L'invention a pour objet un procédé et des produits antidérapants pour éviter qu'un outil ne dérape pendant le déblocage ou le serrage d'une pièce mécanique, par exemple d'une vis, d'un écrou, d'un contour polygonal d'une pièce de tuyauterie ou de robinetterie. Le secteur technique de l'invention est celui du serrage et du blocage des vis, boulons, écrous et accessoires de robinetterie. On connaît des produits antidérapants destinés par exemple à éviter que les roues d'un véhicule ne glissent sur une chaussée ou une piste verglacée. On connaît également des peintures de sol antidérapantes,des gonanes an- tidérapantes que l'on applique sous les cartons d'emballage pour éviter qu'ils ne glissent l'un sur l'autre ainsi que des cires ou résines antidérapantes que l'on applique sur des courroies de transmission pour éviter qu'elles ne patinent sur une poulie. Lorsqu'on utilise un tournevis pour dévisser une vis ou bien une clef ou une pince pour débloquer un écrou, un boulon ou n'importe quel accessoire de tuyauterie ou de robinetterie comportant un contour polygonal, il arrive souvent que le tournevis dérape ou que la clef tourne à vide surtout si la vis ou le contour polygonal est usé et si la vis ou l'écrou est fortement bloqué. De ce fait, il est quelquefois très difficile sinon impossible de dévisser certaines vis dont la rainure linéaire ou cruciforme est usée ou de débloquer des écrous dont les arêtes sont émoussées. L'objectif de la présente invention est de procurer un moyen et des produits antidérapants qui permettent d'éviter cet inconvénient en augmentant l'adhérence d'un outil sur une pièce métallique de telle sorte que les dérapage de l'outil sur le métal sont évités et qu'il est possible d'exercer des efforts de déblocage ou de serrage beaucoup plus importans sans risquer que l'outil n'échappe à la pièce qui doit être débloquée ou bloquée-. Cet objectif est atteint au moyen d'un procédé pour éviter qu'un outil du type tournevis, clef, pince, étau ou analogue ne dérape pendant le déblocage ou le serrage d'une pièce mécanique telle que écrou, boulon, contour polygonal et pour éviter qu'une cale ou un coin ne glisse sur un appui selon lequel avanle déblocage ou le serrage de la pièce ou avant la mise en place d'une cale ou d'un coin, on enduit soit la surface de l'outil, soit la surface de la pièce, de la cale ou du coin d'une pâte composée de grains durs et non cassants, enrobés dans un liant pâteux ou très visqueux. L'invention a pour résultat un nouveau produit qui constitue une te antidérapante qui est composée de grains d'un produit abrasif, notamment de corindon, enrobés dans un liant piteux ou très visqueux, le calibre des grains étant compris entre le calibre 40 et le calibre 240. La proportion de grains abrasifs compriseentre les calibres 40 et 80 représente au moins vingt pour cent du poids total des grains. Le liant est par exemple une graisse ou tout autre liant pâteux ou visqueux tel qu'un gel, une cire, une huile très épaisse ou une résine p - teuse ou très visqueuse. On rappelle que le corindon est de l'alumine cristallisée. On utilise de grandes quantités de corindon artificiel comme produit abrasif pour fabriquer notamment des meules ou des bandes abrasives. Le corindon artificiel est constitué de cristaux d'oxyde d'aluminium électrofondu et recristallisé et d'un peu de bioxyde de titane qui lui confère une grande solidité. La granulométrie des grains est exprimée selon la norme : Fefa No 32 - F - 1971 de la Fédération Européenne des fabricants d'abrasifs et selon la norme U.S. Standard B 74 - 12 - 1962 en calibres qui correspondent aux tamis de la série Tyler certifiés A.G.A. Le calibre 40 correspond à des grains ayant une dimension moyenne de 0,42mm, contenant au moins 35 % en poids de grains compris entre 0,35 et 0,49mm, moins de 3 % de grains inférieurs à 0,29mm et pas de grains supérieurs à 0,7mm. Le calibre 60 correspond à des grains ayant une dimension moyenne de 0,25mm, contenant au moins 35 Z en poids de grains compris entre 0,21 et 0,29mm, moins de 3 % en poids de grains inférieurs à 0,17mm et pas de grains supérieurs à 0,42mm. Le calibre 120 correspond à des grains ayant une dimension moyenne de O,lmm et contenant au moins 45 % en poids de grains compris entre 0,09 et 0,12mu, moins de 3 Z en poids de grains inférieurs à 0,06mm et pas de grains supérieurs à 0,17mu. On connaît des pâtes à roder ou à polir qui sont composées de grains de produits abrasifs, par exemple de grains de corindon ou d'émeri qui sont enrobés dans un liant gras. Dans une pâte à roder, les grains doivent etre très fins pour ne pas risquer de rayer les surfaces à polir et on utilise généralement des grains dont le calibre est supérieur à 120 et qui ne contiennent aucun grain supérieur à 0,17mm. Au contraire pour fabriquer une pâte destinée au procédé selon l'invention, il ne faut pas utiliser uniquement des grains'fins, sinon on obtient une pâte fine qui glisse entre l'outil et la surface de la pièce métallique et qui n'augmente pas l'adhérence entre ces deux surfaces. La pâte antidérapante selon l'invention se différencie d'une pâte à roder ou à polir par le fait qu'elle contient un mélange de grains compris entre le calibre 40 et 240. La proportion de grains abrasifs compris entre les calibres 40 et 80, c'est-à-dire de grains ayant une dimension moyenne de l'ordre de 0,2mm est d'au moins 20 % du poids total, de sorte que la proportion de grains abrasifs dont la plus grande dimension est supérieure à 0,15mm est d'au moins 20 Z du poids total de grains. Dans une pâte à roder, il nty a aucun-grain supérieur à 0,15mm. Les proportions préférentielles de grains et de liant entrant dans la composition d'une pâte antidérapante selon l'invention sont d'un à trois volumes de grains pour un volume de liant. Le liant entrant dans la composition d'une pâte selon l'invention a pour fonction de maintenir les grains collés à la surface de l'outil ou de la pièce. Il permet d'appliquer contre ces surfaces une pellicule de pâte qui suffit à éviter le dérapage de l'outil. Grâce à leur dureté les grains d'abrasif pénètrent dans le métal et augmentent considérablement le coefficient de frottement entre les surfaces en contact, de sorte que le glissement de ces surfaces au contact l'une de l'autre devient très difficile. Des expériences ont été réalisées avec des tournevis ou- des clefs enduits d'une pâte selon l'invention et elles ont montré qu'en utilisant une très faible quantité de pâte, qui est un produit peu onéreux, on pouvait exercer des couples importants sans que le tournevis ne s'échappe de la rainure et sans que la clef ne tourne autour d'un écrou. Les grains les plus gros se logent dans le jeu entre une clef et un écrou et ils empêchent la clef de tourner autour de l'écrou. Selon une composition préférentielle, les grains abrasifs sont un mélange de grains de différentes granulométries comportant environ 70 Z en volume de grains de calibre 60, 15 Z en volume de grains de calibre 120 et 15 Z en volume de grains de calibre 220. Bien entendu, les grains de corindon peuvent être remplacés par des grains de tout autre abrasif équivalent, tel que des grains d'émeri ou de carbure de silicium. Les outils auxquels on peut appliquer l'invention sont notamment les tournevis droits ou cruciformes, les clefs de tout modèle, plate, à douille, à tube, anglaise, à griffe, à chaîne, alêne etc ..., les pinces, les étaux etc ... Les pièces métalliques dont le déblocage ou le serrage peut être amélioré sont par exemple les vis, les écrous, les boulons, les raccords de tubes, les accessoires de tuyauterie et de robinetterie comportant un contour polygonal et n'importe quelle pièce métallique qui doit être tenue dans un étau. Dans de nombreux appareils mécaniques, on utilise des cales d'épaisseur,plates ou en forme de coins,qui sont placées entre des surfaces métalliques et il arrive que ces cales ou ces coins glissent sur leur appui. Une autre application de la pâte antidérapante selon l'invention consiste à enduire ces cales d'une pellicule de pâte avant de les serrer pour augmenter l'adhérence de ces cales à leur support et pour éviter le glissement des cales. L'inventeur a remarqué que l'efficacité de la pâte antidérapante etait améliorée si on ajoutait à celle-ci une faible proportion,de l'ordre de I à 5 %,dune poudre très fine d'aluminium ou de bisulfure de molybdène qui augmente l'onctuosité de la pâte et qui permet de l'étendre plus facilement en pellicule mince sur les surfaces Les étapes de la fabrication d'une pâte selon l'invention sont les suivantes : On mélange d'abord dans les proportions voulues des grains de corindon ou de tout autre produit abrasif ayant des granulométries bien déterminées. Par exemple on mélange 7 volumes de grains de corindon de calibre 60 pour 1^5 volume de grains de corindon de calibre 120 et 1,5 volume de grains de corindon de calibre 220. On brasse le mélange pour le rendre homogène.On place dans un récipient un volume déliant, par exemple de graisse, et on verse progressivement dans celui-ciusequantite demélange de grains compris entre une fois et trois fois le volume de liant. On brasse pendant toute l'opération pour homogénéiser le mélange. On peut chauffer légèrement le liant pendant le mélange pour le rendre plus fluide. On ajoute avantageusement au mélange,pendant le brassage,entre 1 Z et 5 Z du poids total de poudre fine d'aluminium ou de bisulfure de molybdène pour rendre la pâte plus onctueuse. La pâte peut être vendue dans des récipients tels que des boîtes ou des pots. il faut éviter cependant que le liant ne sèche et ne s'évapore au contact de l'air. De préférence, la pâte est conditionnée dans des tubes déformables, du type tube de dentifrice, ce qui limite le contact de la pâte avec l'air. De plus, on peut ainsi extraire du tube une quantité de pâte très réduite que l'on dépose sur un doigt avec lequel on applique une mince pellicule sur la surface de l'outil ou de la pièce ce qui permet d'économiser la pâte. Bien entendu, sans sortir du cadre de l'invention, les divers constituants de la pâte qui vient d'être decrite à titre d'exemple pourront être remplacés par des constituants équivalents remplissant les mêmes fonctions. La pâte selon l'invention peut être également appliquée sur des pièces en matière plastique. REVENDICATIONS 1 - Procédé pour éviter qu'un outil tel que tournevis, clef, pince, étau ou analogue ne dérape pendant le déblocage ou le serrage d'une pièce mécanique, telle que vis, écrou, boulon, raccord, accessoire de robinetterie à contour polygonal ou analogue ou pour éviter qu'une cale ou un coin ne glisse sur un appui, caractérisé en ce que avant le déblocage ou le serrage de la pin ce ou avant la mise en place de la cale ou du coin, on enduit soit la sur face de l'outil, soit la surface de la pièce, de la cale ou du coin d'une pâte composée de grains divers enrobés dans un liant pâteux ou très vis queux. 2 - Produit nouveau constituant une pâte antidérapante pour éviter qu'un outil ne dérape pendant le déblocage ou le serrage d'une pièce mécanique, telle que vis, écrou, boulon ou analogue, caractérisé en ce qu'il est composé de grains d'un produit abrasif, notamment de corindon, enrobés dans un liant pâteux ou très visqueux et en ce que le calibre desdits grains est compris entre le calibre 40 et le calibre 240. 3 - Pâte antidérapante selon la revendication 2, caractérisée en ce que la proportion de grains abrasifs, dont la plus grande dimension est supérieure à 0,15mm est d'au moins 20 Z du poids total de grains 4 - Pâte antidérapante selon la revendication 2, caractériséeen ce que la pro portion de grains abrasifs compris entre le calibre 40 et 80 est d'au moins 20 % du poids total de grains. 5 - Pâte antidérapante selon l'une quelconque des revendications 2 à 4, caracté riséeen ce que ladite pate est composée d'un volume de grains compris entre une fois et trois fois le volume de liant. 6 - Pâte antidérapante selon l'une quelconque des revendications 2 à 5, carac térisée en ce que lesdits grains sont un mélange de grains de différentes granulométries comportant environ 70 Z en volume de grains de calibre 60, 15 % en volume de grains de calibre 120 et 15 Z en volume de grains de ca libre 220. 7 - Pâte antidérapante selon l'une quelconque des revendications 2 à 6, carac térisée en ce que ledit liant est une graisse, un gel, une cire, une huile très visqueuse ou une résine pâteuse ou très visqueuse. 8 - Pâte antidérapante selon l'une quelconque des revendications 2 à 7, carac térisée en ce qu'elle contient en outre de la poudre très fine d'aluminium ou de bisulfure de molybdène dans une proportion de 1 à 5 Z du poids total. 9 - Pâte antidérapante selon l'une quelconque des revendications 2 à 8, carac térisée en ce qu'elle est conditionnée dans des tubes déformables.