engrais à base d'ammoniac liquéfié et procédé pour sa Pr6 aration. La présente invention se rapporte à un engrais à base d'ammoniac liquéfié et à un procédé pour sa préparation. La fumure par l'azote, en particulier lorsqu'on utilise de l'ammoniac, pose fréquemment un problème l'exploitation insuffisante de l'azote en raison de la nitrification. En effet, la bactérie Nitrosomonas oxyde l'azote ammoniacal en nitrite. Le nitrite est lui-même oxyde par la bactérie Nitrobacter. Dans le sol, le nitrate est très mobile et entratnable par les eaux. Par suite, la nitrification s'accompagne de pertes considérables d'azote. On sait que l'on peut améliorer l'utilisation de l'azote de l'engrais par les végétaux en ajoutant à l'engrais azoté un inhibiteur de nitrification. Si l'on utilise comme engrais de l'ammoniac liquéfié, on sait qu'on peut ajouter en tant qu'inhibiteur de nitrification la nitrapyrine (2-chloro-6-trichlorométhylpyridine). L'utilisation de la nitrapyrine en tant qu'inhibiteur de nitrification est facile à concevoir car il s'agit d'une substance liquide qui se mélange facilement avec l'ammoniac liquéfié sous pression. Toutefois, dans la pratique, lorsqu'on a utilisé la nitrapyrine comme inhibiteur de nitrification dans un engrais à base d'ammoniac liquéfié, on s'est heurté à des inconvénients. En effet, lorsqu'on injecte cet engrais, la nitrapyrine reste essentiellement dans le centre ou au voisinage du centre de la bande d'ammoniac injectée.Toutefois, aux endroits où l'ammoniac est à forte eoncentr-ation, il ne se produit pas de nitrification, car les microorganismes sont rendus eux-mdmes inactifs par l'ammoniac à haute concentration et en raison du pH élevé ; de sorte que la nitrapyrine ne peut développer son activité que lorsque la plus grande partie de l'ammoniac a déjà été consommée et qu'il apparaît à nouveau des conditions dans lesquelles les bactéries nitrifiantes peuvent crotte. Il faut compléter ce qui précède par le renseignement suivant : "lors de la conversion de l'azote ammoniacal en azote de nitrate, il se produit en outre des pertes par l'dénitrification", c'est-à-dire par formation d'azote élémentaire Certes, on connaît d'autres inhibiteurs de nitrification, par-exemple le dicyanodiamide ; toutefois, ceux-ci, jusqu'à maintenant, n'ont été ajoutés qu'à des engrais solides, d'une part en raison des difficultés de l'incorporation dosée de telles matières solides dans l'ammoniac liquéfié sous pression, d'autre part en raison des fortes quantités nécessaires, et finalement en raison d'une propriété genante du dicyanodiamide, à savoir une grande facilité au mottage ou à la prise en masse.On ajoutera encore que, avec ces inhibiteurs de nitrification, on peut également s'attendre à ce que, comme la nitrapyrine, ils migrent moins dans le sol que l'ammoniac liquéfié très mobile et, par conséquent, ne puissent pas exercer leur activité. On a maintenant trouvé que, de manière surprenante, lorsqu'on injecte une solution de dicyanodiamide dans l'ammoniac liquéfié, le dicyanodiamide migre plus rapidement que l'ammoniac du centre à la périphérie. Par suite, le dicyanodiamine acquiert toute son activité d'inhibiteur de nitrification aux endroits à faible concentration. L'invention a donc pour objet un engrais à base d'ammoniac liquéfié, qui se caractérise en ce qu'il consiste essentiellement en une solution de dicyanodiamide dans l'ammoniac liquéfié. De préférence, la teneur en dicyanodiamide est de 1 à 30% en poids et par conséquent la teneur en ammoniac de 99 à 70% en poids. L'engrais selon l'invention peut de plus contenir de l'urée. De préférence, la teneur en urée ne dépassera pas la teneur en dicyanodiamide. L'engrais selon l'invention est préparé en principe simplement, par dissolution du dicyanodiamide dans l'ammoniac liquéfié. Toutefois, industriellement, cette dissolution pose des problèmes car l'ammoniac liquéfié se trouve sous une pression relativement forte qui complique les manipulations. Conformément à l'invention, cette difficulté est résolue de manière simple en faisant traverser à l'intérieur d'un récipient sous pression un ensemble de granulés de dicyanodiamide qui contiènnent de O à 50% en poids d'urée par de l'ammoniac liquéfié dans lequel les granulés se dissolvent. La granulo métrite des granulés se situe de préférence dans l'intervalle de 0,1 à 2 mm mais on peut également opérer à l'extérieur de cet intervalle. La densité apparente des granulés est de préférence supérieure à 550 g/l. Le procédé selon l'invention permet de préparer l'engrais au cours du transvasement normal de l'ammoniac liquéfié d'un récipient dans un autre, par simple installation entre les deux récipients du récipient sous pression. Ainsi par exemple, on peut transvaser l'ammoniac liquéfié d'un réservoir de stockage dans un réservoir de transport ou un réservoir de campagne, ou d'un réservoir de campagne dans un réservoir d'application en plaçant le récipient sous pression dans le conduit de transvasement ce qui conduit à la solution recher choe dans une seule et même opération. Dans ce procédé, la quantité de dicyanodiamide sera de préférence choisie de manière à ne pas dépasser essentiellement la moitié de la quantité soluble au total dans l'ammoniac liquéfié. Les granulés de dicyanodiamide se dissolvent particulièrement régulièrement et rapidement lorsqu'ils contiennent de l'urée. Par conséquent, on utilise de préférence des granulés de dicyanodiamide qui ont été préparés à l'aide d'une solution d'urée. Non seulement l'urée améliore la solu-. bilité du dicyanodiamide dans l'ammoniac, mais elle constitue elle-même un engrais et ne diminue donc pas l'activité de l'engrais, contrairement à des agents solubilisants qui, par eux-memes, n'ont pas d'activité d'engrais. L'invention permet non seuiement d'améliorer dans une mesure considérable l'utilisation de l'azote dans le cadre de la mise en oeuvre d'ammoniac liquéfié comme engrais mais permet même d'appliquer l'entrais selon l'invention en automne, clest-à-dire de réaliser une fumure à l'ammoniac en automne sans que des proportions considérables de l'azote soient converties dans le sol dans la forme nitrate très mobile et perdues par drainage avant la végétation suivante. L'effet supérieur de protection de l'azote ammoniacal auquel on parvient conformément à l'invention à l'aide du dicyanodiamide apparaît clairement dans la figure du dessin annexé. Celle-ci représente un profil vertical et un profil horizontal de la répartition de l'ammoniac et du dicyanodiamide dans le sol lors d'une injection à il cm de profondeur. Les essais ont été effectués par utilisation d'un monolithe de sol à pH 6,5 à 50C. La quantité injectée était de 1,3 g d'azote ammoniacal et 0,3 g d'azote de dicyanodiamide. Le profil a été établi 8 jours après l'injection. Les bandes blanches donnent dans chaque cas la quantité d'azote ammoniacal dans le profil particulier en ffi de l'azote ammoniacal total introduit, les ban- des hachurées représentent de manière correspondante la quantité d'azote de dicyanodiamide. L'examen du dessin montre que, dans le centre de l'injection, la quantité d'azote ammoniacal dépasse de loin la quantité d'azote de dicyanodiamide. Par contre, sur les bords de l'espace d'injection, la quantité d'azote de dicyanodiamide est nettement plus forte que la quantité d'azote ammoniacal, de sorte que l'inhibition de la nitrification est la plus efficace à l'endroit où le risque de nitrification est le plus grand. Comme il va de soi et comme il résulte d'ailleurs déjà de ce qui précède, l'invention ne se limite nullement à celui de ses modes d'application, non plus qui ceux des modes de réalisation de ses diverses parties, ayant été plus parti culièrement envisagés ; elle en embrasse, au contraire, toutes les variantes. RBVENDICATIONS 1. Engrais à base d'ammoniac liquéfié, caractérisé en ce qu'il consiste essentiellement en une solution de dicyanodiamide dans l'ammoniac liquéfié. 2. Engrais selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il contient en outre de l'urée en solution. 3. Engrais selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il contient de 1 à 30 o en poids de dicyanodiamide et de 99 à 70fui0 en poids d'ammoniac liquéfié. 4. Engrais selon la revendication 2 ou 3, caractérisé en ce que l'on a remplacé jusqu'à 50% en poids du dicyanodiamide par de l'urée. 5. Procédé de préparation d'un engrais selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que l'on fait traverser un ensemble de granulés de dicyanodiamide contenant de O à 50% en poids d'urée et placé dans un récipient sous pression, par de l'ammoniac liquéfié dans lequel les granulés se dissolvent. 6. Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce que l'on utilise des granulés à une densité apparente supérieure à 550 g/l. 7. Procédé selon la revendication 5 ou 6, caractérisé en ce que l'on utilise des granulés d'une granulométrie de 0,1 à 2 mm. 8. Procédé selon l'une quelconque des revendications 5 à 7, caractérisé en ce que l'on intercale un récipient sous pression contenant un ensemble de granulés dans un conduit de transvasement de l'ammoniac liquéfié.