La présente invention a pour objet une cel- lule photogalvanique, utilisable notamment pour con- vertir l'énergie solaire en énergie électrique. Depuis quelques années, de nombreuses re- cherches se sont portées sur des dispositifs permet- tant de récupérer l'énergie solaire sous la forme d'énergie thermique ou électrique. A la suite de ces recherches, on a mis au point des cellules photogal- vaniques qui permettent de transformer l'énergie lu- mineuse du soleil en force électromotrice. Ces cellu- les comprennent deux électrodes placées dans un li- quide contenant un ou plusieurs systèmes oxydoréduc- teurs dont une espèce photosensible, constituée par exemple par un colorant tel que la thionine. Dans ces cellules, l'une des électrodes est éclairée par un faisceau lumineux tandis que l'autre électrode reste dans l'obscurité. L'absorption du rayonnement visi- ble par l'espèce photosensible permet d'engendrer dans le liquide des réactions d'oxydoréduction qui conduisent à l'apparition d'une différence de poten- tiel aux électrodes de la cellule, qui peut ainsi fournir du courant électrique sans consommer pour au- tant ni les différents constituants du liquide, ni les électrodes. Lorsque l'espèce photosensible est la thionine, le liquide contient habituellement un systè- me oxydoréducteur relais, constitué soit par le cou- ple Fe2 /Fe3, soit par un constituant organique tel que l'hydroquinone. Cependant, de telles cellules ne permet- tent pas d'obtenir des rendements de conversion sa- tisfaisants. En effet, les tensions obtenues sont gé- néralement inférieures à 300 mV et les puissances sont au plus de l'ordre de quelques dizaines de 1iwatts/cm. De plus, lorsque le système relais est un 2 2485250 constituant organique, le liquide n'est plus stable après quelques minutes. En revanche, avec des systè- mes relais constitués par Fe2+/Fe3+, on obtient une bonne stabilité, mais dans ce cas, la puissance de la cellule ne dépasse pas 1 11W/cm La présente invention a précisément pour objet une cellule photogalvanique qui présente des propriétés améliorées par rapport aux cellules con- nues actuellement. La cellule photogalvanique, selon l'inven- tion, comprend deux électrodes disposées dans un sys- tème liquide comprenant un constituant photosensible et elle se caractérise en ce que ledit constituant photosensible est l'ion uranyle UO.2 Grâce-à l'utilisation de cet ion uranyle, la cellule photogalvanique de l'invention présente en particulier l'avantage de conduire à de meilleurs rendements de conversion. En effet, lorsque l'ion uranyle U02+ est porté dans un état excité par absorption d'un photon, il se transforme en une espè- ce fortement oxydante U02+ qui peut être ensuite ré- duite en U02, l'énergie potentiellement captée par l'ion uranyle lors de cette transformation étant de 2,6 eV, ce qui constitue une énergie importante que l'on peut récupérer ensuite sous forme électrochimi- que avec de bons rendements de conversion. Ainsi, par rapport au couple U02+/UO2+ dont le potentiel d'oxydo- réduction est de 0,06 Volt par rapport à l'électrode 2+* + normale à hydrogène (ENH), le couple U02 /UO2 pré- sente un potentiel d'oxydoréduction beaucoup plus élevé qui est d'environ 2,6 volts par rapport à ENfi. De plus, l'ion uranyle U2+ est capable d'absorber dans le domaine des longueurs d'ondes du spectre solaire, ce qui le rend avantageux pour une utilisation dans des cellules photogalvaniques pour 3 2485250 la transformation de l'énergie solaire en courant électrique. Enfin, il présente-une stabilité à la lu- mière plus grande que celle de la plupart des colo- rants utilisés jusqu'à présent. Selon l'invention, on utilise les proprié- tés fortement oxydantes de l'ion UO2+ pour engendrer dans le système liquide une espèce oxydée Aox qui stocke l'énergie. Aussi, selon l'invention, le système li- quide comprend avantageusement un second constituant Ared capable de réduire l'ion uranyle UO+ et de se transformer en l'espèce oxydée Aox, c'est-à-dire un constituant Arel dont le potentiel d'oxydoréduction du couple Ared/A@ est inférieur à 2,6 volts par rap- port à ENH. Dans cae cas, on suppose que le fonctionne- ment de la cellule correspond aux réactions suivan- tes: - a) - dans le système liquide éclairé par le faisceau lumineux U02+ + h v -> U02 D2+* + + U02 + Ared- U2 - Aox - b) - sur l'électrode éclairée uo --u 2+ + e- avec AE 2+ 2 02 EUo2/UO+ u2 lUU2 - c) - sur l'autre électrode éclairée ou non éclairée Aox + e ---) Ared avec Ared/Aox redZAox ce qui se traduit par l'apparition d'une différence de potentiel entre les électrodes si redA /Aox > EOU02+/Uo2 red ox- 2 2 Dans ce système, l'énergie prélevée sur la lumière est de 2,6 eV et les pertes théoriques sont calculées à partir de la différence: 4 2485250 E 2+*..+ - / U2 /U2 Ared/Aox Aussi, il est avantageux de choisir comme second constituant Ared, un constituant tel que le potentiel d'oxydoréduction du couple Ared/Aox soit le plus proche possible du potentiel d'oxydoréduction du couple UO2+ /UO2, soit 2,6 volts par rapport à ENH. De préférence, le second constituant A red est tel que le potentiel d'oxydoréduction du couple Ared/Aox soit supérieur à 1 volt. Par ailleurs, il est nécessaire que le se- cond constituant Ared soit tel que l'espèce oxydée Aox ne réagisse par rapidement avec les autres cons- tituants du système liquide, notamment le solvant, ou qu'elle réagisse pour donner une espèce encore très oxydante, ayant de préférence un potentiel d'oxydoré- duction supérieur à un volt par rapport à l'électrode normale à hydrogène (ENH). Selon l'invention, le second constituant Ared peut être un cation ou un anion. Parmi les cations susceptibles d'être uti- lisés, on peut citer l'ion Ce3+, qui présente des propriétés satisfaisantes car le potentiel d'oxydo- réduction du couple Ce3+/Ce4+ est de 1,7 volt par rapport à une électrode normale à hydrogène. On peut également utiliser Fe2+ qui est très stable mais qui est moins intéressant car le potentiel d'oxydoréduc- tion du couple Fe2+/Fe3+ n'est que de 0,6 volt. Lors- que le second constituant est un cation, l'ion urany- le est introduit dans le système liquide sous la for- me de complexe comportant des ligands fixés par des liaisons de type Lewis, tels que la pyridine, la phé- nantroline, le dicyanoéthane. Avantageusement, on utilise comme complexe, UO2(N03)2 bipyridyl. Lorsque le second constituant Ared est constitué par un anion, il faut que cet anion soit susceptible de se lier à l'ion uranyle et qu'il pro- duise par oxydation un radical Aox capable soit de se décharger directement sur l'une des électrodes, soit de réagir dans le système liquide pour donner une espèce susceptible de se décharger sur l'une des électrodes. A titre d'nions susceptibles d'être uti- lisés, on peut citer NO3, SCNBr C, Br et I1 Lorsque le second constituant est consti- tué par un anion qui se transforme par oxydation en un radical capable de réagir avec un troisième cons- tituant du système liquide pour donner une espèce susceptible de se décharger sur l'électrode, il faut de plus que ce radical ait une durée de vie suffisan- te pour lui permettre de réagir avec ce troisième constituant. De même lorsque le second constituant est constitué par un cation ou par un anion qui se transforme par oxydation en un cation oxydé ou un radical susceptible de se décharger directement sur l'électrode, il faut que ce radical ou ce cation oxy- dé ait une durée de vie suffisante lui permettant d'arriver à l'électrode ou de se transformer en une espèce assez stable pour arriver à l'électrode. Avantageusement, le système liquide com- prend de l'eau, et le second constituant est un anion capable de se lier à l'ion uranyle et de se transfor- mer par oxydation en un radical susceptible de réagir dans le système liquide pour former de l'eau oxygé- née. Selon l'invention, le système liquide com- prend un solvant dans lequel sont dissous le premier et le second constituants. Ce solvant doit être le plus inerte possible, notamment ne pas réagir avec l'ion UO+ et avec le second constituant Aredt ce qui conduirait à la formation de nouveaux produits dont 6 2465250 la présence est néfaste pour obtenir la réversibilité du système. Ainsi, lorsqu'on utilise comme second constituant, l'anion NOà, l'eau ne peut être utilisée seule comme solvant. A titre de solvant susceptible d'être utilisé, on peut citer l'acétonitrile. Dans le cas d'un système liquide comprenant comme second constituant l'anion SCN, on peut utili- ser le diméthyl sulfoxyde comme solvant à condition de lui ajouter une faible quantité d'eau et d'élever la température de 200C par rapport à la température ambiante au démarrage afin d'obtenir une viscosité appropriée. Dans certains cas, pour améliorer le trans- fert de charge vers les électrodes, on ajoute au sol- vant un transporteur d'ions, par exemple un perchlo- rate de tétraalkyl ammonium tel que le perchlorate de tétraéthyl ammonium. On peut également ajouter au solvant d'autres additifs, par exemple, du chlorofor- me pour améliorer la stabilité à la lumière de systè- mes liquides dans lesquels le second constituant est un anion, par exemple le système liquide constitué par du nitrate d'uranyle en solution dans l'acétoni- trile. En effet, on a constaté que lorsqu'on lais- sait à la lumière dans une cellule fermée, une solu- tion de nitrate d'uranyle 0,2 M dans l'acétonitrile, il se formait au bout de quelques heures un précipité qui peut être redissous par addition d'un acide miné- ral, mais cette addition d'acide est néfaste pour ob- tenir un fonctionnement satisfaisant de la cellule photogalvanique. En revanche, lorsqu'on ajoute préa- lablement au solvant du chloroforme, par exemple 0,1 cm3 pour 5 cm3 de solution, on évite la formation de ce précipité et on peut ainsi obtenir un fonction- nement satisfaisant de la cellule. 7 -2485250 Dans tous les cas, il est preférable de li- miter la teneur en eau du système liquide pour éviter les réactions parasites; cependant, dans les systè- mes o le second constituant est un anion lié. l'uranyle, la teneur en eau doit se situer au voisi- nage de celle qui correspond à l'eau de constitution du nitrate d'uranyle. Selon l'invention, le choix des électrodes de la cellule a également de l'importanceo En effet, pour obtenir un fonctionnement satisfaisant, il est nécessaire que ces électrodes soient réversibles, as- surent les trans:erts- électroniques le plus rapide- ment possible, qu'elles soient chimiquement inacti- ves, aient une surtension aussi faible que possible et une résistane ohmique minimale0 Elles peuvent être réalisées ? métaux précieux, par exemple en platine poli pour l'électrode éclairée. Pour l'autre électrode, on peut utiliser une substance conductrice chimiquement inerte, tel qu'un oxyde conducteur, du graphite ou un métal précieuxo Lorsque cette autre électrode est en métal précieux, elle ne doit pas recevoir de lumiKe, ce qui peut être obtenu en la disposant dans l'ombre de l'électrode éclairée. Avan- tageusement- l'électrode éclairée est en platine poli et l'autre électrode qui peut être éclairée ou non est en graphite poreux, ce qui permet d'augmenter la surface de cette électrode et d'élever la valeur du courant limite. En effet, on a constaté qu'un ac- croissement de 30% de la porosité microscopique de l'électrode en graphite permet de doubler le rende- ment de la cellule. Dans la cellule de l'invention, l'épais- seur du milieu liquide devant l'électrode éclairée constitue un paramètre important car elle détermine l'efficacité de la cellule. La détermination de l'épaisseur optimale dépend de plusieurs éléments- D'une part, elle doit permettre d'obtenir une absorp- tion d'énergie maximale. Cependant, plusieurs fac- teurs militent en faveur d'une épaisseur faible: l'espèce réduite UO+ doit être réoxydée le plus rapi- dement possible avant dismutation qui conduirait à la formation d'U(IV); d'autre part, la nature des radi- caux formés est telle que leur accumulation dans une zone limitée est indispensable à la bonne marche de la pile. Pratiquement, il convient de déterminer l'épaisseur optimale dans chaque cas en fonction de l'intensité du flux lumineux, de la concentration en uranyle et de la température de fonctionnement. Avec - une concentration en UO2+ de -l 2 0,2 M.1 1, un flux lumineux issu d'une lampe de 500 watts, une température de fonctionnement d'envi- ron 450C, un volume de solution de 30 cm3, une surfa- ce de l'électrode éclairée en platine poli de 10 cm2 et une électrode en graphite poreux de type commer- cial, une épaisseur de 0,1 à 0,5 mm peut être utili- sée. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront mieux à la lecture de la description qui suit donnée bien entendu à titre il- lustratif et non limitatif, se référant aux dessins annexés sur lesquels: - - la figure 1 représente en coupe verticale une cellule photogalvanique, selon l'invention; - la figure 2 est une présentation schéma- tique d'un montage pour la mesure de la puissance et du rendement d'une cellule selon l'invention; - la figure 3 est un diagramme représentant les variations de la puissance délivrée par différen- tes cellules selon l'invention, en fonction de la tension délivrée par ces cellules; - la figure 4 est un diagramme représentant les variations du rendement quantique R d'une cellu- le, selon i 'invention1 en fonction de la longueur d'onde À et de la puissance du faisceau lumineux in- cident (courbes I et II), le spectre d'absorption d'une solution de nitrate d'uranyle (courbe III), le spectre solaire dement quantique d'une cellule photovolta!que au si- licium en fonction de la longueur d'onde (courbe V); - la figure 5 est un diagramme représentant les variations de la puissance délivrée par une cel- lule selon l'invention en fonction de la concentra- tion en uranyle du système liquide; et - la figure 6 illustre le couplage d'une cellule photogalvanique, selon l'invention, avec une cellule photovoltaique. - En se reportant à la figure 1, on voit que la cellule, selon l'invention, comprend un boîtier étanche 1 dont la paroi supérieure 3 est réalisée en matériau transparent, par exemple en verre, ce boi- tier est rempli d'un système liquide 5 dans lequel sont disposées deux électrodes 7 et 9 montées paral- lèlement à la face d'entrée du faisceau lumineux (schématisé par les flèches F) et maintenues en place par deux jeux de cales isolantes 11 et 13. Dans cette cellule, les électrodes sont ainsi agencées de façon que l'électrode 9 soit dans l'ombre de l'électrode 7. L'électrode 7 est réalisée en platine poli et percée de trous de façon à permettre le passage des espèces oxydées et elle est maintenue à une distance déter- minée de la paroi supérieure 3 de la cellule par le jeu de cales 11. L'électrode 9 est réalisée en gra- phite tel que celui utilisé pour les piles commercia- 2435250 les. Des sorties 15 et 17 reliées respectivement aux électrodes 7 et 9 traversent de façon étanche le boî- tier 1 de façon à permettre la récupération de l'énergie électrique produite dans la cellule sous l'effet du faisceau lumineux. Les exemples suivants illustrent les résultats obtenus avec différents sys- tèmes liquides. EXEMPLE 1 Dans cet exemple, le système liquide est constitué par de l'acétonitrile dans lequel on a in- troduit un complexe UO2(NO3)2 bipiridyl à une concen- tration de 0,1 M.l et du cérium III à une concen- tration de 0,1 M.1 1. On précise que le cérium III est obtenu par attaque d'un barreau de cérium métal- lique au moyen d'une solution d'acide chlorhydrique 12N. Par ailleurs, le pH du système liquide est ajus- té par addition d'acide chlorhydrique de façon que les constituants soient solubles. On vérifie les résultats obtenus avec une cellule comprenant ce système liquide en utilisant le dispositif représenté schématiquement sur la figure 2, dans lequel les sorties électriques 15 et 17 de la cellule 10 sont reliées à une résistance variable 19 et un ampèremètre 21, le dispositif comportant de plus un voltmètre 23 monté entre les bornes de la cellule pour mesurer la tension délivrée par cette dernière lorsqu'on l'éclaire par un faisceau lumi- neux. Les résultats obtenus avec cette cellule sont donnés sur la courbe A de la figure 3 qui repré- sente les variations de la puissance délivrée par la cellule (en microwatt/cm2) en fonction de la tension (en volts) aux bornes de la cellule. Au vu de cette figure, on voit que la puissance fournie par cette cellule est faible mais qu'elle est déjà comparable à iI celle que l'on peut obtenir avec des cellules connues utilisant par exemple comme système liquide le systèm me fer ferreux-thionine.o EXEMPLE 2 Dans cet exemple, on utilise comme système liquide, une solution!D5.I01 molaire de UO02(NO3)2.6H20 dans lVacétonitrile, avec une épais- seur de liquide en le liélectrode 5 et la paroi supé- rieure 3 en verre de la cellule inférieure à 0,5 mm. On détermine les résultats obtenus avec cette cellule en utilisant égalem. ent le montage représenté sur la figure 2. Les résultats obtenus sont illustres sur la courbe B de la figure 3 qui montre que les puissances obtenues sont sup.r:'eures a celles de l'exemple 1o Ainsi, on peut obt -;i ron 120 1LW/cm2 pour une tension de o0rdre de 0,4 V. Sur la figure 3, li courbe C illustre les résultats obtenus avec cette celule lorsque le système liquide a une concentration en nitrate d uranyle de 0,075 M.-1. Par aJileuts, on a vérifié que ce systë- me liquide est stable pendant plusieurs dizaines d'heures, dans un domaine de 10%, c'est-à-dire que la tension moyenne f!uctue de + 5%,. Cependant, cette stabilité peut être améliorée en ajoutant au système liquide 0,1 cm3 de chloroforme pour 5 cm3 de solu- tion. On mesure égalmesnt e rendement qtanrique apparent R de cette cellule, qui est exprimé par le rapport entre la puissance fournie a la cellule (en 1Watt/cm2) et la puissance délivrée par cette dernière (en Iwatt/cm2) en fonction de la longueur d'onde, en uti- lisant, soit une lampe filament de faible puissance (300W), soit une lampe U.V. à vapeur de mercure d'une puissance de 1000 W. Dans les deux cas, la lumière émise par la lampe traverse un monochromateur pour faire défiler le spectre et elle est ensuite envoyée sur l'électrode 7 de platine. 12 2485250 Les résultats obtenus sont donnés sur la figure 4 qui représente le rendement quantique appa- rent R en fonction de la longueur d'onde X (en nano- mètres) du faisceau lumineux incident. Sur cette fi- gure, la courbe I illustre les résultats obtenus avec la lampe à filament et la courbe Il illustre les ré- sultats obtenus avec la lampe à vapeur de mercure. Sur cette figure 4, on a représenté également le spectre d'absorption (courbe III) de la solution de nitrate d'uranyle, soit l'absorbance A en fonction de la longueur d'onde. Au vu de cette figure, on constate que le rendement quantique apparent est le plus important pour des longueurs d'onde comprises entre 400 et 450 nanomètres, ce qui montre bien que c'est la lumière 2+ * absorbée par l'ion tO2+ dans la région 400-450 nana- mètres du spectre, qui est transformée en énergie électrique. On étudie également l'influence de la con- centration en nitrate d'uranyle du système liquide én mesurant la puissance délivrée par la cellule en fonction de la concentration en uranyle du système liquide. Les résultats obtenus sont donnés sur la fi- gure 5 qui représente les variations de la puissance délivrée par la cellule (en èiWatt/cm2) en fonction de la concentration en uranyle (en M.-1). Au vu de cette figure, on constate que la puissance augmente pratiquement linéairement jusqu'à 0,1 M.1_1 et qu'elle passe par un maximum pour deve- nir ensuite à peu près constante vers 0,5 M.1 1. Enfin, on mesure indépendamment en présen- ce d'éclairage, les potentiels des électrodes de cet- te cellule par rapport à l'électrode de Plestkov, ce qui laisse supposer que le mécanisme de fonctionne- ment de la cellule est le suivant: 13 2485250 U02+ + v U02+ u 2 + O+UO UO-UO+ + e-3 NO + 6/EU H U0+ _____U+ + o 2e' 2 2 No3 H20 -) H+ + NO3 + OH- OH -- l/2H 202 l 1/2H202 + e--EOH 0,68V/ENH R- + + 0 OH + H+H2 Les cellules photogalvaniques de l'inven- tion présentent ainsi de meilleures performances que les cellules connues. En effet, les tensions déli- vrées peuvent être de 500 millivolts alors qu8elles sont en général inférieures à 300 millivolts avec les cellules connues, et les puissances délivrées peuvent être d'une centaine de microwatts par cm2 alors qu'elles sont limitées à-quelques dizaines de micro- watts par cm2 avec les cellules connues. Cependant pour une utilisation de ces cel- lules avec l'énergie solaire, il apparaît au vu de la figure 4 sur laquelle la courbe IV représente le spectre solaire, que le spectre de l'uranyle ne re- couvre qu'une partie (entre 10 et 20%) du spectre solaire; de ce fait, les cellules photogalvaniques de l'invention ne permettent pas une utilisation op- timale de l'énergie solaire. Aussi, pour améliorer le taux d'utilisa- tion de l'énergie solaire, il est avantageux de cou- pler la cellule photogalvanique de l'invention avec une cellule photovoltaïque, telle qu'une cellule au silicium. En effet, on se reportant à la figure 4, sur laquelle la courbe V représente le rendement 24a5250 quantique d'une cellule photovoltaique au silicium en fonction de la longueur d'onde, on voit que ces cel- lules sont sensibles aux longueurs d'onde o l'ion uranyle est transparent (courbe III). La figure 6 illustre un mode de couplage d'une cellule photogalvanique selon l'invention avec une cellule photovoltaique. Sur cette figure, on voit que la cellule photogalvanique 30 comprend une électrode de platine 31 légèrement concave. Ainsi, les rayons lumineux (F1) non absorbés par l'uranyle du système liquide de la cellule photogalvanique sont réfléchis par l'élec- trode 31 et ces rayons réfléchis F2 peuvent être uti- lisés dans la cellule photovoltaique au silicium 33 de forme tubulaire, pour engendrer de l'énergie élec- trique. Le branchement électrique entre la cellule photogalvanique et la cellule photovoltaique peut être effectué soit en parallèle, soit en série, selon les besoins. Ainsi, le couplage d'une cellule photo- galvanique avec une cellule photovoltaique présente un grand intérêt car il permet d'utiliser pratique- ment toute l'énergie du spectre solaire. REVENDICATIONS 1. Cellule photogalvanique comprenant deux électrodes (7, 9) disposées dans un systeme liquide (5) comprenant un constituant photosensibleD carac- térisée en ce que ledit constituant photosensible est 2+ !l'ion uranyle UO2+ 2. Cellule selon la revendication le ca- ractérisée en ce -ue ledit système liquide comprend un second constitUant Ared capable de réduire l'ion uranyle UO2+ lors-ae celui-ci est porté dans un état excité U02 par absorption d'un photon, et de se transformer en une espèce oxydée Aox le second cons- tituant Ared étant tel que le potentiel d'oxydoreduc- tion du couple A A soit inférieur à 2,6 V par rapport à 1 leci-o; e normale à hydrogène. 3. Cel7ule selon la revendication 2c carac- térisée en ce que le second constituant est un ca- tion. 4. Cellule selon la revendication 3, ca- ractérisée en ce e5ue le cation est Ce3+ 5. Cellcle selon -la revend.cation 2 carac- térisée en ce que le second constituant est un anion capable de se IieG à l'ion uranyle et de former par oxydation un radica capable de se décharger directe- ment sur l'une des électrodes ou de réagir dans le système liquide pour engendrer une espèce susceptible de se décharger sur l'une des électrodes. 6. Cellule selon la revendication 2, ca- ractérisée en ce que le système liquide comprend de l'eau, et en ce que le second constituant est un anion capable de se lier à l'ion uranyle et de se transformer par oxydation en un radical susceptible de réagir dans le système liquide pour former de l'eau oxygénée. 7. Cellule selon la revendication 5, ca- ractérisée en ce que l'anion est NO3. 8. Cellule selon la revendication 5, carac- térisée en ce que l'anion est SCN. 9. Cellule selon l'une quelconque des re- vendications 1 à 8, caractérisée en ce que l'une des électrodes est en platine poli et l'autre électrode est en une substance conductrice chimiquement inerte. 10. Cellule selon l'une quelconque des re- vendications 1 à 8, caractérisée en ce que l'une des électrodes est en platine poli et l'autre électrode est en graphite. 11. Cellule selon la revendication 1, ca- ractérisée en ce que le système liquide est constitué par une solution de nitrate d'uranyle U02(NO3)2.6H20 dans l'acétonitrile. 12. Cellule selon la revendication 11, ca- ractérisée en ce que la solution de nitrate d'uranyle dans l'acétonitrile contient du chloroforme. 13. Cellule selon la revendication 1, ca- ractérisée en ce que le système liquide est constitué par une solution dans l'acétonitrile d'un complexe 3+ d'uranyle et d'ions Ce3. 14. Cellule selon la revendication 13, ca- ractérisée en ce que le complexe d'uranyle est le complexe UO2(NO3)2 bipiridyle.