La présente invention concerne les coeurs de croisement pour voies ferrées. On connait déjà des coeurs de croisement pour voies ferrées, de type dit américain, c'est-à-dire comportant un bloc central d'acier usiné, généralement au manganèse, de part et d'autre duquel sont assemblés, par boulonnage traversant et au moyen d'entretoises auxiliaires, des rails ou éléments de rails formant latéralement les deux rails pattes de lièvre et les deux rails de contrepointe. De tels coeurs de croisement sont largement utilisés car ils évitent la réalisation délicate et onéreuse de coeurs de croisement monoblocs. Cependant, ils présentent un certain nombre d'inconvénients. Tout d'abord, afin d'ancrer le bloc central par rapport aux rails pattes de lièvre, et ainsi diminuer les efforts de cisaillement auxquels sont soumis les boulons traversants d'assemblage, ce bloc central comporte, au niveau de sa pointe, une portion présentant, en vue en plan,la forme approximative d'un losange, dont le contour extérieur est épousé par lesdits rails pattes de lièvre . I1 en résulte un façonnage délicat et coûteux de ces rails, ainsi que l'obligation de prévoir, en plus d'entretoises de pointe entre la contre-pointe du bloc central et les rails pattes de lièvre, une entretoise de pattes de lièvre entre les rails pattes de lièvre en avant de la pointe du bloc central, et une entretoise de contrepointe entre les rails de contre-pointe, en avant de ladite contrepointe.De plus, dans ces coeurs américains connus, les parois latérales du bloc central sont en appui sur les patins et sur les champignons des rails pattes de lièvre ce qui oblige à un usinage délicat da ceux-ci. La présente invention a pour objet de remédier à ces inconvénients. A cette fin, selon l'invention, le coeur de croisement pour voie ferrée comportant un bloc central à pointe et contre-pointe, de part et d'autre duquel sont assemblés des rails ou éléments de rails formant latéralement les deux rails pattes de lièvre et les deux rails de contre-pointe, est remarquable en ce que les flancs latéraux dudit bloc central, au moins à leurs parties supérieures sont rectilignes en divergeant vers la contre-pointe, en ce que les portions de rails pattes de lièvre en regard desdits flancs latéraux sont elles-mêmes rectilignes et parallèles respectivement à ceux-ci et en ce que les faces latérales des champignons de ces portions rectilignes des rails pattes de lièvre comportent des échancrures longitudinales dans lesquelles pénètrent lesdites parties supérieures rectilignes des flancs latéraux du bloc central. Ainsi, grâce à l'invention, l'ancrage du bloc central par rapport au rail est obtenu par simple disposition de bords rectilignes du bloc central dans des échancrures latérales des champignons des rails pattes de lièvre. On obtient donc un ancrage efficace, avec une forme de pointe de bloc triangulaire simple, ne nécessitant plus la forme compliquée et onéreuse de losange mentionnée cidessus. On remarquera de plus, que l'usinage des échancrures latérales dans les champignons des rails pattes de lièvre est très aisée, car, du fait que les portions de ces rails en regard du bloc central sont rectilignes, cet usinage peut être réalisé lorsque ces rails sont eux-mêmes rectilignes, le coudage de leurs deux extrémités n'étant effectué qu'après réalisation desdites échancrures.L'emplacement des coudes des extrémités desdits rails pattes de lièvre peut être directement au voisinage des extrémités desdites Fchan- crures. L'usinage de ces échancrures est encore facilité du fait que, selon une autre particularité du coeur de croisement conforme à l'invention, le contact entre les parois latérales du bloc central et les rails pattes de lièvre est obtenu par des plots dudit bloc central formant des appuis séparés , et s'appuyant sur l'amie et sur le patin desdits rails, et non pas sur les champignons comme dans les coeurs connus. Ainsi, les tolérances des échancrures latérales dans les champignons des rails pattes de lièvre ne sont pas critiques. On remarquera de plus que grace à cette particularité, il n'est plus nécessaire d'usiner les patins de ces rails. Dans le cas d'assemblage par boulons traversants, il est avantageux que lesdits boulons soient disposés au niveau desdits plots d'appui. Par ailleurs, gracie à l'invention, on peut supprimer les entretoises de pattes de lièvre et de contre-pointe mentionnées ci-dessus, seules les entretoises de pointe étant nécessaires. La présente invention permet également d'obtenir une contre-pointe à flancs parallèles (alors que dans les coeurs de croisement américains une telle contre-pointe est convergente ou divergente) et de bonne épaisseur, ce qui facilite encore l'usinage du bloc central et assure une grande solidité à ladite contre-pointe. De préférence, pour renforcer l'ancrage réciproque du bloc central et des rails, les flancs latéraux parallèles de la contre-pointe sont logés dans f des échancrures des champignons des rails de contre-pointe. Les figures du dessin annexé feront bien comprendre comment l'invention peut être réalisée. La figure 1 est une vue schématique du dessus d'un coeur de croisement selon l'invention. Les figures 2 à 6 correspondent respectivement à des coupes transversales selon les lignes II-II, III-III, IV-IV, V-V et VI-VI de la figure 1. Le coeur de croisement pour voie ferrée, conforme à l'invention, et montré par ces figures, comporte un bloc central 1, par exemple en acier au manganèse, dans lequel sont usinées des voies 2 et 3 concourantes pour les roues de wagons, et auquel sont associés un rail patte de lièvre gauche 4, un rail patte de lièvre droit 5, un rail de contre-pointe gauche 6 et un rail de contre-pointe droit 7. Le bloc central 1 comporte deux flancs latéraux rectilignes 8 et 9 allant en s'évasant vers la contre-pointe 10. Les flancs rectilignes 8 et 9 sont respectivement logés dans des encoches 11 et 12 prévues dans les champignons 13 et 14 de parties rectilignes 4a et 5a des rails pattes de lièvre 4 et 5. Les parties rectilignes 4a et 5a des rails pattes de lièvre 4 et 5, s'étendent sur toute la longueur des flancs 8 et 9 et sont raccordés , du côté de la pointe à des parties 4b et 5b respectivement et, du côté de la contre-pointe, à des parties 4c et 5c respectivement. Les parties 4b et 5b sont reliées aux parties rectilignes 4a et 5a par des coudes dont les centres respectifs 15 et 16 se trouvent approximativement au niveau du voisinage de l'extrémité de gauche (sur la figure 1) du bloc central 1.De même, les parties 4c et 5c sont reliées aux parties rectilignes 4a et 5a par des coudes dont les centres respectifs 17 et 18 se trouvent approximativement au niveau de la partie la plus large du bloc central 1 (sur la droite de la figure 1) juste avant la contre-pointe 10. Comme le montrent les figures 2 à 5, quoique les flancs rectilignes 8 et 9 ne soient pas en appui contre le fond des encoches 11 et 12, celles-ci assurent le blocage réciproque des rails pattes de lièvre par rapport au bloc central 1. Le bloc central 1 comporte des saillies latérales 21, venant en appui contre les àmes des rails pattes de lièvre 4 et 5. De plus, ledit bloc central repose sur le patin 22 desdits rails. Le bloc central 1 et les rails pattes de lièvre 4 et 5 sont percés de trous 23 et 24 respectivement au niveau des saillies 21 pour le passage de boulons (non représentés) destinés à l'assemblage de l'ensemble. Les flancs latéraux de la contre-pointe 10 sont parallèles entre eux et cette contre-pointe est relativement large. Les rails de contre-pointe 6 et 7 sont fixés sur lesdits flancs latéraux et des entretoises de contre-pointe 19 et 20 sont respectivement prévues entre lesdits rails de contre-pointe 6 et 7 et les parties 4c et 5c des rails pattes de lièvre. Comme le montre la figure 6, les champignons en regard des rails de contre-pointe 6 et 7 comportent des échancrures 25 et 26 respectivement, dans lesquelles sont logés les flancs latéraux parallèles de la contre-pointe 10. Par ailleurs, celle-ci prend appui sur l'ame des rails 6 et 7 par des saillies 27 et 28 et sa partie inférieure repose sur les patins 29 et 30 desdits rails. Les rails 6 et 7 , les rails 4c et 5c, les entretoises 19 et 20 et la contre-pointe 10 sont percés de trous en correspondance dans lesquels sont introduits et serrés des boulons d'assemblage non représenté. On voit que pour réaliser le coeur de croisement selon l'invention, on commence par usiner les rails 4,5 et 6,7 alors qu'ils sont à l'état rectiligne, pour effectuer les encoches 11, 12 et 25, 26 respectivement, dans leurs champignons. Ensuite, les rails 4 et 5 sont coudés en 15, 16, 17 et 18 respectivement, puis on assemble les différents éléments entre eux, à l'aide de boulons traversants éventuellement renforcés par des points de collage. Les usinages nécessaires pour la réalisation du coeur de croisement selon l'invention sont donc particulièrement simples et réduits. REVENDICATIONS 1.- Coeur de croisement pour voie ferrée comportant un bloc central à pointe et contre-pointe, de part et d'autre duquel sont assemblés des rails ou éléments de rails formant latéralement les deux rails pattes de lièvre et les deux rails de contre-pointe, caractérisé en ce que les flancs latéraux dudit bloc central, au moins dans leurs parties supérieures sont rectilignes en divergeant vers la contre-pointe, en ce que les portions de rails pattes de lièvre en regard desdits flancs latéraux sont elles-mêmes rectilignes et parallèles respectivement à ceux-ci et en ce que les faces latérales des champignons de ces portions rectilignes des rails pattes de lièvre comportent des échancrures longitudinales dans lesquelles pénètrent lesdites parties supérieures rectilignes des flancs latéraux du bloc central. 2.- Coeur de croisement selon la revendication 1, caractérisé en ce que les parties supérieures rectilignes des flancs latéraux du bloc central ne sont pas en appui contre le fond desdites échancrures et en ce que les flancs latéraux du bloc central comportent des saillies venant en appui sur les ames des rails pattes de lièvre. 3.- Coeur de croisement selon la revendication 2, caractérisé en ce que le bloc central repose, au moins en certains endroits, sur le patin des rails pattes de lièvre. 4.- Coeur de croisement selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que les emplacements des coudes des extrémités desdits rails pattes de lièvre sont disposés de façon à permettre l'usinage des échancrures dans ceux-ci lorsqu'ils sont rectilignes, le coudage des extrémités de chacun de ces rails n'intervenant qu'après cet usinage. 5.- Coeur de croisement selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que sa contre-pointe présente des flancs latéraux parallèles. 6.-Coeur de croisement selon la revendication 5, caractérisé en ce que lesdits flancs latéraux parallèles de la contre-pointe sont logés dans des échancrures des champignons des rails de contrepointe. 7.- Coeur de croisement selon l'une des revendications 5 ou 6, caractérisé en ce que les flancs latéraux parallèles de la contrepointe comportent des saillies venant en appui sur les rames des rails de contre-pointe. 8.- Coeur de croisement selon l'une quelconque des revendications 5 à 7, caractérisé en ce que la contre-pointe repose, au moins en certains endroits, sur le patin des rails de contre-pointe. 9.-Coeur de croisement selon l'une quelconque des revendications 2 ou 7, caractérisé en ce que , au niveau desdites saillies, sont prévus des trous traversés par des boulons d'assemblage. 10.- Coeur de croisement selon l'une quelconque des revendications 1 à 9, caractérisé en ce qu'il ne comporte aucune entretoise ext6- rieure à sa longueur.