La présente invention concerne la digestion anaérobie de boues telles que celles provenant d'eaux d'égouts ou de déchets industriels. Dans un procédé de digestion anaérobie classique auquel 5 la présente invention est applicable, une boue épaissie provenant des eaux d'égouts ou autres substances résiduaires, qui peut être ou contenir de la boue résiduaire provenant d'un traitement par de la boue activée, est soumise à une digestion anaérobie dans au moins un digesteur pendant un laps de temps d'une 10 durée exceptionnellement supérieure à 30 jours, le temps dépendant de la composition des eaux d'égouts à traiter et des conditions et exigences de traitement. L'opération de digestion peut impliquer une digestion dans un seul digesteur, normalement avec chauffage et agitation, ou bien la boue partiellement digérée 15 provenant d'un digesteur primaire peut être amenée à un digesteur secondaire en vue d'une prolongation de la digestion et d'une sédimentation. La boue digérée est habituellement débarrassée d'une partie de son eau, par séchage à l'air par filtration dans des filtres à vide ou par centrifugation, avant d'être définiti-20 vement rejetée. Pendant une digestion anaérobie, des substances organiques biodégradables telles que celles contenues dans des eaux d'égouts sont converties par digestion à l'aide de microorganismes en divers produits, principalement des acides organiques eux-25 mêmes convertis en méthane et bioxyde de carbone ou gaz carbonique (CO^), bicarbonate d'ammonium et substances solides insolubles qui constituent la boue digérée. Le mélange gazeux dégagé, dont la composition correspond avantageusement à environ 65-75% CH^ et 35-25% €£>2, est séparé et habituellement brûlé pour sa-30 tisfaire aux besoins en chaleur de l'opération. Un tel procédé est hautement complexe et il est difficile d'en rester maître à cause des nombreuses variables entrant en ligne de compte, plus particulièrement des variations ou fluctuations dans la composition des substances résiduaires pénétrant dans le système et de 35 la boue amenée au digesteur. Un réglage précis de l'état chimique de la boue de digestion est extrêmement important pour l'existence et le fonctionnement des microbes dont dépend la mise en oeuvre de 1'opération de digestion. En l'absence d'un milieu ambiant adéquat, 40 l'activité des bactéries se ralentit jusqu'à une valeur indési- 69 04443 2 2002488 rablement basse ou bien aboutit à la production de quantités indésirables de produits ultimes gênants ou même nuisibles. Il est particulièrement important de rester maître de la teneur en acides volatils du milieu ambiant de digestion, car si cette teneur 5 devient trop élevée, l'opération de digestion anaérobie se trouve sérieusement compromise ; il devient même possible qu'un tel état de choses entraîne, en plus d'une digestion inadéquate, des conséquences désastreuses telles qu'un fonctionnement défectueux des systèmes de combustion des gaz et de l'évacuation des boues. 10 Jusqu'à présent, la technique a tenté d'empêcher ou d'é liminer une acidité excessive du digesteur par addition de produits chimiques et jusqu'à un certain point par décantation des liqueurs surnageantes. L'addition de produits chimiques, habituellement de la chaux, pour neutraliser l'acidité est coûteuse 15 et peut exercer des effets secondaires nuisibles sur l'opération de digestion. La décantation des liqueurs surnageantes consiste essentiellement à enlever dans un digesteur des liqueurs surnageantes qui s'établissent jusqu'à un certain niveau où apparaissent des liquides limpides. Une telle décantation des liqueurs 20 surnageantes est plus pratique lorsque le système comporte un digesteur secondaire dans lequel la boue provenant du digesteur primaire est admise à se sédimenter sans agitation, en fournissant ainsi des liqueurs surnageantes relativement exemptes de solides. Un digesteur primaire exige habituellement un degré si 25 élevé d'agitation et de malaxage pour aboutir à une opération de digestion correcte qu'il ne se forme pas de véritable liqueur surnageante ; on doit interrompre l'agitation assez longtemps pour qu'il s'en forme une, ce qui compromet l'opération de digestion. Même une liqueur surnageante de digesteur secondaire 30 contient une quantité substantielle de substances solides en particules fines et légères qui s'accumulent dans le système soumis à la décantation de liqueurs surnageantes jusqu'à ce que leur teneur dans les digesteurs devienne excessive. De telles fines en excès non seulement gênent le processus de digestion, mais enco-35 re rendent plus difficile un épaississeraent adéquat de la boue en vue de leur évacuation. Occasionnellement, ce problème devient si aigu qu'il devient nécessaire de procéder à une chasse de vidange de tout le système, et de réamorcer un nouveau cycle de digestion. 40 Le but général de la présente invention est d'améliorer 69 04443 3 2002488 le fonctionnement des digesteurs. Des buts plus particuliers sont de réaliser un meilleur mode opératoire que ceux existants et mis en oeuvre jusqu'à présent pour rester maître de la teneur en acides de la boue de digestion ; de réaliser un procédé tel 5 qu'il élimine ou diminue la décantation des liqueurs surnageantes et qu'il rende possible dans de nombreux cas la suppression de digesteurs secondaires ; de réaliser un procédé tel qu'il tende à éliminer la nécessité d'une addition de produits chimiques pour se rendre maître de la teneur en acides, qu'il empêche l'ac-10 cumulation de mousses et écumes, et qu'il aide à maintenir un rendement maximum du fonctionnement du digesteur» Conformément à la présente invention, de la boue de digestion est séparée à partir d'un digesteur et est traitée dans une centrifugeuse, de préférence du type continu à bol plein, 15 pour produire une fraction de substances solides contenant essentiellement la totalité des substances solides non-dissoutes et une fraction de trop-plein ne comprenant essentiellement que de la liqueur mère dans laquelle sont dissoutes des substances solides. La fraction de substances solides est recyclée pour subir 20 une nouvelle digestion dans le digesteur d'où elle provient ou dans un autre digesteur. La fraction de trop-plein, étant donné qu'elle est de la liqueur mère essentiellement exempte de substances solides en suspension, peut être renvoyée vers l'entrée de l'installation. Lors de la mise en oeuvre du procédé faisant 25 l'objet de la présente invention, des taux de séparation aussi élevés que 90 à 95% et même plus (pourcentage d'élimination des substances solides) sont facilement réalisables, en particulier si de minimes proportions d'un floculant adéquat sont convenablement ajoutées. Il en résulte l'obtention d'un courant de trop-30 plein à teneur insuffisante en substances solides pour qu'il subsiste des risques d'accumulations de substances solides dans le circuit. Si la liqueur mère séparée par centrifugation est remplacée dans le digesteur par des substances résiduaires contenant 35 des quantités insignifiantes d'acide (ce qui est le cas pour de la boue fraîche ou pour de 1'effluent de l'installation), la mise en oeuvre du procédé en question abaissera la teneur en acide dans le digesteur, dans des conditions en régime stable de production d'acide, en fonction du temps, du taux de centrifu-40 gation et du volume du contenu du digesteur. Par exemple, si la 69 04443 4 2002483 centrifugation est conduite à une allure telle qu'elle traite à l'heure 5% du volume de la boue de digestion dans le digesteur pour en séparer 60% de la liqueur mère, la teneur en acide du liquide contenu dans le digesteur s'en trouve éliminée à l'allure 5 de 3% à l'heure. Si la boue concentrée résultant de la centrifugation est renvoyée au même digesteur et si la liqueur mère séparée est remplacée par de la boue fraîche, l'effet est d'accroître la consistance (ou le pourcentage de substances solides) du contenu du di-10 gesteur. Ceci peut être désirable pour accroître la capacité de traitement du digesteur, mais peut être indésirable pour d'autres raisons. Ainsi, l'accroissement de la teneur en solides de digestion et une diminution de la teneur en liquide sont deux facteurs tendant à augmenter la teneur en acide dans le liquide. 15 De plus, les digesteurs et leur équipement auxiliaire sont normalement conçus pour fonctionner à une certaine consistance où dans un certain intervalle de consistance de la boue dans le digesteur de sorte qu'une trop forte concentration de la boue de digestion peut provoquer un fonctionnement défectueux d'une manière ou d'u-20 ne autre. Toutefois, un avantage majeur du procédé faisant l'objet de la présente invention réside dans le fait qu'il permet d'effectuer une régulation de l'effet de concentration depuis un effet nul jusqu'à un effet maximum en ajustant les proportions relatives de boue neuve et/ou d'effluent de l'installation, sans 25 addition notable de substances solides contenues, pour remplacer la liqueur mère séparée au cours de la centrifugation. L'opération de centrifugation selon la présente invention est de préférence mise en oeuvre conjointement avec l'utilisation d'un digesteur primaire, la boue concentrée par centri-30 fugation étant renvoyée au même digesteur. Un tel digesteur comporte, de préférence, des moyens agitateurs ou autres permettant d'homogénéiser aussi parfaitement que possible le contenu du digesteur. Toutefois, la mise en oeuvre du procédé selon l'invention s'accompagne d'une action d'homogénéisation substantielle. 35 Bien que le procédé en question permette d'éliminer la nécessité de recourir à un digesteur secondaire, si une digestion secondaire est mise en oeuvre, il est possible de conduire le procédé conjointement avec l'utilisation d'un digesteur secondaire, soit en prélevant la boue à partir d'un digesteur primaire et en en-40 voyant la boue concentrée (par séparation de liqueur mère) à un 69 04443 5 2002488 digesteur secondaire, soit en centrifugeant en circuit fermé avec uniquement le digesteur secondaire dans ledit circuit. La (ou les) centrifugeuse(s) est (ou sont) de préférence hermétiquement fermée(s) de façon à empêcher toute entrée ou sor-5 tie de gaz et est (sont) pourvue(s) d'un évent communiquant avec la sortie de gaz du digesteur ou avec tout autre échappement adéquat. Ceci a pour but,non seulement d'empêcher le dégagement,dans les ateliers, de gaz nuisibles et éventuellement explosifs extraits au cours de la centrifugation, mais aussi (et ceci est im-10 portant) d'empêcher une oxydation de la boue recyclée, ce qui aurait des effets nuisibles sur la digestion anaérobie. L'invention pourra, de toute façon, être bien comprise à l'aide du complément de description qui suit, ainsi que du dessin ci-annexé, lesquels complément et dessin concernent diffé-15 rents modes de réalisation de l'invention choisis à titre d'exemples non limitatifs et sont, bien entendu, donnés surtout à titre d'indication. La fig. 1, de ce dessin, représente schématiquement une installation permettant la mise en oeuvre du procédé selon 1'in-20 vention conjointement avec un digesteur primaire. La fig. 2, enfin, représente schématiquement une installation permettant la mise en oeuvre de l'invention conjointement avec un digesteur primaire et un digesteur secondaire. On n'a, sur le dessin, représenté que schématiquement 25 l'équipement à utiliser parce que les éléments en sont bien connus et disponibles dans le commerce. Dans l'installation représentée fig. 1, un digesteur primaire anaérobie 10 est alimenté en boue brute par une canalisation 12. La boue ainsi amenée peut provenir d'eaux d'égouts ou de déchets industriels qui ont reçu 30 des prétraitements habituels tels que tamisage, séparation de corps étrangers, et épaississement. Dans des installations de traitement du typé dit secondaire, cette boue peut contenir, ou être constituée par, de la boue activée résiduaire. La boue digérée sédimentée peut être reprise à partir du bas du digesteur par 35 une canalisation 14 pour être rejetée, normalement après avoir été asséchée sur des lits de sable, par filtration avec aspiration, ou par centrifugation. Le gaz dégagé dans le digesteur est admis à s'échapper par une canalisation 16 qui habituellement conduit à un système équipé de brûleurs qui fournit au moins une 40 partie des besoins en chaleur de l'installation, y compris le 69 044£J 6 2002488 chauffage du digesteur quand cela apparaît nécessaire. Le digesteur est de préférence équipé de moyens (non représentés) destinés à en agiter et homogénéiser le contenu au-dessus de la zone inférieure à partir de laquelle la boue sédimentée est reprise 5 pour être évacuée et rejetée. Conformément à l'invention, de la boue provenant du digesteur 10 est soutirée au moyen d'une canalisation 18 en vue de son traitement dans au moins une centrifugeuse : une seule centrifugeuse du type continu à bol plein est représentée en 20 10 et est alimentée à partir de la canalisation 18 équipée de moyens de réglage de débit par vanne, par exemple. Dans la centrifugeuse 20, un pourcentage désiré de liqueur mère est séparé et peut être soit renvoyé vers une installation de traitement des eaux-vannes, soit rejeté par une canalisation 22 de décharge d' 15 effluent. La boue partiellement asséchée par séparation d'une fraction de la liqueur mère qu'elle contenait initialement et qui sort par un autre orifice de décharge de la centrifugeuse est renvoyée vers le digesteur par une canalisation 24. Tous solides restants dans la liqueur mère déchargée 20 par la canalisation 22 sont des fines légères du type à sédimentation difficile. Il convient d'en abaisser la proportion à une quantité négligeable afin d'éditer les problèmes que pose l'accumulation de fines solides dans le circuit, problèmes auxquels il a été fait allusion ci-dessus, lorsque tout ou partie de l'efflu-25 ent de centrifugation est recyclé vers les stades précédents de traitement, par exemple vers l'admission de l'usine de traitement. Au surplus, ces solides ont tendance à être moins complètement digérés que ceux qui sédimentent plus facilement, et par conséquent, il importe qu'ils soient recyclés vers le digesteur 30 en vue d'une nouvelle digestion. Par un réglage adéquat de la profondeur de la massé fluide à centrifuger, les centrifugeuses à bol plein peuvent réaliser des séparations d'un haut pourcentage de ce type de solides même sans aide chimique. On a constaté qu'il est préférable, dans ce cas, d'utiliser des centrifu-35 geuses du type décrit dans le brevet E.U.A. d'Amero, n°3.279.687; de telles centrifugeuses se trouvent dans le commerce et permettent un réglage de la profondeur de la masse fluide pendant le fonctionnement, et le maintien automatique d'un tel réglage en dépit de fluctuations de la charge. Toutefois, une aide chimique 40 peut être nécessaire pour obtenir des taux élevés de séparation 69 04443 7 2002488 de solides : 90 à 95% et plus. A cette fin, on a représenté une canalisation 26 permettant d'amener un produit chimique (normalement un floculant) à partir d'une source non représentée et jusque dans la centrifugeuse où leur addition est la plus avanta-5 geuse. Pour des raisons mentionnées ci-dessus, il est au moins hautement désirable que la centrifugeuse soit étanche aux gaz et soit isolée de l'atmosphère environnante. Ceci est réalisable en plaçant la centrifugeuse, son enveloppe et ses orifices de sor-10 tie dans une enceinte étanche aux gaz. Plus simplement, toutefois, des centrifugeuses du type préféré, équipées de joints étanches aux gaz entre l'enveloppe et les arbres, se trouvent dans le commerce, et ce n'est pas une chose trop compliquée d'enfermer complètement les systèmes de décharge d'effluent et de solides afin 15 de rendre l'enveloppe de la centrifugeuse étanche aux gaz. Un tel agencement est envisagé dans l'installation représentée fig. 1, où l'enveloppe de la centrifugeuse comporte une canalisation d'évent 28 que l'on peut convenablement raccorder à la canalisation d'évent 16 provenant du digesteur. 20 II convient de souligner que la boue amenée à la centri fugeuse par la canalisation 18 provient de la zone inférieure de sédimentation du digesteur 10, comme cela est habituellement désirable. Toutefois, au fur et à mesure que la digestion progresse, une mousse ou écume peut avoir tendance à se former dans la zone 25 supérieure du.-contenu du digesteur, cette écume étant en partie constituée par des substances solides légères et à sédimentation difficile, mais contenant aussi une importante proportion de substances solides lourdes et sédimentables qui sont amenées par flottation jusqu'à la surface et y sont maintenues par des bulles 30 gazeuses adhérant aux particules. En cessant d'être exposées d'une manière adéquate au milieu liquide requis, ces substances solides ne peuvent plus être digérées et subsistent ainsi. Si cette écume parvient à constituer une nappe suffisamment dense, elle peut empêcher l'échappement de gaz, et ce avec de sérieuses con-35 séquences pour le système de digestion et pour le système de combustion des gaz. En vue d'apporter une solution à ce problème, de nombreux digesteurs sont aujourd'hui équipés d'agitateurs mécaniques au niveau de cette écume. Une particularité du procédé faisant l'objet de la pré-40 sente invention réside dans le fait qu'il permet de diminuer ou 69 04443 2002488 même de supprimer à peu près complètement 1 * accumulation de telles écumes. A cette fin, une canalisation équipée de moyens de réglage de débit, par exemple du type vanne, et qui se trouve indiquée en pointillé en 30, peut être établie à partir de la zone 5 supérieure du digesteur 10, où des écumes ont tendance à se former, jusqu'à la centrifugeuse. A intervalles prédéterminés, ou quand des mesures indiquent que la formation d'écume a atteint ou est sur le point d'atteindre un degré indésirable, la zone supérieure de liquide est transférée par la canalisation 30 à la 10 centrifugeuse 20, soit en même temps que la charge amenée par la canalisation 18, soit en alternance avec l'amenée de cette charge. L'enlèvement des écumes s'effectue, de préférence, pendant que l'on n'amène pas de charge au digesteur par la canalisation 12, afin que le caractère adéquat de l'enlèvement des écumes soit 15 contrôlable par la. baisse du niveau de liquide. La canalisation 30 comporte avantageusement plusieurs orifices de captage d'écumes agencés autour et/ou s'étendant jusque dans la couche liquide où s'accumulent les écumes afin que la décantation se trouve essentiellement limitée à cette couche liquide supérieure et à 20 l'écume qui s'y trouve. Dans la centrifugeuse, les bulles attachées aux particules solides de la couche d'écume éclatent et laissent échapper le gaz qu'elles contenaient. Les substances solides contenues dans cette écume, séparées par de la liqueur mère sous l'effet de 25 leur véritable densité, sont recyclées vers le digesteur où elles peuvent désormais être librement digérées et se sédimenter.Dans ces conditions, il devient possible de renoncer à l'agencement d'agitateurs dispersant l'écume qui constituent à tout le moins un remède moins sûr. 30 II.est avantageux que la charge amenée à la centrifu geuse 20 soit préchauffée car l'efficacité de séparation se trouve alors améliorée. A cette fin, un échangeur de chaleur 32 (indiqué en pointillé) peut être agencé sur le trajet de la canalisation 18 de transfert de charge, et tout aussi bien sur le tra-35 jet de la canalisation 30. Cet échangeur de chaleur n'est pas nécessairement un équipement supplémentaire, car de nombreux systèmes de digestion prévoient présentement une circulation du contenu des digesteurs au travers d'échangeurs de chaleur pour maintenir la boue de digestion à une température élevée désirée. 40 Dans l'installation représentée fig. 1, on a indiqué une 9 2002488 69 0444 43 canalisation 34 qui se décharge dans la canalisation 24 de sortie de boue épaissie provenant de la centrifugeuse. Cette canalisation 34 a principalement pour but de décharger de l'eau de dilution dans la canalisation 24. Pour diminuer l'acidité, il 5 est habituellement désirable de faire fonctionner la centrifugeuse de façon telle qu'elle sépare la proportion maximum de liqueur mère, ce qui peut produire une suspension de solides trop visqueuse pour le pompage ou la remise en circulation. En parail cas, il convient d'ajouter de l'effluent de l'installation jusqu'au 10 degré requis au moyen de la canalisation 34. D'autre part, une addition d'eau au digesteur peut se révéler désirable afin de réaliser une régulation de la concentration, ce qui en pareil cas peut s'effectuer par apport d'eau au moyen de la canalisation 34. Aussi, bien que le procédé faisant l'objet de la présente inven-15 tion permette de diminuer largement et voire même de supprimer la nécessité d'une addition de produits chimiques pour neutraliser l'acidité en excès, si une telle addition devenait nécessaire, il serait possible d'ajouter à la boue recyclée, dans la canalisation 24, un produit chimique adéquat tel que de la chaux 20 en suspension amenée par la canalisation 34. procédé selon l'invention, il convient d'effectuer des déterminations au moins à intervalles fréquents pour connaître la teneur en acides et la consistance du contenu du digesteur. La teneur en 25 acides peut être déterminée par une analyse d'une prise d'essais en ce qui concerne la teneur en acides volatils, par des lectures du pH, ou même par la détermination du rapport du au CH^ dans les gaz dégagés. Parmi ces méthodes, la détermination des acides volatils est habituellement la plus sûre et est pré-30 férée. L'action tampon du bicarbonate présent peut rendre les lectures de pH imprécises en tant que moyen de mesure de la teneur en acides dissous, tandis que des variations dans le rapport des composants du mélange gazeux ne sont pas toujours dues, tout au moins entièrement, à une variation de l'acidité. Divers 35 dispositifs sont disponibles et utilisables pour déterminer avec une précision raisonnable la consistance ou le pourcentage de substances solides du contenu du digesteur. Il convient d'effectuer aussi au moins de fréquentes mesures du taux pour cent de séparation de substances solides par la centrifugeuse, taux dé-40 terminable d'après le rapport de la consistance mesurée de la En vue d'assurer la mise en oeuvre la plus efficace du 69 04443 10 2002488 charge à la consistance soit de l'effluent, soit de la boue é-paissie sortant de la centrifugeuse. Dans le schéma représenté fig. 2, l'équipement qui peut être le même que celui prévu dans l'installation représentée 5 schématiquement fig. 1 est indiqué par la même référence, mais affectée du signe prime. Dans cette seconde installation (fig.2), de la boue est déplacée à partir d'un digesteur primaire 10* par de la boue brute arrivant par une canalisation 12' et est ainsi transférée à un digesteur secondaire 50 par une canalisation de 10 décharge 14' raccordée à une canalisation 52 équipée de moyens de réglage de débit avantageusement du type vanne. Dans le digesteur secondaire 50, la boue n'est pas agitée comme dans le digesteur 10' mais est maintenue plus ou moins stagnante afin d'assurer une sédimentation maximum. La boue sédimentée complètement 15 digérée est transférée par une canalisation 54 à un système d'évacuation pour être rejetée. Du gaz est transféré par une canalisation 56 équipée d'un évent jusqu'à des brûleurs ou à un autre système d'échappement. Dans l'agencement représenté fig. 2, au moins une cen-20 trifugeuse 20' peut (et en fait il convient de préférence qu'il en soit ainsi) être raccordée au digesteur primaire 10' exactement de la manière décrite ci-dessus en se référant à la fig. 1« La fig. 2 montre toutefois deux autres modes de mise en oeuvre du procédé selon l'invention dans des systèmes à digesteurs pri-25 maire et secondaire lorsqu'on n'a pas recours à l'agencement représenté fig. 1, qui permet d'éviter l'utilisation d'un digesteur secondaire. Les moyens prévus à cette fin sont, de préférence, agencés en plus plutôt qu'en remplacement des raccordements analogues à ceux représentés fig. 1 et appliqués au diges-30 teur primaire 10', en utilisant le même équipement de centrifugation en alternance avec leur utilisation dans le circuit de la fig. 1, ou en plus d'un tel équipement. Dans l'installation représentée fig. 2, une canalisation 18' équipée de moyens du type vanne et aboutissant à la cen-35 trifugeuse 20' est raccordée à la canalisation de décharge 14' provenant du digesteur 10* plutôt qu'à la zone de sédimentation de ce digesteur comme dans l'installation représentée fig. 1» En fermant la vanne de la canalisation 52 et en ouvrant la vanne de la canalisation 18', la boue provenant du digesteur 10' se 40 trouve envoyée dans la centrifugeuse 20' pour y être traitée a- 69 04443 n 2002488 vec séparation de la fraction désirée de liqueur mère qui est rejetée en passant par la canalisation 22', comme dans l'installation décrite ci-dessus en se référant à la fig. 1. La fraction concentrée est déchargée en passant par la canalisation 24' et 5 la dernière partie de la canalisation 52 aboutissant au digesteur secondaire 50. De l'eau de dilution,telle que de l'effluent de l'installation, peut être ajoutée à la suspension à partir de la canalisation 34',comme dans l'installation représentée fig.l. Il apparaît clairement que ce système est utilisable pour abais-10 ser la teneur en acides et ajuster la concentration de substances solides de la charge amenée au digesteur secondaire 50, autrement dit pour rester maître indirectement de 1'acidité et de la concentration de substances solides dans ce digesteuro II n'affecte toutefois pas ces conditions dans le digesteur primaire où leur 15 régulation est normalement plus importante. Dans l'autre agencement représenté fig. 2, utilisable en alternance avec ou en même temps que le circuit que l'on vient de décrire ci-dessus ou pour remplacer ce circuit, de la boue est prélevée à partir de la zone de sédimentation du digesteur secon-20 daire 50 au moyen d'une canalisation 58 indiquée en pointillé et qui l'amène à la centrifugeuse 20' où elle est traitée pour en séparer de la liqueur mère, la boue concentrée restante étant renvoyée au digesteur 50 par des canalisations 24' et 52. Il s'agit ici du circuit de l'installation décrite ci-dessus en se ré-25 férant à la fig. 1 ; il est utilisable pour se rendre maître, de la même manière, des conditions régnant dans le digesteur 50. Ce circuit, lui non plus, ne permet pas de se rendre maître des conditions régnant dans le digesteur 10'. On peut commander et régler le fonctionnement de l'ins-30 tallation de diverses manières selon les besoins. Plus particulièrement, lorsque la boue en cours de traitement dans le système de digestion est d'un type ayant tendance à faire apparaître une acidité par acides volatils en excès, on peut faire fonctionner constamment l'équipement de centrifugation à une allure 35 de séparation de liqueur mère calculée de façon à éliminer suffisamment d'acide pour compenser cette tendance dans des conditions normales. Il convient que cette allure soit inférieure à la capacité maximum de l'équipement, afin de permettre une séparation de liqueur mère à une allure supérieure suffisante et 40 telle qu'elle peut apparaître nécessaire si l'allure prédite se 59 G4443 12 2002488 révèle insuffisante ou si un accroissement brusque et anormal de la teneur en acide vient à apparaître. L'allure de séparation de liqueur mère par centrifugation est réglable de diverses manières, telles qu'un ajustement du débit d'amenée de la charge et un a-5 justement de la vitesse de rotation du bol de la centrifugeuse. Il convient que de tels ajustements soient faits en vue de maintenir la teneur en substance solides de l'effluent de la centrifugeuse à une valeur acceptable, comme on l'a indiqué ci-dessus. A titre de variante, on peut faire fonctionner par intermittence 10 l'équipement de centrifugation chaque fois que l'on décèle une acidité excessive ou une tendance vers un établissement de telles conditions, et à une allure de séparation de liqueur mère calculée de façon à corriger ou empêcher l'établissement d'un tel état de choses. 15 Pour abaisser la teneur en acides, il convient que la liqueur mère séparée soit remplacée par de l'eau à teneur en a-cides nulle ou relativement basse. Ainsi qu'on l'a indiqué ci-dessus, il peut s'agir de l'eau contenue dans la boue brute constituant la charge ajoutée, ou d'une eau pratiquement exempte de 20 substances solides et telle qu'un effluent de l'installation. Le choix de celui de ces milieux de remplacement à utiliser, et jusqu'à quel point, sera largement dicté par une comparaison entre la concentration réelle et la concentration désirée de substances solides dans le digesteur. Si la concentration réelle est 25 trop basse, un remplacement par de la boue se trouve indiqué ;si elle se trouve dans l'intervalle désiré, un remplacement partiel ou total par de l'eau exempte de substances solides se trouve indiqué. La teneur désirée en acides volatils dans le digesteur 30 est habituellement inférieure à 1.000 p.p.m. de liquide, et fréquemment inférieure à 600 p.p.m. Une teneur en acides volatils supérieure à 2.000 p.p.m. est généralement admise comme constituant un point de danger au-delà duquel l'état d'acidité en excès risque de compromettre sérieusement la digestion et peut con-35 duire à l'établissement d'un digesteur acide qu'il faut vidanger par chasse ou diluer, le cycle de digestion étant réamorcé ou ralenti à grands frais résultant de la durée du temps d'immobilisation ou de ralentissement d'exploitation,et d'autres dépenses. Grâce à la mise en oeuvre du procédé faisant l'objet de la pré-40 sente invention, de telles éventualités malencontreuses - qui 69 04443 13 2002488 sont loin d'être exceptionnelles avec les présentes méthodes de conduite et d'exploitation des installations du genre en question - peuvent être évitées et les digesteurs (des types primaire et/ou secondaire) peuvent être maintenus dans leurs condi-5 tions optimales de fonctionnement, notamment en ce qui concerne la teneur en acides volatils et la consistance résultant de la présence de substances solides sans interférences dues à la formation de mousses et écumes. 14 2002488 R E V E N DICATIONS 1. Procédé, pour améliorer dans des digesteurs anaérobies la digestion d'une boue telle que celle provenant d'eaux d'égouts ou de déchets industriels, caractérisé en ce qu'il consis-5 te essentiellement : à prélever de la boue à partir d'un desdits digesteurs ; à centrifugér cette boue afin d'en former deux fractions dont la première contienne de la liqueur mère essentiellement exempte de solides et contienne de l'acide dissous et dont la seconde contienne pratiquement tous les solides ; à n'amener 10 que ladite seconde fraction directement à un desdits digesteurs; à ajouter audit digesteur auquel ladite seconde fraction est a-menée suffisamment de liqueur, pour remplacer au moins la majeure partie de la liqueur mère séparée à partir de ladite boue, ladite liqueur étant à teneur en acide dissous sensiblement in-15 férieure à la teneur correspondante de ladite liqueur mère ; et à effectuer une régulation de l'allure et de la proportion de séparation de ladite liqueur mère par la susdite opération de centrifugation, afin de minimiser une accumulation excessive d'acide dans ledit digesteur auquel ladite seconde fraction est ame-20 née. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la liqueur utilisée pour remplacer ladite liqueur mère séparée est choisie entre de l'eau contenant de la boue brute à faire digérer et de l'eau essentiellement exempte de solides, afin d'é- 25 tablir, dans ledit digesteur auquel ladite seconde fraction est amenée, une consistance désirée due à la présence des substances solides. 3. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on amène ladite seconde fraction au digesteur à partir duquel 30 on a prélevé de la boue. 4. Procédé selon la revendication 3, caractérisé en ce que ledit digesteur est un digesteur primaire. 5o Procédé selon la revendication 3, caractérisé en ce que ledit digesteur est un digesteur secondaire. 35 6. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on prélève la boue à partir d'un digesteur primaire et on amène ladite seconde fraction à un digesteur secondaire. 7. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on prélève ladite boue à partir d'une zone de sédimentation 40 d'un digesteur. 69 04443 15 2002488 8. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on chauffe la boue, ainsi prélevée, avant de la centrifuger. 9. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on ajoute à ladite boue, avant de la centrifuger complètement, 5 un agent chimique facilitant la séparation des substances solides . 10. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la teneur en solides de ladite première fraction n'excède pas substantiellement 5% de la teneur totale en solides de la boue 10 prélevée en vue de la centrifuger. 11. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu' on interdit l'accès d'air à la boue en cours de traitement, et on fait échapper par un évent le gaz qui se dégage pendant la centrifugation. 15 12. Procédé, pour améliorer dans des digesteurs anaérobies la digestion d'une boue telle que celle provenant d'eaux d'égouts ou de déchets industriels, caractérisé en ce qu'il consiste essentiellement : à prélever, à partir de l'un des digesteurs, une couche supérieure de liquide chargée d'écume ; à centrifuger 20 ce liquide de façon à faire éclater les bulles de gaz que contient ladite écume et de façon à en former deux fractions dont la première contienne de la liqueur mère essentiellement exempte de solides, tandis que la seconde contient pratiquement tous les so- que lides ; et a n'amener/ladite seconde fraction directement audit 25 digesteur en vue d'une nouvelle digestion. 13. Procédé selon la revendication 12, caractérisé en ce que l'on amène ladite seconde fraction au digesteur à partir duquel on a prélevé de la boue. 14. Procédé selon la revendication 12, caractérisé en ce que 30 l'on interdit l'accès d'air à la matière en cours de traitement, et on fait échapper par un évent le gaz qui se dégage pendant la centrifugation. 15. Procédé selon la revendication 12, caractérisé en ce que l'on chauffe, avant de la centrifuger, ladite couche de liquide 35 prélevée qui contient de l'écume.