L'invention est relative à une matrice anticintrage pour manchon comprimé d'ancrage ou de jonction de conducteurs électriques. Les conducteurs électriques sont fixés à un support ou raccordés bout a bout au moyen d'un manchon tubulaire métallique fixé sur eux par rétreint. Ce rétreint est assuré par une matrice composée de deux éléments opposés délimitant, comme montré à la figure 1 annexée, un profil, polygonal ou autre, de section inférieure à celle que présente le manchon avant rétreint. Ces éléments sont fixés de manière amovible, l'un sur un support fisse, l'autre à l'extrémité de la tige d'un vérin apte à transmettre un effort de serrage important comprimant localement le manchon sur le câble. La matrice ayant une longueur bien intérieure à celle du manchon, 1'opération de compression doit être répétée de nombreuses fois. A cette fin, chaque fois, le manchon est déplacé longitudinalement entre les deux éléments de la matrice de la valeur de la longueur de cette dernière. Quel que soit le soin apporté pendant l'opération, lors de l'allongement du manchon sous l'effort de compres don, le moindre effort exercé transversalement sur l'une des extrémités de ce manchon, par exemple par le poids du câble, tend à cintrer ce manchon et à lui donner la forme représentée à la figure 2. De mame, pour les manchons de petits diamètres, l'effet de cisaillement simultané à l'opération de compression favorise la formation d'un cintre. Ce cintrage, qui se caractérise par une floche "f" d'autant plus importante que le manchon est long, est très gênant car il permet une décomposition des efforts de traction longitudinaux s'exerçant sur les conducteurs conduisant à des forces radiales favorisant, dans le temps, la rupture du manchon. Pour remédier à ce cintrage, il est nécessaire d'avoir recours à un banc de manchonnage comportant, de part et d'autre des moyens de compression, deux lunettes d'appui munies chacune de mâchoires fixes s'opposant à tout cintrage du manchon. Ces différents moyens sont fixés sur un bâti comportant des gwissières, des moyens pour déplacer longitudinalement les moyens de compression sur les glissières et des roues pour déplacer l'ensemble. De par sa structure, ce banc forme un ensemble encombrant, difficile à utiliser au sol, tres mal commode à monter et à maintenir sur la plateforme de montage disposée au sommet d'un pylône lors de l'installation de lignes élec- triques. La présente invention a pour but de fournir des moyens qui, s'opposant au cintrage de tout manchon, lors de la compression de celui-ci sur un ou plusieurs conducteurs, soit simple, peu encombrant, facilement transportable et utilisable sans difficultS sur une plateforme de montage. A cet effet, chaque élément de matrice est solidaire de faces de butée qui, disposées de part et d'autre et à distance de sa partie assurant la compression du manchon, sont aptes, lors de cette compression, å tenir en contact avec le manchon pour s s'opposer â son cintrage. Ainsi, les moyens s'opposant au cintrage du manchon sont solidaires de la matrice et se déplacent avec elle, ce qui permet d'utiliser sans aucune modification les presses à manchonner actuelles pour comprimer le manchon sur un conducteur en évitant son cintrage D'autres caractéristiques et avantages ressortiront de la description qui suit en référence au dessin schéra- tique annexé représentant, à titre d'exemple non limitatif, une forme d'exécution du dispositif selon l'invention:: Figure 1 est une vue de côté en élévation avec coupe partielle montrant une forme d'exécution d'exécution d'une presse à manchonner traditionnelle opérant avec une matrice en deux éléments Figure 2 est une vue de côté en élévation d'un manchon de jonction apres compression sur les extrémités de deux conducteurs par les moyens traditionnels Figures 3 et 4 sont des vues en perspective d'une première forme d'exécution des deux parties de la matrice selon l'invention Figure 5 est une vue en perspective de ltun des patins de butée aptes à coopérer avec la matrice de figures 3 et 4 Figure 6 est une vue en perspective d'une autre forme d'exécution d'un élément de la matrice Figures 7 et 8 sont des vues en perspective des deux patinspouvant s'utiliser avec cette matrice Figure 9 est une vue en perspective d'une autre forme d'exécution d'un élément de cotte matrice Figures 10, 11, 12 sont des vues schématiques de côté montrant quelques unes des phases de l'opération de compression d'un manchon de jonction sur les extrémités de deux conducteurs Dans la forme d'exEcution représentée aux figures 3 à 5, chacun des éléments de matrice 2a et 2b comprend, en son milieu, une demi-matrice 10 qui, dans la forme représentée, a un profil polygonal et notamment hexagonal. Cette demi-matrice est solidaire, de façon connue, d'un tenon 12 permettant de la fixer soit dans le support fixe 4, soit à l'extrémité de la tige du vérin 5, comme montré à la figure 1. Selon l'invention, chaque demi-matrice est prolongée longitudinalement de chaque côté par deux ailes parallèles 13 délimitant une sorte de chape. Chacune de ces ailes comporte à proximité de son extrémité libre, d'une part une rainure verticale 14, borgne et débouchant du plan de joint 15 de la matrice et, d'autre part, un alésage transversal 16. Chaque rainure 14 est en vis-à-vis de la rainure similaire disposée dans l'autre aile. De même, l'alésage 16 est coaxial à celui de l'aile en vis-à-vis. Ces rainures délimitent un logement apte à recevoir l'un des deux patins prismatiques 17a et 17b complémentaires de chaque demi-matrice. Chacun de ces patins 17a et 17b comporte des faces de butée respectivement 18 et 19 qui délimitent un profil dont la forme correspond à celle de la moitié de la partie du manchon sur laquelle il doit venir en appui. Ainsi, le bloc 17a devant venir en appui avec la partie hexagonale du manchon, comporte un profil en forme de demi-hexagone tandis que le bloc 17b devant venir en contact avec la partie cylindrique du manchon comporte une forme semi-cylindrique. Chaque patin, une fois disposé dans le logement formé par les rainures 14 est rendu solidaire des deux ailes 13 par un axe transversal 20 traversant les alésages i6 et un alésage 22 ménagé dans ce patin. Lorsque ces deux éléments de matrice sont disposés dans l'appareil à manchonner, les patins dont ils sont solidaires se font vis-àsvis et s'opposent lors de l'opération de compression à tout cintrage du manchon 3. De façon connue et connue montré a la figure 10, dans le cas de son application à un manchon de jonction, cette opération s'effectue en partant du milieu du manchon 3. Au débout de l'opération, les deux demi-matrices sont munies de patins 17b afin que les faces de butée e 19 aient le profil semi-cylindrique representé à la figure 5. Dès que le manchon a été déplacé dans le sens de la flèche 23 de figure li, d'une quantité suffisante pour que son extrémité qui est en arrière dans le sens du déplacement vienne au-dessus du point de départ de l'opé- ration de manchonnage, les patins 17b fixés dans cette extrémité sont remplacés s par des patins 17a délimitant un profil hexagonal. De la sorte, la matrice comporte à son extrémité qui est en avant par rapport au sens de déplacement, des surfaces de butée circulaires et à son autre extrémité, des faces de butée hexagonales. Ces différentes faces s'opposent pendant l'opération de compressoin proprement dite à tout cintrage du manchon jusqu'à ce que la matrice parvienne à l'une des extrémités de celui-ci. Lorsque la moitié du manchon a été comprimée, la matrice est ramenée au milieu du manchon pour effectuer l'opération de compression sur l'autre moitié du manchon avec un déplacement dans le sens de- la flèche 24, afin que de façon connue la compression s'effectue toujours du milieu du manchon jusqu'à son autre extrémité. Traditionnellement, cette deruière opération nécessite d'inverser les patins, ceux 17a remplaçant ceux 17b et réciproquement. La forme d'exécution de la matrice représentéo sur figures 6 à 8 se diffôrencie de la précédente r 9e fait que la partie centrale 30 de chaque élément présente extérieurement une forme semi-cylindrique et est prolongén de chaque côté par des gouttières semi-cylindridaedriques 38, Les patins d'appui 33a et 33b présentent également one forme extérieure somi-cylindrique leur permettant d'êtro engagés sans jeu â l'intérieur de l'une ou l'antre dos gouttières 32.Chacun de ces patins 33a ou 33b comporte, en saillie de son dos, un tenon radial 34 opte dans un alésage 35 traversant le fond des geuttières 32 La liaison de chaque patin avec la gouttière est assurée par une broche 36 qui, engagée dans un longitudinal li ménagé dans le fond de chacune des gout tières traverse également un alésage 38 ménagé dans @@ fond du tenon 34. Ce mode de liaison permet de changer les patins sans avoir à démonter les éléments de matrice du dispositif de manchonnage. La partie centrale 30 de la matrice est ;urnie late'- ralement de saillies latérales li permettant de la lier au support fixe 4 ou à la tête du vérin 5 de l'appareil de manchonnage. L'élément de matrice représenté à la figure 9 se différencie des précédents par le fait que, d'un cêté de sa partie centrale 40 constituant demi-matrice, les faces de butée e sont constituées directement par la paroi de la/gouttière 42, tandis que de l'autre côté, elles sont constituées par les faces internes 43 d'un patin amovible 44. Ce patin est identique à ceux 33a et 33b et présente donc une forme extérieure semi-cylindrique de laquelle fait saillie un tenon dont la liaison avec l'elé- ment de matrice est assurée par une broche 36. Gomme dans les formes d'exécution precédentes, ce patin 44 qui présente ici un profil intérieur hexagonal, peut ôtre remplacé par un patin comportant un profil intérieur semicylindrique.Ce patin est positionné dans une rainure semi-circulaire ménagée dans le fond de la gouttière 42. Cette disposition simplifie la fabrication de l'élé- ment de matrice et en réduit le coat sans pour autant perturber l'opération de manchonnage. En effet, avec une telle matrice, lorsque la moitié du manchon a été comprimée suivant la technique représen- tee à la figure 12 et qu'il faut entreprendre la coupres- sion de l'autre moitié, pour adapter les faces de bute au profil des parties de manchon qu'elles vont rencontrer, il suffit de faire pivoter les deux éléments de matrices de 180 autour d'un axe vertical. Il ressort de ce qui précède que quelles que soient ses formes d'exécution, cette matrice permet, lors de la compression d'un manchon d'ancrage ou de jonction sur un câble nu ou isolé homogène oit hétérogène, d'éviter tout cintrage de ce manchon et cela sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours à des moyens extérieurs complexes, volumineux et lourds, puisque la matrice selon l'invention permet d'utiliser les moyens habituels, à savoir les presses à manchonner courantes, pour assurer la liaison d'un manchon avec un ou plusieurs câbles. Avantageusement, les formes polygonales ou cylindriques délimitées par les faces de butée s'opposant au cintrage du manchon ont des dimensions qui sont au plus supérieures de 1 % de celles des parties du manchon avec lesquelles elles coopèrent. - REVENDICATIONS 1. - Matrice anticintrage pour manchon comprimé d'ancrage ou de jonction de conducteurs électrique, du type composée de deux éléments opposés (2a, 2b) délimi- tant en position fermée e un profil de section transversale inférieure à celle du manchon tubulaire (3) avant compression, caractérisée en ce que chaque élément de matrice est solidaire de faces de butée (18, 19) qui, disposes de part et d'autre et à distance de sa partie (10) assurant la compression du manchon, sont aptes, lors de cette compression, à venir en contact avec le manchon pour s'opposer à son cintrage. 2. - Matrice selon la revendication 1, caractérisée en ce que les faces de butée (18, 19) sont ménagées sur des patins (17a, 17b ; 33a, 33b) montés de manière amovible à au moins l'une des extrémités des parois prolongeant longitudinalement la partie (10) de l'élément de matrice assurant la compression. 3. - Matrice selon l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisée en ce que les faces de butée (18, 19) de chaque patin amovible délimitent un profil dont la forme correspond à celle de la moitie de la partie du manchon (3) avec laquelle il va coopérer et dont les dimensions sont supérieures de 1 % à celle de cette partie. 4. - Matrice selon l'ensemble des revendications 1 à 3, caractérisee en ce que la partie centrale (10) de chaque élément de matrice est prolongée de chaque côté par deux ailes longitudinales parallèles (13) dont au moins celles d'un côté comportent, à proximité de leurs extrémités libres, d'une part des rainures verticales (14), borgnes et opposes, mais débouchant du plan de joint (15) et constituant un logement pour l'un des patins amovibles de butée, et d'autre part, des alésages coaxiaux (16) pour un axe de positionnement (20) du patin traversant également ce dernier. 5. - Matrice selon la revendication 3, caractérisée en ce que la partie centrale (30) de chaque élément de matrice est prolongée de chaque côte par une gouttière (32), au moins l'une de ces gouttières (32) portant, à proximité de son extrémité libre, un alésage vertical (35) traversant son fond tandis que chaque patin (33a, 33b), également de forme extérieure semi-cylindrique, comporte en saillie de son dos un tenon vertical (34) apte à pénétrer dans l'alésage de la gouttière lorsque le bloc est disposé dans celle-ci. 6. - Matrice selon la revendication 5, caractérisée en ce que le patin semi-cylindrique (33a, 33b ; 43) est lié à la gouttière correspondante (32, 42) par une cheville longitudinale (36) le traversant et disposé dans un alésage longitudinal (37) ménagé dans la paroi de la gouttière. 7. - Matrice selon l'ensemble des revendications 5 et 6, caractérisée en ce que le patin semi-cylindrique (33a, 33b ; 43) est positionné dans une rainure semicirculaire ménagée dans le fond de la gouttière (32, 42).