La présente invention concerne un papier dit de sécurité permettant de déceler tout faux en écritures et en particulier un papier utilisable pour la réalisation de titres de paiement manuscrits ou tapés à la machine, de chèques et de documents officiels, etc. On connaît déjà de tels papiers comportant à leur surface ou dans leur masse un agent ou une composition chimiques destinés à réagir avec les agents ou les compositions chimiques généralement utilisés par les fraudeurs pour effacer les écrits, inscriptions, tampons, etc., que-comporte le titre, le document ou la pièce à falsifier. De telles réactions conduisent à l'apparition, sur le papier, de taches ou de traces colorées facilement repérables ou décelables déjà à l'oeil nu et qutil n'est plus possible de faire disparaitre. Les agents chimiques actuellement utilisés appartiennent à des classes diverses allant des composés réagissant avec les agents à caractère acide ou basique pour donner une coloration fonction du pH, soit du ou des agents effaceurs d'encre utilisés, soit du nouveau pH conféré au papier après les différentes opérations auxquelles le papier a été soumis au cours des tentatives de falsification, aux composés donnant, après réaction, une fluorescence ou une coloration caractéristique. Ces produits sont incorporés dans la masse du papier avant sa formation et/ou par couchage, surfaçage, imprégnation de la feuille à l'aide d'un bain contenant le ou les produits en question. Or, la présente invention vise l'application d'une classe de composés que l'on sait utiliser dans le domaine de la fabrication de papiers colorés. I1 est en effet connu de faire appel à des colorants spécialement adaptés à cet effet pour obtenir des papiers de couleurs. C'est le cas, par exemple, du diaminostilbène acide disulfonique copulé avec un phényl et ses dérivés, en particulier le colorant répertorié sous le nom de "Direct Yellow" au Color Index et connu sous le nom de "Brilliant Paper Yellow Liquid". De tels colorants sont incorporés dans la masse du papier à un pH supérieur à 7,5 et dans des proportions relativement importantes qui sont évidemment dictées par l'intensité de la couleur que l'on désire obtenir pour le papier final. Ces proportions sont, en général, supérieures à 0,1 % en poids. Or, la Demanderesse a trouvé qu'en utilisant une proportion très faible de tels colorants, la couleur du papier n'était que très faiblement affectée (le papier reste blanc ou très légèrement coloré) et devenait un papier dit de sécurité, caractéristique que n1a pas le papier coloré par le même colorant introduit en quantités très importantes. Ainsi la présente invention couvre un papier de sécurité renfermant le composé de la classe du diaminostilbène acide disulfonique copulé avec un phénol et de ses dérivés en quantité in férieure à0,1 ioen poids et de préférence de llordre de 0,01 %. Suivant une autre caractéristique : - si l'on introduit ce type de composé dans la masse, le pH de la pâte utilisée pour fabriquer ce papier selon l'invention a une valeur inférieure à 7,5 - si l'on introduit ce type de colorant dans une sauce de cou chage ou de surfaçage ou d'imprégnation du papier, le pH de cette sauce a une valeur inférieure à 7,5. Suivant encore une autre caractéristique, le papier comporte en outre un ou plusieurs autres réactifs particulièrement sensibles aux agents oxydants ou réducteurs et dont les propriétés actives décolorantes sont connues. Comme exemples de tels réactifs supplémentaires, on citera en particulier : - le diéthyldithiocarbamate de zinc - le sel de zinc du 2-mercaptobenzothiazole - la diphénylguanidine ; - le mercaptobenzothiazole - le disulfure de tétraméthylthiurame ; - et leurs dérivés. Le papier selon l'invention peut au surplus contenir des adjuvants classiques utilisés en papeterie ainsi que d'autres réactifs sensibilisateurs analogues à ceux déjà utilisés actuellement dans la fabrication des papiers de sécurité comme par exemple des produits assurant une modification de l'aspect du papier par contact de celui-ci avec des acides, des bases, des réactifs oxydants ou réducteurs, des solvants organiques, etc. Si, sur le papier blanc ou- très légèrement coloré selon l'invention, on tente d'éliminer les écritures ou les impressions qu'il porte à l'aide d'un procédé "effaceur" quelconque en faisant appel aux moyens dont les fraudeurs disposent à l'heure actuelle, agents chimiques solides ou liquides du type liquides ou crayons effaceurs, en suivant précisément ces écritures ou ces impressions, on fait apparaître à leur place une trace colorée qu'il est difficile de faire disparaître, trahissant ainsi la falsification. Les exemples suivants sont donnés à titre d'illustration et nullement limitatif de l'invention. Exemple i Un papier contenantdanssamassedesréactifs sensibles aux acides ou aux bases, et un colorant soluble aux solvants organiques, est surfacé à l'aide d'un bain d'encollage contenant un amidon et Q,015 % en poids de diaminostilbène acide disulfonique copulé avec un phénol, par rapport à ce bain à pH 4,5 5,0 de façon à déposer environ 0,006 g de réactif par mètre carré de papier. On obtient ainsi un papier blanc ou légèrement teinté très sensible aux crayons effaceurs d'encre ainsi qu'aux réducteurs sulfureux alcalins qui développent instantanément une coloration rose. Exemple 2 On imprègne le papier non surfacé de l'exemple l à l'aide d'un bain-d'encollage contenant un amidon et une solution de diphénylguanidine (à raison de 30 kg dans 100 litres d'eau additionnée de 13 litres d'acide acétique). On obtient ainsi un papier blanc très sensible aux agents oxydants ou réducteurs qui donnent une tache brune. Exemple 3 On imprègne le papier non surfacé de l'exemple 1, à l'aide d'un bain d'encollage contenant un amidon (ou un autre produit utilisé habituellement en papeterie ou simplement de l'eau), et du diaminostilbène acide disulfonique copulé avec un phénol et une solution de diphénylguanidine dans les mêmes proportions et conditions que celles décrites dans les deux exemples précédents. On obtient un papier qui donne les mêmes réactions colorées avec les agents effaceurs déià cités. Il va du reste de soi que la présente invention n'a été décrite qu'à titre purement explicatif et nullement limitatif et que toute modification utile pourra y être apportée sans sortir de son cadre tel que défini par les revendications ciaprès. REVENDICATIONS l. - Papier dit de sécurité permettant de déceler tout faux en écritures, caractérisé en ce qu'il renferme dans sa masse et/ou en surface un composé de la classe du diaminostilbène acide disulfonique copule' avecunphénol et de sesdérivésen quantité inférieure a'O, 1% en poids et de préférence de l'ordre de 0,01 %. 2. - Papier selon la revendication l, caractérisé en ce que le pH de la pâte utilisée pour sa fabrication est inférieur à 7,5. 3. - Papier selon la revendication 1, caractérisé en ce que la sauce utilisée pour son couchage, son surfaçage ou son imprégnation a un pH inférieur à 7,5. 4. - Papier selon les revendications l à 3, caractérisé en ce qu'il comporte en outre un ou plusieurs autres réactifs particulièrement sensibles aux agents oxydants ou réducteurs et dont les propriétés actives décolorantes sont connues. 5. - Papier selon la revendication 4, caractérisé en ce que le ou lesdits réactifs sont choisis parmi - le diéthyldithiocarbamate de zinc, - le sel de zinc du 2-mercaptobenzothiazole, - la diphénylguanidine, - le mercaptobenzothiazole, - le disulfure de tétraméthylthiurame, - et leurs dérivés. 6. - Papier selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce qu'il contient au surplus des adjuvants classiques utilisés en papeterie ainsi que d'autres réactifs sensibilisateurs analogues à ceux déjà utilisés actuellement dans la fabrication des papiers de sécurité comme par exemple des produits assurant une modification de l'aspect du papier par contact de celui-ci avec des acides, des bases, des réactifs oxydants ou réducteurs, des solvants organiques, etc.