L'invention a pour objet un réactif chimique indicateur pour le diagnostic "in vitro" de la grossesse d'un mammifère féminin, son pro- cédé de fabrication et sa méthode d'utilisation. Il est bien connu d'utiliser la présence de la gonadotropine cho- rionique humaine (G.C.H.) dans l'urine ou le sérum des femmes encein- tes à partir du 24ème jour de la grossesse avec une concentration maximale entre le 40ème et le 60ème jour, pour diagnostiquer l'état de grossesse. On a tout d'abord effectué des tests biologiques en laboratoiresen utilisant des animaux comme des rats et des lapins. Si l'exactitude de ces tests est satisfaisante, le temps et le ma- tériel nécessaires pour leur mise en oeuvre, et par conséquent leur coût, les rend impropres à une généralisation. On a aussi proposé des tests immunologiques en provoquant une ré- action entre la gonadotropine et ses anti-corps. Ces tests ont aussi une précision satisfaisante, mais ils présentent les mêmes inconvé- - nients que les tests biologiques: temps, difficulté de mise en oeuvre, coût. Il reste à trouver une autre méthode, à la fois rapide, précise et peu chère pouvant être généralisée, cette méthode devant permettre une interprétation facile du résultat même pour une personne profane inexpérimentée. Le brevet américain n0 3.595 620 déposé par Gordon le 28 octobre 1968 décrit et revendique un réactif chimique servant d'indicateur pour le diagnostic "in vitro" de la grossesse, en donnant une certaine coloration particulière aux urines auxquelles il est additionné. Ce réactif est constitué dans une solution tampon ayant un pH de 6 comportant du phosphate monobasique de potassium et d'hydroxyde de sodium, soit par du pourpre de Bromocresol-soit du rouge de chloro- phénol. Le reproche à faire à ce réactif réside dans le faible écart de co- loration existant entre le résultat positif (pourpre) et le résultat- négatif (brun rouge) écart qui n'est que de l'ordre d'une centaine d'Angstrt5ms si bien qu'il y a possibilité d'erreur d'interprétation. Il semble par ailleurs que la quantité de réactif utilisé ne soit pas déterminante pour modifier le résultat. L'invention se propose d'améliorer les résultats obtenus avec un réactif du type Gordon en accroissant l'écart entre la coloration due à une réaction négative et la coloration afférente à une réaction po- sitive. L'expérience montre que cet écart augmentait lorsque, pour compo- sant colorimétrique on utilisait un mélange de crésol halogéné (comme le pourpre de bromocrésol)et de chlorophénol halogéné (comme le rouge de chlorophénol) les deux composants ayant entre eux un effet syner- gique influant sur le degré de la coloration du test positif, le ré- sultat optimal étant atteint quand le pourpre de bromocrésol et le rouge de chlorophénol étaient entre eux réciproquement dans un rapport pondérai d'environ 55 et 45 % et de préférence dans le rapport 53 et 47 X. Pourtant, les essais cliniques révélèrent un nombre important de cas faux et douteux o il était impossible d'être affirmatif dans un sens ou dans l'autre. - Les contrôles effectués indiquèrent que dans tous ces cas, les urines avaient un pH anormalement bas ou anormalement haut avecspour conséquence, que les urines d'une femme non enceinte (test dont le résultat aurait dû être nettement négatif) viraient dans la gamme de tons rouge pourpre, voisine de celle de tons qui auraient dû corres- pondre au test positif. - La demanderesse observa qu'une condition indispensable pour obtenir des résultats sincères était que le pH des urines soit compris entre- environ 4 et 5. Or, il existe au moins un cas o ce facteur d'acido-alcalimétrie accuse une tendance fortement basique, c'est celui o la femme a in- géré antérieurement un médicament à base de stéroîdes (contraceptif par exemple). Gordon, dans son brevet n0 3.595.620 loin de penser que la présence de ce type d'hormone faussait le résultat du test, avait imaginé se servir au contraire de cette propriété pour déceler l'omission de prise d'une pilule contraceptive. L'invention vise à introduire dans la formule du réactif un-ou plusieurs composants susceptibles de combattre cette baisse anormale - du pH pour le maintenir dans l'ordre de 4 à 5 mais bien peu sont com- patibles avec les constituants colorimétriques précités. La demanderesse a trouvé que parmi tous ces corps, la primauté devait être donnée au rouge de méthyl (2-diméthylamino-phényl nitro- benzénique) et au bleu de Bromothymol (3-3' dibromothymol sulfonaph- talène) car ces phénols eux mêmes interviennent dans la modification de la longueur d'onde de la coloration. Le rapport pondéral entre le rouge de méthyl et le bleu de bromothy- mol est avantageusement, respectivement de 1-2. En pratiquant des tests sur des urines de femmes non enceintes, la demanderesse a observé que l'ingestion de composés stéroYdiques n'était pas la seule à fausser le résultat du test, mais que des ré- sultats positifs ou douteux étaient induement obtenus lorsque la fem- me en cause avait ingéré des aliments à haute teneur en acides (acide citrique ou ascorbique) ou à haute teneur en protéines ou alcools. Il apparut donc à la demanderesse que pour contrebalancer la pré- sence éventuelle de ces produits perturbateurs, il y avait lieu d'ajou- ter à la formule un constituant compensateur qui n'intervienne qu'en cas de nécessité. Son choix s'est porté sur un indophénol comme le dichlorophénol- indophénol qui a par ailleurs l'avantage de foncer la teinte. du test positif, donc d'améliorer la lecture du résultat. -- La demanderesse, constatant que les stéroides,-l'acide citrique ou ascorbique, l'alcool et les protéines ont une action sur le réactif analogue à celle de la G.C.H. en déduisit que celle-ci à un facteur commun avec ces produits et comme le facteur commun entre ces pro- duits est la présence dans leur composition de groupes carbonyles, il est évident que les urines d'une femme enceinte contiennent aussi ces groupes provenant d'une réaction "in vivo" de la G.C.H. qui li- bère ces groupes spécifiques par l'intermédiaire du métabolisme humain. Par ailleurs, des études "in vitro" mettant en présence de la G.C.H. synthétique et le réactif objet de la présente invention ayant donné des résultats négatifs montrent à l'évidence que si la G.C.H. synthétique est un mélange d'isomères, la G.C.H. naturelle est elle, un seul isomère donnant des réactions sélectives. La demanderesse a pensé reproduire "in vitro" le processus "in vivo" en ajoutant à une urine de femme non enceinte les composés suivants: stéro7des, acide citrique ou acide ascorbique, ainsi que l'alcool et les protéines. Ces expériences ont donné un résultat altéré, c'est-à-dire, ni posi- tif, ni négatif dans le test de grossesse. Les conclusions de ces expériences indiquent que les groupes carbonyles sont intervenusdans la réaction d'une certaine manière, donnant une altération absolue (ni négative, ni positive>. Les résultats "in vivo" ne sont pas identiques aux résultats obtenus "in vitro", du fait que dans les expériences "in vivo", les composés sont soumis au processus métabolique du corps humain entre le moment de l'ingestion et l'élimination des composés précités. On considère donc que la réaction se fait entre un groupe carbonyle présent dans l'urine et le réactif objet de cette invention, ce groupe provenant d'une réaction "in vivo" de la G.C.H. qui libère des groupes carbonyles spécifiques dans le métabolisme des femmes enceintes et que ces groupes spécifiques s'éliminent par l'urine o ils sont dé- tectés par ledit réactif. Le réactif doit être préparé dans des conditions telles qu'il ne puisse être perturbé par des agents extérieurs. - Préparation dans un milieu isolé o aucune opération étrangère à ladite opération ne doit être effectuée - Ambiance dénuée d'humidité et stable - Air ambiant à température allant de 20 à 250C. - Stérilité de cet air, de tous les meubles et instruments y compris vêtements de l'opérateur qui doit porter un masque également stérile. - Le mélange des ingrédients doit être parfait de façon à ce qu'il n'existe pas en fin de préparation un résidu, ce qui modifierait les résultats du test. - Le réactif obtenu doit être conservé dans des bouteilles de verre et de couleur sombre, et ces bouteilles doivent être hermétiquement fermées. On obtient le réactif en mélangeant trois solutions composées sé- parément On commence par préparer une solution tampon (solution A) en pla- çant dans un ballon gradué de 1 litre, 250 millilitres d'une solu- tion 0,2 molar de phosphate monobasique de sodium à laquelle on ajoute 28 millilitres d'une solution 0,2 molar d'hydroxyde de sodium, et en complétant le contenu à 1 litre avec de l'eau distillée. On prépare ensuite une solution colorante (solution B) en mélan- geant par agitation 0,20 g de pourpre de bromocrésol, 0,18 g de rouge de chlorophénol dans 18 millilitres de la solution tampon A puis on complète avec cette même solution A jusqu'à concurrence de 700 mil- lilitres. On prépare enfin une solution C en dissolvant dans 250 millili- tres de solution tampon A 0 40,1 gr de rouge de méthyle et, 0,20 gr de bleu de Bromothymol et 0,12 gr de dichlorophénol indophénol. Le réactif résulte du mélange des solutions B et C que l'on com- plète avec de l'eau distillée jusqu'à concurrence d'un litre. Le mode d'emploi du réactif précédemment obtenu en vue d'un test déterminant la grossesse est le suivant: a) - on prend un échantillon d'urine du matin de la personne à jeun. b) - on place l'urine dans un récipient sec, propre et hygiénique durant 15 minutes jusqu'à ce que l'urine acquiert la température ambiante. (Lorsque l'échantillon d'urine a été conservé dans un ré- frigérateur, on doit le ramener à la température ambiante avant d'ef- fectuer l'expérience. Dans ce cas, le temps d'attente avant d'être utilisé ne doit pas dépasser la limite de huit heures. Les échantil- lons réfrigérés ne doivent pas être gardés plus de deux jours. Les échantillons congelés peuvent être conservés jusqu'à 25 jours). c) - dans un récipient cylindrique incolore de 2 centimètres de diamètre à fond plat-, on met 5 centilitres d'urine auxquels on mélan- ge 2 gouttes du réactif (de 0,132 cc chaque), et on agite. d) - si le mélange prend une couleur bleu pourpre, rose pale ou rose pourpre, le résultat est positif; si on ajoute plus de 4 gout- tes du réactif, les couleurs sus-citées s'intensifieront tout en restant dans la même gamme, f) - si le mélange reste d'une couleur de la gamme des jaunes ou des bruns clairs, c'est-à-dire une couleur de la gamme de l'urine testée avant mélange, à peine plus foncée que la couleur naturelle de cette urine, le résultat est négatif; si on ajoute plus de 4 gouttes du réactif la couleur précitée s'intensifiera tout en restant dans la même gamme, g) - le résultat est obtenu en vingt secondes maximum. Entre les longueurs d'onde des couleurs du test positif et du test négatif, il y a donc un écart se situant aux environ de 1000 A. Il y a néanmoins lieu d'observer les précautionsci-après: - On doit arrêter la prise de médicaments anticonceptionnels 48 heures avant d'effectuer ce test. - Pendant la nuit qui précède ce test, il faut éviter les agents acidifiants et les antiacides tels que: oranges, citrons, viandes, bicarbonate, médicaments effervescents, vinaigre ainsi que d'autres produits similaires. - Si on a pris du citrate de clomifène ou un autre médicament fertilisant pendant une brève période ou plus de deux semaines avant le test, il ne devrait pas se présenter d'interférences. - Pour faciliter la lecture et éviter toute confusion entre les couleurs, on doit observer le résultat obtenu contre un fond blanc et à la lumière naturelle. Le réactif objet de la présente invention est capable de déceler la présence de la G.C.H. présente dans les urines dés 4 à 6 jours après le premier arrêt des règles. La première expérience devra avoir lieu entre le 4éme et le 6ème jour après la constatation de cet arrrêt et peut être renouvelée pendant une période de trois mois à dater de celui-ci. La meilleure période pour pratiquer le test se situe entre le 4ème et le 17ème jour ainsi calculés. A partir du 90ème jour, le taux de l'hormone baisse sensiblement entraînant par corollaire, la baisse de l'efficacité du réactif. Enfin, il faut remarquer que la présence du rouge de méthyl et du-bleu de bromothymol dans le réactif, non seulement ont les effets compensateurs sus-indiqués, dans les cas o un produit ingéré risque- rait de fausser le résultat, mais encore, donne une stabilité presque infinie-au réactif, alors qu'en leur absence, celui-ci ne serait stable que deux ou trois mois seulement. REVENDI CATIONS 1 - Réactif chimique servant d'indicateur pour le diagnostic "in vitro" de la grossesse et destiné à être ajouté à une quantité d'urine émise par le mammifère féminin objet du test, ledit réactif comportant, dans une solution tampon dont le pH est compris entre ,2 et 6,6, un colorant sensible à la présence dans ces urines de la gonadotropine chorionique humaine (G.C.Ho) caraotérisé en ce qu'il comprend en outre au moins un composant destiné à maintenir le pH des urines entre 4 et 5.- 2 - Réactif selon la revendication 1 caractérisé en ce que ce colorant est un mélange de crésol halogéné et de phénol halogéné. 3 - Réactif selon la revendication 2 caractérisé en ce que le crésol halogéné est le pourpre de.-bromocrésol (5'-5" dibromo-o-cré- solsulphonaphtalène) et le chlorophénol halogéné est le rouge de chlorophénol (3'-3" dichlorophénolsulfonaphtalène). 4 - Réactif chimique selon la revendication 3 caractérisé en ce que le pourpre de bromocrésol et le rouge de dichlrophénol sont respectivement dans un rapport pondéral d'environ 55 et 45 % et de préférence dans le rapport 53-47 %. 5 - Réactif chimique selon l'une des revendications précédentes dans lequel la solution tampon est obtenue en mélangeant 250 milli- litres de solution 0,2 molar de phosphate monobasique de sodium, de à 30 millilitres (de préférence 28 millilitres) de solution 0,2 molar d'hydroxyde de sodium et en complétant pour obtenir un litre de solution tampon, avec de l'eau distillée, caractérisé en ce que l'on ajoute de 15 à 20 millilitres de cette solution tampon à 0,20gr de pourpre de bromocrésol et 0,18 gr de rouge de chlorophénol. 6 - Réactif chimique selon l'une quelconque des revendications précédentes caractérisé en ce que le composant destiné à stabiliser le pH des urines testées entre 4 et 5 est un mélange de rouge de méthyl (2 diméthylaminophényl nitrobenzo7que) et le bleu de bromo- thymol (3-3' de bromothymol sulfonaphtalène). 7 - Réactif chimique selon la revendication 6 caractérisé en ce que le rouge de méthyle et le bleu de bromothymol sont respective- ment dans le rapport pondéral d'environ 1-2. 8 - Réactif chimique selon la revendication 7 caractérisé en ce qu'il comprend une solution-obtenue en faisant dissoudre 0,10 gr de rouge de méthyl, 0,20 gr de bleu de bromothymol et 0,12 gr de dichlorophénol indophénol dans 250 millilitres de ladite solution tampon. 9 - Réactif chimique selon l'une des revendications précédentes caractérisé en ce que l'on ajoute le mélange obtenu selon la revendication 5 avec le mélange obtenu selon la revendication 8.et que l'on complète avec de l'eau distillée à concurrence d'un volume de un litre. - Test pour diagnostic "in vitro" de la grossesse selon lequel on met en présence le réactif colorimétrique avec l'urine à tester caractérisé en ce que l'on mélange 1 à 2 gouttes (d'environ 0,132 cc chaque) du réactif obtenu selon la revendication 9 avec environ 5 cl de cette urine. HUIT PAGES. Par Procuration de la: - Société ANSTALT, dit 'FARMATEST. Le Mandataire, René Y Conseil en Brevets d'Invention.