i La présente invention se rapporte d'une façon générale aux dérivés nouveaux d'acide ursodésoxycholique et elle concerne, plus particulièrement, des dérivés 7-acyle d'acide ursodésoxycholique, répondant à la formule: H 3 C 2 O+ COOH HO a n H Il dans laquelle R-CO représente le reste d'un acide carboxylique linéaire, saturé ou insaturé contenant de 2 à 18 atomes de carbone ou le reste d'un acide cycloalcanecarboxylique dont le radical cycloalcane comporte de 3 à 7 atomes de carbone. Plus particulièrement, R-CO peut représenter le reste acyle de l'acide acétique, butyrique, caprylique, laurique, palmitique, stéarique, oléique, linoléique, arachidonique, cyclopropanecarboxylique, cyclobutanecarboxylique, cyclopentanecarboxylique ou cyclohexanecarboxylique. La thérapie contre les calculs bilaires par l'acide ursodésoxycholique constitue aujourd'hui une technique bien connue (voir Nakagawa et Makino, Lancet, 2, 367, 1977) On a démontré que l'acide ursodésoxycholique est plus efficace que son épimère en position 7, c'est-à-dire l'acide chénodésoxycholi- que, surtout en raison de sa plus faible susceptibilité à l'inactivation du groupe hydroxy en position 7 Les enzymes d'origine bactérienne qui sont présentes au niveau intestinal (Ferrari, et al, FEBS Lett 75, 176, 1977), sont capables d'éliminer le groupe hydroxy en position 7 dans l'acide chénodésoxycholique qui se forme par épimérisation de l'acide ursodésoxycholique Pour cette raisons c'est-à-dire en raison d'une inactivation plus lente de l'acide chénodésoxycho- lique, on peut administrer l'acide ursodésoxycholique à des dosages plus faibles et avec une meilleure tolérance D'autre part, à la suite d'études comparatives, il semble que son activité clinique contre les lithiases soit relativement inférieure à celle de l'acide chénodésoxycholique (Nakayama, Digestive Dis Sc. , 129, 1980) Une inactivation métabolique chez l'homme de l'acide ursodé- soxycholique a également été décrite, impliquant vraisemblablement l'oxydation en un dérivé 7-céto, ce qui rend la substance inactive pendant 24 heures (Fedorowski et al, Gastroenterology, 73, 1131, 1977). La possibilité que l'acide ursodésoxycholique puisse être déshydroxylé en position 7 pendant une plus longue période, peut impliquer la formation de métabolites-à activité hépatoxique (Sarva et al, Gastroenterology, 79, 1980) et même de mutagènes dans l'intestion (Sauer et al, Zschr Gastroenterol, 17, 236, 1979). Il est donq très important en vue d'assurer une thérapie de longue durée contre les calculs biliaires, de fournir des dérivés qui permettent un recyclage continu de l'acide ursodésoxycholique et qui réduisent les possibi- lités d'inactivation au niveau intestinal On a maintenant trouvé que les dérivés 7-acylés de formule (I), qu'on désignera ci-après " 7-esters de UDC", résistent à l'inactivation à un degré qui était imprévisible, en permettant ainsi une réduction importante de doses journalières et/ou un allongement important des intervalles entre les administra- tions Les dérivés acylés de formule (I) sont pratiquement exempts de toxicité pour les animaux et, lors d'essais sur une calculose expérimentale, ces dérivés ont fait preuve d'une activité contre les lithiases qui est, surtout à certains égards, nettement supérieure à l'activité de l'acide ursodésoxycholique. La présente invention a donc pour objet les médicaments constitués par les 7-esters de UDC ainsi que des compositions pharmaceutiques utiles notamment pour le traitement de la calculose biliaire et de la diskinésie biliaire, compositions qui comprennent un ou plusieurs 7-esters de UDC à titre d'ingrédients actifs. L'invention a également pour objet l'utilisation des composés de formule (I) pour le traitement de la calculose biliaire et de la diskinésie biliaire. L'expression "utilisation" dans le présent mémoire couvre toutesles opérations concernant la préparation des composés, notamment leur purification, leur formulation sous formes pharmaceutiques adaptées à l'administration et/ou leur conditionnement dans des enveloppes elles-mêmes appropriées à l'administra- tion. L'invention a également pour objet un procédé de préparation de 7esters de UDC de formule (I), qui consiste en une hydrolyse sélective dans des conditions alcalines des dérivés 3,7-diacylés de l'ester méthylique d'acide ursodésoxycholique, de formule (II), selon le schéma de réaction ci-dessous: 10583 (II) 3 - dans lequel R-CO a la même signification que précédemment. On effectue l'hydrolyse sélective, schématiquement représentée ci- dessus, en utilisant de l'hydroxyde de sodium ou de potassium dans les solvants qui sont des mélanges d'alcools inférieurs avec de l'eau ou un mélange de méthyl cellosalve avec de l'eau ou encore des mélanges analogues. Les matières de départ, c'est-à-dire des dérivés 3,7-diacylés de formule (II), sont préparées par acylation de l'ester méthylique d'acide ursodésoxycholique avec des dérivés actifs d'acides de formule R-COOH, tels que des chlorures et des anhydrides notamment des anhydrides mixtes, avantageusement en présence d'un accepteur d'acide Un procédé particulièrement simple de diacylation, donnant de bons rendements, consiste à faire réagir l'ester méthylique de l'acide ursodésoxycholique et le chlorure ou l'anhydride d'acyle dans la pyridine. Après l'hydrolyse sélective décrite plus haut, on isole les 7-esters de UDC de formule (I) et on les purifie par cristallisation; s'ils sont liquides à température ambiante, on les purifie par chromatographie sur colonne, avantageusement sur colonne de silice. Les exemples suivants dans lesquels toutes les proportions sont en poids sauf stipulation contraire, servent à illustrer l'invention sans aucunement en limiter la portée EXEMPLE 1 Acide 7-butyryl-ursodésoxycholigue (formule I, dans laquelle R = n-p ro yle. a) On traite une solution de 1 millimole d'ester méthylique d'acide ursodé- soxycholique dans 1,42 cm 3 de pyridine avec 9,8 millimoles d'anhydride butyri- que On chauffe le mélange sous reflux pendant trois heures et ensuite on le verse avec agitation sur de la glace et on acidifie jusqu'à p H= 1 avec HC 1 ( 1:1). On extrait le précipité avec CH 2 C 112; on lave le solvant organique avec une solution saturée de bicarbonate de sodium, puis avec de l'eau jusqu'à neutra- lité On sèche la solution sur du sulfate de sodium puis on évapore sous vide jusqu'à poids constant On utilise le produit ainsi obtenu, qui est l'ester méthylique d'acide 3,7-dibutyrylursodésoxycholique, dans aucune autre purifica- tion pour la réaction suivante. b) On ajoute une solution de 1 millimole du dérivé diacylé obtenu selon le 3 3 3 paragraphe a) ci-dessus dans 4,46 cm de méthanol, à 2,23 cm 3 d'eau et 0, 23 cm d'une solution aqueuse de 50 % de KOH On laisse le mélange au repos dans une atmosphère inerte jusqu'au moment o un examen chromatographique confirme que l'hydrolyse a bien eu lieu (environ 2,5 heures) Ensuite on évapore le méthanol sous vide, on acidifié le résidu jusqu'à p H 2 avec HC 1 ( 1:1), puis on extrait avec du chlorure de méthylène On sèche l'extrait sur du sulfate de sodium et on évapore à siccité Après recristallisation dans l'acétate d'éthyle, on obtient le produit désiré à l'état pur, P F = 184-185 C (Les données analyti- ques apparaissent dans le tableau I). EXEMPLE 2 Acide 7-oléyl-ursodésoxycholique (formule I, dans laquelle R = CH 3-(CH 2)7-CH=CH-(CH 2)7-). a) On traite une solution de 1 millimole d'ester méthylique d'acide ursodésoxycho- lique dans 2 cm 3 de pyridine avec 2,5 millimoles de chlorure d'acide oléique. On chauffe le mélange sous reflux pendant 1 heure, puis on le verse sur de la glace, on acidifie avec H Cl ( 1:1) jusqu'à p H 1 et on isole le produit qui est l'ester méthylique d'acide 3,7-dioléylursodésoxycholique en procédant comme au paragraphe a) dans l'exemple 1. b) On traite le produit brut ainsi obtenu avec du KOH dans une solution de méthanol aqueux dans les mêmes proportions quantitatives que dans l'exemple 1 b), mais on effectue l'hydrolyse sous agitation à une température de 5060 C. On chromatographie l'huile obtenur en fin d'opération sur de la silice dans un rapport de 1:20 en utilisant, à titre d'éluant, des mélanges d'hexane et d'acétate d'éthyle dans un rapport assurant une polarité croissante et allant de 9:1 à 6:4. Le tableau I ci-après résume les données caractéristiques des 7-esters du UDC de formule (I) obtenus par le procédé selon l'invention. TABLEAU I Solvant de Analyse COMPOSES P F (OC) Solvant dermule cristallisation Formule Calculé % Trouvé % C 71,89 71,42 7-acétate de UDC C 26 H 4205 C 7,8 1,42 26 42 5 H 9,68 10,15 C 72, 73 72, 52 7-butyrate de UDC 184-185 C Acétate d'éthyle C 28 H 4605 H 792,96 10,19 28 46 5 H 9,96 10, 19 7-cyclopropancar 214-2160 C Méthanol C H o C 73,04 72,74 boxylate de UDC 28 445 H 9,57 9,87 7-caprylate de UDC Huile C 32 H 54 5 C 74,13 74,00 H 10,42 10,79 7-laurate de UDC Huile C H O C 75,26 74,70 36 62 5 H 10,80 11,12 7-oléate de UDC Huile C 2 H O C 76,83 77,08 C 42 H 7205 H 10,98 11,01 7-linoléate de UDC Huile C 4 HO C 77,06 77,12 42 70 H10,70 10,83 oe Ul Les 7-esters de UDC dont il est question ci-dessus donnent les signaux suivants lors d'une analyse par RMN (dans la pyridine avec une référence interne, TMS): 3,55/3,60 4,05/4,15 ( 1 H, m, 'CHOH); 4,75/4,80 5,25/5,30 ( 1 H, m, CH OC-R); En outre, l'oléate et le linoléate font apparaître des signaux à ,27-5,60 ( 2 H, m, CH=CH) et à 5,05-5,75 ( 4 H, 2 CH=CH) respectivement. Lors d'une analyse I R tous les composés de formule (I) montrent une absorption à 3 540 et 3 420 cm-1 (OH) et à 1 720 cm-1 (large bande: COOH, 0-OC-R). Pour estimer l'activité contre les lithiases, de l'acide ursodésoxycho- lique et de ses dérivés de formule (I), on a testé ces substances sur des animaux souffrant de calculose Pour ce test, on a provoqué la calculose en soumettant pendant 53 jours, des Cricétides Syriens à un régime alimentaire apte à créer une lithiase (Dam and Christensen, Acta Path Microbiol Scand. , 236, 1952) On a administré l'acide ursodésoxycholique et ses dérivés de formule (I) à des doses équivalentes à 0,2 % d'acide ursodésoxycholique A la fin du traitement, on a sacrifié les animaux et on a examiné la bile pour dé- terminer si elle était limpide ou opaque; on a déterminé en outre l'incidence en (%) de la Calculose Les données expérimentales apparaissent dans le tableau II. TABLEAU II Incidence de la calculose chez les Cricétides traités avec une alimentation lithogène (groupe de 25 animaux traités pendant 53 jours). de diète de diète Témoins Bile limpide Bile opaque /25 5/25 ( 40 %) ( 20 %) Acide ursodésoxycho- lique (UDC) 0,2 8/24 ( 33 %) 12/24 ( 50 %) Calculs /25 ( 40 %) 4/24 ( 17 %) Acétate de UDC Laurate de UDC Butyrate de UDC 0,214 0,293 0,236 12/22 6/22 ( 44 %) ( 27 %) 8/25 ( 32 %) 11/25 ( 44 %) 4/24 12/24 ( 17 %) ( 50 %) Oléate de UDC Linoléate de UDC 0,335 0,336 18/25 7/25 ( 72 %) ( 28 %) 14/25 11/25 ( 53 %) ( 44 %) Les animaux traités par l'acide ursodésoxycholique ou ses dérivés 7acylés n'ont pas fait preuve d'effets toxiques importants et la faible mortalité (au maximum de 10 % par groupe) a été provoquée par des infections qui sont fréquentes lors d'une expérimentation de cette nature Les données montrent que l'acide ursodésoxycholique est un agent efficace pour empêcher la calculose biliaire provoquée par une diète lithogène D'autre part, les dérivés 7-acylés de l'acide ursodésoxycholique, aussi bien sous forme de substances portant un substituant à chaîne courte que de substances ayant un substituant à chaîne longue, donnent des résultats équivalents ou meilleurs 4/22 ( 18 %) 6/25 ( 24 %) 9/24 ( 38 %) 0/25 ( 0 %) 0/25 ( 0 %) en particulier, les dérivés portant un substituant non saturé à chaîne longue manifestent une aptitude à la protection totale des animaux contre l'incidence de la calculose. La toxicité de l'acide ursodésoxycholique et de ses dérivés 7-acylés a été testée sur des rats mâles et femelles du type Swiss pesant de 30 à 35 g quand il s'agit de mâles et de 24 à 29 g pour les femelles On a administré l'acide ursodésoxycholique o ses dérivés 7-acylés en dissolution dans la carbolymthylcellulose à 0,5 % Des doses croissantes allant de 10 à 2000 mg/kg pour chaque substance ont été testées Après une administration par voie orale de chaque substance, on a gardé les animaux en observation pendant 10 jours. On n'a constaté aucun décès pour chacune des doses administrées et les animaux n'ont pas manifesté de symptômes notables de toxicité. On peut donc conclure que les dérivés 7-acylés de l'acide ursodésoxycho- lique font preuve d'une activité anti-lithiase importante chez les cricétides recevant une alimentation de nature à provoquer une lithogénèse biliaire En outre, ces dérivés ne font preuve d'aucune toxicité aig Ue à des dosages élevés (DL 50 supérieure à 2 000 mg/kg), pas plus que d'une toxicité au cours du test d'inhibition de la lithogénèse, test qui peut 9 tre considéré comme équivalent à une détermination de toxicité subaigile. On peut administrer les composés de formule (I) à des patients souf- frant de calculose biliaire et de diskinésie biliaire des doses de 50 à 500 mg 1 à 4 prises par jour) Le mode d'administration peut être le même qu'avec des compositions pharmaceutiques usuelles; on préfère particulièrement les gélules Scherer. Des excipients inertes usuels pharmaceutiquement compatibles peuvent être incorporés dans les compositions pharmaceutiques selon l'invention. REVENDICATIONS 1 Dérivé 7-acylé, caractérisé en ce qu'il répond à la formule: H 3 C o ' COO 3 j COOH 1 (I) i 'O-C-R B 8 dans laquelle R-CO représente le reste d'un acide carboxylique linéaire, saturé ou non saturé, contenant de 2 à 18 atomes de carbone ou le reste d'un acide cycloalcanecarboxylique dont le radical cycloalcane comporte de 3 à 7 atomes de carbone. 2 Dérivé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il est choisi parmi les composés suivants: acide 7-acétyl-ursodésoxycholique, acide 7butyryl-ursodésoxycholique, acide 7-(cyclopropyl-carbonyl)ursodésoxycholique, acide 7-capryloyl-ursodésoxycholique, acide 7-lauroylursodésoxycholique, acide 7-oléyl-ursodésoxycholique et acide 7-linoléylursodésoxycholique. 3 Procédé de préparation d'un composé tel que défini dans la reven- dication 1 ou 2, caractérisé en ce qu'il consiste à hydrolyser sélectivement dans des conditions alcalines un composé qui est un dérivé 3,7-diacylé de l'ester méthylique d'acide ursodésoxycholique, de formule (II), conformément au schéma de réaction ci-après. COO 3 yI R-C-O' ô O R (II) dans lequel R-CO a la même signification que dans la revendication 1. 4 Procédé selon la revendication 3, caractérisé en ce qu'on effectue l'hydrolyse avec de l'hydroxyde de sodium ou de l'hydroxyde de potassium. Procédé selon la revendication 3 ou 4, caractérisé en ce qu'on effectue l'hydrolyse dans un solvant qui est un mélange d'alcools inférieurs et d'eau ou un mélange de méthyl cellosolveet d'eau. 6 Médicament, caractérisé en ce qu'il est constitué par l'un des dérivés selon la revendication 1 ou 2. 7 Composition pharmaceutique notamment pour le traitement de la calculose biliaire et de la diskinésie biliaire, caractérisée en ce qu'elle comprendau moins un médicament selon la revendication 6 et des excipients inertes pharmaceutîquement acceptables. 8 Composition pharmaceutique selon la revendication 7, caractérisée- en ce qu'elle se présente sous la forme de doses unitaires contenant 50 à 500 mg de principe actif.