L'invention est relative à un procédé de filature d'un peigné de fibres de ramie. On sait que ces fibres sont obtenues à partir de la tige de la ramie, que l'on décortique et que on sèche, puis que r on sou- met à un dégommage, c'est-à-dire à un traitement destiné à éliminer par dissolution les gommes liant les fibrilles; ce dégommage est généralement réalisé en bouillant les tiges dans une solution de soude. Après égalisation de leur longueur, les fibres ainsi obtenues sont ensuite séparées les unes des autres et orientées par cardage, puis par un peignage qui les parallelise et élimine les fibres courtes; à la fin de ce peignage, réalisé généralement en une ou deux passes, on obtient un ruban peigné, généralement d'une largeur de cinq centimètres et d'un poids de 20 grammes au mètre. En filature, ce ruban peigné ou 'peigné est ensuite engagé aux tlintersectings c'est-à-dire dans une machine qui parallélise les fibres et qui, en deux ou trois passages, réduit le poids du peigné au mètre, par exemple de 20 grammes à 10 ou 7 grammes. Or, ce passage aux intersectings s'effectue par traction sur le peigné qui doit pouvoir soutenir au moins 4 mètres de sa longueur. Mais les fibres de ramie présentent la caractéristique d'être lisses, contrairement par exemple à la laine qui présente des crochets, et le peigné nta pas de cohésion : les ruptures du ruban sont par conséquent fréquentes, ce qui oblige à pratiquer des raccords qui se traduisent par des défauts sur les fils terminés et ralentissent la fabrication; il est de plus indispensable de travailler à des vitesses très réduites, inférieures de 50 % à celles de la laine pour un matériel identique. Le but de la présente invention est de remédier à ces inconvénients en proposant un traitement susceptible de solidifier le ruban de peigné en donnant de la cohésion aux fibres qui le constituent, mais ceci sans nuire à 1 efficacité du passage dans les intersectings et momentanément seulement, afin que les fibres retrouvent leurs qualités d'origine, et notamment leur toucher lisse particulièrement recherché. Le traitement pratiqué selon l'invention répond à ces critères, ses effets disparaissent d'eux-mêmes au fur et à mesure du passage dans les intersectings, ce qui offre en outre llavantage de ne pas obliger à soumettre les fils obtenus à un traitement assurant le retour des fibres à leur état initial. Le procédé de filature d'un peigné de fibres de ramie selon l'invention est caractérisé en ce que l'on modifie momentanément la structure de la fibre à la fin du peignage et jusqu'aux opérations de filage, afin de créer un accrochage mutuel des fibres dupeigné et d'augmenter ainsi sa résistance à la traction. L'invention sera mieux comprise si l'on se réfère à la description ci-dessous, relative à un mode de mise en oeuvre non limitatif du procédé. Selon ce mode de mise en oeuvre préféré, on modifie momentanément la structure des fibres de ramie constituant le ruban peigné en attaquant en surface la cellulose de ces fibres. Un tel traitement a pour effet de provoquer l'ondulation des fibres, qui sont normalement droites et parallèles à la sortie du peignage, l'interpénétration des ondulations ainsi provoquées dans des fibres voisines communiquant au ruban une résistance à la traction suffisante. Cette ondulation des fibres peut être provoquée par exemple par immersion du ruban de peigné, à l'état libre et sans tension, dans un bain alcalin. Ce bain alcalin ne doit pas être trop concentré pour ne pas attaquer la cellulose en profondeur, mais il ne doit pas être non plus trop dilué car les fibres de ramie présentent la caractéristique d'absorber l'eau et de coller alors les unes aux autres. Naturellement, le temps de passage du ruban dans-le bain est étroitement lié à cette concentration, croissant lorsqu'elle diminue, ce qui conduit à augmenter les concentrations afin de réduire la durée du traitement et de permettre ainsi un travail en continu. Aux essais, on a dotenu de bons résultats en plongeant le ruban de peigné pendant 2 à 20 minutes dans une solution de soude ou de potasse d'une concentration comprise entre 20 et 24 0 Baumé; des essais effectués avec du gaz ammoniac liquide ont donné les mêmes durées; on a obtenu également de bons résultats en utilisant de l'ammoniaque. Naturellement, ces chiffres et ces substances alcalines sont donnés à titre purement indicatif. A sa sortie du bain d'imprégnation, le ruban est de préférence lavé immédiatement afin d'éliminer au maximum les traces de bain alcalin et d'éviter ainsi une attaque des fibres en profondeur, surtout si les concentrations sont élevées comme c'est le cas lorsque l'on veut travailler rapidement, en continu. Ce lavage peut être assuré par exemple par deux rinçages successifs à Liteau, sui vis dAun séchage du peigné humide étant donnée la grande affinité des fibres de ramie pour l'eau, déjà signalée. Après ce séchage, le ruban de peigné est soumis à l'action des intersectings, qui réduisent le poids du peigné au mètre et parallélisent les fibres, les ondulations communiquées par l'imprégnation alcaline disparaissant alors; suivant le numéro de fils désiré, on procède à deux ou trois passages du peigné dans les intersectings. On communique ensuite une légère torsion aux fibres, par exem- ple au moyen d'un banc à broches, puis l'on procède au filage proprement dit. Ces traitements connus ne correspondent naturellement qu'à un exemple d'opérations permettant la mise en oeuvre d'un procédé de filature selon l'invention, et le traitement visant à modifier momentanément la structure des fibres de la fin du peignage jus qu'aulx opérations de filage pourrait s'intercaler dans d'autres procédés de filature connus sans que l'on sorte pour autant du cadre de l'invention. I1 est à noter de plus que, bien que ce procédé soit décrit en référence aux fibres de ramie, de plus en plus fréquemment utilisées, ce procédé pourrait s'appliquer aux autres fibres libériennes, et en particulier au lin. REVENDICATIONS 1) Procédé de filature d'un peigné de fibres de ramie, caractérisé en ce que l'on modifie momentanément la structure de la fibre à la fin du peignage et jusqu'aux opérations de filage, afin de créer un accrochage mutuel des fibres du peigné et d'augmenter ainsi sa résistance à la traction. 2) Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on provoque la dite modification momentanée en attaquant la cellulose de la fibre en surface. 3) Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que l'on attaque la cellulose de la fibre par imprégnation au moyen d'un bain alcalin. 4) Procédé selon la revendication 3, caractérisé en ce que, après imprégnation, on rince le peigné, puis on le sèche. 5) Procédé selon 1 'une quelconque des revendications 3 et 4, caractérisé en ce que l'on choisi le bain alcalin parmi les solutions de soude ou de potasse, l'ammoniaque, l'ammoniac liquide. 6) Procédé selon l'une quelconque des revendications 3 à 5, caractérisé en ce que llon pratique l'imprégnation du peigné par immersion pendant deux à vingt minutes dans une solution de soude ou de potasse d'une concentration comprise entre 20 et 34 o Baumé, ou dans l'ammoniac liquide.