La présente invention concerne les matières pour hygiène dentaire, c'est-à-dire des compositions orales dotées de pro priétés assainissantes. Les matières pour hygiène dentaire connues contiennent un ou plusieurs constituants particuliers susceptibles d'inhiber la formation de calculs ou tartre sur les dents et par consequent de réduire de façon efficace la formation de calculs dentaires. Le calcul dentaire est le dépôt dur qui se forme autour des dents et sous les gencives, où il est susceptible de provoquer des inflammations et de donner lieu éventuellement à une affection dénommée parodontose. I1 a été démontré que le calcul dentaire se développe en général par un procédé de minéralisation d'un dépôt initial de matières organiques se trouvant sur les dents et que l'on appelle plaque ou tartre. I1 est souhaitable, par conséquent, de réaliser une composition dentaire qui non seulement nettoie les dents mais inhibe également la calcification de la plaque en un calcul. On a décrit dans le brevet français nO 71-15958 l'activité anticalculeuse de complexes zinciques, cupriques et de zirconium de l'acétonate de 1,1,1,-trifluoracétyle et de l'acétonate de 1,1,1,5,5,5-hexafluoracétyle. Les recherches ayant abouti à l'invention ont montré qu'il est possible d'incorporer avantageusement certains complexes métalliques de bêta-dicétones non fluorées aux matières pour hygiène dentaire dans le but sus-mentionné. Ces complexes ont l'avantage d'être moins coflteux que les analogues fluorés et de ne pas renfermer d'atomes de fluor, lesquels peuvent s'avérer défavorables. En conséquence, la présente invention concerne une composition dentaire comprenant un véhicule dentaire et un complexe zincique ou cuprique d'une beta-dicétone répondant à la formule CH3 - (CH27n - CO - CH2 - CO - (CH2)m - CH3 ou n et m sont égaux à O ou 1. n et m sont de préférence O. Les complexes sont des composés chélatés formés à l'aide de cations zinciques ou cupriques et répondant à la formule (I) : (voir formule page suivante) Les composés préférés répondent à la formule (II) où M représente Zn ou Cu. Bien que les formes (I) et (II) soient en général prédominantes, les composés suivant l'invention peuvent également exister sous d'autres formes géométriques telles que (III) ou (IV) ou des formes analogues, ces formes étant comprises dans le cadre de l'invention. On peut mélanger tout agent de polissage convenable pratique ment insoluble dans l'eau avec les complexes pour la préparation des compositions dentifrices, telles que des poudres dentifrices, pates, crèmes et préparations analogues. A titre de matières représentatives, on peut citer, par exemple, la silice, le phosphate dicalcique, le phosphate tricalcique, le pyrophosphate de calcium, le métaphosphate de calcium, le métaphosphate de sodium insoluble, l'hydroxyde d'aluminium, le carbonate de magnésium, le sulfate de calcium, la bentonite ou les matières analogues, ainsi que leurs mélanges convenables. On peut utiliser des substances abrasives résineuses telles que les produits de condensation de la mélamine et de l'urée avec le formaldéhyde et des matières analogues. On préfère utiliser la silice et (ou) le carbonate de calcium en tant que principaux agents de polissage. En général, ces agents de polissage comprennent une proportion majeure en poids de constituants solides. La teneur en agent de polissage est variable, mais peut atteindre en général environ 95% en poids de la composition totale. En ce qui concerne la crème ou pâte dentifrice, la proportion de ces agents de polissage est généralement comprise entre environ 50% et 75% alors que, dans les poudres, la proportion des agents de polissage est habituellement supérieure et est comprise par exemple entre environ 85% et 98%. I1 est judicieux que la composition dentifrice contienne habituellement un agent tensio-actif ou un produit détergent quelconque, susceptible de fournir des propriétés détergentes et moussantes nécessaires. A titre de détergents convenables, on peut citer les sels solubles dans l'eau des monosulfates de monoglycérides d'acides gras supérieurs, les sulfates d'alcoyle supérieur, les sulfonates d'alcoylaryle, les sulfoacétates d'alcoyle supérieur, les esters d'acides gras supérieurs du 1,2-dihydroxy-propane-sulfonate, les amides d'acides gras supérieurs de la taurine et les esters d'acides gras supérieurs de l'acide isothionique, les amides acylés aliphatiques supérieurs sensiblement saturés d'acides amino-carboxyliques aliphatiques inférieurs tels que ceux dont le radical acyle renferme 12 à 16 atomes de carbone et les composés analogues.A titre d'exemples de tels amides, on peut citer les sarcosides de N-lauroyle, myristoyle ou palmitoyle. Il est recommandé d'utiliser une proportion convenable des divers produits tensioactifs, pouvant atteindre par exemple environ 10% et de pre'fé- rence 0,5 à 5% en poids par rapport au poids de la préparation dentifrice. Dans les formulations de crèmes ou pâtes dentifrices, il est nécessaire de calculer les proportions de liquides et de solides de manière à former une masse crémeuse ayant la consistance souhaitée, que l'on puisse extruder d'un tube en aluminium ou en plomb écrasable. En général, les liquides de la crème ou pâte dentifrice comprennent principalement de liteau, de la glycérine, du sorbitol, du propylène-slycol ou des matières analogues, ainsi que des mélanges convenables de ceux-ci. I1 est avantageux, habituellement, d'utiliser un mélange d'eau et d'un agent d'humectation ou liant tel que la glycérine ou le sorbitol, et de préférence 10 à 40% d'eau et d'agent d'humectation.La teneur générale en liquide doit être comprise, en général entre environ 20% et 75% et habituelle entre environ 30 et 65% en poids par rapport au poids de la formulation. il est avantageux également d'utiliser un agent de gélification dans les crèmes ou pâtes dentifrices, par exemple des gommes naturelles et synthétiques et des matières ressemblant aux gommes, telles que la mousse d'Irlande, la gomme adragante, la carboxy mêthylcellulose de sodium, la propylvinylpyrrolidone, l'amidon et les matières analogues, d'ordinaire selon une proportion atteignant environ 10% et de préférence comprise entre environ 0,5% et 5% par rapport au poids de la formulation. On peut également préparer des collutoires ou compositions de lavage de la bouche en utilisant des constituants sélectionnés convenables. D'ordinaire, ces produits comprennent une quantité efficace du complexe dissous, dispersé, ou incorporé par tout autre moyen, dans un véhicule liquide convenablement parfumé, de préférence un véhicule alcoolique aqueux. La concentration en alcool, par exemple en éthanol, peut varier suivant l'effet souhaité dans la bouche et on utilise habituellement 0% à 70% d'alcool, et de préférence 5% à 40% en poids, pour permettre de dissoudre ou de disperser le complexe de façon efficace. D'ordinaire, les dentifrices liquides renferment une quantité mineure de constituants actifs, normalement dissous ou dispersés dans un véhicule aqueux, et contenant de préférence une mati-re mucilagineuse, facultativement combinée avec de faibles quantités d'un agent de polissage, de glycérine, de colorants et de parfums. D'autres types de préparations orales se proesentent sous forme de pastilles, comprimés, gommes à mâcher ou préparations analogues. On peut également incorporer divers autres adjuvants aux préparations dentaires. Les matières que l'on ajoute à la formulation qui n'influencent pas sensiblement de façon défavorable les propriétés et les caractéristiques des préparations peuvent être convenablement choisies et utilisées selon des proportions convenables, suivant le type particulier de préparation. A titre d'exemples typiques d'additifs utilisables, on peut citer la saccharine soluble, les huiles aromatisantes telles que les huiles de menthe verte, de menthe poivrée, de wintergreen, les agents colorants ou azurants tels que le bioxyde de titane, des agents de préservation tels que le benzoate de sodium, des émulsifiants, de l'alcool, du menthol et des matières analogues.D'autres matières convenables comprennent la chlorophylline et divers fluorures tels que le monofluophosphate de sodium, le fluorure stanneux, etc Les compositions préférées suivant l'invention sont des dentifrices renfermant de la silice ou du carbonate de calcium en tant qu'agent de polissage et de l'acétylacétonate zincique ou cuprique en tant qu'additif anticalculeux. Les compositions peuvent se présenter sous forme de gel, pate ou poudre, mais de préférence sous forme de milieu aqueux, en raison du fait que certains solvants organiques tels que certains alcools et le chloroforme ont tendance à inhiber quelque peu l'action anticalculeuse du complexe, tout en ne détruisant pas entièrement son activité. On peut préparer les compositions pour hygiène dentaire suivant l'invention de la manière classique. Les Exemples particuliers ci-après, donnés à titre non limitatif illustrent l'invention, toutes les quantités étant exprimées en poids. EXEMPLE I On prépare les formulations de dentifrices suivantes en mélangeant les divers constituants les uns avec les autres. Pourcentage en poids Agent de polissage 40,00 Complexe* 0,50 Glycérol 10,00 Carboxyméthyl-cellulose 1,20 Silicate d'aluminium et de magnésium 0,75 Pourcentage en poids Sorbitol 15,00 Saccharine sodique 0,60 Benzoate de sodium 0,20 Parfum 1,00 Lauryl-sulfate de sodium 1,15 Eau 29,60 100,00 * On a utilisé les agents de polissage suivants dans les formulations. a) Carbonate de calcium dense b) Métaphosphate de sodium insoluble c) Alumine hydratée d) Pyrophosphate de calcium e) Phosphate dicalcique dihydraté. ** On prépare à nouveau chaque formulation en utilisant le complexe formé à partir d'acétylacétone et d'ions zinciques et en utilisant ensuite le complexe formé à partir d'acétylacétone et d'ions cuivreux. EXEMPLE 2 On procède comme dans l'Exemple 1, sauf que l'agent de pclis sage est constitué par 15,00 parties de silice finement divisée et que le dentifrice contient 54,60% d'eau. EXEMPLE 3 On prépare les collutoires suivants en mélangeant les constituants indiqués. Pourcentage en poids Glycérine 23,00 Sorbitol** 23,00 Eau 45,15 Ethanol (95%) 5,00 Polyéthylène-glycol (poids mol. 400) 2,50 Polyéthylène-polyoxypropylène-glycol 1,00 Parfum 0,20 Complexe+ 0,15 100,00 * Comme dans l'Exemple 1, on incorpore tour à tour à la fois les complexes au zinc et au cuivre dans la formule générale spécifiée. EXEMPLE 4 On prépare le collutoire suivant en mélangeant les divers constituants les uns avec les autres. Constituants % p/P Eau 49,295 Glycérine 15,00 Solution de sorbitol à 70% 15,00 Saccharine sodique 0,03 Ethanol 19,00 Menthol 0,075 Polyoxyéthylène-polyoxypropylène-glycol 1,00 Acétylacétonate de Zn 0,10 Solution à 0,10% de colorants 0,50 Total 100,000 % EXEMPLE 5 L'activité anticalculeuse des complexes ci-dessus est illustrée par les essais suivants: Essais A & B On forme des pellicules surnageantes de salive sur une série de lames de verre. On immerge chacune d'entre elles dans une solution d'essai pendant 60 secondes. On enlève les lames de la solution d'essai, on les rince et on les place dans une "solution de calcification" pendant 20 heures en vue d'éprouver l'activité minéralisante. La solution de calcification est constituée par des matières minérales dont les quantités sont similaires à celles du fluide extra-cellulaire. On enlève les lames de la solution de calcification, on les rince et on les place dans du H2504 0,5N, après quoi on recherche le phosphate dans la matière minérale dissoute par colorimétrie à l'aide d'un complexe à base d'acide molybdique en utilisant un spectrophotomètre. Le pourcentage de réduction de la densité optique par rapport à celle de la lame dont la solution éprouvée est un témoin à base d'eau indique quantitativement-le degré de calcification de la pellicule de salive. Le Tableau A ci-après indique le pourcentage de réduction obtenu avec des complexes pour diverses concentrations par comparaison avec des formulations correspondantes dans des placébos dont on a omis le complexe, celui-ci ayant té remplacé par de l'eau. Le Tableau B présente des résultats similaires pour les formulations de collutoires de l'Exemple 3. TABLEAU A de de réduction de la densité optique : Solution d'essai 0,02% 0,10% 0,15% Solution d'acétylacétonate : 87,7 : 91,7 82,3 de zinc Solution d'acétylacétonate : 84,2 70,8 de cuivre Solution d'acétylacétonate : 21,7 : 16,7 de zirconium TABLEAU B Essai dans la solution de% de réduction de la collutoire à 0,15% : densité optique. :Acétylacétonate de zinc . 95,7 Trifluoracétylacétonate de zinc 93,7 Les résultats présentés dans le Tableau A indiquent que les solutions aqueuses d'acêtylacétonate de zinc et de cuivre sont fortement actives en tant qu'agents anticalculeux, tandis que l'acétylacêtonate de zirconium n'est que relativement faiblement actif. Les résultats du Tableau B indiquent que l'acétylacétonate de zinc, lorsqu'il est incorporé à une formulation de collutoire, conserve son activité anticalculeuse, laquelle est comparable ou supérieure à celle du triflùoracétylacêtonate de zinc. Essai C On suppose que l'essai in vitro de 1,réduction de la solubilité de l'émail", qui simule le mécanisme de la formation des caries, comporte la dissolution de ltémail par un acide faible. Dans la bouche, l'acide est produit par des bactéries et agit sur les dents. Au laboratoire, on expose de l'hvdroxy- apatite en poudre (matière préparée chimiquement semblable à l'émail des dents) à de l'acide acétique de pH 3. La dissolution de l'hydroxyapatite dans l'acide donne lieu à la libération de phosphate et on mesure le degré de dissolution de l'hydroxyapatite par la quantité de phosphate présent.Par conséquent, si l'on traite un échantillon d'hydroxyapatite par la solution d'essai et si on 11 expose ultérieurement à un acide faible, il est possible de mesurer la réduction de la solubilité dans l'acide obtenue par l'exposition à la solution d'essai, par comparaison avec un échantillon témoin exposé à l'acide, mais non pas à la solution d'essai. Le mode opératoire lors de l'essai est le suivant: On ajoute 2,0 ml d'eau et 0,01 g du composé d'essai à0,2 g de poudre d'hydroxyapatite. On mélange soigneusement et on ajoute 8,0 ml d'acide acétique de pH 3. Après abandon du mélange pendant 30 minutes, on prélève quelques ml de la substance et on filtre. On ajoute 0,2 ml de ce filtrat à 4,8 ml de H2S04 0,5N et on détermine la concentration de phosphate par la méthode Fiske-Subbarow (mesure de la densité optique). Les résultats de l'essai en ce qui concerne l'acétal acétonate de Zn et de Cu sont indiqués dans le Tableau C. TABLEAU C Composé d'essai . - Densité : % de réduction de . optique : la solubilité de . l'émail. . Acétylacétonate de Zn . 0,090 50,0 :Acétylacétonate de Cu : 0,140 22,2 Témoin (H20) 0,180 2 . Nota : Dans le présent mémoire Cu signifie cuprique. On notera que, dans la présente description, Cu désigne la forme cuprique. Des modifications peuvent être apportées aux modes de mise en oeuvre décrits, dans le domaine des équivalences techniques sans s'écarter de l'invention0 REVENDICATIONS 1.- Composition d'hygiène dentaire comprenant un véhicule dentaire et un complexe zincique ou cuprique d'une bêtadicétone répondant à la formule CH3-(CH2) -CO-CH2-CO-(CH2) -CH où n et m sont égaux à O ou 1. 2.- Composition d'hygiène dentaire suivant la revendication 1 caractérisée en ce que le complexe répond à la formule ou à une formule correspondant à un tautomère de ce composé. 3.- Composition d'hygiène dentaire suivant la revendication 1, caractérisée en ce que le complexe répond à la formule ou à une formule correspondant à un tautomère de ce composé. 4.- Composition d'hygiène dentaire suivant l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée en ce que la proportion de complexe présent est comprise entre 0,05 et 2,0 poids/ poids. 5.- Composition d'hygiène dentaire suivant la revendication 4, caractérisée en ce que la proportion de complexe présent est comprise entre 0,1 et 1% poids/poids. 6.- Composition suivant l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisée en ce qu'elle se présente sous forme de den tifrice. 7.- Composition suivant la revendication 6, caractérisée en ce que le dentifrice se présente sous forme d'une pâte dentifrice, d'une crème ou d'un gel. 8.- Composition suivant la revendication 7, caractérisée en ce qu'elle renferme 50-75% poids/poids d'agents de polissage classiques. 9.- Composition suivant l'une quelconque des revendications 6 à 8, caractérisée en ce que le dentifrice contient jusqu'à 10% poids/poids d'une matière tensio-active ou détergente classique. 10.- Composition suivant la revendication 9, caractérisée en ce qu'elle renferme 0,5-5X poids/poids d'une matière tensioactive ou détergente. 11.- Composition suivant l'une quelconque des revendications 6 à 10, caractérisée en ce qu'elle peut être extrudée à partir d'un tube en aluminium ou en plomb écrasable ou déformable. 12.- Composition suivant la revendication Il, caractérisée en ce qu'elle est contenue dans un tube en aluminium ou en plomb écrasable ou déformable. 13.- Composition suivant l'une quelconque des revendications 7 à 10, caractérisée en ce qu'elle renferme 20-75% poids/ poids de liquides. 14.- Composition suivant la revendication 13, caractérisée en ce qu'elle renferme 30-65X poids/poids de liquides. 15.- Composition suivant l'une quelconque des revendications 7 à 10, caractérisée en ce quelle renferme jusqu'à 10% poids/poids d'agents de gélification classiques. 16.- Composition suivant la revendication 15, caractérisée en ce qu'elle renferme 0,5-5% d'agents de gélification. 17.- Composition suivant l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisée en ce qu'elle se présente sous forme d'un collutoire ou d'une composition de rinçage de la bouche. 18.- Composition suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce qu'elle est préparée en mélangeant les constituants les uns avec les autres.