L'invention concerne la production d'un blocs lécher contenant de l'azote non protéique,destiné à la complémentation azotée des animaux polygastriques ruminants. On sait, en effet, que certaines bactéries du rumen transforment rapidement l'azote non protéique en ammoniac, dont une partie est utilisée lentement par les micro-organismes du rumen comme source d'azote pour leur synthèse protéique. L'ammoniac excédentaire passe dans le sang, d'où le foie l'élimine sous forme d'urée,qui peut être recyclé au niveau -du rumen par le sang et la salive, le reste étant éliminé par le rein dans les urines. Les protéines d'origine microbienne sont digérées ultérieurement par l'animal dans l'intestin, comme les aliments ingérés, et leur digestion libère les acides aminés qui sont utilisés par l'animal. Âinsi > l'utilisation de l'azote non protéique par les microorganismes du rumen évite la dégradation des protéines nobles, riches en aèdes aminés indispensables, que l'on peut alors réserver à l'animal, par exemple parla méthode du tannage des tourteaux. En pratique, on peut donc dissocier l'alimentation azotée destinée à la microflore ruminale ( azote non protéique) de l'alimentation azotée de l'animal qui lthéberge. Il convient, pour cela, de respecter cinq règles fondamentales. En effet, la distribution d'azote non protéique aux ruminants doit être : - modérée, car les sources d'azote non protéique sont rapidement toxiques - progressive, pour permettre l'adaptation des micro-organis- mes et de leur activité enzymatique à l'utilisation maximale de l'ammoniac somme source azotée - dispersée dans le temps, plusieurs repas par jour évitant une libération massive d'ammoniac dans le sang - associée de façon homogène à de l'énergie utilisable par les micro-organismes du rumen, car la quantité de protéines microbiennes synthétisées à partir de l'ammoniac dépend directement de la quantité d'énergie disponible - complémentée en minéraux, oligo-éléments et vitamines, du fait qutil faut par exemple prévoir cinq fois plus d'azote que de phosphore et quinze fois plus d'azote que de soufre et que,parmi les oligo-éléments, le cobalt et le zinc sont les plus importants. Ces sources d'azote non protéique utilisables sont l'urée, le biuret, le phosphate d'urée, les phosphates d'ammonium, 7e diurédoisobutane, l'acide cyanurique et le triuret, seul ou en mélange. Leur distribution en l'état est incompatible avec les règles d'utilisation précédentes , de plus, les animaux montrent une inappétence marquée pour l'urée, en raison de sa forte solubilité le biuret aurait en outre une action déprimante sur l'appétit. Du point de vue technologique, l'hygroscopicité de l'urée limite son incorporation aux aliments : de même, ltemploi du phosphate d'urée est très délicat, car il se décompose en présence d'eau et de carbonate de calcium. La Demanderesse à longuement expérimenté diverses formules et compositions pour fournir cet azote non protéique en association avec les éléments nutritifs et minéraux indispensables (phosphore, calcium, magnésium, sodium, oligo-éléments) dans des blocs ou compacts à lécher. Ces expérimentations ont systématiquement montré une appétabilitée très irrégulière et insuffisante pour couvrir les besoins des animaux et assurer une distribution d'azote non protéique exempte de risques (intoxication ammoniacale). En poursuivant ses études, la Demanderesse a été amenée à utiliser les propriétés remarquables des concentrats résultant de la distillation des vins ou sous-produits de la vinification et de la cidrerie (lies, marcs, piquettes, etc...),qui ont été décrites dans la demande de brevet n 77.01773, qu'elle a déposée le 21 Janvier 1977. On rappelle que cette demande a pour objet un bloc à lécher pour le bétails comprenant de préférence au moins 5 ^ > en poids de magnésium et caractérisé en ce qu'il contient au moins un composé présent dans les concentrats provenant de la distillation industrielle des vins, notamment des sucres, du glycérol, de l'acide tartrique, des sels de cet acide, des tanins et des anthocyanes. ne composition type de ces concentrats est la suivante - Glycérol .............................. 50 g/1 - Acide tartrique et sels de cet acide .. 15 g/l - Sucres non fermentescibles ............ 10 g/1 - Tanins ................................ 1 g/1 - Anthocyanes ........................... 0,5 g/1 - Minéraux ............................. 10 g/l La demanderésse a maintenant établi que ces concentrats, dont 1'effet bnéfique a été décrit en détail dans la demande de brevet pré@ité@, présentent en outre l'avantage de se prêter à l'incorporation d'urée alimentaire dans les blocs à lécher pour les ruminants et de permettre l'assimilation de ce composé par le bétail. L'invention a par conséquent pour objet un bloc à lécher pour les ruminants contenant un minimum de 1 ,' e t un maximum de 60 % Cj0I d'azote non protéique, caractérisé en ce qu'il contient au moinsun composé présent dans les concentrats provenant de la distillation illdustrieAle des vins et sous-produits de la vinification et de la cidrerie,et et notamment des sucres, du glycérol,de l'acide tartrique, des sels de cet acide, des tanins et des anthocyanes. De préférence, le bloc à lécher comprendra au moins 10 % en poids des dits composés présents dans les concentrats de la distillation industrielle des vins. L'invention a également pour objet un procédé de fabrication par compression, agg]omération ou moulage, de blocs à lécher pour le bétail contenant au moins 1 % d'azote non protéique, ce procédé étant caractérisé en ce que, préalablement à la compression, à l'agglomération ou au mélange, on incorpore dans celui-ci au moins un composé présent dans les concentrats provenant de la distillation industrielle de vins et sous-produits de vinification et cidrerie, notamment des sucres, du glycérol, de l'acide tartrique, des sels de cet acide, des tanins et des anthocyanes. Les dits composés seront de préférence incorporés dans les blocs sous forme de concentrats de vins Oll de liqueurs de vins ou de liqueurs alenoliques a teneur en eau variable provenant de l'industrie oenologique. A titre d'exemple non limitatif, la Demanderesse a ainsi abouti à la mise au point de deux compositions qui ont été expéri menées (teneurs exprimées en Ç de matières seches) Composition 1 Composition 2 - Urée alimentaire standard 30 24 - Sel (NaCl) .............. 15 10 - Concentrat .............. 24 15 - Mélasses de sucreries .... 20 - Oxyde de magnésium ...... 10 15 - Hydroxyde de magnésium ... 5 5 - Phosphate monocal-cique ... 10 io - Carbonate de calcium - 5 - Premix oligo-éléments et vitamines I 1 100 100 La quantité d'urée incorporée, qui peut entre sous la forme dturée,de bluret, de phosphate d'urée, de phosphate d'ammonium, de diurédoisobutane, d'acide cyanurique et de triuret,seuls ou en mélange, sera ajustée de telle façon que le taux d'azote conte- nu ne dépasse pas celui de l'ure alimentare standard. La consistance et la dureté de ces blocs à lécher contenant de l'azote non protéique permet d'obtenir une parfaite régulation de leur consommation par les animaux. La composition des blocs, objet de la présente invention, est ajustée pour assurer une absorption quotidienne d'azote non pro téique ne dépassant pas 11,5g d'azote par 100 kg de poids vif et par jour. La demanderesse a vérifié, par des analyses biochimiques de prélèvements de liquide ruminal et de plasma sanguinsque que le taux d'azote ammoniacal restait en-deça des limites minima de toxicité, lorsque le maximum journalier d'azote ingéré ne dépassait pas 11,5g d'azote par 100 kg de poids vif. La présence de tanin dans les concentrats utilisés en l'état inhibe les propriétés spécifiques des anthocyanes et flavonoides qu'ils contiennent. Or, l'addition de magnésium sous forme facilement soluble per met la formation de complexes tanniques magnésiens assimilables et, de ce fait, conserve les propriétés bactéricide, provitamini que et anticancérigène de ces anthocyanes. De plus, le magnésium présent facilite l'utilisation de l'azote non protéique en stimulant le métabolisme cellulaire des micro organismes du rumen ( le magnésium est un puissant activateur enzymatique,. en particulier dans le cycle des glucides et dans la synthèse des acides nucléiques). Dans le cas où les phosphates d'ammonium sont utilisés comme source d'azote non protéique, la Dmanderesse a vérifié que l'on évite la formation d'un précipité insoluble inassimilable avec le magnésium en complexant celui-ci par incorporation d'ions citriques. REVENDICATIONS 1. Bloc à lécher pour les ruminants contenant un minimum de 1 % et un maximum de- 60 % d'azote non protéique, caractérisé en ce qu'il contient au moins un composé présent dans les concentrats provenant de la distillation industrielle des vins et sous-produits de la vinification et de la cidrerie et rotamment,des sucres, du glycérol, de l'acide tartrique, des sels de cet acide, des tanins et des anthocyanes. 2. Bloc à lécher selon la revendication 1, caractérisé en ce que les dits composés représentent au minimum 10 % en poids des blocs. 3. Bloc à lécher selon l'une des revendications 1 et 2 caractérisé en ce qu'il contient un concentrat de vin incorporé dans le bloc, sans séparation de ces différents constituants. 4. Bloc à lécher selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que I'azote non protéique est présent sous forme d'urée, de biuret, de phosphate d'urée, de phophate d'ammonium, de diurédoisobutane, d'acide cyanurique ou de triuret,seuls ou en mélange. 5. Bloc à lécher selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que le magnésium présent est sous forme dioxyde et/ou d'hydroxyde de magnésium. 6. Bloc à lécher selon l'une des revendications f à 5, carac- térisé en ce qu'il contient des oligo-éléments. 7. Bloc à lécher selon l'une des revendications i à 6 > caracté- risé en ce qutil contient des phosphates alcalins ou alcalinoterreux. 8. Bloc à lécher selon l'une des revendications 1 à 7 > carac- térisé en ce que le chlorure de sodium, l'oxyde de magnésium et/ou 1'hydroxyde de magnésium qu'il contient sont d'origine marine. 9. Procédé de fabrication par compression, agglomération ou moulage, de blocs à lécher pour le bétail contenant au moins 1 laú d'azote non protéique, ce procédé étant caractérisé en ce que, préalablement à la compression, à l'agglomération ou au mélange, on incorpore dans celui-ci au moins un composé présent dans les concentrats provenant de la distillation industrielle de vins et sous-produits de Vinification et cidrerie, notamment des sucres, du glycérol, de l'acide tartrique, des sels de cet acide, des tanins et des anthocyanes. 10. Procédé selon la revendication 9, caractérisé en ce que lesdits composés sont incorporés dans le bloc sous forme de concentrats de vins ou de liqueurs alcooliques à teneur en eau variable provenant de l'industrie oenologique. 11. Procédé selon l'une des revendications 9 et 10, caractérisé en ce que l'azote non protéique est incorporé dans le bloc sous forme d'urée, de biuret, de phosphate d'urée, de phosphates d'ammonium, de diurédoiobutane, d'acide cyanurique et de triuret, seuls ou en mélange.