La présente invention concerne d'une manière générale le moulage en forme de faces pour montures de lunettes. Ainsi qu'on le sait, une monture de lunettes se com- pose, d'une part, d'un face, comportant deux cercles ou entourages réunis par un pontet médian et propres chacun à recevoir une lentille ophtalmique, et d'autre part, deux branches articulées audit face, celuici comportant à cet effet, du côté temporal, deux épaississements ou tenons propres à l'implantation de charnons. - Lorsqu'il est en matière organique dite plastique, le face peut être réalisé par usinage d'une plaquette en une telle matière. Mais il s'agit là d'un procédé de réalisation rela- tivement industrieux et onéreux. De manière avantageuse, le face peut également être réalisé par moulage en forme de la matière organique à met- tre en oeuvre. Par moulage en forme, on entend ici un moulage con- duisant directement à la configuration définitive recher- chée pour le face concerné et évitant donc toute reprise d' usinage pour ce face. De manière usuelleun tel moulage en forme est assuré par mise en oeuvre d'un moule comportant, d'une part, deux demi-moules propres à définir entre eux deux canaux annu- laires de cercle, qui sont reliés l'un à l'autre par un ca- nal médian de pontet, et qui bordent chacun deux plateaux, mu par demimoule, et d'autre part, deux fausses lentilles, une par canal annulaire de cercle, propres chacune à venir en appui sur les plateaux correspondants desdits demi- moules. Ces fausses lentilles sont nécessaires pour la forma- tion sur les cercles recherchés de drageoirs propres à 1' engagement de lentilles ophtalmiques, faute de quoi de tels drageoirs devraient être réalisés après moulage, par usinage. En pratique, chaque fausse lentille ainsi mise en oeuvre à ce jour se réduit à un simple voile dont la péri- phérie présente annulairement une arête propre à la forma- tion d'un drageoir. 2 2472459 Par voile, on entend ici une pièce dont les dimen- sions s'étendent essentiellement dans deux directions, 1' épaisseur de cette pièce dans une troisième direction per- pendiculaire aux précédentes étant réduite, et se limitant, en l'espèce, à la largeur du drageoir à former. Lors du moulage, chaque fausse lentille trouve un appui sur les plateaux correspondants des demi-moules mis en oeuvre, le plateau d'un premier de ces demi-moules pour une première de ses faces, et le plateau de l'autre de ces demi-moules pour l'autre de ses faces. Au démoulage, les fausses lentilles, qui sont retenues dans les cercles ou entourages formés, sont retirées de ceux-ci par déformation élastique de la matière correspon- dante. Bien qu'un tel procédé de moulage en forme ait donné et donne encore satisfaction,il implique par lui-même des contraintes de fabrication conduisant à des limitations de configuration pourles faces obtenus. Ces contraintes de fabrication sont dues à ce que, sur la surface arrière du face à former, se trouvent en saillie, du côté temporal, des épaississements locaux for- mant tenons, et, éventuellement, du côté nasal, des épais- sissements locaux formant plaquettes nasales. De ces épaississements locaux ainsi en saillie sur cette surface arrière, il résulte en effet que les plateaux que présente le demi-moule concerné, celui correspondant à la surface arrière du face à former, pour l'appui des faus- ses lentilles sont nécessairement, à ce jour, au moins lo- calement, aux droits desdits épaississements, à une hauteur notable vis-à-vis du plan de Joint des demi-moules. Compte tenu de la dépouille nécessaire au démoulage, le bord interne des tenons se trouve, donc, du c8té temporal, progressivement décalé vers l'extérieur à compter des cer- cles ou entourages. Or, un tel tenon doit impérativement présenter une épaisseur minimale, nécessaire à l'implantation d'un char- non. Par suite, le bord externe de ces tenons se trouve lui aussi progressivement déporté vers l'extérieur, à rai- son du déport de son bord interne. Ainsi, les tenons des faces de montures de lunettes réalisés par moulage en forme font inévitablement, les con- ditions étant égales par ailleurs, largement saillie vers l'extérieur, ce qui n'est pas sans alourdir la configuration générale de tels faces. De même, du côté nasal, la dépouille nécessaire au démoulage conduit à un rétrécissement d'ensemble de la lar- geur globale disponible pour le pontet et les plaquettes nasales, ce qui ne manque pas de soulever quelques diffi- cultés de confort et d'adaptation lorsqu'un tel face est destiné à un individu dont la racine du nez est relativement large. La présente invention a d'une manière générale pour objet une disposition de nature à au moins minimiser ces inconvénients, voire même à les annuler. De manière plus précise, elle a-tout d'abord pour objet une fausse lentille pour moule propre au moulage en forme du face d'une monture de lunettes, du genre formant un voile dont la périphérie présente annulairement une arête propre à la formation d'un drageoir, cette fausse lentille étant caractérisée en ce qu'elle présente en sail- lie sur l'une des faces dudit voile, et en retrait par rap- port à la périphérie de celui-ci, un prolongement; elle a encore pour objet un moule propre à la mise en oeuvre de fausses lentilles de ce type. De préférence, l'extrémité du prolongement d'une fausse lentille suivant l'invention a une allure globalement tronconique, sa section allant en décroissant en s'éloignant du voile. Quoi qu'il en soit, du fait que la fausse lentille suivant l'invention présente un prolongement, la hauteur, du côté temporal et du côté nasal, vis-à-vis du plan de joint des demi-moules, des plateaux que présente, pour 1' appui des fausses lentilles, celui de ces demi-moules des- tiné à la formation de la surface arrière d'un face, se trouve avantageusement réduite d'autant, en sorte que les conséquences de la dépouille nécessaire au démoulage sur le déport vers l'extérieur des tenons formés, ainsi que sur la réduction de la largeur disponible pour le pontet médian et les plaquettes nasales, se trouvent minimisées en correspon- dance. Autrement dit, les conditions étant égales par ail- leurs, la mise en oeuvre de fausses lentilles selon l'in- vention permet un rapprochement vers l'intérieur de ces te- nons et donc une réduction de la saillie extérieure de ceux- ci, et/ou une augmentation de l'écart angulaire, communé- ment dit angle de chasse entre les plaquettes nasales. De la réduction de la saillie extérieure des tenons, il résulte avantageusement une amélioration de l'esthétique d'ensemble des faces obtenus, qui, sans aucune retouche d' usinage après moulage, peuvent présenter une ligne notable- ment plus fine que celle des faces obtenus antérieurement. De même,del'augmentation de l'angle de chasse entre les plaquettes nasales, il résulte avantageusement, par une meilleure adaptation, une amélioration du confort de 1' usager, notamment lorsqu'il s'agit d'un usager présentant un nez épaté. Par ailleurs, le prolongement que présente une fausse lentille suivant l'invention permet, si désiré, de s'affran- chir des plots usuellement mis en oeuvre pour le centrage d'une telle fausse lentille vis-à-vis des demi-moules qu' elle doit équiper, ledit prolongement pouvant assuré par lui-même directement un tel centrage, par engagement dans celui desdits demi-moules qui correspond à la surface ar- rière du face à former. Les caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront d'ailleurs de la description qui va suivre, à titre d'exemple, en référence aux dessins schématiques annexés sur lesquels: la figure 1 est une vue en perspective d'une fausse lentille du type de celles connues à ce jour; la figure 2 est une vue en coupe de cette fausse lentille suivant la ligne II-II de la figure 1; les figures 3 et 4 sont des vues respectivement ana- logues à celles des figures 1 et 2 pour une fausse lentil- le selon l'invention; la figure 5 est une vue en coupe longitudinale d'un moule comportant des fausses lentilles suivant l'invention, suivant la ligne V-V de la figure 6; la figure 6 en est une vue en coupe transversale, suivant la ligne VI-VI de la figure 5; la figure 7 reprend, à échelle supérieure, le détail de la figure 6 repéré par un encart VII sur celle-ci; la figure 8 est, à l'échelle de la figure 7, une vue transversale en coupe du face obtenu à l'aide d'un tel mou- le; la figure 9 est, à titre de comparaison, et à la même échelle que la figure 8, une vue en coupe d'un face obtenu à l'aide d'un moule comportant des fausses lentilles du t-jpe de celle représentée sur les figures 1 et 2. Sur les figures 1 et 2 on reconnaît une fausse lentil- le 10 du type de celles usuellement mises en oeuvre à ce jour dans les moules propres au moulage en forme d'une-mon- ture de lunettes. Une telle fausse lentille 10 se réduit, en pratique, à un simple voile, dont le contour correspond à celui des cercles ou entourages du face à former, et dont la périphé- rie présente annulairement une arête 11 propre à la forma- tion d'lm drageoir sur un tel cercle ou entourage. Un tel voile est d'épaisseur e relativement faible, limitée en pratique à la largeur du drageoir à former. En pratique, et tel que représenté, ce voile est globalement bombé, comme les cercles ou entourages à former. Ainsi qu'il est usuel, une telle fausse lentille 10 est percée de demu trous 15, pour passage de plots de cen- trage, comme il sera détaillé ci-après. Tel que représenté sur les figures 3 et 4, une fausse lentille 15 suivant l'invention présente non seulement un voile 10, à arête périphérique 11, du type de celui décrit en référence aux figures I et 2, mais encore, en saillie sur l'une des faces de ce voile 10, et en retrait par rap- port à la périphérie de celui-ci, un prolongement 16; l'ensemble a une épaisseur E, qui est un multiple, entier ou fractionnaire, de l'épaisseur du seul voile 10. Dans la forme de réalisation représentée,ce prolonge- ment 16 est d'un seul tenant avec le voile 10 qu'il affecte et s'étend à compter de la face concave de celui-ci. Sur une partie au moins de sa hauteur, a compter du voile 10, il est par exemple cylindrique, tel que représenté Mais, de préférence, et tel qu'également représenté, son extrémité libre au moins a une allure globalement tron- conique, sa section allant en décroissant en s'éloignant du voile 10, et il présente donc une pente de dépouille P1 à ladite extrémité. De manière connue en soi, et tel que représenté à la figure 5, le moule 18 propre à la mise en oeuvre de fausses lentilles 15 suivant l'invention comporte, outre deux de telles fausses lentilles 15, deux demi-moules 19A,19B pro- pres à définir entre eux deux canaux annulaires de cercle , qui sont reliés l'un à l'autre par un canal médian de pontet 21, et qui bordent chacun deux plateaux 22A,22B, un par demi-moule, pour appui de la fausse lentille 15 cor- respondante, étant entendu qu'il y a une fausse lentille par canal annulaire de cercle 20. Les demi-moules 19A,19B sont affrontés l'un à l'autre, par une surface -e joint(non représentée en détail sur les figures) formant localement, dans l'exemple de réalisation représenté, une surface de référence plane 25, aux extré- mités longitudinales desdits demi-moules. Pour leur centrage, les fausses lentilles 15 suivant l'invention sont directement ancrées par leur prolongement 16 dans le demi-moule 19B, celui destiné à former la sur- face arrière du face à obtenir, les plateaux 22B dudit demi-moule 19 étant, latéralement, en retrait vis-à-vis des canaux annulaires de cercle 20, figure 6, ce dont il résul- te, latéralement, la présence de murailles 26 propres à un tel centrage. Du côté temporal, les canaux annulaires de cercle présentent localement un élargissement apte à donner naissance à un tenon en saillie tant latéralement que vers l'arrière sur le face à obtenir, et ils communiquent avec des cavités 27 qui, prévues sur le demi-moule 19B, sont aptes à recevoir des inserts formant charnons. De même, du côté nasal, les canaux annulaires de cer- cle 20 présentent localement un élargissement propre à for- mer des plaquettes nasales en saillie vers l'arrière. Enfin, à l'une des extrémités longitudinales des demi- moules 19A,19B, débouche un conduit de remplissage 29 pro- pre à l'introduction de la matière organique à mouler. Suivant l'invention, et en raison du prolongement 16 des fausses lentilles 15, les plateaux 22B du demi-moule 19B sont, du côté temporal et vis-à-vis de la partie plane de la surface de joint, prise comme surface de référence, à une hauteur réduite h, figure 7. Cette hauteur h peut être positive, comme c'est le cas du côté temporal dans l'exemple de réalisation représen- té; elle peut également être nulle, comme c'est le cas du côté nasal dans cet exemple; mais elle peut aussi être négative, dans le cas o le prolongement 16 des fausses len- tilles 15 est plus accentué et pénètre de ce fait dans une cavité du demimoule 19B, tant latéralement, entre les murailles 26, que longitudinalement, du côté temporal et/ou du côté nasal. Quoi qu'il en soit, c'est sur cette seule hauteur h qu'intervient la dépouille P2 nécessaire au démoulage, fi- gures 7 à 9. Les effets de cette dépouille P2 sur le déport vers l'extérieur des tenons 32 formés sur le face 33 obtenu, se trouvent minimisés à raison de la hauteur h, elle-même minime, des plateaux 22B à cet endroit,, figures 7 et 8, cette dépouille n'affectant qu'une même hauteur-h de tels tenons 32. Pour illustrer les avantages de l'invention à cet égard, il a été représenté en traits pleins à la figure 9 un face 33' obtenu avec mise en oeuvre de fausses lentilles , représentées en traits interrompus, pour lequel les effets de la dépouille P2 interviennent sur une plus grande hauteur H du tenon 32' correspondant, et sont donc plus importants, et, en tirets, sur cette même figure, à titre de comparaison, le tenon 32 obtenu, les conditions étant égales par ailleurs, suivant l'invention. Il ressort clairement de cette figure 9 que la mise en oeuvre de fausses lentilles 15 suivant l'invention, re- présentées en traits interrompus à la figure 3, permet avan- tageusement un déport vers l'intérieur D du bord interne du tenon 32, donc, à largeur de tenon L donnée propre à l'im- plantation d'un insert 35 formant charnon, une réduction de la saillie que forme à l'extérieur un tel tenon, cet avantage se trouvant accentué' par la configuration tronconi- que de l'extrémité libre du prolongement 16 des fausses lentilles 15. Un avantage semblable se retrouve du côté nasal, o l'écart angulaire.-, entre les plaquettes nasales formées, ou angle de chasse se trouve avantageusement augmenté. Par ailleurs, et ainsi qu'on l'aura compris, le fait que, dans l'exemple de réalisation représenté, le prolonge- ment 16 d'une fausse lentille 15 suivant l'invention soit d'abord cylindrique, autorise, comme il est usuel, la mise en place, sur le face obtenu, de lentilles ophtalmiques dont le bord, indépendamment d'une arête annulaire néces- saire à son emboîtement dans le drageoir correspondant, est globalement cylindrique, comme c'est en pratique le cas pour les lentilles ophtalmiques de forte puissance. Bien entendu, la présente invention ne se limite cependant pas à la forme de mise en oeuvre décrite et re- présentée, mais englobe toute variante d'exécution. En particulier, les fausses lentilles selon l'inven- tion peuvent être en deux parties convenablement superpo- sées, voile d'une part, et prolongement d'autre part, pour- vu que ces deux parties soient convenablement ajustées 1' une à l'autre. En outre, et bien que cette disposition soit favora- ble aux effets recherchés, il n'est pas impératif que 1' extrémité libre au moins du prolongement de la fausse len- tille selon l'invention soit tronconique, ou, en tout cas, il n'est pas indispensable que la dépouille que présente ainsi un tel Prolongement à son extr6mité libre affecte annulairement l'ensemble de celui-ci. Il pourrait suffire, en effet, que cette dépouille n'intervienne que localement, du côté temporal, pour les tenons à former, et/ou du côté nasal, pour les plaquettes nasales également à former. REVENDIIC kIONS 1. Fausse lentille pour moule propre au moulage en forme du face d'une monture de lunettes, du genre formant un voile dont la périphérie présente annulairement une arête propre à la formation d'un drageoir, caractérisée en ce qu' elle présente, en saillie sur l'une des faces dudit voile, et en retrait par rapport à la périphérie de celui-ci, un prolongement. 2. Fausse lentille suivant la revendication 1, ca- ractérisée en ce que l'extrémité libre au moins de son pro- longement a une allure globalement tronconique,sa section allant en décroissant en s'éloignant du voile. 3. Fausse lentille suivant la revendication 1, ca- ractérisée en ce que, au moins localement, son prolongement présente, à proximité de son extrémité libre, une dépouille. 4. Fausse lentille suivant l'une quelconque des re- vendications 1 à 3, dans laquelle le voile est bombé, ca- ractérisée en ce que son prolongement fait saillie sur la face concave dudit voile. 5. Fausse lentille suivant l'une quelconque des re- vendications 1, à 4, caractérisée en ce que son épaisseur d'ensemble est un multiple entier ou fractionnaire de celle du voile qu'elle comporte. 6. Moule propre au moulage en forme du face d'une monture de lunettes, du genre comportant d'une part deux demi-moules propres à définir entre eux deux canaux annu- laires de cercle, qui sont reliés l'une à l'autre par un canal médian de pontet, et qui bordent chacun deux plateaux, un par demi-moule, et, d'autre part, deux fausses lentilles, une par canal annulaire de cercle, propres chacune à venir en appui sur les plateaux correspondants, caractérisé en ce que chacune desdites fausses lentilles est conforme à l'une quelconque des revendications 1 à 5.