Cette invention est relative aux têtes militaires, en particulier antichars, agissant en survol d'un objectif ou d'un groupe d'objectifs. La défense antichar présente de plus en plus d'importance, et de nombreuses voies sont envisagées ou exploitées pour améliorer l'efficacité de la lutte antichar. Les utilisateurs cherchent notamment à donner de la profondeur au combat antichar. I1 existe ainsi un besoin pour une prise à partie des formations ou rassemblements de blindés à des portées de plusieurs dizaines de kilomètres par les moyens de tirs indirects effectués avec des armes, ou mieux, avec des roquettes de calibre important. Avec les armes non guidées actuellement connues, I'efficacité de ces tirs indirects antichars demeure très limitée. En effet, avec de tels systèmes, les vecteurs non guidés délivrent les têtes militaires sur une large zone, réputée contenir les objectifs blindés, ces têtes militaires fonctionnant en "aveugle" au niveau de cette zone. Pour donner aux effets de ces têtes une meilleure probabilité d'atteinte, ces effets sont souvent exécutés horizontalement; il en resulte qu'ils attaquent les blindés là où leur protection est maximale, ce qui dégrade le pouvoir vulnerant de ces effets. Pour remédier à ces inconvénients, les Demanderesses ont conçu un nouveau type de tête, conçue de façon à larguer et disperser au-dessus de la zone des objectifs blindés, un ou plusieurs sous-projectiles, cette tête étant caractérisée en ce que chaque sous-projectile comprend au moins un parachute, une charge explosive à effets dirigés et un senseur détecteur d'objectif, et en ce que ce senseur détecteur est fortement incliné vers le bas, son axe étant animé d'un mouvement de roulis autour d'un axe de suspension au parachute sensiblement vertical de manière à balayer le sol en spirale, détecter les objectifs et initier la charge, dont les effets sont concentrés et dirigés vers le bas, en direction de l'objectif détecté, c'est-à-dire vers la partie la moins protégée telle que le toit d'un véhicule blindé.Ceci apporte un supplément d'efficacité considérable, par rapport à un tir effectué (toutes choses égales par ailleurs) selon une direction sensiblement horizontale, c'est-à-dire vers la partie des objectifs blindés habituellement la plus protégée. Lorsque la tête selon l'invention comporte plusieurs sous-projectiles, les moyens de largage sont définis de manière à organiser a priori la dispersion des sous-projectiles au-dessus de la zone des objectifs blindés. Ainsi, avec la tête selon l'invention,- les moyens de largage et de dispersion au-dessus de la zone des objectifs, les possibilités d'exploration de la zone et de détection des objectifs blindés, ainsi que la mise en direction et la concentration des effets dirigés vers les toits des objectifs blindés détectés améliorent considérablement les probabilités d'atteinte et le pouvoir vulnérant de ce type de tête. L'exemple décrit ci-après permet d'illustrer l'invention. I1 est bien précisé qu'il s'agit uniquement d'un exemple, et que l'invention peut s'appliquer également, sans sortir de son cadre, à tous autres modèles de réalisation, formes, proportions, dispositions, modes de construction, etc. Cet exemple vise notamment une tête antichar comportant plusieurs sous-projectiles. I1 demeure bien entendu que l'invention peut s'appliquer également à des têtes autres qu'antichars, comportant un ou plusieurs sousprojectiles. Dans cet exemple, la tête militaire selon l'invention est adaptée à un système lanceur multiple de roquettes d'artillerie. Chaque tête militaire selon l'invention comporte plusieurs sousprojectiles délivrés par la roquette, et largués à partir de cette roquette au-dessus de la zone réputée contenir les objectifs blindés. Selon une caractéristique de l'invention, l'ogive de la roquette est d'abord freinée, en fin de trajectoire, par un parachute, et elle est ensuite découpée par un cordeau détonant, l'ensemble étant commandé par une fusée chronométrique. Selon l'invention, chaque sous-projectile effectue un premier parcours en chute libre, d'une part pour réduire sa vitesse, et, d'autre part, pour l'obtention d'une certaine dispersion. Selon une autre caractéristique de l'invention, chaque sous-projectile comprend deux parachutes de ralentissement, qui sont éjectés de leur boite et ouverts à des instants différents - le premier parachute, qui est planant, permettant d'accroitre encore la dispersion des sous-projectiles les uns par rapports aux autres ; et, - le deuxième parachute, qui est tournant, communiquant au sous-projectile un mouvement de rotation. Selon l'invention, les éjections des parachutes sont commandées, pour le premier, par une étoupille à retard, elle-même commandée par un doigt libéré par le découpage de l'ogive par cordeau détonant, et, pour le deuxième, par une manille explosive, elle-même commandée par une fusée de proximité réglée sur une altitude convenablement choisie. On peut, sans sortir du cadre de l'invention, remplacer cette fusée de proximité par tout système tel que, par exemple, retard électronique, fil de longueur appropriée suspendu sous le sous-projectile, etc. Selon l'invention, les parachutes sont enfermés dans des boites mé galliques qui possèdent , sur leur face supérieure, une languette dont l'arrachement provoque l'ouverture des boites. Pour faciliter la sortie des parachutes, ceux-ci sont liés aux languettes par un fil à casser, par exemple. Le système d'éjection du premier parachute est constitué, de préférence, par un piston en métal lourd, qui est éjecté par l'effet des gaz de combustion d'une charge de poudre noire allumée par une étoupille à retard, qui arrache la languette et sort ledit parachute qui est attaché à la partie supérieure d'une manille explosive. Selon l'invention, l'éjection du second parachute est assurée par le largage du premier parachute, résultant du fonctionnement de la manille explosive qui se sectionne en deux, arrache la languette de la deuxième boite métallique, et sort le second parachute. Selon l'invention, le le sous-projectile suspendu après le deuxième parachute est incliné d'un certain angle par rapport à la verticale, et les points d'accrochage des suspentes sont tels que le mouvement de rotation du parachute est communiqué au sous-projectile, permettant ainsi à l'axe du sous-projectile de décrire une spirale sur le sol au cours de sa descente, la vitesse de descente, la vitesse de rotation et l'angle d'inclinaison étant choisis tels que l'objectif ne puisse échapper à la détection par balayage en spirale. Selon l'invention, on fixe sur le sous-projectile, parallèlement à son axe, ou avec un léger calage angulaire, un détecteur de ltobjectif, du type infrarouge par exemple, qui repère la position de l'objectif et déclenche le fonctionnement de la charge militaire. Selon l'invention, la charge militaire doit être capable de fonctionner à des distances d'attaque allant jusqu'à 150 m par exemple ; c'est ainsi qu'il est prévu qu'elle soit de préférence du type à assiette déformable ou à noyau perforant lourd. Selon l'invention, le sous-projectile comporte une fusée de sécurités pyrotechniques et électriques, dont l'armement est commandé par l'ouverture du deuxième parachute. Selon l'invention, le corps du sous-projectile comporte > à sa péri phérie, un empilage d'anneaux fragilisés suivant des génératrices, par exemple par bombardement électronique, de manière à former des éclats lors du fonctionnement de la charge. Les éclats ainsi créés, lors du fonctionnement de la charge, procurent une efficacité supplémentaire contre des véhicules légers ou contre le personnel; dans le cas d'une non-détection de char, la charge fonctionne à quelques mètres au-dessus du sol, au moyen de la fusée de proximité, pour procurer cette efficacité supplémentaire. D'autres caractéristiques et avantages de cette invention ressortiront de la description faite ci-après, en référence aux dessins annexés, qui en illustrent un exemple de réalisation non limitatif. Sur les dessins - la Figure 1 est une coupe longitudinale selon 1-1 de la Figure 4, montrant la charge militaire d'un sous-projectile selon l'invention; - la Figure 2 est une vue extérieure longitudinale d'un sous-projectile, suivant la flèche F de la Figure 4, montrant la position de la pile, de la fusée de proximité et du détecteur de cible - la Figure 3 est une vue extérieure longitudinale suivant la flèche L de la Figure 4, montrant la position des deux parachutes - la Figure 4 est une vue suivant la flèche H de la Figure 1, montrant la position des divers éléments fixés sur le sous-projectile : le détecteur de cible, la fusée de proximité, les parachutes et leurs systèmes d'éjection - les Figures 5 et 6 sont des vues suivant 5-5 de la Figure 1, montrant les deux positions du volet de la fusée pyrotechnique, respectivement en position de transmission et en position d'interruption - la Figure 7 est une coupe selon 7-7 de la Figure 4, montrant la position du premier parachute, son système d'éjection et son point d'accrocharge - la Figure 8 est un schéma montrant le principe de fonctionnement d'un sous-projectile, depuis son largage jusqu'à l'attaque de la cible. En se référant aux Figures 1 à 4, on y a représenté une charge militaire selon l'invention, constituée d'un corps 1, d'un revêtement 2 en métal de préférence lourd, d'un empilage d'anneaux 3, qui sont pourvus de lignes de fragilisation longitudinales 3', d'une charge d'explosif 4, d'un amorçage 5, et d'un écran 6 de mise en forme de l'onde de détonation. Le corps 1 est renforcé à l'arrière par une bague 7 collée, et sur laquelle est fixée une fermeture 8 par des vis 9, et un boîtier de fusée pyrotechnique 10 par des vis 11. Ce boiter de fusée pyrotechnique comporte, selon l'invention, une amorce électrique 12, un doigt d'armement 13 commandé par l'ouverture du deuxième parachute, et un capot 14, qui renferme les éléments électriques nécessaires à la mise à feu de la charge, soit condensateurs, convertissueurs, etc., non représentés sur les figures. En se référant aux Figures 2 et 4, on y trouve représentés la fusée de proximité 15, la pile électrique 16 et le détecteur d'objectif 17. En se référant aux Figures 3, 4 et 7, on y trouve représentés la boite 18, renfermant le premier parachute 19 selon l'invention, et la boite 20, renfermant le deuxième parachute 21 selon l'invention, ainsi que les fils électriques 22, reliés à la pile électrique 16. Comme précisé plus haut, le parachute 19 est du type planant, et la parachute 21 est du type tournant, Les languettes 23 et 24 relient, d'une part, les parties supérieures des boîtes 18 et 20, et, d'autre part, par l'intermédiaire des vis 23' et 24', les systèmes d'éjection correspondants des parachutes 19 et 21. Selon l'invention, le système d'éjection du premier parachute 1 9 est constitué d'une étoupille 25, d'un retard 26, d'une charge de poudre noire 27 et d'un piston en métal lourd 28, l'ensemble se trouvant à l'intérieur d'un corps cylindrique 29. Ce parachute 1 9 est fixé sur la partie supérieure largable 30 d'une manille explosive. Selon l'invention, le système d'éjection du second parachute 21 est essentiellement constitué de la manille explosive, qui comporte, outre la partie supérieure 30, une partie inférieure 31, fixée par la vis 32 sur le sous-projectile. Ces deux parties peuvent se séparer sous l'effet du fonctionnement de 1' explosif 33. Selon l'invention, la sortie du parachute 19 est assurée par un fil à casser 34, qui est solidaire de la languette 23. Ce para chute est fixé en des points 35, 36 et 37, qui assurent l'inclinaison recherchée du sous-projectile par rapport à la verticale. En se réfetrantaux Figures 5 et 6, on y trouve représenté, selon l'invention, le volet 38 de la fusée, qui peut passer, sous l'action du ressort 39 mobile autour de l'axe 40, de la position interruption (Fig. 6) à la position transmission (Fig. 5). La Figure 8 donne un exemple non limitatif de fonctionnement d'un tel système d'arme antichar selon l'invention, depuis le largage d'un sousprojectile jusqu'à l'atteinte du char. Au moment du largage du sous-projectile en A, à une altitude choisie, la vitesse restante est V1, la roquette ayant été préalablement freinée par unparachute principal. Au cours d'un temps donné tl de chute libre jusqu'au point B, la vitesse devient V2 ~ V1, et l'altitude est inférieure à celle du point A. En B, le premier parachute 19, du type planant, s'ouvre, et l'on parvient au point C en un temps t2 ; la vitesse devient V3 En C, le deuxième parachute 21, du type tournant, s'ouvre, et l'on parvient au point D en un temps t3 ; la vitesse de descente devient V V3, vitesse très faible. La vitesse de rotation du sous-projectile 4 autour de la verticale est (quelques tours/s, par exemple), et l'altitude est encore plus faible. Entre cette altitude du point D et le point E situé sur le sol, le détecteur d'objectif 17, qui est animé d'un mouvement de roulis autour de la verticale, son axe faisant avec l'axe de rotation un angle o( très inférieur à a 30 90", par exemple inférieur ou égal/, balaye le terrain suivant une spirale, recherche et détecte ainsi la présence de l'objectif, par exemple un char. Ce dernier ayant été détecté, la charge fonctionne et envoie son éclat, noyau, dard, etc., contre le toit du char qu'il doit détruire. Bien entendu, cette invention n'est pas limitée à l'exemple de réalisation décrit et représenté, mais elle en englobe toutes les variantes. REVENDICATIONS 1)Tête militaire, notamment pour missile ou roquette antichar, du type comportant un ou plusieurs sous-projectiles largables et dispersables au-dessus d'une zone d'objectifs, notamment blindés, caractérisée en ce que chaque sous-projectile comprend au moins un parachute (19, 21), une charge explosive à effets dirigés (4) et un senseur détecteur d'objectif (17) solidaire du corps de cette charge, et en ce que ce senseur détecteur est fortement incliné vers le bas au cours de la chute, après largage du sous-projectile, et son axe est animé d'un mouvement de roulis autour d'un axe de suspension au parachute sensiblement vertical de manière à balayer le sol en spirale, détecter les objectifs et initier la charge dont les effets sont concentrés et dirigés vers le bas, vers l'objectif, c'est-à-dire vers la partie la moins protégée, telle que le toit d'un véhicule blindé, ce qui apporte un supplément d'efficacité considérable, par rapport à un tir effectué, toutes choses égales par ailleurs, selon une direction sensiblement horizontale, c'est-à-dire vers la partie des objectifs blindés habituellement la mieux protégée. 2) Tête militaire selon la revendication 1, caractérisé en ce que les sous-projectiles sont largués par effets aérodynamiques après découpage et départ de la tête, notamment par cordeau détonant. 3) Tête militaire selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que chacun des sous-projectiles comporte un parachute planant (19) assurant le freinage et la dispersion desdits sous-projectiles. 4) Tête militaire selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que chacun des sous-projectiles comporte un parachute tournant (21) assurant, après freinage et dispersion, la mise en rotation du sous-projectile, le roulis étant obtenu, par exemple, par un effet d'aube de turbine développé par la voilure dudit parachute. 5) Tête militaire selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que les parachutes (19, 21) sont disposés dans des boites métalliques (18, 20) comportant des languettes à arracher (23, 24), reliées aux parachutes par fil à casser (34). 6) Tête militaire selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que les système s d'éjection des parachutes sont constitués par un piston en métal lourd (28), solidaire de la languette, sur lequel agit une charge de poudre noire (27) , allumée par une étoupille électrique (25), et/ou par une manille explosive (30, 31) qui se sépare en deux éléments, et dont la partie supérieure est solidaire de la languette. 7) Tête militaire selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que chaque sous-projectile est incliné sur la verticale d'un angle ( 0( ) inférieur ou égal à 30", assurant, lorsqu'il est animé d'un mouvement de roulis lors de sa descente, le balayage du sol par son axe, sous forme d'une spirale. 8) Tête militaire selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que chaque sous-projectile est équipé d'une fusée de proximité (15) déterminant l'altitude au-dessus du sol à partir de laquelle les signaux du senseur détecteur d'objectif (17) doivent être pris en compte pour le fonctionnement de la charge explosive (4) du sous-projectile. 9) Tête militaire selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que la fusée pyrotechnique (10, 12) est armée par l'éjection d'un doigt (13) commandé de préférence par l'ouverture du parachute tournant (21). 10) Tête militaire selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que les charges explosives (4) intégrées aux sous-projectiles sont constituées, en tout ou partie, par des charges à assiette déformable génératrice de noyau perforant lourd. 11) Tête militaire selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en c e que le corps de charge explosive (4) de chaque sous-projectile comporte > à sa périphérie, un empilage d'anneaux (3), fragilisés par des lignes longitudinales équidistantes ou non (3'), de manière à former des éclats pseudocubiques lors du fonctionnement delta charge, et procurer ainsi une efficacité supplémentaire contre véhicules légers et contre le personnel. 12) Tête militaire selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en oe que, dans le cas d'une non-détection de l'objectif, les sous-projectiles fonctionnent à quelques mètres du sol sous l'effet de la fusée de proximité (15), de manière à procurer dans tous les cas une efficacité contre véhicule léger et contre le personnel.