-L'invention a pour objet des produits doués notamment de propriétés thérapeutiques, un procédé de préparation de ces produits et les médicaments renfermant ces produits à titre de principe actif. Les produits de l'invention manifestent une activité thérapeutique de grand intérAt, notamment une activité inter félon. On sait que l'interféron est une protéine produite par les cellules de vertébrés, sa synthèse étant induite notamment par des virus ou des acides ribonucléiques (ARN) à double chaine. Dès le démarrage de l'induction, des acides ribonucléiques messagers ou ARN-m à'interféron apparaissent dans le système où ce dernier est synthétisé et sont traduits par les ribosomes des cellules donnant ainsi de l'interféron. L'interféron constitue un produit thérapeutique de grande valeur, notamment en raison de ses propriétés antivirales et immuno-depressives. Mais ces propriétés sont spécifiques de l'espèce à partir de laquelle l'interféron a été obtenu et il n'existe pas de procédé permettant d'obtenir, avec des résultats satisfaisants du point de vue quantitatif, n'importe quelle sorte d'interféron, Pour mettre à profit les propriétés de l'interféron chez lthomme,il est ainsi nécessaire de disposer d'interféron humain. Actuellement, on utilise 1 t interféron produit par des lymphocytes du sang circulant ou des fibroblastes embryonnaires en culture. Mais la production dtinterféron par traduction de son ARN-m dans un système cellulaire se trouve naturellement limitée par la capacité de fonctionnement des cellules. Quant aux procédés de préparation en systèmes acellulaires, ils ne permettent pas non plus d'obtenir de l'interféron en grande quantité L'invention a pour but de remédier à ces inconvénients et de fournir des produits ayant un type d'activité interféron désiré ainsi qu'un procédé permettant d'obtenir en système acellulaire de tels produits avec un rendement élevé. Le procédé selon l'invention de préparation de produits ayant notamment une activité interferon, par traduction de l'ARN-m de ces produits dans un système acellulaire, est carac térisé par le fait qu'on fait incuber un milieu renfermant au moins le susdit ARN-m, un extrait acellulaire contenant les élements nécessaires à la synthèse des proteines, obtenu à partir de cellules d'origine humaine, animale, vegétale ou bactérienne, un tampon pour maintenir le pH du milieu d'environ 6 à environ 9, des ions monovalents et des ions divalents en tant notamment qu'agents stabilisants, un agent réducteur, une polyamine, un mélange renfermant les 20 acides aminés naturels, de l'adénosine triphosphate ou ATP, du guanosine triphosphate ou GTP*et des-produits générateurs de nucléosides triphosphates. Pour obtenir un produit ayant l'activité d'un interféron donné, on met en oeuvre, conformément à l'invention, l'ARN-m d'un tel produit. Pour obtenir l'extrait acellulaire dans lequel est réalisée la susdite traduction, on soumet les cellules d'origine humaine, animale, végétale ou bactérienne utilisées à un traitement de manière à détruire leur oganisation cellulaire, notamment à une lyse ou un traitement mécanique tel que le broyage. Ce broyage est effectué dans des conditions relativement douces et, pour ce faire, il est avantageux d'utiliser un agent de broyage tel que du sable. En outre, il est avantageux de broyer les susdites cellules dans un milieu tamponné. Conformément à l'invention, on met en oeuvre un milieu renfermant au moins un tampon propre à maintenir le pH d'environ 6 à environ 9, des ions monovalents et des ions divalents, en tant notamment qu'agents stabilisants, et un agent réducteur. On peut également effectuer le broyage à sec, puis ajouter le susdit milieu tamponné. Suivant un mode préféré de réalisation de l'invention, les cellules broyées, après avoir été débarrassées du sable, des cellules entières et des membranes, notamment par centrifugation, sont mises à incuber avec notamment de 1'ATP, du GTP, des substances génératrices de nucléosides triphosphates et un agent réducteur. L'extrait acellulaire alors obtenu est utilisé pour réaliser la susdite traduction de l'ARN-m. Il peut être auparavant purifié selon les techniques classiques, notamment par filtration sur gel ou par dialyse. D'autres caractéristiques de l'invention apparaitront dans le cours de la description qui suit et qui est relative à différents modes de réalisation. La susdite incubation du milieu dans lequel on effectue la traduction est réalisée à une température d'environ 10 à 40ex, de préférence à une température voisine de l'ambiante. A une telle température, il est avantageux d'effectuer l'incubation durant environ 3 heures. Mais il est possible de réduire ou d'augmenter la durée de l'incubation selon la cinétique de la synthèse. Le milieu de traduction renferme avantageusement un tampon propre à maintenir le pH du milieu à environ 6-9, de préférence de 7 à 8, d'environ O,S à environ 10 mM, de préférence 1 à 5mM d'un agent réducteur, de 0,25 à 5 mM, de préférence 0,5 à 2 mM d'ATP, de 5 à 100 FM, de préférence de 10 à 50 M de GTP, de 2 à 30 mM, de préférence de 5 à 15 mM de substances génératrices de nucléosides triphosphates, de 5 à 100 eM, de préférence de 20 à 50 FM dlun mélange d'amino-acides naturels, de 20 à 300 mM, de préférence 50 à 100 mM d'ions monovalents, de 0,5 à 10 mM, de préférence 1 à 5 mM d'ions divalents et de 0,05 à 1,0 mM, de préférence 0,1 à 0,3 mM de polyamine. En ce qui concerne le tampon utilisé dans le milieu de traduction, il s'agit de préférence d'un tampon ne formant pas de complexes avec les ions métalliques polyvalents et ne posant pas de problème de solubilité. Un tampon du genre de celui commercialisé sous la dénomination Hepes et constitué par de l'a- cide N-2-hydroxyéthylpipérazine-N-éthane sulfonique, convient à cet effet. On peut également utiliser les tampons du genre de l'amino-2-hydroxyméthyl-2-propanediol-1,3 ou tris. Les ions monovalents sont avantageusement choisis dans le groupe comprenant comme cations, le cation potassium, ammonium et comme anions, l'anion chlorure ou acétate. Comme cation divalent , on peut utiliser le magnésium. En ce qui concerne l'agent réducteur, il est avantageusement constitué par un dérivé soufré. En tant que tel, le mercaptoéthanol et le dithiothréitol sont particulièrement appropriés. Pour ce qui est de la polyamine mise en oeuvre dans le milieu de traduction utilisé conformément à l'invention, il sa- git de préférence d'une polvamine choisie dans le groupe comprenant la spermine, la putrescine, la spermidine. Quant aux dérivés générateurs de nucléosides triphos phates, ils sont constitués avantageusement par des dérivés tels que la créatine-phosphokinase avec le créatine-phosphate, ou le pyruvat;ekinase avec le phospho-énol pyruvate. L'extrait acellulaire dans lequel on réalise la traduction est obtenu à partir de cellules d'origine humaine, animale, végétale ou bactérienne. Comme cellules d'origine animale, on peut utiliser notamment des cellules de réticulocytes, d'ascites. Les cellules bactériennes peuvent provenir par exemple de Coli. Quant aux cellules d'origine végétale, il s'agit avantageusement de cellules de germes de céréales, en particulier de germe de blé. L'organisation de ces cellules est détruite par un broyage réalisé dans des conditions ménagées, de préférence à l'ai- de d'un agent de broyage constitué par du sable, et le cas échéant dans un milieu tamponné. Comme sable, on peut utiliser du sable de Fontainebleau, de préférence lavé avec de l'acide. Quant au milieu tamponné, qui peut également être utilisé le cas échéant pour laver les cellules préalablement au broyage, il renferme au moins un tampon propre à maintenir le pH du milieu à environ 6 à 9, de préférence à environ 7 à 8, un agent réducteur à raison de 0,5 à 10 mN, de préférence de 1 à 5 mN, des ions monovalents à raison de 20 à 300 mN, de préférence 50 à 100 mM, et des ions divalents à raison de 0,05 à 10 mM, de préférence de 1 à 5 mM. Il est avantageux d'effectuer cette opération en utilisant des quantités égales en poids de cellules, de sable et de milieu tamponné. Les cellules broyées sont débarrassées du sable, des cellules entières et des membranes notamment par centrifugation. Pour ce faire, il est avantageux d'effectuer une première centrifugation pour éliminer le sable, puis une deuxième centrifugation pour débarrasser les cellules broyées des cellules entières ainsi que des membranes. La première centrifugation est effectuée par exemple à 500 g environ, tandis que la deuxième centrifugation est effectuée à 30.000 g environ. Il est avantageux d'augmenter la concentration en magnésium de l'extrait acellulaire ainsi obtenu de manière notamment à la tripler. L'extrait acellulaire est ensuite mis à incuber avec un milieu renfermant au moins de 0,25 à 5 mM, de préférence 0,5 à 2 mM d > 'ATP, de S à 100 eM, de préférence 10 à 50 MM de GTP, de 2 à 30 mM, de préférence 5 à 15 mM de substances génératrices de nucléosides triphosphates, de 0,5 à 10 mM, de préférence 1 à 5 mM d'agent réducteur. Les composants de ce milieu sont avantageusement choisis parmi ceux sus-indiqués, utilisés dans le milieu de traduction. Cette incubation est réalisée à une température d'environ 20 à 40"C, de préférence à une température voisine de 30ex. A cette température, on effectue l'incubation durant environ quinze minutes. L'extrait acellulaire incubé est avantageusement purifié avant d'être utilisé pour la traduction de l'ARN-m. Pour ce faire, on peut le filtrer sur un gel notamment à base de dextrane ou le dialyser. LIARN-m dont on effectue la traduction dans le susdit extrait acellulaire peut etre obtenu à partir de cellules d'origine humaine, ou bien de cellules d'origine animale, d'une espèce donnée, selon l'activité spécifique désirée pour le produit obtenu à l'issue de la traduction. On produit avantageusement cet ARN-m en opérant selon la technique décrite par De Maeyer-Guignard, J., De Maeyer, E0, et Montagnier, L. dans Proc.Natl.Acad.Sci. U.S., volume 69 (1972), p. 1203-1207. Pour ce faire, on soumet le matériau cellulaire à un traitement comprenant l'action d'inducteurs, puis une extraction en deux étapes, comportant respectivement l'utilisation, d'une part, au moins de phénol et de dodécylsulfate de sodium et, d'autre part, d'une protéase telle que celle commercialisée sous la marque déposée "Pronase". La premiere étape de l'extraction consiste en une agitation modérée des cellules dans une solution aqueuse contenant un tampon renfermant au moins du dodécylsulfate de sodium ou SDS, de l'acide éthylène diaminetétraacétique ou EDTA, de la bentonite avec un volume égal de phénol. Après centrifugation, la phase aqueuse supérieure ou phase A, et l'interface blanche ou phase I obtenues, contenant des protéines dénaturées et de l'ARN non extrait sont traitées séparément (l'ADN présent dans ces deux phases est détruit par la désoxyribonucléase). La phase I est solubilisée par un traitement déprotéinisant énergique avec une protéase telle que la Pronase, puis traitée comme la phase A avec du phénol. Pour illustrer 1'5nventlon, on donne ci-après un exemple de préparation de produits à activité interféron. EXEMPLE Synthèse de produits ayant activité de l'interféron de souris dans un système acellulaire de germes de bléo I. - Préparation du système acellulaire de germes de blé. On utilise des germes de blé du commerce extraits mécaniquement et non grillés, provenant des Grands Moulins de Paris. On lave 6 g de ces germes de blé avec un tampon constitué par 20 mM d'Hepes de pH 7,6, 100 mM de chlorure de potassium, 1 mM d'acétate de magnésium, 2 mM de chlorure de calcium et 6 mM de mercaptoéthanol. On broie les germes ainsi lavés. Dans un mortier refroidi à une température de l'ordre de 2 à 4"C, en présence d'une quantité égale en poids de sable de Fontainebleau lavé à l'acide et du tampon ci-dessus, à savoir respectivement 6 g et 30 ml ; on effectue un broyage en douceur et de manière discontinue pendant environ 10 à 20 minutes. On élimine ensuite le sable par centrifugation à 500 g pendant 10 minutes, puis on effectue une centrifugation à 3000Og pour éliminer les fragments de membranes et les cellules intactes. On porte la concentration de l'extrait acellulaire en Mg++ à 3,5 mM, puis on ajoute 1 mM dlATP, 20 eM de GTP, 8 mN de créatine-phosphate, 20 Kg/ml de créatine-phosphokinase et 2 mN de dithiothréitol. On fait incuber l'extrait acellulaire ainsi obtenu durant 20 minutes à 30"C, puis on effectue une filtration sur gel à l'aide d'une colonne de 50 x 2 cm remplie d'un polysaccharide commercialisé sous la marque Sephadex-G-25 du type coarse et équilibrée avec le tampon sus-indiqué. On recueille des fractions renfermant environ 20 mg de protéine par ml. Il. - Production d'ARN-m d'interféron de souris à partir de cellules de souris. a) Induction des cellules de souris. On utilise des cellules fibroblastiques de souris de la souche C-243 obtenue par action d'un virus de sarcome murin selon Bassin,R.H., Philips,L.A., Krmaer,M.J., Haapala,D.K., Peebles,P.T., Nomura,S. et Fischinger,P.J. dans Proc.Natl.AcadO Sci. U.S., volume 68 Ces cellules sont mises en culture dans une boite de Petri de 150 mm de diamètre. On ajoute dans cette culture 10 ml de MEM (minimum Eagle medium) sans sérum, renfermant 30 Fg/ml de polytI) . poly(C) et 100 eg/ml de DEAE dextran. Après deux heures de contact, on élimine le mélange ajouté précédemment, on lave les cellules avec du MEM chaud, puis on ajoute 30 ml de MEM renfermant 3 % de sérum de veau. 9 heures après l'addition du mélange d'induction, on recueille les cellules par grattage puis centrifugation. Pour les conserver, on les congèle à l'état de culot à -70 C. b) Extraction de l'ARN-m. On opère suivant la technique décrite par De Maeyer-Guignard,J., De Maeyer,E., et Montagnier,L. dans Proc. Natl.Acad.Sci. U.S., volume 69 (1972), p. 1203-1207. Pour l'extraction de 15 colonies de cellules de souche C-243, provenant de boites de Petri de 150 mm, on utilise le mélange suivant d'un volume final de 100 mi - EDTA (sel disodique de l'acide éthylènediamine-tétraacétique), 0,05 M ........ 42 ml - SDS (dodécyl sulfate de sodium) à 20 % poids/volume dans l'eau ................ 2,5 ml - DOC (désoxycholate de sodium) à 10 % poids/volume dans l'eau ............... 1,25 ml - bentonite 1 % ............................ 5 ml - phénol distillé et saturé de EDTA 0,05 M ...... -50 mi Le culot de cellules est placé à la température du laboratoire, et avant décongélation complète, on ajoute le mélange et on agite modérément dans un agitateur de laboratoire à mouvement alternatif pendant 15 minutes à la température du laboratoire. On centrifuge le mélange à 3500 g pendant 15 minutes, à +10 C. La phase aqueuse supérieure est prélevée. L'interface blanchâtre est débarrassée de la plus grande partie de la phase phénolique sous-jacente par aspiration de cette dernière à la pipette, puis est reprise dans 10 ml de tampon TV constitué par du Tris-HCl pH 7,8, 0,005 M et de 1EDTA pH 7,0, 0,025 M, et précipitée par deux volumes d'éthanol rectifié.On centrifuge 15 minutes à 3500 g à 40C, le surnageant est éliminé et on lave le culot avec 20 ml d'un mélange de EDTA 0,05 M 1 volume, et d'méthanol rectifié 2 volumes, refroidi à 4 C ; on centrifuge la suspension 5 minutes à 3500 g et le culot est finalement remis en suspension dans 45 ml de solution d'EDTA 0,05 M auxquels on ajoute 5 ml de "Pronase" qualité nucléase free à 10 mg/ml en m, 2,5 ml de SDS 20 X et 1,25 ml de DOC à 10 X. L'incubation est effectuée à 370C pendant 20 heures avec agitation magnétique. Elle est arrêtée par addition d'un égal volume de phénol et agitation du mélange pendant 15 minutes à la température du laboratoire.On centrifuge, et la phase aqueuse est prélevée et précipitée par deux volumes d'éthanol. Elle est ensuite fractionnée par sédimentation sur un gradient de sucrose à environ 10 à 20 % pendant environ 30 minutes à 30.000 tours par minute dans un centrifugeur (rotor) du type SW 41. On récupère la moitié supérieure. III. - Production d'interféron de souris à partir d'ARN-m obtenu selon II On fait incuber pendant 3 heures à 250C un mélange contenant 20 mM d'Hepes de pH 7,6, 2 mM de dithiothréitol, 1 mM d'ATP, 25 eM de GTP, 7,5 mM de créatine-phosphate, 20 pg/wl de créatine-phosphokinase, 30 FM d'un mélange des 20 acides aminés naturels, 2 mM d'acétate de magnésium, 80 mM de chlorure de potas- sium, de l'extrait de protéines obtenu selon I) renfermant 4 mg de protéines/ml, 0,1 mM de spermine et 50 à 100 fig/ml d'ARN-m obtenu selon II). On recueille les produits de traduction notamment par chromatographie sur une colonne d'affinité. Comme indiqué ci-dessus, les produits selon 1 t invention présentent des propriétés thérapeutiques de grand intérêt, notamment une activité interféron. On rapporte ci-après les résultats d'essais mettant en évidence cette activité interféron. Dans le cadre de ces essais, on a étudié l'activité antivirale des produits de l'invention obtenus par traduction d'ARN provenant de cellules de souris, l'inhibition complète de cette activité par de 1'antisérum d'interféron de souris et la spécificité de l'activité antivirale de ces produits. L'activité interféron, appelée également titre en in terféron dans ce qui suit, a été déterminée selon la méthode dite de réduction de plaques ou diminution du nombre deoelonies. On a utilisé à cet effet des cultures secondaires de fibroblastes de souris Swiss avec comme virus d'épreuve (ou virus "chal- lenge) un virus de stomatite vésiculaire (VSV), souche Indiana. Par unité d'interféron, on entend la quantité de produit nécessaire pour réduire le nombre de plaques de 50 %. 1 Activité antivirale. On effectue la traduction d'une fraction d'ARN renfermant de l'ARN-m d'interféron de souris dans des mélanges de traduction conformes à celui obtenu selon I) de l'exemple ci-dessus. Puis on détermine le titre en interféron des mélanges. On ajoute respectivement 6,5 g (essai A) et 13 (essai B) d'ARN-m de souris à des mélanges de traduction de 100 1. A titre de comparaison, on étudie également un mélange de 100 ç dans lequel on n'ajoute pas d'ARN-m de souris (essai C). On fait incuber pendant 180 minutes à 25 C. Pour mesurer le titre en interféron, on prélève des fractions aliquotes de 20 et de 60 el dans l'essai A, et de 70 Fl dans l'essai B. On rapporte dans le tableau I ci-après les résultats obtenus.La teneur en interféron indiquée dans ce tableau correspond à la teneur totale par 100 Fl de mélange de traduction0 TABLEAU I Interféron Essai unités/ml A 4500 B 5800 C O 'examen de ce tableau montre que le titre en interféron est pour 1 Fg d'ARN-m, d'environ 700 unités/ml et que, lorsqu'on double la concentration en ARN-m, on obtient une activité interféron plus élevée, bien qu'elle n'apparaisse pas proportionnelle à la quantité d'ARN ajoutée. En l'absence d'ARN-m, aucune activité antivirale n'a été observée. 2"- Inhibition de l'activité antivirale. On étudie la neutralisation de l'activité antivirale de mélanges de traduction selon l'invention par de l'antisérum d'interféron de souris. Cet antisérum est obtenu conformément à la méthode de Sipe,J.D., De Maeyer-Guignard,J., Fauconnier,B., et De Maeyer,E. dans Proc.Natl.Acad.Sci. U.S., volume 70 (1973), p. 1037-1040. On dispose de mélanges provenant d'expériences de traductions renfermant respectivement environ 600 unités/ml (essai D) et 1000 unités/ml (essai E). On sépare chaque mélange en deux fractions égales. On fait incuber chacune de ces fractions à température ambiante pendant 30 minutes l'une en présence d'an tiserum d1interféron de souris, l'autre de sérum de mouton comme témoin. On mesure l'activité antivirale de chacune de ces fractions. Les résultats obtenus sont rapportés dans le tableau II ci-mprès. TABLEAU II Interféron (unitéml) Essai sérum de antisérum mouton d1 interféron de souris D 274 C O E 436 (20 On constate que les fractions incubées avec l'antisérum d'interféron de souris sont complbtement inactivées tandis que celles traitées avec du sérum de mouton comme témoin ne le sont pas. 30- Spécificité de l'activité antivirale. On mesure l'activité interféron en opérant dans les mêmes conditions opératoires que celles utilisées sous 10 et 2' ci-dessus. Mais on utilise des fractions d'ARN renfermant de l'ARN-m d'interféron d'espèces différentes. Ainsi, en plus descultures de fibroblastes d'embryons de souris, on utilise également des cultures primaires de fibroblastes d'embryons de poulet et des cellules de singe Verso. Comme virus d'épreuve, on utilise du VSV. On réalise également un essai en utilisant de l'Herpes type I comme virus d'épreuve vis-i-vis de fibroblastes d'embryons de souris. TABLEAU III Cellule Virus Interféron unités/ml souris VSV 125 poulet VSV O singe Verso VSV O souris Herpes type I 33 Comme le montre l'examen de ce tableau, aucune activité antivirale ne se manifeste avec les cultures de cellules de pou let et de singe, ce qui prouve que l'activité antivirale des produits de l'invention est bien spécifique de l'espèce. Cette observation est corroborée par le fait que les produits de l'invention sont actifs dans les cellules de souris non seulement vis-à-vis du VSV, mais également d'un autre virus, à savoir l'Herpes. L'ensemble de ces résultats fait apparaître les propriétés avantageuses des produits selon l'invention. Ces produits exercent une activité antivirale particulièrement importante en réponse à l1ARN-m d'interféron d'une espèce donnée. En outre, leur activité est-spécifique de l'espèce et complètement inhibée par un antisérum d'interféron donné, ce qui autorise à considérer que les produits de l'invention exercent une activité interféron. Ces propriétés sont mises à profit pour la prévention d'infections virales chez des m-alades soumis à un traitement immuno-dépressif, en particulier chez des sujets greffés qui ont subi une greffe de moelle osseuse. Elles sont également avantageusement mises à profit pour la prévention de l'apparition de métastases chez des malades cancéreux, en particulier dans les sarcomes osseux, dans les complications graves des maladies herpétiques. Les médicaments selon l'invention peuvent etre administrés à l'homme, de préférence par voie intramusculaire ou intraveineuse sous forme de solutions injectables. La dose posologioue unitaire est de 1 à 3 millions d'unités de produits à activité interféron, dans une solution physiologique tamponnée, cette dose étant administrée à raison d'environ trois fois par semaine. Comme il va de soi et comme il résulte d'ailleurs déjà de ce qui précède, l'invention ne se limite nullement à ceux de ses modes d'application et de réalisation qui ont été plus spécialement envisagés ; elle en embrasse, au contraire, toutes les variantes. REVENDICATIONS 1. Procédé de préparation de produits doués notamment de propriétés thérapeutiques par traduction de l1ARN-m de ces produits dans un système acellulaire, caractérisé par le fait mouton fait incuber un milieu renfermant au moins le susdit ARN-m, un extrait acellulaire contenant les éléments nécessaires à la synthèse des protéines, obtenu à partir de cellules d'origine humaine, animale, végétale ou bactérienne, un tampon pour maintenir le pH du milieu d'environ 6 à environ 9, des ions monovalents et des ions divalents en tant notamment qu 'agents stabilisants, un agent réducteur, une polyamine, un mélange renfermant les vingt acides aminés naturels, de 1'ATP, du GTP, et des produits générateurs de nucléosides triphosphates. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé par le fait qu'on fait incuber le susdit milieu à une température d'environ 10 a' 40"C, de préférence à une température voisine de l'ambiante 3. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 ou 2, caractérisé par le fait qu'on met en oeuvre les composants du milieu de traduction selon les proportions suivantes : - ions monovalents : 20 à 300 mM - ions divalents : -0,5 10 mM - agent réducteur : 0,5 10 mM - polyamine : 0,05 1,0 mM - mélange d'acides aminés :- 5 100 - ATP : 0,25 5 mM - GTP : 5 à 100 - produits générateurs de nucléosides triphosphates : 2 à 30 mM. 4. Procédé selon la revendication 3, caractérisé par le fait qu'on réalise l'incubation en mettant en oeuvre les susdits composants selon les proportions suivantes - ions monovalents : 50 à 100 mM - ions divalents : 1 à 5 mN - agent réducteur : 1 à 5 mM -- polyamine 0,1 à 0,3 mN - mélange d'acides aminés : 20 à 50 - ATP : 0,5 à 2 mN - GTP : 10 à 50 - produits générateurs de nucléosides triphosphates : 5 à 15 mM. 5. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé par le fait que le tampon mis en oeuvre est du genre de ceux commercialisés sous les dénominations Hepes et Tris, que les ions monovalents sont choisis dans le groupe comprenant comme cations, le cation potassium, ammonium, comme anions, l'anion chlorure, acétate et les cations divalents sont constitués notamment par du magnésium, que l'agent réducteur est constitué par un dérivé soufré tel que le mercaptoéthanol et le dithiothréitol, que la polyamine est choisle dans le groupe comprenant la spermine, la putrescine et la spermidine, et que les dérivés générateurs de nucléosides triphosphates sont constitués par des dérivés tels que la créatine-phosphokinase avec le créatine-phosphate ou la pyruvate-kinase avec le phospho-énol pyruvate. 6. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à S, caractérisé par le fait que l'extrait acellulaire est obtenu à partir de cellules d'origine humaine, d'origine animale telles que les cellules de réticulocytes et d'ascites, d'origine bactérienne, par exemple de Coli ou d'origine végétale, par exemple de germes de céréales. 7. Procédé selon la revendication 6, caractérisé par le fait que l'extrait acellulaire est obtenu à partir de cellules de germes de blé. 8. Procédé selon l'une quelconque des revendications 6 ou 7, caractérisé par le fait que les cellules utilisées sont soumises à un broyage. 9. Procédé selon la revendication 8, caractérisé par le fait que le broyage est effectué avec du sable. 10. Procédé selon la revendication 9, caractérisé par le fait qu'on utilise en outre un milieu tamponné renfermant au moins un tampon propre à maintenir le pH d'environ 6 à environ 9, des ions monovalents et des ions divalents en tant notamment qu'agents stabilisants et un agent réducteur. 11. Procédé selon la revendication 10, caractérisé par le fait qu'on utilise des proportions égales en poids de cellules, de milieu tamponné et de sable. 12. Procédé selon l'une quelconque des revendications 8 à 11, caractérisé par le fait qu'on fait incuber les cellules broyées, après les avoir débarrassées des cellules entières et membranes, et de l'agent de broyage, avec de 1'ATP, du GTP, des substances génératrices de nucléosides triphosphates, et un agent réducteur. 13. Procédé selon la revendication 12, caractérisé par le fait que les composants du m liwiu dincubation sont choisis parmi ceux selon la revendicatIon 5 14. Procédé selon l'une quelconque des revendications 12 ou 13, caractérisé par le fait que les susdits composants sont mis en oeuvre suivant les proportions données dans la revendication 3. 15. Procédé selon la revendication i4, caractérisé par le fait que les susdits composants sont mis en oeuvre suivant les proportions données dans la revendication 5. 16. Procédé selon l'une quelconque des revendications 12 à 15, caractérisé par le fait qu'on réalise 1'incubation à une température d'environ 20 à 400C, de préférence voisine de 30 C. 17. Procédé selon la revendication 16 caractérisépar le fait que l'extrait acellulaire est purifié notamment par filtration sur un gel, de préférence à base de dextrane. 18. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 17, caractérisé par le fait que 1sARN-m mis en oeuvre est obtenu à partir de cellules d'origine humaine ou animale, d'une espèce donnée, selon l'activité spécifique désirée, ces cellules étant soumises à un traitement comprenant l'action d'inducteurs, puis une extraction en deux étapes comportant respectivement l'utilisation, d'une part, au moins de phénol et de dodécylsul fate de sodium et, d'autre part, d'urne protéase telle que celle commercialisée sous la marque déposée "Pronasen-. 19. Produit présentant sensiblement les propriétés et les caractéristiques de celui obtenu par mise en oeuvre du procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 18. 20. Extrait acellulaire obtenu notamment à partir de germes de blé présentant sensiblement les propriétés et les caractéristiques de celui obtenu par mise en oeuvre du procédé selon l'une quelconque des revendications 6 à 17. 210 Médicaments caractérisés par le fait qu'ils renferment dans leur substance active au moins un produit selon la revendication 19.