La présente invention concerne un procédé et un appareil pour la formation des arêtes de coupe des dents de scies. On connaît, par exemple par le brevet français NO 1 552 059, un procédé qui consiste à déposer sur les arêtes de coupe des dents de scies des gouttes d'un produit connu sous la dénomination commerciale de "stellite". On renforce ainsi considérablement la résistance à l'usure des arêtes de coupe. Suivant ce procédé connu, la goutte de stellite est tout d'abord fondue, puis est déposée à l'intérieur d'un creuset en deux parties qui délimite une cavité de moulage autour de l'arc te de la dent. Ce procédé présente, à l'usage, quelques inconvénients. En particulier, il est difficile de doser exactement le volume de la goutte de stellite dondue, et une grande partie de la stellite est par la suite enlevée au cours de ltopération d'affûtage de la lame de scie. Il en résulte une perte de stellite, qui est un matériau coûteux, ainsi que des pertes de temps à l'affûtage. Le temps passé pour faire fondre chaque goutte de stellite est également assez long, et la goutte tend, lorsqu'elle est déposée en trop gros volume sur l'arête, à se refroidir trop rapidement, si bien que l'on observe des défauts tels que des soufflures dans la masse de la stellite, la résistance à l'usure étant alors moins bonne. La présente invention a pour but de réaliser un procédé et un appareil évitant les inconvénients précités. Un procédé suivant l'invention, pour former un dépôt d'un produit connu sous la dénomination commerciale de "stellite" sur les arêtes de coupe des dents de scie, chaque dent étant préalablement échauffée et entourée par un creuset amovible en plusieurs parties délimitant autour de l'arête de coupe de la dent une cavité destinée à recevoir une goutte de stellite, est caractérisé en ce qu'un dispositif d'alimentation continue présente dans la cavité du creuset l'extrémité d'un fil de stellite fourré, tandis qu'un courant électrique est établi entre le fil et la lame de scie pour entratner la formation d'un arc électrique à l'extrémité du fil, si bien que la cavité du creuset est progressivement remplie par la stellite qui fond au niveau de l'arc électrique au fur et à mesure de l'avancement du fil. Suivant une caractéristique supplémentaire de l'invention, chaque dépôt de stellite venant d'être formé sur une dent est automatiquement cuit immédiatement après pendant que l'on forme un dépôt de stellite sur la dent suivante. Suivant une caractéristique supplémentaire de l'invention, on fait circuler de l'eau à l'intérieur de chaque partie du creuset, afin de re froidir ce dernier pendant la fusion de la stellite. Un appareil pour la mise en oeuvre du procédé suivant l'invention est caractérisé en ce qu'un poste d'exécution du recuit, placé en aval du creuset dans le sens d'avance de la lame de scie, comprend deux bacs alimentés en oxygène et en acétylène pour former deux flammes de part et d'autre de la dent. Suivant une caractéristique supplémentaire de l'invention, le creuset est en cuivre, chacun de ses éléments étant refroidi par un circuit interne d'eau. Suivant une caractéristique supplémentaire de l'invention, le creuset est formé de plusieurs éléments rotatifs délimitant entre eux la cavité pour la formation du dépôt de stellite. Suivant une caractéristique supplémentaire de l'invention, le creuset est constitué par trois galets tournants, à savoir un galet dont la surface cylindrique externe est tangente à l'arete de la dent, et deux galets dont les surfaces cylindriques externes respectives sont tangentes aux côtés de la dent, la lame s'étendant dans un plan sensiblement vertical au voisinage du creuset. Suivant une caractéristique supplémentaire de l'invention, chaque galet est monté pour tourner sur un coulisseau susceptible de se déplacer en s'éloignant et en se rapprochant de la lame de scie le long de glissiè- res fixes grâce à un vérin pneumatique de commande à double effet. Suivant une caractéristique supplémentaire de l'invention, chaque coulisseau comporte un organe racleur qui racle en permanence la surface cylindrique externe du galet tournant correspondant. Le dessin annexé, donné à titre d'exemple non limitatif, permettra de mieux comprendre les caractéristiques de l'invention. - Figure 1 est une vue d'ensemble en perspective d'un appareil pour la mise en oeuvre du procédé suivant l'invention. - Figure 2 est une vue partielle de cet appareil suivant une section par un plan horizontal passant par les axes des galets latéraux du creuset. - Figure 3 est une vue de face partielle de cet appareil. - Figure 4 est une vue latérale partielle de cet appareil. - Figure 5 est une vue de dessus partielle de cet appareil, suivant une variante. - Figure 6 est une section suivant un plan vertical perpendiculaire au plan de la lame de scie, pour illustrer une autre variante. On a représenté sur la figure 1 un appareil servant pour la mise en oeuvre du procédé suivant l'invention, et comprenant - des moyens de guidage permettant de maintenir localement une lame de scie 1 dans un plan sensiblement vertical ; - un dispositif d'avance 2 - un poste 3 où s'effectue le dépôt des gouttes de stellite ; - un poste 4 où s'effectue le recuit. Le dispositif d'avance 2 comprend un plateau circulaire 5 en liaison avec un moteur susceptible de I'entrarner en rotation, et portant un pivot excentrique 6 sur lequel est articulée une bielle 7. Un ressort 8 rappelle en permanence l'extrémité inférieure de la bielle 7 au contact de la scie 1 qui s'étend dans un plan sensiblement vertical. Le plateau 5 porte sur sa surface externe une butée capable de coopérer avec un capteur 9. Le poste 3 comprend une torche 10 en liaison d'une part avec un poste de soudure à l'arc 11 et d'autre part avec un système d'alimentation 12 en fil de stellite 13. Cet appareillage est de type connu, le système d'alimentation 12 commandant l'avance du fil 13 par l'intermédiaire d'un variateur de vitesse d'avance incorporé. Un creuset, qui s'étend juste au-dessous de la torche 10, est cons titubé par la réunion de trois galets rotatifs 14, 15 et 16 (fig 2 à 4), qui délimitent entre leurs surfaces cylindriques externes respectives une cavité 17 au-dessus de l'arête de coupe de la dent de scie en présence. Les surfaces cylindriques des galets latéraux 14 et 15 sont tangentes aux cotés de la dent, et la surface cylindrique du galet avant 16 est tangente à l'arête de la dent, lorsque le creuset est en position fermée. Chaque galet est une pièce creuse en cuivre à l'intérieur de laquelle on établit une circulation d'eau de refroidissement par l'intermédiaire d'un tube d'alimentation 18 et d'un tube d'évacuation 19 guidant la rotation du galet. Les trois tubes t8 sont reliés à un tuyau d'arrivée d'eau 20, et les tubes d'évacuation 19 sont reliés de la même façon à un tuyau de vidange 21. Chaque galet est monté, par l'intermédiaire des tubes 18 et 19, sur un coulis seau 22 portant également un petit moteur 23 entraînant en rotation le galet gracie à une channe 24. Chaque coulisseau est guidé par des glissières sensiblement horizontales le long desquelles il peut se déplacer sous l'action d'un vérin pneumatique à double effet 25 pour stéloigner ou se rapprocher de la lame de scie 1. Le galet et le moteur 23 ont une orientation réglable par rotation autour d'un axe vertical (flèches 26) et par translation horizontale perpendiculairement à la direction des glissières (flèches 27), le coulisseau étant conçu en deux parties rendues solidaires l'une de l'autre grace à un boulon 28 vissé dans l'une des deux parties et traversant une lumière allongée 29 de l'autre partie. Un petit racleur 30 est enfin monté de façon à racler en permanence la surface cylindrique externe du galet, à l'opposé de la lame de scie 1. Les trois vérins 25 sont commandés à partir d'une came de distribution de mouvement, ou par une mémoire. Le poste 4 est occupé, juste au-dessous du poste 3, par deux becs 31 montée en vis-a-vis et alimentés chacun en oxygène et en acétylène par l'intermédiaire de tuyaux 32 et 33. Les deux becs 31 sont solidaire d'un même chariot 34 que l'on peut immobiliser où l'on veut le long de deux glissières verticales 35 à l'aide d'une vis à tête moletée 36. Ce réglage est à effectuer en fonction du pas de la denture de scie. Le fonctionnement est le suivant, Dans l'ensemble, ce fonctionnement est connu, et conforme à celui de l'appareil décrit dans le brevet français NO 1 552 059, du moins en ce qui concerne la synchronisation des mouvements au cours d'un cycle. Ainsi, à chaque début de cycle, les trois coulis seaux 22 sont avanc cés vers la lame de scie 1, de façon que les galets rotatifs 14, 15 et 16 délimitent entre eux la cavité 17. On effectue alors le départ d'une goutte de stellite sur l'arête de la dent de scie en présence. Lorsque ce dépot est effectué, les trois coulisseaux 22 reculent simultanément, et le plateau 5 du dispositif d'avance 2 effectue un tour complet pour pousser la lame de scie 1 vers le bas et présenter la dent suivante en face des galets. Une nouveauté importante réside au niveau du procédé utilisé pour déposer la goutte de stellite dans la cavité 17. En effet, alors qu'aupa- ravant on déposait la goutte de stellite après Lavoir fait fondre complètement au-dessus de la cavité 17, on présente maintenant dans la cavité 17 l'estrémitz du fil de stellite fourré 13 , et un courant électrique établi entre le fil 13 et la scie 1 entrasse la formation d'un arc électrique à l'extrémité du fil. Le fil fond au niveau de l'arc, et la cavité 17 se remplit de stellite au fur et à mesure de l'avancement du fil 13.Le fil 13 est de petit diamètre, et le remplissage de la cavité 17 est donc progressif, ce qui évite la formation de soufflures au sein de la stellite, et ce qui permet de doser avec précision le volume de stellite déposée. La goutte de stellite formée est stable en dimensions d'une dent à l'autre, et cette précision accrue permet de diminuer la quantité-globale de stellite à enlever ultérieurement lors de l'affûtage. L'économie est rzali- sée d'une part au niveau de la consommation de stellite, et d'autre part au niveau du temps d'affAtage. L'utilisation de ce procédé de dépôt de la goutte de stellite permet en outre sans inconvénients l'emploi d'un creuset en cuivre refroidi, alors qu'auparavant il était nécessaire d'utiliser des creusets réfractaires capables d'emmagasiner de la chaleur, pour éviter un refroidisse- ment trop brutal de la stellite. Les élénents mobiles composants le creuset diminuent les risques d'accrochage de la stellite sur les parois de la cavité 17, par un nettoyas constant desdites parois, et un refroidissement par eau, évitant ainsi la détérioration dus éléments en contact avec l'arc électrique. En outre, les galets 14 à 16, qui sont relativemert faciles à usiner, peuvent être facilement échangés.On a ainsi représenté sur la figure 5 des galets latéraux 37 et 38 remplaçant les galets 14 et 15 pour obtenir un dépôt de stellite d'une forme différente. Une autre nouveauté réside dans l'utilisation du poste de recuit 4, pour recuire la stellite à bonne température et pour recuire en meme temps l'acier trempé de la lame de scie juste è la naissance de la dent. Suivant une variante illustrée sur la figure 6, le creuset peut être constitué par deux éléments statiques 39 et 40 en cuivre munis de passages internes pour la circulation de l'eau de refroidissement. On pourrait utiliser de la même façon des moules en carbure de tungstène ou en d'autres matériaux à point de fusion élevé. Les parties en contact avec le métal en fusion peuvent être constituées par une couche protectrice qui évitent le collage, et qui sont soudées sur un support en cuivre, ce métal étant un bon conducteur de la chaleur. REVENDICAUIONS 1. Procédé pour former un dépôt d'un produit connu sous la dénomination commerciale de "stellite" sur les arêtes de coupe des dents de scie, chaque dent étant préalablement entourée par un creuset amovible en plusieurs parties délimitant autour de l'arête de coupe de la dent une cavité destinée à recevoir une goutte de stellite, caractérisé en ce qu'un dispositif d'alimentation continue présente dans la cavité du creuset l'extrémité d4un fil de stellite, tandis qutun courant électrique est établi entre le fil et la lame de scie pour entratner la formation d'un arc électrique à l'extrémité du fil, si bien que la cavité du creuset est progressivement remplie par la stellite qui fond au niveau de l'arc électrique au fur et à mesure de l'avancement du fil. 2. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que chaque dépôt de stellite venant d'être formé sur une dent est automatiquement recuit immédiatement après, pendant que l'on forme un dépôt de stellite sur la dent suivante. 3. Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'on utilise un creuset en cuivre que l'on refroidit en permanence par circulation interne d'eau pendant le remplissage de la cavité. 4. Appareil pour la mise en oeuvre du procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'un poste d'eré- cution du recuit, placé en aval du creuset dans le sens d'avance de la lame de scie, comprend deux becs alimentés en oxygène et en acétylène pour former deux flammes de part et d'autre de la dent. 5. Appareil pour la mise en oeuvre du procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que le creuset est formé de plusieurs éléments rotatifs délimitant entre eux la cavité pour la formation du dépôt de stellite. 6. appareil suivant la revendication 5, caractérisé en ce que le creuset est constitué par trois galets tournants, à savoir un galet dont la surface cylindrique externe est tangente à l'arête de la dent, et deux galets dont les surfaces cylindriques externes respectives sont tangentes aux côtés de la dent, la lame s'étendant dans un plan sensiblement vertical. 7. Appareil suivant l'une quelconque des revendications 5 et 6, ca ractérisé an ce que le creuset est constitué par des galets qui tournent en permanence pendant que la cavité se remplit de stellite, et qui sont refroidis en permanence par de l'eau grâce à des tubes d'alimentation et d'évacuation d'eau servant simultanément d'axe de rotation aux galets. 8. Appareil suivant l'une quelconque des revendications 6 et 7, caractérisé en ce que chaque galet est monté pour tourner sur un coulisseau susceptible de se déplacer en s'éloignant et en se rapprochant de la lame de scie le long de glissières fixes sensiblement horizontales grtce à un vérin pneumatique de commande à double effet. 9. Appareil suivant l'une quelconque des revendications 6 a 8; caractérisé en ce que chaque coulisseau comporte un organe racleur qui racle en permanence la surface cylindrique externe du galet tournant correspondant. 9. Appareil suivant l'une quelconque des revendications 4 à 8, caractérisé en ce que le fil de stellite est un fil fourré de diamètre relativement petit par rapport à la cavité du creuset.