On connaît un métier à tisser à insertion de trame par jet d'air. L'utilisation de l'air comprimé comme vecteur du fil de trame permet d'obtenir des vitesses de tissage bien supérieures à celles qui sont classiques pour des métiers à vecteurs rigides. En vue de canaliser le jet d'air, il est prévu un confuseur constitué d'une série d'anneaux ouverts juxtaposés de manière à former un tunnel sur toute la largeur du tissu devant le peigne du métier. Le confuseur traverse les fils de chaîne à chaque tour du métier à des vitesses supérieures à 300 coups à la minute. Ce métier à tisser a donné des résultats remarquables pour les filés de chaîne traditionnels en coton, en laine, en chanvre, etc. Mais il ne peut être utilisé à ces cadences lorsque les fils de chaîne sont moins résistants, notamment lorsque ce sont des fils artificiels, tels qu'en viscose ou en acétate, ou des fils ayant un certain pouvoir abrasif, tels que les fils synthétiques, comme les nylons. Dès que l'un des brins constitutifs du fil de chaîne est meurtri, il y a accrochage et mauvaise séparation de la nappe des fils de chaîne, ce qui empêche le jet d'air de propulser la trame dans toute la largeur du tissu. Il y a dépréciation du produit tissé et perte de rendement par arrêt de la machine. Pour tisser ces fils artificiels ou synthétiques sur le métier précité, il faut les protéger par un accroissement de la torsion initiale du fil au moulinage et/ou par un encollage qui constitue un gainage chimique. Or ces deux opérations de moulinage et d'encollage accroissent le prix de revient. Ceci explique la réticence d'emploi de type de métier à tisser pour l'insertion de trames type soierie par jet d'air. L'invention remédie à ces inconvénients par un confuseur pour métiers à tisser à insertion de trame par jet d'air qui permet de tisser aussi bien les fils artificiels que synthétiques aux mêmes cadences que celles obtenues pour les filés naturels, sans accrochage ni mauvaise séparation de la nappe, bien que le fil n'ait pas subi un moulinage ou un encollage préalable La demanderesse stest en effet avisée que les difficultés auxquelles on se heurtait jusqu'ici pour tisser des fils artificiels ou synthétiques su le métier à tisser précité, provenaient de la détérioration de la branche d'attaque d'un anneau constitutif du confuseur pr l'abrasion due au frottement du fil synthétique. Pour mettre en évidence cet effet, la demanderesse a procédé à des essais et à des agrandissements photographiques d'un anneau d'un confuseur en usage.Ces photographies ont révélé des rayures situées exclusivement dans la partie arrière de la branche antérieure ou d'attaque d'un anneau. Pour éviter ces rayures qui sont la cause de I'acrochage, on propose suivant l'invention de chanfreiner ou d'arrondir la partie arrière de l'extrémité de la branche d'attaque de chaque anneau du confuseur. Il est inutile, bien que sans inconvénient, de chanfreiner l'ensemble de la partie arrière de la branche avant, mais il est de première importance de chanfreiner ltextré- mité de cette partie arrière, notamment sur toute la partie en regard de la branche postérieure de l'anneau ou sur une partie dépassant de quelques millimètres de cette branche arrière. Bien entendu, on chanfreine symétriquement la branche d'attaque. De même, la branche arrière est chanfreinée de la même manière en regard de la branche avant pour ne pas constituer à son tour une zone de frottement néfaste. Les chanfreins constituent donc des surfaces inclinées symétriques l'une de l'autre pour chaque branche par rapport au plan de symétrie de l'anneau. Outre que les inconvénients des métiers à tisser antérieurs étaient dûs aux arêtes trop vives des anneaux du confuseur, on a également déterminé que les anneaux étaient constitués en un matériau trop friable, susceptible de se rayer. C'est pourquoi on a renforcé la dureté du matériau en le revetant d'une pro jection, dite céramique, parfaitement polie et parfaitement antistatique. Grâce à ces agencements, on a pu tissé des fils synthétiques et artificiels non tordus à la vitesse de 350 coups à la minute en 155 cm de large. Aux dessins annexés donnés uniquement à titre d'exeepiB la Figure 1 est un schéma partiel d'un métier suivant l'invention, tandis que la Figure 2 est une vue en perspective des extrémités des deux branches d'un anneau du confuseur suivant l'invention. Dans le métier à tisser schématisé à la figure 1, on insère entre les fils 1 de chaîne un fil 2 de trame par l'envoi d'un jet d'air issu d'une buse 3. Le jet d'air qui porte le fil 2 de trame est canalisé dans un confuseur 4 constitué d'anneaux 5 juxtaposée. Chaque anneau comprend une queue 6 et deux branches antérieure 7 rectiligne et postérieure 8 incurvée Chaque anneau est en acier chromé ou en un matériau dont la résistance au frottement a été renforcé par un revêtement céramique du type nBC AT 68" en oxyde d'aluminium et de titane. La partie postérieure de la branche 7 est chanfreinée en 9 symétriquement par rapport au plan de symétrie de l'anneau. Le chanfrein s'étend de l'extrémité 10 de la branche 7 arrondie en 11 vers l'extérieur de l'anneau jusqu'à une zone 12 distante de moins de 5 millimètres du prolongement 13 du bord inférieur 14 de la branche 8. De même, cette dernière est chanfreinée en 15 symétriquement par rapport au plan de l'anneau sur toute la surface en regard de la branche 7. Les chanfreins sont des arrondies. Après que le fil de trame a traversé le confuseur qui a été ainsi inséré entre les fils 1 de chaîne, il ressort du confuseur par un mouvement de pivotement de ce dernier en passant dans l'espace compris entre les branches 7 et 8 de chaque anneau. Lors du pivotement du confuseur, les fils 1 de chaîne viennent frotter sur les branches 7 et 8. En raison des chanfreins 9 et 15, ce frottement ne les détériorent plus. R E V E N D I C A T I O N S 1. Confuseur pour métier à tisser constitué d'une série d'anneaux ouverts juxtaposés de manière à former un tunnel, caractérisé par des chanfreins sur les portions en regard des deux branches de chaque anneau ouvert. 2. Confuseur suivant la revendication 1, caractérisé en ce que les portions en regard des branches sont en acier chromé ou sont revêtues d'une couche destinée à leur conférer une résistance élevée au frottement. 3. Confuseur suivant la revendication 2, caractérisé en ce que ladite couche est à base d'oxyde d'aluminium ou de titane. 4. Métier à tisser comprenant une buse d'insertion de trame par jet d'air dans un confuseur, caractérisé en ce que le confuseur est tel que défini aux revendications précédentes.