L'invention se situe dans le domaine de l'amélioration de la protection des engins blindés face à la menace récente des obus à énergie cinétique dont l'origine et le principe résumés sont les suivants Après une évolution rapide, les obus sous-calibrés (APDS) à énergie cinétique ont démontré leur avantage balistique sur les obus conventionnels antichars récents du type UESH (à tête d'écrasement) et HEAT (à charge creuse) et ont abouti à la définition de la technique actuelle dite HVAPDS-FS (Hyper Velocity, Armor Piercing - Discording Sabot - Fin Stabilized).Ces projectiles ne percent pas le métal en explosant à l'impact mais en délivrant une énergie cinétique très élevée (grâce à une vitesse initiale supérieure à 1500 m/s), par l'intermédiaire de leur noyau métallique hyper-dur, sur une surface de cible très réduite due à leur grande finesse (d'où le nom d'obus-flèche en trançais). Le principe dont l'invention décrit l'application consiste à contrecarrer cette caractéristique dangereuse des obus à énergie cinétique (EC) en donnant à'l'axe du projectile un certain angle par rapport à la trajectoire sur la fin de son parcours, de sorte que le noyau perforant attaque la cible de biais, donc avec une surface d'impact plus grande. En l'état actuel de la technique et vu l'introduction récente des obus EC, seules des recherches sur la composition métallurgique des blindages et leur arrangement (en plaques parallèles, avec alliages de céramique, etc.) ont été faites. A notre connaissance, le procédé décrit est donc nouveau. Son principe est le suivant Le projectile EC est fabriqué dans un métal très dense (d = 16 à 19 kg/ dm3) et il est très rapide (V = 1200 à 1500 m/s), le produit mV2 est donc éle vé. Il est difficile, en conséquence, d'incurver sa trajectoire. Par contre, il est possible, grâce à une action d'intensité relativement faible, de le faire tourner autour de son centre de gravité. On sait en effet que l'obus EC est sensible aux petits chocs, avec la végétation par exemple, pendant sa course.Toutefois, l'empennage aérodynamique dont il est muni le stabilise assez rapidement sur l'axe balistique. Le procédé décrit par l'invention consiste à appliquer une force latérale brutale sur l'avant du projectile au moment même où il va toucher la cible pour lui conférer une position biaise que le stabilisateur aérodynamique n'aura plus le temps de corriger avant l'im pact. Compte tenu du fait que le projectile agresseur parcourt plus de 10 cm en 0,1 milliseconde (ms), le temps de réaction doit être bref et ne peut être le fait que d'un "mécanisme" à très faible inertie propre. D'où la forme don née à la plaque de "blindage dynamique" décrit par l'invention. Elle se présente sous la forme d'une tôle métallique épaisse percée sur toute sa surface d'alvéoles rectangulaires. Ces alvéoles sont disposés en quinconce pour éviter la présence de zones insensibles et abritent autant de munitions chasse-obus, ayant la forme de cartouches, dont les étuis logent dans l'épaisseur de la plaque et dont la balle chasse-obus dépasse seule de la surface plane du blindage dynamique. La munition élémentaire a la forme exacte des alvéoles qui lui servent donc de chambre de tir et elle est mise à feu par le choc d'un projectile agresseur sur sa tête chasse-obus (CO). Elle est chargée d'une poudre brisante car sa détonation doit être pratiquement instantanée, dès le choc solliciteur, pour attaquer le projectile EC le plus loin possible en avant de son centre de gravité. Puisque la balistique extérieure est très courte, le projectile CO en métal léger peut affecter la forme non aérodynamique d'un parallélépipède horizontal qui lui confère une plus grande surface de frappe possible. Afin de faciliter le chargement et le déchargement des munitions, la plaque alvéolée peut basculer vers l'avant avec une plaque de fond de blindage, plus mince, qui lui est normalement solidaire et qui maintient en place les munitions pendant le positionnement du blindage dynamique rapporté. Cette plaque de doublage mince fait office également de face avant de culasse lors de la détonation d'une munition CO ; le recul étant lui-même absorbé par le blindage principal du véhicule sur lequel l'ensemble est appliqué. Trois planches de dessins sont jointes à l'exposé. Une planche numérotée 1/3 donne une vue générale du système en position de chargement (fig. 1) et en position d'emploi (fig. 2). Une planche 2/3 montre une coupe à petite (fig. 3) et à grande échelle (fig. 4) d'un blindage dynamique chargé, ainsi qu'une perspective d'une munition CO (fig. 5). Une planche 3/3, enfin, illustre en 5 dessins (fig. 6 à 10) une séquence de fonctionnement. Le mode de réalisation est simple bien que seuls des essais pourront fixer les cotes définitives des éléments constitutifs (épaisseur de la plaque de blindage actif, dimensions des alvéoles, écartements entre munitions CO, hauteur de dépassement et forme de la tête, inclinaison optimale du blindage sur la verticale...). Pour faciliter le chargement, la plaque (1) peut être montée articulée à sa base sur le volume protégé (2). Voir planche 1/3. Il est alors possible de la rabattre vers l'avant dans la position présentée par la figure 1. Les munitions encartouchées à bourrelet (fig. 5) peuvent, dans ces conditions, être mises en place dans chaque alvéole. Il suffit alors de rabattre également la plaque métallique mince (3) vers l'avant jusqu'à ce qu'elle soit appliquée contre (1), et de faire basculer l'ensemble vers l'arrière en position de fonctionnement (fig. 2). Les munitions CO une fois en place, l'activation défensive du blindage dynamique se fait de la façon suivante (planche 3/3). Un projectile agressif (9) approche du blindage (fig. 6). Lorsque sa pointe est à peu de distance du blindage, elle heurte violemment la tête (5) d'une munition CO. Cette tête transmet instantanement le choc par un percuteur (6) à la charge (7) et (8) de la cartouche selon le principe de l'allumeur à pression. La munition CO détone (fig. 8) et sa tête attaque latéralement l'avant de l'obus EC (fig. 9). L'em- pennage stabilisateur de ce dernier n'a pas le temps d'opérer et l'obus frappe le blindage actif (1) et le blindage protégé (2) dans une position défavorable (fig. 10) à l'efficacité de son noyau perforateur. L'invention n'est, en principe, susceptible d'applications industrielles que dans un domaine exclusivement militaire. Dans ce domaine cependant, et suite à des évaluations techniques favorables, elle pourrait être largement utilisée pour une meilleure protection des parties exposées (avant) des ouvrages et engins de combat ; et sur ces derniers, elle permettrait - d'amincir le blindage sous-jacent avec gain de poids résultant, - de réduire quelque peu l'inclinaison des glacis frontaux, alors que ceux-ci doivent être actuellement inclinés à plus de 800 sur la verticale pour être efficaces, - de créer une protection supplémentaire contre les obus conventionnels explosifs. REVENDICATIONS 1 - Blindage de protection active superposable aux parois métalliques exposées d'un véhicule blindé (2) en vue d'accroitre leur résistance aux obus à énergie cinétique (EC), ceci en mettant à profit le faible moment d'inertie transversal de ces derniers par application d'une force répulsive latérale sur le nez de l'obus EC et caractérisé par le fait que cette force est appliquée avant que l'obus n'atteigne le nu du blindage lui-meme. 2 - Blindage dynamique selon la revendication 1, composé d'une plaque métallique épaisse (1) percée en forme de caillebotis par des rangées successives d'alvéoles rectangulaires juxtaposéXs (grand côté des rectangles face au projectile agresseur), caractérisé en ce que chaque rangée d'alvéoles est décalée latéralement par rapport à la précédente (fig. 2). 3 - Plaque de blindage actif selon la revendication 2, caractérisée en ce que les alvéoles sont armees d'une munition pyrotechnique (4). 4 - Plaque selon les revendications 2 et 3 portant des munitions (4) en forme de cartouches (étui + charge + balle) mises à feu, non par action sur le culot de l'étui, mais, ce en quoi elle est caractérisée, par pression sur la tête-projectile (5) de la munition. 5 - Blindage actif, selon la revendication 1, avec sa plaque principale épaisse (1), selon les revendications 2, 3 et 4, laquelle est donc capable de recevoir des munitions dont une autre particularité est qu'elles sont maintenues dans leur alvéole pendant les opérations de chargement et de déchargement par l'application sous la plaque principale, et c'est une caractéristique revendiquée de l'invention, d'une plaque mince (3) de doublage.