Vaccin anti coquelucheux La présente invention concerne un vaccin anticoquelucheux administrable par voie orale. Un vaccin qui a jusqu'alors trouvé une utilisation générale dans la protection des enfants en bas âge pour les empêcher de contracter la coqueluche, comprend des bactéries Bordetella pertussis tuées, généralement sous la forme d'une suspension dans un diluant convenable tel qu'une solution isotonique de chlorure de sodium. L'utilisation d'un tel vaccin présente certains inconvénients. En particulier, il provoque plusieurs réactions allergiques, de même que des complications affectant le système nerveux central, telles que des convulsions et des encéphalopathies (voir Kulenkampff M., Schwartzman J.S. et Wilson J. "Neurological complications of pertussis inoculation", Archives of Disease in Childhood), 49, 46-49 (1974)). Conformément à l'invention, on propose un vaccin anticoquelucheux qui comprend des bactéries coquelucheuses vivantes de la souche Bordetella EM 1964 en association avec un véhicule pharmaceutiquement acceptable. On a trouvé que le vaccin de l'invention est exempt des effets secondaires précités, caractéristiques de l'utilisation des bactéries Bordetella pertussis mortes. En outre, le vaccin de l'invention possède un pouvoir immunogène selon Kendrick, élevé et une toxicité minimale. La souche bactérienne utilisée dans le vaccin de l'invention a été isolée pour la première fois à partir de l'urine d'un enfant atteint de la coqueluche et a été enregistrée à l'institut d'Etat pour le Controle des Médicaments, Boulevard V. Zaimov 26, Sofia, Bulgarie sous le NO 321 auprès duquel on peut librement se le procurer depuis le 26 décembre 1968. La souche a été ultérieurement caractérisée à la suite de travaux entrepris par les Laboratoires de la Santé Publique, Cardiff, Pays de Galles et le Département de Microbiologie, de l'Université de Manchester. Le vaccin de l'invention diffère de ceux qui étaient utilisés jusqu'à présent dans le traitement de la coqueluche en ce qu'il contient des bactéries vivantes. Un vaccin convenable contient de 3 millions à 3 milliards d'organismes microbiens dans 1 ml d'un diluant qui est couramment une solution physiologique. On administre habituellement le vaccin en deux fois à un intervalle de dix jours en utilisant des doses égales de 1,5 million à 1,5 milliard d'organismes microbiens par administration. Le vaccin anticoquelucheux de l'invention peut être prépare en cultivant la souche Bordetella pertussis EM 1964 sur milieu de Borget-Genou pendant 48 heures à 370C. La suspension ainsi obtenue peut être reprise dans une solution physiologique et diluée dans les quantités telles qu'indiqué dans les Tableaux I et II ci-après. La normalisation du vaccin est conforme aux étalons internationaux. Le vaccin est destiné à être administré par voie orale. Le Tableau I représente l'effet du vaccin chez la souris infectée par la bactérie coquelucheuse virulente. Ce tableau montre que les souris auxquelles on administre par voie orale, le vaccin vivant conforme à l'invention, ne subissent pas les conséquences létales de l'infection. Au contraire, 100 % des souris non immunisées meurent. TABLEAU Essai du pouvoir immunogène chez la souris selon Kendrick Methode Groupe de Dose de Nombre Inoculation d'immunisa- souris vaccin de intracérébrale tion NO (Nbre d'orga- souris de Bordetella nismes mi- par pertussis 18323 crobiens) groupe correspondant à 100 DL b0 Mor- % de sou- tes ris survi- vantes Intrapéri- 1 3 milliards 10 2 80 % tonéale 2 300 millions 17 1 94,12 % 3 30 millions 11 - 100 % 4 3 millions 16 7 56,35 % 5 témoin 9 9 0 % Orale 1 3 milliards 18 2 89,89 % 2 300 millions 14 2 85,71 % 3 30 millions 17 2 88,24 % 4 3 millions 12 - 100 % 5 temoin 8 8 0 % Le Tableau I montre que les souris blanches immunisées par voie orale avec des doses comprises entre 3 millions et 3 milliards d'organismes microbiens suivant le groupe de souris considérées, présentent un taux de survie de 85,71 à 100 % après une inoculation intracérébrale avec une dose correspondant 100 DL50 de la souche hautement virulente de Bordetella pertussis 18323. Dans le même temps, toutes les souris témoins non immunisées, meurent. Les résultats sont même meilleurs lorsqu'on utilise le vaccin de l'invention avec une seconde série de souris immunisées parentéralement par injection intrapéritonéale. On utilise la même gamme de doses d'administration par groupes respectifs, bien que la taille des groupes soit différente. Les résultats sont presque aussi satisfaisants qu'avec l'administration par voie orale, qui reste cependant évidemment une méthode préférée avec les nourrissons. Le pourcentage de survie est compris dans ce cas entre 56,3 et 100 %. Par d'autres essais, on évalue la toxicité du vaccin anticoquelucheux vivant selon l'invention, chez la souris blanche. Les résultats obtenus sont exposés dans le Tableau II. TABLEAU II Méthode Groupe de Nombre d'or- Toxicité de l'im- Total du d' immunisation souris ganismes- munisation après pourcentage NO microbiens la de mortalité par dose de (lère dose + vaccin 1ère 2eme 2ème dose) dose dose Intrapéri- 1 1,5 milliard 2/16 4/14 37,5 tonéale 2 150 millions 0/19 2/19 10,5 3 15 millions 0/11 0/11 0 4 1,5 million 2/18 0/16 11,1 5 témoin 1/10 '0/9 10 Orale 1 1,5 milliard 0/18 0/18 0 2 150 millions 0/14 . 0/14 O 3 15 millions 1/20 2/19 15 - 4 1,5 milliard 0/13 1/13 7 5 témoin i/10 0/9 10 Dans les fractions apparaissant dans les colonnes consacrées à la toxicité d'immunisation, le dénominateur represente le nombre /de souris immunisées et le-numérateur représente le nombre de souris mortes On peut voir d'après le Tableau II que l'effet toxique du vaccin dépend de la dose employée, du nombre de doses et de la méthode d'administration. En particulier, les résultats montrent que le vaccin conduit à des résultats de létalité en pourcentages beaucoup plus élevés avec les souris qui sont immunisées par voie intrapéritonéale ou avec celles auxquelles on a inoculé une dose plus grande (3 milliards de bactéries coquelucheuses). La mortalité des souris immunisées en deux fois par voie intrapéritonéale ou ayant été inoculées avec une dose moyenne plus grande (3 milliards de bactéries coquelucheuses) est comparativement élevée. Lorsque les souris sont immunisées en deux fois par voie intrapéritonéale, la mortalité après la seconde immunisation est deux fois plus grande que celle observée après la première dose du vaccin. On suppose que cette augmentation de mortalité est due à certaines réactions allergiques provoquées par l'administration de la seconde dose du vaccin. Dans les sous-groupes restants des animaux d'expérimentation, la mortalité après la première et la seconde immunisations par administration orale, est minime. Ceci mène à la conclusion que lorsque le vaccin est administré par voie orale, il ne déclenche aucune réaction allergique au niveau de l'appareil digestif . Le tableau indique ainsi que l'on obtient les effets de mortalité minimaux après l'administration du vaccin vivant par voie orale. Cette voie représente par suite la méthode préférée pour l'administration du vaccin avec production d'une toxicité minimale. REVENDICATIONS 1. Vaccin anticoquelucheux, caractérisé par le fait qu'il comprend des bactéries vivantes de la souche Bordetella pertussis EM 1964 en association avec un véhicule pharmaceutiquement acceptable. 2. Vaccin selon la revendication 1, caractérisé par le fait que le véhicule est une solution physiologique. 3. Vaccin selon la revendication 1 ou 2, caractérisé par le fait qu'il est sous forme de dose d'administration unitaire, chaque dose d'administration unitaire contenant de 3 millions à 3 milliards d'organismes microbiens par ml. 4. Composition pharmaceutique comprenant le vaccin selon l'une quelconque des revendications précédentes en vue de son administration par voie orale. 5. Composition pharmaceutique selon la revendication 4, caractérisée par le fait que le vaccin contient de 3 millions à 3 milliards d'organismes microbiens dans 1 ml de solution physiologique. 6. Formes d'adminis-tration de la composition pharmaceutique selon la revendication 4 ou 5, en vue de l'administration du vaccin en deux quantités égales.