L'invention a pour objet de nouveaux médicaments à base de dérivés de la furo [2,-dJ pyridazine. Conformément à l'invention, les dérivés de la furo 2,3-d] pyridazine qui entrent dans la composition de la substance active desdits médicaments présentent la formule générale suivante dans laquelle R représente soit un atome d'hydrogène, soit le radical hydroxyméthyle, soit un radical alcoyle inférieur ayant de 1 à 4 atomes de carbone. On n trouvé que Tes composés de formule I sont doués d'intéressantes propriétés thérapeutiques, notamment dans le domaine des infections microbiennes. Les médicaments conformes à l'invention rendent possible la mise en oeuvre de ces propriétés. Pour fabriquer les susdits dérivés, on peut avoir recours à un procédé comportant successivement les étapes suivantes - réaction de l'acide glyoxylique cristallisé avec de l'éthanol, en milieu acide, ce qui, par estérification-acétalisation, conduit au diéthoxyacétate d'éthyle (II) avec un rendement de 7G à 80% - condensation du produit d'addition (II) en présence de sodium avec de l'acétate d'éthyle, ce qui, après 2-5 heures de réaction et neutralisation subséquente par l'acide chlorhydrique, conduit à un p-céto-ester Y-fonctionnel constitué par le diéthoxy- acétylacétate d'éthyle (III) (rendement de 65-75%) - cyclisation du diéthoxy-acétylacétate d'éthyle (III) par réaction avec le chloracétaldéhyde au sein d'une solution aqueuse de soude, ce qui conduit, après traitement au moyen de HCl du résidu obtenu après extraction et évaporation, au formyl-2 carbéthoxy-3 furanne (IV) (rendement d'environ 50%) - condensation cyclisante du dérivé furannique (IV) avec de l'hydrazine, le cas échéant substituée par un radical alcoyle ayant de 1 à 4 atomes de carbone, ce qui conduit à une furopyrazidinone (V) (rendement de 80 à 90%) laquelle, par nitration, conduit au dérivé de formule (I) dans laquelle R est un atome d'hydrogène ou un radical alcoyle de 1 à 4 atomes de carbone et que l'on peut hydroxyméthyler à l'aide de formol lorsque R = H le susdit procédé est remarquable, d'une part, du fait qu'au cours de l'étaye 3, on utilise le chloracétaldéhyde en tanf que tel et en présence d'une solution aqueuse de soude, et, d'@utre part, du fSit-que la nitration du noyau furannique est réalisée à l'aide d'un mélange de H2S04 à 98% et de KNOD, ces caractéristiques ayant pour effet d'a.méliorer nettement le rendement. On donne ci-après deux exemples numériques relatifs aux composés constituant les matières actives des médicaments confo; es à l'invention, EXEMPLE I - Préparation de la nitro-2 dihydro-4,5 oxo-4 furo [2,3-d] pyridazine dont la formule s'écrit Le noyau furannique est synthétisé à partir de diéthoxyacétylacétate d'éthyle, lui-même obtenu à partir du diéthoxy acétate d'éthyle. 10- Diéthoxy acétate d'éthyle On dissout 250 g d'acide chlorhydrique sec dans trois litres d'éthanol à 95 . Après addition de 300 g d'acide glyoxylique cristallisé, on agite jusqu'à dissolution totale. le mélange réactionnel est alors abandonné 2 jours à la température ambiante. On évapore la moitié du solvant sous pression réduite en maintenant le bain-marie en dessous de 35 C, on neutralise à 0-10 C par une solution saturée de carbonate de sodium, sous agitation. -On ajoute 500cm d'éther, on décante et on extrait une fois avec 300 cm3 d'éther, on évapore ce dernier et on distille (Eb15 = 83-84 C - rendement : 70-80%) On a remarqué que, dans cette réaction, l'utilisation d'alcool absolu à la pacte d'alcool à 950, stavérait en fait préférable. D'autre part, la réaction peut être également réalisée en neutralisant directement l'acide chlorhydrique par un courant d'ammoniac sec, sous agitation et à 0-20 C.L'méthanol en excès est alors éliminé après essorage du CINH4 formé et, dans ces conditions, on évite l'extraction à l'éther. 20- Diéthoxy acétvlacétate d'éthyle Dans un ballon de 1 litre à trois tubulures, muni d'un agitateur étanche et d'un réfrigérant protégé par une garde à chlorure de calcium, on place 176 g (1 mole) de diéthoxy acétate d'éthyle et 132 g (1,5 mole) d'acétate d'éthyle. En maintenant le flacon réactionnel plongé dans un bain-marie bouillant (100 C), on ajoute 23 g de sodium en morceaux aussi petits que possible. Lorsque tout le sodium est dissous, on ajoute encore 132 g d'acétate d'éthyle, puis 23 g de sodium, dans les mêmes conditions que précédemment, et on continue à maintenir l'ensemble du mélange réactionnel sous agitation et à la même température jusqu'à dissolution complète du sodium. Lorsque ce dernier a entièrement disparu (après environ 2-3 heures), on refroidit, on verse sur 500 g de glace et on neutralise la solution par l'acide chlorhydrique en dessous de 100C,au besoin en rajoutant de la glace pour maintenir cette température.On extrait trois fois avec 300cm d'éther, on lave une fois à l'eau. On élimine le solvant et le résidu est distillé sous pression réduite (Eb13-14mm)=124-125 C- rendement : 65-75%). 3 - Forsy1-2 carbéthoxy-3 furanne Dans un erlenmeyer muni d'un agitateur efficace, d'un thermomètre et refroidi extérieurement par un bain de glace, on place 109 g (0,5 mole) de diéthoxy acétylacétate d'éthyle, 250 g de glace et 92 g de chloracétaldéhyde à 45-47%. On agite violemment et on ajoute, en maintenant la température en dessous de 1500 mais aussi rapidement que possible, une solution froide (O'C) de 30 g de soude dans 250cm3 d'eau. On poursuit l'agitation pendant 30 minutes en laissant l'ensemble dans le bain réfrigérant (la température redescend de 15 à 0 C). On extrait au chloroforme. le solvant est ensuite évapore sous pression réduite en dessous de 4000. Le résidu est versé dans un mélange constitué par 250cm d'acide chlorhydrique concentré commercial, 250 g de glace et 100cm de dioxanne. Après une heure sous agitation à 0-100C, on extrait au chloroforme avec trois fois 100cm de ce solvant et on évapore ce dernier. Le résidu est fractionné sous pression réduite et l'on recueille uniquement la partie Eb15 = 130-132 C ou Eb10 = 123-126 C. Après recristallisation dans l'hexane ou l'éther de pétrole, on obtient des microcristaux incolores (F = 460C - rendement 50%). 4 - Dihydro-4,5 oxo-4 furo [2,3-d] pyridazine. On chauffe jusqu'à dissolution totale (environ 4 h) le mélange formé par 16,8 g (0,1 mole) de formyl-2 carbéthoxy-3 furanne, 20cm d'hydrate d'hydrazine, 20 cm3 d'eau et 20cm3 d'éthanol On refroidit et lton essore le solide formé. Sa recristallisation dans l'eau ou l'éthanol donne de microcristaux incolores (F = 2080C- rendement : 80-90%). 5 - Nitro-2 dihydro-4,5 oxo-4 furo [2,3-d] pyridazine. On dissout 24 g de nitrate de potassium dans 120 cm d'acide sulfurique à 98%. On ajoute ensuite par petites fractions 20 g d'oxo-4 dihydro-4,5 furo [2,3-d] pyridazine finement pulvérisée (bien broyée dans un mortier). On abandonne à la température ambiante pendant 15 minutes, en agitant de temps en temps. Après ce temps, la dissolution est presque totale et on note une très nette élévation de température. On chauffe ensuite pendant 5 h au bainmarie bouillant en agitant de manière intermittente. le mélange est alors refroidi et versé progressivement sur de la glace, en veillant à être toujours en présence de cette dernière pour rester à OOC, mais en évitant un trop gros excès, ce qui amène à un volume important de solution et à des pertes de produit par suite de sa légère solubilité dans l'eau sulfurique. On essore et on lave avec 300cm d'eau. Par recristallisation dans l'éthanol, on obtient le produit sous forme d'aiguilles jaune clair (F = 237-238 C - rendement : 57%). EXEMPLE II - Préparation de la nitro-2 dihydro-4,5 oxo-4 hydroxyméthyl-5 furo [2,3-d) pyridazine dont la formule s'écrit le dérivé conforme à 1'exemple 1 est hydroxyméthylé à l'aide de formol. On dissout 1,81 g (0,01 mole) du susdit composé dans 100cm3 d'éthanol bouillant. On rajoute 22cm3 de la solution de formaldéhyde et on chauffe de nouveau au reflux pendant 2 heures. La solution est alors concentrée de moitié, refroidie et on extrait au chloroforme. le solvant est éliminé sous pression réduite. le résidu obtenu est recristallisé trois fois dans le benzène en présence de charbon animal. On obtient 1 g du composé VII sous forme d'aiguilles incolores (F = 14300 avec décomposition) - rendement 47%). Ci-après, on va donner des résultats d'essais pharmacologiques mettant en évidence les propriétés avantageuses des composés utilisés en tant que substance active dans les médicaments conformes à l'invention. Ces essais ont été effectués, in vivo et in vitro, à l'aide du produit conforme à l'exemple I et qui sera désigné dans ce qui suit par BM12. I. Etude bactériologique in vitro Différents essais ont été effectués pour étudier l'influence du BM12 sur diverses souches d'agents pathogènes en comparaison avec celle exercée par un produit déjà connu, à savoir le NIMUROXAZIDE (ou p-hydroxy-benzoyl-hydrazone du nitro-5 furfural). Les résultats de ces essais sont réunis dans le tableau suivant. TABLEAU I SOUCHES TAPH. $A1JM0EllA sHIGEllk COLI]3ACIIIZ PRODUITS GOLIBACIJILE AUREUS TYPHI FX NERI BM 12 5 X /cc 5 g/ cc 1 î/ .cc Id/ cc MIFUROXAZIDE 10 & es j l O g / cc QC cc cc 5 g / cc L'examen des susdits résultats montre la supériorite du BM12 par rapport au nifuroxazide. II. Etude bactériologique in vivo Dans le cadre de ces expériences, effectuées sur la souris, on a utilisé, d'une part, un germe gram-positif, le Streptococcus pyogenes, souche Digonnet 7.561.IP et, d'autre part, un bacille gram-négatif, le Klebsiella Pneumoniae, souche 52.145.IP, administrés par voie intrapéritonéale dans 0,3 ml d'une culture de 18 heures diluée à diverses concentrations variant de 10-5 à 10-8. Le BM12, en suspension dans l'eau gommeuse, est administre par voie orale, au moment de l'injection infectante. le traitement est ensuite renouvelé 1 ou 2 fois/jour pendant 5 jours consécutifs. les résultats obtenus sont consignés dans les tableaux ci-après, où la mortalité relevée chaque jour et le pourcentage de survie au 7ème jour sont donnés en fonction de la dose de traitement administrée en mg/kg/jour. Ces résultats sont compares à ceux obtenus après administration de chlorhydrate de Tétracycline. Dans les tableaux II et III, on a rassemblé tout d'abord les résultats relatifs à l'action protectrice vis-à-vis du Streptocdccus pyogenes. TABLEAU II Traitement en M O R T A L I T E A P R E S Pourcentage mg /kg/jour 24 2 3 4 5 6 survie au heures jours jours jours jours jours 7ème jour Témoins 3/10 5 9 10 - - 0% BM12 200 peres 3/8 3 5 - - - 38% 100 per oe 2/8 4 5 - - - 38% 50 per os 3/8 4 5 6 - - 25% étracycline 100 pero 0/8 O O 0 O O 100% Dans les expériences concernant ce tableau, la concentration en inoculum provenant d'une souche Digonnet 7 est de 0,3 mi x 10-5. Le produit est administré par voie orale, une fois par jour le premier jour et deux fois par jour les jours suivants (1/2 dose). TABLEAU III TRAITEMENT M O R T A L I T E A P R E S POURCENTAGE 24 2 3 4 5 6 de survie au en mg/kg/jour heures jours jours jours jours jours 7ème jour Témoins 0/10 2 2 7 8 8 20 % BMI2 400 per os 0/6 O 0 1 f 1 84 % 200 per os 0/6 3 3 3 3 3 50 % 50 per os 0/6 0 0 0 2 2 66 % Tétracycline 100 per 08 0/6 0 0 0 0 0 100 % Dans les expériences concernant ce tableau, la concentration en ineculum provenant d'une souche identique à la précédente est, dans ce cas, de 0,3 x 10-6 Le produit est administré par voie orale, de la même manière que précédemment. Pour ce qui est maintenant des tableaux IV et V, ils sont relatifs aux expériences concernant l'action protectrice du BM12 vis à-vis du Klebsiella Pneumoniae. TABLEAU IV TRAITEMENT M O R T A L I T E A P R E S POURCENTAGE 24 2 3 4 5 6 de survie au n mg/kg/jour heures jours jours jours jours jours 7ème jour Témoins 0/10 0 6 10 - - 0 % BM12 400 per os 0/6 0 1 1 2 4 34 % 200 per os 0/6 0 3 4 4 5 17 % 50 per os 0/6 0 3 5 6 - 0% étracycline 100 per os 0/6 0 1 2 2 @ 2 66 % TABLEAU V TRATTEMENT M O R T A L I T E A P R E S POURCENTAGE 24 2 3 4 5 6 de survie au en mg/kg/jour heures jours jours jours jours jours 7ème jour en mg/kg/jour heures jours jours jours jours jours de jour Témoins 0/10 O 1 8 8 8 20 % BM12 400 peur os 1/8 1 1 3 5 5 38 % 200 peur os 0/8 0 2 3 4 4 50 % 50 per os 0/8 O 3 3 6 6 25 % ex racycline 100 ine 0/8 o o O O 0 100 % L'inoculum a une concentration respectivement de 0,3 x 10-6 et 0,3 x 10-8 et provient de la souche 52-145 IP. Dans le premier cas, (tableau IV), le produit est administré une fois par jour alors que dans le deuxième cas (tableau V) il est administré une fois le premier jour et deux fois les jours suivants. L'examen des résultats réunis dans les tableaux II à V permet de conclure à l'efficacité du MM12 vis-à-vis du Streptococcus Pyogenes (gram-positif) et du Klebsiella Pneumoniae (gram-négatif). L'activité antibactérienne du BM12 est en rapport avec la concentration en germes de l'inoculum. D'autre part, son action protectrice s'avère plus efficace dans la streptococcie que dans la klebsiellose. Cette substance attaquerait donc plus facilement les microbes gram-positifs, tout comme la tétracycline. De l'examen des tableaux, il ressort également que l'infection streptococcique est brutale et à évolution rapide, alors que le bacille gram négatif ne tue qu'après 2-3 jours d'incubation. Ces résultats sont intéressants; ils permettent d'envisager la substitution des produits conformes à l'invention à la tétracycline dans un certain nombre d'affections où celle-ci ne s'avèrerait pas indispensable. De plus, l'intérêt des composés conformes à l'invention est encore accru du fait de leur faible toxicité. En effet, l'administration du produit BM12 par voie orale, en suspension dans le sirop de gomme, n'entraîne aucune mortalité au bout de 48 heures, pour une dose de 2000 mg/kg. L'étude de la toxicité du BM12 a permis d'établir que. sa D150 par voie intrapéritonéale sur la souris était d'environ 400 mg/kg, lorsque le produit est administré en suspension dans le labrafil. Elle est d'environ 80 mg/ kg lorsque le produit est en solution dans le diméthylformamide et de 200 mg/kg lorsque le produit est en solution dans le diméthyl sulfozyde. les médicaments à activité antibactérienne conformes à l'invention peuvent entre administrés par voie orale, la dose posologiaue auotidienne en substance active étant de 1-4 g. On peut avoir recours aux formes pharmaceutiques habituelles à savoir comprimés, gélules, dragées, sirops avec une dose posologique unitaire de l'ordre de 250-500 mg. Comme il va de soi, et comme il résulte d'ailleurs déjà de ce qui précède, l'invention ne. se limite nullement à ceux de ses modes d'application, non plus qu'à ceux des modes de réalisation de ses diverses parties, ayant été plus spécialement indiqués ; elle en embrasse, au contraire, toutes les variantes. REVENDICATIONS 1. Nouveau médicament, caractérisé par le fait que la substance active entrent dans s composition comprend un dérivé de la furo L2,3-d] pyridazine présentant la formule générale suivante dans laquelle R représente soit un atome d'hydrogène, soit le radical hydroxyméthyle, soit un radical alcoyle inférieur ayant de 1 à 4 atomes de carbone. 2. Nouveau médicament selon la revendication 1, caractérisé par le fuit qu'il contient comme substance active la nitro-2 dîhydro-4,5 oxo-4 furo [2,3-d] pyridazine de formule 3o Nouveau médicament selon la revendication 1, caractérisé par le fait qu'il contient comme substance active la nitro-2 oxo-4 hydroxyméthyl-5 furo [2,3-d] pyridazine de formule 4. Nouveau médicament efficace dans le domaine des infections microbiennes, caractérisé par le fait qu'il contient en tant que substance active l'un des dérivés selon les revendications 1, 2 ou 3o 5.Nouveau médicament selon la revendication 4, caractérisé par le fait qu'il contient de 250-500 mg de substance active par dose posologique unitaire. 6. Procédé de préparation des furo [2,3-d3 pyridazines de formule dans laquelle R représente soit un atome d'hydrogène, soit le radical hydroxyméthyle, soit un radical alcoyle inférieur ayant de 1 à 4 atomes de carbone, lequel procédé --qui comprend successivement une estérification-acétalisation, la formation d'un ,8-cétowester Y-fonctionnel, l'obtention à laide de ce dernier du formyl-2 carbéthoxy-3 furanne, la condensation cyclisante du dérivé furannique avec. de l'hydrazine le cas échéant alcoyl-substituée, et, enfin, une nitration pouvant être suivie, lorsque l'on utilise l'hydrazine non substituée, par une hydroxyméthylation- est caractérisé par le fait que, au cours de la formation du formyl-2 carbéthoxy-3 furanne, on utilise le chloracétaldéhyde en tant que tel et en présence de soude, la nitration du noyau furannique étant réalisée à l'aide d'un mélange de H2504 à 98% et de KNO3.