-1- 2059506 La présente invention concerne le traitement des articulations présentant divers troubles comme l'ostéoarthrite. Dans le cas d'une articulation supportant un certain poids, en particulier l'articulation de la hanche, la dégénérescence 5 physiologique qui accompagne souvent le vieillissement se caractérise par une perte de sulfate de chondroïtine qui se traduit par une élasticité moindre du cartilage articulaire. Normalement, lorsque la tête fémorale se trouve en contact avec la cavité co-tyloïde en position de support du poids du corps, le bourrelet 10 cotyloïdien transmet la pression à la tête fémorale sur une grande surface. Sur toute cette surface,le cartilage articulaire se trouve être le plus épais et il contient le plus de sulfate de chondroïtine. Les surfaces centrale et inférieure de la tête fémorale sont situées en vis-à-vis du tampon central gras et mou 15 de la cavité cotyloïde, et le bord de l'extrémité extérieure de la tête se trouve sans vis-à-vis. C'est là, où la pression est la moindre, que la dégénérescence cartilagineuse se produit le plus rapidement. Ce processus semble être accéléré par l'inactivité et le manque de pression. 20 La dégénérescence cartilagineuse se répand dans la cavité du cartilage et s'engouffre dans la membrane synoviale. Elle provoque une désintégration et une absorption qui se traduit par une hyperémie réactive chronique des parties synoviales. Il en résulte un fibrome de nature progressive, les parties synoviales gon-25 fient comme le font les tissus subsynoviaux et la capsule sous-jacente. Des adhésions oblitèrent l'espace synovial, le fluide synovial tend alors à disparaître. Ge processus est plus prononcé dans la région inférieure de l'articulation. Quand la fibrose a produit un gonflement, un raccourcissement et une perte dIélasti-30 cité de la capsule inférieure, le fémur est retenu dans une position anormale et caractéristique de flexion, d'adduction et de rotation externe. Une extension sévère de la capsule sensible provoque de la douleur, et un tel processus peut se traduire par une difformité, une limitation dans les mouvements et éventuellement une 35 paralysie. On a essayé de nombreuses méthodes pour refaire fonctionner l'articulation et pallier à la douleur.. De nombreux traitements sont BA[> original" 70 26063 2059506 pratiques mais en général le résultat n'est pas satisfaisant. Des mesures conservatoires, malgré des applications renouvelées, ne permettent pas d'obtenir d'amélioration permanente. Normalement le fluide synovial est présent dans la cavité 5 de l'articulation et agit comme lubrifiant des surfaces porteuses de l'articulation. Dans les circonstances décrites ci-dessus et d'autres circonstances, la quantité de fluide se trouvant dans la cavité tombe en dessous de l'optimum requis, si bien que les surfaces articulaires ont grand besoin de lubrifiant, les surfaces 10 de l'articulation ont ainsi tendance à se relier et par conséquent à produire de l'ostéo-arthrite. Au cours de l'utilisation normale du cartilage synovial, le martèlement qui se produit entre les deux parties de l'articulation pressure la nutrition de l'os spongieux pour alimenter le cartilage articulaire qui recouvre les 15 extrémités opposées des os des articulations. Si par suite d'une lésion ou pour toute_ autre raison, on n'utilise pas le cartilage ou si on ne l'utilise pas à plein, le martelage nécessaire pour l'alimentation en fluide synovial diminue ou cesse et il en résulte une diminution correspondante de la production de fluide 20 synovial. Une telle dégradation de l'articulation se produit également par vieillissement physiologique. Le fluide synovial est un fluide int'ercellulaire ordinaire dans lequel est dissous un acide mucine-hyaluronique hautement polymérisé. Cette mucine rend le fluide visqueux et lui donne ses 25 propriétés lubrifiantes. Selon l'invention, on remplace le fluide synovial par un lubrifiant synthétique visqueux. La proportion de lubrifiant synthétique visqueux qui remplace le liquide synovial,peut varier de façon à remplacer plus ou moins ce fluide selon les circonstances 30 particulières que l'on désire. Cette ma'tière de remplacement a des propriétés analogues à celles du fluide synovial naturel,mais en diffère par plusieurs aspects. Alors que le fluide synovial, étant aqueux, est en équilibre avec le plasma sanguin^ la matière de remplacement selon lsinvention est insoluble et non toxique. Comme 35 d'autres prothèses, c'est un produit inerte et non toxique et, bien que ce ne soit pas un solide, il présente suffisamment les caractères d'un haut polymère peut être un liquide très visqueux. BAD ORIGINAL 70 26063 -3- 2059506 On peut utiliser selon l'invention quatre familles de produits : les alkylpolysiloxanes, les alkylarylpolysiloxanes, le polytétrafluoroéthylène, et les fluoroalkylpolysiloxanes. Comme exemple de polysiloxanes convenables, on a obtenu de bons résul-5 tats avec le diméthylpolysiloxane à différentes viscosités, comprenant, par exemple lM,Elicon ÎT° 1" à 10.000 centistokes, et le Fluide 200 et le Fluide Médical 360 de Dow Corning à 50 centistokes ou 350 centistokes. De même, on a utilisé du méthylphényl-polysiloxane, comme le Fluide 555 de Dow Corning, qui a une vis-10 cosité de 20 centistokes. Un polysiloxane substitué par du fluor typique que l'on peut utiliser est le F.S. 1265 de Dow Corning, fluorométhylpolysiloxane ayant une viscosité de 1000 centistokes. La viscosité qui convient le mieux dépend de l'individu, personne ou animal, et de l'articulation à traiter. 15 Le produit doit être débarrassé de toute trace de silice et autres adjuvants car les agents anti-mousse de silicone qui contiennent des adjuvants ont donné lieu à des cas d'embolie. Exemple 1 Cet exemple concerne l'injection dans l'articulation de la 20 hanche sur des lapins. Dans une série d'expériences,on a injecté 5 ml de Fluide 200 de Dow Corning dans certains cas et 5 ml de Fluide 555 de Dow Corning dans d'autres cas, dans l'articulation de la hanche de lapins, qui étaient sujets à une maladie produisant une calcification générale, en particulier du coeur et des 25 reins, qui produisait la mort dans un délai d/3 quelques semaines à six mois après l'injection dans l'articulation de la hanche. On n'a détecté aucun effet préjudiciable à la suite de ces injections et on a retrouvé trace du silicone dans l'articulation bien des semaines après. 30 Exemple 2 Cet exemple concerne l'injection intrapéritonéale chez des lapins. Pour vérifier la possibilité d'effets secondaires nuisibles, on a injecté à quatre lapins 5 Etl de F.S. 1265 du Dow Corning par voie intrapéritonéale. Malgré la mort d'un lapin à la suite 35 d'une épidémie de néphrite survenue 4 mois plus tard, les trois autres ont survécu sans montrer de symptômes défavorables pendant toute la période de 6 mois qu'a duré l'expérience. 70 26063 2059506 Exemple 5 Cet exemple concerne l'injection dans le courant sanguin chez les moutons. Pour vérifier la possibilité d'effets secondaires nuisibles, on a injecté un peu d'Elicon ÏT° 1 directement dans 5 le courant sanguin. Etant donné la nécessité d'une aiguille de calibre relativement grand qui se cumulait avec la difficulté de déplacer le silicone de l'extrémité de l'aiguille à la veine, on a été amené à opérer sur des moutons plutôt que sur des lapins. On a préféré la veine jugulaire des moutons par suite de sa taille 10 et de sa facilité d'accès. On a inséré l'aiguille sous anesthésie locale. Un mouton a reçu 154 mg de silicone en une fois et les deux autres ont reçu respectivement 6 et 10 fois une dose de 77 mg chaque fois à une minute d'intervalle, soient des totaux de 0,462 et 0,77 g. On a sacrifié un mouton au bout d'un mois et un 15 examen macroscopique et microscopique n'a permis de déceler rien d'anormal dans les poumons, le coeur, les reins, le foie et le cerveau, les deux autres étaient encore en excellente santé un an après la fin de l'expérience, les moutons avaient reçu une proportion de silicone plusieurs fois supérieure à celle qu'ils pourraient 20 recevoir par inadvertance à la suite du traitement d'une articulation. Exemple 4 Cet exemple concerne un essai clinique général sur êtres humains. On a injecté dans les articulations du'genou ou de la hanche 25 avec une seringue à vis d'Elicon différentes quantités de diméthylpolysiloxane selon les estimations des espaces articulaires. Le patient gît sur le côté non affecté, sa hanche inférieure complètement fléchie. On allonge la hanche et le genou affectés. On enfonce l'aiguille, à angle droit par rapport à l'axe du fémur, dans l'ar-30 ticulation de la hanche qui se trouve alors à environ 1,25 cm au-dessus du grand trochanter. Exemple 5 Cet exemple est l'historique d'un cas typique. L'historique du cas suivant est typique parmi les patients traités selon l'in-35 vention. ' Une patiente se plaignait de douleur et de raideur combinées à une perte de mouvement. Les premiers signes avaient paru quinze 70 26063 -5- 2059506 ans auparavant. Au cours des cinq, dernières armées, elle se plaignait d'un certain inconfort en position couchée et d'une certaine raideur douloureuse pendant les premiers pas après être restée assise. Quand la douleur était particulièrement aiguë^ elle s'éten-5 dait sur la partie antérieure de la cuisse droite. Un examen a montré : 1. une atrophie des muscles de la cuisse 2. un manque total de la rotation interne 3. un manque total d'extension 10 4. une diminution de la flexion de 40° 5. une diminution de la rotation externe de 10° 6. une douleur à la limite de tous les mouvements 7. et une douleur aiguë dans l'aine droite par transmission d'une contrainte,par exemple en descendant brusquement. 1 5 Un examen radiologique a montré 1Fexistence de "modifications arthritiques notables avec rétrécissement de l'espace articulaire". On a effectué line injection de 20 ml de diméthylpolysiloxane dans la hanche. Il en est résulté une augmentation immédiate notable dans la portée des mouvements et la disparition de la douleur 20 lors de la transmission d'une contrainte» Avec un peu d'aide la patiente pouvait sans douleur "courir sur le coup". On a prescrit des exercices» surtout pour renforcer le psoas majeur. lors d'une visite un mois plus tard, toute raideur avait disparu et sa seule doléance était un élancement aigu dans l'aine à 25 la suite de certains mouvements, l'examen «.a montré que l'articulation avait retrouvé sa quasi-plénitude.de portée dans les mouve- -ments, mais qu'il y avait encore une faiblesse marquée dans le psoas majeur. Pour le corriger» on a prescrit de faire de la bicyclette et» six semaines plus tard, le psoas était nettement plus 30 fort. Elle n'avait plus de douleur, avait retrouvé la-plénitude de ses mouvements et pouvait courir librement. On n'obtenait quîune sensation normale d'inconfort en forçant d'une manière passive les mouvements de l'articulation de la hanche». le remplacement des parties de 1'articulation malades ou in-35 cisées par des tissus fonctionnels nouvellement formés est essentiel pour surmonter le processus de l'ostéoarthrite » De nombreux chercheurs ont montré qu'après des opérations impliquant l'égalisation 70 26063 , • 2059506 -6- de surfaces rugueuses, les cellules du périoste sont particulièrement importantes car elles peuvent former du cartilage aussi bien que de l'os. Il se forme tout d'abord un cartilage hyalin, remplacé plus tard par de l'os, le cartilage hyalin forme ensuite une 5 nouvelle surface articulaire. Pour que ce processus puisse se produire, il faut inciter le patient à exercer des activités impliquant tous les mouvements d'une articulation normale. L'introduction de diméthylpolysiloxane dans la cavité de l'articulation supprime la douleur dans le cas d'une ostéoarthrite, 10 elle semble produire une surface de glissement unie et elle permet -également une plus grande liberté des mouvements de l'articulation. Cette méthode permet de reconstituer leg&oyen§£iormaux d'alimentation en matériaux nutritifs du cartilage articulaire. Cette méthode ne se présente pas comme une panacée pour le traitement de 15 l'ostéo arthrite ,mais elle offre une alternative autre que les traitements opératoires ou de conservation pratiqués jusqu'à présent. Aucun de ces traitements ne peut, être considéré comme cura-tif et en fait on ne peut pas prévoir avant d'effectuer ces traitements s'ils permettront un soulagement définitif. La méthode se-20 Ion l'invention offre au patient une augmentation de sa liberté de mouvement accompagnée d'une douleur moindre, ce qui est le processus inverse de l'ostéoarthrite. 70 26063 2059506 REVENDICATIONS 1. A titre de médicaments nouveaux, les alkylpolysiloxanes, les alkylarylpolysiloxanes, le polytétrafluoroéthylène et les fluoroalkylpolysiloxanes, utiles notamment comme matières de rem- 5 placement du liquide synovial des articulations. 2. A titre de médicaments nouveaux la diméthylpolysiloxane, la méthylphénylpolysiloxane et le fluorométhylpolysiloxane.