La présente invention concerne des appareils de mouillage. Il existe, dans de nombreux domaines, le besoin d'un mouillage pouvant être réglé avec précision. Comme exemples 5 particuliers, il y a lieu de citer les domaines du traitement du papier, où il peut être nécessaire d'ajuster la teneur en humidité d'un papier avant d'y effectuer une opération, et les techniques d'impression où, notamment en lithographie, il faut mouiller la plaque d'impression avant de l'encrer. 10 Les problèmes que l'on rencontrait dans les appareils de mouillage antérieurs sont illustrés, au mieux, en liaison avec l'impression. On transférait d'abord un liquide de mouillage (en général, de l'eau avec de petites quantités d'additifs) 15 à partir d'un conduit d'alimentation, au moyen d'un rouleau qui trempait dans le conduit. On traitait la surface du rouleau pour essayer d'obtenir des quantités uniformes et désirées de transfert de liquide. Le rouleau entrait en contact avec un train de rouleaux de mouillage aboutissant au rou-20 leau de la plaque. Ces traitements de surface sont difficiles. Cependant, le principal problème est de régler le taux de transfert d'eau, et d'empêcher l'émulsionnement provoqué par de l'encre revenant de la plaque d'impression par le train de 25 rouleaux de mouillage. En outre, il est en général nécessaire que la distribution de l'humidité sur une plaque d'impression ne soit pas uniforme (car, en général,l'impression n'est pas uniforme sur toute la plaque et cependant l'équilibre encre/liquide doit être sensiblement constant sur toute 30 celle-ci) et cette forme de réglage de ce type d'appareil de mouillage, pour produire unè distribution non-uniforme désirée, est extrêmement difficile. On a fait des tentatives, (voir, par exemple, les brevets britanniques Nos 9654-39 et 1125213) pour éviter la 35 contamination et l'émulsionnement du liquide en isolant la source de liquide de la plaque d'impression. Dans ces agencements, on fait tourner une brosse au contact d'une surface sur laquelle passe le liquide. Du fait que les soies de la brosse sont déviées par cette surface, lorsqu'elles sont en-40 traînées au-delà de celle-ci, elles se redressent brusquement 71 08259 2 2081831 et chassent d'elles-mêmes l'humidité qu'elles ont ramassée pour 11 envoyer sur un rouleau qui la transfère sur la plaque. Dans ces agencements, il n'y a pratiquement pas de contamination du liquide, et l'on peut réaliser le réglage 5 sur toute la largeur de la "brosse. Cependant, l'efficacité de ces agencements dépend du fait que les soies de la "brosse sont continuellement et fortement fléchies contre la surface d'appui, et subissent me usure importante. Elles ont aussi tendance à ramasser 10 de la poussière et à la déposer à l'extérieur du liquide lui-même, en particulier si on les laisse sécher à fond lorsqu'une presse ne marche pas. En partant de cette situation, l'invention a pour objet un appareil de mouillage qui projette un Jet de li-15 quide de mouillage, pour conserver ainsi les avantages du réglage et de la faible contamination mentionnés plus haut, sans utiliser, pour autant, l'action de flexion d'une broche à ces fins. L'invention fournit un appareil qui projette une 20 pulvérisation en entraînant une saillie d'un rotor à travers l'épaisseur du liquide de mouillage qui se répand sur un déversoir. La saillie ne touche pas le déversoir, mais ne fait que traverser le liquide qui s'y trouve. La vitesse à laquelle un liquide donné est projeté 25 dans un appareil donné dépend de la profondeur de pénétration dans son épaisseur et de la vitesse de rotation du rotor. Le nombre, la dimension et la forme des saillies détermineront, bien entendu, la capacité d'émission de liquide d'un appareil, dans un intervalle de vitesses de rotation 30 donné. Les saillies peuvent pénétrer dans le liquide avant, Juste sur le «déversoir, ou au delà du déversoir, dans le sens de l'écoulement du liquide, et elles peuvent agir pour projeter une pulvérisation dans un intervalle d'angles étendu 35 par rapport à l'horizontale . On peut réaliser le réglage de non-uniformité sur la plaque au moyen d'obturateurs qui interceptent partiellement ou totalement la pulvérisation projetée, suivant différentes quantités sur la longueur axiale de l'appareil. 71 08259 5 2081831 On réalise ainsi un dispositif de mouillage hautement réglable et adaptable, ne comportant pas l'inconvénient important des appareils connus de type à brosse, résidant dans l'usure des brosses. 5 On décrira à présent un mode d'exécution particu lier d'appareil destiné à être utilisé dans line presse à imprimer, à titre d'exemple non limitatif, en se référant au dessin annexé sur lequel : La figure 1 représente schématiquement, en vue 10 latérale, une presse rotative à imprimer de retiration offset , munie de 1'appareil de mouillage. La figure 2 est une coupe transversale de l'appareil de mouillage de la figure 4. La figure 3 est une vue détaillée d'une partie de 15 la figure 2, représentant l'action de coupe à travers le liquide. La figure 4 est une vue en perspective de l'appareil de mouillage, avec arrachement de certains éléments, pour des raisons de clarté. 20 Le mode d'exécution de l'appareil de mouillage qui va être décrit s'applique, par exemple, au mouillage du papier ou d'autres nappes, pour influencer leurs caractéristiques de manipulation, ou au mouillage de plaquas d'impression dans une machine à imprimer. C'est dans ce 25 dernier contexte qu'on va particulièrement le décrire. La figure 1 représente, schématiquement, une presse à imprimer 1, sous forme de presse lithographique offset rotative de retiration. L'invention s'applique également à d'autres types de presses où il faut mouiller la 30 plaque. • Des rouleaux à blanchet 2 et 3 entrent en contact avec les faces opposées d'une nappe 4. Des rouleaux 5,6 * de plaque entrent respectivement en contact- avec les rouleaux 2 et 3« Les plaques sur les rouleaux, à plaques 5 et 6 sont 35 encrées par des trains d'encrage désignés respectivement par les références 7 et 8. Avant d'être encrées, les plaques des rouleaux à plaque sont mouillées par des trains de liquide de mouillage respectifs 9 et 10. Du liquide est. répandu sur les premiers 40 rouleaux 11 et 12 de ôhacun de ces trains en une pulvérisation 71 08259 * 2081831 projetée par des appareils de mouillage, désignés respectivement ici par les références générales 13, 14. Les appareils 13, sont identiques et vont être à présent décrits avec davantage de détails en se référant aux autres figures. 5 Si l'on se réfère d'abord à la figure 2, l'appareil de mouillage 13 ou 14 comporte -un rotor 15 constitué par un noyau 16 sur lequel sont disposés alternativement des anneaux 17 de fine matière en feuille (comme des cales d'épaisseur en laiton, une matière polyester) comportant 10 chacun des saillies radiales 18 dans le plan de la feuille. Les saillies peuvent présenter une certaine flexibilité dans des directions parallèles à l'axe du rotor, mais elles sont rigides dans des directions tangentielles par rapport audit rotor. 15 Ces saillies s'amincissent symétriquement vers leur plus grand rayon, mais comportent, en ce plus grand rayon, une extrémité arquée 20 centrée sur l'axe de rotation 19 du rotor. D'autres formes de saillies sont, bien entendu, possibles. 20 Les bords des saillies 19 n'ont pas besoin d'être effilés, de sorte que l'on peut fabriquer les anneaux 17 par une simple opération de poinçonnage, ou par une opération de coupe effectuée sur un tas serré d'ébauches de formes grossières. 25 Les anneaux 17 sont séparés, dans le rotor, par des pièces d'espacement 21 (figure 4), tout l'ensemble étant serré ensemble axialement sur le noyau 16. Les saillies 18 sont disposées alternativement suivant l'axe du rotor, de façon que des saillies qui se trou-30 vent sur des anneaux 17 adjacents n'agissent pas en même temps sur le liquide de mouillage. Le rotor 15 est entraîné en rotation, dans des tourillons disposés dans des plaques latérales 22 de l'appareil, par un moteur (non représenté). Un couvercle pro-35 tecteur 23 repose en haut des plaques latérales et sur toute la longueur axiale du rotor. L'axe de rotation 19 du rotor est écarté au-dessus d'un bord 25 d'un bac 26 contenant le liquide de mouillage. Le liquide est envoyé continuellement dans le bac 40 26 par une admission 27 et un tube distributeur 28 comportant 71 08259 5 2081831 de petits trous de sortie 29 dans sa surface inférieure répartis sur sa longueur. A l'une des extrémités du "bac se trouve une petite décharge 30 ouverte en permanence, par laquelle le liquide peut passer dans un puisard 31 et un 5 tuyau d'écoulement 32 pour être recyclé. Cependant, le débit d'alimentation en liquide par le tube 28 est supérieur au débit suivant lequel il peut s'échapper par la décharge 30. La face 33 du bac opposée au bord 25 est située plus haut que le bord 25, de sorte que 10 le liquide en excès envoyé dans le bac 26 ne peut s'échapper qu'en s'écoulant par-dessus le bord 25* Ce bord 25 est agencé de façon à être exactement horizontal, de sorte que le liquide déborde de manière approximativement uniforme sur toute sa longueur. Il se 15 forme ainsi une couche de liquide 35 constamment renouvelée, non limitée horizontalement (figuré 3) dont l'épaisseur est déterminée principalement, pour un liquide donné, par le débit excédentaire. La distance séparant le bord 25 de l'axe 19 est 20 légèrement supérieure au plus grand rayon des saillies 18, de sorte que, lorsque le rotor tourne dans le sens de la flèche A sur la figure 2, les saillies pénètrent successivement et à plusieurs reprises dans cette couche de liquide, dans la région du déversoir formé par le bord 25- C'est ce 25 que représente schématiquement la figure 3, où le lieu géométrique des bords 20 est représenté par la ligne en pointillés 36. Il en résulte qu'une pulvérisation de liquide 37 est projetée à l'extérieur à partir du rotor. 30 La direction de la projection de cette pulvérisa tion est gouvernée, en premier lieu, par les plans verticaux correspondants occupés par le bord 25 et l'axe 19» Dans le présent mode d'exécution, l'axe 19 se trouve dans un plan vertical décalé du plan vertical contenant le bord 25 dans 35 le sens amont (c'est-à-dire vers la gauche, sur les figures) et d'approximativement 3 mm. L'axe 19 et le bord 25 peuvent cependant se trouver dans des plans verticaux coïncidants, ou bien l'axe 19 peut être décalé légèrement en aval du bord 25, ce qui donne 40 dans chaque cas à la pulvérisation une trajectoire de plus 08259 ' 2081831 en plus au-dessous de l'horizontale. L'action des saillies alternées 18 sur le liquide lorsqu'il déborde contribue à la répartition dudit liquide et à l'uniformité de débit entre les différents points de 5 la longueur du bord. Le liquide en excès qui s'écoule par-dessus le bord 25, non pulvérisé à l'extérieur sous l'action du rotor, descend en suivant une portion inclinée 38 d'une paroi frontale 39 du bac 26, pour tomber, de là, dans une rigole ré-10 ceptrice 40 à une extrémité de laquelle se trouve une ouverture de sortie 41 aboutissant au puisard 31 et au tuyau d'écoulement 32. La pulvérisation 37 est dirigée sur le rouleau 11 ou 12 qui est le premier rouleau du train de transfert 15 de liquide de mouillage. Dans d'autres agencements, elle peut être reçue directement par un rouleau formeur se déplaçant sur la plaque d'impression. Une paroi antérieure 42 de la rigole 40 constitue un support pour un obturateur mobile 43 qui commande la 20 répartition du liquide reçu par la plaque, sur sa largeur axiale. Le débit sous lequel le liquide est pulvérisé est commandé (pour un liquide et une forme de rotor donnés) par la vitesse de rotation du rotor 15 (pouvant être , par exem-25 pie, réglée à environ 800 à 1200, de préférence 1000 tours à la minute) ; ce réglage est effectué par un opérateur de la machine. Cette vitesse de rotation relativement élevée contribue à l'auto-nettoyage du rotor. Il est aussi commandé par la profondeur à laquelle les saillies pénètrent dans 30 la couche 35, que l'on peut ajuster, par exemple en "soulevant le liquide "(c'est-à-dire en soulevant le bord 25 du déversoir ou en augmentant le débit du liquide par-dessus ce déversoir) ou en déplaçant l'axe de rotation 19 du rotor. Dans tous les cas, aucune partie du rotor ne doit toucher 35 le déversoir. Comme on l'a mentionné, la répartition est commandée par les obturateurs 43» Comme le montrent au mieux les figures 2 et 4, les obturateurs 43 sont des plaques en T qui coulissent sur la paroi frontale 42 de la rigole 40. 08259 7 2081831 Les surfaces inférieures des ailes 44 du T reposent respectivement sur des disques excentriques 45 montés sur des arbres de réglage 46 qui traversent, dans un manchon hermétique 47, le bac 26 et comportent une poignée 48 5 permettant à l'opérateur de régler la position angulaire de l'arbre et, par suite, du disque 45, et le niveau de l'aile 44 de l'obturateur 43 avec lequel entre en contact ce disque particulier. Un verrou à friction 49 maintient l'arbre dans la position choisie. "10 Une extrémité 50 de chaque obturateur 43 est gou jonnée pour surplomber et chevaucher l'autre extrémité de l'obturateur adjacent 43. Le liquide de la pulvérisation est intercepté par chaque obturateur 43 dans une mesure déterminée par la 15 hauteur à laquelle cet obturateur particulier est réglé. Le degré de réglage doit être suffisant pour permettre d'interrompre complètement la pulvérisation au moyen d'un obturateur 43 quelconque. Le montage des obturateurs 43 est tel qu'ils peuvent basculer légèrement vers l'horizon-20 taie pour donner davantage de finesse au réglage. Le liquide reçu par les obturateurs s'éeoule vers le bas, le long de leur face intérieure, dans la rigole 40, pour être évacué par la décharge 41 et être recyclé. Le liquide reçu sur le bord des obturateurs et 25 passant par-dessus, ou la pulvérisation de retour rebondissant des rouleaux 11 et 12 tombe goutte à goutte suivant la face antérieure de la paroi 42 sur un bord d'égouttage 51 situé à sa base, et de là dans un plateau d'égouttage 52 qui reçoit aussi les gouttes tombant directement des 30 -rouleaux 11 et 12. Il est préférable que ce liquide, qui peut être légèrement contaminé par des traces d'encre sur les rouleaux 11 et 12, ne soit pas recyclé. L'ensemble de la structure du bac et de la rigole 26, 40 dont les parois terminales 54 sont ajustées à 35 l'écart et à l'intérieur des plaques terminales 22 qui supportent le rotor, est supporté sur une plaque coulissante 53 e"k peut être retiré de dessous le rotor aans le toucher. Le plateau d'égouttage 52 peut être également retiré séparément. 08259 8 2081831 REVENDICATIONS 1.- Appareil de mouillage dans lequel une pulvérisation de liquide de mouillage est projetée d'un rotor, caractérisé en ce qu'il comprend un déversoir par-dessus 5 lequel se répand le liquide de mouillage, et des saillies sur le rotor pour pénétrer dans l'épaisseur du liquide lorsqu'il se répand, sans heurter le déversoir. 2.- Appareil selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comporte un "bac présentant un "bord hori- 0 zontal faisant saillie vers le haut, des moyens pour faire passer le liquide dans le "bac de façon qu'il se déverse continuellement par-dessus le "bord, un rotor tangentielle-ment rigide présentant un axe de rotation parallèle audit bord et écarté de lui d'une distance donnée, et des sailli? lies sur le rotor dont le plus grand rayon est légèrement inférieur à ladite distance, de façon que les saillies pénètrent dans l'épaisseur du liquide qui se déverse pardessus le déversoir pour être projeté sous forme de pulvérisation. 0 3«- Appareil selon la revendication 2, carac térisé en ce que l'axe de rotation du rotor est dans un plan vertical décalé du plan vertical contenant le bord de déversement, et en aval dudit bord. 4-.- Appareil selon la revendication 2 ou 3, ea-5 ractérisé en ce qu'un grand nombre d'obturateurs sont écartés dudit bord et peuvent être interposés chacun dans le trajet de la pulvérisation projetée à partir du rotor et en être retirés séparément. 5.- Appareil selon l'une des revendications 2, 3 0 ou 4-, caractérisé en ce qu'il est combiné avec une machine à imprimer dont il fait partie, et avec des moyens pour transférer le liquide pulvérisé par le rotor vers un rouleau à plaque de ladite machine à imprimer. 6.- Procédé de mouillage d'une plaque d'impres-5 sion au cours d'un processus d'impression lithographique, caractérisé en ce que l'on fait passer continuellement le liquide de mouillage par-dessus un déversoir, on entraîne un rotor en rotation, pour faire en sorte que des saillies du rotor pénètrent dans l'épaisseur de liquide qui se trou-0 ve sur le déversoir sans heurter ledit déversoir et qu'elles 06259 ' 2081831 projettent une pulvérisation de liquide à partir de celui-ci, et on applique au moins une partie du liquide pulvérisé sur une plaque d'impression. 7» Procédé selon la revendication 6, caractérisé en ce que l'on fait tourner le rotor à une vitesse d'environ 800 tours par minute à environ 1200 tours par minute.