La présente invention concerne une pièce destinée à fixer les organes usables et amovibles de l'outil d'un engin de terrassement. Ces organes sont surtout constitués par les dents ou les bords tranchants amovibles d'engins tels que des excavateurs, des chargeuses, des scarificateurs, des dragues à couteaux, etc. Depuis de nombreuses années on s'est efforcé de réaliser à cette fin un grand nombre de pièces de fixation de différents types, mais la plupart ont dû être abandonnees car, à l'usage, elles ne se sont pas révélées assez sûres ni assez résistantes à l'usure et aux autres contraintes ou bien se sont montrées trop compliquées à mettre en place ou à enlever. Un des principes certainement les meilleurs appliqué dans la réalisation de ces pièces, principe appliqué dans beaucoup de variantes, consiste à réaliser un coin de blocage formé par deux plaques métalliques oblongues reliées face à face l'une à l'autre par une âme en élastomère assez dur. On enfonce les coins de ce type dans un trou à l'intérieur duquel les plaques en question sont en contact, d'une part, avec l'organe à immobiliser et, d'autre part, avec son support. La largeur de ce trou doit être inférieure à celle du coin de blocage afin de comprimer dans une certaine mesure son âme en élastomère. Le coin s'emboîte ainsi sans jeu entre l'organe à immobiliser et son support.Comme ces plaques comportent de plus en principe des rebords de blocage dont les profils varient, mais qui coopèrent avec des rebords complémentaires des organes que le coin est destiné à immobiliser l'un par rapport a l'autre, ce coin ne risque pratiquement pas de sortir du trou de blocage. I1 est de plus facile de l'extraire en lui donnant des coups au moyen d'un organe de chasse ou d'un marteau. Le brevet sue dois NO 333 551 décrit un coin de blocage de ce type. Toutefois, il n'est pas facile d'utiliser un coin de blocage du type principal précédemment décrit si l'on désire l'enfoncer suivant l'axe le long duquel il doit assurer sa fonction En général, cela ne présente pas d'inconvénient, car dans la plupart des cas le trou peut être percé perpendiculairement au sens de blocage, mais dans certains cas il peut être intéressant et même pratiquement nécessaire d'enfoncer la pièce de fixation dans le même sens que l'organe à assujettir lui-même. La présente invention concerne une pièce de fixation qu'il est possible d'enfoncer dans le même sens que ltorgane d'usure qu'elle est destinée à immobiliser. Bien que cette pièce soit, comme précédemment décrit, constituée de deux plaques métalliques reliées face à face l'une à l'autre par une âme élastique, sa caractéristique essentielle est que ce n'est surtout pas cette âme qui comprime les plaques contre les parois de la cavité de blocage, en déterminant ainsi la position de la pièce dans cette cavité mais que c'est une au moins de ces deux plaques qui, en se déformant, assure le blocage de la pièce.Le profil de cette plaque est tel que si une de ses extrémités est en contact avec une butée pendant qu'on donne un ou plusieurs coups sur son autre extrémité parallèlement à l'axe longitudinal de la pièce de fixation, elle se déforme ou se coude de façon à éloigner de l'autre plaque un tronçon de sa partie médiane. Si la cavité dans laquelle est enfoncée cette pièce de fixation forme une rainure dans laquelle peut s'enfoncer le tronçon déforme de a plaque considérée, on obtient un excellent blocage de cette pièce de fixation, notamment si une de ses extrémités peut s'appliquer contre un des éléments qutil s'agit d'immobiliser l'un par rapport à l'autre, son autre extrémité s'enfonçant dans une rainure de l'autre de ces éléments et prenant ainsi appui sur un rebord de blocage qui constitue la limite extérieure de la rainure précitée. L'invention sera décrite plus en détail en regard des dessins annexés à titre d'exemples nullement limitatifs et sur lesquels la figure 1 représente de profil une dent d'engin de terrassement que la pièce de fixation selon l'invention immobilise dans son support, ce dernier étant découpé et partiellement représenté en coupe afin de montrer comment fonctionne la pièce de fixation; la figure 2 représente en perspective la pièce de fixation selon l'invention; la figure 3, qui reproduit la partie en coupe de la figure 1= montre la pièce de fixation enfoncée dans son logement mais non encore en position de blocage; et les figures 4 et 5, analogues à la précedente, montrent une variante de l'invention dans laquellé le profil de la dent est modifié de manière à coopérer avec une autre forme de réalisation de la pièce de fixation selon l'invention; la première de ces figures montre la pièce de fixation enfoncée mais non encore en position de blocage tandis que la seconde la montre en position de blocage. Sur la figure 1, la référence 1 désigne, après sa mise en place dans son support 2 représenté partiellement et en partie en coupe, une dent 1 d'un engin de terrassement. La mise en place de cette dent dans une rainure de son support se fait dans le sens indiqué par la flèche A, et son extraction se fait en sens contraire. De chaque c8té de sa rainure, le support forme un bourrelet 3 qui s'emboîte dans une rainure complémentaire de la dent, tandis que cette dernière forme des deux côtés un bourrelet 4 qui s'emboîte dans la rainure de support. Ces bourrelets, ces rainures ainsi qutune surface de contact entre le bord pos extérieur 5 de la dent et le bord d'arrêt 6 du support déterminent la position de la dent de tous cotés sauf de celui par lequel on la met en place ou on l'extrait. La face inférieure de la dent forme un évidement 7 dans lequel il est possible d'emboîter la pièce de fixation selon l'invention. Dans la forme de réalisation représentée sur les figures 1 à 3, cet évidement est délimité vers l'intérieur par une saillie 8 de la dent, saillie qui forme une butée profonde 9 du côté de la pièce de fixation, et vers llextérieur par une saillie 10 un peu plus basse dont le bord intérieur est sur une certaine longueur orienté obliquement en 11. Le support 2 forme intérieurement, en face de l'évidement precité 7, une cavité 12 dont le flanc extérieur forme un cran de blocage 13. La cavité 12 communique avec un conduit transversal 14 qui traverse le support perpendiculairement à l'axe longitudinal de l'évidement 7. Le bord supérieur de ce conduit 14 est au moins à la hauteur de celui du cran de blocage 13. La pièce de fixation selon l'invention est constituée de deux plaquesmétalliques oblongues 15 et 16 que relie face à face l'une à l'autre une âme élastique 17, par exemple collée sur elles. Cette âme 17 peut être en caoutchouc ou en tout autre élastomère. La section des deux plaques 15 et 16 est rectangu laire. La plaque 15, qui peut être un peu plus mince que l'autre 16, a de préférence des extrémités coudées 18 et 19. L'autre 16 plus épaisse comporte sur ses deux faces des rainures transversales opposées 20 et 21 au niveau du fond desquelles elle peut etre coudée.La rainure 20, qui est la plus rapprochée de ltex- trémité pénétrante 22 de la plaque 16, est creusée dans la face de cette dernière qui est du côté de l'âme élastique 17, tandis que l'autre rainure 21 est creusée dans l'autre face de cette même plaque. Chacune de ces rainures 20 et 21 comporte un flanc escarpé 23 ou 24 et un flanc en pente douce qui se raccorde à la face correspondante de la plaque en face du flanc escarpé de la rainure opposée. Entre leurs flancs escarpés respectifs 23 et 24, les flancs en pente douce-des rainures 20,21 sont séparés l'un de l'autre par un tronçon de la plaque dont l'épaisseur est constante et qui relie l'une à l'autre les deux parties extrêmes plus épaisses de cette plaque 16. Si cette plaque 16 est comprimée suivant son axe longitudinal, le tronçon de liaison précité transmet la force ainsi engendrée de l'une à l'autre des deux parties extrêmes plus épaisses de la plaque qui se déforme ou se coude au niveau du fond des rainures 20 et 21, une de ses parties extrêmes s'écartant ainsi de l'autre plaque 15 de manière à bloquer la pièce de fixation dans le sens de son axe longitudinal. Si la distance qui sépare de l'extrémité pénétrante 22 de la plaque 16 le flanc escarpé 23 de sa rainure 20 est un peu inférieure à celle qui sépare la butée profonde 9 du cran de blocage 13, le fait de donner un ou plusieurs coups puissants dans le sens de-la flèche B de la figure 3 sur l'extrémité extérieure de la pièce de fixation fait prendre à cette dernière la position représentée sur la figure 1. Cela fait avancer sa plaque 16 dont l'extrémité pénétrante entre ainsi en contact avec la butée profonde 9 de la dent. Serrée contre cette butée 9 par la force des coups donnés sur son extrémité extérieure, cette plaque 16 se déforme, c'est-â-dire se coude au niveau du fond des rainures 20 et 21 en s'écartant obliquement de l'autre plaque 15 et en entrant en contact avec la paroi du cran de blocage 13.La partie extrême inclinée obliquement de cette plaque 16 ainsi déformée est en contact d'un côté avec la butée profonde 9 et de l'autre avec le flanc du cran de blocage 13, ce qui l'immobilise très sûrement,en même temps que l'âme élastique 17 de la pièce empêche cette dernière de jouer entre la dent et son support, ce qui pourrait compromettre son fonctionnement. A cette fin, il est préférable de donner à cette âme 17 une conformation analogue à celle d'un coin, comme le montre la figure 2. Comme le montrent les figures 1 et 5, en donnant, d'une part, à la cavité 12 un profil soigneusement étudié et, d'autre part, des dimensions convenables à la pièce de fixation, la partie peu profonde de la cavité 12 constitue un point de support supplémentaire pour la pièce de fixation déformée.Pour extraire cette pièce de fixation ainsi que la dent 1, il suffit d'enfoncer à coup de marteau un poinçon dans le conduit 14, ce qui a pour effet de redresser la plaque 16. Comme le montrent les figures, lorsque la pièce de fixation n'est soumise à aucune contrainte, l'extrémité pénétrante 18 de sa plaque 15 déborde un peu vers l'avant celle 22 de la plaque 16. Il est de plus préférable que l'extrémité pénétrante 22 de la plaque 16 se raccorde un peu obliquement à ses deux faces. Les premiers coups de marteau forcent d'abord la plaque 16 à avancer en comprimant l'âme élastique 17 de la pièce, jusqu'à ce que son extrémité pénétrante 22 entre en contact avec la butée profonde 9, après quoi les coups de marteau ont pour effet de la déformer, c'est-à-dire de la couder. En tentant de reprendre sa conformation primitive, l'âme élastique 17 pousse l'extrémité pénétrante 18 de la plaque 15 contre la butée profonde 9 de la dent en même temps que le tronçon déformé de la plaque 16 entre en contact avec le cran de blocage 13 du support 2.Il faut donc des efforts considérables pour amener la butée profonde 9 en contact avec mité pénétrante 22 de la plaque 16, mais dans ce cas la dent se trouve absolument immobilisée de ce côté en même temps que le tronçon déformé de la plaque 16 assure une liaison métallique entre la saillie 8 de la dent et le cran de blocage 13 de son support. Sur les figures 1 à 3, qui représentent la première forme de réalisation de la pièce de fixation selon l'invention, son âme élastique 17 est déjà arrêtée en face de la première rainure 20 de sa plaque 16. Sa plaque 15 n'est pas sensiblement plus longue que son âme 17. La saillie 10 de la dent 1, qui borde vers l'extérieur la cavité constituant le logement de la pièce de fixation, n'est séparée du support 2 que par un intervalle suffisant au passage de la plaque 16 de cette pièce. De ce fait, cette saillie 10 empêche la partie extrême postérieure de cette plaque 16 de fléchir de bas en haut au moment où cette plaque se déforme pour bloquer la pièce. Dans la forme de réalisation représentée sur les figures 4 et 5, l'âme élastique 17 et la plaque 15 sont plus longues et s'arrêtent à l'aplomb du bord extérieur de la dent 1. Cette dernière ne doit donc pas comporter de saillie 10 et l'extrémité extérieure coudée 19 de la plaque 15 est donc assez longue pour assurer la fonction de la saillie 10 de la première forme de réalisation, c'est-à-dire pour empêcher la partie extrême postérieure de la plaque 16 de s'incliner vers le haut au moment de la déformation de la pièce de fixation.La pièce de fixation représentée sur les figures 1 à 3 doit donc être mise en place en même temps que la dent I et il est donc avantageux de la rendre solidaire de cette dernière, alors que la pièce de fixation des figures 4 et 5 est mise en place après la dent 1. Il est possible d'assujettir en usine à la dent 1, par exemple en les collant l'une contre l'autre, la première forme de réa- lisation de la pièce de fixation selon l'invention. En donnant, d'une part, aux plaques 15 et 16 de la pièce de fixation et, d'autre part, aux évidements 7 et 12 des largeurs différentes, celles des seconds correspondant à celles des premières, on peut d'une façon simple éviter le risque d'une mise en place dans le mauvais sens de la pièce de fixation. Cela s'applique notamment à la variante des figures 4 et 5. Il va de soi que de nombreuses modifications peuvent être apportées à la pièce de fixation décrite et représentée, sans sortir du cadre de l'invention. REVENDICATIONS 1. Pièce destinée à fixer les dents amovibles d'un engin de terrassement du type excavateur, chargeuse, scarificateur, drague à couteaux, etc..., dans leur support conçu de manière à déterminer la position de la dent de tous côtés sauf de celui par lequel elle peut être remplacée, cette pièce étant caractérisée en ce que pour être enfoncée, du côté par lequel la dent est mise'en place, dans une cavité délimitée d'un côté par cette dent (1), qui y forme une butée profonde (9) et, près de son orifice, un rebord d'arrêt (11), de l'autre côté par le support (2), qui y forme, en face du rebord (11), un cran de blocage (13), elle est constituée par deux plaques métalliques oblongues (15,16) que relie l'une à l'autre une âme (17) en élastomère, par exemple collée sur elles;;et une au moins de ces plaques comporte sur ses deux faces des rainures transversales opposées (20,21) au niveau du fond desquelles la plaque peut être coudée, la rainure (20) qui-est la plus rapprochée de l'extrémité pénétrante (22) de cette plaque étant creusée dans la face de cette dernière qui est du côté de l'âme élastique (17) et à une distance de l'extrémité pénétrante précitée (22) un peu inférieure à celle qui sépare la butée profonde (9) du cran de blocage (13), tandis que l'autre rainure (21) est creusée dans l'autre face de cette même plaque. 2. Pièce de fixation selon la revendication 1, caractérisée en ce que chaque rainure (20,21) comporte un flanc escarpé et un flanc en pente douce qui se raccorde à Ja face correspondante de la plaque en face du raccordement du flanc escarpé de la rainure opposée avec l'autre face de cette plaque. 3. Pièce de fixation selon la revendication 2, caractérisée en ce qu'entre les flancs escarpés respectifs des rainures (20,21), leurs flancs en pente douce sont séparés par un tron çon de la plaque dont l'épaisseur est constante et qui relie l'une à l'autre les deux parties extrêmes plus épaisses de cette plaque. 4. Pièce de fixation selon l'une quelconque des revendica tions précédentes, caractérisée en ce qu'une seule (16) des deux plaques comporte les rainures (20,21), et l'extrémité pénétrante (18) de l'autre (15), lorsqu'aucun effort ne s'exerce sur cette dernière, déborde un peu l'extrémité pénétrante (22) de la première (16). 5. Pièce de fixation selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisée en ce qu'elle a un peu la forme d'un coin dont l'épaisseur croit de son extrémité pénétrante vers son autre extrémité. 6. Pièce de fixation selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisée en ce que la plaque (16) qui comporte les rainures (20,21) fait saillie vers l'arrière par rapport à l'autre (15). 7. Pièce de fixation selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce qu'elle est destinée a pénétrer dans ladite cavité à partir du bord travaillant ou efficace de la dent. 8. Pièce de fixation selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisée en ce qu'une seule (16) de ses deux plaques comporte les rainures (20,21), et son autre plaque (15) ainsi que son âme élastique (17) s'arrêtent longitudinalement au bord de la première rainure (20) de la première plaque (16). 9. Pièce de fixation selon la revendication 8, caractérisée en ce que sa plaque sans rainures (15) et son âme élastique (17), qui est au plus aussi longue que cette dernière (15), ont une longueur telle qu'elles s'emboîtent dans un évidement (7) de la dent, le flanc transversal profond de ce dernier formant ladite butée profonde (9) tandis que son flanc transversal oppo- sé est formé par une saillie (10) de la dent, saillie qui borde l'orifice de ladite cavité en lui donnant une largeur qui correspond sensiblement à l'épaisseur de la plaque (16) comportant les rainures (20,21).