La présente invention se rapporte à un la fabrication d'un fil élastique à partir d'un filet d'un fil élastomère guipé ; elle concerne également les étoffes, tissées ou tricotées, réalisées avec un tel fil. Par fil élastomère, on désigne un fil, mono ou multifilamentaire à base d'élastomère naturel ou synthétique ayant une grande extensibilité (supérieure a 300 %) et un pouvoir élastique de retour instantané appréciable. De tels fils sont bien connus et utilisés généralement sous forme guipée, c'est-a-dire enrobés par un autre fil multifilamentaire synthétique. Par "filé de fibres", on désigne un fil obtenu par tordage d'une petite mèche de fibres discontinues. Ce fil formé d'un bout ou d'un retors, peut comporter des fibres de toutes natures : naturelles ou chimiques, seules ou en mélange. La fabrication de fil élastique avec ame en fil élastomère et enrobant en filé de fibres, est connue depuis fort longtemps. On utilise soit la technique du banc d'étirage dénommée également en français "core-yarn", soit celle qui consiste à guiper un fil d'ame élastomère par un filé de fibres qui s'enroule autour de l'ame à partir d'un roquet. Ces deux techniques, d'une part, sont diffi ciles à mettre en oeuvre et manquent de souplesse et, d'autre part, donnent une mauvaise couverture a l'amie élastomère. Enfin, comme l'on fait tourner un filé de fibres, cela conduit à un encrassement rapide des moulins, donc à une diminution substantielle du rendement et à un prix de revient élevé. De la sorte, à ce jour, les fils élastiques avec élastomère et filé de fibres n'ont pas été largement développés, malgré une forte demande du marché. La présente invention pallie ces inconvénients. Elle se rapporte à un procédé perfectionné pour la fabrication d'un fil élastique à partir d'un fil élastomère et d'un filé de fibres, dans lequel préalablement on guipe, d'une manière en soi connue, le fil élastomère avec un fil multifilamentaire et stabilise à la vapeur le fil élastomère ainsi guipé.Ce procédé perfectionné se caractérise en ce que l'on fait passer le filé de fibres à travers l'axe vertical d'un fuseau creux et en ce que l'on guipe sur ce filé de fibres le fil élastomère guipé stabilisé, porté par un roquet rotatif à travers lequel passe le filé de fibres, le sens de la torsion de guipage du fil élastomère-guipé stabilisé sur le filé de fibres étant dans le sens inverse de la torsion du filé de fibres et dans le meme sens que la torsion de guipage du fil multifilamentaire sur le fil élastomère. En pratique, on dévide le fil élastomère guipé, stabilise, d'une roquelle à joues avec une tension minimum. La manière dont l'invention peut être réalisée et les avantages qui en découlent ressortiront mieux de l'exemple de réalisation qui suit, donné à titre illustratif et non limitatif à l'appui des figures annexées. La figure 1 représente schématiquement un dispositif pour la mise en oeuvre de l'invention. Les figures 2 et 3 montrent schématiquement un fil conforme à l'invention avant et après révélation. D'une manière en soi connue, on réalise au fuseau creux un fil élastomère guipé en opérant comme suit - fil d'ame : fil élastomère 20 deniers/l brin non tordu, étiré de 450 z (dénomination commerciale LYCRA), - fil de guipage : fil texturé par fausse-torsion de polyamide 66 de titre 20 deniers 7 brins tordu en S, - torsion de guipage : l 100 tours/mètre en S, vaporisage du fil guipé : deux heures à 650C. Dans des modes de réalisation, la torsion de guipage peut varier de 900 à 1 400 tours/mètre et les conditions du traitement de vaporisage de une à deux heures a 55-750C. On dévide ce fil élastomère guipé stabilisé avec une tension minimum de 2,5 à 3 grammes sur une roquelle à joues que l'on place sur le fuseau creux d'un moulin. Sur ce moulin (voir figure 1), le filé de fibres 1, par exemple formé par un bout de coton Nm 100 tordu en Z, dévidé d'une bo bine .2, passe dans un tendeur 3, du type à grilles ou à friction, puis de 1à dans l'axe vertical du fuseau creux 4 entralné en rotation par la courroie sans fin 5. Sur l'axe de ce fuseau creux, on monte la roquelle a joues 6 portant le fil élastomère guipé stabilisé 7, qui vient s'enrouler sur l'ame en filé de fibres au droit du barbin 8. La tension du filé 1 est voisine de 5 grammes et la torsion de guipage du fil é blastomère 7 sur le filé d'ame I est d'environ 450 tours par mètre en S. Le fil ainsi guipé 9 est ensuite reçu sur une bobine il en traitée en rotation par un arbre moteur 10 a la vitesse de vingt mètres par minute. Le fil 9 renvidé sur la bobine il est un fil sensiblement inerte, apte aux opérations de tissage ou de tricotage. D'une manière classique, on révèle les propriétés d'extensibilité de ce fil après transformation en étoffe, en soumettant celleci à un traitement thermique, par exemple lors de la teinture. Le fil fini présente l'aspect illustré aux figures 2 et 3, dans lequel - 20 représente le fil élastomère, - 21 l'enrobant multifilamentaire de celui-ci, - 22 le filé de fibres. La figure 2 montre ce fil à la tombée du moulin et-la figure 3 ce fil révélé par traitement thermique. Si sur le fil révélé l'élastomère est indiscutablement situéen ame, du fait de sa rétraction, il n'en est pas de méme au stade de la bobine ll ot le filé et 'l'élastomère sont tour a tour enrobant et ame de manière anarchique. Comme fil enrobant de l'élastomère avant l'assemblage au filé de fibres, on peut utiliser n'importe quelle matière multifilamentaire, naturelle (soie) ou chimique (polyamide, polyester...), grè- ge ou de préférence texturée, notamment par fausse-torsion. Le filé de fibres peut entre simple (un bout) ou retors. Il peut être formé de fibres naturelles ou chimiques, seules ou en mélange. entri P tOdré8i0dit, il est essentiel de respecter les sens de torsion assemblage par guipage du filé et de l'élastomère avec les torsions initiales du filé et de l'enrobant du fil élastomère. Le procédé selon l'invention, présente de nombreux avantages par rapport à ceux pratiqués a ce jour. On peut citer un meilleur rendement, une plus grande simplicité et une grande souplesse de fabrication, une diminution substantielle de l'encrassement des l,lOU- lins et également la réalisation d'un fil vraiment inerte lors de la transformation en étoffe. Enfin, ce procédé permet d'obtenir des étoffes ayant des effets spéciaux, notamment une meilleure résistance aux glissements, ce qui est très recherché pour les vêtements de sport, de ski notamment. On a constaté également que les étoffes réalisées avec ce fil présentaient un boulochage considérablement diminué. On ne pouvait pas imaginer à priori qu'une solution aussi simple conduise a de tels avantages. R E V E N D I C A T I O N S REVEND ICATI0 S 1/ Procédé pour la fabrication d'un fil élastique a partir. d'un fil élastomère et d'un filé de fibres, dans lequel préalablement on guipe, d'une manière en soi connue, le fil élastomère avec un fil multifilamentaire et stabilise à la vapeur le fil élastomère ainsi guipé, caractérisé en ce que l'on fait passer le filé de fibres a travers l'axe creux d'un fuseau creux et en ce que l'on guipe sur ce filé le fil élastomère guipé stabilisé, porté par un roquet rotatif, le sens de la torsion de guipage du fil élastomère guipé stabilisé sur le filé de fibres étant dans le sens inverse de la torsion du filé de fibres et dans le même sens que la torsion de guipage du fil multifilamèntaire sur le fil élastomère. 2/ Procédé selon revendication 1, caractérisé en ce que le fil multifilamentaire est un fil synthétique texturé. 3/ Procédé selon revendication 1, caractérisé en ce que l'on rotatif dévide le fil élastomère guipé stabilisé du roquet 2 oueds avec une tension minimum. 4/ Procédé selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que le filéde fibres est à base de fibres naturelles ou synthétiques, seules ou en mélange. 5/ Procédé selon revendication 4, caractérisé en ce que le filé de fibres est un fil à un bout. 6/ Etoffes, tissées ou tricotées, caractérisées en ce qu'elles sont réalisées, pour partie du moins, avec un fil préparé selon l'une des revendications 1 à 5.