La présente invention concerne des compositions antigéniques, des vaccins à base de ces compositions, leur préparation et leur application à la prophylaxie et au traitement du fourchet, notamment chez le mouton. Le fourchet des ovins est une maladie contagieuse très fréquente, affectant les tissus épidermiques du pied et provoquée par l'action synergique de deux bactéries anaérobies Gram négatives,Bacteroides nodosus (Fusiformis nodosus) et Fusobacterium necrophorum (Fusiformis necrophorum). La maladie n'apparaît que lorsque ces deux organismes sont présents. F. necrophorum se trouve normalement dans l'appareil digestif et est excrété dans les matières fécales si bien que l'organisme est habituellement présent à proximité immédiate des pieds des moutons et peut participer à l'infection. D'autre part, B. nodosus ne peut pas survivre dans les conditions naturelles pendant plus que quelques jours en dehors des lésions dues au fourchet. Le pied infecté est son seul habitat naturel si bien qu'on décrit fréquemment B. nodosus comme l'a- gent causal spécifique de la maladie. L'élimination de B. nodosus d'un troupeau de moutons, qui pourrait être effectuée par traitement de tous les cas de fourchet présents ou par destruction spécifique de l'organisme, assurerait l'éradication de la maladie puisque F. necrophorum ne peut pas provoquer le fourchet en l'absence de B. nodosus. Au cours des dernières années, on a lutté contre le fourchet par isolement des animaux atteints, puis par traitement comprenant un parage important des régions infectées des pieds et l'application externe de désinfectants ou l'administration externe ou parentérale d'antibiotiques convenables. Récemment, la culture satisfaisante à grande échelle de B. nodosus a permis la vaccination des moutons à l'aide de vaccins en émulsion ou contenant un adjuvant à base d'aluminium, comme décrit par exemple dans le brevet britannique nO 1 375 544. Dans de nombreux cas d'application de ces vaccins, la maladie n'a été surmontée qu'incomplètement, et on a consacré des efforts intenses à la découverte de la cause de cette défaillance et à l'amélioration de l'efficacité des vaccins existants. On constate qu'une préparation antigénique selon l'invention donne un titre d'anticorps plus élevé et une meilleure efficacité contre la maladie que les vaccins à base de B. nodosus utilisés jusqu'd présent. Ainsi, l'invention concerne une composition antigénique comprenant une émulsion à deux phases du type eau-dans-l'huile contenant une matière antigénique dérivée d'organismes Bacteroides nodosus ou formée de ces organismes et un adjuvant à base d'aluminium, dans la phase aqueuse de l'émulsion. La matière antigénique de la composition peut comprendre un extrait immunogène des organismes, mais elle contient de préférence les organismes entiers morts sous forme d'une anaculture ou de cellules récoltées. On peut utiliser toute souche ou variante immunogène ou toute combinaison d'un nombre quelconque de souches et/ ou de variantes, représentatives d'un ou plusieurs sérotypes quelconques de B. nodosus. On obtient une protection particulièrement satisfaisante par utilisation d'organismes cultivés à partir de colonies fimbriées dont les organismes sont très flagellaires (comme décrit par exemple dans l'article de J.A. Short et al. J. Appl. Bact. 1976, 40, 301-315).-Ces organismes B. nodosus fraîchement isolés, cultivés sur des supports solides, sont très flagellaires et, lors de la mise en oeuvre de l'invention, les conditions de croissance en milieu liquide doivent être choisies afin que les flagelles soient présentes de façon optimale et accroissent l'efficacité des vaccins résultants. L'expression "très flagellaires" appliquez aux organismes B. nodosus, dans le présent mémoire, s'applique à des organismes ayant au moins 20 cils ou flagelles par organisme et de préfé rence plus de 100 par organisme.Les compositions antigéniques et les vaccins qui en sont tirés, pour avoir une efficacité maximale, doivent être formés en totalité de variantes très flagellaires de B. nodosus, mais en pratique, on obtient une protection convenable lorsque 90 % des organismes sont des variantes très flagellaires. La variante très flagellaire de la souche CSIRO nO 198 (culture nO 6476 de Wellcome Laboratories) (déposée a la collection des Etats-Unis d'Amérique American Type Culture Collection le 19 juillet 1979, sous le nO 3145) est particulièrement précieuse. De préférence, une protection contre une infection homologue (c'est-à-dire une infection par un ou plusieurs sérotypes homologues du ou des sérotypes B. nodosus de la composition) peut être assurée alors qu'une protection contre une infection hétérologue est plus faible. Ainsi, l'infection par des organismes représentatifs de plus d'un sérotype B. nodosus est de préférence combattue avec une composition contenant plus d'une souche, chaque souche étant représentative de chaque sérotype constituant les organismes infectieux. Les organismes B. nodosus destinés aux compositions selon l'invention peuvent être cultivés par tout procédé connu dans la technique, par exemple par le procédé décrit dans le brevet britannique précité n" 1 375 544 ou par les procédés décrits dans l'article précité de Short et al, assurant la formation d'organismes très flagellaires. L'adjuvant à base d'aluminium est d'un type qui, de façon inhérente, accroît la réponse des anticorps à la matière antigénique, et il peut être choisi parmi les adjuvants bien connus dans la technique tels que l'alun de potassium, l'hydroxyde d'aluminium et le phosphate d'aluminium. Des adjuvants particulièrement avantageux sont des gels thixotropes d'hydroxyde d'aluminium de type ss qui portent une charge positive en l'absence d'électrolyte. Un exemple d'un tel gel est le gel "Alhydrogel". De préférence, les compositions contiennent de 0,25 à 4,0 % v/v de l'adjuvant à base d'aluminium (v/v signifiant "en volume par unité de volume"). L'émulsion a une phase continue d'huile-uni- que et une phase aqueuse dispersée unique (c'est-a-dire qu'il s'agit d'une émulsion biphasée du type eau-dansl'huile), et on peut la préparer à l'aide d'un ou plusieurs agents émulsifiants et d'une huile. Naturellement, les agents émulsifiants incorporés aux compositions ne doivent pas être toxiques et doivent être compatibles avec les composants antigéniques du vaccin. Ils sont de préférence d'un type non ionique afin qu'ils aient moins tendance à précipiter sous l'action des différents ingrédients de la préparation antigénique que les agents émulsifiants cationiques ou anioniques. En outre, la protéine de l'antigène risque moins de se dénaturer lorsque l'agent émulsifiant utilisé est de type non-ionique. La combinaison, les quantité-s et les proportions d'agents émulsifiants choisis doivent aussi être telles que, après incorporation aux vaccins, elles donnent une-accentuation maximale du caractère antigénique et de la stabilité de l'émulsion, et de préférence, il s'agit d'un agent lipophile et d'un agent hydrophile. Les agents émulsifiants lipophiles sont de préférence des agents tensioactifs non-ioniques ayant une faible balance hydrophile-lipophile, comprise entre 8 et 20 (comme décrit dans les articles de William C. Griffon, "Calculation of HLB values of non-ionic surfactants", Journal of the Society of Cosmetic Chemists (1954) volume 5, pages 249-256, et de Osipow, "Surface Chemistry, ACS Monograph 153", pages 295-314, Reinhold, 1962). I1 s'agit d'une plage large de valeurs de la balance hydrophile-lipophile des agents émulsifiants incorporés de façon la plus avantageuse dans la phase huileuse, et une plage optimale de ces valeurs est comprise entre 2 et 6. Parmi les agents émulsifiants lipophiles qui con-viennent, on peut citer les diesters et triesters des polyols et des acides gras, les acides gras oxydés, et les esters partiels des acides gras courants tels que les acides palmitique, laurique, stéarique et oléique avec des anhydrides d'Hexitol tirés du sorbitol ou du mannitol.Des exemples d'agents émulsifiants particuliers sont les esters d'acides gras et de mannitanne et de sorbitanne tels que le monooléate de mannide ("Arlacel" A, BHL = 4,3), le monooléate de sorbitanne L'agent émulsifiant hydrophile utilisé dans les compositions a de préférence une balance hydrophilelipophile comprise entre environ 9 et 20 et de façon optimale entre B1 et 18. Des catégories de composés qui conviennent sont les esters d'acides gras et de polyglycols, les esters d'acides gras modifiés par le polyoxyéthylène, les esters d'acides gras et d'un polyol modifiés par du polyoxyéthylène, les éthers d'alcools gras modifies par du polyoxypropylène, et les esters d'acides gras et de polypropylèneglycol. Une catégorie particulièrement avantageuse de composés est celle des dérivés de polyoxyalkylène des esters d'acides gras et de polyols tels que les dérivés de polyoxyéthylène des esters partiels des acides laurique, palmitique, stéarique et oléique et des anhydrides d'hexitol.Des exemples d'agents émulsifiants sont le monolaurate de polyoxyéthylene(20)sorbitanne ("Tween" 20, BHL = 16,7), le monopalmitate de polyoxyethylène(20)sorbitanne ("Tween" 40, BHL - 15,6), le monostéarate de polyoxyéthylène(20)- sorbitanne ("Tween" 60, BHL = 14,9), le monooléate de polyoxyéthylène Toute huile non toxique d'origine végétale ou minérale, compatible avec la matière antigénique, peut être utilisée dans les compositions selon l'invention. Les huiles minérales de qualité pharmaceutique sont particulièrement avantageuses car ellesforment en général une émulsion nettement plus stable et moins irritante pour les tissus. Les huiles liquides légères de paraffine ("Bayol" F et "Drakeol" nO 6R) forment des émulsions et compositions satisfaisantes. Le liquide de la phase aqueuse peut être formé du milieu de culture ou, lorsque les cellules sont extraites ou récoltées, d'eau ou d'une solution saline aqueuse. Les compositions selon l'invention peuvent être formées par l'une quelconque des techniques bien connues pour la préparation des émulsions de matières biologiques et elles peuvent être préparées en fait par agitation vigoureuse d'un mélange aqueux d'antigène et d'adjuvant à base d'aluminium, avec l'huile et le ou les agents émulsifiants. Le mélange aqueux d'antigènes et d'adjuvants à base d'aluminium est préparé par inactivation des organismes B. nodosus, à l'aide par exemple de formaline, par concentration de la culture ou anaculture à 30 % environ du volume original de la culture, mais de préférence, à au moins 10 %, par l'une quelconque des techniques connues, et par addition de l'adjuvant à base d'aluminium dans la solution aqueuse contenant l'antigène. L'adjuvant à base d'aluminium peut être ajouté après concentration ou la concentration peut ellemême mettre en oeuvre un adjuvant à base d'aluminium. Un exemple de la première technique citée met en oeuvre la précipitation au point isoélectrique et un exemple de la seconde technique est la coprécipitation avec un agent floculant. La précipitation au point isoélectrique convient particulièrement bien àune matière antigénique contenant des organismes B. nodosus très flagellaires. Selon cette technique, le pH de la culture ou anaculture est abaissé par addition d'un acide, approximativement au point isoélectrique des cellules, bien qu'un pH plus faible puisse être utilisé. Des acides qui conviennent peuvent être choisis parmi les acides minéraux tels que les acides chlorhydrique, phosphorique et surtout sulfurique et parmi les acides organiques forts tels que les acides acétique et lactique. Le pH est avantageusement inférieur à 6,0 et de préférence à 5,6 et il est très avantageusement compris entre 4,8 et 5,2. Au-dessous du pH 4,8, la précipitation est complète mais, suivant la matière antigénique particulière utilisée, l'antigène peut se déteriorer. Après l'abaissement du pH, la température de la culture ou de l'anaculture est réduite entre 4 et 120C. La coprêcipitation à l'aide d'un agent floculant peut être obtenue par addition d'une solution stérile de l'agent floculant à l'anaculture et par ré- glage du pH, par exemple avec une base, assurant une précipitation optimale. Après sédimentation à froid (par exemple pendant deux jours ou plus) le liquide limpide qui surnage est retiré et jeté, Si bien que les cellules et la matière protéinique (comprenant les flagelles) sont concentrées dans l'anaculture. Bien qu'une partie de l'agent floculant puisse être jetée avec la liqueur qui surnage, il est préférable que la quantité utilisée pour la précipitation soit limitée puisque plus la quantité utilisée est importante, plus la quantité qui apparaît dans le précipité (concentré de cellules) est élevée et plus le vaccin forme est irritant. Des agents floculants qui conviennent sont les sulfates, les chlorures et les hydroxydes insolubles de cations polyvalents et des polymères polyanioniques tels que la carboxyméthylcellulose sodique et 1 'hydroxypropylméthyl- cellulose. L'alun de potassium convient particulièrement dans le cadre de l'invention car il peut aussi jouer le rôle de l'adjuvant à base d'aluminium. On constate que 1 volume d'une solution à 10 % en poids par volume d'alun de potassium ajouté à 7 volumes d'anaculture (soit 1,25 % en poids par volume d'alun au total), pour un pH réglé à 5,4, forme un précipité ayant les pro priétés convenables et un liquide limpide qui surnage. Plus le pH est élevé (par exemple égal à 5,8, ou 6,4), plus le temps nécessaire à l'éclaircissement complet du liquide qui surnage est important. Plus la concentration de l'alun est faible et plus le temps d'éclaircissement nécessaire est long. La compacité du précipité dépend aussi de la quantité d'alun ajoutée au système ainsi, l'addition de 1 volume d'une solution à 10 % en poids par volume d'alun à 11 volumes d'anaculture (soit au total 0,83 % d'alun en poids par volume) forment un précipité à peine acceptable, présentant un temps de sédimentation incommodément long, alors que l'addition d'un volume de solution d'alun à 4 volumes d'anaculture (soit 2,0 % d'alun en poids par volume) forme un précipité très diffus qui ne se tasse pas suffisamment en l'absence de centrifugation pour pouvoir être utilisé pour la récolte des cellules.De manière analogue, la substance purifiée "Alhydrogel" à base d'hydroxyde d'aluminium, lorsqu'elle est ajoutée à des anacultures de B. nodosus, reste en phase dispersée pendant un long moment si bien que la récolte des protéines et cellules absorbées doit être effectuée par centrifugation. Une autre technique de concentration de la culture ou anaculture, mis à part la centrifugation, est l'ultrafiltration et l'une quelconque de ces deux dernières techniques peut être utilisée en coopération avec la précipitation au point isoélectrique ou la coprécipitation. Dans le cas où la matière antigénique contient plus d'un sérotype de B. nodosus, on prépare un mélange aqueux d'antigène et d'adjuvant à base d'aluminium comme décrit précédemment pour chaque souche ou variante, et on mélange, avant émulsification, des quantités sensiblement égales de chacun des mélanges formés. On prépare avantageusement l'émulsion par mélange de l'huile avec l'agent émulsifiant lipophile, par mélange de l'ingrédient aqueux contenant l'antigène et l'adjuvant avec l'agent émulsifiant hydrophile, et par combinaison des phases huileuse et aqueuse. Une addition lente de la phase aqueuse dans la phase huileuse, avec agitation, est avantageuse afin que la tendance à la formation d'une émulsion du type huiledans-l'eau soit minimale.On peut obtenir des dispersions très poussées de la phase aqueuse par broyage ou homogénéisation dans un broyeur colloldal, l'opération pouvant être poursuivie jusqu'à ce qu'aucune réduction supplémentaire de la dimension particulaire se manifeste. La proportion optimale d'huile par rapport à la phase aqueuse dans un vaccin dépend de divers facteurs tels que la concentration de la matière antigénique dans la phase aqueuse, la viscosité voulue pour le vaccin, et l'antigénicité de la matière antigénique. La phase aqueuse ne dépasse pas 60 % de préférence et n'est pas inférieure à 10 e du volume total de l'6mul- sion de préférence. Une plus grande proportion d'eau est indésirable parce qu'elle augmente la viscosité et rend l'émulsion instable, et une proportion inférieure à 10 % rend difficile l'incorporation d'une quantité suffisante d'antigène sans que les doses aient un volume trop important.On constate qu'on obtient des vaccins satisfaisants lorsque la phase aqueuse constitue 20 à 50 % en volume de l'ensemble du vaccin. Lorsque la proportion d'eau doit être importante, par exemple supérieure à 40 %, on doit prendre des précautions afin d'éviter la formation d'une émulsion du type huile-dans l'eau et l'instabilité de l'émulsion. On constate que des émulsions contenant du trioléate de polyoxyéthylène (20)sorbitanne peuvent être stabilisées par addition de "Falba" qui est un agent stabilisant contenant des huiles de paraffine de cire d'abeilles ayant diverses viscosités et des oxycholestérines extraites de la la nolise. La quantité d'agent émulsifiant nécessaire dans les phases respectives dépend de divers facteurs et en particulier des balances hydrophile-lipophile des agents émulsifiants et de l'huile choisie, et on estime que des quantités a d'agent émulsifiant lipophile compri- ses entre 2,5 et 15 % en volume et d'agent émulsifiant hydrophile comprises entre 0,5 et 10,0 % en volume, dans les phases correspondantes, permettent la formation de vaccins ayant les propriétés décrites dans le présent mémoire. On obtient une accentuation considérable de l'antigénicité des antigènes par utilisation d'agents émulsifiants respectifs en quantité comprise entre 5 et 12 % du volume de la phase huileuse et entre 0,2 et 7 % du volume de la phase aqueuse. Les compositions selon l'invention peuvent être mises sous forme d'un vaccin qui peut être administré par conditionnement de la composition de concentration convenable dans un récipient, sous forme d'une préparation stérile. La composition doit être stérilisée après l'émulsification ou les ingrédients individuels doivent être stérilisés préalablement puis émulsifiés dans des conditions stériles. Les compositions selon l'invention peuvent être stérilisées par chauffage et filtration assurant la stérilisation des ingrédients ou par utilisation du rayonnement gamma, sans réduction de l'activité ou de la stabilité. Le vaccin final est introduit dans des ré- cipients stériles puis enfermé de manière étanche. Le vaccin contient avantageusement une substance bactériostatique du type utilisé en général dans les vaccins bactériens morts, et on peut incorporer à cet effet, à la phase aqueuse de la composition, 0,01 % de thiomersal (éthylmercurithiosilicylate de sodium) en poids par volume. Le vaccin préparé finalement contient avantageusement, au total, 2,5.107 à 1.1011 et de préférence 1.108 à 1,25.109 organismes morts par centimètre cube de la préparation. Les vaccins selon l'invention sont avantageusement administrés à des animaux par injection souscutanée, intra-musculaire ou intra-péritonéenne. I1 est avantageux que le vaccin soit administré à un emplacement auquel toute réaction locale postérieure à l'administra- tion pose peu de problèmes aux fermiers, par exemple sur la partie dorsale antérieure du cou ou sur la mâchoire inférieure.Une plage très avantageuse de dosage s'étend entre 1.108 et 1.1011 organismes morts par dose, cette quantité étant avantageusement comprise entre 1.108 et 1.1010 organismes par dose, la dose étant la quantité totale de matiere antigénique administrée en une seule fois à un animal tel qu'un mouton, dans un volume convenable de liquide, par exemple de 1 à 2 cm3. La dose de vaccin peut être administrée à un animal en une seule fois ou sous forme de plusieurs doses élémentaires, et ces dernières peuvent être adminitrées au cours d'une période déterminée ou par injection simultanée des doses élémentaires à des emplacements différents. Un programme convenable d'immunisation peut comprendre une injection de la dose ou deux injections d'une dose élémentaire chacune, effectuées simultanément à des emplacements differents sur l'animal. Le programme optimal de dosage dépend evidemmant des souches d'organismes choisis comme base pour la préparation du vaccin, du nombre total d'organismes utilisés, de la nature de l'adjuvant et de la voie d'administration. On constate qu'une administration particulièrement avantageuse est celle d'un vaccin contenant 3.108 organismes par centimère cube, en une seule dose de 1 ou 2 cm3 par voie sous-cutanée, suivie d'une seconde injection du même volume et de même concentration, par même voie, après un intervalle d'au moins 6 semaines et de préférence 12 semaines. Des doses de rappel doivent être administrées juste avant la propagation saisonnière prévue du fourchet. Un vaccin selon l'invention peut contenir non seulement la matière antigénique tirée de B. nodosus, mais aussi une matière antigénique tirée d'autres bactéries qui sont des organismes capables de provoquer des maladies, par exemple du mouton, et en particulier F. necrophorum ou du genre clostridium. Une combinaison particulièrement avantageuse d'un vaccin multiple contient une préparation d'un ou plusieurs antigènes de clostridium, décrite dans le brevet britannique nO 1 143 545, associée à une composition antigénique de B. nodosus préparée comme décrit précédemment.L'invention concerne donc (a) Une composition antigénique contenant une émulsion biphasée du type eau-dans-l'huUe contenant une matière antigénique tirée d'organismes Bacteroides nodosus ou formée de tels organismes, et un adjuvant à base d'aluminium, dans la phase aqueuse de l'émulsion. (b) Un procédé de préparation d'une composition antigénique selon le paragraphe (a), comprenant l'émulsification d'un milieu aqueux contenant une ma tière antigénique tirée d'organismes B. nodosus ou formée de tels organismes, et un adjuvant à base d'aluminium, à l'aide d'une huile. (c) Un vaccin comprenant une préparation stérile d'une composition selon le paragraphe (a). (d) Une méthode prophylactique ou de traitement d'une infection des moutons par le fourchet, comprenant l'administration aux moutons d'une dose efficace et non toxique d'un vaccin selon le paragraphe (c). On considère maintenant à titre purement illustratif et non limitatif, des exemples de mise en oeuvre de l'invention. Exemple 1 de référence - culture d'organismes On inoculedesorganismes de B. nodosus (souche CSIRO 198) obtenus par culture de germes, dans un milieu (du type décrit dans l'article de Thorley, C.M. (1976), J. Appl. Bact., 40, 301-309, page 302) contenu dans des flacons à bouchon vissé, et on chasse l'air à l'aide d'un mélange contenant 10 % d'anhydride carbonique et 90 % d'azote. On maintient les cultures à 370C pendant 20 à 40 h, et on tue les organismes par addition de formaline (0,5 % en poids par poids). L'examen des organismes au microscope électronique montre que 90 z au moins d'entre eux sont très flagellaires (possédant plus de 100 flagelles par organisme). Exemple 2 - composition antigénique On traite 3,2 1 d'une anaculture traitée par le formol, contenant des organismes B. nodosus très flagellaires, obtenue comme décrit dans l'exemple 1, par 320 cm3 d'une solution aqueuse d'alun de potassium (à 10 z en poids par volume), et on règle le pH du mélange à 6,2 par addition d'une solution aqueuse d'hydroxyde de sodium (à 40% en poids par volume). Après maintien du mélange à 40C pendant 24 h, on jette le liquide qui surnage au-dessus des organismes précipités, jusqu'à ce que le volume soit réduit à 1,2 1. On ajoute alors 30 em3 d'une solution à 40 % v/v de "Tween" 80 et 1,2 cm3 d'une solution aqueuse à 10 % de thiomersal, et on émulsifie l'ensemble avec un mélange (2,8/1) contenant 10 % v/v d"'Arlacel" A et 90 % v/v de "Marcol". Exemples 3 à 6 - compositions antigéniques On collecte des organismes B. nodosus très flagellaires par précipitation au point isoélectrique, par traitement des anacultures avec une quantité suffisante d'une solution aqueuse diluée d'acide sulfurique pour que le pH soit réduit à 5,0. Après maintien pendant 3 jours à 16-200C, on concentre les organismes 9 à 10 fois par évacuation de 133,7 1 de liqueur qui surnage. On utilise les organismes pour la préparation de compositions de vaccins des exemples 3 à 6, comme indiqué dans le tableau I qui suit. Dans tous les cas, on dilue l'anaculture concentrée (colonne 3) par une solution aqueuse de chlorure de sodium, et on ajoute du thiomersal au mélange aqueux (colonne 7) afin que la concentration soit égale à 0,01 % en poids par volume avant l'emulsifica- tion avec l'huile (colonne 8). Dans les exemples 4 à 6, le pH -est réglé après l'addition de l'agent émulsifiant hydrophile. TABLEAU I colonne 1 colonne 2 colonne 3 colonne 4 colonne 5 colonne 6 colonne 7 colonne 8 Ex. N anacultu- concentra- dilution addition pH réglé agent volume volume re (volu- tion (fois) par une d'adju- à émulsi- total de de "l'hui me, cm ) solution vant à fiant la phase le", l aqueuse base d'a- hydro- aqueuse, de chlo- luminium phile 1 rure de sodium (0,9% p/v) 3 200 10 700 cm alun de po- 6,1 T80 1,054 2,459 tassium3 (13,3 cm ) (154 cm ; 10% p/v) 4 200 10 644 cm AH (210 cm ) 6,1 T80 1,054 2,459 (13,3 cm ) 5 300 9,2 1,7 1 AH (500 cm ) 6,1 T80 2,5 2,5 (62,5 cm ) 6 500 9,2 1,5 1 AH (500 cm ) 6,1 T80 2,5 2,5 (62,5 cm ) 7 6 1 3 - alun de po- 6,2 T80 3,078 7,0 tassium (75 cm ) (1,2 1, 10% p/v T80 : solution à 40 % v/v de monooléate de sorbitanne ("Tween" 80) AH : gel thioxotrope d'hydroxyde d'aluminium de type ss ("Alhydrogel") "huile" : comprend un mélange de monooléate de mannide ("Arlacel" A) (10 % v/v et de "Marcol" (90 % v/v) Exemple 7 - composition antigénique On prépare une autre composition, d'après le procédé décrit dans l'exemple 2, à l'aide d'organismes B. nodosus trè-s flagellaires (obtenus comme décrit dans l'exemple 1), dans les conditions indiquées dans le tableau I. Exemple 8 - vaccins On introduit les compositions des exemples 3 à 7 dans des flacons stériles de 1, 2 et 10 cm31 et on les ferme de manière étanche et on les stérilise par rayonnement gamma. Exemple 9 - activité Au cours de cette expérience, on vaccine 4 groupes de 5 moutons par voie sous-cutanée, sur la mâchoire inférieure, avec 2 cm3 de vaccin préparé comme décrit dans l'exemple 2 (vaccin A) et avec 3 autres préparations de vaccin (vaccinsB, C et D). Six semaines plus tard, on donne à tous les moutons une seconde dose de vaccin analogue à tous égards à la première, et on soumet cinq moutons de chacun des groupes vaccinées à une infection par une culture vivante de la souche du vaccin, appliquée directement sur chaque pied (prédisposé). Ensuite, on fait subir une attaque infectieuse à des intervalles d'un mois à chaque groupe de 5 moutons, afin que la:dernière attaque infectieuse ait lieu 12 semaines après la seconde vaccination. On détermine cliniquement la présence du fourchet sur les pieds trois semaines après chaque attaque infectieuse. On considère qu'un vaccin donne une protection insuffisante lorsgXun ou plusieurs pieds présentent une infection sousjacente par le fourchet ou une dermatose importante entre les doigts, sur deux ou plusieurs pieds de deux au moins des cinq animaux,-et on n'effectue plus d'essai avec un tel vaccin. On évalue simultanément les quatre vaccins expérimentaux (vaccins A, B, C et D) par comparaison avec un groupe témoin de moutons non vaccinés afin que la virulence de la culture infectieuse soit vérifiée. On utilise cinq lots de 4 x 5 moutons. On prélève des échantillons de sang initialement, après 6 semaines et au moment de l'évaluation clinique. On détermine les titres d'agglutination et on calcule des titres sous forme d'une moyenne géométrique. Le tableau II indique les résultats des essais. On note que le vaccin A à organismes flagellaires du type alun-huile selon l'invention est le seul qui assure la protection des moutons à la quatrisme attaque infectieuse. Deux semaines après l'évaluation des pieds, les lésions du pied du seul mouton à avoir été infecté dans ce groupe vacciné, ont disparu, alors que celles des cinq moutons du groupe témoin sont aussi sévères qu'auparavant. En outre, on constate une différence très nette entre les titres d'agglutination de sérum des moutons immunisés par le vaccin A et des moutons auxquels on a injecté les autres vaccins. La seconde attaque infectieuse n'était pas valable étant donné que trois des moutons témoins n'ont pas été infectés. La quatrième attaque a été très sévère, les moutons témoins étant très infectés lors d'un examen préliminaire postérieur de 10 jours à l'infection. On considère que cette expérience montre pour la première fois la possibilité de la protection des moutons par vaccination contre le fourchet, pendant une période de 12 semaines suivant la dernière dose de vaccin. Les vaccins B, C et D sont identiques au vaccin A, aux exceptions suivantes : - vaccin B : les organismes n'étaient pas virulents et étaient de type génétique non flagellaire, c'està-dire qu'on n'en trouve aucun qui possède plus de 20 flagelles par bactérie, - vaccin C : l'adjuvant à base d'aluminium était supprimé, - vaccin D : l'adjuvant à base d'aluminium était supprimé, et les organismes étaient de type non flagellaire comme dans le vaccin B. TABLEAU II 1 ère attaque 2ème attaque 3ème attaque 4ème attaque Vaccin infectieuse infectieuse infectieuse infectieuse moutons titre moutons titre moutons titre moutons titre atteints atteints atteints atteints A flagel- 0/5 59 020 0/5 124 000 0/5 40 960 1/5 13 510 laire (alum/huile) B non fla- 0/5 33 630 0/5 17 800 2/5 3 880 non testé gellaire (alun/huile) C flagel- 0/5 11 880 1/5 8 900 1/5 13 490 4/6 2 560 laire (huile) D non fla- 0/5 11 890 1/5 7 759 1/5 1 940 6/6 320 gellaire (huile) Témoin 5/5 80 2/5 - 4/5 80 5/5 160 non vacciné Exemple 10 - activité des vaccins Dans ces expériences, on compare les vaccins préparés à partir des compositions des exemples 3 à 7 à des vaccins ayant le seul alun comme adjuvant (vaccins F et G). On traite des moutons non atteints du fourchet, soit avec une seule dose du vaccin des exemples 3 à 7, soit avec deux doses de ces vaccins, espacées de 6 semaines. A des intervalles après la vaccination, on compare des groupes de moutons vaccinés avec des témoins non vaccinés afin de déterminer la résistance à l'infection par une attaque infectieuse artificielle par une culture vivante de B. nodosus comme décrit dans l'exemple 9. Les résultats figurent dans le tableau III. TABLEAU III Vaccin Dose du Attaque infectieuse après vaccination vaccin, (moutons atteints) cm , 8 semaines 12 semaines 15 semaines ex. 3 1 1/5 0/4 ex. 4 1 0/5 0/5 ex. 5 2 - - 0/5 ex. 6 1 0/5 - 0/5 ex. 7 1 0/5 1/5 t - ex. 7 2 0/4 0/5 F 2x2 4/5 G 2x2 4/5 témoins 0 4/5 5/5 4/5 REVENDICATIONS 1. Composition antigénique, du type qui comprend une émulsion contenant une matière antigénique formée d'organismes Bacteroides nodosus ou tirée de tels organismes, ladite composition étant caractérisée en ce que l'émulsion est une émulsion biphasée du type eaudans-l'huile, contenant la matière antigénique et un adjuvant à base d'aluminium dans la phase aqueuse de l'émulsion. 2. Composition selon la revendication 1, caractérisée en ce que les organismes B. nodosus sont de type très flagellaire. 3. Composition selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisée en ce que les organismes B. nodosus sont de la variante très flagellaire de la souche déposée ATCC nO 3145. 4. Composition selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée en ce que l'adjuvant à base d'aluminium est choisi dans le groupe qui comprend l'alun de potassium, l'hydroxyde d'aluminium et le phosphate d'aluminium. 5. Composition selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisée en ce que l'adjuvant à base d'aluminium est choisi dans le groupe qui comprend l'alun de potassium et les gels thixotropes d'hydroxyde d'aluminium de type B. 6. Composition selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisée en ce que l'émulsion contient un agent émulsifiant non-ionique. 7. Composition selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisée en ce que l'émulsion contient un agent émulsifiant lipophile. 8. Composition selon la revendication 7, caractérisée en ce que l'agent émulsifiant lipophile est un ester d'acide gras et de manitanne ou de sorbitanne. 9. Composition selon l'une des revendications 7 et 8, caractérisée en ce que l'agent émulsifiant lipophile est le monooléate de mannide. 10. Composition selon l'une quelconque des revendications 7 à 9, caractérisée en ce que la quantité d'agent émulsifiant lipophile est comprise entre 5 et 12 % v/v de la phase huileuse de l'émulsion. 11. Composition selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisée en ce qu'elle contient un agent émulsifiant hydrophile. 12. Composition selon la revendication 11, caractérisée en ce que l'agent émulsifiant hydrophile est un dérivé de polyoxyalkylène et d'un ester d'acide gras et de polyol. 13. Composition selon l'une des revendications 11 et 12, caractérisée en ce que l'agent émulsifiant hydrophile est le monooléate de polyoxyéthylène 14. Composition selon l'une quelconque des revendications 11 à 13, caractérisée en ce que la quantité d'agent émulsifiant hydrophile est comprise entre 0,2 et 7 % v/v de la phase aqueuse de l'émulsion. 15. Composition selon l'une quelconque des revendications 1 à 14, caractérisée en ce que la phase aqueuse de l'émulsion est une huile minérale. 16. Composition selon la revendication 15, caractérisée en ce que l'huile est une huile liquide de paraffine. 17. Composition selon l'une quelconque des revendications 1 à16, caractérisée en ce que la phase aqueuse forme 10 à 60 % v/v de l'émulsion. 18. Composition selon l'une quelconque des revendications 1 à 17, caractérisée en ce que la phase aqueuse forme 20 à 50 % v/v de la composition. 19. Composition selon l'une quelconque des revendications 1 à 18, caractérisée en ce que la quantité de matière antigène est comprise entre 2,5.107 et 1.1011 organismes de B. nodosus par centimètre cube de composition. 20. Vaccin, du type qui comprend une préparation stérile d'une composition antigénique comprenant une émulsion qui contient une matière antigénique formée d'organismes Bacteroides nodosus ou tirée de tels organismes, ledit vaccin étant caractérisé en ce que l'émulsion est une émulsion biphasée du type eau-dansl'huile contenant la matière antigénique et un adjuvant à base d'aluminium dans la phase aqueuse de l'émulsion. 21. Vaccin selon la revendication 20, caractérisé en ce que la phase aqueuse de l'émulsion contient une substance bactériostatique. 22. Procédé de préparation d'une composition antigénique selon l'une quelconque des revendications 1 à 19, du type qui comprend la dispersion de la matière antigénique formée par les organismes de B. nodosus ou tirée de ces organismes, dans un milieu aqueux, et l'émulsification de ce milieu aqueux avec une huile, ledit procédé étant caractérisé en ce que le milieu aqueux contient un adjuvant à base d'aluminium. 23. Vaccin selon l'une des revendications 20 et 21, destiné à la prophylaxie ou au traitement d'une infection du mouton par le fourchet.