La présente invention a pour objet un dispositif d'établissement de rations alimentaires, destiné en particulier mais non exclusivement au rationnement de vaches laitieres et le procédé de mise en oeuvre de ce dispositif. On sait que le rationnement, ou établissement de rations, consiste - à déterminer les besoins de l'animal, - à couvrir ces besoins. L'établissement des rations se fait d'habitude par une voie de calcul. On utilise pour cela, d'une part, des tables de "besoins", d'autre part, d'autres tables donnant les analyses des divers produits que l'on envisage d'utiliser. Le procédé habituel consiste à rechercher par tàtonnement - tâtonnements plus ou moins longs suivant l'habitude de l'opérateur - une combinaison de produits qui satisfasse en meme temps les diverses contraintes qu'il faut respecter. Ces contraintes sont - apport d'énergie exprimé en unités fourragères, - apport de matières azotées digestibles exprimé en grammes, - apport de matières sèches exprimé en kg, - apport de phosphore exprimé en grammes, - apport de calcium exprimé en grammes. La Demanderesse a découvert un dispositif qui permet de visualiser directement (c'est-à-dire sans tatonnement) la ou les combinaisons satisfaisant aux contraintes énumérées ci-dessus. Si plusieurs combinaisons différentes sont possibles, ce qui est généralement le cas, le choix entre elles sera déterminé par la recherche du moindre coût compte-tenu des ressources disponibles chez l'éleveur. La présente invention permet en effet, grâce à la rapidité et à la simplicité des opérations techniques, de prendre plus facilement en considération l'aspect économique du problème. Le dispositif selon la présente invention est carac terisé en ce qu'il consiste en un ensemble de polygones irréguliers, dont chaque coté représente un aliment, la graduation de chaque côté représentant des quantités de cet élément, la direction horizontale étant repérée à l'origine de chaque cté, et des feuilles de papier graphique sur lesquellN sont repartis les besoins des animaux en fonction de leur lactation. On appellera scopie dans la suite de la description la représentation graphique des besoins d'un animal tant en ce qui concerne les composants organiques que les composants minéraux, cette représentation n'étant que la figuration des données qui figurent dans les tables précitées. D'autres avantages et caractéristiques de l'invention apparaitront plus clairement au cours de la description qui va suivre d'applications du procédé à quelques cas particuliers en regard des figures qui représentent - la figure 1 un graphique de scopie organique, - la figure 2 un graphique d'une scopie organique destiné au rationnement d'un troupeau, - la figure 3, un graphique de scopie minérale, - les figures 5, 6, 7 un jeu de polygones pour l'établissement d'une scopie organique, - les figure 4 et 8 des exemples de polygones utilisés pour la scopie minérale. Les exemples d'applications qui seront décrits ci-dessous sont relatifs au rationnement de vaches laitières. On sait que les rations de ces animaux sont constituées d'alimentscomprenant à la fois desmatières organiques et des matières minérales. Sur la figure I, on a porté enabscisses les unités fourragères UF, unités énergétiques s'apparentant aux calories et d'un emploi courant dans le domaine de l'alimentation animale et, en ordonnées, des quantités de matières azotées digestibles exprimées en gramme. Dans ces conditions, la quantité de lait produite par jour est représentée par la droite a qui est graduée en litres de lait. Premier exemple On se propose de rationner une vache laitière produisant 15 litres de lait en utilisant - de l'ensilage de mais à 30 % de matière sèche, - de l'aliment VL30 spécial mais, aliment qui est disponible dans le commerce sous la marque déposée "SANDERS". On sélectionne parmi les polygones portant la mention rad, celui qui représente l'ensilage maïs à 30 % de U F' matière sèche et qui est figuré sur la figure 6. On applique la ligne H sur l'axe des abscisses et on trace le vecteur ensilage. Dans un second temps, on sélectionne dans le jeu des polygones Mad/UF celui qui est relatif à l'aliment VL30 spécial mars qui est représenté à la figure 7. A partir du point 15 litres de la droite #, la demi-droite H étant en position horizontale, on trace le vecteur aliment VL30. Le vecteur Ensilage et le vecteur VL30 se rencontrent en un point P et I'échelle figurant sur les côtés des polygones donne les quantités à prévoir et, dans cet exemple particulier, 35 kg d'ensilage et 2,8 Xgde VL30. La ration journalière de la vache considérée sera donnée par ces deux quantités. On remarquera que l'on a figuré sur le graphique une demi-droite 2' qui représente un "foin moyen". Cette demi-droite pourrait figurer sur l'un des polygones, mais étant donné la fréquence d'usage de cet aliment1 il parait avantageux de la tracer à demeure sur la scopie organique. Ce premier exemple permet de comprendre le principe de l'invention. Deuxième exemple Le second exemple, pour lequel on utilisera le graphique de la figure 2, est plus proche de la réalité. Soit à rationner un troupeau dont les lactations s'étagent entre 12 litres et 20 litres avec du foin, des betteraves et des aliments composés Vkilo. On repère les besoins des différents animaux. A partir de l'origine, on utilise le vecteur foin (droite ') trace à demeure. A partir du-point 12 litres sur la droite #, on trace comme précédemment le vecteur Vkilo vers le bas, vecteur qui est figuré sur la figure 7 (Vk Special Mals). Le rationnement du troupeau se fait toujours sur la plus petite laitière. Les deux vecteurs ne se coupent pas, compte tenu du fait qu'il n'est pas pensable de donner plus de 15 | de foin par jour à une vache, ce qui est la ration maximum ingérable. S'il n'y avait pas de betteraves, il ne serait pas possible d'atteindre le point 12 litres avec ces deux seuls éléments. Le vecteur betteraves se trouve sur le polygone apparaissant à la figure 5. Le vecteur betteraves, oriente comme précédemment peut se déplacer parallèlement à lui-même entre deux positions extremes. SOLUTION A : avec un maximum de betteraves on obtient 5 kg de foin, 35 kg de betteraves, 1,5 kg de Vkilo SOLUTION B : avec un minimum de betteraves on obtient 15 kg de foin 5 kg de betteraves 0,8 kg de Vkilo. L'éleveur peut choisir entre ces deux solutions extrêmes, quelle est la solution la plus économique, compte tenu de son approvisionnement. I1 est ainsi courant de trouver des écarts de prix de 5 à 8 centimes entre deux rations techniquement aussi valables. La ration ayant été établie pour la "plus petite" vache laitière, il convient de complèter cette ration pour les vaches dont la lactation est supérieure. Cela sera fait en général en salle de traite, en ajoutant pour chaque animal une ration de "VL 18HE" (polygone représenté à la figure 7) aliment commercialisé par la Demanderesse. Un autre facteur n'a pas été pris en compte jusqu'à présent. Il s'agit de la quantité de matière sèche qui doit être fournie à chaque animal. Cette quantité apparait sur la droite du graphique de la figure 1 (graduation de 13 à 20). Cette quantité doit être fournie à l'animal qui, d'un autre coté, ne peut en absorber plus, la plage de variation admissible de part et d'autre de cette valeur étant relativement étroite. Sur la figure 1, on voit donc qu'une vache produisant 10 litres doit absorber 14 hyde matière sèche. Les apports en matière sèche sont donnés dans le tableau suivant La partie A concerne les produits secs tels que foin, les céréales et les aliments composés qui comprennent 85 % de matière sèche. A 10 hgde foin correspondent 8,5 kgde matières sèches. La partie B concerne les produits humides, la pre mière colonne indiquant le poids du produit et les autres les équivalents secs de ces produits pour un poids donné. On notera que dans les exemples qui ont été donnés précédemment, uniquement pour la compréhension du procédé, seule la solution B de l'exemple 2 est satisfaisante,eu egard aux matières sèches nécessaires. On pourrait d'ailleurs utiliser pour ce contrôle des polygones tels que ceux utilisés en scopie organique. (Voir tableau page suivante) PRODUITS SECS-A- PRODUITS HUMIDES - B Kg Foins - Céréales Kg de Produit Aliments de Choux Bet- Ensilages Produ. Déshydr. Pro- terave 85 % duit 14% 16% 25% 30% 35% 0,5 0,4 kg M.S. 10 1,4 1,6 2,5 3,0 3,5 1 0,85 " " 12 1,7 1,9 3,0 3,6 4,2 1,5 1,3 " " 14 1,9 2,2 3,5 4,2 4,9 2 1,7 " " 16 2,2 2,6 4,0 4,8 5,6 2,5 2,1 " ~" 18 2,5 2,9 4,5 5,4 6,3 3 2,5 " " 20 2,8 3,2 5,0 6,0 7,0 3,5 3,0 " " 22 3,1 3,5 5,5 6,6 7,7 4 3,4 " " 24 3,4 3,9 6,0 7,2 8,4 4,5 3,8 " " 26 3,6 4,2 6,5 7,8 9,1 5 4,2 " " 28 3,9 4,5 7,0 8,4 9,8 6 5,1 n " 30 4,2 4,8 7,5 9,0 10,5 7 6,0 " " 32 4,5 5,1 8,0 9,6 11,2 8 6,8 " " 34 4,8 5,4 -8,5 10,2 11,9 9 7,7 " " 36 5,0 5,8 9,0 10,8 12,6 10 8,5 n " 38 5,3 6,1 9,5 11,4 13,3 11 9,3 te .. 40 5,6 6,0 10,0 12,0 14,0 12 10,2 " 13 11,1 " 14 12,0 " 15 12,8 " Une troisième contrainte dans lalimentation du bétail réside en ce que les produits doivent contenir en quantité suffisante des composants mineraux et notamment du phosphore et du calcium. La figure 3 représente a échelle réduite un graphique permettant de réaliser une scopie minérale. Le procédé de détermination de la présence suf sante de phosphore et de calcium dans une ration est identique à celui qui a été utilisé pour la scopie organique Toutefois, les éléments minéraux étant présents dans les aliments organiques, il ne stagit que d'une vérification. Du graphique de la figure 3, on déduit immédiatement que 13 k de foin "moyen" contiennent 27 g de phosphore et 70 g de calcium environ. Comme précédemment, le" foin moyens a été imprimé sur le graphique en raison de la fréquence de son utilisation. Le jeu de polygones P/Ca est différent du jeu Mad/UF en raison de la différence des échelles. Les échelles et, par suite, les graduations des côtés des polygones sont données par lsanalyse chimique des différents aliments disponibles. Le dispositif de scopie minérale comprend quatre polygones dont seulement deux ont été représentés sur les figures 4 et 8. Le processus de contrôle de la teneur en phosphore et en calcium dtune ration est identique à celui de la détermination d'une ration, cest-à-dire qutà partir de 19origine on trace des vecteurs à 11 aide des polygones P/Ca les Ion- gueurs de ceux-ci étant déterminées par les quantités retenues pour la ration, de manière à joindre un point de la courbe # et, par exemple, le point 15 litres. Si ce point est atteint ou dépassé Cen abcisses et en ordonnées) par la ration, celle-ci est valable.et suffisante.Si tel n'est paste le cas, il convient dsajouter à la ration "organique" un composé minéral en vente dans le commerce, la quantité de ces aliments composés étant déterminée par la ou les longueurs de vecteurs qui réunissent 11 extrémité de la somme vectorielle des. vecteurs de la ration au point choisi de la droite #. Ces additions minérales peuvent etre réalisées au moment de la traite par exemple. Le procédé de déterminti?fl de rations alimentaires de vaches laitières comprend donc les étapes suivantes - constitution de la ration organique - vérification de la teneur de la ration en matiere sèche; - vérification de la teneur de la patin en composants minéraux. Il permet, à l'aide d'un dispositif très simple (feuille graphique et polygones transparents? de représenter les besoins des animaux et les divers composants d'une ration. Dans un mode de réalisation particulier, 24 aliments sont disposés sur 3 polygones Mad/UF et sur 3 polygones P/Ca, un quatrième polygone P/Ca comportant 8 composés minéraux destinés à compléter éventuellement les rations. La vue globale instantanée de la totalité des rations possibles permet de choisir la solution correspondant aux ressources de l'éleveur et également de choisir la solution la plus économique. I1 va de soi que des modifications peuvent être apportées aux modes de réalisation qui viennent autre décrits, notamment par substitution de moyens techniques équivalents sans sortir pour cela du cadre de la présente invention. REVENDICATIONS 1.- Dispositif d'établissement de rations alimentaires, caractérisé en ce qutil comprend au moins une feuille graphique quadrillée sur laquelle est imprimée la courbe des besoins en fonction de la lactation7 et au moins une série de polygones irréguliers dont les côtés constituent des vecteurs mobiles dont chacun est représentatif dtun aliment, la graduation de chaque côte représentant des quantités de cet élément. 2.- Dispositif selon la revendication 1, carac prisé en ce que l'origine de chaque vecteur est tracée une demi-droite indiquant la direction horizontale, l'angle formé par le vecteur et ladite demi-droite étant déterminé par analyse chimique. 3.- Dispositif selon lsune quelconque des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce qu'il comprend deux feuilles graphiques et deux jeux de polygones, le premier graphique et les polygones correspondants se rapportant à la constitution organique de la ration et le second graphique et ses polygones se rapportant ala constitution minérale de la ration. 4.- Dispositif selon 1 t unequelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que le second jeu de polygones comprend un polygone de plus que le premier, ce polygone supplémentaire portant des vecteurs a1 aliments composesW permettant d'équilibrer les rations en composants minéraux. 5.- Dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé encre qu'un vecteur représentant le soin moyen" est imprimé sur chacun des deux graphiques. 6.- Dispositif selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que les polygones précités sont transparents. 7.- Procédé de mise en oeuvre du dispositif selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que les besoins d'un animal étant portés sur un graphique dont les abscisseset les ordonnes sont graduées en unités de deux types de constituants différents, les vecteurs mobiles précités sont disposés les uns à la suite des autres, de façon à réunir l'origine au point symbolisant les besoins, la longueur des différents vecteurs étant proportionnelle au poids de chacun des composants de la ration, 8.- Procédé selon la revendication 7, carac térisé en ce que l'on porte enabscisses les unites fourragères et en ordonnes le poids en grammes de matières azotées digestibles sur un premier graphique. 9.- Procédé selon l'une quelconque des revendications 7 ou 8, caractérisé en ce que l'équivalent en matière sèche de la ration est détermine à laide d'un tableau, la ration constituée précédemment étant éventuellement modifiée de manière à obtenir un poids en matière sèche predéterminé. 10.- Procédé selon l'une quelconque des revendications 7 à 9, caractérisé en ce que les composants de la ration établie précédemment sont reportés à l'aide de vecteurs mobiles portés par le second jeu de polygones sur un second graphique dont les abscisses et les ordonnées sont graduées en poids de ma tières minérales. 11.- Procédé selon la revendication 10, carac térisé en ce que les abscisses indiquent un poids en calcium et les ordonnes un poids en phosphore. 12.- Procédé selon l'une quelconque des revendications 10 ou 11, caractérisé en ce qu'un composé minéral est adjoint à la ration si la somme vectorielle des vecteurs n'aboutit pas au point des besoins de l'animal en matières minérales à l'aide du polygone supplémentaire. 13.- Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'établissement des rations d'un troupeau de vaches laitières, en fonction de la production journalière du lait, se fait sur 1'animal à plus faible production, les rations étant complétées par des aliments composés pour les autres animaux.