La présente Invention concerne un commutateur électro-optique à commande électrique utilisant le couplage du rayonnement entre deux guides optiques. Il est connu de réaliser un commutateur électro-optique intégré dans un substrat à la surface duquel sont formées deux zones de propagation guidée alignées parallèlement l'une à l'autre, associées à des électrodes permettant de créer dans les guides des champs électriques modifiant les vitesses de propagation. Un rayonnement incident dans l'un des guides peut être transféré dans l'autre de 0 à 100 %, selon les sens et amplitudes des champs électriques créés. Un tel commutateur recquiert une grande précision sur les tensions à appliquer aux électrodes, ainsi que. sur la longueur des deux zones guidées parallèles. Corrélativement, comme les propriétés optiques du matériau dans lequel sont réalisés les guides dépendent de la longueur d'onde utilisée, les conditions relatives à la longueur de couplage et aux tensions de commande ne peuvent pas être respectées dans une large gamme de longueur d'ondes. Il en est de même quant à la polarisation des rayonnements guidés. L'invention vise à permettre de plus grandes tolérances de fabrication et une moindre précision sur les tensions de commande, ainsi qu'une possibilité de fonctionne- ment dans une large gamme de longueurs d'ondes, et quelque soit la polarisation du rayonnement. Pour obtenir des variations des vitesses de propagation dans les deux guides, l'invention préconise des configurations de guides et d'électrodes particulières. Deux modes de réalisation sont particulièrement préconisés. Selon le premier, les guides sont parallèles dans la zone de couplage et associés respectivement à deux électrodes biaisées de façon à recouvrir entièrement les guides aux extrémités de la zone de couplage, ce qui induit un effet électro-optique maximal si l'orientation du matériau électro-optique est convenablement choisie, et à leur être adjacentes au voisinage du centre, ce qui induit un effet électro-optique quasi nul. Selon le deuxième mode de réalisation, on obtient des effets semblables avec des électrodes parallèles et des guides non parallèles. L'invention a donc pour objet un commutateur électro-optique destiné à transférer entre deux guides d'ondes présentant une zone commune de couplage une fraction prédéterminée d'un rayonnement optique sous la commande d'une tension électrique, dans lequel la vitesse de propagation du rayonnement dans l'un au moins des deux guides varie selon la longueur de ce guide de façon que les vitesses dans les deux guides soient égales au centre de la zone de couplage, caractérisé en ce que la tension électrique est appliquée à deux paires d'électrodes associées respectivement aux deux guides et disposées dans la zone de couplage de façon que les électrodes de l'une au moins des deux paires recouvrent le guide associé sur une fraction de la largeur du guide variant selon la longueur de ce guide, le mode de branchement électrique des deux paires d'électrodes déterminant la fraction d'énergie transférée. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront mieux à l'aide de la description ci-après et des figures annexées parmi lesquelles: - la figure 1 représente un coupleur directionnel de type connu; - la figure 2 est une vue en coupe du coupleur; - les figures 3 et 4 sont des diagrammes explicatifs; - les figures 5 et 7 représentent un commutateur selon l'invention, dans un premier état de fonctionnement; - les figures 6 et 8 sont des diagrammes explicatifs; - la figure 9 représente un commutateur selon l'invention, dans un deuxième état de fonctionnement; les figures 10 et 11 sont des diagrammes explicatifs; - la figure 12 représente une variante de réalisation de l'invention. La figure 1 représente un coupleur directionnel en optique intégrée, dont on rappelle le fonctionnement comme commutateur électrooptique. Deux guides d'ondes optiques 1 et 2 sont obtenus dans un substrat 4 par création de zones dans lesquelles l'indice de réfraction est supérieur à celui du substrat. Parmi d'autres, un procédé de réalisation classique est la diffusion de titane à la surface E d'un substrat en niobate de lithium. Les guides 1 et 2, constitués du même matériau électro-optique, ont même largeur et même épaisseur. Ils sont parallèles, au moins sur une partie rectiligne de longueur L et sont alors distants d'une valeur d dont l'ordre de grandeur est de quelques fois la longueur d'onde des rayonnements optique destinés à être propagés dans les guides. Des électrodes métalliques E1 et E2 sont déposées sur la face du substrat portant les guides. Elles recouvrent entièrement respectivement les guides 1 et 2 sur la longueur L. Elles sont reliées à une source de tension 3. Le coupleur est représenté en coupe sur la figure 2,de façon à montrer l'allure des lignes de champs électriques créés lorsque la source 3 délivre une tension continue V. On sait que ces lignes de champ sont courbes, traversent les guides et le substrat en allant d'une électrodes à l'autre, et sont, au niveau de la surface E o sont disposées les électrodes, perpendiculaires à cette surface. Ainsi, on peut considérer que les champs électriques agissant sur les guides 1 et 2 sont sensiblement perpendiculaire à la surface E, égaux en valeur absolue et de signes contraires. La composante tangentielle est très faible, et de plus, de même sens pour les deux guides. Dans le cas du niobate de lithium, on sait que les effets électrooptiques sont maximaux lorsque le champ électrique est parallèle à l'axe c du cristal. C'est ainsi que, sur les figures 1 et 2, on a représenté l'axe c normal à la surface E. Par contre, lorsque l'axe c est perpendiculaire aux champs électriques, les effets électro-optiques sont très faibles. Ce serait le cas si l'axe c était parallèle à la surface E. Dans ce cas, on obtient par contre les effets maximaux avec une disposition d'électrodes différente de celle représentée sur les figures 1 et 2. En effet, si l'on dispose les électrodes E1 et E2 de part et d'autre des guides 1 et 2, contig es à ceux-ci mais ne les recouvrant pas, il est facile de montrer que les lignes de champ traversent les guides dans une direction sensiblement parallèle à la surface E. En reprenant les configurations des figures 1 et 2, le fonctionnement du commutateur est illustré par les courbes de la figure 3. Il est supposé que de l'énergie lumineuse est introduite dans le guide 1 uniquement. Le' diagramme de la figure 3 donne sl les variations du rapport û, el étant l'énergie couplée dans le guide 1, sl étant l'énergie présente dans ce même guide 1 au fur et à mesure de sa propagation, en fonction de la distance z parcourue par les ondes lumineuses, l'origine étant prise à l'extrémité de la zone de longueur L correspondant à l'entrée de i'énergie. La courbe C1 est obtenue lorsque la tension V délivrée par la source 3 est nulle. En raison du couplage entre les deux guides, l'énergie passe progressivement du guide 1 vers le guide 2 selon une loi sinusordale, si bien que le rapport sl varie selon la même loi. Il passe par 0 au bout d'une longueur 10 appelée longueur de couplage au repos o le transfert d'énergie est total. Le transfert redevient nul au bout de 21, et ainsi de suite. Lorsque la tension V appliquée aux électrodes n'est pas nulle, elle provoque par effet électro-optique des variations de vitesse de propagation des ondes dans les guides 1 et 2 sensiblement de même valeur absolue et de signes contraires. On obtient ainsi une différence Ao entre les vitesses de propagation des deux guides, très inférieure à la valeur S des vitesses de propagation dans le cas o V = 0. Cette différence Ae a deux effets: une diminution de la longueur de couplage l 2 Dans ce cas, pour z -, o le transfert étant total avec V = O, le transfert est nul. En choisissant L = I ou un multiple impair de 10, on recueille, lorsque V = O, toute l'énergie dans le guide 2 et il existe une valeur de Ad pour laquelle au contraire toute l'énergie est recueillie dans le guide 1. On a ainsi un commutateur. La valeur adéquate de Ae dépend étroitement de la longueur L. La figure 4 illustre les variations des vitesses de propagation el et e2 dans les guides 1 et 2 en fonction de la valeur de la tension appliquée V. Lorsque V = 0, les vitesses fi et e2 ont une valeur commune e,* Lorsque V augmente, S augmente et 02 diminue. Les variations sont sinusoïdales et en sens contraires. A partir d'une certaine valeur de tension Vo, 51 est maximal et e2 minimal, si bien que la différence AM est maximale. Cette différence décrott ensuite jusqu'à. V = 2Vo etc... Lorsqu'on inverse la polarité de la tension V, les variations sont semblables mais de sens opposées. On constate donc que, pour obtenir une valeur précise de AS, celle qui conduit par exemple à l'un des deux états du commutateur, il faut que V appartienne à une gamme de valeurs précises, Une légère variation par rapport à l'une de ces valeurs entrafne une variation de AS et un mauvais fonctionnement du commutateur. En vue de diminuer les exigences de précision sur la longueur L du coupleur et sur la tension de commutation, l'invention préconise un nouveau schéma de commutateur, représenté sur la figure 5 dans laquelle les éléments communs avec ceux de la figure 1: substrat et guides sont référencés de la même manière. A chacun des deux guides est associée une paire d'électrodes de même longueur (au lieu d'une seule sur la figure 1) : Ell, E12 pour le guide 1, E21, E22 pour le guide 2. La forme des électrodes est différente de celle des électrodes E1 et E2 de la figure 1. Elles présentent un profil biaisé par rapport à la direction des guides, de façon symétrique par rapport à l'axe longitudinal des guides. Elles sont disposées de la façon suivante: En z = 0, les électrodes Eil et E21 recouvrent respectivement les guides 1 et 2. Lorsque z croit, ces électrodes dégagent progressivement les guides et en z = L, elles sont adjacentes aux guides. De façon symétrique, en z = L + c o ú a une valeur faible, les électrodes E12 et E21 sont adjacentes aux guides. Quand z crort, elles recouvrent de plus en plus les guides. Elles le recouvrent complètement en z = 2L + E. Dans la suite de la description, on négligera la valeur de ú. Toutefois, les électrodes de chaque paire ne sont pas accolées. Les quatre électrodes étant reliées à une source de tension commune 3, le fonction- nement du commutateur dépend du mode de liaison. 1er état: El1 et E22 sont reliées à la borne + de la source 3 E12 et E21 sont reliées à la borne - de la source 3 30. En z = O, comme les électrodes recouvrent entièrement les guides, la configuration des lignes de champ électrique est semblable à celle de la figure 2, c'est à dire que le champ dans les guides est normal la surface È donc parallèle à l'axe c du cristal, et que l'effet électro-optique est maximal, induisant des variations maximale pour les vitesses et 8, par rapport à leur valeur commune e en l'absence de tension, comme on peut o voir sur le diagramme de la figure 6. AS a une valeur L%. Lorsque z croit entre O et L, une partie de plus en plus importante des lignes de champ est parallèle à la surface E lorsqu'elles traversent les guides. De plus, la distance inter- électrodes augmentant, à tension égale, l'intensité du champ électrique diminue légèrement. En conséquence, les variations de 1 et a2 diminuent. En z = L, l'effet électro-optique est quasi nul et a1 = 62 = %o A partir de z = L, le sens du champ électrique se trouve inversé. Quand e croit de L à 2L, l'effet électro-optique crort mais, le sens du champ étant inversé, les sens de variations de L et a2 sont contraires au cas précédent. En z = 21, on aboutit à une différence Ae sensiblement de même valeur qu'en z = 0, mais de signe opposé. Les variations de 6 et a2 telles que représentées sur la figure 6 sont continues, à conditions qu'il n'y ait pas de discontinuités dans le champ électrique, c'est à dire que les variations AU soient très faibles sur une longueur de l'ordre de la longueur d'onde des rayonnements propagés. Il convient donc de choisir une valeur Aa0 assez faible. On verra par la suite qu'il existe un seuil minimal. La figure 8 montre les conséquences du fonctionnement du dispositif dans ce premier état sur le rapport S entre l'énergie présente dans le guide 1 et l'énergie initiale en z = 0, en supposant qu'aucune énergie n'est introduite dans le guide 2. Les courbes ri, r2, r3 correspondent respectivement à trois valeurs croissantes du rapport T. Pour la courbe l', L = 1; pour r L= 2; pour rL L > 2. Dans tous les cas, si L 3 1 et si V est tel que A 0 est assez grand pour que le transfert soit quasi nul en z = 0, en z = L, si vaut approximativement et en z = 2L, s est nul. On a donc un e L transfert total de l'énergie du guide 1 vers le guide 2 quelque soit la valeur du rapport T à condition que ce rapport soit supérieur à 1, ce qui implique quelque soient les valeurs de L et de V (V agissant sur A ô et sur 1). 2ème état: Le dispositif est représenté dans cet état sur la figure 9. Eil et E12 sont reliées à la borne + de la source 3 E21 et E22 sont reliées à la borne - de la source 3. Entre z = 0 et z = L, le branchement des électrodes Eil et E21 étant identique au cas précédent, les orientations des lignes de champ sont inchangées, de même que l'allure des variations de et a2, représentées sur la figure 10. Entre z = L et z = 2L, les orientations des lignes de champ sont inversées par rapport au cas précédent. L'effet électro-optique obtenu est du même signe que celui obtenu entre z =0 et z = L, si bien que el et a2 varient progressivement de S à leurs valeurs respectives en z = O. Les variations du rapport si illustrées sur la figure 11 sont donc identiques à celles représentées sur la figure 8 entre z = O et z = L, c'est à dire de 1 à environ 1 si2 Entre z = L et z = 2L, - revient à sa valeur initiale 1. On a donc un transfert d'énergie nul entre les guides 1 et 2, quelque soient les valeurs de L et de V satisfaisant aux 2 4 652 43 conditions énoncées précédemment. Ainsi, le commutateur à deux états obtenu fonctionne avec de grandes tolérances sur les dimensions du coupleur et la tension de commande. En raison de cette tolérance, le dispositif est à large bande, c'est à dire qu'il peut fonctionner dans une grande gamme de longueur d'onde. Il peut être également insensible à la polarisation des rayonnements guidés. A titre d'exemple non limitatif, le commutateur selon l'invention peut être réalisé avec des guides de largeur 2 li m espacés de d = 3 lim, obtenus par diffusion de titane dans du niobate de lithium. La longueur de chaque moitié peut être de l'ordre de 1 à 2 cm et la tension de commande V inférieure à 10 V. On obtient ainsi des variations relatives maximales de l'ordre de 104 à 10 3, ei valant environ 2,2 pour le niobate de lithium. Des variations lentes du coefficient de couplage entre les guides, peuvent être obtenue avec des guides parallèles et des électrodes biaisées, comme décrit précédem- ment. On obtiendrait des résultats semblables avec des guides non parallèles, comme représenté sur la figure 12. Les variations d'orientation des lignes de champ par rapport aux guides sont semblables. La distance entre guides ne doit pas trop varier, pour que les propriétés du coupleur ne soient pas modifiées. La figure 12 représente en outre, à titre d'exemple non limitatif, des moyens de commande de l'état de commutation. Il s'agit d'un commutateur rotatif ayant deux entrées respectivement reliées aux bornes + et - de la source 3, pouvant relier ces bornes aux électrodes E12 et E22 en vue d'obtenir soit le premier état (liaisons en traits pleins), soit le deuxième état (liaisons en pointillés). Il est possible de réaliser des configurations intermédiaires entre les deux décrites, dans lesquelles ni les guides, ni les électrodes ne sont parallèles. REVENDICATIONS 1. Commutateur électro-optique à commande électrique comprenant deux guides d'ondes formés dans un matériau électro-optique et des électrodes créant un champ électrique destiné à moduler la vitesse des rayonnements optiques propagés par ces- guides dans deux tronçons adjacents, afin d'effectuer un transfert d'énergie en fonction d'une tension de commande, caractérisé en ce que l'intensité du champ électrique modulateur créé par les électrodes augmente le long de ces tronçons adjacents lorsqu'on s'éloigne de leurs milieux; les orientations du champ électrique de part et d'autre de ces milieux étant semblables dans un état de commutation et inversées dans un autre état. 2. Commutateur selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comprend deux paires d'électrodes, chaque paire créant des champs électriques dans les deux tronçons respectivement de part et d'autre de leurs milieux, la fraction de largeur des guides recouvertes par les électrodes étant croissante lorsque l'on s'éloigne des milieux des tronçons de même signe; le commutateur comprenant en outre des moyens générateurs de tension fournissant entre les deux électrodes des deux paires des tensions de même signe dans le premier état et de signes contraires dans le deuxième état. 3. Commutateur selon la revendication 2, caractérisé en ce que, les deux tronçons étant parallèles, les électrodes sont biaisées de façon à recouvrir complètement les extrémités des deux tronçons et à être adjacentes aux deux tronçons au voisinage de leurs milieux. 4. Commutateur selon la revendication 2, caractérisé en ce que les électrodes des deux paires ayant entre elles une distance constante, les deux tronçons sont non parallèles de façon à être recouverts complètement par les électrodes à leurs extrémités et à être adjacents aux électrodes au voisinage de leurs milieux. 5. Commutateur selon l'une quelconque des revendications 2 à 4, caractérisé en ce que lés moyens générateurs comprennent une source de tension munie de moyens de commande permettant de la brancher en parallèle sur les deux électrodes des deux paires, dans le même sens pour le premier état, et en opposition pour le deuxième état. 6. Commutateur selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que les guides sont formés à la surface d'un substrat ferro-électrique. 7. Commutateur selon la revendication 6, caractérisé en ce que le matériau est du niobate de lithium orienté de façon que son axe c soit normal à la surface o sont formés les guides, ceux-ci étant obtenus par diffusion de titane dans le substrat. 8. Circuit optique intégré, caractérisé en ce qu'il comprend au moins un commutateur selon l'une quelconque des revendications précédentes.