La présente invention concerne essentiellement un procédé pour revêtir un matériau d'un produit se présentant sous forme de fines particules solides. Pour ce type de fabrication, on utilise généralement un liant liquide ou semi-liquide qui assure l'adhérence des particules solides sur le matériau et évite leur élimination, par exemple sous l'action d'un frottement. Le procédé connu employé en général pour associer les particules et le matériau consiste à enduire de liant la surface du matériau, puis à déposer les particules sur le liant encore frais. Le plus souvent, pour que les particules adhèrent convenablement, il est nécessaire de les proleter sous pression contre le matériau. Or, les particules étant légères, elles ont tendance à voltiger pendant la proiection, ce qui constitue un inconvénient et parfois un danger. Pour y remédier, on est donc amené à utiliser des dispositifs complexes, tels que caisson étanche, aspirateur, etc ... La présente invention concerne un procédé qui ne présente pas les inconvénients des procédés connus, qui est économique, sur et d'application ra pide. Selon un aspect général de l'invention, le procédé pour revêtir un matériau d'un produit se présentant sous la forme de particules solides consiste à - déposer les particules de produit à la surface du matériau en provoquant leur adhérence temporaire sur ledit matériau - et à fixer ensuite définitivement les particules sur la surface. Naturellement, comme dans les procédés connus, le présent procédé se prête à une fabrication en continu. Selon un aspect plus particulier de l'invention et notamment lorsque le matériau est au moins partiellement malléable en surface, l'adhérence temporaire des particules sur le matériau sera avantageusement réalisée par incrustation, sous l'action d'une pression, des particules dans la surface du matériau. De tels matériaux peuvent être des papiers, des filtm$srethétiques, des films métalliques, des tissus, des pellicules cellufosiques, des tissus non tissés, etc . Avec ces matériaux, on utilisera de préférewDee une masse statique de produit particulaire et on fera circuler le matériau à revenir dans cette masse de produit entre deux éléments non malléables de façon que le déplacement du matériau lui-meme provoque llentrainement des particules en les obligeant à passer entre les deux dits éléments, l'un du moins de ceux-ci étant élastiquement déformable. D'autre part, le liant sera de préférence appliqué par un moyen n'exer çant aucun contact avec la surface recouverte par la poudre fixée temporaire ment, par exemple par pulvérisation, éventuellement électrostatique, ou sous la forme d'un rideau fluide. Un type de dispositif permettant la mise en oeuvre du procédé peut être constitué par - un moyen de support et d'entraihement du matériau, notamment une instal lation à tambours dans le cas d'un matériau en feuille souple, - un moyen, sel qu'un caisson, contenant le produit particulaîre et le mainte nant en contact avec le matériau entrai'né, - un moyen, notamment constitué par une lame trainante, souple, appliquant, par pression, le produit contre le matériau, ladite lame formant une paroi du caisson et coopérant avantageusement avec un des tambours d'entraînement du m atériau contre lequel elle est pressée élastiquement - et un moyen, constitué par exemple par une rampe de buses, pour coucher le liant sur la surface du matériau garni de particules. Des essais comparatifs ont montré que ce dispositif présentait des avan toges par rapport aux dispositifs mettant en oeuvre les procédés connus. Ainsi7 on obtint une répartition plus régulière et une fixation plus facile des particules sur toute la largeur du matériau, on diminue et on localise le voltigement des parcules que lton peut facilement récupérer, on diminue la quantité de liant nécessaire ; ce procédé permet, en outre, d'atteindre des vitesses de fabrication é levées. Le procédé de l'invention peut être employé dans de nombreux cas, en tre autres pour - Itobtention des matériaux adhésifs par enduction sous forme pulvérulente de produits adhésifs (papiers pré-encollés, notamment pour tapisserie, papiers gom més), - la fabrication des matériaux abrasifs par enduction de poudres abrasives (toile ou papier abrasif), - la réalisation des matériaux (papiers, plastiques, tissus) métallisés par cou chage de particules métalliques. Le procédé de l'invention permet, 'gaIement, d'enduire des matériaux, tels que des papiers - de pigments minéraux (kaolin, oxyde de titane, etc ...) en vue d'améliorer la blancheur, I'opacité et 'imprimabilité, - de poudres plastiques pour l'obtention de papiers plastiques ou stratifiés (dans ce cas, naturellement, la couche plastique est formée après passage dans un four ou par apport d'un solvant qui assure la dissolution des poudres plastiques). Une application particulièrement intéressante de l'invention concerne la fabrication des papiers gommés et notamment des papiers dits pré-encollés. Pour cette fabrication, le produit adhésif est constitué de grains solubles dans l'eau7 tels que par exemple de l'amidon pré-gélatinisé, de la carboxyméthy-cellulose ou de l'acétate de polyvinyle, fixés sur le papier par une colle. La présente invention concerne donc également, à titre de produit industriel nouveau, un matériau tel que papier revetu de particules, notamment des grains d'amidon, sur au moins une face, dans lequel les particules sont incrustées à la superficie du matériau et revalues de liant, Dans le cas de papier pré-encollé, le liant sera de préference hydrosoluble afin de permettre un gonflement des grains d'adhésif lolr de l'utilisation du papier. Par ailleurs, on remarquera qu'un papier présentant une certaine teneur en humidité est rendu malléable, ce qui facilite l'incrustation des particules Dans le cas où l'on veut revetir un papier dé là sece on aura donc inté rêt à le mouiller superficiellement avant dépôt des particules, Mais on comprendra que ce caractère du papier représente un avantage notable dans le cas où I'on désire fabriquer directement en continu du papier préencollé.En effet, comme le procédé de l'invention ne nécessite pas I'évapora- tion de toute l'eau du papier, on pourra l'appliquer immédiatement à la sortie d'une machine à fabriquer le papier, moyennant quelques modifications mineures. On pourra, ainsi, avoir des cadences de fabrication élevées. On décrira, maintenant, à titre d'exemple, I'invention appliquée au cas de la fabrication du papier pré-encollé, en référence à la figure unique du dessin annexé, qui représente schématiquement une installation selon l'invention, En 1, on a indiqué un support tel qu'une bande de papier, humidifié, Cette bande de papier peut soit sortir directement d'une machine à fabriquer le papier, soit provenir d'un rouleau de papier sec que l'on humidifie légèrement. Des essais ont montré qu'un papier humidifié à 26 % convenait particulièrement. Dans cette application de l'invention, la teneur en eau du papier permet, d'ail leurs, de doser la quantité de poudre retenue sur le support. Le support 1 est entrainé en mouvement et guidé par un système d'en trarnement classique à tambours dont trois seulement ont été représentés en 2, 3 et 4. De préférence, le tambour 3 est de plus grand diamètre que les autres et coopère avec une lame souple trainante 5 dont l'extrémité libre frotte sur le papier qui s'enroule sur le tambour. La lame souple est constituée par exemple d'une bande de métal ou de caoutchouc 6 montée dans un support 7 articulé en 8 dans une structure fixe 9. Des moyens de rappel élastique 10 accrochés entre le support 7 et la structure 9 sollicitent la lame contre le tambour. De chaque côté de la lame 5 et du tambour 3 s'étendent, à partir de la structure fixe 8, deux parois 11 constituant, avec la lame 5, un caisson destiné à contenir une masse 12 de produit particulaire, tel qu'un produit à base d'amidon On comprend que sous-l'effet du déplacement du support 1 entraîné par le tambour 3 et de la pression exercée par la masse du produit, une partie de ce dernier aura tendance à passer entre le support sur le tambour et la iame.L'action des moyens de rappel élastique 10 imprimero sur les particules une pression qui les incrustera dans In surface du papier, au moment de leur passage sous l'arête de la lame. Les particules qui ont pu passer au-delà de la lame 5 sans s'être pour autant incrustées tomberont par gravité dans un bac de récupération 13. Le support passe ensuite devant une ou plusieurs buses 14 supportées par la structure 9 et destinées à projeter un liant tel qu'une solution de carboxy-méthy-cellulose ou de tout autre liant hydrosoluble. Des essais ont été réalisés sur un support papier contenant 26 % d'humidité et défilant à 50 m/mn ; avec une lame tramante de 0,7 mn d'épaisseur saillant de 40 mm. hors de son support 7 et appliquant une pression linéaire voisine de 4 Kg/cm contre le tambour. On a utilisé comme produit particulaire un amidon prégélatinisé appelé "Flexicol" dans le commerce. Comme liant, on a utilisé deux types de produits du commerce, à savoir: - une solution de "CMC Blanose RC 190" à 0,5 % de concentration, - deux solutions d'amidon prêgélatinisé "Solvitose H4" a) concentration 5 % b) concentration ls Pour Juger de l'adhérence des partinules, on a soumis ensuite les échantil- lons à un brossage énergique avec une brosse à poils raides en"nyion". On a obtenu les résultats suivants : Echantillon Vitesse Liant Débit total Largeur Dépôt de Dépôt de Perte après défilement pulvérisé I/H. pulvérisée liant Flexicol brossage en m/mn. cm. g/m2 g/m2 g/m2 Blanose RC 190 1 50 à 0,5 % 18 40 0,075 13 0,5 - 2 2 50 Solvitose H4 16 40 0,70 13 1,5 à 5 % 3 50 Solvitose H4 16 40 0,13 16 0,6 - 1 à 1 % On peut donc constater une excellente adhérence des particules et notamment dans le cas de l'échantillon 3. REVENDICATIONS 1. Procédé pour revêtir un matériau d'un produit se présentant sous forme de particules solides consistant à déposer les particules sur la surface du matériau et à fixer ensuite définitivement les particules sur la surface, ce procédé étant caractérisé en ce que - on incruste par pression mécanique les particules à la superficie du matériau à revêtir - et on projette ensuite sous pression, sur les particules et la surface, un liant assurant la fixation définitive des particules. 2. Procédé selon la revendication 1 caractérisé en ce que les particules sont insolubles par des solvants et infusibles, le liant projeté étant un adhésif liquide. 3. Procédé selon la revendication 1 caractérisé en ce que les particules sont solubles dans des solvants, le liant projeté étant un solvant approprié à la nature des particules. 4. Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon l'une quelconque des revenaications 1, 2 ou 3 comportant un moyen d'entrarnement du matériau à revêtir, un moyen maintenant le produit particulaire sous forme d'une masse à l'état statique et assurant l'application du produit sur le matériau entraîné, ce dispositif étant caractérisé en ce qu'il comporte en outre, en aval du moyen d'application du produit, un moyen de projection du liant sur la surface du maté- riau garni de particules. 5. Dispositif selon la revendication 4 caractérisé en ce que le moyen appliquant le produit est constitué par une lame souple mince coopérant avec le moyen d'entraRnement du matériau. 6. Dispositif selon la revendication 4 caractérisé en ce que le moyen pour appliquer le liant de fixation est constitué par, au moins, une buse de projection sous pression écartée du matériau. 7. A titre de produit industriel nouveau, matériau revêtu de particules sur au moins une face, caractérisé en ce que les particules sont incrustées à la superficie du matériau et revêtues par un liant. 8. Matériau selon la revendication 7 et notamment tapisserie préencollée, comportant un adhésif solide, caractérisé en ce que l'adhésif solide est fixé par un liant hydrosoluble afin de permettre le développement de l'action a sive des particules après mouillage au moment de l'utilisation. 9 Procédé pour fabriquer un papier de tapisserie pré-encollée, caractérisé en ce que, avant de mettre en oeuvre le procédé selon l'une quelconque des revendications 1, 2 ou 3, on fait en sorte que la surface devant recevoir les particules soit humide, ce qui la rend malléable et lui communique une affinité pour ces particules solides, ce qui facilite l'accrochage temporaire de cellesci.