L'invention a pour objet un procédé d'exploitation rationnelle des forêts. L'objet de l'invention se rattache notamment au secteur technique de la sylviculture et de l'exploitation des forêts, ainsi que du travail et de l'utilisation des bois. Selon certaines estimations, il serait produit annuellement en France 50 milans de mètres cubes de bois sur lesquels 35 millions seulement seraient utilisés. On peut considérer qu'aux 15 millions de mètres cubes inutilises s'ajoutent 12 millions de mètres cubes de déchets. Une source énergétique considérable se trouve ainsi gaspillée annuellement. On doit tenir compte en effet de ce que, pour 100 tonnes de bois d'oeuvre utilisés dans une forêt moderne, 80 tonnes de bois seraient abandonnées, ainsi que 25 tonnes d'écorces et 10 tonnes de feuilles et de branchettes. Notamment en montagne, l'exploitation de la forêt s'opère souvent par éclaircies successives de préférence à l'exploitation en coupe " nc". L'abattage, l'ébranchage et écorçage sont effectués dans les forêts par les bucherons. Cest travaux sont exécutés manuellement avec quelques moyens mdcanlques (scies à tronçonner par exemple). Les grumes sont ensuite débardées d l'aide de tracteurs forestiers puissants pour les amener d un point où elles seront chargées sur camion. Ce procédé d'exploitation présente de notables inconvénients parmi lesquels - Il faut une main d'oeuvre relativement importante et qualifiée. Or cette main d'oeuvre devient rare, et il y a de moins en moins de bucherons susceptibles d'exécuter un travail soigné. - La situation est encore plus difficile en ce qui concerne le de- bardage, car il y a peu d'entreprises familiales ou de particuliers qui peuvent acquérir les tracteurs forestiers modernes. - Les écorce, les houppiers et les branches sont laissées sur place. Elles sont donc non seulement perdues, mais encombrent les sols pendant 4 ou 5 années. Ces sols sont donc inaptes pendant ce temps A la reproduction naturelle et au reboisement. - Les arbres sont abattus dans une direction qui facilite le débardage des grumes, mais cette direction n'est pas celle qui épargne au maximum les sujets qui doivent rester sur place. - Le débardage est effectué à l'aide de tracteurs forestiers puissants et encombrants, et est la cause des principaux ravages que subit la forêt exploitée. I1 faut en est ménager pour les tracteurs des chemins de circulation d'une largeur d'environ 3 mètres. Les grumes qui sont trainees à même le sol, ecrasent ou arrachent sur de grandes surfaces les jeunes sujets qui etaient en train de pousser. - Enfin, ces tracteurs forestiers empruntent les chemins communaux en y produisant des dégats importants surtout quand ils traînent les grumes. Ces chemins doivent donc être entretenus à grands frais par les municipalités surtout s'ils desservent des habitations situées à ltécart des routes. Le procédé d'exploitation qui fait objet de l'invention élimine ces inconvénients et assure d'importants avantages qui ressortiront de la suite de la description. Le procédé, objet de L'invention, est rendu plus concret en le décrivant non limitativement dans la suite de ses opérations, et en se référant à l'unique figure du dessin annexé qui illustre plusieurs phases essentielles du procédé. Suivant ce procédé : 10) Les arbres A sont abattus par tout procédé et moyens connus actuellement, mais en choisissanç des directions de chute qui épar- gnent au maximum les arbres restant en place. 2 ) On transporte ensuite les arbres abattus avec leurs branches et leur écorce de préférence par voie aérienne, sans effectuer aucun travail sur place les concernant, par hélicoptère B ou par "Helicostat" (engin spécial combinant les caractéristiques de l' hélicoptère avec la poussée aérostatique de ballons fuselés), jusqu'à une aire C située Qn bordure de route, ou d'une voie ferrée ou navigable de transport, d'une manière préférée et recommandée. Ce e aiS peut être constituée par d'anciens champs, des paturages inutilisés, d'anciens bois coupés à blanc ou encore des landes. De telles surfaces sont nombreuses dans les zones de montage. Il suffit simplement de s'en réserver l'utilisatiorl pendant le temps d'exploitation forestière du secteur boisé. 30) Sur l'aire ou les aires C sont implantés des moyens mécanisés D pour réaliser l'ébranchage et l'écorçage des arbres. Ces moyens fi gurés d'une manière purement schématique au dessin sont connus en eux-mêmes et existent actuellement. On les utilise actuellement en unités mobiles pour l'exploitation de grandes surfaces dans les pays nordiques. Le procédé permet de rêalisrr une organisation et une implantation industrielle pour une exécution concentrée et indus- trillé des opérations, d'une manière économique et avec un grand rendement. Après les opérations d'ébranchage et d'écorçage réalisées au même emplacement, on obtient d'une part les grumes A1 prêtes d être chargées sur camion F ou autres véhicules ou moyens ou systèmes de déplacement et, d'autre part, toutes les écorces, branches, branchettes, feuilles, ..., A déposées groupées au même endroit. 4 ) On peut alors commodément, avec des moyens pour traitement de quantités, reprendre les restes des opérations d'ébranchage et d' écorçage pour les traiter è l'aide d'équipement E, de compactage connus en eux-mêmes. On prévoit aussi des moyens de déchiquetage des déchets directement sur l'aire d'ébranchage et de préparation des grumes. On facilite ainsi la manutention, le chargement et le transport des résidus d'abattage. Ces résidus déchiquetés peuvent alors après séchage éventuel, être directement utilisés 9 des fins énergétiques ou chimiques ou biochimiques. 5 ) On charge ensuite ces restes compactés dans des conteneurs G de dimensions convenables, pour être transportés dans des véhicules ou bâteaux ou autres moyens de transport. 6 ) Après avoir procédé, d'une manière usuelle, au marquage et au cubage des grumes que l'on peut effectuer automatiquement par des moyens connus en eux-mêmes et combinés à la machine d'ébranchaget il reste à transporter les grumes. Ce transport peut être effectué comme on le fait d'une manière connue en soi par des camions appropriés équipés d'une grue de chargement ou éventuellement par voie navigable. Les grumes sont ensuite dirigées vers les usines, chantiers et entreprises qui les utilisent, par exemple : scieries, fabriques de poteaux, chargement sur wagons de chemin de fer pour acheminement vers les papeteries, ... etc. Les conteneurs avec les déchets d'écorçage et d'ébranchage sont transportés vers des unités capables de les traiter. Le traitement et l'utilisation des résidus de l'écorçage et de l'ébranchage peuvent s'opérer de diverses manières et selon des procédés différents, connus en eux-mêmes, et que l'on cite pour illustrer l'intérêt du procédé selon l'invention - On peut procéder par combustion directe produisant de la chaleur et éventuellement de l'énergie électrique. I1 existe des projets et moyens à cet égard. - On peut se livrer à une transformation chimique des déchets : par hydrogénation, hydrocraquate, hydrolyse (production de glucose et d'éthanol par fermentation), etc... - On peut aussi envisager une séparation du bois restant {branches, houppiers), de façon à le transformer en plaquettes destinées d 1' industrie papetière, les autres déchets (épines, branchettes, écorces, etc...) étant destinée aux productions énergétiques ou chimiques comme ci-dessus. - Autres procédés peuvent être appliqués, par exemple pour récupérer la résine qui est déjà un produit relativement noble. L'intérêt et les avantages du procédé ressortent de la description. On souligne encore - La possibilité de récupérer les déchets laissés sur place L'invention ne se limite aucunement à celui de ses modes d' application non plus qu'a' ceux des modes de réalisation de ses diverses parties ayant plus spécialement été indiquées ; elle en embrasse au contraire toutes les variantes. REVENDICATIONS -1- Procédé d'exploitation rationnelle des forets, caractérisé en ce que, après avoir abattu les arbres par tout procédé et moyen connu, on les transporte directement avec leurs branches et leur écorce, depuis le lieu d'abattage, jusqu' une aire ou des aires de regroupement et de traitement sur laquelle ou sur lesquelles sont implantés des moyens de préférence mécanisés pour réaliser commodément et rapidement l'écorçage des arbres. -2- Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'aucun travail n1 est effectué sur place, au lieu d'abattage des arbres, et en ce qu'on transporte les arbres abattus de préférence par des poyens porteurs aériens tels que hélicoptère ou système "Hélicostat". -3- Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que sur la ou les aires de regroupement et de traitement se trouvent de préférence le long ou près de routes, ou d'une voie ferrée ou navigable, et en ce que les arbres regroupés sont ébranchés et écorcés par des moyens mécaniques connus en eux-mêmes, dans des conditions industrielles, d'une manière économique et avec un grand rendement, de sorte que l'on obtient d'une part des grumes et, d'autre part, les restes (écorce, branche, branchettes, feuilles,...) regroupées aux mêmes endroits. -4- Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que les restes résultant de l'ébranchage et écorçage, déchiquetés et/pu le, soncopacespar des moyens connus en eux-mêmes, puis chargés dans des conteneurs de dimensions convenables. -5- Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1, 2, 3 et 4 caractérisé en ce que les grumes sont transportés jusqu'aux chantiers, usines et entreprises d'utilisation, tandis que les restes compactés ou non, sont traités ou utilisés selon diverses manière et procédé.