La présente invention concerne la préparation d'une graisse lubrifiante à base d'un savon de lithium et ayant un haut point de goutte. On connaît les graisses à base de savon de lithium et on les utilise largement depuis de nombreuses années. Les avantages principaux d'une graisse à base de savon de lithium sont notamment une grande résistance à l'eau et une grande fa cilité de dispersion du savon dans tous les types de compositions à base d'huile lubrifiante. On peut préparer les savons de lithium, servant d'agents d'épaississement pour ces graisses, par la réaction de l'hydroxyde de lithium ou d'une autre base de lithium avec des acides gras classiques à masse moléculaire élevée.Cependant, l'hydroxy-stéarate de lithium et les savons de lithium dérivant d'acides gras hydroxyles apparentés sont particulièrement utiles en raison de leur grande stabilité mécanique. Il existe de nombreux domaines d'application des compositions de graisse pour lesquels il faut un point élevé de goutte, comme par exemple la lubrification des paliers de moteur de traction. On utilise de tels moteurs de traction pour propulser des locomotives Diesel modernes. Les moteurs des locomotives Diesel engendrent du courant continu que l'on utilise ensuite pour faire fonctionner des moteurs de traction directement reliés aux ensembles axe d'entraînement et roue de chaque essieu de la locomotive. Un seul moteur de traction peut fournir 200 chevaux-vapeur et constituer 1/10 ou même davantage de la puissance motrice totale de la locomotive. On peut exiger des paliers de ces locomotives qu'ils fonctionnent pendant des périodes allant jusqu'à trois ans sans aucun entretien, et des températures aussi élevées que 1210C peuvent être atteintes dans de tels paliers et roulements. Selon la# présente invention, on prépare une graisse à base d'un savon de lithium ayant un point de goutte supérieur à 260 C, à partir d'un acide gras hydroxylé en C12 à C24 et à partir d'un acide dicarboxylique en C2 à C12, en utilisant une suite particulière d'étapes comprenant une formation séparée des savons individuels. La préparation des graisses à base de savon de lithium à partir d'un mélange d'acides monocarboxyliques et d'acides dicarboxyliques est connue en pratique. Cependant, la présente invention propose un procédé pour produire des graisses ayant un point de goutte égal ou supérieur à 260 C, la production s'effectuant directement à partir des acides carboxyliquesplutôt que par l'utilisation d'esters des acides, comme ensei gné par exemple dans le brevet des Etats-Unis d'Amérique No. 2 898 296. Le brevet des Etats-Unis d'Amérique No. 2 940 930 enseigne également que l'on peut préparer des graisses à point élevé de goutte à partir de mélanges d'acides monocarboxyliques et d'acides dicarboxyliques. Cependant, pour préparer les graisses décrites dans le brevet précité, il était nécessaire d'inclure également un glycol. La présence d'un glycol est inopportune car il confère à la graisse une tendance à l'oxydation et affaiblit excessivement la résistance de la graisse à l'eau dans certaines applications. La présente invention permet la préparation d'une graisse à partir d'un acide gras hydroxylé et d'un acide aliphatique dicarboxylé, sans qu'il soit nécessaire d'incorporer un glycol. La teneur totale en savon de la graisse de la présente invention suffira, bien entendu, pour épaissir la composition jusqu'à la consistance d'une graisse et cette teneur se situera normalement entre environ 2 et 30% en poids et de préférence entre environ 5 et 20% en poids. La proportion de l'acide dicarboxyligue par rapport à l'acide gras hydroxylé sera comprise entre environ 0,2 et environ 1,0, et de préférence entre environ 0,2 et 0,8 mole,de l'acide dicarboxylique par mole de l'acide gras hydroxylé. L'acide gras hydroxylé que l'on utilise pour préparer les graisses de la présente invention aura environ 12 à 24 atomes de carbone ou plus habituellement environ 16 à 20 atomes de carbone, et ce sera de préférence un acide hydroxy-stéarique, par exemple l'acide 9-hydroxy-stéarique, l'acide 10-hydroxystéarique ou l'acide 12-hydroxy-stéarique, et encore mieux il s'agira de ce dernier acide. On peut également utiliser l'acide ricinoléique, qui est une forme insaturée de l'acide 12-hydroxystéarique, ayant une double liaison sur la position 9-10. D'autres acides gras hydroxyles sont notamment l'acide 12-hydroxy béhénîque et l'acide 10-hydroxy-palmitique. L'acide dicarboxylique que l'on utilise dans les graisses de la présente invention aura 2 à 12, de préférence 4 à 12, et encore mieux 6 à 10 atomes de carbone. De tels acides comprennent les acides oxalique, malonique, succinique, glutarique, adipique, subérique, pîmélique, azélaique, dodécanediolque et sébacique. On préfère particulièrement l'acide sébacique et 1' acide azélaique La base dthuile lubrifiante que l'on utilise pour préparer les compositions de graisse de la présente, invention peut être n'importe laquelle des huiles minérales servant de façon clas situe, des huiles hydrocarbonées synthétiques -ou des huiles du type ester synthétique classiques.En général, ces huiles lubrifiantes auront une viscosité comprise entre environ 2,5 et 43 centistokes à 98,90C. Les matières de base du type huile lubrifiante minérale que l'on utilise pour préparer les graisses peuvent être n'importe quelle matière de base raffinée de façon Classique et provenant d'huilesbrutesde base paraffiniques, naphténiqueset d'huilesbrutesmixtes,Parmî les huiles lubrifiantes synthétiques que l'on peut utiliser, il y a les esters dediacides, comme le sébacate de d#(2-éthylhexyle),les esters de glycols comme un diester d'un acide oxo en C13 du tétraéthylèneglycol, ou des esters complexes comme celui formé à partir d'l mole de l'acide sébacique et de 2 moles de tétraéthylène glycol et dé 2 moles de l'acide 2-éthylhexanolque. Parmi les autres huiles synthétiques que l'on peut utiliser, il y a des hydrocarbures synthétiques commes des alkyl#benzènes, par exemple des queues provenant de l'alkylation du benzène par le tétrapropylène, ou' bien les copolymères de l'éthylène et du propylène, des huiles de siliconesspar exemple des éthylphényl-polysiloxanes, des méthyl-polysiloxa#es, etc.; des huiles de polyglycols,par exemple les huiles obtenues par la condensation de l'alcool butylique avec l'oxyde de propylène; des esters carboniques, par exemple le produit de la réaction d'un alcool oxo en Cg avec du carbonate d'éthyle pour former unhêmi-ester, opération'suivie de la réaction de ce dernier avec le tétraéthylène#gIycol, etc. D'autres huiles synthétiques convenables sont notamment les éthers de polyphényle, par exemple ceux ayant environ 3 à 7 liaisons éther et environ 4 à 8 groupements phényle (Voir la colonne #3 du texte anglais du brevet des Etats-Unis d'Amérique No.- 3 424 678). Pour obtenir une graisse ayant un point très élevé de goutte selon la présence invention, on prépare tout d'abord un mélange d'une huile lubrifiante et d'un savon de lithium dérivant d'un acide gras hydroxylé en C12 à C24, puis l'on ajoute à ce mélange un acide aliphatique dicarboxylique en C2 à C12 et l'on transforme cet acide en son savon dilithique dans des conditions assurant la formation d'un complexe entre le savon de lithium de l'acide dicarboxylique et le savon de lithium de l'acide gras hydroxylé.Il y a des-signes indiquant que lorsque l'on neutralise l'acide aliphatique dicarbox#yligue par la base de lithium en présence du savon de lithium de l'acide gras hydroxylé, deux réactions concurrentielles se produisent Dans l'une de ces réactions, l'acide dicarboxylique ou son savon de monolithium est incorporé dans le réseau cristallin du savon de lithium de l'acide gras hydroxylé, ce qui en modifie la structure. La seconde réaction concurrentielle ou compétitive est la transformation de l'acide dicarboxylique en son savon de dilithium.fles signes expérimentaux indiquent qu'il est simplement nécessaire de maintenir des conditions telles que la première réaction se produise plus rapidement que la seconde réaction afin d'obtenir le complexe voulu.Les facteurs principaux qui règlent les vitesses relatives de réaction sont notamment la température de réaction et la vitesse à laquelle on ajoute la base de lithium pour effectuer la transformation de l'acide dicarboxylique en son savon de dilithium. Ainsi, dans le cas de la neutralisation de 1' 'acide dicarboxylique par une solution aqueuse d'hydroxyde de lithium, si l'on conduit la réaction à une température inférieure à environ 88 C, par exemple à 79,50C, la réaction de complexation sera relativement lente en comparaison de la réaction de neutralisation et, afin de préparer une graisse à point élevé de goutte, il sera nécessaire d'ajouter très lentement l'hydroxyde de lithium, c'est-à-dire de l'ajouter progressivement sur une longue période de temps.Au-dessus d'une température d'environ 1020C, la réaction de complexation est bien plus rapide et il est virtuelle- ment impossible d'ajouter l'hydroxyde de lithium à une vitesse suffisamment rapide pour gêner la réaction de complexation, en particulier lorsque le mélange de l'huile lubrifiante et du savon de lithium de l'acide gras hydroxylé a été soumis a un traitement de déshydratation. Les conditions préférées pour former le complexe comprennent une température de réaction de 79,50Cà115,50C, de préférence 880C à 115,50C et encore mieux 990C à 1660C De même, -afin de favoriser la formation d'un complexe, il est souhaitable d'utiliser au moins l'un des stades suivants : (1) déshydrater quasi totalement le savon de lithium de l'acide gras hydroxylé avant de transformer 11 acide dicarboxylique en son savon de dilithium; (2) transformer l'acide dicarboxylique en son savon de dilithium par une addition progressive de la base de lithium. On pourrait préformer le savon de lithium de 11 acide gras hydroxylé et disperser ensuite ce savon dans l'huile lubrifiante. Cependant, il est généralement plus commode de préparer ce savon in situ dans l'huile lubrifiante en neutralisant l'acide gras hydroxyle par la base de lithium, qui sera généralement l'hydroxyde de lithium. Le mode opératoire usuel, lorsque l'on prépare le savon in situ, consiste à introduire dans le ballon contenant la graisse environ un quart à environ la moitié de la quantité totale de la base d'huile lubrifiante qui sera finalement incorporée dans la graisse finale et à ajouter ensuite l'acide gras hydroxylé On chauffe le mélange de l'acide gras et de l'huile suffisamment pour effectuer l'action de dissolution, et on chauffe par exemple à une température comprise entre environ 820C et 930C. On ajoute ensuite une solution aqueuse# concentrée d'hydroxyde de lithium, habituellement en une quantité excédant légèrement celle nécessaire pour neutraliser l'acide, la température à ce stade étant habituellement d'environ 930C à 990C. La vitesse d'addition de l'hydroxyde de lithium à ce stade n'est pas fondamentale quoique, selon les installations diverses dont on dispose à l'usine de production de la graisse, cette addition puisse nécessiter de 30 minutes à 2 heures environ. Il est alors possible d'effectuer ensuite l'addition de l'acide dicarboxylique et sa neutralisation subséquente en son savon de dilithium. Mais cela nécessiterait d'effectuer très lentement ou par stades la neutralisation,de façon à garantir la comptexation des deux types de savons l'un par l'autre avant que n'ait été effectuée la neutralisation complète de l'acide dicarboxylique.On préfère donc, lorsque le savon de lithium de l'acide gras hydroxylé a été préparé in situ, élever tout d'abord la température du mélange de l'huile lubrifiante et du savon de lithium de l'acide gras hydroxylé jusqu'à une valeur comprise entre environ 1210C et 1490C pour effectuer une déshydratation importante du mélange, c'est-à-dire pour enlever 70 à 100% de l'eau, avant d'effectuer l'addition de l'acide dicarboxylique et sa transformation en savon de dilithium. Il a été trouvé qu'une déshydratation importante à ce stade favorise également la réaction subséquente de complexation pendant la neutralisation de l'acide dicarboxylique. Une fois effectuée la déshydratation substantielle ou importante, on refroidit le mélange, de préférence jusqu'à environ 110 C-115 C, aussi rapidement que possible, la vitesse de refroidissement étant principalement destinée à gagner du temps. Un refroidissement# jusqu'à une plus faible température est bien entendu possible à ce stade, mais ce n'est habituellement pas nécessaire.On ajoute ensuite l'acide dicarboxylique, on agite le mélange pendant une courte période de temps, par exemple durant 10 minutes, pour effectuer une dispersion appropriée dans tout le mélange et l'on ajoute ensuite une solution aqueuse concentrée d'hydroxyde de lithium pour transformer l'acide dicarboxyligue en son savon de dilithium. Normalement, la quantité d'hydroxyde de lithium que l'on ajoute à ce stade excède légè- rement la quantité théoriquement nécessaire pour neutraliser les-deux groupes acides de l'acide dicarboxylique. Pendant l'addition de l'hydroxyde de lithium, qui prendra habituellement environ 30 minutes à 2 heures, on maintiendra habituellement la température entre environ 99 C et 1100C, de préférence entre environ 104,50C et 1100C. En raison de l'effet de refroidissement exercé par la vaporisation de l'eau de la solution aqueuse d'hydroxyde de lithium ainsi que par l'eau produite dans la réaction, le maintien d'une température d'environ 104,50C à 1100C sera presque automatique, pourvu que l'on fournisse suffisamment de chaleur. Après avoir ajouté la totalité de l'hydroxyde de lithium pour achever la neutralisation de l'acide dicarboxylique, on élève-la température du mélange générateur de la graisse pour effectuer une déshydratation. Habituellement, cela se produira à une température d'environ 1380 à 149 C. Après la déshydratation du mélange générateur de la graisse, on préfère élever encore la température jusqu a une valeur d'environ 1930C à 2040C et maintenir la température à ce niveau pendant 10 minutes environ à 1 heure de façon à garantir la dispersion optimale du savon et l'obtention de meilleurs rendements. On effectue cette augmentation de la température jusqu'à 195 C-204 C aussi rapidement que possible afin~de gagner du temps et aussi afin de réduire l'oxydation à son minimum.On refroidit ensuite aussi rapidement que possible la composition de savon et l'on contribue -ce refroidissement en incorporant dans le mélange la quantité restante de l'huile lubrifiante. On peut continuer le malaxage jusqu'à ce que la graisse atteigne les températures ambiantes. Lorsque la température a été abaissée jusqu'à environ 650C, on peut introduire d'autres additifs éventuels pour des graisses,dont on désire la présence dans la graisse. Si l'on fait ensuite passer la graisse dans un broyeur classique pour graisse, on peut améliorer un peu le rendement et l'aspect de cette graisse. Parmi les broyeurs classiques pour graisse, il y a le broyeur Morehouse, le broyeur Charlotte et l'homogénéi- seur Gaulin. Dans la plupart des cas, on introduit très commodément dans le récipient de formation de la graisse l'hydroxyde de lithium (que l'on utilise pour former le savon de l'acide gras hydroxylé ou le savon de l'acide dicarboxylique) sous la forme d'une solution aqueuse satu#ée. Il est cependant possible aussi d'utiliser de l'hydroxyde de lithium sec. Cependant, l'installation moyenne de fabrication de graisse n'aura d'ordinaire pas un équipement approprié pour une manutention commode de l'hydroxyde de lithium sous -cette forme. Normalement, on utilise un léger excès de l'hydroxyde de lithium au cours de chacun des stades de formation du savon, par rapport à la quantité théoriquement requise pour une neutralisation complète des acides, cet excès étant compris entre environ 0,2 et 0,4% en poids d'alcali libre exprimé en hydroxyde de sodium (ASTM D-128). Cela ne constitue pas un aspect fondamental de l'invention, cependant, car il est également possible de produire, par le procédé de la présente invention, une graisse à point élevé de goutte et dont les savons peuvent se situer légè- rement du côté acide. Il y a lieu de noter que la formation du savon de 1' acide gras hydroxylé doit être entreprise avant la préparation du savon de l'acide dicarboxylique. Si on inverse les étapes, il en résultera une graisse indésirable. On trouvera ci-après un exemple de mise en oeuvre de l'invention. EXEMPLE On prépare une graisse selon la présente invention en opérant de la façon suivante. Dans un récipient pour graisse on introduit 333 grammes d'une huile de base, identifiée comme étant la base LCT-20, qui est un distillåt naphténique raffiné l'aide d'un solvant, ayant subi une hydrogénation catalytique de finition, présentant une viscosité de 68 centistokes à 98,9oc et ayant un indice de viscosité de 67. On dissout ensuite 70 grammes (0,233 mole) d'acide 12-hydroxy-stéarique dans l'huile avec un chauffage modéré, puis l'on ajoute lentement une solution aqueuse concentrée contenant 0,24 mole d'hydroxyde de li thium cependant que l'on porte la température à 1100C.Après l'addition de l'hydroxyde de lithium, on porte rapidement la température à 1490C pour déshydrater quasi-totalement le savon. On refroidit ensuite rapidement le mélange jusqu'à 96 C environ, après quoi, on ajoute 24,13 grammes (0,128 mole) d'acide azélai- que. Après agitation du mélange durant 10 minutes environ, on ajoute lentement une solution aqueuse contenant 0,28 mole d'hy- droxyde de lithium pour saponifier l'acide azélaique cependant que l'on porte la température à 1100C. L'addition de l'hydroxyde de lithium prend 45 minutes environ. Lorsque la totalité de l'hydroxyde de lithium a été ajoutée, on porte la température à 1490C et on la maintient a cette valeur durant 1 heure pour achever la déshydratation. On augmente ensuite rapidement la température à 1990C et on la maintient à cette valeur durant 20 -minutes environ.On refroidit ensuite le savon rapidement cependant que l'on ajoute 184 grammes supplementaires de l'huile de base LCT-20 et 316 grammes d'une huile paraffinique, ces portions d'huile que l'on ajoute étant à la température ambiante et con tribuant ainsi au refroidissement-rapide du mélange. L'huile paraffinique provient d'un distillat paraffinique par extrac tion au phénol et déparaffinage au solvant jusqu'à un point de défigeage ou de goutte de -leC et cette huile présente un indi ce de viscosité de 75 et une viscosité de 33,2 centistokes à 98,90C.On continue l'agitation jusqu'à ce que la graisse se soit refroidie à environ 660C et on la broie alors dans un broyeur classique pour graisse,puis on la refroidit jusqu'à la température ambiante. La graisse finale présente un- point de goutte de 3290C et-elle a une pénétration de 266 unités ASTM à 25,0 C. Le rendement en graisse est de 10,1%. Comme on le sait bien dans le domaine des graisses, le poids total des aci des que l'on utilise, exprimé en pourcentage du poids total de la graisse finale, est désigné comme étant le rendement. EXEMPLES COMPARATIFS On prépare des formulations de graisse en utilisant dans un cas un mode opératoire selon la présente invention : après avoir formé de l'hydroxy-stéarate de lithium dans l'huile de base, on chauffe le mélange jusqu'à 1490C pour effectuer une déshydrata- tion quasi totale avant d'ajouter l'acide azélaïque et l'on transforme ensuite l'acide dièarboxylique en son savon de di lithium. Dans la préparation comparative, il n'y a pas de dés hydratation de la composition de savon avant l'addition de l'acide azélalque et sa transformation en savon de dilithium. Les proportions des ingrédients sont les mêmes dans les deux cas, et elles sont indiquées dans le Tableau I suivant TABLEAU I Constituant poids (grammes) Pourcent Constituant poids en poids Acide 12-hydroxy-stearique 190,5# 17,85 Acide azélaique 66,2 6,21 LiOH.H2O 59,75 5,60 Hu-ile de base 750,0 70,34 La préparation selon la présente invention s'effectue comme suit. On introduit l'huile de base dans le récipient pour pro duction de graisse et, après avoir chauffé l'huile jusqu'à 820C environ, on lui ajoute l'acide 12-hydroxy-stéarique. L'huile de base est la base LCT-20 décrite ci-dessus.On neutralise ensuite l'acide 12-hydroxy-stéarique à l'aide d'une solution aqueuse chaude et saturée de 28,25grammes d'hydroxyde df lithium à environ 820C-930C, et l'on déshydrate ensuite le mélange en le chauffant durant 1 heure jusqu'à 1490CI On refroidit ensuite le mélange jusqu'à 110 C; on ajoute l'acide azélaique et on l'incorpore par agitation pendant quelques minutes. On ajoute ensuite la seconde portion d'hydroxyde de lithium (c'est-à-dire 31,5 grammes) sous forme d'une solution aqueuse chaude et saturée, en maintenant la température du mélange à 1020C-1100C.On déshydrate ensuite la graisse en la chauffant jusqu'à 149 C, après quoi on porte la température à 1990C et on la maintient à cette valeur durant 30 minutes environ. A ce stade, on prélève un échantillon pour déterminer la chaleur latente de fusion par analyse thermique différentielle, laquelle est un mode opératoire bien connu en pratique. On prépare une seconde graisse (graisse comparative A) en neutralisant l'acide 12-hydroxy-stearique par de l'hydroxyde de lithium à 82 C-93 C de la même façon que celle décrite ci-dessus-, mais l'on ne soumet pas le mélange résultant d'hydroxy-stéarate de lithium et d'huile à 11 opération de déshydratation. Au contraire, on chauffe le mélange jusqu'#à 990C environ, on ajoute l'acide azélaique et on l'incorpore par agitation durant 10 minutes, puis l'on ajoute la seconde portion d'hydroxyde de lithium (31,5 grammes) sous forme d'une solution aqueuse chaude et saturée.Après addition de la totalité de l'hydroxyde de lithium, on élève la température du mélange générateur de la graisse que l'on porte à.1490C pour effectuer une déshydratation quasi totale, après quoi on chauffe le mélange jusqu'a 1990C et on le maintient à cette valeur durant 30 minutes comme dans la-préparation décrite ci-dessus. On prélève à ce stade un échantillon pour mesurer, par analyse thermique différentielle, lachaleur latente de fusion. On soumet les deux graissès, préparées comme décrit ci-dessus, à une mesure de la chaleur latente de fusion et l'on en détermine également les points de- goutte. Les résultats obtenus sont présentés dans le Tableau Il suivant. TABLEAU Il Chaleur latente Point de de fusion goutte cal/g OC Graisse selon l'invention 3,16 319+ Graisse comparative A 6,79 203 Il ressort des résultats ci-dessus que la graisse préparée selon la présente invention possède un point plus élevé de goutte et une plus faible chaleur latente de fusion que la graisse A, préparée sans le stade de déshydratation intermédiaire et sans tentative d'effectuer la neutralisation de l'acide azélaique de façon progressive afin de favoriser la formation d'un complexe On prépare une autre graisse comparative B, et l'hydroxy.. stéarate de lithium est alors le seul épaississant que l'on utilise pour. former la graisse. Cette graisse possède les constituants indiqués dans le Tableau III suivant TABLEAU III Constituant Poids Pourcent (grammes) en poids Acide 12-hydroxy-stéarique 190,5 19,68 LiOH.H20 28,25 2 t 9 2 Huile de base 750,0 77,4 Le mode opératoire utilisé pour produire cette graisse est essentiellement le même que dans le premier stade des préparations comparatives décrites ci-dessus, c'est-à-dire que l'on ajoute- l'acide 12-hydroxy-stearique à l'huile de base chaude, à une température d'environ 820C et l'on neutralise à une température d'environ 82 C-93 C à l'aide d'une solution aqueuse, chaude et saturée d'hydroxyde de lithium.Après déshydratation de la graisse par chauffage jusqu'à 1490C, on prélève un échan tillon pour l'analyse thermique différentielle. La chaleur latente de fusion de la graisse B est de 7,83 calories par gramme. Les exemples comparatifs ci-dessus montrent que, dans le cas de la graisse produite selon la présente invention, il y a eu une interaction entre le 12-hydroxy-stéarate de lithium et l'azélate de dilithium, car il y a des signes indiquant que l'azélate de dilithium s'est incorporé dans le réseau cristallin du 12-hydroxy-stearate de lithium, ce qui en-modifie la structure et en abaisse la chaleur latente de fusion.Dans le cas de la graisse hydroxy-stéarate de lithium-aélate de dilithium (graisse comparative A), qui n'est pas produite selon la présente invention, c'est-à-dire que la production s'est effectuée dans des conditions qui ne sont pas celles favorisant la formation d'un complexe, la chaleur latente de fusion est de 6,79 calories par gramme,ce qui n'est qu'une valeur légèrement inférieure à celle obtenue dans le cas de la graisse comparative B, laquelle ne contient que de l'hydroxy-stearate de lithium comme épaississant. Il est ainsi évident 'que, dans ce cas, l'azélate de dilithium n'a pas influé sur le réseau cristallin de l'hydroxy-stéarate de lithium. Il y a lieu de noter que l'azélate de dilithium lui-même ne fond pas avant une température bien supérieure à 2600C. Ainsi, la chaleur latente de fusion de l'azélate de dilithium n'entre absolument pas en ligne de compte. Les compositions de graisse selon la présente invention peuvent également contenir divers autres additifs, comme le savent bien les experts en ce domaine. Parmi ces additifs il y a, sans que cette liste soit limitative, des colorants, des antioxygenes comme la phenyl-alpha-naphtylamine, des inhibiteurs de la rouille comme le dinonyl-naphtalène-sulfonate de baryum, des modificateurs de l'odeur, des agents donnant des caractéristiques collantes, des agents pour service sous des pressions extrêmes, etc. REVENDICATIONS 1.- Procédé pour préparer une graisse lubrifiante ayant un haut point de goutte, cette graisse comprenant une proportion majeure d'une huile lubrifiante et une proportion, capable d'épaissir la composition pour lùi donner la consistance d'une graisse, d'une combinaison d'un savon de lithium d'un acide gras hydroxylé ayant 12 à 24 atomes de carbone et d'un savon de lithium d'un acide dicarboxylique aliphatique comportant 2 à 12 atomes de carbone, la combinaison comportant 0,2 à 1 mole du savon de l'acide dicarboxylique aliphatique par mole du savon de l'acide gras hydroxylé, ce procédé étant caractérisé en ce que l'on ajoute un acide dicarboxylique aliphatique comportant 2 à 12 atomes de carbone à un mélange de l'huile lubrifiante et du savon de lithium d'un acide gras hydroxylé ayant 12 à 24 atomes de carbone et l'on transforme ensuite l'acide dicarboxylique en son savon de- dilithium dans des conditions qui favorisent la formation d'un complexe entre le savon de lithium de l'acide gras hydroxylé et le savon de lithium de l'acide dicarboxylique aliphatique. 2.- Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que les conditions destinées à favoriser la formation du 'complexe comprennent l'utilisation d'une température de réaction de 79,50C à 115,5oc et ltutilisation dau moins l!une des opérations suivan- tes, à savoir : une déshydratation quasi-totale du savon de lithium de l'acide gras hydroxyle avant la transformation de l'a cidre dicarboxylique en son savon de dilithium, d'une part, et la transformation de l'acide dicarboxylique en son savon de dilithium-par l'addition progressive de la base dérivée du lithium, d'autre part. 3.- Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on forme in situ dans l'huile lubrifiante le savon de lithium de l'acide gras hydroxylé ayant 12 à 24 atomes de carbone, puis l'on déshydrate quasi totalement la composition de savon qui en résulte; on ajoute l'acide dicarboxylique à la composition de savon sensiblement déshydratée et l'on ajoute à ce mélange suffisamment de ba#e"dérivant du lithium pour transformer l'acide dicarboxylique en son savon de dilithi##,cependant que l'on chauffe ce mélange à une température comprise entre 79,50C et 115,50C. 4.- Procédé selon la revendication-l, cara#ctérisé en ce qu'on favorise la formation du complexe par l'addition progressive de la base dérivée du lithium au mélange de l'huile lubrifiante, de l'acide dicarboxylique et du savon dtw lithium de l'acide gras hydroxylé, de sorte que il y a initialement présence d'une quantité de base dérivée du lithium inférieure à la quantité suffisante pour transformer l'acide dicarboxylique en son savon de dilithium. 5.- Procédé selon l'une quelconque des revendications i à 4, caractérisé en ce qu'on déshydrate la c#omposition, après la formation du savon de dilithium,et l'on augmente rapidement la température jusqu a une valeur comprise entre 1930C et 2040C durant une période de temps comprise entre 10 minutes et 1 heure afin d'améliorer la dispersion du savon, puis l'on refroidit rapidement la composition. 6.- Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que le savon de lithium de l'acide gras hydroxylé est le savon d'un acide gras hydroxylé comportant 16 à 20 atomes de carbone. 7.- Procédé selon-l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que l'acide dicarboxylique est un acide dicarboxylique comportant 6 à 10 atomes de carbone. 8.- Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que l'acide gras hydroxylé est l'acide 12-hy droxy-stearique. 9.- Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que l'acide dicarboxylique est l'acide azélai- que. 10.- Graisse lubrifiante, caractérisée en ce qu'elle est préparée par le procédé selon l'une quelconque des revendications 1 a 9. 11.- Graisse lubrifiante selon la revendication 10, caractérisée en ce que le rapport molaire entre l'acide dicarboxylique et l'acide gras hydroxylé se situe entre 0,2:1 et 0,8:1. 12.- Graisse lubrifiante selon la revendication 10, caractérisée en ce que les savons de lithium sont les savons de l'acide 12-hydroxy-stearique et de acide azélalque.