I1 est connu d'obtenir des effets décoratifs sur des objets en alliages cuivreux par attaque du métal au moyen de composes acides divers formant à froid ou à chaud des sels colores. Cependant, un tel mode d'attaque présente un certain nombre d'inconvénients ; en particulier il creuse le métal inégalement, ce qui rend la surface traitée rugueuse ; si l'on ne nettoie pas très soigneusement la surface, l'action de l'acide persiste, ce qui peut modifier ultérieurement l'aspect obtenu. Enfin, la mise en oeuvre est délicate, car si l'on met l'a- cide sur le métal froid, on est obligé de monter rapidement à la température désirée sous peine de mal maîtriser l'attaque et d'aboutir à une profondeur d'at- taque irrégulière.D'autre part, si on met l'acide sur le metal chaud, il faut opérer rapidement et on ne peut pas utiliser des pinceaux ou des pochoirs qui permettrai de de limiter d'une façon précise les contours des zones colorées. Ltinvention concerne des moyens permettant de contrôler la coloration de surfaces en cuivre ou en alliages de cuivre avec possibilité d'obtenir des graphismes précis et reproductibles dans des couleurs préalablement désirées. Les colorations obtenues selon I'invention sont parfaitement adhérentes à la masse ; elles résistent au lavage, au brossage et meme à des déformations à froid, telles que le laminage ou I'emboutissage. Considéré dans son acception générale, le procedé de l'invention consiste à répartir a froid en couche mince sur les portions de la surface que l'on desire colorer un agent chimique solide ou liquide, a chauffer la pièce en atmos phère oxydante jusqu'a obtention de la couleur désirée, à laisser refroidir la piece puis a éliminer par lavage et/ou brossage l'excès de produit,-enfin à vernir la pièce ainsi colorée. L'agent chimique peut être employé sous forme de solution, de suspension, d'émulsion, de poudre fine ou de pâte. Dans le premier cas, il peut être mis au pinceau ou projeté par pulvérisation ou encore déposé au moyen d'un rouleau. Si l'on désire ne pas colorer certaines zones, on peut les protéger par un pochoir ou par sérigraphie ou encore utiliser un rouleau comportant des creux. Si la solution est trop fluide, ce qui conduit à des dessins de contours peu nets, on peut l'epaissir par des moyens connus en eux-mêmes. Les produits solides sont utilises à L'état pulvérulent. On peut les mettre en place irrégulièrement ou suivant un dessin ; on peut protéger certaines portions de la surface par des pochoirs. Pour obtenir certaines couleurs,on peut mélanger des produits et déposer une couche de ce mélange. On peut aussi superposer plusieurs couches d'agents différents en réservant des emplacements pour chacune d'elles, par pochoir ou sérigraphie ; on obtient par ce moyen une plus grande variété de couleurs. Le chauffage en atmosphère oxydante en présence d'une couche rince d'agent chimique est une condition nécessaire. C'est ainsi que le même chauffage exécuté dans un four en atmosphère neutre ou non renouvelée ne donne pas de coloration. De même si la couche d'agent chimique a une épaisseur qui interdit tout accès de l'atmosphère à la surface du métal, la zone sous-jacente n'est pas colorée. On peut meme obtenir côte à côte des zones colorées et des zones décapées en vue de conserver à ces dernières l'aspect usuel du métal. Cette juxtaposition peut être obtenue au moyen d'agents différents ou au moyen du même agent employé à des concentrations différentes ou sous des épaisseurs differentes. Il n'est pas possible de donner une liste complète des produits uti lisibles ; on peut citer les hydroxydes et carbonates alcalins, des sels aussi variés que les borates, les nitrates, les chlorures usuels, le perchlorure de fer, la sulfate de cuivre, certains oxydants, certains acides, sous réserve de les employer comme décrit ci-dessus, des produits commerciaux vendus comme décapants, par exemple le produit vendu sous le nom d'Eutalloy E 200 par les Etablissements Castollin. La couleur obtenue dépend à la fois de l'alliage traité, du produit utilisé, de la température atteinte et éventuellement de la durée du maintien à cette température. Si on veut donner à l'objet colore une rigidité analogue à celle de l'objet initial, par exemple dans-le cas d'une tôle mince, il suffit de lui faire subir une légère passe de laminage à froid avant vernissage. Un laminage avec allongement de 10 % a aussi pour effet de restituer une surface lisse si une telle surface n'a pas été conservée. Le vernissage ne fait pas apparaître les couleurs ; il peut les aviver et les met à l'abri de modifications éventuelles sous l'action du milieu extérieur. On peut donner un certain nombre d'exemples destinés à montrer la diversité des teintes et des couleurs qutil est possible d'obtenir. Par exemple, avec une solution d'hydroxyde de sodium à 40 % et du laiton, on obtient une teinte vert sombre vers 650 - 7000 C, des teintes brun carmel, roux ou noir entre 700 et 8000 C, une teinte rouge vif vers 850 - 900" C avec la même lessive et du cuivre on obtient entre 700 et 8000 C des teintes rouge César, mauve orchidée, violet Monseigneur ou brun carme. Avec du borate de sodium en poudre vers 700 - 8000 C on obtient des taches rouge écarlate, rouge oxyde ou rose avec du laiton, rouge oxyde avec du cuivre. Avec du nitrate de potassium en poudre et du laiton on obtient des teintes vert foncé ou brun vers 700 - 8000 C, avec du perchlorure de fer en solution aqueuse à 25 % ou en suspension à 30 % avec du borate de sodium dans de l'huile de ricin et du laiton on obtient des teintes rose brique ou brun noir vers 700 - 8000 C, avec du chlorure d'ammonium en poudre et du laiton on obtient une teinte rose vers 400 - 5000 C, avec une solution de sulfate de cuivre à 20 % et du laiton on ob tient une teinte brun noir vers 700 - 8000 C, avec un produit decapant utilisé en solution à 30 % et du laiton on obtient une teinte rouge lie de vin vers 700 - 800 C, REVÉNDICATIONS 10 - Procédé de coloration superficielle d'une surface en cuivre ou en alliage cuivreux mettant en jeu une oxydation de la surface et permettant la reproductibilité de motifs décoratifs, qui consiste à répartir à froid en couche mince sur les portions de cette surface que- l'on désire colorer au moins un agent chimique, à chauffer la surface en atmsphere oxydante jusqu a obtention de la couleur désirée, à laisser refroidir, à éliminer par lavage et/ou brossage l'excès de produit, enfin à vernir la piece ainsi décorée. 20 - Procédé selon 1 dans lequel l'agent chimique est déposé à l'état de solution. 30 - Procédé selon 1 dans lequel l'agent chimique est déposé sous forme pulvérulente. 40 - Procédé selon J dans lequel l'agent chimique est déposé sous forme de pâte ou d'émulsion. 50 - Procédé selon 2 dans lequel la solution est épaissie par un agent épaississant. 60 - Procédé suivant l'une des revendications précédentes dans lequel on protège certaines portions de la surface avant la mise-en place de la couche mince. 70 - Objets dont la surface comporte des éléments décoratifs de couleurs préalablement prévues selon un graphisme préétabli, colorés suivant l'une des revendications 1 à 6.