La présente invention concerne un procédé pour assurer la stabilité des bateaux à coques multiples, du genre catamarans ou trimarans. Elle vise également les embarcations à voile dotées d'un équipement permettant la mise en oeuvre de ce procédé. Les bateaux à deux coques du genre catamarans qui ont de nombreux adeptes en raison de leurs performances remarquables, notamment en ce qui concerne la vitesse, sont cependant affectés d'un grave défaut constitué par leur instabilité ; ils ont en effet une f cheuse tendance au renversement. Pour échapper à ce risque, les barreurs ou navigateurs sont conduits à réduire la voilure de leurs embarcations lorsque le vent atteint une force critique, ce qui entratne, bien entendu, une perte de vitesse regrettable. Cette tendance au retournement est principalement due à deux facteurs complémentaires : - 10) le fait que lorsque le bateau donne de la gtte, la voilure tend à s'élever au-dessus de l'eau et, de la sorte, prend plus de vent - 20) le fait que, dans la situation susmentionnée, le vent peut s'engouffrer sous la plate-forme ou l'habitacle de l'embaication et favoriser son renversement. Un but visé par l'objet de la présente invention est donc de suppléer aux lacunes précitées des embarcations à coques multiples tels que les catamarans ou les trimarans. Le procédé selon l'invention est remarquable en ce que la stabilité de l'embarcation est assurée en introduisant un liquide dans la coque qui tend à déjauger, par exemple, à partir de la coque opposée, ce liquide pouvant titre de l'eau pompée ou autrement prise dans l'étendue navigable sur laquelle se déplace ladite embarcation, ou un liquide transporté par cette dernière et transvasé de ladite coque opposée. L'embarcation à coques multiples qui fait l'objet de l'invention est principalement caractérisée en ce qu'elle comporte des moyens permettant d'introduire un liquide à l'intérieur de l'une ou l'autre de ses coques latérales divisées, intérieurement, en un ou plusieurs compartiments ou ballasts, par exemple, à partir de la coque opposée, et des moyens pour l'évacuation de ce liquide. Selon une autre caractéristique, ces moyens comprenant une pompe installée à l'avant de chaque coque latérale et dont l'aspiration s'ouvre au-dessous de la ligne de flottaison de ladite coque, le refoulement de ladite pompe étant branché à une canalisationabou- tissant à l'intérieur du ou des ballasts de la coque opposée. Selon une autre caractéristique une pompe de refoulement est installée à l'arrière de chaque coque latérale pour assurer la vidange du ou des ballasts de ladite coque. Ces buts et caractéristiques et d'autres encore, ressortiront mieux de la description qui suit et des dessins annexés dans lesquels - La figure 1 est une vue schématique, en plan, illustrant un bAteau à deux coques, du type catamaran, équipé selon l1invention, le tracé en traits fins interrompus représentant l'habitacle de l'embarcation. La figure 2 est une vue de c8té en coupe longitudinale et à caractère schématique, de la coque babord du bAteau représenté à la figure 1. La figure 3 est une vue partielle, en coupe transversale et à caractère schématique, dudit bateau On se réfère auxdits dessins pour décrire un exemple intéressant de mise en oeuvre du procédé de stabilisation et de réalisation de ltembarcation selon la présente invention. On a illustré, pour l'exposé des caractéristiques du procédé et de l'embarcation revendiqués, un bateau à deux coques 1 et 2 réunies par une plate-forme centrale ou un habitacle 3, du genre catamaran, mais on rappelle que l'invention est aussi applicable aux embarcations comportant une coque centrale principale et deux coques latérales stabilisatrices du type trimaran. Chaque coque 1 et 2, de forme extérieure classique, est cloisonnée pour constituer une pluralité de compartiments successifs. Ainsi selon les figures 1 et 2, chaque coque 1 et 2 comporte trois ballasts lA - 1B - 1C ou 2A - 2B - 2C, respectivement, et deux chambres extrêmes 4 et 5. Selon le procédé et la construction revendiqués, l'embarcation est dotée de moyens permettant d'introduire un liquide à l'int & rieur du ou des compartiments de l'une ou l'autre de ses coques, par exemple, à partir de sa coque opposée, ce liquide pouvant entre de l'eau pompée ou autrement puisée dans l'étendue navigable (mer, lac, etc...) sur laquelle se déplace ladite embarcation, ou un liquide transporté par cette dernière (eau potable, combustible, etc...) et transvasé de ladite coque opposée. On a représenté aux dessins, une construction suivant laquelle le liquide stabilisateur est constitué par de l'eau pompée dans l'étendue navigable. Dans ce cas, une pompe 6 ou 7 est installée à l'avant de chaque coque 1 et 2, respectivement, dans la chambre 4 de ces dernières. L'aspiration de ces pompes est raccordée à un collecteur d'aspiration 8 constitué par un tuyau dont l'entrée 8a est disposée pour se trouver au-dessous de la ligne de flottaison du bateau lorsque ce dernier est jolis à l'eau, et, de préférence au-dessous du fond de chaque coque. Le refoulement de chaque pompe montée à lavant d'une coque est branché à une canalisation aboutissant à l'intérieur des ballasts de la coque opposée. Ainsi, le refoulement de la pompe 6 installée au'avant de la coque 1 est raccordé à une canalisation 9 dont les branchements terminaux 9a - 9b - 9c débouchent à l'intérieur des ballasts 2A - 2B - 2C de la coque 2, tandis que le refoulement de la pompe 7 montée à l'avant de la coque 2 est raccordé à une canalisation 10 dont les branchements terminaux 10a - 1Ob - 10c débouchent à l'intérieur des ballasts 1A - 1B - 1C de la coque 1. Sur chaque branchement 9a - 9b - 9c - 10a - 10b - 10c est montée une vanne Il à ouverture et fermeture rapides, commandée depuis l'habitacle, par exemple, à l'aide d'une transmission à cardan 12 ou de toute autre manière connue. Dans le cas ou chaque coque ne comporte qu'un seul ballast, une vanne 11 est montée sur l'unique tuyauterie aboutissant audit ballast. Le fond 13 des ballasts est incliné dans le sens longitudinal de la coque, comme le montre la figure 2, et la partie basse de ce fond est munie d'une soupape de vidange 14 et débouche dans un collecteur 15 branché à l'aspiration d'une pompe 16 installée dans la chambre 5 à l'arrière de chaque coque. Les soupapes de vidange 14 équipant le fond des ballasts, sont commandées de toute manière connue et, par exemple, de la façon indiquée, pour les vannes 11. La sortie de la pompe 16 est branchée à une tuyauterie de refoulement 17 comportant un coude disposé au-dessus de la ligne de flottaison et pourvue d'un clapet anti-retour 18. Chaque ballast est équipé, à sa partie supérieure, d'un orifice de purge d'air ou d'une conduite (non représentée) débouchant dans l'habitacle et qui a pour rible de dépressuriser ledit ballast lors de son remplissage. Afin d'éviter un déséquilibre longitudinal dû au déplacement de l'eau ou autre liquide stabilisateur dans les ballasts, une cloison 19 sépare chaque ballast en deux compartiments, la base de cette cloison étant dotée de perforations 19a faisant communiquer ces deux compartiments. L'entrainement des pompes 6, 7 et 16 peut titre obtenu de toute manière connue et, par exemple, au moyen de moteurs hydrauliques 20 Rs par une pompe hydraulique 21 actionnée par un moteur thermique 22. Le refoulement de la pompe 21 est relié à 11 entrée des moteurs hydrauliques 20 par l'intermédiaire des canalisations dalimen- tation 23, tandis que les sorties desdits moteurs sont reliées au réservoir 24 d'alimentation de ladite pompe, au moyen des canalisations de retour 25. La référence 26 désigne le tableau de commande de l'installation hydraulique d'entrainement des pompes 6 et 7 et de la paire de pompes 16. On comprend bien le fonctionnement de ltéquipement qui vient autre décrit. Lorsque l'une des coques de l'embarcation tend à déjauger, on introduit, dans ses ballasts, un volume d'eau stabilisateur lequel est tiré de l'étendue d'eau sur laquelle navigue ladite embarcation, au moyen de la pompe d'alimentation installée à l'avant de la coque opposée qui reste à flot. Supposons que le bateau va bâbord amures. Si la force du vent saccrott, on lance le moteur thermique qui met le circuit hydraulique sous pression. La force du vent s'accentuant, la coque tribord 1 tend à déjauger, on embraye la pompe hydraulique 21, on ferme les soupapes de vidange des ballasts 1A - 13 - 1C de ladite coque et on ouvre les vannes 11 deremplissage desdits ballasts. Par la vanne de commande adéquate manoeuvrable à partir du tableau de centrale 26, on lance la pompe d'alimentation 7 installée à l'avant de la coque babord 2 laquelle permet d'introduire, simultanément, un volume d'eau stabilisateur dans les ballasts 1A 1B - 1C par l'intermédiaire de la canalisation 10 et des branchements îOa - 1Ob - 10c. Dès que l'équilibre est rétabli, on ferme la vanne de commande de la pompe d'alimentation 7 et on arrête la pompe hydraulique 21. On peut remplir ou vider sélectivement un ou plusieurs ballasts de chacune des coques, suivant les nécessités. Ainsi, si le bateau "enfourne dans la vague", on vide le ballast de toute 1A ou 2A de la coque concernée. On a décrit un équipement agissant par apport d1un volume d'eau stabilisateur pompé dans l'étendue navigable. On conçoit que moyennant un simple agencement approprié, il serait possible, suivant le mtme procédé, d'opérer par apport d'un volume du liquide compensateur transporté par l'embarcation et transvasé de l'une des coques à l'autre. D'autre part, on a illustré et décrit, à titre d'exemple, une réalisation selon laquelle le volume d'eau stabilisateur est introduit dans la coque qui tend à déjauger, à partir de la coque opposée. Cependant, chaque coque peut betre pourvue, à l'avant, d'une prise d'eau permettant d'introduire directement, dans son ou ses ballasts, un volume d'eau compensateur. Dans l'exposé qui précède, on a décrit une installation suivant laquelle le remplissage et la vidange des ballasts sont obtenus au moyen de pompes hydrauliques. Toutefois, un dispositif moins élaboré peut titre employé pour obtenir le mtme résultat. C'est ainsi quten utilisant la vitesse du bateau, il est possible de faire monter la quantité d'eau stabilisatrice nécessaire dans des caissons ou ballasts placés au-dessus de la ligne de flottaison, grace à une prise doleau ménagée dans chacune des coques, la vidange desdits caissons ou ballasts pouvant s'opérer au moyen d'une simple vanne. Dans une telle mise en oeuvre, comme dans les exemples de réalisation précédemment décrits, le ou les ballasts peuvent genre constitués par des compartiments réalisés à la partie supérieure de chacune des coques, ou par des caissons solidaires desdites coques. L'intért et les avantages du procédé et de la construction selon la présente invention, ressortent bien de la description qui précède et des dessins annexés. On souligne cependant les avantages suivants - suppression des retournements liés à l'effet du vent - possibilité de survoilage par rapport aux autres embarcations du mtme type - diminution du nombre des manoeuvres et de la charge de travail du skipper - possibilité de modification de l'assiète longitudinale du bateau sur l'eau - simplicité constructive - volume restreint des groupes de pompage ; - sécurité et simplicité d'utilisation. Entrent également dans le cadre du présent brevet, les modifications et substitutions susceptibles d'être apportées, par l'homme de l'art, au procédé et à la construction décrits, et qui, sans en altérer les caractéristiques originales, n'en seraient que de simples équivalents techniques. REVENDICATIONS l 1. - Procédé pour assurer la stabilisation et une plus grande vitesse d'une embarcation à voile à coques multiples, du genre catamaran ou trimaran, caractérisé en ce que la stabilité de l'embarcation est réalisée en introduisant un liquide dans la coque qui tend à déjauger, par exemple, à partir de la coque opposée, ce liquide pouvant titre de l'eau pompée ou autrement prise dans l'étendue navigable sur laquelle se déplace ladite embarcation, ou un liquide transporté par cette dernière et transvasé de ladite coque opposée. 2. - Embarcation à voile à coques multiples, du genre catamarans ou trimarans, caractérisée en ce que ses coques latérales sont cloisonnées, intérieurement, pour constituer un ou, de préférence plusieurs ballasts et en ce qu'elle comporte des moyens permettant d'introduire un liquide dans le ou les ballasts de l'une desdites coques, par exemple, à partir de la coque opposée, et des moyens pour l'évacuation de ce liquide. 3. - Embarcation à voile selon la revendication 2, caractérisée en ce qu'elle comprend une pompe d'alimentation en eau stabilisatrice installée à l'avant de chaque coque latérale, laspira- tion de cette pompe s'ouvrant au-dessous de la ligne de flottaison de ladite coque, tandis que le refoulement de ladite pompe est branché à une canalisation aboutissant à l'intérieur du ou de chacun des ballasts de la coque opposée. 4. - Embarcation à voile selon la revendication 3, caractérisée en ce qu'une vanne est installée sur la canalisation ou sur chaque branchement débouchant dans le ou les ballasts de chacune des coques. 5. - Embarcation à voile selon l'une quelconque des revendications 2 à 4, caractérisée en ce qu'une soupape de vidange est placée dans le fond de chacun des ballasts. 6. - Embarcation à voile selon la revendication 5, caractérisée en ce que les ballasts ont un fond incliné dans le sens longitudinal de l'embarcation, ladite soupape étant installée dans la partie basse de ce fond. 7. - Embarcation à voile selon l'une quelconque des revendications 2 à 6, caractérisée en ce qu'elle comporte une pompe de vidange des ballasts installée à l'arrière de chaque coque laté rale, la tuyauterie de refoulement de cette pompe étant, de préférence, pourvue d'un clapet anti-retour. 8. - Embarcation à voile selon la revendication 7 et selon l'ane des revendications 5 ou 6, caractérisée en ce que le fond des ballasts aboutit dans un collecteur branché à l'aspiration de la pompe de vidange. 9. - Embarcation à voile selon l'une des revendications 2 ou 3, caractérisée en ce que la partie supérieure des ballasts colporte un orifice de purge d'air ou de dépressurisation. 10. - Embarcation à voile selon l'une des revendications 2 ou 3, caractérisée en ce que chaque ballast comporte au moins une cloison séparatrice dont la base est perforée de manière à établir une communication entre les compartiments résultant de ce cloi bonnement.