L'invention est relative à un procédé de construction de digue étanche et à une digue obtenue selon ce procédé. Elle concerne plus particulièrement des digues destinées à être construites dans une mer à marée sur de grands fonds. Le problème de la construction d'une telle digue se pose notamment pour la réalisation d'usines marémotrices. Dans ce cas, en raison de la longueur importante de la digue et de la nécessité de son étanchéité, il n'est plus guère possible d'avoir recours à des batardeaux de type classique. D'autre part du fait de la marée la construction de la digue nécessite l'utilisation d'équipements permettant de placer des matériaux rocheux et graveleux en couche à n'importe quelle hauteur, et ceci quel que soit le niveau de la marée. L'invention a pour but un procédé de construction de digue étanche satisfaisant aux conditions précédentes. L'invention a pour objet un procédé pour la construction d'une digue étanche sur un fond résistant en mer, caractérisé en ce qu'on immerge d'abord sur le fond de la mer de part et d'autre du futur noyau d'étanchéité de la digue une première tranche comprenant une couche d'enrochement de manière a former un espace au centre duquel on immerge une portion du noyau de la digue, l'espace régnant dans le puits entre la couche d'enrochement et le noyau central étant comblé avec une couche de matériau de transition jusqu'à une hauteur réduite par rapport à celle de -- la couche d'enrochement, puis on immerge sur cette première tranche successivement plusieurs tranches semblables à la première jusqu'a' atteindre sensiblement le niveau de la mer, en suite de quoi on déverse successivement sur - la dernière tranche immergée des tranches émergentes jusqu'à atteindre la hauteur maximum de la digue de manière à ce que son parement affecte une forme d'ensemble trapézoidale. Selon une caractéristique le procédé consiste à réaliser le noyau d'étanchéité par un empilage de gabions constitués par un matériau plastique sous enveloppe de tissu plastique renforcé. Selon une autre caractéristique le procédé consiste à réaliser le noyau d'étanchéité par coulée d'un mur diaphragme. Enfin l'invention a pour objet des digues réalisées selon le procédé de construction. Les caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront dans la description du mode de réalisation donné ci-après à titre d'exemple et illustré dans la figure. La figure unique représente une vue schématique en coupe transversale d'une digue selon l'invention. Dans la figure on a désigné par 80 un fond résistant de mer dont fe niveau moyen est représenté en 81. La digue à construire devant comporter un noyau central etanche 30, on commence par édifier sur le fond 80 de la mer une première tranche 1 de digue. A cet effet, à l'aide de barges de déchargement à fond ouvrant on immerge de part et d'autre du futur noyau un enrochement 21 constitué de matériau tout venant de carrière, de manière à former entre chacun des massifs un espace 40. On immerge alors dans la partie centrale de l'espace 40 sur une hauteur n'excédant pas celle des enrochements 21 des gabions 31 disposés en empilement les uns sur les autres. Les gabions sont constitués par un matériau plastique tel que de la terre sous une enveloppe formée par un tissu plastique renforcé de type filtrant. L'empilage des gabions 31 permet ainsi l'édification d'une portion du noyau de la digue. On comble alors l'espace résiduel régnant entre les enrochements 21 et les gabions 31 par une couche d'un matériau de remplissage 41 s'élevant jusqu'a' une hauteur légèrement réduite par rapport à la portion de noyau réalisée par les gabions 31. On édifie alors sur cette première tranche 1 et de manière identique une deuxième tranche 2 semblable à la première, les enrochements 22 étant immergés sur les enrochements 21 inférieurs et contre la couche de matériau inférieur 41, les gabions 32 étant empilés sur les gabions inférieurs 31, l'espace résiduel étant comblé par une couche de matériau de remplissage 42. On édifie sur la tranche 2 une nouvelle tranche 3 par immersion d'enrochement 23, de gabion 33 et d'une couche de matériau de remplissage 43, et ainsi de suite jusqu'à atteindre sensiblement la hauteur du niveau 81 de la mer. On procède alors successivement à l'édification des tranches 4, 5, 6 et 7 selon la même méthode opératoire que pour les tranches inférieures, mais à l'aide de barges de déchargement à hauteur réglable, équipées de silos, tapis roulants et flèche élévatrice. On déverse ainsi pour chaque tranche, d'abord les enrochements 24, 25, 26 et 27 puis les empilements de gabions 34, 35, 36 et 37 et ensuite les couches de matériau de remplissage 44, 45, 46 et 47. On s'arrange pour que le niveau des matériaux de la dernière tranche, soit 7 dans le cas de la figure, corresponde à celui de la hauteur définitive de la digue qui comporte un revêtement de protection. T es parements 82 de la digue affectent alors sensiblement une forme trapézoïdale. Au contact de la base du noyau 30 avec le fond 80 on peut disposer une couche de sable bitumineux 84 qui assure une meilleure jonction du noyau sur sa fondation. Ce procédé qui, utilisé pour l'édification du noyau des gabions, s'applique principalement lorsqu'on est en présence d'un fond rocheux. Mais, selon une variante du procédé, notamment en présence d'un fond sableux, on remplace l'empilage de gabions de terre par un mur du type diaphragme, c'est-à-dire à paroi moulée, que l'on coule suivant un procédé classique, depuis la crête de la digue. Il est évident que l'invention n'est nullement limitée au mode de réalisation qui vient d'entre décrit et représenté et qui n'a été donné qu'à titre d'exemple ; en particulier, on peut, sans sortir du cadre de l'invention, modifier certaines dispositions ou remplacer certains moyens par des moyens équivalents, ou encore remplacer certains éléments par d'autres susceptibles d'assurer la même fonction technique ou une fonction technique équivalente. REVENDICATIONS 1/ Procédé pour la construction d'une digue étanche sur un fond résistant en mer, caractérisé en ce qu'on immerge d'abord sur le fond (80) de la mer de part et d'autre du futur noyau (30) d'étanchéité de la digue une première tranche (1) comprenant une couche d'enrochement (21) de manière à former un espace (40) au centre duquel on immerge une portion (31) du noyau de la digue, l'espace résiduel régnant entre la couche d'enrochement et la portion du noyau étant comblé avec une couche de matériau de transition (41) jusqu'à une hauteur réduite par rapport à celle de la couche d'enrochement, puis on immerge sur cette première tranche successivement plusieurs tranches (2, 3) semblables à la première jusqu'à atteindre sensiblement le niveau (81) de la mer, en suite de quoi on dévèrse successivement sur la dernière tranche immergée (3) des tranches émergentes (4, 7) semblables aux précédentes jusqu'à atteindre la hauteur maximum de la digue de manière à ce que son parement (82) affecte une forme d'ensemble trapézoïdale. 2/ Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il consiste à réaliser le noyau (30) d'étanchéité par un empilage de gabions (31, 37) constitués par un matériau plastique sous enveloppe de tissu plastique renforcé. 3/ Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il consiste à réaliser le noyau d'étanchéité par coulée d'un mur diaphragme. 4/ Digue d'étanchéité caractérisée en ce qu'elle est réalisée selon le procédé de l'une des revendications 1 à 3.