Un des problèmes rencontrés dans le transport au pétrole par voie mari- time depuis les lieux de production jusqu'aux raffineries est celui du nettoyage des cuves dont la vidange totale est habituellement irréalisable Un autre problème, est celui du chargement du navire au retour vers les lieux de production. En effet, pour des raisons de stabilité, il est nécessaire de charger au moins et partie le navire ; ceci est habituellement reallié par le remplissage de certains réservoirs au moyen d'eau de mer. Cette eau de mer constitue une charge sans valeur marchande et dont le poids accroit la consommation en combustible du navire. Cette opération de ballastage au moyen d'eau de mer a pour conséquence qu'il faut décharger cette eau à l'arrivée ; mais comme l'eau s'est charge de matières pétrolières, on doit procèder à des opérations coûteuses de purification de cette eau ayant décharge,, si l'on veut éviter une pollution du milieu environnant. Toutes ces difficultés font que le problème du retour des navires pétroliers vers les lieux de production n'a pas encore reçu de solution satisfaisante. L'objet de l'invention est de proposer un procédé de nettoyage des cuves d'un navire pétrolier qui résoud ces problèmes. Il utilise un agent de nettoyage nouveau et produit une matière liquide de hallastage qui présente une valeur propre comme engraia et qui peut donc être utilisée avec profit par les pays producteurs de pétrole ou par des pays voisùis au lieu d'être rejetée à la mer, comme c'est le cas de l'eau de mer de ballastage utilisée habituellement. Si l'@n considère que les pays producteurs de pétrole, notamment ceux du Moyen Orient, sont souvent des pays, arides ou le développement d'une produc- tion agricole exige l'apport au soi d'éléments le plus souvent presque totalement absents, tels l'humus, on voit quel intérêt peut présenter le procédé de la présente invention. Le procédé de l'invention consiste à charger le navire Pétrolier, lorb du voyage de retour vers les lieux de production, d'une composition @ompable renfermant au moins les éléments suivants - de l'eau - de la @ourbe, constituant une source organique de carbone d'origine non hydrocarbonée, capable de fournir l'humus nécessaire au sol, cette tourbe se présentant sous forme de fines particules, - et au moins un agent collotde capable de maintenir la tourbe à l'état dispersé dans l'eau. Cette composition peut renfermer, à titre facultatif, divers autres éléments dont il sera fait mention plus loin. Cette composition est brassée par tout moyen convenable dans le but de disperser le pétrole résiduel contenu dans les cuves. Ce brassage peut commodément se faire au cours même du voyage de retour du navire, de façon à éviter toute perte de temps au départ ou à l'arrivée. On obtient finalement une dispersion pompable qui, outre les éléments introduits au épart, renferme au moins une partie des residus petroliers des cuves. Cette dispersion constitue un engrais précieux puisque, outre l'eau et des éléments nutritifs, elle apporte des éléments fixateurs des terres qui font gravement défaut dans les zones désertiques. Bulle peut commodément être pompée, stockée ou transportée par canalisations. L'eau utilisée est une eau naturelle, par exemple eau de rivière, de source ou de pluie, à l'exclusion d'eau trop fortement salée telle que l'eau de mer dont on sait qu'elle n'est pas favorable à l'irrigation des terres. La tourbe constitue une source de carbone organique dont la teneur en huus est particulièrement élevée. A titre additionnel on peut ajouter d'autres sources de carbone telles que, par exemple, les dechets animaux et végétaux et notamment la paille, les résidus betteraviers, la pulpe de raisin, les algues, les gadoues, les rejets d'élevages d'animaux, etc... Une source particulièrement intéressante est constituée par les fourrages verts tels que la luzerne, riche à la fois en carbone et en azote. Il est important de réduire cette matière carbonée en particules aussi fines que possible, pour faciliter leur mise en suspension. Ceci peut être réåli- sé par tout moyen connu, tel que broyage, concassage, tamisage. Une taille de 0,1 à 5 mm ou plus petite est désirable. L'agent colloïdal est un élément important de la formulation, en raison de son rôle dispersant et fixateur. Les argiles de toute nature peuvent être utilisées à cette fin. D'autres collotdes minéraux, sont par exemple, l'opale, la calcédoine, la limonite, la gibbsite, etc... Des colloïdes organiques peuvent également être utilisés, par exemple, les collotdes humiques, les amidons ou les alginates. A cette composition, le pétrole dispersé, provenant du nettoyage des cuves, apporte à la fois une source de carbone à décomposition lente et des oligoéléments indispensables à la culture, par exemple soufre, vanadium, nickel. Dans la composition utilisée selon l'invention, les proportions des éléments essentiels peuvent varier dans de larges limites. A titre indicatif, mais non limitatif, la teneur en tourbe peut être de 1 à 20 % en poids (sec), de préférence 5 - 15 Z ; la teneur en agent colloïde est, par exemple, de 0,2 à 10 % en poids (sec, de préférence 0,5 - 5 7. ; la teneur en pétrole provenant des cuves est, par exemple, 0,1 à 5 7 en poids, de préférence 0,2 à 1 %. La teneur en eau peut être de 30 à 90 % en poids. Aux éléments essentiels ci-dessus, on peut évidemment adjoindre d'autres éléments qui font. défaut aux sols à fertiliser, et notamment des engrais minéraux tels que phosphates, nitrates, sels de potassium et d'ammonium, etc... Le nettoyage des cuves peut dans certains cas, nécessiter le réchauffa ge de la composition liquide utilisée dans l'invention. Les exemples Suivants, non limitatifs, illustrent le procédé de la présente invention. On a préparé diverses compositions par mélange des ingrédients comme suit COMPOSITION N 1 Tourbe à 25 % de matière sèche en poudre 45 parties en poids Argile à 100 7. " " 2 " 2 Eau douce 52,5 Cette composition a été pompée dans un réservoir renfermant 0,5 partie en poids de pétrole brut (fond de cuve de navire pétrolier). Après agitation énergique, on a obtenu une composition liquide formée (en poids) de 45 % de tourbe, 2 % d'argile, 0,5 X de pétrole et 52,5 % d'eau. Cette composition se laisse aisément pomper et on constate que les hydrocarbures ont pratiquemment disparu du réservoir. Le mélange résultant a pu être utilisé comme engrais et agent de fixation du sol. COMPOSITION N 2 On a opéré comme ci-dessus à partir du mélange de Paille a 90 % de matière sèche 5 parties en poids Tourbe 25 Z " " 40 " Argile 100 Z " ' 2 " Eau douce 52 " Complément minéral 0,5 " La composition ci-dessus a permis de mettre en suspension 0,5 partie en poids de pétrole brut présent dans un réservoir. La compousition résultante est utilisable comme engrais et agent de fixation des sols. COMPOSITION N 3 Les mêmes résultats ont été obtenus à partir de Légumineuses à 20 Z de matière sèche 5 parties en poids Paille 90 Z " " 3 " Tourbe 25 % " " 34 " n Argile 100% " " 2 " " Eau douce 55 " On a obtenu une émulsion qui renferme, outre. les composés ci-dessus, 0,5 Z en poids de pétrole. Cette emulsion est utilisable comme engrais. REVENDICATIONS i - Procédé de nettoyage d'un réservoir de navire pétrolier, qui consiste à laver ce réservoir à l'aide d'une suspension liquide pompable renfermant, comme éléments essentiels, de l'eau, de la tourbe et au moins un agent colloïde. 2 - Procédé selon la revendication 1, dans lequel la tourbe est présente en particules de 0,1 à 5 mm 3 - Procédé selon la revendication 1 ou 2, dans lequel la suspension liquide renferme 1 à 20 % en poids sec de tourbe et 0,2 à 10 % en poids sec d'agent colloïde. 4 - Procédé selon l'une des revendications 1 à 3, dans lequel le nettoyage intervient au cours d'un voyage de retour d'un navire pétrolier vers les lieux de production. 5 - Utilisation de la suspension liquide obtenue au terme du nettoyage de l'une des revendications 1 à 4, et qui renferme du pétrole dispersé, comme engrais ou agent de fixation de la terre. 6 - Utilisation de la suspension liquide selon la revendication 5, la dite suspension liquide renfermant 1 à 20 % en poids sec de tourbe, 0,2 à 10 % en poids sec de l'agent collotde, 0,1 à 10 % en poids de pétrole résiduel du réservoir d'un navire pétrolier et 30 - 90 % en poids d'eau.