La présente invention concerne 1' ergosine pure et ses sels d'addition d'acide physiologiquement acceptables, et un procédé pour leur obtention, ces produits étant applicables en médecine au traitement des migraines. On sait que la séparation å propriétés physiques et chimiques légèrement différentes pose un problème qu'on ne résout pas aisément. La difficulté est encore accusée par le fait que ces alcaloïdes sont très sensibles aux influences extérieures. Ils subissent une dégradation et une transformation d'isomères gauches en isomères droits, moins actifs, sous l'effet de la lumière, de l'oxygène de l'air, de la température, de divers produits chimiques, de variations du pH et d'autres facteurs. Pour cette raison, on ne trouve guère, dans les publications techniques, de données relatives d l'obtention de l'ergot sine pure. On manque notanent de données ayant trait à 1' obten- tion d'ergosine pure à partir de résidus laissés par la production régulière d'alcalotdes d'ergotoxine, car ceux-ci contiennent, outre 1' ergosine, les autres ergotoxines, de l'ergotamine ainsi qu'une série de produits de ddgradation formés à partir des alcaloïdes pendant le processus de fabrication. Les études publiées sur le sujet décrivent un procédé d' obtention d'ergosine permettant, par technique de séparation d contre-courant, de séparer de 1' ergosine d' alcalodes d'ergo- toxines (Czech. 113, 109, 1965), alors qu'on n'obtient pas d'ergosine si de l'ergotamine est aussi présente (M. Beran, M. Semonsky, Cesk. Fard. 11, 440, 1962). La présente invention a pour objet de séparer l'ergot sine par une méthode simple, applicable à l'échelle industrielle, non seulement à partir d'un mélange d'ergotoxines, mais aussi à partir d'ergotamine, par la meme méthode. Selon l'invention, pour obtenir ce résultat, on soumet le mélange d'alcalotdes à une chromatographie sur de l'alumine, en utilisant comme éluant un mélange de dichloréthane 1,2 et de butanol, puis on sépare l'ergosine de 1' éluant et on la convertit facultativement en un de ses sels d'addition d'acide physiologiquement acceptable. On utilise une quantité d'alumine basique environ 30 fois supérieure à la quantité de mélange d'alcaloldes. Pour l'élution, on utilise le dichloréthane 1,2 et le butanol dans un rapport d'environ 98/2. Par la méthode de chromatographie par adsorption sur colonne d'alumine basique, avec éluant formé de dichloréthane 1,2 et de butanol, on sépare de l'ergosine sans purifier préalablement la matière de départ brute pour la débarrasser d'autres alcaloides. Après cristallisation, on obtient de l'ergosine sous une forme très pure, de qualité adéquate pour la préparation de dérivés semi-synthétiques. On a identifié la substance obtenue par chromatographie en couche mince sur une plaque de cellulose, par exemple du type vendu sous le nom commercial "Cellulosepulver MU 300 G"par la Nacherey-Nagel & Co., République Fédérale d'Allemagne, sur laquelle on l'imprègne d'une solution å 15% en volume de forma- mide dans de l'acétone, 1' éluant étant formé d'6thylacétate, d'heptane n et de diéthylamine dans un rapport de 50/60/0,5. Par détermination du point de fusion de 2220C (décomp.), 20 de la rotation spécifique [&alpha;] D - - 181e (c n 1,0 dans du chlo- roforme) et par comparaison des spectres infra-rouges, on constate qu'on obtient une substance pure, utilisable aussi à la recherche pharmacologique. L'ergosine obtenue peut être transformée par les m6- thodes usuelles en ses sels d'addition d'acide physiologiquement acceptables. Du méthanesulfonate d' ergosine obtenu par le procédé selon l'invention présente les activités toxicologique et pharmacologique décrites ci-dessous. 1. Toxicité asque On a déterminé la dose léthale DL50 sur des souris et des rats conformément aux méthodes décrites par Litchfield J.T. et Wilcoxon F.J. dans Pharmacol. exp. Theor. 96, 99 (1949) et par Karber G. dans Arch. exp. Path. Pharmakol. 162, 480 (1931). Le tableau ci-dessous rapproche les résultats de ceux obtenus avec certains autres alcaloïdes d'ergot. Dose DL50 en mg/kg Souris i.p. Rats i.p. (18-24 g) (200-260 g) méthanesulfonate d'ergotamine 203xx 201xx méthanesulfonate d'ergotoxine 193X 475xx méthanesulfonate d'ergocrystine 238X plu8 de 500 méthanesulfonate d'ergosine 162X environ 400 x méthode Litchfield & Wilcoxon XXméthode Urber 2. Buffet sur la Pression sanguine artérielle On analyse l'effet de méthanesulfonate d'ergosine sur la pression sanguine artérielle sur des rats d'un poids de 180 à 240 g endormis à l'uréthanne. On insère une canule dans la carotide commune et, au moyen d'un transducteur de pression sanguine, on enregistre la pression artérielle sur un sphygmographe.Des doses atteignant 0,02 mg/kg de méthanesulfonate d'ergosine injecté par voie intraveineuse réduisent de 15% au maximum la tension artérielle moyenne. La réduction subsiste au moins une heure. Pour des doses de 0,05 à 0,15 mg/kg de méthanesulfonate d'ergosine, la tension artérielle moyenne baisse d'abord d'environ 25% au maximum, puis s élève d'environ 40% au maximum. Pour des doses dépassant 0,15 mg/kg, la tension artérielle s'élève d'environ 40%. La baisse de tension artérielle est d'origine centrale car, sur l'animal spinal, on ne note pour toutes les doses que la hausse de tension artérielle. Toutes les doses provoquent de la bradycardie. Le réflexe hypertensif lors de l'occlusion de la carotide communie est inchangé ou seulement partiellement réduit. 3. Effet sur le coeur Sur un coeur isolé de cobaye [ séparation Langendorff modifiée, Zalar et al., Boîl. Chia. Pharm. 114, 146 (l975J, du méthanesulfonate d'ergosine, à des doses de 0,001 à 0,002 mg par gramme de poids du coeur augmente l'amplitude des contractions d'environ 30% et diminue la fréquence de pulsation d'environ 20% et la circulation dans les vaisseaux coronaires d'environ 10%, tandis que l'électrocardiogranme demeure inchangé. Des doses de 0,005 à 0,025 mg par gramme de poids du coeur, en comparaison avec la valeur de contre, provoquent d'abord une augmentation de plus de 100% de l'amplitude des contractions, puis une r8duction d'amplitude d'environ 30% au maximum, une réduction de la fréquence de pulsation d'environ 40% et une réduction de la circulation dans les vaisseaux coronaires d'environ 50%. Il apparait aussi des modifications de 1' électrocardiogramme (tension réduite). Pour des doses encore supérieures de méthanesulfonate d' ergosine, il apparat sur l'électrocardiogramme des signes d'endo, agement du muscle cardiaque. 4. Effet anti-adrSnaline a) Effet antidote contre une dose mortelle d'adrénav line. On a déterminé l'effet d'antidote contre l'adrénaline sur des rats d'un poids de 180 à 240 g ayant absorbé par voie orale du méthanesulfonate d'ergosine 70 à 90 minutes avant de subir une injection intraveineuse d'une dose d'adrénaline de 1 mg/kg, qui correspond à la dose léthale ZDL95". Les résultats sont comparés dans le tableau ci-dessous avec ceux obtenus avec certains autres alcaloides d'ergot. Dl50 en mg/kg méthanesulfonate d'ergotamine 30,0 x méthanesulfonate d'ergocrystine 20,0 méthanesulfonate d'ergosine 6,5x x méthode Barber (voir ci-dessus). b) Des essais de tension artérielle opérés sur des rats, par la méthode indiquée dans la section 2 ci-dessus. rév- lent que, déjà la dose de 0,02 mg/kg par voie intraveineuse, le méthanesulfonate d'ergosine atténue la réaction hypertensive à l'injection intraveineuse d'adrénaline ou d'angiotensine. c) On a analysé l'effet d'antidote contre l'adrEna- line, sur le ras deferens isolé, selon la méthode Leach G. D. H., J. Pharm. Pharmacol. 8, 501 (1956). Le méthanesulfonate d'ergosine évite la contraction provoquée par l'adrénaline ou la noradrénaline. On détermine le degré d'antidotisme ou d'antagonisme par la méthode de détermination de valeurs PA2 de Schild H.O., Brit. J. Pharmacol. 2, 189 (1947). Si le toxique ou "agoniste* est l'adrénaline, le pouvoir d'antidote PA2 du méthanesulfonate d'ergosine est de 7,66 et, s'il est la noradrénaline, ce pouvoir est de 7,87. Il faut entendre par là qu' en présence de méthanesulfonate d'ergosine antidote à une concentration de 1,4 x 10 8 g/ml ou de 8,4 x g/ml respectivement, une dose double du toxique (adrénaline ou noradréline respectivement) provoque la mdme réaction de l'organe qu'en l'absence d'antidote. Le tableau ci-dessous rapproche les résultats de ceux obtenus avec d'autres alcaloïdes d'ergot. Antidote Toxique Pouvoir d'antidote méthanesulfonate de dihydroergotoxine adrénaline 7,82 méthanesulfonate de dihydroergocrystine adrénaline 7,42 méthanesulfonate d'ergosine adrénaline 7,66 méthanesulfonate d'ergosine noradrénaline 7,87 d) Au cours d'essai sur un coeur isolé de cobaye [préparation Langendorff modifiée, Salar et al., Boîl. Chim. Phares 114, 146 (1975)2, du méthanesulfonate d'ergosine, perfusé lentement à raison de 0,005 mg/mn à des doses de 0,0025 à 0,005 mg par gramme de coeur, a réduit l'activité inotrope de noradrénaline et d'isoprénaline administrées à raison de 0,00005 à 0,0001 mg/g de coeur. Par contre, à dose égale, le méthanesulfonate d'ergosine est sans effet sur l'activité chronotrope de noradrénaline et d'isoprOnaline. 5. Buffet sur le tonus bronchique On analyse cet effet par la méthode de Konzett and Rosser, Arch. exp. Path. Pharmak. 195, 71 (1940), sur un cobaye sous narcose à l'uréthanne. Injecté par voie intraveineuse, du méthane sulfonate d'ergosine provoque un bronchospasme (ED50 = 0,13 mg/kg) qui dure plus de 60 minutes. Une injection intraveineuse de bimaléate de méthisergide à la dose de 0,1 mg/kg évite le bronchospasme après injection intraveineuse d'une dose de 1 mg/kg de méthasulfonate d'ergosine.Une injection intraveineuse de méthanesulfonate d'ergosine à des doses de 0,03 à 1,0 mg/kg évite le bronchospasme provoqué par l1injection intraveineuse de 0,005 à 0,06 mg/kg de sérotonine. Dans les essais décrits, le méthanesulfonate d'ergosine se comporte en corps de nature à occuper les voies réceptrices de sérotonine et à provoquer lui-mee un bronchspasme; toutefois, le bimaléate de méthisergide, annulant les effets de la sérotonine, contrecarre l'ac- tivité du méthanesulfonate d'ergosine. On a comparé les résultats avec l'activité de méthanesulfonate d'ergotamine. En injection intraveineuse, le méthanesulfonate d'ergotamine provoque aussi le bronchospasme (la dose "ED50" est de 0,14 mg/kg) et ne diffère pas notablement dn méthanesulfonate d'ergosine (pour lequel la dose ED50" est de 0,13 mg/kg). Une injection préalable de 0,1 mg/kg de bimaléate de méthisergide évite aussi le bronchospasme provoqué par le méthanesulfonate d' ergotamine. 6. On a aussi exprimé l'effet anti-sérotonine du méthanesulfonate d'ergosine par l'inhibition de 1' effet hypertenseur exercé par la sérotonine sur des rats spinaux. Le méthanesulfonate d'ergosine, à dose de 0,005 à 0,15 mg/kg, empêche la hausse de pression artérielle; à dose plus forte, il provoque un effet inverse, c'est--dire une réduction de tension après injection intraveineuse de 0,075 à 0,115 mg/kg de sérotonine. En se basant sur les propriétés pharmacologiques d4- crites, on a constaté que l'ergosine stimule l'effet des catécholamines sur les récepteurs adrénergiques , stimule l'effet de la sérotonine sur les récepteurs D de sérotonine, élève le tonus des muscles lisses en se liant avec les récepteurs de sérotonine en tant qu'adjuvant et provoque une activité inotrope positive du coeur. Du fait de ces propriétés, l'ergosine est utilisable comme remède pour le traitement des migraines. L'ergosine, sous forme de ses sels d'addition d'acide physiologiquement acceptables, peut être utilisée comme remède pour administration par voie digestive et parentérale. Pour la fabrication de préparations pharmaceutiques, on peut ajouter des adjuvants organiques ou inogarniques. Pour les comprimés et pilules, on peut ajouter, par exemple, du lactose, de l'amidon, du talc, de l'acide stéarique, etc. Aux solutions et émulsions, on peut ajouter, par exemple, de l'eau, des alcools, du glycérol, des huiles végétales, etc. Aux suppositoires, on peut ajouter, par exemple, des huiles naturelles ou hydrogénées et des cires. Les préparations peuvent aussi contenir des agents de conservation, stabilisants, solubilisants, agents mouillants et édulcorants et des colorants convenables. Une dose convenable d'ergosine sous forme de sels d'addition d'acide physiologiquement acceptables est de 1 à 10 mg par jour et par kilo de poids. Lwexemple ci-dessous illustre l'invention, mais n'a aucun caractère limitatif. EXEMPLE On dissout 4 g d'un mélange d'alcaloldes résiduaire, contenant 65% d'alcalosdes dans 20 ml de mélange de dichloréthane 1,2 et de butanol. On fait passer la solution d'alcalotdes dans une colonne en verre de 40 mm de diamètre, contenant une quantité trente fois supérieure d'alumine basique vendue par la firme Merck, Darmstat, République Fédérale d'Allemagne, à indice d'activité (selon Brockmann) de II. On lui fait subir une Solution avec le mélange de dichioréthane 1,2 et de butanol (98/2 en volu me). On sépare la fraction d'ergosine pure des autres alcalol- des par chromatographie en couche mince. La première fraction séparée est formée par le mélange d'alcaloides d'ergotoxine et par la majeure partie de 1' ergosine dextrogyre (environ 120 ml d'éluat), puis viennent les fractions d'ergosine pure (environ 300 ml d'éluat). Quand l'élution de l'ergosine est terminée, on obtient des alcalotdes plus polaires que 1' ergosine et des produits de dégradation. On élimine alors sous vide le solvant des fractions d'ergosine combinées et l'on dissout le résidu dans de l'acétate de butyle à SO0C. Après refroidissement, on obtient 1,28 g de produit cristallin à point de fusion de 222 C. REVENDICATIONS 1. Procédé pour la préparation d'ergosine pure à partir de mélanges d'alcalofdes résiduaires obtenus cone sousproduits dans la production dialcaloides d'ergotoxine, et pour la préparation de ses sels d'addition d'acide physiologiquenent acceptables, caractérisé en ce qu'on fait subir au mélange d'al caloies, une chromatographie sur de l'alumine en utilisant comme éluant, un mélange de dichloréthane 1,2 et de butanol, puis on sépare l'ergosine de l'éluant et on la transforme facultativement en un de ses sels d'addition d'acide physiologiquement acceptables. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la quantité d'alumine basique utilisée est environ trente fois supérieure à la quantité de mélange d'alcalordes. 3. Procédé selon la-revendication 1, caractérisé en ce qu'on utilise en mélange le dichlorétnane 1,2 et le butanol dans un rapport environ 98/2. 4. Ergosine pure ou ses sels d'addition d'acide phy siologiquement acceptables, obtenus par procédé selon la revendication 1, 2 ou 3.