La présente invention concerne un procédé pour recueillir des matières premières pour l'industrie du tabac à partir de plantes entières du genre Nicotiana, Lesdites matières premières sont destinées, suivant leur origine ou leur nature, soit à la fabrication directe du scaferlati, des cigares ou des cigarettes å partir de feuilles ou de fragments de feuilles, soit à la fabrication du tabac reconstitue à partir des tiges de tabac ou des éléments ligneux tels que les nervures des feuilles de tabac, La présente invention a pour objet de tirer le meilleur parti de la plante entière, Il est habituel de récolter le tabac suivant les deux techniques tradition nslles ci-après : La première consiste à effeuiller les plantes de tabac directement sur champ ; on cueille les feuilles de la plante au fur et à mesure de leur mtris- sement qui est fonction de leur position sur la tige. Cette méthode permet d'obtenir des feuilles présentant la meilleure maturité possible et une intégrité presque parfaite ; malheureusement ce mode de récolte tqui et encore le seul pratiqué pour obtenir des feuilles destinées au capage des cigares) est très coateuse en main-d'oeuvre donc d'un intérêt discutable si les feuilles doivent autre réduites en morceaux au cours des traitements ultérieurs. De plus, les feuilles cueillies une à une représentent un volume considérable qui complique et rend plus onéreuses les manipulations et traitements ultérieurs tels que jaunissement et séchage. La deuxième technique consiste à cueillir les plantes de tabac entières à l'aide d'une machine à récolter qui sectionne la tige å sa base, Les pieds ainsi recueillis sont mis à sécher et sont ensuite effeuillés soit manuellement, soit à l'aide d'une machine. Ceffe manière de proceder implique des installations importantes afin d'obtenir un séchage/degchaque plante ; elle entre une perte de matière seche supplémentaire du fait que, lors du sechage, une partie de la sève contenue dans les feuilles au moment de la récolte retourne dans la tige. De plus, l'effeuillage de ces plantes demande une main-d'oeuvre considérable qui augmente le prix de revient de la matière. De manière moins traditionnelle une autre technique plus récente consiste soit à récolter en tiges en sectionnant la plante à sa base et à effeuiller les plantes de tabac immédiatement après la récolte, ctest-à-dire sur des plantes franches, soit à effeuiller mécaniquement les plantes de tabac directement sur champ. Toutefois, par cette méthode, les feuilles sont meurtries ou mâne brisées par le système de décollement et d'arrachage des feuilles de la tige. Or la trace des cassures et des machures du parenchyme encore frais provoque un noircissement de la feuille et une altération des tissus ; la couleur et le taux d'humidité ne sont plus homogènes. Pour tirera dans les conditions optimales, le meilleur parti des plantes de tabac, la présente invention a mis au point une nouvelle technique qui permet d'obtenir des feuilles ou des morceaux de feuilles par coupe franche : au lieu d effeuiler chaque plante, cellevoi est tronçonnée a un pas prédéterminé et on obtient ainsi des fragments de tige sans parenchyme, des feuilles ou des morceaux de feuilles non adhérentes à un morceau de tige et des tronçons de tige portant des morceaux de feuilles. Une separation permet de classer les différentes sortes de fragments en vue de leur utilisation future. Ainsi, le procédé suivant l'invention, consiste à pratiquer des coupes sur les plantes suivant un pas de coupe déterminé afin que chaque feuille desdites plantes subisse au moins une coupe puis & separer les fragments ne comportant pas de tronçons de tiges de ceux qui en comportent. Ce procédé trouve son application aussi bien sur la plantation qu'après récolte des plantes. Pour régulariser la coupe des plantes -et en particulier des feuilles, on peut rabattre ces dernières contre la tige avant le tronçonnage. Celui-ci est alors effectue, de préférence, transversalement à la tige du plant. Toutefois, suivant une autre caractéristique de l'invention les plans de coupe sont parallèles å la tige des plantes. Suivant cette modalité, on peut d'abord épanouir les feuilles autour de la tige. Avantageusement, on pratique les coupes et on sépare les différents morceaux avant le sechage ; la séparation s'effectue d'autant mieux que l'on met à profit la plus forte différence de densité existant entre les feuilles et les tiges fraiches, différence qui s'atténue lorsque les morceaux ont perdu leur eau par le séchage. De plus, il est possible, lorsque les morceaux de tiges sont frais, de les utiliser intégralement : un broyage immédiat permettrait d'utiliser toute la matière première en reconstitution par exemple, alors que les tiges séchees qui se sont lignifiées sont beaucoup plus difficilement exploitables. On extrait facilement les morceaux de feuilles libres de 1 ensemble des morceaux obtenus par le tronçonnage en soufflant un courant d'air qui les sépare des morceaux plus loUrds et présentant une surface portante moindre, tels que les morceaux de tigeg seule et de tige comportant des fragments de feuilles attachés par leur pétiole. Les morceaux restant après l'exbtstion des morceaux de feuilles sont soumis à une nouvelle séparation, par exemple par criblage ou par d'autres moyens mécaniques et/ou pneumatiques, afin d'utiliser au mieux lesdits morceaux. Ainsi les morceaux de tige! seule peuvent Autre broyes et le produit restant pourra entrer dans la composition du tabac reconstitué. Les morceaux mixtes comportant un tronçon de tige- sur lequel sont rattachés des fragments de feuilles sont battus et différenciés ensuite suivant leur utilisation. Le procédé suivant l'invention sera illustré par quelques exemples qui ne constituent nullement une limitation dudit procédé. Les figures annexées se rapportent aux cas décrits ci-dessous. Les figures 1 et 2 illustrent les différentes découpes sur champ. La figure 3 illustre la découpe et la séparation des plantes récoltées. Un champ de tabac est constitué d'un certain nombre de pieds de tabac (38 000 à l'hectare environ pour les variétés les plus cultivées en France), qui sont répartis régulièrement suivant des lignes. Celles-ci sont suffisamment espaciez entre elles pour permettre le passage des différentes machines de traitement du tabac pendant sa croissance et jusqu'à sa maturité. Lorsque les plantes de tabac sont considérésiaptes à la récolte, une machine, munie de moyens de coupe tels que des disques rotatifs, passe entre les lignes de pieds de tabac et selon la figure 1 tronçonne chaque plante P suivant les plans de coupe schématisés par les lignes en traits mixtes. Les plans de coupe sont espacés de cinq à sept centimètres afin d'obtenir des morceaux facilement exploitables. Ils sont déterminés suivant la varieté de manière qu J un minimum de parenchyme demeure attaché aux morceaux de tige. La plante est ainsi découpée perpendiculairement à la tige. On obtient des morceaux de feuilles seules, des tronçons de tige seule- et des tronçons de tige auxquels sont rattachés des fragments de feuilles.Le tout est aspiré par la hotte 2 montée sur la machine0 La séparation des différentes sortes de morceaux peut se faire soit immediatement à la sortie de la hotte aspirante soit ultérieurement. n est préférable toutefois de ne pas attendre que le sechage ait commencé. Suivant la figure 2, la machine de découpe, au lieu de comporter des organes de coupe agissant dans des plans horizontaux est muni de moyens de coupe verticaux. Les plans de coupe, indiqués en traits mixtes sont espaces de cinq à sept centimètres également. La hotte aspirante 4 est disposée de manière à agir le plus efficacement, c'est-à-dire vers l'arrière des organes de coupe. Des systèmes d'épanouissement tels que des eperons obliques diriges vers le haut et fixés à l'avant de la machine peuvent Qtre prévus. Le positionnement de la machine est étudié de manière à ce que le plan de - coupe 3 soit le plus près possible de la tige T de la plante P. Pour améliorer le rendement d'un tel procédé, la machine pourra comporter un dispositif symétrique pour la découpe des plantes disposées dans la ligne voisine. L'entraxe entre les deux dispositifs sera de préférence réglable pour s'adapter facilement à la distance entre deux lignes de plantes et obtenir les conditions de découpe les plus favorables. Une autre application du procédé consiste à récolter les plantes de tabac de manière classique ctest-à-dire en les coupant à leur base, à faire passer lesdites plantes (figure 3) sous un organe de coupe symbolisé par la ligne en traits mixtes 5. L'organe de coupe qui decoupe la plante transversalement à la tige peut être constitué par des lames disposées sur un tambour rotatif au par une lame à mouvement alternatif qui débite ZapZant suivant un pas de cinq à sept cm. A la sortie de la couperie un ventilateur 6 envoie un courant d'air qui propulse les morceaux legers et de grande surface portante donc tous les morceaux de feuilles seules [repère F) dans un réservoir 7. Les morceaux de tige seule et de tige avec des feuilles (repère T) sont entrasses vers un autre réservoir par le tapis 8. On peut également, les plantes étant récoltées de manière traditionnelle les faire passer sous des disques coupants rotatifs dont le plan soit parallèle à la tige. On obtiendrait ainsi surtout des morceaux de feuilles seules. Toutefois, la technique illustrant le procedé dans sa solution la plus élaborée et la plus rationnelle consiste à tronçonner les plantes directement après la récolte, c'est-à-dire une fois que la machine a sectionné la plante à sa base. La plante est récoltée, retournée de manière à rabattre les feuilles contre la tige et immédiatement, passée dans le dispositif de coupe à la sortie duquel les morceaux de feuilles sont directement séparés du reste par un courant d'air, Dans tous les cas, une fois que la plante est honçonnée, on sépare les morceaux de feuilles et on récupère les morceaux plus lourds. Les morceaux de feuilles sont traités ensuite par toute technique appropriée et utilisés dans la fabrication du tabac haché pour pipe ou cigarette. Les morceaux plus lourds sont, de préférence, soumis à une nouvelle séparation pneumatique (courant d'air ou aspiration) ou mécanique (criblage). Les morceaux comportant des fragments de feuilles sont battus et les "strips" obtenus peuvent rejoindre les morceaux de feuilles seules ; les morceaux de tiges vont Xetre traités avec les morceaux tige seule résultant de la deuxième séparation. Ces derniers sont broyés, de préférence à ltétat frais, et peuvent alors autre utilisés pour fabriquer du tabac reconstitué. Ainsi, à partir d'une plante entière, convenablement tronçonnée, toutes les parties la constituant sont recueillies et utilisées au mieux de leurs caractéristiques. REVENDICATIONS 1/ Procédé pour recueillir des matières premières pour l'industrie du tabac, à partir de plantes entières du genre Nicotiana, caractérisé en ce que l'on pratique des coupes sur la plante suivant un pas de coupe determiné afin que chaque feuille de ladite plante subisse au moins une coupe et 1 on sépare les fragments ne comportant pas de tronçons de tige de ceux qui en comportent. 2/ Procédé suivant la revendication 1 caractérisé en ce que les coupes sont pratiquées sur des plantes encore solidaires du sol. 3/ Procédé caractérisé en ce que l'on pratique les coupes comme il est dit dans la revendication 1 après récolte par une première coupe effectuée å la base dedites plantes. 4/ Procédé suivant l'une quelconque des revendications ci-dessus caractérisé en ce que l'on rabat les feuilles contre la tige avant tronçonnage, celui-ci étant effectué transversalement à la tige. 5/ Procédé suivant la revendication 2 ou la revendication 3 caractérisé en ce que le ou les plans de coupe sont parallèles à la tige des plantes. 6/ Procédé suivant 1 'une quelconque des revendications précédentes caractérisé en ce que l'on pratique des coupes sur les plantes franches avant d'effectuer leur séchage. 7/ Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes carao- térisé en ce que l'on sépare les morceaux de feuille non rattachés à un tronçon de tige des autres tronçons de la plante par le moyen d'un courant d'air, immédiatement après l'opération de coupe. 8/ Procédé suivant la revendication 7 caractérisé en ce que les tronçons restant après extraction des morceaux de feuille non rattachés a un tronçon de tige sont soumis & une nouvelle séparation.