La présente invention concerne l'utilisation des dé- rivés de glycérylphosphoryle, répondant à la formule générale: CH20H fHOH CI H2O-P OCH -C-g (R')3 O 2 3 R dans laquelle R représente H ou COOH, alors que R' représente H ou CH3. La présente invention concerne plus précisément l'utilisation des dérivés de glycérylphosphoryle de formule générale: CH20H CHOH l O CH2O-P OCH2-CH-(R')3 R dans laquelle R représente H ou COOH alors que R' représente H ou CH3, dans la thérapie de dyslipémie, de l'alcoolisme, des hépatites aigUes, subaigUes et chroniques, de la stéatose et d'états pathologiques analogues. Plus particulièrement, les comapositions-pharmaceuti- ques selon l'invention contiennent, à titre d'ingrédients actifs principaux, un ou plusieurs des corposés suivants: glycérylphosphorylcholine (R = H, R' = CH3), glycérylphosphoryléthanolamine (R = H, R' = H), glycérylphosphorylsérine (R = COOH, R' = H). Plus particulièrement, puisque le métabolisme inter- médiaire chez l'homme peut, au demeurant, interconvertir ces trois composés, il est dans la pratique sans importance d'admi- nistrer l'un ou l'autre de ces derniers. Ainsi, par exemple, l'ingrédient actif principal d'une composition selon l'invention peut être constitué de glycérylphosphorylcholine seule ou bien même d'une association des trois composés indiqués. On a constaté de façon surprenante que les composés de formule générale (I) sont capables d'assurer un effet antidys- lipémique (en particulier en ce qui concerne les lipides hémati- ques et les lipoprotéines hématiques) et d'amorcer le métabolisme hépatique de manière à favoriser, entre autres, la métabolisation et la mobilisation des graisses (activité anti-stéatosique). Ces caractéristiques, en combinaison avec un profil toxicologique exceptionnellement favorable, permettent d'employer les composés en cause en thérapeutique pour le traitement de certains troubles pathologiques. On va maintenant étudier l'aptitude thérapeutique des composés de formule générale (I), cette étude étant divisée en plusieurs chapitres. Toxicité On peut démontrer que les composés de formule géné- rale (I) qui sont particulièrement intéressants, c'est-à-dire la glycérylphosphorylcholine, la glycérylphosphoryléthanolamine et la glycérylphosphorylsérine, sont présents sous forme de métabolites normaux dans le corps humain et que, en conséquence, il n'est pas judicieux d'en discuter sur les plans de toxicité subaigUe et toxicité chronique. Pour ce qui est de la toxicité aigUe de ces composés, les expériences effectuées avec la L-o -glycérylphosphorylcho- line permettent de tirer les conclusions suivantes: 1) la toxicité de Lil -glycérylphosphorylcholine est telle que lorsqu'on l'administre par voie orale, elle ne pro- voque pas la mort et n'est pas à l'origine d'une symptoraatologie quelconque jusqu'à l'administration de 3 g/kg chez tous les ani- maux ayant fait l'objet de ces expériences (souris, rats, et lapins); 2) la dose létale lors d'une administration par voie parentérale varie selon la voie choisie pour l'administration; ainsi la L- ois glycérylphosphorylcholine administrée par voie i.p. donne une DL50 chez les rats et les souris avec un maximum de 1500 mg/kg alors que chez les lapins cette valeur est de 1000 mg/kg; 3) la DL50 par administration intra-musculaire chez les rats est d'environ 1300 mg/kg, d'environ 1000 mg/kg chez les souris et d'environ 600 mg/kg chez les lapins. Activité Antidyslipémique L'action antidyslipémique des composés est démontrée, par exemple, par les résultats expérimentaux suivants: a) tests de Buchanan. On traite vingt rats mâles ayant un poids moyen de 200 g pendant quatre jours consécutifs avec la L-i -gly- cérylphosphorylcholine à des doses de 100 ou 200 mg/kg/jour par injection intramusculaire. On constate une baisse du cholesté- rol hématique total de 10 % et de 17 % respectivement, alors qu'on observe une augmentation des 0--lipoprotéines de 17 et de % respectivement, ces résultats étant comparés à ceux obtenus avec un autre groupe de dix animaux non traités. En même temans et comme on pouvait s'y attendre, il se produit une baisse corres- pondante du pourcentage des / -lipoprotéines qu'on sait être athérogènes, à la différence des A -lipoprotéines. b) alimentation avec l'éthanol. On administre par voie i.p. mg/kg/jour de L-i -glycérylphosphorylcholine à 20 rats mâles pesant en moyenne 200 g et à 20 rats femelles pesant en moyenne g, pendant quatre jours. A partir du second jour de traite- ment, on administre de l'éthanol aux animaux, en l'ajoutant en des doses de 10 % à l'eau donnée "ad libitum", alors qu'auxtroi- sième et quatrième jous, on administre également aux rats de l'éthanol au moyen d'une sonde gastrique à raison de 0,5 g par animal. On observe une nette diminution des triglycérides héma- tiques, représentant 38 % chez les mâles et 45 % chez les femelles, par rapport aux animaux traités uniquement par l'éthanol (10 mâles et 10 femelles). c) Lipolyse lors du jeûne. On administre par voie i.p. à trois groupes de rats mâles (20 rats par groupe) pesant en moyenne 195 g, respectivement des doses de 100, 200 et 400 mg/kg de L- d -glycérylphosphorylcholine au début d'un jeûne de 48 h au cours duquel les animaux ne reçoivent que de l'eau "ad libitum". Après 24 heures de jeûne, on administre aux animaux une seconde dose (égale à la dose précédente) de L-À -glycérylpohosphoryl- choline. A la fin du jeûne, on sacrifie les animaux. On observe une diminution de NEFA (acides gras non estérifiés) représentant respectivement 7 %, 11 % et 21 % par rapport aux rats témoins (10 par groupe). Recherches pharmacocinétiques L'activité démontrée ci-dessus peut être interprétée en se basant sur les résultats suivants: La Lglycérylphosphorylcholine marquee, administrée par voie intra-veineuse, intramusculaire et orale, a été réabsorbée entièrement et rapidement de telle manière que la matière marquée administrée se retrouve presque en totalité dans le système cir- culatoire dans chaque cas. Une grande partie (au moins 50 %) de la matière marauée administrée disparaît très rapidement (première heure) du système circulatoire et on constate qu'elle est à ce stade principalement dans le foie (une faible partie étant également dans le cerveau); pendant les troisième et quatrième heures après l'administration, la glycérylphOsphorylcholine marquée revient-dans le système cir- culatoire de sorte qu'à la sixième heure elle est revenue à rai-- son d'au moins 80 à 90 % dans la circulation et est contenue dans les lipoprotéines. Cela veut dire que la glycérylphosphorylcholi- ne a été utilisée essentiellement dans la synthèse des lipopro- téines. En outre, à la centième heure après l'administration, la radioactivité atteinte à la sixième heure est toujours enregistrée dans le système circulatoire. Les données obtenues démontrent qu'en fait la glycéryl- phosphorylcholine est un agent qui intervient dans le métabolisme des lipides, en agissant à la façon d'une substance antidyslipé- mique; cette action du produit qui est. moins intense que celle des agents antidyslipémiques modernes offre l'avantage très im- portant de ne pas s'accompagner de toxicité aigUe, subaiagiou chronique. Activation du métabolisme hépatique Les données expérimentales présentées ci-après font ressor- tir l'effet protecteur surprenant du composé (I), en particulier de la Lc -glycérylphosphorylcholine, en ce qui concerne l'action toxique provoquée par le tétrachlorure de carbone, par une ali- mentation grasse, par une cholémie expérimentale et par l'isothio- cyanate d' a/ -naphtyle. En fait: 1 - La L- o -glycérylphosphorylcholine, administrée par voie intramusculaire à une dose de 100 mg/k-g à des rats ayant été traités avec une seule dose de CC14, réduit le pourcentage de mortalité de 50 %, réduit l'augmentation dans le sérum de GOT (transaminase glutamique-oxalacétique) (-70 %), de GPT (transa- minase glutamique piruvique) (-68 %0) et de LDH (déshydrogénase- lactique) (-72 %) et indique l'apparition d'altérations histolo- giques de faible ampleur dans le bilan hépatique. 2 - La L-À -glycérylphosphorylcholine, administrée par voie intramusculaire à une dose de 100 mg/kg à des rats traités avec une dose unique de CC14, influe sur la rétention de BSP (bromosulfaléine) dans le sang provoquée par la toxicité de CC14. 3 - La L-o -glycérylphosphorylcholine, administrée par voie intramusculaire à une dose de 100 mg/kg à des lapins souffrant de cholémie expérimentale (blocage des voies biliaires), limite l'augmentation de GOT (-31 %) et de GPT (-45 %) dans le sérum. 4 - La L-o -glycérylphosphorylcholine, administrée par voie intramusculaire à une dose de 100 mg/kg, est capable de produire une activité antagoniste chez les rats en ce qui concerne la stéatose hépatique provoquée par une alimentation hyperglyci- dique, hyperlipidique et hyperprotéinée; dans le tableau ci-après on indique le poids du foie (exprimé en g par 100 g du poids cor- porel de l'animal) et la quantité de matières grasses dans le foie (exprimée en g par 100 g de tissus frais) chez les animaux témoins, chez les animaux traités par une diète non équilibrée et chez les animaux traités par une diète déséquilibrée par une plus forte quantité de L-4-glycérylphosphorylcholine. De plus, l'administration par voie orale de glycéryl- phosphorylcholine procure un résultat analogue en ce qui concerne les altérations provoquées par une alimentation hyperglycidique, hyperlipidique, et hyperprotéinée. L'infiltration des matières grasses est, de toute évidence, moins intense chez les animaux traités par la glycérylphosphorylcholine, comme on peut le voir à l'examen du tableau. Tableau 5 - La L-; -glvcéryrlphosphorlcholine, administrée par voie intramusculaire à une dose de 100 mg/kgc. des rats ernoi- sonnés avec l'isothiocyanate d' J -naphtyle, est canable de nroduire une activité antagoniste efficace, en emnêchant la mort et en ré- duisant dans le sérum la quantité de GOT (-76 %), de GPT (-53 %) et de LDH (-77 %), en réduisant l'augmentation de 1' -globuline et de A- globuline et finalement en intervenant pour mitiger les raodifications histologiques au niveau des tissus hépatiques (légère congestion des sinusoides et état oedérmicue des sections de la veine porte, phénomènes de prolifération en liaison avec les conduits biliaires intra-hépatiques avec endommagement deq cellules du foie). Tests cliniques L' activité pharmiacologi* ue indiquée par les données présentées plus haut a été confirmée pendant les essais clinicues soit par des indications rapportées concernant le métabolisme des lipides, soit par des indications hépatologiques rapportées. 1 - indications rapnortées concernant le rétaboli.sr--e des liDides Agents clarifiant les effets antidyslipoprotéinicrues Poids du foie (g/lOOg M!atières grasses de poids corporel) contenues dans le foie frais (lOOg Groupes de tissus frais) usculaire orale * ntra- orale musculaire musculaire Témoins 3,40 3,50 4,16 4,22 Traités avec un régime non équilibré 4,26 4,37 11,9.3 12,60 Traités avec un régime non équilibré + glycérylphos- phorylcholine 3,79 3,61 7,55 6,18 et antitriglycéridémiques dans le sérum. On a effectué des recherches cliniques sur environ 20 patients souffrant de formes variées de la dyslipémie. On a démontré que la L-i(-glycérylphosphorylcholine possède une action notable pour a- baisser la triglycéridémie et pour améliorer le rapport entre les lipoprotéines et A. En outre, une action très nette est toujours enregistrée chez les alcooliques. 2 - Indications.rapportées concernant le métabolisme hépati- que. Hépatite aigfe, subaigUe, ou chronique, stéatose. Une étude corrélative par la méthode en double aveugle a per- mis de montrer que la L-& -glycérylphosphorylcholine fait preuve d'une activité particulière dans les cas d'une hépatite aigâe à caractéristiques cholostatiques, en améliorant non seulement le ni- veau hématique des transaminases mais surtout le niveau des phos- phatases alcalines et de la bilirubine. On a démontré que la glycérvlphosphorylcholine est active contre l'hépatite chronique persistante; on a montré qu'elle éait avantageuse pour le traitement des formes initiales de cirrhose. La glycérylphosphorylcholine n'a aucun effet sur l'hépatite chronique active. Les résultats des diverses expériences toxicologiques, phar- macologiques et cliniques montrent que les composés de formule gé- nérale (I) sont remarquablement appropriés pour des applications thérapeutiques. Dans ce but, on peut les préparer en conformité avec des techniques pharmaceutiques bien connues pour obtenir des compositions dont un ingrédient actif essentiel est un composé de formule (I), en combinaison avec un véhicule pharmaceutique. Even- tuellement, on peut préparer les compositions sous forme de doses unitaires convenant à un mode particulier d'administration, la quan- tité de l'ingrédient actif dans chaque dose unitaire étant telle qu'une ou plusieurs doses peuvent être nécessaires pour chaque ad- ministration thérapeutique. La dose unitaire peut être par exemple un comprimé, une pilule, un sachet, une poudre conditionnée ou une poudre enrobée pour administration par voie orale, un suppositoire ou bien une solution ou suspension stérile injectable, éventuelle- ment dans une ampoule en vue d'une administration par voie parenté- rale. Les exemples suivants présentent des compositions pharmaceu- tiques de ce type. Exemple 1 Comprimés A B L-i -glycérylphosphorylcholine 100 mg 200 mg Lactose 50 mg 100 mg Amidon 32,5 mg 65 mg Talc 10 mg 20 mg Avicel 55 mg 110 mg Stearate de Magnésium 2,5 mg 5 mg Exemple 2 Comprimés On prépare des compositions comme dans l'exemple 1 mais en remplaçant la glycérylphosphorylcholine par des quantités égales (100 ou 200 mg) de glycérylphosphoryléthanolamine ou de glycérylphosphorylsérine. Exemple 3 Pillules A B Glycérylphosphorylcholine 100 mg 200 mg (ou -éthanolamine ou -sérine) Lactose 50 mg 100 mg Amidon 32,5 mg 65 mg Talc 50 mg 80 mg Avicel 55 mg 110 mg Stearate de Magnésium 2,5 mg 5 mg Eudragite E 0,5 mg 0,75 mg Carbonate de Magnésium 4 mg 6 mg Bioxyde de Titane 5 mg 7,5 mg Kaolin 6,5 mg 9,75 mg Gélatine 2,0 mg 3 mg Saccharose 90 mg 135 mg Gomme arabique 2 mg 3 mg Exemple 4 Gélules en gelatine molle Dans des gélules de gélatine molle d'une forme convenable, on conditionne: ?464715 A B Glycérylphosphorylcholine (ou -sérine ou -éthanolamine) 100 mg 200 mg Huile végétale 20 mg 40 mg Exemple 5 Gélules en gélatine dure Dans des gélules de gélatine dure d'une forme convenable, on conditionne: A B Glycérylphosphorylcholine (ou -sérine ou éthanolamine) 100 mg 200 mg Avicel 50 mg 100 mg Amidon 18 mg 36 mg Lactose 15 mg 30 mg Talc 15 mg 30 mg Stéarate de magnésium 2 mg 4 mg Exemple 6 Ampoules lyophilisées A B Glycérylphosphorylcholine (ou -sérine ou -éthanolamine) 100 mg 200 mg Glycine 250 mg 250 mg p-hydroxybenzoate de méthyle 1,68 mg 1,68 mg phydroxybenzoate de propyle 0,48 mg 0,48 mg Exemple 7 A B Glycérylphosphorylcholine (ou -serine ou -éthanolamine) 100 mg 200 mg NaH2PO4-Na2HPO4(M/10), pH 6,5 q.s. 1 ml 2 ml On obtient des compositions analogues en remplaçant chaque ingrédient actif individuel par une quantité égale d'un mélange de deux ou plusieurs ingrédients actifs principaux. REVENDICATIONS 1 - A titre de médicaments, notamment pour le traite- ment de la dyslipémie, de l'alcoolisme, de l'hépatite aigUe, su- baigUe ou chronique, de la stéatose et des états pathologiques analogues, les dérivés de glycérylphosphoryle répondant à la formule générale: CH2OH CHOH - I CH2O-P 2 3 O CH 2-CH-N(')3 R dans laquelle R représente H ou COOH, et R' représente H ou CH3. 2 - Médicament selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il est constitué par la glycérylphosphorylcholine. 3 - Médicament selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il est constitué par la glycérylphosphoryléthanolamine. 4 - Médicament selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il est constitué par la glycérylphosphorylsérine. - Médicament selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il est constitué par la-combinaison de deux ou plusieurs dérivés de glycérylphosphoryl de formule générale (I). 6 - Composition pharmaceutique active dans le traite- ment des dyslipémies, d'alcoolisme, d'hépatite aigUe, subaigae ou chronique, de stéatose et d'états patholoques analogues, caractérisée en ce qu'elle comprend, à titre d'ingrédient actif, un ou plusieurs dérivés de glycérylphosphoryle selon la formule (I) de la revendication 1, en combinaison avec un véhicule pharmacologiquement acceptable. 7 - Composition selon la revendication 6, caractérisée en ce qu'elle contient, à titre d'ingrédient actif, la glycéryl- phosphorylcholine, la glycérylphosphoryléthanolamine ou la glycérylphosphorylsérine, isolément ou en combinaison. 8 - Composition selon la revendication 6 ou 7, carac- térisée en ce qu'elle est sous une forme appropriée pour l'adminis- tration par voie orale. 9 - Composition selon la revendication 6 ou 7, carac- térisée en ce qu'elle est sous une forme appropriée pour l'administra- tion par voie patentérale.