I1 existe des procédés variés pour appliquer des azureurs optiques sur des matières textiles en fibres synthé tiques ou en esters cellulosiques. Dans les procédésdits d'épui sement on laisse séjourner la matière textile, à des tempéra tures comprises entre 30 et 1300C, dans un bain aqueux qui renfer me l'azureur optique sous la forme d'une dispersion ou d'une solution. Pour obtenir les meilleurs degrés de blanc il faut que le traitement dure de 10 à 45 minutes. On peut ajouter, à ces bains de traitement, des détergents qui, en morne temps, nettoient les matières fibreuses et/ou favorisent la dispersion des azureurs optiques.Quand on a affaire à des fibres de polyamides on peut également employer des azureurs qui, certes, se dissolvent dans des bains aqueux chauds mais qui, à cause de leur solubilité re lativement médiocre, ne sont pas suffisamment stables à l'état de concentrés liquides, de sorte qu'on les prépare également sous la forme de dispersion. En plus des procédés d'épuisement décrits ci-dessus, on connaît des procédés consistant à imprégner la matière tex tile avec une dispersion ou une solution chaude de l'azu reur, à l'essorer ensuite entre des rouleaux et à la traiter fi nalement en continu dans des bains de lavage, de préférence chauds ; l'azureur optique diffuse alors dans la fibre en 5 à 20 secondes et, à la fin de ce traitement, la matière textile a un très bon degré de blanc. I1 est également possible d'appliquer des azureurs optiques, sur des pièces en fibres de polyesters ou de polyamides, par le procédé dit de thermosolage. Dans ce procédé le traitement thermique indispensable à la stabilisation de la surface (fixage de fibres) est combiné avec le fixage de l'azureur optique : pour cela on imprègne la matière textile avec un bain renfermant l'a zureur optique sous forme d'une dispersion ou d'une solution, on élimine l'excès du bain par essorage entre des rouleaux jusqu'à une teneur en humidité résiduelle de 30 à 120 %, par rapport au poids sec de la marchandise brute, et on expose ensuite la matière textile pendant un court moment à la chaleur sèche de 180 à 2200C qui est nécessaire à la stabilisation de la fibre.Pendant cette opération l'azureur optique diffuse dans la fibre et, si les azu reurs optiques ont été convenablement sélectionnés, les pièces de polyester ou de polyamide ainsi traitées ont un très haut degré de blanc. Enfin on peut aussi faire diffuser l'azureur pti- que dans la fibre en faisant passer continuellement la matière textile par des bains de traitement chauds qui renferment l'azureur optique. Si l'azureur optique employé pour ce traitement est sous forme d'une dispersion préparée de la manière usuelle, il faut généralement des temps d'exposition de plusieurs minutes pour aboutir à un haut degré de blanc, tandis que les azureurs solubles dans le bain de traitement donnent un haut degré du blanc déjà au bout de 10 à 30 secondes. Ce procédé n'a pas pu conquérir la place espérée dans l'industrie de l'ennoblissement des textiles car les temps d'exposition nécessaires ne permettent pas des vitesses de production économiques avec les dispositifs de lavage en continu courants, c'est-à-dire parce que, à ces vitesses de production, les effets obtenus sont insuffisants et inférieurs à ceux que l'on obtient par les autres procédés décrits ci-dessus. Or, la Demanderesse a trouvé que, dans ce procédé, les temps de traitement peuvent être réduits considérablement, ou, pour un temps de traitement donné, les effets d'azurage peuvent être améliorés, si l'on utilise les azureurs optiques sous la forme de compositions liquides aqueuses contenant des produits d'alcoxylation d'alkylamines. La présente invention a donc pour objet des compositions liquides d'azureurs optiques qui sont constitudeS 2 à 15 % en poids d'un azureur optique, de 10 à 90 % en poids d'un alcoxylat (produit d'alcoxylation) obtenu à partir de 1 mole d'une amine primaire aliphatique et de 2 à 25 moles d'oxyde d'ethy- lène ou d'oxyde d'éthylène/oxyde de protlène,et eventuellement de 10 à 50 % en poids d'un dispersant non ionogène à base d'éthers alkylaryliue-poly- glycoliques ou alkyl-polyglycoliques, le reste etant de l'eau ou un polyalkylène-glycol liquide. Les azureurs optiques utilisables pour l'invention sont de préférence - les azureurs répondant à la formule dans laquelle R1 est un groupe B-sulfato-éthyl-sulfonyle, -sulfo-éthyl-sulfonyle, -acétylamino-éthyl-sulfonyle, sulfamoyle ou alkyl-sulfonyle, R2 et R3 représentent chacun un atome d'hydrogène ou d'halogène et R4 représente un atome d'hydrogène ou un groupe alkyle, - des dérivés de l'acide bis-(triazinylamino)-4,4' stilbène-disulfonique-2,2', - ceux du type du benzofuranne (premier fascicule publié de la demande de brevet en République Fédérale d'Allemagne NO 2 105 305), - ceux du type du benzimidazole répondant à la formule générale dans laquelle R est l'hydrogène ou le radical méthyle, - des benzofurannyl-benzoxazoles et des benzofurannyl-benzimidazoles (premier fascicule publié de la demande de brevet en République Fédérale d'Allemagne NO 2 031 774), - des benzofurannyl-oxadiazoles (premier fascicule publié de la demande de brevet en République Fédérale d'Allemagne NO 2 405 063) et - des benzoxazoles, tels que ceux qui sont décrits dans le brevet allemand NO 1 282 592. Les alcoxylats d'alkylamines définis ci-dessus dérivent d'amines grasses à longues chaines, saturées ou insaturées, de préférence de celles qui ont de 8 à 22 atomes de carbone, telles que la dodécyl-amine, I'hexadécyl-amine et la docosylamine, ou les amines que l'on obtient à partir des acides gras naturels, telles que l'amine grasse du coco et l'amine grasse du suif. On peut également envisager des produits d'éthoxylation (éthoxylats) d'amines à groupes alcényles, telles que l'oléylamine. On fait réagir ces amines, selon des procédés connus, avec 2 à 25 moles (pour 1 de l'amine) d'oxyde d'éthylène ou d'oxydes d'éthylène et de propylène. Les deux channes à motifs alkylène-oxy peuvent être de longueurs différentes. Quant aux éthers alkylaryl-polyglycoliques et alkyl-polyglycoliques il s'agit de produitsde réaction de l'oxyde de propylène ou, mieux de l'oxyde d'éthylène avec des alkyl-phénols, par exemple le tributyl-phénol, l'octyl-phenol ou le nonyl-phénol, ou avec des alcools gras en C12 à C18, produits qui renferment de 5 à 25 motifs alkylène-oxy, de préférence de 5 à 20 On peut ajouter ces substances à raison de 10 à 50 parties, par rapport à l'azureur ; si l'azureur est hydrosoluble, une quantité de 10 à 30 parties est suffisante. Comme diluants les compositions liquides renferment de préférence de l'eau dans le cas d'azureurs hydrosolubles, et des polyalkylène-glycols liquides dans le cas d'azureurs insolubles dans l'eau. Les compositions liquides d'azureurs se préparent très simplement : on réunit toutes les composantes et on chauffe à des températures comprises entre 30 et 1000C. Il n'est pas nE- cessaire de respecter un ordre déterminé pour l'addition des diverses composantes. Les compositions liquides ainsi préparées sont diluées à l'eau en vue de leur emploi, de sorte que le bain obtenu renferme de 2 à 50 g de la composition liquide par litre de bain. Les azureurs optiques se trouvent alors en partie à l'état dissous et en partie sous la forme d'une solution colloïdale ou d'une fine dispersion. Grâce à cette dispersion plus fine la diffusion des azureurs dans les fibres nécessite moins d'énergie, de sorte qu'au total la durée de traitement des ma tières textiles par-le bain dtazureur est considérablement abrégée, ou que les températures du traitement peuvent être abaissées. Cela est valable surtout lorsque les azureurs sont appliqués par le procédé dit d' "épuisement rapide" ou le procédé dit de "placage lavage" ou le procédé dit de "thermosolage". La distribution plus fine de l'azureur dans le bain à un avantage supplémentaire un degré déterminé de blanc s'obtient avec une quantité plus faible de substance active, en comparaison des dispersions connues d'azureurs optiques. Les degrés du blanc donnés dans les exemples ont été calculés par la formule de Berger. Les exemples suivants illustrent l'invention. EXEMPLE 1 En chauffant à 750C on dissout 5 parties en poids de l'azureur optique de formule avec 25 parties d'un éthoxylat d'amine à base d'amine grasse du coco ayant 5 groupes d'oxyde d'éthylène (5 OE) dans sa molécule et 70 parties d'eau adoucie. La solution ainsi obtenue est stable à la température ambiante (200C) pendant 6 mois. On imprègne un jersey en filaments de polyamide 6-6 avec un bain renfermant 15 g/l de cette solution d'azureur, on l'essore jusqu'à un taux d'absorption du bain de 80 %, puis on le traite pendant 5 secondes à la continue dans un bain de lavage à 800C et à un pH de 3,5, on le rince et, sur une rame élargisseuse, on le sèche d'abord pendant 10 secondes à 1300C et on le thermofixe à 1900C dans les zones suivantes. La matière textile ainsi traitée a un degré de blanc (selon Berger) de 117). EXEMPLE 2 A 800C on dissout 5 parties en poids de l'azureur optique de formule avec 20 parties en poids d'un éthoxylat d'amine à base de stéarylamine à 15 groupes d'oxyde d'éthylène, 10 parties en poids d un éthoxylat de tributylphénol ( 13 groupes OE) et 65 parties en poids d'eau. Cette solution reste stable pendant 6 mois quand on la conserve à OOC. On imprègne un tissu de filaments de polyamide 6 avec 20 g de cette solution d'azureur dans 1 litre d'eau, on l'essore jusqu'à un taux d'absorption du bain de 1û0 %, puis on le traite pendant 5 secondes par un bain de lavage à 800C et à un pH de 3,5, on le rince et on le soumet à un thermofixage sur une rame élargisseuse pendant 20 secondes à 1950C. Le degré de blanc ainsi obtenu est de 120, alors que le degré de blanc du tissu non traité de 78. EXEMPLE 3 On dissout 7 parties en poids de l'azureur optique dont la constitution est donnée a l'exemple 2 dans 25 parties en poids d'un éthoxylat d'amine à base d'oléyl-amine à 20 groupes d'oxyde d'éthylène dans sa molécule, et avec 10 parties en poids d'un éther polyglycolique du nonylphénol à 9 groupes d'oxyde d'éthylène dans sa molécule. On chauffe à 600C et on complète par 58 parties d'eau à la même température. On ajuste le pH de la solution à 4 à l'aide d'acide phosphorique. On traite un tissu de polyamide 6 à la continue dans des lessiveuses automatiques, après avoir ajouté 3 g/l de la susdite solution. On ajuste le pH des bains de traitemen t à 4 à l'aide d'acide oxalique. Le traitement en continu est effectué à une vitesse de 25 m/s, ce qui représente un temps de séjour de 10 secondes. Ensuite on rince dans d'autres dispositifs de lavage à des températures de plus en plus basses, on sèche le tissu et on le soumet pendant 30 secondes à un fixage à 1950 C. Le blanc du tissu ainsi traité est très brillant et son degré (selon Berger) est de 125. EXEMPLE 4 A une température de 750C on dissout 2 parties en poids d'un azureur optique de formule dans 25 parties en poids d'un ethoxylat d'amine à base de l'amine de suif (C12-Cl8) à 8 groupes d'oxyde d'éthylène et 73 parties d'eau. On imprègne un tissu en fibres de polyester avec 20 g de cette solution par litre de bain, puis on le traite en continu pendant 5 minutes dans un bain de lavage, à 950C. On le rince ensuite à des températures de plus en plus basses, on le sèche et on le soumet à un fixage de 1750C pendant 30 secondes. Le tissu ainsi traité a un très haut degré du blanc, de 115. EXEMPLE 5 On dissout 3 parties en poids d'un azureur optique de formule dans 20 parties d'un éthoxylat d'amine à base de l'amine grasse de coco à 10 groupes d'oxyde d'éthylène et 10 parties en poids d'un éther polyglycolique d'alcool gras à 8 groupes d'oxyde d'éthylène dans sa molécule. On complète ensuite à 100 parties avec de l'eau, puis on chauffe pendant un court moment à 800C jusqu'à ce que l'on obtienne une solution limpide. On traite en continu un jersey de filaments texturés de polyester, dans une lessiveuse automatique, avec un bain auquel on a ajouté 5 g/l de la susdite solution. Le temps de séjour dans la lessiveuse est de 3 minutes, à 950C. On rince ensuite à des températures de plus en plus basses, on sèche et on soumet à un fixage à 1700C pendant 30 secondes. La matière ainsi traitée est d'un blanc brillant et clair, d'un degré de 121. EXEMPLE 6 A 10 parties en poids de l'azureur optique de formule on ajoute 20 parties en poids d'un éthoxylat d'amine à base de l'amine grasse du coco à 10 motifs d'oxyde d'éthylène (10 OE) dans sa molécule et 10 parties en poids d'un éther polyglycolique du nonylphénol à 10 groupes d'oxyde d'éthylène dans sa molécule. Ensuite on complète à 100 parties avec de l'eau adoucie et on chauffe à 650C, tout en agitant. On continue cette opération jusqu'à ce qu'on obtienne une solution limpide. Un tissu en coton qui a été blanchi au préalable, comme d'habitude, au chlorite de sodium et qui a un degré dUL blanc de 86, est imprégné de 5 g /1 de la solution d'azureur mentionnée ci-dessus, essoré jusqu'à un taux d'absorption du bain de 55 %, puis séché pendant 50 secondes à 1200C sur une rame élargisseuse. La matière textile ainsi traitée se distingue par un blanc très brillant et tirant sur le bleu. En déterminant le degré du blanc à l'aide d'un spectrophotomètre on trouve une valeur de 142 (selon Stensby). EXEMPLE 7 A 5 parties en poids de l'azureur optique ayant la constitution donnéeà l'exemple 1 et 5 parties en poids d'un azuruer optique de formule on. ajoute 15 parties en poids de tridthanol-amine, 10 parties en poids de polyglycol 400 et 20 parties en poids d'un éthoxylat d'amine à base d'olEyl-amine à 5 groupes d'oxyde d'éthylène dans sa molécule, puis on complète à 100 parties avec de l'eau adoucie. Ensuite on chauffe à 700C, tout en agitant, et on agite jusqu'à ce que l'on obtienne une solution limpide. Après refroidissement et stockage à la température ambiante la solution reste stable pendant 3 mois. On traite un Jersey de filaments de polyamide 6-6 par une solution qui renferme 1,5 % de la solution d'azureur décrite ci-dessus et 2 g/l de dithionite de sodium. Le rapport de bain est de 1:20, la température du traitement de 700C pour une durée de 30 minutes. Le jersey ainsi traité a un blanc excellent et neutre d'un degré de 138 (selon Stensby). REVENDICATION Compositions liquides d'azureurs optiques, constituées de 2 à 15 % en poids d'un azureur optique, de 10 à 90 % en poids d'un produit d'éthoxylation obtenu à partir d'1 mole d'une amine primaire aliphatique et de 2 à 25 moles d'oxyde d'éthylène ou d'oxyde d'éthylène/oxyde de propylène, et éventuellement de 10 à 50 % en poids d'un'dispersant non ionogène à base d'éthers alkylaryl-polyglycoliques ou alkyl-polyglycoliques, le reste étant de l'eau ou un polyalkylène-glycol liquide.