Le procédé d'ostéosynthèse le plus connu consiste à perforer longitudinalement ltos fracturé à partir d'une de ses extrémités et à enfoncer ensuite dans la perforation une broche radialement extensible. Ce procédé a plusieurs inconvénients. En premier lieu laos, placé sous tension interne, peut se fendre, en particulier lorsque sa solidité est diminuée par décalcification; en deuxième lieu ces broches ne peuvent pas être employées chez les enfants dont les os ne sont pas encore suffisamment durs pour résister à de telles tensions. Enfin, lorsque la fracture est totale, les fragments osseux peuvent se déplacer axialement ou pivoter relativement compromettant ainsi la guérison. Pour éviter ces inconvénients on utilise quelquefois une plaque chevauchant la fracture et fixée aux fragments osseux ou deux plaques fixées de part et d'autre de la fracture et reliées par une ou plusieurs tiges. On peut ainsi empêcher un décalage ou une altération des fragments osseux mais pas une déviation relative sous l'action de la force musculaire ou d'une charge transversale. Un autre procédé d'osteosynthèse connu consiste à effectuer une perforation transversale dans l'os, de chaque côté de la fracture, à introduire dans les perforations des goujons qui dépassent le tissu musculaire entourant l'os et qui sont reliés à leurs deux extrémités et à l'extérieur du membre par des tendeurs à vis, de manière que les fragments soient vigoureusement comprimés. Ce procédé présente également de nombreux inconvénients. D'abord, les plaies d'opération autour des goujons ne guérissent pas, sont sujettes à des inflammations, à des infections et cela pendant toute la durée du traitement. Ensuite les tendeurs externes sont gênants. Enfin il est pratiquement impossible de serrer de façon égale les tendeurs et d'obtenir un alignement rigoureux des fragments. Le présente invention a pour objet un procédé d'ostéosynthèse qui ne présente pas ces inconvénients, ainsi qu'un matériel pour la mise en oeuvre de ce procédé. Le dessin ci-annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution et des variantes de matériels conformes à l1in- vention et illustre la mise en oeuvre de ce matériel. La figure I est une vue en coupe longitudinale d'un os fracturé et les figures 2 à 4 des vues en coupe analogues à la figure 1 correspondant aux opérations successives du procédé. Les figures 5 à iOdes vues en coupe analogues à la figure 4 illustrant des variantes et d'autres mises en oeuvre particulières du procédé. La figure 11 est une vue de profil correspondant à la figure 10. La première opération du procédé d'ostéosynthèse pour guérir le membre (figure 1) dont l'os 1 entouré de tissu musculaire 3 présente une fracture 2, consiste à forer-, à partir d'une des ex trémités de l'os et au moyen d'une mèche 4,un canal 5 dans la moelle osseuse. La deuxieme opération consiste à effectuer (figure 2) des incisions 6 dans le tissu musculaire 3 des deux côtés de la fracture puis, au moyen d'un gabarit 7, comprenant deux douilles de guidage parallèles 8, à percer, avec des mèches 9, des trous trans- versaux 10 à travers l'os 1 et le canal 5. La troisième opération consiste, après avoir enlevé les mèches 9, à introduire deux goupilles tubulaires Il et 12 pourvues d'un taraudage 13 dans les trous 10 à l'aide de tiges filetées 14 et qul sont guidée's/ qui se vissent dans les taraudages 13zpar les doulLles 8. Les goupilles 11 et 12 présentent chacune un alésage transversal 15, respectivement 16, le second taraudé. Leurs longueurs sont légèrement supérieures au diamètre de l'os au niveau des trous 10 et leurs alésages sont alignés dans l'axe du canal 5. La quatrième opération consiste à enfoncer dans le canal 5 (figure 4) une broche 17 pourvue à son extrémité d'un filetage 18 qui traverse librement l'alésage 15 et qui se visse dans l'alésage taraudé 16 Cette broche 17 présente un épaulement 19 qui prend appui sur le bord de l'alésage 15. En vissant cette broche on tire les goupilles l'une vers l'autre ce qui applique les fragments d'os l'un contre l'autre. Cette opération est évidemment contrôlée par des appareils radiographiques. Lorsque la fracture est parfaitement réduite et les fragments osseux en contact intime l'un avec l'autre, on enlève les tiges 14, les plaies d 'opération sont refermées, le cas échéant suturées. La fracture maintenue en compression axiale, se consolide très rapidement sans douleurs et les muscles environnants sont à nouveau très vite utilisables. Le membre cassé, peut, en l'absence de toute enveloppe de plâtre, reprendre avant guérison une certaine mobilité, voir une certaine activité. Il peut même supporter certaines charges sans aucun danger de déviations des fragments. Lorsque la fracture est guérie, les différentes pièces sont enlevées l'une après l'autre dans l'ordre inverse. Pour extraire les goupilles 11 et 12 on réutilise le gabarit 7 les douilles 8 et les tiges filetées 14. Pour des fractures où il existe un danger de glissement on peut monter sur les goupilles 11 et 12 des plaques auxiliaires 20 munies de vis 21 (en trait mixte à la figure 4) qui se vissent dans les taraudages 13. Le gabarit 7 peut être réalisé de façon que la distance entre les douilles 8 soit réglable. Il peut être avantageux avant d'introduire la broche 7 d'engager un fil ou une tige de guidage à travers le canal 5 et les trous 15 et 16, afin de repérer la position exacte de ces trous. On peut également employer une tige de guidage dont l'extré- mité filetée se visse dans le trou 16. Dans la variante représentée à la figure 5 (vue analogue à la figure 4), la broche 17 présente des ouvertures transversales 22 et 23, la seconde plus grande que la première, qui sont traversées par les goupilles ll et 12 La réduction de la fracture et la mise sous tension des goupilles Il et 12 sont obtenues par une tige de serrage 24 dont l'extrémité filetée 25 est vissée dans l'alésage taraudé 16 et qui présente un collier 26 prenant appui contre la goupille 11. Le collier 26 peut être remplacé par un écrou dont le taraudage est inverse du filetage de l'extrémité 25 de manière qu' en vissant la tige 24 on provoque le rapprochement des goupilles 11 et 12. Dans la variante représentée à la figure 6, l'ouverture 22 est plus large que la goupille ll, tandis que l'ouverture 23 correspond au diamètre de la goupille 12. La mise en tension est obtenue en faisant tourner une pièce formée d'une tige 24 s'appuyant par son extrémité inférieure 26 contre la goupille 11 et d'une tête filetée 27 se vissant dans un taraudage 28 de l'extrémité supérieure de la broche 17. Dans la variante représentée à la fi#gure 7, la tige 24 est remplacée par des billes 29 et la tête 27 par un bouchon fileté 27. Dans la variante représentée à la figure 8, la liaison entre la goupille ll et le bouchon 27 est assurée par une enveloppe souple, contenant un liquide 29, prise entre deux pistons 30 et 31. Ces deux dernières variantes sont particulièrement avantageuses dans tous les cas où il est nécessaire d'utiliser une broche 17 coudée. Les billes 29 ou le liquide 29 peuvent être introduits par le coude 32 et la force de compression peut être transmise à travers ce coude par l'intermédiaire d'une tige 24 flexible ou d'un ressort hélicoldal. On peut en outre prévoir d'utiliser dans les variantes des figures 6 à 8 des goupilles de section rectangulaire, ne traversant pas le canal 5. Le procédé selon la présente invention est particulièrement approprié pour soigner et guérir très rapidement des fractures graves compliquées. On a encore représenté aux figures 10 et Il une variante de la forme d'exécution illustrée à la figure 6. Cette variante comprend un gabarit de perçage 33 qui est fixé amoviblement sur l'extrémité supérieure coudée de la broche 17 par l'intermédiaire d'un collier de fixation 34 et d'une vis de blocage 35. Ce gabarit 33 présente deux trous 36 et une série de trous 37 pour le guidage des mèches destinées au perçage des trous dans les fragments osseux au niveau des ouvertures 22 et 23 de la broche 17. L'un des deux trous 36 et l'un des trous 37 sont exactement alignés avec l'ouverture supérieure 22 de la broche 17 (ou, plus précisément avec la partie supérieure de cette ouverture pour permettre à la goupille 11 d'être déplacée vers le bas) et ltou- verture inférieure 23. Un curseur 38 coulissant le long du gabarit et que l'on peut bloquer au moyen d'une vis permet de marque le trou 37 correspondant à l'ouverture 23 de manière qu'après intro duction de la broche 17 dans l'os, l'opérateur n'ait aucune hésitation sur le trou 37 à utiliser pour percer l'os au niveau de cette ouverture. Les trous 36 et 37 non utilisés sont prévus pour d'autres broches 17 dans lesquels les ouvertures 22 et 23 présentent des espacements différents. REVEND I CAT IONS 1) Procédé d'ostéosynthèse dans lequel on fore un canal longitudinal dans l'os fracturé à partir de l'une de ses extrémités, caractérisé en ce que l'on perce dans chaque fragment osseux un trou transversal, que l'on introduit une goupille dans chaque trou transversal,que l'on exerce sur ces goupilles, par des moyens disposés à l'intérieur du canal longitudinal, une force longitudinale de manière à mettre en contact intime les surfaces de la fracture et à les maintenir ainsi jusqu'à guérison, et, après cette guérison, que l'on enlève les diverses pièces l'une après l'autre, dans 1' ordre inverse de leurs introductions. 2) Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on utilise un gabarit pour guider les outils perçant les trous transversaux dans les fragments osseux. 3) Procédé selon les revendications 1 et 2, caractérisé en ce que l'on utilise également un gabarit pour enlever les goupilles après guérison. 4) Appareil pour la mise en oeuvre du procédé selon la revendication 1, caractérisé par le fait qu'il comprend des goupilles destinées à être introduites dans lesdits trous transversaux et des moyens de tension destinés à être introduits dans le canal foré longitudinalement dans l'os fracturé et à mettre les goupilles sous tension. 5) Appareil selon la revendication 4, caractérisé par le fait que lesdits moyens comprennent une broche. 6) Appareil selon la revendication 5, caractérisé par le fait que ladite broche est filetée et se visse dans un alésage taraudé de l'une des goupilles en prenant appui contre la seconde goupille. 7) Appareil selon la revendication 6, caractérisé par le fait que ladite broche prend appui contre la seconde goupille par l'intermédiaire d'un épaulement. 8) Appareil selon la revendication 6, caractérisé par le fait que ladite broche prend appui contre la seconde goupille par l'intermédiaire d'un écrou. 9) Appareil selon la revendication 8, caractérisé par le fait que le filetage de l'extrémité de la broche et celui coopérant avec l'écrou sont de sens inverses. 10) Appareil selon la revendication 5, caractérisé par le fait que ladite broche est creuse. 11) Appareil selon la revendication 10, caractérisé par le fait que ladite broche présente des ouvertures pour le passage des goupilles. 12) Appareil selon la revendication 10, caractérisé par le fait que lesdits moyens de tension comprennent une tige disposée coaxialement à la broche tubulaire et coopérant avec les goupilles. 13) Appareil selon la revendication 12, caractérisé par le fait que ladite tige est filetée et se visse dans un alésage taraudé dans l'une des goupilles ne prenant appui contre la seconde goupille. 14) Appareil selon la revendication 5, caractérisé par le fait que lesdits moyens de tension comprennent une ou plusieurs pièces intermédiaires situées entre un élément fileté ou taraudé se vissant sur ladite broche et une des deux goupilles. 15) Appareil selon la revendication 14, caractérisé par le fait que ladite pièce intermédiaire est une tige. 16) Appareil selon la revendication 14, caractérisé par le fait que lesdites pièces sont des billes. 17) Appareil selon la revendication 14, caractérisé par le fait que lesdites pièces intermédiaires sont deux pistons entre lesquels se trouve un corps déformable. 18) Appareil selon la revendication 10, caractérisé par le fait que ladite broche est coudée. 19) Appareil selon la revendication 14, caractérisé par le fait qu'il comprend un gabarit comportant au moins deux douilles de guidage. 20) Appareil selon la revendication 19, caractérisé par le fait que l'écartement desdites douilles est réglable. 21) Appareil selon la revendication 19, caractérisé par le fait que lesdites douilles sont taraudées. 22) Appareil selon la revendication 18, caractérisé par le fait qu'il comprend des tiges de rallonge susceptibles d'être accouplées aux goupilles. 23) Appareil selon la revendication 4, caractérisé par le fait qu'il comprend des moyens de guidage facilitantl'introduction des pièces dans le canal longitudinal et les trous transversaux. 24) Appareil selon la revendication 4, caractérisé par le fait qu'il comprend un gabarit de perçage susceptible d'être fixé amoviblement sur l'extrémité de la broche, éventuellement recourbée, de manière que des trous de guidage de ce gabarit soit exactement alignés avec les ouvertures transversales ménagées dans la broche et dans lesquelles les goupilles doivent être introduites. 25) Appareil selon la revendication 24, caractérisé par le fait que ledit gabarit comprend au moins une série de trous de guidage de manière à pouvoir être utilisé avec des broches dans lesquelles les ouvertures destinées à recevoir les goupilles présentent des écartements différents. 26) Appareil selon la revendication 25, caractérisé par le fait que ledit gabarit présente deux séries de trous de guidage, la première correspondant aux ouvertures supérieures, la seconde aux ouvertures inférieures. 27) Appareil selon la revendication 26, caractérisé par le fait que ledit gabarit comprend des moyens pour marquer au moins un des deux trous de perçage correspondant aux ouvertures de la broche. 28) Appareil selon la revendication 27, caractérisé par le fait que lesdits moyens comportent un curseur.