Implant intra-oculaire. De nombreuses affections de la vision- notamment la cataracte - proviennent d'un disfonctionnement du cristallin ou d'une altération de sa transparence et de ses qualités optiques. Il est connu de soigner de telles affections en procédant au retrait du cristallin malade et de corriger le système optique de l'oeil soit par des verres ou des lentilles cornéennes soit par des implants intra-oculaires. L'implantation de lentilles intra-oculaires est réalisée aujourd'hui de manière assez habituelle. L'un des problèmes majeurs à résoudre réside dans la fixation et le maintien en place de la lentille à l'intérieur de l'oeil. Il existe de nombreux types d'implants différents (plus d'une vingtaine) qui comportent soit une lentille en verre sur laquelle sont rapportés des moyens de fixation, en matière synthdtique, soit une lentille en matière plastique comportant également des moyens de fixation en une autre matière plastique. On sait par ailleurs que les lentilles en verre sont préférables a priori aux lentilles en matière synthétique qui > bien qu'actuellement possédant de nombreux avantages, sont impossibles à stériliser à chaud et subissent à plus ou moins long terme un vieillissement altérant leur structure donc leur qualité optique. La nécessité de stériliser de telles lentilles chimiquement entraîne qu'il reste de minuscules parties de l'agent stérilisant ou de nettoyage qui peuvent donner naissance à des réactions inflammatoires de l'oeil. Cependant bien que le verre soit préférable parce que possédant une excellente stabilité dans le temps, étant parfaitement toléré par les tissus oculaires et pouvant etre stérilisé par la chaleur, son emploi s'est révélé très complexe en ce qui concerne notamment son attelage à des moyens pour sa fixation dans l'oeil. Actuellement on a recours à une lentille en verre sertie d'une couronne en matière plastique sur laquelle sont implantés lesdits moyens de fixation. Cette lentille en deux matériaux présente les avantages du verre du point de vue de l'optique voire de la stérilisation car elle peut passer en autoclave mais présente des inconvénients en ce sens qu'elle peut être moins bien tolérée par les tissus et qu'elle se fixe sur l'irise comme expliqué ci-après. Un grand nombre de lentilles actuellement implantées sont maintenues en place dans l'oeil au moyen d'anses souples et légèrement élastiques qui prennent appui soit dans les angles des chambres antérieures ou postérieures de l'oeil selon que la lentille est placée dans la chambre correspondante, soit sur l'iris proprement dit qui se trouve légèrement pincé entre des anses antérieures et postérieures et décalées angulairement. L'un des inconvénients majeurs de ce type de fixation réside dans les risques de luxation de I'implant lors des mouvements de l'iris et empêche toute dilatation de pupille à des fins d'observation de la rétine. En outre la sollicitation mécanique qu'imposent ces anses aux tis- sus avec lesquels elles sont en contact, provoque une gêne, une irritation voire un traumatisme a ces tissus qui entrainent soit une intolérance, soit des complications qu'il convient, soit de constamment traiter par voie de médicaments, soit d'opérer chirurgicaiement. Une méthode d'implantation récente de ce type de cristallin artificiel consiste à suturer l'une ou deux des anses à l'iris afin d'éviter la luxation quand la pupille se dilate et ainsi de permettre un examen rétinien. La présente invention entend remédier a > ces inconvénients en proposant un nouvel implant dont la conception permet de s'affranchir des contraintes de stérilisation chimique et autorise, avec une méthode chirurgicale adaptée, une implantation qui n'offense pas les tissus internes de l'oeil. L'implant selon l'invention peut alors être mis en place sur un oeil même jeune, de manière définitive. A cet effet l'invention a donc pour objet un implant intra-oculaire formant cristallin artificiel et comprenant une lentille en verre. Selon l'une des caractéristiques essentielles de l'invention, il comporte des moyens de mise en place et de fixation à l'en- veloppe de l'oeil constitués par au moins trois orifices ménagés dans la lentille au voisinage et régulièrement répartis autour de sa périphérie et par trois liens radiaux issus de ces orifices et présentant une extrémité en forme de boucle destinée à être fixée à l'enveloppe de l'oeil de manière intrasclérale. Dans un premier mode de réalisation chacun des liens susdits est constitué par une boucle préformée à partir d'un fil en matériau toléré par ltorganisme, de faible section, et attelé à la partie périphérique de lentille située à l'extérieur de chacun des orifices par un noeud dit "de demi-clefs renversées". Dans un second mode de réalisation de l'invention chacun des liens susdits est constitué par une portion d'un fil en un matériau toléré par l'organisme de faible section, conformé en une boucle fermée, ladite portion étant formée par une section de ladite boucle enfilée dans l'orifice de la lentille correspondant. A titre d'exemple, on indiquera ci-après un ordre de grandeur des dimensions des moyens de fixation de l'implant. Ainsi les orifices susdits sont de diamètre compris entre 0,1 et 0,2 millimètre et le fil du lien est de diamètre compris entre deux et trois centièmes de millimètre et demi. Enfin avantageusement chacun des liens susdits est équipé d'un élément longitudinal présentant une surface importante par rapport à la section longitudinale du lien, sensiblement contenue dans le plan arrière de l'implant pour en augmenter la portance. L'élément susdit pourra être un élément tubulaire aplati sur le lien. L'invention sera mieux comprise au cours de la description donnée ci-après à titre d'exemple purement indicatif et non limitatif qui permettra d'en dégager les avantages et les caractéristiques secondaires. Il sera fait référence aux dessins annexés dans lesquels: - les figures 1 et 2 sont des vues respectivement en plan et de profil d'une lentille entrant dans la constitution d'un implant selon l'invention; - la figure 3 est une vue en plan de l'implant complet; - la figure 4 est une vue selon la ligne IV-IV de la figure 3; - la figure 5 illustre un second mode de réalisation de l'invention En se reportant à ces figures, on voit une lentille de verre 1 de forme extérieure circulaire possédant une face posté rieure la sensiblement plane et une face antérieure lb sensiblement sphérique de rayon de courbure R. Le diamètre de cette lentille est référencé D, ces paramètres sont à adapter aux besoins du patient, son épaisseur maximale est référencée E et minimale e.Sur un cercle de diamètre d la lentille comporte au moins trois orifices 2 la traversant de part en part. Ces orifices sont régulièrement répartis sur ce cerle intérieur et sont d'un diamètre o. A titre indicatif on donnera ci-après un exemple chiffré d'une réalisation d'une telle lentille R = 14,1 millimètres D = 5 millimètres d = 3 millimètres E = 0,323 millimètre e = 0,1 millimètre o = 0,1 millimètre. Une telle lentille est d'une puissance de 19 dioptries, d'un volume de 4,162 millimètres-cube > d'un indice de réfraction de 1,6056 et son poids apparent dans l'air est 11,653 milligrammes tandis que dans l'eau il n'est plus que 7,491 milligrammes. Il faut dès à présent remarquer que la forme extérieure circulaire décrite cidessus n'est pas limitative et que l'on peut conférer à la lentille toute forme polygonale ou elliptique adéquate. Par ailleurs le nombre des orifices 2 peut être supérieur à trois pourvu qu'il soit régulièrement réparti sur un cercle dont le diamètre d dépendra des dimensions extérieures de la lentille et de sa résistance périphérique. Lesdits orifices sont réalisés par usinage notamment au moyen d'une sonde à ultrasons. Sur les figures 3 et 4 on a représenté la lentille des figures 1 et 2 équipée de ses moyens de fixation dans l'oeil. Ceuxci sont constitués par trois liens 3 régulièrement et radialement répartis autour de la lentille. Plus précisément, chacun de ces liens 3 est conformé en une boucle préformée 4 d'un fil fin pris dans un matériau toléré par les tissus oculaires, par exemple un fil d'acier inoxydable. Cette boucle peut être continue, comporter un noeud ou une soudure. Sa fixation à la lentille 1 est réalisée en introduisant l'une de ses extrémités dans l'un des orifices 2, introduction qui est possible car le diamètre du fil sera environ égal au cinquième du diamètre de l'orifice 2, par exemple deux centièmes de millimètre La partie de boucle traversant la lentille est ensuite ramenée sur la périphérie de cette dernière.Dans l'extrémité libre qu'elle forme alors, on introduit l'autre extrémité de la boucle pour former un noeud dit "de demi-clefs renversées" que l'on serre sur la partie de lentille lc comprise entre le bord périphérique de la lentille et l'orifice 2 (voir figure 4). Ainsi placé chacun des liens, dans leur configuration en tension radiale, comme représenté sur la figure 3, voit son extrémité libre 4a qui forme également une boucle placée sur un cercle de diamètre C dont la valeur sera choisie pour entre sensiblement égale ou légèrement inférieure au diamètre intérieur de l'oeil a opérer dans le plan du cristallin, c'est-A- dire à la racine de l'iris, donc dans le plan de la face arrière la de la lentille lorsque celle-ci sera mise en place.A titre indíca- tif, on signalera que la valeur de C sera voisine de 11,5 millimètres. Enfin chacun des liens 3 est avantageusement pourvu d'un élément allongé 5,qui quiprésente dans le plan de la face arrière la de la lentille (ou dans un plan parallèle), une section nettement plus importante que la section dans ce mêrae plan des deux brins de la boucle du fil 4. Ces éléments 5 constituent des organes d'améliora- tion de la portance de l'implant lors de sa mise en place et sont assimilables à des flotteurs auxiliaires prenant appui sur le vitré de l'oeil. Ces éléments peuvent être réalisés a partir dlun tronçon de tube aplati qui emprisonne les deux brins du fil 4 préalablement introduits dans son volume intérieur.Conformément à cette réalisa tion, les éléments 5 seront issus d'un tube de diamètre extérieur de trois dixièmes de millimètre et d'épaisseur égale à cinq centièmes. Les angles de ces éléments ainsi que leurs arêtes vives auront éte convenablement abattus pour ne pas blesser les tissus qu'ils pourraient rencontrer. Dans le cas où les boucles préformées 4 possèdent un noeud, on s'arrangera pour que ce dernier soit emprisonné dans les tubes 5. En regard de la figure 5, on retrouve des éléments déjà décrits avec les mêmes références. Les liens radiaux 3 sont ici constitués par des parties enfilées dans chacun des orifices 2 d'une seule boucle 6 d'un fil de faible section, les autres parties de la boucle s'étendant le long de la face arrière la de la lentille comme le montre le triangle pointillé 6a. Ces portions de fils situées derrière la lentiLle sont de section suffisamment petite pour que bien que situees dans le champ optique elles ne gênent pas la vue.On aura prévu une boucle de dimensions suffisantes pour que les extrémités 4a des ens soient situées sur un cercle de diamèhn C plus important que celui délimitant la section intérieure de l'enveloppe (sclère) de l'oeil à la racine de l'iris, de manière que,d'une part, l'implant soit adaptable à tous les yeux susceptibles d'être traités malgré leur taille différente et que, d'au#re partie reste une portion excédentaire de lien à l'extrémité qui pourra être directement enfouie dans la sclère. Les liens 3 pourront avantageusement comporter des marques 7,constituées par une petite courbure permanente réalisée sur chaque fil, qui aideront au centrage de l'implant dans l'oeil et amorceront le coude que le lien doit exécuter depuis sa direction radiale pour être introduit dans la sclère. On voit que l'implant selon l'invention possède donc des liens 3 de fixation terminés en 4a par des boucles qui permettent, d'une part > l'introduction d'une spatule ou analogue de guidage de ces liens pour la mise en place de l'implant dans l'oeil et,d'autre part > d'introduire un fil de fixation (comme dans le chas d'une aiguille) au moyen duquel on pourra par traction effectuer le centrage de la lentille et le réglage de la tension des liens, ce fil de fixation étant ensuite cousu de préférence dans l'épaisseur de la sclère formant enveloppe extérieure de l'oeil. Par ces moyens, on supprime tout contact des organes de l'implant avec les tissus sensibles de l'oeil tels que le corps ciliaire ou l'endothélium de la cornée.On limite ainsi au maximum l'agressivité de l'implant vis-à-vis des tissus sensibles de l'oeil. L'implant selon l'invention peut être indifféremment implanté dans la chambre antérieure ou celle postérieure de l'oeil. Il peut être mis en place après une extraction intra ou extra capsulaire,voire faire l'objet d'une implantation secondaire sur un oeil déjà opéré de la cataracte. On notera également que l'implant est en partie suspendu à la sclère par les liens de fixation légèrement tendus et son poids apparent dans l'eau susceptible d'agir sur le vitré est de ce fait encore diminué. L'invention trouve une application intéressante dans le domaine de l'ophtalmologie. Elle n'est pas limitée à la description qui vient d'en être donnée mais couvre au contraire toutes les variantes qui pourraient lui être apportées sans sortir de son cadre ni de son esprit. En particulier on peut prévoir des liens radiaux réalisés sous forme de languettes relativement plates dans leur partie médiane pour constituer en une seule pièce les organes de portance supplémentaires et possédant des crochets ou boucles fermées pour leur fixation à la lentille et des oeillets à leur extrémité libre pour le passage du fil de fixation. REVENDICATIONS 1. Implant intra-oculaire formant cristallin artificiel comprenant une lentille en verre, caractérisé en ce qu'il comporte des moyens de mise en place et de fixation à l'enveloppe de l'oeil constitués par au moins trois orifices ménagés dans la lentille au voisinage et régulièrement répartis autour de sa périphérie et par trois liens radiaux issus de ces orifices et présentant une extrémité en forme de boucle destinée à être fixée à l'enveloppe de l'oeil de manière intrascléra le. 2. Implant intra-oclaire selon la revendication 1, caractérisé en ce que chacun des liens susdits est constitué par une boucle préformée à partir d'un fil en matériau toléré par ltorganisme, de faible section, et attelé à la partie périphérique de lentille située à l'extérieur de chacun des orifices par un noeud dit "de demi-clefs renversées". 3. Implant intra-oculaire selon la revendication 1, caractérisé en ce que chacun des liens susdits est constitué par une portion d'un fil en un matériau toléré par l'organisme de faible section, conformé en une boucle fermée, ladite portion étant formée par une section de ladite boucle enfilée dans l'orifice de la lentille correspondant. 4. Implant intra-oculaire selon la revendication 2 ou la revendication 3, caractérisé en ce que l'extrémité de chaque lien radial est située sur un cercle au plus égal à celui limitant la section intérieure de l'oeil à la racine de l'iris. 5. Implant intra-oculaire selon la revendication 2 ou la revendication 3, caractérisé en ce que l'extrémité de chaque lien radial est située sur un cercle de diamètre supérieur à celui limitant la section intérieure de l'oeil à la racine de l'iris, la partie excédentaire extrême de chaque lien étant destinée à être directement introduite dans l'épaisseur de la sclère. 6. Implant intra-oculaire selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que les orifices susdits ont un diamètre compris entre 100 et 200 microns et en ce que le fil du lien est de diamètre compris entre 20 et 35 microns. 7. Implant intra-oculaire selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que chacun des liens susdits est équipé d'un élément longitudinal présentant une surface importante par rapport à la section longitudinale du lien, sensiblement contenue dans le plan arrière de l'implant pour en augmenter la portance. 8. Implant intra-oculaire selon la revendication 7, caractérisé en ce que l'élément susdit est un élément tubulaire aplati sur ledit lien.