La présente invention concerne un appareil à tendre, planer et, éventuellement dégauchir les lames de scies. On sait que, pour agir efficacement, les lames de scies, circulaires ou à ruban, doivent être planées entièrement. De plus, pour éviter la déformation du bord actif de ces lames, il est connu de tendre ce bord, c'est-à-dire de lui conférer une extension élastique. A cette fin, on allonge par laminage la bande de métal située en arrière des dents, parallèlement à la ligne déterminée par leurs pointes. Dans le cas des lames de scies à ruban, cette tension a, en outre, pour effet d'assurer la stabilité de la lame sur les poulies à jante bombée qui les portent, du fait que l'allon gement de la bande médiane de la 1à làme Sn ruban asaure à cette lame, lorsqu'elle est incurvée longitudinalement, une courbure transversale. Cependant, les lames peuvent présenter certains défauts. En particulier, un laminage de mise en tension exécuté dans des conditions défectueuses ou une action maladroite sur la lame en travail peuvent faire apparaître un défaut de planéité dit "en gouttière". Dans ce cas, au repos, mise à plat sur un support, la lame présente une courbure ou un pli parallèle à l'alignement des dents, ou bien une telle courbure s'amorce et apparaît au passage entre les galets de laminoir. C'est le cas en particulier lorsque la lame comporte une face bien polie et une face plus rugueuse, par exemple en raison de la présence de rouille. L'adhérence des galets étant alors plus forte du côté rugueux que du côté lisse, l'action de ces galets est également plus forte, et l'allongement transversal du métal étant plus grand du côté rugueux que du côté lisse, la forme en gouttière apparaît avec une courbure transversale convexe du côté rugueux. Cet effet est particulièrement accusé lorsque les galets de laminoir ont une forme en tonneau. L'invention remédie à cet inconvénient. Selon l'invention, les galets de laminoirs à tendre les lames de scies sont cylindriques et de longueurs axiales de jantes différentes, les galets ayant les jantes les plus longues étant disposés du côté ou apparaît la concavité de la déformation en gouttière. De préférence, la différence de longueur de jantes des galets est d'autant plus grande que la déformation en gouttière est plus prononcée. Dans une forme avantageuse de réalisation de l'inven tion, les deux galèts de' laminoir à tendre les lames sont identi ; ques et partagés chacun en deux parties égales et symétriques et, dans le sens perpendiculaire à leur axe, l'écartement de ces deux parties est ajustable. En pratique en effet, un galet formé de deux parties écartées l'une de l'autre d'une distance au plus égale à la lar geur de jante de chacune de ces parties, se comporte comme un galet massif dont la largeur de jante serait égale à la distance entre les bords extrêmes des jantes des deux parties de galet. De préférence, comme cela est enseigné par le brevet français n 1.017.277, l'un des deux galets au moins du laminoir est monté dans une chape pouvant pivoter autour d'un axe perpen diculaire au plan tangent,.commun aux deux galets en regard et passant par les centres de cès galets, de façon à permettre de disposer l'un des galets en oblique par rapport à l'autre. On peut' ainsi, spécialement pour les scies à ruban, supprimer le "gauche" de-ces lames, c'est-à-dire les différences, de sens opposés, entre les longueurs, mesurées au repos sur une face de lame ou sur ltautre, de segments rectilignes dont les obliquités sùr la lame sont opposées. ainsi, un appareil selon l'invention peut, à la demande, tendre les lames de scies, faire disparaître la déformation en gouttiere ou l'empêcher d'apparaître, enfin dégauchir les lames. Les dessins annexés-montrent comment l'invention peut être mise en oeuvre. La figure 1 est une représentation schématique en elé- ration d'une première réalisation de l'invention. La figure 2 en est la vue en plan. La figure 3est une coupe~par l'axe des galets d'un appareil capable de tendre, planer et dégauchir les lames de scies. Dans la réalisation montre par les figures 1 et 2, une lame de scies ruban 1 passe entre les galets de laminoir 2 et 3. Chaque galet comporte une partie centrale cylindrique 4 et deux extrémités tronconiques 5. Supposons, par exemple, que la face la de la lame 1 soit rendue rugueuse par une mince couche de rouille, tandis que la face lb est lisse. Après passage dans un appareil usuel à tendre les lames comportant des galets égaux, la lame 1 prend la forme en pointillés 6. I1 est possible également qu'après passage entre des galets bombés, la lame ait déjà acquis la forme de gouttière illustrée par la ligne 6. Dans les deux cas, c'est-à-dire, soit pour empêcher la lame de prendre une forme en gouttière, soit pour corriger une telle forme déjà acquise, comme montré sur la figure 1, on utilise, du côté de la concavité de la gouttière, existante ou potentielle, un galet 3 dont la jante cylindrique est plus large que celle du galet 2 qui agit du côté de la convexité. Cette façon de procéder, qui développe, dans l'épaisseur de la lame, des contraintes internes, évite l'inconvénient de remédier à un tel défaut constaté sur une lame, par une action localisée de contre-pliage dépassant en surface la limite élastique du métal. L'expérience montre en effet que ce genre de correction est peu durable. Suivant les défauts des lames à corriger, on peut utiliser des galets de largeurs différentes en les appariant de façon à utiliser les plus grandes différences en largeur de la jante des galets pour les plus grands défauts des lames. On peut aussi monter à la suite les uns des autres, pour travailler la même lame, plusieurs paires de galets. De préférence, on utilise des galets extensibles dont la largeur de jante peut être réglée au moyen d'un vérin à vis. La figure 3 montre une réalisation de ce genre. Le bâti 7 supporte un arbre moteur 8 qui, par l'intermédiaire de son extrémité 9 en tournevis, entraîne l'ensemble 10 formant l'un des galets du laminoir. Par l'intermédiaire d'un col de cygne non représenté, le bâti 7 supporte une colonne 11 dont l'extrémité inférieure porte, dans une chape 12, un second ensemble 13 identique à l'ensemble 10. Ce dernier ensemble est mû en rotation par un arbre 14 et le tournevis 15 avec interposition d'un joint homocinétique 16 qui permet l'entraînement de l'ensemble 13 lorsque son axe est disposé en oblique par rapport à celui de l'ensemble 10. Chacun de ces ensembles 10 et 13 comporte deux demigalets symétriques 17 et 18, rendus chacun solidaires par une broche (19, 20) respectivement d'une tige pleine 21 et d'un tube 22 ajustés pour coulisser l'un dans l'autre à l'intérieur d'un arbre creux 23 qui porte ces demi-galets. La rotation relative de la tige 21 et du tube 22 l'un par rapport à l'autre et par rapport à l'arbre 23 est empêchée par les broches 19 et 20 qui traversent diamétralement ces divers éléments. Pour assurer la mobilité relative axiale de la tige 21 et du tube 22, ces deux broches traversent l'arbre 23 dans des lumières 24 allongées axialement et la broche 20 traverse également la tige 21 dans une lumière 25 allongée axialement. La tige 21 porte, à son extrémité, un filetage à gauche 26 et le tube 22 un filetage à droite 27. Avec ces filetages coopèrent les écrous 28 et 29 solidarisés par les vis 30. L'écrou 28 comporte un épaulement 28a qui permet son serrage contre l'extrémité de l'arbre creux 23 par une bague filetée 31. Les arbres 23 sont montés dans les roulements à butée 32 qui, pour l'ensemble 12, sont portés dans deux blocs 33 de paliers démontables (vis 34) formant les branches de la chape de support de cet ensemble. Un bloc de palier analogue 35 permet le démontage de l'ensemble 10. Les blocs de paliers sont, de préférence, appuyés contre des épaulements de l'arbre creux 23 pour supporter les réactions axiales des galets pendant le laminage. La rotation simultanée des deux écrous 28 et 29, soli darisés par les vis 30, permet de rapprocher ou d'écarter les demi-galets 17 et 18, c'est-à-dire de passer de la position montrée pour l'ensemble 13 à la position montrée pour l'ensemble 10 avec toutes les possibilités intermédiaires. Pour permettre aux deux parties de se joindre sans discontinuité, leurs faces en regard sont, de préférence, évidées, comme représenté sur la figure 3. L'écartement choisi est conservé par le serrage des bagues 31. Après ce serrage, les ensembles 10 et 13 tournent d'une seule pièce avec leurs dispositifs de réglage. Initialement, pour permettre le montage et le centrage des demi-galets dans l'intervalle où ils sont logés entre les paliers de support des arbres 23, les deux écrous 28 et 29 sont libres et ne sont solidarisés par les vis 30 qu'après ce centrage. L'invention s'applique aux appareils à tendre, planer et dégauchir les lames de scies à ruban ou circulaires. REVENDICATIONS 1. Appareil à tendre et planer les lames de scies comprenant au moins une paire de galets de laminoir de même diamètre à jante cylindrique, caractérisé en ce que les deux galets ont des largeurs de jante cylindrique différentes. 2. Appareil selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comprend une multiplicité de galets à longueurs de jante différentes appariés suivant les besoins. 3. Appareil selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'un des deux galets au moins d'une paire est partagé en deux parties perpendiculairement à son axe, l'écartement de ces deux parties étant réglable. 4. Appareil selon la revendication 3, caractérisé en ce que les deux parties sont deux moitiés symétriques. 5. Appareil selon la revendication 4, caractérisé en ce que les faces en regard des moitiés sont évidées. 6. Appareil selon la revendication 3, caractérisé en ce que les deux parties de galet coulissent sur un arbre creux contenant le mécanisme de réglage de leur écartement. 7. Appareil selon la revendication 6, caractérisé en ce que le mécanisme de réglage est du type à vis. 8. Appareil selon la revendication 6, caractérisé en ce qu'une tige et un tube coaxiaux traversant l'arbre creux, chacune des deux parties de galet est rendue solidaire respectivement de la tige et du tube par une broche traversant diamétralement l'arbre creux dans des lumières allongées axialement, des moyens permettant l'ajustement de la position relative axiale de la tige et du tube et leur fixation en position. 9. Appareil selon la revendication 8, caractérisé en ce que la tige et le tube portent à leurs extrémités communes des filetages respectivement de sens opposés et les moyens d'ajustement en position de la tige et du tube sont constitués par des écrous solidarisés engagés sur ces filetages. 10. Appareil selon les revendications 8 et 9, caractérisé en ce qu'une bague filetée épaulée, engagée sur les écrous solidarisés et en prise avec un filetage de l'extrémité de l'arbre creux, permet le serrage des écrous solidarisés contre cette extrémité d'arbre. 11. Appareil selon les revendications 8 et 9, caractérisé en ce que les parties de galets sont mobiles sur l'arbre creux entre deux paliers de support de cet arbre, paliers appliqués contre des épaulements dudit arbre. 12. Appareil selon la revendication 11, caractérisé en ce que les paliers de support de l'arbre sont montés dans des blocs amovibles.