La présente invention se réfère aux dispositifs destinés au maintien et à la compression des deux fragments d'un os fracturé. Dans la technique antérieure on a proposé de nombreux dispositifs de ce genre propres à se monter à l'intérieur de l'os intéressé et qualifiés pour cette raison d'intramédullaires. La méthode normale de réduction des fractures à l'aide de ceux-ci consiste à creuser une partie du canal médullaire dans les deux fragments distal et proximal de l'os. On intro- duit alors le dispositif dans les parties ainsi creusées et on le met en prise avec le tissu osseux de façon à rapprocher les deux fragments. La manière de réalisation de la prise entre le dispositif et l'os lui-même est extrêmement critique du fait que les moyens mis en oeuvre à cet effet doivent assurer la stabilité des deux fragments à la fois dans le sens axial et dans le sens radial. Un défaut majeur des dispositifs intramé- dullaires antérieurs est qu'ils n'assurent pas une prise effective qui garantisse à l'encontre des déplacements radiaux et axiaux des fragments et qui en même temps réalise une répartition régulière de la pression en vue d'éviter les risques de fêlures ou de dommages par compression du tissu. Le brevet américain 3.717.146 délivré le 20 Février 1973 au nom de Halloran montre un gonjon intramédullaire de compression comprenant des extrémités coniques filetées qu'on introduit dans les fragments distal et proximal de l'os fracturé, et qui viennent en prise avec le tissu osseux pour tarauder en fait le canal médullaire et s'enfoncer à l'intérieur desdits fragments. Le brevet américain Fischer 3.846.846 délivré le 12 Novembre 1974 décrit une prothèse de l'articulation de la hanche maintenue en place par le moyen d'une tige introduite dans la cavité médullaire de l'os et entourée par un certain nombre d'éléments d'expansion. Les éléments adjacents sont disposés de façon télescopique afin que celui situé à l'intérieur de l'autre exerce sur lui une pression radiale qui l'applique 3C contre la paroi du canal. Dans le brevet américain 4.091.806 au nom d'Aginski, délivré le 30 Mai 1978 on peut trouver un clou de compression intramédullaire comportant une tête en forme de tige filetée qui dépasse à partir de l'extrémité de l'un des fragments. Cette tête s'étend à travers un manchon à extrémité libre en forme de fourche. Les branches de cette fourche sont écartées par un organe fileté qu'on visse sur la tige à l'intérieur du manchon. Elles divergent donc et s'enfoncent dans les parois du canal médullaire. Enfin le brevet américain Pritchard 3.990.438 délivré le 9 Novembre 1976 montre un appareil de fixation et de compression pour os fracturés, qui comprend une première partie pourvue de filets coupants propres à s'ancrer dans le fragment principal de l'os. L'autre extrémité de cet appareil est filetée pour coopérer avec une vis qui s'étend à l'extérieur de l'os et qui est appliquée contre l'extrémité de celui-ci pour réaliser la compression axiale. La présente invention vise: - à réaliser un dispositif de compression intramédullaire qui puisse se conformer aux courbures naturelles du canal intéressé sans déterminer sur l'os des points de nécrose par pression, en réduisant ainsi le risque de fêlures osseuses ou d'endommagement de l'os par pression; - à établir un tel dispositif qui puisse s'adapter aisément aux diverses dimensions des cavités à moelle des os en évitant ainsi la nécessité de conserver en magasin un grand nombre de dispositifs de tailles différentes; - à permettre de réaliser un dispositif du genre en question qui soit compatible avec les tissus vivants en éliminant les phénomènes électrolytiques et en garantissant qu'il n'apparaîtra pas de variations de température sensibles entre le dispositif lui-même et les tissus qui l'entourent; - à établir un dispositif intram6dullaire de compression qui assure la stabilité radiale et axiale sans nuire à la circulation endo- osseuse et qui permette en outre le rétablissement de l'activité normale de la moelle sans gêne aucune; - et à réaliser un tel dispositif dans lequel les efforts de compression soient répartis circulairement autour du diamètre intérieur de l'os aussi bien que dans le sens axial suivant la longueur du canal médullaire. Conformément à l'invention le dispositif comprend deux éléments opposés dont chacun comporte lui-même plusieurs organes en forme de disques concavo-convexes pourvus d'arêtes périphériques qui viennent s'ancrer dans la périphérie intérieure de la cavité médullaire, convenable- ment creusée à cet effet. Une tige filetée est introduite dans le premier de ces éléments et elle vient se visser dans le second, orienté à l'opposé du premier, pour les rapprocher l'un de l'autre. Chaque disque est décou- pé de rainures radiales de manière à contribuer au rétablissement de l'ac- tivité normale de la moelle tout en assurant la souplesse radiale du disque considéré. Ceux-ci répartissent les efforts sur la cavité précitée et ils permettent également au dispositif de se conformer à la courbure naturelle de cette cavité. Le dessin annexé, donné à titre d'exemple, permettra de mieux comprendre l'invention, les caractéristiques qu'elle présente et les avantages qu'elle est susceptible de procurer: Fig. 1 est une vue en élévation montrant le dispositif de compression suivant l'invention pendant son insertion dans le canal médullaire d'un os fracturé. Fig. 2 est une coupe -correspondant substantiellement au plan 2-2 de fig. 1. Fig. 3 correspond à une vue en élévation avec coupe représentant le dispositif complètement en place. Fig. 4 est une coupe' transversale suivant 4-4 (fig. 2). Fig. 5 est une vue en perspective éclatée du dispositif de fig. 1 à 4. Fig. 6 est une coupe transversale de la tête de la clé de manoeuvre suivant le plan 6-6 de fig. 5. Fig. 7 est une vue en élévation avec coupe illustrant un second procédé d'utilisation d'un dispositif suivant l'invention. En se référant au dessin on décrira en détail ci-après un dispositif intramédullaire comportant application de l'invention et auquel on a affecté la référence générale 10. Fig. 1 à 5 montrent tout d'abord que ce dispositif comprend d'une part un premier élément à disques 12 qu'on introduit dans l'un des fragments de l'os fracturé, d'autre part un second élément semblable 14, mais qui est fileté intérieurement pour recevoir le filetage d'une vis de compression 16. Il va de soi que les éléments 12 et 14 sont orientés à l'opposé l'un de l'autre et qu'ils sont destinés à être rapprochés par la vis. Le premier élément 12 est fait en n'importe quelle matière inerte appropriée connue, telle que le Nylon, le polypropylène, etc.... Il comprend un corps cylindrique tubulaire 18 propre à recevoir à coulisse- ment la vis 16 précitée. Sa périphérie est solidaire d'un certain nombre de disques élémentaires concavo-convexes 20. Ces derniers sont orientés de telle manière que leurs faces concaves soient tournées vers la fracture 22 de l'os dans lequel on les introduit. Chacun d'eux est découpé d'un certain nombre de fentes radiales 24 en vue d'augmenter son élasticité et de permettre l'établissement de vaisseaux sanguins après réduction et guérison de la fracture osseuse. Bien entendu chaque disque 20 comprend une arête périphérique 26 qui vient au contact de la face circulaire intérieure ou paroi de la cavité ou espace 28 creusé dans la moelle, de manière que lorsqu'on applique au corps 18 une pression axiale orientée vers l'emplacement de la fracture, les arêtes des disques viennent s'enfoncer dans la paroi et s'ancrer à celle-ci. Il est évident qu'on insère l'élément à partir de l'emplacement de la fracture, de manière que les disques se replient sur eux-mêmes pour faciliter cette insertion. L'élement 12 peut être établi suivant toute longueur désirée. Il va de soi que plus est élevé le nombre des disques qui lui sont incorporés, plus est grande la stabilité radiale rialisée à l'intérieur du fragment osseux. Du fait de l'écartement de ces disques suivant la longueur du corps 18 de l'élément 12, celui-ci peut aisément être coupé de manière à s'adapter aux diverses dimensions des os intéressés. En outre les disques 20 sont flexibles, ce dispositif peut être appliqué à des cavités médullaires de dimensions différentes. Le second élément à disques 14 est établi de façon semblable à celle susdécrite pour l'élément 12, sauf que son corps cylindrique 30 comporte un filetage intérieur 32 propre à coopérer avec les filets 34 de la vis de compression 16. Il va de soi que, comme l'élément 14 est disposé dans le second fragment de l'os fracturé, les disques 20 qu'il comporte sont orientés à l'inverse de ceux du premier élément 12. De cette manière les deux éléments 12 et 14 agissent ensemble pour obliger les deux moitiés ou fragments 36 ou 38 de l'os à venir au contact l'un avec l'autre. Les disques de l'élément 14 comportent également des fentes 24, propres à faciliter le rétablissement de l'activité normale de la moelle après guérison de la fracture. En outre, en ce qui concerne les fentes, on notera en se référant plus particulièrement à fig. 4 que celles des disques 20 adjacents sont décalées pour l'un de ceux-ci par rapport à l'autre de façon que les efforts de compression exercés sur la périphérie de l'espace ou cavité à moelle soient répartis de façon régulière suivant la longueur de la circonférence. On voit ainsi que grâce à l'utilisation de disques découpés de fentes, l'activité normale de la moelle peut être facilitée, tandis qu'en même temps les forces de traction nécessaires à réaliser la compres- sion des deux fragments se trouvent réparties sur une large surface de la paroi corticale de l'os, et non sur la zone plus faible de celui-ci comme cela arrive avec certains dispositifs connus. Les segments des disques situés entre les fentes 24 viennent au contact de la paroi de la cavité ou espace à moelle des deux côtés de l'emplacement de la fracture et ils s'ancrent fermement à cette paroi. La vis de compression 16 est prévue pour rapprocher les deux éléments 12 et 14. Elle est préférablement faite en acier inoxydable ou en tout autre matériau approprié et elle comporte des filets 34 qui viennent s'engager dans ceux 32 du second élément 14. Elle est également pourvue d'une tige supérieure 36 qui traverse à coulissement le premier élément 12. Sa tête 38 vient buter contre l'extrémité supérieure de celui-ci en lui appliquant la pression axiale qui le rapproche du second 14. Ladite tête 38 est creusée de manière à réaliser une douille hexagonale 40 propre à l'insertion d'une clé de manoeuvre du type "Allen". La clé utilisée pour coopérer avec la douille 40 a été représentée aux fig. 1, 2, 5 et 6, dans lesquelles elle est désignée par la référence générale 42. Elle comprend une tête hexagonale 44 propre à être introduite dans la douille 40. Cette tête 44 est arrondie pour permettre à la clé de pivoter dans la douille. Pour assurer cette insertion de la clé 42 dans la douille 40, on doit percer dans la paroi corticale de l'os un trou aboutis- sant au canal médullaire, ainsi qu'on peut le voir en fig. 1 à 3. En vue de faciliter ce perçage, l'extrémité opposée de la clé 42 est conformée à la façon d'un ciseau ou d'un trocart, comme montré en 48. La tige 50 comporte une surface cylindrique lisse en vue de faciliter la manoeuvre de la clé. La souplesse et l'adaptabilité du dispositif intramédullaire suivant la présente invention aparaissent plus clairement si l'on se réfère à fig. 7. Ainsi qu'on peut le voir dans cette figure le premier élément à disques 12 n'est pas toujours nécessaire car la vis de compression 16 peut s'éten- dre en dehors de la paroi corticale de l'os, savoir un fémur 52 dans le cas illustré. L'extrémité en ciseau 48 de la clé 42 peut s'utiliser, si on le désire, pour réaliser un passage 54 dans cette paroi. Il est évident qu'en raison de la dimension de la cavité 56 nécessaire pour retenir la tête 58 du fémur sur le reste de cet os, il suffit de deux disques 20 pour assurer la fixation et la compression. On a donc coupé l'élément 14 afin de lui donner la conformation voulue. Il est évident que la douille 40 est accessible à partir de l'extérieur de l'os une fois que le dispositif a été mis en place, et qu'on peut ainsi appliquer l'effort de compression approprié à la tête 58. On comprend d'ailleurs que le dispositif intramédul- laire de compression suivant l'invention peut être modifié et adapté de façon à convenir aux nombreux types de fracture osseuse non représentés. Il doit d'ailleurs être entendu que la description qui précède n'a été donnée qu'à titre d'exemple et qu'elle ne limite nullement le domaine de l'invention dont on ne sortirait pas en remplaçant les détails d'exécu- tion décrits par tous autres équivalents. R E V E N D I C A T I 0 N S 1. Dispositif intramédullaire de compression propre à être introduit dans une cavité creusée dans un os fracturé en deux parties ou fragments, en vue d'assurer la fixation et la compression de la fracture, caractérisé en ce qu'il comprend en combinaison: - un premier élément (12) propre à venir en prise avec la paroi de la cavité, cet élément comportant au moins un organe élastique (20) s'étendant radialement et dont le diamètre est supérieur à celui de la cavité intéressée (28); - des moyens générateurs de force axiale (16) insérés dans le premier élément (12) précité pour solliciter axialement celui-ci en direction de l'emplacement (22) de la fracture; - et des moyens (14, 40) d'ancrage avec l'os solidaires des moyens générateurs de force précités (16) pour contre- balancer l'effort transmis au premier élément (12). 2. Dispositif suivant la revendication 1, caractérisé en ce que l'organe élastique (20) présente un profil général concavo-convexe se terminant par une arête périphérique (26) qui vient s'ancrer dans la paroi de la cavité (28). 3. Dispositif suivant la revendication 2, caractérisé en ce que l'organe élastique (20) est creusé d'un certain nombre d'ouvertures (24) qui le divisent en segments individuellement flexibles. 4. Dispositif suivant la revendication 3, caractérisé en ce que le premier élément (12) comporte au moins deux organes élastiques (20) semblables, les ouvertures (24) du second de ceux-ci étant décalées angulairement par rapport à celles du premier de façon à répartir les efforts sur la périphérie de la cavité (28). 5. Dispositif suivant la revendication 1, caractérisé en ce que les moyens d'ancrage avec l'os comprennent un second élément (14) comportant au moins un organe élastique (20) qui s'étend radialement suivant un diamètre supérieur à celui de la cavité (28) avec laquelle il coopère, ce second élément (14) étant orienté en sens inverse par rapport au premier (12) et étant relié aux moyens générateurs de force axiale (16). 6. Dispositif suivant la revendication 5, caractérisé en ce que l'organe élastique (20) du second élément présente un profil concavo-convexe se terminant par une arête périphérique (26) qui vient s'ancrer dans la paroi de la cavité (28). 7. Dispositif suivant la revendication 6, caractérisé en ce que l'organe élastique (20) du second élément est creusé d'un certain nombre d'ouvertures (24) qui le divisent en segments individuellement flexibles. 8. Dispositif suivant la revendication 7, caractérisé en ce que le second élément (14) comprend au moins deux organes élastiques (20) sem- blables, les ouvertures (24) du second de ceux-ci étant décalées angulaire- ment par rapport à celles du premier de façon à répartir les efforts sur la périphérie de la cavité (28). 9. Dispositif suivant la revendication 8, caractérisé en ce que les moyens générateurs de force axiale sont constitués par une tige (16) comportant des filets (34) à l'une de ses extrémités et une tête (38) à l'autre. 10. Dispositif suivant la revendication 9, caractérisé en ce que l'un (14) des deux éléments (12, 14) est fileté (en 32) pour coopérer avec les filets (34) de l'organe générateur de force axiale (16), tandis que l'autre (12) est prévu de manière que cet organe (16) puisse le traverser à coulissement, sa tête (38) venant buter contre lui.