La présente invention vise de nouvelles N-polyhalogëno-vinylthiourées et leurs applications biologiques. Les N-polyhalogénovinylthiourées de la présente invention peuvent être représentées par la formule chimique : 0 » ENH-G-NH-C2XaH^_a^ 10 où R est un atome d'hydrogène, un radical hydrocarbyle de 1 à 15 atomes de carbone qui est exempt de non saturation aliphatique et comporte comme substituant(s) 0 à 3 halogènes dont le nombre atomique est de 17 à 35, X est un halogène de nombre atomique 15 17 à 35 et a vaut 2 ou 3. Des halogènes dont les nombres atomiques se situent entre 17 et 35 sont le chlore et le brome. Habituellement R va avoir 1 à 8 atomes de carbone. De préférence X est Cl, a vaut 3 et R est ion radical alkyle de 1 à 4 atomes de carbone ou un radical aryle monocyclique de 6 à 8 atomes 20 de carbone ayant sur le noyau 0 à 2 atomes de chlore comme substituant(s ). Des exemples représentatifs de groupes polyhalogéno- vinyle que peut représenter la formule -C0X H„ sont des c. a, groupes trichlorovinyle ; 1,2-dichlorovinyle ; 2,2-dichlorovinyle ; 25 tribromovinyle j 2,2-dibromovinyle ; 1,2-dibromovinyle et 2-bromo-2-chlorovinyle. Des radicaux hydrocarbyle pouvant être représentés par R comprennent les radicaux alkyle, cycloalkyle et aryle. Des exemples typiques de radicaux alkyle sont les radicaux 30 méthyle, éthyle, propyle, tertio-butyle, hexyle, heptyle, nonylô décyle, tridécyle et pentadécyle. Des exemples de radicaux alkyle substitués par un ou plusieurs atomes d'halogène sont les groupes chlorométhyle, bromométhyle, 2,2-dichloropropyle, 3-bromopropyle, 2,2,3-trichlorobutyle, 6-chlorohexyle et-8,9-35 dicita.loropentadécyle. Les radicaux cycloalkyle comprennent les radicaux cyclopropyle, cyclobutyle, cyclohexyle, p-méthyl-cycloliexyle et cyclooctyle. Des radicaux cycloalkyle à substituftHlf(i) T 69 45724 2027850 2 halogène sont les radicaux 4-chlorocyclohexyle ; 2,4,6-trichloro-cyclohexyle ; 2-bromocyclopropyle ; 3,5-dibromocyclohexyle et 4-bromocyclooctyle. Les radicaux aryle représentés par R peuvent être 5 des radicaux monocycliquegbu polycycliques comme' le radical naphtyle. Habituellement ce sont des radicaux aryle monocycliques, aralkyle ou alcaryle monocycliques. De tels radicaux aryle sont les radicaux phényle, tolyle, xylyle, cumyle, benzyle, 2-phényléthy-le, etc. Des radicaux aryle à substituant(s) halogène pouvant 10 entrer dans la définition de R comprennent les radicaux para-chlorophényle, para-bromophényle, 2,6-âibromophényle, 2,4,6-trichlorophényle et 2-chloro-4-méthylphényle. Les composés suivants illustrent les produits chimiques entrant dans le cadre de la formule ci-dessus : la IT-méthyl-15 Itf'-tribormovinylthiourée, la N-bromométhyl-IT'-trichloro-vinylthiourëe, la N-éthyl-11'-2,2-dichlorovinylthiourée, la N-t-butyl-N'-2-bromo-2-chlorovinylthiourée, la N-2,3,4-trichloro-butyl-N'-2,2-dichlorovinylthiourée, la IT-cyclopropyl-lî'-2,2-dichlorovinylthiourée, la N-3,5-dibromocyclohexyl-ïP-trichlorovinyl-20 thiourée, la N-p-méthylcyclohexyl-N '-'trichlorovinylthiourée, la N^^^-trichlorocyclohexyl-N'-trichlorovinylthiourée, la ÎT-cyclobutyl-ÎP-tribromovinylthiourée, la N^-phenyléthyl-N'-trichlorovinylthiourée, la N-tribromovinylthiourée, la N-2,2-dichlorovinylthiourée, la N-p-xylyl-N1-trichlorovinylthiourée, 25 la 11-2,4-dibromophényl-IT1-2,2-dibromovinyl thiourée, la N-o- chlorophényl-N'1-trichlorovinylthiourée, la N-p-bromophényl-îP-trichlorovinylthiourée, la N-2,4,6-tribromophényl-U1-tribromovinyl-thiourée, la N-p-tolyl-N'-trichlorovinylthiourée, la N-p-cumyl-N* -2,2-dichlorovinylthiourée, la N-3,5-dichlorophényl-îr'-trichloro-30 vinylthiourée, la H-2,4,6-trichlorophényl-N1-trichlorovinylthiourée et la F-2-chloio-4-tolyl-ÎT'-trichlorovinylthiourée. On peut préparer les urées de la présente invention en faisant réagir un halogénure de sulfényle avec une urée appropriée. Cette réaction est illustrée par l'équation chimique 35 suivante : Q ' 0 ENH-C-N^ + XS-C2XaH^_a^ -» IfflH-d-m-S-C^H^^ + HX 69 45724 3 2027850 où R, X et a ont le sens défini ci-dessus. Des halogénures de sulfényle utilisables comme réactifs dans la présente réaction sont décrits dans les brevets des Etats-Unis d'Amérique îf° 3.296.302 et ET0 3.155.720. 5 II est souhaitable d'effectuer cette réaction en présence de solvants inertes comme le diméthyl-sulfoxyde, le diméthyl-formamide, l'acétonitrile, le dioxanne, etc. La température de réaction n'est en général pas fondamentale et elle va habituellement se situer entre -20° et environ 50°C, 10 de préférence entre environ 0° et 20°C. De même, la pression n'a pas une importance fondamentale et va être habituellement la pression atomosphérique ou autogène. Il est souhaitable d'utiliser des proportions stoechiométriques des réactifs ou bien un léger excès du réactif halogénure de sulfényle. 15 On peut également préparer -des urées de la présente invention en soumettant des N-polyhalogénoalkylthiourées correspondantes à une réaction d'élimination d'hydracide halo-géné . Par exemple, on peut soumettre des ÏT-tétrachloroéthyl-thiourées à une élimination d'hydracide halogéné pour produire 20 des JJ-trichlorovinylurées. Cette réaction d'élimination d'hydracide halogéné va normalement être effectuée à des basses températures, habituellement comprises entre 0° et 40°C environ en présence de solvants comme le benzène, le toluène, l'éther, le chlorure de méthylène, l'acétonitrile et le chloro-25 forme. On peut utiliser des agents de déshydrogénation ménagée comme les aminés tertiaires (des trialkylamines, la pyridine, etc.) ou des carbonates de métaux alcalins. La triéthylamine est un agent préféré d'élimination d'hydracide halogéné dans cette réaction. 30 Exemple 1 A une solution de 50 g de F-l,l,2,2-tétrachloroéthylthi 69 45724 2027850 150 ml chacune d'eau, on la déshydrate sur sulfate de magnésium et on la concentre. On isole le produit solide par filtration ' et recristallisation au sein de chloroforme pour obtenir 13 g de N-trichlorovinylthiourée. Le point de fusion de ce composé 5 est d'environ 120 à 125°G. L'analyse élémentaire est la suivante : Calculé : S % : 14,5 ; Cl i° : 48,2 ; trouvé : S fo : 14,32 Cl f ; 48,2. Exemple 2 A une solution de 35 g de phényluré§&ans 200 ml de 10 diméthylformamide, refroidie dans un bain de glace, on ajoute lentement tout en agitant 50 g de chlorure de trichlorovinyl-sulfényle; Après cette addition, on agite le mélange à la température ambiante durant une heure, puis on ajoute le mélange à un litre d'eau glacée comportant 200 ml d'hexane. On isole 15 par filtration le solide et on le lave avec 100 ml d'eaù, 100 ml d'hexane et 50 ml"d'acétonitrile froid, et on le sèche sous vide sur anhydride phosphorique pour obtenir 59 g de N-phényl-N'-trichlorovinylthiourée brute. On fait recristalliser ce produit dans 500 ml d'éthanol pour obtenir 40 g de matière 20 purifiée. Le point de fusion de ce composé est d'environ 160 à 162°C. Voici son analyse élémentaire : ; Calculé : 5 fo : 10,72 ; 01 f> : 35,6 ; Trouvé : S f> : 10,82 ; Cl fo : 35,75. ~ Exemple 3" 25 A une solution de 15 g de BT-l,l,2,2-tétrachloroéthyl- thio-N'-méthylurée dans 100 ml d'acétonitrile, refroidie en bain de glace, on ajoute lentement tout en agitant 6 g de triéthylamine dans 10 ml d'acétonitrile. On garde le mélange réactionnel durant deux heures dans le bain de glace puis on 30 le filtre. On met le solide ainsi obtenu en suspension dans 200 ml d'eau, on filtre et lave avec 50 ml d'eau pour enlever tout le chlorhydrate de triéthylamine éventuellement présent. On sèche le solide sous vide sur anhydride phosphorique pour obtenir 7,2 g de N-méthyl-N'-trichlorovinylthiourée. Le point 35. de fusion de ce composé est d'environ 139 à 140°C. Voici son analyse élémentaire : 69 45724 2027850 5 Calculé : S ?6 : 13,55 ; Cl# : 45,1. ; Trouvé : S 56 : 13,82 ; Cl 96 :43,9. On prépare d'autres urées de la présente invention par les procédés décrits ci-dessus. Ces urées sont énumérées au 5 tableau I ex-après. ' -TABLEAU I V Analyse élémentaire*, $ en poids - Point de fusion S Cl Urée °C. Théor. Trouvé Théor. Trouvé N-ethyl-N'-trichlcrpvinylthio urée 136-139 12,82 12,62 *2,6 41,5 K-i-butvl-N'-trichlorovinylthio urée 119-122 11,52 11,35 i 3.8. I* 33,65 'T-benzyl-rr' -trichlorovinylthio urée 143-150 10,29 10,32 3^ ,20 33,70 N-isopropyl-N-J -trichlorovinylthio urée 127-130 • 12,1 12,01 30,2 : N-p-cblcrophênyl-N'-trichlorovinylthio urée 153-160 'a 9,62 9,93 ^2., 7 i M,.l8 N-n-butyl-N'-trichlorovinylthio urée - 100-103 1.1 >55 . i 11,05 38, h 38,6 N-cyclohéxyl-N'-trichlorovinylthio urée 125-130 10 ,.50 10,55 3^,9 35,10 o vO en M Ol Si O K> ■^1 OO Cn o 69 45724 2027850 7 * Les N-polyhalogénovinylthiourées de la présente invention font preuve d'une activité biologique à l'égard de divers organismes, tels que des champignons, des algues et des herbes aquatiques. 5 Leur activité contre des herbes aquatiques est illustrée par l'essai d'urées représentatives de la présente invention par le mode opératoire suivant. On prépare une solution acétonique de parties égales de N-trichlorovinylthiourée et de surfactif (alkylarylpoly-10 oxyéthylèneglycol et acide gras). On mélange cette solution avec un bouillon nutritif en une quantité suffisante pour obtenir une concentration de 2 parties par million (p.p.m.) d'urée. On verse ce mélange dans des coupelles d'échantillons d'une contenance de 150 ml pour effectuer quatre essais similaires. On place dans 15 chaque coupelle d'échantillon une section de tige de 5 cm de Elodea, 315 à 400 mg de Nitella et environ 20 feuilles de Lemna. On place ensuite les coupelles dans une chambre d'environnement pour l'incubation. On observe l'effet de l'urée sur chaque organisme et l'on enregistre cet effet au bout de 10 jours. 20 Les résultats de ces essais, indiqués comme la moyenne des quatre essais similaires sur une base de 0 à 100 — 0 indiquant un manque absolu d'efficacité ; 100 indiquant une efficacité complète — apparaissent au tableau II ci-après : V O* ■la» TABLEAU II (jn -4 K> % de destruction .fc* JTitella Lemna Blodea "T "iTHTT-rï-, -> . , ■ 1 îî-jne thyl-N * -trichlorovinyîthio ' » 1 1 ' ' 1 urée 100 100 ■ * 93,S N-trichlorovinyltjhio -urée « 95 57,5 r" IC-bensyl-N'-trichlorovinylthio urée 100 . 57,5 75 ïi-phenyl-îv1 -trichlorovinylthio urée / 91,3- '45 75 N-p-chiorophényl-N?-trichlorovinylthio wrée 100 67,5 :: : ■ • K> O K> 00 en O 69 45724 9 2027850 Comme: illustré ci-dessus, les urées de la présenté invention peuvent servir à combattre la croissance et/ou à détruire entièrement les herbes aquatiques. Une telle destruction doit être effectuée dans des courants d'eaiuçindustrielles de 5 refroidissement et des effluents, des lacs, des fleuves, des canaux et bassins. Dans une telle application, on ajoute une quantité biocide d'une ou plusieurs des urées de la présente invention au milieu aqueux de croissance de l'organisme en cause. La dose va habituellement se.situer entre environ 0,1 10 et 50 ppm — ce qui équivaut à environ 1 à 10 g de produit par mètre cube d'eau. On peut appliquer à des masses aqueuses ces urées à de telles doses, sous la forme de poudres pouvant se disperser dans l'eau ou sous forme d'une solution dans des solvants miscibles à l'eau. 15 On a également utilisé les urées de la présente inven tion pour combattre des champignons comme Monilinia fructicola, Alternaria solani, Rhizoctonia solani, Pythium ultimum et Helminthosporium satium. Lorsqu'on l'es utilise comme fongicides, on formule et applique un§6u plusieurs des urées de la présente 20 invention en des quantités fongicides — habituellement à des-doses comprises entre 0,5 et 250 ppm — par! des modes opératoires classiques sur des champignons ou des hôtes qui sont sujets à une attaque par des champignons, en particulier des hôtes végétaux comme des plantes, des graines de plantes, le papier, 25 etc. On peut formuler ces urées avec des diluants liquides inertes ou avec des supports solides sous la forme de poudres, solutions ou dispersions pour une telle application . Les formulations ou compositions pesticides des urées de la présente invention peuvent également contenir d.es surfactifs, 30 des agents d'adhérence, des charges,-d'autres pesticides compatibles, etc. 69 45724 10 2027850 EEVEHDICATIONS 1. Une N-polyhalogénovinylthiouxée de formule 0 « RÏTH-C- NH-S-C2ZaH(3_a) où R est un atome d'hydrogène ou un radical hydrocarbyle de 1 à 15 atomes de carbone, qui est exempt de non saturation ali-phatique et comporte comme substituant(s) 0 à 3 halogènes 10 dont le nombre atomique se situe entre 17 et 35 ; X est un halogène de nombre atomique 17 à 35 et a vaut 2 ou 3. 2. L'urée substituée selon la revendication 1, . caractérisée par le fait que R comporte 1 à 8 atomes de carbone. 15 3. L'urée substituée selon la revendication 1, - caractérisée par le fait que X. représente le chlore et a vaut J>. 4° L'urée substituée selon la revendication 3, caractérisée par le 'fait que R est un radical alkyle de 1 à 4 atomes de carbone, ou un radical aryle monocyclique de 6 à 20 8 atomes de carbone, comportant sur le noyau 0 à 2 atomes de chlore comme .substituant(s). 5. TCne urée substituée selon la revendication 1, caractérisée par le fait que a vaut 3, chaque X est un atome de chlore et R-est un atome d'hydrogène, un groupe méthyle, éthyle, tertio- 25 butyle, phényle, benzyle, isopropyle, para-chlorophényle, n-butyle ou cyclohexyle. 6. Procédé pour combattre des plantes aquatiques dans un milieu aqueux, caractérisé par le fait que l'on ajoute une quantité biocide de l'urée substituée selon la 30 revendication 1 à ce milieu aqueux. 7. Procédé pour combattre des plantes aquatiques dans une masse aqueuse, caractérisé par le fait que l'on ajoute à cette masse aqueuse une quantité biocide de l'urée substituée selon la revendication 3 ou selon la revendication 4. 35 8. Procédé pour combattre des champignons, caractérisé par le fait que l'on applique une quantité fongicide de l'urée substituée selon la revendication 1 à ces champignons ou à un hôte de ces champignons.