La présente invention concerne de façon générale la rectification électrochimique, également appelée rectifi- cation électrolytique. Le façon plus particulière, l'invention concerne un corps d'électrode de rectification électrochimique amélioré, par exemple sous forme d'une meule, ainsi qu'un procédé et un dispositif améliorés pour la rectification électrochimique d'une pièce électriquement conductrice en utilisant une meule électrode tournante constituée par un tel corps d'électrode amélioré a La rectification électrochimique est un procédé d'usinage dans lequel on exerce simultanément et en combinaison deux actions d'usinage distinctes sur une pièce électriquement conductrice: la dissolution électrolyque de la matière de la pièce conductrice produite, lorsqu'on fait passer un courant électrique de densité élevée entre la pièce et l'électrode- outil à, travers un électrolyte qui sert de milieu d'usinage électrochimique; et l'abrasion mécanique de la surface de l'outil contre la pièce. Dans une opération de finition, ultérieure au processus d'usinages on peut utiliser la seule action mécanique en utilisant le même outil pour donner à la pièce usinée un poli brillant. Il est en conséquence souhaitable que l'outil soit un corps d'électrode ayant à la fois de bonnes caractéristiques de conduction de l'électricité et des caractéristiques d'abrasion satisfaisantes. Les corps d'électrodes utilisés de façon classique pour rectifier électrochimiquement une pièce électriquement conductrice, comportent une structure de portions fonctionnel- lement séparéesl'une de l'autre en ce qui concerne les carac- téristiques de conduction et d'abrasion. Ainsi, des électrodes- outils de rectification électrochimique classiques sont des meules en diamant ou en autre matière abrasive, liées par une substance métallique, ces meules étant constituées par des particules abrasives électriquement non conductrices constituant les outils mécaniques, et supportées sur et dans une matrice métallique permettant au courant d'usinage électrochimique de passer. Toutefois, ces corps n'ont pas une résistance suffisante de liaison. Les particules abrasives tendent à se déloger assez rapidement du support métallique et en conséquence, le corps d'outil, considéré dans son ensemble, subit une usure considérable au cours d'une opération d'usinage. Un outre, la fabrication de ces électrodes est relativement coûteuse et elles sont difficiles à former. Dans une autre catégorie de corps d'électrodes de rectification électrochimique classiques, on rend électriquement conductrice une meule poreuse purement abrasive, disponible dans le commerce, (par exemple meule abrasive vitrifiée ou à liant à base de silicate, caoutchouc, résinoides, shellac ou oxychlorure et contenant du carbure de silicium, de nitrure de bore, de l'oxyde d'aluminium, de l'oxyde de zirconium de l'oxyde de zinc, de l'oxyde de titane ou du diamant) par imprégnation par des matières conductrices'de ses pores internes reliés entre eux. L'imprégnation peut s'effectuer avec une solution de métallisation chimique, de sorte qu'il s'établit un revêtement électriquement conducteur sur les parois des pores par réduction chimique d'un métal èn provenance de la solution. En fonctionnement, le revêtement conducteur procure les trajets nécessaires au courant d'usinage électrochimique. Toutefois, la liaison entre le revêtement conducteur et la matrice abrasive est relativement faible. En outre, le revêtement chimiquement plaqué tend à se modifier en vieillissant, et à être oxydé et corrodé, tandis que les pores tendent à Otre colmatés par les produits d'oxydation et de corrosion lors de l'utilisation de la meule. Il en résulte que celle-ci dégénère assez rapidement à la fois en ce qui concerne ses caractéristiques mécaniques et électrochimiques. C'est en conséquence un but important de la présente invention de procurer un corps d'électrode de rectification électrochimique amélioré, qui soit très facile à former, dont les caractéristiques électrochimiques, mécaniques ou abrasives soient excellentes, dont la fabrication soit économique et qui risque moins de se dégrader'en vieillissant. Un autre but dé l'invention est de procurer un procédé amélioré pour rectifier électrochimiquement une pièce conductrice, qui permet d'usiner la pièce avec un rendement et une stabilité opération- nels accrus. Un autre but de l'invention est de procurer un dispositif de rectification électrochimique pour mettre en oeuvre le procédé amélioré. à1 Sous un premier aspect, la présente invention procure un corps d'électrode de rectification électrochimique constitué essentiellement par des grains abrasifs électri- quement conducteurs liés ensemble dans une matrice de liaison essentiellement non conductrice dé l'électricité, les grains abrasifs étant mélangés avec une quantité, de préférence comprise entre 10 et 305/o, de la matrice de liaison et frittés ensemble pour former le corps d'électrode ayant une résistivité spécifique inférieure à 100 ohm-cm. Contrairement à ee qu'on pensait antérieurement, à savoir que les caractéristiques de conductibilité électrique et d'abrasion devaient provenir de milieux séparés formant une structure intégrée, par exemple une matrice métallique et des particules abrasives dans une meule liée par une substance métallique et une structure abrasive poreuse non conductrice et des revêtements conducteurs formés sur les parois des pores dans une meule abrasive métallisée, on a maintenant constaté que l'on pouvait utiliser des grains d'une matière électriquement conductrice et abrasive, simplement liés ensemble par un matériau de liaison, quelle que soit sa conductivité, pour constituer un produit intégré électrochimique et abrasif permettant de satisfaire pratiquement toutes les spécifications. Sous un deuxième aspect, l'invention procure également un procédé pour rectifier électrochimiquement une pièce électriquement conductrice avec une meule rotative constituée par ee corps d'électrode, le procédé se carac- térisant en ce qu'on déplace de façon répétitive la pièce transversalement par rapport à la meule en rotation, le long d'un chemin rectiligne, dans lequel, à chaque passe, la profondeur d'usinage est réglée 'a une valeur inférieure à microns. Le courant d'usinage électrochimique passant entre la pièce et la meule électrode en rotation à chaque passe, se présente de préférence sous la forme d'une succession d'impulsions électriques. De façon spécifique, le procédé amélioré de rectification électrochimique d'une pièce électriquement conductrice est mis en oeuvre par une meule électrode en rotation qui est, de préférence, mais de façon non exclusive, constituée par le corps d'électrode défini dans ce qui précède et utilise dans la pratique un courant derectification électro- chimique, de préférence sous la forme d'une succession d'impulsions, passant à travers une interface de rectification définie entre la pièce et la meule électrode en rotation, et balayée par un électrolyte liquide. Toutefois, selon cet aspect de l'invention, le procédé se caractérise également en ce qu'on fait se déplacer la pièce transversalement à la meule électrode en rotation selon un trajet rectiligne pré-. déterminé de façon répétitive pendant un nombre prédéterminé de passes successives, on règle à chacune des passes la profondeur d'usinage par la meule électrode en rotation dans la piècedéterminée par la position de la pièce se déplaçant transversalement à la meule électrode en rotation selon ce trajetde façon que cette profondeur soit inférieure à 5 microns, et on recommence chaque cycle de façon à effectuer le nombre de passes successives voulu permettant d'obtenir de façon cumulative la profondeur d'usinage désirée dans la pièce* Sous un troisième aspect, l'invention procure également un dispositif amélioré pour rectifier électrochimi- quement une pièce électriquement conductrice avec une meule électrode en rotation, le dispositif comprenant une source de courant pour faire passer un courant de rectification électrochimique à travers une interface de rectification définie entre la pièce et la meule électrode en rotation et balayée par un électrolyte liquide, des moyens d'entraînement pour faire se déplaçer la pièce transversalement par rapport à la meule électrode en rotation selon un trajet rectiligne prédéterminé, de façon répétitive pendant un nombre prédéterminé de passes successives, des moyens de positionnement pour fixer, à chacune des passes successives, la position de la pièce se déplaçant transversalement à la meule électrode en rotation le long de ce trajet, de façon à déterminer la profondeur d'usinage par la meule électrode en rotation, pour qu'elle soit inférieure à 5 microns, et des moyens de commande pour permettre de répéter chaque passe atteindre ainsi le nombre prédéterminé de passes successives et obtenirde façon cumulative, la profondeur d'usinage désirée dans la pièce. L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description détaillée, donnée ci-après à titre d'exemple seulement, de plusieurs réalisations, en liaison avec le dessin joint sur lequel: - la figure 1 représente schématiquement un dispositif de rectification électrochimique dans le but d'expliquer un procédé de l'invention; - la figure 2 est un graphique montrant comment la profondeur d'usinage (profondeur de rectification) règlée pour chaque passe de l'opération de rectification par passes successives affecte le quotient de la puissance d'entraînement de la broche de la meule électrode par le diamètre de cette meule et la vitesse d'avance de la rectification, la relation entre ces trois paramètres, qui a été trouvée expérimentalement, servant de base au procédé de l'invention; et - la figure 3 représenteschématiquement un dispositif de rectification électrochimique comportant de nouveaux moyens pour surveiller l'usure de la meule électrode en rotation. L'invention procure un corps d'électrode amélioré pour la rectification électrochimique, constitué essentiel- lement par des grains abrasifs électriquemait conducteurs, liés ensemble par une matrice de liaison essentiellement non conductrice de l'électricité, les grains abrasifs étant mélangés avec une quantité inférieure à 30%, de préférence comprise entre 10 et 25%,en volume de la matrice de liaison,, et étant frittés ensemble pour former un corps d'électrode ayant une résistivité spécifique inférieure à 100 ohm-cm. Les grains abrasifs électriquement conducteurs sont essentiellement constitués par une substance choisie dans le groupe contenant des carbures, des nitrures et des borures de titane et d'hafnium, par exemple TiC, TiB2, TiN, HfC, TiBC, TiCN, TiHfC, (TiB2)C, (TiB2)N, TiCB4C, TiNB4C, TiCB13C2, TiNB13C2, TiCWC, B4CWC et/ou B4CSiC. Tandis que des matériaux abrasifs classiques tels que SiC et A1203 3formant les particules abrasives dans une meule à liaison métallique o le squelette abrasif dans une meule de rectification électrochimique métalLisée ont une résistivité spécifique de 10 pQ2cm et de ce fait sont essen- tiellement non conducteurs, un matériau abrasif défini ci-dessus dans la liste précédente a une résistivité spécifique del'ordre de quelques microohm-cm (par exemple pour le carbure de titane TiC 70 à 170 p acm); on a constaté que de tels matériaux de faible résistivité électrique pouvaient être liés ensemble avec un liant non conducteur pour former un corps d'électrode excellent ayant une résistivité globale inférieure à 100 ohmcm, de préférence comprise entre 0,1 et 10 ohm-cm. De façon avantageuse, ces matériaux ont également une grande dureté et une grande résistance à l'écrasement; par exemple pour TiC, la résistance à l'écrasement atteint 2900 à 3200 kg/mm et pour TiB2 elle atteint 3300 à 3450 kg/mm2. Un carbure et un nitrure de TiB2, par exemple (TiB2)C et (TiB2)Nont des résistances à l'écrasement et des résistivités électriques similaires et sont des exe ples de matériaux abrasifs conducteurs donnant entièrement satisfaction. Les grains abrasifs conducteurs peuvent être liés ensemble avec des grains abrasifs non conducteurs tels que- B4C, CBN (nitrure de bore cubique) et le diamant. On peut également ajouter d'autres abrasifs conducteurs ou semi- conducteurs tels que WC, SiC, ZrC. On a constaté qu'il était parfois souhaitable d'inclure en outre un ou plusieurs composés de lanthane, d'yttrium, de cérium et d'autres éléments de terres rares.La matrice de liaison peut être un matériau vitreux inorganiqueuhe résine ou du caoutchouc. Les grains abrasifs conducteurs et une telle matrice de liaison, lorsqu'ils sont liés ou frittés ensemble, ont une résistance de liaison extrêmement élevée. On obtient une porosité, une résistance à la liaison et une conductibilité électrique optimales du corps d'électrode, lorsque le pourcentage de la matrice de liaison est compris entre 10 et 25/o en volume. EXEMPLE I On forme un mélange de 335% en volume de TiC ayant une granulométrie de 140 microns, 20% de TiN de granulométrie de 140 microns, 30Wo volume de SiC de granulométrie de microns et, comme matrice de liaison, 17jo en volume d'une fritte; ce mélange est fritté avec un dispositif de frittage électrique en faisant passer un courant de 3600 ampères à travers le mélange pendant 30 minutes sous une pression initiale de 10 kg/cm pendant 20 minutes à une température de 1300 *C. Le corps fritté est formé en une meule ayant un diamètre extérieur de 100 mm et une épaisseur de 10 mm. La meule a une résistivité spécifique de 0,5 ûcm, uniforme dans tout le corps, et ses caractéristiques électrochimiques et mécaniques sont excellentes; en fonctionnement,elle ne se colmate pas et donne une stabilité opérationnelle extreerient élevée. La fritte utilisée comme matrice de liaison contient, en poids, 3,8 partiesde Na20 5,8 partiesde K20, 2,5 parties de MgO, 3,5 partiesde CaO, 8,6 partiesde B20, 31,5 partiesde A1203, 41,9 partiesde SiO2, 5,9 partiesde PbO, 3,6 parties de feldspath 19 parties d'argile, 17 parties d'oxyde de fer et 26 parties de blanc de zinc. EXEMPLE II On utilise la meule préparée dans l'exemple I pour rectifier électrochimiquement une pièce de carbure de tungstène Wc à 6% de cobalt, avec un électrolyte constitué par une solution aqueuse aà 155 de NaNo3, en utilisant un courant d'usinage de 2 ampères. La meule tourne à 1000 tours par minute et la pièce est appliquée contre la meule en rotation avec une force de 500 g. L'enlèvement de matière s'effectue à un taux'de mg/min et la pièce a une rugosité de surface usinée de 3 PRmax. A titre de comparaison, on doit noter que le taux d'enlèvement de la matière et la rugosité de surface obtenue avec une meule classique à placage électrolytique de cuivre étaient respectivement 10 mg/min et 5 PRmax. Dans l'opération purement mécanique ultérieure, dans laquelle on coupe le courant d'usinage et on continue à utiliser la même meule, le taux d'enlèvement de la matière sur la pièce tombe à 8 mg/min. EXEMPLE III Une matrice ayant la m9me composition que dans l'exemple I est frittée électriquement avec une pression initiale de 10 kg/cm pendant toute une période de 10 minutes de l'opération de frittage. La meule obtenue a une résistivité spécifique de 1,3 fcm et présente d'excellentes performances d'usinagesimilaires à celles de l'exemple II. EXEMPLE IV On modifie les proportions du mélange de l'exemple I en introduisant en volume 45% de TiC, 10% TiN, 30% SiC et %o de fritte. Le mélange est fritté de la même manière que dans l'exemple III et la meule obtenue a une résistivité spécifique de 2,6 ohm-cm, et ses performances d'usinage sont excellentes. EXEMPLE V On prépare un mélange contenant en volume 40" de TiB2, a de TiN, 30% de SiC et 20% de fritte et on le fritte électriquement en utilisant une pression initiale de 10 kg/cm et un courant de frittage de 3200 ampères passant pendant une période de 30 minutes. Lorsque la température atteint 1200 C, on applique sur le corps une pression de compactage finale de 80 kg/cm pendant une période de 20 minutes. La meule obtenue a une résistivité spécifique de 2,8 ohm-cm et ses performances d'usinage sont excellentes. L'invention procure un corps d'électrode amélioré pour la rectification électrochimique, constitué essentiel- lement par des grains abrasifs électriquement conducteurs liés ensemble avec une matrice de liaison essentiellement non conductrice de l'électricité, les grains étant mélangés avec un pourcentage de la matrice de liaison compris de préeérence entre 10 et 25% en volumeet étant frittés ensemble pour former le corps d'électrode homogène ayant une résistivité spécifique non supérieure à 100 ohm-cm,de préférence comprise entre 0,1 et 10 ohm-cm. Les grains abrasifs électriquement conducteurs peuvent essentiellement 8tre constitués par une substance choisie dans le groupe constitué par un carbure, un nitrure et/ou un borure de titane ou d'hafnium, par exemple TiC, TiB2, TiN, HfC, TiBC, TiCN, 'TiHfC, (TiB2)C, (TiB2)N, TiCB4C, TiNB4C, TiCB13C2, TiNB13C2, TiCWC, B4CWC et/ou B4CSiC. Ainsi par exemple, TiC a une résistance spécifique de à 170ps2cm, TiB environ 40PRcm, TiB2 6 à 20p.S2cm, TiN 20 à pcm, HfC 60pcm, HfB2 environ 40p2cm, TiB2C environ 12OpLcm, TiB2N 260P2cm, TiCN 30012cm et TiHfC 40 à 50p2cm. Ces matériaux ont également des caractéristiques favorables de dureté et de résistance à l'écrasement. Ainsi par exemple, TiC a une résis- 2 2 tance à l'écrasement de 2900 à 3200 kg/mm, TiB 2700 à 2800 kg/mm, TiB2 3300 à 3450 kg/mm, HfC 2500 à 3200 kg/mm et HfB2 2500 à 3500 kg/mm. TiN a une résistance à l'écrasement mlativement faible de 1800 à 2100 kg/mm et on peut utiliser de tels matériaux abrasifs conducteurs avec des matériaux abrasifs durs de conductivité moindre tels que B4C (2400 à 3700 kg/mm), SiC (3000 à 3500 kg/mm), CBN et le diamant. La matrice de liaison peut tre une résine phénolique, une résine dérivée de l'urée, une résine vinylidène ou des résines analogues; ce peut être également un matériau céramique (vitreux) ou un caoutchouc. La porosité du corps d'électrode doit 9tre telle qu'elle procure des alvéoles à copeaux et elle doit être comprise entre 20 et 40Wo. La dimension des particules abrasives électriquement conductrices doit de préférence être comprise entre 2 et 30 Pm. La dimension des grains abrasifs électriquement conducteurs formés à partir de ces particules liées avec l'agent de liaison, tel qu'une résine synthétique ou une céramique vitreuse, doit de préférence 8tre comprise en 0,075 mm et 1,7mm. Ces grains doivent être frittés ensemble avec la matrice de liaison pour obtenir un corps d'électrode ayant une porosité de 20 à % EXEMPLE VI On prépare un mélange contenant en volume 33% de TiC de 10 microns, 25%o de TiN de 10 microns, 30% de SiC de 7 microns et 12% de fritte; on lie par frittage ce mélange et on l'écrase pour former des grains de granulométrie 140 microns. Ensuite, on fritte électriquement un mélange contenant en volume 83% de ces grains et 17% de fritte en utilisant une pression initiale de 10 kg/cm et un courant de frittage de 3600 ampères appliqué pendant une période de 30 minutes. Après qu'on a atteint la température de 1300 C, on applique une pression de compactage finalede 70 kg/cm sur le corps pendant 20 minutes. Le corps fritté est formé en une meule d'un diamètre extérieur de 100 mm et d'une épaisseur de 10 mm. Cette meule est homogène avec des alvéoles de copeaux uniformément réparties sur tout le corps, sa résistivité spécifique est de 0,5 ohm-cm, sa performance de rectification électrochimique est excellente. La fritte contient 3,8 parties de Na20O 5,8 parties de K20, 2,5 parties de MgO, 3,5 parties de CaO, 8,6 parties de B20, 31,5 parties de A1203, 41, 9 parties de SiO2, 5,9 parties de PbO, 3,6 parties de feldspath,19 parties d'argile, 17 parties d'oxydes de fer et 26 parties de blanc de zinc. EXEMPLE VII En utilisant la meule préparée dans l'exemple VI, on rectifie mécaniquement une pièce en S55C avec une dureté Rockwell Rc65. La meule tourne à 1000 tours par minute et la pièce est appliquée sous une pression de 1,5 à 2 kg/cm contre la meule en rotation, tandis que la table portant la pièce avance à une vitesse de 0,2 mm/min. On a constaté que l'enlèvement de matière était 8 mg/min. EXEMPLE IX Avec la meule préparée dans l'exemple VI, on rectifie électrochimiquement la m8me pièce que dans l'exemple VII en utilisant une solution aqueuse à 15% de NaNO3 et un courant d'usinage de 2 ampères. Le taux d'enlèvement est 30 mg/min et la rugosité de surface 1,5 Rmax. On n'observe aucune formation d'ondulationssur la surface de la pièce usinée. EXEMPLE X On utilise comme matériau de départ de l'exemple VI un mélange contenant en volume 33% de TiC, de 140 4m de granu- lométrie, 20% de TiN de 140pii, 30% de SiC de 150.m et 17% de fritte et on prépare une meule de la même manière qu'elle a été décrite dans cet exemple. On obtient des perfomances d'usinage similaires à celles de cet exemple. L'invention procure également un procédé amélioré pour rectifier électrochimiquement une pièce électriquement conductrice avec une meule en rotationconstituée par un corps d'électrode tel que décrit précédemment. Dans le procédé amélioré, la pièce est déplacée de façon répétitive transver- salement à la meule électrode en rotation selon un trajet relatif rectiligne et la profondeur d'usinage à chaque passe est règlée à une valeur inférieure à 5 microns. La figure 1 montre un dispositif de rectification électrochimique pour mettre en oeuvre le procédé amélioré. Une table de travail 1 est déplacée dans un plan horizontal par une commande d'avance 2, par exemple une commande par vérin hydraulique. Une pièce 3 est montée et fixée sur la table 1. Une meule rotative 4 constituée de façon favorable par une corps d'électrode tel que décrit précédemment, est fixée sur un arbre 5, entraîné en rotation par une commande rotative 9. L'arbre 5 est également conçu pour pouvoir Atre déplacé verticalement de façon à régler la position verticale de la meule électrode 4 par rapport à la pièce 3, Dans ce but, et bien qu'elle ne soit pas représentée, il est prévue une commande d'avance verticale. Une source de courant 6 est raccordée, d'une part à la pièce 3 par l'intermédiaire de la table 1 et d'autre part, à la meule électrode 4 par l'intermédiaire d'un balai 7 de façon à appliquer un courant d'usinage électrochimique entre la meule électrode 4 et la pièce 3. La polarité du courant d'usinage est telle que la pièce 3 soit anodique et la meule 4 cathodique, et le courant est appliqué de préférence sous la forme d'une succession d'impulsions. Un ajutage 8 déverse un électrolyte liquide sur la surface de la meule électrode 4. Lorsque la meule 4 tourne, l'électrolyte est entraîné et amené à l'interface de rectification formée entre la meule 4 et la pièce 3. Une unité de commande 10 commande la vitesse d'avance de la commande de table 2 de façon à maintenir pratiquement constante la puissance absorbée par la conInanderotative de la meule 9. En fonctionnement, la pièce 3 est disposée transver- salement à la meule électrode 4 dans une position verticale relative réglée de façon ' obtenir une profondeur d'usinage G, et celle-ci est obtenue par la commande d'avance verticale de la meule électrode 4. L'électrolyte liquide est alors amené par l'ajutage 8 à la meule électrode 4 qui est entraînée en rotation par la commande rotative 9. Le courant d'usinage est fourni par la source de courant 6 et passe entre la pièce 3 et la meule électrode rotative 4. La table 1 est ensuite déplacée par la commande d'avance horizontale 2 pour amener la pièce 3 dans une position relative de rectification électro- chimique avec la meule rotative 4. La matière est enlevée de la pièce 3 par une combinaison de mise en solution électrolytique résultant de l'action de l'électrolyte et d'une action d'abrasion mécanique par les grains abrasifs dépassant de la surface de la meule 4, également éventuellement du fait de microdécharges qui peuvent se développer uniformément sur toute la surface des électrodes. L'unité de commande 10 agit sur la commande d'avance horizontale 2 pour maintenir pratiquement constante la puissance d'entraînement de la broche 5 entraînée par la commande rotative. La profondeur d'usinage G est obtenue par la meule rotative 4 dans la pièce 3 en une seule passe de dépla- cement horizontale et réglée, selon la présente invention, de façon à ne pas 8tre supérieure à 5 microns. En limitant la valeur d'usinage G à une si faible valeur, il est possible de réduire au minimum la puissance d'entraînement de la broche et de ce fait, la puissance nécessaire au moteur 9 pour faire tourner la meule 4. in conséquence, on peut augmenter de façon notable la vitesse d'avance de rectification obtenue par la commande d'avance 2, tout en maintenant à un minimum pré- déterminé la puissance d'entraitement de la broche. La figure 2 montre un graphique sur lequel sont portés, en ordonnées, le quotient de la puissance d'entraînement de la broche par le diamètre de la meule et en abscissesla vitesse d'avance de rectification, les courbes montrant cette relation en fonction de diverses profondeurs d'usinage indiquées. On voit que, par exemple, ce quotient étant égal à 1, la profondeur d'usinage de 1 micron permet une vitesse d'avance de rectification de m/min, tandis qu'une profondeur de 4 à 5 microns ne permet qu'une vitesse d'avance de 1 m/min. L'accroissement de la vitesse d'avance signifie un déplacement plus rapide de la zone de travail dans la pièce. Il en résulte que les produits de décomposition électrolytique sont emportés et remplacés par un électrolyte neuf avec une plus grande facilité dans l'interface de rectification. Une concen- tration extrêmement élevée d'ions est ainsi obtenue et le courant d'usinage peut être fourni à une densité accrue sur toute l'interface de sorte que la contribution électrolytique à l'enlèvement de la matière est considérablement augmentée, ce qui permet de réduire l'usure mécanique de la meule électrode. Ainsi, du fait que l'accroissement de l'enlèvement électro- chimique de matière et la réduction de l'usure mécanique de la meule sont tous deux atteints, le taux de rectification (quantité de matière enlevée sur la pièce divisée par la valeur de l'usure de la meule) est considérablement accru. On peut voir sur la figure 2 que la vitesse d'avance de rectification tombe brusquement lorsque la profondeur d'usinage excède 5 microns. Par exemples si cette profondeur est augmentée jusqu'à 20 microns, on voit que la vitesse d'avance de rectification est ramenée à moins de 10 cm/min. EXEMPLEÀ XI La meule préparée dans l'exemple I est utilisée pour rectifier électrochimiquement une pièce en alliage magnétique -ter/chrome/cobalt.L'électrolyte utilisé est une solution aqueuse à 101o en poids de NaNo3 et le courant d'usinage à une densité de courant de 0,6 ampère/mm. On observe la relation suivante entre le taux de rectification et la profondeur d'usinage: Profondeur d'usinage Taux de rectification 0,5 im 45 1,0 42 3,0 26 ,0 22 ,0 18 25,0 14 Le dispositif représenté sur la figure 3, sur laquelle.onutilise les mêmes repères pour désigner les mêmes parties ou composants que sur la figure 1, comporte des moyens pour mesurer l'usure de la meule électrode 4 de façon à rectifier et finir électrochimiquement la pièce 3 avec un plus haut degré de précision. Dans ce dispositif, la source de courant continu est raccordée à la pièce 3 et à la meule électrode 4 par l'intermédiaire d'un interrupteur 11, qui peut être un transistor ou une rangée de transistors pour procurer en travers de l'interface d'usinage une succession d'impulsions de courant de rectification électrochimique. Une source de courant de surveillance 12, également en courant continu, est également raccordée à la pièce 3 et à la meule électrode 4 par l'intermédiaire d'un interrupteur 13, qui peut ici également être un transistor ou une rangée de transistors, et par une résistance de mesure 14 montée en série. Les interrupteurs 11 et 13 sont fermés en alternative par une source de signaux commune 15 qui peut être un multivibrateur à marche libre. Ainsi, l'interrupteur 13 est trmé seulement lorsque l'interrupteur 11 est ouvert ou qu'il n'y a plus d'impulsion d'usinage et la sortie de la source de courant de surveillance est alors efficace au travers de l'interface d'usinage; une impulsion de surveillance est ensuite appliquée à l'interface d'usinage. Un circuit discriminateur 16, par exemple un trigger de Sdmiitt,est raccordé à la résistance de mesure 14 pour discriminer la tension de mesure qui y est développée proportionnellement en valeur à la résistance d'intervalle dans la période de surveillance déterminée par l'impulsion de surveillance entre la pièce 3 et la meule électrode 4. Le circuit discriminateur 16 a une sortie raccordée à un circuit de commande 17 conçu pour agir sur une commande d'avance verticale 18 pour régler la position verticale de la pièce -3 par rapport à la meule électrode tournante 4. La tension développée à la résistance de mesure 14 représente la résistance de contact entre la pièce 3 et la meule électrode 4, et de ce. fait, sensiblement l'usure de la meule électrode 4. Une valeur de seuil prédéterminée est introduite dans le discriminateur 16. Ainsi, lorsque le signal d'usure à la résistance de mesure 14 excède la valeur de seuil, le discriminateur 16 est actionné pour envoyer un signal de commande au circuit de commande 17. Ce dernier est alors actionné pour commander la commande verticale 18 et régler la position verticale de la pièce 3 par rapport à la meule électrode 4 ou la profondeur d'usinage G. Le circuit de commande 17 peut incorporer un compteur qui cumule les signaux de sortie du discriminateur 16 développés sous la forme d'impulsions et peut actionner la commande verticale 18 lorsque les impulsions de signaux cumulés atteignent un nombre prédéterminé. REVENDICATIONS 1. Corps d'électrode de rectification électrochimique, caractérisé en ce qu'il est essentiellement constitué par des grains abrasifs électriquement conducteurs liés ensemble avec une matrice de liaison essentiellement non conductrice de l'électricité, ces grains abrasifs étant mélangés avec une quantité de 10 à 30% en volume de cette matrice et frittés ensemble pour former un corps d'électrode ayant une résistivité spécifique inférieure à 100 ohm-cm. 2e Corps d'électrode selon la revendication 1, caractérisé en ce que cette quantité est inférieure à 25o. 3. Corps d'électrode-selon la revendication 1, caractérisé en ce que la résistivité spécifique est comprise entre 0,1 et 10 ohm-cm. 4. Corps d'électrode selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il a une porosité de 10 à.40% en volume. 5. Corps d'électrode selon la revendication 4, caractérisé en ce que la porosité est inférieure à 25% en volume. 6. Corps d'électrode selon la revendication 1, caractérisé en ce que les grains individuels sont essentiellement en une substance choisie dans le groupe contenant des carbures, nitrureset borures de titane et d'hafnium. 7. Corps d'électrode selon la revendication 6, caractérisé en ce que la substance est choisie dans le groupe contenant TiC, TiB2, TiN, HfC, TiBC, TiCN, TiHfC, (TiB2)P,(TiB2)N, TiCB4C, TiNB4C, TiCB13C2, TiNB13C2, TiCWlC, B4CWC et B 4CSiC. 8. Corps d'électrode selon la revendication 1, caractérisé en ce que la matrice de liaison est en une substance choisie dans le groupe contenant une résine, une céramique une fritte et du caoutchouc. 9. Corps d'électrode selon la revendication 1, caractérisé ence qu'il contient des grains abrasifs électri- quement non conducteurs. 10. Corps d'électrode selon la revendication 9, caractérisé en ce que ces grains abrasifs non conducteurs de l'électricité sont en une substance choisie dans le groupe contenant le diamant, des carbures de bore et des nitrures de bore. 11. Corps d'électrode selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il contient essentiellement des particules non abrasives électriquement conductrices. 12. Corps d'électrode selon la revendication 11, caractérisé en ce que ces particules sont en une substance choisie dans le groupe contenant un métal et du carbone. 13. Corps d'électrode selon la revendication 1, caractérisé en ce que ces grains abrasifs électriquement conducteurs ont une dimension de grain comprise entre 0,075 et 1,7 mm. 14. Corps d'électrode selon la revendication 13, caractérisé en ce que les grains abrasifs électriquement conducteurs sont préparés en liant des particules abrasives électriquement conductrices d'une dimension de particule comprise entre 2 et 30 em avec un agent de liaison essentiellement non conducteur de l'électricité. 15. Corps d'électrode selon la revendication 14, caractérisé en ce que ces particules individuelles sont - essentiellement constituées par une substance choisie dans le groupe contenant des carbures, nitrures et borures de titane et d'hafnium. 16. Corps d'électrode selon la revendication 15, caractérisé en ce que cette substance est choisie dans le groupe contenant TiC, TiB2, TiN, HfC, TiBC, TiCN, TiHfC (TiB2)C, (TiB2)N, TiCB4C, TiNB4C, TiCB13C2, TiNB13C2, TiCWC, B4CWC et B4CSiC. 17. Corps d'électrode selon la revendication 14, caractérisé en ce que l'agent de liaison est une substance choisie dans le groupe contenant une résine, une céramique, une fritte et du caoutchouc. 18. Procédé pour rectifier électrochimiquement une pièce électriquement conductrice avec une meule électrode rotative constituée par un corps d'électrode selon la reven- dication 1, caractérisé en ce qu'on fait passer un courant de rectification électrochimique entre la pièce et la meule électrode rotative à travers une interface de rectification balayée par un électrolyte liquide, on fait se déplacer la pièce en travers de la meule électrode rotative selon un trajet rectiligne prédéterminé, en des passes successives, en ce qu'à chaque passe on règle la profondeur d'usinage par la meule électrode rotative dans la pièce,déterminée par la positiond la pièce se déplaçant en travers de la meule électrode rotative selon ledit trajet, de façon que cette profondeur soit inférieure à 5 microns et on recommence chaque passe jusqu'à ce qu'on atteigne cumulativement la profondeur d'usinage désirée dans la pièce. 19. Procédé selon la revendication 18, caractérisé en ce qu'on fait passer un courant de rectification électro- chimique sous la forme d'une succession d'impulsions élec- triques. 20. Procédé selon la revendication 19, caractérisé en ce qu'on applique une impulsion de surveillance durant au moins une portion de l'intervalle entre les impulsions de courant de rectification électrochimique en travers de l'interface de rectification et qu'on mesure la valeur électrique de cette interface de rectification résultant de l'impulsion de surveillance, déterminant ainsi l'usure de la meule électrode. 21. Dispositif pour rectifier électrochimiquement une pièce électriquement conductrice avec une meule électrode rotative constituée par un corps d'électrode défini dans la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comporte une source de courant (6) pour faire passer un courant de rectification électrochimique à travers une interface de rectification définie entre la pièce à usiner (3) et la meule électrode rotative (4) et balayée par un électrolyte liquide, des moyens de commande (2) pour faire se déplacer la pièce en travers de la meule électrode rotative selon un trajet rectiligne prédéterminé de façon répétitive et selon un nombre prédéterminé de passes successives, des moyens de positionnement pour positionner, dans chacune des passes successives, la pièce se déplaçant en travers de la meule électrode rotative selon ce trajet prédéterminé de façon à régler la profondeur d'usinage par la meule électrode rotative dans la pièce à une valeur inférieure à 5 microns, et des moyens de commande pour permettre de répéter chaque passe de façon à accomplir le nombre prédéterminé de passes successives et atteindre ainsi de façon cumulative une profondeur d'usinage désirée dans la pièce. 22. Dispositif selon la revendication 21, caractérisé en ce qu'il comporte en outre des moyens associés à la source de courant d'usinage pour couper par intermittence ce courant d'usinage électrochimique, une source de courant auxiliaire (12) pour appliquer au travers de l'interface de rectification une impulsion de surveillance durant au moins une portion de la période pendant laquelle le courant de rectification électro- chimique est coupé, et des moyens pour mesurer une valeur électrique de cette interface de rectification résultant de l'application de l'impulsion de surveillance, déterminant ainsi l'usure de la meule électrode.