Depuis la dernière partie du 19ème siècle, on connaît des plaquettes oculaires permettant d'appliquer des médicaments dans les yeux. Les premières de ces plaquettes étaient à base de aélatine, se présentaient sous la forme de petits corps minces, sans forme spécifique, et étaient appelées "lamelles". Vers la fin des années 1960, on commença à travailler sur des plaquettes oculaires comme moyen pour administrer des médicaments dans l'oeil, à des taux contrôlés et pendant des périodes relativement longues. On peut se reporter par exemple auxbrevetsdes Etats-Unis d'Amérique Nos 3.416.530, 3.618.604, 3.828.777, 3.960.150 et 3.961.628. La dimension et la forme de ces plaquettes furent étudiées pour permettre leur introduction dans l'un ou l'autre cul-de-sac oculaire. On proposa ainsi pour ces plaquettes de nombreuses formes, y compris la forme en croissant, et de nombreuses dimensions. Les critères de sélection des dimensions et de la forme étaient le confort à l'usage et la quantité de médicaments à administrer. Les réalisations commerciales de ces plaquettes, vendues sous la marque commerciale OCUSERT, sont minces (0,3-0,4 mm), de forme ovale (13,5mm x 5,8mm) et contiennent une quantité de médicaments valables pour une semaine. Une fois introduites dans le cul-de-sac, ces plaquettes sont mobiles, c'est-à-dire qu'elles peuvent généralement se déplacer à l'intérieur des limites du cul-de-sac en réponse aux mouvements de l'oeil. En fait, elles furent conçues dans ce but.Du fait de cette mobilité, la plaquette peut être portée confortablement, mais par ailleurs le risque qu'elle soit expulsée involontairement de l'oeil est plus grand. Cette expulsion n'est pas un problème important pour la plupart des patients portant cette plaquette. Mais ce peut être un problème dans le cas d'enfants, de vieillards, ou d'handicapés par une infirmité physique, des barrières de lannuage entre eux-mêmes et le personnel médical, etc, car on ne peut pas les entraîner pour remplacer aisément la plaquette dans le cul-de-sac conjonctival, et par ailleurs ils sont incapables de le remplacer aisément. Dans ces cas, il est nécessaire de procurer une plaquette moins mobile tout en restant confortable, dont le risque d'être expulsée involontairement est inférieur à celui des plaquettes conçues pour être mobile. La présente invention concerne un instrument de thérapeutique ophtain#l##ique C()## Dans une réalisation de l'invention, le corps est pratiquement plan in vitro lorsqu'il n'est pas posé, mais il assume in vivo une position pratiquement tangentielle au globe oculaire, avec la portion centrale du corps se conformant à la courbure du globe oculaire et les portions terminales se projetant vers l'avant en dégageant la surface du globe oculaire. Dans une autre réalisation de l'invention, le côté convexe#du corps est concave, à un rayon de courbure voisin du rayon de courbure du globe oculaire et est chanfreiné à cette extrémité de sorte que celles-ci tendant à s'éloigner du globe oculaire lorsque le corps est placé dans le fornix supérieur. Les figures du dessin annexé, donné à titre d'exemple non limitatif, feront bien comprendre comment l'invention peut être réalisée. - La figure 1 est une vue en perspective à grande échelle d'une réalisation de l'invention - la figure 2 est une vue en coupe à grande échelle prise selon la ligne 2-2 de la figure 1, - la figure 3 est une vue en coupe à arande échelle prise selon la liqne 3-3 de la figure 1 - la figure 4 est une vue de devant en éléva- tion, partiellement schématique et avec arrachement partiel, d'un oeil fermé montrant la réalisation de la figure 1 disposé dans le cul-de-sac supérieur de l'oeil, - la figure 5 est une vue en coupe à grande échelle prise selon la ligne 5-5 de la figure 4 - la figure 6 est une vue frontale à grande échelle d'une autre réalisation de l'invention - la figure 7 est une vue en plan de la réalisation de la figure 6 - la figure 8 est une vue de l'arrière de la réalisation de la figure 6 - la figure 9 est une vue en coupe prise selon la ligne 9-9 de la figure 7. Ta Figure 1 représente un mode de rzalisation, d(si(lnÔ dans son ensemble par la r(##rc#ce de de l'instrument therapeutique de l'invention. L'instrument 11 comporte un mince corps plan 12, qui a la forme générale d'un croissant. Le corps 12 est délimité par une paire de côté 13, 14 qui sont généralement parallèles l'un à l'autre, un bord concave 15, un bord convexe 16 et dnux extrémités arrondies 17, 18. Comme on le voit sur les figures 2 et 3, la section transversale du corps 12 est pratiquement rectiligne. A cet égard, les bords concaves 15 et 16 et les bords terminaux 17 et 18 sont généralement perpendiculaires aux côtés 13, 14. Les figures 4 et 5 montrent l'instrument 11 placé dans un oeil repéré dans son ensemble en 19. L'oeil 19 comporte une paupière supérieure 22, une paupière inférieure 23 et un globe oculaire 24. La paupière supérieure 22 comporte une couche musculaire cutanée antérieure 25, une couche fibreuse intermédiaire qui comprend un cartilage tarse supérieur 26, et une couche conjonctivale palpébrale. Le cartilage tarse 26 forme le squelette de la paupière 22, en lui donnant forme et fermeté. Le cartilage 26 a, dans le plan vertical, la forme de la lettre D placée sur son côté. Comme on le voit sur la figure 4, le rayon de courbure du bord concave 15 du corps 12 est approximativement le même que le rayon de courbure de la frontière supérieure 28 du cartilage tarse 26. Dans l'oeil moyen, ce rayon de courbure est d'environ 15 mm.Le bord 15 est ainsi formé de façon a s'appliquer étroitement antre la frontière supérieure 28 à la manitrecMes éléments d'un puzzle. En conséquence, le corps 12 est logé dans le fornix supérieur 29 avec son côté 13, 14 appliqué respectivement contre les portions du fornix orbital supérieur de la conjonctive palpébrale en avant et contre la conjonctive globulaire en arrière. La forme du bord convexe 16 n'est pas aussi critique que celle du bord 15. Ainsi, le rayon de courbure du bord convexe 16 peut être concentrique au rayon de courbure du bord 15 ou bien il peut ne pas lui être concentrique. En variante, il peut être légèrement aplati ou avoir une convexité plus grande. Le corps 12 est plan lorsqu'il n'est pas posé. Toutefois, lorsqu'il est placé dans un oeil, sa rigidité est telle qu'il se conforme partiellement au globe oculaire 24. A cet égard, il prend une position généralement tangentielle au globe oculaire 24, sa portion centrale se conformant à la courbure du globe oculaire et ses extrémités se projetant ou étant disposées en avant de la surface de ce alobe oculaire, en la dégageant. La rigidité du corps 12 dépend des caractéristiques physiques de la matière dont il est fait et de son épaisseur. S'il est trop rigide, il déforme trop fortement le globe oculaire 24 et/ou la paupière 22. Une déformation excessive du globe oculaire 24 peut provoquer des phosphènes et/ou une gêne. Une déformation excessive de la paupière 22 peut également provoquer une gêne. Une rigidité correcte permet au corps 12 de se déformer et de se conformer partiellement au globe oculaire 24 et de dilater les structures de la paupière 22 au-dessus du cartilage tarse 26 et l'un ou l'autre des ligaments des canthus 32, 33, sans provoquer de gêne. Ainsi, le corps 12 se conforme pas complètement à la forme du alobe oculaire 24 ou de la paupière 22, mais transforme un espace potentiel en un espace réel en se conformant partiellement au globe oculaire et par un déplacement vers l'avant des structures molles de la paupière au-dessus du cartilage tarse 26 et des ligaments de canthus 32, 33. Une fois le corps 12 placé dans le fornix supérieur 29 au-dessus du cartilage tarse 26, il prend normalement la position représentée sur la figure 4. C'est-à-dire qu'il est situé au milieu dans le fornix 29 avec son extrémité médiane 17 logée solidement dans le ligament du canthus médian 32. Comme il a été décrit ci-dessus, le corps est généralement tangent au globe oculaire 24, avec ses extrémités 17, 18, se projetant vers l'avant du globe. La forme arrondie de l'extrémité 17 permet à celle-ci de se loger confortablement contre la frontière supérieure (céphalique) du ligament 32. Dans la position représentée sur la figure 4, le corps 12 est relativement immobile et est logé solidement dans le fornix 29. La forme du bord 15 est très importante à cet égard. Si le bord 15 est arrondi, ou si l'anale formé par l'intersection du bord 13 et du bord 15 est supérieur à environ 900, le corps 12 tend à glisser du bord supérieur 28 du cartilage tarse 26 vers le bas dans le cul-de-sac supérieur. Si les bords des extrémités 17, 18 sont arrondis, le corps 12 tend à glisser du bord supérieur du ligament 32 vers le bas dans l'espace inter-palpébral. Dans l'un ou l'autre de ces cas, le risque que le corps 12 soit expulsé involontairement de l'oeil augmente de façon notable. Le positionnement solide relativement immobile du corps 12 dans le fornix 29 réduit ce risque. La ficure 6 représente un autre mode de réalisation repere dans son ensemble en 34, de l'instrument thérapeutique ophtalmologique de l'invention. L'instrument 34 est constitué par un corps 35 contenant un médicament. Comme on le voit sur la figure 9, le contour en section transversale du corps 35 est curviligne au lieu d'être rectiligne et de ce fait le corps 35 n'a pas des côtés et des bords aussi nettement définis que la réalisation 11. Toutefois, à des fins de description, les surfaces qui délimitent le corps 35 sont appelées ici "côtés" et "bords". En conséquence, le corps 35 est délimité par un côté palpébral 36, un côté globulaire 37, un bord concave 38, un bord convexe 39 et deux extrémités arrondies 42 et 43. Le côté globulaire 37 est chanfreiné à chaque extrémité 42 et 43. Ce chanfreinage fait que le côté globulaire 37 a trois surfaces distinctes, une surface concave centrale 44 et deux surfaces terminales chanfreinées 45, 46. Les intersections de la surface centrale 44 et des surfaces terminales 45, 46 définissent deux épaulements courbes 47, 48. Leurs courbures sont sensiblement concentriques aux courbures respec tives des bords des extrémités 42, 43. Ces intersections, ainsi que les autres intersections des diverses surfaces du corps 35 sont de préférence arrondies ou rayonnées de façon à éliminer toutes zones rugueuses ou aigues qui pourraient provoquer une gêne. La concavité de la surface centrale 44 se conforme sensiblement à la convexité du globe oculaire.En conséquence, le rayon de courbure de la surface 44 le long du petit axe et du grand axe du corps 34 doit avoisiner le rayon de courbure du globe oculaire moyen qui est environ 12 mm. Le côté palpébral 36 est généralement convexe et concentrique à la surface centrale 44 du côté globulaire 37. Le bord supérieur du côté palpébral 36 est effilé en 44. Le rayon de courbure du bord concave 38, ainsi que celui du bord 15 du système 11 est approximativement le même que celui du bord supérieur du cartilage tarse supérieur. A la différence du bord 15, le bord 38 n'est pas perpendiculaire au bord palpébral 36. Au contraire, l'angle formé par lui et le côté palpébral 36 est inférieur à 900, typiquement environ 600C dans le cas du système 34. Cet angle peut varier d'une réalisation à l'autre, mais habituellement est compris entre 45 et 900. La rigidité du système 11 ou du système 34 dépend de son épaisseur et des caractéristiques physiques des matières dont ils sont faits. L'épaisseur de ce système est comprises entre 0,2 et 2 mm, celle du système 11 étant habituellement comprise entre 0,2 et 1,2 mm et celle du système 34 entre 1 mm et 1,5 mm. A cet égard, l'épaisseur du système 34 n'est habituellement pas inférieure à 1 mm, car il est presque impossible de prévoir des chanfreinages et des effilements des côtés dans des systèmes plus minces. Les principales caractéristiques physiques affectant la rigidité du système sont la dureté, la rigidité et le module de rigidité apparent. Les corps ont habituellement une dureté Shore A comprise entre 45 et 95 (mesurée selon la norme ASTM D2240), une rigidité de 600 à 75.000 kPa (mesurée selon la norme ASTM D747) et un module de rigidité apparent de 600 à 80.000 kPa (mesurée selon la norme ASTM D1043). Les systèmes ont habituellement environ 5 à 20 mm de longueur (distance selon l'axe principal) d'environ 2 à 6 mm de largeur (c'est-à-dire distance selon le petit axe). L'instrument 34 est dispose dans l'oeil pratiquement de la même maniera que l'instrument 11. Comme ce dernier, l1ins- trument 34 ne Provoauc pas une déformation excessive du globe oculaire ou de la paupière. La configuration concavo-convexe du corps 35 lui permet de s'adapter pratiquement à la forme naturelle du globe oculaire et de la paupière, ce qui réduit le risque de gêne. L'effilement du bord supérieur du côté palpébral 36 améliore encore l'adaptabilité du corps 35 à la forme naturelle du fornix supérieur. Les instruments 11 et 34 sont conçus pour administrer un médicament à l'oeil pendant une durée prolongée. Leur structure est telle que le médicament est administré par un mécanisme de diffusion, d'érosion, de filtrage ou osmotique, ou par des combinaisons de ces mécanismes. En bref, les systèmes de diffusion comportent une matrice ou un récipient formé dans une matière perméable aux médicaments dans laquelle le médicament est contenu. Les systèmes par érosion comportent une matrice bio-érodable dans laquelle le médicament est emprisonné. Les systèmes qui libèrent le médicament par un mécanisme de filtration comportent une matrice hydrophile contenant le médicament. Les systèmes osmotiques peuvent comporter une matrice d'une matière perméable à l'eau contenant une composition de médicaments osmotiquement efficaces ou un récipient rigide perméable à l'eau qui contient un médicament osmotiquement efficace et qui a un ou plusieurs orifices de sortie définis. Tous ces systèmes sont bien connus. Se reporter par exemple aux brevets des Ftats-Unis d'Amérique NoS 3.618.604, 3.896.819, 3.916.899, 3.960.150 et 3.995.631 et le brevet britannique NO 1.425.550. Les instruments 11 et 34 peut être introduits aisément dans l'oeil. Pour ce faire, on saisit la paupière 22 avec une main au voisinage de l'un ou l'autre canthus et on la tire vers l'avant.T'instrument saisi avec l'autre main est alors glissé vers le haut dans le fornix 29 dans le canthus tenu par la première main jusqu'a être en place au-dessus de cartilage tarse 26, tandis que l'oeil regarde vers le bas. Le système peut initialement être disposé n'importe où le long de la courbure du bord supérieur 28 du cartilage tarse 26 et le clignotement des paupières 22, 23 tend à amener le système au milieu dans la position représentée sur la figure 4. Néanmoins, pour certaines personnes,l'instrument tend à rester latéralement sur le ligament latéral du canthus 33, ou tend à rester en permanence dans une position centrale sur le bord supérieur 28 du cartilage tarse 26. REVENDICATIONS 1 - Instrument de thérapeutique ophtalmoloeique conçu pour être placé et retenu dans le fornix supérieur au-dessus du cartilage tarse supérieur et des ligaments de canthus ce système se présentant sous la forme d'un corps contenant un médicament et ayant la forme générale d'un croissant, caractérisé en ce que le bord concave du corps a un rayon de courbure voisin du rayon de courbure du bord supérieur du cartilage tarse supérieur; le corps a une épaisseur com- prise entre environ 0,2 et 2 mm ; l'anale formé par l'intersection du bord concave et du côté palpébral du corps n'est pas supérieur à environ 900 ; les extrémités du corps sont pratiquement arrondies et le contour du Côté globulaire du corps et la rigidité du corps par rapport aux tissus délimitant le fornix supérieur sont tels que les extrémités du corps tendent à s'éloigner du globe oculaire lorsque le corps est placé dans le fornix supérieur. 2 - Instrument selon la revendication 1, caractérisé en ce que le corps est pratiquement plan lorsqu'il n'est pas posé, mais qu'il prend in vivo une position pratiquement tangente au globe oculaire avec la portion centrale du corps se conformant à la courbure du globe et les portions terminales s'éloignant vers l'avant pour dégager la surface du globe oculaire. 3 - Instrument selon la revendication 2, caractérisé en ce que l'épaisseur du corps est comprise entre 0,2 et 1,2 mm. 4 - Instrument selon la revendication 1, caractérisé en ce que : le côté globulaire du corps est concave, a un rayon de courbure voisin du rayon de courbure du globe oculaire et est chanfreiné à cette extrémité de façon que ces extrémités tendent à s'éloigner du globe oculaire lorsque le corps est placé dans le fornix supérieur. 5 - Instrument selon la revendication 4, caractérisé en ce que l'épaisseur du corps est comprise entre 1 et 1,5 mm. 6 - Instrument selon la revendication 4, caractérisé en ce que le côté palpébral du corps est généralement convexe et concentrique au côté globulaire du corps. 7 - Instrument selon la revendication 7, caractérisé en ce que le bord supérieur du côté palpébral du corps est effile.