La présente invention a pour objet un dispositif de mise en rotation d'une charge et/ou en-piqué d'une charge larguée d'un porteur. La mise en rotation d'une charge est souvent désirée au cours d'un largage qui peut être réalisée à terre à partir d'un portique ou d'un bateau en mer, ou a partir d'un aéronef, par exemple un hélicoptère. Lorsque le largage d'une torpille est effectué à partir d'un hélicoptère stationnaire, ce dernier, pour des raisons de sécurité en cas de panne moteur, doit se trouver à une altitude d'au moins 15 à 20 mètres. Dès lors, une mise en piqué de la torpille est souhaitée pour diminuer le choc d'entrée à l'eau, trop important si elle touait à plat de cette hauteur. Cette mise en piqué ne doit pas non plus conduire la torpille à la verticale, ce qui est néfaste pour sa trajectoire sous-marine. Quand la torpille est équipée d'un parachute, ltouver- ture de ce dernier ne permet pas d'obtenir une mise en piqué satisfaisante car, à l'entrée dans l'eau, ledit parachute n'a pas eu le temps suffisant pour agir ; la libération du parachute en phase sous-marine conduit, par contre, à amener la torpille à la verticale ce qui est inadmissible lorsqu'on veut atteindre un submers;lble en mouvement. On a proposé également de doter le porteur de moyens différentiels qui, compte-tenu de leur court temps d'action, se sont avérés peu satisfaisants en raison du fait qu'ils sont compliqués. En outre, leur fidélité est très difficile à obtenir. D'autres procédés consistent à incliner la charge, mais ils ne procurent pas de vitesse de rotation ; par ailleurs, on complique exagérément les moyens de largage puisqu'il faut prévoir des organes de poussée de la charge qui entrent en action de façon différée les uns par rapport aux autres. De plus, en fonction de l'inclinaison à donner à la charge au moment de son largage, il est nécessaire de prédéterminer, à chaque fois, la course des moyens d'inclinaison. La présente invention a pour but de remédier aux inconvénients précités et de proposer un dispositif très simple, susceptible de mettre en rotation la charge avec une vitesse déterminée et réglable pour fournir l'inclinaison souhaitée, et adaptable très aisément en fonction de ladite inclinaison souhaitée sur n importe quelle charge. De plus, elle est utile chaque fois que l'on cherche une vitesse de rotation, par exemple en piqué, avec une faible dispersion et par conséquent, chaque fois que 1'on désire une attitude de la charge connue dans le temps et dans l'espace. A cet effet, le dispositif est caractérisé en ce qu'il est constitué par deux demi-sangles reliées l'une à un support solidaire du porteur et l'autre à la charge en un point décalé par rapport à son centre de gravité, les demi-sangles étant réunies du c8té de leur autre extrémité et sur une portion de leur longueur par un moyen libérable sous l'action d'un organe de libération. De ce fait, la charge retenue pendant la désolidarisation des demi-sangles s'incline d'un certain angle, et prend une accélération angulaire en raison du décalage par rapport au centre de gravité de la charge, la rotation étant produite par la traction exercée sur les demi-sangles puisque le point d'attache sur ladite charge est décalé par rapport au centre de gravité. Selon une autre caractéristique, les demi-sangles sont réunies par au moins une couture en zig-zag, sur chaque élément du zig-zag étant prévu un point d'accrochage constituant un point de rupture. De cette manière, la couture, au moment de la traction, ne se découdra pas d'un seul coup mais élément par élément, de façon à maitriser totalement et le mode de libération entre les demi-sangles et l'effort de désolidari sation. Selon une autre caractéristique, l'action de décousure des deux demi-sangles est précédée du délovement d'une certaine longueur de drisse. Pendant ce délovement, la charge, après son largage, acquiert du fait de son poids une certaine vitesse, sans subir de rotation. La longueur de délovement, avant action du dispositif, permet donc de choisir la vitesse qu'aura la charge au début de la décousure des demi-sangles, ctest-à-dire, en fin de compte, la durée de décousure pour une longueur cousue donnée. Selon une autre caractéristique, la demi-sangle reliée à la charge est fixée sur le boitier du parachute lorsque la charge est équipée d'un parachute, le boitier de parachute constituant un excellent point de référence et n'oblige pas à prévoir sur la charge un point particulier pour l'accrochage de la demi-sangle qui lui est associée. Selon une autre caractéristique, la demi-sangle reliée à la charge est fixée sur le boitier du parachute solidaire du corps à une extrémité de la charge. Ceci permet à volonté de pouvoir commander l'ouverture automatique du parachute sans mettre en oeuvre la sangle à décousure, objet de la présente invention, et/ou inversement, actionner ladite sangle sans pour autant commander ladite ouverture du parachute. D'autres avantages et caractéristiques ressortiront mieux à la lecture de la description donnée ci-dessous à titre indicatif mais non limitatif d'un mode de réalisation de 1 'in- vention, ainsi que du dessin annexé, sur lequel : - les figures la, lb, lc sont des représentations schématiques du dispositif selon l'invention au cours du fonctionnement, - la figure 2 est une vue de dessus d'un morceau de sangle munie de la couture de liaison, - la figure 3 est une vue en perspective de l'accrochage de la sangle sur un boitier de parachute, - la figure 4 est une demi-vue en coupe suivant IV-IV de la figure 3, - la figure 5 est une vue en perspective partielle d'un accrochage de la sangle sur l'aéronef. Aux figures la, lb, lc1est représenté schématiquement un support solidaire d'un porteur (1) et muni de moyens d'accrochage (2) susceptibles d'entre escamotés en vue du largage d'une charge (3) telle qu'une torpille munie également de moyens d'accrochage (4) coopérant avec ceux prévus sur le support (1). En un point décalé par rapport au centre de gravité de la charge ) est fixée une demi-sangle !7) solidaire sur une partie de sa longueur sur une portion d'une autre demi-sangle t6) reliée au porteur en un point fixe. La portion (8) de liaison des demi-sangles (6) et (7) définissant, compte-tenu de l'effort et de la longueur de décousure, avec les portionsli- bres (9) et (24), les caractéristiques d'impact de la torpille (3) dans l'eau, comme cela apparaitra à propos d'un exemple donné dans la description. Le mode de liaison entre les demi-sangles (6) et (7) face à face et qui forment lorsqu'elles sont réunies ce qu'on appellera une sangle à décousure, est, de préférence figure 2, une couture en zig-zag (10) dont chaque élemsent (11) comporte un point de fixation intermédiaire (12). Ainsi, chaque élément (11) de zig-zag comporte trois points de fixation (12), (12a) et(12b) de façon que, lors de la traction exercée au cours du mouvement de descente de la charge (3), cela provoque une séparation progressive et régulière entre les demi-sangles (6) et (7). En effet, il est important que le fil de couture ne se détache pas en glissant mais soit brisé en ces points régulièrement espacés, en vue de maîtriser la décousure entre lesdites demi-sangles et ainsi, ne pas introduire un facteur aléatoire dans les caractéristiques d'impact de la torpille. La fiabilité de la décousure est renforcée en prévoyant deux coutures en zig-zag, comme cela est représenté à la fig. 2, par exemple symétriques par rapport à 1 'axe longitudinal (13) de la sangle à décousure. Le nombre de couture et la nature du fil à casser déterminent par ailleurs la force de décousure. Le fonctionnement du dispositif selon l'invention est le suivant Quand la charge (3) est larguée de l'hélicoptère (1), elle tombe en chute libre sur la longueur libre jusqu a ce que la sangle à décousure soit tendue (figure lb). La tension sur la sangle à décousure provoque ensuite la séparation ou décousure entre les demi-sangles (6) et (7) pendant une durée nécessairement fonction de la portion de liaison (8) entre lesdites demi-sangles et de la vitesse de chute. L'effort nécessaire à la décousure met en rotation la charge (3). Lorsque les demi-sangles sont totalement sép ées (figure lc), la charge 3 continue son mouvement en piqué et/ou en rotation communiqué par la sangle à décousure, selon l'invention. Son angle CL en fin d'action de la sangle à décousure est faible, la vitesse de rotation après mise en action reste constante, en négligeant les efforts aérodynamiques. Suivant les essais effectués et pour avoir des caracté ristiques d'impact dans l'eau qui sont une assiette l'ef- fort de décousure et de l'inertie en tangage de la torpille. I1 va de soi que la vitesse de rotation de la charge est fonction des longueurs libres des demi-sangles et/ou des parties reliées entre elles et/ou de la nature de la cousure établie entre lesdites demi-sangles. Bien évidemment, on peut agir sur n'importe lequel de ces éléments de réglage pris isolément, sur certains d'entre eux ou sur tous à la fois. Dans un mode de réalisation et de mise en oeuvre du dispositif selon l'invention, on a défini plus précisément les points d'accrochage des demi-sangles, parce que certaines torpilles lancées d'aéronef, sont munies d'un parachute replié dans un boitier (14) tel que représenté aux figures 3 et 4, ledit boitier étant monté sur l'axe longitudinal (5), à l'extrémité arrière de la charge. Sur le fond arrière (15) du boitier -de parachute (14), la demi-sangle (6) qui est munie d'une boucle (16) est enfilée dans un organe de fixation (17) inséré dans un orifice (18) décalé par rapport à l'axe de tangage (5) et ménagé dans le fond arrière (15), ledit organe (17) étant muni d'un orifice (19) pour le passage d'une goupille de maintien (20). Cette dernière est reliée au corps du boitier (14) par une bosse cassante (21) et par une drisse (22) ou câble de déclenchement d'une part à la toile de parachute (23) et, d'autre part,- aux moyens de déclenchement visibles sur la figure 5. La demi-sangle (6), également pourvue d'une drisse de liaison (24) qui constitue avec la partie non cousue de ladite demi-sangle (6), la longueur libre (9), est terminée par un anneau d'accrochage (25). Ce dernier est enfilé dans un orifice (26) ménagé dans un anneau (27), monté fixe sur l'hélicoptère et, plus particulièrement, sur l'embase (28) des moyens de déclenchement constitués par un déclencheur électromagnétique (29) dont la non-commande provoque la libération de l'anneau (30) prévu à l'extrémité de la drisse (22) ou sangle d'ouverture automatique du parachute, sous l'effort de traction de la drisse et, par contre, dont la commande immobilise ladite drisse. Lorsqu'on souhaite larguer la charge avec fonctionnement de la sangle à décousure, mais sans ouverture du parachute, il suffit de larguer la charge sans actionner le déclencheur (29), ce qui libère l'anneau (30) et, par suite, la sangle d'ouverture automatique du parachute. Aucune traction exercée n'é- tant suffisante pour déclencher la bosse cassante (21), il s'ensuit que le parachute n'est pas déployé et la goupille (20) maintenue en place dans l'orifice (19) de l'organe de fixation (17). Dès lors, seule la sangle à décousure est tendue et son fonctionnement est assuré comme explicité à propos des figures la à lc. A l'inverse, lorsqu'on souhaite commander l'ouverture du parachute sans fonctionnement de la sangle à décousure, on commande le déclencheur électromagnétique, ce qui tend la drisse (22). Par suite de la traction exercée sur ladite drisse (22), la bosse cassante (21) est rompue ce qui permet un déploiement du parachute et la goupille (20) est retirée de l'organe de fixation (17) qui n'est plus rendu solidaire du boitier, ce qui permet à la sangle à décousure d'être libre à une de ses extrémités et de ne pas être tendue. Bien entendu, la présente invention n' est pas limitée au mode de réalisation décrit ci-dessus mais en couvre au contraire toutes les variantes. I1 en est notamment ainsi lorsque sur le fond arrière (15) du boitier de parachute (14), la demisangle (7) est rendue solidaire dudit boitier par une liaison rigide et fixe sans possibilité de désolidarisation , ceci implique que l'autre demi-sangle (6) soit reliée au porteur par l'intermédiaire d'un arbre déclencheur électromagnétique indépendant de celui associé à la sangle d'ouverture du parachute. Dans ce cas, on peut libérer l'une ou l'autre desdites sangles de parachute et à décousure ou les deux ou aucune, pour faire agir soit la sangle à décousure selon l'invention, soit la sangle d'ouverture automatique du parachute, soit les deux à la fois ou aucune des deux. REVENDICATIONS 1) Dispositif de mise en rotation et/ou en piqué d'une charge larguée à partir d'un porteur, caractérisé en ce qu'il est constitué par deux demi-sangles reliées l'une à un support solidaire du porteur et 1 'autre sur la charge et en un point décalé par rapport à son centre de gravité, les demi-sangles étant réunies du cOté de leur autre extrémité et sur une portion de leur longueur par un moyen libérable sous l'action d'un organe de libération. 2) Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que les demi-sangles sont réunies par au moins une couture. 3) Dispositif selon la revendication 2, caractérisé en ce que la couture est en zig-zag sur au moins une partie de la zone de liaison entre les demi-sangles. 4) Dispositif selon la revendication 3, caractérisé en ce que sur chaque élément de zig-zag est prévu un point d'accrochage constituant un point de rupture dudit également. 5) Dispositif selon les revendications 1 à 4 prises dans leur ensemble, caractérisé en ce que la demi-sangle reliée à la charge est fixée sur le boitier du parachute solidaire du corps à une extrémité de la charge. 6) Dispositif selon la revendication 5, caractérisé en ce que la fixation de la demi-sangle sur le boitier du parachute est réalisée au moyen d'un boucle ménagée sur ladite demi-sangle et enfilée sur un organe de liaison disposé en partie dans une ouverture ménagée à cet effet dans le boitier du-panchute, ledit organe de liaison étant maintenu fixe par une goupille montée sur le crible de déclenchement du parachute. 7) Dispositif selon l'une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que l'extrémité de la demi-sangle reliée à l'aéronef est montée sur un élément solidaire des moyens de déclenchement du parachute lié à la charge. 8) Dispositif selon l'une des revendications 1 à 7, caractérisé en ce qu'au moins une des parties libres et de liaison des demisangles est prédéterminée en fonction de la vitesse de rotation à produire sur la charge. 9) Dispositif selon l'une des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que la nature du mode de liaison entre les demi-sangles est prédéterminée en fonction de la vitesse de rotation à produire sur la charge.