PROCEDE ET DISPOSITIF DE TRAITEMENT DE SANG PROVE NANT EN PARTICULIER D'ABATTOIRS. L'invention concerne un procédé et un dispositif de traitement du sang provenant des abattoirs ; elle vise à transformer ce sang en caillots pâteux en l'absence de séparation des phases liquide (plasma) et solide (globule rouge) du sang. Dans les abattoirs, le sang provenant de l'abattage des boëtes s'écoule généralement dans des rigoles où il coagule au moins partiellement assez rapidement, la phase li- quide (plasma) se séparant de façon irréversible de la phase solide (globules rouges). Actuellement ce mélange de phases qui ne peut etre reJeté dans les eaux de rivière doit être recueilli et transporté our le transformer en poudre sèche en vue de permettre sa conservation. Ces opérations sont d'éxécution longue. et fastidieuse et sont en pratique très onéreuses ; de plus, la transformation en poudre entraîne une consommation très élevée d'énergie en raison des quantités d'eau importantes qu'elle conduit à éliminer.En outre, les possibilités d'utilisation de ces poudres provenant du mélange des phases solide et liquide sont assez limitées (certaines industries chimiques). Par ailleurs, le plasma liquide qui est évaporé lors de la transformation en poudre est recondensé et constitue un sous-produit gênant source de pollution. La présente invention se propose de pallier les inconvénients ci-dessus évoqués et de fournir une sol u tion satisfaisante au problème posé par les importantes quantités de sang produites dans les abattoirs. Un objectif essentiel de l'invention est d'éviter la séparation des phases liquide et solide du sang provenant de l'abattage des bêtes et de transformer le sang dans sa totalité en une pâte consistante, facile à conditionner et à transporter, et susceptible d'être conserve un certain temps sans avoir à lui faire subir de traitement particulier. Un autre obJectif est d'étendre considérablement les possibilités d'utilisation du sang grâce à la composition de la pâte obtenue qui coïncide sensiblement avec celle du sang et trouve de ce fait de multiples applications au terme de traitements simples et peu onéreux. Un autre objectif est également d'éviter la un/ L formation d'/sous-produit inutilisable en vue de supprimer tout rejet polluant. A cet effet, le procédé de traitement conforme à l'invention permettant de transformer le sang en provenance des abattoirs en caillots pâteux de consistance relativement ferme consiste à admettre le sang à la base d'une enceinte longiforme inclinée contenant au moins une vis sans fin apte à assurer une agitation à la base de ladite enceinte et un entraînement des matières vers l'extrémité supérieure de celle-ci, à chauffer ladite enceinte, à mettre en rotation la ou lesdites vis sans fin et à prélever à l'extrémité supérieure de 1 'encein- te les caillots pâteux obtenus. Selon un mode de mise en oeuvre préférentiel, on utilise une enceinte tubulaire contenant deux vis sans fin qui sont disposées l'une après l'autre le long de l'enceinte et occupent sensiblement toute la section de celle-ci ; l'une des vis située en amont (partie la plus basse de l'enceinte où est admis le sang) présente un pas de vis plus court que l'autre située en aval et est entraînée à une vitesse de rotation plus grande que cette dernière. On constate que le résultat obtenu est ainsi considérablement amélioré, la vis amont assurant une bonne agitation au niveau où les matières ont une consistance encore liquide de façon à éviter tout risque de séparation des phases liquide et solide du sang, cependant que la vis aval réalise un lent entraînement des matières dont la consistance augmente le long de l'enceinte, sans faire obstacle à cette transformation en caillots pâteux. Par ailleurs, selon une autre caractéristique de l'invention, permettant d'assurer une vitesse d'entraînement des matières du même ordre sur toute la longueur de l'enceinte, le rapport des pas de vis amont et aval est très approximativement égal au rapport inverse des vitesses de rotation desdites vis amont et aval. Par exemple, on obtient de bons résultats en choisissant un rapport de pas des vis amont et aval approximativement compris entre 0,30 et 0,70, le rapport inverse des vitesses de rotation étant ajusté dans cette même plage de valeurs. En outre, selon une autre caractéristique du procédé de l'invention, l'enceinte est chauffée par sa périphérie de façon à conditionner à l'intérieur de celle-ci une température approximativement comprise entre 85" C et ll0 C. L'inclinaison de l'enceinte par rapport à l'horizontale est prévue, d'une part, assez forte pour garantir que les matières liquides non suffisamment transformées demeurent à la base de l'enceinte au niveau de la vis amont, d'autre part, assez faible pour faciliter l'entraînement des matières vers la partie supérieuredel'enceinte. En pratique, une pente approximativement comprise entre 2 % et 8 % répond de façon satisfaisante à ces impératifs. Le procédé de l'invention permet donc, immédiatement après l'abattage des bêtes, de transformer le sang qui s'écoule en une pâte consistante ayant sensiblement la composition du sany c'est-à-dire comprenant dans des caillots à peu près homogènes tous les eléments constitutifs du sang, y compris la quasi-totalité de l'eau de celui-ci. Cette pâte est facile à manipuler et à conditionner et l'expérience a montré qu'elle est susceptible de se conserver au moins une dizaine de jours sans /servir à / aucun problème. Par exemple, elle peut/rentrer, en pourcentage élevé, dans la fabrication d'aliments complets pour chiens et chats, porcs, etc... L'invention s'étend à un dispositif pour la mise en oeuvre du procédé de l'invention ; ce dispositif comprend essentiellement une enceinte tubulaire maintenue par un bâti permettant de lui conférer une inclinaison déterminée par rapport à l'horizontale, des moyens d'admission du sang à l'extrémité basse de l'enceinte, des moyens d'évacuation des caillots pâteux à l'extrémité haute de celle-ci, au moins deux vis sans fin s'étendant le long de l'enceinte sensiblement dans toute la section de celle-ci, l'une en amont, l'autre en aval, des moyens d'entrainement en rotation desdites vis sans fin et des moyens de chauffage de l'enceinte. D'autres caractéristiques, buts et avantages de l'invention se dégageront de la description qui suit, en référence au dessin annexé, qui en présente à titre d'exemple non limitatif, un mode de réalisation préférentiel ; sur ce dessin la figure 1 est une coupe verticale par un plan axial du dispositif conforme à ce mode de réalisation, la figure 2 est une vue partielle du même type à échelle plus grande. Le dispositif représenté à titre d'exemple aux figures est appelé à être utilisé dans les abattoirs à la sortie de rigoles ou conduits d'écoulement recueillant le sang des bêtes. Il vise à transformer ce sang en une pâte relativement consistante, à peu près homogène et de composition peu différente de celle du sang, en éliminant les risques de séparation qui fourniraient de façon irréversible un mélange de deux phases solide et liquide, difficile à manipuler et à transporter et inapte à se conserver plus de quelques heures. Le dispositif comprend une enceinte tubulaire 1 sensiblement cylindrique, à double paroi 2 et 3, délimitant, d'une part, un volume interne cylindrique de traitement V d'autre part, un volume périphérique de chaufface V T' c Cette enceinte 1 est portée par un bâti 4 formant un piètement adapté pour conférer à ladite enceinte une position légèrement inclinée par rapport à l'horizontale. -L'enceinte 1 comprend du côté de son extrémité basse un conduit d'admission du sang 5 débouchant dans le volume de traitement VT en partie haute de sa section ; ce conduit 5 est pourvu d'une vanne rotative de régulation 6, de type classique, constituée par des secteurs tournants qui emprisonnent le sang et assurent un cloisonnement étanche entre l'entrée et la sortie de la vanne. Une telle vanne dont la sortie est raccordée à l'enceinte par l'entremise du conduit 5 permet d'assurer une régulation du débit de sang admis dans l'enceinte et de réaliser une isolation de celle-ci par rapport à l'écoulement amont. Par ailleurs, à son extrémité haute opposée, l'enceinte 1 est raccordée à un conduit 7 d'évacuation des caillots pâteux, fixé en partie basse d'une cloison d'obturation 8. Ce conduit 7 débouche dans une goulotte de déversement 9 par laquelle tombent les produits traites. Cette goulotte 9 est associée à des moyens d'aspiration des buées en suspension se formant dans celle-ci ces moyens peuvent être couplés avec des moyens analogues per mettant d'aspirer les buées à l'intérieur de l'enceinte 1. Par exemple, ces moyens peuvent comprendre un conduit d'aspiration 10 débouchant à peu près au 2/3 de la longueur de l'enceinte, un conduit d'aspiration 11 débouchant dans la goulotte 9 et un condenseur (non représenté) auquel se raccordent ces conduits 10 et 11. Par ailleurs, le volume périphérique V c tendant entre les parois 2 et 3 autour du volume de traitement VT, est raccordé en partie haute à un conduit 12 d'admission d'un fluide chaud et en partie basse opposée, à un conduit 13 de soutirage de ce fluide. Le débit de ce fluide et sa température sont ajustés de façon à conditionner à l'intérieur du volume de traitement V T une température de l'ordre de 85" C à 110 C. Ce fluide peut être de la vapeur d'eau sous pression. (notamment de l'ordre de 4 bars) ou tout autre fluide caloporteur approprié. En outre, l'enceinte 1 comprend en partie basse des moyens 14 permettant de purger celle-ci. Par ailleurs, ladite enceinte est intérieurement équipée de deux vis sans fin hélicoldales, l'une 15 située en amont par rapport au sens de déplacement des produits, l'autre 16 située en aval. Ces vis hélicoldales ont un diamètre égal au jeu près au diamètre du volume V T et sont portées par des axes colinéaires 17 et 18 4 L'axe 18 de diamètre plus faible s'étend d'un bout à l'autre de l'enceinte, cependant que l'axe 17, creux, est disposé autour de l'axe 18 et s'étend sur une longueur correspondant à celle de la vis 15. Ces arbres sont portés par des paliers appropriés tels que palier 19 interposé entre les deux arbres ou palier 20 interposé entre un arbre et le bâti 4 ou la cloison 8. Les paliers 19 peuvent en particulier être des paliers statiques en polytétrafluoroéthylène et les paliers 20 des paliers à roulements. La vis amont 15 possède un pas plus court que celui de la vis aval 16 et est appelée à être entraînée en rotation à vitesse plus élevée. De plus, elle s'étend sur une longueur très inférieure à celle de la vis aval ; elle peut en particulier être de l'ordre de 3 à 4 fois moins longue que cette vis aval. Le dispositif est complété par des moyens d'entraînement des axes 17 et 18, comprenant un moteur d'entraînement 21, notamment moto-réducteur électrique, et des moyens de tansmission associés à chacun des axes. Ces moyens peuvent comprendre deux pignons 22 et 23 montés sur l'arbre du moteur 20, deux chaînes 24 et 25 entraînées par ces pignons et deux autres pignons 26 et 27 entraînés à leur tour par les chaînes et montés respectivement sur l'arbre 18 et sur l'arbre 17 ; le pignon 26 est de diamètre supérieur à celui du pignon 27 en vue d'entraîner l'axe 18 de la vis aval 16 à une vitesse inférieure à celle de l'axe 17 de la vis amont 15. En pratique, ces moyens d'entra-nement sont adaptés pour entraîner la vis amont 15 à une vitesse approximativement comprise entre 10 et 30 tours/minute et la vis aval 16 à une vitesse supérieure, approximativement comprise entre 20 et 60 tours/minute. A titre d'exemple illustratif, on a fourni ci-après divers paramètres du dispositif qui ont permis d'obtenir un excellent résultat - pente de l'enceinte 1 : 3 % - diamètre interne de l'enceinte : 25 cm - longueur de l'enceinte : 450 cm - pas de la vis amont 15 . 15 cm - pas de la vis aval 16 : 22 cm - longueur de la vis amont : 100 cm - longueur de la vis aval : 350 cm - vitesse de rotation de la vis amont : 25 tours/minute - vitesse de rotation de la vis aval : 10 tours/minute - température de la vapeur de chauffage : 135" C - pression de la vapeur :2,5bars - température de sortie des produits : 92 à 95O C Un tel dispositif est capable de traiter un débit de sang de l'ordre de 200 à 250 litres/heure. A sa sortie au niveau de la goulotte 9, le sang est transformé en un produit pâteux relativement consistant et homogène, sans aucun écoulement liquide. Ce produit pâteux formé de caillots présente sensiblement la composition du sang, avec la quasi-totalité de son eau (évaporation de l'ordre de 5 /O environ). Ce produit pâteux peut être facilement conditionné dans des conteneurs et être transporté en vue de son utilisation, en particulier pour fabriquer des aliments complets pour chiens et chats ou autres animaux. Ce produit peut être conservé à température ambiante environ une douzaine de jours. Bien entendu, l'invention n'est pas limitée aux termes de la description précédente, mais en comprend toutes les variantes. REVENDICATIONS 1/ - Procédé de traitement de sang permettant de transformer celui-ci en caillots pâteux, caractérisé en ce qu'il consiste à admettre le sang à la base d'une enceinte (1) longiforme inclinée contenant au moins une vis sans fin (15,16) apte à assurer une agitation à la base de ladite enceinte et un entrainement des matières vers l'extrémité supérieure de celle-ci, à chauffer ladite enceinte, à mettre en rotation la ou lesdites vis sans fin et à prélever à l'extrémité supérieure de l'enceinte les caillots pâteux obtenus. 2/ - Procédé de traitement de sang selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on utilise une enceinte tubulaire (1) contenant deux vis sans fin (15, 16), occupant sensiblement toute la section de l'enceinte et disposées l'une après l'autre à l'intérieur de celle-ci, l'une (15) située en amont ayant un pas de vis plus court que l'autre (16) située en aval et étant entrainée à une vitesse de rotation plus grande que cette dernière. 3/ - Procédé de traitement de sang selon la revendication 2, caractérisé en ce que le rapport des pas des vis amont et aval est très approximativement de l'ordre du rapport inverse des vitesses de rotation desdites vis amont et aval. 4/ - Procédé de traitement de sang selon l'une des revendications 2 ou 3, caractérisé en ce que le rapport des pas des vis amont et aval et le rapport inverse des vitesses de rotation desdites vis sont approximativement compris entre 0,30 et 0,70. 5/ - Procédé de traitement de sang selon l'une des revendications 2, 3 ou 4, caractérisé en ce que la vis amont (15) est entraînée à une vitesse de rotation approximativement comprise entre 10 et 30 tours/minute et la vis aval (16) à une vitesse supérieure, approximativement comprise entre 20 et 60 tours/minute. 6/ - Procédé de traitement de sang selon l'une des revendications 1, 2, 3, 4 ou 5, caractérisé en ce que l'enceinte (1) est chauffée par sa périphérie de façon à conditionner à l'intérieur de celle-ci une température approximativement comprise entre 85 C et 110 C. 7/ - Procédé de traitement de sang selon l'une des revendications 1, 2, 3, 4, 5 ou 6, caractérisé en ce que l'on utilise une enceinte tubulaire (1) d'axe incliné par rapport à l'horizontale, avec une pente approximativement comprise entre 2 % et 8 %. 8/ - Procédé de traitement de sang selon l'une des revendications 1, 2, 3, 4, 5, 6 ou 7, caractérisé en ce que l'on aspire les buées en suspension se formant dans l'enceinte (1). 9/ - Dispositif de traitement de sang, permettant de mettre en oeuvre le procédé conforme à l'une des revendications 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 ou 8, caractérisé en ce qu'il comprend une enceinte tubulaire (1) maintenue par un bâti (4) permettant de lui conférer une inclinaison déterminée par rapport à l'horizontale, des moyens d'admission du sang (5, 6) à ;(7, 9)/ l'extrémité basse de l'enceinte, des moyens d'évacuatin/cies caillots pâteux à l'extrémité haute de celle-ci,au au moins deux vis sans fin (15, 16) s'étendant le long de l'enceinte (1), sensiblement dans toute la section de celle-ci, l'une en amont (15), l'autre en aval (16), des moyens d'entrainement en rotation desdites vis sans ìn et des moyens de chauffage de l'enceinte. 10/ - Dispositif de traitement de sang selon la revendication 9-, caractérisé en ce que la vis amont (15i présente un pas de vis plus court que la vis aval (16), les moyens d'entraînement étant adaptés pour la faire tourner à une vitesse de rotation supérieure à celle de ladite vis aval, ladite vis amont ayant une longueur tres inférieure à celle de la vis aval. 11/ - Dispositif de traitement de sang selon l'une des revendications 9 ou 10, caractérisé en ce que la vis amont (15) et la vis aval (16) sont portées par des axes colinéaires (17, 18), l'axe (18) d'une des vis (16) s'étendant d'un bout à l'autre de l'enceinte et l'axe (17) de l'autre vis (15) étant creux et disposé autour du premier (18) sur une longueur correspondant à celle de ladite vis (15). 12/ - Dispositif de traitement de sang selon les revendications 10 et ll prises ensemble, earactérisé en ce e :es moyens d'entraînement des vis san.- 1 compo t un moteur d'entraînement (21) et des moyens de transmission (22 à 27) associés à chacun des axes (17, 18) des deux vis (15, 16) et adaptés pour entraîner l'axe (17) de la vis amont à une vitesse plus élevée que l'axe (18) de la vis aval. 13/ - Dispositif de traitement de sang selon l'une des revendications 9, 10, 11 ou 12, caractérisé en ce que l'enceinte (1) est formée par un tube sensiblement cylindrique à double paroi (2, 3) délimitant un volume périphérique de chauffage (Vc) doté de moyens d'admission (12) d'un fluide chaud à une extrémité et des moyens de soutirage (13) de ce fluide à l'extrémité opposée. 14/ - Dispositif de traitement de sang selon l'une des revendicatons 9, 10, 11, 12 ou 13, caractérisé en ce qu'il comprend, raccordés à l'enceinte (1), des moyens d'aspiration (10) des buées en suspension se formant de ladite enceinte. 15/ - Dispositif de traitement de sang selon l'une des revendications 9, 10, 11, 12, 13 ou 14, caractérisé en ce que les moyens d'admission du sang dans l'enceinte comprennent une- vanne rotative de régulation (6), apte à assurer un cloisonnement étanche entre son entrée et sa sortie, la sortie de ladite vanne étant raccordée à l'enceinte (1). 16/ - Dispositif de traitement de sang selon l'une des revendications 9, 10, 11, 12,13, 14 ou 15, caractérisé en ce que les moyens d'évacuation des caillots pâteux comprennent un court conduit d'évacuation (7) raccordé à l'extrémité supérieure de l'enceinte, une goulotte de déversement (9) dans laquelle débouche ledit conduit et des moyens d'aspiration (11) des buées en suspension se formant dans ladite goulotte (9).