L'invention a pour objet un procédé de teinture de matières textiles en bande avec des colorants cationiques hydrosolubles. On connaît depuia longtemps la teinture du coton et d'autres fibres cellulosiques au moyen de colorants cationiques. Cependant, comme l dee fibres cellulosiques, il est absolurent indispenHable, pour les fixer, de soumettre les fibres cellulosiques à un prémordançage, de telle façon que, lors de la teinture, il se forme sur la fibre un composé non hydrosoluble du colorant et de l'agent de prémordançage. Des agents de prémordan çage de ce genre couramment utilisés sont des agents de tannage associés au tartrate d'antimonyle et de potassium (émétique ordinaire) ainsi que des phénols soufrés. I1 est également connu de teindre et d'imprimer des matières fibreuses (quelconques) avec des colorants pigmentaires non hydrosolubles et dépourvus d'affinité, ceci en faisant appel à des systèmes de liants réticulants. les colorants pigmentaires appliqués de cette manière sont.fixbs sur la fibre par le système de liants. Gr, la Demanderesse a trouvé un procédé de fixation de colon rants cationiques hydrosolubles sur des matières textiles en bande, procédé caractérisé en ce que l'on applique sur la matière, simultanément ou succeesivement, une dispersion aqueuse (A) d'acide acrylique, d'esters de l'acide acrylique, d'acrylamides substitués ou non, ou d'a::crylonitrile, et une solution aqueuse (B) d'un colorant cattonique, ceci selon les variantes ci-dessous I) on foularde la matière avec la dispersion aqueuse de monomères (J),.on sèche (avec ou sans polymérisation immédiate des monomère), on foularde en dessus avec la solution aqueuse faiblement acide du colorant (B), on sèche, puis on traite la matière pendant 30 à 180 secondes à une température de 150 à 2000, ou bien II) on foularde la matière avec le bain froid constitué de la dispersion aqueuse de monomères (A) et de la solution aqueuse de colorant (B), Bt on la soumet ensuite (avec ou sans séchage intermédiaire) à un traitement par la chaleur seche pendant 50 à 180 secondes à une température de 150 à 2000, ou bien III) on foularde la matière avec la dispersion aqueuse de monomères (A), on sèche, on polymérise les monomères, on foularde en dessus avec la solution aqueuse de colorant (B) et on fixe ensuite le colorant en le laissant séjourner sur le dépôt de polymères, ou bien IV) on foularde la matière avec la dispersion aqueuse de monomères (A), on sèche, on polymérise les monomères par la chaleur sèche, puis on fixe le colorant par le procédé d' épuisement. Dans les variantes I et II du procédé, on n'effectue généralement pas de traitement complémentaire de la teinture dans la variante IV, on finit la teinture par rinçage et séchage. Les solidités à la lumière et au mouillé de ces teintures, par colorants basiques sur ce dépôt de polymères sont supérieures à celles des teintures obtenues sur des fibres cellulosiques pré-mordancées selon les procédés antérieurs, mais sont généralement inférieures à celles des teintures obtenues avec le même colorant sur des fibres acryliques. En principe, on peut utiliser le nouveau procédé sur n'importe quel type de fibres, mais il est envisagé en premier lieu pour la fixation de colorants basiques sur des fibres cellulosiques. Comme on devait s'y attendre, le degré de solidité des produits obtenus par le procédé de l'invention est limité et dépend des colorants. Néanmoins, les solidités à la lumière et au mouillé de ces teintures peuvent aller Jusqu'à deux points audessus de celles des mêmes colorants sur la cellulose pré-mordancée avec l'association tannin-tartrate d'antimonyle et de potassium, et se rapprochent par conséquent de celles des colorants directs. Ceux des colorants basiques qui sont des dérivés triaziniques ont, dans les conditions correspondant à l'invention, de meilleures solidités à la lumière que les dérivés du triphényl-méthane. Le procédé de l'invention est essentiellement destiné à être mis en jeu pour des articles d'usage ou de consommation à brève durée de service (de préférence à base de fibres cellulosiques ou de mélanges de celles-ci avec des fibres synthétiques) qui ne sont exposés que de façon limitée à la lumière solaire, par exemple des éléments de décoration ou des costumes pour le carnaval, des matières textiles de coton de qualité inférieure, par exemple formées de fibres courtes ou contenant beaucoup de fibres non-mssres, des nappes de fibres cellulosiques, les papiers, les matières d'emballage, mais aussi des textiles de récupération, dont la composition est inconnue ou très variable, destinés aux utilisations indiques plus haut.Cela est également valable pour les matières textiles qui, par suite d'un mauvais choix des fils, de différences d'affin;ts dues aux matières ou d'autres irrégularités, ne peuvent pas entre teintes uniformément et sont donc de vente difficile. Ces irrégularités et les fibres de coton non-mtres sont couvertes impeccablement selon le procédé de l'invention, ce qui permet de teindre avec des moyens mesurés au plus près ces matières, qui ne supportent pas une trop grande élévation du prix final due aux colts des colorants et de la production. Il y a même là, à ce point de vue, une incitation d'ordre économique à la mise en jeu de cette façon dtopérer. On met à profit les avantages spécifiques des colorants basiques, les teintes vives, le rendement extrêmement élevé et le bas prix, ce qui donne un bilan très favorable. Par ailleurs, il existe,pour les articles de mode et en raison des goûts actuels de la jeune génération, une demande de produits à faible prix, pour lesquels on n'est pas trop exigeant en ce qui concerne la solidité. le procédé de la présente invention répond à ces desiderata. les dépenses de temps et d'énergie peuvent être réduites un minimum grace Su procédé de l'invention. Cela vaut en particulier pour la variante "procédé de foulardage b)". le nouveau procédé est également rentable avec des matières fibreuses de peu de valeur. Les seules conditions pour que la matière puisse être utilisée sont qu'elle soit sous forme de bande (tissus, tricots, nappes, trains de fils et de cabales, etc.), qu'elle soit uniformément mouillable et qu'elle soit assez résistante à la traction pour subir un foulardage. Lorsque la résistance à la traction de la marchandise à teindre n'est pas suffisante pour les appareils où il existe une contrainte de traction, le b?in peut être appliqué également d'une autre manière, par exemple par pulvérisation, et la matière ayant une faible résistance à la traction être transnortée. sans effort de traction marqué, sur des grilles sans fin ou des tambours perforés. Selon le procédé de l'invention, on utiliseçcomme monomères des produits à base de l'acide acrylique proprement dit, ainsi que de ses esters, nitriles ou amides substitués ou non. On met en jeu l'acide acrylique ou ses dérivés, en fonction de l'effet souhaité, isolément ou associés à d'autres monomères, tels que des esters vinyliques, le styrène, l'anhydride maléique, l'acide adipique, etc. Les monomères du type des dérivés de l'acide acrylique ne sont pas ionogènes en dispersion aqueuse. Certaines de ces dispersions de monomères existent déjà dans le commerce en tant que systèmes de liants pour pigments. On ne pouvait s'attendre à ce que, selon le procédé de l'invention, on pat obtenir, de façon vraiment simple, en opérant en continu, des nuances très profondes et extrêmement brillantes, et qu'en plus ces nuances profondes présentassent une bonne solidité au frottement Après le traitement thermique, on obtient sur la marchandise un effet de finissage ou un effet de renforcement, ce qui est particulièrement important dans le cas de non tissés. Comme colorants pour le procédé conforme à l'invention, conviennent tous les colorants cationiques hydrosolubles qui - sans qu'il soit tenu compte de leur appartenance à un groupe chimique donné - sont désignés sous le terme de "colorants basiques" (Basic Dyes) dans "Colour Index, 3ème édition (1971), vol. 1. Il est également possible, selon l'invention, d'ajouter aux bains de colorants ou de monomères, en fonction des caractéristiques que l'on veut donner au produit final, encore d'autres agents chimiques spécifiques, par exemple des agents antifroissements, des agents hydrofugeants ou ignifugeants, des agents antistatiques ou d'autres substances actives analogues. Il est néanmoins nécessaire de vérifier, dans chaque cas particulier, si ces produits n'ont pas, soit par leur pouvoir ionogène, soit en raison d'autres propriétés, d'influence fâcheuse sur la polymérisation, le fixage du colorant ou la stabilité des bains. Les exemples qui suivent ont pour but d'illustrer la présente invention. Sauf indication contraire expresse, les parties et pourcentages s'entendent en poids. les températures 3ont exprimées ()n degrés Celsius. Exemple 1 (correspondant au procédé de foulardage I) ûn fou@arde, h la température ambiante et avec une absorp tion du bain égale à a (par rapport au poids de la marchandise) une nappe en fibres cellulosiques non orientées, compacte, qui n'a été que partie11 ment renforce mécaniquement, à l'aide d'un bain aqueux contenant, par litre, 60 g d'un ucrylate sous la forme d'une dispersion aqueuse à 40% des monomères suivants 50 g d'acrylate d'éthyle 6,6 g de méthylol-acrylamide et 3,4 g d'acrylonitrile. On sèche alors sous faible tension la matière foulardée, après quoi on la foularde en dessus avec un bain aqueux à 70 qui contient, par litre, 10 g du colorant Basic Blue 3 (Colour Index, n 51 004), mis en solution avec 3 ml d'acide acétique à 60% et de l'eau bouillante, jusqu'à une absorption du bain égale à 80* en poids. Onsoumet ensuite la marchandise ainsi traitée à un séchage intermédiaire, puis on fixe le colorant sur le polymère qui se forme simultanément, par une opdration thermique pendant 90 secondes à 1800. Il se produit en rnme temps un renforcement de la nappe. On rince ensuite la matière fibreuse à chaud avec de l'eau et on la sèche. On obtient une teinture bleue, pleine et vive, sur la nappe renforcée. exemple 2 (correspondant au procédé de foulardage II) On foularde, à la température ambiante et aVeo une absorption du bain égale à 80,', un tissu formé de filés de coton non-blanchis contenant une forte proportion de fibres non-mares, à l'aide d'un bain aqueux contenant, par litre tO g du colorant Basic Green 4 (Colour Index N 42 000) en solution dans 1 ml d'acide acétique-d 60 % et de l'eau bouillantetet 60 g d'un acrylate sous la forme d'une dispersion aqueuse à 40* des monomères suivants : 30 g d'acrylate de butyle, 24 g d'acétate de vinyle et 6 g d'acrylate de méthyle. On traite ensuite la matière foulardée, sans séchage intermédiaire, par exemple sur une rameuse, pendant 120 secondes à 1600, le colorant se fixe alors sur le polymère formé. Dans le présent cas, on n' effectue pas de traitement complémentaire de la teinture. On obtient une teinture vert bleu pleine et, simultanément, un bon effet de charge sur le tissu. le coton non mûr est très bien couvert. Si l'on opère de la manière décrite ci-dessus, à cette exception près qu'on utilise comme colorant le Basic Red 2 (C.I nO 50 240), on obtient une teinture rouge pleine et vive. Ce colorant, qui est un dérivé azinique, donne, quand on 11 utilise conformément au procédé de l'invention, des teintures ayant une solidité à la lumière relativement bonne. REVEMDICATIONS 1, Procédé de teinture de matières textiles en bande à l'aide de colorants cationiques hydrosolubles, procédé caractérisé en ce que l'on applique sur la matiere, simultanément ou successivement, une dispersion aqueuse (A) d'acide acrylique, d'esters de l'acide acrylique, d'acrylamides substitués ou non, ou d'acrylonitrile, et une solution aqueuse (B) d'un colorant cationique. 2. Procédé de teinture selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on foularde la matière avec la dispersion aqueuse de monomères (A), on sèche (avec ou saris polymérisation immédiate des monomères), on foularde en dessus avec la solution aqueuse faiblement acide du colorant (B), on sèche, puis on traite la matière pendant 30 à 180 secondes à une température de 150 à 2000. 3. Procédé de teinture selon la revendication 1, caractérisé en ce quton foularde la matière avec le bain froid constitué de la dispersion aqueuse de monomères (A) et de la solution de colorant (B), et on la soumet ensuite (avec ou sans séchage intermédiaire) à un traitement par la chaleur sèche pendant 30 à 180 secondes à une température de 150 à 2000. 4. Procédé de teinture selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on foularde la matière avec la dispersion aqueuse de monomères (A), on sèche, on polymérise les monomères, on foularde en dessus avec la solution aqueuse de colorant (B) et on fixe ensuite le colorant en le laissant séjourner sur le dépôt de polymères, 5* Procédé de teinture selon la revendication 1 caractérisé en ce qutontoularde la matière avec la dispersion aqueuse de monomères (A), on sèche, on polymérise les monomères par la chaleur sèche, puis on fixe le colorant par le procédé d'épuisement. 6. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que l'on utilise, comme matière textile des fibres cellulosiques ou des mélanges de celles-ci avec des fibres synthétiques. 7. Procédé selon l'une des revendications 1 à 6, caractérisé en- ce que l'on met en jeu, en plus des monomères indiqués à la revendication 1, également des esters vinyliques, le styrène, l'anhydride maléique ou l'acide adipique.