L'invention a trait à un produit pour le décollage de revêtements de sols fibreux, tels que moquettes, tapis et analogues. Lorsqu'un revêtement de sol, moquette, tapis, aiguilleté, doit être remplacé, la mise en place du revêtement neuf implique une préparation comprenant l'arrachage du revêtement ancien usé, en rompant la couche de colle ancienne, le décapage de la chape de sol sous-Jacente pour éliminer les débris de colle, et généralement le ragréage de la chape détériorée par l'arrachage ou le décapage. L'arrachage est une opération longue et pénible, en raison du vieillissement de la colle ancienne dont la cohésion est variable, et de l'usure du revêtement, qui cause fréquemment des déchirures. Le décapage de la chape, pour enlever la colle qui a pénétré plus ou moins dans la chape, et qui retient des fibres arrachées au revêtement, doit être conduit méticuleusement, en utilisant des produits décapants agressifs, en coopération avec un grattage. I1 est clair que, pour arracher aisément un revêtement de sol usé, il est nécessaire de détruire la cohésion de la colle avant de procéder à l'arrachage proprement dit, afin de pouvoir enlever le revêtement par grandes surfaces, sans le déchirer. I1 est hors de question de détruire la colle par brûlage. La destruction de la cohésion de la colle par dissolution dans un solvant suppose que le solvant parvienne en quantité suffisante au contact de la colle, à travers le revêtement. Or fréquemment l'activité d'un solvant va de pair avec sa volatilité, ce qui exigerait l'usage de quantités importantes de solvant, préjudiciables à la sécurité. L'attaque chimique de la colle, par exemple à l'aide de produits caustiques, causerait pratiquement une destruction partielle du revêtement. L'invention a pour objet un produit, non agressif visà-vis du revêtement et de la chape sous-jacente, capable de réduire fortement la cohésion de la colle, suffisamment peu volatil pour rester en contact avec la colle pendant le temps nécessaire à la réduction de la cohésion, et suffisamment mouillant pour traverser rapidement le revêtement, y compris sa couche inférieure si, comme il est usuel, le revêtement comporte une sous-couche, en mousse d'élastomère notamment. Aussi l'invention propose un produit pour le décollage de revêtements de sols fibreux, tels que moquettes, tapis et analogues, caractérisé en ce qu'il comporte en solution aqueuse synergique un solvant chloré, un mélange d'alcools miscibles à l'eau et un tensio-actif compatible. Les solvants chlorés présentent un pouvoir solvant notable vis-à-vis des colles, notamment celles du genre dit à l'alcool". Nais ils ont l'inconvénient principal d'être volatils, et l'on ne peut tolérer que leurs vapeurs soient en doses excessives dans l'atmosphère. Leur volatilité ne peut être réduite par dilution dans l'eau, avec laquelle ils ne sont pratiquement pas miscibles. Mais un mélange ternaire eau, solvant chloré, alcools miscibles à l'eau, peut être homogène.En outre les alcools, et dans une certaine mesure l'eau, reagissant en synergie avec les solvants chlorés pour gélifier la colle, qui devient peu cohérente, tandis que la tension de vapeur de la phase intersticielle (gelifiante) du gel est abaissée par rapport à celle des liquides qui forment cette phase, lorsqu'ils sont libres. Enfin, le tensio-actif facilite l'imprégnation du revêtement par le produit, et la diffusion de celui-ci jusqu a la couche de colle. De plus le produit ainsi composé est sans action sur le revêtement de sol, ni sur la chape sous-jacente. La composition préférentielle du produit pour des colles dites à l'alcool comprend, en masse, avec 18 à 25 % d'eau, 15 à 25 % de chlorure de méthylène, 20 à 40 % de diacétone alcool, 15 à 25 % d'alcool isopropylique et 1 à 10 % de laurylethersulfate d'alcool gras. Le chlorure de méthylène possède un pouvoir solvant élevé, et une bonne stabilité vis-à-vis de l'hydrolyse. La diacétone alcool, de poids moléculaire élevé, est bien miscible à l'eau et de volatilité réduite, avec un pouvoir gélifiant notable. L'alcool isopropylique relativement peu volatil et toxique, facilite la formation d'un mélange homogène avec l'eau et le chlorure de méthylène. Le laurylethersulfate d'alcool gras, tensio-actif, est bien compatible avec les autres composants du mélange. On remarquera en outre que la diacétone alcool et l'alcool isopropylique, qui sont des alcools en soi relativement peu inflammables en raison de leur volatilité faible, voient leur inflammabilité réduite par la présence d'eau, et par l'action antioxygène du chlorure de méthylène. Sous un autre aspect, l'invention propose un procédé pour l'application du produit précité, qui consiste à imprégner le revêtement de sol avec le produit, de façon uniforme, en le déversant par arrosage sur une bande de largeur constante, en suivant un parcours déterminé, et enfin arracher le revêtement après avoir laissé agir le produit de 30 à 60 minutes. Cette façon de procéder assure une répartition méthodique du produit sur le revêtement, ce qui est favorable à un arrachage sans déchirure du revêtement, les bords décollés en premier assurant une prise efficace. Les doses préconisées de produit sont comprises entre 1/4 et 1/2 litre par mètre carré de revêtement. Les caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront d'ailleurs de la description qui va suivre, assortie d'exemples. EXEMPI;E 7 Dans une cuve à mélange, on introduit successivement 40 kg de chlorure de méthylène, 59 kg de diacétone alcool et 41 kg d'alcool isopropylique. On dilue par ailleurs 16 kg de NEOPON LOS/F commercialisé par WITOO CHEMICBL (laurylethersulfate de sodium et d'alcool gras en C12-014) avec 44 kg d'eau, et l'on ajoute ce mélange au contenu de la cuve. Après mélange homogène, le produit est mis en bidons. Le produit obtenu, versé sur des échantillons de moquette, est absorbé dans l'épaisseur presque instantanément, et pénètre à travers les sous-couches de mousse élastomères usuelles. Des particules de colles "à l'alcool" desséchées, en présence du produit, gonflent rapidement et se présentent alors sous forme de gels élastiques. Les mesures d'adhérence d'échantillons de moquettes collées sur des supports types, montrent que les efforts d'arrachement décroissent avec la durée de contact du produit avec l'échantillon, assez rapidement pendant le premier quart d'heure, puis plus lentement. Après une heure de contact, l'évaporation des constituants du produit provoque une augmentation lente et progressive des efforts d'arrachement. EXEMPTE 2 On désire changer, dans une pièce de 12 m2 rectangulaire (3 m x 4 m) une moquette à sous-couche de mousse, collée sur chape de ciment. On met cinq litres du produit de l'exemple 1 dans un arrosoir muni d'une "pomme" à ouverture en fente transversale. Le produit est répandu uniformément, sur une largeur d'environ cinquante centimètres, en suivant d'abord les murs de la pièce, puis en spirale en suivant les bords des zones déjà arrosées, jusqu'au centre. On opère fenêtre ouverte.Une demi-heure après le début de l'épandage, on décolle les bords de la moquette sur quelques centimètres le long des plinthes, puis en opérant à partir d'un bord de largeur, on roule la moquette usée sur elle-m8me ; l'arrachement s'effectue sans efforts excessifs, et sans qu'apparaissent des zones où la sous-couche reste partiellement adhérente à la chape. Après enlèvement du rouleau de moquette décollée, on racle à l'aide d'une spatule large en bois les résidus de colle gélifiée. On peut alors procéder, si nécessaire, au ragréage de la chape, puis à la mise en place de la moquette neuve. EXEMPLE 3 Dans une cuve à mélange, on introduit successivement 72 kg de chlorure de méthylène, 59 kg de diacétone alcool et 41 kg d'alcool isopropylique. On dilue par ailleurs 16 kg de NEOPON LOS/F avec 12 kg d'eau, et on ajoute ce mélange au contenu de la cuve. Après mélange homogène, le produit est mis en bidon. Le produit obtenu est plus actif sur les colles en dispersion (vinyliques par exemple) que le produit de l'exemple 1. On le préférera lorsqu'il s'agira de décoller des revêtements de sol fixés avec ce type de colles. Par ailleurs son comportement et son utilisation sont analogues à ceux du produit suivant l'exemple 1. On a évidemment procédé à des essais de préparation de produits en variant la quantité et la nature des différents constituants. Parmi les solvants chlorés essayés (chlorures d'alcoyles inférieurs), on a préféré le chlorure de méthylène, capable d'induire la gélification des colles à des doses pour lesquelles la teneur en vapeur de l'atmosphère, en ambiance aérée, était nettement en dessous des limites tolérables. Le mélange de diacétone alcool et d'alcool isopropylique s'est révélé très actif pour gélifier la colle, et suffisamment peu volatil, en association avec l'eau, pour assurer une durée de contact convenable, et efficace pour assurer la formation de mélanges homogènes avec les solvants chlorés. Le laurylethersulfate d'alcool gras s'est montré compatible avec les mélanges. On a obtenu des résultats convenables en faisant varier les teneurs des différents constituants dans les gammes Chlorure de méthylène 15 à 25 % (en poids) Diacétone alcool 20 à 40 % Alcool isopropylique 15 à 25 % Eau 18 à 25 * Laurylethersulfate d'alcool gras 1 à 10 % On notera que le choix du chlorure de méthylène comme solvant chloré, et du mélange diacétone alcool, alcool isopropylique, parmi des constituants d'efficacité analogue, a été guidé par des considérations de sécurité d'emploi, toxicité et inflammabilité. Pour ce dernier point, il est important que les vapeurs du produit aient une composition peu variable, notamment dans le rapport solvant chloré/alcools. Bien entendu, l'invention n'est pas limitée aux exemples décrits, mais en embrasse toutes les variantes d'exécution. PEVENDICATIONS 1. Produit pour le décollage de revêtement de sols fibreux, tels que moquettes, tapis et analogues, caractérisé en ce qu'il comporte en solution aqueuse synergique un solvant chloré, un mélange d'alcools miscibles à l'eau et un tensio-actif compatible. 2. Produit selon la revendication 1 pour colles dites à l'alcool, caractérisé en ce qu'il comporte, en masse, avec 18 à 25 * d'eau, 15 à 25 % de chlorure de méthylène, 20 à 40 % de diacétone alcool, 15 à 25 % d'alcool isopropylique et 1 à 10 % de laurylethersulfate d'alcool gras. 3. Produit selon la revendication 2, caractérisé en ce qu'il comporte, en masse, 20 % de chlorure de méthylène, 29,5 % de diacétone alcool, 20,5 % d'alcool isopropylique, 22 * d'eau et 8 % de laurylethersulfate d'alcool gras. 4. Produit selon la revendication 1, pour colles dites en dispersion, caractérisé en ce qu'il comporte en masse, avec au moins 5% d'eau, de 35 à 50* de chlorure de méthy lène, 20 à 40 * de diacétone alcool, 15 à 25 * d'alcool isopropylique et 1 à 10 * de laurylethersulfate d'alcool gras. 5. Produit selon la revendication 4, caractérisé en ce qu'il comporte, en masse, 36 % de chlorure de méthylène, 29,5 * de diacétone alcool, 20,5 96 d'alcool isopropyliqueX 6 96 d'eau, et 8 * de laurylethersulfate d'alcool gras. 6. Procédé de décollage de revêtement de sol en application d'un produit selon une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce qu'on arrose la surface supérieure du revêtement de sol, répandu en largeur uniforme en sui- vant un parcours déterminé, on laisse agir le produit entre 30 et 60 minutes, et on arrache le revêtement de sol. 7. Procédé suivant la revendication 5, caractérisé en ce que le produit est réparti à raison de 1/4 à 1/2 litre par mètre carré de revêtement.