La présente invention se rapporte à la récupération des espèces ou des substances dissoutes dans les solutions aqueuses en utilisant ce qu'il est convenu d'appeler une technique d "mem- brane liquide, Les pionniers des techniques à "membrane liquide sont Norman L. Li et ses collaborateurs qui ont décrit des techniques dans une série de brevets incluant le brevet américain n0 3 779 907. Celui-ci décrit un procédé pour séparer une espèce chimique ou une substance dissoute qui consiste à mettre la solution en contact avec une émulsion 1,dèau dans l'huile'T comprenant une phase intérieure aqueuse entourée d'un agent tensio-actiS contenant une phase extérieure hydrophobe, perméable à l'espèce dissoute, et dont la phase intérieure comprend un réactant capable de convertir l'es- pèce dissoute en une substance non-perméable. Il est expliqué que de cette façon l'espèce dissoute traverse la phase extérieure et est transformée en une espèce non-perméable dans la phase intérieure. Après ce contact, on sépare l'émulsion de la solution aqueuse, laquelle est maintenant dépourvue de l'espèce dissoute, après quoi l'émulsion peut etre régénérée.Un procédé de régénération consiste d briser ou à disjoindre l'émulsion, ce qui est indiqué à la colonne 7, ligne 29. Toutefois, aucun procédé pour disjoindre l'émulsion n'est indiqué dans le brevet américain n0 3 779 907. Dans ce brevet américain précité n0 3 779 907, il est suggéré qu'on peut séparer le cuivre d'une solution aqueuse en utilisant une émulsion oléo-aqueuse comprenant un solvant aromatique ou olée-finique comme phase extérieure (colonne 3, lignes 29 à 33). un procédé pour convertir les ions à la forme non-perméable voulue dans la phase intérieure consiste à précipiter les ions cuivre avec des ions sulfure (colonne 5, lignes 1 à 6).Une variante de ce procédé implique le maintien d'une différence entre le pH de la phase intérieure et celui de la solution aqueuse, ce qui a pour effet que le pH de l'interface de la solution aqueuse et de la phase extérieure favorise la solubilité des ions dans la phase extérieure contenant le composé dans lequel a lieu l'échange ionique, tandis que le pH de l'interface entre la phase extérieure et la phase intérieure favorise la désorption des ions de la phase extérieure et leur solubilisation dans la phase intérieure (colonne 5, lignes 12 à 21). Parmi les agents tensio-actifs ou les "sur- faetants dont l'utilisation a été suggérée, on trouve le 1,Span 80" qui est dit être un ester d'acide gras d'anhydro-sorbitol condensé avec de l'oxyde d'éthylène (colonne 5, lignes 63 à 65). L'utilisation d'une membrane tensio-active liquide pour la désalinisation de l'eau est décrite par Li et ses collaborateurs dans le brevet américain n0 3 454 489. Dans ce procédé, on forme une émulsion de la solution saline avec une solution tensioactive hydrophobe de sorte que la solution saline devant être traitée forme la phase intérieure d'une émulsion qui est ensuite mise en contact avec un solvant de lavage. L'eau de la solution saline traverse la membrane tensio-active pour gagner le solvant de lavage. L'émulsion, dont la phase intérieure a été ainsi dépourvue d'eau, est séparée du solvant de lavage et est envoyée dans un dispositif de désémulsification qui peut prendre la forme d'un précipitateur électrostatique.Il est dit que ce procédé est applicable à la désalinisation de l'eau de mer ainsi qu'à l'extraction de minerais ou de substances minérales de leurs solutions aqueuses (colonne 5, lignes 34 à 36). Parmi les autres brevets au nom de Li et de ses collabo rateurs on peut citer les brevets américains n0 3 389 G78,3 410 7?L, 3 617 546, 3 637 488, 3 650 091, 3 696 028, 3 719 590, 3 733 776, 3 740 315, 3 740 329, 3897 308, 3 942 527, 3 959 173, 3969 265, et 4 014 785, ainsi que les brevets américains réédités n0 27 888 et 28 002. Les articles de Li et de ses collaborateurs sur les membranes liquides ont été repris dans la littérature technique, par exemple, dans "Ind. Eng. Process Des. Develop", volume 10, n0 2, 1971, pages 215-221 et dans Separation Science", 9 (6), pages 505519, lu74. Il existe aussi un autre brevet américain n0 4 001 109 au nom de Li et de ses collaborateurs. Celui-ci décrit un procédé pour désémulsionner une émulsion qui peut être soit du type eau dans l'huile ou du type l'huile dans l'eau. Il est dit que ce procédé est particulièrement utile pour rompre les émulsions dans les systèmes à membrane liquide qui sont définis dans le brevet américain n0 3 779 907. Il est dit que les émulsions utilisées dans les divers procédés à membrane liquide sont difficiles à disjoindre.Li et ses collaborateurs vont jusqu'à préciser (colonne 2, lignes 63 à colonne 3, ligne 23) : "le procédé de traitement de l'eau à membrane liquide" exige, pour opérer efficacement, une émulsion d'eau dans l'huile dans laquelle l'huile maintient son intégrité en tant que phase continue de 11 émulsion dans diverses conditions de température, de pression et d'agitation pour remplir les fonctions d'une membrane. Ainsi, les émulsions utiles dans ce procédé sont conçues pour être particulièrement stables. La formation d'émulsions à membrane liquide stables est un art par lui meme et les difficultés que ceux-ci présentent, ainsi que des solutions à ces difficultés peuvent être trouvées dans le brevet américain n0 3 779 907.Ces émulsions, bien qu'elles soient adaptées pour les procédés à membrane liquide en raison de leur stabilité, posent cependant de graves problèmes quand il s'agit de les disjoindre afin de séparer les phases d'huile et d'eau en vue d'en récupérer séparément les composants Les procédés antérieurs de séparation des émulsions faisant intervenir un chauffage, des sels de floculation polyvalents, une précipitation électrostatique ou une centrifugation sont complètement incapables de disjoindre ces émulsions. Ainsi, la technique antérieure enseigne que les émulsions utilisées dans le procédé à membrane liquide, tel que celui décrit dans le brevet américain n0 3 779 907, ne peuvent pas être disjointes par une précipitation électrostatique. Dans un procédé à membrane liquide, on sépare l'émulsion de la solution d'entrée aqueuse et elle doit ensuite être rompue ou disjointe pour récupérer la phase intérieure. Dans le brevet américain n0 4 001 109 Li et ses collaborateurs enseignent que les émulsions destinées à être utilisées dans les procédés à membrane liquide, comme celles décrites dans le brevet américain NO 3 779907, doivent être étudiées pour etre particulièrement stables mais que ceci a pour conséquence de rendre aléatoire la récupération des composants de l'émulsion. La solution proposée à cette situation consiste à ajouter un mélange de solvants ce qui, à son tour, implique que ces solvants doivent etre récupérés, par exemple, par une distillation des phases séparées de l'émulsion. On conviendra que cette proposition est relativement compliquée et que, puisqu' elle implique une distillation, elle entrain une consommation d'énergie considérable. On voit donc que la technique a besoin d'un procédé à membrane liquide dans lequel la séparation des composants de lte- mulsion peut être effectuée d'une manière simple, sans aucune addition de solvants ou d'autres substances chimiques et sans qu'il en résulte une consommation excessive d'énergie. On vient de faire la découverte surprenante que si lté- mulsion est judicieusement préparée, il est possible de l'utiliser avec succès dans un procédé à membrane liquide pour l'extraction d'espèces dissoutes dans des solutions aqueuses et de récupérer ces espèces ou substances par un procédé qui implique une séparation des composants de l'émulsion au moyen d'une précipitation électrostatique. On a également constaté avec surprise qu'en réalisant lté- mulsion de façon à produire une phase intérieure formée de gouttelettes relativement petites et en maintenant une distribution relativement étroite des dimensions de ces gouttelettes, on améliore considérablement la stabilité de L'émulsion pendant son contact avec la solution drentréd aqueuse sans qu'il soit nécessaire d'ajouter des quantités excessives de surfactant ou bien d'utiliser des additifs augmentant la viscosité, et qu'en meme temps, les conditions cinétiques du transfert de la masse à travers la membrane liquide sont aensiblement améliorées. En conséquence, selon la présente invention, un procédé pour récupérer leswespèces dissoutes dans une solution aqueuse consiste à mettre la solution aqueuse en contact avec une émulsion, ladite émulsion comprenant des gouttelettes d'une phase intérieure aqueuse entourées d'une phase extérieure hydrophobe qui est immiscible avec la solution aqueuse et qui est perméable à ladite espèce, la phase intérieure aqueuse comprenant un composant capable de rendre ladite espèce non-perméable, les dimensions des gouttelettes de la phase intérieure de l'émulsion se situant entre environ 0,3 et environ 10 Zu, la majorité des gouttelettes étant comprise entre environ 0,8 et environ 3Zu, ce qui fait que ladite espèce traverse la phase extérieure et est rendue non-perméable dans la phase intérieure, à séparer l'émulsion de la solution aqueuse maintenant dépourvue de ladite espèce, à faire passer l'émulsion ainsi séparée dans une zone de coalescence électrostatique dans laquelle est maintenu un champ électrostatique ce quifavorise la coalescence des gouttelettes de la phase intérieure, et à récupérer de cette zone de coalescence électrostatique la phase intérieure intégrée contenant ladite espèce. L'invention comprend également un procédé continu pour récupérer une espèce chimique dissoute dans une solution d'entrée aqueuse qui consiste à alimenter une zone d'émulsification avec une phase extérieure hydrophobe qui est immiscible avec la solution aqueuse et qui est perméable à ladite espèce et avec une phase intérieure qui comprend un composant adapté à favoriser la désorption de ladite espèce de la phase extérieure et son transfert dans la phase intérieure, à mélanger lesdites phases intérieure et extérieure dans ladite zone d'émulsification afin de former dans celleci une émulsion du type eau dans l'huile ayant une phase intérieure composée de gouttelettes dont les dimensions se situent entre environ O,31u et environ 10/u, la majorité des goutelettes ayant des dimensions comprises entre environ 0,8 et environ 3Xu, à mettre en contact la solution aqueuse avec l'émulsion de type eau dans l'huile dans une zone de contact, ce qui fait que ladite espèce traverse la phase extérieure et est rendue non-perméable dans la phase intérieure, à séparer l'émulsion de la solution aqueuse dans une zone de séparation, la solution aqueuse étant maintenant débarrassée de ladite espèce, à faire passer l'émulsion ainsi séparée dans une zone de coalescence électrostatique dans laquelle un champ électrostatique correspondant à une chute de tension d'au moins I kilovolt par centimètre est maintenue, Ce qui a pour effet de favoriser la coalescence des gouttelettes dans la phase intérieure, à récupérer de cette zone de coalescence électrostatique la phase extérieure et la phase intérieure intégrée contenant ladite espèce, et à recycler la phase extérieure vers la zone d'émulsification. On voit que l t invention utilise un procédé à membrane liquide pour récupérer l'espèce chimique dissoute de la solution d'satree aqueuse, la phase intérieure contenant un composant capable de rendre cette espèce non-perméable. Ce composant peut être un réactif qui réagit avec l'espèce et qui la transforme, dans la phase intérieure, en une forme non-perméable. C'est ainsi, par exemple, que si l'espèce chimique dissoute comprend de l'ammoniac ou un amine, la phase intérieure peut être une solution acide dont le pH est inférieur à celui de la solution aqueuse, l'ammoniac ou l'amine réagissant avec les ions hydrogène pour former de l'ammonium ou des ions ammonium substitués.Lorsque l'espèce dissoute comprend un ion métallique, la phase intérieure peut contenir un anion formant un précipité avec lotion métallique. En variante, le composant capable de rendre l'espèce nonperméable peut être une substance qui favorise la désorption de l'espèce de la phase extérieure vers la phase intérieure. C'est ainsi, par exemple, que--si l'espèce chimique dissoute comprend un métal, tel que le cuivre, et si la solution d'entrée est une solution de sulfate cuprique, la phase intérieure peut être une solution acide ayant un pH inférieur à celui de la solution aqueuse d'entrée. On choisit la phase extérieure hydrophobe de l'émulsion pour qu'elle soit perméable à l'espèce dissoute et pour produire une émulsion du type eau dans l'huile qui est suffisamment stable pour survivre à l'étape de contact avec la solution d'entrée aqueuse contenant l'espèce dissoute, sans cependant qu'elle soit stable au point de ne pas pouvoir être facilement disjointe par une coalescence électrostatique en présence du champ électrostatique maintenu dans la zone de coalescence. Ainsi, on évite avantageusement l'extrême stabilité de l'émulsion dans le procédé de l'invention. D'une manière générale, on peut dire que la-phase extérieure hydrophobe contient le plus souvent un surfactant soluble dans l'huile et insoluble dans l'eau en tant qu'émulsifiant. Habituellement, elle comprend aussi un agent de transport pour l'espè- ce dissoute. De plus, elle peut comprendre un solvant hydrophobe inerte et un ou plusieurs additifs secondaires tels qu'un accé lérateur pour#l'agent de transport. Le procédé est applicable à n importe quelle espèce chimique dissoute #soluté) qui peut être rendue perméable à travers la phase extérieure hydrophobe, immiscible à l'eau, et qui peut être#rendue non-perméable dans la phase intérieure aqueuse. De préférence, l'espèce chimique est ionique. C'est ainsi que cette espèce peut etre n'importe quelle substance ionique qui est récupérable par un procédé d'échange d'ions. L'espèce peut être de nature anionique ou cationique. Comme exemples d'espèces cationiques qui peuvent être récupérées en utilisant le procédé de la présente invention, on peut citer l'argent, le dadmium, le chrome, le plomb, l'étain, le mercure, le cuivre, le calcium, le zinc, l'uranium, le cobalt, le fer et le nickel.Le procédé peut être utilisé pour éliminer les ions chrome de l'eau de refroidissement et pour extraire le fer des bouillies d'argile, par exemple. Le procédé est particulièrement important pour récupérer le cuivre des solutions contenant celui-ci. En utilisant le procédé de l'invention, le cuivre peut être récupéré dans une grande variété de liqueurs contenant du cuivre. Toutefois, le procédé est particulièrement avantageux pour la récupération du cuivre des liqueurs de lixiviation & s minerais ou des liqueurs de lixiviation des cuves, ainsi que dans les raf- finats provenant d'installations d'extraction d l'aide de solvants ou d'autres liqueurs résiduaires. En général, les liqueurs de lixiviation des minerais contenant du cuivre sont produites en mettant en contact un minerai contenant du cuivre avec une solution acide, par exemple, avec une solution diluée d'acide sulfurique ou avec une solution ammoniacale, par exemple, avec une solution ammoniacale de carbonate d'ammonium.Ces liqueurs de iixiviation peuvent contenir environ 4 parties par milion ou moins et jusqu'à environ 3000 parties par million ou plus de cuivre ( ce qui correspond à environ 10 parties par million de sulfate de cuivre ou moins et peut s'élever à environ 7500 parties par million ou plus de sulfate de cuivre, dans le cas d'une liqueur de lixiviation à base d'acide sulfurique contenant du cuivre). Les liqueurs de lixiviation des cuves peuvent contenir, par exemple, jusqu'à environ 30 000 parties par million de cuivre (ou jusqu a environ 75 000 parties par million de sulfate de cuivre, dans le cas d'une liqueur de lixiviation contenant de l'acide sulfurique). Des solutions de sels d'ammonium, tels que des carbonates d'ammonium, peuvent être utilisées, en variante, comme solutions de lixiviation à la place des solutions à base d'acide sulfurique. Comme exemples d'espèces anioniques qui peuvent être récupérées en utilisant le procédé de la présente invention, on peut mentionner les ions cyanure, nitrate, sulfate, chlorure et les anions contenant des complexes métalliques (tels que U02(S04)3 ,,,, Cul12', Cuti3, , ZnCî3, , FeCI3, , et Fez14'), et autres. Le procedé est applicable, par exemple, à l'élimination des ions cyanure des eaux usées. Le surfactant doit être un agent tensio-actif soluble dans l'huile et insoluble dans l'eau. De préférence, le surfactant à un rapport RHL (rapport hydrophile/lyophile) compris entre environ 1,75 et7. Les rapports RHL peuvent être calculéspar deux méthodes. La première méthode est celledite des "contributions de groupe" qui est décrite par Davies dans "Proceedings of the Second International Congress on Surface Activity, volume 1, page 426 (1957). Le rapport RHL du surfactant peut aussi être déterminé par une méthode expérimentale décrite par Griffin (voir "J. soc. of Cosmetic Chemists", volume 1, page 311 (1949) et volume 5, (1954). Pour la plupart des surfactants, il y a normalement une bonne concordance entre les rapports RHL déterminés par la méthode des contributions de groupe et par la méthode expérimentale cidessus décrite par Griffin. De préférence, le rapport RHL du surfactant se situe entre environ 3,5 et environ 6. Comme exemples typiques de surfactants solubles dans l'eau qui peuvent être utilisés dans le procédé de l'invention, on peut citer le monolaurate de sorbitan, le mono-oléate de sorbitan, le monoester de sorbitol vendu dans le commerce sous la dé signa- tion "Crill 4" par la société Croda Chemicals Limited, et les produits commercialisés sous les désignations "Span 20, Span 80 et Tween". Selon le fabricant, les produits Span sont des esters d'acide gras de sorbitan. Le produit vendu sous le nom de Span 80 est un ester d'acide gras de sorbitol anhydre, tandis que le produit vendu sous la marque Tween est présumé être un produit d'adduction de l'oxyde d'éthyle et d'un tel ester. Parmi les autres surfactants solubles dans l'eau dont le rapport HL se situe entre 1,75 et environ 7, on peut citer le monopalmitate de sorbitan, le monostéarate de glycérol et le monostéarate de propyle#ne-glycol. Le monopalmitate de sorbitan a un rapport HI d'environ 6,7. Le monostéarate de propylène-glycol a la particularité de présenter un rapport HL de 3,4 par la méthode expérimentale Griffin et un rapport HL de 1,8 par la méthode de contributions de groupe. La phase extérieure de l'émulsion comprend habituellement un solvant inerte immiscible à l'eau, ainsiqutun ou plusieurs surfactants solubles dans l'huile. Comme exemples typiques de solvants inertes immiscibles à l'eau, on peut citer les hydrocarbu- res, les hydrocarbures halogénés, les éthers, les composés oxygénés supérieurs tels que les alcools, les cétones, les esters et autres. De préférence, le solvant est un hydrocarbure ordinaire ou halogéne. Comme exemples d'hydrocarbures typiques, on peut citer aussi bien les hydrocarbures aliphatiques qu'aromatiques qui peuvent être saturés ou peuvent contenir un ou plusieurs groupes insaturés. Ainsi donc, en principe, n'importe quel solvant hydrocarboné liquide peut être utilisé à condition qu'il dissolve le surfactant et L'agent de transport. Parmi les hydrocarbures adaptés à cette fin, on peut citer l'hexane, l'hexène, l'octane, l'octène, le cyclohexane, le benzène, le toluène, les xylènes, le mésitylène, le nbutyl-benzène et les mélanges de deux ou plusieurs des précédents, ainsi que le kérosène et les divers mélanges d'hydrocarbures du commerce produits, par exemple, par la distillation du pétrole. Comme exemples typiques de tels solvants, on peut citer le "Shell Solvant L" (un mélange d'hydrocarbures non-polaires aliphatiques", le "Shell Solvant T" (un mélange d'hydrocarbures non-polaires aliphatiques), le Napoleum 47qat, le Esso Escaid, les isoparaffines raffinés vendus par la société Exxon Chemical Company tels que le "Solvant Neutral 100", le "Solvant Neutral 150", le "Solvant Neutral 600tut et les divers degrés intermédiaires, et autres. Comme exemples dthydrocarbures halogénés, on peut mentionner le "Arklone P" (qui est un trifluorotrichloroéthane), le chloroforme, le tétrachlorure de carbone, le fluorobenzène, le chlorobenzène, le bromobenzène, l'ortho et paradichlorobenzène, lthexa- chleréthane, le perchloréthylène, et le trichloréthylène, et autres, ainsi que leurs mélanges. Le solvant doit, év}demment,ere liquide dans les conditions dans lesquelles le procédé opère, et doit être capable, con jointement avec un surfactant, de former une émulsion dans l'huile appropriée avec la phase intérieure. L'agent de transport doit être choisi pour être adapté à la nature de ltespèce dissoute qu'on désire récupérer de la solu ion aqueuse. De tels agents de transport sont solubles dans la phase extérieure immiscible dans 1'eau et sont capables d'interagir avec l'espèce dissoute, à l'interface dela solution aqueuse et de la phase extérieure afin de solubiliser l'espèce dissoute, et on les utilise pour favoriser le passage de l'espèce chimique à travers la phase extérieure. Lorsqu'on désire éliminer les cations de la solution aqueuse, on peut avantageusement incorporer dans la phase extérieure, une matière échangeuse d'ions appropriée. Une telle matière est généralement un composé choisi dans le groupe comprenant les acides sulfeniques, les acides phosphoniques organiques, les acides carboxyli#ques, les dicétones et les oximes. De préférence, on choisit ces matières parmi les acides sulfoniques polyfonctionnels, les acides carboxyliques polyfonctionnels, les acides phosphoniques organiques polyfonctionnels, les oximes de cétones o'-hydrexy- aliphatique, et les oximes de cétones aromatiques erthohydroxyques. Ces matières échangeuses d'ions ont généralement un point moléculaire compris entre 200 et 10 000 et ont nn rapport entre le nombre des atomes de carbone et celui des groupes fonctionnels supérieur à 5. Comme exemples de composés échangeurs d'ions qui sont utiles pour le transfert des ions à travers la phase extérieure, on peut citer les co-polyméres sulfonatés de styrène, les acides sulfoniques du pétrole, les acides naphthénique, les co-polymères de formaldéhyde et de phényles sulfenatés, les ce-polymères d'acide maléique et de styrène, les ce-polymères d'acide acrylique et de styrène et autres. Quand on désire récupérer le cuivre d'une solution aqueuse de celui-ci, on peut utiliser l'un quelconque des réactifs connus pour être adapté à cette fin, par exemple, les réactifs vendus dans le commerce sous le nom LIX par la société General Mills Chemicals, Inc. Comme exemples de matières échangeuses d'ions typiques qui peuvent être utilisées pour la récupération du cuivre des solutions aqueuses de celui-ci sont décrites dans des articles de R. Price et J. Tumilty et de A.J. van der Zeeuw dans "Hydrometallurgy", édités par G.A.- Davies et J.B. Scuffham et publiés par "The Institution of Chemical Engineers, et qui constituent les comptes-rendus d'un Symposium tenu à l'Université de Manchester, par l'institut de Science et de Technologie, les 2 et 4 avril 1975. Ces agents de transport du cuivre comprennent les produits connus sous le nom "Shell SME 529 cooper extractant", qui est dit être une solution de 2-hydroxy-5-nonyl acétophénone axime. Il convient également de mentionner le LIX 34, le LIX 63, le LIX 64N, le LIX 65 et les agents acorga de la série 5000, par exemple, l'Acorga 5100. Pour récupérer les anions dissous dans les solutions d'entrée aqueuses, la phase extérieure comprend généralement aussi une matière échangeuse d'ions. Cette matière peut, par exemple, être un composé contenant un ou plusieurs groupes basiques capables de solubiliser l'anion dans la phase extérieure hydrophobe, à l'interface entre la solution d'entrée aqueuse etla phase extérieure en formant une espèce perméable dans la phase extérieure. Comme exemples de matières échangeuses d'ions adaptées- à être utilisées pour la récupération des anions, on peut citer les amines et les polyamines insolubles dans l'eau telles que celles décrites dans le brevet américain n0 3 779 907.Certains sels de phosphonium, comme par exemple, les sels d'alkyl triphényl phosphonium sont solubles dans les solvants immiscibles à l'eau tels que le chloroforme et peuvent être envisagés comme agents de transport d'anions. D'une manière générale, les espèces ioniques simples, telles que l'ion cuprique (Gu++) sont insolubles dans les milieux liquides immiscibles à l'eau et hydrophobes et, pourtant, ne peuvent pas traverser la phase extérieure. Par contre, quand la phase extérieure contient un agent de transport approprié, tel que le "Shell SME 529 copper extractant (qui sera désigné pour plus de commodité RH), une réaction a lieu à l'interface de la solution d'entrée aqueuse et de la phase extérieure selon l'équation suivante Cu + 2RH CuR2 + 2H+ (1) Le complexe CuR2 est soluble dans les hydrocarbures et est par conséquent, capable de traverser la phase extérieure.A l'interface entre les phases intérieure et extérieure, a lieu la réaction suivante quand la phase intérieure est acide, étant, par exemple, une solution d'acide sulfurique CuR2 + 2H+ Cu + 2RH (2) L'ion cuprique se dissout dans la phase intérieure et devient à nouveau non-perméable par rapport à la phase extérieure. Le résultat de ces deux réactions est un transfert massif de cuivre de la solution d'entrée aqueuse, à travers la phase extérieure, vers la phase intérieure et un transfert massif d'ions hydrogène de la phase intérieure, à travers la phase extérieure, vers la solution aqueuse d'entrée. Ce processus se poursuit tant qu'il existe une différence entre le pH de la phase intérieure et celui de la solution d'entrée aqueuse et tant que le pH de la phase intérieure reste inférieur. Dans le cas de la récupération d'anions par exemple, de la récupération d'un fluorure, un processus analogue a lieu. Dans ce cas, la phase intérieure peut comprendre une source d'anions, par exemple, FEZ13 , tandis que la solution d'entrée contient des ions fluorure. Tant qu'une différence d'activités ioniques appropriée subsiste entre la phase intérieure et la solution d'entrée, le processus du transfert des ions fluorure de la solution d'entrée dans la phase intérieure se poursuit. Les processus de transfert massifs de cations et d'anions mentionnés ci-dessus se produisent par ce qu'il existe une différence appropriée d'activités ioniques, par exemple une différence de pH dans le cas dans transfert massif de cations, de part et d'autre de la t'membrane liquide" et qui est pratiquement indépendante de la concentration soit vers la phase intérieure, soit de la solution d'entrée de l'espèce devant être récupérée. En consé- quence, procédé de l'invention s'applique aussi bien aux solutions diluées, telles que les raffinats et autres eaux résiduaires ne contenant que quelques parties par million de l'espèce dissoute, qu'aux solutions plus concentrées, telles que les liqueurs appauvries des cuves d'électrolise.C'est ainsi, par exemple, que le procédé peut être appliqué à l'extraction du cuivre en vue de sa récupération d'un raffinat provenant d'une installation classique d'extraction par les solvants ne contenant qu'environ 100 parties par million de cuivre, en utilisant comme phase intérieure une liqueur usagée de sulfate de cuivre acidique provenant de l'atelier des cuves d'électrolyse et contenant, par exemple, environ 30 grammes par litre de cuivre, en vue d'élever la concentration en cuivre de la phase intérieure à un niveau adapté pour sa recirculation dans les cuves d'électrolyse, qui peut être, par exemple, de 50 grammes de cuivre par litre.On voit donc que le procédé est applicable à la récupération des espèces ou des substances dissoutes dans des solutions extrêmement diluées, y compris aux solutions qui ne sont pas adaptées à être traitées par des techniques classiques d'extraction par solvant, ainsi qu'aux solutions susceptibles d'être soumises à de telles techniques d'extraction. Dans l'émulsion, le rapport en volumes entre les phases intérieure et extérieure peut varier entre des limites étendues. C'est ainsi, par exemple, que la phase intérieure peut représenter de 20 % à environ 80 % du volume de l'émulsion. En général, la phase aqueuse constitue 20 à 60 % en volume de celle-ci, Dans L'émulsion, la proportion de la phase aqueuse est déterminée, dans une certaine mesure, par la nature et la quantité du surfactant utilisé dans la phase extérieure, ainsi que par la nature du solvant et de l'agent de transport. Dans l'émulsion, le rapport des volumes de la phase intérieure et de la phase extérieure détermine, au moins, dans une certaine mesure, la viscosité de celle-ci. En général, plus le rapport est élevé, plus l'émulsion est visqueuse. L'émulsion doit être suffisamment stable pour éviter une rupture étendue, pendant le contact avec la solution aqueuse devant être extraite, de la "membrane liquide" formée par le revêtement de la phase extérieure entourant les gouttelettes de la phase intérieure. Lorsque cette membrane liquide" se rompt, il se produit une fuite des composant de la phase intérieure dans la solution aqueuse. Ceci pourrait avoir pour résultat une "fuite rétrograde" vers la solution aqueuse des espèces ioniques déjà extraites et une perte des composants acides ou autres de la phase intérieure. Toutefois, il ne faut pas que l'émulsion soit stable au point de ne pas pouvoir être facilement disjointe par le coalescence électrostatique. L'émulsion utilisée dans le procédé de la présente invention peut être préparée de diverses manières. C'est ainsi, par exemple, que pour l'extraction du cuivre de solutions aqueuses de celui-ci, on mélange le solvant hydrophobe, le surfactant et le ou les agents de transport et on émulsionne le volume voulu de la solution d'acide sulfurique en utilisant un homogénéiseur ou un dispositif de mixtion similaire. Parmi les dispositifs de mixtion appropriés, on peut citer les agitateurs rapides, les broyeurs à colloïdes, les homogénéiseurs d valve, les générateurs à ultrasons et les jets de mixtion. Pour récupérer le cuivre, la phase intérieure aqueuse peut comprendre une solution contenant de l'acide sulfurique. On maintient le pH de la phase intérieure au-dessous de celui de la solution aqueuse devant subir l'extraction. Le pH de la solution d'entrée aqueuse peut se situer entre environ 1 et 12, ce pH étant maintenu par une addition de quantités appropriées d'acide sulfurique ou d'ammoniac, par exemple. Lorsque des quantités appréciables de fer sont présentes, le pH de la solution aqueuse d'entrée devra, de preference, être maintenu au dessous de 2,5. La concentration en acide de la phase intérieure peut se situer entre environ 10 grammes par litre ou moins d'acide sulfurique et peut s'élever jusqu'à environ 250 grammes par litre ou plus.Toutefois, il est préférable d'utiliser pour la phase intérieure une solution d'acide sulfurique ne contenant pas plus d'environ 150 grammes par litre. Des concentrations d'acide sulfurique supérieures à environ 250 grammes par litre ont tendance à présenter le défaut qu'il se produit, à travers la membrane liquide" des phénomènes d'osmose conduisant à une dilution de la phase intérieure et à un gonflement de l'émulsion. Ce gonflement s'accompagne habituellement d'une augmentation indésirable de la viscosité de l'émulsion, rendant plus difficile d'agitation et la disjonction de l'élément par voie électrostatique. La quantité de surfactant utilisé dans l'émulsion peut, elle aussi, varier entre les limites étendues. En général, ltémul- sion contient environ 0,01 à 10 % en poids de surfactant en se basant sur le poids de la phase extérieure. Il est, toutefois, préférable, que la phase extérieure contienne, au moins 0,5 % en poids et habituellement, au moins, environ 1 % en poids de surfactant en se basant sur la phase extérieure, et jusqu a environ 4 % en poids. Toutefois, il convient d'éviter d'utiliser de trop grandes quantités de surfactant afin de ne pas rendre l'émulsion stable au point qu'elle ne puisse pas être décomposée, à une vitesse acceptable, par la coalescence électrostatique. Une raison supplémentaire pour laquelle il convient d'utiliser de trop grandes quantités de surfactant est que dans la zone de contact, le surfactant est principalement présent, semble-t-il#aux interfaces de la phase extérieure, de la phase intérieure et de la solution d-entrée (c'est à dire, respectivement aux interfaces intérieure et extérieure), de sorte que si de trop grandes quantités de surfactant étaient présentes, elles pourraient empêcher le transfert massif à travers les interfaces, par exemple, en tendant à#bloquer l'accès de l'agent de transport et du complexe, respectivement aux interfaces extérieure et intérieure. Il est donc préférable d'utiliser le surfactant dans une proportion d'environ 1 à 2 % en poids, en se basant sur le poids de la phase extérieure. Le ou les agents de transport peuvent représenter environ de 1 à 99,9 % en poids de la phase extérieure. Toutefois, il est généralement préférable d'opérer avec un agent de transport dont le poids représente environ 1 à PO % du poids de la phase extérieure. Puisque l'agent de transport est généralement un produit chimique couteux, il est préférable d'opérer avec la concentration la plus basse possible qui permet d'obtenir une récupération acceptable de l'espèce dissoute dans les conditions de réaction utilisées et avec des temps de contact relativement courts. Dans l'émulsion utilisée par le procédé de l'invention, les dimensions des gouttelettes se situent entre environ O,31u et environ 10/u, habituellement entre environ 0,5 et environ 5Su, la majorité des gouttelettes ayant des dimensions comprises entre environ 0,8 et 3/u, de préférence, entre 0,8 et 1,5/u. Pour obtenir de telles dimensions, il s'est révélé préférable d'utiliser un homogénéiseur ou un émulsaur plutôt qu'une turbine rapide ou un mélangeur similaire L'émulsion et la solution aqueuse devant être traitées par le procédé de l'invention sont mises en contact dans une zone déterminée. Une telle zone de contact peut être obtenue par un mélangeur statique dans lequel on fait passer l'émulsion et la solutien à traiter.En variante, l'émulsion et la solution pourraient être mélangées dans un mélangeur classique, tels que ceux utilisés dans les installations d'extraction traditionnelles par solvant. Le temps de contact peut varier entre des limites étendues allant d'environ 1 seconde ou moins jusqu'à 60 minutes et plus. De préférence, toutefois, le temps de séjour dans la zone de contact se situe entre environ.5 secondes et 25 minutes. Le temps de séjour optimum dans la zone de contact est déterminé, au moins en partie, par la nature de la phase extérieure ou, en particulier, par celle de l'agent de transport présent, ainsi que par la nature de L'espèce dissoute. Cette période optimum est influencée par les conditions cinétiques de la réaction qu'implique le processus de transfert massif à travers la membrane liquide de la phase extérieure, qui, de leur côté, sont influencées par les dimensions des gouttelettes de la phase intérieure et par lté- paisseur effective de la membrane liquide. Ainsi, le temps de séjour optimum dépend, au moins en partie, du procédé utilisé pour la formation de l'émulsion et de certaines particularités, tel que le rapport entre le volume de la phase intérieure et celui de la phase extérieure. Il est avantageux de réduire dans toute la mesure du possible, le temps de séjour dans la zone de contact, compte tenures conditions imposées par une extraction efficace de l'espèce dissoute voulue de la splution d'entrée. Plus ce temps de séjour est long, plus les dimensions dé l'équipement nécessaires pour traiter une quantité ou un débit donné de la solution d'entrée sont importantes De-plus, le temps de séjour est long, dans la zone de contact, plus est grand le risque d'une rupture de la membrane liquide de la phase extérieure et d'une fuite de la phase intérieure dans la solution d'entrée. Or, une telle fuite aurait non seulement pour conséquence des pertes d'acide sulfurique ou de tout autre produit chimique ajouté à la phase intérieure, mais également une "fuite rétrograde" de l'espèce déjà extraite vers la solution d'entrée.Ces deux faits auraient pour résultat de diminuer le rendemant global du procédé On voit donc qu'un court temps de séjour peut contribuer à diminuer l'échelle de l'équipement et les coûts d'exploitation qui s y attachent. Dansla zone de contact, l'émulsion et la solution aqueuse devant être traitée sont mélangées à une vitesse suffisante pour provoquer une dispersion de l'émulsion sous la forme de "globules" dans la solution aqueuse à traiter, afin de former dans celle-ci une dispersion, la vitesse de mélange ne devant, cependant, pas être suffisamment élevée pour provoquer une désintégration extensive de l'émulsion. Les dimensions des globules dépendent du procédé et de la vitesse de mélange, ainsi que des dimensions des gouttelettes de la phase intérieure de l'émulsion. Les dimensions des "globules" peuvent varier, par exemple, entre environ 1001u ou moins et environ 10 0001u ou plus.Toutefois, le plus souvent, les "globules" ont un diamètre d'environ 500wu à 1 500 u dans des conditions de mélanges appropriées dans la zone de contact. Normalement, elles ont un diamètre d'environ 1 0001u. De préférence, la composition de l'émulsion et des conditions régnant dans la zone de contact sont étudiées pour que la désintégration de l'émulsion soit inférieure à environ 1 % (et de préférence, inférieure à environ 0,05 %) dans le cas d'un temps de séjour d'environ 18 minutes dans la zone de contact.Lorsque la phase intérieure comprend une solution aeide, la désintégration de l'émulsion peut être contrôlée en mesurant la quantité de l'espèce ionique transférée dans la phase intérieure et la diminution du pH de la solution aqueuse soumise à l'extraction, après la séparation de l'émulsion de la solution aqueuse. Le rapport des volumes de la solution d'entrée et de lté- mulsion dans la zone de contact peut varier entre des limites étendues allant par exemple, d'environ 1/50 ou moins jusqu'à environ 50/1 ou plus. Toutefois, il est généralement préférable d'opérer avec un rapport des volumes de la solution d'entrée sur l'émulsion d'environ 1/10 à environ 10/1, par exemple, avec un rapport d'en viron 5/1. A sa sortie de la zone de contact, la dispersion de lté- mulsion dans la solution aqueuse passe dans une zone de séparation des phases. Celle-ci peut prendre la forme d'un simple séparateur ou décanteur par gravité. Lorsque la phase extérieure hydrophobe contient un hydrocarbure, l'émulsion peut flotter sur le raffinat aqueux séparé. Par contre, lorsque la phase extérieure hydrophobe contient un solvant ayant une densité spécifique supérieure à 1, par exemple, un hydrocarbure chloré ayant une densité supérieure à 1, l'émulsion peut être plus lourde que le raffinat aqueux. A sa sortie de la zone de séparation, l'émulsion passe dans une zone de coalescence électrostatique dans laquelle elle est soumise S l'action d'un champ électrostatique qui provoque une "disJonction" ou une "rupture" de l'émulsion et l'agglomération des gouttelettes de la phase intérieure. De préférence, le gradient de tensions dans la zone de coalescence électrostatique est supérieur à environ 1 kilovolt par centimètre. Le gradient de tensions peut s'élever jusqu a environ 7,5 kilovolts par centimètre ou plus. Habituellement, des gradients de tensions de l'ordre d'environ 3 à 5 kilovolts par centimètre suffisent. Le champ électrostatique peut avantageusement être développé en appliquant une haute tension alternative de part et d'autre de l'émulsion. Toutefois, des tensions continues peuvent aussi être utilisées, le cas échéant. Un type d'appareil approprié comprend deux électrodes constituées par des plaques parallèles pratiquement horizontales. L'une de ces deux électrodes peut être connectée à la terre et est généralement placée dans la phase intérieure intégrée L'autre électrode, qui n'est pas à la masse, mais à un potentiel élevé, est généralement disposée de façon à ne pas être située dans la phase intérieure intégrée.Ainsi, quand la phase extérieure est plus légère que la phase intérieure, l'électrode de haute tension est l'électrode supérieure et est placée dans la phase extérieure intégrée. Quand la la phase extérieure est plus lourde que la phase intérieure, lté- lectrode inférieure est portée à un potentiel élevé et, ici encore, est placée dans la phase extérieure intégrée Dans la zone de coalescence électrostatique, une "rupture" ou une disjonction rapide de émulsion peut être réalisée quand celle-ci est judicieusement étudiée.Lorsqu'on utilise les électrodes plates parallèles, la vitesse de coalescence d'une opération industrielle doit, avantageusement, être d'au moins C 1 dm2 de l'électrode de masse par minute (en supposant un rapport de phases d'environ 1/1 dans l'émulsion) et, de préférence, d'au moins 0,4 lZdm2 de l'électrode de masse par minute, avec un gradient de tensions d'environ 7,5 kilovolts par centimètre. Lorsque le déroulement de la coalescence est trop lent, un certain réglage peut être nécessaire dans la composition de la phase extérieure ( par exemple, en diminuant la concentration du surfactant). Une réduction du rapport des volumes de la phase intérieure et de la phase extérieure del'émulsion peut contribuer à accélérer la coalescence dans le champ électrostatique.Une autre forme d'appareil adapté R produire la zone de coalescence électrostatique comprend une partie verticale d'un tube ayant une électrode axiale de haute tension alternative ou continue et une électrode de masse isolée électriquement de l'émulsion. Lorsque le tube lui-même est fait d'une matière non-conductrice, telle que le verre, l'électrode de masse peut être constituée par un fil métallique enroulé en hélice autour de celui-ci ou par une couche ou une feuille conductrice enroulée autour de celui-ci. Les petites dimensions des gouttelettes (c'est à dire, des dimensions comprises entre environ 0,3 et 10/u, de préférence, entre environ 0,5 et 5Zu) de la phase intérieure de l'émulsion et l'étroitesse de la gamme des dimensions des gouttelettes (c'est à dire, le fait que la majorité des gouttelettes ont des dimensions situées entre environ Q,8fu et 3/u, de préférence, entre environ O,81u et environ 1,5wu) sont des particularités importantes de la présente invention, qui ont un effet extrêmement bénéfique sur les conditions cinétiques de transfert massif de l'espèce voulue de la solution d'entrée aqueuse, à travers la membrane liquide, dans la phase intérieure et aussi sur la stabilité de l'émulsion. Etant donné que les dimensions des gouttelettes de la phase intérieure de l'émulsion sont uniformément petites, l'aire de l'interface entre les phases extérieure et intérieure est extrêmement grande. Ainsi, le surfactant de la phase extérieure subit une migration préférentielle vers l'interface entre la phase extérieure hydrophobe et la phase aqueuse et est absorbé. Ainsi, dans la zone de contact dans laquelle les phases extérieure et intérieure de l'émulsion sont en contact avec la solution aqueuse contenant l'espèce qu'on veut récupérer, la "concentration" effective du surfactant à l'interface entre la phase intérieure et la phase extérieure et d l'in- terface entre la phase extérieure et la solution aqueuse est réduite, comparativement à une émulsion dans la phase intérieure comprend des gouttelettes plus grandes, pour une concentration initiale donnée du surfactant dans la masse de la phase extérieure. Ainsi, la réduction effective de la "concentration" du surfactant absorbé aux interfaces implique que les molécules de l'agent de transport peuvent plus facilement atteindre les interfaces pour accepter ou pour libérer les espèces devant être transportées à travers la membrane liquide vers ou hors de la phase intérieure. Puisque le blocage a été réduit aux interfaces par le surfactant, le transfert des espèces à travers les interfaces vers et S l'op- posé de l'agent de transport se trouve facilité, ce qui de son côté a une influence favorable sur les conditions cinétiques de la réaction. Les petites dimensions des gouttelettes de la phase intérieure ont pour conséquence que, comparativement à une émulsion ayant le même rapport de phases mais des gouttelettes plus grandes, une diminution de l'épaisseur effective de la membrane. étant donné que la distance que les espèces devant être récupérées doivent parcourir est réduite, la vitesse de transfert se trouve augmentée ce qui, de son côté, a également une influence favorable sur les conditions cinétiques de la réaction. Puisque les conditions cinétiques de transfert sont amé liorées par l'utilisation d'une phase intérieure formée de petites gouttelettes, le temps de séjour de l'émulsion dans la zone de contact est abrégé. Par un choix judicieux de l'agent de transport, du surfactant, de la proportion du surfactant et d'autres facteurs analogues, il est possible, dans de nombreux cas, de réaliser une récupération efficace de l'espèce voulue de la solution d'entrée aqueuse qui la contient avec des temps de contact égaux ou inférieurs à 20 minutes. Dans certains cas favorablesss des temps de contact de 1 ou 2 minutes seulement suffisent.Du fait de la brièveté du temps de séjour de l'émulsion dans la zone de contact, il est inutile de prendre des mesures spéciales pour augmenter la stabilité de émulsion par exemple, par une addition d'un agent augmentant la viscosité à la phase extérieure. En fait, il convient d'eviter le recours à des additifs d'augmentation de la viscosité dans le mode de réalisation préféré de l'invention, car de tels additifs ont tendance à empêcher le transfert rapide de l'espèce à travers la membrane liquide. Un autre avantage qui découle de l'utilisation de petites gouttelettes uniformes pour la phase intérieure dispersée de lté- mulsion, conformément à l'invention, est que, du fait que le temps de séjour de l'émulsion dans la zone de contact peut être réduit, on obtient une réduction correspondante du gonflement de l'émulsion du à l'osmose. En utilisant un système à membrane liquide composé pour l'extraction du cuivre, on a procédé à des expériences pour mettre en évidence la supériorité d'émulsions produites en utilisant un homogénéiseur rapide, comparativement à une turbine à écoulement axial opérant à une vitesse de pointe de 730 cm/s. A part le procédé d'émulsificatien, toutes les autres caractéristiques du système étaient identiques.L'utilisation de l'homegénéiseur permet de produire une phase intérieure composée de gouttelettes d'environ 0,3 à 51u, la majorité des gouttelettes se situant entre environ 0,8 et 1,5wu ; la turbine axiale a permis de produire une phase intérieure composée de gouttelettes ayant un diamètre de l'ordre 11u , mais avec un éventail beaucoup plus large de dimensions, dont certaines avaient un diamètre de l'ordre de 10 à 20wu. On a mis les émulsions résultantes en contact, dans des conditions identiques, avec une solution d'entrée contenant 300 ppm de cuivre sous la forme de sulfate de cuivre à un pH de 1,5 - 2,0. La phase intérieure mitait une solution d'acide sulfurique et la phase extérieure contenant un surfactant et un agent de transport du cuivre. Les résultats de ces expériences sont représentés sur les figures 1 et 2 du dessin annexé. Sur la figure 2, les courbes (a) et (b) indiquent la concentration en cuivre de la solution d'entrée (en ordonnée) en fonction du temps (en abscisse) pour des émulsions préparées respectivement avec un mélangeur à turbine axiale et avec un homogénéiseur. Comme, on le voit sur ces courbes, la vitesse d'extraction de l'émulsion homogénéisée est sensiblement améliorée.Ce qui est plus frappant encore, c'est l'amélioration des caractéristiques de séparation ou de disjonction de l'émulsion; comme l'indique les lignes droites (a) et (b) sur la figure 2. Ici également, la ligne (a) se rapporte à l'émulsion produite avec un mélangeur à turbine axiale, tandis que la ligne (b) illustre le résultat obtenu avec l'émulsion homogénéisée. Après une extraction de 18 minutes, le pourcentage de disjonction de l'émulsion produite par la turbine axiale est 30 fois supérieur à celui de l'émulsion homogénéisée. Ceci démontre parfaitement la supériorité des résultats obtenus avec de petites gouttelettes et avec l'étroite distribution des dimensions de ces dernières conformément d la présente invention L'invention utilise une procédure de coalescence électrostatique pour la disjonction de l'émulsion.Ceci est avantageux comparativement à d'autres techniques, telles que l'addition de solvants (décrite dans le brevet américain n0 4 001 109) et l'utilisation de centrifugeuses ; en effet, non seulement la technique électrostatique est simple et économique, mais elle évite la nécessité d'utiliser des solvants ou d'autres produits chimiques qui doivent être séparés ultérieurement des phases coalescées, avant que celles-ci puissent être recyclées dans la zone d'émulsification. De plus, l'équipement utilisé est simple et n'exige pas d'importants investissements, comme eela aurait été le cas pour un nombre équivalent de centrifugeuses, à quoi s'ajoute que la consommation d'énergie est faible. Si l'en utilise des émulsions dont la phase intérieure se compose de gouttelettes plus grandes que les dimensions préférées, par exemple, des émulsions dont la phase intérieure est formée de gouttelettes dont le diamètre est compris entre 10 et 20wu, l'énergie électrique nécessaire pour la coalescence élecbrostatique tend à fluctuer, ce qui se traduit par une diminution de l'efficacité.Par montre, on a constaté que les émulsions dont la phase intérieure est formée de gouttelettes dont les dimensions sont comprises dans la gamme préférée située entre environ 0,51u et 5/u, subissent une coalescence électrostatique régulière et efficace avec une faible consommation d'énergie. De telles émulsions se composent de gouttelettes ayant des dimensions relativement uniformes ; c'est ainsi, par exemple, qu'on a préparé des émulsions dont les gouttelettes avaient des dimensions moyennes d'environ 11u, la majorité des gouttelettes se situant entre environ 0,8 et 1,5/u avec seulement, une très petite fraction de gouttelettes en dehors de ces limites. Un contrôle étroit de la vitesse de mixtion pendant lte- mulsification et dela composition de la phase extérieure (par exemple, de la concentration en surfactant) est, par conséquent, utilisé pour produire une émulsion dont les dimensions des gouttelettes sont à l'intérieur des limites préférées d'nnviron 0,5#u à environ 5/u. En somme, il est préférable d'éviter d'utiliser des mélangeurs à pales et des mélangeurs analogues relativement inefficaces et d'utiliser un homogénéiseur ou un dispositif de mixtion efficace similaire. La phase intérieure intégrée de la zone de coalescence électrostatique contient, dans des circonstances appropriées, une plus grande concentration de l'espèce dissoute, comparativement à la solution aqueuse d'entrée, tandis que le raffinat aqueux séparé est, pratiquement, dépourvu de l'espèce dissoute. C'est ainsi, par exemple, que dans les expériences utilisant des solutions d'entrée contenant environ 4 à 1 200 parties par million de cuivre, calculées sous la forme de cuivre, il est possible de récupérer une phase intérieure fusionnée ayant une concentration en cuivre comprise entre environ 2 500 et 25 000 ppm de cuivre ou plus. De telles solutions peuvent etre utilisées directement pour récupérer le cuivre par électrolyse, en utilisant des techniques d'électrolyse classiques. Il existe une technique classique dfextraetion par solvant dans laquelle une solution aqueuse d'entrée est mise en contact avec un "échangeur d'ions!' liquide, (par exemple, avec un réactif LIX) dans un mélangeur-sédimentateur classique, d un rapport en volumes compris entre environ 1/1 et 1/2, cette opération étant suivie d'une séparation des phases de la partie qui s'est déposée dans le mélangeur-sédimentateur et d'une élimination de la phase organique, à nouveau dans un rapport des volumes compris entre 1/1 et environ 1/2, dans un second mélangeur sédimentateur, les étapes précédentes étant suivies d'une sédimentation des phases et d'une séparation de la liqueur maintenant chargée avec les espèces ioniques voulues.Ce procédé classique exige une grande quantité de solvant et d'échangeur d'ions et nécessite l'utilisation de deux mélangeurs-sédimentateurs. Dans chaque mélangeur-sédimentateur, les concentrations des espèces désirées des phases organiques et aqueuses sont à l'équilibre. Plusieurs étapes d'extraction et de séparation peuvent être nécessaires pour maximiser la récupération de l'espèce désirée. Lorsque l'on utilise le procédé de la présente invention, le rapport des volumes de la phase extérieure hydrophobe sur la solution aqueuse d'alimentatinn devant être traitée peut être choisi de façon que le rapport réactifs/raffinats soit compris entre environ 11250 et environ 1/4000. Ainsi, pour traiter le même volume de solutions d'entrée, il suffit d'une quantité beaucoup plus petite de solvant et de matière d'échange d'ions en utilisant un procédé conforme à la présente invention, comparativement vx techniques d'extraction par solvants traditionnelles. Le procédé de la présente invention peut opérer à n'importe quelle température à laquelle'l'émulsion et la solution d'nn- trée sont fluides et stables ; il est avantageux d'opérer a la température ambiante ; la pression doit, elle aussi, être suffisante pour maintenir la fluidité des diverses phases ; il est avantageux d'utiliser la pression ambiante. Le procédé de l'invention peut être exécute en discontinu, mais de préférence, est réalisé en continu. Suivant le cas, on peut opérer en une seule ou en plusieurs étapes. La figure 3 du dessin annexé illustre schématiquement l'organisation d'un procédé conforme à l'invention. En se référant à la figure 3, on voit un conduit 1 alimentant avec un émulsifiant une cuve de stockage 2. Un solvant et un agent de transport alimentent également la cuve 2 au moyen d'un conduit 3. Un mélange d'émulsifiant, de solvant et d'agent de transport est recyclé dans la cuve de stockage 2 par un conduit 4. Une solution d'acide alimente une cuve de stockage 6, par un conduit 5, laquelle reçoit également un courant d'acide recyclé par un conduit 7. Le mélange d'émulsifiant, de solvant et d'agent de transport est transféré de la cuve de stockage 2, par un conduit 8, dans un homogénéiseur 9 qui est alimenté en acide par un conduit 10. De cette manière, on obtient l'émulsion voulue d'eau dans l'huile dont la phase intérieure est formée de gouttelettes dont les dimensions se situent entre environ 0,3 et 101u , tandis que la majorité des gouttelettes est comprise entre environ 0,8 et 1,51u. La solution aqueuse devant être traitée, qui peut, par exemple, être une liqueur de lixiviation de minerais, de cuivre est introduite par un conduit 11, dans une cuve de stockage 12 d'où elle est dirigée par un conduit 13 vers le compartiment de mixtion 14 d'un mélangeur-sédimentateur classique 15. L'émulsion de l'homogénéiseur 9 est aussi introduite dans le compartiment de mixtion 14 par un conduit 16. Les débits de la solution d'entrée aqueuse arrivant par le conduit 13 et de l'émulsion du conduit 16 sont réglés pour obtenir le temps de séjour voulu dans le compartiment 14 du mélangeur-sédimentateur 15 et le rapport voulu entre l'émulsion et la solution d'entrée. A sa sortie du compartiment de mélange 14, la disperse n résultante, qui se compose de globules d'émulsion dispersée dans une phase aqueuse continue, est dirigée vers le compartiment de sédimentation 17 du mélangeur-sédimentateur 15. Une séparation des phase a lieu dans le compartiment 17, et la phase aqueuse est évacuée par un conduit 18. Ce raffinat peut être recyclé vers le site de lixiviation après l'avoir complété avec la quantité voulue d'acide. Les globules de l'émulsion présents dans la dispersion agglomérée, sont évacués du compartiment de sédimentation par un conduit 19, qui aboutit à un coalesceur électrostatique 20. Celuici contient un certain nombre d'électrodes 21 qui sont reliées a une barre de distribution 22 maintenue à un potentiel positif élevé. La référence 23 désigne une électrode de masse mise à la terre. Dans le coalesceur électrostatique, les gouttelettes de la phase intérieure fusionnent, laphase intérieure intégrée étant extraite par un conduit 24,.tandis que la phase extérieure est évacuée par un conduit 4 et est renvoyée dans une cuve de stockage 2 aux fins de recyclage. La phase intérieure intégrée du conduit 24 passe ensuite dans une cellule d'électrolyse traditionnelle 25 dans laquelle on procède à une électrorécupératien classique. La liqueur usagée sortant de la cellule 25 est recyclée dans la cuve de stockage 6 par le conduit 7. L'installation représentée est conçue pour opérer avec un solvant, hydrocarboné, par exemple, produisant une émulsion qui est plus légère que l'eau. Toutefois, il est également possible de modifier cette installation de façon à pouvoir opérer avec un solvant produisant une émulsion plus lourde que liteau, par exemple, en utilisant un solvant hydrocarboné chloré tel que le "Arklone ptt. Dans ce cas, l'émulsion est évacuée par le conduit 18, et le raffinat aqueux par le conduit 19, le conduit 18 étant raccordé au coalesceur électrostatique 20 qui est, lui-meme, inversé, de sorte que les électrodes 21 et 22 sont dans la phase organique au lieu de la phase intérieure conductrice. Les exemples suivants, qui n'ont bien entendu aucun caractère limitatif,feront mieux comprendre les particularités de l'invention. Exemple 1 (a) Synthèse de ltémulsion. On prépare une solution à base de Napoléum 470 contenant 1 % en poids de Span 20, qui est le nom commercial d'un monolaurate de sorbitan et de 10 % en volume de Shell SME 529. On verse 20 cm3 de cette phase extérieure dans un bécher mouillé de 100 cm3. Tout en agitant lentement avec un homogénéiseur (Ultra-turra), on incorpore goutte à goutte 30 em3 d'une solution 0,375 N de H2S04 d'une éprouvette. Ce transfert a demandé environ 1,5 minute après quoi on a augmenté la vitesse d'agitation de lthomogénéiseur à son maximum et on a laissé le mélange émulsionner pendant 8 minutes.L'émulsion résultante d'eau dans lthuile comprenait une phase intérieure composée de gouttelettes ayant, en moyenne, l/u. Très peu de gouttelettes avaient moins de 0,81u ou plus de l,5fu de diamètre et pratiquement aucune n'avait plus de 51u de diamètre. (b) Contact de l'émulsion avec la solution aqueuse d'entrée On verse 250 cm3 d'une solution d'entrée aqueuse contenant 120 ppm d'ions cupriques sous la forme de sulfate de cuivre dans un bécher mouillé de 500 cm3 comportant des chicanes. Tout en agitant à 300 t/mn avec une turbine, on verse l'émulsion homogénéisée dans la selution aqueuse de cuivre et on met en marche un chronomètre. On laisse l'émulsion contenue dans le bécher couléé dans la solution d'entrée contenant le cuivre pendant 30 secondes. Le moteur de l'agitateur était pourvu d'un stroboscope et on a mesure sa vitesse en utilisant une cellule photo-électrique reliée à un tachymètre portatif. Le réglage de la vitesse de rotation de la turbine a été réalisé en utilisant un rhéostat. Le diamètre de la turbine était approximativement la moitié du diamètre intérieur du bécher et elle était disposée coaxialement dans celui-ci, de sorte que cette turbine était approximativement située à l'interface entre émulsion et la solution d'entrée quand on a arrêté l'agitatinn et qu'on a permis à l'émulsion de se séparer par gravité.Après 11 avoir agité pendant 20 minutes, on a transféré le mélange liquide dans un entonnoir de séparation et on lui a permis de se séparer par gravité. Le raffinat, qui maintenant ne contenait plus qu'environ l ppm de cuivre, a été jeté. (c) disjonction de l'émulsion. On a versé l'émulsion dans un récipient de verre cylindrique ayant un diamètre intérieur d'environ 5 cm. On a disposé ce récipient verticalement et on y a introduit une électrode axiale sous la forme d'un fil de cuivre. Atour de la face extérieure du récipient cylindrique était enroulé un fil de cuivre mis à la terre. En portant l'électrode centrale à un potentiel alternatif de 20 000 Volts, une coalescence rapide de l'émulsion s'est produite, se traduisant par une séparation complète des phases en l'espace d'environ 30 secondes. L'intensité du courant était d'environ 0,3 mA. Le gradient des tensions était d'environ 7,2 kilovolts par centimètre. La concentration du cuivre dans la phase intérieure aqueuse était d'environ 1000 ppm d'ions cupriques.L'amplitude de la disjonction de l'émulsion au cours de l'étape de contact a été estimée, à partir de mesures de pH, et à partir de la quantité de cuivre transférée-de la solution d'entrée à la phase intérieure de ltémulsion, comme étant inférieure à environ 0,05 % dans les conditions de réaction utilisées: Exemple 2 On répète la procédure de l'exemple 1 en utilisant une solution à 1,5 M H2SQ4 à la place de la solution à 0,375 N H2SOg précédente, et une solution aqueuse contenant 3 600 parties par million d'ions cuivre sous la forme de sulfate, comme solution aqueuse d'entrée. La concentration du cuivre dans la phase intérieure aqueuse fusionnée résultante est d'environ 30 000 ppm. Cette phase intérieure fusionnée peut être soumise à un traitement d'électrolyse de manière classique, selon des techniques d'électroré cupération traditionnelles afin de récupérer du cuivre métallique à la cathode. Bien entendu, l'invention n'est pas limitée aux modes de réalisation qui ont été décrits et représentés à titre d'exemple, on pourra y apporter de nombreuses modifications de détails sans sortir pour cela du cadre de l'invention. R E V E N D I C A T I O N S 1 -Procédé pour récupérer une espèce ou une substance dissoute dans une solution aqueuse de celle-ci qui consiste à mettre la solution aqueuse en contact avec une émulsion, cette émulsien comprenant une phase intérieure aqueuse composée de gouttelettes entourées d'une phase extérieure hydrophobe qui est immiscible avec la solution aqueuse et qui est perméable à ladite espèce, la phase intérieure aqueuse comprenant un composant capable de rendre ladite espèce non-perméable, à permettre à ladite espèce de traverser la phase extérieure et d être rendue non-perméable dans la phase intérieure, à séparer l'émulsion de la solution aqueuse maintenant dépourvue de ladite espèce, à effectuer une coalescence des gouttelettes de la phase intérieure aqueuse dans l'émulsion séparée, et à récupérer la phase intérieure aqueuse fusionnée, caractérisé en ce que les dimensions des gouttelettes de la phase intérieure de 11 émulsion sont comprises entre environ 0,3/u et environ lOZu , la majorité des gouttelettes se situant entre environ 0,81u et environ 3Zu, et en;ce qu'on soumet l'émulsion séparée à l'action d'un champ électrostatique afin d'effectuer une coaleseence-des gouttelettes de la phase intérieure aqueuse. 2P -Procédé selon la revendication l, caractérisé en ce que, après la coalescence et la récupération de la phase intérieure fusionnée, on soumet la phase extérieure provenant de l'émulsion séparée, à une réémulsification avec une phase intérieure aqueuse, avant de la recycler. 30 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on soumet la phase intérieure fusionnée et récupérée à une nouvelle récupération de ladite espèce et en ce qu'on réémulsionne ensuite cette phase intérieure, maintenant dépourvue de ladite espèce avec la phase extérieure avant de la recycler. 40 - Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que les dimensions de la majorité des gouttelettes de la phase intérieure aqueuse de lVémulsion se situent entre environ o,8Zu et environ 1,5il. 50 - Procédé selon l'une quelconque d#es revendications l à 4, caractérisé en ce qu'on produit ladite émulsion au moyen d'un homogénéiseur ou d'un émulsienneur. 6a - Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que l'espèce dissoute est une espèce ionique et en ce que la phase extérieure comprend une solution dans un solvant hydrophobe d'un surfactant soluble dans l'huile ayant un rapport HL compris entre environ 1ss75 et 7 et un agent de transport pour Espèce ionique. 70 - Procédé selon la revendication 6, caractérisé en ce que le surfactant a un rapport HL compris entre environ 3,5 et 6. 80 - Procédé selon la revendication 6, caractérisé en ce que la phase extérieure comprend environ 0,1 à 4 % en poids d'un surfactant soluble dans l'huile. 90 - Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que le gradient de tensions dans le champ électrostatique est supérieur à environ 1 kilovolt par centimètre et peut s'élever à 7,5 kilovolts par centimètre ou plus. 100 - Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 9, caractérisé en ce que espèce dissoute comprend des ions cuivre et en ce que la phase intérieure aqueuse comprend une solution acide dont le pH est inférieur à celui de ladite solution aqueuse. 110 - Procédé selon la revendication 10, caractérisé en ce qu'on soumet la phase intérieure fusionnée à une électrolyse pour récupérer le cuivre et en ce que, après ltélectrolyse, on réémulsionne cette phase intérieure avec une phase extérieure avant de la recycler. 120 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on maintient des conditions de mélange pendant la période de contact de émulsion avec ladite solution aqueuse, de sorte qu'on produit une dispersion de "globules" d'émulsion dans la solution aqueuse, lesdits globules ayant un diamètre compris entre environ 500/u et 15QO/u. 130 - Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 12, caractérisé en ce que le rapport des volumes de ladite solution aqueuse et de ladite émulsion pendant la période de contact est compris entre environ 1/10 et environ 10/1. 140 - Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 13, caractérisé en ce qu'on met la solution aqueuse en contact avec l'émulsion pendant une période comprise entre environ 5 secondes et 25 minutes.