Les focs ou voiles d'avant d'un bateau sont supportées par un étai reliant obliquement le pont au m t et généralement constitué par un câble d'acier sous tension. Le plus souvent, la voile d'étai est assujettie à l'étai au moyen d'une série de mousquetons fixés à la ralingue de la voile. Mais cette fixation par mousquetons présente-un profil aérodynami qué médiocre; par ailleurs, le décrochage et le raccrochage des mousquetons entrainent une perte de temps lors d'un changement de foc. Pour pallier ces inconvénients, on a cherché à appliquer aux voiles d'étai la technique du tunnel de ralingue utilisée pour les grandtvoiles, en profilant l'étai de façon qu'il constitue luimeme le tunnel de ralingue. Mais un tel étai creux doit, pour présenter des caractéristiques mécaniques équivalentes à celles d'un étai plein, avoir un diamètre double de celui d'un étai plein; il pèse, par suite, trois fois plus que lui. De plus, cet étai ne s'orientant pas, laisse sous le vent de la voile une zone tourbillonnaire qui réduit le rendement de cette voile en augmentant sa traitée. On a également proposé d'enfermer l'étai et la ralingue dans une gaine fendue, en métal léger ou en matière plastique, qui forme tunnel de ralingue. Cette gaine peut pivoter autour de l'étai et se présenter ainsi, quelle que soit l'incidence du vent, sous l'angle de meilleure pénétration aérodynamique. Pour ne pas allonger inutilement la section de la gaine, le profil aérodynamique idéal est coupé vers l'arrière, ce qui engendre une zone dépressionnaire à tourbillons derrière chaque bec de la gaine; mais l'étendue de cette zone est toutefois notablement plus faible que celle produite par l'étai creux fixe. te gain de poids par rapport à cet étai creux est appréciable et on peut méttre la gaine en place sur un étai existant en le forçant à pénétrer à travers la fente du tunnel de ralingue.Dans la pratique, on rend rigides les bords de la fente pour empêcher cette ouverture; mais l'introduction de l'étai est alors difficile, longue et pénible et risque de provoquer la rupture de la gaine. La présente invention a pour objet une gaine formant tunnel de ralingue, pour voile d'étai, qui remédie à ces défauts. La gaine selon l'invention comprend un corps formant pince, dans lequel sont ménagés deux canaux longitudinaux, communiquant l'un avec l'autre et dont l'un débouche à l'extérieur, à l'un des bords longitudinaux de la gaine, en délimitant les becs ou lèvres de la pince, et est caractérisée en ce que le corps comporte à son autre bord, une gorge longitudinale dans laquelle peut etre emboité un jonc, et en ce que le profil extérieur du jonc complète celui de la gaine pour donner à l'ensemble un profil aérodynamique. Lors de l'utilisation de la gaine, on enfile tout d'abord l'étai dans le canal le plus intérieur; cette opération se fait alors que le jonc n'est pas en place. Dans ces conditions, les deux becs de la gaine, n'étant reliés l'un à l'autre que par la partie relativement mince de la gaine se trouvant entre le canal le plus intérieur et la gorge, peuvent être écartés facilement l'un de l'autre. On met ensuite le jonc en place et on enfile la ralingue dans le canal le plus extérieur, la voile passant entre les deux becs de la gaine. Le jonc empêche alors les deux becs de s'écarter de sorte que la ralingue ne peut s'échapper de la gaine.De plus, la partie de la gaine séparant la cavité du canal dans lequel se trouve l'étai tend à se cintrer sous l'effort de la réaction exercée par l'étai sur elle; ce cintrage entrante un rapprochement des becs de la gaine, ce qui diminue encore les possibilités d'échappement de la ralingue. La gaine peut comporter des canaux longitudinaux auxiliaires de faible diamètre, destinés à recevoir des éclisses de liaison. Si la gaine est cassée ou a été déformée par un choc, il est alors facile de remplacer la partie endommagée par une partie neuve. En effet, pour relier deux éléments de gaine, il suffit de les tronçonner suivant des plans perpendiculaires à l'axe et d'introduire des éclisses en partie dans les canaux auxiliaires de l'un des éléments et en partie dans les canaux auxiliaires de l'autre élément. Dans un mode de réalisation avantageux de I'invehtion, la voile comporte une ralingue auxiliaire qui est placée à une certaine distance de la ralingue principale, parallélement à elle, et dont la partie avant a une largeur telle que, compte tenu de sa distance à la ralingue principale, ses extrémités se trouvent sensiblement sur le profil aérodynamique de la gaine, la largeur de cette ralingue auxiliaire allant en diminuant de l'avant vers l'arrière. Grace à cette disposition, il nty a plus de tourbillons à 1 'arriè- re de la gaine et l'écoulement de l'air entre la gaine et la voile est pratiquement laminaire. La gaine est, de préférence, terminée à sa partie inférieure par une porte d'entrée comportant deux canaux se raccordant aux canaux de la gain?, le canal le plus intérieur étant disposé dans l'axe du canal correspondant de cette gaine alors que l'autre canal ést incurvé et débouche latéralement à l'extérieur. On a décrit ci-après, à titre d'exemple non limitatif, un mode de réalisation d'une gaine formant tunnel de ralingue selon l'invention, avec référence aux dessins annexés dans lesquels La Fig. 1 est une vue en coupe transversale de la gainere- liant la voile à l'étai, La Fig. 2 est une vue en perspective montrant le raccordement de deux éléments de gaine, ta Fig. 3 montre comment a lieu l'écoulement du vent le long de la gaine, La Fig. 4 montre, en élévation, une des moitiés de la porte d'entrée de la gaine, La Fig. 5 est une vue de profil de cette porte dtentrée. Les Fig. 6 et 7 sont des vues en coupe de variantes de réali station de la ralingue auxiliaire. Telle qu'elle est représentée au dessin, la gaine selon l'invention comprend un corps 1 en forme de pince qui comporte deux canaux cylindriques 2 et 3, reliés entre eux par une partie 4 de largeur réduite, inférieure à celle du plus petit étai utilisable. Le canal 3 communique avec l'extérieur par une ouverture 5 délimitée par deux becs 6a et 6b. Le corps 1 est également muni, à l'extrémité opposée à celle où se trouvent les becs 6a et 6b, d'une gorge 7 de section en queue d'aronde, qui est séparée du canal 2 par une paroi flexible 8 formant pont et reliant l'uneà l'autre les deux moitiés de la pince. Dans cette gorge, peut se loger un jonc 9 dont la forme extérieure remplit exactement la gorge et qui délimite intérieurement un canal sensiblement semi-cylindrique 10. Le corps 1 a un profil aérodynamique dont une extrémité s 'ar- rête aux becs 6a, 6b et qui, à son autre extrémité, est complété par le jonc 9. Le corps et le jonc peuvent être en métal léger; mais ils sont, de préférence, réalisés en matière plastique dont le module d'élasticité est nettement plus faible. On monte la gaine sur un étai 11, le jonc 9 n'étant pas en place. Dans ces conditions, l'élasticité de la pince est maximale et dépend de l'épaisseur de la paroi 8. Cette épaisseur est déterminée de façon qu'on puisse écarter les becs 6a et 6b suffisamment pour faire passer l'étai dans le canal 3, puis dans le canal 2, sans que la limite élastique soit dépassée. Pratiquement, on met en place l'étai progressivement en le repoussant à l'aide d'un marteau et d'un chasse. Puis on met en place le jonc 9 dans la gorge 7. I1 suffit pour cela de serrer le corps 1 de la gaine avec une pince ou un étau, au droit des canaux 2 et 3. Les deux becs 6a et 6b viennent au contact l'un de l'autre en mee temps que la gorge 7 s'élargit. Lorsque la gaine est desserrée, la fente entre les becs reprend sa largeur normale et le jonc 9 est comprimé dans sa gorge. Il ne reste plus qu 'à introduire la ralingue 12 de la voile 13 en la faisant glisser dans le canal 3 En fonctionnement normal, le vent exerce une pression sur la voile 13 et par suite sur la ralingue 12 une traction répartie qui peut atteindre 1 à 2 kg/cm. La ralingue exerce de ce fait sur les becs 6a et 6b un effort qui tend à les écarter. Mais le jonc 9 s oppose au pivotement des bras de la pince dans le sens correspon7 dant à l'écartement de ces becs.De plus, la paroi 8 subit, de la part de l'étai 11, une réaction égale et opposée à la traction exercée par la voile 13 sur la ralingue 12; sous l'effet de cette réaction, la paroi 8 tend à se cintrer, ce qui est possible grâce à la cavité 10; ce cintrage rapproche les becs 6a et 6b l'un de l'autre. On voit ainsi que la mise en place de l'étai est aisée et rapide mais qu'après cette mise en place, la ralingue est reliée à l'étai de manière sûre. Des canaux cylindriques 15 de faible diamètre, sont ménagés dans le corps 1. I1 est ainsi possible de raccorder deux portions de gaine en tronçonnant ces portions dans un plan perpendiculaire à leur axe et en les reliant par des éclisses 16 introduites par moitié dans les canaux 15 de l'une des portions et par moitié dans les canaux de l'autre portion (Fig. 2); ces éclisses comportent, de préférence, un renflement médian 16a. te jonc 9 mis ensuite en place assure la continuité du raccord. Si on désire un assemblage permanent, il suffit d'enduire de colle les tranches des portions de gaine avant de les appliquer l'une sur l'autre. La voile 13 comporte, à une certaine distance de la ralingue principale, une ralingue supplémentaire 17 dont la forme est sensiblement celle de deux triangles rectangles juxtaposés, ayant leur petit côté tourné vers la gaine. On voit à la Fig. 3 que cette ralingue, dont le profil prolonge la surface extérieure de la gaine et complète ainsi le profil aérodynamique de cette gaine, entraine la suppression de toute zone tourbillonnaire à l'arrière de ladite gaine. A la Fig. 1, la ralingue 17 est constituée par un cordon de matière plastique souple qui a le profil désiré et est muni d'une fente longitudinale 18; la voile 13, qui comporte un renfort longitudinal 19, est introduite dans cette fente. Une bande de tissu 20 entoure les ralingues 12 et 17; elle est cousue serrée le long d'une génératrice de la ralingue 12, comme indiqué en 21. Une deuxième couture 22 est effectuée à proximité de la ralingue 17 et l'ensemble est solidarisé par une série de coutures 23. Les Fig. 4 et 5 montrent une porte d'entrée destinée à faciliter l'introduction de la ralingue 12 dans le canal 3. Cette porte est formée de deux demi-coquilles 24a et 24b qui sont reliées l'une à l'autre par des boulons 25. Ces deux demi-coquilles déterminent à leur partie inférieure une cavité 26 dans laquelle est enserrée l'extrémité inférieure de la gaine; pour assurer la solidarisation des éléments, chaque demi-coquille peut comporter un téton 27 qui vient s'engager dans un trou 28 de la gaine, prévu à cet effet. Dans la cavité 26 débouche un canal 29 qui prolonge le canal 2 de la gaine, et un canal 30 qui se raccorde au canal 3 mais dont la base débouche latéralement comme indiqué en 30a. I1 est facile d'introduire la ralingue 12 dans l'ouverture 30a de la porte et de la faire remonter ensuite dans le canal 30, puis dans le canal 3, en tirant sur la drisse de la voile. Pour éviter que la gaine et la porte ne glissent vers le bas sur l'étai 11, on a fixé sur ce dernier, en dessous de l'entrée, une bague en matière plastique 31, formée de deux éléments qui sont assemblés l'un à l'autre par des boulons 32. On a d'autre part prévu dans la porte un trou d'estropage 33 qui permet le passage d'une estrope 34 frappée dans un trou correspondant 35 de la bague 31, s'il est nécessaire d'empêcher un déplacement vers le haut de la porte et de la gaine. Les Fig. 6 et 7 montrent d'autres modes de réalisation de la ralingue auxiliaire aérodynamique. A la Fig. 6, cette ralingue est obtenue en imprimant le profil aérodynamique divisé en deux portions 17a et 17b, directement sur la face extérieure de la bande de tissu 20. A la Fig. 7, chacune de ces portions 17a et 17b est constituée par collage sur la bande 20 d'fun ruban étroit 36 calendré en forme de V et enduit d'une résine 37 qui, après polymérisation, assure le maintien de la forme donnée au ruban. I1 va de soi que la présente invention ne doit pas être considérée comme limitée au mode de réalisation décrit et représenté, mais en couvre, au contraire, toutes les variantes. REVENDICATIONS I. - Gaine constituant un tunnel de ralingue pour voile d'étai et comprenant un corps formant pince, dans lequel sont ménagés deux canaux longitudinaux communiquant l'un avec l'autre et dont l'un débouche à l'extérieur, à l'un des bords longitudinaux de la gaine, en délimitant les becs ou lèvres de la pince, caractérisée en ce que le corps comporte, à son autre bord, une gorge longitudinale dans laquelle peut être emboîte un jonc, et en ce que le profil extérieur du jonc complète celui de la gaine pour donner à ltensem- ble un profil aérodynamique. 2. - Gaine selon la revendication 1, caractérisée en ce que le jonc a un profil en queue d'aronde. 3. - Gaine selon la revendication 2, caractérisée en ce que le jonc est évidé sur sa face intérieure. 4. - Gaine selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée en ce qu'elle comporte des canaux longitudinaux auxiliaires de faible dimmètre destinés à recevoir-des éclisses de liaison. 5. - Gaine selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisée en ce qu'elle est utilisée conjointement avec une voile comportant une ralingue auxiliaire qui est placée à une certaine distance de la ralingue principale, parallèlement à elle, et dont la partie avant a une largeur telle que, compte tenu de sa distance à la ralingue principale, ses extrémités se trouvent sensiblement sur le profil aérodynamique de la gaine, la largeur de cette ralingue auxiliaire allant en diminuant de l'avant vers l'arrière. 6. - Gaine selon la revendication 5, caractérisée en ce que le profil de la ralingue auxiliaire a sensiblement une forme complétant le profil aérodynamique de la gaine. 7. - Gaine selon la revendication 5 ou 6, caractérisée en ce que la ralingue auxiliaire est constituée par un profilé fendu en matière plastique, dans lequel est introduit le bord de la voile, et en ce qu'une bande de tissu recouvre la ralingue principale et la ralingue auxiliaire et est fixée sur la voile. 8. - Gaine selon la revendication 5 ou 6, caractérisée en ce que la ralingue auxiliaire est formée de deux portions superposées solidaires d'une bande souple qui entoure la ralingue prin opale et dont les bords sont fixés à la voile. 9. - Gaine selon la revendication 8, caractérisée en ce que chacune des portions de la ralingue auxiliaire est formée par enduction de la bande souple. 10. - Gaine selon la revendication 8, caractérisée en ce que chacune des portions de la ralingue auxiliaire est constituée par un ruban mis en forme, enduit de résine polymérisée et fixé à la bande souple. 11. - Gaine selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce qu'elle est terminée à sa partie inférieure par une porte d'entrée comportant deux canaux se raccordant aux canaux de la gaine, le canal de plus intérieur étant disposé dans l'axe du canal correspondant de cette gaine alors que l'autre canal est incurvé et débouche latéralement à ltexteorieur. 12. - Gaine selon la revendication 11, caractérisée en ce que la porte est constituée de deux demi-coquilles qui sont fixées l'une à l'autre et qui comportent, à leur partie supérieure, une cavité dans laquelle est enserrée 1 'extrémité inférieure de la gaine. 13. - Gaine selon la revendication 11, caractérisée par une bague fixée sur l'étai, en dessous de la porte, et portant un trou de passage pour une estrope permettant de solidariser la porte à la bague fixée sur l'étai.