La Drésente invention se rapporte à un procédé d'amélioration de la discrimination des couleurs ; elle vise en particulier un procédé et un dispositif pour cette amélioration chez les personnes qui sont atteintes de daltonisme, notamment celles qui éprouvent des difficultés d'appréciation du rouge et du vert. On admet généralement qu'une Dersonne possédant une faculté normale d'appréciation des couleurs est capable de discerner une série ininterromDue de nuances, allant du rouge de 760 millimicrons environ au violet de 380 millimicrons environ de longueur d'onde, sans zones noires, grises ou blanches. Les personnes ayant une vision normale des couleurs font clairement la différence entre les sept teintes usuelles, violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé et rouge. Toutefois, selon certains spécialistes, 8% environ des hommes présentent un défaut de vision connu sous le nom de daltonisme, c'est-à-dire un défaut d'appréciation ou une cécité à la couleur, qui résulte de l'absence d'une partie de L'appareil neural nécessaire à la vision normale des couleurs. Cette insuffisance est encore incomplètement connue. On admet gé néralement que le type le plus courant de daltonisme est l'inca- pacité de faire la distinction entre le rouge et le vert, qu'on appelle dans ce qui suit "cécité rouge-vert"O Un individu qui en est atteint distingue difficilement le brun du vert et voit les différentes nuances de rouge, le rose par exemple, en gris Cette cécité rouge-vert est un grand handicap pour les personnes qui en sont atteintes, en particulier en ce qui concerne leurs occupations dans lesquelles la couleur constitue de plus en plus un moyen d'identification des objets.De plus, ces personnes, qui sont au nombre de 8 millions aux Etats Unis, font courir des risques aux autres et à elles-m4ies, par exemple pour la chasse et la conduite automobile. Ce problème du défaut de discrimination des couleurs est étudié depuis longtemps. Toutefois, personne, à ce jour, n'a proposé de procédé ou de dispositif convenables permettant, à une personne atteinte de daltonisme, d'améliorer sa vision de façon notable. Ainsi, bien qu'on ait déjà proposé dans le passé des moyens d'amélioration de la faculté de discrimination de ces personnes entre des signaux lumineux rouges et verts, rien n'a été proposé pour améliorer leur capacité d'appréciation de ces couleurs, dans les conditions normales de leur existence. La présente invention a pour objet un procédé et un dis positif pour l'amélioration de la discrimination des couleurs, chez les personnes qui ont des difficultés d'appréciation des couleurs le procédé et le dispositif suivant 11 invention présentent l'avantage de pouvoir être utilisés de façon permanente,y compris la nuit, sans nuire à la mobilité de la personne et sans gêner son activité normale de chaque jour. La présente invention vise une lentille de contact cornéenne, qui transmet la lumière sensiblement dans la seule bande du rouge et qui a un coefficient de transmission de lumière de 1' ordre de 14 à 40%. L'invention a également pour objet un procédé d'aéliora- tion de la discrimination des couleurs, qui consiste à appliquer sur un seul oeil une lentille de contact de cornée qui transmet la lumière sensiblement dans la bande rouge seulement. La -lentille doit être aussi-mince que possible, pour éviter une perte sensible d'acuité visuelle. Bien que cette lentille unique puisse être utilisée indifféremment avec l'oeil dominant ou l'oeil non-dominant, on a remarqué que son emploi avec l'oeil non-dominant est plus confortable pour l'utilisateur. Lorsqu'on utilise une telle lentille de cette façon, une personne qui ne pouvait pas jusqu'alors satisfaire au test d' Ishihara, qui fait intervenir des images vertes et rouges, devient capables avec la présente invention, de passer ce test et de faire la distinction entre des objets bruns, verts, rouges et roses, ce qu'il ne pouvait pas faire auparavant. La lentille peut être portée le jour, ou la nuit, ou les deux, sans exigence particulière sauf le nettoyage et I'enlèvement pour le sommeil comme il est normal de procéder pour des lentilles de contact. L'emploi de cette lentille ne nuit pas à la mobilité de la personne ni à l'accomplissement de ses occupations ordinaires telles que la marche, la conduite, l'écriture, la lecture ou le travail, que ce soit à la lu mière naturelle ou artificielle.L'utilisation de la présente invention ne gène pas la vision binoculaire. La lentille unique rouge de contact de cornée, suivant la présente invention, peut également servir à une correction de réfraction. Elle peut être utilisée en même temps que des lunettes qui assurent cette correction pour le même oeil. Il est également possible de partager la correction de réfraction entre la lentille de contact et la lentille de lunette. L'autre oeil, qui n'est pas recouvert d'une lentille de contact rouge, peut recevoir la correc tion de réfraction dont il a éventiellement besoin, par une lentille de contact usuelle, ou des lunettes, ou les deux. Par exemple, un daltonien qui n'a Oas besoin de correction de réfraction ma-s de lunettes de lecture, comme dans la presbvtie, peut utiliser ses lunettes en association avec la lentille rouge unique de contact suivant l'invention. Dans le cas de daltoniens, présentant des défauts de réfraction binoculaires, l'autre oeil neut porter une lentille corrective de contact usuelle, avec ou sans lunettes. L'expérience a montré que l'énaisseur est un facteur qui limite l'utilité d'une lentille colorée de contact conforme à la présente invention. Ainsi, si l'oeil a besoin d'une correction, la lentille de contact résultante risque d'avoir une éDais- seur telle qu'elle est trop sombre pour son utilisation efficace. Par conséquent, dans un tel cas, on utilise une lentille rouge unique de contact, sans correction, en association avec un verre de lunette donnant la correction de réfraction désirée. De cette façon, la lentille rouge de contact peut être assez mince pour conserver une acuité visuelle suffisante. En général, l'acuité doit être d'au moins 20/40 Dour que le stéréoosis ne soit pas perdu. On a trouvé également que l'absorption de la lumière par la lentille de contact suivant L'invention a égalemen-t un effet sur son efficacité Ainsi, si la lentilLe absorbe plus de 86% environ de la lumitre, c'est-à-dire si la quantit de lumière transmise est inférieure à 14% environ, la vision binoculaire est effectuée.En outre, si l'absorption est inf-írieure à 60,% environ, c'est-à-dire si la transmission est supérieure à 40%, la capacité de discrimination des couleurs commence à diminuer, Ces pourcentages seront mieux compris si on sait qutune lentille de contact ordinaire a une absorption de 10só environ, ou une transmission de 90 S, tandis qu'une lentiLle légèrement teintée a une absorption de 30% environ, ou une transmission de 70S. Bien que les lentilles de contact suivant l'invention puissent être réalisées en différentes matières, on utilise de pré- florence une matière plastique transparente claire, par exemple en résine de nolyméthacrylate. Une matière qui convient particuliPrement bien eHt le polyméthylméthacrylate. On a vu que la lentille de contact rouge suivant l'invention est utilisée de façon monoculaire. Ainsi, l'oeil "découvert" reçoit une image de couleur fausse tandis que l'oeil recouvert de la lentille reçoit une image de teinte différente. L'utilisateur subit un court autoentraA1nement de détermination/de la couleur exacte. Par exemple, le daltonien typique ne peut pas apprécier Le vert par ranoort au brun, tandis qu'avec la lentille suivant l'in- invention, cette personne voit le vert relus sombre et le brun plus clair. L'oeil "découvert" est une caractéristique importante de l'invention pusque cet oeil reçoit correctement certaines cou- leurs qui sont obscurcies dans l'oeil recouvert par la lentille rouge. Chaque oeil compense le défaut de l'autre par un processus qui est une forme de "rivalité rétinienne", un phénomène du méca- nisme de la vision. Bien que la lentille unique rouge de contact suivant 1' invention soit utilisable par les daltoniens en général, il existe certaines contre-indications. Ainsi, cette lentille ne doit pas être utilisée dans le cas d'affection Dathologique de la cornée, telle que la keratite, ou d'autres maladies de l'oeil qui interdisent l'emploi de lentilles de contact usuelles. D'autre part, la lentille unique suivant l'invention ne peut pas améliorer la percep- tion de la couleur chez les personnes qui souffrent d'amblyopie, de strabisme ou de vision monoculaire. Dans un exemple de mise en oeuvre de l'invention, on utilise une Lentille de contact en polyméthacrylate rouqe. Cette lentille a un rayon de 8,23 mm, un diarnètre de 9,0 mrn et une énaisseur de 0,23 mm. Elle comnorte un chanfrein périphérique de t1,00/ 0,3, une courbe secondaire de 9,00/0,7 et une zone optique de 8,00. La lentille transmet la lumière sensiblement seulement dans la bande du rouge. Il -n'y a pratiquement aucune transmission au-dessous de 590 millimicrons environ, une nointe de transmission à 624 millimicrons environ, une zone de transmission sensiblement comprise entre 590 et 700 millimicrons et une absorDtion de l'ordre de 86%. Cette lentille de contact rouge unique est placée sur un seul oeil d'un patient, à savoir son oeil non dorninant. L'oeil dorninant reste découvert, sans lentille. On vérifie alors que le patient est en mesure d'étudier et de décoder facilement des bandes colorées, à une distance normale de lecture et un éclairage n!oyen. Il neut faire la distinction entre le rouge, le brun, le vert. Auparavant, et bien qu'ayant une bonne acuité visuelle, il avait toujours été daltonien et en particulier complètement incana- ble de distinguer entre le rouge et le vert. Par exemnle, le brun lui paraissait vert et les différentes nuances de rouge, rose par exemple, lui aoparaissaient en gris. Quand le patient ne Dorte oas la lentille suivant l'invention, il revient à son état initiale cécité à la couleur, mais quand il reprend la lentille il retrouve toujours une nouvelle capacité à distinquer le rouge, le brun et le vert. La lentille ne gène aucunement la mobilité du patient et lui permet de vaquer à son travail. Il faut également remarquer que, alors que l'expérience décrite ci-dessus utilise une seule lentille de contact rouge, mince, appliquée à un seul oeil, l'autre étant découvert, le résultat étant une amélioration importante de la caoacité. de discrimination de la couleur, l'utilisation de deux lentilles de même type, une sur chaque oeil, ne produit pas l'effet désiré mais au contraire déforme les couleurs, l'orange par exemple. Il faut également noter qu'unie lentille de lunette, réalisée dans la rnême matière que la lentille de contact. cl-dessus, ne peut pas être utilisée en remplacement de cette dernière. En effet, il serait extrêmement difficile de fabriquer une lentille de lunette de même matiere et meme epaisseur, 0,23 mm par exemole, car elle serait beaucoun tron fragile et difficile à former avec précision. D'autre part, même si on pouvait utiliser une lentille de lunette comnarable à la lentille de contact, ltaméliorâtion de discrimination des couleurs serait nettement olus faible. Avec une lentille de lunette en même matière mais d'une éDaisseur suffisante pour être réalisable, par exemple 0,5 mm, les images sont floues et les couleurs sont moins distinctes que sans lentille. On a également constaté que lorsque l'on utilise de telLe lentille de lunette nour les deux yeufi, la vision totale est sérieusement diminuée et certaines couleurs sont déformées, l'orange par exemple. REVENDICATIONS 1. Lentille mince de contact de cornée, caractérisée en ce qut elle transmet la lumière sensiblement seulement dans le rouge. 2. Lentille suivant la revendication 1, caractérisée en ce qut elle a un coelficient de transmission de lumière compris entre 14 et 40 % environ. 3. Lentille suivant la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce quelle ne transmet pas la lumière au-dessous dtune longueur dtonde de 590 millimicrons environ. 4. Lentille suivant la revendication 1, 2 ou 3, caractérisée en ce qu'elle est réalisée en résine de polvméthacrylate et qu'elle a une épaisseur de 0,23 millimètres environ. 5. Procédé d'amélioration de la discrimination des couleurs chez une personne atteinte de daltonisme, caractérisé en ce qu'il consiste à appliquer sur un seul oeil une lentille mince de contact transmettant la lumière sensiblement seulement dans le rouge, ltau- tre oeil restant découvert, avec possibilité d'emploi de lentille de lunette, de lentille de contact usuelle, ou une combinaison des deux en vue d'une correction de réfraction appropriée pour cet oeil. 6. Procédé suivant la revendication 5, caractérisé en ce qutune lentille de lunette, pour une correction de réfraction appropriée, est utilisée en conjonction avec ladite lentille de contact rouge. 7. Procédé suivant une quelconque des revendication 5 et 6, caractérisé en ce que la lentille de contact a un coefficient de transmission de la lumière de 14 à 40 % environ.