La présente invention concerne un dispositif et un procédé permettant d'éviter ou de réduire notablement la corrosion d'installations marines, ainsi que des installations marines comportant de tels moyens. Elle vise en particulier, bien que non exclusivement, la protection de tuyauteries et colonnes montantes d'installations marines situées au large, notamment de forages pétroliers. Tous les éléments métalliques exposés d'installations marines, tels que colonnes montantes, conduites dérivées ou plates-formes, subissent les effets corrosifs de l'eau de mer, des embruns et de l'atmosphère marine. Les colonnes montantes sont particulièrement sujettes à la corrosion, dont l'effet est accusé par les fortes variations de température du gaz ou du pétrole qu'elles canalisent. La région qui subit les plus grands risques de corrosion est celle qui s1 étend approximativement entre 6 m au-dessus et 6 m au-dessous du niveau moyen de l'eau. Les modes connus de protection de cette région consistent surtout à revêtir sur place la surface du métal de peintures ou résines anticorrosion qui exigent fréquemment des examens et des réfections. Certes, sur les organes neufs de structures marines, on peut prévoir pendant la fabrication des gainages protecteurs relativement permanents, par exemple en métaux résistant à la corrosion, mais de tels gainages protecteurs ne sont pas commodes à poser sur des structures existantes. On connait divers fluides anticorrosion et inhibiteurs de corrosion, mais il est clair que ceux-ci ne conviennent pas pour application sur une installation marine déjà érigée, parce qu'ils sont par nature mobiles. Si on les incorpore à des véhicules tels que peintures et résines, on soulève les problèmes de réfection précités. En outre, leur efficacité est réduite par la dilution que provoque leur incorporation au véhicule. Selon l'un de ses aspects, la présente invention vise un dispositif destiné à retenir une pellicule de fluide inhibiteur de corrosion en contact avec un organe d'une installation marine, ce dispositif comprenant une couche de matière flexible fixée de manière étanche sur un tronçon dudit organe, de façon à définir avec celui-ci un interstice récepteur de fluide inhibiteur de corrosion, qu'on peut refermer herm#tique- ment. La matière flexible peut être un textile revêtu de polymère, par exemple polymère à base de polychloroprène. La couche de matière flexible peut être refermée autour de l'organe par une fermeture, par exemple fermeture à glissière étanche à l'eau. Des moyens peuvent être prévus sur la couche de matière flexible pour l'injection du fluide inhibiteur de corrosion dans l'interstice précité. On peut aussi prévoir des moyens divisant la couche de matière flexible en deux ou plusieurs sections, ce qui divise l'interstice étanche en un nombre correspondant de tronçons non communicants. Selon un second aspect, l'invention vise un procédé pour l'application sur place d'une pellicule de fluide anticorrosion sur la surface d'un organe d'installation marine, ce procédé consistant à fixer de manière étanche une couche de matière flexible à un tronçon dudit organe, de manière qu'elle définisse avec la surface de ce dernier un interstice de réception de fluide qu'on peut refermer hermétiquement, à remplir cet interstice dudit fluide, puis à le refermer de manière étanche. On va maintenant décrire deux réalisations de l'invention en se référant aux dessins annexés, sur lesquels - la figure 1 représente en élévation un dispositif selon un mode de réalisation de l'invention ; - la figure 2 représente un dispositif selon une variante. Sur la figure 1, on voit en 1 une colonne montante d'installation de forage pétrolier située au large, en 2 un manchon flexible qui entoure la colonne 1 et est refermée par une fermeture à glissière étanche 3, en 5 et 6 des frettes de fixation du manchon à la colonne et en 4 un clapet de retenue. Pour former le manchon 2, on entoure la colonne montante 1 de la matière flexible, que l'on referme au moyen de la fermeture 3. On pose des frettes de fixation 5 et 6 autour des extrémités supérieure et inférieure du manchon. On serre étroitement la frette inférieure 6 pour assurer l'étanchéité à l'eau entre le tuyau 1 et le manchon 2. On serre moins fort la frette supérieure 5. On raccorde un instrument d'injection non représenté au clapet de retenue 4 et l'on refoule du fluide inhibiteur de corrosion dans l'interstice défini entre le manchon et le tuyau. Quand ce fluide émerge en haut du manchon, on serre étroitement la frette 5. Ainsi, une couche continue de fluide anticorrosion se trouve formée et retenue sur la surface de la conduite. Il peut être avantageux de prévoir des frettes intermédiaires entre les frettes 5 et 6. Dans ce cas, on peut serrer ces frettes intermédiaires en deux stades, comme décrit plus haut à propos de la frette 5. On obtient ainsi un certain nombre de couches de fluide pratiquement non communicantes contenues dans un même manchon. En variante, on peut ménager dans le manchon des canaux de communication entre les sections que les frettes intermédiaires doivent séparer. Cette mesure permet d'opérer en un seul stade tant le serrage des frettes intermédiaires que le remplissage du manchon, et d'obtenir une couche de fluide sensiblement unitaire. Selon la variante illustrée par la figure 2, on réalise le manchon par assemblage sur place d'un certain nombre de manchons plus courts la, lb et lc. Chaque manchon court constitue un tronçon du manchon représenté en 2 sur la figure 1 et est fixé de manière étanche à l'eau au tronçon de manchon contigu. Comme décrit à propos de la figure 1, on peut munir le manchon représenté sur la figure 2 de frettes intermédiaires. On peut aussi ménager des canaux de communication dans les joints reliant les tronçons de manchon- courts contigus. En variante, au lieu de serrer en deux stades la frette supérieure, il peut être avantageux, pour assurer le remplissage total d'un manchon, de prévoir une valve au sommet de chaque manchon ou tronçon de manchon. De telles valves laisseraient s'échapper l'air seulement et non l'eau. Parmi les matières indiquées pour réaliser le manchon figurent les textiles revêtus de polymère. Il existe des polymères et compositions à base de polymères qui résistent à la fois au pétrole, à l'eau, aux conditions atmosphériques, ainsi qu'aux inhibiteurs de corrosion. A titre de compositions convenables, on peut citer celles à base de polychloroprène. Il peut être avantageux de réaliser les manchons ou tronçons de manchon décrits ci-dessus d'un seul tenant avec des frettes de fixation. La pose d'un tel manchon s'opère sans pièce rapportée. On voit que, selon le procédé décrit ci-dessus, il est prévu une première couche, évitant la corrosion, et une seconde couche, protectrice, entre un organe d'installation marine et le milieu ambiant. Des fluides inhibiteurs de corrosion convenables comprennent, par exemple, les solutions aqueuses de benzoate de sodium, de nitrite de sodium, d'hydrazine, ainsi que de chromates et phosphates de métaux alcalins. En variante, on peut utiliser comme inhibiteurs de corrosion des huiles, graisses et liquides à base de glycol. REVENDICATIONS 1 - Dispositif destiné à retenir une pellicule de fluide inhibiteur de corrosion en contact avec un organe d'installation marine, caractérisé en ce qu'il comprend une couche (2) de matière flexible fixée de manière étanche à un tronçon de l'organe (1), de manière à définir avec celui-ci un interstice susceptible de fermeture étanche destiné à recevoir le fluide inhibiteur de corrosion. 2 - Dispositif selon la revendication 1, carac térisé en ce que la couche (2) de matière flexible est en un textile revêtu de polymère, par exemple polymère à base de polychloroprène. 3 - Dispositif selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce qu'on referme la couche (2) de matière flexible autour de l'organe (1) au moyen d'une fermeture (3), étanche à l'eau, par exemple fermeture à glissière. 4 - Dispositif selon la revendication 1, 2 ou 3, caractérisé en ce qu'il est prévu un moyen (4) pour l'injection de fluide inhibiteur de corrosion dans ledit interstice. 5 - Dispositif selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il est prévu des moyens (7, 8) divisant la couche (2) en deux ou plusieurs sections (la, lb, lc), de manière à diviser ledit interstice en un nombre correspondant de tronçons non communicants.