1a présente invention concerne essentiellement des nouveaux aliments et compléments d'alimentation pour ruminants, dont la matière sèche comprend du lactose. Par aliment, on entend toute substance destinée à la nutrition dtanimaux, préparée industriellement ou par la main de l?hom- me, pouvant etre ingérée directement par l'animal, et ceci quelle que soit la forme finale de cette préparation, notamment granulés, matière liquide, matière semi-liquide ou payeuse, poudre, farine, matière condensée, matière compactée, matière comprimée, bloc à lé- - cher, pierre à grignoter, etc...Ainsi, au sens de cette définition, constituent notamment des aliments pour animaux - un ensilage préparé par un agriculteur, enrichi par ce dernier avec des adjuvants ou compléments d'alimentation animale, - des substances préparées en usine, à partir de différents ré sidus d'origine végétale (graines pressées par exemple) ou animale (farines de poisson par exemple), par exemple par broyage, mélange, pressage et ensachage. Bien entendu, les aliments définis ci-dessus peuvent etre ingérés par 11 animal, avec d'autres substances protéiques ou non, d'origine végétale ou animale. Par référence à la définition énoncée précédemment, par complément d'alimentation, on entend toute substance destinée également à la nutrition d'animaux, préparée aussi industriellement ou par la main de lrhomme, mais destinée à une ingestion indirecte par animal, c'est-à-dire en mélange avec une autre substance alimentaire, protéique ou non, végétale ou animale, par exemple fourrages, céréales, foin, tourteaux, etc... Ces compléments d'alimentation peuvent avoir les mêmes formes que celles énoncées précédemment, à savoir granulés, matière liquide, matière semi-liquide ou pâteuse, poudre, farine, matière condensée, matière compactée, matière comprimée, bloc à lécher, pierre à grignoter, etc...Un mélange d'une autre substance alimentaire précitée et d'un complément d'alimentation précédemment défini constitue un aliment pour animaux au sens de la définition ci-dessus. Accessoirement, la présente invention concerne également un procédé de préparation industrielle, notamment par broyage, mélange, pressage, et ensachage, de toute substance alimentaire pour animaux, contenant du lactose, y compris des nouveaux aliments et compléments dpalimentation faisant lsobjet de la présente invention. Certains fabricants d'aliments ou de compléments d'alimentation pour bétail ont déjà proposé d'incorporer dans ces derniers une certaine proportion de lactose, à titre de source énergétique. 'les quantités de lactose utilisées ont toujours été limitées, et n'ont jamais excédé 10 % pour un aliment pour bétail, tel que défini précédemment, et 40 ffi pour un complément d'alimentation au sens de la définition ci-dessus. En effet, les spécialistes de la nutrition animale ont toujours craint quXune augmentation de la concentration en lactose de l'aliment entraîne î) une diminution substantielle de l'appétibilité de l'aliment pour l'animal, 2) des troubles digestifs sérieux pour l'animal, et plus parti culièrement des diarrhées, consécutifs à une mauvaise diges tion du lactose, 3) des troubles métaboliques importants par acidose, résultant dlune apparition trop brutale d'acide lactique dans le sang de l'animal. Pour toutes ces raisons, le lactose n'a donc été utilisé qutà petites doses pour l'alimentation animale. Or pour la première fois, gracie à un protocole expérimental exhaustif et élaboré, rapporté ci-dessous, on a pu mettre en évidence qu'un ruminant est capable d'absorber des quantités importantes de lactose, bien supérieures à celles précisées ci-dessus, sans que l'on observe les troubles digestifs (diarrhées), et métaboliques (acidose) redoutés. En vautres termes, les essais entrepris, détaillés ci-dessous, ont permis de constater que le lactose peut représenter une partie substantielle de la ration alimentaire du ruminant, et que le lactose constitue une source d'énergie bien digérée par le ruminant. La seule précaution à observer est d'effectuer une substitution progressive du lactose dans la ration alimentaire de l'animal, afin d'habituer son système digestif à cette nouvelle source d'énergie. Plus précisément, ces essais ont permis d'établir que 1) pour un aliment pour ruminants, au sens de la définition énoncée précédemment, la matière sèche peut comprendre au moins 10 % en poids de lactose, et préférentiellement entre 10 et 90 % en poids de lactose ; à titre d'exemple, et selon la forme de l'aliment, la matière sèche de l'aliment peut comprendre entre 10 et 40 %, ou entre 50 et 90 %-en poids de lactose, 2) pour un complément d'alimentation pour ruminants, au sens de la définition énoncée précédemment, la matière sèche peut comprendre au moins 40 ffi en poids de lactose. Par matière sèche d'un aliment ou complément d'alimentation animale, on entend la matière subsistant après dessication dudit aliment ou dudit complément d'alimentation, cette dessication étant pratiquée selon des méthodes connues en elles-mêmes, par exemple normalisées, et destinées à déterminer le pourcentage pondéral en eau et/ou humidité de l'aliment ou du complément d'alimen- tation. 'les pourcentages pondéraux en lactose, définis ci-dessus, peuvent être évalués, premièrement en dosant directement le lactose dans l'aliment ou le complément d'alimentation animale, sans dessication de ces derniers, selon des méthodes connues en ellesmêmes, par exemple normalisées, et deuxièmement en rapportant la teneur en lactose ainsi obtenue au poids de matière sèche de l'ali- ment ou du complément d'alimentation animale, évalué après dessication de ces derniers. Bien entendu, les aliments et compléments d'alimentation animale selon l'invention peuvent comprendre, en plus du lactose, une source azotée, par exemple de l'urée, mais aussi d'autres ingrédients, tels que minéraux, vitamines, et facteurs de croissance divers. La présente invention permet en outre d'apporter une solution satisfaisante au problème suivant. 'les industries laitières (laiteries, fromageries, etc...) sont génératrices de lactosérum, résidu que l'on ne sait pas récupérer et utiliser de manière satisfaisante. Aussi, jusqu'à présent, le lactosérum produit était soit rejeté dans les rivière, égouts, etc..., en entraînant une pollution importante de l'eau, soit séché, par atomisation par exemple, et stocké. Mais les stocks de lactosérum sont ainsi devenus largement excédentaires. Comme le lactosérum est constitué principalement par du lactose, il peut maintenant servir de matière première pour fabriquer des aliments pour ruminants, et ceci dans des proportions importantes, compte tenu du fait que le lactose peut renréserter la partie principale de la ration allmentaire du ruminant. Par ailleurs, à l'occason de la présente invention, on a été conduit à concevoir un nouveau procédé de préparation industrielle de substances alimentaires (aliments ou compléments gali- mentation) pour animaux, à base de lactose. A cet égard, les aliments contenant du lactose sont prépa rés industriellement, de manière connue en soi, par broyage, mélange de leurs différents ingrédients, pressage, et ensachage. Be composé lactosé choisi pour apporter du lactose à l'aliment préparé est en général un lactosérum. Ce choix conduit généralement à des inconvénients importants lors de la fabrication industrielle de aliment. En effet, le lactosérum est un produit fortement hygroscopique, et de ce fait ralentit notablement le débit de la presse, voire même conduit à une obstruction complète de cette dernière. Par conséquent, en plus des raisons précédemment indiquées, d'ordre zootechnique, ces problèmes technologiques de fabrication conduisent aussi à limiter la quantité de composé lactosé introduite dans l'aliment préparé. Or, on a découvert que si l'on utilise, non plus un lactosérum, mais un dérivé d'ultrafiltration de matières laitières, comme composé lactosé entrant dans la composition de l'aliment préparé, on diminue substantiellement les inconvénients technologiques précités. Par dérivé d'ultrafiltration, on entend aussi bien un ultrafiltrat de lait, qu'un ultrafiltrat de lactosérum, appelé dans la pratique jus lactosé, que de manière générale tout dérivé d'ultrafiltration de produits laitiers (par exemple lait écrémé et babeurre). En ce qui concerne le lactosérum, on sait en effet que sa matière sèche comprend environ 12 à13 % de protéines, 10 % de produits minéraux, et 70 à 75 % de lactose. A cause de leur valeur spécifique, il est particulièrement intéressant de récupérer les protéines du lactosérum, et ce par ultrafiltration. Le résidu de cette ultrafiltration, ou ultrafiltrat, constitue le jus lactosé précédemment cité, et ne contient donc. plus les protéines du lactosérum d'origine Par composé lactosé, on entend aussi bien un produit identique aux dérivés d'ultrafiltration précédemment cités, qu'un produit comprenant ces dérivés. Bien-entendu, le nouveau procédé précédemment défini s'applique plus particulièrement à la fabrication des nouveaux aliments et compléments d'alimentation selon l'invention ; c'est dans ce cadre qutil prend toute sa valeur, compte tenu de la forte concentration en lactose de ces aliments et compléments. Le protocole expérimental à la base de la présente invention est maintenant décrit comme suit. Afin d'examiner les phénomènes relatifs à la digestion d'aliments riches en lactose, et de s'assurer de l'inocuité de ce dernier comme source d'énergie utilisable, même en quantité importante, dans lfalimentation d'un ruminant, on a effectué les trois séries d'essais suivantes, pratiquées pour les deux dernières sur un nombre important d'animaux, et dans des conditions voisines de la pratique alimentaire usuelle des ruminants I) à l'aide de moutons porteurs de canules à différents niveaux du tube digestif, permettant de suivre l'évolution de la di gestion, on a étudié la digestion d'aliments contenant une proportion croissante de lactose (jusqugà 76 % en poids de la matière sèche de l'aliment ingéré), 2) sur des agneaux en croissance, on a étudié l'influence de la substitution d'une partie d'un aliment témoin par environ 33 %O de lactose, rapportés au poids de la matière sèche de 11aliment témoin précité, ce lactose se présentant soit sous forme séchée, soit sous forme liquide, 3) sur des taurillons en croissance, on a étudié l'influence de la substitution d'une partie d'un aliment témoin par 21 ou 42 % de lactose, rapportés au poids de la matière sèche de l'aliment témoin précité, le lactose se présentant sous forme séchée. En ce qui concerne la première série d'expériences, se rapportant à la digestion du lactose par le mouton, on peut faire état des conditions expérimentales, mesures et résultat suivants. L'aliment témoin T était constitué par un foin de luzerne. Conformément au tableau 1 ci-dessous, on a introduit dans les aliments At à A4, ingérés par le mouton, des quantités croissantes de lactose, en remplacement dtune partie équivalente de aliment témoint T. Be lactose était apporté dans les aliments AI à A4, par incorporation dans ces derniers d'ultrafiltrat de lactosérum contenant environ 85 % en poids de lactose. - TAB'lEAU 1 en poids de en poids dtul- % en poids de foin de luzerne trafiltrat de Aliment dans la matière lactosérum dans matière sèche sèche la matière sèche matière sèche Témoin T 100 0 0 A1 80 20 17 A2 60 40 34 A3 30 70 60 A4 10 90 76 La digestion des régimes Al, A2, A3 a été étudiée avec ou sans complémentation azotée (apportée sous forme d'urée), tandis que la digestion de l'aliment A4 a été étudiée après complémentation azotée. 'les animaux servant à l'étude étaient des moutons adultes de la race Texel, et pesaient chacun environ 70 kg ; ils étaient munis d1une canule au niveau du rumen, du duodénum et de l'iléon. Selon les aliments, quatre ou cinq animaux ont été utilisés. Sur chaque animal, on a effectué les observations suivantes 10) mesure de la quantité d'aliment ingérée par jour, 20) -examen du comportement alimentaire de animal, 30) mesure de la digestibilité de l'aliment, ctest-à-dire du rapport suivant (quantité ingérée - quantité excrétée dans les fèces) quantité ingérée x 100 40) mesure des quantités de l'aliment digéré dans le rumen, dans l'intestin grêle et dans le gros intestin, 50) analyse et mesure des produits de digestion de l'aliment étudié, présents dans le rumen, et plus particulièrement étude de la formation des acides gras volatils, de l'acide lactique, de l'ammoniac, et du pH dans le rumen. Toutes les mesures se rapportant au contenu du tube digestif ont été réalisées sur des périodes continues de 24 heures. En ce qui concerne la première observation, on a remarqué que chaque animal ingérait au total une quantité journalière et moyenne de i 250 g (en poids de matière sèche) de l'aliment témoin T. Consécutivement, la quantité totale d'aliment à ingérer par animal a été fixée à 1 250 g par jour. Pendant tout l'essai, et quels que soient les aliments Al à A4 proposés aux animaux, ces derniers ont toujours consommé journellement la totalité de la ration qui leur était proposée. Aucun signe d'inappétence nta été observé, avec ou sans complémentation azotée de l'aliment proposé à animal, ctest-à-dire que ce dernier comporte ou non de l'urée (le pourcentage maximum d'urée par rapport au lactose étant fixé à environ 6 % en poids). En ce qui concerne la deuxième observation, il faut noter que les temps d'ingestion ont été allongés dans le cas des aliments AI à A4. Mais ceci était sans doute dt au fait que l'ultrafiltrat de lactosérum se présentait sous forme pulvérulente. L'ingestion des aliments Ai à A4 par le mouton n'a entrat- né aucun trouble sanitaire, ni au niveau digestif (diarrhée), ni au niveau métabolique (acidose). Et, conformément au tableau 2 cidessous, la teneur en matière sèche des fèces a été très peu différente, quel que soit le pourcentage de lactose présent dans l'a- liment. - TABlEAU 2 Aliment T Al A2 A3 A4 sans avec sans avec sans avec avec urée urée urée urée urée urée urée Teneur en matière sèche des 42,1 42,1 41,4 40,8 37,3 37,1 35,2 37,7 fèces (% pondéral) En ce qui concerne la troisième observation, conformément au Tableau 3 ci-dessous, la substitution d'une partie du foin par du lactose dans les aliments At, A2 et A3, a entraîné une augmentation de la digestibilité de la matière sèche et de la matière organique de chaque aliment ; cette augmentation a été d'autant plus importante que le pourcentage pondéral de lactose dans la matière sèche de l'aliment a été élevé. - TXBLESU 3 Aliment T A1 A2 A3 sans avec sans avec sans avec urée urée urée urée urée Digestibilité urée urée urée urée urée urée Digestibilité - matière sèche 57,8 65,2 62,9 67,0 69,9 76,) 77,7 - matière orga- 58,4 66,1 64,0 68,7 71,5 78,3 79,6 nique - azote 72,7 71,7 73,7 61,8 73,9 41,9 78,9 En ce qui concerne les quatrième et cinquième observations, on peut faire état des constatations suivantes. On a comparé la diminution du pH du jus de rumen dans le cas d'un repas à base d'aliment témoin T, et dans le cas d'un repas à base aliments A1, A2, et A3. On a alors observé une diminution plus importante du pli pour les aliments Al à A3, que pour l'aliment témoin T, cette diminution étant d'autant plus importante que le pourcentage pondéral de lactose dans la matière sèche de l'aliment a été élevé. Cependant, il faut noter que l'augmentation de l'acidité du jus de rumen est restée relativement modérée, même dans le cas de l'aLiment A3., c'est-à-dire avec 60 % de lactose dans la matière sèche.En aucun cas, les valeurs du pH observées traduisent une mauvaise digestion de l'aliment dans le rumen, ou une orientation défavorable des fermentations pouvant entraîner des troubles digestifs. En correspondance avec l'observation précédente, relative à la diminution du pli du jus de rumen, on a observé une augmentation de la teneur en acide lactique de ce dernier, après que les animaux aient reçu pour repas les aliments Al à A3 respectivement. Cette teneur a atteint une valeur maximum de 1,7 gpar litre, une demi-heure aprèsle repas, dans le cas dé l'aliment A2. Dans le cas des aliments Ai et A3, les valeurs maxima obtenues sont beaucoup plus faibles, tout en restant plus élevées que celles observées avec des aliments classiques, en particulier l'aliment témoin T. Toutefois, la présence d'acide lactique dans le jus de rumen n'a jamais entraîné de troubles digestifs. En conclusion, cette première série d'essais a permis de montrer que le ruminant étudié pouvait ingérer des quantités importantes de lactose, sans apparition de troubles nutritionnels impor tants. 'l'utilisation digestive de ce glucide apparat très satisfaisante. Si lton veut introduire un pourcentage pondéral important de lactose dans la matière sèche de l'aliment, la la seule.précaution à prendre est de ménager une période d'adaptation suffisante, de tordre de 8 à 10 jours, pour que la microflore du ruminant sta- dapte à ce nouvel aliment. En ce qui concerne la deuxième série d'essais, on peut faire état des conditions expérimentales, mesures et résultat sui vante Conformément au Tableau 4 ci-dessous, on a préparé, à partir de différents ingrédients, l'aliment témoin T, et les aliments expérimentaux Ai et A2. - TABLEAU 4 Aliment Témoin T Ai et A2 en en poids des différents ingrédients dans la matière sèche - Foin de luzerne 20 20 - Jus lactosé 0 40 - Aliment concentré en farine, apportant - Mals 36 20,8 - Pulpe déshydratée 20 0 - Son fin 4 O - Luzerne (18 % de matières 12 0 azotées totales) - Tourteau d'arachide 4,8 16 - Urée 0,8 0,8 - Condiment minéral vitaminique 2,4 2,4 La matière sèche de l'aliment témoin T se compose de 80 %0 en poids d'un aliment concentré en farine, à base de mais, et de 20 % en poids d'un foin de luzerne sous forme normale. L'aliment Al se distingue de l'aliment témoin T par le fait que 50 % en poids de l'aliment concentré en farine sont substitués par un jus lactosé, sous la forme d'une poudre comprenant 94 % en poids de matière sèche, et que les 50 % restants du même aliment concentré en farine sont remplacés par un mélange de mais, d'arachide et durée.L'aliment A2 se distingue de l'aliment Ai par le fait que le jus lactosé n'est plus apporté sous forme pulvérulente, mals sous forme dgune solution concentrée contenant 47,6 % en poids de matière sèche. Qu'il s'vagisse d'une poudre ou d'une solution de lactosérum dépro- téiné, la matière sèche du Jus lactosé correspondant renfermait environ 88 % en poids de lactose, 9,5 % en poids de matière minérale, et 0,8 % en poids d'azo-te. Consécutivement, la matière sèche des aliments Ai et A2 contenait environ 33 % en poids de lactose. Dix huit agneaux sevrés ont été répartis en six trios ho mogènes du point de vue poids, de façon à constituer trois lots I, II et III, dgun poids moyen de 25 kg par animal. Be lot I a été nourri avec l'aliment témoin T. Après une période de transition de 20 jours2 au cours de laquelle l'aliment témoin T a été prog vement substitué par les aliments Al et A2, les lots Il et III ont été nourris respectivement avec l'aliment Ai et avec l'aliment A2. A la suite de cette période de transition, les animaux ont reçu les aliments expérimentaux Al et A2 pendant 28 jours. Tous les animaux ont été abattus lorsqu'ils ont atteint un poids moyen de 35,6 kg. Différentes mesures ont été effectuées d'une part pendant la période de 28 jours correspondant à l'expérience, à savoir évaluation du gain de poids et de la quantité d'aliment consommé, et d'autre part à l'abattage, sur le carcasse et au niveau des contenus digestifs. Comme le montre le Tableau 5, l'incorporation d'une quantité importante de lactose dans la matière sèche des aliments Ai et A2 nta pas modifié les performances zootechniques des agneaux sevrés en croissance, étudiées selon les modalités définies ci-dessus. En effet, les quantités journalières d'aliment ingérées ont été à peu près identiques dans les différents lots. 'l'utilisation des trois aliments T, Al, et A2 a donc été très voisine, comme le montrent les valeurs de l'efficacité alimentaire, mentionnées dans le Tableau 5. Enfin, à l'abattage, on nta pas observé de différences significatives entre les trois lots animaux. Conformément au tableau 6, la digestion des aliments Al et A2 a été modifiée par la présence de lactose, et plus précisément par une production correspondante diacide lactique relativement importante ; on a observé en effet que le pli du rumen était plus faible (5,3 ou 5,5 au lieu de 6,0) avec les aliments renfermant du lactose qu'avec l'aliment témoin ; on a également observé une modification de la composition en acides gras volatils des produits de la digestion ; en effet, la proportion d'acide acétique a diminué (de 66,9 à 54,5 ou 61,1), tandis que celle d'acide proplonique a augmenté (de 23,5 à 72,8 ou 31,6), et ceci lorsque les animaux ont reçu du lactose. - TABlEAU 5 Lots d'agneaux et aliment lot I Lot Il lot III Aliment T Aliment AI Aliment A2 Nombre d'animaux 6 6 6 quantité de aliment, ingérée par jour et par 1 211 1 187 1 214 animal, en g de matière sèche - Durée de I'essai,en jours 48,2 47,3 48,2 - Gain en poids moyen et quotidien de chaque ani- 222 2t9 231 mal, en g - Efficacité alimentaire en kg de matière sèche/kg de 5,46 5,60 5,25 gain de poids vif Poids d'abattage, en kg 35,8 35,9 35,2 - Poids de carcasse, en kg 17,4 17,9 17,8 - TABlEAU 6 'agneaux et aliment Lot I Lot II Lot III lot d Aliment T Aliment Al Aliment AS - pH du contenu - du rumen 6,0 5,5 5,3 - de la caillette 3,1 2,9 3,4 - de l'intestin grêle 7,0 6,9 6,9 - teneur en acide lactique (g/l) - du jus de rumen C,8 1,8 2,4 - du jus de caillette 1,0 2,7 3,5 - teneur en acides gras vo latils du Jus de rumen 92,3 85,6 58,2 (mmol/l) - composition centésimale du mélange d'acides gras vo latils - acide acétique 66,9 54,5 61,1 - acide propionique 23,5 32,8 31,6 - acide butyrique 6,8 9,8 4,6 Cependant, il faut noter que l'augmentation de l'acidité du jus de rumen est demeurée relativement modérée.Et en aucun cas, les valeurs du pli obtenues traduisent une mauvaise digestion dans le rumen, ou une orientation défavorable des fermentations, pouvant entraîner des troubles digestifs, car ces derniers n'ont pas été observés consécutivement à la présence d'acide lactique dans le rumen. En conclusion à cette deuxième série d'essais, se rapportant à ltutilisation du lactose par l'agneau en croissance, les résultats obtenus permettent de constater que des agneaux à l'engrais peuvent ingérer des quantités importantes de lactose, en substitution d'autres glucides, et ce sans diminution des performances zootechniques, et sans apparition de troubles sanitaires, malgré une orientation différente des fermentations dans le rumen. En ce qui concerne la dernière et troisième série dges- sais, se rapportant à l'utilisation du lactose par le taurillon en croissance, on peut faire état des conditions expérimentales, mesures et résultats suivants. Conformément au tableau 7 ci-dessous, on a préparé les aliments témoin T, et expérimentaux AI et A2. Ces trois aliments complets se présentaient sous forme agglomérée, et ne différaient les uns des autres que par la nature de la source énergétique principale, à savoir mais en grains pour l'aliment témoin T, et ultrafiltrat de lactosérum séché pour les aliments expérimentaux Al et A2. l'ultrafiltrat utilisé avait une teneur en lactose de 85 % en poids environ. - TABlEAU 7 Aliment Témoin T Al A2 lot I II III en poids des différents ingrédients dans la ma tière sèche de l'aliment - ultrafiltrat de lactosé- O 25 5o runi - mais 50 25 o - lactose (estimé) 0 21,2 42,5 Trente six taurillons normands ont été utilisés à ltåge de 6 mois jusqu'à l'abattage, environ à l'âge de 14 mois.Ils ont été répartis en trois lots I, II et III, ayant reçu respectivement les aliments T, AI, et A2. Ces animaux sont passés progressivement du régime témoin T aux régimes expérimentaux Al et A2, pendant une période de 8 jours. 'les principaux résultats de cette expérience sont reportés dans le tableau 8 ci-dessous. - TABlEAU 8 Lot de taurillons I/v Il/Al III/A2 et aliment Nombre d'animaux 10 Il Il Poids au début de l'es- 263 + 124 262 + 13 262 + 14 sai (kg) Poids à la fin de l'est sai (kg) 528 + 25 522 + 32 500 + 30 Gain de poids vif jour 1283 + 124 1254 + 130 1149 + 135* nalier (g) ~ Indice de consommation - Matière sèche de lta- liment ingérée (kg), 6,04 6,11 6,78 par kg de gain de poids vif - Energie (unités four ragères) par kg de gain 6,74 6,38 6,69 de poids vif * Différence significative au seuil P = 0,05 entre l'aliment T et l'aliment A2, P étant le seuil de probabilité au-delà duquel les différences observées sont dûes au traitement, et non au hasard ou à des différences d'échantillonnage. Malgré une dureté importante des aliments granulés Al et A2, contenant l'ultrafiltrat de lactosérum, les animaux les ont ingérés de la même façon que l'aliment témoin T. Aucun trouble sanitaire lié à la présence du lactose dans les aliments AI et A2 nla été noté. On a toutefois observé une diminution de la matière sèche des fèces, qui ne s'est cependant jamais traduite par l'apparition de diarrhées. 'les consommations moyennes de matière sèche alimentaire ont été équivalentes pour les trois lots I, II et III. La vitesse de croissance et l'état d'engraissement des animaux du lot III ont été substantiellement inférieurs (P I et Il. Ceci peut s'expliquer par le fait que la valeur énergétique de l'aliment A2 était plus faible que celle des aliments témoin T et expérimental Al. En effet, si l'on rapporte les résultats non plus à la matière sèche, mais à l'énergie ingérée, on constate que l'aliment expérimental A2 a été aussi bien utilisé que l'aliment témoin T, et que l'aliment Ai a eu une meilleure efficacité alimentaire que les deux autres, à savoir T et A2. En conclusion, l'incorporation de 21 ou 42,5 % en poids de lactose dans la matière sèche de l'aliment du bovin en croissance est parfaitement possible. Elle se traduit par une utilisation satisfaisante de l'aliment, et ne provoque aucun trouble sanitaire. Comme indiqué précédemment, la présente invention s'applique à l'alimentation des ruminants. - REVENDIC & IONS 1.- Aliment pour ruminants, sous forme solide, dont la matière sèche comprend du lactose, caractérisé en ce que le lactose représente au moins 40 % en poids de la matière sèche. 2.- Aliment selon la revendication 1, caractérisé en ce que la matière sèche comprend entre 50 et 90 % en poids de lactose. 3.- Aliment selon l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisé en ce quSil se présente sous l'une des formes solides suivantes, à savoir granulés, poudre, farine, matière condensée, matière compactée, matière comprimée, bloc à lécher, pierre à grignoter. 4.- Procédé de préparation industrielle d'une substance alimentaire pour animaux, dont la matière sèche comprend au moins du lactose, se présentant sous l'une quelconque des formes solides suivantes, à savoir granulés, matière condensée, matière compactée, matière comprimée, caractérisé en ce qu'on utilise à cette fin un composé lactosé identique à, ou comprenant au moins l'un des produits suivants, à savoir ultrafiltrat de lait, ultrafiltrat de lactosérum, et dérivés d'ultrafiltration de produits laitiers. 5.- Procédé selon la revendication 4, mis en oeuvre pour la préparation d'un aliment selon l'une quelconque des revendications I et 2.