La présente invention concerne les projectiles et vise notamment un projectile de nature à augmenter la portée et la précision du tir, tant dans l'air que l'eau, et qui ait un poids réduit. Dans les projectiles à balle selon la technique antérieure, classiques pour utilisation dans des armes à feu portatives, on n'a guère noté de changement de forme depuis l'apparition de la cartouche à étui. Pour les obus perforants, on a mis au point des projectiles munis d'ailettes destinées à augmenter la portée du tir. En outre, on se livre actuellement, dans divers organismes de recherche, à des études et mises au point portant sur la forme ou d'autres paramètres des projectiles et destinées à assurer une grande puissance destructrice ou une grande précision du tir. Les figures 1 et 2 représentent à titre d'exemple, en coupe longitudinale, des projectiles du genre balle selon la technique antérieure.Plus particulièrement, la figure 1 représente un projectile plein; la figure 2, un projectile creux qui peut contenir une charge explosive et la figure 3, un obus perforant à ailettes selon la technique antérieure. Comme le montrent les figures 1 et 2, le corps 1 ou 2 du projectile proprement dit comporte un tron çon de pointe profilé 3 ou 4, un tronçon moyen columnaire 5 ou 6 et une face d'extrémité ou face arrière transversale 7 ou 8. Lorsqu'on tire un projectile proprement dit 1 ou 2 ayant une telle forme dans le sens de la flèche 9 ou 10, il apparatt un écoulement d'air tourbillonnaire, tel qu'indiqué en 11 ou 12, à l'extrémité 7 du corps 1 ou 8 du corps 2, ce qui engendre une dépression à cette extrémité.Du fait de cette dépression, le corps 1 ou 2 subit une succion vers l'arrière dans le sens de la flèche 13 ou 14, opposé au sens de la flèche 9 ou 10 qui est le sens de tir. I1 en résulte une réduction considérable de la vitesse de lancement, ce qui a pour inconvénient de limiter la portée du tir. Conne exposé à la page 10 du numéro de septembre 1977 de la revue ' Association), la force de succion engendrée par le mouvement tourbillonnaire précité, ou résistance de l'air appliquée à la base du projectile, représente 30 à 40 % de la résistance de l'air totale. En conséquence, l'invention propose de réduire la résistance de l'air s'appliquant à la base du projectile en évitant l'établissement du tourbillon, afin d'augmenter grandement la portée du tir. Jusqu' présent, pour réduire la résistance de l'air appliquée à la base du projectile, on a proposé de munir le corps de projectile soit d'ailettes de queue, telles que décrites ci-après à propos de la figure 3, soit de divers autres dispositifs découlant d'études balistiques. Dans -le premier cas, consistant à munir le corps d'ailettes, on estime qu'il ne demeure guère de possibilité d'amélioration de la forme. Dans le second cas, à titre d'exemple de mise en oeuvre de principes balistiques, on peut citer, par exemple, -le projectile à soutirage à la base mis au point en Suède et décrit à la page 11 de la revue sus-citée. Ce projectile xessemble au projectile RAP et comporte, dans la queue de projectile, un dispositif contenant la charge. Selon des données publiées en Suède, la portée de tir de ce projectile à soutirage à la base serait accrue de 10 à 25 %.Toutefois, ce projectile a une structure-compliquée, ce qui entratne l'inconvénient d'un prix de revient élevé. Le projectile- représenté sur la figure 3 a été proposé en vue d'améliorer la précision du tir et la vitesse de lancement. Dans ce cas, la pointe 16 du corps 15 de projectile proprement dit est profilée à angle aigu, le tronçon moyen 17 est de forme columnaire oblongue et l'extrémité arrière 18 est munie d'ailettes de queue 17. Un projectile ainsi réalisé a une portée de tir supérieure à celle des projectiles représentés sur les figures 1 et 2; en outre, son lancement est stabilisé, ce qui a l'avantage d'améliorer la précision du tir. Toutefois, il exige une bouche à feu spéciale telle que canon à alésage lisse, ce qui augmente les frais de matériel et est extrêmement faucheux du point de vue économique.De plus, quand l'angle 22-fait entre la direction de tir 20 et la surface de la cible 21 est relativement faible, la pointe 16 ne perfore pas la cible 21, mais glisse en atteignant la surface de cette cible et est renvoyée suivant la flèche 23 ou 24, de sorte que l'effet destructeur obtenu laisse à désirer. Cet inconvénient est imputable au tronçon de pointe 16 du corps 15, qui est délimité par une surface profilée fermée. Les projectiles représentés sur les précédentes figures 1 et 2 présentent aussi cet inconvénient. La présente invention a pour but de proposer un projectile exempt des inconvénients selon la technique antérieure, à vitesse de lancement et à portée de tir accrues, à lancement stabilisé, assurant un tir plus précis et une économie sur le poids du matériel et doté d'une structure simple, d'un prix de revient modéré et d'une puissance destructrice accrue. Pour atteindre ce but, le projectile proprement dit selon la présente invention comprend un corps formé d'une amie, par exemple métallique, traversée par un alésage qui va du centre de la pointe au centre de la face arrière et entourée par une coque en matière plastique, et un culot, par exemple en matière plastique, posé de manière amovible sur ce corps pour fermer l'orifice formé par le débouché de l'alésage au centre de ladite face arrière. Dans ce cas, le culot est engagé sur le corps du projectile lors du chargement et se détache du corps après le tir, afin que seul le corps soit lancé vers la cible. On va maintenant décrire en détail certaines réalisations préférées de l'invention en se référant aux dessins annexés, sur lesquels Les figures 1 et 2 sont des vues en coupe longitudinale représentant à titre d'exemples des projectiles selon la technique antérieure, la figure 1 représentant un projectile plein et la figure 2, un projectile creux apte à contenir une charge explosive. La figure 3 représente de profil, à titre d'exemple, un projectile perforant à ailettes selon la technique antérieure. La figure 4 illustre la relation entre la direction de tir du projectile perforant représenté sur la figure 3 et la cible. La figure 5 est une vue de profil en coupe droite d'un projectile selon un mode de réalisation de l'invention. La figure 6 illustre le premier stade du tir du projectile représenté sur la figure 5. La figure 7 représente ce meme projectile à un stade ultérieur du lancement. Les figures 8 et 9 sont des vues de profil en coupe de projectiles selon des variantes. Sur la figure 5, on voit, représenté en coupe longitudinale, un projectile selon un mode de réalisation de l'invention. Cette figure indique en 25 le corps d'un projectile proprement dit, for mé d'une dme 26 et d'une coque 27 fixée sur cette amie. L' me est en métal et présente un trou au centre de la pointe 29 de son ogive 28. On voit en 30 un tronçon tubulaire à diamètre plus faible, solidaire de l'ogive 28 et présentant au trou au centre de sa face arrière et en 32, un alésage qui traverse l'amie 26. La coque 27 est en matière plastique et a la forme voulue pour entourer le tronçon tubulaire de diamètre réduit 30. Cette coque 27 présente une surface profilée prolongeant la surface de l'ogive 28 de l'amie 26 et est fixée à l' me 26. On voit en 33 un culot qui peut se détacher de la coque 27 et qui referme le trou ménagé dans la face arrière 31 du tronçon tubulaire 30 à diamètre réduit, et en 34 une face destinée à subir la pression des gaz et concave dans le sens de tir. On charge le projectile ainsi constitué, tel que représenté sur la figure 5, dans le canon d'une arme légère ou d'une pièce d'artillerie. Lors- de la mise à feu, comme illus tré par la figure 6, seul le corps 25 est lancé vers la cible, suivant la flèche 35; le culot se détache du corps 25 et tombe suivant la flèche 36.En outre, lors du tir duprojectile, il apparait dans l'alésage une dépression dont l'effet de succion sollicite le culot 33 vers le corps 25 mais, étant donné- que cette succion rend parfois impossible le détachement du culot 33, on fait en sorte de faire communiquer l'intérieur de l'alésage 32 avec l'extérieur afin de dissiper la dépression : par exemple, on pratique un trou qui part de l'alésage- 32 et aboutit à l'extérieur au niveau du joint entre le corps 25 et le culot 33 En particulier, étant donné que la force appliquant le culot 33 contre le corps 25 est grande lorsqu'il s'agit d'un projectile de grandes dimensions, tel qu'obus, on peut prévoir des moyens propres à naintenir le culot 33 avant le tir, ainsi que des moyens mécaniques propres à interrompre l'effet de maintien sous l'action de la pression de tir lors de la mise à feu, afin de permettre au culot 33 de se détacher et de tomber. Comme illustré par la figure 7, deux courants d'air balaient-le corps 25 lancé suivant la flèche 37 :: l'un traverse le trou ménagé dans la pointe 29, puis l'alésage 32 et ressort par le trou ménagé dans la face arrière 31, suivant les flèches 38, 39 et 49, et l'autre longe la surface de l'ogive 28 et le tronçon moyen 27t toutefois, du fait que ces courants d'air n'engendrent pas de dépression au voisinage immédiat de la face arrière 31, de sorte que le projectile ne subit pas de succion vers l'arrière comme un projectile suivant la technique antérieure, la réduction subie par la vitesse de tir est faible, ce qui permet d'augmenter la portée de tir. Etant donné que les effets exercés sur ce projectile par la résistance de l'air et par des actions telles que celles de vénts ou autre sont très faibles, il est possible d'obtenir un tir stabilisé.De plus, l'arête formée autour du trou ménagé dans la pointe 29, assure la pénétration du projectile dans la cible méme si la direction de tir ne fait avec cette cible qu'un angle relativement faible, ce qui assure un grand effet destructeur. En outre, on peut ménager plus d'un alésage 32. On peut encore ménager plusieurs alésages dont chacun contient concentriquement un tube à diamètre extérieur inférieur à celui de l'alésage associé. Les figures 8 et 9 sont des vues en coupe longitudinales de projectiles selon des variantes. Le projectile représenté sur la figure 8 porte, sur son corps 41, un culot 42 différant par sa forme du culot 33 représenté sur les figures 5 et 6. Le culot 42 présente un bossage 43, dirigé dans le sens de tir et destiné à pénétrer dans l'alésage 32 ménagé dans le tronçon tubulaire de diamètre réduit 30 de l'ame 26, ce culot 42 étant conçu pour se détacher du corps 41 après le tir. Un projectile ayant cette structure exerce aussi des effets analogues à ceux cités plus haut.Le projectile représenté sur la figure 9, de dimensions relativement grandes comparables à celles d'un projectile pour canon à dme rayée, présente un premier élément d'emboitement, tel que gorge 46 ménagée dans la coque 45 du corps, et porte, sur la face intérieure 48 du culot, un second élément d'emboStement destiné à s'engager dans le premier élément 46, tel que ressort-lame 50 muni d'un téton hémisphérique 49 apte à pénétrer dans la gorge 46. Lors du chargement, le culot 47 est engagé sur le corps 44 mais, après le tir, il se détache de ce corps 44, qui est seul lancé vers la cible, comme dans le cas des projectiles précédemment décrits. Avec une telle structure, le culot 47 ne se détache pas du corps 44 pendant transport et manutention et est très commode pendant l'emmagasinage. Le projectile présente en outre les mêmes avantages que ceux précédemment décrits. Dans la description donnée à propos de la figure 5, on a indiqué que le corps 25 du projectile proprement dit est formé d'une ame métallique 26 sur laquelle sont fixés une coque 27 en matière plastique et un culot 33 en matière plastique. En fabriquant un projectile à partir de telles pièces, on réalise une économie sur le prix de revient et l'on peut ramener le poids du corps de projectile au quart ou au cinquième du poids d'un projectile équivalent selon la technique antérieure, ce qui allège remarquablement le poids des munitions. De plus, bien que la coque 27 soit en matière plastique légère, on obtient un tir stable gracie à l'alésage 32 ménagé dans l'ame métallique 26.On peut réaliser l' me 26 et la coque 27 précitées solidairement ou séparément, à partir de métaux semblables ou différents, et réaliser aussi le culot 33 non en matière plastique, mais en métal. Un projectile à coque ainsi réalisée en métal est particulièrement indiqué pour un canon. Dans ce cas aussi, on réalise grace à l'alésage 32 une grosse économie de poids par rapport aux obus antérieurs.Lorsqu'on tire à l'aide d'une arme légère automatique un projectile comportant une coque en matière plastique, la pression de gaz accumulée peut parfois s'avérer insuffisante parce qu'il ne s' exerce qu'une résistance frottante plus faible entre le projectile et la paroi intérieure du canon de l'arme. Dans ce cas, on peut poser autour du projectile destiné à augmenter notablement cette résistance frottante. Comme exposé ci-dessus, le projectile selon l'invention comprend un corps qui présente un alésage allant du centre de sa pointe au centre de sa face arrière et qui est muni d'un culot refermant sa partie arrière, et le culot se détache du corps après le tir, pour que seul le corps soit lancé vers la cible. En conséquence, la réduction subie par la vitesse de tir est plus faible que pour les projectiles selon la technique antérieure, ou l'on peut obtenir une portée de tir 1,5 fois supérieure à celle d'un projectile antérieur de me poids. On voit donc que, pour une meme portee de tir, on peut donner au projectile selon l'invention un poids très inférieur à celui du projectile antérieur, ce qui se traduit par une grande économie sur le poids des munitions.Simultanément, du fait que la vitesse de tir 'est sensiblement réduite, on peut amplifier les ondes de choc afin d'engendrer un son intense aux fins d'intimidation. En outre, du fait que le projectile n'est pas grandement affecté pendant le lancement par des déplacements d'air ou des vents, on obtient un lancement stable permettant d'améliorer la précision du tir. Le projectile a une structure très simple et l'on peut donc le fabriquer aisément en quelques stades seulement, ce qui réduit le prix de revient; la possibilité d'utiliser le projectile dans un canon d'arme légère ou de pièce d'artillerie classique, sans système spécial de mise à feu, permet une nette économie. En outre, l'arete formée autour du trou ménagé au centre de la pointe permet au projectile de perforer aisément une cible et d'exercer ainsi de grands effets destructeurs. Dans les armes légères classiques, l'ame du canon présente des rayures hélicoïdales destinées à faire tourner rapidement le projectile, afin d'améliorer la précision de la trajectoire, ce qui augmente le frottement entre le canon et le projectile. En conséquence, le canon s'échauffe lors d'un tir continu, ce qui limite le nombre de projectiles qu'on peut tirer en continu. De plus, un jeu infime peut apparaître entre les rainures hélicoSdales et le projectile et permettre des fuites des gaz engendrés à partir de la charge explosive lors de la mise à feu, ce qui réduit la puissance de tir. Par contre, avec le projectile selon l'invention, on peut augmenter la distance de lancement et atteindre la cible avec une haute précision sans faire tourner le projectile, ce qui évite d'avoir à prévoir des rayures et permet de tirer en continu un plus grand nombre de projectiles en exploitant plus efficacement la force explosive engendrée par la mise à feu de la charge explosive. En fait, le projectile selon l'invention est utilisable sans modification dans les armes légères et pièces d'artillerie classiques. REVENDICAT IONS 1 - Projectile proprement dit, caractérisé en ce qu'il comz prend un corps traversé par un alésage du centre de sa pointe au centre de sa face arrière, et un culot posé de manière amovible sur ce corps pour refermer le trou défini par l'alésage au centre de la face arrière, de sorte que, lors du chargement, ce culot est engagé sur le corps et qu'après la mise à feu, il se détache de ce corps, afin que seul ce dernier soit lancé vers la cible. 2 - Projectile selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit corps est en métal. 3 - Projectile selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit corps est constitué par une dme qui comprend une ogive métallique et un tronçon tubulaire de diamètre réduit solidaire de l'ogive, et par une coque en matière plastique qui entoure ledit tronçon tubulaire de diamètre réduit. 4 - Projectile selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit corps est constitué par une ame qui comprend une ogive métallique et un tronçon tubulaire de diamètre réduit solidaire de l'ogive, et par une coque métallique qui entoure ledit tronçon tubulaire de diamètre réduit. 5 - Projectile selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que ledit culot est en matière plastique. 6 - Projectile selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que ledit culot est en métal. 7 - Projectile selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce qu'il présente.une face arrière concave dans le sens de tir, destinée à subir la pression des gaz. 8 - Projectile selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé en ce qu'il comporte un premier élément demhoi- tement prévu sur ledit corps et un second élément d' emboitement prévu sur ledit culot afin de maintenir le culot sur le corps par inter-emboStement entre lesdits premier et second éléments.