I La présente invention concerne le domaine des pellicules photosensibles pour enregistrement d'in- formation optique, et elle vise en particulier des pellicules qui peuvent présenter à la fois une forte biréfringence induite et une transmission relative- ment élevée pour la lumière aux longueurs d'onde du proche infrarouge. Le fait que la décoloration optique en lumière polarisée puisse créer du dichro!sme et de la biréfringence dans des émulsions photographiques aux halogénures d'argent contenant de l'argent est connu depuis longtemps, comme en font état Cameron et Taylor, "Photophysical Changes in SilverSilver Chloride Systems", J.O.S.A., Vol. 24, pp. 316-330 (1934). Plus récemment, des effets analogues obser- vés dans les verres contenant des halogénures d'argent ont été décrits par R.J. Araujo et coll. dans les brevets des Etats-Unis N 4 125 404 et 4 125 405. Les particules responsables des effets observés dans ces systèmes sont dénommées cristaux d'halogénure d'argent à coloration additive. Ce sont des cristaux d'halogénure d'argent contenant de l'argent métallique ou associés à de l'argent métal- lique, l'argent agissant de façon à absorber la lumière visible et étant décolorable de façon permanente par de la lumière de longueur d'onde et d'intensité appropriées. D'autres chercheurs ont décrit des effets de dichroisme induit optiquement dans des pellicules d'halogénure d'argent à coloration addi- tive, parmi lesquels V.P. Cherkashin, Soviet Physics State, Vol. 13, N 1, pp. 264-265 (1971), et L.A. Ageev et coll., Opt. Spektrosk, Vol. 40, pp. 1024- 1029 (juin 1976). Dans le brevet français N 2 370 303 de la Demanderesse sont décrites des pellicules photo- sensibles à couches multiples formées de couches alternées d'un accepteur diélectrique tel qu'un halo- àt génure d'aigent et d'un métal tel que l'argent qui sont utilisables pour l'enregistrement d'informations optiques. Il s'agit de pellicules photo-absorbantes qui peuvent être décolorées optiquement et qui con- servent l'information relative à la couleur, à l'inten- sité et & la polarisation de la lumière décolorante. Bien que les pellicules du type décrit dans les études précédentes comprennent des cristaux d'halogénure d'argent altérables par la lumière, leurs caractéristiques diffèrent sensiblement des caractéristiques des pellicules photographiques aux halogénures d'argent classiques. Les pellicules & coloration additive sont photo-absorbantes d'emblée, et elles sont décolorées visiblement sous l'action de la lumière visible. De plus, aucun traitement chimique n'est nécessaire pour développer ou préser- ver les divers effets de décoloration qui ont été observés. Des matériaux photographiques classi- ques pourraient peut-8tre être utilisée dans les applications de mémorisation d'informations optiques telles que les procédés d'enregistrement & laser, mais ces matériaux ont l'inconvénient d'exiger un développement chimique pour amplifier et fixer l'image enregistrée. Cette caractéristique les rend impropres à de nombreuses applications d'enregistre- ment optique. Les conditions & satisfaire par un milieu utilisable en mémorisation d'informations optiques à grande densité ont été définies dans le passé, et elles ont par exemple été énoncées par R. . Bartolini et coll., IEEE Spectrus, pp. 20-28 (août 1968). Les conditions évidentes sont une grande sensibilité d'écriture, une haute résolution de points et une efficacité de lecture acceptable. Cens- tituent des caractéristiques additionnelles nettement souhaitables la réutilisabilité et l'absence de toute nécessité d'opérations d'intensification ou de fixation d'image après exposition. Les milieux d'enregistrement optique comprenant des pellicules minces d'un métal vaporisa- ble tels que ceux décrits dans la publication de Bartolini et coll. citée plus haut remplissent la plupart de ces conditions, mais ne sont pas réuti- lisables. Appartiennent à une autre catégorie de pellicules dont l'application à l'enregistrement optique a été envisagée les pellicules magnéto- optiques telles que les pellicules de MnBi décrites par R.W. Cohen et coll., "Materials for Magneto-Optic Memories", R.0.A. Review, Vol. 33, pp. 54-70 (mars 1972). Toutefois, il serait souhaitable d'améliorer davantage le rapport signal/bruit de ces matériaux. La présente invention a pour objectif la réalisation d'une pellicule à halogénure d'argent pour enregistrement optique qui présente une grande sensibilité d'écriture à une première longueur d'onde ou longueur d'onde d'écriture et une grande efficacité de lecture (conjuguée à une faible sen- sibilité d'écriture) à une deuxième longueur d'onde ou longueur d'onde de lecture. La pellicule est à la fois photo-absorbante et optiquement décolora- ble à la première longueur d'onde, de sorte qu'elle peut ttre efficacement décolorée par un faisceau d'écriture pour former une image biréfringente et dichrolque. D'autre part, cette pellicule est consi- dérablement moins absorbante à la deuxième longueur d'onde, de sorte qu'elle transmet de façon efficace un signal de lecture à faible niveau qui peut ttre analysé quant aux effets de transmission à travers la pellicule. Les caractéristiques ci-dessus décrites sont obtenues selon l'invention par une pellicule inorganique absorbante dans le visible et optique- ment décolorable qui comprend des couches poly- cristallines multiples contenant des cristaux de chlorure d'argent à coloration additive, pellicule qui fournit par décoloration sous lumière visible une image dichrolque et biréfringente qui est relative- ment non absorbante et fortement biréfringente à des longueurs d'onde de lumière de l'infrarouge proche. La pellicule a une épaisseur ne dépassant pas environ 2 microns, ce qui permet d'obtenir une résolution de points élevée, et elle présente une transmission de la lumière visible à 6300 i ne dépassant pas envi- ron 0,3 et une transmission de la lumière infrarouge à 8500 i d'au moins 0,5 dans l'état non décoloré optiquement. Ces caractéristiques permettent d'injec- ter efficacement de l'énergie de décoloration visible dans la pellicule, en faisant appel par exemple à la lumière d'un laser He-Ne (6328 i) en tant que signal d'écriture, et aussi d'obtenir une lecture efficace, par exemple à l'aide de la lumière d'un laser Ga-As de 8200 i. On dispose de l'avantage que le chlorure d'argent coloré additivement de la pelli- cule n'est pas notablement décoloré à ces longueurs d'ondes d'infrarouge, de sorte que les images peuvent 8tre lues sans notable altération de leur configu- ration. Des pellicules telles que celle que l'on vient de décrire peuvent 4tre utilisées directe- ment comme milieux de mémorisation d'informations optiques si elles sont déposées sur une pellicule de soutien ou support appropriée telle qu'une feuille de verre transparent. Dans ce cas, la lecture est effectuée en utilisant la lumière transmise. Toutefois, le milieu de mémorisation d'informations optiques incorpore de préférence la pellicule sur un support de pellicule photoréfléchissant. Ceci permet l'uti- lisation de la pellicule dans un mode de réflexion dans lequel les faisceaux d'écriture et de lecture sont tous deux rétro-réfléchis à travers la pellicule, ce qui donne lieu à une augmentation de l'efficacité des processus d'écriture et de lecture. Les caractéristiques et avQntages de l'invention ressortiront plus amplement de la des- cription qui est donnée ci-après à titre d'exemple non limitatif en référence aux dessins annexés, sur lesquels: la figure 1 représente graphiquement la variation de la transmission de la pellicule en fonc- tion de la longueur d'onde de la lumière pour deux pel- licules au chlorure d'argent à coloration additive non décolorées qui présentent des caractéristiques d'absorption lumineuse différentes; la figure 2 représente graphiquement la -- variation du niveau de lumière de sortie, exprimé sous forme de transmission à travers des polariseurs croisés, en fonction de la densité d'énergie d'écri- ture pour une pellicule selon l'invention lorsqu'elle est utilisée dans chacun des modes de transmission et de réflexion; la figure 3 représente graphiquement, à une échelle arbitraire, la variation du signal de sortie transmis en fonction du temps d'écriture opti- que pour deux pellicules présentant des sensibilités de décoloration optique différentes; et la figure 4 est une représentation schématique en coupe.d'un milieu de mémorisation d'information optique selon l'invention. Dans les pellicules au chlorure d'argent optiquement décolorables comprenant des cris- taux de chlorure d'argent à coloration additive, l'obtention d'une bonne sensibilité d'écriture dépend non seulement de la densité optique à la longueur d'onde de décoloration, mais aussi de la structure de la pellicule à coloration additive. Une pellicule à couches multiples dans laquelle chaque couche de la structure pelliculaire confère une certaine colo- ration additive à l'ensemble offre de notables avanta- . 2468 1 47 ges sOUS l'angle de l'efficacité de décoloration et de l'anisotropie optique de décoloration lorsqu'on la compare à une pellicule à couche unique de mSme densité optique. Ainsi, la disposition de couches au chlorure d'argent multiples, étant entendu par là pour les besoins de la présente description que ces couches sont au nombre de trois ou plus, est à consi- dérer comme une caractéristique essentielle des pellicules selon la présente invention. Comme indiqué dans la demande de brevet des Etats-Unis N 901 428 déposée le 1er Mai 1978, dont la présente Demanderesse est cessionnaire, et à laquelle on se reportera utilement pour y trouver une description complète de la fabrication de ae genre de pellicules, un certain nombre de méthodes peuvent Otre mises en oeuvre pour réaliser des couches au chlorure d'argent comportant des cristaux d'AgCl & coloration additive. D'une façon générale, ces méthodes comprennent le dép8t de couches successives de chlorure d'argent polycristallin sur ut support À approprié et, pendant ou après ce dép8t, le traitement de chaque cpuche par un agent chimique ayant pour effet de réduire partiellement une partie du chlorure d'argent en argent métallique pour donner ainsi une coloration additive à chacune des couches déposées. La vaporisation sous vide constitue la méthode préférée pour appliquer les couches de chlorure d'argent polycristallin, de même que pour introdûire dans l'argent des agents chimiques tels que SiO, PbO, SnO2, Au, Ag2S et agents analogues propres à lui conférer la coloration additive. Si on les décolore optiquement par de la lumière polarisée telle que de la.lumière de laser He-Ne à 6329 R polarisée, les pellicules à couches multiples réalisées conformément aux méthodes ci- dessus décrites offrent des taux de dichroIsme très élevés à la longueur d'onde de décoloration et à son voisinage. Ainsi, des informations numériques mémorisées dans de telles pellicules sous forme de points déco- lorés peuvent ttre convenablement lues sur ces pelli- cules dans un mode de transmission de lumière dans lequel de la lumière visible polarisée est transmise & travers la pellicule et analysée afin de détecter l'anisotropie optique de la pellicule. Toutefois, ces pellicules présentent normalement une transmission dans le proche infrarouge qui est trop basse pour permettre de les utiliser dans les dispositifs de détection à infrarouge, en particulier lorsqu'on fait appel au mode de lecture par réflexion. La forte absorption de ces pellicules dans l'infrarouge atténue indésirablement le signal de lecture, ce qui rend la détection difficile ou nécessite de recourir à des signaux de lecture de niveau relativement élevé. La figure 1 représente graphiquement en fonction de la longueur d'onde la variation de la transmission d'une pellicule représentative non décolorée du type ci-dessus décrit, portant la dési- gnation A, qui est formée de couches alternées de chlorure d'argent et d'oxyde de plomb déposées sous vide. Cette pellicule présente une épaisseur globale d'environ 1,3 micron, et elle comporte quarante cou- ches de chlorure d'argent de 300 i d'épaisseur qui alternent avec trenteneuf couches de PbO de 20 i d'épaisseur. Cette pellicule présente une transmission à 8500 I d'environ 0,17, et sa sensibilité d'écriture mesurée, exprimée par l'énergie d'écriture nécessaire à l'obtention d'un rapport de contraste de 3:1 à 8500 i entre le point décoloré et le fond, est com- prise dans l'intervalle allant d'environ 200 à 500 mJ/cm2. Selon l'invention, deux techniques ont été mises au point pour obtenir des pellicules con- tenant du chlorure d'argent à couches multiples colorées additivement qui présentent à la fois une transmission dans l'infrarouge accrue et une absorption acceptable dans le spectre visible. Dans la première, une pelli- cule à couches multiples comprenant des couches al- ternées de PbO et d'AgCl telle que décrite plus haut et désignée par A sur la figure 1 est chauffée de façon à accroître la transmission de la pellicule dans le proche infrarouge. L'effet de ce traitement sur la transmission de la pellicule est représenté par la courbe B de la figure 1, qui est la courbe obtenue pour la pellicule A après traitement thermi- que de celle-ci dans l'air à 1750C pendant 25 minutes. Comme on peut le voir sur la figure 1, la pellicule B ainsi obtenue présente à 8500 i une transmission dépassant 0,7 tout en conservant une transmission faible à 6300 i. Une seconde technique pouvant 8tre uti- lisée pour obtenir des pellicules à transmission accrue dans l'infrarouge est celle consistant à ré- duire la quantité de PbO incorporée dans la pelli- cule pour lui conférer une coloration additive. A mesure que l'on réduit la quantité de PbO déposée sur chaque couche de chlorure d'argent polycristallin, la transmission dans l'infrarouge de la pellicule finale augmente, si bien que des dosages de la quan- tité de PbO déposée peuvent fournir une pellicule pré- sentant à la fois une transmission accrue dans le proche infrarouge et une absorption acceptable dans le visible. L'utilisation d'une technique de lecture en mode de réflexion sur des pellicules à transmis- sion dans l'infrarouge accrue telles que la pellicu- le B de la figure 1 est avantageuse en raison du fait que le signal de lecture se trouve modifié deux fois par les régions anisotropes de la pellicule, à savoir une première sur le trajet de traversée d'incidence et une autre sur le trajet de traversée de réflexion. Par exemple, l'intensité de sortie I d'un signal de lecture & intensité d'incidence I0 transmis à travers un milieu biréfringent présentant une biréfringence b par rapport à l'axe de transmis- sion a pour expression: I = I (sin6 /2)2 Vu que pour les petits angles, sin 6/2 est proportion- nel à i /2, et que est proportionnel à l'épaisseur d de la pellicule, on peut écrire: I I0 (d2 / 4) si bien que le signal de sortie I croit comme le carré de l'épaisseur de la pellicule. Ainsi, pour une épais- seur de pellicule de 1 micron, le passage d'une lec- ture en mode transmission à une lecture en mode réflexion porte l'épaisseur de pellicule agissante à 2 microns, et augmente la sensibilité de sortie dans un rapport de 4. Ce comportement apparatt plus clairement sur la figure 2, o est représentée graphiquement la variation de l'intensité de sortie respective (exprimée sous forme de transmission de signal à travers des polariseurs croisés) en fonction de la densité d'énergie d'écriture pour une pellicule réalisée conformément à l'invention lorsque celle-ci est utilisée en mode transmission et en mode réflexion. L'axe horizontal est une échelle de densités d'énergie d'écriture graduée en J/cm 2, et elle correspond au cas d'un faisceau d'écriture de 6329 fourni par un laser He-Ne. L'axe vertical fournît une échelle de transmission lumineuse à travers un "point" de pelli- cule décolorée situé entre des polariseurs croisés en lumière de lecture de 8500 1, et il donne une mesure directe de l'anisotropie optique introduite dans la pellicule par le faisceau d'écriture. A cette longueur d'onde de lecture, le point décoloré n'est pas for- tement dichrolque, et l'intensité de la lumière transmise est donc approximativement proportionnelle à la biréfringence induite dans la pellicule décolorée. Il ressort à l'évidence de la figure 2 que la puissance de sortie est beaucoup plus forte, pour une s8me énergie d'écriture, dans le cas d'une écriture et d'une lecture en mode réflexion. Ainsi, l'utilisation des pellicules selon la présente inven- tion dans la réalisation de milieux de mémorisation à mode réflexion est potentiellement préférée. Les exemples détaillés qui suivent illustrent plus amplement la fabrication de pellicules et de milieux d'enregistrement d'information optique à couches multiples selon l'invention. EXEMPLE I On choisit, pour l'utiliser comme support de pellicule, une lamelle composée d'un verre de soude, de chaux et de silice. On nettoie soigneusement cette lamelle et on la dispose ensuite dans une chambre de vaporisation sous vide au-dessus de deux nacelles de vaporisation en tungstène dont l'une contient une certaine quantité de chlorure d'argent et l'autre une certaine quantité de PbO. On établit dans la chambre un vide d'environ 10-6 torr et l'on chauffe électriquement la nacelle en tungstène contenant du chlorure d'argent afin de vaporiser une partie de ce dernier. Le chauf- fage est poursuivi pendant une durée suffisante pour former une pellicule de chlorure d'argent d'environ 300 i d'épaisseur à la surface de la lamelle en verre. Après formation de la couche de chlorure d'argent, on chauffe électriquement la seconde nacelle en tungstène contenant du FbO afin de provoquer la vaporisation de l'oxyde, en poursuivant ce chauf- fage jusqu'à ce qu'une couche de PbO d'environ 15 i se trouve obtenue sur la couche de chlorure d'argent. On réitère les opérations ci-dessus décrites de dép8t de couches de chlorure d'argent et de FbO jusqu'à obtention d'une pellicule à couches il multiples comprenant quarante couches de chlorure d'argent séparées par trente-neuf couches de PbO sur la surface de la lamelle de verre. La lamelle et la pellicule sont ensuite extraites de la chambre à vide et examinées. La pellicule déposée est colorée addi- tivement, et elle présente en lumière visible une absorption relativement large. Sa transmission lumi- neuse est d'environ 0,01 à 6300 i et d'environ 0,2 à 8500 1, sa courbe de transmission étant sensible- ment conforme à la courbe A de la figure 1. On dispose la pellicule et la lamelle de verre de support dans une étuve opérant à une tem- pérature d'environ 175 0 et on les y maintient pendant environ 25 minutes. On les en extrait ensuite et on les examine. Les transmissions de la pellicule à 6300 et à 8500 X ont respectivement augmenté jusqu'à environ 0,04 et environ 0,65, la pellicule présen- tant une courbe de transmission sensiblement conforme à la courbe B de la figure 1. En vue de déterminer les caractéristiques de décoloration de cette pellicule, on décolore opti- quement sur celle-ci une zone ponctuelle ou "point" au moyen d'un faisceau fourni par un laser He-Ne (6329 1) qui présente une puissance surfacique incidente de 0,1 watt/cm, faisceau que l'on fait agir pendant un intervalle de décoloration de 7 secon- des. On examine ensuite le point décoloré en lumière de 8500 i entre des polariseurs croisés afin de mesurer les transmissions du point décoloré et du fond. La transmission globale à travers le système est de 0,6% à l'emplacement du point, tandis qu'elle est d'environ 0,1% pour le fond (transmission à tra- vers les polariseurs et l'argent non impressionné). Ceci fournit un rapport de contraste point/fond de 6:1. Pour le point décoloré, la valeur calculée de la biréfringence induite optiquement, exprimée par la différence entre les indices de réfraction de la pellicule dans des directions respectivement parallè- le et perpendiculaire au plan de polarisation de la lumière de décoloration, est d'environ 4,50 (à /2). De façon inattendue, on a constaté que, bien que la densité optique des pellicules décrites à la longueur d'onde d'écriture de 6329 i soit inférieure à celle des pellicules à couches alter- nées PbO/AgCl à forte absorption dans l'infrarouge (comme par exemple la pellicule A), la sensibilité d'écriture de ces pellicules plus transparentes se trouve accrue dans un rapport de deux ou plus sous l'effet du traitement de décoloration thermique. Ce Comportement est illustré par la figure 3 qui repré- sente graphiquement la variation du niveau du signal transmis en fonction du temps d'écriture (décoloration optique) tant pour la pellicule traitée thermiquement (pellicule B) que pour la pellicule non traitée (pellicule A). Le niveau du signal et le temps d'écriture sont pris tous deux sur une échelle arbitraire, mais le temps de réponse sensi- blement plus bref de la pellicule traitée B lors de la décoloration est évident. EXEMPLE II On dépose sur une lamelle de verre une pellicule à couches multiples AgCl/PbO à coloration additive se prgtant à 9tre utilisée comme milieu de mémorisation d'information optique par dép8ts sous vide successifs de couches d'AgCl et de couches de PbO conformément au mode opératoire de l'Exemple I. Cependant, en vue de réduire l'absorption dans le pro- c1e infrarouge que présente la pellicule à sa venue de formation, on ramène l'épaisseur de chacune des couches de PbO incorporées dans la pellicule d'en- viron 17 i à environ 9 i lors du processus de dép8t. On poursuit les opérations de dépft sous vide jusqu'à ce qu'on ait déposé quarante couches d' gCl de 300 i d'épaisseur et trente-neuf couches de PbO de 9 i d'épaisseur sur la lamelle de verre. On extrait ensuite de la chambre de dép8t sous vide la lamelle et la pellicule déposée, et on les examine. Colorée additivement à sa venue de for- mation, la pellicule présente une large absorption pour la lumière visible et possède une transmission à 6300 i d'environ 0,26. De plus, sa transmission à 8500 i est d'environ 0, 70, ce qui la rend apte & être utilisée si on le désire dans un système de mémorisation d'information optique opérant- par réflexion. La pellicule manifeste une bonne sensi- bilité d'écriture à une longueur d'onde de décolo- ration de 6329 I. Elle présente une transmission de points décolorés (à travers des polariseurs croisés) d'environ 0,75% et un rapport de contraste points décolorés/fond d'environ 7,5:1 à une longueur d'onde de lecture de 8500 i après décoloration à 6329 i pendant 0,6 milli-seconde sous une puissance surfa- cique incidente de 1000 watts/cm2. EXEMPLE III Un milieu de mémorisation d'information optique se prttant à 4tre utilisé en réflexion peut être réalisé par application d'une pellicule telle que celle décrite à l'Exemple II par-dessus un support de pellicule comprenant une couche photo-réfléchis- sante qui rétro-réfléchit les signaux de lecture et d'écriture à travers la pellicule. Pour obtenir un tel milieu de mémorisation, on munit une lamelle de verre propre analogue à celle utilisée pour réaliser le support de pellicule de l'Exemple I d'une couche photo-réfléchissante formée d'une pellicule d'argent de 1000 i d'épaisseur, appliquée à la surface du verre par une technique de vaporisation classique. Afin d'éviter les interactions entre cette couche et la pellicule de chlore d'argent photo- sensible, on dépose par-dessus la pellicule d'argent une couche d'arrêt transparente facultative constituée par une mince couche d'oxyde métallique. Cette couche d'arrêt est une pellicule de Ta205 d'environ 500 i d'épaisseur, qui est appliquée par-dessus la couche réfléchissante par une technique classique de vapori- sation par faisceau d'électrons. Après que la lamelle en verre a été pourvue d'une couche photoréfléchissante et d'une couche d'arrgt comme décrit ci-dessus, on applique une pellicule à couches multiples AgCl/PbO à coloration additive par-dessus ces couches en faisant appel à la méthode de dép8t sous vide utilisée à l'Exemple I. On procède conformément aux modes opé- ratoires de l'Exemple I jusqu'à ce qu'on ait appli- qué par-dessus la couche d'arrgt quarante couches d'AgCl mesurant chacune 300 i d'épaisseur et trente- neuf couches alternées de PbO mesurant chacune 9 i d'épaisseur. Le produit obtenu par ce processus présente une configuration structurale sensiblement conforme à la représentation schématique de la figure 4 (qui n'est pas à l'échelle). Cette structure com- prend une pellicule photo-sensible à couches multiples 10 de 1,5 microns disposée par-dessus une couche d'arrêt en oxyde 12 de 500 1, cette dernière étant elle-même disposée par-dessus une couche métallique réfléchissante 14 de 1000i, et un support en verre sous-jacent 16 de 2 mm. La pellicule additivement colorée à support ainsi obtenue est soumise à des essais visant à déterminer ses caractéristiques de décoloration optique. On décolore un point de la pellicule avec une lumière de décoloration de 6329 i fournie par un laser He-Ne sous une puissance surfacique incidente de 1000 watts/cm2 pendant un intervalle de décoloration d'environ 0,6 milliseconde. Le point décoloré est ensuite examiné avec un analyseur sous une lumière de lecture polarisée de 8500 i pour déterminer la valeur de l'anisotropie optique du point décoloré. La transmission globale est d'environ 1,81% à 8500 , ce qui donne un rapport de contraste d'environ 18:1 par rapport à la valeur de 0,1% de la transmission du fond environnant. Les caractéristiques d'écriture de cette pellicule sont plus amplement illustrées par la figu- re 2 dont la courbe portant la mention "Réflexion" représente la variation de la transmission de sortie de la pellicule à 8500 i en fonction de l'éner- gie de décoloration (à 6329 i) utilisée pour écrire de l'information dans la pellicule. Le graphique de la figure 2 compare les caractéristiques d'écriture de la pellicule - impressionnée en écriture et lue dans le mode réflexion comme décrit plus haut - avec les caractéristiques d'écriture d'une pellicule à couches multiples AgCl/PbO de composition et de structure semblables, mais déposée sur une lamelle en verre transparente et impressionnée en écriture et lue dans lemode transmission. Il ressort d'une étude de ce graphique que, quelle que soit l'énergie d'écri- ture, le niveau du signal de sortie, mesuré par la trans- mission à 8500 i de la pellicule à travers des pola- riseurs croisés, se trouve accru dans un rapport su- * périeur à 4 lorsqu'on passe du mode d'utilisation par transmission au mode d'utilisation par réflexion. En considération de caractéristiques de comportement telles que celles cidessus décrites, les pellicules photosensibles comprenant des couches alter- nées d'AgOl et de PbO et présentant en combinaison une transmission à 6300 i ne dépassant pas environ 0,3 et une transmission à 8500 i d'au moins environ 0,5 à l'état non décoloré sont préférées pour la réalisa- tion de milieux de mémorisation d'information optique selon l'invention. Les pellicules préférées présen- teront une épaisseur comprise entre environ 0,5 et 2 microns, et elles comporteront au moins trois couches de chlorure d'argent comprenant des cristaux d'halogé- nure d'argent colorés additivement, un nombre de couches sensiblement plus grand pouvant néanmoins être adopté sous réserve que les caractéristiques de transmission optique de la pellicule obtenue ne s'en trouvent pas compromises. Le réglage convenable des paramètres de dépft et de composition de la pellicule permet d'obtenir des pellicules présentant une transmission à 8500 2 d'au moins environ 0,7. Pour obtenir un milieu de mémorisation d'information optique destiné à 8tre utilisé en mode transmission, ces pellicules préférées peuvent, comme on l'a vu plus haut, 9tre déposées sur un substrat de pellicule formé par un support transparent tel qu'une feuille en verre. Par contre, lorsqu'il s'agit d'utiliser les pellicules comme milieux de mémorisa- tion d'information optique dans le mode réflexion - qui est préféré - les pellicules sont alors déposées sur un support photo-réfléchissant de la façon illus- trée par l'exemple II. Ce support ou substrat peut 9tre formé par n'importe quel élément de support appro- prié sur lequel est déposée une couche photo-réflé- chissante disposée entre le support et la pellicule. Facultativement, une couche d'arrgt formée par une pellicule d'oxyde métallique transparente est disposée entre la couche photo-réfléchissante et la pellicule. La couche photo-réfléchissante utilisée en association avec ces pellicules consiste de pré- férence en une pellicule d'un métal choisi dans le groupe formé par Au et Ag, tandis que la couche d'arrêt peut consister en une pellicule transparente en un oxyde métallique choisi dans le groupe formé par SiO2, Ta205 et MgO. Il est cependant loisible d'adopter en variante d'autres matériaux de couche réfléchissante et de couche d'arr8t. 1'7 En plus de leur grande sensibilité d'écriture et de leur transmission accrue dans l'infra- rouge proche, les pellicules et milieux d'enregistre- ment pelliculaires selon la présente invention offrent des avantages supplémentaires dans beaucoup d'appli- cations afférentes à l'enregistrement optique. Au premier chef, ces pellicules sont réutilisables, et elles peuvent 8tre effacées et réenregistrées plu- sieurs fois sans modification appréciable de leurs caractéristiques d'enregistrement. De plus, vu que le processus de lecture peut être effectué à une longueur d'onde différant de celle du processus d'écri- ture, il est loisible de faire appel éventuellement à une source de lecture de puissance relativement élevée afin d'obtenir un rapport signal/bruit élevé, ceci sans risquer d'effacer l'information enregis- trée. Enfin, on peut former une échelle de gris de densité optique en agissant de façon appropriée sur le processus d'enregistrement, si bien que les pelli- cules sont également utilisables dans les applications d'enregistrement analogique. REVENDICATIONS 1. Pellicule inorganique visiblement absorbante et optiquement décolorable, caractérisée en ce qu'elle est constituée de couches multiples de chlorure d'argent polycristallin contenant des cris- taux de chlorure d'argent à coloration additive, en ce qu'elle a une épaisseur ne dépassant pas environ 2 microns, et en ce qu'elle présente à l'état non décoloré optiquement une transmission lumineuse à 6300 i non supérieure à environ 0,3 et une transmis- sion lumineuse à 8500 i d'au moins environ 0,5. 2. Pellicule inorganique selon la revendication 1, caractérisée en ce qu'elle comprend des couches alternées de PbO et d'AgCl, et en ce qu'elle comporte au moins trois couches d'AgCl conte- nant des cristaux d'AgOl à coloration additive. 3. Pellicule selon la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce qu'elle présente une épais- seur comprise entre 0,5 et 2 microns. 4. Pellicule selon la revendication 3, caractérisée en ce qu'elle présente à l'état non décoloré optiquement une transmission à 8500 i d'au moins environ 0,7. 5. Pellicule inorganique selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée par son utilisation dans un milieu de mémorisation d'information optique sur un support de pellicule. 6. Pellicule inorganique selon la revendication 5, caractérisée en ce que le support de pellicule est soit une feuille de verre transparente, soit un support photo-réfléchissant. 7. Pellicule inorganique selon la revendication 5, caractérisée en ce que le support de pellicule comprend un élément de support comportant une couche photo-réfléchissante disposée entre ledit élément et la pellicule. 8. Pellicule inorganique selon la revendication 7, caractérisée en ce que la couche photo-réfléchissante est formée par une pellicule métallique. 9. Pellicule inorganique selon la revendication 7 ou 8, caractérisée en ce que le support de pellicule comprend en outre une couche d'arrgt disposée entre ladite couche photo- réfléchissante et ladite pellicule. 10. Pellicule inorganique selon la revendication 9, caractérisée en ce que la couche d'arrft est formée par une pellicule d'oxyde métal- lique transparente.