La présente invention est relative à une paroi de protection de la surface inférieure sensiblement horizontale d'icebergs tabulaires qui sont exclusivement d'origine antarctique, et, à sa mise en place; dans ces régions, la glace n'avance pas sous forme de langues, mais se présente sous l'aspect d'un plateau dont les limites avec l'océan sont bien définies. Le continent antarctique, non encercle de montagnes, est frangé d'un ourlet de glace dont une partie s'appuyé sur le plateau continental et l'autre flotte sur la mer. Sous la pression de la glace de l'intérieur du continent, cette masse est lentement poussée vers la mer et de temps à autre des icebergs tabulaires se détachent du plateau de glace en pouvant atteindre des dimensions considérables de l'ordre de plusieurs kilomètres carrés. I1 est possible de remorquer ces icebergs tabulaires vers les régions arides des deux hémisphères et situees près des cotes. Cependant, le remorquage d'un iceberg tabulaire rectangulaire de 3500 x 750 m à la vitesse de 0,5 m/s depuis liantarctique jusqu'a l'hémisphère nord se prolongera pendant plusieurs mois. Pour un iceberg tabulaire rectangulaire, la hauteur de la partie immergée est de 6 à 8 fois plus grande que celle de la partie située au dessus du niveau de la mer, l'épaisseur totale étant d'environ 250 à 300 m. La surface inférieure d'un iceberg tabulaire est, par conséquent, dans la zone de la thermocline. Dans le cas d'un iceberg immobile, les échanges thermiques de la surface inférieure sensiblement horizontale avec l'eau de mer à basse température, sont peu importants,d'autant que le gradient de densité de l'eau de mer, entre O et 30 C, est dans le même sens que le gradient de température. Une convection ne se produit pas dans la couche d'eau directement place sous la surface inférieure sensiblement horizontale de l'iceberg et les échanges ne s'y produisent que par conduction. Par contre, dans le cas d'un iceberg se déplaçant même à la faible vitesse de 0,5 m/s, il se crée des turbulences qui perturbent la couche d'eau calme directement placée sous la surface inférieure sensiblement horizontale de l'iceberg et qui favorisent les échanges thermiques. Il est donc important de créer une couche d'eau calme isolée des turbulences sous la surface infé rieure sensiblement horizontale de l'iceberg. continue /continue Plus précisément, la présente invention a pour objet une paroilde grandes dimensions disposée horizontalement sous la surface inferieure sensiblement horizontale d'un iceberg tabulaire.A titre d'exemple, la paroi pliée a plusieurs centaines de mètres de longueur, ce qui correspond à la longueur d'un iceberg tabulaire et une largeur de quelques dizaines de metres, compte tenu de la capacité d'un tambour flottant de stockage et de manutention nécessaire au transport de ladite paroi des lieux de fabrication à iceberg. L'invention concerne encore le procede de mise en place de ladite paroi sous l'iceberg. Selon une technique propre à la demanderesse, il est connu de fabriquer des grandes surfaces de films ou tissus directement pliés en nappes et enroules autour d'un tambour flottant. Dans le cas particulier d'une paroi de protection conforme à l'invention , plusieurs nappes sont assemblées par leurs cotés les unes aux autres. Dans la zone de l'assemblage sont disposées des capacites qui pourront être remplies d'air ou de gaz pyrotechnique. En outre, à chaque extrémité de la paroi de protection et à intervalles réguliers, correspondant par exemple a une nappe, sont disposés des bras ou câbles d'une longueur d'au moins trois cents mètres. Il est possible de définir la paroi de protection, objet de l'invention, comme étant de grandes dimensions et composée de plusieurs nappes solidarisées les unes aux autres par leurs côtés , maintenues au contact de la surface in prieure sensiblement horizontale d'un iceberg tabulaire par des bras ou cables accrochés à des points d'ancrage disposes à la surface supérieure sensiblement horizontale de l'iceberg tabulaire et par des capacités remplies de gaz, solidaires de la paroi. La mise en place d'une paroi de protection est effectuée à l'aide de deux remorqueurs. Après redressement du tambour flottant dans l'eau de mer et autour duquel est enroulee,des la fabrication, la paroi de protection, ladite paroi est deroulee par l'un des remorqueurs, tandis que l'autre retient le tambour sur son axe. A chaque extrémité de la paroi de protection et à intervalles réguliers correspondant, par exemple, a une nappe, sont attaches des bras ou câbles dont la longueur est supérieure a la hauteur de iceberg. En outre, des bras sont également prévus à 1 'arrière de la première nappe de la paroi de protection . La paroi de protection est maintenue en surface par des flotteurs disposes en file par des câbles dont il est possible de varier l'allonge.Les deux remorqueurs se déplacent de part et d'autre de l'iceberg en maintenant la paroi de protection parallèlement a la face arrière sensiblement verticale de l'iceberg tabulaire. Les bras prévus à l'extrémité arrière de la première nappe de la paroi de protection sont solidarisés à des points d'ancrage disposés sur la surface superieure sensiblement horizontale de l'iceberg tabulaire. I1 est alors possible de descendre verticalement la paroi de protection à une profondeur supérieure à la surface inférieure sensiblement horizontale de l'iceberg tabulaire. Le déployement de la paroi de protection peut alors commencer par un mouvement des remorqueurs parallèlement à l'iceberg à une distance supérieure à la profondeur à laquelle est immergée la paroi de protection, de façon à donner une forme de chaînette aux bras dont une extrémité est attachée à la paroi de protection et l'autre aux remorqueurs directement ou par l'intermédiaire d'une capacité de compensation. L'ensemble avance parallèlement à l'iceberg, ce qui a pour effet de déployer1nappe après nappe, la paroi de protection sous la surface inférieure sensiblement horizontale de l'iceberg.Dès qu'une nappe est deployée, un hélicoptère ou tout autre moyen classique, transfère 1 'extré- mité des bras qui sont reliés aux remorqueurs sur la surface supérieure sensiblement horizontale de l'iceberg pour fixation à l'une des points d'ancrage répartis à la surface supérieure de l'iceberg, près du bord. L'opération est menee de proche en proche, d'ou un déployement de toutes les nappes formant la paroi de protection.Finalement, les bras attachés à l'avant de la dernière nappe sont fixés aux ancrages correspondants disposés à la surface superieure sensiblement horizontale dé l'iceberg. La dernière phase de la mise en place d'une paroi de protection consiste à insufler de l'air ou du gaz pyrotechnique dans les capacités disposées, par exemple, dans la zone de raccordement entre deux nappes. Ces capacites réparties sur touftejla surface de la paroi de protection viennent se plaquer sous la surface wde l'iceberg et isolent des poches d'eau de mer puisqu'entre chaque capacité, la paroi de protection pend en forme de chaînette. Selon une variante du procédé de mise en place de la paroi de protection, il peut être préférable d'insufler l'air ou le gaz pyrotechnique après le déployement de chaque nappe. Il est bien entendu nécessaire de diminuer la longueur des bras en modifiant leur ancrage. En résume, le procédé de mise en place d'une paroi conforme à l'invention peut se caractériser par quatre phases, savoir - la paroi de protection qui est fabriquée pliée et enroulée sur un tambour de stockage et de manutention sur les lieux mêmes de fabrication, est dé roulée après redressement du tambour sur l'une de ses faces et est maintenue en surface par des flotteurs disposés en file pour permettre l'accrochage des bras fixés sur le côte ou l'extrémité arrière de la dernière nappe à des points d'ancrage disposes à la surface supérieure de l'iceberg, - la paroi de protection est immergée sous la surface inférieure de l'iceberg pour être déployée nappe après nappe a partir de la dernière et accrochée par les bras latéraux dé la paroi à des points d'ancrage disposés à la surface supérieure de l'iceberg1 - les bras fixés sur le côte de la première nappe sont accrochés à des points d'ancrage disposés à la surface supérieure de l'iceberg, - les capacités solidarisées à la paroi de protection sont remplies de gaz par chasse de l'eau de mer qu'elles contenaient. L'invention sera explicitee de façon purement indicative au cours de la description qui va suivre. Au dessin annexe donné uniquement à titre d'exemple non limitatif, La figure 1 est une vue de l'arrière d'un iceberg tabulaire d'origine antarctique flottant dans l'veau de mer, La figure 2 est une vue de côte de l'iceberg présenté à la figure 1, La figure 3 est une vue de côté d'un iceberg tabulaire muni d'une paroi de protection conforme à l'invention. L'on trouvera in fine une nomenclature des différents repères utilisés dans la description. Sur la figure 1, on peut voir la face arrière d'un iceberg (1) ainsi que deux remorqueurs (2) et (3) de part et d'autre de l'iceberg (1), hâlant une paroi de protection (4) après déroulement d'un tambour de stockage et de manutention, non représenté sur la figure, et sur lequel elle a été enroulée directement pliée en nappes lors de sa fabrication. La paroi de protection (4) est maintenue sous la surface inferieure (13) sensiblement horizontale de l'iceberg (1) par des bras (5) accrochés à des points d'ancrage (6) disposes sur la périphérie de la surface supérieure (7) sensiblement horizontale de l'iceberg (1).Ces bras (5) sont attachés à leur autre extrémité à la paroi de protection (4) sur son extrémité arrière (9), comme montré à la figure 2. Les bras (5) ont une longueur superieure a l'épaisseur de l'iceberg (1) de façon à ce que la paroi de protection (4) puisse être engagée sous la surface inférieure sensiblement horizontale (13) de l'iceberg (1). En outre, les bras (5) sont disposés à intervalles réguliers correspondant a peu pres à la largeur d'une nappe (12). A mesure que les remorqueurs (2) et (3) avance parallèlement à l'iceberg (1) flottant dans la mer (10), les bras (5) attachés à l'extrémité arrie- re (9) de la paroi de protection (4) retiennent ladite paroi de protection (4), tandis que les bras (11) attachés d'une part aux extremités latérales des nappes (12), constituant la paroi de protection (4), et d'autre part aux remorqueurs (2) et (3), permettent le déployement nappe après nappe en commençant par la nappe arrière de la paroi de protection (4). Lorsque la nappe (12) est déployé. le bras (11) correspondant à son ex trématé avant est accroché à un point d'ancrage (6) disposé à la surface superieure (7) sensiblement horizontale de l'iceberg (1). Il est alors possible aux remorqueurs (2) et (3) d'avancer de la largeur de la nappe (12) pour proceder à l'accrochage du bras (11) suivant. Pratiquement, un hélicoptère (8) prend chaque bras (11) pour le porter à la surface supérieure (7) de l'iceberg (1) ou il est accroché à un point d'ancrage (6). La même technique est utilisee lors du déroulement de la paroi de protection (4) pour accrocher les bras (5) aux points d'ancrage (6). En effet, lorsque le tambour de stockage et de manutention est redressé, l'un des remorqueurs retient le tambour flottant dans l'eau de mer (10), tandis que l'autre déroule la paroi de protection (4) qui maintenue en surface par des flotteurs disposés en file. Les bras (5) sont alors relevés par un hélicoptère (8). Après accrochage des bras (5) aux points d'ancrage (6), la paroi de protection (4) est immergée et placée sous la surface inferieure (13) sensiblement horizontale de l'iceberg (1). Après que la paroi de protection (4) a été totalement déployée parai lé- lement à la surface inférieure (13) sensiblement horizontale de l'iceberg (1), de l'air est insufflé dans des capacités disposées dans la zone de raccordement entre deux nappes (12). Les capacités réparties sur toute la surface de la paroi de protection (4) viennent se plaquer sous la surface de l'iceberg (1) au contact de la surface inférieure (13) sensiblement horizontale de l'iceberg Entre ladite surface inferieure (13) de l'iceberg (1) et la paroi de protection (4) qui prend la forme d'une chaSnette entre les capacités remplies de gaz, se trouve une poche d'eau de mer (14) qui limite les échanges thermiques entre l'iceberg (1) et la mer (10), comme on peut le voir à la figure 3. I1 est à noter que, contrairement à certaines parois de protection utilisées en relation avec des icebergs de l'arctique, la paroi de protection (4) n'a pas pour objet de contenir de l'eau douce de fonte, mais uniquement de pro téger la surface inférieure (13) sensiblement horizontale de l'iceberg (1) d'un courant d'eau de mer chaude dO au déplacement de l'iceberg (1) entrainé,par exemple, par des propulseurs (15) fixes a la surface inférieure (13) selon une technique propre à la demanderesse. Pour faciliter la mise en place postérieure des propulseurs (15), la paroi de protection (4) ne recouvre pas la surface inférieure (13) de l'iceberg (1) dans la zone de leur fixation. On remarque que la notion de face arrière et avant de iceberg n'a été introduite que pour faciliter la compréhension de l'invention et qu'elle ne saurait ètre déterminante. NOMENCLATURE 1 iceberg tabulaire 2,3 remorqueurs 4 paroi de protection 5 bras 6 point d'ancrage 7 surface superieure de l'iceberg 8 hélicoptère 9 extrémité arrière ou côté de la dernière nappe 10 mer 11 bras 12 nappe 13 surface inférieure de l'iceberg 14 poche d'eau de mer 15 propulseur REVENDICATIONS l.Paroi de grandes dimensions pour la protection de la surface inférieure sen siblement horizontale d'un iceberg tabulaire coraetdYsSee en ce qu'elle se compose de plusieurs nappes solidarisées les unes aux autres par leurs côtés, maintenues au contact de ladite surface inférieure par des bras ou cibles accrochés a des points d'ancrage disposés à la surface supérieure sensible ment horizontale dudit iceberg tabulaire et par des capacités remplies de gaz,solidarisées a ladite paroi de protection. 2.Procêdé de mise en place d'une paroi de protection selon la revendication 1 caractmsé en ce que, fabriquée pliee et enroulée sur un tambour de stocka ge et de manutention sur les lieux mêmes de fabrication, la paroi de protec tion est déroulée après redressement du tambour sur l'une de ses faces et maintenue en surface par des flotteurs disposés en file pour permettre l'ac crochage des bras fixés sur le côté ou 'extrémité arrière de la dernière -nappe à des points d'ancrage disposés à la surface superieure de l'iceberg, puis en ce que la paroi est immergée sous la surface inférieure de l'iceberg pour être deployee nappe après nappe à partir de la dernière et accrochée par les bras latéraux de la paroi à des points d'ancrage disposés à la sur face supérieure de l'iceberg, ensuite en ce que les bras fixes sur le côte de la première nappe sont accrochés à des points d'ancrage disposés à la surface supérieure de l'iceberg, et enfin en ce que les capacites solidari sees à la paroi de protection sont remplies de gaz par chasse de l'eau de mer qu'elles contenaient. 3.Procédé selon la revendication 2 caractérisé en ce que les capacites soli darisées à la paroi de protection sont remplies de gaz après déroulement de chaque nappe.