La présente invention concerne un composé chimique nouveau et son procédé de préparation, ainsi que son application en thérapeutique humaine. Ce composé est le 3-bêta-diéthylaaino-éthoiy-20-ceto-delta-5-6-prégnane, de foxmule : 5 Ce composé se présente, sous forme de chlorhydrate, à l'état solide cris tallisé, de point de fusion 182-1&4°C. * Selon l'invention, on peut préparer ce composé en partant de la prégnéno-lone, dans laquelle on bloque d'abord le groupement cétonique en position 20, en en formant le cétal, puis après métallation du groupe OH, par substitutioix 10 de l'hydrogène du groupe 3-bfta-rhydroxy par le lithium, substitution de la chaîne diéthylaminoéthyle au lithium, pour obtenir le produit recherché. On donne ci-après un exemple de mise en oeuvre de ce procédé. 1 - Préparation du 20-éth.vlène-cétal a) première variante t 15 On mélange 1 partie du prégnènolone dans 60 volumes de benzène, avec 2 vo lumes d'éthylène-glycol et 0,02 partie d'acide para-toluène-sulfonique. On distille 20 volumes de bensène et on chauffe à reflux 10 h. avec un Dean-Starck. On ajoute à nouveau 0,02 partie d'acide-para-toluène-sulfonique et on por- 20 te à nouveau 5 h. à reflux. On laisse refroidir, on décante la phase glycollique. On concentre la solution benzènique à environ 12 volumes et on ajoute 0,3 volume de pyridine. ' Le produit cristallise par refroidissement vers 5 à 10°G. On essore, lave k l'eau et sèche les cristaux. 25 Foint de fusion j l64.-l65°C. Rendement 75 % (premier jet). b) seconde variante x On mélange 1 partie de prégnènolone avec 3 volumes de méthyl-éthyl-dioxola-ne (MED ), 2 volumes d'éthylène-glycol et 0,01 partie d'acide para-toluène-sulfonique. 30 On distille sous léger vide (température intérieure 75-80°C), en 5 h. en viron, et on recueille 2,5 volumes de distillât» On ajoute à nouveau 1 volume de M E D et on distille dans les mêmes conditions en 2 h. environ, pour recueillir 1 volume de distillât. On porte une nuit au réfrigérateur, puis on essore. 69 10205 2 200.747.7 Les cristaux sont lavés au méthanol froid contenant 0,5 % de pyridine, puis à l'eau distillée, et séohés* s" Le produit fond à l63-l64°C. Rendement » 80'£.' \ 2 - Condensation avec là ch^fna ««imS» 5 ïïne partie du produit précédent, uns pa^iê 'de ^tyï^Lit'lilTUi dans l'hexane et 12 volumes de toluène sont chauffés A h. à reflux. On ajoute ensuite 1,6 parties de bêta-diéthyl-^ito-chloro-éthane dans le toluène (solution à 25 ^ environ à partir du chlorhydrate). Cette addition se fait en 3 fois, à 24 h. d'intervalle. 10 ~ On chauffe l'ensemble 30 h. à reflux. Le milieu réactionnel est ensuite évaporé à sec sous vide. Le résidu est extrait 2 fois avec 20 volumes d'éther de pétrole (étàillition 30-50°), puis une Jfcae fois avec 2 volumes d'éther de pétrole. Les phases organiques sont rassemblées et le'solvant distillé sous vide. 15 L'huile résiduelle est reprise avec 20 volumes d'eau et on entraîne à la va peur d'eau (ballon rotatif - température du bain d'eau 50°C), en répétant deux fois cet entraînement. On chauffe toutè l'eau et on reprend dans 3volumea d'acétone. On laisse cristalliser au réfrigérateur, on essore, et on cristallise & 20 nouveau dans 2 volumes d'acétone. - Les cristaux fondent k 93-95°C (Kofler). Rendement t 38 %. 3 - Décétalisation et préparation du chlorhydrate Une partie dù, produit précédant dans U volumes d'une solutibn d'eau et d'a-* cide acétique à 'parties égales est agitée 6 h. à la température ambiante. 25' ' Le milieu réactionnel est alcalitiisé avec de la soude 2 N en refroidissant. On extrait ensuite avec 2 fois io volumes d'éther. L'éther est 'séché sur sulfate de soude, puis distillé.' -* On reprend le" résidu avec 10 volumes d'éther sec et on précipite sous agi tation et refroidissement avec la quantité calculée d'éther chlorhydrique. 30 Le chlorhydrate est essoré et recristallisé dans l'acétate d'éthyle. Rendement t 25 %• Point de fusion î 182-l84°C (Kofler). Ge composé, qui. est nouveau en lui-même, se'distingue des autres stéroïdes - pap^un-'ensemble-de propriétés *qai-~lerendent -particulièrement-utile en thérapeutique humaine." " 35 On va décrire ci-apràs eee propriétés phaxmacologiques les plus caractéris tiques, puis les applications thérapeutiques auxquelles ce composé peut donner "i, lieu. f-,i-.M,..»5;, " -i-. _ t •• } HtOHtlETES HiARMACOLOGIQUES *T ■ Les actions phaxmacologiques considérées concerneront successivement t 69 10205 3 2007477 - la toxicité, - l'action anesthéaique locale, - les actions spasmolytiques et plus particulièrement coronazo-dilatatrices, - les actions centrales. 5 1 - TOUCHE Toxicité aiguë t Méthode i chez la souris, par voie sous-cutanée et orale* la DL^q étant calculée selon la méthode graphique de MILLER et TAINTER t Voie sous-cutanée Voie orale 10 DLj0 180 mgAg 240 a g/kg Toxicité chronique t Administré par voie orale, à la dose de 50 et 100 ng/kg pendant 3 mois, à des rats et à des chiens, il n'a été constaté aucune anomalie histologique, hématologique, ni de croissance pondérale. 15 2 - ACTION ANESTHESIQUE LOCALE Elle a été étudiée selon la méthode classique d'anesthésie cornéenne de REGNIER? qui utilise les stimulations mécaniques de la cornée du lapin, stimulations entraînant normalement un réflexe palpéfcral. Ce réflexe est aboli, transitoirement, par les anesthésiques locaux, la durée de disparition donnant 20 une indication du pouvoir anesthéaique local du produit essayé. Résultats t Si on considère l'anesthésie totale (qui est fixée comme l'absence de réflexe pour 100 stimulations consécutives), on constate que la acurocaïne n'entraîne cet effet que de façon inconstante et transitoire à la concentration de 25 2 $. La xylocaïne, à la concentration de 0,3 %t entraîne une disparition du réflexe qui persiste 10 mn. ; à la concentration de 1 % , l'anesthésie dure 1 h. Ledérivé de prégnane selon l'invention, à la concentration de 0,1 %, produit une anesthésie totale de plus de 30 mn. j à 0,5 %, de plus de 2 h. 30. Ces résultats oomparatifs sont réuniB dans le tableau ci-après » 30 Brocaïne à 2 % Action insignifiante Lidocaïne à 0,1 % action insignifiante Lidocaïne à 0,3 % action de très brève durée Lidocaïne à 1 % action complète pendant 66 mn. S * à 0,1 % action complète pendant 32 à 44 du. 35 S à 0,5 % action complète pendant 150 à 162 mn. 69 10205 * 2007477 £ S s composé selon l'invention, dans ce tableau, et tout ce qui suit. Elle a également été étudiée sur l'anesthésie cutanée comparativement avec la xylocaïne, les deux substances ayant été appliquées soit sous la foime de solutions aqueuses, soit dans une crème lavable à l'eau, sur la peau de la cuisse 5 d'une grenouille décapitée j après un temps de contact variable, la préparation est éliminée et la peau excitée à l'aide d'une solution k 5 % d'acide ehloxhy-drique. En cas d'anesthésie locale, la contraction réflexe de la patte ne se déclenche pas pendant au moins une minute. 10 La xylocaïne en poanade k 1 % maintenue au contact de la peau pendant 20 mn. produit une anesthésie locale pendant plus d'une minute chez toutes les grenouilles utilisées. Le dérivé selon l'invention en crème à 0,1 %, appliqué pendant 20 mn., produit chez 6 grenouilles sur 10 une anesthésie locale d'une durée supérieure à .15 une minute. Ces résultats comparatifs sont réunis au tableau ci-après > Substance Concentration Durée de l'application Nombre d'animaux ayant présenté une anesthésie xylocaïne S 1 % 0,1 % 20 mn. 20 mn. 4) animaux sur 6 6 animaux sur 10 Le dérivé du prégnane exerce donc une action anesthésique de contact 10 fois plus élevée que celle de la xylocaïne. 3 - ACTION SPASKOLUIQUE Cette action a été étudiée en comparaison avec un spaamolytique musculo-25 trope, la papavérine. Les effets les plus notables ont été observés sur les altères coronaires, selon la méthode de LAHGENDOHîT. Les produits essayés ont été injectés dans le liquide de perfusion irriguant le coeur isolé (lapin). L'enregistrement des contractions cardiaques a été fait grâce à un style inscripteur attaché à un ressort compensateur et le débit coronarien devient vi-30 sible sur le tracé par l'emploi de l'appareil de C0ND0N qui permet de marquer la fréquence de vidange d'une cupule à volume constant ; donc, plus grande sera cette fréquence, plus grand sera le débit (qui est directement proportionnel à la dilatation des coronaires). La sensibilité de la préparation a été testée au préalable à l'aide de la papavérine, prise comme substance témoin. 35 A. la dose de 50 fig du dérivé de prégnane selon l'invention, on note une vasodilatation coronarienne égale à celle produite par 200 pg de papavérine, 69 10205 5 2007477 sans dépression cardiaque. A la dose de 200 pg, l'action coronaxodilatatrice augmente, les signes de dépression cardiaque n'apparaissant que pour les doses plus élevées, la dépression cardiaque apparaissant avec la papavérine dès la dose de 200jug. \ - ArrPTnM mCMTBiT.Tg 5 - action anti-réserpinique : On utilise pour cette étude des souris mâles de 23 à 27 g (CD - Ch. RIVEE) groupées en lots de 6. La résezpine provenait d'ampoules du commerce (ND. SERPA-SIL). Les dilutions ont été effectuées à l'aide d'une solution d'acide ascorbique à 2 % afin d'empêcher l'oxydation rapide du produit. La réserpine a été ad-10 ministrée par voie sous-cutanée à la dose de 5 mg/kg. Les produits étudiées ont été administrés par voie sous-cutanée, 30 mn. avant la réserpine. Les animaux ont été maintenus à température constante (23°C + 0,5) et leur température centrale mesurée k l'aide d'une sonde thermoélectrique enfoncée de 3 cm exactement dans le sigmoïde. Le degré de ptôse a été 15 évalué selon l'échelle de BDBIN et coll. (J.P.E.T. 1957, pages 120-125). Les mesures ont été effectuées aux temps 0 et -30 et au temps 4 h. Les résultats sont exprimés en pourcentage d'inhibition. Ils sont réunis au tableau ci-après i Dose mg/kg Pourcentage d'inhibition Hypothermie % Ptôse Imipramine 10 42 23 10 12 8 S 30 17 25 100 8 25 25 Ces résultats démontrent une action anti-réserpinique qui, sans être quan titativement analogue à celle de l'imipramine, révèle une activité de type analeptique central. - action anti-hypnotique du dérivé t On utilise pour cette étude des souris mâles de poids compris entre 25 et 30 30 g, recevant une dose sous-cutanée de 37,5 mg/kg de pentobarbital sodique. Répartis en lots de 10, les sujets d'expérience ont reçu, soit du tartrate d'amphétamine, soit du dérivé de prégnane selon l'invention, par voie orale ou par voie sous-cutanée. Dans le mêmetemps, un lot d'animaux a reçu le pentobarbital seul et a constitué le lot témoin. Le temps moyen de sommeil a été noté pour 69 10205 6 2007477 chaque lot et a permis, porté sur papier logarithmique, d'évaluer une DE-rt gra-phique pour chacun des antagonistes envisagés. Les résultats sont réunis au tableau ci-après : par voie S.C* par voie orale se/kg Substance^~~~^^_ 30 mg 40 mg ,.10 mg . 20 mg 30 mg 40 mg Tartrate d'amphétamine (Maxiton) 26 17 - mm 31 13 S 28 18 36 19 15 11 T art rate d'amphétamine DE S.C. t 35 ORAL î 35,09 10 S DE 50 S.C. : 36,5 ORAL : 17,4 DE = dose moyenne efficace (ogAg) Dn peut en tirer les conclusions suivantes : Le dérivé de prégnane selon l'invention se comporte donc comme un produit ayant, pharmacologiquement, une activité anesthésique locale coraéenne supérieu-15 re à celle des produits pris en référence (scurocaïne, xylocaïne). Son action spasmolytique sur les artèra coronaires (mesurée par la méthode de LANQENDORFF) est au moins égale à celle de la papavérine avec une action cardiodépressive plus faible. Du point de vue des actions centrales, le composé entraîne, à hautes doses, 20 des effets convulsivants qui le rapprochent des stimulants centraux. Ccafee l'amphétamine, il antagonise, tant par voie orale que sous-cutanée, le sommeil déclenché par un barbiturique (pentobarbital sodique) chez la souris» Il a une action antagoniste notable de l'effet dépresseur de la réserpine. Ces constatations démontrent un tropisme central, qui rapproche ce composé 25 de certains thymoaaaleptiques anti-dépresseurs, que les résultats cliniques ont pu confirmer, soit par son antagonisme vis-à-vis des barbituriques, vis-à-vis ^ soit ■ d'états d'asthénie intellectuelle chez l'adulte ou engériâtrie/vis-à-vis de l'inadaptation scolaire (fatigabilité, difficulté de concentration) chez l'enfant. 30 Ce sont ces résultats cliniques qui sont résumés ci-après s ESSAIS CLINIQUES A - GERIATRIE Les essais ont concerné un groupe de 32 malades, dont 20 femaes et 12 hcn- 69 10205 7 2007477 mes, âgés de 62 à 83 ans. Ces sujets présentaient les signes habituels de l'asthénie sénile, simple ou ooapliquée, des tendances psychodépressives, pures ou aggravées par des signes ou séquelles d'artériosclérose cérébrale. 5 Le traitement a été institué par voie orale, à des doses variant de 100 à 250 mg/jour, les cures ayant duré de 3 à 9 seaaines. Les résultats ont permis de noter une nette amélioration, 20 fois sur 32. Cette amélioration consistait, par/e B - DIFFICULTES SCOLAIRES CHEZ DES ENFANTS ET ADOLESCENTS 15 12 sujets des deux sexes (7 garçons et 5 filles) âgés de 11 à 14 ans l/2, présentant des difficultés scolaires, soit en raison d'une insuffisance de l'attention, soit d'une instabilité psycho-motrice, ont été traités par voie orale pendant 6 à 12 semaines avec des doses quotidiennes variant entre 80 et 200 mg. En oeurs et au terme de la période de traitement, une amélioration a été 20 signalée par les familles et les professeurs, se traduisant essentiellement par une modification heureuse des performances scolaires et une meilleure coopération aux travaux d'ensemble et aux jeux d'équipe. C - HKJRIT DE LA PEAU ET DES MUQUEUSES a) Essais de tolérance : 25 100 sujets spécialement choisis en raison de leur hypersensibilité à l'é gard des allergènes divers, présentant tous des lésions d'eczéma, ont été soumis à des tests de tolérance au produit selon l'invention. Ces tests ont consisté dans l'application sur la peau, pendant 48 h*, de 3 compresses différentes, imbibées l'une avec une solution à 1 J6, l'autre avec une solution à 0,1 % et la 30 3ème avec le solvant seul (eau distillée). Après 48 h. d'un tel contact, à la lecture des tests, on a noté que tous les sujets testés, à l'exception d'un seul, étaient indemnes de toute réaction à l'égard du produit j le seul malade ayant réagi à la substance testée avait également réagi à l'eau distillée. 35 b) Essais thérapeutique : 44 personnes des 2 sexes, âgées de 8 à 72 ans, présentant toutes des prurits cutané ou muqueux, de différentes origines, ont été traitées par des applications quotidiennes ou bi-quotidiennes t - soit d'une gelée contenant la substance à la concentration de 3 69 10205 B 2007477. - soit d'unecrème, émulsion en phase continue aqueuse, à la concentration de 5%» La disparition du prurit s'est produite dans les 10 à 30 mn. après l'application du médicament, sous l'une ou l'autre forme ; le résultat s'est maintenu pendant toute la durée du traitement (2 à 20 jours). 5 Le produit selon l'invention pourra être administrée sous les formes sui vantes t Voie orale t - comprimés de 25 «g, dragéifiés ou non (exoipient classique), - capsules de $0 mg. 10 Voie injectable t - solution aqueuse apyrogène k 0,5 %, - ampoules de 2 k 10 ml. Voie locale t - gelée, excipient acceptable k 1 % k 5 M, 15 - crème (ébulsion en phase continue aqueuse ou huileuse) - filmes concentrations - Suppositoires : - 100 k 200 mg par suppositoire de 2 k 3 g. (enfants et adultes). 69 10205 j 2007477 REVENDICATIONS 1 - Nouveau composé chimique, constitué par le 3-bêta-di-éthylamino-éthoxy-20-céto-delta~5,6-prégnane. 2 - Procédé pour la préparation du composé selon I, caractérisé en ce que, dans une première étape, on bloque le groupement 5 20-céto de la prégnènolone en en formant le cétal, puis dans une seconde étape, on substitue le lithium à l'hydrogène du groupe 3-bêta-hydroxy et dans une troisième étape, on substitue la chaîne diéthylaminoéthyle au lithium. 3 - Application du composé selon I, comme médicament, pour 10 les deux sexes et tous âges, à administrér per os et/ou par voie injectable et/ou par voie rectale, dans un but de stimulation ou d'équilibre du système nerveux central, ou bien dans un but vaso-dilatateur, ou encore sous forme de prépafcations topiques (gelées, crèmes etc...), dans un but d'anesthésie cutanée ou muqueuse, com-15 me anti-prurigineux par exemple.