La présente invention se rapporte à un procédé de ralisa- tion du n serti " pour peinture sur soie ou autres tissus. Cette invention est en relation avec la technique dite du "peint main ",dans laquelle on applique des couleurs au pinceau ou au coton sur des surfaces pour réaliser un dessin.Dans cette technique, les surfaces devant être recouvertes de teintes différentes sont séparées les unes des autres par des traits dessinés préalablement au moyen d'une matière apte à arrêter suivant une ligne bien nette les couleurs lors de leur application.l' ensemble de ces traits de séparation constitue ce qu'on appelle le"serti"; la matière utilisée pour matérialiser ces traits est,de manière générale, une colle de sertissage. La technique traditionnelle pour la réalisation du serti fait appel à des procédés de dessin à la main. Un procédé habituellement utilisé consiste à placer sous la soie un calque portant le dessin à réaliser, et à reproduire les traits de ce dessin par transparence à travers le tissu,en employant un cornet ou une pipette rempli de gutta,produit jouant le rôle de colle de sertissage. Ce procédé présente de nombreux inconvénients -Le calque qui est placé sous la soie risque de se détruire ra pidsment,par suite des manipulations permanentes résultant du report de ce calque. -Plus la soie est épaisse,donc moins transparente,moins le calque placé dessous peut se reproduire facilement. On échappe à cet inconvénient en employant un autre procédé connu,dans lequel le report du dessin sur la soie est effectué par un talquage d'un calque préalablement perforé d'une multitude de petits trous faits à l'aiguille; ce procédé est cependant beaucoup plud long d'exécution. -Le travail nécessaire pour le passage du cornet ou de la pipette sur l'ensemble des traits du dessin est très long et fastidieux, surtout s'il s'agit d'un dessin au graphisme compliqué. Dans certains cas, le seul travail de sertissage peut demander jusqu'à une journée entière. -Le travail manuel au cornet ou à la pipette est non seulement long d'exécution, mais donne aussi un résultat souvent imparfait. La largeur du trait est irrégulière,en particulier les intersections de traits sont lourdes,la formation de gouttes provoque des irrégularités, etc...La reproduction d'un dessin figuratif,tel qu'un visage, est imprécise et variable d'un décalquage à un autre. Enfin, le sertissage peut être inefficace, ctest-à-dire ne pas arrêter les couleurs lors de leur application ultérieure,si le trait entourant une surface est mal fermé ou trop étroit. - in raison de l'épaisseur de la colle de sertissage déposée par le procédé considéré,le temps de séchage de celle-ci est long, et de plus le n serti n reste souvent collant. -Coxpte tenu de ce qui précède, avec le procédé traditionnel, seuls les ouvriers spécialisés ou les personnes très habiles sont capables de réaliser un beau " serti ". La présente invention vise à remédier à l'ensemble de ces inconvénients. Â cet effets elle a pour objet un procédé de réalisation du n serti n pour peinture sur soie ou autres tissus,suivant lequel la colle de sertissage est appliquée sur le tisu,avant l'application des couleurs par la technique du "point main" traditionnel, à l'aide d'un cadre sérigraphique sur l'écran duquel est gravé le dessin à reproduire. L'invention s'inspire donc d'une méthode de sérigraphie au cadre connue,dite à & la Lyonnaise", mais elle 11 applique uni- quenent à la réalisation du "serti", c'est-à-dire des traits du dessin, et non pas à la réalisation des teintes du dessin, qui sont toujours appliquées de manière traditionnelle,au pinceau ou au coton. Il est aisé de cQvprendre que ce procédé de réalisation du M serti M présente de nombreux avantages,s1opposant aux inconvénients des procédés traditionnels,énumérés plus haut -Dans ce procédé oû le dessin est gravé sur l'écran d'un cadre sérigraphique,le recours à un calque risquant de se détériorer devient inutile. -Du fait de l'inexistence du calque,la transparence du tissu n'a plus d'importance,le cadre portant le dessin à reproduire étant appliqué par dessus. -L'avantage saveur du procédé selon l'invention est la rapidité extr8me avec laquelle peut autre effectuée l'opération de sertissage.La durée de l'opération est en effet linitée au temps de passage de la raclette sur l'écran du cadre sérigraphique ,de l'ordre de 10 seconde,et de plus totalement indépendante de la complexité du dessin. -Le résultat obtenu par ce procédé est d'une excellente qualité et d'une parfaite régularité. On réalise un serti net et uniforme avec une reproduction exacte d'un dessin à l'autre,ce qui est important du point de vue commercial.Le sertissage est toujours bien fermé,ce qui interdit toute " bavure " lors de l'application ultérieure des couleurs à l f intérieur des surfaces délimitées par le " serti -La colle de sertissage,étant appliquée sur le tissu par raclage dans le procédé selon l'invention, est déposée en une mince pellicule et le "serti " obtenu n'est pas collant. -Enfin, ce procédé d'application du serti n à l'aide d'un cadre sérigr.aphique ne requiert pas un personnel spécialisé dans le dessin. Compte tenu de ce qui précède, ce procédé doit cependant être mis en oeuvre à une échelle assez grande pour être rentable, et la présente invention a aussi pour objet un dispositif spécialement destiné à la mise en oeuvre rationnelle de ce procédé. Ce dispositif est essentiellement constitué par au moins une table allongée sur laquelle est tendu la soie ou le tissu à peindre,formant une bande sur laquelle le "serti " est repto- duit de façon identique un certain nombre de fois au moyen du même cadre séritbaphique, des moyens étant prévus pour maintenir la soie ou le tissu en surélévation par rapport à la table,après réalisation du "serti",pour l'application des couleurs. La table doit être suffisamment longue pour permettre de reproduire le dessin un certain nombre de fois sur la même bande de soie ou d'autre tissu, en plaçant le cadre sur le tissu dans une première position, en le soulevant, en le plaçant dans une deuxième position adjacente à la première,et ainsi de suite. .. Ce matériel nécessite un investissement très faible par rapport à sa productivité. De toute façon, l'invention sera bien comprise à l'aide de la description qui suit, en référence au dessin schématique annexé représentant,à titre d'exemple non limitatif,une forme de réalisation de ce dispositif, et illustrant plus concrètement le procédé selon l'invention Figure 1 est une vue en coupe montrant une partie de la table sur laquelle est tendue la soie; Figures 2,3 et 4 sont des vues en perspective montrant plu sieurs phases successives du procédé de réalisation du "serti"; Figure 5 est une autre vue en perspective montrant la disposition du tissu pour l'application des couleurs,après réalisation du "serti". La soie à peindre,se présentant sous la forme d'une bande 1,est tendue sur une longue table 2 partiellement représentée, sur laquelle elle est fixée par ses extrémités au moyen d'attaches 3.La soie 1 ne repose pas directement sur la surface de la table 2, mais sur un support spécial représenté sur la figure 1: la table 2 est garnie de molleton 4 recouvert d'un calicot de coton 5,sur lequel est tendue la soie 1 dans l'attente de l'application du n serti ". Des traits de repérage transversaux 6 sont tracés au crayon no gras, à intervalles réguliers,pour délimiter les pièces à réaliser. Le procédé fait essentiellement appel à un cadre sérigra phique rectangulaire 7, acheté dans le commerce ou fabriqué par l'utilisateur lui-m8me avec du bois et du nylon pour constituer l'écran 8 Avant toute utilisation, il convient de réaliser la gravure de l'écran 8.Le dessin est créé par le dessinateur sur une feuille de papier aux dimensions du cadre 7,et le nylon vierge de l'écran est appliqué sur ce dessin reproduit alors le dessin par transparence,à l'aide d'une pluie bâton garnie d'un produit oaoutchouteux dit " drawing-gum ".Une fois que le dessin sur le nylon est fini et que le produit caoutchouteux utilisé est bien sec,on recouvre la totalité de l'écran de nylon d'une couche rince et uniforme d'un produit obturateur, nommé aussi liquide de renplissage,qui est à base d'acétone teintée bleue ou rose,ceci â l'aide d'une raclette aétellique. Après séchage,on retire le premier dessin fait avec le produit caoutchouteux précité,par gommage du trait à l'aide d'une gomme de crepe,afin de découvrir les mailles vierges du nylon,celles-ci fornant alors le graphisme voulu.Enfin,on procède au nettoyage de toute la surface de l'écran au moyen d'un coton imbibé d'essence de térébenthine, afin d'éliminer toutes les particules du produit caoutchouteux ayant pu rester dans les parties que~l'on désire conserver vierges. Le cadre 7, représenté avec un dessin 9 simpliste dans l'exemple considéré qui est donné dans un but purement explica tif, est alors pret à l'emploi.Son utilisation se fait en l'appliquant successivement sur les différents rectangles délimités par les traits reperes 6 tracés sur la soie 1, la figure 2 montrant par exemple le cadre 7 posé sur le deuxième rectangle, et la figure 3 le méme cadre posé sur le troisième rectangle. Chaque opération de réalisation du "serti n au moyen de ce cadre steffectue de la manière suivante La colle de sertissage étant versée en bas du cadre 7, sur une partie de 1 1écran 8 recouverte par le produit obturateur, l'on applique le cadre à plat sur la soie I en faisant corncider les traits. repères 6 avec les bords du cadre 7,ces traits se voyant par transparence à travers l'écran 8.A l'aide d'une raclette 10 dont la longueur correspond à la largeur du dessin 9 gravé sur l'écran 8, on décrit un mouvement de va-et-vient d'une extrémité à l'autre du cadre 7,sur toute l'étendus de l'écran, en prenant soin de bien appuyer sur la raclette 10 pour faire pénétrer la colle de sertissage dans les fibres du tissu.Les flèches indiquées sur la figure 2 illustrent ce mouvement de va-et-vient de la raclette 10 et la pression exercée sur cette dernière. Au cours de cette opération, le molleton 4 dont l'épaisseur est choisie suffisamment épaisse absorbe la pression de la raclette 10. Le calicot de coton 5 absorbe légèrement la colle de sertissage, ce qui garantit une bonne absorption dans les fibres de la soie 1,toutefois cet effet de buvard du calicot 5 rend nécessaire son changement et son lavage après une certaine utilisation. Lorsque le"serti" Il est imprimé sur la soie 1, l'opérateur ramène 11 excès de colle de sertissage vers le bas du cadre 7, à l'aide de la raclette 10, et il décolle le cadre 7 avec douceur de la soie 1, en soulevant celui-ci par la partie opposée à lui-mme,comme le montre la figure 3. Le cadre 7 étant totalement séparé du tissu,l'opérateur peut reproduire la meAme opération sur le rectangle suivant,cofle le montre la figure 4, et ainsi de suite jusqu'à l'extrémité de la table 2. Après avoir réalisé toute la série de dessins,le cadre 7 doit strie soigneusement nettoyé.On enlève préalablement le surplus de colle de sertissage à laide d'une spatule,puis on déga ge les ouvertures du nylon laissé vierge en employant des tampons imbibés d'essence minérale. Il convient de bien nettoyer l'écran 8 sur ses deux faces afin qu'il puisse resservir long temps dans de bonnes conditions. On peut faire une finition de lavage avec une essence minérale plus sèche. Dès que le "serti n Il est sec,les couleurs peuvent être appliquées au pinceau ou au coton à l'intérieur des sur faces délimitées par ce N serti". La technique employée est celle du N peint main "traditionnel mais elle est avantagemse- ment mise en oeuvre sur la mie table 2, grace à des accessoires permettant de décoller la soie 1 du calicot 5 et de la maintenir en surélévation. Ces moyens, visibles sur la figure 5, sont constitués par des baguettes amovibles 12 disposées transversalement et reposant, par leurs extrémités, sur des plots 13 qui prennent eux-mêmes appui sur la table 2. On crée ainsi un espace libre sous la soie 1,qui permet de peindre celle-ci"dans le vide ". Il est à noter que dans cette position surélevée, la soie 1 qui reste fixée sur la table 2 par les attaches 3 est fortement tendue. L'invention s'applique non seulement à la peinture sur soie, prise ici pour exemple,mais aussi à la décoration d'autres tissus: coton, crêpe, fibres naturelles, etc.. ,pouvant être travaillés par la technique du "peint main". Conte il va de soi, l'invention ne se limite pas à la seule forme de mise en oeuvre du procédé de réalisation du serti " qui a été décrite ci-dessus de façon détaillée a titre d'exevple;elle en embrasse,au contraire,toutes les variantes comportant des dispositions équivalentes. -REVENDICAGIONS- 1.-Procédé de r & lisation du " serti " pour peinture sur soie ou autres tissus,caractérisé en ce que la colle de sertissage est appliquée sur le tissu, avant l'application des couleurs par la technique du " peint main " traditionnel, à l'aide d'un cadre sérigraphique sur l'écran duquel est gravé le dessin à reproduire. 2.-Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon la revendication 1,caractérisé en ce qutil est essentiellement constitué par au moins une table allongée sur laquelle est tendu la soie ou le tissu à peindre, formant une bande sur laquelle le "serti n est reproduit de façon identique un certain nombre de fois au moyen du meme cadre sérigraphique,des moyens étant prévus pour maintenir la soie ou le tissu en surélévation par rapport à la table, après réalisation du n serti ",pour l'application des couleurs. 3.- Dispositif selon la revendication 2,caractérisé en ce que la table est garnie de molleton recouvert d'un calicot de coton, sur lequel est tendu la soie ou le tissu à peindre. 4.- Dispositif selon la revendication 2 ou 3,caractérisé en ce que les moyens prévus pour maintenir la soie ou le tissu en surélévation par rapport à la table,pour l'application des couleurs,sont constitués par des baguettes amovibles disposées transversalement et reposant,par leurs extrémités,sur des plots qui prennent appui sur la table.