La présente invention concerne l'application nouvelle d'une substance connue, dans le domaine pharmaceutique, et les compositions contenant une telle substance. On sait qu'un grand nombre de composés ayant de précieuses propriétés thérapeutiques et administrables par voie orale ou parentérale ont cependant des effets secondaires indésirables et notamment une action ulcérogène gastro-duodénale. Il en est ainsi particulièrement avec les corticoïdes et les dérivés de la pyrazolone. Or, la demanderesse a déterminé qu' on peut fortement diminuer et même annuler le pouvoir ulcérogène de ces principes actifs, tout en conservant leurs propriétés pharmacologiques, en associant ceux-ci à du sorbitol administré à de faibles doses. Le sorbitol est un sucre d'origine végétale quI a déjà été proposé comme médicament, notamment corvre crolagogue, et comme laxatif, à des doses comprises entre 5 et 15 g par voie buccale et par jour, en prises fractionnées. Certains auteurs ont même signalé l'action favorisante de l'absorption de sorbitol à l'égard de certains médicaments. Dans tous les cas, cependant, le sorbitol a été proposé à des doses thérapeutiques nécessairement importantes. Suivant l'invention, le sorbitol est associe à un corticorde ou à un dérivé de la pyrazolone, à de faibles doses, inférieures à 5 g par jour, alors que Ieoertiooide ou le dérivé de la pyrazolone est administré à la dose thérapeutique usuelle. Les corticoides envisagés par l'invention peuvent être des corticoides non fluorés comme l'hydrocortisone, la prednisolone, etc., des corticoides monofluorés comme la dexaméthasone, la bCta- méthasone, la fluorométholone, la triamcinolone etc., ou des cor ticoîdes difluorés comme l'acétonide de fluocinolone, de fluméthasone etc. Comme dérivés de la pyrazolone, on envisage plus particulièrement la phénylbutazone. Bien entendu, ces principes actifs peuvent être utilisés sous la forme base ou sous la forme de sels pharmaceutiquement acceptables, notamment de phosphate, d'acétate, etc. Bien entendu, les compositions selon l'invention peuvent encore contenir d'autres principes actifs et notamment de la vitamine B12 et des dérivés de l'acide salicylique. Elles peuvent être présentées sous toutes les formes convenant à l'administration par voie orale ou parentérale telles que des comprimés, des gélules, des ampoules injectables etc., en utilisant les divers excipients couramment employés dans ces modes de présentation. La proportion du corticoïde ou du dérivé de pyrazolone dans-chaque unité de dosage est de préférence comprise entre 0,5 et 500 mg tandis que la proportion du sorbitol est de préférence comprise entre. 50 et 500 mg. Il est à noter que la proportion du corticolde ou du dérivé de pyrazolone est celle qui est couramment recommandée pour ce genre de principe actif pour obtenir les effets thérapeutiques souhaités, alors que la proportion d-u sorbitol est nettement inférieure à la dose qui a un effet thérapeutique pour ce composé. L'action anti-ulcéreuse du sorbitol à faible dose a été étudiée chez le rat selon le protocol expérimental suivant Des rats Wistar mâles pesant 200 à 250 g, à jeun depuis 24 heures, sont anesthésiés au pentobarbital sodique. Après laparotomie, on introduit une canule de verre dans le pylore et l'estomac est rincé à l'aide de sérum physiologique préalablement rendu tiède. On vide et on rince l'estomac trois fois toutes les 20 minutes et on recueille séparément le suc gastrique de chaque période dans des tubes gradués, gardés à -200C. C'est sur ces échantillons qu'a été dosée l'hexosamine selon la méthode décrite par Elson, Morgan [Biochem. J. 27, 1824, 1933]. Le sorbitol injecté dans l'estomac provoque l'augmentation de la sécrétion de l'hexosamine gastrique avec une proportionnalité (Réponse-dose) jusqu'à 5 mg/kg. Au-delà, au contraire, on constate que la sécrétion dthexosamine diminue. Ces expérimentations ont été reproduites après administration simultanée de substances médicamenteuses ulcérogènes et de sorbitol dans des rapports variables. Avec toutes les substances étudiées (corticoides et dérivés de la pyrazolone et notam ment la phénylbutazone), on a vérifié le pouvoir anti-ulcéreux du sorbitol. Etant donné la parfaite inocuité du sorbitol, des expérimentations en clinique humaine ont pu être entreprises les résultats obtenus ont été satisfaisants. Les substances médicamenteuses ont été employées dans leurs indications propres. On donne ci-après quelques exemples non limitatifs de formules ayant fait l'objet des expérimentations. Exemple 1 Comprimés suivant la formule Dexaméthasone (acétate) .............. 50 mg Sorbitol ............................ 200 mg Excipient q.s.p. ..................... 1 comprimé Exemple 2 Comprimés suivant la formule Bétaméthasone (phosphate) ............ 1/2 mg Sorbitol ............................ 150 mg Excipient q.s.p. ..................... 1 comprimé Exemple 3 Comprimés suivant la formule Phénylbutazone ....................... 100 mg Sorbitol ............................. 50 mg Excipient q.s.p. ..................... 1 comprimé Exemple 4 Comprimés dragéifiés suivant la formule Prednisone .......................... 1/2 mg Acide acétyl salicylique ............ 700 mg Sorbitol .......................... 100 mg Excipient q.s.p. .................... 1 dragée Exemple 5 Ampoules injectables suivant la formule Dexaméthasone (phosphate) ............ 3 mg Sorbitol -.----- 100 mg Excipient q.s.p. ................... 1 ml Par l'administration des médicaments expérimentés, on constate une diminution des effets ulcérogènes comparativement aux mêmes médicaments ne contenant pas de sorbitol. Revendications 1. Application du sorbitol comme agent diminuant ou annulant le pouvoir ulcérogène de substances médicamenteuses ayant un tel pouvoir. 2. Composition pharmaceutique comprenant un médicament qui, lorsqu'il est administré aux doses thérapeutiques, a une action ulcérogène, et du sorbitol à une faible dose, inférieure à 5 g par jour. 3. Composition pharmaceutique selon la revendication 2,carac térisée en ce que le médicament à action ulcérogène est un corticolde, et notamment de la prednisone, de la dexamétha- sone, de la bétaméthasone ou un de leurs sels pharmaceutique ment acceptables. 4. Composition pharmaceutique selon la revendication 2, caracté risée en ce que le médicament à action ulcérogène est un dérivé de la pyrazolone et notamment de la phénylbutazone. 5. Composition pharmaceutique selon l'une des revendications 3 et 4, caractérisée en ce qu'elle est présentée en unités de do sage convenant à l'administration par voie orale ou parenté rale et contenant de 0,5 à 500 mg du corticoïde ou du dérivé de la pyrazolone, et 50 à 500 mg de sorbitol. 6. Composition pharmaceutique selon l'une des revendications 3 à 5, caractérisée en ce qu'elle contient en outre d'autres principes actifs et notamment de la vitamine B12 ou des dérivés de l'acide salicylique.