La présente invention concerne des dérivés d'érythromycine et, plus particulièrement, les dérivés comportant un pont oxygène entre les positions 6 et 9. En particulier, l'invention concerne les dérivés d'érythromycine de formule générale dans laquelle R1 représente un atome d'hydrogène ou un groupe hydroxy lorsque R1 est l'hydrogène1 R2 et R3 sont l'hydrogène ou sont reliés ensemble pour former une double liaison en position 8-9 du noyau érythronolide et lorsque R1 est un groupe hydroxy, R2 et-R3 sont l'hydrogène. Les dérivds d'érythromycine de l'invention sont doués d'activité antimicrobienne contre Stanhylococcus aureus. Ils sont également utiles comme intermédiaires dans la préparation d'autres composés utiles dans diverses applications et également, en particulier, comme agents antimicrobiens. Dans le cas où R1 est l'hydrogène et la liaison 8-9 est insaturée, c'est- & dire R2 et R3 sont reliés ensemble pour former une double liaison en 8-9, le composé résultant est l'hémicétal-6,9 de l'anhydro-8,9 érythromycine B, plus commodément dénommé éther énolique d'érythromycine B. L'hémicétal-6,9 de l'anhydro-8,9 érythromycine A n'est pas connu comma tel dans la littérature. Stephens et Conine indiquent dans Antibiotics Annual 1958-1959, p. 349 un "hémicétal" qui, d'après le mode de préparation décrit, semble etre l'hémicétal-6*9 de l'anhydro-8,9 érythromycine A, ci-aprbs dénommé éther énolique d'érythromycine A. Le nouvel éther énolique d'érythromycine B possède des propriétés exceptionnelles,qui le distinguent notablement de l'éther énolique d'érythromycine A. Du point de vue chimique, la différence entre ces deux éthers énoliques et que l'éther énolique de l'érythromycine A possède un groupe hydroxy en position 12 du cycle érythrolonide, tandis que l'éther énolique d'érythromycine B possede un atome d'hydrogène å la place de ce groupe hydroxy. Cette différence, apparemment faible, a des conséquences qui donnent à l'éther énolique d'érythromycine B des propriétés exceptionnelles servant à le distinguer notablement de l'éther énolique d'érythromycine A. La demanderesse a découvert que, lorsque l'on expose l'éther énolique d'érythromycine A à un milieu acide aqueux, tel qu'on le rencontre dans le tube gastro-intestinal des animaux, il forme l'anhydroérythromycine A qui, comparée à l'érythromycine A ou B, a une activité antibiotique in vivo diminuée. D'autre part, l'éther énolique d'érythromycine B, exposé de manière semblable à un milieu aqueux acide, se transforme en érythromycine B. Cette différence importante peut etre observée plus facilement en référence aux études de protection de la souris décrites ci-après. L'éther énolique d'érythromycine B est préparé par dissolution ou suspension de l'érythromycine B dans un acide anhydre, de préférence l'acide acétique glacial. On agite le mélange d'érythromycine B et d'acide anhydre pendant 1 à 4 h à une température de 20-30 C. On élimine ensuite l'excès d'acide, par exemple, par distillation sous pression réduite. Cette séparation ne doit pas s'effectuer à une température supérieure à 60 C, afin de ne pas détruire le produit;onl'effectue de préférence à une température inférieure à 40 C. On extrait ensuite du résidu l'éther énolique d'érythromycine B au moyen d'un solvant inerte approprié, de préférence le chloroforme. La demanderesse a en outre découvert que l'on peut réduire les éthers énoliques des érythromycines A et B, tous deux en dihydro-8,9 érythromycine époxyde-6,9,par l'action d'un agent hydrogénant, de préférence l'hydrogàne,en présence d'un catalyseur convenable. contenant un métal du groupe du platine, de préférence le platine. Les exemples suivants illustrent l'invention sans toutefois en limiter la portée. EXEMPLE 1 Ether énolique d'érvthronvcine B On dissout 25 g (0,035 mole) d'érythromycine B dans 200 ml d'acide acétique glacial Après agitation å 25 C pendant 2 h, on sépare l'excès d'acide acétique sous pression réduite,en maintenant le mélange réactionnel au bain-marie à 350C pendant cette opération. On verse l'huile résiduelle dans une solution aqueuse froide contenant 5 % en poids de bicarbonate de sodium, et on extrait le mélange résultant trois fois par le chloroforme. On combine les extraits chloroformiques, on lave une fois avec une solution aqueuse à 5 % en poids de carbonate de sodium, une fois à l'eau et on sèche sur sulfate de sodium. On élimine ensuite le solvant pour obtenir 23 g d'un verre incolore.Après dissolution dans 100 ml d'éther, il se dépose immédiatement des cristaux que 1 'on filtre : on obtient 14 g d'éther énolique d'érythromycine B, F. 80-82 C. On recristallise le produit dans l'acétone pour obtenir 12 g (50 %) d'éther énolique d'érythromycine B, F. 80-820C, maximum d'absorption à 209 m/u (t = 7120) ; |7D5 = 33 (c = 1,14 dans le méthanol). Analyse centésimale Calculé pour C37H65NO11 : C 63,31 H 9,62 N 2,00 0 25,07 Trouvé : C 63,11 H 9,60 N 1,90 0 25,06 EXEMPLE 2 Dihydro-8*9 érvthromvcine B époxyde 6.9 On prépare l'éther énolique d'érythromycine B en laissant reposer 1,87 g d'érythromycine B dans 50 ml d'acide acétique glacial pendant 2 h 30. On prépare un catalyseur en réduisant 1,87 g de PtO2 dans 50 ml d'acide acétique glacial. On ajoute la solution d'éther énolique d'érythromycine B à la suspension du catalyseur dans l'acide acétique avec 50 ml d'acide acétique glacial, et on ajoute 10 gouttes d'acide trifluoroacétique pour amener la solution à 150 ml. On fait alors démarrer l'hydrogénation par barbotage d'hydrogène dans le mélange. L'absorption initiale d'hydrogène est rapides et l'hydrogénation est sensiblement terminée après 22 h. On filtre le mélange réactionnel, on lave le catalyseur avec un volume total de 100 ml d'acide acétique et on évapore les solutions combinées sous pression réduite jusqu'à un faible volume. On dissout le résidu dans le chloroforme.On extrait alors la solution chloroformique avec deux portions de 150 ml de solutions aqueuses saturées dans le bicarbonate de sodium, et ensuite par deux portions de 150 ml d'eau. On sèche la solution organique sur sulfate de magnésium, on filtre et on évapore pour obtenir 1,48 g de résidu. On ne peut pas obtenir de cristaux. On purifie le mélange réactionnel par chromatographie en couche mince sur gel de silice avec le système solvant benzène-méthanol 9:1 en atmosphère saturée par l'hydroxyde d'ammonium. Le dihydro-8,9 érythromycine B époxyde-6,9 a un Rf de 0,40. Lorsque l'on met en contact la zone du chromatogramme en couche mince, correspondant au dihydro-8,9 érythromycine B époxyde-6,9, avec une culture de Bacillus subtilis sur plaque de gélose, on observe que la croissance de l'organisme est inhibée. Le composé est également efficace contre Staphvlococcus aureus. EXEMPLE 3 Dihvdro-8,9 érythromycine A éw xvde-69 De la même manière que dans l'exemple précédent, on prépare l'éther énolique d'érythromycine A en laissant reposer 1,85 g d'érythromycine A dans 50 ml d'acide acétique glacial pendant environ 3 h. On prépare le catalyseur de la meme manière qu'à l'exemple précédent,et on combine la suspension de catalyseur avec la solution d'éther énolique d'érythromycine A avec addition de 50 ml d' acide acétique glacial et 10 gouttes d'acide trifluoroacétique. On hydrogène ensuite ce mélange comme précédemment. On filtre le mélange réactionnel, on lave avec environ 100 ml d'acide acétique glacial, on combine les solutions et on évapore sous pression réduite jusqu' & un faible volume. On dissout le résidu dans le chloroforme. On extrait ensuite la solution chloroformique et on isole le produit par chromatographie comme à l'exemple précédent. Les etudes de protection chez la souris, mentionnées précédemment, sont effectuées comme suit A des souris CF-l femelles, on injecte par voie intrapéritonéale 0,75 ml d'une dilution 10-6 dans la mucine gastrique de cochon à 3 % d'une suspension de 24 h d'infusion de Staphylococcus aureus dans le cerveau et le coeur (Smith). La dose infectieuse par souris est de 10 à 100 fois la DL50, On traite les souris par la voie orale, 1 h après l'infection et à nouveau 5 h après l'infection. On observe les animaux pendant 7 jours. Sont étudiés par l'analyse probite selon Blise. Le pourcentage de mortalité pour dix souris témoins à chacune des dilutions 10-6, 10'6, 10-8 et 10 9 de la suspensionat de 100 %, 40 %, 50 % et O %, respectivement. Les résultats obtenus sont indiqués dans le tableau ci-après. On peut le voir facilement, l'éther énolique d'érythromycine B à des concentrations de 200 t/kg et au-dessous est un antibiotique supérieur à l'éther énolique d'érythromycine A. Ceci était tout à fait inattendu pares que l'érythromycine A et des dérivés s'étaient révélés jusqu'à présent plus efficaces (c'est-à-dire d'une activité plus grande) que l'érythromycine B et ses dérivés. A des taux élevés d'administration, par exemple de 400 r/kg, la différence n'est pas ci prononcée parce qu1il se forme une faible quantité d'érythromycine A lorsque l'on administre l'éther énolique d'érythromycine A, ainsi que le principal produit de réversion1 l'anhydroérythromycine A. On peut administrer les composée de l'invention par voie intraveineuse, intramusculaire ou orale à l'homme et aux animaux à sang chaud. On peut les utiliser avec les supporta pharmaceutiques connus pour préparer des pilules, tablettes, solutions ou suspensions et analogues. On peut administrer les composée de l'invention seuls ou en mélange avec d'autres médicaments actifs. La dose habituelle est de l'ordre de 200-500 r/kg du poids du corps, bien que la dose optimale doive etre déterminée dans chaque cas particulier. TABLEAU Effet des dérivés de l'érythromycine sur une infection par Staphylococcus aureus (Smith) chez la souris Dose totale administrés Limites de certitude Composé DC50 Taux de mortalité inférieure supérieure Erythromycine A 300 &gamma;/kg 150 &gamma;/kg 100 &gamma;/kg 80 &gamma;/kg 40 &gamma;/kg 56,08 16,12 70,16 3,3 % 3,3 % 26,6 % 23,3 % 23,3 % Erythromycine B 300 &gamma;/kg 150 &gamma;/kg 100 &gamma;/kg 80 &gamma;/kg 40 &gamma;;/kg 68,17 31,07 94,45 0,0 % 0,0 % 3,3 % 50,0 % 90,0 % Ether énolique 400 &gamma;/kg 200 &gamma;/kg 100 &gamma;/kg 50 &gamma;/kg 25 &gamma;/kg 131,80 110,10 155,88 d'érythromicine A 3,3 % 20,0 % 76,6 % 90,0 % 100 % Anhydroérythro- 400 &gamma;/kg 200 &gamma;/kg 100 &gamma;/kg 50 &gamma;/kg 25 &gamma;/kg 247,03 # # mycine A 23,3 % 60,0 % 86,6 % 90,0 % 100 % Ether énolique 400 &gamma;/kg 200 &gamma;/kg 100 &gamma;/kg 50 &gamma; ;/kg 25 &gamma;/kg 81,71 53,02 104,30 d'érythromycine B 10,0 % 13,3 % 36,6 % 80,0 % 83,3 % # Pente insuffisante pour arriver à une limite de certitude. REVENDICATIONS 1. Nouveaux dérivés dfdrythromycine, caractérisé en ce qu'ils répondent à la formule générale dans laquelle R1 représente un atome d'hydrogène ou un groupe hydroxy, lorsque R1 est l'hydrogène, R2 et R3 représentent chacun un atome d'hydrogène ou sont reliés pour former une double liaison en position 8-9, et lorsque R1 est un groupe hydroxy, R2 et R3 représentent chacun un atome d'hydrogène. 2. Composé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il consiste en anhydro-8,9 érythromycine B hémicétal-6,9 de formule 3. Composé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il consiste en dihydro-8,9 érythromycine A époxyde-6,9 de formule 4. Composé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il consiste en dihydro-8,9 érythromycine B époxyde-6,9 de formule 5.Procédé de production de l'éther énolique d'érythromycine B, caractérisé en ce que l'on prépare une dissolution ou suspension d'érythromy- cine B dans un acide anhydre, on agite le mélange d'érythromycine B et d'acide anhydre pendant 1 à 4 h à une température de 20 à 300C, on sépare l'excès d'acide à une température inférieure à 600C, et on isole ledit éther énolique d'érythromycine B. 6. Procédé pour la production de dihydro-8,9 érythromycine A et B époxyde-6,9, caractérisé en ce quel'on réduit l'éther énolique d'érythromycine A ou B par l'action d'un agent hydrogénant en présence d'un catalyseur convenable. 7. Nouveaux médicamentautiles notamment comme antibiotiques contre Staphylococcus aureus, caractéris en ce qu'il consiste en composés selon la revendication 1. 8. Composition théraupeutiques, caractérisées en ce qu'elles contiennent comme ingrédient actif un médicament selon la revendication 7 et un support pharmaceutiquement acceptable. 9. Formes pharmaceutiques d'administration des compositions selon la revendication 8, caractérisées en ce qu'elles se présentent en pilules, tablettes, ou en solution an suspensions pour l'administration intraveineuse ou intramusculaire à une dose comprise entre 200 et 500 ylkg du poids du corps.