La présente invention a pour but de perfectionner les procédés antérieurement connus, en vue de l'utilisation à titre d'engrais, notamment des lisiers et des boues d'épuration des eaux d'égout, l'engrais obtenu étant d'une qualité supérieure à celle de l'engrais résultant des procédés antérieurs et le procédé d'épuration des déchets étant alors non seulement gratuit, mais qui plus est rentable. Pour des raisons d'économies, les lisiers et aussi les boues d'épuration des eaux d'égout urbaines, sont épandus généralement en l'état. Il s'ensuit une pollution dite classique (odeurs, pollution des eaux en profondeur) et une pollution d'ordre bactériologique, nuisible au bétail (présence de micro-organismes pathogènes tels que les salmonelles etc.). te présent procédé est caractérisé en ce qu'on introduit dans lesdits déchets ruraux et urbains une culture de bactéries cellulolytiques du. type anaérobie obligatoire, non pathogènes, géneratrices d'azote ammoniacal et résistantes aux bactéricides, on mélange les déchets ainsi traités avec des poudres de plantes aromatiques contenant des huiles essentielles à effets bactéricide et désodorisant ou avec de telles huiles essentielles elles-mêmes, ces poudres ou ces huiles ayant été rendues hydrodispersables, et on élimine éventuellement 11 eau des déchets avant ou après l'addition des poudres ou des huiles essentielles de plantes aromatiques, après quoi on utilise comme engrais les déchets ainsi enrichis, aseptisés et désodorisés. Les plantes aromatiques utilisées sont, par exemple, le thym, le romarin, la cannelle. Sous forme de poudre, on peut en ajouter 5 à 10 % en poids par rapport aux déchets et, sous forme d'huiles, la proportion correspondante, compte tenu de la teneur connue en huile de la poudre. L'emploi de la poudre est plus économique, puisqu'il évite les frais d'extraction de l'hui- le. On rend hydrodispersables lesdites poudres aromatiques ou huiles essentielles en les mélangeant avec de l'eau contenant un dispersant ou un émulsifiant ou en leur adjoignant environ 1/4 de leur poids d'un produit dispersant, tel que le polychlorocamphane ; elles deviennent alors hydrodispersables sans modifications de leur pouvoir désodorisant et de leur pouvoir bactéricide. En effet, lesdites plantes aromatiques sous forme de poudres ou d'huiles essentielles ont de façon connue un pouvoir désodorisant (ou surodorant) tel que l'odeur nauséabonde des déchets devient presque agréable et, simultan#ment, ces plantes employées en aromathérapie ont, de façon bien connue, une action bactéricide, sauf sur lesdites bactéries cellulolytiques employées dans le présent procédé et choisies résistantes à cette action.Les huiles essentielles 'de plantes aromatiques détruisent les germes aérobies et, du fait que ces huiles ou les poudres les contenant ont été rendues hydrodispersables, elles sont aisément réparties uniformément dans les déchets à traiter (en particulier les lisiers et les boues d'épuration), avant ou après la concentration éventuelle de ces derniers, par décantation, centrifugation ou similaire. Les bactéries cellulolytiques employées sont des bactéries robustes, non pathogènes, destinées, elles, à éliminer les bactéries anaérobies pathogènes, telles que les salmonelles, par concurrence vitale et, en outre, à enrichir de façon intéressante l'engrais qui sera constitué par les déchets traités, du fait que lesdites bactéries sont génératrices d'azote amoniacal par fixation et réduction de l'azote atmosphérique.On choisit donc des bactéries cellulolytiques, qui prolifereront en dégradant la cellulose présente dans les déchets (les lisiers et les boues d'épuration en contenant une assez forte quantité) et aussi la cellulose présente dans le sol (par exemple sous forme de pailles résiduelles, racines etc.), qui simultanément soient génératrices-- dans les déchets et dans le sol d'azote ammoniacal,selon la réac tion : N2 + 6H(+) + 6e(-) > 2 NHD, qui soient résistantes aux huiles essentielles et qui soient capables de sporuler (pour se multiplier dans le sol). Ainsi, la combinaison huiles essentielles-bactéries eellulolytiques du type anaérobie obligatoire permet de détruire dans les déchets les micro-organismes pernicieux à la fois aérobies et anaérobies et, simultanément, les déchets sont désodorisés et enrichis en azote ammoniacal, ce qui en fait un bon engrais, de surcrott à bas prix de revient ; en effet, le prix de revient du traitement d'assainissement est d'environ 0,60 Frs par kilogramme de matière sèche, alors que les engrais classiques se vendent au prix de 1,20 à 1,50 Frs le kilogramme. Le traitement de transformation en engrais supprime la pollution tout en étant rentable, au lieu d'être coûteux. Des bactéries cellulolytiques particulièrement convenables sont les souches Clostridium, notamment butyricum et pasteurianum En ce qui concerne les propriétés de ces Clostridium, et, notamment, leur aptitude à fixerl'azote moléculaire et à le transformer en azote ammoniacal, on se reportera aux ouvrages d'Yvon Dommergues "Biologie des sols" et "Ecologie Microbienne du Sol", Editeur MASSON & Cie. Le fait pour un engrais d'engendrer de l'azote ammoniacal est valable en tout temps, mais est partieulièrement précieux au moment des semailles et de la germination. Il n'avait Jamais -été envisagé Jusqu'alors d'ajouter dans ce but à un engrais des bactéries appropriées et capables, simultanément, d'éliminer les micro-organismes pathogènes. L'analyse d'un lisier traité suivant l'invention donne les résultats suivants, par 100 ml : 104 clostridium sulfito-réducteurs, 4.104 spores de clostrium sulfiro-réducteurs, et salmonelles : néant. On a prévu une introduction séparée dans les déchets de la culture de bactéries cellulolytiques et des huiles essentielles ou des poudres les contenant, mais il serait possible de les introduire simultanément et, éventuellement, de les stocker dans le même conditionnement, puisque lesdites bactéries résistent auxdites huiles essentielles. Bien entendu, on peut encore ajouter, aux déchets traités comme susindique, tous les adjuvents prévus dans le brevet fran çais précité, tels que engrais usuels, facteurs de croissance des plantes, bactéries NIF, algues diverses, bactéricides divers. Quant au mélange des déchets et des additifs, il peut être effec ctué, par exemple, dans un mélangeur-broyeur. Le présent procédé remédie à l'encombrement et à la pollution de l'environnement par les déchets ruraux et urbains tout en fournissant de façon très avantageuse un engrais de valeur. REVENDICATIONS 1. Procédé pour éliminer sans pollution les déchets ruraux et urbains par leur utilisation comme engrais après valorisation, caractérisé en ce qu'on introduit dans lesdits déchets ruraux et urbains une culture de bactéries cellulolytiques du type anaérobie obligatoire, non pathogènes, génératrices d'azote ammoniacal et résistantes aux bactéricides, on mélange les déchets ainsi traités avec des poudres de plantes aromatiques contenant des huiles essentielles à effets bactéricide et désodorisant ou avec de telles huiles essentielles elles#mAemes, ces poudres ou ces huiles ayant été rendues hydrodispersables, et on élimine éventuellement l'eau des déchets avant ou après l'addition des poudres ou des huiles essentielles de plantes aromatiques, après quoi on utilise comme engrais les déchets ainsi enrichis, aseptisés et désodorisés. 2. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que lesdites plantes aromatiques sont le thym, le romari#n, la cannelle. 3. Procédé suivant la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que l'on ajoute auxdits déchets 5 à 10 % en poids de poudres de plantes aromatiques ou la proportion correspondante d'huiles essentielles. 4. Procédé suivant ltune quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que-l'on rend les poudres de plantes aromatiques ou les huiles essentielles hydrodispersables en les mélangeant avèc de l'eau contenant un dispersant ou un émulsifiant, ou avec un produit dispersant. 5. Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que lesdites bactéries cellulolytiques sont les souches Clostridium. 6. Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que l'on introduit dans les déchets lesdites bactéries et les huiles essentielles ou les poudres les contenant, séparément ou simultanément. 7. Procédé suivant la revendication 6, caractérisé en ce que lesdites'bactéries et lesdites huiles essentielles ou poudres les contenant sont stockées dans un m^Me conditionnement avant leur addition auxdits déchets. 8. Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que l'on ajoute complémentairement auxdits déchets au moins un adjuvant choisi parmi les engrais usuels, les facteurs de croissance des plantes, les bactéries NIF, les algues diverses, les bactéricides divers. 9. Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que lesdits déchets sont les lisiers et les boues d'épuration des eaux d'égott. 10. Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 9J caractérisé en ce que le mélange des déchets et des additifs est effectué dans un mélangeur-broyeur.