La présente invention concerne le domaine des transports ferroviaires, notamment des croisements de voies ferrées, et a pour objet un coeur de croisement à patte de lièvre-mobile auto-protégé. Actuellement, pour éviter les ornières d'un coeur de croisement de voie ferrée au passage d'une roue de véhicule, il est possible de recourir soit à la solution de la pointe de coeur mobile, soit encore à la solution de la patte de lièvre mobile. La pointe de coeur mobile permet la suppression des ornières en voie directe et en voie déviée, mais nécessite cependant une manoeuvre actionnant la pointe de coeur et agissant en synchronisme avec la manoeuvre de l'aiguillage. La solution de la patte de lièvre peut être subdivisée en trois parties, à savoir deux pattes de lièvre mobiles avec deux contre-rails, deux pattes de lièvre mobiles sans contre-rail, avec calage des pattes de lièvre et motorisation, ou une patte de lièvre avec deux contre-rails. La solution à une seule patte de lièvre est particulièrement intéressante du fait que la voie déviée, dans lthypothèse d'un faible trafic sur la déviation, peut être utilisée par simple talonnage de la patte de lièvre, donc sans appareil de manoeuvre ou moteur. La présente invention a pour peut de réaliser un ensemble de croisement à patte de lièvre mobile de constitution simple, en partant de l'hypothèse que la vitesse de passage en voie déviée est faible, par exemple, inférieure à 20 km/h, tandis que la vitesse de passage en voie directe est relativement élevée, par exemple, de l'ordre de 80 km/h. A cet effet, l'invention a pour objet un coeur de croisement essentiellement constitué par une pointe en acier moulé munie de deux jambages présentant des ames de section réduite pour le raccordement à la voie courante, au moyen d'éclisses, > et par une patte de lièvre mobile auto-protégée. Conformément à une caractéristique de l'invention, la patte de lièvre est fixée~sur la toile du coeur de croisement par son talon, et présente une partie flexible, le glissement de la patte de lièvre étant assuré par des surfaces de glissement en saillie sur la toile du coeur. Selon une autre caractéristique de l'invention, le coeur de croisement est pourvu d'une partie de guidage surélevée venue de fonderie avec le coeur0 Conformément à une autre caractéristique de l'invention, à la partie d'extrémité libre de la patte de lièvre est prévu un ressort de rappel, qui peut éventuellement être complété par un amortisseur. L'invention sera mieux comprise grâce à la description ciaprès, qui se rapporte à un mode de réalisation préféré, donné à titre d'exemple non limitatif, et expliqué avec référence aux dessins schématiques annexés, dans lesquels la figure 1 est une vue en plan d!un coeur de croisement conforme à l'invention en position de voie directe la figure 2 est une vue analogue à celle de la figure 1 en position de voie déviée la figure 3 est une vue analogue à celle de la figure 2, un essieu: étant engagé sur la voie déviée la figure 4 est une vue en coupe suivant A-A de la figure 1 la figure 5 est une vue en coupe suivant B-B de la figure 1 ; la figure 6 est une vue en coupe suivant C-C de la figure 1 la figure 7 est une vue en coupe suivant D-D de la figure 1 la figure 8 est une vue en coupe suivant E-E de la figure 3, et la figure 9 est une vue en coupe suivant F-F de la figure 3. Conformément à l'invention, et comme le montrent à titre d'exemple, les figures 1 à 3 des dessins annexés, le coeur de croisement est essentiellement constitué par une pointe I en acier moulé munie de deux jambages 1'-1'1 présentant des ames de section réduite 2 pour le raccordement à la voie courante, au moyen d'éclisses, et par une patte de lièvre mobile auto-protégée 3. Dans ce cas, la voie directe est constituée par le jambage 1', par la pointe 1, et par la patte de lièvre 3, tandis que la voie déviée est constit-lée par le jambage 1" et par un jambage 4 opposé au premier, et séparé de celui-ci par une ornière 5. La patte de lièvre 3 est fixée sur la toile 6 du coeur de croisement par son talon 7, et présente une partie flexible 8, le glissement de la patte de lièvre 3 étant assuré par des surfaces de glissement 9 en saillie sur la toile 6 du coeur0 L'encastrement du talon 7 est assuré au moyen d'une partie nervurée 10 venant de fonderie avec le coeur de croisement, de cra pauds 11, d'une pièce de serrage 12 sur laquelle agissent des crapauds 13, qui sont boulonnés sur une nervure 14 et épaulés par une nervure 15. En outre, le talon 7, la partie nervurée 10, et la pièce de serrage 12 sont assemblés par boulonnage. A sa partie libre près de la pointe 1, la patte de lièvre 3 forme avec cette dernière une ornière 16 dont la largeur va en s'agrandissant vers l'extrémité de la patte 3 par la présence entre le jambage 1 et la patte 3, de butées 17. La fixation du talon 7 permet de régler la position de la patte de lièvre 3 de telle manière que, par son élasticité propre, elle s'applique contre les butées 17, ornière 16 présentant alors une largeur de l'ordre de 5 mm. Pour le guidage du mentonnet 18 de la roue d'un essieu 19 en voie directe, il est prévu un contre-rail 20 parallèle à ladite voie directe, le passage en voie directe de l'essieu 19 ayant lieu, dans ce cas, en faisant rouler le mentonnet 18' librement à travers l'ornière 5 s'étendant le long du jambage 1' (figure 1). La surface de roulement en voie directe ainsi réalisée est continue et ne présente pas d'ornière pour le roulement de l'essieu. La figure 4 représente en coupe le détail de la fixation du talon 7 de la patte de lièvre 3. Ce dernier est encastré entre la partie nervurée 10, qui vient de fonderie avec le coeur de croisement, et la pièce de serrage 12 qui est elle même appliquée contre le talon 7 par l'intermédiaire des crapauds i3 serrés sur la nervure 14, et prenant appui par leur autre cavé, sur la nervure 15. Par un ajustage des surfaces portantes de la partie nervurée 10, et en agissant sur le serrage des crapauds 13, on obtient un serrage plus ou moins fort de la patte de lièvre sur la pointe 1 au niveau de l'ornière 16, ce qui a pour effet de permettre le retour plus ou moins brusque de ladite patte 3 lors du talonnage. La figure 5 montre la roue passant en voie directe au-dessus de la pointe réelle du coeur. Du fait du rappel du contre-rail 20, qui agit sur le mentonnet 18 de la roue extérieure, le mentonnet 182 de la roue intérieure, qui roule sur la patte de lièvre 3 passe dans l'ornière 5, et la patte de lièvre 3 reste en contact avec la butée 17 en formant avec la pointe 1 l'ornière réduite 16. Comme le montre la figure 6, qui est une vue en coupe suivant C-C de la figure 1, dans la poursuite de son avance avec guidage par l'ornière 5, la roue commence à porter sur la pointe 1 tout en étant encore largement appuyée sur la patte 3O Après le franchissement du point de croisement, au niveau de la coupe suivant D-D de la figure 1 représentée à la figure 7, la roue porte complètement sur la pointe 1, libérant la patte 3, et le mentonnet 18' continue de rouler dans l'ornière 5. Conformément à une caractéristique de 11 invention, le coeur de croisement est pourvu, du coté des jambages 4 et 1', d'une partie de guidage surélevée 22 venant de fonderie avec le coeur et servant de guidage extérieur à la roue de l'essieu 19 (figures 1 à s > o La figure 2 représente le coeur de croisement conforme à l2inverion lors du passage de l'essieu 19 en voie déviée dans le sens indiqué par la flèche 21. Dans ce cas, la face extérieure 23 de la roue de l'essieu 19 entre en contact avec la partie de guidage surélevée 22. Par ce guidage de la face 23, le mentonnet 18 de la roue est amené en contact avec une face 26 de la patte de lièvre 3, déplaçant cette dernière vers l'extérieur par glissement sur les surfaces 9, et augmentant ainsi la largeur de l'ornière 16. La partie de guidage 22 est disposée de telle manière qu'elle permette au mentonnet 18 de se présenter en face de l'ornière 16 et d'y pénétrer (figures 2 et 3). Le guidage de la face 23 par la partie 22 est assuré jusqu'à ce que le mentonnet 18 s'engage complètement dans l'ornière 16, qui se referme progressivement au fur et à mesure que l'essieu 19 avance, la patte de lièvre 3 reprenant sa position initiale (figure 1). Afin de permettre une bonne fermeture de I1 ornière 16 après le passage du dernier essieu 19, la patte de lièvre 3 est pourvue près de son extrémité libre d'un ressort de rappel 24 appliqué contre llame de la patte de lièvre. D'autre part, en vue d'éviter le claquement de la patte de lièvre sollicitée par le mentonnet 18, un amortisseur 25 peut etre adjoint au ressort 24. Lors du passage en voie déviée de la roue, à la pointe réelle, comme le montre la figure 8 qui est une vue en coupe suivant E-E des figures 2 et 3, la partie de guidage surélevée 22 agit sur la face extérieure 23 de la roue, dont la face du mentonnet 18 force l'ouverture de l'ornière 16 entre la patte de lièvre 3 et; la pointe 1, de manière à permettre le passage de la roue en déviation. La figure 9 représente dans une coupe suivant F-F de la figure 3, le passage de la roue en voie déviée au-delà de la pointe réelle. A cet instant, la roue commence à porter sur la pointe 1, qui assure en même temps son guidage latéral, et la face extérieure 23 de la roue n'est plus en contact avec la partie de guidage surélevée 22. Be flanc du mentonnet 18 maintient l'ornière 16 entre la pointe 1 et la patte de lièvre 3 à une largeur suffisante pour permettre le passage de la roue, qui, lorsqu'elle arrive vers l'extré- mité libre de la patte de lièvre, passe dans l'élargissement de l'or- nière 16, ce qui a pour effet de permettre un retour progressif en position de repos de la patte 3 et ainsi une réduction de l'ornière 16 à sa largeur d'origine. Grâce à l'invention, il est possible de simplifier considérablement un croisement avec patte de lièvre mobile en supprimant le contre-rail correspondant à la branche déviée du coeur de croisement, et en prévoyant une patte de lièvre mobile flexible, ainsi qu'un guidage de la roue, appelée à talonner la patte de lièvre, au moyen d'une partie de guidage surélevée, venant de fonderie avec le coeur de croisement, et qui agit sur le flanc extérieur de la roue qui talonne la patte de lièvre. Be croisement conforme à l'invention permet, en outre, un passage en vitesse en voie directe sans ornière avec guidage par un contre-rail unique, et un passage en voie déviée en talonnant à faible vitesse, le guidage étant assuré par une partie surélevée du coeur de croisement venant de fonderie avec ce dernier. Be croisement conforme à l'invention est donc d'un prix de revient inférieur à ceux existants, et ses frais d'entretien sont notablement moindres. Bien entendu, l'invention n'est pas limitée au mode de réalisation décrit et représenté aux dessins annexés. Des modifications restent possibles, notamment du point de vue de la constitution des divers éléments, sans sortir pour autant du domaine de protection de l'invention. -REVENDICBTIONS-- 1. Coeur de croisement caractérisé en ce qu'il est essentiellement constitué par une pointe en acier moulé munie de deux jambages présentant des ames de section réduite pour le raccordement à la voie courante, au moyen d'éclisses, et par une patte de lièvre mobile auto-protégée. 2. Coeur de croisement suivant la revendication 1, caractérisé en ce que la patte de lièvre est fixée sur la toile du coeur de croisement par son talon, et présente une partie flexible, le glissement de la patte de lièvre étant assuré par des surfaces de glissement en saillie sur la toile du coeur. 3. Coeur de croisement suivant la revendication I; -caracté- risé en ce qu'il est pourvu d'une partie de guidage surélevée venue de fonderie avec le coeur. 4. Coeur de croisement suivant l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisé en ce qu'à la partie d'extrémité libre de la patte de lièvre est prévu un ressort de rappel, qui peut éventuellement etre complété par un amortisseur.