HOMOTRANSPLANT POUR KERATOPLASTIE LAMELLAIRE La présente invention a trait à la médecine, plus particulièrement à l'ophtalmologie, et notamment, aux homotransplants pour la kératoplastie lamellaire. Cette invention s'applique plus particulièrement à la pratique ophtalmochirurgicale pour la kératopiastie lamellaire au cours des différentes kératites, des ulcérations, abcès, dystrophies, des taies, y compris les taies vascularisées, ptérygion, pseudoptérygion, brûlures, des lésions trophiques, traumas, tumeurs et des kystes dermoldes de la cornée, c'est-à-dire au cours de toutes les pathologies cornéennes qui trouvent leur indication pour la kératoplastie lamellaire. On connaît bien les homotransplants pour la kératoplastie lamellaire consistant en une cornée fraîchement prélevée ou conservée (V.P. Filatov, "La greffe optique de la cornée et la thérapie tissulaire", Moscou, 1945; N.A. Puchkovskaya "La greffe cornéenne au cours des taies compliquées:, Kiev, 1960). Cependant, l'utilisation sur une large échelle de ladite intervention dans la pratique ophtalmologique se voit restreinte dans une large mesure par les difficultés qui surgissent pour le ravitaillement régulier des établissements médicaux en cornée, prélevée sur les cadavres. Les considérations éthiques concernant le prélèvement des yeux sur les cadavres humains, ne permettent pas toujours d'obtenir ce matériel et de créer des stocks de cornée conservée. Les difficultés susmentionnées s'avèrent insurmontables pour la plupart des pays de l'Asie, de l'Amerique et de l'Afrique, compte tenu des traditions nationales et religieuses (R. Paton, Keratoplasty, New York, 1955). D'autre part, la cornée greffée s'opacifie assez fréquemment ce qui rend les interventions réalisées inefficaces (N.A. Puchkovskaya, "La greffe cornéenne au cours des taies compliquées", Kiev, 1960). A la suite de la kératoplastie réalisée dans le cas de taies vascularisées ou de processus hyperplastiques de la conjonctive, dans beaucoup de cas la greffe cornéenne se vascularise ce qui entraîne l'opacification de cette dernière, ainsi qu'une reprise de la pathologie. On connaît des membranes extrêmement fines et transparentes préparées à partir de collagène de peau ou de tendons de bovins, dépolymérise par fermentation ou affiné par dispersion qui n'ont été utilisées comme hêtéro- transplants pour la kératoplastie lamellaire que dans les conditions expérimentales, mais n'ont pas trouvé d'application dans les conditions de la clinique (Dunn M.N. et al. "Collagen derived Membrane: corneal implantation", Am. J. ophtal., 1967, 157, 15, 1329-1330, Tanner I. et al., "Lamellar keratoplasty: use of a collagen graft for corneal replacement". Eye, Ear, Nose, Thr, Monthly, 1968, 7, 8, 368-372). En outre, le procédé de préparation des membranes susmentionnées est très complexe et onéreux, et ne peut être réalisé que dans des conditions industrielles. On connaît également l'utilisation de tendons comme matériel homoplastique pour certaines interventions ophtalmologiques sur la sclérotique et les paupières (Malbran J., Arch. soc. ophtal. hisp. am., 1954, 14, 1167). Cependant il n'existe pas de données concernant l'utilisation de tendons pour réaliser la greffe d'un tissu de l'oeil aussi hautement différencié que la cornée. Ainsi donc, tous les transplants connus et utilisés pour la kératoplastie lamellaire n'assurent pas les besoins des différents pays. Ce fait est particulièrement évident lorsque l'on réalise l'analyse de la morbidité ophtalmologique dans les différents pays du monde. Ainsi, d'après les données de l'Organisation Mondiale de la Santé (Chronique de l'Organisation Mondiale de la Sante, 1979, n0 1.1), on compte à travers le monde près de 40 millions de malades souffrant de trachome, et pour 6 millions d'entre eux cette maladie est devenue la cause de cécité. Dans les pays développés de l'Europe et de l'Amérique, il existe également de grands besoins en matériel de greffe, étant donné que dans ces pays l'indice de cécité varie entre 0,2 et 0,7%.Aux Etats-Unis d'Amérique (ou l'indice de cécité est égal à 0,2%) dans 4,7% des cas, la cécité résulte de différentes affections de la cornée et de la conjontive. Le taux en chiffres absolus représente des dizaines de milliers de malades nécessitant une keratoplastie lamellaire. On s'est proposé de mettre au point un matériel de greffe largement accessible pour la kératoplastie lamellaire, ce qui permettrait de créer de grands stocks dudit matériel. L'objet de la présente invention est un homotransplant pour la kéra- toplastie lamellaire, cet homotransplant consistant en un tissu de tendon sous la forme de coupes d'une épaisseur allant de 50 à 300 microns. Le tissu de tendon servant d'homotransplant pour la kératoplastie lamellaire, est prélevé dans la morgue sur des cadavres humains dans des conditions non stériles. Les morceaux de tendons, par exemple tendo biceps bracchi, tendo m. palmaris longus, ou tendo extensor digitorum dont les dimensions sont par exemple égales à lxlx0,5 cm sont congelés au chlorure d'éthyle. On en prépare des coupes d'une épaisseur de 50 à 300 microns, en utilisant à cette fin n'importe quel microtome connu. Les coupes de moins de 50 microns perdent leur résistance lors de leur fixation par sutures. Les coupes dont l'épaisseur dépasse 300 microns ne sont pratiquement pas utilisables à cause de leur mauvaise vitalité. On réalise la conservation et la stérilisation des coupes de tissu de tendon selon n'importe quel procédé connu. Mais le procédé le plus simple et, en même temps, le plus efficace reste l'alcool éthylique à 70%. L'emballage de l'homotransplant est possible aussi bien dans des capsules de laboratoire en verre, que dans des paquets en polyéthylène. La durée de stockage du matériel de greffe à une température de 0 à +300C est pratiquement illimitée, et la commodité de son transport est évidente. On utilise des homotransplants dont la durée de stockage va de 7 jours à 4 ans. L'application de l'homotransplant suivant l'invention dans les conditions cliniques a été précédée par des observations expérimentales. On a réalisé deux séries d'expériences sur 68 animaux de laboratoire (lapins). Dans l'une desdites séries la greffe cornéenne a été réalisée au moyen d'homotransplant consistant en tissu de tendon, dans l'autre - en homotransplant cornéen. Les résultats de ces interventions ont été étudiés par examens biomicroscopiques et morphologiques après 7,14,21,30,60,90,180 jours. Les résultats des études expérimentales témoignent de ce que l'homotransplant de tissu de tendon se façonne bien selon la forme du défaut cornéen, se fixe bien par sutures, et que grâce à la rapide épi thélisati on dudit homotransplant et à son remplacement graduel par le propre tissu de la cornée, on obtient un effet clinique et cosmétique stable à la suite de l'intervention. Cet effet clinique se manifeste par l'eclaircissement progressif, au cours de 2 à 4 mois, du tendon greffé. Le remplacement du tissu tendineux par le tissu transparent de la cornée a été observé dans 94,2% de cas, tandis que dans le lot témoin des expériences la prise de la greffe cornéenne transparente n'a été réalisée que dans 81,4%. Le trait caractéristique de l'évolution post-opératoire à la suite de la kératoplastie lamellaire au moyen de l'homotransplant suivant l'invention consiste en ce que le tissu greffé prend sans réaction et sans crise immunologique. Les résultats positifs des recherches expérimentales ont permis de passer à l'élaboration de la technique opératoire pour les conditions cliniques et à sa large application pratique. La technique opératoire pour l'utilisation de ce nouveau transplant est la suivante. Avant de procéder a l'intervention proprement dite, on place une coupe de tissu tendineux d'une epaisseur de 50 à 300 microns, dans du sérum physiologique contenant des antibiotiques. Après avoir excisé couche par couche le foyer pathologique de la cornée (taie, infiltrat) jusqu'à atteindre les couches transparentes, on façonne le transplant selon la forme du défaut cornéen et on le fixe par ses bords au moyen de quelques sutures. Vers le 3-5e jour le transplant s'épithélise. Son éclaircissement commence après 15,25 jours, A l'échéance de 2 à 5 mois on observe à l'emplacement du transplant une cornée absolument transparente. A l'heure actuelle on dispose des résultats à longue échéance (jusqu'à 7 ans) de l'intervention, et ladite intervention a été réalisée chez 262 patients (296 yeux). Lorsqu'au cours de l'intervention on arrive jusqu'aux couches transparentes de la cornée, le remplacement du transplant par un tissu transparent s'observe dans 88,9% des cas. Les meilleurs résultats sont obtenus en cas de dystrophies de la cornée et de pterygion. La kératoplastie lamellaire par un homotransplant consistant en tissu tendineux, présente un net effet thérapeutique, ce qui explique que ladite intervention peut être utilisée avec succès dans les ulcérations purulentes, les kératites, les brûlures récentes. D'après les données expérimentales l'effet thérapeutique de la kératoplastie par tissu tendineux est nettement supérieur à l'effet thérapeutique de la kératoplastie lamellaire par cornée. Au cours des taies vasculaires (séquelles de brulures) la kératoplastie lamellaire, utilisant comme homotransplant le tissu tendineux, donne des résultats cliniques supérieurs à ceux que l'on observe dans le cas de la kératoplastie utilisant la cornée comme homotransplant.L'association d'une auto ou homoplastie de la conjonctive nta aucune répercussion sur les résultats de la kéroplastie par un homotransplant consistant en un tissu tendineux. L'homotransplant selon l'invention, qui utilise du tissu tendineux présente plusieurs avantages. La possibilité de prélever sur un cadavre humain du matériel de greffe suffisant pour réaliser des centaines d'interventions, permet de disposer de façon permanente d'une grande quantité dudit matériel. Le prélèvement des tendons ne s'oppose pas aux traditions nationales et religieuses de différents peuples. Une conservation simple et un stockage prolongé des coupes de tissu tendineux permettent de transporter facilement le matériel de greffe. Pour cette même raison on peut réaliser la préparation et la conservation du matériel de greffe de façon centralisée, en l'expédiant par la suite dans les centres médicaux. Les stocks permanents de matériel de greffe permettent d'opérer les malades sans tarder (du fait que l'on n'a pas à attendre l'arrivée du matériel provenant de la morgue), ce qui réduit la durée de 7 'hospitalisation des patients. La durée de l'intervention est réduiteparce que l'on ne perd pas de temps à délaminer la cornée du donneur. L'homotransplant de tissu tendineux prend sans aucune réaction secondaire, ce qui réduit notablement la durée de la période postopératoire. On dépense moins d'agents immunodépressifs de coût élevé. La kératopiastie lamellaire utilisant l'homotransplant suivant l'invention, s'avère hautement efficace du point de vue clinique et ne le cède en rien à la kératoplastie lamellaire cornéenne. Etant donné que le tissu tendineux se voit progressivement remplacé par le tissu même de la cornée, l'intervention donne un effet stable et prolongé. A la suite de kératoplastie pour processus hyperplastiques de la conjonctive (pterygion, pseudoptérygion à la suite de brûlures), compte tenu de ce que l'homotransplant suivant l'invention s'oppose à l'infiltration des vaisseaux sanguins dans la cornée, les rechutes de ces maladies sont en grande partie évitées. Pour cette même raison l'utilisation de l'homotransplant suivant l'invention, donne de meilleurs résultats dans la kératoplastie lamellaire pour taies vascularisées, lesdites taies représentant une indication très défavorable pour la greffe cornéenne. REVENDICATIONS 1. A titre de produit nouveau, homotransplant pour kératoplastie lamellaire, caractérisé en ce qu'il consiste en tissu tendineux sous forme de coupes d'une épaisseur de 50 à 300 microns. 2. Homotransplant selon la revendication 1, caractérisé en ce que pour sa conservation, il est contenu dans un emballage en verre ou polyéthy lène et baigne dans un milieu alcoolique, tel que l'alcool éthylique à 70.