L'invention est relative à un procédé pour commander une mécanique d'armure comportant des éléments, coopérant l'un avec l'autre pour le mouvement des lames,i1squedeschetsdetrageet des couteaux de tirage manoeuvrant les précédents ou deux crochets s'engageant l'un dans l'autre ou des organes analogues, et une carte de commande qui exécute un mouvement d'avancement ou de recul constant et comporte des chevilles ou des éléments analogues qui, au cours de leur mouvement, soulèvent un levier de mouvement et agissent ainsi directement sur la position d'un élément ; l'invention porte également sur une mécanique d'armure commandée suivant ce procédé. Dans les mécaniques d'armure, notamment celles fonctionnant selon le système Hattersley, on utilise, pour la commande des crochets de tirage, des cartes de dessin sans fin, parmi lesquelles on distingue d'une part les cartes perforées et d'autre part les cartes à chevilles, à rouleaux ou éléments analogues. Ces dernières sont connues sous le nom collectif de "cartes de dessin à action positive ou directe" et s'utilisent particulièrement lorsqu'une force est exercée directement par la carte de dessin, c'est-à-dire par ses chevilles ou éléments analogues, sur les crochets de tirage. Le mouvement de commande des crochets de tirage se produit lorsque le couteau de tirage se trouve en position de repos.Dans cette position, une cheville ou un élément analogue appuie au passage sur le levier de mouvement et le soulève, ce mouvement du levier se traduisant par un soulèvement du crochet de tirage. Pour ce mouvement de commande il faut un certain temps qui est déterminé par le mouvement du couteau. Pour réduire le temps de commande, on a déplacé les cartes de dessin par à-coups. Mais ce procédé entrai- ne une marche bruyante de la mécanique d'armures et entraîne de fortes variations des contraintes subies par la carte de dessin. Des machines de ce genre de construction, connues par exemple par le brevet DT ne 92.948, ne permettaient pas une vitesse de rotation ou de duitage supérieure à environ 300 duites par minute, du fait que la commande agissant par à-coups de la carte de dessin, par suite de son inertie, mettait en jeu des forces élevées et entraînait une usure importante. Dans les mécaniques d'armure travaillant à vitesse particulièrement élevée, on a même réduit considérablement la durée de commande des cro chets de tirage, pour gagner ainsi plus de temps pour le mouvement des lames. Mais même une commande par à-coups de la carte de dessin ne convenait plus. Pour les mécaniques d'armure travaillant à grande vitesse de ce genre on a proposé (brevet DT n" 1.710.194) d'avancer la carte de dessin sans secousses, à vitesse constante, le lisage de la carte s'effectuant avant l'instant usuel. La valeur de commande résultant de ce lisage est mise en mémoire pendant un court délai et peut être extraite de la mémoire par le crochet de tirage lui-même. Ce dispositif a donné de bons résultats, mais il présente cependant l'inconvénient qu'il faut mettre en oeuvre des dispositions spéciales pour qu'unie telle mécanique d'armure fonctionne en synchronisme correct avec le duitage, c'est-à-dire pour que la machine puisse à tout moment changer de sens de rotation sans qu'il en résulte de défaut de tissage. L'invention a donc pour but de réaliser une mécanique d'armure dans laquelle la vitesse de travail puisse être augmentée à partir du lisage et de la commande des crochets de tirage ou des crochets de suspension, dans laquelle les sollicitations imposées à la carte de dessin ne deviennent pas exagérées et qui continue d'assurer un-mode de fonctionnement automatique en synchronisme correct avec le duitage. Ce résultat est obtenu, conformément à l'invention, avec une mécanique d'armure dont la commande est caractérisée en ce que le levier de mouvement avec lequel viennent coopérer les chevilles, au cours de l'opération de commande proprement dite de son soulèvement, exécute un mouvement qui, par rapport à celui des chevilles de la carte de dessin, se déroule en sons contraire. L'invention est expliquée ci-après à l'aide de certains de ses modes de réalisation, pris à titre illustratif mais nullement limitatif, dans le cas d'une mécanique d'armure du système Hattersley à crochets de tirage et couteaux de tirage, en se référant aux dessins annexés dans lesquels - la figure 1 montre schématiquement la constitution d'une mécanique d'armure classique du système Hattersley à carte de dessin à action directe les figures 2 à 4 représentent à plus grande échelle, dans trois positions, les éléments composants qui servent à la com mande d'un crochet de tirage, - les figures 5 à 8 montrent quatre positions d'une valiante de réalisation, et - la figure 9 est un diagramme illustrant le fonctionnement de la machine des figures 2 à 4. Sur la figure 1 on a désigné par 1 la lame du métier à tisser 2, qui est reliée, par l'intermédiaire de cordons de suspension 10 et du levier basculant à deux bras 100, à la balance & A chacune des extrémités de la balance 3 est articulé un crochet de tirage , 40 qui coopère avec un couteau de tirage 5, 50. Le mécanisme d'entraînement des couteaux de tirage a été désigné par 6. La carte de dessin 9 porte des chevilles 90 sur lesquelles repose le levier de mouvement 7, qui bascule autour de l'axe 70. Ce levier commande, par l'intermédiaire des tigespoussoirs 8,80, les crochets de tirage pour les soulever afin qu'ils cessent d'être entraînés par les couteaux de tirage, ou les abaisser afin qu'ils soient entraînés par les couteaux de tirage. Dans les modes de réalisation représentés sur les figures 2 à 8, on a désigné par les mêmes références numériques les pièces qui participent au fonctionnement - La carte de dessin 9 munie de ses chevilles de commande 90 est entraînée par le cylindre à cartes 99, et au cours de cette rotation les chevilles 90, en passant dans la position supérieure, soulèvent le levier de mouvement 7 en le faisant pivoter autour de l'axe 70.Ce soulèvement a pour effet de déplacer dans sa glissière la tige-poussoir 8 qui soulève à son tour 11 extrémité libre du crochet de tirage 4, de sorte que la surface d'encliquetage 44 du crochet de tirage 4 vient se placer devant la surface d'encliquetage du couteau de tirage 5 et que le crochet de tirage est entraîné par le couteau de tirage au cours du mouvement de tirage de ce dernier dans le sens indiqué par la flèche de la figure 2. Le crochet de tirage 4 est articulé à la balance 3 qui, dans la position de repos du couteau de tirage 5, est appliquée contre la traverse 30. L'extrémité libre du levier de mouvement 7 présente une surface courbe de glissement concave 77 qui, à une extrémité,se raccorde à une rampe de montée 77' inclinée par rapport à la direction longitudinale d'ensemble du levier, et à l'autre ex trémité se raccorde à la rampe de descente 77" des chevilles. Contrairement aux modes de réalisation connus, l'axe de pivotement 70 du levier de mouvement 7 n'est pas fixe, mais est articulé à l'extrémité d'un bras de levier à deux bras 15. Ce levier pivote autour d'un axe fixe 16 et l'extrémité 18 de son autre bras s'applique contre une came discoïde 19. Lorsque la mécanique d'armure tourne normalement en- avant, le cylindre à cartes 99 tourne dans le sens des aiguilles d'une montre et la came discorde 19 tourne dans le sens contraire des aiguilles d'une montre. La carte de dessin 9 est entraînée d'une manière continue par le cylindre 99. Le levier de mouvement 7, tiré par le ressort 17, se trouve tout à fait à droite (fiv.2). Au moment où une cheville 90 s' applique contre la rampe de montée 77', l'extrémité 18 du levier 15 glisse sur la partie abrupte de la came discorde 19, ce qui entraîne un mouvement rectiligne du levier de-mouvement 7 vers la gauche. Grtce au mouvement d'avancement de la cheville 90 vers la droite d'une part, et au mouvement rectiligne du levier de mouvement 7 vers la gauche d'autre part, la vitesse de soulèvement de l'extrémité libre du levier de mouvement 7 se trouve doublée. On obtient ainsi une commande rapide du crochet de tirage 4, ceci pendant que le couteau de tirage 5 se trouve en position de repos, et que règne le jeu de lisage. La mécanique d'armure est dans la position représentée sur la figure 3. La cheville 90 continue alors à se déplacer vers la droite. Nais en même temps le levier de mouvement 7 se déplace aussi lentement vers la droite. La surface concave de glissement 77 est réalisée de telle manière que le levier de mouvement 7 demeure à la même hauteur. La tige-poussoir 8 ne bouge pas. On obtient alors la position représentée sur la figure 4. Lorsque la cheville 90 continue à se déplacer en dessous du levier de mouvement 7, elle arrive à la rampe de descente 77". En même temps, la cheville suivante arrive dans la région d'action de la rampe de montée 77'. A ce moment, l'extrémité 18 du levier 15 atteint la partie abrupte suivante de la came discoide 19. Le levier de mouvement 7,qui se trouve alors tout à fait à droite,se trouve alors ramené rapidement vers la gauche, en sens contraire de la direction d'avancement de la carte de dessin 9. Au moment où la première cheville glisse sur la rampe de descente 77", la cheville suivante glisse sur la rampe de montée 77' et, après un bref temps de glissement, vient soutenir le levier de mouvement 7 qui, dans ces conditions, n'a été abaissé que très peu de temps.Ce bref abaissement ne présente aucun inconvénient pour le fonctionnement de la mécanique d'armure ; il ne se produit que lorsque deux chevilles se succèdent. S'il nty a pas de seconde cheville, le levier de mouvement glisse en bas de la rampe de descente de la cheville. Le crochet de tirage est abaissé et échappe ainsi au couteau de tirage. La rampe 77" sert de rampe de montée au cours du mouvement en marche- arrière, le levier de mouvement se déplaçant à son tour en sens contraire. La mécanique d'armure est reversible et travaille en synchronisme correct avec le duitage. L'inclinaison de la rampe de montée 77' et de la rampe de descente 77" peut varier suivant le type de machine. A la limite les trois surfaces 77', 77, 77" peuvent étre confondues en un segment de cercle. On obtient la variante, représentée sur les figures 5 à 8, dans laquelle l'extrémité libre du levier de mouvement 7 est constituée par un galet 20. Les fig. 5 à 8 iS lustrent Es stades successifs dn glissement de la cheville 90 sur l'extrémité libre du levier de mouvement, ceci dans les positions suivantes Figure-5 - Le levier de mouvement 7 se trouve à droite, la cheville 90 entre en contact initial avec le galet 20.Le crochet de tirage se trouve en position abaissée où il n'est pas entraîné par le couteau étirage. Figure 6 - La cheville 90 s'est glissée sous le galet 20, autrement dit le galet 20 est monté sur la cheville 90. Le levier de mouvement a été soulevé, le crochet de tirage est arrivé devant le couteau de tirage. Le levier de mouvement se déplace alors avec le galet dans le même sens que la cheville, vers la droite, jusqu'à la position représentée sur la figure 7. Le couteau de tirage a entraîné le crochet de tirage. Figure 8 - La cheville 90 continue de se déplacer vers la droite alors que le levier de- mouvement est rapidement poussé vers la gauche. Le galet descend de la cheville. Le crochet de tirage est abaissé. La figure 9 représente les diagrammes de mouvement des pièces mobiles du mode de réalisation des figures 2 à 4. Les deux courbes supérieures I illustrent le mouvement des couteaux de tirage. La courbe suivante IV illustre le mouvement du crochet de tirage, à savoir, en présence d'une cheville, son soulèvement pour son encliquetage et son abaissement. En trait in terrompu on a représenté la courbe IV' qui correspond au cas où le crochet de tirage est amené deux fois de suite à lten- cliquetage avec le couteau de tirage, c'est-à-dire lorsque la carte de dessin présente deux chevilles successives. La troisième courbe VII illustre le mouvement du levier de mouvement, ses mouvements rapides pendant que le couteau de tirage est en position de repos et -ses mouvements lents de retrait.Enfin la dernière courbe IX illustre le mouvement continu ou permanent de la carte de- dessin. Sur ce diagramme des parallèles à l'axe des ordonnées repèrent les positions correspondant respectivement à celles des figures 2, 3 et 4. La parallèle à l'axe des ordonnées désignée par K correspond au cas où la cheville 90 se trouve entre les surfaces 77 et 77'. On a évidemment aussi la possibilité de faire circuler la carte de dessin à une vitesse alternativement croissante et décroissante, et d'adapter le déplacement rectiligne du levier de mouvement à cette situation auquel cas les mouvements de ce levier sont moins brusques. Du fait que ltensemble des mouvements est réversible à tout moment, il s'agit d'une mécanique d'armure travaillant en synchronisme correct avec le duitage. Le procédé et le dispositif de commande de la mécanique d'armure conviennent aussi à une mécanique d'armure du genre décrit dans le brevet CH nO 394.071. A la place du crochet de tirage on commande alors le crochet de retenue dont le mouvement doit s'effectuer pendant le bref intervalle de temps pendant lequel le crochet de suspension est prêt à l'encliquetage. Comme il va de soi et comme il résulte d'ailleurs déjà de ce qui précède, l'invention ne se limite nullement à ceux de ses modes d'application et de réalisation qui ont été plus spécialement envisagés ; elle en embrasse, au contraire, toutes les variantes. REVENDICATIONS 1. Procédé pour commander une mécanique d'armure comportant des éléments,coopérant l'un avec l'autre pour le mouvement des lames, tels que des crochets de tirage et des couteaux de tirage manoeuvrant les précédents oudeux cnxhetsstngageant l'un dans l'autre ou des organes analogues, et une carte de commande qui exécute un mouvement d'avancement ou de recul constant et comporte des chevilles ou des éléments analogues qui, au cours de leur mouvement, soulèvent un levier de mouvement et agissent ainsi directement sur la position d'un élément, lequel procédé est caractérisé en ce que le levier de mouvement avec lequel viennent coopérer les chevilles,au cours de l'opération de commande proprement dite de son soulèvement, exécute un mouvement qui, par rapport à celui des chevilles de la carte de dessin, se déroule en sens contraire. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le levier de mouvement exécute un mouvement en sens contraire du mouvement de la carte de dessin,à peu près pendant toute la durée de l'opération de commande proprement dite du levier de mouvement, après quoi il exécute un mouvement dans le même sens que la carte de dessin, pour parvenir de nouveau à sa position de-repos, le levier de mouvement conservant à peu près constamment la même position en hauteur. 3. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 et 2, dans lequel le levier de mouvement comporte une rampe de montée et une rampe de descente, et éventuellement une rampe intermédiaire, pour les chevilles de la carte de dessin et dans lequel, lorsque deux chevilles se suivent, l'une d'elles vient en contact avec l'une des rampes et l'autre vient en contact avec l'autre rampe pendant à peu près le même temps, lequel procédé est caractérisé en ce que, pendant la durée de contact des chevilles et des rampes ou pendant le temps où, faute de chevilles, il ne se produit pas de contact, le levier de mouvement exécute un mouvement relativement rapide dans le sens contraire de celui de la carte de dessin, de sorte qu'on obtient une commande rapide de l'élément et que, pendant le temps intermédiaire il exécute un mouvement de retour relativement lent dans le même sens que la carte de dessin, de sorte que le levier de mouvement et par conséquent aussi l'élément commandé demeurent constamment soulevés à peu près à la même hauteur. 4. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que la carte de dessin est mise en mouvement à une vitesse alternativement croissante et décroissante. 5. Mécanique d'armure pour la mise en oeuvre du procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, comportant deux éléments coopérant l'un avec l'autre, tels qu'un couteau de tirage et le crochet de tirage associé, ou deux crochets mobiles l'un par rapport à l'autre et s'accrochant l'un à l'autre, ou des éléments analogues, ainsi qu s une carte de dessin munie de chevilles, de rouleaux ou de pièces analogues et déplacée de préférence d'une manière continue dans l'un ou l'autre sens, dans laquelle mécanique d'armure un levier de mouvement, qui est soulevé par la cheville, amène, pour son accrochage ou son décrochage, l'un des éléments sur le trajet de déplacement de l'autre, laquelle mécanique d'armure est caractérisée en ce que chaque levier de mouvement (7) est fixé à un dispositif de commande (15, 16, 19) qui, d'une part permet un pivotement vers le haut du levier, déclenché par une cheville (90) de la carte de dessin (9), et d'autre part déclenche un mouvement à peu près rectiligne du levier en direction tangentielle au-dessus de l'emplacement de renvoi de la carte (90) sur le cylindre (99) qui déplace la carte de dessin. 6. Mécanique d'armure selon la revendication 5, caractérisée en ce que le dispositif de commande précité comporte une came discorde qui, pendant l'opération de commande proprement dite du soulèvement du levier de mouvement, déplace celuici relativement rapidement en sens contraire du mouvement de la cheville, après quoi, jusqu'à l'opération de commande effectuée par la cheville suivante, pendant le reste du contact du levier de mouvement et de la cheville, il effectue un mouvement de retour relativement lent, dans le mêmtsens que le mouvement de la cheville. 7. Mécanique d'armure selon la revendication 6, caractérisée en ce que la came discorde comporte une courte partie abrupte en direction du centre de la came, à laquelle se raccorde une partie plus longue, dirigée progressivement en direction contraire de la précédente. 8. Mécanique d'armure selon l'une quelconque des revendications 5 à 7 dans laquelle le levier de mouvement comporte, dans sa région de contact avec la cheville, une rampe de montée et une rampe de descente dirigée en sens contraire, avec entre les deux rampes une surface de glissement incurvée, de préférence concave, laquelle mécanique d'armure est caractérisée en ce que la surface de glissement est réalisée sous une forme telle que le levier de mouvement conserve la même position soulevée tant que la cheville est appliquée contre la surface de glissement et que le levier de mouvement exécute son mouvement de retour relativement lent. 9. Mécanique d'armure selon l'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que la surface de contact du levier de mouvement avec la cheville de commande est constituée par un galet.