Il est notoire que, sauf à ses débuts, I 'eression cinemato- graphique ne se caractérise pas précisément par son aptitude à offrir un large champ au développement de la fantaisie. c'est en réalité un moyen d'expression qu'on peut qualifier de pauvre, lorsqu'il s'agit de transmettre au-public les résultats de l'imagination créatrice authentique du réalisateur. Dans les premiers temps de l'expression cinématographique, en effet, le réalisateur pouvait jusqu'à un certain point, libérer son imagination créatrice et transmettre efficacement les résultats de cette imagination au public. Cela était-possible du fait de 1' ignorance complète dans laquelle se trouvait ce public en ce qui concerne les techniques cinématographiques, et, d'autre part, du fait de la perfection des moyens utilisés, qui rendaient imperceptibles les truquages les plus innocents. Cette époque étant révolue, la perfection optique-et technique qui est propre au cinéma, et en particulier, les connaissances acquises par le public en général concernant les truquages et les techniques cinématographiques, ont transformé l'e pression cinématographique en une antithèse de la fantaisie. Le public a appris que le cinéma est un truc, et le plus lourd des spectateurs cinématographiques se rend compte de l'utilisation d'une transparence ou d'une maquette à la place d'un décor naturel. 1l sait parfaitement que les personnages sont interprétes par des acteurs, c1 est à dire par des personnes en chair et en os, et il n'accepte pas ou accepte difficilement que de telles personnes en chair et en os lui soient présentées dans le film comme des personnages appartenant au monde irréel de la pure fantaisie, tels que desmonstres, des surhommes, des-êtres d'autres planètes, etc.., quels que soient les efforts déployés quant au costume et au ma quillage. Cela ne veut pas dire que le public ne désire pas titre conduit sur les chemins de la fantaisie, bien au contraire.Dans l'époque de démystification qui èst la natre, tout le monde ressent un besoin authentique d'évasion, évasion qui peut seulement se trouver dans les chemins déjà indiqués . n arrive simplement que I'expression cinématographique dans sa forme actuelle ne constitue pas un véhicule approprié pour la transmission de l'imagination créatrice. Il suffit de penser, par exemple, au succès très large et croissant que connait la littérature d'évasion pure, comme les romans de science fiction, les bandes dessinées, les créations à base de monstres et autres créatures irréelles, etc.. et il suffit de comparer à cela les résultats très pauvres et quelquefois ridicules qui sont atteints, malgré la richesse des moyens mis en oeuvre, quand il s'agit de porter à l'écran de telles productions de la fantaisie. Seuls les films de dessins animez sont arrivés à maintenir et à transmettre efficacement le reve de la fantaisie. Cela étant, ces films s'avèrent de réalisation très coûteuse et exigent l'intervention d'une équipe très nourrie de dessinateurs spécialisés.Chaque photogramme correspond en effet à un dessin distinct et pour cette raison, à l'exception des fonds qui restent constants pendant un nombre élevé de photogrammes, on est contraint à une schématisation absolue des lignes, ce qui circonscrit pratiquement les possibilités d'application au déroulement d'histoires dans lesquelles interviennent- des personnages grotesques. I1 est en revanche évident que la fantaisie doit entrer dans le monde du cinématographe -, dans le monde de l'art dynamique, à partir de la main des dessinateurs, et en particulier, de la main des créateurs de bandes dessinées et d'illustrations, qui sont si proches de la technique ciné matographique. par leur déroulement et leur planification. I1 est de mime évident que, jusqu'à présent, l'intervention du dessinateur au cinéma a servi uniquement à orienter l'intention esthétique d'un film, à esquisser les encadrements du Story Board , à planifier l'intention ou le drame du thème. Mais l'art du dessinateur est toujours resté sur le papier. il n'est presque jamais arrivé à transmettre la force de sa création . Il y a des esquisses réalisées pour des films ambitieux, qui sont toutes une merveille d'imagination créatrice, et qui en revanche, une fois mises à l'écran, n'ont rien à voir ou que. peu à voir avec la vigueur et l'originali- té des traites initiaux.La matérialisation de l'imaginaire perd tout son intérêt de fantaisie, à partir du moment où la forme prend corps dans le monde des trois dimensions, et abandonne le monde abstrait et illimité du fantastique, et de l'irréel. La présente invention a précisément pour objet un procédé pour l'obtention d'un nouveau moyen d' expression cinématographique, qui permet de réaliser une synthèse entre les possibilités illimitées de création imaginative dans leur expression graphique, produit exclusif de l'art du dessinateur, et les possibilités qu'offre la technique cinématographique actuelle dans toute son extension, en ce qui concerne la capture et la transmission au spectateur des sensations dérivées du mouvement.Le procédé préconisé permet d'utiliser et de mettre au service de l'imagination créatrice du dessinateur la totalité des moyens de communication audio-visuels,produits de la technologie moderne, comme la télévision, la téléphotographie, la téléimpression, les calculatrices, les cerveaux électroniques, etc.., en vue d'une transmission fidèle et efficace au public spectateur des résultats de l'imagination créatrice. En d'autres termes, le nouveau procédé permet de réaliser de manière économique et en grande partie automatique, des pellicules cinématographiques qui transmettent au public, sans les limitations matérielles du monde tri-dimensionel, les résultats d'une fantaisie créatrice. Le nouveau procédé est fondé sur le transfert de l'image réelle, préalablement photographiée ou filmée, vers le monde de 1' imagina- tion créatrice, et sur la transformation et transposition de l'rma- ge de n? importe quel personnage ou objet, sur la pellicule cinématographique, photogramme par photogramme, en vue de son coloriage ou de son adaptation au monde de la fantaisie, qu'il soit dessiné, peint ou photographié. Les photographies des personnes et des objets sont visibles grâce à la lumière et à ses contrastes. Pour s'en tenir aux deux extrtmes du spectre de la lumière, ltimpression de réalité est produite par un contraste entre le blanc et le noir. La photographie et le film se résolvent en un positif et un négatif, susceptibles têtre combinés au moyen de restriction et de contre-positionnement, c'est à dire des caches et des contre-caches dans le language cinématographique. Les clichés négatif et positif d'une mêmé image sont complémentaires entre eux, en sorte que leur superposition donne lieu à une image ou à une surface totalement noire. Cela étant, l'une des caractéristiques essentielles de la présente invention réside dans le fait que, si l'un desdits clichés, positif ou négatif, est réduit ou agrandi dans une proportion minime, la superposition des deux clichés donnera lieu à une ligne blanche résultant du désajustement entre les deux images. Ceci est représenté sur les figures 1 à 6 des dessins annexés. Les figures 1 et 2 correspondent aux cliehésrespectivement positif et négatif d'une image élémentaire, en l'occurence un cercle.En réalisant la superposition des deux clichés, il est évident que le cercle blanc de la fig. 2 colncide exactement avec le cercle noir de la fig. 1, et que le Rond-blanc de la première eolneide avec le fond noir-de la seconde, ce qui se traduit en fin- de compte, par une surface totalement noire, qui est représentée sur la fig. 3. Cela étant, si le positif de la fig. 1 est réduit de quelques millimètres, comme il est représenté sur la fig. 4, la superposition du cliché ainsi obtenu avec celui de la figo 2 donnera lieu à une ligne, en l'occurence un cercle blanc produit précisément par la différence d'ajustement, tel que représenté sur la fig. 5 Le positif correspondant à ce cliché sera une ligne noire sur fond blanc, telle que représentée sur la fig. 6. n est évident que a grosseur de cette ligne dépendra de la réduction qui aura été opérée sur le cliché positif, d'une manière qui pourra être réglée dans de larges limites.Et il est tout aussi évident, que le même résultat aurait été obtenu par un agrandissement du eliollo négatif, et sa superposition sur un cli ché normal. En fin de compte, grâce à la succession d'opérations ainsi décrites, qui constituent une caractéristique fondamentale du procédé suivant l'invention, on aura obtenu une ligne qui délimitera les parties et le contour de n'importe quelle figure ou objet. De cette manière, par de simples opérations techniques, qui peuvent être automatisées assez facilement, il est possible d'obtenir la silhouette ou le contour dessiné de n'importe quelle image photographique, en partant d'un caché négatif normal, et d'un caché- po- positif légèrement réduit. La fig. 7 montre la ligne qui dessine la silhouette d'ure image photographique, et qui est obtenue au moyen de ladite succession d'opérations. Et si à ce résultat eonsistant en une silhouette et des lignes, on incorpore les noirs provoqués par la lumière blanche, c'est à dire les ombres projetées,- on obtiendra une image parfaite qu'on pourra qualifier plus exactement de dessinée que de photographiée. En effet, elle restera pratiquement dépourvue de sa gamme de tons-volumes, en incorporant en revanche à ces ombres la ligne de silhouette, qui remplace les pertes de limite des formes déterminées par l'unification de la lumière blanche. En définitive, grâce à l'incorporation susdite, on obtient une image graphique d'une pure tache de lumière projetée, dépourvue de demi-teintes et de pénombres. Et on obtient, par des moyens purement techniques, la transformation de n'importe quelle photographie en un dessin blanc et noir très net, le noir pouvant d'ailleurs être remplacé par n'importe quelle autre couleur. La fig. 8 montre l'image obtenue à ce stade d'application du procédé. Cette image pourra finalement être coloriée suivant les caprices de l'artiste, soit par des moyens artisanaux soit par impression. Elle pourra également être deformée par des moyens optiques, et être démembrée en divers éléments qui seront ensuite incorporés dans des truquages, des fonds, des décors et des ambiances, à vo longé. Cependant, le contenu cinématographique authentique de l'image en mouvement sera toujours conservé au travers des photogram mesiuccessifs. Et on aura la faculté d'utiliser ce contenu et de li appliquer à la technique de }'animation, chaque fois que cela sera souhaité. La fig. 9 montre concrètement un fond schématique, et la fig. 10 montre le résultat obtenu par l'incorporation dans ce fond de l'image obtenue de la manière décrite.En particulier, le procédé se prêtera à l'incorporation de personnages ou de corps dotés d'un mouvement cinématographique réel sur des fonds dessinés ou peints, c'est à dire sur des décors artificiels, purement bidimensionnels et qui sont des produits directs de la fantaisie du réalisateur. Ainsi, le procédé suivant l'invention peut autre défini de la manière suivante 1 / On part d'une pellicule cinématographique, réalisée exprès ou déjà existante, dans laquelle sont filmés des personnages, des figures ou des éléments réels en mouvement. 20/ On obtient les clichés cachés positif et négatif de chacun des photogrammes de ladite pellicule. 3 / On opère une réduction des clichés cachés positifs correspondant aux photogrammes successifs. 42/ On superpose les clichés cachés positifs réduits de la ma nièredécrite, sur les clichés cachés négatifs qui sont demeurés dans leur taille primitive, de manière à obtenir, par le désajustement des dimensions entre les deux clichés, des lignes blanches des formes sur fond noir qui constituent la silhouette/les contours des éléments représentés dans le photogramme primitif. 5g/ On transforme en positif le cliché négatif obtenu de la manière susdite, ce qui donne lieu à des lignes noires sur fond blanc. 62/ On incorpore par superposition sur la silhouette ainsi obtenue les noirs, c'est à dire les ombres projetées correspondant à un cliché positif du même photogramme, dont on aura éliminé les tons gris, c'est à dire la gamme des- demi-tons-volumes, ce qui donne lieu à une image donnant l'apparence d'un dessin. 7g/ Les images obtenues sont colorées et sont déformées au moyen du techniques optiques puis elles sont démembrées et incorporées à différents fonds, naturels ou artificiels, suivant la volonté du réalisateur, et suivant des techniques connues en soi, en vue de la production d'un film cinématographique prêt à être projeté ou à autre diffusé par télévision ou par un autre moyen de communication. Il est bien entendu, que l'invention n'est pas limitée au mode de réalisation décrit et représenté, qui a été donné à titre d'exemple, et on peut y apporter de nombreuses modifications accessibles à l'homme de l'art, suivant les applications envisagées sans sortir pour cela du cadre de l'invention. Ainsi, les opérations décrites pourront être automOetisées au moyen de machines ou de moyens techniques classiques/prévus spécialement à cet-effet. Ri DICA2ION 1- Procédé d'expression cinématographique caractérisé par la succession d'opérations consistant, à partir diun film cinématogra- phique enregistrant des personnages ou des corps réels en mouvement, à tirer les clichés cachés positif et négatif des photogrammes successifs faisant partie du film, à réduire lesdits clichés cachés positifs, à superposer chaque cliché caché positif réduit sur le cliché caché négatif correspondant demeuré dans ses dimensions primitives, pour obtenir, par le désajustement des dimensions entre les deux clichés cachés, des lignes blanches sur fond noir qui donnent la silhouette des formes et les contours des éléments repré sentés sur le photogramme primitif, à transformer en positif le cliché négatif ainsi obtenu, à incorporer à ce cliché, par superposition les noirs, c' est à dire les ombres projetées correspondant à un cliché positif du me photogramme dont on aura éliminé les demi-tons-pénombres, et, finalement, à colorier les images obtenues, à les déformer au doyen de techniques optiques, et à les démembrer pour les reporter sur différents fonds, de décors ou d'extérieurs, pour obtenir le film cinématographique prêt pour sa projection.