La présente invention est relative à ltextraction et à l'obtention d'extraits de variétés de Chrysanthellum ainsi qu'à l'utilisation de ces extraits en tant que médicaments. Deux brevets français nO 979 et nO 70 25 949 ont déjà décrit des extraits aqueux et hydroalcooliques de Chrysanthellum procumbens RICH et Chrysanthellum americanum VATKE. Ces extraits présentaient l'inconvénient d'etre sous une forme très diluée, comportant à côté des substances pharmacologiques actives, des produits inactifs, tels que tanins et graisses. De plus, leur forme liquide restreignait la possibilité des formes galéniques et rendait délicate la posologie de ces médicaments. Nous avons maintenant réussi, par une méthode de purification plus poussée, à obtenir des extraits pulvérulents parfaitement définis. Ces poudres permettent l'obtention de médicaments sous toute forme galénique. La préparation de ces extraits est caractérisée en ce que l'on extrait par l'eau les flavonoldes par décoction. On lave l'extrait par un solvant tel que l'acétate d'éthyle. Après évaporation de la phase organique, on reprend le résidu par de l'eau. La phase aqueuse filtrée, puis concentrée, est reprise par un solvant tel que le méthanol. Les flavonoides sont ensuite précipités par un solvant dans lequel ils sont insolubles (chloroforme, éther de pétrole, chlorure de méthylène, etc...). Un exemple détaillé permettra de mieux comprendre la suite de ces opérations. 900 g de tiges de Chrysanthellum procumbens RICH, riches en akènes se détachant facilement, sont soumis à décoction, pendant 20 minutes, par fraction de 300 g, dans 2 litres d'eau distillée bouillante. Après expression du jus, le marc est repris plusieurs fois par l'eau et exprimé de nouveau. Les filtrats sont concentrés jusqu'à 1 litre puis épuisés par l'acétate d'éthyle on effectue une vingtaine d'extractions au minimum. Le résidu d'évaporation est dissous dans l'eau bouillante. La solution refroidie laisse déposer les graisses et résines qui sont écartées par filtration. Le filtrat aqueux est évaporé à sec. Le résidu est repris par le minimum de méthanol. Les polyphénols sont alors précipités par un solvant dans lequel ils sont habituellement insolubles (chloroforme). Rendement : 900 g de matériel végétal conduisent à une vingtaine de grammes d'extrait flavonique. Cet extrait se présente sous forme d'une poudre jaune, très soluble dans le méthanol et méthanol, et moyennement soluble dans l'eau. Différents tests analytiques ont été pratiqués sur cette poudre, qui nous permettent d'en connaître la composition. Recherche des anthocyanes : Par addition d'un acide à une solution aqueuse d'extrait il n'y a pas formation d'une colo- ration rouge. Cet extrait ne contient donc pas d'anthocyanes. Recherche dés leucoanthocyanes : Une solution aqueuse d'extrait traitée par un volume égal d'acide chlorhydrique et chauffée au bain-marie bouillant ne donne pas de coloration rouge. Cet extrait ne contient pas de leucoanthocyanes. Recherche de dérivés quinoniques : Ls poudre d'extrait humectée d'acide chlorhydrique à 10 "', est traitée par le chloroforme. Au bout de quelques heures de contact la liqueur organique, agitée avec de l'ammoniaque, ne développe pas de coloration rouge. L'extrait ne contient donc pas de dérivés quinoniques. Recherche des flavonoldes : Une solution aqueuse de l'extrait soumise à l'action d'acide chlorhydrique concentré sur des copeaux de magnésium, développe une intense coloration rouge. Il y a donc présence de flavonodes. Le traitement de la solution aqueuse d'extrait par l'anhydride acétique bouillant en présence d'acétate de sodium suivi d'une hydrolyse par l'acide chlorhydrique ne conduit pas à une coloration rouge. L'extrait ne contient donc pas de flavanonols. Essais par révélation de chromatogrammes : Deux types de chromatogrammes ont été effectués - Un chromatogramme sur papier Whatman nO 1 avec pour solvant un mélange de n-butanol/acide acétique/eau : 4 - 1 - 5 (phase supérieure). - Un chromatogramme sur couche mince de silice avec pour solvant un mélange de chloroforme/méthanol/eau : 65 - 25 - 10 (phase supérieure). Les révélateurs employés sont - Pour les alcaloides : le réactif de Dragendorff et l'iodoplatinate de potassium. - Pour les acides aminés : la ninhydrine à 2 % dans l'acétone. - Pour les lipides : la rhodamine à 0,5 % dans l'éthanol. - Pour les triterpènes : le réactif de Carr et Price (solution chloroformique de trichlorure d'antimoine). - Pour les glycosides cardiotoniques : le réactif de Kedde (l'acide dinitro-3,5 benzoique à 2 Aucun de ces révélateurs n'ayant donné de réaction positive, l'extrait obtenu ne contient pas d'alcaloides, ni d'acides aminés, ni de lipides, ni de triterpènes, ni de glycosides cardiotoniques décelables. Nous avons ensuite procédé à une analyse très poussée du contenu flavonoidique de cet extrait. Pour cela nous avons utilisé la chromatographie descendante sur papier Whatman nO 1 avec le butanol acétique pour solvant (n-butanol/acide acétique/ eau : 4 - 1 - 5, phase supérieure). En lumière ultra-violette (365 nm), par ordre de migration croissante nous apercevons - Une première bande brune plus ou moins imbriquée avec une bande jaune qui la déborde toutefois. En lumière visible, cet ensemble est jaune et se détache nettement sur le fond du chromatogramme. - Une deuxième bande brune plus ou moins fondue avec une bande bleue. - Une troisième bande brune. - Une tache bleue. Par révélation du chromatogresme par une solution alcaline, la première bande devient orange, et la jaune qui lui est imbriquée devient rouge. Ce test est caractéristique des pigments anthochlores : chalcones et aurones. Par révélation du chromatogramme par une solution de borohydrure de sodium et de chlorure d'aluminium, la deuxième et la troisième bande deviennent violettes après chauffage. Cette coloration est spécifique des flavanones présentant au moins un système o-dihydroxylé libre. L'apparence brune, en lumière ultra-violette, de la deuxième et de la troisieme bande est due, en partie, à l'influ ence de glycosides de flavones. Enfin, la tache bleue observée sous lumière ultra-violette correspond à des phénols non déterminés encore. Les révélations, qu'elles aient lieu en lumière ultraviolette ou en présence de réactif, montrent l'abondance relative des flavanones, de l'aurone et de glycosides de flavone. La proportion de la chalcone n est pas négligeable non plus, mais assez difficile à évaluer vu sa dégradation en aurone par chromatographie sur papier. En conclusion l'extrait breveté ne présente pas de de réaction positive aux réactifs des alcaloides, des lipides, des acides aminés, des triterpènes, des glycosides cardiotoniques, mais réagit aux réactifs des polyphénols et, entre autre, des flavono s. Ces flavonoides présents sous forme de glycosides ont, pour la plupart, un ou deux systèmes o-dihydroxylés dans leurs molécules. Parmi ces flavonoides se trouvent des structures du type flavanone, aurone, chalcone, flavone. Il faut noter l'extrême richesse qualitative et quantitative de cet extrait en composés flavoniques o-dihydroxylés. Cet extrait est stable dans 1-e temps. RESULTATS PHARMACOLOGIQUES Toxicité : Les essais de toxicité aigüe et chronique ont été effectués respectivement chez la souris et le rat. Chez la souris Swiss E.O.P.S., par voie intrapéritonéale, Oll n'a observé aucune mortalité jusqu'à 2 100 mg/kg. Par voie orale, la DL 0 est supérieure à 9 600 mg/kg. Par voie intraveineuse, la DLOest supérieure à 400 mg/kg. L'administration de 200 mg/kg et 500 mg/kg par jour, par voie orale et intrapéritonéale, pendant 6 semaines, à des rats Sprague-Dowley E.O.P.S. n'a conduit à aucune mortalité et symptôme particuliers. L'administration de 20 mg/kg par minute de produit (150 mg de solution aqueuse ramenée à pH = 6 par NaHC03 en 30 mn) en 3 perfusion intraveineuse lente, à des rats n'a déterminé aucune mortalité. L'administration de 40mkg par minute (300 mg en 30 minutes) a déterminé la mort, par arrêt respiratoire, après arrêt de la perfusion. Mesure de la résistance capillaire : On utilise la méthode de CHARLIER (R), HOSSLET (A) et COLOT (M) Arch. Internat. Physia Bioch. 1963, 71, 1-45. Les animaux employés sont des rats Sprague Dowley E.O.P.S. mâles, carencés en facteur C2 par le régime naturel de CHARLIER. Les résultats sont consignés dans un tableau ci-après. Mesure de la perméabilité capillaire : On utilise la méthode de CHARLIER (R), HOSSLET (A), CANIVET (L) chez le rat, parue dans Arch. Internat. Physiol. Bioch. 1963, 71, 51-63 (méthode dérivée de celle d'AMBROSE ET DE EDS). Résultats pharmacologiques RESISTANCE CAPILLAIRE PERMEABILITE CAPILLAIRE DA 50 en mg/kg DA 50 mg/kg voie ip ip po Extrait de Chrysanthellum 7 170 55 procumbens RICH (5 - 8) (120 - 210) RUTINE 210 620 RYDROXYETHYLRUTOSIDE i 0,5 13 200 (H E R ) grâce à ses propriétés pharmacologiques (diminution de la perméabilité capillaire et accroissement de la résistance), le produit peut être utilisé - dans les vasculopathies caractérisées par une fragilisation de la paroi, - dans les affections à hauts risques vasculaires. Soit à titre d'exemples - les varices, - les hémorroides, - les oedèmes, - les purpuras, - l'hypertension artérielle, - les syndromes hémorragiques, - les glomerulo néphrites, - les cardiopathies ischémiques, - l'insuffisance hépatique, - le diabète. Le médicament, associé aux véhicules appropriés aux diverses formes pharmaceutiques, peut-être administré - par voie orale (gélules, comprimés, dragées, gouttes, sirops, ampoules) à des doses de 100 à 600 mg par jour en deux à trois prises quotidiennes. - par voie rectale (suppositoires, capsules rectales) à des doses allant de 200 mg à 7 g par jour en une ou deux prises quotidiennes. - par voie parentérale (injections sous cutanées, intra musculaires, endoveineuses) à des doses allant de 200 à 600 mg per jour, une ou deux injections quotidiennes (ampoules de 2 et 5 ml). - par voie locale : sous forme de pommades, de gels, de crèmes. En traitement d'attaque (une semaine environ), la voie parentérale est préférée. Le relais est pris avec les autres formes, la durée totale de la cure étant de 3 semaines à un mois (à renouveler une à deux fois par an). Le médicament peut être utilisé en association avec d 'autres substances, notamment avec - des vasodilatateurs (acide nicotinique) dans les troubles circulatoires périphériques, - des spasmolytiques (papavérine) dans l'insuffisance circulatoire cérébrale et l'hypertension artérielle, - des dérivés iodés ou de l'acide ascorbique, dans le traitement prophylactique des accidents de l'athérosclérose. L'extrait de Chrysanthellum procumbens RICH testé présente une activité importante sur les capillaires. Cette activité est surtout très prononcée sur la perméabilité capillaire qui est bien supérieure à celle obtenue avec d'autres flavonoîdes et plus particulièrement le tri-hydroxy-éthyl-rutine. R E V E N D I C A T I O N S 1 - Composition flavonoidique nouvelle caractérisée en ce qu'on l'obtient à partir de variétés de Chrysanthellum. 2 - Composition nouvelle selon la revendication 1 caractérisée en ce qu'on l'obtient à partir du Chrysanthellum procumbens RICH, et riche en composés du type flavonone, aurone, chalcone et flavone. 3 - Médicaments obtenus à partir des compositions selon les revendications -1 et 2 et utilisés comme capillaroprotecteurs.