L'invention concerne dans son ensemble un procédé pour obtenir un produit à fwier à partir de plants de tabac. Selon un aspect plus particulier, elle concerne un procédé pour éliminer les protéines, la nicotine et le pigment vert du tabac destiné à être utilisé dans des cigarettes et dans d'autres produits de manufacture du tabac. Les cigarettes et autres produits de manufacture du tabac sont pour la plupart des mélanges de deux types principaux de tabac, à savoir les tabacs 11mûris en cheminée" et les tabacs "burley". Les cigarettes américaines, par exemple, sont généralemtent formées pour deux tiers de tabac mûri en cheminée et pour un tiers de tabac burley. La culture des tabacs mûris en cheminée et des tabacs burley s'effectue en majeure partie dans les Etats de Caroline du Nord, de Virginie, du Xentucky, du Tennessee, de Caroline du Sud et de Georgie. La production de tabac mûri en cheminée s 'effectue en grande partie dans une région proche de la côte Atlantique, tandis que le tabac burley est cultivé dans des régions se trouvant davantage à l'in térieur et plus en altitude. La culture et la récolte du tabac mûri en cheminée et celles du tabac burley diffèrent à divers points de vue. nans le cas du tabac mûri en cheminée, les feuilles les plus basses sont détachées de la tige de la plante à mesure qu'elles mûrissent et qu'elles commencent à jaunir. Les feuilles détachées sont suspendues en paquets sur des bâtonnets qui sont suspendus dans des hangars- et le tabac est "mûri en cheminée", c'est-à-dire séché par de l'air, chauffé par échange de chaleur avec de l'air chaud passant dans des cheminées. D'autre part, on laisse mûrir le tabac burley jusqu'à ce que pratiquement toutes les feuilles aient jauni sur les tiges. Ensuite, on sectionne la plante entière au ras du sol et on laisse la tige et les feuilles se flétrir sur le terrain pendant plusieurs jours. La plante entière est ensuite suspendue dans des hangars de conception spéciale où on la laisse sécher à l'air dans un processus de lente maturation. La culture du tabac1 particulièrement du tabac séché en cheminée, est un procédé laborieux. Par conséquent, on a inévitablement cherché à mécaniser ce procédé. A cette fin, le Ministère de l'Agriculture des Etats-Unis d'Amérique a mis au point un procédé connu sous le nom de "procédé de maturation des feuilles homogénéisées qui est moins coûteux que les procédés classiques de maturation. Dans ce procédé, les feuilles jaunies des plants de tabac cultivés d'une manière classique sont récoltées et transformées en pulpe. De l'eau est ajoutée à la pulpe qui est ensuite agitée à une température d'environ 250C pendant environ 24 heures. Pendant cette période, les enzymes protéolytiques qui se trouvent déjà dans les feuilles digèrent certaines des protéines qui restent dans les feuilles au moment où elles sont récoltées. Après la digestion, l'eau en excès est exprimée de la pulpe à présent de couleur brun foncé qui est ensuite séchée et qui sert de matière de départ pour l'obtention d'un produit de tabac reconstitué utilisé comme charge de tabac dans la fabrication des cigarettesvtout comme le tabac de basse quaiité obtenu comme produit de procédés classiques de maturation-. Le produit résultant est parfois moins dangereux à fumer que le tabac obtenu par des procédés classiques de maturation, attendu que sa concentration en protéines est réduite, les protéines constituant l'une des sources de produits indésirables dans la fumée de la cigarette. Comme dans la culture classique, il est extrêmement important que les feuilles de tabac puissent jaunir de la manière naturelle avant qu'elles ne soient récoltées en vue de leur utilisation dans le procédé de maturation des feuilles homogénéisées. Néanolns, le procédé de maturation à l'état homogénéisé n'est pas capable d'éliminer suffisamment de matière pigmentaire verte des feuilles pour que le produit ait été acceptable pour l'industrie du tabac. Au cours de la combustion lente caractéristique des produits du tabac tels que cigarettes, tabacs pour la pipe et cigares, la nicotine, les "goudrons" et d'autres produits considérés comme exerçant des effets nuisibles à la santé du fumeur sont libérés dans la fumée qui est aspirée dans la bouche et dans les poumons du fumeur. Pour des raisons sanitaires, les fabricants de cigarettes ont mis au point des systèmes permettant de réduire la teneur en nicotine et en goudrons du tabac en combustion. Toutefois, la majeure partie de cette réduction n'a pas été réalisée par la mise au point de variétés nouvelles de tabac à faible teneur en goudron et en nicotine. Au contraire, elle a été obtenue en changeant la façon dont la cigarette est réalisée. Ainsi, on a largement fait usage de filtres qui réduisent en partie la teneur en goudronS. Toutefois, la majeure partie de la réduction a résulté de systèmes dits de "dérivation" qui utilisent un papier poreux dans la fabrication des cigarettes pour permettre à l'air d'être aspiré par des pores du papier afin de diluer les gaz engendrés par le tabac en combustion. Bien que ces techniques aient eu pour résultat l'obtention d'un produit moins dangereux à fumer, elles n'éliminent pas totalement les constituants indésirables de la fumée du tabac. En outre, de tels procédés entraînent une réduction des composants qui parfument la fumée et cette réduction de goût a été critiquée par les fumeurs. En conséquence, il est nécessaire de trouver un produit du tabac qui ait une teneur en nicotine et en goudrons naturellement faible, mais qui retienne les ingrédients importants communiquant le goût. En conséquence, l'un des buts de la présente invention réside dans un produit du tabac apte à être utilisé dans des cigarettes et dans d'autres formes manufacturées du tabac, qui possède une teneur réduite en protéine en nicotine et en goudrons, mais qui retienne les constituants avantageux du goût. Un autre but de l'invention est de développer un procédé d'obtention d'un produit du tabac apte à être utilisé dans des cigarettes et d'autres produits à fumer, qui soit moins laborieux que des procédés classiques. D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention ressortiront de la description détaillée qui va suivre. La présente invention propose un procédé de traitement du tabac, même du tabac immature, pour obtenir un tabac débarrassé des protéines, apte à être utilisé dans des cigarettes et d'autres produits du tabac,ayant -une teneur réduite en goudrons et dont la nicotine et les pigments verts ont été éliminés. Ce procédé consiste à transformer du tabac en une pulpe comprenant une portion liquide et une portion solide, cette dernière comprenant une matière fibreuse grossière et une matière en fines particules. La portion liquide, solution de protéines hydrosolubles et d'autres matières végétales hydrosolubles, est débarrassée des protéines et traitée en vue de l'élimination de la nicotine. Les pigments sont eliminés de la matière fibreuse grossière et de la matière en fines particules et ils sont divisés en pigments verts et en pigments non verts. Les pigments non verts, la solution débarrassée des protéines et la matière fibreuse dépigmentée sont réunis- pour former un produit du tabac apte à être utilisé comme chargede tabac dans des cigarettes et dans d'autres produits manufacturés du tabac. Le procédé de la présente invention peut être appliqué à l'obtention d'un produit du tabac débarrassé des protéines, duquel sont éliminés également la nicotine et les pigments verts, à partir des feuilles de plants de tabac de tous les types. Le procédé convient bien au traitement à l'échelle industrielle de tabacs mûris en cheminée ou de tabacs burley, c'est-à-dire les tabacs le plus largement utilisés dans la fabrication des cigarettes. Le procédé de la présente~invention peut exploiter les feuilles de plants de tabac à maturité telles qu'on les utilise dans des procédés classiques. Toutefois, il convient également à l'utilisation des feuilles des plants qui sont en.deçà de la maturité, c'est-à-dire des feuilles qui n'ont pas encore commencé à jaunir naturellement. Dans ce dernier cas, et notamment si les plants sont très immatures, la plante entière, c'est-à-dire feuilles et tige, est utilisée dans la présente invention. L'aptitude du procédé de la présente invention à être appliqué à des plants immatures offre l'avantage qu'il suffit d'une période de croissance relativement courte avant que les plants ne soient récoltés en vue de leur utilisation dans le procédé. Dans les régions où la saison de croissance est suffisamment longue, cela offre la possibilité de conduire plus d'une culture dans une seule et même saison. Lorsque les feuilles ont été détachées du plant de tabac, elles sont traitées seules ou avec la tige si des plants de petite taille constituent la source des feuilles, par broyage, écrasement, ou autre mode de réduction en une pulpe pour libérer la portion liquide des feuilles des matières solides. Cette portion liquide contient les protéines hydrosolubles apparaissant dans le tabac. La portion liquide est de préférence débarrassée des protéines conformément au procédé décrit dans le brevet des Etats-Unis d'Amérique NO 4 268 632. L'utilisation de ce procédé permet d'isoler la ribulose-1,5-diphosphate-carboxylase, connue des spécialistes sous le nom de protéine de "fraction I", produit d'intérêt commercial, et de la protéine de fraction II. Dans ce procédé, lorsque les feuilles ont été détachées du plant de tabac, elles sont traitées seules ou conjointement avec la tige si des plants de petite taille constituent la source de feuilles, par broyage, écrasement ou autre mode de réduction en une pulpe pour libérer la portion liquide des feuilles des matières solides. De préférence, le procédé de mise en pulpe est conduit en présence d'un agent réducteur. A ce propos, le procédé de mise en pulpe permet aux phénol-oxidases présentes dans les feuilles d'entrer en contact avec les protéines de ces dernières.Il en résulte l'oxydation des amino-acides aromatiques tels que la tyrosine, qui constituent une partie de la structure primaire des protéines. Cette oxydation modifie les protéines, ce qui se manifeste visuellement par leur brunissement, et abaisse leur solubilité dans l'eau. L'agent réducteur se comporte effectivement comme un anti-oxydant en supprimant cette oxydation. L'agent réducteur dont on apprécie l'utilisation conformément à l'invention est le 2-mercapto-éthanol parce qu'il est volatil et parce qu'il s'évapore au cours du traitement subséquent décrit ci-après, en laissant peu ou en ne laissant pas de résidu dals la matière isolée. CeperiEnt, d'autres agents réducteurs peuvent aussi être utilisés. Parmi de tels agents, on mentionne le métabisulfite de sodium et le dithiothréitol La séparation d résidu éventuel de ces agents peut être effectuée par des opérations classiques.La quantité d'agent réducteur suffisante pour limiter l'oxy-- dation peut varier, par exemple selon l'agent que l'on choisit d'utiliser. Dans le cas du 2-mercapto-éthanol, une suppression efficace de l'oxydation indésirable peut être obtenue en utilisant environ 5 ml de l'agent liquide par kg de matière végétale en traitement. La portion liquide de la matière végétale contient les protéines de la plante sous la forme dissoute. Un traitement thermique de la portion liquide de la pulpe contenant la ribulose-1,5-diphosphate-carboxylase, suivi d'un refroidissement, amène cette protéine à se séparer du liquide par cristallisation. Le mécanisme par lequel le traitement thermique induit la cristallisation n'est pas évident. Toutefois, on pense que le traitement thermique modifie la protéine d'une certaine façon qui favorise la cristallisation. La matière solide contenue dans la pulpe comprend la matière grossière pigmentée en vert, aisément séparée et la matière pigmentée en vert en fines particules qui est difficile à séparer du liquide et qui comprend des matières pigmentaires, une matière amylacée et une matière protéinique insoluble dans l'eau. Toutefois, le traitement thermique de l'invention, dont les détails seront donnés ci-après, induit non seulement la cristallisation de la protéine de la fraction I, mais provoque également la coagu lation partielle de la matière en fines particules pigmentée en vert, ce qui facilite son élimination au cours du traitement ultérieur. Par exemple, cette matière peut être éliminée par une force centrifuge modérée.Par conséquent, le traitement thermique est appliqué à la portion liquide avant que cette portion ne soit séparée de la matière solide grossière. Un chauffage de la pulpe entière, c'està-dire avant que toute matière solide n'ait été éliminée, est préférable parce qu'on obtient ainsi de meilleurs rendements en ribulose-1- ,5-diphosphate-carboxylase cristalline que si le chauffage était conduit après l'élimination de la matière grossière, mais avant l'élimination de la matière pigmentée. L'étape de chauffage est conduite à une température et pendant une période suffisantes pour induire la cristallisation de la ribulose-1,5-diphosphate-carboxylase sous forme de cristaux octogonaux, dans la portion liquide de la pulpe lorsque le liquide est refroidi. Toutefois, en aucun cas la portion liquide ne doit être chauffée audelà de la température à laquelle la protéine se dénature, à savoir environ 520C, et précipite immédiatement en une masse insoluble. Bien que des températures inférieures à 520C puissent être utilisées, il est préférable d'utiliser une température d'au moins environ 480C, parce qu'au-dessous de cette température, les matières pigmentées en vert ne se coagulent pas suffisamment pour permettre leur élimination aisée. En outre, au-dessous de 480C, la durée de chauffage nécessaire pour induire la cristallisation de la ribulose-1,5-diphosphate-carboxylase peut être indésirablement longue. Les meilleurs résultats sont obtenus par chauffage de la portion liquide à 500 + 10C pendant environ 15 à 20 minutes. Le temps qui s'écoule entre la récolte des feuilles, leur conversion en une pulpe et le chauffage de la pulpe comme décrit ci-dessus réduit le rendement en ribulose1,5-diphosphate-carboxylase cristalline que l'on peut obtenir par le procédé de la présente invention. Par conséquent, ces opérations doivent être effectuées dans des délais aussi brefs que possible. A cette fin, il est préférable de conduire ces opérations sur le site ou près du site de culture à mesure que les feuilles sont récoltées. La transformation des feuilles en une pulpe peut être effectuée par broyage, par écrasement ou par un autre procédé convenable. Le traitement thermique peut être conduit en continu ou en discontinu. Dans un procédé discontinu, la pulpe est placée dans un récipient dans des conditions de chauffage choisies de manière qu'aucune partie de la pulpe ou tout au moins sa portion liquide, ne soit chauffée à une température à laquelle la protéine est dénaturée. Comme indiqué ci-dessus, la pulpe est de préférence chauffée à une température de 50 + 10C pendant environ 15 à environ 20 minutes. Dans un procédé continu, la pulpe est pompée sans agitation indésirable par des serpentins plongeant dans un liquide chauffé à une température choisie de manière que, par échange de chaleur, un volume spécifié de pulpe soit chauffé à 50 + 10C pendant environ 15 à environ 20 minutes, puis par des serpentins au contact d'un liquide à une température inférieure à 500C pour réduire la température de la pulpe. Après avoir été chauffées, les portions liquide et solide de la pulpe sont séparées. La séparation est avantageusement effectuée par pressage préalable de la pulpe pour en exprimer la portion liquide. Le liquide obtenu de cette façon constitue un "jus vert" contenant la matière pigmentée en vert. Lorsque cette matière'est chauffée audessus d'environ 480C pour provoquer sa coagulation, elle est éliminée simplement, par exemple par filtration ou centrifugation modérée pour donner un "jus brun". Pour obtenir la ribulose-1., 5-diphosphate-carboxylase, on refroidit et on conserve le jus brun à une température à laquelle la cristallisation a lieu, habituellement une température égale ou inférieure à la température ambiante. Des résultats particulièrement avantageux ont été obtenus par refroidissement du jus brun à environ 80C pendant environ 24 heures. La ribulose-i,5-diphosphate-carboxylase cristallisée est séparée de la liqueur surnageante par filtration ou par centrifugation. La liqueur surnaç;eante contient les protéines de la fraction II et une port d la protéine non cristallisée de la fraction I. Ces protéines peuvent être recueillies par acidification de ia liqueur surnageante, ce qui provoque leur précipitation. On obtient les meilleurs résultats par acidification à un pH d'environ 4,5. Une moins grande quantité ce protéine est précipitée si on utilise un pH égal à 4,C ou à 5,0. La description donnée ci-dessus a àit ressortir le procédé dans lequel la pulpe entière est chauffée avant la séparation de la portion liquide.Toutefois, comme indiqué cí-dessus, l'étape de chauffage peut être conduite après que la portion liquide contenant une suspension des matières pigmentées en vert a été séparée de la pulpe. En outre, lorsqu'on ne désire pas obtenir séparément la protéine de la fraction I, le traitement thermique décrit cidessus peut être négligé et la portion liquide peut être acidifiée pour précipiter, ou traitée d'une autre façon pour séparer, les protéines hydrosolubles sans séparer les protéines des rractions I et II. Après l'élimination des protéines, le liquide brun clair résultant, à présent à peu près dépourvu de toute protéine, mais contenant la totalité des autres produits naturels hydrosolubles qui étaient présents dans les plants de tabac, est traité avec une base pour ajuster le pH à plus de 7,0, puis distillé à la vapeur pour éliminer la nicotine. Après la distillation à la vapeur, le liquide est évaporé à sec en donnant un résidu brun ayant à peu près la consistance des mélasses. Ce résidu est conservé en vue de l'utilisation ultérieure, comme décrit ci-après. La pulpe est essorée pour séparer la portion liquide qui est traitée de la manière décrite ci-dessus. Le résidu restant, qui est une matière verte grossière contenant environ 70 % d'eau, est mis en suspension dans un solvant convenable pour extraire la matière pigmentée en vert. Du méthanol ou de l'acétone peut être utilisé à cette fin. Dans le cas de méthanol, un volume suffisant de méthanol à 100 % est ajouté de manière que le méthanol soit dilué par l'eau restant dans le résidu vert jusqu'à une concentration d'environ 90 % de méthanol. Lorsqu'on utilise l'acétone, c'est en une quantité qui est diluée à une concentration de 80 % d'acétone par liteau résiduelle du résidu vert.Lorsque le résidu vert est mis en suspension dans le solvant choisi, l'extraction de la couleur verte est rapide et totale, laissant une matitre fibreuse duveteuse allant du brun clair au presque blanc, de laquelle la solution de matière pigmentée et aisément séparée par essorage1 filtration ou autre opération convenable. Le solvant résiduel est chassé du résidu fibreux par évaporation et produit un résidu sec, décoloré ,d'odeur agréable, qui subit un traitement subséquent comme indiqué ci-dessous. La boue verte obtenue par séparation de la portion liquide est décolorée essentiellement de la même manière que la matière résiduelle grossière décrite cidessus. Ainsi, la boue verte est mise en suspension dans du méthanol ou de l'acétone ou dans un autre solvant convenable pour extraire les matières pigmentées afin de laisser un produit sec pratiquement blanc qui est formé des protéines insolubles dans l'eau et de la matière amylacée contenues dans les feuilles du tabac. Les matières pigmentées obtenues à partir des matières solides grossières et de la boue verte sont recueillies par séparation des matières solides décolorées du liquide extrait duquel le méthanol ou l'acétone est évaporé. On obtient ainsi une suspension comprenant des globules de matières pigmentées en vert, insolubles dans l'eau, en suspension dans de l'eau qui contiènt des matières pigmentées jaunes hydrosolubles. Ces dernières sont recueillies par évaporation de l'eau en vue de leur utilisation subséquente. La séparation des matières pigmentées en vert du résidu vert grossier ou de la boue verte peut être effectuée individuellement ou en rassemblant les phases d'extraction au solvant venant de la décoloration des deux matières solides. Il est connu que la matière pigmentée jaune hydrosoluble ainsi isolée de la matière pigmentée en vert s'oxyde pendant la maturation du tabac classique en vue de l'obtention de matières structures du type de la quinine. Par conséquent, dans une forme appréciée de mise en oeuvre de la présente invention, cette matière ou tout au moins une portion de cette matière est oxydée en vue d'obtenir des produits similaires. De préférence, on conduit l'oxydation en ajoutant une quantité suffisante d'hydroxyde d'ammonium ou d'autres bases volatiles qui ont des points d'llition semblables ou inférieurs à celui de l'eau ou par barbotage d'ammoniac gazeux dans la solution aqueuse contenant la matière pigmentée en jaune pour ajuster le pH à une valeur d'environ 10,5. On fait ensuite barboter de l'air ou de l'oxygène dans la solution jusqu'à ce qu'elle brunisse. La solution brune est ensuite chauffée pour chasser l'ammoniac et les bases volatiles, y compris la nicotine.La solution brune résultante est retenue en vue de son utilisation subséquente de la manière décrite ci-après. Les matières pigmentées en vert obtenues par évaporation du solvant méthanolique ou acétonique de la solution de matières pigmentaires sont traitées ensuite, dans une forme appréciée de mise en oeuvre de la présente invention, pour séparer des matières pigmentées en vert des matières pigmentées en jaune-orangé qui sont également insolubles dans l'eau. Pour ce faire, la matière semblable à un goudron obtenue lorsque le solvant est chassé par évaporation de la solution des matières pigmentées, est mise en suspension dans de l'hydroxyde de potassium 2N contenant 20 % de méthanol, puis chauffée dans un récipient clos ou dans un autre dispositif reflux à environ 60 OC jusqu'à ce que la matière se soit dissoute. Lorsque toute la matière s'est dissoute, la solution est refroidie à 250C et la matière dissoute est soumise à une extraction liquide-liquide au moyen d'un solvant non polaire, afin d'extraire les matières pigmentées en jaune-orangé de la solution. Des solvants convenables com prennent des solvants aliphatiques non polaires tels que l'éther de pétrole, le pentane, l'hexane ou l'heptane des solvants chlorés tels que le chloroforme ou le dichlorométhane ; des solvants aromatiques tels que le benzène ou le toluène et des solvants cyclo-aliphatiques tels que le cyclopentane ou le cyclohexane. Le solvant non polaire extrait les matières pigmentées de couleur jaune-orangé de la solution et ces matières sont recueillies par évaporation du solvant non polaire utilisé. Les pigments verts ne sont pas extraits par les solvants non polaires, mais restent dissous dans la solution méthanolique d'hydroxyde de potassium. Les matières pigmentées de couleur-jaune-orangé sont conservées en vue de leur utilisation ultérieure de la manière décrite ci-après. Par suite des diverses opérations décrites cidessus, le tabac a été divisé en composants qui sont sensiblement dépourvus de protéines, de nicotine et de pigments verts. Ces matières peuvent être recombinées en vue d'obtenir un tabac déprotéinisé débarrassé de la nicotine et du pigment vert, que lTon peut utiliser pour des cigarettes et d'autres produits pour fumeurs. On y parvient en plaçant la matière solide grossière décolorée dans un récipient rotatif qui est équipé de pulvérisateurs et de dispositifs offrant un chauffage suffisant pour maintenir le récipient à une température d'environ 70 à environ 80 C. Le récipient est également pourvu de moyens permettant d'y faire circuler de l'air. Les matières pigmentaires insolubles dans l'eau, de couleur jaune-orangé et les matières pigmentaires jaunes solubles dans l'eau qui n'ont pas été oxydées sont dissoutes dans un solvant convenable, par exemple l'alcool éthylique, et la solution est appliquée par pulvérisation sur le résidu décoloré à une vitesse réglée de pulvérisation qui permet au résidu d'absorber ces matières et de commencer à prendre la couleur brunâtre caractéristique du tabac mûri classique. Ensuite, la solution brune de matière hydrosoluble obtenue par oxydation d'une portion de la matière pigmentée en jaune est appliquée par pulvérisation sur la matière solide, là encore à une vitesse réglée de pulvérisation de manière que la matière solide puisse absorber la solution, pour améliorer davanta,e la couleur et pour rétablir les parfums add-titanels et les composants odoriférants. Enfin, le résidu brun ressemblant à des mélasses obtenu à partir de la portion liquide par élimination des protéines hydrosolubles, est redissous dans l'eau et la solution est appliquée au résidu pour renforcer encore la couleur, l'arôme et le go du tabac reconstitué. L'agitation du tabac reconstitué est poursuivie jusqu a ce que la teneur en humidité atteigne un niveau d'environ 15 à environ 20 %. Le produit obtenu de cette façon ressemble étroitement, par sa teinte et sa texture, au tabac reconstitué obtenu à partir de tabacs muris de façon classique et utilisés comme charge, par exemple dans la fabrication de cigarettes. Comme l'indique le tableau ci-après, le produit du tabac obtenu à partir de tabacs tant du type burley que du type mûri en cheminée par le procédé de la présente invention a une teneur réduite en nicotine, en sucre réducteur et en produits d'extraction à l'éther de pétrole, c'est-à-dire une teneur réduite en goudrons. % en poids sur base sèche Azote Sucre ré- Nicotine Produit total NO3 ducteur extrait à l'éther de ~~~ ~~~~~~~~~ ~~~~~~~~ de pétrole Tabac classique mûri en cheminée 2,25 0,08 13,95 1,98 6,77 Tabac DEPRO TEINÉ, type mûri en cheminée 2,80 0,18 2,00 0,55 0,70 Tabac classique type burley 4,15 0,63 2,90 3,31 6,07 Tabac DEPRO TEINRE, type burley 3,00 0,47 1,90 0,70 0,82 En outre, comme l'homme de l'art peut le concevoir, on peut conférer différentes caractéristiques au tabac re constitué en jouant sur les proportions des matières appliquées par pulvérisation sur le résidu décoloré obtenu comme produit du procédé de l'invention.Par exemple, on peut modifier le produit de manière quil ait une faible teneur en terpéniues, en stérols, en caroténoides et en d'autres hydrocarbures. Du tabac reconstitué à faible teneur en acides gras et en lipides ou du abzc reconstitué à faible teneur en polyphénols et en acides organiques est conce vable. il est également possible de reconstItuer du tabac de manière qu'il contiennes soit de faibles quantités, soit des quantItés enrichies en sucres réducteurs. Un autre avantage du procédé de la présente invention est que le tabac peut être cultivé de façon telle que sa culture est moins laborieuse que la culture classique. Par exemple, les plants de tabac ne nécessitent pas d'être cultivés jusqu'd maturité et récoltés de la manière classique. Au contraire, on peut cultiver les plants et les récolter mécaniquement avant la maturité, puis les traiter conformément à la présente invention pour obtenir un produit apte à. être utilisé comme charge dans des cigarettes et d'autres produits du tabac, avec une réduction correspondante du temps et de la main-d'oeuvre nécessaires pour cultiver- du tabac de la manière classique. Enfin, si le procédé de la présente invention implique la déprotéinisation du tabac de la manière décrite dans le brevet des Etats-Unis d'Amérique NO 4 268 632 précité, une protéine hydrosoluble d'intérêt commercial peut être isolée des feuilles du tabac et, en même temps, on peut obtenir un produit du tabac à teneurs réduites en protéines, nicotine et goudrons. Il va de soi que la présente invention n'a été décrite qu'à titre explicatif, mais nullement limitatif, et que de nombreuses modifications peuvent y être apportées sans sortir de son cadre. REVENDICATIONS 1. Procédé de traitement de feuilles de tabac pour obtenir un produit du tabac apte à être utilisé dans un produit pour fumeurs duquel les protéines, la nicotine et le goudron ont été éliminés, procédé caractérisé en ce qu'il consiste (a) à convertir les feuilles en une pulpe comprenant un mélange d'une portion de matière solide grossière et d'une portion liquide, la portion liquide contenant la matière végétale hydrosoluble et une suspension de matière en fines particules (b) à séparer la matière solide grossière de la portion liquide (c) à séparer la matière en fines particules de la portion liquide (d) à séparer la protéine hydrosoluble et la nicotine de ladite portion liquide ;; (e) à séparer la matière pigmentée de ladite matière solide grossière et de ladite matière en fines particules (f) à séparer les composants pigmentés en vert de ladite matière pigmentée des composants non pigmentées en vert ; et (g) à recombiner la matière solide grossière dépigmentée, la portion liquide de laquelle la protéine et la nicotine ont été éliminées et les composants non pigmen- tés en vert. 2. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que la portion liquide est chauffée à une température inférieure à celle à laquelle la protéine se trouvant dans la portion liquide est dénaturée. 3. Procédé suivant la revendication 2, caractérisé en ce que le chauffage est effectué pendant une période suffisante pour faire cristalliser la ribulose-1,5-diphosphatecarboxylase contenue dans ladite portion liquide lorsque cette portion est refroidie, puis la portion liquide est refroidie pour cristalliser la ribulose-1,5-diphosphatecarboxylase, ladite ribulose-1 , 5-diphosphate-carboxylase cristallisée étant de préférence séparée de la portion liquide et un acide étant ajouté à la portion liquide pour précipiter la protéine hydrosoluble résiduelle. 4. Procédé suivant l'une des revendications 2 et 3, caractérisé en ce que la portion liquide est chauffée avant sa séparation de la matière solide grossière. 5. Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que la portion liquide est chauffée pour faciliter la séparation de la matière en fines particules, ledit chauffage pour séparer la matière en fines-patticules étant de préférence effectué avant que la matière solide grossière n'ait été séparée de la portion liquide. 6. Procédé suivant l'une des revendications 1 et 5, caractérisé en ce que la séparation de la protéine hydrosoluble de la portion liquide est effectuée par addition d'acide à la portion liquide pour précipiter la protéine hydrosoluble. 7. Procédé suivant l'une des revendications 5 et 6, caractérisé en ce que le chauffage est effectué à une température d'environ 48 à 520C. 8. Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que la nicotine est éliminée de la portion liquide par distillation à la vapeur d'eau. 9. Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que la matière pigmentée est séparée de la matière solide grossière et de la matière en fines particules par extraction à l'aide d'un solvant, de préférence choisi entre le méthanol et l'acétone. 10. Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que la matière pigmentée est divisée en une fraction hydrosoluble comprenant la matière pigmentée en jaune et une fraction insoluble dans l'eau comprenant une matière pigmentée en vert et une matière pigmentée en jaune-orangé insolubles dans l'eau, au moins une portion de ladite matière pigmentée en jaune soluble dans l'eau étant de préférence oxydée sous la forme d'une solution aqueuse. 11. Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le pH de la solution est ajusté à environ 10,5 par l'addition d'hydroxyde d'ammonium et une source d'oxygène choisie entre l'air et l'oxygène est amenée à barboter dans la solution jusqu'à ce qu'elle prenne une couleur brune, et la solution brune est chauffée pour éliminer les bases volatiles et la nicotine. 12. Procédé suivant la revendication 10, caractérisé en ce que la fraction insoluble dans l'eau est divisée en une matière pigmentée en vert et en une matière pigmentée en ja-clne-orangé, cette dernière étant séparée de la matière pigmentée en vert par dissolution de la fraction insoluble dans l'eau dans de 1 'hydroxyde de potassium 2N contenant-du méthanol et extraction de la solution résultante avec un solvant non polaire pour éliminer a matière pigmentée de couleur jaune-orangé, le solvant non polaire étant de préférence choisi entre des solvants aliphatiques, des solvants chlorés, des solvants aromatiques et des solvants cyclo-aliphatiques. 13. Le produit du procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes.