La présente invention concerne des antisérums et plus particulierement des antisérums utiles pour prolonger les transplants tissulaires chez les animaux y compris l'homme Le problème principal du succès de la transplantation des organes entre individus d'une meme espèce animale est d'empêcher le rejet de l'organe transplanté par l'animal receveur par suite d'une histoincompatibilité. De façon classique, on réduit ou empêche le rejet en administrant des agents tels qu'un sérum antilymphocytaire ou des médicaments immunosuppresseurs qui réduisent ou bloquent les réactions immunologiques naturelles de l'organisme vis-à-vis de l'organe transplanté. Cependant tous ces agents ont un effet non spécifique sur les défenses de l'organisme et par conséquent laissent le receveur du transplant hypersensible aux infections microbiennes.De plus, beaucoup des médicaments chimiques immunosuppresseurs ont des effets secondaires graves qui ne sont pas associés à leur action primaire. On sait que l'on peut améliorer la tolérance au tissu transplanté en injectant au receveur un antisérum produit dans un animal syngénéique au receveur, aux tissus du donneur ou dans un animal syngénéique au donneur. Cependant on considérait dans Le passé que les anticorps intervenant dans cet effet (anticorps de facilitation) étaient dirigés contre les produits géniques sérodominants du complexe principal -d1histocompatibilité. Les antigènes de transplantation sérodominants ou les antigènes d'histocompatibilité comme défini ici se manifestent généralement sur toutes les cellules d'une espèce. Ainsi par exemple ils se manifestent sur les hématies et les plaquettes sanguines des rongeurs et les plaquettes sanguines mais non les hématies de l'homme et ils se manifestent également sur le foie et tous les leucocytes des rongeurs et de l'homme. Au contraire, les antigènes dont les anticorps sont réellement -actifs, selon l'invention, dans la facilitation, ne-se manifestent pas sur tous les tissus et en particulier ne se manifestent pas sur les hématies ou les plaquettes- sanguines des rongeurs ou de lthomme ét se manifestent de façon irrégulière chez certaines sous-populations de lymphocytes.Les antigènes de transplantation sérodominants sont ceux appelés antigènes H-2 (régions D et K)- chez la souris, antigènes Ag-B chez le rat, antigènes llL-A (séries LA- et 4) chez l'homme et leurs homologues génétiques dans les autres espèces. Les-anticorps dirigés contre les antigènes de transplantation sérodominants sont cytotoxiques et présentént de façon caractéristique un titre supérieur à celui des autres anticorps dans les tests classiques de cytotoxicité. On les met en évidence en utilisant les antisérums appelés classiquement "antisérums de typage tissulaire" que l'on a produits pour qu'ils réagissent avec les antigènes précédemment indiqués. Chez les rongeurs on les met en évidence de façon classique par des tests d'hémagglutination ou de lymphocytotoxicité. Chez l'homme on les met en évidence en utilisant leur manifestation sur les lymphocytes ou les plaquettes sanguines, respectivement par cytotoxicité et fixation du complément. Ces anticorps sont cytotoxiques et l'on considérait qu'ils étaient tous dirigés de façon spécifique contre les produits géniques du complexe principal d'histocompatibilité que l'on peut mettre en évidence selon des méthodes classiques telles qu'on en utilise par exemple pour le typage tissu laire. La demanderesse a découvert que de façon surprenante on peut préparer un antisérum facilitant la tolérance au transplant tissulaire dans lequel tous ces anticorps ont été éliminés en laissant des anticorps précédemment inconnus dirigés non pas contre les antigènes précités mais contre d'autres antigènes qui sont les produits d'autres gènes également liés du point de vue génétique au complexe principal d'histocompatibilité. L'invention concerne un antisérum dont on a éliminé les anticorps dirigés contre les -antigènes de transplantation sérodominante du tissu transplanté selon la définition classique précité. L'invention concerne également un procédé de préparation d'un antisérum utile pour l'immunosuppression spécifique vis-à-vis d'un donneur c'està-dire la facilitation ou dans une nouvelle forme de typage cellulaire, consistant à former un antisérum renfermant nécessairement des anticorps dirigés contre au moins certains antigènes du locus d'histocompatibilité majeur du tissu transplanté, puis à absorber dans ce sérum les anticorps sériques dirigés contre les antigènes appelés antigènes d'histocompatibilité sérodominants On peut former l'antisérum de l'invention dans une souche d'animaux semblable à celle du receveur du transplant.Lorsque l'antisérum doit etre utilisé pour la transplantation d'organes entre des entres humains, on peut former l'antisérum chez un sujet ayant un profil antigénique connu ou le préparer en réunissant des antisérums formés entre des etres humains ou encore en immunisant d'autres espèces telles que les primates non humains ou les rongeurs, par exemple les lapins. La nature du tissu utilisé pour les immunisations peut etre différente de celle du tissu à transplanter. Par exemple si on doit transplanter un rein, on peut utiliser dans l'immunisation des lymphocytes du donneur du rein pour former 1'antisérum facilitant. On sait que les cellules spléniques, les cellules des ganglions lymphatiques, les leucocytes sanguins, le sang total et les cellules thymiques conviennent pour l'immunisation pour former un antisérum initial. Au contraire, les hématies et les plaquettes des rongeurs et les plaquette humaines ne présentent pas les antigènes nécessaires; elles ne portent que les antigènes de transplantation sérodominants et ne conviennent donc pas pour former l'antisérum faciliant. On peut former l'antisérum de l'invention selon des techniques classiques. On transforme le tissu à utiliser dans l'immunisation en une suspension cellulaire qu'on injecte à l'animal chez lequel désire former ltantisérum. Dans le cas de transplantation entre souches cosanguines d'animaux, il s'agit d'un animal d'une souche semblable à celle du receveur du transplant, tandis que dans le cas de transplantation dthomme à homme, il peut s'agir d'un sujet présentant un profil antigénique d'histocompatibilité semblable à celui du receveur potentiel. Chez l'homme, on peut former l'antisérum chez des sujets par immunisation planifiée, par récolte du sang de femmes multipares de profil antigénique connu ou par greffe cutanée planifiée entre individus.Lorsqu'il est nécessaire, on peut établir ou modifier le schéma d'immunisation selon la pratique. Dans le-cas d'animaux, on peut récu pérer llantiserum par sacrifice, tandis que dans le cas de l'homme on recueille une quantité desang appropriée et on sépare le sérum. L'antisérum fondamental recueilli renferme les anticorps dirigés contre les constituants antigéniques du tissu-du donneur qui sont absents chez l'animal ou le sujet chez lequel on a formé l'antisérum. Ces constituants sont différents antigènes de transplantation classiques connus comme antigènes d'nistocompatibilité sérodominants et les antisénrms formés contre eux renferment des anticorps cyto- toxiques.Selon itinvention on absorbe dans l'antisérum fondamental, en opérant de façon déterminée, les anticorps cytotoxiques sérodominants qu'on estimait précédemment intervenir dans la facilitation, en laissant les autres anticorps que l'on n'avait pas précédemment mis en évidence et qui se sont révélés:etre les anticorps qui interviennent réellement dans la facilitation. Les anticorps cytotoxiques sérodominants précités qu'on utilise dans le typage tissulaire classique ont généralement un titre cytotoxîque relativement élevé et réagissent avec tous les types de leucocytes. Cependant ceuxqui demeurent dans l'antisérum absorbé peuvent également entre mis en évidence par un effet cytotoxique bien qu'il soit relativement faible et normalement masqué par celui des anticorps précités. De plus les anticorps demeurant dans l'antisérum absorbé ne réagissent pas avec tous les types de leucocytes; ils réagissent avec les antigènes correspondant de façon préférentielle à une sous-population de cellules spléniques et de cellules des ganglions lymphatiques mais non directement par exemple avec les thymocytes, les cellules de la moelle osseuse, du foie, les hématies ou les plaquettes. I1 est crucial que la matière utilisée-pour l'absorption ne porte pas les produits géniques dont les antigènes provoquent la facilitation. Les lymphocytes portent ces composants comme le montre leur aptitude à éli miner par absorption toute l'activité de facilitation des antisérums de l'invention. Chez les rongeurs on préfère utiliser des hématies qui portent les antigènes "H" détectables par sérologie mais non les produits géniques de type Ir- ou MLR. Chez les primates, les hématies ne portent pas les caractéristiques des antigènes de transplantation sérodominants (par exemple HL-A). I1 est possible que pour cette raison elles ne constituent pas une source appropriée de matière d'absorption comme dans l'exemple ici décrit où l'on utilise les rongeurs. Dans ce cas il est possible d'absorber l'antisérum avec des plaquettes sanguines qui portent les antigènes d'histocompatibilité sérodominants ou d'autres- sources de matières appropriées telles que par exemple des fibroblastes, des antigènes d'histocompatibîlité convenablement purifiés, etc.L'invention n'est pas liée à une matière d'absorption particulière et toute matière possédant les antigènes de transplantation sérodominants déterminés par sérologie et ne présentant pas le ou les produits géniques dont les anticorps se révèlent ci-après intervenir dans la facilitation immunologique des transplants histo-incompatibles convient. Une telle matière est constituée de types cellulaires appropriés ou de produits cellulaires bruts ou purifiés de façon appropriée. Le mode opératoire selon lequel on absorbe les antisérums de départ selon l'invention n'a pas d'importance stricte. On préfère agiter l'antisérum de départ dilué ou tel qu'il a été séparé à l'origine, en présence de la matière-d'absorption à température réduite. Par exemple chez le rat, -on peut incuber un antisérum de départ avec un volume égal d'hématies concentrées pendant une heure à 44C. On peut répéter plusieurs fois l'absorption pour éliminer tous les anticorps cytotoxiques sérodominants en laissant un antisérum purifié selon l'invention. On peut vérifier l'élimination de ces anticorps indésirables par détermination selon des techniques classiques teLes que l'élimination du 51Cr de cellules cibles dans un test de cytotoxicité utilisant du complément.On élimine finalement la matière absorbante par ultracentrifugation de l'antisérum. Il est indispensable de vérifier, comme précédemment indiqué, que la matière absorbante ne renferme pas d'antigènes dont les antisérums agissent dans la facilitation. Dans certains cas, on doit soumettre la matière absorbante à des opérations de séparation pour éliminer ces antigènes contaminants. Par exemple on doit séparer totalement les hématies des leucocytes ce qu'on peut obtenir par séparation soit sur une colonne renfermant un fil de laine de coton soit par des techniques appropriées de centrifugation. On peut ensuite utiliser les préparations d'hématies relativement pures pour absorber l'antisérum de départ. L'antisérum,lorsqutil a été absorbé, peut etre utilisé pour améliorer la tolérance aux greffes. Pour cela on injecte des quantités appropriées d'antisérum au receveur de ltorgane transplanté. On peut administrer des injections complémentaires après des intervalles appropriés s'il est nécessaire bien que dans certains cas, une injection unique d'antisérum suffise. Les antisérums de l'invention prolongent la survie des tissus transplantés aussi bien ou mieux que les antisérum; non absorbés classiques. Cependant ils sont particulièrement utiles car les anticorps cytotoxiques principaux renfermes dans les antisérums de facilitation classiques dirigés contre le tissu transplanté Iui-meme et qui peuvent gener sa tolérance ont été éliminés. L'élimination de ces anticorps en laissant ceux qui se sont révélés jouer un rOle dansla toléranceaux transplants est évidemment parti culière;ent avantageuse. En particulier les anticorps intervenant dans la facilitation et par consequent les antisérums selon l'invention peuvent également etreutilisés pour le typage des donneurs et des receveurs individuels pour permettre le choix de transplants compatibles à partir d'un donneur particulier.Alors que dans le passé on tentait'd'identifier et de typer les antigènes d'histocompatibilité sérodominants classiques, les antisérums de ltinvention permettent la miseen évidence et l'identification des antisérums impliqués directement dans la sensibilisation du receveur du transplant comme le montre l'aptitude de ces antisérums à supprimer ou à réduire avec succès le rejet. Le typage tissulaire classique n'est donc un guide pour le choix des donneurs que parmi des individus ou des souches apparentés. Ceci reflète la liaison génétiquebtroite entre les antigenes d'histocompatibilité séro dominants classiques, que le typage tissulaire a précédemment mis en évidence, et les antigènes dont les anticorps sont décrits ici. Chez les individus non apparentés ou dans les souches distantes du point de vue génétique, cette liaison génétique n'est pas étroite et le typage tissulaire reposant sur les antigènes d'histocompatibilité sérodominants classiques n'est pas satisfaisant, car il ignore cette nouvelle catégorie d'antigènes dont les anticorps sont ici décrits. Au contraire les antisérums de l'invention sont préparés de façon spécifique pour reconnattre ces antigènes qui sont étroitement impliqués dans le rejet des transplants.On peut utiliser ces antisérums pour le typage tissulaire afin de permettre le choix des donneurs de transplants et ils sont capables de mettre en évidence les similitudes ou les différences antigéniques entre le donneur et le receveur à la fois dans des souches étroitement apparentées et non apparentées ou chez des sujets ne présentant qu'une parenté lointaine. En préparant des antisérums particuliers de spécificité connue on peut identifier des donneurs et des récepteurs appariés et assurer ainsi la tolérance immunologique maximale du tissu transplanté. On peut effectuer ce typage selon des méthodes de cytotoxicité ou en utilisant les antisérums absorbés pour inhiber des réactions lymphocytaires mixtes. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention seront mieux compris å la lecture de la description qui va suivre de plusieurs exemples de réalisation et en se référant aux dessins annexés dans lesquels - la figure 1 représente un graphique de la cytotoxicité exprimée en pourcentage de libération du 51Cr Cen ordonnées) par rapport à des dilutions croissantes d'antisérum (en abscisses) correspondant à 11 exemple 1, - la figure 2 représente une courbe semblable à celle de la figure 1 correspondant à l'exemple 2, et - la figure 3 représente une courbe semblable à la figure 1 correspondant à exemple 3. Exemple 1 Cet exemple concerne la transplantation de coeurs entre des souches de rats différentes. On utilise les rats de deux lignées cosanguines classiques, Agus et wAG. On réalise les transplants d'hybrides F1 entre ces deux souches et les lignées parentales. Dans l'exemple indiqué on réalise des transplants de génotype (Agus x WAG) F à des rats Agus. On prépare les allo-antisérums en immunisant les rats de la souche parentale par des cellules de leurs hybrides F1. On injecte les rats receveurs par voie intrapéritonéale avec environ 108 cellules spléniques chaque semaine six fois. On saigne les animaux onze jours après la dernière injection et on recueille leur sérum de façon habituelle. Cette méthode d 'immunisation n'a rien de particulier et de nombreuses variantes permettraient d'obtenir des allo-antisérums facilitants satisfaisants, On prépare les hématies utilisées pour l'absorption à partir de sang total de rat On mélange l litre de sang additionné d'un anticoagulant à un volume égal d'eau physiologique et on centrifuge.On élimine la couche surnageante renfermant le sérum et l'eau physiologique et on la conserve et on élimine la couche de leucocytes à la surface de la couche d'hématies peton la rejette. On remet en suspension les hématies restantes dans le surnageant 'constitué d'eau physiologique et de sérum et on sépare sur une colonne longue de 61 cm ayant un diamètre de 5 cm garnie d'un fil due laine de coton dans Liteau physiologique. On recueille les échantillons et on recherche la présence des leucocytes par examen au microscope dréchantillons auxquels on a ajouté du diluant pour leucocytes. On regroupe -les échantillons qui se sont révélés dépourvus de leucocytes et on les centriguge à 2000 tr/mn pendant 20 minutes. Pour l'absorption on utilise les hématies concentrées dans un volume égal d'antisérum On centrifuge le mélange et on reforme une suspension des hématies et du sérum pendant une heure à 4 C. On répète cette opération jusqu'à ce que la cytotoxicité mesurable de l'antisérum ne diminue plus selon la figurel.Cette figure montre la cytotoxicité résiduelle exprimée en pour 51 centage de libération du 5 Or pour des dilutions croissantes de l!antisérum sans absorption (#-#), après une absorption ( L. -n), après deux absorptions (-- o,, , après après trois-absorptions (e-c) et après quatre absorptions (-). Les transplants sont des coeurs auxiliaires hétérotopiques. On prélève les coeurs de tWAG x Agus) F1 et on les transfère à des Agus; on les place-dans l'abdomen et on les anastomose par l'artère pulmonaire à la veine cava inférieure, et de l'aorte à ltaorte, an réalisant un écoulement sanguin coronaire primaire. Le point final de rejet et l'arret des battements cardiaques ou des impulsions de l'électrocardiographe. Ces points finalsdiffèrent de quelques jours. Le traitement consiste en l'injection de 1 ml de sérum aux rats receveurs le jour de la greffe et à nouveau le premier, le troisième, le cinquième, le septième et le neuvième jours suivants. On administre ce volume total de 6 ml par voie intraveineuse et il constitue la quantité la plus faible permettant d'obtenir une survie notable des greffes. Cette posologie particulière s'applique aux incompatibilités particulières différenciant ces deux souches de rats; la quantité appropriée et le nombre des injections seront différents pour d'autres souches de rats et évidemment dans le cas dè transplants chez d'autres animaux ou patients. On obtient les degrés suivants de facilitation chez les animaux transplantés entre l'age de 6 mois et d'un an. A. 10 rats ne recevant pas de traitement rejettent tous les coeurs entre 8 et 11 jours après la transplantation. B. 8-rats recevant le traitement avec du sérum de rat normal rejettent tous les coeurs entre 8 et 11 jours après la transplantation. C. 12 rats recevant le traitement avec un antisérum non absorbé survivent jusqu'à un age avancé ou dans certains cas sont sacrifiés après 200 jours, à 11 exception d'un rat perdu après 33 jours par suite d'adhérences. D. 8 rats recevant le traitement avec un antisérum absorbé avec des hématies se comportent comme le groupe C si ce n'est que la greffe d'un animal s'arrente de battre le 117e jour par suite d'adhérences. E. Des rats recevant le traitement avec un antisérum absorbé par des hématies puis absorbé avec des lymphocytes mélangés (rate et thymusj de la souche du donneur rejettent tous les coeurs entre 8 et 11 jours après la transplantation. F. Une facilitation se produit encore avec les antisérums commeen E lorsqu'on a utilisé pour la seconde absorption les lymphocytes de la souche receveuse. A partir des témoins A et B on voit que l'antisérum préparé comme décrit augmente la survie des greffes. L'élimination de l'anticorps dirigé contre les antigènes d'histocompatibilité sérodominants ne supprime pas l'acti vité de facilitation des sérums contrairement aux prévisions classiques (groupe D). Toutes les théories antérieures de la facilitation reposent sur un rible de ces anticorps particuliers mais le phénomène s'est révélé maintenant lié à l'action d'un anticorps précédemment inconnu.L'élimination de l'activité du sérum, absorbé par des hématies, par les lymphocytes de la souche donneuse mais non par les lymphocytes de la souche réceveus-e montre que l'action n'est pas due à des complexes entre les anticorps et les antigènes de transplantation sérodominants, que les lymphocytes ne peuvent pas éliminer, mais à un anticorps dirigé contre un antigène présent sur les lymphocytes du donneur et abusent des hématies, Il correspond tout particulièrement aux populations de la rate et des ganglions lymphatiques mais ne peut pas être mis en évidence directement sur les thymocytes. Ces indications découlent d'essais de cytotoxicité réalisés avec l'antisérum absorbé semblable à celui-utilisé dans les exemples de facilitation précédemment décrits Exemple 2 :: Dans certaine espèces, en particulier chez I'homme, l'absorption de l'antisérum par les hématies est défectueuse et les plaquettes constituent une autre source satisfaisante d'antigènes pour l'abosrption. L'absorption d'allo-antisérum de rat par les plaquettes va donc être décrite. On prépareun antisérum antirate chez des rats de souche Agus comme décrit dans l'exemple 1. On sépare les plaquettes des hématies et des leucocytes par centrifugation différentielle avec examen microscopique des cellules séparées. Un litre de sang fournit environ 7 ml de plaquettes concentrées. On absorbe plusieurs fois l'antisérum antirate avec un tiers de son volume de plaquettes concentrées. On détermine la cytotoxicité résiduelle de l'antisérum comme precedemment en obtenant la courbe de la figure 2 qui montre le pourcentage de libération du 51Cr pour des dilutions croissantes de l'antisérum sans absorption (#-#), après absorption (f-), après deux absorptions (U- ), après trois absorptions(v-e) et après quatre absorp tions ( & - ) avec les plaquettes.A nouveau, l'absorption de l'antisérum avec un tissu choisi qui,dans ce casses constitué de plaquettes sanguines, élimine la totalité de Ia cytotoxicité dirigée contre les antigènes de transplantation sérodominants mais conserve la propriété de facilitation de l'antisérum comme le montre son aptitude à améliorer la tolérance des transplantations cardiaques entre rats Exemple 3 On peut faciliter la survie des greffes tissulaires cutanées entre différentes souches de souris en injectant à des souris un antisérum absorbé. On obtient une prolongation modérée plus qu'un empechement du rejet ce qui traduit simplement la difficulté connue d'obtenir une tolérance indéfinie des greffes cutanées dans -toutes les espèces animales. On prépare un antisérum facilitant de départ avec une souche de souris BlO.-A par deux greffes cutanées suivies d'injection intrapéritonéale d'environ 50 x 106 cellules mixtes de rate et de thymus Bl0.D2 à une semaine d'intervalle On prépare l'antisérum une semaine après l'injection finale. On absorbe cet antisérum avec des hématies ou des cellules spléniques. On recueille le sang frais dàns du milieu citrate-phosphate dextrose, on centrifuge à 1300 g pendant 20 minutes et on rejette le surnageant et la couche blanche. On lave plusieurs fois le culot d'hématies avec du sérum physiologique tamponné au phosphate 0,17 M par centrifugation à 1300 g pendant 30 minutes en rejetant à chaque fois le surnageant et les couches supérieures riches en hématies.On appauvrit ainsi les hématies en plaquettes (réduction de 99 %) et en leucocytes (réduction de 97 %). On prépare des cellules spléniques pour l'absorption en dispersant doucement des rates dans le Tissue Culture Medium 199 (Flow Laboratories) mélangé dans le rapport de 5/1 avec du milieu citrate-phosphate-dextrose puis en lavant deux fois dans le meme milieu et en concentrant finalement par centrifugation à 1300 g pendant 30 minutes. On mesure la cytotoxicité liée au complément des antisérums en utilisant une détermination de libération du 5 Cr en deux stades avec des cellules de ganglions lymphatiques BlO.D2 comme cellules cibles. La figure 3 montre la cytotoxicité de l'antisérum non absorbé (se), du meme antisérum absorbé deux fois avec trois fois son volume d'hématies de souche BIO.D2 pendant 4 heures à la température ordinaire et 18 heures à 40C (o-o), et absorbé une fois encore pendant 3 heures à 40C (o--o) et absorbé encore trois fois avec l'équivalent de la moitié de son volume de cellules spléniques BlO D2 pendant 1,5 heure à la température ordinaire, 20 heures à 44C et 3 heures à 40C ( A L'absorption par l'antisérum de départ des anticorps dirigés contre les antigènes d'histocompatibilité sérodominants ne diminue pas l'aptitude de l'antisérum à prolonger la tolérance des greffes cutanées entre souches de souris. On réalise la transplantation hétérotopique de greffons de peau de queue de souris au flanc thoracique gauche de souris receveuses et on réalise un pansement avec de la gaze vaselinée et un ruban plastique. On évalue macroscopiquement la survie des greffons tous les jours à partir du 7e jour suivant la greffe. Le rejet correspond à la nécrose totale de l'épithélium greffé. On injecte par voie intrapéritonéale à des souris de souche B1O.B 0, 2 et4 jours après qu'elles ont reçu les greffes cutanées de souche BIO.D2 des doses (70 pl) des antisérums dont les cytotoxicités sont illustrées par la figure 3. La survie des greffes cutanées figure ci-dessous. Antisérum Absorbant Survie moyenne de la greffe ~~~~~~~~~ greffe (jours) normal de souris néant 11,8 facilitant néant 15,5 facilitant hématies de souche BlO.D2 15,2 facilitant hématies dé souche BW.D2 + cellules spléniques BlO.D2 11,5 Dans le cas présent ltabsorption dans un antisérum facilitant des anticorps dirigés contre les antigènes d'histocompatibilité sérodominants ne diminue pas L'efficacité de cet antisérum dans la prolongation de la survie des greffes cutanées chez la souris. On peut donc obtenir un antisérum plus pur et potentiellement plus acceptable qui est au moins aussi efficace pour prolonger la tolérance des transplants qu'un antisérum facilitant normal. Exemple 4 Comme précédemment décrit, on peut au départ produire les antisérums de l'invention par immunisation avec divers tissus Les tissus manifestant les antigènes reconnus par les antisérums de I'invention conviennent tandis que les tissus ne présentant pas ces antigènes ne conviennent pas pour préparer les antisérums de l'invention. On verra plus loin que les propriétés de facilitation des antisérums de départ avant absorption montrent qu'ils conviennent comme antisérums permettant de préparer les antisérums absorbés de l'invention. On prépare les antisérums de facilitation de départ avec des souris de souche BlO.A par double greffe de peau BlO.D2 puis administration de 4 injections intrapéritonéales de cellules choisies de souche BlO.D2. On recueille les antisérums comme précédemment décrit et on les injecte à des souris de souche BlO.A qui reçoivent des greffes cutanées de souris de souche BlO.D2 selon les modes opératoires précédemment décrits. On détermine la survie des greffes cutanées. Antisérum (150 l) Survie de la greffe (jours) Néant 12,9 Anti-hématies 13,0 Anti-plaquettes 13,3 Antisérum (150 pl) Survie de la greffe (jours) Anti-rate 16,8 Anti-thymus 17,5 Anti-sang total 19,2 Anti-leucocytes 18,0 On a montré que les hématies et les plaquettes ne portent pas les antigenes avec lesquels les antisérums de l'invention réagissent et que par conséquent les antisérums formés contre eux ne facilitent pas la tolérance des greffes cutanées chez la souris Au contraire, ces cellules conviennent chez la souris pour absorber les antisérums facilitant de départ pour éliminer les anticorps dirigés contre les antigènes de transplantation sérodominants en laissant les anticorps qui se sont révélés actifs dans la facili tation Exemple 5 On peut former l'antisérum facilitant de départ qu'on absorbe ensuite en utilisant une espèce animale différente de celle du donneur et du receveur du tissu transplanté. Cecd peut être important dans les transplantations entre hommes car il n'est pas nécessaire que l'antisérum soit obtenu selon les procédés précédemment décrits mais peut etre -obtenu par injection à des animaux appropriés de tissus ou de cellules du donneur de transplant. On verra ci-après que ces antisérums de départ peuvent entre rendus spécifiques vis-à-vis des tissus du donneur par absorption initiale avec des cellules du receveur et que ces antisérums facilitent la tolérance à la peau de souris transplantée. On prépare un antisérum de lapin antisouris (souche Bl0.D2) en injectant à des lapins une préparation insoluble de membranes de cellules de rates de souris BlO.D2 en utilisant les techniques classiques d'immunisation. On absorbe le sérum (5 ml) avec un volume équivalent de cellules de rates de souris de souche BlO.A, une fois pendant 4 heures à la température ordinaire, une seconde fois pendant une nuit à 40C. Des souris de souche BlO.A reçoivent une greffe cutanée de souris de souche BlO.D2 selon les modes opératoires précédemment décrits. Les souris receveuses reçoivent également au total 590 1 de ltantisérum absorbé le jour de la greffe et 1, 2 et 5 jours après Antisérum Survie (jours) Néant 13,0 Xéno-antisérum non absorbé 15,8 Xéno-antisérum absorbé par des cellules sp-léniques 16,6 On voit donc qu'on peut obtenir une facilltation passive en utilisant un xéno-antisérum renfermant des anticorps dirigés contre la greffe. Cet antisérum absorbé, absorbé par des cellules de rate de la souche receveuse peut ensuite etre absorbé selon les modes opératoires décrits précédemment avec les hématies ou les plaquettes de la souche donneuse en formant un antisérum selon l'invention. Exemple 6 On peut utiliser les antisérums de l'invention pour le typage d'individus pour apparier un donneur et un receveur d'un transplant et permettre une bonne tolérance du transplant. On verra ci-après que les antisérums préparés selon l'invention réagissent avec les cellules de souches choisies de souris. En préparant de tels profils de réaction on peut choisir des individus ou des souches présentant des différences minimales d'expression antigénique et améliorer ainsi la tolérance immunologique du tissu transplante. Comme précédemment décrit5 le-typage tissulaire classique repose sur les antigènes d 'histocompatibillté sérodominants. En utilisant les antisérums de l'invention5 on peut faire reposer le typage tissulaire sur les antigènes qui se sont révélés etre impliqués étroitement dans le rejet des transplants. On prépare les antisérums entre des souches de -souris de façon classique et on les absorbe avec des hématies de la souche immunisante ou d'une souche équivalente du point de vue génétique à la souche immunisante (la souche BlO,Br est équivalente à la souche B1O.A dans l'exemple ci-après). On évalue la cytotoxicité (+3 ou l'absence de cytotoxicité (-) des antisérums absorbés en utilisant une gamme de cellules cibles provenant de différentes souches de souris. Anis sérum Cellules cibles 12345 678 A/Jax Anti AS.W absorbé avec des hématies AS.W - + + + + - + + BW.D2 anti B10.A absorbé avec des hématies B*O.Br + - - + + + - + Souches de cellules cibles 1 = B10.A -: 2 = B10 3 = B10.D2 4 4 = B1O,M 5 = I/St 6 = B1O.Br 7 = DB & 1 : 8 = AS.W On peut créer un profil de distribution antigénique en utilisant l'absorption sélective et les réactions illustrées ci-dessus. Selon les principes connus de typage tissulaire, on peut typer et apparier les donneurs et les receveurs en réduisant ainsi au minimum l'incompatibilité des transplants. Les antisérums de l'invention permettent de faire reposer ce typage sur la reconnaissance et l'appariement des antigènes qui se sont révélés etre impliqués étroitement dans la sensibilisation contre les transplants. Bien entendu diverses modifications peuvent etre apportées par l'homme de l'art aux dispositifs ou procédés qui viennent titre décrits uniquement à titre d'exemples non limitatifs sans sortir du cadre de l'in vention. REVENDICGTZONS 1 Antisérum renfermant des anticorps contre les antigènes impliqués dans la sensibilisation contre les transplants ou le rejet des transplants, caractérisé en ce qu'on l'a préparé par élimination sélective des anticorps dirigés contre les antigènes de transplantation sérodominants. 2. Antisérum selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on a éliminé les anticorps dirigés contre les antigènes de transplantation sérodominants par absorption sur un substrat capable d'absorber sélectivement ces anticorps. 3. Antisérum selon la revendication 1, caractérisé en ce que le substrat porte les antigènes de transplantation sérodominants mais ne porte pas les antigènes déterminés par d'autres gènes associés génétiquement au complexe principal d.'histocompatibilité et dont les anticorps sont responsables de la facilitation. 4. Antisérum selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on a formé lantisérum chez des rongeurs et en ce que l'on a éliminé les anticorps dirigés contre les antigènes de transplantation sérodomxnants par absorption sur des hématies, des plaquettes ou des cellules hépatiques. 5. Antisérum selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il renferme des anticorps dirigés contre un matériel antigénique humain et dans lequel le subtrat porte des antigenes-de transplantation sérodominants mais ne porte pas les antigènes déterminés par d'autres genes liés.généLi- quement au complexe principal dthistocompatibilité et dont les anticorps ont des propriétés facilitantes. 6. Antisérum selon la revendication 1, caractérisé en ce que llantisérum renferme des anticorps contre une matière antigénique humaine et qu'il est absorbé par des plaquettes humaines. 7. Nouveau médicament utile notamment pour faciliter les transplantations tissulaires, caractérisé en ce qu'il- consiste en un antisérum selon l'une quelconque des revendications précédentes. 8 Procédé de préparation d'un antisérum selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il consiste à former un antisérum chez un animal, leditantisérum contenant les anticorps dirigés contre les antigènes de transplantation sérodominants du donneur de transplant, puis à traiter Itantiserum pour éliminer les anticorps dirigés contre les antigènes de transplantation sérodominants du donneur et tous les antigènes présentant une spécificité d'espèce de l'animal donneur. 9. Procédé selon la revendication 8, caractérisé en ce que l'on élimine les anticorps dirigés contre les antigènes de transplantation sérodominantset les antigènes présentant une spécificité d'espèce du donneur par absorption par un substrat capable d'absorber sélectivement ces anticorps. 10. Procédé- selon la revendication 8, caractérisé en ce qu'on recueille un antisérum d'un ou plusieurs entres humains, cet antisérum ayant des propriétés de facilitation puis en ce qu'on absorbe cet antisérum avec des plaquettes sanguines du donneur du transplant ou d'hommes présentant des caractéristiques génétiques appropriées. 11. Procédé selon la revendication 8, caractérisé en ce qu on recueille l'antisérum de femmes multipares présentant des caractéristiques génétiques appropriées. 12; Procédé selon la revendication 8, caractérisé en ce qu'on recueille l'antisérum d'etres humains de caractéristiques génétiques appropriées que l'on a immunisés par injection d'une matière antigénique provenant du donneur prévu d'un transplant ou d'un etre humain ayant des caractéristiques génétiques semblables. 13. Procédé de facilitation des transplantations tissulaires, caractérisé en ce qu'il consiste à administrer au receveur l'antisérum de la revendication 1. 14. Procédé de typage tissulaire, caractérisé en ce qu'il consiste à faire réagir l'antisérum selon la revendication 1 avec les globules blancs provenant des donneurs et recepteurs du transplant.