la présente invention est relative à de nouveaux vaccins non agglutinogènes et à leur procédé de préparation, I1 est connu que la plupart des vaccins qui sont actuellement utilisés provoquent la formation d'anti-corps agglutinants analogues à ceux qui se produisent naturellement dans l'organisme au cours de la maladie. L'utilisation de tels vaccins présente l'inconvénient que l'on ne peut distinguer facilement les organismes vaccinés des organismes malades. Cet inconvénient est particulièrement marqué dans le cas des maladies à évolution lente,comme la brucellose, qui ne permettent pas de déterminer facilement si l'on a affaire à un organisme malade ou à un organisme bien portant mais vacciné. I1 a déjà été proposé d'utiliser des vaccins qui sont rendus non agglutinogènes par adjonction d'une quantité de sérum sanguin immun correspondant, cette quantité étant déterminée comme celle qui est nécessaire et suffisante pour saturer la totalité des sites agglutinogènes des antigènes. Ce procédé permet d'obtenir des vaccins efficaces qui ne donnent pratiquement pas lieu à la formation d'anticorps agglutinants dans l'organisme récepteur. Ces vaccins présentent toutefois l'inconvénient d'être d'un prix de revient plus élevé que les vaccins conventionnels, compte tenu du fait qu'il est nécessaire, pour leur fabrication, d'utiliser un sérum sanguin qui est relativement coûteux. les demandeurs ont découvert qu'il est possible de remplacer avantageusement le sérum sanguin par du lactosérum, ce qui permet d'abaisser notablement le prix des vaccins tout en gardant leurs caractéristiques non agglutinogènes. La présente invention a pour objet le produit industriel nouveau que constitue un vaccin non agglutinogène, caractérisé par le fait qu'il résulte de la combinaison d'antigènes correspondant à la maladie dont le vaccin doit assurer l'immunité, et de lactosérum immun correspondant à cette même maladie, la quantité de lactosérum étant celle qui est nécessaire et suffisaifte pour saturer la totalité des sites agglutinogènes des antigènes. L'invention peut s'appliquer à tous les vaccins immunisant contre les maladies dont le diagnostic peut s'établir par des réactions sériques d'agglutination ou d'hémagglutination, directe ou indirecte, ou par des réactions dtinnibition de l'hémaggluti- nation. C'est ainsi que- l'on peut réaliser des vaccins contre les brucelloses, les colibacilloses, les salmonelloses, les infections à base de staphylocoques ou de streptocoques, la tuberculose, la coqueluche, le choléra, la peste, la maladie de New-Castle, la grippe, etc... Ces vaccins peuvent être à l'usage vétérinaire ou à usage humain. les antigènes utilisés peuvent être de toute nature. Ils peuvent être, par exemple, constitués par des éléments ou extraits bactériens, des bactéries entières inactivées ou même des bactéries vivantes appartenant à des souches avirulentes. La présente invention a aussi pour objet un procédé pour la fabrication de vaccins non agglutinogènes caractérisé par le fait que l'on fait réagir sur une certaine quantité d'antigènes la quantité de lactosérum immun correspondant qui est nécessaire et suffisante pour saturer les sites agglutinogènes de l'antigène. On peut déterminer facilement la quantité nécessaire et suffisante de lactosérum en ajoutant à d'égales quantités d'antigènes des quantités croissantes de lactosérum agglutinant. En examinant, par des méthodes conventionnelles, 1 'agglutina- tion qui en résulte, on détermine quelles sont les proportions correspondantes de vaccin et de sérum. Conformément à l'invention, on peut utiliser le lactosérum proprement dit; si son titre en anticorps est suffisant. Dans le cas contraire, on peut utiliser les immunoglobulines qu'il contient. Pour cela, oninjecte à un animal en état de lactation, une souche de bactéries ou de virus correspondant à la maladie dont on recherche l'immunisation et l'on prélève le lait à un moment où son sérum continent un titre en anticorps élevé. les injections de bactéries ou de virus peuvent être continuées pendant la récolte du lait. Après écrèmage du lait, on récolte le petit lait, soit par action de la présure, soit par acidification, en précipitant la caséine. le petit lait peut être utilisé directement comme lactosérum si son titre en anticorps est suffisamment élevé. Dans le cas contraire, on sépare les immunoglobulines par la technique conventionnelle de relargage au sulfate d'ammonium. Dans le but de mieux faire comprendre 1'invention, on va en décrire, maintenant, à titre d'illustration et sans aucun carac tère limitatif, plusieurs modes de réalisation pris comme exemples: EXEMPtE 1 Préparation d'un vaccin anti-brucelligue. On cultive, par une technique conventionnelle, une souche de Brucella abortus Buck 19. Les bactéries obtenues sont mises en suspension dans une solution de formol à i/0Q. les Brucella ainsi inactivées sont utilisées comme antigènes. Pour préparer le lactosérum anti-brucellique on réalise sur une vache en état de lactation les injections suivantes: Pendant deux semaines, on réalise deux injections par semaine de 100 millions de Brucella B 19 inactivées, puis pendant trois semaines on réalise deux injections de 10 millions de Brucella B 19 vivantes par semaine. Toutes les injections sont effectuées dans un trayon mammaire. La récolte du sérum débute 48 heures après la dernière injection. On sépare le petit lait par de la présure, et on extrait les immunoglobulines par précipitation à l'aide de sulfate d'am- monium. La présence des anticorps est -titrée par séro-agglutination. Après le début de la récolte, on continue à injecter 10 millions de Brucella, de souche B.19 vivantes, deux fois par se maint. les conditions qui viennentd'être décrites ci-dessus sont celles qui permettent d'obtenir sensiblement une concentration maximum en anticorps antibrucelliques dans le sérum. Il va toutefois de soi que l'on peut s'écarter de ces conditions sans sortir pour cela du cadre de l'invention. On détermine les proportions de vaccin et de sérum qui correspondent de manière précise à la saturation des sites agglutinogènes en ajoutant à d'égales quantités de vaccin des quantités variables de sérum. Lorsque la proportion est déterminée, l'on réalise-la fabrication du vaccin selon l'invention par le mélange de quantités correspondantes de vaccin et de sérum. EXEMPLE 2 Préparation d'un vaccin non agglutinogène contre le virus de New Castle. On effectue la culture du virus de New Castle sur oeuf de poulet embryonné de 10 jours. On inåecte le virus par voie chorio-allantoidierlne. On laisse incuber pendant 30 heures à l'étuve à une température de 38,5, puis l'on sort de l'étuve et l'on conserve les oeufs ainsi incubés à une température de 4-OC pendant 12 heures. On prélève ensuite le liquide chorio-allantoldien, puis on titre le virus par test dthémaglutination. Cette suspension virale est inactivée par l'une des techniques conventionnelles. Pour préparer le sérum on injecte du virus de New Castle à une vache en état de lactation, comme indiqué à l'exemple 1. On procède à la récolte du lait, à son écrémage par une écrèmeuse de type conventionnel. On précipite la caséine par adjonction d'unie quantité d'acide acétique suffisante pour amener le petit lait à un pH de 4,6. On récolte le petit lait par filtration, et on ramène son pH à 6,5, On réalise deux précipitations successives des lactoglobulines par adjonction de sulfate d'ammonium à pH 4,6. les immuno-globulines précipitées sont recueillies, dissoutes dans l'eau, puis dialysées. On détermine ensuite les proportions d'immuno-globulines et de vaccin, comme indiqué précédemment, et l'on réalise le mélange qui permet d'obtenir un vaccin non agglutinogène. Il est bien entendu que les modes de réalisation qui ont été décrits ci-dessus ne sont donnés qu'à titre dtillustration et ne présentent aucun caractère limitatif à la présente invention. REVENI? ICATI0N 1. Vaccin ne donnant pas lieu à la formation d'anticorps agglutinants dans l'organisme récepteur, caractérisé par le fait qu'il résulte de la combinaison d'une quantité donnée d'antigènes agglutinogènes correspondant à la maladie dont on désire conférer l'immunité, avec la quantité de lactosérum immun correspondant nécessaire et suffisante pour saturer la totalité des sites agglutinogènes de l'antigène. 2. Vaccin selon la revendication 1, caractérisé par le fait que l'on combine les antigènes avec les immuno-globulines contenues dans le lactosérum. 3. Procédé de préparation d'un vaccin selon au moins une des revendications précédentes caractérisé par le fait que l'on met en présence une quantité donnée d'antigènes agglutinogènes et la quantité de lactosérum immun correspondant qui est nécessaire et suffisante pour saturer la totalité des sites agglutinogènes de ltan tigène. 4. Procédé pour fabriquer un vaccin selon au moins une des revendications 1 et 2, caractérisé par le fait que l'on met en présence une quantité donnée d'antigènes agglutinogènes avec un excès de sérum immun correspondant et qu'on élimine ensuite l'excès de sérum. 5. Procédé selon au moins une des revendications 3 et 4 caractérisé par le fait que l'on extrait du lactosérum les immunoglobulines que l'on fait ensuite agir sur le vaccin pour saturer les sites agglutinogènes de l'antigène.