La présente invention a pour objet des engrais à base de phosphore et d'azote ou engrais phospho-azotés. On a décrit dans les brevets italiens nO 79 16 53 et 83 07 83, appartenant à la demanderesse, des engrais pour le sol formés de produits ayant la formule générale dans laquelle X correspond à NH2 ou R'O et R et R', semblables ou différents, sont formes de radicaux alcoyles, de poids moléculaire faible ou moyen, comportant une chaîne linaire ou ramifiée. Les propriétés essentielles de ces engrais, sont leur "mobilité" et leur "indépendance" par rapport au sol, ce par quoi ils se distinguent de tous les engrais phosphatés connus. On sait que le sol a tendance à prendre et à fixer les éléments nutritifs des engrais phosphatés traditionnels, de sorte que les plantes ne peuvent disposer librement de ces éléments en fonction de leurs besoins. Grâce aux engrais décrits dans les brevets précités, les plantes peuvent aisément retirer du sol les éléments nutritifs au moment où ils leurs sont nécessaires, car on n'a pas de "compétition" entre sol et plantes quant à l'engrais. Cette compétition réduit considérablement les possibilités d'emploi du phosphore fourni par les engrais minéraux habituels et ne permet pas de fournir au moment opportun à la plante les éléments nutritifs qui sont nécessaires pour sa croissance. De façon surprenante, la demanderesse a pu constater que les produits pour l'amendement du sol décrits dans les brevets italiens nO 79 16 53 et nO 83 07 83 peuvent être utilisés pour traiter par pulvérisation la partie épigée des plantes ; ils présentent de plus un avantage réel par rapport aux engrais à base de phosphore et d'azote utilisés jusqu'à présent pour la fertilisation des feuilles. Cet usage particulier fait l'objet de la présente invention. On sait que la fertilisation au niveau de la feuille permet d'intervenir avec efficacité et de façon opportune sur les stades critiques du développement et de la croissance des végétaux et de corriger les anomalies d'absorption des produits nutritifs tels que par exemple celles qui se produisent lorsque, du fait des basses températures, l'absorption par la racine est empêchée ou réduite. De plus, comme aussi bien, la capacité de pénétration à la surface des feuilles que les propriétés des produits suivant la présente invention sont remarquablement supérieures à celles des engrais à base de phosphore et d'azote utilisés en général en tant qu'engrais foliaires, il s'en déduit que l'usage de -ces produits, non seulement est satisfaisant -dans les situations particuliè- res mentionnées ci-dessus, mais qu'il se substitue avantageusement et de facon simple et économique à l'amendement du sol par les engrais a base de phosphore et d'azote. Dans les pays en voie de développement notamment, où l'on applique des méthodes d'agriculture extensive, existent de grandes surfaces pour lesquelles aussi bien du fait de leur faible teneur en phosphate naturel que du haut pouvoir de fixation du sol, il devient nécessaire, pour obtenir une considérable augmentation de la production agricole, de fournir au sol des quantités très importantes d'engrais phosphatés ; ceci constitue une dépense considérable. En fait, il a été constaté, en appliquant sur des feuilles de haricots, un certain nombre de gouttes de solution aqueuse contenant méthoxyphosphoxydiamide (p32), dimethoxyphosphoxyamide (p32), et phosphate biammonique (p32) et en s'arrangeant pour fournir des quantités égales des principes actifs, que les quantités de P32 dérivées de la méthoxyphosphoxydiamide et de la dimétho- xyphosphoxyamide qui, environ 20 heures après l'application, ont pénétré dans la plante, sont nettement supérieures aux quantités de P32 qui, dérivées du phosphate biammonique, y pénètrent On effectue selon les méthodes décrites dans les brevets précédents, des autoradiographies des feuilles traitées (après élimination des substances n'y ayant pas pénétré) ainsi que d'autres parties de la plante (feuilles, tiges, racines). Les résultats obtenus montrent que le P32 provenant des produits indiqués ci-dessus se déplace a partir de la zone d'application de façon predominante par l'intermédiaire des conduits vasculaires vers l'extrémité des feuilles et vice versa. Le taux de diffusion est une fonction positive du taux de pénétration. On constate également le passage du produit d'une feuille à l'autre et une plus grande concentration dans les feuilles qui se forment, ainsi qu'un déplacement de P32 vers les parties radicellaires. La demanders@@' @ en outre, effectué un certain nombre d'essais afin de déterminer laquelle des caractéristiques indiquées ci-dessus, qui rendent les alcoxyphosphoxyemides p@riticulièrement intéressantes dans leur emploi pour la fertilisation des feuilles. influe le plus fortement sur le rendement et la qualité des productions agricoles. Les résultats obtenus dans deux essais de fertilisation sont rapportés ci-dessous et sont donnés à titre illustratif et non limitatif. Essai de fertilisation des feuilles de haricots. L'essai est réalisé sur des haricots du type "Lingua di fuoco nano" ense mencés dans vingt pots ayant un diamètre de 24 cm chacun et contenant 7 kg de terre. Après ensemencement, les pots sont maintenus dans des conditions d'environnement naturel. La fertilisation des feuilles est effectuée par pulvérisation de 1) méthoxyphosphoxydiamide (MPA) 2) dimethoxyphosphoxyamide (DPA) 3) phosphate diammonique (PDA) tandis que, dans un but de comparaison, on ajoute, dans un des cas, avant ensemencement, du phosphate monocalcique (PMC) et de l'urée. L'ensemencement est réalisé le 15 mai 1969.Le traitement est effectué par deux p-divérisations effectuées le 17 juin 1969 et le 24 juin 1969 à l'aide respectivement de 200 et 250 cc de solutions aqueuses contenant respectivement 1,4% de MPA, 1,6% de DPA et 1,7% de PDA. La quantité totale de P205 contenue dans le liquide pulvérisé lors des différents essais est la même pour tous les produits employés; par comparaison avec la surface des pots, elle est de 45 kg de P205 par hectare. La quantité d'azote pulvérisée est de 17,69 kg/ha pour MPA, de 8,89 kg/ha pour DPA et de 17,77 kg/ha pour PDA ; à titre de comparaison, on emploie pour amender le sol, PMC et uree en une quantité équivalente à 100 kg/ha de P205 et 35 kg/ha d'azote. Les quantités de substances actives qui entrent en contact avec la partie épigée des plantes est en fait inférieure à celle qui est indiquée ci-dessus, ce qui provient des pertes inévitables dans l'atmosphère qui ont lieu durant la pulvérisation. Le contact des liquides de pulvérisation avec le sol a été pratiquement évité. Essai de fertilisation de feuilles de blé. L'essai est effectué dans l'air libre dans un champ, sur une variété de blé d'automne de type Marzotto suivant le processus suivant 1) Essai témoin sans aucune fertilisation. 2) Essai de fumure en surface à l'aide d'urée le 2 février 1970 à raison de 95 kg/ha d'azote provenant de l'urée. 3) Essai de fumure en surface à l'aide de DPA + urée le 2 février 1970 à raison de 2,5 kg/ha d'azote provenant de l'urée. Pulvérisation des plants de blé le 2 février 1970 à l'aide d'une solution à 2% de DPA technique Plant Pots Haricots Poids des haricots Augmentation de à sec Nb Nb Nb la production par vert sec comparaison avec Essai l'essai témoin % P2O5 % N2 vert sec Essai témoin 60 190 674 412,07 198,17 100 100 1,18 3,98 PMC + urée (disposé dans le sol) 60 196 645 413,21 187,00 100,27 94,36 1,12 3,98 PDA 60 195 680 418,04 204,96 101,44 103,42 1,18 4,30 MPA 60 202 709 453,18 222,03 109,97 112,04 1,23 4,11 DPA 60 208 807 534,20 238,66 129,63 120,43 1,26 4,03 à raison de 250 1/ha afin de fournir 2,5 kg/ha de P205 et 0,5 kgXha d'azote. La quantité d'azote fournie par hectare provenant aussi bien de l'urée que du DPA est ainsi équivalente à 95 kg. 4) Essai d'amendement du sol à l'aide de PMC + urée que l'on enterre avant ensemencement à une profondeur d'environ 10 cm à raison de 50 kg/ha de P205. On effectue une fumure en surface à l'aide d'urée à raison de 95 kg/ha d'azote. Les essais sont effectués sur des parcelles de 36 m2 chacune et chaque essai est répété six fois. Les résultats obtenus sont consignés dans le tableau ci-dessous dans lequel est indiquée la production de grains de blé par hectare dans des conditions d'humidité de 13% environ. Production quintaux/ha = 100 Témoin 49,33 100 Urée 57,25 116 DPA + urée 62,89 127,6 PMC + urée 63,28 128 Les résultats ainsi donnés font apparaître l'efficacité du DPA en tant que fertilisant des feuilles. Une simple pulvérisation de 2% de DPA au moment indiqué ci-dessus, correspondant à une augmentation de 2,5 kg/ha de P205 uniquement, a entraîné une augmentation dans la production, par rapport au cas où le bié n'est traité que par l'azote provenant de l'urée, de 5,64 q/ha. Cette augmentation n'est que légèrement supérieure à celle due à l'addition de 50 kg de P205 ajoutas avant ensemencement sous la forme de PMC. Les résultats indiqués ci-dessus permettent de constater que la fertilisation des feuilles est beaucoup plus efficace que l'amendement du sol, même si des quantités de P205 inférieures à celles fournies au sol (haricot) sont fournies par pulvérisation. On constate encore qu'elle présente une efficacité comparable à celle obtenue pour des quantités de P205 vingt fois inférieures à celles fournies au sol dans le cas de blé. Les résultats obtenus à l'aide de produits tombant dans la classe défi- nie par la formule générale 1 dont FDM est et DPA est que l'on a choisi à titre d'exemple pour traiter les haricots, sont considé- rablement meilleurs à ceux obtenus à l'aide de PDA ; les résultats obtenus à l'aide de DPA sont tout particulièrement intéressants, ce qui provient en outre de ce que la quantité d'azote ainsi administrée est nettement inférieure à celle administrée lorsque les autres produits sont employés. Au cours des essais, il a été constaté que les produits suivant la présente invention sont moins phytotoxiques que PDA pour de nombreuees espèces de récoltes. Ceci est très important pour l'utilisation pratique des produits suivant l'invention. En fait, l'emploi de liquides de pulvérisation à concentration supérieure en substances actives peut exercer des effets de plus grande importance sur la végétation et donc éventuellement conduire à une réduction du nombre des traite ments. Les produits suivant la pressente invention peuvent être ajoutés sans au -tre dommage aux éléments nutritifs nécessaires pour corriger les déficiences alimentaires des plantes, tels que Ni, Zn, Fe, Cu, Mn, etc., et également aux insecticides, miticides, fongicides, de sorte que, outre la fertilisation des feuilles, on puisse obtenir des effets secondaires intervenant sur le dévelop- pement, la croissance et/ou la protection pesticide des plantes avec des avantages économiques et techniques. Les produits suivant la présente invention sont particulièrement utiles pour l'apport de phosphore et d'azote aux feuilles et, du fait de leur possible combinaison avec d'autres substances, ils permettent d'obtenir des effets secondaires sur le développement, la croissance et la protection pesticide des recolles. Bien entendu, la piésente invention n'est nullement limitée aux modes de réalisation décrits, elle'est susceptible de nombreuses autres variantes, accessibles a l'homme de l'art, suivant les applications envisagées et sans que l'on s'écarte pour ela de l'esprit de l'invention. REVENDICATIONS 1.- Engrais destiné à être appliqué sur les feuilles contenant en tant que principe actif au moins un produit appartenant à la classe ayant pour formule générale dans laquelle X correspond à NH2 ou R'O, et R et R', semblables ou différents, sont formés de radicaux alcoyles, de poids moléculaire faible ou moyen comportant une chaîne linéaire ou ramifiée. 2.- A titre d'engrais destiné à être applique sur les feuilles, la méthoxyphosphoxydiamide. 3.- A titre d'engrais destiné à être appliqué sur les feuilles, la diméthoxyphosphoxyamide. 4.- Mélange fertilisant caractérisé en ce qu'il contient un ou plusieurs produits suivant une quelconque des revendications 1 à 3, a titre de principe unique ou associé à d'autres substances exerçant une action fertilisante oligodynamique et/ou pesticide.