On sait que le bois, avant d'être utilisé comme matériau, doit subir un certain nombre de traitements. Une opération dont l'importance est essentielle pour l'obtention d'un matériau de bonne qualité est l'opération de séchage, qui suit immédiatement celle de ressuage. De manière conventionnelle, pour le ressuage, on empile les planches de bois brutes de sciage, en intercalant entre les planches successives des tasseaux d'espacement qui permettent la circulation de l'air. On laisse les piles de planches en plein air pendant un certain temps qui peut aller jusqu'à plusieurs mois, et le bois commence à sécher naturellement. A l'issue de cette opération, il est nécessaire de procéder à une opération de séchage complémentaire. Le procédé de séchage le plus couramment utilisé'dans l'industrie consiste à disposer le bois dans un séchoir et à l'y soumettre à l'action d'un flux d'air chaud. Le séchoir à bois du type le plus courant est un bâtiment de grandes dimensions permettant l'introduction des planches et la constitution de nouvelles piles et dans lequel sont prévus des dispositifs de chauffage et des ventilateurs de circulation d'air. L'atmosphère de vapeur saturante à la temperature de séchage, entre 300 et 600C a une action de corrosion intense sur le revêtement intérieur du séchoir qui détériore très rapidement toute partie métallique si elle n'est pas protégée. Il a été proposé de revêtir les parois intérieures du séchoir de feuilles d'aluminium ou même d'acier inoxydable. Mais ce revêtement est extrêmement onéreux et ne résiste même pas de façon satisfaisante à la corrosion. Dans ces séchoirs, le brassage de l'air est réalisé par des ventilateurs de grande dimension, gros consommateurs d'énergie, coûteux à l'achat et qui pourtant n'assurent pas une circulation uniforme de l'air entre toutes les planches des piles. On a constaté que les parties des piles qui sont exposées directement au flux d'air sont séchées trop fortement, alors que les parties des piles les plus éloignées du ventilateur conservent un degré d'humidité trop élevé. Même l'augmentation des puissances des ventilateurs et des moyens de chauffage n'a pas permis, dans ce type de séchoir, d'obtenir des résultats totalement satisfaisants. En dernier lieu, il faut encore souligner que l'utilisation de ce séchoir oblige à des opérations de manutention longues et onéreuses pour remplir et vider le séchoir. D'-une manière générale, les séchoirs du type classique, de par leur coût de construction élevé, leur consommation en énergie, la qualité insuffisante de séchage qu'ils permettent d'obtenir et de par les nombreuses opérations de manutention qu'ils entrainent, ne peuvent satisfaire que partiellement les industriels du bois qui sont leurs utilisateurs. Le but de la présente invention est de proposer un séchoir à bois qui élimine la majeure partie des inconvénients précités tout en n'entrainant que des coûts limités d'exploitation et de construction. Le séchoir selon l'invention est caractérisé en ce que, constitué en des matériaux non corrodables, il est conçu pour être déplaçable de façon à pouvoir assurer le séchage des piles de bois sur leur lieu même de stockage pour le ressuage et en ce que des moyens d'étanchéité et de guidage de l'air réalisent un circuit fermé assurant un passage obligatoire, régulier et uniforme, de l'air de séchage sur toutes les planches des piles. L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description détaillée qui va suivre, faite à titre d'exemple seulement, et au vu du dessin dans lequel la figure 1 est une vue en perspective de l'ensemble du séchoir à bois selon l'invention; la figure 2 est une vue en perspective partielle du dispositif de roulage et de guidage du séchoir à bois; la figure 3 est une coupe d'une paroi du séchoir selon l'invention; la figure 4 montre très schématiquement la disposition des piles de planches sur le parc de stockage, l'une d'elles étant recouverte par le séchoir selon l'invention; la figure 5 est une vue latérale d'une pile de planches telle que disposée pour l'utilisation du séchoir selon l'invention; la figure 6 est une vue de cté de deux piles de bois disposées côte à cote pour l'utilisation du séchoir selon l'invention;; la figure 7 est une vue en coupe transversale du séchoir en fonctionnement; la figure 8 est une vue en coupe longitudinale du séchoir en fonctionnement; et la figure 9 est une vue perspective d'un ventilateur tel qu'utilisé dans le séchoir selon l'invention. Le séchoir 1 (figure 1) ala forme générale d'un parallé pipède rectangle avec des parois latérales 19 et 20 et un toit à double pente 2, ayant les dimensions nécessaires pour recouvrir une pile de bois de dimensions habituelles. Sur ses deux pignons 3 et 4 sont aménagés des panneaux amovibles 5 permettant, lors qùils sont retirés, de faire passer le séchoir au-dessus des piles de bois, les parois 19 et 20 restant extérieures aux piles. Les panneaux 5, quand ils sont montés sur le séchoir 1, sont maintenus par des ferrures de fixation 9 boulonnées sur une partie fixe des pignons. Lesdits panneaux peuvent être facilement retirés au moyen d'un chariot élévateur dont la fourche s'introduit dans des ouvertures 6 et 7 pratiquées en leurs milieux. Dans la partie inférieure du panneau 5 et à proximité de son bord latéral, est ménagée une porte de visite 8 qui permet d'accéder à l'intérieur du séchoir sans avoir à enlever le grand panneau 5. Les parois et le toit du séchoir sont constitués par un sandwich (figure 3) composé d'une paroi intérieure 10 en contreplaqué et d'une paroi extérieure 11, elle aussi en contreplaqué, qui enferment entre elles une couche 12 de matériau isolant, par exemple et de façon connue du polystyrène expansé. Entre la couche 12 de matériau isolant et la paroi intérieure 10 est interposée une feuille 100 d'un matériau étanche faisant office de pare-vapeur. La face interne 13 est recouverte d'un enduit 14 choisi pour ses qualités de résistance à une atmosphère chaude et humide, et la face extérieure 15 est recouverte d'un enduit 16 choisi pour ses qualités de résistance aux intempéries. La constitution de ces parois leur confère les qualités recherchées de légèreté, de résistance à la corrosion et d'isolation. La structure du bâtiment est autoporteuse, de sorte que le volume intérieur du bâtiment ne présente ni piliers ni cloisons de soutien. L'ensemble du séchoir est, dans l'exemple, porté par huit roues 17 à pneus 18 disposées quatre par quatre sur les faces latérales 19 et 20 du séchoir, lesdites roues permettant au séchoir d'être déplacé suivant son axe longitudinal. Un ensemble de tuyaux 21 permet de relier chacun des pneus à un dispositif 22 de distribution d'air comprimé. Un câble électrique 23 relie un poste de distribution d'électricité non représenté à une armoire électrique 24 accrochée à la paroi laterale 19 du séchoir. L'ensemble du bâtiment de séchoir peut reposer sur le sol par l'intermédiaire d'une partie sous-jacente aux parois et servant de joint d'étanchéité à l'égard de l'air entre l'intérieur et l'extérieur du séchoir (voir figure 2). Ce joint d'étanchéité, qui fait tout le tour du bâtiment, est composé d'une ceinture 25 en bois qui porte sur ses faces inférieure et supérieure une lame de matériau synthétique 26 et 27, cette dernière étant fixée de manière amovible à ia partie inférieure 28 des parois verticales du sechoir, l'elas- ticité du matériau synthétique conférant une certaine mobilité au joint d'étanchéité par rapport à la paroi qui le porte. La face inférieure 29 de la lame 26 est propre à reposer directement sur le sol. Le stockage du bois se fait en piles (figure 4) régulièrement espacées les unes des autres et situées entre des rails 30 et 31 de guidage dont l'écartement est légèrement supérieur à la distance qui sépare les parois latérales 19 et 20. Ces rails ont la longueur nécessaire pour permettre le déplacement du séchoir sur toute la longueur du parc de stockage. Le séchoir mobile 1 peut se déplacer sans rencontrer d'obstacles d'un bout à l'autre du parc de stockage, et être arrête en un point quelconque de ce parc, quand ses panneaux 5 sont retirés. Dans ces rails viennent s'en-gager des doigts 32 relevables par un écrou 33 et coulissant dans un tube vertical 34 fixé à la paroi latérale du séchoir. Plusieurs de ces doigts sont prévus sur chaque façade et dans l'exemple décrit il y a autant de doigts qu'il y a de roues 17. Les piles de bois à sécher dans le séchoir selon l'invention sont constituées de la façon suivante : (figures 5 et 6) Les planches 40 sont empilées en interposant entre deux planches successives un certain nombre de tasseaux 41 d'espacement de quelques centimètres d'épaisseur, comme habituel, ce qui ménage un intervalle entre les deux dites planches. A différentes hauteurs prédéterminées de la pile, trois dans l'exemple décrit, ces tasseaux 41 sont remplacés par des cales 42 d'une plus grande épaisseur, environ égale à 15 cm. Sur la planche supérieure de la pile sont placées d'autres cales 42 et, sur celles-ci, une plaque de contreplaqué 101 de mêmes largeur et longueur que la pile. A chaque pile 43 est adjointe une pile 44 qui lui fait vis-à-vis dans le sens transversal, un espace 45 étant ménagé entre les deux piles. Les dimensions hors tout des piles sont telles que leur logement dans le séchoir est possible lorsque les panneaux 5 de celui-ci sont enlevés. L'équipement fixe intérieur du séchoir selon l'invention comprend (voir figures 7 et 8) une batterie de dispositifs de chauffage 501, 502' 503 et 504 et une batterie de prises de courant 51 fixés les uns sur les autres sur la face intérieure des parois latérales du séchoir, des bâches formant rideaux 521, 522 531 et 532 fixées de façon étanche à la face intérieure du toit, parallèlement aux parois latérales du séchoir, et d'autres bâches 54 et 55 formant rideaux et fixées sur les faces intérieures des panneaux amovibles 5. L'équipement du séchoir comprend aussi une batterie de ventilateurs 60 (figure 9) mobiles et raccordables électriquement aux prises 51 par des fiches 61, chaque ventilateur 60 étant prolongé par une partie 62 creuse et tronconique et un tuyau 63, coaxial au ventilateur et ouvert à son extrémité 64, en matériau plastique, la longueur de ce tuyau étant sensiblement égale à la largeur d'une pile de bois, et sa section étant rectangulaire. Le fonctionnement du séchoir selon l'invention est le suivant. Le séchoir 1, supporté par ses roues 17 à pneus gonflés 18 et guidé dans les rails 30 et 31 par des guides ou galets 32, présente, dans sa condition de déplacement, une certaine garde au sol qui lui permet d'être déplacé le long des rails 30 et 31, après que les panneaux 5 de pignon aient été enlevés par un chariot élévateur à fourche les soulevant par les ouvertures 6 et 7. Pour ce faire, les ferrures 9 sont déboulonnées. L'ensemble du séchoir est alors facilement déplaçable sur ses roues, en le poussant à bras d'homme, ou en utilisant un moyen de traction quelconque. Le déplacement est arrêté quand les deux piles que l'on se propose de sécher sont entièrement recouvertes par le séchoir. Dans cette position, les panneaux des pignons avant et arrière sont remontés et refixés par les ferrures 9, puis les valves des pneus 18 sont ouvertes de manière à ce que les pneus se dégonflent. Le séchoir 1 vient alors reposer sur le sol par sa périphérie, et de façon étanche grâce aux parties 25, 26 et 27 qui forment joint d'étanchéité avec le sol. Pendant la descente du séchoir, les doigts 32 coulissent dans les tubes 34 si bien que ladite descente n'est pas gênée. Après cette mise en place du séchoir, on dispose les bâches formant rideaux 521, 522 et 531 532 et 54, 55 de manière qu'une étanchéité soit réalisée, dans les plans longitudinaux verticaux extrêmes des piles, entre le bâtiment et les piles de bois. Le volume intérieur compris entre les deux piles de bois est ainsi isolé d'une manière étanche par rapport aux volumes intérieurs au bâtiment et extérieurs aux piles qui contiennent les éléments de chauffage 501, 502 et 503, 504. Les tuyaux 63 des ventilateurs 60 sont chacun glissés dans un des intervalles laissés dans la pile de planches par 1' interpo- sition des cales 42 et entre deux de ces cales 42. Les ensembles formés par les ventilateurs et les tuyaux mettent ainsi en communication le volume 45 situé entre les deux piles avec les volumes 46 et 47 extérieurs aux piles. Entre les cales 42 et les tuyaux 63 des ventilateurs, sont placées des pièces d'étanchéité 70, 71 qui interdisent le passage d'air dans ces intervalles. L'air ne peut ainsi circuler qu'au travers des tuyaux 63 des ventilateurs ou des intervalles entre planches ménagés par les tasseaux 41, lorsqu'il est mis en mouvement par une différence de pression entre le volume 45 et les volumes 46 et 47. Dans une disposition avantageuse, les rangées de cales 42 sont placées à égale distance les unes des autres dans les piles, la première rangée étant posée directement sur le sol et la dernière sur la planche supérieure de la pile; dans cette disposition, les ventilateurs sont placés, en vue frontale, en quinconce dans les intervalles ménagés par les cales. Les ventilateurs 60 sont branchés aux prises 51 grâce aux fiches 61 et les moyens de chauffage 50, par exemple des résistances chauffantes, sont rendus opératoires. Le sens de rotation des venti lateurs est tel qu'ils mettent le volume intérieur 45 en dépression par rapport aux volumes extérieurs 46, 47. L'air chauffé par les résistances chauffantes 50 est aspiré à partir des volumes 46, 47 vers le-volume 45 au travers des piles de planches qu'il ne peut traverser qu'en empruntant les chemins ménagés par les tasseaux entre les planches de la pile. Au cours de ce trajet entre les planches, l'air se charge d'humidité. I1 est ensuite ramené par les ventilateurs 60 du volume intérieur 45 vers les volumes 46 et 47 où il est à nouveau chauffé par les résistances de chauffage 50. Le fait de mettre le volume intérieur 45 en dépression assure une répartition uniforme du passage d'air chaud et sec en provenance des volumes 46 et 47 entre les planches de la pile. Lorsque le séchage est jugé suffisant, les moyens de chauffage sont arrêtés, les ventilateurs sont débranchés et retirés des piles ainsi que les pièces d'étanchéité 70, 71, les rideaux d'étanchéité sont relevés, les panneaux 5 sont enlevés grâce au chariot élévateur après démontage des ferrures 9, les pneus 18 sont regonflés au moyen de l'installation de gonflage 22 et des tuyauteries 21, ce qui a pour effet de soulever le bâtiment dans son entier sans que les doigts 32, qui sont montés à coulissement, ne sortent des rails de guidage 30. Le séchoir peut être à nouveau déplacé pour être mis en position de travail sur une autre pile de bois. I1 laisse alors derrière lui la pile de bois qui vient d'être séchée. L'opération de transfert du séchoir est brève. Les temps morts de chargement et de déchargement étant évités. Les opérations concernant les planches de bois, c'est-à-dire l'équipement des piles de bois sur le parc de stockage et le transport du bois après séchage, peuvent être faites sans arrêt du fonctionnement du séchoir. REVENDICATIONS 1.- Séchoir à bois comportant une enceinte isolante, des moyens de circulation d'air et des moyens de chauffage de l'air, caractérisé en ce que l'enceinte est une structure étanche à l'air autoportante, réalisée avec des matériaux non corrodables, supportée par des roues à pneus gonflables et dégonflables qui permettent le déplacement dudit séchoir à bois, et en ce que ladite enceinte comporte à sa base des moyens servant de joint d'étanchéité avec le sol, devenant opératoires lorsque les pneus sont dégonflés. 2.- Séchoir à bois selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comporte sur ses façades perpendiculaires à son axe de déplacement, des ouvertures de dimensions suffisantes pour que le séchoir puisse venir recouvrir des piles de bois vers lesquelles il est dirigé et en ce que lesdites ouvertures sont obturables par des panneaux amovibles au moyen d'un chariot élévateur à fourche engageant sa fourche dans des ouvertures qui sont pratiquées à cet effet dans lesdits panneaux. 3.- Séchoir à bois selon la revendication 1 ou la revendication 2, caractérisé en ce que sont prévus des moyens de guidage fixés sur ledit séchoir et coulissant dans des rails de guidage ancrés dans le sol, lesdits rails de guidage délimitant la surface de stockage des piles de bois à sécher, ledit séchoir pouvant être déplacé sur toute la longueur de ladite surface de stockage. 4.- Piles de planches de bois avec des tasseaux d'espacement interposés entre chaque planche, caracteriséesence que lesdites piles sont disposées deux par deux, paraîllement l'une a l'autre suivant leur longueur pour délimiter entre elles un espace libre et en ce qu'à certaines hauteurs des cales d'espacement entre les planches remplacent les tasseaux et sont plus épaisses que ces derniers. 5.- Séchoir à bois selon la revendication 1, la revendication 2 ou la revendication 3, pour sécher des piles de bois selon la revendication 4, caractérisé en ce qu'il comporte des moyens pour isoler de façon étanche le volume compris entre les deux piles par rapport aux volumes compris entre les piles et les parois du séchoir, de manière que la circulation de l'air entre ces volumes ne puisse se faire que par les espaces libres laissés entre les planches des piles par les tasseaux d'espacement. 6.- Séchoir à bois selon la revendication 5, caractérisé en ce que les moyens de circulation d'air sont reliés à des tuyaux qu'on peut introduire dans les piles de bois au travers des intervalles laissés par les cales,et en ce que lesdits moyens de circulation d'air mettent, grâce auxdits tuyaux, le volume compris entre les piles en dépression par rapport aux volumes compris entre les piles et les parois du séchoir, des moyens de chauffage étant fixés auxdites parois du séchoir. 7.- Séchoir à bois selon la revendication 6, caractérisé en ce que chaque tuyau porte un ventilateur de circulation d'air, les ensembles ainsi formés étant déplaçables individuellement.