La présente invention se rapporte à un dispositif destiné à amortir le mécanisme d'entraînement des chenilles d'un véhicule chenillé, notamment d'un char blindé, ce méca- nisme comportant une chenille qui passe sur une roue motrice, une roue folle et des roues porteuses et dont les maillons sont reliés par des éléments de jonction, la roue motrice comportant un tambour et des couronnes dentées qui sont en prise avec les éléments de jonction, ledit dispositif étant destiné à amortir la chenille au moment o elle vient en prise avec cette roue motrice. Les mécanismes d'entraînement des chenilles présentent l'inconvénient que, au moment o la chenille est mise en mou- vement, ses divers maillons et éléments de jonction viennent brusquement en contact avec la roue motrice et la roue folle et créent par suite des trépidations qui font vibrer fortement les éléments associés, en particulier les parois de la caisse. Ces vibrations ont une action nuisible sur les appareils optiques et électroniques très sensibles du char et se mani- festent par un bruit intense qui, d'une part, nuit à la capacité de concentration de l'équipage de ce char et, d'au- tre part, diminue l'efficacité du véhicule, du fait qu'il est déjà repérable acoustiquement à une grande distance. Il est déjà connu, il est vrai, de disposer à côté de la couronne de la roue motrice une bague montée élastique- ment sur caoutchouc, sur laquelle la chenille est amortie et se pose plus silencieusement. Mais ce dispositif présente l'inconvénient que le caoutchouc,qui convient pour assurer l'amortissementa une force élastique relativement faible, de sorte qu'il se forme dans ce caoutchouc de support, disposé sous la bague, un boudin plastique qui tourne pendant la marche, si bien que le caoutchouc subit un échauffement et une contrainte mécanique si forts qu'il s'use prématurément et devient inutilisable. L'invention concerne un dispositif qui est destiné à amortir la chenille quand elle vient en prise. avec la roue motrice ou la roue folle et qui, tout en étant d'un prix de revient peu élevé, a une grande durée de service. Conformément à l'invention, le dispositif se com- pose d'une ou plusieurs bagues amortisseuses qui sont montées sur le tambour de la roue motrice et éventuellement sur la périphérie de la roue folle, le diamètre intérieur de ces bagues étant plus grand que le diamètre extérieur de ce tam- bour et/ou de cette roue folle et étant déterminé par rapport au pas de la chenille et à l'angle d'enroulement, de manière que les éléments de jonction et/ou les maillons, qui viennent en prise avec la roue motrice, s'appliquent sur ces bagues avant de s'appliquer sur les couronnes motrices et/ou le tambour, ce qui offre l'avantage particulier qu'il est possi- ble d'équiper sans grande difficulté des mécanismes d'entraî- nement de chenille existants. Dans une forme de réalisation avantageuse, la bague d'amortissement est déformable élastiquement, de sorte qu'en service elle prend une forme ovale. Ainsi, les éléments de jonction viennent plus tôt en contact avec la bague dans la zone d'engagement et, par suite, une partie de l'énergie de choc est déjà absorbée par l'action élastique de cette bague. L'invention sera décrite plus en détail en regard du dessin annexé à titre d'exemples nullement limitatifs, et sur lequel: la figure 1 représente schématiquement en élévation latérale une roue motrice-en prise avec la chenille; la figure 2 est une coupe transversale de la roue motrice par la ligne II-II de la figure 1; et la figure 3 est une coupe transversale, analogue à celle de la figure 2, d'une autre forme de réalisation. La figure 1 représente une roue motrice 1, sur laquelle passe une chenille 2, qui est composée essentiellement de maillons 3 et d'éléments de jonction 4 reliant ces maillons 3. La -roue motrice 1 est composée essentiellement d'un tambour 5 et de deux couronnes dentées 6 et 7 (figure 2), avec les- quelles la chenille 2 est en prise par ses éléments de jonc- tion 4. Une bague amortisseuse 8 est disposée sur le tambour 5 entre les couronnes 6 et 7 et, ainsi que le représente la figure 2, elle comporte une gorge périphérique 9 destinée à loger les doigts de guidage 10 qui se trouvent sur les mail- lons 3. La figure 3 représente une autre forme de réalisation, dans laquelle ce sont deux bagues amortisseuses 8' et 8", au lieu d'une seule, qui entourent le tambour 5. Comme le diamètre intérieur de la bague 8 (ou des bagues 8t et 8") est plus grand que le diamètre extérieur du tambour 5, cette bague prend, par rapport à la roue motrice 1, sous l'effet de l'arc d'enroulement de la chenille, une position excentrée, dans laquelle elle vient s'appliquer contre ce tambour 5 à une position angulaire indiquée par la flèche A, qu'elle conserve sensiblement, même pendant le fonctionnement. Par ailleurs, le diamètre intérieur de la bague 8 (ou des bagues 8' et B") est déterminé par rapport au pas de la chenille et à l'angle d'enroulement de cette chenille 2, de façon que les éléments de jonction 4 de cette dernière, lors de son entrée en contact avec la roue motrice 1, s'appli- quent d'abord sur cette bague 8, 8' ou 8" à une position angulaire indiquée par la flèche B. Cela fait pivoter la bague amortisseuse 8 (ou les bagues 8' et 8"), si bien que, à la sortie, la chenille 2 est soulevée à peu près à la position angulaire indiquée par la flèche C. De cette manière, l'énergie de choc conte- nue dans les éléments de jonction 4 est utilisée pour soule- ver la chenille tendue à sa sortie, ce qui la met en prise plus tard et plus doucement avec les couronnes 6 et 7 de la roue motrice 1. Il est possible d'améliorer encore cette action en rendant les bagues 8 ou 8' ou 8", déformables élas- tiquement, si bien qu'elles prennent en service une forme ovale et jouent de plus, à l'entrée, le rôle d'un ressort amortisseur de chocs. Une roue folle équipée de bagues amortisseuses 8 ou 8' et 8" fonctionne d'une manière correspondante. Il va de soi qu'il est possible d'apporter diverses modifications au dispositif d'atténuation du bruit d'un méca- nisme d'entraînement de chenilles représenté et décrit, sans s'écarter du domaine de l'invention. REVENDICATIONS 1. Dispositif d'amortissement pour mécanisme d'entraî- nement des chenilles d'un véhicule chenillé, notamment d'un char blindé, ce mécanisme comportant une chenille qui passe sur une roue motrice, une roue folle et des roues porteuses, et dont les maillons sont reliés par des éléments de jonction, la roue motrice comportant un tambour et des couronnes dentées qui sont en prise avec les éléments de jonction, ce dispositif étant destiné à amortir la chenille au moment o elle vient en prise avec cette roue motrice, dispo- sitif caractérisé en ce qu'il se compose d'une ou plusieurs bagues amortisseuses (8;8',8") qui reposent sur le tambour (5) et éventuellement sur la surface périphérique de la roue folle, le diamètre intérieur de ces bagues (8;8';8") étant plus grand que le diamètre extérieur du tambour (5), éven- tuellement de la roue folle,et étant déterminé par rapport au pas de la chenille (2) et à son angle d'enroulements de façon que les éléments de jonction (4) et le cas échéant les maillons (3) qui viennent en prise avec la roue motrice (1) s'appliquent sur ces bagues (8;8',8") avant de s'appli- quer sur les couronnes (6,7) et le cas échéant sur ledit tambour (5). 2. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que les bagues amortisseuses (8;8',86") sont élastique- ment flexibles. 3. Mécanisme d'entraînement des chenilles d'un véhi- cule chenillé, tel qu'un char blindé, caractérisé en ce qu'il est équipé d'un dispositif d'amortissement selon l'une des revendications 1 et 2.