La présente invention a pour objet un procédé pour la réalisation de faces supérieures de skis, c'est-à-dire celles tournées vers l'usager, et qui présentent à l'état fini une décoration appropriée, telle que des inscriptions et des couleurs. Jusqu'ici de telles faces ne pouvaient être décorées que moyennant beaucoup de main d'oeuvre et de temps. On devait par exemple procéder aux phases opératoires suivantes - Polir la surface ; dépoussiérer ; étaler un vernis à base de résine acrylique (deux fois) ; appliquer un vernis clair ; polir à nouveau ; procéder à plusieurs impressions sé rigraphiques planes ; imprimer un texte ; appliquer un vernis transparent (deux fois). Cette énumération fait comprendre que si la réalisation d'une couche superficielle décorée nécessitait tant de travail et de temps, c'était parce qu'on devait. appliquer directement sur le ski et l'une après l'autre l'impression en sérigraphie et celle du texte. Ce procédé caractérise de façon générale la réalisation de ce que les skieurs appellent les faces décorées ABS (acrylonitrile butadiene-styrene). Celles-ci sont en outre extr8mement tendres et sensibles aux éraflures, de sorte qu'apres un certain temps d'usage elles présedirt i fortes traces d'usure. La présente invention vise à établir un procédé pour la réalisation de faces supérieures de skis décorées, grâce auquel la finition, respectivement l'application de la couche supérieure du ski, puisse s'effectuer de façon essentiellement plus économique, plus simple et plus rapide, cette couche étant par ailleurs beaucoup plus dure et bien moins sensible aux éraflures. L'invention se propose en outre de réaliser la décoration de façon plus brillante et sous un plus grand nombre de formes. A cet effet, conformément à l'invention a) l'on établit une décoration sur papier par impression sérigraphique, empreinte en creux ou en relief ou structuration ; b) l'on recouvre la face supérieure du papier ainsi décoré par le moyen d'une feuille transparente et l'on dispose sur sa face inférieure une ou plusieurs couches de papier-support empilées les unes sur les autres c) l'on imprègne les couches individuelles de cet ensemble complexe par immersion dans unbain de résine synthétique d) l'on place cet ensemble sous pression et à température élevée jusqu'à ce que la résine ait fait prise et se soit durcie e) l'on découpe en bandes l'ensemble complexe durci ainsi fabriqué et l'on colle ces bandes sur la face supérieure du ski considéré. La caractéristique essentielle de la présente invention est que la décoration n'est plus rapportée directement par sérigraphie plane sur la face du ski préparée à cet effet, mais qu'on établit séparément une couche de recouvrement décorée. Dans la technique antérieure on rapportait directement sur le ski les inscriptions et la décoration par impression sérigraphique, puis pour protéger les couleurs on établissait une couche en étalant un vernis transparent. Suivant l'invention l'on prévoit maintenant d'établir la couche superficielle supérieure du ski sous la forme d'un élément séparé, et ce n'est qu'une fois ceci réalisé qu'on lie cette couche au ski. Cette façon de procéder assure des avantages importants par rapport à l'état de la technique antérieure. Comme support des inscriptions et des colorations l'on utilise maintenant une feuille de papier décorée qu'on peut établir de toute manière appropriée à cet effet. I1 est par exemple possible de passer la feuille à la presse pour y faire des empreintes en relief ou en creux, c 'est-à-dire pour la structurer. L'avantage essentiel de cette phase opératoire est que la feuille peut entre imprimée de façon économique à l'aide d'une presse rotative d'impression sérigraphique, ce qui assure en outre un brillant extraordinaire aux couleurs ainsi appliquées.Les possibilités d'établissement de la décoration se trouvent ainsi multipliées, puisque le papier peut entre travaillé au cours de phases opératoires séparées, indépendamment de la fabrication habituelle du ski. C'est ainsi par exemple que cette feuille peut entre préparée par une entreprise spécialisée, puis entre transformée en couche superficielle supérieure par le procédé suivant l'invention. On évite donc les travaux coilteux signalés plus haut et au cours desquels on rapportait directement la décoration sur la face supérieure du ski. Pour que le papier utilisé se prête au procédé dtim- pression par presse rotative de sérigraphie, il est préférable de le choisir sans fibres apparentes, absorbant et résistant à la lumière. On peut par exemple lui faire comporter huit impressions en couleurs, ce qui n'était pas possible jusqu'ici par le moyen des procédés connus précités, en raison de l'importance du temps et de la main d'oeuvre nécessaires. Une presse rotative d'impression sérigraphique peut travailler par exemple à une vitesse d'avance de 50 à 100 m/min. C'est en cela que réside l'avantage principal de simplification et de réduction du prix de revient. Dans une autre forme d'exécution préférée de la présente invention il est prévu de faire comporter à la feuille de papier imprimée à la presse rotative d'impression sérigraphique, des empreintes en relief ou en creux et/ou des structurations en la passant à la presse. On peut par exemple serrer cette feuille sur des tôles d'acier chromées et structurées. I1 est important à cet égard que le papier soit déformable, étant donné qu'on obtient ainsi une meilleure structuration. Comme le papier décoré est relativement mince, par exemple 2 d'un poids de 80 à 140 g/m , on utilise pour réaliser la couche su- perficielle un ensemble à deux couches élémentaires. Cet ensemble comprend un support et une feuille supérieure portant la décoration désirée. Dans une forme d'exécution préférée de l'invention le support est constitué par une ou plusieurs couches de papier imprégné d'un produit de condensation phénol-crésol. La feuille supérieure est faite de la bande de papier portant l'impression sérigraphique polychrome précitée. Elle est alors déposée sur le support, les diverses couches individuelles de l'ensemble ayant été séparément imprégnées dans un bain de résine synthétique.Trois types de résine se sont avérés particulièrement indiqués à cet égard, savoir 1) un pré-polymere de di-allyle-phthalate-(ci-apres ap pelé DAP-P) ; 2) un produit de condensation mélamine-formaldéhyde 3) une résine de polyester. Le premier produit indiqué ci-dessus (DAP-P) présente des pro priétés particulièrement intéressantes et c'est lui qui permet le mieux d'obtenir une couche superficielle du genre précité. Le DAP-P se présente sous la forme d'une poudre blanche, sèche, susceptible d'entre étalée. Cette résine est constituée à 100 % par du DAP-P et c'est un composé relativement linéaire, en partie polymérisé, mais qui est encore soluble dans l'acétone. Son retrait, de l'ordre de quelques pour cent, apparat lors de la fin du durcissement. Le produit s'amollit et coule sous l'effet de la chaleur et de la pression, et il se transforme en une résine durcie insoluble à réseau tri-dimensionnel.Les constantes spécifiques de ce pré-polymère DAP-P sont les suivantes Teneur en monomère (extraction par l'alcool méthylique chaud) maximum 3,0 % Solubilité dans l'acétone remarquable Indice d'iode 55-65 Teneur en composants volatils moins de 1 % Viscosité (Solution de méthylcétone à 50 à 300C) 70-110 cp Solution de monomère di-allyl phtalate à 25 %, à 250C 300-350 cp Domaine de température de ramol lissement 70-1100C Poids spécifique (250C) 0,4 à 0,5 Teneur en acides inférieure à 3,0 Indice de saponification 450 Contraction volumétrique (pendant le durcissement) O - 1 % Le produit synthétique précité comporte l'avantage essentiel d'être extrêmement élastique à la flexion, sans qu'il apparaisse des fissures ou des entailles dans la surface finie. On a testé la sensibilité aux éraflures à l'aide d'un diamant et les rayures n'ont été visibles que sous une charge de 2 à 3 fois plus forte que dans le cas des vernis normaux. On a également fait des essais concernant la résistance au frottement à l'aide d'une machine d'abrasion Traber et l'on a là aussi obtenu des valeurs bien supérieures à celles des matériaux classiques. On a enfin procédé en laboratoire à des essais concernant la résistance au froid et à la chaleur, ce qui constitue en pratique un facteur essentiel quand on se trouve dans la neige, Le matériau ne présentait aucune modification quelconque pour des températures de -20 à +300C dans la chambre d'épreuve. En résumé l'on constate ainsi que la couche superficielle décorée suivant l'invention se situe bien au-dessus des couches ABS classiques en ce qui concerne ses propriétés mécaniques et physiques. On exposera d'ailleurs plus loin d'autres avantages ainsi que d'autres caractéristiques du procédé suivant l'invention et des couches superficielles qu'il permet d'obtenir. Le dessin annexé, donné à titre d'exemple, permettra de mieux comprendre l'invention, les caractéristiques qu'elle présente et les avantages qu'elle est susceptible de procurer. La figure unique de ce dessin et qui, pour plus de clarté, n'a pas été établie à l'échelle, représente une couche superficielle complexe faite de plusieurs couches élémentaires qui, pour qu'elles apparaissent mieux, ont été représentées comme écartées les unes des autres dans une vue en bout. La couche complexe figurée comporte environ la largeur et la longueur d'un ski. Toutefois on la prévoit à la fabrication un peu plus longue et un peu plus large, de sorte que les dimensions finalement nécessaires pour le collage sur la surface du ski s'obtiennent par découpage de ladite couche. Dans l'exemple représenté la couche complexe 5 est constituée par huit couches élémentaires. La couche élémentaire supérieure 1 est faite d'une feuille de papier préférablement transparent ou semi-transparent ; elle recouvre le papier décoré par impression sérigraphique. L'utilisation d'un tel recouvrement présente l'avantage que grace à la présence de la feuille de papier qui le constitue l'on réalise encore une amélioration supplémentaire de la dureté superficielle et de la qualité de la face supérieure du ski. Lorsque les couches élémentaires de l'ensemble (couche complexe 5) ont été passées dans le bain de résine et après serrage sur des to- les d'acier comportant des empreintes, l'on obtient finalement une face également structurée de reliefs et creux correspondants. Pour améliorer l'élasticité de la couche complexe 5 ainsi que sa liaison avec le-ski, on dispose le papier de recouvrement 1 et le papier décoré 2 sur un support fait de plusieurs couches élémen- taires 3a, 3b, 3c, -3d, -3e, ce support comportant lui-même un recouvrement inférieur 4 formant couche de séparation. L'ensemble 3a-3e est avantageusement imprégné d'un produit de condensation phénolcrésol et il est établi à partir de kraft de cellulose à la soude. Gracie à cette réalisation du support à couches élémentaires multiples, on obtient un durcissement meilleur et plus régulier de l'ensemble décoré après le passage à la presse. Lorsqu'on a réalisé la couche complexe 5 représentée au dessin annexé par superposition des couches élémentaires, on imprègne le kraft par passage en continu dans le bain de résine, puis on procède à un séchage préalable à la machine. Après ce pré-séchage on traite la couche 5 à la presse sous pression et à température élevée (120-1500C) pour assurer la prise et le durcissement de la résine. I1 est préférable à cet égard d'utiliser la résine DAP-P decrite en détail ci-dessus. I1 est toutefois possible d'employer également les deux autres résines précitées, voire même une troisième qui remplisse les conditions mécaniques et physiques exigées. Quand la couche 5 est sortie de la presse, on obtient ainsi une feuille à couches élémentaires multiples d'une épaisseur d'environ 0,6 à 1,2 mm, convenablement dimensionnée en longueur et en largeur, qui comporte avec beaucoup de brillant et en impression polychrome la décoration prévue pour la face supérieure du ski. On la découpe à la longueur et à la largeur correspondant aux dimensions de celui-ci et on la colle à chaud sur ladite face supérieure, en procédant soit par voie humide à l'aide d'une colle époxy, soit à sec avec une résine au phénol. Si la feuille 5 ainsi obtenue ne présentait pas l'épaisseur requise pour le ski particulier considéré, on pourrait la meuler, le papier de recouvrement inférieur 4 disparaissant alors au cours de l'opération et la couche de papier-support 3e se trouvant atteinte et rendue rugueuse. Cette élimination de la couche 4 et la rugosité superficielle de la couche 3e assurent alors une meilleure liaison avec la face supérieure pré-traitée du ski. On colle ainsi sur cette face du ski celle inférieure de la couche 5 (voir flèche 7). A cet effet l'on peut exercer une pression correspondante sur la face supérieure de ladite couche (flèche 6). Comme il résulte de la description qui précède, le procédé suivant l'invention permet de réaliser une simplification considérable dans la décoration de la face supérieure d'un ski. En raison de la forte insensibilité aux éraflures de la couche superficielle suivant l'invention ainsi que de sa grande résistance à l'abrasion, le ski qui en est équipé ne présente aucune trace d'usure meme après une longue durée de service. Il est en outre possible de mettre en oeuvre des décorations avec tout nombre désiré de couleurs, de structurations et d'empreintes, puisqu'on peut se dispenser du procédé d'application directe des couleurs sur le ski et de la main d'oeuvre qu'il exige. Cette décoration peut étre réalisée dans des ateliers d'impression séparés. De plus, grace à l'utilisation des résines synthétiques prévues suivant l'invention l'on obtient pour la couche superficielle une transparence parfaite avec un degré de brillant considérable, tels que ceux auxquels on ne pouvait parvenir jusqu'ici qu'à l'aide de pigments et de vernis rapportés à la façon connue au prix de beaucoup de travail. Après collage de la couche 5 à l'état fini sur la surface en métal léger ou en bois du ski, il n'est plus besoin d'aucune phase opératoire subséquente, mise à part une finition mécanique. I1 doit d'ailleurs être entendu que la description qui précède n'a été donnée qu'à titre d'exemple et qu'elle ne limite nullement le domaine de l'invention dont on ne sortirait pas en remplaçant les détails d'exécution décrits par tous autres équivalents. REVENDICATIONS 1. Procédé pour la réalisation de faces supérieures de skis, décorées à l'état fini, caractérisé par les phases opératoires suivantes a) on imprime en sérigraphie une décoration sur un papier (2) et/ou on lui fait comporter des empreintes ou une structure en relief et/ou en creux par serrage à la presse contre des tales chromées elles-memes structurées b) on recouvre la face supérieure du papier décoré (2) par un papier transparent et l'on applique contre sa face inférieure un ou plusieurs papiers-supports (3a-3e) empilés les uns sur les autres c) on imprègne dans un bain de résine synthétique les couches individuelles de l'ensemble à épaisseurs multiples (2, 3a3e) ainsi réalisé d) on traite à la presse ledit ensemble (2, 3a-3e) sous pression et à température élevée jusqu a ce que la résine ait fait prise ;; e) on découpe l'ensemble (2, 3a-3e) ainsi obtenu et on le colle sur la face supérieure du ski. 2. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'on recouvre la face inférieure du support (3a-3e) par un papier de séparation (4), en ce qu'apres durcissement de l'ensemble à épaisseurs multiples (2, -3a--3e, 4) ainsi obtenu l'on élimine par meulage le papier de séparation (4), et en ce qu'on colle le support (3a-3e) sur la face supérieure du ski. 3. Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisé en ce qu'on réalise la feuille décorée (2) par le moyen d'un papier sans fibres apparentes, absorbant et résistant à la lumière. 4. Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisé en ce qu'on réalise le support (3a-3e) à l'aide de kraft de cellulose à la soude et en ce qu'on l'imprègne par un produit de condensation phenol-cresol. 5. Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 et 3, caractérisé en ce qu'on imprime le papier décoré (2) par sérigraphie en une ou plusieurs couleurs. 6. Procédé suivant la revendication 5, caractérisé en ce qu'on utilise une presse d'impression sérigraphique rotative. 7. Procédé suivant l'une quelconque des revendications qui précèdent, caractérisé en ce qu'on traite le papier décoré (2) à la presse pour lui faire comporter des empreintes en relief et/ou en creux. 8. Procédé suivant l'une quelconque des revendications qui précèdent, caractérisé en ce qu'on serre à la presse l'ensemble (2, 3a-3e) contre des tales d'acier chromé pourvues d'empreintes pour lui faire comporter une structuration. 9. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'on utilise comme résine synthétique une résine de mélamine modifiée et rendue élastique. 10. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'on utilise comme résine synthétique une résine de polyester modifiée. 11. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'on utilise comme résine synthétique un pré-polymère de di-allylephthalate. 12. Procédé suivant la revendication 2, caractérisé en ce qu'on effectue le collage par voie humide à l'aide d'une colle époxy. 13. Procédé suivant la revendication 2, caractérisé en ce qu'on effectue le collage par voie sèche à l'aide d'une colle phénolique. 14. Procédé suivant l'une quelconque des revendications qui précèdent, caractérisé en ce qu'au moins le papier décoré (2) et le papier-support (3a-3e) sont déformables. 15. Recouvrement décoré pour la face supérieure d'un ski, ca ractérisé en ce qu'il est constitué par deux couches, savoir un support et une feuille supérieure portant la décoration. 16. Recouvrement suivant la revendication 15, caractérisé en ce que le support est constitué par une ou plusieurs épaisseurs de papier (3a-3e) imprégné d'un produit de condensation phénol-crésol. 17. Recouvrement suivant la revendication 15, caractérisé en ce que la feuille supérieure est constituée par un produit de condensation melamine- formaldéhyde sous laquelle se trouvent le dessin et les inscriptions (papier décoré 2). 18. Recouvrement suivant la revendication 15, caractérisé en ce que la feuille supérieure est faite en un pré-polymère di-allylephthalate sous lequel se trouvent le dessin et les inscriptions (papier décoré 2). 19. Recouvrement suivant la revendication 15, caractérisé en ce que la feuille supérieure est faite en une résine de polyester sous laquelle se trouvent le dessin et les inscriptions (papier décoré 2).