L'invention concerne un plancher à poutrelles et corps creux ou entrevous en béton, particulièrement un tel plancher dans lequel la face inférieure des entrevous ne comprend pas de protection complémentaire contre le feu, comme un enduit de plate ou une plaque de pitre rapportée. Dans le cas d'un incendie, un un tel entrevous, fortement chauffé sur une de ses faces pendant les premières minutes du sinistre, subit une action purement mécanique de cisaillement par suite d'un effet analogue à celui'une bilame et qui tend à le dégrader ou le détruire, méme si le matériau constitutif ne présente pas de phénomène de dégradation chimique (décarbonatation) ou d'écaillage, ce dernier résultant du dégagement brusque de vapeur d'eau. Pour éviter cet effet, qui diminue la résistance au feu d'un plancher, l'entrevous selon l'invention présente une partie jouant le rôle de point fixe à l'égard de la dilatation de la paroi inférieure, et des parties de plus faible résistance mécanique prévues pour constituer des zones de rupture préférentielles de l'entrevous sous l'effet de la dilatation, ces zones étant disposées de manière que leur rupture- n'entratne pas la chute de la paroi inférieure L'invention prévoit qu'à la résistance mécanique de la partie jouant le r81e de point fixe contribue une armature incorporée dans le béton constitutif de l'entrevous. Dans une variante, l'entrevous est en outre muni d'un dispositif d'appui permettant sa libre dilatation. Dans la description qui suit, faite à titre d'exemple, on se réfère aux dessins annexés, dans lesquels : - la figure l est une vue en coupe d'un entrevous classique - la figure 2 montre ledit entrevous après sa rupture en cas d'incendie ; - la figure 3 est une vue en coupe d'un entrevous selon l'invention ; - la figure 4 est une vue de face d'une armature utilisée dans la constitution de l'entrevous ; - la figure 5 est une vue d'une partie de plancher avec un entrevous selon l'invention, pour une autre forme de réalisation - la figure 6 est une vue analogue à la figure 5, mais pour encore une autre forme de réalisation - la figure 7 montre une partie constitutive d'un entrevous pour une variante - la figure 8 est relative à une autre réalisation d'un entrevous. Un entrevous ou hourdis classique, qu'il soit en béton de granulats, lourds ou légers, ou en céramique, présente une section transversale 10, comme montré sur la figure 1. I1 comprend une paroi extérieure, des cloisons intérieures verticales et des cloisons intérieures horizontales en nombre variable ayant sensiblement la même épaisseur e. La paroi supérieure 11 et la paroi inférieure 12 sont reliées par les parois latérales 13 et 13a présentant des épaulements 14 et 14a par l'intermédiaire desquels l'entrevous repose sur des poutrelles, habituellement en forme de T renversé, Les parois latérales 13 et 13a présentent des parties inférieures 15 et 15a sensiblement parallèles aux parois intérieures verticales 16. Dans le cas d'entrevous de grande hauteur, on prévoit quelquefois des parois horizontales intermédiaires comme montré en 17. Les entrevous sont associés à des poutrelles 20 et à une table de compression 30, de sorte qu'ils sont immobilisés en leur face supérieure 32, leurs faces obliques 31 et 33 des parties de raccprdement entre la paroi supérieure 11 et les parties à épaulement 14. Par contre, la paroi inférieure 12 est libre. Lors d'un incendie, la paroi 12 est soumise à une brusque élévation de température sur sa face inférieure. Elle se dilate et l'entrevous se brise comme montré sur la figure 2 : les cloisons 15, 15a, ainsi que les cloisons 16 sont cisaillées, étant incapables de supporter les flexions engendrées par la dilatation de la paroi inférieure 12. La rupture survient habituellement dans les dix premières minutes de l'incendie et affaiblit considérablement la qualité de coupe-feu du plancher. Elle entrain la ruine prématurée de l'ouvrage. L'entrevous selon l'invention, de préférence en béton, a un contour extérieur identique à celui d'un entrevous classique. I1 comporte une paroi supérieure 111 mince et une paroi inférieure 112. Celle-ci est épaisse et est reliée par des parois latérales 113 et 113a, de préférence minces, et présentant des épaulements 114 et 114a à la paroi supérieure 111. Les parois latérales 1'3 et 113a ont des parties inférieures de faible épaisseur 115 et 115a pour constituer des zones de rupture préférentielles. Le cloisonnement intérieur de l'entrevous ou hourdis comprend une paroi verticale médiane 116, de forte épaisseur, deux parois horizontales intermédiaires 117 et 117a, de part et d'autre de la paroi épaisse 116, et des parois verticales 118, lîsa entre la paroi supérieure 111 et les parois intermédiaires 117 et 117a. La paroi verticale médiane épaisse 116 est renforcée par une armature métallique 120, ou épingle, en forme de cadre rectangulaire (figure 4) en fil d'acier de petit diamètre. L'entrevous est utilisé de la même façon qu'un entrevous classique. Dans le cas d'un incendie, la paroi inférieure 112 se dilate de part et d'autre de la cloison médiane épaisse 116 à résistance mécanique élevée. Les zones 115 et 115a relativement minces peuvent se briser par flexion, jouant un r81e analogue à celui de fusibles d'un circuit électrique. Après rupture des zones 115, la paroi 112 reste suspendue et joue encore son rôle de coupe-feu. D'excellents résultats ont été obtenus avec une paroi 112 qui, pour un entrevous ayant une dimension de 50 x 20 cm sur sa face inférieure, a une épaisseur de 3 cm. L'entrevous selon l'invention est fabriqué de façon classique à la presse. Un distributeur associé au tiroir d'épandage du béton met en place les épingles 120 dans la cloison épaisse 116. Dans la forme de réalisation montrée sur la figure 5, l'entrevous comprend une languette 112a qui prolonge la paroi inférieure 112 sous la poutrelle 20 en ménageant un vide entre la face inférieure 21 de celle-ci et la face supérieure 130 de la languette 112a. Dans cet intervalle est logé un isolant thermique 125, comme une laine minérale. On prévoit également que les logements 126,127, 128, 129 intérieurs à l'entrevous sont emplis d'isolant, avantageusement une mousse phénolique qui est injectée directement à la sortie de la channe de fabrication des hourdis. Dans le cas d'un incendie, les parties relativement minces 115 et llSa se brisent mais la paroi 112 ne bascule pas : elle est retenue par les parois des hourdis adjacents 112 et 113. On se réfère maintenant à la figure 6. Dans cette forme de réalisation, l'entrevous est en un granulat ne subissant pas de décarbonatation, tel que du schiste expansé ou du laitier expansé. I1 comprend une feuille préformée 150 immobilisée sur l'entrevous par des nervures 151 et 152 qu'elle présente et coopérant avec des rainures des faces en regard due l'entrevous. La feuille 150 assure un glissement à frottement doux entre l'entrevous et la poutrelle 20. Elle est avantageusement en matière plastique. L'entrevous est coiffé par un chapeau 160 en matériau isolant, tel que laine- minérale ou mousse phénolique, qui évite tout contact dans les zones montrées en 161 et 162 entre le béton coulé de la table de compression 30 et l'entrevous. Lors d'un incendie, l'ensemble du hourdis peut se dilater librement dans la direction horizontale et dans la direction verticale. Compte tenu de l'isolation thermique de l'ensemble, l'effet de bilame subsiste, la présence de la partie épaisse 116 évitant l'éclatement du hourdis. Dans la réalisation montrée sur la figure 6, le moyen de glissement est prévu pour une seule poutrelle, mais on prévoit une réalisation où un hourdis présente un tel moyen de glissement de part et d'autre, pour la coopération avec les deux poutrelles d'ap- pui. Dans la forme de réalisation montrée sur le figure 7, un même élément constitue une feuille de glissement 150b et un isolant complémentaire 125b interposé entre la languette 112a et la poutrelle. Cet élément peut être une mousse alvéolaire rigide préformée. Dans la réalisation montrée sur la figure 8, les parties inférieures 115, 115a des parois latérales sorit remplacées par une plaque 180, 180a de matériau mousse adhérant aux parois et qui assure la stabilité de forme à froid.- La stabilité de forme à chaud est assurée comme dans les autres réalisations. Les plaques 180 et 180a adhèrent aux parois horizontales intermédiaires 117 et 117a le long des surfaces 181 et 181a et à la paroi inférieure 112 le long des faces 182 et 182a de celle-ci. La mousse est mise en place dans la machine à mouler les entrevous après moulage de ceux-ci, ou bien après séchage à la sortie du tunnel d'étuvage, avant l'empilage sur les palettes de transport. REVENDICATIONS 1. Hourdis de plancher à poutrelles avec une paroi supérieure et une paroi inférieure reliées par des parois latérales à épaulement pour l'appui sur les poutrelles-et des parois verticales intermédiaires, caractérisé en ce qu'il comprend une paroi verticale médiane suffisamment résistante mécaniquement pour servir d'appui aux deux parties de la paroi inférieure situées de part et d'autre, lesquelles se raccordent aux parois latérales par des parties relativement minces constituant des zones de rupture préférentielles dans le cas d'une dilatation de la paroi inférieure sous l'effet d'un incendie. 2. Hourdis selon la revendication 1, caractérisé en ce que la cloison médiane résistante est épaisse. 3. Hourdis selon la revendication 1 ou la revendication 2, caractérisé en ce que la cloison médiane est armée. 4. Hourdis selon la revendication 3, caractérisé en ce que l'armature de la cloison médiane est un cadre en fil d'acier. 5. Hourdis selon la revendication 1, caractérisé en ce que la paroi inférieure est prolongée par une ailette ménageant un intervalle avec la face inférieure d'une poutrelle d'appui. 6. Hourdis selon la-revendication 5, caractérisé en ce qu'une mousse isolante est logée dans ledit intervalle. 7. Hourdis selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comprend une plaque facilitant son glissement sur la surface d'appui de la poutrelle. 8. Hourdis selon la revendication 7, caractérisé- en ce que ladite plaque est monobloc avec la mousse interposée entre l'ailette et la face inférieure de la poutrelle d'appui. 9. Hourdis selon la revendication I, caractérisé en ce que sa paroi inférieure est reliée à une partie supérieure alvéolaire par la cloison médiane. 10. Hourdis selon la revendication 9, caractérisé en ce qu'une plaque en mousse isolante est logée dans l'intervalle entre la partie supérieure alvéolaire et la paroi inférieure. 11. Hourdis selon la revendication 7, caractérisé en ce que la paroi inférieure se prolonge par une ailette sur laquelle est une couche de mousse isolante prolongeant la plaque isolante. 12. Plancher comprenant un hourdis selon l'une quelconque des revendications 1 à 11. 13. Plancher selon la revendication 12, caractérisé en ce que le hourdis a une face supérieure à deux versants et est coiffé par une mousse isolante s'appliquant contre le corps de poutrelle.