I"évolution des techniques et des matériaux utilisés pour la fabrication des cannes à pêche en fibre de verre et de carbone permet de réaliser des éléments de cannes à pêche ayant des diamètres de plus en plus petits et des parois de plus en plus minces en obtenant ainsi des cannes de plus en plus légères et agréables à manipuler.Cependant, cette évolution risque de se faire au détriment de la résistance à la flexion ou à l'dora- sement et ce risque se présente surtout sur le talon des cannes (gros élément terminal) qui est par nature la partie la plus sensible et la plus fréquemment brisée d'une canne à pêche par suite dlune concentration particulièrement importante des efforts de traction ou de détente et de pression sur cette partie de la canne et aussi de l'adåonction d'accessoires rapportés, tels que des porte-moulinets, qui risquent de blesser la fibre. I1 convient donc de renforcer judicieusement ce talon mais il importe de ne pas le grossir exagérément en le rendant difficile ou désagréable à tenir à la main, de ne pas l'alourdir exagérément pour ne pas imposer un surcroit d'effort au pêcheur qui supporte le poids de la canne et de ne pas le rigidifier sur toute sa longueur pour lui conserver la flexibilité désirable lui permettant de participer à "l'action" de la canne à pêche d'autant plus qu'un talon trop rigide sur toute sa longueur ne ferait que reporter les risques de rupture à l'élément suivant de la canne à pêche. Le renforcement du talon doit donc intervenir sur une fraction judicieusement déterminée qui correspond à la zone où la canne est serrée dans la main du pêcheur et qui se nomme la poignée. L'action et la flexibilité de la canne doivent pouvoir commencer immédiatement au-dessus de la poignée et ne pas hêtre bridéespar celle-ci. Tous les modèles de poignées de canne à pêche utilisés jusqu'à présent sont rapportés, l'assemblage s'effectuant soit par utilisation de l'élasticité du matériau, soit par enroulement, soit par collage. Certains modèles peuvent même consister en une simple couche de peinture superficielle de couleur différente. Tous ces modèles n'ont finalement pour rôle que d'enåoli- ver le talon de la canne à pêche ou d'apporter un certain agrément de surface, par exemple un effet antiudérapant. Les matériaux utilisés, ous forme de feuilles ou gaines de plastiques souples ou rigides, de tissus ou tresses de fibres naturelles, de feuilles d'agglomérés de liège ou de cylindres de liège, de fils enroulées en fibres naturelles ou synthétiques, n'ont pas pour effet de renforcer notablement le talon de la canne et, pour résister à l'usage, ils doivent avoir une certaine épaisseur de l'ordre souvent de plusieurs millimètres, ce qui grossit le talon de -la canne et le rend donc moins agréable à la tenue en main, à tel point que les bons pêcheurs préfèrent souvent supprimer ces accessoires inutiles. En outre, la tenue à l'usure ou à l'action de la chaleur ou de l'humidité de tous les matériaux rapportés est en général inférieure à celle de la fibre de verre. Les coefficients de dilatation ne sont pas identiques et l'expérience montre que toutes les poignées utilisées jusqu'à présent sont beaucoup moins durables que les talons en fibre de verre ou de carbone qui les supportent, par suite de leur usure, de leur décollage ou de leur dégradation sous l'effet des intempéries. L'invention a pour but de proposer une poignée de canne à pêche en fibre de verre ou de carbone qui ne présente plus les inconvénients exposés ci-dessus, qui renforce le talon de manière durable en l'enjolivant de façon permanente et qui présente une élasticité nécessaire et suffisante, tout en étant de fabrication peu onéreuse, Le principe de l'invention pour l'obtention d'une telle poignée consiste à réaliser-la poignée en fibrexie verre pour une canne à pêche en fibre de verre et une poignée en fibre de verre ou en fibre de carbone pour une canne à pêche en fibre de carbone, ou en tout autre matériau naturel ou synthétique compatible à cet usage et pouvant s'assembler de manière homogène avec le verre ou le carbone.La constitution d'une telle peigné sous forme de tube cylindrique ou conique destiné à se monter sur un talon cylindrique ou conique permettrait de rempl-ir les fonctions de renfort et d'enjoliveur mais imposerait l'utilisation dlun tube d'épaisseur notable pour présenter une résistance suffisante lors de son façonnage puis de son montage et la forte épaisseur nécessaire rendrait la poignée rigide en entrainant les inconvénients signalés ci-dessus. En outre, l'utilisation d'une telle poignée présenterait tous les aléas habituels d'une poignée rapportée et le procédé de fabrication d'une canne équipée d'une telle poignée serait onéreux parce qu'il imposerait le respect des cotes précises de la poignée pour son adaptation à la canne qui devrait la recevoir. On a trouvé, conformément à la présente invention, qu 'i est possible d'éviter les difficultés qu'on vient d'énoncer en constituant une poignée en fibre de verre ou en fibre de carbone établie dans la masse même du talon de la canne à pêche sous la forme d'une surépaisseur limitée et contrôlée de fibre de verre ou de carbone façonnée et polymérisée en même temps que le talon lui-même de façon qu'on obtienne ainsi une poignée intégrée dans le talon en une masse homogène obtenue par un même procédé de fabrication. Il devient alors possible de donner à la poignée l'épais seur juste nécessaire et toujours très faible, par exemple de l'ordre de quelques dixièmes de millimètre, pour qu'elle joue un rôle de renfort sans pour autant brider l'élasticité et "l'acicn" de la canne à pêche et sans entraîner un surcroît de poids notable. Il est possible aussi de positionner cette poignée dans la zone précise oU un renforcement est nécessaire et de la limiter à cette zone en prévoyant, par exemple, une poignée courte pour les cannes tenues à une main et une poignée longue pour les cannes tenues à deux mains.Il est possible encore de conférer à cette poignée une fonction d'enjoliveur, soit en l'imprégnant dans la masse, avant façonnage, d'une résine teintée d'une couleur indélébile différente de celle du reste du talon, soit en la laquant en une ou plusieurs couleurs après façonnage, éven tuellement avec des laques granitées pour obtenir un effet anti-dérapant. Un procédé mis au point par l'inventeur et illustré à la figure 1 consiste à enrouler sur un mandrin cylindrique ou coniquea(indiqué en trait mixte) un ou plusieurs panneaux de tissu de verre ou de carbone ou de'nappes de verre ou de carbone imprégnés de résines, en plusieurs couches concentriques sur toute la longueur du mandrin destiné à former le talon de la canne. Pour la facilité de compréhension du dessin, on n'a représenté que deux couches b et c enroulées sur le mandrin, mais il va de soi que le nombre de couches concentriques successives n'est pas limité. En même temps, et dans la zone rigoureusement définie pour devenir la poignée, on enroule, en surépaisseur d'une ou plusieurs couches, un ou plusieurs panneaux, de dimensions et formes bien définies, de tissu de verre ou de carbone, de nappes de fibres de verre ou de carbone ou de tout autre matériau convenable, imprégnés de résines. La figure 1 représente deux couches d et e en cours d'enroulement sur > mandrin par dessus les couches b et c. On peut moduler les caractéristiques de renfort et de rigidité de la poignée non seulement en jouant sur le nombre de couches de tissu ou de nappe mais aussi en orientant le sens des Ails de trame et de chaîne de la dite poignée dans un sens différent de celui des fils de trame et de chaîne du talon proprement dit. A titre d'exemple, la figure 1 représente les fils de chaîne et de trame g de la poignée croisés à 450 par rapport aux fils de chaîne et de trame f du talon, mais il va de soi qu'un croisement à n'importe quel angle jugé meilleur par le concepteur de la canne peut être réalisé. En même temps qu'elles sont formées par enroulement, les couches successives a, b, c et d sont aussi serrées avec une pression raisonnable gui doit être uniformément répartie sur toute la surface du cylindre ou du cône afin d'éviter des déformations ou des plis qui compromettraient l'homogénéité et donc la résistance du stratifié et qui nuiraient à son esthétique. lies panneaux ayant été enroulés et serrés, on procède ensuite de manière classique à un enrubannage superficiel de cellophane ou de toute autre matière convenable qui conserve pendant la polymérisation la pression nécessaire et suffisante permettant d'obtenir une liaison homogène des couches du stratifié y compris donc des couches formant poignée avec les couches formant talon, et qui permet aussi aux matières volatiles excédentaires de s 'évaporer. L'ensemble du stratifié ainsi obtenu est alors porté à une température appropriée dans un four de polymérisation. La dernière opération consiste à extraire le mandrin par un procédé mécanique (mandrins métalligues) ou par fusion (mandrins perdus en matières fusibles). Un tel procédé nécessite des aménagements particuliers sur les machines utilisées pour rouler et serrer les couches de tissu ou de nappe imprégnées de résines. Ces machines, dites "machines à rouler", sont constituées par deux plateaux métalli ques parfaitement plats, un plateau inférieur ayant un mouvement de translation et de rotation autour d'un axe vertical et un plateau supérieur formant plateau presseur, mobile verticalement et soumis à l'action d'un vérin pneumatigue exerçant une pression importante. On interpose entre les deux plateaux de la machine, le mandrin sur lequel le panne u de tissu ou de nappe imprégné de résine a été préalablement encollé sur toute la longueur de sa lisière.Le mouvement de translation du plateau inférieur enroule le panneau sur le mandrin en formant les couches successives pendant que le plateau presseur supérieur assure le serrage des dites couches en exerçant une pression uniformément répartie sur toute la longueur du mandrin. On conçoit que Si l'on interpose une surépaisseur, en l'occurence les panneaux devant former la poignée, la pression du plateau supérieur ne pourra pas s'exercer de manière uniforme sur toute la longueur du mandrin et les déformations et les plis évoqués précédemment risqueront d T apparaître. La modification mise au point par l'inventeur consiste à disposer sur chaque plateau de la machine, une garniture amovible en matière Synthétique semi-dure dans laquelle une dépression correspond à la zone d'enroulement de la poignée. La pression pourra alors être répartie uniformément sur toute la surface du stratifié même si celle-ci présente un renflement correspondant à la dépression évoquée ci-dessus. Pour bien faire comprendre ce procédé particulier, on se réfèrera aux figures schématiques annexées 2 et 3 qui montrent un talon de canne à pêche selon l'invention serré entre les plateaux d'une machine à rouler présentant la modification ci-dessus. La figure 2 représente en 1 le plateau inférieur de la machine à rouler, en 2 son plateau presseur supérieur, en 3 le talon de la canne en cours d'enroulement, en 4 la surépaisseur de la poignée obtenue dans cet exemple par augmentation du diamètre extérieur et en 5 et 6 les extrémités du mandrin. Il apparaît nettement que la pression ne peut pas s'exercer ou s'exercera mal dans les zones 7-8-9-10 situées de part et d'autre de la surépaisseur 4. La figure 3 reprend les mêmes éléments 1 à 6 que la figure 2 ci-dessus et représente en îî.et 12 les garnitures amovibles fixées sur les plateaux 1 et 2 et permettant l'obten- tion d'une pression de serrage uniforme. Cependant, l'invention ngest pas limitée à l'obtention d'une surépaisseur par augmentation locale du diamètre extérieur de l'élément de canne car la surépaisseur désirée peut aussi résulter d'une diminution du diamètre intérieur de ltélément de canne, auquelcasla surépaisseur résulterait d'une dépression périphérique du mandrin donnant la forme désirée au talon en fabrication. Enfin la surépaisseur pourrait résulter à la fois d'une augmentation du diamètre extérieur et d'une diminution du diamètre intérieur. Sur la figure 4, on a indiqué en 13 le plateau inférieur d'une machine à rouler et en 14 le plateau supérieur tandis que le talon de canne en fabrication est représenté en coupe en 15 autour du mandrin 16. Dans ce cas, on a supposé que la surépaisseur est obtenue par diminution en 17 du diamètre intérieur du talon, cette diminution d'épaisseur correspondant alors à une dépression périphérique du mandrin 16 sur lequel se forme par roulage l'élément de canne. On comprend que la surépaisseur de poignée pourrait encore s'obtenir par les deux moyens ci-dessus combinés, c'està-dire à la fois par augmentation du diamètre extérieur du talon et par diminution de son diamètre intérieur. R E V z N D I C A T I O N S. 1. Poignée d'une canne à pêche en fibres naturelles ou synthétiques imprégnées de résine, caractérisée par le fait que cette poignée est elle-même en fibres naturelles ou synté- tigues en étant intégrée dans la masse du talon de canne dans lequel elle est façonnée et polymérisée en même temps que le reste du talon de façon à présenter une structure totalement homogène. 2. Poignée de canne à pêche selon la revendication 1 rendue d'une couleur différente de celle du reste du talon par coloration dans la masse des résines constitutives de la poigne ou par application d'une couleur ou de plusieurs couleurs désirées après façonnage au moyen d'un procédé de laquage ou dtimpressionO 3. Poignée de canne à pêche selon la revendication 1 ou la revendication 2, revêtue après façonnage d'une couche superficielle, souple ou rigide,-anti-dérapante ou non, en toute nature désirées 4.Procédé particulier pour la fabrication par roulage d'une poignée de canne à pêche selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, consistant à former entre les plateaux d'une machine à rouler un talon de canne tubulaire présentant localement une surépaisseur constituant la poignée intégrée. 5. Procédé de fabrication par roulage d'une poignée de canne à pêche selon la revendication 4 dans le cas où la surépaisseur résulte d'une augmentation locale du diamètre extérieur du talon de canne portant la poignée, comprenant l'application d'un garnissage compensateur sur chacune des faces en regard des plateaux d'une machine à rouler, ces garnissages présentant des dépressions correspondant aux légères saillies de la surépaisseur gui constitue la poignée de façon à assurer la répartition uniforme de la pression de serrage exercée entre les plateaux lors du roulage malgré la présence de la surépaisseur.