Si la préservation et la protection des sols, en tant que support fondamental de l'activité primaire de l'homme qu'est l'agriculture, étaient autrefois vantes et encouragées presque exclusivement dans les pays d'Europe où la terre faisait et fait toujours l'objet d'une culture généralement intensive, elles suscitent à ltheure actuelle une attention croissante dans les pays où la culture extensive était la règle. De nombreux problèmes, du même ordre général, sont également à l'origine des efforts que font beaucoup d'autres populations dans le sens de la culture de terres vierges ou désertiques ou dans celui de la récupération de terres abandonnées.L'une des conditions indispensables de la survie de l'homme dans les différentes situations géographiques est d'assurer la présence dans le sol d'un composant organique et microbien, satisfaisant en quantité et en qualité, connu sous le nom général dthumus. L'humus est, on le sait, le composant qui harmonise les propriétés physiques, chimiques et biologiques de la terre, facteurs qui sont nécessaires pour la plantation et le développement des cultures.A cet égard, l'humus produit les effets suivants : (a) il augmente la cohesion des particules et leur capacité à absorber et à retenir l'eau des précipitations, ce qui influe d'une part sur la structure physico-mécanique du sol et réduit d'autre part l'effet d'affouillement de l'eau et l'érosion produite par les agents atmosphériques; (b) il permet au sol de s'affermir et est responsable de phénomènes d'échange d'ions, régissant la disponibilité des éléments nutritifs nécessaires à la croissance et à la productivité des cultures et, en même temps, concourant à l'extension de leur utilisation; (c) il entretien, module et conditionne le développement et l'activité de la microflore terricole, ce qui représente l'un des paramètres fondamentaux de la fertilité des sols; (d) il atténue ou neutra lise les effets inhibiteurs, antimétaboliques ou toxiques des substances minérales ou organiques qui peuvent polluer occasionnellement ou systématiquement le sol; (e) il stimule la résistance des plantes supérieures aux conditions atmosphériques défavorables et aux attaques par les parasites, les insectes et les champignons.En même temps, l'humus coordonne les diverses actions biochimiques de la microflore tellurienne qui, comme on le sait, est responsable de l'exécution normale du cycle naturel des matières et, en conséquence, assure, dans le milieu édaphique, toutes les transformations des composés de l'azote, du carbone, du phosphore, du soufre et des autres éléments biogénétiques qui sont à la base de la nutrition de la vie végétale supérieure, et permet l'accumulation des substances biologiquement actives (notamment des phytohormones) que de nombreux germes du sol sont capables de traiter et de libérer dans le milieu, exerçant ainsi une influence directe sur la physiologie des plantes. Pendant des milliers d'années, le fumier d'étable fermenté; convenablement appliqué sur le sol, a été la source d'humus et de micro-organismes utiles pour l'agriculture traditionnelle; mais actuellement, avec l'évolution des conditions imposées à l'agriculture et, en particulier, par suite de la séparation entre les exploitations de culture et d'élevage et de la mécanisation de l'agriculture qui en résulte, le fumier d'étable n1 est plus disponible pour fertiliser les champs. Par contre, les grandes quantités d'excréments solides et liquides qui s'accumulent dans les unités d'élevage intensif des animaux crèent d'énormes problèmes d' élimination. A cela, il faut ajouter le fait que l'emploi sans dircrimination d'engrais minéraux, s'il augmente la production pendant une certaine période, a appauvri de vastes zones agricoles, aboutissant à une utilisation excessive de pesticides et réduisant les qualités organoleptiques et nutritives des produits de culture, ainsi que leur valeur utile. En même temps, les besoins pressants du monde agricole ne peuvent pas être satisfaits par des substances organiques fossiles (conme la tourbe, les lignites récentes ou leurs dérivés), du fait que non seulement ces substances ne sont disponibles qu'en gisements limités et n'existent que dans certaines zones géographiques bien définies, mais aussi qutelles sont dépourvues de la teneur microbienne qui leur donnerait toute leur valeur sur le plan bio-pédologique.Tout aussi incapables de résoudre le problème des engrais sont les multiples produits de remplacement du fumier d'étable, provenant de la transformation de sous-produits de l'agriculture (qui ne sont guère abondants eux aussi et demandent en général des périodes très longues pour se transformer de manière satisfaisante en engrais) ou d'ordures urbaines solides, par exemple les composts usuels. En particulier, ces derniers, résultant de traitements qui n'ont pour but général que d'éliminer les ordures, se sont trop souvent rdvélés dépourvue de tout pouvoir fertilisant ou ils ont même provoqué des dégâts dans les cultures et, dans bien des cas, ils ont pollué le sol par des corps étrangers inertes ou dangereux. Or, il a été découvert un procédé, qui fait l'objet de la présente invention, pour utiliser les vastes quantités de substances organiques contenues dans les ordures solides, dans les eaux d'égout urbaines et dans les déchets de l'agriculture, de l'élevage, des industries alimentaires et pharmaceutiques, etc., en produisant de manière simple et économique des engrais organiques biologiques, organiques mixtes et humo-minéraux ayant une valeur extremement élevée dans le traitement des sols et convenant étonnamment bien à la satisfaction des besoins les plus divers de la technique agricole. Outre qu'il- représente un progrès important dans le domaine de la production des engrais mixtes, le nouveau procédé apporte aussi une solution au problème de 11 élimination des ordures qui prend une importance sans cesse croissante et qui n'a pas trouvé jusqu'à maintenant une solution qui, pour une ou plusieurs raisons, soit satisfaisante. Les systèmes adoptés jusqu'ici pour éliminer les ordures et qui ont tous une valeur douteuse peuvent etre résumés de la manière suivante : a) compactage en blocs utilisables par exemple dans la construction, ce qui a pour effet d'extraire du cycle naturel les éléments bfogénStzques qui entrent dans la composition des déchets organiques et qui appartiennent naturellement à la biosphère; b) des procédés qui restituent ces éléments biogénétiques à la biosphère par combustion, mais sous des formes dégradées et en exigeant des installations coûteuses à l'investissement et à l'exploitation pour ne faire, dans bien des cas, que réduire la masse de déchets à éliminer; c) la décharge des ordures dans des sites naturels ou artificiels ou dans le lit de rivières, ce qui fait que ces déchets sont pratiquement irrécupérables et constituent souvent une source de nuisance pour l'environnement; d) des procédés de compostage qui se limitent à une trituration, une stabilisation et un séchage partiel des ordures ou qui donnent lieu à un certain degré de transformation, mais celui-ci est limité le plus souvent aux constituants qui sont métabolisés le plus facilement par les micro-organismes, donnant des produits résultants qui ont une valeur agronomique faible sinon nulle; e) des procédés par lesquels certaines formes d'énergie ou de produits métaboliques sont extraites (comme le méthane, l'hydro- gène, l'alcool, etc.), mais ces traitements sont très coûteux et ont un faible rendement.Comparé avec tous ces systèmes connus, le procédé proposé par l'invention est beaucoup plus rationnel et judicieux à tous points de vue. Le nouveau procédé selon la présente invention pour la préparation d'engrais mixtes comprend les phases essentielles suivantes : 1. Bes matières organiques de déchet, quelles que soient leur origine, leur taille et leur composition pourvu quelles se prêtent à une attaque microbienne, en particulier les ordures urbaines solides, les déchets de cantines, les boues de stations d'épuration des eaux, les résidus végétaux, les sous-produits de l'agriculture ou de 1 1élevage ou les sous-produits des industries agricoles, alimentalres, pharmaceutiques, etc., sont chargées isolément ou, de préférence, en mélange avec des substances inorganiques ou des matières inertes dont la composition est acceptable et indépendamment de leur grosseur de particules et de leur consistance, dans un équipement approprié pour y être soumises à une première transformation biologique contrôlée. les seules modifications qu'il y a lieu d'apporter éventuellement à la composition des matières de départ, de préférence par des mélanges appropriés de différentes ordures, consistent : a) à les amener à un taux moyen d'humidité de 45 à 60 %; b) à régler leur pH (mesuré dans une suspension aqueuse ayant un rapport poids/volume de 1 : 25) à 4-8,5; et c) à régler le rapport carbone/azote dans la plage comprise entre 25 : 1 et 35 : 1. Ce n'est que dans les caa très particuliers où l'on utilise des résidus organiques dont la teneur microbienne est faible ou nulle, qu'il est nécessaire de les mélanger à d'autres résidus ayant une forte teneur microbienne. Dans cette phase initiale, aucun broyage ou triage des grosses matières inertes n'est nécessaire, car leur présence peut être mise à profit, comme on 1 '.a constaté avec surprise, pour garantir des-conditions oxybiotiques et anoxybiotiques optimales très variées dans la masse en fermentation. Le récupération de ,ratières valables économiquement (telles que métaux, verre, etc.) qui peuvent être présentes dans les ordures est ordinairement remise, saux en cas d'exigences particulières, à des stades ultérieurs où leur séparation de la masse est grandement facilitée.L'un des aspects essentiels du traitement selon la présente invention est d'éviter que la matière de départ séjourne, ce qui risquerait de déclencher une fermentation spontanée. La matière de départ doit donc être acheminée immédiatement vers le traitement de transformation qui doit s'effectuer dans un endroit abrité des précipitations atmosphériques et avant que la moindre fermentation indésirable ne se soit développée dans une mesure notable. La première transformation biologique contrôlée s'effectue dans un équipement qui retourne les matières et met en morceaux 1a éventuels amas qui s'y trouvent, de façon à assurer la prédominance d'une fermentation aérobie et exothermique, cette opération étant ordinairement effectuée dans des fermenteurs rotatifs appropriés, équipés au besoin d'organes internes et d'ouvertures servant au chargement et au déchargement et assurant l'aération. Dans les cas particuliers où la matière est extrêmement compacte, l'aération peut être obtenue à l'aide de dispositifs d'insufflation contrôlée d'air. Toutefois, il a été déchuvert que, dans la majorité des cas, l'oxygénation de la masse peut se produire par diffusion naturelle, sous le simple effet du retournement et du malaxage. A cet égard, la transformation doit être principalement- aérobie, mais on doit en même temps éviter un excès d'aération qui conduirait à une minéralisation rapide des substances organiques métabolisées plus facilement et, en conséquence, à une brusque élévation de température avec "stabilisation" correspondante de la masse, ce qui donnerait lieu à des produits mal transformés et n'ayant pas le moindre degré d'humification.L'aération est contrôlée dans cette phase en faisant alterner convenablement des périodes de retournement et des périodes statiques, pour obtenir des profils thermiques qui favorisent à la fois la salubrifiôatiân de la masse en cours de fermentation et la sélection de la microflore humigène. Ainsi, en trois à quatre jours (dans le cas d'ordures urbaines solides par exemple), il se produit une élévation progressive de la température de la masse qui doit atteindre 65 à 6820 pour garantir la disparition d'agents microbiens inutiles, d'oeufs et de larves d'insectes, de cryptogames parasites, de graines et de mauvaises herbes.Cette première phase, dans laquelle la première attaque effective des substances organiques est convenablement contrôlée, est achevée techniquement lorsque l'élévation de température ne dépasse pas, dans les 24 heures qui font suite au moment où la température maximale a été atteinte, de plus de lOQC la température au même instant du cycle précédent. En même temps, le pH du milieu se stabilise aux alentours de la neutralité et la teneur en humidité est égale à la teneur initiale, en dépit des pertes par évaporation survenues pendant la transformation, du fait de la quantité d'eau provenant de l'action microbienne sur les constituants organiques. La matière est déchargée des fermenteurs dans cet état et elle est envoyée directement vers la seconde phase de transformation. Si on le juge opportun, un broyage, une récupération des métaux et l'élimination de matières inertes peuvent etre exécutés à la suite de cette première phase de fermentation, des machines satisfaisantes étant déjà disponibles pour ces opérations qui ne soulèvent aucun problème particulier. 2. La seconde phase de transformation biologique contrôlée s'effectue en tas qui doivent être formés à l'abri des précipitations atmosphériques et doivent avoir un minimum de surface. Dans cette phases la microflore qui a été sélectionnée par les conditions favorables à son développement intensifie la transformation des substances organiques par de nouvelles réactions exothermiques qui donnent lieu à une nouvelle élévation de la température de la masse. Cette élévation, surveillée en permanence par des instruments, est suivie au bout de plusieurs jours par une baisse et, à ce moment, le tas doit être retourné et reconstitué à l'aide d'une pelle mécanique ou d'un autre engin approprié -qui donne une parfaite uniformité. De même que lors de la mise en tas initiale, ce retournement du tas se traduit par une nouvelle élévation de la température de la masse.L'entretien du tas se poursuit de la manière indiquée, jusqu'à ce que l'élévation de la température lors du retournement se limite à une valeur nettement plus petite que celle qui a été atteinte lors du cycle précédent (par exemple de-5 à 90nu). a seconde phase est alors terminée. 3. La troisième phase de transformation biologique est effectuée en ajoutant une culture microbienne en suspension dans un milieu liquide au cours d'un nouveau retournement des tas, mais en utilisant, non pas des cultures de laboratoire ou des produits commerciaux à inoculer, mais des cultures isolées ou sélectées à partir de la masse en fermentation elle-même, c'est-à-dire en mettant à profit les données scientifiques de la distribution phyto-géographique et écologique des micro-organismes. La culture que l'on utilisera est choisie parmi les espèces thermophiles qui possèdent un pouvoir intense de dégradation à l'égard des formes les plus importantes de substances organiques (cellulose, amidon, gélatine, protéines, etc.) et qui ont donc un pouvoirhumigène. On doit aussi vérifier que les souches choisies ne manifestent aucune activité antagoniste à l'égard des germes principaux ayant un intérêt bio-pédologique. Cette troisième phase de transformation est contrôlée de la manière indiquée à propos de la seconde, en surveillant les profils de température des masses mises en tas et en vérifiant périodiquement le rapport C/N. La transformation est achevée lorsque ce rapport est stable. 4. La matière, humifiée à un degré élevé et riche en cellules microbiennes et en produits de leur métabolisme activé, est soumise à un premier traitement de broyage et de criblage (ou à un nouveau traitement de broyage et de criblage si un tel traitement a été déjà été effectué à la suite de la phase de fermentation) pour donner un produit criblé qui, avec la distribution granulomé trique réglable à volonté, représente un excellent "engrais organique biologique après un séchage approprié. S'il convient d'enrichir 11 engrais obtenu de cette manière avec des microorganismes jouant un rôle bio-pédologique important, il a été découvert que ce produit constituait un milieu optimal pour le développement d'Azotobacter chroococcum, Az. vinelandii, Âz. paspali, Rhizobium leguminosarum, Rhiz. Japonicum, Beijerinckis indica (dans ce cas après une acidification convenable du milieu), Brthrobacter globiformis, Bacilles megaterium et Bac. circulans. Le nouvel engrais représente donc un excellent véhicule pour administrer aux sols les espèces microbiennes citées afin dty introduire des fixateurs d'azote libre tels qu'Azotobacter chroococcum, vinelanaii, etc., des symbiotes tels que Rhizobium leguminosarum, japonicum, lupini, melitoti, trifolii, phaseoli, etc., des solubilisants des phosphates tribasiques tels que Bacillus megaterium, des solubilisants des silicates tels que Bacillus circulans ou des générateurs actifs de phytohormones tels qu'Azotobacter paspali, Arthrobacter globiformis.L'engrais organique biologique, riche en micro-organismes utiles, préparé de cette manière ou 1' engrais organique biologique initial peut être enrichi en produits inorganiques d'amendement si nécessaire, pour former un engrais organique mixte complexe. Â titre de variante, la masse humifiée obtenue par le traitement en quatre phases décrit ci-dessus peut être utilisée également pour préparer des engrais humo-minéraus, directement ou après une période de maturation complémentaire. À cet effet, les acides humiques qui s'y sont accumulés au cours de la transformation biologique sont extraits par suspension dans une solution alcaline, la boue étant ensuite séparée de ltextrait par centrifugation ou filtration à travers des ratières non absorbantes, puis la boue épuisée est recyclée. Les acides humiques sont obtenus, X partir des extraits, par floculation avec des acides, suivie d'une décantation, d'une filtration ou d'une centrifugation, puis par salification avec des substances alcalines, en utilisant les bases des cations que l'on cherche à obtenir dans le produit final, jusqu'à ce que le milieu soit neutralisé Les préparations humo-minérales ainsi obtenues peuvent être vendues sous forme de solutions concentrées ou après séchage par pulvérisation, par évaporation de la glace ou par tout autre procédé qui ne dénature pas la structure moléculaire des acides humiques. Les exemples suivants, qui ont une valeur d'indication et non de limitation, sont donnés pour décrire en détail quelques applications particulières du procédé et, en conséquence, faire apparaitre plus nettement ses caractéristiques essentielles et faciliter sa mise en oeuvre générale dans le domaine concerne. Exemple 1 Le traitement décrit a été appliqué à des ordures ménagères et de la voirie mélangées de la ville de Naples (Italie), ayant la composition suivante en pourcentages : résidus tsorganiqaes (pierres, gravats, poussière) 14,5; résidus organiques d'origines végétale, animale et alimentaire 46,5; papier et carton 19,8; métaux 3,8; verre et matières céramiques 4,0; textiles 2,0; bois 0,9; plastiques, caoutchouc et peaux 4,5; déchets divers 4,0. Humidité, 52 % environ; pH = 6,6; rapport C/N, 32 environ. Les matières ont été chargées sans aucune préparation dans un fermenteur rotatif à section hexagonale, muni sur deux côtés non adjacents d'ouvertures de chargement, de déchargement et d'aération, ainsi que de robustes pièces métalliques placées en travers de sa cavité intérieure pour accroitre l'effet de hachage et de malaxage au cours de la rotation. Immédiatement après le chargement, l'appareil a été mis en mouvement, les portes fermées, par un moteur électrique qui le faisait tourner à 4 tr/mn pendant 30 mn. Le programme de travail suivant a été suivi pendant quatre jours. Six périodes de rotation de 30 mn chacune, séparées par des arrêts de 2 h portes ouvertes, au cours de chaque Journée, ltensemble du dispositif étant maintenu à l'arrêt, les portes ouvertes, pendant la nuit. Différents contrôles ont été faits au cours de ce traitement qui correspond à la première phase de transformation biologique contrôlée. Àu cours de la première Journée, la température est montée de la température ambiante (13 14oc) à 18-20oC. Le matin du second jour, elle était de 32QC et, à ia fin du second Jour, de 30oC, Le matin du troisième Jour, elle atteignait 58oC et, à la fin de la même Journée, 38OC, Le matin du quatrième Jour, elle-était de 68OC et, à la fin du quatrième Jour, de 43oC. Le matin du cinquième Jour, elle ntatteignait plus que 53OC. Au bout du premier Jour, le pH est tombé à 5,6; il atteignait 5,8 après la seconde journée, 6,5 après la troisième Journée et il s'est stabilisé aux alentours de la neutralité, c'est-à-dire 6,8-7,2 à là fin de la quatrième journée. L'humidité est restée pratiquement constante.Des snalyses micrologiques, microbiologiques et microscopiques ont mis en évidence, au bout des quatre jours de fermentation, la disparition d'oeufs et de larves d'insectes, de champignons phytopathogènes tels que Fusarium, de protozoaires tels qu'Entamoeba histolytica et de micro-organismes pathogènes tels que Salmonella typhi, S. paratyphi, Shigella dysenteriae, Pasteurella typhimurium, Brucella melitensis, Mycobacterium tuberculosis, Corynebacterium diphteriae et Staphylococcus aureus. Les streptocoques et colibacilles fécaux étaient également absents, de même que les plathelminthes et les némathelminthes. Après déchargement des fermenteurs , les macères ferromagnétiques ont été séparées à l'aide d'électroaimants, puis des tas ont été formés sous un toit protecteur approprié. Pour travailler les tas, on a fait usage d'un engin automoteur couramment utilisé dans la culture des champignons en y apportant très peu de modifications et en mettant à profit son aptitude à former des tas de forme approximativement parallèlépipédique d'une hauteur de 1,80 m environ, d'une largeur de 2 m environ et d'une longueur pratiquement illimitée, cet engin ayant permis de former de nombreux tas très voisins, en économisant la surface nécessaire pour le traitement. Les profils de température relatifs aux masses en cours de fermentation ont donné à penser que les tas devaient être retournés tous les cinq jours.Au troisième retournement, les masses ont été arrosées (à raison de 1 litre par 100 kg de matière) avec un bouillon de culture d'un actinomycète thermophile à pouvoir humigène, préalablement isolé à partir des masses elles-mêmes. Le bouillon de culture se présentait sous la forme d'un bouillon d'amidon-caséine (d'après Waksman et Lechevalier, 1961, The Actinomycetes, William & Wilkins Co., Baltimore) qui avait subi une incubation pendant 36 h environ à 50oC dans des conditions aérobies. Le rapport C/N des masses slest stabilisé aus alentours de 21,5 au cours des six ou sept jours suivants et la matière a été alors concassée à l'aide d'un broyeur à marteaux, puis criblée à travers un tamis vibrant à mailles de 1 x 1 cm. Une partie du produit criblé a été mise à sécher spontanément (jusqu'à un taux d'humidité d-e 20 % environ) pour obtenir un engrais utilisable directement. Cet engrais organique biologique de base, obtenu avec un rendement de 70 % environ par rapport à la matière de départ, avait les caractéristiques sui vantes : pH 7,5; humidité 19,8 %; cendres 31 %; substances organiques 46,3 ; rapport C/N 21 environ; azote total 1,5 %; phosphore 0,45 %; potassium 0,95 %; calcium total 3,5 %; chlorures 0,05 %; sulfates ),05 %; sodium total 0,3 %; magnésium total 0,75 %; fer total 1;54 ; aluminium 3,25 %; silicium 5,2 ; zinc total 0,1 %; cuivre total 0,01 ; manganèse 0,01 %; molybdène 0,2 ppm; cobalt 1,8 ppm; nickel 1,8 ppm; charge; microbienne totale' 6 k 109 germes/g; thermophiles totaux 1,2 x 109 germes/g; charge d'actinomycètes 5 x 108 germes/g; actinomycètes thermophiles 4,1 x 108 germes/g; charge d'eumycètes 9 x 105 germes/g; fixateurs d'azote aérobies 9,5 x 105 germes/g; fixateurs d'azote anaérobies 5 x 104 germes/g; protéolytiques 1 x 108 germes/g; ammonisants 4,5 x 108 germes/g; nitrosants 8 x 104 germes/g; nitrifiants 7 x 107 germes/g; dénitrifiants 1,5 xl03 germes/g; amylotiques 5 x 108 germes/g; pectinolytiques 6 x 106 germes/g; cellulosolytiques aérobies 4 x 105 germes/g; cellulosolytiques anaérobies 8 x 103 germes/g; colibacilles totaux lx 102 germes/g; colibacilles fécaux absents; streptocoques fécaux absents.On a également constaté que le produit était dépourvu des agents pathogènes cités. I1 a également manifesté une activité biologique en rapport avec des phytohormones telles que les auxines, les gibberellines et les cytoquinines, en extraits obtenus à partir de 100 g seulement. L'engrais organique biologique ayant les caractéristiques énumérées ci-dessus a été utilisé en partie comme base pour préparer des engrais organiques complexes en le mélangeant avec des engrais minéraux complexes, notamment le 10 : 10 : 10 et le 11 : 22 : 16. Une- autre partie de l'engrais organique biologique de base, divisée en fractions, a été enrichie avec un bouillon de culture de germes tels que Azotobacter chroococcum, Rhizobium leguminosarum et Rhizobium japonicum. Enfin, pour préparer des engrais humo-minéraux, les masses transformées non utilisées pour les produits cités ci-dessus ont été mises en suspension dans NaOE N/10 et agitées énergiquement pendant 30 mai. L'extrait a été séparé par centrifugation et la phase solide a été remise en suspension dans l'alcali, ltextrac- tion étant répétée à quatre reprises. Les acides organiques ont été isolés des extraits réunis par floculation par acidification avec H3PO4 (cette méthode donne des acides phospho-humiques qui ne contiennent pas moins de 7 % de phosphore).Le floculat, séparé par filtration, a été red-issous par neutralisation avec différentes bases, pour donner par exemple le phospho-humate d'Pmmonium, le phospho-humate potassique, calcique, ferrique, etc., avec lesquels on a préparé des mélanges appropriés dotés de propriétés fertilisantes. Le rendement en poids de matière sèche de ces produits humo-minéraux a été de l'ordre de 17 à 18 ffi sur la base des substances minérales soumises à 1' extraction. Ces produits ont été également séchés par pulvérisation, pour donner des poudres hydrosolubles à 99,9 ffi qui conviennent donc très bien pour la fertilisation par irrigation et la fertilisation de cultures hydroponiques. Exemple 2 Le traitement décrit a été appliqué à des ordures urbaines solides de la ville de Naples (voir Exemple 1) et à des botes de drainage provenant d'une station d'épuration biologique des eaux d'égout et ayant les caractéristiques phgsico-chimiques suivantes humidité 68 ; carbone organique 31 ; azote total 3,8 %0; phosphore total 1,46 %; potassium total 0,19 ; pH 7,9. Les ordures et les boues ont été utilisées dans un rapport de 4 : 1 en poids. Le traitement n'a été influcse dans aucune de ses phases et le rendement effectif en engrais organique biologique a été élevé à 79 %, sur la base de la quantité totale de matières de départ. On a aussi obtenu une augmentation importante du rendement dans la production d engrais humo-minéraux, préparés sous la forme de pnudres, ce rendement atteignant 19,8 % de la nasse humifiée soumise à l'ex- traction. Exemple 3 Le traitement décrit a été appliqué à des ordures urbaines solides de la ville de Naples (voir Exemple 1) et à la fraction solide obtenue par centrifugation continue du lisier provenant d'une station d'élevage intensif de porcs, ayant les caractéristiques suivantes : humidité 71 SL; carbone organique 27 %; azote total 3,9 %; phosphore total 1,8 %; potassium total 4,5 %; pH 8,0. Les ordures et le lisier ont été-utilisés dans un rapport de 5 : 1 en poids. Le traitement n'a été influencé dans aucune de ses phases par l'addition du lisier. De même que dans l'Exemple précédent, les rendements ont été augmentés par rapport à 1'Exemple I et 04t atteint 76 % pour l'engrais organique biologique et 20 % pour les engrais humo-minéraux. Exemple 4 Le traitement décrit a été appliqué à des ordures urbaines solides de la ville de Naples (voir Exemple 1) en vue de produire uniquement des engrais organiques biologiques. Dans ce cas, on a suivi le mode opératoire décrit dans l'Exemple 1, mais toutes les masses obtenues à la suite de la troisième phase de transformation biologique ont été concassées à l'aide d'un broyeur à marteaux et criblées à travers un tamis vibrant à mailles de 1 x 1 cm, le produit criblé étant finalement soumis à un séchage spontané. A cet effet, le produit criblé a été étalé sous un toit protecteur en couches de 50 cm de hauteur et retourné journellement, jusau'à ce que l'on obtienne une teneur en humidité de dépassant pas 20 %. Exemple 5 Le traitement décrit a été appliqué à des ordures urbaines solides de la ville de Naples (voir Exemple 1) en vue de produire uniquement des engrais organiques biologiques auxquels on a ajouté des complexes inorganiques ayant différentes concentrations en azote, en phosphore et en potassium. Dans ce cas, on a suivi le mode opératoire de l'Exemple 4, mais avec un degré plus poussé de broyage et en utilisant, pour le criblage, un tamis vibrant à mailles de 0,7 x 0,7 cm. Le produit criblé obtenu a été déshydraté et on y a ajouté des engrais complexes ninéraux, disponibles dans le commerce, spus forme d'un mélange approprié de poudres, pour obtenir des "engrais complexes organiques-mixtes" ayant des concentrations prédéterminées d'azote, de phosphore et de potas slum. Exemple 6 Le traitement décrit a été appliqué à des ordures solides de la ville de Naples (voir Exemple 1) en vue de ne produire que des engrais organiques biologiques, enrichis de micro-organismes appartenant à différents groupes physiologiques. 3n utilisant le Rhizobium japonicum, fixateur d'azote qui est un symbiote spécifique du soja (Glycine hispida),.on a suivi le mode opératoire de Exemple 4, mais à la suite du criblage, la matière a été arrosée (à raison de 1 litre par 100 kg) avec un bouillon de culture de la souche no 11927 de l'American Type Cultures Collection (Rockwille, Mwxyland, U.S.A.) de l'espèce en question, obtenu en 48 h à 30oC dans le milieu de culture de Wright (chlorure de sodium 0,2 g, phosphate biammonique 0,5 g, sulfate de magnésium 0,3 g, sulfate de calcium 0,1 g, carbonate de calcium 0,1 g, mannite 10 g, solution de levure 100 mi, eau 900 ml). Après avoir été ensuite séchée selon le mode décrit, la matière avait une teneur en Rhizobium supérieure à 1 x 107 cellules/g, capable de provoquer une nodulation efficace sur des plants de soja. REVENDICATIONS 1. Procédé pour la production d'un engrais par utilisation totale ordures urbaines solides et de matières organiques de déchet, quelles que soient leur origine, leur grosseur et leur composition, pourvu quelles soient susceptibles d'entre attaquées par les microbes, caractérisé en ce que a) les matières de déchet, sous la forme où elles se présentent et avec un pH de 4 à 8,5, un taux d'humidité de 45 à 60 % et un rapport C/N de 25 : 1 à 35 : 1, sont soumises, avant l'établisse- ment d'une fermentation spontanée, à une transformation biologique contrariée dans un appareil qui permet de retourner les masses et de les aérer naturellement sans qu'elles deviennent compactes, cette aération étant réglée par diffusion de façon à obtenir une élévation progressive de la température Jusqu'à 65-680C, puis le traitement est poursuivi jusqu a ce que le pH se stabilise aux alentours de la neutralité et jusqu'à ce que, dans les 24 heures qui suivent le moment où la température maximale a été atteinte, la température ne s'élève pas de plus de 100C au-dessus de la température au meme moment dans le cycle précédent ; b) les matières partiellement fermentées sont soumises à une nouvelle fermentation à l'air libre et à l'abri des précipitations atmosphériques, sous la forme de tas qui sont retournés et reformés chaque fois qu'une baisse de température suit une élévation initiale, la fermentation étant considérée comme achevée au moment où l'élévation de température à la suite du retournement du tas est inférieure de 5 à IOOC à l'élévation enregistrée dans le cycle précédent ; c) les matières résultant de la phase b) sont soumises à une nouvelle fermentation biologique stimulée par l'addition d'une culture microbienne isolée et sélectée à partir de la masse en fermentation elle-mEmes et le traitement est poursuivi jusqu'à ce que le rapport C/N se stabilise. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la culture microbienne utilisée dans la phase c) est celle d'une espèce thermophile qui possède un pouvoir intense de dégradation à l'égard des formes les plus importantes de substances organiques, notamment la cellulose, l'amidon, les protéines, les pectines ou similaires. 3. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'une phase dans laquelle les métaux sont récupérés et les matiè- res inertes sont éliminées est intercalée entre la première et la seconde phases de fermentation. 4. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'engrais obtenu est enrichi avec des micro-organismes possédant une activité bio-pédologique intéressantes, choisis de préférence dans le groupe constitué par des fixateurs d'azote libre, des symbiotes fixateurs d'azote, des micro-organismes qui rendent solubles les silicates, des micro-organismes qui rendent solubles les phosphates tribasiques et des micro-organismes qui produisent des hormones végétales. 5. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'engrais obtenu est mélangé avec un-engrais minéral. 6. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'engrais obtenu est soumis à une extraction par suspension dans une solution alcaline, les extraits sont floculés avec des acides et les acides humiques précipltés sont transformés en sels avec ou une ou plusieurs substances alcalines. 7. Engrais organique biologique, obtenu par le procédé selon la revendication 1 ou 2. 8. Engrais organique biologique, obtenu par le procédé selon la revendication 4. 9. Engrais organique mixte complexe, obtenu par le procédé selon la revendication 5. 10. Engrais humo-minéral, obtenu par le procédé selon la revendication 6.