La présente invention concerne un nouvel agent nématophage ainsi qu'un procédé pour mattriser la croissance des nématodes dans les mycocultures et en particulier dans les cultures de champignons de couche. Lors de la production des champignons de couche, on observe souvent une rupture de l'équilibre biologique au profit de leurs ennemis naturels, en particulier au profit des nématodes mycophages. Ces nématodes mycophages constituent l'un des plus importants facteurs limitant la production des champignons de couche, et ceci est essentiellement dû au fait que les nématodes sont difficilement maitrisables, que leur pouvoir de multiplication est très élevé et que leur présence est souvent très difficile à déceler. Bien que les dégâts occasionnés par les nématodes mycophages en champignonnière soient actuellement réduits du fait de l'adoption de techniques plus nouvelles, telles que la pasteurisation et la culture en sac, il n'en reste pas moins vrai que l'on assiste encore à des attaques imprévues qui entraient des baisses de production notables. De façon générale, les agents nématocides actuellement disponibles sur le marché présentent une toxicité immédiate et rémanante se manifestant particulièrement dans les milieux confinés où se trouvent les champignonnières. Leur utilisation dans les champignonnières entrasse donc des bouleversements biologiques qui le plus souvent peuvent entraîner des résultats catastrophiques. La présente invention concerne donc un nouvel agent nématophage constitué par un champignon hyphomycète prédateur issu de fumier de vache, dénommé Arthrobotrys robusta "Antipolis", ayant fait l'objet d'un dépit de souche auprès de la Nycothèque de l'institut Pasteur sous le nb 1158-77 La présente invention concerne également un procédé pour martyriser la croissance des nématodes dans les mycocultures, ce procédé se caractérisant par le fait que l'on incorpore dans le compost mycicole une quantité appropriée de 11 agent nématophage mentionné précédemment. Ce procédé est en particulier appliqué à la culture des champignons de couche (Agaricus bisporus). Si l'on adopte les classifications de Saccardo (1886), de Dreschler (1941) et de Dollfus (1946), Arthrobotrys robusta t'Antipolis" peut être décrit de la maniere suivante Il s'agit d'un champignon imparfait : Fungr imperfecti appartenant à la classe des Hyphomycètes. - Ordre des Moniliales (production de conidies sur des conidiophores) - Famille des Noniliacées (mycélium et conidies de couleur claire) - Genre Arthrobotrys corda Les conidies bicellulaires sont attachées par un stérigmate pointu au conidiophore et sont disposées en verticille à l'extrémité de celui-ci et parfois tout le long à intervalles réguliers. La conidiogénèse a lieu du bas vers le haut (développement acropétale). Le champignon prédateur selon l'invention appartient à l'espèce Arthrobotrys robusta Dudd. Cette espèce présente des filaments mycéliens larges de 2 à 7 > 1. Les conidiophores hauts de 150 à 300 > 1, souvent ramifiés, portent des verticilles de conidies à l'extrémité de chaque branche. Les conidies sont allongées, pyriformes, sans constriction septale, et sont divisées en deux cellules de taille presque égale. Les dimensions moyennes de ces conidies sont de 27 à 28 p de long sur 8 à 12 p de large. On n'observe pas de chlamydospores. Il convient d'observer qu'hrthrobotrys robusta "Antipolis" qui est une souche isolée à partir de fumier de vache, se distingue principalement de l'espèce Arthrobotrys robusta type par la particularité de fructifier extrêmement peu, comparativement à l'espèce type, lorsqu'elle est cultivée sur les mimes milieux. En outre, comparativement à l'espèce type, et toujours en culture sur des substrats identiques, elle forme sensiblement quatre fois plus d'organes capteurs, ce qui explique précisément son exceptionnelle activité prédatrice, La souche Arthrobotrys robusta "Antipolis" présente des anses adhésives, qui se forment de la manière suivante Une ramification latérale prend naissance sur le filament mycélien, se courbe et constitue une boucle en rejoignant le mycélium.Plusieurs boucles prennent ainsi naissance et s'anastomosent en un réseau compliqué. Le pouvoir adhésif de ces organes capteurs est dA à la présence d'une substance collante. Tout nématode passant au contact du champignon prédateur se trouve ainsi immobilisé par les organes capteurs, puis le nématode est ensuite percé par une ramification mycélienne, qui s'hypertrophie dans le corps de l'animal, donnant naissance à des hyphes nourricières qui absorbent tout le contenu de la proie qu'elles ont envahie. La sécrétion des substances adhésives s'accompagne d'une intense activité cytoplasmique. Immédiatement après l'irritation du piège, le protoplasme granuleux des hyphes refoule les vacuoles centrales qui s'amassent vers le point irrité d'où une substance visqueuse est bientôt secrétée. C'est à la suite d'un certain nombre d'essais préliminaires conduits avec diverses souches d'hyphomycêtes prédateurs qu'il s'est avéré qu'Arthrobotrys robusta "Antipolis" était un agent nématophage extrêmement efficace en mycoculture et en particulier dans les cultures des champignons de couche (Agaricus bisporus). En effet, la souche selon l'invention a fait preuve d'une bonne efficacité nématicide, en ayant des exigences écologiques et trophiques analogues à celles de l'Agaric, en présentant une bonne résistance aux antagonistes du compost, et une absence d'faction inhibitrice vis-à-vis de l'Agaric. De manière à bien illustrer ces propriétés d'Arthrobotrys robusta "Antîpolis", on rapportera ci-après quelques expériences effectuées avec ce champignon prédateur. Essais en champignonnières Essai I Un essai sur culture d'Agaric en sacs plastiques a été mis en oeuvre en champignonnière, conformément au protocole expérimental suivant : - lot (a) témoin : Agaricus bisporus seul - lot (b) : Agaricus bisporus + nématodes mycophages (Ditylenchus mycéliophagus 10 000 par sac) - lot (c) : Agaricus bisporus + Arthrobotrys robusta "Antipolis" + nématodes mycophages (10 000 Ditylenchus mycéliophagus par sac). Tous les 10 jours, pendant 60 jours, on a effectué des prélèvements dont l'analyse a permis de suivre l'évolution des populations de nématodes. Les résultats obtenus figurent dans le tableau T suivant TABLEAU I Fluctuations des populations de Ditylenchus mycéliophagus en cours de culture Populations moyennes de Ditylenchus mycéliophagus par sac Lots 10 20 30 40 50 60 jours jours jours Jours jours jour Témoin (a O O O O O - O Lot (b) 100 9300 169.500 190.000 196.00 20.00 Lot (c) O 5200 53.000 50,00 26.50 24.00C A l'examen de ces résultats on constate que la multiplication des nématodes est très rapide dans le lot (b) et que la population est maximale au 50ème jour. Tout le mycélium est dévoré et, faute de nourriture, les animaux meurent. Ceci se traduit par une baisse brutale de leur nombre au 60ème jour. Dans le lot (c) qui contient Arthrobotrys robusta "Antipolis", la population s'accrott beaucoup plus lentement, et à partir du 30ème jour, le champignon, s'étant bien développé dans la masse, parvient à réduire de façon appréciable les populations du parasite qui tombent à 26 000 au 50ème jour, soit deux fois et demi seulement l'inoculum de départ. Il est certain que le champignon prédateur n'a pas permis l'éradication complète des nématodes, mais ceci est un phe- nomène inherent à toute lutte biologique. Il faut dire également que l'inoculum initial était volontairement très élevé (10 000 individus par sac) et se situait donc bien au-delà des contaminations de départ naturelles qui n'excèdent pas une centaine d'animaux dans les champignonnières les plus mal conduites. Essai Il Au cours de cet essai on a ensemencé séparément dans le compost l'Agaric et le champignon prédateur Arthrobotrys robusta "Antipolis". A - Protocole expérimental 1) Fabrication de pains de "Blanc" dit champignon prédateur : Arthrobotrys robusta "Antipolis" Quarante pains de "Blanc" du champignon prédateur Arthrobotrys robusta "Antipolis" ont été fabriqués en bouteilles de lait de 1 litre sur compost. 2) Essai Le dispositif expérimental adopté peut se résumer par le tableau II ci-dessous TABLEAU II 40 sacs ensemencés avec Agaricus 40 sacs ensemencés avec bisporus (97 Somycel) + champi- - Agaricus bisporus (97 gnon prédateur Somycel) seul 20 sacs infestés 20 sacs non 20 sacs infestés 20 sacs non par le nématode infestés par le nématode infestés mycophage Dity- mycophage Dity lenchus mycélio- lenchus mycélio phagus phagus B - résultats Les résultats obtenus ont été récapitulés sur l'histo- gramme de la figure 1. On constate d'une part que dans les cultures infestées par les nématodes, la récolte est toujours supérieure lorsqu'il y a présence du champignon nématophage (20 5 > de plus). D'autre part, il apparatt clairement qu'en quatrième volée, le champignon prédateur abaisse notablement les populations de Ditylenchus mycéliophagus. Essai III Au cours de cet essai il a été procédé à des ensemencements simultanés avec l'Agaric et le champignon prédateur ("Blanc") mixte contenant à la fois le champignon de couche et le champignon nématophage. A - Protocole expérimental 1) Fabrication de pains "Blanc" mixtes de champignon prédateur (Arthrobotrys robusta l'Antipolis" + Agaric n 92 Somycel) Vingt pains "Blanc" mixtes en bouteilles de lait de 1 litre sur compost renfermant à la fois le champignon nématophage et l'Agaricus bisporus (souche n 92 somycel) ont été soumis à des essais en champignonnière. 2) Essai Le dispositif expérimental adopté est résumé dans le tableau III ci-après : TABLEAU III 20 sacs ensemencés avec pains 40 sacs ensemencés avec mixtes (champignon prédateur Agaricus bisporus (92 Somycel) Arthrobotrys robusta "Anti- seul polis" + Agaricus bisporus (92 Somycel) 10 sacs infestés 10 sacs non 10 sacs infestés 10 sacs non par le nématode infestés par le nématode infestés mycophage Dity- mycophage Dity lenchus mycélio- lenchus mycélio phagus phagus B - résultats Les résultats obtenus sont récapitulés sur l'histogramme de la figure 2. On constate que pratiquement dans tous les cas, les pains mixtes donnent une production supérieure à celle de l'Agaric seul et conduisent, en cas d'infestation nématologique, à de meilleurs rendements. Il convient en outre de remarquer que le champignon nématophage est efficace et abaisse très sensiblement les populations de Ditylenchus mycéliophagus. Les essais rappelés précédemment montrent à l'évidence que l'utilisation du champignon nématophage Arthrobotrys robusta "Antipolis" constitue un moyen de lutte biologique très efficace en champignonniere. En effet, ces essais ont démontré une bonne efficacité nématicide du champignon prédateur. D'autre part, on n'a constaté aucun antagonisme pour l'Agaric, on peut en revanche, parler d'une stimulation de croissance induite chez le champignon de couche par le prédateur, ceci pouvant résulter de la libération de substances favorables. Enfin, pareil moyen de lutte biologique est d'une grande facilité d'emploi puisque les techniques culturales habituelles restent par ailleurs absolument inchangéies. A titre d'exemples on indiquera ci-après les résultats d'un autre essai démontrant l'influence sur la pousse mycélienne et sur la cueille d'Agaricus bisporus. Essai IV te compost en provenance de la Tourte est pasteurisé, refroidi et ensemencé avec 1 , en poids d'Agaricus bisporus et avec 1 o,t en poids d'Arthrobotrys robusta "Antipolis" (les pourcentages sont calculés sur le poids du compost avant l'opération de pasteurisation). L'incubation des plantes se poursuit normalement à 270C pendant 15 jours. On gobte les essais et met en chambre de cueille à 15 C. La cueille est effectuée pendant 1 mois, les rendements ont été exprimés en kg de champignons (pieds coupés) par tonne de compost, avant pasteurisation. A titre d'exemple, on indiquera simplement deux résultats d'essais effectués avec deux variétés blanches (Royal 20A) et (Royal 30A) d'Agaricus bisporus. Au cours de ces essais on nta noté aucune influence notable d'Arthrobotrys robusta "Antipolis" sur l'envahissement du compost par Agaricus bisporus. Au début de l'incubation, ils se développent bien tous les deux, puis après une période de 7 à 8 jours, seul reste visible Agaricus bisporus. Arthrobotrys robusta "Antipolis" reste cependant présent et ne se trouve pas détruit par Agaricus bisporus. Les résultats expérimentaux sont donnés dans les tableaux IV et V ci-après. TABLEAU IV (variété 20A) Série 20 A seul 20 A + robusta rendement rendement 2 146 129 3 153 171 4 221 240 5 88 128 6 150 158 Moyenne fré quence 80,' - 152 165 TABLEAU V (variété 30A) Série 30 A seul 30 A + robusta rendement rendement 2 142 140 3 147 153 4 141 221 5 112 161 6 161 186 Moyenne fré quence 80 % | - 141 172 L'expérience importante rapportée ci-après démontre clairement la plus grande efficacité nématicide de la souche "Antipolis" par rapport à une souche type. La souche d'Arthrobotrys robusta type utilisée pour cet essai comparatif provient de la Mychotèque hollandaise de Baarn (Centraalbureau voor Schimmelcultures Baarn Nederland). Les deux souches d'Arthrobotrys robusta ( souche "Baarn" et souche "Stntipolis"J ainsi que l'Agaricus bisporus (champignon de couche) ont été multipliés en botte de Pétri sur milieu champignon classique hgar/malt (50/20). Les bottes ainsi préparées sont entreposées à 11 obscurité dans une salle climatisée à 200C. Dans cet essai les nématodes utilisés pour le test d'efficacité sont les Ditylenchus mycéliophagus qui représentent l'espèce la plus nuisible de la nématofaune présente dans les champignonnières françaises. Dans cette expérience comparative le protocole expérimental a été le suivant On prépare 30 bottes de Pétri stériles que l'on remplit avec du compost mycicole désinfecté par la chaleur, puis humidifié (10 g/boîte), Ces 30 bottes sont ensuite réparties en trois séries de 10, ensemencées respectivement avec la souche flAntipolisll et la souche "Baarn" d'Arthrobotrys robusta ainsi qutavec Agaricus bisporus. L'ensemencement s'est fait en déposant, dans chaque botte, au coeur du compost une pastille standard d'un centimètre de diamètre prélevée à l'emporte- pièce sur les cultures mères gélosées. Les bottes ainsi préparées sont stockées à l'obscurité à 200C et, au bout d'une semaine, le mycélium s'étant bien développé, on introduit dans chacune d'elle 100 femelles gravides de Ditylenchus mycéliophagus issues d'elevages de masse. On note ensuite tous les 10 jours, pendant 40 jours, les populations présentes dans.chaque boîte (4observations), en analysant un échantillon moyen constitué de 10 microprélèvementseffectués dans des boîtes de chaque série.Les résultats obtenus sont récapitulés dans le tableau VI ci-après. TABLEAU VI Evolution comparée des populations de Ditylenchus mycéliophagus sur les deux souches d'Arthrobotrys robusta "Antipolis" et sur l'Agaricus bisporus Populations moyennes de Ditylenchus mycéliophagus par Champignons boîte de Pétri 1ère observa- 2ème observa- 3ème observa- 4ème observation tion tion tion Arthrobotrys robusta -souche "Antibes"- 52 36 41 23 Arthrobotrys robusta -souche "Baarn"- 106 203 337 856 Agaricus bisporus 390 728 1 271 21 840 A l'examen de ces résultats il apparatt à l'évidence que les deux souches dtArthrobotrys sont défavorables au développement du nématode, mais que parmi elles c'est surtout la souche "Antipolis" qui s'avère la plus agressive. Cet essai confirme l'activité prédatrice d'Arthrobotrys robusta "Antipolis" à l'égard du nématode mycophage Ditylenchus mycéliophagus dans un compost mycicole. Il indique très clairement que la souche "Antipolis" s'avère bien plus efficace que la souche type de la Mycothèque de Baarn, ce qui résulte de sa faculté de former davantage d'organes capteurs. REVENDICATIONS 1) A titre de nouvel agent nématophage, la souche Arthrobotrys robusta "Antipolis". 2) Agent nématophage selon la revendication 1, caractérisé par le fait que ladite souche est la souche déposée à la Mycothèque de l'Institut Pasteur sous le n0 1158-77 3) Procédé pour mattriser la croissance des nématodes dans les mycocultures, caractérisé par le fait que l'on incorpore dans le compost mycicole une quantité appropriée de l'agent nématophage selon l'une des revendications 1 et 2. 4) Procédé selon la revendication 3, caractérisé par le fait qu'il est appliqué à la culture des champignons de couche. 5) Procédé selon l'une des revendications 3 et 4, caractérisé par le fait que 1'on introduit dans le compost mycicole une quantité appropriée de l'agent nématophage selon l'une des revendications 1 et 2. 6) A titre de moyen nécessaire à la mise en oeuvre du procédé selon la revendication 5, le compost mycicole incorporant ledit agent nématophage selon l'une des revendications 1 et 2. 7) Compost mycicole selon la revendication 6, en provenance de la Tourte, caractérisé par le fait qu'il contient 1 % en poids d'Agaricus bisporus et 1 cS en poids d'Arthrobotrys robusta "Antipolis". 8) Application d'Arthrobotrys robusta 'tAntipolis" à la lutte contre les nématodes mycophages.