La présente invention concerne un nouveau type de tissu velours et plus particulièrement un nouveau type de velours extensible dans le sens de sa chaîne et dont les poils sont constitués par découpage de flottés de trame. Les velours obtenus par découpage de flottés de trame sont des articles bien-connus, qui peuvent se diviser en deux grandes catégories, à savoir les velours unis et les velours à côtes. D'une manière générale, les velours obtenus par découpage de flottés de trame sont réalisés à partir d'armures qui comprennent - des coups de trame, (coups de velours) destinés à la formation de flottés, séparés par des zones de liage avec les fils de chaîne, lesdits flottés étant ultérieurement sectionnés en un point fixé dans leur longueur, la hauteur des touffes de velours étant déterminée par le longueur des flottés, - des coups de trame (coups de fond) permettant la formation de tissu de fond qui subsistera après découpage. La proportion de ces coups de trame dépend des caractéristiques du tissu à produire ; elle peut être régulière : deux coups de velours entre chaque coup de fond, ou irrégulière un coup et deux coups séparant alternativement les coups de fond. Les fils de chaîne croisent sur les coups de fond en taffetas, sergés de 2 lie 1, de 2 lie 2, de 3 lie 1, Louisine de deux fils. Sur les coups de velours, les fils de chaîne lient d'après des armures combinées pour que des flottés soient répartis de ma nière à constituer, longitudinalement, des rangées de petites voutes. Par leur découpage en un point déterminé, les flottés fournissent une surface de velours de hauteur et de largeur déterminées. Comme dit précédemment, l'aspect extérieur du velours après le sectionnement des flottés peut être soit uni, les touffes de velours étant disposées régulièrement à la surface du tissu, soit former des côtes longitudinales, constituées de touffes de velours alignées en relief, séparées par une zone en creux. Ce dernier type de velours est bien connu sous l'expression velours côtelé. Actuellement, on peut dire qu'il existe en dehors du velours uni, quatre types de velours côtelés, couramment désignés par les expressions - velours milleraies comportant environ 5, 5 côtes par centimètre, - le velours fines côtes comportant environ 3,5 côtes par centimètre, - le velours moyennes côtes comportant environ 2,6 côtes par centimètre, - et le velours grosses côtes comporant environ 1,6 côte par centimètre. Récemment, il a eté proposé de réaliser des velours de ce type, extensible dans le sens de la chaîne, notamment en vue de les utiliser pour la fabrication de vêtements. Pour realiser cet article, on utilise des chaînes extensibles constituées au moins pour partie de fils élastomères, tels que ceux commercialisés sous la marque "Lycra". Pour cela, en fonction de la largeur des côtes à réaliser, on forme une chaîne comportant une disposition constituée d'une alternance de fils élastomères guipés et de fils texturés, répartis en fonction de la largeur des côtes à obtenir, de telle sorte que les fils fortement élastiques (fils élastomères) se trouvent disposés dans les zones où les fils de trame formant poils lient avec les fils de chaîne. Cette technique implique obligatoirement d'utiliser (d'ourdir) des chaînes différentes en fonction des articles à réaliser. En effet, si la même chaîne est utilisée, l'article obtenu comporte des côtes différentes les unes des autres et il présente un fort défaut de crépage (ou clocage) sur sa face envers qui le rend pratiquement inutilisable, et nécessite pour le moins des traitements ultérieurs complexes en vue de le faire disparaître, ces traitements pouvant entraîner une stabilité dimentionnelle insuffisante. I1 a également été proposé de réaliser des chaînes extensibles constituées de fils de coton retordus avec des fils élastomètres, les mêmes chaînes servant à réaliser des velours à côtes de largeurs différentes. Comme précédemment, les articles obtenus présentent également un fort défaut de crépage sur leur face envers qui nécessite de les traiter ultérieurement, notamment par passage sur rame. De plus, pour obtenir un article à aspect correct, il est nécessaire que les fils de trame formant les poils ne se lient qutavec un seul fil de chaîne, (liage en V) et par suite, les poils formés sa,at mal maintenus dans le tissu de fond et peuvent être facilement arrachés. Enfin, l'utilisation dans les deux cas, de fils élastomères augmente notablement le prix de revient et surtout complique la fabrication tant au stade de la préparation (filature, ourdissage), que du tissage proprement dit, voire même de la finition (teinture, impression). Or, on a trouvé, et c'est ce qui fait l'objet de la présente invention, un nouveau type de velours côtelé, et plus particu lièrement un nouveau type de velours moyennes côtes ou grosses côtes, extensible, présentant un envers parfaitement plat, des poils solidement liés dans le fond ne nécessitant pour sa réalisation qu'un seul type de chaîne, cette chaîne étant formée unique ment de fils texturés élastiques, obtenus de préférence par le procédé fausse-torsion, l'extensibilité et la densité d'un tel velours étant comparables à celles d'un velours antérieur composé au moins pour partie en chaîne de fils élastomères. D'une manière générale, le nouveau tissu velours selon l'invention est du type constitué par une chaîne formée de fils texturés, notamment par fausse torsion, tissés tendus, les poils étant obtenus par découpage de flottés et séparés entre eux par des zones de liage avec le fond du tissu, et il se caractérise par le fait que - chaque fil de chaîne est constitué par l'assemblage par torsion d'au moins deux fils élémentaires texturés préalablement, - que le tissage-est effectué avec une alternance de une trame de fond pour au moins deux trames de fils de poils, cette alternance étant répétée une pluralité de fois dans le rapport d'armure , ce rapport étant au minimum de 36 trames, mais peut bien entendu être supérieur. - que les liages de deux fils de poil avec les fils de chaS- ne se font sur trois fils de chaîne (liage en W), les liages de deux fils de poil consécutifs étant décalés les uns par rapport aux autres, le décalage étant de quatre fils pour certains groupes de deux trames de poils et de un fil pour les autres groupes, celà étant réalisé selon un rythme d'au plus un décalage de quatre fils pour un décalage de un fil. En d'autres termes, en ce qui concerne le décalage des fils formant poils dans un tissu conforme à l'invention, on peut dire que si le rapport d'armure est formé par la répétition d'un rapport de base comportant un filé de fond pour deux fils de poils, que, selon l'invention, dans le premier rapport de base, les liages des deux fils de poils sont décalés de quatre fils, et que au moins dans le rapport de base suivant, les liages des deux fils de poils sont décalés seulement de un fil, ces décalages en alternance de quatre fils et de un fil étant répétés sur toute la hauteur du rap Fort d'armure. De préférence, le rapport d'armure comportera une succession de un décalage de quatre fils pour un décalage de un fil. Cependant, dans certains cas, on pourrait avoir également un décalage de quatre fils pour deux décalages de un fil, voire éventuellement toute autre combinaison. Un tel mode de tissage convient particulièrement bien pour la réalisation de velours extensible à grosses ou moyennes côtes et l'on a constaté que l'on obtenait ainsi des articles dont l'extensibilité est comparable à celle des articles équivalents constitués au moins pour partie de fils élastomères en chaîne. Par ailleurs, ces articles présentent un envers parfaitement uni, sont denses et ne déforment pas. En outre, ils présentent un aspect côtelé parfaitement régulier. Comme dit précédemment, l'invention convient particulière- ment à la réalisation de tissus extensibles, à partir de fils texturés selon le procédé par fausse torsion. I1 est évident qu'elle n'est pas limitée à de tels fils, mais que l'on pourrait en utiliser d'autres, l'extensibilité finale du tissu dépendant de l'élasticité de départ du fil, mais étant dans tous les cas nettement supérieure, à celle des tissus comparables réalisés antérieurement avec de mêmes fils. Par ailleurs, on a constaté qu'il était préférable d'utiliser comme fils de chaîne, des fils constitués par l'assemblage par torsion, de l'ordre de 100 à 400 tours par mètre, cette torsion étant de préférence dans le même sens que la surtorsion donnée lors de l'opération de texturation. Un tel type de fil facilite le tissage et améliore encore l'extensibilité et le pouvoir de retrait du tissu. L'invention et les avantages qu'elle apporte seront cependant mieux compris grace aux exemples de réalisation donné ciaprès et qui sont illustrés par le graphique annexé. Ce graphique est une représentation conventionnelle de lar- mure d'un tissu velours, vu sur sa face envers, représentation qui, pour un homme du métier permet la reproduction exacte dudit tissu. Dans ce graphique, les parties noircies correspondent aux fils de trame ne formant que le fond du tissu, alors que les parties marquées d'une croix correspondant aux fils de trame entrant dans la formation des poils. Ces parties noircies et ces croix représentent le passage du fil de trame sur les fils de chaîne, les parties laissées en blanc les passages sous lesdits fils de chaîne. En d'autre termes, chaque carré du graphique correspond au croisement d'un fil de trame avec un fil de chaîne. Exemple 1 Cet exemple est illustré par la figure unique annexée qui représente l'armure du tissu réalisé, dont le rapport est de trente-six coups pour dix huit fils, le tissage étant effectué avec une alternance d'une trame de fond pour deux trames de poils (rapport debaseR),les liages des fils de poils étant réalisés sur trois fils et étant décalés d'une trame à l'autre. Conformément à l'invention, dans le premier rapport de base R1 les liages des fils de poils sont décalés de quatre fils et dans le secord R2 ils ne sont décalés que d'un seul fil, ces décalages étant répétés dans tout le rapport d'armure. Comme fils de chaîne,on utilise des fils constitués par l'assemblage par torsion à 300 tours de deux fils polyester 78 décitex! 13 brins, texturés préalablement par fausse torsion, de manière conventionnelle, ces fils étant réalisés conformément à la technique décrite dans le brevet français 2 355 933 de la Demanderesse. Lors de l'ourdissage les fils sont mis sous tension et sont tissés dans cet état. La densité en chaîne est de 29 fils par centimètre, le peigne utilisé étant un peigne comportant 14, 5 dents par centimètre, deux fils passant dans chaque dent ou de 9,70 dents par centimètre, trois fils passant alors dans chaque dent. Comme trame, on utilise un fil coton NM 1/28 (350 décitex) la réduction au métier étant de 51 coups par centimètre. Après tissage et finissage, l'article formé comporte 1,7 côte par centimètre et présente une densité en trame de 75 fils par centimètre. Cet article présente une extensibilité de 30 %. Cette extensibilité est déterminée de manière conventionnelle en prenant un échantillon de cinq centimètres de largeur que l'on soumet à une charge de 1,650 kilogrammes. L'envers du tissu est parfaitement régulier. A titre comparatif, avec une armure classique permettant de réaliser un velours côtelé, le tissu n'aurait eu une extensibilité que d'environ 15 %. Exemple 2 On répète ltexemple 1 à la seule différence près que le rapport d'armure est seulement de 12 fils de chaîne, armure utilisée ne se différenciant de celle qui est illustrée uniquement par le fait que les flottés des fils de trame ne sont que de 5 fils. Après finissage, on obtient également un velours côte, mais qui dans le cas présent comporte 2,6 côtes par centimètre. Comme précéder;2ment, il est parfaitement régulier, mais présente une extensibilité également d'environ 30 %. -Ces exemples montrent bien les avantages apportés. par l'invention et notamment le fait qu'il est possible, à partir de fils conventionnels, d'obtenir, sans précaution particulière, et ce, avec une chaîne unique, des articles fortement extensibles, chose qui n'était pas réalisable à ce jour. REVENDICATIONS 1/ Tissu velours côtelé du type constitué par une chaîne formée de fils texturés, tissés tendus, les poils étant obtenus par découpage de flottés sépares entre eux par des zones de liage avec le fond du tissu, caractérisé par le fait que - chaque fil de chaîne est constitué par l'assemblage par torsion d'au moins deux fils élémentaires texturés élastiques, - que le tissage est effectué avec une alternancede une trame de fond pour au moins deux trames de fils de poils, cette alternance étant répétée une pluralité de fois dans le rapport d'armure, - que les liages de fils de poils avec les fils de chaîne se font sur trois fils de chaîne, les liages de deux fils de poils consécutifs étant décalés les uns par rapport aux autres, le decalage entant de quatre fils pour certain groupes de deux trames de poils et de un fil pour les autres groupes, celà étant réalisé selon-un rythme d'au plus un décalage de quatre fils pour un décalage de un fil. 2/ Tissu velours selon la revendication 1, caractérisé par le fait que les fils de chaîne sont des fils texturés par fausse torsion. 3/ Velours côtelé selon ltune des revendications 1 et 2, caractérisé par le fait que les fils de chaîne sont constitués par l'assemblage par torsion de l'ordre de 100 à 400 tours par mètre, cette torsion étant dans le même sens que la surtorsion donnée lors de l'opération de texturation. 4/ Velours grosses côtes selon l'une des revendications 1 à 3. 5/ Velours moyennes côtes selon l'une des revendications 1 à 3.