Compensation de dérives fréquentielles dans un réseau multi-antennaires distribué La présente description concerne un procédé d’estimation et de correction, au niveau d’une station de base, d’une dérive fréquentielle (∆F 1 , ∆F i, ∆F N) entre des signaux émis par une pluralité de systèmes d’antennes (306_1, 306_i, 306_N) distribués spatialement autour d’une unité de calcul (304) de la station de base et des signaux reçus par un dispositif radio (310). Figure pour l'abrégé : Fig. 5 Compensation de dérives fréquentielles dans un réseau multi-antennaires distribué La présente description concerne de façon générale le domaine des réseaux sans fils et plus particulièrement des systèmes multi-antennaires distribués. Les réseaux d’antennes spatialement distribuées au sein d’une ou plusieurs stations de base sont de plus en plus utilisés dans le domaine des communications sans fils. Ces réseaux multi-antennaires distribués améliorent la couverture du réseau et sont utilisés pour des communications à très hautes fréquences. Néanmoins, les performances d’un réseau multi-antennaires se dégradent lorsque le dispositif radio du signal est mobile. En effet, la mobilité du dispositif radio entraîne un décalage des fréquences des signaux reçus par effet Doppler. De plus, d’autres décalages fréquentiels peuvent provenir d’une mauvaise synchronisation entre l’horloge du dispositif radio et les horloges des systèmes d’antennes du réseau distribué. Ce phénomène est appelé décalage de la fréquence porteuse (en anglais Carrier Frequency Offset). Ces différents décalages des fréquences nuisent à la reconstruction du signal par recombinaison des multiples signaux reçus. Il existe un besoin d’améliorer les techniques de compensation de décalages fréquentiels induits par les déplacements d’un dispositif radio ainsi que par la mauvaise synchronisation des horloges. Les modes de réalisation décrits prévoient une technique d’estimation conjointe de différentes sources de décalages fréquentiels dans le cas d’un système multi-antennaires distribué ou coopératif. Un mode de réalisation pallie tout ou partie des inconvénients des réseaux multi-antennaires distribués connus. Un mode de réalisation prévoit un procédé d’estimation et de correction, au niveau d’une station de base, d’une dérive fréquentielle entre des signaux émis par une pluralité de systèmes d’antennes distribués spatialement autour d’une unité de calcul de la station de base et des signaux reçus par un dispositif radio, le procédé comprenant : a) l’envoi, par le dispositif radio d’un premier signal, ledit signal étant reçu par chacun des systèmes d’antennes ; b) la conversion, par les système d’antennes, dudit premier signal reçu en des deuxièmes signaux en bande de base, et leur transmission, par les systèmes d’antennes à l’unité de calcul ; c) la mesure, par l’unité de calcul, d’angles d’arrivée des deuxièmes signaux et de la dérive fréquentielle des deuxièmes signaux en bande de base ; d) l’estimation, par l’unité de calcul, d’un angle de déplacement du dispositif radio, d’un premier décalage fréquentiel induit par le déplacement du dispositif radio et d’un deuxième décalage fréquentiel entre une horloge du dispositif radio et des horloges synchronisées des systèmes d’antennes ; e) l’ajustement en fréquence et le précodage, par l’unité de calcul et pour chacun des systèmes d’antennes, de troisièmes signaux en bande de base ; et f) la transmission, par l’unité de calcul, des troisièmes signaux en bande de base à la pluralité de systèmes d’antennes et la transmission, par ladite pluralité de systèmes d’antennes, desdits troisièmes signaux en bande base au dispositif radio. Selon un mode de réalisation, l’estimation de l’angle de déplacement du dispositif radio, du premier décalage fréquentiel et du deuxième décalage fréquentiel, est effectuée par résolution d’un problème de régression décrit par l’expression suivante : [Math 1] où N désigne le nombre de systèmes d’antennes, i désigne le rang du système d’antennes , ∆F i désigne la dérive fréquentielle mesurée par le système d’antennes de rang i, θ i désigne l’angle d’arrivé mesuré par le système d’antennes de rang i, θ M désigne l’angle de déplacement du dispositif radio, F CFO et F DOP désignent respectivement le premier et le deuxième décalage fréquentiel. Selon un mode de réalisation, le problème de régression est résolu suite à une linéarisation de l’expression décrivant ledit problème de régression, la linéarisation s’écrivant : [Math 2] Selon un mode de réalisation, l’angle de déplacement du dispositif radio est estimé indépendamment de la localisation du dispositif radio. Selon un mode de réalisation, l’ajustement en fréquence des troisièmes signaux transmis au dispositif radio est effectué en adaptant la directivité et/ou la puissance et/ou la phase de chaque système d’antennes sur la base de ladite estimation. Selon un mode de réalisation, l’adaptation des systèmes d’antennes est commandée par l’unité de calcul. Selon un mode de réalisation, pour chacun des systèmes d’antennes, l’ajustement en fréquence des troisièmes signaux transmis comprend une compensation de l’effet de vieillissement du canal sur la base de l’estimation. Selon un mode de réalisation, les étapes a) à f) sont répétées périodiquement. Un mode de réalisation prévoit un système comportant une pluralité de systèmes d’antennes et une station de base tels que décrits, lesdits systèmes d’antennes étant distribués spatialement autour d’une unité de calcul de la station de base. Selon un mode de réalisation, les systèmes d’antennes contiennent des têtes radiofréquence. Selon un mode de réalisation, l'unité de calcul de la station de base est configurée pour mettre en œuvre l’estimation dudit angle de déplacement, dudit premier décalage fréquentiel et dudit deuxième décalage fréquentiel. Selon un mode de réalisation, le système comprend plusieurs stations de base communiquant entre elles, une de ces stations de base procédant à ladite estimation et transmettant des paramètres d’adaptation aux autres stations de base. Selon un mode de réalisation, les autres stations de base sont des têtes radiofréquence. Selon un mode de réalisation, des canaux de propagation des troisièmes signaux transmis par les systèmes d’antennes sont à trajet simple. Ces caractéristiques et avantages, ainsi que d'autres, seront exposés en détail dans la description suivante de modes de réalisation particuliers faite à titre non limitatif en relation avec les figures jointes parmi lesquelles : la représente un exemple de système multi-antennaires distribué du type auquel s’appliquent les modes de réalisation décrits ; la représente un exemple de système multi-antennaire coopératif du type auquel s’appliquent les modes de réalisation décrits ; la est un graphique illustrant le problème lié à un décalage fréquentiel dans un système usuel. la illustre de façon très schématique un exemple de transmissions de signaux entre un système d’antennes d’une station de base et un dispositif radio ; la représente, de façon schématique et sous forme de blocs, un exemple de système multi-antennaires distribué illustrant un mode de mise en œuvre du procédé décrit ; la est un organigramme représentant des étapes d’un mode de mise en œuvre du procédé décrit ; et la est un graphique illustrant des exemples de débit en fonction du vieillissement du canal dans les modes de réalisation décrits. De mêmes éléments ont été désignés par de mêmes références dans les différentes figures. En particulier, les éléments structurels et/ou fonctionnels communs aux différents modes de réalisation peuvent présenter les mêmes références et peuvent disposer de propriétés structurelles, dimensionnelles et matérielles identiques. Par souci de clarté, seuls les étapes et éléments utiles à la compréhension des modes de réalisation décrits ont été représentés et sont détaillés. En particulier, le fonctionnement interne des systèmes d’antennes et le type de modulation des signaux ne sont pas détaillés. Sauf précision contraire, lorsque l'on fait référence à deux éléments connectés entre eux, cela signifie directement connectés sans éléments intermédiaires autres que des conducteurs, et lorsque l'on fait référence à deux éléments reliés (en anglais "coupled") entre eux, cela signifie que ces deux éléments peuvent être connectés ou être reliés par l'intermédiaire d'un ou plusieurs autres éléments. Dans la description qui suit, lorsque l'on fait référence à des qualificatifs de position absolue, tels que les termes "avant", "arrière", "haut", "bas", "gauche", "droite", etc., ou relative, tels que les termes "dessus", "dessous", "supérieur", "inférieur", etc., ou à des qualificatifs d'orientation, tels que les termes "horizontal", "vertical", etc., il est fait référence sauf précision contraire à l'orientation des figures. Sauf précision contraire, les expressions "environ", "approximativement", "sensiblement", et "de l'ordre de" signifient à 10 % près, de préférence à 5 % près. La représente un exemple de système multi-antennaires distribué du type auquel s’appliquent les modes de réalisation décrits. Le système représenté en correspond à un réseau multi-antennaires distribué mis en œuvre par une station de base 100. La station de base 100 comprend, dans cet exemple arbitraire, trois systèmes d’antennes 101, 102 et 103 distribués spatialement autour d’une unité de calcul 104. Les systèmes d’antennes 101, 102 et 103 forment un réseau multi-antennaires distribué (de l’anglais distributed Multiple-Input-Multiple-Output). Les systèmes d’antennes 101, 102 et 103 sont chacun munis de plusieurs antennes d’émission/réception et sont capables de techniques de formation de faisceaux. Ils sont responsables du traitement radiofréquence des signaux comme l’amplification, le filtrage et la transposition autour de la fréquence porteuse pour les signaux émis et en bande de base pour les signaux reçus. Les liens (pointillés) entre les systèmes d’antennes 101, 102 et 103 et l’unité de calcul 104 de la station de base 100 sont généralement filaires, par exemple en fibre optique, et servent à échanger les signaux en bande de base et des signaux de configuration pour les systèmes d’antennes 101, 102 et 103 comme par exemple l’adaptation de la formation des faisceaux. La station de base 100 assure une connexion sans fil (trait continu) entre des dispositifs radio 106, 107 et 108 (dans cet exemple, arbitrairement trois dispositifs radio) formants un groupe de dispositifs radio 105 et les systèmes d’antennes 101, 102 et 103. Les dispositifs radio 106, 107 et 108 sont par exemple des téléphones mobiles ou des dispositifs connectés de technologie quatrième génération (4G) et/ou cinquième génération (5G) se connectant sur des réseaux de communication sans fil. L’unité de calcul 104 gère les systèmes d’antennes 101, 102 et 103 et leur transmet un ou plusieurs signaux à transmettre (faire suivre) aux dispositifs radio 106, 107 et 108. A titre d’exemple, un des dispositifs radio 106, 107 ou 108 du groupe de dispositifs 105 reçoit simultanément, par l’intermédiaire des systèmes d’antennes 101, 102 et 103, plusieurs signaux cohérents et les recombine afin de reconstruire un signal. On parle d’émission conjointe de la part des systèmes d’antennes 101, 102 et 103. De la même manière, les systèmes d’antennes 101, 102 et 103 de la station de base 100 reçoivent un même signal provenant d’un des dispositifs radio 106, 107 ou 108 du groupe de dispositifs 105. On parle alors de réception conjointe. La représente un exemple de système multi-antennaire coopératif du type auquel s’appliquent les modes de réalisation décrits. Le système représenté en correspond à un réseau comprenant, dans l'exemple représenté, trois stations de base 114, 115 et 116. La station de base 114 comprend une unité de calcul 118 et, dans cet exemple arbitraire, trois systèmes d’antennes 119, 120 et 121. La station de base 115 comprend une unité de calcul 122 et, par exemple, deux systèmes d’antennes 124 et 125. La station de base 116 comprend une unité de calcul 126 et, par exemple, un unique système d’antennes 127. Des liens 131 entre les stations de base 114, 115 et 116 sont généralement filaires, par exemple en fibre optique. Une des stations de base 114, 115 ou 116 est dite station de base centrale et gère les transmissions sans fil de signaux (non représentés) vers un groupe de dispositifs radio 117 de trois dispositifs radio 128, 129 et 130. L’ensemble des trois stations de base 114, 115 et 116 forme alors un réseau coopératif CO-MIMO (de l’anglais Cooperative Multiple-Input-Multiple-Output). Les signaux émis par les systèmes d’antennes des réseaux illustrés par les figures 1 et 2 sont émis sur des canaux ou liens dominés par un seul trajet (trajet simple) car la puissance d’émission est concentrée sur le trajet direct grâce à des techniques de formation de faisceaux opérées par les systèmes d’antennes de la station de base. Les signaux reçus par les systèmes d’antennes illustrés par les figures 1 et 2 (le lien montant n’est pas représenté sur la ) sont dominés par un seul trajet car les trajets secondaires sont spatialement filtrés grâce à des techniques de formation de faisceaux opérées par les systèmes d’antennes de la station de base. La est un graphique illustrant le problème lié à un décalage fréquentiel dans un système usuel. Un déplacement du dispositif radio, qu’il s’agisse d’un des dispositifs 106, 107 ou 108 du groupe de dispositifs 105 de la ou d’un des dispositifs 128, 129 ou 130 du groupe de dispositifs 117 de la , engendre un décalage (offset) entre les fréquences des signaux émis et les fréquences des signaux reçus. Ce phénomène est connu sous le nom d’effet Doppler et a lieu dès lors que la distance entre un émetteur d’un signal et un dispositif radio du même signal varie au cours du temps. Par ailleurs, les horloges des systèmes d’antennes ne sont généralement pas synchronisées avec l’horloge du dispositif radio. Cela entraine un autre décalage fréquentiel entre les signaux reçus et les signaux émis. Dans l’exemple illustré par la , on suppose que les systèmes d’antennes 124 et 125 émettent dans une plage de fréquences (non représentée) centrée sur une valeur fc (pointillé, 111). Le dispositif radio 128 est par exemple mobile et sa distance aux systèmes d’antennes 124 et 125 varie. Par exemple, la distance entre le dispositif radio 128 et le système d’antennes 124 diminue avec le déplacement du dispositif radio 128 et la distance entre le dispositif radio 128 et le système d’antennes 125 augmente avec le déplacement du dispositif radio 128. En , on illustre par un bloc 109 la bande passante dans laquelle le signal émis par le système d’antennes 124 est reçu par le dispositif radio 128. La bande passante illustrée par le bloc 109 est centrée sur une fréquence f1 (trait continu, 112) inférieure à la valeur fc. On illustre par un bloc 110 la bande passante dans laquelle le signal émis par le système d’antennes 125 est reçu par le dispositif radio 128. La bande passante illustrée par le bloc 110 est centrée sur une fréquence f2 (trait pointillé, 113) supérieure à la valeur fc. Les différents signaux à recombiner sont donc reçus avec des décalages fréquentiels ce qui nuit à la bonne reconstruction du signal. Ce décalage dû à l’effet Doppler et à la mauvaise synchronisation des horloges, détériore la qualité du signal et, s’il est trop important, peut même en empêcher la reconstruction. La illustre de façon très schématique un exemple de transmissions de signaux entre un système d’antennes d’une station de base et un dispositif radio. Dans l’exemple de la , un dispositif radio 201 envoie, à un système d’antennes 200 et par l’intermédiaire d’un lien ou d’un canal montant (UPLINK), un signal de fréquence identique à la fréquence du signal préalablement reçu par le dispositif radio 201. Cependant, le déplacement du dispositif radio et la mauvaise synchronisation des horloges entraînent un décalage entre la fréquence du signal montant et la fréquence attendue. Sur le lien montant, le décalage entre la fréquence du signal transmis et celle du signal reçu s’écrit : [Math 3] où ∆F UL représente la différence entre la fréquence du signal montant et la fréquence f c ( , 111), F CFO (de l’anglais Carrier Frequency Offset) représente la valeur du décalage dû à la mauvaise synchronisation des horloges et F DOP représente la valeur du décalage dû à l’effet Doppler, autrement dit, dû au déplacement du dispositif radio 201. La dérive de fréquence ∆F UL correspond au décalage de fréquence résiduel une fois le signal reçu remis en bande de base reçu par l’unité de calcul de la station de base (non illustrée en ) contenant le système d’antennes 200. La transmission du signal montant (UPLINK) permet à ladite station de base de mesurer un angle d’arrivée du signal montant ainsi que la dérive de fréquence résiduelle après la remise en bande de base du signal reçu. Les techniques de mesure des angles d’arrivée et des dérives fréquentielles au niveau des récepteurs de la station de base ne sont pas détaillées ici et sont connues par la personne du métier. A titre d’exemple, les mesures d’angle sont effectuées par projection sur des sous-espaces angulaires grâce à de la formation de faisceaux et les dérives fréquentielles sur les signaux en bande de base sont mesurées par l’intermédiaire des variations des phases desdits signaux. Le système d’antennes 200 envoie ensuite un signal descendant au dispositif radio 201 sur un canal ou lien descendant (DOWNLINK). Sur le lien descendant, le décalage entre la fréquence du signal transmis et du signal reçu s’écrit : [Math 4] où ∆F DL représente la différence entre la fréquence du signal descendant et la fréquence du signal reçu par le dispositif radio. La représente, de façon schématique et sous forme de blocs, un exemple de système multi-antennaires distribué illustrant un mode de mise en œuvre du procédé décrit. Le système représenté en correspond à un réseau distribué constitué d’une station de base comprenant une unité de calcul 304 (COMPUT UNIT) et un nombre N de systèmes d’antennes 306 (306_1, …, 306_i, …, 306_N), N étant un nombre entier supérieur ou égal à 3. Chaque système d’antennes 306 comprend au moins une antenne 307 (307_1, …, 307_i, …, 307_N) et une tête radiofréquence 308 (308_1, …, 308_i, …, 308_N) (RF TRANSCEIVER) configurée pour moduler en fréquence puis émettre des signaux descendants vers un dispositif radio 310 et recevoir des signaux montants émis par le dispositif radio 310 puis les remettre en bande de base. Les canaux ou liens de propagation des signaux émis par le réseau distribué illustré par la sont dominés par un seul trajet. Selon un mode de réalisation, lorsque le réseau est de type coopératif, il comporte plusieurs stations de base, chacune composée d’une unité de calcul et d’au moins un système d’antennes. Le lien entre les stations de base est généralement filaire, par exemple en fibre optique. Lors d’une connexion du dispositif radio 310 au réseau distribué (non coopératif), l’unité de calcul 304 transmet un signal à chacun des systèmes d’antennes 306. Le signal transmis par l’unité de calcul est, selon le type d’implémentation du réseau, différent ou non selon les systèmes d’antennes 306. Lorsque l’unité de calcul 304 transmet un signal à un système d’antennes 306, ce signal est traité par la tête radiofréquence 308 du système d’antennes 306 puis est transmis au dispositif radio 310 par l’intermédiaire des antennes 307 du système d’antennes 306. Les transmissions entre chaque système d’antennes 306 et le dispositif radio 310 s’effectue sur des liaisons montantes UPLINK (dispositif radio vers systèmes d’antennes) et descendantes DOWNLINK (systèmes d’antennes vers dispositif radio). Dans les applications visées par la présente description, une fois les N signaux descendants reçus par le dispositif radio 310, celui-ci retourne, sur les liens montants UPLINK, un signal montant, modulé en fréquence et avec présence de décalages fréquentiels, à chaque système d’antennes 306. Chaque tête radiofréquence 308 transmet alors un signal montant Sul (Sul 1 , …, Sul i , …, Sul N ) et remis en bande de base, avec présence de décalages fréquentiels, à l’unité de calcul 304 qui mesure alors respectivement une dérive (ou décalage) en fréquence (∆F 1 , …, ∆F i, …, ∆F N ) entre le signal transmis et le signal reçu ainsi qu’un angle d’arrivée (θ 1 , …, θ i, …, θ N ) pour chacun des N signaux montants reçus. Dans le cas d’un réseau coopératif, chaque unité de calcul de chaque station de base va alors mesurer les dérives de fréquence et les angles d’arrivée des signaux reçus par ses systèmes d’antennes. Les mesures collectées sont ensuite partagées vers l’ensemble des stations de base coopératives entretenant un lien vers le même dispositif radio. L’unité de calcul 304 estime alors les décalages F CFO et F DOP ( ) ainsi qu’un angle de déplacement θ M du dispositif radio par une résolution d’un problème de régression défini par l’expression : [Math 5] Cette expression décrit la dérive ou le décalage en fréquence dans un réseau distribué dans lequel le dispositif radio est mobile et dans lequel l’horloge du dispositif radio n’est pas synchronisée avec les horloges des différentes têtes radiofréquence. Les quantités F CFO et F DOP ne dépendent pas du rang i du système d’antennes 306 considéré. On suppose pour cela que les horloges des systèmes d’antennes 306 sont toutes synchronisées, par exemple par un protocole de synchronisation de type TSN (de l’anglais Time-Sensitive Network). Une fois l’estimation des décalages F CFO , F DOP et de l’angle θ M , ne dépendant pas des rangs des systèmes d’antennes, effectuée par l’unité de calcul 304, celle-ci ajuste en fréquence les signaux à transmettre par chaque système d’antennes 306 au dispositif radio 310. De nouveaux signaux descendants Sdl (Sdl 1 , …, Sdl i , …, Sdl N ) remis en bande de base avec compensation des décalages fréquentiels sont alors transmis par l’unité de calcul 304 à chaque système d’antennes 306. Chaque système d’antennes 306 transmet alors, par l’intermédiaire des liens descendants (DOWNLINK), un signal descendant modulé en fréquence avec compensation des décalages fréquentiels. La est un organigramme représentant des étapes d’un mode de mise en œuvre du procédé décrit. Dans une étape 401 (MEASUREMENT OF θi ; ∆Fi), l’unité de calcul 304 du réseau distribué illustré par la mesure les angles d’arrivée des signaux montants ainsi que la dérive ou le décalage de fréquence ∆Fi à partir des signaux montants transmis par le dispositif radio 310 et reçus par les systèmes d’antennes 306. Afin de pouvoir estimer les décalages F CFO et F DOP ainsi que l’angle de déplacement du dispositif radio 310 dans le but d’ajuster les signaux émis, l’expression : [Math 6] est linéarisée dans une étape 402 (LINEARIZATION) postérieure à l’étape 401 et par l’unité de calcul 304, en une expression linéaire : [Math 7] Cette linéarisation s’écrit sous la forme matricielle : [Math 8] où - A est un vecteur de taille N composé des dérives de fréquences mesurées par l’unité de calcul 304. Autrement dit, [Math 9] - B est une matrice de taille 3*N s’écrivant : [Math 10] - X est un vecteur de taille 3 s’écrivant : [Math 11] Les objets mathématiques A et B sont uniquement composés des valeurs connues, mesurées par l’unité de calcul 304 et les coordonnées du vecteur X sont uniquement fonction des paramètres à estimer. Dans une étape 403 (SOLVE LINEAR REGRESSION), postérieure à l’étape 402, le problème de régression linéaire décrit par l’expression linéaire obtenue à l’étape 402 est résolu par l’unité de calcul 304. Une estimation X estim du vecteur X est alors donnée par l’expression : [Math 12] où la matrice B T désigne la matrice transposée de la matrice B et la matrice (BB T ) -1 désigne la matrice inverse du produit matriciel BB T . Des valeurs estimées F2 CFO , F2 DOP et θ2 M des décalages F CFO , F DOP ainsi que de l’angle θ M sont alors données par les expressions : [Math 13] où X estim (1), X estim (2) et X estim (3) désignent respectivement la première, la deuxième et la troisième coordonnée du vecteur X estim . Dans une étape 404 (PREDICTION OF CHANNEL AGING), postérieure à l’étape 403, un vieillissement des canaux de propagation descendants H i , dû à un délai ∆t après l’estimation du canal descendant à un instant t 0, est évalué à partir des estimations obtenues dans l’étape 403 et selon l’expression : [Math 14] où H i (t 0 ) est l’état du canal à l’instant de l’estimation du canal t 0 et j est le nombre complexe tel que son carré soit égal à -1. Les techniques d’estimation de canal sont connues par la personne du métier et ne sont pas décrites plus avant. Dans une étape 405 (PRECODING), postérieure à l’étape 404, les signaux descendants sont ajustés et conjointement précodés en tenant compte des estimations obtenues aux étapes 403 et 404. L’ajustement des signaux est par exemple mis en œuvre par la méthode dite « zero-forcing » bien que d’autres méthodes d’ajustement soient possibles. Suite à l’étape 405, le procédé reprend, pour chaque signal montant reçu ou de manière périodique, à l’étape 401 après un délai de par exemple plusieurs millisecondes. Par exemple la période varie entre 1 et 20 millisecondes. La est un graphique illustrant des exemples de débit en fonction du vieillissement du canal dans les modes de réalisation décrits. Le graphique de la comprend cinq courbes décrivant des évolutions du débit d’un signal en bits par seconde en fonction du délai après la dernière estimation du canal en millisecondes dans un réseau distribué semblable à celui illustré en et comportant quatre systèmes d’antennes et auquel quatre dispositifs radio sont connectés. Le vieillissement du canal désigne la variation de phase induite par le temps s’étant écoulé depuis la dernière exécution du procédé illustré par la , en particulier depuis le dernier ajustement des signaux émis. Une courbe 501 représente l’évolution du débit d’un signal dans un réseau distribué idéal, c’est-à-dire un réseau distribué dans lequel les horloges des dispositifs radio sont synchronisées avec les horloges des systèmes d’antennes et dans lequel les dispositifs radio sont immobiles. Dans ce cas, il n’y a pas de décalage entre les fréquences des signaux émis et les fréquences des signaux reçus. Cette situation idéale permet d’obtenir, dans cet exemple, un débit constant d’entre 6 et 7 bits par seconde. Toutefois, cette situation idéale n’est pas représentative de la réalité. Une courbe 502 représente l’évolution du débit d’un signal dans un réseau distribué, dans lequel il existe un décalage entre les fréquences des signaux émis et les fréquences des signaux reçus et dans lequel aucun ajustement n’est effectué. La courbe 502 présente un mauvais débit, et ce, dès les premiers signaux transmis par les systèmes d’antennes aux dispositifs radio. La courbe 502 décroit légèrement sur les trois premières transmissions puis reste, dans cet exemple, relativement stable sur une valeur très faible de débit d’entre 3,5 et 4 bits par seconde. Une courbe 503 représente l’évolution du débit d’un signal dans un réseau distribué, dans lequel il existe un décalage entre les fréquences des signaux émis et les fréquences des signaux reçus et dans lequel une estimation des décalages est effectuée selon le procédé présenté en relation avec la . Dans ce réseau distribué, les faisceaux des systèmes d’antennes sont larges, c’est-à-dire que la résolution angulaire des systèmes d’antennes est faible. La courbe 503 montre, dans cet exemple, que la qualité des premiers signaux suite à l’ajustement sur la base de l’estimation est meilleure que sans ajustement. La qualité des signaux se dégrade ensuite rapidement en attendant une nouvelle itération du procédé de compensation présenté par la . Des courbes 504 et 505 représentent l’évolution du débit d’un signal dans un réseau distribué mettant en oeuvre une estimation des décalages selon le procédé présenté en . Pour ces réseaux, les faisceaux des systèmes d’antennes sont plus étroits et la résolution angulaire est donc meilleure. Suite à l’estimation et l’ajustement des signaux, la qualité du signal de ces deux réseaux est proche de la courbe idéale 501 (environ 5,5 bits par seconde pour le réseau représenté par la courbe 504 et environ 6,5 pour le réseau représenté par la courbe 505). La qualité du signal représenté par la courbe 504 se dégrade et, après une quinzaine de millisecondes, devient proche de la qualité du signal représenté par la courbe 502. Dans cet exemple, la courbe 505 décroit moins rapidement que les courbes 503 et 504, en effet, 20 millisecondes après l’ajustement, le débit présenté par la courbe 505 est à 4,5 bits par seconde. Les différences de performance observées sont induites par l’étroitesse des faisceaux utilisés par les systèmes d’antennes. Plus les faisceaux sont étroits, plus fiable est la mesure de l’angle d’arrivée θi et donc meilleure est l’estimation conjointe des dérives de fréquences. Un avantage des modes de réalisation décrits est que la connaissance de la localisation des dispositifs radio n’est pas nécessaire à l’estimation de leurs angles de déplacement. Un autre avantage des modes de réalisation décrits est qu’il n’est pas non plus nécessaire d’avoir des canaux de propagation à trajets multiples. Un autre avantage des modes de réalisation décrits est qu’ils s’appliquent à des réseaux distribués, tels que des réseaux de type MIMO distribués, ainsi qu’à des réseaux coopératifs comprenant un réseau de stations de bases coopératives. Divers modes de réalisation et variantes ont été décrits. La personne du métier comprendra que certaines caractéristiques de ces divers modes de réalisation et variantes pourraient être combinées, et d’autres variantes apparaîtront à la personne du métier. Enfin, la mise en œuvre pratique des modes de réalisation et variantes décrits est à la portée de la personne du métier à partir des indications fonctionnelles données ci-dessus. En particulier, différents types de réseaux distribués permettent la mise en œuvre des modes de réalisation décrits. Procédé d’estimation et de correction, au niveau d’une station de base (100, 114, 115, 116), d’une dérive fréquentielle (∆F 1 , ∆F i, ∆F N ) entre des signaux émis par une pluralité de systèmes d’antennes (101, 102, 103, 119, 120, 121, 124, 125, 126, 127, 200, 306_1, 306_i, 306_N) distribués spatialement autour d’une unité de calcul (104, 118, 122, 126, 304) de la station de base et des signaux reçus par un dispositif radio (106, 107, 108, 128, 129, 130, 201, 310), le procédé comprenant : a) l’envoi, par le dispositif radio d’un premier signal (UPLINK), ledit signal étant reçu par chacun des systèmes d’antennes ; b) la conversion, par les système d’antennes, dudit premier signal reçu en des deuxièmes signaux en bande de base, et leur transmission, par les systèmes d’antennes à l’unité de calcul ; c) la mesure, par l’unité de calcul, d’angles d’arrivée (θ 1, θ i, θ N ) des deuxièmes signaux et de la dérive fréquentielle des deuxièmes signaux en bande de base ; d) l’estimation, par l’unité de calcul, d’un angle de déplacement (θ M ) du dispositif radio, d’un premier décalage fréquentiel (F DOP ) induit par le déplacement du dispositif radio et d’un deuxième décalage fréquentiel (F CFO ) entre une horloge du dispositif radio et des horloges synchronisées des systèmes d’antennes ; e) l’ajustement en fréquence et le précodage, par l’unité de calcul et pour chacun des systèmes d’antennes, de troisièmes signaux en bande de base ; et f) la transmission, par l’unité de calcul, des troisièmes signaux en bande de base à la pluralité de systèmes d’antennes et la transmission, par ladite pluralité de systèmes d’antennes, desdits troisièmes signaux en bande base au dispositif radio. Procédé selon la revendication 1, dans lequel l’estimation de l’angle de déplacement (θ M ) du dispositif radio (106, 107, 108, 128, 129, 130, 201, 310), du premier décalage fréquentiel (F DOP ) et du deuxième décalage fréquentiel (F CFO ), est effectuée par résolution d’un problème de régression décrit par l’expression suivante : [Math 15] où N désigne le nombre de systèmes d’antennes (101, 102, 103, 119, 120, 121, 124, 125, 126, 127, 200, 306_1, 306_i, 306_N), i désigne le rang du système d’antennes , ∆F i désigne la dérive fréquentielle mesurée par le système d’antennes de rang i, θ i désigne l’angle d’arrivé mesuré par le système d’antennes de rang i, θ M désigne l’angle de déplacement du dispositif radio, F CFO et F DOP désignent respectivement le premier et le deuxième décalage fréquentiel. Procédé selon la revendication 2, dans lequel le problème de régression est résolu suite à une linéarisation de l’expression décrivant ledit problème de régression, la linéarisation s’écrivant : Procédé selon l’une quelconque des revendications 1 à 3, dans lequel l’angle de déplacement du dispositif radio (θ M) est estimé indépendamment de la localisation du dispositif radio (106, 107, 108, 128, 129, 130, 201, 310). Procédé selon l’une quelconque des revendications 1 à 4, dans lequel l’ajustement en fréquence des troisièmes signaux transmis au dispositif radio (106, 107, 108, 128, 129, 130, 201, 310) est effectué en adaptant la directivité et/ou la puissance et/ou la phase de chaque système d’antennes (101, 102, 103, 119, 120, 121, 124, 125, 126, 127, 200, 306_1, 306_i, 306_N) sur la base de ladite estimation. Procédé selon la revendication 5, dans lequel l’adaptation des systèmes d’antennes (101, 102, 103, 119, 120, 121, 124, 125, 126, 127, 200, 306_1, 306_i, 306_N) est commandée par l’unité de calcul (104, 118, 122, 126, 304). Procédé selon l’une quelconque des revendications 1 à 6, dans lequel, pour chacun des systèmes d’antennes (101, 102, 103, 119, 120, 121, 124, 125, 126, 127, 200, 306_1, 306_i, 306_N), l’ajustement en fréquence des troisièmes signaux transmis comprend une compensation de l’effet de vieillissement du canal sur la base de l’estimation. Procédé selon l’une quelconques des revendications 1 à 7, dans lequel les étapes a) à f) sont répétées périodiquement. Système comportant une pluralité de systèmes d’antennes (101, 102, 103, 119, 120, 121, 124, 125, 126, 127, 200, 306_1, 306_i, 306_N) et une station de base (100, 114, 115, 116) configurés pour la mise en œuvre du procédé selon l’une quelconque des revendication 1 à 8, lesdits systèmes d’antennes étant distribués spatialement autour d’une unité de calcul (104, 118, 122, 126, 304) de la station de base. Système selon la revendication 9, dans lequel les systèmes d’antennes (101, 102, 103, 119, 120, 121, 124, 125, 126, 127, 200, 306_1, 306_i, 306_N) contiennent des têtes radiofréquence (308_1, 308_i, 308_N). Système selon la revendication 9 ou 10, dans lequel l'unité de calcul (104, 118, 122, 126, 304) de la station de base (100, 114, 115, 116) est configurée pour mettre en œuvre l’estimation dudit angle de déplacement (θ M ), dudit premier décalage fréquentiel (F DOP ) et dudit deuxième décalage fréquentiel (F CFO ). Système selon l’une quelconque des revendications 9 à 11, comprenant plusieurs stations de base (100, 114, 115, 116) communiquant entre elles, une de ces stations de base procédant à ladite estimation et transmettant des paramètres d’adaptation aux autres stations de base. Système selon la revendication 12, dans lequel les autres stations de base (100, 114, 115, 116) sont des têtes radiofréquence (308_1, 308_i, 308_N). Système selon l’une quelconque des revendications 9 à 13, dans lequel des canaux de propagation des troisièmes signaux transmis par les systèmes d’antennes (101, 102, 103, 119, 120, 121, 124, 125, 126, 127, 200, 306_1, 306_i, 306_N) sont à trajet simple.