La présente invention concerne le traitement de minérais oxydés nickélifères, et plus particulièrement la récupération hydrométallurgique du nickel à partir de minérais de latérite contenant du nickel. 5 Bien que les gisements de latérite nickélifères forment la plus grande partie des réserves connues de nickel, ces gisements n'ont pas été exploités'intensivement à une échelle industrielle, en raison des difficultés que l'on rencontre à traiter économiquement ces gisements pour récupérer le nickel. 10 Utilisés ici, les termes minerais de latérite "contenant du nickel", "portant du nickel" ou "nickélifères" désignent des gisements minéraux oxydés de nickel, se distinguant des gisements sulfurés. De plus, bien que l'invention soit décrite en considérant essentiellement le nickel, il est entendu que, sauf 15 annotation spéciale, toutes les références au nickel sont également applicables au cobalt et à des minerais de latérite contenant du cobalt. Les minerais de latérite nickélifères se situent géogra-phiquement dans les irégions tropicales et subtropicales où les 20 chutes de pluie sont abondantes et la végétation en putréfaction, l'ensemble de ces conditions clonnnant des eaux souterraines acides qui altèrent la peridotite ou la serpentine nickélifère. Les eaux souterraines acides attaquent et dissolvent le magnésium, le fer et le nickel alors que la silice reste en suspension » 25 colloïdale dans la solution. Cooime les eaux souterraines ne sont pas très acides, une portion du fçr dissous dans les eaux souterraines s'oxyde en fer ferrique et précipite sous forme d'hydroxyde ferrique. Comme les eaux souterraines épuisées en fer filtrent à travers le sol et les roches sous-jacentes, 30 les eaux souterraines sont parti'-\le:?ent 'neutralisées par la magnésie de la roche sous-jacen';>: et le nickel précipite avec d'autres quantités de fer sous fr-rme d'une solution solide avec le fer. Ce processus se répète plusieurs fois et il se forme un gisement de latérite comprenant une couche supérieure oxydée 35 d'oxyde de fer, une couche intermédiaire d'oxyde de fer enrichi en nickel et une roche sous-jccente non altérée par les intempéries. En raison de la nature du procédé d'altération, il n'y a pas de limite nette entre les couches mais plutôt une gradation d'une couche dans la suivante. Les parties supérieures de la ..40 couche intermédiaire sont pratiquement de l'oxyde de fer enrichi BAD ORIGINE- ' 72 13223 2 2133756 en nickel (limonite) tandis que les portions inférieures de la couche sont un mélange de limonite et de fragments de silicate nickélifère non décomposé (saprolite). Cette gradation de la limonite et de la saprolite permet l'exploitation minière séparée 5 et le traitement séparé de ces fractions. On a suggéré de traiter les minérais de latérite nickélifères par pyrométallurgie pour récuper le ferronickel ou la matte de nickel. Bien que ces procédés permettent de récupérer le nickel, il faut utiliser de grandes quantités de combustible pour fondre 10 la masse entière du minerai, de telle sorte que ces procédés ne sont économiquement réalisables que lorsque les minerais de latérite que l'on traite ont des concentrations relativement élevées en nickel. Pour réduire au minimum les coQts élevés de combustible 15 lorsque l'on traite des minerais de latérite à faible teneur, on a suggéré, et mis en pratique, de traiter le minerai de latérite pour réduire sélectivement pratiquement tout le nickel et seulement des quantités limitées de fer, et on traite chimiquement le nickel réduit pour récupérer le nickel. On peut récupérer le 20 nickel réduit par les techniques au nickelcarbonyle ou par lessivage par des solutions ammoniacales ou acides. Ces procédés sont techniquement valables, mais il faut réduire sélectivement la masse entière du minerai, ce qui entraîne des coQts relativement élevés de combustible et de réactif. Bien que de nombreux essais 25 aient été faits pour éviter les problèmes et les inconvénients précédents, aucun apparemment n'a donné entière satisfaction lorsqu'on l'a mis en pratique à une échelle industrielle. On a maintenant découvert que l'on peut lessiver par un acide un minerai de latérite nickélifère que l'on peut exploiter 30 ou séparer en une fraction limonitique et une fraction silicate, tout en réduisant au minimum les problèmes associés à la consommation de combustible et de réactifs. Selon l'invention, il est fourni un procédé de récupération du nickel ou du cobalt dans des minerais de latérite, dans lequel on sépare le minerai en fractionslimonitique et silicate, on lessive la fraction limonitique avec de l'acide, sulfurique, on réduit sélectivement la fraction silicate pour réduire une proportion importante du nickel et du cobalt et une proportion limitée de fer, on met en suspension la fraction silicate réduite 40 dans la solution de lessivage provenant de la fraction limonitique, 72 13223 3 2133756 suspension que l'on aère pour dissoudre le nickel et le cobalt, et on récupère le nickel et le cobalt de la solution de lessivage résultante. En termes généraux, la présente invention comprend un pro-5 cédé de lessivage acide pour la récupération du nickel ou du cobalt,, dans des minerais de latérite contenant du nickel ou du cobalt et qui ont des fractions limonitique et silicate. Pendant ou après l'extraction, on sépare le minerai de latérite en fractions limonitique et silicate. On extrait sous pression 10 le nickel ou le cobalt de la fraction limonitique par une solution aqueuse d'acide sulfurique à une température supérieure à 150°C, de façon à obtenir une solution partiellement chargée en nickel ou en cobalt. On réduit sélectivement la fraction silicate du minerai pour réduire une partie importante du nickel 15 ou du cobalt et seulement des quantités limitées âe fer. On met en suspension la fraction silicate sélectivement réduite dans la solution de lessivage partiellement chargée en nickel ou en cobalt qui contient de l'acide libre au moins dans une quantité suffisante pour satisfaire la stoechiométrie de la réaction 20 de l'acide libre avec le nickel ou le cobalt de la fraction silicate, et on aère cette suspension pour dissoudre les métaux réduits de façon à former une solution-mère de lessivage de laquelle on récupère facilement le nickel ou le cobalt. Un mode de réalisation particulièrement avantageux de la 25 présente invention consiste à produire la solution d'acide sulfurique in situ. Ainsi, après avoir séparé le minerai de latérite en fractions limonitique et silicate, on met en suspension la fraction limonitique dans de l'eau avec au moins un réactif choisi dans le groupe formé du soufre élémentaire et d'un composé 30 soufré du fer, et on chauffe la suspension à une température supérieure à environ 150°C sous une pression partielle d'oxygène d'au moins environ 5 atmosphères, pour oxyder le soufre ou les composés soufrés du fer en acide sulfurique et le fer en hydro-xyde ferrique hydraté, l'acide sulfurique extrayant le nickel ou 35 le cobalt de la fraction limonitique, ce qui fournit une solution partiellement chargée en nickel ou en cobalt. On ajoute avantageusement le soufre élémentaire ou les composés soufrés du fer en quantités suffisantes pour produire de l'acide sulfurique, lui-même en quantités au moins suffisantes pour satisfaire la 40 stoechiométrie de la réaction de l'acide sulfurique avec le 72 13223 4 2133756 nickel ou le cobalt tant dans la fraction limonitique que dans la fraction silicate. Ou bien, on peut ajouter le soufre élémentaire ou les composés soufrés du fer à la suspension aqueuse de limonite en quantités suffisantes pour produire suffisemment d'acide pour 5 extraire le nickel et le cobalt de la fraction limonitiqae, en ajoutant des quantités supplémentaires d'acide sulfurique ou d'ingrédients produisant de l'acide sulfurique à la solution partiellement chargée en nickel ou en cobalt pour lessiver la fraction silicate sélectivement réduite. On extrait la fraction 10 silicate, après l'avoir sélectivement réduite comme indiqué en plus grand détail ci-après, par la solution partiellement lessivée de façon à obtenir une solution-mère d'où l'on peut récupérer le nickel et/ou le cobalt. On peut traiter tous les minerais de latérite nickelifères 15 selon le procédé de la présente invention. Toutefois, pour réduire au minimum la consommation de combustible et de réactif de lessivage, il est avantageux de traiter des minerais de latérite nickclifèrcs qui ont une teneur minimale en fer d'au moins environ 30% et mieux d'environ 35%. On peut traiter selon 20 la présente invention des minerais de latérite contenant moins d'environ 30% de fer, mais en raison de la difficulté croissante à séparer la fraction limonitique, il est plus avantageux de les traiter selon le procédé décrit dans la demande de Brevet N°7212650 déposée le 11.4.1972 . Comme indiqué auparavant, 25 on sépare le minerai en deux fractions -une fraction silicate contenant moins d'environ 30% de fer et une fraction limonitique contenant plus d'environ 40% de fer. Les proportions relatives des fractions limonitique et silicate dépendent de la teneur en fer globale du minerai de latérite. Par exemple, les fractions 30 limonitique et silicate sont sensiblement égales lorsque la teneur globale en fer du minerai de latérite est d'environ 30%. Bien que la teneur en fer des fractions silicate et limonitique puisas varier largement, pour les besoins de la présente invention, on considère comme fraction silicate une fraétioû contenant 35 moins d'environ 30% de fer tandis qu'on considère comme fraction limonitique une fraction en contenant plus d'environ 40%. En se référant maintenant au dessin ci-joint, qui est un schéma technologique d'un mode de réalisation avantageux du procédé selon la présente invention, on sépare le minerai de 40 latérite contenant du nickel en fractions limonitique et silicate, 72 13223 5 2133756 dans l'ôL^pe A. On lessive directement, dans l'étape B, la fraction limonitique soit avec une solution aqueuse acide ajoutée (non représentée sur le schéma) soit avec une solution aqueuse acide que l'on produit in situ par oxydation de soufre élémentaire, 5 pyrite de fer, pyrrhotite, ou matte de four ou par hydrolyse de sulfates de fer, à une température de 260°C sous une pression partielle d'oxygène de 7 atmosphères, ce qui fournit une solution de lessivage partiellement chargée contenant du nickel et du cobalt. Dans l'étape C, on réduit sélectivement 1b fraction sili-.10 cace contenant du nickol à une température de 750l5C; et, dans l'étape D, on lessive la fraction silicate sélectivement réduite avec la solution de lessivage partiellement chargée contenant du nickel et du cobalt, ce qui fournit une solution-mère de lessivage que l'on traite dans l'étape E pour récupérer le nickel et le 15 cobalt.. Comme indiqué auparavant, la. nature du procédé d'altération rend possible l'extraction séparée des fractionslimonitique et silicate et, en pratique, il est avantageux d'extraire séparément les fractions limonitique et silicate. Toutefois, si la 20 nature du gisement rend impossible ou impraticable l'extraction séparée des fractions silicate et limonitique, on peut séparer ces fractions par criblage ou par d'autres opérations de classement. La fraction limonitique ne nécessite aucun traitement préliminaire sauf peut-être un criblage grossier. On broie avantageusement la 25 fraction silicate de façon à ce que 100% des particules aient une taille au moins inférieure à 0,8 mm, de façon à faciliter les opérations de réduction sélective et de lessivage. On extrait le nickel de la fraction limonitique en chauffant . une suspension de limonite dans une'solution aqueuse d'acide 30 sulfurique ou de sulfate ferrique. On peut produire l'acide . sulfurique in situ en ajoutant du soufre élémentaire ou des composés soufrés de fer à la suspension aqueuse de la fraction limonitique et en chauffant la suspension au moins à 2-2'0°C tout en aérant la suspension avec de'l'air, de l'air-enrichi en oxygène 35 ou de l'oxygène industriel. On met la limonite en suspension dans •.la solution aqueuse d'acide de telle façon que cette suspension contienne entre environ 20% et- 45% de sôlides en poids, et de préférence entre environ 30% et 40% dë solides, pour réduire au minimum les problèmes matériels de manipulation tout en assurant 40 la stabilité des suspensions. On ajoute à la suspension de l'acide 72 13223 6 2133756 sulfurique. du soufre élémentaire ou des composés soufrés du fer pouvant produire de l'acide sulfurique dans les conditions du lessivage, en quantités au moins suffisantes pour fournir suffisamment d'acide sulfurique pour assurer une bonne extraction 5 du nickel et du cobalt tant dans la fraction limonitique que dans la fraction silicate.- Elus précisément, on utilise des quantités suffisantes d'acide sulfurique, qu'on l'ajoute tel quel ou qu'on le produise in situ, pour satisfaire au moins la de stoechiométrie des réactions/11 acide sulfurique avec le nickel 10 e-'; le cobalt tant dans la fraction limonitique que dans la fraction silicate. Encore plus précisément, on utilise de l'acide sulfurique, qu'on l'ajoute tel quel ou qu'on le produise in situ, en quantités comprises entre environ 15% et 30%, mieux entre environ 20% et 25%, du poids total du minerai en traitement. 15 Quand on forme la suspension de minerai limonitique dans une solution aqueuse d'acide d'acide sulfurique ou de sulfate ferrique, on place la suspension dans un autoclave et on la chauffe à une température comprise entre environ 150°C et 300°C, et de préférence à une température comprise entre 220°C et 260°C, pour extraire 20 le nickel du minerai limonitique. A ces températures, le fer ferrique présente seulement une solubilité très limitée, de telle sorte que le nickel et le cobalt sont effectivement extraits sélectivement de la fraction limonitique du minerai. On peut utiliser des températures plus faibles de lessivage, mais des quantités QQ 25 plus importantes de fer ferrique/dissolvent, ce qui entraîne une consommation plus importante de réactif de lessivage, et comme tout hydroxyde de fer précipité par hydrelyse des sels ferriques est gélatineux et difficile à filtrer, il s'ensuit des problèmes dans la séparation liquide-solide. On peut utiliser des tempéra-30 tures plus élevées mais l'augmentation de sélectivité de la réaction de lessivage n'est pas suffisamment grande pour justifer le coût supplémentaire d'autoclaves considérablement plus robustes. On effectue avantageusement le lessivage du minerai limonitique en produisant l'acide sulfurique et lë sulfate de fer 35 in situ par oxydation de pyrite dè fer. Quand on produit l'acide sulfurique et/ou le sulfate de fer in situ' par oxydation de pyrite de fer, ôn prépare une suspension aqueuse contenant entre environ 25% à 45% de minerai limonitique et environ 10 à 20%, par rapport au poids du minerai, de pyrite de fer. 40 On place cette suspension dans Un autoclave et on la chauffe à une 72 13223 7 2133756 température comprise entre err/iron 150°C et 300°C, de préférence entre environ 220°C et 260°C, sous une pression partielle d'oxy-gène d'au moins environ 5 atmosphères, la pyrite de fer étant alors oxydée en sulfate ferrique qui s'hydrolyse en acide 5 sulfurique et en hydroxyde ferrique. Les solutionsd'acide sulfurique^ de sulfate ferrique permettant d'extraire sélectivement le nickel et le cobalt de la fraction limonitique du minerai. Comme l'acide sulfurique n'est pas présent au départ dans la suspension aqueuse et se forme petit à petit par oxydation de la pyrite de fer, 10 le pH de la solution aqueuse est suffisamment élevé pendant une partie importante de l'opération pour que seulement de petites quantités de mr-gnésie et d'alumine se dissolvent, ce qui réduit au rrinimum les problèmes associés à la formation 3e dépôts dans l'aucoclave, due à la précipitation de la magnésie 15 et de 1'alumine. On peut utiliser des températures plus élevées ou plus faibles lorsqu'on produit in situ la solution de lessivage, mais lorsqu'on utilise des températures plus basses, l'oxydation du soufre ou de ses composés de fer et l'extraction du nickel du rainerai de limonite sont trop lentes et l'hydroxyde de fer 20 hydrolysé précipitant à faibles températures est très gélatineux,ce qui présente des problèmes pour la séparation suivante liquide-solide. Lorsqu'on utilise des températures plus élevées que celles comprises dans l'intervalle précédent, l'augmentation de vitesse de la réaction et la plus grande facilité de filtra-25 tion de l'hydroxyde ferrique ne justifient pas l'augmentation d« prix due à l'utilisation d'autoclaves plus robustes. Dans la plupart des cas, si l'on considère la vitesse de réaction, la consommation de réactifs, la séparation suivante liquide-solide et les exigences d'appareillage, on obtient de meilleurs résultats 30 en traitant la suspension de minerai limonitique et de pyrite de fer à une température comprise entre environ 220°C et 260°C sous une pression partielle d'oxygène comprise entre environ 5 atmosphères et 10 atmosphères. Que l'on traite le minerai de limonite avec une solution 35 d'acide ou de sulfate ferrique préparée ou avec une solution produite in situ, il faut agiter la suspension suffisamment pour maintenir les solides en suspension, pour donner un bon contact liquide-solide, et pour donner un bon contact gaz-solide lorsque le soufre élémentaire s'oxyde en acide sulfurique ou lorsque 40 les composés soufrés du fer s'oxydent en sulfate ferrique, pour 72 13223 8 2133756 former la solution de lessivage i'.i si/va. De même, lorsqu'on lessive la fraction silicate comme or. va le décrire ci-après, la sus- . pension de la fraction silicate dans la solution partiellement chargée en nickel doit être suffisamment agitée pour maintenir 5 une suspension stable, pour assurer un bon contact solide-liquide et pour fournir un bon contact gaz-liquide quand on désire o:-:yder et hydrolyser le fer dans la solution de lessivage. On ne peut pas facilement quantifier le degré d'agitation nécessaire, mais en observant la stabilité de la suspension et/ou la vitesse 10 de réaction on peut facilement s'assurer que l'agitation est suffisante. Après épuisement de la fraction limonitique, généralement entre environ 0,5 heure et 1,5 heure, on obtient une solution Mieux, on met en suspension la frac: ion silicate sélectivement réduite avec une partie de la pâte de lessivage de la limonite dans la solution de lessivage partiellement chargée en nickel, 30 de façon à former une suspension contenant entre environ 15% et 25% de solides en poids. On maintient cette suspension à une température comprise entre environ 35°C et 95°C, mieux entre environ 40°C et 60°C, et on l'aère avec un gaz contenant de l'oxygène libre, comme de l'air, de l'air enrichi en oxygène ou 35 de l'oxygène industriel, pour oxyder le fer ferreux de la solution à l'état ferrique, l'état ferrique du fer permettant de dissoudre des quantités supplémentaires de nickel, de cobalt, et de fer sélectivement réduits. Le lessivage de la fraction silicate sélectivement réduite 40 pvec la solution de lessivrge partiellement chargée en nickel BAD ORlQjNALy 72 13223 9 2133756 obtenue par lessivage direct de la fraction limonitique du minerai est une caractéristique importante de la présente invention. Le nickel métallique de la phase silicate sélectivement réduite se dissout rapidement dans la solution de lessivage 5 partiellement chargée en nickel provenant de 1'opération de lessivage de la première étape, et la fraction silicate partiellement réduite du minerai permet de neutraliser partiellement la solution de lessivage partiellement chargée en nickel, de sorte que les opérations suivantes de récupération du nickel 10 dans la solution sont grandement facilitées sans que l'on ait à ajouter des quantités excessives d'agents neutralisants étrangers. Ainsi, on utilise plus complètement la teneur en acide libre de la solution de lessivage provenant de l'opération de lessivage de la première étape pendant l'opération de lessivage 15 de la seconde étape, et cet acide n'est pas simplement neutralisé par addition d'un agent neutralisant extérieur. De plus, en faisant réagir 1- solution de lessivage partiellement chargée en nickel provenant de la première réaction avec la fraction silicate sélectivement réduite, on réduit la plus grande partie du fer 20 ferrique du la solution de lessivage à l'état ferreux pendant l'opération de lessivage de la seconde étape- de sorte que, lorsqu'on récupère le nickel par un processus de précipitation, comire une précipitation en masse par l'hydrogène sulfuré, on ne consomme pas des quantités-exagérées d'agent de précipitation 25 simplement pour réduire le fer ferrique en fer ferreux. En réduisant sélectivement la fraction silicate, on rend moins .réactive la ma gnésie de la fraction silic.-te, et donc on consomme des quantités inférieures d'agents de lessivage pour dissoudre la magnésie, et on réduit de cr:;te sorte au minimum les problèmes 30 liés à la formation de dépôts-, La réduction sélective de la fraction silicate, en particulier aux températures indiquées ici, a l'avantage supplément?ire de. fournir un résidu de lessivage que l'on sépore' facilement de la solution-mère par des techniques conventionnelles. 35 On. effectue avantageusement•la réduction sélective de la fraction silicate dans un four rotatif chauffé à contre-courant, bien que l'on puisse effectuer la. réduction sélective dans tout autre appareil bien connu qui- permette un bon contact: solide-gaz comme les réacteurs à lit fluide ou les fours multisoles dans 4C lesquels des râbles rotatifs font passer le minerai de sole en sole. BAD ORIGINAL, 72 13223 . io 2133756 Pour avoir tous les avantages liés à la réduction sélective de la fraction silicate, on chauffe la fraction silicate broyée à une taille telle que 100% de la fraction soit -inférieure à environ 0,8 mm de façon à avoir un bon contact.gaz-solide, à 5 une température comprise entre environ 650°C et 825°C, dans une atmosphère ayant un potentiel de réduction qui équivaut à un rapport C0:C02 entre environ 1:4 et 1:1. et mieux entre environ. 1:3 et 2:3. Plutôt que d'utiliser une atmosphère gazeuse pour régler l'opération de réduction sélective, on peut ajouter 10 au minerai finement divisé des quantités de réducteurs solides ou liquides suffisantes pour assurer que presque tout le nickel et seulement des quantités limitées de fer sont réduits, mais ce moda opératoire n'est pas le plus avantageux car, en particulier avec les réducteurs solides, la vitesse de réduction «et 15 considérablement plus £->ible aux températures utilisées que lorsque l'on utilise des atmosphères de réduction sélective. On effectue l'opération de réduction sélective d'une manière telle que l'on réduit, pratiquement tout le nickel et pas plus d'environ 4 parties de fer par partie du nickel et de préférence pas 20 plus d'environ 2 parties de fer par partie de nickel. On refroidit ensuite sans ré-oxydation le minerai sélectivement réduit, pour le lessiver ensuite avec la solution de lessivage partiellement chargée en nickel provenant du lessivage direct de la limonite dans l'opération de lessivage de la première étape. Ou bien, 25 on peut immerger la fraction silicate sélectivement réduite dans la pâte de lessivage partiellement chargée en nickel provenant de l'orSraticn de lessivage de la première étape. Un mode de réalisation avantageux de la présente invention consiste à incorporer des quantités faibles mais efficaces de 30 soufre dans la fraction silicate pour catalyser la réduction sélective et le lessivage suivant des métaux réduits. On catalyse 3a réduction sélective en ajoutant au minerai des substances contenant du soufre avant ou pendant la réduction. Le soufre ajouté au minerai pendant la réduction sélective permet également 35 d'améliorer les réactions de lessivage, mais on peut également améliorer le lessivage en traitant le minerai sélectivement réduit par un gaz contenant du soufre, comme 1'hydrogéné sulfuré. On n'obtient l'efficacité du soufre à catalyser la réduction et à améliorer les résultats du lessivage que si le soufre est 40 icéparti uniformément dans les métaux réduits. On peut incorporer 72 13223 ii 2133756 le soufre dans la fraction silicate en ajoutant du soufre élémentaire, de la pyrite de fer, de la pyrrhotite, de l'anhydride sulfureux ou de l'hydrogène sulfuré, au minerai. On obtient mieux la catalyse de la réduction sélective et l'activation des métaux 5 réduits pour le lessivage en incorporant au minerai la substance contenant du soufre en quantités suffisantes pour que le minerai ait une teneur en soufre allant jusqu'à environ 2%, en poids, et mieux entre environ O,1% et 2%, par exemple, entre environ 0,2% et 1%. 10 Quand la solution de lessivage partiellement chargée de nickel a extrait pratiquement tout le nickel sélectivement réduit de la fraction silicate du minerai, ce qui fournit une solution-mère, on sépare le résidu lessivé de la solution-mère par les techniques bien connues de séparation liquide-solide. Pour 15 récupérer le nickel et le cobalt, on peut traiter la pâte-mère de lessivage, qui contient entre environ 5g/l et 10 g/1 de nickel, jusqu'à environ 1 g/1 de cobalt, entre environ 5 g/1 et lO g/1 de fer et qui a un pH supérieur à environ 1. Par exemple, on peut traiter la solution-mère avec des pressions partielles 20 d'hydrogène sulfuré supérieures à une atmosphère de façon à précipiter les sulfures de cobalt et de nickel en masse, d'où on peut facilement récupérer séparément le nickel et le cobalt. On peut traiter avantageusement la solution-mère par des techniques de séparation liquide-solide pour enlever d'abord le cobalt, 25 puis traiterla solution affinée pour récupérer le nickel. Par exemple, on peut traiter une solution-mère par le thiocyanate d'ammonium quaternaire insoluble dans l'eau ou un thiocyanate tertiaire, secondaire ou primaire, insoluble dans l'eau, dans un solvant organique, pour enlever sélectivement le cobalt de la 30 solution-mère de façon à obtenir une solution aqueuse affinée pratiquement exempte d'anione thiocyanate et contenant pratiquemen-tout le nickel de la solution-mère de lessivage. Après avoir effectué la séparation liquide-solide, on peut récupérer le cobalt de la phase organique et on peut récupérer le nickel de la 35 solution aqueuse affinée, par des techniques bien connues comme la précipitation par l'hydrogène sulfuré ou la précipitation sous forme d'hydroxyde ou de carbonate par addition d'une'base ou de soude caustique. Pour permettre à l'homme de l'art de mieux, apprécier les 40 avantages de la présente invention, on donne l'exemple suivant : 72 13223 12 2133756 EXEMPLE On sépare en fractions limonitique et -silicate un minerai de latérite nickélifère ayant une teneur globale en nickel de 1,85% et une teneur globale en fer de 39%. La séparation 5 fournit deux parties de limonite par partie de silicate, la fraction limonitique contenant 1,47% de nickel et 48,2% de fer, et la fraction silicate contenant 2,62% de nickel et 20,7% de nickel. On met en suspension dans de l'eau, à 30% de solides, 10 en poids, la fraction limonitique et delà pyrite de fer représentant 20 pour cent du poids de la fraction limonitique. On chauffe la suspension à 250°C pendant 1,5 heure dans un autoclave sous une pression partielle d'oxygène d'environ 7 atmosphères, et on l'agite mécaniquement de façon à avoir un bon contact 15 gaz-liquide-solide pour oxyder la pyrite en acide sulfurique et pour hydrolyser le sulfate ferrique. L'acide sulfurique permet d'extraire 97% du nickel de la fraction limonitique. On réduit sélectivement la fraction silicate à 800°C dans une atmosphère ayant un rapport oxyde de carbone-gaz carbonique 20 de 2:3, por.r réduire pratiquement tout le nickel en nickel métallique et seulement des quantités limitées de fer en fer métallique. On met en suspension dans de la pâte de lessivage de limonite refroidie la fraction silicate sélectivement réduite de façon à obtenir une suspension à 30% de solides, et on aère la suspension 25 résultante à 00°C avec de l'air pour dissoudre les métaux réduits et pour oxyder et hydrolyser le fer dissous. Ce traitement extrait 80,5% du nickel de la fraction silicate sélectivement réduite . Au total, on extrait 89,2% du nickel total lorsque l'on utilise des pyrites en quantité équivalant à seulement 13,3% du poids 30 total du minerai. Les avantages importants obtenus en séparant les fractions limonitique et silicate et en réduisant sélectivement la fraction silicate avant d'extraire le nickel par la pête de lessivage des fractions limonitiques, sont mieux illustrés par voie de comparai-35 son. On lessive deux parties des fractions limonitiques décrites dans l'Exemple, dans les conditions identiques, sauf que l'on ajoute de la pyrite de fer 3n quantité représentant seulement 12,5% du poids du minerai. Dans ces conditions, on extrait 95% du nickel. On met en suspension dans de l'eau la fraction silicate 40 sans aucun traitement préalable et avec 45% de pyrite de fer 72 13223 13 2133756 (il faut davantage de pyrite pour permettre la dissolution de la magnésie) de façon à avoir une suspension à 30% de solides en poids. On place ces suspensions dans un autoclave sous une pression partielle d'oxygène de 7 atmosphères et on chauffe à 250°C pendant 1,5 heure pour oxyder la pyrite en acide sulfurique, 5 qui extrait 92% du nickel et des quantités importantes de magnésie de la fraction silicate. L'addition totale de pyrite de fer dans les deux opérations de lessivage se monte à 23% du poids total du minerai traité. Cette quantité de pyrite de fer est presque deux fois la quantité utilisée dans la pratique du procédé 10 selon la présente invention tel qu'il est décrit dans l'Exemple. Non seulement l'invention permet l'utilisation de quantités plus faibles de pyrite de fer, d'acide sulfurique ou d'autres composés du soufra et du fer, mais la combinaison des étapes est telle que la consommation des réactifs utilisés pour récu-15 pérer le nickel de la solution-mère est également sensiblement réduite. Bien que la présente invention ait été décrite en rapport avec des modes de réalisation préférés, il est entendu que l'on peut apporter des modifications et des variations sans s'éloigner 20 de l'esprit ni du champ d'application de l'invention, comme l'homme de l'art le verra facilement. De telles modifications et de telles variations sont considérées comme étant dans le domaine et le champ d'application de l'invention et des revendications ci-jointes. 72 13223 •2133756 REVENDICATIONS 1. Procédé de récupération du nickel ou du cobalt de minerais de latérite par lessivage acide, caractérisé en ce qu'on sépare le minerai en fractions limonitique et silicate; on lessive la 5 fraction limonitique à l'acide sulfurique; on réduit sélectivement la fraction silicate pour réduire une proportion importante du nickel et du cobalt et une proportion limitée du fer; on met en suspension la fraction silicate réduite dans la solution de lessivage provenant de la fraction limonitique, suspension que 10 l'on aère pour dissoudre le nickel et le cobalt; et on récupère -le nickel et le cobalt de la solution de lessivage résultante. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on effectue le lessivage de la fraction limonitique en la mettant en suspension dans de l'eau contenant du soufre élémentaire ou un 15 composé soufré du fer, qui est présent en quantité suffisante pour produire de l'acide sulfurique lui-même en quantités au moins suffisantes pour extraire le nickel ou le cobalt, et que l'on chauffe la suspension à plus de 150°C sous une pression partielle d'oxygène d'au moins 5 atmosphères. 20 3. Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que le composé soufré du fer est de la pyrite de fer, de la pyrrhotite, de la matte de foUi ou du sulfate ferreux. 4. Procédé selcn la revendication 1, caractérisé en ce qu'on effectue le lessivage sous pression avec de l'acide sulfurique 25 aqueux entre 150° et 300°C. 5. Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce que l'acide sulfurique destiné au lessivage contient de 15 à 30%, en poids, d'acide sulfurique par rapport au poids total des fractions limonitique et silicate. 30 S. Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce que la solution d'acide sulfurique contient entre 20 et 25%, en poids, d'acide suifirique. 7. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce qu'on lessive la fraction limonitique entre 35 220 et 260°C. 8. Procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce qu'on lessive la fraction silicate entre 35 et 95°C. 9. Procédé selon la revendication 8, caractérisé en ce qu'on lessive la fraction silicate entre 40 et 60°C. 40 10. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 9, 72 13223 15 2133756 caractérisé en ce qu'on réduit la fraction silicate à des températures allant de 650° à 825°C. 11. Procédé selon la revendication 10, caractérisé en ce qu 'on effectue la réduction dans un^ atmosphère dont le potentiel de 5 réduction équivaut à un rapport oxyde de carbone-gaz carbonique de 1:4.à 1:1. 12. Procédé selon la revendication 11, caractérisé en ce que le rapport est équivalent à 1:3 à 2:3. 13. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 12, 10 caractérisé en ce que le minerai de latérite a une teneur globale en fer d'au moins 30% et que l'on sépare le minerai de latérite en une fraction limonitique contenant plus de 40% de fer et une fraction silicate contenant moins de 30% de fer. 14. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 13, 15 caractérisé en ce qu'on e;joute un composé soufré au silicate avant la réduction, en quantité suffisante pour catalyser la réduction. 15. Procédé selon la revendication 14, caractérisé en ce qu'on ajoute la substance soufrée en quantité comprise entre 0,2% et 20 1% du poids de la fraction silicate. 16. Procédé selon l'une ou l'autre des revendications 14 et 15, caractérisé en ce que la substance soufrée est le soufre élémentaire ia pyrite de fer, la pyrrhotite, l'anhydride sulfureux ou l'hydrogène sulfuré. 25 17. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 16, caractérisé en ce qu'on enlève les solides de la solution de nickel et de cobalt, que l'on enlève sélectivement le cobalt à l'aide d'un composé insoluble dans l'eau qui est le thiocyanate d'ammonium quaternaire ou un hydrothiocyanate d' aiftifte tertiaire, secon-30 daire ou primaire, ledit composé étant dissous dans un solvant organique, et qu'on récupère le nickel de la solution aqueuse affinée.