La présente invention concerne un nouveau procédé de revêtement d'objets par poudrage électrostatique, ainsi qu'une installation de poudrage électrostatique mettant en jeu ledit procéde. Lorsque lton désire effectuer un dépôt de poudre, en particulier de poudre d'émail, par projection électrostatique sur des tôles ordinaires décarburées, on est amené à déposer successivement une sous-couche et une couche de finition. Dans le cas de l'émaillage, la sous-couche ou "couche de masse", de couleur noire ou bleutée, est émail masse" et la couche de finition, de couleur blanche, émail blanc". On réalise, pour de telles opérations de revêtement, d'appréciables économies d'installation et d'énergie lorsque l'on effectue les deux dépôts successifs sans cuisson intermédiaire, les deux couches étant alors fondues ensemble par une cuisson unique en fin d'opération. Un tel procédé pose néanmoins le problème de la pollution de la couche de finition par les grains de la couche de masse déposés et non cuits. En effet, d'une part, meme si l'on réalise un soufflage des pièces apres leur passage dans la cabine de dépôt de "masse", il n'est pas exclu que des grains de "masse" puissent se détacher de ces pièces au cours de leur passage dans la cabine de finition ; d'autre part, on court toujours le risque d'une chute dans la cabine de finition d'une pièce poudrée "masse" mal accrochée.Dans ces différents cas, la cabine de finition est polluée par des grains "masse" : dans le cas de l'émaillage, par exemple, l'émail "blanc" récupéré et recyclé contiendra des points noirs, ce qui donnera des défauts dans le revetement. Par ailleurs, d'une façon plus générale, on conçoit aisément que, lorsque l'on effectue le revêtement d'un objet par poudrage électrostatique, il est fort souhaitable qu'au moins la dernière épaisseur du revêtement des parties apparentes des objets à revêtir soit effectuée par de la poudre dont le coloris soit irréprochable. Or, l'intérêt meme du poudrage électrostatique est de pouvoir récupérer et recycler la poudre qui ne s'est pas déposée sur les objets, de façon à éviter toute perte de matériau ; malheureusement la poudre récupérée et recyclée. est toujours plus ou moins "salie" par rapport à la poudre neuve, en raison des impuretés que contient toujours le circuit de récupératioIl et recyclage, de sorte que le coloris d'une telle poudre est certainement moins parfait que celui de la poudre originelle. La présente invention permet d'effectuer toujours le revêtement superficiel soit de toute la surface des pieces à revetir, soit d'au moins les parties très apparentes de celles-ci par de la poudre non "polluée", c'est-à-dire par de la poudre neuve, assurant ainsi un coloris irréprochable soit de toute la surface de ces pièces, soit au moins des parties visuellement apparentes de celles-ci (par exemple les parties externes des caisses d'appareils électroménagers, tels que réfrigérateurs ou machines à laver).Elle consiste à déposer la couleur superficielle de poudre de revêtement à l'aide d'une installation dont une partie des projecteurs est alimentée uniquement en poudre neuve de ladite couleur, et dont l'autre partie des projecteurs est alimentée au moins partiellement en poudre récupérée et recyclée à partir de l'ensemble des projecteurs de poudre de ladite couleur. Une réalisation pratique de l'invention consiste, par exemple, en une chaî- ne de poudrage électrostatique comportant successivement - une cabine complète d'application d'une sous-couche d'une certaine couleur, par exemple une cabine de poudrage "masse" dans le cas de l'émaillage, ladite cabine étant munie de son dispositif de récupération et recyclage de poudre - éventuellement une cabine de soufflage - une cabine d'application de la couche extérieure de finition, de la couleur désirée, comprenant d'une part un ou plusieurs projecteurs alimentés soit aus si bien en poudre neuve qu'en poudre recyclée, soit uniquement en poudre re cyclée, et d'autre part un ou plusieurs projecteurs alimentés uniquement en poudre neuve. I1 est alors avantageux de séparer ces deux "types" de projec teurs par un sas ou par un écran descendant assez bas, mais laissant néanmoins commun le fond de la cabine pour permettre une récupération de poudre commune pour tous les projecteurs de ladite cabine. Dans l'exemple cité plus haut relatif à l'émaillage, la cabine comprendra successivement le ou les projec teurs alimentés au moins partiellement en émail "blanc" recyclé, puis le ou les projecteurs alimentés uniquement en poudre d'émail "blanc" neuve, ces deux "types" de projecteurs étant de préférence séparés par un sas ou un écran. Dans d'autres cas, où l'on s'attache plutôt à revêtir les parties apparentes des objets en poudre neuve, et les parties non apparentes de ceux-ci en poudre éventuellement recyclée, la cabine comprendra un ou plusieurs projecteurs ali mentés au moins partiellement en poudre recyclée, et dirigés vers les parties non apparentes des objets, et un ou plusieurs projecteurs alimentés uniquement en poudre neuve et dirigés vers les parties apparentes desdits objets. Ici aussi, on aura avantage à séparer les zones d'action de ces deux "types" de projecteurs par un sas ou un écran, tout en laissant évidemment commun le fond de la cabine, de manière à effectuer une opération de récupération et recyclage commune - un four de cuisson disposé en fin de chaîne. L'invention sera mieux comprise à l'aide de la description suivante d'un exemple de réalisation appliqué à l'émaillage électrostatique, en référence au dessin annexé figurant schématiquement l'installation correspondante. Sur la figure, la référence (1) désigne des objets à émailler accrochés à un convoyeur de défilement (2), relié à la masse électrique de l'installation. Les objets (1) défilent sur le convoyeur (2) dans le sens indiqué sur le dessin, c'est-à-dire de gauche à droite sur celui-ci. La référence (3) désigne une cabine de poudrage électrostatique conventionnelle dans laquelle est effectué le revêtement des pièces (1) par la couche d'émail "masse", de couleur noire ou bleutée. De manière connue en soi, la cabine (3) est associée à un dispositif d'alimentation en poudre d'émail neuve, ainsi que de récupération et recyclage de la poudre projetée et non déposée sur les pièces, comprenant - un dispositif (4) d'aspiration et de filtrage relié à la cabine (3), consti tué, par exemple, par un cyclone conventionnel, - un bac d'alimentation en poudre (5) recevant d'une part la poudre filtrée par le dispositif (4) et la poudre neuve par une entrée (6), et alimentant par des sorties (7), (8), (9), (10), (11), (12) les projecteurs électrostatiques de poudre (13), (14), (15), (16), (17), (18). La référence (19) désigne la cabine d'application d'émail blanc. Elle est séparée en deux par une cloison interne (20) s'étendant sur la majeure partie de la cabine (19) à l'exclusion de son fond (21), ce dernier étant relié, comme dans le cas précédent, à un dispositif d'aspiration et de filtrage (22). La référence (23) désigne un bac d'alimentation qui, comme dans le cas précédent, est alimenté en poudre récupérée et filtrée par le dispositif (22) et en poudre neuve par une entrée (24). Par contre, le bac d'alimentation (23) n'est pourvu que de trois sorties (25), (26), (27) alimentant les trois premiers projecteurs ,électrostatiques (28), (29), (30) travaillant, comme il est figuré sur le dessin, dans la moitié gauche, ou amont", de la cabine (19). Les trois derniers projecteurs électrostatiques (31), (32), (33) qui travaillent dans la partie droite, ou "aval", de la cabine (19), sont alimentés uniquement en poudre neuve par un autre bac d'alimentation (34), muni d'une entrée (35) et de trois sorties (36), (37), (38) vers les trois projecteurs (31), (32), (33) respectivement. Le fonctionnement de l'installation est le suivant Les pièces (1) à émailler, par exemple des caisses de réfrig8rateurs, sont accrochées au convoyeur (2) qui les fait défiler à faible vitesse. Elles reioi- vent une couche d'émail "masse" lors de leur passage dans la cabine (3), sortent de cette cabine, passent éventuellement dans une cabine de soufflage absente dans l'exemple de réalisation décrit, puis entrent dans la cabine de finition (19). Dans la cabine (19), elles reçoivent, par l'intermédiaire d'une première série de projecteurs (28, 29, 30) une certaine quantité d'émail blanc, suffisante pour recouvrir entièrement la couche précédente d'émail masse. Comme indiqué précédemment, les projecteurs (28, 29, 30) sont alimentés en poudre neuve et recyclée. Si la cabine est polluée par des grains d'émail masse, la poudre blanche qu'ils projettent peut donc contenir des grains noirs d'émail masse. Les pièces (1) reçoivent ensuite, toujours dans la même cabine ( , mais par l'intermédiaire de la seconde et dernière série de projecteurs (31, 32, 33), une quantité complémentaire d'émail blanc. Toutefois, les projecteurs de cette seconde série n'étant alimentés qu'en poudre blanche neuve, la couche de surface définitive qu'ils déposent est absolument blanche, même si la cabine (19) est polluée. En général, on préférera séparer les deux séries de projecteurs par l'écran (20) mentionné plus haut. En effet, dans la pratique, les jets de poudre projetés ne sont pas directifs, mais forment plutôt des nuages se mélangeant les uns aux autres. Si les jets émis par les deux séries de projecteurs se mélangeaient, il est bien évident que l'effet souhaité ne serait pas atteint. Après leur passage dans la cabine (19), les pièces (1) passent dans un four non représenté, où les deux couches d'émail "masse" et "blanc" subissent une cuisson commune. On remarquera que l'entrée (24) de poudre neuve sur le bac (23) pourra être supprimée après un certain temps de fonctionnement, les projecteurs (28, 29, 30) n'étant plus alors alimentes qu'en poudre recyclée provenant de l'ensemble des projecteurs (28, 29, 30, 31, 32, 33). L'invention trouve son application dans l'industrie du revêtement d'objets par poudrage électrostatique. Elle est d'une application particulièrement intéressante pour l'émaillage. REVENDICATIONS 1. Procédé de revêtement d'objets par poudrage électrostatique caractérisé en ce qu'il consiste à déposer la couleur superficielle de poudre de revêtement à l'aide d'une installation dont une partie des projecteurs de poudre est ali mentée uniquement en poudre neuve de ladite couleur, l'autre partie des projecteurs de poudre étant alimentée au moins partiellement en poudre récupérée et recyclée à partir de l'ensemble desdits projecteurs de poudre de ladite couleur. 2. Installation de revêtement d'objets par poudrage électrostatique, mettant en oeuvre le procédé selon la revendication 1, caractérisée en ce qu'elle comporte une cabine d'application de poudre de la couleur superficielle désirée comprenant - un ou plusieurs projecteurs alimentés soit aussi bien en poudre neuve quten poudre recyclée, soit uniquement en poudre recyclée ; - un ou plusieurs projecteurs alimentés uniquement en poudre neuve ; - un dispositif commun de récupération de poudre. 3. Installation selon la revendication 2, caractérisée en ce que le ou les projecteurs alimentés au moins partiellement en poudre recyclée sont séparés par un sas ou un écran du ou des projecteurs alimentés uniquement en poudre neuve. 4. Installation selon la revendication 2 ou selon la revendication 3, caractérisée en ce que le ou les projecteurs alimentés au moins partiellement en poudre recyclée sont situés en amont du ou des projecteurs alimentés uniquement en poudre neuve.