L'invention est relative à un carreau céramique agencé pour former des carrelages à joints réels et à joints simulés. Il s'agit là d'un carreau de pavage ou de revêtement, que l'on doit poser à côté de carreaux semblables en laissant, entre le bord de l'un des carreaux et le bord en vis-à-vis du carreau voisin, un intervalle continu ou non, destiné à recevoir un liant de façon à relier les carreaux les uns- aux autres mais en ménageant entre eux un joint pour absorber les dilatations. Le carreau est muni de rainures intermédiaires capables de simuler des joints et de donner l'impression qu'il s'agit d'un ensemble de carreaux dont le format est plus petit que le format réel. L'état de la technique antérieur à la présente invention se distingue, en particulier dans certains pays étrangers, par des pavages-ou revêtements constitués par des carreaux céramiques de petit format (par exemple de 7,5 cm x 7,5 cm, 10 cm x 10 cm, 12 cm x 12 cm, 15 cm x 15 cm et autres formats encore plus grands, plus petits ou intermédiaires), entourés de joints dont la largeur est par exemple de 5 mm et qui sont remplis d'un liant approprié. Cet état de la technique présente certains défauts et inconvénients dus au fait que la fabrication et la pose de carreaux de petit format sont nettement plus coûteuses que celles de carreaux de grand format. Le prix de revient des pavages et revete- ments composés de carreaux de petit format, souvent préférés pour les effets esthétiques particuliers qu'ils permettent d'obtenir, est donc très élevé. De tels défauts et inconvénients exigent que soit apportée une solution au nouveau problème technique consistant à créer un carreau permettant de poser des carrelages qui donnent le même effet esthétique que s'ils étaient faits de carreaux de petit format, de tels carreaux étant néanmoins fabriqués en grand format ou tout au moins en un format plus grand que celui qui semble ressortir du carrelage terminé. L'invention résout complètement le nouveau problème technique exposé ci-dessus par adoption d'un carreau caractérisé en ce qu'il est sillonné par une ou plusieurs rainures de largeur uniforme, dont la valeur est donnée par la somme de la largeur de l'intervalle du joint réel et de deux fois la largeur d'une marge périphérique du carreau qui est située à la même profondeur que le plan de fond commun aux susdites rainures ; en ce que ces rainures et la marge périphérique circonscrivent, sur le carreau, des zones de surfaces égales ou non et de contour géométrique régulier ou non, ces zones étant propres à simuler la réunion d'un ou plusieurs carreaux de plus petit format, avec interposition d'un joint ; et en ce que les rainures et la marge périphérique sont revêtues, au moment de l'émaillage, de substances appelées réserves, c'est-à-dire de substances telles qu'elles empêchent ltémail ou glaçure de prendre sur elles mais qui, en particulier dans le cas des rainures et marges à allure géométrique simple et à largeur constante, permettent après émaillage à un appareillage approprié (fraise a disque par exemple) d'enlever automatiquement la couche d'émail, ce qui permet ensuite de fixer dans ces rainures et marges une couche de liant qui simule le fractionnement du carreau en au moins deux zones superficielles de plus petit format. Plusieurs modes de réalisation de l'invention sont illustrés, à titre surtout indicatif et non limitatif, aux dessins schématiques annexés. La figure 1 représente en plan un carreau céramique de forme carrée, par exemple de 20 cm x 20 cm, qui est pourvu de rainures en croix, à section de largeur constante, et de saillies d'écartement. La figure 2 montre de profil le carreau de la figure 1, vu de la gauche de cette dernière figure. La figure 3 montre en plan un carreau céramique analogue à celui de la figure 1, mais avec des rainures en croix à section de largeur irrégulière, ce carreau s'apparentant à ceux de type "rustique". La figure 4 montre de profil le carreau de la figure 3, vu de la gauche de cette-dernière figure. La figure 5 montre en plan quatre carreaux tels que celui de la figure 1, émaillés et posés les uns à coté des autres. La figure 6 montre à plus grande-échelle, par une coupe interrompue selon la ligne VI-VI de la figure 5, deux des carreaux de cette dernière figure et fait apparaître l'absence d'émail dans les rainures. " La figure 7 est une vue en coupe analogue à celle de la figure 6 mais qui fait apparaître l'application du liant. La figure 8 montre en plan un carreau rectangulaire, muni de rainures qui semblent le diviser en trois éléments carrés. La figure 9 représente de profil le carreau de la figure 8, vu du bas de cette dernière figure. La figure 10 montre en plan un carreau de forme carrée qui semble divisé par des rainures en éléments rectangulaires de largeurs diverses. La figure 11 représente de profil le carreau de la figure 10, vu de la gauche de cette dernière figure. La figure 12 montre en plan deux carreaux hexagonaux jumelés. La figure 13 est une coupe partielle à plus grande échelle, selon la ligne XIII-XIII de la figure 12, et fait apparaître l'absence d'émail dans la rainure séparant les deux carreaux élémentaires. La figure 15 montre en plan un carreau constitué de trois tommettes provençales, séparées par des rainures sans émail, ainsi qu'il ressort de la figure 14 qui en représente a plus grande échelle la coupe partielle selon la ligne XIV-XIV. Si l'on se reporte aux figures annexées, on y a indiqué en 1 les rainures destinées à être dépourvues d'émail et en 2 les marges abaissées jusqu'au plan de fond des rainures 1, destinées elles aussi à être dépourvues d'émail. La largeur des marges 2 est égale a la moitié de la différence entre la largeur des rainures 1 et la largeur de lJintervalle qui doit être effectivement rempli de liant, sur l'épaisseur totale du carreau. Chaque carreau est formé d'éléments 3 destines à recevoir et à conserver l'émail, ces éléments 3 étant en relief par rapport au plan de fond des rainures 1 et des marges 2. Le carreau des figures 1 et 2 (voir aussi les figures 5 et 6) est muni de dents ou saillies d'écartement 4, placées aux endroits nécessaires et destinées a se toucher deux à deux. Aux figures 6, 7, 13 et 14, on a indiqué en 5 l'épaisseur de l'émail. A la figure 7, on voit en 6 l'épaisseur de s-imili-liant qui est placé dans-les rainures 1 et les marges 2. L'intervalle 7 du joint réel existant entre les carreaux (voir la figure 5) est égal a la somme des largeurs de deux saillies d'écartement 4. A la figure 7, on voit enfin en 8 le liant qui remplit les intervalles 7 ou analogues. Les carreaux qui viennent d'être décrits se posent de la-façon suivante. Dans le cas du carreau de la figure 1, après avoir enlevé l'émail qui s'était déposé sur le fond des rainures 1 et de la marge 2, on pose un par un sur le lit de mortier ou d'adhé- sif les carreaux en les mettant en contact par les extrémités opposées de leurs saillies 4 (figures 5 et 6). Puis on introduit, jusqu'a un niveau inférieur à celui de la surface des éléments 3 des carreaux, du liant qui pénètre ainsi en profondeur dans les intervalles 7 voir la figure 7, en 8), en restant toutefois en surface dans les rainures 1 et dans les marges 2. On procède de façon analogue pour les variantes de carreaux représentées aux autres figures. Dans le cas ou les carreaux sont dépourvus de saillies d'écartement 4, on doit veiller à donner au joint réel une largeur égale au double de la largeur de telles saillies, à moins que l'on ne veuille obtenir des effets différents. En pratique, on peut modifier les détails d'exécution, les dimensions, les matériaux et la forme de l'invention sans sortir du cadre de celle-ci. C'est ainsi, par exemple, que les formats des carreaux fabriqués pourraient avoir un petit c6té égal à 12 cm et un grand côté égal à 40 cm ou davantage. REVENDICATION Carreau céramique agencé pour former des carrelages à joints réels et à joints simulés, caractérisé en ce qu'il est sillonné par une ou plusieurs rainures de largeur uniforme, dont la valeur est donnée par la somme de la largeur de l'intervalle du joint réel et de deux fois la largeur d'une marge périphéri- que du carreau qui est située à la même profondeur que le plan de fond commun aux susdites rainures ; en ce que ces rainures et la marge périphérique circonscrivent, sur le carreau, des zones de surfaces égales ou non et de contour géométrique régulier ou non, ces zones étant propres à simuler la réunion d'un ou plusieurs carreaux de plus petit format, avec interposition d'un joint ; et en ce que les rainures et la marge périphérique sont revêtues, au moment de l'émaillage, de substances appelées "réserves", c'est-à-dire de substances telles qu'elles empêchent l'émail ou glaçure de prendre sur elles mais qui, en particulier dans le cas des rainures et marges à allure géométrique simple et à largeur constante, permettent après émaillage à un appareillage approprié d'enlever automatiquement la couche d'émail, ce qui permet ensuite de fixer dans ces rainures et marges une couche de liant qui simule le fractionnement du carreau en au moins deux zones superficielles de plus petit format.