La présente invention, due aux travaux de la Société Brochier et en particulier de M. Bruno ROMPARD et de M. Alain BRUYERE, est relative a un procédé pour la fabrication d'articles, corps ou pièces en un matériau tridimensionnel, de forme quelconque, et concerne également un dispositif pour la mise en oeuvre de ce procédé. L'invention a trait plus particulièrement à un perfectionnement apporté au procédé décrit et revendiqué dans le brevet français 2 315 562 au nom du Commissariat à l'Energie Atomique pour réaliser un article et notamment une pièce de forme au moyen d'un tissu tridimensionnel, une telle pièce comportant en particulier une série de nappes de fils dits longitudinaux s'étendant selon une première direction, une deuxième série de nappes de fils dits transversaux circonférentiels parallèles, s'étendant selon une direction, différente de celle des fils dans'la première série de nappes, les nappes de l'une et de l'autre séries étant superposées, de préférence selon une succession alternée de nappes de la première puis de la seconde série, et une troisième série de fils, disposés entre ceux des première et deuxième nappes, faisant un angle donné par rapport au plan formé par les directions des fils de ces nappes, les fils de cette troisième série étant dits radiaux. En général, les trois séries de fils constituant le matériau sont avantageusement disposées selon trois directions respectivement perpendiculaires. Le processus de fabrication décrit dans le brevet français 2 315 562, qui permet de fabriquer de tels articles, consiste, dans ses caractéristiques essentielles, à réaliser une première nappe sur un mandrin support au moyen d'un fil continu, disposé en brins aller et retour successifs selon une direction sensiblement axiale autour dudit mandrin, a' constituer ensuite une seconde nappe à l'aide d'un autre fil continu, disposé en hélice s'enroulant circonférentiellement sur la première nappe pour recouvrir totalement celle-ci, puis à recouvrir à nouveau la deuxième nappe par une troisième nappe identique à la première et ainsi de suite, de nappe en nappe, jusqu'à obtenir l'épaisseur souhaitée pour l'article å réaliser, à coudre llempiw lement des nappes par un fil radial, cette couture s'effectuant à travers le mandrin support convenablement ajouré selon des lignes s'étendant également selon la direction axiale, et enfin à retirer le mandrin support. En général, et notamment dans le cas de formes complexes, afin d'obtenir une bonne répartition des fils dans les deux premières séries de nappes superposées, on met en oeuvre des picots de guidage ou éléments de renfort radial amovibles, que lton implante sur le mandrin support, métallique ou d'une nature différente de celle des picots, de telle sorte que ceux-ci délimitent des couloirs de guidage des fils dans les pre mière et seconde nappes, la couture a l'aide du troisième fil étant réalisée à l'endroit où sont disposés ces picots qui sont alors repoussés et évacués pour libérer le passage de l'aiguille de couture, Ce procédé exige notamment de concevoir le mandrin au moyen de parties ou secteurs adjacents successivement amovibles, de façon à autoriser, pour chaque ligne de couture, le passage de l'aiguille et du picot poussé par celle-ci. Un tel procédé apparaît totalement satisfaisant et permet de réaliser des corps ou pièces de forme géométrique quelconque, plane ou de révolution, à génératrice rectiligne ou non, au moyen d'un tissu tridimensionnel de forte épaisseur et dans lequel la densité des fils, filaments, fibres ou mèches qui le constituent, peut être sensiblement homogène dans toutes les directions préférentielles du tissu, cette densité pouvant en outre etre ajustée à volonté. Selon une caractéristique également mise en oeuvre dans ce procédé, le matériau textile ainsi obtenu est ensuite imprégné à l'aide d'une résine, par exemple une résine phénolique, epoxy, , choisie en fonction de la nature des fils à partir desquels le tissu tridimensionnel est réalisé, et qui peuvent être notamment des fils de carbone, de graphite, de silice.... Or, lors de cette imprégnation, il est nécessaire de séparer préalablement le tissu tridimensionnel ayant la forme du corps à réaliser vis-à-vis du mandrin support sur lequel il a été bobiné puis cousu. Au cours de cette séparation, notamment dans le cas ou le corps présente une forme complexe, il est parfois difficile de conserver une bonne répartition des fils longitudinaux et/ou transversaux, le retrait du mandrin comportant des risques certains de déformation de la pièce réalisée. De plus, ce retrait.du mandrin produit un relâchement de la structure au niveau des fils transversaux ou longitudinaux ; en conséquence, il est nécessaire, au cours de l'imprégnation, de remettre l'article formé sur un nouveau mandrin qui sert uniquement à cette opération, ce mandrin étant ensuite perdu. Par ailleurs, il est de plus en plus fréquent dans la technique, de chercher à réaliser des articles à base de matériau textile pré-imprégné de résine, de manière à obtenir une meilleure répartition de celle-ci au coeur de la pièce ou du corps formé. Or, dans le cas du procédé selon le brevet précité, il est relativement difficile d'utiliser de tels fils pré-imprégnés, du fait des propriétés collantes de ces fils. En particulier, si l'utilisation.de fils préimprégnés peut à la limite être envisagée pour la réalisation des nappes successives de fils longitudinaux et transversaux, cet emploi devient exclu pour la formation de la couture selon la troisième direction des fils radiaux. Selon une toute autre technique, on a déjà proposé de réaliser des tissus tridimensionnels en fibres ou fils de graphite, de carbone, de silice, de verre, à partir d'un mandrin ou d'un corps réalisé dans les mêmes matériaux que les fils et sur lesquels sont préalablement usinés des picots ou tiges radianes rigides, constituant l'une des directions du tissu. Les deux autres directions de fils sont formées par tramage axial et bobinage circonférentiel entre ces picots radiaux. Une fois réalisée l'épaisseur souhaitée, l'ensemble est rigidifié par incorporation d'une résine durcissable, le mandrin initial étant ensuite éliminé par usinage ou par tout autre procédé. Dans ce cas, les éléments radiaux de l'article tridimensionnel sont donc constitués par les picots formés préalablement dans le mandrin. On conçoit aisém#ent qu'une telle méthode soit extrêmement coûteuse et longue à mettre en oeuvre du fait des différentes ope- rations d'usinage et des déchets de matière première qui en résultent. Par ailleurs, il est évident que la densité des fils c 'est-à-dire des picots, ou plus exactement le nombre de ces fils ou picots par cm2, dans la troisième direction du corps tridi mensionnel, ne peut jamais être très élevé, l'usinage des picots radiaux nécessitant, outre un certain diamètre leur conférant une tenue mécanique convenable, un espacement notable entre ces picots pour le passage des outils.Enfin, on a constaté que la liaison entre les éléments radiaux constitués par les picots et les autres fils était généralement insuffisante, de fait de leur surface habituellement lisse, entraînant des risques de délaminage, c'est-àdire un décalage des nappes de fils selon les deux autres directions La présente invention concerne un procédé de fabrication qui pallie les inconvénients des techniques antérieures précitées et notamment apporte un perfectionnement substantiel au procédé déjà décrit dans le brevet francais 2 315 562 tout en permettant, pour une large part, de conserver la mise en oeuvre du dispositif décrit dans ce brevet, au moins pour la mise en place des nappes de fils s'étendant selon les première et secondedirections dans le tissu tridimensionnel.L'invention permet à nouveau de réaliser des corps ou pièces de forme géométrique quelconque, plane ou de révolution, à génératrice rectiligne ou non, constitués par un tissu tridimensionnel noyé dans une résine, ce tissu ayant une forte épaisseur et étant constitué par trois séries de fils, filaments, fibres ou mèches disposés selon trois directions préférentielles, éventuellement perpendiculaires, la densité des fils dans chacune des trois directions pouvant être aussi élevée que désirée et notamment parfaitement hanogène selon chacune de ces trois directions. A cet effet, le procédé selon l'invention, consis tant à disposer sur la surface externe d'un mandrin support ayant la forme intérieure du corps à réaliser, des picots délimitant des couloirs pour le positionnement des fils longitudinaux et transversaux d'une pluralité de nappes successives superposées, se caractérise en ce que, on constitue le mandrin support en un matériau apte à recevoir les picots par implantation directe par ,pression, os picots étant constitués par une matière textile fili forme prérigidifiée par imprégnation d'une résine durcissable et présentant une direction différente de celle des fils dans les nappes superposées, on assure, après sise en-place des picots par pénétration dans le mandrin, puis bobinage et tramage des nappes superposées, une imprégnation des fils de ces nappes et des picots, puis on polymérise ensemble et enfin on élimine le mandrin support. Selon l'invention, le mandrin support sur lequel est ainsi formé le matériau tridimensionnel est conservé lors des traitements en eux-memes conventionnels d'imprégnation et de polymérisation de la résine, avant d'être éliminé en fin d'opération. Avantageusement, ce mandrin est constitué d'une matière qui résiste à ces traitements ultérieurs et présente une texture suffisamment rigide et indéformable pour maintenir le corps formé sur lui, tout en présentant une faible dureté de manière à ce que les picots puissent être directement implantés et maintenus sur sa surface externe par simple pression. De préférence, on utilise comme matériau pour constituer le mandrin, des mousses rigides telles que des mousses à base de polyuréthane ou des mousses phénoliques, produits choisis parmi ceux qui résistent particulièrement bien au traitement thermique ultérieur permettant la polymérisation de la résine. Dans un mode de mise en oeuvre particulier de l'invention, adapté notamment à la fabrication d'un corps de révolution, l'implantation des picots dans le mandrin s'effectue selon un pas constant, sous multiple entier de la circonférence du corps dans le sens circonférentiel avec un décalage à chaque pas dans le sens axial, de telle sorte que les picots forment, suivant la section du corps, un couloir continu de picots héli cotidal et, suivant l'axe, des couloirs adjacents rectilignes. Eventuellement, l'implantation des picots peut être réalisée en formant des couloirs circonférentiels parallèles ou en appliquant les picots selon un pas variable. Après implantation des picots dans le mandrin support, on bobine une première couche de fils sensiblement circonférentiels, préimprégnés ou non de résine, suivant le couloir hélicoïdal ou non, défini par les picots, on trame ensuite une seconde couche de fils préimprégnés ou non à travers les couloirs longitudinaux rectilignes formés par ces mêmes picots le long de l'axe du mandrin, puis on répète ces opéra- tions de manière à - obtenir une succession de couches superposeis, bobinées et tramées, jusqu'à remplir tout l'espace compris entre les picots, en réalisant l'épaisseur souhaitée de l'article, corps ou pièce à former, les picots implantés dans le mandrin présentant en saillie sur la surface de celui-ci, une longueur qui correspond au moins à cette épaisseur. Le bobinage des fils selon les couloirs circonférentiels définis par les picots et le tramage des fils au travers des couloirs longitudinaux formés par ces mêmes picots, est de préférence réalisé de manière déjà connue, notamment à l'aide d'un dispositif tel que décrit et revendiqué dans le brevet français 2 315 562 précité. L'ensemble ainsi constitué se présente donc sous la forme d'un corps en un matériau textile ou autre, ayant trois directions principales, l'une de ces directions,dite direction radiale, étant constituée par les picots, qui présentent à travers le mandrin support une densité aussi importante que désirée. Le corps est ensuite traité de maniere conventionnelle par imprégnation de résine et polymérisation, le mandrin support étant, en fin de mise en oeuvre du procédé, éliminé par tout procédé usuel, notamment par usinage ou autre. Selon l'invention, chaque picot est constitué par un élément textile, filiforme rigidifié, se présentant sensiblement sous la forme d'une aiguille obtenue à partir de filaments de silice, de carbone, de verre, de bore ou de tout autre matériau présentant une grande résistance à la traction, ces filaments étant préimprégnés de résine polymérisée, afin de leur conférer la rigidité nécessaire. De préférence, le picot ainsi réalisé présente une surface externe irrégulière afin de favoriser sa liaison ultérieure avec les différentes nappes de fils. Cette surface irrégulière peut etre obtenue par tout moyen approprié, par exemple en réalisant les picots par moulage ou par torsadage. L'invention permet ainsi d'obtenir des corps ou pièces en tissu tridimensionnel , dans lesquels les différents constituants se croisent sensiblement à angle droit. Il est également possible d'obtenir des matériaux tridimensionnels dans lesquels les fils sont disposés selon trois directions différentes, les picots qui constituent les éléments radiaux pouvant former un angle quelconque avec le plan formé à la surface du mandrin support par les fils longitudinaux et transversaux. Cette dernière possibilité qui résulte d'une orientation de l'implantation des picots faisant l'angle sou haité avec le mandrin, peut présenter des avantages pour certaines applications nécessitant une résistance à l'ablation préférentielle selon une direction. L'implantation des picots dans le mandrin support peut être réalisée au moyen d'un dispositif qui fait partie également de l'invention et dont les caractéristiques seront exposées plus loin, ce dispositif étant comparable à celui mis en oeuvre selon le brevet français 2 315 562, sauf que l'on remplace l'organe de couture par d'autres moyens permettant ici l'implantation des picots préalablement formés. La description d'un tel dispositif d'implantation des picots ainsi que d'autres dispositions mises en oeuvre, séparément ou en combinaison, apparaîtront de façon plus explicite à travers la description qui suit d'un exemple de réalisation, donné à titre indicatif et non limitatif, en référence aux dessins annexés sur lesquels - la Fig. 1 est une vue schématique en perspective partielle du dispositif permettant d'effectuer la mise en oeuvre du procédé de l'invention en ce qui concerne l'implantation des picots ; - les Fig. 2 et 3 illustrent à plus grande échelle et en perspective également, des vues du dispositif d'implantation proprement dit, représenté en deux positions successives permettant d'expliciter son fonctionnement. Comme on le voit sur la Fig. 1, la machine comporte principalement une table 1, sensiblement horizontale, sur laquelle est susceptible de se déplacer une platine 2, guidée au-dessus de la table et parallèlement à celle-ci, par des colonnettes paral lèles, respectivement 3 et 4.Le déplacement de la platine 2 peut être réalisé en ménageant dans la face inférieure de cette dernière une noix 5, filetée intérieurement, coopérant avec une vis d'entraînement 6, commandée à travers un réducteur 7 par un moteur 8.- Sur la platine 2, sont prévus des montants, respectivement 9 et 10, à l'extrémité supérieure desquels tourillonne un arbre longitudinal 11, parallèle au plan de la platine 2 et de la table 1, cet arbre 11 étant solidaire d'une couronne dentée 12 engrenant avec une vis tangente '3, ellememe commandée par un réducteur 14 et un moteur 15.Enfin, sur l'arbre 11 est également disposé, entre les montants 9 et 10 formant paliers pour cet arbre, un mandrin support 16 sur lequel, conformément à l'invention, il convient d'implanter des picots rigides. On conçoit aisément que grâce à la combinaison des mouvements obtenus par les moteurs 8 et ls, déplaçant respectivement la platine 2 selon une première direction et le mandrin support 16 porté par l'arbre 11 dans un mouvement de rotation sur lui-même, il soit possible de faire défiler sous un point fixe quelconque dans l'espace, toute la surface du mandrin et de réaliser ainsi sur celle-ci, l'implantation d'une série de picots 29 avec un pas déterminé, pouvant à volonté être rendu variable. Avantageusement, le mandrin 16 est réalisé au moyen d'un matériau suffisamment rigide pour pouvoir assurer le support des picots et suffisamment souple pour autoriser l'implantation de ces derniers dans sa surface sans nécessiter un effort d'introduction prohibitif. De préférence, ce mandrin est réalisé au moyen d'une mousse rigide, du genre de celles connues dans la technique sous les termes de mousses phénoliques ou de mousses de polyuréthane. Au-dessus du mandrin 16 porté par la platine 2 est disposé un portique 17, comprenant deux supports latéraux parallèles respectivement 18 et 19 et une traverse horizontale 20 qui, dans l'exemple de réalisation représenté, s'étend parallèlement au plan de la platine 2. Cette traverse 20 se prolonge de part et d'autre des montants 18 et 19 à travers des fentes verticales 21 et 22 prévues dans ces derniers, et comporte une tête latérale 23, rendue solidaire de l'extrémité de la tige 24 d'un vérin pneumatique 25, immobilisé contre le montant 18 par exemple au moyen de colliers de fixation 26. Ces dispositions permettent notamment, par action sur le vérin 25 commandant la position de la tige 24, de faire varier celle de la traverse 20 et du dispositif qu'il supporte par rapport à la surface du mandrin 16. Sur la traverse 20 coulisse une pièce de guidage 27, à laquelle est lié un dispositif ou tête 28, permettant précisément d'implanter les picots 29 sur la surface externe du mandrin 16, ce dispositif 28 étant plus spécialement illustré sur les Figs. 2 et 3. Comme représenté, notamment sur la Fig. 2, le dispositif 28 comporte principalement une plaque 30 qui, dans l'exemple de réalisation envisagé, s'étend sensiblement yerticalement et qui comporte a' son extrémité inférieure une cannelure 31 en queue d'aronde, sur laquelle coulisse un tiroir 32. A cet effet, celui-ci comporte latéralement une chape 33 permettant de solidariser ce tiroir au moyen d'-une goupille 34 avec ltextrémité de la tige 35 d'un second vérin pneumatique 36 agencé de telle sorte qu'il produise un mouvement alternatif de va et vient, déplaçant le tiroir 32 entre deux positions extrêmes comme il sera explique plus loin, Le tiroir 32 comporte un passage traversant 37 pour les picots 29 à implanter sur le mandrin 16. Ce passage 37 est normalement obturé par trois billes 38, 39 et 40 prévues au voisinage de son extrémité inférieure, chacune de ces billes étant sollicitée vers les deux autres par un ressort 41 de manière à constituer une sorte de verrou à billes, susceptible de s'effacer sous l'effet d'un effort vertical exercé sur un picot 29 contenu dans le passage -37. Le tiroir 32 comporte par ailleurs, à proximité et en avant du passage 37, une plaquette verticale 42, munie à son extrémité supérieure d'une vis transversale 43 formant butée et dont le rôle sera explicité ultérieurement. Afin d'exercer un effort sur un picot 29 quelconque, contenu dans le passage 37, le dispositif 28 comporte un troisième vérin pneumatique oo, immobilisé par un collier de support 45 contre la plaque verticale 30, ce vérin 44 comportant une tige 47 formant-poussoir, apte pour une position adéquate du titoir 32 à s'engager dans le passage 37 pour repousser le picot 29 qu'il contient à l'encontre des ressorts 41 des billes de verrouillage 38, 39 et 40. Sur la figure, on a également représenté en 48 et 49 les canalisations d'amenée et d'e.chap- pement d'air comprimé au vérin 44, permettant d'actionner la tige 47. La référence 50 désigne enfin un embout tubulaire 50, monté éventuellement sous le tiroir 32 et permettant de guider les picots 29 à leur sortie du passage 37 de ce tiroir. La plaque verticale 30 comporte par ailleurs, an dispositif 51 pour l'alimentation des picots 29, ce dispositi.f 51 comprenant principalement un tube cylindrique creux 52, dont le diamètre est très légèrement supérieur à celui des picots, ce tube étant immobilisé contre la plaque par des colliers 53. A sa partie supérieure, le tube 52 comporte un entonnoir 54 alimenté par les picots au moyen d'une goulotte de sortie 55 d'un bol vibrant 56 où les picots disposés en vrac et se presentant chacun sous la forme d'un petit élément longitudinal rigide, sont progressivement mis les uns à la suite des autres en file et sortis un à un pour tomber dans la goulotte puis dans l'entonnoir, en se répartissant selon une succession verticale dans le tube 52. Au voisinage de son extrémité 57 opposée à l'entonnoir 54, le tube 52 comporte une première fente 58 s'étendant à peu près sur la moitié de sa section et audessus de cette première fente une seconde 59, de meme profil mais ménagée du côté opposé par rapport à la surface du tube 52. Ces fentes 58 et 59 sont aménagées pour coopérer respectivement avec deux lames ressort élastiques 60 et 61 aptes, en position non fléchie, à s'engager à l'intérieur de ces fentes en créant dans celles-ci un obstacle à l'écoulement par gravité vers le bas des picots 29 remplissant le tube 52. Ces lames ressort 60 et 61 sont immobilisées contre la paroi en regard de la plaque verticale 30 par llintermédiaire de-plots de fixation, respectivement 62 et 63, coopérant avec des vis de serrage 64.Enfin, le tiroir 32 comporte également, dans ns la position illustrée sur la Fig. 2,au voisinage du tube 52, une seconde plaquette 65, s'étendant verticalement et munie à son extrémité supérieure d'une vis 66 formant butée pour la lame ressort 61, la vis 43 prévue sur la plaquette 42 au voisinage du passage 37 permettant, comme illustré sur la Fig. 3, d'agir inversement sur l'autre lame ressort 60. Enfin, l'équipement du dispositif 28 se complète au moyen d'un système de cellule photoélectrique, désigné dans son ensemble sous la référence 67 et dont le détail importe peu à l'invention, disposé en regard d'une partie transparente 68 prévue dans le tube 52 afin de permettre le contrôle du passage à travers ce tube des picots 29, et la commande du bol vibrant 56 pour assurer en permanence que ce tube 52 soit toujours rempli de tels picots. Le fonctionnement du dispositif réalisé conformement à l'exemple décrit ci-dessus, se déduit dès lors aisément le mandrin support 16, en mousse rigide, étant monté sur l'arbre 11 et immobilisé par rapport a' celui-ci, on détermine par une commande programmée des moteurs 8 et 15, la rotation et le déplacement de ce mandrin sous le dispositif 28, en permettant par le dispositif 28 l'implantation des picots, cette implantation pouvant s'effectuer, soit selon une hélice de pas donné s'enroulant sur le mandrin, soit selon des séries circonférentielles, le premier cas correspondant à une commande simultanée des vis 6 et 13 et le second à une commande alternée de ces vis. A noter que tout autre programme pourrait être adopté pour faire varier le pas et la répartition des picots sur le mandrin. Le bol vibrant 56 étant mis en marche, le tube 52 est rempli de picots 29 se présentant sous la forme d'un élement de fil rigidifié d'un matériau approprié, notamment de carbone, de silice, de bore, de graphite ou autre, préimprégné par une résine thermodurcissable, ces picots présentant chacun une longueur appropriée, correspondant sensiblement à l'épaisseur du corps à réaliser-sur le mandrin. Avantageusement, les picots présentent dans leur surface extérieure certaines irrégularités afin de faciliter l'accrochage des nappes de fils qui sont extérieurement bobinés sur ce même mandrin entre les picots une fois implantés. Ainsi, ces picots peuvent être obtenus par moulage ou bien par sectionnement d'un fil préimpregné, de préférence torsadé sur lui-même. -Dans la position illustrée sur la Fig. 2, les picots 29 remplissent le tube 52 les uns derrière les autres, la cellule 67 détectant l'empilement de ces picots jusqu'à une hauteur déterminée par la partie 68, en arrêtant à cet instant le bol vibrant 56. Dans cette même position, la lame ressort 60 est engagée dans la fente 58 et empêche les picots de chuter vers le bas du tube 52 tandis que, grâce à la vis de butée 66, la lame ressort 61 est écartée de la fente 59. Dans ces conditions, le tube 52 comporte entre le niveau des lames 60 et 61 un seul picot, l'écartement de ces lames étant par construction choisi sensiblement égal à la longueur de ces picots. Le tiroir 32 est alors tiré par le vérin 36 pour venir dans la position illustrée sur la Fig. 3, où la vis de butte 66 libère la lame ressort 61 en permettant alors à celle-ci de venir s'engager dans la fente 59 out -le cas échéant, de pincer à travers celle-ci le picot suivant, tandis que la vis de butée 43 vient, du fait du même déplacement- du tiroir, en appui contre l'extrémité de la lame ressort 60, en faisant sortir cette der niera de la fente 58.Le picot 29 préalablement immobilisé par cette lame ressort 60 peut alors tomber librement dans le trou 37 en étant arrêté à la base de ce dernier par les trois vis à ressort 38 à 40. Après nouveau déplacement du tiroir 32 en sens inverse par le vérin 36, le passage 37 se trouve ramené sous la tige 47 qui est alors actionnée par le vérin 44, cette tige 47 formant poussoir traversant le trou 37 par un réglage adapté de sa course, en appuyant sur 1' extrémité du picot 29 et en le faisant franchir les billes 38 à 40 sollicitées par les ressorts 41 pour l'implanter dans la surface du mandrin. Dans cette position, la lame ressort 60 revient dans la fente 58 et arrête le picot suivant tandis que la lame ressort 61 écartée à nouveau par la vis de butée 66 permet à l'ensemble des picots maintenus dans le tube 52 de descendre d'une hauteur correspondante.Le cycle reprend alors, avec à chaque descente de la tige 47 dans le passage 37, implantation d'un picot et ainsi de suite. De préférence, l'implantation des picots 29 dans la surface du mandrin 16 s'effectue perpendiculairement à cette surface, grâce à un positionnement convenable du dispositif 28 le long de la traverse 20. En variante, il est bien évident que l'on pourrait faire varier l'inclinaison d'implantation, en décalant angulairement le dispositif 28 sur cette traverse, le pas, la localisation et l'orientation des picots étant fonction des caractéristiques particulières éventuellement désirées pour le corps ou la pièce formé. Comme on l'a déjà précisé, les picots présentent de préférence une longueur sensiblement égale à celle de l'épaisseur que l'on souhaite donner au corps à réaliser. Avantageusement, ces picots sont préalablement, au cours de leur fabrication, effilés à leurs extrémités de manière à faciliter leur pénétration dans le mandrin support. Ces picots peuvent être réalisés en tout filament textile approprié, notamment à base de silice, de carbone, de graphite, de verre, de bore ou en polyamide aromatique, en fllms, meches ou autres, convenablement rigidifiés par imprégnation de résine. Lorsque les picots sont implantés sur la surface du mandrin de la manière décrite, formant par exemple sur la surface du mandrin une série de couloirs hélicoïdaux et longitudinaux, on réalise ensuite, de préférence à l'aide d'une machine telle que décrite dans le brevet français 2 315 562 déjà cité, la mise en place de séries de nappes successives de fils préimprégnés ou non, généralement de meme nature que les picots et s'étendant respectivement selon des directions longitudinales et transversales. Cette mise en place des nappes de fils étant en elle-meme connue ne sera pas décrite ci-après et pourra, en tant que de besoin être' explicitée en se référant au brevet ci-dessus. Une fois le corps ou pièce ainsi formé, par la succession des nappes empilées, maintenues par les picots, on procède, de façon connue, à une imprégnation de l'ensemble par une résine thermodurcissable, en laissant le corps sur le mandrin lui-même. Après polymérisation de cette résine et prise en masse des picots à l'intérieur des nappes, on élimine enfin ce mandrin, généralement par un usinage à la fraise ou à la meule, selon l'axe de celui-ci, de manière à ne laisser subsister que le corps creux en tissu tridimensionnel. Comme il résulte de ce qui précède, on vo-it que le procédé selon l'invention se prête aisément à la fabrication de corps ou pièces en tissu tridimensionnel de forme quelconque donnée, correspondant à celle choisie initialement pour le mandrin support en mousse rigide, lui-même très facilement façonné à cette forme. Enfin, il convient de souligner que, Si les fils des nappes bobinés et tramés sur les picots implantés dans la surface du mandrin sont préimprégnés, le taux de résine peut être choisi tel que l'excédent résultant de ce bobinage vienne de façon satisfaisante combler les trous ou vides éventuels de la structure, cette opération pouvant même et le cas échéant, éviter la phase d'imprégnation ultérieure et permettre de réaliser des pièces de façon plus économique. REVENDTCATTONS 1. Procédé de fabrication de pièces ou corps en matériau tridimensiornel,consistant à disposer sur la surface externe d'un mandrin support ayant la forme intérieure du corps à réaliser, des picots délimitant des couloirs pour le positionnement des fils longitudinaux et transversaux d'une pluralité de nappes successives superposées, caractérisé en ce que l'on constitue le mandrin support en un matériau apte à recevoir les picots par implantation directe par pression, ces picots étant constitués par une matière textile filiforme prérigidifiée par imprégnation d'une résine durcissable et présentant une direction différente de celle des fils dans les nappes superposées, on assure, après mise en place des picots par pénétration dans le iaandrin,puis bobinage et tramage des nappes superposées,une imprégnation des fils de ces nappes et des picots, puis on polymérise ensemble et enfin on élimine le mandrin support. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le mandrin support est constitué d'une mousse rigide du genre d'une mousse phénolique ou de polyuréthane. 3. Procédé selon 11 une quelconque des revendications I ou 2, caractérisé en ce que l'implantation des picots dans 12 mandrin s'effectue selon un pas constant, sous-multiple entier de la circonférence du corps dans le sens circonférentiel avec un décalage à chaque pas dans# le sens axial, de telle sorte que les picots forment, suivant la section du corps, un couloir continu de picots hélicoïdal et, suivant l'axe, des couloirs adjacents rectilignes. 4. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que l'implantation des picots est réalisée en formant des couloirs circonférentiels parallèles ou en appliquant les picots selon un pas variable. 5. Procédé selon 1'une quelconque des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que l'implantation des picots est réalisée selon une direction perpendiculaire à la surface du mandrin ou selon une direction faisant un angle donné avec cette surface. 6. Procédé selon l'une quelconque des revendications I à 5, caractérisé en ce que les picots sont constitués d'liements filiformes, rigidifiés par une imprégnation préalable d'une résine durcissable. 7. Procédé selon la revendication 6, caractérisé en ce que les picots sont réalisés en fibres, filaments, mèches ou autres de graphite, carb9ne, silice, verre, bore ou polyam > .aes aromatiques. 8. Procédé selon l'une quelconque des revendications 6 ou 7, caractérisé en ce que les picot présentent un état de surface irrégulier, 9. Procédé selon la revendication 8, caractérisé en ce que les picots sont réalisés par moulage ou torsadage. 10. Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 9, caractérisé en ce qu'il comporte une table portant une platine parallèle dépla çable par rapport à cette table, cette platine supportant le mandrin monté rotatif autour d'un arbre parallèle à la platine de façon à faire défiler chaque point du mandrin où doit être implanté un picot sous une tête d'implantation portée par un portique s'étendant au-dessus du mandrin 11. Dispositif selon la revendication 10, caractérisé en ce que la tête d'implantation est montée mobile sur une traverse du portique s'étendant sensiblement transversalement au-dessus du mandrin. 12. Dispositif selon la revendication 11, caractérisé en ce que la traverse portant la tête d'implantation est elle-même mobile par rapport au portique. 13. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 10-à 12, caractérisé en ce que la tête d'implantation comporte un tiroir animé d'un mouvement de va et vient entre deux positions et comporte un passage traversant apte à recevoir un picot à implanter, maintenu dans ce passage par un verrouillage prévu à son extrémité dirigée vers le mandrin, ce picot coopérant dans une position du tiroir avec la tige d'un vérin pneumatique formant poussoir, faisant franchir le verrouillage par le picot et réalisant son implantation dans le mandrin. 14. Dispositif selon la revendication 13, caractérisé en ce que le verrouillage du passage traversant est constitué par des billes sollicitées par des ressorts. 15. Dispositif selon la revendication 10, caractérisé en ce que la tête d'implantation comporte en outre, un tube sensiblement vertical d'alimentation par les picots, présentant deux fentes s'étendant chacune sur la moitié de la section de ce tube mais disposées de part et d'autre de celui-ci, ces fentes étant séparées par une distance sensiblement égale a la longueur des picots et cooperant chacune avec une lame ressort ou analogue pénétrant dans chaque fente respectivement pour interdire le passage des picots. 16. Dispositif selon les revendications 13 et 15, caractérisé en ce que chaque lame ressort coopère avec une butée portée par le tiroir de telle sorte que pour chaque position du tiroir, l'une des butées repousse de la fente arrière l'une des lames ressort, l'autre lame étant engagée dans sa propre fente et vice versa. 17. Dispositif selon la revendication 15, caractérisé en ce que le tube d'alimentation comporte à son extrémité opposée à la sortie des picots un entonnoir recevant ces picots provenant d'une goulotte de déversement d'un bol vibrant. 18. Dispositif selon la revendication 17, caractérisé en ce qu'un système de cellule photoélectrique contrôle le remplissage du tube-par les picots et commande le bol vibrant.