La présente invention concerne de nouvelles compositions herbicides utilisables pour le désherbage sélectif des céréales. Elle a trait plus particulièrement à des compositions à base d'un mélange de N (4-isopropylphényl) N'N' diméthyl urée de formule avec une urée de formule dans laquelle R est un radical n butyle ou méthoxy. Dans la suite, la N (4-isopropylphényl) N'N' diméthyl urée sera désignée par IPU et les deux autres respectivement par leur nom commun de néburon et de linuron. La demanderesse a mis en évidence que, pour le désherbage sélectif des céréales notamment en prélevée, les mélanges d'IPU soit avec du néburon, soit avec du linuron possèdent une action synergique, en particulier sur certaines adventices graminées importantes des céréales comme le ray-grass et la folle-avoine. D'une manière générale, il y a synergie entre deux pesticides, si l'activité du mélange de ces produits à une dose donnee est supérieure à l'activité de chacun des composés utilisé seul à la méme dose. Certains auteurs ont donné une formulation mathématique plus précise de la notion de synergie. Les exemples suivants permettent de mettre en évidence l'existence de ce phénomène par l'une ou l'autre de ces méthodes. Une première méthode exposée par COLBY dans la revue WEEDS de janvier lu67, pages 20 à 22, repose sur le principe suivant Si X1 est le pourcentage de plantes non détruites par l'herbicide A à la dose p Si Y1 est le pourcentage de plantes non détruites par l'herbicide B à la dose q le pourcentage attendu E' de plantes non détruites par le mélange (A + B) à la dose (p + q) est E' = X1Y1 100 On compare ensuite E' au pourcentage réel E de plantes non détruites par (A + B) à la dose (p + q) pour savxrla nature de l'action combinée des deux herbicides. Si E' est supérieur à E, il y a synergie dans le cas contraire, il y a antagonisme. Une seconde méthode consiste à comparer le pourcentage réel de destruction D par le mélange (A + B) à la dose (p + q) au pourcentage attendu D' obtenu en faisant la somme des pourcentages de destruction obtenus respectivement par A à la dose p et B à la dose q. Exemple 1 Variété de céréale : blé (Champlein). L'expérimentation a été conduite sur des parcelles élémentaires de 30 m2 avec deux répétitions et comprend les traitements suivants Parcelle 1 : dose p d'IPU Parcelle 2 : dose q de néburon en kg/ha Parcelle 3:dose(p + q)du mélange IPU + néburon en kg/ha Parcelle 4 : témoin non traité. Au bout de quatre mois après le traitement, on procède à une évaluation de l'état des afférentes parcelles, en particulier en ce qui concerne le ray-grass (R.G.) (Lolium rigidam) qui y est très abondant. % R.G. E' E IPU (p) Néburon (q) présent 1,5 - 68 - 2 62 1,5 + 2 42 12 2 - 40 - 4 50 2 + 4 20 3 3 - 22 - 4 50 3 + 4 il o Dans ces trois cas, l'application de la méthode de COLBY montre bien qu'il y a synergie. rl faut noter également que tous ces essais ont été remarquables par une absence complète de phytotoxicité sur la culture. Exemple 2 On procède comme dans l'exemple 1, si ce n'est qu'on utilise la variété de blé Capelle et que l'adventice étudiée est la folle-avoine (Avena fatua). On observe les résultats consignés dans le tableau suivant IPU (p) Néburon (q) % destruction 1,5 - 15 - 2 2 0 1,5 + 2 85 Il ressort nettement que l'effet du mélange (D = 85) est bien supérieur à celui qu'on pouvait attendre (D'=15) en faisant la somme des effets de chaque constituant conformément à la seconde méthode. Exemple 3 On procède comme à l'exemple 1, avec comme matières actives l'IPU et le linuron, seuls et en mélange. Les pourcentages de destruction concernent le ray-grass. L'expérimentation a donné les résultats suivants IPU (p) Linuron (q) présent E' E 1,5 - 68 - 0,5 24 1,5 + 0,5 16 4 2 - 40 - 0,5 24 2 + 0,5 10 2 LA encore, on constate que E' est supérieur à E dans les deux cas, ce qui montre bien l'effet de synergie. Cette synergie se manifeste pour des rapports très variables de chacun des constituants allant de 0,5 à 10 parties de néburon par partie d'IPU et de 0,1 à 5 parties de linuron par partie d'IPU, la synergie étant particulièrement nette pour des compositions contenant respectivement 1 à 5 parties de néburon ouO,1à 2 parties de linuron par partie d'IPU. Les compositions selon l'invention présentent un intérêt économique certain, car elles constituent une solution au difficile problème de la destruction des adventices graminées les plus fréquentes et les plus résistantes dans les cultures de céréales. En effet, de façon inattendue, le spectre d'activité de 1'IPU se trouve complété, sans que la culture ne souffre de la moindre phytotoxicité. Enfin, les compositions selon l'invention présentent une persistance d'action remarquable. Font également partie de l'invention les compositions contenant les mélanges IPU + néburon ou IPU + linuron, tels que définis ci-dessuswen association avec d'autres herbicides principalement actifs sur les adventices dicotylédones ; à cet égard, on peut citer, en particulier, les mélanges ci-dessus avec l'acide 2-méthyl 4-chloro phénoxy propionique (mécoprop) ou ses dérivés sels métalliques ou d'amines, esters et amides, décrits dans la demande de brevet français 7214952 du 21.4.72 au nom de la demanderesse. Les quantités de matière active à apporter à l'hectare peuvent varier dans de larges limites, en fonction de la nature du sol et du développement-de la culture et des adventices. En général, des doses comprises entre 1 et 10 kg/ha seront suffisantes pour obtenir l'effet herbicide désiré. Pour leur emploi dans la pratique, les urég selon l'invention seront rarement utilisées pures, mais plus souvent elles seront formulées selon les méthodes classiques de l'industrie des herbicides. Le but de la formulation des matières actives est de fournir à l'utilisateur des compositions dont l'emploi est aisé et dont l'activité sur les plantes est maximale. Pour cela on ajoute généralement aux matières actives pures un certain nombre de charges et adjuvants divers selon la nature de la formulation envisagée et du résultat à obtenir. Ces formulations se présentent soit sous forme liquide (émulsion, solution vraie, pâte, suspension, etc...) prête à l'emploi ou devant être diluée dans l'eau, soit sous forme solide (poudre mouillable, granulés, etc...) utilisable telle quelle ou devant être diluée dans un milieu liquide avant leur emploi. Ces compositions comprennent alors des charges en général inertes et/ou des solvants organiques, minéraux ou mixtes, et/ou des émulsifiants adhésifs, antimottants, défloculants, etc... Des détails sur ces formulations peuvent notamment être trouvés dans l'ouvrage de FRYER et EVANS : Weed Control Handbook, 5e édition, pp. 101 et suivantes. REVENDICATIONS 1) Compositionsherbicidespour le désherbage sélectif des céréales, caractérisées en ce qu'elles contiennent un mélange de N(4-isopropylphényl) N'N' diméthylurée et d'une urée de formule dans laquelle R est un radical n butyle ou méthoxy. 2) Compositions selon la revendication 1, caractérisées en ce qu'elles contiennent de 0,5 à 10 parties de néburon pour une partie d'IPU. 3) Compositions selon la revendication 1, caractérisées en ce qu'elles contiennent de 0,1 à 5 parties de linuron pour une partie d'IPU. 4) Compositions selon l'une des revendications 1 à 3 caractérisées en ce qu'elles contiennent en plus,de l'acide 2-méthyl 4-chloro phénoxypropionique ou l'un de ses dérivés sels métalliques ou d'amine, amides et ester. 5) Procédé de désherbage sélectif des céréales qui consiste à utiliser en prélevée une composition selon l'une des revendications 1 à 4.