L'invention concerne une grue munie d'un mât à l'extré- mité supérieure duquel sont articulés une flèche et un chevalet qtii écarte de la dite extrémité les câbles attachés à ce chevalet à savoir le câble de suspension de flèche et le câble de déplacement de flèche, la flèche et le chevalet pouvant se rabattre contre le mât pour le transport de la grue. Pour permettre de donner une structure économique à une grue de construction, il est particulièrement important d'éviter le plus possible que le mât soit soumis à des couples de flexion. La solution classique consiste à faire reposer de façon centrée en un point le système flèche-chevalet sur l'extrémité supérieure du mât aménagée en forme de toit. Toutefois, I'inconvénient de cette solution est que la dépense de construction pour le système de chevalet et pour la pointe du mât devient très grande de sorte que l'on annule l'avantage économique obtenu par l'alègement des profilés d'angle du mât. Le levage de la flèche, assuré de façon simple et sans main d'oeuvre, nécessite un système comprenant le plus souvent deux chevalets plus ou moins mobiles. Si l'on veut diminuer le nombre des chevalets, une solution est d'appuyer le chevalet au point d'articulation de la flèche (brevet français nO 1.507.328). Etant donné que ce chevalet connu est monté en position fixe à la pointe du mât, l'effort de flexion appliqué au mât par les forces transmises par l'interrnédiaîre du chevalet est important. En outre, l'effort de flexion imposé au mât dépend de la position de la charge ou de la flèche, ce qui nuit à la solidité du mât en service. L'invention a pour but de fournir une grue dont le mât puisse être maintenu, sans arande dépense de construction, exempt de couples de flexion transmis par le chevalet. Pour résoudre ce problème, dans une grue munie d'un mât à l'extrémité supérieure duquel sont articulés une flèche et un chevalet qui écarte de la dite extrémité les câbles attachés à ce chevalet, à savoir le câble de suspension de flèche et le câble de déplacement de flèche, la flèche et le chevalet pouvant se rabattre contre le mât pour le transport de la grue, l'invention propose que le chevalet, dans sa position rabattue et durant la première phase de son levage aboutissant à la tension du câble de suspension de flèche, soit soutenu par une première articulation située au voisinage de l'axe de pivotement de la flèche et qu'ensuite, pendant la phase suivante et ultime de pivotement et donc dans sa position de service, il soit soutenu par une deuxième articulation prévue à l'extrémité supérieure du mât, du côté opposé à l'articulation de la flèche. Ainsi, dans la grue selon l'invention, il existe sur le mât deux articulations sur lesquelles le chevalet sappuie successivement. La première articulation est située au voisinage de l'articulation de flèche et est utilisée pour la première phase du chevalet. A la phase de pivotement suivante, le chevalet saute de sa première articulation de pivotement sur sa deu xième articulation de pivotement et reste appuyée dans celle-ci jusqu'à ce qu'il atteigne sa position de service. Ainsi le point de pivotement du chevalet se déplace automatiquement, lors du levage de clui-ci, du côté opposé au point d'articulation de la flèche par rapport à la pointe du mât. Par suite, les forces transmises à la pointe du mât par l'intermédiaire de la flèche et du chevalet n'engendrent dans le mât qu'un couple de flexion relativement faible. I1 est possible aussi de placer l'axe de la première articulation du chevalet non seulement à proximité de l'articulation de la flèche, mais dans l'axe d'articulation même de la flèche. En pareil cas, la première articulation de pivotement du chevalet serait commune à l'articulation de la flèche. Selon une caractéristique particulière de l'invention, l'extrémité articulable du chevalet est munie d'un bras s'étendant en porte à faux sensiblement à angle droit dans le plan de pivotement du chevalet et dont l'extrémité libre entoure partiellement un tourillon constituant la première articulation tandis que la deuxième articulation présente un palier, ouvert en fourche vers le haut, solidaire de l'extrémité supérieure du mât et dont le côté fourchu correspond au diamètre d'un tourillon qui fait saillie latéralement à l'extrémité articulable du chevalet. La deuxième articulation peut aussi être un palier à cuvette dans lequel peut pivoter l'extrémité de forme correspondante du chevalet.Avantageusement, le chevalet peut être composé de deux bras disposés en fourche, dont les extrémités peuvent être soutenues par deux articulations fourchue correspon dantes. Selon une autre caractéristique de l'invention, l'extrémité du bras en porte a faux peut être de forme semi-circu la;Lre et être disposée de telle sorte que le chevalet se verrouille automatiquement sur la première articulation et se dévérouille automatiquement au plus tard au début de son appui sur la deuxième articulation. Selon une autre caractéristique de l'invention, le guidage du câble-de déplacement de flèche dans la position rabattue du chevalet peut être assuré par un déflecteur de câble fixé à l'extrémité articulable du chevalet et par une poulie de renvoi située à l'extrémité supérieure du mât, derrière la deuxième articulation Un exemple d'exécution est décrit plus précisément ci-après en se référant aux dessins dans lesquels La figure 1 est une élévation latérale de la grue dans la position rabattue de transport La figure 2 une élévation latérale du paquet de grue de la figure 1 dans la position érigée, l'élément intérieur de mat étant déployé La figure 3 un détail de l'extrémité supérieure du mât de la grue de la figure 2, la flèche étant levée à sa position horizontale de travail Les figures 4 et 5 sont des détails agrandis du mécanisme de pivotement du chevalet avec passage automatique d'une première à une deuxième articulation de pivotement et La figure 6 une élévation latérale de la première arti eulation de pivotement de chevalet des figures 4 et 5. La grue mobile de construction des figures 1 et 2 est placée sur une platetorme tournante 10 qui repose par un palier de rotation îOa sur un châssis roulant muni de deux trains de roues 11 et 12 qui sont les roues destinées au transport par route et/ou par rail. La plateforme 10 porte le mât formé de l'élément inférieur extérieur 13a et de l'élément supérieur intérieur 13b disposé dans celui-ci et pouvant s'en déployer télescopiquement. Le mât est porté par deux paires de bras oscillants à savoir, de chaque côté, un bras supérieur 14 et un bras inférieur 15 qui sont articulés par des boulons à la plateforme tournante 10 et à l'élément extérieur de mât 13a.Sur la plate forme 10 se trouve un treuil 16 sur lequel un câble 17, fixé à l'extrémité inférieure de l'élément extérieur de mât 13a, est enroulé pour ériger la grue repliée. A l'extrémité supérieure de l'élément intérieur de mât 13b est disposée une traverse de flèche 18 sur laquelle est articulée, par l'articulation 19, la flèche formée des deux éléments 20 et 21. Dans la position de transport de la figure 1, la flèche 20, 21 est placée sur l'élément extérieur de mât 13a. Sur la flèche est placé dans la position de transport un chevalet 22 constitué par deux bras disposés en forme de fourche et qui sont tous deux montés de manière à pouvoir pivoter sur la traverse de flèche 18 . Selon les figures 2 et 3, le chevalet 2-2 à l'extré- mité duquel s'attachent le câble de suspension de flèche 23 et le câble de déplacement de flèche 24, sert à écarter ces câbles de l'extrémité supérieure du mât. Le chevalet 22, ou ses bras pivotants, présentent à leur extrémité articulable un bras 25 s'étendant en porte à faux sensiblement perpendiculairement, situé dans le plan de pivotement du chevalet et dont l'extrémité libre entoure partiellement un tourillon 26 solidaire de l'extrémité supérieure du mât et çons- tituant une première articulation. A l'extrémité articulable du chevalet 22 font saillie latéralement deux tourillons opposes/ du un tourillon correspondant d'un seul tenant, qui pivotent en même temps que le chevalet décrivant un arc de cercle 28 autour du tourillon 26 (figure 4).Sur la traverse de flèche 18 sont fixées, à l'opposé des articulations munies du tourillon 26, d'autres articulations 29 en forme de paliers ouverts en fourche vers le haut, la largeur de fourche correspondant au diamètre des tourillons 27 du chevalet 22. En outre, sur la traverse de flèche 18 est montée, hprs des articulations 29, une poulie de renvoi 30. Le câble de déplacement de flèche 24 est fixé à l'extrémité libre du chevalet 22 et quand la flèche 20, 21 et le chevalet 22 sont en position rabattue, ce câble passe sur un déflecteur de câble 31 pour arriver à la poulie de renvoi 30 et de là, avec ou sans interposition d'un moufle, il se dirige vers le bas jusqu'au contrepoids 32 de la plateforme tournante 10. L'extrémité libre du chevalet 22 est en outre reliée à la flèche 20, 21 par le câble de suspension de flèche 23. Pour l'érection de la grue en position de travail, l'élément intérieur de mât 13b étant déployé ou non, la flèche 20, 21 pend tout d'abord vers le bas et le chevalet 22 est parallèle à la flèche. Si l'on tire le câble de déplacement de flèche 24, ce câble présente entre le déflecteur 31 et la poulie de renvoi 30 un bras de levier par rapport au tourilion 26, le chevalet 22 pivote autour de ce tourillon 26 et arrive alors à une position telle que les tourillons 27 de l'extrémité articulable du chevalet 22 tombent dans les ouvertures fourchues des articulations 29. L'extrémité libre du chevalet 22 décrit ainsi l'arc de cercle 32. Cette position extrème de première phase de pivotement du chevalet 22 est indiquée en tireté à la figure 2. Si l'on continue à tirer le câble de déplacement de flèche 24, les extrémités fourchues des bras en porte à faux 25 se dégagent des tourillons 26. Ainsi, le passage automatique du premier axe de pivotement défini par les tourillons 26 au deuxième axe articulations fourchues 29 est réalisé. Lorsque la traction du câble 24 se poursuit, le pivotement du chevalet 22 continue jusqu'à ce que ce câble s'écarte de la poulie de renvoi 30. Entre temps, le câble de suspension de flèche 23 s'est tendu entre le chevalet 22 et la flèche 20. Dans cette position7 le mécanisme de pivotement est représenté en tireté à la figure 3. Pendant que sous l'effet de la traction du câble 24, le chevalet 22 pivote suivant la flèche 33 de la figure 3 vers sa position de service, la flèche 20 est également amenée, au moyen du câble 23 de suspension, à sa position de service habituellement horizontale. L'angle de pivotement total du chevalet 22, dans l'exemple d'exécution représenté, est d'environ 1300. En raccourcissant convenablement au préalable le câ ble 23 de suspension de flèche, il est possible d'amener la flèche, au delà de sa position horizontale, à une position surélevée, par exemple à 450 de l'horizontale. Comme on le voit en particulier aux figures 4 et 5, l'extrémité libre du bras en porte à faux 25 du chevalet 22 est arrondie en demi-cercle du côté opposé au tourillon 26 de la pre mière articulation et le bras 25 ne peut tomber hors de l'articulation 26. Au plus tard lorsque le tourillon 27 du chevalet commence à s'appuyer dans la fourche de la deuxième articulation 29, le bras 25 est automatiquement déverrouillé de la première articulation 26. L'accrochage sur la première articulation est seulement libéré lorsque le chevalet 22 a atteint sa position de transfert. montre La figure 6/en élévation latérale un exemple d'exé- cution de la première articulation de chevalet qui est fixée à la traverse de flèche 18 portée par le sommet de l'élément intérieur de mât. REVENDICATIONS 10) Grue munie d'un mât à l'extrémité supérieure duquel sont articulés une flèche et une chevalet qui écarte de la dite extrémité les câbles attachés à ce chevalet, à savoir le câble de suspension de flèche et le câble de déplacement de flèche, la flèche et le chevalet pouvant se rabattre contre le mât pour le transport de la grue, grue caractérisée en ce que le chevalet, dans sa position rabattue et durant la première phase de son levage aboutissant à la tension du câble de suspension de flèche, est soutenu par une première articulation situee au voisinage de l'axe de pivotement de la flèche et qu'ensuite, pendant la phase suivante et ultine de pivotement et donc dans sa position de service, il est soutenu par une deuxième articulation prévue à l'ex- trémité supérieure du mât, du côté opposé à l'articulation de la flèche. 20) Grue selon la reVendication 1, caractérisée en ce que l'extrémité articulable du chevalet est munie d'un bras s'étendant en porte à faux sensiblement à angle droit dans le plan de pivotement du chevalent et dont l'extrémité libre entoure partiellement un tourillon constituant la première articulation, tandis que la deuxième articulation présente un palier, ouvert en fourche vers le haut, solidaire de l'extrémité supérieure du mât et dont le côté fourchu correspond au diamètre d'un tourillon qui fait saillie latéralement à l'extrémité articulable du chevalet. 30) Grue selon la revendication 2, caractérisé en ce que l'extrémité du bras en porte à faux est de forme semi-circulaire et est disposée de telle sorte que le chevalet se verrouille automatiquement sur la première articulation et se déverrouille automatiquement au plus tard au début de son appui sur la deuxième articulation. 40) Grue selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée en ce que le guidage du câble de déplacement de flèche dans la position rabattue du chevalet est assuré par un déflecteur de câble fixé à l'extrémité articulable du chevalet et par une poulie de renvoi située à l'extrémité supérieure du mât, derrière la deuxième articulation.