Le problème que s'est proposée de résoudre la demanderesse est ltépandage d'engrais liquides ou granulés sur des champs fortement imprégnés d'eau de pluie et comportant des zones détrempées ou mouillères que l'épandeur doit pouvoir franchir sans s'embourber ni s1 enliser. Ce problème est particulièrement critique dans les périodes de l'année où sévissent des pluies importantes. Pour résoudre un tel problème, la demanderesse a conçu un engin motorisé, à la fois robuste, léger et peu coûteux, constitué essentiellement par un châssis rigide constituant une plate-forme destinée à supporter un moteur de type quelconque mais de préférence à essence, et un réservoir d'engrais avec sa pompe de mise sous pression du produit à épandre et la canalisation flexible raccordée à des rampes de projection sur le terrain de l'engrais sur le champ à traiter. Le châssis est monté sans suspension sur un ensemble de seize roues jumelées par deux, équipées de pneumatiques à larges bandes, chaque roue étant motrice dans le but de mieux répartir la charge sur le sol. Parmi ces roues motrices, celles qui sont à l'avant du véhicule et qui sont au nombre de huit, montées respectivement sur deux essieux coopérant avec des ponts de préférence à différentiel, sont directrices, et leur pivotement est assuré par une direction à crémaillère d'un type classique, tandis que les autres roues montées également sur deux essieux et coopérant respectivement avec des ponts à différentiel, ne sont pas directrices. Le moteur à essence entraîne d'une manière très simple par une transmission à pignon et à chaîne un arbre disposé longitudinalement sur la plate-forme, arbre dont la rotation, également par l'intermédiaire de transmissions par pignon et chaine, assure l'entrainement de l'ensemble des roues motrices. Cet engin se déplace sur le terrain en cours de travail, à une vitesse moyenne de l'ordre de 20 kilomètres/heure avec possibilité de réaliser des pointes à 30 kilombtres/heure pour le franchissement des mouillères. La caractéristique essentielle d'un tel engin a été définie, à la suite d'une expérimentation poussée faite par la demanderesse sur un terrain détrempé, par le choix d'un facteur qui doit se trouver à l'intérieur d'une gamme critique pour l'obtention du résultat recherché. Ce facteur est constitué essentiellement par le rapport entre le poids en charge de l'engin et le produit du nombre des roues équipées de leurs pneumatiques, multiplié par leur diamètre et par la largeur de la bande de roulement de ces pneumatiques, Un tel rapport, qui a les dimensions d'une pression, doit être 2 compris entre environ 2 et 8 kilos/dm2. 2 Pour une valeur inférieure à environ 2 kilos/dm il se produit un risque de patinage des bandes de roulement dans le terrain boueux imprégné d'eau, avec formation d'un film d'eau auto-entretenu qui provoque l'impossibilité, pour l'engin, d'avancer. 2 D'autre part, lorsque l'on est au-dessus de 2 kilos/dm mais 2 en dessous de 8 kilos/dm , l'expérience a révélé que, contrairement à ce que l'on était en droit d'attendre, l'engin, malgré son faible poids, garde aux roues motrices toute leur adhérence sans néanmoins défoncer le terrain avec formation d'ornières et sans provoquer d'embourbe ment. Par contre, lorsque l'on dépasse la valeur maximale de 8 kilos / dm2 dm2, ltexpérience montre encore que l'engin s'enlise ou à tout le moins défonce le terrain d'une manière préjudiciable, comme ce serait le cas pour un engin analogue aux véhicules tous terrains de type militaire, qui ont pour fonction le franchissement d'un terrain sans aucune préoccupation de respect de sa structure superficielle. On ne peut pas non plus comparer l'engin épandeur objet de l'invenlion, aux chenillettes très légères utilisées dans les stations de sports d'hiver pour damer une piste, un tel problème de damage étant tout à fait différent d'un traitement d'épandage qui doit respecter le profil général du terrain, c'est-à-dire qui doit écraser les mottes en réalisant une sorte de lissage du champ sans créer des ornières profondes où l'engin s'enliserait. On va donner ci-après, à titre purement illustratif, la description d'un mode de réalisation préféré de l'engin objet de l'invention. - la fig. 1 est une vue en plan schématique, destinée à faire apparaftre le mode d'entrainement des roues motrices de l'engin objet de l'invention; et la fig. 2 est une vue en élévation, également schématique, de l'engin objet de l'invention. En se reportant au dessin annexé, et tout d'abord à la figure 1, on voit que toutes les roues qui sont doubles avec par suite deux bandages jumelés et des jantes soudées ou boulonnées entre elles, sont motrices, leur entrainement étant assuré à partir d'un arbre commun 1 disposé latéralement sur le châssis formant plate-forme 2 par l'intermédiaire de pignons et de chafnes, la prise de force à partir de l'arbre du moteur à essence 3, étant réalisée aussi par le même mode d'entrainement, ctest-à-dire par une chaste qui passe d'abord sur un pignon calé sur le bout de l'arbre moteur qui sort de la busse de vitesses et ensuite sur un autre pignon calé sur l'arbre 1. On voit également sur la figure I, que des ponts 4 à différentiels sont prévus entre chaque demi-essieu d'un essieu. La commande de ces différentiels est assurée, toujours à partir de l'arbre 1, par un entraînement par chaine et pignons, le pignon commun à deux ponts voisins étant monté sur l'arbre commun à ces deux ponts. En se reportant à la vue en élévation de la figure 2, on voit mieux la position du moteur 3 qui est à l'avant de la plate-forme 2 et est déporté latéralement, ainsi que le réservoir 5 de 600 litres environ qui est monté à l'arrière sur la plate-forme 2 et qui est destiné à contenir l'engrais liquide ou granuleux sortant du réservoir pour aller dans une canalisation souple 6 alimentant une rampe de distribution constituée par un tube perforé 7 supporté à la manière habituelle, par un système d'haubans soutenus par des montants verticaux non représentés, fixés à la plate-forme 2 également vers l'arrière. Il convient de remarquer que 1' arbre du moteur 3 entraîne aussi, par 11 intermédiaire dlunmultiplicateur 8 la pompe 9 d'alimentation et de mise sous pression du liquide d'épandage envoyé à partir de la pompe 9 dans le tube 7 de distribution. Le volant 10 de la colonne de direction 11 entraine, par un dispositif classique à crémaillère, les barres de direction non représentées qui assurent le pivotement des roues des deux essieux avant. Le poids p du véhicule à vide est de l'ordre de 900 kilos et en charge de 1. 300 kilos, ce poids comprenant celui du conducteur de l'en- gin, de sorte que son évaluation est seulement approximative à 10 ou 20 kilos près. Les bandages des roues ont un diamètre hors tout d de 56 cm et la largeur I des bandages est de 25 cm. La pression à l'intérieur des pneumatiques a la valeur normale recommandée par le fabricant de pneumatiques. Le nombre total n des roues du véhicule est de seize. Dans ces conditions, la formule est = P dans laquelle p représente le poids de l'engin en charge, n le nombre de roues, d le diamètre hors tout des roues et 1 la largeur des bandages, donne la valeur du facteur P caractéristique de l'engin. Ce facteur P qui a les dimensions d'une pression, est égal à 2 m kilos/dm pour l'engin conforme au mode de réalisation préféré dans lequel p = 1. 300, n = 16, d = 56 et 1 = 25. L'expérience a montré que la valeur du facteur P précité, doit 2 etre comprise impérativement entre environ 2 et 8 kilo /dm 2 Au-dessous de 2 kilos/dm environ il peut se produire la formation d'une pellicule liquide entre les bandages des pneumatiques et le sol, ce qui entraXe l'arrêt de l'engin dont les roues patinent. 2 Si au contraire le facteur P est supérieur à 8 kilos/dm , il y a un risque de défoncement du terrain avec formation d'ornières et enlisement ou embourbage de l'engin. Les deux limites supérieure et inférieure de l'intervalle entre lequel peut varier le facteur P sont donc critiques pour un fonctionnement correct de l'engin. La vitesse de déplacement de l'engin sur le terrain au cours du travail est normalement égale à 20 kilomètres/heure, avec possibilité d'effectuer des pointes de 30 kilomètres/heure pour franchir les mouillè- res, ctest-à-dire des zones où le terrain est particulièrement détrempé. L'engin, bien entendu, n'est pas destiné à rouler sur un terrain sec, mais uniquement sur des terrains humides ou fortement détrempés. C'est précisément sur des terrains de ce genre qu'il est important, du point de vue culture, d'assurer l'épandage d'engrais malgré un état du terrain qui interdit le déplacement des engins habituels, tractés ou autres, utilisés en agriculture. Il est bien entendu que engin pourrait être équipé de ponts pourvus d'un dispositif de blocage ou de ponts dépourvus de tout différentiel. Quant au moteur il pourrait être un moteur Diesel ou tout autre moteur. Revendications 1. Engin motorisé épandeur d'engrais sur terrain imprégné d'eau, comportant un châssis rigide constituant une plate-forme destinée à supporter un moteur et un réservoir d'engrais alimentant des rampes de projection de distribution de l'engrais sur le terrain humide à traiter, ledit châssis étant monté sur un ensemble de roues toutes motrices équipées de pneumatiques à larges bandes et jumelées par deux pour mieux répartir la charge sur le terrain, certaines roues motrices étant aussi directrices, un tel engin étant caractérisé essentiellement par ce fait que le rapport entre le poids de l'engin en charge et le produit du nombre des roues motrices par le diamètre hors tout des roues équipées de leurs bandages et par la largeur desdits ban 2 dages, doit avoir une valeur comprise entre environ 2 et 8 kilos/dm pour que l'engin réalise l'épandage sur un terrain humide sans risque de patinage des roues sur le terrain et sans déformation du terrain avec création d'or nières importantes dégradant le terrain et susceptibles de provoquer l'enli- serment de l'engin dans des mouillères. 2. Engin tel que revendiqué en I, caractérisé par ce fait qu'il comprend quatre essieux moteurs munis chacuns d'une paire de roues jumelées, les deux essieux montés à l'avant de l'engin étant directeurs. 3. Engin tel que revendiqué en 1 et 2, dans lequel le châssis est monté sur les roues motrices sans aucune suspension. 4. Engin tel que revendiqué en 1 à 3, caractérisé par ce fait que sa vitesse moyenne en cours de travail est de l'ordre de 20 kilomètres/heure avec possibilité de monter à 30. kilomètres/heure pour le franchissement des mouillères, 5. Engin tel que revendiqué en 1 à 4, caractérisé par ce fait que les ponts prévus entre les demi-essieux de chaque essieu assurant la transmission du mouvement aux roues motrices sont équipés d'un différentiel. 6. Engin tel que revendiqué en 1 à 5, dans lequel les ponts sont pourvus d'un dispositif de blocage du différentiel. 7. Engin tel que revendiqué en 1 à 4, caractérisé par ce fait que les ponts prévus entre les demi-essieux de chaque essieu n'ont pas de différentiel.