La présente invention concerne un procédé de garnissage des joints ou des fissures des ouvrages situés en milieu humide ou subaquatique. Le garnissage des joints ou des fissures des ouvrages situés en milieu humide ou subaquatique nécessitait, auparavant, la complate mise à sec de ceux-ci. Cette opération, parfois préjudiciable à la stabilité des ouvrages, entraînait souvent d'importantes pertes économiques particulièrement dans le cas d'installations à caractère industriel telles que : émissaires, bassins de décantation, réservoirs, canaux d'amenée, égouts, conduites forcées, châteaux d'eau, écluses, barrages, etc.. Par ailleurs, le garnissage des joints exposés aux intempéries dans les domaines du bâtiment ou des ouvrages d'art ne pouvait être exécuté par temps pluvieux il en résultait des ajournements et la perte de journées de travail, événements dommageables aux entreprises chargées des travaux. L'emploi des élastomères, notamment ceux préparés à base de Thiokol, était réputé et déclaré, par leurs fabricants et leurs utilisateurs, impraticable sur les surfaces humides, mouillées ou immergées en raison de l'impossibilité de les y faire adhérer convenablement tant directement que par l'intermédiaire d'une couche de fond préalable. A l'effet de restaurer l'étanchéité de joints ou de fissures en milieu subaquatique, il était procédé à leur colmatage par apport de bourres associées à du ciment. Cette solution s'est révélée peu sûre én raison du risque de mouvements relatifs des éléments de l'ouvrage ainsi joints et aussi en raison de leur faible inertie chimique en milieu aqueux. Le procédé selon l'invention rend possible le garnissage des joints ou des fissures des ouvrages situés en milieu humide ou subaquatique sans nécessiter la mise à sec de ceux-ci. La mise en oeuvre de-ce procédé peut, en effet, être exécutée à sec tout comme en présence d'eau et aussi, par scaphandrier, sous l'eau sur des joints ou des fissures à quelque profondeur qu'ils se trouvent au-dessous du plan d'eau et quelle que soit leur pente, sans que la cohésion et la polymérisation des matériaux employés dans le cadre du procédé selon l'invention ni leur adhérence aux surfaces soient altérées par la présence de l'eau. Les caractéristiques des garnitures des joints ou des fissures obtenues par la mise en oeuvre du procédé selon l'invention sont analogues à celles des garnitures des joints ou des fissures réalisées à sec notamment en ce qui concerne l'étanchéité, ner- tie chimique, l'élasticité et l'adhérence aux surfaces. Le procédé selon l'invention consiste à caler, par enfoncement,à l'intérieur du joint ou de la fissure - préalablement nettoyés - un cordon, de préférence en mousse de polyéthylêne ou de polyuréthane ou de toute autre matière concourant au même résultat, de manière à régler la profondeur du garnissage. Le procédé selon l'invention consiste aussi à enduire les faces internes (livres) du joint ou de la fissure d'une couche d'une composition non solvantée de résine époxyde et de durcisseur à base d'amines aliphatiques. Cette composition peut être, par exemple, l'une des formulations à deux composants commercialisées sous les dénominations Hydrasin Al ou Hydrasin B6 applicables, respectivement, sur les surfaces en béton ou en acier. Le mélange des éléments de cette composition - la-résine.et le le durcisseur - doit être effectué préférablement à l'aide d'un outil de brassage. A compter de l'instant de ce mélange, il convient d'appliquer ladite composition résineuse entre, environ, la vingtième et la soi xantième minute. Ces délais, dits, respectivement, de mûrissement et de "pot-life", dépendent de la température ambiante et ne sont indiqués ici qu'à titre d'exemples. Ladite composition résineuse peut être appliquée comme une peinture à l'aide d'une brosse ou, à l'effet d'enduire simultanément les deux faces internes (les lèvres) du joint ou de la fissure, d'une brosse de section appro; priée et affectant la forme d'un goupillon à bouteille ou de tout autre moyen concourant au meme résultat. Le procédé selon l'invention consiste aussi à remplir le joint ou la fissure, de préférence consécutivement à l'application de la composition résineuse qui vient d'être décrite, d'un mastic sans solvant et à deux composants comprenant des polysulfures à base de Thiokol et une composition de peroxydes (type calcium, plomb, baryum, zinc, etc..). Ce mastic peut être, par exemple, un produit à deux compoSants commercialisé sous. la dénomination Bostik 7550. Le mélange des deux composants dudit mastic, réalisé préférablement à l'aide d'un outil de brassage, est immédiatement utilisable. Son application peut être exécutée à l'aide d'une spatule, d'un pistolet à extrusion, d'un pistolet aspirant/refoulant ou de tout autre moyen concourant au même résultat.Une fois ce mastic en place et à l'effet d'en éliminer les éventuelles inclu sions d'air ou d'eau, il peut être procédé au lissage de la face apparente de la garniture ainsi réalisée. Ce lissage peut être obtenu en frottant légèrement cette face avec un morceau de savon ou selon toute autre méthode concourant au même résultat. La restauration de l'étanchéité d'un oint ou d'une fissure comportant déjà une-garniture dont l'élimination s'avère problXma- tique peut être réalisée par la mise en oeuvre, en pontage, du procédé selon l'invention par application, de part et d'autre de ancienne garniture, d'une couche de ladite composition résineuse et par le dépôt dudit mastic en chevauchement sur l'ancienne garniture. Afin d'empêcher toute adhésion entre la nouvelle et l'ancienne garniture, une bande de papier siliconé ou de toute autre matière équivalente à cet égard pourra être placée sur cette dernière préalablement aux applications qui viennent d'être décrites. Par la modification des dimensions ou de la forme de la section de la buse du pistolet à extrusion pouvant être employé pour la mise en place dudit mastic, il est loisible d'obtenir des garnitures de joint de sections très diverses sans pour autant sortir du champ d'application de la présente invention. Le procédé selon l'invention est illustré par les figures dans lesquelles: - la figure 1 est une vue en coupe d'un joint garni par la mise en oeuvre du procédé selon l'invention par calage d'un cordon (1) en mousse, application d'une couche de ladite composition résineuse (2) et mise en place dudit mastic (3). - la figure 2 est une vue en coupe d'un joint regarni par la mise en oeuvre, en pontage, du procédé selon l'invention par dépôt d'une bande de papier siliconé (4) sur l'ancienne garniture, application d'une couche de ladite compesition résineuse (2) et mise en place, en chevauchement, dudit mastic (3). A titre d'essai, il a été procédé au garnissage, par la mise en oeuvre du procédé selon l'invention, de j-oints - de section carrée de 25 x 25 mm - ménagés entre des éprouvettes en béton de dimensions 70 x 50 x 25 mm. Ce garnissage a été exécuté alors que les éprouvettes se trouvaient immergées dans de l'eau. Après 56 jours d'exposition en eau, les éprouvettes ainsi jointes ont été placées sur une machine de type Instron à l'effet d'être soumises à des efforts d'allongement. La mesure des tensions à la rupture des garnitures a été effectuée alors que la température ambiante était de 200C et l'humidité relative de 55%. La vitesse d'allongement était constamment 6zale à 5 mm/mn.Les moyennes des valeurs enregistrées au terme des mesures sont rapportées ci-aprbs - allongement à la rupture : 270% - tension moyenne à la rupture : 1,80 bar - tension à la rupture/section de rupture : 3,02 Les garnitures ont été, en outre, soumises à des efforts de compression verticale Ces efforts n'ont pas pu être intensifiés jusqu'à la rupture des garnitures, la limite supérieure des possibilités de la machine utilisée ayant été atteinte avant la rupture. I1 a été cependant possible de noter qu'à une pression verticale de 6,11 bars correspondait un enfoncement du cylindre opérateur de 3,8 cm. Ces essais ont aussi permis de constater que la rupture de la garniture des joints se produisait systématiquement dans la masse du mastic et non pas entre ce dernier et la couche de la composition résineuse ni entre cette dernière et le béton. Le procédé selon l'invention, pouvant être mis en oeuvre tant sur les ouvrages immergés que sur les ouvrages à l'air libre sans qu'il y ait lieu de se préoccuper de l'état hygrométrique des surfaces, trouve des applications intéressantes dans de nombreux cas ayant trait au jointoiement ou au rejointoiement, à la reprise des fissures des barrages, des conduites forcées, des canaux, des piscines, des bassins, des réservoirs, des égouts, des écluses, des émissaires, des châteaux d'eau, des ponts etc..... R e v e n d i c a t i o n 4 Procédé permettant le garnissage des joints ou des fissures des ouvrages situés en milieu humide ou subaquatique sans nécessiter la mise à sec de ceux-ci, caractérisé en ce qu'il consiste à appliquer,sur les faces des joints ou des fissures, une couche d'une composition non solvantée de résine époxyde et de durcisseur à base d'amines aliphatiques, plus mouillante que l'eau relativement au béton ou à l'acier, et à obturer ces joints ou ces fissures d'un mastic, sans solvant et à deux composants, comprenant des polysulfures et une composition de peroxydes (type calcium, plomb, baryum ou zinc).