La présente invention,due à Iosif Khaimovich SHAVER et Viktor Grigorievich KRONGAUZ, se rapporte aux dispositifs pour mesurer les paramètres d'un rayonnement ionisant et concerne plus précisément les détecteurs de rayonnement ionisant. L'invention peut être appliquée avec succès à la dosimétrie individuelle d'un rayonnement X, gamma- ou neutronique dans l'industrie, la médecine, la radiobiologie et au cours de diverses expériences de physique. On connaît des détecteurs de rayonnement ionisant h base de luminophores, prévus pour la dosimétrie par thermoluminescence. Le principe de fonctionnement de tes détecteurs consiste en ce que l'énergie d'un rayonnement ionisant, sous forme d'électrons et de trous captés sur les défauts, est transformée par échauffement en énergie de luminescence. Ces ddtec- teurs présentent un poids et un encombrement réduits et peu vent -fonctionner dans une large gamme de doses. La plupart des détecteurs- utilises pour l'enregistrement des rayonnements X et gamma, par exemple a base de CaS04, CaF2, LIF, BeO, Li2B407, MgF2, Mg2Si04, SrS, SrS04, BaSO4, satisfont, dans une certaine mesure, aux exigences de haute sensibilité par rapport au rayonnement X et gamma et de conservation prolongée de l'information dosimétrique. La luminosité totale émise par chacun de ces détecteurs caracterise la dose absorbée par le matériau du détecteur.Cependant pour resou- dre la plupart des problèmes dosimétriques il faut déterminer la dose absorbee, non par le détecteur, mais par l'objet concret irradié, par exemple par un tissu biologique mou, un tissu osseux, etc. A cet effet il faut que le détecteur possède une dépendance déterminée ou réglée de la sensibilité en fonction de énergie du rayonnement gamma ou X, c'est-à-dire que la relation énergétique de la sensibilité doit être analogue au coefficient massique d'absorPtion de l'énergie du rayonnement par l'objet irradié.Par exemple, pour determiner les doses absorbées part un tissu biologique mou, il faut assurer l'équiValence du détecteur au tissu, ce qui, en particulier, est obtenu grâce au rapprochement des nombres atomiques effectifs du-matériau du détecteur et du tissu biologique mou. On utilise à présent dans les détecteurs pour la dosimétrie par thermoluminescence un nombre extrêmement limité de matériaux pour les détecteurs équivalents i des tissus, ce qui est en rapport, en premier lieu, avec le choix restreint de bases inorganiques équivalentes aux tissus et d'activateurs appropriés pour celles-ci. Ainsi, parmi les matériaux cités ci-dessus, seuls les luminophores i base de LîF, Li2B407, BeO possèdent des nombres atomiques effectifs proches de ceux du tissu. Cependant ces luminophores possèdent une haute sensibilité, et les plus souvent utilisés de ceux-ci, savoir le LiF et le Li2B407, ont une fonction de dosage non linéaire. A l'aide des détecteurs prévus pour la dosimétrie par thermoluminescence, on peut déterminer l'énergie moyenne d'un rayonnement X ou gamma (la qual-ité d'un rayonnement). Ceci se fait en comparant les lectures de deux ou plus détecteurs différant notablement par leur nombre atomique effectif. L'enregistrement efficace des flux de neutrons thermiques par les détecteurs indiqués est réalisé soit à l'aide de luminophores dans la composition desquels entrent des éléments à forte section de capture des neutrons thermiques, tels le lithium et le bore, soit d'après l'activation d'un élément quelconque du luminophore. La sensibilité propre des matériaux utilisés pour la dosimétrie par thermoluminescence, vis-à-vis des neutrons rapides est extrêmement faible, et pour les enregistrer on utilise soit une méthode de radiateurs de protons, soit une méthode de dosimétrie de l'albédo. Cependant ces méthodes sont compliquées et comportent une série de restrictions et d'inconvénients. Une méthode intéressante est la méthode d'enregistrement des neutrons dans les champs neutroniques et mixtes gammaneutroniques, qui est basée sur le fait que l'excitation par neutrons peut entraîner une modification du rapport entre les crêtes de la thermodesexcitation. Les inconvénients de cette méthode sont l'irréproductibilité des résultats même pour la même base (LiF), la possibilité de détecter seulement des flux de rayonnements gamma et de neutrons comparables, et l'impossibilité d'un stockage prolongé de l'information. A la différence des détecteurs prévus pour la dosimétrie par thermoluminescence, dans les détecteurs à scintillation largement connus on utilise avec succès des matériaux organiques et inorganiques, à l'aide desquels on peut résoudre de nombreux problèmes d'enregistrement déterminés ou réglés pour divers types et diverses énergies du rayonnement ionisant. Cependant l'encombrement important et le poids notable des détecteurs à scintillation ne permettent pas de les utiliser pour la dosimétrie individuelle, clinique et au cours de nombreuses expériences. L'application des matériaux organiques pour la dosimétrie par thermoluminescence est d'ordinaire impossible à cause de l'instabilité de leurs propriétés luminescentes sous l'effet d'une action thermique. Les paramètres dosimétriques les plus parfaits appartiennent aux détecteurs de rayonnement ionisant à base d'un luminophore du type fluorure de calcium activé au manganèse CaF2: Mn. Ces détecteurs possèdent une haute sensibilité aux rayonnements X et gamma, sont commodes pour la lecture du spectre de thermoluminescence, possèdent une relation linéaire dans une large gamme entre la thermoluminescence de sortie et la dose de rayonnement et sont, de plus, capables de conserver, pendant une période prolongée, la luminosité totale emmagasinée. L'inconvénient principal des détecteurs à base de CaF2 : Mn réside dans l'impossibilité-d'un enregistrement déterminé ou réglé des rayonnements ionisants de divers types et énergies, impossibilité due aux facteurs suivants. CaF : Mn (comme d'ailleurs la plupart des matériaux inorganiques) possède une forte dépendance énergétique de la sen sibilité. Ceci se manifeste par le fait que, pour une valeur constante de la dose d'exposition à un rayonnement X-ou gamma, les lectures des détecteurs dépendent dans une forte mesure, du spectre du rayonnement X ou gamma. Ainsi la sensibilité de CaF2 : Mn à un rayonnement ayant une-énergié de 30 KeV est 15 fois supérieure à la sensibilité à un rayonnement ayant une énergie de 1,25 MeV. Cette dépendance énergétique peut être partiellement corrigée au moyen de filtres métalliques absorbant le domaine à faible énergie du spectre d'un rayonnement photonique. Cependant un tel procédé comporte, en soi, des inconvénients sérieux : augmentation de ltencombrement, du poids et du coût du détecteur, réduction de la limite infé- rieure des énergies de -rayonnement enregistrées et apparition d'une dépendance angulaire. Cette dernière peut par ailleurs être éliminée en utilisant des filtres sphériques, mais entraîne l'accroissement encore plus poussé-de l'encombrement, du poids et du coût du détecteur. CaF2 : Mn (comme tous les luminophores inorganiques) possède une très faible sensibilité aux neutrons rapides. Un détecteur à base de CaF2 : Mn ne permet pas de réaliser une détection sélective dans les champs mixtes gamma-neutroniques. D'autre part, un détecteur à base de CaF2 : Mn ne permet pas de déterminer la qualité d'un rayonnement X ou gamma. La présente invention vise à fournir un détecteur de rayonnement ionisant réalisé de telle façon et avec de tels matériaux qu'il permette d'obtenir un enregistrement déterminé ou réglé des rayonnements de types divers, de déterminer l'énergie moyenne du spectre d'un rayonnement X ou gamma et d'enregistrer efficacement -les neutrons dans les champs neutroniques et mixtes gamma-neutroniques. Le problème posé est résolu à l'aide d'un détecteur de rayonnement ionisant, comportant un luminophore, caractérisé en ce qu'il comporte en outre un scintillateur pour le rayonnement ionisant à enregistrer et est réalisé sous la forme d'un bloc unique, combinant ce scintillateur avec un luminophore, le luminophore possédant un spectre d'excitation de la thermoluminescence recouvrant le spectre de rayonnement du scintillateur. Il est avantageux, lors de l'enregistrement d'un r-ayonnement X ou gamma d'utiliser comme scintillateur un matériau possédant une relation déterminée ou réglée entre la réponse des scintillations et l'énergie du rayonnement X et gamma et d'utiliser comme luminophore un matériau possédant des crêtes différentes de thermodésexcitation lors de l'excitation du scintillateur par un rayonnement X ou gamma. On peut utiliser comme scintillateur pour l'enregistrement d'un rayonnement X ou gamma un matériau équivalent à un tissu. Lorsqu'on détermine soit la dose d'un rayonnement X ou gamma, soit l'énergie moyenne du spectre de ce rayonnement il est avantageux d'utiliser comme scintillateur du sulfure de strontium activé au samarium et au terbium SrS : Sm, Tb. Une telle réalisation du détecteur de rayonnement ioni sant faisant l'objet de la présente demande de brevet permet d'obtenir un enregistrement déterminé ou réglé de divers types de rayonnements ionisants. Les caractéristiques de l'invention ressortiront plus particulièrement de la description ci-après donnée à titre d'exemple et expliquée p-ar des exemples concrets en se référant à la figure unique annexée, qui représente les courbes de thermodésexcitation du luminophore du détecteur de rayonnement ionisant, selon l'invention. Le détecteur de rayonnement ionisant, selon l'invention, est réalisé en un bloc unique, comportant, en combinaison, un scintillateur enregistrant le rayonnement ionisant et un luminophore avec unspectre d'excitation de la thermoluminescence recouvert par le spectre de rayonnement du scintillateur. L'efficacité de l'enregistrement de divers types de rayonnements ionisants dépenddes particularités constructives du détecteur, selon l'invention, et en premier lieu, de la manière de combiner le scintillateur avec le luminophore (alliage, produit fritté, mélange mécanique de composants à dispersion fine, contact optique entre le scintillateur et le luminophore, etc.). Un rale décisif est attribué, lors de la sélection du mode de combinaison, à- la nature chimique des composants et à la possibilité de leur réchauffement conjoint au cours de leur thermodésexcitation.Ainsi, lorsqu'on utilise en qualité de scintillateur des matériaux organiques, les échantillons du scintillateur et du luminophore sont mis en contact, soumis à un rayonnement et conservés, tandis que l'on soumet seulement le luminophore à la lecture (à l'échauffement et on relève la thermoluminescence). Lors de l'enregistrement d'un rayonnement X ou gamma, on utilise, dans le détecteur de rayonnement ionisant, selon l'invention, comme scintillateur un matériau possédant une relation détèrminée ou réglée entre la réponse des scintil lations et l'énergie du rayonnement X et gamma, et comme luminophore on utilise un matériau possédant n'importe quelle relation énergétique de la réponse thermoluminescente, mais possédant des crêtes différentes de thermodésexcitation pour le rayonnement X et gamma du scintillateur. Ces exigences sup plémentaires auxquelles doit satisfaire le luminophore sont dues au fait, qu'en cas d'emmagasinage des porteurs de charge aux mêmes niveaux de capture la réponse déterminée ou réglée du détecteur ne peut être obtenue qu'en cas d'une grande efficacité de transmission de l'énergie du scintillateur au luminophore.Si on satisfait à cette exigence supplémentaire, la-réponse déterminée ou réglée est obtenue indépendamment de l'efficacité de transmission de l'énergie et la lecture est réalisée d'après la différence des crêtes de thermodésexcitation : une crête caractérise la somme de luminosité accumulée grace à la propre absorption,par le luminophore, du rayonnement ionisant (réponse non réglée) et l'autre, par la somme de luminosité accumulée, grâce à l'absorption par le luminophore du rayonnement du scintillateur (réponse réglée). L'enregistrement de doses de rayonnement X ou gamma, équivalentes à l'absorption par un tissu biologique mou, est obtenu grâce au fait qu'on utilise comme scintillateur, conformément à l'un des modes de réalisation du détecteur selon l'invention, un matériau équivalent à un tissu biologique, possédant un nombre atomique effectif voisin du nombre atomique du tissu biologique (appelé ci-après scintillateur équivalent au tissu). Les larges possibilités d'atteindre le but que l'on s'est proposé qu'offre l'application d'une combinaison d'un scintillateur équivalent au tissu et d'un luminophore sont dues au choix très large de bases organiques pour un tel scintillateur, - par exemple l'anthracène, la naphtalène, le stilbène. En qualité de luminophore on utilise du sulfure de strontium activé au sararium et au terbium SrS : Sm, Tb. On détermine la qualité du rayonnement X et gamma en appliquant, selon un autre mode de réalisation du détecteur selon l'invention, un matériau équivalent à l'air, c'est-à-dire un matériau possédant une courbe du coefficient massique d'absorption de l'énergie du rayonnement X et gamma proche de celle de l'air. Une telle réalisation du détecteur proposé permet de déterminer la dose du rayonnement X et gamma et l'énergie moyenne du spectre d'un tel rayonnement. Comme matériau équivalent à l'air on peut utiliser les mêmes bases organiques que pour un matériau équivalent à un tissu biologique. Cependant, il faut introduire une correction appropriée pour assurer l'égalité des nombres atomiques effectifs du matériau et de l'air. On présente une exigence supplémentaire envers le luminophore travaillant en combinaison avec un tel scintillateur, qui est la même que pour l'enregistrement déterminé ou réglé des doses de rayonnement X et gamma. Comme luminophore on utilise du SrS : Sm,Tb. Lors de l'enregistrement d'un rayonnement neutronique dans les champs neutroniques ou mixtes gamma-neutroniques on utilise avec succès, dans le détecteur de rayonnement ionisant selon l'invention, comme scintillateur un matériau possédant une réponse effective desscintillations lors de l'action des neutrons du domaine énergétique à enregistrer et comme luminophore on utilise un matériau possédant une crête distincte de thermodésexcitation correspondant à l'excitation par le rayonnement du scintillateur. Cette exigence supplémentaire envers le luminophore est valable pour la détection sélective des neutrons dans les champs mixtes gamma-neutroniques. Au cours de l'enregistrement des neutrons thermiques selon l'un des modes de réalisation du détecteur de rayonnement ionisant on utilise comme scintillateur un matériau possédant une réponse effective des scintillations lors de l'action des neutrons thermiques. Ce scintillateur peut être réalisé avec -des matériaux dont la composition comporte des éléments à forte section de capture des neutrons thermiques, tels le Li, B, etc. L'un des scintillateurs les plus efficaces pour les neutrons thermiques est le sulfure de zinc activé avec de l'argent et une addition de bore ZnS : Ag, B. Comme luminophore on utilise du sulfure de strontium activé au samarium et au terbium SrS : Sm, Tb. Lors de l'enregistrement des neutrons rapides selon un autre mode de réalisation du détecteur de rayonnement ionisant, on utilise comme scintillateur un matériau possédant une réponse effective de scintillations lors de l'action de neutrons rapides. Pour ce scintillateur on peut utiliser, par exemple, des matériaux contenant de l'hydrogène, par exemple, des scintillateurs liquides ou en matière plastique, en particulier, une matière plastique scintillante telle le polystyrène avec du paraterphényle et POPOP. Comme luminophore on utilise du SrS : Sm,Tb. Ainsi, les larges possibilités offertes pour atteindre le but que l'on s'est proposé qu'offre l'utilisation d'une combinaison de scintillateurs neutroniques et d'un luminophore sont dues à la présence de scintillateurs à neutrons thermiques, tels le ZnS : Ag, B, ainsi qu'au choix très vaste de bases organiques contenant de l'hydrogène pour les scintillateurs à neutrons rapides. Comme luminophore universel pour le détecteur proposé on utilise du sulfure de strontium activé au samarium et au terbium SrS : Sm, Tb. Le principe de fonctionnement du détecteur de rayonnement ionisant selon l'invention est le suivant. Le détecteur de rayonnement ionisant selon l'invention, comporte, en combinaison, comme scintillateur un matériau possédant une dépendance déterminée ou réglée entre la réponse des scintillations et l'énergie du rayonnement X ou gamma et comme luminophore un matériau possédant des crêtes distinctes de thermodésexcitation, lors de l'excitation par un rayonnement X ou gamma et avec le rayonnement du scintillateur, et il est irradié par un rayonnement X ou gamma. Ce dernier est ab- - sorbé par le scintillateur et par le luminophore. L'absorption du rayonnement X et gamma par le scintillateur provoque sa luminescence ; la réponse en scintillations du scintillateur en fonction de l'énergie du rayonnement X et gamma est fonction de la dépendance énergétique du coefficient d'absorption massique.Ainsi, si le scintillateur est équivalent à un tissu biologique, sa réponse en scintillations est caractérisée par la dose de rayonnement équivalent à celle qui est absorbée par un tissu biologique mou. La luminescence du scintillateur excite la thermoluminescence du luminophore, qui se manifeste dans l'une des crêtes de thermodésexcitation. L'absorption propre, par le luminophore, du rayonnement X et gamma excite une thermoluminescence, qui se manifeste dans une autre crête de thermodésexcitation. Le détecteur de rayonnement ionisant, selon l'invention, comporte en combinaison comme scintillateur un matériau possédant une réponse effective des scintillations lors de l'action des neutrons du domaine énergétique à enregistrer et comme luminophore un matériau possédant des crêtes distinctes de thermodésexcitation correspondant à l'excitation par le rayonnement du scintillateur, qui est irradié dans des champs neutroniques ou mixtes gamma-neutroniques. Le principe de fonctionnement de ce détecteur est analogue à celui décrit ci-dessus. La particularité principale consiste en ce que les luminophores sont pratiquement insensibles, par exemple, aux neutrons rapides, espar conséquent, la thermoluminescence n'est excitée que par l'absorption de la luminescence du scintillateur et ne se manifeste plus principalement que par une crête de thermodésexcitation. Il existe également une certaine différence dans l'absorption de l'énergie du rayonnement ionisant par un scintillateur. Ainsi, en cas dtirradiation du détecteur selon l'invention par des neutrons c'est ltinteraction des neutrons, en particulier des neutrons thermiques, avec un élément quelconque, possédant uneplus grande section de capture des neutrons thermiques, qui est primaire, tandis que les neutrons rapides ont l'interaction avec l'hydrogène du scintillateur primaire. En cas d'irradiation du détecteur selon l'invention par des neutrons dans des champs mixtes gamma-neutroniques, on détermine au moyen d'une graduation appropriée la dose de divers types de rayonnement ionisants d'après l'inten-sité des crêtes de thermodésexcitation. On donnera ci-après des exemples concrets de réalisation du détecteur de rayonnement ionisant, selon l'invention. Exemple 1 Le détecteur de rayonnement ionisant, selon.l'invention, prévu pour l'enregistrement des doses de -rayonnement X et gamma equivalentesà celles absorbées par-un- tissu biologique mou, comporte, raccordés directement l'un à l'autre (ou à travers un conduit de lumière), un scintillateur (un matériau équivalent à un tissu, à base d'anthracène) et un luminophore (du sulfure de strontium activé au samarium et au terbium SrS Sm, Tb). L'anthracène peut remplir directementles fonctions d'un matériau équivalent à un tissu biologique. Cependant son nombre atomique effectif est quelque peu inférieur à celui d'un tissu biologique mou, ce qui conduit à une erreur d'équivalence vis-à-vis d'un tissu biologique dans le domaine des fables énergies du spectre du rayonnement X ou gamma. Pour obtenir l'équivalence totale à un tissu biologique on fait appel à un procédé de compensation-largement connu. Le matériau qui en résulte est un scintillateur équivalent à un tissu effectif la dépendance énergétique de la réponse en scintillations est analogue à la dépendance énergétique du coefficient massique d'absorption de l'énergie d'un rayonnement par un tissu biologique mou. Le spectre de rayonnement d'un scintillateur à base d'anthracène posséde un maximum pour 445 nm. Le luminophore SrS : Sm, Tb, accumulateur de cette luminescence, a la propriété d'exciter une thermoluminescence sous l'action du rayonnement X et gamma, comme sous l'action du rayonnement du scintillateur choisi. Sur la figure unique, on a porté en abscisses la température T en oC Celsius et en ordonnées l'intensité 1 de la thermoluminescence en unités relatives ; on voit que la luminosité totale emmagasinée par le luminophore SrS : Sm,Tb, due uniquement à sa propre absorption du rayonnement X et gamma, est caractérisée surtout par la crête à basse température Q de la courbe de thermodésexcitation. 1. L'analyse de la courbe 1 de thermodésexcitation montre qu'une partie de la somme totale de luminosité, emmagasinée par le luminophore grâce à sa propre absorption du rayonnement ionisant et désexcitée dans la crête à haute température b(S2-), est constante et égale à 6% de la part de luminosité totale désexcitée dans la crête à basse température Q(S1). Lorsqu'on irradie par un rayonnement X ou gamma un détecteur constitué par une combinaison du scintillateur choisi avec un luminophore SrS:Sm,Tb, ce dernier emmagasine une luminosité totale désexcitée sous la forme de crêtes comparables de la courbe de thermodésexcitation 2, dont la crête à basse température "a' caractérise la somme de luminosité (S1) emmagasinée due à la propre absorption par le luminophore du rayonnement ionisant, tandis que la crête à haute température "b" caractérise surtout la luminosité totale (S'.2) emmagasinée par le luminophore grâce à l'énergie que lui a transmis le scintillateur équivalent à un tissu biologique. En partant de l'analyse de la courbe 1 de thermodésexcitation pour la luminosité totale S'2 de la courbe de thermodésexcitation 2 on trouve l'expression suivante S'2 S2 S2 0,06 S1. (1) Les expériences effectuées ont fait voir que la luminosité totale S1, comme attendu, augmente brusquement lorsque lténer- gie du rayonnement X ou gamma diminue (E > . Ainsi B1, lorsque E= 80 keV, est environ 30 fois plus grande que lorsque EY 1,25 MeV (pour une dose d'exposition constante). D'autre part, dans ces conditions S'2 varie faiblement dans une large gamme d'énergies E, en suivant la dépendance énergétique du coefficient massique d'absorption d'un rayonnement par un tissu biologique mou. Exemple 2 Le détecteur de rayonnement ionisant selon l'invention pour déterminer l'énergie moyenne du spectre d'un rayonnement X ou gamma comporte, raccordés l'un à l'autre directement (ou par l'intermédiaire d'un conducteur de lumière), un scintillateur (un matériau équivalent à l'air, à base de stilbène) et un luminophore (sulfure de strontium activé au samarium et au terbium SrS : Sm,Tb). Le scintillateur équivalent à l'air à base de stilbène est obtenu de façon analogique au scintillateur équivalent au tissu de l'exemple précédent et posséde un spectre de rayonnement avec un maximum à 410 nm. Le luminophore SrS : Sm,Tb est un accumulateur de cette luminescence et a pour propriété d'exciter une thermoluminescence sous l'action d'un rayonnement X ou gamma et sous l'action du rayonnement du scintillateur choisi. Par analogie avec ce qui est exposé dans l'exemple 1, lors de l'irradiation par un rayonnement X ou gamma du détecteur constitué par la combinaison du scintillateur choisi équivalent à l'air avec un luminophore SrS : Sm,Tb, ce dernier accumule la somme de luminosité désexcitée sous la forme de deux crêtes comparables de la courbe 2 de thermodésexcitation, dont la crête à basse température "a" caractérise la luminosité totale (S1), accumulée grâce à la propre accumulation du rayonnement ionisant par le luminophore, la crête à haute température "b" caractérisé principalement la luminosité totale (52) accumulée par le luminophore grâce à l'énergie transmise à lui par le scintillateur équivalent à l'air. La luminosité totale S'2 est déterminée par la même expression que dans l'exemple 1. Etant donné que la luminosité totale S1 est proportionnelle au coefficient massique d'absorption de l'énergie du rayonnement ionisant par le luminophore SrS : Sm,Tb, soit (M/) en SrS : Sm,Tb, tandis que l-a luminosité totale S'2 est proportionnelle au coefficient massique d'absorption de l'éner- gie du rayonnement ionisant par l'air : (M/#) en O, tandis que la dépendance du rapport de : gMA)en SrS:Sm,Tb /g en O de l'énergie du rayonnement X ou- gamma (EX ) est déterminée à partir des expressions généralement connues ou à partir des tables existantes, il est évident que, d'après la valeur du rapport S1/S'2, on trouve aisément la valeur de-l'énergie moyenne du spectre du rayonnement X ou gamma. Exemple 3 Le détecteur de rayonnement ionisant selon l'invention, prévu pour l'enregistrement des flux de neutrons thermiques comporte un scintillateur (sulfure de zinc activé à l'argent avec une addition de bore ZnS : Ag,B) et un luminophore (sulfure de strontium activé au samarium et au terbium SrS : Sm,Tb), le scintillateur et le luminophore sont raccordés l'un à l'autre directement (ou à travers un guide de lumière) ou bien leur combinaison constitue un mélange mécanique de poudres finement dispersées. Dans ce dernier cass lors de la lecture de l'information, il faut exclure la thermoluminescence du ZnS Ag, B. Le spectre de rayonnement du scintillateur ZnS : Ag,B posséde un maximum à 450 nm. Le luminophore SrS : Sm,Tb est un accumulateur de cette luminosité et a la propriété d'eSciter la thermoluminescence sous l'effet du scintillateur choisi. Lors de l'irradiation par des neutrons thermiques du détecteur constitué par la combinaison d'un scintillateur ZnS Ag, B avec un luminophore SrS : Sm,Tb, ce dernier emmagasine une luminosité totale désexcitée sous la forme d'une crête à haute température de thermodésexcitation (la courbe 3 de thermodésexcitation). Dans ce cas, la crête à basse température est absente, car la propre sensibilité du SrS : Sm,Tb par rapport aux neutrons thermiques est faible, tandis que la crête à température élevée caractérise la luminosité totale emmagasinée par le luminophore grâce à l'énergie que lui a transmise le scintilateur, c'est-à-dire qu'elle caractérise le flux de neutrons thermiques. Lors de l'irradiation de ce détecteur par un rayonnement mixte gamma-neutronique (rayons gamma + neutrons thermiques) le luminophore SrS : Sm,Tb emmagasine une luminosité totale désexcitée sous la forme de deux crêtes (courbe 2 de thermodésexcitation) parmi lesquelles la crête à basse température "a" caractérise la luminosité totale (S1) emmagasinée grâce à l'absorption par le luminophore lui-même du rayonnement gamma, tandis que la crête à- température élevée "b" caractérise essentiellement la luminosité totale (S'2) emmagasinée par le luminophore grâce-àlténergie que lui a transmise le scintillateur. La luminosité totale S'2 est obtenue par lamême expression que dans l'exemple 1.Toutefois cette luminosité totale caractérise le flux de neutrons thermiques seulement en cas d'un faible fond gamma, accompagnant le rayonnement neutronique, car le scintillateur ZnS : Ag, B est sensible non seulement aux neutrons thermiques, mais aussi au rayonnement gamma. Au cas dtun fond gamma important accompagnant le rayonnement neutronique (c'est le cas qui correspond à-la condi tion S1 # S2), le flux de neutrons thermiques est caractérisé par la luminosité totale S'2 formule dans laquelle S"2 représen=te la luminosité totale emmagasinée par le luminophore SrS : Sm,Tb, grâce à la lu minescence du ZnS : Ag,B,due, surtout, à la sensibilité de ce dernier par rapport au rayonnement gamma, et désexcitée dans la crête à haute tempériture "b".La valeur de S"2 par rapport à Si peut être obtenue lors de l'irradiationdu détecteur par un rayonnement gamma, alors S"2 comprend automatiquement la valeur 0,06 Sa, Exemple 4 Le détecteur de rayonnement ionisant selon l'invention prévu pour l'enregistrement des flux de neutrons rapides comporte, reliés l'un à l'autre directement (ou à travers un guide de lumière), un scintillateur, savoir une matière plastique scintillante (polystyrène avec du para-terphényle et POPOP) et un luminophore, savoir du sulfure de strontium activé au samarium et au terbium SrS : Sm,Tb. Le spectre de rayonnement du scintillateur choisi possède un maximum dans le-domaine allant de 390 à 430 nm. Le luminophore SrS : Sm,Tb est un accumulateur de cette luminescence et a la propriété d'exciter une thermoluminescence sous l'action du rayonnement du scintillateur choisi. Lors de l'irradiation par neutrons rapides du détecteur constitué par une combinaison du scintillateur choisi avec un luminophore SrS : Sm,Tb, ce dernier emmagasine une lumino sité totale qui est désexcitée sous la forme d'une crête à haute température (courbe 3 de thermodésexcitation). Dans ce cas, la crête à faible température est absente, car la sensi bilité propre du SrS : Sm,Tb par rapport aux neutrons rapides est faible, tandis que la crête à haute température caracté rise la luminosité totale emmagasinée par le luminophore grâce à l'énergie transmise à lui par le scintillateur, c'est-à-dire caractérisé le flux des neutrons rapides. Lors de l'irradiation de ce détecteur par un rayonnement mixte gamma-neutronique (rayons gamma+neutrons rapides),par analogie avec ce qui est exposé à l'exemple 3,le flux de neutrons rapides est caractérisé'par la luminosité totale S'2,déterminée soit à l'aide de la relation(i)si CS2, soit à l'aide de la relation (2)si S1) 52,car le scintillateur choisi est sensible aux neutrons rapides, mais aussi au rayonnement gamma Les exemples montrent qu'à l'aide du détecteur proposé, réalisé sous la forme d'une combinaison d'un scintillateur avec un luminophore, on obtient l'équivalence à un tissu (alors que le luminophore utilisé SrS :Sm,Tb n'est pas équivalent à un tissu biologique), la possibilité de déterminer la qualité d'un rayonnement X et gamma (alors qu'aucun détecteur pris sé parément, prévu pour la dosimétrie thermoluminescente, ne per met de déterminer la qualité d'un tel rayonnement), la possi bilité de détecter les neutrons des champs neutroniques et mixtes gamma-neutroniques (le luminophore SrS : Sm,Tb étant par ailleurs pratiquement insensible aux neutrons). D'autre part, à l'aide du détecteur selon l'invention on peut obtenir une bonne conservation de l'information dosi métrique, car l'information principale dans le SrS : Sm,Tb se situe dans la crête à haute température de thermodésexci tation. La possibffité d'assurer l'enregistrement réglementé d'un rayonnement ionisant de divers types est due au fait, que dans le détecteur selon l'invention on réalise au moins une séparation partielle des fonctions d'absorption de l'éner gie du rayonnement ionisant (cette fonction est remplie par le scintillateur) et la fonction d'emmagasinage de l'information dosimétrique,cette fonction étant remplie par le lu minophore. Contrairement aux détecteurs connus prévus pour la dosimétrie thermoluminescente, l'invention ne présente aucune exigence envers le luminophore en ce qui concerne l'absorption déterminée ou réglée du rayonnement ionisant, ni en ce qui concerne l'efficacité d'emmagasinage de la luminosité totale sous l'action d'un rayonnement. Comme il va de soi, et comme il résulte d'ailleurs déjà de ce qui précède, l'invention ne se limite nullement à ceux de ses modes d'application et de réalisation qui ont été plus spécialement envisagés ; elle en embrasse, au contraire, toutes les variantes. REVENDICATIONS 1. Détecteur de rayonnement ionisant, comportant un luminophore, caractérisé en ce qu'il comporte en outre un scintillateur pour le rayonnement ionisant à enregistrer et est réalisé sous la forme d'un bloc unique, combinant ce scintillateur avec le luminophore, ledit luminophore pos sédant un spectre d'excitation de la thermoluminescence recouvrant le spectre de rayonnement du scintillateur. 2. Détecteur de rayonnement ionisant selon la reven dication 1, caractérisé en ce que, lors-de l'enregistrement d'un rayonnement X et gamma, on utilise comme scintillateur un matériau possédant une dépendance déterminée ou réglée entre la réponse des scintillations et l'énergie du rayonnement X et gamma, tandis que comme luminophore on utilise un matériau possédant des crêtes différentes de thermodésexcitation lors de l'excitation par un rayonnement X ou gamma et parle rayonnement du scintillateur. 3. Détecteur de rayonnement ionisant selon la revendication 1, caractérisé en ce que, lors de l'enregistrement d'un rayonnement neutronique de champs neutroniques et mixtes gamma-neutroniques, on utilise comme scintillateur un matériau possédant une réponse en scintillations effective sous l'action des neutrons du domaine énergétique à enregistrer et comme luminophore un matériau possédant une crête distincte de thermodésexcitation correspondant à l'excitation par le rayonnement du scintillateur. 4. Détecteur de rayonnement ionisant selon la revendication 2, caractérisé en ce qu'on utilise comme scintillateur un matériau équivalent à un tissu. 5. Détecteur de rayonnement ionisant selon la revendication 2, caractérisé en ce qu'on utilise comme scintillateur un matériau équivalent à l'air, ce qui permet de déterminer la dose du rayonnement X et gamma, ainsi que l'énergie moyenne du spectre de-ce rayonnement. 6. Détecteur de rayonnement ionisant selon l'une quelconque des revendicatfons 2 à 5, caractérisé en ce qu'on utilise comme luninophore du sulfure de strontium activé au samarium et au terbium : SrS : Sm, Tb.