider celui-ci brusquement. 4. Dispositif selon la revendication 3, caractérisé en ce que l'axe de rotation (3) du réservoir (1), dans la position de celui-ci où son côté ouvert (10) est disposé en-dessus, se trouve au-dessus du centre de gravité (11) du réservoir vide, de sorte que celui-ci une fois vidé revient automatiquement à la position dans laquelle son côté ouvert (10) se trouve en-dessus. 5. Dispositif selon la revendication 4, caractérisé en ce que le fond (29) du réservoir (1) est réalisé en un matériau plus épais ou de masse -spécifique plus élevée que les parois latérales (6) du réservoir ou est muni d'au moins un corps pesant. 6. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 4 et 5, caractérisé en ce que la section droite du réservoir va en augmentant, du fond au côté ouvert de celui-ci. 7. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 3 à 5, caractérisé en ce que le réservoir (1) est monté, de manière à pouvoir tourner, aux extrémités libres des branches (8) d'un étrier porteur- en forme de U (2) dont la traverse (4) est suspendue à des moyens porteurs (5) reliés à l'aéronef. 8. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 3 à 5, caractérisé en ce que le dispositif de blocage est du type à encliquetage (13, 14, 15, 17 - - 23 ; 24 - 27) et est monté sur un élément porteur (2) du réservoir (1), lequel dispositif de blocage s'encliquette automatiquement, pour immobiliser le réservoir (1) dans la position de celui-ci dans laquelle son côté ouvert (10) est disposé en-dessus. 9. Dispositif selon la revendication 8, caractérisé en ce qu'un levier d'encliquetage (13) du dispositif de blocage présente deux dents d'arrêt (17) dont les flancs les plus abrupts delimitent un espace interdentaire (18) destiné à recevoir une cheville (19) fixée au réservoir (1) et que ce levier tel3) peut être écarté de sa position d'encliquetage à l'aide de moyens de traction (16) susceptibles d'être actionnés à partir de l'aéronef. 10. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 7 et 9, caractérisé en ce que le levier (13) est articulé à une branche (8) de l'étrier porteur (2). 11. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 7.et 8, caractérisé en ce que le levier d'encliquetage (24), articule à une branche (8) de l'étrier porteur (2), présente une dent d'arrêt (25), qu'une cheville (27) fixée au réservoir (1) peut être immobilisee entre le flanc le plus abrupt de la dent d'arrêt (25) et un bord (26) dlune branche (8) de l'étrier (2), que le levier (24) peut être écarté de sa position d'encliquetage à l'aide de moyens de traction (16) allant à l'aéronef et que l'amplitude de rotation du réservoir (1) est limitée à un peu moins que l'é- tendue d'un angle plat.