La présente invention concerne un pont pour le franchissement d'un plan d'eau. L'invention vise également le procédé et l'installation pour la fabrication d'un tel pont. Le pont visé par l'invention est destiné en particulier au franchissement de plans d'eau dont le niveau est sensiblement constant, tels qu'étangs, marécages ou analogues à la surface desquels il n'existe aucune circulation transversale par rapport au pont. On sait que tous les plans d'eau assez importants et en particulier les marécages de grande étendue posent des difficultés considérables pour la mise en place d'un pont. Ces difficultés résident d'une part dans la réalisation de fondations immergées destinées à soutenir le tablier du pont et d'autre part, dans l'acheminement du matériel nécessaire à I'exécution du pont. POur surmonter ces diffi- cultés, on a souvent recours à des ponts flottants constitués par des corps flottants amarres les uns aux autres.Certains de ces corps flottants sont reliés au moyen de cibles ou analogues à des masses d'ancrage rendues solidaires du sol en vue d'éviter tous ddplacements importants du pont flottant dans une direction transversale à ce dernier, lors du passage de véhicules ou sous lteffet du vent. De tels ponts flottants sont de construction simple et rapide, notamment du fait qu'ils sont ddpourvus de fondations. -Ces ponts flottants présentent toutefois un inconvénient majeur : celui de se déformer considérablement lors du passage d'un convoi de véhicules. Cette déformation est gênante dans le cas d'une circulation routière et devient incompatible avec la mise en place, d'une voie ferrée. Dans ce dernier cas, il est nécessaire de soutenir le pont par des fondations, ce qui entrasse les difficultés énoncées précédemment. De plus, de telles fondations doivent être très résistantes, étant donné qu'elles doivent supporter le poids propre du tablier du pont ainsi que la surcharge due à la circulation routière ou ferroviaire. Le but de la présente invention est de remédier aux inconvénients des réalisations connues, en créant un pont de construction simple et économique, capable de résister sans déformation à la charge due à la circulation routière ou ferroviaire et ce sans qu'il soit nécessaire de soutenir ce pont au moyen de fondations importantes. Le pont visé par l'invention comprend, comme dans le cas des ponts flottants connus, un tablier flottant sur l'eau et des moyens pour ancrer ce tablier relativement au sol du plan d'eau. Suivant l'invention, le tablier précité repose en appui sur lesdits moyens d'ancrage selon une charge qui correspond au poids total du tablier diminuée de la poussée d'Archimède exercée par l'eau sur ce tablier. Ainsi, en l'absence de circulation, le tablier repose en appai sur les moyens d'ancrage selon une charge relativement faible qui de préférence n'est pas supérieure à 10% du poids total du tablier. Lors du passage de véhicules, ou d'un train les moyens d'ancrage ne sont donc pratiquement soumis qutà la charge due au passage des véhicules routiers ou ferroviaires, de sorte que la réalisation de tels moyens d'ancrage peut être relativement simple et économique. Le pont conforme à l'invention combine donc les avantages de simplicité de construction apportés par les ponts flottants avec la rigidité en flexion des ponts classiques soutenus par des fondations importantes et robustes. Selon une version avantageuse de l'invention, le tablier est constitué par un ensemble d'éléments de tablier creux, préfabriqués par exemple en béton précontraint, ces éléments étant fixés bout à bout. Selon une version préférée de l'invention, les moyens d'ancrage sont constitués par des piles enfoncées dans le sol, ltextré- mité supérieure des piles constituant une surface d'appui pour le tablier ou les éléments de tablier. Un tel pont est de construction rapide et relativement économique, comme on le verra plus en détail dans la description du procédé de fabrication d'un tel pont. Suivant l'invention, le procédé pour la fabrication d'un pont pour le franchissement d'un plan d'eau est caractérisé en ce qu'il comprend les étapes suivantes - la fabrication d'éléments de tablier flottants comprenant des ouvertures qui les traversent de part en part, - l'acheminement des éléments de tablier flottants vers leurs emplacements respectifs sur le plan d'eau, - la fixation provisoire des éléments de tablier entre eux, - l'enfoncement de piles d'ancrage dans le sol au travers des ouvertures des éléments de tablier constituant gabarit de positionnement, - l'introduction de béton dans les ouvertures pour combler l'espace compris entre l'extrémité sH érieture des piles et la surface supérieure des éléments de tablier ainsi l'appui du tablier sur sa fondation, - la fixation définitive des éléments de tablier entre eux. L'acheminement des éléments de tablier flottants vers leurs emplacements respectifs peut entre réalisé très simplement au moyen par exemple, d'un bateau à moteur. De plus, la mise en place des piles est très aisée puisque celle-ci est réalisée au travers des ouvertures ménagées dans les éléments de tablier. L'installation pour la fabrication du pont conforme à l'invention comprend de préférence - une aire de préfabrication d'un groupe d'éléments de tablier flottants comprenant des ouvertures qui les traversent de part en part, cette aire comprenant une fosse creusée sur la berge, - des moyens pour acheminer les groupes d'éléments de tabliers vers leurs emplacements dans le plan d'eau, - des moyens pour enfoncer dans le sol des piles d'ancrage au travers des ouvertures des éléments de tablier et - des moyens pour combler de béton ltespace compris dans les ouvertures entre l'extrémité supérieure des piles et la surface supérieure des éléments de tablier. D'autres particularités et avantages de l'invention apparat- tront encore dans la description ci-après : - la figure 1 est une vue latérale schématique d'un pont conforme à l'invention, - la figure 2 est une vue en coupe transversale d'un pont conforme à l'invention, - la figure 2A est une autre vue en coupe transversale du pont de la figure 2, - la figure 3 est une vue en coupe suivant le plan III-III de la figure 2, - la figure 4 est une vue en coupe longitudinale montrant l'assemblage de deux éléments de tablier et une pile en appui contre une semelle de glissement d'un élément de tablier, - la figure 5 est une vue à grande échelle de la semelle de glissement représentée à la figure 4, - la figure 6 est une vue en coupe suivant le plan VI-VI de la figure 4, - la figure 7 est une vue en coupe longitudinale montrant la jonction entre deux éléments de tablier, et une pile rendue solidaire de ces derniers, - la figure 8 est une vue en coupe longitudinale montrant la jonction entre deux autres éléments de tablier au moyen de deux piles inclinées en sens inverse l'une par rapport à l'autre, - la figure 9 est une vue en coupe longitudinale partielle, montrant une pile en appui dans une cavité ménagée dans un élément de tablier, - la figure 10 est une vue en coupe transversale suivant le plan X-X de la figure 9, - la figure i1 est une vue en coupe longitudinale montrant une liaison mobile entre deux éléments de tablier, cette liaison comprenant un vérin amortisseur, - la figure 12 est une vue en coupe transversale d'une variante du pont conforme à l'invention, - la figure 13 montre l'étape de réalisation préalable d'un canal à travers un marécage, - la figure 14 montre l'aire et l'étape de préfabrication des éléments de tablier, - la figure 15 est une vue en coupe suivant le plan XV-XV de la figure 14, - la figure 16 montre l'étape d'acheminement des éléments de tablier vers leurs emplacements respectifs, - la figure 17 montre l'étape de mise en place des piles du pont conforme k l'invention. En référence k la figure 1, on a représenté un pont conforme à l'invention permettant de franchir un marécage entre deux points A et B de ce dernier. Ce pont comprend un tablier flottant 1 constitué d'éléments de tablier 2 préfabriqués et fixés bout à bout. Des moyens d'ancrage permettent de fixer le tablier 1 relativement au sol 4 du plan d'eau 5 du marécage. Ces moyens d'ancrage sont constitués, dans l'exemple représenté, par des piles 3, enfoncées dans le sol 4 d'une manière telle que l'extrémité supérieure 6 de chaque pile 3 constitue une surface d'appui pour les éléments de tablier 2. Comme on le verra plus loin en détail, la liaison entre le tablier 1 et les piles 3 peut être réalisée selon plusieurs variantes. TOutes ces variations de réalisation présentent la particularité que le tablier 1 repose sur les piles 3 selon une charge F qui correspond au poids total du tablier 1, diminué de la poussée d'Archimbde P exercée par l'eau sur celui-ci. De préférence, la liaison entre les éléments de tablier 1 et les piles 3 est réalisée pour qu'en l'absence de circulation sur le pont, le tablier 1 repose en appui sur les moyens d'ancrage, c'est-8-dire les piles 3 selon une charge d'appui F qui n1 excède pas 10% du poids total du tablier. Ainsi, lors du passage sur le pont de véhicules routiers ou ferroviaires, la charge qui s'exerce sur les piles 3 est constituée principalement par le poids des véhicules en question. La construction du-tablier 1 et des piles 3 peut donc être allégée puisqu'ils ne sont pas sollicités de façon permanente et qu'en l'absence de circulation, les piles 3 ne supportent au maximum que 10% du poids total du tablier 1. Les éléments de tablier 2 peuvent être réalisés sous forme de corps creux métallique, mais de préférence sont en béton armé ou précontraint. En effet, les eaux et l'ambiance agressive des sites éventuellement marécageux et/chauds conduisent de préférence à utiliser le béton précontraint qui évite tout risque de dégradation. L'utilisation d'un ciment pouzzolano-métallurgique est particulièrement recomnan- dée car ce ciment présente une excellente résistance à l'agression chimique des vases. De plus, du fait de son immersion partielle, le tablier 1 est à une température sensiblement constante et son retrait est stabilisé à une valeur minimale. Compte-tenu de l'appui constitué par les piles 3, le pont conforme b l'invention présente une excellente rigidité en flexion, tout en étant soutenu principalement par la poussée d'Archimède exercée par l'eau. En raison de cette excellente rigidité, le pont convient parfaitement pour le passage de convois ferroviaires, ce qui n'est pas le cas des ponts flottants non soutenus de type connu. Dans l'exemple de réalisation des figures 2 et 2A, le pont est représenté en coupe transversale. L'élément de tablier 10 cons titubé par un corps creux en béton précontraint apparatt sur ces figures en appui sur une paire de piles 11 enfoncées dans le sol 4 du plan d'eau 5. Une voie ferrée 12 ainsi que des éléments de parapet 13 sont également représentés. Selon cette réalisation du pont, chaque élément de tablier 10 présente la forme générale d'une coque de bateau et comporte à l'une de ses extrémités des cavités 14 dans lesquelles sont engagées les extrémités supérieures 15 des piles 11. On a représenté par des pointillés, l'emplacement d'ouvertures 16 débouchant dans les cavités 14. Ces ouvertures 16 servent, lors de la construction du pont, au passage des piles 11 et à leur mise en place dans le sol 4 du plan d'eau comme on le verra plus en détail plus loin. Comme on le voit sur les figures 2A et 3, les piles 11 ainsi que les cavités 14 sont symétriques par rapport à une cloison longitudinale 17 qui passe par l'axe longitudinal de chaque élément de tablier 10. Sur la figure 3, on voit d'autre part l'extrémité supérieure 15 des piles 11 qui constitue la surface d'appui sur laquelle repose l'élément de tablier 2 au moyen d'une chape dé béton 18 (Voir figure 2A). Dans la réalisation de la figure 3, on voit également la jonction entre deux éléments de tablier 10. Dans cette réalisation, la liaison entre les éléments de tablier 10 et les piles il est fixe. Pour tenir compte des effets de dilatation thermique, il est avantageux de prévoir pour certains éléments de tablier 2 des appuis mobiles ou glissants. Les figures 4 à 6 montrent k titre d'exemple, l'assemblage de deux éléments de-tablier 20, reposant sur une pile 21 par l'intermédiaire d'une semelle de glissement 22. Dans cet exemple, les éléments de tablier 20 sont reliés l'un à-l'autre au moyen de câbles 23 et 24 noyés dans le béton lors de la fabrication des éléments de tablier 20. Les extrémités des câbles 23 et 24 comportent respectivement des parties filetées 23a et 24a réunies ensemble au moyen d'un manchon taraudé 25. L'espace 26 entre les deux éléments de tablier 20 est comblé par du béton. Dans l'exemple des figures 4 et 6, les éléments de tablier 20 reposent en appui sur l'extrémité 21a des piles 21 par la base 27 de ltespace bétonné 26 qui se situe dans le prolongement de la paroi inférieure 28 des éléments de tablier 20. Comme indiqué en détail sur la figure 5, la semelle de glissement 22 comprend une plaque en élastomère 29 tel que néoprène fixée à la base 27 de l'espace bétonné 26 et recouverte sur sa surface de glissement par une couche 30 d'un matériau à faible coefficient de friction tel que du polytétrafluorethylène. Cette couche 30 est en appui sur une Inoxdsoie DoiS, plaque 31 en métal/ encastrée dans l'extrémité supefleure 21a des piles 21. On obtient ainsi un appui glissant à faible coefficient de friction, permettant d'obtenir un déplacement aisé des éléments de tablier 20 par rapport aux piles 21 sous l'effet de la dilatation thermique ou d'autres contraintes appliquées longitudinalement ou transversalement au pont. A titre de variantes d'appuis fixes, on peut également disposer des piles 32 entre les extrémités adjacentes 20a de deux éléments de tablier 20 et assurer la liaison entre les piles 32 et les extrémités adjacentes précitées en comblant l'espace 33 compris entre ces dernières par du béton (Voir figure 7). Un tel appui fixe peut également être assuré au moyen de paires de piles 34, comme indiqué sur la figure 8. Dans cet exemple, les piles 34 de chaque paire sont inclinées par rapport à la surface du sol 4 en sens inverse l'une de l'autre. D'autre part, ces piles sont rendues solidaires des éléments de tablier 20 au moyen de béton 35 comme dans la réalisation de la figure 7. Une telle disposition permet d'assurer une meilleure résistance du pont aux efforts s exerçant dans la direction longitudinale de celui-ci et engendrés par exemple, lors du freinage d'un convoi ferroviaire passant sur le pont. On peut également concevoir des variantes d'appui glissants. Les figures 9 et 10 montrent une paire de piles 36 en appui dans des cavités 37 symétriques d'un élément de tablier 38, par l'intermédiaire d'une semelle de glissement 39. Cette semelle de glissement 39 est semblable à celle qui a été décrite plus haut en référence aux figures 4 et 5. Les piles d'appui 36 sont enfoncées dans le sol 4 du plan d'eau 5, à travers les cavités 37 par le dessus de l'élé- ment du tablier 38. Après mise en place de la semelle 39, du béton 40 est coulé dans la partie supérieure des cavités 37, de manière à venir effleurer la semelle 39. Dans cette réalisation des regards 41 sont prévus sur les cotés 38a des cavités. Ces regards sont destinés au contre visuel de 11 état des semelles 39 et permettent éventuellement le remplacement des semelles usées. Pour amortir les effets de sollicitations dynamiques engendrées dans le sens de la longueur du pont, il est avantageux (voir figure 11), de ménager entre des groupes d'éléments de tablier 42 fixés de façon rigide les uns aux autres, une liaison mobile comprenant un vérin amortisseur 43. Dans cet exemple, le piston 43a du vérin 43 est solidaire de l'un des éléments de tablier 42, tandis que le cylindre 43b est solidaire de l'autre élément de tablier. Une plaque de protection 44 recouvre la jonction entre les éléments de tablier 42. Cette liaison mobile permet également de compenser la dilatation ou le retrait des éléments de tablier par suite des variations de température. Une répartition judicieuse des liaisons mobiles telle que cel- lereprésenti à la figure 11 et des appuis sur semelle glissante tels que ceux représentés sur les figures 4, 6, 9 et 10 entre plusieurs groupes comprenant par exemple, une dizaine d'éléments de tablier fixés de façon rigide les uns aux autres assure ainsi au pont une bonne dilatabilité longitudinale, ainsi qu'une stabilité longitudinale et transversale satisfaisante. Bien entendu, le pont que l'on vient de décrire destiné au passage d'une voie de chemin de fer peut également etre conformé en pont à deux voies pour le passage de véhicules routiers. Un tel pont constitué d'éléments de tablier 10a est représenté sur la figure 12. En référence aux figures 13 à 17, on va maintenant décrire les différentes étapes du procédé de fabrication du pont conforme à l'invention, ainsi que l'installation permettant la mise en oeuvre de ce procédé. La figure 13 montre l'étape préliminaire de réalisation d'un canal 50, à travers un marécage 51, au moyen de dragues flottantes 52. Le canal 50 est creusé à partir d'une aire de préfabrication 53 des éléments de tablier 54 (voir figures 14 et 15) jusqu''a l'emplacement où le marécage 51 doit entre franchi. Les figures 14 et 15 montrent l'agencement de l'aire de préfabrication 53 des éléments de tablier 54 et illustrent l t étape correspondante du procédé de fabrication du pont. Cette aire de préfabrication 53 comprend un poste 55 de préparation des armatures. La mise en oeuvre des coffrages, le bétonnage et le traitement thermique, la mise en précontrainte des éléments de tablier 54, sont exécutés en 56. Dans cette étape, on réalise également k chaque extrémité des éléments de tablier 54 des ouvertures 54a ou cavités qui les traversent de part en part. L'aire de fabrication 53 présente aussi un poste de finition 57 dans lequel est réaliséeltétanchéité extérieure des éléments de tablier 54, par exemple au moyen d'un rev8tement de bitume. L'aire de préfabrication comprend également une fosse 60 creusée sur la berge à proximité du marécage 51. Les éléments de tablier 54 sont assemblés dans cette fosse 60 puis acheminés vers le canal 50 au moyen d'un convoyeur à rouleaux 58. Les joints 59 prennent appui sur les bords longitudinaux des éléments de tablier 54 et assurent 11 étanchéité entre l'eau du marécage 51 et la fosse 60. Sur la figure 15, on voit que la fosse 60 présente au voisinage du canal 50 creusé dans le-marécage, une surprofondeur permettant de réaliser l'étanchéité de la face intérieure du tablier 54. Cette partie plus profonde 60 est également pourvue de convoyeur à rouleaux escamotables. A cet emplacement, on réalise l'assemblage des éléments de tablier 54, par exemple au moyen de cibles comme indiqué sur la figure 4. Par ailleurs, une station de pompage située en 61 permet d'assécher les fosses 56, 57 et 60. Sur la figure 16, on a illustré l'étape d'acheminement des éléments de tablier 54 préalablement asassemblés vers leurs emplacements respectifs dans le canal 50 du marécage avant raccordement à d'autres éléments 54b, déjà en place. Cet acheminement est réalisé par flottaison suivant l'axe du canal 50, grace à des moyens de remorquage ou de poussée tel qu'un bateau à moteur 62. Pour faciliter cet acheminement, il est avantageux que l'élément de tette, soit muni d'un bouclier 63 permettant de chasser les boues (voir également figure 14). La figure 16 montre l'étape de mise en place des piles 64 d'appui des éléments de tablier 54. Cette mise en place est assurée au moyen d'une grue flottante 65 disposée dans le canal 50 le long des éléments de tablier 54. Les piles 64 sont mises en place dans le sol 66 du marécage ou enfoncées dans celui-ci au travers des ouvertures 54a aménagées dans les éléments de tablier 54, comme décrit précédemment. Lorsque les piles 64 sont en place, du béton est coulé par des moyens appropriés dans les ouvertures 54a des éléments de tablier à l'intérieur de ltespace compris entre l'extrémité supérieure des piles 64 et la surface supérieure des éléments de tablier 54 comme déjà décrit en référence aux figures 4 et 6. Enfin, les vérins amortisseurs sont mis en place entre des groupes d'éléments de tablier. L'invention permet donc de remédier aux inconvénients des réalisations connues. Le tablier déjaugé de la majeure partie de son poids propre ne subit aucune flexion longitudinale lors du passage d'un convoi, gracie à l'appui constitué par les piles. Le pont convient ainsi parfaitement au passage d'une voie ferroviaire. La charge appliquée aux fondations du pont constituées par les piles est réduite pratiquement aux seules surcharges résultant du passage des envois sur'le pont. il en résulte ainsi une économie considérable de construction et une plus grande sécurité puisque le sol supportant les piles n'est soumis qu'à une charge permanente très réduite. En particulier,la profondeur d'enfoncement des piles d'ancrage peut entre relativement faible, de m8me que leur nombre et leur diamètre.La préfabrication des tabliers est assurée à une cadence industrielle pouvant atteindre plusieurs éléments par jour. Le transfert des tabliers, par flottaison, sans recours à des éléments porteurs, depuis un chantier de préfabrication à hautes performances jusqu'à leurs emplacements respectifs, est réalisé dans des conditions aisées et peu onéreuses. Bien entendu, l'invention n'est pas limitée aux exemples que lton vient de décrire et on peut apporter à ceux-ci de nombreuses modifications sans sortir du cadre de l'invention. Ainsi, l'invention bien que particulièrement adaptée au franchissement des marécages peut également s'appliquer au franchissement de tout autre plan d'eau pourvu que le sol de ce dernier se prote à la mise en place de moyens d'appui tels que des piles. Bien entendu, dans le cas d'un plan d'eau tel qu'un lac ou un étang, il est inutile de creuser au préalable un canal pour l'acheminement des éléments de tablier. Par ailleurs, les piles peuvent autre remplacées par d'autres moyens d'ancrage, l'essentiel étant que ces derniers assurent un appui pour le pont selon une charge qui correspond au poids total du pont diminuée de la poussée d'Archimède exercée par l'eau. L'ouvrage peut comporter en certains points la nécessité d'un franchissement transversal par des bateaux ou autres éléments flottants sur le plan d'eau. il est alors aisé de réaliser une double travée flottante mobile pivotante sur l'appui intermédiaire aménagé en conséquence. L'ensemble de l'ouvrage comporte en outre tous les dispositifs nécessaires pour la sécurité des usagers et la surveillance et la visite permanente du comportement 1? ouvrage. Un disposi- tif simple et fiable, mécanique ou électrique, permettra en particulier de déceler immédiatement toute fuite d'eau susceptible d'envahir un élément quelconque du tablier. REVENDICATIONS 1.- Pont pour le franchissement d'un plan d'eau, comprenant un tablier flottant sur 11 eau et des moyens pour ancrer ce tablier relativement au-sol du plan d'eau, caractérisé en ce que le tablier repose en appui sur lesdits moyens d'ancrage selon une charge qui correspond au poids total du tablier diminuée de la poussée d'Archimède exercée par l'eau sur ce tablier. 2.- Pont conforme la revendication 1, caractérisé en ce quten 11 absence de circulation, le tablier repose en appui sur les moyens d'ancrage selon une charge correspondant au plus k 1ouzo environ du poids total du tablier. 3.- Pont conforme à l'une quelconque des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que le tablier est constitué par un ensemble d'éléments de tablier creux préfabriqués et fixés bout à bout. 4.- Pont conforme à l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que les moyens d'ancrage sont constitués par des piles enfoncées dans le sol, l'extrémité supérieure des piles constituant une surface d'appui pour le tablier ou les éléments de tablier. 5.- Pont conforme k l'une quelconque des revendications 3 ou 4, caractérisé en ce que chaque élément de tablier comporte des ouvertures ou des cavités dans lesquelles sont engagées les extrémités supérieures des piles. 6.- POnt conforme à la revendication 5, caractérisé en ce que chaque élément de tablier comporte à l'une de ses extrémités deux cavités disposées de façon symétrique par rapport à l'axe longitudinal de l'élément de tablier. 7.- POnt conforme à la revendication 6, caractérisé en ce que les cavités traversent de part en part chaque élément de tablier, l'espace compris entre la surface d'appui des piles et la surface supérieure des tabliers étant comblé de béton. 8.- POnt conforme à l'une quelconque des revendications 4 à 7, caractérisé en ce qu'au moins certains éléments de tablier sont en appui sur les piles au moyen d'une semelle de glissement. 9.- Pont conforme à la revendication 8, caractérisé en ce que la semelle comprend une plaque en élastomère recouverte sur sa surface de glissement par une couche de polytétrafluoréthylène. 10.- Pont conforme à la revendication 4, caractérisé en ce qu'au moins certains des éléments de tablier sont ancrés au sol au moyen de paires de piles, les piles de chaque paire étant inclinées par rapport à la surface du plan d'eau, et de façon inverse l'une par rapport à l'autre et les paires de piles étant rendues solidaires de l'élément de tablier par du béton. 11.- Pont conforme à l'une quelconque des revendications 3 à 10, caractérisé en ce que la liaison entre les éléments de tablier est assurée au moyen de cabales, et l'espace compris entre les éléments adjacents est comblé par du béton. 12.- Pont conforme à l'une quelconque des revendications 3 k 11, caractérisé en ce que le pont comprend plusieurs groupes d'éléments de tablier dans lesquels ces derniers sont fixés de façon rigide les uns aux autres, les groupes d'éléments de tablier étant reliés les uns aux autres par une liaison mobile comprenant au moins un vérin amortisseur. 13.- Procédé pour la fabrication d'un pont pour le franchissement d'un plan d'eau, caractérisé en ce qu'il comprend les étapes suivantes : - la fabrication d'éléments de tablier flottants comprenant des ouvertures ou cavités qui les traversent de part en part, - l'acheminement des éléments de tablier flottants vers leurs emplacements respectifs sur le plan d'eau, par groupe de plusieurs travées préassemblées, - l'enfoncement de piles d'ancrage dans le sol au travers des ouvertures ou cavités des éléments de tablier, - l'introduction de béton dans les ouvertures ou cavités pour combler 11 espace compris entre ltextrémité supérieure des piles et la surface supérieure des éléments de tablier et - la liaison définitive des éléments de tablier entre eux. 14.- Procédé conforme à la revendication 13, particulièrement appliqué à la fabrication d'un pont pour le franchissement d'un marécage, caractérisé en ce qu'on creuse tout d'abord un canal dans le marécage et en ce qu'on achemine les éléments de tabliers dans ce canal vers leurs emplacements respectifs. 15.- Procédé conforme à l'une quelconque des revendications 13 ou 14, caractérisé en ce que les éléments de tablier sont assemblés par groupe de plusieurs éléments dans une fosse creusée sur la berge du plan d'eau, avant d'entre acheminés dans ce plan d'eau ou dans le canal précité. 16.- Installation pour la fabrication d'un pont pour le franchissement d'un plan d'eau, caractérisée en ce qu'elle comprend: - une aire de préfabrication d'un groupe d'éléments de tablier flot tants comprenant des ouvertures ou cavités qui les traversent de part en part, cette aire comprenant une fosse creusée sur la berge, - des moyens pour acheminer les groupes d'éléments de tabliers vers leurs emplacements dansle plan d'eau, - des moyens pour enioncer dans le sol des piles d'ancrage au tra vers des ouvertures ou cavités des éléments de tablier et - des moyens pour combler de béton l'espace compris dans les ouver tures ou cavités entre l'extrémité supérieure des piles et la surface supérieure des éléments de tablier. 17.- installation conforme à la revendication 16, caractérisée en ce que la fosse de l'aire de préfabrication des éléments de tablier comprend un convoyeur à rouleaux pour le déplacement des éléments de tablier vers le plan d'eau. 18.- Installation conforme à l'une quelconque des revendications 16 ou 17r, caractérisée en ce qu'elle comprend entre le plan d'eau et la fosse de l'aire de préfabrication, des joints prenant appui sur les bords longitudinaux d'un élément de tablier et assurant l'étanchéité entre le plan d'eau et la fosse précitée.