2t 67600 Préparation pour le traitement des blessures, des plaies, des ulcérations et autres affections exsudatives de la peau. La présente invention concerne une nouvelle prépa- ration pour le traitement des blessures, des plaies, des ulcérations de la peau et de toute autre affection de la peau qui, comme celles que l'on vient de nommer, produisent des fluides d'écoulement (exsudats). La nouvelle préparation consiste essentiellement en des matières microfibreuses, telles qu'obtenues à partir de polymères synthétiques et ayant une forme tout à fait parti- culière, qui sont adaptées à l'absorption des exsudats provenant des surfaces traitées avec ces fibres et adaptées à l'équilibre constant d'un environnement sain, riche en oxygène, avec une humidité constante et équilibrée de façon à favoriser l'ap- parition et la persistance des conditions qui sont les mieux appropriées pour le rétablissement des fonctions physiologiques de la peau. En outre, la préparation en question ne permet pas à une croûte de se former directement sur la surface de la peau qui a été endommagée mais, plutôt que cette croûte se forme à une certaine distance de la peau, cette conditionempêche la formation d'une couche barrière susceptible d'empêcher la sortie, hors de la blessure, de poussière, de bactéries, de produits de dégradation toxiques ou d'agents inflammatoires, etc. Donc la blessure peut être beaucoup plus commodément nettoyée et sa cicatrisation (ou guérison) est ainsi accélérée. Les matières microfibreuses mentionnées ci-dessus ont des dimensions très réduites: le diamètre va de 2 à 10 microns et la longueur varie de 1 à 5 mm; en plus elles ont une surface spécifique très grande, cette dernière étant supérieure à m2/g. Ces matières peuvent être obtenues par extrusion- éclair, c'est-à-dire par extrusion à travers une filièrejdepuis un environnement sous pression jusqu'à un environnement dans lequel la pression ambiante règne, la différence de pression entre les deux environnements étant au moins de 30 bars, de solutions de polymère,. ou pour mieux dire, de solutions homogènes de mélanges de polymères dans des proportions appropriées, telles que par exemple le révèle la demande de brevet italienne n0 995 549 de la demanderesse. Dans ce procédé éclair, une brusque évaporation du solvant se produit avec la formation concomittante de micro- fibres de taille très fine. Afin que la cicatrisation des blessures, des plaies, des ulcérations, particulièrement du type purulent, puisse être réalisée, il est essentiel d'en enlever les exsudats qui s'en écoulent aussi bien que les produits polluants qui peuvent entraîner des infections, tout en maintenant par ailleurs un équilibre correct d'humidité afin d'assurer un environnement propre et des conditions telles qu'elles favorisent la régénération rapide des cellules de la peau. Tout particulièrement, il est vital dans certains cas d'empêcher la formation de croûtes dues à la réticulation de]a fibrine, qui adhèrent également étroitement à la surface de la blessure et empêchent un échange régulier de l'humidité entre la peau et l'atmosphère entraînant ainsi la stagnation des exsudats et la formation concomittante de poches infec- tieuses. Il n'y a pas d'avis concordant en ce qui concerne la possibilité d'accélérer la régénération des tissus de la peau dans le cas des blessures, des ulcérations et plaies analogues. Toutefois, il est certain que dans le cas d'affections purulentes ou exsudatives, l'élimination des matières infectées ou de milieu ou agents infectieux éventuels capables de favoriser la formation de croûtes épaisses, favorise la régé- nération des cellules et ainsi la cicatrisation de la surface blessée. Il a été proposé de traiter les blessures des affections exsudatives de la peau avec des poudres ou avec des matières pulvérulentes sèches en très petites particules, aussi bien de nature minérale que de nature organique, éventuellement aussi à base de polymères, mais avec peu ou pas de succès du tout. 2 L 6 7 6 CO Il a été également proposé, cette fois avec un certain succès, d'utiliser des substances macromoléculaires contenant des groupes hydrophiles, sous la forme d'une poudre constituée par de très petites particules pratiquement sphériques qui absorbentd'une façon supposée sélectiveles fluides s'écoulant des blessures ou d'autres altérations de la peau, telles que le révèle le brevet britannique n0 1 454 055. Il a été maintenant établi, et c'est là l'objet de la présente invention, que l'application locale sous la forme d'une pulvérisation de poudre, de compresses, de pommades, de crèmes ou autres préparations obstruantes à base de microfibres du type rappelé ci-dessus a d'une façon tout à fait surprenante, aussi bien sous la forme de microfibres tels quels, que de microfibres en combinaison avec d'autres médi- caments, conduit à une cicatrisation rapide des surfaces blessées de la peau. En plus de l'absorption et de l'élimination des fluides nocifs, ces microfibres semblent assurer une transpiration entièrement satisfaisante de la surface sous-jacente de la peau; en outre, les microfibres ne se tassent pas sur les blessures et ne forment aucune croûte dure ou collante, de sorte qu'elles peuvent être retirées d'une façon commode pendant la progres- sion des médications sans entraîner de dommages quelconques supplémentaires à la liessure, contrairement à ce qu'il se produit avec les matières classiques pour pansement des blessures. Afin de pouvoir mieux comprendre la présente invention, on donne plus loin la description des séries d'essai effectués sur des lapins sur lesquels des plaies purulentes ont été artificiellement faites en vue de déterminer l'effet des micro- fibres sur la cicatrisation des blessures en comparaison avec d'autres produits du commerce envisagés pour les mêmes buts. Concurremment, des essais ont été conduits à titre comparatif, avec des lapins portant des plaies du même type rappelé ci-dessus et sans aucune application de produits de cicatrisation des blessures de la peau. Description des essais Les essais ont été conduits sur 18 lapins blancs de Nouvelle Zélande. Sur tous les -lapins une plaie de certaines dimensions a été artificiellement faite. Pour cela une bande de peau de 8 par 8 centimètres a été enlevée chirurgicalement du dos, sous anesthésie. La zone exposée est infectée en y pulvérisant un mélange d'excréments de souris et de lapins, de pus humain et de solution physiologique, le tout soigneu- sement hoimoaénéisé dans un mortier, après quoi la blessure ainsi infectée était recouverte avec la bande de peau renversée et avec une gaze humidifiée. Après avoir maintenu les parties de peau ainsi traitées dans un environnement humide et chaud pendant 4 jours, les blessures sont infectées par une flore bactérienne mixte composée surtout de Escherichia Coli, Proteus sp., Pseu- domonas Aeruginosa, Staphylococcus Aureus et Beta- haemolytic Streptococcus. Pour chaque lapin, la dimension et le contour exacts de la blessure sont enregistrés sur une plaque à rayons X de la façon suivante: quatre jours après l'enlèvement chirurgical et l'application des matières infectieuses, on enlève la peau et la gaze recouvrant la blessure pour tous les lapins. Toutes les saletés non adhérentes, les croûtes et le pus sont éliminés et les blessures sont arrosées avec 20 ml de solution physio- logique. Une plaque à rayons X non exposée est posée sur la blessure et le contour de la blessure est exactement tracé avec une plume. Une flèche est placée dans la direction de la tête et la plaque est marquée avec Je nom du lapin afin de pouvoir placer ensuite la plaque dans la même position pour chaque lapin; ainsi, la dimension de la blessure est périodiquement contrôlée et la date de ce contrôle inscrite. Les plaques marquées complétées avec tous les enre- gistrements servent à déterminer la durée de cicatrisation de la blessure. Les blessures sont contrôlées pendant une durée totale d'environ 23 jours; en fait, ce temps est la période durant laquelle la cicatrisation de la blessure se produit au maximum comme on a pu le déterminer sur des essais pilotes faits sur deux lapins témoins, même si la guérison complète demande, d'après des expériences, quatre semaines et demie. Les 18 lapins dont les blessures ont été nettoyées comme indiqué cidessus, sont divisés en trois groupes de 6 lapins chacun. Un premier groupe (groupe 1) est le groupe témoin. Les six animaux témoins sont laissés avec leurs blessures exposées à l'air, sans médication du tout. Aucun pansement pour la blessure n'est appliqué en aucun cas car ce pansement provo- querait, spécialement chez les lapins, une purulence trop intense même dans des conditions aseptiques. Les deux autres groupes de six lapins chacun reçoivent une médication de la façon suivante: le groupe 2 est soigné avec une substance macromoléculaire obtenue par réticulation du dextrane, ou du carboxyméthyldextrane, avec l'épichlorhydrine sous la forme de particules microsphériques dont l'utilisation pour le pansement des blessures exsudatives est révélé dans le brevet britannique n 1 454 055 et qui est déposé sous la marque Debrisan". Le groupe 3 est traité avec des microfibres en polyéthylène haute densité, obtenues selon le procédé décrit dans le brevet italien no 995 549, et qui ont en moyenne un diamètre de 5 à 10 microns, une longueur de 1,4 à 1,6 mm et une surface spécifique d'environ 40 m 2/g. La médication consiste à poser sur les blessures une couche de matière; tous les trois jours les blessures sont contrôlées et les déchets enlevés et la matière appliquée retirée; le contour de la blessure est tracé sur les plaques respectives. Chaque lapin reçoit ensuite le traitement médical exactement comme précédemment. Afin de pouvoir évaluer numériquement la cicatrisation des blessures, on utilise le procédé suivant. Une fois la période d'essai terminée, sur chaque plaque se trouve tracée une série de courbes concentriques sensi- blement circulaires. Sur chaque plaque on trace une croix dans une position telle que l'intersection des branches de la croix tombe appro- ximativement au centre des circonférences. Les extrémités des bras de la croix sont orientées dans les positions 3 heures, 6 heures, 9 heures et 12 heures. La ligne de base est le tracé initial de la blessure pris au moment de l'enlèvement chirurgical de la peau. Ega- lement, on enregistre la dernière lecture, c'est-à-dire celle correspondant à la cicatrisation de la blessure. La distance entre la ligne de base et le dernier tracé est mesurée en mm le long de chaque branche de la croix (dans l'ordre 3, 6, 9, 12). La somme de ces distances divisée par quatre donne la longueur moyenne de la blessure cicatrisée pour chaque lapin. La vitesse de cicatrisation de la blessure est calculée en divisant la longueur moyenne de la blessure cicatrisée par le nombre total de jours nécessaires à la cicatrisation des blessures. Le tableau 1 donne les valeurs concernant la cicatri- sation des blessures de chaque animal dans chaque groupe. Ensuite, la moyenne de la cicatrisation des blessures est calculée pour chaque groupe de lapins, tout en évaluant simultanément la durée moyenne des essais pour chaque groupe en faisant-le total de la vitesse de cicatrisation des lapins de chaque groupe et en divisant ce total par six. Un des lapins qui a été traité avec le *Debrisan#(marque déposée) a donné une réponse anormale au traitement parce que, à la fin de la période o tous les autres lapins ont leurs blessures cicatrisées, il présente une poche de pus et sa blessure n'est pas cicatrisée. Les valeurs de cette seconde évaluation sont rassemblées dans le tableau 2. On voit en lisant simplement ces tableaux que les lapins du groupe 3 ont montré des vitesses de cicatrisation des blessures totale (c'est-à-dire de groupe) et moyenne améliorées (voir en particulier le tableau 2). En outre, les observations suivantes ont été faites sur le comportement des blessures traitées de différentes façons dans les trois groupes de lapins. Pour le groupe 1, la formation d'une croûte épaisse plutôt difficile à nettoyer, a été notée. Une partie de la croûte est si collante qu'elle ne peut pas être enlevée sans endommager la blessure ni provoquer des douleurs à l'animal. Les mêmes difficultés ont été rencontrées pour les lapins du groupe 2; dans ce cas, en outre, quelques difficultés sont rencontrées en essayant d'obtenir que le "Debrisan" reste sur la blessure, car ce produit extrêmement fluide ne s'ag- glomère pas, de sorte que la blessure reste en partie exposée à l'air. Pour le groupe 3, la formation d'une croûte épaisse mais légère est constatée, mais cette croûte n'est pas collante sur la surface de la blessure et peut facilement être enlevée de sorte qu'il est facile de nettoyer rapidement la plaîie. En outre, l'application des matières microfibreuses sur les blessures s'est révélée commode puisque par suite de leur texture souple, elles restent facilement sur l'endroit mais sans devenir collantes. T A B L E A U 1 NOMBRE LIGNE 12 LIGNE 3 LIGNE 6 de JOURS run Mun Longueur LIGNE 9 moyenne mm de la cicatrice Vitesse de la cicatrisation mmt par jour 3 25 3 22 3 22 3 22 3 22 3.25 33 25 29 75 22 19 25 9 9 25 39 33 75 35 00 13 25 32 25 26 O0 18 25 24 5 31 00 46 44 25 34 28 25 22 31 25 34 75 18 75 32 38 25 NOM des LAPINS GROUPE FIONA FREDA FOULKES FRED AGNES ANNABEL DEE DELIN DORIS CONDOM CAROLINE DESMOND BEATRICE CONNI COTTI CATHI. CAESARI- BETTI 1,.385 1,239 0, 302 0 385 1,534 1,590 0,550 1, 343 1 083 0,760 1,113 1,291 1 f770 1,284 1j 420 l 579 0)852 1/. 530 o0 a N> o TABLEAU 2 GROUPE 1 Vitesse totale de cicatrisation pour le groupe Vitesse moyenne de cicatrisation Nombre moyen de jours 6,935 mm/jour (6 animaux) 1,155 rin/jour/animal 23,35 GROUPE 2 Vitesse totale de cicatrisation pour le groupe Vitesse moyenne de cicatrisation Nombre moyen de jours 6,140 nm/jour (6 animaux) 1,023 nm/jour/animal 23,33 GROUPE 3 Vitesse totale de cicatrisation pour le groupe Vitesse moyenne de cicatrisation Nombre moyen de jours 8,435 nm/jour (6 animaux) 1,405 mm/jour/animal 23,00 REVENDICATIONS 1. Préparation pour le traitement local des blessures, des plaies) des ulcérations et autres affections exudatives de la peau, caractérisée par le fait qu'elle consiste pratiquement de microfibres de polymères synthétiques ayant une surface spécifique très grande, supérieure à 30 m2/g, et une taille très petite, avec un diamètre compris entre 2 et 10 microns et une longueur variant de 1 à 5 mm. 2. Préparation selon la revendication 1, caractérisée par le fait que les microfibres sont obtenus en soumettant à une extrusion éclair des solutions de ces polymères, soit seules, soit en mélange avec d'autres polymères. 3. Préparation selon les revendications 1 et 2, carac- térisée par le fait que les microfibres sont sous forme de poudres, de compresses, de pommades ou de crèmes obstruantes. 4. Préparation selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée par le fait qu'elle est constituée par les microfibres telles quelles. 5. Préparation selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée par le fait que les microfibres sont combinés avec des substances curatives. 6. Préparation selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisée par le fait que le polymère synthétique est un polyéthylène haute densité.