La présente invention a pour objet l'application de l'acide quinique et de ses sels à la lutte contre les trachéomycoses des végétaux. On sait que de nombreux végétaux, faisant partie de familles botaniques très diverses, peuvent être infestés par des champignons qui se développent à l'intérieur des vaisseaux de ces végétaux en engendrant des maladies dénommées trachéomycoses. Les agents de trachéomycoses les plus connus sont les fongi du type fusarium ou du type verticillium. Les fongi du type fusarium s'attaquent notamment à des plantes cultivées, telles que la tomate, la pomme de terre, l'aubergine, l'oeillet, le dahlia, le melon et engendrent dans les cultures des dégâts considérables. I1 existe à l'heure actuelle un nombre très restreint de composés utilisables dans la lutte contre ces maladies fongiques des végétaux. Parmi les plus connus, l'on peut citer le "thiophanate" ou 1,2-di (3-éthoxy carbonyl 2-thioureido) benzène et le "bénomyl" ou N-(1-butyl carbamoyl 2-benzimidazole) carbamate de méthyle. Ces produits sont des composés organiques de synthèse, de structure relativement élaborée, et qui sont utilisés par pulvérisation sur les organes externes des végétaux. I1 a été maintenant découvert que l'acide quinique, composé naturel, de structure chimique relativement simple, ainsi que les sels de cet acide, peuvent être avantageusement utilisés dans la lutte contre les trachéomycoses des végétaux, l'application étant effectuée par absorption radiculaire. L'augmentation de la résistance des végétaux par apport de l'acide quinique ou de ses sels, vis-à-vis des trachéomycoses est illustrée plus loin dans la partie expérimentale, notamment à l'ait d'un test mettant en évidence l'augmentation de résistance de plants de tomates vis-à-vis de Fusarium oxysporum par absorption radiculaire de quinate de potassium. L'invention a plus précisément pour objet l'application de l'acide quinique et de ses sels à la lutte contre les trachéomycoses des végétaux, caractérisée en ce que l'agent de trachéomycose est un champignon du genre fusarium, ainsi que l'application de l'acide quinique et de ses sels à la lutte contre les trachéomycoses des végétaux, caractérisée en ce que l'agent de trachéomycose est un champignon du genre verticillium. L'invention a plus particulièrement pour objet l'application de l'acide quinique et de ses sels à la lutte contre les fusarjo- ses, caractérisée en ce que le végétal infesté fait partie de la famille des solanacées, et notamment est du genre lycopersycum ou solanum. L'invention a également pour objet l'application de l'acide quinique et de ses sels à la lutte contre les fusarioses, caractérisée en ce que le végétal infesté fait partie de la famille des caryophyllacées, et notamment est du genre dianthus. L'invention concerne aussi l'application de l'acide quinique et de ses sels contre les fusarioses des végétaux, caractérisée en ce que le végétal infesté fait partie de la famille des composées, et notamment fait partie du genre dahlia, aster, helianthus, calendula. L'invention vise également l'application de l'acide quinique et de ses sels à la lutte contre les fusarioses des végétaux, caractérisée en ce que le végétal infesté fait partie de la famille des cucurbitacées, et notamment fait partie du genre cucumis ou cucurbita. Le mécanisme d'action de I'acide'quinique et de ses sels n'a pas été élucidé d'une façon certaine. I1 est connu /Physiol. Plant 34, 51-55 (1975)/ que les quinates augmentent la production des phénols totaux chez les végétaux. La phényl alanine possede la même propriété et s'avère éga- lement active dans la lutte contre les trachéomycoses végétales (Voir demande de brevet déposée le même jour par la Société demanderesse sous le titre "application de la phényl alanine et de ses sels à la lutte contre les trachéomycoses des végétaux On peut donc logiquement penser que l'activité de l'acide quinique et de ses sels est liée à la faculté que ces composés ont d'augmenter les phénols totaux chez les végétaux. Ce mécanisme d'action demeure à l'état d'hypothèse et ne limite en rien le cadre de la présente invention. Bien qu'il fût déjà connu par ailleurs (cf., par exemple, l'article de A. W. FELDMAN et col., Phytochemistry 1971, vol. 10, pages 701 à 709) que des composés susceptibles d'augmenter par absorption radiculaire le taux de phénols chez les plantes, étaient capables de protéger ces plantes contre certains hottes pathogènes, tels que des nématodes, l'invention, objet de la présente demande, offre un caractère inattendu car l'utilisation de l'acide quinique ou de ses sels dans le traitement, par voie systémique, des parasitoses d'origine fongique se manifestant à l'intérieur des végétaux (trachéomycoses) n'avait jamais été envisagécjusqu'à ce jour. La spécificité d'action de l'acide quinique et de ses sels vis- -vis des trachéomycoses peut être démontrée par des essais sur des fongi, tels que le mildiou de la tomate, dont le développement n'est pas inhibé par le traitement du procédé de l'invention et qui est un parasite qui se développe sur la partie externe des feuilles de tomate. Le traitement des végétaux infestés par les fongi provoquant les trachéomycoses est effectué par arrosage périodique des cultures à l'aide de solutions aqueuses d'acide quinique ou de sels d'acide quinique. L'invention a donc pour objet les compositions destinées à la lutte contre les trachéomycoses des végétaux, caractérisées en ce qu'elles sont constituées par une solution aqueuse d'acide quinique ou d'un de ses sels. L'invention a plus particulièrement pour objet les compositions fongicides, caractérisées en ce qu'elles sont constituées par une solution aqueuse de quinate de potassium. Selon un mode d'exécution particulièrement avantageux du procédé de l'invention, on utilise des compositions, caractérisées en ce qu'elles contiennent une quantité d'acide quinique ou de quinate comprise entre 0,1 et 100 g/l. L'invention concerne également un procédé de lutte contre les trachéomycoses des végétaux, caractérisé en ce que l'on arrose le sol dans lequel poussent les végétaux infestés avec une composition telle que définie précédemment. Les quantités d'acide quinique ou ses sels, utilisées au cour d'un traitement, dépendent notamment de la nature des végétaux traités et des conditions climatiques (pluviosité en particulier). Ces quantités ne doivent pas dépasser, en un temps donné, un certain seuil, variable notamment selon les facteurs précités, sous peine de conduire à une diminution de la croissance des végétaux en fonction du temps, qui rendrait vaine l'efficacité pratique du traitement utilisé. L'exemple 2 de la partie expérimentale donné ci-après, fournit un exemple des conditions pratiques de traitement par le quinate de potassium, dans le cas de la fusariose de la tomate. Les exemples suivants illustrent l'invention sans la limiter. Exemple 1 : Composition à base de quinate de potassium On dissout 9,2 g de-quinate de potassium dans de l'eau en quantité suffisante pour obtenir un volume total de 1 000 ml. Exemple 2 : Etude de l'activité du quinate de potassium dans la lutte contre l'infestation de la tomate par fusarium oxysporum Les plantules de lycopersicum esculentum, variété Saint-Pierre, sont cultivées à la température constante de 129C, avec un éclairement de 6 000 lux (tubes fluorescents, lumière du jour) et une photopériode de 14 heures, avec une humidité relative de 60 à 70 %. Après une période d'imbibition de 14 heures dans l'eau distillée à 200C, les semences sont enfouies d'un cm dans un sol, contenu dans des bacs en matière plastique perforés à leur base. Dès le semis, chaque bac est plongé 5 heures par jour dans la solution nutritive de HOAGLAND et ARNON. La 'levée s'effectue après 5 à 6 jours. Douze jours après la levée, lorsque les plantules possèdent deux feuilles développées, consécutivement à l'immersion dans le milieu minéral les bacs sont plongés quotidiennement pendant 10 heures dans une solution de quinate de potassium M/25, ceci pendant 3 jours consécutifs. Pour éviter les interactions entre le milieu minéral et la solution du sel d'acide quinique, on lave le support sableux avant chaque immersion par la solution qui va être utilisée. Après les 3 jours de traitement, les plantules à inoculer sont arrachées. Après lavage des racines, leurs extrémités sont sectionnées afin de faciliter la pénétration de l'agent pathogène. Le système racinaire est ensuite plongé pendant deux heures dans une suspension de conidies contenant de l'ordre de 8 à 10 x 106 conidies/ml de fusarium oxysporum F. sp. Lycopersici, obtenu après 7 jours de culture en flacons d'Erlenmeyer, puis filtration sur de la gaze pour éliminer les fragments mycéliens. Après infestation, les plantules sont repiquées sur sable et placées en salle condi tionnée à 200C et 60 à 80 % d'humidité relative, avec un éclairement de 10 000 lux et une photopériode de12 heures, les bacs étant protégés pendant les premières 24 heures, par une coiffe d'aluminium afin d'éviter un flétrissement irréversible consécutif au repiquage. Les premiers symptomes de la maladie apparaissent en général de 6 à 8 jours après l'infestation. En parallèle avec l'essai utilisant du quinate de potassium M/25 sont effectués un essai témoin avec de l'eau et comportant une infestation (essai T) et un essai avec de l'eau ne comportant pas d'infestation (essai To). Pour estimer la gravité de la maladie déclenchée par le fusarium, on mesure la taille des plants en fonction du temps, la date d'infestation étant le temps zéro de l'expérience, seule la partie aérienne étant considérée. Cette taille est déterminée par une moyenne sur 20 plantules. Les résultats expérimentaux obtenus sont résumés dans le tableau suivant (Tableau I) TABLEAU I Temps en jours Taille moyenne 0 4 6 8 10 12 15 ( Essai quinate de K M/25 : t : : : avec infestation......... 7,8 8,7 10 11,8 13,2 14,4 16,6 Essai témoin T avec infes tation ................... 8,2 8,7 9,3 9,7 9,8 - 10,4 ( Essai témoin To sans infes-: : : : : : tation................... 8,2 8,95 9,97 11,2 12,97 14,71 16,46 On peut également exprimer les résultats en fonction du temps en pourcentage d'augmentation de la taille des plantules par rapport à la hauteur initiale lors du repiquage. Le tableau I' résume les résultats ainsi exprimés : TABLEAU I' Temps en jours ( : 4 : 6 : 8 : 10 : 12 : 15 Pourcentage augmentation taille essai quinate : : : ( de K M/25 . : 113 : 128 : 151 : 169 : 184 : 212 @ ( Pourcentage augmentation : : : : : taille essai témoin To : : : : : ( sans infestation.. : 109 : 122 : 136,5 : 158 : 181 : 200 @ (Pourcentage augmentation : : : : : taille essai témoin T : : : : : : ( avec infestation : 103~: 111 : 115,5 : 117 : - : 124 ( : : : : : : ) On utilise également un autre critère pour estimer la gravité de la maladie, qui consiste à effectuer la numération des individus morts en fonction du temps. Le résultat est exprimé commodément par le nombre d'individus sains en fonction du temps (différence entre nombre des individus et nombre des individus morts). Les résultats expérimentaux obtenus sont résumés dans le tableau suivant (tableau II) TABLEAU II Temps en jours Pourcentage ( individus sains : O : 7 : 8 : 10 : 12 : 13 : 15 @ ( Essai quinate de K : : : : : : : ( M/25 avec infestation: 100 : 100 : 100 : 100 : 100 : 100 : 100 @ ( Essai témoin T avec : : : : : : : infestation........ 100 85 75 40 35 25 10 Conclusion Les tableaux, ainsi que les graphiques montrent que le traitement effectue par le quinate de potassium M/25, protège totalement les plants de tomate contre la fusariose et que la taille des plants traités n'est pas influencée par le traitement au quinate de potassium. REVENDICATIONS 1. Application de l'acide quinique et de ses sels à la lutte contre les trachéomycoses des végétaux. 2. Application selon la revendication 1, caractérisée en ce que l'agent de trachéomycose est un champignon du genre fusarium. 3. Application selon la revendication 1, caractérisée en ce que l'agent de trachéomycose est un champignon du genre verticillium. 4. Application selon la revendication 2, caractérisée en ce que le végétal infesté fait partie de la famille des solanacées. 5. Application selon la revendication 4, caractérisée en ce que le végétal infesté est du genre lycopersicum ou solanum. 6. Application selon la revendication 2, caractérisée en ce que le végétal infesté fait partie de la famille des caryophyllacées. 7. Application selon la revendication 6, caractérisée en ce que le végétal infesté est du genre dianthus. 8. Application selon la revendication 2, caractérisée en ce que le végétal infesté fait partie de la famille des composées. 9. Application selon la revendication 8, caractérisée en ce que le végétal infesté fait partie du genre dahlia, aster, hélianthus, calendula. 10. Application selon la revendication 2, caractérisée en ce que le végétal infesté fait partie de la famille des cucurbitacées. 11. Application selon la revendication 10, caractérisée en ce que le végétal infesté fait partie du genre cucumis ou cucurbita. 12. Compositions destinées à la lutte contre les trachéomycoses des végétaux, caractérisées en ce qu'elles sont constituées par une solution aqueuse d'acide quinique ou d'un de ses sels. 13. Compositions selon la revendication 12, caractérisées en ce qu'elles sont constituées par une solution aqueuse de quinate de potassium. 14. Compositions selon l'une quelconque des revendications 12 et 13, caractérisées en ce qu'elles contiennent une quantité d'acide quinique ou de quinate comprise entre 0,1 et 100 g/l. 15. Procédé de lutte contre les trachéomycoses des végétaux, caractérisé en ce que l'on arrose le sol dans lequel poussent les végétaux infestés avec une composition telle que décrite à l'une quelconque des revendications 12 à 14.