i 2030319 La présente invention concerne les fibres synthétiques. Plus précisément, l'invention concerne des fibres à zones, telles que définies ci-après, présentant une alternance de propriétés différentes selon la longueur de la fibre et disposées en 5 étant au moins partiellement interconnectées sous forme dfun arrangement longitudinal de fibres. Le mot "alternance" est pris dans son sens large et il englobe deux ou plusieurs types de différences le long de la fibre, différences distribuées régulièrement ou de façon aléatoire, mais, par simplification, cette alter-lO nance sera principalement décrite avec référence à une alternance à deux constituants. C'est-à—dire que, quoique l'invention soit décrite principalement avec référence à une structure de fibre du type ... ABABABA ..., elle comprend les structures régulières ... ABCABCABCA ... et les structures aléatoires, par exemple 15 ... ABACBACBCABA ..., y compris celles présentant des ordres plus élevés en ce qui concerne les constituants et le caractère aléatoire. De telles fibres, quoiqu'elles soient d'une utilisation générale, peuvent être tissées pour donner un support compact 20 grossier ou être utilisées dans les cordages ou ficelles présentant une résistance de noeud élevée. La division en zones le long de leur longueur donne des propriétés différentes dans les différentes zones, telles que des affinités à la teinture différentes. • De même, une telle fibre peut donner des fils et des fibres qui 25 sont gros mais cependant flexibles, en raison, par exemple,, de la présence de zones plus minces. Pour définir tout d'abord les termes utilisés, le mot "fibre" signifie tout bout unitaire d'un matériau plastique synthétique allongé dont la dimension transversale est très petite 30 par comparaison avec sa longueur (par exemple d'au moins 1 : ÎOO et habituellement 1 : 700 •• 1 : 5000 ou plus) et dont la dimension est telle, en fonction de ses propriétés physiques, qu'elle permette la flexion, le torsadage, le nouage, le bobinage, le frisage et autres traitements semblables. Un "filament" est une fibre de 35 longueur indéfinie. Un "fil" est un faisceau torsadé de fibres. Une "fibre en brin" est une fibre coupée, ou produite de toute autre manière, présentant une longueur courte. Un arrangement longitudinal de fibres peut se présenter sous la forme d'un faisceau de fibres ou sous la forme d'une struc-40 ture en ruban étiré. 70 04138 2 2030319 Quoique l'invention ait pour objet tous les matériaux décrits dans le paragraphe précédent (ainsi que les tissus non tissés, tissés et tricotés et les cordages ou ficelles réalisés à partir de ou incorporant de tels matériaux), elle concerne prin-5 cipalement les arrangements longitudinaux de fibres produits par étirage et formation de fibrilles dans une feuille d'un matériau habituellement fendu en rubans convenables et les fils produits à partir de tels arrangements longitudinaux de fibres. Dans sa forme générale, l'invention peut utiliser tout 10 matériau polymérisable synthétique susceptible de former des fibres. En pratique, on envisage les matériaux étirables à froid dont des exemples spécifiques sont le polypropylène, le polyéthy-lène à haute densité, les polyesters ou les polyamides. Des Mélanges de ces matériaux conviennent plus particulièrement, soit 15 sous forme de mélanges homogènes (tels que principalement les mélanges de polyéthylène à basse densité et de polyéthylène à haute densité) ou les mélanges hétérogènes (tels que principalement les mélanges polypropylène/ polyamide). Ceci sera décrit plus en détail ci-après. 20 En conséquence, l'invention consiste en un arrangement longitudinal de fibres interconnectées dont les fibres longitudinales individuelles forment en continu des zones le long de la longueur en présentant des régions successives ayant des sections, des degrés d'orientation et des morphologies différents» Les zones 25 peuvent présenter une alternance à deux stades ou une alternance d'ordre plus élevé, régulière ou aléatoire. L'invention a, de plus, pour objet un faisceau de fibres produit en mettant en faisceau un tel arrangement, que les fibres individuelles soient ou non complètement séparées. 30 Les fibres dans un tel arrangement peuvent être réparties en deux groupes principaux. Dans l'un, les fibres elles-mêmes sait constituées par des parties épaisses,-et des parties minces avec une alternance de deux composants ou de plusieurs composants, la dimension des zones alternées étant quelque peu irrégulière. Dans 35 l'autre, les fibres sont d'un denier d'ordre plus élevé et ont une alternance à deux composants ou à plusieurs composants entre une partie pleine et une partie à plusieurs fibres. Le terme "à plusieurs fibres" englobe deux ou plus de deux fibres. On comprendra que les fibres des parties à plusieurs fibres sont elles-mêmes 40 solidaires, à chacune de leurs extrémités, des parties pleines 70 04138 3 2030319 voisines. Toutes les sections transversales de l'arrangement de fibres ne comportent pas nécessairement toutes les parties étroites et toutes les parties larges. En d'autres mots des zones sembla-5 bles ne sont pas nécessairement cote à cote dans les fibres adjacentes d'un arrangement. Le procédé préférentiel de fabrication de tels matériaux, décrit plus en détail ci-après, assure cette confi gura ti on favorable. On doit aussi avoir à l'esprit que, pour autant que les 10 fibres conformes à l'invention sont produites en mettant en fibrilles une feuille ou un film hautement étiré comportant habituellement un réseau de parties en saillie et/ou en creux, elles présentent souvent différentes fibrilles subsidiaires et analogues. Ceci n'est pas un inconvénient (et est au contraire une 15 caractéristique de l'invention dans certains modes de réalisation spécialisés) mais on doit à tout moment avoir à l'esprit que les fibres individuelles de l'arrangement de fibres ont une structure, qui,par examen au microscope ou autre essai, présente essentiellement des zones quelles que soient ses caractéristiques supplé-20 mentaires. Le procédé préférentiel, pour préparer l'arrangement de fibres conforme à l'invention comprend deux stades essentiels: a) on prend une feuille ou ruban d'un film étirable à froid d'un matériau plastique synthétique ayant, sur une ou les 25 deux faces ou dans son épaisseur, un réseau régulier ou irrégulier ou présentant un arrangement de régions à morphologies différentes de manière que les sections longitudinales, le long de la feuille ou du ruban, présentent respectivement des différences régulières ou irrégulières dans la dite morphologie; 30 b) on étire la feuille ou le ruban pour produire un arran gement longitudinal présentant des fibres identifiables interconnectées mais essentiellement longitudinales, comportant des zones le long de leur longueur du fait qu'elles comportent des régions successives de section, de degré d'orientation et de morphologie 35 différents. Habituellement, l'invention comporte un stade additionnel qui consiste à mettre la feuille ou le ruban étiré constituant 1' arrangement sous forme d'un faisceau de fibres. Pour mettre une structure en forme de ruban étiré compre-40 nant des fibres longitudinales plus ou moins interconnectées sous 70 04138 4 203031 forme dfun faisceau de fibres moins interconnectées,on peut utiliser des moyens mécaniques (brossage ou tirage de la structure sur des cylindres filetés),une agitation fluide (par exemple en le faisant passer à travers un venturi) ou des ondes ultrasoniques • 5 Un tel faisceau peut être formé en faisant passer un ar rangement en forme de ruban étiré à travers une zone où les interconnexions peuvent se trouver réduites en nombre, ou totalement éliminées, et en rassemblant les fibres dans une structure en "filasse". lO Le degré d'orientation peut être mesuré au moyen des tech niques de laboratoire usuelles telles que la diffraction aux rayons X ou les mesures par biréfringence . Ces procédés sont décrits dans l'ouvrage "Encyclopedia of Science and Technology Vol. 9 >pp 630 - 636". 15 Par différences dans la morphologie, on entend des diffé rences de structure en surface et/ou dans l'épaisseur du film, plus spécialement celles concernant la dimension, la forme et la disposition des crystallites polymères. Par exemple,et comme cela sera décrit plus en détail ci-après, un film refroidi rapidement 20 présentera des crystallites plus petits qu'un film refroidi lentement. Ceci signifie que le mot "morphologie" est utilisé dans le sens d'une morphologie de masse du polymère et les différences dans les morphologies peuvent être détectées facilement par des techniques optiques comportant un examen microscopique de sec-25 tions minces en utilisant une lumière polarisée. Les différences de morphologie dans le film peuvent être provoquées par un refroidissement différencié de la nappe fondue extrudée destinée à former le film (soit sous forme de refroidissement simple ou comme conséquence du fait que l'on imprime un ré-30 seau avec un rouleau refroidi) ou par une irradiation différenciée selon un réseau régulier ou irrégulier. De même, un réseau de perforations peut conduire à des différences dans la morphologie du film, plus spécialement si on a utilisé une perforation à la flamme. 35 Habituellement, des différences dans la morphologie cor respondent à des différences dans l'épaisseur de film. Un type de film qui est utilisé de manière préférentielle comporte, sur au moins une surface, un réseau régulier de bossages discontinus en saillie. Il est particulièrement intéressant que les bossages 40 soient disposés selon une disposition alternée ou en quinconce 70 04138 5 2030319 telle que celle assurée par un remplissage rhomboïdal ou hexagonal . De tels films garnis de bossages peuvent, selon une forme de réalisation de l'invention, être étirés longitudinalement 5 sans être maintenus latéralement pour assurer un début de fente longitudinale entre chaque paire latéralement adjacente de bossages et assurer une propagation de la fente à travers les bossages allongés et orientés des rangées précédente et suivante de manière à former un arrangement longitudinal de fibres à zones, 10 interconnectées entre elles, dont les zones correspondent aux cordons connectant les bossages et aux bossages allongés fendus eux-mêmes, respectivement. Selon une variante de réalisation de l'invention, le film peut : 15 a) être étiré longitudinalement avec un maintien latéral ou avec un étirage latéral simultané,pour engendrer des paires de fentes, une fente de chaque paire de chaque côté de chaque bossage et à mettre en fibrilles les cordons formés entre chaque bossage et 20 b) être étiré longitudinalement de manière que les bossa ges soient étirés et orientés et que les fentes se propagent et divisent les bossages allongés et orientés de manière à former un faisceau de fibres à zones interconnectées dont les zones correspondent aux cordons mis en fibrilles connectant les bossages et 25 aux bossages allongés et fendus eux-mêmes, respectivement. Il est, dans tous les cas, particulièrement intéressant que le stade d'étirage de l'invention soit également effectué en -deux stades, le premier à une température plus basse pour assurer la formation de fibrilles initiale et le second à une température 30 plus élevée pour faciliter l'étirage et la subdivision des bossages ou des bandes plus épaisses correspondantes, en les fibres. Naturellèment, au lieu de bossages en saillie, le film peut présenter un réseau de dépressions discontinues ou deux jeux se recoupant de rainures rectilignes parallèles ou avoir,. 35 sur une surface, un jeu de rainures parallèles et, sur l'autre surface, un autre jeu de rainures parallèles, les deux jeux étant disposés selon des directions se recoupant. Tous ces films peuvant être étirés soit longitudinalement seulement, soit longitudinalement après un étirage biaxial initial pour former des faisceaux de 40 types différents de fibres à zones, comme décrit plus complètement 70 04138 2030319 ci-après. Les types de films donnés à titre d'exemple sont illus-tratifs et non limitatifs et des films à réseaux convenables sont également décrits dans les brevets Anglais N° 914.489 du 5 , N° 1.055.963 du ,N° 1.075.487 du çt N° 1.110.051 du Cependant, en pratique, on doit noter que, tandis que pour une transformation immédiate en réseau, l'épaisseur des cordons par rapport à l'épaisseur des bossages dans le film noh étiré est d* lO environ 20 %, pour la production de fibres, le cordon doit de préférence être quelque peu plus épais par exemple égalo à environ 30 % ou plus de l'épaisseur du bossage. Les films destinés à être soumis au procédé de l'invention peuvent être préparés en profilant une nappe fondue extrudée (par 15 exemple par une perforation à la flamme, gravure avec des cylindres refroidis profilés de façon convenable, gravure avec des pointes ou similaires) ou en profilant le filM lui-même (par exei-ple à nouveau par une perforation à la flamme ou par une gravure après formation). 20 Le film peut présenter des rainures transversales sur une ou ses deux faces. Dans cette forme de réalisation de l'invention, il est préférable d'étirer le film longitudinalement : a) au cours d'un stade initial pour mettre sous forme de fibrilles le matériau se trouvant dans le fond des rainures et 25 b) au cours d'un stade ultérieur pour que les fibrilles formées tirent le matériau depuis les crêtes entre les rainures jusqu'à ce que la feuille se sépare, au moins en partie, sous forme de fibres à zones interconnectées. On doit noter qu'un étirage simultané longitudinal et latéral est inapplicable dans cette 30 forme de l'invention, étant donné que le maintien nécessaire pour encourager la mise en fibrilles dans le fond des rainures est fourni par les crêtes elles-mêmes. C/Btte forme de l'invention utilise d'une façon particulièrement avantageuse deux niveaux de températures pendant les deux phases de l'étirage. 35 Ceci s'applique également à une variante de réalisation importante de 1'invention dans laquelle le film présente des rainures non longitudinales formant un angle par rapport à la direction transversale, par exeiiiple de 30 à 60° et de préférence de 45°. Un tel film peut être étiré longitudinalement pour amorcer la fis-40 suration et la formation des fibrilles dans la base des rainures 70 04138 7 2030319 et pour propager les dites fibrilles dans le matériau des crêtes séparant les rainures de manière à produire une fibre à zones de faible denier. D'autres formes de l'invention envisagent de prévoir une réseau en chevrons ou un réseau de lignes ondulées parai-5 lèles sensiblement longitudinales, sur le film, préalablement à l'étirage. Il est également avantageux qu'une surface du film soit munie de rainures longitudinales parallèles pour faciliter la séparation en fibres longitudinales lors de l'étirage et réduire 10 ainsi le degré d'interconnexion entre les fibres ou éliminer une telle interconnexion. Habituellement,1e degré d'étirage s'établit entre 500 et 2000 % selon le matériau et le procédé d'étirage, de préférence entre 800 et 1500 %, 15 L'épaisseur du film utilisé dépend du denier recherché pour la fibre et peut se situer entre 0,025 et 0,5 millimètre, habituellement entre 0,05 et 0,25 millimètre. Sans que l'on ait en vue de limiter la portée de 1 invention dans son aspect le plus large, on trouvera généralement que 20 la fréquence du zonage (séparation moyenne entre les cen très des zones) est compris entre 0,4 et 15 millimètres. Les procédés,objet de la présente invention,peuvent être mis en oeuvre sur des feuilles composites de deux ou plusieurs matériaux différents (par exemple des feuilles laminées et/ou des 25 feuilles réalisées à partir de mélanges homogènes et/ou hétérogènes ) . L'invention sera décrite plus en détail ci-après avec référence aux dessins ci-annexés dans lesquels : Figs 1, 2 et 3a - 3c représentent des coupes longitudina-30 les à travers différents types de fibres conformes à l'invention; Figs 4, 4a et 4b illustrent un procédé de production d'un arrangement de fibres, chacun du type représenté dans la figure 1, en étirant un film à environ 1200 %\ Figs 5a et 5b représentent à plus grande échelle chacune 35 un stade intermédiaire du produit de l'étirage d'un film présentant des bossages pour produire des fibres telles que celles représentées dans les figures 1 et 2; Fig. 6 représente une feuille à partir de laquelle peut être produite la fibre de figure 3a et 40 Fig. 7 représente une forme modifiée de feuille comportant 70 04138 8 2030319 des mélanges hétérogènes qui peut être utilisée dans l'un quelconque des procédés de production mais qui est particulièrement utilisable pour le procédé représenté dans la figure 4, Les figures 1 et 2, quoique schématiques, sont en principe 5 représentées à la même échelle. On verra que les fibres ont toutes les deux une configuration irrégulière. La figure 1 représente une fibre à faible denier ayant des parties minces 1 et des parties épaisses 2 plus ou moins régulièrement espacées qui,ici,constituent les zones A et B respectivement. Ces zones auront, en 10 pratique, des dimensions de cristallites et des orientations différentes de même que des épaisseurs différentes. La figure 2 représente une fibre de denier plus élevé ayant des parties pleines 3 (A) et des parties 4 à plusieurs brins (B) îiont les brins individuels sont désignés par 4a, 4b, etc.. On comprendra que celles-15 ci sont des représentations schématiques idéalisées puisque, par suite du procédé normal de production de ces fibres, il existe un grand nombre de fibrilles étrangères que l'on trouve toujours en association avec les fibres. Là figure 3a représente une fibre 5 qui présente des zones 20 par suite des intensités différentes de façon identifiable des fibrilles de surface 6 le long de sa longueur. La figure 3b représente une fibre 7 du même type que la fibre de figure 2 mais avec une irrégularité plus grande dans la répartition .'des zones. 25 La figure 3c représente une fibre du type de celle de figure 2 mais dans laquelle le caractère à plusieurs brins des bandes B est latent plutôt : qu'apparent, c'est-à-dire dans laquelle il est apparu certaines fentes internes. La figure 4 représente comment la fibre de figure 1 peut 30 être produite. Un film d'un matériau plastique synthétique étira-ble 8 présente des rainures 9 orientées transversalement, habituellement sous un angle compris entçe 30 et 60° par rapport au bord. Les rainures peuvent au mieux être produites en faisant passer la nappe fondue chaude sur un cylindre comportant une suc-35 cession de rainures (dans cet exemple particulier de section triangulaire). Ceci signifie que les nervures 10 sur la feuille sont virtuellement triangulaires en coupe quoiqu'elles puissent avoir un sommet arrondi comme représenté en coupe dans la figure 4a. (Selon une modification, non représentée, les rainures peuvent 40 être prévues sur les deux faces et peuvent être en phase ou hors 70 04138 2030319 de phase les unes avec les autres. Lorsque la feuille est étirée, les rainures prennent la configuration représentée dans la région I, Les parties épaisses de la feuille empêchent les parties minces (c 'est-à-dire les fonds 5 des rainures) de s'adapter à la forme pour limiter la contrainte et la mise en fibrilles se produit comme représenté sous agrandissement dans la figure 4b. Lorsque la feuille est soumise à un étirage supplémentaire (région II), contrairement à ce que l'on pourrait escompter, lO les fibrilles 11 ne se rompent pas mais dépouillent les parties épaisses 12 jusqu'à ce que chaque fibrille pénètre dans la partie épaisse et se relie à la fibrille sur l'autre côté. Il parait possible que l'alignement des rainures d'origine pour les amener à être presque parallèles au bord de la feuille en soit la cause. 15 En d'autres mots, au lieu d'obtenir des fibres grossières à denier élevé correspondant aux nervures originales de la feuille, on obtient une multitude de fibres à faible denier, comme représenté dans la' figure 1, parallèles au bord de la feuille dans lesquelles les parties minces correspondent à une rainure 9, les parties 20 épaisses à une nervure lO, le nombre des fibres correspondant au nombre des fibrilles formées pendant le stade initial de l'étirage. Il est important de noter que la dimension des fibres ne dépend pas de façon prédominante de la configuration de la feuil-25 le mais de la nature de la mise en fibrilles initiale dans la région I. Le procédé peut être mis en oeuvre par une succession de cylindres et la feuille complètement étirée, substantiellement fendue en fibres, peut être mise sous forme d'un faisceau fibreux 30 par un travail mécanique supplémentaire. A titre d'exemple non limitatif, une feuille de polypropylène de 40 cm de large et de 0,25 mm d'épaisseur, a été extrudée à 250°C, envoyée dans un passage entre un cylindre de refroidissement à 50°C et un cylindre rainuré, également à 50°C, présentant 35 14 rainures par centimètre, chaque rainure avec la nervure en résultant ayant une section triangulaire avec un angle au sommet de 90°:» Les rainures étaient disposées sur la périphérie du cylindre de manière à produire une feuille avec des rainures et des nervures parallèles rectilignes orientées à 60° par rapport au 40 bord du film. 70 04138 10 2030319 La feuille a été étirée, sans être maintenue latéralement, de 300 % à 60°,puis étirée à 300 % (de la longueur préalablement étirée), à 145°, en donnant ainsi un étirage total effectif de 1500 %. La feuille en résultant avait lO cm de large et 0,0625 mm 5 d'épaisseur» Elle a été ensuite fendue en rubans de 1,25 cm, chacun de ces rubans ayant été torsadé et enroulé pour donner un fil* Le fil produit était souple et avait un bon gonflant et il était constitué par des fibres à zones individuelles. Les figures 5a et 5b montrent comment des arrangements 10 de fibres correspondant en gros à ceux représentés dans la figure 2 et également, dans certains cas, à ceux représentés dans la figure 1,peuvent être produits. Par simplification, la description détaillée sera tout d* abord limitée à l'étirage en fibres d'un film portant un réseau 15 régulier de bossages en saillie, ces bossages étant partiellement sphériques çt disposés sous forme d'un réseau de remplissage rhomboîdal, avec leurs périphéries très proches les unes des autres. Si un tel film est étiré dans une direction, sans être 20 maintenu latéralement ou avec un étirage latéral, le réseau rhomboîdal s'étire uniaxialement et peut être considéré comme un remplissage rhomboîdal allongé. De même, une fente longitudinale se forme à mi-distaijce entre les bossages adjacents latéralement et (quoiqu*il ne soit pas nécessaire d'ouvrir le film à ce stade) il 25 peut, dans un but de démonstration, être étendu sans aucune contrainte transversale apparente, pour présenter une structure en réseau fin comme illustré dans la figure 5a. Si, au lieu d'être étendu latéralement pour être examiné, le film est alors étiré, conformémen,t à l'invention, plus spécia-30 lement à une température élevée, la fente entre les bossages latéraux adjacents tend à se propager et à fendre les bossages dans les rangées précédente et suivante. J1 y a ainsi une tendance à la formation d'une fibre, chaque fibre étant composée de régions alternées ou zones correspondant respectivement à la partie de 35 cordon plus mince entre 3e s bossages et aux bossages fendus et étirés, ce qui conduit à une partie relativement plus épaisse et plus longue. Etant donné qu'il s'avère difficile de séparer complètement les fibres individuelles les unes des autres, le produit final sera un faisceau de fibres au moins partiellement inter-40 connectées ayant chacune la structure ci-dessus décrite. 70 04138 2030319 Si, d'autre part, le film est étiré simultanément dans deux directions ou étiré en étant maintenu latéralement, les fentes commencent à se former de part et d'autre de chaque bossage» De même le déchirage des cordons directement entre chaque bossage 5 amène ces cordons eux-mêmes à former des fibrilles. Le résultat est représenté dans la figure 5b quoiqu'à nouveau on insiste sur le fait qu'il s'agit d'un film dilaté volontairement sous une forme ouverte, une structure qui, dans la mise en pratique de l'invai-tion, est normalement latente mais non apparente dans un film éti-10 ré simultanément dans deux directions dans une mesure juste suffisante pour amorcer le déchirage initial et la formation de fibrilles, mais sans être ouvert. Un étirage supplémentaire d'un tel film, d*une manière générale., plus spécialement à température élevée, produit une fi-15 bre présentant plus de fibrilles qu'un étirage supplémentaire du film tel que représenté dans la figure 5a. Quoique, de façon évidente, les fentes puissent se propager de façons différentes, la tendance prédominante donnera une fente traversant les bossages étirés, comme précédemment, et produira une structure ayant des zones 20 relativement régulières correspondant aux bossages fendis et étirés et des zones à plusieurs brins correspondant aux cordons étirés et mis sous forme de; fibrilles entre les bossages. Les films destinés à être soumis au procédé de l'invention peuvent être préparés en profilant une masse fondue extrudée (par exemple par une perfora-25 tion à la flamme, gravage avec des cylindres refroidis convenablement profilés, gravage avec des aiguilles ou similaire ) ou en profilant un film lui-même (c'est-à-dire également par une perforation à la flamme ou par une formation de bossages après formation du film). 30 Quoique, normalement, les fibres se trouveront produites par étirage d'un film présentant des bossages sans passer par le stade en filet ouvert, il est possible également de les produire en étirant un filet préalablement formé. En bref, en conséquence, l'étirag_e longitudinal doit pro-35 duire un faisceau de fibres présentant des zones relativement régulières tandis qu'un étirage simultané longitudinal et latéral, à un stade précoce, doit conduire,par étirage supplémentaire, à un arrangement de fibres qui sont séparées individuellement et présentent des fibrilles sous forme de zones, le long de leur longueur. 40 Cette donnée est généralement vraie pour des fibres produites à 70 04138 12 2030319 partir d'un film présentant des bossages quoique, plus les bossages sont larges, plus il y a tendance à ce qu'il y ait cisaillement et, en conséquence, l'apparition de fibrilles se produit dans les cordons les reliant, même lorsque l'on effectue seulement un éti-5 rage uniaxial avec le déplacement en résultant des bossages. De même des bossages plus grands et conformés et disposés différemment, peuvent se fendre d'une autre manière que par une fente unique passant au csi tre. Si la formation du réseau sur le film est obtenueautre-10 ment que par des bossages en saillie, l'indication générale qu'un étirage initial, effectué simultanément longitudinalement et transversalement, produit plus de fibrilles qui'un étirage longitudinal, est encore généralement vraie. Cependant, en général, on obtiendra une formation de fibrilles moins importante. 15 Par exemple, l'étirage d'un film avec un réseau de cavi tés le recouvrant, conduit à une formation de fibrilles moins importante que celle obtenue avec des bossages, étant donné que les parties du film mises sous pression légère ont toutes la même épaisseur. 20 L'étirage d'un film perforé, tout en étant susceptible de produire une fibre à zones, conduit à une apparition de fibrilles plus faible puisqu'à nouveau toutes les surfaces restantes du film ont la même épaisseur. Une autre considération importante est qu'un cordon plat 25 produit plus facilement des fibrilles qu'un cordon rond. De ce fait un réseau de cavités ou de perforations qui sont relativement proches les unes des autres, ce par quoi le matériau restant du film de base est, dans ses parties formant des cordons, d'une nature non aplatie (c'est-à-dire ronde ou au moins d'une largeur 30 sensiblement égale à l'épaisseur du film), ne produira pas facilement des fibrilles. Une personne experte dans la technique de 1' étirage et de la formation des fibrilles dans un film étirable à froid, choisira le réseau sur le film de manière à produire l'effet de zones recherché. Les fibres produites sont au moins par-35 tiellement interconnectées en fonction du réseau du film initial et du degré et de la nature de l'étirage. L'importance de l'interconnexion entre fibres peut être réduite en formant sur le film un réseau de rainures longitudinales, habituellement sur la surface opposée au réseau conduisant à l'apparition de zonessur la fibre, 40 afin de faciliter le déchirage au droit des dites rainures. De 70 04138 i3 2030319 plus, l'homme de l'art sera capable de trouver la dimension voulue du réseau de rainures longitudinales, pour une dimension et une disposition données, par exemple, des bossages sur le film. Le na tériau du film exercera également un effet sur la 5 nature de la fibre en ce que, comme cela est connu en lui-même, des matériaux différents donnent des fibrilles dans des mesures différentes. De plus, si le film est composé d'un mélange de matériaux, la formation des fibrilles et la séparation en fibres sont souvent facilitées en raison de l'orientation dans la masse fondue 10 pendant l'extrusion du film initial. Un avantage particulier qui en résulte est que l'orientation dans la masse fondue conduit à des lignes de faiblesse dans les bossages lors de l'étirage et, de ce fait, facilite la fissuration de ces bossages. 15 A titre d'exemple non limitatif, une feuille extrudée de 0,25 mm d'épaisseur a été gravée avec des entailles sous forme; d' un réseau hexagonal avec 1,25 mm entre les entailles et étirée par un procédé en deux stades, le second stade à température élevée comme décrit ci ««dessus. 20 Pour un étirage de 1500 %, des fibres plus grossières, (d'environ 50 à 200 deniers) ont été produites qui présentaient des zones alternées de parties pleines translucides et de parties opaques à plusieurs brins., tous les 5 mm. Les zones avaient les propriétés suivantes : 25 Charge de rupture (en grammes) zone translucide: moyenne 630 . gamme 610 - 680 zone opaque : moyenne 496 gamme 430 - 580 Allongement en % zone translucide: moyenne 64,O 30 gamme 59,0 - 73,0 zone opaque: moyenne 41,4 gamme 35,O - 47,0 Ténacité (en grammes par denier) moyenne 3,0 Densité en grammespar ml: zone translucide: 0,9074 35 zone opaque: 0,9056 Il est à noter que, dans ce mode de réalisation, la configuration de la fibre éventuelle dépend de la configuration des cavités d'origine. De plus, quoique l'étirage puisse être effectué sur des cylindres,comme précédemment, l'inclusion d'un cadre ou 40 d'un cylindre à picots ou .d'un stade mécanique supplémentaire de 70 04138 14 2030319 formation des fibrilles pour séparer les fibres à zones d'un denier relativement variable, s'avérera avantageuse. La figure 6 représente une feuille comportant des rainures en formes d'ondes 16, produites par exemple par un cylindre conve-5 nablement gravé. Les rainures peuvent aussi avoir un réseau en chevrons et/ou s'étendre sur les deux faces de la feuille. Sans que le procédé soit représenté en détail, on comprendra comment, lorsqu'une telle feuille est étirée, il se produit plus de fibrilles dans une partie fortement cisaillée 17 formant un angle plus lO grand avec la direction d'étirage que dans les parties moins cisaillées 18. Dans ce mode de réalisation, également, les fibres formées correspondront essentiellement à la configuration de la feuille, c'est-à-dire aux nervures entre les rainures 16,à la différence du procédé de figure 4. ^ 15 La figure 7 représente deux polymères laminés, par exemple . du polypropylène 19 et un mélange hétérogène polyamide/polypropylè-ne 20. Si cette feuille est utilisée dans les procédés ci-dessus, le mélange hétérogène 20 assure la formation de fibrilles d'une manière plus marquée que le polypropylène plus épais, ce qui donne 20 une fibre avec une couche de surface volumineuse ou pelucheuse, contenant une multitude de très petites fibrilles, en plus des fibrilles produites par les procédés indiqués ci*»dessus. Les procédés et produits de l'invention ne sont pas limités à ceux indiqués ci-dessus. Par exemple, la configuration rainu-25 réede la figure 4 peut être appliquée à une feuille qui présente également des nervures et rainures parallèles à ses bords (c'est-à-dire que les rainures obliques peuvent être des surimpressions plus faibles sur les nervures parallèles)L'étirage d'une telle feuille donnera un arrangement constitué par un certain nombre 30 (correspondant au nombre des nervures) de faisceaux de très fines fibres, chaque fibre ayant une configuration analogue à celle produite par le procédé représenté dans la figure 4. D'autres configurations de rainures superposées peuvent également être utilisées et il existe une gamme continue de ré-35 seaux rainurés qui donneront certaines formes de fibres à zones conformément à l'invention. Par exemple, une feuille ayant des rainures transversales, c'est-à-dire des rainures perpendiculaires à la direction d'étirage^ tendra à donner des zones épaisses et minces dans les fibres d'un 40 arrangement produit par étirage et formation de fibrilles. Les 70 04138 15 2030319 zones ont différents degrés d'orientation et des propriétés différentes et ces différences deviennent accentuées si l'étirage initial est effectué à une température plus basse et l'étirage ultérieur à une température plus élevée. De plus, un procédé de pro-5 duction de fibres par étirage de feuille avec des rainures longitudinales profondes est déjà connu; il est possible de combiner celui-ci avec l,usage de rainures transversales moins profondes pour produire une fissuration plus contrôlée en des fibres présentant des zones relativement régulières. Un exemple spécifique de 10 ceci est l'étirage d'une feuille de polypropylène de 0,25 mm d' épaisseur avec 40 rainures longitudinales par centimètre et une concentration similaire de rainures transversales moins profondes imprimées sur les nervures longitudinales. De même, au lieu d'étirer une feuille avec un réseau de 15 fissuration uniforme (figure 5), une feuille chaude peut être pulvérisée avec des gouttelettes d'eau pour former un réseau aléatoire de surfaces de cristallinités différentes conduisant, lorsqu'elle aura été étirée, à un réseau de fibres à alternance aléatoire comme représenté dans la figure 3b. 20 De plus, il est possible d'étirer une feuille d*un maté riau sous forme de mousse qui a été comprimé différemment selon un réseau régulier ou aléatoire. Dans ce cas, on doit noter que les surfaces minces sont plus résistantes à la fissuration que les surfaces plus épaisses. 70 04138 16 2030319 REVENDICATIONS 1»- Un arrangement longitudinal de fibres interconnectées caractérisé en ce que les fibres longitudinales individuelles le constituant présentent,de façon continue,des zones le long de leur 5 longueur, ces zones étant constituées par des régions successives de section, de degré d'orientation et de morphologie différents. 2.- Un arrangement longitudinal de fibres interconnectées selon la revendication 1 caractérisé en ce qu'il est mis sous forme d'un faisceau de fibres substantiellement" indépendantes par 10 mise en oeuvre d'une énergie de séparation. 3.- Un procédé pour préparer un arrangement de fibres selon la revendication 1 caractérisé en ce que l'on prend une feuille ou ruban d'un film étirable à froid en un matériau plastique synthétique présentant sur une ou ses deux faces ou dans son 15 épaisseur, un réseau régulier ou irrégulier de régions de morphologies différentes de manière que les sections longitudinales, le long de la feuille ou du ruban, présentent des différences respectivement régulières ou irrégulières dans la dite morphologie, et on étire la feuille ou le ruban pour produire un arrangement Ion-20 gitudinal ayant des fibres à zones, interconnectées, identifiables mais selon une disposition essentiellement longitudinale, du fait qu'elles présentent des régions successives de section , de degré d'orientation et de morphologie différents. 4.- Un procédé selon la revendication 3 caractérisé en ce 25 que la feuille ou ruban étiré constituant l'arrangement est mis sous forme d'un faisceau de fibres interconnectées ou séparées. 5.- Un procédé selon l'une quelconque des revendications 3 ou 4 caractérisé en ce que le film présente, sur au moins une de ses faces, un réseau régulier de bossages en saillie discontinus. 30 6.- Un procédé selon la revendication 5 caractérisé en ce que le film est étiré longitudinalement, sans être maintenu latéralement, pour amorcer une fissure longitudinale entre chaque paire de bossages adjacents latéralement et pour prolonger la dite fissure dans les bossages allongés et orientés dans les rangées 35 précédente et suivante de manière à former un arrangement longitudinal de fibres à zones, interconnectées, dont les zones correspondent aux cordons connectant les bossages et aux bossages étirés et fendus eux-mêmes, respectivement. 7.- Un procédé selon la revendication 5 caractérisé en ce 40 que le film est étiré longitudinalement en étant maintenu latéra- 70 04138 17 2030319 leaent ou avec un étirage latéral simultané, pour engendrer des paires de fissures, les fissures de chaque paire se trouvant de part et d'autre de chaque bossage et pour mettre sous forme de fibrilles les cordons formés entre les bossages, puis est étiré Ion-5 gitudinalement de manière que les bossages s'étirent et s'orientent et que les fissures se propagent et fendent les bossages de manière à former un faisceau de fibres à zones, interconnectées, dont les zones correspondent aux cordons, mis sous forme de fibrilles, connectant les bossages et aux bossages fendus eux-mêmes lO respectivement. 8.- Un procédé selon l'une quelconque des revendications 3 ou 4 caractérisé en ce que le film comporte des rainures transversales sur l'une ou ses deux faces et est étiré longitudinalement, dans un stade initial, à une température plus faible pour 15 assurer la formation de fibrilles par le matériau se trouvant dans le fond des rainures et, dans un stade ultérieur, à une température plus élevée, ce par quoi les fibrilles formées extraient le matériau des nervures se trouvant entre les rainures jusqu'à ce que la feuille se sépare au moins partiellement sous forme de fibres à 20 zones, interconnectées. 9.- Un procédé selon l'une quelconque des revendications 3 ou 4 caractérisé en ce que le film comporte des rainures non longitudinales formant un angle par rapport à la direction transversale. 25 lO.- Un procédé selon la revendication 9 caractérisé en ce que le film' est étiré longitudinalement pour amorcer les fissures et la formation de fibrilles dans le fond des rainures puis pour propager les dites fissures à travers le matériau des nervures séparant les rainures de manière à produire une fibre à zones de fai-30 ble denier. 11.- Un procédé selon l'une quelconque des revendications 3 à 7 caractérisé en ce qu'une face du film est munie de rainures longitudinales parallèles pour faciliter la fissuration en fibres longitudinales lors de l'étirage et réduire ainsi le degré d'inter- 35 connexion entre les fibres. 12.- Un procédé selon l'une quelconque des revendications 3 à 11 caractérisé en ce que le film de base a une épaisseur comprise entre 0,025 et 0,5 mm. 13.- Un procédé selon l'une quelconque des revendications 40 3 à 12 caractérisé en ce que l'étirage longitudinal total est com 70 04138 18 2030319 pris' entre 500 % et 2000 %♦ 14.- Un procédé selon l*une quelconque des revendications 3 à 13 caractérisé en ce que l'étirage est effectué en deux stades, le premier à une température plus basse pour assurer la production 5 de fibrilles initiale et le second à une température plus élevée.