L'invention concerne un procédé de destruction des mollusques. On sait que les mollusques sont des espèces animales qui peuvent provoquer des dommages considérables Les mollusques sont en effet des hôtes intermédiaires obligatoires pour certains parasites qui provoquent chez l'homme des maladies telles que schistosomiasis, ou bilharziose, qui sont un véritable fléau mondial. D'autres maladies dans lesquelles les mollusques jouent le rôle d'hôte intermédiaire sont les hépatites dues aux douves du foie, observées chez l'homme et les animaux domestiques. On peut encore citer la bucéphalose larvaire qui décime les populations de poissons. Un autre problème type est la prolifération des mollusques et crustacés dans les canaux, conduites, bassins, écluses ou sur les coques de navires en contact avec 11 eau de mer, les eaux douces ou les eaux saumâtres.Un autre inconvénient lié à la prolifération des mollusques est l'obstruction des grilles et conduites d'ouvrages et circuits hydrauliques, tels que par exemple les circuits de refroidissement comme ceux des centrles nucié- aires. Le contrôle et l'inhibition de la prolifération des mollusques revêt par conséquent une très grande importance. Cependant la lutte contre cette espèce animale doit être sélective car il faut éviter la destruction des espèces animales ou végétales qui sont utiles à l'équilibre et à la survie des milieux aquatiques. Ainsi des composés tels que le pentachlorophénol ou le pentachlorophénate de sodium, bien qutactifs contre les mollusques, provoquent également la destruction des algues et des vases. De plus ces composés sont toxiques pour les poissons à des doses assez faibles et ils font l'objet d'accumulation dans divers tissus des poissons (Trans. Am. Fish. Soc. Vol. 106, n05, 1977, pages 462465). En outre ces composés peuvent être à ltorioine d'intoxications plus ou moins graves chez l'homme et même le fait de les manipuler à l'air libre ne représente pas une protection suffisante.Des effets de protection individuelle (crème protectrice, gants à manchettes, combinaisons et tabliers imperméables, bottes, appareils respiratoires et lunettes) doivent être mis à la disposition du personnel, aussi bien pour la préparation de solutions que pour la manipulation du produit lui-même. Des compo sés organiques ont également été proposés mais il s'agit de compo sés chers dont la synthèse est complexe. La présente invention concerne un procédé permettant le contrôle et linhibition de la prolifération des mollusques ne présentant pas les inconvénients ci-dessus. Il permet en effet une lutte sélective contre les mollusques, sans action toxique vis à vis des autres espèces aquatiques. Il est en outre peu coûteux et sa manipulation ne présente aucun danger. Le procédé selon l'invention de lutte contre les mollusques est caractérisé par le fait qu'on traite les mollusques et/ou leur habitat par de l'acide cyanurique. On a en effet trouvé que l'acide cyanurique exerce une action toxique spécifique sur les mollusques, sans perturber le développement des autres espèces aquatiques, qu'il s'agisse d'espèce ces végétales telles que les algues ou d'autres espèces animales telles que poissons ou crustacés adultes. On a également constaté que l'acide cyanurique n'a pas d'action sur le développement des oeufs et des alevins; cette observation revêt une grande importance car l'acide cyanurique peut ainsi être utilisé pour le traitement des installations piscicoles par exemple, sans provoquer la disparition des populations qui y sont élevées. On a en outre relevé que la reproduction d'une espèce telle que les daphnies, qui représentent une part non négligeable de la nourriture de beaucoup de poissons dteau douce, s'effectue normalement en présence d'acide cyanurique. On a en outre étudié la biodégradabilité de l'acide cyanurique. Les résultats de cette études dans des conditions reproduisant celles des milieux aquatiques, ont montré qu'il ne se pose pas de problème au niveau des produits de la dégradation. L'acide cyanurique qui est iui solide peut être utilisé tel quel, Dans ce cas on utilise la forme courante de poudre ou petits granules, ou la forme de pastilles plus ou moins importantes, ou toute autre forme convenable, On peut le mélanger à d'autres composés à action pesticide compatibles avec lui. On peut également mélanger l'acide cyanurique uniformément avec des supports appropriés destinés à faciliter la distribution ou l'application. On peut aussi utiliser des solutions aqueuses d'acide cyanurique, obtenues par simple dissolution de l'acide cyanurique dans l'eau. Toute méthode permettant de mettre les mollusques en contact avec l'acide cyanurique peut être utilisée. De préfôrence on lait appel à une méthode simple telle que l'introduction de l'acide cyanurique dans le milieu aquatique dont le mollusqte dépend. Une autre méthode simple, utilisable en particulier pour la protection des coquès de navires, consiste à mélanger l'acide cyanurique aux autres constituants destinés à former un revêtement protecteur (tels que des compositions à base de cire) ou une peinture préservatrice (tels que des compositions à base de résine époxyde et pigment). Laiqusntité d'acide cyanurique à mettre en oeuvre n'est pas critique. On peut en effet utiliser des doses élevées, par exemple 1000 - 2000 ppm, ou même supérieures à la saturation, sans observer aucune action secondaire nuisible. Cependant à ces doses relativement élevées on peut observer une mise en régime anoxique des mollusques traités. Dans le cas des mollusques bivalves par exemple, on observe que les animaux ferment leur coquille, ce qui diminue ou même annule les échanges entre milieu extérieur et milieu intérieur et protège les mollusques contre l'action toxique de l'acide cyanurique. C'est pourquoi l'on utilise généralement des doses moins élevées, par exemple 125-1000 ppm qu sont suffisantes pour une éradication complète des mollusques en quelques jours. Ces quantités varient en fonction d'un certain nombre de paramètres. On sait par exemple que la quantité et la durée de l'en- soleillement peuvent exercer une influence, ainsi que vautres phénomènes naturels tels que la présence de matières organiques ou la température de l'eau. L'oxygénation du milieu joue un rôle important: ainsi par exemple dans les eaux calmes à faible teneur en oxygène, l'action de l'acide cyanurique est plus rapide et l'on peut utiliser des quantités plus faibles de cet acide. En milieu agité, par exemple rivières ou cours d'eau à courant modéré ou rapide, l'oxygénation est plus importante et des doses plus importantes d'acide cyanurique peuvent être rendues nécessaires. Les tests en milieu statique aéré et non aéré, reproduits cidessous, mettent ce phénomène en évidence. Dans les eaux calmes ou stagnantes où le contact peut se prolonger pendant plusieurs semaines, on est le-plus généralement amené à introduire initialement une dose de produit, en renouvelant éventuellement cette opération pour empêcher le développement des espèces les plus jeunes. Dans le cas des eaux courantes au contraire, on peut être amené à réajuster continuellement la quantité d'acide cyanurique introduite pour maintenir la concentration à une valeur suffisante. Exemple l Cet exemple est destiné à montrer l'action de l'acide cyanurique sur les mollusques, en milieu aéré et en milieu non aéré. On a placé dans un bac de 15 litres un Unio et un Anodonte, de taille et poids équivalents (longueur 10,5 + 1 cm; poids 140 * 20g). Le substrat de ces bacs était constit.-é ce sable et vase, la température était maintenue à 20 + 20C. L'expérience a duré 20 jours. En milieu non aéré (3-5 ppm d'oxygène), on a enregistré un temps de survie moyen de 14 jours pour Unio et 12 jours pour Anodonte, dans une eau contenant 500 ppm d'acide cyanurique, alors que les mollusques témoin survivaient encore 10 jours après la fin de lsexpérience, c'est à dire au bout de 30 jours. On a reproduit cette même expérience en milieu aéré(615mg/l d'oxygène et plus) en introduisant également dans le bac des Dressenia, mollusque de la classe des Lamellibranches. On a observé la mortalité des trois espèces. On a cependant constaté que le temps de survie moyen était légèrement plus élevé, toutes conditions égales par ailleurs, qu'en milieu pauvre en oxygène (par exemple 35 jours pour Anodonte contre 17 en milieu peu aéré, pour une concentration en acide cyanurique de 1000 ppm). Dans les deux cas on a en outre noté que, en présence d'acide cyanurique, la coquille des mollusques expérimèntés était beaucoup plus fragile que celle des témoins et qu'elle était profondément entamée et même perce dans la région de l'apex. exemple 2 Cet exemple est destiné à illustrer l'absence de toxicité aiguë de l'acide cyanurique. Pour ces essais l'espèce testée a été Daphnia magna Strauss. Ce crustacé vit généralement en eau douce dans des zones calmes et se nourrit de micro-organismes (bactéries, algues ,..). il représente une part importante de la nourriture de beaucoup de poissons d'eau douce, et notamment de la plupart des alevins. Le protocole expérimental, défini ci-apres, consiste à préparer, à l'aide d'une eau de dilution ayant la composition suivante: Bicarbonate de sodium 0,n00 = Chlorure de calcium 0,2 4 g Sulfate de potassium 0,026 g Eau distillée qsp 1000 m des solutions à teneur variable en acide cyanurique. Pour chaque concentration, on a préparé 4 tubes à essais dans lesquels on a introduit 5 daphnies âgées de moins de 72 heures, on agite légèrement les tubes, les recouvre d'une feuille d'aluminium et les place dans une enceinte climatisée à 200C à l'obscurité. Après 24 heures on a dénombré dans chaque tube les daphnies mobiles. Ces essais ont montré que, pour des concentrations en acide cyanurique de 620 à 1800 ppm, la totalité des daphnies restait mobile, c'est à dire qutil n'y a pas de toxicité aiguë de l'acide cyanurique en solution aqueuse. Exemple 3 Cet exemple est destiné à illustrer l'absence d'effet de l'acide cyanurique sur l'évolution des espèces aquatiques. Comme pour Itexemple précédent, l'espèce testée a été la Daphnie. On a exposé des daphnies adultes provenant d'une même population à diverses concentrations. d'acide cyanurique, en effectuant 4 répétitions par concentration et avec un-contrôle par témoin. Tous les deux jours on relève le nombre de jeunes daphnies produites, qu'on élimine. Les daphnies étaient alimentées chaque jour à l'aide d'une goutte d'un mélange glucose-extrait de viande et on a renouvelé 30% du milieu tous les 7 jours pendant les deux semaines de 11 expérience. Les daphnies étaient placées dans des aquariums de 1,25 litre, remplis à 1 litre, aérés par un petit diffuseur d'air et soumis à un éclairage naturel homogène. Cet essai a montré que l'acide cyanurique n'a pas d'effet sur la vitesse de croissance instantanée des populations de daphnies pour des concentrations de 125, 250 et 500 ppm. Exemple 4 Divers représentants de l'écosystème aquatique ont été réunis dans un aquarium expérimental, de 45 litres, avec fond de sable, graviers et vase, où ils ont été soumis à l'action d'une solution saturée d'acide cyanurique. L'eau utilisée était de l'eau de ville maintenue à 20-220C, avec aération par un diffuseur d'air. L'éclairage était assuré par une rampe de deux tubes fluorescents de 0 watts. Le milieu est renouvelé toutes les semaines de manière à éviter une accumulation de produits d'excrétion. Cet écosystème reconstitué comprenait des végétaux (algues), es poissons tels que poissons rouges1 carassins qui sont des hôtes caractéristiques des eaux marécageuses pourvues d'une végé- tation très dense et sont considérés comme des poissons résistants et peu sensibles aux variations du milieu, bouvières qui vivent dans la ceinture végétale des petits lacs et étangs ou dans les cours d'eau à courant lent. il comprenait également des mollusques tels que viviparas ou limnées de la classe des gastéropodes ou dressenias (moules d'eau douce) ou anodontes de la classe des lamellibranches. Cette expérience, poursuivie sur deux mois, a permis de montrer l'absence de toxicité de l'acide cyanurique sur les végétaux. il a également été mis en évidence une absence de toxicité vis à vis des poissons. il a par contre été noté une action toxique de l'acide cyanurique spécifique vis à vis des mollusques, seuls les représentants de ces espèces étant tous morts avant la fin ou au terme de ltexpérience. Comme précédemment, on a noté que les coquilles de ces animaux étaient toutes attaquées. REVENDICATIONS 1) Procédé de destruction des mollusques caractérisé par le fait qu'on traite les mollusques ou leur-habitat par de l'acide cyanurique. 2) Procédé selon la revendication 1) caractérisé par le fait quton utilise une solution d'acide cyanurique contenant 125-2000, de préférence 125-1000 ppm d'acide cyanurique