Le procédé traditionnel le plus répandu pour construire les murs dlune maison d'habitation, est basé sur l'utilisation du parpaing classique en béton qui nécessite --après la construction du mur brut-- d'une part, la pose sur la surface interne d'une cloison de doublage pour réaliser l'isolation thermique requise et, d'autre part, l'application sur la surface externe d'un enduit pour assurer la protection du mur contre les intempéries. Des procédés un peu plus évolués ont été développés récemment pour que 11 isolation thermique nécessaire découle de la composition même du parpaing, substituant ainsi un simple enduit au platre à la cloison de doublage du procédé tradition nel ci-dessus. Toutefois, méme avec ces procédés plus évolués, il faut toujours appliquer sur le parpaing un enduit extérieur, comme dans le procédé traditionnel. La présente invention se propose de franchir encore un degré dans l'évolution qui vient dtttre esquissée, en permettant de se dispenser aussi bien de l'enduit extérieur auquel il fallait toujours avoir recours jusqutií, que de tout enduit intérieur méme limité au simple enduit au pleutre des procédés les plus récents, sans parler de la cloison de doublage du procédé traditionnel. La présente invention a en effet pour objet un matériau de construction pouvant se présenter sous forme de parpaing dont la face interne ne requiert pas de finition au plate et dont la face externe ne requiers pas d'enduit, le parpaing venu de fabrication se suffisant pleinement à lui-meme pour remplir les conditions voulues d'isolation thermique et de protection contre les intempéries. Bien entendu, ce parpaing sera un bloc parallélépipédique standard, par exemple de 60 cm de long, de 25 cm de haut et de 30 cm d'épaisseur. Il va de soi que ces dimensions ne sont nullement impératives mais il est particulièrement avantageux, pour le parpaing, que la longueur du bloc soit double de son épaisseur0 Il est prévu, en sus d'un tel bloc standard, offrir des demi-blocs de même épaisseur et de mtme hauteur mais de longueur moitié (donc de 90 cm dans l'exemple retenu), ainsi d'ailleurs que des éléments plus longs --ayant de préférence une longueur qui soit un multiple de 30 cm-- pouvant servir de linteaux, mais toujours de mdme épaisseur et de meme hauteur, A ceu -ci viennent rajouter des blocs et des demi-blocs d'angle pour réaliser la jonction de deux murs orthogonaux ainsi que les cttés verticaux des ouvertures. Conformément à la présente invention, le parpaing est de constitution hétérogène, étant formé de strates de compositions différentes dans le sens de ltépaisseur, et plus précisément d'une strate majeure (sur environ 9/10 de l'épaisseur) de béton colloïdal léger ayant une densité voisine de 0,5 et d'une strate mineure (sur le reste de ltépaisseur) en béton de composition classique pouvant hêtre éventuellement allégé par l'utilisation d'agrégats légers tels que l'argile ou le schiste expansé. Le béton colloSdal léger --désigné couramment sous le sigle B.C.L.-- est décrit dans le document suivant auquel on pourra se reporter pour plus de précisions "Un nouveau matériau de construction LE BETON COLLOIDAL IEGERw par VENUAT et TRAN-THANH-PHAT, Revue des Matériaux de Construotion, N 687, Mars-Avril 1974, pages 88 à 99. La présente invention s'étend également à un procédé de fabrication en série de tels parpaings. La description qui va suivre en regard des dessins annexés, donnée à titre d'exemple non limitatif, fera bien comprendre comment l'invention peut entre réalisée. Les figures 1 et 2 représentent schématiquement en coupe horizontale un bloc standard et un bloc dtangle conformes à la présente invention. La figure 3 est une vue en plan d'un ensemble de sous lage composé de 6 x 3 moules. La figure 4 en est une vue en coupe verticale par n-Iv de la figure 3. On voit sur la figure 1 un parpaing P1 de dimension standard s 60 cm de long et 30 cm d'épaisseur (la hauteur pouvant entre de 25 cm). Ce bloc est constitué, sur 26 cm de son épaisseur} de B.C.L. comme visible en 1 et, sur les 4 cm restants, de béton normal comme visible en 2. Le parpaing d'angle P2 de la figure 2 ne se distingue du précédent que par l'aménagement d'un retour 3 ayant également 4 cm d'épaisseur et pouvant entre constitué dtun carreau de ciment préfabriqué et peint au ton "pierres désiré. Tous ces éléments présentent des faces parfaitement unies et planes et leurs dimensions sont rigoureuses au millimètre près. Ils peuvent entre assemblés en quinconce à la façon usuelle et liés les uns aux autres par de la colle-ciment. Le bloc qui fait l'obJet de la présente invention ne peut pas s'accommoder du procédé habituel de fabrication des parpaings consistant à utiliser une presse donnant au sortir de l'appareil un bloc qui ne se déforme pas pendant la période de prise du béton. En effet, il faut tenir compte du fait que le béton colloïdal léger (B.C.L.) s'afalsse et se déforme. Le bloc de l'invention ne peut pas non plus s'accommoder du procédé habituel de fabrication des éléments de toutes dimensions en béton, qui sont coulés dans des moules à paroi métalli- que et y séjournent jusqu'au durcissement permettant le démoulage. Ce procédé traditionnel conduirait en effet à un prix de revient trop élevé du fait de l'investissement nécessaire pour les moules, et aussi parce que l'usage des moules classiques nécessite de nombreuses manipulations (démontage et nettoyage des moules après décoffrage, remontage des moules, enduction des parois avea un agent de décoffrage, manipulations compliquées pour sortir ltélément de son moule après prise du béton. Conformément à la présente invention, on coule chaque parpaing dans un moule en polystyrène expansé pouvant être fabriqué à grand débit par une machine spéciale telle que la presse autonome "VAL 9" vendue par les Etablissements P0LAL de Boulognesur-Mer. Les moules ainsi fabriqués sont remplis sur 26 cm d'épaisseur par un B.C.L. de densité voisine de 0,5 qui, il est à noter, renferme environ 40 de billes ou agrégats de polystyrène expansé et, sur les 4 cm restants, par du mortier ou béton orW dinaire, allégé ou non par des billes ou agrégats de schiste expansé ou argile ou de laitier expansé. La surface supérieure des moules remplis à ras bords est talochée légèrement et ensuite colorée par une pulvérisation de peinture au ciment blanc lui donnant le ton "pierre" désiré.. Les blocs ainsi produits sur la chatne de fabrication, sont stockés dans leur moule Jusqu'au séchage et durcissement convenable. Ils sont alors repris pour enlèvement du moule par déchirure de celui-ci et sont posés sur palettes pour livraison après durcissement complet. Enfin, et c'est là un aspect important du procédé de l'invention, les débris des moules en polystyrène expansé sont déchiquetés et réutilisés pour la fabrication du B.C.L. En variantes au lieu de déchirer complètement le moule en polystyrène expansé pourdinuder le parpaing, il est avantageux de n > enlever que les quatre faces verticales du moule, laissant la face de fond du moule adhérant au bloc. Le revêtement en polystyrène expansé protégera la face correspondante du bloc, contre les épauflures pendant les manipulations du bloc, son chargement et déchargement, son transport au chantier de construction où il sera enlevé (et jeté) au dernier moment, par le maçon posant le bloc. il est en effet très important que la face intérieure du mur ne soit pas détériorée, puisqu'elle ne recevra aucun enduit ultérieur en plate, quitte à sacrifier quelques grammes de polystyrène récupérables. Dans un mode d'exécution préféré du procédé de la présente invention, les moules en polystyrène expansé M débités par la machine ci-dessus en tette de chatne de fabrication sont posés c8te à cbte sur une palette P pour constituer un damier D de six moules en largeur et trois moules (ou six demi-moules) en longueur comme on le voit sur les figures 3 et 4. Cet ensemble de moules M est encadré par quatre cotés métallieWues rigides en tCle 4, verrouillés entre eux aux quatre coins 5/qui maintiennent la dimension intérieure exacte de chaque moule au moment du remplissage. Le panneau D ainsi constitué passe sous un remplisseurdoseur adéquat quelconque qui déverse dans chaque ioule la quantité voulue de B.C.L. il est ensuite soumis à une légère vibration pour égaliser la surface du B.C.L., égaliser aussi parfaitement la face du bloc en fond de moule et supprimer en outre les cavernes dans la masse. Le panneau D passe alors sous un second appareil doseur qui dépose sur la surface de B.C.L. ltépaisseur complémentaire de béton ou mortier normalement dosé en ciment et renfermant ou non des agrégats légers. On égalise la surface et l'on fait tomber l'excédent de béton ou mortier, Le panneau D passe enfin sous une rangée de pulvériseurs qui colorent la surface à la nuance de pierre désirée. La peinture ainsi pulvérisée est un mélange classique de ciment blanc, méthyl cellulose, titane et colorants dioxyde de fer. Les panneaux sortent alors de la channe et sont stockés Jusqutâ durcissement convenable. ils sont ensuite repris, et l'on procède à l'opéra- tion consistant à récupérer les quatre cotés 4 du panneau D et la palette P, àdechirer les moules M et à stocker les blocs sur les palettes qui serviront à leur livraison après durcissement complet. Les déchets de moules, en polystyrène expansé, sont déchiquetés et cassés en petits morceaux dans un broyeur classique. Ils sont utilisés dans la fabrication du B.C.L. économisant ainsi une fraction de ltordre du quart ou du tiers des billes de polos styrène expansé entrant dans la composition de ce B.C.L. Lorsqu'il s'agit de fabriquer des blocs d'angle, on opère de façon analogue dans ltensemble, avec les modifications suivantes : chaque moule (ou demi-moule) reçoit un carreau préfabriqué en ciment 3 dont une face a été colorée au ton "pierre" choisi pour le bloc fini. Ce carreau est posé verticalement contre une des parois du moule. Enfin le dispositif de fabrication décrit ci-dessus peut aussi titre utilisé pour produire des blocs homogènes en béton colloSdal léger. Dans ce cas, le mur construit sera revetu d'un enduit extérieur protecteur, comme dans le cas des parpaings traditionnels. REVENDICATIONS lo Matériau de construction se présentant sous l'aspect d'un parpaing, caractérisé en ce qu'il est de constitution hétérogène, étant formé de strates de compositions différentes dans le sens de ltépaisseur : une strate majeure de béton colloSdal léger et une strate mineure en béton de composition classique pouvant titre éventuellement allégé par l'utilisation d'agrégats tels que l'argile ou le schiste expansé. 2. Procédé de fabrication du parpaing selon la revendication 1, caractérisé en ce que les composants de béton colloi- dal léger et de béton classique sont coulés successivement dans un moule en polystyrène expansé. 3. Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que le béton colloïdal léger contient lui-même des agrégats de polystyrène expansé, tandis que le béton classique peut entre allégé par des agrégats de schiste expansé ou d'argile ou de laiter expansé. 4. Procédé selon la revendication 2 ou 3, caractérisé en ce que la surface supérieure du moule rempli à ras bords est talochée et ensuite colorée par une pulvérisation de peinture au ciment blanc lui donnant le ton "pierre" désiré, So Procédé selon la revendication 2, 3 ou 4, caractérisé en ce que, après séchage et durcissement du bloc, celui-ci est libéré par déchirure du moule en polystyrène expansé qui l'enveloppe. 6. Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce quton n'enlève que les quatre faces verticales du moule en po lystyrène expansé, laissant la face de fond du moule adhérant au bloc, cette dernière face n'étant arrachée que lorsque le parpaing est à pied d'oeuvre, pret à etre posé. 7. Procédé selon la revendication 5 ou 6, caractérisé en ce que les débris de moule en polystyrène expansé sont déchiquetés et réutilisés pour la production du béton colloldal léger.