PROCEDE DE TRAITEMENT D'UN MINERAI PAR UN REACTIF RECYCLABLE, APPLICATION A UN MINERAI CARBONATE. ET CARBONATE DE CALCIUM AINSI OBTENU L'invention concerne un procéde de traitement, notamment d'enrichissement ou de valorisation, par un réactif recyclable, d'un minerai comprenant une ou plusieurs espèces valorisables en vue d'en extraire ou d'en isoler selectivement au moins une, ainsi que l'application de ce procédé à un minerai carbonaté et le carbonate de calcium obtenu par la mise en oeuvre de ce procédé. Pour extraire d'un minerai les différents produits contenant les espèces minéralogiques utiles et pour éliminer les espèces inutiles ou nuisibles (gangue sterile) on fait subir à ce minerai différents traitements connus physiques ou physico-chimiques. Généralement un traitement préliminaire du minerai consiste à le broyer puis à effectuer une séparation et une classification granulométrique de manière à éliminer en partie le stérile et à separer les différentes espèces utiles et valorisables. Les procédés d'enrichissement les plus utilisés sont la flottation et la gravimétrie mais ce ne sont pas des méthodes générales. On peut aussi soumettre le minerai preenrichi ou non à des opérations de fusion, pour extraire directement le métal de son minerai ou le séparer de sa gangue, ou de calcination de manière à modifier physiquement ou chimiquement les produits ce qui permet ensuite leur séparation par d'autres méthodes physiques ou chimiques. Ces procédées bien qu'ils se révèlent efficaces ont l'inconve- nient d'entre coûteux énergetiquement. On connatt aussi les procédés d'hydrométallurgie ou de lixiviation dans lesquels par traitement avec des réactifs liquides variés, notamment des solutions acides, on attaque sélectivement la gangue des minerais ou bien on fait passer en solution le métal à extraire. Ces procédés présentent l'inconvénient de consommer un réactif et de nécessiter parfois des installations importantes. Par ailleurs leur mise en oeuvre pour certains types de minerai ne se révèle pas toujours techniquement ou économiquement réalisable. L'objet de l'invention est donc un procédé de traitement d'un minerai et notamment d'enrichissement ou de valorisation, qui soit utilisable d'une manière générale et qui soit peu coûteux notamment en reactif. Dans ce but, le procédé de l'invention pour le traitement d'un minerai comprenant une ou plusieurs espèces utiles ou valorisables est caractérisé en ce qu'il comporte les étapes suivantes - on attaque le minerai avec un réactif comprenant une solution d'un complexant susceptible de solubiliser au moins une desdites espèces pour obtenir une phase liquide comprenant ladite espèce solubilisée et éventuellement un résidu solide - on sépare eventuellement la phase liquide obtenue dudit résidu, - on traite- ladite. phsé liquide de. mantbre~i pr6ipirer ladite espèce solubilisée et à regénérer la solution de complexant de départ ; - on sépare l'espèce précipitée de la solution de complexant ;; - on recycle éventuellement ladite solution régénérée pour une nouvelle attaque Selon un mode de réalisation particulier de l'invention, on traite un minerai carbonaté et on en extrait un carbonate. Selon une première variante de l'invention on traite un minerai de phosphate à gangue carbonatée en l'attaquant avec un réactif comprenant une solution d'un complexant d'un cation d'un carbonate de ladite gangue pour obtenir une phase liquide comprenant le carbonate solubilisé et un résidu solide comprenant le minerai de phosphate enrichi. Selon une autre variante de l'invention on traite un minerai essentiellement constitué de carbonate de calcium avec une solution d'un complexant de l'ion calcium pour obtenir une phase liquide comprenant ledit carbonate solubilisé et on traite ladite phase liquide pour obtenir le carbonate qui précipite sous la forme aragonite. L'avantage essentiel du procédé de l'invention est qu'il peut être mis en oeuvre sans ou presque sans consommation de réactif. Ce réactif, après régénération, peut en effet être recyclé et utilisé pour l'attaque d'une nouvelle charge de minerai. D'autres caractéritiques et -avantages de l'invention -seront mieux compris à la lecture de la description qui va suivre et faite notamment en référence aux dessins schématiques annexés donnés uniquement à titre d'exemples illustrant deux modes de réalisation de l'invention et dans lesquels - le figure 1 est un schéma de principe illustrant l'application du procédé de l'invention à un minerai de phosphate à gangue carbona tée ; et - la figure 2 est un schéma de principe illustrant l'application du procédé de l'invention à un minerai de calcite. Le procédé de l'invention peut s'appliquer à tout minerai contenant une ou plusieurs espèces utiles ou valorisables. Par espèce utile on entend tous les composés, comprenant un métal qui peuvent être utilisés directement à cause de leur propriétés part i- culières ou indirectement comme produit de départ dans des procédés métallurgiques pour l'obtention du métal lui-même ou d'un de ses dérivés. Ces espèces peuvent se présenter sous forme de composés chimiques divers par exemple sous forme d'oxydes métalliques ou de sels d'acides inorganiques tels que notamment les carbonates ou les sulfates. En particulier, l'invention s'applique au traitement de minerais carbonatés, c'est-à-dire, les minerais comprenant par exemple les espèces suivantes : l'aragonite et la calcite CaC03, la dolomie CaC03, MgC03, la giobertite MgC03, la sidérite FeC03, la malachite CuC03Cu(OH)2, la lanthanite La2(C03)39H20, les carbonates et sulfates de plomb du type Pb(OH)2PbS042PbC03. Pour les sulfates on peut citer par exemple la barytine BaS04 et les sulfates de calcium. Le procédé de l'invention pourra aussi être utilisé sur des minerais comprenant des sulfures métalliques. Comme on l'a vu plus haut, le minerai est traité avec un réactif comprenant une solution d'un complexant de manière à dissoudre sélectivement au moins une espèce contenue dans ce minerai. De manière schematique on peut considérer que l'on part d'un minerai comprenant donc au moins une espèce de formule MX dans laquelle M représente le métal. On a l'équilibre suivant lorsque l'espèce MX est en solution : MX solide Cet équilibre est caractérisé par le coefficient Lors de l'attaque du minerai avec le complexant il y a complexation du composé M et il s'établit l'équilibre suivant Cet equilibre,est caractérisé par le coefficient Le coefficient K est une caractéristique du complexant. Ce coefficient dépend principalement de la température. Le choix du complexant que l'on utilise se fait en tenant compte des équilibres précédents et des valeurs de K et Ks. Plus précisément, on a un minerai donné et on désire en extraire sélectivement une espèce déterminée. On connait ou on estime le coefficient Ks de cette espèce. En outre, on dispose de diagrammes qui pour un Ks donné et une liqueur de concentration en complexant donnée donne la valeur de K nécessaire pour obtenir une liqueur qui après attaque sera chargée d'une manière significative ou de la manière souhaitée de l'espèce à dissoudre. Par concentration en complexant on entend ici la concentration de l'espèce responsable de la complexation sous toutes ses formes. En se référant à des tables de complexants, on détermine alors le complexant qui pour l'espèce à dissoudre, et plus précisément pour le cation Han+, présente le coefficent K adéquat. Le complexant choisi est bien sûr directement fonction de l'espèce que l'on extrait. A titre d'exemple cependant on peut citer comme complexants convenables, les sels d'acides a-hydroxy ou aminocarboxyliques avec une ou plusieurs fonctions acides pour lesquels le cation est choisi parmi les ions des métaux alcalins, l'ion ammonium non substitué ou substitué par des radicaux alkyls identiques ou différents. Plus précisément, on pourra par exemple utiliser les acides tartrique , citrique, gluconique, les acides diéthylènetriamine penta-acétique, éthylènediaminetetraacétique, hydroxyléthyliminodi- acétique, nitrilotriacétique, N-2-hydroxyéthyl-éthylènediaminetriacétique. En particulier pour ce dernier acide et dans le cas de traitement de minerais carbonates les sels trisodique et tripotassique, conviennent bien. Lorsque l'on choisit comme ion un ion ammonium substitué, on utilise de préférence les radicaux alkyls CH3, C2H5, C3H7, CH. D'une manière générale, le reactif d'attaque est constitué essentiellement d'une solution aqueuse d'un complexant, notamment du type mentionné ci-dessus. L'attaque du minerai peut théoriquement se faire à toute tempé- rature comprise entre la température de congélation de la liqueur de complexant en solution et la température d'ébullition de celle-ci à la pression utilisé lors de la réaction d'attaque. Cependant, on sait que le complexant est plus ou moins saturé en composé M de l'espèce MX à dissoudre en fonction de la température. Par exemple à 100C le complexant peut etre saturé en composé IN à 85 %, il ne le sera plus qu'à 80 à 2O0C et qu'à 20 % à 100 C. Inversement, il n'est pas exclu d'avoir pour un complexant particulier une saturation en composé M qui soit une fonction décroissante de la température. En pratique, compte tenu de ceci, on fixera la température d'attaque suivant différents paramètres. Un premier paramètre pour fixer cette température pour un minerai ayant une teneur donnée en une espèce MX déterminée sera la quantité de complexant et donc, pour une concentration donné en complexant, le volume et le débit de solution de complexant que l'on désirera faire circuler lors de la mise en oeuvre du procédé. En effet, généralement plus la tempera ture d'attaque est élevée plus est grande la quantité de complexant nécessaire pour dissoudre une quantite donnee d'espèce MX, à concentration en complexant constante. Un autre paramètre important pour fixer la température d'attaque, est la température de regénération de la solution de complexant. Comme on le verra plus loin, un traitement possible pour regénérer cette solution est de lui faire subir une variation de température et, plus particulièrement, une augmentation de température. Compte tenu des variations mentionnées plus haut de saturation du complexant en composé M en fonction de la température, on voit qu'il est généralement nécessaire d'avoir un écart important entre la température d'attaque et la température de regénération. Compte tenu de ces ionslderations, en général l'attaque pourra avantagtesement se de ovuler à une tempérautre comprise antre 15 C et 25 0C environ. La durée de l'attaque peut être très variable. Elie dépend notamment de l'espèce que l'on cherche à extraire, en particulier de sa morphologie. Cette durée peut varier entre quelques minutes, 5 à 10 minutes environ, d'une part, et 24 heures environ d'autre part ou même plus. Pour voir l'évolution de l'attaque on peut suivre par exemple la mise en solution du composé X de l'espèce MX. On considère que l'attaque est terminée lorsque la concentration en composé X reste constante. Par ailleurs, dans certains cas, on peut aussi vérifier qu'on ne commence pas à dissoudre une autre espèce auquel cas il conviendrait d'arrêter l'attaque C'est par exemple le cas dans l'application, qui sera décrite plus loin, du procédé à l'enrichissement d'un minerai de phosphate à gangue carbonatée dans lequel on cherche à dissoudre sélectivement la calcite sans attaquer le phosphate. L'attaque se fera de préférence avec agitation de la bouillie réactionnelle. L'attaque aura lieu généralement à un pH tel que le complexant soit le plus possible et meme dans sa totalité sous sa forme la plus active quant à son pouvoir de complexation du composé M de l'espèce MX. Par exemple pour les complexants comprenant un anion provenant d'un acide faible on travaillera à pH basique car un milieu acide a pour conséquence de faire évoluer les complexants vers une forme dans laquelle ils complexent peu ou pas. A un pH de l'ordre de 13, la plupart des complexants cités précédemment sont sous la forme active mentionnée plus haut. Enfin, pour conclure sur les conditions d'attaque, on notera que, préalablement à l'attaque, le minerai sera avantageusement broyé par exemple de manière à présenter une granulométrie inférieure à 500 il. Après l'attaque, on obtient donc une bouillie constituée généralement d'une phase liquide, comprenant l'espèce MX solubilisée et le complexant, et d'un résidu solide. Ce résidu solide peut avoir une composition très variable en fonction du minerai de départ. Il peut être constitué d'un stérile, de la gangue qui entourait l'espèce MX dans le minerai et comprendre notamment de la silice, de l'argile, des silicates. Dans d'autres cas, notamment lorsque le minerai comporte plusieurs espèces, ce résidu comprend donc toutes les espèces autres que celle qui a été sélectivement extraite du minerai.Le résidu constitue alors un minerai qui peut être considéré comme enrichi et qui pourra être avantageusement utilisé dans un procéde métallurgique ultérieur d'extraction des espèces restantes, procédé dans lequel la présence de la première espèce sélectivement extraite aurait pu être nuisible par exemple en diminuant le rendement ou en donnant lieu à la formation de sousproduits gênants et à une consommation supplémentaire de réactifs. On sépare alors par tout moyen connu le residu précité de la phase liquide. Cette séparation pourra par exemple se faire par filtration et généralement à une temperature identique ou même inférieure à la température d'attaque. Le résidu pourra ensuite être lavé à l'eau pour récupérer et recycler le complexant résiduaire resté éventuellement dans le résidu. S'il est utilisable, le résidu est récupéré et traité ulté rieurement. La phase liquide provenant de l'attaque doit ensuite être traitée de manière à reprecipiter l'espèce dissoute et à regénérer la solution de complexant de depart. Selon un mode de realisation particulier de l'invention, on effectue ce traitement en faisant subir à la phase liquide une variation de température et notamment une augmentation de température. On joue ainsi sur la variation mentionnée plus haut de saturation du complexant en composé M en fonction de la température. En pratique, pour une température d'attaque de 150C à 250C environ, on effectue la reprecipitation en amenant la phase liquide ou la liqueur provenant de l'attaque à une température d'environ 100"C. On notera ici que le traitement de la liqueur provenant de l'attaque par variation ou élévation de température est un des moyens susceptibles d'être utilisé pour la reprécipitation de l'espèce dissoute. D'autres moyens sont susceptibles d'être employés soit seuls, soit en combinaison avec l'effet de température. Il serait en effet possible d'utiliser un solvant organique qui en solution avec le complexant et restant en cycle avec celui-ci, facilite la précipitation lors de la variation de température de la liqueur. En outre, on pourrait aussi provoquer la reprécipitation, par un effet de solvant pur, par addition d'un solvant à la liqueur provenant de l'attaque. Après séparation de l'espèce précipitée, on sépare ensuite le solvant de la liqueur. I1 est aussi possible de provoquer la reprécipitation en faisant varier la concentration de la solution de complexant entre l'attaque et la regénération notamment par concentration de cette solution. Enfin, afin de faciliter la précipitation, il sera aussi possible d'ajouter à la liqueur provenant de l'attaque une petite quantité d'un inducteur de cristallisation approprié. On peut citer comme inducteur l'espèce même que l'on cherche à extraire. La séparation de l'espèce précipitée pourra se faire par filtration. Dans ce cas il peut s'agir d'une filtration à chaud ou plus précisément sensiblement à la même température que la température à laquelle s'est effectué le traitement de la liqueur d'attaque pour l'étape de précipitation et de regénération. En effet, en cas de filtration de la liqueur à une température inférieure à la température de traitement précitée, il risquerait d'y avoir une redissolution significative d'une partie de l'espèce par le complexant. Selon une caractéristique importante de l'invention, dans certains cas et en fonction éventuellement des conditions d'attaque ou de regénération, il est possible de reprécipiter l'espèce MX sous une forme ou une morphologie différente de celle dans laquelle elle se trouvait dans le minerai. Ceci est avantageux car cette nouvelle morphologie ou cette nouvelle variétée de l'espèce MX peut être particulièrement utile ou recherchée pour certaines applications ce qui valorise l'espèce ainsi obtenue par le procédé de l'invention. Après séparation, l'espèce extraite peut être lavée à l'eau pour récupérer et recycler le complexant résiduaire qui pourrait y etre resté. La solution de complexant est recyclée si on le désire pour une nouvelle attaque. Le titre en complexant de la solution sera réajusté si cela s' avère nécessaire. Des exemples concrets de mise en oeuvre de l'invention vont maintenant etre donnes en faisant référence plus précisément aux figures annexes. EXEMPLE 1 Le premier exemple illustré par la figure 1 concerne le traite ment en continu d'un minerai de phosphate à gangue carbonatée. Il s'agit plus précisément d'un procedé d'enrichissement de ce minerai qui a pour but d'extraire sélectivement un ou plusieurs carbonates présents dans la gangue de manière à obtenir d'une part un minerai de phosphate enrichi et d'autre part un carbonate qui peut présenter des applications industrielles intéressantes, notamment dans le cas du carbonate de calcium. On part d'un minerai de phosphate ayant une teneur en P205 de 30,8 z et en CaCO3 de 8 % environ. Une tonne de ce minerai est amenée par 1 au reacteur d'attaque 2. Le réactif d'attaque comprend une solution aqueuse 0,5 M du sel trisodique de l'acide N-2-hydroxyethyl-éthylènediaminetriacétique. I1 comprend en outre1 une quantité d CaC03 correspondant à la saturation du complexant à la température à laquelle on compte effectuer la regénération quand celle-ci s'effectue à concentration efl complexant identique à celle de l'attaque. Le réactif est introduit par 3 dans le réacteur 2. Le volume de la charge circulante de réactif est dans le cas présent de 6 m3. D'un manière générale, ce volume est fonction de différents paramètres en particulier de la nature du complexant choisi et des températures de regénération et reprécipitation. Dans le cas présent, l'attaque a lieu à 200C. A l'issue de l'attaque, on obtient une bouillie qui est amenee par 4 sur un filtre 5. La filtration a lieu à la même température que l'attaque c'est-à-dire 2O0C. Du filtre 5 on récupère une charge de minerai qui est emportée par 6 vers une zone de lavage et de filtration 7. Par ailleurs, la phase liquide résultant de la filtration est amenée par 8 dans un réacteur 9 pour regéneration. Cette regénération s'effectue à 1030C. La phase liquide est maintenue une heure à cette température. A l'issue de la regéneration on obtient donc une phase liquide chargée d'un précipite de carbonate de calcium qui est amenée par 10 vers un filtre 11. La fltratîun a lie-u à l0OCC. La filtration donne une charge de carbonate de calcium qui est amenée par 12 vers une zone de lavage et de filtration 13. La solution regénérée de complexant provenant de la filtration 11 est recycle par 3 a l'attaque après refroidissement à 200C.- Le minerai provenant de la filtration après l'attaque 5 est lavé à l'eau en 7 pour récupérer le complexant résiduaire qui pourrait être resté dans ce minerai. Après lavage et filtration on obtient en 14 0,92 tonne d'un minerai de phosphate enrichi à 33,4 % de P205. Le rendement en P205 est supérieur à 99 X. L'eau qui a servi au lavage du minerai en 7 contient une certaine quantité de complexant. Il est avantageux de récupérer ce complexant. Comme le titre en complexant de cette solution de lavage est faible et en tout cas inférieur au titre de la solution d'attaque il est nécessaire de concentrer cette solution de lavage par exemple par évaporation jusqu'à ce quelle présente une concentration qui la rende susceptible d'être recycle à l'attaque. Dans ce but, on amène par 15 la solution de lavage à un evapora- teur 16 qui peut être par exemple un évaporateur à simple effet ou à multi-effets avec recompression mécanique Une fois amenée au titre voulu, la solution de lavage est ramenée par 17 au cycle 3 de la solution d'attaque. Eventuellement, l'eau provenant de l'évaporation de la solution de lavage peut être recyclée par 18 pour le lavage du minerai provenant de la filtration après l'attaque en 5. Selon une variante de 1'invention, l'eau d'évaporation peut en partie être utilisée au lavage du carbonate de calcium. Pour cela elle est amenée par 19 dans la zone de lavage et de filtration 13. Suivant les conditions cette partie de l'eau d'évaporation constituera à elle seule l'eau nécessaire au lavage du carbonate ou une partie seulement de cette eau de lavage. Dans la zone 13, le carbonate de calcium est lavé pour récupérer le complexant résiduaire qu'il pourrait contenir. Après filtration, on récupère 0,08 tonne de carbonate de calcium sous la forme aragonite. Cette aragonite est valorisable comme charge minérale de polymère par exemple. L'eau provenant du lavage du carbonate peut être recyclée par 21 dans le circuit 18 de lavage du minerai enrichi. On introduit en 210 l'eau d'appoint nécessaire aux differents lavages. Le procédé de l'invention apparaît donc particulièrement avan tagcux. Il permet de traiter et de rendre ainsi exploitables des minerais de phosphate à haute teneur en carbonate, par exemple des minerais pouvant titrer 23 % de CaC03, minerais qui avec les procedés connus tels que la flottation ou la calcination seraient inexploitables dans des conditions techniques ou économiques raisonnables. Par ailleurs, il convient de noter de nouveau que le procédé n'implique pas ou pratiquement pas de consommation de réactif, cllui-ci étant en permancence recyclé. EXEMPLE 2 Le second exemple illustré par la figure 2 concerne le traitement ou la valorisation en continu d'un minerai essentiellement constitué de calcite. Dans ce cas, le procédé vise essentiellement l'extraction ou la dissolution du carbonate de calcium et sa récupération sous une nouvelle forme, la forme aragonite. On introduit par 22 un minerai comprenant une tonne de calcite dans un réacteur d'attaque 23 dans lequel on fait aussi rentrer par 24 un réactif d'attaque comprenant une solution aqueuse 0,5 M du sel tripotassique de l'acide N-2-hydroxyéthyléthylenediaminetriacétiq On notera qu'il serait aussi possible d'utiliser le sel trisodique. Le réactif comprend en outre une quantité de CaC03 correspondant à la saturation du complexant à la température à laquelle on compte effectuer la regenération quand celle-ci s'effectue à concentration en complexant identique à celle de l'attaque. Le volume de la charge circulante de reactif est de 120 m3. Le volume dépend, bien sûr, des mêmes paramètres que ceux indiqués dans l'exemple précédent. L'attaque du minerai et la dissolution de la calcite se fait à 15"C. On obtient essentiellement une phase liquide comprenant la calcite dissoute et éventuellement un résidu solide qui peut être séparé par filtration. La phase liquide ou liqueur après attaque est ensuite amenée dans un réacteur 25 dans lequel elle subit une élévation de tempéra- ture jusqu'à 1030C et elle est maintenu à cette température pendant 1 heure environ de manière à reprécipiter le carbonate de calcium. La phase llquid chargée du précipité est amenée vers un filtre 26. La filtration a lieu à 1000C. On recueille après filtration une solution régénérée en complexant qui peut être recyclée à l'attaque d'une nouvelle charge de minerai après refroidissement à 150C. On recueille aussi une charge de carbonate de calcium qui est amenée à une zone de lavage 27 dans laquelle elle est lavée par de l'eau introduite en 28 en vue de récupérer le complexant resté dans le carbonate. Comme cela a été décrit dans l'exemple précédent, l'eau de lavage, après passage dans un évaporateur 29 peut être recyclée en 30 comme solution d'attaque, l'eau d'évaporation pouvant être recyclée en 31 comme eau de lavage. Si nécessaire une quantité d'eau d'appoint pour le lavage peut être introduite en 330. Le carbonate est ensuite séché en 32, et récupéré en 33. On obtient 1 tonne de carbonate de calcium de variété aragonite. la reprécipitation du carbonate de calcium sous une forme différente de celle de l'espèce de départ est une caractéristique importante de l'invention. En effet, on part d'une calcite qui ne présente pas de facteur de forme pour obtenir une variété fibreuse à granulométrie micronique particulièrement recherchée notamment comme charge de polymère. Plus précisément dans le cas de l'exemple cité, on obtient une aragonite présentant des cristaux aciculaires de longeur L de 10 p à 50 p environ, de diamètre 8 de 1 p à 6 p environ et d'un facteur de forme L/g variant entre 4 et 30 environ et de valeur moyenne de 7 environ. On notera que pour l'obtention d'une aragonite présentant la morphologie décrite ci-dessus, la vitesse de chauffage pour l'étape de précipitation de la liqueur provenant de l'attaque ou de la dissolution doit être proche de 400 par heure. Naturellement, on comprendra que de nombreuses autres variantes des procédés spécifiquement décrits sont possibles sans sortir du cadre de l'invention. En particulier, tous les procédés décrits peuvent être mis en oeuvre en continu ou en discontinu. En outre, un minerai donné pourra etre soumis à plusieurs attaques successives pour extraire à chaque fois une espèce particulière. Bien entendu, l'invention n'est nullement limite aux modes de réalisations decrits et représentés qui n'ont été donnés qu'à titre d'exemple. En particulier, elle comprend tous les moyens constituants des équivalents techniques des moyens decrits ainsi que leurs combinaisons si celles-ci sont mises en oeuvre dans le cadre de la protection comme revendiquée. REVENDICATIONS 1) Procedé de traitement, notamment d'enrichissement ou de valorisation d'un minerai comprenant une ou plusieurs espèces utiles ou valorisables en vue d'extraire sélectivement au moins une desdites espèces, caractérisé en ce qu'il comporte les étapes suivantes - on attaque le minerai avec un réactif comprenant une solution d'un complexant susceptible de solubiliser au moins une desdites espèces pour obtenir une phase liquide comprenant ladite espèce solubilisée et éventuellement un résidu solide - on sépare éventuellement la phase liquide obtenue dudit résidu ; - on traite ladite phase liquide de manière à précipiter ladite espèce solubilisée et à regénérer la solution de complexant de départ - on sépare l'espèce précipitée de la solution de complexant ;; - on recycle éventuellement ladite solution regénérée pour une nouvelle attaque 2) Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on traite un minerai carbonaté et en ce qu'on en extrait un carbonate. 3) Procédé selon la revendication 2, caractérise en ce qu'on attaque un minerai de phosphate à gangue carbonatée avec un réactif comprenant une solution d'un complexant d'un cation d'un carbonate de ladite gangue pour obtenir une phase liquide comprenant le carbonate solubilisé et un résidu solide comprenant le minerai de phosphate enrichi. 4) Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce qu'on attaque un minerai essentiellement constitué de carbonate de calcium avec une solution d'un complexant de l'ion calcium pour obtenir une phase liquide comprenant ledit carbonate solubilisé, et en ce qu'on traite ladite phase liquide pour obtenir le carbonate qui précipite sous la forme aragonite. 5) Procédé selon l'une quelconque des revendications précédenteS, caractérisé en ce que pour précipiter l'espèce solubilisée dans ladite phase liquide on fait subir à cette phase une variation de température. 6) Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le réactif précité est constitué essen tellement d'une solution aqueuse d'un complexant. 7) Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérise en ce qu'on utilise à titre de complexant les sels d'acides a-hydroxy ou amino-carboxyliques avec une ou plusieurs fonctions acides pour lesquels le cation est choisi parmi les ions des metaux alcalins, l'ion ammonium non substitué ou substitué par des radicaux alkyls identiques ou différents. 8) Procédé selon la revendication 7 et l'une quelconque des revendications 2, 3 ou 4, caractérisé en ce qu'on utilise, à titre de complexant le sel trisodique ou tripotassique de l'acide N-2 hydroxyéthyl-éthylènediaminetriacétique. 9) Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'on utilise une solution de complexant 0,5 M. 10) Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'après séparation du residu solide, on lave celui-ci à l'eau pour recueillir une solution contenant le complexant résiduaire, on évapore cette solution jusqu'à ce qu'elle présente une concentration an complexant qui ta rende susceptible d'être recycle à l'attaque, on recycle cette solution puis on recycle éventuellement an totalité ou en partie l'aau provenant de l'evapo- ration de la solution pour le lavage du résidu solide et en ce qu'après séparation de l'espèce précipitée, on la lave à l'eau, l'eai résultant de ce lavage étant recyclée au lavage du résidu précite, l'eau de lavage de l'espèce précitée provenant au moins en partie de l'eau d'évaporation précitée. 11) Carbonate de calcium du typa obtenu notamment par le procédé selon l'une des revendications 2 à 4, caractérisé en ce qu'il s'agit d'une aragonite présentant des cristaux aciculaires de longueur L de 10 p à 50 p environ, de diamètre 0 de 1 p à 6 p environ et un facteur de forme L/p variant entre 4 et 30 environ et de valeur moyennne de 7 environ.