La présente invention est relative à un procédé d'aménagement d'une surface cultivable et, en particulier mais non exclusivement, d'une houblonnière, à un dispositif pour la mise en oeuvre du procédé et, à titre de produit nouveau, aux houblonnières aménagées selon ledit procédé. Le houblon est une plante vivace grimpante, dont la tige volubile s'élève le long de supports ou tuteurs à une hauteur de 3 à 7 mètres. On le cultive généralement dans les pays septentrionaux où la vigne ne peut être exploitée en raison des conditions climatiques et notamment par défaut d'un ensoleillement suffisant, le fruit du houblon étant utilisé pour la fabrication de la bière. Les houblonnières sont des parcs habituellement en forme de quadrilatère où sont disposés de forts poteaux en bois d'un diamètre de 20 à 25 cm, dont la hauteur est de 8 à 9 m et qui sont enfoncés en terre sur une profondeur de 1,5 à 2 m, lesdits poteaux étant espacés dans le sens de la longueur de 10 m environ et de 2 à 3 m dans le sens de la largeur. Ces poteaux sont reliés à leur partie supérieure et dans les deux sens par des câbles métalliques qui permettent l'accroc,hage des tuteurs sur lesquels s'enroulent les tiges au fur et à mesure de leur croissance. Pour recueillir le fruit, la tige est arrachée à maturité par la suppression des tuteurs en fils métalliques que l'on coupe en haut et en bas. Cette plante, qui ne craint pas le gel, demeure en place d'une manière continue et les pieds n'en sont renouvelables que tous les quinze ans environ. Traditionnellement, les tuteurs sont en fil métallique perdu, découpés préalablement en longueurs de 4 à 7 mètres environ et munis à leur extrémité supérieure d'un oeillet dans lequel on enfile en double une ficelle accrochée ensuite au câble métallique qui sert de tendeur lors de la mise en place. A son extrémité inférieure, le support ou tuteur réalisé en fil métallique est relié au sol par une fiche. On utilise actuellement pour la mise en place de ces tuteurs un tracteur remorquant une plateforme mobile sur laquelle est installée une tour surmontée d'une nacelle à laquelle accèdent deux opérateurs. Au fur et à mesure de l'avance du tracteur, les opérateurs attachent sur le câble métallique restant tendu entre les poteaux, la ficelle reliée au tuteur.Simultanément, quatre autres opérateurs relient le fil perdu à la fiche enfoncée dans le sol au pied de la plante, par torsion dudit fil métallique autour de la fiche. Les tuteurs sont naturellement placés perpendiculairement aux racines, c'est-à-dire à 1 mètre et même jusqu'd 2 mètres les uns des autres. Lors de la récolte, les ficelles supérieures et la partie inférieure des fils métalliques constituant les supports sont coupés. La plante et le tuteur tombent sur le sol et ils sont ensuite acheminés sur une machine appelée cueilleuse-trieuse qui sépare les cônes (fruits) du reste. Il n'est en effet pas possible de séparer, en vue d'une réutilisation possible, la plante de son tuteur, pour une question de coût. Ce système traditionnel présente de nombreux inconvénients - Le fil métallique subit une oxydation lorsqu'il est exposé à l'air libre Cela signifie que l'installation des tuteurs ne doit être effectuée qu'au moment de la crcissance de la plante, c'est-à-dire au printemps, alors que de nombreuses autres taches attendent les exploitants agricoles. - Lorsque le fil métallique subit un traitement antioxydant, il provoque des lésions cutanées sur lesmains des opérateurs. - Lors de son introduction dans la cueilleuse-trieuse, le fil métallique est susceptible de se casser ; il s'enroule et s'accroche aux différents organes provoquant des pannes et arrêts de la machine. - Les bouts de fil métallique tombés au sol provoquent dans les houblonnières des crevaisons très fréquentes des roues de tracteur ou de remorque. - Après extraction des cônes (fruits), les tiges et felles de houblon peuvent être utilisées pour l'alimentation du bétail ; toutefois, il est nécessaire, à ce moment, d'extraire les fils métalliques, ce qui est une opération manuelle coû- teuse. On a, bien entendu, pensé à remplacer ces tuteurs métalliques par des tuteurs en une autre matière ne présen tant pas les inconvénients précités et, en particulier, par de la cordelette, chaque morceau de corde étant tendue comme précédemment entre un crochet supérieur et une fiche inférieure. Malheureusement, le vent qui souffle presque continûment dans les régions de culture du houblon, interdit l'emploi de tuteurs souples. En effet, le temps d'installation de ces cordelettes serait prohibitif. La présente invention a pour objet un procédé d'aménagement d'une houblonnière permettant de pallier les inconvénients précités. Selon la présente invention, le procédé d'aménagement d'une houblonnière, constitué par un réseau de poteaux soutenant des câbles métalliques permettant l'accrochage de tuteurs verticaux en regard des pieds de houblon et d'un ensemble de fiches métalliques enfoncées dans le sol au voisinage desdits pieds, est caractérisé en ce que les tuteurs verticaux sont formés par des longueurs de cordon ou cordelettes tendues d'une manière continue entre les points d'accrochage supérieur et inférieur. Il est ainsi possible de procéder à l'installation des tuteurs, même si les conditions climatologiques sont défavorables, la corde étant guidée en permanence. L'inventionKvise également un dispositif pour la mise en oeuvre du procédé constitué par une plateforme mobile sur laquelle est installée une tour surmontée par une nacelle, caractérisé en ce qu'une chaîne sans fin tendue sur des pignons dentés entraîne d'un mouvement alternatif vertical l'extrémité de la cordelette à un rythme défini par la vitesse d'avance du tracteur. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront au cours de la description qui va suivre d'un mode de réalisation donné à titre d'exemple non limitatif, en regard des figures qui représentent - la figure 1 une vue schématique de l'aménagement d'une houblonnière - les figures 2 à 7, les différentes phases du mouvement de la cordelette. Sur la figure 1, le tracteur T roule sur le sol S de la houblonnière en entraînant une tour 6 montée sur un châssis 5 attelé au tracteur, le chassies reposant sur le sol par l'intermédiaire d'au moins une roue 15. La tour E est munie d'une réserve 13 de cordelette, ou rolls. La cordelette 1 est tendue entre des crochets 4 solidaires du câble 2 et des fiches 3 enfoncées à demeure dans le sol. Les poteaux de soutien du câble 2 n'apparaissent pas sur la figure. A l'ex- trémité supérieure de la tour 6 est montée une nacelle 7 permettant à l'un des opérateurs d'accrocher la cordelette 1 sur les crochets 4 au fur et à mesure de l'avance du tracteur. La tour 6 supporte également trois poulies dentées, ou pignons, 8, 9, 10, sur lesquelles vient engrener une chaîne sans fin 11. La chaîne sans fin 11 est entraînée par la roue 15 directement ou, de préférence, par l'intermédiaire d'un variateur (non représenté) permettant de régler la vitesse d'entraînement de la chaîne sans fin en fonction de la vitesse d'avance du tracteur. En effet, il est souhaitable, pour que chaque pied de houblon dispose de la terre suffisante à son alimentation, d'espacer régulièrement les pieds d'une distance de 1 à 2 mètres. La cordelette 1, sortant du rolls 13, passe dans un premier temps à travers un oeillet 14, puis ensuite dans un second oeillet 12 qui est solidaire de la chaîne sans fin 11. Lorsque le tracteur avance, il entraîne la remorque et, par suite, la roue 15 tourne sans glisser sur le sol. Par l'intermédiaire du variateur (non représenté), la roue 15 entraîne la chaîne sans fin 11 qui entraîne à son tour l'oeillet 12. Ainsi, la cordelette est animée d'un mouvement alternatif vertical qui se combine avec le mouvement d'avance horizontale du tracteur. La séquence des mouvements apparaît mieux sur les figures 2 à 7 sur lesquelles les mêmes références ont été conservées. Sur la figure 2, la cordelette 1 vient d'être passée, par l'opérateur au sol qui suit le tracteur, dans la fiche 3c. A partir de cette fiche, la cordelette 1 passe alors sur les poulies 9a et 10a concentriques aux pignons 9 et 10. Le tracteur continue à avancer et, comme cela est représenté sur la figure 3, l'opérateur se trouvant dans la nacelle enlève la cordelette des deux poulies et l'accroche dans le crochet 4c, puis 4d. L'oeillet mobile 12 continue son mouvement vers le bas et la cordelette 1 passe alors sur la poulie 8a concentrique au pignon 8, comme cela est représenté sur la figure 4. A ce moment, l'opérateur au sol saisit la corde 1 et la fixe dans les fiches 3d et 3e, comme cela apparaît sur les figures 5 et 6. L'oeillet 12 continue alors son mouvement ascendant sur le brin droit de la chaîne sans fin 11. Comme cela apparait sur la figure 7, l'oeillet 12 entraîne la cordelette 1 sur les poulies 9a et 10a et l'accrochage sur les crochets 4e et 4f peut être effectué. On remarquera d'ailleurs que la figure 7 est identique à la figure 2 pour ce qui est de la position de l'oeillet 12 sur la chaîne 11. Sur les figures 2 à 7, les flèches F indiquent le sens de déplacement de la chaine sans fin. Le rôle que joue l'oeillet mobile 12 est analogue à celui d'une navette qui entraîne le fil de haut en bas, puis de bas en haut. Il est évident que sans sortir du cadre de l'invention, on peut substituer au dispositif qui vient d'être décrit tout autre dispositif permettant d'obtenir un mouvement alternatif vertical de la cordelette. De préférence, la cordelette utilisée est une cordelette en polypropylène fibrillé noir. Bien entendu, on pourrait employer tout autre cordelette adaptée, c'est-à-dlre suffisamment solide mais de caractéristiques différentes. Ainsi, outre les avantages qui résultent des caractéristiques intrinsèques de la cordelette, par rapport au fil métallique et qui peuvent être énumérés comme suit - coût cinq fois inférieur ; aucune détérioration de la machine cueilleuse-trieuse ; emploi immédiat pour la nourriture animale ou conservation par broyage et mise en silo ou encore combustion sans résidus dangereux ; inaltérabilité de la cordelette aux agents atmosphériques stajoute, grâce au procédé selon l'invention, une économie de main d'oeuvre et de temps. En effet, pour aménager une houblonnière de 5 hectares, il était, au préalable, nécessaire d'employer 7 à 8 personnes pendant 8 jours ouvrables, alors qu'avec le procédé selon l'invention, la même houblonnière peut etre aménagée par 3 personnes travaillant pendant 4 jours. De plus, compte tenu de la qualité du support constitué par les cordelettes en matière synthétique telle que du polypropylène par exemple, il est possible d'aménager la houblonnière pendant la morte-saison et bien avant que les plantes ne sortent de terre. Les crochets 4 sont montés une fois pour toutes sur le câble 2 dans des positions déterminées correspondant aux pieds de houblon. De préférence, ces crochets exercent, par leur partie inférieure (non reliée au câble) un effet de pincement sur la cordelette, de sorte que celle-ci ne puisse pas glisser si une rupture accidentelle se produisait, soit au cours de la pose, soit après tension, en un point quelconque de cette cordelette. Ce pincement est aussi primordial au moment de la récolte. Ainsi, il est facile de réparer la partie endommagée sans que toute la corde glisse à terre, ce qui est particulièrement préjudiciable au moment de la récolte. Le fait que l'on n'ait plus, comme dans la technique antérieure, à couper des fils métalliques, permet d'utiliser, lors de la récolte, des machines automatiques qui coupent la cordelette en haut et en bas du tuteur. I1 va de soi que des modifications peuvent être apportées au mode de réalisation qui vient d'être décrit, notamment par substitution de moyens techniques équivalents, sans sortir pour cela du cadre de la présente invention. REVEND ICAT IONS l.- Procédé d'aménagement d'une houblonnière constitué par un réseau de poteaux soutenant des câbles métalliques sur lesquels sont fixés des crochets en regard des pieds de houblon, des fiches étant enfoncées dans la terre au voisinage desdits pieds, une cordelette étant tendue entre les fiches et les crochets, caractérisé en ce que la cordelette est animée, par un dispositlfRd'un mouvement alternatif vertical entre les câbles métalliques et les crochets et est posée manuellement respectivement sur les crochets et les fiches. 2.- Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon la revendication 1, comprenant une tour, sur laquelle est installée une nacelle, montée sur le châssis d'une remorque, caractérisé en ce qu'il comporte une réserve de cordelette et des moyens pour animer ladite cordelette d'un mouvement alternatif vertical entre une position haute dans laquelle elle peut être placée sur les crochets et une position basse dans laquelle elle peut être accrochée sur les fiches. 3.- Dispositif selon la revendication 2, caractérisé en ce que les moyens pour animer la cordelette d'un mouvement alternatif vertical, consistent en une chaîne sans fin engrènant avec au moins deux pignons, dont l'un est moteur, un oeillet a travers lequel passe la cordelette étant fixé sur ladite chaîne sans fin. 4.- Dispositif selon l'une des revendications 2 ou 3, caractérisé en ce que la vitesse d'entraînement de ladite chaîne sans fin est proportionnelle la vitesse d'avance du tracteur. 5.- Dispositif selon l'une quelconque des revendications 2 à 4, caractérisé en ce que le pignon moteur est mécaniquement relié a l'une des roues de la tour par l'intermédiaire d'engrenages réducteurs. 6.- Houblonnière aménagée selon le procédé de la revendication l, caractérisée en ce que la cordelette est une cordelette de matière synthétique telle que du polypropylène. 7.- Houblonnière selon la revendication 6, caractérisée en ce que les crochets fixés sur les cibles métalliques précités opèrent un pincement de la cordelette pour éviter tout glissement latéral en cas de rupture accidentelle de celle-ci.