La présente invention concerne des compositions pharmaceutiques par voie orale comportant un antibiotique du type phosphomycine et de l'urée. Pour obtenir des taux élevés d'antibiotique dans le sang, il est souhaitable d'incorporer l'antibiotique à un comprimé qui se disperse rapidement dans l'estomac. Les préparations classiques, que ce soit sous forme de sirop, de gélules ou de eomprimés, n'assurent généralement des taux d'absorption des antibiotiques qu'ils contiennent qu'à raison de 20 à 30 Z. Ainsi, pour la phosphomycine, prise à titre d'exemple non limitatif, les taux sériques observés sont de 5 à 6# g par ml à partir de prises par voie orale de 500 mg et le taux uri- naire est approximativement de 100/Ug par ml. On connaît d'autre part, des comprimés contenant de l'urée et des an tibiotiques du type beta-lactame avec lesquels on obtient des taux acceptables de dissolution en milieu acide. De telles associations sont décrites par exemple dans la demande de brevet anglaise n" 32 214/1973 au nom de BEECRAM GROUP LIMI1E. Toutefois, cette demande de brevet ne concerne que des associations comprenant des antibiotiques du type bêta-lactame, les autres catégories d'antibiotiques ne pouvant être considérées comme des équivalents en raison de leur différence d'action à la fois chimique et physique en milieu acide tel que dans l'estomac; il n'existe par conséquent, aucune évidence a priori pour qu'en associant de l'urée et des antibiotiques autres que des bêta-lactames, on obtienne des résultats comparables avec ceux de cette dernière catégorie d'antibiotique. Or, on a constaté que, d'une façon surprenante, lorsqu'on prépare des comprimés renfermant un ou plusieurs antibiotiques du type phosphomycine et de l'urée, il est possible d'obtenir d'excellents taux de dissolution en milieu acide tel que celui de l'estomac et d'excellents taux d'absorption dans le sang. Cet effet surprenant peut être d'ailleurs renforcé par la présence d'acides aminés, par exemple de lysine, de proline ou d'hydroxyproflne ou encore de sérine. La présente invention concerne une composition pharmaceutique par voie orale, plus particulièrement sous forme de comprimé comportant au moins 20 Z en poids d'antibiotique du type phosphomycine et 0,1 à 5 parties en poids d'urée par partie d'antibiotique, de préférence 0,2 à 2 parties en poids d'urée par partie d'antibiotique. Selon un mode de réalisation préférentiel, la proportion en poids d'urée dans les comprimés est comprise entre 20 et 60 pour cent. De plus, les comprimés peuvent comprendre 1 à 30 pour cent en poids d'acides aminés et de préférence 10 pour cent en poids d'acides aminés ainsi que de préférence moins de 10 Z en poids de produits classiques entrant dans la fabrication des comprimes. Dans la présente description, on entend par antibiotique du type phos phoEycines la phosphomycine, c 'est-à-dire l'acide ( - ) ( IR , 2S ) - 1,2 époxypropylphosphonique de formule développée ainsi que ses sels pharmaceutiquement acceptables tels que ses sels solubles dans l'eau, en particulier sodique et calcique. En outre, les acides aminés utiles suivant l'invention sont notamment la lysine de formule N H2 (C H2 )4 C H ( N H 2 ) C O 0 H la proline et l'hydroxyproline de formules développées et la sérine de formule N H2 ainsi que leurs dérivés, notamment sous forme de chlorhydrates. De plus, on a constaté que dans le cas où les compositions objets de l'invention étaient destinées à être mises sous la forme de comprimés, on obtenait une meilleure solidité de ces comprimés en utilisant de l'urée modifiée suivant la technique indiquée dans la demande de brevet BEECHAM citée plus haut. D'autres avantages pourront être déterminés pour l'honnie de l'art à l'aide des exemples ci-apres donnés à titre non limitatif afin de mieux faire comprendre l'invention. EXEMPLE 1 On forme le sel sodique ou calcique de la phosphomycine. On prépare les comprimés, les quantités de constituants (en mg) étant les suivantes Compose actif ....................... -500 350 450 600 500 Urée ; 550 500 400 350 300 Lysine . - .......... 100- 75 50 35 30 stéarate de magnésium ............... 20 20 20 20 20 Carbonate de magnésium lourd ........ 0 0 0 0 200 Les taux sériques et urinaires des comprimés ou gélules préparés selon l'invention ont été comparés avec ceux de la phosphomycine seule, administrée par voie parentérale. Dix sujets ont reçu. 2g/j de la phosphomycine orale, en utilisant des compri6s de la composition de la colonne I. Ces taux ont été comparés avec ceux obtenus, sur les memes sujets, avec les mêmes doses de phosphomycine, ad ministrée par voie parentérale (1 g à 12 h. d'intervalle en I.M). Le tableau ci-dessous donne les taux comparatifs obtenus, en fonction du temps (moyenne sur IO sujets, avec les écarts type). Pics sériques Taux urinaires à 1,5 h. g/ml g/ml urines de 6 h. Phosphomycine orale M 22 (16 - 29) N 1450 (1040-1850) (2 g/j) Phosphomycine I.M. M 28 (20 - 34) M 1800 (1350-2150) (2 g/j) EXEMPLE 2 Selon une autre formule de réalisation des comprimés, on a remplacé la lysine par la proline à raison de 100 mg par comprimé constitué en outre de 500 mg du sel sodique de la phosphomycine, 550 mg d'urée et 20 mg de stéarate de magnésium. Les taux sériques et urinaires obtenus à l'aide des comprimés ont été comparés avec ceux de la phosphomycine seule, administrée par voie parentérale. Les résultats sont les suivants, exprimés en fonction du temps (moyenne sur 10 sujets avec les écarts type). Pics sériques Taux urinaires 1,5 h. Ag/ml g/ml urines de 6 h. . urines de 6 h. Phosphomycine orale M 23 (T5-30) M 1480 (1050-1850) (2 g/j) Phosphomycine I.M. N 28,3 (20-34) M 1830 (1350-2150) (2 g/j) EXEMPLE 3 On a remplacé dans cet exemple la proline de l'exemple 2 par l'hydroxyproline à raison de 50 mg par comprimé. Les résultats obtenus ont été les suivants Pics sériques Taux urinaires à 1,5 h. zut, g/ml g/ml urines de 6 h. g/ml urines de 6 h. Phosphomycine orale M 23,5 (18-27) M 1580 (1100-1950) (2 g/j) Phosphomycine I.M. M 28,3 (20-34) M 1830 (1350-2150) EXEMPLE 4 On a remplacé dWns l'exemple 2 la proline par la sérine à raison de 100 mg par comprime. Les résultats obtenus ont été les suivants Pics sériques Taux urinaires à 1,5 h. g/ml g/ml urines de 6 h. Phosphomycine orale M M 22 (16-29) M 1450 (1040-1850) (2 g/j) Phosphomycine I.M. M 28 (20-34) M 1800 (1350-2150) Corne pour d'autres comprimés, ceux de la présente invention peuvent contenir de façon'classique des agents de mise en comprimés pharma ceutiquement acceptables, tels que des lubrifiants, des agents de désintégration, des colorants, des agents tensio-actifs,des tampons, des agents de protection et des matières analogues. Cependant, lorsqu'ils sont présents, le poids de ces agents ne compte pas pour plus de 10 % en poids du comprimé. Il convient de noter qu'étant donné qu'un des buts de l'invention consiste.à fournir des comprimés présentant des taux de désintégration satisfaisants, les comprimés, selon 1 invention, ne contiennent pas des quantités sensibles de liants ou de charges connus pour leur effet à retarder de façon importante la désintégration des comprimés dans l'estomac. les comprimés, selon 1 invention, peuvent être enrobés d'un film, Si désiré. Ces enrobages par films sont, bien entendu, bien connus dans la technique de la mise en comprimés et, comme dans les comprimés connus, ces enrobages ont l'avantage de fournir des comprimés agréables du point de vue esthétique, sans saveur et stables, mais présentent 1' inconvénient de reduire la vitesse de désintégration. Ainsi, afin de porter au maximum les avantages de l'invention, les enrobages par films, lorsqu'ils sont présents, ne doivent pas être constitués par des quantités sensibles de matières insolubles en milieu acide. On peut préparer les comprimés suivant l'invention en mélangeant les constituants et en les comprimant de façon classique. On peut appliquer les enrobages par films après la formation de l'enrobage du comprimé. On peut fréquemment préparer les comprimés suivant l'invention par compression directe (c'est-à-dire tout simplement en mélangeant les matières et en les pressant directement en comprimés), ben que, si désiré, on puisse utiliser une technique par compressions multiples (par exemple, les matières, sauf une partie du lubrifiant, peuvent être mélangées, comprimées en petits blocs, réduites en granules, mélangées avec une quantité supplémentaire de lubrifiant et pressées en granules). Comme excipient presque toujours avantageux dans les comprimés selon l'invention, on peut citer un lubrifiant tel que l'acide stéarique ou, de pré- férence, le stéarate de magnésium. REVENDICATIONS 1. Composition pharmaceutique par voie orale caractérisée en ce qu'elle comporte au moins 20 Z en poids d'antibiotique du type phosphomycine et 0,1 à 5 parties en poids d'urée par partie d'antibiotique. 2. Composition selon la revendication 1 caractérisée en ce qu'elle comporte 0,2 à 2 parties en poids d'uree par partie d'antibiotique. 3. Composition selon les revendications 1 ou 2 caractérisée en ce qu'elle comporte 20 à 60 pour cent en poids d'urée. 4. Composition selon l'une quelconque des revendications 1 à 3 caractérisée en ce qu'elle comporte au moins 1 à 30 pour cent en poids d'au moins un acide aminé du type lysine, proline, hydroxyproline, sérine et des sels desdits acides aminés pharmaceutiquement acceptables. 5. Composition selon la revendication 4 caractérisée en ce qu'elle comporte sensiblement 10 pour cent en poids d'au moins un acide aminé. 6. Composition selon l'une quelconque des revendications I à 5 caractérisée en ce que l'urée utilisée est traitée au préalable par du chlorure de méthylène en vue d'en modifier la forme cristalline. 7. Composition selon l'une quelconque des revendications 1 à 6 ca ractérisée en ce qu'elle puisse être utilisée sous forme de comprimés, de gélules et de sirop. 8. Composition selon la revendication 7 caractérisée en ce qu'elle est utilisée sous forme de comprimé pesant de 250 à 2000 mg.