La présente invention concerne un médicament antigrippal nouveau et un procédé de préparation de sa substance active, la 6-brome-1,2-naphtoquinone. Belon l'invention, le nouveau médicament antigrippal est une substance active, la 6-brome-1,2-naphtoquinone ayant pour formule Ce médicament est employé pour prévenir et traiter la grippe et peut aussi servir au traitement des maladies des yeux et le la peau, d'origine virale. Dans les essais effectués in vitro, le médicament exerce une action antivirale remarquable. Une dose de 0,05 mg, par exemple, neutralise complètement les effets infectieux d'une dose du virus de la grippe A?R-8 absolument mortelle pour les souris. Dans les essais sur embryons de poule, des doses du médicament de 0,015 et 0,007 mg par embryon inhibent la progression de la grippe APR-8 transmise aux embryons avec 1 et 10 doses infectieuses du virus de cette grippe. L'activité du médicament a été vérifiée aussi dans des essais portant sur la pneumonie grippale des souris, provoquée par le virus de la grippe du type A-2 souche Frounze. On a admistré le médicament aux souris en dose de 62mg/kg (soit la moitié de la dose maximale supportable) per os une fois toutes les 24 heures pendant 5 jours, et en dose de 31 mg/kg (soit le quart de la dose maximale supportable) per os également une fois toutes les 24 heures pendant 10 jours. On a guéri la moitié des souris infectées par une seule dose de virus à 100%. Une dose de médicament de 15,5 mg par kg de poids des animaux introduite intérieurement (per os) à raison de 10 doses par jour a été moins efficace. te médicament en concentration de 1 mg/ml inhibe de deux logarithmes décimaux la prolifération du virus de l'herpès ordinaire de la souche Ela-5699 préparé dans la culture cellulaire regreffable Hep-2. Le médicament présente un faible activité bactériostatique et fongistatique. On a soumis le médicament à des essais de toxicité, de supportabilité et d'action irritante locale. La toxicité a été étudiée sur des rats blancs d'un poids de 130 à 140 g et des souris d'un poids de' 46 -à 17g, en introduisant intérieurement le médicament dans une solution de pâte d'amidon à 14. On a admliis le médicament aux souris une seule fois, en doses comprises entre 100 et 600 mg/kg (chaque dose étant répartie entre 5 animaux). On a surveillé les animaux pendant 5 jours. La dose mortelle moyenne a été de 515 mg/kg. Les rats ont reçu le médicament une fois par jour en doses de 100 et 200 mg/kg pendant 30 jours. Chaque dose a été essayée sur 10 rats, dix autres rats étant réservés au contrôle. On a surveillé l'état général des animaux, les changements de poids et de composition des urines (protéine, sucre, sang, bilirubine, biliverdine). Le sang périphérique a été analysé. tes essais ont montré que les rats ayant reçu 100 mg/kg supportaient bien le médicament et ne différaiet pas des animaux de contrôle par leurs poids ou leur état général. L'analyse des urines a permis de constatérl'absence de modificatinns pathologiques. Pour la dose de 200 mg/kg, on a constaté chez une partie des rats, après 6 ou 7 introductions une certaine atonie, un poil terni et sali', des excréments informes. Au cours des premiers 10 jours une partie des rats ont diminué de poids. Un rat a péri après la 10 ème introduction. Deux autres ont péri après les 23 ème et 27 ème introductions. Des 7 rats restés vivants trois étaient en mauvais état après la 30ème introduction et pesaient tout au plus 100 à 105 g. Ces trois rats ont été abattus le lendemain de la fin de l'essai et de l'analyse du sang. lies quatre rats restants étaient dans un état satisfaisant, on les a abattus en bon état 12 jours après. Chez les rets on a prélevé le sang pour l'analyse la veille et le lendemain de la première introduction, et pour un deuxième groupederadetsemmnoeaprès la dernière introduction. Quand le médicament était introduit en dose de 100 mg/kg, on constatait l'absence de perturbations au tableau du sang périphérique. Mais quand on élevait la dose à 200 mg/kg, on remarquait une tendance à une baisse du nombre de leucocytes (indice leucocytaire moyen X = 16(9,22-22,78) mille au début de l'expérience; X = 11(8,26-13,74) mille à la fin de l'expérience; X = 18(10,93-23,07) mille, deux semaines après la fin de l'introduction, le nombre de leucocytes atteignant, dans ce dernier cas, sa valeur primitive. On a étudié l'action irritante locale du médicament sur des lapins d'un poids de 2,5 à 3,1 kg, en déposant journalièrement sur la conjonctive uie dose d'onguent de médicament à 0,25-1, préparé à base de vaseline et de lanoline, pendant 10 jours. Chaque concentration a été essayée sur deux lapins. Deux autres lapins, destines au contrôle, ont reçu sur la conjonctive la base d'onguent seulement. Aucune action irritante locale n'a été relevée macroscopiquement. Pendant 10 jours on a déposé journalièrement sur la peau soigneusement tondue, aussibien saine que scarifiée, des onguents de médicament à 1 et 5%. Aucun changement n'a été constaté dans le comportement et l'état général des animaux. tes lapins de contrôle ont reçu sur la peau la base d'onguent sans le médicament. tes essais terminés, tous les lapins étaient en bon état et ont été abattus en deux temps: le lendemain et 12 jours après la fin des essais. Quand le médicament était déposé sur l-l peau des lapins, on constatait l'absence de changements au tableau du sang périphérique. Les investigations macroscopiques et microscopiques des organes internes des animaux, de 1. peau saine et scarifiée, ainsi que l'analyse dz la conjonctive ües lapins, ont permis de constater l'absence de modifications pathomorphologiques. Dans des cliniques spécialisées en pathologie expérimentale et en thérapeutique des infections respiratoires aiguës, on a essayé le médicament sur 226 volontaires. Sur ce nombre, le médicament a été administré : en dose de 100 mg pendant 10 jours à 19 sujets; en dose de 30 mg à 37 sujets; en dose de 30 mg avec addition de 25 mg de rémantadine pendant 10 jours à 16 sujets; dans des conditions de traitement préventif sur un modèle d'infection grippale expérimentale du type A-2-Hong-Eong; en dose de 30 mg à 29 sujets; dans des conditions de traitement préventif sur un modèle d'infection grippale expérimentale du type B/U.R.S.S., en dose-de 50 mg à 10 sujets;- sur un modèle d'infection grippale expérimentale du type AO/Sclaver, en dose de 60 mg à 39 sujets; sur un modèle d'infection grippale expérimentale du type AO/Sclaver, en dose de 75 mg à 26 sujets; sur un modèle d'infection grippale expérimentale du type AO/9 à une dose de 75 mg à 26 sujets; dans des conditions de traitement préventif sur un modèle d'infection grippale expérimentale du type AO/Sclaver, en dose de 25 mg avec addition de 25 mg de rémantadine, à 24 sujets. tes sujets étaient examinés par le thérapeute, le neuropathologue et l'otolaryngologue, par radiographie du tnorax (deux projections), par électrocardiographie ( 12 dérivations), par électro-encéphalographie et par analyse du sang, des recherches biochimiques diverses, telles que détermination de l'urée, du potassium, du sodium, du calcium et d'autres indices biochimiques, étaient aussi effectuées en appliquant le procédé aveugle double. Quand on introduisait 100 mg de médicament les sujets se plaignaient de leur tractus gastro-intestinal. Une dose de 30 mg ne suscitait pas de plaintes. On a constaté l'absence d'effets secondaires en cas d'emploi systématique du médicament en doses de 60 mg (2 fois par jours à raison de 30 mg) et de 75 mg (3 fois par jour a raison de 25 mg), qu'en cas d'utilisation simultanée de 25 mg de médicament et 25 mg de rémantadine. L'utilisation prolongée du médicament en doses de 30 et de 75 mg, ou son u-ilisation conjointement avec la rémantadine (à raison de 25 mg chacun), ont-été inoffensives pour le fonctionnement du foie et pour le sang périphérique. Pendant 10 jours, des doses de médicament de 30 et de 100 mg ont été inoffensives pour le fonctionnement des systèmes nerveux, cardiovasculaire et respiratoire. Pour essayer l'activité du médicament sur un moaèle d'infection grippale expérimentale du type A-2-Hong-Kong (29 volontaires), on a administm30 mg de médicament une fois par jour à 13 sujets, 16 sujets ont reçu du placebo. On a commencé à administrer le médicament 24 heures avant l'infection et on a continué pendant les deux jours suivants. 24 heures après avoir administré la première dose (de médicament ou de placebo), on a infecté la totalité des sujets par le virus A-2-Hong-Kong sous forme d'aérosol au moyen d'un pulvérisateur à travers un masque. La médication préventive a empêché le développement de l'infection grippale expérimentale chez 28% des sujets et a atténué la réaction clinique pour les autres. L'efficacité préventive du médicament a été aussi confirmée par les données des examens sérologiques. te titre d'anticorps grippaux a augmenté en fait chez 50% des sujets dans le groupe de contrôle, et chez 27,2% dans le groupe des sujets protégés par le médicament. Pour essayer le médicament sur un modèle d'infection grippale expérimentale du type AO/Shklaver (91 volontaires), on a introduit une dose de 60 mg deux fois par jour à raison de 30 mg et une dose de 75 mg trois fois par jour à raison de 25 mg. On a commencé à administrer le médicament 24 heures avant l'infection par les virus, et on a continué pendant 10 jours. En conparaison du groupe de contrôle, le médicament a diminué le nombre de réactions cliniques chez 5815 de sujets. Pour les autres sujets, il a atténué considérablement les symptômes cliniques. De plus, en comparaison du groupe de contrôle, l'accroissement du titre d'anticorps grippaux était de 7 à 4 fois plus faible chez les sujets ayant reçu le médicament. Une étude comparée deW'efficacité préventive du médicament et des rémantadine sur un modèle d'infection grippale expérimentale du type AO/Sclaver a permis de constater ce qui suit. L'introduction du médicament en dose de 75 mg s'accompagne d'un effet préventif accru (indice de protection = 77,6%), ce qui empêche totalement la progression des réactions cliniques aussi bien modérées que prononcées; la dose efficace minimale de rémantadine (50 mg) a un effet préventif moindre que celui de 75 mg de médicament; l'emploi simultaié du médicament et de la rémantadine en dose de 25 mg chacun a un effet préventif avec un indice de protection de 64,3%. Pour essayer le médicament sur un modèle d'infection grippale expérimentale du type B, on a administré 50 mg de médicament à 5 sujets, 5 autres ont reçu du placebo. Aucun effet n' a été constaté. te médicament selon l'invention peut être utilisé à l'état pur., sous forme de poudre et de comprimés. Selon l'invention, il peut comprendre la substance active de l'invention en association avec une charge pharmaceutique pour comprimés. En tant que charge pharmaceutique pour comprimés, le médicament contient de préférence de l'amidon ou du sucre en poudre. La teneur d'un comprimé en substance active est de 25 à 50 mg. te médicament peut être utilisé sous forme d'onguent pour usage externe. li'invention a aussi pour objet un procédé de préparation de la 6-brome-1 ,2-naphtoquinone, substance active du médicament antigrippal proposé. Il existe un procédé de préparation de la 6-brome-1,2 -naphtoquinone consistant à faire réagir, sous chauffage, le 1,6-dibrome-2-naphtol avec l'acide nitrique. il se forme alors une solution dans iqslle se dépose un précipité. Après filtration et lavage, on dissout ce précipité dans le chloroforme et on reprécipite par l'essence. Le rendement en produit de nitration obtenu est de 69% en masse. On chauffe ce produit dans une solution de benzène jusqu'à ce que lzs vapeurs brunes cessent de se dégager; on obtient ainsi la 6-brome-1,2-naphtoquinone désirée. Le rendement en produit visé est de 35% en masse, calculés par rapport au 1 ,6-dibrome- 2-naphtol de départ. ( riens, K.Schimnuelschmidt, Ann, 484, 245(193), F.Fieser, J.Hartnell, J.Am.Chem.Soc. 57, 1479 (1935) tes inconvénients du procédé connu qui vient d'être décrit sont le faible rendement en produit final et la nécessité du chauffage, qui entraine une résinification et une pollution du produit intermédiaire par de, produits secondaires. La nécessité de débarrasser le produit intermédiaire des produits secondaires en utilisant pour cela de grandes quantités d'essence et de chloroforme, ainsi que la nécessité de décomposer le produit intermédiaire dans une solution de benzène, rendent difficile la mise en oeuvre du procédé connu à l'échelle industrielle. L'invention a pour but d'éliminer ces inconvénients. A cette fin, l'invention vise à modifier le régime technologique du procédé afin d'augmenter le rendement en produit final, de simplifier la technologie et d'obtenir un produit capable de servir à des fins médicales. Ce problème est résolu du fait que dans un procédé de préparation de la o-brome-1 ,2-naphtoquinone par réaction du 1 ,6-dibrome-2-naphtol a- > ec l'acide nitrique, suivie d'une décomposition thermique du composé obtenu et de l'isolement du produit finel,selon l'invention la réaction du 1,6-dibrome-2 naphtol avec l'acide nitrique est condui-t à. une température de 10-200C, le composé obtenu est décomposé thermiquement à une température de 40 à 45oC au sein d'acide acétique glacial, après quoi le produit final est isolé. il est avantageux d'effectuer la décomposition thermique en insufflant de l'air dans le mélange réactionnel. Concrètement, le procédé proposé est mis en oeuvre comme suit. On traite une suspension de 1,6-dibrome-2-naphtol par l'acide nitrique de poids spécifique 1,4 à une température de 10 à 200C durant 10 à 40 mm, on maintient à cette température durant 10 à 15 mm, on filtre et on lave le résidu à l'acide acétique glacial pour éliminer l'acide nitrique en excès. On chauffe le produit obtenu à une température de 40 à 500C avec brassage Lurent 2 à 3,5 heures. Pour accélérer la réaction, on insuffle de l'air dans le mélange réactionnel. Au-dessous de 400C la réaction n'a pas lieu. Une température trop élevée entraîne une diminution du rendement. Le rendement en produit final, calculé par rapport au produit de départ, peut atteindre 58% en masse. lie procédé proposé permet d'élever le rendement en produit final jusqu a 58% en masse en comparaison du procédé connu, et jusqu'à 35% en masse par rapport au produit de départ, la technologie est simplifiée du fait que la purification supplémentaire du produit intermédiaire et l'utilisation de solvants inflammables comme l'essence ou le benzène sont exclus du processus. te procédé proposé permet d'obtenir, à l'échelle industrielle, un produit final capable de servir à des fins médicales. Pour une meilleure compréhension de l'invention, un exemple non limitatif de préparation de la 6-brome-1,2-naphtoquinone par le procédé de l'invention est décrit ci-après. Exemple r Dans une suspension de 489 g de I,6-dibrome-2-naphtol dans 1200 mi d'acide acétique glacial on verse par gouttes 132 ml d'acide nitrique de poids spécifique 1,4, à une température de 14-160C et sous brassage, durant 15 à 20 mon. Après l'addition de l'acide nitrique on brasse pendant encore 10 mn a la même température.On sépare par filtration le produit de réaction du 1,6-dibrome-2-naphtol avec l'acide nitrique, on le lave avec 320 ml d'acide acétique glacial pour éliminer l'acide nitrique en excès et on l'introduit aussitôt dans un ballon contenant 7200 ml d'acide acétique glacial et équipé d'un agitateur d'un thermomètre, d'un barboteur et d'un réfrigérant, celui-ci étant relié à une pompe à jet d'eau. On soumet la suspension à une température de 42 à 450C à un brassage accompagné d'un barbotage d'air Au bout de 5 à 10 mn, une solution se forme et en même temps commence un dégagement de vapeurs brunes suivi de la cristallisation du produit visé. On maintient le mélange réactionnel dans les mêmes conditions durant 2 à 3,5 heures, on refroidit jusqu'à 200C et on maintient à cette température durant 1 heure pour un dégagement complet le produit final de la solution mère. On sépare par filtration le produitfinal, on le lave avec 160 ml d'acide acétique, avec de l'eau, avec 240 ml d'acétone, et on sèche à l'air. Rendement en produit final : -219 g (57,8% en masse); température de décomposition : 144-1450C (à partir de dichloréthane ). Trouvé % : C 50,64, H 2,21; Br 33,63; C10H5Br02. Calculé % : C 50,68; H 2,11; Br 33,7. Bien entendu, l'invention n'est nullement limitée aux modes de réalisation décrits et représentés qui n'ont été donnés qu'à titre d'exemple. En particulier, elle comprend tous les moyens constituant des équivalents techniques des moyens décrits ainsi que leurs combinaisons, si celles-ci sont exécutées suivant son esprit et mises en oeuvre dans le cadre des zevendications qui suivant. R E V E N D I C A T I O N S REVENDICAT lON 1. Médicament antigrippal, caractérisé en ce qu'ilest constitué par la substance active : 6-brome-1 ,2-naphtoquinone de formule 2. Médicament antigrippal selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il contient ladite substance active en association avec une charge pharmaceutique pour comprimés. 3. Médicament antigrippal selon la revendication 2, caractérisé en ce qu'il contient de l'amidon ou du sucre en poudre en tant que charge pharmaceutique pour comprimés. 4. Médicament antigrippal selon l'une des revendications 2 et 3, caractérisé en ce qu'il contient ladite substance active à raison de 25 à 50 mg par comprimé. 5. Procédé de préparation de la 6-brome-1,2-naphtoquinone selon la revendication 1, du type consistant à faire réagir le 1,6 -dibrome-2-naphtol avec l'acide nitrique, à soumettre le composé obtenu à une décomposition thermique et à isoler le produit final, caractérisé en ce que la réaction du 1,6 -dibrome-2-naphtol avec l'acide nitrique est conduite à une température de 10 à 200C, le composé obtenu est soumis à une décomposition thermique à une température de 40 à 450C au sein d'acide acétique glacial, après quoi le produit final est isolé. 6. Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce que lors de la décomposition thermique on souffle de l'air à travers le mélange réactionnel.