la présente invention concerne un dispositif d'étanchéité pare-feu entre battant et dormant, notamment d'une porte, fe nêtre ou analogue. Plus particulièrement, l'invention concerne un tel dispositif utilisé pour assurer l'étanchéité d'une porte d'appartement, notamment d'une porte palière. La réalisation d'un dispositif d'étanchéité pare-feu, dans ce genre d'applications, s'est heurtée jusqu'à présent à un certain nombre de difficultés qui n'ont pu être surmontées de fa çon satisfaisante. Ces difficultés proviennent en partie du fait que les joints d'étanchéité entre battant et dormant constitués en une matière souple et élastique, par exemple un caoutchouc synthétique ou analogue, ne peuvent remplir leur propre fonction qu'aux températures ordinaires, étant donné que lorsqu'ils sont chauffés, même à une température relativement peu élevée, de l'ordre de quelque OO C,ils perdent une grande partie de leur souplesse et meme peuvent se fissurer et se craqueler. Jusqu'à maintenant, on n'a pas réussi à élaborer un composé pour ce genre d'application, qui présente à la fois de bonnes qualités vis-à-vis de l'étanchéité et une bonne résistance aux températures élevées et aux flammes. Par ailleurs, on connaît des matériaux utilisés dans la construction et qui sont susceptibles de gonfler et de constituer des joints étanches lorsqu'ils sont soumis à des températures élevées. Mais ces matériaux ne peuvent etre utilisés directement comme joints d'étanchéité, notamment parce que, aux températures ordinaires, ils sont rigidés. De toute façon, on sait que,d'une manière générale, les matériaux qui ont une bonne résistance à la chaleur n'ont pas de propriétés élastiques ou plastiques suffisantes pour que l'on puisse envisager de les utiliser comme joints. Le but de la présente invention est de remédier à ces inconvénients et, à cet effet, un dispositif d'étanchéité parefeu du type mentionné plus haut est caractérisé en ce qu'il comporte, en combinaison, dans la feuillure du chambranle, un premier joint étanche aux ga au moins à température ordinaire, et, associé audit joint tout le long de celui-ci, un élément réalisé en un matériau expansible sous l'effet de la chaleur et susceptible de constituer alors un second joint d'étanchéité, au moins à partir de la température pour laquelle le premier joint perd ses qualités propres. Ainsi, dans des conditions normales, c'est-àdire à température ordinaire, ledit premier joint étanche aux gaz remplit parfaitement son rôle de façon connue, et ledit élément en matériau expansible reste inerte. Au contrairetdans des conditions particulières, par exemple lors d'un incendie, ledit premier joint n'assure létan- chéité que jusqu'à une température relativement peu élevée, rarement supérieure à 4 ou 5000 C, et l'on peut constater rapidement qu'il se durcit et se craquèle. Cependant, avant qu'il perde totalement ses qualités de joint étanche, ledit élément en matériau expansible se gonfle et constitue alors un second joint d'étanchéité suppléant à la défaillance dudit premier joint; en quelque sorte,à partir d'une certaine température, qui pour les maté riaux actuellement disponibles dans le commerce se situe aux environs de 1000 C, ledit élément prend, dans le rôle qui consiste à assurer l'étanchéité, le relais du premier joint. Il convient de prévoir un volume de matériau expansible tel que, sous l'effet de l'augmentation de la température, il puisse occuper au moins tout l'espace ménagé entre le battant et le dormant et ne consummer entièrement qu'en un temps supérieur à la durée de résistance au feu du battant exigée par les normes, et qui est de l'ordre de 1 heure à 1 heure 30. Lorsque l'on désire réaliser un dispositif d'étanchéité pour une porte palière, on cherche surtout à conférer à ce joint une résistance au feu au moins égale à celle de la porte elle-meme, en supposant que l'incendie prend naissance à l'intérieur de l'appartement. On. a en effet constaté que dans les immeubles, les incendies se propagent lé plus souvent à l'ensemble de l'immeuble à partir d'un foyer situé dans un appartement et plus rarement à partir d'un foyer situé dans des parties communes. Il s'agit par conséquent de réaliser un joint d'étanchéité qui confine le foyer d'incendie à l'intérieur de l'appartement et qui empêche la propagation de fumées, de gaz inflammables et de flammes en dehors de l'apartement, le plus long- temps possible. il convient donc de réaliser un joint d'étanchéité qui dans ces conditions ait, là encore, une durée de résistance au feu au moins égale à celle de la porte palière. A cet effet, conformément à l'invention, le premier joint comportant une partie active ou lèvre d'étanchéité souple et élastique, disposée entre le battant et la battée de la feuillure, un dispositif d'étanchéité du type mentionné plus haut est caractérisé en ce que ledit élément en matériau expansible est disposé de sorte que son expansion puisse s'effectuer dans l'espa- ce limité par ladite lèvre et ménagé entre le chant du battant et le tableau du chambranle. De la sorte, l'élément en matériau expansible constitue non seulement, par son expansion, un second joint qui supplée aux défaillances du premier joint lorsqu'un incendie se déclare dans un appartement, mais encore constitue un bouclier de protection consommable entre le foyer d'incendie et le premier joint, ce qui a pour effet de retarder considérablement le moment où le- dit premier joint devient inapte à remplir son rôle d'étanchéité. Ce qui précède suppose bien entendu que la porte palière s'ouvre de l'extérieur vers l'intérieur, mais il s'agit là du cas habituel. De préférence,selon l'invention, ledit premier joint est réalisé sous la forme d'un profilé souple et élastique comportant une lèvre d'étanchéité et un contrefort engagé à force dans un logement ménagé le long de la feuillure. Cette disposition rend très facile la pose du joint. En particulier, on peut prévoir que le logement est ménagé dans l'angle de la feuillure Selon un mode de réalisation particulièrement avantageux de l'invention, on peut prévoir également que ledit élément en matériau expansible est fixé sur ledit premier joint. On obtient ainsi un dispositif d'étanchéité pare-feu extrêmement facile à monter,puisque l'élément en matériau expansible est solidarisé du premier joint, lui-mème pouvant, comme mentionné dans ce qui précède, être-facilement bloqué dans le logement de la feuillure. Selon un mode d'exécution particulièrement avantageux pour réaliser la solidarisation entre ledit premier joint et ledit élément en matériau expansible, il est prévu que le contrefort du premier joint est pourvu d'une cannelure susceptible de recevoir ledit élément, lequel est de préférence réalisé sous la forme d'une baguette plate. Un mode de réalisation de l'invention est décrit cidessous à titre d'exemple nullement limitatif, en référence aux figures 1, 2 et 3 du dessin annexé qui représentent une vue en coupe horizontale d'un dispositif d'étanchéité pare-feu d'une porte palière. Dans ces figures, on a référencé en 1 l'extrémité opposée aux gonds d'un battant de porte palière, par exemple en bois, en 2 une cornière métallique de chambranle, et en 3 un joint réalisé sous la forme d'un profilé souple et élastique, fabriqué par exemple par extrusion; le chant ou tranche du battant 1 est référencé la. La matière dont est constitué le joint 3 peut être une matière courante telle que du caoutchouc synthétique ayant subi un traitement spécial pour conserver sa qualité propre jusqu'à une température de 300 à 4000 C, notamment du caoutchouc synthétique surchloré. Le profilé constituant le joint 3 comporte une lèvre d'étanchéité 4 et un contrefort 5, de forme générale tubulaire, engagé à force dans un logement 6 de forme correspondante ménagé dans l'angle de la feuillure 7-8, la référence 7 désignant le tableau de la feuillure et la référence 8 désignant la battée. Le contrefort 5 comporte à l'endroit de la partie la plus rétrécie. du logement 6, une cannelure 9 dans laquelle est engagée une baguette plate 10 (figure 1) constituant un élément réalisé en un matériau expansible sous l'effet de la chaleur et susceptible de former alors un joint d'étanchéité auxiliaire dénommé dans ce qui précède "second joint". Un tel matériau, ayant à la fois la propriété de gonfler sous l'effet de la chaleur et ayant alors des qualités d'étanchéité, est disponible à l'heure actuelle dans le commerce sous l'appellation "Wolmanit". Dans ce qui suit, on supposera que de façon habituelle la porte palière s'ouvre de l'extérieur vers l'intérieur d'une pièce d'appartement ou analogue. Dans des conditions normales, c'est-à-dire à température ordinaire, le joint 3 et plus particulièrement sa lèvre d'étanchéité 4 remplit parfaitement son rôle de façon connue, ledit élément en matériau expansible sous l'effet de la chaleur 10 étant inerte. En particulier, le joint 3 permet-de compenser les jeux qui peuvent se produire entre le battant 1 et la battée 8, d'amortir les bruits, et d'empêcher les courants d'air. Si un incendie prend naissance dans l'appartement en question, il se produit des phénomènes que des expérimentations permettent de prévoir comme suit Tout d'abord,les fumées engendrées dès le début de l'incendie ne peuvent s'échapper de l'intérieur de l'appartement vers l'extérieur, étant arrêtées par la lèvre d'étanchéité 4, à la manière habituelle; la baguette 10 conserve une structure rigide et ne joue encore aucun rôle. Cet état du processus est en-général très bref et s'interrompt au bout de quelques minutes, lorsque les gaz chauds émis par le foyer d'incendie et qui s'introduisent dans l'espace ménagé entre le chant la et le tableau 7 ont porté la température de la baguette 10 à un degré voisin de 100-120 C. A partir de ce moment (figure 2),la surface dé la baguette qui se trouve au contact des gaz chauds se gonfle et le matériau qui constitue cette baguette perd sa structure rigide dans la zone de cette surface et émet une mousse plastique qui, peu à peu, d'une part progresse dans ledit espace,ctest-à-dire vers le foyer d'incendie, d'autre part vient occuper l'espace ménagé entre la lèvre 4 et la paroi opposée du joint. Pendant toute cette phase du processus, c'est-à-dire tant que la mousse 11 émise par la baguette 10 est à une température inférieure à environ 300 C, celle-ci constitue, vis-à-vis du premier joint 3, un joint auxiliaire qui contribue à éviter que des fumées et des gaz chauds s'échappent hors de l'appartement Par ailleurs, la mousse 11 constitue en même temps pour la lèvre 4 du joint un bouclier de protection thermique qui ralentit très notablement la montée en température de la lèvre et par suite, retarde l'instant auquel celle-ci devient dure et se craquèle. Dans une troisième phase du processus, la partie de la mousse 11 qui se trouve directement au contact des gaz chauds ou des flammes émises par le foyer d'incendie se transforme progressivement en une matière pulvérulente qui se consume mais qui est sans cesse alimentée par la mousse qui continue à prendre naissance au niveau de la baguette 10. Cette troisième phase apparaît lorsque la partie la plus chaude de la mousse atteint une température de l'ordre de 1. 200e (Figure 3). Cette matière pulvérulente n'a pas de qualités d'étanchéité particulières,-màis sa présence devant la mousse ralentit la combustion de celle-ci. De nombreux essais ont montré qu'en utilisant un matériau expansible du type mentionné dans ce qui précède sous la forme d'une baguette de quelques millimètres d'épaisseur et d'environ 1 cm de largeur, le processus se terminait toujours par la rupture du battant; ceci montre que grace à un dispositif d'étanchéité pare-feu conforme à l'invention, il est très facile d'élaborer un joint entre battant et dormant qui résiste plus longtemps que la porte, c'est-à-dire,si l'on considère les normes habituelles pour ces dernières pendant un temps supérieur à 1 H. 30 ou même à 3 H. Dans le cas moins fréquent où un incendie prendrait naissance dans les parties communes de l'immeuble, le joint tel que décrit dans ce qui précède résisterait moins longtemps,du fait qu'alors la lèvre 4 se trouverait directement en contact avec les gaz chauds venant de l'extérieur, n'étant pas protégée par de la mousse, mais le dispositif permettrait cependant de retarder considérablement l'instant auquel des fumées et gaz toxiques pourraient pénétrer dans l'appartement; en effet, avant que la lèvre 4 durcisse, se craquèle et perde ses qualités de joint, ce qui ne se produit que lorsque sa température atteint environ 300 à 4000, de la mousse s'est déjà formée derrière elle, c'est à-dire dans l'espace ménagé entre le chant la et le tableau 7, cette mousse, comme dans le cas précédemment envisagé, constituant alors un joint d'étanchéité auxiliaire qui supplée aux défaillances-du premier joint. REVENDICATIONS 1. Dispositif d'étanchéité pare-feu entre battant et dor mans, notamment d'une porte, fenêtre ou analogue, caractérisé en ce qu'il comporte, en combinaison, dans la feuillure du chambranle, un premier joint étanche aux gaz au moins à température ordinaire, et, associé audit joint tout le long de celui-ci, un élément réalisé en un matériau expansible sous l'effet de la chaleur et susceptible de constituer alors un second joint d'étanchéité, au moins à partir de la température pour laquelle le premier joint perd ses qualités propres. 2. Dispositif d'étanchéité selon la revendication 1, caractérisé en ce que,le premier joint comportant une partie active ou lèvre d'étanchéité souple et élastique disposée entre le battant et la battée de la feuillure, ledit élément est disposé de sorte que son expansion puisse s'effectuer dans ltespace limité par ladite lèvre et ménagé entre le chant du battant et le tableau du chambranle. 3. Dispositif d'étanchéité selon les revendications 1 ou 2,caractérisé en ce que le premier joint est réalisé sous la forme d'un profilé souple et élastique comportant une lèvre d'étanchéité et un contrefort engagé à force dans un logement ménagé le long de-la feuillure. 4. Dispositif d'étanchéité selon la revendication 3, caractérisé en ce que ledit logement est ménagé dans l'angle de la feuillure. 5. Dispositif d'étanchéité selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que ledit élément est fixé sur le premier joint. 6. Dispositif d'étanchéité selon les revendications 3 et 5, caractérisé en ce que ledit contrefort est pourvu d'une cannelure susceptible de recevoir ledit élément. 7. Dispositif d'étanchéité selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que ledit élément est réalisé sous la forme d'une baguette plate.