On sait que l'on peut agir sur la teneur en protéines des plantes à l'aide de produits chimiques. On sait également que les dérivés de triazines appartenant à la casse des herbicides connus du type de la 2,4-bis-éthylamino-6-chloro-triazine et de la 2-éthylamino-4-isopropyl-amino-6-chloro-triazine possèdent cette-propriété. Ainsi par exemple, un mélange de 2,4-bis-éthylamino-6-chloro-triazine et d'aminotriazole conduit, dans les cultures de pêchers et de pommiers, à un accroissement de la teneur en azote de la feuille et à une meilleure croissance (Ries et Collaborateurs, Weeds, 11 (1963) pages 270-273). 'l'addition de la 2,4 bis-éthylamino-6-chloro-triåzine à une solution d'engrais pour le mans provoque une augmentation de la teneur en azote darus la masse des feuilles (Ries et Collaborateurs, Weeds, 13 (1965) pages 272-274). On a observé un effet analogue sur des fruits (Karnatz, Mitteilungen des Obstbauversuchsringes des alten Landes, 19 (1964) pages 109-107). Bur 18 espèces de ble on a constaté une augmentation de la teneur en protéines à l'utilisation, à des doses inférieures aux doses herbicides, de la triazine mentionnée ci-dessus ( McNeal et collaborateurs, Can. J. Plant. Sci., 49 (1969), pages 155-158).Dans des essais réels effectués sur des cultures de mais et de millet, traitées par de grandes quantités de 2-éthylamino-4-isopropyl-amino-6-chloro-triazine, on a DÛ constater une augmentation de la teneur en azote (Gramlich et collaborateurs, Weeds, 15 (1967) pages 157-160). Mais tous les végétaux traités avaient subi un retard de crissance. Naturellement, une augmentation de la teneur en azote dans la masse des feuilles des végétaux est dans la plupart des cas beaucoup moins intéressante du point de vue économique qu'unie augmentation de la teneur en azote des fruits. En outre, dans tous les cas mentionnes ci-dessus, les substances utilises étaient des -er;Jicides. On est donc limité au départ à des cultures qui tolèrent ces substances. Par ailleurs, pour parvenir à un et d'augmentation de la teneur en protéines, il faut maintenir les doses inférieures aux doses herbicides, de sorte que dans ce type de cultures, on ne peut pas parvenir simultanément à une activité herbicide et à une augmentation de la teneur en protéines.De surcroît, la persistance des composés précités pose des problèmes d'assolement. On pourrait déduire des publications précitées que l'activité d'augmentation de la teneur en protéines est limitée à des substances qui sont en même temps des herbicides. La demanderesse a maintenant trouvé que des s-triazines substituées de formule générale. dans laquelle R1 et R2, identiques ou différents, représentent chacun un atome d'hydrogène ou un radical alkyle droit ou ramifié en C1 -C6, qui peut également être substitué par un ou plusieurs soupes CH3O- ou CH3S-, et les symboles R3 à R7, identiques ou différents, représentent chacun un atome d'hydrogène, de chlore ou de brome ou le radical CH3O, possédaient sur les végétaux un effet d'augmentation de la teneur en protéines. Les composés de cette classe ne possèdent aucune activité herbicide. Il, peuvent donc être utilisés sans inconvénient à de fortes doses. Par ailleurs, on peut les mélanger avec les persticides, en particulier avec des-herbicides et de; fongicides de tous types, ou avec des engrais, de sorte que l'on peut combiner une activité herbicide et/ou fongicide avec un effet d'augmentation de la teneur en protéines. Finalement, ces substances ne présentent aucun inconvénient dans le cas d'un assolement changeant constamment. La préparation des s-triazines substituées définies ci-dessus n'entrent pas dans le cadre de la présente invention. Q peut les préparer par des procédés connus. Les composés sont cristallins et non toxiques. Ils peuvent être utilisés tels quels ou en mélange avec d'autres produits sous forme solide, à l'état de solutions ou d'émulsions. Leur application et leur formulation peuvent être conformes à la technique usuelle pour les herbicides du type des s-triazines, décrite par exemple dans le brevet allemand n 1.011.904. 'les céréales et les légumineuses constituent les domaines d'application principaux des composés selon l'invention, ce qui ne signifie pas qu'ils ne peuvent être utilisés sur d'autres végétaux. 'les doses peuvent varier dans des limites étendues et oe situent entre 1 et 20 kg et de préférence entre 2 et 10 kg par ha. Dans les exemples qui suivent, on a mentionné respectivement comme végétaux représentatifs des céréales et des léguvineuses le maïs et le haricot. Des analyses d'aminoacides ont prouvé que le traitenent par ces substances provoquait lzon seulement une augmentation de la teneur en azote mais réellement une augmentation de la teneur en protéines. On a également constaté que la composition des végétaux. traités en aminoacides était modifiée. Ainsi en particulier, on peut augmenter dans une mesure considérable la teneur en phénylalanine qui est un aminoacide -essen- tiel. Ce fait présente une très grande importance du point de vue de la valeur nutritive des plaies. 'les exemples suivants illustrent l'invention sans toutefois la limiter; dans ces exemples, les indications de parties et de % s'entendent en poids sauf mention contraire. EXEMPLE 1 On a effectué des essais en pots en serre. On a préparé un mélange à volume égal de terre à piquer tourbeuse et de sable de rivière. On a placé ce mélange dans des pots en résines s-nthétique système Kick-Brauckmann. Dans chaque pot, on a semé trois grelins de mais de l'espèce "Prior". Un jour plus tard, on a appliqué en traitement de pré-émergence la 2-éthylamino-4-anilido6-chloro-s-triazine à une dose de 6 kg/ha. En même temps que le groupe de végétaux traités, on a cultivé un groupe de végétaux témoins non traités. Pour épandre régulièrement les substances, on les a mélangées avec du sable de rivière fin et sec et on les a appliquées à l'aide d'une boite saupoudreuse. On a alose selon les nécessités. Chaque essai a été répété 4 fois. Au bout de 4 mois on a récolté le mals en grains. La détermination de la teneur en azote a été faite par la méthode de Ejeldahl. Pour la détermination de la tenéur en matière sèches, on a séché les grains récoltées à l'étuve à vide à 105 C jusqu'à poids constant. 'les résultats obtenus sont rapportés ci-après pour le groupe traité et pour le groupe témoin Groupe témoin Groupe non traité traité teneur en azote dans les matières sèches, % 1,545 1,929 teneur en protéines brutes, % 9,66 12,06 (N x 6,25) teneur relative en protéines brutes 100% 124,8 % L'analyse des aminoacides a montré que l'augmentation de la teneur en azote s'accompagnait-d'une augmentation réelle de la teneur en protéines.Les teneurs en aminoacides particuliers sont rapportées ci-après : Groupe témoin Groupe traité aminoacide non traité [%] relative [%] relative Arginine 0,46 100 0,50 108,7 Asparagine 0,72 100 0,80 111,1 Threonine 0,36 100 0,46 127,8 Sérine 0,46 100 0,65 - 141,3 Glutamine 1,73 100 2,54 146,8 Proline 0,65 100 1,23 189.2 Glycine 0,38 100 0,45 118,4 Alanine 0,74 100 1,03 139,2 Valine 0,48 100 0,63 131,3 Cystine oxydée 0,24 100 0,32 133,3 Méthionine 0,26 100 0,36 138,5 (SO2) Leucine 1,18 100 1,75 148,3 présente non dosée Tyrosine 0,42 100 Phénylalanire 0,45 100 0,60 133,3 Lysine 0,25 100 0,24 96,0 Histidire 0,29 100 présente non dosée NH3 0,33 100 0,50 151,5 EXEMPLE 2 On traite comme décrit dans l'exemple 1 du mals par 6kg/ha de 2-isopropylamino-4-anilido-6-chloro-triazine en cultivant également un groupe témoin non traité. Dans ce cas, on trouve une teneur en azote de 2,134% dans les matières sèches, ce qui correspond à une teneur en protéines brutes de 13,39 %.Vis-à-vis des grains de mais du groupe non traité, ceux du groupe traité présen- tent une teneur en protéines brutes de 38%. Dans ce cas également, les teneurs en aminoacides des mals du groupe traité sJnt supérieures à celles des mais du groupe témoin. On les trouvera dans le tableau ci-après : aminoacide Groupe témoin non traité. Groupe traité [%] relative [%] relative Arginine 0,46 100 0,55 119,6 Asparagine 0,72 100 0,95 131,9 Thréonine 0,36 100 0,48 133,3 Sérine - - 0,46 100 - 0,70 152,2 Glutamine 1,73 100 2,73 157,8 Proline 0,65 100 1,34 206,2 Glycine 0,38 100 0,49 128,9 Alanine 0,74 100 1,10 148,6 Valine 0,48 100 0,68 141,7 Cysting oxydée 0,24 100 0,36 150,0 Méthionine (SO)@ 0,26 100 0,37 1i'2,3 Isoleucine 0,34 100 0,49 144,1 Leucine 1,18 100 1,85 156,8 Tyrosine 0,42 100 présente non dosée Phénylalanine 0,45 100 0,70 155,6 Lysine 0,25 100 0,29 116,0 Histidine 0,29 29 100 présente non dosée NH3 0,33 100 0,54 163,6 EXEMPLE 3 On traite en pré-émergence, comme décrit dans l'exemple 1, du mals par une dose de 18 kg/ha de 2-diéthylamino-4-anilido-6chloro-triazine.La teneur en azote des matières sèches est de 1,962 %, ce qui correspond à une teneur en protéines brute de 12,26 % dans les grains de mais. Cette teneur en protéines est supérieure de 27 % à celle des mals du groupe témoin. les teneurs respectives en aminoacides sont rapportées dans le tableau ci-après. aminoacide Groupe témoin non traité. Groupe traité. [%] relative [%] relative Arginine 0,46 100 0,49 106,5 Asparagire 0,72 Thréonine 0,36 100 0,45 125,0 Sérine 0,46 100 0,64 139,1 Glutamine 1,73 100 2,48 143,4 Proline 0,65 100 1,11 170,8 Glycine 0,38 100 0,46 121,@ Alanine 0,74 4 100 1,02 137,8 Valine 0,48 100 0,64 133,3 Cystim, oxydée;; 0,24 100 0,30 125,0 Methionine (SO2) 0,26 100 0,34 130,7 Isoleucine 0,34 100 0,46 135,3 Leucine 1,18 100 1,69 143,2 Tyrosine . 0,42 100 présente non dosée Phenylalanine 0,45 100 0,62 137,8 Lysine 0,25 100 , 0,26 104,0 Ilistidine O,29 100 présente non dosée NH3 0,33 100 0,46 139,4 EXEMPLE 4 On procède à un traitement en pré-émergence sur du maïs par une dose de 18 kg/ha de 2-éthylamino-4-p-chloranilido-6- chloro-triazine. La technique est la même que dans l'exemple 1. Les grains de mais récoltés contiennent 30 % de protéines brutes de plus que les grains du grouse non traité. La teneur en azote des matières sèches est de 2,016 %, ce qui correspond à une teneur en protéines brutes de 12,6%. 'les teneurs ea aminoacides sont rapportées dans le tableau ci-après : aminoacide Groupe témoin non traité Groupe traité. [%] relative [%] relative Arginine 0,46 100 0,50 108,7 Asparagine 0,72 Thréonine 0,36 100 0,46 127,8 Sérine 0,46 100 141,3 Glutamine 1,73 100 2,54 146,8 Proline 0,65 109 1,23 189,2 Glycine 0,38 100 0,45 118,4 Alanine 0,74 100 1,03 139,2 Valine 0,48 100 0,63 131,3 Cystine oxydée 0,24 100 0,32 133,3 Méthionine (SO2) 0,26 100 0,36 138,5 Leucine 1,18 100 1,75 148,3 Tyrosine 0,42 100 présente @on dosée Phénylalanine 0,45 100 0,60 133,3 Lysine 0,25 100 0,24 96,o Histidine 0,29 100 présente non dosée NH3 0,33 100 0,50 151,5 En opérant par le même mode opératoire, c'est-à-dire celui de l'exemple 1, on procède à des essais sur des haricots nains de la variété "Saxa" qu'on plante à raison de 5 haricots par pot. Au bout de 3 mois, on peut récolter des grains de ha ricots entièrement mûries. EXEMPLE 5 Le traitement en pré-émergence par la 2-éthylamino-4anilido-6-chloro-s-triazine à la dose de 6 kg/ha sur des haricots augmente la teneur en protéines brute des grains de haricots récoltés de 26% par rapport aux haricots du groupe témoin. La teneur en azote est de 4,95%, ce qui correspond à une teneur en protéines brutes de 31 %. EXEMPLE 6 L'utilisation de 18 kg/ha de 2-diéthylamino-4-anilido6-chloro-triazine permet d'augmenter la teneur en protéines des grains de haricots de 30%. L'opération est effectuée comme décrit dans l'exemple 1. On arrive à une teneur en azote de 5,11%, ce qui correspond à une teneur en protéines brutes de 32%. EXEMPLE 7 Un traitement en prc-émergence effectué comme décrit-dal; dans l'exemple 1, avec la 2-isopropylamino-4-anilido-6-chloro-tri- azine à la dose de 18 kg/ha sur des haricots provoque une augrFen- tation de la teneur en protéines de 37 % par rapport à celle des haricots du groupe temoin. On trouve une teneur en azote de 5,38%, -ce qui correspond à une teneur en protéines brutes de 34%. REVENDICATIONS 1. s-triazines substituées caractérisées en ce qu'elles répondent à la formule générale dans laquelle R1 et R2, identiques ou différents, représentent chacun un atome d'hydrogène ou un radical alkyle droit ou ramifié en C1 -C6, éventuellement substitué par un ou plusieurs radicaux CH30- ou CH33-, et les symboles R3 à R7, identiques ou d:Lfférents, représentent chacun un atome d'hydrogène, de chlore ou de brome ou un radical CH3 0-. 2. Utilisation des composés selon la revendication 1 pour accroitre la teneur en protéines des végétaux, en particulier à des doses d'environ 1 à 20kg/ha, de préférence 2 à 1Okg/ha. 3. Utilisation selon la revendication 2, des composés selon la revendication 1, en mélange avec des pesticides, en particulier des herbicides et des fongicides.