La présente invention concerne une plaque de blindage, à l'épreuve notamment de projectiles anti-personnel. Une plaque de blindage vise, d'une façon générale, à provoquer une déformation, voire une destruction de tout ou partie drun projectile. Pour résister efficacement aux projectiles à noyau perforant, tout en évitant de conférer à la plaque une masse prohibitive, il est connu d'utiliser des céramiques extra-dures fixées sur un support plus ductile pour compenser la fragilité de la céramique. Mais cette solution présente l'inconvénient que la céra mille est disposée de façon discontinue et que la plaque ainsi obtenue ne peut pas jouer le rôle de structure portante. En outre, le prix de revient est élevé. Il est, d'autre part, connu d'utiliser des plaques en matériau stratifié à faible énergie de délaminage qui se sont révélées efficaces contre les projectiles à face plane, et en par ticulier, contre les éclats d'obtus ou de grenade. Mais, de telles plaques sont perforées par les projectiles anti-personnel ogivés de dureté moyenne. La présente invention vise à réaliser une plaque de blindage susceptible de résister efficacement aux projectiles antipersonnel, en particulier ogivés, tout en présentant une masse relativement faible et un bas prix de revient. Suivant l'invention, la plaque de blindage à l'épreuve, notamment, de projectiles anti-personnel comprend une face avant exposée à l'impact des projectiles, et une face arrière, et elle est caractérisée par l'association de deux plaques, à savoir, du côté de la face avant, une plaque en matériau dur tel que l'acier et, du côté de la face arrière, une plaque en matériau stratifié à faible énergie de délaminage composé de fibres liées par un liant tel qu'une résine du genre polyester ou élastomère naturel ou synthétique. La plaque en matériau dur déforme le projectile ogivé de manière suffisante pour que l'on puisse l'assimiler à un projectile à face plane. Après traversée éventuelle de cette plaque, le projectile se trouve donc mis dans des conditions telles qu'il puisse être arrêté par la plaque en matériau stratifié; Suivant une réalisation pratique avantageuse de l'in-- vention, le matériau dur est de 11 acier de limite élastique supérieure à 1.000 N/mm2 . Quant aux fibres du matériau stratifié, elles sont avantageusement constituées par des fibres de verre à bas module ou par des fibres organiques, de telles fibres étant susceptibles d'un allongement notable qui améliore 11 efficacité du matériau stratifié dans la présente application. Suivant une réalisation préférée de l'invention, l'épais- seur de la plaque en matériau dur est au moins égale à 0,3 fois le calibre des projectiles à l'épreuve desquels est prévue la plaque de blindage, cette valeur ayant été trouvée comme nécessaire pour assurer une déformation suffisante du projectile. De meme, il est préférable que l'épaisseur de la plaque en matériau stratifié soit au moins égale à deux fois le calibre des projectiles,- de manière à pouvoir les arrêter efficacement. Les deux plaques constituant la plaque de blindage sont avantageusement accolées directement l'une à l'autre, soit par collage, soit-par des moyens mécaniques continus ou discontinus. D'autres particularités et avantages de l'invention ressortiront encore de la description détaillée qui va suivre. Aux dessins annexés, donnés à titre d'exemple non limitatif, la figure unique est une vue en coupe d'une plaque de blindage conforme à l'invention, devant laquelle on a dessiné un projectile. En référence à cette figure, une plaque de blindage 1 conforme à l'invention comprend une plaque 2 en acier de limite élastique égale à 1.200 N/mm2 accolée à une plaque 3 en matériau stratifié dont les fibres sont disposées parallèlement à la plaque. La plaque 2 constitue une face avant de la plaque de blindage 1, destinée à recevoir l'impact de projectiles ogivés, tels que 4. Dans l'exemple décrit, la plaque 3 est en un matériau connu sous-la marque KEVLAR 29 et fabriqué par la Société Du Pont de Nemours. Mais tout matériau du même genre peut convenir, pourvu qu'il s'agisse d'un matériau stratifié à faible énergie de délaminage, ctest-à-dire dont le liant soit constitué par une résine molle, fabriquée avec une faible dose de durcisseur. En particulier, les résines du genre polyester ou élastomère naturel ou synthétique conviennent. Ce matériau stratifié doit également, de préférence, comporter des fibres susceptibles d'un allongement notable, telles que des fibres de verre à bas module ou des fibres organiques. Dans l'exemple décrit, les plaques 2 et 3 sont solidarisées l'une de l'autre par collage, mais elles pourraient aussi être fixées par des moyens mécaniques, tels que des rivets avec une contre-plaque continue ou des contre-plaques discontinues. La plaque de blindage décrite est prévue pour être à l'épreuve de projectiles 4 de calibre 7,62 mm, animés d'une vitesse de 735 m/s environ. A cette fin, l'épaisseur de la plaque 2 est de 2,5 mm, et celle de la plaque 3 est de 22 mm. D'une façon générale, ces épaisseurs doivent être au moins égales respectivement à 0,3 fois et à deux fois le calibre du projectile. Quand un projectile 4 frappe la plaque avant 2 en acier, son extrémité ogivée est déformée de sorte qu'après avoir traversé cette plaque, le projectile qui vient attaquer la plaque 3 correspond sensiblement à un projectile à face plane qui peut alors être arrêté par la plaque 3. La plaque de blindage décrite ici présente une masse surfacique d t environ 50 Kg/m2 , ce qui est beaucoup moindre que la masse surfacique d'une plaque métallique de même efficacité monocouche ou bicouche à double dureté. L'économie de masse est supérieure à 30 %. En outre, par rapport à une plaque à double dureté en céramique sur support métallique, on réalise une protection continue, nécessitant des tolérances d'assemblage beaucoup moins sévères et de coût beaucoup plus faible. Enfin, contrairement à la plaque céramique, la plaque selon l'invention peut servir de structure portante, par exemple d'élément de carrosserie dans un véhicule blindé. Bien entendu, l'invention ne se limite pas à l'exemple décrit, mais son domaine s'étend à toute variante dans les limites indiquées. REVENDICATIONS 1. Plaque de blindage, à l'épreuve notamment de projectiles anti-personnel, comprenant une face avant exposée à l'impact des projectiles, et une face arrière, caractérisée par l'association de deux plaques, à savoir, du côté de la face avant, une plaque en matériau dur, tel que l'acier et, du côté de la face arrière, une plaque en matériau stratifié à faible énergie de délaminage composé de fibres liées par un liant tel qu'une résine du genre polyester ou élastomère naturel ou synthétique. 2. Plaque de blindage conforme à la revendication 1, caractérisée en ce que le matériau dur est de l'acier de limite élastique supérieure à 1.000 N/mm2 3 Plaque de blindage conforme à l'une des revendications 1 ou 2, caractérisée en ce que les fibres du matériau stratifié sont des fibres de verre à bas module. 4. Plaque de blindage conforme à l'une des revendications 1 ou 2, caractérisée en ce que les fibres du matériau stratifié sont des fibres organiques. 5. Plaque de blindage conforme à l'une des revendications 1 à 4, caractérisée en ce que l'épaisseur de la plaque en matériau dur est au moins égale à 0,3 fois le calibre des projectiles à l'épreuve desquels est prévue la plaque de blindage. 6. Plaque de blindage conforme à l'une des revendications 1 à 5, caractérisée en ce que l'épaisseur de la plaque en matériau stratifié est au moins égale à deux fois le calibre des projectiles à l'épreuve desquels est prévue la plaque de blindage. 7. Plaque de blindage conforme à l'une des revendications 1 à 6, caractérisée en ce que les deux plaques associées sont directement accolées l'une à l1 autre. 8. Plaque de blindage conforme à la revendication 7, caractérisée en ce que les deux plaques sont assemblées par collage. 9. Plaque de blindage conforme à la revendication 7, caractérisée en ce que les deux plaques sont assemblées par des moyens mécaniques continus ou discontinus.