La présente invention est relative à un procédé pour brûler en commun des ordures et des boues de curage et à un dispositif pour la mise en oeuvre de ce procédé. On sait que l'élimination des ordures ménagères et des déchets industriels, qui sont produits en quantités de plus en plus grandes, est de plus en plus difficile. On impose des normes plus strictes aux endroits de dépôt. Dans de nombreux cas, en particulier dans les régions de forte densité de population, on ne dispose plus de surfaces suffisantes de dépôt. Il faut en général brûler les ordures. La construction et l'entretien des installations de combustion des ordures sont onéreux. Egalement le problème de l'élimination des boues de curage à partir des installations d'épuration des eaux usées atout récemment pris un caractère d'urgence. Là également, on ne dispose plus dans certains cas de possibilités de dépôt, de sorte qu'on s'efforce de brûler également les boues de curage déshydratées ou desséchées. Suivant son traitement et sa composition, la boue provenant de l'installation d'épuration présente une teneur en eau de 90 à 97 . On peut alors la pomper. Au moyen d'installation simples et continues de déshydratation, telles que des centrifugeuses et des filtres à vide, on obtient une teneur en eau de 65 à 75 . Cette boue est consistante, et sa consistance est pâteuse, souvent en miettes. Les filtres-presses permettent d'atteindre une teneur en eau d'environ 50 % avec une consistance solide en miettes. Pour un séchage thermique jusqu'à une teneur en eau de 10 à 20 % environ, la boue devient pulvérulente. Il est connu de brûler des boues de curage déshydratées dans des tambours tournants à chicanes. A cause de leur faible pouvoir calorifique, un chauffage supplémentaire par un combustible est nécessaire. Il est en outre connu de brûler dans des fours à couche turbulente de la boue bien déshydratée et fragmentée. On a également proposé de brûler, au moyen d'un brûleur adapté, de la boue séchée, de façon semblable à ce qui a lieu pour le chauffage au poussier de charbon. Tous ces procédés sont fort coûteux, soit à cause de l'apport nécessaire de chaleur, soit à cause de l'appareillage important à mettre en oeuvre. On a également déjà prévu de brûler ensemble des ordures ménagères et des boues de curage. Ce procédé est avantageux, parce que les propriétés des boues et des ordures se complètent avantageusement du point de vue de la combustion. Les ordures ménagères actuelles possèdent dans les états industriels un pouvoir calorifique voisin de 2 000 kcal/kg et tendant même à augmenter. Cependant, du fait que pour éviter un ramollissement des scories et de la poussière des gaz de fumée, la température de combustion et des gaz de fumée ne doit pas dépasser 1 0O00C environ, il est nécessaire d'amener de grandes quantités d'air en excès. Les réfrigérants de gaz de fumée disposés en aval (par exemple la chaudière, l'épurateur de gaz de fumée, le tirage par aspiration, les conduites tubu lairés et la cheminée) doivent être adaptés à cette situation. Si l'on déshydrate les boues jusqu'à une teneur en eau d'environ 65 à 75 % d'eau, on a l'avantage qu'une instaIlation de déshydratation simple, économique et fonctionnant en continu, permet de se tirer d'affaire. Si l'on part d'une population identique pour les ordures et pour les boues déshydratées, le pouvoir calofrifique du mélange des ordures et des boues est fortement abaissé par la teneur élevée en eau des boues. Avec le pouvoir calorifique qui en résulte, d'une part on n'a en général pas besoin d'un chauffage supplémentaire, et d'autre part on n'a pas besoin d'abaisser les températures de combustion et des gaz de fumée par de grandes quantités d'air en excès. Cela signifie en pratique que dans ces conditions on peut brûler supplémentairement la quantité de boue dans l'installation de combustion des ordures. La condition de cette compensation des propriétés des boues et des ordures est que ces deux constituants soient mélangés suffisamment entre eux. Pour une boue déshydratée de façon simple jusqu a une teneur en eau d'environ 70 ibx ce n'est pas simple, parce que la boue, qui est à l'état pâteux et gluant allant jusqu'à l'état glaiseux, se laisse mal diviser. Le degré nécessaire de mélange des ordures et de la boue avant leur introduction dans les fours de combustion est fortement différent suivant que le produit à brûler est ou n'est pas brassé, et suivant le degré dans lequel il est brassé, dans l'installation de four elle-même. Si l'installation de combustion des ordures et la station d'épuration sont réunies localement, la boue de curage déshydratée arrive de façon continue à l'installation de combustion des ordures.On a proposé pour ce cas d'amener en continu les ordures et la boue au four de combustion, de réunir les deux courants partiels arrivant de façon continue, et d'obtenir ainsi un mélange lors de l'introduction dans le four. Nais si l'on transporte par camions ou par wagons dechemin de fer la boue à l'état déshydraté depuis une ou plusieurs stations éloignées jusqu'à l'installation de combustion des ordures, la division et le mélange, avec les ordures, de cette boue arrivant par charges constituent un problème particulier à cause de la consistance souvent poisseuse de la boue. Ce qui complique particulièrement le problème c'est que la consistance de la boue varie fortement, de sorte que les dispositifs connus d'extraction, de division et de mélange sont compliqués et entraînent des difficultés d'exploitation. Pour obtenir un mélange simple, et d'un fonctionnement sûr, des ordures et de la boue, on propose, suivant l'invention, de les amener, avant de les introduire dans le four de combustion, dans un tambour rotatif, dont la rotation assure leur mélange. Les deux constituants s'élèvent, lors de la rotation, le long de la paroi tubulaire se déplaçant de bas en haut et retombent ensuite sur le talus qui se forme. Les constituants se mélangent, et les éléments lourds des ordures, tels que les verres, les pierres, les éléments métalliques, etc., brisent les mottes de boue ou y pénètrent. On sait que les tambours rotatifs fonctionnent de façon absolument sûre aussi bien avec la boue seule qu'avec les ordures seules. Des bouchages, des formations de ponts, des coincements, etc., ne peuvent pas non plus apparaitre dans l'alimentation simultanée avec les deux matières. On peut introduire dans le tambour les ordures et la boue aussi bien en continu et simultanément que successivement par charges, par exemple avec une grue. On peut en particulier prélever la boue dans un récipient d'emmagasinage et ne 1 'in- troduire dans le tambour que pendant les périodes pendant lesquelles on introduit dans le tambour des ordures provenant d'un récipient de collecte et de transport, le rapport quantitatif entre les ordures et la boue pouvant être réglé par les dispositifs d'amenée. Le tambour peut être disposé contre ou dans la soute à ordures de l'installation de combustion. Mais il peut aussi être réalisé mobile sous la forme d'un véhicule de collecte des ordures ou d'un conteneur de transport de grande capacité. On peut également combiner le tambour rotatif avec des dispositifs connus en soi pour transporter, diviser, comprimer et vider les ordures. Dans ce cas, le tambour peut être alimenté à une extrémité, et l'évacuation se trouver à l'autre extrémité. Mais l'alimentation et l'évacuation peuvent également avoir lieu à une seule et même extrémité, par exemple en inversant le sens de rotation du tambour. REVENDICATIONS 1. Procédé pour la combustion en commun d'ordures et de boues de curage dans une même installation, caractérisé par le fait qu'on les amène, avant de les introduire dans le four de combustion, dans un tambour rotatif, dont la rotation assure leur mélange 2. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé par le fait qu'on introduit successivement dans le tambour des ordures et la boue. 3. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé par le fait qu'on n introduit dans le tambour la boue provenant d'un récipient d'emmagasinage que pendant la période pendant laquelle on introduit dans le tambour des ordures provenant d'un récipient de collecte et de transport, le rapport entre les quantités d'ordures et celles de boue pouvant être réglé par les dispositifs d'amenée. 4. Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé suivant l'une des revendications 1 à 3, caractérisé par le fait que le tambour est disposé contre ou dans la soute à ordures de l'installation de combustion ou contre la station de transbordement des ordures. 5. Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé suivant l'une des revendications 1 à 3, caractérisé par le fait que le tambour est réalisé mobile sous la forme d'un véhicule de collecte des ordures ou d'un conteneur de transport de grande capacité. 6. Dispositif suivant l'une des revendications 4 et 5, caractérisé par le fait que le tambour est combiné avec des dispositifs connus en soi pour transporter, diviser, comprimer et vider les ordures.