La présente invention a pour objet un procédé et une installation pour le traitement thermique d'une matière. Elle concerne plus particulièrement le traitement thermique d'une matière, comprenant successivement une étape de préchauffage, une étape de chauffage dans une zone de combustion d'un combustible et une étape de refroidissement par un courant d'air. Des traitements thermiques de ce genre sont communément utilisés en technique, notamment pour la réalisation de réactions chimiques endothermiques, et par exemple pour la production de chaux vive par calcination de calcaire. Le coût de tels traitements thermiques dépend pour une part importante, de leur bilan thermique. On a déjà proposé, pour améliorer le bilan thermique de ces traitements, de récupérer une partie des calories des fumées provenant de la zone de combustion et de l'air de refroidissement, pour préchauffer la matière à traiter et l'air comburant. Ainsi, dans le brevet Etats-Unis 3 074 706 déposé le 17 juillet 1959 au nom de Schmid et al., on propose un procédé dans lequel on repartit la matière en deux charges que l'on traite séparément dans deux fours à cuves verticales. Dans la zone médiane du premier four, on chauffe la matière en y brûlant un combus tible et on envoie les fumées résultant de la combustion dans le second four, pour préchauffer la seconde charge de matière. L'air comburant est préchauffé au contact de la matière dans la zone supérieure du premier four.On introduit par ailleurs un courant d'air froid dans la zone inférieure de la cuve du premier four, pour y refroidir la matière précédemment chauffée, et l'air chaud récupéré hors de cette zone inférieure est mélangé aux fumées et introduit dans la cuve du second four.- On permute régulièrement le fonctionnement des deux fours, de maniere à brûler le combustible et chauffer une charge de matière alternativement dans le premier et dans le second four et, simultanément, préchauffer une autre charge de matière par les fumées alternativement dans le second et dans le premier four. Dans ce procédé connu, les fumées évacuées hors du second four sont diluées par l'air ayant servi à refroidir la matière, ce qui augmente de manière importante le volume des fumées et constitue un désavantage. Une dilution des fumées est particulièrement défavorable dans le cas où on souhaite récupérer un des constituants gazeux des fumées, par exemple de l'anhydride carbonique pour réaliser une réaction de carbonatation. Ce désavantage de ce procédé connu est particulièrement sensible quand on l'applique à la calcination de calcaire pour produire de la chaux vive dans le cadre d'une unité industrielle de fabrication de carbonate de sodium par le procédé à l'ammoniaque.On sait en effet que dans ce procédé de fabrication de carbonate de sodium (décrit notamment dans le traité de Te-Pang Hou, Manufacture of soda, second edition, Hafner publishing Company, 1969), on fait usage de quantités importantes d'anhydride carbonique provenant de la calcination de calcaire. Pour des questions de rentabilité et de dimensionnement des installations, on cherche en général à disposer de gaz aussi riches que possible en anhydride carbonique. La Demanderesse a maintenant trouve un procédé qui permet d'éviter une dilution des fumées sortant des fours de traitement thermique, sans altérer pour autant le rendement thermique du procédé. L'invention concerne dès lors un procédé pour le traitement thermique d'une matière, suivant lequel on soumet la matière successivement à un préchauffage au contact de fumées chaudes provenant d'une zone de combustion d'un combustible dans de l'air, à un chauffage dans ladite zone de combustion, puis à un refroidissement par un courant d'air.Suivant l'invention, on répartit la matière en trois charges, on divise chaque charge de matière en plusieurs fractions que l'on traite respectivement en plusieurs cycles successifs, de telle manière qu'au cours de chaque cycle on préchauffe une fraction d'une des charges au moyen des fumées susdites, on chauffe dans la zone de combustion une fraction, préalable- ment préchauffée, d'une autre des charges, on refroidit par le courant d'air une fraction, préalablement préchauffée et chauffée, de la troisième charge et on envoie dans la zone de combustion, une partie au moins du courant d'air provenant de la fraction de charge qu'on refroidit; à l'issue du cycle, on permute le traitement des trois charges de telle sorte qu'au cours du cycle suivant on préchauffe une autre fraction de la charge dont on vient de refroidir une fraction, on chauffe une fraction, préalablement préchauffée, de la charge dont on vient de préchauffer une fraction et on refroidit une fraction de la charge dont on vient de chauffer une fraction. Dans le cadre de l'invention, l'expression matière doit être prise dans un sens général désignant à la fois une matière- solide (par exemple un minerais concassé) ou une matière liquide (telle qu'une solution, une suspension, un bain de métal ou d'alliage en fusion). Les expressions préchauffage, chauffage et refroidissement sont communément employées en technique. On entend désigner par préchauffage, un échauffement préliminaire de la matière essentiellement au contact de fumées chaudes, en dehors d'une zone de combustion d'un combustible. Cet échauffement est opéré à une température modérée, généralement insuffisante pour modifier l'état physique de la matière ou sa composition chimique. On entend par chauffage, un traitement thermique à température plus élevée, éventuellement en atmosphère oxydante ou réductrice contrôlée, dans le but de provoquer une modification dans l'état physique, la structure cristallographique ou la composition chimique de la matière, par exemple pour provoquer une fusion de la matière, sa transformation allotropique ou une dissociation de l'un ou plusieurs de ses constituants chimiques. Le refroidissement consiste à refroidir la matière après son chauffage, jusqu1 à une température normale d'utilisation, généralement la température ambiante. Dans Itexécution du procédé suivant l'invention, on peut faire usage de n'importe quel type de combustible, notamment un combustible solide (tel que du charbon ou du coke), un combustible liquide (tel que du mazout), un combustible gazeux (par exemple du gaz naturel ou du gaz de fours à coke) ou un mélange de ces combustibles. Toutes autres choses égales, on utilise de préférence des combustibles à haute teneur en carbone, pour obtenir des fumées riches en anhydride carbonique. Toutes autres choses étant égales, la quantité de combustible utilisée dans le procédé suivant l'invention depend de la nature de la matière à traiter et du pouvoir calorifique du combustible. A titre d'exemple, dans le cas où le procédé s'applique à la préparation de chaux vive par calcination de calcaire, il convient généralement de régler la combustion pour produire environ 3,8 MJ par kg de chaux produite. Le débit du courant d'air de refroidissement dépend de nombreux facteurs, parmi lesquels la température de l'air utilisé, ainsi que le poids, la température et la capacité calorifique de la matière récupérée après l'étape de chauffage. Il peut être déterminé facilement, dans chaque cas particulier, par un calcul de bilan thermique. Dans le procédé suivant l'invention, la quantité d'air qu'il convient d'introduire dans la zone de combustion dépend de la composition et du débit de combustible. On peut éventuellement brûler le combustible dans un excès d'air ou un défaut d'air, suivant que l'on souhaite réaliser une combustion oxydante ou réductrice. Suivant l'invention, on utilise, à titre d'air dans la zone de combustion, une partie au moins du courant d'air provenant de la fraction de charge qu'on refroidit. En-variante, on peut y adjoindre un appoint d'air provenant d'une autre source. Suivant une forme d'exécution particulière du procédé suivant l'invention, on peut aussi faire usage d'air préalablement enrichi en oxygène. Dans une forme de réalisation preférée du procédé suivant l'invention, la fraction de charge qu'on chauffe au cours d'un cycle est distincte de la fraction de charge qui a été préchauffée au cours du cycle immédiatement précédent, et la fraction de charge qu'on refroidit est distincte de la fraction de charge qui a eté chauffée au cours du cycle immédiatement précédent. Dans le procédé suivant l'invention, il est avantageux que toutes les fractions des charges aient sensiblement le même poids et que la durée du préchauf fage, la durée du chauffage et la durée du refroidissement soient sensiblement égales, de manière que les trois charges puissent être traitées simultanément au cours de chaque cycle. Dans une autre forme de réalisation avantageuse du procédé suivant l'invention, avant d'introduire dans la zone de combustion le courant d'air provenant du refroidissement d'une fraction de charge, on le fait circuler au contact de la fraction de charge qui a été préchauffée au cours du cycle immédiatement précédent. Cette forme de réalisation de l'invention apporte l'avantage de permettre un échauffement supplémentaire de l'air comburant introduit dans la zone de combustion. Dans le cas particulier où on introduit dans la zone de combustion un appoint d'air extérieur, il est préférable, suivant l'invention, de le faire circuler au préalable au contact de la fraction de charge qui a été préchauffée au cours du cycle immédiatement précédent. Pour la mise en oeuvre du procédé suivant l'invention, on peut faire usage, conformément à l'invention, d'une installation comprenant trois fours qui sont divisés chacun, de manière connue en soi, en une zone de préchauffage, une zone de combustion et une zone de refroidissement et qui sont équipés chacun d'un dispositif d'admission de matière dans sa zone de préchauffage, d'un dispositif d'extraction de matière hors de sa zone de refroidissement, d'un dispositif d'admission d'un combustible dans sa zone de combustion et de conduits pour ltad- mission d'air de combustion, pour l'admission d'air dans sa zone de refroidissement, pour l'évacuation de fumées hors de sa zone de combustion et pour l'éva- cuation d'air de refroidissement, le conduit d'évacuation d'air de refroidissement de chaque four communiquant avec le conduit d'admission d'air de combustion de chacun des deux autres fours, avec interposition de vannes d'obturation, et le conduit d'évacuation de fumées de la zone de combustion de chaque four communiquant avec la zone de combustion de chacun des deux autres fours, avec interposition de vannes d'obturation. Dans une forme de réalisation préférée de l'installation suivant l'invention, les fours sont des fours à cuves verticales comprenant une zone supérieure de préchauffage, une zone médiane de combustion et une zone inférieure de refroidissement, et les conduits d'évacuation de fumées des trois fours sont constitués d'un groupe de trois carneaux reliant les zones de combustion des trois fours entre elles. Dans une autre forme de réalisation avantageuse de l'installation suivant l'invention, les conduits d'admission d'air de combustion debouchent dans la zone de préchauffage des fours. Dans le procédé et l'installation suivant l'invention, le circuit des fumées est distinct du circuit de l'air de refroidissement de la charge. Le procédé et l'installation suivant l'invention présentent dès lors la particularité avantageuse d'éviter une dilution des fumées par de l'air, sans affecter le bilan thermique du traitement de la matière. Dans le cas particulier où on l'applique à la production de chaux vive par calcination de calcaire, le procédé suivant l'invention présente de la sorte l'avantage appréciable de fournir des fumées riches en anhydride carbonique, pouvant par exemple contenir de l'ordre de 30 à 40 % en volume d'anhydride carbonique par volume normal de fumées sèches, lorsque le combustible utilisé est du gaz naturel provenant du gisement de Groningue (Pays Bas).De telles fumées, riches en anhydride carbonique, trouvent une utilisation intéressante dans la fabrication de carbonate de sodium par le procédé à l'ammoniaque (tel que décrit dans le traité précité de Té-Pang HOU), ainsi que par earbonatation des lessives d'hydroxyde de sodium (en particulier les procédés décrits dans les demandes de brevets français 73.32710 du 11.9.1973, 76.04988 du 19.2.1976, 76.37565 du 9.12.1976 et 77.09256 du 25.3.1977). D'une manière générale, l'invention est applicable à toutes les techniques impliquant une succession d'étapes de préchauffage, de chauffage et de refroidissement de la matière, telles qu'elles ont été définies plus haut. Elle trouve une application intéressante dans les traitements de minerais en métallurgie, notamment les traitements de calcination des minerais. A titre d'exemple, on peut l'utiliser pour préparer du soufre par calcination des pyrites et pour préparer de la chaux vive par calcination de calcaire. Des particularités et détails de l'invention ressortiront de la description suivante de la figure unique du dessin annexé qui est une représentation schéma- tique d'une forme de réalisation préférée de l'installation suivant l'invention pour la fabrication de chaux vive par calcination de calcaire. L'installation représentée à la figure comprend, suivant l'invention, trois fours 1, 2, 3 à cuves verticales. Chaque four est divisé en trois zones superposées de capacité égale : une zone supérieure 4 pour le préchauffage du calcaire, une zone médiane 5 pour la combustion d'un combustible, en sorte d'y chauffer et calciner le calcaire et une zone inférieure 6 pour le refroidissement de la chaux vive formée dans la zone médiane 5. Ces fours à cuves sont du type de ceux communément utilisés pour la préparation de chaux vive par calcination de calcaire. Des carneaux 7, 8, 9 relient les cuves des trois fours entre elles, approximativement au niveau de la ligne de jonction entre les zones de combustion 5 et les zones de refroidissement 6. Chaque carneau 7, 8, 9 est muni d'une vanne d'obturation, respectivement 10, 11, 12. Pour faciliter la compréhension du dessin, on a représenté les trois fours 1, 2, 3 alignés l'un à côté e l'autre. En pratique, toutefois, ils sont géné ralement disposés aux sommets d'un triangle, de manière que les trois carneaux 7, 8, 9 soient sensiblement identiques. Chaque four 1, 2, 3 est en outre muni d'un dispositif, non représenté, pour l'admission de calcaire dans sa zone supérieure de préchauffage 4 et d'un dispositif, non représenté, pour l'extraction de chaux vive hors de sa zone de refroidissement 6. De tels dispositifs sont bien connus en technique et sont communément utilisés sur les fours à chaux. (Gas Warme International, Bd.23, Nr.11, Nov. 1974, p.430-434) Chacun des fours 1, 2, 3 est en outre équipé d'une ou de plusieurs lances 13 pour l'injection d'un combustible (par exemple du gaz naturel) dans la partie supérieure de sa zone médiane de combustion 5, d'un conduit 14 pour l'injection d'un courant ascendant d'air dans sa zone inférieure de refroidissement 6 et d'un conduit 15 débouchant dans sa zone supérieure 4 de préchauffage et dont le rôle sera expliqué plus loin. Les conduits 15 des trois fours 1, 2, 3 sont munis de vannes d'obturation numérotées respectivement 19, 18 et 17; ils sont en outre reliés entre eux par des conduites de jonction 16, avec interposition de vannes d'obturation 20, 21, 22. Pour l'exploitation de l'installation, chaque four est alimenté avec une charge distincte de calcaire. La charge de chaque four est répartie en trois fractions occupant respectivement la zone supérieure 4, la zone médiane 5 et la zone inférieure 6. Pendant le fonctionnement en regimbe de l'installation, les trois fours 1, 2, 3 sont exploités de manière cyclique, de telle sorte qu'un seul d'entre-eux soit le siège d'une combustion, tandis que les deux autres fours sont parcourus, l'un par un courant d'air, via son conduit 14, et l'autre par des fumées. A l'issue de chaque cycle, on intervertit l'ordre de fonctionnement des trois fours, de telle manière que le four qui était parcouru par le courant d'air soit, cette fois, parcouru par les fumées, tandis que le four qui était parcouru par les fumées devienne le siège de la combustion. A titre d'exemple, au cours d'un cycle de fonctionnement de l'installation de la figure, on injecte le combustible dans la zone 5 du four 1, via sa lance 13 et, simultanément, on introduit de l'air ambiant à la base de la zone 6 du four 2, via son conduit 14. Pendant son passage dans la zone 6 du four 2, l'air refroidit la matière chaude qui s y trouve (chaux vive obtenue en prechauffant du calcaire dans la zone 4 du four 2 puis en calcinant le calcaire préchauffé, par chauffage dans la zone 5 du four 2, lors de cycles de fonctionnement antérieurs) et, simultanément, il s'échauffe.Les vannes 10 et 11 des carneaux 7 et 8 étant fermées, l'air chaud traverse toute la charge du four 2 et quitte celui-ci par le conduit 15, d'où il est immédiatement introduit dans la zone 4 du four 1, les vannes 18, 19, 20, 22 étant fermées et la vanne 21 étant ouverte. De la zone 4 du four 1, l'air chaud passe dans la zone 5 du meme four, où il sert à brûler le combustible qui y est injecté, de manière à chauffer et calciner le calcaire qui s'y trouve (celui-ci ayant été préchauffé dans la zone 4 du four 1 lors de cycles de fonctionnement antérieurs). Les fumées résultant de cette combustion sont évacuées hors de la zone 5 du four 1 dans le four 3, via le carneau 9 dont la vanne 12 est ouverte. Dans le four 3, les fumées préchauffent le calcaire contenu dans sa zone 4, puis elles sont évacuées de l'installation par le conduit 15 dont la vanne 17 est ouverte. La fin du cycle de fonctionnement qui vient d'être décrit correspond généralement au moment où les fumées ont épuisé leur chaleur sensible en préchauffant la charge. A ce moment, on arrête ltadmission de combustible et d'air; on soutire hors de la zone 6 du four 2 de la chaux vive froide qui sly trouve et, simultanément, on transfère un volume équivalent des fractions de matière contenues dans les zones 5 et 4 du four 2, respectivement dans ses zones 6 et 5. On introduit ensuite une nouvelle fraction de la charge de calcaire à traiter dans la zone 4 du four 2. On ferme les vannes 10 et 12 des carneaux 7 et 9 et ouvre la vanne 11 du carneau 8; on ferme par ailleurs les vannes 17, 19, 21, 22 et ouvre les vannes 18 et 20.On démarre ensuite un nouveau cycle de fonctionnement de l'installation, au cours duquel c'est le four 3 qui est alimenté en combustible tandis que le four 1 est alimenté en air par son conduit 14 pour refroidir la chaux vive chaude présente dans sa zone 6, et le four 2 est parcouru par les fumées de la combustion pour y préchauffer le calcaire. A l'issue de ce cycle de fonctionnement, on soutire de la chaux vive refroidie hors de la zone 6 du four 1, on transfère un volume équivalent des fractions de matière contenues dans les zones 5 et 4 du four 1 respectivement dans ses zones 6 et 5, et on introduit une nouvelle fraction de la charge de calcaire dans la zone 4 du four 1. On permute ensuite une nouvelle fois le fonctionnement des trois fours de manière que ce soit le four 2 qui soit alimenté en combustible, tandis que le four 3 est alimenté en air par son conduit 14 et le four 1 est traversé par les fumées provenant du four 2. Dans chacun des cyles de fonctionnement qui viennent d'être décrits, on a utilisé à titre d'air de combustion dans la zone 5 des fours, exclusivement de l'air provenant de la zone de refroidissement 6 d'un autre four. Par exemple, au cours du premier cycle de fonctionnement décrit ci-dessus, on a utilisé, à titre d'air de combustion dans la zone 5 du four 1, exclusivement de l'air provenant de la zone 6 du four 2 et introduit dans le four I via les conduits 15 et 16. Dans une variante de cette forme de réalisation de l'invention, on mélange à l'air sortant du four 2, un appoint d'air ambiant, via une conduite 23 branchée sur la conduite 16 entre les fours 1 et 2. Le mélange d'air ainsi réalisé traverse ensuite la zone 4 du four 1, où il est échauffé au contact du calcaire qui y a été préchauffé au cours de cycles de fonctionnement antérieurs, puis passe dans la zone 5 du four 1 où il vient brûler le combustible qui y est injecté. On peut observer que, dans l'installation qui vient d'être décrite, le circuit des fumées et le circuit de l'air de refroidissement sont séparés l'un de l'autre, de sorte que les fumées soutirées de l'installation ne sont pas diluées par l'air de refroidissement. Les exemples qui suivent font ressortir l'intérêt du procédé et de l'installation suivant l'invention. Dans chacun de ces exemples, on a traité, dans une installation de fours à chaux, à cuves verticales, une charge de calcaire à température ambiante (1506) titrant 95 Z en poids de carbonate de calcium. La charge de calcaire a été successivement préchauffée par des fumées, puis chauffée et calcinée dans la zone de combustion d'un combustible et la chaux vive ainsi obtenue a été refroidie de 11000c à IOOOC par un épurant d'air à température ambiante (15CC). Le combustible utilisé était du gaz naturel en provenance du gisement de Groningue (Pays Bas), que l'on a brûlé dans un excès d'air de 10 %, de manière à produire 3,8 MJ par kg de chaux produite. Le refroidissement de la chaux a nécessité 0,762 Nm3 d'air par kg de chaux produite. Exemple 1 (essai conforme à l'invention) Dans cet exemple, la charge de calcaire a été traitée en appliquant le procédé décrit ci-dessus en référence à la figure du dessin annexé. On a récupéré à la sortie de l'installation 1,591 Nm3 de fumées par kg de chaux produite. Ces fumées avaient la composition suivante (exprimée en Nom3) Cota : 0,487 H20 : 0,206 N2 : 0'799 air : 0,099 Il y correspond une teneur en C02, par volume normal de fumées sèches, égale à 35,2 Z et une teneur en oxygène de 1,5 Z. Exemple 2 (essai comparatif) Dans cet essai, la charge de calcaire a été traitée dans une installation du type de celle décrite dans le brevet Etats-Unis 3 074 706 dont on a fait mention plus haut. Les fumees recueillies à la sortie de cette installation étaient diluées par l'air ayant servi à refroidir la chaux vive. On a de la sorte recueilli, par kg de chaux produite, 2,353 Nm3 de fumées ayant la composition suivante (exprimée en Nm3) : Cl, : 0,487 H20 : 0,206 N2 : 0,799 air : 0,861 Il y correspond une teneur en C02, par volume normal de fumées seches, égale à 22,7 % et une teneur en oxygène de 8,4 %. Une comparaison des exemples 1 et 2 montre que le procédé et l'installation suivant l'invention permettent de recueillir, à la sortie des installations de fours à chaux, des fumées à teneur sensiblement plus élevée en anhydride carbonique, et beaucoup plus pauvre en oxygène. L'invention n' est évidemment pas limitée à la description qui précède, de nombreuses modifications pouvant lui être apportées. R E V E N D I C A T I O N S 1 - Procédé pour le traitement thermique d'une matière, suivant lequel on soumet la matière successivement à un préchauffage au contact de fumées chaudes provenant d'une zone de combustion d'un combustible dans de l'air, a un chauffage dans ladite zone de combustion, puis à un refroidissement par un courant d'air, caractérisé en ce qu'on repartit la matière en trois charges, en ce qu'on divise chaque charge en plusieurs fractions que l'on traite respectivement en plusieurs cycles successifs, en ce qu'au cours de chaque cycle on préchauffe une fraction d'une des charges au moyen des fumées susdites, on chauffe dans la zone de combustion une fraction, préalablement préchauffée, d'une autre des charges, on refroidit par le courant d'air une fraction, préalablement préchauffée et chauffée, de la troisième charge, et on envoie dans la zone de combustion une partie au moins du courant d'air provenant de la fraction de charge qu t on refroidit, en ce qu'à l'issue du cycle, on permute le traitement des trois charges de telle sorte qu'au cours du cycle suivant on préchauffe une autre fraction de la charge dont on vient de refroidir une fraction, on chauffe une fraction, préalablement préchauffée, de la charge dont on vient de préchauffer une fraction et on refroidit une fraction de la charge dont on vient de chauffer une fraction. 2 - Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'au cours de chaque cycle, la fraction de charge qu'on chauffe est distincte de la fraction de charge qui a été préchauffée au cours du cycle immédiatement précédent, et la fraction de charge qu'on refroidit est distincte de la fraction de charge qui a été chauffée au cours du cycle immédiatement précédent. 3 - Procédé suivant la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que toutes les fractions ont sensiblement le même poids. 4 - Procédé suivant la revendication 3, caractérisé en ce que la durée du préchauffage, la durée du chauffage et la durée du refroidissement sont sensiblement égales. 5 - Procédé suivant la revendication 4, caractérisé en ce que les trois charges sont traitées simultanément au cours de chaque cycle. 6 - Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce qu'avant d'introduire dans la zone de combustion la partie susdite du courant d'air provenant du refroidissement d'une fraction de charge, on la fait circuler au contact de la fraction de la charge qui a été préchauffée au cours du cycle immédiatement précédent. 7 - Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce qu'on introduit en outre dans la zone de combustion un appoint d'air exte- rieur que l'on fait circuler au préalable au contact de la fraction de charge qui a été préchauffée au cours du cycle immédiatement précédent. 8 - Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé en ce qu'on règle le préchauffage et le chauffage de la matière de manière à y engendrer une réaction chimique endothermique. 9 - Installation pour le traitement thermique d'une matière suivant le procédé conforme à l'une quelconque des revendications 1 a 8, caractérisée en ce quelle comprend trois fours divisés chacun, de manière connue en soi, en une zone de préchauffage, une zone de combustion et une zone de refroidissement, en ce que chaque four est équipé dtun dispositif d'admission de matière dans sa zone de préchauffage, d'un dispositif d'extraction de matière hors de sa zone de refroidissement, d'un dispositif d'admission d'un combustible dans sa zone de combustion et de conduits pour l'introduction d'air de combustion, pour l'introduction d'air dans sa zone de refroidissement, pour l'évacuation de fumées hors de sa zone de combustion et pour l'évacuation d'air de refroidissement, le conduit d'évacuation d'air de refroidissement de chaque four communiquant avec le conduit d'admission d'air de combustion de chacun des deux autres fours, avec interposition de vannes d'obturation, et le conduit d'évacuation de fumées de la zone de combustion de chaque four communiquant avec la zone de combustion de chacun des deux autres fours, avec interposition de vannes d'obturation. 10 - Installation suivant la revendication 9, caractérisée en ce que les fours sont des fours à cuves verticales comprenant une zone supérieure de préchauffage, une zone médiane de combustion et une zone inférieure de refroidisserment, et en ce que les conduits d'évacuation des fumées des trois fours sont des carneaux qui relient les zones de combustion des trois fours entre elles. Il - Installation suivant la revendication 9 ou 10, caractérisé en ce que les conduits d'admission d'air de combustion débouchent dans la zone de préchauffage des fours.