La présente invention concerne en général la dissolution du dioxyde de plutonium pour le retraitement de combustible nucléaire et plus particulièrement la dissolution du dioxyde du plutonium dans l'acide nitrique, dissolution catalysée par l'acide fluorhydrique. L'un des combustibles nucléaires couramment utilisé est le plutonium sous forme de dioxyde. Le dioxyde convient bien comme combustible à cause de sa réfractivité et de sa nature inerte. Pour les applications de combustible nucléaire, Pu02 est généralement mélangé avec U02 dans des compositions à 15 à 30 ot de PuO2. Dans les réacteurs nucléaires, en particulier dans le réacteur à neutrons rapides, le combustible usé est périodiquement éliminé et retraité pour séparer les déchets des produits utiles. Il existe des procédés pour récupérer et purifier le plutonium, une fois le produit dissous dans une solution aqueuse de nitrate. Pu02 est toutefois relativement difficile à dissoudre dans l'acide nitrique concentré pur. La difficulté de dissolution dépend du procédé de fabrication du combustible. Les combustibles qui subissent des températures élevées defrittage donnent une solution solide d'oxydes mixtes et sont solubles dans l'acide nitrique 10-12M. Les combustibles, mélangés mécaniquement, de haute teneur en Pu02 qui, ayant été frittés à une température relativement plus basse, contiennent des phases séparées de Pu02 et de U02 sont difficilement solubles dans l'acide nitrique 10-12 M. Dans ces combustibles, il se produit habituellement une dissolution préférentielle de U02 et il reste des résidus difficilement solubles, de teneur élevée en Pu02 De plus, certaines formes de Pu02 qui ont été chauffées à très haute température pour obtenir une densité maximale, telles que des microsphères ayant une densité théorique de 96-98 X, sont lentes à dissoudre par n'importe lequel des procédés connus. L'accumulation de résidus contenant du plutonium dans les usines de retraitement de combustible est fortement à déconseiller d'un point de vue sécurité. L'invention s'applique particulièrement à la dissolution de tel PuO2 difficilement soluble. Le problème de la dissolution du dioxyde de plutonium est bien connu dans le domaine du retraitement des combustibles nucléaires. Les procédés de l'art antérieur peuvent être généralement classés en deux groupes: la dissolution oxydante et la dissolution non oxydante. Dans les procédés de dissolution oxydante, le principal mécanisme par lequel le dioxyde de plutonium passe en solution se fait par l'oxydation du Pu(IV), contenu dans Pu02 solide, en un état d'oxydation plus soluble, tel que Pu(VZ). Dans la dissolution non oxydante, le dioxyde de plutonium passe en solution sans oxydation de Pu(IV), par exemple par formation d'un complexe soluble de Pu(IV). Le brevet des Etats-Unis d'Amérique nO 3 005 682 décrit un exemple de dissolution oxydante. Le procédé décrit fait intervenir l'addition d'ions cérium (agents fortement oxydants) à de l'acide nitrique 4 M au-dessus de 115"C. L'addition d'ions cérium facilite la dissolution de PuO2 solide en oxydant le Pu02 difficilement soluble en ion plutonyle soluble (PuO2+2) dans lequel le plutonium possède un état d'oxydation de (VI). Un inconvénient d'un tel procédé de dissolution oxydante pour le retraitement des combustibles nucléaires réside dans le.comportement du ruthénium. Le ruthénium est toujours présent cornue produit de fission dans lescombustibles irradiés. Par exemple, un échantillon donné de 1000 kg de métal liquide irradié dans un réacteur à neutrons rapides (après environ 10 7. de combustion) contient entre 200 et 250 kg de plutonium (sous forme de Pu02) et environ 6 kg de ruthénium, le reste étant constitué d'uranium et d'autres produits de fission. Compte tenu de la multiplicité de ses états d'oxydation possibles et de sa tendance à former des ions complexes, le comportement du ruthénium (en particulier en présence d'agents oxydants ou réducteurs) est largement imprévisible et il constitue toujours une préoccupation majeure dans les procédés de retraitement des combustibles nucléaires. Dans la dissolution oxydante avec des ions cérium, le ruthénium est également oxydé (en RuO4) et se volatilise ce qui provoque de sérieux problèmes de manipulation de produits radioactifs. De plus, une partie des espèces volatiles du ruthénium se condensent et sont de nouveau réduites en RuO2 qui repénêtre dans la solution dissolvante et gêne l'oxydation du Pu en catalysant la réduction de Ce(IV) en Ce(III) ce qui empoche donc l'oxydation en Pu(IV). La crainte de la volatilisation du ruthénium a milité contre les procédés de dissolution qui font intervenir des réactions d'oxydation. Un procédé de dissolution non oxydante évite le problème de la volatilisation du ruthénium. Un certain succès a été obtenu dans l'art antérieur avec un procédé de dissolution catalysée par les ions fluorure, procédé essentiellement non oxydant. Dans ce procédé, on dissout Pu02 en le mettant en contact avec une solution aqueuse d'acide nitrique (entre environ 8 et 16 M) en présence d'une quantité catalytiquement efficace do iluorure (environ 0,05 à 0,30 M). L'ion fluorure catalyse la dissolution de Pu02 sans oxyder le plutonium. Pour éviter des ions étrangers, on ajoute do préférence l'ion fluorure sous la forme de HF.Bien entendu, quel que soit le fluorure ajoute, il se comportera en milieu acide pratiquement de la même façon que HF et on le décrira ici corme un dissolvant -HF. Bien que ce procédé de dissolution non oxydante, catalysée par les ions fluorure, soit efficace pour empêcher la volatilisation du ruthénium, il y a certains inconvénients inhérents au procédé. Par exemple, après un certain temps la vitesse de dissolution diminue et elle atteint une vitesse pratiquement nulle. L'ion fluorure est apparemment consommé dans la réaction de dissolution et une addition constante de fluorure s'avère nécessaire pour maintenir la vitesse de dissolution. Dans certains cas, le Pu02 réfractaire n'est pas totalement dissous même après des périodes prolongées de digestion et malgré une addition stoechiométrique de fluorure.Bien entendu, il serait souhaitable dans le retraitement des combustibles que les concentrations en HN03 et en fluorure soient réduites au minimum pour diminuer la nature corrosive de la solution dissolvante. L'un des objectifs de l'invention est de fournir un procédé pour dissoudre le PuO2 dans l'acide nitrique dans lequel la dissolution est pratiquement totale. Un autre objectif est de fournir un procédé pour augmenter la vitesse de dissolution de PuO2 dans un mélange d'acides nitrique et fluorhydrique. L'invention a aussi pour objectif de réduire la concentration en ion fluorure de la solution dissolvante ce qui diminue ainsi l'action corrosive de ladite solution. Enfin l'invention a pour objet de réduire, ou d'éliminer, la consommation de fluorure durant la dissolution de PuO2 dans le mélange acide nitrique-acide fluorhydrique. L'invention répond à de tels objectifs, et à d'autres objectifs, en proposant un procédé pour dissoudre le Pu02 dans un mélange dissolvant aqueux comprenant le PuO2, de l'acide nitrique et une quantité catalytiquement efficace de fluorure ; l'amélioration, grâce au procédé de l'invention, comprend l'accroissement de la vitesse de dissolution qui est atteint grâce à l'apport de conditions oxydantes, dans le mélange dissolvant, qui permettent d'oxyder les ions Pu dissous. On pense que lorsque le plutonium dissous est oxydé, les ions fluorure sont libérés d'un complexe soluble fluorure-plutonium et ont encore une action catalytique. Par ce procédé, il n'y a plus conaommation de fluorure lors du procédé de dissolution et la vitesse de dissolution ne diminue pratiquement plus avec le temps. De façon inattendue, le ruthénium dissous ne se volatilise pas et n'entrave pas l'oxydation des ions plutonium dissous. Le procédé selon l'invention permet d'effectuer l'oxydation de n'importe quelle manière efficace qui ne gêne pas l'action catalytique du fluorure, de préférence par oxydation électrolytique. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront plus clairement de la description qui va suivre, donnée uniquement à titre d'exemple non limitatif, ainsi que des dessins annexés dans lesquels - la figure 1, sur laquelle on a porté la variation de la vitesse de dissolution de Pu02 en fonction du rapport molaire Pu(IV)/F, montre la diminution de la vitesse de dissolution lorsque la concentration en Pu(IV) dissous augmente - la figure 2, sur laquelle on a tracé la variation de la vitesse de dissolution de Pu02 en fonction du temps, illustre l'influence de l'addition de Ag202 - la figure 3 représente la variation de la concentration totale en ion plutonium de la solution en fonction du temps, pour des solutions dans Lel;Üelles on a respectivement effectué, ou non, une addition périodique de Ag202;; et - la figure 4 représente la variation de la concentration totale en ion plutonium de la solution en fonction du temps, pour deux solutions acides avec et sans oxydation électrolytique. Pour remplir les objectifs de l'invention, on a entrepris des études cinétiques de la dissolution de Pu02 dans une solution aqueuse de HN03 et de HF. Une étude des vitesses de dissolution de Pu02 dans des solutions 2 contenant des concentrations variables de HN03 et de HF montre que la vitesse initiale de solubilité de Pu02 croit avec des concentrations croissantes de HN03 et de HF. De plus, les courbes log-log des vitesses d dissolution initiale en fonction de la concentration initiale en fluorure, dans des solutions d'activité constante en acide, montrent que la cinétique de la réaction de dissolution dans le système HN03-HF est du premier ordre par rapport à la concentration en HF. La figure 1 représente la démonstration expérimentale de la variation de la vitesse de dissolution initiale en fonction du temps. Cette expérience a été effectuée de la façon suivante. On a mis à digérer 0,5 g de microsphères de Pu02, d'un type réfractaire difficilement soluble (considéré comme pas moins difficile a dissoudre que le Pu02 des résidus de bâtonnets de combustibles provenant d'un métal liquide irradié dans un réacteur à neutrons rapides), à 1000C dans un récipient de polytétrafluoroéthylène, dans 30 ml d'une solution mixte HN03 10M - HF 0,02 M. Les résultats sont indiqués dans la figure 1, dans laquelle on a porté la fraction de vitesse de dissolution maximale en fonction de la fraction molaire Pu(lV)/fluorure (concentration de Pu(IV) dissous par rapport à la concentration initiale en fluorure). La droite obtenue a une pente de -1 ce qui indique que la diminution de la vitesse de dissolution est directement proportionnelle à l'accroissement du rapport molaire Pu(IV)/F On définit la fraction de vitesse de dissolution maximale comme étant égale à la vitesse de dissolution à un temps donné sur la vitesse de dissolution initiale (quton a trouvé être la vitesse maximale).Cette relation linéaire, avec une pente de -1, indique la formation d'un complexe Pu(IV)-fluorure avec un rapport molaire 1/1 ; il y a diminution de la vitesse de réaction lorsque l'ion fluorure est complexé. Pour toutes les applications pratiques, on peut conclure que la formation de ce complexe limite la quantité totale de Pu pouvant être dissoute avec une quantité donnée de RF. On peut donc conclure que le mécanisme de dissolution de PuO2 dans des solutions de HNO3 et de HF fait intervenir la formation d'un complexe soluble PuF . I1 est à noter que le Pu(IV) dans PuO2 n'est pas oxydé dans ce procédé de dissolution catalysée par les ions fluorure.La demanderesse a découvert selon l'invention que la vitesse de dissolution du dioxyde de plutonium dans HN03, catalysée par les ions fluorure, est augmentée de façon importante par l'oxydation des ions plutonium dissous. D'après les études cinétiques, on pense que l'oxydation du plutonium dissous entraîne la libération d'ions fluorure du complexe soluble PuF+3, qui a lieu en meme temps que la formation d'ion plutonyl Puy 2 soluble. De façon inattendue, les ions ruthénium dissous ne gênent pas l'oxydation du plutonium. Il faut signaler que le procédé de l'invention est toujours essentiellement un procédé de dissolution non oxydante puisque le plutonium n'est pas oxydé durant la réaction de dissolution maisoeulement après la dissolution. Les conditions d'oxydation n'ont que très peu d'influence sur la vitesse de dissolution de Pu02 dans HNO3, en l'absence de fluorure. Par exemple, onne dissout que 1,2 mg de Pu02 après avoir mis à digérer 1,0 g de PuO2 à 1000C dans 50 ml de HNO, 8,0 M pendant 24 h, dans des conditions d'oxydation électrolytique. On effectue l'oxydation électrolytique en appliquant un potentiel de 2 volts sous un courant de 100 milliampères. La concentration totale de Pu dissous est de 0,0001 mole/litre. La seule condition pour effectuer le procédé selon l'invention consiste à mettre le Pu02 au contact d'une solution dissolvante aqueuse de HN03, contenant une quantité catalytiquement efficace de fluorure, dans des conditions oxydantes. On peut établir les conditions oxydantes convenables dans la solution dissolvante soit électrolytiquement soit à l'aide de n'importe quel agent oxydant non gênant. L'oxydation électrolytique peut être effectuée à l'aide de n'importe quel procédé classique pour faire passer le courant électrolytique à travers la solution, avec des électrodes résistantes à la corrosion telles que des électrodes de platine. Pour dissoudre des combustibles nucléaires irradiés par oxydation électrolytique, il est souhaitable de régler le potentiel de référence de l'électrolyte à une valeur comprise entre les potentiels de référence pour les réactions suivantes En maintenant le potentiel des piles entre environ -1,15 V et environ -1,25 V (par rapport à une électrode A hydrogene), le plutonium dissous est oxydé sans qu'il y ait volatilisation de ruthénium dissous. Le potentiel convenable appliqué peut être normalement déterminé en mesurant le potentiel de la pile de référence. Dans l'invention, un agent oxydant non gênant est un agent qui, comme Ag202, peut agir pour oxyder le plutonium dissous sans complexer les ions fluorure présents.Selon l'invention, il n'est plus nécessaire d'utiliser des quantités stoechiométriques de fluorure, par rapport au plutonium. Bien que la vitesse de dissolution puisse être augmentée en ajoutant de plus grandes quantités de fluorure, il est seulement nécessaire d'en utiliser une quantité catalytiquement efficace puisque l'ion fluorure repasse maintenant dans la solution et n'est pas retenu dans l'ion complexe PuF+3. Dans l'invention, une quantité catalytiquement efficace est une quantité, indépendante de la stoechiométrie de Pu, qui peut effectivement catalyser la dissolution de Pu02 pour la concentration particulière en HN03 utilisée et qui peut être déterminée pour l'application désirée. Selon l'invention, le maintien des vitesses de dissolution ne nécessite plus des concentrations initiales élevées en fluorure et on peut réduire la concentration nécessaire en ion fluorure à une valeur inférieure à 0,01 M pour s'adapter à la résistance à la corrosion du récipient de dissolution. Les exemples suivants illustrent l'invention sans toutefois en limiter la portée. L'oxydation voulue du plutonium dissous est accomplie à l'aide d'un agent d'oxydation dans les exemples I et II et par oxydation électrolytique dans les exemples III et IV. On effectue les dissolutions sur des microsphères de Pu02 réfractaire de densité théorique 98 7., que l'on considère comme représentatif du Pu02 le plus difficilement soluble que l'on rencontre dans le retraitement des combustibles de réacteurs à neutrons rapides. Exemple 1. Cet exemple illustre l'augmentation importante de la vitesse de dissolution de Pu02 obtenue en ajoutant de l'Ag2O2 et il est décrit graphiquement dans la figure 2. On met à digérer 0,5 g de microsphères de PuO2 réfractaire à 100 C, dans un récipient en polytétrafluoroéthylène, dans 30 ml d'une solution de HN03 10 M et de HF 0,02 M. Pour cet échantillon, la vitesse de dissolution initiale était d'environ 10,4.10-4 moles/litre/heure. Au bout de 24 h, il s'est dissous assez de plutonium pour obtenir un rapport molaire Pu(IV)iF 1 de 0,75. La vitesse de dissolution a alors diminué d'environ 25 7. A ce moment, on ajoute 0,5 g de Ag202 à la solution. L'oxydation du plutonium dissous a lieu durant les trois heures suivantes comme on le met en évidnce par analyse de Pu(IV) et de Pu(VI). Le rapport molaire de Pu(lV) dans la solution/concentration initiale en fluorure atteint 0,25 et la vitesse de dissolution augmente jusqu'à une valeur supérieure à 85 % de la vitesse initiale. Exemple 2. Cet exemple fournit une comparaison des dissolutions de Pu02 effectuées en présence et en l'absence d'un agent oxydant. On fait digère 0,5 g d'échantillons de microsphères de Pu02, à 100 C dans un récipient en polytétrafluoroéthylène, dans des volumes de 40 ml de solution de HN03 8^t et de HF 0,02 M, sans ajouter et en ajoutant Ag202. Les résultats du tableau L, Ag2 2 indiquent qu'après 174 h de dissolution dans le mélange HN03 8M-HF 0,02 K, la quantité totale de plutonium dissous est 51,0 7. plus importante quand on ajouteAg202 qu'en l'absence de Ag202.Les résultats du tableau montrent que la dissolution avec Ag202 est due au fait que de grandes fractions du Pu dissous ont été oxydées à l'état de PuO (ion plutonyle). Bien qu'en l'absence de Ag202, il se produise une certaine oxydation du plutonium dissolus, l'augmentation importante de la vitesse de dissolution en présence de Ag202 tient au fait que la quantité de Pu(VI) en solution est très augmentée. TABLEAU Influence de l'addition de Ag202 (100 mg ajoutés par 24 h) sur la dissolution du plutonium dansdsmélanges HN03 8M-HF 0,02 M à 1000C Temps (h) Augmentation en % de la Augmentation en % concentration en PuO2+2 de la concentration totale résultant de l'addition en Pu résultant de l'addi- de Ag202 tion de Ag202 51 65,5 8,0 75 204,3 10,1 129 247,8 28,7 174 325s0 51,0 Dans la figure 3 où on a porté les variations de concentration en plutonium dans les dissolvants en fonction du temps de dissolution, pour des dissolutions effectuées en présence et en l'absence de Ag202, on peut voir l'augmentation des vitesses de dissolution du plutonium résultant de l'addition de Ag202. Les courbes de la figure 3 montrent que les vitesses de dissolution initiale sont identiques. en présence et en l'absence de Ag202 mais que la vitesse, en l'absence de Ag202 ajouté, diminue plus vite que la vitesse en présence de Ag202. Exemple 3. Cet exemple démontre l'effet de l'oxydation électrolytique sur la dissolution de Pu02 dans des solutions de HN03 et de HF. On fait digérer des échantillons de 1,2 g de microsphères de Pu02 1000C dans des volumes de 30 ml de solutions mixtes HN03-HF, avec et sans oxydation électrolytique. Les résultats sont représentés dans la figure 4. Dans cet exemple les oxydations électrolytiques ont été effectuées en plongeant des électrodes de platine Cdc 0,2 cm de diamètre), espacées d'environ 1,8 à 2 cm, directement dans la solution à une profondeur de 8 cm, à l'intérieur d'un tube en poly- tétrafluoroéthylène de 2,3 cm de diamètre. On applique un potentiel de 2,0 V et on fait passer un courant de 200 mA. On introduit la cathode dans un manchon de polytétrafluoroéthylène et on recueille le gaz séparément. L'oxydation électrolytique effectuée pendant 28 h dans une solution de HNO38 > 0 M et de HF 0,085 M entraîne une augmentation de la dissolution de PuO2 de 75 %. Les effets relatifs sont encore plus marqués dans une solution de HN03 4,0 M et de HF 0,15 M où l'on observe une augmentation de la dissolution de PuO2 de plus de 800 % après 72 h. Mème après 100 h, il ne se produit pas de décroissance brutale de la vitesse de dissolution de Pu02. Exemple 4. Cet exemple démontre que l'oxydation du plutonium dissous selon l'invention peut être effectuée en présence de ruthénium et sans qu'il y ait volatilisation du ruthénium. Des échantillons de 0,5 g de microsphères de Pu02 sont mis à digérer dans des volumes de 40 ml de HN03 8M et de HF 0,1 M, avec et sans oxydation électrolytique comme dans l'exemple 3. Au bout de 24 h, la quantité de plutonium dissous avec oxydation électrolytique est plus de 100 7. supérieure h celle sans oxydation et 45 % du plutonium sont 106 sous forme d'ion plutonyle. On met en évidence le ruthénium avec du Ru. A partir des analyses sur des échantillons (microanalyses et macroanalyses), on montre que la concentration du ruthénium dans les solutions ne change pratiquement pas durant les dissolutions ce qui indique qu'il ne se produit pas de volatilisation du ruthénium. L'effet favorable des conditions oxydantes sur la dissolution non oxydante dans l'acide nitrique, catalysée par les ions fluorure, de Pu02 est inattendu, en particulier eu égard aux .expériences avec divers agents oxydants utilisés dans ce système. L'addition de bichromate de sodium, agent oxydant fort, à un mélange de microsphères de Pu02 réfractaire (d'environ 98 X de densité théorique) dans HN03 8M- HF 0,02 M entraîne l'oxydation du Pu déjà en solution en PuO2 mais n'augmente pas la vitesse de dissolution de PuO2 solide.De meme, l'addition d'ions Ce(IV), comme dans le procédé de dissolution oxydante de l'art antérieur, à une solution dissolvante analogue à la précécente, ne permet pas la dissolution complète des microsphères mais elle retarde la dissolution. Il était encore plus inattendu que l'oxydation augmente la vitesse de dissolution en présence d'ions ruthénium comme cela arrive dans les mélanges dissolvants de combustibles irradiés. L'expérience precédente effectuée avec du cérium dans des mélanges dissolvants HN03-HF contenant du ruthénium dissous montre que les vitesses de dissolution ne sont pas augmentées. On pense maintenant que cela est probablement dû la complexation du fluorure et à la tendance qu'ont les ions ruthénium à être préférentiellement oxydés en plutonium. Un avantage supplémentaire du procédé selon l'invention réside dans le fait que la précipitation du plutonium est empêchée par l'oxydation des ions plutoniumàissous. On a observé expérimentalement qu'aux concentrations plus élevées en fluorure, (supérieures environ 0,1 M) favorables à l'obtention de vitesses de dissolution élevées, et en l'absence d'oxydation, il y a formation d'un complexe PuF2 insoluble ce qui ralentit donc la vitesse de dissolution du plutonium. Lorsque les ions plutonium dissous sont oxydés selon le procédé de l'invention, la complexe insoluble ne se forme pas. L'invention a été illustrée par des données expérimentales qui montrent la réalisation de ce procédé. Ces exemples de laboratoire peuvent être facilement élargis à l'échelle industrielle par les spécialistes de l'art. Comme on l'a démontré, la concentration en HN03 n'est pas un paramètre essentiel pour l'efficacité du procédé (on peut obtenir des bons résultats même en milieu HN03 4,0 M) et on peut la choisir de façon à l'ajuster à la résistance A la corrosion de l'appareillage utilisé. Bien que l'oxydation électrolytique semble la plus intéressante pour des applications industrielles, on peut utiliser des agents oxydants chimiques, comme Ag202, sans-que l'on s'écarte du cadre de l'invention.On pense maintenant que la raison pour laquelle les ions cérium et le bichromate de sodium ne facilitent pas la dissolution dans HN03-HF est due au fait que les ions Ce et Cr complexent eux-mêmes les ions fluorure. D'autres ions métalliques peuvent complexer les ions fluorure dans HN03-HF, comme les ions Zn2+1 3+, La3+ > Cas 3+ > Th et Zr4+. Les composés équivalents à Au202 dans le procédé de l'invention sont des agents oxydants capables d'oxyder les ions Pu dissous dans des solutions de HN03-HF pour augmenter la vitesse de dissolution de Pu02 sans eux-memes pratiquement complexer les ions fluorure. Avec les vitesses de dissolution augmentées maintenant possibles selon le procédé de l'invention, on peut efficacement effectuer la dissolution même A une température inférieure à la température d'ébullition de l'acide, des vitesses de dissolution plus élevées étant obtenues aux températures élevées. La température préférée du mélange dissolvant est actuellement d'environ 100"C. Bien entendu, diverses modifications peuvent être apportées par l'homme de l'art aux dispositifs ou procédés qui viennent d'être décrits uniquement 9 titre d'exemples non limitatifs sans sortir du cadre de l'invention. REVENDICATIONS 1. Procédé pour dissoudre PuO2 dans un mélange dissolvant aqueux comprenant Pu02, HN03 et une quantité catalytiquement efficace de fluorure, caractérisé en ce qu'on apporte des conditions oxydantes dans ledit mélange dissolvant pour augmenter la vitesse de dissolution de Pu02. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que lesdites conditions oxydantes sont fournies électrolytiquement. 3. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que lesdites conditions oxydantes sont fournies en ajoutant Ag202 audit mélange dissolvant. 4. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit mélange dissolvant contient du rythénium dissous.