La présente invention est relative à un nouveau procédé d'extraction de tanins à partir des fruits de Cupressus sempervirens, ainsi qu'à des médicaments et à des produits cosmétiques constitués par, ou contenant, les tanins extraits en mettant ce procédé en oeuvre. Comme on le sait, les tanins sont très répandus dans le règne végétal et peuvent être extraits d'écorces d'arbres, (chênes, palétuviers, par exemple), ou de bois (de chêne, de chAtai- gnier, de quebracho, etc ...), de racines (de chêne, notamment), de feuilles (de sumac), de fruits (gonakié, dividivi, myrobalan, etc ...). Ils sont bien connus pour leur aptitude à rendre les peaux imputrescibles. Certains d'entre eux sont également connus pour leur propriétés thérapeutiques, notamment comme astringents doués de propriétés antidiarrhéiques ou antihémorragiques. L'on sait également que les fruits du cyprès commun, ou Cupressus sempervirens, qui sont connus sous le nom de galbules, contiennent des- tanins qui sont employés de longue date en thérapeutique humaine pour le traitement des affections veineuses. Ces tanins, qui, conformément à l'Art antérieur, sont des extraits totaux des fruits de Cupressus sempervirens, ne présentent toutefois qu'unie activité thérapeutique modérée. Le Demandeur s'est, en conséquence, donne pour but d'améliorer l'activité thérapeutique des tanins extraits des fruits de Cupressus sempervirens. Les travaux réalisés dans ce sens par la Demandeur lui ont permis de parvenir à préparer à partir de fruits de Cupressus sempervirens, sélectionnés de façon concertée, des tanins hautement purifiés, qui présentent une activité thérapeutique très sensiblement plus élevée que celle des tanins totaux. La masse tannique isolée du fruit de Cupressus sempervirens est constituée par un mélange de molécules plus ou moins condensées. L'on savait déjà dans l'industrie de la tannerie, que les tanins de faible masse moléculaire sont impropres au tannage des peaux : les molécules comportant moins de cinq motifs élémentaires n'ont aucun pouvoir tannant et seules conviennent celles qui comportent de cinq à dix motifs élémentaires ; au-delà, elles ne sont plus solubles. En procédant au fractionnement de la masse tannique totale extraite du fruit de Cupressus sempervirens, le Demandeur a constaté à sa grande surprise que les tanins faiblement condensés n'exercent que peu ou pas d'activité sur les veines des mammifères, tandis que les tanins fortement condensés ont une activité physiologique très importante sur le système veineux. Le Deman beur a trouvé par ailleurs que la teneur des fruits de Cupressus sempervirens en tanins fortement condensés peut varier dans des proportions importantes et même devenir nulle, selon la saison à laquelle les fruits sont récoltés. C'est ainsi que le le.Dem andeur a pu établir que la teneur en tanins forte- ment condensés augmente régulièrement lorsque le jeune fruit passe de sa taille minimale jusqu'à un poids de 5 grammes, ce qui demande trois mois environ (de mars à juin dans le Sud-Est de la France). Puis elle se maintient constante du 4ème au 8ème mois, alors que le fruit passe de 5 à 10-12 grammes (de juillet à octobre dans le Sud-Est de la France).Ensuite, la teneur en tanins condensés diminue ridement et devient pratiquement nulle vers le tO-11Sme mois (janvier à février dans le Sud-Est de la France). Ainsi les extraits totaux de fruits de cyprès conformes à 1 'Art antérieur ont une valeur thérapeutique maximale lorsqu'ils Sont préparés en été, alors que les extraits préparés avec des fruits récoltés en hiver ont une valeur thérapeutique très faible, sinon nulle. Il semblerait donc que la teneur en tanins condensés des fruits de cyprès, suit le rythme de la température, et plus vraisemblablement le rythme de renouvellement de la sève. Le Demandeur- a en effet trouvé à titre accessoire que les fruits restés sur l'arbre au-delà du 12ème mois, se char à nouveau en tanins condensés à la reprise de sève au printemps, quoique dans une moindre mesure que lors du cycle initial. Dans le même ordre dtidéesdes fruits cueillis au sixième mois, et maintenus en chambre froide à + 50 C, dans des conditions propres à éviter à la fois les moisissures et la dessiccation, conservent longtemps leur titre en tanins condensés. Par contre, les mêmes fruits abandonnés à L'air, la température ambiante, s'ouvrent, lâchent leurs graines, se dessèchent, après quoi. on n'y retrouve plus de tanins fortement condensés. La présente invention a en conséquence pour but de pourvoir à un nouveau procédé d'extraction de tanins à partir de fruits de Cupressus sempervirens, qui permet d'obtenir des tanins dont l'activité thérapeutique est notablement plus élevée que celle des tanins extraits en mettantenoeeles procédés antérieurement connus, ce qui permet d'obtenir des actions thérapeutiques d'une grande efficacité pour des doses minimes en principe actif. La présente invention a pour objet un procédé d'obtention de tanins hautement purifiés, à partir de fruits de Cupressus sempervirens, caractérisé en ce que l'on soumet les fruits de Cupressus sempervirens récoltés entre le 4ème et le 8ème mois après la floraison-ou bien les fruits restés sur l'arbre et récoltés entre le 16ème et le 20ème mois après la floraison- à une ou plusieurs extractions par un solvant aqueux, en ce que l'on traite l'extrait total obtenu, éventuellement soumis au préalable à évaporation jusqu'à obtention d'une poudre, par de l'alcool à 900 G.L, ou par tout autre solvant approprié, pour séparer les tanins faiblement condensés, thérapeutiquement inactifs, qui sont solubles dans l'alcool, ou dans d' autres solvants appropriés, des tanins fortement condensés, insolubles dans l'alcool, qui constituent la fraction thérapeutiquement active des tanins extraits des fruits dé Cupressus sempervirens. Suivant un mode de réalisation avantageux du procédé qui fait l'objet de la présente invention, les fruits de Cupressus sempervirens récoltés entre le 4ème et le 8ème mois, ou éventuel- lement entre le 16ème et le 20ème mois, après la floraison, mis en oeuvre, sont soit des fruits frais, soit des fruits conserves pendant des périodes de temps prolongées, pouvant atteindre plusieurs mois, à une température de tordre de + 5 C dans des conditions propres à éviter à la fois les moisissures et la dessiccation. La présente invention a en outre, pour objet les tanins obtenus en mettant le procédé conforme à la présente invention en oeuvre, caractérisés en ce qu'ils sont constitués par des tanins fortement condensés, insolubles dans l'alcool à 900 G.L et solubles dans liteau, obtenus à partir de fruits de Cupressus sempervirens. La présente invention a également pour objet des médicaments nouveaux utilisables aussi bien en médecine humaine qu'en médecine vétérinaire, constitués par, ou contenant, des tanins fortement condensés, obtenus à partir de fruits de C'upressus sempervirens, à titre de constituants actifs. La présente invention a d'autre part pour objet des compositions cosmétiques caractérisées en ce qu'elles contiennent des tanins fortement condensés obtenus à partir de fruits de Cupressus sempervirens. Outre les dispositions qui précèdent, l'invention comprend encore d'autres dispositions qui ressortent de la description qui va suivre. La présente invention vise particulièrement les tanins fortement condensés de Cupressus sempervirens décrits dans ce qui précède, ainsi que leurs procédés de prEparation et les moyens propres à la mise en oeuvre de ces procédés et à l'obtention des produits susdits ; l'invention vise en outre les applications industrielles des tanins fortement condensés, et notamment leurs applications en tant qu'agents thérapeutiques spécifiques du traitement des affections veineuses, L'invention pourra être mieux comprise à l'aide du complément de description qui va suivre, qui donne un exemple de mise en oeuvre du procédé d'obtention de tanins fortement condensés de Cupressus sempervirens conforme à la présente invention, ainsi qu'un compte-rendu d 1une expérimentation pharmacologique destinée à démontrer 1' utilité du nouveau produit conforme à la présente invention en thérapeutique. Il doit être bien entendu toutefois que cet exemple et ce compte-rendu d'expérimentation pharmacologique sont donnés uniquement à titre d'illustration de L'objet de l'invention, et n'ont aucun caractère limitatif EXEMPLE On met en oeuvre 1000 kg de galbules de cyprès récoltés entre le 4eme et le 8ème mois après la floraison, convenablement lavés. Les fruits sont réduits en fragments de quelques millimètres qui sonû immédiatement plongés dans une cuve contenant 2000 litres d'alcool éthylique à 500 G.L bouillant à reflux, afin d'inactiver les enzymes.L'ébullition est encore maintenue Q heure après chargement complet de ltextracteur. Le chauffage est arrêté, les 2000 litres d'alcool sont soutirés et remplacés par 2000 litres d'alcool à 50 % frais qui sont portés et maintenus E heure à l'ébullition. Apres refroidissement, on soutire et réunit au premier extrait. Les 4000 litres d'extrait alcoolique sont évaporés sous un vide de 20 à 40 Torrs à une température ne dépassant pas 500 C-, de façon à ramener le volume à 400 litres environ. L'extrait concentré obtenu est séparé des résines insolubles et soigneusement filtré puis séché dans un séchoir sous vide ou mieux par atomisation. On obtient ainsi 70 à 85 kg de tanins complexes en poudre. Ces tanins complexes sont dispersés dans 5 volumes (par rap-port au poids) dialcool éthylique à 850 G.L et maintenus en agitation pendant 2 heures à la température ambiante. On sépare ensuite sur filtre en lavant le gâteau avec de l'alcool à 900 G.L frais. Le gâteau essoré est divisé dans un grgulateur et réparti sur des plateaux pour le séchage sous vide à une température qui ne doit pas dépasser 500 C. Les granulés secs sont ensuite broyés à la granulométrie désirée. On obtient ainsi 25 à 35 kg de tanins condensés. Dans le présent exemple on a utilisé l'méthanol comme agent d'extraction des tanins totaux, mais il va de soi que lton peut utiliser tout au t r e s o lv a n t, tel que notamment le méthanol, lisopropanol, l'acétone, la méthyldthylcëtone, etc... mélangés à l'eau dans des proportions convenables. On a pu vérifier dans le cadre d'expérimentations pharmacologiques au cours desquelles ont été effectués des tests de motricité veineuse, que les tanins peu condensés extraits de fruits de Cupressus sempervirens, c'est à dire ceux qui sont solubles dans l'alcool à 900 G.L.,ntexercent pratiquement aucune action sur les veines de mammifères, alors que les tanins fortement condensés, qui sont la fraction isolée conformément à la présente invention, et qui sont à la fois insolubles dans l'alcool à 900 G.L. et solubles dans l'eau, présentent une importante activité physiologique, très notablement supérieure à celle des tanins totaux. Les essais ont été effectués sur un train postérieur de grenouille (Rana esculenta) en procédant cocsle suit : on perfuse du liquide de Ronger par canulation du tronc aortique inérieur, préalablement isolé, sous hauteur manométrique constante, (environ 15 cm d"levatlon d'eau) et on recueille le perfusat par le tronc cave inférieur préalablNaent isolé en mesurant le débit au moyen d'un compte-youtte photoélectrlque. Par une dérivation, on peut injecter dans 1 'Aorte des quantités connues de produits veino-constricteurs oui ont pour effet de réduire le débit de perfusion.Le débit doit revenir à la normale après sortie du produit injecté dans le perfusat. On cherche à déterminer par quelques essais (aussi rapides que possible afin de ne pas fatiguer la préparation) la dose qui -entraîne une diminution transitoire du débit dans le rapport 1/5. On répète l'essai sur au moins dix animaux. On a trouvé par cette technique qu'il faut en moyenne 40 microgrammes de tanins fortement condensés et 200 à 300 microgram mes de tanins totaux (selon la composition de ceux-ci) pour réduire le débit au 1/5. Avec les tanins faiblement condensés, solubles dans lal- cool a 90 G,L, il n1 est pas possible de réduire le débit au 1/5, l'effet maximum consistant en une réduction au 1/2 es-t produit par des injections de 1000 microgrammes (1 milligramme) de tanins faiblement condensés. Des doses plus élevées entraînent des modifications irréversibles de la préparation et n'ont donc pas de signification physiologique. Ces résultats montrent la grande efficacité des tanins fortement condensés, la très faible efficacité des tanins peu condensés, ainsi qu'un effet inhibiteur marqué de ces derniers s'ils demeurent en mélange avec les tanins très condensés (dans les tanins totaux). Ils illustrent la nécessité d'éliminer les tanins faiblement condensés pour un meilleur pronostic thérapeutique. Les tanins fortement condensés isolés conformément aux dispositions de la présente invention sont directement utilisables pour la préparation des formes galéniques employées en médecine humaine ou vétérinaire, pour l'incorporation dans des compositions cosmétiques, ainsi quepour toutes applications industrielles requérant des tanins leucocyaniques très purifiés. REiENDI CATIONS 1Q/ Procédé d'obtention de tanins hautement purifiés, à partir de fruits de Cupressus sempervirens, caractérisé en ce que l'on soumet les fruits de Cupressus sempervirens récoltés entre le 4ème et le 8ème mois après la floraison - ou bien les fruits restés sur l'arbre et récoltés entre le 16ème et le poème mois après la floraison - à une ou plusieurs extractions par un solvant aqueux, en ce que l'on traite l'extrait total obtenu, éventuellement soumis au préalable a évaporation jusqu'à obtention d'une poudre, par de l'alcool à 906 G.L, ou par tout autre solvant approprié, pour séparer les tanins faiblement condensés, thérapeutiquement inactifs, qui sont solubles dans l'alcool ou dans d'autres solvants appropriés, des tanins fortement condensés, insolubles dans l'alcool, qui constituent la fraction thérapeutiquement active des tanins extraits des fruits de Cupressus sempervirens. 20/ Procédé selon la Revendication 1, caractérisé en ce que les fruits de Cupressus sempervirens récoltés entre le 4ème et le 8ème mois, ou éventuellement entre le 16ème et le 20ème mois, après la floraison, mis en oeuvre, sont des fruits frais. 30/ Procédé selon la Revendication 1, caractérisé en ce que les fruits de Cupressus sempervirens récoltés entre le 4ème et le 8ème mois, ou éventuellement entre le 16ème et le 20ème mois, après la floraison, mis en oeuvre, sont des fruits conservés pendant des périodes de temps prolongées, pouvant atteindre plusieurs mois, à une température de l'ordre de + 50C, dans des conditions propres à éviter à la fois les moisissures et la dessiccation. 40/ Procédé selon la Revendication 1, caractérisé en ce que l'on soumet les fruits de Cupressus sempervirens récoltés entre le 4ème et le 8ème mois après la floraison - ou bien éventuelle ment entre le 16ème et le 20ème mois après la floraison - à une extraction par l'éthanol à 500 G.L. à ébullition à reflux, après quoi l'extrait obtenu est concentré, avantageusement sous vide et à une température ne dépassant pas 500C, puis l'extrait concentré est séparé des résines insolubles, les tanins complexes ainsi obtenus sont dispersés dans de l'éthanol à 850 G.L. et maintenus sous agitation à la tempé rature ambiante pendant une durée appropriée, de l'ordre de lh30 à 3h, après quoi le gâteau séparé par filtration est lavé à l'éthanol frais à 900 G.L., pour donner après séchage avantageusement sous vide et à une température ne dépassant pas 500 C - des tanins fortement condensés insolubles dans l'alcool à 900 G.L. et solubles dans l'eau, hautement purifiés. 50/ Tailins hautement purifiés obtenus en mettant en oeuvre le procédé selon l'une quelconque des Revendications 1 à 4, caractérisés en ce qu'ils sont constitués par des tanins fortement condensés, insolubles dans l'alcool à 900 G.L. et solubles dans l'eau, obtenus à partir de fruits de Cupressus sempervirens. 60/ Médicaments nouveaux utilisables en médecine humaine et vétérinaire, caractérisés en ce qu'ils sont constitués par, ou contiennent, des tanins fortement condensés selon la Revendication 5. 70/ Compositions cosmétiques caractérisées en cequ'elles contiennent des tanins fortement condensés selon la Revendication 5.