La présente invention concerne "un procédé permettant. d'obtenir une protection résistant aux intempéries, contre le froid et le gel, de vergers et de vignobles par application de polymères filmogènes pour envelopper les troncs et les ceps. 5 En appliquant le procédé conforme à l'invention, on écarte le danger des dégâts causés par le gel, dans les cultures mentionnées. les gélivures en plaques et fissures (nom donné aux craquelures produites par le gel et/ou les écarts de température sur le tronc, les branches et les rameaux, par exemple,d'arbres 1 o fruitiers ; voir Fritz Kobel "Lehrbuch des Obstbaus", Springer Verlag Berlin, Gottingen Heidelberg (1954), page 42) nécessitent une attention particulière, parce qu'elles engendrent des lésions partielles invisibles des arbres, qui ont,pour conséquence , pendant des années, une réduction du rendement (gélivures 15 "cachées" ; voir Paul Gerhard de Haas, "Marktobstbau", Bayeris-cher LandwirtschaftsverlagO957), page 56). Un procédé simple et peu coûteux permettant d'éviter ces dégâts causés par le gel, par exemple dans les vergers et les vignobles, serait extrêmement intéressant et utile du point de vue économique. 20 Dans l'ouvrage "lehrbuch des Obstbaus" de Fritz Kobel (page 42) indiqué ci-dessus, on indique à propos de la formation de "gélivures" que le facteur déterminant, pour ces lésions ne réside pas dans les températures minimales atteintes, mais plutôt dans de grands écarts de température apparaissant dans une 25 courte période de temps. Elles apparaissent donc principalement lorsque des journées chaudes ensoleillées alternent avec des nuits claires accompagnées de gelées blanches. Par suite des tensions ainsi produites dans les tissus de l'écorce et du liber, l'écorce des arbres se fendille le long du tronc. La fré-30 quence des fissures dues au gel est donc particulièrement grande sur le côté des arbres exposé au sud et au sud-ouest, les soins à apporter à ces lésions sont très peu pratiques et laborieux et le succès n'en est pas toujours assuré, abstraction faite du grand danger d'infection par des champignons auquel 35 l'arbre détérioré est ainsi exposé. C'est pourquoi on recommande toujours avec insistance, dans divers traités, de prendre des mesures préventives qui 72 11456 2 2132315 consistent,par exemple,à protéger les troncs d'une forte inso- * lation du côté exposé au sud, au moyen de paille ou de planches, au début d'une période météorologique présentant un danger. Parmi les mesures préventives directes contre les gelées 5 d'hiver, on mentionne non seulement le recouvrement de l'aire dégagée au pied de jeunes arbres et le recouvrement du sol dans le cas de plantations qui produisent, pour éviter 1'endommagement des racines, mais aussi et surtout le 'chaulage ou badigeonnage des troncs à la chaux de manière à réduire les grands écarts de température. 10 En faveur du chaulage des troncs d'arbres, on peut dire ce qui suit : si cette opération est effectuée avant le début de l'hiver, elle constitue une mesure de protection contre la formation de gélivures et de plaques de gel, parce que la couche 15 de chaux isole l'arbre des rayons thermiques et,par conséquent, réduit les différences de contraintes thermiques et mécaniques. En particulier dans le cas de troncs restaurés et regreffés dont l'écorce est à l'ombre depuis des années et s'est,par conséquent, amollie,et qui, exposés en plein soleil,sont très sen-20 sibles au gel, ce chaulage est important. Ce procédé de protection directe contre le gel présente toutefois des inconvénients importants, parce que son succès dépend,à un très haut degré,des conditions atmosphériques. Un inconvénient particulier se manifeste lorsqu'une pé-25 riode de dégel succède à de fortes chutes de neige. Si la neige fond partiellement ou même totalement, la chaux est également lavée par l'eau de fonte de la neige qui s'écoule le long du tronc. On peut s'erjâpercevoir aisément, parce que la couleur blanche de la chaux a presque totalement disparu de cette partie 30 du tronc prélablement recouverte de neige, et l'effet de protection contre le gel est donc supprimé, la couche blanche de chaux portée .par le tronc agit maintenant comme si elle était décalée vers le haut, et c'est pourquoi on parle alors de "poussée de la neige". 35 Si l'on veut à présent éviter cet inconvénient, on doit de nouveau procéder au chaulage du tronc. Dans les régions de vergers et de vignobles, ce processus de "poussée de la neige" 72 11456 3 2T32315 peut se répéter jusqu'à cinq fois pendant la période de'l'hiver. Par conséquent, pour obtenir une protection totale contre le gel des arbres fruitiers et des arbres produisant des baies, on doit répéter immédiatement, plusieurs fois, le chaulage des troncs 5 dans les cultures, en fonction des conditions de température et des conditions atmosphériques qui régnent. Ce chaulage fréquent demande beaucoup de travail et,par conséquent,il coûte d'autant plus cher qu'on le répète plus souvent. De plus, on ne peut pas l'effectuer par temps de gel. 10 On est donc contraint,en agriculture, de prendre des mesures de lutte chimique à cause des fortes exigences en rendement, qualité des fruits et productivité des arbres, et aussi parce que les plantes cultivées constituent,du point de vue économique,une source de revenus. 15 les agents chimiques de protection des plantes sont principalement utilisés, par exemple dans les vergers et les vignobles, sous la forme de compositions pulvérisables. Ainsi, dans les vergers et les vignobles, la pulvérisation d'hiver fait partie de l'ensemble de la protection des plantes. Mais c'est pré-20 cisément par -une telle pulvérisation que l'action de protection contre le gel est réduite, parce qu'elle entraîne une perte de la couche de chaux (voir Paul Gerhard de Haas, "Marktobstbau", Bayerischer landwirtschaftsverlag ('1*957)., page 209), du fait que la composition aqueuse pulvérisable enlève la chaux par 25 lavage. Il serait donc désirable, non seulement pour des considérations d'ordre économique, mais aussi pour obtenir une protection sûre contre le gel, pendant toute la période d'hiver, de pouvoir pallier les inconvénients indiqués ci-dessus du 30 "chaulage des troncs" dans les vergers et les vignobles. la Demanderesse vient de découvrir qu'on peut obtenir une protection, résistant aux intempéries, des vergers et des vignobles contre le froid et le gel, en munissant les troncs d'arbres fruitiers et les ceps de vigne d'une couche enveloppante, 35 adhérant fortement,de polymères filmogènes, pouvant renfermer éventuellement des charges, des pigments blancs ainsi que des pesticides d'emploi classique en agriculture, notamment des 72 11456 4 2132315' insecticides et/ou des fongicides. On a constaté le fait très surprenant qu'il est possible d'obtenir, au moyen du procédé conforme à l'invention dans lequel on enveloppe les troncs, une protection contre le froid beaucoup 5 plus efficace que celle qu'on a pu obtenir au moyen du procédé classique de "chaulage". Conformément au procédé de l'invention, la couche de protection contre le gel adhérant.à l'écorce des troncs et des ceps est obtenue,d'une façon simple et rapide?par traitement avec 10 des masses fondues, des solutions ou des dispersions de substance filmogène et adhérant convenablement à l'écorce. On utilise alors, de préférence,les procédés d'application d'emploi courant dans des l'industrie / laques et aussi pour la protection des plantes,par exemple l^enduisage au rouleau, " au pinceau ou par pulvérisation. 1 5 On peut aussi utiliser toutes substances filmogènes quelconques sans danger pour la physiologie des végétaux, par exemple des cires, des paraffines, le bitume ou des matières plastiques, par exemple des produits de polymérisation, de polycon-densation ou de polyaddition. Lorsqu'on applique les substances 20 filmogènes sous la forme de solutions, on doit naturellement faire en sorte de n'utiliser que des diluants inoffensifs du point de vue physiologique vis-à-vis de l'espèce correspondante de plante. On utilise de préférence l'eau comme diluant. Des matières plastiques susceptibles ou non d'une réticulation sont utilisées, 25 de préférence,sous une forme dispersée. Les dispersions de matière plastique que l'on préfère utiliser sont,par exemple,des dispersions dë"résine acrylique, des dispersions de polyoléfine, des dispersions de polyuréthanne, des dispersions de caoutchouc synthétique, etc. On peut utiliser aussi bien des matières plas-30 tiques réticulables que des matières plastiques non réticulables, du type déjà décrit pour d'autres buts d'application. . Par le choix de l'épaisseur de pellicule du revêtement, ainsi que de la nature chimique de la substance filmogène utilisée, on peut prévoir la longévité de la couche de protection. 35 Pour obtenir une grande longévité, par exemple de 6 mois, on utilise,pour envelopper le tronc,des matières plastiques réti-culables en quantité de 5 à 50 g/dm . 72 11456 5 2132315 Si une assez courte longévité de l'enveloppe est seule nécessaire, il suffit d'envelopper les troncs, lès branches et les rameaux d'une matière thermoplastique non réticulable en 2 quantité de 1 à 20 g/dm . 5 Les composés polymères que l'on utilise dans le procédé de l'invention sont,de préférence,préparés sous la forme de dispersions aqueuses. Dans tous les cas, on ajoute au produit de polymérisation des charges et principalement des pigments blancs pour obtenir ainsi la couleur blanche du revêtement de 10 protection contre le gel qui est optimale pour la réflexion du rayonnement thermique. L'addition nécessaire de charge et de pigment est choisie tant en nature qu'en quantité, d'après le degré désiré de clarté du blanc,et elle est variable. Des exemples de charges convenables comprennent la craie 15 ou des silicates, notamment la craie en suspension. On peut utiliser, comme pigments blancs,par exemple la chaux, le dioxyde de titane ou un mélange de sulfate de baryum et de sulfure de zinc, et on utilise,de préférence,la chaux. Sous ces formes d'application, les polymères peuvent 20 aussi être additionnés d'autres pesticides d'emploi classique en agriculture, par exemple des fongicides et/ou des insecticides. Un autre avantage particulier du procédé conforme à l'invention réside dans le fait qu'on peut en meme-temps_appliquer aux vergers et aux vignobles des agents de protection des plantes, par 25 exemple par leur incorporation dans les dispersions en une seule opération combinée avec l'application de la couche de protection contre le gel. Ils exercent leur effet exactement comme s'ils étaient appliqués séparément sous la forme d'une composition pulvérisable d'agents de protection des plantes. 30 On obtient sans difficulté au moyen du procédé conforme à l'invention un "effet de répulsion"de longue durée contre les dégâts causés par le gibier, par exemple par addition d'environ 1 0 $ de disulfure de tétraméthylthiuram (connu sous le nom de "Thiram" ou "ÏMTD") à la dispersion contenant le pigment blanc. 35 Exemples Les exemples qui suivent illustrent l'enveloppement des troncs avec des matières plastiques réticulables et non 72 11456 6 2132315 ' réticulables en dispersion. On utilise,pour l'enveloppement,les dispersions suivantes, préparées d'après les procédés classiques de dispersion d'émul- sions (Houben-Weyl 14/1 (1961) pages 131-503): 5 Dispersion Concentration Polymère n° 1 .50 io Styrène/acrylate de n-butyle/ acide acrylique (proportion en poids 42:54:4) n° 2 40 io Dispersion de polyuréthanne sans 10 émulsifiant, correspondant à l'exem ple 1 du. brevet belge n° 721 033 n° 3 50 io Styrène/acrylate de n-butyle/ acide acrylique/H-méthoxyméthyl-méthacrylamide/diméthacrylate 15 d'éthylèneglycol (proportion en poids 34:57,6:1,5: 1,5:5,0:0,4) On mélange les dispersions n° 1, n° 2 et n° 3, par exemple avec de la craie en suspension (craie "Omya BLP2"), 20 dans le rapport en poids de 1:1, relativement à la concentration du polymère. A cette fin, on met tout d'abord la craie en suspension dans le rapport en poids de 1:1 avec de 1'eau. Au moyen de ces dispersions, on traite ensuite les troncs et les branches d'arbres donnant des fruits à noyaux et 25 de vigne, par exemple par application au rouleau ou par pulvérisation, ou aussi par badigeonnage. Exemples 1 -3 •5 On applique environ 300 à 250 cm de l'enduit de protection contre le gel qui a été ainsi préparé (50 $> de matières 2 30 sèches) sur environ 1 m d'écorce d'arbre. Au plus tard après 8 heures, il se forme une pellicule et la protection désirée contre le froid ou le gel est ainsi réalisée. TABLEAU Stabilité de la couche de polymère 35 . Dispersion K° de Arbre 1'exemple fruitier N° 1 N° 2 N°3 1 Pommier + de 5-6 mois 4 mois + de 6 mois 2 Poirier + de 5-6 mois 4 mois + de 6 mois 40 3 Vigne + de 5-6 mois 3-4 mois + de 6 mois 72 11456 7 2132315 Les pellicules des dispersions n° 1 et n° 3 restent très stables, même pendant des périodes prolongées de dégel et à'enxLeigementjvariable et,par conséquent, elles conservent leur effet de protection contre le gel pendant toute la durée 5 indiquée de stabilité. Exemple 4 On applique les mêmes quantités que celles qui sont indiquées dans les exemples 1 à 3 pour obtenir une protection efficace contre le gel, mais dans ce cas, on incorpore à la compsition de 10 protection contre le gel 10 $ de disulfure de tétraméthyl- thiuram comme agent de protection contre les dégâts causés par le gibier. (MED'). TABLEAU Effet de "répulsion à longue durée" de la composition 15 de protection contre les dégâts causés par le gibier ■ Dispersion Arbre fruitier 3^° 1 N° 2 N0 3 Pommier 5 mois 4 à 5 mois plus de 5 mois. 72 11456 8 2132315 REVENDICATIONS 1 . Procédé pour réaliser une protection, stable aux intempéries,contre le froid et le gel dans.des vergers et des vignobles, caractérisé par le fait qu'on muni"tjfr.es troncs des ar-5 bres fruitiers et les ceps de vigne d'une couche enveloppante, adhérant fortement,de polymères filmogènes, qui peut contenir éventuellement des charges, des pigments blancs et des pesticides d'emploi courant e.n agriculture. 2. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé par 10 le fait qu'on utilise comme polymère filmogène un produit de copolymérisation de styrène, d'acrylate n-butylique et d'acide acrylique. 3. Procédé suivant la revendication 1 , caractérisé par le fait qu'on utilise comme polymère filmogène une dispersion de 1 5 polyuréthanne. 4. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé par le fait qu'on utilise comme polymère filmogène un produit de copolymérisation de styrène, d'acrylate n-butylique, d'acide acrylique, de F-méthoxyméthyl-méthacrylamide et de diméthacrylate 20 d'éthylèneglycol. 5. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé par le fait qu'on ajoute comme pigment blanc de la chaux et/ou du dioxyde de titane. 6. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé par 25 le fait qu'on ajoute du disulfure de tétraméthyl-thiuram comme pesticide. 7. Application de polymères filmogènes suivant la revendication 1 à la réaction d'une protection,stable aux intempéries, contre le froid et le gel, de vergers et de vignobles par enve- 30 loppement des troncs et des ceps. 8. Composition résistant aux intempéries, pour protéger du froid et du gel des vergers et des vignobles, caractériséepar le fait qu'elle contient des polymères filmogènes, éventuellement en mélange avec des charges, des pigments blancs et des 35 pesticides classiques.