La présente invention est du domaine de la fabrication des couteaux et a pour objet un procédé de fabrication et de montage d'un manche en bois sur une lame à soie apparente, et le couteau obtenu selon le procédé. On sait depuis fort longtemps mancher des couteaux avec des manches en bois, le manche pouvant etre, soit une pièce unique, massive, dans un alésage longitudinal de laquelle a été introduite et scellée une soie étroite d'une lame, soit un couple de pièces, dites cotes ou plaques, rivetées ou collées sur une soie assez large, dite "plate semelle". Souvent, et particulièrement dans le second type de montage, la ou les pièces de bois constituant le manche sont protégées à leur extrémité par des pièces métalliques, appelées mitres ou virolles, contre lesquelles elles sont ajustées. On notera que l'on n'a jamais fait, de façon industrielle pas plus que, à la connaissance du demandeur, de façon artisanale, des manches en bois s'engageant sous la mitre.En effet la côte, à ltétat d'ébauche, est un profilé de section constante obtenu par translation longitudinale devant un outil tournant, et l'on comprend qu'il n'est pas possible, au cours de cette opération, de dégager une section plus étroite permettant son introduction sous la mitre. Aussi préfère-t-on, plutôt que de dégager ultérieurement un évidement réduisant la section, utiliser des mitres, pleines ou creuses, qui ne recouvrent pas les côtes. n s'agit alors d'ajuster la longueur des côtes de façon à ce que chaque côte soit bien ajustée entre deux mitres ou entre une mitre et l'extrémité de la semelle, si le manche ne comporte qu'une seule mitre. De plus le procédé industriel peut comporter une opération de toupillage pour donner au manche une ligne plus ou moins galbée, puis une opération de- finition pour enlever les dernières bavures et parfaire l'ajustement des éléments du manche avec la soie. L'objectif du demandeur a été de trouver un procédé permettant d'obtenir, en un nombre réduit d'opérationS)un manche en.bois, soit monobloc, soit en deux côtes, le dit manche étant ajusté à ses dimensions définitives et comportant, à l'une au moins de ses extrémités de côtes, des évidements pour l'introduction de la dite extrémité de côte sous une mitre. Selon l'invention le procédé dans sa généralité consiste à usiner une pièce de bois longiligne pour lui donner une symétrie de révolution par rapport à son axe longitudinal, puis à refendre, au moins partiellement, la pièce usinée selon un plan de coupe contenant le dit axe. 1l résulte de cette façon d'opérer que l'on peut par exemple obtenir, en deux opérations, une paire de côtes de dimensions très précises, la section de ces côtes pouvant etre quelconque tout au long de l'axe et, notamment, comporter aux extrémités des côtes l'évidement formant assise pour la mitre. Selon une forme plus particulière et préférée de ce procédé, le mode d'usinage de la pièce de bois est le fraisage, dit aussi toupillage, à l'aide d'un outil tournant autour d'un axe parallèle à l'axe de la pièce. L'invention vise aussi un couteau dont le manche en bois est obtenu par le procédé sus décrit et qui est principalement caractérisé par sa symétrie circulaire par rapport à son axe longitudinal, par le prolongement des côtes sous la ou les mitres et, accessoirement, par une section qui peut varier de façon continue sur au moins une partie de la longueur du manche, ces trois caractéristiques pouvant etre combinées pour constituer un manche de couteau d'une très grande robustesse- et d'un aspect esthétique recherché la fabrication d'un tel manche selon le procédé de l'invention permet en outre un coût de fabrication relativement bas. La présente invention sera mieux comprise et des détails supplémentaires relevant aussi de l'invention apparaftront à la description qui va être faite en relation avec les figures de la planche annexée dans laquelle La Fig. 1 est une vue d'un montage permettant l'usinage d'une pièce de bois pour former un manche en bois selon le procédé de l'invention. La Fig. 2 représente la pièce usinée de la Fig. 1 après refendage complet. La Fig. 3 est une coupe longitudinale d'un manche obtenu selon le procédé de l'invention, accompagnée d'une coupe transversale du meme. Sur la Fig. I une pièce de bois 1 ou ébauche, telle que cylindrique par exemple, d'axe longitudinal 2, est présentée en rotation lente autour de son axe à un outil 3 tournant à vitesse élevée autour de son axe 4 parallèle à l'axe longitudinal 2 de l'ébauche ; cet outil, du type "toupie", imprime, par enlèvement de matière, son-propre profil à l'ébauche ; cette opération de toupillage est très rapide et très facilement automatisable le profil de l'outil présente, dans le cas de figure, une saillie 5 à laquelle correspond un évidement annulaire 6 de la pièce toupillée 7 ; on doit comprendre qu'un évidement à l'autre extrémité de la pièce pourrait etre obtenu dans la méme passe de toupillage > de meme que tout autre profil longitudinal de la pièce toupillée imprimé par un profil correspondant de l'outil. Cette passe de toupillàge conduisant à une pièce toupillée de symétrie circulaire constitue la première phase du procédé de l'invention. La seconde phase du- procédé de l'invention consiste dans le refendage de la pièce toupillée suivant son axe longitudinal ; ce refendage peut etre obtenu par sciage en long. Sur la Fig. 2 un couple de- côtes 8 et 9 résultent de cette opération de refendage et d'opérations classiques de perçage de trous tels que 10, 11 et 12 pour la pose de rivets. On notera que les côtes issues directement des opérations précédentes sont ajustées aux dimensions définitives du manche, aux minimes variations près des opérations de finition. On notera aussi que si l'on désire avoir une section finale circulaire du manche du couteau on choisira le chant de la scie égal à l'épaisseur de la semelle de façon à obtenir une épaisseur 13 de matière enlevée égale elle meme à l'épaisseur de la semelle Sur la Fig. 3 un manche de couteau obtenu et monté selon le procédé de l'invention se compose de deux côtes 14 et 15 fixées sur une plate semelle 16, prolongeant une lame 17 ; deux rivets 18 et 19 maintiennent les côtes contre la semelle ; un.rivet 20 maintient une mitre en deux parties 21 et 22 ; cette mitre recouvre les extrémités 23 des côtes en prolongeant de façon continue la surface de ces dernières grace à l'éyidement dont elles. sont pourvues ; le pointillé situé à la partie gauche de la figure indique comment une mitre peut etre montée de manière identique en bout de manche. La coupe 24 faite selon AB de la mamie figure fait apparaître. clairement le profil transversal sensiblement circulaire d'un manche obtenu selon le procédé de l'invention. Ainsi sur la Fig. 3 apparaissent les trois caractéristiques principales du couteau manché selon le procédé de l'invention, à savoir : un profil transversal à segments circulairesde section variable selon sa position sur l'axe longitudinal du manche, un évidement en bout'de côte permettant le logement de la mitre qui peut, dès lors, former avec les côtes une surface continue. On notera que les segments circulaires qui définissent, avec la coupe 16 de la semelle, le profil transversal peuvent etre plus ou moins aplatis selon le chant 13 (Fig. 2) de l'outil de coupe utilisé pour le sciage en long ; ainsi dans le cas de la Fig. 3 ces segments 14 et 15 sont très proches de deux demi-cercles mais ils pourraient être obtenus, selon le procédé de l'invention, avec une forme beaucoup plus plate telle que celle des segments 25 et 26 de la coupe 24. n doit etre compris que l'invention n'est pas limitée à la forme de réalisation d'un manche de couteau tel que représenté sur les figures, mais qu'elle s'étend tout aussi bien à un manche plus massif ou au contraire plus mince, qu'à un manche monobloc dans lequel la semelle, ne s'étend que sur une partie de la longueur ou qu'à des ustensiles aussi divers que cuillers, fourchettes, et d'une façon générale, à tous les ustensiles dont le manchage en plate semelle ou deux mitres est recherché. REVENDICATIONS 1 - Couteau ou autre ustensile à manche de bois, manché selon le mode dit à "plate semelle", caractérisé: en ce que les sections transversales perpendiculaires à l'axe longitudinal du manche sont à segments circulaires, en ce qu'une section suivant l'axe longitudinal présente des évidements à au moins une extrémité du manche, les dits évidements servant au logement d'une mitre. 2 - Couteau ou autre ustensile selon la revendication 1, caractérisé en ce que les dites sections transversales varient de façon continue sur au moins une partie de la longueur du manche. 3 - Couteau ou autre ustensile -selon la revendication 1, caractérisé en ce que le manche comporte deux côtes. 4 - Couteau ou autre ustensile selon la revendication 1, caractérisé en ce que le manche est une pièce de bois monobloc refendue selon son axe longitudinal sur une partie seulement de sa longueur. 5 - Procédé d'obtention d'un manche de couteau conforme à la revendication 1, caractérisé par la succession suivante des opérations Usinage dans une ébauche de bois d'une pièce longitudinale pour lui donner une symétrie de révolution autour de son axe longitudinal, . Rezendage, au moins partiel, de la dite pièce suivant un plan contenant son axe longitudinal. 6 - Procédé selon-la revendication 5, caractérisé en ce que la dite opération d'usinage est une opération de fraisage ou "toupillage" à l'aide d'un outil tournant autour d'un axe parallèle à l'axe longitudinal de la dite pièce. z - Procédé selon la revendication 5 caractérisé en ce que la dite opération d'usinage est une opération de tournage. 8 - Procédé selon la revendication caractérisé en ce que la dite opération de refendage est une opération de sciage en long. 9 - Procédé selon la revendication 1 caractérisé: . en ce qu au cours de l'opération d'usinage on évide l'une au moins des extrémités, le dit évidement pouvant permettre le logement d'une mitre ou "virole".