La présente invention concerne une matière de revêtement pour l'imperméabilisation superficielle ou extérieure du fond et, ou bien, des berges immergées des canaux, rivières et autres voies d'eau. Le développement de la circulation sur les canaux, les rivières ou autres voies d'eau rend nécessaire, en de nombreux cas, l'appro fondissement ou l'élargissement de ces voies. A cet effet, on a, par exemple, approfondi des canaux en conservant la forme en trapèze de leur section transversale, ou on a élevé des murs de palplanches sur le haut des berges latérales en transformant en section rectangulaire la section trapézoSdale du canal. Cependant pour les canaux pourvus d'un fond et de parois latérales imperméables, il faut renouveler cette imperméabilisation0 On sait rendre imperméables les canaux et autres voies d'eau au moyen d'argile ou d'argile hydratée, qu'on applique sous l'eau en couche de vingt à trente centimètres d'épaisseur sur le fond et les parois latérales.On a également imperméabilisé certaines longueurs d'éssai en les recouvrant d'unecouche d'asphalte de deux à cinq centimètres d'épaisseur. Ce procédé a cependant été abandonné pour des motifs techniques et économiques. On a déja préconisé également comme produit d'étanchéité des feuilles minces de matière plastique qui n'ont cependant pas été expérimentées jusqu'ici. Tous ces produits et couches d'imperméabilisation sont très facilement endommagés matériellement par les ancresjetées d'urgence ou même déja par l'effet permanent de la turbulence de l'eau provoquée par les hélices des bateaux, de sorte qu'il faut les recouvrir, dans chaque cas, d'une couche de protection. Cette couche consiste, par exemple, en une épaisseur de sable siliceux de quarante centimètres environ et en un mélange de gravier et de cailloutis qu'on y rapporte sur trente à quarante centimètres d'épaisseur. La dépense pour une couche protectrice de ce genre, épaisse au total de soixante-dix à quatrevingt centimètres et qui doit être appliquée très exactement est considérable. I1 s'y ajoute que le profil doit entre encore creusé en plus de ces soixante-dix à quatrevingt centimètres et qu'enfin les parois latérales palplanches assez coûteuses doivent être prolongées dans ces proportions. L'emploi d'argile comme produit d'étanchéité entrain divers in convénientsO La perméabilitée demandée, par exemple, de 10 7 cm/s n'est atteinte qu'avec une argile possédant une teneur élevée en argile bute et présentant une rigidité eorrespondant au moins à une consistance demi-dure, c'est-à-dire ayant la teneur en eau nécessaire à cet effet, En outre, une telle argile n'est pas toujours disponible à une distance du chantier, économique du point de vue du transports De plus, l'extraction de l'argile de la carrière et son application sont tributaires des intempéries0 Suivant la publication "AusfUhrung von Dichtungsarbeiten beim Âusbau des Dortmund-Ems-Kanals" (Exécution des travaux d'imperméabilisation pendant la construction du Canal Dortmund-Ems) par Gruhle, Dingo dipl., (Die Bautechnik, 34 (1957), NO 12) l'argile doit être travaillée avec des rouleaux à pointes, puis comprimée vers le bas par des bandes transporteuses0 Si sa teneur en eau est trop faible, elle se partage alors en morceaux, qui-ne peuvent plus entre recomprimés ensemble par des bandes transporteuses pour former une masse homogènes Si la teneur en eau est trop élevée, l'argile se colle aux rouleaux et aux bandes transporteuses. Il est pourtant très difficile d'agir sur la teneur en eau0 On rencontre aussi des difficultés quand l'argile contient des pierres, comme cela arrive souvent, Il faut en outre recouvrir relativement vite l'argile étalée d'une couche protectrice, faute de quoi elle se ramollit dans l'eau avec le temps, On peut cependant y obvier en employant de l'argile hydratée.Mais il faut aussi pour cela qu'un gisement minéral argileux approprié se trouve à proximité du chantier0 La transformation du minéral en argile hydratée est également relativement onéreuses L'emploi de revêtements d'asphalte présente également des incon vénientsO Les couches d'asphalte minces demandent à etrepourvues d'armatures résistant à la traction, en toile de jute par exemple, ce qui complique leur éxécution et entrain une dépense non rentable la plupart du temps. Par ailleurs, il est en général nécessaire, pour rendre un canal imperméable, d'effectuer l'opération d'un côté d'abord, en maintenant la circulation des bateaux de l'autre côté, puis d'éxécuter ensuite l'imperméabilisation de cet autre côté.Dans ces conditions, il est diffidle de réaliser dans l'axe du canal le joint étanche des couches d'asphalte0 les épaisseurs relativement minces peuvent en outre s'arracher et devenir ainsi perméables au cours des travaux, les mimes inconvénients se présentent, en partie encore renforcés, quand on emploie des bandes de matière plastique0 De ce fait, on a commencé à appliquer à chaud l'asphalte sous-marinO Il faut pour cela que la masse d'asphalte soit mélangée à chaud sur le chantier meme et comprimée dans cet état sur le fond par des vis 'd'Archimède. L'invention a pour but de créer une matière de revêtement pour imperméabiliser sous l'eau les rivières, canaux, ou autres voies d'eau, les inconvénients exposés étant évités. Pour résoudre le problème, l'invention prevoit une matière de revêtement qui consiste en un mélange de sable -ou de sable et de gravier- d'un liant hydraulique, de pouzzolane ainsi que de poussière d'argile et d'eau ce mélange formant une composition plastique ou pâteuse telle, que dans un dispositif d'application plongé dans l'eau, celle-ci glisse par gravité jusqu'au fond de la voie d'eau, ou sur les berges, en constituant ainsi leur revttement. De préférence, cette matière conP tient 66% environ de sable -ou de sable et de gravier- 8% environ de liant hydraulique, 7% environ de puzzolane, 5% environ de poussière d'argile et 16% environ d'eau. Comme liant hydraulique, on peut se servir de chaux hydraulique, de chaux superhydraulique o; de ciment et, comme puzzolane, de trass ou d'escarbilles. La poussière d'argile peut entre contenue dans la matière également sous forme de bentonite. En fait les divers éléments d'un tel mélange, tout comme leurs propriétés, sont connus chacun séparément . On connatt aussi des mélanges similaires en tant que matières d'injection, en composition telle qu'on peut l'introduire sous pression dans des cavités existant sur ou dans des bâtiments, ou dans d'autres espaces creux, en sous-sol, par exemple. L'emploi de la composition selon l'invention comme matière de revêtement pour imperméabiliser sous l'eau est cependant nouveau et apporte ce progrès,Xque toutes les exigences présentées à un produit d'imperméabilisation sous l'eau de la surface du fond et, ou bien, des berges d'une voie d'eau, sont particulièrement bien satisfaites. Ainsi, les éléments entrant dans la composition de la matière sont relativement économiques, simples à se procurer et aisément mélangés pour former une masse suffisamment plastique pour entre appliquée, car elle ne durcit que lentement. On peut effectuer le mélange à terre, au moyen de malaxeurs usuels, par exemple, et le transporter en l'état, car il ne se désagrège pas en cours de route, et il ne prend pas en raison de la longue durée de sa préparation. Sa composition est telle qu'elle glisse par gravité dans un tube incliné ou dans une goulotte d'où elle s'écoule sous la forme pateuse désirée. La matière ne se modifie plus après s'être écoulée dans l'eau car elle présente déja une stabilité suffisante dans cet état, de plus elle n'absorbe pas d'eau et elle est hydrofuge. La résistance à l'érosion de la matière franche est également si grande, que la turbulence de l'eau, provoquée par les bateaux qui suivent les bords ainsi que les engins de déchargement, ne l'endom- mage pas.De plus, cette matière prend si lentement qu'elle suit, immédiatement après son dépit au fond d'un canal, la forme des bosses ou accidents du terrain sans présenter de fissure0 Meme après durcissement, des fissures éventuelles se referment, les éléments constitutifs de la matière se durcissant lentement En outre, cette matière de revetement présente, au bout de peu de temps, une imper mobilité à l'eau d'au moins k= 10 7 cm/sO Sa résistance mécanique, de mEme que son élasticité ne varient pas en raison de petits changements dans les proportions du mélange0 Comme des essais l'ont montré, la résistance mécanique, au bout d'un moment, quand la distance traitée a été rendue au trafic des bateaux, est si grande, que les ancres en tombant ne peuvent pas s'enfoncer de plus de quelques centimètres. Un autre avantage par rapport à l'argile réside dans le fait qu'on est plus tributaire de l'endroit du gisement, mais qu'on obtient les qualités désirées en mélangeant des matériaux marchands et cependant économiques. La masse durcie est ainsi si ferme, qu'un recouvrement et par suite un travail d'excavation plus profond ne sont plus nécessaires0 Cette masse durcie présente également une relation particulièrement avantageuse entre résistance à la compression et résistance à la flexion et par conséquent un module E intéressuant Tandis que l'argile s'amollit facilement sous l'eau, la matière de revetement selon l'invention devient toujours plus ferme avec le temps. Un mélange approprié peut avoir, par exemple, la composition suivante : Chaux hydraulique 8% Escarbilles 7% Poussière d'argile 5% Sable 66% Eau 15 à 17% REVENDICÂT IONS 1.- Matière de revêtement pour imperméabiliser superficellement ou extérieurement le fond et, ou bien, les berges immergées des canaux, rivières et autres voies d'eau, caractérisés en ce qu'elle consiste en un mélange de sable -ou de sable et de gra vier- d'un liant hydraulique, de pouzzolane ainsi que de pous sière d'argile et d'eau, ce mélange formant une composition plastique ou pâteuse telle, que dans un dispositif d'applica tion plongé sous l'eau, elle glisse sous l'action de la pesan teur jusque sur le fond de la voie d'eau ou sur les berges sur lesquels elle forme ainsi un revetement. 2.- Matière de revêtement suivant la revendication 1, caractérisée en ce qu'elle contient une part de sable -ou de sable et de gravier- de 66% environ, une part de liant hydraulique de 8% environ, une part de pouzzolane de 7% environ,. une part de pous sière d'argile de 5% environ et une part d'eau de 15 à 17%. 3.- Matière de revetement suivant la revendication 1 ou 2, caracté risée en ce qu'elle contient comme liant hydraulique, de la chaux hydraulique ou super-hydraulique. 4.- Matière de revetement suivant l'une des revendications précé dentes, caractérisée en ce qu'elle contient comme puzzolane, du trass et, ou bien, des escarbilles. 5.- Matière de revêtement suivant l'une des revendications précé dentes, caractérisée en ce qu'elle contient de la poussière d'argile sous forme de bentonite.