La présente invention est relative aux procédés et dispositifs pour sécher des plantes, notamment des fleurs, composés d'éléments minces ou fins afin qu'elles puissent être conserves par exemple dans un but décoratif. La matière végétale vivante est en grande partie constituée d'eau, puisque celle-ci représente environ 80 % du poids d'une plante. Lorsque ce pourcentage d'eau devient inférieur à 20%, l'activité physiologique de la plante cesse et, lorsque ce pourcentage est encore plus faible, la plante meurt et "se fane" en se déformant, devenant alors impropre à la décoration. Cette déformation de la plante séchée, qui résulte d'une diminution de volume de ses cellules constitutives par suite de leur perte d'eau n'est pas uniforme et isotrope, mais varie au contraire localement selon la nature des cellules. Par exemple, les cellules ligneuses, possédant une structure plus rigide, conservent mieux leurs formes que les cellules parenchymateuses. Cette anisotropie de la rétraction cellulaire engendre des forces internes tendant à déformer la plante au fur et à mesure qu'elle perd son eau. On se propose, selon l'invention, dtécarter cet inconvénient, c'est-à-dire de rendre isotrope la rétraction cellulaire en maintenant fermement en place au cours de leur séchage les éléments constitutifs de la plante : de la sorte ces éléments, au cours du séchage, peuvent subir une diminution dimensionnelle tout en conservant leurs formes initiales. Selon un premier aspect, l'invention propose un procédé qui se caractérise en ce qu'on dispose la plante à sécher au sein d'une masse poreuse et coulante constituée de grains sans aspérité à granulométrie comprise entre 100 et 1 mm et én ce qu'on fait passer à travers cette masse poreuse un courant de gaz sec inerte vis-à-vis des éléments de la plante et ayant une température au moins égale à la température ambiante et au plus égale à 500C, pendant une durée suffisante pour extraire au moins la majeure partie, et de préférence les trois quarts de l'humidité de la plante. I1 est avantageux d'agiter la masse granulèuse de manière que les grains pénètrent dans tous les interstices et/ou toutes les cavités de la plante. Grâce à cet ensemble de dispositions on est assuré que les éléments constitutifs de la plante sont maintenus fermement dans leurs positions relatives et dans leur forme, la masse granuleuse jouant le rôle de support épousant de façon parfaite, du fait de ses propriétés coulantes et de sa granulométrie fine, la forme des éléments de la plante En outre, sous l'action de son propre poids, qui est important vis-à-vis du poids propre de chacun des éléments de la plante, la muasse granuleuse s'oppose à la rétraction des éléments de la plante ou guide l'action des forces internes de manière telle - que lesdits éléments conservent leur forme initiale au cours du séchage. Il est avantageux que les grains soient des billes de verre, ayant de préférence une granulométrie comprise entre 400 et 600 microns de manière que le courant de gaz puisse circuler facilement au sein de la masse granuleuse, le gaz utilisé pouvant être de l'air. Selon un second aspect, l'invention propose un dispositif de séchage simple et peu coûteux pour sécher des plantes en mettant en oeuvre le procédé ci-dessus. Selon l'invention, ce dispositif se caractérise en ce que les grains sont contenus dans un récipient comportant un orifice d'arrivée et un orifice de sortie pour le courant de gaz et en ce que cet orifice d'arrivée et cet orifice de sortie sont agencés pour que la plante soit située sur le trajet suivi par le courant de gaz à travers la masse poreuse. De préférence, la mise en circulation du gaz au sein de la masse poreuse est obtenue en créant une dépression dans l'orifice de sortie du récipient, ledit orifice étant avantageusement muni d'un tamis à mailles suffisamment fines pour empêcher le passage des grains tout en ne s'opposant pas au passage du courant de gaz et l'orifice d'entrée du récipient pouvant être relié à des moyens pour réchauffer le gaz entre la température ambiante et une température au plus égale à 50 . L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui suit d'un de ses modes de réalisation, donné à titre il lustratif; mais nullement limitatif, dans cette description on se réfère au dessin annexé sur lequel - la figure 1 illustre le procédé de séchage conforme à l'invention, - la-figure 2 illustre, à plus grande échelle, une partie de la figure 1, et - la figure 3 représente, schématiquement, un dispositif pour la mise en oeuvre du procédé de l'invention. En se reportant tout d'abord à la figure 1 de ce dessin, une plante 1 que l'on souhaite sécher, est disposée au sein d'une masse granuleuse 2 elle-même contenue dans un récipient 3. Les parois latérales 4 de ce récipient sont imperméables aux gaz et la partie inférieure est fermée par un tamis 5 à maillage suffisamment fin pour retenir les grains de la masse 2. Comme représenté sur la figure 1, la plante 1 est supposée être une fleur constituée par une tige 6, des feuilles 7 et des pétales 8. La masse granuleuse 2 est constituée de grains fins, sans aspérité, afin qu'ils ne déchirent pas les éléments de la plante) des billes de verre conviennent tout à fait dans ce but. On commence par remplir de billes de verre le fond du récipient 3, puis on met en place la plante 1 en la disposant dans sa position naturelle. On poursuit alors le remplissage du récipient avec les billes de verre jusqu'à recouvrement complet de la plante, en prenant garde, au cours de cette opération, que les différents éléments de la plante (tige 6, feuilles 7, pétales 8 dans le cas de la fleur représentée) restent dans leurs positions relatives correctes et ne soient pas repliés sur eux-mêmes. Au cours du remplissage du récipient 3, il convient d'agiter la masse de billes de verre de manière que celles-ci pénètrent dans tous les instertices et remplissent toutes les cavités de la plante (notamment lorsque la plante est une fleur à corolle très peu évasée), comme cela est représenté plus en détail sur la figure 2. Ainsi disposés au sein de la masse 2, les éléments constitu tifs- de la plante sont soutenus de manière parfaite par les billes de verre qui sont situées au-dessous d'eux et qui en épousent fidélement la forme ; en outre les billes de verre qui sont situées au-dessus de ces éléments pèsent sur ceux-ci et les maintiennent en position, puisque le poids des billes de verre surplombant chaque élément de la plante est très supérieur au poids dudit élément. Autrementdit, chaque élément de la plante est coincé ou serré entre les billes de verre qui l'entourent, et les efforts internes qui s'exercent au sein de chaque élément au cours du sé chage sont trop faibles pour vaincre les efforts de coincement exercés par les billes de verre sur l'élément et ne peuvent agir que de manière à provoquer une diminution des dimensions de l'élément sans altération de la forme générale de celui-ci. Pour accélérer le séchage de la plante et éviter qu'elle ne pourrisse au sein de la masse de billes de verre, on fait traver ser celles-ci par un courant de gaz sec, inerte vis-à-vis des éléments de la plante, circulant comme indiqué par les flèches 9, 10. De l'air sec peut tout à fait convenir dans ce but. Pour diminuer le temps de séchage il convient que l'air mis en circulation' soit réchauffé à une température supéreure à la température ambiante, sans toutefois que cette température n'excède 50"C, valeur au-delà de laquelle les cellules végétales risqueraient d'être détruites. Une température de 40"C convient pour la plupart des cas. Le courant d'air sec réchauffé doit être maintenu pendant le temps nécessaire au séchage de la plante, c'est-à-dire jusqu'à ce que celle-ci ait perdu au moins les trois quarts (en poids) de son eau. A titre d'exemple, pour sécher une jonquille, il faut maintenir un courant d'air sec à 40"C pendant 10 à 15 heures. Pour que l'air puisse circuler facilement au sein de la masse de billes de verre, il est nécessaire que la granulométrie de celles-ci ne soit pas trop fine. Le choix de cette granulométrie résulte donc d'un compromis puisque les billes de verre doivent être suffisamment grosses pour ne pas s'opposer outre mesure à l'écoulement du courant d'air, mais doivent être suffisamment fines pour enserrer de fa çon parfaite les éléments de la plante, l'idéal dans ce dernier cas étant bien entendu un enserrement continu des éléments sur toute leur surface. Une granulométrie comprise entre 100 t et 1 mm satisfait à ces conditions, la préférence devant être accordée en général à une granulométrie comprise entre 400 et 600 microns. Il résulte des explications qui précèdent qu'il est nécessaire, pour obtenir une plante séchée non déformée, que ladite plante ne soit constituée que d'éléments minces (feuilles, pétales dans le cas d'une fleur) ou fins (tiges), de manière que chaque élément soit parfaitement coincé entre les billes de verre et soit baigné par le courant d'air sec. Par contre un élément non mince et/ou non fin (par exemple une corolle fermée ou une fleur en bouton) ne serait pas maintenu de façon parfaite et ne serait pas coincé par les billes de verre, si bien que ses parties internes-non maintenues resteraient le siège d'efforts internes entrainant sa rétraction et donc sa déformation non isotrope. On notera également que la matière végétale constitutive des éléments d'une plante est relativement molle. De ce fait, les billes de verre s'incrustent superficiellement dans les éléments et, une fois séchés, ces éléments conservent les empreintes creuses imprimées par les billes. Ces empreintes sont particulièrementvi- sibles sur les pétales de fleurs, plus-mous par exemple que les feuilles ou les tiges. La figure 3 représente, à titre d'exemple, un dispositif permettant-de sécher des plantes conformément au procédé qui vient d'entre décrit. Sur cette figure, les organes déjà représentés sur la figure 1, sont désignés par les mêmes références numériques. Ce dispositif est essentiellement constitué par un récipient 3, de préférence allongé, à parois latérales 4 imperméables aux gaz comme cela a déjà été indiqué. Ce récipient peut être de forme cylindrique de révolution, mais toute autre forme peut également convenir. Sa partie inférieure est fermée par un tamis 5 dont le maillage est choisi tel qu'il empêche le passage des grains utilisés. A cette fin, on peut utiliser un tamis métallique, ou tout autre moyen équivalent tel qu'un tissu à trame lâche. La partie inférieure du récipient est raccordée par une tubulure 11, à un aspirateur 12 destiné à provoquer la mise en circulation d'un courant d'air au sein du récipient. Quant à la partie supérieure du récipient 3, elle est raccordée par une tubulure 13 à un réchauffeur d'air 14 (par exemple électrique) qui peut être muni d'un orifice 15 d'aspiration d'air ambiant. Bien entendu, le dispositif de l'invention peut comporter d'autres éléments si nécessaire (le réchauffeur d'air 14 peut par exemple être associé à un ensemble de déshydratation de l'air pour assécher le courant d'air traversant le récipient) ou bien ce dispositif peut être agencé de façon différente, mais équiva lente (par exemple l'aspirateur 12 peut être remplacé par un insuffleur d'air disposé entre le réchauffeur 14 et le récipient 3). On peut également envisager de disposer,autour du récipient extérieurement à celui-ci, des moyens de chauffage tels que (résistance électrique, circulation d'eau chaude, ...), la vapeur d'eau provenant de la plante chauffée exclusivement par ces moyens extérieurs étant évacuée en créant une dépression au sein de la masse pdreuse (par exemple à l'aide de l'aspirateur 12). Comme il va de soi,et comme il résulte d'ailleurs déjà de ce qui précède, l'invention ne se limite nullement à ceux de ses modes d'application et de réalisation qui ont été plus spé cialement envisagés elle elle en embrasse, au contraire, toutes les variantes. REVENDICATIONS 1. Procédé pour sécher des plantes, notamment des fleurs, composées d'éléments minces ou fins, caractérisé en ce qu'on dispose la plante à sécher au sein d'une masse poreuse et coulante constituée de grains sans aspérité à granulométrie comprise entre lOOmicrons et tm eten ce qu'on fait passer à travers cette masse poreuse un courant de gaz sec inerte vis-à-vis des éléments de la plante et ayant une température au moins égale à la température ambiante et au plus égale à 50"C, pendant une durée suffisante pour extraire au moins la majeure partie, et de préférence les trois quarts de l'humidité de la plante. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on agite la masse granuleuse de manière que les grains pénètrent dans tous les interstices et/ou toutes les cavités de la plante, grâce à quoi les différents éléments de celle-ci sont maintenus-dans leurs positions relatives. 3. Procédé selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que les qrains ont une granulométrie comprise en 400 et 600 microns. 4. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé encre que les grains sont des billes de verre. 5. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que la température du gaz sec est au plus égale à 40 C. 6. Procédé selon l'une quelconque des revendications pr- cédentes, caractérisé en ce que le gaz est de l'air. 7. Dispositif pour sécher des plantes, notamment des fleurs, composées d'éléments minces ou fins, pour la mise en oeuvre du procédé, selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que les grains sont contenus dans un récipient comportant un orifice d'arrivée et un orifice de sortie pour le courant de gaz et en ce que cet orifice d'arrivée et cet orifice de sortie sont agencés pour que la plante soit située sur le trajet suivi par le courant de gaz à travers la-masse poreuse. 8. Dispositif selon la revendication 7, caractérisé en ce que la mise en circulation du gaz au sein de la masse poreuse est obtenue en créant une dépression dans l'orifice de sortie du récipient. 9. Dispositif selon la revendication 8, caractérisé en ce que, dans l'orifice de sortie, est disposé un tamis à mailles suffisamment fines pour empêcher le passage des grains. 10. Dispositif selon la revendication 8 et 9, caractérisé en ce que l'orifice d'entrée du récipient est relié à des moyens pour réchauffer le gaz entre la température ambiante et une température au'plus égale à SOC. 11. Plante, notamment fleur, séchée, caractérisée en ce qu' elle est séchée en mettant en oeuvre le procédé selon l'une quelconques des revendications 1 à 6, et/ou à l'aide d'un dispositif selon l'une quelconque des revendications 7 à 10. 12. Plante séchée selon la revendication 11, caractérisée en ce que ses éléments minces présentent une pluralité d'empreintes creuses formées par les grains constituant la masse poreuse. 13. Plante séchée selon la revendication il ou 12, caractérisée en ce que certains au moins de ses éléments minces ou fins présentent une diminution dimensionnelle par rapport à son état d'avant séchage.