La présente invention concerne le domaine général de l'utilisation des pulpes de végétaux tels que les pulpes de fruits et notamment les pulpes de raisins ayant été pressées et non broyées. Les pulpes à ce stade représentent un résidu de couleur brun rouge possédant une légère odeur d'alcool et se trouvant rapidement en état de fermentation. On a jusqu'à présent tenté de trouver une utilisation intéressante pour un tel produit résiduel mais en vain. L'une des utilisations retenues actuellement pour son faible court consiste à assurer le stockage du produit pendant une durée relativement longue puis, ensuite, à l'utiliser en tant qu'amendement organique du sol. Une telle application n'est pas satisfaisante car le pouvoir d'amendement d'un tel produit est faible. Une autre application envisagée consiste à transformer un tel résidu, immédiatement après distillation, c'est-à-dire avant le démarrage du processus de fermentation, en vue de l'obtention d'un produit alimentaire pour bétail. Pour ce faire, il est nécessaire de déshydrater et de broyer les pulpes en vue de l'obtention, soit d'une farine devant etre mélangée à d'autres aliments de base, soit de granulés secs ne pouvant non plus etre consommés seuls en raison de leur faible pouvoir d'appétence. Dans ces deux cas, la déshydratation totale, le broyage ainsi que la granulation font perdre une grande partie des éléments nutritifs inclus dans les pulpes et, de surcroft, le produit final obtenu se présente sous une forme sèche incompatible avec le système digestif des animaux en général et, plus particulièrement, des ruminants, lesquels exigent une certaine masse pour l'accomplissement correct de leur fonction physiologique de remachement et de rumination. Outre le coût élevé d'une telle transformation, principalement dû à la quantité élevée d'énergie consommée pour la phase de déshydratation complète, le produit ainsi obtenu ne possède qu'un faible attrait pour les animaux auxquels il ne fournit tout au plus qu'un faible complément alimentaire. En d'autres termes, les pulpes de végétaux représentent actuellement des résidus pour lesquels aucune utilisation ou application satisfaisante nsa été faite. La présente invention vise à résoudre ce problème en proposant un procédé de transformation des pulpes permettant d'obtenir, pour un prix de revient inférieur à celui du procédé connu, un aliment pour bétail et, plus parti culièrement, pour ruminants, possédant un grand pouvoir d'appétence au point de pouvoir constituer en lui-meme une base alimentaire ingérable sans aucune autre addition et offrant une richesse nutritionnelle permettant d'envisager une diminution sensible de la consommation d'alisnents fourragers ou autres,tels que tourteaux de soja. Le procédé de l'invention est particulièrement intéressant car il permet de s'affranchir de l'obligation de traiter le produit avant le démarrage de la phase de fermentation et de transformer ledit produit meme lorsque cette phase de fermentation est entamée et ceci bien que la fermentation d'un tel produit soit en elle-meme un processus délicat dont la maîtrise est complexe et ne peut etre déduite de celle d'un autre produit organique. L'invention concerne également, en tant que produit nouveau, l'aliment pour bétail obtenu par la mise en oeuvre du procédé et qui offre les avantages, inconnus à ce jour avec les produits déshydratés pulvi5rulents, de facilité de stockage, d'absence de sensibilité aux variations hygrométriques du milieu environnant et d'utilisation pratique. Un avantage particulièrement important du nouveau produit obtenu réside dans le fait que, conservant tous ces éléments nutritionnels intrinsèques particulièrement riches, il possède un pouvoir nutritionnel élevé le rendant apte au remplacement partiel des produits complémentaires d'alimentation tels que le soja, les issues, les fourrages, les céréales dont le court est d'autant plus élevé que la production, territorialement et quantitativement limitée, doit répondre à des besoins sans cesse croissants. Un avantage supplémentaire de l'objet de l'invention tient au fait que la transformation des pulpes, conformément au procédé préconisé, ne fait pas intervenir d'installations particulièrement complexes et coûteuses d'achat et d'entretien, de sorte que le produit obtenu à partir d'un résidu peu ou pas utilisé à ce jour, peut etre mis en oeuvre dans le commerce à un prix de vente intéressant. Conformément à l'invention, le procédé de transformation de pulpes de végétaux en aliments pour le bétail est caractérisé en ce que les pulpes à transformer sont mélangées et triturées en vue de l'obtention d'une masse homogène possédant un taux d'humidité relative de l'ordre de 60 qb, les pulpes sont ensuite broyées grossièrement puis, toujours en phase humide, souS à granulation en vue de l'obtention de fragments astreints ensuite à une première phase de séchage conduite à température faible pour abaisser le taux d'humidité relative des fragments à environ 40 O/o, les fragments sont ensuite soumis à un repos puis à une seconde phase de séchage également à faible température pour abaisser à 9 % environ le taux d'humidité relative des fragments qui sont enfin conditionnés après refroidissement. Selon le procédé de l'invention, la matière première utilisée est la pulpe végétale en général et, à titre préférentiel, la pulpe de fruits, notamment de raisins mélangée ou non aux rafles et issue de transformation habituelle et, en particulier, de la distillation pour ce qui concerne la pulpe de raisins. La première phase du procédé consiste à soumettre la pulpe à un mélange et une trituration de manière à disposer d'une matière première homogène possédant un pourcentage d'humidité relative de l'ordre de 60. Le mélange et la trituration sont avantageusement utilisés également pour favoriser l'élimination des corps étrangers éventuels ayant pu etre malencontreusement incorporés à la pulpe pendant son transport et son stockage. La pulpe est ensuite soumise à une opération de broyage grossier ayant pour but d'homogénéiser la répartition et la concentration de ses différents constituants et notamment de ses fanes ou rafles et aussi de hacher ces dernières en leur maintenant toutefois des brins longs de l'ordre de 3 à 20 millimètres d'une façon analogue à ce qui est connu pour le fourrage traditionnel. Le broyage grossier de la matière humide est ensuite suivi d'une opération de granulation de ladite matière humide qui est introduite dans une filière à faible compression délivrant des sortesde boudins, possédant une section moyenne de l'ordre de 14 à 20 millimètres. Ces boudins sont délivrés avec une hauteur de chute moyenne sur un transporteur sans fin en défilement de manière à produire leur cassure en morceaux, fragmentes, boulettes possédant une longueur comprise entre une à deux fois leur diamètre. Les fragments sont ensuite soumis à une première phase de séchage visant à ramener leur taux d'humidité relative à 38-42 %. Selon une phase importante du procédé, cette première phase de séchage est conduite de manière à ne former autour de chaque fragment qu'unie faible croûte de faible épaisseur et non pas une croQte épaisse et dure. A cette fin, le séchage partiel est effectué au moyen d'un fluide gazeux chauffé et, de préférence, d'air préalablement élevé à une température ne dépassant pas 170-180"C et, par exemple , com prise entre 150 et 1700C.Cette première phase de séchage se déroule pendant environ 3 à 4 minutes et permet d'obtenir des fragments possédant par leur peau ou faible croûte une bonne cohésion et à l'intérieur desquels la matière première, ramenée à un taux plus faible d'humidité, possède toujours l'ensemble de ses composants, de ses richesses nutritionnelles et de ses microorganismes, étant donné que sa température propre est toujours ainsi maintenue aux environs de 75"C extérieurement et 40"C intérieurement. Les fragments issus de la première phase de séchage sont ensuite acheminés vers une aire ou un volume de stockage pour y subir, à température ambiante, une phase de repos de l'ordre de 30 à 60 minutes. Cette phase de repos, particulièrement importante, est prévue pour assurer un rééquilibrage de la vie microbienne interne à chaque fragment et pour permettre une répartition et une homogénéisation du taux d'humidité de l'intérieur vers la peau ou croûte qui s'assouplit. Après cette phase de repos les fragments, morceaux ou boulettes sont soumis à une seconde phase de séchage destinée à ramener leur pourcentage d'humidité relative à un taux bloquant la vie microbienne, c'est-à-dire de l'ordre de 9 Olo. De préférence, cette seconde phase de séchage se déroule pendant 3 à 4 minutes au moyen d'air chauffé à environ llO"C. L'assouplissement de la croûte ou peau ainsi que sa réhumidification durant la phase intermédiaire de repos permettent de ramener l'humidité relative de chaque fragment au seuil désiré sans les soumettre W une température élevée, ce qui, autrement, serait le cas si chaque fragment possédait, après la première phase, une carapace épaisse et sèche due à une température de premier séchage trop élevée. Les fragments se présentent alors sous la forme de volumes de faible densité, environ 0, 3, stablesorganiquement,pouvant etre conditionnés très facilement après refroidissement dans tout emballage sans- présenter une grande sensibilité aux variations de conditions hygromé triques du milieu en vironnant > comme cela est le cas des produits déshydratés pour lesquels il est essentiel de respecter des conditions de stockage favorables à leur bonne conservation. Ainsi que cela ressort de ce qui précède, l'objet de l'invention présente, de multiples avantages dont les principaux sont les suivants Les températures de séchage relativement faibles permettent un gain d'énergie important par rapport aux procédés de déshydratation et, par suite, l'obtention d'un produit résultant à un prix de revient intéressant. La matière première n'est pas soumise à une forte compression initiale, les fragments obtenus restent friables et peuvent etre absorbés facilement par les animaux. La granulation en phase humide et le séchage en deux temps séparés par une phase de repos fournissent des fragments d'un certain volume et de faible densité qui se présentent sous une forme favorable à 15gestion directe par les animaux en pouvant ainsi représenter par eux-memes une masse alimentaire ingérable sans nécessiter de produits "supports". Le rétablissement d'une certaine vie microbienne durant la phase de repos et les séchages à faible température laissent à la matière un gout et une odeur plus prononcés que les matières déshydratées, ce qui confère un meilleur pouvoir d'appétence. Les faibles températures de séchage conservent à la matière toute sa valeur nutritive en gardant intacts les oligo-éléments qu'elle contient. Le broyage grossier initialement effectué permet de maintenir dans la matière humide une bonne concentration de brins ou fibres longs dont la présence est nécessaire pour le bon déroulement des fonctions digestives des animaux et plus particulièrement des bovins. L'obtention d'un produit résultant possédant les qualités ci-dessus permet de valoriser un résidu agricole disponible et, par suite, de réduire la dépendance à l'égard d'aliments complémentaires tels que le soja. A titre complémentaire, il faut citer aussi que la fragmentation en phase humide permet d'améliorer notablement les conditions de travail en diminuant fortement les poussières et les odeurs. L'invention n'est pas limitée aux exemples de réalisation représentés et décrits en détail car diverses modifications peuvent y etre apportés sans sortir de son cadre. REVENDICATIONS 1 - Procédé de transformation de pulpes de végétaux en aliments pour le bétail, caractérisé en ce que les pulpes à transformer sont mélangées et triturées en vue de l'obtention d'une masse homogène possédant un taux d'humidité relative de l'ordre de 60 %, les pulpes sont ensuite broyées grossièrement, puis, toujours en phase humideRsoumises à granulation en vue de l'obtention de fragments soumis ensuite à une première phase de séchage conduite à température faible pour abaisser le taux d'humidité relative des fragments à environ 40 96, les fragments sont ensuite soumis à un repos puis à une seconde phase de séchage également à faible température pour abaisser à 9 % environ le taux d'humidité relative des fragments qui sont enfin conditionnés après refroidissement. 2 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que les phases de séchage sont conduites de manière que la température des fragments ne dépasse pas environ 75"C extérieurement et 400 intérieurement. 3 - Procédé selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que les phases de séchage se déroulent pendant environ 3 à 4 minutes et sont conduites en utilisant de l'air amené à une température de l'ordre de 11 G à 170 C. 4 - Procédé selon la revendication 1,,caractérisé en ce que la phase de repos se déroule à température ambiante pendant une durée comprise entre 30 et 60 minutes. 5 - Produit alimentaire nouveau obtenu par transformation de pulpe de végétaux selon l'une des revendication$ 1 à 4.