On sait que les racines des plantes ne poussent pas par prédilection en direction des substances nutritives du sol, mais que leur croissance s'opère d'abord au hasard et que ce n'est qu'au contact des substances nutritives que se produit» en cet 5 endroit, un développement des racines. La croissance optimale des plantes suppose une certaine fréquence de ces contacts. Les engrais difficilement solubles dans l'eau ou qui se déplacent 11 brement, après certaines transformations, dans la solution qui imbibe le sol devraient donc, dans la mesure où ils se présentent 10 sous forme de granulés, se désagréger rapidement par voie mécanique dès l'apparition d'humidité et retrouver leur finesse de grain d'origine, afin que l'on obtiennee rapidement une charge régulière du sol. Si tel n'est pas le cas, l'action peut, selon les circonstances et l'état du sol, se trouver retardée. 15 C'est ce qui se produit en principe, par exemple, pour tous les phosphates difficilement solubles dans l'eau. Par ailleurs, les données de rentabilité du travail dans l'agriculture imposent aujourd'hui des engrais granulés suffisamment durs et résistants à l'abrasion pour résister aux efforts 20 mécaniques lors du transport et de l'épandage. La présente invention a pour but de permettre une désagrégation rapide des granulés dans le sol tout en préservant la dureté et la résistance à l'abrasion, nécessaires pour la manipulation technique du produit. 25 Or il est apparu que la présence de chaux libre sous forme de OaO ou de Ca(0H)2 dans les phosphates Thomas, où l'on en trouve toujours, ou également dans les phosphates rhénania, dans la mesure où l'on y en trouve, empêche la désagrégation du granulé dans le sol. 30 Selon l'invention, cette chaux libre, que l'on trouve dans les phosphates Thomas, dans les phosphates rhénania, dans leurs mélanges entre eux ou avec d'autres supports de substances nutritives, est transformée en carbonate de calcium avant granulation. La désagrégation des granulés sous l'action de l'humidité après 35 épandage s'en-trouve accélérée. Cette neutralisation de la chaux libre doit se faire avant l'opération de granulation, car une neutralisation au cours de l'opération de granulation ou de séchage entraînerait, par formation de carbonate de calcium, des cristallisations indésirables. 4-0 Pour mettre en oeuvre le procédé selon l'invention, on 69 44105 -2- 2026584 ajoute au phosphate Thomas ou au phosphate rhénania, seuls ou mélangés à d'autres composants tels que sels de potasse et/ou sels azotés, avant granulation, une petite quantité d'eau, insuffisante pour que le produit fasse des grumeaux, mais qui fournit 5 l'humidité nécessaire à la transformation de la chaux, libre, et • on agite le produit dans du OOg ou dans des gaz brûlés contenant du CC^. Etant donné que la chaux libre, en présence d'humidité, réagit très vite avec l'acide carbonique, il est possible d'opérer .en continu, de sorte que le débit peut être très important. 10 la réaction du produit, après ce traitement préalable, est pratiquement chimiquement neutre, les possibilités de poursuite du traitement selon les procédés connus avec addition de liants, pour obtenir des granulés à désagrégation rapide, se trouvent élargies. C'est ainsi que l'on peut utiliser CaC^ ainsi 15 que des sulfates, tels que MgSO^, qui sinon formeraient du plâtre avec la chaux libre. Mais l'invention recouvre tous les procédés de granulation avec ou sans liant, par exemple ceux dans lesquels l'humidification à l'eau est suffisante ou dans lesquels des composants sup-20 plémentaires, comme les sels de potasse, font office de liant. s Le traitement préalable, qui fait entrer la chaux libre ;en combinaison, peut s'opérer à l'endroit où se fera la granulation, par exemple avec du CO2 ou des gaz renfermant du COg, notamment des gaz d'échappement, dans une chambre à turbulence ou dans 25 une chambre de mélange (tambour, tube rotatif ou autre dispositif semblable). Mais le traitement préalable des phosphates renfermant de la chaux libre peut également se faire à part, avantageusement à l'endroit .où sont produits les phosphates. On peut alors utiliser avec profit les importantes réserves .30 de gaz brûlés que l'on trouve de toute façon à proximité des lieux de production des phosphates. On peut envisager également de procéder à la carbonisation dès le stade de la mouture, au broyeur, On peut introduire dans le broyeur du CO2, avec éventuellement de l'air riche en HgO, ou 35 des gaz d'échappement contenant COg et HgO. Mais on peut aussi ajouter les quantités d'eau nécessaires à la carbonisation, en tout ou en partie, au phosphate non broyé, avant le passage au moulin. Les quantités de COg, ou de gaz brûlés contenant du CO2 , 4-0 nécessaires pour la mise en oeuvre du procédé, se calculent à 44105 -3- 2026584 partir de la teneur en chaux libre (CaO + OaCOH)^) des composants phosphatés, selon la formule le procédé selon l'invention a en outre l'avantage que le surplus de COg ne réagit pas avec le reste du phosphate, c'est-à-dire qu'il est inutile de mesurer avec précision la quantité de COg nécessaire, et que le carbonate de chaux qui se forme à partir du OaO se traduit favorablement dans le sens de 1*agrochimie par un apport basique. Ca(0H)2 + C02 } CaCOj + H20 69 44105 2026584 ?=?_ Y=?_0_ ï=9_4= T_ I OJ_S 1°) Procédé de préparation d'engrais chimiques à "base de phosphates Thomas et/ou de phosphates rhénania en granulés durs et résistants à l'abrasion mais se désagrégeant facilement après 5 épandage, caractérisé en ce que le phosphate finement moulu est additionné, avant granulation,d'une faible quantité d'HgO juste suffisante pour que le produit reste pulvérulent sans former de grumeaux, le produit étant ensuite mis en contact intime, par agitation, avec de l'acide carbonique ou des gaz brûlés conte-10 nant du C02, jusqu'à ce que le calcium, qui s'y trouve sous forme de OaO ou de Ca(OH)2, entre en combinaison sous forme de CaCO^. 2°) Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la carbonisation s'effectue lors du broyage du phosphate. 15 3°) Procédé selon l'une des revendications 1 et 2, carac térisé en ce que l'on ajoute à sec, avant ou pendant la granulation, d'autres engrais végétaux ou substances renfermant de ces engrais, notamment des sels de potasse et/ou des sels azotés. \