La présente invention a pour objet un procédé de préparation d'un vaccin antivariolique administré par voie orale, et le vaccin ainsi préparé. L'infection naturelle de variole a lieu par les voies respiratoires, par le virus dit "Variola" Celui-ci se multiplie d'abord dans l'épithélium de l'arbre bronchique des poumons et dans les ganglions lymphatiques associés, et ensuite, très rapidement et de manière très intense, dans les espaces interlobulaires de Glisson du foie. Vers le dixième au douzième jour après l'infection, la multiplication des virus a progresse à un degré tel que le virus est diffusé dans le sang ("virémie de transfert secondaire"). I1 y a élévation de la température. Environ deux jours après, il se produit l'éruption variolique typique; la peau est dès lors l'organe final de l'infection. C'est sur cet organe final qu'agit la vaccination antivariolique préventive traditionnelle (vaccination cutanée), avec le virus Vaccinia ou vaccine; ce virus ntest pas identique à l'agent pathogène proprement dit de la variole, à savoir le virus VÇriola, mais présente avec celui-ci uniquement une similitude antigène. I1 est évident qu'une vaccination agissant seulement sur l'organe final d'une infection ne peut produire une immunisation aussi efficace que si l'on érigeait déjà une barrière aux virus dans les zones de multiplication primaires (espaces interlobulaires de Glisson) de telle sorte que, dans la mesure du possible, on empêche déjà dans ces zones de multiplication primaires la naissance d'une "virémie de transfert secondaire. Sans que l'on connaisse dans le détail ces interactions, il a été tenté depuis longtemps de produire une immunisation antivariolique par la voie orale. I1 est connu que, il y a de nombreux siècles déjà, on avait lrhabitude, en Chine et aux Indes, de faire manger aux enfants et aussi aux adultes des escarres de variole, ou de leur administrer des escarres broyées sous forme de poudre à priser. Ces méthodes, qui en général n'avaient pour conséquence qu'une légère indisposition des intéressés, n'étaient tout de même pas d'une sécurité absolue en ce qui concerne le résultat; ce qui s'opposait essentiellement à cette méthode, c'état le fait que les personnes vaccinées de cette manière excrétaient ensuite le virus Variola virulent et mettaient ainsi en danger les environs.En outre, il pouvait: également y avoir des infections aux lèvres, aux gencives et aux amygdales et y conduire à des réactions de vaccination indésirables, avec formation de pustules. Des observations relatives à ces effets secondaires indésirables d'une administration de vaccin par voie orale avaient pour conséquence que cette methode de vaccination a été rejetée par la médecine officielle. Cela découle nettement de l'ouvrage Handbuchder Schutzimpfungen" (Manuel des vaccinations préventives) par A. Herrlich (Springer-Verlag, 1965), considéré comme un ouvrage de base, où on lit à la page 207 en tout état de cause, pour l'homme > une vaccination orale ne peut être envisagée, en raison du risque d'infection de muqueuses. La présente invention a pour objectif, surmontant le préjugé admis par la médecine officie, d'éliminer les inconvénients des mesures connues jusqu'à présent d'administration par voie orale d'un vaccin antivariolique et de supprimer les diffi cultés se présentant à cette occasion. Elle vise dès lors à créer un procédé de préparation d'un vaccin antivariolique préventif administré par voie orale, et couvre également le vaccin ainsi préparé. Conformément à l'invention, cet objectif est atteint au moyen d'un vaccin destiné à la vaccination antivariolique, et administré par voie orale lequel est caractérisé par la présente ce d'un vaccin Vaccinia ou vaccine lyophilisé broyé à sec avec des substances tensio-actives conservant à sec et aussi avec des substances gonflantes d'étalement ou de répartition, le mélange de ces substances étant introduit dans une capsule qui ne se dissout que dans l'intestion grêle, capsule qui après l'introduction des substances est scellée hermétiquement à l'air. Grâce au vaccin suivant l'invention, les résultats suivants sont atteints a) il n'y a pas de risque que les virus excrétés par l'organisme puissent provoquer la contagion,étant/ que les virus Vaccinia utilisés ici sont, contrairement à ce qui se passe pour les virus Variola, détruits par les colibacilles dans l'intestin; b) grâce à la lyophilisation, la durée de conservation du virus est améliorée; c) grâce à l'introduction du vaccin dans une capsule, une infection de la bouche et du pharynx est prévenue; d) grâce à la conception particulière de la capsule, le vaccin est pour commencer, protégé contre l'action de l'acide gastrique, et est ensuite (après le passage par l'estomac), distribué sur les grandes surfaces des parois de l'intestin grêle, sous l'action des additifs gonflants; e) grâce au scellage hermétique de la capsule, le vaccin en tant que vaccin sec, a une longue durée de conservation. Suivant un développement de l'invention, il est avantageux d'additionner au vaccin en tant que substance de conservation et hygroscopique, un silicate, par exemple du pyrosilicate hydrophile ou, en tant que substance de conservation et de répartition ou d'etalement, du silicate d'aluminium ou de magnésium. Etant donné que ces substances ont la propriété d'entrer en liaison relativement stable et adsorbante avec les lipoprotéides, et étant donné que le virus Vaccinia présente une enveloppe de lipoprotéide, on obtient une très bonne action de conservation en cas d'utilisation de ces substances. Comme solvant, on peut utiliser la dextrane, la lactalbumine ou la peptone. Pour que la teneur en humidité de la capsule soit, dans la mesure du possible, maintenue à une valeur inférieure à 3 %, la proportion de silicate devrait être d'au moins 4 % du poids du vaccin. Grâce à la présence du silicate ou d'une autre substance, par exemple d'amidon ou d'une substance synthétique qui gonfle en cas d'arrivée de liquide et qui conjointement avec le péristaltisme de l'intestin produit un étalement du virus sur une grande surface, il est évité une action ponctuelle de concentrations de virus élevées; en même temps, de nombreux ganglions lymphatiques qui font fonction d'organes d'immunisation, sont mis en contact avec le virus. D'autres substances inertes peuvent encore être additionnées au contenu de la capsule, pour donner à la capsule la charge nécessaire et un poids plus élevé, par exemple du talc ou aussi du sulfate de baryum, au cas où il importe de suivre > à l'aide de rayons X, le trajet de la capsule dans l'organisme, Le contenu d'une capsule dc la grandeur d'une "capsule 6 standard 3" peut comprendre par exemple 10 particules de virus Vaecinzay 230 mg de pyrosilicate hydrophile et 200 à 300 mg de sulfate de baryum ou de talc.Pour compenser les erreurs éventuelles découlant de capsules individuelles endommagées, il est également possible de diminuer la teneur en vaccin par capsule et dans ce cas, il y aurait lieu3 par opération de vaccination3 d'administrer au moins deux capsules contenant globalement au moins 106 particules de virus Vaccinia. Pour que le contenu des capsules agisse dans l'intestin grêle 3 il est nécessaire que les capsules soient scellées hermétiquement jusqu'à leur utilisation, et il est également nécessaire que les capsules ne soient pas attaquées par le suc gastrique mais se dissolvent dans l'intestin grêle. A cet effet, les capsules, par exemple les capsules standard 3, sont de préférence revêtues d'au moins 5 couches d'un vernis résistant au suc gastrique (environ 30 à 35 mg par capsule). Cette opération peut avoir lieu avantageusement par la pulvérisaticn du vernis sur les capsules, à plusieurs reprises, les capsules étant librement en suspension dans un courant d'air. On obtient ainsi un revetement sans solution de continuité de la capsule et par conséquent un scellage sûr, à l'abri de l'air et de l'humidité.Le vernis CAP (acétophtalate de cellulose) a donné de bons résultats dans ce domaine. Les capsules fabriquées dans cette matière de cette manière, qui peuvent encore être soudées dans des feuilles d'étain, ce qui les protège contre l'action de la lumière et de l'oxygène a ainsi que contre l'ab- sorption d'humidité, ont une durée de conservation d'au moins douze mois,sans perdre leur efficacité. L'invention a dès lors trait à un procédé de préparation particulier d'un vaccin destiné spécialement à la vaccination antivariolique et administré par voie orale. Certes, on connaît des moyens et des méthodes de vaccination orales (vaccintic par ingestion) pour la lutte contre diverses autres maladies; ces moyens et ces méthodes ne peuvent toutefois pas, comme il sera expliqué plus loin, être transposés d'emblée en vue de l'immunisation antivariolique, et ils ne fournissent pas non plus les indications permettant d'obtenir ce résultat. C'est ainsi par exemple que, pour la vaccination antipoliomyélitique, avec administration par la voie brale,ot r!c.; la vaccination préventive contwe la tuberculose avec le vaccin mis au point par Calmettc et Guérin, vaccinations qui toutes deux ont donné de bons résultats, une goutte du vaccin est introduite directement dans le pharynx ou est absorbée par le patient sur un morceau de sucre. Toutefois, étant donné que le virus Vaccinia ou vaccine, comme on l'a déjà expliqué, st extrêmement sensible à l'action des sucs gastriques, cette méthode de vaccination, ne fût-ce que pour cette seule raison, ne peut être appliquée pour la vaccination antivariolique. Dans le cas de la vaccination par voie buccale contre le typhus et le paratyphus, des composants des agents pathogènes, qui toutefois sont résistants aux sucs de l'estomac et de l'intestin grêle, sont administrés sous fcrme de dragées, lesquelles ne se dissolvent, en substance,u dans l'intestin grêle. Une administration du vaccin antivariolique sous forme de dragées n'est toutefois pas possible pour des raisons techniques, étant donné que dans ce cas, il y a des pertes d'effi cacité considérables du vaccin. Enfin il est également connu (voir le brevet des Etats-Unis d'Amérique NO 3 317 393) d'administrer le virus Adeno provoquant la trachéite dans des capsules, qui ne se dissolvent que dans l'intestin grêle. Si l'on appliquait cette méthode il serait nécessaire de remplir dans des capsules le virus Variola dangereux et extrêmement pathogène, pour la vaccination antivariolique, ce qui donnerait naissance aux dangers qui se présentent lors de l'absorption d'escarres de variole, en raison des excrétions qui en résultent. Dans le brevet américain, il n'est pas donné la moindre indication selon laquelle il y aurait lieu de remplir les capsules d'un virus différent, non identique au virus pathogène, étant donné que ce brevet a trait particulièrement au virus Adeno, qui n'est pas nuisible après son excrétion.Par ailleurs, le vaccin Adeno est toujours introduit sous foe.e liquide dans les capsules, un peu avant une vaccination. Dès lors, il n'est pas nécessaire que ce virus soit ccnservé pendant une durée de conservation prolongée à l'intérieur de la capsule, et en raison de scn état liquide, il ne peut ncn plus être question de l'addition d'une substance gon filante, qui n' entrerait en activité que dans l'intestin grêle sous l'action des sucs de ce dernier. C'est seulement lorsque, avant son remplissage dans les capsules, le vaccin Adeno doit pouvoir être conservé pendant une durée prolongée, qu'il est lyophilisé; à cet effet, il est additionné de substances (lait maigre, gélatine et sérum-albumine) qui servent toutefois uniquement à protéger les virus dans cet état. Dans l'état connu de la technique, il n > y a donc pas addition, dans la capsule, de substances de conservation à sec et de substances gonflantes, comme c'est le cas pour le virus Vaccinia suivant l'invention. Le vaccin suivant l'invention ainsi que son procédé de préparation sont dès lors nouveaux en comparaison avec la technique connue. En comparaison avec la vaccination antivario inique cutanée traditionnelle, on obtint en outre les avantages ci-dessous, en cas d'immunisation antivariolique, au moyen du vaccin suivant l'invention a) dépenses techniques réduites lors de l'exécution de la vaccination : uniquement administration de capsules au lieu des opérations compliquées nécessaires pour la vaccination cutanée (vaccin-style, déshabillage du patient, flamme pour la stérilisation); dès lors b) exécution rapide de la vaccination en cas de vaccinations de circonscription ou de barrage lors d'épidémies; c) suppression des effets secondaires allergiques de la peau qui se manifestent lors de la vacccination cutanée et qui entraînent également une réaction du système nerveux central; au contraire, c'est précisément l'incapacité du tractus gastro-intestinal de provoquer les allergies neurologiques avec des antigènes, qui est un garant de la sécurité de la vaccination antivariolique par voie orale; d) suppression d'un effet de provocation, comme avec toutes les vaccinations orales; e) application d'une voie d'immunisation plus proche de la voie d'infection naturelle que c'est le cas pour une vaccination antivariolique cutanée, do telle sorte que lors de l'action primaire du virus de vaccination Vaccinia sur les même cen tres immunologiques que devra également rencontrer le virus pathogène d'infectinn Variola, il se produit une protection rapide des personnes vaccinées; f) accroissement rapide des interférons, de telle sorte que par le truchement de l'induction interféronique, la multiplication du virus Variola pathogène est déjà restreinte au stade initial de l'infection, de telle sorte que la diffusion du virus pathogène sera d'une durée plus courte chez la personne infectée, et peut être limitée quantitativement. g) meilleure utilisation duvaccin administré, étant donné que lors de l'ingestion à jeun de la capsule de vaccinaticn, la résorption du vaccin dans l'intestin grêle est sensible ment supérieure au rendement du vaccin lors de la vaccina tion cutanée, dans laquelle seulement 1 O/no de la quantité de virus Vaccinia utilisée exerce un effet. Le m de d'action du vaccin suivant l'invention est à présent résumé et sera brièvement expliqué : la capsule absorbée par le patient, après le passage par l'estomac dont les sucs n'exercent aucune action sur la capsule, est dissoute en un très bref laps de temps dans l'intestin grêle supérieur, par les sucs de ce dernier, de telle sorte que le contenu de la capsule est libéré. Dans cette partie de l'intestin, les particules de la taille du virus sont résorbées d'une manière primaire, sans qu'il soit porté dommage aux ferments de l'intestin ou au milieu alcalin de l'intestin. Au surplus, les virus Vaccinia libérés sont protégés contre ces influences par une couche du gel de silicate contenu dans la capsule.A l'aide des substances gonflantes additionnées, le contenu de la capsule est distribué très rapidement sur de grandes longueurs de l'intestin grêle et vient en contact avec le système lymphatique immunologiquement actif des plaques de Peyer, sans qu'il y ait à cette occasion des dommages de la muqueuse de l'intestin; il nty aura aucun dommage, même en cas d'administration concentrée du vaccin ou dans le cas de lésions de l'intestin. Comme l'rnt montré des essais, le virus est résorbé rapidement; déjà après trois minutes, il peut être détecté dans les veines mésentériques. Il arrive ensuite par l'intermédiaire des ganglions lymphatiques mésentériques, aux espaces interlobulaires de Glisson du foie, qui font fonction d'organes lym pratiques. Etant donné que précisément lors de l'infection variolique naturelle, c'est le foie qui est l'organe de multiplication primaire principal du virus Variola, foie à partir duquel se propage de manière secondaire la virémie de transfert avec diffusion par le systeme sanguin, il importe, pour l'évolution future de l'infection variolique, que sous ou i' un du vaccin suivant l'invention, la propagation le variole soit arrêtée dans le foie et que la multiplication de virus ar@@@a soit restreinte par voie immunologique. REVENDICATIONS 1.- Procédé de préparation d'un vaccin antivariolique destiné à être administré par voie orale, caractérisé par le fait que du vaccin Vaccinia lyophilisé broyé à sec tant avec des substances tensio-actives conservant à sec qu'avec des substances de répartition gonflantes est, avec ces substances, introduit dans une capsule qui ne se dissout que dans l'intestin grêle, capsule qui après avoir été remplie est scellée de manière hermétique à l'air. 2.- Procédé de préparation de vaccin selon la revendication 1, caractérisé par le fait que la substance de conservation à sec est un silicate, par exemple du pyrosilicate hydrophile. 3.- Procédé de préparation de vaccin selon la revendication 1, caractérisé par le fait que la substance de conservation et de répartition est du silicate d'aluminium ou de magnésium. 4.- Procédé de préparation de vaccin selon l'une ou l'autre des revendications 2 ou 3, caractérisé par le fait que la proportion de silicate est d'au moins 4 % du poids de la quantité de vaccin. 5.- Procédé de préparation de vaccin selon l'une ou l'autre des revendications 2 ou 3, caractérisé pcr le fait qu'au silicate est ajouté, en tant que charge-, du talc. 6.- Procédé de préparation do vaccin selon la revndica- tion 1, caractérIsé par le fait quc la substance gonflante est constituée par de l'amidon par exemple de l'amidon de riz. 7.- Procédé de préparation de vaccin selon la revendica- tion 1, caractérisé par le fait qu'une substance gonflante synthétique est utilisée comme substance de répartition. 8.- Procédé de préparation de vaccin selon la revendication 1, caractérisé par le fait que les capsules utilisées sont des capsules dites "standard 3t', qui sont revetues a plusieurs reprises et successivement d'un revêtement résistant pendant une longue durée au suc gastrique, mais s dissolvant en un très court laps de temps dans le suc intestinal, par exemple de vernis CAP (vernis d'acétophtalate de cellulose). 9.- Procédé de préparation de vaccin selon la revendication 8, caractérisé par le fait que les capsules sont, en suspensicn libre dans un courant d'air, revêtues par pulvérisation, à plusieurs reprises et successivement. 10.- Vaccin antivariolique préparé selon le procédé de l'une quelconque des revendications de 1 9, caractérisé par le fai qu'il est administré par voie orale.