La présente invention, à laquelle ont collaboré Messieurs Yves DRAPEAU, Alain CINQUANTE, Jean Paul BlANCHI et Gilles SADO, concerne une nouvelle composition d'urée et de paraffines destinée à l'ali tentation des ruminants. Dans la suite de la description et dans les revendications, on désignera indifféremment par les termes bétail, bêtes, ruminants, l'ensemble des animaux qui ruminent, par exemple la vache, le boeuf, le mouton, le renne, etc.... On désignera par complexe ali- mentaire" les mélanges selon 11 invention, qui sont utilisés en complément de la ration Journalière des ruminants ; ce complexe alimentaire peut être utilisé soit seul, et on le désignera ci-aprbs souvent par les termes "urée enrobée", soit en mélange avec des aliments naturels tels que l'orge, le flis, le blé, comme il sera décrit par la suite. Il est rappelé que l'urée peut entrer dans la composition des aliments des ruminants. En effet, l'azote de l'urée peut être transformé en azote protéique par les bactéries du rumen. Cependant, l'utilisation de l'urée comme substituant des matières apportant usuellement l'azote protéique -le tourteau de soja par exemple,- est limitée par certaines législations,bien que certains chercheurs estiment maintenant que te pourcentage d'azote nécessaire à l'animal peut etre apporté par l'urée à raison de 30 %, voire de 50 %. Mais pour les fortes concentrations en urée, on se heurte à plusieurs difficultés - l'une tient à la tendance de l'azote uréique à se transformer rapidement en ammoniac s'il est présent en trop grande quantité.Ceci peut provoquer des troubles graves chez l'animal, d'abord au niveau du fonctionnement même du rumen, puis au niveau de l'animal lui-même, qui peut succomber à une intoxication aigue,du fait drUn passage rapide d'ammoniac, dans un court laps de temps, dans le sang de 1 t animal. - une autre difficulté est l'inappétence marquée par certaines bêtes vis-à-vis d'aliments contenant de l'urée. Certaines solutions ont été étudiées pour surmonter ces diffi cultés. Par exemple, on a songé à associer l'urée à des facteurs antiuréasiques, tels que l'acide acétohydroxamique ou ses dérivés, mais les résultats de ces assoeiations paraissent encore bien alé- atoires. On a également proposé d'associer l'urée à d'autres composants : certains produits commercialisés renferment 75 % de mais, 20 % d'urée et 5 % d'amidon gélifiant (bentonite de soude). Ce produit peut Qtre utilisé soit comme substitut des tourteaux, soit comme complément de protéines végétales ou de rations journalières de fourrage (notamment pour les vaches laitières). Dans le brevet canadien 780 809 est décrite une association d'urée et de paraffine, sous forme de pastilles d'urée enrobées de paraffine, à raison respectivement de 50 à 90 % d'urée et de 10 à 50 % de paraffine. Cette dernière doit avoir un point de fusion compris entre 48,9 et 87,800. Le brevet revendique les compositions particulières comprenant de tO à 20 % d'une paraffine à point de fusion égal à 5t,7 C. La paraffine entrant dans la composition semble constituer une source d'énergie pour les microorganismes du rumen et, par leur stimulation, aide à produire de plus grandes quantités de protéines.Cette composition présente cependant un inconvénient : la température du rumen est égale à environ 390C. la comparaison au point de fusion de la paraffine employée -de 48,90C à 87,80C- permet-de conclure que ce n'est que grâce à un ramollissement de paraffine à bas point de fusion dans le mélange paraffinique employé que l'urée est libérée. Il faut de plus un certain temps de malaxage de 11 aliment pour créer un défaut mécanique dans le revêtement paraffineux de l'urée, au terme duquel l'azote libéré peut se transformer en azote protéique.Ceci est gênant, pour deux raisons principales - d'une -part, la totalité de l'urée n'est pas forcément accessible, les défauts mécaniques n'ayant qu'une existence aléatoire, mais néanmoins probable - d'autre part, le défaut mécanique étant créé dans la pastille d'urée enrobée, l'urée alors accessible peut encore etre trop rapidement libérée et l'on risque d'observer les troubles cités plus haut. Le but de la présente invention est d'éliminer ces inconvénients et de proposer des aliments pour le bétail comportant de l'urée, mais dans lesquels l'urée ne peut être que progressivement libérée dans le rumen de l'animal. La présente invention a par conséquent pour objet un- complexe alimentaire pour le bétail, comprenant notamment de l'urée et une composition de paraffines à points de fusion compris entre 480C et 72 C, ledit complexe étant caractérisé en ce qutil comprend en outre au moins une paraffine linéaire à nombre d'atomes au moins égal à 16 et au plus égal à 20. Dans la suite de la description et des revendications, on dési zonera ladite composition de paraffines par les termes "paraffine lourde ou "mélange paraffinique", et la paraffine à nombre d'ato- mes de carbone compris entre 16 et 20 par "paraffine légère".On désignera souvent la composition urée + paraffines (paraffine légère et paraffine lourde) par "urée enrobée. On sait que ltabsorption, par un animal, de paraffine dite de pureté alimentaire, ne présente aucun danger pour son organisme. Cependant, lorsqu'on désire faire ingérer aux ruminants, en complément de leur ration habituelle, de l'urée sous forme d'un complexe alimentaire urée-paraffine tel que acini ci-dessus, il faut prendre en considération plusieurs paramètres d'inégale importance et interdépendants. Tout d'abord, il est connu que animal ne peut ingérer, sans risques de troubles sérieux, qu'une quantité limitée d'urée relativement à sa ration journalière. Cette quantité, actuellement, dépasse peu souvent 1 % dans la ration totale et 3 % dans le complément. Compte tenu de cette limitation impérieuse, il faut alors déterminer les conditions optimales d'ingestion de l'urée. la Demanderesse, au cours de ses travaux, a déterminé que les éléments critiques à prendre en considération sont les suivants : - Position et étendue du spectre de la composition paraffinique utilisée.Par nspectre" d'une paraffine, on désigne la courbe donnant, en fonction du nombre d'atomes de carbone dans les molécules-paraffiniques, le pourcentage, en poids, des différentes molécules formant cette composition - Proportions respectives d'urée et de paraffine dans le complexe alimentaire; - Structuredu complexe alimentaire présenté aux animaux. Tous ces éléments interviennent, de fait, dans le mécanisme de l'accessibilité de l'urée aux micro-organismes du rumen des animaux et,par voie de conséquence, dans la transformation de l'azote uréique en azote protéique. En effet a) La position du spectre de la paraffine (pour des proportions d'urée et de paraffine constantes dans un complexe de structure donnée), tel que défini ci-dessus, indique en fait les différents constituants de ladite paraffine, en qualité -nombre d'atomes de carbone des molécules- et en quantité -pourcentage en poids de chaque molécule présente dans la paraffine-.Or, la Demanderesse a établi que, pour libérer l'urée dans les meilleures conditions, la paraffine employée dans le complexe doit comprendre - d'une part, une paraffine (ou mélange paraffinique) à point de fusion compris entre 480C et 720C - d'autre part, une paraffine linéaire (ou plusieurs) à nombre d'atomes de carbone au moins égal à 16 et au plus égal à 20, qui, lorsqu'elle est portée à la température d'environ 3900 dans le rumen de l'animal, fond et libère ainsi l'azote uréique par accessibilité aux micro-organismes du rumen. Pour réaliser ledit complexe, on peut alors envisager deux types de spectres de la paraffine - soit le spectre est"régulier" avec une répartition des molécules constituant la paraffine plus ou moins étendue autour de la température de fusion moyenne (donc du nombre d'atomes de car bone moyen) de la composition paraffinique, de manière à étaler dans le temps l'accessibilité de l'azote ; les figures la et lb des dessins annexés illustrent ce type de spectre - soit le spectre est "irrégulier", car un constituant à nombre d'atomes de carbone compris entre 16 et 20 est en quantité importante relativement aux autres molécules : ledit spectre présentera alors un pic marqué entre 16 et 20 atomes de carbone, comme on le voit sur la figure 2 des dessins annexés. b) D'après ce qui précède, il est visible qu'on peut difficilement dissocier quantité et qualité de la paraffine employée. En effet, pour obtenir le même temps de libération progressive de l'azote uréique, avec des paraffines différentes dans le complexe, la Demanderesse a établi qu'il fallait d'autant moins de paraffine dans le complexe qu'elle est "légère" (c'est-à-dire possède un nombre d'atomes de carbone plus faible). Trois grandeurs sont à considérer - la teneur du complexe en urée - la teneur du complexe en"paraffine lourde; - la teneur du complexe en"paraffine légère". En ce qui concerne l'urée, le pourcentage en poids maximum de l'urée dans le mélange urée-paraffine est limité par la condition de bon enrobage : en effet, s'il n'y a pas assez de paraffine dans ledit mélange, l'effet de dissolution progressive disparate. La limite supérieure ainsi déterminée pour l'urée est de 90 % en poids. Le pourcentage en poids minimum d'urée est lié à la rentabilité du mélange urée-paraffine : l'urée doit fournir l'unité d'azote au moindre coût. Un pourcentage d'urée d'au moins 40 % en poids est nécessaire dans ledit mélange. Bn ce qui concerne la paraffine, l' "urée enrobée", comprenant paraffine lourde et paraffine légère, doit contenir globalement 60 % à 10 % en poids de celles-ci, dans des proportions relatives paraffine légère telles que le rapport pondéral soit compris entre paraffine lourde 1/3 et 3. Le pourcentage de la paraffine légère sera de préférence d'autant plus faible que le nombre d'atomes de carbone est moins élevé. A titre d'exemple, la Demanderesse a expérimente avec succès des compositions dans lesquelles étaient présents : - 60 % d'urée ; - 10 à 30 % de paraffine "50-52" (paraffine à point de fusion compris entre 50 et 52 C) ; - 30 à 10 % d'elcosane technique. Mais on peut également opérer avec un mélange de - 60 % d'urée - 30 % de paraffine 50-52 C - 10 56 d'hexadécane (technique ou non) c) Enfin la structure de 11 aliment donné aux bêtesdétermine, elle, l'accessibilité à l'urée, la vitesse de libration de l'azote uréique.Comme il a été vu plus haut, cette libération doit être progressive et la Demanderesse a établi que, bien que le mélange urée-paraffine nuisse etre donné tel quel aux bêtes, une structure avantageuse est obtenue en présentant un mélange de : - l'aliment naturel (maïs, orge, blé par exemple), - l'urée enrobée par la paraffine, puis en extradant ou granulant ce mélange sous forme de petits concentrés -extrudés ou granulés- dont les dimensions dépendent de l'animal à nourrir, mais ne sont pas critiques En opérant ainsi, une répartition statistique du mals, par exemple, et de l'urée enrobée par la paraffine lourde et la paraffine lé- gère est obtenue, et la libération de l'azote uréique est très progressive (l'urée est alors finement divisée, et chaque grain d'urée est enrobé du mélange paraffinique) ; le diamètre de ces grains d'urée peut être compris entre 1/10 mm et I micron, ou encore inférieur. Dans la pratique, pour enrober urée, on peut opérer avec un malaxeur, soit du type"agitateur double Z"bien connu dans la technique des mélanges,soit du type comportant,aux extrémités d'un axe horizontal entratné en rotation par un moteur,d'une part,un râcleur de parois de cuve,d'autre part, unehélice de mélange, qui,elle-même,est entraî née en rotation, l'ensemble étant situé dans la cuve de mélange. L'urée broyée et finement divisée est introduite dans le malaxeur la température est portée aux environs de 80 C, puis on ajoute, à 11 état fondu, le mélange de paraffine lourde et de paraffine légere. Le malaxeur effectue le mélange, pendant une durée variable, puis le mélange est refroidi, puis extrudé ou granulé à la dimension désirée, de façon connue dans la technique, additionné ou non de l'aliment naturel décrit plus haut. Dans l'aliment préfdré cité ci-dessus et comprenant lturée,en- robée de la paraffine,et Aliment naturel,lturée,qui se substitue en totalité ou en partie seulement à l'apport protéinlque usuel J peut etre présente dans des proportions variables, car on peut donner aux bêtes une plus ou moins grande quantité de cet aliment relativement à leur ration journalière. Mais, dans la pratique, on obtient de bons résultats avec des pourcentages d'urée,dans ledit aliment, allant de 1 % à 10 % en poids environ, et de préférence de 2 à 6 %. Par ailleurs, la Demanderesse a constaté que, de façon surprenante, certains animaux qui refusaient d'absorber l'urée ajoutée à leur ration journalière (à des doses faibles, moins de 7 % en poids) ne refusent pas de manger l'urée enrobée dans un complexe alimentaire selon l'inventlon : l'inappétence vis-à-vis de l'urée est donc ainsi supprimée. De plus, les extrudés réalisés ne s'agglomèrent pas : il nty a donc pas de phénomène de mottage dû à un resuage de la paraffine légère. Les exemples qui suivent relatent des expériences qui illustrent lTinvention,sans la limiter ; ils concernent soit des essais réalisés "in vitro" dans des conditions identiques à celles qui règnent dans le rumen des betes, soit des essais réels sur un échantillonnage de ruminants. EXEMPLE 1 Dans cet exemple, on effectue des essais in vitro de dissolution de mélanges urée-paraffine dans l'eau ou dans le jus du rumen fraîchement prélevé et l'on mesure la cinétique de dissolution desdits mélanges. Les mélanges utilisés ont les compositions ( en poids) figurant dans le tableau suivant ; le mélange n03 est donné à titre de comparaison : il ne contient pas de paraffine à nombre d'atomes de carbone compris entre 16 et 20 ou égal à ces limites. n mélange : e eicosane : ffi paraffine : Point de fu- ) technique : 50/52 : % urée :sion moyen (paraffine (paraffine ( C) légère). lourde) . . . 1 20 20 @@ 4@,@ 2 22 18 60 42,9 3 0 40 60 51 On immerge des grains desdits mélanges (l'urée) et la paraffine ayant été broyées, puis conformées en grains ; l'urée est alors finement divisée et chaque particule d'urée est enrobée de paraffine), soit dans l'eau maintenue à 37-40 C, soit dans le jus du rumen fraichement prélevé, maintenu à 36-41 C. On évalue, dans le temps, la quantité d'urée passée en solution (par mesure colorimétrique du complexe obtenu avec la diacétylmonoxime) et l'on trace,pour chaque mélange;la courbe représentant le pourcentage d'urée passée en solution(par rapport à l'urée totale) en fonction du temps. Sur les figures la, lb et 2 des dessins annexés, on a représenté les spectres respectifs de l'eicosane technique employé, de la paraf fine 50-52 utilisée dans cet exemple et du mélange n 1. les figures 3 et 4 illustrent respectivement Figure 3 : la cinétique de dissolution d'urée dans l'eau a 3740 C (% d'urée dissoute en fonction du temps) - courbe 1 : mélange 1 ; - courbe 2 : mélange 2 - courbe 3 : mélange 3. Figure 4 : la cinétique de dissolution durée dans le jus de rumen frais à 36-41 C (* d'urée dissoute en fonction du temps) - courbe 4 : mélange t - courbe 5 : mélange 2 - courbe 6 : mélange 3. D'après les courbes t, 2 et 3, on observe que le mélange n 3 libère beaucoup trop rapidement l'urée qu'il contient, puisqu'environ 40 % de l'urée sont dissous dès les cinq premières minutes de contact avec l'eau tiède. Par contre, les mélanges n t et n 2, qui contiennent de l'eïcosane, libèrent l'urée beaucoup moins rapidement, régulièrement pour le mélange n 2 et avec un phénomène de double dissolution pour le mélange n 1. D'après les courbes 4, 5 et 6, on observe les memes résultats : au bout d'un très court laps de temps -une dizaine- de minutes- le mélange 3 a libéré plus de 50 % de son urée, ce qui est beaucoup trop rapide. Par contre, les mélanges 1 et 2, eux, n'ont libéré qu'environ 20 % de l'urée qu'ils contenaient, dans le même temps. La libération de l'urée est donc beaucoup plus progressive dans le cas des mélanges 1 et 2, qu'elle ne l'est dans le cas du mélange 3, d'où l'intérêt d'ajouter au moins une paraffine légère de nombre d'atomes de carbone compris entre 16 et 20. EXEMPLE 2 Cet exemple concerne des essais réalisés sur des agneaux mâles en phase de sevrage. 48 agneaux mâles du type croisé BERRICHON ROMANOV sont nourris au régime lacté exclusif jusqu'à l'âge moyen de 21 jours. L'aliment d'allaitement artificiel est un lait pour agneau contenant 24 % de matières grasses (alimentation par biberons). Ces animaux reçoivent, à partir de l'age moyen de 21 jours et jusqu'à l'age moyen de 27 jours, du lait à volonté. A 23 jours, ils ont été répartis en lots, suivant des critères de poids (tableau 2). La phase de sevrage commence dès l'âge de 27 jours, avec le début de la distribution d'aliments solides de nature différente (tableau 1). les animaux ont été totalement sevrés à l'âge moyen de 40 jours. L'aliment solide comporte du maïs déshydraté, comme aliment de base, un tourteau de soja ou un concentré contenant de l'urée, de l'urée enrobée d'une paraffine semblable au mélange (paraffine lourde + paraffine légère) n01 de l'exemple 1, ou ne contenant pas d'urée (témoin). A ces quatre aliments correspondent les régimes alimentaires ci-après désignés RA 0, RA 1, RA 2, RA 3. On a rassemblé dans le tableau 1 la composition des différents aliments, exprimée en poids: TABLEAU 1 Régime alimentaire RA 0 RA 1 RA 2 RA 3 ( : soja : avec urée : avec urée : sans urée : : : enrobée. Mais fourrage . \ déshydraté. : 75 ; Tourteau de soja : 20 : - . - Maïs grain - 20 20 20,6 Urée 44 % - 3 - Urée enrobée . - . - . 4,4 . ) C.M.V. (complément: : : minéral et vita- : 5 : 5 : 5 @ 5,2 ) minique). TOTAL : 100 100 100 100 Le maïs déshydraté,comme le concentré d'urée,se présentent sous la forme de granulés de 5 mm. Dans le tableau 2, on a rassemblé les classes des animaux, le régime alimentaire qui leur a été affecté et le poids moyen du lot par animal (16 lots de trois agneaux). TABLEAU 2 Classe N Poids du lot Poids moyen Régime alimentai de du total (kg) par animal re affecté au lot poids. lot (kg) 1 29,5 9,8 RA 0 2 29,7 9,9 RA 3 A 3 29,4 9,8 RA 1 4 29,3 9,8 RA 2 5 24,6 8,2 RA 0 6 24,5 8,2 RA 3 B 7 24,5 8,2 RA 1 8 24,2 8,1 RA 2 9 19,3 6,4 RA 0 10 20,1 6,7 RA 3 C 11 20,1 6,7 RA 1 12 19,9 6,6 RA 2 13 15,9 5,3 RA 0 14 15,9 5,3 RA 3 D 15 15,9 5,3 RA 1 16 15,3 5,1 RA 2 TECHNIQUE EXPERIMENTALE : - Les animaux sont placés dans des cages individuelles ("cages à bilan"). - Chaque jour, le mais fourrage déshydraté est distribué à volonté le concentré contenant de l'urée est limité à 0,5 kg/jour/ animal - Un échantillon de chaque aliment distribué est prélevé chaque jour en vue de la détermination de la matière sèche. - Un échantillon de chaque aliment refusé est prélevé chaque jour et soumis à une mesure de matière sèche. - Les quantités des aliments distribués et les refus sont pesés tous les matins à 5 grammes près, par lot. - Les animaux sont pesés une fois Dar semaine, à jeun, individuellement et toujours dans le même ordre. MESURES a) Ingesta : Les quantités distribuées sont pesées chaque jour. Un échantillon de mais-fourrage déshydraté et de concentre de 200 g est prélevé chaque jour pour dosage de la matière sèche et cumuls par sous-période de 5 jours pour l'analyse. b) Excréta - Fèces : Les feces propres (bacs à feces) et les fèces souillées (cage, sol, bac à urines) sont récoltées quotidiennement pour chaque animal. les deux eatégories de fèces sont pesees séparément et les deux poids obtenus sont cumulés par animal. Les fèces propres sont additionnées de 50 ml de H2SO4 à 25 % pour éviter les pertes d'azote ammoniacal. Des prélèvements de 1/3 et 1/6 du poids total des feces journalières sont effectués pour la détermination de la matière sèche et de l'azote fécal des fèces fraiches.Pour chaque sous-période - les échantillons de fèces sèches sont cumulés et broyés pour le dosage des matières minérales, - les échantillons de fèces fraîches sont cumulés dans des sacs en plastique, placés au congélateur, puis broyés avant d'entre soumis au dosage de l'azote. - Urines Chaque récipient de récolte contient 50 ml de H2SO4 à 25 % pour éviter les pertes d'azote ammoniacal. Le volume des urines de 24 heures pour chaque animal est calculé à partir de la mesure du poids et de la densité de l'urine. Un échantillon correspondant à 5 0 du volume d'urine est prélevé et est mis au congélateur. Les échantillons de chaque sujet sont cumulés par période de 5 jours en vue du dosage de l'azote urinaire. METHODES D'ANALYSES a) Les matières sèches Elles sont déterminées par séchage à l'étuve pendant 24 heures à 650C environ, d'une quantité connue d'aliments ou de fécès. b) Les matières minérales La teneur en matières minérales est le résidu de la substance après incinération dans un four électrique à 5500C pendant 5 heures. La différence entre la matière sèche et la matière miné rale correspond à la matière organique. cY L'azote total : Il est dosé par la méthode KJELDAHL ; la substance (1 g d'aliment ou de fécès, ou 5 mi d'urine) est minéralisée par l'acide sulfurique en présence de sulfate de cuivre et de potassium comme catalyseur et d'oxyde rouge de mercure pour augmenter la tempéra ture. Après e'bullition, l'azote organique est minéralisé (sulfate d'ammonium). La substance minéralisée diluée est distillée en présence de soude. L'ammoniac déplacé est recueilli pour dosage dans une solution d'acide borique (1 ), colorée par du rouge de méthyl et du vert de bromocrésol. Le changement de coloration de l'acide indique un excès d'ammoniac neutralisé au fur et à mesure par une solution d'acide sulfurique. d) Les matières grasses : Elles sont obtenues par extraction à l'éther pendant 5 heures. RESULTATS : On évalue tour les agneaux, entre leur 42ème et leur 105ème jour - la variation du poids, par calcul du gain moyen quotidien en grammes, par régime alimentaire et par classe de poids. les résultats sont rassemblés dans le tableau 7. - Le niveau d'ingestion quotidien moyen, en kg, par régime et par classe de poids, ramené à 100 kg de poids vif (tableau 4). - L'indice de consommation moyen IC, défini par le rapport k de matière sèche ingérée moyen, par régime et par classe de kg de gain poids (tableau 5). - Le coefficient d'efficacité protéique moyen CEP défini kg de gain par le rapport moyen, par régime et kg de matière protéique ingérée par classe de poids (tableau 5). Enfin, le bilan de l'utilisation de l'azote selon le régime, par référence au régime soja (indice 100), les mesures étant effectuées sur les agneaux de 2 mois 1/2 (tableau 5). TABLEAU 3 Gain moyen quotidien (en grammes) gime = clasitaire : ;1: R11 O -RA.2 r I1 3 de poicls Écleaps:eids RA O : RA : -RA 2 : RA 3 ) A : 189 : 209 : 205 : 76 B B . 213 . 206 . 207 C C : 245 : 203 :1 t87 -: 55 I). 243 -140 213 : 65 Moyenne 222,5 . 189,5.: 203,0 .> 69,8 y On observe,d'après ces résultats,que les croissances obtenues avec les régimes.RA I et- RA 2 (complémentation avec urée) sont pro- ches descelles obtenues avec le régime soja et largement. supérieures au régime RA 3 témoin. Le régime RA 2 est plus profitable, en moyenne, que le régime RA 1. TABLEAU 4 Niveau d'ingestion quotidien moyen (kg) Régime : ra O : RA t : RA 2 : RA 3 2RA O alimentaire: . . . (classe I :Con- :To- : Con- :To- Con- : To- :Con- : To (de poids :cen- :tal :cen- :tal :cen- :.tal cen- : taxi ( tré : trié :tré : :tré A :2,01 :3,83: 1,96:3,99: 2,09:4,01. 3,36) B 215 .4w-21 2,204,462, 5.4w29. - , 3w653 C C :2Si6 :4,41: 2,27:4,32: 2,54:4,53: - : 3,40) D :264 4,33- 2,01.3s99. 2,43-4,38- : 3,1 . . . . . . , . ( Moyenne :2,29 :4,20: 2,11:4,19: 2,30:4,30. : 3r392 : : : : g : : On constate que les niveaux d'ingestion sont comparables pour les régimes RA O, RA 1 et RA 2, et supérieurs aux niveaux d'ingestion obtenus avec un régime non complémenté par un concentré d'urée ou de soja. On note également un avantage du régime urée enrobée sur les régimes urée seule, et soja. TABLEAU 5 Indice de consommation moyen IC et coefficient d'efficacité protéique CEP moyens. 5 s eg}me RA O - RA 1 RA 2 RA 3 (casimentaire: (de poids: IC : CEP : IC : CEP : IC : CEP : IC : (de poids : ia : CEP : lC : CEP : lC . CEP: lC : CEP ( A :4,58:1,36 :4,38: 1,64:-,50r 1,65:8,57: 1,16 I B :4,58:1,36 :4,38: 1,64:4,50 1,65:8,33: 1,16 (classe A : i - . T 4,53.t,40 .4,70. 1,464,271 ,67,ss 1,39 ( C :3,62:1,73 :4,01: 1,65:4,35: 1,68:8,87: 1,10 D D- 3,15.1,86 .5JB6 1,52.4+66 2,08 6,07 w*,52 . - . . . . . ( rilogene - . . . . ( Moyenne :5,97:1,59 :4,26: 1,57:4,44: 1,9:7,7O:A,27 ) ( : : : : ) : : D'après ce tableau, on note que 1.- pour l'indice de consommation moyen, l'urée enrobée est supérieure à l'urée seule ou àu soja ; il:faut mettre à part le régime RA 3 non complémenté, pour lequel, bien sûr, l'indice de consommation matière sèche est très élevé. 2.- Par contre, le coefficient-dtefficacité protéique est le meilleur pour le régime RA 2 (urée enrobée) et le moins bon pour le régime non complémenté, les régimes RA O et RA 1 étant intermédiaires. L'urée enrobée est donc mieux utilisée que l'urée. TABLEAU 6 Bilan de l'utilisation de l'azote par référence au régime RA O. Régime alimentaire RA 0 RA 1 RA 2 RA 3 N ingéré 100 97,5 99,4 62,1 N absorbé 100 98,1 99,4 61,2 N retenu 100 97,0 96,8 53,2 Coefficient de digestibilité 100 101,3 102,7 98,9 Coefficient de rétention 100 100,8 98,8 98,2 On n'observe pas de différence très sensible entre les régimes, mis à part le fait que l'azote ingéré, absorbé et retenu, pour le régime sans complément, est beaucoup moins important que pour les autres régimes. En conclusion de ces essais en phase de sevrage, pour les trois lots à niveau d'azote élevé (régimes RA O, RA 1, RA 2), la croissance est liée à la consommation d'6nergie. On constate qu'on obtient des résultats meilleurs avec l'urée enrobée (extrudés d'urée-paraffine) et notamment le coefficient d'cfficacité protéique moyen est plus élevé. En outre, devant ces expériences, on a observé que les extrudés comprenant l'urée enrobée sont consommés plus volontiers que ceux comprenant seulement l'urée : l'appétence des ruminants est donc améliorée, ce qui a bien sûr des conséquences non négligeables sur la croissance des animaux. EXEMPLE 3 Cet exemple illustre l'alimentation de 12 agneaux issus de l'expérience précédente, entre leur 130ème et leur 160ème jour (phase de croissance). Ils sont affectés au même régime alimentaire que celui qu'ils avaient dans la phase sevrage. Les quantités consommées quotidiennement sont contrôlées pour chaque sujet ; des échantillons sont, comme dans l'exemple 2, prélevés pour analyse. Comme dans l'exemple 2, les résultats sont rassemblés dans les tableaux 7, 8, 9 et 10 (mesures identiques) qui suivent. TABLEAU 7 Gain moyen quotidien par régime et par animal (en grammes). (gime alimentaire: : RA O : RA 1 : RA 2 : RA 3 Mou ton : A A : 227 : t75 : 227 : t91 y R B 228 i 251 . 270270 , 126 )126 ( C : 212 : 207 : 181 : t55 ) Moyenne : 222 : 21t : 226 : 157 ) ( : : : : ) Ce tableau montre l'efficacité du complément azoté et, en moyenne, un gain moyen supérieur avec le régime alimPn;.nire comprenant l'urée enrobée. TABLEAU 8 Niveau d'ingestion moyen en kg par régime et par sujet Régime RA O : RA 1 : RA 2 RA 3 alimentaire: = ( pllouton ::ccoenn to- :con- : to- :con- : to- con- : to Cen- : Cen- : =cen ::tré:tl;tré:tl:tré:tljtré:tal) :1,70 :4,71: 1,50:4,51: 1,65:5,35: - :4,64 ) B 1,74 :4,92: 1,11 4,O 1,37:4,65: C :1,59 :4,70: t,45:4,60: 1,64:4,78: - :4,55 ( 4 4 4 4 4 Moyenne :1,68:4,7841,3544,57:1,554,93::4,46 il faut souligner, dans ces résultats, le très bon comportement de l'urée enrobée (régime alimentaire RA 2), notamment au vu des résultats avec l'urée seule. TABLEAU 9 Indice de consommation IC et coefficient d'efficacité protéique CEP moyens IiB O = i RA 2 t RB 3 - imentairet -I tMouton t : IC :CEP : IC :CEP : IC :CEP : IC :CP A :7,06 :1,07: 8,12:0,95: 8,32:0,97: 2,30: 1,332 B 47,21 :1,05: 6,45:1,25: 6,43:1,26: 8,21: 1,21 G :8,21 :0,93: 7,76:1,00: 8,07:0,98: 7,13: t,37) ( 4 4 . 4 4 1,30 Moyenne :7,49 :1,02: 7,44:1,06: 7,61:1,07: 7,55: 1,3 Les indices de consommation sont voisins (légèrement supérieur, cependant, pour RA 2 comparé à RA t et aux autres régimes) alors que le coefficient d'efficacité protéique moyen est le plus élevé, dans cet exemple, pour le régime sans complément azoté. TABLEAU 10 Bilan de l'utilisation de l'azote par référence au régime soJa. Mesures effectuées sur des agneaux agés de 4 mois 1/2. Régime alimentaire RA 0 RA 1 RA 2 RA 3 Azote ingéré 100 95,1 97,6 61,9 Azote absorbé 100 87,8 92,8 45,7 Azote retenu 100 126,4 142,2 59,5 Coefficient de diges tibilité. 100 91,2 95,3 74,2 Coefficient de ré tention. 100 143,9 153,2 130,1 On constate que, si la quantité d'azote absorbé est légèrement plus faible,dans le cas des régimes RA 1 et RA 2,et largement plus faible,pour le régime RA 3 (sans urée), qu'elle ne l'est pour le régime soja, la rétention, elle, est nettement améliorée pour les régimes avec urée, et notamment pour le régime avec urée enrobée (complexe alimentaire selon l'invention), puisqu'on améliore ladite rétention de près de 50 %, ce qui montre l'intérêt d'utiliser un complexe alimentaire conforme à la présente invention. R E V E N D I C A T I O N S 1.- Un complexe alimentaire pour les ruminants, comprenant notamment de l'urée et une paraffine lourde de point de fusion compris entre 48 et 72 C, ledit complexe étant caractérisé en ce qu'il comprend, en outre, au moins une paraffine linéaire légère possédant un nombre d'atomes de carbone au moins égal à 16 et auplus égal A 20. 2.- Complexe alimentaire selon la revendication 1, caractérisé en ce que le pourcentage en poids de l'urée dans ledit complexe est compris entre 40 % et 90 %, et de préférence voisin de 60 *. 3.- Complexe alimentaire selon l'une des revendications 1 ou paraffine légère 2, caractérisé en ce que le rapport pondéra dans paraffine lourde ledit complexe est compris entre 1/3 et 3. 4.- Complexe alimentaire selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce-que la paraffine légère est choisie dans le groupe constitué par l'eïcosane, l'hexadécane, l'eïcosane technique et l'hexadécane technique. Complexe alimentaire selon l'une des revendications i à 4, caractérisé en ce que la paraffine lourde et une paraffine dont la température de fusion est comprise entre 50 et 520C. 6.- Complexe alimentaire selon la revendication 5, caractérisé en ce que le pourcentage en poids de la paraffine lourde à température de fusion comprise entre 50 et 520C est voisin de 20 k, le pourcentage en poids d'eïconsane est voisin de 20 %, le pourcentage poids d'urée est voisin de 60 %. 7.- Aliment pour ruminants comprenant notamment, en combinaison : - un complexe alimentaire selon l'une des revendications 1 à 6; - au moins un aliment tel que le mais, l'orge ou le blé. 8.- Procédé d'obtention d'un aliment selon la revendication 7, ledit procédé comprenant les étapes principales suivantes : a) broyage durée, de façon connue dans la technique, de manière à obtenir des grains d'urée de taille inférieure à 1/10 mm ; b) enrobée des trains d'urée tar de le paraffine lourde et de la paraffine légère,la paraffine étant à l'état fondu,dans un malaxeur c) extrusion ou granulation des grains enrobés obtenus en b additionnés dudit aliment naturel. 9.- Procédé d'obtention d'un aliment comprenant de la paraffine à point de fusion compris entre 50 ou 52t et de l'eïconsane technique, ce procédé étant conforme à la revendication 7 et caractérisé en ce que la température dans le malaxeur est maintenue aux environs de 80 C.