On sait que le coke incandescent est extrait des chambres de batteries de fours de cokéfaction au moyen d'une défourneuse et déversé dans un chariot d'extinction. Une locomotive ou un autre appareil de traction amène le chariot à la tour d'extinction sur une voie disposée directement devant la batterie et parallèlement à celle-ci. Après que le coke a été éteint à l'eau, le chariot d'extinction est conduit sur une rampe et le coke éteint est déchargé. En raison du poids élevé du chariot d'extinction et de son contenu, la voie sur laquelle il circule est soumise à de fortes charges et doit être solidement ancrée, Pendant les déplacements du chariot d'extinction chargé, des morceaux de coke et du poussier tombent inévitablement sur la voie et à côté d'elle, de sorte qu'il faut procéder de temps en temps à son nettoyage. Pour ltexécution d'une telle voie, il faut tenir compte en outre de ce qu'il s'y dépose, au voisinage de la tour d'extinction, non seulement de l'eau s'égouttant du chariot, mais aussi de la vapeur condensée s'échappant de la cheminée de la tour ; aux températures hivernales, il se forme de la glace sur la voie et le freinage du chariot devant la tour d'extinction risque de s'accompagner d'un dérapage dangereux. Les voies pour chariots d'extinction des batteries de fours de cokéfaction sont formées jusqu'à présent de rails posés sur des traverses en bois enfoncées dans un lit de ballast. Une voie de ce genre nécessite un rebourrage fréquent des traverses pour maintenir la voie fortement chargée à un niveau constant et ltempêcher de s'affaisser, ce qui joue un rôle important, en particulier pour une exploitation entièrement automatisée du chariot d'extinction. Ce travail de rebourrage des traverses prend beaucoup de temps, qu'il soit effectué à la main ou à la machine. Une telle voie doit, de plus, être réajustée dans un plan horizontal à certains intervalles de temps, car les forces horizontales élevées exercées par le chariot d'extinction au cours de ses déplacements déterminent à la longue un décalage sensible des traverses.Le nettoyage de cette voie à ballast ne peut, enfin, être effectué que manuellement, ce qui représente en tout cas un inconvénient. On connatt également une voie dont les rails sont-posés directement sur des poutres en béton. Les rails sont fixés dans les poutres en béton au moyen de tirefonds et de plaques d'ancrage. Une telle voie s'est révélée sujette en service à de fréquents incidents et nécessite souvent des ré parations et des remplacements des ancrages. La raison en est que, par suite de la jonction directe entre les rails et la construction en béton rigide, les forces prenant naissance par suite des mouvements du chariot d'extinction lourd sont trans mises en totalité aux ancrages. La présente invention a pour but de réaliser une voie nouvelle, exempte des inconvénients sus-mentionnés. La voie conforme à l'invention pour chariots d'ex tinction de batteries de fours de cokéfaction est disposée devant la batterie parallèlement à celle-ci et comporte des rails posés sur des traverses en bois. Cette nouvelle voie est caractérisée par une infrastructure pour les traverses en bois, cette infrastructure étant constituée par une dalle en béton armé rigide à la flexion et munie de cavités, qui correspondent aux dimensions des traverses et dans lesquelles celles-ci sont encastrées, ladite dalle en béton armé rigide à la flexion reposant, d'une part, sur des consoles en béton du mur de soutènement d'angle de la batterie et, d'autre part, sur une bande continue de fondation. Les traverses possèdent avantageusement une sous couche en mortier de ciment et les joints verticaux sont com blés d'une masse coulée étanche à l'eau, par exemple de mortier de bitume ou de résine synthétique. La voie est fixée sur les traverses en bois à la manière usuelle, par des crapauds et des tirefonds. Les rails sont de préférence pour la plupart posés individuellement sur de courtes traverses, ayant une longueur de 0,6 à 0,7 m Les deux rails ne sont posés en commun que sur une traverse sur cinq à peu près et les traverses, ainsi que la cavité prévue à cet effet dans la dalle en béton armé, possèdent alors une longueur correspondante, par exemple de 2,6 à 2,7 m. Du fait que les traverses sont posées dans les cavités de la dalle en béton armé, les rails sont solidement arretés et ne peuvent se déplacer, ni en direction lpngitudinale, ni en direction transversale. Un redressement et un alignement de la voie après la mise en service de l'installation ne sont plus nécessaires. Selon une autre forme d'exécution de l'invention, la dalle en béton armé rigide à la flexion présente une légère inclinaison vers I'extérieur, c t est-à-dire en s'éloignant de la batterie et il est prévu sur le bord externe, donc sur la bande de fondation extérieure, une rigole d'ecoulement en pente longitudinale vers la tour d'extinction et débouchant dans un puisard de pompage, directement devant la tour d'extinction. La rigole d'écoulement ebt recouverte avantageusement d'une grille, par exemple d'un caillebotis en bois. L'eau qui se dépose sur la voie s'écoule dans la rigole, qui l'amène dans le puisard d'où elle est reprise par la pompe et refoulée dans la sole de la tour d'extinction. Un perfectionnement apporté à la voie d'extinction selon l'invention consiste à la munir d'un recouvrement affleurant les rails, par exemple de plaques de béton, qui reposent sur l'infrastructure en béton de la voie et sur les traverses en bois. I1 est avantageux d'utiliser à cet effet des plaques de béton préfabriquées. On obtient de cette manière un recouvrement légèrement incliné en direction de la rigole d'écoulement. Le nettoyage d'une telle voie peut être facilement effectué à l'aide de machines. L'eau s'égouttant du chariot d'extinctison, ainsi que l'eau de condensation, s'infiltre par les joints entre les plaques de recouvrement, parvient sur la dalle en béton armé et s'en écoule dans la rigole latérale. Le poussier de coke est entratné par l'eau sous les plaques de recouvrement et sur la dalle en béton armé. Afin que l'infrastructure puisse en être débarrassée par lavage, il est prévu, dans les plaques de recouvrement, des ouvertures par lesquelles peut être introduit un tuyau d'eau, par exemple un tuyau à incendie. Ces ouvertures sont pratiquées en particulier dans les plaques de recouvrement voisines de la batterie, étant donné que la légère inclinaison de la dalle en béton armé favorise son lavage et permet à l'eau de s'écouler dans la rigole. Pour des travaux de réparation, par exemple pour le remplacement des rails, on enlève les plaques de recouvrement et on les dépose sur le cEt4.La manipulation des plaques de recouvrement est facilitée par des crochets noyés dans leur face supérieure. Dans la voie conforme à l'invention > il ne se produit que des différences négligeables de tassement entre le massif de la batterie et la voie du chariot d'extinction9 qui se trouve ainsi dans les conditions voulues pour un service entièrement automatique n'autorisant que quelques millimètres de différence de tassement, ce qu'il est impossible d'obtenir avec une voie sur ballast. Une autre caractéristique de l'objet de l'invention réside en ce que, sur toute la longueur de la voie, ou sur une partie seulement de la voie, savoir sur la partie exposée à un risque de formation de glace, les rails sont pourvus d'une installation de chauffage. I1 est prévu dans ce but des organes de chauffage disposés au voisinage des deux rails. Ces organes peuvent être des éléments chauffants électriques, ou des tuyaux avec ou sans ailettes chauffés à la vapeur ou à l'eau, disposés par exemple à droite et à gauche à côté des rails. Une forme de réalisation préférée de l'installation de chauffage des rails comporte un réservoir d'eau d'extinction placé sur la tour d'extinction, dont le contenu est à une température de 50 à 600C et qui est relié aux tuyaux de chauffage, de façon que l'eau d'extinction chaude assure le chauffage des rails sur la longueur menacée de gel. A l'exté- rieur de la zone en danger, ces tuyaux de chauffage débouchent dans la rigole d'écoulement latérale. En cas de gel, il suffit alors d'ouvrir une vanne et les rails sont réchauffés. L'eau de chauffage n'est pas perdue pour l'extinction, car elle est amenée par la rigole d'écoulement dans le puisard de pompage avant la tour d'extinction, d'où elle est renvoyée dans le réservoir d'eau d'extinction à travers la sole de la tour et le bassin de décantation.Ce mode de chauffage n'entratne que peu de frais, savoir seulement la dépense d'énergie nécessaire pour refouler l'eau du puisard de pompage dans la sole de la tour d'extinction. La voie sus-décrite a fait ses preuves en service d'essai et un exemple de réalisation en est représenté au dessin annexé dans lequel La figure 1 est une vue de la voie, en coupe transversale suivant la ligne I-I de la figure 2 ; la figure 2 représente en plan une partie de la voie ; la figure 3 est une coupe longitudinale partielle suivant la ligne III-III de la figure 2. 1 est le mur de soutènement d'angle de la batterie avec la console 2 sur laquelle repose la dalle en béton armé 4 rigide à la flexion. 3 est le soubassement de la batterie. 5 est une couche dite de propreté en béton maigre. 6 est la bande de fondation. La dalle en béton armé 4 est légèrement inclinée vers l'extérieur c'est-à-dire vers la bande de fondation 6. 7 est la rigole d'écoulement. 8 sont les cavités ménagées pour les traverses 9 dans la dalle en béton armé 4. En tirets est représentée la longue cavité 10 prévue dans la dalle en béton armé 4 pour la traverse de grande longueur 11, qui est indiquée par des hachures. 12 est le caillebotis recouvrant la rigole d'écoulement. 13 est une plaque de recouvrement en béton préfabriqué, Elle repose d'un côté sur la plaque en béton 14, de l'autre côté sur la traverse 9 et s'étend jusqu'au voisinage du rail 15. Entre les rails 15 et 16, la plaque de recouvrement 17 s'applique de part et d'autre sur les traverses 9. Elle porte des tAcles latérales 18, qui s' engagent sous le champignon des rails et empêchent des morceaux de coke de tomber entre les rails. 19 sont des ouvertures pour l'introduction d'un tuyau d'incendie et 20 sont des crochets noyés dans les plaques de recouvrement 13, 17 et 21, dont la dernière repose, d'une part, sur la traverse 9 et, d'autre part, sur un socle de la dalle en béton armé 4. Les plaques de recouvrement affleurent les champignons des rails de sorte que les éléments 4, 21, 17, 13 et 12 forment une surface de recouvrement lisse. 22 sont des tuyaux de chauffage alimentés en eau chaude et évitant le gel aux températures hivernales. Sous les rails 15 et 16 se trouvent des crapauds 23 24 sont des tirefonds. Les traverses 9 et 11 possèdent une sous-couche en mortier de ciment et le joint 25 est comblé d'une masse coulée de mortier de bitume. REVENDICATIONS 1.- Voie pour chariots d'extinction de batteries de fours de cokéfaction disposée devant la batterie parallèlement à celle-ci et comportant des rails posés sur des traverses en bois, ladite voie étant caractérisée par une infrastructure pour les traverses en bois (9,11) qui est constituée par une dalle en béton armé (4) rigide à la flexion et munie de cavités (8,10) qui correspondent aux dimensions des traverses (9,11) et dans lesquelles celles-ci sont encastrées la dalle en béton armé (4) rigide à la flexion repcsant, d'une part, sur des consoles en béton (2) du mur de soutènement d'angle (1) de la batterie et, d'autre part, sur une bande continue de fondation (6). 2.- Voie selon la revendication 1, caractérisée en ce que ses rails (i5,16) sont pour la plupart posés individuellement sur de courtes traverses (9) et ne sont posés en commun que sur une traverse sur cinq plus longue (il). 3.- Voie selon les revendications 1 et 2, carac- tériséè par une dalle n béton armé (4) légèrement inclinée vers l'extérieur, c est-à-dire vers la bande de fondation (6) et par une rigole d'écoulement (7), en pente longitudinale vers la tour d'extinction et débouchant dans un puisard de pompage directement devant ladite tour. 4.- Voie selon la revendication 1, caractérisée par un recouvrement formé de plaques de béton préfabriquées (13, 17, 21) > qui reposent en partie sur l'infrastructure en béton et en partie sur les traverses en bois (9,11), affleurent les faces supérieures des rails et sont munies d'ouvertures, en particulier dans les plaques voisines de la batterie, pour l'introduction d'un tuyau d'eau, ainsi que de crochets noyés (20) pour leur soulèvement. 5. - Voie selon la revendication 1, caractérisée par une installation pour le chauffage électrique, à la vapeur ou à l'eau, des rails, qui s' étend sur toute la longueur ou sur us partie seulement de la longueur des rails. 6.- Voie selon la revendication 5, caractérisée par des éléments chauffants disposés à côté des rails. 7.- Voie selon les revendications 5 et 6, caractérisée par des tuyaux de chauffage (22) qui sont disposés à droite et à gauche des rails (15,15) dans la zone exposée au gel, sont reliés par des conduites avec vannes au réservoir d'eau de la tour d'extinction et débouchent dans la rigole d'écoulement (7) en aval de la zone exposée au gel.