La solution la plus rationnelle, sur les plans économique et technique, de l'étanchéification des constructions consiste à déposer sur la construction un matériau d'étanchéité uniforme et à l'assembler en une membrane continue. Cette façon de procéder est appelée 1,étanchéité monocouche" par opposition aux "étanchéités multicouche',, dans lesquelles la membrane est générée par des applications successives de plusieurs matériaux différents ou identiques. Bien que ce second procédé soit plus onéreux, il a toujours été préféré - et son développement l'atteste - en raison de la sécurité d'obtention de la continuité de la membrane. En effet, dans le cas de l'étanchéité multicouche, même si la première couche n'apportait pas une étanchéité absolue, la seconde couche qui lui était superposée, permettait, avec une quasi-certitude, d'obtenir la continuité désirée. Le problème de 11 étanchéité en une seule couche est donc lié à la sécurité de confection du joint entre deux éléments adjacents de la membrane. Dans le cas de l'étanchéité monocouche, le joint habituel s'effectue par recouvrement, sur une petite largeurs d'un élément de la membrane par l'élément adjacent. Ainsi, chacun des éléments se présente notamment sous la forme d'une bande, par exemple.de 10 m de longueur sur 1 m de largeur, et le joint est réalisé par recouvrement, sur environ 10 cm, d'un élément sur l'autre, puis par soudure par tout moyen approprié, comme le bitume fondu, le chalumeau propane, le pistolet à air chaud, les colles. On s'aperçoit donc que si le joint est mal réalisé à la pose, pour cause d'humidité, de salissure ou de manque total de matière, la membrane doit être considérée comme perforée et ne remplit plus son rôle d'étanchéité. La présente invention remédie à cet inconvénient, car elle a pour objet un matériau d'étanchéité monocouche comportant des joints préfabriqués d'un nouveau type, dont la pose oblige l'opé- rateur à passer au moins deux fois au même endroit, éliminant ainsi, comme dans le cas de la membrane comportant plusieurs couches, la possibilité de deux erreurs au même endroit. A cet effet, une feuille d'étanchéité selon la présente invention, comprenant une armature principale enrobée de liant, est essentiellement caractérisée en ce qu'elle est doublée sur au moins l'un de ses bords par une armature secondaire, et en ce qu'entre cette dernière et l'armature principale sont disposés un ou deux films d'un matériau recouvert d'un anti-adhérent, ce ou ces films étant enlevés lors de la mise en place de la feuille pour permettre l'imbrication des bordures de feuilles d'étanchéité adjacentes. On prévoiera avantageusement que la feuille d'étanchéité selon l'invention soit doublée,sur au moine l'un de ses bords, sur une largeur environ double de celle du joint. A la mise en place, le ou les fims de matériau anti-adhérent sont enlevés et la lèvre supérieure du recouvrement constituée par la zone de l'armature principale qui recouvrait les films est largement relevée et repliée à 1860, un bord non doublé de la feuille d'étanchéité adjacente venant recouvrir l'armature secondaire, par exemple sur la demiolargeur de cette armature qui constitue la lèvre inférieure de recouvrement et étant rendu adhérent à celle-ci par des moyens connus en soi. Ensuite, la lèvre supérieure est rabattue sur la feuille adjacente et la fixation de ces deux parties ainsi amenées en regard est alors - effectuée de la même façon que précédemment. On réalise ainsi un joint double présentant toutes les garanties d'étanchéité pour une membrane monocouche. Suivant une autre possibilité d'assemblage conduisant à un joint triple, on réunit deux bordures doublées de feuilles d'étanchéité adjacentes, avec alternance des lèvres d'une feuille avec celles de la feuille adjacente, ce qui nécessite la réalisation de trois soudures superposées. On décrira plus en détail ci-après, à titre indicatif et nullement limitatif, un mode préféré de réalisation du matériau d'étanchéité monocouche selon la présente invention, en référence au dessin annexé sur lequel La figure 1 est une vue partielle en bout d'un assemblage monocouche selon l'art antérieur. Les figures 2 à 4 sont des vues analogues de deux feuilles d'étanchéité permettant de réaliser un assemblage monocouche selon la présente invention, ces trois vues successives illustrant précisément le procédé d'assemblage desdites feuilles. La figure 5 montre un assemblage selon l'invention réunissant deux feuilles d'étanchéité adjacentes toutes deux suivant une bordure doublée. Comme on peut le voir sur la figure 1, jusqu'ici, pour former une membrane d'étanchéité monocouche, on assemblait des feuilles d'étanchéité 1 (dimensions habituelles 10m et lm) de telle sorte qu'une feuille vienne recouvrir la feuille adjacente sur une petite largeur 2 (environ 10 cm), les deux feuilles étant alors soudées dans cette zone 2. On comprendra aisément, que cherchant a obtenir la continuité de la membrane, ce type de joint n'était pas suffisamment sur. Chaque feuille d'étanchéité 1 selon la présente invention (figures 2 à 4) est constituée de façon classique par une armature principale 3 enrobée de liant. Cette armature 3, sur l'un des bords bords de la feuille 1, est doublée sur une largeur 2 environ double de celle du joint t , par une armature secondaire 4. Ces armatures 3,4 sont choisies parmi les armatures conventionnelles mais à la condition quelles soient aptes à se plier. A titre d'exemple, on citera les tissus de verre, de polyester, de jute, les voiles de verre, de polyester et les films de polymère. Les liants sont ceux qui sont habituellement mis en oeuvre dans ce domaine : bitumineux, polymères ou mélanges bitume-polymère. Entre les deux armatures 3 et 4 d'une feuille 1, sont-disposés, sur la largeur g du joint, un ou deux films ou feuilles 5 d'un matériau recouvert d'un anti-adhérent connu en soi, tel qu'un enduit siliconé (figure 2). La feuille 1 peut être nue ou surfacée d'un film plastique ou métallique et éventuellement protégée par une couche de granulé coloré ou non, ou par une couche de sable. Lors de la réalisation de la membrane d'étanchéité monocouche selon l'invention, les films 5 de matériau anti-adhérent sont enlevés et la lèvre supérieure lb de recouvrement est largement relevée et repliée à 1800 (figure 3). Un premier joint 2a qui consiste en la soudure de la lèvre inférieure la avec la feuille 1 adjacente est alors effectué par un procédé connu-en soi : par collage, par application de bitume chaud, au chalumeau, ou par l'adhésivité des surfaces en regard. Ensuite, on réalise la soudure de la lèvre supérieure de recouvrement lb que l'on rabat sur la feuille adjacente 1, ce qui constitue un deuxième joint 2b dans la même zone que le premier, assurant ainsi la totale sécu rité de l'étanchéité. La figure 3 illustre un deuxième mode d'assemblage des feuilles d'étanchéité 1, dans lequel on réunit lesdites feuilles suivant leurs bordures doublées. A cet effet, on ouvre chacune des deux lèvres supérieures de recouvrement lb-, ld de deux feuilles î adjacentes, on forme un premier joint 2a entre les lèvres inférieures la, lc que l'on superpose, puis on rabat successivement chacune des lèvres supérieures lb, la, pour former deux autres joints 2b, 2c sur le premier, conférant ainsi à l'ensemble une très haute sécurité d'étanchéité. Il est du reste bien entendu que le mode de réalisation de l'invention qui a été décrit ci-dessus en référence au dessin annexé a été donné à titre purement indicatif et nullement limitatif, et que de nombreuses modifications peuvent être apportées sans que l'on s'écarte pour cela du cadre de la présente invention. REVENDICATIONS 1. Feuille d'étanchéité comprenant une armature principale enrobée de liant, caractérisée en ce qu'elle est doublée sur au moins l'un de ses bords par une armature secondaire 4 et en ce qu'entre cette dernière et l'armature principale 3 sont disposés un ou deux films 5 d'un matériau anti-adhérent, ce ou ces films 5 étant enlevés lors de la mise en place ae la feuille pour permettre l'imbrication des bordures de feuilles d'étanchéité adjacentes. 2. Feuille d'étanchéité selon la revendication 1, caractérisée en ce qu'elle est doublée, sur au moins l'un de ses bords, sur une largeur environ double de celle du joint. 3. Feuille d'étanchéité selon la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce que les armatures 3 et 4 sont choisies parmi les armatures conventionnelles aptes à se plier, comme les tissus de verre, de polyester, de jute, les voiles de verre, de polyester et les films de polymère. 4. Feuille d'étanchéité selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée en ce que le matériau anti-adhérent est une matière siliconée ou similaire. 5. Feuille d'étanchéité selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisée en ce qu'elle est nue ou surfacée d'un film plastique ou métallique et éventuellement protégée par une couche de granulé coloré ou non, ou par une couche de sable. 6. Procédé d'assemblage des feuilles d'étanchéité selon l'une quelconque des revendications 1 à 5 permettant de constituer une membrane d'étanchéité monocouche à joints de haute sécurité, caractérisé en ce que le ou les fims 5 de matériau anti-adhérent d'une feuille 1 sont enlevés et la lèvre supérieure 1sg qui recouvrait le ou lesdits films 5 est relevée et repliée, un premier joint 2a qui consiste en la soudure de la lèvre inférieure la avec un bord non doublé de la feuille 1 adjacente étant alors effectué de façon connue en soi, puis en ce que la lèvre supérieure de recouvrement ib est rabattue sur la feuille adjacente, et est soudée avec elle, ce qui constitue le deuxième joint 2b dans la même zone que le premier. 7. Procédé d'assemblage des feuilles d'étanchéité selon l'une quelconque des revendications 8*) 5 permettant de constituer une membrane d'étanchéité monocouche à joints de haute sécurité, caractérisé en ce qu'on réunit deux bordures doublées de feuilles d'étanchéité 1 adjacentes, avec alternance des lèvres (la, lb) d'une feuille 1 avec celles (lc, Id ) de la feuille adjacente, ce qui nécessite la réalisation de trois soudures (2a, 2b, 2c) superposées.