La présente invention concerne un procédé et un dispositif pour la consolSdatisn de grès morbide et soumis à un danger de dégradation statique. On a noté d un degré croissant au cours des 30 dernières années, sur les édifices en grès, en particulier sur les constructions et les monuments précieux du point de vue histoire de l'art et de la culture et classés monuments historiques, des do=sages qui sont dus aux influences chimiques et physiques de ltensironnementv Le- grès, et principalement le grès i liant formé par du carbonate de calcium, devent mou et friable et perd sa résistance statique. Depuis de nombreuses années, on oonnatt des moyens et des procédés pour la consolidation. du grès morbide et sujet à un danger de dégradation statique, mais toutefois tous ces moyens et tous ces procédés présentent cet inconvénient que le grès endommagé par une attaque chimique n'est durci ou consolidé que de façon superficielle.Ces moyens connus sont constitués principalement par de l'acide silicique ou de la silice SiO2 cristallisi dissous dans une-lessive de potasse ou de soude, auquel on a ajouté également ces derniers temps des dispersions de résines synthétiques ou des émulsifiants à titre de stabilisants ou d'agents tampons, selon des concentrations allant jusqu'à 5 X. Ces derniers temps, on a utilisé également, pour la consolidation, des résines synthétiques dans des solvants, avec ou sans addition hydrofuge (silicones), dont la profondeur de pénétration est déd plus grande, mais qui par contre présentent également d'autres inconvénients importants. Les origines principales de la faible profondeur de pénétration dans le grès sont dues en premier lieu aux faits suivants : Les agents agressifs contenus dans les émissions des installations de combustion, comme l'anhydride sulfureux, qui sto- xyde en acide sulfurique, l'anhydride carbonique, etc... ont dissous le carbonate de calcium (CaC03) servant de liant dans de nombreux types de grès et ont supprimé toute tenue dans les conz tituants chimiquement résistants, de sorte que ces constituants se dégradent de plus en plus en sable depuis la surface, à cause de l'attaque permanente exercée.En outre, t.ls dissolvent lentement de nouvelles quantités de carbonate de calcium de l'extérieur vers l'intérieur, de sorte que la pierre présente dans la meme direction une certaine porosité qui facilite une nouvelle pénétration plus profonde de H2S04, de C02 et d'autres substances nuisibles (plomb, vanadine, etc...) et qui conduit i la formation de gypse par conversion du carbonate de calcium en sulfate de calcium avec élimination d'anhydride carbonique. Lorsque l'agent constitué par la silice à réaction forte mert alcaline se combine avec l'acide sulfurique ou l'anhydride carbonique produit par dissociation, il se produit immédiatement une double neutralisation, et la solution de silice introduite se sépare par formation d'un gel et a pour effet une occlusion immédiate des pores. Ce qui, dans certaines circonstances, peut encore subir une pénétration plus prononcée est l'eau en excès présente dans la solution.La silice qui a pénétré au maximum sur une profondeur de 1 à 2 mm, se sépare par cristallisation et se tasse dans les capillaires à un degré tel qu'après son durcis sement ou séchage le coefficient de dilatation est nettement différent de celui de la pierre de formation initiale, ce qui aboutit dans la plupart des cas à des fissurations ou A un craquèlement, déjà lors de variations normales de la température. Dans le cas de solutions de silice auxquelles on a ajouté des dispersions de résines synthétiques ou des émulsions, il se produit en un court laps de temps, a des profondeurs de pénétration qui sont également faibles (1 - 2 mm), une occlusion des pores, étant donné que les particules colloSdales de la dispersion ou de l'émulsion (qui ont en moyenne 0,5 micron et plus) sont plus grosses que la plupart des capillaires, dont le dia mètre intérieur varie entre 5010 4 et 5.10 6 cm. Les particules colloidales les plus-petites se déposent sur les parois des capillaires et s'accumulent de l'extérieur vers l'intérieur jusqu'à une occlusion totale des pores.La solution de silice, qui était utilisée en fait pour assurer une consolidation, a dans le cas présent à peine la possibilité de pénétrer dans le grès, étant donné que la Ùispersion qui a pénétré dans la pierre empOche cette nouvelle pénétration par suite du processus décrit ci-avant. En outre, l'acide sulfurique ou l'acide carbonique présent dans la pierre et pas encore neutralisé provoquerait immédiatement la prise en gel de la solution à réaction alcaline et rendrait ainsi impossible l'effet envisagé. Mais même si la prise en gel décrite ci-avant ne se produisait pas dans la pierre (des essais correspondants ont été ef fectués pendant des années, entre autres par imprégnation ou immersion), la consolidation de pierres poreuses ou morbides ne serait pas très satisfaisante si l'on procédait par pulvérisation et par enduction ou badigeonnage. Dans le cas des deux procédés, m & e la proportion relativement faible de C02 et de S02 de l'air et la concentration plus élevée de C02 et de H2S04 à la surface de la pierre et dans la couche sous-acente déjà attaquée suffisent pour que la solution de silice soit empochée de pénétrer plus profondément dans la surface du grès du fait de la neutralisation et de la prise en gel qui en résulte. Des essais poussés ont montré qu'apparemment, avant la conversion du carbonate de calcium en gypse, c'est-à-dire sulfate de calcium, il existe encore à l'intérieur de la zone de neutralisation un état latent. Cet état est dA à la dissociation du C02, après laquelle la formation de gypse (CaS04 . 2H20) devient seulement possible. Par suite de son poids spécifique élevé, le CO2 ne se vaporise après sa dissociation dans la pierre que de façon très lente. Ceci constitue également en partie la raison pour laquelle la solution de silice mentionnée ci-dessus et ayant un effet fortement alcalin ne pénètre pas plus profondé- ment dans le grès morbide.Le C02 qui se trouve encore dans la pierre provoque immédiatement la liquéfaction ou la prise en gel de la solution de silice, ce qui modifie nettement la structure coiloSdale initiale de la solution et provoque de façon positive l'occlusion des capillaires. Le but de l'invention est en conséquence de créer un procédé dé pour la consolidation de grès morbide et soumis à un danger de dégradation statique, ainsi qu'un dispositif pour la mise en oeuvre de ce procédé, permettant de sauver le grès en cours de dégradation avant sa destruction définitive, c'est-à-dire d'interrompre la dégradation ou décomposition, et en outre de consolider à nouveau la pierre morbide et de ce fait soumise à un tel danger, et de lui conférer à nouveau une portance statique suffisante. Par ailleurs, ce traitement doit conférer au grès morbide et soumis à un danger de dégradation statique une résistance chimique importante et une résistance mécanique additionnelle. Ce résultat doit principalement etre obtenu avec l'aide de la variation de température naturelle entre le jour et la nuit, étant entendu que de façon secondaire ou auxiliaire on peut éga lement produire périodiquement june variation de température de façon artificielle, avec d'autres sources de chaleur. A cet effet, il-est absolument nécessaire d'éliminer au degré le plus poussé possible le H2S04 et le C02 encore présents dans le grès, ou au moins de les neutraliser, afin de faire pénétrer la solution de silice dans le gres morbide d'une façon générale suffisamment loin pour qu'on puisse obtenir à nouveau, après la séparation par cristallisation du SiO2, une résistance mécanique statique suffisante. Suivant l'invention, on parvient à ce résultat par le fait que le grès devant être consolidé est lavé d'abord, à une température extérieure variant de façon périodique, avec un liquide de lavage s'écoulant de façon permanente sur la pierre, et quta- près le nettoyage des capillaires on fournit au grès, également dans des conditions de température extérieure variant de façon périodique et de manière continue, une solution de consolidation, par exemple par projection, jusqu'à ce que le liquide de lavage et la solution de consolidation présentent une concentration prédéterminée. Il est alors judicieux de faire s'écouler le liquide de lavage et (ou) le liquide de consolidation, tout en assurant une élimination d'air directe, de façon continue sur le grès à con solider,-et pour éviter l'accès de l'air et (ou) pour accroître la variation de température, on peut recouvrir le grès devant etre consolidé par exemple au moyen d'une ou plusieurs feuilles ou d'un ou plusieurs films. Pour produire des températures variant de façon périodique, on peut chauffer le grès de façon temporaire avec de l'air chaud, par exemple au moyen de dispositifs de chauffage par rayonnement ou d'autres sources de chaleur. Evidemment, on peut tirer parti dans ce cas en premier lieu des variations de température entre le jour et la nuit. Afin de déterminer les substances nuisibles (H2S04,C02 et autres) qui ont pénétré dans les capillaires du grès, on peut utiliser de façon avantageuse le pH du liquide de lavage et (ou) de la solution de consolidation, le processus de lavage étant interrompu lorsqu'on atteint un pH égal à 7, le liquide de lavage étant réglé au début de l'opération de lavage à un pH allant de 7,0 à 8,0, un agent mouillant devant en outre être ajouté le cas échéant à ce liquide. On a constaté en outre qu'il est judicieux d'interrompre l'opération de consolidation à un pH de 9 à 13, ce qui est dans certains cas rendu nécessaire par le diamètre intérieur des capillaires rencontrés. La solution de consolidation peut entre constituée par un mélange d'une solution saturée de silice et d'eau calcaire sa t urée, et pour diluer la solution de silice on peut se servir d'eau déminéralisée, qui est ajoutée dans un récipient de mélange. On peut utiliser comme solvant pour la silice séparée par précipitation une lessive de potasse, et on peut ajouter un agent mouillant à la solution de consolidation Le liquide de lavage et (ou) la solution de consolidation sont judicieusement amenés de façon permanente sur le grès, au moyen d'un circuit fermé équipé de pompes de circulation, le liquide de lavage et (ou) la solution de consolidation étant con triés et maintenus à leur concentration initiale au moyen d'un pH-mètre, ces liquides étant, si cela est nécessaire, ramenés à la concentration appropriée au moyen d'un appareil de dosage raccordé au circuit. Le dispositif pour la mise en oeuvre du procédé est caractérisé par le fait que, pour recouvrir de façon étanche à l'air le grès devant être consolidé, on prévoit un cadre ou un châssis formé de barres verticales et horizontales, entourant entièrement ou partiellement le grès sur son côté extérieur et ayant de préférence une forme rectangulaire, une feuille de recouvrement étant tendue dans ce cadre à une certaine distance de la surface du grès, un tube de projection ou d'aspersion s'étendant sur la totalité ou sur une partie de la largeur du cadre, ou bien une ou plusieurs buses de projection ou des éléments équivalents étant prévus dans la partie supérieure du cadre à l'intérieur de ce dernier. D'une façon particulièrement judicieuse, on dispose dans la partie inférieure du cadre, à l'intérieur de celui-ci, une gouttière collectrice, et on ménage dans les barres horizontales supérieures et (ou) inférieures et (ou) dans les barres verticales du cadre chaque fois un ou plusieurs orifices pouvant entre obturés par exemple au moyen de registres ou volets déplaçables, et il est par ailleurs judicieux de donner aux barres du cadre une section en forme de Z Afin de pouvoir réaliser d'une manière simple une adaptation à la forme d'un monument en grès, il est en outre particulièrement avantageux de réaliser les barres de façon déformable, par exemple en y ménageant des fentes prévues dans leurs ailes s'appliquant contre la maçonnerie, ou bien de prévoir comme joint d'étanchéité un tuyau ou un élément analogue devant être fixé sur la maçonnerie. Pour la fixation de la feuille sur le cadre et (ou) des barres qui le constituent sur la maçonnerie, on peut prévoir des baguettes de serrage, la feuille étant serrée ou pincée entre ces baguettes et les barres précitées. Les ailes des barres s'appliquant contre la maçonnerie doivent en outre Outre munies d'un joint se présentant par exemple sous la forme d'un revetement en un matériau cellulaire ou sous une forme analogue. L'échauffement artificiel du grès doit d'une façon judicieux se, pour éviter les mouvements d'air à la surface du grès, être assuré dans une autre enceinte fermée. En outre, on peut tendre dans le cadre une seconde feuille, à une certaine distance audessus de la feuille de recouvrement. Lors de l'utilisation du procédé ou du dispositif suivant l'invention, il est possible d'assainir la pierre malade ou attaquée dans sa structure superficielle jusqu'à une profondeur importante, telle qu'elle ne soit plus soumise à un danger de dégradation statique. Par ailleurs, l'utilisation du procédé est très économique, étant donné que le remplacement effectué jusqu'ici des pierres en grès peut etre réduit à un minimum. En outre, il ne se produit aucune occlusion des capillaires, étant donné que les substances solides admises représentent un faiblé volume et que l'eau ayant pénétré dans les capillaires est éliminée par évaporation. D'autres particularités du procédé pour la consolidation de grès morbide et sujet à un danger de dégradation statique, ainsi que du dispositif pour la mise en oeuvre de ce procédé, apparaitront à la lecture de la description faite ci-après en regard des dessins annexés donnés à titre non limitatif, montrant un mode de réalisation possible de ce dispositif et sur lesquels La Fig. 1 montre le dispositif utilisé pour le lavage et la consolidation de grès. La Fig. 2 est une vue en plan du dessus montrant la partie supérieure du dispositif. La Fig. 3 est une vue du dessus montrant la partie infé- rieure du dispositifO La Fig. 4 est une vue en coupe àtravers une barre de maintien ou de support verticale du dispositif. Le dispositif représenté sur le dessin et désigné par la référence I pour le lavage et la consolidation d'un grès morbide 3 est constitue par un cadre il fixé sur la maçonnerie 2, dans lequel une feuille 15 recouvrant la partie en grès 3 est tendue à une certaine distance de la surface 6 de-ce grès 3. Le cadre Il est constitué par des barres de support horizontales 12 et 13 qui présentent une section en forme de Z, et par des barres de support 14 disposées verticalement (qui peuvent également avoir une section en forme de Z) et la feuille 15 est fixée par serrage sur ces barres-au moyen de baguettes 18.Afin que les barres 12, 13 ou 14 puissent être adaptées de manière simple a' la forme extérieure d'une pierre, on peut ménager dans les ailes 12' s'appliquant contre la maçonnerie 2 des fentes 30 s'étendant perpendiculairement à l'axe et ayant par exemple une forme de double coin. Il est ainsi possible de déformer les barres 12, 13 et 14 dans leur propre plan. La fixation du cadre Il sur la maçonnerie 2 est effectuée au moyen de chevilles 19 insérées dans les joints 4 de la maçonnerie et dans lesquelles sont vissées des vis 20 traversant les barres 12, 13 et 14. Afin d'obtenir avec certitude une bonne application du cadre Il contre la maçonnerie 2, les ailes 12' et 13' des barres 12 et 13 s'appliquant contre la maçonnerie, et également les barres 14, sont munies de joints se présentant sous la forme d'un revêtement 21 en matière cellulaire ou sous une forme analogue. En outre, les barrettes de serrage 18 présentent des trous oblongs ou fentes 22, afin de pouvoir réaliser la fixation en chaque point du joint 4. Le liquide de lavage, ou bien la solution de consolidation, devant etre amené au grès 3 à consolider est projeté à l'aide d'un tube 16 qui est placé à l'intérieur du cadre 11, dans la partie supérieure de celui-ci. Le liquide sort du tube de projection 16 S0ds la forme d'fun jet 7. Pour recueillir le liquide qui s'écoule sur le grès 3, il est prévu dans le-cadre 11, vers la partie inférieure de celui ci, une gouttière collectrice 17 partir de laquelle le liquide est renvoyé au tube de projection 16 au moyen d'une pompe de cir culation non représentée. Pour éliminer l'air à partir de l'espace 5 ménagé entre la maçonnerie 2 et la feuille 15, il est prévu dans les barres 12 et 13 des orifices 23,27 qui peuvent être fermés ou ouverts à volonté au moyen de registres ou volets 24,28. Dès que les orifices 25,29 des registres 24 et 28, qui sont maintenus d'une fa çon permettant leur mouvement en translation au moyen de vis 26 traversant des fentes, recouvrent totalement ou partiellement les orifices 23,27 des barres 12 et 13, on peut d'une manière contrôlée amener de l'air depuis l'extérieur, ou bien éliminer l'air de l'enceinte óu de la chambre 5. Lors de l'utilisation du dispositif 1, un liquide de lavage ayant un pH compris entre 7,0 et 8,0, auquel on a ajouté un agent mouillant, s'écoule sur le grès 3 de façon ininterrompue, tandis qu'on réalise une obturation directe vis-à-vis de l'air. Le processus de lavage proprement dit dépend de l'épaisseur de la couche de grès attaquée par le H2S04 et peut durer selon les conditions plusieurs semaines. Le liquide de lavage est contrôlé avant sa remise en circulation, en ce qui concerne son pH, et il est complété par dosage de façon appropriée. Des que le liquide de lavage a atteint un pH constant égal à 7, il ne se trou ve pratiquement plus de C02 et de H2S04 dans la pierre, et les capillaires élargis par attaque chimique sont nettoyés dans une large mesure. On peut alors commencer avec la consolidation proprement dite. Le liquide s'écoule, lors du processus de lavage, sur la totalité-de la surface recouverte du grès 3, la fonction importante du recouvrement du grès 3, réalisé au moyen de la feuille 15, intervenant alors de façon efficace du fait qu'on peut tirer parti pendant les périodes chaudes de l'année de la variation de température naturelle entre le jour et la nuit. Cette variation de température peut être produite, dans les périodes plus froides de l'année, d'une façon artificielle appropriée, par soufflage d'air chaud, au moyen de dispositifs électriques de chauffage par rayonnement, ou à l'aide d'autres sources de chaleur.Ce réchauffement artificiel doit être réalisé judicieu sement à l'intérieur d'un second recouvrement constitué par une feuille non représentée, prévue au-dessus de la première feuille, afin d'éviter autant que possible les convexions d'air avec les substances. nuisibles qu'il contient telles que S02, C02, etc.., à la surface de la pierre. La variation de température dans les périodes les plus chaudes de l'année (d'avril à septembre), mesurée pendant des périodes de temps importantes, est d'environ 17,50C. Pendant les périodes plus froides de l'année (d'octobre à mars) la variation de température à l'air libre est comprise en moyenne entre 3 et 5"C et, au-dessous de la feuille, entre 4 et 7,5 . La variation de température déterminée pendant la période plus chaude de l'année, égale à 17,5"C, peut être obtenue aisément, et d'une façon économiquement admissible, pendant la période plus froide de l'année, au moyen de sources de chaleur artifi civelle0 Chaque corps, qu'il soit solide, liquide ou gazeux, se dilate quand il s'échauffe et se contracte lors de son refroidissement. Tout d'abord, l'air qui se trouve entre la feuille 15 et la surface 6 de la pierre 3, dans l'enceinte 5, se réchauffe. I1 se dilate et s'élève simultanément, c'est-à-dire qutil se déplace vers le haut. Cet air chauffé est évacué par les orifices d'évacuation de l'air 23, qui sont prévus dans la barre de recouvrement supérieure 12, et ces orifices sont ensuite refermés. Il en résulte alors entre la feuille 15 et la surface 6 de la pierre 3 une dépression. Etant donné que lors d'un échauffement croissant de l'air extérieur sous l'action du soleil, la pierre 3 recouverte par la feuille 15 se réchauffe également, les constituants du grès tels que le quartz, le feldspath, le mica, etc... vont également se dilater. Il en résulte que les capillaires sont écrasés. Lorsque le soleil a dépassé son apogée, la température extérieure diminue de nouveau. Les constituants du sable (quartz, feldspath, mica, etc...) se contractent alors à nouveau et les capillaires s'ouvrent dans la même proportion selon laquelle les constituants subissent une contraction. Le liquide de lavage pénètre alors dans les capillaires. La même variation de température détermine également une modification de la taille des capillaires depuis la surface 6 de la pierre vers l'intérieur de celle-ci. Le refroidissement croissant de la pierre 3 de l'extérieur vers l'intérieur aboutit dans le même sens à un élargissement des capillaires, ce qui engendre ainsi un effet d'aspiration, et le liquide de lavage qui se trouve dans les capillaires situés en avant-et déjà élargis est aspiré pluS avant encore à l'intérieur de la pierre. Ce processus se poursuit jusqu ce que l'on ait atteint le point chaque fois le plus profond correspondant à la variation de température entre le jour et la nuit, qui est conditionnée par le moment de l'années Lorsqu'après le lever du soleil la température de l'air commence à remonter, l'air qui s'est accumulé à nouveau entre la surface 6 de la pierre ét la feuille 15 se réchauffe, sa température étant toutefois plus constante étant donné que par suite du recouvrement assuré par la feuille 15 les mouvements d'air tels qu'ils se produisent constamment à l'air libre sont empêchés dans une large mesure. L'air qui se trouve sous la feuille 15 et qui s'échauffe rapidement s'élève alors, et il est évacué par la barre de recouvrement supérieure, qui est ensuite refermée.Il en résulte à nouveau une dépression. Par suite de l'échauffement du grès, qui se produit alors, le rétrécissement des capillaires déjà indiqué précédemment se produit à nouveau. Le liquide de lavage ne peut plus pénétrer dans les orifices des capillaires. Etant donné que lorsque l'é- chauffement de la pierre 3 augmente, les capillaires vont en se rétrécissant encore de l'extérieur vers l'intérieur, le liquide qui se trouve dans ces capillaires est refoulé dans le même sens, de sorte qu'il absorbe ou fixe de plus en plus le C02 formé par dissociation à partir de H2S04 et se trouvant à l'intérieur de la pierre. Par suite de l'effet alterné d'élargissement et de rétrécissement permanents des capillaires, et de l'effet de pompage en alternance qui en résulte, le C02 fixé par le liquide de lavage parvient à nouveau à la surface de la pierre. L'eau contenue dans le liquide de lavage se vaporise ou s'évapore et s'élè- ve à nouveau à l'intérieur de l'enceinte 5 recouverte par la feuille 15, tandis que le C02 plus lourd se déplace par contre vers le bas à l'état de gaz et peut être évacué au niveau de la barre de recouvrement inférieure 13 à travers les orifices daé- ration 27o La solubilité du C02 dans l'eau est relativement élevée, mais elle dépend toutefois fortement de la température chaque fois rencontrée.Si l'on admet, pour l'endroit situé 4-5 cm au dessous de la surface de la pierre, une température moyenne de 100C, une quantité représentant 119 tonnes de C02 est dissoute par 100 m3 de H2O. La solubilité augmente quand la température diminue et baisse lorsque la température augmente. Le contrôle servant à déterminer dans quelle mesure le C02 présent dans le grès est éliminé par lavage ou neutralisé résulte du fait que le liquide de lavage, qui est projeté sur la pierre avec un pH compris entre 7 et 8 et qui s'écoule sur la surface de la pierre, atteint, après être tombé momentanément à des valeurs inférieures à un pH de 6, une valeur de pH constante de 7. Quand ceci est le cas, on peut commencer avec la consolidation proprement dite de la pierre 3, qui a été en même temps nettoyée par le processus de lavagé. Le processus de lavage effectué avec soin est une condition nécessaire à ltobtention d'une consolidation parfaite. Au lieu du-liquide de lavage, on projette alors de la même manière sur la pierre une solution de consolidation0 La solution de consolidation est constituée judicieusement par un mélange d'une solution saturée de silice et d'eau calcaire saturée, et par un agent mouillant. La solution de silice renferme de la silice pure précipitée Si02, qui se sépare par cristallisation en silicate de calcium CaSiO3 avec environ 1,7 % de Ca (calcaire), et qui pour cette raison est chimiquement nettement plus résistante que le CaC03 (carbonate de calcium)0 On utilise comme solvant pour la silice précipitée une lessive de potasse (KOH), qui est moins effervescente. Comme dans le cas du processus de lavage la solution de consolidation s'écoule de même de façon continue sur la surface du grès, judicieusement directement après le processus de-lava- ge, ce qui signifie que la pierre 3 ne doit-pas subir d'abord de séchage. L'effet de pompage qui résulte de la variation de température chaque fois assurée transporte la solution de consolidation tout d'abord conjointement au liquide de lavage neutre (pH 7) jusque dans les capillaires, où elle devient après un certain laps de temps (la durée dépend de la variation de tempé raturei coujos pipa COtsteilELee après qua la liquide de lava- ge a été repris dans la même mesure par la solution de consolidation. La diffusion et la pression osmotique jouent dans ce cas un rôle important, Le contrôle concernant la profondeur de pénétration atteinte est assuré de même par l'intermédiaire d'un système à pH-mètre. La solution de consolidation a, lors de sa projection, un pH compris entre 9 et 13.Le réglage exact du pH dépend des pores pouvant être déterminés après le processus de lavage, ceuxci étant à leur tour fonctions de la densité ou de la finesse de grain de la pierre 3, c'est-à-dire que plus les pores ou les capillaires sont petits, plus le pH va être faible, alors que plus les capillaires sont gros, plus le pH va être élevé, ainsi que la concentration en silice0 Le réglage constant de la solution de consolidation qui est nécessaire pour atteindre le but désiré part de la concentration maximale et du pH 13 qui en résulte. La réduction de cette valeur est obtenue par dilution au moyen d'eau déminéralisée, qui est préparée dans un récipient de mélange placé en amont de la pompe de circulation, laquelle résiste aux acides et aux lessives alcalines.Quand la concentration de la solution de consolidation qui est nécessaire du fait de la taille déterminée pour les capillaires fournit une valeur de pH constante à l'orifice de sortie inférieur de la barre d'étanchéité 13 décrite précédemment et conserve cette valeur pendant un laps de temps déterminé, le liquide de lavage qui est encore présent dans les capillaires du fait du processus de lavage a été repris par la solution de consolidation, les capillaires sont complètement remplis de solution de consolidation et le traitent de la pierre 3 est terminé. Avant que la feuille 15 ne soit définitivement enlevée, on ouvre d'abord les orifices d'aération ou d'évacuation d'air 23 prévus dans la barre d'étanchéité supérieure 12. La solution de consolidation qui se trouve dans la pierre 3 peut sécher lentement, sans danger d'accès à la surface 6 de la pierre des mêmes substances nuisibles qui ont été à l'origine de l'état morbide du grès. C'est seulement lorsque la surface 6 de la pierre est presque sèche que les orifices d'aération 21 de la barre d'étanchéité inférieure 13 sont également ouverts, de sorte que par suite de la température toujours plus élevée sous la feuille 15 par rapport à la température extérieure, l'air plus chaud s'échappe par les orifices d'aération supérieurs. L'air extérieur aspiré par les orifices d'aération infé rieurs 27 avec les résidus nuisibles qu'il contiens (H2SO4, C02 vanadine, plomb, etc...) se neutralise en contact avec la lessive de potasse en excès de la solution de consolidation, qui est également neutralisée. La consolidation proprement dite, assurée par le silicate de calcium CaSiO3 se séparant par cristallisation et servant de nouveau liant, est dans une large mesure résistant vis-à-vis des substances nuisibles mentionnées et confère à nouveau au grès 3 qui était précédemment soumis à un danger de dégradation une résistance statique suffisante. Des modifications peuvent etre apportées aux modes de mise en oeuvre décrits, dans le domaine des équivalences techniques, sans s'écarter de l'invention. REVENDICATIONS 1- Procédé pour la consolidation de grès morbide et soumis à un danger de dégradation statique, caractérisé en ce que le grès devant entre consolidé est- d'abord lavé, dans des conditions de température extérieure variant périodiquement, avec un liquide de lavage s'écoulant constamment sur lui, et en ce qu'après le nettoyage des capillaires, on fait arriver sur le grès de façon continue, dans des conditions de température extérieure variant également de façon périodique, une solution de consolidation, notamment par projection, jusqu'à ce que le liquide de lavage et la solution de consolidation présentent une concentration prédéterminée. 2.- Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que le liquide de lavage et (ou) le liquide de consolidation s'écoulent de façon continue sur le grès à consolider tandis qu'on réalise une isolation directe-par rapport à l'air. 3o- Procédé suivant la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que le grès devant être consolidé est recouvert notamment au moyen d'une ou plusieurs feuilles, pour empêcher l'admission d'air et (ou) pour augmenter la variation de température. 4.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que, pour produire les températures variant de façon périodique, on chauffe périodiquement le grès au moyen dtun courant d'air chaud, de dispositifs de chauffage par rayonnement ou d'autres sources de chaleur. 5.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que, pour la détermination des substances nuisibles ayant pénétré dans le grès, on tire parti du pH du liquide de lavage et (ou) de la solution de consolidation. 6,- Procédé suivant la revendication 5, caractérisé en ce que le processus de lavage est interrompu lorsqu'on atteint un pH égal à 7o 7.- Procédé suivant la revendication 5 ou 6, caractérisé en ce que le -liquide de lavage est réglé, au début de I'opéra- tion de lavage, à un pH compris entre 7,0 et 8,0. 80- Procédé suivant l'une quelconque des revendications 5 à 7, caractérisé en ce qu'on ajoute un agent mouillant au liquide de lavage. 9.- Procédé suivant la revendication 5, caractérisé en ce que le processus de consolidation est interrompu e une valeur de pH allant de -9 à 13. 10.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1, 2, 5 et 9, caractérisé en ce que la solution de consolidation est constituée par un mélange d'une solution saturée de silice et d'eau calcaire saturée. 11.- Procédé suivant la revendication 10, caractérisé en ce qu'on utilise pour diluer la solution de silice de l'eau déminé oralisée, qui est ajoutée dans un récipient de mélange. 12.- Procédé suivant la revendication lOcu 11, caractérisé en ce qu'on utilise comme solvant pour la silice précipitée une lessive de potasse. 13.- Procédé suivant la revendication- 10, caractérisé en ce qu'on ajoute un agent mouillant à la solution de consolidation0 14.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications I à 13, caractérisé en ce que le liquide de lavage et (ou) la solution de consolidation sont amenés de façon continue au grès dans un circuit fermé équipé de pompes de circulation, et en ce que ce liquide et (ou) cette solution sont contrôlées au moyen d'un pH-metre, pour déterminer leur concentration initiale, et sont ramenés si nécessaire à une concentration prédéterminée au moyen d'un appareil de dosage raccordé au circuit 15.- Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 14, caractérisé en ce qu'il est prévu, pour recouvrir de façon étanche le grès (3) à consolider, un cadre (11) formé par des barres verticales et horizontales (12,13,14), ayant de préférence une forme rectangulaire et entourant complètement ou partiellement le grès de l'ex- térieur, une feuille de recouvrement (15) étant tendue dans ce cadre à une certaine distance de la surface (6) du grès (3), et en ce qu'il est prévu, dans la partie supérieure du cadre (11) et à l'intérieur de celui-ci, un tube de projection ou d'aspersion (16) s'étendant sur la totalité ou une partie de sa largeur, ou bien une ou plusieurs buses de projection ou des éléments équivalents. 16.- Dispositif suivant la revendication 15, caractérisé en ce qu'une gouttière collectrice (17) est disposée dans le cadre (11), à la partie inférieure de celui-ci. 17.- Dispositif suivant la revendication 15 ou 16 caractérisé en ce qu'il est prévu, dans les barres horizontales supérieures et (ou) inférieures (12,13), ou dans les barres verti cales (14) du cadre (11), chaque fois un ou plusieurs orifices (23,27) pouvant être obturés par exemple au moyen de registres ou volets déplaçables (24,28). 18.- Dispositif suivant l'une quelconque des revendications 15 à 17, caractérisé en ce que les barres (12,13) du cadre (11) ont en section droite une forme de Z0 19o Dispositif suivant l'une quelconque des revendications 15 à 18, caractérisé en ce que les barres (12, 13,14) sont réalisées de façon à entre déformables, notamment gracie à des fentes (30) qui sont ménagécs dans leur aile (12') s'appliquant contre la maçonnerie (2), 20o Dispositif suivant l'une quelconque des revendications 15 à 18, caractérisé en ce qu'il est prévu, pour former le joint d'étanchéité, un tuyau ou un élément analogue destiné à être fixé sur la maçonnerie0 21.- Dispositif suivant l'une quelconque des revendications 15 à 20, caractérisé en ce qutil est prévu, pour fixer la feuille (15) sur le cadre (11) et (ou) les barres (12,13,14) de celui ci sur la maçonnerie, des barrettes de serrage (18), la feuille (15) étant serrée sur tout son pourtour entre ces barrettes et les barres (12,13,14). 22.- Dispositif suivant l'une quelconque des revendications 15 à 21, caractérisé en ce que les ailes (12', 13') des barres (12,13,14) s'appliquant contre la maçonnerie (2) sont munies d'un joint constitué par exemple par un revêtement (21) en matière cellulaire ou en une matière analogue. 23.- Dispositif suivant l'une quelconque des revendications 15 à 22, caractérisé en ce qu'une seconde feuille est tendue dans le cadre (11) au-dessus de la feuille de recouvrement (15) et à une certaine distance -de celle-ciO