La présente invention concerne un dispositif de réglage du débit dans un vaisseau d'être vivant. Il peut être nécessaire, à des fins médicales ou d'expérimentation, de pouvoir régler à tout moment, en agissant de l'extérieur, le débit d'un vaisseau traversé par un fluide organique appartenant à un être vivant, sans avoir àopérer, à cette fin, une intervention chirurgicale. Or, on sait que les organes mécaniques, du genre pince ajustable par exemple, susceptibles d'étrangler plus ou moins un vaisseau par pression, ne sont pas tolérés par les organismes où ils sont implantés. Il apparait pour le moins, sur la paroi sollicitée du vaisseau, du tissu fibreux qui, durcissant celui-ci, rend plus difficile et plus aléatoire l'action de la pince. Un étranglement à la demande du débit d'un vaisseau est souhaitable notamment dans le cas de l'hémodialyse chronique chez un insuffisant rénal On sait que, pour permettre ce traitement, on anastomose usuellement un segment de veine directement à une artère, et le sang à traiter est, au moyen d'aiguilles tubulaires plantées dans la veine, prélevé sur la veine en amont pour être renvoyé en aval, sur cette même veine, après traitement. Il est clair que cette opération est d'autant plus facile à exécuter et d'autant plus efficiente que le débit dans la veine anastomosée est plus grand. Cependant, le "shunt" (ou "by-pass") ainsi établi dans la circulation sanguine oblige le coeur à un effort supplémentaire, ce qui entraine rapidement une dangereuse fatigue qui conduit à l'insuffisance cardiaque On se contente donc, en règle générale, d'une anastomose de vaisseaux de calibre réduit. L'invention permet notamment de réaliser une telle anastomose avec un segment de veine de calibre important, par exem- ple de l'ordre du centimètre, en limitant, hors des périodes de dialyse, le débit sanguin dans ce segment de veine. Il convient cependant, à peine du. risque d'une obturation du vaisseau avec ses risques d'embolie, de conserver toujours, dans le segment de veine, un courant sanguin, c'est-à-dire d'éviter l'obturation complète. Selon l'invention, le vaisseau d'être vivant dont le débit est à régler est entouré, au moins partiellement, par un élément incurvé dont la paroi interne comprend une portion gonflable en relation avec une capacité fermée à-paroi souple contenant un liquide, de préférence visqueux par l'intermédiaire d'une valve dont le passage peut être forcé dans les deux sens par une pression prédéterminée supérieure à celle qui règne dans le vaisseau. On connaît déjà, en effet, un certain nombre d'élastomères silicones qui sont très bien tolérés par les tissus vivants. Le dispositif selon l'invention peut être entièrement réalisé ou revêtu avec de tels élastomères. L'élément incurvé peut avoir la forme d'une pince dont au moins une des branches comporte, sur sa face interne, une paroi souple formant la portion gonflable. Cette réalisation présente l'avantage de pouvoir être mise en place sur le vaisseau sans coupure de celui-ci et anastomose des parties coupées. Par sécurité, cet élément incurvé peut être un collier complet entourant le vaisseau et dont tout ou partie de la paroi interne est gonflable. Une va#lve capable de passage dans les deux sens audessus d'une pression déterminée peut être réalisée sous la forme d'une simple fente dans une paroi relativement épaisse d'élastomère, fermant un conduit de raccordement entre la portion gonflable et la capacité fermée. Le dessin annexé permettra de comprendre comment l'invention peut être mise en oeuvre. La figure 1 montre en coupe partielle schématique un membre dans lequel un vaisseau est pourvu d'un dispositif selon l'invention. La figure 2 est une vue agrandie en coupe du dispositif utilisé dans le cas de la figure 1. La figure 3 est une coupe suivant III-III de la figure 2. La figure 4 est une vue en perspective d'une variante de réalisation. La figure 5 montre en coupe partielle une autre variante de réalisation. Sur la figure 1, un segment de veine 1, supposé anastomosé d'une part, à une veine, d'autre part, à une artère d'un être vivant, passe sous la peau 2 d'un membre 3. Cette veine est engagée dans le passage compris entre un ballonnet 4 et une sangle 5 dont les deux extrémités sont fixées en deux endroits diamétralement opposés de ce ballonnet (voir aussi figure 2). Le ballonnet 4 communique par un tube 6 à paroi relativement épaisse avec un second ballonnet 7 à travers une valve 8. Celle-ci est constituée par une paroi relativement épaisse 9 d'élastomère perforée d'une fente 9a. L'ensemble est réalisé en élastomère silicone et rempli d'un liquide visqueux en quantité telle que l'un des ballonnets soit déprimé lorsque l'autre est Si l'on presse sur le ballonnet 7 à travers la peau 2, le liquide gonfle le ballonnet 4 et le vaisseau 1 est étranglé- (position en pointillés sur la figure 2). Si on presse sur le ballonnet 4, le liquide est chassé vers le ballonnet 7 et le passage redevient libre dans le vaisseau 1. Grâce, d'une part, à l'élasticité et à l'épaisseur de la paroi 9, d'autre part, à la viscosité du liquide, la valve est pratiquement étanche jusqu'à la pression capable d'écarter les lèvres de la fente 9a. Cette pression est choisie au moins égale à la plus forte pression pouvant régner dans le vaisseau 1, par exemple 25 torrs dans le cas des vaisseaux sanguins. Une étanchéité imparfaite de la valve 8 est d'ailleurs sans conséquence importante. En effet, lorsque le-dispositif est appliqué à un insuffisant rénal, pendant la dialyse l'aplatissement relatif du ballonnet 4 peut être surveillé. Inversement, le patient peut lui-même appuyer sur le ballonnet 7 entre deux dialyses si celuici se regonfle. On remarquera qu'il est possible, si besoin est, d'utiliser une valve plus évoluée techniquement, par exemple deux clapets avec ressorts tarés orientés en sens opposés, étant donné que cette valve et le liquide qu'elle commande sont séparés de llorga- nisme par la paroi en élastomère silicone. La réalisation montréepar la figure 4 est analogue. Dans ce cas, le ballonnet est remplacé par trois ballonnets 10, Il, 12 intercommunicants et de volumes progressivement réduits On peut ainsi, en appuyant sur l'un ou l'autre de ces ballonnets, ajuster la déformation du vaisseau 1 à la demande. Il peut arriver, par exemple au cours d'une opération de dialyse pendant laquelle le vaisseau 1 a son débit maximal (ballonnet 4 affaissé, ballonnets 10, 11, 12 gonflés), que llex- trémité du membre, une jambe par exemple, portant le segment 1 ne soit plus suffisamment irriguée. On peut alors y remédier en diminuant un peu le débit du vaisseau en appuyant sur le ballonnet 12 ou le ballonnet 11. Dans la réalisation montrée par la figure 5, un segment de tube fendu et aplati 13 en élastomère épais est traversé par le vaisseau 1. Une des branches de ce segment comport#e, à l'intérieur, une paroi rapportée 14 délimitant ainsi un espace gonflable 15 communiquant, comme précédemment, par une valve avec un ballonnet. Ce segment de tube est suffisamment rigide pour maintenir le vaisseau 1 aplati lorsque l'espace 15 est gonflé, mais peut être déformé par pression, en écrasant momentanément le vaisseau 1, pour chasser le liquide que contient cet espace vers le ballonnet 7 (ou 10, 11, 12). L'invention s'applique principalement à l'hémodialyse. REVENDICATIONS 1. Dispositif de réglage du débit dans un vaisseau d'être vivant par étranglement dudit vaisseau, caractérisé en ce que ledit vaisseau est entouré, au moins partiellement, par un élément incurvé dont la paroi interne comprend une portion gonflable en relation avec une capacité fermée à paroi souple contenant un liquide, par l'intermédiaire d'une valve dont le passage peut être forcé dans les deux sens par une pression prédéterminée supérieure à celle qui règne dans le vaisseau. 2. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que le liquide est visqueux. 3. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'élément incurvé forme un collier autour du vaisseau. 4. Dispositif selon la revendication 3, caractérisé en ce que le collier est constitué par un ballonnet et une sangle fixée en deux endroits sensiblement opposés du ballonnet. 5. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que la capacité à paroi souple est constituée par un ballonnet au moins. 6. Dispositif selon la revendication 5, caractérisé en ce que la capacité comprend plusieurs ballonnets de volumes échelonnés. 7. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que la valve est constituée par une paroi en élastomère percée d'une fente. 8. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que la surface extérieureau moins du dispositif est en élas tomère silicone.