L'invention concerne un nouveau moyen permettant la mise en oeuvre d'un procédé pour administrer un médicament susceptible de pénétrer dans les tissus par ionisation ou électrophorèse. Pour ce qui va suivre, il est bien entendu que le mot médicament est pris dans le sens fixé par l'article L.511 du code de la santé publique et n'est nullement limité à ceux dont la mise en vente et l'exploitation sont soumises à des régles particulieres. Actuellement, les médecins et certains auxiliaires médicaux utilisent, à des fins thérapeutiques, une technique consistant à faire passer à travers l'épitheliun cutané une solution médicamenteuse à l'aide d'un courant électrique, le médicament à administrer se présentant sous la forme d'une solution ou d'une pâte. A cet effet,on utilise deux électrodes métalliques recouvertes chacune d'une matière absorbante se présentant sous la forme d'une poche à l'intérieur de laquelle est introduite l'électrode correspondante et sur l'une desquelles on place une certaine quantité de médicament. Ces poches sont généralement réalisées en une matière souple et absorbante telle qu'une éponge artificielle, l'utilisation d'une telle matière se justifiant, notamment, par le fait que les électrodes sont appliquées fortement sur le corps du patient et qu'il est nécessaire, pour ne pas le blesser, d'intercaler un coussin relativement épais entre l'électrode et la partie correspondante du corps. Comme le médicament est placé directement sur l'une des faces de la poche il en résulte les inconvénients ci-dessous M8me si on admet- que le médicament est conditionné sous forme de doses, en ampoules de verre scellées par exemple, on n'est pas certain que, pendant un temps donné, une quantité déterminée de médicament a été réellement et uniformément administrée sur la surface du corps couverte par l'électrode. De plus, si la meme opération est renouvelée sur une autre partie du corps, on ne peut pas être certain, en déposant sur la poche la meme dose de médicament, de faire passer dans les tissus la meme quantité de produit que précédemment. Ces incertitudes sont inhérentes au procédé utilisé qui consiste à déposer directement le médicament sur la poche. En effet, l'expérience a montré qu'il n'était pas possi ble d'épandre régulièrement une faible quantité d'une solution liquide ou pâteuse sur la poche. De ce fait, certaines parties de la poche ne reçoivent pas de produit. De plus, le produit pénètre plus ou moins profondément et de façon imprévisible dans l'épaisseur de la poche. Enfin, il faut signaler que les pressions localisées, résultant de l'application de la poche sur une partie du corps qui n'est jamais plane et est plus ou moins dure, contribuent à modifier, de façon imprévisible, la répartition du médicament dans ltépaisseur de la dite poche. A ces incertitudes qui, sur le plan thérapeutique, peuvent avoir, dans certains cas, de graves conséquences, s'ajoutent les inconvénients suivants En premier lieu, il faut signaler que les poches étant toujours maintenues humides il est très difficile pour l t opérateur de repérer la face de la poche ayant reçu le médicament et il peut, par inadvertance, placer la poche à l'envers, c'est-à-dire, mettre en contact avec la peau du patient la face n'ayant pas reçu le médicament. Par ailleurs, comme les poches constituent des accessoires comateux, il n'est pas pensable de les jeter après usage ; il est donc nécessaire de les laver soigneusement après chaque opération afin de chasser complètement toute la substance médicamenteuse qu'elles peuvent encore contenir. Il est évident que, quel que soit le soin apporté à cette opération, le résultat n'est jamais certain. La présente invention, qui remédie à tous ces inconvénients concerne un moyen nouveau permettant de modifier le procédé rappelé ci-dessus. Ce moyen est remarquable en ce que la dose de substance médicamenteuse devant être utilisée est placée sur une mince feuille de matière absorbante qui est logée dans une pochette étanche, en aluminium par exemple, puis scellée et stérilisée de la façon connue. Il est à noter que le produit est placé sur la feuille mince, ou champ, bien avant l'utilisation et que, de ce fait, il peut se répandre uniformément à l'intérieur du champ. En ce qui concerne l'application du produit, le procédé est modifié en ce sens qu'il suffit d'appliquer le champ, direc tement sur la peau puis de le recouvrir par l'électrode comportant la poche usuelle. De ce fait, on est certain que toute la dose médicamenteuse sera soumise à l'action du flux électronique et ce, sans qu'il soit à crainre, du fait de l'applicàtion en pression de l'élee- trode, que le médicament se concentre plus ou moins dans certaines zones du champ, les pressions localisées étant sans influence sur la répartition du médicament à l'intérieur du champ compte tenu de la très faible épaisseur de ce dernier. Certes, il est connu, en cosmétologie notamment, de placer une substance telle qutun désinfectant ou un désodorisant sur un support ainsi conditionné mais le dit support constitue, en fait, une compresse destinée à maintenir au contact de la peau une substance qui, en principe, ne peut pas y pénétrer, sauf après un temps relativement long ou à la suite d'un frottage énergique Le moyen préconisé par l'invention s'applique à un médicament particulier ou ayant subi une préparation spéciale en vue de pénétrer dans les tissus par ionisation ou électrophorèse. Selon ltinvention, ce moyen, qui est constitué par la combinaison de deux moyens connus : un champ conditionné sous pochette étanche et un médicament susceptible de pénétrer dans les tissus par ionisation ou électrophorèse, constitue un moyen nouveau lorsqu'il est appliqué au procédé rappelé ci-dessus. En effet, dans ce cas, le champ imbibé a pour fonction de mainte- nir le médicament entre la peau et l'électrode sans être directement lié à la dite électrode. L'utilisation de ce moyen modifie aussi le procédé usuel d'administration d'un tel médicament. En effet, dans le procédé usuel, le médicament était placé directement sur la poche qui avait ainsi pour fonction de le supporter, de transmettre l'énergie électrique et de constituer un coussin protecteur. En utilisant le champ imbibé de l'invention, la poche conserve certes les deux premières fonctions ci-dessus mais, en plus de celles-ci elle applique étroitement le champ, donc le médicament, sur la peau en une couche dont l'épaisseur est indépendante de la pression. Il en résulte que le champ peut Aetre appliqué en des emplacements particulièrement arrondis (épaule ou genou par exemple) et, ce, sans qu'il soit nécessaire d'utiliser un champ d'une surface plus petite. En effet, bien qu'il soit admis que l'électrode métallique puisse etre pliée, cette faculté est très limitée et, de ce fait, dans le procédé classique, on était obligé d'utiliser une poche dont les parois n1 étaient pas excessivement épaisses pour limiter les concentrations de médicament dues aux surpressions localisées. Si ltélectrode devait être appliquée sur une partie du corps présentant une protubérance accentuée, il était nécessaire d'en réduire la surface. Selon le procédé de l'invention, cet inconvénient est supprimé puisque la répartition du médicament est indépendante des variations d'épaisseurs de la paroi de la poche dont le role essentiel est de permettre le passage du courant qui n'est pas perturbé de façon sensible par les variations d'épaisseurs de la dite poche. Dans tout ce qui précède, on a supposé que le médicament se présentait sous forme d'une solution, mas un résultat analogue serait obtenu s'il était en solution épaisse à l'instar d'une pommade ou dlun gel. Par ailleurs, et comme certains médicaments ne peuvent pas se conserver en solution, le procédé de l'invention prévoit, lors de l'élaboration du moyen, une phase supplémentaire consistant en une opération de dessiccation ou de lyophilisation. Dans ce cas, c'est un champ sec qui est introduit dans la pochette étanche, et il suffit,lors de l'utilisation, de tremper le dit champ dans une solution appropriée, de l'eau distillée par exemple, pour le rendre conducteur. A la limite, on peut aussi utiliser un mddicament sous forme de poudre qui est incorporé au champ durant la fabrication de celui-ci. Dans ce cas on utilisera de préférence un champ tissé. REVENDICATIONS 1 - Moyen permettant d'administrer un médicament, caractérisé en ce que le médicament, du genre de ceux pouvant etre introduits dans les tissus humains par ionisation ou électrophorèse, est placé sur une feuille mince et absorbante qui est ensuite conditionnée de la façon usuelle en la plaçant dans une pochette étanche. - 2- Pro cédé pour administrer un médicament par ionisation ou électrophorèse du genre de ceux faisant appel à deux électrodes recouvertes chacune d'une poche rendue conductrice, caractérisé en ce que le médicament est conditionné conformément à la revendication 1, la feuille imbibée étant placée sur le corps puis recouverte par l'une des poches dans laquelle est introduite une électrode. 3 - Moyen selon la revendication 1, caractérisé en ce que la feuille mince imbibée du médicament en solution, fluide ou épaisse, est soumise à une opération de dessiccation préalablement à son conditionnement. 4 - Moyen selon la revendication 1, caractérisé en ce que la feuille mince imbibée du médicament en solution, fluide ou épaisse, est soumise à une opération de lyophilisation préalablemen à son conditionnement. 5 - Procédé pour administrer un médicament par ionisation ou électrophorèse du genre de ceux faisant appel à deux électrodes recouvertes chacune d'une poche rendue conductrice, caractérisé en ce que le médicament est conditionné conformément à la revendication 3, la feuille étant ensuite rendue conductrice par trempage dans une solution appropriée, placée sur le corps puis recouverte par l'une des poches dans laquelle est introduite l'une des électrodes. 6 - Procédé pour administrer un médicament par ionisation ou électrophorèse du genre de ceux faisant appel à deux électrodes recouvertes chacune d'une poche rendue conductrice, caractérisé en ce que le médicament est conditionné conformément à la revendication 4, la feuille étant ensuite rendue conductrice par trempage dans une solution appropriée, placée sur le corps puis recouverte par l'une des poches dans laquelle est introduite l'une des électrodes.