La présente invention a pour objet un procédé de fractionnement de mélanges constitués par des substances solides peu volatiles et l'application au fractionnement des tanins condensés. Dans l'industrie chimique, il est fréquemment nécessaire de fractionner des mélanges constitués par deux ou plusieurs substances chimiques solides peu volatiles, appartenant à des series homologues et pouvant éventuellement former en solution des associations moléculaires du fait de leur parenté de structure. C'est le cas dans la chimie des substances naturelles où on rencontre souvent des mélanges cumplexes de composés voisins présentant de grandes analogies structurales, comme par exemple les séries homologues de sterolesevdesaponines ne différant que par un groupe fonctionnel, les séries homologues de flavanoldes ne différant que par le nombre de groupements hydroxyles, ou . la série constituée par un monomère et les différents oligomères et polymères plus ou moins condensés. Le problème de la séparation des polymères naturels est particulièrement délicat. En effet, ces polymères ont des structures définies et non au hasard, si bien que les chaînes issues de monomères voisins peuvent se réunir par des liaisons associatives coopératives d'autant plus fortes que les chaînes sont plus longues. Le fractionnement de tels mélanges est généralement très difficile, mais il est parfois possible au laboratoire en combinant différentes méthodes chromatographiques. Toutefois, étant donné le cout d'exploitation élevé de ces dernières, il est pratiquement impossible de les transposer à l'échelle industrielle. On n'a donc pas réalisé, à ce jour, de procédé de séparation de substances solides peu volatiles appartenant à des séries homologues, qui n altère pas les structures complexes des substances à séparer et dont la mise en oeuvre ne nécessite pas de grandes dépenses. C'est là le but que se propose d'atteindre la présente invention. Pour ce faire, elle préconise un nouveau procédé de fractionnement de mélanges constitués par au moins deux substances solides peu volatiles, qui consiste à préparer une solution de concentration donnée C du mélange à fractionner dans un premier solvant, puis à additionner à la solution obtenue une proportion donnée d'un second solvant, susceptible d'entraîner la formation d'un précipité par mocltication sélective des solubilites des substances constituant le mélange, de maniée à créer un équilibre E1 entre un soluté S1 et un précipité Pl, caractérisé en ce que d'une part l'on répète sur le précipité P1 isolé les opérations successives appliquées au mélange initial, c'est-à-dir, sa dissolution dans le premier solvant de préférence à la concentration C et l'adjonction du deuxième solvant de préférence dans la même proportion que précédemment, de maniere a créer un équilibre E2 entre un soluté S2 et un précipité P2, et ainsi de suite jusqu'à l'obtention d'un équilibre Em entre un précipité P très enrichi en constituant le moins soluble du mélange à fraction m ner et un soluté m, et en ce que, d'autre part, on concentre le soluté S1 par évaporation, pour le ramener à une concentration de préférence égale à la concentration C de la solution initiale, puis on lui ajoute une quantité du second solvant, de préf8cence dans la même proportion que précédemment, de manière à créer un équilibre e2 entre un soluté 52 et un précipité p2, et ainsi de suite junqu' obtention d'un équilibre m,, entre un soluté sm, très enrichi en constituant le plus soluble du mélange à fractionner et un précipité Pm,. La méthode proposée repose donc sur la réalisation d'un équilibre entre soluté et insoluble au sein d'un mélange de solvants. Si on considère en effet une solution,dans un premier solvant, d'un mélange binaire constitué de deux composés A et B, A étant le moins soluble, et que l'on ajoute à cette solution un deuxième solvant susceptible d'entraîner la formation d'un précipité par modification sélective des solubilités des composés A et B, il est rare que ledit précipité ait la meme composition en A et en B que le mélange resté en solution. I1 est encore plus rare que le précipité ne soit constitué que par le composé le moins soluble A et que la solution ne contienne que le composé le plus soluble B. Le plus souvent, le précipité est enrichi en A et le soluté est enrichi en B.On réalise ainsi un équilibre entre un soluté et un précipité qui dépend non seulement des solubilités propres de A et de B dans les solvants considérés, mais aussi des associations que A et B peuvent réaliser entre eux au sein du mélange de solvants considérés, de la concentration du mélange à fractionner dans ces solvants et de la température. Cette opération d'équilibre présente manifestement une certaine analogie avec le processus qui se déroule au niveau du plateau d'une colonne à distiller, où la vapeur s'enrichit en produit le plus volatil et le liquide en produits les moins volatils, sans que la séparation soit totale. En conséquence et de même qu'une colonne à distiller comporte plusieurs plateaux, une séparation complète de A et B doit comporter plusieurs équilibres successifs, ce qui peut se schématiser de la manière représentée à la figure 1. Dans la suite de la description, on appellera branche "précipite" la branche supérieure et branche "soluté" la branche inférieure. La reconstitution des conditions de concentration et de composition de solvants initiales lors de chaque équilibre n'est pas obligatoire, mais elle obéit à une logique interne qui vise à économiser les quantités globales de solvants mises en jeu et à aboutir plus rapidement à la limite de résolution d'un ensemble d'opérations successives dè fractionnements. Toutefois, on continue ra à obtenir le résultat recherché en s'écartant de ces conditions optimales, au prix d'une plus grande consommation de solvants et d'un plus grand nombre d'équilibres successifs. On constate généralement qu'après un cettain nombre d'équilibres, la compo sition du précipité P et du soluté s , ne change plus si on ajoute de nouveaux m 5m' équilibres. On a alors atteint un état stationnaire tout à fait comparable à l'azéotrope d'une distillation et qui constitue la limite de résolution dans les conditions adoptées. Le précipité P est alors très enrichi en composé le m moins soluble A, et le soluté sm, est très enrichi en composé le plus soluble B. Dans le cas d'un mélange ternaire A - B - D, on choisira les conditions opératoires (solvants, concentration) de manière à ce que le constituant D se retrouve en totalité avec le constituant A ou B à la fin d'une première opération et on sera alors ainsi ramené au cas d'un mélange binaire. On peut en effet, après avoir réalisé une première opération et obtenu un soluté et un précipité enrichis, soumettre l'un ou l'autre à une seconde opération avec des concentra tions et des solvants différents de ceux de la première opération, sans pour autant sortir du cadre de la présente invention. De plus, on peut répéter sur le soluté S2 les opérations successives appliquées au soluté Sl de manière à créer un équilibre E'3 entre un précipité P'3 et un soluté S'3, et ainsi de suite jusqu a obtention d'un équilibre E'm entre un soluté S' et un précipité P' très enrichi en constituant le moins m m soluble du mélange à fractionner. La suite des opérations peut se schématiser de la manière représentée à la figure 2. Une autre caractéristique de la présente invention consiste à procéder à des opérations de rétrogradation en additionnant respectivement les précipités P' obtenus à partir du soluté S2 aux précipités P de rang inférieur obtenus à partir du précipité Pl. En effet, si on se reporte à la figure 2, et plus particulièrement à la branche "précipité", on constate que l'on aboutit à quatre fractions (P3, S3, P'3 et S'3) après quatre équilibres (E1, E2,E3 et E'3). En poursuivant sur le même principe, on obtiendrait huit fractions après huit équilibres, puis seize fractions après seize équilibres, etc .. Par conséquent, il est préférable d'effectuer des opérations de rétrogradation pour réduire d'une manière importante le nombre de fractions à traiter. Ces opérations de rétrogradation peuvent se schématiser de la manière represencée à la figure J. Il apparaît donc qu'il est nécessaire de réaliser les équilibres E'3, E'4 ... E' avant les équilibres E3, E4 .... E . La suite des opérations pourrait m m par exemple être la suivante : réaliser l'équilibre E'3 > isoler P'3, mélanger P'3 avec P2 et réaliser l'équilibre E3, puis réaliser l'équilibre E'4 , isoler P'4, mélanger P'4 avec P3 et réaliser l'équilibre E4 et ainsi de suite. On peut d'une manière avantageuse additionner respectivement les solutés S obtenus à partir du précipité P2 aux solutés S' de même rang obtenus à partir du soluté Cette caractéristique prise en combinaison avec la caractéristique précédente étrogradation) conduit au schéma représenté à la figure 4. La suite des opérations est la suivante : réaliser E'3, isoler P'3, mélanger P' avec P2, réaliser E3, isoler S3 et mélanger S3 avec S'3 avant de réaliser E'4, et ainsi de suite. Comme on peut le constater, cette manière de procéder permet de n'opérer que deux équilibres à chaque étage (E3 et E'3, E4 et E'4, ... Em et E'm) et de n'aboutir qutà deux produits finaux quel que soit le nombre d'étages, un précipité P enrichi en constituant moins soluble, et un soluté S' que l'on appellera "soluté mixte". On peut, en outre, répéter sur le précipité p2 les opérations successives appliquées au précipité P1 de manière à créer un équilibre e'3 entre un soluté et et un précipité p'3, et ainsi de suite jusqu'à l'obtention d'un équilibre etm, entre un soluté s'm, et un précipité P'm,. Le schéma de la suite des opérations est représenté à la figure 5. Comme précédemment, il est préférable de procéder à des opérations de rétrogradation en additionnant respectivement les solutés s' obtenus à partir du précipité p2 aux solutés s de rang inférieur obtenus à partir du soluté S1. I1 est également possible d'additionner respectivement les précipités P obtenus à partir du soluté s2 aux précipités p' de même rang obtenus à partir du précipité p2. On obtient le schéma de la figure 6, en combinant ces deux caractéristiques. On aboutit à deux produits finaux, un soluté sm, enrichi en constituant le plus soluble, et un précipité p' , que l'on appellera "precipité mixte". D'autre part, il est très fréquent que l'état stationnaire soit atteint plus rapidement dans l'une des deux branches "précipité" ou "soluté". On pourra donc, dans le cas où m est supérieur à m', recycler le précipité p' , + en l'additionnant au précipité Pl, et dans le cas ou m' est supérieur à m, recycler le soluté S' + S en l'additionnant au soluté m m La figure 7 représente l'ensemble complet des opérations, avec le cas particulir où m est supérieur a m'. On commencera donc par réaliser la branche "soluté" et on isolera le précipité final Pm, + p' , que l'on réunira au précipité Pl, avant de réaliser la branche "précipité". La présente invention a également pour objet l'application du procédé décrit ci-dessus, au fractionnement d'un extrait de tanins condensés de cyprès obtenu par extraction de galbules fratches de cyprès. Les fruits du genre cyprès contiennent en effet des tanins que l'on dit "condensés". Ces tanins résultent de la condensation non pas de monomères, mais de dérivés de Flavanes ou Flavane-diols. Les dimères de Flavanes (par exei- ple catéchine) se condensent en tanins catéchiques et les dimères de Flavane diis se condensent en tanins qui, à l'hydrolyse libèrent non pas le Flavane-diol, mais l'anthocyanidol correspondant, d'où le nom de proanthocyanidol ou leucoanthocyanidol donné à ces tanins. On a trouvé que les fruits du cyprès contenaient trois sortes de tanins, un tanin catéchique T1 et deux tanins à proanthocyanidol T2 et T3. I1 est connu d'extraire les galbules fraîches du cyprès au moyen d'un solvant miscible à l'eau tel que le méthanol , l'éthanol, l'isopropanol, le butanol, l'acétone, etc .. On obtient ainsi, après élimination des résines, un "totum" tannique dont la composition est en moyenne la suivante polyflavane T1 : 40 à 50 Z . polyflavane-diol T2; 30 à 40 Z . polyflavane-diol T3: 15 à 20 Z Compte tenu des parentés de structures, les macromolécules T1, T2 et T3 peuvent former des associations par liaisons non covalentes et leur séparation est particulièrement difficile. Toutestes méthodes proposées jusqu 'ici n'aboutissent qu'à de nouveaux mélanges de T1, T2 et T3 . On peut par exemple isoler du "totum" réduit en poudre, une fraction soluble dans l'acétate d'éthyle, puis une fraction soluble dans le méthanol absolu, ou bien encore précipiter une fraction du "totum" à l'aide du chlorure de sodium à partir d'une solution aqueuse.Les compositions moyennes trouvées sur de telles fractions sont répertoriées dans le tableau ci-dessous Composition de la Composition de Composition de la fraction dissoute la fraction pré- fraction non soluble dans : (%) cipitée par NaCl dans l'acétate et le (x) méthanol (Z) l'acétate le d'éthyle méthanol T1 75 65 30 20 T2 15 15 60 70 T3 10 20 10 10 Aussi, le demandeur préconise-t-il d'appliquer le procédé général déjà décrit ci-dessus au fractionnement d'un extrait de tanins condensés obtenu par extraction de gaibules franches de cyprès au moyen d'un solvant miscible à l'eau, conduisant d'une part à un tanin T2 à proanthocyanidol qui, par hydrolyse, libère une anthocyanidine, et, d'autre part, à un tanin catéchique T1 et à un tanin T3 à proanthocyanidol qui, par hydrolyse, libèrent respectivement des dérivés catechiques et une anthocyanidine identique à celle libérée par T2, le procédé étant caractérisé en ce que le premier et le second solvants utilisés sont choisis parmi les solvants miscibles à l'eau ou les mélanges de ceux-ci et susceptibles de dissoudre T1, T2 et T3. Des essais préalables permettront de déterminer les solvants, les proportions volumétriques et le nombre d'étages de l'opération de fractionnement. Une variante de ce procédé consiste à utiliser un premier et un second solvants de même nature, le titre du second solvant étant supérieur au titre du premier solvant. Plus particulièrement, le couple premier solvant / second solvant, pourra être choisi parmi les couples suivants - éthanol à 50 % / éthanol à 9605 - éthanol à 60 % / méthanol absolu Dans ce cas précis, il est avantageux que la concentration C de la solution du mélange à fractionner dans le premier solvant soit égale à 10 Z environ. De même, il est préférable que l'éthanol à 9605 ou le méthanol absolu soient ajoutés respectivement dans la proportion de 2 volumes et 3 volumes pour 1 volume d'éthanol à 50 Z et 1 volume de méthanol à 60 Z. Le fractionnement du mélange T1 + T3 peut être obtenu en- reprenant l'opé- ration générale de fractionnement et en utilisant comme premier solvant le méthanol absolu et comme second solvant, des solvants ou leurs mélanges, miscibles au méthanol absolu. Comme cela a été dit précédemment, les conditions dans lesquelles devra se dérouler le fractionnement pourront être déterminées par des essais préalables, le résultat étant conditionné plus par le mécanisme des opérations que par le choix des solvants d'équilibre. Dans un mode de mise en oeuvre particulier de l'invention, le second solvant sera constitué par le dichlorométhane. Dans ce cas précis, il est avantageux de choisir la concentration C de la solution du mélange T1 + T3 dans le méthanol absolu, égale à 10 % environ. Dans ces conditions, il est préférable que le dichloromethane soit ajouté dans la proportion de 2 volumes pour I volume de méthanol absolu. On donne ci-après un exemple de mise en oeuvre du procédé selon l'invention appliqué au fractionnement des tanins condensés de cyprès. Première étape : Séparation des polyflavane-diols T2 du mélange T1 + T3 Réalisation de l'équilibre E1 On prépare une solution à 10 Z du "totum" dans de l'éthanol à 50 Z à la température ordinaire. A la solution ainsi obtenue, on ajoute, sous agitation lente et à température ambiante, de l'éthanol à 9605 dans la proportion de 2 volumes pour 1 volume de solution. On maintient l'agitation pendant 15 minutes. Par filtration ou par essorage centrifuge à tambours filtrants, on sépare un précipité.On lave ce dernier avec le minimum d'éthanol à 80 Z. On obtient ainsi un précipité P1 et un liquide contenant le soluté Réalisation de l'équilibre e2 On évapore le liquide sous vide et à une température de 500 C pour chasser l'éthanol et une partie de l'eau de manière à obtenir une solution aqueuse contenant 20 Z du mélange T1, T2, T3. On ajoute de l'éthanol à 9605, dans le rapport 1/1, de façon à réaliser une solution à 10 Z dans méthanol à 50 Z et, comme précédemment, on additionne de l'éthanol à 9605, dans le rapport 2/1. Le précipité formé est séparé et lavé.On obtient ainsi un précipité P2 et un liquide contenant le soluté Réalisation de l'équilibre e'3 On dissout p2 dans ltethanol à 50 % de façon à réaliser une solution à 10 Z. On ajoute, sous agitation, de l'éthanol à 96"5 (2 volumes pour 1 volume de solution). Le précipité est séparé et lavé. On obtient ainsi un précipité p'3 et un liquide contenant le soluté Réalisation de l'équilibre e3 Le liquide contenant le soluté s'3 est réuni au liquide contenant le soluté s2 et on répète le processus utilisé pour la réalisation de l'équilibre e2. On obtient ainsi un précipité p3 et un liquide contenant le soluté s3. La branche "soluté" est alors interrompue. Le soluté s3 contient le mélange T1 + T3 pratiquement exempt de T2. Les précipités p3 et p'3 sont addi tionnés au précipité P1 en vue de réaliser les équilibres de la branche "pré cipité". Les équilibres E2, E et E'3, puis E et E' sont réalisés dans les mêmes "'I conditions (concentrations, volume du second solvant ajouté, température, agitation) que pour la branche "soluté". On opère dans l'ordre suivant : réaliser l'équilibre E2, puis l'équilibre E'3, mélanger le précipité P'3 au précipité P2, réaliser l'équilibre E3, mélanger le soluté S3 au soluté S'3, réaliser l'équili- bre E4, mélanger le précipité P'4 au précipité P3 et réaliser l'équilibre E4. La branche "précipité" est alors interrompue. S4 et S'4 qui sont des solutés mixtes contenant Tl, , T2 et T3 seront réunis au "totum" traité dans des opéra- tions ultérieures. Le précipité P4 est constitué de polyflavane-diol T2 pratiquement pur. Les masses successives des solutés et précipites peuvent entre déterminées par des essais de laboratoire préalables. Dans le cas présent, en partant de 10 kg de "totum" mis en solution dans 100 litres d'éthanol à 50 z et traité par 200 litres d'éthanol à 9605 au cours de la réalisation de l'équilibre E1, on obtient les masses de produits intermédiaires et finaux suivant s Branche "soluté" S1 : 4,5 kg 3, 3, 3 kg - p2 : 1,2 kg s'3: 0,5 kg - p'3: 0,7 kg 53 : 3,5 kg - p3 : 0,3 kg Branche "précipité" P1 5,5 kg P2 : 3,5 kg - S2 : 3,0 kg P' 3: 1,2 kg - S'3: 1,8 kg P3: 3,9 kg - S3 : 0,8 kg P'4: 0,9 kg - S'4: 1,7 kg P4 : 3,3 kg - : 1,5 kg Le bilan de cette première étape s'établit donc ainsi 10 kg de "totum" se trouvent fractionnés en - 3,3 kg de polyflavane-diol T2 pur, - 3,5 kg de mélange T1 + T3, exempt de T2, et - 3,2 kg de mélange T1 + T2 + T3 On remarquera qu'une séparation toute aussi efficace peut être obtenue en c hoisissant les conditions opératoires comme suit : solution à 10 % au sein de méthanol à 60 % et précipitation par le méthanol absolu (3 volumes par volume de solution). Deuxième étape : Fractionnement du mélange T1 + T3 On évapore la majeure partie de l'alcool qui constitue le liquide contenant le soluté s3. On sèche le mélange restant par atomisation ou lyophilisation. Réalisation de l'équilibre E1 On dissout le mélange T1 + T3 dans du méthanol absolu de manière à préparer une solution à 10 %. On ajoute sous agitation lente du dichlorométhane dans la proportion de 2 volumes pour 1 volume de solution. On maintient l'agitation pendant 15 minutes. Par filtration ou par essorage centrifuge, on sépare un précipité qu'on lave avec un minimum de solvant constitué par 1 volume de méthanol et 2volumes de dichlorométhane. On obtient ainsi un précipité P1 et un liquide contenant le soluté Réalisation de l'équilibre e2: Le liquide ainsi obtenu est évaporé sous vide de manière à chasser le dichlorométhane et suffisamment de méthanol pour reconstituer une solution à 10 % de T1 + T3 dans le méthanol. On additionne ensuite du dichlorométhane (2 volumes pour 1 volume de solution).On obtient ainsi en opérant comme précédemment, un précipité p2 et un soluté s2. La branche "soluté" est alors interrompue. Le soluté s2 contient le polyflavane T1 pratiquement pur. Le précipité p2 et réuni au précipité P1 en vue de réaliser les équilibres de la branche "pré cipite Les équilibres E2, E3 et E'3 sont réalisés dans les mêmes conditions que pour la branche "soluté". Le précipité P3 est constitué par le polyflavane-diol T3 pratiquement pur. Les solutés S3 et S'3 qui sont des mélanges T1 + T3, seront recyclés avec un mélange de départ traité lors d'opérations ultérieures. Les masses des produits intermédiaires et finaux s'établissent comme suit si on part de 10 kg de mélange T1 + T3 : Branche "soluté" : S1 : 6,2 kg s2: : 5,9 kg - p2 : 0,3 kg Branche "précipité" : P1 : 3,8 kg P2 : 3,2 kg - S2: 0,9 kg P'3: 0,3 kg - S'3: 0,6 kg P3 : 3,2 kg - S3 : 0,3 kg Le bilan de la seconde étape s'établit donc ainsi 10 kg de mélange T1 + T3 se trouvent fractionnés en - 3,2 kg de polyflavane-diol T3 pur, - 5,9 kg de polyflavane T1 pur, et - 0,9 kg de mélange T1 + T3 Des résultats analogues pourront être obtenus en réalisant la précipitation avec 3 volumes de chloroforme pour I volume de solution méthanolique à 10 %, et en réalisant 3 étages dans la branche "soluté" et 4 étages dans la branche "précipité", ou avec 4 volumes d'éther éthylique pour I volume de solution méthanlique à 10 % et en réalisant 3 étages dans la branche "soluté" et 4 étages dans la branche "précipité". Dans ces bilans, on a négligé les pertes par manipulation, qui sont d'autant plus faibles que les quantités mises en jeu sont plus importantes. Le rendement théorique du fractionnement est de 100 Z compte tenu des recyclages. Les tanins T1, T2 et T3 noyant jamais été isolés jusqu'à présent, sont nouveaux. Ils peuvent être caractérisés par chromatographie sur gel Séphadex LH20 en solvant hydrométhanolique, ce solvant étant le méthanol à 80 % pour T1 et T3, et le méthanol à 30 4,pour T2. La composition de l'éluat sortant de la colonne de chromatographie est contrôlée par spectrophotométrie dans l'ultra-violet a 270 nanomètres. Le polyflavanne-diol T2 se résout en deux clochers correspondant aux masses 2400 et 3000. Le polyflavane-diol T3 se résout en plusieurs clochers dont les trois plus importants correspondent aux masses 1800, 1200 et 600. Toutes les fractions correspondant a ces clochers libèrent une seule et même anthocyane lors de l'hydrolyse chlorhydrique. Le polyflavane T1 se résout en un grand nombre de clochers auxquels correspondent notamment les masses 600, 1200, 1600, 2400 et 3000, les clochers les plus importants correspondant aux masses 1600 et 2400. Aucune des fractions correspondant aux clochers de T1 ne libère d'anthocyane lors de l'hydrolyse chlorhydrique, mais elles conduisent à des polymères de néoformation de couleur brune caracté- ristique des dérivés catéchiques. La comparaison des diagrammes d'évolution sur Sephadex LH20 de T1, T2 et T3, avec du "totum", rend compte de l'efficacité du procédé proposé, le diagramme des "totuns" n étant que l'enveloppe de la superposition des trois diagrammes de T1, T2 et T3. Dans le même ordre d'idée, les diagrammes d'élution de deux fractions obtenues par un unique tacitement du "totum" par le méthanol absolu désignées comme "soluble dans le méthanol" et "non soluble dans le méthanol" sont bien tous deux des diagrammes de mélanges complexes de T1, T2 et T3, illustrant la nécessité d'un procédé de séparation plus élaboré. Les polyflavane-diols T2 et T3 ne diffèrent vraisemblablement pas uniquement par la répartition des masses moléculaires, mais, probablement encore par la structure si on considère les grandes différences de leur solubilité dans le méthanol absolu : 3 Z pour T3 et inférieur à 3 o/oo pour T2. Les spectres d'absorption dans l'ultra-violet comportent deux bandes. Les coefficients d'extinction ExlX sont caractéristiques de chaque polymère. Bande 1 Bande 2 T a n i n s Absorption t Ex 1% Absorption Ex îZ maximum (nm) lcm maximum (nm) 1 cm T1 226 105 276 31 T2 220 152 276 40 T3 228 160 278 49 Mise en évidence des anthocyanes Dissoudre 1 mg de tanin dans 1 ml d'eau distillée, Ajouter une quantité équivalente d'acide chlorhydrique. Porter 2 minutes au bain-marie bouillant. Refroidir dans la glace, ajouter 10 Z d'alcool isoamylique, agiter et laisser décanter. Dans le cas où le tanin est constitué par T2 ou T3, la phase isoamylique est violet foncé franc (comparable au jus de cassis ou de myrtille), et elle est brun rouge avec Tl. Cette phaseisoamylique est examinée en chromatographie bidimensionnelle sur une plaque de 60 mm x 60 mm de DC Alufolien Plerck (réf. 5552-0025). La première élution est effectuée avec le solvant Forestal (mélange acide acétique / eau / HCl dans le rapport 60/20/6). La deuxième élution est effectuée avec un mélange méthanol / acide acétique (100/10). Avec T2 et T3, on observe - I spot de l'unique anthocyane, bien individualisé, et - 1 spot du polymère de néoformation couleur lie de vin, également individualisé. Avec T1, on observe uniquement - I spot du polymère de néoformation couleur marron. Les polymères T2 et T3 ont été testés chez l'animal de laboratoire et ont montré des propriétés toniveineuses et angioprotectrices. 10 Propriété toniveineuse Elle est déterminé par la méthode de Laewen Trendelenburg qui consiste à perfuser à hauteur manométrique constante de 60 cm dTeau, le tronc aortique inférieur d'un lapin récemment sacrifié, avec des solutions réchauffées à 390C, et à recueillir le perfusat par le tronc-cave inférieur. Le débit de solution circulante est mesuré à l'entrée et à la sortie à chaque instant au moyen de deux compte-gouttes électroniques. Le débit d'une solution de Ringer-Locke complétée par un substitut plasmatique (Dextran 40 par exemple) mais dépourvue de principe vasomoteur, est remarquablement constant pendant une durée de 15 minutes. L'introduction d'un principe toniveineux à concentration constante, entraîne une diminution du débit qui se stabilise à une valeur constante.On peut donc carac tériser L'vessai par le pourcentage de réduction ttRdtt du débit initial. Rd est approximativement proportionnel à la concentration de principe actif dans la solution perfusante, si ladite concentration est supérieure à une valeur seuil et inférieure à la valeur où il y a saturation, valeur au-dessus de laquelle Rd ntaugmente plus et qui correspond à l'effet physiologique maximum, lequel est observé avec Rd = 40 X, quel que soit l'agent veinomoteur, avec les pressions de perfusions choisies. Dans ces conditions, le polyflavane-diol T2 montre une action veinoconstrictrice graduée dans une gamme de concentration allant de 150 à 1200 mg/l. La dose de 300 mg/l. permet d'obtenir la moitié de l'effet maximum enregistré avec 1200 mg/l. 300 mg représente donc la dose active 50 %. Dans les mêmes conditions, le polyflavanne-diol T3 montre une activité veinomotrice beaucoup plus faible, Rd ne dépassant pas 10 Z même si la concentration est de 1200 mg/l. 20 Propriété angioprotectrice Elle est mise en évidence par diminution de la perméabilite capillaire suivant la méthode de Charlier et collaborateurs dans la réalisation décrite en page 64 de l'ouvrage de M. Colot "Notions techniques de Pharmacologie générale" (Masson 1972). Cette méthode consiste à mesurer photoélectriquement la diffusion d'un colorant colloïdal, le bleu trypan, dans la peau épilée du lapin auquel on a administré des quantités variables d'angioprotecteur par voie intra-péritonéale. La dose standard AD 50 doit permettre de réduire de 50 % la perméabilité des témoins. Un angioprotecteur connu tel que la rutine possède une dose AD 50 de 350 mg par kg d'animal. Dans les mêmes conditions, le polyflavane-diol T2 possède une AD50 de 95 mg par kg d'animal et le polyflavane-diol T3 une AD 50 de 150 mg par kg d'animal. Par ailleurs, les polyflavane-diols T2 et T3 sont peu toxiques, puisque leurs doses léthales 50, déterminées par administration intra-péritonéale, sont supérieures à 1500 mg/kg. il en résulte que, pour ces polyflavane-diols, l'écart entre les doses pharmacologiquement actives citées ci-dessus et les doses Iéthales, est suffisant pour permettre l'application de ces polyflavane-diols en thérapeutique. Le tanin à proanthocyanidol T2 présente une action particulièrement élective dans la sédation des symptômes de l'élément douleur dans la crise hémorroI- daire aigüe, et se revèle également efficace dans le traitement curatif et préventif des troubles de la circulation veineuse affectant les membres inférieurs. La posologie pratiquée au cours du traitement d'attaque de la crise hémorrordaire aigüe est de 1200 mg quotidiennement répartis en 4 prises de 300 mg. La posologie pratiquée en phlébologie est de 900 mg répartis en trois prises de 300 mg, conduisant à une amélioration durable des états dtinfil- tration chronique : eodèmes, jambes lourdes, séquelles de phlébite. Le tanin à proanthocyanidol T3 est indiqué dans le traitement des troubles de la vision résultant d'un disfonctionnement de la circulation veineuse rétinienne. Cette thérapeutique nécessite un traitement de longue durée et une posologie quotidienne de 200 mg répartis en deux prises de 100 mg. REVENDICATIONS 1. Procédé de fractionnement d'un mélange constitue par au moins deux substances solides peu volatiles, et en particulier d'un extrait de tanins condensés de cyprès, consistant à préparer une solution de concentration donnée C du mélange à fractionner dans un premier solvant, puis à additionner à la solution obtenue une proportiondonnée d'un second solvant, susceptible d'entraîner la formation d'un précipité par modification sélective des solubilités des substances constituant le mélange, de manière à créer un équilibre E1 entre un soluté S1 et un précipité P1, caractérisé en ce que d'une part l'on répète sur le précipité P1 isolé, les opérations successives appliquées au mélange initial, c'est-à-dire sa dissolution dans le premier solvant de préférence à la concentration C et l'adjonction du deuxième solvant de préférence dans la même proportion que précédemment, de manière à créer un équilibre E2 entre un soluté S2 et un précipité P2, et ainsi de suite jusqu'à l'obtention d'un équi libre E entre un précipité P très enrichi en constituant le moins soluble du m m mélange à fractionner et un soluté S, et en ce que, d'autre part, on concentre le soluté S1 par évaporation, pour le ramener à une concentration de préférence égale à la concentration C de la solution initiale, puis on lui ajoute une quantité du second solvant, de préférence dans la même proportion que précédemment, de manière à créer un équilibre e2 entre un soluté s2 et un précipité P2 et ainsi de suite jusqu'à obtention d'un équilibre em, entre un soluté smt très enrichi en constituant le plus soluble du mélange à fractionner et un précipité Pm'. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on répète sur le soluté S2 les opérations successives appliquées au soluté S1 de manière à creer un équilibre E'3 entre un précipité pt3 et un soluté S'3, et ainsi de suite jusqu'à obtention d'un équilibre E' entre un soluté S' et un précipité m m P' très enrichi en constituant le moins soluble du mélange à fractionner. m 3. Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que l'on procède à des opérations de rétrogradation en additionnant respectivement les précipités P' obtenus à partir du soluté S2 aux précipités P de rang inférieur obtenus à partir du précipité P1. 4. Procédé selon la revendication 2 ou 3, caractérisé en ce que l'on additionne respectivement les solutés S obtenus à partir du précipité P2 aux solutés S' de même rang obtenus à partir du soluté 5. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1, 2, 3 ou 4, carac térisé en ce que l'on répète sur le précipité p2 les opérations successives ap pliquées au précipité P1 de manière à créer un équilibre e'3 entre un soluté st3 et un précipité p'3 et ainsi de suite jusqu'à l'obtention d'un équilibre e' .entre un soluté s'DIX et un précipité P'm,. 6. Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce que l'on procede a des opérations de rétrogradation en additionnant respectivement les solutés s' obtenus à partir du précipité p2 aux solutés s de rang inférieur obtenus à partir du soluté 7. Procédé selon la revendication 5 ou 6, caractérisé en ce que lTon additionne respectivement les précipités p obtenus à partir du soluté s2 aux préci pités p? de même rang obtenus à partir du précipité P2. -8. Procédé selon l'une quelconque des revendications 5 à 7, caractérisé en ce que dans le cas où m est supérieur a m', on recycle le précipité p'mt en l'ad- ditionnant au précipité P1, et en ce que dans le cas où m' est supérieur à m,on recycle le soluté S' + S en l'additionnant au soluté S1. m m 9. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que ledit extrait de tanins condensés de cyprès est obtenu par extraction de galbules fraîches de cyprès au moyen d'un solvant miscible à l'eau, et contenant d'une part un tanin T2 à proanthocyanidol qui, par hydrolyse, libère une anthocyanidine, et d'autre part un tanin catéchique T1 et un tanin T3 à proanthocyanidol qui, par hydrolyse, libèrent respectivement des dérivés catéchiques et une anthocyanidine identique à celle libérée par T2, 10. Procédé selon la revendication 9, caractérisé en ce que le premier et le second solvants utilisés sont choisis parmi les solvants miscibles à l'eau ou les mélanges de ceug-ci, et susceptibles de dissoudre T1, T2 et T3. 11. Procédé selon la revendication 10, caractérisé en ce que le premier et le second solvants sont de même nature, le titre du second solvant étant supérieur au titre du premier solvant. 12. Procédé selon la revendication 11, caractérisé en ce que le couple premier solvant - second solvant peut être choisi parmi les couples suivants - éthanol à 50 Z / éthanol à 9605, - méthanol à 60 9o / méthanol absolu. 13. Procédé selon la revendication 12, caractérisé en ce que la concentration C de la solution du mélange à fractionner dans le premier solvant est égale à 10 t environ. 14. Procédé selon la revendication 13, caractérisé en ce que 1'éthanol à 9605 ou le méthanol absolu sont ajoutés respectivement dans la proportion de 2 volumes et 3 volumes pour 1 volume d'éthanol à 50 Z et 1 volume de méthanol à 60 %. 15. Procédé selon l'une quelconque des revendications 9 à 14, caractérisé en ce que l'on reprend l'opération générale pour fractionner le mélange T1 + T3 en utilisant comme premier solvant le méthanol absolu et comme second solvant, des solvants ou leurs mélanges, miscibles au méthanol absolu. 16. Procédé selon la revendication 15, caractérisé en ce que le second sol vant est le dichlorométhane. 17. Procédé selon la revendication 16, caractérisé en ce que la concentration C de la solution du mélange T1 + T3 dans le méthanol absolu est égale à 10 Z environ. 18. Procédé selon la revendication 17, caractérisé en ce que le dichlorométhane est ajouté dans la proportion de 2 volumes pour 1 volume de méthanol absolu. 19. A titre de produit industriel nouveau, le tanin T2 obtenu par le procédé selon l'une quelconque des revendications 9 à 14. 20. A titre de produits industriels nouveaux, les tanins T1 et T3 obtenus par le procédé selon l'une quelconque des revendications 15 à 18. 21. A titre de médicament toniveineux et angioprotecteur, le tanin T2 obtenu par le procédé selon l'une quelconque des revendications 9 à 14. 22. A titre de medicament toniveineux et angioprotecteur, le tanin T3 obtenu par le procédé selon l'une quelconque des revendications 15 à 18.