L'invention, due à Eckhart B0RGER, a pour obiet un procédé de fabrication de revêtements de tabliers de ponts, de préférence de ponts métalliques à plate-forme orthotrope, selon lequel on applique sur la plate-forme une couche de matière synthétique durcissable, on répand sur cette couche, avant son durcissement complet, du gravillon, et on dispose, le durcissement de la couche de matière synthétique terminé, une ou plusieurs couches de revêtement de tablier constitué d'un mélange de matériaux bitumineux. Le brevet allemand n0 1 240 547 décrit déjà un procédé de ce genre. Selon ce procédé, on opère de manière à appliquer au moins deux couches de matière synthétique et à enfoncer dans -la seconde couche, appliquée après le durcissement partiel de la première, le gravillon avant que ladite couche ne soit complètement durcie. Ce procédé, décrit dans le brevet allemand, a donné, dans la pratique, d'excellents résultats et ceci pour la raison que le durcissement partiel de la première couche avant l'application du gravillon empêche à coup sûr ce dernier d'entrer en contact direct avec la plate-forme. Ceci est important parce que la couche de matière synthétique inférieure ne constitue une couche isolante continue qu'à condition que le gravillon soit maintenu à une certaine distance de la plate-forme. L'invention a pour but de fournir un procédé permettant une réalisation plus rapide dl revêtement de tablier en rendant superflue 1 période d'attente imposée par le durcissement de la première couche de matière synthétique. On résout ce problème selon l'invention en disposant sur la couche de matière synthétique et en y enfonçant, avant d'y répandre le gravillon, une nappe de tissu de telle façon qu'une partie de la masse de matière synthétique passe à travers le tissu vers le haut. L'expérience a montré que le gravillon, qui est versé sur la couche de matière synthétique après application et enfoncement de la nappe de tissu à un moment où la matière synthétique est encore molle dans toute l'épaisseur jusqu'à la plate-forme, ne pénètre pas jusqu'à la plate-forme ou en tout cas ne reste pas au contact direct de cette dernière, même dans les cas où les pointes du gravillon ont plus petites que la largeur de maille du tissu.L'expérience a montré en outre que le tissu, même quand on l'enfonce sans aucune précaution particulière, n'entre pas en contact direct avec la plate-forme ou, en tout cas, ne reste pas au contact direct de cette dernière, de sorte qu'il se forme entre la plate-forme et la nappe de tissu une couche de matière synthétique jouant le rôle d'isolant, dont la continuité n'est interrompue ni par le gravillon, ni par la nappe de tissu. Il est recommandé d'enfoncer la nappe de tissu assez profondément pour qu'il se forme aussi,au-dessus de sa surface supérieure, une pellicule continue de matière synthétique ; sous cette condition, le gravillon répandu ultérieurement sera sûrement lié à la matière synthétique. Comme tissu, on utilise de préférence un tissu de fil de verre qui présente, par rapport à d'autres tissus, l'avantage hêtre imputressible. Dans la pratique, on utilise avec succès des nappes de tissu présentant une épaisseur de fil de 0,2 à 0,5 mm, de préférence de 0,3 m environ, et une distance libre entre les fils, suivant la direction de la plus petite dimension des mailles, de 0,7 à 2 mm, de préférence de 1 mm environ. On a utilisé avec succès du gravillon présentant une granulométrie de 1 à 5 mm. L'expérience a montré que la viscosité de la matière synthétique peut varier entre de larges limites, sans que cette variation n'affecte le succès du procédé selon l'invention. Ce fait est très important, puisque le travail s'effectue en plein air à des températures variables. On a obtenu de bons résultats avec des valeurs de viscosité comprises entre 2500 et 35000 centipoises. Pour enfoncer la bande de tissu dans la couche de matière synthétique non durcie, on peut utiliser les rouleaux entourés d'un manchon, connus pour les travaux de peinture Pour la granulométrie susindiquée, comprise entre 1 et 5 mm, du gravillon, et en admettant que la nappe de tissu du genre défini plus haut présente une épaisseur de fil de 0,2 à 0,5 mm, il convient de mettre en oeuvre une couche de matière synthétique présentant une épaisseur, mesurée avant l'application de la nappe de tissu, allant de 1 à 1,5 fois environ celle de la nappe de tissu, mesurée aux points de croisement des fils. On comprendra mieux l'invention à l'aide d'un exemple d'ap plication, pris à titre illustratif mais sans aucun caractère limitatif, dans lequel on réalise un revêtement de tablier en opérant de la façon suivante On applique par enduction sur la plaque d'acier, dérouillée au jet de sable, une résine synthétique liquide, par exemple une résine époxyde à deux composants, en une épaisseur de 0,6-mm et par bandes, perpendiculaires au sens de marche, d'une largeur approximative de 1 mètre, en utilisant une résine présentant, au moment de l'application, une viscosité d'environ 10.000 centipoises. Immédiatement après l'enduction, on dispose sur la couche de matière synthétique un tissu de verre présentant une épaisseur de fil de 0,3 mm et une largeur de maille, mesurée suivant deux directions perpendiculaires, de 1 mm. On enfonce ensuite ce tissu de verre au moyen de rouleaux entourés d'un manchon dans la couche de matière synthétique, et on verse immédiatement après, sur la surface ainsi préparée, le gravillon d'une granulométrie comprise entre 1 et 3 mm, en une quantité d'environ 4 à 5 kg/m2. On traite ensuite de la même façon successivement d'autres bandes en veillant à laisser, au moment de 1' exécution d'une bande, une zone marginale d'environ 50 mm dépourvue de gravillon, de manière à réaliser sur chaque bande une zone de recouvrement avec la bande suivante. Après un délai d'approximativement six à sept jours, le processus de durcissement est suffisamment avancé pour qu'on puisse appliquer le revêtement bitumineux, qui peut être constitué de plusieurs couches. Les particules de gravillon émergeant vers le haut de la couche de matière synthétique, appliquée en pre mier lieu, créent alors une liaison mécanique entre la couche de matière synthétique renfermant le gravillon et le revêtement bitumineux. Comme il va de soi et comme il résulte d'ailleurs déjà de ce qui précède, l'invention ne se limite nullement à ceux de ses modes d'application et de réalisation qui ont été plus spécialement envisagés ; elle en embrasse, au contraire, toutes les variantes. REVENDICATIONS 1. Procédé de fabrication de revêtements de tabliers de ponts, de préférence de ponts métalliques à plate-forme orthotrope, selon lequel on applique sur la plate-forme une couche de matière synthétique durcissable, on répand sur cette couche, avant son durcissement complet, du gravillon et on dispose, le durcissement de la couche de matière synthétique terminé, une ou plusieurs couches de revêtement de tablier constitué d'un mélange de matériaux bitumineux, lequel procédé est caractérisé par le fait qu'on dispose sur la couche de matière synthétique et qu'on y enfonce, avant d'y répandre le gravillon, une nappe de tissu, de telle façon qu'une partie de la masse de matière synthétique passe à travers le tissu vers le haut. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé par le fait qu'on enfonce la nappe de tissu suffisamment profondément pour qu'il se forme au dessus de la nappe de tissu une pellicule continue de matière synthétique. 3 Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisé par le fait qu'on utilise une nappe de tissu -de fil de verre. 4. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé par le fait qu'on utilise des nappes de tissu présentant une épaisseur de fil de 0,2 à 0,5 mm, de préférence de 0,3 mm environ et une distance libre entre les fils, suivant la direction de la plus petite dimension des mailles, de 0,7 à 2 mm, de préférence de 1 mm environ. 5. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé par le fait qu'on utilise du gravillon d'une granulométrie allant de 1 à 5 mm. 6. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 5,caractérisé par le fait qu'on dispose et qu'on enfonce la nappe de tissu sur la matière synthétique, de préférence lorsque celle-ci présente une viscosité comprise entre 2500 et 35000 centipoises. 7. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé par le fait qu'on utilise, pour enfoncer les nappes de tissu , des rouleaux entourés d'un manchon, connus dans la peinture en bâtiments.