Pour tirer la pièce tricotée au fur et à mesure de sa formation, les machines à tricoter rectilignes utili- sent généralement un rouloir constitué de deux rouleaux entre lesquels est pincée la pièce tricotée, rouloir placé à une certaine distance sous les fontures. En raison de la structure particulière et l'élas- ticité du tricot, la largeur de celui-ci va en diminuant rapidement des aiguilles vers le bas, c'est-à-dire vers le rouloir. Ceci a pour conséquence que la traction verticale ou tirage n'est pas uniforme sur toute la largeur de la pièce tricotée. Bien au contraire, le tirage, c'est-à-dire la composante verticale de la traction, diminue fortement et même parfois tend vers 0 dans les parties marginales du tricot, dans la zone de tricotage et pour compenser cette diminution du tirage, il est nécessaire d'augmenter la traction dans la zone centrale, avec risque de casse du fil et des aiguilles. Cet inconvénient se fait encore davantage sentir dans le cas d'augmentations, par exemple lors de tricotage de panneaux de forme ou de cols. Dans le cas de tricotage de cols le tirage dans les pointes du col est nul. D'autre part, le tirage se fait pas à pas et par à-coups, après chaque passage du chariot. Pendant le tricotage proprement dit, il n'y a donc pas de tirage, alors que l) idéal serait de tirer chaque maille l'une après l'autre aussitôt après sa formation. De plus, 1 entraînement pas à pas nécessite un mécanisme de commande synchronisée au déplacement du chariot. Dans le brevet CE no.606.569, il a déjà été proposé d3utiliser, avec succès d'ailleurs, un rouloir auxi- liaire, proche des fontures, pour exercer un tirage particulier sur des parties de tricot telles que cols ou pièces plastiques telles que des genouillères0 Ce rou- loir travaille, dans son principe, comme un rouloir principal et nécessite un mécanisme constitué de cames _2_ et de leviers. En outre, le diamètre des rouleaux de ce rouloir auxiliaire est encore relativement élevé, de sorte que l'encombrement de ce rouloir auxiliaire ne permet pas de le placer tout près du niveau de la forma- tion des mailles. On a déjà songé à remplacer les rouloirs tradition- nels par des courroies. Un tel dispositif est décrit dans le brevet GB 1 243 661. Ce dispositif comprend au moins une paire de courroies entraînées en sens opposé par des tambours et passant sur des renvois formés par les extrémités de deux plaques verticales articulées sur des supports, eux-mêmes articulés et portant des res- sorts agissant sur les plaques pour les pousser l'une contre l'autre, ce qui a pour effet de pincer le tricot entre les courroies. Ces courroies sont entraînées de façon intermittente comme les rouloirs traditionnels. De manière à obtenir des tensions différentes au centre et aux extrémités du tricot, il est prévu d'utiliser plu- sieurs paires de courroies entraînées à des vitesses différentes. Additionnellement la pression des courroies peut être variée en enclinant plus ou moins les supports mobiles portant les ressorts de pression. Le dispositif de tirage selon l'invention utilise également des courroies opposées, mais contrairement au dispositif selon l'art antérieur, ces courroies sont entraînées en continu et le renvoi des courroies, à proximité de la zone de formation des mailles, est constitué par des renvois montés sur des bâtis supportés exclusivement par les arbres d'entraînement des cour- roies, les moyens pour appliquer les courroies l'une contre l'autre étant constitués par les arbres d'entraî- nement des courroies eux-mêmes. Le tirage ne se fait plus coup par coup, mais de façon continue pendant le déplacement du chariot.et à proximité immédiate de la zone de formation des mailles. -3- Les mailles sont dès lors tirées au fur et à mesure de leur formation. Un tel tirage en continu est possible en raison de l'utilisation de courroies pouvant glisser sur le panneau tricoté lorsque la traction sur les mailles dépasse une certaine valeur. Le tirage se fait par frottementglissement de telle sorte que le dispositif est auto-réglant et que l'on peut renoncer à tout moyen de réglage auxiliaire, à part une possibilité éventuelle de varier la vitesse de rotation des courroies. Ce tirage par frottement-glis- sement procure une réserve de tirage. En effet, si le glissement cesse le tricot est entraîné plus rapidement par frottement sans glissement. Le tirage s'effectue en douceur et avec une extrême souplesse, la récupération entre deux chutes est meil- leure et le report de mailles se trouve facilité puisque le fil peut être tiré vers le haut. Les aiguilles étant beaucoup moins sollicitées, l'usure s'en trouve réduite. Ce résultat est de plus obtenu avec des moyens plus simples que les dispositifs antérieurs. Dans les essais concluants ont été effectués avec des courroies lisses mais les courroies pourraient aussi être plus ou moins rugueuses ou striées. Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution de l'invention. La figure 1 représente une vue en élévation, de face, du dispositif de tirage, sans les fontures. La figure 2 représente une vue en élévation et en coupe selon II-II de la figure 1 avec les fontures. Le dispositif comprend essentiellement deux cour- roies sans fin 1 et 2, en caoutchouc lisse ou en maté- riau analogue, entraînées par deux tambours tubulaires 3 et 4 et passant sur deux renvois 5 et 6 constitués par de simples barres cylindriques en métal de faible diamè- tre, par exemple entre 4 et 5 mm. Entre chacun des _ 4- tambours 3 et 4 et des renvois 5 et 6 est disposé un bâti 7, respectivement 8 constitué par un bloc prisma- tique s'étendant sur toute la longueur des tambours et présentant une gorge de surface cylindrique par laquelle il s'appuie en glissant sur le tambour 3, respectivement 4, et une seconde gorge servant de palier aux renvois 5 et 6. Les blocs 7 et 8 présentent latéralement deux faces planes servant de guide aux parcours rectilignes des courroies. Les blocs 7 et 8 sont réalisés de préfé- rence en une matière synthétique autolubrifiante telle que du DUROGLISS (Marque Déposée), mais pourraient également être exécutés en métal, par exemple en bronze ou en un alliage d'aluminium. Les blocs 7 et 8 assurent simultanément la tension des courroies. Le montage se fait très simplement: après avoir introduit le tambour 3 et le renvoi 5 dans la courroie, on introduit le bloc en forçant un peu de manière à assurer la tension néces- saire sur la courroie. Un dégagement 9 est prévu dans la partie supérieure des fontures 10 et 11pour permettre le passage des courroies. A chacune des extrémités du bâti 7 est fixé un flasque 12, respectivement 13, au moyen de deux vis. Le premier r8le de ces flasques est de retenir latéralement la courroie 1 et axialement le renvoi 5. Des flasques identiques sont fixés aux extrémités du bâti 8. Le second rôle des flasques est de coopérer avec un doigt de centrage 14 fixé au bâti 15 de la machine à tricoter, comme ceci sera décrit plus loin. Le tambour 3 est fixé sur deux-arbres 16 et 17, par chassage soudage ou tout autre moyen, montés dans des paliers 18 et 19 dans le bâti de la machine. L'arbre 16 porte un pignon 20 engrenant avec une roue dentée d'en- traînement 21. Le tambour 4 est monté de manière iden- tique et porte un pignon 22 engrenant avec le pignon 20. - 5 - Le dispositif fonctionne de la manière suivante Le tricot 23 étant engagé entre les courroies 1 et 2, immédiatement en dessous de la zone de formation des mailles par les aiguilles 24 et 25, les tambours des courroies sont entraînés dans le sens des flèches. Cette rotation a non seulement pour effet d'entraîner les courroies, mais également d'entraîner les bâtis 7 et 8 dans cette rotation, de telle sorte qu'ils ont tendance à venir s'appuyer l'un contre l'autre, avec leur cour- roie, en pinçant le tricot 23 qui se trouve alors en- traîné par frottement-glissement vers le bas. Un parfait équilibre des forces des deux bâtis n'étant pas possible à réaliser, le maintien de ces bâtis en position centrée est assuré par le doigt de centrage 14 contre lequel vient buter l'un ou l'autre des flasques 12 ou 12'. Le diamètre du doigt 14 est tel qu'il ne gêne pas le pinça- ge du tricot 23, mais qu'il empêche que l'une des cour- roies soit repoussée contre la fonture par l'autre courroie. Pour supprimer le pincement du tricot par les courroies, il suffit de stopper la rotation du pignon 20. Les couples appuyant les courroies l'une contre l'autre cessant, les courroies ont tendance à s'écarter automatiquement l'une de l'autre. La pression des courroies l'une contre l'autre peut tre éventuellement modifiée en variant la vitesse de rotation, mais ceci ne sera en général pas nécessaire étant donné que l'entraînement du tricot s'effectue par frottement-glissement avec une force relativement très faible. C'est précisément cette faible traction avec possibilité de glissement qui permet de tirer de façon continue sur le tricot, c'est-à-dire même pendant la formation des mailles et lors de report de mailles, le fil pouvant être tiré en arrière vers le haut, en tirant le tricot qui glisse sur les courroies, sans risque de casse. _ 6 _ De nombreuses variantes sont possibles sans sortir du cadre de l'invention. Par exemple les bâtis, c'est- à-dire les courroies pourraient être appliqués l'un contre l'autre par des ressorts. Les blocs 7 et 8, qui jouent le rôle de tendeur des courroies pourraient être réalisés en deux pièces, l'une portant le tambour d'en- traînement et l'autre le renvoi, ces deux pièces étant maintenues écartées par un moyen élastique, par exemple -des ressorts travaillant en compression ou une bande de caoutchouc. _7_ REVENDICATIONS 1. Dispositif de tirage pour machine à tricoter rectiligne, comprenant deux courroies entraînées en sens opposé, par des arbres horizontaux, et passant sur deux renvois de faible diamètre situés à proximité de la zone de formation des mailles et des moyens pour appliquer les courroies l'une contre l'autre, c'est-à-dire contre le tricot engagé entre les courroies, caractérisé par le fait que les courroies s'étendent sur toute la longueur utile des fontures, que les renvois sont montés sur des bâtis supportés exclusivement par les arbres d'entraîne- ment des courroies et que les moyens pour appliquer les courroies l'une contre l'autre sont constitués par ces arbres d'entraînement eux-mêmes, ces arbres, et par conséquent les courroies elles-mêmes, étant entraînés de façon continue. 2. Dispositif de tirage selon la revendication 1, caractérisé par le fait que chaque bâti est constitué d'une pièce prismatique s'appuyant sur l'arbre d'entrai- nement et munie d'un logement servant de palier au renvoi constitué d'une simple barre cylindrique. 3. Dispositif de tirage selon la revendication 2, caractérisé par le fait que ladite pièce prismatique est en matière synthétique autolubrifiante. 4. Dispositif de tirage selon la revendication 2, caractérisé par le fait que les pièces prismatiques portent des flasques à leurs extrémités pour retenir latéralement les courroies et les renvois, et que le dispositif comprend en outre un doigt de centrage fixe s'engageant entre les flasques, parallèlement aux ar- bres. 5. Dispositif de tirage selon la revendication 1, caractérisé par le fait que chaque bâti est constitué de deux pièces prismatiques maintenues écartées l'une de l'autre par un moyen élastique, l'une de ces pièces - 8 - s'appuyant sur l'arbre d'entraînement et l'autre pré- sentant un logement servant de palier pour le renvoi.