1- 2135128 La présente invention concerne des fibres de carbone et un procédé pour l'obtention de ces fibres à partir d'une fraction liquide distillée d'un goudron de houille. Les fibres de carbone sont connues depuis 1880, année où 5 Thomas EDISON utilisa pour la première fois une fibre de carbone comme filament de lampe à incandescence. A l'heure actuelle, les fibres de carbone sont incorporées à différents matériaux, par e-xemple des métaux, des polymères, le carbone, le graphite, des produits céramiques, etc, en donnant des matériaux composites r en -10 forcés par des fibres de carbone et ayant des propriétés mécaniques, thermiques et électriques améliorées. Ces matériaux composites sont en particulier utilisés dans l'industrie aérospatiale actuelle, comme matériaux thermiquement stables et utilisables dans les "couches d'ablation". 15 Deux types fondamentalement différents de filaments sont obtenus à partir du carbone. Le premier est connu sous l'appellation de "fibres de carbone". Il est obtenu par cuisson de matériaux carbonés à des températures relativement basses (vers 1000°G). Le second est appelé "fibres de graphite" et est obtenu 20 par chauffage des fibres de carbone à des températures relativement élevées (soit environ 2500°C ou au-dessus). Les fibres de graphite sont plus résistantes que les fibres de carbone. Elles p ont une résistance à la traction de 175 à 350 kg/mm environ et 2 un module d'élasticité de 35 000 à 70 000 kg/mm environ. Les fi-25 bres de carbone ont une résistance à la traction d'environ 55 à 120 kg/mm^ et un module d'élasticité de 4- 200 à 5 600 kg/mm^ environ. Les fibres de carbone ont été jusqu'à présent obtenues à partir de matériaux solides, par exemple des polymères à haut de-30 gré comme le chlorure de polyvinyle et le polyacrylonitrile, ou des polymères à bas degré comme les brais pétroliers ou les brais de houille et de goudron de houille. Le brevet des Etats-Unis d'Amérique n° 3 392 216 décrit un procédé pour l'obtention de fibres de carbone, suivant lequel on chauffe d'abord lesdites matiè-35 res solides en atmosphère inerte en présence d'un gaz inerte, à une température de 300 à 500°C, on amène ensuite le matériau à u-ne température de formage inférieure à cette température initiale de chauffage pour extruder le matériau sous forme d'un filament, qui est mis en contact avec un gaz oxydant, à la température de 40 formage ou au-dessous, et on carbonise ensuite le filament à une 72 05573 2 2135128 température supérieure à 500°C. La demanderesse * a réussi de façon imprévue à mettre au point tin procédé pour l'obtention de fibres de carbone ou de graphite à partir d'un distillât initialement liquide d'un goudron 5 de houille. L'expression "goudroîn de houille" désigne ici une gamme étendue de liquides visqueux noirs résultant de la distillation destructive de la houille. L'expression "distillât d'un goudron de houille" désigne les substances résultant de la distillation du goudron de houille. 10 On sait que les goudrons diffèrent considérablement en tre eux, dans leurs propriétés physiques et ôÉÉËàiques, suivant les genres de houilles dont ils dérivent, les températures auxquelles ces houilles ont été carbonisées, etc. Par ailleurs, les distillâts de goudrons diffèrent considérablement dans leurs pro-15 priétés physiques et chimiques suivant l'origine et la nature du goudron soumis à la distillation, la température de chauffage du goudron, le temps pendant lequel le goudron a été soumis à des conditions de craquage ou de polymérisation, la pression sous laquelle la distillation a été effectuée, etc. 20 Ces dernières années, des quantités excédentaires de distillâts de goudrons ont été produites, en particulier en dis-tillats formant les fractions dites huiles moyennes et lourdes, c'est-à-dire les distillats des fractions de goudrons passant entre 200 et 400°C. Il en est résulté des problèmes d'écoulement ou 25 d'utilisation économiques des excédents de ces distillats. Des tentatives ont été effectuées en vue d'une utilisation plus économique des excédents de certains distillats. C'est ainsi que le brevet des Etats-Unis d'Amérique n° 3 304 191 décrit le traitement d'un résidu huileux aromatique en vue de son emploi 30 comme élément d'une composition à base de goudron pour revêtements routiers, et que le brevet des Etats-Unis d'Amérique n° 3 304 192 décrit le traitement d'un résidu huileux aromatique pour son utilisation comme élément d'une composition pour couverture de toits. 35 La demanderesse a découvert, de façon inattendue, un procédé pour l'obtention de fibres de carbone à partir de distillats aromatiques liquides. Les fibres de carbone ainsi obtenues ont des caractéristiques équivalentes ou supérieures à celles des fibres provenant de polymères coûteux ou de résidus solides de la 40 distillation de goudrons de houille ou de pétrole. 72 05578 3- 2135128 La présente invention concerne des fibres de carbone ou de graphite, ainsi qu'un procédé pour l'obtention de fibres de carbone ou de graphite à partir d'un distillât aromatique de goudron de houille, ce procédé comportant la mise en contact intime 5 de ce distillât avec un gaz contenant de l'oxygène élémentaire, à une température de réaction comprise entre 250 et 420°C environ, jusqu'à ce que le distillât soit converti en une substance visqueuse semblable au brai, formant du carbone isotropique par une carbonisation ultérieure à une température supérieure à 800°C, 10 par exemple jusqu'à ce qu'environ 30 cm^ normaux d'oxygène élémentaire aient réagi sur un gramme du distillât en formant une substance visqueuse, puis l'obtention d'un filament à partir de ladite substance visqueuse et le chauffage de ce dernier en atmosphère inerte à une température supérieure à 800°C pour produi-15 re une fibre de carbone» Le dessin annexé représente schématiquement une forme de mise en oeuvre de l'invention. Conformément à l'invention, un distillât aromatique particulier de goudron de houille est soumis à une conversion le 20 faisant passer de l'état d'une substance huileuse à l'état d'une substance visqueuse semblable au brai, par mise en contact du distillât avec lin gaz contenant de l'oxygène élémentaire, dans des conditions de réaction telles - à des températures élevées et sous des pressions suffisantes pour éviter la vaporisation du 25 distillât aux dites températures - que le distillât soit transformé en une substance visqueuse, donnant du carbone isotropique par carbonisation en atmosphère inerte aux températures supérieures à ». 800°C. On fait généralement réagir ainsi un minimum d'environ 30 cm^ d'oxygène élémentaire avec chaque gramme du distillât. Les 30 constituants à point d'ébullition relativement bas du distillât ainsi oxydé sont ensuite éliminés par distillation. Le résidu de cette distillation, ayant les caractéristiques voulues de viscosité, est extrudé sous forme d'un filament et sa tendance à fondre ou à s'agglomérer est supprimée, de sorte que le filament gar-35 de sa forme dans une carbonisation ultérieure. Il est ensuite carbonisé en atmosphère inerte à une température supérieure à 800°C, en donnant un filament de carbone isotropique0 Les distillats aromatiques de goudrons de houille préférés pour la mise en oeuvre de l'invention sont les huiles distil-40 lées ayant un point d'ébullition compris entre 200 et 400°C, et 72 05578 4' 2135128 formées habituellement par les fractions dites huiles légères, moyennes et lourdes des huiles de goudron. Ces fractions se trouvent couramment dans le commerce, en provenance de diverses sources. Les propriétés physiques d'un distillât aromatique type, d'-5 une part dans son état initial non oxydé, et d'autre part à l'état oxydé, utilisable dans le cadre de l'invention sont indiquées dans le tableau ci-après. Distillât Distillât Propriétés physiques., aromatique Aromatique oxydé 10 Point de ramollissement (métho — de de la bille et de l'anneau) — 80-120°C Insolubles dans le benzène Traces 20,0-40,0% en poids Insolubles dans la quinoline Traces 0,3-0,5% en poids 15 Indice de carboneConradson 2,5 % 30-50% en poids Distillation (ASTIvl D246) Point initial 200°C Distillats cumulés jusqu'à 210°C 0 % — 20 jusqu'à 235°C 2,1% — jusqu'à 270°C 12,6% — jusqu'à 315°C 36,3% 3,3 % jusqu'à 355°C 80,2% 38,2 % Résidu à 355°C 19,2% 55,0-70,0 % 25 Composition élémentaire Carbone 89» 0- -94,0 en poids 90,0-92,0% en poids Hydrogène 4, 0- 7*0 en poids 4,0- 5,0% en poids Oxygène 1, 0- - 2,0 en poids 2,0- 4,0% en 30 poids Soufre 0, 2- - 0,8 en poids 0,2- 0,6% en poids Azote 1, 0- - 2,5 en poids 1,0- 1,5% en poids L'air est le gaz préféré comme porteur d'oxygène à met-35 tre en contact avec le distillât de goudron, conformément à l'invention. Il apparaît qu'un point capital de l'invention réside dans la valeur limite minimale de la quantité d'oxygène élémentaire à combiner avec le distillât de goudron pour obtenir la 40 substance visqueuse. Il a été trouvé qu'un minimum de 30 cm nor 72 05578 5. 2135128 maux d'oxygène élémentaire doit être mis en réaction avec chaque gramme de distillât dans la réaction de contact avec le distillât de goudron, pour l'obtention d'une substance visqueuse susceptible de donner naissance à du carbone isotropique. Si la quantité 5 d'oxygène mise en oeuvre est inférieure à 30 cm^ par gramme de distillât, le produit résultant donne du carbone anisotropique lors de la carbonisation et un tel produit fond avant sa décomposition thermique. Il ne peut donc pas conserver sa forme lors de la carbonisation. Au contraire, si le distillât a été mis en ré-10 action avec au moins 30 crn^ d'oxygène par gramme, le produit résultant donne du carbone isotropique, et un tel produit subira la décomposition thermique avant de fondre. La consommation en oxygène élémentaire se mesure commodément par le bilan de l'oxygène, représenté par la différence entre l'oxygène élémentaire intro-15 duit dans le distillât de goudron et l'oxygène s'échappant du distillât » Dans la forme préférée de mise en oeuvre de l'invention, de l'air est uniformément distribué au sein du distillât aromatique, par injection dans le distillât porté à une température de 20 250 à 420°C, et de préférence comprise entre 350 et 370°C. Dans cette zone préférée de température, la vitesse de la réaction entre l'oxygène élémentaire et le distillât aromatique est si rapide que la teneur en oxygène résiduaire dans les gaz sortants peut être maintenue au-dessous de la limite inférieure d'explosibilité 25 desdits gaz, qui sont saturés de vapeurs d'hydrocarbures. Pour supprimer la vaporisation du distillât aromatique à ces températures, l'injection d'air doit être effectuée sous pression, de préférence entre 5,5 bars et 7 bars. L'air doit être distribué au sein du distillât sous la forme d'une dispersion fine et intime 30 pour l'obtention d'une vitesse élevée de réaction. Grâce à la mise en contact intime de l'air avec le distillât aromatique, conformément à l'invention, le distillât aromatique se transforme d'un liquide huileux en une substance visqueuse. Celle-ci possède des propriétés physiques qui en font un 35 intermédiaire favorable pour la formation de carbone isotropique. Les propriétés moyennes de la substance visqueuse sont indiquées dans le Tableau précédent. Le distillât aromatique original ne présente que des traces d'insolubles dans le benzène, mais ces insolubles augmentent après la mise en contact avec l'oxygène. 40 La manière dont le distillât aromatique liquide passe à 72 05578 6. 2135128 Ifétat de substance visqueuse n'a pas été éclaircie. Il semble bim cependant que l'oxygène provoque la formation de radicaux libres à partir des molécules d'hydrocarbures, en augmentant le poids moléculaire du distillât aromatique. La majeure partie de l'oxy-5 gène ayant réagi avec le distillât aromatique sort avec les gaz résultants sous forme de vapeur d'eau, mais une partie de l'oxygène reste incorporée dans la substance visqueuse à poids moléculaire élevé, en s'opposant ainsi à la graphitisation de la substance visqueuse lorsqu'elle est pyrolysée en atmosphère inerte. 10 Le plus souvent, le distillât aromatique oxydé brut con tient surtout des composants oxydés à point d'ébullition relativement élevé, avec une proportion faible de composants non oxydés à bas point d'ébullition. Ces composants relativement volatils doivent être éliminés du distillât aromatique oxydé brut, de pré-15 férenco par les procédés classiques de distillation, afin de relever la viscosité et le point de ramollissement du distillât a-romatique oxydé, ce qui permet à celui-ci d'être ensuite traité sans difficultés. Le point de ramollissement (méthode du cube dans l'air) 20 du distillât aromatique oxydé doit être de 100° à 200°C environ après distillation. Si ce point de ramollissement est supérieur à 200°C, le distillât aromatique oxydé sera, après distillation, trop dur et rigide pour les opérations ultérieures de formage. Le distillât aromatique oxydé ou la substance visqueuse 25 est ensuite mis sous forme de filament ou de fibre par extrusion du distillât aromatique oxydé à travers une filière ou un pot comportant plusieurs orifices de filage, à une température comprise entre environ 120 et 300°C. En général, la température du distillât aromatique oxydé est maintenue à environ 50°C au-dessus de 50 son point de ramollissement, de façon que ce distillât possède des caractéristiques favorables au filage. De. préférence, les filaments provenant des divers orifices sont réunis et dirigés vers un dispositif d'enroulement à grande vitesse, qui entraîne les filaments à travers la filière et les enroule sur une bobine por-35 tée par le dispositif d'enroulement. Les filaments se trouvent donc sous tension et cette tension réduit le diamètre des filaments à une valeur beaucoup plus petite que le diamètre des orifices. Le diamètre des fibres peut donc être contrôlé avec précision par réglage des températures du distillât aromatique oxydé, 4-0 du calibre de l'orifice de la filière, et de la vitesse à laquelle 72 05578 7. 2135128 les fibres sont tirées depuis les orifices par le dispositif d'enroulement . Après que le distillât aromatique oxydé a été mis sous forme de filament, il doit subir un traitement lui permettant de 5 conserver sa forme après une carbonisation ultérieure. Pour cela, on relève le point de ramollissement de la surface extérieure du filament en dirigeant sur cette surface un jet gazeux, de préférence un courant d'air relativement chaud, à une température de 130 à 150°G. De préférence, on fait passer le gaz sur le filament, 10 car il apparaît que le courant d'air chaud frappant la surface du filament chasse mécaniquement de la surface de celui-ci tous les constituants à bas point d'ébullition et provoque la formation de radicaux libres qui, comme il a été exposé précédemment, réagissent sur d'autres molécules d'hydrocarbure du filament, en aug-15 mentant ainsi la quantité d'oxygène incorporée au filament. Les fibres sont carbonisées par un court chauffage en atmosphère inerte à une température d'au moins 800°C. Les fibres ainsi carbonisées possèdent des propriétés physiques qui-les rendent intéressantes pour les applications indiquées plus haut. On 20 trouvera ci-dessous des propriétés moyennes de fibres obtenues conformément à l'invention ï Diamètre 5 à. 15 microns Allongement à la rupture 1,2 à 2,0 % Module d'élasticité 4200 à 5600 kg/mm^ 25 Résistance à la traction 70 à 130 kg/mm^ Composition élémentaire : Carbone 93,0 à 97,0 % Hydrogène 0,2 à 0,6 % Oxygène . 2,5 à 4,0 % Soufre Moins de 0,6 % 30 Azote Moins de 0,2 % On doit noter que les fibres de carbone ainsi obtenues ne contiennent pas de carbone graphitique. Si l'on désire des fibres de carbone graphitique, les fibres de carbone doivent être traitées à des températures de 2500 à 3000°C environ, de préfé-35 rence sous tension. La raison en est que, lorsque le distillât a-romatique oxydé est traité à des températures inférieures à 1100-1200°C environ, l'oxygène qui y est retenu empêche les molécules de carbone de former du graphite. Lorsque le chauffage des fibres de carbone est poursuivi jusqu'à des températures de 2500 à 3000°Ç 40 les fibres étant de préférence mises en même temps sous tension, 72 05578 8" 2135128 il peut se former une structure graphitique grâce à l'élimination de l'oxygène dans ces conditions extrêmes. La figure annexée représente schématiquement un appareillage pour la mise en oeuvre de l'invention. Il comprend es-5 sentiellement un premier réchauffeur 11,le distillât aromatique y étant introduit en 1, un récipient sous pression 13, un appareil de distillation 15, une extrudeuse pour filaments ou fibres 17 et un dispositif d'enroulement 19„ Le premier réchauffeur 11 est classique. Il réchauffe le 10 distillât aromatique brut à une température de 250 à 400°C dans la forme préférée de mise en oeuvre de l'invention. Le récipient 13 est -une chambre pouvant être mise sous pression, classique. Le réchauffeur 11 est relié à la base du récipient 13 par la conduite 21. Le récipient 13 communique d'autre 15 part avec une source d'air 2 par la conduite 23» Le courant d'air allant au récipient 13 par la conduite 23 est réglé par le régulateur 25 et la vanne 27. Une conduite 29 partant du sommet du récipient 13 fait passer les gaz résiduels du récipient 13 à l'échangeur de chaleur 20 31, ces gaz pouvant être envoyés à l'atmosphère par la vanne 33. Un analyseur d'oxygène 35 donne la concentration en oxygène élémentaire dans les gaz résiduels passant dans la conduite 29, permettant ainsi d'éviter l'établissement de conditions explosives dans le récipient 13. Celui-ci comporte, en vue de la surveillan-25 ce de la température et de la pression, des systèmes classiques de mesure de la température et de la pression respectivement désignés par 37 et 39» Le distillât aromatique oxydé est extrait du récipient 13, au fond de celui-ci, par une conduite 41 munie d'une vanne 43. 30 II se rassemble dans le récipient de réserve 45, d'où il passe à l'appareil de distillation 15. Le point de ramollissement du distillât aromatique oxydé brut est amené à une température comprise entre 100 et 200°C par -une distillation classique dans l'appar-eil 15. Les distillats sont extraits de l'appareil en 3 et recyclés 35 comme il a été indiqué, et le résidu de la distillation est à nouveau traité dans 1'extrudeuse 17. L'extrudeuse 17 est munie d'un organe, tel qu'un four é-lectrique (non figuré), pour le chauffage et le maintien de la température du distillât aromatique oxydé entre 120 et 300°C. A 40 la base de 1'extrudeuse 17 est agencée une filière classique 51 72 05578 9. 2135128 comportant au moins un, et de préférence plusieurs orifices de filage d'environ 500 microns de diamètre, à travers lesquels le distillât aromatique oxydé est extrudé en formant un filament ]?„ L'extrudeuse est munie d'indicateurs de température 53 et de pres-5 sion 55 pour la surveillance de la température et de la pression dans l'extrudeuse. Une source de pression 57 communique avec l'extrudeuse par la conduite 59, pour fournir la pression nécessaire à l'extrusion du distillât aromatique oxydé à travers la filière 51• Cette source de pression est de préférence constituée 10 par de l'azote comprimé. Au-dessous de l'extrudeuse 17 est disposé le système de "bobinage 19, comportant une bobine 61 et un moteur 63 pour la mise en rotation de la bobine 61. Le filament F s'enroule sur la bobine 61 comme le montre la figure. 15 Pour la mise en oeuvre de l'invention, un distillât aro matique est reçu par le réchauffeur 11, où il est porté à une température de 350 à 370°C environ, puis amené par la conduite 21 au récipient 13, suivant la figure. La pression dans le récipient est portée à une valeur de 6 à 7 bars, suffisant à empêcher la 20 vaporisation du distillât aromatique à la température élevée en question. De l'air est introduit à la base du récipient 13, en arrivant par la conduite 23, par un nombre élevé d'orifices (non représentés), de façon à assurer un mélange. intime, de l'air avec le distillât aromatique. Le débit de l'air introduit au récipient 25 est contrôlé par le régulateur 25, et réglé à une valeur de 12,5 à 155 litres par heure et par kg de distillât. L'air pénétrant dans le distillât à la base du récipient monte sous forme de bulles à travers le distillât, en le transformant en substance visqueuse. Les gaz dégagés du récipient 13 sortent par la conduite 30 29 et vont à l'échangeur de chaleur 31 où ils sont refroidis, puis à l'analyseur 35 qui mesure leur teneur en oxygène. Cette teneur doit être maintenue, au-dessous de la limite inférieure d'explosibilité dans le récipient 13. A mesure du passage de l'air en bulles à travers le distillât aromatique dans le récipient 35 13, la viscosité de celui-ci augmente avec le temps, ainsi que la proportion d'insolubles dans le benzène. Quand cette viscosité atteint environ 10 secondes Saybolt à 100°C et que la proportion d'insolubles dans le benzène est d'environ 30,0 % en poids, le distillât aromatique est converti en une substance visqueuse 40 constituant une matière convenable de départ pour l'obtention de 72 05578 10. 2135128 fibres de carbone isotropique. Dans la pratique cependant, c'est la quantité d'oxygène consommé qui est le facteur déterminant indiquant si le traitement du distillât aromatique a été suffisant, qjuand la consommation d'oxygène a atteint 30 litres normaux par 5 kg de distillât, on arrête l'arrivée d'air par la vanne 27 et on abaisse la pression dans le récipient 13 en ouvrant la vanne 33. Le récipient est vidé par la conduite 41 dans le récipient de réserve 43, et le produit est envoyé à l'appareil de distillation 15, dans lequel les composants à bas point d'ébullition sont éli-10 minés, en laissant un résidu possédant le point de ramollissement désiré. Pour l'obtention des filaments F de la figure, le distillât aromatique oxydé est extrudé à travers les orifices de la filière 51. Au début de l'opération, l'extrémité du filament est 15 fixée à la bobine 61. En fonctionnement, le moteur fait tourner la bobine 61 à une vitesse donnée, telle que le filament soit é-tiré par la tension, depuis le diamètre initial de 500 microns jusqu'à -un diamètre de 10 à 15 microns. La bobine 61 est ensuite retirée du système de bobinage 20 19. Les filaments enroulés sur la bobine sont mis au contact d'air chaud, puis carbonisés à une température supérieure à 800°. Le filament ainsi carbonisé est infusible, dur et d'un noir brillant. Il possède les caractéristiques générales indiquées dans le taMeau précédent. 72 05578 ii. 2135128 REVENDICATIONS ■ 1. Procédé pour l'obtention de fibres de carbone à partir d'un distillât aromatique liquide, caractérisé en ce qu'il comprend : 5 a) la mise en contact intime du distillât avec un gaz conte nant de l'oxygène élémentaire à une température comprise environ entre 250 et 420°C, jusqu'à conversion du distillât en une substance visqueuse formant du carbone isotropique par carbonisation à une température supérieure à 800°C; 10 b) la formation d'une fibre à partir de ladite substance visqueuse ; c) la carbonisation de cette fibre à une température supéri eure à 800°C pour sa conversion en une fibre de carbone. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce 15 que le distillât est mis en contact avec ledit gaz jusqu'à consommation d'au moins 30 litres normaux d'oxygène élémentaire environ par kilogramme du distillât. 3. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la zone des points d'ébullition du distillât va sensiblement 20 de 200°C à 400°C. 4. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit gaz est l'air. 5. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que les fibres de carbone sont chauffées à des températures supé 25 rieures à 2500°C pour la production de fibres de graphite. 6. Procédé selon la revendication 1 pour l'obtention de fibres de carbone à partir d'un distillât aromatique liquide, caractérisé en ce qu'il comprend : a) la mise en contact intime du distillât avec un gaz conte 30 nant de l'oxygène élémentaire à une température comprise entre 250 et 420°C environ jusqu'à conversion du distillât en une subs tance visqueuse formant du carbone isotropique par carbonisation à une température supérieure à 800°C; b) la distillation de ladite substance visqueuse jusqu'à 35 acquisition d'un point de ramollissement et d'une viscosité tels qu'elle puisse subir ultérieurement un traitement; c) l'extrusion de ladite substance visqueuse à travers une filière à une température comprise environ entre 200 et 280°0, a vec production d'une fibre; 40 d) la carbonisation de cette fibre à une température supéri 72 05578 2135128 eure à 800°G pour sa conversion en une fibre de carbone. 7. Procédé selon la revendication 6, caractérisé en ce que le distillât est mis en contact avec le gaz jusqu'à consommation d'au moins 30 litres normaux d'oxygène élémentaire environ 5 par kilogramme de distillât. 8. Procédé selon la revendication 6, caractérisé en ce que le point de ramollissement de ladite substance visqueuse distillée est compris entre 100 et 200°C environ (déterminé par la méthode du cube dans l'air). 10 9« Fibre de carbone isotropique ayant sensiblement la composition suivante : Carbone 93,0 à 97*0 % Hydrogène 0,2 à 0,6 % Oxygène 2,5 à 4,0 % 15 Soufre Moins de 0,6 % Azote Moins de 0,2 % et caractérisée par les propriétés physiques suivantes : diamètre 5 microns ou au-dessus allongement à la rupture 1,2 à 2,0 % 20 module d'élasticité 4200 à 5600 kg/mm^ résistance à la traction 70 à 130 kg/mm , cette fibre provenant d'un distillât oxydé de goudron de houille.