La présente invention concerne des solutions de préparation des zones hydrophiles et encrophiles d'une plaque lithographique polymétallique et leur procédé de mise en oeuvre pour la préparation des dites plaques. Les plaques lithographiques polymétalliques sont actuellement les plus utilisées lorsqu'on veut réaliser un très grand nombre de tirages à partir de la même plaque. Ces plaques sont généralement constituées d'un support métallique tel que l'acier recouvert d'une couche de cuivre puis de chrome, sensibilisée avec une couche photosensible. Cette couche photosensible est généralement constituée d'une couche d'alcool polyvinylique sensibilisé avec un sel de chrome ou un sel de diazonium. Cette couche peut également être constituée d'un diazo-résine, photopolymère, etc Dans de telles plaques polymétalliques, la couche photosensible est utilisée comme couche réserve, ctest-à-dire qu'elle protège le métal sous-jacent de l'action de la solution de gravure qui agit là où ladite couche photosensible a été enlevée après insolation aux rayons ultra-violets. Cette couche photosensible, éventuellement traitée, présente une grande résistance vis-à-vis des solutions de gravure et son élimination en est d'autant plus longue et difficile. Généralement, cette élimination, encore appelée "inversion", se fait de la fa çon suivante a - Oxydation avec une solution de permanganate de potassium proche de la sa turation, ladite solution contenant éventuellement un acide, b - Réduction avec une solution à base d'eau oxygénée, thiourée ou métabi sulfite de sodium, contenant éventuellement un acide tel que l'acide phosphorique ou l'acide sulfurique. Ces deux opérations successives doivent être généralement renouvelées au moins une fois pour obtenir un métal sous-jacent bien propre. L'inconvénient d'un tel procédé est d'être long à mettre en oeuvre. L'addition d'acide, dans la solution de permanganate, permet d'accélérer l'élimination des couches fixées. Cependant, cette addition présente un gros inconvénient lors de la gravure du chrome, laissant apparaitre le cuivre La solution aqueuse de permanganate de potassium seul attaque très lentement le cuivre, tandis que l'addition d'acide (phosphorique ou sulfurique) accélère fortement le processus de dissolution du cuivre, au point de rendre la plaque inutilisable si la solution est laissée trop longtemps. Il est connu, pour résoudre le problème de rapidité d'élimination des couches fixées, d'utiliser du périodate ou du parapériodate de sodium en solution aqueuse acidifiée. On constate toutefois que l'utilisation de cette solution n'est pas suffisante pour nettoyer totalement la surface hydrophile de la plaque : le chrome a tendance à prendre l'encre, en particulier après avoir été séché. Le problème de la préparation rapide des surfaces hydrophiles et encrophiles des plaques polymétalliques n'a, pour l'instant, pas été résolu. La solution de préparation, selon l'invention, permet d'éviter ces inconvénients. A cet effet, elle est caractérisée en ce qu'elle est constituée d'une solution aqueuse, comportant 0,5 g/l à 10 g/l de permanganate de potassium, de 5 g/l à 100 g/l d'acide phosphorique et/ou sulfurique et de 1 g/l à 20 g/l d'acide nitrique. On a en effet constaté, que d'une manière surprenante, une telle solution n' attaquait pas le cuivre tout en réalisant un nettoyage rapide de la surface hydrophile. On constate au contraire qu'une telle solution permet d'obtenir un chrome bien hydrophile et un cuivre bien encrophile. D'une façon générale, on obtient les meilleurs résultats lorsque ladite solution comporte de 0,5 g/l à 3 g/l de permanganate de potassium, de 10 g/l à 30 g/l d'acide phosphorique et/ou sulfurique et de 2 g/l à 5 g/l d'acide nitrique. Selon un mode préférentiel de réalisation, la solution selon l'invention, pour la préparation d'une plaque lithographique polymétallique préalablement sensibilisée avec une couche photosensible à base d'alcool polyvinylique est caractérisée en ce qu'elle comporte également de 5 g/l à 100 g/l de périodate et/ou de parapériodate de sodium, et de préférence de 10 g/l à 50 g/l. Une telle solution présente en effet de nombreux avantages Elle réalise non seulement la préparation du chrome et du cuivre comme indiqué ci-dessus, mais permet également d'éliminer la couche réserve d'alcool polyvinylique sensibilisé. Cette solution est donc, à la fois, un éliminateur de couche réserve à base d'alcool polyvinylique et un préparateur du chrome hydrophile et du cuivre encrophile. L'invention concerne également un procédé de réalisation d'une plaque lithographique polymétallique, comportant au moins une couche d'un métal hydrophile et une couche d'un métal encrophile ou vice-versa, revêtue d'une couche photosensible, dans lequel ladite plaque est isolée à travers un original semitransparent, puis développée afin de mettre partiellement à nu le métal hydrophile (ou encrophile), ladite plaque étant ensuite gravée de façon à mettre partiellement à nu le métal encrophile (ou hydrophile) sous-jacent, ledit procédé étant caractérisé en ce que la plaque est préparée à l'aide d'une des solutions de préparation définies plus haut.Lorsque la couche photosensible est à base d'alcool polyvinylique, l'utilisation de périodate et/ou de parapériodate de sodium permet à la fois l'élimination de la couche d'alcool polyvinylique (ttinversion") et la préparation des métaux de la plaque. Toutefois, on constate qu'avec une telle solution, les métaux, s'ils sont respectivement parfaitement hydrophiles et encrophiles, sont légèrement tachés par la précipitation du bioxyde de manganèse. Afin d'éliminer les dites taches, le procédé selon l'invention est remarquable en ce que la plaque, après préparation, est gommée à l'aide d'une solution aqueuse de gomme arabique contenant un agent réducteur du bioxyde manganèse. De préférence, on utilisera comme agent réducteur la thiourée et/ou le chlorhydrate d'hydroxylamine dans des concentrations supérieures à 5 g/l et préférentiellement dans des concentrations comprises entre 10 g/l et 30 g/l. L'invention sera mieux comprise à l'aide des exemples de réalisations suivants, donnés à titre non limitatifs EXEMPLE 1 Une plaque polymétallique de la Société RHONE-POULENC GRAPHIC, enduite d'alcool polyvinylique sensibilisé avec un sel de diazonium est insolée, développée, fixée, puis gravée avec les produits de copie bien connus de l'homme de l'art et commercialisés par ladite Société. On réalise ensuite l'inversion (élimination de l'alcool polyvinylique) avec la solution suivante parapériodate de sodium 20 g. acide phosphorique à 75% 10 g. eau déminéralisée q.s.p. 1.000 g. La couche est éliminée très rapidement. On effectue l'application deux fois par mesure de sécurité. On applique ensuite la solution de préparation suivante, pendant une minute permanganate de potassium 2 g. acide phosphorique à 75% 10 g. acide nitrique à 65% 3 g. eau déminéralisée q.s.p. 1.000 g. On réalise ensuite les tests de "graissage", bien connus de l'homme de l'art, qui consistent à appliquer une encre grasse sur plaque humide (1er. test), et sur plaque sèche (2éme. test). Dans le cas présent, les deux tests montrent une très bonne hydrophilie du chrome, sans apparition de phénomène de graissage dans les zones hydrophiles. On constate également que l'encre "monte" rapidement et régulièrement sur le cuivre, c'est-à-dire que l'encre se répartit vite et de façon régulière, dès son application, dans les zones encrophiles. L'application d'une solution de préparation ne contenant pas d'acide nitrique donne une plaque sur laquelle les zones encrophiles sont de qualité médiocre, c'est-à-dire que l'encre ne monte ni rapidement ni régulièrement. EXEMPLE 2 Sur une plaque gravée comme dans l'exemple 1, on réalise les opérations d'inversion et de préparation des métaux à l'aide de la solution suivante parapériodate de sodium 20 g. acide phosphorique à 75% 25 g. permanganate de potassium 2 g. acide nitrique à 65% 3 g. eau déminéralisée q.s.p. 1.000 g. Après une double application de cette solution sur la plaque, on constate une excellente hydrophilie du chrome après les deux tests de graissage et une excellente encrophilie du cuivre. Afin de faire disparaitre les taches de bioxyde de manganèse, on applique la solution de gommage suivante gomme arabique 220 g. antiseptique 2 g. chlorhydrate d'hydroxylamine 20 g. eau déminéralisée q.s.p. 1.000 g. La plaque retrouve un aspect satisfaisant tout en conservant ses propriétés d'encrophilie et d'hydrophilie respectives. D'une façon générale, on a constaté que le traitement de toutes les plaques Apolymétalliques (quelque soit la couche photosensible utilisée) avec les solutions de l'invention, améliorait les propriétés dlencrophilie et d'hydrophilie desdites plaques. EXEMPLE 3 Sur une plaque en acier chromé recouverte d'une couche d'alcool polyvinyque sensibilisé, on applique après insolation, développement et laquage de la plaque (avec une laque encrophile), la solution d'inversion et de préparation définie à l'exemple 2. On obtient une plaque ayant de bonnes propriétés d'hydrophilie et d'encrophilie dans les zones correspondantes. On applique ensuite la solution aqueuse de gomme réductrice définie à l'exemple précédent pour redonner un bel aspect au métal. Il peut arriver que lton constate la présence de laque encrophile dans les zones hydrophiles. Habituellement, il est très difficile d'enlever cette laque sans donner au métal hydrophile des propriétés encrophiles. On élimine cette laque avec un correcteur tel que le correcteur RCP blanc, commercialisé par la Demanderesse, puis on rince à l'eau-. On applique ensuite la solution d'inversion sur le métal hydrophile et l'on constate que le métal hydrophile ne graisse pas au cours des deux tests de graissage humide et sec. REVENDICATIONS 1 - Solution de préparation des zones hydrophiles et encrophiles d'une plaque lithographique polymétallique, caractérisée en ce qu'elle est constituée d'une solution aqueuse comportant de 0,5 g/l à 100 g/l de permanganate de potassium, de 5 g/l à 100 g/l d'acide phosphorique et/ou sulfurique et de 1 à 20 g/l d'acide nitrique. 2 - Solution de préparation selon là revendication 1, caractérisée en ce qu'elle comporte 0,5 g/l à 3 g/l de permanganate de potassium. 3 - Solution de préparation selon l'une des revendications 1 ou 2, caractérisée en ce qu'elle comporte de 10 gil à 30 gSl d'acide phosphorique et/ou sulfurique. 4 - Solution de préparation selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisée en ce qu'elle comporte de 2 g/l à 5 g/l d'acide nitrique. 5 - Solution de préparation selon l'une des revendications 1 à 4, d'une plaque lithographique polymétallique, préalablement sensibilisée avec une couche photosensible à base d'alcool polyvinylique, caractérisée en ce qu'elle comporte également de 5 g/l à 100 g/l de périodate et/ou de parapériodate de sodium. 6 - Solution de préparation selon la revendication 5, caractérisée en ce qu'elle comporte de 10 g/l à 50 g/l de périodate et/ou de parapériodate de sodium. 7 - Procédé pour la réalisation d'une plaque lithographique polymétallique comportant au moins une couche d'un métal hydrophile et une couche d'un métal encrophile ou vice-versa, revêtue d'une couche photosensible, dans lequel la dite plaque est insolée à travers un original semi-transparent, puis développée afin de mettre partiellement à nu le métal encrophile (ou hydrophile), a dite plaque étant ensuite gravée. de façon à mettre partiellement, à nu le métal hydrophile (ou encrophile), caractérisé en ce que la plaque est préparée à l'aide d'une solution de préparation conforme à l'une des revendications 1 à 6. 8 - Procédé pour la réalisation d'une plaque lithographique selon la revendication 7, dans laquelle la couche photosensible est à base d'alcool polyvinylique, caractérisé en ce que l'inversion de la plaque et la préparation des métaux est réalisée à l'aide d'une solution conforme à l'une des revendications 5 ou 6. 9 - Procédé selon la revendication 7 ou 8, caractérisé en ce que la plaque est ensuite enduite d'une solution aqueuse de gomme arabique contenant un agent réducteur du bioxyde de manganèse. 10 - Procédé selon la revendication 9, caractérisé en ce que l'agent réducteur est présent dans une concentration supérieure à 5 g/l. 11 - Procédé selon la revendication 9, caractérisé en ce que l'agent réduc teur est présent dans une concentration variant de 10 g/l à 30 g/l. 12 - Procédé selon l'une des revendications 9 à 11, caractérisé en ce que l'agent réducteur est choisi parmi la thiourée et le chlorhydrate d'hydroxylamine.