Procédé de mesure d’une concentration d’une espèce gazeuse présente dans un gaz, le gaz s’étendant entre une source de lumière et un photodétecteur, l’enceinte, le dispositif comportant : a) illumination du gaz par la source de lumière et mesure d’une intensité de la lumière s’étant propagée à travers le gaz ; b) estimation d’une concentration en appliquant d’une fonction de calibration à l’intensité mesurée ; le procédé étant caractérisé en ce que lors de l’étape b) la fonction de calibration est établie à partir de paramètres, et en ce que l’étape b) comporte: b-i) en fonction de l’intensité mesurée, détermination d’une valeur d’au moins un paramètre de la fonction de calibration ; b-ii) application de la fonction de calibration, paramétrée lors de la sous-étape b-i), à l’intensité mesurée, de façon à estimer la concentration de l’espèce gazeuse. Figure 4. Procédé de calibration d’un capteur de gaz Le domaine technique de l'invention est un capteur de gaz. L’invention porte principalement sur la façon dont le capteur est calibré. ART ANTERIEUR Le recours à des méthodes optiques pour l'analyse d'un gaz est fréquent. Des capteurs permettent de déterminer la composition d'un gaz en se basant sur le fait que les espèces composant le gaz présentent des propriétés spectrales d'absorption différentes les unes des autres. Ainsi, connaissant une bande spectrale d'absorption d'une espèce gazeuse, sa concentration peut être déterminée par une estimation de l'absorption de la lumière traversant le gaz, en utilisant la loi de Beer-Lambert. Ce principe permet une estimation de la concentration d'une espèce gazeuse présente dans le gaz. Selon les procédés les plus courants, le gaz analysé s'étend entre une source de lumière et un photodétecteur, dit photodétecteur de mesure, ce dernier étant destiné à mesurer une onde lumineuse transmise par le gaz à analyser, l'onde lumineuse étant partiellement absorbée par ce dernier. La source de lumière est usuellement une source émettant dans l'infrarouge, la méthode utilisée étant usuellement désignée par le terme anglosaxon "NDIR detection", l'acronyme NDIR signifiant Non Dispersive Infra-Red. Un tel principe a été fréquemment mis en œuvre, et est par exemple décrit dans les documents US5026992 ou WO2007064370. Les procédés usuels comprennent généralement une mesure d'une onde lumineuse, dite onde lumineuse de référence, émise par la source, l'onde lumineuse de référence étant non absorbée, ou absorbée de façon négligeable, par le gaz analysé. La mesure de l'onde lumineuse de référence permet d'estimer l'intensité de l'onde lumineuse émise par la source, ou d'estimer l'onde lumineuse qui serait détectée par le photodétecteur de mesure en l'absence d'absorption par le gaz analysé. Généralement, la mesure de l’onde lumineuse partiellement absorbée par le gaz et la mesure de l’onde lumineuse référence sont combinées dans une fonction de calibration, de façon à estimer la concentration de l’espèce gazeuse. Les inventeurs proposent un procédé permettant d’améliorer la précision avec laquelle la concentration de l’espèce gazeuse est estimée. Un premier objet de l’invention est un procédé de mesure d’une concentration d’une espèce gazeuse présente dans un gaz, le gaz s’étendant dans une enceinte, entre une source de lumière et un photodétecteur de mesure, l’enceinte, la source de lumière et le photodétecteur de mesure formant un capteur de gaz, le procédé comportant : a) illumination du gaz par la source de lumière et mesure, par le photodétecteur de mesure, d’une intensité de la lumière émise par la source de lumière et s’étant propagée à travers le gaz ; b) estimation de la concentration de l’espèce gazeuse en appliquant une fonction de calibration à l’intensité mesurée ; le procédé étant caractérisé en ce que lors de l’étape b) la fonction de calibration est établie à partir d’au moins un paramètre dont la valeur est variable, et en ce que l’étape b) comporte: b-i) en fonction de l’intensité mesurée, ajustement de la valeur du paramètre de la fonction de calibration ; b-ii) application de la fonction de calibration, paramétrée lors de la sous-étape b-i), à l’intensité mesurée, de façon à estimer la concentration de l’espèce gazeuse. Selon un mode de réalisation, la sous-étape b-i) comporte : prise en compte d’au moins une valeur initiale du paramètre et estimation initiale de la concentration en appliquant la fonction de calibration, paramétrée par la valeur initiale du paramètre, à l’intensité mesurée; en fonction de la concentration initiale, ajustement de la valeur du paramètre de la fonction de calibration. Par « en fonction de l’intensité mesurée », il est entendu directement en fonction de l’intensité mesurée, ou en fonction d’une estimation initiale de la concentration, l’estimation étant effectuée à partir de l’intensité mesurée. Selon ce mode de réalisation, les étapes a) et b) sont mises en œuvre en plusieurs instants ; suite à un premier instant, la valeur initiale du paramètre correspond à la valeur du paramètre à l’instant précédent. Selon un mode de réalisation : l’étape a) comporte une mesure de la température au niveau du capteur de gaz ; la sous-étape b-i) comporte une prise en compte de la température mesurée dans l’ajustement de la valeur du paramètre de la fonction de calibration. La sous-étape b-i) peut comporter une sélection de la valeur du paramètre parmi plusieurs valeurs possibles du paramètre, la sélection étant effectuée à partir de l’intensité mesurée. La fonction de calibration peut être paramétrée par plusieurs paramètres, la sous-étape b-i) comportant une sélection d’un ensemble de valeurs de paramètres parmi différents ensembles de valeurs préétablies. Selon un mode de réalisation, la sous-étape b-i) comporte : prise en compte d’une fonction d’ajustement prédéterminée, la fonction d’ajustement établissant une relation entre l’intensité mesurée et la valeur du paramètre ; détermination de la valeur du paramètre en appliquant la fonction d’ajustement à la valeur de l’intensité résultant de l’étape a). Lorsque la sous-étape b-i) comporte une estimation d’une concentration initiale, la fonction d’ajustement est appliquée à la concentration initiale. Selon un mode de réalisation, la fonction d’ajustement comporte une comparaison entre la température mesurée par le capteur de température et d’une température de référence. Selon un mode de réalisation : le photodétecteur de mesure détecte une intensité de la lumière s’étant propagée à travers le gaz dans une bande spectrale de mesure, correspondant à une bande spectrale d’absorption de l’espèce gazeuse ; le capteur comporte un photodétecteur de référence, le photodétecteur de référence étant configuré pour mesurer, dans une bande spectrale de référence, une intensité de référence de la lumière émise par la source de lumière, et considérée comme non atténuée par l’espèce gazeuse ; la fonction de calibration prend en compte l’intensité de référence. Selon un mode de réalisation, dans la fonction de calibration, l’intensité de référence est multipliée par un paramètre multiplicatif, de façon à estimer une intensité de la lumière qui serait détectée par le photodétecteur de mesure, dans la bande spectrale de mesure, en l’absence de l’espèce gazeuse entre la source de lumière et le photodétecteur de mesure. la valeur du paramètre multiplicatif est ajustée lors de la sous-étape b-i). Selon une possibilité, la fonction de calibration comporte une estimation d’une absorption, par l’espèce gazeuse, de la lumière émise par la source de lumière ; l’estimation de l’absorption est divisée par un paramètre de normalisation ; la valeur du paramètre de normalisation est ajustée lors de la sous-étape b-i). Le procédé peut comporter une comparaison entre l’estimation de l’absorption, divisée par le paramètre de normalisation, et le chiffre 1, la comparaison étant portée à une puissance ( ), où est un réel positif, étant par exemple inférieur ou égal à 1. Un deuxième objet de l’invention est un capteur pour déterminer une concentration d'une espèce gazeuse dans un gaz, le capteur comportant : une source lumineuse configurée pour émettre une onde lumineuse incidente se propageant vers le gaz, l'onde lumineuse incidente s'étendant dans une bande spectrale d'absorption de l'espèce gazeuse; un photodétecteur de mesure, configuré pour détecter une onde lumineuse transmise par le gaz, à au moins un instant de mesure, dans une bande spectrale de mesure et à en mesurer une intensité, dite intensité de mesure; une unité de traitement, programmée pour mettre en œuvre l’étape b) d'un procédé selon le premier objet de l’invention, à partir de l'intensité de mesure. Le capteur peut comporter un capteur de température, configuré pour mesurer une température, et dans lequel l’unité de traitement est configurée pour mettre en œuvre l’étape b) en prenant en compte la température mesurée. Le capteur peut comporter un photodétecteur de référence, configuré pour mesurer une intensité, dite intensité de référence, d'une onde lumineuse de référence émise par la source de lumière, dans une bande spectrale de référence, à l’instant de mesure ou à chaque instant de mesure, l’unité de traitement étant configurée pour mettre en œuvre l’étape b) en prenant en compte l’intensité de référence. Dans ce cas, la fonction de calibration prend en compte l’intensité de référence. L'invention sera mieux comprise à la lecture de l'exposé des exemples de réalisation présentés, dans la suite de la description, en lien avec les figures listées ci-dessous. FIGURES La schématise les principaux composants d’un dispositif selon l’invention. La illustre les principales étapes d’un procédé de mesure pouvant être mis en œuvre en utilisant le dispositif schématisé sur la . La montre un premier exemple de fonction d’ajustement, permettant un ajustement de la valeur d’au moins un paramètre de la fonction de calibration. Dans ce premier exemple, la fonction d’ajustement est discontinue. La montre un deuxième exemple de fonction d’ajustement, cette dernière étant continue. La montre des concentrations mesurées par un capteur de gaz en mettant en œuvre une fonction de calibration selon l’art antérieur (courbe b) et en mettant en œuvre une fonction de calibration selon l’invention (courbe c), la courbe (a) montrant les valeurs exactes des concentrations. EXPOSE DE MODES DE REALISATION PARTICULIERS La figure 1 est un exemple d’un capteur de gaz 1. Le gaz comporte une espèce gazeuse dont on cherche à déterminer une quantité , par exemple une concentration, à un instant de mesure . Cette espèce gazeuse absorbe une part mesurable de la lumière dans une bande spectrale d'absorption Le capteur comporte une enceinte 10 définissant un espace interne à l’intérieur duquel se trouvent : une source de lumière 11, apte à émettre une onde lumineuse 12, dite onde lumineuse incidente, de façon à illuminer un gaz s’étendant dans l’espace interne. L'onde lumineuse incidente 12 s'étend selon une bande spectrale d'illumination Δ 12 . Un photodétecteur 20, dit photodétecteur de mesure, configuré pour détecter une onde lumineuse 14 transmise par le gaz , sous l’effet de l'illumination de ce dernier par l'onde lumineuse incidente 12. L'onde lumineuse 14 est désignée par le terme onde lumineuse de mesure. Elle est détectée, par le photodétecteur de mesure 20, dans une bande spectrale de mesure Δ mes . Avantageusement, un photodétecteur de référence 20 ref , configuré pour détecter une onde lumineuse 12 ref , dite de référence dans une bande spectrale de référence Δ ref. La bande spectrale de référence Δ ref est une bande spectrale dans laquelle on considère que l'absorption de l'onde lumineuse 12 par le gaz est négligeable. une unité de traitement 30, pour estimer une concentration de l’espèce gazeuse à chaque instant de mesure en fonction d’une intensité de l’onde lumineuse 14 transmise par le gaz . Il peut par exemple s’agir d’un microprocesseur. La bande spectrale de référence Δ ref est différente de la bande spectrale de mesure Δ mes . La bande spectrale de mesure Δ mes peut notamment être plus large que la bande spectrale de référence Δ ref . La bande spectrale de mesure Δ mes peut comprendre la bande spectrale de référence Δ ref . La source de lumière 11 est apte à émettre l'onde lumineuse incidente 12, selon la bande spectrale d'illumination Δ 12 , cette dernière pouvant s'étendre entre le proche ultraviolet et l’infrarouge moyen, par exemple entre 200 nm et 10 µm, et le plus souvent entre 1 µm et 10 µm. La bande spectrale d'absorption de l'espèce gazeuse analysée est comprise dans la bande spectrale d'illumination Δ 12 . La source de lumière 11 peut notamment être impulsionnelle, l'onde lumineuse incidente 12 étant une impulsion de durée généralement comprise entre 100 ms et 1 s. La source de lumière 11 peut notamment être une source de lumière de type filament suspendu et chauffé à une température comprise entre 400°C et 800°C. Son spectre d'émission, dans la bande spectrale d'illumination Δ 12 , correspond au spectre d'émission d'un corps noir. Le photodétecteur de mesure 20 est de préférence associé à un filtre optique 18, définissant la bande spectrale de mesure Δ mes englobant tout ou partie de la bande spectrale d'absorption de l'espèce gazeuse. Dans l'exemple considéré, le photodétecteur de mesure 20 est une thermopile, apte à délivrer un signal dépendant de l'intensité de l'onde lumineuse détectée. De façon alternative, le photodétecteur de mesure peut être une photodiode ou un autre type de photodétecteur. Le photodétecteur de référence 20 ref est disposé à côté du photodétecteur de mesure 20 et est de même type que ce dernier. Il est associé à un filtre optique, dit filtre optique de référence 18 ref . Le filtre optique de référence 18 ref définit la bande spectrale de référence correspondant à une plage de longueurs d'onde non absorbées par l'espèce gazeuse considérée. La bande passante de référence est par exemple centrée autour de la longueur d'onde 3.91 µm. L'intensité de l'onde lumineuse 14 détectée par le photodétecteur de mesure 20, dite intensité de mesure, à un instant de mesure , dépend de la concentration à l'instant de mesure , selon la relation de Beer-Lambert : (1) où : - est un coefficient d'absorption de la lumière, dépendant de la concentration à l'instant ; - est une longueur du parcours de l'onde lumineuse 12 à travers le gaz, entre la source de lumière 11 et le photodétecteur de mesure 20 ; - est l'intensité de l'onde lumineuse incidente, à l'instant , qui correspond à l'intensité de l'onde lumineuse, dans la bande spectrale de mesure Δ mes , qui atteindrait le photodétecteur de mesure 20 en l'absence de gaz absorbant dans l'enceinte. La comparaison entre et , prenant la forme d'un ratio , permet de définir une absorption générée par l'espèce gazeuse considérée à l'instant . Lors de chaque impulsion de la source de lumière 11, on peut ainsi déterminer , ce qui permet d'estimer sachant que la relation entre et est connue. L'expression (1) suppose une maîtrise de l'intensité de l'onde lumineuse incidente 12 à l'instant de mesure . L’unité de traitement 30 est configurée pour recevoir un signal représentatif de l'intensité de l'onde lumineuse de référence 12 ref . Cette dernière peut être mesurée par le photodétecteur de référence 20 ref à chaque instant de mesure . L’unité de traitement 30 estime l'intensité à partir de . A partir de , on peut estimer l'absorption de l'onde lumineuse incidente selon l'expression : . La concentration de l’espèce gazeuse peut être obtenue à partir de en utilisant une fonction de calibration de telle sorte que . La fonction de calibration est établie au cours d’une phase de calibration, en utilisant le capteur ou un capteur de calibration considérée comme représentatif du capteur utilisé. Les inventeurs estiment que la fonction de calibration peut avoir une expression analytique telle que : où , , et sont des paramètres de la fonction de calibration. Il s’agit de réels positifs. Parmi ces paramètres, certains sont fixes. Il s’agit de et de . et dépendent de la géométrie du capteur ainsi que de l’espèce gazeuse. peut par exemple varier entre et peut varier entre 0,5 et 1. Généralement, pour un même type de capteur, et pour une espèce gazeuse prédéterminée, et ne varient pas. Par type de capteur, on entend des capteurs présentant des formes identiques et comportant des composants identiques. et sont considérés comme indépendants de la variabilité affectant les capteurs d’un même type de capteurs. Les paramètres et sont considérés comme variables en fonction de la quantité de gaz présente dans l’enceinte. Le paramètre est un facteur multiplicatif appliqué à l’intensité de référence pour estimer . Le paramètre correspond à la valeur du ratio lorsque , c’est-à-dire en l’absence de l’espèce gazeuse dans l’enceinte 10. La valeur de dépend des variabilités pouvant affecter la source de lumière, la géométrie de l’enceinte, les filtres optiques ainsi que les photodétecteurs. La valeur de est donc caractérisée pour chaque capteur. De façon empirique, il a été constaté qu’il est avantageux que la valeur de soit ajustée en fonction de la concentration en espèce gazeuse. Le paramètre est un paramètre dit de « span » (étendue), qui est utilisé pour normaliser l’absorption de l’onde lumineuse par le gaz, cette dernière étant estimée par le terme : . Le paramètre caractérise l’absorption maximale du gaz, c’est-à-dire la valeur de , pour laquelle la concentration de l’espèce gazeuse est considérée comme maximale, par exemple 10 6 ppm. Lorsque l’absorption tend vers , le terme tend vers 0. Ainsi, le paramètre est un terme de normalisation, qui permet de faire varier entre 0 (concentration maximale d’espèce gazeuse) et 1 (absence d’espèce gazeuse). De même que pour le paramètre , il a été constaté qu’il est avantageux que la valeur de soit ajustée en fonction de la concentration en espèce gazeuse. Ainsi, la fonction de calibration est établie à partir de deux paramètres variables ( , ) formant un ensemble de paramètres variables. Par paramètre variable, on entend un paramètre dont la valeur est variable. Un aspect important de l’invention est que l’on dispose de plusieurs ensembles de valeurs pour les paramètres variables. Chaque ensemble de valeurs est associé à une concentration (ou une intensité mesurée) ou à une plage de concentrations (ou une plage d’intensités mesurées ). La mise en œuvre de la fonction de calibration suppose préalablement un ajustement de la valeur des paramètres variables. L’ajustement consiste à déterminer la valeur des paramètres ( , ) en fonction de en utilisant une fonction d’ajustement telle que . Un aspect important de l’invention est d’attribuer, à la fonction de calibration , une forme analytique relativement simple, et valable sur l’ensemble de la plage de mesure du capteur. Afin de tenir compte du comportement réel du capteur, la fonction de calibration est ajustée par une variation d’au moins un de ces paramètres en fonction de la quantité de gaz détectée, c’est-à-dire en fonction de l’intensité mesurée par le photodétecteur de mesure. Cela permet de laisser un certain degré de liberté à la fonction de calibration, de façon à tenir compte de la fonction de réponse réelle du capteur. Cela permet d’utiliser une fonction de calibration dont la forme analytique est commune, et relativement simple, sur une grande étendue de mesure, tout en autorisant une certaine variabilité « locale », sur différentes plages de mesure restreintes. La variabilité est obtenue par l’ajustement de la valeur d’un ou plusieurs paramètres de façon à obtenir une dépendance de la fonction de calibration vis-à-vis de la plage de mesure restreinte. La montre les principales étapes d'un procédé de mesure mettant en œuvre l'invention. Etape 100 : illumination du gaz à un instant de mesure . Etape 110 : mesure de l'intensité du rayonnement 14 transmis par le gaz, dans la bande spectrale de mesure Δ mes , par le photodétecteur de mesure 20 et mesure de l'intensité de référence , dans la bande spectrale de référence Δ ref , par le photodétecteur de référence 20 ref . Etape 120 : prise en compte de la fonction de calibration , paramétrée par au moins un paramètre dont la valeur est variable. La forme analytique de la fonction de calibration a été préalablement définie, au cours d’une phase préalable de calibration 90, décrite par la suite. Etape 1 3 0 : en fonction de l’intensité , ajustement des valeurs des paramètres variables ( , ) de la fonction de calibration . Cette étape suppose le recours à la fonction d’ajustement , qui peut être discontinue ou continue, comme décrit par la suite. Selon une possibilité, correspondant à l’étape 131, l’ajustement de la valeur des paramètres est effectuée directement à partir de l’intensité . Selon une autre possibilité, l’ajustement de la valeur des paramètres est effectué indirectement à partir de l’intensité , en estimant une concentration dite initiale à partir de la fonction de calibration , en se basant sur des valeurs initiales de paramètres variables (étape 132). Ces dernières sont soit prédéfinies, soit correspondent aux valeurs des paramètres utilisées à un instant de mesure précédent . Ainsi, . L’ajustement de la valeur des paramètres est effectuée à partir de , qui dépend de l’intensité . L’expression (5) devient : . Dans les deux cas, l’ajustement des paramètres est effectué à partir de l’intensité , soit directement, soit indirectement, c’est-à-dire en utilisant la concentration initiale estimée à partir des valeurs initiales des paramètres. Etape 1 4 0 : application de la fonction de calibration , dont les valeurs de certains paramètres résultent de l’étape 130, à l’intensité de façon à estimer la concentration de l’espèce gazeuse d’intérêt : . Les étapes 100 à 140 peuvent être mises en œuvre à des instants de mesure successifs. La mise en œuvre du procédé suppose une étape de calibration préalable 90, au cours de laquelle on définit la forme analytique de la fonction de calibration, ainsi que la valeur des paramètres fixes (par exemple les paramètres et α de l’expression (4)). La phase de calibration permet également de définir la fonction d’ajustement . Il s’agit par exemple de définir différents jeux de valeurs pour différentes plages d’intensités mesurées lors de l’étape 110, ou une relation analytique permettant d’ajuster les valeurs des paramètres variables de la fonction de calibration. Selon une possibilité, lors de l’étape 130, on dispose de plusieurs jeux de valeurs de paramètres pour différentes plages de concentration de l’espèce gazeuse d’intérêt, les différentes plages de concentration ne se recouvrant pas, sauf au niveau de leurs extrémités respectives. En fonction de l’intensité de mesure détectée par le photodétecteur de mesure 20, on choisit un jeu de valeurs de paramètres, parmi : un premier jeu de valeurs , applicables à des intensités qui correspondent à une première plage de concentration , par exemple 0 ppm – 2000 ppm ; un deuxième jeu de valeurs , applicables à des intensités qui correspondent à une deuxième plage de concentration , par exemple 2000 ppm – 5000 ppm ; un troisième jeu de valeurs , applicables à des intensités qui correspondent à une troisième plage de concentration , par exemple 5000 ppm – 10000 ppm. Ainsi, à chaque plage d’intensité (ou à chaque plage de concentration ) correspond un jeu de valeurs . Un tel mode de réalisation revient à mettre en œuvre une fonction d’ajustement discontinue : à chaque plage d’intensité (ou à chaque plage de concentration ) correspond une valeur de chaque paramètre. Sur la figure 3A, on a représenté différentes valeurs possibles du paramètre (axe des ordonnées) pour différentes plages d’intensités (axe des abscisses), correspondant respectivement à différentes plages de concentrations. Sur la , la fonction d’ajustement est discontinue. Le fait de modifier, de façon discontinue, un jeu de valeurs entre deux plages de concentrations successives peut entraîner des discontinuités dans la concentration estimée. Selon une autre possibilité, afin d’éviter de telles discontinuités, la fonction d’ajustement peut être continue. La figure 3B montre par exemple une fonction continue d’ajustement du paramètre (axe des ordonnées), en fonction de l’intensité mesurée (axe des abscisses) de forme linéaire, de type : (6) avec (7) et où : la plage s’étend entre et ; correspond à la valeur de pour ; correspond à la valeur de pour ; Les coefficients et sont définis sur chaque plage . De façon analogue, la fonction d’ajustement peut dépendre de la concentration initiale , établie à partir d’une valeur initiale de , la fonction étant telle que : (6’) avec : (7’) et où : la plage s’étend entre et ; correspond à la valeur de pour ; correspond à la valeur de pour ; Les coefficients et sont définis sur chaque plage . Selon une possibilité, le dispositif 1 comporte un capteur de température 25, configuré pour mesurer la température ambiante . La fonction d’ajustement peut alors prendre en compte la température , de telle sorte que ou Par exemple, en adoptant les mêmes notations que relativement aux expressions (6) à (8), le paramètre correspondant à une plage d’intensité peut-être tel que : La température est une température mesurée par le capteur de température 25 lors de l’étape de calibration 90. Dans l’expression (10), , et sont des réels. Quel que soit le mode de réalisation, l’étape de calibration est effectuée en utilisant le capteur, ou en utilisant un capteur considéré comme représentatif du capteur utilisé. Le capteur utilisé est soumis à des gaz de calibration comportant une quantité connue de l’espèce gazeuse d’intérêt. Essai expérimental Les inventeurs ont mis en œuvre un capteur tel que décrit dans la demande de brevet US20210055212. On a utilisé 60 capteurs, successivement soumis à un gaz dont la concentration de CO 2 a successivement varié entre 0 ppm, 1000 ppm, 2000 ppm et 5000 ppm. Au cours d’une première série d’essais, représentative de l’art antérieur, on a utilisé une fonction de calibration unique pour la plage de mesure 1000 ppm – 5000 ppm. La figure 4 montre les concentrations mesurées (axe des abscisses – ppm) en fonction d’un rang de chaque mesure (axe des abscisses). Le rang de chaque mesure correspond à un ordre chronologique dans lequel la mesure a été effectuée. Entre les rangs 0 et 1500, 1500 et 5250, 5250 et 8750, 8750 et 12000, la concentration de CO2 était respectivement égale à 0 ppm, 1000 ppm, 1500 ppm et 5000 ppm. La courbe (a) montre la concentration de CO2 réelle pour chaque mesure. La concentration de CO2 a été estimée en utilisant une fonction de calibration telle que définie en lien avec (4), en utilisant les mêmes paramètres et sur la plage 0 ppm – 5000 ppm. La première série d’essais correspond à la courbe (b) de la . Au cours d’une deuxième série d’essais, on a mis en œuvre l’invention, en prenant en compte différents paramètres et sur la plage 0 ppm – 2000 ppm et sur la plage 2000 ppm – 5000 ppm. Cette deuxième série correspond à la courbe (c) la . On observe que la courbe (c) est plus proche des valeurs exactes (courbe a), ce qui atteste de la pertinence de l’invention. On observe notamment que la courbe b, correspondant à l’art antérieur, est précise aux extrémités de la plage 0 ppm – 5000 ppm. Par contre, au milieu de la plage de mesure, par exemple lorsque la concentration est de 1000 ppm ou 2000 ppm, le fait de considérer une fonction de calibration unique sur toute la gamme entraîne une erreur de mesure, se traduisant par une sous-estimation de la concentration. La mise en œuvre de l’invention permet de gagner en précision sur toute la plage de mesure, y compris au milieu de la plage de mesure. Procédé de mesure d’une concentration d’une espèce gazeuse ( ) présente dans un gaz, le gaz s’étendant dans une enceinte (10), entre une source de lumière (11) et un photodétecteur de mesure (20), l’enceinte, la source de lumière et le photodétecteur de mesure formant un capteur de gaz (1), le procédé comportant : a) illumination du gaz par la source de lumière et mesure, par le photodétecteur de mesure (20), d’une intensité ( ) de la lumière (14) émise par la source de lumière (11) et s’étant propagée à travers le gaz ; b) estimation de la concentration de l’espèce gazeuse ( ) en appliquant une fonction de calibration ( ) à l’intensité mesurée ; le procédé étant caractérisé en ce que lors de l’étape b) la fonction de calibration est établie à partir d’au moins un paramètre dont la valeur est variable ( , ), et en ce que l’étape b) comporte: b-i) en fonction de l’intensité mesurée ( ), ajustement de la valeur du paramètre ( ) de la fonction de calibration ; b-ii) application de la fonction de calibration, paramétrée lors de la sous-étape b-i), à l’intensité mesurée, de façon à estimer la concentration de l’espèce gazeuse. Procédé selon la revendication 1, dans lequel la sous-étape b-i) comporte : prise en compte d’au moins une valeur initiale du paramètre et estimation initiale de la concentration ( ) en appliquant la fonction de calibration , paramétrée par la valeur initiale du paramètre, à l’intensité mesurée ( ); en fonction de la concentration initiale ( ), ajustement de la valeur du paramètre ( ) de la fonction de calibration. Procédé selon la revendication 2, dans lequel : les étapes a) et b) sont mises en œuvre en plusieurs instants ; suite à un premier instant, la valeur initiale du paramètre correspond à la valeur du paramètre à l’instant précédent. Procédé selon l’une quelconque des revendications précédentes, dans lequel : l’étape a) comporte une mesure de la température ( ) au niveau du capteur de gaz ; la sous-étape b-i) comporte une prise en compte de la température mesurée dans l’ajustement de la valeur du paramètre de la fonction de calibration. Procédé selon l’une quelconque des revendications précédentes, dans lequel la sous-étape b-i) comporte une sélection de la valeur du paramètre parmi plusieurs valeurs possibles du paramètre, la sélection étant effectuée à partir de l’intensité mesurée ( ). Procédé selon la revendication 5, dans lequel la fonction de calibration est paramétrée par plusieurs paramètres, la sous-étape b-i) comportant une sélection d’un ensemble de valeurs de paramètres ( , ) parmi différents ensembles de valeurs préétablies . Procédé selon l’une quelconque des revendications 1 à 5 dans lequel la sous-étape b-i) comporte : prise en compte d’une fonction d’ajustement ( ) prédéterminée, la fonction d’ajustement établissant une relation entre l’intensité mesurée et la valeur du paramètre ; détermination de la valeur du paramètre en appliquant la fonction d’ajustement à la valeur de l’intensité résultant de l’étape a). Procédé selon la revendication 7, dépendant de la revendication 2, dans lequel la fonction d’ajustement est appliquée à la concentration initiale. Procédé selon la revendication 7 ou la revendication 8, dépendant de la revendication 4, dans lequel la fonction d’ajustement comporte une comparaison entre la température mesurée par le capteur de température et d’une température de référence ( ). Procédé selon l’une quelconque des revendications précédentes, dans lequel : le photodétecteur de mesure (20) détecte une intensité de la lumière s’étant propagée à travers le gaz dans une bande spectrale de mesure, correspondant à une bande spectrale d’absorption de l’espèce gazeuse ; le capteur comporte un photodétecteur de référence (20 ref ), le photodétecteur de référence étant configuré pour mesurer, dans une bande spectrale de référence, une intensité de référence ( ) de la lumière émise par la source de lumière, et considérée comme non atténuée par l’espèce gazeuse ; la fonction de calibration prend en compte l’intensité de référence. Procédé selon la revendication 10, dans lequel : dans la fonction de calibration, l’intensité de référence ( ) est multipliée par un paramètre multiplicatif ( ), de façon à estimer une intensité de la lumière qui serait détectée par le photodétecteur de mesure, dans la bande spectrale de mesure, en l’absence de l’espèce gazeuse entre la source de lumière et le photodétecteur de mesure. la valeur du paramètre multiplicatif ( ) est ajustée lors de la sous-étape b-i). Procédé selon la revendication 11 ou la revendication 10, dans lequel, la fonction de calibration ( ) comporte une estimation d’une absorption ( ), par l’espèce gazeuse, de la lumière émise par la source de lumière; l’estimation de l’absorption est divisée par un paramètre de normalisation ( ) ; la valeur du paramètre de normalisation ( ) est ajustée lors de la sous-étape b-i). Procédé selon la revendication 12, comportant une comparaison entre l’estimation de l’absorption, divisée par le paramètre de normalisation , et le chiffre 1, la comparaison étant portée à une puissance ( ), où est un réel positif inférieur ou égal à 1. Capteur (1) pour déterminer une concentration d'une espèce gazeuse ( ) dans un gaz ( ), le capteur comportant : une source lumineuse (11) configurée pour émettre une onde lumineuse incidente (12) se propageant vers le gaz ( ), l'onde lumineuse incidente s'étendant dans une bande spectrale d'absorption ( ) de l'espèce gazeuse ( ) ; un photodétecteur de mesure (20), configuré pour détecter une onde lumineuse transmise (14) par le gaz, à au moins un instant de mesure ( ), dans une bande spectrale de mesure et à en mesurer une intensité (( ), dite intensité de mesure; une unité de traitement (30), programmée pour mettre en œuvre l’étape b) d'un procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, à partir de l'intensité de mesure. Capteur selon la revendication 14, comportant un capteur de température, configuré pour mesurer une température, et dans lequel l’unité de traitement est configurée pour mettre en œuvre l’étape b) en prenant en compte la température mesurée. Capteur selon l’une quelconque des revendications 14 ou 15, comportant un photodétecteur de référence (20 ref ), configuré pour mesurer une intensité (( ), dite intensité de référence, d'une onde lumineuse de référence (12 ref ) émise par la source de lumière (11), dans une bande spectrale de référence, à l’instant de mesure ( ), l’unité de traitement (30) étant configurée pour mettre en œuvre l’étape b) en prenant en compte l’intensité de référence.