La présente invention concerne l'extraction par solvants de métaux non ferreux. Elle concerne plus particulièrement la récupération de nickel, cobalt, manganèse, cuivre et zinc, à partir de solutions contenant du fer, par extraction par solvants à l'aide d'acides phosphoriques substitués par des radicaux alkyle ou aryle. On sait que les solutions organiques de divers acides phosphoriques substitués, dont un ou deux atomes d'hydrogène sont substitués par des radicaux alkyle ou aryle, conviennent à l'extraction par solvants de divers métaux non ferreux à partir de leurs solutions aqueuses. On sait aussi qu'au cours des extractions par solvants, des ions hydrogène se trouvent libérés, et puisque l'extraction est sensible au pH, la diminution résultante de celui-ci aurait pour effet, si on ne la compensait, d'arreter le processus d'extraction. Pour résoudre ce problème, on a proposé d'ajouter la quantité nécessaire de base avant l'extraction, soit à la solution aqueuse, soit à la phase organique, ou de l'ajouter au cours de l'extraction. On peut introduire directement la base dans la cuve d'extraction, ou encore on peut retirer en continu de la cuve d'extraction, une portion de la phase aqueuse qu'on neutralise, filtre si nécessaire et renvoie au récipient, comme décrit dans le brevet des EUA nO 3 479 378. Un procédé d'extraction par solvants de ce type convient particulièrement dans un processus général hydrométallurgique d'extraction de métaux non ferreux de leurs minerais. Le processus général peut comprendre, par exemple, une lixiviation acide du minerai, une extraction par solvants des métaux non ferreux des solutions de lixiviation les contenant, puis une récupération des métaux du solvant et finalement une purification électrolytique des métaux. Gependant, on rencontre des problèmes lorsque la solution dont on désire extraire le nickel, contient aussi du fer, comme c'est presqu invariablement le cas. La première difficulté rencontrée provient de ce que, si les conditions s'y pretent à un moment quelconque de l'extraction, le fer peut se séparer de la solution par précipitation. Dans ce cas, le précipité tend à former une émulsion stable avec les liquides organiques et aqueux. Cette émulsion, généralement dé signée par le terme de "brut", peut ralentir toute extraction ultérieure au point de la rendre impraticable. Une autre difficulté dûe à la présence du fer dans la cuve d'extraction provient de ce que, dans les conditions favorables au passage du métal non ferreux dans le milieu d'extraction, le fer y passe au moins aussi facilement que les métaux non ferreux. Une fois dissous dans le liquide organique, le fer est plus difficile à en éliminer que les métaux non ferreux. Ainsi par exemple , la mise en contact du liquide organique avec un acide minéral dilué, qui est généralement effectuée pour en séparer le nickel, ne permet par I'élimination efficace du fer. Une opération additionnelle serait donc nécessaire pour séparer effectivement le fer avant le recyclage du liquide organique en vue de sa réutilisation et pour éviter que la teneur en fer ne s'élève au point de nuire au pouvoir du solvant pour ltex- traction du nickel. Pour les raisons qui précèdent, il est souvent présumé plus ou moins tacitement, dans la littérature sur ce sujet, que le mélange solvant d'extraction, aqueux-organique, est dénué de fer. Mais alors que ces conditions d'absence du fer peuvent etre réalisées à l'échelle expérimentale de laboratoire, elles sont difficiles à assurer à l'échelle industrielle dans les procédés de traitement des liqueurs de lixiviation. -C'est ainsi qu'une simple opération de précipitation d'hydroxyde, effectuée sur la solution aqueuse, avant l'extraction par solvant, tout en éliminant-la plus grande partie du fer, en laisse généralement subsister des traces. Une certaine quantité de fer peut entre, en outre, recueillie par suite de la corrosion de l'appareillage par la solution aqueuse acide.Même lorsque la quantité de fer présente dans la solution aqueuse qu'on introduit dans l'opération d'extraction par solvant est assez faible pour ne pas poser de problème immédiat, son accumulation dans la phase organique, comme décrit ci-dessus, conduit à la formation éventuelle de "brut". On a tenté de résoudre ce problème, comme décrit dans le brevet des EUA NO 3 666 446, en effectuant d'abord une extraction par mélange solvant aqueuxorganique dans des conditions +elles que seul le fer est éliminé de la phase aqueuse; on traite ensuite la phase aqueuse par une base pour précipiter le nickel et le cobalt sous forme d'hydro xydes, puis on soumet la bouillie ainsi formée à une extraction par un mélange solvant aqueux-organique, pour dissoudre le nickel et le cobalt.L'opération d'élimination du fer doit être appliquée à la totalité du courant aqueux, sinon toutes traces de fer seraient inévitablement cause de formation de "brut", dans les conditions d'alcalinité utilisées pour l'extraction du nickel-cobalt. Le procédé décrit dans ce dernier brevet implique une extraction du fer avec les métaux non ferreux, puis le traitement du solvant d'extraction ainsi chargé, par des opérations successives de séparation. Dans la première de ces opérations, on élimine les métaux non ferreux de façon usuelle, tandis que dans la seconde opération, on élimine le fer à l'aide d'un agent organique chélateur. Il est évident que le traitement, soit de la totalité du courant aqueux, soit de la totalité du courant organique, élève de façon appréciable le coût général du procédé, et la présente invention a pour objet de minimiser un tel coût. Le procédé-de l'invention de récupération dtun ou de plusieurs des métaux non ferreux nickel, cobalt, manganèse, cuivre et zinc d'une solution aqueuse acide contenant du fer en une quantité non supérieure à 1 g/l, comprend les opérations qui consistent à : i) mettre la solution aqueuse en contact avec un liquide organique contenant un acide phosphorique substitué par un radical organique, et un solvant organique non miscible à l'eau, dudit acide, tout en ajoutant une base au mélange aqueux organique pour maintenir son pH à une valeur prédéterminée non supérieure à 6,5, ce qui provoque le passage du fer et du, ou des métaux non ferreux cherchés, dans le liquide organique; et séparer le liquide organique ainsi chargé, de la solution aqueuse épuisée; ii) extraire le ou les métaux non ferreux du liquide organique chargé, en le mettant en contact avec une solution aqueuse acide d'extraction, et séparer le liquide organique contenant le fer de la solution d'extraction contenant les métaux non ferreux; iii) diviser le liquide organique contenant le fer en un courant majeur principal et un courant mineur dérivé; iv) mettre le courant dérivé en contact avec une solution aqueuse d'extraction du fer, appartenant au groupe des solutions d'acides minéraux capables de remplacer le fer par des protones dans le courant dérivé, et des solutions contenant de l'acide citrique, un citrate de métal alcalin ou un carbohydrate, capables de former un chélate avec le fer, et séparer la solution d'extraction contenant le fer de courant dérivé purifié; et v) combiner le courant dérivé purifié et le courant principal du liquide organique contenant le fer, et recycler les liquides combinés pour effectuer l'opération i) sur une nouvelle quantité de la solution aqueuse initiale. C'est une caractéristique de l'invention que le liquide organique, recyclé dans l'opération d'extraction par solvant, est partiellement chargé de fer, puisqu'on n'élimine le fer que du courant dérivé afin de maintenir la concentration en fer à un niveau prédéterminé dans la phase organique. L'avantage économique du procédé provient du fait que seulement le courant dérivé mineur se trouve soumis à l'élimination du fer. Ce courant dérivé peut ne constituer qu'une fraction aussi faible que 10% en volume de la totalité du liquide organique, contenant le fer, destiné à etre recyclé. La fraction exacte du liquide organique que l'on divise sous forme de courant dérivé dépend de la teneur en fer de la phase aqueuse d'alimentation, ainsi que du taux de fer tolérable dans la phase organique.Il est en général préférable que le courant dérivé constitue entre 10 et 25% en volume du liquide organique total. Il importe de remarquer que la présence du fer à la fois dans les phases aqueuses et organiques de la cuve d'extraction par solvant n'est tolérable, sans nuire à l'extraction, que si on observe une autre caractéristique essentielle de l'invention, à savoir la neutralisation in situ au cours du procédé d'extraction par solvant, pour assurer des conditions d'acidité permanente. On constate en effet qu'il ne se produit pas de formation appréciable de "brut" à un pH inférieur à 6,5. Si toutefois le pH siélève au-dessus de cette valeur, même temporairement, il se forme du "brut" qui ne se disperse pas aisément.Selon le procédé de l'invention, on ne peut donc ajouter la base nécessaire pour les extractions par solvants, à l'une ou l'autre des solutions aqueuse ou organique d'alimentation, avant l'introduction de ladite solution dans la cuve d'extraction. I1 est essentiel de régler le pH dans le récipient d'extraction et d'ajouter la base nécessaire, de préférence de la soude, pour maintenir le pH à la valeur désirée. La valeur spécifique du pH devant être maintenue au cours du procédé d'extraction par solvant dépend de plusieurs critères. Le premier d'entre eux, déjà mentionné, provient de la nécessité de maintenir le pH au dessous de 6,5 pour éviter la formation de "brut". Mais un pH trop faible nuit aussi à l'efficacité du liquide organique de se charger, et pour tout liquide d'extraction et tout métal donnés, on peut définir un pH minimum pour assurer un pouvoir adéquat de charge de l'agent d'extraction. Bien entendu, si plus d'un métal est présent dans la phase aqueuse d'alimentation, le choix du pH dépend du but que l'on se propose d'extraire plusieurs métaux, ou, comme c'est le plus souvent le cas, d'en extraire un seul, sélectivement. C'est ainsi qu'un mode de mise en oeuvre important du procédé de l'invention consiste dans le traitement des solutions contenant à la fois du cobalt et du nickel, pour les séparer entre eux par extraction sélective du cobalt. Un autre critère dont dépend le choix du pH, dans des limites acceptables, est celui de la viscosité du liquide organique. On constate qu'au cours de la neutralisation du liquide organique, il se produit une cette élévation de sa viscosité lorsqu'on dépasse le pH qui correspond à une conversion d'environ 90% de l'acide phosphorique en sa forme saline, la viscosité peut augmenter d'un ordre de grandeur lorsqu'on passe d'un pH correspondant à une conversion de 90% de l'acide, à un pH correspondant à une conversion de lot%. Etant donné qu'une phase organique très visqueuse ralentit le transfert de masses et la séparation de phases, il est préférable d'utiliser un pH correspondant à une conversion non supérieure à 85-90% de l'acide phsophorique en sa forme de sel.Pour l'agent d'extraction constitué par l'acide di(2-éthylhexylphsophorique, (désigné ci-a pres par l'abréviation D-2-EHP), ceci détermine une limite supérieure préférable du pH d'environ 5 > 0 au cours de l'extraction, le pH étant de préférence maintenu dans l'intervalle de 4,8 à S,O. On peut utiliser comme acide phosphorique substitué dans le procédé de l'invention, l'un quelconque des divers acides organo-phosphoriques connus pour leur pouvoir d'extraction de métaux comme le nickel et le cobalt, à partir de leurs solutions aqueuses, le plus connu d'entre eux étant probablement l'acide D-2-EHP. Des exemples d'autres acides convenant à l'invention sont donnés par les acides di-octyl-phosphorique, octylphénylphosphorique, di C l-méthylheptyl) -phrophorique et dodécyl-phsophorique. Ces acides correspondent à la formule générale HRR'P04 , où R et R' représentent chacun un radical alkyle, aryle ou alkaryle. Le solvant, terme par lequel on désigne ici le diluant qui constitue une partie de la phase organique du procédé de l'invention, peut être formé par tout liquide organique non miscible à la phase aqueuse, et dans lequel l'agent d'extraction est au moins partiellement soluble. La concentration de l'agent d'extraction dans le solvant est choisie en fonction de la quantité de métal à extraire de la phase aqueuse. De préférence, la solubilité de l'agent d'extraction dans le solvant est de 20% ou plus. Les solvants convenant à l'invention comprennent des hydrocarbures aliphatiques ou aromatiques, comme le kérosène, ainsi que des alcools, comme l'isodécanol, et des phénols comme le paranonylphénol, ou des mélanges de ces composés.Lorsque le solvant se compose d'un mélange de deux liquides oeganiques, l'un des composants liquides est souvent considéré comme agent modificateur, l'une de ses fonctions consistant à empêcher la division du liquide organique en deux phases. I1 est préférable d'employer comme solvants, des diluants qui ne nécessitent pas la présence d'agent modificateur dans le but précité. Parmi les diluants convenant particulièrement à l'invention, on peut citer les solvants vendus respectivement sous les dénominations commerciales de "Escaid 100" par la Société dite Imperial Qil Ltd et de "Kermac 470B" par la Société dite Kerr McGee Corp. I1 peut s'avérer nécessaire d'effectuer le contact entre phases aqueuse et organique dans plus d'une opération du procédé d'extraction. Dans ce cas, il peut être nécessaire, et en fonction du pH de la liqueur aqueuse d'alimentation, de régler le pH par addition de composés alcalins dans une partie seulement des opérations. L'addition de substance alcaline peut avantageusement être automatique,- à l'aide d'un pH-mètre relié à des électrodes de pH directement plongées dans le mélange de phases. Après séparation de la solution aqueuse épuisée, on traite la solution organique pour y récupérer le nickel, le cobalt, le manganèse, le cuivre ou le zinc. Si, comme c'est souvent le cas, deux de ces métaux, par exemple le cobalt et le nickel, sont présénts avec le fer dans la solution organique chargée, il est désirable de séparer l'un de ces métaux non ferreux, par exemple le nickel, par première extraction dénompée ici lixiviation, pour laisser un liquide organique ne contenant essentiellement que le fer et l'autre métal non ferreux, par exemple le cobalt. Ce dernier est alors extrait du liquide organique, pour n'y laisser essentiellement que le fer.On obtient ainsi une liqueur aqueuse de lixiviation et une liqueur aqueuse d'extraction, dont on récupère séparément les métaux non ferreux respectifs, par exemple par galvanoplastie. On peut effectuer les opérations de lixiviation et d'extraction, pour séparer les métaux non ferreux, à l'aide de solutions aqueuses de compositions semblables ou différentes. En général on utilise une solution d'acide sulfurique 1N dans ce but. Si le premier métal à récupérer à partir de la phase aqueuse n'y est présent qu'en faible quantité, il peut être avantageux de recycler la liqueur aqueuse de lixiviation à l'o- pération principale d'extraction, où on la combine avec une nouvelle phase auquese d'alimentation, pour y augmenter la concentration dudit métal non ferreux. Selon cette manière de procéder, Le métal non ferreux recyclé est récupéré à partir de la solution aqueuse raffinée, dont le fer et l'autre métal non ferreux ont été organiquement extraits. On peut effectuer l'extraction du fer à partir du courant dérivé à l'aide d'une solution d'acide minéral plus concentrée que celle utilisée pour extraire le métal non ferreux. On peut, par exemple, employer une solution d'acide chlorhydrique 4 à 6N pour extraire le fer, à condition que la solution organique ne comporte pas d'agent modificateur. On sépare ensuite le courant dérivé pratiquement dénué de fer, de la phase aqueuse contenant du chlorure citrique, le courant dérivé étant alors prêt à être utilisé en combinaison avec le courant organique principal qui peut contenir jusqu'à plusieurs grammes de fer par litre. Selon une variante, on sépare le fer du courant dérivé à l'aide d'une solution aqueuse d'un agent complexant, comme un citrate de métal alcalin, comme liqueur. d'extraction. On peut ensuite régénérer cette liqueur d'extraction, pour la réemployer, en la traitant par un composé alcalin et en séparant le précipité ferrique. D'autres réactifs convenant à la séparation du fer, comprennent des saccharides et divers alcools polyhydriques, comme le mannitol, capables de former des chélates avec le fer. On pourrait théoriquement séparer le fer d'un liquide organique, comme le courant dérivé, par addition directe d'une base forte. Mais on précipiterait alors nécessairement de l'hydroxyde ferrique en présence du liquide organique, ce qui rendrait très difficile l'opération suivante de séparation de phases, nécessaire pour obtenir un courant dérivé dénué de "brut" et convenant à être recyclé. C'est la raison pour laquelle on n'utilise pas, dans le procédé de l'invention, une addition directe de base au courant dérivé pour en séparer le fer.C'est au contraire un trait caractéristique du procédé de l'invention, que pendant l'opération de charge des métaux ainsi que pendant les diverses opérations d'extraction des métaux, ni le liquide organique dans son ensemble, ni aucune de ses portions, ne sont à aucun moment exposées à des conditions de pH alcalin qui pourraient conduire à la formation de "brut". L'invention sera mieux comprise à la lecture de plusieurs exemples non limitatifs qui suivent de divers modes de réalisation de l'invention. Exemple 1 Cet exemple décrit la séparation du nickel et du cobalt entre eux et du fer, dans une solution aqueuse de sulfate, contenant 6,5 g/l de cobalt, 11,7 g/l de nickels et 0,088 g/l de fer, à l'aide d'une solution organique à 30 en volume d'acide D-2-EHP dans le solvant Escaid 100 mentionné ci-dessus. On effectue une extraction en continu en faisant passer les phases aqueuse et organique (dans le rapport, en volume, aqueux/organique de 3:1) à contre-courant entre elles, à travers cinq dispositifs mélangeurs-décanteurs. On maintient la température de mélange des phases à 60aC durant l'extraction, et suivant les signaux émis par les électrodes de pH prolongées dans le dernier mélangeur (vu dans la direction du courant aqueux), un agent alcalin est automatiquement introduit dans ce mélangeur pour régler le pH entre 4,8 et 4,9. L'agent alcalin utilisé est une solution aqueuse de soude à 36-50% en poids Le mélange organique ainsi chargé après l'extraction, est soumis à une opération de lixiviation pour séparer la petite quantité de nickel chargée dans les conditions choisies. Cette opération se fait en trois étapes avec une solution d'acide sulfurique lM, dans un rapport de phases aqueuse/organique de 1:10. On recycle la liqueur de lixiviation à l'opération d'extraction pour la combiner avec une nouvelle solution aqueuse d'alimentation à traiter. De cette façon, tout le nickel dans la solution initiale d'alimentation se retrouve dans le liquide final raffiné, c'est-à-dire dans le courant aqueux émergeant de l'opération d'extraction en cinq étapes. On fait ensuite passer la liqueur organique, après lixiviation, à travers trois mélangeurs-décanteurs à contre-courant avec une solution d'acide sulfurique 1M, dans le rapport aqueuxZorganique de 1:3, pour extraire le cobalt. Le liquide organique, qui n'est plus chargé essentiellement que du fer, est alors divisé en deux courants inégaux. On recycle le courant majeur vers l'opération d'extraction, tandis que le courant mineur ou dérivé, qui ne représente qu'environ 15% en volume du liquide organique partiellement purifié, subit d'abord une extraction du fer avec un volume égal d'une solution de citrate de sodium 0,5M, puis ce liquide organique, totalement purifié, est recyclé dans le récipient d'extraction, pour y être mélangé avec le courant principal recyclé de liquide organique contenant du fer. On traite la solution de citrate contenant du fer par une solution de soude à 50 en poids, pour élever son pH à 10,5, et précipiter le fer sous forme d'hydroxyde ferrique. Après filtration du précipité, la solution de citrate peut être réutilisée pour extraire le fer, sans ajuster le pH, puisque par contact avec le courant dérivé contenant le fer, son pH tombe naturellement à environ 5,0. L'analyse des divers courants aqueux et organiques montre que a) Dans l'opération d'extraction, tout le fer et le cobalt sont chargés dans la phase organique. C'est ainsi que le liquide aqueux raffiné provenant de cette opération d'extraction contient moins de 0,0003 g/l de fer, et son rapport nickel/cobalt est de 166:1. b) Le liquide organique chargé provenant de 11 opération d'extraction contient le nickel dans la proportion d'environ 2% de la quantité totale de nickel dans le liquide aqueux original d'alimentation. c) L'opération de lixiviation retire tout le nickel, mais aucun fer du liquide organique. d) L'opération d'extraction du cobalt ne retire, non plus, aucune quantité de fer du liquide organique. La liqueur aqueuse d'extraction du cobalt contient 58 g/l de cobalt et son rapport cobalt/nickel est de 10.280:1. On peut donc l'utiliser pour fournir un cobalt électrolytique de très grande pureté. e) L'extraction du fer du courant dérivé permet de régler la teneur en fer du liquide organique d'alimentation dans l'opération d'extraction, à une valeur d'environ 1,5 g/l. On effectue donc le procédé avec des liquides aqueux et organique contenant tous deux des quantités appréciables de fer. Ces teneurs en fer ne provoquent aucune formation de "brut" dans le circuit, et ne nuisent pas à l'efficacité du procédé. Exemple 2 Pour étudier l'effet de teneurs encore plus élevées en fer dans la solution organique d'alimentation, on effectue une série d'essais dans lesquels une phase aqueuse dénuée de fer, contenant 8 g/l de cobalt et 20 g/l de nickel est mise en contact avec plusieurs liquides organiques d'alimentation, tous semblables à celui de l'exemple 1, si ce n'est qu'ils contiennent entre 1 et 12 g/l d'ions ferriques. Dans chaque cas, on effectue l'extraction à 500C, avec des volumes égaux de phases aqueuses et organiques, et on utilise la soude caustique pour maintenir un pH de 5,0 t 0,05. Même avec les teneurs élevées en fer, on ne constate aucune précipitation et il ne se produit au cune variation de la concentration en fer du liquide organique, consécutivement à l'extraction. Exemple 3 L'efficacité de l'extraction du fer par la solution de citrate est montrée par les résultats de l'essai suivant. Une phase organique contenant 1,3 g/l de fer est mise en contact avec un volume égal d'une solution d'acide citrique 0,5 M à 650C. On ajoute une solution de soude caustique pour élever graduellement le pH à 5,0 et on analyse les liquides à divers intervalles. Les résultats obtenus sont indiqués au Tableau qui suit. Tableau pH /1 de fer dans la phase S organique aqueuse 1,5 1,32 0,001 2,1 1,28 0,001 2,6 1,26 0,001 3,0 1,32 0,001 3,5 1,06 0,007 4,0 0,96 0,007 4,5 0,12 . 1,16 5,0 0,083 1,27 On voit qu'à pH 5,0 ou au-dessus, une telle solution de citrate extrait sensiblement tout le fer présent dans le courant organique dérivé. REVENDICATIONS 1) Procédé de récupération d'un ou plusieurs des métaux non ferreux nickel, cobalt, manganèse, cuivre et zinc à partir d'une solution aqueuse acide contenant du fer en une quantité non supérieure à 1 g/l, caractérisé en ce qu'il comprend les opérations qui consistent à i) mettre la solution aqueuse en contact avec un liquide organique contenant un acide phosphorique substitué par un radical organique, et un solvant organique non miscible à l'eau, dudit acide, tout en ajoutant une base au mélange aqueux organique pour maintenir son pH à une valeur prédéterminée non supérieure à 6,5, ce qui provoque le passage du fer et du, ou des métaux non ferreux cherchés, dans le liquide organique, et séparer le liquide organique ainsi chargé, de la solution aqueuse épuisée; ii) extraire le ou les métaux non ferreux du liquide organique chargé, en le mettant en contact avec une solution aqueuse acide d'extraction, et séparer le liquide organique contenant le fer de la solution d'extra tion contenant les métaux non ferreux; iii) diviser le liquide organique contenant le fer en un courant majeur principal et un courant mineur dérivé; iv) mettre le courant dérivé en contact avec une solution aqueuse d'extraction du fer, appartenant au groupe des solutions d'acides minéraux capables de remplacer le fer par des protons dans le courant dérivé, et des solutions contenant de l'acide citrique, un citrate de métal alcalin ou un carbohydrate, capables de former un chélate avec le fer, et séparer la solution d'extraction contenenant le fer de courant dérivé purifié; et v) combiner le courant dérivé purifié et le courant principal du liquide organique contenant le fer, et recycler les liquides combinés pour effectuer l'opération i) sur une nouvelle quantité de la solution aqueuse initiale. 2) Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le courant dérivé constitue entre 10 et 25% en volume du liquide organique contenant du fer. 3) Procédé selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisé en ce que l'acide phosphorique substitué est l'acide di(2-éthylhexyl)phosphorique. 4) Procédé selon la revendication 3, caractérisé en ce que la solution aqueuse d'alimentation contient du fer, du nickel et du cobalt. 5) Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce que la valeur prédéterminée de pH est comprise entre 4,8 et 5,0, d'où il résulte que le liquide organique chargé dans l'opération i) contient la majeure partie du cobalt et seulement une partie mineure du nickel présent dans la solution aqueuse initiale d t alimentation. 6) Procédé selon l'une des revendications 4 et 5, caractérisé en ce que l'extraction ii) consiste en une première opération dans laquelle le nickel est extrait du liquide organique chargé et en une seconde opération dans laquelle le cobalt est extrait du liquide organique chargé, appauvri en nickel.