La présente invention concerne les dispositifs basés sur des propriétés magnétiques et plus particulièrement ceux qui, au cours du fonctionnement, utilisent des propriétés magnétiques pour permettre l'existence de domaines magnétiques à une seule paroi. Une partie intégrante de tout dispositif à bulles magnétiques consiste en une couche d'une matière qui présente une anisotropie magnétique et qui est capable de permettre l'existence de domaines magnétiques à une seule paroi. Une classe générale de matières per- mettant l'existence de tels domaines présente une structure cristal- line du type grenat. L'intérêt porté aux dispositifs magnétiques a ainsi suscité un intérêt correspondant pour les grenats présentant l'anisotropie nécessaire. Bien que l'anisotropie soit une propriété très importante pour ces matières, il est encore plus important de disposer d'une matière présentant simultanément l'anisotropie désirée et une propagation rapide des domaines magnétiques à une seule paroi. Dans une certaine mesure, les deux propriétés souhaitables de mobilité élevée et d'anisotropie nécessaire sont mutuellement exclu- sives. L'anisotropie uniaxiale induite par croissance est généralement produite par l'introduction d'au moins deux ions de terresrares(on considère dans le cadre de la description que les terres rares englo- bent l'yttrium) dont l'un au moins est magnétique, comme par exemple le samarium, dans le site dodécaédrique du réseau cristallin du grenat. L'utilisation d'éléments magnétiques du groupe des terres rares s'est avérée essentielle pour obtenir une anisotropie uniaxiale induite par croissance ayant un intérêt pratique, c'est-à-dire des valeurs de K supérieures à 0,7 x 10-3 J/cm3 (Ku étant défini comme u l'énergie dépensée par unité de volume pour faire tourner une matière magnétique dans un champ magnétique de saturation, d'une direction normale à une direction parallèle au champ). Cependant, la présence d'un élément magnétique du groupe des terres rares avec les concentra- tions nécessaires pour produire un niveau souhaitable d'anisotropie tend également à restreindre la mobilité des domaines magnétiques à une seule paroi dans le grenat. L'interdépendance entre l'anisotropie magnétique et la mobilité pour les grenats dont on dispose actuellement entraîne certaines limi- tations. Les progrès probables dans les techniques de fabrication des dispositifs à bulles permettront d'utiliser des domaines magnétiques à une seule paroi de plus en plus petit. L'exploitation de cette 2 47281 4 nouvelle gamme de taillesde domainesest très souhaitable du fait que des domaines magnétiques plus petits permettent d'enregistrer une plus grande quantité d'information dans une aire donnée de grenat magnéti- que. Néanmoins, la stabilité de petits domaines magnétiques repose sur l'utilisation de matières ayant des valeurs Ku très élevées.Comme on l'a indiqué précédemment, l'utilisation de valeurs K élevées peut limiter la mobilité, laquelle limite à son tour la vitesse à laquelle les données enregistrées sont traitées. L'invention concerne des dispositifs basés sur une nouvelle espèce de grenats ayant l'anisotropie magnétique nécessaire. En outre, des dispositifs qui utilisent des grenats appartenant à cette classe offrent la possibilité simultanée d'une mobilité élevée et d'une ani- sotropie magnétique élevée (K atteignant 45 x 10-3 J/cm3), pratique- ment en l'absence d'ions magnétiques du groupe des terres rares. Les grenats utilisés dans les dispositifs de l'invention présentent des largeurs de raie ne dépassant pas 20 Oe pour un échantillon avec un K de 7,5 x 103J/cm3, ce qui est à comparer à une largeur de raie u d'environ 400 Oe dans un grenat Snb,6LuOeYl,5FeSO12 ayant approxima- tivement les memes valeurs de Ku et M,.(On peut discerner les mobili- tés par la méthode de résonance micro-ondes, la largeur de raie mesu- rée étant inversement proportionnelle à la mobilité). Le grenat em- ployé présente une anisotropie qui est produite par des ions placés dans des sites octaédriques. Ces ions comprennent l'ion Co2+ ou des ions qui ont 1,2,4 ou 5 électrons dans les orbites électroniques 4d ou 5d. Le grenat de l'invention présente donc une contribution impor- tante à l'anisotropie magnétique, induite par croissance, qui n'est pas attribuable uniquement à la présence d'un ion magnétique du groupe des terres rares. L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui va suivre d'un mode de réalisation et en se référant au dessin annexé qui est une représentation schématique d'un appareil utilisé pour fabriquer des grenats constituant des composants des dispositifs de l'invention. Les dispositifs de l'invention sont fabriqués de façon caracté- ristique sur un substrat de support. Toute désadptation des paramè- tres de réseau entre le substrat et la couche épitaxiale de grenat constitue une source de contrainte. Cette contrainte induit une ani- sotropie magnétique dans les grenats de l'invention. Une contrainte importante, et donc une valeur importante d'anisotropie uniaxiale induite par contrainte,ne sont pas souhaitables. Par exemple, si on considère une constante de magnétostriction de valeur caractéristique, le maintien de domaines magnétiques de taille utile en utilisant ex- clusivement l'anisotropie magnétique induite par contrainte nécessite une désadaptation de réseau importante entre le substrat et la couche épitaxiale, c'est-à-dire supérieure à - 0,0015 nm pour des grenats ayant une magnétostriction négative et + 0,002 nm pour des matières à magnétostriction positive, dans des couches d'une épaisseur d'envi- ron 3}fn. Ces désadaptations élevées entraînent habituellement des craquelures ou une croissance avec dislocations. Il est donc avantageux de limiter la contrainte et donc l'ani- sotropie magnétique induite par contrainte. De façon générale, la composante induite par contrainte de l'anisotropie magnétique doit être inférieure à 1,5 x 10-3J/cm3 et de préférence inférieure à 1,0 x 10 J/cm3. (La valeur de la composante induite par contrainte de la couche épitaxiale est mesurée par des techniques classiques, comme celles qui consistent à faire disparaître par recuit l'aniso- tropie induite par croissance et à mesurer le K restant. Voir l'arti- U cle de R.C. LeCraw et col., Journal of Applied Physics, 42, 1641 (1971)). La composition de la couche de grenat qu'on fait croître sur le substrat conformément à l'invention est représentée par la formule nominale: {A}3 tB2 (C)3 012. Les symboles { 1, t 3, et (), repré- sentent respectivement le site dodécaédrique, le site octaédrique et le site tétraédrique de la structure de cristal de grenat. Il s'agit là d'une formule nominale. Pour assurer la neutralité de charge, ou à cause de défauts de croissance, il est possible qu'apparaissent de légers écarts vis-à-vis des rapports stoechiométriques stricts. Les lettres A,B et C représentent, individuellement, la composition moyen- ne qu'on trouve dans le site de cristal considéré. Du fait que le cristal doit avoir un moment magnétique, pour des compositions présen- tant un intérêt général, les termes B et C doivent comprendre, de façon caractéristiques, des ions fer, bien qu'il ne soit pas exclu que le moment nécessaire soit produit par le fer exclusivement au site B ou au site C, si un autre ion magnétique est présent au site B ou C pour produire le moment magnétique nécessaire. L'invention nécessite cependant qu'en plus des autres ions, l'ion Co2+ et/ou un ion ayant 247281 4 1, 2,4 ou 5 électrons sur une orbite électronique 4d ou 5d soit pré- sent à un site octaédrique. Les ions Ir4+ et Ru3+ constituent des exemples d'ions ayant les orbites 4d ou 5d appropriées. La neutralité de charge doit être maintenue dans le grenat. Lorsqu'on introduit un ion ayant une charge 3 dans le grenat, à un site octaédrique, il remplace un ion fer 3+ et la neutralité de charge n'est pas perturbée. Cependant, si un ion ayant une charge autre que 3 remplace un ion fer, il se produit une variation résultante de charge dans le grenat et une compensation est nécessaire. Dans un mode de réalisation préféré, on introduit un compensateur de charge au site octaédrique. A titre d'exemples de compensateurs de charges (ayant par exemple une charge de 4+ pour compenser un ion 2+ et une charge 2+ pour compenser un ion 4e), on peut citer Mg et Fe2+ qui compensent des ions 4 tels que Ir, et Zr qui compensent des ions 2 tels que 2. Il est également possible d'avoir une substitution dans cer- tains sites octaédriques et tétraédriques par des ions autres que ceux énumérés ci-dessus, pour ajuster les propriétés magnétiques désirées pour une application particulière. La limitation qui s'applique à cette substitution consiste en ce qu'il doit demeurer suffisamment de fer dans les sites octaédriques et/ou tétraédriques pour produire un moment magnétique résultant. De façon similaire, il doit rester suf- fisamment de fer dans les sites octaédriques pour produire l'aniso- tropie désirée. Comme on l'a indiqué, l'introduction de Co2 ou d'ions ayant la configuration orbitale 4d ou 5d appropriée produit l'anisotropie désirée. (Cette anisotropie peut être parallèle au plan de la couche, comme dans le cas d'un grenat avec substitution par Ru3, réalisé par croissance sur un substrat d'orientation (111). Les matières ayant une anisotropie dans le plan de la couche sont utiles, par exemple en tant que suppresseurs de bulles dures, lorsqu'elles sont placées au-dessus ou au-dessous d'une matière ayant une anisotropie hors du plan.) Comme dans d'autres structures de grenat, la composition de A, c'est-à-dire les entités qui occupent le site dodécaédrique,influe sur l'anisotropie magnétique. Dans les grenats qui sont employés dans l'invention, on évite la présence notable d'une combinaison caracté- 2 4 7281 4 ristique produisant une anisotropie magnétique, c'est-à-dire que si on représente par X3-yZy les occupants du site dodécaédrique A, en désignant par X l'ion magnétique du groupe des terres rares ayant le pourcentage molaire le plus élevé dans A et par Z les constituants restants de A, on évite la combinaison qui correspond à la présence de X3-YZy avec: 0,1 Ainsi, contrairement aux dispositifs de l'art antérieur, l'anisotropie magnétique qui est obtenue dans le grenat de l'invention est attribua- ble en grande partie à des sources autres que la présence notable d'un ion magnétique du groupe des terres rares en combinaison avec une au- tre entité ionique, c'est-à-dire que le grenat est pratiquement dépourvu de la combinaison caractéristique d'ions des terres rares capable de produire une anisotropie uniaxiale. De cette manière, on évite également la mobilité inférieure que manifestent habituellement les combinaisons caractéristiques. Bien que les grenats de l'invention évitent pratiquement une combinaison caractéristique produisant une anisotropie magnétique, ils présentent des valeurs de Ku induites par croissance qui dépassent 0,7 x 103J/cm3 et qui dépassent de façon caractéristique 5 x 10 3 J/cm3. En fait, on obtient des K allant jusqu'à 20 x 10-3 J/cm3, et Y u même jusqu'à environ 45 x 10 3J/cm3. On dispose de divers moyens pour faire croître la structure de grenat désirée. Les procédures de croissance épitaxiale employant un bain en surfusion donnent de bons résultats. Il n'est cependant pas interdit d'employer d'autres procédés. Dans un mode de réalisation préféré, pour déposer un grenat ayant une composition désirée, on place le substrat 7 dans un porte-substrat 10 d'un appareil d'épi- taxie de type classique, comme il est représenté sur le dessin. Les opérations fondamentales de dépôt sont classiques et sont décrites dans diverses publications, comme un article de S.L. Plankc et J.W. Nielsen, Journal of Crystal Growth, 17,302-11 (1972). En résumé,dans le mode de réalisation préféré, on chauffe le bain en fusion pendant une durée suffisante pour que ses constituants s'équilibrent. On abaisse ensuite la température du bain en fusion pour le placer en surfusion. On introduit le substrat au-dessus du bain pour le pré- chauffer, puis on le fait descendre dans le bain. Dans un mode de réalisation préféré, on fait tourner le substrat pendant la crois- sance grâce à la rotation d'une tige 28. Le choix de la composition du bain utilisé dans le processus de dépôt dépend essentiellement de considérations identiques à celles qui interviennent lorsqu'on fabrique des couches de grenat classiques. (Voir les articles de S.L. Blank et col., Journal of the Electro- chemical Soc., 123, (6), 856 (1976) et Blank et Nielsen, Journal of Crystal Growth, 17, 302-11 (1972). Comme pour les grenats classiques, on règle la composition du bain de façon à obtenir la composition désirée pour A, B et C. Par exemple, pour un grenat utile dans les dispositifs de l'invention, tel que le grenat Y3Fe5 xIrx012, on emploie habituellement des rapports fer/yttrium dans le bain compris dans la plage de 12 à 40, en ajoutant une substance contenant de l'iridium, par exemple IrO21en quantité suffisante pour donner un rapport atomique entre Ir et Fe dans le bain qui soit compris dans la plage allant de 5 x 104 à 3 x 102. Pour de telles plages de composi- tion, on utilise avantageusement des températures de dépôt dans la plage de 750 à 1050 C. 2+ Dans l'exemple Y Fe5 Ir.02, on considère que Fe est le z4+ 2+. compensateur pour le Ir. Ainsi dans ce cas, la présence de Fe est nécessaire bien qu'il ne faille ajouter aucun composant supplémen- taire au bain. Dans les conditions atmosphériques, c'est-à-dire dans l'air à la température et à la pression normales, Fe2+ est toujours présent et est incorporé dans le grenat en tant que compensateur. Il est cependant possible d'introduire d'autres compensateurs, comme par exemple Zn2+ et Mg2+, dans le grenat qu'on fait croître en ajoutant au bain un oxyde approprié, comme par exemple MgO ou ZnO. On utilise de façon caractéristique dans le bain des valeurs allant jusqu'à /1 pour les rapports compensateurs ajouté/entité produisant l'anisotropie. On utilise par exemple des rapports Mg/Ir allant jusqu'à 100/1 pour produire la compensation nécessaire pour une combinaison telle que Y3Fe5 2xIrMgxO12. On a constaté que ces compensateurs ajoutés augmentent le Ku qu'il est possible d'obtenir. Une explication envisagée consiste en ce qu'ils augmentent la quan- tité de compensateur disponible, et augmentent donc la quantité de l'ion produisant l'anisotropie qu'il est possible d'incorporer dans le cristal. Il est également possible d'introduire divers ions dans le bain pour produire certaines propriétés désirées dans le grenat 247281 4 résultant. Par exemple, pour ajuster la constante de réseau de façon qu'elle corresponde très précisément à celle d'un grenat Gd3Ga5012 (GGG) ou d'une autre matière de substrat désirée, on ajoute des ions appropriés, par exemple du lanthane ou du lutécium, à un bain conte- nant de l'yttrium, du fer et de l'iridium. De façon similaire, on peut diminuer le Ms du grenat en ajoutant des ions tels que Ga. On déter- mine la composition optimale du bain pour obtenir une composition de grenat désirée en employant comme guide initial les critères indiqués dans l'article de Blank et col. précité, puis en utilisant un échan- tillon défini pour fixer la composition précise du bain. On produit généralement les grenats dans un environnement d'air. Il existe cependant certaines situations limitées dans les- quelles il peut être souhaitable de changer l'environnement présent audessus du bain et de définir ainsi les espèces présentes dans le bain luimême. Dans un mode de réalisation préféré, on peut définir cet environnement en introduisant les gaz désirés par le tube 19, en utilisant des robinets 21 et/ou 24 et des débitmètres 23 et 26. De façon générale, cette commande est nécessaire lorsqu'une espèce qu'on désire introduire dans le grenat n'est pas stable dans le bain dans les conditions atmosphériques. Par exemple, dans le cas du compensa- teur Fe2, à la pression atmosphérique, l'équilibre entre Fe3+ et Fe2+ est fortement décalé vers Fe. Ainsi, si on rend l'environnement plus réducteur que les conditions atmosphériques, c'est-à-dire si on le maintient à une pression partielle d'oxygène comprise dans la plage allant de 10-4 bar à 10O3 bar, une plus grande quantité de Fe2+ est présente dans le bain, et une plus grande quantité de Fe2+ est donc disponible pour être incorporée dans le grenat en tant que compensa- 2+ teur. On a effectivement constaté que pour un compensateur Fe, on obtient un Ku maximal pour une pression partielle de 02 d'environ 0,1 bar. (On notera que si on désire régler la pression partielle de 02 de l'atmosphère, on peut le faire commodément en introduisant des gaz tels qu'un mélange CO/C02. La relation entre les pressions partielles de 02, CO, et C02 à une température donnée est bien connue. Voir Phase Equilibria Among Oxides in Steelmaking, par M1uon et Aborn, Addison Wesley (1965.) On pense que la présence d'une plus grande quantité de compensateur permet à son tour d'ajouter une plus grande quantité de l'ion approprié produisant l'anisotropie. 247281 4 Ce phénomène atteint cependant un point de saturation. Il existe une limite à la quantité d'ions produisant l'anisotropie qui se sub- stituera dans le grenat, indépendamment de la quantité de compensateur disponible. De plus, lorsque l'environnement devient plus réducteur, il est possible qu'il affecte l'ion produisant l'anisotropie. Par exemple, l'iridium possède un état d'oxydation 3 et un état d'oxyda- tion 4. Si on rend l'atmosphère trop réductrice, l'espèce 3 ou l'iridium élémentaire sera prédominant, ce qui limitera la quantité de l'ion 4 disponible pour être incorporé dans le grenat. Du fait que des complications concernant la définition de l'en- vironnement apparaissent lorsqu'on utilise un environnement autre que l'air dans les conditions atmosphériques, il est préférable d'employer 2+ des compensateurs tels que Mg. Le magnésium ne possède qu'un état d'oxydation qui soit stable dans les conditions atmosphériques, ce qui élimine les effets et les difficultés associés à la définition des conditions de l'atmosphère. Une fois qu'on a déposé la couche de grenat, il est possible de former des moyens permettant de faire propager des bulles magnétiques dans le grenat. Ces moyens consistent de façon caractéristiques en un motif de Permalloy qui est déposé sur la couche de grenat en utili- sant les techniques lithographiques classiques. (Voir par exemple l'article de Bobeck et col., Proceedinpof the IEEE, 63, 1176 (1975).) De plus, des moyens permettant de détecter des domaines à une seule paroi et de produire ces domaines sont également nécessaires. On fabrique de façon caractéristique le détecteur à l'aide des techni- ques lithographiques classiques, de façon à produire un motif de Permalloy approprié. On fabrique de façon similaire par des techniques lithographiques un générateur de noyaux de domaines magnétiques à une seule paroi. (Voir l'article de Bobeck et col., précité.) Des moyens destinés à maintenir les domaines magnétiques à une seule paroi, après leur génération, sont également nécessaires, en tant que composant d'un dispositif à bulles. Ces moyens consistent généralement en un aimant permanent qui entoure la couche de grenat avec les moyens associés de détection, de propagation et de génération de noyaux. - On trouvera ci-après des exemples de conditions caractéristi- ques utilisées dans le dépôt de la couche épitaxiale de grenat Exemple 1 On utilise comme substrat de dépôt un substrat circulaire de GGG (Gd3Ga5012) mesurant 5,1 cm de diamètre et 0,051 cm d'épaisseur. Ce substrat, 7, est nettoyé, séché puis introduit le porte-substrat (voir la figure) d'un appareil contenant un bain en fusion 11 qu' on a préparé au préalable. On a préparé ce bain en introduisant dans un creuset de platine 14 un mélange d'environ 7,50 g de Y2 03 90,0 g de Fe203, 22,5 g de B203, 1050 g de PbO et 2,59 g de IrO2. On chauffe le bain au moyen de serpentins de chauffage par résistance 18, jusqu'à une température d'environ 1020'C. Une fois que le bain 11 a été porté à une température de 10200C, on le laisse réagir pendant une durée d'environ 16 heures. On diminue ensuite la température du bain jus- qu'à une température de croissance d'environ 915'C. On fait descendre le substrat jusqu'à moins de 1 cm de la surface du bain, en abaissant la tige 28. On maintient le substrat dans cette position pendant environ 6 mn. On immerge ensuite le substrat à environ 2 cm dans le bain, en abaissant à nouveau la tige 28, et on fait tourner le sub- strat à 100 t/mn, au moyen de la tige 28. On prolonge cette rotation pendant environ 5 mn puis on fait sortir le substrat du bain en l'amenant à une position située à 1 cm au-dessus du bain tout en continuant la rotation. On augmente alors la vitesse de rotation jusqu'à 400 t/mn, pendant une durée d'une demi-minute. On arrête la rotation et on fait sortir le substrat de la zone de dépôt en extrayant la tige 28 à une vitesse d'environ 0,5 cm/mn. On obtient une couche de grenat adhérente et continue. Cette couche a une épaisseur d'environ 9 pm et elle présente un Ku d'envi- ron 8,5 x 10 3J/cm3; une largeur de raie d'environ 25 Oe et une constante de réseau correspondant à un écart de moins de 0,0002 nM par rapport au paramètre de réseau du substrat. Exemple 2 On fait croître une série de cinq grenats avec des quantités variables de Ir (avec compensation par Mg2), pour déterminer les valeurs d'anisotropie magnétique qu'on peut obtenir. Les conditions expérimentales sont les mêmes que celles indiquées pour l'exemple 1, à l'exception du fait que le bain contient 2,56 g de Y203, 30,0 g de Fe203, 7,18 g de B203, 350 g de PbO et 1,00 g de MgO. On ajoute à ce bain diverses quantités de IrO2. Les quantités totales de Ir présent dans le bain (sans considérer le Ir qui est incorporé dans les cou- ches formées par croissance épitaxiale) et le Ku obtenu pour les grenats formés dans cette opération sont indiqués dans le tableau suivant: TABLEAU Echantillon Masse totale de IrO2 K (J/cm) (grammes) I 0,16 6 x 10-3 II 0, 47 13 x 10-3 III 1,07 27 x 10-3 IV 1,44 34 x 10-3 V 2,00 38 x 10-3 Le paramètre de réseau de ces couches croît de façon approxima- tivement linéaire depuis une valeur de 1,238 nm pour la couche de l'échantillon I jusqu'à environ 1,240 nm pour la couche de l'échantil- lon V. Comme le montre le tableau, les valeurs de K n'augmentent pas u indéfiniment et il apparaît qu'on atteint un point de saturation pour le Ku que permet d'obtenir le Ir. On a trouvé que la quantité de Ir à la saturation dépend de la quantité de MgO présent. On a fait croître un grenat à partir d'un bain ayant la même composition que celui des échantillons I à V, à l'exception du fait qu'il contenait 1,61 g de MgO et 2,41 g de IrO2. L'utilisation de cette combinaison a donné un K d'environ 45 x 10-3 J/cm3. On a cependant trouvé que u l'ajout d'une quantité supplémentaire de MgO, en association avec une augmentation appropriée de IrO2, n'augmentait pratiquement pas les valeurs de Ku obtenues. Il apparaît donc qu'une saturation se manifeste pour Mg et/ou Ir dans le cristal, dans ces conditions de croissance. Exemple 3 Pour démontrer qu'on peut définir les propriétés magnétiques des couches considérées en ajoutant diverses matières au bain, on réalise une couche de grenat contenant les éléments Ga et La. On ajoute le Ga pour ajuster le moment magnétique et le La pour ajuster le para- mètre de réseau. On fait croître cette couche à partir d'un bain contenant 7,51 g de Y203, 3,29 g de La203, 15,56 g de Ga203, 80,0 g de Fe203, 36,2 g de B203, 1900 g de PbO, 0,418 g de IrO2 et 0,505 g de MgO. Les conditions expérimentales utilisées pour la croissance de ce grenat sont les mêmes que celles employées dans l'exemple 1, à l'exception du fait que la température d'équilibrage est de 950 C S et que la température de croissance est de 844 C. On prolonge la croissance pendant 8 mn pour produire une couche de 2,0 Vm d'épaisseur. Le moment magnétique obtenu est de 230 G. Le K est de 0,9 x 10 3J/cm3 et la coercitivité dynamique est d'environ 3 Oe. (L'anisotropie a une valeur faible du fait qu'on n'a utilisé qu'une faible quantité de IrO2 dans le bain. On a cependant produit et observé des domaines à une seule paroi). Exemple 4 On suit la procédure de l'exemple 1, à l'exception du fait que le bain utilisé a la composition suivante: 3,5 g de Y203, 30,0 g de Fe203, 3,01 g de ZrO2, 7,7 g de B203, 350 g de PbO et 4,00 g de Co304. De plus, la température de croissance utilisée est d'environ 915 C. Une durée de croissance de 3 mn donne un grenat de 7,0 pm d'épaisseur. On observe un K d'environ 16,5 x 10-3 J/cm3 dans ce u grenat contenant du cobalt. On recuit ensuite le grenat à 1150 C pendant 19 heures dans l'air, après quoi on observe un K d'environ 3 3 u 1x 1-3 J/cm. Il va de soi que de nombreuses modifications peuvent être apportées au dispositif décrit et représenté, sans sortir du cadre de l'invention. 2 47281 4 REVENDICATIONS 1. Dispositif à bulles magnétiques comprenant un substrat qui supporte une couche épitaxiale de grenat présentant une anisotropie magnétique uniaxiale qui, grâce à une composante induite par crois- sance, est capable de permettre l'existence d'un domaine magnétique à une seule paroi, des moyens de génération destinés à produire le domaine magnétique à une seule paroi dans la couche de grenat et des moyens destinés à maintenir ce domaine, des moyens de propagation destinés à déplacer le domaine magnétique à une seule paroi dans la couche de grenat, et des moyens destinés à détecter la présence du domaine magnétique à une seule paroi, cette couche de grenat ayant une composition qui est représentée de façon nominale par la formule {AJ 3 [B]2 (C)3 012, dans laquelle B et C contiennent suffisam- ment d'ions fer pour produire un moment magnétique dans le grenat, caractérisé en ce que B contient également l'un au moins des ions suivants: Co ou un ion ayant des électrons 5d ou 4d, le nombre de ces électrons étant de 1,2,4 ou 5, et A ne contient pratiquement pas de combinaison caractéristique d'ions capable de produire une aniso- tropie magnétique, cette combinaison caractéristique représentée par A étant X3 Zy en désignant par X l'ion magnétique des terres rares ayant la fraction molaire la plus élevée dans A, Z représentant la composition restante de-A et y remplissant la condition 0,1 2. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'ion ayant les électrons Sd ou 4d est une espèce chargée d'iridium. 3. Dispositif selon la revendication 2, caractérisé en ce que la couche de grenat contient une espèce chargée de Mg faisant fonction de compensateur. 4. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'ion ayant les électrons 5d ou 4d est une espèce chargée de ruthénium. 5. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que la couche de grenat est formée sur un substrat de GGG. 6. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que la couche de grenat contient une espèce chargée d'yttrium dans A.