L'agronomie est probablement l'une des plus vieilles sciences connues et pratiquées par 1'homme.D'une manière générale,on peut y englober tous les efforts faits par l'homme,dans le passé et dans le présent,pour améliorer l'efficacité du cycle de croissan-5 ce,la production qualitative et quantitative,la valeur alimentaire, la grosseur etc. d'un végétal vivant donné. La mise en état du sol a été l'un des domaines particuliers auxquels l'homme a consacré ses efforts. Jusqu'à présent, ces efforts se traduisent par l'addition 10 au sol d'élénents nutritifs contribuant à la croissance des plantes. Toutefois aucune des techniques connues n'a permis d'exploiter à fond la fertilité d'un sol. En effet, le sol contient des éléments nutritifs qui incorporés pourraient servir à faire croître et vivre les plantes,mais ces éléments doivent d'abord être transfor-15 més de leur état passif à un état actif ou ionique. La situation idéale pour la mise en état ou "conditionnement" du sol est celle où les additifs apportés au sol engendrent d'une manière continue, par action cyclique,des nouveaux éléments nutritifs pour le sol et les font passer de leur état passif à un 20 état actif . La présente invention permet d'atteindre ce résultat par un procédé qui est caractérisé par une séquence réglée de réactions organiques naturelles telles que le feuillage des plantes se transforme en une culture favorisant la formation des feuilla-25 ges d'éléments nuttitifs. Un facteur majeur qui apparaîtra plus nettement ci-après est le contrôle exercé sur le déroulement de cette séquence des réactions: autrement dit, sans ce contrôle ou "réglage",on n'exploite pas à fond le potentiel total des propriétés du conditionneur du sol. J0 II a été découvert un procédé permettant de Prfgg££|,orLS une culture enrichissante au moyen d'une séquence réglée (^organiques naturelles qui comprend un certain nombre de stades,parmi lesquels les suivants: - on pratique une tranchée , dans cette tranchée un sol au-35 quel on a inoculé des bactéries putréfiantes. Un tel sol est le sol fertile typique rencontré dans les contrées non arides; - dans cette tranchée on dépose une certaine quantité de feuillage qu'on laisse se dégrader et former une bouillie. La dégradation est mise en évidence par le dégagement de gaz carbonique 40 qui s'effectue de la tranchée jusque dans 11 atmosphère.Ce gaz car 71 15668 2 2088269 bonique provient de l'action préférentielle sélective exercée par les micro-organismes sur l'excès des hydrates de carbone constituant la source dominante d'énergie. Après formation de la bouillie on la recueille dans un réci-5 pient contenant de l'eau additionnée de carbonates tels que ceux de calcium ou ie magnésium. Normalement, l'eau de puits convient à cet effet, car ille contient en général suffisamment desdits carbonates. On examine périodiquement le contenu dy. récipient jusqu'à ce que le coefficient d'ionisation du mélange indique qu'il 10 n'y a plus ammoniation et que la nitrification est amorcée-, Ch filtre le mélange pour le débarrasser des corps n'ayant pas réagi et l'on recueille le filtrat, Enfin,on laisse vieillir ou reposer le filtrat jusqu'à ce que le coefficient d'ionisation soit de nouveau stabilisé. 15 Le filtrat stabilisé constitue ainsi une culture favorisant la formation d'éléments nutritifs qui,appliquée à des plantes poussant en terre ou en pots, régénère en continu les éléments nutritifs moléculaires et/ou les convertit en la forme élémentaire nécessaire pour la croissance des plantes. 20 Pour mieux se rendre compte de la contribution apportée à l'agronomie par 1'invention,et avant de décrire celle-ci en détails; il est bon de revoir les cycles naturels qui se produisent au seii^du sol pour assurer la croissance. Les besoins alimentaires des plantes en cours de croissan-25 ce sera approchée de la meilleure manière en partant du point de vue colloïdobiologique. Par exemple, la fertilité d'un sol dépend beaucoup de l'activité bactérienne. On trouve dans les sols des centaines de types de bactéries, dont la nature et le développement dépendent des conditions régnant dans le milieu, telles 50 que humidité favorable, équilibre ionique,température,nature des sources d'énergie disponibles et degré d'aération. La flore du sol comprend des organismes protéolytiques aérobies et anaérobies et dissociateurs d'hydrates de carbones capables de provoquer une décomposition et une putréfaction. Elle comporte en outre des bac-35 téries qui réduisent les nitrates en nitrites, des bactéries utilisant l'azote de l'air et l'ammoniac pour former des nitrates et des bactéries utilisant des composés du soufre,-du fer, du phosphore, du manganèse, tout le règne minéral fournissant des microéléments nutritifs qui contribuent à la fonction complexe de fer-^0 tilité. Il en est de même des microorganismes ou éléments biolo- 71 15663 3 2088269 giques autres que les bactéries. Toutes ces réactions biologiques fournissent des molécules complexes dont les constituants doivent être ionisés pour devenir des éléments nutritifs assimilables. Cette ionisation est entièrement assurée par les divers complexes 5 colloïdaux. Le prélèvement constant d'éléments nutritifs opéré sur le sol par lessivage et par les végétaux récoltés, entraînerait vite la disparition totale des éléments nutritifs du sol si tous les groupements de microorganismes n'agissaient continuellement 10 pour reconstituer des réserves. Cet appauvrissement exerce d'autre part un effet corollaire sur les microorganismes essentiels, à moins que des mesures ne soient prises pour les conserver à la concentration optimale. L'appauvrissement en éléments de fertilisation assimilables subi par tout sol, même avec les meilleures 15 méthodes de culture,a fait antérieurement l'objet d'études sérieuses qu'il est inutile d'exposer ici en détail. Néanmoins, étant donné les problèmes aigtis que soulève l'appauvrissement continuel subi par le sol du fait des récoltes successives, il y a un intérêt indéniable évident à disposer d'une méthode économique et fa-20 cilement applicable de renouvellement et d'entretien du peuplement biologique dont la présence est essentielle dans les sols producteurs de récoltes. Ceci est particulièrement net lorsque le milieu enrichissant inoculé est le produit d'un cycle na^-turel normal non stimulé artificiellement de l'extérieur, qui ne saurait 25 se traduire en milieu naturel que par des résultats instables.Le produit selon l'invention est un bouillon organique obtenu en milieu organique complètement naturel,uniquement réglé par le maintien de conditions ambiantes optimales et par le retrait de sources d'énergie dominante particulières opéré entre les divers sta-30 des quand ces sources ont mené les réactions désirées à bonne fin. Ceci permet aux sources d'énergie créées de provoquer de nouvelles réactions avantageuses. On a détaillé ci-après les stades successifs du procédé de l'invention, pour en mieux expliquer le fonctionnement et les 35 résultats. Stade 1 Initialement,on creuse tin trou ou une tranchée de dimensions optimales dans un sol auquel a été inoculé un ensemble complet de bactéries protéolytiques et de dissociation d'hydrates de 40 carbone. A titre non limitatif , une tranchée typique peut avoir 71 15663 4 2088269 environ 50 cm de large et 60 cm de profondeur pour permettre aux microorganismes actifs d'accéder d'une manière uniforme à toute la masse, sans apparition de réactions étroitement localisées dans certaines zones écartées. Dans la tranchée,on dépose des 5 feuillages étoffés, récoltés en excellent état. On recouvre ensuite lesdits feuillages pour les faire réagir d'une manière correcte avec les microorganismes du sol environnant et pour maintenir des conditions de température et d'humidité favorables,dans lesquelles la réaction se poursuit jusqu'à putréfaction totale. 10 Dans des conditions appropriées de milieu,la réaction est terminée après 15 à JO jours. Ce délai écoulé, on obtient une bouillie de feuillage en décomposition. Stade 2 Une fois la réaction terminée,on introduit dans un ou 15 plusieurs récipients des quantités successives, dosées,ou lots , de bouillie.A chaque dose de bouillie,on ajoute de l'eau contenant des carbonates de calcium ou de magnésium.On utilise avantageusement de l'eau de puits qui a "une forte teneur en ces carbonates. A titre non limitatif, on indiquera que les proportions approxima-20 tives peuvent être les suivantes:environ 10 volumes d'eau carbo-natée pour un volume de bouillie. Cette combinaison se traduit par dilution de la bouillie épaisse initiale en une bouillie assez fluide qui peut se mélanger et se disperser. On maintient la bouillie dans un intervalle 25 de température optimal,par exemple aux environs de 27°C + 6°C jusqu'à ce que la réaction soit menée à bonne fin,ce qui est constaté à partir d'un ou plusieurs des indices dont on dispose. Par exemple, la fin de la réaction du second stade peut être établie en vérifiant périodiquement le coefficient d'ionisation de la 30 bouillie diluée,jusqu'à ce qu'il se stabilise. A ce moment,on observe un accroissement du peuplement en microorganismes et enzymes les accompagnant. La fin de la réaction est en outre marquée par le fait que les produits solubles résultant de la réaction approchent davantage de la saturation et par le début de la forma-35 tion de colloïdes lyophiles qui se traduit ici par une peptisation fixe. Stade 3 On filtre alors la bouillie formée au stade précédent (2) et on recueille le filtrat dans des récipients,par lots successifs. 40La filtration est effectuée à travers un milieu ou tamis à ouvertu 71 15668 5 2088269 res réduites, de manière à retenir la fraction non putréfiée et insoluble des fibres végétales. On débarrasse ainsi le système de la majeure partie des hydrates de carbone n'ayant pas réagi constituant une source d'énerfeie dominante,ce qui permet à la ni-5 trification et aux réactions connexes d'intervenir sur d'autres sources d'énergie précédemment établies. Ce stade, comme le précédent,assure: 1°) une augmentation du peuplement en microorganismes résultant de la réaction progressive, 10 2°) une augmentation de la quantité de produits solubles précédemment présents dans la phase liquide et 3°) une progression à la fois en quantité et en dimensions de la formation de colloïdes lyophiles. Certains de ces colloïdes acquièrent des propriétés mécaniques analogues à celles d'un gel 15 facile à disperser par agitation minimale. Cet état résulte d'un degré de sursaturation en certains constituants dûs aux réactions organiques. De plus, il se produit ainsi un milieu pouvant finalement subir une peptisation à l'intérieur du sol,après dilution.Le dit milieu résiste à la synérèse entre les limites d'une concentra-20 tion saline même anormalement forte,et protège les colloïdes lyo-phobes contre la sjnérèse qui interviendrait autrement d'une manière irréversible par réaction avec les sels. Après une durée de vieillissement appropriée, qui peut être pratiquement de 5 jours au maximum et est déterminée par la con-25 centration ionique tampon atteinte, le filtrat vieilli résultant constitue une culture productrice d'éléments nutritifs qui présente les caractéristiques suivantes: elle offre un complément complet et viable d'éléments organiques nécessaires pour transformer les molécules naturelles et chi-30 miques en éléments ionisés d'alimentation de base des"végétaux, et qui se développent en pénétrant dans le sol environnant; elle contient une réserve convenable d'éléments* nutritifs constituant dès sources d'énergie disponibles pour stimuler des réactions qui se développent progressivement au sein d£ sol; 35 elle constitue un complexe colloïdal lyophile ionisé,pouvant assurer des réactions d'échange de base importantes pour maintenir dans le sol un équilibre ionique optimum. L'exemple décrit ci-dessus est un mode préféré, et non limitatif de mise en oeuvre de l'invention. 71 15668 6 2088269 -REVENDICATIONS- 1. Procédé de préparation d'une culture productrice d'éléments nutritifs par une séquence réglée de réactions organiques naturelles, caractérisé en ce qu'il comporte les stades suivants au cours desquels est réglée ladite séquence: 5 a) on ménage dans le sol une tranchée ou autre dépression à ciel ouvert délimitée, dans la zone marginale duquel on a inoculé des bactéries putréfiantes, b) on y dépose une certaine quantité dè feuillage dans des conditions lui permettant de- se dégrader et former une bouillie,le 10 processus de putréfaction provoquant le dégagement de gaz carbonique dans l'atmosphère, c) on recueille ladite bouillie dans un récipient et on lui ajoute de l'eau contenant des carbonates de calcium ou de magnésium, 15 d) on détermine le coefficient d'ionisation du mélange jus qu'à ce qu'il se stabilise, e) on filtre le mélange pour le débarrasser des corps n'ayant pas réagi et l'on recueille le filtrat; f) on fait vieillir le filtrat jusqu'à ee que le coefficient 20 d'ionisation se stabilise,ce filtrat stabilisé constituant une culture productrice d'éléments nutritifs. 2.Procédé selon la revendication 1,caractérisé en ce que l'eau contenant des carbonates est de l'eau de puits naturelle. 3. Procédé selon la revendication 1,caractérisé en ce qu'on 25 effectue ladite filtration par lots progressifs. 4. Procédé selon la revendication 1,caractérisé en ce qu'on fait vieillir le filtrat pendant un temps tel que le coefficient de concentration indique une teneur suffisante en colloïdes lyophi-les. 30 5.Procédé selon la revendication 1,caractérisé en ce que le dit processus de putréfaction s'étend sur 15 à 30 jours. 6. Procédé selon la revendication 1,caractérisé en ce que le rapport en volume eau/bouillie est d'environ 10. 7.Procédé selon la revendication 1,caractérisé en ce qu'on fait vieillir le filtrat pendant un temps allant jusqu'à 5 jours.