La demanderesse a découvert que l'on pouvait modifier les réactions superficielles des cellules par action sur ces dernières d'un réactif capable de bloquer les groupes sulfhydryle de la surface cellulaire. Plus précisément, la demanderesse a découvert que les processus 5 de métastase et de prolifération des tumeurs chez les mammifères pouvaient être inhibés par administration d'un réactif non toxique capable de réagir préfêrentiellement avec les groupes sulfhydryle périphériques présents autour des cellules des mammifères et non avec les groupes sulfhyryle présents à l'intérieur de la cellule. De préférence, le réactif utilisé bloque non seule-10 ment les groupes sulfhydry|.e périphériques des cellules mais provoque également une modification de la charge électrique de la surface de la cellule. On a également découvert que divers types de composés du type dithio possédant la structure R-S-S-R dans laquelle chacun des symboles R représente un radical organique, avaient la capacité de réagir préférentiel-15 lement avec les groupes sulfhydryle périphériques présents autour de la cellule. En outre, ceux de ces dithiocomposés dans lesquels les radicaux R contiennent des groupes (par exemple des groupes -C00H ou-SO^H). qui portent une charge négative à des pH supérieurs à 7 environ, avaient la capacité de modifier la charge électrique de la surface cellulaire. 20 Parmi les composés qise sont arérés réagir préfêrentiellement avec les groupes sulfhydryle périphériques de la cellule, les composés tels que la N,N'-diacétylcystamine et le disulfure de l'acide p-mercaptopropio-nique sont du type linéaire. Mais un grand nombre d'autres composés se situent dans une classe qu'on désignera sous le nom de classe des composés 25 bis-dithiohétérocycliques. Des derniers composés ou réactifs possèdent la structure : 7 \ ' \ Rl.' -41 c-s-s-c i v ' v \ ' N / > y v 30 dans laquelle les symboles R^" qui peuvent Être identiques ou différents représentent des radicaux hétérocyliques contenant de 1 à 5 atomes d'azote cycliques et éventuellement du soufre cyclique accompagnant le carbone. Ces radicaux peuvent être substitués ou non -et peuvent consister en cycles aroma-35 tiques simples ou condensés. On a découvert que, dans cette classe étendue de composés bis-dithiohétérocycliques, il existait des composés et groupes de composés variés 71 16224 2 2100631 10 qui avaient la capacité de réagir préfêrentiellement avec les groupes sulfhydryle cellulairœ périphériques plutôt qu'avec ceux qui sont présents à l'intérieur de la cellule. L'un de ces groupes de composés consiste en ceux dans lesquels les symboles R^" représentent des noyaux pyridyle substitués par des groupes anioniques; ces composés possèdent des caractéristiques inhabituelles qui les rendent particulièrement aptes à l'utilisation dans les organismes des mammifères pour le blocage réversible des groupes sulfhydryle cellulaires périphériques. Plus précisément, ces composés apparaissent comme essentiellement non toxiques mais possèdent également l'aptitude à une réaction préférentielle avec les groupes sulfhydryle périphériques plutôt qu'avec les groupes sulfhydryle intracellulaires. Par ailleurs, ces composés possèdent l'aptitude recherchée à la modification de la charge électrique de la surface cellulaire traitée. Dans ce groupe préféré, les composés possèdent l'une ou l'autre des structures suivantes : 15 II 20 ou 30 dans lesquelles n représente un nombre entier dont la valeur va de 1 à 4, et 2 les symboles R représentent des groupes carboxy à l'état libre, à l'état de sel, d'ester ou d'amide. Ainsi par exemple, parmi les sels appropriés, on citera ceux formés avec des métaux alcalins ou alcalino-terreux, avec 35 l'ammoniaque ou avec des aminés comme la cyclohexylamine, la morpholine ou d'autres aminés aliphatiques, alicycliques, aromatiques ou hétérocyliques. Parmi les groupes ester, on citera les groupes ester méthyliques, éthyliques 71 16224 / 3 2100631 et alkyliques supérieurs, ainsi que les groupes ester cyclohexyliques et autres groupes ester alicycliques. Les groupes amides qui peuvent substituer les noyaux pyridyle sont entre autres des groupes -CONI^ ainsi que les groupes dans lesquels l'un des atomes d'hydrogène de l'azote d'amide où les deux sont 5 remplacés pa:des groupes asiatiques » hétérocycliques, alicycliques, ou aromatiques , y compris les groupes substitués; on citera en particulier les groupes p-amino-éthanol et morpholine. Parmi les composés qui entrent dans ce groupe possédant les structures II ou III ci-dessus, on citera : l'acide 4,4\-dithiodinicotinique, 10 l'acide 6,6'-dithiodinicotinique, l'acide 2,2'-dithiodinicotinique, l'acide 2,2'-dithiobis-isonicotinique, l'acide 6,6'-dithiodipicolinique, l'acide 4,4'-dithiodipicolipique, le 4,4'-dithiodinicotinate de sodium, le 6,6'-dithiodinicotinate de sodium, le 2,2'-dithiodinicotinate de sodium, le 6,6'-dithiodipicolinate de sodium, le 2,2'dithio-bis-(isonicotinate de 15 sodium), le 6,6'-dithiodinicotinate de potassium, le 6,6'-dithiodinicotinate de magnésium, le 6,6'-dithiodinicotinate d'ammonium, le 4,4'-dithiodipicoli-nate de potassium, l'acide 4,4'dithio-bis-(2,5-pyridinedicarboxylique), l'acide 4,4'-dithiobis-(2,6-pyridinedicarboxylique), 1'acide 2,2'-dithiobis-(3,4-pyridinedicarboxylique), 1'acide 4,4'-dithiobia On a également obtenu de bons résultats avec des composés des structures II ou III ci-dessus dans lesquelles les cycles pyridyle sont 25 substitués par des groupes -CH^ ou d'autres groupes alkyle, des groupes -OH, -GN, des atomes d'halogène ou des groupes -CNO. Le cycle peut également porter si on le désire des groupes -C00H ou leurs dérivés. Tous les composés mentionnés ci-dessus répondant aux formules II ou III sont capables de réagir avec un groupe sulfhydryle en formant une 30 thione; ces composés seront donc désignés ci-après sous le nom de réactifs "thionogènes". Une réaction typique se produisant entre un composé de cette classe (l'acide 6,6'-dithiodinicotinique) et un groupe -SH périphérique sur une cellule peut être représentée de la manière suivante; le produit de réaction non lié à la cellule est l'acide 6-thiononicotinique : 71 16224 2100631 (cellule) ] -SH + HOOC S-S COOH 10 (cellule) -S - S OOH COOH (2) En dehors de l'acide 6,6'-dithiodinicotinique donné comme exemple des réactifs ci-dessus, d'autres réactifs dithiobis-hétérocycliques représen-15 tatifs qui se sont avérés capables de réagir préfêrentiellement avec les groupes sulfhpckyle périphériques des cellules de la m&me manière sont le disulfure de 2-mercaptOuracile , l'acide" 6,6'-dithiodiisonicotinique et la 2,2'-dithiobis-(5-amidopyrfcline), ainsi que les sels de sodium de ces composés qui contiennent des groupes carboxyle. Ces dernièrs groupes , tels quels ou 20 à l'état de sels, portent une charge négative lorsque le pH est de 7 au moins et sont donc capables de modifier la charge électrique de la cellule qu'ils ont servi à traiter. On peut également provoquer le bloquage recherché des groupes sulfhydryle de la périphérie de la cellule par utilisation de réactifs bis-25 dithiohétérocycliques dans lesquels les noyaux pyridyle substitués décrits ci-dessus en référence aux structures II et III sont reliés par ira pont -8-S-à la position 3 de ces noyaux. Mais ici, la réaction peut ne pas conduire à un sous-produit du type thione. Les composés de ce type qui portent des groupes substituants 30 anioniques ont également la capacité de modifier la charge superficielle de la cellule. On notera qu'un disulfure linéaire tel que le disulfure de l'acide p-mercaptopropionique mentionné ci-dessus, bien que ne constituant pas un réactif thionogène, est également capable de modifier la charge cellulaire en réagissant préfêrentiellement avec les groupes -8H périphériques 35 de la cellule. La demanderesse a également découvert que lorsqu'on traitait des cellules d'un mamad.fère par un composé bdsdithiohétérocyclique ou un 71 16224 5 2100631 autre disulfure organique capable de réagir de cette manière préférentielle, on pouvait bloquer d'une manière réversible la totalité ou essentiellement la totalité des groupes sulfhydryle cellulaires périphériques sans altérer le taux de respiration cellulaire et la glycolyse dans une 5 mesure quelconque appréciable. En outre, la réaction de blocage est réversible. Ainsi, lorsque cette réaction se produit dans le corps d'un mammifère, les groupes bloqués reprennent leur état initial en -SH dans une durée relativement courte (habituellement quelques heures) par des processus métaboliques classiques, à condition que l'on n'ait pas fourni 10 entre temps des quantités complémentaires du réactif cyclique. L'administration d'un thiol du type spécifié dans les organismes de mammifères, et par exemple de la glutathione, provoque égalemnt la restauration des groupes-SH périphériques libres rapidement. Cette réaction de déblocage peut être représentée par le schéma suivant dans lequel R SH représente la 15 glutathione, le réactif utilisé étant l'acide 6,6'-dithiodinicotinique 20 (cellule) \ -S-S- -C00H + 2 R3SH' 25 (cellule) 30 L'administration répétée ou continue du réactif dithiobishété- rocyclique ou d'un autre disulfure organique aux mammifères maintiendra naturellement le système cellulaire dans un état quelconque désiré de blocage des groupes sulfhydryle périphériques sans dommage pour la cellule. Pour des raisons de commodité, les composés répondant aux formules 35 II ou III ci-dessus ainsi que ceux dans lesquels les cycles pyridyle portant des substituants analogues sont reliés par un chaînon disulfure à la position 3 sont désignés d'une manière générale dans toute la présente demande sous le 71 16224 2100631 nom de "composés dâ dithiobis-(carboxypyridine)" ou -plus simplement sous le nom de réactifs "dicycliques". Ces composés, peuvent être préparés facilement par oxydation du composé monocyclique correspondant dans lequel le noyau pyridyle, en plus du ou des groupes carboxyle ou de leurs dérivés, ou 5 de tout autre groupe substituant, porte également un groupe sulfhydryle -SH fixé sur un atome de carbone du noyau. Dans la réaction d'oxydation qui se produit, deux molécules du composé de départ sont reliées par les atomes de soufre des groupes sulfhydryle; Cette oxydation peut être réalisée facilement à l'aide de peroxyde d'hydrogène-en quantité théorique ou en léger excès. 10 La réaction est effectuée à des températures inférieures à 35°C environ en milieu aqueux ou dans un solvant tel que le benzène ou l'acétone, dans lequel le composé de départ est soluble. Onpeut également réaliser l'oxydation par addition d'iode à une solution du thiol^"iS^aït, dans un milieu aqueux ou solvant approprié,_en présence d'iodure de sodium ou de potassium. 15 L'iode peut être ajouté tel quel ou par exemple àr4.'4tat de solution dans l'iodure de potassium aqueux, la réaction étant considérée comme complète lorsque la coloration de l'ioda persiste datis—la. solution soumise à agitation. Le composé recherché se sépare à l'état de précipité et peut être recueilli et purifié par des techniques classiques, la pratique habituelle consistant 20 à le filtrer et à le laver à l'eau et/ou à l'acétone. En vue de déterminer les réactifs qui sont capables de réagir préfêrentiellement avec les groupes périphériques de la cellule, on peut faire réagir d'abord un excès du réactif avec une masse de cellules intactes puis avec une masse identique de cellules homogénéisées ou broyées du même type. Lorsque la quan-25 tité relative du composé formé Cpar exemple la thione) jçmx.réaction avec les cellules entières est très nettement inférieure, à la quantité formée au cours de la réaction avec les cellules homogénéisées, la propriété préférentielle recherchée existe. Cette_mtn±ère d'opérer est décrite plus en détails ci-après dans l'exemple 1. " 30 Les exemples suivants illustrent l'invention sans toutefois la limiter; dans ces exemples les indications de parties et de % s'entendent en poids sauf indication contraire. — I — - —" Exemgle_l 35 On récolte des cellules tumorales d'ascites d'Ehrlich provenant de transplantations de 7 à 10 jours sur des souris suisses femelles et on les lave jusqu'à éliminaticuir-cempiète du sang" eomme décrit dans l'exemple 2 71 16224 7 2100631 ci-après. Une partie des cellules est conservée telle quelle, l'autre partie est homogénéisée, le produit homogénéisé ne contenant essentiellement plus de cellules entières. On soumet des échantillons de 15 mg (en poids sec) des cellules intactes et des cellules homogénéisées à une incubation 5 d'une heure à 37°C avec 5 ml de tampon KRP (tampon phosphate de Krebs-Ringer à pH 7,2 - 0,2) contenant 5 micromoles de l'un des trois réactifs disulfurés énuoérés dans le tableau II ci-après, en secouant dans l'air. Cette quantité est suffisante pour former un système contenant les réactifs à une concentra-tion de 1 x 10 mole. Après filtration sur papier de fibres de verre (Whatman 10 GF/C), on détermine la quantité de thione produite & partir de l'absorption à la longueur d'ondes indiquée dans le tableau. Dans le cas du réactif 2,2'-dithiodipyridine, la quantité de thione formée avec les cellules entières est au moins aussi forte (9,61 micromoles) que celle formée par réaction avec les cellules homogénéisées (6,52 micromoles); la valeur plus forte obtenue dans 15 le cas des cellules intactes peut être attribuée à une action enzymatique se produisant dans les côllules intactes ou dont le métabolisme est actif. Chacune de ces valeurs est prise comme étalon à 100% dans le tableau I ci-après. Les deux autres réactifs donnent à peu près la même quantité de thione formée par réaction avec les cellules homogénéisées mais la quantité de thione formée 20 par ces deux réactifs avec les cellules entières n'est plus que de 20% de la valeur obtenue avec la 2,2'-dithiopyridyle. Ce résultat Indique que ces dithiobis-(carboxypyridines) se combinent sélectivement avec les groupes sulfhydryle périphériques plutôt qu'avec les groupes sulfhydryle intracellulaires. Ces résultats sont rapportés dans le tableau I ci-après. i 25 TABLEAU_I Etendue de la réaction de composés dithiobishétérocvclioues avec des cellules d'ascites d'Ehrlich et les infimes cellules homogénéisées 30 35 Réactifs pH 2,2'-dithiodipy- 7,2 ou ridine 8,0 Acide 6,6'-dithiodinicotinique 7,2 Acide 2,2'-dithio- bis-isonicotinique 7,2 Thione caractéristique ^max(m^u) 343 344 365 Etendue de la réaction Cellules Cellules intactes 100% 20 20 homogénéisées 100% 102 94 71 16224 8 2100631 Dans des opérations analogues effectuées essentiellement de la même manière mais avec les sels de sodium correspondant à l'acide 6,6'-dithiodinicotinique et l'acide 2,2'-dithiobis-isonicotinique à la place des acides libres, les quantités de thione produites sont essentiellement les mêmes 5 que celles rapportées dans le tableau I ci-dessus, Eçemgle_2_ On récolte du liquide d'ascites d'Ehrlich provenant de transplantations de 7 à 10 jours sur des souris suisses femelles; les cellules sont 10 séparées par centrifugation à faible vitesse puis mises en suspension dans du tampon KRP et & nouveau centrifugées. Les cellules sont ensuite lavées avec le tampon KRP à plusieurs reprises en présence d'héparine (20 imités de la pharmacopée dès SUA par ml) jusqu'à élimination des globules rouges. Elles sont ensuite reaises en suspension dans le tampon KRF à la concentration. 15 de 800 x 10^ cellules dans 10 ml de tampon puis soumises à incubation de 5 mn à 25°C en l'absence (témoin) et en présence de 10 micromoles d'acide 6,6'-dithiodinicotinique qui suffisent pour introduire dans le mélange -3 cet acide à la concentration de 10 mole. Une partie du mélange traité à l'acide est ensuite utilisée telle quelle dans les essais manométriques. 20 Le restant des cellules traitées à l'acide est séparé par centrifugation, lavé à deux reprises par le tampon puis remis en suspension dans le même tampon, de manière à former une suspension-mère contenant environ 150 x 10^ cellules par ml et qu'on utilise pour des essais manométriques. Dans ces essais, les expériences durent 1 heure à 37°C et sont réalisées conformément au 25 mode opératoirè décrit en détail dans l'article de Grassetti et collaborateurs "The Ef£«ct of Some Sulfur-Containing Pyridine Derivatives on the Carbohydrate ttetabolism of Ehrlich Ascites Tumor", Journal of Médicinal Chemistry, 8., 753 (1965), avec comme seule modification que dans les présents essais, on n'a pas utilisé de quantité supplémentaire d'héparine après les opérations 30 initiales de lavage des cellules décrites ci-dessus. Les résultats obtenus sont rapportés dans le tableau II ci-après dans lequel les notations ont les significations suivantes : Qq = absorption d'oxygène en ml de 02/h/mg de poids sec. La phase gazeuse 2 est l'air, le poids sec de 26,6 mg par fiole, le nombre des cellules 35 de 60 x 106. Q0 (G) * conœe ci-dessus pour Qq , mais avec addition de glucose à une concen- 2 tration 0,05M. 2 0 o Qqq * dégagement de CO^ aérobie en microlitres de (^/h/mg de poids sec. La 2 phase gazeuse est O2-CO2 (95:5). Le poids sec, le nombre de cellules et la concentration de glucose sont les mêmes que pour Qq (g). 71 16224 9 2100631 N Q = dégagement de CCL anaérobie en microlitres de C09/h/mg de poids sec. La phase gazeuse est N9~C09 (95:5), le poids sec est de 13,3 mg par 16 fiole, le nombre de cellules de 30 x 10 par fiole et la concentration en glucose 0,01M. 5 Dans chaque cas, le volume total de liquide par fiole est de 3,0 ml. TABLEAU_II Effet d'un traitement par l'acide 6.6'-dithiodinicotinique sur la respiration et la glycolyse des cellules tumorales d'ascites d'Ehrlich M Cellules d'ascites d'Ehrlich (témoin) - 4,9 Cellules d1ascites d'Ehrlich en présence 15 d'acide 6,6'- dithiodinicotinique - 4,8 Cellules d1ascites d'Ehrlich traitées 5 mn par l'acide 6,6'- , dithiodinicotinique 10-M - 4,7 puis lavées 20 Les résultats rapportés dans le tableau II ci-dessus montrent _3 dinicotinique à une concentration 10 mole, suivie d'un lavage, ne modifie pas les taux de respiration et de glycolyse. La respiration et la glycolyse des cellules d'ascites d'Ehrlich en présence d'acide 6,6'-dithiodinicotinique -3 25 10 mole sont également essentiellement non affectées. Lorsqu'on répète l'opération ci-dessus en utilisant comme réactif la 2,2'-dithiodipyridine, le dégagement de CO2 et d^ cesse pratiquement au bout de quelques minutes, ce qui indique que le réactif inhibe fortement la glycolyse et la respiration des cellules et par consé-30 quent, lèse ces dernières. Exemgle_3 a) cette opération est réalisée en vue de déterminer le degré de persistance de l'action de blocage des cellules chez le mammifère vivant. 35 A des souris suisses inoculées par des cellules d'ascites environ 6 jours avant l'essai, on injecte par voie intrapéritonéale une solution aqueuse contenant 6 mg de 6,6'-dithiodinicotinate de sodium, ce qui représente VG) 3 2 co„ -3,7 + 11,8 + 28,1 - 3,3 + 14,6 + 30,7 3,6 + 11,9 + 28,9 71 16224 10 2100631 300 mg du réactif par kg de poids du corps. Le sel a été préparé par addition de l'acide à une solution aqueuse de bicarbonate de sodium en quantité théorique pour neutraliser l'acide et par conséquent solubiliser celui-ci dans l'eau. La solution aqueuse a été réglée à pH 7,2 par addition de tampon KRP 5 avant injection à chacune des souris. Comme indiqué dans le tableau III ci-après, un certain nombre de souris ont été sacrifiées à des intervalles de 1, 4, 8 et 20 heures après injection du réactif. Au bout de la durée indiquée, on a prélevé sur l'animal le liquide d'ascites qu'on a centrifugé pour séparer les cellules; ces dernières ont été lavées à 5 reprises 10 par du tampon KRP. Chaque lot de cellules recueillies dans ces conditions û (et dont le nombre est en moyenne de 1 à 2 x 10 pour chaque souris) a été traité par une solution de 5 micromoles de cystéine. Le produit obtenu a été centrifugé (5 mn à 800 x g) après quoi le liquide surnageant a été dénaturé pendant 5 mn à 95°C. Dans ce liquide on a dosé la thione par obser-15 vation du maximum à 344 millimicrons. La valeur observée à la fin de la première heure a été prise arbitrairement comme valeur 100, et est reportée ainsi dans le tableau III ci-après. On pourra constater que le blocage des cellules cesse pratiquement entre la quatrième et la huitième heure. TABLEAU_III 20 Vitesse de libération -des groupes -SH bloqués autour des cellules d'ascites chez des souris vivantes. Nombre de Heures après Cellules Nombre de groupes -SH souris traitement bloquées biogués par cellule restantes,^ ascltjque * 5 1 h 100 1,7 x 108 25 4 4 33 5,5 x 107 6 8 1 1,9 x 106 4 20 - 0 0,00 * On notera que chaque groupe -SH portant une charge électrique nulle à 30 pH 7,2 * 0,2 est remplacé par un groupe carboxy qui porte une charge négative à ce niveau de pH physiologique. b) Les souris utilisées dans les essais ci-dessus n'ont manifesté aucun signe de malaise aux injections des sels. Mais dans un essai analogue effectué de la même manière, à l'aide d'une suspension de l'acide 6,6'-dithio-35 dinicotinique dans une solution à 3% de gomme arabique dans le tampon KRP à pH 7,2, les 5 souris utilisées dans l'essai ont manifesté de la somnolence pendant plusieurs heures. En outre, 4 heures après traitement, on a constaté 71 16224 u 2100631 que 65% des groupes -SH périphériques autour des cellules ascitiques restaient encore bloqués. Ces observations peuvent être attribuées au fait que le réactif injecté, étant insoluble, est absorbé plus lentement et peut donc provoquer une réaction persistante avec les groupes de cellules périphé-5 riques au fur et à mesure qu'il se convertit lentement, in vivo, en sel soluble. c) Dans une autre série, d'essais consistant en essais témoins, on a traité les souris par injection d'une suspension saline d'acide 6,6'-dithiodinicotinique; ici encore-, on a observé les symptômes de somnolence 10 ce qui prouve que la gomme arabique utilisée dans l'essai b) n'est pas la cause de cette somnolence. Exemgle_4 On a soumis 6 souris saines, exemptes de toute tumeur bu 15 autre maladie, à une injection intrapéritonéale de 18 mg par jour de 6,6'-dithiodinicotinate de sodium pendant 21 jours consécutifs, ce qii correspond à une dose quotidienne de 450 mg par kg de poids. Le produit chimique injecté était en solution aqueuse à pH 7,2 comme dans l'exemple 3 a). Fendant toute la durée de l'essai et après, les souris n'ont manifesté 20 aucun signe visible de somnolence ou d'autre effet morbide. Leu appétit reste bon et on n'observe pas de diminution de poids. Exemgle_5_ On prélève des cellules tumorales d'ascites d'Ehrlich sur une 25 ou plusieurs souris souffrant d'ascites de 6 à 7 jours. On compte les cellules et on les dilue par du sérum physiologique à la concentration appropriée. On opère à des concentrations d'environ 100 000 à 500 000 cellules par 0,01 ml; la concentration préférée est d'environ 200 000 cellules pour 0,01 ml. On injecte la suspension de cellules (200 000 cellules, 30 0,01 ml) dans la cervelle de 48 souris à l'aide d'une seringue dé Hamilton avec aiguille n°25 (de longueur 16 mm). Une partie de l'aiguille est recouverte d'un tube de polyéthylène (de 0,018 mm de diamètre intérieur) de manière à en limiter la pénétration dans la cervelle à 6 mm. L'aiguille est insérée dans le cerveau central au travers de la fissure squamopétrosale. 35 Les souris sont divisées en deux groupes de 24 chacun. Les souris du groupe A sont traitées par une injection intrapéritonéale de 2 mg d'acide 6,6'dithiodinicotique dans 0,1 ml de solution de bicarbonate de sodium toutes les 4 heures en commençant au plus tôt 1 heure et au plus' tard 3 heures 71 16224 12 2100631 après l'injection intracérébrale, et pendant 7 jours et nuits consécutifs, soit à raison de 42 injections. Chaque souris du second groupe B est traités par une injection de sérum physiologique (0,1 ml par voie intrapéritonéale) toutes les 4 heures, administrée en même temps que les injections du groupe A, 5 pendant 7 jours et nuits consécutifs, soit ici encore 42 injections. Au bout de 7 jours, on sacrifie les animaux, on excise leurs poumons et on les hache. On introduit par implantation sous-cutanée dans la zone rétroscapulaire d'une souris en bonne santé, sur les deux faces, deux portions d'environ 80 mg de tissu pulmonaire haché provenant de chaque souris. 10 On dispose alors de 24 souris portant 48 implants de poumons de souris du groupe A et de 24 souris portant 48 implants de poumons de souris du groupe B. Ces souris sont gardées sans aucun traitement spécial pendant 30 jours puis sacrifiées; on excise alors et on pèse les tumeurs éventuellement formées aux sites des implants pulmonaires. Une tumeur pesant 100 mg 15 ou plus est considérée comme "prise", c'est-à-dire que le tissu pulmonaire dont elle provient contenait une métastase. Les résultats obtenus dans ces essais sont rapportés ci-après : 20 Nombre de prises Nombre d'implants % de prises Poids moyen (1) des tumeurs groupe B (non traitées) groupe A (traitées) 24/36 8/46 67' 17 179 mg 59 25 (1) poids total moyen de toutes les tumeurs, y compris celles pesant plus ou moins de 100 mg. Ces résultats montrent que l'acide 6,61-dithiodinicotinique administré de la manière indiquée abaisse le nombre des prises à 25% de celui 30 des souris non traitées et qu'il diminue également la masse tumorale totale jusqu'à 33% de celle observée chez les souris non traitées. Des doses encore plus fortes de l'acide 6,6'-dithiodinicotinique, pouvant conduire à une amélioration encore plus forte, sont bien tolérées. 35 Exemgle^ô On répète l'expérience de l'exemple 5, et on obtient les résultats suivants 71 16224 13- 2100631 Nombre de prises Nombre d'implants % de prises Poids moyen des tumeurs groupe B (non traitées) 28/44 groupe A (traitées) 7/46 64 15 547mg 177 Exemple _7 10 groupe B (non traitées) groupe A (traitées) Nombre de prises Nombre d'implants 14/48 3/44 % de prises 29 7 Poids moyen des tumeurs 133 mg 79 Les doses de réactifs dicycliques ou autres à utiliser dans la 15 pratique de l'invention peuvent varier dans des limites étendues tout en restant efficaces dans les buts recherchés. En général cependant, on peut obtenir de bons résultats par administration du réactif en quantité calculée — 6 -3 de manière à maintenir dans le sang une concentration 10 à 10 molaire. Ainsi utilisés, les réactifs non toxiques bloquant préfêrentiellement les 20 groupes -SH périphériques sont utiles en ce qu'ils modifient et modèrent diverses réactions intercellulaires indésirables intervenant dans la périphérie de la cellule telles que celles rencontrées dans la métastase et la prolifération des tumeurs. Ainsi par exemple, une utilisation avantageuse de l'acide 6,6'-dithiodinicotinique décrit dans l'invention consiste 25 à administrer des doses adéquates de ce composé au moment d'une intervention chirurgicale sur un cancer. On sait que les manipulations d'une tumeur au cours d'une intervention chirurgicale provoquent la pénétration d'un grand nombre de cellules cancéreuses dans le courant sanguin avec un fort risque concomitant de formation de métastases. Le traitement par le réactif doit 30 Être poursuivi pendant une durée suffisante, à la fois avant et après l'intervention chirurgicale, jusqu'à ce que les défenses naturelles de l'organisme aient détruit les cellules cancéreuses restant en circulation. Le réactif dicyclique ou autre utilisé dans la pratique de l'invention pour réagir préfêrentiellement avec les groupes -SH périphériques 35 des cellules peut être administré à des mammifères d'une manière quelconque appropriée, par exemple par injection dans le courant sanguin ou dans les muscles ou dans les tissus. L'administration orale peut également être 71 16224 14 2100631 efficace. Le produit chimique peut être.utilisé seul ou accompagné d'un véhicule oléagineux ou autre qui ralentit s^a vitesse d'absorption dans 1' ganisme. On peut également utiliser un réactif selon l'invention préparé sous une forme radio-active parlintroduction d'un ou plusieurs atomes radio-actifs de carbone, de soufre ou de tritium. Cette pratique permet d'améliorer considérablement l'efficacité des éléments radio-actifs, car ils se fixent alors chimiquement aux cellules pendant l'intervalle voulu. 71 16224 15 2100631 REVENDICATIONS 1. Procédé pour modifier les réactions intercellulaires chez les mammifères, le procédé se caractérisant en ce que l'on administre aux mammifères un réactif 5 relativement non toxique capable de réagir préfêrentiellement avec les groupes sulfhydryle périphériques présents autour des cellules plutôt qu'avec les groupes sulfhydryle présents à l'intérieur des cellules. 2. A titre de médicaments nouveaux, utiles notamment pour bloquer les métastases et les proliférations des tumeurs chez les êtres humains et les 10 mammifères, les substances de formule générale R-S-S-R dans laquelle les symboles R représentent des radicaux organiques. 3. Médicament selon la revendication 2, possédant l'une des structures 15 (R2) n l! A-S-S f^L(R2)„ ou (R2) fHl S?Hb I n — n I '1 L 'I n ■N- ~~S^ ^ dans lesquelles n est un nombre dont la valeur va de 1 à 4, et les symboles 2 R représentent des groupes carboxyle, ou des sels ou autres dérivés du groupe 20 carboxyle. 4. Médicament selon la revendication 2, l'acide 6,6'-dithiodinicotinique et son sel de sodium. 5. Compositions thérapeutiques contenant comme constituant actif un composé au moins selon la revendication 2. 25 6. Formes d'administration des compositions thérapeutiques selon la revendication 5 * 7. Formes d'administration selon la revendication 6, calculées de manière • . —g —3 à maintenir dans le sang une concentration environ 10 à 10 molaire du composé actif.