La présente invention concerne la fabrication de lentilles de contact en un matériau polymère hautement hydrophile a faible module d'élasticité, renforcées par un anneau en un matériau hydrophile à module d'élasticité élevé, cet anneau ayant la forme d' une couronne circulaire. Dans la confection des lentilles de contact, une série de conditions diamétralement opposees doivent être satisfaites en ce qui concerne les propriétés optiques et mécaniques, la stabilité de la position de la lentille sur l'oeil et la tolérance par la cornée Pour satisfaire cette dernière condition, le matériau doit être aussi souple que possible, avec un module d'élasticité très faible et une teneur en eau aussi forte que possible, afin que la surface de la cornée ne soit pas irritée par les bords de la lentille et les irrégularités éventuelles de sa surface interne (c'est- -dire celle qui est en contact avec l'oeil). Si le matériau de la lentille possède un module d'élasticité élevé (cas du polyméthacrylate de méthyle), l'épithélium de la cornée est continuellement irrité, ce qui peut causer de graves maladies de l'oeil.Une teneur élevée en eau est donc désirable, afin que la lentille soit suffisamment perméable à l'eau, à l'oxygène et aux métabolites. La cornée exige pour son alimentation l'absorption d'environ 5 1 d'oxygène atmosphérique par heure. Si la lentille ne peut pas dissoudre l'oxygene, l'absorption d'oxygène par la cornée est diminuée.(Elle ne s'effectue que par échange de la couche de larmes entre la lentille et la cornée; l'intensité de cet échange peut être accrue par des mouvements plus fréquents de la lentille par rapport à la cornée, mais alors l'irritation de l'épithélium cornéen augmente en même temps). Il en résulte une anoxie de la cornée dans laquelle de l'acide lactique s'accumule. La cornée se gonfle et perd sa transparence. Une teneur élevée en eau, et en même temps un faible module d'élasticité sont également nécessaires pour que les indices de réfraction de la lentille et des larmes soient aussi voisins que possible, afin que les déformations de la surface extérieure de la cornée, qui se rencontrent fréquemment, ne déforment pas les images. A tous ces points de vue, le matériau polymère le mieux adapté serait celui qui aurait la teneur en eau la plus élevée possible et le module d'élasticité le plus faible possible. De tels matériaux polymères existent aujourd'hui en grand nombre. Cependant leur utilisation (et la teneur possible en eau) est limitée, dans les conditions actuelles de fabrication des len tilles, par trois raisons essentielles 1) Avec l'augmentation de la teneur en eau la solidité mécanique décroît rapidement, et la lentille tend à se détruire par dé gradation de ses bords 2) Dans le cas d'un matériau à trop faible module l'élasticité, la vergence de la lentille peut être modifiée de maniere in désirable sous la pression des paupières 3) Une lentille en un matériau trop souple est insuffisamment stable sur l'oeil, ce qui constitue la plus importante limita tion à la teneur en eau. Pour que la lentille puisse remplir son rôle, elle doit former avec l'oeil un système optique, au moins anproximativement centré : c'est-à-dire que le centre de courbure de la lentille doit se trouver sur l'axe optique de l'oeil. La lentille doit donc prendre une position suffisamment stable sur la surface de la cornée, comme le montre schématiquement la figure 1, sur laquelle la surface de la cornée, d'un diamètre de 7 à 8 mm est désignée par 1, 2 étant la partie de la sclérotique recouverte par les paupières, et d'un rayon de 11 à 12 mm et 3 la lentille cornéenne de contact. La surface de la cornée a approximativement la forme d'une portion de sphère, d'un diamètre de base de 5 à 6 mm. Si la surface interne de la lentille a sensiblement le même rayon de courbure que la surface de la cornée, soit 7 à 8 mm et une flèche non supérieure à la hauteur de la calotte sphérique formée par la cornée, la lentille prend une position stable à l'intérieur de limites déterminées par l'écart entre son bord et la jonction de la sclérotique avec la cornée. Plus la lentille est souple et flexible, moins la coincidence des formes de la surface interne de la lentille et de la surface externe de la cornée a besoin d'être absolue. Mais, en même temps que le module d'élasticité de la lentille diminue, c' est-à-dire plus la lentille est souple et flexible, la stabilité de sa position sur la cornée diminue.Un déplacement de la lentille hors de sa position centrée provoque principalement un mouvement de la paupière, qu'elle attaque avec une certaine force, d'une part au franchissement du bord de la paupière, et d'autre part au frottement sur sa surface externe. Contre ces forces agissent, d'une part la force de frottement entre la surface interne de la lentille et la cornée,et d'autre part la force résultant de la déformation de la lentille dans son passage de la cornée à rayon de courbure de 7 à 8 mm, à la sclérotique à rayon de courbure de 10 - 12 mm. Ces deux forces, qui maintiennent la lentille dans sa position centrale sont d'autant plus faibles que le module d'élas- ticité de la lentille est plus faible.Comme la force de frottement entre la lentille et la paupière est, en raison du plus rapide séchage des surfaces externes, supérieure à la force de frottement entre la lentille et la cornée, la lentille doit supporter évidemment dans sa position la force nécessaire à sa déformation. Un accroissement du frottement entre la lentille et la cornée ne serait pas avantageuse car la détérioration de l'épithélium en serait augmentée. La force nécessaire à la déformation dépend, d'une part du module d'élasticité du matériau de la lentille,d'autre part de l'épaisseur de celle-ci.Augmenter cette force en augmentant 1' épaisseur serait risqué car, en même temps que la force de déformation, la pression de la paupière au franchissement du bord de la lentille, et la différence entre les frottements sur la paupière et sur la cornée, augmenteraient car avec des lentilles plus épaisses, le séchage des surfaces extérieures est plus prononcé. De plus, en augmentant ltepaisseur, on perd l'un des avantages de 1' augmentation de la teneur en eau, à savoir l'accroissement de la perméabilité à l'oxygène. Enfin la lentille devrait être épaisse même sur ses bords, ce qui est contraire avec les règles de fabrication des lentilles de contact. Une certaine rigidité de la lentille dans son ensemble est nécessaire, non seulement pour sa stabilité sur l'oeil mais aussi pour sa manipulation en particulier pour sa mise en place et son enlèvement. I1 ressort de ce qui précède qu'avec les présents modes de construction des lentilles, les possibilités d'élévation de la teneur en eau et d'abaissement du module d'élasticité sont assez limitées, car on ne peut obtenir la rigidité générale de la lentille que par un module d'élasticité relativement élevé du matériau, ne se déformant donc pas sous la pression de la paupière Dans les lentilles dont le bord s'étend au-delà de la cornée, sur la sclérotique, ces mêmes difficultés subsistent, car la sta bilité de la position de la lentille est obtenue par une rigidité suffisante et la forme de la partie de la lentille se trouvant sur la cornée. Aussi, avec les réalisations actuelles des lentilles, les polymères hydrophiles à réticulation covalente, à teneur en eau supérieure à 55-608 en poids, et les copolymères hydrophiles de l'acrylo nitrile à teneur en eau supérieure à 75-80% ne peuvent pas être utilisés. Ces incompatibilités, qui empêchent d'utiliser les propriétés favorables de matériaux hautement hydrophiles pour la confection des lentilles de contact, sont évitées dans la lentille suivant 1' invention, faite d'un matériau polymère de base contenant en poids de 50 à 98% d'eau, et de faible module d'élasticité, lentille caractérisée en ce qu'elle comporte un anneau circulaire en un matériau ayant un module d'élasticité supérieur à celui du matériau hydrophile de base, cet anneau ne pénétrant pas dans la zone centrale, optiquement active de la lentille, et étant au moins sur 1' une de ses faces, de préférence la face interne, recouvert par le matériau hydrophile de base, et ayant un diamètre maximal de préférence inférieur au diamètre de la lentille, de façon que le bord de la lentille soit formé par le matériau hydrophile de base. Cet anneau accroît la rigidité générale de la lentille sans abaisser en même temps sa perméabilité, ni provoquer la rigidité des portions de la lentille en contact avec les tissus. La stabilité de la position de la lentille sur l'oeil est obtenue du fait que la force nécessaire à une déformation d'une surface à rayon de courbure plus faible à une surface à rayon de courbure plus élevé ne dépend pas des propriétés du polymère hydrophile, comme c'est le cas pour les lentilles de construction actuelle, mais principalement du module d'élasticité du matériau dont est formé 1' anneau. En effet, pour que la lentille se décale de la cornée vers la paupière, il faudrait que la circonférence de l'anneau augmente (ce que sa rigidité empêche) orque la lentille se sépare de la surface de l'oeil, ce qui est empêché par l'adhérence du matériau hydrophile.Comme l'anneau rigide n'entre pas en contact direct avec la surface de l'oeil, son matériau n'a pas besoin de remplir les conditions de compatibilité avec les tissus. L'anneau peut être introduit dans la partie de la lentille en contact avec la cornée ou la paupière, éventuellement en deux morceaux. Sa section peut être quelconque, par exemple circulaire, demi-circulaire, carrée, etc. La section la plus avantageuse est celle en forme de coin ou en goutte d'eau", avec une épaisseur maximale vers la zone optique de la lentille et une courbure de la surface intérieur voisine de celle de la cornée. L'anneau peut être plein, ou être allégé par des trous qui augmentent la perméabilité de la lentille. Le matériau peut être perforé de façon que les trous restent ouverts sur le bord externe ou interne. L'anneau peut avoir diverses largeurs, allant environ de 0,2 à 4 mm. Plus cette largeur est forte, plus la surface interne doit être exactement conformée à celle de la cornée. Pour de faibles largeurs ne dépassant pas l'épaisseur de la lentille, l'anneau n'a pas besoin d'être spécialement profilé. L'anneau n' est pas nécessairement massif, mais peut par exemple être formé d'un ensemble d'anneaux filiformes, réunis entre eux par des jonctions radiales.Cette solution a pour avantage d'apporter à la lentille une rigidité suffisante, tout en conservant la possibilité d'adapter la forme de la lentille à la forme particulière et au volume de l'oeil, sans réduire notablement la surface de lentille perméable aux gaz. On trouvera dans les exemples diverses formes et profils d'anneaux. L'anneau peut, dans la partie recouvrant l'iris, être coloré par des colorants ou pigments insolubles. Ceci permet de modifier la couleur de l'oeil, de dissimuler des défauts inesthétiques, etc. Un avantage notable est que les colorants ou pigments ne peuvent entrer en contact avec l'oeil, et que si la surface externe colorée est recouverte par un hydrogel transparent, il est possible, par un dessin approprié de donner à la surface colorée l' aspect naturel de l'iris. De nombreux matériaux peuvent être employés pour la confection de l'anneau. On peut employer un métal non corrodable par le liquide lacrymal, des polymères hydrophiles ou hydrophobes à modules d' élasticité divers. Plus ce module est élevé, plus la largeur et 1' épaisseur de l'anneau peuvent être faible, et plus l'on peut employer des matériaux souples et spécialement hydrophiles, s'adaptant mieux à la forme de l'oeil et de meilleure perméabilité à l'oxygène. On citera comme exemples de tels matériaux : des alliages inoxydables, l'argent, l'or, le platine, des polyacrylates et poly -méthacrylates d'alkyles, dans lesquels l'alkyle contient de 1 à 12 atomes de carbone, des polyoléfines comme le polyéthylène, le poly -propylène, le poly-isobutylène, le polybutadiène, le polychloroprène, le poly-isoprène, etc. des polyoléfines halogénées comme le chlorure de polyvinyle, le chlorure de polyvinylidène, le poly -tétrafluoréthylène, le poly-chloro-trifluoréthylène et autres, le polystyrène, le poly-acrylonitrile des cppolymères du styrène et/ou de l'acrylonitrile, des polyamides, des polyesters, des poly -uréthannes ; des polysiloxannes et autres polymères organo-siliciques ; des acétates ou autres dérivés de la cellulose ; divers polymères hydrophiles réticulés, tels que des polymères et co-ol- mères de l'acrylamide, de la méthacrylamide et de leurs cérivés N-substitués, des polyacrylates et polyméthacrylates de corposés di-hydroxylés, en particulier de glycols et d'amino-alcools, réticulés par des diacrylates ou di-méthacrylates,etc. Conviennent en particulier des copolymères de monomères hydrophiles et h\;drophobes, dont on peut modifier dans de larges limites les propriétés mecaniques et de perméabilité, et permettant éventuellement une llaison solide avec le polymère de base fortement hydrophile, plus si.ple- ment qu'avec les polymères hydrophobes ou les métaux mentionnes. Le choix des matériaux pour la confection de l'anneau est extrêmement large, car il dépend principalement de leurs proprié- tés optiques et de perméabilité, aussi bien que de la tolérance des tissus vis-à-vis de ces matériaux, mais aussi de leurs propriétés mécaniques. Celles-ci peuvent également être très variables,leur influence pouvant être compensée dans une large mesure par la forme et le réglage de l'anneau. Cependant, des conditions essentielles sont que le matériau doit être insoluble dans l'eau et dans le liquide lacrymal, ne doit pas libérer de substances toxiques ou irritantes, et que son module d'élasticité doit être supérieur à celui du polymère hydrophile de base pour la lentille. On pourrait même éventuellement avoir un anneau en bois, en verre, en céramique, etc. Le matériau polymère de base hautement hydrophile forme la partie optique centrale de la lentille sur un diamètre de 3,5 à 6 mm, et sur toutes les parties de la lentille entrant en contact avec l'oeil, essentiellement sur les bords. Ce matériau contient à l'état gonflé, de 50 à 98% d'eau ou de liquide lacrymal, ce qui permet son contact sans danger avec l'épithélium de la cornée, la conjonctive et les paupières, et assure une perméabilité élevée pour l'oxygène, l'eau et les métabolites, le matériau doit être optiquement transparent et homogène, avec une solidité mécanique suffisante. Comme la rigidité nécessaire aussi bien à la stabilité sur l'oeil qu'aux manipulations est assurée par l'anneau, les conditions de résistance mécanique du matériau de base sont moins importantes, et il est possible d'utiliser des matériaux qui seraient inemployables dans les lentilles de construction classique. La rigidité de l'anneau protège le matériau de base de la lentille contre tout dommage mécanique et contre une déformation de la zone optique sous la pression des paupières. Pour la même raison, la lentille peut être très mince, en particulier dans la zone optique et dans les régions orne se trouvé pas l'anneau rigide. Ceci peut compenser dans une large mesure la réduction de la surface sur laquelle la cornée est alimentée par l'oxygène environnant. La cornée peut, de façon apparemment paradoxale, être mieux alimentée sous la lentille suivant l'invention que sous les lentilles de construction classiques, dans lesquelles toute la portion recouvrant la cornée reste perméable à l'oxygène. On citera comme exemples de matériaux de base appropriés pour les lentilles suivant l'invention des polymères et copolymères faiblement réticulés de l'acrylamide, de la méthacrylamide et de leurs dérivés N-substitués, des acrylates et méthacrylates des diols et polyols tels queues glycols, les éther-glycols, les saccharides , le glycérol etc ; des acrylates et méthacrylates des amino-alcools comme les N-alkyl- et N-dialkylamino-alcools, de l'alcool vinylique de la vinyl-pyrrolidone, etc.On citera comme convenant particu lièrement des copolymères séquencés de l'acrylonitrile et de 1' acrylamide obtenu par une hydrolyse acide homogène des polymères de l'acrylonitrile, pouvant avoir subi une réticulation non covalente et contenir à l'étant gonflé de 60 à 98% et de préférence de 80 à 95% d'eau. Même avec cette teneur en eau et leur faible module d'élasticité, ces copolymères ont une résistance à la traction relativement élevée, une solidité structurelle, une stabilité de forme et une transparence optique satisfaisantes. Les exemples qui suivent décrivent quelques constructions typiques de lentilles à anneaux, en matériaux de diverse nature. EXEMPLE 1 Un poly-acrylonitrile d'un poids moléculaire de 550 000 est dissous à -250C dans l'acide nitrique à 65 %, en formant une solution contenant 7% de produit solide. La température est élevée en 12 minutes jusqu'à 350C, puis abaissée à 40C. La solution est maintenue à cette température jusqu'à conversion de 65% des molécules d'acrylonitrile en acrylamide, le copolymère résultant est coagulé dans un excès d'eau et lavé à fond. A l'état gonflé par l'eau, il est élastique, très résistant et contient 69% d'eau. En diffraction de rayons X, il présente une réponse typique de l'acrylonitri- le avec une périodicité interplanaire de 5,1 A, et se décalant en position équatoriale par orientation de l'échantillon. Le copolymère gonflé est dissous dans le diméthylsulfoxyde, sous forme d'une solution à 8%. Dans un moule de verre, habituellement utilisé pour le procédé de coulée par rotation de lentilles en poly-méthacrylate d' hydroxy-2 éthyle, ayant un diamètre de 11,5 mm et une courbure centrale de 8,5 mm, on introduit suivant l'axe un mandrin en polytétrafluoréthylène de 6 mm de diamètre et on le fixe dans cette position. On chauffe à 1050C le moule portant le mandrin, et on le fait tourner avec une vitesse de rotation de 360 tours/minute. Pendant la rotation, on introduit entre le mandrin et la paroi du moule une quantité de solution de copolymère dans le diméthyl -sulfoxyde suffisante pour arriver à 1 mm du bord du moule. Comme le montre schématiquement la figure 2, dans laquelle 1 est le moule de verre, 2 le mandrin cylindrique et 3 la solution de copolymère. On fait tourner l'ensemble à la température indiquée jusqu'à évaporation totale du solvant. I1 reste dans le moule le polymère sous forme annulaire. On retire le mandrin. On élève la vitesse de rotation à 390 tours/minute et on abaisse la température à 700C. A cette température, on introduit dans le moule une solution de copolymère dans le diméthylsulfoxyde, à laquelle on a ajouté 3 g de glycérol pour 10 g de solution. Le moule est refroidi. La solution se gélifie vers la température de 450C. A 200, on arrête la rotation et on lave le moule à l'eau froide. Après le lavage on peut retirer du moule la lentille, qui présente une forme suivant la figure 3 sur laquelle 1 désigne la portion formant l'anneau et 2 le matériau de base. Le polymère de la portion formant 1' anneau, qui a subi une évaporation à sec, puis gonflé à nouveau par l'eau, contient 50,6% d'eau, et est très rigide. Sa consistance est sensiblement celle d'une polyamide. Le polymère de base qui a été débarassé par lavage du gel polymère thermo-réversible de même composition chimique, est très mou et élastique, et contient à l'équilibre 91% d'eau. EXEMPLE 2 On forme par moulage à partir d'un caoutchouc de silicone (Silicone Rhodosil C.A.F.3 de la Société des Usines Chimiques Rhône Poulenc, Paris) un anneau à section triangulaire ayant un diamètre intérieur de 5 mm, un diamètre extérieur de 10,2 mm, une épaisseur maximale de 0,4 mm, et un rayon de courbure de la surface interne de 7,5 mm. La surface externe est recouverte par pigments insolubles, dispersés dans une solution, à 5% dans l'éthanol de polyméthacrylate d'hydroxy-2 éthyle, ces pigments étant choisis de fa çon à rappeler la coloration de l'iris de l'oeil. Dans le moule de verre de l'exemple I, on forme une lentille très mince, d'une épaisseur d'environ 0,1 mm, par le procédé de polymérisation par coulée, à partir d'un mélange monomère formé en poids de 10% de vinylpyrrolidone et de 90% de méthacrylate d' hydroxy-2 éthyle, contenant 0,1% en poids de diméthacrylate-1,2 d éthylène. Sur cette lentille non gonflée et encore dans le moule on colle l'anneau de silicone précité en forme de couronne avec un motif formé par la solution de dispersion des pigments. On introduit ensuite dans le moule en rotation le mélange de monomères en quantité suffisante pour recouvrir complètement l'anneau. Lorsque la polymérisation est terminée, la lentille est gonflée par l'eau et retirée du moule.Elle présente en section la forme schématiquement représentée par la figure 4, sur laquelle 1 est le copolymère de base, contenant à l'état gonflé 58% d'eau en poids, 2 l'anneau de caoutchouc de silicone, et 3 la couche des pigments caractéristiques. L'avantage du caoutchouc de silicone réside dans sa perméabilité élevée à l'oxygène, de sorte que l'anneau qu'il forme n' abaisse pratiquement pas la surface effectivement perméable. EXEMPLE 3 On roule suivant un diamètre de 6,3 mm un fil monobrin orienté de polyester de 0,4 mm de diamètre et on le place dans un moule en poly-tétrafluoréthylène, où l'on polymérise un mélange de monomères contenant 84% de méthacrylate d'hydroxy-2 éthyle et 16% de mono-éthoxy-méthacrylate d'hydroxy-2 éthyle, contenant 0,6% en poids de bis-méthacrylates par rapport au total des deux mono méthacrylatesw A partir du petit bloc ainsi obtenu, on obtient par tournage sur une machine classique la lentille dont la figure 5 représente le profil schématique, 1 désignant l'anneau de polyester et 2 le copolymère de base contenant 54% en poids d'eau. On tourne le polymère à l'état sec, et les rayons de courbure interne et externe sont réalisés trops grands d'une quantité déterminée, et après le gonflement se réduisent, par suite du raidissement définitif qui se situe dans la zone de la sclérotique immédiatement autour de la cornée. EXEMPLE 4 A partir d'un copolymère sec, contenant 70% de méthacrylate dt hydroxy-2 éthyle et le reste en acrylate de n-butyle, et réticulé par 0,68 en poids de diméthacrylate d'éthylène, on tourne un anneau, qui est ensuite percé de trous comme le montre la figure 6. On place ensuite dans le moule la feuille, gonflée à l'eau de 0,3 mm de largeur du copolymère séquencé de l'acrylonitrile suivant l'exemple 1. Cette feuille a été préalablement profilée à chaud de façon à s'adapter à la -forme du moule et pressée sous forme d'anneau évidé. On coule ensuite dans le même moule le copolymère de 1' exemple 1, contenant 16 moles % de nitrile, et 87% en poids d'eau à l'état gonflé.La figure 7 montre en section la lentille ainsi obtenue. 1 est la partie annulaire allégée en copolymère de méthacrylate de n-butyle et de méthacrylate-d'hydroxy-2 éthyle. 2 est une couche de copolymère d'acrylonitrile, 3 est une couche d'un copolymère analogue, contenant 16 moles % d'acrylonitrile, 4 est une portion courbe surélevée dans laquelle la lentille ne touche pas la surface de la cornée, 5 est un renfort annulaire dans la région où la cornée se change en sclérotique. Une lentille ainsi formée présente une stabilité remarquable sur l'oeil, une faible irritation de la cornée, et permet une bonne alimentation en oxygène. EXEMPLE 5 On confectionne avec un fil d'argent de 0,4 mm de diamètre trois anneaux, respectivement de diamètre 6,9 et 12 nain, qui sont tressés avec des fils d'argent de 0,15 mm de diamètre pour former une sorte de corbeille sans fond. Celle-ci est profilée suivant la forme convenant à l'oeil, et noyée dans un copolymère gonflé à 1' eau d'acrylonitrile suivant l'exemple 4, contenant 16 moles % d' acrylonitrile. La lentille ainsi obtenue est représentée par la figure 8. 1 est le polymère hydrophile de base, 2 l'anneau de fil métallique autour de la zone optique, 3 le même anneau dans la région de la cornée près de son bord externe, 4 le même anneau dans la région de la sclérotique en contact avec la cornée, 5 les liaisons radiales en fils plus minces. La partie métallique est noyée dans le polymère de base et n'entre donc pas en contact direct avec l'oeil. Un avantage de cette construction est d'assurer une remarquable stabilité sur l'oeil, une adaptation facile aux formes individuelles de l'oeil, particulièrement importante dans le cas de déformations de la surface de la cornée et le maintien de l'ali- mentation de la cornée en oxygène. REVENDICATIONS 1. Lentille de contact en un polymère hydrophile contenant à l'état gonflé de 50 à 98% en poids d'eau, caractérisée en ce qu'elle comporte un anneau ayant la forme d'une couronne circulaire en un matériau dont le module d'élasticité est plus élevé que celui dudit matériau hydrophile, cet anneau étant recouvert, au moins sur l'une de ses faces, de préférence celle en contact avec la cornée, par ledit matériau hydrophile, cet anneau ne pénétrant pas dans la zone optiquement utile de la lentille et ayant de préféren- ce un diamètre.plus faible que celui de la lentille 2. Lentille de contact suivant la revendication 1, caractérisée en ce que le polymère hydrophile est un copolymère d'acrylonitrile. 3. Lentille de contact suivant la revendication 1, caractérisée en ce qu'on forme sur l'anneau ou par dessus l'anneau, un élément imitant la forme et la couleur de l'oeil. 4. Lentille de contact suivant la revendication 1, caractérisée en ce que l'anneau est en un matériau polymère dont la ca pacité de gonflement par l'eau est plus faible que celle dudit polymère hydrophile. 5. Lentille de contact suivant revendication 1, caractérisée en ce que l'anneau est allégé par des trous et des évidements. 6. Lentille de contact suivant la revendication I, caractérisée en ce que l'anneau est formé de plusieurs anneaux étroits concentriqués, réunis de préférence entre eux par des rayons radiaux. 7. Lentille de contact suivant les revendicationsl et 6, caractérisée en ce que l'anneau, et éventuellement les rayons radiaux sont formés de polymères en fils nomobrins ou boyaux. 8. Lentille de contact suivant les revendications 1 et 6, caractérisée en ce que l'anneau et éventuellement les rayons radiaux sont en un matériau métallique inoxydable.