La présente invention se rapporte a un nouveau procédé de tissage dans lequel on introduit le fil de trame dans la foule, sous forme de boucle ; elle concerne également un dispositif pour la mise en oeuvre de ce procédé. L'insertion du fil de trame dans les métiers a tisser dont la réserve de fil est située hors de la foule peut se faire par trois méthodes principales. Dans une première méthode, dite de GABLER, le fil est inséré en forme de boucle jusqu'au milieu de la foule, pour être déplié ensuite dans l'autre moitié pour former une duite simple. Ici, l'insertion du fil s'effectue par un ergot porté soit par un projectile, soit par une lance, traversant la foule, et tirant positivement le fil. Dans une seconde méthode, dite de DEWAS, le fil est pris à son extrémité pour être tiré en fil simple sur toute la longueur de la foule. Si le mécanisme utilisé pour la mise en oeuvre de la première méthode est plus simple et plus robuste que celui de la seconde, il présente néanmoins l'inconvénient majeur de solliciter le fil de trame beaucoup plus fortement. Cette sollicitation est due au fait que, pendant l'insertion, un des brins de la boucle est retenu, donc a une vitesse nulle, tandis que l'autre se déplace avec-une vitesse double de la vitesse de l'organe d'insertion. Cette vitesse double, surtout dans les métiers à tisser modernes où la vitesse d'insertion est déjà très grande, crée des tet sions d'accélération importante, tension amplifiée par le frottement subi par le passage du fil autour de l'ergot d'entrainement mû par l'organe d'insertion. On a cherché à diminuer ce frottement en remplaçant l'ergot par une roulette, mais sans succès, la masse de cette roulette, si légère soit-elle, demandant pour suivre l'accélération du fil, un effort plus grand que les forces de frottement qu'elle voudrait supprimer. Dans une troisième méthode, décrite notamment dans le brevet français 1 562 147 de la Demanderesse, le fil est inséré sous forme de boucle au moyen de l'énergie cinétique accumulée dans un des brins de la boucle. Dans une forme d'exécution décrite dans ce brevet et dans son certificat d'addition français 71/20602 (numéro de publication 2 100 696), le brin relié à la réserve est débité par un fournisseur à une vitesse proportionnelle à la vitesse du métier. Toutefois, dans ce cas, la pratique a démontré qu'il était seulement possible de débiter le fil à une vitesse petite par rapport à la vitesse de l'organe d'insertion, sans quoi, en cours d'insertion, les forces d'inertie de propulsion diminuent considérablement. En effet, la quantité de fil débitée par le fournisseur est soustraite de la quantité accumulée, et est accélérée à une vitesse double de la vitesse d'avance de la boucle, c'est-à-dire que la quantité d'énergie accumulée pour l'insertion d'une duite est réduite. En conséquence, avec ce système, la vitesse du fournisseur placé entre la réserve et l'accumulateur doit être considérablement inférieure à celle de la boucle, sans quoi l'effet d'insertion dynamique serait détruit. Dans le certificat d'addition français 71/20602 cité, on a suggéré également d'entrainer en rotation la roulette d'insertion portée par le bras-fouet, de manière à diminuer les frottements du fil sur cet organe. Néanmoins, à l'usage, cette solution s'est révélée complexe, délicate à réaliser, et surtout s'usant rapidement. Généralement, les métiers à tisser utilisant le mode d'insertion par boucle ont, incorporé entre la bobine de trame et l'or gane d'insertion, un dérouleur-accumulateur de fil ayant pour fonction de diminuer et régulariser la tension de déroulement du fil de la bobine, tension variant avec le diamètre de celle-ci et avec les rugosités de la surface de ces bobines, par exemple lorsqu'un noeud de fil est à sa surface. Ces moyens améliorent les conditions de marche, mais n'éliminent pas la cause de ces inconvénients, c'est-a-dire la vitesse de déroulement double du fil et son frottement dans l'ergot. C'est pourquoi la méthode d'insertion en boucle n'est, à ce jour, pratiquement pas utilisée dans les métiers à tisser à grande production. La présente invention pallie ces inconvénients. Elle concerne un procédé de tissage avec insertion du fil de trame sous forme de boucle, dans lequel les tensions exercées sur le fil pendant son insertion sont notablement diminuées. Ce procédé de tissage, dans lequel le fil de trame tiré d'une réserve fixe, située hors de la foule, est introduit dans la foule sous forme de boucle au moyen d'un organe d'insertion traversant la foule et guidant le fil à travers la foule, puis est déployé de manière à former une duite simple sur toute la longueur de la foule, se caractérise en ce que, pendant son insertion, le brin relié à la réserve est alimenté positivement à une vitesse sensiblement égale à la vitesse de l'organe d'insertion, tandis que l'autre brin est entraîné librement dans la foule. La vitesse de ce brin est sensiblement égale à la vitesse à laquelle le même brin glisse sur l'organe d'insertion. Pour un technicien, il est facile de déterminer par le calcul, comme on le verra ci-après, la vitesse à laquelle le brin fixe glisse sur l'organe d'insertion. De préférence, la vitesse du brin du fil de trame tiré de la réserve est légèrement supérieure à la vitesse de l'organe d'insertion lors de la prise du fil par ce dernier. En pratique, on stocke le fil débité positivement de la réserve en aval du point d'accrochage de ce fil par l'organe d'insertion. Pour obtenir les meilleurs résultats, la vitesse du brin relié à la réserve varie périodiquement pendant un cycle de tissage. Selon les cas, la vitesse de ce brin est maximum lorsque l'organe d'insertion saisit le fil de trame, et/ou la vitesse de ce brin est minimum lorsque toute la longueur de la duite est débitée et que le fil est arrêté. Un dispositif approprié pour la mise en oeuvre de ce procédé de tissage perfectionné,du type dans lequel on insère le fil de trame sous forme de boucle, se compose essentiellement - d'une réserve de fil de trame située hors de la foule - d'un fournisseur de fil de trame disposé entre la réserve et l'entrée du fil dans la foule - d'un accumulateur de fil de trame disposé en aval du fournisseur - d'un organe d'insertion du fil dans la foule sous forme de boucle, traversant la foule et saisissant le fil entre le fournisseur et l'accumulateur - d'une pince située à l'entrée de la foule, destinée à retenir le fil de trame lorsque la longueur de ce dernier à l'intérieur de la foule correspond à la largeur du tissu - d'un couteau situé au voisinage de la lisière du tissu côté pince. En d'autres termes, un métier à tisser selon l'invention, du type dans lequel on insère le fil de trame dans la foule à partir d'une réserve située hors de'la foule, au moyen d'un organe d'insertion traversant la foule et guidant positivement la boucle à tra vers la foule, comportant essentiellement une réserve, un accumulateur temporaire de fil, - une pince située à l'entrée de la foule et un couteau situé au voisinage de la lisière du tissu côté pince, se caractérise en ce qu'il présente également un fournisseur positif de fil, situé entre la réserve et l'accumulateur et en ce que l'organe d'insertion saisit le fil entre le fournisseur et l'accumulateur. En pratique, et d'une manière en soi connue, l'organe d'insertion est constitué par un ergot porté par un projectile, tel qu'une navette. Le fournisseur de fil se compose d'un ensemble de poulie et contre-poulie appuyées l'une contre l'autre, entre lesquelles passe le fil dévidé positivement de la réserve généralement constituée par une bobine de fil. Ces poulies, cylindriques ou côniques, en traitent le fil à leur vitesse périphérique. La poulie moteur est entrainée en permanence en rotation par l'arbre principal du métier à tisser par l'intermédiaire d'un jeu classique d'axes et/ou d'engrenages. Pour assurer un bon entrainement du fil et contrôler son c'est-a-diI la longueur de la duite fournie. débit,/apou ie et la a sont re-pouesont avantageusement recou- vertes de caoutchouc ou de matière équivalente. La vitesse du fournisseur varie périodiquement à chaque cycle de tissage et, de préférence, la vitesse du fil sortant du fournisseur est minimum lorsque la longueur de la duite est débitée et que le fil est arrêté, et/ou est maximum lorsque l'organe d'insertion saisit le fil de trame. Pour régler la longueur du fil de trame à insérer, on amène le fil dévidé de la bobine sur la poulie à l'endroit dont la vitesse correspond à la vitesse désirée. Dans le cas de poulies cylindriques, on peut faire varier la vitesse de ces poulies par tous moyens appropriés. Dans le cas de poulies coniques, il suffit de déplacer le fil sur une génératrice de cette poulie cOnique. L'accumulateur de fil placé en aval de l'entrée de la foule peut être d'un type en soi connu, tel qu'un pôt de préférence du type à aspiration. I1 importe que le fil sortant du fournisseur soit dirige sur l'ouverture de l'accumulateur en passant dans la trajectoire de l'ergot du projectile. On a obtenu de bons résultats en utilisant comme accumulateur un pot à la base duquel on applique ou non une dépression. Dans ce dernier cas, le fil peut etre introduit dans le pot grâce à son énergie cinétique, lorsqu'il quitte le fournisseur. La pince située à 1 'entrée de la foule et qui a pour fonction essentielle d'arrêter l'extrémité du fil lorsque sa longueur est atteinte, ---------- peut être d'un type classique. Pour diminuer le choc dù à l'arrêt brutal du fil, cette pince commandée par l'arbre principal du métier, par l'intermédiaire d'une came, est associée à un frein réglable. Le couteau placé à la lisière du tissu, côté pince, est d'un type classique, soit à lame coupante, soit électrique dans le cas de fils thermoplastiques. L'action de ce couteau est également com mandée par l'arbre principal du métier au moyen d'une came portée par ce dernier. La manière dont l'invention peut être réalisée et les avantages qui en découlent ressortiront mieux de l'exemple de réalisation qui suit et de ses variantes, donnes à titre indicatif et non limitatif à l'appui des figures annexées. La figure montre une vue frontale d'un métier à tisser Fqui- pé conformément à l'invention. Les figures 2 à 6 schématisent les différentes étapes de la phase d'insertion du fil de trame dans un tel métier à tisser. Les figures 7 et 8 illustrent deux formes de réalisation d'un accumulateur de fil adapté à l'invention. La figure 9 représente un mode de réalisation d'un fournisseur de fil avec poulie cônique. La figure 10 montre la variation de vitesse du fil de trame en fonction du temps. La figure Il représente une pince perfectionnée adaptée au métier à tisser selon l'invention. La figure 1 montre schématiquement un métier à tisser à foule verticale et à insertion du fil de trame sous forme de boucle. Un métier à tisser du type à foule verticale est décrit dans le brevet français 1 526 462 de la Demanderesse. I1 est bien entendu toutefois que ce type de métier n'est donné qu'à titre d'exemple, l'invention pouvant s'appliquer à tous les autres types de métier à tisser & insertion sous forme de boucle. -Les bâtis 1 et 2 du métier sont reliés entre eux par des piè- cea longitudinales rigides, non référencées. Sur ces bâtis 1 et 2 sont fixées les boites 16 et 17 contenant les mécanismes nécessaires pour le mouvement du projectile tirant la trame à travers la foule et le mouvement du peigne serrant cette trame dans le tissu. L'arbre principal 3 est actionné par une poulie 4 qui reçoit son mouvement d'un moteur électrique par une courroie, non repré sentés. Deux roues dentées 5, clavetées sur l'arbre 3, entraînent chacune, par l'intermédiaire des engrenages 6 clavetés sur les arbres 35, un couple d'engrenages côniques 7 et 8 et les disques 9 etlO qui donnent le mouvement au projectile 11 circulant dans le canal 12. Une description plus détaillée de ce type de métier est donnée dans les brevets français 1 518 615 et 2 153 185 de la Demanderesse. L'arbre principal 3 entraîne également des cames 13 et 14 qui commandent le battant 15, porté à ses extrémités par deux paliers fixés dans les boîtes 16 et 17. Le mouvement des fils de chaîne 18 est donné par des moyens classiques non représentés, tels qu'une boite à cames, une ratière ou une mécanique Jacquard. Le fil de trame 19 est tiré par un fournisseur 21-22 d'une réserve formée par une bobine 20. Ce fournisseur est forme par deux poulies cylindriques en pression 21 et 22 recouvertes de caoutchouc. La poulie 21 est commandée en permanence en rotation par l'arbre principal 3, par l'intermédiaire du tambour 10, au moyen d'un jeu de poulies 23 et 24 et d'une courroie 25. Le fil 19 est lancé par le fournisseur dans un accumulateur formé par un tube 26 au bas duquel on exerce une dépression par un moyen classique, non représenté. Avant d'entrer dans l'accumulateur 26, le fil 19 traverse la trajectoire de l'ergot 27 du projectile 11 (figure 3). A l'entrée de la foule 28 se trouve une pince 29 actionnée par l'arbre principal 3, au moyen d'un mécanisme classique, non figuré, tel qu'un jeu de cames et de tringles (figure 4). Un couteau 30 coupant est placé entre la pince 29 et la foule 28. Le mouvement de ce couteau 30 est commandé également au moyen d'un organe classique non représenté (figure 6). Le fonctionnement de ce métier à tisser est explicité par les figures 2 à 6. La figure 2 schématise la prise du fil 19, précédennent accumulé dans 26,par l'ergot 27 lors de son passage dans la boite de lancement 31. La vitesse du fournisseur 21-22 et, par voie de conséquence, celle du fil de trame 19 délivre, est légèrement supérieure à la vitesse de l'ergot 27 ; le fil 19 situé entre le four nisseur 21-22 et l'ergot 27 peut êtretendu par la traction exercée par l'accumulateur 26, ou légèrement détendu comme indiqué en pointillé. L'ergot 27 pénètre ensuite dans la foule 28 (figure 3). Tandis que l'ergot 27 continue son mouvement à travers la foule, le fil 19 est fourni par le fournisseur 21-22 à une vitesse plus petite que celle de ergot 27 (figure 4). Le fil 19 stocké dans l'accumulateur 26 est retiréde l'accumulateur, alors que la boucle continue à être alimentée par le fournisseur 21-22 entraîné en permanence en rotation. La longueur du fil 19 déroulé a atteint la longueur nécessaire pour la formation d'une duite (figure 5), la pince 29 commandée par l'arbre 3 (figure 1) se ferme alors, le brin supérieur allant de la pince 29 à l'ergot 27 à une vitesse nulle, tandis que le brin libre a une vitesse double de celle de l'ergot ; le fournisseur 2122 continue à débiter le fil 19 qui se trouve alors aspiré par 1'ac- cumulateur 26. Lorsque l'ergot 27 arrive en fin de course dans la foule 28 (figure 6), le couteau 30 coupe le fil 19, dont l'extrémité, libérée par l'ouverture de la pince 29, est alors ainsi aspirée dans l'accumulateur 26. Par rapport aux figures 2 à 6, l'accumulateur 26 peut avantageusement être dirigé dans l'axe de lancement du fil par le fournisseur 21-22. Dans l'exemple de la figure 6, la trame est serrée dans le tissu en deux temps selon les enseignements de la demande de brevet de la Demanderesse déposée le même jour pour "Nouveau procédé de tissage et métier à tisser pour le mettre en oeuvre". C'est ainsi qu'une première partie de la duite est serrée dans le tissu, tandis que son extrémité continue à se dérouler dans la foule. Le projectile 11 (figure 3) portant l'ergot 27 quitte la foule 28, rentre dans le canal 12, et le peigne 32' serre le reste de la duite ainsi introduite, tandis qu'une nouvelle duite entre dans une nouvelle foule, et un nouveau cycle recommence. La figure 7 montre un mode de'ralisation particulier de l'embouchure d'un accumulateur 26 adapté à lamie en oeuvre de l'invention. Le fil de trame 19 lancé par le fournisseur 21-22 dans la direction indiquée par la flèche Vl, est aspiré par le tube 26. L'ergot 27 lancé dans la direction de la flèche Vo saisit le fil 19 à son passage et l'entraîne dans la direction de la foule 28, comme indiqué en pointillés. L'accélération du fil se fait pendant le passage de la position dessinée en plein et celle en pointillé. Dans les cas connus où Vl = O, la tension découlant de cette accélération est propor 2 uoi u - tionnelle à (2Vo) e , e representant le frottement du fil au- tour de l'ergot. Dans l'invention, la vitesse du brin libre étant V2 = 2Vo - V1, cette accélération peut se régler à volonté par le choix de a vitesse V1 : elle sera proportionnelle (2Vo - Vu) 2 On peut donc dire que la tension du fil au démarrage est quatre à huit fois plus petite qu'avec les procédés connus. En outre, la vitesse du fil pendant son insertion est réduite de moitié. La figure 8 illustre un autre mode de réalisation de l'accumulateur 26. Dans celui-ci, le fil 19 n'est plus accumulé en ligne droite, mais en paquet 63 sur un treillis 33, métallique ou autre, formant le fond d'un pot 64. Une aspiration par un tube 66 peut renforcer le maintien des fils dans le pot 64. La figure 9 montre une autre variante pour la réalisation d'un fournisseur à vitesse variable. Celui-ci se compose de deux poulies côniques 40 et 41 dont les axes se croisent en leurs sommets, et qui sont entraînées en rotation comme les poulies cylindriques 2122 de la figure 1, par une courroie ou un système d'engrenages con nectés à l'arbre principal 3. Un guide 42 percé à son extrémité d'un trou 43 dans lequel passe le fil 19 se déplace le long de la génératrice de contact 44 des deux poulies côniques 40 et 41, le mouvement de cette tige 42 étant commandé également par l'arbre principal 3. La vitesse de fourniture du fil 19 passe par un maximum au commencement du déroulement du fil dans la foule, tandis qu'elle passe par un minimum lorsque la longueur désirée de la duite a été fournie, c'est-à-dire lorsque la pince 29 se ferme (figure 5). Le fil est lancé, à la vitesse périphérique des poulies, dans une direction perpendiculaire à la génératrice de contact, dans un accumulateur 45 dont l'embouchure est aussi large que la longueur de la génératrice de contact. antre cette génératrice 44 et l'accumulateur 45 se trouve le canaI7e lancement du projectile, non dessiné dans cette figure, mais représenté dans les figures 1 à 6. La figure 10 montre la variation de vitesse des brins du fil de trame formant la boucle et du projectile en fonction du temps, dans laquelle Vo est la vitesse du projectile (ergot 27), V1 la vitesse du fil 19 arrivant sur ledit ergot, V2 la vitesse du brin libre. L'exemple des vitesses de cette figure a été choisi pour bien faire comprendre le processus de l'invention. Naturellement, elles peuvent être choisies différemment en fonction de l'effet recherché, ou en fonction de la variation de vitesse de l'organe d'insertion. Dans l'exemple de la figure 10, la vitesse Vl du fil lancé est légèrement supérieure à la vitesse Vo du projectile au moment (d) de la prise du fil, et reste supérieure à cette vitesse Vo pendant une première partie (d - e) de l'insertion. Puis elle devient plus petite que Vo, pour atteindre une valeur minimum au moment (f) où la longueur de la duite est déroulée, c'est-à-dire au moment où le fil est arrêté par la pince 29. L'arrêt plus ou moins brusque (f g) du fil dans la pince 29 donne au brin libre un accroissement brusque (k - 1) correspondant. A partir de ce moment, la boucle se déroule complètement en duite simple sur toute la longueur de la foule. Tandis que la pince 29 est fermée (f), le fournisseur continue à débiter le fil et augmente sa vitesse d'éjection en suivant la courbe (f - d).La quantité de fil ainsi débité est en voyée dans l'accumulateur. On peut encore ajouter que le changement brusque de vitesse (k - 1) du brin libre est considérablement réduit par rapport aux procédés connus, et que la longueur du fil soumis à ce choc est également plus petite. Dans ce diagramme, la longueur de la duite correspondant au chemin parcouru par le projectile est représentée par la surface o-a-b-c (soit ltempeignage E). Cette longueur est égale au fil débité par le fournisseur, et représentée par la surface o-d-e-f-d-h. La quantité de fil emmagasinée dans l'accumulateur au moment de la prise du fil (d) est donnée par la surface g-f-d-h. La surface o-j-e-k-l-m-c représente le mouvement de l'extrEmi- té du brin libre équivalent à deux E : surface o-n-m-c, moins la longueur introduite par le fournisseur pendant l'insertion (surface o-d-f-g). On voit, par là également, l'intérêt d'une alimentation positive, pendant la période d'insertion, qui permet une diminution des vitesses du fil de moitié environ, tout en supprimant les frottements e 2 dans l'ergot pendant l'accélération du brin libre. La figure 11 montre une pince perfectionnée adaptée pour dimi- nuer l'onde de choc qui se produit lorsque le fil est bloqué dans la pince 29 en fin de mesure. Cette pince est combinée avec un frein qui ralentit la vitesse du fil avant son blocage. Sur le levier 50 commandE par une tringlerie 51, on fixe la m choire mobile 52 de la pince du fil 19. La mâchoire fixe 54 est prolongée pour former assise sur un frein constitué par une lame élastique 55 fixée sur le levier 50. Une vis de réglage 56 permet de régler la force de freinage du fil. Lorsque le levier 50 est dans la position ouverte, la pince 52 et le frein 55 sont dégagés, et le fil passe librement.En se fermant, le frein 55 commence à travailler, puis, après un certain temps, déterminé par le mouvement du levier 50, la vitesse du fil étant réduite, la pince 52-54 bloque le fil. Le procédé et le dispositif selon l'invention permettent d'insérer le fil de trame dans la foule avec une tension réduite, ce qi permet donc d'augmenter les vitesses d'insertion sans augmenter le nombre de casses du fil ou de défauts dans le tissu. Ils peuvent être appliqués avec succès à tous les métiers à tisser dans lesquels on introduit le fil de trame dans la foule sous forme de boucle, notamment au moyen d'un ergot porté par un projectile tel qu'une navette. On ne pouvait pas prévoir que la simple application des enseignements généraux du dispositif faisant l'objet du brevet français 1 562 147 de la Demanderesse et de son certificat d'addition 71/20602 aux métiers à tisser à insertion sous forme de boucle au moyen d'un ergot traversant la foule permettrait d'obtenir un tel succès et une telle amélioration inattendue du progrès technique. En effet, comme déjà dit, dans la réalisation selon l'état antérieur de la technique (technique du fouet), la vitesse du fourni sa seur est nécessairement et indispensablement nettement inférieure à celle de l'organe d'insertion, alors qu'en revanche, dans l'invention, cette vitesse du fournisseur doit être voisine de celle de l'organe d'insertion. Cette différence dans les vitesses n'est pas un simple changement de degrés, mais fait remplir aux mêmes moyens des fonctions très différentes, ce qui se traduit par des résultats totalement nouveaux et qu'il était imprévisible d'obtenir par la seule application nouvelle de moyens généraux agencés selon un ordre connu. L'invention est particulièrement adaptée pour être combinée avec l'objet de la demande de brevet de la Demanderesse déposée ce même jour sous le titre "Nouveau procédé de tissage et métier à tisser pour le mettre en oeuvre". REVENDICATIONS 1/ Procédé de tissage, dans lequel le fil de trame tiré d'une réserve fixe, située hors de la foule, est introduit dans la foule sous forme de boucle au moyen d'un organe d'insertion traversant la foule et guidant le fil à travers la foule, puis est déployé de ma- nière à former une duite simple sur toute la longueur de la foule, et dans lequel, pendant son'insertion, le brin relié à la réserve est alimenté positivement à une vitesse sensiblement égale à la vi- tesse de l'organe d'insertion, tandis que l'autre brin est entraîné librement dans la foule, caractérisé en ce que :: - la vitesse du brin de fil de trame tiré de la réserve est légèrement supérieurè à la vitesse de l'organe d'insertion lors de la prise du fil par ce dernier, - la vitesse du brin de fil relié à la réserve est maximum lors de l'accrochage de ce fil par l'organe d'insertion. 2/ Métier à tisser pour 1a mise en oeuvre du procédé selon revendication 1, dans lequel on insère le fil de trame dans la foule, sous forme de boucle, à partir d'une réserve fixe située hors de la foule, au moyen d'un organe dtinsertion traversant la foule et guidant positivement la boucle à travers la foule, du type comportant essentiellement une réserve, un fournisseur, un accumulateur temporaire de fil, une pince située à l'entrée de la foule, un couteau situé au voisinage du tissu côté pince, et des moyens permettant à 1 1organe d'insertion de saisir le fil entre le fournisseur et l'ac- cumulateur, et dans lequel le fournisseur se compose essentiellement d'un ensemble de poulie et contre-poulie en pression l'une contre l'autre et entre lesquelles passe le fil dévidé de la réserve, caractérisé en ce que - les poulies sont entraînées en permanence en rotation par l'arbre principal du'métier à tisser, - il comporte des moyens permettant de raire varier périodiquement, à chaque cycle de tissage, la vitesse dudit fournisseur. D/ Métier à tisser selon revendication 2, dans lequel les poulies sont côniques et pressées l'une contre l'autre selon une génératrice de contact, caractérisé en ce que le fournisseur comporte également des éléments de guidage du fil, commandés par l'arbre principal du métier à tisser, permettant d'introduire le fil de trame en un point quelconque de la génératrice de contact. 4/ Métier à tisser selon l'une des revendications 2 et 3, Ca- ractérisé en ce qu'il comporte également des moyens permettant de diriger le fil sortant du fournisseur sur l'ouverture de l'accumulateur en traversant la trajectoire de organe d'insertion. 5/ Métier à tisser selon revendication 2, caractérisé en ce que la pince, commandée par l'arbre principal du métier, est associée à un frein réglable.