L'invention se rapporte aux éléments optiques translucides, tels que les parties translucides de miroirs et les "verres" ou lentilles de lunettes par exemple, constitués de pièces moulées en plastique et elle concerne plus particulièrement, sans pour autant y être limitée,les.éléments optiques de ce type destinés être utiliséspour la conduite de nuit de véhicules routiers. L'aveuglement ou l'blouissement par les phares d'autres véhicules constitue un problème majeur dans la conduite de nuit d'une automobile. Ce problème se pose aussi bien pour les véhicules venant en sens inverse que pour les véhicules s'approchant par l'arrière ou venant d'entre doublés, l'éblouissement du conducteur étant dans ce cas produit par l'intermédiaire du ou des rétroviseurs. Cet éblouissement empeche le conducteur de voir clairement la route devant lui et est par conséquent dangereux. De plus, en particulier pendant un long voyage, les éblouissements incessants fatiguent et incommodent le conducteur et provoquent donc de ce côté également des risques potentiels. On a certes tenté déj & d'atténuer ce problème. L'un des moyens utilisés, destiné 9 éviter l'éblouissement par l'arrière, consiste équiper le véhicule d'un rétroviseur présentant deux surfaces réfléchissantes, dont l'une, utilisée la nuit, possède un plus petit pouvoir de r6flexion que l'autre. Un autre moyen consiste à utiliser pour la conduite de nuit, des lunettes spéciales comprenant des verres teintés qui réduisent le coefficient de transmission global de la lumière à travers les verres. L'éblouissement des phares est effectivement réduit par ces deux moyens. La demanderesse n'est cependant pas la seule a observer que ces deux moyens pour éviter l'éblouissement ont un inconvénient sérieux en ce sens qu'ils réduisent de façon uniforme, sur tout le spectre visible, l'intensité de la lumière qui arrive aux yeux du conducteur. Cela se traduit pour le conducteur dans une diminution globale de l'éclairement et en particulier de celui de la route devant lui, ce qui est exactement le contraire de ce qu'il faudrait pour la conduite de nuit. La demanderesse a conçu un moyen pour atténuer sinon supprimer cet inconvénient des moyens connus. Plus précisément, la demanderesse a découvert que l'éblouissement produit par des phares, tels que des phares équipés de lampes au tungstEne-halogène,peut être évité parla suppression ou l'atténuation de l'intensité de certaines longueurs d'onde de la lumière, notamment des longueurs d'onde au-del & d'environ 580 na et en particulier celles comprises entre 580 et 7QO nm. La demanderesse a découvert en outre que cette suppression ou atténuation peut être faite sans réduire dans une mesure correspondante l'intensité d'autres longueurs d'onde dans le spectre visible.La demanderesse a donc découvert en substance que l'aveuglement ou l'éblouissement produit par les phares peut être évité ou atténué sensiblement sans que cela entraine une réduction de l'éclairement à d'autres longueurs d'rnde. Selon l'invention, un élément optique translucide de*tixe à être utilisé pour la conduite de!nuit;de véhicules routiers est essentiel lement caractérisé en ce qu'il comprend une pièce translucide moulée en plastique et une matière d'absorption ie lumière qui absorbe plus forteisst la lumière dans la plage de longueurs d'onde allant d'environ 580 à 700 na que dans la plage de longueurs d'onde exilant d'environ 400 à 580 nm. Les éléments optiques translucides selon l'invention peuvent avoir de nombreuses formes. Par exemple, ils peuvent être utilisés comme réflecteurs dans les rétroviseurs, auquel cas l'une des surfaces de l'élément peut être métallisée pour réfléchir la lumière incidente dans la pièce moulée. Il n'est pas essentiel que l'élément lui-même soit métallisé car il peut être utilisé ven ómbinaison avec un autre élément optique qui est métallisé. Les éléments optiques selon l'invention peuvent égalenott constituer les lentilles de lunettes, soit sous forme de lentilles ordinaires, soit sous forme de lentilles correctrices (pour corriger une vue déficiente). Les éléments peuvent également constituer des écrans antiéblouissants et même des pare-brise (ou des vitres arrière) de véhicules automobiles. Le terme "Elément optique" utilisé ici désigne un article ayant notamment une fonction de réflexion ou de réfraction de la lumière et possédant une ou plusieurs faces conformées en conséquence. L'aspect essentiel de l'invention réside dans la réduction plus forte et de préférence beaucoup plus forte de l'intensité de la lumière des longueurs d'onde provoquant l'éblouissement que celle des autres longueurs d'onde du spectre visible, donc dans une absorption de lumière sélective au lieu de la diminution globale de l'intensité lumineuse que produisent les moyens connus. Cela résulte de la découverte faite par la demanderesse que l'éblouissement est provoqué par des longueurs d'onde déterminées et qu'il est possible d'absorber ces longueurs d'onde sFlective- ment, de préférence par rapport à d'autres longueurs d'onde du spectre visible. Les éléments optiques selon l'invention sont formés essentiellement sinon complètement de pièces moulées en plastique. L'utilisation de pièces moulées en plastique comme éléments optiques présente toute une série d'avantages et notamment la facilité de fabrication, surtout lorsque des surfaces optiques complexes sont nécessaires, le faible prix de revient et le poids réduit. Les éléments sont faits de résines telles que les polyméthylméthacrylates et les polycarbonates. Il est préférable d'incorporer la matière d'absorption de lumière dans le plastique avant le moulage. La matière peut ainsi être distribuée uniformément et suivant des quantités exactement déterminées dans toute la matrice. Il est cependant possible aussi d'appliquer la matière d'absorption de lumière sous forme d'une couche sur la surface ou une partie de la surface de la pièce moulée. La matière d'absorption de lumière utilisée dépend des longueurs d'onde de lumière qu'il s'agit d'absorber. C'est ainsi qu'il faut utiliser une matière produisant une forte absorption des longueurs d'onde allant d'environ 580 à 700 nm pour éviter l'éblouissement par des phares comprenant les lampes au tungtènehalogène communément utilisées dans certains pays. Une plage de forte absorption légèrement différente pourra convenir davantage pour des lampes d'autres types, mais cela peut être déterminé pour chaque cas particulier par des essais et des expérimentations 'qui ne posent pas de problèmes particuliers. Il est bien entendu essentiel que la matière d'a sorption de lumière utilisée ne produise pas une aussi forte absorption d'autres longueurs d'onde, en particulier dans la plage de 400 à 600 nm. Lorsque l'absorption dans la plage de 400 à 580 nm est faible, on conserve une bonne visibilité, en particulier, par exemple, dans les agglomérations, c'est-à-dire dans les zones dotées d'un éclairage public des rues, trottoirs et passages pour les piétons. Les réverbères munis de lampes du type à vapeur de sodium ou de mercure assurent un éclairement qui est assez fort dans la plage de 400 à 600 nm mais qui est nettement inférieur aux environs de 600 nm et au-dessus. Les éléments optiques selon l'invention conviennent donc particulièrement à un tel environnement puisqu'ils n'atténuent pratiquement pas l'éclairage public qui ne gêne nullement et réduisent au contraire de façon notable l'éblouissement par les phares. L'invention apporte par conséquent une contribution importante à la sécurité routiers. Parmi les différentes matières d'absorption de lumière utilisables dans les éléments optiques selon l'invention, la demanderesse en préfère deux : le vert de phtalocyanine (Imperial Chemical Industries Ltd,, Grande Bretagne, marque Diakon Green 6099) et un mélange de vert de phtalocyanine et de bleu de phtalocyanine modifié (Rohm a Haas, marque Plexiglass 701). Les figures 1 et 2 montrent des courbes représentant pour ces deux matières le coefficient de transmission de la lumière en pourcentage en fonction de la longueur d'onde dans le spectre visible. On voit que ces deux matières présentent une forte élévation de l'absorption (ou un creux accentué dans la transmission) dans la plage allant de 580 à 700 nm. La figure 3 montre une courbe analogue pour le vert de phtalocyanine mais la concentration de cette matière est dans ce cas le double de celle utilisée pour le graphique de la figure 1. Le coefficient global de transmission de la lumière est d'environ 74 % dans le cas de la figure 1 alors qu'il est d'environ 62 % dans le cas de la figure 2. I1 va de soi qu'il est préférable d'utiliser une matière d'absorption de lumière qui possède le meilleur coefficient global de transmission de la lumière et qui assure en même temps l'absorption sélective la plus nette des longueurs d'onde produisant l'éblouissement. Le coefficient global de cransmission dépend naturellement en partie de la quantité de matière absorbante utilisée et, à cet égard, la quantité optimale est généralement la quantité minimale nécessaire pour produire l'atténuation désirée de l'éblouissement. La demanderesse a constaté qu'en cas d'incorporation de vert de phtalocyanine dans une pièce moulée en polyméthylméthacrylate destinée à servir comme un miroir, il est préférable d'utiliser une quantité de vert de phtalocyanine comprise entre 0,201 et 0,203 % en poids de la pièce. On comprendra facilement que les éléments optiques selon l'invention ne produisent qu une réduction substantielle de l'intensité lumineuse de phares dans une plage de longueurs d'onde donnée et que les phares restent parfaitement bien visibles (parce qu'ils émettent bien entendu aussi de la lumière d'autres longueurs d'onde, qui ne provoquent pas d'éblouissement). D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront plus clairement de la description qui va suivre de plusieurs exemples de réalisation non limitatifs, ainsi que des dessins annexés, sur lesquels - les figures 1 v 3 sont des graphiques coefficient de trausmission/longueur d'onde (défi décrits dans ce qui précède) ; - la figure 4 représente schématiquement un élément optique selon l'invention sous forme d'un miroir, par exemple pour un rétroviseur. de véhicule ; - la figure 5 représente un élément selon l'invention sous forme d'une lentille de lunettes ; et - la figure 6 représente un élément utilisable comme écran antiéblouissant ou comme pare-brise d'un véhicule. La figure 4 représente une pièce translucide moulée en plastique qui présente une face avant courbe 1 et une face arrière plane 2 qui est métallisée (3) et qui réfléchit la lumière incidente. Une matière d'absorption de lumière selon l'invention est uniformément répartie dans la matière constitutive de la pièce moulée. Un tel élément peut être monté directement comme rétroviseur dans un véhicule mais il est possible aussi de le monter dans un cadre de support qu moyen duquel il peut tre fixé, également dans un véhicule comme rétroviseur par exemple. L'élément tel que représenté sur la figure 1 peut aussi être pourvu d'autres moyens pour sa fixation dans l'habitacle d'un véhicule ou sur un rétroviseur existant.Une construction préférée - et applicable un élément tel que celui représenté sur la figure 1 - pour un rétroviseur est décrite dans la demande de brevet français n" 75/29948 au nom de la demanderesse. Les figures 5 et 6 représentent des éléments faits de la même matière que l'élément de la figure 1 mais ayant des formes différentes : la figure 5 montre une pièce moulée en plastique constituant une lentille de lunettes et la figure 6 montre une plaque peu près rectangulaire qui est utilisable comme pare-brise ou ( plus petite échelle)comme écran antiéblouissant. Des lentilles comme celles représentées sur la figure 5 seraient bien entendu fixées dans une monture de lunettes et l'article de la figure 6 serait monté dans un encadrement ou sur un support. L'invention apporte en outre un procédé pour réduire l'éblouissement produit par les phares. Ce procédé consiste à placer un élément optique selon l'invention dans la trajectoire des rayons lumineux entre les phares et un observateur, l'élément optique contenant suffisamment de matière absorbant la lumière pour réduire l'éblouissement ou l'aveuglement produit par les phares. REVENDICATIONS 1. Elément optique translucide, caractérisé en ce qu'il comprend une pièce translucide moulée en plastique et une matière d'absorption de lumière qui absorbe plus fortement la lumière dans la plage de longueurs d'onde allant d'environ 580 à 700 nm que dans la plage de longueurs d'onde allant d'environ 400 à 580 nm. 2. Elément optique translucide selon la revendication 1, caractérisé en ce que la matière absorbant la lumière 'est du vert de phtalocyanine ou un mélange de vert de phtalocyanine et de bleu de phtalocyanine modifié. 3. Elément optique translucide selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que la matière absorbant la lumière est uniformément distribuée dans la matière constitutive de la pièce moulée en plastique. 4. Rétroviseur de véhicule, caractérisé en ce qu'il comprend, comme élément réfléchissant, un élément optique translucide selon l'une quelconque des revendications 1 3, l'une des faces de la pièce moulée constituant 11 élément optique étant métallisée pour réfléchir la lumière incidente dans la pièce moulée. 5. Elément optique translucide selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce qu'il constitue une partie ou l'ensemble d'un pare-brise, d'une vitre arrière ou d'un écran antiéblouissant d'un véhicule. 6. Elément optique translucide selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce qu'il constitue une lentille de lunettes. 7. Lunettes, caractérisées en ce qu'elles comprennent, comme lentilles, des éléments optiques selon la revendication 6. 8. Procédé pour réduire l'éblouissement produit par les phares de véhicules routiers, caractérisé en ce qu'il consiste à placer dans la trajectoire des rayons lumineux entre les phares et un observateur un élément optique selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, 5 et 6 et contenant suffisamment de matière absorbant la lumière pour réduire l'éblouissement ou l'aveuglement produit par les phares. 9. Véhicule routier, caractérisé en ce qu'il comprend un rétroviseur selon la revendication 4, ou un pare-brise, une vitre arrière ou un écran antiéblouissant selon la revendication 5.