L'invention concerne un procédé pour la préparation d'un succédané du lait de femme, de préférence pour les nourrissons, mais aussi pour toutes les applications où l'on se propose d'empocher ou d'inhiber le processus de putréfaction microbienne intestinale. On sait préparer une nourriture pour l'alimentation artificielle des nourrissons à partir de lait de vache, en partie aussi à partir d'autres laits animaux ou végétaux, avec addition de différentes huiles végétales, vitamines, sels minéraux, etc... Le but est de pouvoir poursuivre l'alimenta- tion après l'allaitement, ou de remplacer le lait de femme si la quantité de celui-ci est insuffisante. Pour ce dernier emploi en particulier, on a mis au point dans une mesure croissante, des aliments qui peuvent être comparés au lait de femme par leur composition. En outre, on a mis au point des aliments pour nourrissons où l'on prétend imiter l'effet particulier du lait de femme par addition de facteurs déterminés.Ces facteurs dits "bifidus" devraient stimuler le développément d'une sorte de germe de la flore du gros intestin, la L. bifidus, considérée longtemps comme typique pour les nourrissons allaités. On sait toutefois depuis plus de dix ans que la flore dite bifidus reste depuis la naissance une partie constante de la composition du gros intestin, et que si l'on passe de l'alimentation au lait de femme à l'alimentation artificielle, il ne se produit que de faibles modifications quantitatives. L'utilisation de ces facteurs bifidus n'entraînerait en conséquence pas d'amélioration qualitative de l'alimentation artificielle du nourrisson. L'acidification préalable des laits n'a apporté aucun effet sensible : l'effet attendu d'une digestibilité plus facile typique pour le lait de femme peut être obtenue déjà par des traitements techniques (séchage par atomisation, séchage sur tambour) des matières premières des ali ment s. On sait en outre que l'action des produits succédanés de lait de femme peut être améliorée par addition de p -lactose. Cette addition agit, sous la condition que le lactose se conserve jusqu'à l'utilisation, par la for- mation d'un milieu microbiologique et biochimique dans le rectum du nourrisson d'une façon analogue à ce qui se passe avec le lait de femme. Les produits ainsi obtenus ont toutefois l'inconvénient que l'aliment ne doit être dissous dans l'eau qu'immédiatement avant d'être donné. Au cours de la dissolution dans l'eau, il se produit une mutation spontanée de p-en -lactose qui est résorbé dans l'intestin grêle et ne pénètre en conséquence pas dans les sections inférieures de l'intestin. Cette transformation est accélérée encore par le chauffage, par exemple par la reconstitution de l'aliment du nourrisson. L'établissement d'une réserve est par suite impossible. En outre, le ss -lactose est relativement coûteux ce qui stoppose à l'extension de l'utilisation des aliments pour nourrissons fabriqués avec du ss -lactose. L'invention a pour but de réaliser un procédé pour la fabrication d'une imitation du lait de femme qui conduise à un produit ayant la même valeur que le lait de femme par son effet microbiologique et biochimique, produit qui puisse être manipulé sans difficulté particulière (en particulier en étant mis en dépôt à volonté). Suivant. l'invention, on fabrique une imitation du lait de femme en mélangeant à un liquide tel que le petit lait, après en avoir éliminé les anions d'acides faibles qui s'y trouvent, des matières protéiques obtenues, à un pH de 4,4 à 5,1, près du point iso-électrique, par précipitation brusque, ainsi que des matières grasses, des vitamines et des produits minéraux, en homogénéisant le mélange, et en ajoutant du lactose dans une proportion de 6 à 8 % du mélange ainsi que d'autres produits nutritifs éventuels, en particulier d'autres hydrates de carbone. Les matières protéiques seront de préférence précipitées à plusieurs reprises et seront lavées à l'eau au moins une fois et de préférence plusieurs fois, le liquide qui contient les protéines, par exemple du lait de vache écrémé étant additionné d'eau dans un rapport quelconque de préférence 1 : 1, et le pH étant ajusté avec les acides appropriés, de préférence de l'acide chlorhydrique de façon que, après que l'on a réuni complètement l'eau et le lait, il s'établisse un pH de 4,4 à 5,1, de préférence de 4,7. Les anions d'acides faibles, tels que les anions phosphate, citrate ou acétate, doivent être éliminés avant le mélange, suivant la m se en oeuvre des dif férentes matières premières. Quand on utilise du petit lait de vache comme produit de départ, cette élimination sera avantageusement obtenue en traitant préalablement le petit-lait sur un échangeur d'anions. Comme matières premières protéiques, on pourra utiliser, à côté du lait animal, l'albumine du sérum le blanc d'oeuf, l'albumine microbienne, l'albumine végétale et l'albumine synthétique. Comme source de matières grasses, il y aura avantage à utiliser la butyrine en mélange avec des huiles végétales (huile de tournesol, huile de graines de coton, et autres). Aux matières premières, on devra ajouter, pour compléter les vitamines et sels minéraux qu'elle contiennent, d'autres vitamines et sels minéraux dans les proportions appropriées. L'addition de lactose (lactose équilibrée du commerce) dans la proportion de 6 à 8 % et éventuellement d'autres hydrates de carbone tels que le saccharose et les amidons peut se faire suivant l'invention quand le mélange homogénisé a été séché à l'atomiseur et se présente sous forme de poudre. Le succédané de lait de femme fabriqué suivant l'invention correspond par ses propriétés au lait de femme. Il développe les mêmes effets microécologiques et peut entre en conséquence utilisé entre autres, comme un aliment qualitatif, d'un nouveau genre tout préparé pour nourrissons. Les maladies provoquées directement ou indirectement par l'alimentation chez les nourrissons peuvent, en conséquence être réduites d'une façon importante, ce qui abaissera encore la mortalité infantile. Le produit suivant l'invention peut en outre entre utilisé partout où l'on se propose d'empêcher ou d'inhiber les processus de putréfaction intestinales microbiennes, c'est à dire lâ où il est indiqué de soulager les mécanismes de défense contre les produits de la putréfaction intestinale pour améliorer l'étant de santé. L'invention est décrite en détail d'après l'exemple non limitatif suivant EXEMPLE On élimine du babeurre de lait de vache, dans une large mesure, les anions d'acides faibles sur un échangeur d'anions approprié, (par exemple Wofatit SBK, chargé avec un chlorure). Au petit lait ainsi prétraité, dilué au triple du volume de départ, on ajoute de la caséine que l'on a fabriquée en introduisant du lait écrémé dans un bain de précipitation aqueux, que l'on a ajusté par addition d'acide chlorhydrique à un pH qui garantit l'obtention du point isoélectrique (pH 4,7 ; entre 4,4 et 5,1). La concentration finale en protéines se monte à l, 7 % dans le lait prêt à la consommation.Comme composant gras, on ajoute un mélange de deux parties d'huile de tournesol et d'une partie d'huile de graines de coton jusqu'à obtenir une concentration finale dans l'aliment reconstitué de 3,5 %. On ajoute les vitamines A, C, B1, B2, B6 nicotamide, ainsi que du lactate de fer II dans les proportions correspondantes aux besoins. Après homogénéisation et atomisage, le produit est mélangé avec du lactose et de l'amidon de blé de façon à obtenir une teneur en lactose de 6 % et une teneur en amidon de blé de 2 % dans l'aliment prêt à boire. Composition en parties constituantes principales 1,7 % albumine(protéine) 3,5 % matières grasses 8 % hydrates de carbone 6 % lactose 2 % amidon de blé 0,3 % sels minéraux 13,5 % matières sèches 69 Kcal/1OO ml Bien entendu l'invention n'est pas limitée à l'exemple de réalisation ci-dessus décrit, à partir duquel on pourra prévoir d'autres formes et d'autres modes de réalisation, sans pour cela sortir du cadre de l'invention. REVENDICATIONS 1 ) Procédé pour la fabrication d'un succédané de lait de femme, par mélange de ses parties constituantes, caractérisé en ce que l'on mélange un liquide tel que du petit lait, après en avoir éliminé les anions acides faibles qui s'y trouvent, avec des matières protéiques obtenues par précipitation brusque vers le point isoélectrique, dans la zone de pH de 4, 4 à 5, 1, ainsi qu'avec des matières grasses, des vitamines et des sels minéraux, on homogénise le mélange, et l'on ajoute dulactose dans la proportion de 6 à 8 % du mélange ainsi qu'éventuellement d'autres substances nutritives tels que d'autres hydrates de carbone. 20) Procédé suivant la revendication l, caractérisé en ce que l'on procède à au moins une précipitation des protéines, ainsi qu à au moins un lavage à l'eau de ces protéines, le liquide contenant les substances protéiques, par exemple du lait de vache écrémé, étant mélangé à de l'eau dans un rapport quelconque, tel que 1 : 1, pendant que le pH est ajusté avec des acides appropriés, tels que de l'acide chlorhydrique, de telle façon que, toute l'eau étant incorporée dans le lait, il s'établisse un pH de 4,4 à 5,1, soit environ de 4,7.