î 2083366 On emploie depuis très longtemps des onguents pour traiter la peau et guérir les blessures. On les étale généralement sur la surface de peau à traiter, ou "bien, dans le cas des blessures par exemple, on les dépose sur une compresse et on applique la compres-5 se sur la peau. Pour faciliter le maniement, on fabrique des bandes de gaze enduites d'onguent. Ce procédé ne convient qu'aux onguents anhydres, contenant par exemple de la vaseline ou du polyéthylène-glycol anhydre ou pauvre en eau, car. les onguents émulsionnés, en particulier les émulsions "huile dans l'eau", risquent de' sécher rapi-10 dement. les "emplâtres à l'onguent", qu'on n'emploie plus, étaient d' un maniement commode. Ils contenaient des cires et matières grasses plastiques et épaisses, qu'il faillait réchauffer avant l'application. L'emploi d'une poudre n'est pas toujours recommandable (bien qu' il soit facile de la saupoudrer), car la grande surface interne ab-15 sorbe beaucoup d'humidité, ce qui n'est pas toujours souhaitable. La présente invention a pour objet des feuilles d'onguent façonnées prêtes à l'emploi, en particulier pour le traitement dermatologique, caractérisées par le fait qu'elles sont constituées par une émalsion du type "huile dans l'eau" pauvre en eau, qui. contient : 20 - une phase grasse de la composition habituelle (alcool gras, vaseline, suint de laine, et similaires). - . un émuls i onnant - un filmogène - un conservateur d'humidité tel que la glycérine, le sor-25 bitol," le sucre et similaires - un produit thérapeutique et/ou cosmétique. Les feuilles peuvent contenir d'autres produits qui améliorent le pouvoir couvrant de l'onguent, comme par exemple l'oxyde de titane, l'oxydée zinc, etc. Parmi les émulsionnants utilisables fi-30 gurent les produits non ioniques, anioniques ou cationiques. Le filmogène peut être la méthyl-cellulose, la carboxy-méthy1-cellulose ou un autre dérivé de la cellulose gonflant dans l'eau, un alginate, etc. Chacun des constituants peut naturellement être remplacé par un ou plusieurs produits similaires ou par des mélanges de ces produits. 35 Les feuilles d'onguent conformes à l'invention sont prépa rées à partir d'émulsions du type "huile dans l'eau". On les met sous line forme qui permet un emploi rapide, évite d'avoir à toucher l'endroit à traiter (en particulier les blessures), mais aussi rend inu- 71 08699 ' 2 2083366 tile l'enduction d'une compresse par l'onguent. On évite ainsi la forte tendance à la dessiccation qui accompagne l'emploi de poudres, et on rend plus universel l'emploi des onguents. On a constaté que l'emploi du procédé de l'invention pour la préparation de feuilles 5 d'onguent façonnées remplissait toutes ces conditions. On a déjà tenté de conserver les émulsions du type "huile dans l'eau" en les séchant par pulvérisation ou par congélation, c' est-à-dire en les déshydratant. Après réhydratation, on peut remettre les concentrés ainsi obtenus sous forme d'émulsions du type 10 "huile dans l'eau" par traitement mécanique, par exemple par agitation. On constate qu'une déshydratation poussée sur des surfaces chauffées, par exemple sur un cylindre chauffé, permet, moyennant une composition appropriée de l'émulsion du type "huile dans l'eau", L5 de transformer celle-ci en feuilles d'onguent qui remplissent toutes les conditions ci-dessus d'une manière idéale. Les feuilles d'onguent peuvent être appliquées directement sur l'endroit à traiter, et s' adaptent à la forme du corps. Toutes les difficultés d'application sont tournées, et l'emploi devient bien plus hygiénique qu'avec les 20 onguents usuels. Ce dernier point a un intérêt particulier pour la gué-rison rapide des lésions étendues, pour le traitement des brûlures et en chirurgie. Les feuilles d'onguent au sens de la présente invention ont une excellente stabilité, et peuvent être aseptiquement emballés en emballages scellés, avantage que ne présentent pas les émulsions 25 du type "huile dans l'eau" en tubes. Pour mettre en oeuvre le procédé de l'invention, on peut partir de toute émulsion du type "huile dans l'eau" ayant la composition usuelle. La phase grasse peut être constituée par une huile minérale, l'ozokérite, la vaseline, la paraffine, un alcool gras, une 30 huile végétale éventuellement hydrogénée, un ester d'acide gras, et similaires. L'émulsion contient en outre un émulsionnant approprié du type "huile dans l'eau", tel que le cétostéarylsulfate de sodium, un alcool gras polyéthoxyléné, ou un- émulsionnant complexe tel qu'un dérivé polyéthoxyléné de l'anhydro-sorbitol, mais aussi bien un savon 35 ou un composé à cation actif. La phase aqueuse de l'émulsion contient un conservateur d'humidité tel que le sorbitol, le glycérol, le sucre, un polyéthylène-glycol ou le propylène-glycol. Ces émulsions peuvent contenir tout autre produit auxiliaire usuel, par exemple un désinfec- JFT 71 08699 3 2083366 tant tei que le parachlorométacrésol, 11oxyquinoléine, un antibiotique, un sulfamide, l'hexachlorophène, un colorant acridinique, un ester parahydroxybenz qT que, mais aussi bien un désinfectant à cation actif, tel qu'un chlorure de dialkylbenzaldiminium, le chlorure 5 de eétyl-pyridinium, etc. Parmi les autres produits auxiliaires, figurent les tannins, 1'allantoïne, l'urée, l'azulène, les extraits végétaux, les dérivés de la cortisone, les vitamines, les hormones, et similaires. Cette énumération n'est pas limitative. D'une manière générale, on peut employer, dans les feuilles d'onguent tous les produits 10 d'usage courant dans les émulsions du type "huile dans l'eau". On ajoute à l'émulsion un ou plusieurs filmogènes. Parmi les' 'filmogènes utilisables figurent les polymères acryliques, la méthyl-cellulose, la carboxyméthyl-cellulose et autres dérivés de la cellulose gonflant dans l'eau, les mucilages végétaux, les alginates, la 15 polyvinylpyrrolidone, les copolymères de la vinylpyrrolidone et de . l'acétate de vinyle, l'agar-agar, la carraghénine, le dextrane, et similaires. On règle la consistance de l'émulsion par addition d'eau . ou d'un mélange d'eau et d'alcool., de manière à obtenir une pâte fluide. On dépose alors cette pâte en couche mince sur un support tel que 20 la tôle, le verre, et similaires, par coulée ou par application au rouleau ou au pinceau, et on chauffe le support pour évaporer la phase aqueuse ou le solvant, soit complètement, soit jusqu'à une humidité résiduëlle de Vfo à 15$» les cylindres ehauffés_jconviennent particulièrement bien au séchage. Pour faciliter le détachement de la pel-25 licule- formée, il est bon d'enduire la tôle ou le cylindre d'une matière plastique appropriée, telle que le polyéthylène ou le polytétra-fluoréthylène, d'émail ou de glaçure. La température de séchage est comprise entre 65°:C et 110°C. En présence de substances sensibles à la chaleur, on peut opérer sous vide. On dépose la quantité de pâte 30 qui correspond à l'obtention d'une pellicule de l'épaisseur voulue après séchage. Dans une autre mise en oeuvre, on prépare une émulsion épaisse, et on la concentre par chauffage sous vide jusqu'à une consistance pâteuse. On lamine cette pâte en feuilles minces, qu'on sè-35 che comme ci-dessus sur des tôles ou des cylindres chauffés jusqu'à obtention de la teneur en eau voulue. L'épaisseur de la pellicule peut aller de 0,2 mm à 1,5 mm. Un onguent en feuilles • ainsi préparé est flexible et déformable.' Quand on dépose cette pellicule sur la surface de peau à traiter, elle 71 08699 2083366 se met en contact intime avec la peau. On peut ainsi absorber l'humidité, en particulier dans les cas d'eczéma suintant ou de blessures saignantes. Le transfert des substances actives est pleinement assuré dans la zone de contact. Une pellicule d'onguent ainsi préparée 5 peut être employée telle^uelie ou appliquée au rouleau sur une couche de gaze. Ces pellicules d'onguent conviennent-particulièrement bien comme revêtement sur emplâtres, éventuellement à la place du capitonnage de gaze. La liaison mécaniquement re la pellicule' d'onguent et la gaze permet de préparer des bandes pour brûlures. On peut rempla-10 cer la gaze par d'autres tissus. La feuille d'onguent au sens de la présente invention est une émulsion du type "huile dans l'eau" pauvre en eau, qui conserve cependant toujours le caractère d'une véritable émulsion. Elle est solubl^&ans l'eau, avec formation d'une émulsion diluée. La poursuite du séchage est empêchée par la présence du 15 conservateur d'humidité. On peut d'ailleurs conserver la feuille d' onguent dans une enveloppe imperméable jusqu'au moment de l'emploi. EXEMPLE 1.- Pour préparer une émulsion non ionique, on fait fondre la phase grasse, constituée par 3 parties de vaseline, 5 parties d'al-20 cobl cétostéarylique et 1 partie d'alcool gras polyéthoxyléné (indice d'hydroxyle compris entre 80 et 120). La phase aqueuse, constituée par 2 parties de méthyl-cellulose basse viscosité, 1 partie de polyvinylpyrrolidone, 6 parties de glycérol, 1 partie de panthénol, 1 partie d'allantoïne, 0,1 partie de chlorure de dialkylbenzaldimi-25 nium et 80 parties d'eau, est chauffée à 70°C environ. On émulsion-ne alors de la manière habituelle la phase aqueuse dans la phase grasse. On malaxe l'émulsion avec 3 parties d'oxyde de zinc. On évapore ensuite la masse à 100°C sur une surface de tôle revêtue d'une couche de Teflon d'environ 2 mmd'épaisseur, jusqu'à une humidité résiduâfe-30 le d'environ 3$ à 47°. On détache la pellicule formée, qui est prête à l'emploi. EXEMPLE 2.- Pour préparer une émulsion à cations actifs, on fait fondre la phase grasse, constituée par 0,2 partie d'huile de paraffine, 35 3 parties d'ozokérite, 3 parties de vaseline et 5 parties d'alcool cétostéarylique émulsionné DABg (ajouté en dernier). On chauffe à 70°C environ la phase aqueuse, constituée par 2,5 parties de carboxy- 71 08699 5 2083366 méthyl-cellulose, 0,1 partie de sel de sodium du parachlorométacrésol et 90 parties d'eau. On émulsionne ensuite de la manière habituelle la phase aqueuse dans la phase grasse. On applique l'émulsion, en couche d'environ 2 mm d'épaisseur, sur un rouleau chauffé qui tourne lentement, et on amène l'humidité résiduelle au voisinage de par évaporation. EXEMPLE 3.- Pour préparer une émulsion non ionique, on fait fondre une phase grasse constituée par 6 parties de vaseline, 10 parties d'alcool cétostéarylique, 1 partie d'acide stéarique et 2 parties d'ester mono-oléique du sorbitane polyéthoxyléné. On chauffe à 70°G environ la phase aqueuse, constituée par 4 parties de méthyl-cellulose, 10 parties de glycérol, 1 partie d'allantoïne et 80 parties d'eau. On émulsionne ensuite la phase aqueuse dans la phase grasse de la manière habituelle. On incorpore à l'émulsion 0,5 partie de sulfate de néo-mycine et 0,05 partie d'acétate de la vitamine E. On étale ensuite l'émulsion sur une tôle en couche d'environ 3 mm d'épaisseur, et on chauffe le tout sous vidévers 5-0°C. L'humidité résiduelle est de EXEMPLE 4,- On prépare une émulsion à anions actifs en faisant fondre une phase grasse constituée par 3,3 parties de vaseline, 6,4 parties d'alcool cétostéarylique émulsionné LABg (ajouté en troisième), 0,5 partie d'ester stéarique de polyéthylène-glycol 400, 0,1 partie de parahydroxybenzoate de butyle et 0,2 partie d'Adeus lanae,On chauffe à 70°C- environ la phase aqueuse, constituée par 2,2 parties de carbo-xyméthyl-cellulose, 1,2 partie de polyvinylpyrrolidone, 5 parties de polyéthylène-glycol 400, 3 parties d'urée et 60 parties d'eau. On émulsionne de la manière habituelle la phase aqueuse dans la phase grasse, et on évapore la masse sous vide, en agitant continuellement, jusqu'à consistance pâteuse. On étale la masse pâteuse au rouleau en couche mince sur des tôles, et on sèche à 100°C jusqu'à une humidité résiduelle d'environ 5$. EXEMPLE 5.- On étale l'émulsion de 1'exemple1 sur les tôles en couches de 3 mm d'épaisseur environ. Avant de la détacher des tôles, on y incruste une couche de gaze. On évapore ensuite à 100°C jusqu'à une humidité résiduelle d'.environ 3% à 4$. 71 08699 6 2083366 - EEVEHDICâïIOÎIS - 1.- Feuilles d'onguent façonnées prêtes à l'emploi, convenant en particulier aux traitements dermatologiques, caractérisées par le fait qu'elles sont constituées par une émulsion du type "huile dans l'eau" pauvre en eau. 5 2.- Feuilles conformes à la revendication 1. caractéri sées par le fait que l'émulsion du type "huils dans l'eau" jauvre en eau est constituée par : - environ 20$ à 60$ d'une phase grasse de composition usuelle (alcool gras, vaseline, suint de laine, et sini- 10 laire); - environ 2$ à 12$ d'un émulsionnant; - environ 3$ à 20$ d'un filmogène; environ 10$ à 40$ d'un conservateur d'humidité (glycérol, sorbitol, sucre, et similaire; 15 - environ 1$ à 15$ d'un produit thérapeutique et/ou cosmé tique, les pourcentages étant rapportés à la feuille prête à l'emploi. 3.- Feuilles conformes à l'une des revendications 1 ou 20 2, caractérisées par la présence de produits auxiliaires tels que 1' oxyde de titane, 1 ' 0X3rde de zinc, et similaire, qui améliorent le pouvoir couvrant des feuilles. 4.- Feuilles conformes à l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisées par la présence d'émulsionnants non ioni- 25 ques, à anions actifs ou à cations actifs. 5o- Feuilles conformes à l'txe quelconque des revendications 1 à 4, caractérisées par la présence comme filmogène de méthyl-cellulose, de carboxyméthyl-cellulose ou d'autres dérivés gonflables de la cellulose, d'alginates.et similaires. 30 6o- Feuilles" conformes à l'une quelconque des revendica tions 1 à 5, caractérisées par le fait que chacun des constituants est lui-même formé d'un ou plusieurs produits similaires. 7.- Procédé de préparation des fevilles définies par l'une quelconque des revendications 1 à 6. caractérisé par le fait 35 qu'on prépare d'abord une émulsion du type "huile dans l'eau" riche en eau, d'une composition connue, qui peut servir de support à des 71 08699 2083366 médicaments connus, et qui contient un ou plusieurs filmogènes, qu' on étale cette émulsion suzjun support tel qu'une tôle métallique, le verre ou un cylindre chauffé, et qu'on chauffe jusqu'à une humidité résiduelle d'environ ifo à 15$, de manière à obtenir une pellicu-5 le d'onguent flexible. 8.- Procédé suivant la revendication 7, caractérisé par l'émploi pour l'émulsion de départ d'une'phase grasse constituée de la façon habituelle par une huile minérale, de l'ozokérite, de la vaseline, de! la paraffine, un alcool gras,,du suint de laine, des 10 huiles végétales éventuellement hydrogénées, des esters d'acides gras ou des produits similaires. 9-- Procédé suivant l'une des revendications 7 ou 8, caractérisé par l'emploi pour l'émulsion de départ des émulsionnants usuels du type "huile dans l'eau" tels que le cétostéarylsulfate de 15 sodium, un alcool gras polyéthoxyléné , un émulsionnant complexe du type ester d'acide gras du sorbitane polyéthoxyléné, un savon, un composé à cations actifs ou des produits similaires. 10.- Procédé suivant l'une quelconque des revendica-tions 7 à 9/ caractérisé par l'emploi comme émulsion de départ de 20 supports de médicaments, par exemple de désinfectants, d'antibiôti-■ ques, de sulfamides, de tannins, d1allantolne, d'urée, d'azulène, d'extraits végétaux, de dérivés de la cortisone, de vitamines, et similaires. 11.- Procédé suivant, l'une quelconque des revendications 25 7 à 10,-caractérisé par l'emploi comme filmogène d'un ou plusieurs des produits suivants : polymères acryliques, méthyl-cellulose, carboxy-méthyl-cellulosè ou autres dérivés de la cellulos^gonflant dans l'eau, mucilages végétaux, alginates, agar-agâr, polyvinylpyrrolidone, copolymères de la vinylpyrrolidone et de l'acétate de vinyle, carraghé-30 nine, dextrane, et similaires. 12.- Procédé suivant lune quelconque des revendications 7 à 11, caractérisé par l'étalement de l'émulsion sur des tôles ou des rouleaux chauffés sous une épaisseur telle qu'on obtienne après séchage poussé une pellicule d'onguent de 0,2 à 2,0 mm d'épaisseur. 35 13•- Procédé suivant l'une quelconque des revendications 7 à 12, caractérisé par la déshydratation de l'émulsion par évapora-tion à chaud, de préférence entre 65°G environ et 110°C environ sous 71 08699 8 2083366 la pression atmosphérique, ou vers 50°C sous pression réduite. 14.- Procédé suivant l'Une quelconque des revendications 7 à 13, caractérisé par l'incrustation ou l'application .au rouleau d' une couche de gaze ou d'un autre tissu dans ou sur la pellicule d'onguent . 15.- Emploi de la combinaison de pellicule d'onguent et de gaze comme constituant de bandages-onguents, de compresses antibrûlures, d'emplâtres, et similaires„