La présente invention, réalisée au Centre de Recherche Pierre Fabre, concerne de nouveaux composés chimiques utilisables en thérapeutique. Ils sont utiles notamment comme médicaments possédant une action antiinflammatoire locale. L'invention vise également les compositions pharmaceutiques contenant ces nouveaux composés. Les nouveaux composés chimiques sont obtenus par fixation d'acides gras sur un esculoside, de formule générale R = alcoyl de 5 à 24 atomes de carbone, chaine saturée ou insaturée. L'augmentation de la lipophilie favorise la pénétration et surtout permet de faire apparaitre des propriétés anti-inflammatoires par voie locale qui n'existent pas dans le produit initial. En faisant varier la longueur des chaines grasses, il a été constaté que l'activité passe par un maximum lorsque R contient 11 atomes de carbone en série saturée et 13 pour des chaines insaturées. Compte tenu des propriétés spécifiques des acides gras poly-insaturés en C18, (acides linoléïques et linoléniques) facteurs vitaminiques F, il a été également synthétisé les linoléates et linolénates de méthyl-4 esculétyle. Les composés chimiques suivants et leur mode de préparation sont cités à titre d'exemples non limitatifs (par commodité chacun est désigné par un nom de code). A une suspension de 300 g de méthyl-4 esculétyle (1,56 mole) dans 3 2,5 litres de chloroforme et 300 cm de pyridine, sont ajoutés 870 g de chlorure de palmitoyle (3,16 moles) en solution dans 1,8 litre de chloroforme. L'addition dure 3 à 4 heures. Le mélange réactionnel se colore en rouge ; chauffer 8 heures au reflux du toluène ; la coloration s'accentue et devient brunâtre. Après évaporation du solvant, le résidu est agité dans de l'éther de pétrole. Selon les cas, on récupère de 950 à 1030 g de cristaux bruts qui sont dissous dans le chloroforme et lavés successivement par une solution de soude 2 N, de l'eau, de l'acide chlorhydrique 2 N et plusieurs fois à l'eau jusqu'à neutralité. Après évaporation du solvant et recristallisation dans l'éthanol à chaud, 650 g de cristaux blancs sont récupérés. Le rendement en produit purifié est de l'ordre de 70 %. Le produit ainsi obtenu a pour formule Dipalmitate de méthyl-4 esculétyle (F 1313) Formule brute : C42 H68 06 Masse moléculaire : 669 Point de fusion : 94"C Chromatographie sur plaque - support : silice Merck F 254 - solvant : acétate d'éthyle - éther de pétrole 6-95 - révélation : lampe ultra-violet - Rf : 0,8 Caractères de solubilité Insoluble dans l'eau, l'éthanol, le propylène glycol, le D.MF, la N-méthyl pyrrolidone et l'éther. Soluble à 0,5 % dans l'huile d'arachide et à 2 % dans le chlorure de méthylène. Ont été également obtenus Dilaurate de méthyl-4 esculétyle (F 1314) Formule brute : C34 H52 06 Cristaux blancs nacrés Point de fusion : 79"C Chromatographie sur plaque - support : silice - solvant : AcOEt/Edp 5/95 - révélation : UV et iode - Rf : 0,76 Caractères de solubilité : insoluble dans l'eau et ltéthanol. Soluble à 1 % dans la diméthyl acétamide et la N-méthyl pyrrolidone. Dicaprylate de méthy esculétyle (F 1356) Formule brute : C26 H36 06 Cristaux gris clair Point de fusion : 59"C Chromatographie sur plaque : - support : silice - solvant : AcOEt/Edp 25/i5 - révélation : W et iode - Rf : 0,65 Caractères de solubilités : insoluble dans l'eau, le propylène glycol, soluble à 5 % dans l'éthanol, à 60 % dans la méthyl pyrrolidone. Les composés chimiques précédemment décrits ont été soumis à des contrôles de toxicité qui s'est révélée très faible, les DL 50 n'ayant pu être déterminées ; aux doses de 3 000 mg/kg par voie orale et 500 mg/kg par voie intrapéritonéale, aucun cas de mortalité n'a été relevé chez la souris. Ils sont sans incidence sur le système nerveux central aux doses indiquées au paragraphe précédent. En outre, aucune modification du comportement n'a été observée durant les deux heures suivant l'administration. Pharmacologie Les expérimentations pharmacologiques ont permis de mettre en évidence certaines activités des composés objet de l'invention. Les propriétés antalgiques ont été révélées chez la souris ; le nombre de contorsions provoquées par injection intrapéritonéale d'une solution d'acide acétique à 3 % diminue de façon significative (30 à 40 %) pour les animaux traités avec 200 mg de dicaprylate de méthyl-4 esculétyle. Il a été relevé que les nouveaux composés n'induisent que de faibles modifications de la perméabilité capillaire, appréciée selon la méthodes Udaka chez le rat, à la forte dose de 2000 mg/kg administrée par voie orale. Une activité anti-inflammatoire locale notable a été mise en évidence vis-à-vis de l'hyperémie à l'acide nicotinique et de llérythème causé par les rayons ultra-violets, dans les conditions suivantes - hyperémie à l'acide nicotinique : les composés chimiques testés ont été dispersés à la concentration de 10 % dans un mélange lano-vaseline et appliqués sur la face externe des oreilles de cobayes, à raison de 0,1 ml par application, 60, 30, 15 et 5 minutes avant l'injection de 10 mg/kg d'acide nicotinique par voie intrapéritonéale. La vasodilatation est suivie par la mesure de l'augmentation de température des deux oreilles, prise sur la face interne, toutes les deux minutes après l'injection d'acide nicotinique, durant 25 minutes.Les résultats cités dans le tableau ci-dessous sont relatifs au cumul des variations de température aux différentsemps (f4t),par rapport à des témoins traités par l'acide nicotinique seu - érythème causé par les rayons ultra-violets : l'action anti-inflammatoire locale a été déterminée selon la technique de Winder. Les préparations contenant les composés chimiques testés ont été appliquées quatre fois sur la face ventrale des cobayes, à raison de 0,1 ml par application, 60, 40, 15 et 5 minutes avant l'exposition aux rayons ultraviolets. Les résultats sont reportés dans le tableau ci-dessous. Hyperemie à lracide Erythèse nicotinique aux U.V. % de variation 4 applications de 0, lu duit durant 25' % de variation moyen sur 24 h F 1313 - 45 % - 20 % F 1314 - 45 % - 55 % F 1356 - 30 % - 35 % L'action vis-à-vis de l'érythème aux U.V. atteint pour le F 1314 un maximum dtinhibition de 70 % 5 heures après les 4 applications. La tolérance des composés a été étudiée systématiquement: - Tolérance cutanée La tolérance a été recherchée pour chaque dérivé sur 5 cobayes albinos adultes. L'application du produit non dilué 3 fois par semaine pendant 2 semaines, sur le flanc préalablement tondu de l'animal, ne provoque aucune réaction cutanée appréciable. - Tolérance oculaire La tolérance oculaire a été effectuée sur des lapins albinos et sur des souris. Après instillation dans le sac conjonctival de 2 gouttes de solution (concentration variant de 1 à 5 %), on observe le comportement de l'animal pendant 3 minutes, pour tous les composés testés, aucune différence n'a été observée par rapport à un lot d'animaux témoins. - Tolérance épicutanée Des tests épicutanés ont été conduits sur des lapins de race néo-zélandaise. Après avoir tondu les flancs de l'animal, on procède à des égratignures de stratum cornéum. Les résultats évalués d'après l'échelle de Draize ont montré que pour la plupart des produits l'indice d'irritation est très faible ou nulle. - Tolérance intra-dermique Les tests intra-dermiques ont été effectués par injection de 0,1 ml de solution à 1 % de produit dans l'huile d'olive. Les injections sont répétées tous les jours sur les flancs de cobayes préalablement tondus. Après 2 semaines de repos, une invention semblable est faite au-dessus de la zone d'injection précédente, on compare la hauteur, le diamètre et la couleur des réactions. Toutes les observations effectuées montrent qu'il n'y a ni irritation primaire, ni sensibilisation. Applications thérapeutiques Les essais cliniques ont porté sur l'application des composés chimiques objet de l'invention dans le domaine de la dermatologie. D'excellents résultats ont été obtenus dans le traitement des érythèmes, des prurits, des eczémas et dans les cas d'inflammation causées par des injections intraveineuses sclérosantes. Des résultats favorables ont été relevés dans le traitement de l'acné, des périphlébites et des piqûres d'insectes. A titre indicatif et non limitatif sont données quelques formules de préparations pharmaceutiques contenant des composés objet de l'invention, qui peuvent être utilisés-seuls ou associés avec d'autres principes actifs (corticoïdes, antimycosiques, etc...). - Composition antiallergique - Pommade antihémorroïdaire - Dilaurate de méthyl-4 esculétyle - héparine - antihistaminique - Dicaprylate de méthyl-4 - excipient esculétyle - excipient REVENDICATIONS 1) A titre de composés chimiques nouveaux, les dérivés obtenus par fixation d'acide gras sur un esculoside, répondant à la formule générale: R = alcoyl de 5 à 24 atomes de carbone, chaine saturée ou insaturée. 2) Dérivés selon la revendication 1), ainsi définis - Dipalmitate de méthyl-4 esculétyle - Dilaurate de méthyl-4 esculétyle - Dicaprylate de méthyl-4 esculétyle 3) A titre de médicaments nouveaux utiles notamment en dermatologie, dans le traitement des érythèmes, des prurits, des eczémas, de l'acné, et en thérapeutique générale, dans le traitement des périphlébites et des hémorroïdes, les produits objet des revendications 1) et 2). 4) Les compositions pharmaceutiques contenant comme principe actif au moins un produit selon l'une des revendications 1) et 2). 5) Les compositions pharmaceutiques selon la revendication 4) pouvant être associées à d'autres principes actifs.