La présente invention concerne la fabrication de tissus ayant des contours à trois dimensions particulièrement destinés, mais non exclusivement, à la réalisation de vêtements. On a ev l'habitude, pendant des années, de former ou faconner les vêtements et les panneaux de vêtements de manière qu'ils se conforment dans une certaine mesure aux contours ou formes du corps, en utilisant des plis, des plissés, des pinces, etc. On a récemment proposé d'effectuer le forma de tissu de vêtements par moulage et on a obtenu quelques réussites particulièrement en effectuant le moulage de tissus en fibres synthétiques. On sait que certaines fibres et/ou filaments, y compris les fibres de laine, peuvent se rétrécir quand on les soumet à un procédé de traitement approprié, le procédé de traitement dépendant évidemment du type de fibre et/ou de filament. La présente invention résulte du fait que l'on a concu qu'il était possible d'utiliser la propriété des fibres et/ou filaments de se rétrécir pour donner des formes tridimensionnelles à un tissu dont les fils consistent en ces fibres et/ou filaments oll en contiennent. Suivant une caractéristique de la présente invention, il est prévu une méthode de mise en forme de tissus contenant ou comprenant des fils en fibres et/ou filaments qXi peuvent être rétrécis sous l'application d'un procédé de traitement, cette méthode comprenant l'application dudit procédé de traitement au tissu et empêchant le retrait du tissu dans une ou plusieurs parties par rapport au retrait de la ou des parties restantes du tissu afin de donner au tissu une forme tridimensionnelle. Ainsi, on comprendra que l'on ne permet au tissu que des retraits différentiels entre les différentes parties ce qui provoque un changement de forme avec pour résultat un tissu rétréci ayant une forme tridimensionnelle. Le procédé de traitement dépend du type du tissu. Suivant une caractéristique préférée de l'invention, le tissu est tissé ou tricoté en fils contenant ou comprenant des fibres et/ou des filaments rétrécissables, ces fils se rétrécissant dans le sens de la longueur d'au moins 15X quand on les chauffe sous tension nulle et, s'ils sont maintenus à longueur constante, exercant une tension d'au moins 0,1 g/tex quand on les chauffe, le procédé de traitement comprenant le chauffage dudit tissu. De préférence, les fibres et/ou filaments rétrécissables sont en polyester à haut retrait ou en acrylique sous tension, ie retrait peut être tel qu'il ne se produit pas au-dessous de 1000 C de manière que les opérations habituelles d'appr & age classique (par exemple la teinture) puissent être supportées par le tissu sans qu'un retrait ne survienne avant l'opération de mise en forme. La phase de chauffage du tissu peut être effectuée en appliquant de la vapeur si bien que de l'humidité est également appliquée. Si le chauffage est effectué par un gaz chaud, tel que de l'air chaud, ou par effet de rayonnement ou diélectrique, on peut aussi appliquer de l'humidité au tissu avant ou pendant la phase de chauffage. La quantité d'humidité dans le tissu peut dépasser celle de l'équilibre en atmosphère normale (le tissu étant sursaturé). Suivant une autre caractéristique de la méthode suivant l'invention, le tissu comprend des fils comprenant des fibres et/ou filaments en polymère rétrécissable qui se rétrécissent quand ils sont traités avec un solvant de gonflement convenable, le procédé de traitement comprenant le traitement dudit tissu avec ledit solvant pour effectuer le retrait du tissu. Le tissu est, de préférence, stabilisé dans sa forme tridimensionnelle en le maintenant dans la forme désirée et en continuant à le soumettre au procédé de traitement jusqu'à tout retrait résiduel potentiel ait disparu. On peut aussi utiliser des agents de durcissement ou de stabilisation; de préférence, quand le procédé de traitement est un traitement par la chaleur, l'agent de durcissement et l'humidité peuvent être appliqués simultanément sous la forme d'une solution ou d'une dispersion aqueuse. Le retrait d'une partie ou de plusieurs parties du tissu peut être réduit ou supprimé par des moyens de blocage et une forme tridimensionnelle ou, si le tissu doit être produit sous la forme d'une tube, d'un cône, etc., ou en prendre la forme, on peut se passer des moyens de blocage et le retrait du tissu peut être au moins partiellement réduit par le tissu se rétrécissant sur la forme tridimensionnelle. Les fils utilisés pour fabriquer les tissus prévus pour la mise en oeuvre suivant l'invention peuvent contenir d'autres types de fibres que celles mentionnées ci-dessus pourvu que les fils présentent le potentiel de retrait nécessaire. De plus ou en variante, le tissu de l'invention peut contenir d'autres types de fils que ceux mentionnés ci-dessus, mais on comprendra que plus la proportion de fil non rétrécissable augmente, moins on est en droit d'attendre des possibilités de mise en forme. Si le tissu contient des fibres de laine, on peut appliqrdes agents de durcissement classique de la laine. On peut attacher face à face le tissu de l'invention avec un second tissu de manière que quand le tissu rétrécissable prend sa forme, le second tissu prenne aussi cette forme jusqu a un certain point. Ainsi le tissu de l'invention peut entre une doublure de vêtement ou une partie de celle-ci et le second tissu serait le tissu extérieur du vêtement. La fixation des deux tissus peut se faire par un liant ou des coutures. Suivant une autre caractéristique de l'invention, il est également prévu un vetement ou un panneau de vetement fabriqués par la méthode suivant l'invention. Les caractéristiques mentionnées ci-dessus ainsi que d'autres apparattront plus clairement à la lecture de la description suivante de deux exemples de mise-en oeuvre du procédé de l'invention. nanc a mise en oeuvre pratique d'une première forme préférée du procédé suivant l'invention, on a fabriqué un tissu en tissage sergé 2/2 comportant 56 fils de chaîne au pouce anglais et 52 duites au pouce anglais, le fil étant un fil Se laine peignée de .ó retordu deux fois comportant 50% de laine, 25% de fibres enno7yester rétrécissable et 25% de fibres en acrylique, une partie dec fibres en acrylique étant rétrécissable tandis que le reste ne l'est sensi blement pd. On coupe une pièce de ce tissu en lui donnant une forme convenable avec des dimensions convenables et on l'enroule en forme de tube autour d'un mannequin, en reliant temporairement les bords ensemble. On place le mannequin vec son tube dr tissu ans un autoclave et on chauffe pendant 2 minutes en atmosphère de vapeur d'eau saturée à 120 C sous une pression de 1,5 atmosphères. après quoi, le mannequin est retiré de l'autoclave-et la liaison temporaire de borts du tissu est ouverte. Puis on enlève le tissu qui a subi un retrait Dratinuement suivant a corme du mannequin. On a constaté qu'un échantillon, ne subissant aucune contrainte, fait rétréci de 15% à la fois dans te sens de la chaîne et dans celui de la trame quand on le chauffait dans la même atmosphère humide. le tissu mis er forme peut servir comme simple vêtement sans avoir à effectuer sur lui d'autres opérations et, comme le vêtement ne comporte pas de coutures, on peut l'accepter commerciallement sans doublure.Par ailleurs, si le tissu est destine à former la partie principale d'une veste, par exemple, il y a d'autres parties a assembler avec le tissu mis en forme, soit par exemple les manches, et d'autres opérations à effectuer, telles que l'addition de moyens d'attache. Avant de décrire un exemple pratique de mise en oeuvre du second procédé suivant l'invention, il faut noter que l'on a trouvé que le chlorure de méthylène était un solvant de gonflement qui convenait pour le "Trevira" (marque de fahrique d'un type de fibres en polyester\. Le chlorure de méthylène a des liaisons hydrogène faibles, a une densité d'énergie de cohésion de 9,7 et, d'après le livre de référence de Brandrup et Immergut (Interscience, 1966) page IV-3-+lff, les polyesters ont, dans des solvants à liaison hydrogène faible, des densités d'énergie de cohésion allant de 8,9 à 11,1. Il apparat donc que l'on peut choisir des solvants appropriés parmi ceux qui, en ce qui concerne la densité d'énergie de cohésion, s'adaptent sensiblement au polymère dont sont faites les fibres du tissu. Jusqu'à un certain point, le choix du solvant doit entre fait à la suite d'expériences, car on constate que le solvant est beaucoup moins efficace en relâchant les tensions dans un autre type de fibre en polyester. D'autre part, un solvant qui serait trop bien adapté au polymère, en ce qui concerne la densité d'énergie de cohésion, peut ramollir ou même dissoudre complètement les fibres fabriquées avec ce polymère. De plus, le choix final du solvant pour une fibre particulière doit tenir compte de fecteurs, tels aue la toxicité, la volatitlité et le coût. On va maintenant décrire une seconde mise en oeuvre du procédé de l'invention en se référant à la fabrication d'un vêtement comportant une taille marquée. On coupe un morceau de tissu de dimensions appropriées suivant une forme bidimensionnelle voulue, on le coud temporairement suivant une forme pratiquement tubulaire et on le place autour d'un mannequin présentant une partie plus étroite, comme une taille, c'est à dire une partie dont le diamètre est plus faible que ceux des autres parties. On immerge le tissu et le mannequin dans le solvant, qui peut être chauffé, puis on les en retire. Les fibres du tissu se rétrécissent autant qu'elles le peuvent. Au lieu d'une immersion dans le solvant, on peut prévoir de placer le tissu dans une atmosphère de vapeur du solvant ou d'asperger le tissu avec le solvant. Le tissu traité par le solvant peut être chauffé. Le tissu se resserre d'abord sur les parties du mannequin qui ne forment pas la taille et le retrait des fibres est arrêté sur ces partiels. Cependant, dans la partie plus étroite de la taille, le retrait se poursuit soit jusqu'à ce que le potentiel de retrait des fibres soit épuisé (et le potentiel de mise en forme du système est atteint) ou que le tissu se resserre autour de la taille du mannequin. Les tensions qui, dans les fibres, n'ont pas été annulées par le retrait se dissipent par un réarrangement moléculaire dans les fibres et, après un certain temps, le tissu devient pratiquement stable pour subir un autre traitement par un solvant. Après cette phase, le tissu peut être enlevé du mannequin. Le tissu mis en forme peut être utilisé comme un vêtement simple sans avoir à effectuer sur lui d'autres opérations et, comme il ne comporte pas de couture, on peut le commercialiser sans doublure. Par ailleurs, s'il est destiné à former la partie principale d'une veste, par exemple, et qu'il y a d'autres parties à assembler telles que des manches, il faut prévoir d'autres opérations tels que l'addition de moyens d'attache. A noter que les types de fil qui conviennent à la première mise en oeuvre de l'invention sont en nombre limité et quand le procédé de traitement est un chauffage, on a l'inconvénient nue les tissus ne doivent pas être soumis à de hautes températures avant la mise en forme et que les températures auxquelles il faut soumettre le tissu pour le traitement de retrait peuvent autre néfastes en ce qui concerne d'autres propriétés. La second? mise en oeuvre de l'invention ne souffre pas p-r nature de ces inconvénients. REVENDICATIONS 18 Méthode pour donner une forme tridimensionnelle à un tissu ou un morceau de tissu contenant ou comprenant des fils en fibres et/ou filaments qui peuvent subir ur. retrait quand on les scumet à un procédé de traitement, caractérisée en ce que ledit procédé de traitement est appliqué au tissu et que le retrait est contrarié sur une partie ou sur certaines parties du tissu par rapport au retrait subi dans d'autres parties, afin de donner une forme tridimensionnelle au tissu. 2) Méthode suivant la revendication t, caractérisée en ce que les fils du tissus se rétrécissent dans le sens de la longueur d'au moins 15% quand on applique le procédé de traitement sous tension nulle et exercent une tension d'au moins 0,1 g/tex s'ils sont maintenus à longueur constante pendant le procédé de traitement. 3) Méthode suivant la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce que le procédé de traitement comporte le chauffage dudit tissu. 4) Méthode suivant la revendication 3, caractérisée en ce que les fibres et/ou filaments rétrécissables sont des polyesters à haut retrait ou des acryliques durcis étirés. 5) Méthode suivant la revendication 4, caractérisée en ce que les fibres et/ou filaments rétrécissables sont tels que le retrait n'a pas lieu au-dessous de 100 OG de manière que le tissu puisse subir les procédures habituelles et classiques d'apprêt (par exemple la teinture) avant le retrait survenant au cours du procédé de traitement. 6) Méthode suivant l'une des revendicatications 3 à 5, caractérisée en ce que le chauffage est effectuée en présence d'humidité. 7) Méthode suivant la revendication 6, caractérisée en ce que le chauffage est effectué avec application de vapeur. 8) Méthode suivant la revendication 7, caractérisée en ce que le tissu est chauffé dans un autoclave pendant deux minutes à 120 OC sous une pression de 1,5 atmosphères en vapeur saturée. a) Méthode suivant la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce que le tissu comprend des fils comprenant ou contenant des fibres et/ou filaments de polymères rétrécissables qui subissent un retrait quand on les traite avec un solvant de gonflement convenable, le procédé de traitement comprenant le traitement dudit tissu avec ledit solvant pour en effectuer le retrait. QO) Méthode suivant la revendication 9, caractérisée en ce que le solvant de gonflement est choisi parmi ceux qui ont une-densité d'énergie de cohésion semblable à celle du polymère dont sont constitués les fibres et/ou filaments -du tissu. 11) Méthode suivant la revendication 10, caractérisée en ce que le solvant est du chlorure de méthylène et le tissu en fils de "Trevira" 550 (marque déposée). 12) Méthode suivant l'une des revendications 1 à 11, caractérisée en ce que le tissu est stabilisé dans sa forme tridimensionnelle en maintenant le tissu suivant la forme voulue et en continuant à soumettre le tissu au procédé de traitement jusqu'à ce que le potentiel résiduel de retrait se soit dissipé. 13) Méthode suivant l'une des revendic:tjons 1 à 12, caractérisée en ce qu'un agent de durcissement et/ou de stabilisation est appliqué au tissu avant, pendant ou après le procédé de traitement. 14) Méthode suivant l'une des revendications 1 à 13, caractérisée en ce que les fils du tissu comprennent des fibres et/ou filaments non rétrécissables. 15) Méthode suivant l'une des revendications 1 à 14, caractérisée en ce que le tissu est fixé, face à face, à un second tissu de manière que quand le tissu rétrécissable a pris sa forme le second tissu la prenne aussi jusqu'à un certain point. 16) Méthode suivant l'une des revendications 1 à 15, caractérisée en ce que le tissu est enroulé en forme de tube et placé sur une forme ou un mannequin présentant la forme tridimensionnelle requise.