La présente invention concerne un vaccin antirabique inactivé à usage vétérinaire, préparé a partir d'une souche originale, sur lignée cellulaire spéciale. La souche virale utilisée pour la préparation du vaccin selon l'invention a été obtenue par fixation d'une souche de virus rabique sauvage, en circuit naturel en France, isolée à partir de glandes salivaires de renard. Cette souche constitue la caractéristique essentielle du vaccin selon l'invention ; elle réalise l'adéquation totale théorique entre le vaccin et le virus eventuellement contaminant. Son originalité se fonde, dans le cadre du même sérotype I des souches rabiques européennes actuelles et des souches ou sous-souches vaccinales, sur des différences entre les souches sauvages et les souches vaccinales fixes. A) Isolement de la souche Les glandes salivaires de 4 renards morts de rage sauvage - renards A, B, C, D - ont été broyées, mises en suspension à 10 % en milieu de Eagle (contenant 2 % de sérum foetal bovin) additionné d'antibiotiques. Le broyat a été centrifugé et le surnageant inoculé, à des dilutions variables, à des lots de 10 souris blanches de 4 semaines, sous un volume de 0,03 ml. La suspension des glandes salivaires du renard A a été retenue parce qu'elle a donné les résultats-les plus homogènes dans la virulence (voir tableau I) TABLEAU I Dilution Souris Totaux cumulatifs ) de de la suspension souris souris mortalité de virus survivantes mortes protégées mortes ( 10 O 10 : O : 4 : 100 ) 10-3 2 8 2 14 87,5 10-4 4 : 6 : 6 : 6 : 50 ) 10-5 10 0 16 0 0 Donc DL50 = 10-4/0,03 ml - 10-5,5/ml Ure souris inoculee avec la suspension virale provenant du renard A, à la dilution 10 - a été sacrifiée après avoir montré, pendant deux jours, des symptômes de paralysie, et son cerveau a ét divisé en deux parties. Une des parties a été utilisée pour l'épreuve d'immunof1uorescence directe, parallelement à un cerveau de souris inoculée avec le virus d'épreuve standard (C.V.S.). Les calques du cerveau de la souris inoculée avec la suspension provenant du renard A présentaient des corpuscules comparables aux corps de Négri apparaissant en lumière U.V., de couleur jaune verdâtre. Ceux de la souris inoculée avec le C.V.S. présentaient des points de fluorescence correspondant à de petites inclusions. L'encéphale de la souris inoculée avec la suspension de virus du renard A contient donc du virus rabique sauvage. B) Fixation de la souche L'autre partie de l'encéphale de la souris inoculée avec la suspension de virus de renard diluée à 10-2, et sacrifiée après deux jours dé paralysie, a été utilisée pour des passages successifs, par voie intra-cérébrale sur souris de 10 à 12 grammes. Lors d-e chaque passage, on broyait un demi-encéphale de souris, le mettait en suspension à 10 % en milieu de Eagle et centrifugeait. Le surnageant dilué etait inoculé à trois souris sous un volume de 0,03 inl, par voie intra-cérébrale. Pendant les dix premiers passages, la periode d'incubation était de 10 à 12 jours, la paralysie apparaissait du 10e au 12e jour. Entre le 30e et 40e passage, la période d'incubation était de 8 à 10 Jours. Après le 50e passage, en employant de faibles dilutions à 10-3) les souris mouraient en sept à huit jours avec un titre final en virus de le DL50/ml. TABLEAU II Dilution . ) ( de la Souris : Totaux cumulatifs ; % ) suspension souris souris mortalité de virue survivautes mortes protégées mortes C . . . 10-3 0 10 0 39 100 10-4 0 10 0 29 100 10-5 0 10 0 19 100 10-6 4 6 4 9 69 10-7 7 3 11 3 21 Calcul du titre 50 - 21 29 ----------- = - = o,6 69 - 21 48 7 - 0,6 = 6,4 Titre (DL50) = 10-6,4/0,03 ml = 107,0/ml à 108/ml On a considéré alors que le virus était fixé quant à son titre et à son temps d'incubation. C) Culture de la souche de virus fixée La seconde caractéristique du procédé de préparation du vaccin selon l'invention réside dans le fait qu'on cultive la souche de virus fixée en monocouches sur une nouvelle lignée cellulaire provenant de poumon de hamster nouveau-né et obtenue par un procédé qui sera décrit ci-après. Le matériel de départ de la culture est constitué par une suspens ion à 10 % de deux encéphales de souris, mortes huit jours après l'inoculation d'une dilution de virus 10-3 après le 50e passage. Le surnageant de la suspens ion, filtré sur membrane 0,2 après centrifugation, est pipeté sur un Falcon contenant un tapis mono-cellulaire de la lignée cellulaire de poumon de hamster nouveau-né du 61e passage. Après un contact d'une heure, la suspension virale est éliminée et remplacée par un milieu de maintien. Ce milieu est retiré le Se jour, les cellules trypsinisées sont remises en culture dans deux Falcons contenant le même tapis cellulaire. Dès les premiers passages l'immunofluorescence permet de constater l'infection de 20 % à 30 % des cellules. Toutes les cellules sont infectées à partir du 5e passage, mais il n'y a pas de virons libérés dans le milieu. Ceus-ci sont libérés à partir du 8e passage ; le virus produit uniquement des foyers d'immunofluoresconce cellulaire, mais n'entraîue pas la formation de plages et le titre déterminé par immunofluorescence est alors 10/ml. A partir du 9e passage le virus titre 104.2/ml (titre déterminé par 1' immunofluorescence). A partir du 10e passage apparaissent de très petites plages décelables sr cellule BHK 13 S en suspension d'agerose. A partir du 7e jour seulement apparaissent des plages dans les boites de Pétri contenant des cellules BHh 13 S en suspension d'agarose. C'est à partir du 8e jour que la lecture est la plus facile. Au 12e passage, le virus cultivé sur cellules de poumon de hamster (65e passage) titre 107'2DL50/nl. Ce virus (souche virale initiale : SVI) est utilise pour la production de vaccin. Dans le tabLeau III (ci-après) figurent les caractéristiques différentielles du virus sauvage et de la souche S.V.I. utilisée pour la préparation du vaccin selon l'invention. TABLEAU III Virus sauvage S.V.I. C Corps de Négri + + O C ) Incubation 10 à 12 jours 7 jours Parlaysie et mort 10e au 21e jour 7 au 9e jour selon des souris la dose inoculées par voie intra-cérébrale Titre du virus en (milieu de culture cellulaire le milleu 107,2@@ Présence du virus dans la salive + 0 ( la cornée : + : O ) r . Ces caractéristiques différentielles entre le virus sauvage et S.V.I. permettraient, dans l'éventualité d'une infection rabique post-vaccinale, de vérifier l'identité du virus en cause. Culture cellulaire utilisée pour la prolifération du virus L'utilisation de la lignée cellulaire spéciale qui est l'une des caractéristiques de l'invention permet d'obtenir une prolifération très importante du virus, au moins égale à celle procurée par d'autres lignées cellulaires issues de hamster (ssHK 21 par exemple) et parallèlement, une haute antigénicité. Pour obtenir cette culture cellulaire originale, on utilise des boîtes de Pétri de 60 mm de diamètre contenant du milieu de Stoker (additionné de 10 pour cent de bouillon tryptose phosphate et 10 pour cent de sérum foetal de bovin décomplémenté). A l'intérieur de ces boites sont placés des plateaux stériles munis de grilles en acier inoxydable (S : 1,5 cm2, H : 0,33 mm). Sur ces plateaux sont posés des carrés de papier Joseph dont les bords trempent dans le milieu de Stoker. Deux fragments de poumon de hamster nouveau-né découpés aux ciseaux sont etalés sur le papier, et mis à l'étuve à C02 à 36"C. A partir du 8e jour, les premiers fibroblastes apparaissent sur le fond des boîtes. Le tapis cellulaire est complet à partir du 21e jour dans une des boîtes : celle-ci a été utilisée, le 25e jour, pour le premier passage (2 boîtes). Le deuxième passage a été effectué, quatorze jours après, dans une boîte plastique appelée falcon. Les passages suivants ont été réalisés entre le 10e et le 14e jour. Lors du 26e passage un début de dégénérescence cellulaire a été observé. Le 27e passage a été réalisé en six jours, mais ,beaucoup de cellules étaient mortes. Le 28e passage a été réalisé à partir des cellules vivantes du 27e passage. A partir de celui-ci en utilisant 200.000 cellules par ml et par boîte, on a réalisé un passage tous les cinq jours. A partir du 60e passage, les cellules ont montré une réceptivité très élevée, aussi bien pour le virus rabique sauvage que pour le virus fixé, et la culture cellulaire ainsi obtenue a été utilisée pour la production du virus vaccinal. On a vérifié pour cette culture cellulaire l'absence de contamination par le virus de Carré en la comparant à une culture de cellules Véro que l'on infectait par une souche avianîsée de virus de Carré. Après mise en contact des deux cultures avec un sérum hyperimmum, puis avec un conjugué anti sérum, on les observait en inmuncfluorescence : les cellules Véro présentaient de petites inclusions fluorescentes qui se développaient peu à peu, et finalement les cellules étaient totalement détruites par l'effet cytopathique du virus au bout de la 96e heure ; par contre, les cellules de poumon de hamster ne présentaient aucune modification décelable en immunofluorescence, même au bout de 96 heures. D) Préparation du vaccin La souche virale initiale titrant 107,2 DL 50/ml subit au plus, cinq passages supplémentaires sur cellules de poumon de hamster pour la production industrielle du virus. Le tapis cellulaire est complet après un séjour de 3 à 4 jours à l'etuve à 37 C. Il est alors infecté avec le virus et mis à l'étuve à 340C. La lyse des cellules, par le virus, est contrôlée au microscope à partir du 6e jour, la récolte du virus est faite lorsque le tapis cellulaire est lysé en totalité, généralement 7 jours après l'infection. La récolte est alors congelée progressivement, d'abord à -200C, puis à -700C, pour obtenir l'éclatement des cellules et la libération duvirus.Après une congélation de 4 à 5 jours, à -700C, le virus est décongelé progressivement, filtré sur membrane de 0,45 afin d'éliminer les débris cellulaires. L'inactivation est effectuée par addition de ss-propiolactone en dilution finale à 1 pour 4.000. L'action de la ss-propiolactone se poursuit pendant une nuit à +400C. Un sejour à l'étuve à 370C pendant 2 heures, provoque l'hydrolyse de la 8-propiolactone. On controle l'inactivation du virus, à la fois par un test in-vívo sur souris (aucune souris inoculée par voie intracérébrale avec le vaccin non dilué ne présente de symptôme de rage) et par un test in-vitro par la méthode des plages (on n'observe aucune plage avec le vaccin non-dilué). Pour évaluer l'antigénicité du vaccin inactivé selon l'invention, on a vacciné des chiens et des bovins (une seule inoculation) et titré sur souris les anticorps dans le sérum de ces animaux avant et quatre semaines apres la vaccination. Les résultats sont donnés dans le tableau IV ci-apres. On a vérifié également l'absence d'oncogénicité du vaccin inactive, préparé selon l'invention par culture sur la lignée cellulaire de poumons de hamsters Un groupe de 5 hamsters âgés de moins de 24 heures a reçu 0,1 ml de culture cellulaire vivante (105 cellules par ml-témoins) et un groupe de 25 hamsters âgés de moins de 24 heures a reçu dans ies mêmes conditions 0,1 ml du vaccin concentré 10 fois dans la région scapulaire. Les témoins ont développé des tumeurs 10 à ll jours après l'inoculation. Aucune tumeur n'a été décelée sur les animaux vaccinés, ni au point d'inoculation, ni sur aucun organe. TABLEAU IV Résultats sérologiques avant et quatre semaines après vaccication Titre en U.I. des sérums, Titre des sérums Espèce animale Dose du vaccin avant 4 semaines vaccination après vaccination (1) Chien 1 2 ml i.m. 0 2,1 Chien 2 2 ml i.m. 0 2,8 ( Chien 3 , 2 ml ml i.m. , ( Chien 4 : 2 ml i.m. : O : 2,0 ) Chien 5 2 ml i.m. 0 3,0 ( Bovin l : 5 ml s.c. O : 3,6 ) Bovin 2 5 ml s.c. O 3,0 ( Bovin 3 : 5 ml s.c. . O : 4,5 ) Bovin 4 5 5 ml s.c. , O 2,8 Bovin 5 5 ml s.c. 0 3,0 ( (1) 1 injection. REVENDICATIONS 1. Procédé de préparation d'un vaccin inactivé contre la rage, caractérisé en ce qu on utilise une souche fixe de virus obtenue à partir d'un virus sauvage provenant de salive de renards morts de rage et fixée par passages successifs par voie intra-cérébrale sur souris jusqu'à obtenir un temps d'incubation de 7 à 8 jours et un titre de 108 DL 50/ml. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la fixation du virus sauvage est obtenue après 50 passages, les souris recevant à chaque passage, par voie intra-cérébrale, des dilutions de lO l à a 3 du surnageant obtenu, pour le premier passage à partir d'un broyat des glandes salivaires de renard, et pour les passages suivants à partir d'un broyat d'encéphale de souris du passage précédent. 3. Procédé selon l'une des revendications l et 2, caractérisé en ce que la souche de virus fixée est adapte à la culture sur monocouches d'une lignée cellulaire de poumons de hamster par une dizaine de passages jusqu'à obtenir un titre de 107,2 DL 50/ml, la souche virale initiale ainsi obtenue servant à la culture industrielle par au plus cinq passages supplémentaires sur la lignée cellulaire de poumons de hamster. 4. Procédé selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que la lignée cellulaire utilisée pour la culture du virus est obtenue à partir de fragments de poumon de hamster nouveau-né étalés dans un milieu de culture et étuvés jusqu'à formation d'un tapis cellulaire de fibroblastes, ceux-ci subissant des passages successifs dans le même milieu, de façon à obtenir, au 60e passage, des cellules présentant une réceptivité très élevée au virus rabique. 5. Procédé selon l'une des revendications l à 4, caractérisé en ce que la suspension virale-obtenue après culture est inactivée par a béta-propiolactone. 6. Vaccin antirabique caractérisé en ce qu'il est préparé par le procédé selon 'une des revendications l à 5.