La fabrication de chaussures n'a pas changé, sur le fond, depuis des siècles. Même aujourd'hui, en dépit de tous les efforts de rationalisation, la chaussure constitue toujours un produit artisanal. En comparaison avec les autres produits de grande série, le temps de fabrication nécessaire n'est en aucune façon en proportion avec le prix de fabrication. L'une des principales raisons réside dans le fait qu'il s'agit de travailler un produit naturel, le cuir, qui est lui-même un produit dedéchets de la production de viande. Chaque morceau de matière brute doit être individuellement travaillé et coupé pour la fabrication des chaussures. L'expérience entreprise dans les années précédentes en vue de rationaliser la fabrication des chaussures en remplaçant le cuir par un produit synthétique se présentant sous forme de nappe et disposant de propriétés physiques nécessaires pour le pied, n'a jusqu'à présent donné aucun résultat . On était parti du principe que le but recherché était de produire, au lieu des peaux animales, qui comme on le sait varient dans leurs propriétés et dans leurs dimensions, une matière se présentant sous forme de nappe susceptible d'être livrée sous une largeur définie et indéfiniment. La matièreen nappe connue se compose d'une peau de recouvrement finie à structure microeapillaire, c'est-à-dire hydrophobe et étanche à l'eau tout en laissant cependant passer la vapeur d'eau.Cette couche de recouvrement était liée à un support en voile ou toison qui donnait à la matière la rigidité nécessaire et était susceptible d'être déformé de manière correspondante. I1 s'est toutefois avéré que l'effet de rationalisation obtenu par l'utilisation de matière en nappe n'était pas suffisant Pour rationaliser de manière décisive la fabrication des chaussures, le facteur de prix le plus important lors de la fabrication, c'est-à-dire le salaire, doit être abaissé de manière importante. I1 convient d'ajouter que l'absorption de l'humidité du pied par l'utilisation d'un support en voile en fibres synthétique;n'était pas satisfaisante. L'invention a pour but de développer un procédé de fabrication de chaussures qui permette de fabriquer automatiquement la plus grande partie des différentes pièces et d e réduire ainsi les frais de main-d'oeuvre à un minimum. La solution du problème posé est offerte par un procédé de fabrication de chaussures résidant dans le fait que la peau extérieure de la chaussure et la peau intérieure de cette dernière sont obtenues par immersion d'un embauchoir dans une solution thixotrope d'un polymère susceptible de coaguler, de sorte que lors de la coagulation sur l'embauchoir, il se forme une peau perméable à la vapeur d'eau. Cette peau, après la coagulation, est séchée sur l'embauchoir.Une partie rigide de chaussure est formée par déshydratation d'une suspension formée de fibres de cuir et de fibres synthétiques sur un filtre moulé et par séchage de cette pièce moulée, ensuite la peau extérieure de la chaussure, la partie rigidifiée et la peau intérieure de la chaussure sont collées ensemble pour être hydrophiles, ensuite sur la surface d'appui de ce moule de chaussure on colle la seconde semelle préformée sur laquelle on pince le bord dépassant de la partie rigide de la chaussure ou cambrillon, ensuite la peau extérieure de la chaussure est tirée, collée sur le bord ou soudée et ensuite finie pour qu'enfin on puisse appliquer une semelle de chaussure et le cas échéant, unAalon, par collage ou par injection.Le principe de la solution proposée par l'invention réside dans le fait que les parties constituantes de la chaussure, à savoir la peau extérieure de la chaussure, le cambrillon et la peau intérieure de la chaussure sont fabriqués par moulage puis assemblés ensuite ensemble ainsi qu'avec les autres parties habituelles de la chaussure. Un autre avantage de l'invention réside dans le fait que le corps de moule en forme de coque en fibres de cuir formant la partie rigide de la chaussure est fortement hydrophile et en ce que la chaussure fabriquée conformément à l'invention avec ses propriétés se différencie avantageusement des autres matières synthétiques connues formant la tige de la chaussure. L'invention sera mieux comprise et d'autres buts, caractéristiques, détails et avantages de celle-ci apparaîtront mieux au cours de la description explicative qui va suivre en se reportant aux dessins annexés donnés uniquement à titre d'exemple illustrant un mode de réalisation et dans lesquels - a figure 1 moere la fabrication do la peau extérieure d'une chaussure et de Ta eau intérieure de cette dernière; - la figure 2 montre la fabrication de la partie rigide de la chaussure; et - la figure 7 indique le montage des différentes pièces de la chaussure entre elles. La peau extérieure de la chaussure microcapillaire est formée par moulage de manière à,ce qu'un embauchoir 1 par exemple chromé et graine soit immergé dans un bai T contenant une solution thixotrope de polyuréthane. 'embauchoir pourrait également être en céramique ou en matière galvancplastique présentant des stries décoratives gravée, un certain grain ou analogue. En sortant ''embauchoir du bain 2, on laisse s'écouler l'excédent de solution. Ensuite, par immersion dans des bains différents, on réalise la coagulation.La solution adhérant n la forme est immergée dans un non-solvant qui peut être mélangé avec le solvant à un rapport quelconque. il est cependant avantageux que la solution de polyuréthane adhérant à la forme ne soit pas immédiatement immergé dans un non-solvant pur, mais que le non-solvant soit tout d'abord dilué avec un solvant du polyuréthane et que cette dilution soit de plus en plus faible au fur et à mesure de l'immersion dans différents bains.Dans l'exemple deréalisation représenté sur les dessins, l'embauchoir est tout d'abord trempé dans le bain 7 contenant un mélange d'eau et de diméthyl formamide, puis dans d'autres baffe on représentes contenant une proportion croissante d'eau, puis enfin dans le bain 4 contenant uniquement de l'eau. Dan cette procédure, il se forme une couche de recouvrement coagulée de ', à 0,4 mm d'épaisseur. Dans un autre mode de réalisa Tan, on peut effectuer tout d'abord une pré-coagulatioeo dans de Ta vapeur d'eau, puis procéder ensuite à une immersion dans un bain contenant uniquement de l'eau. Ensuite, la peau extérieure ainsi fabriquée est séchée dans an four 5 de séchage. la figure 1, la peau séchée coagulée se trouvant sur l'emb@uch@ir est indiqués en 6.Les@@u'en retire l'embauchoir, la peau est retourné@ si b@en que La s@@@n ou @@ fleur 7 se trouve à l'extérieur l'es dimensions de l'embauchoir sont choisies de manière à ce que la peau, après avoir été retirée, constitue la peau extérieure de la chaussure Le même procédé est appliqué pour la fabrication de la peau intérieure ou doublure de la chaussure Simplement, les dimensions sont légèrement plus petites et le grain ou la fleur sont bien entendu différents La partie rigide de la chaussure, qui doit être semi-élastique et hydrophile, est fabriquée de manière à ce qu'une suspension de fibres de cuir et de fibres longues synthétiques coule dans un tamis 8 présentant sensiblement la forme ultérieure de la partie rigide le filtre se trouve dans la partie supérieure d'un caisson fermé sur tous ses côtés et peut être éventuellement rigidifié à l'extérieur par des nervures pour pouvoir résister à la pression d'écoulement sans empêcher l'écoulement de l'eau et sans qu'à l'intérieur du filtre il se forme des tourbillons qui perturberaient le dépôt régulier des fibres La suspension s'écoule dans un tuyau 73 prévu à la partie inférieure du caisson 32.En direction du filtre, le tuyau diarrivée précité est recouvert par un disque ou une assiette de rebondissement 8a qui doit empêcher que la suspension qui s'écoule chasse à nouveau les fibres déposées sur le filtre L'écartement de ce disque par rapport au tuyau d'arrivée est déterminé par la continuité de la section La partie supérieure et la partie inférieure du caisson sont appliquées l'une contre l'autre pendant le processus d'arrivée de manière à être étanche Après réalisation de la mise en forme des fibres, en élimine l'eau du caisson supérieur 31. Ensuite, on *eut soulever la partie supérieure et envoyer de l'air sur une estampe dont les dimensions extérieures sont sensiblement plus petites que la dimension intérieure de la partie moulée 9 Pou c-- 1' estampe est appliquée sur une plaque qui est compressée contre le Joint du caisson supérieur contenant le filtre de moula e. Par ; raccord d'écoulement 34 d'eau du caisson supérieur, apyres avoir rendu le caisson supérieur étanche avec la plaque, an peut envoyer de l'air comprimé de manière à ce quz O a partie moulée 9 soit appliquée sur l'estampe. Ensuite, les deux moitiés du caisson s'éloignent à nouveau l'une de l'autre. La partie inférieure du caisson est assemblée- à un nouveau caisson supérieur Dans ce caisson supérieur , se trouve une peau élastique correspondant aux dimensions du filtre de mise en forme. L'introduction d'un fluide sous pression dans le caisson supérieur assure la compression de la pièce mise en forme 9 par pression, à environ la demi-épaisseur de paroi. Ensuite, la pièce mise en forme compressée est déposée sur une estampe 10 au travers de laquelle, comme c'est le cas pour la forme de compression, de l'eau ou de la vapeur peuvent passer. Cette estampe se déplace avec la pièce compressée dans une matrice chauffée en 30 avec cône d'introduction. En entrant lentement dans la matrice 11 la pièce compressée est réduite encore à environ 50% de son épaisseur et séchée en présentant une humidité restante de 5 à ffi %. L'humidité s'évacuant est aspirée par interposition d'un dispositif de vide q35 La température de la matrice est d'environ 80 à 1000 C Le niveau du vide correspond à la pression de vapeur d'eau à la température de séchage correspondante L'épaisseur de la pièce brute séchée est d'environ 0,7 à 1,4 mm Une préparation particulièrement indiquée se compose par exemple de 65% de fibres de cuir, 18% de viscose 1,7/6, 10% de viscose 1,7/10 et 7% de polyamide 3,3/20. La dilution de la suspension est d'environ 0,3/00. Pour augmenter la rigiditéet lorsque cette préparation ne contient pas de fibres de liaison, on peut lier les fibres par immersion dans une dispersion délastomères sensibles à la chaleur avec séchage consécutif au cours duquel le liant est éliminé. Lorsque la partie rigide de la chaussure se compose de deux corps moulés adaptés l'un dans l'autre formant coque en fibres de cuir, on répète ce procédé de fabrication du second corps moulé Bes dimensions des deux corps moulés formant coque de fibres de cuir sont choisies de manière à ce que ces derniers s'adaptent l'un dans l'autre pour qu'aucune place ne subsiste entre leurs bous avant et arrière ou patons avant et arrière. Le tamis se trouve alors du côté opposé à l'autre corps moulé. Avant l'assemblage, la peau intérieure 12 ou doublure est tournée de manière à ce que sa fleur soit dirigée vers l'exté- rieur puis étirée sur l'embauchoir 13 et finie dans un tunnel d'injection de manière à comporter une couche de fond,un voile, et une couche de finition. Ensuite, la peau intérieure 12 ainsi finie est appliquée vers l'intérieur sur un embauchoir 14 de montage. On applique par collage sur cette dernière la coque 15 intérieuren voile de cuir. Son bord 19, comme le montre la figure 3, dépasse de 10 à 12 mm vers le bas. Ensuite, le paton avant 16 et le paton arrière 17 ainsi que la coque extérieure 18 en voile de cuir, sont collés. Sur la base 20 de la chaussure on applique la seconde semelle 21 préformée au-dessus de laquelle le bord 19 dépassant descoques en voile de cuir 15 et 18 est pincé, comme ceci est indiqué 22. Ensuite, on applique au-dessus la peau extérieure 6 coagulée qui est également soumise à un traitement de finition dans un tunnel d'injection. La semelle de marche 23 et le cas échéant un talon 24 sont appliqués par injection, la température de la masse devant être suffisante pour dissoudre la peau extérieure au niveau de la semelle de marche. La liaison peut également être réalisée par collage, cloutage ou vissage. Entre la surface d'appui 20 de la chaussure et la semelle de marche 23, on peut bien entendu disposer toutes les couches intermédiaires habituellement prévues. Enfin, les rebords dépassants des coques en voile de cuir sont coupés/et le bord supérieur de la peau extérieure 6 est rabattu vers l'intérieur. Le cas échéant, on peut former par estampage une fente ou ouverture avant ainsi que des orifices pour des oeillets et monter des bandes élastiques, des fermetures à glissière ou analogues. il convient encore de préciser qu'aussi bien la peau extérieure 6 que la peau intérieure 12 sont de structure micro capillaire. On pourrait également prévoir que la peau extérieure puisse être tendue sur la partie rigide sans devoir être retournée pour etre ensuite marquée @. grainée dans une matrice. Par ailleurs, T serait encore possible d'immerger la partie rigide dans une solution de polymère , -Te la ceaguler ensuite pour procéder son marquage et à so@ traitement de finition. Bien entendu, l'invention n'est nullement limitée au mode de réalisation décrit et représenté qui n'a été donné qu'à titre d'exemple. En particulier, elle comprend tous les moyens constituant des équivalents techniques des moyens décrits ainsi que leurs combinaisons, si celles-ci sont exécutées suivant son esprit et mises en oeuvre dans le cadre des revendications qui suivent. REVENDICATIONS 1.- Procédé de fabrication de chaussures, caractérisé en ce qu'une peau extérieure de chaussure et une peau intérieure sont formées,et séchées,par immersion d'un embauchoir dans une solution thixotrope d'un polymère formant une peau lors de la coagulation, et par coagulation consécutive, en ce qu une partie rigide de chaussure cet formée par déshydratation d'une suspens ion de fibres de cuir et de fibres synthétiques sur un tamis en formeet par séchage de la pièce moulée ainsi obtenue, en ce qu'ensuite la peau extérieure la partie rigide et la peau intérieure de la chaussure sont assemblées par collage de manière à être hydrophiles, en ce qu'ensuite sur la surface d'appui de pièce formée en chaussure on colle la seconde semelle préformée au-dessus de laquelle on pince le rebord dépassant de la partie rigide de la chaussure, en ce que la peau extérieure de la chaussure est étirée, collée sur les bords ou soudée et soumise ensuite à un traitement de finition et en ce qu'enfin une semelle de marche et le cas échéant un talon sont collés ou formés par injection. 2.- Procédé selnn la revendication 1, caractérisé en ce que la solution thixotrope d'un polymère est une solution de polyuréthane. D.- Procédé selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que la peau extérieure de la chaussure est retournée lorsqu'on utilise un embauchoir présentant des marquages ou un grain ou veines, lors de son retrait de l'embauchoir. 4.- Procédé selonl'une des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que la pièce moulée de la partie rigide de la chaussure est séchée entre une estampe et une matrice à température élevée sous vide. 5.- Procédé selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que la peau intérieure de la chaussure est formée immersion d'un embauchoir dans une solution thixotrope de polyureahane et par coagulation consécutive, séchée et retournée lors de ooe.- retrait de l'esuciooir. étirée avant le montage en étant retournée sur ledit embauchoir puis soumise à un traitement de finition dans un tunnel d'injection, la peau intérieure ainsi finie étant étirée sur un embauchoir de montage de manière à ce que sa surface finie soit tournée vers l'intérieur pour être collée ensuite sur la partie rigide de la chaussure. 6.- Procédé selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce qu'une partie rigide de chaussure se composant de deux corps moulés adaptés l'un dans l'autre après mise en place d'un paton avant et d'un paton arrière est formée et en ce que tout d'abord le corps formé intérieur formant coque en voile de cuir puis les patons avant et arrière et enfin le corps formé extérieur formant coque en voile de cuir sont collés sur la peau intérieure finie. 7.- Procédé sel n l'une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que la coagulation est réalisée par immersion dans un bain d'eau et de diméthyl-forsamide ainsi que dans d'autres bains avec une proportion croissante d'eau jusqu'à obtenir un bain ne contenant que de l'eau pure. 8.- Procédé selon l'une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que l'on procède tout d'abord à une coagulation à la vapeur d'eau puis à une immersion dans un bain d'eau pure. 9.- Procédé selon l'une des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que la pièce moulée pour la partie rigide de la chaussure est séchée à environ 800C. 10.- Procédé selon l'une des revendications 1 à 9, caractérisé en ce que l'importance du vide correspond à la température d'évaporation de l'eau. 11.- Procédé selon l'une des revendications 1 ç 10, caractérisé en ce que la rigidité de la partie rigide de la chaussure est augmentée soit par des fibres de liaison dans une dispersion ou par trempage ultérieur dans une dispsrsion d'élastomères sensibles à la chaleur avec précipitation consécutive et séchage de la pièce moulée.