La présente invention est relative aux procédés et dispositifs de protection des réseaux haute tension, et en particulier des réseaux à très haute tension (220 kV et 400 kV notamment). On connait déjà des dispositifs de détection et de localisation des défauts dans un réseau à haute tension, permettant de localiser l'emplacement de tels défauts à distance, meme importante, du dispositif, et d'isoler les lignes défectueuses. Aucun des procédés de détection actuels n'utilisant que des grandeurs prélevées localement (c'est-à-dire n'exigeant pas un échange d'informations entre les extrémités de aligne protégée) ne fait fonctionner la protection en quelques millisecondes pour tout défaut en ligne. -Or, il est nécessaire que la protection des lignes de réseau à très haute tension donne au disjoncteur un ordre d'ouverture dans les quelques millisecondes qui suivent l'apparition de certains défauts donnant naissance à un courant de court-circuit intense. Pour atteindre ce résultat, il est proposé de réaliser une protection ayant deux vitesses de fonctionnement, le temps écoulé entre l'apparition-du court-circuit et son élimination étant fonction de l'importance du défaut. Dans ce but, l'invention propose notamment un procédé de protection de ligne de réseau haute tension, caractérisé en ce qu'on calcule, à des instants successifs tn, une valeur estimée de la tension de ligne à partir des valeurs du courant de ligne à l'instant t n et à un instant antérieur t 1, on fait la différence entre la tension estimée et la tension mesurée à l'instant tn, et, lorsqu'elle dépasse un seuil déterminé et révèle un changement d'état du réseau, on recherche la présence d'un défaut proche et on provoque le déclenchement de la phase en défaut en un temps très inférieur à la période. Le procédé ci-dessus défini permet d'émettre un ordre de déclenchement en quelques millisecondes lorsque se produit un défaut à proximité-du point de mesure des paramètres de ligne, en retardant au contraire ordre de déclenchement d'un délai qui peut etre de l'ordre de la période, soit 20 ms en cas de courant à 50 Hz-, en présence de tout autre défaut. Le calcul de la tension estimée impliquera tout d'abord celui de l'impédance apparente du réseau à l'aide d'un algorithme de protection de distance. Dans le cas d'un réseau triphasé, le calcul devra etre effectué pour les six "boucles" de mesure de tension et de courant (trois boucles phase-terre et trois boucles entre phases). Le calcul d'impédance peut s'effectuer à partir d'un des nombreux algorithmes connus, mettant en oeuvre par exemple le calcul des coefficients de Fourier, l'utilisation des fonctions de Walsh ou le filtrace par Intégration sur différents segments. L'identification d'un défaut proche pourra se faire par constatation de l'existance : - soit d'une valeur instantanée du courant supérieure à un premier seuil (par exemple 10 k dans le cas d'une ligne à 400 kV), - soit d'une valeur instantanée supérieure à un second seuil, inférieur au premier, par exemple 3,5 kA, et simultanément d'une dérivée du courant supérieure à un seuil, par exemple 1600 A/ms, soit encore d'une valeur instantanée de la tension inférieure à un seuil (par exemple 40 kV dans le cas précédent) pendant un intervalle de temps déterminé. Le procédé ci-dessus défini s'intègre parfaitement à un dispositif de protection de distance utilisant des techniques de calcul numérique et un échantillonnage des caractéristiques électriques de la ligne. L'intervalle d'échantillonnage At sera nar exemple égal à T/25 (T étant la période), ce qui correspond, dans le cas du réseau européen à 50 Hz, à un intervalle de At =0,8 ms. Dans le cas d'utilisation de techniques numériques, l'impédance apparente du réseau sera avantageusement calculée par une estimation basée sur la méthode des moindres carrés, mise aisément en oeuvre sur micro-calculateur et permettant de réduire l'erreur due à la présence d'harmoniques à un niveau tolérable. Le procédé de protection suivant l'invention peut, dans le cas de mise en oeuvre de techniques à échantillonnage, etre défini davantage de la façon suivante, en utilisant les notations ci-après v (t) : tension estimée à l'instant t, v (t) : tension échantillonnée à l'instant t, i (t) : intensité à l'instant t, aO, al et a : coefficients de l'équation liant les grandeurs mesurées v(t) + (t) = aO + a1 i(t) + a2 i(t-At), C représentant les harmoniques et les bruits, R et L : résistance et impédance apparente de la ligne. tn : chacun des instants successifs auxquels est effectuée la détermination, tn-1, ... tn-m : instants précédant l'instant tn de #t,..., m#t. Comme indiqué plus haut, la premiere étape de mise en oeuvre du procédé consiste à déterminer s'il y a eu ou non changement de l'état du réseau. Ce changement d'état, qui peut être dû soit à un défaut, soit à une manoeuvre volontaire, est détecté par comparaison de l'écart entre la tension estimée et la tension effectivement mesurée à tn avec un seuil. Les seuils étant choisis de façon à éviter des alarmes intempestives, on peut déterminer, avec une erreur maximum At sur l'instant d'apparition, qu'un évènement provoquant un changement d'état du réseau s'est produit. La détermination de l'écart entre tensions estimée et mesurée est effectuée sur chacune des boucles de protection. Il suffit évidemment de décrire le fonctionnement d'une de ces boucles. A chaque instant d'échantillonnage tn' la tension v(tn) est estimée par la formule qui peut s 1.écrire, avec une autre notation v(tn) = a1 i(tn) + a2i(tn-1) (2) En effet, en régime permanent avant défaut, la composante continue a0 est nulle. Pour déterminer la valeur de seuil, il faut évaluer l'écart maximum v(tn) - v(tn) en régime permanent, avant apparition d'un défaut. Dans ces conditions, la tension et le courant sont sinusoïdaux : i(t) = Im sinwt v(t) = Vm sin(wt + #) (3) On a alors Si les valeurs de tension et de courant utilisées dans le calcul étaient rigoureusement exactes, on pourait calculer exactement v (ton) Mais les erreurs de mesure et la quantification des grandeurs mesurées lors de la conversion analogique/ numérique provoquent un écart entre tension estimée et tension échantillonnée.Si on désigne par AV et AI les valeurs de tension et de courant correspondant à un bit du convertisseur analogique/numérique, eV et eI les erreurs absolues maxima commises lors de la mesure de v et i respectivement, la limite supérieure em (t) de l'écart e(t) = v(t) - v(t), est (5) em(t) ( la1 + la2 a2| ) (Ei + dI) + (#v + #V) Or La formule(6)montre que la limite supérieure de l'écart em (t) à régime permanent est d'autant plus grande que - l'amplitude du courant est faible, - l'intervalle d'échantillonnage At est faible En conséquence, le choix de At sera le résultat d'un compromis entre une valeur très faible, qui augmente la limite supérieure de l'erreur (la variation de courant pendant l'intervalle d'échantillonnage n'étant pas suffisante pour que l'approximation de quantification soit acceptable) et une valeur élevée, qui ne permettrait pas d'obtenir la rapidité de réponse désirée. La pratique a montré qu'une valeur At = 0,8 ms constitue un compromis satisfaisant dans la plupart des cas, lorsque le réseau est à 50 Hz. La valeur de At ainsi choisie et les valeurs habituelles de Im lors du fonctionnement habituel, déterminent la limite supérieure de em(t) en régime permanent. Il faut maintenant déterminer l'ordre de grandeur de l'écart #v(tn) - v(tn)| à l'instant du défaut. A l'instant td de l'acquisition du premier échantillon après l'apparition du défaut ou d'un changement brusque de configuration du réseau, on a : v(td) = a1 i(td) + a2i(td-#t) (7) Si on désigne par i' (td) le courant qu'on aurait mesuré à l'instant td s'il n'y avait pas eu de changement de régime et v.(td), la tension qu'on aurait estimée dans les memes conditions, on a v(td) = al i'(td) + a2 i(td - (E'. v(td) = a1 i'(td) + a2 i(td - #t) + a1[i(td - i'(td)] (9) = v'(td) + a1 [i(td - i'(td)] d'où on déduit e(td) = v (td) - v (td) = a1 [i(td) - i'(td)] +[v'(td) - v(td)] (10) On voit que l'écart e(td) est d'autant plus important que : cos w At - l'impédance avant défaut (a1 = R + X sin At est grande, donc que 1m est faible - l'augmentation de courant i(td) - i'(td) et la chute de tension dues au défaut sont fortes. En clair, lorsque le courant initial est faible, l'écart em (t) admissible en régime permanent est important, mais l'écart e(td) est beaucoup plus fort à l'instant du défaut, ce qui assure la même "sensibilité" de la détection quel que soit le régime initial. On détectera un changement d'état du réseau par le fait que |e(td)| est supérieur à |&alpha;. em(t) | , a étant un coeffi cient qui permet de tenir compte d'éventuels harmoniques en régime permanent. En fait il y a généralement un écart i(t) - i'(td) élevé à l'apparition du défaut, et I est est largement supérieur à la. em(t)1. Le seul cas où la détection d'un changement del'état du réseau n'est pas assurée est celui où a1 = 0 lors du régime avant défaut, donc où = - ont. La détection est alors faite dès td si v' (td) - v(td) > a emi donc si Cette condition est généralement réalisée. Si tel n'est pas le cas à l'instant td + Au, le poids de l'échantillon acquis à td est suffisant pour que a1 (td + #t) soit différent de zéro. La détection est alors assurée avec un retard au plus égal à l'intervalle d'échantillonnage At. Une fois le changement d'état du réseau constaté, il faut déterminer si ce changement est dû à un défaut proche1 constitué généralement par un court-circuit. Cette détermination doit se faire en quelques millisecondes, ce qui impose d'utiliser dans le calcul uniquement des valeurs représentant des grandeurs instantanées ayant un sens physique réel, ce qui n'est par exemple pas le cas de l'impédance apparente. Deux premiers critères permettent de déceler la présence d'un défaut proche en ligne. Ces critères seront appliqués en utilisant la valeur moyenne du courant sur plusieurs échantillons successifs, de façon à faire. un lissage. Dans le cas envisagé plus haut d'un intervalle d'échantillonnage de 0,8 ms, la moyenne sera avantageusement faite sur quatre échantillons. Les deux critères peuvent s'écrire, i désignant la valeur moyenne du courant, constituant la valeur instantanée mentionnée plus haut ish et isb sont, respectivement, un premier seuil déterminé ou seuil haut, et un second seuil déterminé ou seuil bas d. est un seuil de dérivée, également détermine. IS Lorsque l'un ou l'autre des critères ci-dessus est vérifie, c'est qu'il y a un défaut proche en ligne. Mais ces deux critères ne suffisent pas à détecter les défauts proches sur le jeu de barres,c'est-à-dire en amont. En effet, l'apport de courant de court-circuit par la ligne, si celle-ci est longue, peut être trop faible pour remplir l'une ou l'autre des conditions ci-dessus. Aussi est-il préférable de prévoir un troisième critère de déclenchement d'ouverture rapide du disjoncteur ; ce critère est le suivant : aucun des quatre échantillons de tension acquis immédiatement après l'apparition du défaut n'a une valeur supérieure à un seuil prédéterminé v5. La protection rapide ne doit hêtre sollicitée que lorsque le changement d'état du réseau le justifie. Elle ne doit pas l'entre lorsque l'impédance apparente est hors des limites de la caractéristique de déclenchement de la protection de distance : si on désigne par Zmin la valeur minimum de l'impédance de service, la valeur efficace du courant correspondant à Zmin est |Zmin| Pour plus de clarté, on considérera le cas particulier d'un réseau pour lequel V = 220 kV pour les boucles phaseterre et 380 kV pour les boucles phase-phase. Pour Zmin = 50 Q, les valeurs cretes des courants sont respectivement 6,2 kA et 10,7 kA pour les boucles phase-terre et phase-phase. On choisira alors avantageusement pour les boucles phase-terre ish = 10 kA;i = 3,5 kA; d. = 1,6 kA/ms 15 pour les boucles phase-phase ish = 17,3 kA; isb = 6 kA; dis = 2,8 kA/ms. La protection rapide ne doit pas non plus être sollicitée lorsque la tension du réseau est exceptionnellement basse et qu'un changement d'état du réseau est détecté alors que cette tension est proche de zéro. On considérera cette fois le cas du réseau à 400 kV pour lequel la tension minimum entre phases est de 320 kV eff. on imposera alors la condition supplémentaire que, pendant le temps 4 At de fonctionnement de la protection rapide, l'un au moins des quatre échantillons doit avoir une valeur absolue supérieure à vs. Cette valeur Vs doit alors, dans une boucle phase-terre, être choisie inférieure à Pour t = 0,8 ms, on trouve vs De façon à avoir une marge de sécurité importante, on choisira avantageusement vs = 50 kV (boucles phase-terre) et v = 90 kV (boucles phase-phase), ou des valeurs s'en écartant de - 20% au plus. Dans le cas évoqué ci-dessus, qui est de loin le plus fréquent, d'un réseau triphasé, il est nécessaire de prévoir une logique de déclenchement des disjoncteurs permettant de déterminer celle des phases qui est en défaut. Or, le dispositif de détection associé à chacune des boucles ne voit que les défauts affectant cette boucle, car il n'utilise que des grandeurs caractéristiques de la boucle. Seuls les défauts monophasés peuvent être vus par les boucles phase-phase. La logique de déclenchement mettra en oeuvre un procédé de détermination utilisant - les informations données par les boucles phaseterre si le courant homopolaire est supérieur à un seuil déterminé i05 (ou si sa dérivée est supérieure à un seuil di - les informations données par les boucles phasephase dans le cas contraire. La sélection de phase est ainsi faite directement. Les seuils i et di sont choisis à une valeur os os fonction du courant homopolaire maximum susceptible de circuler sur la ligne en régime normal d'exploitation ; cette valeur maximum dépend de la géométrie de la ligne et sera donc déterminée cas par cas. Enfin, il est nécessaire de déterminer, toujours dans le délai de quelques millisecondes qu'on s'est imposé pour commander les disjoncteurs en cas de défaut proche, si le défaut est situé en amont du point de détection, c'est-à-dire côté barres, ou en aval, c'est-à-dire côté ligne. On ne peut utiliser dans ce but ni les propriétés des ondes engendrées par le défaut, la cadence d'échantillonnage étant trop faible, ni des calculs d'impédances apparentes sur un faible nombre d'échantillons, car les valeurs calculées seraient faussées par les harmoniques présents dans les grandeurs mesurées. I1 est proposé de mettre en oeuvre un procédé basé sur la détermination du signe d'une expression mettant en oeuvre des grandeurs instantanées et des grandeurs mémorisées, ce signe révélant la direction du défaut, sauf si ce dernier se produit pendant un bref intervalle de temps précédant le passage par zéro de la tension. Cette expression peut être établie à partir de la constatation que, sauf pendant lesdits intervalles de temps, le court-circuit est en aval si la somme d'un nombre déterminé (en général quatre) d'échantillons de courant superposé au courant de régime permanent, à partir de l'apparition du défaut1 a le même signe que la moyenne des tensions qu'il y avait à T - At et T - 2 At (T étant la période) avant l'instant de détection du changement d'état. Les courants superposés sont obtenus par différence des échantillons de courant i à l'instant considéré et une période T auparavant, ce qui implique évidemment une mémorisation. L'-expression peut donc s'écrire - - 2 At - T) + v(td - At - T {I h [i(tj) - i (td - TiF dans laquelle : (14) T est la période (T = 20 ms dans un réseau à 50 Hz) td est l'instant de détection d'un changement d'état v et i sont la tension et le courant de ligne. On donnera maintenant, en faisant référence aux dessins annexés, une justification théoriqué sommaire du critère de détermination de la direction du défaut, dans un exemple particulier. Dans les dessins - les figure1, 2 et 3 sont des schémas de principe de la ligne protégée,destinéesà illustrer les notations, correspondant respectivement au régime permanent initial, au régime de défaut et au régime superposé au régime initial lors du défaut-; - la figure 4 est une courbe représentative de la variation de tension en fonction du temps. On supposera tout d'abord que le réseau a la constitution schématique montrée en figures 1 et 2 et est à 50 Hz, avec un intervalle d'échantillonnage de 4 ms. Le réseau comporte une ligne longue 10 reliant deux points de surveillance A et B ancadrés par des disjoncteurs. A chaque extrémité, la ligne 10 est reliée à un jeu de barres, des générateurs, etc. qui sont représentés par une impédance en série avec un générateur 11 ou 12 . On considérera les changements intervenant au point A à la suite d'un défaut en ligne au point D. Deux approximations seront effectuées pour permettre le calcul les enroulements inducteurs des générateurs sont alimentés sous tension constante (ce qui est vrai pendant les premières millisecondes après un défaut) la capacité répartie des lignes est négligeable,ce qui révient à négliger les phénomènes de propagation dans les quatre millisecondes qui suivent l'apparition du défaut ; cette approximation est possible car les valeurs de tension et courant sont filtres avant échantillonnage, a une fréquence égale à la moitié de la fréquence d'échantillonnage afin d'éviter le repliement du spectre, et un lissage supplémentaire est effectué sur les valeurs échantillonnées et les phénomènes de propagation sont de faible amplitude (sur les courants) par rapport au régime "superposé" au régime initial, dans le cas d'un défaut proche - Les notations utilisées seront les suivantes Z = R RS+j.Xs : impédance du réseau en amont de A s s+j s Z = R X : impédance en aval de B P p+j p z = r + jx : impédance linéique de la ligne 1 : longueur AB de la ligne d : distance AD du défaut (faible par rapport à 1). On n'envisagera que le cas d'un défaut aval, le cas du défaut amont s'en déduisant immédiatement. Avant apparition du défaut, en régime permanent, la tension et le courant en A sont respectivement v' A et ilA : la tension en D est v'D (figure 1) et on a: v'A(t) = v'D(t) = vm cos (#t + 0) A l'instant t = 0 d'apparition du défaut, la tension en D s'annule ; en vertu du principe de sunerposition, la tension vA et le courant iA (figure 2) peuvent être considérés respectivement comme v'A + v"A et i'A + i"A' v"A et i"A définissant un régime superposé au régime permanent (figure 3). A t = O, alors que v' = Vm cos 0, on applique, au point D du circuit, la force électromotrice v"D(t) = Vm cos (wt + #) On peut calculer le courant i"a(t) en intégrant l'équation différentielle avec 1"A (o) = 0. Donc # : argument de l'impédance du réseau. Pour le réseau à T.H.T., L est de l'ordre de 40 ms. Pen R R dant les 4 ms suivant l'apparition du défaut, le terme exp - L t est donc supérieur à 0,9 et on peut faire l'approximation R exp - - t = I. L D'où : Vm wt wt i"A(t) = -2 sin (+ # - #) sin (16) Z 2 2 Durant les 4 ms qui suivent l'apparition du défaut, le signe de i"A(t) est donc celui de - sin (#t + # - #). étant peu différent de #/2- , on peut écrire: 2 # = - #, avec # > 0, et on a 2 wt wt sin(+ # - #) = - cos(+ # +#) 2 2 Pour tenir compte du lissage des courants sur quatre échantillons successifs, l'instant t à considérer pour l'appli cation du critère recherché est (t0 + 3 At) où t est l'instant d'acquisition du premier échantillon relatif au défaut, donc compris entre 0 et At. Les échantillons de i"A (t) étant prélevés aux instants t0, t0 + #t, t0 + 2#t et t0 + 3#t, l'identité de signe mentionnée plus haut s'écrit est du signe de cos ( + + # +#) En effet est égal à 1 % près à wt0 3 w #t 4 sin(+ # - # + ) pour #t = 0,8 ms 2 4 # wt0 3 w#t 3# est donc négatif pour 2 2 4 2 et, comme t0 # 3w #t 3# 5w #t - - # 2 4 2 4 Inversement #i"A (t) est positif pour : wt0 3w #t # + + # + # + # + # > et a fortiori pour: : 2 4 2 # 5w #t 3# 3# #t # - - # 2 4 2 4 La figure 4 indique les plages où le signe s i"A(t) est indépendant de t par rapport à la valeur de la tension une période avant l'instant où le critère est appliqué. Dans les zones hachurées, le signe de # i A (t) dépend de l'instant d'apparition du défaut par rapport aux deux instants d'échantillonnage encadrant cet évènement. On voit que le signe de # iA" (t) est le même que celui de la tension qu'il y avait T = 20 ms avant l'instant d'apparition du critère (soit T - 32t avant la détection d'un 2 changement de l'état du réseau) lorsque e appartient à l'une des plages : # 5w #t [0, - - #] 2 4 # 3# 5w #t [, - - -#] 2 2 4 3# [, 2#] En conséquence, dans toutes ces plages, c'est-à-dire sauf lorsqué le défaut se produit pendant un temps T précédant le passage par zéro de la tension v du régime permanent avant défaut, le court-circuit est en aval si la somme Li A(t) des quatre premiers échantillons du courant superposé suivant l'apparition du défaut est du meme signe que la moyenne des. tensions qu'il y avait T - At et T - 2 At avant l'instant de détection d'un défaut, moyenne qu'on peut assimiler à la tension qu'il y avait à T - 3At/2 avant cette détection. Inversement, le défaut est amont si le signe de la somme de ces courants est l'opposé du signe de la moyenne des ten sions. L'étape de détermination de la direction du défaut s'effectuera dans la pratique de la façon suivante : chacun des échantillons de courant est mémorisé et gardé en mémoire pendant un intervalle de temps supérieur à la période, ce qui impose une mémoire capable de contenir 26 échantillons au moins, chacun des échantillons étant quantifié à un nombre de niveaux suffisant pour atteindre la précision requise pour le calcul. On détermine la valeur de chaque courant superposé, après détection d'un défaut, par difference entre l'échantillon de courant à un instant donné et l'échantillon de courant qu'il y avait une période auparavant. On effectue ensuite une détermination du signe de la différence et on la compare avec celui de la somme des quatre premiers échantillons de courant suivant l'apparition du défaut, somme obtenue par sommation classique dans un calculateur numérique qui détermine également la différence. On compare ensuite les deux valeurs obtenues et, suivant le résultat de la comparaison, on dirige le signal de commande des disjoncteurs vers l'automate approprié. On a vu plus haut que le critère de détermination de la direction des défauts peut etre en défaut pendant un intervalle de tens court précédant chaque passage par zéro de la tension de régime permanent. Il faudra en conséquence inhiber la commande des disjoncteurs chaque fois que la détermination du critère s'effectue pendant un intervalle de temps T au moins égal à la limite supérieure de l'intervalle de temps pendant lequel le critère est inapplicable. D'un autre côté, il faut maintenir T à une valeur aussi faible que possible de façon que - en cas de défaut biphasé-terre il reste possible de déterminer la direction du défaut pour au moins une des deux phases concernées (ce qui implique que les durées T pour les deux phases n'aient pas de recouvrement), - en cas de défaut monophasé, la probabilité de pouvoir rapidement indiquer la direction du défaut soit aussi forte que possible. On a vu plus haut que T est au moins égal à 5 At/4 + C Mais il y a de plus une incertitude sur l'instant du passage par zéro de la tension à la période précédente, égale à l'intervalle d'échantillonnage At. De façon à avoir une marge supplémentaire de sécurité, on pourra avantageusement prévoir une inhibition de l'indication de direction lorsque le changement de l'état du réseau est détecté pour l'un des trois échantillons précédants le passage par zéro et pour celui qui suit ce passage par zéro. Pour At = 0,8 ms, il y a inhibition pour 4 échantillons sur 25, c'est-à-dire moins du tiers. On pourra donc toujours déterminer la direction, amont ou aval, de tous défauts polyphasés à la terre. En cas de nécessité, un algorithme un peu plus complexe peut etre utilisé pour déterminer immédiatement la direction d'un défaut monophasé ou biphasé isolé se produisant au voisinage du passage par zéro de la tension v. Le procédé suivant l'invention-peut etre mis en oeuvre à l'aide d'un dispositif comportant des organes classiques de mesure des courants et tensions instantanés sur toutes les phases au point A. Chacun des détecteurs attaque un convertisseur analogique-numérique fournissant un nombre de niveaux suffisant, typiquement 11 bits plus le signe. Les signaux de sortie des convertisseurs sont appliqués à un micro-calculateur prévu pour - calculer, pour chaque échantillon, l'écart e entre valeur estimée par la formule (1) et valeur réelle et le compare rer à une valeur prédéterminée a-em, choisie en fonction des caractéristiques de la ligne. -En cas de détection d'un changement d'état, appliquer les critères 12 et 13 pour déterminer s'il y a défaut proche; par application des critères 12 et 13, avec contrôle supplémentaire sur les quatre échantillons de tension acquis immédiatement après apparition du défaut - Si les critères indiquent l'existence d'un défaut proche, déterminer le sens de ce défaut par calcul du signe de l'expression (14) et comparaison avec celui de la moyenne des tensions à T - h t et T- 2 At. - Sauf inhibition par application du critère d'exclusion pendant les durées %, commander les disjoncteurs à l'emplacement convenable. REVENDICATIONS 1. Procédé de protection de ligne de réseau haute tension, caractérisé en ce qu'on calcule à des instants successifs t n une valeur estimée de la tension de ligne à partir des valeurs du courant de ligne à l'instant t n et à un instant antérieur tn 1' on fait la différence entre la tension estimée et la tension mesurée à l'instant tn, et, lorsqu'elle dépasse un seuil déterminé et révèle un changement d'état du réseau, on recherche la présence d'un défaut proche et on provoque le déclenchement de la phase en défaut en un temps très inférieur à la période. 2. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'on détecte la présence d'un défaut proche par l'existence soit d'une valeur instantanée du courant supérieure à un premier seuil prédéterminé, soit d'une valeur instantanée de courant su périeure à un second seuil inférieur au premier et simultanément d'une dérivée du courant supérieure à un seul déterminé, soit d'une valeur instantanée de la tension inférieure à un seuil pendant un intervalle de temps détermine. 3. Procédé suivant la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce qu'on détermine la direction du défaut par détermination du signe du produit (td +3 v(t -Lht-T) + v (td- ] t-T) (tdT)J formule dans laquelle T est la période des grandeurs du réseau td est l'instant de détection d'un changement d'état, t est l'intervalle entre deux échantillonnages succes sifs du réseau, v est la tension de ligne, i est le courant de ligne. 4. Procédé suivant la revendication 3, caractérisé en ce qu'on verrouille le calcul de détermination de direction, sur chaque phase, dans un intervalle de temps déterminé autour de chaque passage à zéro de la tension de ligne de chaque phase du réseau. 5. Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'on calcule aux instants successifs t n l'impédance de la ligne pour déceler les défauts à distance, sauf à partir d'un changement d'état de la ligne, et en ce qu'on provoque le déclenchement en un temps de l'ordre de la période en cas de détection de défaut à distance. 6. Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce que le calcul est effectué en numérique sur des échantillons prélevés à des instants tn dont l'écart est avantageusement de 25 ms sur un réseau à 50 Hz. 7. Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que, -pour une ligne à 400 kV de longueur courante, on donne aux seuils les valeurs premier seuil prédéterminé de courant = 10 kA deuxième seuil prédéterminé de courant= 3,5 kA seuil de dérivée : 1600 A/ms seuil de tension : 40 kV.