L'invention a pour objet un procédé et un dispositif de défense de côte sablonneuse pour maintenir ou former une grève. On a déjà proposé de très nombreux procédés et dispositifs de retenue de sable pour défendre une côte sablonneuse contre l'érosion de la mer. A l'expérience, aucune des défenses connues ne résiste aux assauts de la mer. Beaucoup des défenses connues ont pour caractéristiques d'utiliser des ancrages en béton qui ne résistent pas plus que les défenses en épis . En effet, il apparaît que l'eau affouille les blocs les mieux ancrés, qui finissent par s'enfoncer, ce qui ramène rapidement la destruction à éviter de la grève. Plus récemment, on a proposé, par la demande de certificat d'addition français nO 76 29870 (publication 2 367 149), de créer des barrages de réensablement à partir de piquets ou poteaux ayant des filets en hélice et supportant des organes de remplissage, Un premier inconvénient est de nécessiter des piquets ou poteaux coûteux à fabriquer et sensibles à la corrosion, sauf à utiliser des métaux inoxydables très chers. Un autre inconvénient est d'offrir à la mer un obstacle trop important, qui ne manquera pas de céder en période de hautes eaux en cas de tempête, d'autant plus que les organes ou matériaux de remplissage, étant soumis individuellement à la poussée de l'eau, constitueront dans l'eau en mouvement autant de masses mobiles contribuant au démantellement de l'ensemble. Le but de l'invention est de proposer un nouveau procédé et un nouveau dispositif qui ne présente aucun des inconvénients précités et qui résiste à la mer. Ce but est atteint, selon l'invention, dans un procédé de défense de côte sablonneuse, dans lequel on piège et on retient le sable sur une grève existante ou à former au moyen d'un barrage continu fondé sur des poteaux ou piquets mutuellement espacés enfichés dans le sol en ligne selon sensiblement une ligne de niveau, par le fait qu'on fixe entre poteaux ou piquets successifs d'une même ligne un barrage plein dont la hauteur au-dessus du niveau actuel de la grève est inférieure ou égale à environ 0,20 m et de préférence 0,15 m. De cette façon le barrage de l'invention n'offre qu'une surface de faible hauteur contre l'assaut des vagues et des courants, si si bien que le moment de renversement du barrage n'atteint pas une valeur suffisante pour le renverser ou le démanteler.Cependant la hauteur d'un tel barrage est suffisante pour retenir du sable et élever de sa hauteur le niveau de la grève côté terre. Selon une caractéristique importante de l'invention, les poteaux ou piquets d'au moins une ligne sont d'une hauteur suffisante pour que leurs sommets restent emmergés audessus des plus hautes eaux. De cette façon, on peut, par interventions successives, relever le niveau absolu du barrage au fur et à mesure qu'on a créé une retenue relevant le niveau de la grève, au moins du côté terre. Pour éviter de laisser subsister une trop grande dénivellation côté mer, on dispose, comme il est connu en soi, plusieurs barrages, chacun respectivement selon une ligne de niveau, maisr selon l'invention, les poteaux ou piquets d'une hauteur suffisante pour que leur sommet reste emmergé au dessus des plus hautes eaux sont au moins ceux de la ligne de niveau actuellement la plus haute. I1 est avantageux que la hauteur des poteaux ou piquets soit suffisante pour établir successivement des barrages établis chaque fois au dessus des niveaux successifs actuels de la grève. I1 est conforme à l'invention d'établir le barrage par liaison rigide sur les poteaux ou piquets du côte terre et d'utiliser le bois pour constituer les piquets ou poteaux et les éléments du barrage. La solidité de l'ensemble évite ainsi les coups et les chocs contre pièces, mais l'élasticité du bois lui permet de mieux résister aux vagues et aux courants. En outre, sa densité voisine de celle de l'eau, lui évite de s'enfoncer par son poids dans le sable affouillé. I1 est avantageux d'établir sur chaque ligne de poteaux ou piquets un double barrage, respectivement un barrage côté terre et un barrage côté mer dont la hauteur audessus du niveau actuel de la grève est d'environ la moitié de celle du barrage côté terre-. I1 est alors conforme à l'invention que le ou les deux barrages soient assemblés aux poteaux ou piquets au moyen de boulons. Le but de l'invention est atteint par tout barrage constitué par la mise en oeuvre du procédé de l'invention comportant au moins une ligne de poteaux ou piquets mutuellement espacés enfiches dans le sol selon sensiblement une ligne niveau et comportant des éléments constituant un barrage continu entre les poteaux ou piquets d'une même ligne, les poteaux ou piquets étant de hauteur suffisante pour y fixer suc- cessivement les uns au-dessus des autres des éléments de barrage chaque fois jointifs au précédent, les éléments de barrage étant d'une hauteur inférieure ou égale à environ 0,20 m et de préférence 0,15 m . Selon un mode de réalisation préféré, les poteaux ou piquets et les éléments de barrage sont en bois et chaque barrage peut être double, à savoir un barrage côté terre et un barrage côté mer, celui-ci étant de hauteur moindre. D'autres caractéristiques et avantages ressortiront de la description, qui sera donnée ci-après uniquement à titre d'exemples, de modes de réalisation de l'invention. On se reportera à cet effet aux dessins annexés, dans les lesquels La figure 1 représente en perspective la structure d'un barrage selon l'invention. Les figures la et 2a sont les vues en coupe passant par le boulon d'assemblage de deux variantes de la figure 1 (selon I). La figure 2 représente en coupe le mode de montage des barrages successifs sur une même ligne de niveau(II). La figure 3 montre, en coupe perpendiculaire aux lignes de niveau, la mise en oeuvre du procédé de l'invention pour la création ou la reconstitution d'une grè ve devant un ouvrage à protégéer de la mer. Un barrage selon l'invention comprend des poteaux 1 et 1' en bois imprégné et traité de 2,2 m à 2,5 m enfoncés dans le sol d'environ 1,5 m. Ces po teaux 1 etl' sont alignés sensiblement selon une ligne de niveau de la grève à 0,6 m les uns des autres. lis sont réunis les uns aux autres par des bastaings 2 de o,l2 à 0,18 x 0,06 m égale ment imprégnés et traités et disposés de chant du côté ter re T jus X au niveau du sol actuel. Leurs extrémités 3 sont fixées chacune à un poteau 1 au moyen d'un boulon 4 conpintement avec l'extrémité d'un autre bastaing 2' en prolongement selon la ligne de niveau. Entre leurs extrémités les bastaings sont également boulonnés aux poteaux intermé- diaires 1'.Un barrage de l'invention peut être constitué tel qu'il vient d'être décrit. li est avantageux de constituer le barrage en double barrage par l'adjonction, cô té mer M, d'une ligne de demi-bastaings 5 de 0-,06 à 0,09 x 0,06 m et de même longueur que les bastaings fixés du côté terre (fig.l etla). Selon une variante, le barrage côté mer peut être constitué de bastaings 5' de mêmes dimensions que ceux du côté terre, mais décalés vers le bas de 6 à 10 cm (fig. 2a). La figure 2 montre l'implantation de deux lignes successives de barrage. Pour relever une grève 12, de profil actuel 11 ,en vue de défendre une côte 10 face à des marées hautes de niveau H, on plantera deux lignes 13 etl4 de poteaux sur deux lignes de niveau don tl ' ecartement cor- respond à une différence de côte de 0,2 à 0,5 m . Les poteaux seront suffisammen t hauts pour que 1 eur somme t emmerge au-dessus du niveau H tout en étant fermement enfichés. Au dépar t, on boulonne sur les poteaux 1 e t 1' les bas taings 2, comme il a été dit, c'est-adire, sur les poteaux 13 une ligne 31 de bastaings et sur les poteaux 14 une ligne 41, les lignes 31 et 41 étant sur la surface 11 actuelle de la grève. On observe que ces barrages de faible hauteur retiens nent du sable respectivement en 32 et42 sensiblement jus- qu'au niveau supérieur des bastaings qui devient le nouveau niveau actuel. On peut accélérer la formation de dépit de sa- ble en remplissant de sable l'intervalle 6 entre les bastaings et/ou demi-bastaings. On peut alors superposer à chacune des lignes 31 et 41 une nouvelle ligne, respectivement 33 et 43 de bastaings de chant qu'on fixera par boulonnage sur les poteaux 1 etl' des lignes respectives 13 et 14. On crée ainsi deux nouvelles pneus, respectivement 34 et 44 qui, dans l'exemple de la figure 2, peuvent s'elever jusqu'au dessus du niveau H par l'effet des vagues, La figure 3 montre comment on peut mettre en oeuvre l'invention pour la reconstitution progressive d'une grève de protection d'une dune 10 portant un ouvrage, tel qu'une route protégée par une digue 8 menacée.Sur la figure 3, on a désigné par H etB respectivement les niveaux de marée haute calme et due marée basse calme, par E le niveau de morte eau de grande marée et par N le niveau qu'on voudrait obtenir pour la reconstitution d'une grève offrant une laisse de haute mer suffisante. On commence par implanter les deux lignes 13 et 14 à une distance de la dune 10 où la cote de la grève actuelle 11 soit de l'ordre de 0,3 à 0,6 m inférieure à la cote de niveau N s'il s'en trouve, sinon on acceptera une différence de coteplus élevée.Dans foute la mesure du possible, on fera en sorte que les sommets des poteaux des lignes 13 et 14 atteignent la cote N. Une fois le niveau de grève relevé de la largeur de deux ou trois bas taings, on pourra implanter une ligne 15 et une ligne 16 à des niveaux de grèves inférieurs à celui de 1'implantation initiale de la ligne 14 d'une quantité sensiblement égale à respectivement la largeur de 2 à 3 et de 5 à 6 bastaings. U1- terieurementune ligne 17 pourra être implantée à un niveau encore inférieur au niveau d'implantation initiale de la ligne 16.Une fois la grève reconstituée et si on ne craint pas pour elle une nouvelle dégradation, il sera loisible d'arraser les défenses, ou b:)ut au moins ce qui en emmerge encore. Bien entendu, le nombre etla distance des lignes etle nombre de rehaussements successifs bastaing par bastaing ne sont pas limités et dépendront des hauteurs de marée, de l'importance des laisses de haute mer etde basses mers à obtenir, de la déclivité du fond marin, des courants e t d' autres paramètres quan ti tatifs don t on pourra tenir compte cas par cas, Dans tous les cas, les assauts de la mer ne s'exerceront que sur des paliers successifs de faible hauteur et fortement confortés, donc sans développer d'efforts de destruction par renversement ou affouillement. REVENDICATIONS 1 / Procédé de défense de côte sablonneuse, dans lequel on piège eton retient le sable sur une grève existante ou à former au moyen d'un barrage continu fondé sur des poteaux ou piquets mutuellement espacés enfichés dans le sol en ligne selon sensiblement une ligne de niveau, caractérisé en ce qu'on fixe entre po teaux ou piquets successifs d'une même ligne un barrage plein (2) dont la hauteur au-dessus du niveau actuel de la grève est inférieure ou égale à environ 0,20 m. 20/ Procédé selon la revendication 1, carac tersé en ce que la hauteur du barrage (2) au-dessus du niveau actuel de la grève est inférieure ou égale à environ 0,15 m. 30/ Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que les poteaux ou piquets (1,1') d'au moins une ligne sont d'une hauteur suffisante pour que leur sommet reste emmergé au-dessus des plus hautes eaux (H). 40/ Procédé selon la revendication 3, dans lequel on dispose plusieurs barrages, chacun respectivement selon sensiblement une ligne de niveau, caractérisé en ce que les poteaux ou piquets (1,1') d'une hauteur suffisante pour que leur sommet reste emmergé au-dessus des plus hautes eaux (H) sont au moins ceux de la ligne de niveau (13) actuellement la plus haute. 5 / Procédé selon la revendication 1, carac térisé en ce que la hauteur des po teaux ou piquets (1, 1') est suffisante pour établir successivement des barrages (2) établis chaque fois au-dessus des niveaux successifs actuels de la grève. 6 / Procédé selon la revendication 1, carac terisé en ce qu'on établit le barrage par liaison rigide (4)sur les poteauxou piquets Q,1') du côte terre (T), 70/ Procédé selon la revendication 6, carac tersé en ce qu'on établit sur chaque ligne de poteauxou piquets (1, 1') un double barrage, respectivement un barrage (2) côté terre (T) et un barrage (5) côte mer (M) dontla hauteur au-dessus du niveau actuel (11) de la grève (12) est d'environ la moitié de celle du barrage (2) oSté terre (T). 80/ Procédé selon l'une quelconque des revendications 6 et 7, caractérisé en ce que le ou les deux barrages (2,5) sont assemblés aux poteaux ou piquets (1,1' ) au moyen de boulons (4). 90/ Barrage mis en oeuvre selon le procédé dé d'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé en ce qu'il comporte au moins une 1 igne de po teaux ou piquets (1,1') mutuellement espacés enfichés dans le sol (12) selon sensiblement une ligne de niveau et comporte, au moins d'un côté, des éléments (2) constitiantbarrage continu entre les poteaux ou piquets (1, 1') d'une même ligne, les poteaux ou piquets (1,1')- étant de hauteur suffisante pour y fixer successivement les uns au-dessus des autres des éléments de barrage (2) chaque fois jointifs au précédent, les éléments de barrage (2) étant d'une hauteur inférieure ou égale à 0,20 m. 100/ Barrage selon la revendication 9, caractérisé en ce que les poteaux ou piquets (1, 1') et les é léments de barrage (2,5) sont en bois. 11 / Barrage selon la- revendica tion9, carac térisé en ce que les poteaux ou piquets d'une même ligne sont espacés d'environ 0,5 à 1 m.