«959 1 2122401 La présente invention concerne un détecteur de flux neutro-nique et gamma qui convient particulièrement aux mesures de flux neutronique et gamma dans les réacteurs nucléaires. Un détecteur de flux neutronique et gamma selon l'invention permet aussi de 5 dresser la carte des intensités du flux dans les coeurs de réacteurs. Le brevet des Etats-Unis 3.375.370, de J.W. Hilborn, décrit un détecteur de neutrons "auto-alimenté" capable de fonctionner à long terme dans le coeur d'un réacteur nucléaire . Le détecteur de neutrons "auto-alimenté" comporte, par exemple, un 10 émetteur central à base de rhodium, de vanadium ou d'argent, disposé coaxialement dans un collecteur en acier inoxydable,et de l'oxyde de magnésium (magnésie) servant d'isolation électrique entre l'émetteur et le collecteur. L'émetteur et le collecteur sont respectivement connectés à un dispositif de mesure de courant,par 15 l'intermédiaire des conducteurs intérieur et extérieur d'un câble coaxial. Lorsque le détecteur de neutrons est placé dans un flux neutronique,l'émetteur produit après absorption de neutrons des électrons énergétiques, tandis que le collecteur produit de la même 20 manière des électrons moins énergétiques que l'émetteur. Une différence de courants électriques est donc produite entre l'émetteur et le collecteur,et la valeur de cette différence de courants constitue une mesure de l'intensité du flux neutronique dans lequel est plongé le détecteur de neutrons. 25 Dans ce détecteur de neutrons, la source principale de neutrons énergétiques dans l'émetteur est due à la décroissance bêta des produits de capture des neutrons absorbés. La plus grande partie de la réponse, c'est-à-dire le courant électrique enregistré par le dispositif de mesure de courant,est donc retardée d'une 30 constante de temps égale à 1,44 fois la période des produits de capture. D'autres propositions concernant ce type général de détecteurs ont porté sur l'augmentation de la vitesse de réponse. Selon une de ces propositions,le détecteur de neutrons,qui est principa-351ement sensible au flux neutronique,dépend de l'émission par le cobalt d'électrons produits paf^fèkto-électrique et par interaction-Compton, lesquels sont produits dans le cobalt par capture de rayons gamma qui s'y trouvent. La réponse de ce détecteur est pratiquement prompte à 100$ au début de son exposition dans un flux 40 neutronique,mais la composition du signal devient complexe après 71 42959 2 2122401 une longue exposition à un flux neutronique de forte intensité, à cause de l'émission retardée par le cobalt des produits de capture Co^° et Co^1. On a proposé plus récemment un détecteur gamma ayant une 5 faible sensibilité au flux neutronique, c'est-à-dire dont l'émetteur présente une faible section de capture neutronique,tel qu'un émetteur au zirconium. La sortie rapide d'un courant électrique de ce détecteur dépend de la production et de l'interaction subséquente d'électrons dans les constituants de nombres atomiques dif-10 férents de l'émetteur et du collecteur. Dans un flux gamma des électrons énergétiques sont aussi produits dans ce type de détecteurs, par suite de l'effet photo-électrique et d'interaction-Compton;dans l'élément ou constituant ayant le plus grand nombre atomique, il se produit le plus grand nombre d'électrons énergé-15 tiques. En conséquence,l'intensité du courant indiquée par le dispositif de mesure de courant dépend de la différence entre les nombres atomiques des matériaux dont sont faits l'émetteur et le collecteur . Le principal inconvénient d'un détecteur gamma possédant 20 émetteur au zirconium est d'une part la faiblesse de son courant électrique de sortie, et d'autre part la difficulté connexe qu'il présente pour éliminer de la sortie les courants électriques retardés du fait de l'activation des impuretés contenues dans les constituants de l'émetteur et du collecteur. On a constaté 25 que la pire impureté était le manganèse dans le collecteur, et que, dans le meilleur Inconel de la qualité "pour réacteurs",une simple concentration maximale de 0,2$ en poids de manganèse produisait dans le courant électrique de sortie du détecteur une composante de sortie à 2 heures 1/2,ce qui s'élève à environ 15$ du courant 30 électrique de sortie total. L'Inconel de qualité "réacteur" (qualité nucléaire ) est un alliage à base de nickel contenant du chrome et du fer, dans lequel la proportion de cobalt est limitée en poids à 0,1$ au maximum , et, comme indiqué ci-dessus,la proportion de manganèse est inférieure à 0,2$ au maximum. La question 35 de savoir laquelle des mesures d'intensité de flux, neutronique ou gamma,est la plus avantageuse est actuellement controversée, et la réponse dépend beaucoup de l'application à laquelle est destiné le détecteur. Chacune de ces deux mesures est finalement liée au taux de fission et toutes deux ont été utilisées avec des avanta-40 ges donnés, pour des mesures de puissance dans des réacteurs nu - 71 42959 3 2122401 eléaires. Dans bien des cas, les intensités des flux neutronique et gamma sont étroitement proportionnelles, et ne diffèrent que d'un faible pourcentage l'une de l'autre, parce que la majeure partie de l'intensité du flux gamma provient de la capture de neu-5 trons dans les composants du réacteur. Si on impose aux détecteurs de répondre à l'une ou à l'autre des intensités de flux neutronique ou de flux gamma, il est actuellement difficile de trouver pour l'émetteur,parmi les éléments existant dans la nature, des matériaux ayant des earactéris-10 tiques supérieures à celles de ceux qui ont été indiqués plus haut,lorsque l'on tient compte en outre des bonnes propriétés physiques et mécaniques requises. Il a été maintenant découvert que, si l'on accepte d'envisager un détecteur qui réponde simultanément aux intensités d'un 15 flux mélangé, c'est-§-dire simultanément des flux neutronique et gamma ,pour des émetteurs de quelques éléments,la sortie sous forme de courant électrique total prompt en réponse à une intensité de flux pouvait être relativement grande par rapport à celles de détecteurs connus, et qu'elle pouvait être en fait, suffisamment 20 élevée pour atteindre environ 95$. L'invention se propose donc de fournir un détecteur de flux qui répondra simultanément et totalement de manière prompte, aux intensités d'un flux neutronique et gamma,en produisant une sortie de courant électrique ayant une valeur dépendant à la fois 25 des intensités des flux neutronique et gamma d'un champ. Selon 1'invention,un détecteur de flux neutronique et gamma,comportant un émetteur électriquement conducteur qui produit un courant électrique lorsqu'il est exposé dans un flux neutronique et gamma,un collecteur électriquement conducteur qui produit, 30 lorsqu'il est exposé dans le même flux neutronique et gamma,un courant électrique de valeur différente de celle de l'émetteur, un matériau d'isolation électrique isolant électriquement l'émetteur du collecteur, et des moyens pour mesurer, à titre d'indication, de l'intensité du flux.neutronique et ganrnia auquel est exposé le 35 détecteur, la valeur d'une différence de courants électriques entre l'émetteur et le collecteur,ledit détecteur étant caractérisé par le fait que l'émetteur est constitué par du platine,du cerium de l'osmium ou du tantale. Les détecteurs de l'invention sont particulièrement avan-40 tageux dans les réacteurs rapides dans lesquels le flux de neu 71 42559 4 2122401 trons thermiques est faible mais le flux de rayons gamma intense. On est en droit d'admettre qu'actuellement on ne dispose pas de détecteur de neutrons rapides équivalent, et qu'un détecteur de neutrons lents tel qu'un détecteur au cobalt serait sujet à des 5 interférences considérables par les rayons gamma,notamment parce que la sensibilité aux rayons gamma est de polarité inverse de celle de la sensibilité au flux de neutrons. Un détecteur selon l'invention possédant un émetteur en platine répondra d'autre part principalement aux rayons gamma lorsqu'il sera utilisé dans les 10 dites conditions. On a décrit ci-après, en se référant aux dessins annexés, divers exemples de réalisation de l'invention. Dans les dessins: Pig.l est'une vue en coupe en long d'un détecteur de flux neutronique et gamma; 15 Fig.2 est un graphique du courant électrique de sortie du détecteur de la figure 1, tracé en fonction du nombre atomique du matériau constituant l'émetteur; Fig.3 est un graphique qui représente la probabilité d'échap peinent bêta du détecteur de figure 1, en fonction d'une grandeur 20 empirique dépendant du matériau constituant l'émetteur; Fig.4 est un graphique de la sensibilité relative,par rapport à sa sensibilité initiale,du détecteur de la figure 1,possédant un émetteur en platine,en fonction de la durée d'irradiation; Fig.5 est un graphique de la sensibilité relative, par rap-25 port à sa sensibilité initiale, du détecteur représenté sur la figure 1,possédant un émetteur en tantale, en fonction de la durée d'irradiation. A la figure 1, on voit un émetteur électriquement conducteur 1 qui produit un courant électrique lorsqu'il est exposé dans un 30 flux neutronique et gamma,un collecteur électriquement conducteur 2 qui produit un courant électrique de valeur différente de celle de l'émetteur lorsqu'il est exposé dans le même champ neutronique et gamma,un matériau électriquement isolant 3 , isolant. électriquement l'émetteur 1 du collecteur 2,et des moyens 4 pour mesurer S5 l'amplitude d'une différence de courants électriques entre l'émetteur 1 et le collecteur 2,à titre d'indication des intensités du flux neutronique et gamma dans lequel le. détecteur est exposé. L'émetteur est constitué d'un matériau tel que le platine, le cérium, l'osmium ou le tantale et est de préférence du platine. 71 42959 5 2122401 Ce détecteur de flux neutronique et gamma a été prévu pour être utilisé dans le coeur d'un réacteur atomique où existe une radiation mixte; le métal du collecteur 2 était l'un de ceux commercialement disponibles et qui contiennent le moins grand 5 nombre d'éléments, en des quantités, s'activant d'une manière appréciable dans un flux neutronique et gamma. Pour cette raison un collecteur 2 été fait en un matériau tel que le titane, l'acier inoxydable, des alliages à base de nickel et des alliages à base de chrome, ledit matériau contenant moins de 0,1$ en poids de co-10 balt, et moins de 0,2$ en poids de manganèse. Le matériau préféré pour le collecteur a été un alliage à base de nickel contenant en poids 76$ de nickel, 15*8 $ de chrome, 1,20% de fer, 0,20$ de silicium, 0,10$ de cuivre, 0,007$ de soufre, et 0,04 $ de carbone, avec moins de 0,1$ en poids de co-15 balt et moins de 0,2$ en poids de manganè^s. Les produits activateurs qui sont /émetteurs bêta ne conviennent pas pour ce type de détecteurs, ce pourquoi il aurait é;fcé opjKg'tm^^e limiter la proportion de manganèse à moins de 0,05 ffl, mais un tel alliage à base de nickel ne pouvait être 20 trouvé sur le marché que par une coulée spéciale, ce qui n'a pas été fait. On n'utilise de préférence pas un collecteur 2 en aluminium là où existe un flux de neutrons,du fait des émissions beta relativement élevées de l'aluminium dans un flux neutronique par 25 rapport à celle des matériaux précités. Plus spécifiquement,un émetteur 2 en platine, long de 300 cm et de 0,508 cm de diamètre,entouré d'une isolation électrique 3 en poudre d'oxyde métallique comprimée,par exemple de la poudre d'oxyde de magnésium,était enclos dans un collecteur tubu-30 laire ayant un diamètre extérieur de 1,57mm ,une épaisseur de paroi de 0,254 mm,en alliage à base de nickel comprenant en poids 76$ de nickel, 15*8 $ de chrome, 7*20$ de fer, 0,20$ de silice, 0,10$ de cuivre, 0,007$ de soufre et 0,04 $ de carbone,avec moins de 0,1$ en poids de cobalt et moins de 0,2$ en poids de manganèse. 35 Le collecteur tubulaire 2 possédait une extrémité 5 fermée. L'émetteur 1 avait une extrémité aplatie 6 reliée par un joint métallurgique 8 à un conducteur intérieur 10 d'un câble coaxial 12. Un manchon métallique de raccord 14 était glissé sur l'extrémité du collecteur tubulaire 2 et sur une extrémité d'un 40 conducteur extérieur 16 du câble coaxial 12,éléments sur lesquels 71 42959 6 2122401 il était scellé par des scellements électriquement conducteurs constitués respectivement par les brasures 18 et 20.Le conducteur extérieur 16 et le manchon de raccord 14 étaient dans le même alliage à base de nickel que le collecteur tubulaire 2. L'espace 5 compris entre le manchon de raccord d'une part, et l'émetteur 1 et le conducteur intérieur 10 de l'autre, était lui aussi complètement rempli d'oxyde de magnésium. L'assemblage complet était hermétiquement scellé par un scellement 11,par exemple constitué d'une résine époxylique ou d'un scellement en verre effectué,au lObesoin,après dégazage. Les moyens 4 comprennent un appareil de mesure de courant électriquement relié au conducteur intérieur 10 et av. conducteur extérieur 16. Calcul du courant de sortie de réponse du détecteur. 15 Le calcul de la sortie émanant de chacun des trois méca nismes principaux producteurs de courant repose sur des données de expérimentales directes résultant/plusieurs années d'expériences faites avec des détecteurs de chaque type de base, et nécessite donc un niveau de confiance supérieur à celui actuellement possi-20 ble avec les seules méthodes analytiques. L'évaluation est basée sur un détecteur construit selon la figure 1, qui correspond en dimensions à ceux qui ont fourni les données expérimentales.Les composantes du courant de sortie sont calculées pour un flux thermique de 1,0 x 10^ n.cm~^.s~^,accompagné d'une intensité de ra» 8 -1 25 yons gamma de 1,2 x 10 rad.h ,qui sont les conditions typiques du modérateur d'ion réacteur à eau lourde et à uranium naturel. A titre comparatif, on a inclusplusieurs éléments qui ne sont pas acceptables à cause de leur important»* retard de sortie' . La composante de rayons gamma dans le courant de sortie. 30 Les courants de sortie dus aux rayons gamma I^ extraits de la courbe expérimentale de figure 2 où le courant de sortie est représenté en fonction du nombre atomique du matériau de l'émetteur, sont indiqués au tableau I ci-après : TABLEAU I 35 Matériau émetteur Nombre atomique XPdT (Ce) (Ta) (W) (0s) (Pt) TE 58 73 74 76 78 1^ CnA) Palladium 75 170 335 350 375 400 Cerium Tantale Tungstène Osmium Platine 71 42959 7 2122401 La composante prompte de capture de neutrons dans le courant de sortie Le courant de sortie Ins^ dû à l'émission électronique en tant que résultat de la capture de neutrons dans le matériau de l'émetteur peut s'exprimer par l'équation k N fi- 0 M e o v Iny A dans laquelle : k est l'efficacité de conversion électronique nette; (la valeur 10 utilisée était 0,018 ,obtenue avec un émetteur au cobalt dans la réalisation représentée de la figure 1). Nq est le nombre d'Avogadro = 6,02 x 102^ atomes/mole ; Ç~ est la section efficace de capture de neutrons thermiques de £ l'émetteur avec ses abondances isotopiques naturelles; 15 ¥ est le flux de neutrons thermiques; M est la masse du matériau émetteur; e est la charge de l'éleetron = 1,59 x 10'^C; A est le poids atomique du matériau de l'émetteur. Le tableau 2 ci-dessous donne, pour les divers émetteurs, 20 les valeurs calculées en utilisant la formule ci-dessus : TABLEAU II Matériau d'émetteur M A In^ CnA) 96 8,0 7,4 106,4 0,73 4,2 140,0 3,8 21,1 10,1 180,9 205 19,2 11,8 183,8 213 15,3 13,7 190,2 192 10,1 13,0 195,1 117 Palladium (Pd) Cerium (Ce) 2$ Tantale (Ta) Tungstène (Tu) Osmium (0s) Platine (Pt) La composante de rayons b€ta dans le courant de sortie. 30 Le courant de sortie à 1'équilibre I y est donné pour chaque produit de capture émetteur bêta, en considérant seulement la première capture par : N cr" 0 M e R P I = _ n£ A Nq, , M, e et A ont les significations ci-dessus; R est l'abondance de chaque parent isotopique; P est la probabilité d échappement bêta. 35 où 71 42959 8 2122401 La probabilité d'échappement bêta a été obtenue à partir de la courbe représentée en figure 3,dans laquelle la probabilité d'échappement bêta est donnée en fonction de l'abscisse P d/E2, où est la densité de l'émetteur en grammes par centimètre cube, 5 d est le diamètre de l'émetteur en centimètres et E l'énergie bê- p ta maximale en MeV. Lrabscisse ^ d/E est une grandeur empirique dont on a constaté qu'elle représentait d'une manière satisfaisan te les valeurs expérimentales de l'efficacité d'échappement pour plusieurs éléments différents. 10 Les courants bêta calculés sont indiqués sur le tableau III ci-dessous • TABLEAU III Matériau émetteur R ' (nA) Palladium (Pd) 109 12 0,267 -H 0,08 170 15 (Pd) 111 0,2 0,118 0,36 5,6 (Pd) 111m 0,04 0,118 0,30 0,9 Cerium (Ce) 141 0,6 0,885 0,03 4,6 (Ce) 143 l 0,111 0,18 5,7 Tantale (Ta) 182 21- 1,0 0,04 44,8 20 Tungstène (W) 185 2,1 0,306 0,0015 0,6 (w) 187 40 0,284 0,081 561 Osmium (Os) 191 3,9 0,264 0,000(1) 0,07 (Os) 193 1,6 0,41 0,05 22,5 Platine (Pt) 197 0,9 0,252 0,02 2,9 25 (Pt) 199 4 0,072 0,12 22 Les contributions de chacun de ces trois mécanismes au signal sont résumées sur le tableau IY. Pour deux des éléments,le palladium et le tungstène, la sortie différée due à la décroissan ce bêta est de plus de 50$ du signal total et est inacceptable.Ce 30 pendant, pour les autres -cérium,tantale, osmium et platiney la sortie différée peut être tolérée, quoique assez faible et, en fait, très inférieure à celle du détecteur actuel au zirconium. Le dernier choix entre les quatre éléments éépend des propriétés qui sont importantes pour l'utilisateur, telles que 35sensibilité total.e, changement de sensibilité avec le .temps et période des composants retardés. Le cérium change peu avec l'irradiation,non seulement parce que sa section efficace est faible mais aussi parce que seulement 2$ de sa sortie est sujette à dé- plétion;cependant ,sa sensibilité est faible. Pour le platine,la 40 période courte du composant retardé peut être un avantage et sa 71 42959 9 2122401 sensibilité totale est él-evée. La perte de sensibilité par irradiation d'tm détecteur ayant un émetteur cte platine est représentée en figure 4, en fonction de la sensibilité initiale et de la durée d'irradiation en années et l'on voit que la dite perte 5 est modérée. La perte maximale est de 22$, dont 90$ -sont dûs 195 au Pt ^,avec une section efficace de 27 barns. Pour l'osmium, 33$ de la sortie est sujette à déplétion,mais il n'est pas actuellement possible d'en estimer le taux car la section efficace de la plupart des isotopes qui y contribuent n'est pas connue. 10 TABLEAU IV Composants dans le courant de sortie en pourcentage du total Matériau émetteur Total Sortie (nA) Prompt Retardé (mnY w W T 1/2 15 Palladium (Pd) 348 21 28 49 13,5 H 1,6 22 min. 0,3 5,5h Cerium (Ce) 184 92 2 2,5 33 i. 3,1 33 h. 20 Tantale (Ta) 585 57 35 7,7 115 j. Tungstène (W) 1125 31 19 0,5 75 j. 50 24 h. Osmium (0s) 590 64 33 0,01 15 j. 3,8 31 h. 25 Platine (Pt) 542 74 22 0,5 19 h. 4,1 30min. Le comportement du tantale sous irradiation est plutôt insolite du fait de la longueur de la période et de la grande section efficace du principal produit de capture, Ta (1153, lOp 30 8000 barns). Aussi Ta brûle-t-il presqu'aussi vite qu'il est produit et la composante bêta nette est-elle inférieure au dixième de la valeur indiquée au tableau IV. De plus, les rayons gamma de seconde capture ajoutent presque un tiers à la sensibilité initiale. Le comportement calculé du tantale est représenté 35 en figure 5 où la sensibilité est représentée en fonction de la sensibilité initiale et en fonction du temps d'irradiation en années. Alors .que l'augmentation brusque de sensibilité pendant la première a;inée peut être considérée comme orne complication inopportune, la proportion de sortie prompte est la plus élevée 40 du groupe,-supérieure à 99$- et, autant qu'on puisse le voir,elle 71 42959 10 2122401 ne devrait pas diminuer d'une manière appréciable après une longue exposition. Evaluation expérimentale. Le platine a été choisi comme matériau d'émetteur pour une 5 évaluation prototype, en tant que possédant les propriétés les plus généralement acceptables. Deux détecteurs du type de la figure 1 ont été réalisés avec des diamètres d'émetteurs un peu inférieurs à la valeur nominale, savoir 0,432 mm au lieu de 0,508 mm, mais cela n'affecte pas sérieusement leurs caractéristiques . Les 10 données ci-dessous reposent sur des essais pour lesquels les deux détecteurs étaient installés dans des réacteurs à uranium naturel. Pour toutes les irradiations, les détecteurs ont été étroitement serrés dans des tubes d'un diamètre extérieur de 9,52mm, en alliage métallique contenant en poids 1,20 à 1,70$ d'étain, 15 0,07 à 0,20$ de Fer, 0,05 à 0,15$ de chrome, 0,03 à 0,08$ de nickel, 1000 à 1400 ppm d'oxygène, le reste étant du zirconium sous réserve des impuretés. La sensibilité gamma atteignait en moyenne 3,4 x A/Crad.h"1) à 1,25 MeV et 2,8 x 10~15 A/(rad.h-1) à 0,25 MeV, 20 d'après des mesures faites avec une cellule gamma au Co^°. La valeur à faible énergie était obtenue dans un essai sous éccan impliquant une composante d'intensité plus faible,entraînant une moins bonne précision.Cependant cette dernière valeur indique que la sensibilité du détecteur à émetteur au platine est beaucoup 25 moins dépendante de l'énergie que,par exemple, celle d'un détecteur ayant un émetteur au zirconium. D'après le tableau IV, la sensibilité totale calculée pour un émetteur au platine de 0,508 mm de diamètre dans un réacteur —21 —2 —1 est de 5,4 x 10 A/(n.cm~ .s" ). Pour un émetteur du diamètre 30 réellement utilisé (0,432mm) , elle serait de 4,4 x 10~21 —2 —1 A/(n.em~ .s" ). La sensibilité mesurée dans le réacteur de re- -21 -2 -1 cherche NRU était de 3,7 x 10 A/(n.cm .s ),ce qui constitue une concordance satisfaisante. Pour la fraction retardée, la moyenne des trois mesures 35 était de 5,3 % par rapport à la valeur calculée 4,6$. Les quatre mois d'irradiation dans un flux d'environ 14 -2 -1 10 n.cm .s ont été trop courts pour produire une décroissance observable de la sensibilité , celle-ci ne devant être,d'après l'estimation de figure 4,que d'environ 2$ pendant la première 40 année. 71 42959 ii 2122401 L'invention fournit donc des détecteurs de flux neutronique et gamma ayant des émetteurs en platine, cérium,osmium ou tantale, matériaux qui étaient jusqu'ici jugés impropres pour des émetteurs de détecteurs du genre connu comme à "auto-alimenta 5 tion".Les détecteurs de l'invention sont caractérisés par les pro priétés favorables suivantes: - bonne sensibilité -composante prompte voisine de 95$ ou plus -sensibilité dans un réacteur due partiellement aux 10 rayons gamma et partiellement à la capture de neutrons -décroissance faible ou modérée de la sensibilité avec la durée d'irradiation -réponse sensiblement constante à l'énergie gamma. On constate qu'il n'y a pas,pour que le détecteur soit 15 construit coaxialement comme représenté à la figure 1,d'autres raisons essentielles que la commodité d'une méthode de fabrication confirmée pour les détecteurs de ce type et bien connue.Les détecteurs de l'invention peuvent être construits par exemple en sandwich aplati ou en rouleau. 71 42959 12 2122401 -REVENDICATIONS- 1. Détecteur de flux neutronique et gamma, comprenant ton émetteur électriquement conducteur qui produit un courant électrique quand il est exposé dans tin champ neutronique et gamma,un collecteur électriquement conducteur qui produit un courant 5 électrique de valeur différente de l'émetteur lorsqu'il est exposé dans le même flux neutronique et gamma,un matériau d'isolation électrique isolant l'émetteur du collecteur,et des moyens pour mesurer, à titre d'indication de l'intensité du flux neutronique et gamma auquel est exposé le détecteur,la valeur d'une différence 10 de courants électriques entre l'émetteur et le collecteur,ledit détecteur étant caractéri-sé en c'e que l'émetteur est du platine, du cérium,de l'osmium ou du tantale. 2. Détecteur selon la revendication 1,caractérisé en ce que l'émetteur est un fil,le collecteur est de forme tubulaire, et 15 est disposé coaxialement autour de l'émetteur,et l'isolation électrique entre l'émetteur et le collecteur est une poudre d'oxyde métallique comprimée. j5. Détecteur selon la revendication 2,caractérisée en ce que l'isolation est de la poudre d'oxyde de magnésium. 20 4. Détecteur selon la revendication 2,dans lequel le collecteur est en titane, acier inoxydable, alliages à base de nickel,ou alliages à base de chrome,renfermant moins de 0,1$ en poids de cobalt et moins de 0,2$ en poids de manganèse. 5. Détecteur selon la revendication 2,caractérisé en 25 ce que le collecteur est en un alliage contenant en poids 76$ de nickel,15,8 $ de chrome, 7,2 $ de fer, 0,20 $ de silicium, 0,10$ de cuivre, 0,04 $ de carbone et 0,007 $ de soufre, avec moins de 0,1 $ en poids de cobalt et moins de 0,2$ de manganèse.