La présente invention concerne un procédé et un dispositif de démoulage, sous tension des armatures qu'ils comportent, d'é- léments en béton précontraint moulés sur un long banc. On sait que la fabrication en grande série d'éléments allon- gésen béton précontraint par des armatures tendues adhérant à ce béton est couramment obtenue au moyen d'un "long banc". Un tel. banc comprend, à l'une des extrémités d'une aire plane très allon- gée (cent mètres pour fixer les idées), des organes de fixation de plusieurs cours d'armatures parallèles et, à l'autre, des mo- yens de mise en tension simultanée ou non de toutes ces armatures tandis que les moulesdisposés en files parallèles le long du banc, sont traversés par lesdites armatures. Après prise et dur- cissement du béton coulé dans ces moules, la tension des armatu- res est relâchée, les armatures sont coupées entre moules consé- cutifs puis les éléments sont démoulés. Cette façon de procéder présente un inconvénient lorsque les éléments moulés doivent comporter localement des creux ou des reliefs normalement obtenus, respectivement, au moyeMn1deePcOnhsages ou de dépressions à forte dépouille ménagés dans la paroi du mou- le. En efbt, lors du relâchement de la tension des armatures, les éléments étant encore dans leurs moules respectifs, chacun d'eux se raccourcit par le report de la tension des armatures au béton et, comme le moule ne change pas de dimensions, ces creux et re- liefs sont soumis à un effet de cisaillement, de faible amplitude mais très puissant, qui les altère en provoquant notamment des "épaufrures". La présente invention remédie à ces inconvénients. Selon l'invention, préalablement au relâchement de la ten- sion des armatures, chacun des éléments est décollé de son moule par une poussée ascendante exercée sur une portion mobile au moins du fond de ce moule, puis maintenu soulevé jusqu'à relâchement de la tension puis coupure des armatures. La poussée peut être fournie par des moyens quelconques (hy- drauliques, mécaniques pneumatiques). Pour l'ensemble des files de moules, les poussées nécessaires peuvent être exercées simul- tanément ou bien être échelonnées dans le temps. Dans une forme avantageuse de mise en oeuvre de l'invention, les poussées nécessaires sont fournies par des jeux de rampes mo- biles en plan incliné, attelées en file et déplaçables,le long de l'aire allongée, par un mécanisme tracteurs Ce dernier est avantageusement formé d'un ou plusieurs vérins. La transmission de l'action de chaque rampe à une portion mo- bile de moule est de préférence obtenue par l'intermédiaire d'un poussoir guidé, directement ou indirectement manoeuvré par un pa- tin glissant ou un galet coopérant avec ladite rampe. On sait toutefois que, dans la réalisation de tels éléments, il est bon, pour obtenir un bon compactage du béton coulé, de sou- mettre les moules à une vibration et, de préférence, pour obtenir un démoulage plus rapide, à un chauffage à la vapeur. En conséquence, dans une forme de réalisation avantageuse de l'invention, il convient d'assurer une séparation mécanique entre le moule comprenant les portions de moules soulevées par la pous- sée ascendante et les moyens fournissant cette poussée. Lorsque cette poussée est fournie par des rampes mobiles,un espace peut être ménagé entre deux organes de transmission mécani- que intercalés entre la rampe et la partie mobile de moule. A cette findans une réalisation préférentielle de l'inven- tion#les moules, susceptibles de glisser sur des supports élasti- ques de façon à permettre, d'une part leur mise en place longitu- dinale sur le banc, d'autre part leurs vibrations après remplissa- ge, sont associés, chacun avec liberté de déplacement vertical re- lative, à un équipage capable de rouler sur les rampes mobiles, at- telées en file au moyen de traction, équipage comportant des sur- faces capables d'agiraprès une course morte réglable, sur les pous- soirs assurant le déplacement des portions mobiles de moule. La description qui va suivre en regard du dessin annexé per- mettra de bien comprendre comment l'invention peut être mise en oeuvre. la figure 1 est une élévation latérale partielle de deux moules successifs placés sur un long banc; cette élévation corres- r pond à la ligne de coupe I-I de la figure 2; la figure 2 est une vue suivant II-II de la figure 1 de l'un de ces moules - la figure 3 est une coupe agrandie selon III-III de la fi- j gure 1. La base A du long banc est un radier allongé de béton paral- lèlement auquel sont tendus les cours d'armature B en acier dur entre un chevêtre de tension (non représenté) associé à un dis- positif de vérin à longue course et un chevêtre de détension (éga- lement non représenté) qui, au cours d'une opération finale, per- met le relâchement des armatures. Chaque moule C, approprié en l'espèce à la fabrication simultanée de six éléments D de béton précontraint (en ce cas des traverses de chemin de fer), est porté par deux longerons 1 qui reposent sur la base A par l'intermédiai- re de quatre patins 4 glissant sur les plots 2 en élastomèrere- couverts de t8le 2a. Un déplacement longitudinal limité des éléments en béton et des moules, en raison du raccourcissement provenant du relâchement final des armatures, est permis par glissement des patins 4 sur les surfaces 2a. Le soulèvement des moules est empêché par les barres 3 qui traversent les longerons 1 du moule dans les lumières longitudinales 6 et sont fixées à chacune de leurs extrémités, en- tre deux écrous 7 à deux montants verticaux 8 scellés dans la ba- se A. Chaque compartiment D de moule C, traversé par quatre des ar- matures B, comporte vers ses extrémités (voir figure 3) une partie mobile 9 de son fond 10, partie mobile recouverte d'une membrane souple 11 en élastomère ou dont le joint avec la partie fixe est couvert d'un tronçon de bande adhésive perdu pour éviter toute intrusion de laitance dans le mécanisme de soulèvement de cette partie mobile. La partie mobile est solidaire d'un poussoir 12 mo- bile dans le guide 13 fixé au compartiment de moule, guide qui est prolongé par le goujon de réglage 14 à contre-écrou 15. A chacune des extrémités du moule C,les extrémités inférieu- res des goujons 14 (141 à 1.46 sur la figure 2) sont en regard de la face supérieure d'une traverse 17, munie à ses extrémités de cha- pes 18 portant les galets de roulement 19. En l'espèce, les galets 19,situés dans le même plan et asso- ciés à deux moules C consécutifs, roulent sur la même rampe 20, d'une plaque en plan incliné 20 qui peut glisser, entre deux guides , sur la face supérieure d'une autre plaque métallique plane 21 scellée sur la base A par l'intermédiaire du plot de béton dressé 22, rapporté sur cette base. Les plaques 20 d'un même alignement sont attelées entre elles par les tiges de liaison 23 comportant les écrous de blocage 24et les lanternes de réglage en longueur 25. Les deux traverses 17, associées à un même moule C, sont re- liées entre elles par les longerons 5, de façon à former un cadre entourant la base du moule. Entre les extrémités des longerons 1 et les plaques 27 fixées entre les ailes des traverses 17,sont inter- posées des plaques épaisses d'élastomère 28 qui rendent ledit ca- dre solidaire du moule dans ses déplacements longitudinaux mais autorisent, en coopération avec les plots élastiques 2 et les lumières 6, la vibration de ce moule sans transmission excessive d'énergie vibratoire vers la base A. En outre, à cette fin, entre les têtes de goujons 14 et la traverse correspondante 17 est ménagé un espace d (figure 3). Ainsi, lorsqu'après coulée, vibration-et durcissement à la vapeur du béton dans les compartiments de moule, chacun des élé- ments moulés doit être extrait de son moule, sans détendre les armatures, une traction est exercée dans le sens de la flèche F sur l'ensemble des files de plaques 20 attelées par les tiges 23. Par les rampes 20 les galets 19 et, en conséquence, les traverses 17 sont soulevées, par rapport au moule tandis que le soulèvement des moules est empêché par les barres 3. Les traverses 17 viennent ainsi en contact avec les goujons 14 fournissant la poussée qui soulève les parties mobiles 9 des moules. Les éléments de béton sont alors décollés de leurs moules et légèrement soulevés de leur fond. Par rapport à la longueur des cours d'armatures, le léger déplacement transversal qui en résulte pour ceux-ci ne change guè- re la tension de ces armatures. Il serait d'ailleurs possible de soulever simultanément les chevêtres d'attache de ces armatures. Il est donc alors possible, sans risques d'épaufrures (notam- ment pour les logements de patins à rails), de détendre les arma- tures puis de les couper, au ras des faces d'extrémité de chacun des moules, pour libérer chacun des éléments moulés. De préférence, la détension s'effectue, par l'extrémité du banc vers laquelle sont déplacées les plaques 20 (flèche F) de manière que le déplacement des éléments en béton et de leurs moules, résultant du relâchement des armatures, s'effectue en sens inverse de la flèche F, afin d'accroître l'effet de soulèvement des élé- ments moulés. L'effort de traction sur les tiges 23 peut être fourni par des vérins. A titre indicatif, pour des traverses de chemin de fer à patins, les rampes ayant une pente comprise entre 4 et 7 %, la course des vérins peut être de l'ordre de quelques décimètres, de façon que le soulèvement soit de l'ordre du centimètre. Afin d'éviter que le décollement de tous les éléments moulés se produise simultanément, ce qui pourrait nécessiter des vérins de puissance excessive, on peut régler les valeurs des distances 2458368 dc (figure 3) pour une même traverse 17 (ou plusieurs traverses 17) de façon à obtenir des effets de décollements successifs. On peut, par exemple, à l'aide de cales d'épaisseur appro- priée, ajuster les goujons 143 et 144 (figure 2) pour un premier décollement simultané, puis avec une cale un peu plus épaisse ajuster la distance d à une valeur un peu plus grande pour les goujons 142 et 145 puis avec une cale plus épaisse encore ajuster les goujons 14, et 146- Aux mêmes fins, il est également possible de fixer à demeure sur la face supérieure des traverses 17, sous les têtes de goujons, des plaques d'épaisseur croissante (ou des plaques superposées) puis d'aligner par ajustage toutes les têtes de goujons sur une réglette unique d'épaisseur uniforme correspondant à la distance d minimale insérée entre les plaques les plus épaisses et les té- tes de goujons telles que 143 et 144. Afin de limiter l'importance de l'effort P, on peut également ne pas soulever simultanément une même file longitudinale d'élé- ments, à condition d'avoir une variation échelonnée de déplacement vertical très progressive. Pour une file d'éléments ayant la même distance d, ceci se fera automatiquement en prenant des tiges de traction 23 à haute résistance, de section constante relativement faible: Du fait de l'allongement de ces tiges, ce seront les éléments situés le plus près des vérins de traction qui seront décollés et soulevés en pre- mier, puis les seconds et ainsi de suite. Les rampes 20 et les pis- tons 12 doivent avoir une course suffisante pour absorber le dé- ploiement horizontal supplémentaire dû à l'allongement des tiges 23. l'invention s'applique aux éléments allongés de béton pré- contraint par fils adhérents qui doivent comporter, sur leurs faces moulées, des creux ou reliefs de hauteur réduite mais à forte pente de dépouille; ces éléments-ipeuvent être des traverses de chemin de fer, des poteaux, des éléments d'huisserie, des pylônes de trans- port d'énergie électrique. 6 2458368 R E V E N D I C A T I O N S s = =z=s= w=w= =====:== i1.- Procédé de démoulage d'éléments en béton précontraint par des armatures adhérentes tendues sur un "long banc" et tra- versant des files de moules desdits éléments, caractérisé par le fait que, préalablement au relâchement de la tension des armatu- res, chacun des éléments est décofll de son moule par une poussée ascendante exercée sur une portion mobile au moins du fond de ce moule, puis maintenu ainsi soulevé jusqu'à relâchement de la ten- sion et coupure de ces armatures. 2.- Dispositif de mise en oeuvre du procédé selon la reven- dication 1., comprenant aux extrémités d'une aire plane allongée, des moyens de tendre et de détendre des cours d'armatures parallè- les et au moins une file de moules d'éléments en béton traversés par lesdites armatures, caractérisé par le fait que le fond de cha- que moule comprend au moins une portion plane horizontale mobile verticalement, que des moyens permettent à la demande de soulever afin de décoller l'élément moulé de son moule, et de le maintenir soulevé. 3.Dispositif selon la revendication 2, caractérisé par le fait que les moyens de soulèvement des parties mobiles de moule sont des poussoirs verticaux coopérant avec des rampes mobiles, en plan incliné, disposées sous lesdites parties mobiles du moule, reposant sur l'aire planeattelées en file et déplaçables à partir des extrémités de ladite aire. 4.- Dispositif selon la revendication 3, caractérisé par le fait que les poussoirs verticaux d'une pluralité de moules, ali- gnés transversalement au bancsont actionnés par une-traverse dont chacune des extrémités coopère avec une rampe par l'intermédiaire d'un organe appliqué contre celle-ci. 5.- Dispositif selon la revendication 4, caractérisé par le fait que chaque pluralité de moules assemblés est supportée par au moins un longeron pouvant glisser sur l'aire allongée dans le sens de la longueur de celle-ci et qui est empêché de se soulever par des organes ancrés dans ladite aire. 6.- Dispositif selon la revendication 5, caractérisé par le fait que la surface de glissement du longeron repose sur un support en élastomère. 7.- Dispositif selon l'une des revendications précédentes, caractérisé par le fait que le moule avec ses portions mobiles est 7 2458368 mécaniquement séparé des moyens permettant de soulever lesdites portions mobiles. 8.- Dispositif selon la revendication 7, caractérisé par le fait que les moyens de soulèvement de chaque portion mobile de moule étant une rampe mobile, un espace est ménagé dans la trans- mission mécanique entre ladite rampe et ladite portion. 9.- Dispositif selon la revendication 8, caractérisé par le fait quedes supports permettant sanssoulèvement le glissement longitudinal d'un moule, celui-ci est associé avec liberté de dé- ou ee glisser placement vertical relatif à un équipage capable de roul ersur des rampes mobiles, ledit équipage comportant des surfaces capables d'agir, après une course morte réglable, sur des poussoirs assu- rant le déplacement des portions mobiles du moule. 10.- Dispositif selon la revendication 9, caractérisé par le fait que l'équipage mobile comprend, de part et d'autre du moule dans le sens longitudinal, une traverse à galets de roulement sur les rampes mobilestraverses rigidement reliées entre elles et dont les faces supérieures agissent sur des poussoirs de levage de portions mobiles de moule situées vers les extrémités de celui-ci. 11.- Dispositif selon la-revendication 10, caractérisé en ce que les poussoirs comportent, en direction de la surface supérieure de la traverse correspondante, un goujon fileté de réglage de la distance entre ladite surface et la tête dudit goujon. 12.- Dispositif selon la revendication 11, caractérisé par le fait que, le moule comportant plusieurs compartiments, les distances effectives entre les têtes de goujons et la surface supérieure de la traverse correspondante sont différentes. 13.- Dispositif selon les revendications 3 et 4, caractérisé par le fait qu'il est équipé d'un agencement de relâchement de la tension des armatures du côté du banc tourné vers les petites côtes des rampes en plan incliné. 14.- Dispositif selon les revendications 2 et 3, caractérisé par le fait que les rampes mobilesagissant dans des conditions identiques sur une même file de moules, sont attelées entre elles par des tiges capables d'une variation de longueur élastique.