L'invention est' relative à un nouveau procédé de traitement de fils de ramie en vue de les rendre utilisables en bonneterie. Les fibres provenant de la tige de la ramie, plante tropicale, sont cons titubées par des cellules allongées et donc de bonne solidité. A la différence d'autres fibres naturelles, telles que la laine, les fibres de ramie sont totalement lisses et donc exemptes de tout crochet. L'adaptation de la ramie à l'ère industrielle a été gênée à cause de difficultés de décorticage et dégommage des fibres brutes. En effet, la ramie offerte auparavant comportait souvent un pourcentage trop élevé d'écorces et de gommes ou pectines qui encrassaient les métiers sur lesquels elle était utilisée et provoquaient des difficultés de teinture, On a récemment découvert un procédé permettant de décortiquer correctement et de dégommer à fond les fibres brutes. Ce procédé a permis de produire des qualités de ramies peignées absolument pures ne posant plus aucun problème au stade filature, tissage, teinture ou finition. La matière étant totalement exempte de pectines, le colorant peut s'y fixer directement et les métiers ne sont plus encrassés. La ramie est actuellement très appréciée pour ses qualités de solidité, telles que résistance à la traction, à l'abrasion, à la torsion, d'imputresci bilité, et d'hygiène du fait de son grand pouvoir absorbant qui la rend fraîche et confortable en été. Elle a été utilisée jusqu'à présent uniquement en tissage pour la fabrication de tissus industriels, d'ameublement ou d'habillement. Son application en bonneterie n'a encore jamais été réalisée du fait de nombreux inconvénients inhérents à la structure même de la fibre qui lui confèrent des propriétés rendant le fil pratiquement intricotable dans de bonnes conditions. En effet, les fibres dégommées qui sont complètement lisses et exemptes de crochets présentent des longueurs très irrégulières devant être traitées sur un matériel destiné à la laine, cardage, peignage, et filature pour obtenir des fils. L'absence de crochets des fibres implique que l'on doive tordre le fil à une torsion élevée pour lui donner une ténacité convenable. L'homogénéîté du fil est donc obtenue par torsion des fibres entre elles pour éviter un glissement des fibres l'une sur l'autre. Sur un métier à tricoter, le fil se déroule d'un cône et sa tension est maintenue par des organes de renvoi et de guidage. La torsion du fil qui était nécessaire au tissage devient très gênante lorsque l'on désire le tricoter car le fil a tendance à vriller. Lors d'une variation de la tension du fil, par exemple au départ ou à l'arrêt de la machine, ce vrillage forme un fil double qui le plus souvent ne peut se tricoter et se casse ou de toutes façons fait apparaitre des défauts sur le tricot. Un autre inconvénient pour tricoter en bonneterie les fils de ramie est dû à l'irrégularité des longueurs des fibres constituant le fil. Les fibres les plus courtes sont ici les plus gênantes, car lors de frottement longitudinal sur le fil elles forment des agglomérations, ou "bouchons" qui se déplacent sur le fil et provoquent à la longue, lorsqu'ils deviennent trop importants, des casses d'aiguille ou des trous dans le tricot. Ces bouchons sont présents sur le fil à tous les niveaux du métier à tricoter où il y a frottement sur un organe quelconque. Cet organe peut être un simple renvoi, mais surtout le fournisseur qui délivre un débit de fil constant ou le guide présentant un orifice dans lequel est engagé le fil vers les aiguilles.Lors du tissage de la ramie, cet inconvénient était inexistant, car les bouchons étaient évités du fait que les fils de chaîne étaient encollés préalablement à l'amidon ou à la fécule. Un autre inconvénient important qui gêne le tricotage de la ramie, résulte du dégommage total des fibres. Comme on l'a déjà dit, ce dégommage à fond est obligatoire pour éviter l'encrassement des aiguilles ; mais il provoque un phénomène électrostatique. En effet, les fibres qui ne sont plus protégées se chargent, à chaque frottement, d'électricité statique. Les pointes libres des fibres se disposent en épi par rapport au fil ce qui provoque souvent des ruptures ou des enroulements intempestifs notamment au niveau du fournisseur. Le cône lui-même, à partir duquel le fil se déroule, se hérisse puisque le fil en se déroulant frotte constamment sur les parois du cône. I1 est indispensable en bonneterie, lorsque l'on désire tricoter un fil et donc former des mailles de disposer d'une matière première peu rugueuse, souple et malléable La fibre de ramie étant en elle-même très abrasive, doit pouvoir glisser facilement pour éviter de provoquer une usure prématurée des organes du métier. Actuellement, lorsque l'on tente de tricoter un fil de ramie, l'aiguille glisse difficilement dans la maille qui risque de se rompre. Le procédé de traitement de fils de ramie selon invention pallie ces inconvénients et à cet effet un de ses buts essentiels est de permettre le tricotage en bonneterie de la ramie après un traitement approprié. La torsion du fil sera "fixée" avant tricotage pour diminuer le treillage et éviter la forma tion de bouchons, et les propriétés anti-statiques et de glissement du fil seront améliorées. Le procédé selon invention est caractérisé par le fait que l'on fixe régulièrement sur le fil tordu, au plus dix pour cent en poids d'un mélange constitué à partir d'alcools polyvyniliques renfermant des groupes acétyles et d'eau et que l'on applique au fil imbibé une contrainte tendantà orienter les fibres suivant la direction générale du fil. Ce traitement permet de tricoter les numéros métriques les plus fins que l'on puisse obtenir en filature. On pourra également tricoter la ramie en fil à fil par exemple avec des fibres synthétiques. Ceci présente un grand intérêt du fait que la ramie a un pouvoir abrasif sensiblement identique aux fibres synthétiques. On évitera ainsi le phénomène de "pilling" désagréable consistant en la formation sur le tricot d'amas de fibres de résistance la plus faible. Le procédé de traitement selon invention doit s'appliquer avant ou après la teinture du fil, suivant que l'on tricote le fil écru ou teint. L'invention sera bien comprise en se référant àla description suivante d'un mode d'exécution non limitatif du procédé illustré par un dispositif de mise en oeuvre représenté à la figure unique du dessin. La matière première de départ sera constituée par un fil de ramie de numéro métrique déterminé formé à partir de fibres dégommées à cent pour cent qui ont été cardées, peignées et filées. Les fibres auront subi une torsion élevée donnant au fil l'homogénéité. Dans un premier stade du procédé, on purgera le fil de manière classique en éliminant toute grosseur supérieure à deux fois le diamètre moyen du fil traité. Les filières ou purgeurs classiques à peignes ou à lames vont être utilisés pour éliminer les gros bouchons du fil. En aval du purgeur il faudra naturellement éviter de provoquer sur le fil de nouveaux frottements qui pourraient être générateurs de nouveaux bouchons. Dans un deuxième stade du procédé, le fil lainsi purgé est immergé totalement dans un bac 2 contenant un mélange 3 à niveau constant 4. Le fil 1 est déplacé par tous moyens appropriés dans le sens de la flèche 5. Un cylindre 6 en acier chromé et lissé est partiellement immergé dans le mélange 3. Un moteur 7 I'entrame en rotation dans le sens de la flèche 8, opposée au déplacement du fil I. Le mélange 3 est constitué à partir d'une solution de base comprenant de deux à huit pour cent d'alcools polyvyniliques renfermant des groupes acétyles dans l'eau. Au-dessus de huit pour cent, le fil est trop rigide pour être tricoté et la colle risque de se déposer sur les organes du métier. Si le fil l est traité écru, l'alcool polyvynilique renfermant des groupes acétyles soluble dans l'eau, pourra être éliminé après tricotage par un simple prélavage permettant la fixation ultérieure des colorants. I1 faut noter qu'il existe une différence très importante entre ce procédé qui consiste à fixer de la colle sur des fibres totalement dégommées et le procédé consistant à ne pas dégommer totalement les fibres. En effet, il est difficile de contrôler le pourcentage de pectines et surtout d'obtenir une bonne répartition des pectines résiduelles sur la fibre. De toutes façons, ces pectines ont un pouvoir abrasif très supérieur au mélange introduit par le procédé selon invention ce qui risque d'endommager les aiguilles du métier. Le fil de ramie fixe 5 à 10 7o de son poids du mélange 3. Pour parvenir à un bon tricotage, il est nécessaire de maintenir sur le fil jusqu'à l'utilisation au moins 3 à 4 % du mélange. Ce très faible collage est suffisant pour fixer la torsion du fil pour éviter le vrillage tout en le maintenant souple et maléable pour être tricoté. Le lissage est provoqué par le cylindre 6 en dirigeant toutes les fibres, et surtout les petites, dans le même sens. Les petits bouchons qui n'ont pas été éliminés par purgeage, sont imbibés du mélange et plaqués sur le fil par le cylindre. Le fil qui passe sous le cylindre subit une cort rainte tendant à orienter toutes les fibres suivant la direction générale du fil. Ce lissage quand le fil est légèrement collé, est indispensable car l'utilisateur reprend le fil, pour le travailler, à rebrousse-poils et risquerait de provoquer ainsi de nouveaux bouchons. Outre la solution d'alcools vyniliques renfermant des groupes acétyles dans l'eau, le procédé selon invention, dans un mode d'exécution préféré incorpore une huile minérale anionique à basse viscosité dans le mélange. Cette huile a le double rôle d'améliorer le glissement du fil et d'éliminer le phénomène d'électricité statique. On fixera sur le produit fini au maximum 10 % du mélange constitué par la solution d'alcools polyvyniliques renfermant des groupes acétyles dans l'eau et l'émulsion d'huile minérale anionique. Cette dernière solution est préférable pour maintenir sur la fibre suffisamment d'alcool lorsque l'utilisation n'est pas immédiate. La vitesse du cylindre 6 sera variable en fonction de la grosseur du fil traité dans lequel il faudra fixer au plus 10 % du mélange. A titre d'exemple, on a obtenue de bons résultats en tricotage en fixant sur la fibre - eau : 4 % - alcools polyvyniliques : 2 % - huile minérale : 4 % Dans les 10 % la quantité d'alcool devra de toutes façons être inférieure à 8 % pour éviter un encrassement des aiguilles. Le PH du mélange devra être rigoureusement neutre pour éviter la corrosion du métier. I1 pourra éventuellement être rectifié au préalable par tous moyens appropriés. Ce mélange s'élimine facilement de la fibre tricotée par un prélavage à 6% pendant une demie heure lorsque l'on désire teindre les tricots en pièce. I1 est également possible de teinre le fil avant de le traiter. REVENDICATIONS 1) Procédé de traitement de fils de ramie en vue de les rendre moins rugueux, plus maléables et donc tricotables en bonneterie, à partir de fils obtenus par peignage de fibres lisses complètement dépectinisées, de longueurs irrégulières, puis tordues avec une torsion élevée, caractérisé par le fait que l'on fixe régulièrement sur le fil tordu au plus 10 % en poids d'un mélange constitué à partir d'alcools polyvyniliques renfermant des groupes acétyles et d'eau et que l'on applique au fil imbibé une contrainte tendant à orienter les fibres suivant la direction générale du fil. 2) Procédé de traitement de fils de ramie en vue de les rendre tricalables en bonneterie caractérisé par le fait que l'on fixe régulièrement sur le fil tordu au plus 10 % en poids d'un mélange constitué à partir d'alcools polyvyniliques et d'huile minérale anionique de basse viscosité et que l'on applique au fil imbibé une contrainte tendant à orienter les fibres suivant la direction générale du fil. 3) Procédé de traitement de fils de ramie selon l'une quelconque des revendications précédentes caractérisé par le fait que le mélange comprend moins de e 010 d'alcools polyvyniliques renfermant des groupes acétyles. 4) Procédé de traitement de fils de ramie en vue de les rendre tricotables selon l'une quelconque des revendications précédentes caractérisé par le fait que l'on ajoute au mélange d'alcools polyvyniliques renfermant des groupes acétyles et d'eau un produit anti-statique et un produit lubrifiant tel qu une huile minérale anionique de basse viscosité. 5) Procédé de traitement de fils de ramie selon l'une quelconque des revendications précédentes caractérisé par le fait qu'il est appliqué sur une fibre déjà teinte ou sur une fibre écrue. 6) Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes caractérisé par le fait qu'il comprend un cylindre lisse immergé dans un bac contenant le mélange, le cylindre tournant en sens inverse de l'avancement du fil pour lui appliquer une contrainte tendant à orienter les fibres suivant la direction générale du fil.