La présente invention concerne la fabrication d'éléments en béton et plus particulièrement la fabrication d'éléments en béton prêcontraint. Ellea pour objet un procédé pour chauffer le béton, par voie électrique, afin d'accélérer son durcissement. Parmi tous les procédés de chauffage électrique du béton, il en existe deux, assez largement employés, qui sont plus connus sous le nom de chauffage électrique direct. - Le premier procédé consiste à incorporer des résistances électriques de chauffa ge dans le béton frais (ces résistances sont placées dans le moule avant le cou lage du béton), puis à faire circuler un courant électrique dans ces résistances de façon à les échauffer et produire au coeur du béton toute la chaleur néces saire. Ce procédé a l'avantage de minimiser les pertes énergétiques puisque le chauffage a lieu au sein même du béton. Cependant, une fois que le béton est pris, il est impossible d'y retirer les résistances électriques qui, ainsi, sont per dues. L'économie réalisée sur la consommation d'électricité voit alors son inté rebat grandement diminué du fait de la nécessité de remplacer les résistances élec- triques coûteuses à chaque opération de moulage du béton. Un procédé analogue consiste à utiliser les armatures du béton comme résistan ces électriques. Les armatures sont des résistances de valeurs diverses puisque la résistance d'un élément métallique dépend de sa longueur, de sa section et de la nature du métal. Ce procédé nécessite par conséquent de déterminer pre- cisément le nombre d1armatures à utiliser et la façon dont il faudra les relier (série, parallèle) en fonction de la tension employée.Dans la pratique il s'avè re difficile à mettre en oeuvre car très souvent les armatures sont en contact les unes avec les autres si bien qu'il n'est pas toujours évident d'isoler les arcatures nécessaires; la tension utilisée ne convient alors pas forcément avec les possibi lités de résistance qu'offrent ces armatures isolées; de plus la tension convena ble peut devenir tout simplement dangereuse pour I'ouvrier de sorte que les pré cautions de sécurité considérables qui doivent alors être prise grèvent le coût d'exploitation du procédé (équipement de sécurité onéreux, encombrement,etc). - Le deuxième procédé consiste à utiliser le béton frais comme résistances électri ques. A cet effet, une différence de potentiel est appliquée entre deux électro des mises en contact avec le béton frais; le courant électrique qui s'établit ainsi à travers le béton humide échauffe celui-ci par effet Joule. Ce procé dé a été mis en oeuvre pour accélérer le durcissement du béton moulé entre deux banches métalliques (fabrication des murs sur chantier par exemple), le procédé consistant à utiliser les banches métalliques comme électrodes. II ne peut être appliqué que dans le cas ou les banches métalliques peuvent eAtre facilement isolées l'une de l'autre. Aucune armature en particulier ne doit être en contact électrique avec ces banches.Pour un banc de fabrication de poutres à joues mé tallique mobiles, il faudrait isoler chacune des joues du corps du moule ce qui généralement s'avère irréalisable. En raison de ses inconvénients, ce procédé n 1a jamais connu d'industrialisation véritable. Son emploi a toujours été très ponctuel, dans les cas seulement ou un autre procédé de chauffage ne pouvait etre envisagé. La présente invention a pour objet un procédé de chauffage électrique direct du béton entièrement nouveau, facile à mettre en oeuvre en toutes circonstances et qui permet des économies d'énergie très substantielles par rapport aux autres procédés de chauffage électrique direct existants. Le procédé selon l'invention utilise également le béton comme résistance électriqt e. Il s'applique au chauffage de tout élément moulé en béton comportant dans sa masse au moins une armature conductrice de l'électricité qui le traverse dons sa longueur. II est caractérisé en ce qu'il consiste à : - isoler électriquement de tout élément autre que le béton au moins une an turne conductrice parmi l'ensemble de celles qui traversent le moule dans sa longueur, - établir directement une différence de potentiel entre chaque armature isolée et un élément métallique conducteur en contact avec le béton, de façon à faire circuler un courant électrique entre cet élément et cette armature isolée à travers le béton humide. Si l'éliment à mouler ne doit pas comporter d'armatures conductrices le traversant, on peut toujours en incorporer au moins une fictive, ou un conducteur électrique quelconque, qui ne servirait qu'à mettre en oeuvre le procédé de chauffage selon l'invention. Ce procédé n'est donc pas limité dans son utilisation. Le courant qui circule entre le coeur du béton (armature isolée) et J'été ment métallique à travers le béton, se répartit suivant des lignes de moins grande résistance, c'est-à-dire suivant les lignes de plus grande humidité. Le béton est ainsi chauffé à coeur précisément à l'endroit meme ou il doit être chauffé (par ties les plus humides), d'où vn très grand rendement énergétique du procédé. L'expérience semble montrer que la résistance de contact du béton avec l'armature isolée détermine pour l'essentiel l'intensité du courant. Cette résistance (résistance pour une unité de longueur d'armature) dépend directement de la section de l'armature.Or il se trouve qu'avec les armatures habituellement utilisées dans les éléments fabriqués en béton, une différence de potentiel n'excédant pas cinquante volts (domaine des très basses tensions) est suffisante pour porter assez rapidement le béton à une température comprise entre 60 et 700, température qui se maintient à ce niveau en régime continu (maintien de la différence de potentiel). Cette très basse tension utilisable confère au procédé une très grande facilité d'emploi en toutes circonstantes. Comme l'intensité du. courant est dans ces conditions approximativement proportionnelle à la longueur de l'armature, une même tension convient quelle que soit la longueur de l'élément moulé (poutres par exemple) pour un meme type d'armature isolée. L'élément métallique utilisé peut être, selon une caractéristique de l'invention, une seconde armature traversant le moule dans sa longueur. La position de cette armature par rapport à la précédente a peu d'importance. Le courant circule en effet d'une armature à l'autre suivant les lignes de plus grande humidité du béton ; le courant se répartit ainsi progressivement à travers tout le béton quelle que soit la position respective de ces armatures. Selon une autre caractéristique de l'invention l'élément métallique utilisé est Je moule même de fabrication de l'élément en béton, à la condition bien sur que ce moule conduise l'électricité (métallique). Le courant circule dans ce cas entre le coeur du béton et la périphérie de l'élément (moule). Les pertes énergétiques sont légèrement supérieures sans compromettre un rendement qui reste remarquablement intéressant. Le choix du moule comme élément métallique est très avantageux. Les armatures incorporées dans le béton peuvent etre en effet en contact électrique avec ce moule, rarement directement mais fréquemment par l'intermédiaire de ligatures métalliques reliant ces armatures au moule afin de les maintenir en place dans le moule avant coulage. L'isolation de plusieurs armatures (au moins deux) apparat alors problématique et il devient préférable de n'en isoler qu'une en se servant directement du moule comme élément métallique. La jonction électrique d'une armature isolée avec le générateur de tension qui la porte à un potentiel donné, doit être facilement mise en oeuvre sur chan tier; c'est-à-dire dans des conditions de propreté et de soin qui interdisent une très grande qualité de jonction. Pour cette raison, le courant électrique ne peut dépasser une certaine intensité au niveau de la jonction (problème de résistance) de contact, échauffement de la jonction). Selon une autre caractéristique de l'invention, le procédé consiste à réaliser la jonction électrique d'une armature isolée avec le générateur de tension en plusieurs zones réparties sur la longueur de cette armature, de façon que l'intensité du courant ne dépasse pas une valeur donnée de sécurité en chacune de ces jonctions. Le problème est identique pour l'élément métallique, si cet élément métal- iique est une armature. Dans tous les cas, il faut veiller tout de même à ce que la totalité de l'élément métallique soit portée au même potentiel. Pour cette raison, il est préférable également de répartir sur cet élément les zones de jonction avec le générateur de tension délivrant la différence de potentiei,de façon à éviter les chutes de tension qui pourraient intervenir. La répartition des zones de jonction peut faire apparaifre que la jonction électrique d'une armature isolée aux deux extrémités dépassant de l'élément fabriqué en béton ne suffit pas. II devient alors nécessaire de realiser une jonction au coeur du béton (par exemple, cas des éléments fabriqués en série par extrusion ou filage). Selon une caractéristique de l'invention cette jonction est réalisée par soudage ou bridage d'une pièce métallique conductrice, de préférence cui- vre, sur l'armature transversalement à cette armature, de façon que cette pièce dépasse du béton après le coulage de ce dernier.La jonction électrique de cette pièce avec le générateur de tension est réalisée vers la partie dépassante. Lorsque le chauffage est arrenté, cette pièce est coupée, avant démoulage, au ras du béton durci. La tension utilisée est, selon l'une des raroctéristiques essentielles de l'in- vention, comprise entre vingt et cinquante volts ce qui permet son utilisation sans précautions de sécurité particulières. Cette tension est naturellement produite à partir du réseau électrique. Elle est donc de préférence alternative pour simplifier la technique de transformation. Cette tension peut entre multiphasée, par exemple triphasée. Selon une caractéristique subsidiaire de l'invention, le procédé consiste dans ce cas à isoler plusieurs armatures traversant le moule dans toute sa longueur et à répartir chacune des phases du courant sur l'ensemble desdites armatures isolées et sur ledit élément métallique. Cela permet de répartir le courant sur chacune des phases et d'équilibrer approximativement le réseau électrique. Le procédé selon l'invention est particulièrement utilisable dans le cas de la préfabrication de poutres précontraintes qui sont moulées bout à bout dans un moule longiligne aux extrémités duquel sont tendues les armatures de précontrainte. Chacune des poutres est séparée de la suivante par deux diaphragmes transversaux au moule qui ménagent un espace à travers lequel passent les armatures de précontrainte et dans lequel aucun béton n'est coulé. Le procédé est caractérisé, dans ce cas particulier, en ce qutil consiste à isoler électriquement au moins une armature parmi l'ensemble des armatures de précontrainte et, réaliser chaque jonction électrique sur chacune des armatures de précontrainte isolées entre deux diaphragmes. On réalise autant de jonctions électriques le long du banc qu'il est nécessaire pour que l'intensité à travers ces jonctions ne dépasse pas la valeur de sécurité. La présente invention ayant maintenanf été exposée sous sa forme générale, elle sera mieux comprise à la lecture de la description qui -suit en regard des dessins annexés, lesquels, dessins et description ne sont donnés qu'à titre d'exemple non limitatif. Sur ces dessins - la figure I représente le schéma électrique d'une installation de chauffage du béton selon l'invention, - la figure 2 illustre schématiquement le principe de répartition des jonctions électriques sur l'armature isolée et sur l'élément métallique, - la figure 3 montre comment répartir les phases d'une tension multiphasée entre les armatures isolées et l'élément métallique, - la figure 4 représente en perspective un banc de préfabrication de poutres précontraintes équipées d'une installation de chauffage selon l'invention, - la figure 5 est un détail d'une jonction électrique sur une armature isolée de précontrainte de ce banc, - Ja figure 6 est un détail montrant l'isolation d'une armature isolée de précontrainte, -- la figure 7 représente lesgraphlques de consommation d'électricité en fonction du temps pour deux cas d'alimentation (courant entre armature et moule et courant entre deux armatures). Sur la figure 1- on peut voir l'alimentation du réseau électrique général ou secteur constituée de deux câbles d'alimentation 1 et 2. Une prise de courant 10, 20 est reliée à l'entrée d'un~disioncteur 3. La sortie du disjoncteur f'l. 12 alimente l'enroulement primaire d'un transformateur 4 dont le secondaire 21, 22 délivre une tension électrique aux câbles 21, 32 reliant respectivement le moule 23 et une armature 16 d'un élément en béton coulé. Cet élément est vu en coupe0 Il comprend un cadre de ferraillage classique constitué de quatre armatures 31 reliées entre elles par des armatures transversales en U 19, ce cadre étant destiné à reprendre les efforts tranchants. Au centre de cet élément on trouve trois armatures 16, 17, 18 traversant le moule 23 dans toute sa longueur. II peut s'agir par exemple d'une poutre précontrainte dont les trois armatures 16, 17, 18 sont précisément les armatures de précontrainte. Le moule 23 est métallique et l'armature 16 a été isolée électriquement du moule 23. Entre la sortie 22 du secondaire du transformateur 4 et le câble d'alimenta tion 32 de l'armature isolée 16, est intercalé en série un relais à maximum d'intensité 5 relié à la commande de disjoncteur 6. Immédiatement en aval de ce relais est branché un ampèremètre de contrôle et de sécurité 8 permettant de controAler l'intensité circulant dans ce câble d'alimentation 32. Une sonde de température 9 constituée par exemple d'un thermo-couple mesure la température au sein du béton en cours de prise dans le moule 23. Cette sonde 9 est reliée à un enregistreur-transmetteur de température 13 lui-meme relié à la commande de disjoncteur 6. Une horloge de commande 15 est également reliée à la commande de disjoncteur 6. Le disioncteur 3 comporte en outre une commande manuelle 14 qui permet à l'opérateur d'actionner le disjoncteur manuellement par l'intermédiaire de sa commande 6. Le fonctionnement de l'installation ainsi décrite est le suivant : b différence de potentiel créée entre l'armature isolée T6 et le moule mé gallique 23 provoque la circulation d'un courant à travers le béton frais en cours de prise dans le moule 23, ce courant échauffant par effet Joule le béton qui sert de résistance électrique. La jonction électrique du câble d'alimentation 32 avec l'armature isolée 16 offre généralement une résistance de contact élevée qui limite l'intensité du courant pouvant passer dans le cible d'alimentation 32 (cette jonction, mise en oeuvre sur chantier, ne peut être réalisée qu'avec des moyens très simples et dans des conditions de propreté précaires). Une valeur de sécurité est ainsi définie et enregistrée dans le relais à maximum d'intensité 5. Lorsque le courant circulant dans le câble 32 dépasse cette valeur, le relais 5 commande le disjoncteur 3 par l'intermédiaire de sa commande 6, qui coupe le courant. L'ampèremêtre de contrôle et de sécurité 8 permet à I 'opérateur de contrler à tout instant cette intensité. La sonde de température 9 permet de mesurer la température au. sein de l'élément moulé en béton. L'enregistreur-transmetteur de température 13 émet un signal de commande lorsque cette température dépasse une valeur préalablement affichée. Ce signal de commande coupe alors le disjoncteur 3 par l'inter- médiaire de la commande 6. Généralement,la valeur limite à ne pas dépasser au sein du béton est de l'ordre de 750 Lorsque la température est redescendue en-dessous de la valeur affichée, I'enregistreur 13 réenclenche le disioncteur 3 par l'intermédiaire de sa commande 6; la différence de potentiel entre l'armature isolée 16 et le moule 23 est ainsi rétablie; le chauffage du béton se poursuit. L'horloge de commande 15 permet de faire fonctionner l'installation de chauffage pendant un laps de temps prédéterminé. Si llexpérience montre, par exemple, qu'au bout de cinq heures de chauffage, l'élément béton peut etre dé- moulé, cette horloge 15 sera préférentiellement réglée sur cinq heures, c'est-àdire qu'elle coupera l'alimentation de l'installation après cinq heures de fonc- tionnement en déclenchant le disjoncteur 3 par I 'intermédiaire de la commande 6. Sur la figure I une seule armature 16 a été isolée et l'élément métallique en contact avec le béton est le moule luimeAme. Cette forme de réalisation n'est nullement limitative. II est possible en effet d'isoler également une autre armatu- re 17 et de brancher l'alimentation 21 à cette armature sans sortir du cadre de l'invention. Cependant, l'expérience pratique montre qu'il est difficile d'isoler plusieurs armatures, beaucoup se trouvant généralement reliées ensemble et en contact avec le moule. Pour cette raison, I'alimentation directe du moule (s'il est métallique bien sur) est souvent plus simple. L'élément moulé en béton peut être suffisamment long de telle sorte que l'inS tensité circulant dans la jonction électrique du câble d'alimentation 32 avec l'armature isolée 16 soit tropimportanie. Il est nécessaire alors d'alimenter cette armature 16 en plusieurs zones distinctes réparties sur sa longueur, chacune des zones étant reliée directement au secondaire du transformateur 22 par une dérivation de courant. Sur-chacune de ces dérivations se trouve un relais à maximum d'intensité 5 relié à la commande du disioncteur 6, chacun de ces relais pouvant commander indépendamment la disionction de l'installation. L'illustration de la répartition de ces zones de jonction sur l'armature isolée a été représentée sur la figure 2. Sur cette figure trois câbles d'alimentation 47, 48 eut 8 sont reliés à l'armature isolée 46 en trois zones de jonction distinctes. Le moule métallique 45 est relié à son cible d'alimentation 50 par quatre conducteurs 51, 52, 53 et 54 permettant d'éviter les chutes de tension dans ce moule. Le nombre de jonctions sur l'armature isolée et sur le moule métallique (élément métallique) n'est naturellement nullement limitatif. Il est à déterminer dans chaque cas pratique de réalisation. Il est par contre important que chacun des câbles d'alimentation 47, 48, 49 de l'armature isolée 46 soit relié directe-ment au secondaire du transformateur, de telle sorte que l'intensité qui circule dans chacun de ces cabales puisse être contrôlée à tout instant. L'expérience a montré que le courant circulant dans une jonction du type de celle décrite figure 5 ne pouvait pas dépasser 320 ampères pour une section d'armature approximativement cylindrique de treize miltimètres de diamètre (banc de poutres précontraintes 50 cm x 50 cm, armature isolée: armature de précontrainte, section de t'armature isolée environ un centimètre carré). Par mesure de sécurité, l'intensité du courant dans chacune de ces jonctions est limitée vers 280 ampères. Pour un tel banc on a pu constater qu-'une tension de 48 volts ermettait l'élévation du béton à la température de 650 en trois ou quatre heures environ, la température se stabilisant ensuite à ce niveau en alimentation continue (maintien de la tension a 48 volts)-.Des résultats identiques ont pu être obtenus avec une armature isolée de même section pour d'autres formes et dimensions ae l'élément moulé en béton. II semble que la tension optimum à appliquer, c'est-à-dire la tension permettant de chauffer le béton à une température qui ne soit ni trop élevée ni trop basse et de le maintenir à cette température en régime continu d'alimentation, dépende essentiellement de la section de l'armature isolée. Le Demandeur nia pas pu expliquer complètement les phé noumènes physiques intervenant dans ce procédé de chauffage; il pense néanmoins que la résistance de contact du béton avec armature isolée conditionne essentiellement le passage de l'électricité à travers le béton ce qui expliquerait le re̲ joué par la section de cette armature.Dans la pratique il s'avare qu'une très basse tension est toujours utilisable. Le choix de cette tension dépend de la température que l'on veut obtenir au sein du béton et par conséquent de la section de l'armature isolée. La tension utiiisée peut être aussi bien continue qu'alternative. Dans ce dernier cas (cas le plus fréquent: alimentation par secteur alternatif), la tension utilisée peut eAtre également multiphasée. Plusieurs modes de bran chement sont alors possibles : on peut, soit répartir les phases sur plusieurs moules (par exemple, pour un courant triphasé, alimenter simultanément trois moules mé talliques en reliant chacun des moules au neutre de l'alimentation et une armature isolée par moule à une phase de l1alimentation), soit en répartissant les différentes phases sur plusieurs armatures préalablement isolées et/ou l'élément métal- lique, comme un exemple en est donne à la figure 3. Sur cette figure 3 un élément en béton précontraint est moulé dans un moule métallique 56 ; trois armatures de précontrainte 57, 58, 59 ont été préalablement isolées électriquement de tout élément autre que le béton ; le neutre 60 et les trois phases 61, 62, 63 d'une alimentation triphasée d quatre fils ont été reliés respectivement au moule métallique 56 et aux trois armatures de précontrainte isolées 57, 58, 59. Cette forme de réalisation n'est, naturellement, nullement limitative; on peut tout aussi bien répartir autrement les trois phases et le neutre entre les armatures isolées et le moule sans sortir du cadre de l'invention. Le choix du schéma d'alimentation dépend en fait de la facilité avec laquelle il est possible d'isoler les armatures et du bon équilibrage du courant dans les différentes phases. Comme l'expérience montre cependant qu'il est difficile d'isoler simultanément plusieurs armatures et que, en tout cas, l'équilibrage d'une instal!ation mu 1-ti phasée précédemment décrite donne rarement satisfaction, une alimentation conforme au schéma de la figure 1 est souvent préférable ; il suffit simplement de répartir les courants circulant dans chacune des phases sur plusieurs moules comme indiqué ci-dessus. La figure 4 représente un banc de préfabrication de poutres précontraintes dans lequel plusieurs poutres sont moulées simultanement bout à bout. Aux extrémités du banc sont tendues les armatures de précontrainte 27 et 28. Sur la figure, vers la gauche, on peut voir le système de tension des armatures qui comprend deux butées 39 sur lesquelles prennent appui deux vérins 34. Ces vérins sont agencés pour repousser une pièce retenue 35 percée de trous 36 à travers Lesquels passent les armatures de précontrainte. Chacone de ces dernières est bloquée immédiatement derrière un trou de passage 36 par un système de blocage 37, L'armature supérieure 27 est isolée du système de tension par un moyen dont le détail est w figure 6 et qui comprend notamment la bague d'isolation 38 vue en perspective à la figure 4. Les armatures de précontrainte 27 et 28 traversent les guide-fils 33 séparateurs de poutres, chacun deys guide-fils 33 formant un diaphragme transversal au moule, deux guide-fils 33 consécutifs et rapprochés ménageant un espace dans lequel aucun béton n'est coulé. Ces guide-fils sont conçus pour qu'ils n'établissent pas de contact électrique ni entre les armatures, ni entre les armatures et le moule; ils sont réalisés par exemple dans une matiere isolante électrique comme le bois, les résines synthétiques etc... Chaque poutre possède.en sus des deux armatures de précontrainte un cadre de ferraillage constitué de quatre armatures 29 qu'entourent des armatures métalliques transversales en forme de U 30. Le moule métallique possède deux joues latérales 24 et 25 isolées par une matière isolante thermique 26. L'ensemble du moule ne sera pas davantage décrit comme étant bien classique. Sur cette figure 4 on peut voir entre deux guide-fils 33 une jonction électrique avec l'armature de précontrainte supérieure 27, cette jonction étant constituée d'un cible d'amenée du courant 44 soudé à un dispositif 41 serré autour de l'armature de précontrainte comme indiqué en détail figure 5. Ce système de fixation 41 comporte un te (référencé aussi 41) bridé autour de l'armature 27 par une bride 42 serrée contre le t par boulons filetés 43. Cette jonction électrique robuste et simple est particulièrement aisée à mettre en oeuvre sur chantier. On comprendra néanmoins facilement qu'étant donné la propreté régnant sur les chantiers (boue, poussière de béton, etc...), une telle jonction possède une résistance de contact élevée qui limite l1intensité dans chacun des câbles dlalimentation 44 (échauffement de la jonction). Tout système de jonction peut naturellement être employé sans sortir du cadre de l'in- vent: on. Sur la figure 4 on peut voir un crible d'alimentation de l'armature de précontrainte supérieure 27 a chaque intervalle entre deux guide-fils. Si les poutres ne sont pas très longues on pourra se contenter de disposer une jonction électrique tous les deux intervalles par exemple. On peut également réaliser une jonction électrique sur cette armature 27 en extrémité du banc, entre le moule et le système de retenue 37 de ltossature 27, sans sortir du cadre de l'invention. L'expérience montre que pour des armatures de précontrainte de section d'un centimètre carré environ, il est nécessaire de réaliser la jonction électrique de chaque armature de précontrainte isolée au générateur de tension tous les vingt mètres environ. La jonction électrique du moule métallique au générateur de tension conformément au schéma de la figure 2 n'a pas été représentée sur cette figure 4. De même l'ensemble d'alimentation (générateur de tension, disjoncteur ...) avec tous les c blages, en particulier la convergence de tous les câbles d'alimentation 44 vers le secondaire du transformateur conformément au schéma de la figure I, n'a pas été représenté. Tout homme de métier pourra néanmoins en concevoir la réalisation pratique sans aucune difficulté. La figure 6 montre le détail de l'isolation de l'armature de précontrainte 27 sur la pièce de retenue 35. Cette armature 27 passe à travers un orifice 36 percé dans la pièce de retenue 35. Une bague spéciale 38 isolante désolidarise électriquement l'armature 27 de la pièce de retenue 35 et par conséquent de tout son entourage (comme l'armature 28 par exemple). Cette bague 38 a un double rôle : d'une part, isoler électriquement l'armature 27, d'autre part, répartir continument l'effort de l'élément de blocage 37 (de cet élément connu en soi on ne peut voir sur la figure que l'écrou de blocage 40 qui agit sur un système à mâchoires serrant l'armature 27) de cette armature sur la pièce de retenue 35. Cette bague 38 pourra être avantageusement réalisée en acier enveloppé sur toute sa surface extérieure de résine appelée couramment dans le commerce "résine epoxy"très résistante (à un effort) et Isolante (électrique?. Cette bague 38, comportant un orifice cylindrique à travers lequel passe l'armature 27, est constituée d'un cylindre -coaxial à cet orifice cylindriquedestiné à pénétrer dans l'orifice 36 et, d'une partie s'appuyant sur la pièce de re tenue 35; la forme extérieure de cette dernière partie se moule suivant le contour des éléments situés à proximité d'elle (par exemple l'élément de blocage 37 de l'armature inférieure 28). Sur la figure 6 on peut voir également l'autre armature de précontrainte 28 qui n'a pas été isolée avec son système-de blocage 37 gppli- qué directement contre la pièce de retenue 35. La-figure 4 illustre en particulier la difficulté qui peut exister à isoler plusieurs armatures d'un même elément moulé en béton. En effet, l'armature de pré contrainte inférieure 28 se trouve de façon classique reliée par des ligatures mé talliques au cadre de ferraillage 29, 30 de chaque poutre pour maintenir ce ca dre en position au moment du coulage du breton ; ce cadre métallique étant bien souvent lui-meme relié au moule-dans le même but. On comprend, dans ces conditions, que l'isolation d'une seule armature est beaucoup plus simple à met tre en oeuvre et que, par conséquent, un schéma de brànchement du type de ce lui décrit figure 1 est préférable. II est possible cependant d'isoler plusieurs armatures de précontrainte, en les désolidarisant complètement du cadre métallique de chaque poutre (caler ce cadre sans toucher les armatures - emploi de cales isolantes) et, notamment deux armatures de précontrainte. Une différence de potentiel établie en réalisant les jonctions électriques décrites ci-dessus sur chacune de ces deux armatures permet d'accroltre légèrement le rendement de l'installation de chauffage comme llindi- que la courbe de consommation d'énergie électrique par rapport au temps de lafigure 7. Sur cette figure 7 en effet, on constate que pour une différence de potentiel appliquée entre deux armatures isolées (courbe A3 la consommation d1énergie électrique est à tout instant inférieure à celle constatée pour une différence de potentiel appliquée entre une armature et le moule (courbe B). Les températures du béton étaient, dans les deux cas, voisines. Cela peut s'expliquer par le fait que les lignes de courant empruntent les lignes de plus grande humidité du béton entre les électrodes et suivant le chemin le plus court. De ce fait, le chauffage a lieu plus à coeur dans le premier cas (courbe A) que dans le second (courbe B). Ces courbes (A et B) peuvent en outre s'analyser à peu près comme suit: la première section (64 pour la courbe A et 65 pour la courbe B) correspond à la prise du béton autour de l'armature isolée. Les phénomènes qui se produisent sont complexes, la courbe n'a pas de forme bien déterminée. La seconde section, à peu près linéaire et décroissante, montre l'augmentation progressive de la rXsis- tance du béton qui sèche en durcissant (augmentation de la longueur des lignes de plus grande humidité et diminution de cette humidité. Au bout de quelques heures, le courant a fortement diminué, d'où une auto-régulation naturelle de ce procédé de chauffage. La présente invention ayant maintenant été exposée et son intéret justifié sur un exemple détaillé, le Demandeur s'en réserve l'exclusivité pendant toute la durée du brevet sans limitation autre que celle des termes des revendications ci-après. REVENDICATIONS Procédé pour chauffer du béton en cours de prise dans un moule en vue d'accélérer son durcissement, ledit béton comportant dans sa masse au moins une armature traversant le moule dans sa longueur, ledit procédé consistant à chauffer le béton par effet Joule en faisant circuler un courant électrique dans sa masse, ledit procédé efant CARACTERISE EN CE QU 'il consiste à - isoler électriquement-de tout élément autre que le béton au moins une armature parmi l'ensemble de celles qui traversent le moule dans sa longueur, - établir directement une différence de potentiel entre chaque armature isolée et un élément métallique conducteur en contact avec le béton de façon à faire circuler un courant électrique entre cet élément et cette armature isolée à travers le béton-humide - maintenir ladite différence de potentiel aussi longtemps que le béton ainsi chauffé n'aura pas atteint une résistance suffisante pour le démou loge 2 - Procédé selon la revendication 1 CARACTERISE EN CE QUE pour établir directement une différence de potentiel entre chaque armature isolée et ledit élé ment métallique, il consiste à mettre en-contact électriquement ledit élement métallique avec une borne d'un générateur de tension et chaque dite armature isolée à une borne distincte de la précédente du meAme générateur de tension 3 - Procédé selon la revendication 2 CARACTERISE EN CE QUE pour mettre en contact électriquement ledit élément métallique avec une borne d'un générateur de tension et chaque dite armature isolée avec une borne distincte de la précédente du même générateur, il consiste à - réaliser une jonction électrique en plusieurs zones de chacune desdites armatures isolées et dudit élément métallique avec les bornes correspon danfesr chacune des zones étant reliée directement à une borne par une dérivation de courant! - répartir lesdites zones de jonction sur la longueur de chacune desdites armatures isolées et sur la longueur dudit élément métallique de façon à répartir l'intensité du courant dans chacune des dérivations (desorte que l'intensité du courant ne dépasse pas une valeur limi ( te de sécurité dans chacune des derivations et jonctions et afin (d'éviter les chutes de tension trop importantes dans chacune des (dites armatures isolées et ledit élément métallique. 4 - Procédé selon la revendication 3 CARACTERISE EN CE QUE lorsque certaines zones de jonctions électriques sur l'ensemble des armatures isolées coincident avec une partie intérieure en béton il consiste à - disposer avant moulage en chacune de ces certaines zones une pièce métallique conductrice transversalement à l'armature correspondante de telle sorte que chacune de ces pièces dépasse du béton après moulage, - réaliser la jonction électrique de chacune de ces pièces d'une part, avec l'armature correspondante et d'autre part, vers l'extrémité dépassant du béton, avec la borne correspondante du générateur de tension1 - sectionner cette pièce au ras du béton au moment du démoulage. 5 - Procédé selon l'une des revendications I à 4 mis en oeuvre pour du béton formé dans un moule métallique, ledit procédé étant CARACTER1SE EN CE QU'il consiste à utiliser le moule comme dit élément métallique. 6 - Procédé selon l'une des revendications 2 à 4 mis en oeuvre pour du béton comportant dans sa masse au moins deux armatures traversant le moule dans sa longueur, ledit procédé étant CARACTERISE EN CE QU'il consiste à utiliser l1une de ces armatures comme dit élément métallique. 7 - Procédé selon l'une des revendications 2 à 6 CARACTERISE EN CE QU'il consiste à régler la valeur de la tension de façon que la température au sein du béton ne dépasse pas une température prédéterminée, par exemple 700C. 8 - Procédé selon l'une des revendications 2 à 7 CARACTERISE EN CE QUE la tension fournie par le générateur fait partie du domaine des très basses tensions et est notamment comprise entre vingt volts et cinquante volts. 9 - Procédé selon l'une des revendications 2 à 8 CARACTERISE EN CE QUE la tension utilisée est alternative, notamment de même fréquence que celle du réseau électrique soit 50 ou 60 hertz. 10 - Procédé selon la revendication 9 dont la tension alternative utilisée est multiphasée, ledit procedé étant CARACTERISE EN CE QU'il consiste à répartir chacune des phases sur l'ensemble desdites armatures isolées et sur ledit élément métallique. Il - Procédé selon llune-des revendications 3 à 10, ledit procédé étant appliqué à un banc de fabrication de poutres précontraintes comportant un moule métallique longiligne aux extrémités duquel est tendu 11ensemble des armatures de précontrainte et dans lequel sont moulées simultanément plusieurs poutres bout à bout, l'intervalle entre deux poutres juxtaposées étant réalisé par deux diaphragmes transversaux au moule que traverse l'ensemble des armatures de précontrainte et entre lesquels aucun béton n'est coulé, ledit procédé étant CARACTERISE EN CE QU'il consiste à - isoler électriquement au moins une armature parmi l'ensemble des arma tures de précontrainte, - isoler chaque jonction électrique sur chacune des armatures de précon trainte isolée entre deux dits diaphragmes, I'intervalle entre deux dia phragmes dans lequel on réalise la jonction constituant ainsi une dite zone de jonction. 12 - Procédé selon la revendication Il CARACTERISE EN CE QU'il consiste à réaliser la jonction électrique sur chacune des armatures de précontrainte isolée, également en extrémité du banc entre l'appareil de tension de l'armature et le moule. 13 - Installation de chauffage électrique du béton en cours de prise dans un moule mettant en oeuvre le procédé selon Ibne des revendications précédentes, ladite installation comprenant - une alimentatioji générale en courant secteur comportant un disjoncteur et sa commande, - un transformateur de courant dont le primaire est relié à ladite alimen tation générale - un ensemble de câbles électriques reliés au secondaire dudit transformc- teur ladite installation étant CARACTERISEE EN CE QUE un relais à maximtnfl d")n- tensité couplé à un amperemetre de contrôle et de sécurité est branché sur certains desdits cibles d'alimentation et relié à ladite commande de disjoncteur (de sorte que l'intensité dans lesdits cables reliée à chaque dite armature (isolée peut être contrôlée et ladite alimentation générale peut être coupe (lorsque cette intensité dépasse une certaine valeur. 14 - Installation selon la revendication 12 CARACTERISEE EN CE QUE une hor loge est reliée à ladite commande de distoncteur ( de sorte que le temps de chauffage peut ttre programme. 15 - Installation selon l'une des revendications 13 ou 14 CARACTERISEE EN CE QU 'elle comprend en outre un enregistreur-transmetteur de température relié, d'une part, à ladite commande du disjoncteur, d'autre part, à une sonde de température (de sorte que, en introduisant la sonde dans ledit béton on peut contrôler ( la température de chauffe et couper le chauffage lorsque cette température ( dépasse une certaine valeur.