L'invention se rapporte à la fabrication des lentilles cornéenneset, plus précisément, à#la détermination de leur profil interne. On peut classer les lentilles cornéennes en deux catégories, l'une dans laquelle une zone centrale sphérique est entourée d'une ou plusieurs zones périphériques de rayons de courbures internes plus grands que celui de la zone centrale, l'autre dans laquelle la surface de la lentille est continue, la courbure interne étant soit constante Lentille sphérique), soit de préférence, dégressive du centre vers le bord. Les lentilles de la première catégorie ne procurent pas une adaptation parfaite de leur profil interne à la forme de la cornée, laquelle présente une dégression continue de la courbure du centre vers le bord. L'écart entre la forme de la lentille et celui de la cornée est plus ou moins bien toléré, et la fabrication de lentilles convenablement tolérées relève de l'empirisme. Les lentilles non sphériques #de la seconde catégorie sont, en principe, aptes à épouser rigoureusement la forme de la cornée. Lorsque ce résultat est atteint, la circulation du liquide lacrymal est rendue possible, la capillarité restant pratiquement constante d'un point à un autre de l'espace compris entre la lentille et la cornée. La suppression des zones périphériques#, dites de dégagement, supprime le risque d'exfoliation de l'épithélium ou les pressions locales sur la cornée. Le problème de la détermination rigoureuse de la forme de la cornée d'un oeil vivant n'a toutefois pas été# résolu jusqu' ici. Il a toujours été admis que la surface de la cornée ne répond à aucune loi mathématique et, en outre, l'écart entre les rayons de courbure au centre et au bord varie souvent de plusieurs millimètres. Une adaptation pleinement satisfaisante d'une lentille cornéenne à l'oeil exige que l'écart entre la courbure de la lentille et celle de la cornée soit de l'ordre du dixième de millimètre. Ces remarques soulignent la difficulté du problème a résoudre. Les soluti-ons connues oonsistent,sait à ceérérer par moulage de la cornée ce qui donne des résultats très imparfaits, qu'il faut corriger ensuite par polissage, soit dans la mise en oeuvre de formules empiriques compliquées, trouvées en partant-des formes de lentilles bien tolérées par les usagers pendant plusieurs années de port, lentilles qui ont été réalisées par retouches successives. La mise en oeuvre de ces solutions est longue et leur résultat est peu satisfaisant, de nombreux essais successifs étant généralement nécessaires. La présente invention a pour objet un procédé qui supprime complètement ces inconvénients. Le procédé suivant l'invention consiste à effectuer dans au moins un plan méridien de l'oeil du patient, la mesure du rayon de courbure central de la cornée et la mesure de la profondeur de la chambre antérieure de l'oeil sensiblement suivant l'axe ou ophtalmométrique visuel/et est caractérisé en ce qu'il comporte la détermination d' une première courbe définie par un sommet et une droite appelée directrice et par la condition qu'en chaque point de cette courbe le produit du rayon de courbure par la distance à la directrice est constant, le rayon de courbure au sommet étant pris égal audit rayon de courbure central mesuré et la distance du sommet à la directrice étant pr-ise égale à ladite profondeur de la chambre antérieurs mesurée ;; la détermination d'une seconde courbe parallèle distante de la première d'une valeur constante tenant compte de l'épaisseur du film lacrymal, en pratique, voisine de 0,1 mm : et la réalisation d'une lentille ayant une surface interne dont la section par ledit plan méridien soit identique à cette deuxième courbe, et une surface externe déterminée en fonction de la correction optique recherchée. En cas d'astigmatisme, on déterminera, par le même procédé, les sections dans les deux plans méridiens principaux orientés selon le plan de courbure maximum et celui de courbure minimum. L'invention sera mieux comprise à l'aide de la description ci-après. Au dessin annexé la figure 1 représente schématiquement une coupe de la partie antérieure de l'oeil par un plan méridien et la figure 2 illustre le procédé de l'invention. A la figure 1, on a représenté l'épithélium antérieur de la cornée qui coupe l'axe optique X' X de l'oeil en S1 et la surface interne, qui coupe X' X en S2. La surface antérieure du cristallin C coupe X' X en S3. On a f-iguré en traite mixte une droite Y Y' passant par S3 et perpendiculaire à X X' : S2 S3 est ce qu'on appelle la profondeur de la chambre antérieure sur l'axe visuel. Le Demandeur a découvert que la surface externe de la cornée a une forme telle que le produit du rayon de courbure R (h) en un point quelconque de la section représentée, situé à une distance h de X' X,par la distance d (h) de ce point tH1, fig. 2) à la droite Y' Y est constant. Ce produit est par conséquent égal au produit du rayon de courbure central Ro (c'est-à-dire au point S13 par la distance S1 S3 (c'est-à-dire do)-.Compte tenu de la faible épaisseur de la cornée, (entre 0,1 et-0,Bmm) et de sa souplesse,#S1 S3 diffère peu de la profondeur S2 S3 de la chambre antérieure et, pour simplifier l'exposé, on a désigné par cette expression la distance S1 S3 ou la distance d (h) que l'on sait d'ailleurs mesurer avec précision, comme on le verra ci-après. La découverte du Demandeur s'explique par le fait que la cornée est assimilable à une membrane déformable en équilibre entre la pression extérieure et la pression interne transmise en majeure partie par le liquide contenu dans la chambre antérieure. Jacques Bernoulli a montré qu'une membrane defèrmablesoupIe(u#linge par exemples, fixée à deux tiges de support parallèles disposées dans un plan horizontal et remplie d'un liquide jusqu'à un certain niveau, prend la forme d'un cylindre dont la section droite est une courbe qu'il a désignée sous le nom de "-lintearia" et francisée en nlintéairen. Cette courbe est telle que R th3.dth)= constante, R (h) étant le rayon de courbure en un point quelconque et d (h) la distance de ce point à une droite, appelée directrice et contenue dans le plan du niveau du liquide. Cette courbe a été désignée sous le nom d' arc hydrostatique, par Yvon Villarceau, t1846 : Mémoire sur l'étant blissement des arches de ponts) qui en a fait une étude approfondie. Parmi les ouvrages qui la décrivent, on peut citer - Barré de St-Venant : "Leçons sur la résistance des corps EP 1870" et - Bouasse : "Résistance des matériaux" - Delagrave Edition 1947. Ces publications montrent que l'on sait la déterminer entièrement dès lors que l'on connait le rayon de courbure en l'un de ses points et la distance de ce point à la directrice. La découverte du Demandeur consiste à avoir énoncé et vérifié expérimentalement que la surface extérieure de la cornée a, dans un plan méridien quelconque, la forme d'une lintéaire dont la directrice passe sensiblement p#ar le sommet S3 du cristallin au repos . Une étude mathématique approfondie montre que le fait d' appliquer ce principe a une enceinte souple maintenue en équilibre du type paraboloide-elléptique ne change pas sensiblement les données du problème. Par ailleurs, les mesures effectuées sur la cornée ne concernent que des sections droites normales entre elles. En réalité, en fonction de la dimension de la cornée et de la profondeur de la chambre antérieure, la position de la directrice varie entre une distance nulle de S3 et une distance maximum d'environ 1,5 mm. Le Demandeur a constaté que l'on pouvait, pour aboutir à une détermination pratique tout à fait correcte de la surface externe de la cornée, poser que cette dernière est une lintéaire ayant dans tous les cas une directrice passant par le sommet du cristallin. Il doit être bien compris que l'efficacité du procédé a été vérifiée expérimentalement et ne dépend pas de la valeur scientifique de la thérorie que l'on vient d'exposer. Ce procédé consiste tout d'abord-à mesurer R (o) et d (o) dans un plan méridien de l'oeil ou dans les deux plans méridiens principaux. Plusieurs méthodes de mesures sont connues. Pour mesurer la courbure de la cornée sur l'axe visuel, ont peut par exemple utiliser un ophtalmomètre du type Javal ou Helmholtz. Un autre appareil, le microscope auto-collimateur, permet de mesurer la courbure de la cornée en différents points pris sur l'axe visuel ou correspondant à des angles de visée allant 'jusqu'à 30-ou 400. Un ophtalmomètre classique ou un microscope auto-collimateur permettent également d'effectuer la mesure de la profondeur de la chambre antérieure en visant successivement le sommet de la cornée, puis le sommet du cristallin. Différents types d'appareils spéciaux disponibles dans le commerce permettent d'effectuer ces mesures dans les meilleures conditions. On fera observer que si les mesures ne sont pas faites exactement au sommet de la cornée, la lintéaire ne s'en trouve pas moins correctement définie. A partir des valeurs de Ro et d,, il est possible de construire la lintéaire définie par le rayon de courbure Ro à son sommet et la distance do du sommet à la directrice. Cette constructi-on peut etre réalisée en programmant convenablement un ordinateur en se donnant la dimension de la cornée et aussi celle de la lentille qui lui sera adaptée. En variante, on peut déterminer un nombre suffisant de points de la lintéaire en mesurant l'un des paramètres R (h) et d (h) en ces points de préférence R (h) . L'autre paramètre s'en en déduit par application de la formule R (h).d (h) = Ro.do. Les deux méthodes de détermination de la lintéaire peuvent évidemment être combinées. A partir de la lintéaire L1 (figure 2),il est facile de tracer une courbe parallèle L2 dont chaque point H2 se déduit d'un point H1 de L1 en traçant le rayon de courbure R (h) en H1 et en le prolongeant d'une longueur constante H1 -H2. Cette longueur, prise égale à l'épaisseur du film lacrymal, aura par exemple 0,-1 mm. Compte tenu de la très faible distance entre les deux courbes, tout moyen connu, mécanique ou autre, d'engendrer des courbes sensiblement parallèles donnera des résultats satisfaisants. La courbe L2 représente le profil interne de la lentille dans le plan meridien considéré. Le-profil externe L3 est alors calculé en tenant compte de la correction optique recherchée pour l'oeil considéré Si la lentille doit recouvrir totalement la cornée, il faudra évidemment mesurer le diamètre de cell#e-ci pour définir la portion de la courbe L2 à retenir. Si l'oeil ne présente pas d'astigmatisme, la forme de la lentille pourra se déduire par rotation autour de l'axe de la section par un plan méridien ainsi obtenue. En cas d'astigmatisme, le tracé de sections dans deux plans méridiens principaux sera nécessaire. L'utilisation d'un tour ou d'une fraiseuse à programme permet de réaliser les surfaces qui viennent d'être définies. Les procédés de moulage par déformation d'une plaque de matière ou de reconstitution de matière dans un moule à partir de poudre ou de liquide est également applicable L'invention peut s'appliquer aussi bien à la réalisation de lentilles en matière dure que de lentilles molles et dans ce cas particulier, constitue une amélioration très importante à leur fabrication en supprimant les risques de différences de forme qui conduisent à des déformations de cornée, de collage entre la face interne de la lentille et la cornée et toute une série d'évènements biophysiques connus des spécialistes. REVENDICATIONS 1. Procédé de fabrication de lentilles cornéennes, comportant la mesure, dans au moins un plan méridien de l'oeil du patient, du rayon de courbure central de la cornée et la mesure de la profondeur de la chambre antérieure de l'oeil sensiblement suivant l'axe visuel caractérisé par la détermination d'une courbe définie par un sommet et une droite appelée directrice et par la- condition qu'en chaque point de cette courbe le produit du rayon de courbure par la distance à la directrice est constant, le rayon de courbure' au sommet étant pris égal audit rayon de courbure central mesuré et la distance du sommet à la directrice étant prise égale à ladite profondeur de la chambre antérieure mesurée , la détermination d'une seconde courbe parallèle distante de la première d'une valeur constante tenant compte de l'épaisseur du film lacrymal, en pratique, voisine de 0,1 mm ; et la réalisation d'une lentille ayant une surface interne dont la section par ledit plan méridien soit identique à cette deuxième courbe, et une surface externe déterminée en fonction de la correction optique recherchée. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que lesdites mesures et lesdites détsrminations de deux courbes s'effectuent dans deux plans méridiens principaux orthogonaux. 3. Procédé selon la revendication i ou 2, caractérisé en ce que l'on effectue en outre la mesure du rayon de courbure en différents points de la cornée, pour en déduire la profondeur de la chambre antérieure en posant que le produit de ces deux pa ramètres est constant sur toute la surface extérieure de la cornée 4. Lentille cornéenne obtenue à l'aide du procédé de la revendication 1, caractérisée en ce que le profil de sa surface interne dans au moins un plan méridien est une courbe parallèle à une lintéaire.