La présente invention concerne un nouveau dérivé de l'acide p-phénylènedioxydiacétique, un procédé pour sa préparation et son application en thérapeutique humaine ou vétérinaire, notamment comme médicament anti-inflammatoire, analgésique et antipyrétique. L'acide p-phénylènedioxydiacétique correspond à la formule suivante : Lui-mme et son di chlorure, de formule sont des composés connus et dont la préparation a été décrite par Bischoff et Frohlich (cf. Ber., vol. 40, pages 2797 et 2798). Le dérivé dtacide p-phénylènedioxydiacétique conforme à l'invention est caractérisé en ce qu'il est constitué par le p-phénylènedioxy-bis (N,N-tert.-butyl)-acétamide, correspondant à la for mule suivante (CH3 > 3C - HN-CO-CH2-0\C-CH2-Co-NH-C( CH3 ) . Ce composé se présente sous forme de cristaux blancs, fondant à 155 0C, très solubles dans le chloroforme, l'éthanol et le méthanol, moyennement solubles dans ltacétone, l'acétate dwéthyle et le dioxane, légèrement solubles dans le benzène et le cyclohexane et insolubles dans l'éther. Le spectre d'absorption infra-rouge fait apparaître quatre ban des caractéristiques pour des longueurs I tonde a telles que 1 soit égal respectivement à 3320, 1660, 1540 et 1450 cm. L'invention a aussi pour objet un procédé pour la préparation du diamide tel que défini ci-dessus. Ce procédé est caractérisé en ce quton fait réagir à froid, au sein dtun solvant organique convenablement choisi, un dihalogénure de p-phénylènedioxydiacétyle avec la tert.-butylamine. De préférence, on utilise comme dihalogénure le dichlorure de p-phénylènedioxydiacétyle et on effectue la réaction au voisinage de OOC, en présence d'un excès de l'amine de l'ordre de 100 %0 par rapport à la proportion stoechiométrique. Parmi les solvants organiques utilisables avantageusement comme constituants du milieu réactionnel, on peut mentionner notamment le benzène, le toluène, le chloroforme et le dichloro-1,2 éthane ou chlorure d'éthylène. La réaction terminée, on lave le mélange réactionnel, on le sèche, on élimine le solvant par évaporation sous vide et on purifie le produit solide restant par recristallisation dans un mélange solvant approprié. L'invention a enfin pour objet l'application du p-phénylènedioxy-bis-(N,N'-tert.-butyl)-acétamide à la réalisation d'un médicament anti-inflammatoire, anti-arthritique, analgésique et antipyrétique et les préparations pharmaceutiques pour son administration en thérapeutique humaine ou vétérinaire. On décrira ci-après, à titre d'exemple non limitatif, la préparation du dérivé conforme à l'invention. Exemple Dans un ballon dcun litre, à trois tubulures, équipé d'un agitateur mécanique et d'une ampoule à brome et dans lequel plonge un thermomètre, on dissout 25,75 grammes (0,35 mole) de tert.butylamine dans 50 mi de chloroforme anhydre. On place le ballon dans un bain de glace et dans la solution maintenue agitée, on introduit peu à peu, par l'ampoule à brome, une solution de 21,04 grammes (0,08 mole) de dichlorure de p-phénylènedioxydiacétyle dans 250 ml de chloroforme anhydre.L'addition terminée, on laisse reposer le mélange jusqu'au lendemain en l'abandonnant à la température ambiante On transfère alors la solution chloroformique dans une ampoule à décanter d'une contenance dtun litre et où on la lave par agitation avec, successivement, une solution aqueuse à 10 % d'acide chlorhydrique, une solution aqueuse à 10 % de carbonate de sodium et de l'eau jusqu'à neutralité de la liqueur de lavage, puis on sèche sur sulfate de sodium et on filtre. Du filtrat, on élimine le solvant par évaporation sous vide et on fait recristalliser le produit restant, solide, dans un mélange 1 : 2 de benzène et cyclohexane. On obtient des cristaux blancs, fondant à 155 0C (mesu- re au banc de Kofler). On en recueille 23,4 grammes, soit un rendement de 87 %. L'analyse élémentaire de ces cristaux fournit les résultats suivants - calculé C : 64,26 %; H : 8,39 %; N : 8,33 52; - trouvé C : 64,52 g; H : 7,56 ; N : 8,40 A Ces résultats confirment qu'il s'agit du p-phénylènedioxy-bis (N,N'-tert.-butyl)-acétamide, de formule brute C18H28N204 (PS = 336,42). On va maintenant exposer les propriétés pharmacologiques du dérivé visé par l'invention, ces propriétés permettant notamment l'utilisation favorable du dérivé en question en thérapeutique humaine et vétérinaire. Etude toxicologique I - Toxicité aigue Suivant les essais effectués d'une part sur la souris Swiss et d'autre part sur le rat Wistar, on n'observe ni mortalité, ni morbidité aiguë, jusqutà 25 g/kg chez la souris et jusqu'à 10 g/kg chez lé rat, ce qui correspond aux doses maximales pouvant être administrées expérimentalement. Chez le rat, pour l'activité antipyrétique, la dose efficace moyenne, ou DE50, est égale à 350 mg/kg et, pour l'activité analgésique, la DE50 est égale à 85 mg/kg, donc bien en-dessous de la dose létale moyenne, ou du50, qui nta même pas pu être déterminée, étant supérieure, chez le rat comme chez la souris, aux doses expérimentalement administrables. II - Toxicité chronique Chez le rat Wistar, mâle ou femelle, comme chez le lapin n fauve de Bourgogne ", mâle ou femelle, on ne constate aucune atteinte du foie, des reins ou des surrénales meme après administration par voie orale, d'une dose journalière de 1 g/kg, chez le rat pendant 12 semaines et à raison de 6 jours par semaine et chez le lapin pendant 6 semaines et à raison de 6 jours par semaine. Le médicament suivant 1 'invention est donc drune remarquable innocuité. Etude pharmacologique I - Activité anti-inflammatoire a) Cas d'inflammation aiguë (oedèmes) Dans le test de l'oedème aû kaolin, on utilise des rats mâles Wistar, d'un poids de 100 g + 10 g, à jeûn depuis vingt-quatre heures et groupés par lots de dix. On provoque l'oedème par injection, dans l'aponévrose plantaire postérieure gauche, de 0,1 ml d'une suspension aqueuse à 15 70 de kaolin. On mesure le volume de la patte, par pléthysmographie, au temps zéro, à + 4 heures et à + 24 heures. On exprime les résultats en moyenne de l'augmentation du volume de la patte, en unités arbitraires. Au temps - ; heure et suivant les lots, les animaux ont reçu, per os - témoins : 1 mi/l00 g de poids vif de polyvinylpyrrolidone en solution aqueuse à 4 % - traités : 25, 50 ou 100 mg/kg de p-phénylènedioxy-bis (N,Nt- tert.-butyl)-acétamide, de phénylbutazone ou de cortisone, dans une solution à 4 % de polyvinyl pyrrolidone à une concentration telle que la quan tité administrée correspond à 1 ml/100 g de poids vif. Etude du médicament suivant l'invention par rapport aux témoins. Administration Dose moyenne per os mg/kg + 4 h + 24 h témoins O 12,15 + 1,6 7,70 + 1,7 médicament 9,22 + 1,3 5,22 + 1,98 suivant l'invention 25 P 0,02 P 0,02 8,47 # 0,97 6,15 # 1,2 " 50 P 0,001 P 0,02 7,80 # 0,67 6,02 # 0,78 " 100 P 0,001 P 0,02 Ce tableau, dans lequel 2 signifie n probabilité d'erreur n, montre que le p-phénylènedioxy-bis (N,N'-tert.-butyl)-acétamide est capable de réduire la réaction oedémateuse induite par un agent non spécifique. Pour des doses comprises entre 25 et 100mg/kg cette action est proportionneUe à la dose. Elle est plus marquée pour la mesure effectuée au maximum de la réaction oedémateuse, c'est-à-dire à + 4 heures. Etude du médicament suivant l'invention par rapport aux produits de référence Les comparaisons ont été effectuées respectivement à + 4 heures et à + 24 heures et ont fourni les résultats indiqués dans les tableaux ci-dessous mesure à + 4 heures Dose 25 mg/kg 50 mg/kg 100 mg/kg médicament suivant 9,22 + 1,30 8,47 + 0,97 7,80 + 0,67 l'invention phényl- 12,22 + 1,49 8,85 + 1,83 8,42 + 1,02 butazone P 0,001 N.S. p C 0,02 cortisone 10,98 + 1,60 7,75 + 0,76 7,61 + 1,20 p 0,01 N.S. N.S. mesure à + 24 heures Dose 25 mg/kg 50 mg/kg 100 mg/kg médicament suivant 5,22 + 1,98 6,15 + 1,20 6,02 + 0,78 l'invention phényl- 9,52 + 0,83 6,97 + 0,19 5,15 + 0,66 butazone P 0,001 N.S. P 0,05 cortisone 7,95 + 1,14 5,32 + 1,21 5,37 + 1,30 p 0,02 N.S. N.S. I1 résulte des tableaux ci-dessus que le médicament suivant l'invention présente - à une même dose de 25 mgikg, une action anti-inflammatoire supérieure à celle de la phénylbutazone et à celle de la cortisone - à une même dose de 50 mg/kg, une action anti-inflammatoire comparable à celle de la phénylbutazone et à celle de la cortisone - à une même dose de 100 mg/kg, une action anti-inflammatoire comparable à celle de la cortisone. D'autres essais d'activité contre une inflammation aiguë ont été effectués, toujours sur rat mâle Wistar, au moyen de cârragénine, d'histamine, de sérotonine et de bradykinine. Dans la phase tardive de la réaction oedémateuse à la carragénine, on obtient avec le p-phénylènedioxy-bis (N,N'-tert.-butyl)- acétamide, administré à la dose de 50 mg/kg, une action anti-inflammatoire supérieure à celle de la phénylbutazone à 50 mg/kg et comparable à celle de la cortisone à 50 mgfkg. Par contre, dans la phase initiale, cette action est inférieure à celle de la phénylbutazone et de la cortisone. Cependant, il convient de remarquer que cet oedème plantaire est particulièrement sensible aux substances douées d'activité glucocorticoide. En ce qui^concerne l'oedème provoqué par l'histamine, le médicament suivant l'invention se révèle être inactif à des doses comprises entre 25 et 100 mg/kg, ce qui tend à montrer que son effet anti-oedémateux n'est pas dû à une action anti-histaminique. Dans le test par oedème à la sérotonine, on observe des résultats semblables à ceux obtenus avec l'histamine, ce qui tend à montrer que lteffet du médicament suivant l'invention n'est pas dû à une action antagoniste de celle de la sérotonine. Quant à l'oedème à la bradykinine, le p-phénylènedioxy-bis (N,N'-tert.-butyl)acétamide, administré à des doses supérieures à 50 mg/kg, présente une action comparable à celle de la cortisone aux mêmes doses. En conclusion de cette série d'essais, l'activité anti-inflammatoire du médicament suivant l'invention est variable selon l'agent phlogogène utilisé. Très grande vis-à-vis du kaolin, substance phlogistique non spécifique, elle ltest moins sur l'oedème à la carragénine, elle est nulle sur les oedèmes à la sérotonine et à l'histamineet elle est sensible sur l'oedème à la bradykinine pour des doses supérieures à 50 mg/kg. En ce qui concerne plus particulièrement l'oedème au kaolin, l'évaluation graphique de la régression observée avec le médicament suivant l'invention et, respectivement, avec la phénylbutazone et la cortisone permet de conclure que 1 'activité du médicament suivant l'invention serait, pour des doses comprises entre 25 et 100 mg/kg, double de celle de la phénylbutazone et égale aux trois quarts de celle de la cortisone b) Cas dtinf;lammntion chronique Les essais, en administration per os et sur rat malle, race Wistar, par granulome expérimental, permettent de considérer qu'à la dose de 50 mg/kg, le médicament suivant l'invention présente une activité supérieure à celle de l'aspirine administrée à la même dose, mais inférieure à celle de la cortisone administrée à raison de 25 mg/kg. n exerce une action inhibitrice sur la formation du granulome lorsqu'il est administré à la dose de 50 mg par kilo d'animal et par jour. Des essais comparables quant au mode d'administration et à l'animal étudié, par polyarthrite provoquée par l'adjuvant de Freund, montrent qu'à la dose de 50 mg/kg et au temps + 10 jours, le médicament suivant l'invention exerce une activité comparable à celle de la phénylbutazone à 30 mg/kg et inférieure à celle de la cortisone à 25 mg/kg dans la période d'installation de ltar- thrite primaire. Au temps + 15 jours, toujours à la dose de 50 mg/kg, l'activité est comparable à celles de la phénylbutazone et de la cortisone, respectivement administ-rées aux doses indiquées ci-dessus. Le médicament suivant ltinvention présente donc une activité anti-arthritique certaine. II - Activité analgésique Les essais tels que le test de Sigmund, sur souris mâle Swiss, par injection intrapéritonéale dtune substance chimique irritante, telle que la phényl-2 benzoquinone-l,4 en solution à 0,02 410 dans un mélange hydro-alcoolique à 5 % d'alcool éthylique, témoignent d'une activité analgésique sensiblement double de celle de la glaphénine et environ moitié de celle de la codéine. Les essais tels que le test de Sivadjan (douleur provoquée par une stimulation électrique), sur rat mâle Wistar, témoignent d'une activité analgésique toujours supérieure à celle de la glaphénine et environ moitié de celle de la codéine. III - Activité antipyrétique Sur lapin mâle, de l'espèce dite n fauve de Bourgogne ", on provoque une hyperthermie au moyen de vaccin anti-gonococcique Mérieux. On constate que l'activité antipyrétique du médicament suivant l'invention est supérieure à celle de l'acide acétylsalicylique, plus tardive mais plus durable et plus marquée. IV - Action sur le tractus digestif Les essais effectués sur rat mâle Wistar quant à l'apparition d'ulcères gastriques montrent une tendance moindre qu'avec l'acide acétylsalicylique ou avec la phénylbutazone. Ils montrent d'autre part une activité curative vis-4-vis de l'ulcère expérimental de contrainte. V - Effets secondaires Dans les différents essais effectués, on ne constate aucune influence appréciable du médicament suivant 1 'invention sur le système nerveux central, sur le système cardio-vasculaire et respiratoire (pas de modification de la tension artérielle, du débit périphérique, du rythme respiratoire, de l'électrocardio- gramme ni de la température). On remarque, en ce qui concerne l'action rénale, une légère hyperkaliurie et, en ce qui concerne la glycémie, celle-ci reste inchangée. On note l'absence dtulcérations digestives. Le médicament suivant- l'invention ne provoque aucune manifestation d'intolérance ou de toxicité. Conclusions L'étude pharmacodynamique confirme que le médicament suivant l'invention présente les qualités d'anti-inflammatoire, d'antipyrétique et d'analgésique puissant, qutil est dépourvu de toxicité et qutil n'exerce aucune influence néfaste sur le tractus digestif. Etude clinique Les intéressantes propriétés thérapeutiques du p-phénylènedioxy-bis (N,N'-tert.-butyl)-acétamide ont été vérifiées chez l'homme, notamment dans des cas de coxarthrose, de gonarthrite, dtal- gie dentaire, de céphalée et de pyrexie grippale, pour une posologie journalière de l'ordre de 1 gramme, en administration per os. Dans tous les cas, le médicament a été parfaitement toléré. Le médicament conforme à l'invention a donc pour indications thérapeutiques toutes les affections dtorigine inflammatoire, les algies ou pyrexies d'origines les plus diverses. Son innocuité et l'absence d'effets secondaires fâcheux, notamment de toute action ulcérigène, permettent une posologie souple et l'institution de traitements d'une durée même relativement longue. On indique ci-après, à vitre purement illustratif, des exemples de formes pharmaceutiques pour l'administration par voie orale du médicament conforme à l'invention0 Exemple 1 : poudre -p-phénylènedioxy-bis (N,N'-tert.butyl)-acétamide ...... 0,50 g - sure vanilliné ............................... 2,50 g Exemple 2 : capsules (pour un sachet) - p-phénylènedioxy-bis (N,N'-tert.-butyl)-acétamide 00000 0,30 g - Aerosil (silice finement divisée) 0,0003 g (pour une capsule) Exemple 3 : comprimés - p-phénylènedioxy-bis -(N,N'-tert.-butyl)-acétamide ..... 0,30 g - amidon de blé ......................................... 0,015 g - stéarate de magnésium ................................. 0,002 g - talc ................................................... 0,0035 g - &alpha;-cellulose pure ...................................... 0,030 g (pour un comprimé). REVENDICATIONS 1 - Le p-phénylènedioxy-bis (N,N'-tert.-butyl)-acétamide, com posez de formule : (CH3)3C - HN - CO - CH2 ~ X -0 - CH2 - CO -NH-C(CH3)3 2 - Utilisation thérapeutique du composé suivant la revendication 1, notamment en tant que médicament anti-inflammatoire, antiarthritique, analgésique et antipyrétique. 3 - Formes pharmaceutiques du médicament suivant la revendication 2, dosées pour Itusage au poids médicinal en vue dtune posologie journalière voisine de 1 g et de l'administration per os.