L'invention a pour objet une installation de protec- tion contre les effractions. La plupart du temps, on cherche à compléter la protec- tion matérielle par un signal se déclenchant lors d'une tentative d'effraction. On a également proposé de détruire, ou au moins de rendre inutilisables, des valeurs contenues dans une valise ou analogue, si celle-ci fait l'objet d'une tentative d'effraction ou d'ouverture forcée. L'invention part d'un concept différent. Elle consiste à protéger un objet, ou un groupe d'objets, en interposant, entre l'objet ou lesdits objets et l'accès à leur emplacement, un milieu dont la présence empêche l'approche et/ou la pré- hension desdits objets ou au moins les retarde. Elle est basée sur cette constatation qu'il est mainte- nant possible de créer très rapidement un milieu volumique ou surfacique des dimensions relativement considérables à partir de composants stockables sous un très faible encombre- ment et, à cet égard, elle vise en premier lieu les mousses qui sont maintenant obtenues d'une manière courante dans l'industrie par mélange des deux composants, par exemple les mousses polyuréthanes résultant du mélange d'un ou plusieurs polyols avec un ou des isocyanates. Le procédé selon l'invention, pour protéger un espace à l'égard de l'accès d'une personne non autorisée, est carac- térisé en ce que la protection résulte de la formation brusque d'un milieu cohérent s'opposant audit accès. Selon un mode d'exécuition, le milieu de protection est une mousse durcie, qui peut être formée à partir de plusieurs composants stockés séparément. Elle tire alors parti du fait que pour obtenir un volume déterminé de mousse, on fait appel à des composants d'un volume plusieurs dizaines de fois inférieur - D'autre part, certaines mousses durcissent en un temps très court, de l'ordre de la minute. En outre, la formation du milieu de protection est irréversible, contrairement à d'autres moyens de protection qui peuvent être ramenés dans une position ou une condition initiale dans laquelle ils sont inopératoires. La présence du milieu de protection peut empêcher ou 2 2498784 retarder l'action du cambrioleur sur l'objet ou les objets à protéger. Ledit milieu les masque à la vue du cambrioleur, rendant leur préhension plus difficile. Le milieu peut être choisi pour diminuer l'efficacité des outils destinés à l'effraction, par exemple être de nature visqueuse. Selon un autre mode d'exécution, la formation du milieu de protection ne fait pas appel à une réaction chimique: le milieu de protection est stocké sous un très faible encom- brement, sous pression, et sa projection entraîne le déve- loppement volumique ou surfacique assurant son efficacité. Selon une forme de réalisation, une installation selon l'invention comporte un réservoir de stockage d'un premier composant, un réservoir de stockage d'un second composant et des moyens, mis en oeuvre lors d'une tentative d'effraction ou analogue, qui déclenchent la réaction entre les deux dits composants avec formation d'une mousse s'interposant entre l'objet à protéger et le cambrioleur. L'invention prévoit une exécution suivant laquelle l'accroissement du volume du milieu de protection est appliqué pour déplacer des organes mécaniques, par exemple métalliques, réalisant ainsi une condamnation s'opposant à l'accès des ob- jets à protéger. Dans la description qui suit, faite à titre d'exemple, on se réfère aux dessins annexés, dans lesquels: - la figure 1 est une vue schématique, en coupe verti- cale, d'un coffre-fort équipé d'une installation selon l'in- vention; - la figure 2 est une vue schématique en coupe suivant la ligne Il-II de la figure 1; - la figure 3 est une vue en coupe suivant la ligne III-III de la figure 1, mais dont la largeur et la profondeur ont été diminuées; - la figure 4 est une vue analogue à la figure 3, mais pour une variante; - la figure 5 est une vue analogue à la figure 4 mais pour une variante de cette dernière; - la figure 6 est une vue analogue aux figures 3 à 5, mais pour une autre forme de réalisation; - la figure 7 est une vue schématique, en coupe verti- cale, d'une partie d'une chambre forte logeant des compartiments à valeurs et illustrant la condition de protection; - la figure 8 est une vue schématique, en coupe horizontale, d'une chambre forte à deux parois, au voisinage d'un sas: - la figure 9 est une vue schématique, en coupe horizontale, de l'entrée d'un local commandé par une porte et équipé d'un dispositif selon l'invention: - la figure 10 est une vue analogue à la figure 9, mais pour la condition opératoire du dispositif, et - la figure 1l représente schématiquement un véhicule de transport de fonds corportant application de l'invention. On se réfère d'abord aux figures 1 à 3. Dans un coffre- fort 11, - comprenant des parois fortes latérales 12, 13, une paroi forte intérieure 14, une paroi forte supérieure 15, une paroi forte postérieure 16 et une paroi forte antérieure 17 dans laquelle est réservée une porte forte 18 sur la face postérieure de laquelle est monté le dispositif de serrurerie 19-, on monte une cloison horizontale 21 limitant dans le coffre-fort un compartiment supérieur 22, dont la hauteur est exagérée sur la figure 1 pour la clarté du dessin. Le compartiment 22 loge un premier réservoir 23 contenant un premier composant, par exemple un polyol, un second réser- voir 24, contenant un second composant, par exemple un isocya- nate. Des tubulures 25 et 26 issues respectivement des réser- voirs 23 et 24 aboutissent à une tête de mélange 27 dont dépend une buse de projection 28 faisant saillie vers le bas par rap- port à la cloison 21. Dans les parties supérieures des réser- voirs 23 et 24 aboutissent des tubulures 29 et 31 provenant d'une cartouche d'air comprimé 32 dont le déclenchement est commandé par l'intermédiaire d'un conducteur électrique 33 à partir d'un capteur 34 logé à l'intérieur de la porte 18. Le fonctionnement est le suivant Lorsque le capteur 34 est rendu opératoire lors d'une tentative d'effraction, l'air comprimé délivré par la cartouche 32 expulse brusquement des réservoirs 23 et 24 les liquides qu'ils contiennent et ceux-ci réagissent l'un sur l'autre dans la tête de mélange 27; une mousse abondarit.e est projetée dans l'espace libre 36 du coffre-fort par la buse 28. La mousse durcit en une ou deux minutes de sorte que si le cambrioleur parvient à accéder à l'espace 36, il 4 2498784 se trouve alors en face d'un bloc de mousse dure qui masque tous les objets qui peuvent être contenus dans le coffre- fort et empêche qu'il s'en saisisse. Ce n'est qu'au prix d'un travail complémentaire, long et pénible, qu'il peut parvenir auxdits objets. Ce travail est d'autant plus décourageant que le -cambrioleur ignore si des objets sont effectivement contenus dans la masse de mousse durcie, schématisée en 37 sur la figure 3, et à plus forte raison l'emplacement des objets dans ladite mousse. Dans une variante, le compartiment logeant les réservoirs est à la partie inférieure du coffre et la masse de mousse durcissable se forme en s'érigeant à-partir de la face supé- rieure de la cloison limitant le compartiment inférieur. Dans la forme de réalisation montrée sur la figure 4, la masse de mousse durcie est, en cas de tentative d'effrac- tion, créée à l'intérieur du compartiment 38 ou foncet lo- geant les organes de serrure. La présence de cette mousse interdit le fonctionnement du mécanisme de serrurerie et rend ainsi inopératoire une clé dont le cambrioleur serait frauduleusement détenteur. Dans la variante montrée sur la figure 5, l'expansion de la mousse à l'intérieur du foncet 38 provoque la mise en positions saillantes de doigts 39 qui pénètrent dans des cavités 40 ménagées dans les parois fortes 12 et 13 et ainsi réalisent une condamnation complémentaire irréversible de la porte 18. On se réfère maintenant à la figure 6. Dans cette forme de réalisation, la mousse est projetée pour revêtir les faces externes du coffre-fort (à l'exception de son fond qui repose sur le sol), ce qui rend momentanément impossible une attaque du coffre-fort par un ou des outils. La combustion de cette mousse, si le cambrioleur dispose d'un chalumeau, peut déga- ger des gaz à effet dissuasif. En outre, si lors de la projection de la mousse alors fluide le cambrioleur est au voisinage du 7offre-fort, il est recouvert de cette mousse, qui durcit sur ses vêtements, le gêne dans ses mouvements et, s'il fuit, le désigne à l'atten- tion. On se réfère maintenant à la figure 7. Les compartiments 41 d'une colonne 50 sont logés dans une chambre forte 42 2498784 limitée par une paroi forte supérieure 43 ou plafond, une paroi forte inférieure 44, ou plancher, et une paroi forte verticale 45 contre laquelle est appuyée la colonne 5. Dans une avancée 46 d'un bottier supérieur 47 sont placés des ré- servoirs analogues à ceux montrés sur les figures 1 et 2, les composants qu'ils contiennent étant projetés par une buse 46', sous forme de mousse, en avant de la face anté- rieure 47 des compartiments en cas d'une alarme déclenchée par le cambrioleur lui-même ou bien par un préposé. Il se forme à l'avant de la face 48 une plaque épaisse 49 de mousse durcie dont la partie inférieure a une profondeur supérieure à celle de la partie supérieure. Cette plaque empêche l'accès direct aux portes des compartiments que montre la face anté- rieure 48 et l'approche du cambrioleur est retardée par la partie inférieure épaisse de la couche 49. On se réfère maintenant à la figure 8. Dans cette forme de réalisation, la chambre forte est une chambre à deux parois, à savoir une paroi forte intérieure 51 et une paroi forte ex- térieure 52. L'accès à l'espace intérieur 53 de la chambre forte est contrôlé par une porte extérieure 54 et une porte intérieure 55 limitant, avec deux parois fortes 56 et 57, perpendiculaires aux parois 51 et 52, un sas 58. En cas d'alerte, un bloc de mousse durcie 59 est formé dans le sas 58 et emplit celui-ci soit sur toute sa hauteur soit sur une partie seulement de sa hauteur. Ce bloc 59 d'abord oppose matériellement un obstacle à l'ouverture de la porte 54, à rotation autour d'une charnière 61 et qui s'ouvre vers l'intérieur et, en outre, empêche ou retarde considérablement, après l'ouverture de la porte 54, la traver- sée du sas et l'accès à la porte 55. Selon une autre forme de réalisation, la mousse est projetée sur le plancher de la chambre forte elle-même, emplissant totalement ou partiellement l'espace 53. Si la projection a lieu lorsque les cambrioleurs sont à l'intérieur dudit espace, leurs mouvements en sont entravés; la couche de mousse durcie qui se forme sur leurs vêtements les gêne dans leurs mouvements et les désigne à l'attention s'ils parviennent à quitter la chambre forte. On se réfère maintenant aux figures 9 et 10. La porte 71 contrôle l'accès à l'espace intérieur 72 d'une chambre 6 2498784 forte ou d'un autre local, limité par une paroi éventuelle- ment forte 73 ménageant la baie obturée par la porte dans sa condition de fermeture. La porte 71 est montée à charnière autour d'un axe 74 et son bord opposé coopère avec l'appui 75 ménagé dans la paroi 73. Dans une saillie 76 de la paroi forte 73, sur la face interne de cette dernière, est formée une rainure verticale 77 limitée par deux faces 78 et 79 parallèles à la face anté- rieure 81 de la paroi forte 73 et par un fond 82. Dans crtte rainure est logée une vessie longiligne 83 ou boudin régnant sur toute la hauteur de la porte ou sur la majeure partie de celle-ci et qui, dans la position contractée, ne fait pas saillie par rapport à la face interne 84 avec laquelle coopère, dans la position de fermeture, le chant 85 de la porte 71. En cas d'alerte, la vessie 83 est gonflée par l'irrup- tion d'une mousse sous pression de sorte qu'elle prend la forme montrée sur la figure 10. Elle constitue, après dur- cissement de la mousse, une barre rigide, faisant saillie par rapport au battant 71 de la porte et s'opposant à l'ou- verture de cette dernière par rotation autour de la charnière 74. En variante, c'est un liquide sous pression qui gonfle la vessie 77. Dans une autre forme de réalisation, la dilatation de la vessie provoque, par l'intermédiaire d'éléments métalliques, une condamnation supplémentaire de la porte, en analogie avec ce qui a été décrit en relation avec la figure 5. Dans toutes les réalisations précédentes, la mousse, au lieu d'être formée in situ par réaction de deux ou d'un plus grand nombre de composants, peut résulter de la projection même à partir d'un réservoir sous pression d'un fluide forma- teur de mousse. L'invention prévoit également, en variante, que l'effet inhib}teur et/ou dissuasif soit obtenu par projection d'un agent changeant d'état ou de condition à la projection, par exemple d'un liquide se transformant rapidement en solide, en analogie avec le processus mis en oeuvre pour une résine ou cire d'inclusion. L'invention peut également être appliquée aux véhicules de transport de fonds par exemple du type représenté schéma- tiquement en figure 11. Un tel véhicule comprend une cabine ou un habitacle blindé 90, propre à recevoir 3 ou 4 personnes par exemple et un compartiment séparé 91 destiné à recevoir les fonds et les valeurs à transporter et qui est équipé d'une installation selon l'invention permettant de remplir totalement ou partiel- lement le compartiment du milieu de protection et/ou interdi- sant l'ouverture de la ou des portes d'accès à ce compartiment. 8 2498784 REVENDICATIONS 1. Procédé pour la protection d'un espace à l'égard de l'accès d'une personne non autorisée, caractérisé en ce que la protection résulte de la formation brusque irréversible, lors d'une tentative d'effraction, d'un milieu cohérent dura- ble s'opposant audit accès. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le milieu cohérent de protection emplit totalement l'espace à protéger. 3. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le milieu cohérent de protection emplit partiellement l'es- pace à protéger. 4. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le milieu de protection occupe l'environnement de l'espace à protéger. 5. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le milieu est une mousse durcie. 6. Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que la mousse est formée à partir de plusieurs composants stoc- kés séparément. 7. Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que la mousse est formée par détente à partir d'un fluide unique sous pression. 8. Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce que le développement de la mousse rend opératoires des éléments de condamnation complémentaire. 9. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la cohérence du milieu résulte d'un changement d'état. 10. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'en variante, le milieu de protection est de nature visqueuse. 11. Installation pour la mise en oeuvre du procédé selon l'une des revendications 1 à 10, caractérisée en ce qu'elle comprend des moyens pour la création brusque d'un milieu de protection. 12. Installation selon la revendication 11, caractérisée en ce que ces moyens comprennent un moyen de stockage sous forme condensée d'un ou d'agent(s) formateur(s) du milieu de protection. 13. Installation selon la revendication 12, caractérisée en ce qu'elle comprend des réservoirs pour le stockage de compo- sants dont le mélange assure la formation du milieu de protec- tion. 14. Installation selon la revendication 13. caracté- risée en ce que les composants sont choisis pour que leur mélange forme une mousse durcissable. 15. Installation selon la revendication 14, caracté- risée en ce qu'elle comprend des moyens pour la projection des composants vers une tête de mélange et pour la projec- tion du mélange vers l'espace à protéger. 16. Installation selon la revendication 14, caracté- risée en ce que la projection a lieu sous l'effet d'une car- touche d'air comprimé. 17. Coffre-fort caractérisé en ce qu'il comprend en son intérieur une installation selon l'une des revendica- tions 11 à 16. 18. Coffre-fort selon la revendication 17, caractérisé en ce que les moyens de projection sont dirigés pour remplir l'espace intérieur au coffre avec le milieu de protection. 19. Coffre-fort selon la revendication 17, caractérisé en ce que les moyens de projection sont dirigés pour emplir avec le milieu de protection le foncet de la serrure de la porte du coffre-fort. 20. Coffre-fort selon la revendication 17, caractérisé en ce que du foncet de la porte dépendent des doigts de condam- nation qui, lors de l'expansion du milieu de protection, sont amenés en positions opératoires pour assurer une condamnation complémentaire de la porte. 21. Chambre forte, caractérisée en ce qu'elle est équi- pée d'une installation selon l'une des revendications 1l à 16. 22. Chambre forte à deux parois fortes et sas d'entrée 3C) selon la revendication 21, caractérisée en ce que les moyens de projection sont propres à emplir au moins partiellement le sas avec le milieu de protection. 23. Porte mettant en oeuvre le procédé selon la reven- dication 1, caractérisée en ce que la formation du milieu de protection fait un obstacle à l'ouverture de la porte. 24. Porte selon la revendication 23, caractérisée en ce qu'elle comprend une vessie ou analogue laissant libre l'ouverture de la porte aussi longtemps qu'elle n'est pas gonflée ainsi que des moyens pour gonfler la vessie en cas 2498784 d'alerte et qui s'opposent alors à l'ouverture de la porte. 25. Porte selon la revendication 24, caractérisée en ce que les moyens pour gonfler la vessie consistent en une mousse expansible durcissable. 26. Porte selon la revendication 25, caractérisée en ce que l'expansion du milieu de protection provoque la mise en position opératoire d'éléments mécaniques de condamnation complémentaire de la porte. 27. Porte selon la revendication 25, caractérisée en ce que la vessie est logée dans une rainure ménagée sur un bord vertical du dormant de la porte. 28. Véhicule de transport de fonds, comprenant un habitacle blindé et un compartiment blindé de réception de fonds, caractérisé en ce que le compartiment est équipé d'une installation selon l'une des revendications 1l à 16 et/ou d'une porte selon l'une des revendications 23 à 27.