La présente invention se réfère aux ventouses utilisées pour la préhension de matières en feuilles en général. De telles ventouses s'utilisent couramment dans l'industrie des cuirs et peaux. Elles comportent toutefois l'inconvénient de ne pas toujours assurer la séparation une par une des feuilles à soulever lorsque celles-ci sont empilées et adhèrentnotablement les unes aux autres. I1 faut donc qu'un opérateur intervienne alors, ce qui évidemment ralentit les cadences et augmente les frais. La présente invention vise à remédier à ce qui précède et à permettre d'établir une ventouse de préhension qui ne prélève à chaque fois qu'une seule peau, cuir ou analogue à partir d'un empilage, en assurant ainsi une manipulation régulière sans qu'une intervention manuelle ne soit nécessaire à chaque instant. Conformément à l'invention la ventouse se présente sous la forme d'une cloche dont le bord vertical à profil fermé carré, rectangulaire, rond, elliptique ou autre, définit substantiellement un plan de contact avec la feuille à prendre, cette cloche comportant à son intérieur et à une distance appropriée au-dessus dudit plan, une paroi perforée qui délimite un espace supérieur relié à la canalisation d'aspiration. L'expérience montre que dans ces conditions lorsque la ventouse est appliquée sur une feuille de cuir, peau ou analogue, celleci se déforme plastiquement et/ou élastiquement de façon à réaliser à l'intérieur de la cloche une sorte de protubérance en forme de plateau, dont le bord présente une zone à double courbure formant en quelque sorte raccord entre le plan de la paroi perforée et celui de contact défini par le bord de la cloche.Si la seconde feuille de l'empilage intéressé a tendance à adhérer à la première et se soulève avec elle intérieurement au profil du bord de la cloche, il se produit obligatoirement dans la zone précitée des glissements entre les deux feuilles, ce qui tend à les décoller localement l'une de l'autre en permettant à l'air extérieur de s'infiltrer aisément entre elles pour achever de les séparer. I1 convient d'ailleurs de ne pas oublier que les cuirs et peaux sont toujours plus ou moins poreux et perméables aux gaz, de sorte que la seule réaction que la seconde feuille oppose à la déformation tend déjà à provoquer une entrée d'air entre elle et la première. Dans une forme d'exécution préférée, plus particulièrement prévue pour le cas des cuirs et peaux industriels, la distance entre le plan défini par le bord de la cloche et le plan de la paroi perforée est de l'ordre de quinze millimètre$ le profil horizontal du bord pouvant entre constitué par un carré d'environ 150 mm de co- té, par un cercle, ou par toute autre figure géométrique fermée non exagérément aplatie présentant une surface équivalente. L'ouverture prévue dans le fond de la cloche pour relier l'intérieur de celle-ci au tuyau d'aspiration est préférablement disposée plus ou moins approximativement au centre du profil horizontal de cette cloche, comme dans les ventouses connues. L'expérience a démontré qu'on a alors avantage à prévoir un peu au-dessous de la paroi perforée et dans la partie centrale de cette dernière, une sorte de déflecteur plan de profil plus ou moins semblable à celui de la cloche et de dimensions égales très grossièrement à la moitié de celles de cette dernière.Bien qu'il soit difficile d'expliquer théoriquement le rôle avantageux d'un tel déflecteur, on peut formuler deux hypotheses. En premier lieu lorsque la feuille vient s'appliquer contre sa face inférieure sous l'effet de l'aspiration, il obture pratiquement les pores de la partie centrale de la protubérance formée par la feuille en concentrant donc l'effet d'aspiration vers les bords ou doit apparaître la double courbure de la feuille. En second lieu, méme s'il est très rapproché de la paroi perforée, il détermine néanmoins dans le centre de la protubérance une dépression délimitée par une seconde zone à double courbure dont les effets viennent s'ajouter à ceux de la première voisine du bord de la cloche. Le dessin annexé, donné à titre d'exemple, permettra de mieux comprendre l'invention, les caractéristiques qu'elle présente et les avantages qu'elle est susceptible de procurer Fig. 1 est une vue en plan par dessous d'une. ventouse suivant l'invention. Fig. 2 en est une coupe suivant II-II (fig. 1). Fig. 3 reproduit partiellement fig. 2 à une plus grande échelle en montrant comment une peau ou cuir se déforme à l'intérieur de la cloche de la ventouse. La ventouse représentée en fig. 1 et 2 comprend une cloche 1 à profil horizontal carré et à bord vertical la revêtu d'une garniture de caoutchouc 2 repliée en -U. Le fond lb de cette cloche comporte une ouverture centrale ic qui raccorde son espace intérieur à une tubulure 3 fixée en place par soudure. A une distance au-dessous du fond lb bien inférieure à la hauteur du bord a il est prévu une paroi perforée 4 maintenue en posi tion de toute manière appropriée, par exemple à l'aide d'un bord relevé engagé à force dans la cloche, cette fixation pouvant éventuellement étre complétée par quelques points de soudure, si on le juge utile, étant noté que la retenue de ladite paroi est déjà assurée par la branche intérieure de la garniture 2. Enfin à une faible distance au-dessous de la paroi 4 est disposé un déflecteur plan 5 constitué par une plaque carry de dimensions approximativement égales à la moitié de celles de la cloche, cette plaque étant fixée en position de manière quelconque, par exemple par le moyen de petits goujons 6 soudés au fond lb et équipés de rondelles d'espacement 7, appropriées, leurs extrémités inférieures étant rivées, comme montré, ou éventuellement filetées pour recevoir un écrou en vue de permettre le démontage. Pour utiliser la ventouse ainsi constituée, on raccorde la tubulure 3 à une source de vide par le moyen d'un tuyau souple ou équivalent et l'on applique la cloche 1 sur la face supérieure d'un empilage de cuirs, peaux ou matières en feuilles analogues qu'on veut prélever par unités successives. Si pour fixer les idées on suppose qu'il s'agit de peaux, on voit que celle 8 (fig. 3) qui se trouve sur le haut de l'empilage est aspirée et se forme. I1 apparait ainsi une sorte de protubérance carrée engagée à l'intérieur de la cloche 1 et dont la face supérieure se raccorde au reste de la peau par une zone a à double courbure très marquée.En outre dans la partie centrale de -l'espace intérieur précité la peau 8 vient s'appliquer contre la face inférieure du déflecteur 5, ce qui d'une part réduit la surface de ladite peau à travers les pores de laquelle l'air peut passer, en renforçant ainsi l'effet d'aspiration, et d'autre part détermine dans cette peau une dépression centrale bordée par une seconde zone à double courbure -8-b. Si par suite de l'adhErence des peaux successives les unes aux autres sur l'empilage, la première 8 a commencé à entraîner avec elle la seconde indiquée en traits mixtes en 9, on comprend que dans les zones 8a et 8b les deux peaux sont amenées à glisser l'une par rapport à l'autre, ce qui les décolle localement en permettant à l'air de s'infiltrer entre elles pour achever de les séparer. L'expérience montre qu'on peut ainsi éviter l'inconvénient de la préhension de deux peaux à la fois par la ventouse. Dans une forme d'execution qui a donne d'excellents résultats la cloche avait un profil carré de 150 mm de côte. La hauteur de son bord a était d'environ 15 mm, la distance entre la paroi perforée 4 et le fond -lb était de l'ordre de 1,5 mm et la face in férieure du déflecteur 5 se trouvait à- 5 mm de celle dudit fond lb. I1 doit d'ailleurs entre entendu que la description qui précède n'a été donnée qu'à titre d'exemple et qu'elle ne limite nullement le domaine de l'invention dont on ne sortirait pas en remplaçant les détails d'exécution décrits par tous autres équivalents. On conçoit notamment que si les dimensions et conformations indiquées plus haut ont donné d'excellents résultats, on pourrait néanmoins les modifier en fonction des conditions de chaque cas particulier, notamment des caractéristiques des peaux ou autres feuilles à manutentionner. I1 serait ainsi possible d'établir des cloches à profil circulaire. Rien n'empêche par ailleurs d'associer plusieurs ventouses suivant l'invention les unes à cté des autres pour soulever une peau ou autre par plusieurs points de sa face supérieure, si désiré. R E V E N D I C A T I O N S 1. Ventouse de préhension, notamment pour cuirs, peaux et matières en feuilles analogues, caractérisée en ce qu'elle comprend une cloche dont le bord, prévu vertical et à profil fermé carré, rectangulaire, circulaire, elliptique ou autre, définit substantiellement un plan de contact avec la feuille à prendre, cette cloche comportant à son intérieur et à une distance appropriée au-dessus dudit plan, une paroi perforée qui délimite un espace su périeur relié à une canalisation d'aspiration. 2. Ventouse suivant la revendication 1, du genre dans lequel l'orifice d'aspiration s'ouvre substantiellement au centre du fond de la cloche, caractérisée en ce qu'elle comporte à une faible distance au-dessous de la paroi perforée et dans la zone centrale de celle-ci, un déflecteur plan qui ménage un espace libre entre lui-meme et le bord de la cloche. 3. Ventouse suivant l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisée en ce que le bord de la cloche présente en plan un profil carré d'environ 150 mm de côté. 4. Ventouse suivant l'une quelconque des revendications 1 et -2, caractérisée en ce que la surface horizontale délimitée par son bord est d'environ 2,25 dm2. 5. Ventouse suivant l'une quelconque des revendications qui précèdent, caractérisée en ce que la hauteur de son bord est d'environ 15 mm. 6. Ventouse suivant la revendication 2, caractérisée en ce que le deflecteur comporte un profil semblable à celui du bord de la cloche, mais avec des dimensions à peu près moitié moindres.