I1 est connu que l'interféron produit par les cellules humaines et animales, inhibe la multiplication intracellulaire d'une grande variété de virus antigéniquement distincts, de sorte que l'on a pu envisager son utilisation comme principe actif de médicament pour le traitement d'une grande variété d'affections d'origine virale. I1 s'est cependant révélé qu'un certain nombre de virus, par exemple ceux du groupe herpétique, qui sont responsables des différentes formes d'herpès que l'on rencontre notamment chez l'homme, ceux du sarcome murin (souche Mononey) etc., présentent une grande résistance à l'égard de l'interféron, même lorsque celuici est utilisé à des concentrations relativement élevées. Par exemple, il est connu que ltinterféron est considéré comme inactif à l'égard des kératites herpétiques poussées chez l'homme. Au surplus, le coût de la fabrication de l'interféron est extrêmement élevé et le reste, même lorsque l'on a recours aux techniques connues de stimulation des cellules qui le produisent, par l'intermédiaire de substances dites "inducteurs d'interféron'1. Ces inconvénients expliquent, au moins en partie, que les thérapies à base d'interféron n'ont guère jusqu'à ce jour dépassé un stade expérimental. L'invention a pour but de tenter de remédier à ces inconvénients, notamment de faire en sorte que l'on puisse obtenir une potentialisation importante des propriétés antivirales de médicaments à base d'interféron, même s'ils n'en contiennent qu'à des concentrations faibles. L'invention est caractérisée par les applications combinées au traitement des affections d'origine virale chez l'homme ou l'animal de l'interféron et de l'une au moins des substances du groupe constitué par les halogéno-désoxyoridines et les anbibio tiques connus sous les noms de rifamycine ou rifampycine et leurs dérivés respectifs. L'association à I'interféron, dans les médicaments du genre en question, de l'une des substances susdites se traduit par un accroissement considérable de l'effet antiviral de l'interféron, l'activité des médicaments obtenus pouvant, selon les concentrations en interféron utilisées, être de l'ordre de 10 à 100 fois supérieure, voire davantage, à celle des médicaments contenant des quantités équivalentes du seul interféron. Les effets observés tendent à montrer que lå nécessité d'a voir recours, dans les médicaments connus, à des quantités relativement importantes d'interféron, pourrait être due à l'inactivation de son effet intra-cellulaire plutôt qu'à sa destruction en dehors des tissus. Les substances qui, conformément à l'invention, sont associées à l'interféron, pourraient donc inhiber l'action des protéines de régulation des protéines anti-virales induites par l'interféron dans les cellules de l'organisme. Conformément à un mode d'application préféré de l'invention, on prévoit un décalage entre le début de l'administration à l'hom- me ou à l'animal de la substance autre que l'interféron, et l'administration, postérieure, ou antérieure de celui-ci. On a en effet observé que l'administration d'une halogénodésoxyuridine ou de l'un des antibiotiques précités avait pour effet d'induire la production par l'organisme de cellules (cellules TK ) incapables de synthétiser l'enzyme tymidine-kinase, lesquelles seraient beaucoup plus sensibles à l'action de l'interféron que les cellules TK+ (aptes à synthétiser le susdit en azyme). L'invention pourra, de toute façon, être bien comprise à l'aide du complément de description et des exemples qui suivent, lesquels complément et exemples sont, bien entendu, donnés surtout à titre d'indication. Se proposant de mettre en évidence les effets pharmacologiques d'associations combinées d'interféron et d'une substance telle qu'une halogéno-désoxyuridine ou d'un antibiotique tel que la rifamycine ou la rifampycine, on a recours aux expérimentations suivantes. Ces expérimentations visent à mettre en évidence le degré d'inhibition de la multiplication des virus d'une souche Vesicular Stomatitis virus (VSV) dans des préparations cellulaires ayant subi une incubation en présence d'interféron seul, d'une part, d'interféron et de bromo-désoxyuridine, d'autre part, par rapport à une préparation témoin. Les préparations cellulaires ayant servi aux essais contiennent respectivement des lignées - de cellules embryonnaires de hamster (EHSV - de cellules types L de souris (LM) - de cellules de reins de souris (MKS). on réalise trois cultures en parallèle de chacun de ces types de cellules. Pour l'une de ces préparations (préparation A) la culture est effectuée en présence de bromo-désoxyuridine à raison de 100frg/ml. La culture est poursuivie pendant une durée de trois semaines. On observe que la multiplication cellulaire dans la préparation A a produit préférentiellement des cellules TK , alors que dans les deux autres cultures (préparations B et C) le caractère TK+ des cellules initiales s'est conservé au cours de la multiplication cellulaire. Les préparations A et B sont ensuite soumises à une incubation en présence de solutions d'interféron de dilutions croissantes, la troisième préparation C étant également soumise à 1 'incu- bation dans les mêmes conditions, mais en l'absence d'interféron. L'interféron utilisé est un interféron souris préparé selon la technique décrite dans le Proc. Soc. Exptl. Biol. and Med., Vol. 132, n" 3, Décembre 1969. Après 24 heures, les préparations A, B et C sont infectées avec les susdites souches de virus VSV, à la multiplicité d'infection m.i. = 0,01 et incubées à 37"C pendant 18 heures. Les rendements en virus infectieux des préparations A et B comparés à celui de la préparation C, sont évalués après un cycle de multiplication par titrage selon la méthode des plages. On a indiqué dans le tableau I ci-dessous les dilutions de la solution initiale de l'interféron qui inhibent 50 % de la multiplication virale dans les préparations A et B, et ce pour chacun des types de cellules indiqués plus haut. TABLEAU I Cellules lignées Exp. Cultures B (TK+) Cultures A (TK-) k 1 32 1 1024 EHSV1- 2 8 - 16 1024 3 3 16 2048 . . . li 1 1280 - 2560 10240 (n LM 1 2 2 320 - 640 2560 LI o 'n MKS 1280 - 2500 20480 Les dilutions sont exprimées par les rapports volumiques respectivement des solutions diluées d'interféron qui inhibent 50 % de la multiplication virale dans les préparations considé rées aux volumes de solution initiale à partir desquelles elles ont été obtenues. Le tableau fait ressortir que, pour toutes les préparations cellulaires considérées, la culture préalable en présence de bromo-désoxyuridine accroît de façon considérable la sensibilité des cellules à l'action antivirale de l'interféron. La potentialisation de l'action de l'interféron parait donc liée à la multiplication des cellules TK favorisées par la bromo-désoxyuridine. Les mêmes effets ont été observés avec la rifampycine et la rifamycine, l'apparition des cellules TK ayant meme été beaucoup plus rapide qu'en présence de la bromo-désoxyuridine (en 24 heures). Pour le traitement de patients humains, on aura recours à un interféron d'origine humaine. Cet interféron peut, par exemple, être produit à partir de leucocytes selon la technique décrite dans l'article de Ernesto FALCOFF, Rebecca FALCOFF, Françoise FOURNIER et Charles CHANY (Annales de l'institut Pasteur, Tome 111, pages 562-584 de Novembre 1966) ou encore à partir de membranes amniotiques humaines, selon la technique de Françoise FOURNIER, dErnesto FALCOFF et Charles CHANY (The Journal of Immunology, Vol. 99, nO 5, 1967). Les deux substances du traitement combiné selon l'invention, à savoir la désoxyuridine ou les antibiotiques rifamycine ou rifampycine, d'une part, et l'interféron, d'autre part, peuvent ê- tre administrés aussi bien par la voie locale que par la voie générale. Afin d'illustrer l'invention, on indiquera, ci-après, les résultats obtenus dans un essai clinique effectué sur une patiente, cet essai ayant fait intervenir un traitement à l'iodo-désoxyuridine et à l'interféron. La patiente souffrait d'un herpès ancien de la cornée. Elle avait déjà subi plusieurs tentatives de traitement classique comprenant, notamment, des injections de vaccins antiherpétiques, des injections sous-conjonctivales de l'antibiotique connu sous le nom de chloramphénicol, de solutions à base d'adrénaline, d'atropine, de néosynéphrine, des injections de gammaglobulines, des applications de diverses pommades contenant des antibiotiques et de collyres divers. Avant l'application du traitement selon l'invention, l'oeil droit de la patiente est rouge, douloureux, photophobe et la cor née présente un ulcère géant occupant, environ, les 2/3 de sa surface. On prescrit alors des applications de gel et de collyre à base d'iodo-désoxyuridine (connu sous la marque Iduviran) et l'on réalise cinq jours après, une première application d'une solution diluée et purifiée d'interféron à 1000 unités (1 ml) suivie, une heure après, d'une nouvelle instillation de l'Iduviran. L'ulcère est réduit des 2/3 et fermé en totalité après respectivement 3 et 10 jours. La dernière application d'interféron est réalisée douze jours après la première. Après quatre jours d'interruption de l'interféron, l'ulcère reste fermé. Il résulte donc de ce qui précède, que l'ulcération géante torpide s'est fermée extrêmement vite dès l'application de l'interféron, laquelle suivait de cinq jours la première application de l'iodo-désoxyuridine. Ce qui demandait habituellement plusieurs semaines, dans les cas les plus favorables, s'est réalisé en moins d'une semaine dès que l'interféron a été appliqué, avec disparition de la douleur. Bien entendu, si l'application combinée de l'interféron et de 1 'une au moins des substances du groupe constitué par les halogéno-désoxyuridines et les antibiotiques connus sous les noms de rifamycine et rifampycine ou leurs dérivés respectifs, s'est révélée particulièrement avantageuse pour le traitement de l'her- pès, il va de soi que cette application n'est pas limitative. Le médicament combiné selon l'invention est d'une utilisation particulièrement favorable pour toutes les affections où l'interféron est susceptible de jouer un rôle curatif ou préventif. Comme il va de soi, et comme il résulte d'ailleurs de ce qu précède, l'invention ne se limite nullement à ceux de ses n odes d'application, non plus qu'à ceux des modes de réalisation de ses diverses parties, ayant été plus spécialement indiqués ; elle en embrasse, au contraire, toutes les variantes. REVENDICATIONS 1. Application combinée de l'interféron et dé l'use aü moins des substances du groupe constitué par les halogéno-désoxyuridines, les antibiotiques connus sous les noms de rifamycine ou rifampycine et leurs dérivés respectifs, au traitement des affections d'origine virale chez l'homme ou l'animal. 2. Application selon la revendication 1, caractérisée par le fait que la susdite substance est constituée par la bromodésoxyuridine. 3. Application selon la revendication 1, caractérisée par le fait que la susdite substance est constituée par l'iodo-déso-- xyuridine. 4. Application selon la revendication 1, caractérisée par le fait que la susdite substance est constituée par l'antibiotique rifamycine. 5. Application selon la revendication 1, caractérisée par le fait que la susdite substance est constituée par 1'antibioti- qu rifampycine. 6. Application combinée selon l'une quelconque des revendications w à 5, caractérisée par un décalage entre l'administration de la susdite substance 6 entre l'administration, postérieure, de 1 'interféron. 7. Application combinée selon la revendication 6, caractérisée par le fait que l'administration de luinterféron est décalée vis-à-vis de l'administration de l'autre substance pendant un temps suffisant à permettre la multiplication, favorisée par l'autre substance, chez l'homme ou l'animal traité, de cellules inaptes à synthétiser la tymidine kinase. 8. Application selon la revendication 6, caractérisée par le fait que l'autre substance est constituée par une halogénodésoxyuridine et que l'administration à l'homme ou à l'animal de l'interféron est réalisée dans un délai de 3 à 15 jours après l'administration de l'autre substance. 9. Application selon la revendication 6, caractérisée par le fait que l'autre substance est constituée par l'un au moins des antibiotiques rifampycine ou rifamycine ou par l'un au moins de leurs dérivés et que l'administration à l'homme ou à l'animal de l'interféron est réalisée dans un délai de 24 heures à 5 jours après l'administration de l'autre substance.