L'invention concerne un procédé de stabilisation du complexe lipidique de avoine et de ses dérivés, ainsi que le produit pour l'alimentation des animaux obtenu par la mise en oeuvre de ce procédé. Hormis l'odeur et le gout de rance, on connaît encore treks peu les répercussions d'ordre nutritionnel des altérations lipolytiques et lipoxygénasiques (ou lipoxydasiques de l'avoine et de ses produits dérivés En fait, il peut en résulter non seulement la formation de substances a action antivitaminique, voire même toxique, mais aussi la disparition simultanée de principes nutritifs que l'on consldère comme essentiels Ces principes sont par exemple ceux qui stimulent l'activité neuroM musculaire chez les chevaux. Diverses techniques sont préconisées pour inhiber les activités enzymatiques, lipasiques, et lipoxygénasiques des grains et produits dérivés, notamment de l'avoine entière, décortiquée, aplatie, flocons, gruaux et farine. I1 s'agit principalement de traitements thermiques, hydrothermiques et de la dessication. Concernant les traitements thermiques et hydrothermiques, on sait que le degré d'inactivation, par la chaleur, des lipases des ceréales est non seulement fonction de la température et du temps de chauffage, mais également du pourcen -tage d'humidité résiduelle des grains. Ainsi, un chauffage d'une heure à 70-750C inactivera deux fois plus les lipases de l'avoine si les grains renferment 25 % dgeau plutôt que 15 % et huit fois plus que s'ils ngen renferment que 10 %. Cependant, plus le taux d'humidité est élevé, plus les membranes biologiques cellulaires et endocellulaires sont dégradées, d'où altération des principes nutritifs, å savoir : lipoprotéines, phospholipides, glycolipides, enzymes et vitamines. Concernant la dessication, la réduction de l'activité de l'eau (aw) des céréales peut réduire considérablement 1 activité des lipases, mais une réduction de l'aw en dessous de 0,2 ou 0i3 peut également accroître la sensibilité des lipides à l'autoxydation. Vis-à-vis de ces procédés connus, la présente invention a alors pour but de préserver les activités enzymatiques de l'avoine et de ses dérivés, notamment lipasiques et lipoxygéna siques, en supprimant les effets indésirables desdites enzymes sans pour autant les détruire et de respecter du même coup l'intégralité des constituants des membranes biolciques, cellulaires et endocellulaires. Le procédé de l'invention est a cet effet caractérisé en ce que l'on réalise une interaction de composants chimiques d'hydrolysats de protéines animales et/ou végétales par projection de cet hydrolysat sur les grains, ou flocons dérivés, afin d'obtenir leur absorption-adsorption. Suivant une autre caractéristique de l'invention, on prépare l'hydrolysat de protéines animales par voie enzymatique. Suivant une autre caractéristique de l'invention, on prépare l'hydrolysat de protéines animales et/ou végétales par une hydrolyse acide ménagée (pH compris entre 1 et 2, température comprise entre 80 et 1000C). Suivant l'invention, les principes actifs sont constitués par des hydrolysats de protéines animales (poissons et lactoprotéines, notamment) et de protéines-végétales (soja notamment). Ces hydrolysats sont incorporés dans les grains d'avoine (venta sativa) ou flocons dérivés par absorption et adsorption. I1 en résulte alors des interactions entre les composants chimiques de ces hydrolysats d'une part et l'amidon et les lipides de l'avoine d'autre part, afin que ces composants protègent lesdits lipides et vitamines contre les altérations lipolytiques et oxydatives. Exemple 1 : Le principe actif est un hydrolysat enzymatique de poisson L'hydrolysat est le résultat d'une digestion enzymatique de poissons de mer frais, grâce à leurs propres enzymes et à des protéases exogenes (papa5ne, par exemple). L'hydrolysat est partiellement déshuilé par des moyens physiques (centrifugation, filtration) afin qu'il renferme encore de 2 à 10 % de lipides (sur base sèche).L'hydrolyse a été réalisée à un pH compris entre 4,5 et 6,0, à une température comprise entre 50 et 550C et pendant une durée de quatre à six heures, de manière que la composition chimique de la fraction azotée soit, approximativement, la suivante (pour 100 de N = 14 sur extrait sec) : azote total : 13 ; protéoses et peptones : 4 ; polypeptides de faibles poids moléculaires: 3, 5 ; acides aminés libres : 4,5 ; autres fractions azotées : 1. L'avoine entière o fraîchement décortiquée (100 kgj est placée dans une turbine à dragéifier et on y incorpore progressivement l'hydrolysat de poisson (5 kg, base sèche) dilué dans de l'eau de consommation (15 litres) jusqu'a' complète absorption-adsorption par le grain. On desseche ensuite l'avoine dans la turbine même ou dans un sécheur en cascade, pour amener son taux d'humidité 9 ou 10 %. L'avoine ainsi infusée est ensuite emballée dans des récipients ou sacs étanches à l'oxygène et a la vapeur d'eau. Exemple 2 s Le principe actif est un hydrolysat acide et enzymatique de lactoprotéines ou de protéines de soja Lorsque le substrat protéique soumis à lShydrolyse n'est pas du poisson, ladite hydrolyse-gagne à être plus ménagée (rapport N total sur N des acides aminés libres compris entre 10 et 25 %). Un tel résultat peut être obtenu grâce à le pepsine gastrique. Suivant cet exemple, de la caséine (100 kg) est mise en suspension dans de l'eau de consommation (500 à 1000 litres), le milieu réactionnel étant soumis à une agitation lente et continue. On ajoute progressivement de l'acide sulfurique dilué pour amener le pH à 1,5, puis la pepsine. La température est réglée à 400C et l'hydrolyse poursuivie durant environ trois heures. La température est alors portée à 800C durant une heure pour inactiver la pepsine et parfaire l'hydrolyse. Le pH est ajusté à 4,6 avec Ca(OH)2 et on opère une première filtration sur toile. Le pH est à nouveau ajusté à 7,0 pour précipiter S04Ca. La fraction soluble (= hydrolysat acide et enzymatique) est séparée par décantation et centrifugation. L'incorporation de l'hydrolysat à l'avoine se fait dans les memes conditions que précédemment indiquées. Concernant le séchage de l'avoine, il convient de remarquer que l'avoine est de toutes les céréales celle qui présente la plus forte activité lipolytique et nous pensons que c'est un facteur nutritionnel important que le séchage doit préserver dans toute la mesure du possible. Pour ce faire, il peut donc y avoir intéret à opérer la dessication sous vide partiel à une température comprise entre 40 et 600C, suivant la teneur résiduelle en eau des grains. Des substances additionnelles pourront également être ajoutées aux hydrolysats protéiques réalisés suivant l'invention Ces substances pourront par exemple ëtre constituées par des antifongiques On sait en effet que les moisissures et les levures peuvent encore se développer en milieu insuffisamment hydraté pour permettre la prolifération bactérienne (aw inférieure à 0,80) D'où l'intéret des antifongiques ç acides sorbique et propionique (ou leurs produits dérpvés)e notamment Dans ce cas particulier, l'incorporation à l'avoine, d'acide proprionique ou produits dérivés (0,2 a 0,5 %base sèche), en même temps que les hydrolysats, peut etre utile en tant que traitement antifongique. La substance additionnelle pourra également etre constituée par des antioxydants. En effet, en principe, les hydrolysats protéiques obtenus suivant l'invention renferment suffisamment de principes antioxydants pour stabilise l'avoine. I1 peut être néanmoins utile de compléter ces principes avec des antioxydants primaires butylhydroxytoluène (BHT) , butylhydroxyanisole (BHA) , acide nordihydroguiarétique (NDGA) ou simplement avec des substances synergiques des antioxydants primaires acides citrique et phosphorique ; phospholipides (acide phosphatidique, phosphatidyléthanolamine, notamment) et flavonoides Egalement, il peut être utile de prévoir une addition complémentaire de certaines substances appartenant au groupe vitamines, acides aminés et oligo-éléments, faisant déjà partie du complexe antioxydant renfermé dans les dérivés de l'avoine. Ainsi, suivant l'invention, on peut profiter des effets stabilisants du complexe hydrolysat-avoine et obtenir une stabilisation de ces vitamines supérieure à celle des procédés de stabilisation classiques. I1 s'agit notamment de la vitamine E (tocophérols), de la vitamine A (rétinol), de la vitamine C (acide ascorbique), de la vitamine B1 (thiamine) et de la vitamine H (biotine), ainsi que des acides aminés soufrés (méthionine, notamment) et produits minéraux soufrés (hyposulfite, thiourée). Ce produit assure à la fois une stimulation des sécrétions digestives et une action favorable sur la microflore du tube digestif et la musculature. De plus, les grains d'avoine, lorsqu'ils sont entiers ou décortiqués, font office de granulés. Or, si les animaux préfèrent les aliments présentés sous cette forme, l'opération de granulation dn produit en poudre ou pâte@@ n'est pas toujours sans danger pour les principes n'jtririfs auto-oxydables et thermolabiles, En mettant en oeuVre des grains d'avoine, on évlte donc cet inconvénient également, la stabilité des vitamines, notamment A, Bl, C et E, pose encore des prob@èmes en alimentation animale. L'utilisation d'agents antioxydants et émulsifants pour stabiliser lesdites vitamines, a permis d'en améliorer la conservation a' l'état pulvérulent mais l'addition de ces substances à l'hydrolysat protéique infusé dans les grains d'avoine, constitue un excellent vecteur, notamment pour des posologies a caractère thérapeutique ou prophylactique. REVENDICATIONS 1C) Procédé de stabilisation du complexe lipidique de l'avoine et de ses dérivés, caractérisé en ce que l'on réalise une interaction de composants chimiques d'hydrolysats de protéines animales et/ou végétales par projection de ces hydrolysats sur les grains ou flocons dérivés afin d'obtenir leur absorption-adsorption. 20) Procédé conforme a la revendication 1, caractérisé en ce que l'on prépare l'hydrolysat de protéines animales par voie enzymatique. 30) Procédé conforme à la revendication 1, caractérisé en ce que l'on prépare l'hydrolysat de protéines animales et/ou végétales par une hydrolyse acide ménagée (pH compris entre I et 2, température comprise entre 80 et 1000C). 4 ) Procédé conforme à la revendication 2, caractérisé en ce que l'on prépare un hydrolysat enzymatique à partir de poissons frais en mettant en oeuvre les enzymes propres aux poissons, le cas échéant des protéases exogènes (telles papaine) et l'on réalise l'hydrolyse à un pH compris entre 4,5 et 6,0 et à une température comprise entre 50 et 550C pendant une durée de quatre à six heures. 50) Procédé conforme a l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu on ajoute aux hydrolysats protéiques des substances additionnelles constituées par a) des antifongiques, b) des antioxydants, c) des vitamines, acides aminés et oligo-éléments.