Ltinvention concerne des applications fongicides foliaires et, plus particulièrement, des systèmes assurant une efficacité fongicide accrue des dithiocarbamates et utilisant des émulsions filmogènes de polyacétate de vinyle. Les fongicides foliaires, ctest-i-dire des agents chimiques ayant des propriétés fongicides ou fongistatiques et servant en application directe, par exemple par pulvérisation sur le feuillage dtespaces de plantes, pour la lutte contre ltinfestation fongique ou lwéradication de celle-ci, sont bien connus. Des types en sont les produits connus sous les désignations génériques de manèbe (éthylne-bis-dithiocarbamate manganeux) et de zinèbe (éthylène-bis-dithiocarbamate de zinc), qui sont largement employés dans la lutte contre une large classe de champignons, comprenant des moisissures, des oidiums, des rouilles, des levures et des charbons, dans la culture de la tomate, de la pomme de terre ou de la vigne, par exemple. Le manèbe est normalement appliqué au feuillage sous la forme d'une dispersion aqueuse d(une poudre mouillable qui comprend 8 o en poids de manèbe et 20* d'un véhicule minéral inerte et d'un surfactif. Malgré sa solubilité relativement faible dans l'eau, il est facilement enlevé du feuillage par la pluie, ce qui oblige à l'appliquer jusqu'a huit fois en une saison pour lutter efficacement contre les champignons. Les fongicides doivent spécialement être capables de résister aux intempéries, car cXest pendant les périodes pluvieuses que le potentiel d'infection devient maximal. Le problème est abordé dans le brevet US n0 3 592 910,qui propose un polyterpène liquide comme agent d'adhérence pour fongicides comme le manèbe. En général, on sait depuis longtemps que de nombreuses substances de faible solubilité dans l'eau et qui sont également collantes, gommeuses ou similaires à un vernis à forte concentration ou à sec, ont la propriété d'augmenter la persistance des pesticides sur le lieu à protéger, par exemple les feuilles.Des exemples de ces agents dtadhérence sont des matières protéinées telles que la colle, la gélatine, la caséine, la farine, le lait écrémé et le lait séché ; ou les huiles de pétrole , de poisson, de soja et de lin ; ou des matières diverses comme la bentonite, la bentonite-soufre , la bouillie bordelaise, les résines tirées du sucre, la résine de coumarine, le latex de caoutchouc, le latex vinylique, le polyacétate de vinyle, le polychlorure de vinyle et les adhésifs acryliques (voir "Laboratory and Field Comparisons of Tenacity Agents For Agricultural Spray Fungicides", Harry J.B. pH. D. Thesis, Univ. Pa. (1948) : University Microfilms, Ann Arbor, Michigan, Publ. nO 2139 "Analysis of the basic processes involved in the deposition degradation, persistence and effectiveness of pesticidesn, Ebling W., Residue Rev., 3, pages 35 à 163 (1963)). Le choix de ces adjuvants tient compte de plusieurs facteurs, outre la résistance aux intempéries du mélange ou sa phytotoxicité, y compris ltinterférence, par réaction ou autrement, avec l'action de l'agent fongicide actif, l'obstruction des stomates et la formation de résidus permanents. En outre, la matière utilisée doit être facile à manipuler, avoir une action constante dans toute la zone de pulvérisation, être économique et compatible avec les exigences de l'environnement. En général, les résines synthétiques améliorent la ténacité nais sans augmenter 1tefficacité de l'agent fongicide. En fait, Harry, op, oint., indique que des essais normalisés ont montré que certaines résines synthétiques gênaient l'effet normal d'in- hibition dzun fongicide au sulfate de cuivre tribasique. D'autres indications concernant des expériences avec l'oxychlorure de cuivre et de petites quantités, par exemple, d'émulsions de polyacétate de vinyle contenant un surfactif, contredisent ce qui précède : "Some observations on size and biological activity of spray deposits produced by various formulations of copper oxy chloride ", Evans, E. et al., Ann. appl. Biol.,58, pages 131 à 144 (1966). Voir aussi Somers, E., J. Sci. Fd.Agric.(1956), pages 160 sq ; ibid 10 (1959) pages 548 sq. Dans une application particulière du produit connu sous ltappelation "Parzate" (65% d'éthylène-bis-dithiocarbamate de zinc) avec des agents d'adhérence, pour la lutte contre la rouille du caféier, on a trouvé que, si lton arrive bien à améliorer la ténacité inhérente de l'agent actif, les différences d'efficacité des systèmes respectifs ne sont pas significatives statistiquement ("A Field Evaluation of six stickers in combination with Parzate for the Control of Coffee Rust", Valdez, R.B. et al., Plut Dis. Reptr. 43, pages 562 à 564 (1959)). En outre,une étude comparée ("For Foliar- Application of Chemicals", Billard, R. W. et Campbell, D.L., Forest Science 14 (1) pages 39 à 43 (1968))portant sur des espèces polymères servant d'agents d'adhérences pour des substances telles que le diméthyl dithiocarbamate de zinc indiquent qu'aucune n'est aussi efficace que les résines acryliques en utilisation courante (particulière- ment le flRhoplex AC-33",marque déposée),et que les adhésifs à base dtacdtate de viayle ont une moins bonne rdsistance aux intempéries que les autres classes essayées.La technique antérieure montre tout au plus que le renforcement de la ténacité des pesticides et de leur propriété fongicide est empirique et spécifi- que de l'agent. On a utilisé antérieurement en agriculture des émulsions de polyacétate de vinyle constituant l'agent choisi et le véhicule des compositions et systèmes dlapplication de l'invention, comme on la dit plus haut,mais aucune application connue ne donne une efficacité fongicide accrue et persistante des dithiocarbamates. Le brevet U.S. n 3 873 689 indique l'utilisation d'une petite proportion de dispersion de polyacétatede vinyle dans un système à plusieurs constituants pour des agents phytopharmaceutiques comme le manèbe, mais on indique aucune augmentation de ltacti- vité d'un agent quelconque. Selon la présente invention, on propose des compositions fongicides foliaires dtactivité accrue et persistante comprenant une fraction mineure dtau moins un sel dithiocarbamate, une fraction majeure de polyacétate de vinyle et un véhicule acceptable en agriculture. En particulier, pour disperser dans un concentré à pulvériser le dithiocarbamate, habituellement une poudre mouillable, on le dilue avec de l'eau dans un appareil classique à cet effet et on peut donc l'adapter commodément pour une association avec le polyacétate de vinyle, par exemple dans une émulsion comprenant une dispersion laiteuse stable de résine solide dans l'eau. Ainsi, l'invention a aussi pour objet un procédé dsamélioration de ltactivité fongicide des dithiocarbamates, qui consiste à combiner le sel à une majorité de polymère dtacétate de vinyle. On peut utiliser des rapports polyacétate de vinyle : fongicide compris entre 1:1 et 30:1 (en poids) ou bien (à un taux nominal de 50 de solides) entre 2:1 et 60:t relativement à l'éuul- sion, mais on obtient souvent les meilleurs résultats à des niveaux intermédiaires, par exemple de 12:1, relativement à l'émul- sion. On applique habituellement aux cultures l'émulsion de fongi cide foliaire et de polyacétate de vinyle de façon telle que la dose de dithiocarbamate soit de 0,09 à 4,5 kg/ha. Ainsi, on peut préparer par exemple des concentrés contenant 6* de manèbe et 37,59 à 93,75* de polyacétate de vinyle (émulsion à 55*), les diluer et les appliquer en quantité telle que la dose de manèbe soit de 1,1 à 1,5 kg/ha. L'analyse du tissu foliaire aux faibles taux d'application utilisables est extrêment difficile, mais il semble que le constituant fongicide actif pénètre et se dépose à la surface des plantes en association avec le polymère filmogène. Ainsi, des poches ou des plages de matière appliquée forment des morceaux de pellicule généralement discontinus, mais parfois reliés entre eux. La propriété de durcissement rapide et dcexcellent étalement des émulsions de polyacétate de vinyle, jointe à la souplesse, à la flexibilité et à la résistance à l'eau de la pellicule, ont pour effet que le polymère convient remarquablement à l'utilisa- tion selon l'invention. Sans que l'invention soit liée à une explication essentiellement hypothétique des mécanismes de base, il semble quebdune part, le fongicide foliaire soit isolé physiquement, par la pellicule, des agents causant une dégradation et une perte dteffi- cacité et que, d'autre part, il soit disponible dans une mesure suffisante pour lutter contre l'infestation par les champignons et bénéficie en même temps d'une adhérence tenace au substrat. Il est possible qu'une combinaison de facteurs comprenant la perméabilité ou la porosité de la pellicule, ainsi que ses propriétés plus complexes de barrière et de transfert de membrane coopèrent pour assurer la forte augmentation d'efficacité fongicide que lton constate avec ce système. On ne sait pas avec certitude quels mécanismes sont en jeu dans l'utilisation du dithiocarbamate fongicide, cest-à-dire si ce sont les composés appliqués initialement ou des produits de décomposition qui constituent l'agent actif, et si le passage dans les tissus de la plante ou l'accès au mycélium sont des facteurs qui limitent l'efficacité. Ainsi, l'équilibre lipophile-hydrophile du système mixte d'application peut donner lieu à u e absorption préférentielle dans les spores ou les tapis de mycélium. Etant donné que le tissu foliaire est en principe chargé négativement, ainsi que les corps tels que le zinèbe, il se peut que l'efficacité fongicide communiquée à ce système par l'amélioration du dépôt et de la persistance soit due au minimum par le revêtement de polymère émulsifs (voir "Dynamics of Deposition and Tenacity of Fungicidest, Rich, S, Phytopathology, 44 (1954), pages 203 à 213). Effet du système dithiocarbamate/polyacAtate de vinyle apparait aussi spécialisé, en comparaison dtassociations dont on aurait pu aStendre-un résultat similaire. Ainsi, des systèmes utilisant des émulsions de polyacétate de vinyle en association avec (1) le produit connu sous l'appelation "Karathane 25 WD" (crotonates de 2,4-dinitro-6-oc dylphényl e et de 2,6-dinitro-6- octylphényle) pour la protection du concombre (Clcumis sativa) contre l'oldium blanc (2) le produit connu sous llappelation "Hinosan 40% EC" (dithiolophosphate deo-éthyle et ,S-diphényle) pour la lutte contre la piriculariose (brunissure ou nielle) ;lu riz (Oryza sativa) et (3) le "Glyphosate" (N-phosphonométhyl- glycine) comme herbicide après germination contre le souchet (Cyperus esculentus) sont généralement inefficaces dans les conditions normales de pluviosité. Un avantage de l'invention est qu'elle réduit au minimum la fréquence de réapplication du fongicide. Evidemment, une perte de manèbe par exemple, depuis la région foliaire, conduit à des concentrations virtuellement indésirables de la substance dans le sol, particulièrement avec les traitements répétés nécessités par un temps pluvieux. La persistance sur les feuilles maintient aussi les niveaux d'efficacité pour un coût relativement réduit. Cela est particulièrement avantageux pour la lutte contre les maladies cryptogamiques dans les cultures tropicales et subtropicales ayaht une longue période de végétation comme la banane, le café et l'igname, car on peut envisager des applications moins nombreuses de fongicide à activité persistante en utilisant une composition selon l'invention qui résiste aux intempéries ou à la pluie. Le système d'application à polymère filmogène est avantageux aussi pour l'application aux plantes potagères comme la laitue, le chou etc... car les dépôts en pellicule cohérente tendent à tomber de la plante avant la récolte, étant donné la perte de ténacité due à la croissance de la plante. En pareil cas, ou même lorsque le système composite peut être enlevé des feuilles par les intempéries, on voit que les compositions fongicides selon ltinvention sont plus avantageuses pour l'arrosage du sol. En outre, les taux résiduels dans le sol peuvent être maintenus plus efficacement, grâce à l'invention, dans des limites écologiques. Selon un mode d'exécdtion préférentiel, on applique un sel éthylène-bis-dithiocarbamate aux tomates pour lutter contre le mildiou, en association avec environ 3:1 à 8:1 parties en poids dtune émulsion de polyacétate de vinyle, en quantité voulue pour que la dose de fongicide soit de 2,2 kg/ha. Comme le montreront les exemples III et IV, on obtient une suppression supérieure à 90% avec le manèbe et deux émulsions différentes de polyacétate de vinyle, même avec une pluviosité simulée notable. Outre le manèbe et le zinèbe, on peut utiliser d'autres fongicides de cette classe, comme le ferbame (diméthyldithiocar- bamate ferrique), le zirame (diméthyldithiocarbamate de zinc), le vapame (N-méthyldithiocarbamate de sodium), le produit dit "PolyramN (mélange comprenant 5,2 parties en poids, soit 83,9%, d'ammoniates d'éthylène-bis-dithiocarbamate de zinc, 1 partie en poids, soit 16,1, d'acide Bthylène-bis-dithiocarbamique, d'anhydrosulfures et disulfures cycliques bimoléculaires ettrimoléculaires), et le produit de coordination de zinc (2ç26), de manganèse (1696) et d'éthylène-bis-dithiocarbamate (629Ó). Les sels toxologiquement acceptables et couramment employés de ces matières conviennent aux buts de l'invention (voir brevets US nO 1 972 961 ou Re nO 22 750, 2 317 765, 2 504 404, 2 974 156, 3 248 400,et :1 379 61C. Le polyacétate de vinyle est avantageusement sous la forme d'une émulsion, à la fois parce qu'elle est facile à mélanger à l'agent fongicide principal et parce qu'elle s1 adapte de façon simple aux opérations de pulvérisation. Bien entendu, on peut utiliser des surfactifs,lorsqucon le désire, pour faciliter ltémulsification. On peut utiliser avantageusement, selon l'invention, des émulsions aqueuses d'homopolymères et copolymères d'acétates de vinyle du type bien connu. Les procédés de préparation de ces émulsions de polymères consistent généralement à ajouter avec agitation rapide un ou plusieurs des monomères à de l'eau contenant, ou à laquelle on ajoute simultanément ou ensuite, des surfactifs ou émulsifiants, un catalyseur ou amorceur de polymérisation et, dans bien des cas, une substance formatrice de colloïde protecteur. On chauffe alors ce mélange à la température de polymérisation en continuant d'agiter et on le maintient à cette température jusqu'à ce que la polymérisation pratiquement complète du ou des monomères se soit produite.On peut effectuer une addition retardée d'un ou plusieurs monomères et utiliser des techniques de préémulsion pour rendre maximal le taux de solides (voir brevets U.S. no 3 637 563, 3 423 352 et 3 423 353). On trouve dans le commerce des émulsions de polyacétate de vinyle en fines particules (0,1 à 0,2 micron) contenant des surfactifs anioniques ou non ioniques, ainsi que des variantes à grosses particules (0,5 à 3,0 microns) stabilisées par un colloi- de protecteur. Le polymère peut être plastifié de façon interne ou modifié par 10 à 30% d'unités comonomères à base d'esters insaturés tels que les acrylates, par exemple l'acrylate d'éthyle, de butyle ou de 2-éthylhexyle, les méthacrylates et les maléates et fumarates de dialkyle, par exemple ceux de dibutyle ou de dioctyle. L'alcool polyvinylique et lthydroxyméthylcellulose sont couramment utilisés comme colloïdes protecteurs.On envisage aussi l'utilisation d'agents de coales ence améliorant la formation de pellicules (par exemple le butylcarbitol et les cellosolves). Pour l'utilisation dans l'invention, on préfère l'homopoly- mère et les copolymères qui sèchent rapidement en donnant une pellicule souple, flexible, relativement transparente. On obtient les meilleurs résultats avec le produit connu sous l'appellation "Hall Vin Rez 75-15" de Stein, comprenant un copolymère d'acétate de vinyle à plastification interne et un surfactif anionique, à 55% de solides d'une grosseur de particules de 1 micron, formant une pellilule souple et flexible de façon permanente, résistant l'eau;; ou ie "Vin Rez 202A" (Stein Hall) comprenant un homopolymère d'acétate de vinyle et un surfactif anionique, contenant 56 de solides d'une grosseur de particules de 2 à 10 microns et donnant une pellicule qui a une bonne flexibilité et une résistance suffisante à l'eau. On trouve des émulsions similaires comme celles de désignation "SB-5", "SB-9" ou SB-I1 (H.B. Feller), Flexbond 800" (Air Reduction), "40 124 Walpol" (Reichhold), "P529" ou llp763lt (Borden) et "Elvacet 81 900 (Du Pont). L'application de l'émulsion en l'absence de fongicide donne bien entendu un certain effet favorable de protection, mais le résultat ne semble guère dû qusà un recouvrement de la surface et à une modification chimique et physique de la surface elle môme1 plutôt qu'à un niveau significatif d'activité fongicide. Bien entendu, le dithiocarbamate peut former une partie seulement dtune pulvérisation à usages multiples. Ainsi, on peut mélanger le manèbe ou le zinèbe au méthoxychlore ou au "Sevin" et à la "Roténone" ou au malathion pour les légumes; on peut mélanger le ferbame au méthoxychlore ou au "Sevin" et au malathion pour les fruits; et on peut utiliser le zinèbe ou le ferbame avec le soufre ou le Karathane, le DDT, le lindane ou le ',Sevin" et le malathion pour les fleurs, les arbres et les arbustes. Bien entendu, on envisage aussi des associations avec des pesticides minéraux lorsqu'ils sont compatibles, par exemple des compositions contenant du soufre, du sulfate de cuivre (basique), de l'oxyde de cuivre (brun), de la bouillie bordelaise (sèche), de l'hydroxyde de cuivre, de la chaux sulfurée etc. Evidemment, on peut incorporer aux compositions de l'invention d'autres agents phytopharmaceutiques tels que des insecticides, des acaricides, des minéraux et des hormones, communément utilisés en agriculture pour l'entretien ou la nutrition des végétaux ou la destruction ou l'éradication des parasites ou agents pathogènes ou des espèces indésirables, chaque fois que ces agents sont compatibles. De façon générale, les fongicides du type dithiocarbamate sont des agents de protection plutôt que d'éradication, par nature : ainsi le zinèbe, le polyrame ou le zirame servent essentiellement à empêcher les spores ou le mycélium de champignons pathogènes de pénétrer dans les plantes traitées. Le manèbe et le ferbame ont certaines propriétés d'éradication, mais cette classe est appliquée particulièrement avant l'infestation, ce qui donne lieu à des applications fréquemment renouvelées, que l'invention vise à limiter. On a décrit l'invention ci-dessus en parlant particulièrement de lapplication aux feuilles où ses avantages sont le plus évidents, mais il est entendu que le système est efficace aussi comme fongicide pour d'autres usages classiques dans les pelouses et les jardins, ou pour les cultures. Ainsi, on utilise communément le zinèbe comme agent d'arrosage du sol, pour la lutte contre plusieurs maladies du gazon. Les divers fongicides du type dithiocarbamate ont des applications variables, préférentielles ou spécifiques connues et les niveaux de réponse varient, par exemple entre les oïdiums et les rouilles. La pratique de l'invention est donc régie sous certains aspects par le savoir-faire usuel du praticien qui choisira des doses et autres conditions permettant un résultat optimaL Il est prévu d'utiliser le constituant fongicide foliaire actif entre des limites de dosage recommandées pour l'espèce et les infestations, comme indiqué dans "EPA Compendium of Registered Pesticides" et il semble que l'on peut arriver à utiliser des taux réduits de fongicide en obtenant un résultat efficace, selon la pratique de l'invention.Ainsi, on utilise en particulier le manèbe à raison de 1,3 à 1,8 kg/ha avec un volume de 935 1/ha pour lutter contre l'infestation des fruits, légumes et plantes ornementales par les champignons. Pour les tomates, les dosages par hectare peuvent aller de 0,4 à 3,6 kg dans un volume de 935 litres. Les taux d'application peuvent varier selon les écosystèmes dont il s'agit et, spécialement pour les environnements tropicaux et subtropicaux, un taux plus élevé peut être nécessaire à un résultat efficace, par exemple dans le traitement des maladies de la banane comme la mycosphérellose (Mycosphaerella musicola), la maladie de Sigatoka (Cercospora musae), la maladie des stries (Mycosphaerella Fijiensis) > la rouille (Uromyces musae), les taches foliaires de Cordana (Cordana musae), les taches foliaires grises (Piricularia grisea) et ltanthracnose (Colletotrichum musea), ou les maladies du caféier comme la rouille (Hemileia vastatrix ou coffeicola). On peut facilement préparer le système fongicide de llin- vention en mélangeant les agents sous forme de concentrés préformés ou sur le terrain. Avantageusement, on dilue le dithiocarbamate dans l'eau à environ 10:1 en poids et on mélange l'agent dilué à lgemulsion de polyacétate de vinyle en agitant de façon usuelle à la température ambiante pour effectuer l'interdispersion en vue de l'application. Pour mesurer l'efficacité des systèmes fongicides selon l'invention en cas de pluie sur le terrain, on utilise un appareil de simulation de pluie, décrit dans Chemistry and Industry, 29 mars 1969, page 414. Essentiellement, l'appareil utilise un arrosage d'eau du robinet à une pression de 1,4 kg/cm2 dirigé normalement contre une feuille maintenue à une distance d'environ 76 mm de la buse. On fait aller et venir lentement la tête d'ar- rosage devant la feuille et elle applique environ 3 ml d'eau par seconde. On recueille l'eau toutes les 50 secondes et on applique à nouveau l'arrosage pour atteindre le dosage total voulu. On utilise une buse d'arrosage grossière en T du type fourni par Spraying Systems. L'invention est illustrée de façon non limitative par les exemples suivants. On utilise dans chaque cas le manèbe sous forme de poudre mouillable comprenant 80% d'agent actif et 20% de véhicule minéral inerte contenant un surfactif. Le pourcentage d'efficacité contre les champignons représente un calcul du pourcentage total de lieux d'infection sur les plantes traitées, en comparaison des témoins inoculés non traités. EXEMPLE I On applique un homopolymère d'acétate de vinyle ("Vin Rez 202A", Stein, Hall, 55% de solides) seul, à 600 parties par million, en abrégé ppm (émulsion équivalente à 0,56 kg/ha dans un volume de 935 1/ha, soit environ 0,28 kg/ha de polyacétate de vinyle) à 9 plants de tomate que l'on met en serre après séchage. Quatre heures après le traitement par le polyacétate de vinyle on place six de ces plants dans la chambre à pluie, on les soumet à une chute de pluie simulée de 2,5 cm, on les laisse sécher puis on les remet en serre. Vint-quatre heures après le traitement par le polyacétate de vinyle, on place dans la chambre à pluie trois des six plante soumis à la pluie simulée, on les soumet à une pluie simulée supplémentaire de 2,5 cm et on les laisse sécher. A ce moment, on retire de la serre les 9 plants traités par le polyacétate de vinyle, on les amène dans la zone de traitement, on leur inocule par pulvérisation une suspension mixte de sporanges et de zoospores de Phytophthora infestans (mildiou) et on les place immédiatement dans une chambre d'incubation maintenue à 210C et au moins 95% d'humidité relative. Au bout de 40 heures dans la chambre d'incubation, on retire les plants et on les observe pour détecter les lésions totales des trois feuilles du haut. On détermine l'efficacité des traitements par comparaison directe avec des témoins non traités inoculés. Par la même méthode, on traite des plants de tomate par le manèbe (éthylène-bis-dithiocarbamate manganeux, poudre mouillable à 80%) seul, à 100 ppm et on compare au témoin inoculé non traité. On traite aussi des plants de tomate, de la même manière, par un système fongicide selon l'invention comprenant 100 ppm de manèbe dispersé dans une émulsion de "Vin Rez 202A" (polyacétate de vinyle) à 600 ppm. Les résultats, exprimés en pourcentage d'efficacité contre les champignons, relativement aux témoins inoculés, non traités sont récapitulés au tableau suivant: Traitement Pluie simulée Efficacité % A. polyacétate O 0 de vinyle, 600 ppm 2,5 cm au bout de 4 h 17 2,5 cm au bout de 4 h et 24 h 49 B. manèbe, 100 ppm 0 54 2,5 cm au bout de 4 h 51 2,5 cm au bout de 4 h et 24 h 52 C. manèbe, 100 ppm 0 77 et polyacétate de 2,5 cm au bout de 4 h 77 vinyle, 600 ppm 2,5 cm au bout de 4 h et 24 h 61 Ainsi, même à des taux relativement faibles de manèbe, on obtient un degré notable d'efficacité contre les champignons au moyen du système fongicide de l'invention, qui est beaucoup plus efficace que ltun ou l'autre traitement isolément.Des niveaux d'efficacité supérieurs persistent même après des chutes de pluie notables et répétées. EXEMPLES II On applique à 9 plants de tomate un copolymère d'acétate de vinyle ("Vin Rez 7R-15", Stein, Hall, 55% de solides) seul à 600 ppm (émulsion équivalente à 0,56 kg/ha pour 935 I/ha, soit environ 0,28 kg/ha de polyacétate de vinyle) et on met les plants en serre après séchage. Quatre heures après le traitement par le polyacétate de vinyle, on place 6 de ces plants dans la chambre à pluie, on les soumet à une chute de pluie simulée de 2,5 cm, on les laisse sécher, puis on les remet en serre. Vingt-quatre heures après le traitement par le polyacétate de vinyle, on place dans la chambre à pluie trois des six plants soumis à la chute de pluie simulée, on les soumet à une nouvelle pluie simulée de 2,5 cm et on laisse sécher.Puis on retire de la serre les neuf plants traités par le polyacétate de vinyle, on les amène dans la zone de traitement, on leur inocule par pulvérisation une suspension mixte de sporanges et de zoospores de Phytophthora infestans (mildiou) et on les place immédiatement dans une chambre d'incubation maintenue à 210C et au moins 95 d'humidité relative. Au bout de 40 heures dans la chambre d'incubation, on on retire les plants et on observe les lésions totales des trois feuilles du haut. On détermine l'efficacité des traitements par comparaison directe avec des témoins non traités inoculés. Par le même procédé, on traite des plants de tomate par le manèbe (éthylène-bis-dithiocarbamate manganeux, poudre mouillable à 80), seul, à 100 ppm et on compare au témoin inoculé non traité. On traite aussi des plants de tomate de la même façon par un système fongicide selon linvention, comprenant 100 ppm de manèbe dispersé dans une émulsion de copolymère d'acétate de vinyle "Vin Rez 7R-15" à 600 ppm. Les résultats, exprimés en pourcentage d'efficacité contre les champignons relativement aux témoins inoculés non traités, sont récapitulés au tableau suivant: Traitement Pluie simulée Efficacité % A. Polyacétate O O de vinyle, 600 ppm 2,5 cm au bout de 4 h O 2,5 cm au bout de 4 h et 24 h 42 B. manèbe, 100 ppm 0 54 2,5 cm au bout de 4 h 51 2,5 cm au bout de 4 h et 24 h 52 C. manèbe, 100 ppm 0 68 et polyacétate de 2,5 cm au bout de 4 h 84 vinyle, 600 ppm 2,5 cm au bout de 4 h et 24 h 87 Ainsi, même à des taux relativement faibles de manèbe, on obtient un degré significatif d'efficacité contre les champignons avec le système de lsinvention, beaucoup plus efficace que l'un ou l'autre traitement à lui seul. Des niveaux d'efficacité supérieurs persistent même après des chutes de pluie notables et répétées. EXEMPLE III On répète le processus de exemple I, si ce ntest que l'on porte dans chaque cas la proportion de "Vin Rez 202A" à 1 200 ppm, ce qui équivaut à 1,12 kg/ha dans un volume de 935 l/h, soit environ 0,56 kg/ha de polyacétate de vinyle.On obtient les résultats suivants: Traitement Pluie simulée Efficacité % A0 polyacétate de O O vinyle, 1200 ppm 2,5 cm au bout de 4 h 17 2,5 cm au bout de 4 h et 24 h 49 B. manèbe, 0 77 100 ppm 2,5 cm au bout de 4 h 81 2,5 cm au bout de 4 h et 24 h 27 C. manèbe, 100 ppm O 99 et polyacétate de 2,5 cm au bout de 4 h 100 vinyle 2,5 cm au bout de 4 h et 24 h 96 Bien que, dans cet essai, on attribue plus de signification à la différenciation relative qu'aux valeurs absolues, qui varient communément d'un essai à l'autre, le degré relatif d'effet cacité obtenu ici pour le système mixte est remarquable et lef- fet d'entrafnement du manèbe par les pluies répétées estévident. EXEMPLE IV On répète le processus de l'exemple II,si ce ntest que l'on porte la proportion de "Vin Rez 7R-15 à 1200 ppm dans chaque cas. On obtient les résultats suivants: Traitement Pluie simulée Efficacité ffi A. polyacétate de O 0 vinyle, 1200 ppm 2,5 cm au bout de 4 h 19 2,5 cm au bout de 4 h et 24 h 31 B. manèbe > 0 77 100 ppm 2,5 cm au bout de 4 h 81 2,5 cm au bout de 4 h et 24 h 27 C. manèbeX100 ppm 0 98 et polyacétate de 2,5 cm au bout de 4 h 97 vinyle, 1200 ppm 2,5 cm au bout de 4 h et 24 h 95 On peut faire la même observation pour le copolymère que dans exemple III pour l'homopolymère, ce qui indique l'qui valence générale des espèces EXEMPLE V On répète le processus des exemples I et II, si ce ntest que lton porte la concentration de l'émulsion d'acétate de vinyle à 4800 ppm, avec les résultats suivants:: Traitement ppm Pluie simulée Efficacité % appliqué polyacétate de vinyle 4800 0 8 2,5 cm au bout de 4 h 30 2,5 cm au bout de 4 h et 24 h O polyacétate de vinyle 4800 0 3 2,5 cm au bout de 4 h O 2,5 cm au bout de 4 h et 24 h 9 manèbe 100 0 46 2,5 cm au bout de 4 h 37 2,5 cm au bout de 4 h et 24 h 20 manèbe 100 0 62 + polyacétate 2,5 cm au bout de 4 h 34 de vinyle 4 800 2,5 cm au bout de 4 h et 24 h 44 manèbe 100 0 7-i + polyacétate 2,5 cm au bout de 4 h 18 de vinyle 4 800 2,5 cm au bout de 4 h et 23 h 41 On observe bien une certaine augmentation d'efficacité, mais il est évident que le résultat aux rapports intermédiaires (12:1) des exemples II et IV est préférable. Le système fongicide de l'invention peut aussi s'appliquer à la culture des fruits comme les amandes, les pommes, les abricots, les bananes, les airelles, les figues, les raisins, les nectarines, les papayes et les pêches, des légumes comme llasper- ge, le haricot, le brocoli, le chou de Bruxelles, le chou-fleur, le chou, le céleri, le mals, le concombre, la laitue, le melon, le poivron et ltépinard, ou à d'aures cultures comme ltigname, le café et le tabac, pour lutter efficacement contre l'infestation fongique. R E V EN D I C A T I O N S 1.- Procédé d'amélioration de l'activité fongicide des sels dithiocarbamates, caractérisé par le fait que lon combine le sel à une préparation majeure de polymère d'acétate de vinyle. 2.- Procédé selon la revendication 1, caractérisé par le fait que le rapport entre le polymère dtacétate de vinyle et le sel est compris entre 1:1 et 30:1 environ. 3.- Composition fongicide contenant un sel dithiocarbamate et caractérisée par le fait qu'elle contient une proportion majeure d'un polymère d'acétate de vinyle et d'un véhicule acceptable en agriculture. 4.- Composition selon la revendication 3, caractérisée par le fait qu'elle contient un surfactif. 5.- Composition selon l'une des revendications 3 et 4, caractériséepar le fait que le véhicule est l'eau. 6.- Composition selon lune des revendications 3 à 5, caractérisée par le fait que le rapport entre le polymère d'acétate de vinyle et le sel est compris entre 3:1 et 30:1 environ. 7.- Procédé de traitement foliaire des plantes sujettes à l'infestation fongique, caractérisé par le fait que l'on applique au feuillage une émulsion de polymère d'acétate de vinyle comprenant une minorité d'un sel dithiocarbamate à une dose suffisante pour lutter contre l'infestation. 8.- Procédé selon la revendication 7, caractérisé par le fait que le sel est léthylène-bis-dithiocarbamate manganeux. 9.- Procédé selon la revendication 8, caractérisé par le fait que le rapport de poids entre le polymère d'acétate de vinyle et le sel est compris entre 3:1 et 30:1 environ. 10.- Emulsion de polyacétate de vinyle caractérisée par le fait quelle contient, en quantité efficace comme fongicide, de 1' éthylène-bis-dithiocarbamate manganeux. 11.- Procédé de protection du feuillage des plantes contre I'infestation par les champignons, caractérisé par le fait que lton applique au feuillage une composition fongicide comprenant une proportion efficace d'un sel dithiocarbamate et un excès,en poids, d'un polymère d'acétate de vinyle, suffisant pour renforcer l'efficacité contre les champignons. 12.- Nouvelle application industrielle des polymères d'acétate de vinyle pour l'amélioration de l'activité fongicide des sels dithiocarbamates, caractérisée par le fait que lton associe le sel à une proportion majeure de polymères d'acétate de vinyle. 13.- Application d'un polymère d'acétate de vinyle comme agent de potentialisation de l'activité fongicide des sels dithiocarbamates.