L'invention a pour objet un procédé et un dispositif permettant de transformer une déformation concave en déformation convexe sur une tôle de carrosserie de véhicule et plus généralement sur toute tôle mince de quelques dixièmes de millimètres à quelques millimètres d'épaisseur dont les deux faces ne sont pas également accessibles. La réparation des tôles de carrosserie des véhicules automobiles, c'est-à-dire la remise à son état initial de la tôle après un endommagement, est une activité importante dés garagistes. En général, un accident ou une collision de deux véhicules conduit à des enfoncements de la tôle par rapport à son galbe initial ou, autrement dit, à des déformations en creux ou concaves. Etant donné que la face interne de la carrosserie d'un véhicule est le plus souvent peu accessible, le travail de réparation consiste à agir d'abord sur les zones déformées pour transformer les creux en bosses. Il est beaucoup plus facile ensuite de travailler sur la face extérieure de la carrosserie pour réduire ces bosses et remettre la tôle à son profil initial. Jusqu'à présent la transformation des déforinations concaves en déformations convexes fait appel à deux méthodes principales-9nand on dispose (dans les ailes par exemple), d'une certaine accessibilité à la face interne de lacarrosse- rie, on emploie un maillet à l'aide duquel on repousse vers l'extérieur les déformations en donnant une série de coups successifs.Quand on ne peut accéder convenablement à la face interne de la carrosserie (sur les portes par exemple), on fixe la tête d'une pointe par une opération de soudure électrique par résistance dans le fond de la dépression (vue de l'extérieur) et on tire sur la tige de cette pointe en exer çant une force croissante ou en donnant des coups répétés progressivement croissants dans le sens de la traction à l'aide d'un instrument spécial bien connu. L'invention se rapporte à cette seconde méthode et elle vise à éliminer les inconvénients que celle-ci présente. L'un des inconvénients est que la soudure par résistance électrique d'une tête de pointe à une tôle mince entrain nécessairement un chauffage important de cette dernière. Ce chauffage en affaiblit la structure à un point tel que, pendant l'opération de traction, cette tôle se rompt assez souvent autour de la tête soudée ce oui dcnne naissance å un trou qu'il faut combler et dissimuler.Ce risque de rupture de la tôle mince est moins grand quand on emploie une pointe a tête relativement large puisque la zone rendue fragile a une circonférence plus grande riais dans ce cas le diamètre de la tête est également plus grand et @omme cette tête est rigide, avec une face plane, il devient difficile de la mettre totalement en contact avec le fond d'une zone en dépression dont le rayon de courbure est fréquement de dimension plutôt faible. Un autre inconvenient est nue, après transformation de la déformation concave en déformation convexe, pour détacher la nointe de la tôle, on en coupe la tige su ras de la tête oui est soudée à la tole et ensuite on doit réduire par meulage la surépaisseur au constitue cette têtee Cette opération de meulage est longue et exile du soin On élimine les inconvénients rappelés ci-dessus grâce au procédé de l'invention selon lequel on fixe à la tôle dans le fond de la déformation concave au moyen d'une soudure à l'étain un dispositif de traction offrant une surface de contact suffisante avec la tôle a rénarer De préférence, on place contre la tôle à réparer un élément d'arr8t de l'étain en fusion et on place le dispositif de traction au-dessus de cet élément d'arrêt en vue de le souder à la tôle Selon un mode de rise en oeuvre du procédé de l'in- vention, on donne au disnositif de traction une partie à profil déformable à volonté, ayant deux oreilles opposées et on conforme l'élément d'arrêt en correspondance pour qu'on puisse faire plisser les deux oreilles sous cet élément, avant la soudure, de ton nue le dispositif reste tenu a sa position par l'élément d'arrêt. Le dispositif de traction comprend de préférence une branche au moins qui s'étend à partir de la partie à profil déformable de facon substantiellement @rtbogonale à celle-ci. Dans un mode de réalisation de l'invention le dispositif de traction a 'iii profil général en T avec deux ailes oui s'étendent à partir d'une branche centrale et oui constituent ensemble la nartie n profil déformable. Afin de faciliter la mise en oeuvre du procédé et l'emploi du dispositif de traction, l'invention couvre encore une pince de chauffage comprenant deuw mâchoires chauffantes opposées pouvant se fermer sur la branche du dispositif de traction à proximité des deux ailes. De préférence, cette pince est pourvue, entre les del doigts de manoeuvre des mâchoires, d'une tige -apte à être montée sur un porte-électrode classique connu d'un poste de soudure électrique. Pour mieux faire apprécier l'invention, on donnera maintenant une description d'un exemple de réalisation d'un dispositif-de traction conforme à l'invention et on expliquera son emploi selon le procédé de l'invention. On se reportera au dessin annexé dans leauel : - la fig. 1 est une vue en perspective d'un dispositif de traction conforme à l'invention, - la figes 2 est une vue en coupe de dessus du dispositif de la figure I mis en position pour etre soudé dans le fond d'une déformation concave, - les figures 3 et 4 sont les vues analogues à la figure 2 montrant deux autres exemples de mise en position du dispositif de traction, - la figure 5 est une vue en élévation du dispositif de la figure 1 tenu en position par un élément d'arrêt conforme à l'invention, - la figure 6 est une vue de dessus du dispositif et de l'élément d'arrêt de la figure 5 représentés avec une pince de chauffage conforme à l'invention. Un dispositif de traction selon l'invention comprend une partie à profil déformable à volonté et offrant une surface de contact importante avec la tôle à réparer. On réalise cette partie à partir d'une bande en métal de faible épaisseur et rectangulaire dans l'ensemble- En raison de cette épaisseur faible on peut aisément l'incurver faiblement (figure 2) ou fortement (figure 3) pour lui faire épouser la courbure prise par une tôle I de carrosserie oui présente une déformation concave 2. De plus, si cette partie a une longueur excessive, il est aisé de la rogner pour la réduire à la longueur désirée. En raison de son aspect rectangulaire, on obtient une grande surface de contact avec la tôle à réparer de sorte qu'une soudure à l'étain suffit à permettre d'exercer une force de traction suffisamment élevée- Il est même possible de plier la partie à profil déformable et de lui donner un angle tel qu'elle puisse être placée correctement dans un enfoncement 3 (figure 4) fait dans une tôle 1 par un instrument anguleux On comprendra facilement que la partie à profil déformable peut titre réalisée selon de nombreuses variantes permettant toutes de doter le dispositif d'une branche au moins qui s'étend à partir de ladite partie dans une direction substantiellement orthogonale à celle-ci- Cette branche a pour r81e -de rendre possible une préhension aisée du dispositif principalement pour le mettre à la position souhaitable dans le fond d'une déformation concave. Une manière particulièrement avantageuse, mais non obligatoire, de réaliser le dispositif de l'invention consiste à lui donner un profil général en T (figure 1) avec deux ailes 4 s'étendant en sens opposés à partir d'une branche centrale 5 oui leur est perpendiculaire. On fabrique alors économiquement le dispositif de l'invention par simple pliage d'une bande de métal donnant naissance aux deux ailes 4 à partir d'une branche centrale 5 à double épaisseur.Les deux ailes 4 constituent ensemble la partie à profil déformable et comme elles sont distinctes l'une de l'autre on peut plus aisément les incurver ou les plier selon les besoins- Naturellement, on réalise le dispositif enmétal étamable ayant une résistance mécanique suffisante, par exemple en acier doux Cependant, malgré un práétamage des surfaces à souder, comme on est fréquemment contraint de travailler sur des tôles verticales ou très inclinées par rapport à l'horizontale, on peut éprouver des difficultés à faire tenir l'étain en fusion dans la zone à souder et à l'empêcher de couler.Dans une telle circonstance, l'invention prévoit l'emploi d'un élément d'arrêt 6 (figure 5) en matière suffisamment résistante à la chaleur de l'étain, par exemple en feutre- On colle cet élément d'arrêt à la surface de la tôle et on place les ailes 4 du dispositif juste au-dessus, ainsi la fuite de l'étain en fusion est empêchée. La coulée de l'étain est plus strement supprime quand on imbibe d'eau le feutre avant l'opération de soudure et quand on prolonge l'élément d'arrêt 6 vers le haut en 7, au-delà des extrémités des ailes 4. Quand on adopte un élément d'arrêt 6 ainsi constitué, il est plus facile de prévoir sur les ailes 4 du dispositif de traction, précisément en prolongement des extrémités de ces ailes 4, deux petites oreilles 8. Quand on met à sa position de soudage le dispositif de l'invention, on le fait glisser du haut vers le bas en introduisant les oreilles 8 sous l'élément d'arrêt 6. De cette façon le dispositif tient seul en place juste à l'endroit où il doit être soudé. Il est avantageux, mais non obligatoire, de ménager dans le milieu de chaque aile 4 un trou 9 accompagné d'une fente 10 dirigée vers la branche centrale 5. Quand le dispositif et la tôle 1 sont à la température requise, on peut placer dans les trous 9 ltextrémité d'un fil de soudure; l'étain en fusion se répand facilement sous les ailes 4 et, par les fentes 10, dans l'intervalle existant entre ces ailes 4 et la branche centrale 5 On peut chauffer le dispositif de l'invention tenu en place par l'élément d'arrêt 6 à l'aide de tous moyens quelconques appropriés. il est préférable cependant d'utiliser la branche centrale 5 qui est un moyen commode d'échauffer le dispositif.Afin de faciliter cette opération de chauffage et de pouvoir l'exécuter de la façon la plus favorable, l'in- vention prévoit l'usage d'une pince visible sur la figure 6. Elle comprend deux mâchoires 11, en matière difficilement fusible comme du carbone, qui se ferment sur la branche centrale 5 Ces mâchoires sont déterminées pour que le passage du courant les fasse rougir; par conductibilité la chaleur s'étend jusque dans les ailes 4 et la tôle I Bien que rapide, ce mode de chauffage est progressif et il permet de bien surveiller la fusion de l'étain. I1 serait possible de réunir chacune des mâchoires 11 respectivement aux pales d'une source de courant convenable il est plus avantageux, selon l'invention, de prévoir sur cette pince, entre deux doigts 12, isolés thermiquement et permettant de manoeuvrer les mâchoires 11, une tige 13 ayant les dimensions voulues pour être montée à l'extrémité d'un porteélectrode classique 14 d'un poste de soudure électrique. il est préférable de donner à la tige 13 une extrémité élargie qui sert à supporter les pivots d'articulation 15 des mâchoires 11 et des doigts de manoeuvre 12. Avec une telle pince montée sur un porte-électrode 14, les deux mâchoires Il sont reliées à un même pôle d'une source de courant et la tôle 1 est reliée au pôle opposé.Le courant traverse donc les mâchoires, le dispositif et la tôle mais, comme précédemment, c'est l'échauf fement des mtchoires 11 en carbone qui provoque finalement la fusion de l'étain. Quand le dispositif a été soudé à la tôle 1 comme on vient de l'expliquer, on ouvre les mâchoires 11 et on retire la pince de la branche centrale 5. On peut effectuer cette opération même lorsque l'étain fondu ne s'est pas entièrement solidifié puisque l'ouverture des mâchoires 11 se fait par un effort de serrage exercé sur les doigts 12 qui ne risque pas de déranger le dispositif de traction. Celui-ci a de préférence une ouverture transversale 16 dans sa branche centrale 5. Cette ouverture sert à accrocher un moyen de traction connu qu'il n'est pas utile de décrire ici. Quand la déformation concave a été transformée en déformation convexe, il suffit de chauffer à nouveau le dispo sitif, soit à l'aide des mâchoires Il fermées sur la branche centrale 5, soit autrement, pour que l'étain fonde à nouveau. Si on a pris soin d'enlever d'abord l'élément d'arrêt 6, l'étain coule et le dispositif se détache facilement. Un chauf fage suffisant fait que l'étain coule en totalité et laisse complètement propre la surface de la tôle 1. Aucun meulage n'est nécessaire. On peut procéder alors à la réduction de la défor mation convexe, ou bosse vue de l'extérieur de la carrosserie, par un procédé quelconque, par exemple celui qui est décrit dans le brevet français n0 72 - 21512 (nO 2.187.439). Dans ce qui précède on utilise le mot étain pour désigner globalement tout alliage ayant un point de fusion de valeur comparable à celle de l'étain. De même il est entendu que le mot carbone désigne toute matière équivalente, du graphite ou toute composition à base de graphite ou de matière analogue. La descrintion nui précède est relative 8 un mode de réalisation élaboré du disnositif de traction Sous son aspect le plus simple, l'invention prévoit comme dispositif de traction tout moyen qui peut être soudé à l'étain dans le fond d'une déformation concave m8me ouand ce moyen est dépourvu de partie à profil déformable, au moment qu'il offre une surface de contact suffisante avec la tôle Il n'est pas nécessaire non plus d'utiliser comme élément d'arrêt de 'n soudure en fusion un feutre adhésif nue lton fixe préalablement P la carrosserie. Il. suffit de tenir cet élément d'arrêt $contre la tôle, en-dessous du dispositif de traction à souder, nour cbtenir le résultat voulu. Par exemple, on peut munir la nince, en-dessous des mâchoires 11, d'un organe déplacable 17, représenté en trait mixte, comprenant un corps coulissant en direction des mâchoires, entre les pivots d'articulation 15. Ce corps se termine par une barre transversale à laquelle est fixée, par exemple par collage, l'élément d'arrêt 6, en feutre imbibé d'eau. Ainsi avant de souder, dès nue les mflchoires Il sont serrées sur la branche centrale 5, on peut pousser l'élément d'arrêt 6 et le tenir appliqué contre la tôle juste en dessous du dispositif de traction 4. REVENDICATIONS 1. Procédé pour transformer une déformation concave en déformation convexe sur une tôle peu épaisse, caractérisé en ce qu'on fixe n cette tAoe d Pns Re fond de la déformation concave au moyen d'une soudure à l'étain un dispositif de traction offrant une surface de contact suffisante avec la tôle. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé an ce qu'on utilise un dispositif de traction ayant une partie à profil déformable à volonté et destinée à être soudée à la tôle 3. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on place contre la tNle un élément d'arrêt de l'étain en fusion, cet élément étant situé juste en-dessous du dispositif de traction avant l'opération de soudure 4. Procédé selon la revendication 3, caractérisé en cequ'on donne à l'élément d'arrêt deux prolongements qui s'étendent vers le haut au-delà des extrémités de la partie a profil déformable du dispositif de traction. 5. Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce que l'élément d'arrêt esten matière absorbante que l'on imbibe d'eau avant l'opération de soudure. 6. Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce qu'on prévoit sur le dispositif de traction deux. oreilles qu moins aptes à être introduites sous l'élément d'arrêt avant l'opération de soudure. 7. Procédé selon la revendication 6, caractérisé en ce que l'on fixe d'abord à la tôle un élément d'arrêt ayant à ses extrémités deux prolongements vers le haut, on donne à la partie à profil déformable, un profil qui épouse celui de la déformation concave en m-raeart deux oreilles aux deux extrémités opposées de cette partie déformable et on met en place le dispositif au-dessus de l'élément d'arrêt en faisant plisser les oreilles sous les prolongements de 11 élément d'arrêt. 8. Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce nue l'on munit le dispositif de traction d'une branche au moins qui s'étend substantiellement @rthogonalement à la partie n profil déformable et on se sert de cette branche pour fournir au dispositif et a la tôle de la chaleur jusqu'à réaliser la soudure R' l'étain de la partie à profil-doformable et de la tôle. 9. Procédé selon la revendication 8, caractérisé en ce nuton serre la branche du dispositif entre deux mâchoi- res en carbone antes a rougir sous l'effet du passage d'un courant électrique. 10. Dispositif de traction permettant la mise en oeuvre du procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 9, caractérisé en ce outil comprend une partie à profil déformable, ayant une faible épaisseur et offrant une surface de contact avec la tôle, et une branche servant de moyen de préhension e de moyen utilisable pour un apport de chaleur, cette branche s'étendant orthogonalement à la partie à profil déformable. 11. Dispositif de traction selon la revendication 10 caractérisn en ce nu'il a un profil général en T avec deux ailes s'étendant à partir d'une branche centrale et nul constituent ensemble la partie à profil déformable. 12. Dispositif de traction selon la revendication Il caractérisé en ce au'il est réalisé a partir d'une bande en métal étamable pliée pour donner naissance à deux ailes distinctes s'étendant à partir d'une branche centrale å double épaisseur. 13. Dispositif de traction selon la revendication Il caractérisé en ce que chacune des ailes a dans son milieu un trou accompagné d'une fente stétendant jusqu'à la chambre centrale. 14. Dispositif de traction selon la revendication 10 caractrisé en ce nue la branche centrale est percée transver- salement d'un trou. 15. Elément d'arrêt de l'étain en fusion pour la mise en oeuvre du procédé selon l'une nuelconnue des revendications 1 à 9, caractérisé en ce qu'il est en matière absorbante avec une face adhésive et pouvant s'imbiber d'eau, ayant à ses extrémitCs deux prolongements vers le haut entre lesouels on peut introduire partiellement la partie à profil déformable du dispositif de traction. 16. Pince 'e chauffage pour la mise en oeuvre du procédé selon la revendication 9, caractérisée en ce nu'elle comprend deux mâchoires en carbone pouvant serrer entre elles la branche du dispositif de traction et aptes ç Rtre punies a' un pôle au moins d'une source de courant électrique. 17. Pince de chauffage selon la revendication 16 caractérisée en ce au'elle comprend une tige portant les pivots des mchoires en carbone et susceptible d'être montée sur un porte-électrode classique d'un poste de soudure électrique. 18. Pince de chauffage selon la revendication 17. caractérisée en ce au'elle comprend deux doigts de manoeuvre des mâchoires en carbone disposes respectivement de part et d'autre de la tige de montage sur un porte-electrode. 19. Pince de chauffage selon la revendication 16 caractérisée en ce qu'elle est pourvue d'un organe déplaçable en direction des mâchoires et portant à son extrémité un élément d'arret -de la soudure en fusion, cet éliment d'arrêt pouvant être appliqué contre la tôle sous le dispositif de traction avant l'exécution de la soudure.