Les commerçants, et en particulier ceux organisés en libre-service, plus encore s ils disposent de grandes surfaces de vente, ressentent de façon pressante le besoin de protéger les objets qu'ils exposent contre l'inattention de clients qui se les approprient et oublient de se présenter à la caisse. Ce phénomène de société, que certains n'hésitent pas à concevoir comme un moyen de redistribution plus équitable de laichesse nationale, et que les services comptables -qualifient de "démarque inconnue" a pris une telle ampleur que les responsables de la vente choisissent maintenant assez systématiquement de retirer des comptoirsles objets non protégés, puisque certains disparaissent dans des proportions qui atteignent ou dépassent 30 %. I1 existe bien entendu tout un arsenal de lutte contre l'audace de tels clients, arsenal faisant appel à des équipes de surveillance renforcées, ou à ltéleetronique la plus élaborée. Pour un certain nombre d'objet pourvus d'orifices (ceintures avec boueles) ou de zones étroites (couverts de table), il s'est révélé rentable d'utiliser- des boucles à verrouillage inviolable tres résistantes mais toutefois suffisamment souples Ces boucles sont solidarisées de 11 objet par verrouillage après traversée de l'orifice, ou dans la zone étroite. Le client distrait trouvé possesseur d'un objet pourvu de la boucle pourra de la sorte etre conduit à la eaisse, ou faire l'objet de mesures encore plus désagréables. Or, la boucle ne peut etre désolidarisée de l'objet qu'a l'aide d'Un engin tranchant dont le port et la manoeuvre sur le lieu de vente passent difficilement inaperçus. Ce moyen de dissuasion peu onéreux, puisque la boucle dans son entier peut etre réalisée par moulage d'un matériau plastique approprié, puis être verrouillée en grande série chez le fabricant même de l'objet à protéger, s'est révélé très efficace. I1 a l'avantage supplémentaire que la boucle peut être utilisée telle quelle, ou moyennant une adaptation simple, pour suspendre l'objet à un présentoir de façon amovible, ce qui autorise la manipulation ou l'essayage de l'objet sans lesquels la vente devient problématique. Jusqu'à ce jour, cependant, de telles boucles nécessitaient la pré sence sDit d'un orifice, soit d'une zone étroite. Elles étaient en particulier inutilisables pour des objets tels que des cravates ou des foulards, ou tous autres objets du même genre qui seront dénommés dans ce qui suit des objets souples et dont lténumération serait fastidieuse, tous en tous cas se caractérisant par l'absence d'un moyen permettant une liaison inamovible avec les boucles à verrouillage inviolable decrites plus haut. L'invention a pour objet de remédier à cet inconvénient, et pour ce faire, -elle vise un dispositif antivol caractérisé en ce que l'une des branches de la boucle proche de l'un des organes de verrouillage fait partie intégrante d'une plaque rigide sur laquelle vient s'adapter la surface plane d'un élément comportant au moins une surface plane, l'objet souple à protéger étant disposé sur cet élément et ses bords entant rabattus sous ce dernier. On conçoit que l'objet à protéger et la boucle se trouvent ainsi bloqués l'un par rapport à l'autre. En effet, les bords rabattus de l'objet sont pincés entre la plaque et l'élément tandis que la partie centrale de l'objet est pincée entre l'élément et la boucle. Ce sont finalement trois épaisseurs, deux pour l'objet et un pour I'élément, que la boucle emprisonne et cet empilage béné ficie de l'élastieité de la matière même de l'objet. Avantageusement, ltélément est dans le prolongement de la plaque rigide et est solidaire de cette dernière, cet élément étant repliable avec une certaine élasticité sur la plaque et sous l'objet souple à protéger. Dans cette disposition, l'empilage évoqué ci-dessus bénéficie en outre de ltélastieité du pli de ltélé- ment d'où il résulte un accroissement de l'effet de pincementdel'objet entre ledit élément et la boucle. Par ailleurs, le fait que le dispositif antivol ne soit constitué que d'une seule pièce facilite grandement sa production à l'echelon industriel. L'élément sera de préférence un volet plat, c'est-a-dire se présentera sous une forme simple dont la réalisation par moulage sera aisée et ne nécessitera que le minimum de matériau. Selon un perfectionnement, les moyens pour rendre l'élément ou le volet repliable sont constitués par une lumière s'étendant sur la majeure partie de la ligne de pliage. Cette disposition extrêmement simple et sans influence sur le court de fabrication permet d'objenir la légère élasticité souhaitable grâce aux portions restantes de la ligne de pliage. Selon encore un perfectionnement, le volet repliable se prolonge par deux languettes latérales venant se plaeer après pliage de part et d'autre de la partie libre la plus courte de B boucle et des organes de verrouillage. Ainsi, se trouve élargie la plage de réception de l'objet dont le bord adopte un trajet sinueux lorsqu'il est rabattu, des zones de friction et éventuellement d'acero chage se trouvant de ce fait même créées respectivement sur les tranches internes des languettes et sur les angles vifs que comportent ces dernières. Dans le même ordre d'idée, et avec le même résultat, deux autres languettes latérales opposées aux premières peuvent être prévues sur le volet pour venir se placer de part et d'autre de l'autre partie libre de la boucle voisine de la plaque. Selon encore un autre perfectionnement, il est prévu au moins une nervure transversale sur la face du volet ou de I'élément en contact avec l'objet. De telles nervures créent pour l'objet des ondulations et des zones de friction qui améliorent le blocage. De préférence, les deux parties libres de la boucle se rejoignent parallèlement l'une à l'autre au niveau des organes de verrouillage. Cette dispo sition accentue la pression réeiproque entre le volet ou l'element et la boucle. La plaque peut enfin se prolonger, au côté opposé à celui portant le volet ou l'élément, pour recevoir une ouverture de passage de l'objet protégé. L'avantage de cette ouverture est considérable. D'une part, elle permet une présentation plus esthétique de l'obJet, surtout lorsque le prolongement de la plaque est pourvu d'un moyen d'accrochage Mais en outre, la fente coopère avec la boucle et améliore encore la tenue du dispositif sur i1 objet, grâce au trajet sinueux qu'elle lui impose et qui résulte en une plus grande résistance à la traction dans les deux sens Les dessins annexés montrent un mode de réalisation de l'invention, donne bien entendu a titre d'exemple non limitatif.Sur ces dessins : -- la figure 1 est une vue de dos d'un dispositif conforme à l'invention avant usage - la figure 2 est une vue semblable montrant la première phase d'utilisation du dispositif ; - les figures 3 et 4 sont encore deux vues semblables montrant le montage du dispositif sur l'objet, qui est ici une cravate, puis le verrouillage - la figure 5 est une vue de face montrant l'ensemble après verrouillage ; et - la figure 6 est une coupe selon la ligne VI-VI de la figure 4. Le dispositif antivol conforme à l'invention est réalise par moulage dtun matériau plastique approprié tel que la plaque (i) soit pratiquement rigide, tandis que la boucle dont la plaque (1) fait partie intégrante ait une souplesse suffisante pour que sa partie libre longue (2) puisse venir s'appuyer sur sa partie libre courte (3) de sorte que l'organe de verrouillage (4) de la première puisse venir coopérer avec l'organe de verrouillage (5) de la seconde. On se reportera d'ailleurs avantageusement dès t présent à la figure 6 pour constater que les organes de verrouillage (4) et (5) sont de type tout a fait classique pour cé genre de dispositif. L'organe (4) est un cône relié à la partie libre (2) de la boucle par un col (6). L'organe (5) est une ouverture de diamètre convenable, avantageusement pourvue de deux lèvres intérieures (7) plus fines, et donc plus souples visibles sur la figure 1. De telles boucles bien connues ont en général une épaisseur de 11 ordre de 2 millimètres pour une largeur de trois ou quatre. Cette épaisseur est suffisante pour que la plaque (1) dont la boucle fait partie intégrante soit pratiquement rigide. Comme on le voit, cette plaque (1) se prolonge eonformement à l'invention par un volet (8) et entrela plaque et le volet, une lumière (9) allongée ne laisse subsister de part et d'autre que deux cordons de matériau plastique, grâce à quoi le volet (8) peut être replié sur la plaque (i) pour prendre la position représentée en figure 2, mais ceci à l'encontre d'une légère force élastique tenant à la nature même du matériau. Le volet (8) est pourvu de quatre languettes (lc), (11), (12) et (13), et la figure 2 montre bien que les languettes (10) et (11), en position repliée du volet (8), viennent se placer de part et d'autre de la partie libre courte (3) de la boucle et de l'organe de verrouillage (5) qu'elle porte. De la même manière, les languettes (12) et (13) viennent se placer de part et d'autre de la partie libre plus longue (2), au voisinage de la plaque (1). Cette plaque (1) se prolonge par ailleurs, du côté opposé au volet, par un crochet (14) de même épaisseur, qui pour des raisons d'esthétique et de commodité prend la forme, dans l'exemple représenté, d'un large rectangle avec un côté arrondi pourvu d'une decoupe d'accrochage (15). L'invention prévoit la présence d'une ouverture (16) de passage de l'objet à protéger qui est, dans l'exemple choisi, une cravate (17). Enfin, le volet peut recevoir au montage une ou plusieurs nervures transversales telles qu'illustrées en 18. Le dispositif s'utilise de la façon suivante On enfile la cravate (17) dans l'ouverture (16) pour qu'une partie de la cravate vienne s'appuyer sur le volet (8) replié, après quoi on rabat, entre les languettes 10 à 13, les bords libres de la cravate qui viennent en position 17', l'ensemble se présentant comme illustré en figure 3. On verrouille alors la boucle par solidarisation des organes de verrouillage (4) et (5), et l'on obtient l'ensemble visible de dos en figure 4 et de face en figure 5. Cette figure montre que le dispositif selon l'invention ne saurait être critiqué sur le plan de ltesthétique et de la présentation, puisque la cravate s'offre à la clientèle de façon classique, sa face large en avant et parfaitement suspendue au crochet (14) par l'ouverture (16). L'examen de la figure 6 permet de se persuader que le dispositif est également d'une efficacité totale sur le plan technique. La cravate (17) est en effet saisie comme par des mâchoires et toute traction intempestive ou mal inten tionnée exercée sur l'une quelconque des parties libres de la cravate se heurte ainsi à une résistance qui ne peut être vaincue, sauf à la limite en détériorant irrémédiablement la cravate. Entre la plaque (1) et la partie longue (2) de la boucle, se trouve en fait prisonnier un empilage constitué par les bords libres repliés 17', puis le volet 8, puis enfin la cravate 17 elle-même, empilage que l'élastieité de la matière constituant la. cravate et de l'articulation volet-plaque bloque totalement. De plus, comme on le voit mieux sur les figures 3 et 4, les bords de la cravate ont été obligés d'adopter un trajet sinueux entre les languettes 10 à 13, ce qui augmente l'effet de retenue et crée des zones de friction supplémen taires. Cet effet peut d'ailleurs être renforce en s'arrangeant pour que la cravate recouvre complètement lesdites languettes. Il se créera ainsi des zones d'accrochage constituées par les angles vifs de ces languettes. Enfin, les nervures 18 contribuent elles aussi au blocage. Il est à noter que le volet (8) peut être relié d la plaque (1) par tout autre moyen et notamment par un simple cordon élastique. En outre, le volet (8) peut ne pas être solidaire de ladite-plaque (1), cette disposition n'altérant nullement l'effet recherche. Dans le cas du mode de réalisation représenté sur les figures 1 à 6, ltélément venant s'adapter sue la plaque (1) est un volet plat (8), c'est-è-dire sensiblement bîdimensionnel. Il est certain que cet élément devra toujours comporter au moins une surface plane destinée à coopérer avec ladite plaque. Par contre, on comprendra aisément que cet élément pourra présenter des formes diverses et être plat ou comporter un relief, c'est-à-dire être tridimensionnel.Ainsi, cet élément pourra par exemple avoir sensiblement la forme d'une demi-sphère creusée d'une gorge semi-circulaire plus ou moins profonde, ou encore d'un parallélépipède creusé d'une rainure, la partie longue (2) de la boucle venant se loger dans cette gorge et cette rainure respectivement, ce qui assure le maintien de ltélément semi-spherique ou parallélépipédique sur la plaque (1). Avec de tels éléments, la cravate est obligée d'adopter un trajet sinueux sur toute sa largeur, d'importantes zones de friction étant ainsi formées par les bords de la gorge et les arêtes de la rainure. Le client doit donc finalement renoncer, s'il en avait l'intention, à séparer le dispositif antivol de la cravate. Il ne peut le faire qu'en utilisant par exemple une solide paire de ciseaux pour trancher la partie longue libre (2) de la boucle, opération risquée si elle est effectuée sur le lieu de vente. Il se ~souviendra donc certainement de la nécessité de passer par la caisse stil veut s'éviter de sérieux ennuis. REVENDICATIONS 1. Dispositif antivol pour objets souples tels que cravates et foulards, constitué par une boucle à verrouillage inviolable très résistante mais toutefois suffisamment souple, caraetérisé en ce que l'une des branches de la boucle proche de l'un des organes de verrouillage fait partie intégrante d'une plaque rigide sur laquelle vient s'adapter la surface plane d'un élément comportant au moins une surface plane, l'objet souple à protéger étant disposé sur cet élément et ses bords étant rabattus sous ce dernier. 2. Dispostif antivol selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'liement est dans le prolongement de la plaque rigide et est solidaire de cette dernière, cet élément étant repliable avec une certaine élasticité sur la plaque et sous l'objet souple à protéger. 3. Dispositif antivol selon la revendication 2, caractérisé en ce que l'élément est un volet plat. 4. Dispositif antivol selon la revendication 2 ou 3, caractirisé en ce que les moyens pour rendre l'élément ou le volet repliable sont constitués par une lumière s'étendant sur la majeure partie de la ligne de pliage. 5. Dispositif antivol selon la revendication 3 ou 4, caractérisé en ce que le volet repliable se prolonge par deux languettes latérales venant se placer après pliage de part et d'autre de la partie libre la plus courte de la boucle et des organes de verrouillage. 6. Dispositif antivol selon la revendication 5, caractérisd en ce que deux autres languettes latérales opposées aux premières sont prévues sur le volet pour venir se placer de part et d'autre de l'autre partie libre de la boucle voisine de la plaque. 7. Dispositif antivol selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé par la présence d'au moins une nervure transversale sur la face de l'élément ou du volet en contact avec l'objet. 8. Dispositif antivol selon l'une quelconque des revendications 1 à-7, caractérisé en ce que les deux parties libres de la boucle se rejoignent parallèlement l'une à l'autre au niveau des organes de verrouillage. 9. Dispositif antivol selon l'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que la plaque se prolonge, du côté oppose à celui portant l'élément ou le volet pour recevoir une ouverture de passage de l'objet protégé. 10. Dispositif antivol selon la revendication 9, caractérisé en ce que le prolongement de la plaque est pourvu d'un moyen d'accrochage.