L'invention porte sur une délimitation en éléments prefabriqués, notamment en béton, de surfaces au sol, en particulier d'aires de circulation, chaussées, places, etc. Les délimitations, bordures ou séparations de surfaces, de type massif ou à base d'éléments nassifs, en usage jusqutà présent, étaient réalisées ou bien en béton coulé sur place ou bien en éléments préfabriqués reposant sur une fondation massive continue et ancrés sur celle-ci au moins par effet de liaison. En dehors du coût financier, de la main-d'oeuvre et du temps nécessaires à la confection d'une telle fondation qui doit s'élever à un niveau déterminé, ces bordures connues présentent l'inconvénient que la semelle, continue au moins en partie et qui doit s'appuyer sur un terrain ferme et de ce fait être ancrée a une profondeur suffisante, gênait et perturbait considérablement le traitement, la réfection ou le renouvellement du revêtement ou de l'infrastructure d'une aire de circulation voisine. Cela s'applique notamment aux voies et aires de circulation dont l'infrastructure est constituée de matériaux du genre granuleux ou morcelés qui nécessitent, pour éviter l'apparition de tassements et d'inégalités locales ou en vue de leur nivellement, un traitement périodique, par exemple de compactage, de nettoyage, d'apport complémentaire etc., comme c'est le cas par exemple pour la fondation d'une superstructure de chemins de fer, ctestà-dire pour le ballast.C'est tout particulièrement dans ces cas qu'il est très important de ne pas créer d'isolations herméti ques- et massives, en quelque sorte à âme pleine, entre les infrastructures de voies et d'aires de circulation voisines jusqu'au substratum ferme. I1 est apparu, au contraire, indiqué de choisir pour les couches inférieures, généralement homogènes, de l'infrastructure une délimitation qui, tout en traversant et délimitant de façon massive et solide - ce qui est souhaitable la partie supérieure, et notamment la partie visible relevant du revêtement artificiel proprement dit de la voie, pour justement permettre des travaux, réfections, renouvellements et entretien individuels de chaque voie sans gêne de la structure de l'aire voisine, reste, par contre, ouverte dans la partie inférieure relevant de l'infrastructure, c'est-à-dire une délimitation qui ne présente pas une structure raide, rigide et compacte, mais, au contraire, articulée et qui soit néanmoins ancrée de façon fiable et sans tassements dans le sol naturel. En outre, la présente invention a pour objectif de réaliser une délimitation de type décrit ci-dessus en simplifiant au maximum la pose de ses éléments constitutifs eu égard au respect de leur position prescrite et de la constitution d'une ligne continue à niveau prédéterminé exact et à orientation latérale tout aussi précise, tout en renonçant à la fabrication préalable coûteuse d'une fondation continue mise à niveau et en s'attachant à a' ce que, même en cas de fondation profonde de la délimitation de bordure, seuls ses éléments préfabriqués, et non la fondation elle-même, nécessitent un alignement latéral et vertical précis. Ces objectifs de l'invention sont atteints dans leurs caractéristiques essentielles par le fait. que les éléments préfabriqués disposés longitudinalement et en alignement sont munis de cavités ouvertes et sont placés, en vue de leur ancrage fixe en position correcte, avec lesdites cavités tournées vers le bas, sur des pieux, poteaux, ou autres,ancrés dans le sol ferme à intervalles de préférence réguliers et dont les têtes, situées de préférence a des niveaux au moins approximativement identiques ou inclinés régulièrement, s'emboîtent dans les cavités des éléments préfabriqués. Entre les têtes de ces pieux, d'une part, et les parois des cavités, d'autre part, un certain jeu peut subsister si bien qu'un alignement vertical et horizontal des pieux n'est pas nécessaire. Grace à ce jeu, l'alignement des éléments préfabriqués concrétisant la délimitation, posés sur les pieux, peut même se faire après la pose, étant entendu qu'il suffit alors de veiller à ce que l'orientation prescrite et obtenue de ces éléments préfabriqués reste maintenue par une fixation des éléments entre eux et par rapport aux têtes de pieux. Cela simplifie considérablement la mise en place des pieux dans le sol ferme, puisqu'il suffit d'ajuster seulement leurs têtes approximativement à la direction et au niveau de la délimitation, alors que le respect de l'orien- tation et de la position verticale précises reste réservé à l'étape de la pose des éléments préfabriqués, ce qui est alors beaucoup plus facile. Dans le cadre de la présente invention, les divers éléments préfabriqués peuvent présenter une cavité unique, commune à plusieurs têtes de pieux, mais il est préférable de prévoir pour chaque pieu ou similaire des cavités distinctes dans les éléments préfabriqués, dans chacune desquelles les têtes de pieu pourront se loger avec un jeu suffisant. Dans ce mode de réalisation, la fixation de la tête de pieu dans la cavité est plus facile et plus fiable, du fait que chaque tête de pieu est entourée par la ou les parois latérales de la cavité. Un des principaux avantages de la solution objet de la presente invention réside dans le fait que les éléments préfabriqués sont posés dans une zone de niveau qui relève de l'aire de circulation proprement dite et qui se trouve au-dessus d'un remblai couvrant le sol et portant une aire de circulation, chaussée ou autre, alors que les pieux ou similaires peuvent s'étendre plus profondément dans un sol ferme, de préférence naturel, commun aux aires de terrain à délimiter et situé audessous de l'infrastructure des aires de circulation ou autres. Pour fixer les têtes de pieux et maintenir la position exigée des divers éléments préfabriqués ou le tracé prescrit de la ligne formée par ces éléments préfabriqués, des mesures diverses peuvent être prises dans le cadre de la présente invention, mais il est recommandé - conformément à une autre caractéristique de la présente invention - que les cavités des éléments préfabriqués communiquent avec leur face supérieure libre par des canaux grâce auxquels on pourra - après pose des éléments préfabriqués - remplir les cavités d'un matériau de remplissage de préférence durcissable tel que le béton en vue de l'ancrage définitif des têtes de pieux.D'autre part, pour maintenir le tracé prescrit de la ligne constituée par les éléments préfabriqués, ceux-ci peuvent être reliés ou accouplés entre eux par leurs faces contiguës, soit en s'emboitant solidairement par exemple par des ensembles de rainure et languette saillante, soit a l'aide- d'au moins un organe de liaison, par exemple cheville, ressort indépendant ou autre, soit enfin par le fait que ces faces délimitent ensemble au moins un espace creux et se trouvent reliées entre elles par la charge d'un matériau de remplissage durcissable, notamment du béton, introduite dans cette cavité. L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui suit de certains de ses modes de réalisation, donnés à titre illustratif, mais nullement limitatif. Dans cette description, on se réfère aux dessins annexés, sur lesquels - les fig. i et 2 représentent en coupe suivant la ligne I-I de la fig. 3, une délimitation séparant deux aires de circulation selon deux agencements conformes à l'invention, et - la fig. 3 est une vue de dessus suivant la ligne III-III de la fig. 1 ou de la fig. 2, les parties gauche et droite de cette fig. 3 illustrant diverses variantes d'exécution de la liaison entre eux des éléments préfabriqués. La délimitation représentée à titre d'exemple sur les figures se compose d'éléments préfabriqués 1 qui sont juxtaposés et alignés selon un tracé longitudinal. Ces éléments préfabriqués comportent des cavités 2 ouvertes et ils sont places, en vue de leur ancrage fixe en position correcte, avec leurs cavités 2 tournées vers le bas, sur des pieux 5. Ces pieux sont ancrés dans le sol ferme 3 et sont disposés de préférence à des distances 4 régulières les uns des autres ; les têtes 6 de ces pieux se trouvant sensiblement au même niveau s'emboîtent avec un jeu dans les cavités 2 précitées ; une cavité 2 séparée est prévue pour chaque pieu 5. Dans les aires de circulation à délimiter, il s'agit, à titre d'exemple, - à gauche de la délimitation - d'un parking dont le revêtement en éléments moulés 7 repose sur une couche de sable fin 8 et sur une infrastructure 9 à base de cailloux ou autres et - à droite de la délimitation - d'une superstructure classique de chemins de fer comprenant un ballast 10, des traverses i, et des rails 12., Comme il ressort du dessin, les éléments préfabriqués 1 sont placés dans une plage de niveau relevant de la surface de circulation proprement dite, composée du revêtement en éléments moulés 7 et de la couche de sable fin 8, plage de niveau se trouvant au-dessus du remblai couvrant le sol naturel 3, supportant la surface de circulation et concrétisé par l'infrastruc ture 9 et le ballast 10. Les pieux 5, par contre, - en tant que fondation des éléments préfabriqués 1-s'étendent dans le terrain ferme 3 situé plus bas qui est commun aux deux aires de surface à délimiter. Les cavités 2 des éléments préfabriqués 1 sont reliées à leur face supérieure libre par des canaux 13 par lesquels les cavités 2 peuvent être remplies, après pose de ces éléments préfabriqués, d'un matériau de remplissage, de préférence du béton durcissable, en vue d'assurer l'ancrage définitif des têtes de pieux 6. Les éléments préfabriqués 1 sont réunis en une ligne par aboutement de leurs faces frontales 14 contiguës. La partie gauche de la fig. 3 représente- une forme d' exécution d'une telle jonction, dans laquelle les faces antérieures de deux éléments préfabriqués 1 voisins délimitent ensemble une cavité commune 15 et se trouvent réunies par l'introduction dans cette cavité d'un matériau de remplissage durci, notamment de béton. Le canal servant à cet effet est repéré par 15'. La partie droite de la fig. 3 représente une forme d'exécution dans laquelle les faces antérieures des éléments préfabriqués l sont reliées solidairement par emboîtement, par exemple, une languette 17 d'un élément dans une rainure 16 de l'élément voisin. En alternative, on pourrait également prévoir une liaison des faces frontales par un organe de jonction, par exemple, par une cheville, un élément d'accouplement, un ressort indépendant ou autres. La fig. 2 représente une variante du type d'exécution présenté en fig. 1, afin d'illustrer le fait que le revêtement en éléments moulés 7 et les rails 12 peuvent avantageusement s'étendre jusqu'au niveau des éléments préfabriqués 1. Bien entendu, il existe, par ailleurs, de nombreuses autres variantes à l'égard du niveau d'aires de circulation limitrophes, l'invention présentant l'avantage particulier que cette plage de variation est relativement importante et, en fin de compte, fonction seulement de la hauteur des éléments préfabriqués 1,quit à son tour, peut être adaptée cas par cas à la marge souhaitée. REVENDICATIONS 1. Délimitation de surfaces au sol, notamment d'aires de circulation, chaussées, places, etc., constituée par des éléments préfabriqués, en particulier des éléments préfabriqués en béton, caractérisée par le fait que les éléments préfabriqués (1) alignés selon un tracé longitudinal, sont munis de cavités ouvertes (2) et sont placés, en vue de leur ancrage fixe en position correcte, avec lesdites cavités (2) tournées vers le bas, sur des pieux (5) poteaux ou autres, qui sont ancrés dans le sol ferme (3) de préférence à des distances (4) régulières lesunes des autres et dont les têtes (6), situées de préférence à un niveau tout au moins approximativement égal ou incliné régulièrement, s'emboîtent avec un jeu dans les susdites cavités des éléments préfabriqués. 2. Délimitation suivant la revendication 1, caractérisée par le fait que chaque cavité (2) est prévue pour coopérer avec une seule tête (6) de pieu (5) ou similaire. 3. Délimitation suivant la revendication 1 ou 2, caractérisée par le fait que les éléments préfabriqués (1) sont posés dans une zone de niveau correspondant à celui du revêtement de l'aire de circulation (7) qui se trouve au-dessus des remblais (9, 10) des surfaces de sol à délimiter couvrant le sol ferme (3) et portant l'aire de circulation, voie de communication (11,12), chaussée, ou autre, alors que les pieux (5) ou similaires s'étendent au-dessous des remblais, dans le sol (3) plus profond, de préférence naturel, commun aux aires de surfaces limitrophes. 4. Délimitation suivant une des revendications 1 à 3, caractérisée par le fait que les cavités (2) des éléments préfabriqués (1) sont reliées à leur face supérieure libre par l'intermédiaire de canaux (13) permettant, après la pose des éléments préfabriqués, de remplir ces cavités d'un matériau de remplissage, de préférence durcissable tel que du béton, en vue de l'ancrage fixe des têtes (6) de pieux. 5. Délimitation suivant une des revendications i à 4, caractérisée par le fait que, pour former une ligne, les éléments préfabriqués (1) sont réunis ou couplés par leurs faces frontales (14) contiguës pour former une ligne. 6. Délimitation suivant la revendication 5, caractérisée par le fait que les faces (14) des éléments préfabriqués (1) contigus sont reliées solidairement entre elles, par la hauteur ou les côtés, par emboîtement, par exemple par rainure (16) et languette (17). 7. Délimitation suivant la revendication 5, caractérisée par le fait que les faces des éléments préfabriqués voisins sont reliées entre elles par l'intermédiaire d'au moins un organe de liaison, par exemple cheville, ressort indépendant ou autre. 8. Délimitation suivant la revendication 5, caractérisée par le fait que les faces (14) des éléments préfabriqués (1) voisins renferment au moins une cavité (15) et se trouvent liées entre elles par une charge de préférence d'un matériau durcissable tel que du béton, introduite dans cette cavité à travers, par exemple, un canal (15').