L'invention concerne une pince de clipnose adaptée pour permettre par un pincement cutané d'engendrer chez un mammifère un réflexe d'immobilité, un effet analgésique et une réduction du niveau de vigilance ; elle s'étend à un procédé d'utilisation de ladite pince et à une application pour la contention d'un animal mammifère. Certaines expériences scientifiques réalisées sur le chat et le lapin ont permis de constater l'existence d'un phénomène, dit de clipnose, consistant en l'apparition d'une immobilisation réflexe de l'animal lorsqu'on lui pince la peau. Toutefois la connaissance de ce phénomène nta jusqu'à présent suscité aucune étude pour permettre son application pratique ni aucune réalisation concrète sur le plan-des organes ou dispositifs nécessaires à cette application pratique. La présente invention se propose de fournir une pince dite de clipnose, permettant de provoquer de façon reproductible et dans des conditions optimales, un phénomène de clipnose chez un mammifère afin d'engendrer chez celui-ci un réflexe d'immobilité, un effet analgésique et une réduction du niveau de vigilance. Un autre objectif de l'invention est d'indiquer un procédé d'utilisation de ladite pince, conditionnant une excellente efficacité pratique de celle-ci. Un autre objectif est d'indiquer un procédé de clipnose dans le cas d'une application à des ovins ou des bovins, en particulier pour réaliser une contention de ces animaux. La pince de clipnose conforme à l'invention comprend deux mors en regard, mobile l'un par rapport à l'autre et pourvus de faces de pincement en vis à vis revêtues d'un matériau élastique, des moyens de manoeuvre adaptés pour permettre de rapprocher ou écarter ces mors et des moyens de serrage aptes à maintenir ces mors serrés dans des positions relatives de pincement déterminées. Le procédé conforme à l'invention pour engendrer chez un mammifère un réflexe d'immobilité, un effet analgésique et une réduction du niveau de vigilance, consiste à réaliser un pincement d'au moins une zone cutané du mammifère au moyen d'une telle pince de clipnose. De préférence plusieurs-:pin- ces sont~ mises en place et laissées en position de quelques minutes à plusieurs heures selon la durée des effets recherchés. Dans le cas d'un bovin ou d'un ovin, de 3 à 8 pinces sont avantageusement mises en place (de 3 à 5 pour un ovin et de 5 à 8 pour un bovin) au niveau des zones cutanées suivantes : épine dorsale, plis du grasset et/ou cage thoracique. Un tel procédé peut être appliqué pour assurer la contention d'un animal ; il permet d'éliminer la plupart des inconvénients des procédés de contention connus (anesthésies, contention au moyen de filets, pièges, entravons , serre-jarrets, etc...). En particulier le procédé conforme à l'invention présente les avantages d'être peu dangereux pour l'animal (pas de risque de contusions, fractures, chocs, surdosage d'anesthésiques, etc...), peu dangereux pour l'opérateur (réduction des risques de morsures, ruades, etc..), de mise en oeuvre rapide (quelques secondes à quelques minutes) et d'un coût réduit (en particulier par rapport au coût des procédés utilisant des anesthésiques). Le procédé de clipnose conforme à linven- tion peut également être appliqué à l'homme, notamment pour lui permettre de trouver plus facilement ou plus rapidement le sommeil. Selon un premier mode de réalisation, les moyens de manoeuvre de la pince de clipnose conforme à l'invention comprennent deux branches amovibles par rapport aux mors, adaptées pour être liées temporairement à ceux-ci en vue de leur manoeuvre, cependant que les moyens de serrage comprennent des moyens élastiques reliant les mors et sollicitant ceux-ci dans le sens de leur rapprochement. Selon un autre mode de réalisation, les moyens de manoeuvre de la pince comprennent deux branches articulées l'une sur l'autre, portant chacune à une extrémité un mors lié à la branche correspondante au moyen d'une articulation à frottement dur, ces articulations étant agencées pour permettre de rabattre les branches par rapport au mors. Par ailleurs, selon une caractéristique de l'invention la face de pincement de chaque mors présente une forme très approximativement rectangulaire de largeur importante et une surface approximativement comprise entre 10 et 60 cm2 ; le revêtement élastique de chacune de ces faces de pincement est de préférence pourvu en surface de structure antidérapante. La pince de clipnose conforme à l'invention permet d'obtenir dans les meilleurs conditions le phénomène de clipnose recherché. Le revêtement élastique des mors évite qutap- paraisse une sensation douloureuse au niveau des zones de pincement lorsque les pinces sont mises en place : de telles sensations susceptibles d'engendrer une réaction de défense chez les animaux constitueraient en effet un obstacle pour l'obtention du but recherché (notamment de celui tendant à engendrer un réflexe d'immobilité).Les mors larges et de surfaces importantes permettent d'exercer une pression sur une grande surface de peau, de façon à provoquer efficacement le phénomène de clipnose dont les effets sont proportionnels à la surface pincée ; pour un grand animal de la taille d'un bovin les faces de pincement des mors pourront en particulier présenter une surface de l'ordre de 50 cm2. En outre le retrait des branches de la pince dans le cas de branches amovibles, ou le rabattement de ces branches contre le corps du mammifère dans le cas de branches rabattables, évitent, d'une part que l'animal, lorsqu'il tombe, soit blessé par les branches des pinces qui se retrouvent au dessous de celui-ci, d'autre part, que les pinces soient arrachées lors de la chute, enfin que ces branches soient tordues ou endommagées. D'autres caractéristiques, buts et av2nta- ges de l'invention se dégageront de la description qui suit, en regard des dessins annexés, lesquels sont donnés à titre dexem- ples non limitatifs ; sur ces dessins : - la figure 1 est une vue schématique en perspective d'une pince de clipnose conforme à l'invention, - les figures 2 et 3 sont des coupes de cette pince, illustrant son fonctionnement, en perspective/ - la figure 4 est une vue d'une variante de pince, - la figure 5 illustre la mise en oeuvre du procédé de l'invention sur un bovin, - la figure 6 est une vue de détail de la figure 5 montrant une des pinces, mise en place au niveau de l'épine dorsale de l'animal, - la figure 7 illustre la mise en oeuvre du procédé sur un ovin. La pince de clipnose représentée à titre d'exemple aux figures 1, 2 et 3 comprend deux parties séparables 1 et 2. La première partie 1 est constituée par deux mors en regard 3 et 4 reliés par une ou plusieurs lames élastiques telles que 5 et 6 qui sollicitent ces mors dans le sens de leur rapprochement. Chaque mors est formé par une plaquette sensiblement rectangulaire de largeur importante dont les dimensions et la surface sont adaptées au type d'animal à traiter. Pour des bovins, chaque mors peut présenter une largeur de l'ordre de 5 à 6 cm et une longueur de l'ordre de 8 à 10 cm (surface de l'ordre de 40 à 60 cm2). Pour des ovins ces dimensions peuvent être les suivantes : 2 à 4 cm sur 5 à 8 cm (surface de l'ordre de 10 à 30 cm2). Les mors 3 et 4 sont revêtus sur leur face de pincement en vis à vis d'une couche élastique 7 ou 8, notam- ment d'une couche de caoutchouc propre à éviter toute sensation douloureuse lors du pincement. Chacune de ces couches est dotée en surface de stries telles que 7a ou 8a qui font office de structure antidérapante et réduisent les risques de glissement de la pince lorsqu'elle est mise en place. En outre, chaque mors est pourvu, sur sa face opposée à sa face de pincement, d'un fourreau transversal 9 ou 10 agencé pour permettre de manoeuvrer les mors (mise en place ou retrait) au moyen de l'autre partie 2 de la pince. Cette t constituée par deux branches amovibles 11 et 12, articulées lune sur l'autre autour dtun axe 13 qui les solidarise et se croisant d'un côté de cette articulation comme le montrent les figures en vue d'inverser les sens des mouvements des extrémités des branches. Une des extrémités lIa ou 12a de chacune des branches présente une section apte à se loger dans les fourreaux 9 et 10 des mors, cependant que l'autre extrémité de chacune desdites branches se termine par un anneau de préhension 14 ou 15. En outre, pour faciliter l'utilisation de la pince, un ressort 16 de force réduite est disposé entre les deux branches Il ou 12 pour tendre à écarter les extrémités des branches (côté anneaux 14 ou 15). L'utilisation de la pince est illustré aux figures 2 et 3. Au repos les mors 3 et 4 sont en appui l'un contre l'autre et les extrémités lla et 12a des branches 11 et 12 sont en position appropriée pour pénétrer naturellement dans les fourreaux 9 et 10 des mors. Une fois ces extrémités en place dans ces fourreaux, l'opérateur rapproche les anneaux de préhension 14 et 15, ce qui a pour effet d'écarter les mors (Fig. 33. De sa main libre, l'opérateur forme un pli sur la peau de l'animal, place les mors ainsi écartés de façon qu'ils chevauchent ce pli, et relache son effort sur les anneaux 14 et 15. La pince est en place et les branches Il et 12 peuvent être retirées par une simple translation de celles-ci. Notons quen général, plusieurs pinces sont mises en place sur un même animal : il suffit que l'opérateur dispose d'une seule paire de branches pour mettre en place plusieurs paires de mors, ce qui réduit notablement le coût de l'assortiment complet. Le retrait de la pince s'effectue par des opérations inverses de celles ci-dessus décrites. Par ailleurs, la figure 4 présente un autre mode de réalisation de pince de clipnose conforme à l'invention. Celle-ci comprend deux mors 17 et 18 analogues aux précédents, chacun revêtu sur sa face de pincement, d'une couche souple de caoutchouc striée 19 et 20. Chaque mors 17 ou 18 est articulé par une articulation à frottement dur du type rotule 21, à l'extrémité d'une branche 22 ou 23 ; chaque rotule 21 est disposée à l'arrière du mors à l'opposé de la face de pincement de celui-ci. De plus, les branches 22 et 23 sont articulées l'une sur l'autre par un axe 24 et sont dotées à leur extrémité libre d'anneaux de préhension 25 et 26. La pince est en outre dotée de moyens de blocage des mors en position serrée ; ces moyens comportent, d'une part, une languette 27 munie d'une série de crans, d'autre part, un ergot 28 de forme conjuguée auxdits crans. Ces languette et ergot sont agencés en regard l'un de l'autre, chacun en liaison avec un mors pour se déplacer avec celui-ci et détermine l'encliquetage de l'ergot 28 dans les crans de la languette 27 lors du serrage. En l'exemple, la languette crantée est solidaire d'une des branches à proximité de son anneau 26, l'ergot en regard étant solidaire de l'autre branche. Pour mettre en place la pince, l'opérateur forme un pli sur la peau et rapproche les anneaux 26 et 27 jus qu'à obtenir un serrage approprié des mors : l'ergot encliqueté sur la languette assure alors le blocage des mors dans cette po s tion. Les branches sont ensuite rabattues ensemble autour d'un axe passant par les rotules 21 pour les disposer contre le corps de l'animal et éviter qu'elles constituent un élément saillant risquant de blesser l'animal ou d'être endommagées. Pour retirer la pince, il suffit de faire pivoter les branches pour les amener dans une position appropriée, puis d'écarter légèrement les branches perpendiculaIrement à leur plan pour dégager l'ergot 28 de la languette 27. On aperçoit à la figure 5 un jeune bovin traité conformément à l'invention au moyen de 7 pinces : trois disposées au niveau de l'épine dorsale et orientées transversalement par rapport à celle-ci, deux disposées au niveau de la cage thoracique, l'une d'un côté, l'autre de l'autre, et orientées parallèlement aux cotes de l'animal, enfin deux autres disposées d'un côté et de l'autre au niveau des plis du grasset et orientées parallèlement à ces plis. Comme le montre la figure 5, l'animal se place spontanément dans une position de décubitus avant et demeure sans mouvement dans cette position jusqu'au retrait des pinces. Cette immobilisation s'accompagne d'une analgésie prononcée et peut être mise à profit pour réaliser différents types d'interventions (tatouage. coupe de corne, castration, prélèvement, etc...). La figure 6 schématise une pince mise en place sur l'épine dorsale du bovin : le pli formé est transversal (perpendiculaire à l'épine dorsale) et les branches de la pince ont été rabattues contre le corps de l'animal. La figure 7 montre un ovin traité au moyen de cinq pinces à branches amovibles : trois comme précédemment au niveau de l'épine dorsale, et deux au niveau des plis du grasset. Bien entendu l'invention n'est pas limitée aux termes de la description qui précède, mais en comprend toutes les variantes. REVENDICATIONS 1/ - Pince de clipnose adaptée pour permettre par pincement cutané d'engendrer chez un mammifère un réflexe d'immobilité, un effet analgésique et une réduction du niveau de vigilance, caractérisée en ce qu'elle comprend deux mors en regard, mobile l'un par rapport à l'autre et pourvus de faces de pincement en vis à vis revêtues d'un matériau élastique, des moyens de manoeuvre adaptés pour permettre de rapprocher ou écarter ces mors et des moyens de serrage aptes à maintenir ces mors serrés dans des positions relatives de pincement déterminées. 2/ - Pince de clipnose selon la revendication 1, caractérisée en ce que les moyens de manoeuvre comprennent deux branches amovibles par rapport aux mors, adaptées pour être liées temporairement à ceux-ci en vue de leur manoeuvre, cependant que les moyens de serrage comprennent des moyens élastiques reliant les mors et sollicitant ceux-ci dans le sens de leur rapprochement. 3/ - Pince de clipnose selon la revendication 2, caractérisée en ce que les moyens élastiques sus-évoqués comprennent au moins une lame élastique reliant les mors, chacun de ces derniers étant pourvu d-'un fourreau adapté pour permettre l'introduction de l'extrémité d'une branche amovible en vue de la manoeuvre des mors au moyen desdites branches. 4/ - Pince de clipnose selon l'une des revendications 2 ou 3, caractérisée en ce que les deux branches amovibles sont articulées l'une sur l'autre et se croisent d'un côté de l'articulation en vue d'inverser le sens des mouvements des extrémités desdites branches. 5/ - Pince de clipnose selon la revendication 1, caractérisée en ce que les moyens de manoeuvre comprennent deux branches articulées l'une sur l'autre, portant chacune à une extrémité un mors lié à la branche correspondante au moyen dune articulation à frottement dur, lesdites articulations à frottement dur étant agencées pour permettre de rabattre les branches par rapport aux mors. 6/ - Pince de clipnose selon la revendication 5, caractérisée en ce que chaque articulation à frottement dur par laquelle chaque branche est liée au mors correspondant, est constituée par une rotule disposée à l'arrière du mors à l'opposé de la face de pincement de celui-ci. 7/ - Pince de clipnose selon l'une des revendications 1, 2, 3, 4, 5 ou 6, caractérisée en ce que la face de pincement de chaque mors présente une forme très approximativement rectangulaire de largeur importante et une surface approximativement comprise entre 10 et 60 cm2. 8/ - Pince de clipnose selon l'une des revendications 1, 2, 3, 4, 5, 6 ou 7, caractérisée en ce que les moyens de serrage comprennent des moyens de blocage des mors en position serrée, comportant d'une part, une languette munie d'une série de crans, d'autre part, un ergot de forme conjuguée auxdits crans ces languette et ergot étant agencés en regard l'un de l'autre, chacun en liaison avec un mors pour se déplacer avec celui-ci et déterminer l'encliquetage de l'ergot dans les crans de la languette lors du serrage. 9/ - Pince de clipnose selon les revendications 5 et 8 prises ensemble, caractérisée en ce que la languette crantée est solidaire d'une branche, l'ergot étant solidaire de l'autre. 10/ - Pince de clipnose selon l'une des revendications 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 ou 9, caractérisée en ce que le revêtement élastique de la face de pincement de chaque mors est pourvu en surface de structure antidérapante. 11/ - Procédé permettant d'engendrer chez un mammifère un réflexe d'immobilité, un effet analgésique et une réduction du niveau de vigilance, caractérisée en ce qu'il consiste à réaliser un pincement d'au moins une zone cutanée du mammifère au moyen d'une pince de clipnose conforme à l'une des revendications 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 ou 10. 12/ - Procédé selon la revendication 11, mis en oeuvre sur un bovin ou un ovin, caractérisé en ce que liron réalise un pincement de plusieurs zones cutanées au moyen de plusieurs pinces de clipnose, au niveau des zones cutanées suivantes : épine dorsale, plis du grasset, et/ou cage thoracique. 13/ - Procédé selon la revendication 12, mis en oeuvre sur un bovin, caractérisé en ce que l'on réalise le pincement d'environ 5 à 8 zones cutanées au moyen d'environ 5 à 8 pinces de clipnose, la ou les pinces situées au niveau de l'épine dorsale étant orientées transversalement par rapport à celle-ci, la ou les pinces situées au niveau des plis du grasset étant orientées parallèlement aux plis et/ou la ou les pinces situées au niveau de la cage thoracique étant orientées parallèlement aux cotes du bovin. 14/ - Procédé selon la revendication 12, mis en oeuvre sur un ovin, caractérisé en ce que l'on réalise le pincement d'environ 3 à 5 zones cutanées au moyen d'environ 3 à 5 pinces de clipnose, la ou les pinces situées au niveau de l'épine dorsale étant orientées transversalement par rapport à celle-ci, la ou les pinces situées au niveau des plis du grasset étant orientées parallèlement aux plis et/ou la ou les pinces situées au niveau de la cage thoracique étant orientées parallè- lement aux cotes de l'ovin. 15/ - Application du procédé conforme à l'une des revendications il, 12, 13 ou 14 pour réaliser la contention d'un animal mammifère.