L'invention concerne# d'une manière generale, des articulations de prothèse implantables par chirurgie; elle a, plus particulièrement, trait à un dispositif original et à un procé- dé pour protéger ces articulations contre les coupures ou déchirures provoquées par contact avec les bords des parties osseuses adjacentes, ainsi que pour protéger l'os de toute fracture. On a proposé jusque là, pour remplacer les articulations osseuses nombre de dispositifs de prothèse implantables par chirurgie. En principe, la prothèse se compose d'une partie médiane et de deux parties constituées par des tiges orientées à l'opposé 1'une'de 1'autre. les parties constituées par des tiges correspondent généralement en dimensions aux canaux intramédullaires des os formant l'articulation, et elles sont implantées dans ces canaux. On trouvera des exemples de ces articulations de prothèse dans les brevets des E.U.A. n0 3 462 756 et 3 875 594. les articulations de prothèse du type décrit dans les brevets précités sont formées à partir ditun matériau sou. ple élastomère, physiologiquement inerte. On a largement utilisé ces articulations souples, en une seule pièce, qui ont fait progresser dans une large mesure les possibilités de reconstitution osseuse chez les patients. Les dispositifs décrits dans les brevets précités sont utilisables pour remplacer les articulations des doigts de la main, mais peuvent être égale~ ment utilisés pour remplacer nombre d'autres articulations dans le corps humain. L'expérience clinique et des essais mécaniques ont démontré que la durée de vie de ces implants souples est pratiquement illimitée, sauf s'ils se trouvent déchirés en surface. Généralement, une coupure ou une déchirure'à la surface de la prothèse s'étendra à toute la prothèse et se traduira par une cassure de cette dernière. On a émis diverses hypothèses en ce qui concerne les causes de ces coupures ou déchirures à la surface des prothèses. Par exemple, l'endommagement ou la cassure d'une prothèse peut être le résultat d'une résection insuffisante de l'os, ou d'une irrégularité au niveau des bords de l'os soumis à résection. On sait également que certains patients sont, plus que d'autres, sujets à présenter des fractures, particulièrement les patients souffrant d'arthrite rhumatismale. L'arthrite rhumastis male conduit à des altérations de l'os et " des lésions des tendons et joue donc un rôle important dans le mécanisme de reconstitution des articulations. Les os de ces patients peuvent s'amincir et s'atrophier au point que les bords de ces os deviennent très effilés. Une subluxation des os de l'articulation se traduit par un contact entre les bords effilés des os sur la partie médiane de l'implant qui peut donc être coupée ou déchirée. Chez ces patients, un implant peut exercer une pression suffisante pour conduire à une fracture des os eux-mêmes.Il s'ensuit que les patients atteints d'arthrite rhumatismale ne peuvent pas prétendre bénéficier de ces prothèses correctives. Il existe en conséquence un besoin en ce qui concerne un dispositif et un procédé pour la protection des articulations de prothèse en élastomère souple, contre les coupures ou déchirures et les fractures qui en résultent, dues au contact, sur la prothèse, des extrémités osseuses effilées voisines de l'articulation. Conformément à l'invention, on prévoit un dispositif de protection et un procédé d'utilisation de ce dispositif, grâce auxquels on élimine pratiquement tous les problèmes posés jusque là par la cassure de la prothèse implantable par chirurgie et la fracture des os voisins de l'articulation. Le dispositif de protection se compose essentiellement d'un manchon allongé qui définit un passage pour recevoir l'une des parties de la prothèse constituées par des tiges. Le manchon est implantable par chirurgie dans l'un des canaux intramédullaires de l'os voisin de l'articulation et comporte une partie d'extrémité protectrice qui se prolonge à partir du canal et évite tout contact entre l'articulation et les bords de l'os soumis à résection. D'une manière plus précise, le dispositif de protection présente une partie d'extrémité cannelée dont le pourtour se recourbe et s'évase vers l'extérieur, la longueur du manchon étant approximativement égale à un tiers de la longueur de la partie de la prothèse introduite dans le canal médullaire. Par ailleurs, la forme extérieure, en coupe transversale, du manchon de protection est, de préférence, rectangulaire pour éviter tout mouvement tournant dans le canal intramédullaire, ce qui rend ce manchon stable en rotation et latéralement. Le manchon peut être formé à partir d'un matériau de qualité médicale constituant un milieu dans lequel les os peuvent croitre, ou, en variante, il peut être assemblé sur la surface intérieure du canal intramédullaire. Le procédé conforme à l'invention, destiné à protéger une prothèse implantable par chirurgie, consiste à former un manchon comportant des parties d'extrémité protectrices et à implanter ce manchon, par chirurgie, dans chacun des canaux intramédullaires, avant d'implanter les parties du dispositif de prothèse constituées par des tiges. La description qui va suivre, en regard des figures annexées, données à titre d'exemple, fera bien comprendre comment 11 invention peut etre réalisée. La figure 1 est une coupe transversale partielle d'une main illustrant le dispositif de protection et une articulation de prothèse implantés, conformément à l'invention. La figure 2 est une vue en coupe, fragmentaire et agrandie, selon la ligne Il-Il de la figure 1. On a illustré sur la figure I la mise en place dXun implant souple formant-l'articulation ou jointure d'un doigt d'une main. L'implant porte la référence générale 10; il se compose d'une partie médiane élargie 12 et de deux tiges se prolongeant de part et d'autre 14 et 16. La prothèse 10 présente une partie arrondie et élargie 18 le long de la partie supérieure ou dorsale de la partie médiane élargie, un évidement ou canal 20 étant formé dans la partie inférieure ou plantaire de cette partie médiane. Pour une description plus détaillée de l'implant, on se reportera au brevet des E.U.A. n0 3 875 594 pré.cédemment cité. L'implant est du type vendu par Dow Corning Corporation, sous la marque SIIASTIC "singer Joint Implant". Au cours du processus d'implantation, l'articulation normale est partiellement ôtée par chirurgie#, et les canaux intramédullaires 22 des extrémités osseuses adjacentes 24 sont préparés à l'aide d'une curette, d'une broche ou d'une mèche pour permettre ltintroduction des parties de la prothèse constituées par des tiges. On a dit précédemment que-, dans le cas de certains patients, particulièrement les personnes souffrant d'arthrite rhumatismale, les bords 26 des os 24 voisins de l'articulation peuvent devenir très effilés ou fragiles. Ces bords effilés ont tendance à heurter la partie médiane 12 de la prothèse, ce qui se traduit par des coupures ou des déchirures des surfaces supérieure et inférieure de cette dernière. Et l'articulation de prothèse peut se casser si l'on n'empêche pas tout contact avec les bords des os.Par ailleurs, les os amincis sont eux-mêmes sujets à se fracturer. Conformément à l'invention, on implante par chirurgie un dispositif de protection 30 ayant la forme d'un manchon dans le canal intramédullaire, avant d'implanter les tiges de l'articulation. Les manchons -30 ont la même forme générale que les tiges 14 et 16 de l'implant, et chacun d'entre eux définit un passage central pour recevoir l'une de ces tiges (figure 2). La partie d'extrémité 32 du manchon est cannelée et s'évase radialement vers l'extérieur au niveau de son pourtour, de manière à se trouver entre les bords des os et la prothèse 10 lorsque manchon et prothèse se trouvent en place. Le manchon de protection évite que la partie médiane 12 de l'articulation soit heurtée par les bords des extrémités osseuses voisines de 11 articulation éventuellement devenues effilées.Par ailleurs, le manchon renforce la structure osseuse et évite les fractures. On peut voir figure 2 que la surface extérieure 33 du manchon de protection est, en coupe transversale, de forme pratiquement rectangulaire. C'est là une forme de réalisation recommandée qui évite tout mouvement tournant du manchon et rend stable, latéralement et en rotation, l'articulation reconstituée. Quant à la face intérieure du manchon de protection, elle épouse la forme extérieure de la tige de l'implant (figure 2). Comme mentionné dans les brevets des E.U.A. précités, il est recommandé de donner une forme générale rectangulaire aux tiges du dispositif de prothèse. Le manchon de protection peut être formé à partir d'un matériau de qualité médicale constituant un milieu dans lequel les os peuvent croître, mais permettant les mouvements entre la face extérieure de l'implant et la face intérieure du manchon. Un exemple d'un tel matériau est le polytétrafluoroéthylène poreux. Un autre matériau permettant la croissance des os est le polyéthylène de densité élevée, ou tout autre matériau plastique équivalent revêtu d'un milieu de croissance osseuse. Le manchon peut également êtrecimenté dans le canal intramédullaire. L'épaisseur de paroi du manchon varie en fonction des dimensions de l'implant et de celles des os voisins de l'articulation reconstituée. Par exemple, si, pour un patient donné, les dimensions d'os et de canal conduisent à utiliser un implant d'articulation de doigt SILASTIC de calibre n0- 8, on utilisera, avec le manchon, un implant de calibre n0 7, et l'épaisseur du manchon sera choisie pour réduire les dimensions du canal intramédullaire et les adapter à celles de l'implant plus petit choisi. Il est actuellement recommandé que le manchon ait une longueur égale à approximativement un tiers de la longueur des tiges de l'implant.En tout état de cause, la considération primordiale est de garnir ou couvrir la surface extérieure des extrémités osseuses et la surface intérieure immédiatement voisine des canaux intramédullaires. Le dispositif conforme à l'invention permet les mouvements au niveau de la nouvelle interface, soit, entre l'implant et manchon, mais interdit tout mouvement entre l'implant et les os. En conséquence, le manchon agit bien comme protection des os contre les contraintes excessives et peut également constituer une surface de portée de charge. On a décrit et illustré le dispositif de protection conforme à l'invention et le procédé qui s'y rapporte en se reférant au remplacement des articulations ds doigts, mais le dispositif et le procédé peuvent bien entendu s'appliquer à toute autre articulation du corps humain.Le dispositif est applicable dans tous les cas où il y a danger que la prothèse soit heurtée par des parties osseuses effilés, Il est donc maintenant parfaitement clair que le dispositif conforme à l'invention et le procédé qui sty rapporte, pour la protection d'une prothèse implantable par chirurgie, éliminent ou réduisent fortement les possibilités de fracture des implants en caoutchouc au silicone ou en tout autre matériau souple, lesquelles fractures résultaient jusque là de heurts sur le dispositif d'extrémités osseuses adjacentes effilées ou potentiellement effilées. L'invention augmente donc fortement les chances de succès des prothèses implantées chez les patients, particulièrement chez les personnes souffrant d'arthrite rhumatismale. La partie épaissie, ou cannelée et évasée du manchon non seulement protège l'articulation de prothèse, mais sert également de surface de portée de charge protégeant les os. Le manchon forme une nouvelle interface au niveau de laquelle les tiges de l'implant peuvent coulisser, ce qui réduit les contraintes exercées sur les os. Le manchon peut être formé à partir de tout matériau cliniquement inerte ayant une résistance suffisante pour éviter que les extrémités osseuses heurtent l'implant. Il est donc clair que l'invention apporte des avantages qui n'ont pas pu être ob-tenus jusque là, et il est par ailleurs entendu qu'on peut envisager des variantes dans le cadre de l'invention. REVENDICATIONS 1. Dispositif de protection pour prothèse implantable par chirurgie, utilisée pour remplacer des articulations osseuses ou analogue, la prothèse étant du type comportant au moins une partie constituée par une tige extérieure gééralement adaptée en dimensions à celles du canal intramédullaire d'un os voisin de l'articulation et destinée à être introduite dans ce canal, le dispositif étant caractérisé en ce qu'il se compose d'un manchon allongé en une seule pièce définissant un passage pour recevoir la partie de la prothèse constituée par une tige, ce manchon pouvant être inséré dans le canal intramédullaire et comportant une partie d'extrémité protectrice se prolongeant au voisinage de l'extrémité ouverte du canal pour protéger la prothèse de l'extrémité de l'os. 2. Dispositif de protection selon la revendication 1, caractérisé en ce que la partie d'extrémité protectrice se compose d'une partie cannelée, s'évasant radialement vers l'extérieur au niveau du pourtour du manchon#, pour éviter que la prothèse soit coupée par l'extrémité de l'os. 3. Dispositif de protection selon la revendication 2, caractérisé- en ce que la face extérieure du manchon définit une forme rectangulaire en coupe transversale pour éviter le mouvement tournant de ce manchon dans le canal intramédullaire. 4. Dispositif de protection selon la revendication 3, caractérisé en ce que la face intérieure du manchon en coupe transversale épouse celle de la surface extérieure de la partie de la prothèse constituée par une tige. 5 Dispositif de protection selon la revendication 4, caractérisé en ce que le manchon est formé à partir d'un matériau dans lequel les os peuvent croître, mais permettant les mouvements entre la tige de-la pr#othèse et la face intérieure du manchon. 6. Dispositif de protection selon la revendication 5, caractérisé en ce que le matériau du manchon- est du -polytétrafluoroéthylène poreux. 7. Dispositif de protection selon la revendication 4, caractérisé en ce que le matériau du manchon est du polyéthylène de haute densité. - 8. Dispositif de protection selon la revendication 4, caractérisé en ce que le manchon a une longueur approximativement égale à un tiers de la longueur de la partie de la prothèse cons tituée par une tige. 9. Procédé pour la protection d'une prothèse implanta sle par chirurgie, utilisée pour remplacer une articulation osseuse ou analogue, contre coupures et déchirures provoquées par contact avec les extrémités osseuses adjacentes, la prothèse étant du type comportant une partie médiane et an moins une partie constituée par une tige et se prolongeant extérieurement,la tige étant destinée à être insérée dans le canal intramédullaire d'un os voisin de l'articulation, ce procédé étant caractérisé en ce qu'il consiste à former un manchon définissant un passage dont les dimensions sont adaptées pour recevoir une tige de la prothèse, à implanter par chirurgie ce manchon dans le canal intramédullaire avant d'insérer la tige précitée, et à placer ce manchon de telle sorte-que sa partie d'extrémité se trouve entre l'extrémité de l'os et la prothèse lorsque cette dernière est implantée. 10. Procédé selon la revendication 9, caractérisé en ce que l'on donne une forme pratiquement rectangulaire en coupe transversale à la face extérieure du manchon. 11. Procédé selon la revendication 10, caractérisé en ce que l'on forme le manchon avec une partie d'extrémité cannelée, s'évasant radialement vers l'-extérieur au niveau du pourtour de ce manchon. 12. Procédé selon la revendication 11, caractérisé en ce que l'on forme le manchon à partir d'un matériau dans lequel les os peuvent croître. 13. Procédé selon la revendication 12, caractérisé en ce que l'on forme le manchon à partir d'un polytétrafluoro- éthylène poreux de qualité médicale. 14. Procédé selon la revendication 11, caractérisé en ce que l'on forme le manchon à partir d'un polyéthylène de haute densité. 15. Procédé selon la revendication 14, caractérisé en ce que l'on cimente la surface extérieure du manchon sur la paroi du canal intramédullaire.