La présente invention, réalisée au Centre de Recherche Pierre Fabre, concerne de nouveaux composés chimiques et leur application en thérapeutique. Ils sont utiles notamment dans la prévention et le traitement de parodontopathies. Depuis la parution des travaux de MUHLEMAN et Coll. (Helv. odontol. Acta, 1957) concernant le rôle des fluorures dans la prévention de la carie dentaire, nombreux sont les auteurs qui ont expérimentés des fluorures d'amines ou des fluorures inorganiques. En général, les complexes préconisés sont instables et sont désactivés par hydrolyse rapide ; c'est le cas du fluorure d'étain. Les fluorures organiques sont souvent peu actifs car la constante d'ionisation est faible. Les nouveaux composés objet de l'invention présentent l'avantage d'entre de bons transporteurs de fluor possédant les caractéristiques suivantes: - fluorures stables en solution aqueuse, - constante d'ionisation élevée, - molécule organique non toxique, et surtout d'associer l'action du fluor dans la prévention de la carie dentaire à un effet tonifiant des gencives et un pouvoir d'inhibition vis à vis de la formation de la plaque dentaire. C'est la première fois que ces trois actions bénéfiques se trouvent combinées dans une même molécule. Ces composés chimiques nouveaux répondent à la formule générale dans laquelle R1 = H, alcoyle R2 = CH2-OH, carboxylate d'alcoyle, R2 se trouve en position 2 ou 3. Les composés chimiques suivants et leur mode de préparation sont cités à titre d'exemples non limitatifs. Fluorhydrate de 3-pyridyl méthanol (produit I) A une solution méthanolique de 3-pyridyl méthanol, ajouter la quantité stoechiométrique d'acide fluorhydrique en solution aqueuse à 40 %. Le mélange réactionnel est chauffé à 600C. On obtient -une solution homogène. Les solvants sont évaporés jusqu'à siccité, le fluorhydrate de 3-pyridyl méthanol est obtenu quantitativement. Formule brute : C6 H F N O Masse moléculaire : 129,13 Huile translucide Teneur en fluor.: 14,71 21 Indice de réfraction : nD = 1,5010 Très soluble dans l'eau. pH solution aqueuse à 20 % : 3,7 Fluorhydrate du N-hydroxy éthyl nicotinamide (produit II) Le nicotinate de méthyle est traité par un excès d'éthanol amine, le mélange réactionnel est chauffé de façon à distiller le méthanol au fur et à mesure de sa formation. Le N-hydroxy éthyl nicotinamide ainsi obtenu est traité par une solution aqueuse à 40 % d'acide fluorhydrique pour conduire au dérivé Formule brute : C8 H1l F N2 2 Masse moléculaire : 186,19 Caractères organoleptiques : huile jaune épaisse Caractères de solubilité : soluble dans l'eau Teneur en fluor : 10,20 % pH solution aqueuse à 20 % : 3,1 Fluorhydrate du 3-nicotinate d'éthyle (produit III) Formule brute :C8 H10 F N02 Masse moléculaire : 171,17 Caractères organoleptiques : huile translucide Indice de réfraction : 22 = - 1,4811 Caractères de solubilité : soluble dans l'eau Teneur en fluor : 11,10 % pH de la solution aqueuse à 20 % : 2,5 Bande d'absorption : 8 a' 1730 cm -1 Bande de salification a' 2 500 cm Fluorure de N-dodécyl pyridyl-3 méthanol A une solution éthanolique de pyridyl-3 méthanol est ajoutée la quantité stoechiométrique de fluorure de dodecyle. Le mélange réactionnel est chauffé au reflux pendant 8 heures. Après évaporation du solvant jusqu'à siccité on récupère quantitativement le composé Formule brute : 98 H32 NOF Ont été également obtenu - le fluorhydrate de 3-nicotinoyl morpholine - le fluorhydrate de pyridyl-2 méthanol - le fluorhydrate du 3-nicotinate de méthyle EXPERIMENTATIONS A - Pharmacologie a) Action protectrice de l'émail dentaire Les propriétés ont été étudiées in vitro selon le test ESR (Enamel Solubility Reduction). Des lots de dents humaines saines sont traitées, après protection des racines à l'aide de vernis acido-résistants, par des solutions aqueuses de fluorures et fluorhydrates d'amines objets de'invention, à 370C. Les dents témoins sont traitées par des solutions de chlorure de sodium. Les dents sont ensuite décalcifiées par une solution tampon phtalate pH 4. Les résultats sont appréciés par dosage complexométrîque du calcium selon SCHWARZENBACH, dosage colorimétrique du phosphore selon FISKE et SUBVAROW. Il a été fait varier tour à tour la concentration en fluorures actifs, le temps de contact et le pH. La comparaison des quantités de calcium et de phosphore extraits pour des dents traitées et pour des dents témoins permet d'apprécier l'action protectrice vis à vis de l'émail (tableaux I et II) ci-dessous TALEAU I Dosage de calcium quantité de Ca extrait * X de protection Produit I 0,18 mg 95,5 Produit II Produit II 0,19 mg 95,3 Produit III 0,11 mg 97,2 Témoin 4,03 mg O * Moyenne de 14 mesures sur divers lots de dents. Tableau II Dosage de phosphore Quantité de P extrait t ! % de protection Produit I 0,17 93,3 Produit II 0,20 92,1 Produit III 0,14 94,5 Témoins 2,55 O * Moyenne de 14 mesures sur divers lots de dents. b) Action inhibitrice sur la plaque dentaire in vitro L'activité in vitro a été mesurée par adaptation de la méthode de OLSON, BLEI WEIS et SMALL (Infection and Immunity 1972, 5, 419) dans laquelle la plaque est obtenue sur la paroi de tubes à essais et son importance appréciée spectrophotométriquement en densité optique 10 à 540 nanomètres. La lecture est effectuée après lavage des tubes à l'eau, décollage des plaques avec 20 ml de soude 0,5 N les les résultats sont à comparer avec les tubes témoins (T) culture en milieu de Jordan saccharosé à 5 % sans substance inhibitrice. 15 g/m1 7 g/ml DO % inhibit. DO % inhibit. Temoins DO % inhibit. DO % inhibit. g Témoins 105 O 105 O i I Produit I 0 1 100 % j 10 80 % Produit II 15 85 % 70 30 % Produit III 0 100 % 30 L 70 % c) Activité bactéricide Les concentrations minima bactéricides (CMB) ont été déterminées pour diverses souches microbiennes, les résultats sont exprimés en g/ml Souches Salmonella Strepto- Hafnia Citrobacter Achromo CMB \ brancaster coque bacter I Produit I 15 15 1 30 15 7 ------------- .~~~~~~~~~~~~ Produit I 30 30 60 30 ! 30 ~~~~~~~~~~~~~ ~~~~~~~~~~~~ ~~~~~~~~~~~ Il ------------ L-------- Produit III 30 15 30 15 15 Les concentrations minima inhibitrices de la plaque sont du même ordre que celles bactéricides pour ie streptoccus mutans soit 15 g/ml pour les produits I et III ; le dérivé Il est dans l'ensemble moins actif. d) Tolérance in vivo Tolérance cutanée La tolérance a été recherchée pour chaque dérivé sur 5 cobayes albinos adultes. L'application de produit non dilué 3 fois par semaine pendant 2 semaines, sur le flanc préalablement tondu de l'animal, ne provoque aucune réaction cutanée appréciable. Tolérance oculaire La tolérance oculaire a été effectuée sur des lapins albinos et sur des souris. Après instillation dans le sac oculaire conjonctival de 2 gouttes de solution (concentration variant de 1 à 5 %), on observe le comporte ment de l'animal pendant 3 minutes, pour tous les composés testés, aucune différence n'a été observée par rapport à un lot d'animaux témoins. Tolérance épicutanée Des tests épicutanés ont été conduits sur des lapins de race néo-zélandaise. Après avoir tondu les flancs de l'animal, on procède à des égratignures du stratum cornéum. Les résultats évalués d'après l'échelle de Draize ont montré que pour la plupart des produits, l'indice dtirri- tation est très faible. Tolérance intra-dermique Les tests intra-dermiques ont été effectués par injection de 0,1 ml de solution à 1 % de produit dans l'huile d'olive. Les injections sont répétées tous les jours sur les flancs de cobayes préalablement tondus. Après 2 semaines de repos, une injection semblable est faite au-dessus de la zone d'injection précédente, on compare la hauteur, le diamètre et la couleur des réactions. Toutes les observations effectuées montrent qu'il n'y a ni irritation primaine, ni sensibilisation. B - Applications thérapeutiques et cosmétioues Compte tenu de la parfaite tolérance de ces nouveaux composés chimiques, il a été procédé à des essais cliniques, sur des volontaires. Les résultats ont été très encourageants et ces expérimentations ont permis d'objectiver l'efficacité de ces nouveaux principes actifs. Ils sont doués de propriétés inhibitrices vis-à-vis de la plaque dentaire in vtro, agissant au niveau de la protection de l'émail et tonifiant la gencive par une amélioration de la carculation sanguine. - Ils ont donc été appliqués dans le domaine dentaire, en particulier dans le traitement préventif et curatif des parodontopathies. Les principes actifs ont été présentés sous des formes pharmaceutiques appropriées, telles que des dentifrices, pates gingivales, chewing-gum, pastilles à sucer, bains de bouche, etc... Malgré leur large spectre d'activité et leur action à tous les niveaux (plaque, émail, gencive), ces principes actifs peuvent être utilisés en associations. Des expérimentations ont également été pratiquées en vue de l'utilisation des nouveaux composés chimiques objet de l'invention dans des préparations dentifrices, exerçant une action inhibitrice sur la plaque dentaire et dans des préparations dentifrices utiles dans la prévention des maladies dentaires, en particulier les caries. REVENDICATIONS 1) A titre de composés chimiques nouveaux les dérivés de formule générale dans laquelle Rl = H ou alcoyle R2 = CH20H, carboxylate d'éthyle, n différent de l n=2 R2 ne peut pas être un hydrogène. 2) Plus particulièrement les dérivés selon la revendication 1), ainsi définis - le fluorhydrate de pyridyl-3 méthanol - le fluorhydrate de N-hydroxy éthyl nicotinamide - le fluorhydrate de 3-nicotinate d'éthyle - le fluorure de N-dodecyl pyridyl-3 méthanol - le fluorhydrate de pyridyl.2 méthanol 3) A titre de médicaments nouveaux les dérivés objet des revendications 1) et 2), utiles notamment dans le traitement préventif et curatif des parodontopathies et odontopathies en raison de son action protectrice de l'émail. 4) Les compositions pharmaceutiques contenant comme.principes actifs au moins un produit selon la revendication 1). 5) Les compositions pharmaceutiques contenant comme principes actifs au moins un produit selon la revendication 2). 6) Les compositions pharmaceutiques selon Iesrevendications 4 > et 5) administrables sous des formes appropriées telles que bains de bouche, pâtes gingivales, chewing-gum, dentifrices, gels,pâtes, comprimés. 7) Les préparations dentifrices contenant comme principes actifs au moins un produits selon les revendications 1) et 2), possédant une action inhibitrice sur la plaque dentaire. 8) Les préparations selon l'une des revendications 4) à 7) pouvant contenir d'autres principes actifs en association.