La présente invention concerne une prothèse vasculai- re, notamment utile comme prothèse des voies biliaires et comme prothèse pour anastomose porto-cave, et un dispositif pour l'introduction et la mise en place d'une telle prothè- se. Pour la clarté de l'exposé, l'invention est décrite ci-après en référence plus spécialement au cas d'une anasto- mose porto-cave, mais il est bien clair que l'invention ne saurait être limitée à cette application. La présence de tissus hépatiques sclérosés chez les patients atteints de cirrhose du foie constitue un obstacle préjudiciable à la libre circulation des fluides dans et à travers le parenchyme hépatique. La cirrhose constitue un processus anatomopathologique du foie, caractérisé par la mutilation du parenchyme hépati- que. Cette sclérose entralne une insuffisance hépatique et une hypertension portale par blocage. On ne dispose pas à ce jour de moyens pour restaurer les cellules sclérosées dans leurs fonctions vitales et la seule solution actuellement disponible dans de telles situa- tionsconsiste à pratiquer une intervention chirurgicale au cours de laquelle on réalise un shunt partiel de la circula- tion veineuse hépatique. Il est cependant connu que cela né- cessite des interventions dont le caractère traumatique cons- titue une gêne sérieuse, surtout s'agissant de malades dont les fonctions vitales sont déjà notablement affectées et chez qui l'hypertension portale entraîne inévitablement des troubles circulatoires. On a maintenant trouvé et mis au point une prothèse vasculaire, ainsi qu'un dispositif pour l'introduction et la mise en place d'une telle prothèse, dont l'utilisation est extrêmement aisée et qui,grâce à une mise en place par voie percutanée, n'entraîne pas les effets secondaires nui- sibles rappelés ci-dessus. La présente invention a pour premier objet une prothè- se vasculaire qui est caractérisée en ce qu'elle comprend essentiellement un manchon tubulaire portant sur sa surface latérale externe des parties en relief, telles que des er- gots ou des écailles, sensiblement parallèles à l'axe de la prothèse et dont une fraction pouvant atteindre la moitié est inversée par rapport aux autres. Ladite prothèse possède en pratique un diamètre exté- rieur, une épaisseur de paroi et une longueur appropriés pour l'usage auquel on destine cette prothèse. Selon un mode de réalisation avantageux, cette prothè- se est constituée d'un manchon tubulaire sur la surface du- quel ont été soulevées par entaille des écailles rabatta- bles, dont une fraction pouvant atteindre la moitié est in- versée par rapport aux autres, L'alternance du sens des écailles et le nombre de celles qui se trouvent orientées respectivement dans un sens ou dans l'autre ne sont pas dé- terminants et peuvent être choisis à convenance. Bien qu'une telle prothèse puisse être réalisée en un matériau quelconque, pour autant que celui-ci soit bien to- léré par les tissus avec lesquels il entre en contact et ne se dégrade pratiquement pas au cours du temps une fois mis en place, on préfère tout particulièrement une prothèse en polytétrafluoroéthylène (matériau notamment commercialisé sous la dénomination Teflon par E.1. du Pont de Nemours). Cependant, d'autres matériaux tels que notamment les silico- nes et dérivés peuvent également convenir. Grâce à la présence de tels ergots ou écailles, la prothèse selon l'invention présente des aspérités dissymé- triques qui assurent de façon simple et efficace son main- tien en place par auto-blocage dans les vaisseaux ou les pa- renchymes o son utilisation s'avère utile. Dans la forme de réalisation comportant des écailles rabattables, l'intrfulction de la prothèse est facilitée et celle-ci peut même avoir un diamètre aussi grand que néces- saire, puisque les écailles ne viennent pas en surépaisseur de la prothèse proprement dite et ne viennent donc pas gê- ner l'introduction et la mise en place de cette prothèse qui peut avoir la dimension optimale requises Une fois la prothèse en place, les-écailles assurent le blocage néces- 3 2499848 saire grâce à l'élasticité du matériau. La réalisation d'ergots ou d'écailles sur le pourtour de la prothèse peut s'effectuer par tout moyen connu de l'homme de l'art, tel que par exemple par des entailles en biais appropriées, au moyen d'outils coupants, sur une pro- fondeur qui est en rapport avec la dimension des écailles qu'on veut obtenir. La présente invention a également pour objet un dispo- sitif pour l'introduction et la mise en place d'une telle prothèse, comprenant fondamentalement une âme centrale sou- ple servant de guide, une gaine extérieure tubulaire souple et agencée à son extrémité distale de façon à retenir tempo- rairement la prothèse préalablement enfilée sur l'âme cen- trale susdite, ainsi qu'un organe tubulaire souple coulis- sant entre l'âme centrale et la gaine et constituant une bu- tée arrière assurant le maintien de la prothèse dans la par- tie distale dudit dispositif. Selon un mode de réalisation avantageux, la gaine ex- térieure tubulaire se termine, à son extrémité distale, par un sertissage en étoile apte à s'évaser lorsqu'on retire brusquement la gaine une fois la prothèse amenée à l'endroit voulu. Dans une variante préférée, ladite gaine du dispositif selon l'invention comprend également une partie proximale évasée, dont la liaison au reste de la gaine tubulaire est assurée par un rétreint et qui a une longueur suffisante pour pouvoir contenir une prothèse. Il suffit alors de pous- ser la prothèse au moyen de l'organe tubulaire qui va lui servir de butée arrière pour que, en particulier dans le cas o ladite prothèse comporte des écailles rabattables, celle- ci pénètre facilement dans la gaine tubulaire proprement dite. Un tel dispositif doit être d'une longueur suffisante pour pouvoir atteindre la partie lésée de l'organisme à traiter tout en restant accessible de l'extérieur par son extrémité proximale. En pratique, une longueur d'environ 60 à 100 cm con- vient pour la mise en place d'une prothèse pour anastomose porto-cave avec introduction du dispositif par la veine ju- gulaire et cheminement par la veine cave inférieure et la branche sus-hépatique. Les dimensions et les épaisseurs des différentes par- ties de ce dispositif peuvent être, en liaison avec celles de la prothèse proprement dite, adaptées par l'homme de l'art en fonction du cas d'espèce considéré. Les matériaux constituant les diverses parties de ce dispositif sont également choisis selon les convenances, les disponibilités et/ou les contraintes économiques que l'hom- me de l'art peut rencontrer. En pratique, on préfère tout particulièrement pour chaque partie de ce dispositif un polytétrafluoroéthylène tel que ceux qui sont commercialisés sous la dénomination Teflon, mais il est bien clair que tout autre matériau bien toléré par l'organisme du patient et ne se dégradant pas in situ peut également convenir. Bien que l'invention ne soit pas limitée à cette ap- plication, on décrit ci-après la mise en place de la prothèse au moyen du dispositif selon l'invention dans le cas, pure- ment illustratif, d'une anastomose porto-cave. Pour réaliser une telle anastomose conformément à la présente invention, on pratique une ponction au niveau de la veine jugulaire du patient et on introduit dans celle-ci un dispositif permettant, grâce à une aiguille, une ponction hépatique mettant en communication la veine sus-hépatique o chemine le matériel avec une branche de la veine porte. L'âme-guide du dipsositif selon l'iivention est alors in- troduite de manière à être laissée en place dans le shunt ainsi réalisé. On fait alors glisser sur ce guide le reste du dispositif selon l'invention, contenant une prothèse ap- propriée telle que décrite plus haut, en suivant son chemi- nement, par exemple, par radioscopie, On s'applique donc à faire passer celui-ci dans la veine sus-hépatique et, de là, dans une branche du système veineux sus-hépatique. On amène ensuite le dispositif jusque dans une branche correspondante du système veineux porte, de telle sorte que la prothèse se trouve en pontage entre les branches considérées respective- ment de la veine porte et de la veine sus-hépatique. On re- 249984e tire alors brusquement la gaine du système, ce qui a pour effet de libérer la prothèse et de dégager les aspérités qu'elle comporte et qui viennent prendre appui sur les pa- rois internes des branches veineuses concernées et du paren- chyme situé entre elles. On retire ensuite complètement la- dite gaine, ainsi que l'âme et l'organe tubulaire qui était destiné à assurer une butée arrière pour la prothèse comme indiqué plus haut. REVENDICATIONS 1; Prothèse vasculaire, caractérisée en-ce qu'elle consiste essentiellement en un manchon tubulaire portant sur sa surface latérale externe des parties en relief sen- siblement parallèles à l'axe de la prothèse et dont une fraction pouvant atteindre la moitié est inversée par rap- port aux autres. 2. Prothèse selon la revendication 1, caractérisée en ce que les-dites parties en relief sont des ergots ou des écailles. 3. Prothèse selon la revendication 1, caractérisée en ce qu'elle comprend des écailles rabattables, soulevées par entaille dudit manchon et dont une fraction pouvant attein- dre la moitié est inversée par rapport aux autres. 4. Prothèse selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée en ce qu'elle est réalisée en polytétra- fluoroéthylène ou en silicone ou dérivés. 5. Dispositif pour l'introduction et la mise en place d'une prothèse vasculaire selon la revendication 1, carac- térisé en ce qu'il comprend fondamentalement une âme centra- le souple servant de guide, une gaine extérieure tubulaire souple et agencée à son extrémité distale de façon à retenir temporairement la prothèse préalablement enfilée sur l'âme centrale susdite, ainsi qu'un organe. tubulaire souple coulis- sant entre l'âme centrale et la gaine et constituant une bu- tée arrière assurant le maintien de la prothèse dans la par- tie distale dudit dispositif. 6. Dispositif selon la revendication 5, caractérisé en ce que la gaine extérieure tubulaire se termine,à son extrémité distale, par un sertissage en étoile apte à s'éva- ser lorsqu'on retire brusquement la gaine une fois la pro- thèse amenée à l'endroit voulu. 7. Dispositif selon l'une des revendications 5 ou 6, caractérisé en ce que la gaine comprend une partie proxima- le évasée, dont la liaison au reste de la gaine tubulaire 7 2499848 est assurée par un rétreint et qui a une longueur suffisante pour pouvoir contenir une prothèse. 8. Dispositif selon l'une quelconque des revendications à 7, caractérisé en ce que ces diverses parties sont réali- sées en polytétrafluoroéthylène.