La présente invention concerne des substances antivirales, un procédé pour leur préparation et les compositions pharmaceutiques les renfermant. On sait maintenant d'une façon générale que les acides ribonucléiques à double channe sont des inducteur s puissants d'interférons et qu'ils doivent ainsi présenter un intéret dans la prophylaxie à large spectre des infections virales, et à un moindre degré dans le traitement de ces infections. Les acides ribonucléiques à double chaste, à la fois d'origine naturelle et synthétique, possèdent comme cela a été mis en évidence une activité inductrice d'interférons et antivirale dans les cultures de tissus et chez les animaux vivants. Parmi les sources spécifiques d'acide ribonucléique à double channe inducteur d'interférons ayant été mentionnées dans la littérature, figurent les particules virales que l'on trouve chez certaines souches de Penicillium chrysogenum, P. Funiculosum, P. stoloniferum, Aspergillus niger et A.Foetidus ; le virus de polyédrose cytoplasmique ; le virion du réovirus 3 et la forme réplique du coliphage MS2 et du coliphage mutant MU9. Toutefois, certains phénomènes suggèrent que l'acide ribonucléique 9 double chaine d'origine naturelle peut présenter une toxicité inacceptable chez les mammifères, et son application médicale et vétérinaire peut Outre limitée. I1 existe ainsi un besoin d'agent antiviral qui soit moins toxique que l'acide ribonucléique à double chaste seul et qui présente une activité antivirale comparable ou meilleure. Cette invention est fondée sur cette constatation que des complexes d'acides ribonucléiques à double chaîne (ARN d.c.) d'origine naturelle avec la polyarginine sont moins toxiques (comme cela est mis en évidence par des doses LD50 plus élevées chez les petits mammifères) que 1'ARN d.c. initial, et que ces complexes fournissent une plus longue durée de protection antivirale que 1'ARN d.c. initial. Pour définir correctement l'invention, il est nécessaire d'examiner d'une façon assez développée la technique antérieure. On sait bien entendu que les acides nucléiques forment des complexes ioniques avec de nombreux polypeptides basiques comme les protamines et la polylysine, bien que la grande majorité des articles publiés sur ce sujet se rapportent à des com plexes entre des polybases et l'acide désoxyribonucléique (ADN) et l'acide ribonucléique à simple channe (ARN s.c.). De tels complexes de polybases avec des acides nucléiques sont, comme on le sait, plus stables à la dégradation par la nucléase et k la dénaturation thermique que les-acides nucléiques initiaux. Quand on a constaté que les acides ribonucléiques à double chaine (ARN d.c.) étaient des inducteurs d'interférons, de nombreux chercheurs ont pensé que le traitement des ARN d.c. avec des polybases aboutirait à une stabilisation vis-à-vis d'une dégradation par la ribonucléase, et ainsi à une activité antivirale améliorée ou prolongée. Les résultats publiés à l'appui de cette théorie n'ont pas été particulièrement encourageants. Billiau et autres (Ann. N.Y. Acad. Sci., 173 (1), 657 (1970)) ont indiqué que la stimulation du mécanisme des interférons dans les cultures de tissus par l'ARN d.c. peut être renforcée jusqu'à 100 fois par l'addition de -substances polybasiques comme la néomycine, la streptomycine, le diéthylaminoéthyldextrane, lalbumine méthylées la protamine, lthistone et la colistine, ces substances ayant été indiquées précédemment comme étant capables d'inhiber l'action de la ribonucléase ou d'augmenter la fixation cellulaire de 1'ARN. Ces chercheurs spéculaient stir le fait qu' "On pouvait concevoir que certaines des substances basiques pourraient être utiles en thérapeutique d'affections virales par des inducteurs d'interférons" mais précisaient cette affirmation en ajoutant qu "il a été constaté que l'induction d'interférons par Poly I:Poly C in vivo était renforcée par le diéthylaminoéthyl-dextrane, mais non pas par la néomycine ou la protamine". On a montré que la poly-D-lysine de poids moléculaire élevé (Rice et autres:Appl. Microbiol. 19 (5), 867, (1970)) renforçait l'induction d'interférons par Poly I:Poly C chez la souris, et on a indiqué qu'elle était à cet égard supérieure au diéthylaminoéthyl-dextrane. Les animaux traités par la combinaison de Poly I:Poly C et de poly-D-lysine n'ont pas montré de signes immédiats de toxicité, bien que la dode de substance soit nettement inférieure à celle pour laquelle les effets toxiques de Poly I:Poly C lui-même seraient apparus. On a décrit dans un brevet français antérieur une formule d'ARN d.c. contenant 1 mg d'ARN d.c. ; 200,ig de polyornithine et 50 mg de vitamine B6, la polyornithine devant renfor cer la fixation d'ARN par les cellules. Selon l'opinion de la Société Demanderesse, la technique antérieure indiquait à cet égard qu'il existait de bonnes raisons de supposer que des complexes de certaines polybases avec de 1'ARN d.c. devraient fournir des taux d'interférons augmentés et (ou) prolongés in vitro et in vive. Toutefois, comme on le sait, les taux d'interférons ne sont pas strictement parallèles à l'activité antivirale. Un composé qui est simplement un inducteur d'interférons modéré peut être un très bon agent antiviral, et vice versa.En outre, selon la technique antérieure, il n'existe pas d'accord général à propos du type de polybase qui est nécessaire pour fournir des taux accrus d'interférons in vive. Des combinaisons de protamine et d'ARN d.c. sont, selon certains chercheurs, moins satisfaisantes que 1'ARN d.c. seul, tandis que aes combinaisons d'ARN d.c. et de DEAE-dextrane sont supérieures. Ces résultats inconstants sont, de l'avis de la Société Demanderesse, la confirmation du fait qu'il n'existe pas de loi ou tendance générale confirmée par la technique antérieure. I1 n'est donc pas possible de dire que la combinaison d'ARN d.c. avec une polybase particulière quelconque, formant un complexe ionique avec l'ARN d.c., va toujours être supérieure, au point de vue activité indutrice d'interférons (beaucoup moins au point de vue activité antivirale), à l'ARN d.c. lui-mme. L'utilité d'un agent antiviral dépend principalement de deux facteurs, à savoir la durée de la protection conférée par la dose d'agent, et la toxicité de l'agent. Le premier de ces deux facteurs peut être lié ou non à sa capacité d'induire la production- d'interférons, et ainsi selon la technique antérieure il peut être influencé ou non par l'addition d'une polybase, tandis que le second de ces facteurs, à savoir la toxicité, est un fait à propos duquel la technique antérieure est complètement silencieuse. L'invention est matérialisée dans une substance antivirale constituée par un complexe principalement ionique dans lequel le constituant cationique est un polycation d'une molécule de polyarginine linéaire ayant au moins 5 unités arginine, tandis que le constituant anionique est (a) un polyanion d'acide ribonucléique à double channe, cet acide ribonucléique à double chaine étant d'origine naturelle, ou (b) un polyanion d'un dérivé à double chaine d'un acide ribonucléique à double chaste d'origine naturelle. L'expression à double chaîne utilisée à propos de l'acide ribonucléique se rapporte à la caractéristique selon laquelle deux molécules d'acide ribonucléique sont associées par des liaisons hydrogène entre des bases complémentaires de chaque molécule. Les acides ribonucléiques peuvent présenter des degrés variables de "caractère à double chaîne". L'expression "acide ribonucléique à double chaîne d'origine naturelle" désigne n'importe quel acide ribonucléique à double chaîne qui peut être isolé à partir d'une source d'ori- gine naturelle (par exemple les sources énoncées ci-dessus) et elle exclut les acides ribonucléiques à double chaîne synthétiques tels que les Poly I : Poly C, Poly A : Poly U et Poly G Poly C. L'expression dérivé à double chaîne d'un acide ribonucléique à double chaîne d'origine naturelle" désigne n'importe quel acide ribonucléique à double chaîne d'origine naturelle qui a été soumis à une réaction chimique ou biochimique (par exemple enzymatique) modifiant la structure primaire et (ou) secondaire et (ou) tertiaire (par exemple les N-oxydes décrits dans le brevet français n" 71-14303, ou les acides ribonucléiques à double chaîne modifiés par un alcalin tels que décrits dans le brevet français nO 72-00892), à condition que les dérivés résultants conservent un degré notable d'appariage par des bases entre les chaînes complémentaires. Le caractère à double chaîne d'un acide ribonucléique à double chaîne ou d'un dérivé d'acide ribonucléique à double chaîne peut être mesuré par deux paramètres qui sont dénommés hyperchromicité et Tm. Ces paramètres sont obtenus en enregistrant l'absorption des ultra-violets par la matière à 260 nm tout en élevant progressivement la température de cette matière. Le coefficient d'absorption des ultra-violets d'une matière à double chaîne à cette fréquence augmente avec la température, jusqu'à ce qu'une valeur constante soit atteinte, qui correspond à l'absorption de l'acide ribonucléique thermiquement dénaturé (c'est-à-dire à simple chaîne). La différence entre les deux extrêmes d'absorption, exprimée en pourcentage de labsor- ption de la matière à double chaîne, est dénommée flhyperchromi cité" de cette matière. Quand l'absorption des ultra-violets à 260 nm d'une matière à double chaîne est représentée graphiquement en fonction de la température, on constate que l'absorption est plus élevée aux hautes températures qu'aux basses températures. Les températures auxquelles l'absorption est située à mi-distance entre l'absorption de la matière à double chaîne et celle de la matière thermiquement dénaturée (c'est-à-dire à simple charnue) est dénommée le Tm de la matière. Le constituant cationique présent dans le complexe selon l'invention est une molécule de polyarginine linéaire comprenant au moins 5 unités polyarginine. Judicieusement son poids moléculaire est compris entre 1500 et 1 million, et il est de préférence d'environ 6500. On entend par le terme "linéaire", dans la présente description, en ce qui concerne la molécule de polyarginine, qu'il n'existe sensiblement pas de réticulation entre les groupes amino basiques des unités arginine dans la molécule de polyarginine. Judicieusement, la polyarginine est une poly-D-, une poly-L-, ou une poly-D,L-arginine, mais de préférence la polyarginine est une poly-L-arginine. Les polyanions présents dans le complexe suivant l'invention sont (a) des polyanions d'acide ribonucléique à double chaîne, cet acide ribonucléique à double chaîne étant d'origine naturelle, ou (b) des polyanions d'un dérivé à double chaîne d'un acide ribonucléique à double chaîne d'origine naturelle. Les sources préférées d'acide ribonucléique à double chaîne comprennent les particules du type des virus que l'on trouve chez certaines des Penicillia, par exemple P.chrysogenum (brevet britannique n" 1 170 929), P.stoloniferum (Banks et autres, Nature 223, 135 (1968)), et chez certains des Aspergilli, par exemple A.niger et A. foetidus (brevet britannique n" 1 300 259). De préférence également, le constituant (a) ou (b) doit être capable d'induire la production d'interférons chez les mammifères vivants. (Ceci peut être confirmé par la méthode de Lampson et autres, G.P. Lampson, A.A. Tytell, A.K. Field, M.M. Nemes et M.R. Hilleman, Proc. Nat. Acad. Sci., 58 (1967), 782). La substance antivirale suivant l'invention a été décrite sous la forme d'un complexe principalement ionique. Le complexe est caractérisé par une interaction électrostatique puissante entre la fraction molaire cationique de polyarginine et la fraction molaire anionique d'acide ribonucléique. Toutefois, d'autres types d'interaction peuvent également se produire, bien que la nature précise de cette liaison ne soit pas encore comprise. Dans les complexes suivant l'invention, en principe tous les sites ou centres anioniques de 1'ARN d.c. sont appariés avec des centres cationiques correspondants du constituant polyarginine, les centres cationiques étant constitués par les groupes amino basiques des monomères d'arginine. Afin d'obtenir cet appariage entre les centres cationiques et anioniques, le constituant polyarginine peut être formé par une seule molécule ayant sensiblement un même nombre de centres cationiques que l'ARN d.c. possède de centres anioniques, ou par un nombre de molécules de polyarginine plus petitas,de telle sorte que le nombre total des centres cationiques, égal à la somme des molécule les plus petites, soit en outre sensiblement égal au nombre des centres anioniques de l'ARN d.c.Ces complexes 1:1 " confèrent une longue durée à la protection antivirale et fournissent une faible toxicité. Les complexes suivant l'invention peuvent être préparés par un procédé consistant à mettre en contact, en solution, de la polyarginine ou un sel de celle-ci avec (a) des polyanions d'acide ribonucléique à double chaine, cet acide ribonucléique à double chaîne étant d'origine naturelle ou (b) des polyanions d'un dérivé à double chaîne d'un acide ribonucléique à double chaîne d'origine naturelle. Le constituant formant le polycation de polyarginine peut être amené en contact avec le polyanion d'acide ribonucléique en solution aqueuse. Par exemple, on peut préparer une solution de chlorhydrate de polyarginine dans une solution aqueuse d'un sel minéral, par exemple de NaCl. On peut préparer une solution analogue de constituant formé par l'acide ribonucléique dans une solution aqueuse contenant un sel minéral, et mélanger les deux solutions ensemble. Si la molarité de la solution de sel résultante n'est pas trop élevée, le complexe désiré va précipiter directement. S'il n'est pas précipité, on peut diluer la solution pour réduire la molarité, et ceci va généralement précipiter le complexe désiré. Suivant une variante, on peut ajouter un mélange physique de polyarginine neutre et de l'acide ribonucléique ou du dérivé d'acide ribonucléique à une solution de sel, et si nécessaire on peut diluer la solution résultante pour précipiter le complexe désiré. De préférence, on amène un faible excès de polycation de polyarginine en contact avec le polyanion d'acide polynucléique formé par l'acide ribonucléique (l'excès étant calculé sur la base du nombre des centres amino basiques capables de réagir avec les centres acide phosphorique du polyanion d'acide ribonucléique). Les complexes suivant ltinvention ont une activité antivirale, avec un large spectre d'activité vis-à-vis d'une diversité de virus ARN et ADN, par exemple le virus de l'encé- phalomyocardite (EMC), le virus Semliki Forest, le virus des infections du pied et de la bouche, et le virus Herpes Simplex. Il semble que leur mode d'action corresponde au moins partiellement à l'induction d'interférons chez les cellules hôtes, en conférant ainsi une protection vis-à-vis d'une attaque par le virus. Une propriété surprenante de ces complexes réside dans le fait que la toxicité (mesurée par la LD50 chez la souris) du complexe est inférieure à celle du constituant ARN seul. Ainsi, selon un autre de ses aspects, l'invention concerne une composition pharmaceutique ou vétérinaire renfermant un complexe suivant l'invention et un véhicule pharmaceutique ou vétérinaire. Le choix du véhicule pharmaceutique est déterminé par le mode d'administration préféré et par la pratique pharmaceutique usuelle. Le mode d'administration peut correspondre à une injection, par exemple sous-cutanée ou intramusculaire, auquel cas le véhicule va être un liquide injectable dans lequel le complexe peut être dissous ou mis en suspension sous forme d'une suspension fine. Dans le cas d'une application localisée, le véhicule peut être un liquide destiné à une application locale sur la muqueuse du nez ou de la gorge. Les exemples donnés ci-après à titre non limitatif illustrent l'invention. Dans ces exemples, l'abréviation ARN d.c. correspond à un acide ribonucléique à double chaîne. EXEMPLE 1 Préparation du complexe à partir d'ARN d.c. isolé de particules virales de P.chrysoqenum, ATCC 10002 et de polyarqinine. On ajoute, à une solution sous agitation du sel de sodium d'ARN d.c. (100 mg) dans du chlorure de sodium 0,15M (200 ml), à la température ambiante, une solution de poly-L-arginine (Poids Moléculaire 6500 ; 200 mg) dans du chlorure de sodium 0,15M (200 ml). On obtient un précipité. On agite le mélange réactionnel pendant 16 heures à la température ambiante, puis on centrifuge. La mesure du spectre u.v. de la liqueur qui surnage indique qu'elle ne contient pas d'acide nucléique. On lave le précipité avec de l'eau (200 ml), puis avec du méthanol (200 ml), et on sèche à la température ambiante sous vide, ce qui donne le produit sous forme d'un solide blanc (162 mg). Le précipité est insoluble dans NaCl 3M et il est présenté sous forme d'une suspension en vue d'un titrage biologique. La toxicité et l'activité biologique de ce produit sont indiquées dans les tableaux ci-après. Activité bioloqique A. Toxicité chez la souris La toxicité de la matière de départ formée par 1'ARN d.c. et celle des complexes préparés dans l'exemple 1 ont été comparées chez des souris de 16-20 g de la souche CD1. Le composé a été administré par injection intrapéritonéale et les animaux ont été observés ensuite pendant 10 jours. Complexe ARN d.c.-polyarginine : Toxicité ( : a : : ID ) ( Composé Dose : Mortalité : LD50 ( : (mg/kg): : (mg/kg)) ( Complexe ARN d.c.- : 25 : 0 : > 100 ) ( polyarginine dans : : 0 5 : ) ( NaCl 1,5M (suspension) 5 /5 0 ( : : S : ) ( : ( ARN d.c. : 12,5 : 1 : 25 ) ( dans NaCl 0,15M : 25 : 5/10 : ) ( : 50 : 9/10 : ) ( s : : ) a La dose se rapporte à la quantité d'ARN d.c. présente dans chaque cas. Mortalité = nombre de morts nombre d'animaux du groupe B. Activité antivirale On a administré par injection intrapéritonéale composé testé à des souris de 16-20 g de la souche CD1. 24 heures ou 72 heures plus tard, on a testé ces souris avec l'une de deux dilutions du virus de l'encéphalomyocardite (EMC) également administré par la voie intrapéritonéale.On a observé les animaux pendant 12 jours et on a comparé le taux de mortalité des souris traitées avec celui des souris témoins non traitées. Activité antivirale à court terme du complexe ARN d.c.-polyarginine basique Nombre de morts - Nombre total dans chaque 10 DONNEES ANTIVIRALES (EMC) Composé Composé adiministré 3 jours avant Composé administé 1 jour avant 1'infection par le virus l'infection par le virus Dose de virus Dose de virus Dose de virus Dose de virus 10-4 10-5 10-4 10-5 Dose du composé (mg/kg) 5 0,5 0,05 5 0,5 0,05 5 0,5 0,05 5 0,5 0,05 ARN d.c. dans NaCl 0,15M 9 9 7 3 4 7 4 3 6 0 2 2 Complexe ARN d.c./poly-Larginine en suspension dans Nacl, 1,5M 10 10 10 8 7 6 10 10 9 5 10 9 Mortalité das animaux témoins Dose virale Dose virale non traités 10-4 20/20 10-5 18/20 EXEMPLE 2 Préparation du complexe à partir d'ARN d.c. isolé de particules virales de P.chrysogenumq ATCC 10002 et de polyarginine. On ajoute à une solution sous agitation du sel de sodium d'ARN d.c. (500 ml) dans du chlorure de sodium 0,15M (500 ml), à la température ambiante, une solution de chlorhydrate de poly-L-arginine (numéro de code Miles 71-103A) (318 mg) dans du chlorure de sodium 0,15M (100 ml). On obtient un précipité. On agite le mélange réactionnel pendant 3 heures à la température ambiante, puis on laisse pendant une nuit à 40C. On centrifuge ensuite le précipité. Une mesure du spectre u.v. de la solution qui surnage indique quelle ne renferme pas d'acide nucléique. On remet le précipité en suspension dans du chlorure de sodium ,1SM (50 ml), on centrifuge à nouveau et on remet encore le précipité en suspension dans du chlorure de sodium 0,15M. On micronise le précipité, ce qui donne une fine suspension du complexe (teneur en ARN d.c. 20 mg/ml).Le précipité est insoluble dans NaCl 3M et il est utilisé sous forme d'une suspension pour un titrage biologique. Durée de l'activité La durée de la protection assurée par le complexe visà-vis de taux de test faibles et élevés du virus EMC (8 et 80 x LD50) a été déterminée à des intervalles de temps peu espacés pendant une durée allant jusqu'à 5 semaines. On a administré une injection sous-cutanée (S.C.) du complexe à des souris de 16-20g de la souche CDI. Aux jours -35, -21, -7 ou -1 relativement au jour 0, on a testé ces souris avec l'une de deux dilutions du virus de l'encéphalomyocardite (ENC), administrée par la voie intrapéritonéale.On a observé les animaux pendant 12 jours et on a comparé le taux de mortalité de souris traitées avec le complexe avec celui de souris témoins auxquelles une dose équivalente d'ARN d.c. avait été administrée par injection sous-cutanée ou intrapéritonéale (i.p.) et testées de la même manière. Les intervalles de temps, les doses et les voies sont indiqués dans les tableaux 3 et 4. A cause de la taille inhabituellement grosse des souris à la fin de la période de prétraitement, un test LD50 de EMC a été déterminé au jour -7. Des taux de test appropriés ont pu être ainsi choisis : EMC LD50 : test normal : 10'6,9 à la fin 1o~6,6 La LD50 est la dose de virus requise pour tuer 50% des animaux testés. Durée de la protection des complexes d'ARN-d.c. TABLEAU 3 Temps de prétraitement (jours) Composé testé Dose Voie 1 7 21 35 mg/kg ARN d.c. 5 i.p. 0/10 3/10 - ARN d.c. 5 s.c. 0/10 7/10 - ( Complexe : 100 : s.c. : 6 : 3 : 1 /10 /10 /9 /10 Témoin - - 10/ - - ( : ( : : : : : : ) ( : ) ( : (Morts/nombre dans le groupe) ) ( : ) TABLEAU 4 80 x LD50 Temps de prétraitement (jours) Composé testé Cose Voie 1 7 21 35 mg/kg ( ARN d.c. : 5 : i.p. 0, : 10' : - : : : /10 : /10 : : ARN d.c.: 5 : s.c. : 2/10 : 10/10 : - : Complexe: 100 : s.c. : 10/10 : 5/10 : 5/10 : 9/10 Témoin : - : - : 10/10 : - - ( 10 : ( : (Morts/nombre dans le groupe) ) ( : ) REVENDICATIONS 1.- Substance antivirale, caractérisée en ce qu'elle est constituée par un complexe principalement ionique dans lequel le constituant cationique est un polycation d'une molécule de polyarginine linéaire ayant au moins 5 unités arginine, et le constituant anionique est (a) un polyanion d'acide ribonucléique à double chaîne, cet aci de ribonucléique à double chaîne étant d'origine naturelle ou (b) un polyanion d'un dérivé à double chaîne d'un acide ribonu cléique à double chaîne d'origine naturelle. 2.- Substance antivirale suivant la revendication 1, caractérisée en ce que le constituant cationique est un cation de poly-L-arginine. 3.- Substance antivirale suivant la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce que le polyanion est le polyanion de l'acide ribonucléique des particules de virus trouvées chez des souches infectées de Pénicillium chrssovenum, Pénicillium stoloniferum, Aspergillus niqer ou Aspergillus foetidus. 4.- Substance antivirale suivant la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce que le polyanion est le polyanion de la- cide ribonucléique de la forme réplique d'un phage. 5.- Substance antivirale suivant la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce que le polyanion est le polyanion de la forme réplique du phage mutant MU-9 du coliphage NS2. 6.- Substance antivirale suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce qu'en principe tous les centres anioniques du constituant formé par l'acide ribonucléique interviennent dans la liaison ionique avec les centres cationiques du constituant formé par la polyarginine. 7.- Procédé pour la préparation d'une substance antivirale suivant l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce qu'on met en contact, en solution, des polycations de polyarginine linéaire avec, (a) des polyanions d'acide ribonucléique à double chaîne, cet acide ribonucléique à double chaîne étant d'origine natu relle ; ou (b) des polyanions d'un dérivé à double chaîne d'un acide ribo nucléique à double chaîne d'origine naturelle. 8.- Procédé suivant la revendication 7, caractérisé en ce qu'on mélange une solution d'une polyarginine dans une solution aqueuse d'électrolyte avec une solution aqueuse d'électrolyte d'acide ribonucléique à double chaîne ou de dérivé à double channe d'un acide ribonucléique à double chaîne. 9.- Substance antivirale, caractérisée en ce qu'elle est préparée par le procédé suivant la revendication 7 ou 8. 10.- Composition pharmaceutique ou vétérinaire, caractérisée en ce qu'elle renferme une substance antivirale suivant l'une quelconque des revendications 1 à 6, ainsi qu'un ou plusieurs véhicules ou excipients pharmaceutiques ou vétérinaires. 11.- Composition pharmaceutique ou vétérinaire suivant la revendication 10, caractérisée en ce qu'elle renferme un virus vivant ou tué. 12.- Composition pharmaceutique ou vétérinaire suivant la revendication 10 ou 11, caractérisée en ce qu'elle se présente sous une forme convenant à une administration par injection. 13.- Composition pharmaceutique ou vétérinaire suivant la revendication 10 ou 11, caractérisée en ce qu'elle se présente sous une forme convenant à une application à la muqueuse du nez ou de la gorge.