La présente invention, qui est due aux travaux de Messieurs Jean COSPEN et Bernard BAUMANN a trait à une languette de déchirure en matière plastique pour . boîtes métalliques. Les couvercles métalliques à ouverture facile pour boîtes de tout genre ont 5 pris une grande importance dans le domaine de l'emballage. La méthode la plus répandue consiste à fixer un organe de préhension sur une partie du couvercle délimitée par une ligne de déchirure ; une traction sur cet organe permet d'enlever la surface arrachable. En général l'organe de préhension est une languette en métal réunie au couvercle par un rivet intégré, c'est-à-dire venu de la ma-10 tière même du couvercle par déformations répétées. Ce mode de fixation pose un certain nombre de problèmes, surtout à cause de la contrainte considérable que le métal suhit à la formation du rivet. Pour cette raison on est obligé d'utiliser pour la fabrication des couvercles des feuilles en alliages spéciaux d'un prix élevé ; les machines utilisées sont 15 onéreuses, compliquées et encombrantes. En outre, la fixation de l'organe de préhension doit être faite à une certaine distance de la ligne de déchirure pour ne pas diminuer l'épaisseur du métal à l'endroit où il est le plus vulnérable, c'est-à-dire sur la ligne de déchirure ; cette limitation empêche la formation d'ouvertures vraiment "faciles". 20 En effet, si le point de fixation du rivet est placé à une certaine distan ce de la ligne de déchirure, le rapport des deux bras de levier de part et d'autre de ce point devient plus défavorable et la force nécessaire pour provoquer la rupture initiale de la ligne de déchirure devient plus grande. Pour cette raison on a même proposé de déplacer l'axe d'appui à l'avant du rivet en l'en-25 tourant d'une découpe dans la languette. Cette solution a cependant comme conséquence que la longueur de l'arc de la ligne de déchirure qui cède à cette pression est relativement courte, car la corde de cet arc passe à peu près par l'axe d'appui susdit, c'est-à-dire devant le rivet. Aussi l'effort de traction nécessaire pour passer de la rupture initiale 30 de la ligne à sa déchirure est considérable, à tel point qu'il provoque souvent l'arrachement de la languette sur la ligne qui joint les extrémités de la découpe. Par contre, si l'axe d'appui de la languette passe derrière le rivet, comme c'est le cas pour une languette sans découpe, le pli qui se forme à cet endroit 35 dans la partie arrachable du couvercle passe par la partie dont le métal a été sollicité le plus par la formation du rivet et c'est ce dernier qui risque d'être arraché. Le remplacement du rivet intégré par un rivet rapporté crée des difficultés d'étanchéité qui n'avaient pas été résolues à ce jour. L'utilisation d'une lan-40 guette en matière plastique, dont une partie est fixée par enclenchement brusque 70 13593 2 2085378 dans une ouverture du couvercle n'a pas permis de résoudre ce problème pour les boîtes dont le contenu est sous pression, par exemple pour les boissons gazeuses, ou encore pour les boîtes devant subir un traitement de stérilisation thermique. Dans tous ces cas l'herméticité biologique est douteuse. 5 D'autre part, ces organes en matière plastique qui, pour permettre leur enclenchement, sont nécessairement en un matériau relativement souple, peuvent être utilisés uniquement pour les systèmes à arrachement pur et ne peuvent jamais aider à la perforation de la ligne de déchirure pour faciliter l'ouverture de la boîte, telle qu'il est possible de le faire avec les languettes métalli-10 ques. La présente invention a pour but de remédier à ces défauts en utilisant une languette en matière plastique qui peut être fixée au couvercle d'une façon hermétique sans sollicitation notable du métal, à proximité de la ligne de déchirure et qui provoque une rupture initiale de cette ligne telle que la conti-15 nuation de la déchirure s'effectue plus facilement. Le but de l'invention est donc un dispositif pour l'ouverture d'un couvercle pour boîte de conserve, pourvu d'une ligne de déchirure qui comporte un organe de préhension en matière plastique rigide ou semi-rigide dont une extrémité sert à rompre la ligne de déchirure et qui est composé de deux parties rendues 20 solidaires à travers une ouverture dans le couvercle à proximité de la ligne de déchirure, lesdites deux parties obturant hermétiquement l'ouverture et formant avec le couvercle une liaison rigide. De préférence, cette fixation se fait par une mise entension mécanique interne des deux parties de l'organe, suivi d'un chauffage de l'ensemble par 25 ultra-son et d'une seconde mise en tension mécanique interne. L'écart entre l'ouverture dans le couvercle et la ligne de déchirure est choisi tel que la partie inférieure de l'organe de préhension qui se trouve à l'intérieur de la boîte soit au moins tangente à ladite ligne. Ce bord peut cependant aussi dépasser cette ligne. 30 L'extrémité de l'organe qui sert à la préhension peut être amincie par rapport à l'extrémité qui est réunie au couvercle pour donner à cette partie une plus grande souplesse. Ce résultat peut également être obtenu en formant une articulation dans la languette entre la zone de préhension et la zone de fixation. 35 Pour empêcher la rotation de l'organe de préhension dans l'ouverture, celle-ci peut présenter une forme non-circulaire; dans ce cas, la partie supérieure de l'organe de préhension présente sur sa face inférieure une protubérance de même configuration que l'ouverture dans laquelle elle pénètre. Pour des raisons d'identification ou de publicité, la languette peut 40 facilement être coloriée ou pourvue de signes distinctifs. BÀD OniO'UAL 70 13593 3 2085378 Quelques réalisations de la présente invention sont illustrées par les dessins annexés. Ces représentations sont purement schématiques et, pour faciliter la compréhension, ne tiennent pas compte des mesures réelles. La figure 1 représente, en coupe, les deux parties de l'organe avant 5 leur réunion à travers le couvercle. La figure 2 représente, en coupe, l'organe fixé au couvercle , au moment de la rupture initiale de la ligne de déchirure. La figure 3 représente la partie supérieure de la languette d'une va-■ riante vue d'en bas. 10 La figure 4 représente, en coupe, cette languette mise en place. La figure 1 montre d'une façon très schématique la fixation à un couvercle métallique d'un organe de préhension en matière plastique selon l'invention. Ce couvercle (1) comporte une ligne de déchirure (2) à proximité de 15 laquelle on a pratiqué une ouverture (3) entourée d'un rebord (4). L'organe de préhension est en matière plastique, par exemple en un polypropylène semi-rigide; il comporte deux parties, à savoir la partie supérieure (5) qui se trouve placée sur le couvercle et qui comporte la languette (6) proprement dite et une protubérance (7) qui traverse le couvercle par l'ouverture (3); cette 20 protubérance (7) est pourvue d'un pas de vis (8) qui coopère avec le filetage (9) de la partie inférieure (10) de l'organe de préhension qui sert d'écrou et dont le bord extérieur est tangent à un plan perpendiculaire au couvercle passant par la ligne de déchirure. Pour avoir une réunion hermétique entre les deux parties de 1'organe de 25 préhension et le couvercle, on utilise un procédé de chauffage par ultra-son avec mise en tension mécanique interne; ce procédé est décrit dans la demande française n° 70 04278 déposée le 5 février 1970 par la demanderesse. A la suite de la fixation de la languette par ce procédé les trois éléments forment entre eux un ensemble indéformable dans la zone ou se fait l'amorce 30 de la déchirure de la ligne. Aucun glissement entre les différentes parties n'est possible et, dans un périmètre bien défini, l'élasticité du métal est réduite à un minimum, si bien que la force exercée par le soulèvement de la languette est transmise presque intégralement vers l'endroit de la rupture par un mouvement de levier. 35 Comme le bras court de ce levier,entre la fixation de la languette et la ligne de déchirure>est petit par rapport au bras sur lequel s'exerce le soulèvement, la force exercée à cet endroit est considérablement augmentée et la rupture initiale se fait facilement ( figure 2). A la rupture la partie avant de la languette fait un mouvement de 40 rotation autour d'un axe (11) qui se trouve derrière la partie inférieure (10) 70 13593 4 2085378 de l'organe, c'est-à-dire à une distance du point de fixation qui est égale à la distance de ce point à la ligne de déchirure. Le pli qui se forme à la hauteur de cet axe (11) constitue la corde d'un arc de rupture initiale dont la flèche est sensiblement égale au diamètre de la partie inférieure (10) de l'organe 5 de préhension. L'allongement de cette flèche par rapport aux systèmes actuellement connus résulte en une rupture initiale plus longue, les extrémités de l'arc que forme cette rupture dépassant immédiatement la corde qui passe par le centre de la fixation de l'organe de préhension. Toute traction exercée sur la languette 10 tend à soulever la partie du couvercle qui est déjà détachée du bord, et à l'amener en arrière dans un mouvement naturel réduisant les possibilités des manoeuvres maladroites qui, avec les systèmes connus, sont, souvent la source d'incidents d'ouvertures. Ce mouvement a encore comme conséquence que le bord de la partie arrachée du couvercle ne plonge pas trop profondément dans la 15 boîte. Si, au lieu d'être complètement rigide, la languette présente une partie amincie (12) ( en pointillé sur la figure 2) à l'extrémité qui comporte le trou de préhension (13), la traction sera orientée encore plus facilement dans la direction la plus avantageuse. 20 Au lieu de l'amincissement de la languette (12), il est possible de prévoir entre le trou de préhension (13) et le point de fixation au couvercle (8) une charnière (14) sous forme d'un affaiblissement de la matière. Quelques autres variantes peuvent être adoptées suivant les besoins : ainsi, pour éviter que l'organe de préhension tourne dans l'ouverture circulaire 25 (3) pratiquée dans le couvercle, la partie supérieure de la vis (8) peut être entourée partiellement d'une protubérance non circulaire (15) de la même hauteur que le rebord (4) qui vient s'insérer dans une ouverture (16) de même circonfê-r ence. Dans certains cas, il peut être utile de choisir le diamètre de la partie 30 inférieure (10) de l'organe de préhension de telle façon que cette partie dépasse la ligne de déchirure (2). L'utilisation de la matière plastique pour la fabrication de l'organe de préhension permet de se servir de cet organe pour l'identification ou la publicité, par exemple par le choix des couleurs ou par des impressions adéquates. 35 Cet organe peut d'ailleurs avoir une forme quelconque, sa partie active pouvant être pointue ou arrondie, sa partie passive devant servir à une bonne préhension. La matière utilisée est une matière synthétique dont la rigidité est suffisante pour provoquer la rupture de la ligne de déchirure; outre le polypropylène déjà nommé, on peut utiliser des polyéthylènes HP ou BP, du 40 polystyrène choc, du PVC etc ... 70 13593 5 2085378 REVENDICATIONS - 1/ Dispositif pour l'ouverture d'un couvercle métallique pourvu d'une ligne de déchirure«aractérisé en ce qu'il comporte un organe de préhension en matière synthétique rigide ou semi-rigide dont une extrémité sert à rompre la ligne de 5 déchirure et qui est composé de deux parties rendues solidaires à travers une ouverture dans le couvercle à proximité de la ligne de déchirure, lesdites deux parties obturant hermétiquement l'ouverture et formant avec le couvercle une liaison rigide. 2/ Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que sa fixation est 10 faite par une mise en tension mécanique interne dex deux parties de l'organe à travers une ouverture dans le couvercle, suivie d'un chauffage de l'ensemble par ultra-son et d'une seconde mise en tension mécanique interne. 3/ Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que la distance entre l'ouverture dans le couvercle et la ligne de déchirure est telle que le bord 15 extérieur de la partie inférieure de l'organe de préhension qui se trouve à 1'intérieur de la boîte soit tangent à ladite ligne. 4/ Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que la distance entre 1'ouverture dans le couvercle et la ligne de déchirure est telle que la partie inférieure de l'organe de préhension qui se trouve à l'intérieur de la boîte 20 dépasse le plan perpendiculaire passant par la ligne de déchirure. 5/ Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'ouverture dans le couvercle présente une forme non circulaire dans laquelle vient s'insérer une protubérance de configuration analogue sur l'un des deux parties de l'organe de préhension. 25 6/ Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'extrémité de l'organe qui sert à la préhension est amincie par rapport â l'extrémité réunie au couvercle pour donner à cette partie une plus grande souplesse. 7/ Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'extrémité de l'organe qui sert à la préhension est séparée de l'extrémité de l'organe réunie 30 au couvercle,par une articulation. 8/ Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que la languette est coloriée et/ ou pourvue de signes distinctifs. 35 40