L'invention est relative à un procédé de fabrication d'un aliment humide contenant des matières grasses, de l'albumine et, le cas échéant, des hydrates de carbone qui, en raison de sa nature physiologique nutritive et digestible, convient tout particulièrement b des poussons, ainsi qutà d'autres omnivores et carnivores, et est obése d à partir de parties de corps d'ani- maux broyés. Pour élever des poissions, on leur distribuait à l'origi- ne, conformément à ce que leur offre la nature, outre des poissons broyés non chauffés, des sous-produits d'abattage, pareillement non chauffés, de préférence des organes intérieurs, Des corps ou parties de corps d'animaux, impropres à la consommation humaine et prévus pour l'alimentation de poissons ou d'animaux à fourrure par exemple, ne sont chauffés qu'en cas de danger d'infection. La conservation à l'état cru de tels produits alimentaires, le plus souvent très coûteux sur le plan hygiénique, pose de sérieux problèmes en raison de leur altération rapide, meme en chambre froide. En plus de pertes physiologiques de la valeur nutritive, on doit s'attendre à des risques hygiéniques. L'organisation de l'alimentation est rendue de ce fait particulièrement difficile en période estivale, pendant laquelle l'alimentation est juste- ment la plus intensive. Le pisciculteur est le plus souvent incapable de réaliser une composition constante des rations alimentaires fabriquées à partir de ces matières premières, eu égard aux différences qu'elles présentent dans le temps et quantitativement. En ce qui concerne leur distribution et leur stockage, les produits alimentaires secs normalisés qu'on trouve dans le commerce depuis dix ans environ posent beaucoup moins de problèmes. Ils sont utilisés à l'heure actuelle principalement pour l'engraisse- ment des truites, dont ils constituent le plus souvent la seule nourriture.Leurs porteurs de protide sont en majorité des farines de poisson, des corps d'animaux broyés et du soja concassé. tes aliments secs ont toutefois l'inconvénient que leurs constituants protéiniques sont plus faiblement valorisés par suite de l'altération à chaud des amino-acides, notamment de la méthionine et de la lysine limitant également la valeur biologique d'aliments pour poissons ; un autre inconvénient réside en ce que ces aliments secs contiennent fréquemment des produits toxiques d'oxyda- tion des graisses, malgré l'addition de substances à action antioxydante. Il n'est pas rare qu'ils contiennent de plus des mycotoxines. L'alevin, notamment de corégones et de salmonidés, est élevé encore maintenant à peu près exclusivement au plancton. Malgré 1'eutropia croissante des eaux qui en contiennent, l'ap- provisionnement en plancton est toutefois onéreux et sa composition peut subir des fluctuations notables suivant la saison et la nature de l'eau. En plus de bactéries ichtyo-pathogènes, le plancton héberge souvent comme h8tes indésirables des parasites du poisson. Pour ces raisons, on distribue aussi depuis longtemps à l'alevin des organes intérieurs de mammifères, de volailles ou de poissions, finement fragmentés et laissés crus s 'ils sont sans inconvénient hygiénique. Depuis quelques années, on utilise de plus en plus des aliments secs en arainsfins pour l'élevage des alevins de truites.Les alevins dtautres poissons de culture n'acceptent pas ou n'acceptent que peu volontiers les aliments secs, mme en grains très fins, t On On a constaté toutefois que des tissus graisseux prove- nant d'animaux de boucherie à sang chaud, broyés au taux usuel des aliments pour poissons, sont peu rentables en pisciculture, et ce d'autant moins que la différence de température entre la chaleur corporelle interne du poisson et les points de fusion des graisses considérées est plus grande. Dans a mesure où des graisses provenant d'animaux de boucherie à sang chaud sont mises en oeuvre pour l'alimentation de poissons, cette différence de température est relativement grandie, même en été et meme si les poissons sont maintenus en eau artificiellement réchauffée.L'invention a pour but d'obtenir cependant une efficacité élevée d'un aliment humide pour poissions, fabriqué à partir de corps et de parties de corps d'animaux broyés. Elle est caractérisée en ce que les graisses animales et/ou végétales et/ou les huiles qui existent dans les corps et les parties de corps d'animaux, et/ou leur sont additionnées, sont réduites en particules, en majorité de grosseur inférieure à I micron environ et transformées en une émulsion industrielle. Après la formation d'une telle émulsion, on peut y mélanger des substances très finement broyées contenant de l'albumine, telles que des produits liquides, piteux ou secs d'origine animale et/ou végétale et/ou microbienne, par exemple du sang, du petit lait, des farines alimentaires de provenance animale ou végétale, des levures et des corps d'animaux ou des os très finement broyés. Dans de nombreux cas, il est conseillé d'effectuer l'émulsionnement des graisses après un broyage préalable séparé de la matière première et d'ajouter aussitôt après le broyage préalable des substances contenant de l'albumine, le cas échéant. Pour épargner le plus possible à l'animal un travail de digestion, il est avantageux d1effectuer l'émulsionnement des graisses en présence de fiel et/ou d'autres émulsifiants. La dissociation enzymatique des graisses, finement subdivisées conformément à l'invention, se déroule de façon particulièrement complète sous l'action émulsifiante du fiel. L'invention offre l'avantage de permettre la production d'un aliment humide de haute valeur, en particulier pour poissons, constitué essentiellement de corps et/ou de parties de corps d'a- nimaux, de préférence laissés à l'état cru, autant que possible fratchement abattus et hygiéniquement sans danger, qui ne se tent pas à une consommation par l'homme en raison de leur aott moins bon, ou pour des motifs légaux. Il s'agit notamment d 'orga- nes intérieurs (poumons, rate, rognons, foie), de tissus de glandes graisseuses ou de pis, d'os avec ou sans viande adhérente, ainsi que des déchets de viande.Les corps d'animaux en question peuvent entre des corps d'animaux de boucherie vidés et écorchés de préférence, des volailles débarrassées de leurs plumes, ou des poissons. En dehors des constituants humides précités, on peut mettre en oeuvre des farines alimentaires contenant de l'albumine et des hydrates de carbone, ainsi que des graisses et des huiles d'origine animale et végétale. L'invention offre un avantage important en ce qui concerne la teneur de l'aliment en graisses d'animaux de boucherie technologiquement émulsionnées et pouvant être mises à profit, de fa çon optimale, ainsi qu'en tissus osseux très finement broyés et pareillement laissés crus. Des os d'animaux de boucherie, susceptibles autre incorporés dans une proportion de 20 % par exemple, peuvent contenir, selon la quantité des restes de viande qui y sont maintenus, des pourcentages encore très élevés d'albumine de très grande valeur biologique nutritive et d'autres substances azotées, ainsi que de différents lipides. Pour rendre l'engraissement encore plus profitable, on peut additionner à l'aliment de faibles quantités de certains produits à action antioxydante, de vitamines, de sels minéraux, d'oligo-éléments, ou de produits exerçant une action thérapeutique indiquée dans certains cas, tels que des antibiotiques ou du bleu de méthylène. Il est possible également de commander les propriétés organoleptiques de poissons de consommation par incorporation à l'aliment de produits donnant de la saveur à la chair. Un autre inconvénient de l'invention réside en ce que la préparation de l'aliment est le résultat d'une émulsion industrielle à tendance thixotropique, dans laquelle le plasma cellulaire représente par son albumine en solution la phase continue et la graisse la phase dispersée. Ce caractère est obtenu d'une émulsion industrielle par le fait que les constituants de base précités sont très finement broyés en une pSte par un procédé connu en soi, le cas échéant sous videou en atmosphère inerte, opération qui s 1accompagne d'une homogénéisation et d'une émulsion de la graisse. Les particules de graisse fragmentées et émulsionnées sont en majorité de grosseur inférieure à 1 micron. La fragmentation et l'é- mulsionnement peuvent être effectués à l'aide de broyeurs, de broyeurs sous vide et d'appareils de microfragmentation, tels que des broyeurs colloidaux. I1 est possible en outre d'émulsionner séparément une graisse et/ou une huile, soit en présence de fiel et/ou d'autres émulsifiants, dont la teneur éventuelle en azote n?a pas à cet égard d'importance primordiale sur le plan physiologique nutritif, et de les soumettre ensuite, avec les corps ou parties de corps d'animaux provisoirement laissés de côté, à un processus supplémentaire de broyage et d'émulsion, ou de remplacer les corps ou parties de corps d'animaux, à ltexception des huiles, graisses ou tissus graisseux, en totalité ou en partie, et au moins à équivalence en protéine brute, par d'autres produits liquides (par exemple sang, petit lait), pâteux (par exemple levures, drêches), ou secs (par exemple concentrés d'albumine, amidon, épaississeurs) d'origine animale, végétale ou microbienne. Un aliment émulsionné de cette manière permet des économies importantes de protéine et se distingue, non seulement par sa nature physiologiquement nutritive et digestible, mals.aussi par le fait qu'en raison de sa consistance pâteuse il ne se désagrège que très lentement, mme dans une eau en mouvement. Pour garantir à l'aliment humide cette consistance, on mesure en cours de fabrication la teneur en eau ainsi que la nature, la quantité et la répartition de la graisse et l'on y ajoute le cas échéant des épis-- sisseurs. Les pertes de substances nutritives, inévitables en pratique par suite de la mise en solution de certains constituants de l'aliment, sont par conséquent sensiblement moindres qu'avec un aliment sec non aggloméré d'une part et qu'avec un aliment humide granuleux ou piteux d'autre part. La fabrication sous vide ralentit l'altération par oxydation, qu'un emballage dans des feuilles imperméables à ltoxygène permet de réduire encore davantage. L'invention est illustrée ci-après par des exemples, dont chacun indique es proportions en poids des matières premières, ainsi que le mode de préparation mis en oeuvre. EXEMPLE 1 Composition en poids % Parties de corps d'animaux 58 os 20 tissus graisseux d'animaux de boucherie 7 huile 1 farines animales et végétales ou concentrès d'albumine 13 substances minérales et vitamines 1 Les os additionnés de glace et d'eau sont très finement broyés et séparés ensuite en une phase liquide contenant en majorité de l'albumine et de la graisse, et en une phase solide contenant en majorité des tissus adipeux et osseux. La phase liquide et les parties désossées de corps d'animaux laissées à l'état cru sont intensivement broyées et émulsionnées, en même temps que le tissu graisseux et huile, dans un broyeur à haut rendement, éventuellement sous vide et/ou en atmosphère inerte, ou dans des appareils de mouture extra-fine du type broyeur colloidal ou broyeur à disque perforé. Après addition de la phase solide chauffée, des farines animales et végétales ou des concentrats d'albumine, des substances minérales et des vitamines, on poursuit le broyage du mélange et son émulsion. Le résultat est un aliment de consistance plastique. EXEMPLE 2 Composition en poids % Parties de corps animaux 51 os 10 tissus graisseux d'animaux de boucherie 12 huile 2 farines animales et végétales ou concentrés d'albumine 24 substances minérales et vitamines 1 émulsifiant environ 0,05 à 1,0 Les os sont préparés comme décrit dans l'exemple 1. La phase liquide, les tissus graisseux et huile, après avoir été réchauffés en cas de besoin, sont fragmentés intensivement et émulsionnés avec un concentrat d'albumine ou avec un émulsifiant, dans les appareils cités dans l'exemple 1. Les parties de corps d'animaux désossées, éventuellement préfragmentées, la phase solide chauffée et les autres constituants, sont additionnés à 1 'é- mulsion et le mélange est très finement moulu et émulsionné comme décrit dans l'exemple 1. EXEMPLE 3 Composition en poids ffi Tissus graisseux d'animaux de boucherie 30 huile 2 eau 22 farines animales et végétales ou concentrés d'albumine 45 substances minérales et vitamines 1 émulsifiant environ 0,05 à 1 Les tissus graisseux, lthuile et l'eau, en mEme temps qu'un émulsifiant ou un concentré d'albumine de provenance animale le ou végétale, si besoin réchauffés, sont très finement fragmentés et émulsionnés avec les appareils décrits dans l'exemple 1. Les autres constituants de l'aliment sont incorporés ensuite à la manière décrite dans les exemples 1 et 2. R E V E N D I C A T I 0 K S 1.- Procédé de fabrication d'un aliment humide, en particulier pour poissions, contenant des matières grasses, de l'albumine et, le cas échéant, des hydrates de carbone, avec utilisation de corps et de parties de corps d'animaux broyées, caractéri sé en ce que les graisses animales ou végétales ou les huiles qui existent dans les corps et les parties de corps d'animaux ou leur sont additionnées sont réduites en particules, en ma jorité de grosseur inférieure à 1 micron environ et transformées en une émulsion industrielle. 2.- Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'après la formation de ltémulsion, on y mélange des substances très finement broyées contenant de l'albumine, telles que des produits liquides, pâteux ou secs d'origine animale et/ou végétale et/ou microbienne, par exemple du sang, du petit lait, des farines alimentaires de provenance animale ou végétale, des levures et des corps d'animaux ou des os très finement broyées. 3.- Procédé selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que l' & ulsionnement des graisses est effectué après un broyage préalable séparé de la matière première, et en ce que des substances contenant de l'albumine sont ajoutees, le cas échéant, aussitôt après le broyage préalable. 4.- Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que ltémulsionnement des graisses est effectué en présence de fiel et/ou d'autres émulsifiants. 5.- Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que des corps et parties de corps d'animaux sont utilisés dans une proportion telle que la graisse contenue dans l'aliment terminé provienne jusqu'à 90% de graisses d'animaux de boucherie. 6.- Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce qu'une fraction des corps et/ou des parties de corps d'animaux est mise en oeuvre à chaud ou après réchauffage. 7.- Procédé selon l'une quelconque des revendications i à 6, caractérisé en ce que l'aliment humide est fabriqué a une consistance pâteuse par un choix approprié de la teneur en eau et de la nature, de la quantité et de la répartition de la graisse et, le cas échéant, des épaississeurs. 8. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé en ce qu'a l'aliment humide sont mélangés d'autres produits ayant des propriétés anti-oxydantes, thérapeutiques, influençant la croissance, de conservation et analogues. 9.- Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé en ce qu'il est mis en oeuvre sous vide ou en atmosphère de gaz inerte.