La présente invention concerne une lentille artificielle intraoculaire destinée être placée dans la chambre antérieure de l'oeil, entre la cornée et l'iris. Lorsque l'on a retiré la lentille naturelle de l'oeil (c'est-àdire le cristallin), par exemple pour supprimer une cataracte, il faut prévoir une lentille artificielle permettant a l'oeil de mettre au point les images sur la rétine. En général, les lentilles correctrices sont fixées sur une monture. Toutefois, de nombreux ophtalmologues sont assez peu partisans d'un tel système, car les verres de lunettes ont tendance diminuer le champ de vision et car il est parfois difficile d'obtenir une vision binoculaire parfaite. En outre, de tels verres de lunettes sont en général très lourds et de nombreuses personnes les trouvent inesthétiques car la puissance des verres peut être telle qu'ils déforment l'aspect de l'oeil. Les premiers essais visant a implanter une lentille artificielle dans l'oeil pour remplacer la lentille naturelle (le cristallin) ne se sont pas révélés très satisfaisants, du fait que les lentilles se déplaçaient fréquemment en endommageant l'oeil,ou il fallait les remettre en place par une autre opération. Au début, on plaçait la lentille artificielle dans ILoeil sans avoir recours a aucun moyen permettant d'empêcher cette lentille de se déplacer, ce qui s'est révélé rapidement très peu satisfaisant.Plus récemment on a commencé à utiliser des lentilles artificielles comportant des boucles arrière que l'on introduit derrière l'iris, et dirigées radialement vers l'extérieur afin de limiter les déplacements de la lentille vers l'avant, et des boucles ou supports partant du pourtour de la lentille et disposés à l'avant de l'iris pour empêcher les déplacements de cette lentille vers l'arrière. Le brevet des E.U.A NO 3 673 616 décrit une lentille artificielle de ce type. Les lentilles artificielles d'implantation de type courant du genre défini ci-dessus, sont en général en résine de méthacrylate de méthyle, le choix de ce produit reposant sur le fait que c'est un produit inerte et que par conséquent il ne risque pas de provoquer des complications dans l'oeil. L'un des avantages du méthacrylate de méthyle tient au fait que sa masse spécifique est très voisine de celle de l'eau et que, par conséquent, une lentille en méthacrylate de méthyle pèse relativement peu dans l'humeur aqueuse qui emplit la chambre antérieure de l'oeil. Toutefois, pour de nombreuses raisons, l'utilisation de lentilles en résine synthétique, par exemple en méthacrylate de méthyle, ne s'est pas révélée parfaitement satisfaisante. En premier lieu, il convient de remarquer que, pour fixer sur la lentille les boucles et supports d'attache, qui sont en général en "Nylon", on commence par percer de petits trous dans la lentille puis on chauffe la lentille pour agrandir légèrement ses ouvertures et l'on encastre les extrémités des boucles et des supports dans ces trous, de sorte que, sous l'effet du refroidissement, les trous percés dans la lentille ont tendance à se resserrer et à retenir fermement les extrémités des boucles et des supports.Or, le perçage et le chauffage des lentilles provoquent inévitablement une certaine contamination de ces dernières, à laquelle, dans le cas de lentilles en matière plastique, on ne peut pas rémédier par chauffage ; en outre, il se produit assez frequemment que les supports se détachent de la lentille. De plus, les points de raccordement des supports ou des boucles; avec les lentilles ont tendance à devenir des foyers d'inflammation par exemple sous l'effet de bactéries ou de débris de cellules. Une autre complication résultant de l'utilisation de lentilles artificielles intraoculaires consiste dans l'obstruction de la pupille#. La lentille a tendance à empêcher l'écoulement naturel d'humeu aqueuse entre la partie arrière et la partie avant de l'iris. Pour remédier à cet inconvénient, on a coutume de pratiquer une iridectomie périphérique au moment où l'on pose la lentille, c'està-dire à percer un petit trou dans l'iris au voisinage de son bord extérieur afin de faciliter l'écoulement de l'humeur aqueuse. Un tel procédé réussit en général à empêcher l'obstruction de la pupille, mais néanmoins il arrive que des complications se produisent, si le trou pratiqué dans l'iris se bouche. En raison des inconvénients que l'on vient de signaler, il serait nettement avantageux d'utiliser des lentilles en un matériau pratiquement inerte, conçu de manière à ne pas avoir tendance à retenir les substances inflammatoires et ne présentant pas l'inconvénient de l'obstruction de la pupille. De ce point de vue, un excellent matériau est le verre, que l'on peut fabriquer avec des corps qui sont inertes vis-à-vis de l'oeil. Toutefois, bien que l'on ait déjà imaginé d'avoir recours au verre pour les lentilles artificielles implantées du genre défini plus haut, on n'a pas encore trouvé de montage parfaitement satisfaisant pour maintenir une lentille en verre à l'intérieur de l'oeil.L'une des raisons principales de cet insuccès tient au fait que le verre est très dense par rapport au méthacrylate de méthyle et que les dispositifs classiques de fixation utilisés avec les lentilles en méthacrylate de méthyle n'étaient pas considérés comme possibles avec le verre. De façon plus précise, l'invention a pour objet une lentille artificielle intraoculaire destinée à être placée dans la chambre antérieure de l'oeil entre la cornée et l'iris pour permettre à l'oeil de mettre au point les images sur la rétine, ladite lentille étant maintenue à l'aide d'organes de fixation neutres, élastiques, sous la forme de fils partant de la lentille dans la direction radiale et vers l'extérieur, lentille dans laquelle lesdits organes de fixation comportent des parties qui passent dans des ouvertures pratiquées dans la lentille, ces parties des organes de fixation se raccordant les unes aux autres, et le jeu entre lesdites ouvertures et lesdites parties des organes de fixation étant important, de sorte que la lentille est maintenue par les organes de fixation sans qu'il y ait de liaison rigide entre ces organes de fixation et la lentille, grâce à quoi l'humeur aqueuse peut passer librement par ces ouvertures une fois la lentille mise en place. Les inconvénients signalés plus haut ont été surmontés par l'invention qui, tout en pouvant s'appliquer de façon avantageuse aux lentilles classiques en résine synthétique comme le méthacrylate de méthyle, convient tout particulièrement aux lentilles en verre. Selon l'invention, on perce des ouvertures dans la lentille à l'aide d'un foret ou par tout autre moyen connu. On enfile un morceau de fil métallique, destiné à former les boucles et les supports de fixation, dans ces ouvertures, et on le fait ressortir en des endroits convenables de la lentille, les portions de ce fil sortant de la lentille étant façonnées pour constituer les boucles et les supports. On soude entre elles les extrémités libres du fil métallique de manière que l'ensemble de support soit d'un seul bloc et ne soit pas fixé rigidement à la lentille, comme c'était le cas pour les ensembles de support de la technique antérieure. En outre, en prévoyant un jeu important entre la cloison des ouvertures à l'intérieur de la lentille et les fils métalliques de fixation logés dans les ouvertures, on permet à l'humeur aqueuse de circuler dans la lentille, ce qui diminue considérablement les risques d'accumulation de substances inflammatoires sur la lentille ou à l'intérieur de cette dernière. De plus, en prévoyant au moins une ouverture traversant toute la lentille de sa face antérieure à sa face arrière, on dispose d'une conduite qui permet à l'humeur aqueuse de s'écouler par pupille de la face arrière de la lentille vers sa face antérieure, ce qui diminue considérablement le risque d'obstruction de la pupille résultant de la présence de la lentille à l'avant de l'iris. L'invention fournit ainsi une lentille en un matériau inerte qui réduit le plus possible, d'une part, le risque d'irritation ou de toute autre complication f cheuse,une fois implantée dans#l'oeil, et, d'autre part, le risque d'obstruction de la pupille. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront de la description qui va suivre, faite en regard des dessins annexés et donnant, à titre explicatif mais nullement limitatif, deux formes de réalisation. Sur ces dessins, la figure 1 est une vue en perspective d'une forme de réalisa- tion préférée de l'invention la figure 2 est une coupe faite suivant la ligne 2-2 de la figure 1, sur laquelle les fils métalliques de fixation ne sont pas représentés la figure 3 est une vue en perspective d'une autre forme de réalisation, ; et la figure 4 est une coupe faite suivant la ligne 4-4 de la figure 1, la lentille étant représentée montée dans l'oeil. La forme de réalisation préférée de la lentille intraoculaire selon l'invention, telle que représentée en particulier sur la figure 1, comprend-une lentille artificielle 10 et un dispositif de fixation 11 servant à maintenir cette lentille à la position représentée sur la figure 4, où la lentille est montée dans la chambre antérieure de l'oeil, entre la cornée 12 et l'iris 13. Le dispositif de fixation 11 est avantageusement constitué par une seule pièce en un matériau inerte et élastique, n'irritant pas l'oeil, de préférence un métal noble comme par exemple le platine ou l'iridium, cette pièce étant façonnée de manière à constituer trois boucles 14 formant entre elles des angles égaux et trois supports 15, formant également entre eux des angles égaux, situés à mi-chemin entre les boucles 14, comme représenté sur la figure 1. Le fil métallique constituant les boucles 14 et les supports 15 est enfilé dans des ouvertures 16 et 19, pratiquées dans la lentille, comme représenté sur les figures 1 et 2. On peut réaliser ces ouvertures 16 et 19 par tout procédé connu, par exemple, par forage au laser. Chacune des ouvertures 16 va d'un point 17 situé sur le pourtour de la lentille 10, ou du voisinage de ce pourtour, jusqu'à un peint 18 situé à l'intérieur de la lentille 10 et aligné avec les extrémités intérieures 14a d'une boucle 14. Les ouvertures 16 communiquent avec les ouvertures 19, qui de préférence, vont de la face arrière à la face avant de la lentille 10 et, de préférence, les ouvertures 19 sont inclinées par rapport a l'axe-de la lentille 10, comme représenté sur la figure 2, afin de faciliter l'introduction du fil métallique. Les extrémités intérieures 14a des boucles 14 se trouvent à une assez grande distance du pourtour de la lentille 10 en direction de l'intérieur, de sorte que ces extrémités intérieures 14a ne gênent pas l'iris lorsque l'oeil est exposé a un éclairage vif. De plus, les extrémités intérieures 14a des boucles sont façonnées de manière à placer les boucles 14 en arrière de la surface arrière de la lentille 10, comme représenté sur la figure 4, pour permettre l'introduction des boucles 14 derrière l'iris 13. Les boucles 14 sont dirigées radialement vers l'extérieur, comme représenté sur les figures 1 et 4, et elles ont une longueur suffisante pour empêcher, lorsqu'elles sont mises en place, la lentille de se déplacer d'une distance appréciable en direction de la cornée, même si l'oeil est plongé dans l'obscurité et si la pupille' est dilatée au maximum. Les supports 15 partent du pourtour de la lentille dans la direction radiale et vers l'extérieur et ils occupent à peu près la même dimension, dans la direction radiale, que les boucles 14. Ces supports 15 sont obtenus en recourbant le fil métallique dont ils sont constitués suivant un faible rayon de courbure en 20 et 21. Les extrémités libres du fil métallique se rejoignent en 22 et il convient de souder le fil en ce point, après quoi il convient de rendre lisse l'extrémité soudée du support 15, afin d'en éliminer toutes les saillies pointues. Le fil en platine dont est fait le dispositif de fixation Il a de préférence un diamètre compris entre environ 10 et 30 microns, et le diamètre des ouvertures 16 et 19 est de 10 à 40% plus grand que le diamètre du fil métallique, la valeur 25% étant préférable. En laissant un jeu assez grand entre la partie du fil métallique qui se trouve dans les ouvertures 16 et 19 et les parois des ouvertures 16 et 19, on permet à l'humeur aqueuse de s'écouler tout à fait librement par ces ouvertures 16 et 19, de sorte que tous les déchets (bactéries, débris de cellules, etc..) qui auraient tendance à s'accumuler dans les ouvertures 16 et 19, peuvent être chassés. En outre, en permettant à l'humeur aqueuse de s'écouler par une ou pluieurs ouvertures 19 de la face arrière vers la face avant de la lentille, on diminue considérablement le risque d'obstruction de la pupille. La lentille 10 peut être en n'importe quel matériau optique inerte, utilisé couramment pour la fabrication de lentilles intraoculaires (par exemple du méthacrylate de méthyle) mais l'invention-convient tout spécialement à des lentilles en verre. Ce verre doit être fabriqué avec des matières non toxiques et il doit, de préférence, avoir un pH neutre. Il est bon que la lentille soit aussi mince que possible, dans la mesure où cela ne diminue pas sa résistance. Conformément à la pratique courante, on choisit la résistance de la lentille 10 de manière qu'elle corresponde à la résistance de la cornée de l'oeil traité et à la longueur de ce dernier, pour permettre à l'oeil muni de la lentille de mettre au point les images sur la rétine. La forme de réalisation reprêsentée sur la figure 3 est analogue à celle de la figure 1 en ce qui concerne la forme du dispositif de fixation 11, mais elle en diffère par le fait qu'elle ne comporte pas d'ouvertures 16 pénétrant dans la lentille 10 vers l'intérieur. Au contraire, les ouvertures 19 sont percées dans la lentille de la face avant vers la face arrière, et les parties du fil métallique constituant le dispositif de fixation 11 qui relient les boucles 14 et les supports 15, se trouvent sur la face extérieure de la lentille 10. En raison de son faible diamètre et de sa position, le fil métallique n'est pas visible. Il est préférable de souder par points chacun des supports 15 au voisinage du pourtour de la lentille 10 pour réduire le plus possible le risque que le fil métallique ne se divise en ce point. On a décrit ci-dessus l'invention en l'appliquant à un dispositif de fixation qui comprend trois boucles arrière et trois supports avant, mais bien entendu, le principe de l'invention s'applique tout aussi bien à des dispositifs de fixation d'un autre type, par exemple à des dispositifs comprenant deux boucles arrière et deux boucles avant, ou encore un dispositif comprenant uniquement des supports avant, la lentille étant placée à l'arrière de l'iris. r REVENDICATIONS 1. Lentille artificielle intraoculaire destinée à être placée dans la chambre antérieure de l'oeil entre la cornée et l'iris pour permettre à l'oeil de mettre au point les images sur la rétine, ladite lentille étant maintenue à l'aide d'organes de fixation inertes, élastiques, sous la forme de fils partant de la lentille dans la direction radiale et vers l'extérieur, cette lentille étant caractérisée par le fait que lesdits organes de fixation comportent des parties qui passent dans des ouvertures pratiquées dans la lentille, ces parties des organes de fixation se raccordant les unes aux autres, et le jeu entre lesdites ouvertures et lesdites parties des organes de fixation étant important, de sorte que la lentille est maintenue par les organes de fixation sans qu'il y ait de liaison rigide entre ces organes de fixation et la lentille, grâce à quoi l'humeur aqueuse peut passer librement par ces ouvertures une fois la lentille mise en;place. 2. Lentille selon la revendication 1, caractérisée par le fait que lesdites ouvertures ont une section transversale circulaire, les organes de fixation étant situés à la fois à l'arrière et à l'avant de l'iris lorsque la lentille est en place, et le diamètre desdites ouvertures étant d'environ 10 à % plus grand que i diamètre desdits organes de fixation. 3. Lentille selon la revendication 1 ou 2; caractérisée par le fait qu'au moins une desdites ouvertures traverse la lentille de sa face arrière jusqu'à sa face avant. 4. Lentille selon l'une des revendicationsl à 3, caractérisée par le fait que les organes de fixation sont constitués par une unique pièce en fil métallique inerte, dont on a réuni les extrémités libres. 5. Lentille selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisée par le fait que ladite lentille est en un verre inerte vis-à-vis de l'oeil. 6. Lentille selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisée par le fait qu'elle présente une face avant et une face arrière et un axe optique confondu avec celui de l'oeil lorsqu'elle est mise en place, ladite lentille ayant une puissance optique donnée en rapport avec la puissance optique de la cornée de l'oeil et avec la longueur de cet oeil pour pouvoir mettre au point les images sur la rétine de l'oeil, lesdits organes de fixation comprenant une série de boucles situées dans le même plan et faisant entre elles des angles égaux, ces boucles partant de la face arrière de ladite lentille dans la direction radiale vers l'extérieur, chacune desdites boucles comportant des extrémités intérieures qui pénètrent dans la lentille par les ouvertures pratiquées dans cette dernière, lesdites ouvertures étant situées à une certaine distance du pourtour de la lentille vers l'intérieur de façon à gêner l'iris le moins possible, lesdites extrémités intérieures étant façonnées de manière que lesdites boucles se trouvent à une distance donnée de la face arrière de ladite lentille, et une série de supports partant du pourtour de la lentille dans la direction radiale vers l'extérieur, lesdits suppports se trouvant à l'avant dudit iris lorsque la lentille est en place, la longueur que lesdites boucles et lesdits supports occupent dans la direction radiale étant telle que la lentille demeure en place lorsque 1 iris s'est dilaté au maximum dans l'obscurité, lesdites boucles et lesdits supports étant réalisés à partir d'un fil métallique élastique et inerte, et ces boucles et ces supports étant reliés les uns aux autres pour constituer un dispositif de fixation d'un seul bloc, lesdites boucles et~lesdits supports pénétrant dans ladite lentille par les ouvertures pratiquées dans celle-ci, le jeu entre ces ouvertures et la partie du dispositif de fixation contenue dans ces ouvertures étant assez important pour que la lentille soit maintenue par ledit dispositif de fixation sans qu'il y ait de liaison rigide entre ce dispositif de fixation et la lentille. 7. Lentille selon la revendication 6, caractérisée par le fait que le fil métallique est en platine.