On sait que les bandes sans fin, parfois appelées courroies transporteuses ou tapis transporteurs, constituent des dispositifs qui conviennent particulièrement bien à la manutention de nombreux produits ou articles en vrac. Par contre elles comportent l'incon vénient que la matière transportée se trouve à l'air libre; ce qui peut être indésirable dans certains cas, par exemple avec des produits malodorants ou dangereux. On doit alors prévoir de les enfermer dans des tunnels étanches. Cette solution complique les installations et en élève le cotit dans une mesure considérable. L'invention vise a éliminer cet inconvénient et à permettre d'établir un dispositif de bande transporteuse qui réalise l'équivalent d'une gaine étanche dans laquelle le produit se trouverait enfermé pour son transport. Elle comporte en outre l'avantage d'augmenter sensiblement à largeur égale la capacité utile de la bande. Conformément à l'invention la bande porte sur sa face supérieure une série d'éléments de recouvrement agencés de manière telle que leur succession délimite sur les parties rectilignes du parcours de celle-ci un espace tubulaire à paroi latérale étanche, ces éléments étant faits en une matière suffisamment déformable élastiquement pour leur permettre de s'écraser contre la bande dans les parties recourbées du parcours et notamment sur les poulies dlentrainement et de renvoi. On comprend aisément qu'ainsi les matières transportées se trouvent isolées de l'ambiance sur le parcours rectiligne utile de la bande. Sur les poulies les éléments s'écartent évidemment les uns des autres en découvrant des espaces qui permettent précisément le chargement et le déchargement du produit. Vers ces postes le produit se trouve à découvert, mais comme il s' agit en quelque sorte de simples points sur la longueur du transporteur; il n1 est ni difficile, ni très coûteux de prévoir des dispositifs d'isolement. L'étanchéité des éléments successifs peut être obtenue par simple contact à plat de leurs bords d'extrémité, notamment s'ils sont faits en des matières telles que le caoutchouc ou équivalent. Mais pour améliorer cette étanchéité on peut prévoir une certaine compé nétration d'un élément dans l'autre, par exemple par le moyen de bords biseautés, de parties d'emboîtement, etc... Le dessin annexé, donné à titre d'exemple, permettra de mieux comprendre l'invention, les caractéristiques qu'elle présente et les avantages qu'elle est susceptible de procurer Fig. 1 est une vue en perspective d'un tronçon rectiligne d'une bande transporteuse suivant l'invention. Fig. 2 est une vue de côté représentant le poste de chargement d'une installation de transport équipée d'une telle bande, le bâti étant supposé enlevé pour ne pas compliquer le dessin. Fig. 3 représente de même manière le poste de déchargement. Fig. 4 est une coupe de détail suivant IV-IV (fig. 2). Fig. 5 est une coupe de détail d'une bande suivant l'invention dans laquelle les éléments successifs se compénètrent grâce à des bords biseautés. Fig. 6 indique une variante avec bords s'emboîtant l'un dans l'autre. Fig. 7 indique une variante du poste de chargement de fig. 2. La bande représentée en fig. 1 comprend une embase 1 qui correspond à une courroie plate usuelle, la face superieure de cette courroie portant une série d'éléments 2 en forme de gouttière renversées dont les bords lui sont fixés de toute manière appropriée, par exemple par vulcanisation, soudure à chaud, collage, etc... Les éléments 2 successifs réalisent ainsi sur les parties rectilignes du parcours de la bande une sorte de tunnel continu et ils sont aboutés les uns contre les autres de manière à ce que-les parois de ce tunnel soient substantiellement étanches. En outre ils sont réalisés en une matière très déformable élastiquement, telle par exemple que le caoutchouc ou le polyuréthane. On notera à cet égard que l'emploi d'une telle matière facilite considérablement la réalisation de l'étanchéité entre les bords d'extrémité en contact des éléments successifs. Au poste de chargement représenté en fig. 2 la bande suivant fig. 1 passe comme à l'ordinaire sur une poulie de renvoi 3. Du fait de la courbure que cette poulie impose à la bande, les éléments 2 se séparent les uns des autres tout en tendant a s'écraser quelque peu contre l'embase 1. En vue de permettre l'utilisation de cet écartement pour charger la bande, on a prévu un tambour 4 portant sur sa périphérie des sortes de rampes incurvées 4a qui viennent s'appliquer contre la poulie 3, chacune desdites rampécrasant contre cette poulie la zone aval des éléments 2 successifs, comme montré en fig. 4. Ainsi qu'on peut le voir en fig. 2, l'élément 2 ainsi écrasé par l'arrière constitue l'équivalent d'un godet débouchant vers le haut et qu'on peut charger sans difficulté par le moyen d'une trémie d'injection, telle que 5.Pour eviter que la tré mie 5 ne débite intempestivement du produit entre les passages successifs des éléments 2, on peut lui associer un tiroir 6 convenablement commandé pour ne l'ouvrir que pendant les temps durant lesquels les éléments 2 forment godets récepteurs. Bien entendu le tambour 4 doit entre entraîné en synchronisme avec la poulie 3 et la bande 1-2 elle-même. On a encore représenté en fig. 2 des rouleaux 7 prévus à la façon habituelle pour supporter la bande dans son parcours rectiligne utile. Pour éviter que le poste de chargement ne donne lieu à des inconvénients, par exemple à des émanations d'odeurs, on peut l'enfermer dans un capotage tel que 8. Le poste de déchargement représenté en fig. 3 est pratiquement identique au poste de chargement de ìg. 2, et on a, par conséquent, utilisé les mêmes références pour désigner les mêmes pièces. La seule différence est que les plans inclinés 4a sont orientés à l'inverse de manière à conformer les éléments 2 en godets s'ouvrant au passage vers le bas pour décharger le produit, lequel tombe dans une trémie réceptrice 9. Là encore cette trémie peut se prolonger vers le haut pour constituer le capotage 8 précité. On comprend que l'installation de transport ainsi réalisée évite les inconvénients des transporteurs usuels à bande sans fin, le produit transporté étant enfermé sur tout son parcours. Un autre avantage réside dans le fait que si les éléments 2 sont remplis de façon à peu près complète au poste de chargement, la capacité de transport de la bande suivant l'invention est notablement supérieure à celle d'une bande classique. En effet la première représente presque l'équivalent d'un tuyau cylindrique, alors que dans les meilleurs conditions la seconde ne correspond qu'à une gouttière, dont la section s'étend sur 1800 au maximum. Pour améliorer l'étanchéité entre les éléments 2 successifs et assurer le centrage de ceux-ci les uns par rapport aux autres on peut, comme montré fig. 5, biseauter en sens inverse les bords 2a, 2b en vis-à-vis de ces éléments 2 de manière qu'ils se compénètrent légèrement. Bien entendu la largeur du biseau va en diminuant progressivement jusque vers l'embase 1 où elle est nulle ou très faible. On oblige ainsi les éléments à rester alignés les uns avec les autres et l'on évite que par suite d'une déformation intempestive l'un d'eux ne se trouve déporté latéralement en faisant apparaître une ouverture dans le tunnel. Fig. 6 indique une variante de la fig. 5 dans laquelle il est prévu un emboîtage proprement dit des bords en vis-à-vis. Le bord de l'un des éléments comporte une sorte d'escalier dépassant 2c, tandis que l'autre est creusé d'une dépression correspondante 2d. Bien entendu l'escalier 2c doit être légèrement biseauté pour assurer son engagement dans la dépression. D'autre part pour faciliter l'ouverture des espaces intermédiaires entre les éléments successifs sur les poulies de détour aux postes respectifs de chargement et de déchargement, on peut prévoir ces poulies non plus circulaires, mais bien polygonales, comme représenté en fig. 7. Bien entendu la longueur de chaque côté du polygone doit correspondre à celle d'un élément 2. I1 faut en outre prévoir des moyens pour que la bande ne glisse pas sur les poulies, car alors chaque élément pourrait se trouver appliqué sur deux cotés successifs, ce qui fermerait les espaces intermédiaires au lieu de les ouvrir. I1 est facile d'éviter pareil glissement en crantant la face interne de l'embase 1 et en creusant des dépressions correspondantes sur les poulies. I1 faut encore que les deux poulies soient entraînées en synchronisme exact. Enfin il convient d'arrondir très légèrement les sommets du polygone pour éviter tout angle vif. Suivant une autre variante on remplace les plans inclinés des tambours par des lamelles prévues soit élastiques et déformables, soit rigides, mais articulées au tambour avec ressort les sollicitant vers l'extérieur. Il est facile de comprendre que de telles lamelles peuvent suivre les éléments sur un arc notable de leur déplacement autour des poulies et par conséquent assurer pendant plus longtemps l'écrasement de l'extrémité amont (ou aval) de chaque godet au cours du chargement, respectivement du déchargement. I1 doit d'ailleurs étre entendu que la description qui précède n'a été donnée qu'à titre d'exemple et qu'elle ne limite nullement le domaine de l'invention dont on ne sortirait pas en remplaçant les détails d'exécution décrits par tous autres équivalents. REVENDICATIONS 1. Bande transporteuse, caractérisée en ce qu'elle comprend une embase plate propre à s'enrouler sur des poulies à la façon d'une courroie transporteuse usuelle, et une série d'éléments déformables successifs à profil en forme de gouttière renversée dont les bords sont fixés à l'embase de manière que sur les parcours rectilignes de ladite bande ces éléments constituent avec l'embase une sorte de tunnel à parois substantiellement étanches propre à renfermer la matière transportée, tandis que sur les poulies d'extrémité lesdits éléments ménagent entre eux des espaces intermédiaires permettant le chargement ou respectivement le déchargement de la matière transportée. 2. Bande transporteuse suivant la revendication 1, caractérisée en ce que les bords en vis-à-vis des éléments sont biseautés de ma nière à se compénétrer en vue d'assurer l'étanchéité des jonctions entre les éléments successifs. 3. Bande transporteuse suivant la revendication 3, caractérisée en ce que les bords en vis-à-vis des éléments sont taillés en escalier de façon à s'emboîter les uns dans les autres de façon substantiellement étanche. 4. Appareil transporteur utilisant une bande suivant l'une quelconque des revendications qui précèdent et comportant d'autre part à la façon connue une poulie de détour au poste de chargement et à celui de déchargement, caractérisé en ce qu'à l'une au moins de ces poulies est associé un tambour entraîné en synchronisme avec elle et portant une série de dents en forme de plans inclinés incurvés qui viennent écraser respectivement d'une part l'extrémité arrière de chaque élément au poste de chargement pour le conformer en godet en vue de son remplissage, d'autre part son extrémité avant poste de déchargement de manière à faciliter sa vidange. 5. Appareil suivant la revendication 4, caractérisé en ce que les dents des tambours sont constituées par des lamelles mobiles à l'encontre de moyens élastiques de manière à suivre sur un arc notable l'extrémité des éléments que chaque lamelle a pour rôle d'écraser. 6. Appareil suivant la revendication 4, caractérisé en ce que les poulies de détour sont polygonales et sont entraînées en synchronisme l'une avec l'autre et avec la bande elle-même, la longueur des côtés du polygone étant égale à celle des elé.nents et chaque élément se trouvant appliqué sur un seul desdits côtés.