La présente invention concerne un procédé et un dispositif destinés à l'extinction des incendies et plus particulièrement à l'extinction des liquides en combustion. On sait que pour éteindre un incendie, on doit réduire la température, s'opposer au libre accès de l'oxygène de l'air ou enlever ës matières en combustion. Chacun des facteurs mentionnés ci-dessus est suffisant pour éteindre l'incendie cependant, en fonction des circonstances, on tente généralement d'employer en combinaison les deux premiers moyens mentionnés ci-dessus. Le moyen d'extinction le plus commun et le plus universel est l'eau dont l'aptitude à éteindre les incendies est due à son effet refroidissant. Cependant, l'eau ne convient pas, en général, à l'extinetion des liquides en combustion. A l'heure actueLs on utilise divers types de mousses pour éteindre les incendies, mousses nécessitant de l'eau pour leur création. L'aptitude des mousses à l'extinction des incendies résulte de leur effet refroidissant et partiellement de leur action "d'étouffement" c'est à dire qu'elles empêchent le libre accès de l'oxygène de l'air, qui est nécessaire à la combustion. Les mousses conviennent parfaitement à l'extinction de la plupart des liquides en combustion.L'aptitude des poudres à l'extinction des feux est due au fait qu'elles empêchent le libre accès de l'air aux produits en combustion. On utilise également, pour l'extinction des incendies, divers gaz exempts d'oxygène. L'aptitude de tels gaz à l'extinc- tion des incendies résulte du fait, qu'étant plus lourds que l'air ils déplacent l'air en l'éloignant du foyer de l'incendie ou bien ils se mélangent à l'air ce qui a pour effet que la proportion de l'oxygène devient si faible que toute combustion s'avère impossible. L'utilisation des moyens d'extinction d'incendie mentionnés ci-dessus est limitée ou empêchée par les circonstances suivantes. En dehors d'un certain nombre de cas, il n'est pas possible d'éteindre avec de l'eau les incendies d'origine électrique et ceux dus à la combustion de liquides. L'eau utilisée de façon inapropriée ou maladroite ou encore dans des conditions difficiles peut provoquer des donmages qui sont plus graves que ceux résultant de l'incendie. Les dommages provoqués par l'eau brute peuvent être par exemple une longue interruption de la production, dans les incendies d'usines, et des détériorations des bâtiments tou chés par l'incendie. D'un autre côté le manque d'eau a, en général pour conséquence, qu'un feu de faible importance se transforme en un important incendie, ceci étant dû au fait que les pompiers ne peuvent transporter que de petite quantité d'eau.Les ports pétroliers sont, en général, implantés de telle façon.que l'on ne peut pas tirer de la mer, même si elle est située à proximité du port, l'eau nécessaire à l'extinction de l'incendie. La raison la plus habituelle est que les rivages sont peu profonds ou bien qu'il n'existe pas suffisamment d'espace pour disposer des équipements d'extinction suffisants sur les lieux d'alimentation en eau. En général la dimension des canalisations d'eau et la quantité d'eau disposible ne sont pas suffisantes pour assurer l'extinction des citernes et autres installations, contenant des produits pétroliers en combustion et pour refroidir les citernes voisines de l'incendie. Si l'on ne dispose pas d'eau, il n'est pas possible de produire de la mousse. Les mousses lourdes à base de protéines exigent d'importantes quantités d'eau, la proportion du liquide moussant dans la mousse extinctrice n'étant que de 8%. Si les mousses à base de protéines viennent au contact de l'air dans leurs conteneurs de stockage, le processus de dégradation commence immédiatement et, passé une année, les mousses sont en général irrémadiablement polluées. La demi-durée de vie des mousses est de I' ordre de 5 à 10 minutes alors qu'elle devrait être de 30 minutes. Les mousses synthétiques légères entraînent une corrosion intensive. Par ailleurs, en raison de leur légèreté, ces mousses sont facilement déplacées par les mouvements de l'air. Qu'elles soient lourdes ou légères, les mousses empêchent les liquides en combustion de se déplacer ou de s'écouler, étant donné qu'elles n'absorbent pas le liquide en combustion mais ont pour but de constituer une couche de mousse sur ce liquide enflammé afin d'empêcher l'air de se mélanger aux vapeurs émises par ces liquides en combustion. A l'aide d'un engin approprié les mousses lourdes ne peuvent être projetées que sur une distance de l'ordre de 25 mètres ce qui fait que èur rayon d'action opérationnel est plutôt court.En raison de leur légèreté les mousses légères ne peuvent être projetées que sur une distance de l'ordre de 12 mètres, du moins à l'aide des moyens actuellement disponibles. En général, les poudres ne sont utilisées qu'à l'intérieur et elles sont habituellement employées comme moyens préleminaires. Un camion de pompier contenant de la mousse ne peut, à l'heure actuelle, être utilisé qu'une seule fois et il doit être rempli a' nouveau dès qu'il est vide. Dans les circonstances actuelles il faut plus de jO minutes pour effectuer un "plein" de mousse et pendant ce temps, l'incendie prend une telle extension quil est impossible de l'éteindre à l'aide de poudres. En outre ces poudres n'ont pas d'effet refroidissant. On peut utiliser avec succès les gaz, seulement à l'intérieur ou aux stades préliminaires des incendies de faible ampleur. Ces gaz n'ont aucun effet refroidissant. La plupart des gaz que l'on utilise pour ltextinction des incendies sont nocifs ou diviennent nocifs lors-qu'ils se décomposent. Un des objectifs de la présente invention est d'apporter un procédé d'extinction d'incendie qui élimine les inconvénients mentionnés ci-dessus, La caractéristique essentielle du procédé selon cette invention réside en ce que l'on recouvre la surface touchée par l'incendie d'un matériau incombustible se présentant sous la forme de fibres et possèdant de bonnes capacités d'absorption, ce matériau pouvant être par exemple de % aine minérale. Selon une caractéristique de cette invention on utilise de la laine de verre en granulés ou en morceaux qui est projetée sur toute la surface de l'incendie selon une couche suffisamment épaisse, à l'aide d'un dispositif situé à distance de l'incendie. Selon une autre caractéristique de cette invention, la laine de verre en granulés est projetée vers son but à l'aide d'un jet d'air crée par une soufflante montée sur un bati-support amoVi- ble. Le procédé selon l'invention est particulièrement approprié à l'extinction des liquides en combustion et les essais auxquels la Demanderesse s'est livrée ont montré qu'ils apportent les avantages suivants - la laine minérale en granulés peut être projetée sur une dis tance plus grande que les mouises lourdes par exemple la laine minérale absorbe une quantité de liquide en combustion qui correspond à son propre volume et elle n'émet des vapeurs que lentement - en raison de sa capacité d'absorption, la laine minérale empenne la projection de liquides enflammés - en raison de sa capacité d'absorption et compte tenu de son aptitude à l'isolation thermique, la laine minérale limite le rayonnement calorifique ce qui permet aux pompiers de se rap procher de l'incendie - si le liquide en combustion absorbé par la laine minérale ne peut pas être détruit par combustion ou donne autre mani ère, sur le lieu de l'incendie, il peut facilement être trans féré ailleurs ; - on peut extraire le liquide de la laine minérale, par exemple en comprimant cette dernière, ce qui permet une réutilisation de cette laine minérale, - la laine minérale ne provoque pas de donmages comme l'eau ou les mousses lourdes ; - la durée de stockage de la laine minérale est illimitée et on peut la stocker n'importe où. Elle n'a pas de demi-durée de vie; - la laine minérale est un produit commun disponible dans le com merce et facile à obtenir. L'exemple non limitatif suivant illustre le procédé de l'invention. Ce procédé a été essayé en éteignant un incendie résultant de la combustion de 2000 litres d'un mélange de xylène et de peinture contenu dans un bassin de 4 x 7 mètres. On a éteint l'incendie en projetant 5ad3 de laine de verre en granulés en la répartissant uniformément sur toute la surface du bassin à l'aide du dispositif décrit plus loin en référence à la figure 1. L'incendie a été éteint en 3 minutes 42 secondes. Au début de cet incendie les flammes atteignaient une hauteur supérieure à 10 mètres. Le dispositif décrit ci-après et utilisé au cours de cet essai avait un rotor de soufflante qui présentait un diamètre de 500 mm et une vitesse de rotation de 3 000 tours/mn. Le rayon maximal de projection de la laine de verre en granulés était d'environ 75 m. A l'aide d'un rotor de plus grand diamètre il serait possible d'atteindre des distances de projection plus importantes. L'invention vise également un dispositif permettant la mise en oeuvre du procédé défini ci-dessus. Ce dispositif est essentiellement caractérisé en ce qu'il comprend une soufflante, pourvue d'un orifice d'entrée et d'une buse de sortie, à laquelle est fixée une trémie d'alimentation en laine minérale. On a décrit ci-après en référence aux dessins annexés un exemple de réalisation non limitatif. xur ces dessins - la figure 1 est une vue en élévation avec coupe axiale ver ticale d'un exemple de réalisation préféré d'un dispositif mettant en oeuvre le procédé de l'invention, - la figure 2 représente, à plus grande échelle, le détail A de la figure 1 - la figure 3 est une coupe selon B-B de la figure 2 et, - la figure 4 représente le dispositif vu dans la direction de la flèche C de la figure 1. Sur les dessins la référence 1 désigne le chassis de support d'une remorque comportant des roues et une barre d'attelage, sur lequel sont montés : une soufflante 2 ; un transporteur 3 ; un élévateur doseur 4 et un arbre de puissance 5 par l'intermédiaire duquel la puissance du tracteur, connecté à la remorque, est transmise du transporteur 3, à l'élévateur doseur 4 et à la soufflante 2. La soufflante 2 comporte un arbre rotatif 6 monté dans des paliers et son autre extrémité, un rotor 7 garni de pales étant calé sur cet arbre. En regard de l'orifice d'aspiration du rotor 7 sont disposés des couteaux radiaux 9 montés sur un anneau 8, des contre-couteaux Il étant positionnés sur les deux côtés d'un orifice rectangulaire d'entrée 10 prévu dans la paroi terminale du carter de la soufflante. Ainsi qu'on le voit à la figure 2, ces deux types de couteaux peuvent être dentelés. En variante seul l'un de ces types, ou les deux peuvent être rectilignes. Une trémie d'alimentation 12, à laquelle peuvent être fixés un flasque 13 et une buse d'aspiration 14 de préférence souple, est fixée à cette paroi terminale.Un conduit de sortie 15 de la soufflante communique avec une trémie 16 par l'intermédiaire d'une ouverture 17 pratiquée dans l'extrémité inférieure de cette trémie. Une buse de pression souple 18 est raccordée à l'extrémité du conduit de sortie 15. Le dispositif selon l'invention fonctionne de la façon suivante La laine minérale granulée stockée dans la remorque est transférée par le transporteur 3 à l'élévateur doseur ou répartiteur 4 qui le fait tomber dans la trémie 16 selon une répartition uniforme. Cette laine minérale est alors aspirée au travers de l'ou verture 17 à l'extrémité inférieure de la trémie dans le conduit de sortie 15 de la soufflante, par le courant d'air provoqué par la soufflante. En déplaçant l'extrémité de la buse de pression 18 fixée au conduit de sortie, la laine minérale en granulés peut être transportée à l'endroit désiré et distribuée sur toute la surface de l'incendie à éteindre. Lorsque la laine minérale ne se présente pas sous la forme de granulés, elle est délivrée par l'intermédiaire de la trémie d'alimentation 12, et les couteaux 9 fixés au rotor ainsi que les contre-couteaux Il fixés au carter, réduisent la laine minérale en granulés, lorsque le rotor tourne et la soufflante projettent au loin la laine minérale granulée. Le dispositif selon l'invention peut également être utilisé pour ramener dans le conteneur, après extinction de l'incendie, la laine minérale distribuée pour cette extinction. La buse d'aspiration 14 est alors connectée à la trémie d'alimentation de la soufflante. L'extrémité de cette buse 14 est déplacée au-dessus de la laine minérale à enlever et elle est ramenée dans le conteneur de laine minérale par la buse de sortie 18. Bien entendu cette inventioh n'est pas limitée à l'exemple de réalisation décrit et représenté, mais elle en englobe toutes les variantes. C'est ainsi que notamment la laine minérale pourrait être délivrée sur la surface de l'incendie en utilisant un jet d'eau. REVENDICATIONS 1.- Procédé d'extinction d'incendies caractérisé en ce qu'il consiste à recouvrir la surface touchée par l'incendie d'un matériau incombustible se présentant sous la forme de fibres et possèdant de bonnes capacités d'absorption, tel que notamment de la laine minérale. 2.- Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on répand de la laine minérale pulvérulente sur toute la surface de l'incendie. 3.- Procédé selon l'une des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que la laine minérale est répandue sur toute la surface d'un liquide enflammé afin de former une couche suffisamment épaisse pour absorber le liquide. 4.- Procédé selon l'une des revendications 2 ou 3, caractérisé en ce que la laine minérale pulvérulente est projetée vers la surface touchée par l'incendie à l'aide d'un jet de gaz ou d'un mélange gazeux, tel que l'air. 5.- Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce qu'il comprend une soufflante pourvue d'un orifice d'entrée et d'une buse de sortie, à laquelle est fixée une trémie d'alimentation en laine minérale. 6.- Dispositif selon la revendication 5, caractérisé en ce que la buse de sortie de la soufflante communique avec la trémie d'alimentation de la laine minérale pulvérulente par l'intermédiaire d'une ouverture pratiquée à l'extrémité inférieure de la trémie. 7.- Dispositif selon la revendication 6, caractérisé en ce qu'il comprend un système transporteur doseur pour délivrer, de façon uniforme, la laine minérale à la trémie d'alimentation. 8.- Dispositif selon la revendication 5, caractérisé en ce qu'on prévoit des couteaux fixés au rotor de la soufflante en regard de l'orifice d'aspiration et en ce qu'on prévoit une trémie d'alimentation en regard de l'orifice d'entrée de la soufflante,trémie par l'intermédiaire de laquelle la laine minérale est délivrée à la soufflante. 9.- Dispositif selon la revendication 6, caractérisé en ce que l'on prévoit des couteaux, fixés à la paroi terminale du carter de la soufflante sur les côtés de l'orifice d'entrée, qui coopèrent avec les couteaux prévus sur le rotor. 10.- Dispositif selon l'une des revendications 6 ou 7, caractérisé en ce qu'on fixe une buse d'aspiration à la trémie d'alimentation de la soufflante.