La présente invention concerne un projectile d'exer- cice tel par exemple un projectile destiné à l'artillerie pour la simulation du tir anti-char, ceci n'étant toutefois pas limitatif. Les projectiles de ce type sont généralement consti- tués par une tête d'allure ogivale prolongée par une queue contre laquelle s'appliquent des sabots pour amener l'en- semble au calibre du canon utilisé par le tir. Ces sabots se séparent du projectile à la sortie du canon, le projec- tile lui-même suivant sa trajectoire désirée. Dans le tir anti-char, cette dernière est le plus souvent très tendue, ce qui rend considérable les risques de ricochets lorsque le projectile rate la cible ou la touche incorrectement, d'autant plus que la vitesse initiale de tels projectiles doit être élevée. Il s'ensuit qu'un champ de tir, pour être utilisable, doit offrir une zone de sécurité considé- rable au-delà des cibles, dont la profondeur est un mul- tiple de la portée utile du projectile. Dans de nombreuses régions, des champs de tir de cette dimension sont diffi- ciles, voire impossibles à implanter. Le but de l'invention est dès lors de fournir un projectile d'exercice simulant parfaitement un projectile réel tout au long de la partie utile de sa trajectoire, mais dont les caractéristiques aérodynamiques, respective- ment la position du centre de gravité, sont brutalement modifiées au terme de cette dernière afin de diminuer très considérablement la portée totale. A cet effet, l'invention consiste à prévoir dans une partie du projectile d'exercice considéré, au moins une charge explosive à laquelle est associé un dispositif de mise à feu retardée, la durée du retard correspondant substantiellement au temps de vol statistique du projectile depuis le départ jusqu'au terme de sa trajectoire utile désirée. Pour plus de clarté, un exemple de mise en oeuvre de l'invention est décrit ci- après à titre illustratif et non restrictif, référence étant faite aux dessins annexés, dans 2- lesquels la figure 1 est une vue latérale d'un projectile selon l'invention, avec demi-coupe axiale schématique; la figure 2 est une vue selon la flèche F2 de la figure 1; la figure 3 est une coupe axiale d'un ensemble consti- tué par une charge explosive et son dispositif de retard équipant le projectile selon la figure 1, à l'état de repos; la figure 4 est une coupe-plus détaillée, à échelle agrandie, de la partie indiquée en F4 à la figure 3; - la figure 5 est une coupe selon la ligne V-V de la figure 4; et les figures 6 à 8 sont des vues similaires à celles de la figure 3, représentant toutefois l'ensemble à trois stades successifs de son fonctionnement. Le projectile selon la figure 1 est constitué par une tête 1 d'allure ogivale, prolongée par une queue 2. Dans cette dernière sont prévus trois alésages borgnes 3 dont les axes sont parallèles à celui du projectile et mutuelle- ment espacés de 120 . Dans chacun de ces alésages est logé un ensemble 4 constitué d'une charge explosive et d'un dispositif de mise à feu retardée. Ces ensembles 3 étant identiques entre eux, un seul sera décrit ci-après. D'une façon générale, un ensemble 4 se compose d'une charge explosive principale 5, dont le train de mise à feu comprend un relais 6, un interrupteur pyrotechnique consti- tué par un rotor 7 contenant un détonateur à percussion 8 et un percuteur 9 porté en bout d'un piston 10 maintenu à l'état de repos dans un guide percuteur l au moyen d'un opercule de retenue 12. Le piston 10 présente un alésage borgne, contenant une charge explosive 13 constituée par exemple de dimitrorésorci- nate de plomb. En amont de la charge 13 est disposée une charge de retard 14 comprimée dans un porte-retard 15. Un porte-amorce 16 contient une amorce 17 susceptible -3- d'être mise à feu par un percuteur 18 porté par une buse- lure de guidage 19. Le percuteur 18 présente une gorge périphérique 20 dans laquelle pénètrent partiellement trois billes 21 prenant par ailleurs appui sur le bord de ladite buselure ainsi que sur une bague coulissante 22 montée sur un res- sort d'avalement 23. Revenant au rotor 7, celui-ci est monté à rotation dans un porte-rotor 24 à l'intervention des deux axes 25 terminés par des plats 26. Une bague coulissante 27 en- toure le fût du porte-rotor 24 et est refoulée vers sa position de sécurité par un ressort 28, position dans laquelle les plats 26 pénètrent dans des encoches 29 pré- vues à cet effet dans ladite bague 27. Dans cette position de sécurité, le détonateur 8 est hors d'alignement par rapport au train de mise à feu de la charge 5. Ce rotor comporte un balourd 30. Le dispositif susdécrit fonctionne de la façon suivante. Lors d'une accélération suffisamment forte et de durée conséquente (tir), la bague 22 écrase, par inertie, le ressort 23 et libère les billes 21 qui s'échappent radiale- ment de la gorge 20, libérant ainsi le percuteur 18. Si l'accélération perdure à ce moment, le percuteur 18 vient frapper l'amorce 17 avec une énergie capable de la mettre à feu (figure 7). L'amorce 17 allume la charge 14 qui brûle, dans cet exemple, en deux secondes. Au terme de cette combustion, la flamme débouchant du porteretard 15 met feu à la charge 13, ce qui a pour effet de briser l'opercule 12 et de chasser le piston 10. Préalablement, la bague 27 ayant comprimé le ressort 28 a libéré le rotor 7 qui est venu se mettre en position active, de par l'action de la force centrifuge sur son balourd 30 (figure 6). Le détonateur 8 est ainsi percuté par le percuteur 10, ce qui entraîne la mise à feu de la charge 5, via le relais 6 (figure 8). -4- Le tarage du ressort 23 est choisi de sorte qu'une accélération - même forte - de courte durée ne permette pas à la bague 22 de parcourir la distance nécessaire à la libération des billes. Dans un cas pratique, le tarage dudit ressort était tel qu'une chute de douze mètres du projectile était insuffi- sante que pour provoquer la libération du percuteur 18. Il faut signaler également la double sécurité offerte par l'agencement du piston-percuteur 9-10. En effet, aucun gaz cnaud ne peut s'échapper du porte-retard 15 lors de la combustion de la.charge 14, ce qui rend plus sûr le non- allumage du détonateur 8 au cas o celui-ci ne serait pas correctement alligné. D'autre part, au cas - hautement improbable - o la charge 14 aurait été omise lors de la fabrication, l'amorce 17 alumerait vraisemblablement la charge 13 mais la pres- sion en résultant serait insuffisante pour rompre l'oper- cule 12 car le volume alors disponible pour l'expansion des gaz serait largement supérieure à la normale. Dans l'exemple illustré, trois ensembles 4 sont prévus, pour des raisons de sécurité. On est ainsi certain que l'une des charges 5 explosera en temps voulu et cette explosion entraînera celle des deux autres charges, par sympathie. Ces explosions entraînent une destruction partielle du projectile, au niveau de son centre de masse avec, comme résultat, un freinage important et une fin de trajectoire prématurée. Il est évident que de nombreuses modifications peuvent être apportés à l'exemple susdécrit, sans pour autant sortir du cadre de l'invention tel que défini dans les revendications ci-après. -5- REVENDICATIONS. 1.- Projectile d'exercice du type constitué par une tête d'allure ogivale prolongée par une queue, caractérisé en ce qu'il contient au moins une charge explosive (5) à laquelle est associée un dispositif de mise à feu retardée (14, 13, 6), la durée du retard correspondant substantielle- ment au temps de vol.statistique du projectile depuis le départ jusqu'au terme de sa trajectoire utile désirée. 2.- Projectile selon la revendication 1, caractérisé en ce que le dispositif de mise à feu retardée comporte deux chaînes pyrotechniques coaxiales disposées l'une à la suite de l'autre entre ladite charge et la pointe de ladite tête, la chaîne avant (18, 17, 14, 13) assurant le retard ainsi que le fonctionnement de la deuxième chaîne (9, 8, 6, 5) au terme du retard. 3.- Projectile selon la revendication 2, caractérisé en ce que le premier élément de chacune des deux chaînes est un percuteur (18, 9). 4.- Projectile selon la revendication 3, caractérisé en ce que la première chaîne est constituée, successivement, par un percuteur (18), une amorce (17), une charge de retard (14) et une charge explosive-propulsive (13). 5.- Projectile selon la revendication 4, caractérisé en ce que ledit percuteur (18) est verrouillé en position inactive par des moyens (20-23), connus en soi, libérant ledit percuteur sous l'effet conjoint de l'accélération du projectile et de la force centrifuge lors du tir. 6.- Projectile selon la revendication 3, caractérisé en ce que la deuxième chaîne est constituée, successive- ment, par un piston-percuteur (9, 10), une amorce (8) por- tée par un rotor (7) et un relais (6). 7.- Projectile selon les revendications 4 et 6, carac- térisé en ce que le piston-percuteur (9, 10) de la deuxième chaîne est destiné à être propulsé par la charge explosive- propulsive (13) de la charge avant, un moyen de retenue (12> dudit pistonpercuteur en position de repos étant prévu, l'action de ce moyen étant annulée suite à l'allu- -6- mage de ladite charge explosive-propulsive (13). 8.- Projectile selon la revendication 6, caractérisé en ce que ledit rotor (7) est verrouillé en position inactive, dans laquelle ledit détonateur (8) est hors d'allignement avec le restant de la chaîne, par un moyen de verrouillage (27) déplaçable vers une position de libération du rotor sous l'effet de l'accélération du projectile lors du tir, la rotation du rotor vers sa position active s'effectuant alors sous l'effet de la force centrifuge. 9.- Projectile selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il contient, dans sa queue, trois charges (5) explosives identiques, chacune ayant son propre dispositif de mise à feu retardée (14, 13, 6).