La présente invention concerne des compositions fongicides à base d'halogénures de benzyle nitrés. Elle concerne plus particulièrement des compositions utilisables pour la lutte contre les maladies fongiques des plantes notamment en viticulture, arboriculture, cultures maraîchère et florale, contenant comme matière active des dérivés répondant à la formule générale dans laquelle - X est un atome d'halogène, - Y est un atome d'hydrogène, un radical hydroxy ou méthoxy, - Z est un atome d'hydrogène ou d'halogène, - m est un nombre entier de O à 2, - n est un nombre entier de O à 4, m + n n'étant pas supérieur à 4. De plus X n'est pas le chlore, lorsque m et n sont nuls. Ces composés sont connus, certains cme intermédiaires de synthèse, d'autres comme nématicides, d'autres encore, en particulier l'a-chloro 2-nitro toluène (Zsolnai, Biochemical Pharmacology, 1961, vol. 1 pp. 287 à 304), comme étant actifs sur certains champignons pathogènes des animaux. Or, la demanderesse a maintenant découvert que ces composés présentent d'excellentes propriétés fongicides contre les champignons agricoles et qu'ils'peuvent être utilisés comme matière active de compositions fongicides pour le traitement des plantes. Ces composés peuvent être préparés selon des procédés connus, par exemple, par nitration d'un halogénure de benzyle éventuellement substitué, puis le cas échéant, réaction du produit obtenu avec un bromure ou iodure alcalin. A l'aide d'un tel procédé ont été preparés les composés suivants No X Position NO Z sur le noyau m n 1 Br 2 H H 2 Br 3 H H 3 Er 4 H H 4 I 2 H H 5 I 3 H H 6 I 4 H H 7 Cl 3 2-OH H 8 Br 3 2-OH H 9 I 3 2-OH H A titre de comparaison, comme produits voisins hors du domaine de l'invention ont également été préparés - le 3-nitro, 4-iodo toluène (I) - l'a-chloro 2-nitro toluène (II) qui, dans la publication citée plus haut, est mis sur le même pied que le composé 4. Les exemples suivants sont donnés à titre indi- catif, mais non limitatif, pour illustrer les propriétés fongicides des produits selon l'invention. Exemple I : Test in vitro de germination des spores On étudie l'action des produits selon l'invention sur la germination des spores des champignons suivants - AZternaria 80 ZaniJ responsable de l'alternariose - Botrytis cinerea, responsable de la pourriture grise - Monilia fructigena, responsable de la moniliose - Piricularia oryzae, responsable de la piriculariose du riz Pour chaque essai, on procède de la façon suivante : sur des lames de verre, on pulvérise une solution acétonique à 0,1 g/l de la matière active à tester. Après évaporation de l'acétone, on dépose une suspension aqueuse contenant environ 80.000 spores/cm du mycète. Si la matière active à tester est insoluble dans l'acétone, on dépose sur les lames de verre un mélange d'un volume de la suspension aqueuse ci-dessus et d'un volume d'une suspension aqueuse à 0,1 g/l de la matière à tester d'une poudre mouillable ayant la composition suivante - matière active à tester .................... 20 % - défloculant (lignosulfate de calcium) 5 % - mouillant (alcoylarylsulfonate de sodium) 1 % - charge (silicate d'aluminium). 74 % Cette poudre mouillable est ensuite mélangée à une quantité d'eau calculée pour une application à la dose désirée. Puis, on laisse incuber pendant 24 heures à 200C dans une atmosphère à 100 % d'humidité relative. On effectue ensuite le contrôle du nombre de spores germés, exprimé en pourcentage de germination par rapport à un témoin non traité. Dans ces conditions, à la dose de 0,05 g/l, on observe que - sur AZternaria soZani : les composés 1 à 9 inhibent totalement la germination de ce champignon, alors que le composé connu II est inactif. - sur Botrytis cinerea : les composés 1 à 6 inhibent totalement la germination de ce champignon, alors que les composés I et II sont inactifs. - sur MoniZia fructigena : les composés 1 à 5 et 7 inhibent totalement la germination de ce champignon, alors que cette inhibition est très insuffisante pour les composés I et II. - sur Piricularia oryzae : les composés 1 à 5 et 9 inhibent totalement la germination de ce champignon, alors que les produits I et II sont inactifs. Exemple 2 . Test in vitro de croissance mycélienne. On étudie l'action des produits selon l'invention sur la croissance mycélienne des champignons suivants - PiricuZaria ory ae, responsable de la piriculariose du riz - Fusarium osysporum, responsable de trachéomycoses. Pour chaque essai, on procède de la façon suivante : dans une boite de Pétri, on verse une suspension dans de la gélose (agar-agar), contenant environ 70.000 spores/cm3 du mycète, à une température d'environ 500C. On laisse cette suspension se solidifier et on pose des rondelles de papier filtre imbibées d'une suspension de la matière active à tester à diverses concentrations. Celle-ci est constituée par une poudre mouillable préparée comme celle de l'exemple 1. Cette poudre mouillable est ensuite mélangée à une quantité d'eau calculée pour une application à la dose désirée. On prend comme témoin une boite de Pétri contenant des rondelles imbibees d'eau distillée. Au bout de 4 jours, à 200C, on note les concentrations pour lesquelles on obtint une zone d'inhibition. Dans ces conditions, on observe que - sur Piricularia orgzae : les composés nO 1 à 5 et 9 donnent lieu à une zone d'inhibition pour une concentration de 0,25 g/l. - sur Pusarium oxysporum : les composés nO 1 à 5 donnent lieu à une zone d'inhibition à la dose de 0,25 g/l, alors que les produits nO I et II ne montrent aucune zone d'inhibition. Exemple 3 : Test in vivo sur Plasmapora viticole (mildiou de la vigne) sur feuilles de vigne en survie. Sur des feuilles de vigne fraîchement coupées, on dépose une goutte d'un mélange d'une suspension de spores à raison de 80.000 unités/cm3 environ et d'une suspension à la dilution desirée d'une poudre mouillable de même composition que celle décrite à l'exemple 1, ou, dans le cas d'un produit insoluble, d'une solution acétonique, la concentration en matière active étant de toute façon de 0,05 g/l. On élimine ensuite la goutte et on expose la feuille à la lumière. On effectue le contrôle au bout de 10 jours. Dans ces conditions, à la dose de 0,05 g/l, on observe un effet d'inhibition totale pour les composés nO 1 à 4, 6 et 9 et un bon effet d'inhibition pour le composé nO 5. Exemple 4 : Test in vivo sur AZternaria sotani et Botrytis cinerea, sur feuilles de tomate en survie. Un plant de tomate, agé de 60 à 75 jours, est traite par pulvérisation à l'aide d'une suspension aqueuse contenant la matière active à tester, à la dose considérée. Au bout de 24 heures, les feuilles sont coupées et mises dans des boites de Pétri, dont le fond est garni d'une rondelle de papier filtre humide. Sur les feuilles de tomate, on dépose un tampon de papier filtre imbibé d'une suspension nutritive contenant environ 80.000 unités/cm de spores. Au bout de 4 jours, en atmosphère à 100 % d'humidite relative et à 20 C, on effectue le contrôle par observation du nombre de taches de pourriture. Dans ces conditions, on observe - sur Alternaria solani - un bon effet d'inhibition à la dose de 1 g/l et une inhibition totale à la dose de 2 g/l pour les composés nO 2 et 3 - une inhibition totale à la dose de 2 g/l pour les composés nO 4, 5 et 6 - un bon effet d'inhibition à 2 g/l pour le composé nO 9. - sur Botrytis cinerea - un bon effet d'inhibition à 2 g/l pour le compose n 2 - un bon effet d'inhibition à 0,5 g/l et une inhibition totale à 1 g/l pour les composés nO 3 et 5. - une inhibition totale à 2 g/l pour le composé nO 4, alors que le produit II est inactif. - un bon effet dtinhibition à 1 g/l et une inhibition totale à 2 g/l pour le composé nO 6. Exemple 5 : Test in vivo sur plants On étudie l'action des produits selon l'invention sur PLasmapora vitacola, responsable du mildiou de la vigne. On traite par pulvérisation au pistolet des plants de vigne, cultivés en pots sur la face inférieure des feuilles avec une suspension aqueuse d'une poudre mouillable telle que décrite à l'exemple 1, à la dilution voulue contenant la ma- tière active à tester à la dose considérée: le test étant répété deux fois par matière. Au bout de 24 heures, la contamination est effectuée par pulvérisation sur la face inférieure des feuilles d'une suspension aqueuse de 80.000 unités cm3 de spores du champignon. Les pots sont ensuite placés, pendant 48 heures, en cellule d'incubation à 100 % dthumidité relative et à 2O0C. On effectue le contrôle des plants 15 jours après l'infestation. Dans ces conditions, on observe - une bonne protection des plants à la dose de 0,5 g/l et une protection totale à la dose de 1 g/l pour les composés nO 2 et 9. - une bonne protection des plants à la dose de 0,25 g/l et une protection totale à la dose de 0,5 g/l pour le composé nO 3. - une protection totale à la dose de 0,25 g/l pour les composes nO 4, 5 et 6. En outre, dans l'ensemble ces produits se sont révelés pratiquement non phytotoxiques. Les exemples précédents montrent clairement le caractère inattendu de l'activité sur les champignons agricoles des produits selon l'invention, en particulier le nO 4, alors que son homologue chloré (le composé II), dont l'action est voisine sur les champignons pathogènes des animaux, s'avère inactif dans le cas présent. Les produits selon l'invention sont donc utilisables pour la lutte, à titre préventif ou curatif, contre les champignons parasites que l'on rencontre en arboriculture, viticulture, cultures ornementale et légumière. Dans les conditions d'utilisation pratique, les doses d'emploi peuvent varier dans de larges limites selon la virulence du champignon à combattre et les conditions climatiques. D'une manière génerale, des doses comprises entre 0,01 et 5 g/l de matière active conviennent bien. Pour leur emploi dans la pratique, les produits selon l'invention peuvent être utilisés purs, mais le pt souvent, ils seront mélangés avec différentes charges et adjuvants liquides ou solides destinés à rendre leur emploi plus facile pour l'utilisateur et aussi à permettre aux matières active d'exercer au mieux leur action antiparasitaire. Les formulations ainsi réalisées peuvent être liquides ou solides, prêtes à l'emploi ou devant être dilués à l'eau ou avec un solvant organique au moment de l'emploi. Parmi les formulations solides, on peut citer les poudres mouillables, les poudres pour poudrage et les granu- lés. Parmi les formulations liquides, on peut citer les solutions dans un solvant organique ou inorganique, les emulsions dire-tes ou inversées, les concentrés émulsionnables, les formules pcui aérosols. Ces différentes formulations comprennent, outre la matière active, des diluants (solvants quand il s'agit de liquides, charges quand il s'agit de solides) et des adjuvants divers tels que : mouillants, défloculants, antimottants, adhésifs, agents de pénétration, etc..., destinés à donner à la formulation des qualités physico-chimiques nécessaires. Des détails sur ces formulations et notamment sur les charges et adjuvants utilisables peuvent être trouvés dans l'ouvrage : E. Torgeson - Fungicides, vol. 1, Chap. 6 Formulation - Editeur : Academic Press. REVENDICATIONS 1) Compositions fongicides à usage agricole caractérisées en ce qu'elles contiennent comme matière active un composé de formule générale dans laquelle : - X est un atome d'halogène, - Y est un atome d'hydrogène, un radical hydroxy ou méthoxy, - Z est un atome d'hydrogène ou d'halogène, - m est un nombre entier de O à 2, - n est un nombre entier de O à 4, m + n n'étant pas supérieur à4; De plus X n1 est pas le chlore, lorsque m et n sont nuls. 2) Procédé de lutte contre les maladies fongiques des plantes en agriculture, caractérisé en ce que l'on traite, à titre préventif ou curatif, les plantes avec une composition selon la revendication 1.