L'invention est relative aux fusées équipant les projectiles tirés par tube-canon à chargement par la bouche, et concerné plus particulièrement la sécurité de la chaîne pyrotechnique d'amorçage de l'explosif du projectile. Lorsque ltopération de chargement d'un projectile est effectuée par la bouche du tube-canon, et qu'un second projectile est chargé alors qu'un premier projectile se trouve à poste et nta pas été lancé pour de multiples raisons, il se produit l'incident de tir, dit de "double alimentation". Il doit être exclu que cet incident ait pour conséquence un accident de tir. Dans cette situation de double alimentation, le second projectile repose sur le premier dont la fusée, si le tir est commandé, se retrouve dans un environnement de gaz à une température et une pression extrêmement élevées. Etant donné la complexité des pièces de la fusée, les gaz de lancement diffusent à travers les interstices et les canaux pyrotechniques. Ces gaz sont susceptibles d'enflammer le relais pyrotechnique, inflammation qui consécutivement, entrain la combustion du relais d'amorçage de la charge explosive, provoque une déflagration qui, étant donné le confinement, peut atteindre le régime de détonations. Pour pallier cet inconvénient que limite sérieusement la sécurité du tir, on a déjà proposé d'obstruer les interstices à l'aide de joints et d'insérer des opercules dans les canaux pyrotechniques. Une fusée équipée de ces adjonctions a été-décrite dans le brevet français No 1 135 100 et ses certificats d'addition No 69.00342 et 70.00180, délivrés à la Demanderesse. la complexité des liaisons entre les composants de la fusée, la nécessité de conserver une certaine mobilité relative des composants, les grandeurs du niveau de température et de pression des gaz de lancement mis en jeu lors du tir du projectile font que ces adjonctions de joints et d'opercules ne sont qu'un palliatif. L'invention a pour objet un perfectionnement de la chaine pyrotechnique de la fusée. Selon l'invention, la charge d'amorçage de l'explosif du projectile est totalement isolée de l'environnement extérieur, mais peut & re allumée normalement lors de la percussion de la fusée. Ainsi, lors d'un incident de double alimentation, il est exclu que celui-ci puisse consécutivement provoquer un accident de tir. Pour atteindre le résultat précité, c'est-à-dire, la sécurité absolue du tir, lors d'un incident de double alimentation, le ou les charges pyrotechniques placées en amont de l'explosif sont isolées totalement de l'environnement extérieur par usinage de toiles dtiso- lement situées sur le chemin pyrotechnique de la fusée. Ces toiles d'isolement, de par leur position dans la channe, le choix de leur épaisseur et de leur profil, constituent des obstacles aux gaz d'infiltration, mais peuvent être perforées sous l'action de la charge relais située en amont. La description qui va suivre, faite en regard des dessins annexés, donne, à titre explicatif mais nullement limitatif, une forme de réalisation conforme à l'invention. Sur ces dessins - la figure 1 illustre l'incident de double alimentation - la figure 2 représente une fusée de l'art antérieur en position non armée - la figure 3 représente une fusée de l'art antérieur en position armée - la figure 4 représente une fusée perfectionnée selon l'invention en position non armée - la figure 5 représente une fusée perfectionnée selon l'invention, en position non armée. Dans toutes les figures, des références alphanumériques semblables indiquent des éléments semblables. La figure 1 illustre l'incident de double alimentation où un premier projectile P1, se trouvant à poste, n'est pas parti (incident ou interruption de tir) et un second projectile P2 est mis à poste et repose ainsi sur le premier. Lorsque le tir est commandé, la charge de lancement du premier projectile est allumée, ainsi la fusée F1 de ce dernier se retrouve dans un environnement de gaz chauds et à haute pression qui, en diffusant sur les charges pyrotechniques de mise à feu de la charge explosive, risque de transformer un incident de chargement en un accident de tir. La figure 2 représente une fusée percutante de l'art antérieur dans la position non armée, c'est-à-dire que la chaîne pyrotechnique est interrompue. La fusée comporte deux parties principales : un corps avant (1) capable d'un mouvement de rotation et un corps arrière (2) à l'intérieur desquels sont logés tous les composants mécaniques et pyrotechniques. le corps avant (1) comporte deux cavités ; la cavité supérieure fermée par la tête de percussion (3) équipée d'un percuteur (4) est soutenue par un ressort (5). la cavité inférieure reçoit le piston porte-amorce (6) doté de son amorce (7), à l'origine de la charge pyrotechnique de mise à feu. Le corps arrière (2) est rendue solidaire du corps avant par un jonc (16) et comporte trois cavités - la cavité supérieure reçoit le corps avant (4), - la cavité médiane contient le barillet (8) d'interruption de la channe de pyrotechnique, à l'intérieur duquel plonge le tube de transmission de feu (9) du piston porte-amorce ; à l'intérieur du barillet se trouve placé le détonateur (fi), La cavité inférieure contient un pain d'amorçage (11) en tétryl. Entre cette cavité inférieure et la cavité médiane est placé un petit pain de tétryl (12) partiellement obturée par un opercule placé en (14). La channe pyrotechnique est donc interrompue deux fois, l'une entre le tube de transmission de feu (9) et le détonateur (10), l'autre entre ce détonateur et le petit pain de tétryl (12). Da figure 3 représente la fusée percutante précédente dans la position armée, c'est-à-dire que la channe pyrotechnique est continue. le chemin de feu est constitué par l'amorce de feu (7) et son tube de transmission de feu (9) débouchant en regard du détonateur (10) par l'intermédiaire d'un conduit de transmission de feu (13) usiné à 1 'intérieur du barillet, la continuité de la chaste pyrotechnique est enfin assurée par le détonateur (1Q) amené en regard du petit pain de tétryl (12) par l'opération d'armement. Dans les deux cas : position armée ou non de la fusée, le petit pain de tétryl (12) est susceptible d'etre atteint par les gaz de lancement puisqu'il~subsiste un conduit (14) avec le corps du barillet (8). Afin dé'vite que les gaz de lancement atteignent le barillet, des joints toriques tels que (15), indiqués en foncé sur les figures, sont insérés aux différentes liaisons des pièces. La figure 4 représente une fusée semblable à celle qui vient d'etre décrite où le corps arrière (4) a été équipé de la sécurité selon l'invention, la fusée se trouvant sur la position non armée. Lors de la oonstruction du corps arrière (2), une toile (17) est ménagée à la hauteur du petit pain de tétryl (12), assurant ainsi un isolement total aux gaz de ce dernier. La figure 5 représente la fusée perfectionnée selon l'invention dans la position armée. La toile (17) doit présenter une épaisseur telle que, lorsque le détonateur (10) est allumé, suite à la séquence de mise à feu, l'énergie développée par la combustion de ce détonateur (10) est suffisante pour déchirer la toile (17) et provoquer l'allumage du petit pain de tétryl (12). Lorsque le corps arrière (2) de la fusée décrite est réalisé dans de l'acier, une épaisseur de la toile comprise entre 5 et 8 dixièmes de millimètre assure conjointement-un isolement total aux fuites de gaz de lancement et une rupture certaine sous l'effet de la combustion du détonateur (10). Différents matériaux de construction du corps arrière (2)-peuvent être envisagés, il est alors nécessaire de dimensionner la toile (17) suivant la nature du matériau choisi. REVENDICATIONS 1. Fusée de mise à feu de projectiles,comprenant une channe pyrotechnique, caractérisée par le fait qu'éffe comporte une toile d'isolement (17) assurant un isolement entre l'environnement et tout ou partie de la chalne pyrotechnique. 2. Fusée selon la revendication 1, caractérisée en ce que la toile d'isolement (17) est usinée dans la masse du corps arrière de la fusée, au droit du chemin pyrotechnique. 3. Fusée selon la revendication 1, caractérisée par le fait que l'épaisseur et le profil de la toile d'isolement (17) assurent l'interruption de la chaîne pyrotechnique durant la phase de tir, et autorisent la mise à feu lors de l'impact du projectile. 4. Projectile, notamment projectile tiré par tube-canon à chargement par la bouche, équipé d'une fusée perfectionnée selon l'une des revendications l à 9.