La formation de décors sur des plaques de verre par dépôt de revêtements produisant l'effet de coloration par interférence est déjà connue. Le brevet CH 339 575 par exemple décrit les caractéristiques des couches colorées par interférence et indique le monoxyde de silicium comme étant une matière apte à réaliser des couleurs variées dépendant de l'épaisseur du revêtement. Selon la demande de brevet FR 2 369 103, des décors peuvent être réalisés par application successive de deux revêtements à coloration par interférence avec interposition d'un masque sur des plaques de verre telles que des verres de lunette par exemple. La présente invention concerne des perfectionnements apportés à la réalisation des revêtements colorés par interférence sur des plaques de verre. Pour déterminer le décor, il est nécessaire de disposer de méthodes convenables de réalisation du masque. Jusqu'à maintenant, les masques prévus étaient constitués, soit par des caches, soit par des produits d'épargne revêtant certaines zones de la surface à décorer. Cette méthode permettait d'obtenir des images en silhouette ou des dessins au trait. Or, les recherches de la requérante ont montré qu'il était possible de former des masques constitués d'une couche de produit d'épargne ayant la structure des zones en demi-teintes des clichés en similigravure ou en photogravure utilisés dans l'imprimerie. L'utilisation de cette méthode de formation du masque permettait dès lors de produire sur les plaques de verre des décors représentant des photographies et même, le cas échéant, des photographies en plusieurs couleurs. Selon l'invention, un premier objet du présent brevet est un procédé de décoration d'une plaque de verre comprenant le déport successif, sur une de ses faces, d'un premier et d'un second revêtement minces, puis l'application d'un masque et le dépôt d'un troisième revêtement mince, de façon à produire un décor semitransparent, caractérisé en ce que l'application du masque est réalisée par dépôt d'un produit d'épargne sur le second revêtement au moyen d'un cliché qui présente des plages en demi-teintes obtenues à partir d'une image tramée, le produit d'épargne étant établi en couche mince sur le cliché. L'invention comporte également une application du procédé à la formation d'un décor représentant une image photographique sur des verres de lunette et le verre de lunette obtenu par l'application du procédé. On va décrire ci-après comment l'invention peut être mise en oeuvre en se fondant sur un exemple de réalisation et sur le dessin annexé dont les fig. 1, 2 et 3 sont des vues en coupe schématique et partielles d'une plaque de verre à différentes étapes au cours de l'application du procédé. L'exemple décrit ci-après se rapporte à la formation d'un décor représentant une photographie sur un verre de lunette légèrement bombé. Au dessin, le verre est représenté en 1. Sa face convexe est tournée vers le haut.Après nettoyage de la surface convexe du verre, selon les procédés connus dans la technique de dépôt des revêtements minces par évaporation sous vide, on commence par déposer sur la face convexe 2 un premier revêtement 3 qui sera formé de préférence de chrome. De ce fait, la réflexion des rayons lumineux sur la surface 2 est améliorée. Ce premier revêtement sera suffisamment mince pour être transparent. Il atteindra par exemple quelques centaines d'a. En lieu et place du chrome, d'autres métaux peuvent également servir à former le revêtement 3. La méthode de formation d'un revêtement par évaporation sous vide est bien connue.Une cellule contenant la matière à évaporer est placée dans une enceinte dans laquelle on fait le vide. Le verre qu'il s'agit de traiter est placé dans la même enceinte et après chauffage de la cellule, la matière sublimée et dirigée par la différence de potentiel régnant entre la cellule et le support du verre se dépose progressivement en couches régulières et adhérantes. Après le dépôt du revêtemet 3 qui forme une couche uniforme sur toute la surface du verre 1, on procède au dépôt d'un second revêtement mince 4. Ce second revêtement est constitué d'une matière non métallique transparente comme par exemple le monoxyde de silicium SiO. L'épaisseur de ce second revêtement sera réglée de façon que la couleur obtenue par les interférences entre les rayons réfléchis sur les deux faces du revêtement soit une couleur sombre comme par exemple le bleu. Au lieu de SiO pur, on peut également produire par un agencement convenable de la cellule un revêtement constitué d'un mélange de SiO et de TiO. La couleur obtenue est alors plus foncée qu'avec le SiO pur. La troisième opération consiste dans le dépôt du masque 5. Pour cela, on utilise par exemple un tampon en une matière souple par exemple en caoutchouc ou en élastomère. Le décor à reproduire est gravé sur la face active de ce tampon. Pour cela, on utilise les techniques connues de fabrication des clichés d'imprimerie. On sait que la fabrication des clichés pour similigravure ou photogravure produit dans les zones qui doivent apparaltre en demi-teintes des champs de saillies et de creusures dont les dimensions relatives et les espacements correspondent aux tons qu'il s'agit de reproduire. Le cliché est obtenu à partir de la photographie que l'on désire reproduire par production d'une image tramée qui détermine les champs en demi-teintes. Le tampon utilisé dans le procédé décrit peut présenter une face# gravée en métal, par exemple en zinc ou en cuivre, mais la face gravée peut également être une surface d'un élastomère ou d'un caoutchouc.Au lieu d'un tampon, on pourrait également utiliser un rouleau. Le masque 5 est constitué par un produit d'épargne pour lequel on utilise un vernis du type des polyesters par exemple un vernis cellulosique. Ce vernis utilisé en solution dans un solvant convenable, par exemple l'acétone, devra évidemment avoir subi une opération d'étuvage afin d'éviter le dégagement de gaz lorsque le verre revêtu de son produit d'épargne sera placé dans l'enceinte de déposition sous vide. De même la fluidité du produit d'épargne sera dosée afin que la répartition des points de l'image dans les zones en demi-teintes correspondent à la photographie que l'on désire obtenir. On a représenté aux fig. 1 et 2 deux régions Sa et 5b du masque qui correspondent à deux points de dimensions différentes de l'image tramée. L'épaisseur du masque sera en général différente de celle des couches 3 et 4. Comme le montre la fig. 2, en soumettant la plaque de verre 1 à une nouvelle opération de dépôt d'un revêtement mince à coloration par interférence, l'ensemble de la plaque est revêtu d'une couche 6, par exemple de monoxyde de silicium. L'épaisseur de ce troisième revêtement sera également comprise entre environ 500 A et 2.500 et sera choisie en fonction du résultat visé, comme on le verra plus loin. Il est important de noter que la coche 6 ne présente aucune adhésion sur l'épargne 5. En revanche, dans les régions situées entre les zones (5a et 5b) revêtues de l'épargne, la couche 6 vient se déposer directement sur la couche 4 et y adhère. Les deux couches se fondent et ne constituent plus qu'une seule couche. Il n'est pas indispensable que les deux couches 4 et 6 soient de constitution différente.Il suffit pour obtenir le contraste de couleurs voulu que les épaisseurs soient correctement dosées. Après le dépôt de la couche 6, on éliminera le masque 5 en plongeant la pièce de verre dans un bain du solvant utilisé pour le produit d'épargne. Le résultat obtenu est visible à la fig. 3. Au droit des zones qui ont été protégées par l'épargne 5, le revêtement du verre 1 présente l'épaisseur de la couche 4, de sorte que lorsqu'on le regarde depuis le haut, il apparaît de la couleur que donne cette couche, par exemple bleue. En revanche, les zones qui ont reçu la couche 6 apparaîtront d'une autre couleur qui dépend de l'épaisseur de la superposition des couches 4 et 6. Si cette couleur est par exemple jaune, on obtient un beau contraste entre les différentes zones. L'expérience a montré qu'avec l'emploi d'un cliché qui présente des zones en demi-teintes, la méthode décrite permettait de reproduire les demi-teintes avec une très grande fidélité par l'alternance des zones 6 et 4 sur la plaque de verre 1. Même des points clairs de dimensions inférieures à 1/10 mm séparés par des zones sombres ou vice-versa ressortent d'une façon parfaitement nette lorsqu'on regarde la plaque 1 de dessus. Il est possible de reproduire une photographie par la méthode décrite ci-dessus sur des verres de lunette bombés et dans une application plus élaborée du procédé décrit, on pourrait même reproduire des photographies en plusieurs couleurs. Pour cela, avant de procéder au déport du masque qui permet de former le revêtement le plus clair, on pourrait intercaler une opération de dépôt d'un masque ne présentant pas de plages en demi-teintes mais donnant à certaines régions de la couche 4 une surépaisseur telle que ces régions soient colorées en continu d'une couleur telle que le rouge, le violet, le vert. La formation de l'image tramée au moyen d'un tampon présentant des zones en demi-teintes serait alors effectuée après le dépôt de cette seconde couche colorée comme décrit ci-dessus. Un des résultats les plus surprenants du procédé décrit est que les zones qui apparaissent en clair sur l'image sont formées par des portions de revêtement d'épaisseur supérieure à celle des zones qui apparaissent de couleur foncée. En effet, le revêtement est alors formé par l'épaisseur de la couche 4 plus l'épaisseur de la couche 6. Dans l'application aux verres de lunettes, cet effet est particulièrement intéressant, étant donné que la transparence générale du verre est alors uniforme, de sorte que lorsque les lunettes sont portées, l'image ne perturbe pas la vision. Dans les zones claires du décor, la transparence est légère- ment atténuée par l'épaisseur de matière plus grande, tandis que dans les zones sombres, elle est atténuée par la couleur et non par l'epaisseur de matière. REVENDICATIONS 1. Procédé de décoration d'une plaque de verre, comprenant le dépôt successif, sur une de ses faces, d'un premier et d'un second revêtements minces, puis l'application d'un masque et le dépôt d'un troisième revêtement mince, de façon à produire un décor semi-transparent, caractérisé en ce que l'application du masque est réalisée par dépôt d'un produit d'épargne sur le second revêtement au moyen d'un cliché qui présente des plages en demiteintes obtenues à partir d'une image tramée, le produit d'épargne étant étalé en couche mince sur le cliché. 2. Application du procédé selon la revendication 1, à la formation d'un décor représentant une image photographique sur des verres de lunette. 3. Verre de lunette obtenu par application du procédé selon la revendication 1. 4. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le produit d'épargne est éliminé après le dépôt du troisième revêtement par dissolution dans un bain. 5. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on utilise comme produit d'épargne un vernis du type des polyester et notamment un vernis cellulosique. 6. Procédé selon les revendications 4 et 5, caractérisé en ce que l'élimination de l'épargne a lieu dans un bain d'acétone. 7. Procédé selon la revendication 1, dans lequel le second et le troisième revêtement sont des couches minces de SiO produisant un effet de coloration par interférence, caractérisé en ce que l'épaisseur du second revêtement est réglée de façon à donner une couleur relativement sombre comme le bleu, tandis que l'épaisseur additionnelle du troisième revêtement est réglée de façon à donner une couleur relativement claire, comme le jaune. 8. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on utilise un cliché en une matière tendre de façon à permettre l'application du décor sur une plaque de verre bombée. 9. Verre de lunette selon la revendication 3, caractérisé en ce qu'il est bombé et en ce que le décor est formé sur sa face convexe.