La présente invention a pour objet un dispositif de casse-trame plus particulièrement destiné aux métiers à tisser à réserve de trame fixe et à organe passe-trnme lancé ou fausse navette, du genre comportant application des dispositions décrites dans la demande de brevet français le 29 Mai 1970 au nom du Demandeur pour : "Perfectionnements aux métiers à réserve de trame et à organe passe-trame lancé". On sait que dans les métiers en question la fausse navette est équipée d'une pince qui, au début de la chasse, prend le fil de trame qu'un organe approprié sépare du bord du tissu s'il y a lieu. A l'arrivée sur l'autre c8té du métier, cette pince libère le fil ainsi entraîné. Les difficultés auxquelles on se heurte avec une telle disposition résident d'une part dans la présence d'une certaine longueur excédentaire de chaque duite ainsi réalisée, cette longueur devant évidemment être réduite au minimum et être régulière pour toutes les duites successives, d'autre part à la tendance de certains fils, particulièrement "nerveux", à se recroqueviller sur eux-memes en risquant de déterminer des défauts de tissage ou à tout le moins des irrégularités dans la frange latérale constituée par les bouts dépassants des fils successifs.Dans la demande de brevet en question on a proposé comme solution à ces difficultés un agencement comportant entre autres une pince de retenue prévue sur chaque côté du métier, chacune de ces pinces comportant deux branches à serrage élastique et étant normalement disposée sur le trajet d'un ergot de renvoi de fil porté par la fausse navette de manière à s' ouvrir au passage de cet ergot et à se refermer ensuite en emprisonnant le fil de trame entrain dans le pas à l'instant où la pince portée par la fausse navette s'ouvre pour libérer ce fil. Il est en outre prévu des moyens pour effacer ensuite chacune de ces pinces de retenue afin qu'elle n'agisse pas lors du nouveau départ de la fausse navette à partir du côté considéré du métier. L'invention vise à utiliser les pinces de retenue ainsi prévues sur l'un et l'autre côté du métier pour constituer l'un des organes d1 un casse-trame particulièrement simple et de fonctionnement remarquablement efficace. Conformément à l'invention à chaque pince de retenue est associé un doigt tâteur qui, après l'arrivée de la navette sur le côté considéré du métier, vient balayer l'espace situé au voisinage immédiat de la pince de manière à rencontrer le fil, ce doigt étant solidaire d'un organe qui agit sur un mécanisme d'arrêt approprié au cas où la course dudit doigt n'aurait pas été arrêtée par le fil de trame serré dans la pince de retenue. Dans une forme d'exécution préférée la pince comporte une fente orientée perpendiculairement à l'orientation du fil de trame, le doigt tâteur venant balayer cette fente pour rencontrer ledit fil. Le doigt tâteur est préférablement porté par un axe entraîné à l'instant voulu par un électro-aimant, ou éventuellement par un mécanisme à came, cet axe portant d'autre part un levier propre à actionner un contact électrique d'arrêt lorsque le doigt tuteur a librement effectué la totalité de sa course. L'axe peut être sollicité par un ressort à tourner dans le sens correspondant au mouvement de balayage du doigt tâteur, en en étant empêché au repos par son organe de commande en rotation, de manière à obéir à l'action du ressort lorsque cet organe se déplace. Lorsqu'on utilise un électro-aimant pour commander l'axe portant le doigt tâteur, on peut prévoir de l'exciter par le moyen d'un contact à commande par came, un peu à la façon de ceux des allumeurs pour voitures automobiles, mais fonctionnant à la fermeture et non à l'ouverture. Le dessin annexé, donné à titre d'exemple, permettra de mieux comprendre l'invention, les caractéristiques qu'elle présente et les avantages qu'elle est susceptible de procurer Fig. 1 est une vue en perspective schématique générale d'un dispositif de casse-trame suivant l'invention. Fig. 2 en est une coupe transversale par un plan passant dans la fente longitudinale de la pince de retenue à laquelle le dispositif est associé. Fig. 3 est une vue en plan partielle avec coupe horizontale de la pince de retenue et indication du fil de trame serré par cette pince. Fig. 4 indique très schématiquement en perspective une variante de pince à fente longitudinale. Fig. 5 et 6 sont des perspectives partielles semblables à celles de fig. 1, mais qui correspondent à deux autres variantes de réalisation. En fig. 1 on a représenté en 1 un socle fixé au bâti du métier, ou éventuellement au battant. Ce socle est traversé à rotation par un arbre 2 sur lequel est calé un bras 3 qui est destiné à porter la pince de retenue. Cette dernière est ici constituée sous forme de deux éléments comportant chacun deux branches, respectivement 4a 4b et 5a-5b. Les mâchoires respectives sont pourvues d'entrées divergentes, comme exposé à la demande de brevet français susmentionné. L'ensemble est fixé au bras par l'intermediaire de cales 6 et de boulons 7. On a schématiquement indiqué en traits interrompus en 8 le bloc d'écartement fixe prévu suivant la demande Drécitée pour assurer l'ouverture des pinces lorsque le bras 3 est souleve. Le bras 3 porte deux paliers latéraux 9 dans lesquels est monté à rotation un axe 10 orienté longitudinalement par rapport au bras. Sur cet axe est calé un levier plat 11 sur lequel repose le noyau plongeur 12 d'un électro-aimant 13 fixé au socle 1. Comme le montre fig. 1, le levier il est situé très près de l'axe 2, de sorte que les débattements du bras 3, 'ailleurs assez limités, n'ont qu'une influence négligeable sur le noyau 12. Sur l'axe 10 est encore monté un ressort de torsion 14 qui tend à faire tourner cet axe dans le sens correspondant au soulèvement du noyau 12 (sens des aiguilles d'une montre en fig. 2) ; toutefois ce ressort est trop léger pour vaincre le poids du noyau qui reste donc à sa position la plus basse (fixée par des butées intérieures anDropriées, non représentées). L'axe 10 porte encore un levier 15, réalisé en fil métallique, qui descend d'abord (voir fig. 1), est coudé horizontalement (voir fig. 3) parallèlement à l'axe de l'arbre 2 (voir fig. 3), puis est coudé à nouveau deux fois à 900 dans le plan horizontal pour se terminer par une branche 15a (fig. 2) orientée verticalement vers le bas et située au droit de L'espace ou fente ménagé entre les deux pinces élémentaires 4a-4b et 5a-5b. On comprend que si l'on fait tourner l'axe 10 dans le sens des aiguilles d'une montre en fig. 2, la branche verticale 15a constitue une sorte de doigt tâteur qui vient balayer l'espace ou fente précité. Sur l'extrémité opposée ae l'axe 10 est également calé un autre levier 16 lui aussi établi en fil métallique. Ce levier 16 est d'abord orienté verticalement en direction du haut, puis il est recourbé horizontalement 3 900 de manier a constituer une branche 16a orientée à peu près narallleent à l'axe 10. Enfin sur le socle 1 est fixe un micro-interrupteur 17 susceDtible d'être actionné par le moyen d'un bras 18 orienté au repos en direction du bas à une petite distance de la Dranche 15a et en avant de cette aernière si l'on considère la rotation de l'axe 10 dans le sens des aiguilles 'une montre en fiF. 2. Ce micro-interrup teur 17 est branché de manière à provoquer l'arrêt du métier, soit par fermeture, soit par ouverture d'un circuit électrique approprié. Le fonctionnement est le suivant : Comme indiqué à la demande de brevet mentionnée plus haut, lorsque la fausse navette arrive sur le caté considéré du métier le fil de trame 19 (fig. 3) qu'elle entrain vient s'engager dans la pince de retenue, c'est-à-dire dans les deux pinces élémentaires 4a-4b, 5au5~. Immédiatement après le passage de la fausse navette, un contact approprié, non représenté, actionné en synchronisme avec l'arbre du métier, provoque ltexcitation de l'électro-aimant 13. Le noyau 12 se soulève en libérant ainsi le ressort 14 qui fait tourner l'axe 10 dans le sens des aiguilles d'une montre en fig. 2.La branche verticale ou doigt tuteur 15a tend ainsi à balayer l'espace ou fente qui sépare les deux pinces élémentaires 4a-4b et 5a-5b. Dans ce mouvement ce doigt rencontre normalement le fil 19 qui 1' arrête. Dans ces conditions la branche 16a du levier 16 ne s'est pas déplacée suffisamment pour agir sur le bras d'actionnement 18 du micro-interrupteur 17. Le métier peut donc continuer à fonctionner normalement. La fausse navette peut par conséquent repartir et, comme expliqué à la demande de brevet précitée, l'arbre 2 tourne alors pour soulever légèrement le bras 3 de manière d'une part à dégager la pince double 4a-4b et 5a-5b du trajet de la fausse navette, d'autre part à provoquer l'ouverture de cette pince double par le bloc d'écartement 8 en vue de libérer le fil de trame qutel- le retenait. Mais si pour une raison quelconque la fausse navette arrive sur le côté du métier sans fil de trame, le doigt tuteur 15a n'est plus arrêté et il peut accomplir toute sa course. Le micro-interrupteur 17 est alors actionné par la branche 16a du levier 16 et il provoque l'arrêt immédiat du métier. Dans la forme d'exécution qu'on vient de décrire chacune des deux pinces élémentaires 4a-4b et 5a-5b doit être conformée avec des entrées divergentes ; il est en outre indispensable de fixer de façon très précise ces deux éléments l'un par rapport à l'autre. Fig. 4 indique une variante plus simple dans laquelle il est prévu une pince unique à deux branches 20a-20b dont chacune comporte une fente 21 ne s'étendant que sur une très faible partie de sa hauteur à partir du bas. Dans ces conditions les bords de la fente 21 n'ont pas à être agencés de façon particulière pour permettre le passage de l'ergot de la fausse navette qui assure l'entratnement du fil. En outre le monteur n'a qu'un seul organe à fixer en bout de l'arbre 3. La variante de fig. 5 ne se distingue de la forme d'exécution de fig. 1 qu'en ce que le fil métallique constitutif du levier 15 s'engage non plus derrière les deux pinces élémentaires 4a-4b et 5a-5b, mais bien en avant de la première pour passer entre celleci et la seconde avant de se replier verticalement vers le bas pour constituer le doigt tuteur 15a. On comprend aisément que le fonctionnement reste le même, le seul avantage étant que la conformation du fil constitutif du levier 15 est moins compliquée. Fig. 6 indique une variante qui convient dans le cas de fils nerveux assez fortement tendus. La pince ne comprend plus qu'un seul élément 4a-4b, la branche ou doigt tâteur 15a du levier 15 venant tâter le fil au voisinage immédiat de cet élément, entre celui-ci et le tissu. La conformation générale du levier 15 peut autre soit celle de fig. 1 à 3, soit celle de fig. 5. Il doit d'ailleurs être entendu que la description qui précède n'a été donnée qu'à titre d'exemple et qu'elle ne limite nullement le domaine de l'invention dont on ne sortirait pas en remplaçant les détails d'exécution décrits par tous autres équivalents. On conçoit notamment qu'on pourrait remplacer l'électro-aimant 13 par un mécanisme commandé à partir d'une came calée sur l'arbre du métier. REVENDICATIONS 1 - Dispositif de casse-trame pour métier à tisser à réserve de trame fixe et organe de passe-trame ou fausse navette, du genre dans lequel le fil de trame entraîné par la fausse navette est saisi par une pince de retenue à la sortie du pas, caractérisé en ce qu a chaque pince de retenue est associé un doigt tâteur qui, après l'arrivée de la fausse navette sur le cté considéré du métier, vient balayer l'espace situé au voisinage immédiat de la pince de manière à rencontrer le fil, ce doigt étant solidaire d'un organe qui agit sur un mécanisme d'arrêt approprié au cas où la course dudit doigt n'aurait pas été arrentée par le fil de trame serré dans la pince de retenue. 2 - Dispositif suivant la revendication 1, caractérisé en ce que la pince comporte une fente orientée perpendiculairement à l'o- rientation du fil de trame, le doigt tateur venant balayer cette fente pour rencontrer ledit fil. 3 - Dispositif suivant l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisé en ce que le doigt tâteur (15a) est porté par un axe (10) entratné en rotation à l'instant voulu, cet axe portant d'autre part un levier (16-16a) propre à actionner un contact électrique d'arrêt (17) lorsque le doigt tâteur a librement effectué la totalité de sa course. 4 - Dispositif suivant la revendication 3, caractérisé en ce que l'axe (10) du doigt tateur (15a) est commandé par un électroaimant (13). 5 - Dispositif suivant la revendication 3, caractérisé en ce que l'axe (10) du doigt tâteur (15a) est commandé par un mécanisme à came. 6 - Dispositif suivant l'une quelconque des revendications 3 à 5, caractérisé en ce que l'axe (10) est normalement sollicité par un ressort (14) à tourner dans le sens correspondant au mouvement de balayage du doigt tâteur (15a), mais en est empêché au repos par l'organe de commande en rotation dudit axe, tandis que lorsque cet organe se déplace, le ressort peut entraîneur l'axe avec le doigt tâteur. 7 - Dispositif suivant l'une quelconque des revendications 3 à 6, caractérisé en ce que l'axe (10) est porté à rotation par le bras (3) qui supporte la pince de retenue (4a,4b ; 5a-5b). 8 - Dispositif suivant l'ensemble des revendications 4 et 7, caractérisé en ce que ltélectro-aimant (13) est fixé au socle t1) sur lequel le bras porte-pince (3) est monté à rotation, cet électro-aimant comportant en guise d'armature un noyau plongeur (12) qui vient agir par son poids sur un levier (11) calé sur l'axe (10) du doigt tateur (15a) au voisinage de l'articulation (2) du bras sur le socle.