L’invention concerne une composition stabilisante destinée à être utilisée dans le cadre d’un procédé de traitement et de stabilisation des cellules d’eucaryotes pour la fabrication et la réalisation d’échantillons ou de produits de contrôles, destinés aux laboratoires d’analyses médicales ou vétérinaires pour les diverses analyses de prélèvements biologiques issus de l’homme et/ou de l’animal, et en particulier de prélèvements de liquides biologiques (sang, urine, liquides d’épanchement, etc.), le procédé de traitement et de stabilisation desdites cellules utilisant ladite composition, et les produits de contrôle issus de la mise en œuvre dudit procédé. Composition stabilisante, procédé utilisant ladite composition pour la fabrication de produits de contrôle d’analyses de prélèvements biologiques chez les mammifères, et produits de contrôle issus de la mise en œuvre dudit procédé L’invention concerne une composition stabilisante destinée à être utilisée dans le cadre d’un procédé de traitement et de stabilisation des cellules d’eucaryotes pour la fabrication et la réalisation d’échantillons ou produits de contrôle, destinés aux laboratoires d’analyses médicales ou vétérinaires pour les diverses analyses de prélèvements biologiques issus de l’homme et/ou de l’animal, et en particulier de prélèvements de liquides biologiques (sang, urine, liquides d’épanchement, etc.). L’invention concerne également le procédé utilisant ladite composition pour le traitement et la stabilisation desdites cellules d’eucaryotes. Enfin, elle vise aussi les échantillons ou produits de contrôle issus de la mise en œuvre de ce procédé. Les laboratoires d’analyses de biologie médicale, qu’il s’agisse de laboratoires d’analyses de biologie médicale humaine ou de laboratoires d’analyses vétérinaires, sont tenus de contrôler très régulièrement leurs méthodes et les réactifs employés afin de disposer de résultats fiables. Les échantillons de contrôle constituent des matériaux de référence suffisamment homogènes et stables vis-à-vis de propriétés définies et spécifiées dans le cadre d’une utilisation souhaitée et prévue (mesurage, examen de pathologie, etc.). Ces propriétés définies constituent elles-mêmes des valeurs de références ou constantes, et peuvent être de plusieurs types : biochimiques, cellulaires, corps étrangers (parasites, bactéries,…). L’échantillon de contrôle est ainsi spécialisé pour la mesure, l’évaluation et/ou l’observation de différents paramètres et permet de caractériser et/ou de valider les résultats de l’analyste. Lorsque qu’un laboratoire reçoit une substance à analyser telle que du liquide biologique prélevé sur un humain ou un animal, l’analyste est ainsi en capacité de comparer les composantes de ladite substance prélevée avec les constantes parfaitement définies de l’échantillon de contrôle. La constatation d’une ou plusieurs modifications desdites constantes dans la substance prélevée par rapport à celles de l’échantillon de contrôle, permet le diagnostic d’une pathologie éventuelle dont les paramètres auront été préalablement définis. Par exemple, dans le cadre de l’analyse des urines ou ECBU (Examen cytobactériologique des urines), le contrôle habituellement proposé au biologiste doit présenter les caractéristiques d’une urine qui sont, en plus du pH urinaire : Présence de cellules : leucocytes et/ou hématies Présence de cristaux Présence de divers types de microorganismes : bactéries et champignons Paramètres biochimiques définis : acétone, albumine, sucre. Cet ensemble de caractéristiques défini à des concentrations données doit être présent dans le produit contrôle. Il en est de même pour tous les types de prélèvements et liquides biologiques. Le produit de contrôle est adapté en fonction du type de prélèvement et des caractéristiques attendues pour l’analyse et/ou le diagnostic recherché. La présente invention s’intéresse plus particulièrement aux constantes de type « cellulaires » et permet de disposer d’un matériel de référence, stable dans le temps et suffisamment fiable pour constituer un échantillon de contrôle durable, destiné à être comparé aux paramètres cellulaires relevés dans le cadre d’un prélèvement biologique sur un mammifère, tel que par exemple un prélèvement sanguin ou un autre liquide biologique (urine, liquide d’épanchement…). Les différences de cellules observées entre l’échantillon de contrôle et l’échantillon prélevé (en nombre, qualité, type, etc.), peut permettre le diagnostic d’une pathologie, ou peut conforter le diagnostic pathologique issu d’autres données par exemple avec les résultats d’analyses effectuées sur les constantes biochimiques et/ou les bactéries infectieuses du même patient. Par exemple, pour une étude cytobactériologique des urines (ECBU), un examen direct du prélèvement au microscope ou au cytomètre de flux permet de détecter une hématurie (présence de globules rouges en quantité supérieure à 5.10³/ml) et/ou une leucocyturie (présence de globules blancs en quantité supérieure à 10³/ml). A la présence de cellules comme les hématies, les leucocytes, les macrophages ou autres types de cellules, correspond souvent une pathologie donnée. La présente invention permet de répondre au besoin des biologistes en produits de contrôle de qualité. Etat de la technique Il existe des méthodes connues de fixation et de stabilisation de cellules, comme il existe également des méthodes par exemple de traitement du sang total pour fournir un échantillon adapté à la détermination des valeurs des cellules sanguines. Ces méthodes se sont principalement développées dans le milieu de l’hématologie qui utilise des automates capables de numérer les diverses familles de cellules sanguines (système Beckman Coulter, système Abbot,…). Ces automates nécessitent des contrôles journaliers. Les brevets CA 2382119 C « Hematology Contol and System for Multi-Parameter Hematology Measurements », US4579824A « Hematology Control » et EP 73554B1 « Treatment of Whole Blood for Determination of Red Blood Cell Volumes » donnent diverses technologies de traitement et stabilisation des cellules. Ces méthodologies sur le contrôle des cellules sanguines se rencontrent également dans le domaine vétérinaire, par exemple le contrôle à partir de cellules sanguines de porc (1) « Porcine Blood as control materials for animals blood cell analysis » qui présente un système de contrôle utilisant des cellules sanguines de porc avec une stabilité de 5 semaines. Mais aujourd’hui, il n’existe pas de produits de contrôle de cellules présentant des caractéristiques de reproductibilité et de stabilité d’au moins sur plusieurs mois, ni de méthode de préparation de tels produits. Or, le marché actuel en est très en attente. Aussi, notre équipe spécialisée dans le séchage, la lyophilisation et la conservation dans le temps de nombreux microorganismes, a mis au point une composition innovante ainsi qu’un procédé de stabilisation utilisant cette composition, pour la fabrication de produits de contrôle de qualité présentant la possibilité de distinguer et de compter les diverses cellules d’un liquide biologique prélevé. Les essais de mise au point ont été effectués principalement sur les urines. Mais le modèle de réalisation est transposable aux autres prélèvements biologiques de mammifères, et notamment aux prélèvements de liquides biologiques tels que sang, liquide articulaire, synovial, etc. Un bon contrôle correspond au mieux au type de prélèvement ou liquide biologique auquel il doit être comparé. Le produit ou échantillon de contrôle issu de la mise en œuvre du procédé selon l’invention sera adapté à chaque type de liquides biologiques prélevés chez les mammifères tels que par exemple : urine, liquide céphalo rachidien, ponction synoviale, ponction pleurale et ponction péricardique, etc. ou tout autre liquide biologique pour lequel l’on recherche la présence éventuelle et anormale de cellules. L’invention a trait à une composition ou solution stabilisante comprenant notamment des sels tels que l’acétate de sodium, le barbital sodé, le chlorure de sodium, et le citrate trisodique, solubilisés dans de l’eau distillée. L’utilisation de cette composition dans le cadre de notre procédé de traitement et de stabilisation des cellules d’eucaryotes permet la fabrication et la réalisation d’échantillons de contrôles hautement stables, qualitatifs et durables dans le temps (au-delà de un mois et avantageusement au moins 6 mois). L’invention vise également ledit procédé utilisant ladite composition. Ce procédé se décompose schématiquement en 3 étapes successives : Préparation des cellules d’eucaryotes Fixation desdites cellules par traitement au glutaraldéhyde Stabilisation des cellules dans une dilution finale utilisant la composition de stabilisation selon l’invention On obtient ainsi un produit ou échantillon de contrôle, stable dans le temps, et comportant une quantité déterminée de cellules visibles au microscope et au cytomètre de flux pour une lecture quantitative et qualitative précise. Enfin, l’invention concerne aussi les échantillons ou produits de contrôle issus de la mise en œuvre de ce procédé La présente invention s’attache à fournir un produit contrôle pour la détection et la numération des éléments cellulaires, et en particulier les leucocytes et/ou les hématies présents dans le liquide biologique à analyser, sans toutefois être limitée à ce type de cellules. La composition selon l’invention comprend au moins : De la glycine ou équivalent connu en soi Des composés sucrés tels que D-Sorbitol et Glucose ou équivalents connus en eux-mêmes De l’acétate de sodium Du barbital sodé ou 5,5 diéthylbarbiturate de sodium Du chlorure de sodium Du citrate trisodique Du 8 hydroxyquinoléine De l’acide citrique monohydrate L’ensemble est solubilisé dans de l’eau distillée et la solution obtenue est homogénéisée. De façon avantageuse, la composition stabilisante comprend au moins les composés suivants, solubilisés dans de l’eau distillée : Glycine D. sorbitol Glucose Acétate de sodium 5,5 diéthylbarbiturate de sodium NaCl Citrate trisodique 8 hydroxyquinoléine Acide citrique monohydrate Plus particulièrement, la composition comprend au moins les composés suivants, aux concentrations indiquées : Glycine : 3 g/litre D. sorbitol : 2,7 g/l Glucose : 2,8 g/l Acétate de sodium : 1,9 g/l 5,5 diéthylbarbiturate de sodium : 2,9 g/l NaCl : 2,6 g/l Citrate trisodique : 8,1 g/l 8 hydroxyquinoléine : 0,1 g/l Acide citrique monohydrate : 0,72 g/l, pour 1 litre d’eau distillée. L’ensemble des composés précités est solubilisé et la solution est homogénéisée. Le procédé selon l’invention comporte les étapes successives suivantes : Étape 1 : Préparation à savoir séparation et purification des cellules d’eucaryotes Étape 2 : Fixation desdites cellules par traitement au glutaraldéhyde Étape 3 : Stabilisation des cellules dans une dilution finale utilisant la composition de stabilisation selon les revendications 1 à 3 Les étapes 1) et 2) sont classiques et utilisent des méthodes globalement connues. Nous avons toutefois recherché une solution pour adapter au cadre de notre procédé, les méthodes de fixation des cellules par glutaraldéhyde communément exposées par l’art antérieur, afin d’optimiser la stabilisation finale des cellules par notre composition stabilisante. Etape 1 : préparation des cellules : L’étape de préparation des cellules consistent à séparer, isoler et purifier les cellules qui devront constituer le produit de contrôle. Il existe différentes méthodes de préparation et de purification des cellules d’eucaryotes issues de l’homme ou de l’animal. On peut citer par exemple les techniques de séparation des cellules par colonne d’immunochromatographie. D’autres méthodes existent. Elles sont plus ou moins longues et complexes à mettre en œuvre, et parfois coûteuses. En fonction du type de cellules que l’on souhaitera isoler, il pourra être préféré une technique plutôt qu’une autre. Les cellules eucaryotes isolées et purifiées proviennent de prélèvements sanguins de mammifères et sont des globules rouges et/ou des globules blancs ou leucocytes à savoir des monocytes, des polynucléaires et/ou des lymphocytes Afin d’illustrer cette étape, nous avons choisi une technique de préparation relativement simple, adaptée à la préparation des cellules leucocytaires : Du sang frais de donneur est récupéré sur anticoagulant, il est traité dans les 24h qui suivent le prélèvement. La poche de sang est homogénéisée manuellement et le sang est récupéré dans des tubes coniques adaptés pour une centrifugation de 20 minutes à 600 g. Le plasma est ensuite éliminé et les globules blancs ou leucocytes sont récupérés à l’interface du plasma et des globules rouges (anneau blanc-rosé correspondant à la couche leuco plaquettaire). Les globules blancs sont recueillis dans des tubes coniques adaptés à la centrifugation et lavés 2 fois dans du sérum physiologique par centrifugation de 8 minutes à 300 g pour chaque lavage, afin d’éliminer les plaquettes et l’excès de globules rouges. Etape 2 : Fixation des cellules, préparées tel que précédemment : Là encore, il existe d’ores et déjà plusieurs techniques de fixation connues de l’homme du métier, notamment en utilisant divers aldéhydes comme le glutaraldéhyde ou le formaldéhyde. Nous nous sommes plus particulièrement intéressés aux techniques de fixation au glutaraldéhyde et avons relevé que les concentrations de glutaraldéhyde utilisées variaient de 0,075% à 10% selon les auteurs (voir Références « littérature » : 1, 2, 3, 4). Dans notre cas, nous avons obtenu de bons résultats finaux en sélectionnant le glutaraldéhyde concentré en solution aqueuse à 0,39% pour une performance optimale Nous exposons ci-après la technique de fixation par traitement au glutaraldéhyde que nous avons mise en œuvre pour fixer les cellules leucocytaires précédemment préparées : Le culot de cellules leucocytaires lavées est repris par une solution de glutaraldéhyde à 0,39% dans du sérum physiologique. Après homogénéisation, nous laissons agir le glutaraldéhyde 17 heures à 4°C. Ensuite, les cellules sont récupérées par simple centrifugation de 20 minutes à 600 g. Les cellules sont ensuite lavées une fois dans du sérum physiologique (centrifugation 600g pendant 20 minutes). Les leucocytes sont alors prêts pour être diluées dans notre solution de stabilisation. Toutefois, avant leur dilution, une numération précise des leucocytes est effectuée par une série de dilutions dans du sérum physiologique au microscope au moyen d’une cellule de comptage de type Malassez. Ceci permet d’établir la concentration exacte des cellules à introduire dans le flacon contrôle final. Etape 3 : Stabilisation des cellules Les cellules fixées sont ajoutées à la dilution désirée dans du sérum physiologique, pour être ensuite diluées dans la composition stabilisante A un volume de cellules fixées diluées dans du sérum physiologique, un volume équivalent de notre solution ou composition stabilisante est ajouté pour constituer une dilution finale. La solution obtenue est homogénéisée et est prête à être conditionnée de façon stérile dans tout contenant adapté connu en soi, par exemple des flacons préalablement stérilisés, et distribuée. Etudes de stabilité : Nos études de stabilité ont été effectuées à 4-8°C (stockage dans un réfrigérateur classique). Trois types d’études ont été effectués : Sur des leucocytes seuls Sur des globules rouges seuls Sur un mélange leucocytes / globules rouges Pour ces études, 3 concentrations de cellules ont été testées : 10 cellules/µl 50 cellules/µl 200 cellules/µl Les concentrations de leucocytes et globules rouges sont traitées de 3 façons : Préparation A : étude de stabilité avec la solution stabilisante sur des cellules n’ayant pas été fixées Préparation B : étude de stabilité avec la solution stabilisante sur des cellules ayant été fixées au glutaraldéhyde concentré à 0,39% Préparation C : étude de stabilité avec du sérum physiologique sur des cellules ayant été fixées au glutaraldéhyde concentré à 0,39% Les analyses des numérations (aspect quantitatif au cytomètre de flux) ont été couplées à des analyses qualitatives : aspect des cellules au microscope optique. Les résultats obtenus sont affichés dans le tableau 1. [Tableau 1] : Traitement et étude de stabilité des leucocytes - Aspects quantitatifs et qualitatifs Temps de stockage à 8°C en mois cellules/µl Préparation A* Préparation B** Préparation C*** Aspect quantitatif (comptage au cytomètre de flux) 2 10 Bonne numération 50 200 4 10 Comptage difficile, concentration de leucocytes très basse Bonne numération Plus de comptage 50 200 6 10 Plus de comptage Baisse de 10% Bonne numération Baisse de 5à10% Plus de comptage 50 200 8 10 Plus de comptage baisse du nombre de leucocytes surtout aux concentrations 10 et 200 (de 20 à 40%) Plus de comptage 50 200 Aspect qualitatif (microscope optique) 2 10 Cellules déformées (volume et morphologie) Cellules normales Lyse de cellules très tôt, à partir de 1 mois 50 200 4 10 Lyse partielle Cellules normales Lyse totale 50 200 6 10 Lyse totale Cellules normales Lyse totale 50 200 8 10 Lyse totale Légères déformations des cellules mais baisse numération au cytomètre Lyse totale 50 200 * Préparation A : solution stabilisante sans fixation ** Préparation B : solution stabilisante avec fixation au glutaraldéhyde *** Préparation C : fixation au glutaraldéhyde et stabilisation avec du sérum physiologique Selon les résultats obtenus avec les 3 types de traitement (fixation et stabilisation) du tableau 1, la fixation des cellules au glutaraldéhyde est essentielle, notamment pour garder une bonne morphologie des cellules. La solution stabilisante telle que décrite dans le présent exposé est essentielle pour conserver une bonne concentration et une bonne morphologie des cellules. Nous obtenons une stabilité de 6 mois à 4-8°C (perte de 5 à 10% acceptable au microscope ou au cytomètre de flux). Ladite solution est donc essentielle à la bonne stabilisation des cellules. Nous avons également effectués des essais identiques avec les globules rouges. Nos essais ont donné des résultats très proches de ceux obtenus avec les leucocytes. Au bout de 8 mois, certains globules rouges prennent un aspect crénelé. Nous avons enfin effectué une 3 ème expérience correspondant à un mélange de leucocytes et de globules rouges. Ces essais étaient importants car la présence à la fois de globules rouges et de leucocytes constitue la majorité des cas des ECBU. Il y a en effet toujours un mélange globules rouges/leucocytes dans les urines présentant des cellules, les globules rouges étant cependant à une concentration nettement inférieure à celle des leucocytes. Cette 3 ème expérience a confirmé les 2 précédentes avec une stabilité de 6 mois avec le maintien d’une quantité et d’une qualité des 2 types de cellules. En conclusion, nous avons établi un système innovant pour la conservation des cellules eucaryotes type leucocytes et/ou globules rouges, aussi bien en quantité qu’en qualité. Cette nouvelle méthodologie peut entrer dans un processus d’établissement de contrôles de qualité stables destinés à l’ensemble des laboratoires d’analyses humaines et vétérinaires. Cette innovation peut non seulement être utilisée dans le cas de contrôles d’ECBU mais également dans le cadre de contrôles d’analyses cytologiques des prélèvements et liquides biologiques. Les principaux prélèvements biologiques pouvant présenter des cellules indicatrices d’infection/inflammation sont le prélèvement cervico-vaginal, le prélèvement urétral, le prélèvement d’une lésion génitale, le prélèvement broncho-pulmonaire. Les principaux liquides biologiques sont le sang, la lymphe, l’urine, le liquide cérébrospinal ou céphalorachidien, le liquide synovial ou articulaire, le liquide pleural (cavité pleurale autour de chacun des 2 poumons), le liquide péritonéal (cavité péritonéale autour des intestins) et le liquide péricardique (cavité péricardique autour du cœur). Les liquides péricardique, articulaire, pleural et péritonéal constituent les liquides d’épanchement en médecine pour lesquels le taux de leucocytes est un élément important pour le diagnostic de la pathologie. Prenons comme exemple le liquide articulaire pour lequel la quantité de leucocytes par ml donne une idée sur les principales pathologies : voir tableau 2. [Tableau 2] : Principales pathologies associée au nombre de leucocytes présents dans un liquide articulaire (Référence « littérature » 5) Leucocytes /mm³ Type de liquide Pathologies associées Non inflammatoire Arthrose, traumatisme, ostéonévrose 3000 à 50 000 Inflammatoire Polyarthrite rhumatoïde, arthrites micro-cristallines 50 000 à 300 000 Purulent Infections bactériennes dont la tuberculose Parfois le biologiste est amené à étudier de plus près la population des leucocytes en différenciant les polynucléaires des cellules mononuclées (lymphocytes et monocytes). Pour cela il effectue un étalement sur lame de verre du liquide biologique et effectue une coloration de cette lame qui lui permet de différencier les sous-types cellulaires au microscope (par exemple dans le cas des liquides articulaires inflammatoires, les polynucléaires représentent plus de 70% des leucocytes). Ainsi de cette observation il apparaît d’autres possibilités afin d’affiner les contrôles de qualité sur les types de cellules : nous pouvons par exemple effectuer des essais de fixation/stabilisation plus spécifiques sur les sous-populations leucocytaires. Au lieu de fixer/stabiliser l’ensemble des leucocytes qui comprennent polynucléaires, lymphocytes et monocytes, nous pourrions séparer ces 3 sous-populations et les traiter selon notre méthode innovante afin de proposer des contrôles de qualité beaucoup plus spécifiques. Il existe des méthodes couramment utilisées pour séparer et obtenir les sous-familles leucocytaires : Extraction des cellules mononuclées (monocytes et lymphocytes) par la « méthode Ficoll-Hypaque » (6) à l’aide de ficoll, un polysaccharide hydrophile qui sépare le sang en couches que l’on peut ainsi récupérer par centrifugation en gradient de densité (7). Extraction des polynucléaires par la méthode Dextran/Ficoll à partir du sang total (8). Une autre possibilité très simple pour l’obtention de macrophages (monocytes) est de travailler non pas à partir du sang total mais à partir du Lavage Broncho Alvéolaire (LBA). Le LBA est un outil diagnostique peu invasif qui permet de caractériser la santé des alvéoles pulmonaires. Et ce prélèvement biologique a la particularité de présenter 85% de macrophages correspondant à une bonne santé des alvéoles pulmonaires. Dès que ce taux de macrophages baisse : Au profit de lymphocytes (> 25%), le diagnostic suggéré est une pneumonie virale, une pneumonie interstitielle lymphoïde… Au profit de polynucléaires (> 3%), le diagnostic suggéré est une pneumonie bactérienne, une collagénose… Nous avons donc utilisé ce type de prélèvement pour étudier notre méthode fixation/stabilisation sur les macrophages. A cette fin, nous avons obtenu plusieurs LBA de patients sains que nous avons mélangés en une seule solution. Cette solution a été lavée 3 fois avec du sérum physiologique (3 centrifugations de 20 minutes à 600 g). La solution finale comportait : 88% de macrophages 12% de lymphocytes et de rares polynucléaires Nous avons établi 3 types de dilutions correspondant à : 10 cellules/µl 50 cellules/µl 200 cellules/µl Les 3 dilutions, après vérification à la cellule de Malassez, comportaient bien un taux de macrophages supérieur à 80% et autour de 15% pour les lymphocytes. Les 3 dilutions ont subi les étapes de fixation/stabilisation précédemment décrites. Et une étude visuelle au microscope optique de chaque dilution a été effectuée 2, 4, 6 et 8 mois plus tard (stockage à 4-8°C). Les résultats retransmis dans le tableau 3 permettent de confirmer que notre méthode est efficace non seulement sur les globules rouges et les leucocytes, mais également sur les sous-populations de leucocytes comme les macrophages (monocytes) dans ce cas. [ Tableau 3 ] : Traitement et étude de stabilité des macrophages - Aspects quantitatifs* et qualitatifs** Temps de stockage à 4-8°c Critères suivis Dilution 1 Dilution 2 Dilution 3 T0 cellules/µl %macrophages %lymphocytes 10 82 18 50 75 25 200 89 11 2 mois cellules/µl %macrophages %lymphocytes 8 80 20 48 80 20 197 87 23 4 mois cellules/µl %macrophages %lymphocytes 11 78 22 54 71 29 187 88 22 6 mois cellules/µl %macrophages %lymphocytes 8 84 16 46 69 31 180 88 22 8 mois cellules/µl %macrophages %lymphocytes 5 79 21 35 72 28 135 81 19 * Tolérance de 10% de variation maximale ** Aspect morphologique des cellules au microscope optique : une légère modification des cellules est à noter après 8 mois de stockage. Nous avons donc établi une méthode de fixation/stabilisation permettant l’obtention de suspensions de cellules sanguines eucaryotes stables 6 mois à 4-8°C. Cette méthodologie a été démontrée sur des globules rouges, des globules blancs ou leucocytes et des macrophages ou monocytes. Les cellules provenant du sang constituent des paramètres cytologiques utilisés de façon classique pour le diagnostic biologique de certaines pathologies. Dans ce cadre, cela intéresse les urines, divers prélèvements biologiques ainsi que les liquides biologiques. Cette méthode de préparation peut être transposée à d’autres types de cellules eucaryotes issus de mammifères. Enfin, l’invention concerne les produits de contrôle issus de la mise en œuvre du procédé précédemment décrit. Ces produits de contrôle sont destinés notamment à être utilisés pour la réalisation d’analyses cytologiques des urines, prélèvements biologiques et liquides biologiques issus de mammifères, pour la médecine humaine et la médecine vétérinaire. Ils sont en capacité de comporter des concentrations données constantes de globules rouges, de globules blancs ou leucocytes et plus précisément de monocytes, polynucléaires et lymphocytes après 8 mois de stockage à 4-8°C. De même, ils conservent des caractéristiques qualitatives, comme les morphologies cellulaires, stables à la fois pour les globules rouges notamment, les globules blancs ou leucocytes et plus précisément les monocytes, polynucléaires et lymphocytes après 8 mois de stockage à 4-8°C. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES P. Vattanaviboon, S. Sirisali, K. Sinsuli et al “Porcine blood as control materials for animal blood cell analysis” Kasetsart. J (nat. Sci) 42 : 225-230 : 2008 Brevet CA 2382119C “Hematology Control and system for multi-parameter hematology measurements” August 17, 2000 Brevet GB 1563839A “Stabilized erythrocytes and their use” April 2, 1980 Morgan, L.O, W.G. Jones, J. Fischer and I. Cavill “A whole blood control for the Coulter model” 1978 J. Chin. Pathol, 31 : 50-53 Amouroux Jacques 14 août 19999 Formation permanente : développement et santé Khalil Geordes Thèse de doctorat en génomes et protéines « Etude des cytokines exprimées, après stimulation in vitro par amoxicilline, par des lymphocytes T humains sensibilisés ». Université Paris 7, 2009 Miyahira Andrea “Types of immune cells present in human PBMC” sur sanguinebio.com Muntaneu. A and Dinu “Fraction of granulocytes from whole human blood by centrifugation” 2004 Romanian J. Biophys. 14 (5) : 53-58. Composition stabilisante pour la fabrication de produits de contrôle d’analyses de prélèvements biologiques chez les mammifères caractérisée en ce qu’elle comprend au moins les composés suivants : Glycine D. sorbitol Glucose Acétate de sodium 5,5 diéthylbarbiturate de sodium NaCl Citrate trisodique 8 hydroxyquinoléine Acide citrique monohydrate Composition stabilisante selon la revendication 1 caractérisée en ce que les composés sont solubilisés dans de l’eau distillée Composition stabilisante selon la revendication 2 caractérisée en ce que les composés suivants sont aux concentrations indiquées : Glycine : 3 g/litre D. sorbitol : 2,7 g/l Glucose : 2,8 g/l Acétate de sodium : 1,9 g/l 5,5 diéthylbarbiturate de sodium : 2,9 g/l NaCl : 2,6 g/l Citrate trisodique : 8,1 g/l 8 hydroxyquinoléine : 0,1 g/l Acide citrique monohydrate : 0,72 g/l, pour 1 litre d’eau distillée. Procédé utilisant la composition stabilisante selon l’une quelconque des revendications 1 à 3 pour la fabrication de produits de contrôle d’analyses de prélèvements biologiques chez les mammifères, caractérisée en ce qu’il comporte les étapes successives suivantes : Étape 1 : Préparation à savoir séparation et purification des cellules d’eucaryotes Étape 2 : Fixation desdites cellules par traitement au glutaraldéhyde Étape 3 : Stabilisation des cellules dans une dilution finale utilisant la composition de stabilisation selon l’invention Procédé selon la revendication 4 caractérisé en ce que les cellules d’eucaryotes proviennent de prélèvements sanguins de mammifères Procédé selon la revendication 4 ou 5 caractérisé en ce que les cellules d’eucaryotes sont des globules rouges et/ou des globules blancs ou leucocytes à savoir des monocytes, des polynucléaires et/ou des lymphocytes Procédé selon l’une quelconque des revendications 4 à 6 caractérisé en ce que l’étape de fixation 2 comprend le traitement des cellules eucaryotes purifiées au glutaraldéhyde concentré en solution aqueuse à 0,39% Procédé selon l’une quelconque des revendications 4 à 7 caractérisé en ce que l’étape 3 comprend une dilution des cellules eucaryotes fixées dans la composition stabilisante selon les revendications 1 à 3 Procédé selon la revendication 8 caractérisée en ce que les cellules eucaryotes sont préalablement diluées dans du sérum physiologique pour être diluées ensuite à volume équivalent dans la composition stabilisante Produits de contrôle d’analyses de prélèvements biologiques chez les mammifères issus de la mise en œuvre du procédé selon l’une quelconque des revendications 4 à 9