L'invention est relative aux tissus enduits aérés, ainsi qu'à un procédé et une machine pour la réalisation de tels tissus. On rappellera que ces tissus sont constitués pas une structure tissée ou nouée protégée par un produit d'enduction et/ou d'imprégnation et présentant des trous ou pores à travers lesquels l'air et la lumière peuvent passer. Ces tissus ont pour avantages, principalement, de vieillir peu, d'être faciles à nettoyer, de respirer grâce à leurs pores et de laisser passer une fraction déterminée de lumière ; ils peuvent être utilisés, par exemple, comme stores, comme garnitures de sièges ou de pavillons en carosserie automobile ou comme brise-vent. On a déjà proposé divers procédés pour réaliser ces tissus. Un premier procédé consiste à perforer mécaniquement des tissus après leur enduction ; cette solution est onéreuse et donne des trous ou pores de dimension importante et d'une trop grande régularité, ce qui est gênant pour la vue. Un deuxième procédé consiste à enduire d'abord les fils, puis à les tisser ; cette solution donne un produit satisfaisant mais est d'un prix de revient important, Un troisième procédé, enfin, consiste à faire passer un tissu très décontexturé, c'est-à-dire tissé ou noué lâche, dans un bain d'enduction ou d'imprégnation ; la dimension des trous ou pores est trop grande pour que le produit du bain les remplisse ; on obtient donc un tissu enduit aéré dont les trous sont de fort diamètre, ce qui rejoint les inconvénients ci-dessus. L'invention a pour but de fournir un produit tissé ou noué, enduit et aéré, qui présente un très grand nombre de trous ou pores de faibles dimensions et qui est obtenu d'une manière très économique. Â cet effet, le procédé selon l'invention, pour la réalisation d'un tissu enduit aéré ou ajouré est caractérisé par le fait qu'on tisse ou noue des fils non enduits suivant une armure fournissant un tissu qui présente un très grand nombre de trous ou pores de faibles dimensions, régulièrement répartis, qu'on enduit ou imprègne au moins l'une des deux faces du tissu et que, avant le durcissement du produit d'enduction, on chasse de certains -au moins desdits trous le produit d'enduction qui s'y était logé par capillarité et/ou viscosité, de manière à déboucher lesdits trous. Une machine pour la mise en oeuvre du procédé ci-dessus est caractérisée par le fait qu'elle comporte des moyens pour enduire l'une au moins des faces d'un support aéré tissé ou noué de fils non enduits et des moyens, de préférence à fluide, pour chasser, avant son durcissement, le produit d'enduction qui s'est logé dans les trous dudit support. Suivant un mode de réalisation avantageux, on chasse le produit d'enduction des trous du support par un passage forcé d'air à travers ce support, soit en soufflant de l'air sous pression, soit en aspirant de l'air à travers le support. En ce qui concerne le support tissé lui-même, on peut utiliser divers genres de fils non enduits, suivant la destination du produit, par exemple un fil polyester. On utilisera, cependant, de préférence, un fil lisse pour éviter le phénomène de pompage, par exemple quand on veut empêcher toute imprégnation du tissu. L'armure, c'est-à-dire le mode d'entrecroisement des fils, est choisie de manière que le tissu, d'une part soit suffisamment résistant, et, d'autre part, présente un réseau régulier de trous ou pores de faibles dimensions entre certains, au moins, des fils de trame et de chaîne. Quant au produit d'enduction, on peut avoir recours à tout produit courant tel que les résines, les élastomères, le chlorure de polyvinyle ou autres. On comprendra bien l'invention à l'aide de la description qui suit, relative à divers modes de réalisation, et en référence au dessin annexé dans lequel Fig. 1 montre un rapport d'armure utilisable pour le tissu selon l'invention, et Fig. 2 à 4 montrent schématiquement diverses machines pour la mise en oeuvre du procédé selon l'invention. Dans la fig. 7, on a représenté de manière conventionnelle les fils de chaîne 1 verticaux, les fils de trame- 2 horizontaux, et les pris 3, c'est-à-dire les passages d'un fil de trame sous un fil de chaîne, par des croix. Le rapport d'armure représenté montre qu'en 4 on obtient par tissage des trous ou pores de faibles dimensions qui se répètent de manière régulière sur le tissu. Le choix de l'armure est établi pour obtenir des trous 4 mais également pour que le tissu réalisé présente une résistance mécanique convenable. Dans la fig. 2, le tissu 5 comportant ses trous ou pores 4 passe dans un bac 6 contenant un produit 7 d'enduction ou d'imprégnation. Ses fils sont donc totalement enrobés de ce produit qui comble également, par viscosité, les trous 4 qui sont de faibles dimensioLs. A la sortie du bac 6 le tissu enduit passe verticalement entre deux racles 8 qui enlèvent l'excédent de produit sur les faces, sans déboucher les trous, lequel produit ruisselle vers le bac comme montré en 7a. A la sortie des racles, et avant le poste de traitement final du tissu, en général par action thermique, le tissu passe devant un dispositif 9 qui chasse desdits trous 4 le produit qui y a pénétré.Dans l'exemple représenté, ce dispositif est constitué par une buse fixe 10, s'étendant sur la largeur du tissu, et à son voisinage immédiat, et alimentée en air sous pression par exemple par un ventilateur 11. La partie de tissu qui est en regard de la buse 10 est donc soumise à un jet d'air sous pression qui traverse le tissu en emportant en 7b le produit d'enduction ou d'imprégnation qui s'était logé dans les trous 4 lors du passage dans le bac 6. Après cette action de l'air, le tissu présente à nouveau des trous 4 ouverts tandis que ses fils 1 et 2 sont enrobés du produit d'enduction. il est à noter qu'on peut doser la pression de l'air sortant de la buse pour que seuls les plus gros trous soient débouchés. Suivant le cas on peut aussi souffler de l'air de manière intermittente pour obtenir sur le tissu des surfaces dont les trous sont bouchés et des surfaces dont les trous sont ouverts, mais, en général, l'air est soufflé en continu pour que la répartition des trous ouverts soit uniforme. L'enduction ou l'imprégnation peut être réalisée de diverses manières ; comme variante au dispositif de la fig. 1, on pourrait remplacer les deux racles 8 par un système de foulardage, c'est-à-dire par deux cylindres de pression entre lesquels passe le tissu après son enduction. Une autre variante est représentée à la fig. 3 dans laquelle l'enduction est réalisée sur une face par "racle sur cylindre". A la sortie du poste d'enduction, le tissu enduit circule-horizontalement et passe sous un dispositif 9. analogue au précédent qui souffle de l'air sous pression à travers les trous pour chasser, comme montré en 7b, le produit qui s'y était logé. Une autre variante encore d'enduction sur une face est montrée à la fig. 4 ; l'enduction est réalisée par cylindres un cylindre 12 tournant dans le sens indiqué et recevant en 13 une pellicule de produit, un cylindre 14 tournant dans le sens indiqué et prélevant sur le cylindre 13, dont il est espacé, ladite pellicule pour la déposer par frottement contre une face du tissu 5 à enduire. Après l'enduction, le tissu s'étend horizontalement pour passer au-dessus d'un dispositif 15 d'aspiration. L'air est aspiré à travers les trous 4, comme montré en 7d, en entraînant avec lui le produit qui s'était logé dans ces trous. il est à noter que l'action de l'agent qui chasse le produit des trous 4 est appliquée dès la sortie du poste d'enduction, alors que le produit est encore fluide ou plus ou moins pâteux et, de toute façon, avant le traitement final de durcissement de ce produit. En outre, dans le cas de l'enduction directe sur une seule face, le produit peut passer sur l'autre face, en traversant les trous 4 et réaliser une enduction au moins partielle de cette autre face. Les réalisations données ci-dessus ne sont pas limitatives il est bien entendu, au contraire, que l'on pourrait prévoir d'autres modes d'enduction et d'autres dispositifs pour déboucher les trous, par exemple en utilisant d'autres fluides et des dispositifs mécaniques bien qu'on préfère cependant appliquer un fluide. L'invention permet de réaliser un produit tissé ou noué, enduit et ajouré, qui est d'un prix de revient bien inférieur à celui des produits voisins déjà existants grâce, notamment, au petit nombre d'opérations nécessaires et à la simplicité de la machine. Le tissu obtenu selon l'invention est utilisable dans les applications mentionnées ci-dessus et peut facilement être assemblé par simple couture ou soudage haute fréquence. La multitude de trous de faibles dimensions permet le passage de l'air et également une atténuation de la luminosité sans masquer l'environnement ni provoquer de gêne pour la vue comme cela se produisait avec des tissus à gros trous. REVENDICATIONS 1. Procédé de fabrication d'un tissu enduit aéré ou ajouré, caractérisé par le fait qu'on tisse ou noue des fils non enduits suivant une armure fournissant un tissu qui présente un très grand nombre de trous ou pores de faibles dimensions, régulièrement répartis, qu'on enduit ou imprègne au moins l'une des deux faces du tissu et que, avant le durcissement du produit d'enduction, on chasse de certains au moins desdits pores le produit d'enduction qui s'y était logé par capillarité et/ou viscosité, de manière à déboucher lesdits pores. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé par le fait que le produit est chassé desdits pores juste après l'enduction et avant le traitement thermique final. 3. Procédé selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisé par le fait qu'on chasse ledit produit par l'action d'un fluide. 4. Machine pour la mise en oeuvre du procédé selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisée par le fait qu'elle comporte des moyens premiers pour enduire l'une au moins des faces d'un support aéré, tissé ou noué de fils non enduits, et des moyens-seconds pour chasser, avant son durcissement, le produit d'enduction logé dans les trous ou pores dudit support. 5. Machine selon la revendication 4, caractérisée par le fait que les moyens seconds sont situés immédiatement après les moyens premiers et avant le poste de traitement thermique final éventuel. 6. Machine selon la revendication 5, caractérisée par le fait que les moyens seconds sont à fluide. 7. Machine selon la revendication 6, caractérisée par le fait que le fluide est de l'air sous pression soufflé à travers le support enduit pour chasser le produit logé dans les trous ou pores. 8. Machine selon la revendication 6, caractérisée par le fait que les moyens à fluide sont agencés pour aspirer l'air ambiant à travers ledit support en entraînant avec lui le produit logé dans les trous ou pores. 9.. Tissu enduit aéré ou ajouré obtenu selon l'une des revendications 1 à 8.