l'invention concerne des perfectionnements aux alliages. Il est connu que certains alliages sont doués de "reprise ther-» mique", c'est-à-dire que lorsqu'un objet d'une certaine forme, constitué en un tel alliage et convenablement traité thermiquement, 5 est amené à se déformer en prenant une autre forme à une température appropriée et, qu'ensuite, il est soumis à une température suffisamment élevée, ledit objet reprend au moins, partiellement sa forme primitive„ Ce changement de forme au réchauffage correspond à un changement de phase dans l'alliage à partir d'une phase de basse 10 température en une phase de haute température.- Il est connu que l'effet de reprise thermique se produit avec des alliages binaires nickel-titane contenant 52 à 56$ en poids de nickel et avec certains alliages or-cadmium, cadmium-argent-or et indium-thallium. Une caractéristique de tous les alliages doués de reprise ther-15 mique semble être qu'au refroidissement ils subissent une transformation par cisaillement en martensite lamellaire ou gardent une fois refroidi leur forme à haute température mais qu'ils se transforment par cisaillement lors du travail à froid. La caractéristique clef est apparemment que lors du formage à basse température il se 20 produit une transformation par cisaillement qui peut être de la forme décrite ci-dessus ou bien qui peut être un changement du type de martensite. Il semble que la tension de déformation rattrapée par cette transformation par cisaillement soit susceptible de reprise au chauffage et c'est de cette contrainte susceptible de 25 reprise que. dépendent les propriétés de reprise thermique„ Il doit être entendu que les expressions "haute température" et "basse température" sont relatives et que, selon l'alliage, la phase de haute température peut exister par exemple-à la température ambiante tandis que la phase de basse température existe à 30 des températures plus basses 0 Il a été constaté que la contrainte qui doit être rattrapée à la température inférieure par la transformation par cisaillement peut être appliquée au moins en partie à la phase de haute température à une température supérieure à la température (température de trans-35 formation Ms définie ci-après) à laquelle la transformation commence spontanément et qu'il y a un avantage pratique à appliquer la contrainte de cette façon. la caractéristique essentielle de l'invention est donc qu'une tension extérieure ou intérieure doit être présente avant et pendant la transformation par cisaillement 70 16202 2 2044754 de manière à activer, semble-t-il, des noyaux martensitiques d'orientation propre à donner le changement de forme voulu» Antérieurement des difficultés ont été éprouvées pour tirer un avantage pratique de l'effet de reprise thermique et c'est pour-e; quoi l'un des "buts de l'invention est de rendre plus facilement utile l'emploi de tous les alliages doués de reprise thermique. L'invention fournit un procédé de fabrication d'un objet doué de reprise thermique à partir d'un alliage doué de reprise thermique, procédé qui consiste à appliquer à l'alliage, à sa phase de haute 10 température, une contrainte qui produit une tension laquelle induit une forme désirée pour sa phase de basse température. Dans un mode d'exécution de l'invention, la contrainte est appliquée en déformant l'alliage, dans sa phase de haute température, partiellenient vers la forme voulue pour la phase de basse tempé-15 rature, après quoi la température est abaissée de sorte que l'alliage passe à la phase de basse température0 Le passage à la phase de basse température s'accompagne d'une variation continue de forme tendant vers la forme désirée sans application d'une foree extérieure® Ce mode d'exécution d' l'invention est d'une grande 20 importance pratique car il fournit un moyen d'amener un alliage, à une température relativement élevée, à un état dans lequel il se déforme spontanément à des températures plus basses en prenant une forme nouvelle qui est dictée par la déformation initiale à haute température. Il est donc superflu d'effectuer un travail de l'alli-25 âge à de basses températures. En pratique, la phase métastable de haute température de l'alliage est refroidie à- une température comprise entre ses températures de transformation Md et Ms. lîd est la température de commencement de la transformation martensitique sous tension et Ms est la température de commencement de la trans-30 formation sans application de tension. Pour certains alliages, la température doit être aussi proche que possible de la température de transformation Ms9 par exemple à 10° C près, pour obtenir la . tension interne résiduelle voulue pour la déformation partielle. Dans d'autres alliages, une plus grande marge de tempérautre au-35 dessus de Ms est possible. Il est facile de trouver par l'expérience uee température appropriée pour^un alliage donné. L'alliage est alors déformé légèrement (c'est-à-dire dans une mesure inférieure à la contrainte finale que l'on désire introduire dans la phase de basse température). Le refroidissement est poursuivi jusqu'en. dessous de la température de transformation Ms et-alors 70 16202 3 2044754 l'alliage continue de changer de forme dans le sens indiqué par la déformation antérieure. Au réchauffage, cette variation de forme s'inverse complètement ou partiellement et au refroidissement, il se produit à nouveau spontanément un changement vers la forme 5 de basse température. La poursuite du cycle de chauffage et de refroidissement s'accompagne de variations continuelles de forme. Dans un autre mode d'exécution de l'invention, l'alliage est déformé pour être amené à une forme désirée dans sa phase de basse température et la contrainte est appliquée.en élevant la tempé-10 rature de façon que l'alliage se change en sa phase de haute température pendant qu'une retenue est appliquée à l'alliage pour empêcher une.variation de forme» Ainsi, selon un aspect de l'invention, il est prévu un procédé de fabrication d'un objet doué de reprise thermique à partir d'un alliage doué de reprise thermique, procédé •15 qui consiste à donner une première forme à l'alliage à une température. élevée, à le refroidir à une température plus basse, à déformer l'alliage à la basse température en une deuxième forme, ces températures étant telles que si l'on réchauffait sans retenue à une température appropriée l'alliage reprendrait au moins partiel-20 lement sa première forme, et à réchauffer l'alliage à ladite température appropriée tout en le soumettant à une retenue qui empêche une variation de forme. Selon les températures mises en jeu et l'usage auquel l'objet est destiné, il est possible de refroidir • l'alliage à la température inférieure après réchauffage tandis 25 qu'il garde encore la deuxième forme0 Puis, l'alliage est réchauffé sans retenue, il passe totalement ou partiellement à sa première forme mais au refroidissement, il revient totalement ou partiellement à sa deuxième forme0 La poursuite du cycle de chauffage et de refroidissement s'accompagne de variations continuelles de 30 forme. Le fait' de prévoir une retenue lors du réchauffage amène, comme il a été dit, une tension interne résiduelle dans l'alliage à haute température de sorte que l'on considère qu'au refroidissement, les noyaux qui sont activés lors de la transformation sont ceux 35 qui ont causé le changement initial de forme lors de la déformation à la basse température. Il semble que la même activation soit -obtenue par déformation initiale partielle avant refroidissement, à la phase de basse température, si l'on considère que suffisamment de noyaux de la phase martensitique de basse température sont 70 16202 4 2044754 activés par ladite déformation initiale sur de telles orientations qu'au refroidissement l'alliage poursuive sa variation de forme. Le réchauffage sous retenue est particulièrement utile car il permet que la température supérieure à laquelle est porté l'allia-5 ge soit tellement supérieure à la température de transformation que la réversibilité persistante de forme serait perdue en l'absence de retenue. Cependant, la température supérieure ne doit pas être suffisante pour que le relâchement de tension se produise par déformation plastique, par exemple par fluage, sinon la réversi-10 bilité serait perdue„ Dans tous les cas, la température à laquelle l'alliage est chauffé doit être trop basse pour qu'il se produise un vieillissement ou un revenu de l'alliage. Si la précipitation se produit, l'alliage reprend de façon permanente sa forme de haute température. 15 II est également possible d'utiliser le réchauffage sous retenue pour modifier les positions entre lesquelles une variation de forme se produit (mais non l'importance de la variation) dans des / alliages qui ont une faible limite élastique et se déforment plas-tiquement, par exemple un alliage binaire de manganèse contenant 20 20% de cuivre et un alliage binaire d'uranium contenant 5$ de molybdène comme décrit ci-après. Il a été trouvé qu'il n'est pas toujours nécessaire d'appliquer la retenue par un moyen mécanique extérieur tel qu'un gabarit,, Dans certains cas, line pellicule d'oxyde, un revêtement de métal 25 etc. peuvent donner la retenue nécessaire0 II a été noté que des alliages qui à l'état refroidi naturellement ou rapidement présentent un effet prononcé de reprise thermique, présentent aussi une forte capacité de frottement ou d'amortissement interne et ont un module pseudo-élastique anormalement bas sous une charge mais un 30 module normal, typique de l'alliage refroidi lentement, lorsqu'ils sont déchargés» D'autres alliages qui possèdent les propriétés ci-dessus et qui sont doués de reprise thermique ont été trouvés. Ces alliages sont des alliages binaires uranium-molybdène contenant 2 à 7^ (de pré-35 férence 3 à 6,5$ et par exemple environ 4$) en poids de molybdène, des alliages binaires uranium-niobium contenant 3 à 11$ (de préfé- » rence 4 à 10$, par exemple environ 6$) en poids de niobium, des alliages binaires uranium-rhénium contenant. 2 à 7$ ( de préférence environ 4$) en poids de rhénium et des alliages binaires manganèse- 70 16202 5 2044754 cuivre contenant 5 à 50$ (de préférence pour la plupart des usagés 5 à 30$) en poids de cuivre» Par alliage binaire, on entend un alliage essentiellement formé des deux métaux indiqués avec ou sans impuretés et/ou constituants 5 accessoires qui n'influent pas sur la structure cristalline ni sur les propriétés métallurgiques de manière à empêcher l'effet de reprise thermique» Tous les alliages binaires d'uranium et de manganèse mentionnés ci-avant peuvent être facilement usinés à partir de lingots coulés, .10 par exemple par laminage, forgeage ou filage. .L'invention sera mieux comprise à la lecture de quelques exemples non limitatifs éventuellement appuyés par des figures représentant symboliquement les formes successives prises par une bande de l'alliage considéré. •15 Alliages binaires d'uranium. Les alliages binaires d'uranium sont traités sous forme de bande de 1 mm d'épaisseur lorsque l'application nécessite que le matériau ainsi constitué se courbe ou fléchisse lors de la reprise et sous forme de barre ou de tube lorsque l'application nécessite que le 20 matériau change de forme longitudinalement (barre) ou transversalement (tube)o Le matériau est chauffé en atmosphère protectrice ou dans le vide à une température qui se situe dans l'intervalle de phase y(par exemple 800° C) pendant un temps court qui dépend de son épaisseur» Il est alors refroidi rapidement, par exemple dans 25 l'eau ou l'huile ou dans un jet de gaz froid ou par rayonnement si la section est faible, de manière à empêcher la précipitation de la phase °L ou d'un euteçtoîde» Le matériau est ainsi refroidi à une température inférieure à la température de transformation Ms à laquelle se produit la transformation en martensite lamellaire. A 30 cette température le matériau est déformé, par rapport à sa forme primitive, par exemple en courbant la bande, ou en étirant ou en comprimant la barre, ou en mandrinant le tube, ou par tout autre mode de déformation désiré. Par réchauffage au dessus d'une température critique, la forme primitive se rétablit au moins partiel-35 lement. Dans les alliages binaires uranium-molybdène, il faut au moins 2$ de Mo en poids. Toutefois, dans un alliage contenant seulement 2$ de Mo, le degré de contrainte qu'il est possible d'appliquer à la température ambiante est très faible et la température à la 70 16202 6 2044754 quelle il faut réchauffer l'alliage pour inverser la variation de forme est d'environ 500° G, niveau où il se produit une précipitation rapide d'une phase o( . Un alliage contenant 3# de Mo peut être déformé à la température ambiante et commence à reprendre sa 5 forme primitive à 350° C et la reprise est achevée à 450-500° G. Toutefois, une exposition de plus de 10-30 minutes à 500° C entraîne la formation d'une phase et d'un eutectoîde, après quoi la propriété de reprise thermique est perdue. les alliages contenant plus de 3$ et moins de 5% de Mo sont les plus utiles dans la pratique. Un alliage contenant 4# de Mo peut être déformé à la température ambiante et commence à reprendre sa forme quand il est chauffé à 200° G. Par exemple, une bande droite • de cet alliage de 1 mm d'épaisseur est pliée suivant un angle de 100° à la température ambiante, lorsqu'elle est chauffée pendant 15 3 minutes à 250° C, la bande se redresse partiellement à 30° et au refroidissement à la température ambiante, le mouvement s'inverse à 70°. Dans cet exemple il doit être noté qu'une retenue est appliquée par une pellicule épaisse d'oxyde formée par chauffage à 800° C sous un vide partiel. 20 Un alliage contenant 4,5$ de Mo est également étudié. Une bande est pliée à la température ambiante et elle commence à se redresser à 80° C. Au chauffage, à 250° G, une reprise presque complète de la forme primitive est obtenue et il se produit un faible renversement par refroidissement à la température ambiante. Par exemple, une 25 bande droite courbée à 120° à la température ambiante revient à 30° après 3 minutes à 100° C. Au refroidissement à la température ambiante, il se produit un renversement à 45°• Si la température de reprise est élevée à 250° 0, on obtient une reprise plus complète et le degré de renversement est plus faible, par exemple une bande 30 droite courbée à 90° à la température ambiante revient à 5° à 250° G et se renverse à 10° au refroidissement à la température ambiante. Il faut remarquer que le degré de renversement au refroidissement diminue à mesure que la température de réchauffage s'élève. Un alliage à 5f° de Mo commence à reprendre au chauffage à 50° C 35 et une reprise presque complète se produit à 250° C, par exemple une bande droite est pliée suivant un angle précis à la température ambiante puis est chauffée à une température T° et enfin refroidie à la température ambiante ; le tableau suivant indique le degré de reprise. 70 16202 7 2044754 Température de Angle de déformation Angle Angle après refroi' chauffage de la à la température après dissement à la bande, ambiante reprise température T'° à T° ambiante 60° C 80° o 0 O O î 100° C 85° 10° o O CM 150° C KO o o 15° 30° 200° C 95° 10° 15° 250° c 90° - 50 10° 10 15 Une bande droite d'alliage à 5% de Mo est refroidie à -196° G et déformée en forme de U« Au chauffage à la température ambiante, l'U s'ouvre-à angle droit. Un chauffage poursuivi jusqu'à 100° G, entraîne un aplatissement complet de la bande. Par refroidissement à -196° G, la bande revient à la position à angle droit. Une suite de cycles de .-196° G à +100° G, fait passer l'éprouvette d'une forme à angle droit à -196° G à une forme plate à 100° C, soit : 20 Forme plate -196° C Forme en L ——7 -196° G -> Forme en U -196' -> Forme en i température ambiante Forme plate -> 100° C -> 100° c -1 96' 25 30 35 et ainsi de suite Un alliage à 6% de Mo ne se transforme en strudture martensitique que lorsqu'il est refroidi en dessous de la température ambiante. Le chauffage à 100° C d'une bande déformée en U à la température ambiante,' ne produit qu'un léger changement de forme0 La pièce en U est refroidie à une température d'environ -80° C et elle est déformée en la redressant complètement,, Par réchauffage à la température ambiante, la bande reprend sa forme en U. Si la teneur en molybdène est portée à 7c/ô, la température à laquelle il faut effectuer la déformation est abaissée. Une teneur en Mo de 7représente la limite supérieure pratique pour des déformations effectuées à des températures descendant jusqu'à -196° C. Des alliages binaires uranium-niobium se comportent de façon similaire aux alliages U-Mo. Il faut de Nb pour obtenir le 70 16202 8 20W5k ■ même effet qu'avec 2$ de Mo mais un tel alliage a peu d'utilité pratique car le degré de déformation permettant la reprise est faible et la température de reprise est si élevée qu'il se produit une formation d' Des alliages binaires U-Re contenant 2 à 7% de rhénium se comportent de façon semblable. Des expériences ont également été faites avec une tige de 6,35 mm' de diamètre en alliage binaire uranium-molybdène conteniant 5$ de 15 Mo. L'éprouvette est refroidie à -196°C, température à laquelle elle est comprimée de 5,8%. Au réchauffage à la température ambiante l'éprouvette se dilate de 3,2$ en plus de la dilatation thermique normale. Une autre éprouvette en tige a été refroidie à -196°0 puis comprimée de 4$. Elle a été réchauffée alors à la température am-20 biante mais avec retenue de manière à empêcher la dilatation lors-de la reprise.Il est apparu une tension de 5200 kg/cm20 Cela montre une autre utilisation de l'invention, dans la reproduction d'une force capable d'effectuer un travail. Alliages binaires manganèse-cuivre 25 Ces alliages sont traités et essayés de façon similaire aux alliages d'uranium. Un alliage contenant 5 à'15% environ de cuivre présente des effets de reprise thermique si la basse température à laquelle se fait la déformation est d'environ 150° C pour 5% de Cu, d'environ 100° C 30 pour 10$ de Cu et 50° C pour 15$ de Cu. Ces alliages reprennent alors partiellement leur forme lorsqu'ils sont chauffés à 250°C. La variation de forme est continue dans cet intervalle de température. Un alliage à 17,5$ de cuivre "reprend" après déformation à la température ambiante quand il est chauffé à 150° C. Le taux de 35 reprise n'est pas 100$ mais la variation est réversible, par exemple quand on déforme en U une bande de 1 mm d'épaisseur de cet alliage, les extrémités des branches de l'U étant écartées de 2,7 mm à 25° C, le chauffage à 150° c élargit à 4,5 mm l'écartement des extrémités. Au refroidissement à 25° C, les extrémités se resserrent à 3,7 mm. Au réchauffage à 150° C, les 70 16202 9 2044754 extrémités s'écartent à ncmveau à 4,5 nun et au refroidissement à . 25° C, le renversement de la déformation les ramènent à 3»65 mm. Un alliage à 17,5$ de cuivre a une reprise plus efficace lorsqu'on le déforme à —196° G. Une boucle en U présentant un écarte— 5 ment de 3,95 mm entre les extrémités des branches se dilate jusqu'à un écartement de 5,5 mm quand elle est chauffée à 25° G, de 6,8 mm à 100° C et se redresse pratiquement à 150° G. Au refroidissement, 1'écartement se réduit à 6,4 mm à 100° G, à 6,2 mm à 25° G et à 5,95 mm à -196° G. la boucle s'élargit à nouveau à 6,25 mm à 25° G, •10 Un alliage à 25$ de Gu déformé à la température ambiante puis chauffé à des températures plus élevées ne présente aucun effet de reprise o' Cela est prévisible puisque, à la température ambiante, l'alliage à.25$ de Gu se déforme plastiquement et non par une transformation due au cisaillement. Il est nécessaire de refroidir '15 cet alliage et de le déformer à -196° C, lorsque cet alliage est chauffé, apx'ès déformation à -196° G? il se comporte comme l'alliage à'17,5% de Gu si ce n'est que la majeure partie de la déformation subit une reprise entre - 196° C et la température ambiante et moins entre la température ambiante et 100° Go le refroidissement 20 détermine un renversement de la variation de forme et les variations de forme se poursuivent cycliquement par des chauffages et des refroidissements répétés. Comme tous les autres alliages manganèse-cuivre, l'alliage à 25$ de Cu change de forme sur un intervalle de température consi-25 dérable et.non brusquement sur un intervalle étroit. Avec des alliages à 30-50$ de Cu, il est nécessaire de refroidir et de déformer l'alliage bien en dessous de -196a C. Par suite, ces alliages sont utiles pour des applications cryogènes spéciales, le défaut de reprise complète des alliages Mh-Gu peut s'expli-30 quer par le fait que leur limite élastique est relativement basse et que le renversement de la transformation est compensé par contrainte plastique dans la phase de haute température à mesure qu'elle se forme. Ceci peut être démontré, figure 1 cri-dessous, en déformant en U à basse température (B) une bande 1 d'alliage 35 binaire Mn-Cu contenant 17»5$ de Cu et en la chauffant (G) avec retenue 5, Quand la retenue 5 est-supprimée à haute température, il ne se produit pas de variation de forme (D). Quand on traite ' de la même manière une bande 1' de matière à limite élastique élevée (dans l'essai® on utilise un alliage binaire nickel-titane 70 1(3202 10 2044754 contenant 56$ de nickel) la bande en UB'-C'- s'ouvre brusquement (D®) quand on supprime la retenue 5' à haute température. Figure 1 Mn - 17 V2 % Cu / 1 A- B • fy- C D Basse Formage Chauffage Suppression de la Temperature a basse avec reïènue a haute température retenue température 5L^ A' B' C D Application de la retenue pour engendrer une tension interne Ce qui vient d1être dit à propos d'un alliage binaire sianganèse-5 cuivre contenant 17 s 5?° d® Gu et d'un alliage binaire niokel-titaaae contenant 56$ de Ni donne un exemple de l'effet du réchauffage avec retenueo Des essais effectués sur des alliages binaires manganèse-etiivre contenant 20$ de Gu et des alliages binaires uranium»molybdèn@ to contenant 5fo de Mo montrent que le réchauffage avec retenue modifie la position où se produit le changement de forme mais non la ga,iï?2ie angulaireo Cet effet9 sur une bande d'alliage binaire manganèse -cuivre contenant 20f? de 0u9 est illustré par la figure 2 ci-dessous qui montre les formes prises par une bande 2 d'abord déformée en U 15 après un chauffage sans retenue (2a) et après un chauffage avec retenue (2b). Figure 2 Mn - 20% Cu 2 2a gamme sans retenue 2^ gamme après retenue ^2 D'autres essais ont été faits sur des bandes de divers alliages en refroidissant la forme aétastable à. haute température de l'alliage juste au dessus de sa température de transformation Ms (entre 20 les températures Ms et Md mais plus prèë- de la température Ms)s puis en déformant légèrement l'éprouvette (c'est-à-dire en appli-, quant une déformation moindre que la déformation finale nécessaire dans la forme à basse température) et en continuant de refroidir 70 16202 11 2044754 en dessous de la, température de transformation Ms, l'éprouvette continuant pendant ce temps à changer de forme dans le sens indiqué par la déformation précédente. Au réchauffage, cette variation de forme s'inverse totalement ou partiellement et un nouveau refroidissement détermine le changement spontané de la forme. la figure 3 ci-dessous illustre un essai effectué sur une bande 3 d'alliage binaire nickel-titane contenant 56$ de Ni, chauffée à 850° C et refroidie brusquement à la température ambiante à plat (position A). Figure 3 Ni - Ti (56% Ni) F orme à Température Ambiante (t. a) A Pliage a 25° à t. a B 25° A!. 45' Refroictis sèment à - 196 C C 300 Réchauffage à t. a D La bande est pliée suivant un angle de 25° à la température ambiante (position B). Au refroidissement à -196° 0, l'angle se change spontanément en un angle de 45° (position C)„ En la ramenant à nouveau à la température ambiante par chauffage, l'angle devient 30° (position D). Par une succession de chauffages et de refroidissements entre la température ambiante et -196° C, l'angle de la bande passe •de façon réversible de 30° (D) à 45°(C). , Un essai effectué sur une bande d'alliage binaire.uranium-molyb-dèfae contenant 5$ de Mo, chauffée à 800° C et refroidie brusquement à la température ambiante à plat -est illustré à la figure 4. Figure 4 U - 5% Mo Température Ambiante (t. a) A en Pliage à 25° à t. a _ CX . Refroidissement à - 196" Chauffage à t. a E . Chauffage à ÏOO5^ Refroidis s ement à t. a F -900 Refroidissement à t. a J " Refroidisse - c ment à - 196 G . C? - Refroidisse-ment à - 196 K Chauffage à t. a H — et ainsi de suite 70 16202 12 2044754 la bande 4 es-t courbée en U à la température ambiante (B). Elle est refroidie à —196° C, sa forme change alors spontanément (C), les branches de l'ïï se rapprochant l'une de l'autre et se croisant. Le chauffage à la température ambiante rétablit à peu près la cj forme par écartement des branches (D) pour former un croissant aplati. En poursuivant le chauffage jusqu'à 100° G, la bande s'aplatit à nouveau (E). Ensuite un refroidissement à la température ambiante fait prendre à la bande une forme à angle droit (î1) et quand on refroidit encore à -196° C, elle prend à nouveau la forme 10 en croissant (G)n Par réchauffage à la température ambiante, il apparait un angle de 85° entre les branches de la bande (H) et en poursuivant encore à 100° C, la bande s'aplatit (I). Quand on re- • froidit à la température ambiante, on obtient une forme à angle froit (j)-et quand on refroidit encore à -196° C, on obtient la 15 forme en croissant (K). En continuant à chauffer et à refroidir, les variations de forme continuent de la mâme façon. Il faut remarquer qu'il se produit une hystérésis de sorte qu'à la température ambiante, la forme obtenue par chauffage (H) est légèrement différente de celle obtenue par refroidissement (j). la forme primitive 20 à -196° G n'est pas reprise complètement mais il est admis qu'un refroidissement en dessous de - 196° C déterminerait une reprise complète de la forme primitive parce qu'il existe une hystérésis à -196° C aussi bien qu'à la température ambiante. Un essai sur une bande d'alliage binaire manganèse-cuivre conte— 25 nant 17,57a de Gu montre, qu'après une déformation partielle en U à la température ambxan'te, un refroidissement à -196° G engendre le rapprochement des branches de l'ïï l'une vers l'auiire de manière à fermer l'ïï. ïïn alliage à 20fo de Gu donne les mêmes résultats mais . le mouvement obtenu est plus important. 30 Des objets fabriqués par les procédés ici décrits et à partir des ' alliages doués de reprise thermique ici décrits sont utiles pour de nombreuses utilisations où un changement de forme est nécessaire. Par exemple, ils peuvent être utilisés comme tubes de raccordements, ces tubes changeant de forme pour enserrer deux éléments destinés 35 à être reliés ensemble, comme éléments thermosensibles danâ des dispositifs de commutation et comme organes de formage ou- matrices sur lesquels est formée une feuille de matière plastique ou de métal après quoi l'organe de formage ou matrice est d'abord amené à se contracter, ce qui permet de retirer la feuille façonnée, puis i ■ i. COpy 16202 13 2044754 amené à reprendre sa forme primitive pour l'opération suivante, la figure 5 ci-dessous montre un interrupteur thermosensible comportant trois contacts 10, 11 et 12. Figure 5 10-b 131 ^''^2 Une bande pliée 13, constituée en un alliage et obtenue par un procédé comme décrits ci-avant, établit une connexion électrique entre les contacts 10 et 11 à une certaine température et entre les contacts 10 et 12 à une autre température. COPV 2044754 ■ 70 16202 u BliVEMDICATIOMS 1 - Procédé de fabrication d'un objet doué de reprise thermique à partir d'un alliage doué de reprise thermique, caractérisé en ce qu'il consiste à appliquer à 1®alliage, à sa phase de haute température, une contrainte qui produit une tension, laquel-5 le détermine une forme désirée pour sa phase de basse température. 2 — Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la contrainte est appliquée par une déformation de l'alliage à sa phase de haute température qui 1® amène partiellement vers la forme voulue pour la phase de basse température. 10 3 — Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que la température est ensuite abaissée de sorte que l'alliage passe à la phase de basse température et prend la forme voulue. 4 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que 1* alliage est déformé en une forme désirée à sa phase de basse tem- 15 pérature et que la contrainte est appliquée par élévation de températures de sorte que l'alliage passe à sa phase de haute température P pendant qu'une retenue est appliquée à l'alliage pour empêcher un changement de forme® 5 - Procédé de fabrication, d'un objet doué de reprise ihermique 20 à partir d'un alliage doué de reprise thermique, caractérisé en ce qu'il consiste à donner une première forme à l'alliage à une température élevée9 à refroidir 19alliage à une température plus basse puis à le déformer en une deuxième forme à cette température inférieures les températures étant telles que par un réchauffage 25 sans retenue à une température appropriée l'alliage reprendrait au moins partiellement sa première forme et,enfin à réchauffer l'alliage à la température appropriée tout en le soumettant à une retenue qui empêche une variation de forme» 6 - Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce que 30 l'alliage est refroidi à la température inférieure, après le réchauffages pendant qu'il garde encore la deuxième forme » 7 - Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes caractérisé en ce que l'alliage est un alliage binaire d'uranium contenant 2 à 7$ en poids de molybdène, 3 à 11$ en poids de 35 nioblum ou 2 à 7$ en poids de rhénium» v 8 - Procédé selon la revendication 7» caractérisé en ce que l8 alliage est un alliage binaire d'uranium contenant 3 à 6,5$ en poids de molybdène® 70 16202 15 2044754 9 — Procédé selon la revendication 7» caractérisé en ce que 1*alliage est un alliage binaire d'uranium contenant 4 à 10% en poids poids de niobium. 10 - Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, 5 caractérisé en ce que l'alliage est un alliage binaire manganèse cuivre contenant 5 à 50$ en poias de cuivre. 11 - Procédé selon la revendication 10, caractérisé en ce que l'alliage contient 5 à 30$ en poids de cuivre. 12 - Procédé sèlon l'une quelconque des revendication 1 à 6, 10 caractérisé en ce que l'alliage est un alliage binaire nickel-tita-ne contenant 52 à 56$ en poids de nickel0 13 - Alliage doué de reprise thermique tel qu'il est défini à l'une quelconque des revendications 7 à 11, 14 - Procédé de fabrication d'un objet doué de reprise thermi-15 que à partir d'un alliage selon la revendication 13, caractérisé en ce qu'il consiste à donner une première forme à l'alliage à une température élevée, à le refroidir à une température inférieure et à l'amener à se déformer à la température inférieure pour prendre une deuxième forme, les températures étant telles que si 20 l'alliage était réchauffé à une température appropriée, il reprendrait au moins partiellement sa première forme. . 15 - Objet doué de reprise thermique fabriqué par un procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 12 ou selon la revendication 14. 25 16 - Objet doué dejlreprise thermique formé d'un alliage doué de reprise thermique et caractérisé en ce que, lorsque l'alliage est à sa phase de haute température, ledit objet présente une tension interne qui favorise un changement désiré de forme à la phase de basse température. 30 17 - Appareil comprenant un objet doué de reprise thermique selon la revendication 15 ou 16 et caractérisé en ce que l'objet assume une fonction dans ledit appareil en vertu de sa propriété de changer de forme selon la température0