La présente invention est relative à des produits photographiques permettant de preparer des planches lithographiques ainsi quà un procédé pour préparer ces produits. On sait que l'on peut préparer des planches d'impression lithographique directement à partir de produits photpgraphiques contenant des couches photosensibles aux halogénures d'argent. Par exemple, la planche lithographique décrite au brevet des Etats-Unis d'Amérique 3 053 658 contient un support sur lequel est appliquée une couche de résine oléophile elle-même recouverte d'une couche d'émulsion aux halogénures d'argent qui n'est pas tannée. On expose ce produit et on le traite ensuite avec un révélateur tannant afin de pouvoir eli miner par lavage les plages non exposées. Après ce développement tannant, on peut également exposer de nouveau la planche, développer le produit dans un revélateur non tannant et enfin éliminer les plages non-tannées dans une solution de blanchiment. Un autre procédé décrit au brevet des Etats-Unis d'sérique 3 402 045, consiste à traiter par lavage une couche d'émulsion au halogénures d'argent non tannée et appliquée sur un support hydrophobe, de faucon à obtenir une planche lithographique. Toutefois, les planches d'impression obtenues par un tel dépouillement sont souvent très sensibles à l'abrasion et elles -se détériorent- lorsqu'on les utilise dans une presse photographlquc, ce qui ne permet d'obtenir avec ce type de planches qu'un petit nombre de tirages. En outre, avec les émulsions non tannées, la qualité de l'image n'est jamais très bonne de telle sorte qutil est souhaitable d'utiliser une émulsion tannée à contraste élevé si l'on veut améliorer les caractéristiques des tirages. D'autre part, il est souvent intéressant que le support des planches soit métallique, par exemple en aluminium. Toutefois, les couches dtémulsions aux halogénures d'argent, notamment les couches aux halogénures d'argent non tannées, réagissent avec le métal des supports de fanon à former une couche-tannée dans la zone de contact entre lesupport métallique et la couche d'émulsion. En conséquence, il est difficile de réaliser une planche d'impression lithographique de bonne qualité en appliquant directement une couche d'émulsion aux halogénures d'argent sur un Support métallique tel qu'un support en aluminium. L'invention a pour objet un produit photographique que l'on peut traiter avec une solution de blanchiment dégradante de façon à obtenir une surface d'im- pression présentant des plages oléophiles et des plages hydrophiles, les premières présentant une affinité pour les encres d'impression qui les distinguent nettement des secondes. La présente invention a en outre pour objet un nouveau procédé pour faire une planche d'impression lithographique à partir d'une plaque comportant un support hydrophobe, sur lequel a été appliquée une couche d'émulsion non tannée aux halogénures d'argent. Subséquemment, la présente invention a pour objet un procédé rapide et économique pour obtenir des tirages d'impression lithographique de bonne qualité au moyen de planches d'impression préparées suivant l'invention. Suivant la présente invention un produit photographique, utilisable comme planche d'impression lithographique, comprend un support hydrophile et, successivement sur ce support, une couche d'une résine synthétique soluble dans les solvants organiques et une couche d'émulsion aux gélatino-halogénures d'argeat; et il est caractérisée en ce que la couche d'émulsion au halogénures d'arment est tannée. Pour la mise en oeuvre de l'invention on soumet un tel produit photographique à un traitement au moyen dgune solution de blanchiment dégradant de façon à obtenir finalement une surface d'impression lithographique capahie d'une excellente différenciation respectivement pour l'eau et l'encre, lors de l'impression. Au dessin annexe - la Fig. l représente une section schématique d'un produit photographique suivant l'invention ; - les Fig. 2 à 5 sont des sections schématiques de produits analogues à celui de la Fig. 1, mais montrant en outre le dit produit à différentes étapes du traitement conduisant à la préparation d'une planche dtimpression suivant l'invention. Suivant ce qui est représenté au dessin, un- produit photographique suivant l'invention comprend un support 1,- une couche 2 de résine-oléophile et soluble dans les solvants organiques et une couche photosensible 3 constituée par une émulsion tannée aux gélatino-halogénures d'argent. D'une façon classique, on développe une image argentique dans la-couche 3 a-insi que pela est représenté à la Fig. 2. Suivant la nature de l'émulsion de la couche 3, l'image argentique 4 est une image positive ou négative. Dans tous les cas, on soumet ensuite la couche 3 à un traitement de blanchiment dégradant afin d-léLimìner les plages qui contiennent l'image argentique développée et de mettre ainsi à nu les plages 5 (Fig. 3) sous-j ac -entes correspondantes de la couche de résine soluble dans solvants organiques. On traite alors le produit-avec un solvant organique, ce qui provoque l'élimination des plages 6 de la couche due résine 2, alors que les autres plages de cette couche de résine demeurent intactes, étant donné qu'eLles-sont protégés par les plages -8 de la couche d'émulsion tannée aux gélatino-halogénures d'argent. En conséquence, le traitement avec le solvant organique élimine les plages 6 de la couche de résine 2 et met à nu les plages 7 du support I lesquelles correspondent aux plages 4 de la couche d'émulsion photosensible dans laquelle on avait développé une image argentique. On élimine ensuite les plages 8 de la couche photosensible 3, par exemple en les séparant des plagies sous-jacentes 9 correspondantes de la couche de résine synthétique. On obtient ainsi une planche d'impression, suivant ce qui est représenté à la Fig. 5, dont les plages 9 présentent de l'affinité pour les encres. Suivant un mode de réalisation de l'invention, le produit photographique comprend un support et sur ce support, successivement une couche d'une substance hydrophobe soluble dans les solvants organiques et une couche d'émulsion photographique tannée aux gélatino-halogénures d'argent. On expose et on développe ce produit, puis on le traite dans un bain de blanchiment dégradant. Un tel -bain de blanchiment dégradant contient d'une façon classique un agent oxydant tel que l'eau oxygénée, un agent capable de précipiter un sel d'argent insoluble, par exemple des ions chlorure et un catalyseur, en l'occurrence un ion métallique tel qu'un ion cuivre-II. On ajoute éventuellement à ce bain un agent émollient de la gélatine, par exemple l'acide citrique, ou encore de l'urée ou enfin une combinaison de ces deux derniers composés. Le blanchiment dégradant se produit dans les plages contenant de l'argent métallique développé où il provoque le blanchiment de cet argent métallique et en même temps la dégradation de la gélatine. On obtient ainsi une réserve positive de gélatine. On applique un solvant organique approprié qui dissout et élimine les plages de la couche de résine oléophile ttui ont été dénudées par le blanchiment dégradant. Ce solvant organique ne peut atteindre les plages de la couche de résine oléophile qui sont encore protégées par les plages non développées de la réserve de gélatine. Après cette attaque par le solvant, on élimine tout ce qui reste de la couche d'émulsion non développée aux halogénures d'argent, par exemple par dépouillement, par lavage, par hydrolyse enzymatique, et on forme ainsi une image encrable dans celles des plages qui n'ont pas été exposées ni développées, ni ensuite soumises au blanchiment dégradant. Les émulsions photographiques aux halogênures d'argent pouvant servir à la mise en oeuvre de l'invention contiennent des halogénures d'argent tels que le chlorure, le bromure, l'iodure, le chlorobromure, he chloroiodure, le bromoiodure et le chlorobromoiodure d'argent. Un mode de réalisation particuIièrement avantageux consiste à utiliser une émulsion de chlorobromure à grand contraste dont la teneur molaire en chlorure est au moins égale à 60/100. Certaines couches de résine oléophile sont telles qu'il est nécessaire de les traiter pour permettre d'y ~faire~adhérer une oouche d'émulsion photographique. Parmi les traitements utilisables à cet effet, on peut citer le traitement à la flamme ou le traitement atec un agent oxydant tel que l'acide nitrique, le chlore, l'eau oxygenÊe,-;iracide sulfurique, le chromate de potassium, etc. On peut encore procédé en soumettant la surfaca de résine oléophile à un bombardement électronique à l'action d'un rayonnement ultraviolet ou d'un autre rayonnement, etc. I1 est souvent préférable que le liant de l'halogénure d'argent soit uniquement constitué de gélatine, cependant il est possible aussi que ce liant contienne d'autres colloides hydrophiles associés à la gélatine, par exemple l'albumine colloidale, des dérivés cellulosiques, des résines synthétiques, notamment des composés polyvinyliques. En outre, on peut incorporer à ce liant des composés polyvinyliques dispersés insolubles dans lteau, par exemple des polymères d'acrylates et de méthacrylates dtalcoyle, d'acide acrylique ou dtacrylates ou de méthacrylates de sulfoalcoyle. D'une façon générale, les substances non gélatineuses ne représentent pas plus de 50/100 de la masse totale du liant. Dans la plupart des cas, les couches d'émulsion aux halogénures d'argent utilisées suivant l'invention contiennent par décimètre-carré environ de 10 à 86 mg de gélatine, de 5 à e2 mg et de préférence de 5 à 13 mg d'argent, sous forme d'halogénure argent. Les émulsions photographiques utilisées suivant ltinvention sont éventuellement sensibilisées chimiquement, par exemple avec des composés sulfurés des sels de métaux nobles, tels que des sels d'or ou des agents réducteurs ou enfin avec des combinaisons de tous ces composés Les couches d'émulsion sont tannées avec par exemple, des aldéhydes tannants, des composés d'aziridine ou des composés du dioxanne, des oxypolysaccharides, tels que l'amidon oxydé, ou avec des gommes végétales oxydées etc. Enoutre, les émulsions photographiques aux halogénures d'argent contiennent n'importe lequel des adjuvants communement utilisés pour améliorer les propriétés photographiques de ces émulsions. Parmi ces adjuvants, on peut citer les agents stabilisants, les agents anti-voile, notamment les sels solubles, par exemple les sels de métaux, tels que les sels de cobalt, de cadmium, de manganèse, de zinc, comme cela est décrit au brevet des Etats-Unis d'kmérique 2 829 404 ; on incorpore encore éventuellement à l'émulsion des triazaindolines substituées, comme cela est décrit aux brevets des Etats-Unis d'Amérique 2 444 605 et 2 444 607, ou encore des substances sensibilisatrices, des agents plastifiants, des colorants filtres, etc. Parmi les substances possédant une activité sensibilisatrice particulièrement intéressante pour les émulsions utilisées suivant l'invention, on peut citer les polymères d'oxyde alcoyleness seuls ou combinés avec des sels d'ammonium quaternaire, comme cela est décrit au brevet des Etats-Unis d'Amérique 2 8e6 437 ou combinés avec des dérivés du mercure ou des dérivés azotés suivant ce qui est décrit au brevet des Etats-Unis d'Amérique 2 751 299. Enfin, les émulsions peuvent être sensibilisées au bleu ou bien ce peuvent être des émulsions orthhchromatiques, panchromatiques ou sensibles à l'infrarouge, etc. Suivant l'invention, on prépare des planches d'impression lithographique par un procédé photographique utilisant indifféremment des émulsions négatives et positives. Parmi les émulsions positives, on peut citer en particulier les émulsions positives directes, telles que les émulsions aux halogénures d'argent tannées et solarisées, les émulsions aux halogénures d'argent tannées à image interne, etc. Les émulsions aux halogénures d'argent solarisées sont des émulsions qui ont été voilées, soit chimiquement, soit par exposition jusqu'à 'un point qui correspond approximativement à la valeur de la densité maximale sur la courbe d'inversion donnée par exemple par Mees dans "The Theory of the Photographic Process, Macmillan Company, New York, pages 261297iV. Des procédés pour préparer de telles émulsions solarisées sont indiqués- au brevet anglais 443 245. On montre dans ce brevet un procédé consistant à soumettre une émulsion à des rayons X, de telle sorte que lorsqu'on développe une couche de cette émulsion sans l'exposer de nouveau, on obtient un noircissement dont l'importance est donnée par la valeur au sommet de la courbe de gradation. Au brevet anglais 462 730y on indique un procédé consistant à voiler des émulsions aux halogénures d'argent, soit à la lumière, soit au moyen d'agents chimiques tels que le nitrate d'argent, les composés sulfurés organiques et des colorants de façon à transformer ces émulsions en émulsions positives directes solarisées. Le brevet des Etats-Unis d'Amérique 2 005 837 décrit l'utilisation du nitrate d'argent et d'autres composés dont l'action combinée avec celle de la chaleur permet de solarisér les émulsions aux halogénures d'argent. Au brevet des Etats-Unis d'Amérique 2 184 013, on décrit un procédé pour solariser des émulsions au moyen de colorants sensibilisateurs sans caractère acide ou au moyen d'agents réducteurs, ces composés étant utilisés à raison de concentrations élevées. Au brevet des Etats-Unis d'Amérique 2 541 472, on décrit des émulsions solarisées destinées particulièrement à être exposées à des radiations de grande longueur d'onde de façon à produire le phénomène connu sous le noa d' "Effet Herschez" et décrit par Mees dans l'ouvrage cité ci-dessus. Pour ce faire on incorpore en outre, à l'émulsion, des accepteurs d'électrons, en lloccurrence des dérivés nitrés, et lton voile cette émulsion soit chimiquement soit en l'exposant à la lumière blanche. Dans le cas des émulsions solarisées, on utilise pour l'inversion une exposition suffisante à l'aide d'une lumière dont la longueur d'onde est comprise entre 500 et 700 mp et de préférence entre 520 et 540 mp. Cette exposition d'inversion a pour résultat de détruire presque en totalité l'image latente dans les grains d'halogénures d'argent des plages exposées. On développe ces halogénures argent dans des solutions développatrices classiques ce qui permet d'obtenir des images positives directes. Parmi les émulsions aux halogénures d'argent positives directes à image interne que l'on utilise suivant l'invention, on peut citer celles dans lesquelles on forme limage latente de préférence à l'intérieur des grains d'halogénure d'argent, ceci grâce à certaines particularités de la structure cristalline de ces grains On a montre que ces particularité de structure sont par exemple des dislocations dans le cristal d'halogénure d'argent au niveau desquelles l'image latente se forme par capture d'électrons de façon à réaliser un centre de développement. Ultérieurement, le développement se déclenche à partir de ces sites. Parmi les autres émulsions photographiques inversibles utilisables suivant l'invention, on peut citer celles comprenant des grains qui sont constitués (1) d'un coeur de sel d'argent insoluble dans l'eau et contenant des centres-favor-isant le dépôt d'argent photolytique et, (2) d'une coque périphérique recouvrant ce coeur et constituée d'un sel d'argent voilé, insoluble dans l'eau et spontanément développable. Des émulsions de ce type sont décrites au brevet des Etats-Unis d'Amérique 3 367 778 Avant de précipiter la coque périphérîque sur le coeur du grain, on peut préalablement traiter chimiquement ou physiquement ce coeur afin d'y former les sites capables de déclencher le dépôt d'argent photolytique. Ces sites peuvent être formés suivant différentes techniques bien connues et apparentées aux techniques de sensibilisation chimique décrites par exemple par A. Hautot and H. Sauvenier dans Science et Industries Photographiques, Vol. XXVIII, January, 1957, pages 57-65; par exemple, en traitant l'halogénure d'argent avec un agent réducteur fort, on peut former au sein du cristal d'halogénure d'argent des micro-inclusions d'argent métallique. En outre, on peut sensibiliser chimiquement le coeur suivant n'importe quelle technique connue à cet effet. Par exemple, on peut faire une digestion avec de la gélatine naturellement active ou ajouter des composés sulfurés comme cela est décrit aux brevets des Etats-Unis d'Amérique 1 574 944, 1 623 499 et 2 410 689. On peut sensibiliser chimiquement le coeur des grains avec des sels d'or comme cela est décrit aux brevets des Etats-Unis d'Amérique 2 399 083 et 2 642 361. Ces sels d'or sont, par exemple le chloroaurite de potassium, le chloroaurate de potassium, l'aurithiocyanate de potassium, le chlorure aurique et le chlorure de N-méthyl-2-aurosulfobenzothiazolium. On peut encore sensibiliser chimiquement le coeur des grains avec des agents réducteurs tels que des sels d'Etain-II, comme cela est décrit au brevet des Etats-Unis d'Amérique 2 487 850, avec des polyamines telles que la diéthylènetriamine comme cela est décrit au brevet des Etats-Unis d'Amérique 2 618 598, ou des polyamines telles que la spermine comme cela est décrit au brevet des Etats-Unis d'Amérique 2 521 925, ou encore avec du sulfure de bis--aminoéthyl ou des sels de ce composé, comme cela est décrit au brevet des Etats-Unis d'Amérique 2 521 926. On précipite la coque de ces grains sur le coeur de telle façon que l'émulsion voilée qui constitue cette coque soit éliminable par blanchiment. De plus, l'épaisseur de cette coque est suffisante pour empecher la pénétration du révélateur jusqu'au coeur. La coque de sel d'argent est donc voilée superficiellement et elle est, par conséquent, développable en argent métaux lique lorsqu'on traite le grain dans un développateur superficiel classique. Par exemple, lorsqu'on traite une couche d'une telle émulsion (titrant 11 mg d'argent par décimètre carré dans le révélateur A ci-déssous pendant 6 mn à 200ça on doit obtenir une densité au moins égale à environ 0,5. REVELATEUR A Sulfate de N-méthyl-p-aminophénol ?,s g Acide ascorbique 10,0 g Métaborate de potassium 35,0 g Bromure de potassium --- g Eau q.s.p. 1,0 1 pH 9,6 Pour voiler la coque des grains, on peut utiliser les techniques de sensibilisation chimique en les poussant jusqu'à l'obtention du voile. Ces techniques sont dans leur principe les mimes que celles utilisées pour sensibiliser le coeur de l'émulsion, à ceci près qulil ne faut pas sensibiliser le coeur jusqu'au voile, au contraire de ce quton fait pour la coque. Outre les techniques précitées, on peut voiler la coque des gr aluns au moyen de combinaisons de sels de métaux nobles et de réducteurs, ou en opérant la précipitation de l'halogénure à pH élevé et pAg faible. On peut aussi précipiter la coque des grains avant de voiler émulsion constitutive de cette coque. Suivant l'invention, on peut encore utiliser une autre émulsion aux halogénures d'argent positive directe, en l'occurrence une émulsion comprenant des grains d'halogénure d'argent voilés dont les diamètres forment une popula -type tion à écart/faible, c'est-à-dire que tous ces grains dthalogénure argent ont un diamètre sensiblement uniforme. Suivant un mode de réalisation, au moins 95/100 en masse de ces grains ont un diamètre dont la valeur ne s'écarte pas de p lus de 40X de la valeur du diamètre moyen, De préférence, çes émulsions contiennent des grains voilés par réduction} et à l'or, et on leur a incorporé des composés accepteurs d'électrons. En utilisant des concentrations très faibles de ces réducteurs et de ces sels d'ùr, on prépare des émulsions à grains voilés qui sont caractérisées par une sensibilité photographique très élevée lorsqu'on les traite dans les révélateurs classiques. En vue d'augmenter la netteté des épreuves, il est quelquefois souhaitable d'incorporer à l'émulsion un colorant antihalo. A cet effet, on utilise n'importe quel pigment, avec cette restriction que si l'on incorpore un tel colorant à une émulsion, il ne doit pas en altérer les propriétés sensitométriques et, dans ce cas précis, il ne doit pas exercer d'influence sur le blanchiment dégradant. Généralement, on utilise environ de 20 à 50 g de colorant antihalo par atome-gramme d'argent. On peut développer les émulsions aux halogénures d'argent suivant l'invention avec n'importe quel agent développateur classique. Cet agent développateur peut être incorporé à la couche adjacente à la couche aux halogénures d'argent. Parmi les agents développateurs utilisables, on peut citer lthydro- quinone et les dérivés de l'hydroquinone, par exemple la bromohydroquinone, la chlorohydroquinone, la toluhydroquinone, la morpholinométhylhydroquinone, etc. En outre, on peut combiner l'action développatrice de ces hydroquinones avec celle d'un agent développateur auxiliairel ce dernier étant utilisé à raison d'une quantité représentant de O à 20/100 de la quantité de développateur hydroquinonique. Ainsi, on peut améliorer la sensibilité sans modifier la réaction de développement. Parmi les agents développateurs auxiliaires, on peut citer la 3-pyrazolidone, le sulfate de N-méthyl-p-aminophénol, etc. Suivant un mode de réalisation très avantageux, on utilise comme développateurs auxiliaires la l-phényl-3-pyrazolidone et la 1-diphényl-4,4,3-pyrazolidone. Les exemples suivants illustrent l'invention. EXEMPLE 1.- On prépare une solution à 10/100 de polystyrène dans la méthyléthylcétone. On applique cette solution sur un support en aluminium anodisé et grainé. On laisse sécher et on obtient ainsi une couche titrant environ 30 mg de résine par décimètre carré. A cette couche de résine oléophile, on fait subir un bombardement électronique puis, sur la couche ainsi traitée, on applique une couche d'émulsion négative tannée au chlorobromure d'argent. On obtient une couche titrant 43 mg d'argent et 47 mg de gélatine par décimètre carre. On expose ensuite le produit dans un appareil de prise de vues muni d'un prisme redresseur d'image. Après I'exposition, on traite le produit dans un révélateur à l'hydroquinone pendant 2 mn à 200C. On traite ensuite pendant 60 s le produit développé, dans une solution de blanchiment dégradant ayant la composition suivante Chlorure de Cuivre-Il hydraté 5g Acide citrique 75 g Urée 75 g Tous ces réactifs sont dissous dans un litre d'eau oxygénée à 15/100. Ce traitement provoque la dégradation de la gélatine dans les plages développées et portant une image argentique. Dans ces plages, l'émulsion est, par consmuentg enlevée et laisse à nu les plages sous-jacentes de la couche de résine de polystyrène oléophile. On élimine toute la gélatine résiduelle par lavage et on obtient ainsi une réserve de gélatine. On laisse sécher la plaque et on la traite avec de l'acéto-acétate d'éthyle afin d'éliminer le polystyrène dans les plages où il a été dénudé précédemment. Le polystyrène est protégé de la dissolution dans les plages cù il est recouvert par ia réserve de gélatine de l'émulsion non développée. On élimine enfin la réserve de gélatine en la traitant dans l'hypochlorite de sodium ce qui dénude les plages sousjacentes de la résine oléophile. On rince la planche avec de-L'eau, on l'essuie de façon classique et on l'utilise pour faire des tirages dans une presse lithographique. On obtient des épreuves positives à l'endroit, du document original et on constate que ces épreuves sont de très bonne qualité à la fois en ce qui concerne la reproduction des demi-teintes et la reproduction des traits fins. EXEMPLE 2.- On reprend le mode opératoire de l'exemple 1, mais on remplace cette fois le polymère de la couche oléophile par du butyral de polyvinyle. On applique ce polymère sous forme d'une solution dans l'alcool éthylique. Après le traitement, on traite le produit avec de l'acéto-acétate d'éthyle, de façon à éliminer le butyral de polyvinyle dans les plages exposées. De cette façon, on obtient des résultats analogues à ceux obtenus à l'exemple f. EXEMPLE 3.- On reprend le mode opératoire de Itexemple 1, mais on utilise cette fois une couche oléophile constituée par un copolymère de styrène et d'acrylonitrille, que l'on applique sous forme d'une solution dans la méthylethylcétone. Après le traitement, on traite le produit séché avec de l'acéto-acétate d'éthyle afin d'éliminer le copolymère de styrène et d'acrylonitrile dans les plages exposées. On-obtient avec la planche ainsi obtenue des résultats analogues à ceux de l'exemple 1. On peut évidemment remplacer le support en aluminium anodisé par d'autres supports hydrophiles, par exemple par des supports en papier enduit de résine, par des plaques de métaux tels que le zinc, etc. Les propriétés hydrophiles de la surface du support doivent être telles que cette surface fournisse avec l'eau un angle de contact inférieur à environ 650. Pour mesurer cet angle de contact, un procédé classique consiste à placer une goutte d'eau sur la surface hydrophile et à tracer une ligne partant du point de contact de la goutte avec la surface et tangente à cette goutte. On mesure l'angle que fait cette ligne avec la surface. Sur une surface hydrophile, la goutte d'eau tend à s'étaterZ si bien que l'on mesure un angle dont la valeur est inférieure à celle de l'angle de contact obtenu en plaçant une goutte d'eau semblable sur une surface hydrophobe.En effet, dans ce cas, la goutte d'eau tend à/ramasser en une forme sphérique, de telle sorte que l'angle de contact est pratiquement supérieur à 650. On peut évidemment utiliser d'autres supports, par exemple des supports en verre ou des supports faits de substances polymères diverses telles que les polyesters, les polyamides, les polyoléfines, etc. La surface oléophile fournit en fin de compte les plages oléophiles de la planche lithographique, et par conséquent, la nature du support sous-jacent à cette couche oléophile ntexerce aucune influence sur les caractéristiques et les propriétés de la planche dgim- pression lithographique, ou sur les propriétés lithographiques de la planche. C'est pourquoi le choix du support dépend surtout du nombre de tirages que l'on désire faire, du prix-de revient consenti ou de la disponibilité des matériaux utilisables, etc. On choisit la substance copolymère, dans le cas où le support est constit sorte qutil soit éliminé en même temps que la couche de résine. Ainsi qu'on l'a mentionné ci-dessus, le bain de blanchiment dégradant contient de façon typique un agent oxydant, en l'occurrence un formateur de sel d'argent insoluble et un ion métallique catalyseur. Eventuellement, on incorpore au bain de blanchiment dégradant un agent émollient de la gélatine. Pour appliquer la solution de blanchiment dégradant, on peut procéder suivant différentes techniques, par pulvérisation, par immersion ou par application d'un tampon imprégné ; dans les plages où l'argent a e > té formé, on provoque le blanchiment de cet argent et en même temps la dégradation de la gélatine. Normalement l'application de la solution de blanchiment dégradant élimine la gélatine dans les plages d'image. Cependant, il est necessaire de laver, pour éliminer les traces de la solution de blanchiment et les traces du colloide dégradé. N'importe quel solvant organique peut être utilisé pour éliminer les plages oléophiles dénudées. Si on le désire, on peut ensuite réexposer lfémul- sion à la lumière ambiante, puis la développer et la dégrader de façon à former une image oléophile dans celles des plages qui- n'avaient pas été exposées à l'origine. Ceci permet d'obtenir une image permettant de tester la plaque. La solution de blanchiment dégradant peut contenir du chlorure de Cuivre-II, de l'acide citrique ou de l'eau oxygénée, suivant l'une des compositions ci-dessous Solution nO i Eau à 500C 750 ml Chlorure de Cuivre-II 10 g Acide citrique 10 g Eau q.s.p. 11 Eau oxygénée à 31100 il Solution nO 2 Eau à 500C 600 ml Chlorure de Cuivre-II 10 g Acide citrique 150 g Urée 150 g Eau q.s.p. il Eau oxygénée à 3/100 1 1 Un autre bain de blanchiment dégradant cpntient, par exemple, du sulfate de cuivre, de l'acide citrique, du bromure de potassium et de liteau oxygénée. Cependant, un bain de blanchiment contenant du chlorure de cuivre-II, de l'acide citrique, de l'urée et de l'eau oxygénée, dans lequel il y a au moins 20 g/l de chlorure de Cuivre-Il, semble être le plus approprié pour obtenir une élimination précise des plages de gélatine et ceci, en une durée d'environ 20 s. On peut remplacer l'eau oxygénée par d'autres composés oxydants, par exemple des générateurs d'eau oxygénée, etc. Cependant, iL est nécessaire que ces agents oxydants agissent sélectivement sur les plages d'image contenant l'argent développé et qu'ils n'attaquent pas le restant de la couche d'émulsion, ce qui sera le cas, en particulier, si on u tilisait de l'acide nitrique. Comme on l'a indiqué ci-dessus, on peut tanner de différentes façons la couche d'émulsion aux gélatino-halogénures d'argent. Dans la plupart des cas, on utilise n1 importe lequel des agents tannants du type de ceux décrits par Mees dans The Theory of the Photographic Process, Revised Edition, The Macmillan company, New York (1954) pages 7384. Le tannage de la couche permet de diminuer son gonflement dans l'eau et dans les solutions aqueuses et, d'autre part, augmente son point de fusion et la valeur de la viscosité apparente des solutions de gélatine. REVENDICATIONS 1. Produit photographique, pour la préparation d'une planche d'impression lithographique, comprenant un support à surface hydrophile, et successive ment sur ce support, (a) une couche de résine oléophile soluble dans les solvants organiques, et (b) une couche photosensible constituée d'une émul sion aux gélatino-halogénures d'argent, caractérisé en ce que la dite couche d'émulsion aux gélatino~halogénures d'argent est tannée. 2. Produit conforme à la revendication 1, caractérisé en ce que le support est une plaque métallique. 3. Produit conforme à la revendication 2, caractérisé en ce que la plaque mé tallique est constituée d'une substance choisie dans la classe constituée par le cuivre, le zinc, l'aluminium et l'acier. 4. Produit conforme à l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ee que la dite résine oléophile est un polymère insoluble dans l'eau choisi dans la classe constituée par les polymères acryliques, les polymères vinyliques, les esters cellulosiques, les polyamides et les polyesters. 5. Produit conforme à l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que l'émulsion aux gélatino-halogénures d'argent est une émulsion néga tive. 6. Produit conforme à l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que l'émulsion aux halogénures d'argent est une émulsion positive. 7. Procédé pour préparer une planche d'impression lithographique, consistant (a) à former une image argentique dans la couche photosensible d'un produit conforme à l'une quelconque des revendications t à 6, puis (b) à éliminer successivement certaines des plages de cette couche photosensible, et, au moyen d'un solvant, les plages sous-jacentes correspondantes de La couche oléophile, les plages restantes de la couche photosensible constituant une réserve pour les plages sous-jacentes correspondantes de la couche de résine oléophile et enfin (c) à éliminer la réserve, caractérisé en ce que l'on élimine par blanchiment dégradant celles des plages de la couche photosen sible où l'on a formé une image argentique. 8. Procédé conforme à la revendication 7, caractérisé en ce que l'on forme une image argentique dans une couche photosensibte qui est constituée d'une émul sion négative tannée aux halogénures d'argent. 9. Procédé conforme à la revendication 7, caractérisé en ce que l'on forme une image argentique dans une couche photosensible qui est constituée d'une émulsion positive tannée aux halogénures d'argent.