La présente invention concerne les mortiers à tir rapide, c'est- à-dire les pièces à tir courbe de calibre moyen et à haute puissance de feu et plus particulièrement les mortiers à chargement par l'arrière. L'augmentation de la cadence de tir des mortiers a imposé leur chargement arrière par la culasse. De plus, la mobilité de ces mortiers nécessite leur adaptation sur un véhicule porteur, le plus souvent léger le tube du mortier est alors mobile par rapport au support, du type cou- lissant et équipé d'un amortisseur de l'effort subi par le support du canon à chaque tir. On connaît un mortier de ce type, mais à chargement unitaire manuel sans magasin, ce qui rend ce chargement pénible et ralentit la cadence, notamment en tir vertical. Lors de l'utilisation de ce mortier sur un véhi- cule porteur protégé, l'intérieur de ce dernier et la chambre d'explo- -.iciii mis en communication lors de l'ouverture de la culasse, *ce qui implique les inconvénients d'inhalation de gaz toxiques par les servants, inconvénients auxquels on tente de remédier par une forte aspiration de ces gaz ou par la création d'une surpression à l'intérieur du véhicule. D'autre part, l'encombrement de la boite de culasse est important et cons- titue un inconvénient en tir vertical. Le brevet français 2 163 932 décrit un autre mortier de ce type équipé d'un ou plusieurs pots de chargement unitaires solidaires de la partie mobile d'une culasse à coin, se plaçant, en position de tir, dans le prolongement arrière du tube et étant remplis par gravité. Ces pots de chargement sont donc mobiles par rapport à l'affût du canon, et jar con- séquent, ne permettent pas de remédier aux difficultés d'évacuation des gaz de combustion si le mortier est chargé à partir d'un espace clos, par exemple l'intérieur d'un véhicule porteur léger. On connaît d'autre part des mortiers à magasin de munition consti- tué par un barillet mais dont le tube n'est pas mobile par rapport à l'af- fût, ce qui, comme on l'a dit plus haut, empêche leur adaptation sur un véhicule porteur léger et ne résoud pas les difficultés précitées d'éva- cuation des gaz hors de l'espace clos constitué par l'intérieur du véhi- cule o se trouvent les servants. En évitant les inconvénients qui viennent d'être mentionnés, l'in- vention a pour objet un mortier, du type comportant d'une part un tube -2- mobile pendant le tir par rapport à un support, et d'autre part un ba- rillet à munitions, solidaire en translation du tube, et présentant au moins deux chambres pouvant être placées l'une à un poste de tir et l'autre à un poste d'alimentation, ce mortier étant caractérisé en ce cue les chambres comportant des moyens pour assurer leur fixité par rapport au support lorsqu'elles sont placées à au moins un poste autre que le poste de tir. Dans un mode préféré de réalisation, les moyens pour assurer la fixité de la chambre comportent une fourrure, de préférence cylindrique, coulissant dans un barillet entre une position de repos et une position de recul lors du tir. De-préférence, un poste d'évacuation des gaz est situé entre le poste de tir et le poste d'alimentation dans le sens de rotation du baril- let. Lorsque le mortier conforme à l'invention est utilisé pour tirer à partir d'un espace clos, l'une des butées du poste d'évacuation peut avantageusement comporter des moyens d'évacuation des gaz vers l'extérieur. L'invention permet donc d'obtenir un mortier à tir rapide possédant une excellente ergonomie de chargement, due à la fixité de la chambre placée au poste correspondantet susceptible d'être utilisé à partir d'un espace clos sans que les dégagements de gaz toxiques abondants à haute cadence incommodent le personnel chargeur. De plus l'encombrement à l'arrière de l'arme se trouve réduit au maximum, ce qui est particulièrement favorable dans le cas d'une implan- tation sur véhicule protégé. D'autres avantages ressortiront de la description ci-après d'un mode de réalisation, sans caractère limitatif, d'un mortier selon l'invention, en référence aux dessins annexés sur lesquels - la figure 1 représente une coupe brisée du mortier suivant l'axe du tube et l'axe du poste de chargement, le mortier étant prêt au tir, 3o - la figure 2 représente une coupe brisée du mortier suivant l'axe du tube et l'axe du poste d'aspiration, le mortier étant dans la même position qu'à la figure 1, la figure 3 représente le mortier en fonctionnement, suivant la même coupe que la figure 1, - la figure 4 représente le mortier en fonctionnement, suivant la même coupe que la figure 2, -3- - la figure 5 représente une coupe suivant DD du barillet seul équipé de ses fourrures suivant un plan perpendiculaire à son axe de rotation, - la figure 6 représente une coupe suivant CC de la figure 2 et enfin, - la figure 7 représente une vue suivant F, montrant la partier arrière du mortier. Le mortier suivant la figure 1 comporte un bâti 1, ou support, sus- pendutpar des tourillons 2, ou une rotule, au toit 3 d'une casemate ou d'une tourelle, délimitant ainsi un espace clos occupé par les servants de l'arme. Le mortier comporte un tube 4 solidaire de la culasse 5 qui sup- porte le mécanisme de percussion (non représenté), et qui comporte un axe 6, parallèle à l'axe du tube 4, sur lequel peut tourner un barillet 7. Le tube 4 est mobile en translation par rapport au support 1 par l'in- termédiaire d'un lien élastique 12 comportant des ressorts récupérateurs 4a. Le barillet 7 comporte trois chambres identiques 8,9 et 10 (figure 5) équidistantes de l'axe 6 et qui, dans le mode de réalisation représenté, sont placées à 1200 les unes des autres par rapport à lui. Un mécanisme d'entraînement en rotation (non représenté) le fait tourner de 1200 dans le sens de la flèche H lorsque le tube 4 revient en batterie après un tir. Sur les figures 1,2 et 5 la chambre 8 se trouve placée à un poste de tir X o elle se trouve dans l'alignement du tube 4, la chambre 9 à un poste d'évacuation des gaz Y et la chambre 10 à un poste de chargement Z. A partir de cette position, une rotation de 1200 du barillet 7 au- tour de son axe 6 amènerait donc respectivement les chambres 8,9 et 10 aux postes Y,Z et X, et une deuxième rotation de 1200 les amènerait ensuite respectivement aux postes Z,X et Y. Chacune des chambres 8,9 ou 10 comporte une fourrure lailbl ou tic coulissant dans le barillet 7 parallèlement à l'axe 6. Les diamètres inté- rieurs des fourrures 1la,1lb et 11c sont égaux à celui du tube 4. A sa partie arrière, le bâti 1 comporte un carter 13 de protection de la partie du barillet 7 qui se trouve en dehors de la culasse 5. Le carter 13 comporte à sa partie avant, ou haute, une face d'appui 13a constituant une butée avant pour les fourrures lla11b et "1c lorsqu' elles sont en dehors de la culasse 5. Solidaire du bâti 1, la butée 13a est de ce fait fixe par rapport à lui. Au droit du poste d'évacuation des gaz Y, la face d'appui 13a est percée d'un orifice 13b d'admission d'air de ventilation, tandis qu'au droit du poste de chargement Z elle est percée d'une ouverture de charge- ment 18 permettant le passage d'une munition, et alignée sur celle des fourrures lla"l b ou 11c qui se trouve au poste Z. Le carter 13 comporte également une butée arrière 14 pour le poste de chargement Z, sur laquelle porte la fourrure Ila'llb ou 11c qui se trouve en Z, ainsi qu'une butée arrière tubulaire 15 pour le poste d'éva- cuation Y. La butée 15 se trouve appliquée de manière étanche sur la fourrure llarllb ou 11c qui se trouve en Y, et elle est percée d'un orifice d'éva- cuation 19 raccordé à des moyens d'aspiration des gaz vers l'extérieur (non représentés). Pour exposer le mode de fonctionnement du mortier qui vient d'être décrit, on suppose que la pièce vient de revenir en batterie après un coup de feu. L'ensemble se trouve alors dans la position représentée par les figures 1 et 2. La chambre placée au poste de tir X, c'est-à-dire ici la chambre 8, contient une munition prête au tir (figures 1 et 2), tandis que la chambre 9, placée au poste d'évacuation Y, se purge des gaz brûlés du coup précédent grâce à l'entrée d'air frais par l'orifice 13b, et à la sortie des gaz par l'orifice 19 de la butée tubulaire 15. La chambre 10, qui se trouve au poste de chargement Z est prête à recevoir une nouvelle munition. - Si l'on met à feu la munition du poste X, le tube 4, la culasse 5 et le barillet 7 reculent ainsi que la fourrure lla, tandis que les four- rures ll et 11 Cmaintenues entre la face 13a formant butée haute et leurs butées basses respectives 14 et 15, restent immobiles. La position cor- respondante des différents éléments est représentée sur les figures 3 et 4, qui montrent le début de la mise en place d'une nouvelle munition 17 dans la chambre 10 au poste de chargement Z ainsi que la continuation de l'évacua- tion des gaz brûlés de la chambre 9 au poste Y. Tout de suite après le retour en batterie, la nouvelle munition se trouve en place dans la chambre 10 et la chambre 9 est à nouveau rem- plie d'air frais. Il suffit alors de faire tourner de 120 le barillet 7, comme le fait automatiquement le mécanisme mentionné plus haut, pour que l'ensemble se retrouve dans une situation semblable à celle des figures 1 et 2, à la position du barillet près. On peut donc mettre à feu la -5 - 2479442 nouvelle munition qui occupe le poste de tir X pour recommencer une nou- velle séquence identique à celle qui vient d'être décrite. On voit donc que le chargement en munition s'effectue presque complè- tement en temps masqué, la cadence obtenue étant essentiellement condi- tionnée par le temps de recul et de retour en batterie de l'arme et pouvant ainsi atteindre le maximum compatible avec le lien élastique 12. D'autre part, l'évacuation des gaz restant dans la chambre après le tir est également réalisée en temps masqué et les émissions toxiques de l'arme sont éliminées sans réduction de la cadence. Pour tirer le premier coup d'une salve, la procédure à suivre est d'introduire une munition au poste de chargement Z puis de tourner le baril- let 7 de 1200 pour amener la chambre correspondante au poste de tir. L'on se trouve alors ramené à la situation des figures 1 et 2 et la séquence de tir précédemment exposée peut débuter. Le mode de réalisation de l'invention qui vient d'être décrit n'est pas le seul envisageable et de nombreuses autres versions sont possibles. Le mortier peut en particulier être tourillonné d'une manière dif- férente de celle qui a été indiquée, l'axe de rotation pouvant se trouver plus près et même éventuellement au-delà de la culasse 5, et ne pas être placé en casemate. On peut également envisager un mortier comportant seulement un poste de chargement et un poste de tir, le poste d'évacuation des gaz étant sup- primé, qui permettrait une cadence élevée à condition de tirer àapartir d'un local ouvert. Le barillet peut aussi comporter plus de trois postes, les postes supplémentaires pouvant être utilisés pour diverses fonctions, telles que le réglage des charges ou le réglage des fusées. Par ailleurs, le poste d'évacuation des gaz peut être conçu de ma- nière à reculer avec le barillet, ce qui permet d'éliminer la butée ar- rière correspondante au prix d'une certaine complication des moyens d'ex- traction des gaz. Enfin, les moyens d'immobilisation des chambres lors du recul peu- vent être différents des butées décrites et comporter par exemple des cames ou des doigts escamotables, et les moyens d'entraînement en rota- tion du barillet peuvent être commandés - et éventuellement manuellement- séparément au lieu de l'être automatiquement. -6- 2479442 REVENDICATIONS t - Mortier à tir rapide, comportant d'une part un tube mobile pendant le tir par rapport à un support et d'autre part un barillet à munitions;so- lidaire en translation du tubeet comprenant au moins deux chambres pou- vant être placées l'une à un poste de tir et l'autre à un poste d'alimen- tation, caractérisé en ce que les chambres comportant des moyens pour as- surer leur fixité par rapport au support lors du tir lorsqu'elles sont placées à au moins un poste autre que le poste de tir. 2 - Mortier selon la revendication 1, caractérisé en ce que les moyens pour assurer la fixité comportent une fourrure cylindrique coulissant dans le barillet entre une position de repos et une position de recul lors du tir. 3 - Mortier selon la revendication 2, caractérisé en ce que les postes au- tres que le poste de tir comportent une butée avant et une butée arrière solidaires du support et coopérant lorsque la chambre se trouve à ce poste avec la fourrure coulissante correspondante, - - Mortier selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que le poste d'alimentation comporte une orifice fixe par rapport au suDport et permettant d'introduire une munition dans la chambre qui se trouve à pos- te, celle-ci étant également fixe par rapport au support. - Mortier selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce qu'il comporte un poste d'évacuation des gaz situé entre le poste de tir et le poste d'alimentation dans le sens de rotation du barillet. 6 - Mortier selon la revendication 5, tirant à partir d'un espace clos, caractérisé en ce que la chambre placée au poste d'évacuation se trouve en communication avec des moyens d'évacuation des gaz vers l'extérieur. 7 - Mortier selon les revendications 3 et 6, caractérisé en ce que l'une des butées du poste d'évacuation se trouve appliquée de manière étanche sur la fourrure placée à poste et comporte un orifice d'admission de l'air, tandis que l'autre butée présente une forme tubulaire dont une extrémité est appliquée sur la tranche correspondante de la fourrure et qui comporte un orifice d'aspiration vers l'extérieur. 8 - Mortier selon la revendication 7, caractérisé en ce que la butée avant du poste d'évacuation se trouve appliquée de manière étanche sur la four- rure placée à poste et comporte un orifice d'admission d'air, tandis que la butée arrière présente une forme tubulaire dont une extrémité est ap- pliquée sur la tranche arrière de la fourrure, traverse cette butée tubu- laire arrière présentant un orifice pour l'aspiration des gaz vers l'ex- térieur.