La présente invention concerne d'une manière générale la pesée d'articles nécessitant pour leur pesée la mise en oeuvre d'une tare de poids largement supérieur à leur poids propre. C'est le cas par exemple, en sidérurgie et métallurgie, des barres et des tubes sortant de fabrication à des températures de 6590C à 7000C : ces articles se présentent alors sous une grandeur notable, de l'ordre par exemple de 5 à 30 m, et nécessitent, pour leur soutien, lors de leur pesée, un.berceau de longueur comparable et de poids, de l'ordre par exemple de 4 tonnes, très largement supérieur à leur poids propre, qui, suivant leur diamb- tre et leur longueur, peut s'étager entre par exemple 150 et 650 kg. Or, ainsi qu'on le sait, il est quasi impossible de réaliser de manière correcte avec de bonn.es performances, une pesée, lorsque la tare mise en oeuvre est supérieure dans de telles proportions au poids à meser, notamment lorsque cette pesée se fait à l'aide d'une chaine de mesure électronique pilotée par un capteur de force électrique auquel est appliqué le poids à peser ; en effet, ce dernier risque alors de tomber dans la marge d'erreur relative résultant de la sensibilité qui peut etre celle d'un tel capteur de force eu égard à la valeur de la tare dont les effets lui sont également appliqués dans leur totalité. I1 en est d'autant plus ainsi, en'l'espèce, qu'une grande précision de mesure est demandée. Pour pallier cette difficulté il a été envisagé d'immerger la tare dans un liquide, pouvant diminuer, par poussée d'Archimè- de, les effets qui en résultent. Mais il s'agit évidemment d'une solution encombrante et coQ- teuse, avec des problèmes de température difficiles à résoudre. La présente invention propose au contraire de pallier ces difficultés par une solution mécan.ique simple et économique à mettre en oeuvre. Elle a dans ce but notamment pour objet un dispositif de pesée du genre comportant un plateau de pesée ou analogue attelé à un capteur de force électrique par un organe de liaison, et caractérisé par un levier compensateur de tare agissant sur ledit organe de liaison entre ledit plateau et ledit capteur : elle a encore pour objet un ensemble de pesage mettant en oeuvre au moins un tel dispositif de pesée. Dans le dispositif de pesée suivant l'invention, le levier compensateur de tare mis en oeuvre vient, à la manière du fléau d'une balance, soustraire mécaniquement de la force appliquée au capteur électrique concerné une partie au moins de cette force due à la tare. L'originalité de cette disposition apparaitra mieux si l'on soulign.e que, usuellemen.t, il est admis que la mise en oeuvre d' un capteur de force électrique dans une chaste de pesée électronique a normalement pour but de permettre l'élimination de tout levier, et qu'il n'était donc pas dans le champ usuel d'application d'une telle channe de pesée d'y introduire un levier. Quoi qu'il en soit, l'amoindrisseement des effets de la tare que permet le levier compensateur mis en oeuvre suivant l'invention dans une telle cubaine, permet d'utiliser pour celle-ci un capteur de sen.sibilité suffisante pour permettre une mesure correcte des poids à peser. Les caractéristiques et avantages de l'invention. ressortiront d'ailleurs de la description qui va suivre, à titre d'exemple en référence aux dessins schématiques annexés sur lesquels la figure 1 est une vue en élévation, avec arrachement caux, d'un dispositif de pesée suivant l'invention les figures 2, 3, 4 en sont des vues en coupe transversale partielle suivant respectivement les lignes II-II, III-III et IV-I de la figure 1 la figure 5 reprend, à échelle supérieure, un détail de la figure I repéré par un encart V sur cette figure 1 la figure 6 est, à échelle inférieure, une vue partielle en élévation. d'un ensemble de pesage comportant des dispositifs de pesée suivant l'invention la figure 7 est une vue en plan-coupe de cet ensemble de pesage suivant la ligne Vil-Vil de la figure 6. Ces figures illustrent, à titre d'exemple, le cas où les capteurs de force électriques mis en oeuvre sont des capteurs travaillant à la traction, dits ci-après capteurs de traction. Dans un tel cas, le dispositif de pesée suivant l'invention comporte, tel que représenté, un cadre fixe 10, qui est porté ver tiSalement par un bâti 11, et à la traverse supérieure duquel est suspendu, par une articulation 12, un capteur de traction 13. Un tel capteur de traction 13 est bien connu par lui-meme, et ne faisant pas en lui-même l'objet de la présente invention, il ne sera pas décrit en détail sci , il s'agit par exemple d'un cap teur à jauges de contraintes ; on a schématiquement représenté en 14 la filerie qui le relie à la chaSne de mesure, par exemple électronique, qu'il pilote. Le dispositif de pesée suivant l'invention comporte en outre un plateau de pesée 15, ou analogue, qui est apte à recevoir le poids à peser, et qui est attelé au capteur de traction 13 par un organe de liaison constituant, dans l'exemple de réalisation représenté, une suspente 16 suspendue audit capteur de traction 13 par une articulation 17. Suivant l'invention un levier compensateur de tare 20 est prévu, qui agit sur la suspente 16 en un point de celle-ci intermédiaire entre le plateau de pesée 15 et le capteur de traction 13. Dans l'exemple de réalisation représenté, la suspente 16 est formée successivement d'un étrier 21, qui est lié au capteur de traction 13 par l'articulation 17, et d'une tige 22, qui est liée à l'étrier 21 par une articulation 23, et c'est sur une traverse 24 de cet étrier 21 qu'agit le levier compensateur de tare 20. De préférence, et tel que représenté, une telle action se fait, de manière connue en soi, par un montage du type à couteau. Dans l'exemple représenté ce montage comporte un couteau 25 porté par le levier 20 et ayant en élévation un contour globalement trapézoidal, et un coussinet 26 articulé par un axe 27 sur une chape constituant la traverse 24 de l'étrier 21, figure 5. Cette traverse 24 est rapportée sur l'étrier 21 par un axe 28 et est bloquée en rotation sur cet étrier par une goupille 29. En coupe transversale le coussinet 26 forme un dièdre rentrant, avec l'arête duquel coopère l'arête du couteau 25. A distance de l'étrier 21, le levier 20 est articulé à un berceau fixe 30, porté par une traverse médiane 34 du cadre 10. Cette articulation se fait de préférence suivant un montage du type à couteau, le levier 20 portant transversalement à cet effet un axe 31 à chaque extrémité duquel est prévu un. couteau 32, du type de celui décrit précédemment, ce couteau agissant entre cette extrémité et une chape 33 du berceau 30 dans laquelle est engagée ladite extrémité. A distance du berceau 30, le levier 20, qui traverse le montant correspondant du cadre 10 à la faveur d'une fenêtre 35 prévue à cet effet dans celui-ci, porte une masselotte 36. Cette masselotte est réglable en position le long du levier 20. Dans l'exemple de réalisation représenté, figure 4, cette masselotte 36 est formée de deux flasques 37 disposés latéralement de part et d'autre du levier 20 et serrés sur celui-ci à l'aide de vis 38 qui encadrent à distance le levier 20, avec interposition de matelas élastique 39 entre les flasques 37 et ce dernier. Les vis 38 supérieures portent sur une barrette 40 prenant appui sur le levier 20. De préférence, et tel que représenté, la tige 22, qui constitue la partie courante de la suspente 16, est attelée transversalement à une barre de stabilisation 45. En pratique, et tel que représenté, c'est au droit de l'ar- ticulation 23 reliant la tige 22 à l'étrier 21 qu'elle prolonge que cette tige est attelée à la barre de stabilisation 45, figure 1. Dans l'exemple de réalisation représenté, cette barre de stabilisation 45 est constituée d'un ten.deur 46, du type commun ment appelé "lanterne", reliant l'un à l'autre, d'une part un tirant 47 porteur d'une chape 48 engagée à pivotement sur l'axe d articulation 23, et d'autre part un tirant 49 relié au montant correspondant du cadre 10 par une équerre élastiquement déformable 50. Les tirants 47 et 49 ont leurs extrémités en regard filetées, suivant des pas inverses l'un de l'autre, et sont engagés à vissage dans des perçages taraudés prévus à cet effet dans le tendeur 46, en sorte que, de manière connue en soi, la barre de stabilisation 45 ainsi constituée est réglable en longueur. En outre, du fait de l'articulation 23, d'une part, et de l'équerre élastiquement déformable 50 d'autre part, prévues à ses extrémités, cette barre de stabilisation présente verticalement un moment d'inertie réduit et n'est donc pas susceptible dtinterférer de manière notable sur les mesures de pesée effectuées. Le plateau de pesée 15 est rapporté à l'extrémité libre de la suspente 16, et donc à celle de la tige 22 formant la partie courante de cette suspente. Dans l'exemple de réalisation représenté, un matelas élastique 51 formé en pratique de rondelles élastiquement déformables du type rondelle Belleville, est interposé entre d'une part, le plateau de pesée 15, qui est engagé librement sur la tige 22 et qui prend appui sur le matelas élastique 51 par l'intermFaiaire d'une rondelle d'appui 53, et d'autre part, une rondelle de butée 52 elle-même en appui sur des écrous 54 vissés à l'extrémité, filetée à cet effet, de la tige 22. Au-dessus du plateau de pesée 15, des écrous de butée 55 sont également prévus. Ainsi qu'il est aisé de le comprendre, lorsqu'un poids à peser est placé sur le plateau de pesée 15, le levier compensateur de tare 20 suivant l'invention. déduit des effets résultant de ce poids sur le capteur de traction 13 ceux résultant de la masselotte 36 gu'il porte. Compte tenu des démultiplications dues au bras de levier correspondant, cette masselotte 36 est ainsi à même de compenser, si désiré, une éventuelle tare, même si celle-ci est importante. Le dispositif de pesée suivant l'invention trouve donc notamment son application. dans les ensembles de pesage destinés à assurer la pesée d'articles longilignes, tels que tubes ou barres. Tel que schématiquement illustré par les figures 6 et 7, un tel ensemble de pesage comporte une longrine 57 porteuse verticalement, de place en place, de jambages verticaux 58 servant de support à un berceau 59 apte à recevoir l'article à peser. Il comporte en outre une pluralité de dispositifs de pesée 60, conformes à celui décrit en détail ci-dessus en référence aux figures 1 à 5, ces dispositifs de pesée 60 étant groupés par paires ayant chacune en. commun un.e traverse 15 formant plateau de pesée, et lesdites paires de dispositifs de pesée étant échelonnées le long de la longrine 57 qu'elles encadrent ; pour chaque paire de dispositifs de pesée 60, la longrine 57 repose sur la traverse 15 correspondante. Pour une simplification du dessin, seule a été schématisée sur les figures 6 et 7 une telle paire de dispositifs de pesée 60. En pratique, trois paires de dispositifs de pesée 60 peuvent être prévues, une à chacune des extrémités de la longrine 57, et l'autre dan.s la partie médiane de celle-ci. De préférence, et tel que représenté, des barres de stabilisation 62, du type de celles décrites ci-dessus, sont établies transversalement entre chaque dispositif de pesée 60 et le bord latéral de la longrine 57 qui en est le plus éloigné, figure 7. Bien entendu la présente invention ne se limite pas aux formes de réalisation et de mise en oeuvre représentées, mais englobe toute variante. En particulier, le levier compensateur de tare suivant l'in.- invention trouve en.core son application lorsque, le capteur de force étant un capteur travaillant à la compression, l'organe de liaison établi entre un tel capteur et le plateau de pesée correspondant est une colonnette portant ce plateau de pesée et reposant sur ce capteur de compression. REVENDICATIONS 1) Dispositif de pesée du genre comportant un plateau de pesée bu analogue attelé à un capteur de force électrique par un organe de liaison, caractérisé par un levier compensateur de tare agissant sur ledit organe de liaison entre ledit plateau et ledit capteur. 2) Dispositif de pesée suivant la revendication 1, dans lequel ledit organe de liaison est une suspente et le capteur de force un capteur travaillant à la traction, caractérisé en ce que ladite suspente comporte un étrier sur une traverse duquel agit le levier compensateur de tare. 3) Dispositif de pesée suivant la revendication 2, dans lequel le levier compensateur de tare agit sur la traverse concernée de l'étrier par un montage du type à couteau. 4) Dispositif de pesée suivant l'une quelconque des revendications 2, 3, caractérisé en ce que l'étrier est articulé d'une part au capteur de traction et d'autre part à une tige constituant la partie courante de la suspente concernée. 5) Dispositif de pesée suivant l'une quelconque des revendications 2 à 4, caractérisé en ce que la suspente concernée est attelée transversalement à une barre de stabilisation de préférence glabre en longueur. 6) Dispositif de pesée suivant les revendications 4 et 5 prises conjointement, caractérisé en ce que c'est au droit de l'articulation reliant l'étrier qu'elle comporte à la tige qui en fait la partie courante que la suspente concernée est attelée transversalement à une barre de stabilisation. 7) Dispositif suivant l'une quelconque des revendications 2 à 6, caractérisé en ce que, à distance de l'étrier sur lequel il agit, le levier compensateur de tare est articulé, de préférence suivant un montage du type à couteau, à un berceau fixe. 81 Dispositif suivant l'une quelconque des revendications 1 à 7, dans lequel le levier compensateur de tare porte une masselotte, caractérisé en ce que ladite masselotte est formée de deux flasques disposés de part et d'autre dudit levier et serrés sur lui, de préférence avec interposition d'un matelas élastique. 9) Ensemble de pesage caractérisé en ce qu'il comporte au moins un dispositif de pesée conforme à l'une quelconque des revendica tions 1 à 8. 10) Ensemble de pesage suivant la revendication 9, caractérisé en ce qu'il comporte une pluralité de dispositifs de pesée conformes à l'une quelconque des revendications 1 à 8, lesdits dispositifs de pesée étant groupés par paires ayant chacune en commun une traverse formant plateau de pesée, et lesdites paires de dispositifs de pesée étant échelonnées le long d'une longrine qu'elles encadrent et qui repose sur les traverses qu'elles comportent.