La présente invention se rapporte à des perfection- nements aux dispositifs de propulsion pour embarcations de tous types, aussi bien de grands navires que de petites embarcations de pêche ou de sport ou encore de canots de sauvetage. La crise de l'énergie qui atteint tous les pays exige que l'on économise au maximum les combustibles dérivés du pétrole et qu'on les remplace progressivement par l'emploi d'autres types d'énergies, par exemple, dans le cas de la navigation, par l'énergie éolienne. Les perfectionnements formant l'objet de l'inven- tion ne prétendent pas éliminer totalement les moteurs classiques alimentés par le gasoil ou des carburants ana- logues mais s'affranchir au maximum de leur nécessité en utilisant l'énergie du vent lorsque ce dernier est favo- rable. Ces perfectionnements ne supposent pas non plus un simple retour à la navigation à voiles mais l'utilisa- tion rationnelle du vent, grâce à des voiles d'une confi- guration totalement nouvelle qui peuvent s'adapter aux grands navires ainsi qu'aux petites embarcations en permettant de--profiter au maximum du vent. L'objet de l'invention consiste essentiellement à hisser à un mât proche de l'avant du bateau une voile qui comprend une partie supérieure formant une profonde concavité et dont le contour forme approximativement un quart de sphère au pôle Nord de laquelle est prévu un point de drisse amarré au sommet du mât en question, tan- dis que les extrémités latérales de cette partie supérieu- re de la voile descendent en formant d'autres points amarrés par des écoutes aux bords du bateau. A l'équateur de cette partie supérieure de la voile se raccorde une deuxième partie non sphérique mais légèrement creuse, qui présente une pointe centrale inférieure à laquelle se trouve un quatrième point de la voile qui est amarré à l'étrave, à une certaine hauteur pour laisser de la visibilité au-dessous de sa bordure, de sorte que la voile en question permet de profiter des vents portant d'une amure à l'autre, avec son centre vélique situé à peu près au tiers de la hauteur du mât, et de sorte que la force du vent développe une pression dont environ 80 % se transforment en une force d'entraine- ment et les 20 % restants en une force ascensionnelle qui tend à soulever l'avant du bateau. Suivant une autre caractéristique avantageuse de l'invention, la voile comporte, dans une large zone centra- le, un ensemble de tuyères ouvertes à leur face arrière et orientées vers le pont du bateau, ces tuyères canalisant une partie de l'air recueilli par la voile et la dirigeant sous la forme de jets vers le bas en créant, par réaction, une force ascensionnelle qui tend à soulever l'avant du bateau et, en même temps, diminue l'intensité du choc du vent sur la voile lorsque cette dernière est gonflée avec une grande force. Suivant une autre caractéristique de l'invention, la voile peut être décomposée en deux demi-voiles jumelles symétriques de forme à peu près triangulaire, réunies le long de leur côté par une liaison démontable, depuis les points de drisse jusqu'aux points d'amure, de sorte qu'il est possible d'utiliser aussi bien la paire de voiles réunies qu'une seule voile qui peut être l'une ou l'autre, pour profiter des vents de travers, qu'ils soient de babord ou de tribord. Dans ce dernier cas, le navire," lorsqu'il est d'un tonnage élevé, peut être équipé d'autres mâts complémen- taires qui permettent de hisser des voiles centrales qui se comportent comme des focs et qui complètent l'action de la première voile. D'autres caractéristiques et avantages de l'inven- tion apparaîtront au cours de la description qui va sui- vre. Aux dessins annexés, donnés uniquement à titre d'exem- ple, la Fig. 1 est une vue en perspective d'une voile suivant l'invention hissée et gonflée, vue de l'avant et de babord; la Fig. 2 est une vue également en perspective de la même voile mais vue de l'arrière et également de babord; la Fig. 3 est une vue en perspective analogue à la précédente mais représentant le cas o la voile est compo- sée de deux demi-voiles triangulaires réunies par leur côté; la Fig. 4 est une vue de détail en coupe longitu- dinale à plus grande échelle qui représente les tuyères centrales d'orientation du vent;_ la Fig. 5 est une vue de dessus d'un navire pro- pulsé comformément à l'invention à l'aide d'une voile divisée en deux moitiés, la Fig. 6 est une vue de côté d'un navire propulsé à l'aide d'une demi-voile avant et d'autres voiles trian- gulaires arrière qui complètent l'action de la première; la Fig. 7 est une vue de dessus du navire représen- té sur la Fig. 6. Le dispositif de propulsion pour embarcation sui- vant l'invention est représenté sur les dessins par une voile 1 qui comprend une partie supérieure 2 d'une conca- vité très accusée, à profil parabolique et dont la courbu- re se prolonge vers la partie inférieure pour former un quart de sphère, cette voile étant munie d'un point de drisse 3 amarré au sommet d'un mât 4 placé à proximité de l'étrave 5 d'un bateau 6. La zone supérieure 2 de la voile se prolonge latéra- lement jusqu'à deux points 7 retenus par des écoutes 8 et amarrés respectivement à babord et à tribord du bateau. La partie inférieure de la voile 1 est formée par une zone 9 de courbure plus faible, légèrement en forme de poche, avec un point central inférieur ou point d'amure 10 amarré à la pointe 5a de l'étrave 5 et situé à une cer- taine hauteur au-dessus de cette pointe, pour assurer la visibilité au-dessus de la bordure. Le centre vélique est approximativement situé dans une zone 11, à un tiers de la hauteur du mât 4, ce qui assure une grande stabilité au bateau. Suivant l'invention, la voile est équipée d'un ensemble de tuyères 12 qui occupent une large zone centrale de cette voile et se prolongent vers les côtés, ces tuyè- res possédant une-entrée supérieure 13 à leur partie ar- rière et une bouche de sortie inférieure 14 qui est orien- tée vers le pont, sur la face avant. Le rôle des tuyères est extrêmement intéressant, en ce sens que ces tuyères assurent simultanément deux fonctions très importantes dont l'une est de régler la pression du vent qui, par moments, sous l'effet d'une rafale, pourrait compromettre la bonne stabilité du bateau, tandis que, grâce à la seconde, quelle que soit la force du vent, pourvu qu'il soit stable et ne vienne pas par le travers, plus la force ou la pression du vent est grande, plus la voile acquiert de pouvoir ascensionnel, de sorte que la-poussée ou puissance de la voile se dépla- ce en se concentrant au point d'amure et, étant donné que cet effort est réparti simultanément sur les deux écoutes, il laisse le bateau entièrement stable sans engendrer aucune gîte tandis que, en même temps, cette poussée tend à soulever l'avant du bateau et à le protéger des vagues. Suivant l'invention, la voile peut être décomposée en deux demi-voiles triangulaires la et lb (Fig. 3) réunies par une liaison démontable le long du côté 15, de façon à pouvoir être utilisées conjointement ou indépendam- ment l'une de l'autre. Dans le cas prévu sur les Fig. 1, 2, 3 et 5, la voile 1 ou l'ensemble des voiles la et lb permet de pro- fiter de vents arrière. Lorsqu'on désire naviguer par vent de travers sur l'une ou l'autre amure, on hisse uni- quement l'une des demi-voiles (Fig. 6 et 7) et s'il s'agit de navires de grand tonnage, la propulsion peut être complétée par d'autres voiles triangulaires 16 se comportant comme des focs et hissées à d'autres mâts complémentaires 17. En définitive, les perfectionnements apportés par l'invention aux dispositifs de propulsion pour bateaux permettent de compléter la propulsion classique réalisée au moyen des moteurs connus en utilisant la force du vent, pourvu que ce dernier soit orienté dans la direction appropriée, le rendement obtenu et la sécurité de naviga- tion étant suffisamment grands pour permettre d'adapter l'invention à tous les types de bateaux quel que soit leur tonnage. Il convient également de remarquer que la hauteur du mât à laquelle on hisse la voile est d'un tiers de la longueur de bateau lorsque cette longueur est supérieure à 150 mètres, ce qui permet de réaliser une mâture de hauteur réduite. Il est évident que l'invention permetd'économiser une quantité considérable de combustible classique, d'uti- liser la force du vent chaque fois que cela est possible sans provoquer de retard notable sur la marche du navire, puisque, ainsi qu'on l'a souligné plus haut, la puissance recueillie par la voile suivant l'invention est très grande. On a avantageusement prévu deux ou plus de deux cordages longitudinaux, intérieur et extérieur, qui s'é- tendent du point de drisse à la bordure inférieure de la voile, sont enfilés dans des petits anneaux et le long desquels la voile glisse lorsqu'on l'affale, en évitant ainsi qu'elle ne tombe à la mer. Les matériaux utilisés pour la réalisation des différents éléments du dispositif suivant l'invention, de même que les formes et dimensions de ces dispositifs et que les autres détails accessoires, ne font pas partie du domaine de l'invention. REVENDICATIONS 1. Dispositif de propulsion pour embarcation, ca- ractérisé en ce qu'il comprend une voile (1; la, lb; 16) fixée à un mât (4, 17) situé à proximité de l'avant de l'embarcation (6), cette voile étant munie de quatre points dont l'un, le point de drisse ou point supérieur (3), est fixé au sommet du mat, dont deux autres, qui sont des points latéraux (7), sont équipésd'écoutes (8) et fixés à babord et à tribord respectivement, et dont le quatrième, ou point d'amure (10), est amarré à une certaine hauteur au-dessus de la pointe de l'étrave, la voile com- prenant une partie supérieure (2) en forme de quart de sphère dont la concavité s'accentue vers le bas, la voile comportant une partie inférieure (9) prolongeant la partie supérieure, de plus faible concavité et légèrement en forme de poche, de sorte que le centre vélique (11) est situé approximativement à un tiers de la hauteur du mat, ce qui permet de naviguer par vent arrière portant d'une amure à l'autre, le vent créant dans la voile une poussée dans le sens de l'avance du bateau et une poussée ascen- sionnelle qui a tendance à soulever l'avant de l'embarca- tion en assurant à ce dernier une grande stabilité. 2. Dispositif de propulsion suivant la revendica- tion 1, caractérisé en ce qu'il comprend un ensemble de grandes tuyères (12) disposées dans une large zone centra- le de la voile (1; la, lb; 16) et qui possèdent une ouverture supérieure (13) ménagée dans la face arrière de la voile, pour l'entrée du vent, et une ouverture inférieure (14) située sur la face avant de la voile et constituant une sortie, ces ouvertures donnant naissance à des jets d'air dirigés vers le pont du bateau, d'une force d'autant plus grande que l'intensité du vent est elle-même plus grande, de sorte que la poussée du vent sur la voile se décompose en une force d'entraînement de l'embarcation vers l'avant et en une force ascensionnelle résultant de la réaction créée par les jets d'air, et que non seulement ces jets constituent une décharge de sécuri- té, mais encore ils tendent à soulever l'avant de l'embar- cation en augmentant ainsi sa stabilité. 3. Dispositif de propulsion suivant l'une des re- vendications 1 et 2, caractérisé en ce que la voile est divisée en deux demi-voiles (la, lb) jumelles symétriques de forme à peu près triangulaire, réunies le long de leur côté (15) par une liaison démontable, ce qui permet d'uti- liser les deux demi-voiles conjointement comme une seule voile ou séparément, pour profiter des vents de travers qu'ils soient de babord ou de tribord. 4. Dispositif de propulsion suivant la revendica- tion, caractérisé en ce que la mâture de l'embarcation (6) est complétée par d'autres mâts (17) qui portent des voiles triangulaires (16) se comportant comme des focs qui complètent l'action de la demi-voile (la, lb) lors- qu'on navigue par vent de travers. 5. Dispositif de propulsion suivant l'une quelcon- que des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que le mât (4) possède une hauteur à peu près égale à un tiers de la longueur de l'embarcation (6) lorsque cette longueur est supérieure à 150 mètres. 6. Dispositif de propulsion suivant l'une des revendications 1 et 2, caractérisé en ce qu'il comporte deux ou plus de deux cordages longitudinaux, extérieur et intérieur, qui s'étendent du point de drisse (3) jusqu'à la bordure inférieure de la voile, qui sont enfilés dans de petits anneaux et le long desquels la voile (1) glisse lorsqu'on l'affale, en évitant ainsi qu'elle ne tombe à la mer.