L'invention a pour objet un appareil qui sertd'incubateur d'oeufs de poisson principalement de salmonidés en vue de l'obtention d'alevins qui pourront être recueillis et libérés après éclosion ou après éclosion et nourrissement si on le désire. L'état de la technique dans ce domaine est il lustré par la boîte de Weber dont l'usage consiste a enfermer une certaine quantité d'oeufs de poisson dans une boîte dont les parois sont percées de trous allongés et que l'on enfouit peu profondément dans le sable du lit d'un ruisseau ou d'un bassin d'alevinage. Les oeufs qui sont ronds et plutôt gros ne peuvent pas passer a travers les trous tandis que les larves issues de ces oeufs sont plus minces et allongées et elles peuvent sortir de la boîte. En conséquence, les alevins ne peuvent pas être recueillis puisque; les larves s 'échappent peu de temps après leur éclosion. Dans le brevet français nO 1 351 515 il a été proposé une cage assez grande a l'intérieur de laquelle une boite de Weber sert a contenir les oeufs; quand les larves s'échappent de cette dernière boîte, ils restent emprisonnés dans la cage. Toutefois, celle-ci est destinée à être déposée dans le fond d'un ruisseau ou d'un bassin et ne permet donc pas de contrôler l'état des oeufs ni d'agir sur le milieu dans lequel se trouvent les alevins Le but principal de l'invention est d'apporter un appareil simple et économique qui permet de conserver les alevins en séparant les larves des oeufs en minimisant ainsi les risques de maladie dus aux oeufs morts, qui laisse la possibilité d'intervenir aisément afin d'éliminer périodiquement les oeufs morts tout au long de l'incubation, qui rend possible l'exécution de traitements préventifs ou curatifs des alevins contre les maladies, qui permet de les alimenter si on le désire, avant leur libération. On atteint ce but, selon l'invention, avec un appareil qui comprend un premier récipient ayant un premier fond supérieur percé de petits trous et un second fond inférieur plein limitant entre eux une chambre d'alimentation qui est raccordée à une arrivée d'eau par une conduite munie d'une vanne; un second récipient ayant un fond percé de trous allongés arrêtant les oeufs et laissant passer les larves est conçu pour être introduit dans le premier récipient avec un espacement au-dessus du premier fond supérieur. Les deux récipients sont munis à proximité de leur bord supérieur d'une ouverture de trop plein pour l'évacuation de l'eau; ces ouvertures sont garnies de moyens appropriés empêchant la sortie des oeufs et des larves quand il est nécessaire. De préférence le second fond inférieur plein est conique en se rétrécissant du haut vers le bas, en entonnoir, avec une sortie inférieure de diamètre plus faible que celui de la conduite d'arrivée d'eau; une jupe porteuse entoure ce second fond conique. De préférence aussi, la conduite d'arrivée d'eau arrive tangentiellement dans la chambre d'alimentation à fond conique. Dans un mode de réalisation de l'invention, le second récipient est introduit et suspendu dans le premier récipient au moyen d'une tubulure qui part du trou de trop plein du second récipient et qui est engagée dans le trou de trop plein du premier récipient; de préférence, cette tubulure est entourée d'un joint qui sert aussi de cale dans l'intervalle entre les deux récipients. Après l'?closion, le second récipient est retiré et le trou de trop plEin du premier récipient est pourvu d'un filtre. On donnera maintenant une description d'un mode préféré de réalisation de l'invention. On se reportera à la figure unique annexée qui est une vue en élévation et en coupe d'un appareil conforme à l'invention représenté en état d'utilisation. Un premier récipient 1 est ouvert à sa partie supérieure et il a un premier fond supérieur 2 qui est percé de nombreux petits trous 3 qui peuvent avoir un diamètre de 2 mm. Leur dimension est assez faible pour ne pas permettre le passage des alevins et pour que le premier fond 2 supporte une couche de gravier 4, comme on en trouve dans le lit des ruisseaux. Ce récipient 1 a un deuxième fond inférieur 5 qui, dans cet exemple, est conique, comme un entonnoir, avec une sortie inférieure 6. Pour que l'appareil puisse être posé, le fond conique 5 est entouré d'une jupe cylindrique porteuse 7. Toutefois, des pieds porteurs espacés pourraient convenir aussi. La sortie inférieure 6 du fond conique 5 est pourvue d'une tubulure 8 qui s'étend à l'extérieur de la jupe porteuse 7, de préférence avec une pente vers le bas, de sorte que son extrémité libre 9 est accessible et peut être bouchée si on le désire. Entre le premier fond supérieur 2 et le second fond inférieur 5, il y a une chambre d'alimentation 10 qui est raccordée à une conduite 11 sur laquelle se trouve une vanne 12. Après celle-ci la conduite 11 se termine par un filtre 13 qui est, de préférence, disposé à l'intérieur d'une enveloppe de protection 14. La conduite 11 débouche dans la chambre d'alimentation 10 par une ouverture tangentielle 15 surélevée par rapport à la sortie inférieure 6. Elle a une section nettement supérieure à celle de la tubulure 8 du fond conique 5. En dessous du bord 16 qui limite son ouverture supérieure, le premier récipient 1 a une ouverture de trop -plein 17 pour l'évacuation de l'eau. L'appareil de l'invention comprend un second récipient 18 ouvert à sa partie supérieure et ayant un fond 19 perforé de trous 20 allongés qui retiennent les oeufs et qui laissent-passer les larves issues de ces derniers. En dessous de son bord supérieur- 21, le second récipient 18 a une ouverture de trop-plein 22 qui doit se trouver, pendant l'utilisation, au même niveau que le trou de trop-plein 17 du premier récipient 1. Ce second récipient 18 est destiné à être introduit à l'intérieur du premier récipient 1 en laissant entre son fond 19 et le premier fond supérieur 2 un intervalle 23 suffisant pour que ce second récipient 18 ne repose pas sur la couche de gravier 4. Tout moyen quelconque approprié peut servir à soutenir le second récipient 18 à l'intérieur du premier récipient 1. Quand ce second récipient 18 est réalisé en matière plastique, comme il est avantageux de le faire, il peut être suspendu simplement au moyen d'une tubulure 24 qui part de son ouverture de trop plein 22 et qui s'engage dans l'ouverture de trop plein 17 du premier récipient 1. Dans ce cas, pour que la tenue ou la position du second récipient dans le premier récipient 1 soit plus certaine, un joint 25 qui sert aussi de cale est placé entre les deux récipients autour de la tubulure 24; ultérieurement, quand le second récipient 18 n'est plus dans le premier récipient 1, le trou de trop plein 17 de ce dernier peut être muni d'un filtre (non représenté) qui laisse couler l'eau en arrêtant les alevins. Un couvercle 26 permet de couvrir l'ensemble pour abriter les oeufs de la lumière. L'appareil de l'invention s'utilise de la façon suivante. On l'installe de préférence à proximité d'un cours d'eau ou d'un bassin en contrebas par rapport à ce dernier, avec une dénivellation convenable. Dans un courant d'eau désigné par la référence 27 on immerge de façon appropriée le filtre 13 avec son enveloppe de protection 14 qui est de préférence fermée à une extrémité 14A et ouverte à son autre extrémité 14B. Par exemple dans un muret latéral 28, on prévoit une ouverture 29 pour le passage de la conduite 11 et on l'obture par une plaque 30 en mettant le filtre 13 dans l'eau, la vanne 12 étant proche du premier récipient 1. La dénivellation H entre le filtre immergé 13 et le sol sur lequel est posé le premier récipient 1 est de 0,45 m environ. Quand la vanne 12 est ouverte, l'eau arrive par la conduite 11 dans la chambre d'alimentation 10. Celle-ci, en complément au filtre 13, a un rôle de nettoyage, surtout lorsqu'elle a un fond conique 5 od l'eau entre tangentiellement. Les corps étrangers les plus lourds tendent à descendre et à emprunter la sortie inférieure 6 et la tubulure 8. Cette dernière peut être laissée ouverte en permanence ou obturée à son extrémité 9 et ouverte périodiquement pour nettoyage. On notera cependant qu'il n'est pas strictement obligatoire que le second fond inférieur 5 soit conique; il peut très bien être plat et circulaire; la chambre d'alimentation 10 serait alors cylindrique et aurait encore un certain effet de retenue de la vase amenée par l'eau du ruisseau. De toute façon, l'eau monte à travers les trous 3 du premier fond 2, à travers le gravier 4 et remplit le premier récipient 1 jusqu'au trou de trop plein 17; l'eau monte aussi à travers les trous 20 du fond 19 du second récipient 18 et le remplit. L'excès d'eau s'échappe par la tubulure 24, en provenance du second récipient 18 puisque le joint 25 est alors en place. La vanne 12 permet de régler facilement le débit de l'eau qui traverse l'appareil. On place les oeufs dans le second récipient 18 où ils sont baignés par le courant d'eau ascendant; l'éclo- sion se produit en 3 à 6 jours selon la température. La peau des oeufs éclos est évacuée par le trou de trop plein 22 et les larves traversent le fond 19 par les trous 20 pour arriver sur la couche de gravier 4, comme dans des conditions naturelles. Après l'éclosion, on retire le second récipient 18 et les oeufs morts qu'il peut contenir et on remplace le joint ou cale 25 par un filtre (non représenté) que l'on monte sur l'extrémité de la tubulure 24 à l'intérieur du premier récipient 1, cette tubulure etant engagée hermétiquement dans le trou de trop plein 17.On remarquera que l'appareil de l'invention permet d'intervenir à tout moment pour surveiller les oeufs, trier et retirer ceux qui sont morts ou qui sont atteints d'une maladie, dès qu'on le constate. De plus, quand on laisse ouverte l'extrémité 9 de la tubulure 8, il se fait dans la chambre d'alimentation conique 10 une séparation de la vase qui est évacuée en permanence. L'appareil de l'invention permet donc d'opérer dans des conditions de propreté et d'hygiène favorables à un bon résultat. En outre, quand on ferme la vanne 12 et l'extrémité 9 de la tubulure 8, on interrompt la circulation de l'eau dans l'appareil et on peut y verser un produit convenable pour traiter le milieu contenant les alevins, ce qui est impossible avec les boîtes connues jusqu'à présent. Si on le désire, après résorption de la vésicule, environ 21 jours après l'éclosion, on peut donner de la nourriture aux alevin dans l'appareil, pour leur apprendre à se nourrir, avant de les libérer. Un appareil a été réalisé conformément à l'invention; il avait un second récipient d'une contenance de 25 1 et pouvait servir à faire éclore 5000 ou 10.000 oeufs selon que les alevins étaient à nourrir ou non avant leur libération. REVENDICATIONS 1. Appareil pour l'incubation des oeufs de poisson ayant une paroi avec des trous (20) de retenue des oeufs et de passage des larves, caractérisé en ce qu'il comprend un premier récipient (1) ouvert à sa partie supérieure ayant un premier fond supérieur (2) percé de petits trous (3) destiné à être couvert d'une couche de gravier (4), un second fond inférieur plein (5) limitant avec le premier fond (2) une chambre d'alimentation (10) raccordée à une arrivée d'eau par une conduite (11) munie d'une vanne (12), et un second récipient (18) ouvert à sa partie supérieure ayant un fond (19) perforé des trous (20) de retenue des oeufs et de passage des larves, ce second récipient (18) étant destiné à être introduit dans le premier récipient (1) avec un espacement au-dessus du premier fond supérieur (2) de ce dernier, ces deux récipients (1, 18) ayant en dessous de leur bord supérieur respectif (16, 21) un trou de trop plein (17, 22). 2. Appareil selon la revendication 1 caractérisé en ce que le second fond inférieur (5) présente une sortie inférieure (6) à un niveau inférieur à celui de l'ouverture (15) par laquelle la conduite (11) débouche dans la chambre d'alimentation (10), la section de la sortie inférieure (6) étant de préférence inférieure à celle de la conduite (11). 3. Appareil selon la revendication 1 caractérisé en ce que le second fond inférieur (5) est conique, en entonnoir, avec une sortie inférieure (6) de section inférieure à celle de la conduite (11), celle-ci débouchant à un niveau plus élevé et tangentiellement dans la chambre d'alimentation (10). 4. Appareil selon la revendication 3 caractérisé en ce que le second fond conique (5) est entouré d'une jupe porteuse (7) et la sortie inférieure (6) est raccordée à une tubulure (8) qui se termine hors de la jupe (7) par une ouverture (9). 5. Appareil selon la revendication 1 caractérisé en ce que, quand le second récipient (18) est introduit dans le premier récipient (1), il est suspendu par une tubulure (24) qui part de son trou de trop plein (22) et s'engage dans le trou de trop plein (17) du premier récipient (1). 6. Appareil selon la revendication 5 caractérisé en ce que la tubulure (24) est entourée d'un joint 25) servant aussi de cale interposé entre les deux récipients (1, 18).