Les avantages de l'utilisation de l'urée dans l'alimentation des ruminants sont connus d'une maniere très générale. I1 serait cependant souhaitable de disposer de moyens permettant d'exploiter dans la digestion une proportion utile et aussi grande que possible de l'urée contenue dans les aliments du bétail. En effet, indépendamment des propriétés de l'aliment et des conditions de la digestion chez l'animal, une partie seulement de l'urée offerte est exploitée complètement et peut donc être valorisée de manière convenable. Ces inconvénients se manifestent tout particulièrement danses aliments du bétail qui, en raison de leur mode de préparation, présentent une humidité rehtivement élevée. L'observation s'applique en premier lieu aux préparations par ensilage par exemple au mais ou aux betteraves à sucre conservés en sils. Si ces aliments contiennent de fortes teneurs en humidité résiduelle, cette humidité est extraite de l'aliment, au cours du temps, sous forme d'un jus de suintement; et peut ainsi éliminer à certains endroits, enrichir à d'autres endroits, l'urée introduite dans l'aliment et répartie régulièrement, et même extraire totalement l'urée de l'aliment valorisable, I1 s'agit là d'un phénomène indésirable, éventuellement intolérable par les animaux, car leur alimentation est modifiée d'une manière incontrôlable. En outre, il y a perte économique car l'urée peut, dans certains cas, être éliminée complètement. La digestion donne lieu également à des phénomènes gênants l'urée administrée avec les aliments est dissoute rapidement par les sucs digestifs, et les ferments de la voie intestinale provoquent une libération rapide d'ammoniaque. Le passage de l'ammonEque dans le sang constitue une charge pour le foie des animaux, puis pour les organes d'élimination, et une petite partie seulement est offerte à nouveau à l'absorption par les bactéries de la panse par diffusion dans cette dernière. On estime que 55 à 75 % environ de l'urée offerte pavent ntre perdus.I1 semble qu'iI soit possible de diminuer cette perte, si l'on arrive à administrer l'urée de manière à empêcher la migration et l'extraction de l'aliment, et simultanément, à retarder quantitativement la libération de l'urée dans le processus digetif de manière que la quantité d'ammoniaque libérée soit juste suffisante pour correspondre aux possibilités d'absorption du contenu de la panse. Conformément à l'invention, on parvient à ce résultat lorsqu'on ajoute à l'urée des substances gonflables et acceptables pour l'alimentation du bétail et/ou des terres de blanchiment grasses et qu'on procède ensuite à une transformation du mélange en comprimés ou en granulés. On peut utiliser comme substance gonflable la pulpe de pomme de terre par exemple. Les substances gonflables s'enrichissent en humidité qui, selon les conditions, contiens l'urée à l'état dissous ; l'urée est alors retenue dans la masse gonflée. Au cours de la digestion, et en fonction de la dégradation des substances gonflables, l'urée est libérée lentement. Si on le désire, on peut également ajouter au mélange des substances telles que les terres de blanchiment provenant du traitement des graisses alimentaires. Les substances contenant des matières grasses repoussent l'humidité, retiennent l'urée dans l'aliment du bétail, même lors du stockage en silo, et libèrent également l'urée lentement au cours de la digestion. Conformément à l'invention, on met le mélange d'urée et de substance gonflante ou grasse sous forme de granulés. L'opération de mise en granulés, selon la dimension et le volume de ces derniers, permet de combiner une certaine dose d'urée avec une dose également déterminée des produits auxiliaires de l'invention. La pression et la chaleur dégagées par l'opération de mise en granulés provoquent un ramollissement et une mobilité passagers de la matière grasse, conduisant à un remplis age des espaces creux situés entre les particules du mélange et à une étanchéité de la surface du granulé qui renforce l'effet hydrofuge protégeant l'urée. Les proportions relatives, en poids, doivent être choisies de manière à garantir l'apparition de l'effet recherché.Pour compléter la ration de l'animal, on peut encore ajouter dans les granulés des quantités appropriées de matières nutritives minérales et de substances actives, et éventuellement de micro-organismes. On peut ainsi parvenir à éviter à l'éleveur la préparation de la ration totale à partir de plusieurs produits alimentaires séparés. Ainsi par exemple, des granulés consistant en 65 % d'urée + 35 % de pulpe de pomme de terre (séchée) ou en 30 % durée + 50 % de pulpe de pomme de terre + 20 % de substances minérales nutritives ont donné des résultats satisfaisants. Pour les différents types de rations alimentaires, on doit naturellement tenir compte de détails particuliers relatifs à 'humidité qui doit être absorbée, ainsi qutà la proportion'de protéines qui peut être complétée au niveau optimal par l'addition d'urée. On peut ajouter au mélange contenant l'urée, avant la mise en granulés, selon l'invention, des additifs connus en soi. On citera par exemple des composés du zinc qui favorisent la prolifération des micro-organismes ; des composés sulfurés, en particulier du bisulfate de sodium qui favorise la synthèse de la cystène et de la méthionine, des constituants protéiques sulfurés, ainsi que de l'hydrolysat de farine de plume ou d'autres composés protéiques kératiniques contenant de fortes proportions d'acides sulfoaminés ; des vitamines ; en particulier de la vitamine A, des composants contenant de la provitamine A, en particulier de la farine de luzerne ; des substances actives, par exemple des produits stabilisés par un traitement approprié et contenant des micro-organismes encore viables qui favorisent, en population dans la flore de la panse, la transformation de l'ammoniaque, par exemple les levures du genre Nectaromyces et des micro-organismes iodophiles ; des substances minérales riches en calcium et en phosphore comme le phosphate dicalcique ou le phosphate monocalcique, des composés du magnésium et d'autres constituants des aliments pour le bétail. Un mélange complété peut consister par exemple en urée 30,0 % terre de blanchiment grasse 20,0 % phosphate dicalcique g 20,0 % phosphate monocalcique ique chlorure de sodium 5,0 % hydroxyde de magnésium 2,0 % extrait sec de petit lait 18,43 % bisulfate de sodium 4,15 % oxyde de zinc 0,375 % iodure de sodium 0,015 % sulfate de cobalt 0,03 % 100,00 % On parvient ainsi à une protection suffisante de l'urée dans les masses humides ensilées et à un effet hydrofuge des particules au cours de la digestion. En outre, le petit lait fortement acide contenu dans le mélange provoque la transformation d'une partie de l'ammoniaque en lactate d'ammonium et par conséquent un nouveau retard dans la libération de l'ammoniaque formée à partir de l'urée. L'exemple suivant illustre l'invention sans toutefois la limiter. Dans cet exemple les indications de parties et de % s'entendent en poids, sauf indication contraire. EXEMPLE On a étudié les propriétés d'un mazes ensilé sans additif dans un cas, avec 0,5 % d'urée dans un second cas, 0,5 % d'urée mélangée à des substances minérales dxsintroisième cas, 0,5 % d'urée mise sous forme de granulés avec des terres de blanchiment dans le quatrième cas et 0,57 d'urée avec un produit auxiliaire d'ensilage dans le dernier cas.Si l'on donne des valeurs arbitraires de 1007 au mats pur ensilé, on obtient alors pour les autres aliments les valeurs suivantes Mars de! urée !urée + subs-!urée + terre ! urée + agent silo ! seule !tance miné- de blanchi- ! d'-ensilage témoin)! ralle ment, en gra urée % dans i 1 ioulés l'aliment - ! 0,5 ! 0,5 ! 0,5 ! 0,5 pH 3,8 ! 3,88! 3,94 ! 3,83 ! 3,83 NH3 (%) 100 ! 259 ! 241 ! 187,5 ! 236,5 acide lactique % 100 ! 107,9 ! 133,2 ! 97,7 ! 110,5 acide acétique % 100 ! 104,9 ! 109,9 ! 99,5 ! 107,4 acide butyrique % 100 ! O ! 42,8 ! 0 ! 0 qualité points ! ! ! Flieg " 94 ! 96 ! 97s5 ! 96 ! 96,23 azote total % 100 ! 218,5 ! 200,5 ! 193,3 ! 201,5 Les résultats obtenus montrent que les effets manifestés par l'urée à l'état libre n'apparaissent pas avec les granulés d'urée/terre de blanchiment selon l'invention. On le constate tout particulièrement aux valeurs obtens pour les produits de fermentation (acide lactique, acide acétique, acide butyrique), vis-à-vis desquelles l'urée non protégée manifeste des effets marqués qui-n'apparaissent pas dans le mélange selon l'invention. Le procédé selon l'invention permet l'exploitation économique de l'urée sous une forme qui améliore simultanément les rations, amoindrit dans une mesure considérable les inconvénients rencontrés antérieurement et facilite pour l'éleveur l'utilisation appropriée de l'urée. R E V E N D I C A T I 0 NS 1 - Procédé pour préparer des aliments du bétail contenant de l'urée, utilisables directement ou comme additifs aux aliments en silo, et pour diminuer les pertes de substances nutritives à la digestion de l'urée par les ruminants, procédé caractérisé en ce que l'on ajoute à l'urée des substances gonflables acceptables pour l'alimentation du bétail et/ou des terres de blanchiment, et on met le mélange sous forme de granulés. 2 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on ajoute à l'urée de la pulpe de pomme. de terre séchée. 3 - Procédé selon les revendications 1 et 2, caractérisé en ce que l'on ajoute au mélange de la poudre de petit lait acide ou du petit lait acide concentré.