On sait que dans de nombreuses applications, des parois risquent d'être détériorées par des corps durs en mouvement relatif contre elles ou à leur voisinage immédiat. Un exemple typique est celui des trémies, goulottes et autres genres de guides ou couloirs sur ou contre lesquels circulent des masses de pierres, morceaux de minerai, ferrailles, etc... Les tôles qui constituent en général les parois de tels dispositifs sont rapidement mises hors service, ce qui entrain des frais d'entretien importants. On a déjà proposé de protéger les parois du genre en question par le moyen d'une couche de recouvrement susceptible de mieux résister à l'abrasion, cette couche étant faite par exemple à cet effet en une matière plastique appropriée. On peut parvenir ainsi à une certaine amélioration et en outre il est toujours possible de regarnir la couche de matière protectrice sur les emplacements qui s'usent le plus rapidement sans avoir à changer prématurément la totalité du recouvrement de la paroi considérée. Toutefois l'expE- rience montre que les avantages ainsi obtenus restent relativement limités.Plus particulièrement, à moins de donner à la couche protectrice une épaisseur absolument inadmissible pour qu'elle arrive à former un véritable coussin, les chocs violents localisés sur elle risquent de l'entamer profondément au point d'impact et sont en outre transmis à la paroi qui peut ainsi se déformer, s'écailler, voire même se rompre. L'invention vise à remédier à cet inconvénient des solutions connues du problème en question et à permettre de protéger plus efficacement les parois des trémies, goulottes, couloirs et autres, susceptibles d'être mises en contact avec des corps durs en mouvement relatif par rapport à elles, tout en assurant au dispositif protecteur une durée de service économiquement acceptable. Conformément à l'invention l'on fixe sur la paroi intéressée des éléments protecteurs comportant chacun une partie utile de résistance à l'abrasion située à une certaine distance de la paroi, les parties utiles de ces éléments se succédant dans le sens du déplacement relatif des corps qui circulent contre ou au voisinage de ladite paroi et lesdits éléments possédant une élasticité suffisante pour pouvoir se déformer sans s'écraser sous l'effet des charges qui leur sont normalement appliquées, puis revenir à leur position de repos une fois ces charges disparues. , Les éléments sont avantageusement faits en caoutchouc ou matière synthétique équivalente, convenablement chargé pour résister à l'abrasion.L'élasticité est alors assuree de préférence en noyant dans l'épaisseur de l'élément considéré des fils d'acier à ressort convenablement disposés, ou mieux une toile métallique faite de tels fils. L'élément peut comporter une première partie propre à former embase de fixation à la paroi et qu'une partie intermédiaire convenablement conformée relie à la partie utile proprement dite, laquelle est alors en porte-à-faux, à la façon d'une lame de ressort fixée par une seule extrémité. Les éléments peuvent ainsi être disposés dans le sens de circulation des corps à la façon d'écailles, la partie utile de l'un chevauchant la partie de fixation et la partie intermédiaire de la suivante.Leur forme générale peut Btre par exemple rectangulaire, la dimension dans le sens de circulation des corps étant limitée par l'obligation d'éviter l'écrasement sous l'effet de la charge, tandis que dans le sens transversal elle peut être quelconque, voire même s'étendre sur toute la largeur de la paroi en vue d'éviter les joints ou d'en réduire le nombre. Dans le cas de parois à section horizontale circulaire chaque élément peut même arriver à affecter la forme d'une sorte de jupe sans fin bouclée sur elle-même. La partie utile d'un élément peut être paral lèle à la paroi, ou bien encore s'étendre obliquement à partir de celle-ci. Le dessin annexé, donné à titre d'exemple permettra de mieux comprendre l'invention, les caractéristiques qu'elle présente et les avantages qu'elle est susceptible de procurer Fig. 1 est une vue en coupe partielle montrant l'agencement d'un recouvrement protecteur suivant l'invention. Fig. 2 est une vue partielle de face à plus petite échelle de ce revêtement supposé réalisé par le moyen d'éléments rectangulaires de faible dimension horizontale. Fig. 3 indique très schématiquement une autre disposition d'éléments protecteurs sur une paroi. En fig. 1 on a représenté en 1 la paroi qu'il convient de protéger. I1 s'agira le plus souvent d'une tôle (dont l'épaisseur a été exagérée pour la clarté du dessin). Cette paroi est par exemple celle d'une trémie dans laquelle on déverse des pierres ou des ferrailles pour les faire pénétrer dans un espace inférieur approprié. On a représenté la paroi 1 comme étant située dans un plan vertical, mais bien souvent dans la pratique elle peut être inclinée pour donner à la trémie ou autre dispositif correspondant un profil plus ou moins en entonnoir. Le revêtement destiné à protéger la paroi 1 est fait d'éléments désignés par la référence générale 2. Chacun est constitué par une plaque épaisse faite en une matière souple résistant bien à l'abrasion, telle par exemple qu'un caoutchouc convenablement chargé. Dans cette plaque on a noyé au moulage un grillage métallique en fils d'acier à ressort à haute élasticité. Sur la coupe de fig. 1 on a référencé 3 la masse de caoutchouc et 4 le grillage métallique dont les fils de channe sont orientés suivant la dimension verticale de la plaque de l'élément 2. Chaque élément comporte un profil vertical recourbé deux fois en sens inverse de manière à déterminer une première zone plate référencée A, qui vient s'appliquer contre la paroi 1 à laquelle on la fixe par le moyen de boulons tels que 5. Cette première partie plate est suivie d'une partie intermédiaire B qui comporte un premier repliage l'éloignant de la paroi 1 et un second représentant le même angle de déviation, mais en sens inverse. La partie intermédiaire B est enfin suivie d'une partie utile C qui s'étend paral lelement à la paroi 1, mais à une distance a de celle-ci. On notera que, considérée dans le sens vertical, la partie utile C est orientée vers le bas, son bord inférieur 6 étant substan tiellement horizontal comme le bord supérieur 7 de la partie de fixa tion A. Toujours dans le sens vertical, ces éléments 2 se chevauchent quelque peu, le bas de la partie utile 4 de l'un venant recouvrir la partie de fixation A et une fraction importante au moins de la partie intermédiaire B de l'élément situé immédiatement audessous. On obtient donc ainsi une conformation en écailles qui réalise à la distance a de la paroi 1 une sorte de cloison auxiliaire discontinue, mais ne découvrant à aucun moment ladite paroi 1. Dans le sens horizontal les éléments 2 peuvent avoir toute dimension désirée. On les dispose aussi près que possible les uns des autres, préférablement en quinconce, comme le montre clairement fig. 2 dans laquelle les joints entre les éléments successifs d'une rangée horizontale ont été référencés 8. L'on a bien entendu avantage à ce que la dimension horizontale des éléments 2 soit aussi grande que possible de manière à limiter le nombre de joints 8. A la limite on peut concevoir d'établir le revêtement protecteur par le moyen d'éléments 2 découpés à la même longueur que la paroi à protéger présente dans le plan horizontal considéré. On peut même imaginer, dans le cas de parois se refermant sur elles-mêmes sans angle vif (cas des trémies cylindriques ou tronco niques) d'établir les éléments 2 sous forme annulaire à la dimension voulue pour s'adapter à la paroi, ce qui supprime totalement les joints 8. Il est encore possible de résoudre le problème des joints 8 en prévoyant sur l'un des côtés verticaux de chaque élément un rebord déporté en avant et/ou en arrière pour réaliser le chevauchement des éléments successifs d'une rangée horizontale. On comprend que lorsqu'une paroi telle que 1 et 3 est ainsi protégée, les corps durs en mouvement repoussés contre elle par la gravité ou par des réactions diverses, rencontrent d'abord les éléments 2 qui plient élastiquement sous la charge en se refermant plus ou moins les uns sur les autres sans s'écraser. La violence des chocs se trouve ainsi amortie, ce qui réduit considérablement le risque de coupure et d'arrachement du caoutchouc. Grâce à la grande élasticité des fils constitutifs du grillage 4, chaque élé- ment 2 reprend sa position aussitôt que la surcharge a disparu. De toute manière les corps durs (pierres, ferrailles, etc...) ne viennent jamais au contact de la paroi 1 et ne peuvent lui imposer des percussions locales susceptibles de la détériorer. Un autre avantage non négligeable du recouvrement suivant l'invention réside dans la possibilité de changer un élément 2 détérioré sans avoir à effectuer aucune opération de raclage, collage ou autre, comme avec des revêtements connus. Bien entendu la conformation des éléments 2 peut être différente de celle représentéeen fig. 1 et 2, aussi longtemps qu'elle assure la présence d'une partie utile telle que C maintenue élastiquement à un certain écartement de la paroi 1 à protéger, ainsi que la possibilité d'un chevauchement suffisant des éléments successifs dans le sens de circulation des corps durs, pour recouvrir totalement la paroi avec les zones de fixation des éléments. On a repré senté à titre d'exemple en fig. 3 une variante dans laquelle les parties utiles des éléments 2' sont orientées obliquement par rapport à la paroi 1 à protéger, la partie intermédiaire (non référencée) étant ainsi réduite à un simple pli. On conçoit que là encore il y a recouvrement total de la paroi et des parties de fixation, l'écartement entre les parties utiles et la paroi restant assuré. Il doit d'ailleurs être entendu que la description qui précède n'a été donnée qu'à titre d'exemple et qu'elle ne limite nullement le domaine de l'invention dont on ne sortirait pas en remplaçant les détails d'exécution décrits par tous autres équivalents. On conçoit notamment que l'armature intérieure métallique destinée à former ressort pourrait être faite non pas d'un seul grillage, mais de plusieurs, ou bien d'un ensemble de fils parallèles orientés suivant la direction verticale de l'élément sans être liés les uns aux autres par des fils horizontaux. REVEND ICAT IONS 1. Procédé pour la protection de parois métalliques ou autres à l'encontre de l'abrasion et des chocs provoqués par des corps durs en mouvement relatif par rapport à elles, notamment pour trémies, goulottes, couloirs et autres genres de guides, en utilisant à cet effet un recouvrement fait en une matière appropriée, caractérisé en ce qu'il consiste à fixer sur la paroi intéressée des éléments comportant une partie utile de résistance à l'abrasion située à une certaine distance de la paroi, les parties utiles de ces éléments se succédant dans le sens du déplacement relatif des corps de façon à ne pas permettre à ceux-ci d'accéder à la paroi et lesdits éléments possédant une élasticité suffisante pour pouvoir se déformer sans s'écraser sous l'effet des charges qui leur sont normalement appliquées, puis revenir à leur position de repos une fois ces charges disparues. 2. Elément pour la mise en oeuvre du procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comprend une première partie propre à former embase de fixation à la paroi, une partie intermédiaire solidaire de cette première partie de fixation et une partie utile supportée en porte-à-faux par la partie intermédiaire, celleci étant convenablement conformée de manière à assurer l'écartement désiré entre ladite partie utile et la paroi. 3. Elément suivant la revendication 2, caractérisé en ce que la partie intermédiaire est à profil à double courbure. 4. Elément pour la mise en oeuvre du procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'il est fait en une matière élastique du genre du caoutchouc, convenablement chargée à la façon en soi connue pour résister à l'abrasion, cette matière étant armée par un grillage de fils d'acier à ressort. 5. Recouvrement fait d'éléments suivant l'une quelconque des revendications 2 à 4 pour la mise en oeuvre du procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que les éléments qui le constituent sont disposés à la façon d'écailles dans le sens du déplacement relatif des corps durs, la partie utile de l'un chevauchant la partie de fixation et au moins une fraction de la partie intermédiaire du suivant.