La présente invention concerne une pince pour ouvrir les huîtres et, notamment, une pince permettant d'ouvrir les huîtres rapidement, d'une seule main et sans danger. On sait qu'un obstacle important à la commercialisation des huîtres, notamment dans les régions éloignées des côtes, résulte de la difficulté à ouvrir les huîtres. En dehors des couteaux classiques, on a cherché depuis longtemps à développer des outils pour faciliter cette opération. On connaît un appareil, relativement répandu, qui se compose d'une tablette de bois comportant un creux dans lequel on pose l'huître à ouvrir, et un levier pouvant tourner autour d'un axe solidaire de la tablette, le levier étant muni d'une poignée et d'une pointe de couteau. La pointe de couteau rigidement liée au levier est appliquée contre la charnière ou un autre point intermédiaire entre les deux valves de l'huître et l'effort exercé sur la poignée au bout du levier force la pointe entre les valves.Cet appareil est efficace quand il est utilisé par des écaillers professionnels, mais il demeure d'une utilisation difficile pour la majorité. Par ailleurs, il nécessite l'utilisation des deux mains, l'une pour appliquer fermement l'hui- tre dans le creux de la planchette, l'autre pour pousser le levier. Enfin, il s'agit d'un appareil de grande dimension difficile à ranger dans une cuisine domestique.On trouvera la description d'un appareil de ce genre dans le brevet français 1 348 711. Des appareils en forme de pinces à huîtres sont également décrits dans les brevets français 1 225 218, 1 297 140 et 1 579 646. Dans le brevet 1 225 219, la pointe de couteau est liée rigidement à la branche sur laquelle il est monté, et la butée servant à maintenir la partie de l'huître opposée au couteau n'offre aucune possibilité de réglage rapide et n'est pas enveloppante, si bien qu'il faut pratiquement utiliser les deux mains. Dans le brevet français 1 297 140, on retrouve des moyens analogues. Dans le brevet 1 579 646, il est prévu une butée enveloppante, non réglable, mais la pointe de couteau est toujours rigidement liée à sa branche. Par ailleurs, il faut utiliser les deux mains pour refermer l'appareil, si bien que l'utilisateur ne travaille pas dans de bonnes conditions. Un objet de la présente invention consiste à prévoir une pince à huîtres offrant des possibilités de réglage, permettant d'effectuer l'opération d'ouverture, proprement dite, de l'huître d'une seule main, permettant l'ouverture d'huîtres creuses aussi bien que d'huîtres plates, et surtout utilisable dans des conditions de sécurité excellente. Suivant une caractéristique de l'invention, il est prévue une pince à huître comprenant un manche portant une pointe de couteau et une butée maintenant la partie de l'huître opposée à la pointe de couteau, le manche tournant autour d'un axe monté sur une plaque de base, l'axe étant mis en rotation par la fermeture des branches de la pince, dans laquelle la pointe de couteau peut librement pivoter autour de l'axe longitudinal de son manche. Suivant une autre caractéristique, la butée est montée sur la plaque de base par l'intermédiaire d'une axe à section formée de deux parties cylindriques raccordées par des méplats, pour pouvoir la déplacer dans une fente formée de trous circulaires raccordés par des espaces plus étroits, formant une sorte de crémaillère. Suivant une autre caractéristique, l'axe portant le manche est entraîné par un train de pignons lui-même entraîné par la rotation d'une branche de la pince. Suivant une autre caractéristique, le pivotement de la pointe de couteau sur son manche est limitée par deux butées. Suivant une autre caractéristique, la base de la pointe de couteau est prolongée longitudinalement pour former le bout rond d'une lame de couteau. Les caractéristiques de l'invention mentionnées ci-dessus, ainsi que d'autres, apparaîtront plus clairement à la lecture de la description suivante d'un exemple de réalisation, ladite description étant faite en relation avec les dessins joints, parmi lesquels: la Fig. 1 est une vue schématique en perspective d'une pince à huître suivant l'invention, la Fig. 2 est une vue d'une face de la pince montrée à la Fig. 1, la Fig. 3 est une vue de l'autre face de la pince montrée à la Fig. 1, et la Fig. 4 est une vue de bout de la pince montrée à la Fig. 1. La pince à huître de la Fig. 1 comprend un corps 1 formé d'une plaque en L, dont le bout du pied est solidaire d'une branche de poignée 2. Une autre branche de poignée 3 est articulée autour d'un axe 4 traversant la plaque 1, sensiblement au milieu de la base du L. Les branches 2 et 3 ont des formes classiques que l'on retrouve dans les branches de pince universelle ou de sécateur et peuvent être saisies d'une seule main, par exemple la main droite, la branche 2 s'appliquant alors dans le creux de la main tandis que la branche 3 est serrée par les doigts. La partie de la plaque 1 correspondant au jambage du L présente une fente allongée 5, dans le sens du jambage. La fente 5 est formée par des trous circulaires 6 réunis par des espaces 7, dont la distance entre bords est un peu inférieure au diamètre des trous 6. Les fentes de ce genre sont connues dans les pinces dites "à prises multiples", dans lesquelles elles sont prévues sur une branche de la pince tandis que l'autre pince est munie d'un axe passant dans la fente est ayant une section transversale formée de deux arcs de cercles réunis à leurs extrémités par deux cordes, la distance entre les cordes permettant de passer entre les espaces droits de la fente. Dans la fente 5 est glissé un axe 8 solidaire d'une butée 9.Le jambage du L de la plaque 1 et la butée 9 se manipulent comme les branches d'une pince à prise multiples, les méplats de l'axe 8 permettant de le faire glisser dans la fente 5 pour positionner la butée à une distance convenable du pied du L. Une partie 10 de l'axe 8 est montrée, en position éclatée, à la Fig. 1, cette partie 10 comprenant une tête 11 et un corps avec des surfaces cylindriques 12 et des méplats 13. La butée 9 est formée par une plaque pliée pour former une partie dièdrique s'ouvrant vers la base du L. Le bout de la butée tournée vers le L, est fendu dans l'alignement de l'arrête du dièdre et a ses faces rabattues sur le L et percées chacune d'un trou pour le passage du corps de l'axe 8. La partie 10 de l'axe 8 s'enfile dans les trous de la butée et un trou 6 et, du côté opposé à 11, est soudée à un disque 14.Toutefois entre le disque 14 et la face adjacente de la butée 9, est prévu un ressort 15 formé d'une spire (ou éventuellement plusieurs) terminé par deux brins 16 et 17, le brin 16 ayant un but recourbé 18 qui s'accroche au bord du L opposé à la butée et le brin 17 ayant un bout recourbé 19 accrochant le dessous d'une des faces du dièdre de la butée 9, de manière à maintenir ouvert l'angle entre l'in- térieur de la butée et le L. L'axe 4 a une de ses extrémités solidaire de la branche 3, qui ne chevauche pas la plaque 1, et son autre extrémité solidaire d'un pignon denté 20. Le pignon 20 engrène un pignon 21 solidaire d'un axe 22, qui traverse la plaque 1. De l'autre côté de la plaque 1, par rapport au pignon 21, l'axe 22 est solidaire d'un bras 23 qui se terrine, à son extrémité libre, par une douille 24. A l'intérieur de la douille 24, est a lissé le pivot 25 d'un manche pivotant portant une pointe de couteau 26 dirigée vers le creux de la butée 9. L'axe 22 est placé, sur la plaque 1, de manière que, quand le manche 3 est rapproché du manche 2, la pointe 26 se rapproche de la butée 9.Par ailleurs, le diamètre du pignon 21 est choisi plus grand que celui du pignon 21 et la distance entre la pointe 26 et l'axe 22 est choisie assez courte pour obtenir un coefficient de multiplication de 1,5 ou 2 entre l'ef- fort appliqué au manche 3 par les doigts et la force exercée par la pointe sur l'huître. Enfin, le manche porté par le pivot 25 est prolongé au-delà de la pointe 26 et a la forme de couteau à bout arrondi dont le fil 27 s'étend sur le bout et le dos du manche par rapport à la pointe 26. L'autre extrémité du pivot 25, par rapport à la pointe 26, se termine en forme de petit dièdre 28, qui limite la rotation du pivot 25 entre deux positions angulaires faisant entre elles un angle égal au dièdre 28. En effet, les faces du dièdre servent de butée quand elles viennent en contact avec la surface plane 29 du manche lié à l'axe 22. A la Fig. 1, on a représenté en vue éclatée, d'une part, les deux pignons 20 et 21, et, d'autre part, les deux axes 22 et 4. La pince est encore complétée par un ressort 30 qui, au repos, maintient les branches 2 et 3 écartées. Le fond 34 de la fente 35 prévue dans la plaque de la butée 9, pour qu'elle puisse être installée à cheval sur le bord du L de la plaque 1, peut être renforcé, pour les raisons que l'on verra dans la suite. A la Fig. 2, la double flèche FI indique les mouvements que la pointe 26 peut exécuter autour de l'axe 22-, la flèche F2 indique le mouvement qu'il faut donner à la butée 9 autour de son axe 8, avant de régler sa position dans la fente 5, et la double flèche F3 indique les mouvements que peut exécuter l'axe 8 dans la fente 5. A la Fig. 3, on montre notamment les pignons 20 et 21, qui ne sont dentés que sur des arcs correspondant à l'arc que peut décrire la branche 3. Par ailleurs, comme il est indiqué, les dentures de ces pignons peuvent être très sommaires. A la Fig. 4, il apparait clairement que la branche 3 a, dans la zone où elle est saisie par les doigts, une épaisseur de l'ordre de 1 cm, et que dans sa zone de raccordement avec la plaque 1, elle est plate et fixée d'un seul côté de celle-ci. Enfin, la double flèche F4 indique les mouvements que peut exécuter la pointe 26 autour du pivot 25. Enfin, à titre d'illustration, on a fait figurer, à la Fig. 2, en traits tirets, une huître 31 avec sa charnière 32 en contact avec la pointe 26 et sa partie opposée 33 en contact avec le fond de la butée 9. Dans cette position, il suffit de fermer les branches 2 et 3 d'une seule main pour que la pointe 26 ne pénètre dans la charnière 32, ce qui permet ensuite d'y introduire le fil 27 du couteau pour couper le muscle adducteur de l'huître, qui est alors "ouverte". En pratique, on sait que les huîtres ont des formes plus ou moins compliquées, ce qui complique généralement beaucoup l'opération d'ouverture par des moyens traditionnels. En utilisant l'appareil suivant l'invention, il suffit, en supposant d'abord la butée 9 bien réglée pour la dimension de l'huître, de commencer par piquer légèrement la charnière de l'huître avec la pointe 26, puis de faire entre la partie opposée 33 dans le coin formée par la butée 9 jusqu a l'y coincer légèrement, et enfin de fermer les branches 2 et 3, d'une seule nain. L'autre main est uniquement utiliser pour guider l'huître pour la coincer dans la butée, puis, une fois que la charnière 32 a sauté, pour la guider à nouveau sur le fil 27 du couteau. Quand on se rend compte qu'une huître n'a pas la dimension voulue pour être coincée entre le fond de 9 et la pointe 26, avant de mettre l'huître dans la position indiquée à la Fig. 2, on déplace avec l'autre main la butée 9 suivant les flèches F2 et F3 jusqu'à l'amener à la position désirée. Cette opération de réglage est rapide. A noter qu'en pratique, les huîtres étant calibrées et vendues par catégories de taille, le réglage de la butée 9 n'est pas souvent nécessaire. Il faut bien comprendre que le fait que le manche portant la pointe de couteau 26 soit monté pivotant entre deux limites est très important car il permet de piquer librement la charnière de l'huître, puis la pointe 26 peut touner librement quand on engage l'huître dans la butée. Le plan de la pointe peut former un angle non négligeable avec le plan général de l'appareil. L'ouverture est toutefois assurée car l'effort exercé sur les branches 2 et 3 est multipliée par les pignons et les rapports de bras de leviers. Bien évidemment, les pièces composant la pince sont prévues suffisamment robustes étant donné les forces mises en jeu. La longueur de la fente 5, c'est à dire aussi du jambage de L doit être suffisamment grande pour pouvoir ouvrir les plus grosses huîtres commercialisées. On comprend également que, tant que la charnière de l'hutte n'a pas sauté, l'effort appliqué par la pointe de couteau sur l'huître est transmis à la butée 9, c'est dire au fond 34 de sa fente 35. C'est pourquoi, on peut renforcer celui-ci en repliant, derrière l'arete de 9, la partie enlevée pour obtenir la fente 35, ou de toute autre manière adéquate. Dans la description qui précède, on a prévu un axe 8 comportant deux méplats, mais on peut également utiliser un axe ne présentant qu'un seul méplat pour éviter tout colncement. Bien que les principes de la présente invention aient été décrits ci-dessus en relation avec un exemple particulier de réalisation, il faut comprendre que ladite description n'a été faite qu'à titre d'exemple et ne limite pas la portée de l'invention. REVENDICATIONS 1) Pince pour ouvrir les huîtres comprenant un manche portant une pointe de couteau et une butée maintenant la partie de l'huître opposée à la pointe de couteau, le manche tournant autour d'un premier axe qui est mis en rotation par la fermeture des branches de la pince, caractérisée en ce que la pointe de couteau est montée librement pivotante sur ledit manche. 2) Pince suivant la revendication 1, caractérisée en ce que la butée est montée sur une plaque de base portant ledit premier axe par l'intermédiaire d'un second axe, à section formée de deux parties cylindriques raccordées par des méplats, déplaçable dans une fente formée de trous circulaires raccordés par des espaces plus étroits. 3) Pince suivant la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce que ledit premier axe est entrainé par un premier pignon engrenant un second pignon monté sur un troisième axe entraîné par une des branches. 4) Pince suivant l'une des revendications 1 à 3, caractérisée en ce que le pivotement de la pointe de couteau sur son manche est limité par deux butées. 5) Pince suivant l'une des revendications 1 à 4, caractérisée en ce que la base de la pointe de couteau est prolongée longitudinalement pour former le bout rond d'une lame de couteau.