La présente invention concerne un procédé permettant de sceller un objet accouplé à un corps de longueur indéfinie, tel que canalisation hydraulique, pneumatique ou électrique, aisément et de manière inviolable. Plus particulièrement, 1' invention concerne un Procédé de scellement efficace pour l'équilibre du bilan matières de matériaux nucléaires. Le "bilan matières" de matériaux nucléaires constitue un élément important parmi les "facteurs de sécurité". Cette ex- pression désigne ici dans un sens générique les divers moyens prévus pour surveiller les matériaux nucléaires et en éviter les détournements dans des installations à fins tant pacifique que militaires, de façon à déceler sans retard les risques de détournement et à attester l'absence de détournement. En tant que moyens contribuant à l'équilibre du bilan matières, on a mis au point des techniques efficaces de "contention" et de "surveillance". Malheureusement, toutefois, les techniques ainsi mises laissent encore à désirer. Par exemple, dans une installation d'enrichissement d' uranium, on a proposé de sceller les joints de brides de tronçons de tuyauterie pour en déceler et en interdire le ré- accouplement illicite. Un tel scellement doit satisfaire à de nombreuses exigences: par exemple, il doit être facile à opérer et inviolable à un degré accusé, avoir une grande résistance au vieillissement etc. En outre, attendu que les tuyauteries ont usuellement une longueur indéfinie, les scel- lements doivent être réalisés seulement au niveau des joints de brides des tuyaux, ce qui exige un dispositif de scelle- ment spécial. En conséquence, la présente invention a pour buts de pro- poser un procédé de scellement de brides de tuyauterie: - qui permette de déceler et d'éviter le ré-accouplement illicite de tuyaux; - qui facilite le travail de scellement et rende le scel- lement hautement inviolable et doté d'une grande résistance au vieillissement; - que l'on puisse appliquer efficacement, en particulier, pour sceller les joints de brides d'une canalisation, par exemple, d'installation d'enrichissement d'uranium. Suivant la présente invention, il est prévu un procédé de scellement d'un objet qui présente une surface périphéri- que, des surfaces sensiblement perpendiculaires à cette sur- face périphérique et des corps de longueur indéfinie partant desdites surfaces perpendiculaires à la surface périphérique, caractérisé en ce que: on enveloppe ladite surface périphé- rique d'une pellicule sujette au retrait thermique de façon que les deux grands bords de cette pellicule dépassent les bords latéraux de ladite surface périphérique; on opère la réunion adhérente des petits bords de la pellicule; et l'on chauffe la pellicule sujette au retrait thermique pour provo- quer son retrait afin qu'elle scelle ladite surface périphéri- que et une partie périphérique desdites surfaces perpendicu- laires à la surface périphérique, mais non lesdits corps de longueur indéfinie. Comme exposé plus haut, l'objet à sceller par le procédé de scellement selon l'invention présente une surface périphé- rique, des surfaces sensiblement perpendiculaires à la sur- face périphérique et des corps de longueur indéfinie partant des surfaces perpendiculaires à la surface périphérique. Ain- si, l'objet est, par exemple, un joint de brides de tuyaute- rie, ou l'un de divers compteurs ou instruments interposés sur une canalisation soit hydraulique ou pneumatique, soit électrique. On va maintenant décrire à titre d'exemple un mode de réalisation préféré de l'invention en se référant aux dessins annexés, sur lesquels - la figure lA représente un joint de brides de tuyaute- rie à sceller par le procédé de scellement selon l'invention; - la figure lB représente un exemple de pellicule sujette au retrait thermique à utiliser selon l'invention; - les figures 1C et 1D illustrent la mise en oeuvre d'un procédé de scellement selon l'invention; - la figure 2 représente un autre exemple de pellicule sujette au retrait thermique à utiliser selon l'invention. On va maintenant décrire un mode préféré d'application de l'invention à un joint de brides d'une tuyauterie. La figure lA représente un joint de brides à sceller. Des tuyaux 2, munis à leurs extrémités de brides 1, sont ac- couplés l'un à l'autre du fait que les brides sont serrées l'une contre l'autre, avec interposition d'un joint d'étan- chéité ou analogue, par des boulons 3. Comme mentionné plus haut, dans une tuyauterie d'installation d'enrichissement d' uranium, il est essentiel d'interdire le ré-accouplement il- licite de tuyaux afin de maintenir l'équilibre du bilan matiè- res de matériaux nucléaires. A cette fin, selon l'invention, on opère le scellement en utilisant une seule pellicule 4 sujette au retrait thermi- que (voir figure 1B). Cette pellicule 4 sujette au retrait est, par exemple, une pellicule de chlorure de polyvinyle de largeur W très supérieure à la largeur w du joint de brides (W " w). On colle un papier collant duplicateur 5, sur lequel est imprimé un symbole d'identification, sur le recto de la pellicule 4. On pose un ruban adhésif double face 6 sur la pellicule 4, près de l'une de ses extrémités. Lorsqu'on enroule la pellicule sujette au retrait 4 au- tour de la surface périphérique du joint de brides, ses deux grands bords latéraux dépassent les bords latéraux de la sur- face périphérique du joint de brides, comme on le voit sur la figure 1C. Après réunion adhérente temporaire des extrémités de la pellicule 4 par le ruban adhésif 6, on enduit ces extré- mités d'un agent adhésif 7, typiquement tétrahydrofurane, pour assurer la réunion adhérente totale de ces extrémités. Ensuite, lorsqu'on chauffe la pellicule sujette au re- trait ainsi enroulée, celle-ci se contracte comme illustré par la figure 1D, de sorte qu'elle recouvre efficacement les parties périphériques des brides 1, y compris les boulons 3, assurant ainsi le scellement. On peut utiliser comme pellicule sujette au retrait ther- mique non seulement une pellicule de chlorure de polyvinyle comme indiqué plus haut, mais encore une autre pellicule de matière thermoplastique sujette au retrait ayant subi un éti- rage uni-axial ou bi-axial, par exemple de polyéthylène, de polypropylène, de polyester, de chlorure de polyvinyle etc. Toutefois, il est préférable d'utiliser une pellicule thermo- plastique à étirage uni-axial parce que, si l'on fait en sorte que la direction de retrait de la pellicule coïncide avec la direction d'enroulement de la pellicule, celle-ci se trouve, après retrait, étroitement fixée sur la surface périphérique 24 90 139 du joint de brides et rabattue vers la tuyauterie sur les bords de la surface périphérique, sans avoir subi de retrait sensible suivant l'axe de la tuyauterie, ce qui évite de dé- former le label imprimé 5. Des résultats d'essai montrent que, du double point de vue du retrait et des propriétés fondamen- tales telles que transparence, ouvrabilité, résistance mécani- que, comportement à basse température, migration de plasti- fiant et ainsi de suite, ainsi que facilité de scellement et d'impression, c'est le chlorure de polyvinyle qui convient le mieux pour constituer la pellicule sujette au retrait ther- mique. Par exemple, une pellicule de chlorure de polyvinyle pour la mise en oeuvre de l'invention présente les caractéristiques suivantes. Pour une épaisseur de 70 pum, elle subit un retrait de 5% en long et de 55% en travers lors d'un chauffage de 5 minutes dans un bain d'eau bouillante à 1000C. Pour une épais- seur de 40 Pum et des conditions de chauffage identiques, le retrait est de 5% en long et de 54% en travers. Lorsqu'on la chauffe à l'air chaud, une pellicule de chlorure de polyvinyle commence à se contracter à une température relativement fai- ble d'environ 40'C, et subit un retrait constant dans un lar- ge intervalle de température. Le taux maximum de retrait est de 55%. Ces caractéristiques conviennent tout à fait en vue du scellement selon l'invention. Pour la réunion adhérente des extrémités de la pellicule sujette au retrait enroulée autour du joint de brides, on peut procéder soit au solvant ou à l'adhésif, soit par fusion ther- mique. La réunion par fusion thermique peut être assurée par méthode de soudage à la barre, selon laquelle on presse une plaque chauffée contre la pellicule, par méthode de scellement par impulsions suivant laquelle on applique un instant un ru- ban de nickel-chrome traversé par du courant électrique, ou encore par chauffage interne opéré par exemple par soudage aux ultra-sons. Toutefois, vu l'aptitude au retrait de la pellicule, il est préférable de ne pas chauffer celle-ci à 1' étape de réunion adhérente de ses extrémités. Au cas o l'on opère la réunion adhérente à l'adhésif, on choisit l'agent adhésif d'après la nature de la matière de scellement, c'est- à-dire de la pellicule sujette au retrait. Quand cette pelli- cule est en chlorure de polyvinyle, la méthode consistant à assurer d'abord la réunion adhérente temporaire des extrémi- tés de la pellicule au moyen de ruban adhésif double face, puis la réunion adhérente permanente par application de tétra- hydrofurane, est la meilleure quant à l'effet de scellement accusé, à la haute inviolabilité (effet anti-reproduction), à l'aptitude à la réunion adhérente et à la force d'adhésion, ainsi qu'à la grande résistance au vieillissement. Le scellement en soi peut être opéré simplement en en- roulant la pellicule sujette au retrait sur le joint de bri- des. Toutefois, en vue d'assurer une haute inviolabilité et de permettre des vérifications du bilan matières à l'état scellé, il est préférable d'introduire un label imprimé dans la partie scellée. On peut obtenir ce résultat de diver- ses manières, par exemple au moyen de papier collant collé d'avance au recto de la pellicule sujette au retrait, en uti- lisant du papier collant duplicateur comme papier collant, ou encore au moyen de papier à étiquettes tendre marqué au cachet à chaud. Parmi ces méthodes, l'utilisation de papier collant duplicateur s'avère la plus indiquée. En effet, on peut porter des mentions telles que date de scellement, nom du préposé etc. sur du papier collant duplicateur adhérant par pression. On colle l'un des exemplaires de papier duplicateur au verso de la pellicule, et l'autre exemplaire sur un regis- tre. Ainsi, il est possible de dépister immanquablement toute falsification du label en confrontant les exemplaires figu- rant sur l'objet et sur le registre. Il est préférable de munir le scellement de moyens des- tinés à faciliter son ouverture. Ces moyens d'ouverture peu- vent être des perforations réalisées à la machine, une patte de déchirure, un élément de sectionnement etc. Toutefois, le mieux est de ménager à la machine des perforations 10 telles que représentées sur la figure 2. Bien qu'on se soit référé en particulier, pour décrire l'invention, au scellement de joints de brides de tuyauterie, on peut tout aussi bien appliquer le procédé selon l'invention à une valve interposée sur une tuyauterie. Dans ce cas, on enroule la pellicule sujette au retrait thermique autour de la valve, y compris la manette de commande de celleci et, 2490'139 après réunion de ses extrémités, on chauffe la pellicule pour la contracter. Ce faisant, on interdit la manoeuvre de la manette de la valve, ce qui permet de tabler sur le débit. Dans ce cas aussi, il est possible de prévoir un label impri- mé portant la valeur de consigne du débit et d'autres données. Par le procédé de scellement selon l'invention tel que décrit ci-dessus, il est possible de sceller des objets re- liés à des corps de longueur indéfinie, tels que tuyauterie, sans difficulté notable. En outre, le procédé de scellement selon l'invention facilite le scellement sur place et assure une bonne inviolabilité, une haute résistance au vieillisse- ment et une bonne stabilité. L'inviolabilité est encore amé- liorée par la présence d'un label imprimé qui permet aussi d'opérer des vérifications de la situation comptable à l'état scellé. Le mode de scellement selon l'invention trouve son application la plus indiquée et la plus efficace pour assurer l'équilibre des bilans matières de matériaux nucléaires dans diverses installations de mise en oeuvre de matériaux nuclé- aires. REVENDICATIONS 1. Procédé de scellement d'un objet qui présente une surface périphérique, des surfaces sensiblement perpendiculai- res à cette surface périphérique et des corps de longueur in- définie partant desdites surfaces perpendiculaires à la sur- face périphérique, caractérisé en ce que: on enveloppe ladite surface périphérique (1) d'une pellicule (4) sujette au re- trait thermique de façon que les deux grands bords de cette pellicule dépassent les bords latéraux de ladite surface pé- riphérique; on opère la réunion adhérente des petits bords de la pellicule; et l'on chauffe la pellicule sujette au re- trait thermique pour provoquer son retrait afin qu'elle scelle ladite surface périphérique et une partie périphérique des- dites surfaces perpendiculaires à la surface périphérique, mais non lesdits corps de longueur indéfinie (2). 2. Procédé de scellement selon la revendication 1, ca- ractérisé en ce que ladite pellicule (4) est une pellicule sujette au retrait thermique ayant subi un étirage uni-axial et en ce qu'on opère l'enroulement de la pellicule autour de la surface périphérique (1) de façon que la direction de retrait de la pellicule coïncide avec la direction d'enroule- ment de la pellicule. 3. Procédé de scellement selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que la pellicule (4) sujette au retrait thermique est une pellicule de chlorure de polyvinyle et en ce qu'on opère la réunion adhérente des petits bords de la pellicule par réunion adhérente temporaire de ces petits bords à l'aide de ruban adhésif double face (6), puis réunion adhé- rente permanente effectuée en utilisant comme agent adhésif du tétrahydrofurane. 4. Procédé de scellement selon la revendication 1, 2 ou 3, caractérisé en ce qu'on ménage d'avance à la machine des perforations (10) dans la pellicule sujette au retrait (4), de sorte qu'après scellement, cette pellicule peut être dé- chirée suivant la ligne de perforations. 5. Procédé de scellement selon la revendication 1, 2, 3 ou 4, caractérisé ence que la pellicule non sujette au retrait (4) est munie d'un label imprimé (5) inviolable. 6. Procédé de scellement selon la revendication 5, carac- térisé en ce que ledit label imprimé est constitué par un papier collant duplicateur portant, imprimé, un symbole d' identification, ce papier collant duplicateur étant collé au recto de la pellicule sujette au retrait (4).