La présente invention concerne l'isolation acoustique d'une cloison légère rigide. On appelle "cloison légère rigide" une cloison d'un poids inférieur à 200 kg/m2 présentant une fréquence critique dans les médium, dans les graves ou dans les infra-sons et rayonnante dès la gamme inférieure des fréquences légales. Un exemple typique d'une cloison légère rigide est la cloison en maçonnerie de briques plâtrières D'autres exemples courants de cloisons légères rigides sont les cloisons en maçonnerie de carreaux de plâtre, de blocs en béton cellulaire, de blocs de faible épaisseur en béton de granulats lourds ou légers. L'invention s'applique à toute cloison légère rigide telle que définie ci-dessus et, en particulier, aux cloisons en maçonnerie. Une cloison légère rigide de distribution est nécessairement en appui latéral, suivant tout ou partie de son pourtour, contre une paroi ou autre structure, horizontale ou verticale. Lorsque la paroi ou autre structure contre laquelle s'appuie la cloison légère rigide est soumise à une émission sonore, elle excite la cloison légère rigide et cette dernière d'une part transmet l'excitation aux autres parois avec lesquelles elle est en contact et, d'autre part, rayonne directement de la puissance acoustique dans le local. Ces phénomènes se manifestent en particulier dans le cas des cloisons en briques plâtrières. Les cloisons de briques plâtrières sont caractérisées par une masse assez faible de l'ordre de 66 kg/m2, . Leur rigi- dité est relativement grande et, de plus, anisotrope. Ceci leur confère une fréquence critique étalée sur une large bande dans la gamme des médium. L'amortissement interne étant faible, cette fréquence critique se traduit par un puits d'isolement assez large, situé dans une zone encore assez proche des graves pour que les déficits d'isolement localisés aient une influence importante sur l'indice d'isolement global R en dDA. La fréquence critique correspond à la fréquence f où le coefficient de rayonnement &commat; G passe passe d'une valeur très faible (pour f à å une valeur grande (surtout en l'absence d'amortissement) avant de retomber à la valeur I aux fréquences supérieures (régime de coencidence). Ici, du fait du faible amortissement interne, le pic de G est élevé. Du fait de l'anisotropie, il est large. Toutes les conditions sont donc remplies pour le rayonnement de puissances acoustiques importantes. C'est ce qui fait dire parfois que ces cloisons fonctionnent comme la membrane d'un haut parleur. Le problème se pose donc, et notamnent dans le cas de ces cloisons en briques plâtrières, de réaliser la "désolidari- sation" acoustique de la cloison légère rigide par rapport aux parois ou autres structures contre lesquelles elle est en appui. On connais différents matériaux utilisés pour renforcer l'isolation acoustique d'une cloison et disposés soit sur une rive soit sur une face de la cloison. Les matériaux d'isolation disposés sur la rive de la cloison sont généralement des matériaux divisés (par exemple un bourrage en laine de verre) disposés dans les vides entre la rive de la cloison et la paroi d'appui, comme c'est le cas dans les cloisons démontables en panneaux ; cette solution ni5- sure pas la désolidarisation acoustique de la cloison car les vibrations sonores se transmettent de la surface d'appui à la cloison et vice-versa par les vérins ou moyens équivalents utilisés pour assurer la solidarisation statique de la cloison et de la surface d'appui. De fait, la difficulté est de réaliser simultanément la désolidarisation acoustique et la solidarisation statique de la cloison et de la surface d'appui. La solution préconisée par la présente invention consiste à interposer entre la cloison légère rigide et la paroi d'appui ou autre structure d'appui, sur la maJeure partie au moins de la partie appuyée du contour de la cloison, un patin rigide de solidarisation statique et un patin souple de désoli darîsation acoustique, ces deux patins étant superposés dans le sens de l'appui et coopérant par effet de clavette pour assurer la solidarisation statique. Le matériau souple est un matériau de très faible rigidité (par exemple en fibres, en élastomère, en polymères) et lue matériau rigide est de préférence un profilé (en métal, en matière plastique, en bois, en terre cuite) qui reprend les efforts de cisaillement à travers la nappe de matériau souple. On met en oeuvre ce procédé en utilisant un dispositif qui comporte essentiellement un ou des éléments rigides à appliquer contre la paroi d'appui ou la structure d'appui et une matière souple à étendre sur la rive de la cloison ou sur ces éléments rigides, ce ou ces éléments rigides présentant en regard de cette rive une ou plusieurs nervures ou rainures apte (s) à constituer un ténon ou une mortaise visà-vis de ladite matière souple. On peut réaliser les interpositions de différentes manières et ltinvention apporte encore à cet égard des ensei- gnements importants quant à l'économie de la construction. Une réalisation est caractérisée par le fait que l'on réunit les deux patins en un ensemble préfabriqué et que l'on dispose de tels ensembles bout-à-bout sur chantier, à l'empla- cement requiss > en les solidarisant d'une part à la cloison et, d'autre part, à ladite paroi ou à ladite autre structure par un liant. Dans un exemple typique d'une telle réalisation, on utilise un dispositif caractérisé par le fait que ledit ensemble préfabriqué comprend un profilé rigide à section droite en forme de U, une bande de matière souple adhérant au profilé et comportant une nervure creuse pénétrant dans la gorge du profilé en U > et un profilé rigide à section droite en forme de T qui recouvre la bande et dont la hampe pénètre dans ladite nervure creuse. Une autre réalisation, applicable exclusivement aux cloisons en blocs maçonnées, est caractérisée par le fait que l'on utilise, comme blocs de rive du côté de l'appui, des blocs spéciaux comportant les deux patins. Dans un exemple typique d'une telle réalisation, on utilise un dispositif caractérisé par le fait -qu'il comporte des blocs de maçonnerie spéciaux à incorporer à la cloison, ces blocs spéciaux présentant une ou deux rives mortaisées recouvertes d'une bande de matériau souple adhérant formant une nervure creuse pénétrant dans la mortaise, ce matériau souple étant lui-meme recouvert d'un profilé rigide présentant sur une face un ténon longitudinal logé dans ladite nervure creuse. On décrira ci-après des exemples de réalisation conformes à la présente invention, en référence aux figures du dessin joint, la description et les figures faisant apparaRtre d'autres caractéristiques importantes de l'invention. Sur les figures : - la figure 1 est une coupe transversale de l'extrémité d'appui d'une cloison comportant des briques de rive spéciales conformes à la présente invention - la figure 2 est une coupe transversale de l'extrémi- té d'appui d'une cloison selon une variante de la réalisation de la figure 1 ; - la figure 3 est une perspective de deux briques plâtrières successives d'une meme rangée équipées sur une rive horizontale de deux patins conformément à l'invention ;; - la figure 4 est une perspective de deux briques plâ- trières successives dtune même colonne équipées de patins sur une rive verticale conformément à 11 invention - la figure 5 est une perspective d'une brique pl & riè- re de coin équipée de patins sur deux rives conformément à l'invention - la figure 6 est un schéma partiel d'une cloison en briques plâtrières désolidarisée sur deux rives conformément à la présente invention ; et - la figure 7 est une perspective d'un ensemble préfabriqué comportant un patin souple et un patin rigide, conformément à l'invention Dans la réalisation de la figure 1, la-cloison légère rigide comporte des briques de rive spéciales 1 dont la rive présente une mortaise 2 dans laquelle pénètre la nervure longitudinale 3 d'un patin souple 4 adhérant et étanche à l'air, par exemple en fibres de coco, tandis qu'un profilé métallique à section droite en forme de présente une hampe 5 qui s'enfonce comme un ténon dans un creux longitudinal 7 du patin et une barre 6 qui repose contre la surface de la paroi 10 contre laquelle est appuyée la cloison légère rigide. Le profilé métallique est spité dans la paroi. La bande souple est rapportée sur le profilé métallique avant montage de la cloison. On notera que le patin souple 4 ainsi que la barre 6 du profilé en T débordent latéralement la brique 1 sur une distance correspondant à l'épaisseur des enduits 9 de la cloison. Cette solution s'applique aussi bien aux appuis horizontaux (cas représenté) qu'aux appuis verticaux. Dans la variante de la figure 2, le profilé métallique est remplacé par une brique spéciale Il qui présente sur une rive un ténon longitudinal 12 qui pénètre dans une rainure 13 de la bande souple 14, laquelle présente elle-meme une nervure 15 logée dans la mortaise 2 de la brique à mortaise 1 comme dans le cas de la figure 1. La figure 3 montre deux briques plâtrières 16 munies chacune sur une rive, conformément à l'invention, d'une mortaise 17 parallèle au sens du filage et dans laquelle est introduit un profilé souple 18 en forme de T lui-m8me recouvert par une plaquette 19 en terre cuite. De profilé 18 déborde latéralement le nu de la brique et la plaquette 19 déborde à une extrémité la rive de la brique pour pouvoir reposer sur le profilé souple de la brique suivante de la même rangée. La figure 4 montre une variante de réalisation où les mortaises 20 sont perpendiculaires au sens du filage des briques 21, 22. L'intervalle 23 entre les plaquettes de terre cuite 19 sera normalement bouché ou plâtré lors du hourdage. Dans la réalisation de la figure 5, la brique plâtriè- re 25 est une brique de coin mortaisée sur deux rives d'équerre et munies sur ces deux rives d'un patin souple 26 en forme d'équerre et d'une plaquette 27 en terre cuite en forme d'équerre également. la figure 6 montre une cloison en briques plâtrières 28 désolidarisée d'un mur d'appui 29 et d'un plafond d'appui 30 par des briques de rive spéciales 31 et une brique de coin spéciale 32 équipées, selon l'invention, d'un patin souple 33 et d'un patin rigide 34. On notera que le patin souple est pratiquement continu sur toute la rive d'appui et que le patin rigide n'est interrompu qu'à des endroits limités 35 correspondants aux joints entre briques. En variante, si l'on utilise des briques spéciales à patins rigides débordant, les interruptions entre les patins rigides sont décalées par rapport aux joints entre briques. Pour certains chantiers, il peut être intéressant de disposer d'ut ensemble préfabriqué résistant, facilement manipulable, comportant le patin rigide et le patin souple. La figure 7 montre une telle réalisation dans laquelle le patin souple 36 est pris en sandwich entre deux profilés rigides 37, 38. Ces profilés, avantageusement en métal déployé, protégé contre la corrosion (par exemple galvanisé), sont respectivement en forme de T (37) et en forme de U (38). Le patin souple 36 comporte une nervure creuse 39 ; cette nervure est logée dans la gorge 40 du U et elle reçoit dans son creux la hampe 41 du T. Les trois éléments sont assemblés par collage. L'utìlåsateur fixe d'abord cet ensemble à la surface d'appui puis il monte la cloison en utilisant l'ensemble comme surface d'appui et en fixant la cloison à l'ensemble, par exemple par un liant. Dans le cas d'une cloison montée au plâtre, le métal déployé présente l'avantage que ce liant peut être également du plâtre, ce qui est un facteur d'économie. En variante d'un tel ensemble, il est prévu de donner une même largeur au profilé 38 et au patin souple 36, ce qui est avantageux pour résoudre le problème de la cueillie, notamment dans le cas des plafonds bruts de coffrage. Pour empêcher ou diminuer la transmission des mns de l'un à l'autre de deux locaux ayant une paroi séparative commune, l'un des deux locaux au moins -comportant une ou plusieurs cloisons légères rigides limitant le local ou adjacentes à des parois limitant le local, on réalise la désolidarisation stati que de l'une au moins de ces cloisons légères rigides, sur au moins deux côtés, par la mise en oeuvre d'un procédé selon l'invention ou d'un dispositif selon l t invention. Exemple On considère deux pièces rectangulaires superposées. Chaque pièce est délimitée par un plancher lourd, une façade lourde, un refend lourd et une cloison de briques plâtrières enduites en forme de L. On mesure par une méthode normalisée (NF S 31002) l'isolement acoustique aux bruits aériens Dn entre les locaux superposes. Les valeurs mesurées sont 50 dB (A) et 55 dB (A), respectivement lorsque la cloison n'est pas désolidarisée acoustiquement et lorsque la cloison est désolidarisée acoustiquement suivant sont pourtour. Le gain de 5 dB (A) obtenu selon l'invention est très important et significatif et compense complètement le défaut initial dA à la présence de cloisons. EEVENDCÀTIONS 1) Procédé pour réaliser à la fois la désolidarisa- tion acoustique et la solidarisation statique d'une cloison légère rigide vis-à-vis d'une paroi ou autre structure contre laquelle cette cloison est et appui latérale suivant tout ou partie de son contour, caractérisé par le fait que l'on interpose entre la cloison légère rigide et la paroi d'appui ou autre structure d'appui, sur la majeure partie au moins de la partie appuyée du contour de la cloison, un patin rigide de solidarisation statique et un patin souple de désolidarisation acoustique, ces deux patins étant superposés dans le sens de l'appui et coopérant par effet de clavette pour assurer la so lidarisation statique. 2) Procédé selon la revendication 1, appliqué à une cloison constituée par une maçonnerie de blocs, caractérisé par le fait que l'on utilise, comme blocs de rive du c8té de llap- pui, des blocs spéciaux comportant les deux patins. 3) Procédé selon la revendication 1, caractérisé par le fait que l'on réunit les deux patins en un ensemble préfabriqué et que l'on dispose de tels ensembles bout-à-bout sur chantier, à l'emplacement requis en les solidarisant d'une part à la cloison et, d'autre part, à ladite psroiiga a ladite autre structure par un liant. 4) Dispositif pour la mise en oeuvre d'un procédé selon la revendication 1, caractérisé par le fait qu'il comprend un ou des éléments rigides à appliquer contre la paroi d'appui ou la structure d'appui et une matière souple à étendre sur la rive de la cloison ou sur ces éléments rigides, ce ou ces éléments rigides présentant en regard de cette rive une ou plusieurs nervures ou rainures aptes) à constituer un ténon ou une mortaise vis-à-vis de ladite matière souple. 5) Dispositif selon la revendication 4, caractérisé par le fait que l'élément rigide est un profilé à section droite en forme de U. 6) Dispositif selon la revendication 4 caractérisé par le fait que l'élément rigide est un profilé comportant sur une face une nervure centrale longitudinale. 7) Dispositif selon la revendication 4, caractérisé par le fait que l'élément rigide est un profilé en terre cuite à section droite en forme de D. 8) Dispositif selon la revendication 4, caractérisé par le fait que l'élément rigide est un bloc de maçonnerie comportant une face longitudinale formant ténon. 9) Dispositif pour la mise en oeuvre d'up procédé selon la revendication 2, caractérisé par le fait qu'il comporte des blocs de maçonnerie spéciaux à incorporer à la cloison, ces blocs spéciaux présentant une ou deux rives mortaisées recouvertes d'une bande de matériau souple adhérant formant une nervure creuse pénétrant dans la mortaise, ce matériau souple étant lui-même recouvert d'un profilé rigide, présentant sur une face un ténon longitudinal logé dans ladite nervure creuse. 10) Dispositif pour la mise en oeuvre d'un procédé selon la revendication 3, caractérisé en ce que ledit ensemble préfabriqué comprend un profilé rigide à section droite en forme de V, une bande de matière souple adhérant au profilé et comportant une nervure creuse pénétrant dans la gorge du profilé en U et un profilé rigide à section droite en forme de X qui recouvre la bande et dont la hampe pénètre dans ladite nervure creuse. 11) Dispositif selon l'une des revendications 5, 6, 9 et 10, caractérisé par le fait que le profilé rigide est un profilé en métal, en matière plastique ou en bois; 12) Dispositif selon la revendication 11, caractérisé par le fait que le profilé rigide est en métal déployé. 13) Dispositif selon l'une des revendications 4 à 12, carartérisé par le fait que le matériau souple déborde le nu du bloc de cloison ou de la cloison sur une distance correspob- dant à l'épaisseur d'un enduit ou autre r?veAtement que doit recevoir la cloison0 14) Dispositif selon l'une des revendications 4 à 13, caractérisé par le fait que l'élément rigide déborde en bout la rive du bloc qu'il recouvre. 15) Dispositif selon l'une des revendications 4 à 14 caractérisé par le fait que la cohésion du bloc de cloison, de la bande souple et du profilé rigide est assurée par collage. 16) Dispositif selon Itune des revendications 4 à 15, caractérisé par le fait que la matière souple est choisie dans le groupe constitué ou à base de matériaux fibreux, élastomères et polymères. 17) Procédé pour empêcher ou diminuer la transmission des sons de l'un à l'autre de deux locaux ayant une paroi séparative commune, l'un des deux locaux au moins comportant une ou plusieurs cloisons légères rigides limitant le local ou adjacentes à des parois limitant le local, caractérisé par le fait que l'on réalise la désolidarisation statique de l'unie au moins de ces cloisons légères rigides, sur au moins deux contés, par la mise en oeuvre d'un procédé selon l'une des revendications 1 à 3 etXou d'un dispositif selon l'une des revendications 4 à 16.