L'invention a pour objet un procédé pour l'obtention d'images radiographiques capables de faire ressortir d'une manière objectivement évidente et distincte des lésions hétéroplastiques de différente nature, de façon qu'a partir de l'observation de ces images on puisse porter des diagnostics ne laissant qu'une marge minimale à l'appréciation subjective de l'observateur. L'idée inventive de ce procédé est basée sur la remarque que certains modes d'exécution de radiographies et de tirages de celles-ci en positif, réalisées dans des conditions qui sont anormales pour un technicien spécialisé, et aui, de ce fait, sont considérées comme inacceptables, permettent au contraire d'obtenir des informations d'une surprenante clarté diagnostique que l'on ne peut avoir, enpratique, avec les radiogrammes habituels.Le procédé de l'invention procure des images radiographi oueds faisant ressortir et définissant bien par leur forme les affections hétéroplastiques; il permet, en outre, grâce à des agencements techniques appropriés, d'obtenir l'effacement des tissus normaux, et éventuellement même des tissus hétéroplasti- ques bénins, pour qu'on disposée d'une image photographique des seuls tissus hétéroplastiques malins, dont l'interprétation diagnostique est évidemment aisée et sans équivoque. L'invention couvre aussi du matériel photographique qui facilite la mise en oeuvre du procédé. Selon l'invention, on effectue une radiographie "dure", c'est- -dire relativement sombre ou surexposée, des tissus et, on fait successivement, de cette même radiographie, des tirages avec des expositions à la lumière que l'on fait varier entre une exposition normale et une exposition de plusieurs fois inférieure, par exemple plus de dix fois, à l'exposition normale. Par exposition normale, on entend ici une exposition donnant un tirage riche au maximum de détails, avec une vaste gamme de gris. De façon surprenante, au fur et à mesure de la diminution de la durée d'expositIon nécessaire pour obtenir les différentes copies d'un radiogramme, ces copies montrent l!hete- roplasie maligne avec un contraste de plus en plus apparent, si bien qu'avec un temps d'exposition minimum il est possible de faire ressortir les micro-calcifications et la masse hétéroplastique maligne, tandis qu'avec des augmentations successives du temps d'exposition, c'est-à-dire de la lumière utilisée pour les tirages, il est possible d'observer toutes les parties de la masse néoplastique et, au fur et à mesure, également les parties de tissu normal. Afin de mieux faire comprendre l'invention, ainsi que les opérations principales à observer pour obtenir des résultats satisfaisants, on décrira ci-après un exemple pratique, en référence aux dessins annexés sur lesquels les figures 1 à 6 sont des tirages obtenus à partir d'un radiogramme, selon le procédé de l'invention. A cet effet, on a exécuté- une mammographie suivant une technique que l'on peut qualifier, dans l'ensemble, de classique, mais avec la particularité d'une exposition non faible, de manière à obtenir un radiogramme "dur". A titre tout à fait indicatif, on peut spécifier qu'une telle exposition du radiogramme équivaut à environ trois fois celle qui est nécessaire pour obtenir un radiogramme normalement noir. Ce radiogramme, qualifié de "dur", a été tiré, par contact, sur une émulsion photographique à contraste élevé, à support transparent. Les images obtenues grace à ces tirages ont été reproduites sur les figures annexées. La figure 1 montre à titre-d'exemple un tirage du radiogramme mammographiaue obtenu avec une exposition pour laquelle on a utilisé une quantité de lumière égale à environ un quinzième de la quantité totale nécessaire pour obtenir un tirage donnant une image détaillée au maximum et avec un rendu optimum des demi-tons.Ainsi qu'il est bien connu, la quantité totale de lumière utilisée dans un tirage est fonction de l'intensité de la source de lumière elle-même et de la durée du temps d'exposition à la lumière. I1 en découle comme conséquence naturelle que la quantité totale de lumière peut être modifiée à volonté, par intervention soit sur les temps d'exposition, soit sur l'-intensité de la source lumineuse. Les figures 2, 3, 4 et 5 montrent des tirages effectués avec des quantités de lumière croissantes, respectivement environ un dixième, un sixième, deux cinquièmes et une moitié de la quantité de lumière optimum de tirage, qui permet d'obtenir pratiquement l'image représentée sur la figure 6. A l'examen de la figure 1, il apparait clairement à l'homme de l'art que le tirage sous-exposé au maximum a permis d'éclipser tous les tissus sains, en faisant ressortir la néopla sie maligne et les micro-calcifications gu'elle présente. Sur la figure 2 on parvent déjà à une élimination presque totale du tissu adipeux et glandulaire mammaire, des vaisseaux et du tissu connectif, tandis que la masse néoplasticrue est mise en évidence avec une partie du tissu mammaire résiduaire. Les figures suivantes 3, 4 et 5 montrent en succession immédiate la- manière dont les tissus apparaissent progressivement à la suite d'une plus grande exposition, ce qui a toutefois pour consécuence de diminuer les possibilités d'évaluation de la masse néoplastique et d'observation de ses détails, tels que les micro-calcifications. La disparition de l'image des tissus sains rend en effet beaucoup plus claire l'image radiographique en vue du diagnostic. En effet, la figure 5 montre déjà par rapport à la figure 6 une diminution partielle des tissus, ainsi qu'un meilleur relief de la masse néoplastique. I1 ressort clairement de ce qui précède que l'homme de l'art peut obtenir des renseignements d'ordre diagnostique d'une étonnante precision à partir d'une image obtenue selon l'invention et illustrée par la figure 1. Toutefois, l'invention ne permet pas seulement d'obtenir une telle image, comme c'est son but principal, mais d'obtenir également toutes les images intermédiaires, sur lesquelles tous les différents détails anatomiques de la zone radiographiée sont mis en relief graduellement et sans intervalles. Un des principaux avantages de l'invention réside dans le fait que les résultats sont obtenus grâce à une technique dont la mise en oeuvre, une fois qu'elle est connue, ne présente aucune difficulté majeure pour ceux cul ont une certaine expérience de la technique radiographique et photographique. On doit par ailleurs considérer comme souhaitable d'adopter quelques précautions qui permettent de parvenir à de bons résultats en ce-qui concerne la lisibilité des images obtenues. En premier lieu, la sous-exposition doit être obtenue par une réduction de la durée d'exposition, conjointement à une réduction de l'intensité de la lumière que l'on fait passer à travers le radiogramme. Ceci est particulièrement avantageux pour tirer le meilleur parti de l'émulsion photographique de tirage, aussi bien en ce qui concerne la netteté de l'image que son contraste. En effet, si par exemple on procédait uniquement par une réduction de la durée d'exposition, on pourrait parvenir à des temps tellement courts qu'ils pourraient conduire à un résultat décevant au tirage. Dans le tirage par contact, d'autres mesures apparaissent comme souhaitables. En effet, il s' avère particulièrement avantageux de maintenir la source de lumière à une distance de la radiographie-égale à celle quoi existait au moment de la prise de la radiographie elle-même, entre le foyer du tube émetteur des rayons et la partie radiographiée. On a parlé ici d'une manière générique de tirage par contact. Toutefois cette expression ne doit pas être prise dans son sens le plus étroit de tirage effectué avec deux émulsions en contact direct. En effet, il est parfois avantageux obtenir une réduction de l'exposition en interposant entre le radiogramme et l'émulsion photographique sur support transparent un filtre d'atténuation. Il est souhaitable que ce filtre d'atténuation puisse être réalisé directement sur le support transparent de émulsion photographique. Dans ce cas, l'émulsion du radiogramme n'est pas mise en contact avec l'émulsion de la pellicule photographique, mais avec la partie postérieure du support transparent, laquelle aura été convenablement traitée pour atténuer la lumière passant à travers le radiogramme.Dans la pratique, on utilisera par exemple des émulsions photographiques sur support transparent, sur le dos duquel on aura déposé une couche appelée anti-halo. Quand cette couche anti-halo présente une homogénéité suffisante, il est possible de procéder au tirage en appliauant cette même couche sur le radiogramme, contre le côté portant l'émulsion, de sorte que les rayons qui doivent atteindre l'émulsion doivent également traverser cette couche anti-halo qui a un pouvoir fortement atténuant. De cette manière, on peut obtenir des radiogrammes suffisamment sous-exposés, selon l'invention, sans que l'on ait à recourir à une réduction excessive de la durée d'exposition. Par conséquent, selon l'invention, on peut, pour réduire l'exposition, combiner la réduction de la durée, la réduction de l'énergie fournie à la source de lumière, la filtration de la lumière. I1 va de soi que les valeurs d'exposition qui ont été définies précédemment d'une manière tout à fait générique, et qui ont donné les résultats que l'on peut apprécier sur les figures, pourront être modifiées même dans une mesure relativement large, de sorte que l'ordre de grandeur des temps et des luminosités d'exposition ne doit pas être considéré comme limité par l'invention. Bien au contraire, l'homme de l'art pourra procéder par degrés en réduisant les temps d'exposition jusqu'à obtenir des tirages sur lesquels auront été éliminés tous les tissus qui n'ont aucun intérêt pour le diagnostic de la néoplasie, en obtenant ainsi une image limitée essentiellement à la masse néoplas tique Naturellement, l'épreuve photographique selon l'invention pourra être soumise à d'autres traitements.On pourra notamment prévoir une inversion de celle-ci au cas où l'image positive n' apparaîtrait pas tout à fait familière au radiologue, dont l'oeil est par habitude davantage exercé à l'examen des épreuves négatives, telles que les radiogrammes. A cet effet, il suffit de tirer l'épreuve radiographique obtenue sur support transparent sur une autre émulsion, avec ce même procédé de tirage pour obtenir ainsi une inversion successive des images. I1 va de soi que l'invention ne s'applique -pas uniquement à l'exécution des mammographies, comme précédemment décrit et illustré; bien au contraire la technique qui vient d'être exposée permet d'obtenir des images très claires de formations néoplastiques dans n'importe quel tissu anatomique. Ainsi l'homme de l'art sera en mesure de trouver empiriquement, cas par cas, les valeurs qui lui permettront d'obtenir, en vue d'un diagnostic, des images satisfaisantes, grâce à une réduction de l'exposition des tirages, suivant le procédé expliqué ci-dessus. Ltinvention couvre aussi le matériel photographique servant, comme expliqué ci-dessus, à la mise en oeuvre du procédé de l'invention, tel que, par exemple, un support transparent sur une des faces duquel est appliquée une émulsion photographique, tandis que sur l'autre face est appliquée une couche atténuante pour la filtration de la lumière. De préférence, l'émulsion est du type à haut contraste. Pour les tirages par contact, on emploiera avantageusement un support plat transparent à la lumière, dont une des faces est destinée à recevoir une radiographie mise essentiellement en contact avec une émulsion photographique de tirage, l'autre face délimitant une chambre dans laquelle est disposée une source de lumière, placée à une distance du support pratiquement égale à la distance existant entre le foyer des rayons et la plaque radiographique pendant l'exécution de la radiographie. REVENDICATIONS 1. Appareil pour l'obtention d'images radiographiques mettant en évidence les lésions de nature hétéroplastique, caractérisé en ce que l'on exécute une radiographie "dure", c'est-à-dire relativement surexposée, d'un tissu, et que l'on procède ensuite à des tirages par contact de ladite radiographie avec des expositions à la lumière plusieurs fois inférieure à l'exposition normale, allant jusqu'à une exposition inférieure de plus de dix fois à une exposition consid-érée comme normale. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le tirage de la radiographie est effectué sur une émulsion photographique à haut contraste et ayant un support transparent. 3. Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que pendant le tirage on interpose entre l'épreuve radiographique et l'émulsion de tirage un filtre d'atténuation de la lumière. 4. procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la radiographie est tirée plusieurs fois avec des expositions à la lumière de plus en plus décroissantes, de manière à provoquer l'élimination sur le tirage des portions d'image les plus claires de la radiographie, correspondant aux zones les plus opaques du corps radiographié. 5. Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce qu'on réduit l'exposition à la lumière par rapport à l'exposition normale en combinant la réduction de la durée d'exposition, la réduction de l'énergie fournie à la source d'émission de la lumière et la filtration atténuante de la lumière entre la radiographie et l'émulsion photographique. 6. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le tirage de la radiographie est effectué essentiellement par contact sur une émulsion photographique à l'aide d'une-source de lumière disposée à une distance de la radiographie pratiquement égale à la distance existant entre le foyer des rayons et la plaque radiographique lors de l'exécution de la radiographie. 7. Matériel photographique pour la mise en oeuvre du procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce qu'il comprend un support transparent sur une des faces duquel est appliquée une émulsion photographique, tandis que sur l'autre face est appliquée une couche atténuante pour la filtration de la lumière. 8. Matériel photographique selon la revendication 7, caractérisé en ce que l'émulsion est du type à haut contraste. 9. Appareil pour le tirage des radiographies, essentiellement par contact, selon le procédé de l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce qu'il comprend un support plat transparent à la lumière, dont une des faces est destinée à recevoir une radiographie mise essentiellement en contact avec une émulsion photographique de tirage, l'autre face délimitant une chambre dans laquelle est disposée une source de lumière, placée à une distance du support pratiquement égale à la distance existant entre le foyer des rayons et la plaque radiographique pendant l'exécution de la radiographie.