L'engazonnement de pelouses par la méthode traditionnelle d'ensemencement est une opération laborieuse nécessitant beaucoup de temps et de main-d'oeuvre. L'invention a pour objet un procédé de fabrication d'une nappe de gazon destinée à être posée sur une surface à engazonner. Le procédé selon l'invention est caractérisé en ce qu'on dispose un tissu d'un côté d'une bande de matière renfermant de l'hu- mus et des graines de gazon et qu'on laisse pousser le gazon de manière que ladite nappe d'humus et le gazon qui y a pris racine adhèrent audit tissu. Le dessin annexé représente, schématiquement et à titre d'exemple, une forme d'exécution d'une telle nappe de gazon La figure unique du dessin représente une nappe de gazon en train d'être détachée de son support et enroulée sur elle-même en vue de son transfert sur une surface à engazonner. La mise en oeuvre du procédé selon l'invention peut être-effec- tuée, par exemple, de la façon suivante On laboure un champ, brise les mottes de terre au moyen d'une fraiseuse, évacue les pierres et sème des graines de gazon en bandes d'environ 1,20 à 2m de large. Après avoir passé le rouleau, on étend sur chacune des bandes ensemencées un tissu de largeur correspondante, en résine synthétique de préférence. Ce tissu est un filet dont les mailles sont inférieures à 6 mm, de préférence de l'ordre de 2 à 3 mm, afin d'emprisonner le collet des pousses de gazon après germination de ces dernières. On laisse pousser le gazon, on l'arrose et on le tond selon la méthode traditionnelle pendant quelques mois de préférence, afin que le gazon ait le temps de s'épaissir. Sur commande, son détache ensuite de la surface du champ des nappes de gazon de largeur correspondant à celle du tissu servant d'armature, au moyen d'un soc vibreur d'une largeur correspondant à la largeur des bandes de gazon ensemencées. Ce soc vibreur peut être tiré par un tracteur d'empattement suffisant pour pouvoir avancer avec ses roues de part et d'autre des bandes de gazon, le soc vibreur passant lui-même sous la nappe de gazon à détacher, à une profondeur de 3 à 4 cm. La nappe de gazon ainsi détachée et débarràssée, par suite des vibrations du soc vibreur, de la majeure partie de la terre entourant les racines des touffes de gazon peut être coupée en planches de plus de 5m de long que l'on peut enrouler sur un mandrin en vue de leur livraison. Ces planches de gazon sont déroulées sur un terrain préalablement préparé et recouvert de préférence d'une couche d'environ lcm de tourbe additionnée de sable. On arrose et on épand de préférence un peu de sable sur la surface ainsi engazonnée pour éviter que les racines des touffes de gazon ne soient exposées aux rayons du soleil. On passe le rouleau et on arrose à nouveau. On obtient ainsi immédiatement une surface bien engazonnée qu'il suffit d'arroser et d'entretenir de manière traditionnelle. Le procédé de fabrication d'une nappe de gazon selon l'inven- tion peut encore être amélioré en désinfectant le champ avant de l'ensemencer t/ou en y répandant un engrais. Au lieu d'utiliser un tissu en résine synthétique, on peut étendre sur les bandes de terre ensemencées du champ un tissu en fibre de verre ou en toute autre matière au moins temporairement imputrescible ou rendue imputrescible pour une période de temps suffisante, ctest-à-dire jusqu'après la pose des planches de gazon sur le terrain à engazonner. Si on le désire, ce tissu peut être détaché de la nappe de gazon un mois et demi à deux mois après sa pose sur le terrain à engazonner, ou au cours de l'hiver suivant. Toutefois, il peut y avoir avantage à le conserver en permanence, notamment sur les buttes et leurs flancs qu'il empêche de se dégarnir de gazon. I1 est évident qu'après trois ou quatre mises en oeuvre du procédé telles que décrites ci-dessus, la surface du champ se trouve démunie de terre végétale et il faut la renouveler avant de le réensemencer. Selon une variante du procédé, on se contente de niveler et rouler la surface du terrain démunie de terre végétale et d'y épandre une bouillie comprenant de l'humus, un liant hygroscopique, de la semence de gazon et un engrais ou mélange d'engrais. Une telle bouillie, qui peut être préparée d'avance et qui contient de préférence des graines prégermées, peut être amenée sur le terrain dans un camion-citerne. Elle est épandue soit au moyen d'un diffu seur relié à la citerne, soit au moyen d'une lance alimentée par une pompe, soit encore au moyen d'une machine à épandre dans laquelle la bouillie est transférée à l'aide d'une manche. Une tonne de bouillie qui suffit pour produire une nappe de gazon de 10 mètres de long et de 2 mètres de large peut être préparée, par exemple, de la façon suivante On mélange dans un malaxeur ou une bétonnière )30 kg de terreau contenant au plus 40 d'eau, du fumier et éventuellement d'autres déchets organiques, à 330 kg d'argile destiné à le rendre adhérent, à retenir l'eau et à le lier, et on y ajoute 330 ka d'eau. Au cours du malaxage, on incorpore dans cette bouillie, par saupoudrage, par exemple, 3 kg de graines de gazon prégermées et 1 ka600 d'engrais complet. Ces 5kg de graines prégermées peuvent être produits, par exemple, par immersion de 1 kg de graines sèches contenues dans un sac de jute dans de 11 eau maintenue à une température de 20 à 250C pendant 48 heures. Après les avoir laissé égoutter pendant quelques heures, il est possible de les mélanger au terreau humide et à l'argile dans le malaxeur ou dans la bétonnière susmentionnée. La tonne de bouillie ainsi obtenue, qui suffit à la production d'une nappe de 10 m x 2m de gazon, est ensuite épandue sur une surface de terrain 1, démunie de terre végétale, de dimension correspondante, de préférence en deux temps. Une première couche 2 de bouillie, de 1 cm d'épaisseur environ, est recouverte d'un tissu 5 de largeur correspondante, de préférence en résine synthétique. De préférence encore, ce tissu 5 est un filet dont les mailles ont une dimension de l'ordre de 2 à 3mm. On épand ensuite sur ce tissu 5 une seconde couche 4 de 1 cm d'épaisseur environ de bouillie et on laisse pousser le gazon 5. On arrose régulièrement cette nappe de matière renfermant de l'humus et des graines de gazon, un bassinage d'une demi-heure à trois quarts d'heure par jour suffisant amplement à assurer une pousse régulière de gazon que l'on tond à intervalles réguliers pour maintenir sa hauteur à 5 cm environ et assurer son épaississement. La levée du gazon a lieu en trois jours environ par temps chaud, mais il est préférable de laisser la nappe engazonnée sté- paissir pendant un mois environ avant de la détacher de son support. En pratique, on laisse cette nappe engazonnée su son support jusqu'à ce qu'elle soit commandée. A ce moment-là, on l'en- roule sur un mandrin 6 en vue de sa livraison après une dernière tonte du gazon à lem de hauteur environ. De préférence, on recouvre la surface du terrain démunie de terre végétale, sur laquelle la bouillie doit être épandue, d'une couche de sable 7 de lcm d'épaisseur environ. Cette couche de sable facilite la formation de longues racines et le détachement ultérieur de la nappe de gazon formée de son support temporaire 1. De nombreuses autres variantes du procédé décrit ci-dessus peuvent être envisagées. I1 est possible, par exemple, de poser le tissu 3 directement sur le support temporaire 1 ou sur la couche de sable 7 recouvrant le support 1 et d'épandre sur le tissu 3 une couche de bouillie telle que décrite ci-dessus. Ainsi, seules les racines du gazon pénètrent dans le tissu 7 et y font adhérer le mélange de terreau, d'argile et d'engrais sur lequel le gazon se développe. Revendications 1. Procédé de fabrication d'une nappe de gazon destinée à être posée sur une surface à engazonner, caractérisé en ce qu'on dispose un tissu d'un côté d'une bande de matière renfermant de l'hu- mus et des graines de gazon et qu'on laisse pousser le gazon de manière que ladite nappe d'humus et le gazon qui y a pris racine adhèrent audit tissu. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on recouvre d'un tissu une bande de matière renfermant de l'humus et des graines de gazon, reposant sur un support, qu'on laisse pousser le gazon à travers ce tissu de manière à rendre ce dernier solidaire du gazon et de ladite bande renfermant de l'humus, et qu'on détache la nappe de gazon ainsi obtenue de son support. 3. Procédé selon les revendications 1 et 2, caractérisé en ce que ladite bande de matière renfermant de l'humus et des graines de gazon est la couche superficielle de terre végétale d'un champ préalablement préparé et ensemencé que l'on recouvre d'un tissu. 4. Procédé selon l'ensemble des revendications 1, 2 et 3, caractérisé en ce que la préparation du champ comprend son labourage, le fraisage des mottes de terre et l'évacuation des pierres. 5. Procédé selon l'ensemble des revendications 1, 2 et 3, caractérisé en ce que la préparation du champ comprend sa désinfection. 6. Procédé selon l'ensemble des revendications 1, 2 et 3, caractérisé en ce qu'on détache la nappe de gazon au moyen d'un soc vibreur d'une largeur correspondant à la largeur du tissu recouvrant ladite bande do champ, ledit soc progressant sous ladite nappe dans le sens de sa longueur. 7. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que ladite matière renfermant de l'humus et des graines de gazon est une bouillie comprenant de l'humus, un liant hygroscopique, la semence de gazon et un engrais. 8. Procédé selon l'ensemble des revendications 1, 2 et 7, caractérisé en ce que ladite semence de gazon est une semence prégermée. 9. Procédé selon les revendications 1 et 7, caractérisé en ce qu'on dispose ledit tissu sur une surface sensiblement plane et qu'une couche de ladite bouillie est épandue sur le tissu. 10. Procédé selon l'ensemble des revendications 1, 2 et 7, caractérisé en ce qu'une couche de ladite bouillie est épandue sur une surface sensiblement plane et recouverte ensuite dudit tissu. 11. Procédé selon l'ensemble des revendications 1, 2, 7 et 10, caractérisé en ce qu'une seconde couche de bouillie est épandue sur le tissu. 12. Procédé selon l'ensemble des revendications 1, 7 et 9 ou 10, caractérisé en ce que ladite surface sensiblement plane est préalablement recouverte d'une couche de sable. 15. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le tissu est un tissu au moins temporairement imputrescible. 14. Procédé selon les revendications 1 et 13, caractérisé en ce que le tissu est un tissu en résine synthétique. 15. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le tissu utilisé est un filet dont les mailles sont de dimension inférieure à 6mm. 16. Nappe de gazon obtenue par le procédé selon la revendication 1. 17. Nappe de gazon selon la revendication 16, caractérisée en ce qu'elle est découpée en planches. 18. Nappe de gazon selon la revendication 16, caractérisée en ce qu'elle est enroulée sur un mandrin en vue de son transport.