L'invention est relative à un filtre ou élément de filtrage comprenant un cristal ou élément biréfringent présentant une longueur d'onde isotrope. Elle concerne également un monochromateur ou élément de monochromateur qui comprend également un cristal ou élément birefringent comme élément de sélection des longueurs d'onde. On sait que certains cristaux ou milieux biréfringents présentent une longueur d'onde, appelée longueur sonde isotrope, pour laquelle la biréfringence est nulle. Cette longueur d'onde, notée Ai 7 a une valeur bien précise et, pour un rayonnement présentant cette longueur d'onde, le cristal ou milieu se comporte comme un corps isotrope. On rappelle que la biréfringence est définie par la quantité ne - no, ne étant l'indice de réfraction de l'onde extraordinaire et n étant l'indice de réfraction de o l'onde ordinaire. En outre, quand la longueur d'onde varie par valeurs croissantes ou décroissantes en passant par la longueur d'onde Xi la biréfringence change de signe. Pour cette longueur d'onde isotrope ou à son voisinage immédiat, la vibration ordinaire et la vibration extraordinaire se propagent à la même vitesse ; il y a donc accord de phase entre ces deux vibrations. Dans ces conditions, l'énergie de l'un des modes de vibration peut être transférée totalement dans l'autre. Dans ce cas on dit qu'il y a "couplage" entre les modes. Cependant, ce transfert ne se produit pas de façon obligatoire, quel que soit l'état du cristal ou milieu , ce transfert s'effectue dans les conditions expérimentales habituelles (sans perturbation extérieure) pour certains cristaux ; pour d'autres, il est nécessaire d'apporter une perturbation extérieure - telle qu'une contrainte mécanique uniaxiale ou un champ magnétique - pour obtenir ledit transfert. On a déjà mis à profit cette propriété de couplage ; en effet, on a proposé des filtres optiques comportant un cristal biréfringent à longueur d'onde isotrope. Dans ces filtres le cristal du genre en question est disposé entre deux polariseurs. Le filtre est ainsi du type coupe-bande ou du type passe-bande selon l'orien- tation relative des polariseurs et du cristal. Dans l'article de C.H. HENRY intitulé tCoupling of electromagnetic waves in CdS" dans la revue "Physical review", volume 143, n' 2, pages 627 à 633, mars 1966, est décrit un tel filtre dont l'élément actif est un cristal de sulfure de cadmium CdS. Dans l'article de A. Kh. ZILBERSHTEIN et L.E.SOLOVYOV intitulé "Natural and arti ficial phenomena of pseudocrossing of dispersion curves by the bzhdestvenskii hook method" (opti. Spectrosc. Volume 35, n" 3, Septembre 1973, pages 274 à 276),on a salement décrit des filtres de ce genre dans lesquels les éléments actifs sont les cristaux suivants : CdS, CdSe, MgF2, AI203, ZnO et CdS - Ga2S3. Un tel filtre présente une résolution élevée ; par exemple, avec un filtre dont l'élément actif est le sulfure de cadmium, la longueur d'onde isotrope est de 5 200 A (à la température ambiante) et la résolution de l'ordre de 10 à 20 A. Toutefois, les applications de tels filtres sont limites car la longueur d'onde isotrope ne peut pratiquement pas être variée. On a cependant déjà proposé de faire varier cette longueur d'ode isotrope e appliquant une contrainte ou un champ magnétique variables au cristal biré-frin- gent ; mais, dans ce cas, les variations de longueur d'onde ne sont que de l'ordre de quelques dizaines d'Angstrom.En outre, l'ap'ication d'une contrainte ou d'un champ magnétique nécessite un appareillage relativement complexe et coûteux. L'invention a donc pour but de permettre la réalisation d'un filtre du genre susmentionné qui réponde mieux que jusqu'à ce jour aux divers désiderata de la pratique. En particulier, elle a pour but de fournir un tel filtre du type passe-bande ou coupe-Dande centré sur une longueur d'onde dont la valeur peut être choisie arbitrairement, notamment dans le domaine visible. Un autre but de l'invention est de fournir un monochromateur, utilisant un élément de filtrage du type mentionné ci-dessus, qui soit de réalisation simple et économique, d'encombrement réduit, et de résolution élevée. Le filtre optique du type susmentionné - c'est-à-dire comportant, d'une part, un cristal ou élément biréfringent présentant une longueur d'onde isotrope et, d'autre part, de chaque côté de ce cristal des premiers et des seconds moyens de polarisatbn de la lumière -est, selon l'invention, caractérisé en ce que ledit cristal ou élément biréfringent est composé d'un alliage d'un premier et d'un second matériaux présentant, respectivement, une première et une secondelongueurs d'onde estropes de valeursditfé- rentes; la proportion de l'un des matériaux par rapport à l'autre détermine la longueur d'onde isotrope du cristal ou tlement bi rérringent. Il est avantageux que le premier et le second mtriaux soient choisi parmi les semi-conducteurs du groupe II-Vl,c. prtf re^,~e or-sentarlt la structure de la wurtzite. En effet, au cours des expnriences menues dans le cadre de l'invention, les inventeurs ont constat que les cristaux mixtes du type susmentionné, c'est-àdire constitus par un alliage de deux matériaux présentant chacun une longueur d'onde isotrope, présentaient eux-mêmes une longueur a'onde istrope.En outre, ils ont constaté que cette longueur d'onde isotrope présente une valeur intermédiaire entre les longueurs d'onde isotropes des composants ; cette longueur d'onde intermédiaire est fonction de la proportion d'un composant par et rapport ti l'autre /ledit couplage entre modes, à ladite longueur d'onde isotrope, a et constaté pour ces cristaux mixtes. Enfin cette longueur d'onde isotrope des cristaux mixtes ne se situe pas dans une bande d'absorption (dans ce cas, on n'aurait pas pu réaliser un filtre). Le monochromateur, conforme à l'invention, utilise, pour la sélection des longueurs d'onde, un élément de filtrage analogue a celui défini ci-dessus. Ce monochromateur est caractérisé en ce qu'il comprend, en combinaison, un cristal ou élément biréfringent composé d'un alliage d'un premier et d'un second matériaux présentant, respectivement, une première et une seconde longueurs d'onde isotropes de valeurs différentes, la proportion d'un matériau par rapport à l'autre variant de façon sensiblement graduelle entr un premier et un second emplacements dudit cristal ou élément biréfringent, des premiers et des seconds moyens de polarisation de la lumière disposés de part et d'autre-dudit cristal ou élément de façon que celui-ci constitue un filtre du type passe-bande, une source lumineuse propre à émettre un rayonnement comprenant les longueurs d'onde comprises entre la plus petite et la plus grande des longueurs d'onde isotropes dudit cristal ou élément, le faisceau lumineux émis par cette source étant propre à traverser ledit cristal ou élément et les moyens de polarisation, et des moyens de déplacement relatifs du cristal ou élément et du faisceau produit par-ladite source de façon que ce faisceau puisse balayer les emplacements compris entre lesdits premier et second emplc=ments. En variante, ce monochromateur comporte, au lieu d'un seul cristal ou élément biréfringent, un ensemble de tels cristaux ou éléments disposés côte à côte entre un premier et un second emplacements donnés et dans un ordre doterminé par les valeurs de la proportion relative du premier matériau par rapport au second. Selon un autre aspect de l'invention on prévoit un monochromateur qui comporte, en combinaison, un cristal ou élément biréfringent présentant une longueur d'onde isotrope qui varie de façon sensiblement graduelle entre un premier et un second emplacements dudit cristal ou élément biréfringent, des premiers et des seconds moyens de polarisation de la lumière disposés de part et d'autre dudit cristal ou élément de façon que celui-ci constitue un filtre du type passe-bande, une source lumineuse propre à émettre un rayonnement comprenant les longueurs d'onde comprises entre la plus petite et la plus grande des longueurs d'onde isotropes dudit cristal ou élément, le faisceau lumineux émis par cette source étant propre à traverser ledit cristal ou élément et les moyens de polarisation, et des moyens de déplacement relatifs du cristal ou élément et du faisceau produit par ladite source de façon que ce faisceau puisse balayer les emplacements compris entre lesdits premier et second emplacements. On peut ainsi réaliser, de façon particulièrement simple, un monochromateur qui, en outre, présente un encombrement réduit et une résolution très élevée. D'autres buts, caractéristiques et avantages apparaitront plus clairement à la lecturé de la description de certains modes de réalisation de l'invention, cette description étant faite en se référant aux dessins ci-annexés sur lesquels - La figure 1 illustre,de façon schématique, un filtre du type passe-bande, du genre de celui conforme à l'invention, - la figure la est un graphique illustrant le filtrage obtenu avec le filtre représenté sur la figure 1, - la figure 2 illustre, également de façon schématique, un filtre du type coupe-bande, du genre de celui conforme à l'invention, - la figure 2a est un graphique montrant la propriété de filtrage du filtre représenté sur la figure 2, - la figure 3 est un graphique illustrant les propriétés de filtres du type de ceux de la figure 1, ces filtres comportant tous le même type de cristal mixte mais ayant des compositions différentes, et - la figure 4 est un schéma de principe d'un monochromateur conforme à la présente invention. Le filtre représenté schématiquement sur la figure 1 comprend, de façon en soi connue, un cristal biréfringent 1 présentant un axe optique dont la direction est représentée par la flèche F. Du côt axe la race d'entrée la du cristal 1 est disposé un polariseur permettant de polariser la lumière parallèlement à l'axe optique. Ce polariseur a donc été symbolisé par une flèche F1 parallèle à la flèche F. On rappelle que la direction de polarisation d'une onde lectro-magntiue correspond à un vecteur champ électrique qui est perpendiculaire à la direction de propagation. Du côté de la face de sortie lb du cristal 1, est installé un second polariseur destiné à polariser la lumière sortant du cristal I dans la direction perpendiculaire à l'axe optique. Ce second polariseur a donc t symbolisé par une flèche F2 perpendi oculaire à la flèche F. Les deux polariseurs sont, dans l'exemple, installés selon un axe 2 perpendiculaire à la face d'entrée la. Comme le montre la figure la, le filtre que l'on vient de décrire en relation avec la figure est du type passe-bande. Sur cette figure d on a porté, en abscisses, les longueurs d'onde et, en ordonnées, le coefficient T de transmission de la lumière à travers le filtre. Ce coefficient T est le rapport entre l1in- tensité du faisceau lumineux 3 transmis par le filtre et l'intensite du faisceau incident 4. Etant donné que les deux polariseurs sont croisés et que le cristal est normalement biréfringent, le filtre est normalement opaque.Toutefois, pour la longueur d'onde isotrope, de valeur déterminée Ais certains cristaux perdent leur birrfringence. En d'autres termes, le cristal est isotrope pour une longueur d'onde déterminée fi Le filtre représenté sur la figure 1 est alors transparent pour cette longueur d'onde. On a donc affaire à un filtre du type passe-bande présentant une largeur de bande très étroite, de l'ordre de la dizaine d'angströms pour les cristaux biréfringents connus prÉsentant cette propriétés. Un cristal biréfringent présentant une longueur d'onde isotrope peut être également utilisé pour réaliser un filtre du type coupe-bande. A cet effet, comme représenté sur la figure 2, on prévoit, outre le cristal 1, un premier polariseur disposé de façon analogue au polariseur correspondant du filtre passe-bande montré sur la figure 1. En d'autres termes, ce premier polariseur polarise le rayonnement incident 4 parallèlement à l'axe optique F du cristal 1. Du côté de la face de sortie lb du cristal 1 est disposé un second polariseur qui polarise la lumière parallèlement à l'axe optique F. Ce polariseur a donc été symbolisé par une flèche F'1 parallèle à la flèche F. Les propriétés du filtre illustré sur la figure 2 sont représentées sur la figure 2a. Sur cette figure, comme sur la figure la, les longueurs d'onde > ont été portées en abscisses et, en ordonnées, on a porté le coefficient de transmission T de ce filtre. Comme le montre cette figure 2a, le filtre représenté sur la figure 2 transmet, avec un coefficient de transmission élevé, les radiations présentant une longueur d'onde différente de la longueur d'onde isotrope Ai Pour cette longueur d'onde, le coefficient de transmission du filtre est pratiquement nul. Comme dans le cas de la figure 1, la largeur de bande est de l'ordre de la dizaine d'angströms. Comme déjà mentionné ci-dessus, on pense que ces propriétés de filtrage de certains cristaux biréfringents résultent du fait quelea vibration ordinaire et la vibration extraordinaire se propagent avec la même vitesse à la longueur d'onde isotrope. Dans ces conditions, il y aurait accord de phase entre ces deux vibrations et l'énergie de l'un des modes peut être transférée dans l'autre ; cette possibilité de transfert est encore mal connue on sait qu'elle peut exister de façon naturelle ; on sait aussi qu'elle peut être induite en appliquant une contrainte uniaxiale au cristal ou en créant un champ magnétique. Cette propriété d'isotropie naturelle à une longueur d'onde déterminée n'a été observée, jusqu'à présent, que sur un certain nombre de cristaux semi-conducteurs du groupe II-VI. Au cours des expériences menées dans le cadre de l'invention, les inventeurs ont constaté que les sudites propriétés de filtrage subsistaient dans les cristaux mixtes composés d'un alliage de deux corps qui, à l'étant cristallin, sont biréfringents, présentent une longueur d'onde isotrope et les mêmes propriétés de filtrage. En outre, cette isotropie pour une longueur d'onde déterminée, a été constatée quelle que soit la proportion relative d'un composant par rapport à l'autre dans l'alliage. La longueur d'onde isotrope de l'alliage est fonction de ladite proportion relative et présente une valeur intermédiaire entre les longueurs d'onde isotropes de chaque composant. Enfin, les filtres (du type passe-bande ou du type coupebande) réalisés avec de tels cristaux présentent, quelle que soit la proportion relative d'un composant par rapport à l'autre, une largeur de bande qui conserve le même ordre de grandeur, à savoir une dizaine d' ngströms. Ces propriétés ont été observées pour un certain nombre d'alliages de matériaux, notamment les alliages de semiconducteurs du groupe II-VI. A titre d'exemple on a indique dans le tableau 1 ci-dessus une liste de matériaux présentant ladite propriétés. Sur ce tableau on a également indiqué les valeurs #i de longueur d'onde isotrope pour chacun d'eux, à l'état pur. Tableau 1 Matériau #i (Valeur approximative) et structure ZnS 3400 Wurtzite ZnO 4000 Wurtzite Ag Ga S2 4980 Chalcopyrite CdS 5200 Wurtzite Cu Al Se2 5300 Chalcopyrite Cu Ga Se2 6400 Chalcopyrite Cu Ga S 6400 A Chalcopyrite CdSe 7100 (77 K)Wurtzite Cd Si P2 7300 Chalcopyrite Ag Ga Se2 8200 Chalcopyrite Mg F2 1194 Rutile Al2 O3 1426 Rutile Sauf indication contraire les valeurs de Ai mentionnes dans ce tableau correspondent à la température ambiante. Parmi les alliages de semi-conducteurs du groupe II - VI on a constaté que ceux présentant la structure de la wurtzite permettent de réaliser des filtres (ou des monochromateurs, comme on le verra plus loin) ayant une largeur de bande étroite (c'està-dire une résolution élevée). De façon plus générale, cette résolution élevée peut être obtenue avec des cristaux optiquement inactifs. Par contre pour les cristaux mixtes ayant la structure de la chalcopyrite cette résolution est moins élevée. On a également constaté que pour certains de ces cristaux l'isotropie à une longueur d'onde déterminée n'apparaissait qu'à température relativement basse, inférieure à la température ambiante. Sur la figure 3 on a montré les propriétés de filtres du type passe-bande (figure 1) comportant, en tant que cristal 1, un alliage de sulfure de cadmium CdS et de séléniure de cadmium CdSe de formule Cd S1 x Sex. Sur ladite figure 3, les chiffres apparaissant à côté de chaque "pic" correspondent à une valeur x. Cette figure 3 montre bien que la longueur d'onde isotrope d'un alliage varie de façon continue en fonction de la composition, et qu'elle est comprise entre la longueur d'onde isotrope du premier composant et la longueur d'onde isotrope du second composant. Avec de tels cristaux mixtes CdS1 xSex on peut donc réaliser un filtre présentant une longueur d'onde isotrope prédéterminée comprise entre 5100 et 7100 A (à la température de l'azote liquide 77" K) à condition de choisir convenablement la proportion relative d'un matériau par rapport à l'autre, c'est-à-dire la quantité x. On notera ici que de tels alliages Cd Sl,xSex sont déjà connus en eux-mêmes et qu'ils peuvent être fabriqués, sous forme de cristaux, par tout procédé connu tel que le refroidissement contrôlé à partir d'un mélange de CdS et CdSe en fusion. La figure 4 illustre, également de façon schématique, un monochromateur comportant, comme le filtre décrit en relation avec la figure 1, deux polariseurs croisés 5 et 6. Comme dans le cas de la figure 1, le polariseur 5 polarise la lumière incidente parallèlement à l'axe optique F d'un cristal 7 (dont il sera question plus loin), tandis que le polariseur 6 polarise la lumière perpendiculairement audit axe optique F du cristal 7. Ce cristal 7 est, comme dans le cas des filtres décrits en relation avec les figures 1 et 2, composé d'un alliage de deux matériaux qui, à l'état cristallin sont biréfringents et présentent chacun une longueur d'onde isotrope. En outre, ce cristal 7 présente une forme allongée et sa composition est variable selon sa longueur. En d'autres termes, au voisinage de sa première extrémité 7a, le cristal 7 estcomposé essentiellement d'un constituant pur, par exemple CdS ; au voisinage de sa seconde extrémité 7b, ce cristal est composé essentiellement de son second composant à l'état pur par exemple CdSe ; entre les deux extrémités la composition varie de façon continue. Le monochromateur représenté sur la figure 4 comporte, en outre, une source lumineuse 8 propre à émettre une lumière blanche et une fente 9 disposée en avant du polariseur 5. On prévoit également un élément de focalisation (non montré) tel qu'une lentille permettant de former une image de la fente 9 sur le cristal 7. Le cristal 7 est monté sur un chariot 10 qui peut se déplacer dans les deux sens selon une direction donnée, représentée par le segment 11. Ladite direction de dÉplacement est perpendiculaire à l'axe optique du cristal 7 ainsi qu'à la direction du faisceau lumineux produit par la source 8 et la fente 9. Etant donné la nature du cristal 7, c'est-à-dire un cristal présentant un gradlent de composition dans la direction 11. à chaque emplacement sur la longueur de ce cristal 7 il correspond une composition et, donc, une longueur d'onde isotrope. En d'autres termes, chaque partie ou élément du cristal 7 constitue, avec les polarlseurs 5 et 6, un filtre du type passe-bande. Quand le chariot 10 portant le cristal 7 est déplacé selon la direction 11, ce cristal est balayé par le faisceau lumineux 12 qui, dans l'exemple, a une position fixe. Avec un cristal de formule CdS1 Xex, on peut pratiquement balayer tout le domaine visible. Un cristal allonge selon une direction présentant un gradient de composition selon cette direction peut etre réalise par le procédé dit de "charge variable de température" de la façon décrite par P. REltERS dans l'article intitulé tTThe preparation of graded-band-gap single crystals of II-VI compounds" pages 707 à 7î5 de la revue"Physica Status Solidi", volume 35, 1969. Cn peut également citer l'article de RUFER et BILLE intitulé "Epitaxial growth and Luminescence o esoxSeo x graded gap single crystal layers" publié également dans la revue 'tPhysica Status Solide, volume 14, 4472, pages 147 à 151. En variante, au lieu d'un cristal unique 7 présentant une composition variant de façon continue selon une direction donnée, on peut utiliser une série de cristaux disposés les uns à côté des autres (éventuellement collés les uns aux autres) de façon que leurs axes optiques soient parallèles et que leur composition varie de façon continue d'un endroit à un autre. L'exemple qui a été donné concerne l'alliage de sulfure de cadmium et de séléniure de cadmium, alliage permettant de réaliser un monochromateur s'étendant pratiquement dans tout le domaine visible. On peut également réaliser un monochromateur pour le proche ultraviolet, de 3400 à 5200 A en utilisant un alliage de sulfure de cadmium et de sulfure de zinc. Un avantage important des filtres et monochromateurs à cristaux mixtes conformes à l'invention est que, avec de tels cristaux mixtes, on utilise des moyens extrêmement simples pour faire varier la longueur d'onde, sans faire intervenir de perturbation extrieure telle une contrainte uniaxiale ou un champ magnétique. Toutefois, il est possible de faire intervenir de telles perturba- tions pour certaines applications. Ainsi, certains cristaux, qui sont normalement isotropes, sont birfringents quand on leur applique une contrainte uniaxiale et/ou un champ magnétique extérieur et présentent une longueur d'onde isotrope dans les mêmes conditions. A titre d'exemple on peut citer l'alliage de CdTe et HgTe (semiconducteur du groupe III-V)qui devient biréfringent quand on lui applique une contrainte uniaxiale. Au cours des expériences menées dans le cadre de l'invention, les sources lumineuses qui ont été utilisées présentaient une puissance modérée. Dans ces conditions, l'émission propre (photoluminescence) des cristaux mixtes n'était pas gênante car elle prsentait une valeur négligeable. Toutefois, pour certaines applications, notamment quand on utilise un laser en tant que source lumineuse, cette photoluminescence peut présenter une valeur importante qui risque de venir se superposer au faisceau de sortie et donc altérer les qualités du filtre ou du monochromateur. Pour remédier à cet inconvénient, conformément à l'invention on prévoit, entre le cristal 1 et le premier polariseur, un cristal supplemen- taire (non représenté) disposé de façon analogue au premier, c1 est à-dire avec son axe optique parallèle à celui du cristal 1.Ce cristal supplémentaire est en principe, identique, au premier. Ce cristal supplémentaire absorbe alors la majeure partie des longueurs d'onde excitatrices responsables de la luminescence. Dans ces conditions, le cristal 1 ne présentera alors pratiquement pas de luminescence. I1 est à noter que cette disposition, consistant à utiliser deux cristaux en série, est salement utile, pour augmenter la resolution, dans le cas où la largeur des pics (figure la) est relativement importante, par exemple pour des cristaux mixtes ayant la structure de la chalcopyrite. Comme il va de soi et comme il résulte d'ailleurs déjà de ce qui procède, l'invention ne se limite nullement à ceux de ses modes d'application et de réalisation qui ont été plus spécialement envisagés ; elle en embrasse, au contraire, toutes les variantes. REVENDICATIONS 1. Elément de filtrage comportant un cristal ou élément biréfringent présentant une longueur d'onde isotrope, caractérisé en ce que ledit cristal ou élément biréfringent est composé d'un alliage d'un premier et d'un second matériaux présentant, respectivement, une première et une seconde longueurs d'onde isotropes de valeurs différentes, la proportion de l'un des matériaux par rapport à l'autre déterminant la longueur d'onde isotrope dudit élément de filtrage. 2. Elément de monochromateur, caractérisé en ce qu'il comporte un cristal ou élément biréfringent à base d'un alliage d'un premier et d'un second matériaux présentant, respectivement une première et une seconde longueurs d'onde isotropes de valeurs différentes, la proportion d'un matériau par rapport à l'autre variant de façon sensiblement graduelle entre un premier et un second emplacements dans ledit cristal ou élément. 3. Elément de monochromateur, caractérisé en ce qutil comprend un ensemble de cristaux ou éléments biréfringents composés d'un alliage d'un premier et d'un second matériaux présentant respectivement une première et une seconde longueurs d'onde isotropes de valeurs différentes, ces cristaux ou éléments étant disposés côte à côte entre un premier et un second emplacements donnés, dans un ordre déterminé par l'ordre des valeurs des proportions du premier matériau par rapport à l'autre dans les divers cristaux ou éléments biréfringents. 4. Elément de monochromateur, caractérisé en ce qu'il comprend un cristal ou élément biréfringent présentant une longueur d'onde isotrope qui varie de façon sensiblement graduelle entre un premier et un second emplacements dudit~cristal ou élément biré- fringent. 5. Elément selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que le premier et le second matériaux sont choisis parmi les semi-conducteurs du groupe Il- VI. 6. Elément selon la revendication 5, caractérisé en ce que le premier et le second matériaux présentent, à l'état cristallisé, la structure de la wurtzite. 7. Elément selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que le premier et le second matériaux sont choisis dans le groupe comportant les matériaux suivants : Zn S, Zn O, Ag Ga S2, Cd S, Cu Al Se2, Cu Ga S2, Cd Se, Cd Si P2, Ag Ga Se2, Mg F2 et Al2 03. 8. Elément selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que le premier matériau est le sulfure de cadmium CdS et en ce que le second matériau est le séléniure de cadmium CdSe. 9. Elément selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que le premier matériau est le sulfure de zinc ZnS et en ce que le second matériau est le sulfure de cadmium CdS. 10. Filtre optique caractérisé en ce qu'il comprend un élément de filtrage selon la revendication 1 et de chaque côté du cristal ou élément de cet élément de filtrage, des premiers et des seconds moyens de polarisation de la lumière 11. Filtre selon la revendication 10, caractérisé en ce qu'il comporte un second cristal ou élément biréfringent identique au premier disposé entre ledit premier cristal ou élément et les premiers moyens de polarisation, de façon que son axe optique soit parallèle à celui du premier cristal ou élément, lesdits premiers moyens de polarisation étant propres à polariser la lumière parallèlement auxdits axes optiques, et les secons moyens de polarisation étant agencés pour polariser la lumière perpendiculairement auxdits axes optiques. 12. Monochromateur, caractérisé en ce qu'il comprend, en combinaison, un élément de monochromateur selon la revendication 2, des premiers et des seconds moyens de polarisation de la lumière disposés de part et d'autre dudit élément de monochromateur de façon que celui-ci constitue un filtre du type passe-bande, une source lumineuse propre à émettre un rayonnement comprenant les longueurs d'onde comprises entre la plus petite et la plus grande des longueurs d'onde isotropes dudit cristal ou élément, le faisceau lumineux émis par cette source étant propre à traverser ledit cristal ou élément et les moyens de polarisation, et des moyens de déplacement relatifs du cristal ou élément et du faisceau produit par ladite source de façon que ce faisceau puisse balayer les emplacements compris entre lesdits premier et second emplacements. 13. Monochromateur caractérisé en ce qu'il comporte, en combinaison, un élément de monochromateur selon la revendication 3. des premiers et seconds moyens de polarisation de la lumière disposés de part et d'autre dudit ensemble de cristaux ou éléments de l'élément de monochromateur, de façon que ces cristaux ou éléments constituent des filtres du type passe-bande, une source lumineuse propre à émettre un rayonnement comprenant les longueurs d'onde comprises entre la plus petite et la plus grande des longueurs d'onde isotropes desdits cristaux ou éléments, le faisceau lumineux émis par cette source étant propre à traverser ledit ensemble de cristaux ou éléments et les moyens de polarisation, et des moyens de déplacement relatifs dudit ensemble de cristaux ou éléments et du faisceau produit par ladite source de façon que ce faisceau puisse balayer les emplacements compris entre lesdits premier et second emplacements. 14. Monochromateur caractérisé en ce qu'il comprends en combinaison, un élément de monochromateur selon la revendication 4, des premiers et des seconds moyens de polarisation de la lumière disposés de part et d'autre dudit cristal ou élément de façon que celui-ci constitue un filtre du type passe-bande, une source lumineuse propre à émettre un rayonnement comprenant les longueurs d'onde comprises entre la plus petite et la plus grande des longueurs d'onde isotropes dudit cristal ou élément, le faisceau lumineux émis par cette source étant propre à traverser ledit cristal ou élément et les moyens de polarisation, et des moyens de déplacement relatifs du cristal ou élément et du faisceau produit par ladite source de façon que ce faisceau puisse balayer les emplacements compris entre lesdits premier et second emplacements. 15. Monochromateur selon l'une quelconque des revendications 12 à 14, caractérisé en ce qu'il comporte un second cristal ou élément biréfringent identique au premier, disposé entre ledit pemier cristal ou élément et les premiers moyens de polarisation, de façon que son axe optique soit parallèle à celui du premier cristal ou élément, lesdits premiers moyens de polarisation étant agencés pour polariser la lumière parallèlement auxdits axes optiques et les seconds moyens de polarisation étant propres à polariser la lumière perpendiculairement auxdits axes optiques.