La présente invention concerne des perfectionnements aux métiers à tisser en double pièce, en particulier au dispositif de séparation des deux pièces. Elle concerne aussi les tissus à poils obtenus à l'aide de ces métiers. Pour fabriquer des imitations de fourrure, on part de tissus à poils qui sont essentiellement fabriqués sur des métiers à double pièce dont la technique est suffisamment connue de l'homme de l'art pour qu'il soit inutile de la décrire dans le détail. En résumé, on tisse deux dossiers reliés par des fils de chaîne devant constituer les poils que l'on coupe, dans leur partie médiane, à l'aide d'un couteau animé d'un mouvement parallele à celui de la navette ou tout au moins des fils de trame pour les métiers sans navette. Dans la technique actuelle, on ne peut pratiquement pas séparer les dossiers de plus de 80 mm ce qui donne dans chaque pièce une longueur de poils de 40 mm. Or, les fourrures d'animaux sont généralement constituées de poils dont la hauteur n'est pas la même sur le dos et sur les flancs. Dans les imitations de fourrures, il faut reproduire cette particularité des fourrures naturelles qui constituent des vetements de peaux assemblées qui donnent l'apparence d'avoir plus de matière et de hauteur au centre de la peau que sur les bords, à l'endroit de la couture. Pour copier cet effet dans les imitations de fourrures, l'un des traitements des pièces obtenues par le tissage en double pièce que l'on vient de décrire et dont les poils sont tous à la même hauteur, consiste à passer le tissu dans un dispositif de mise en forme constitué essentiellement par un bloc tondeur qui enlève de la hauteur de poil suivant le profil souhaité pour imiter la fourrure de l'animal voulu. Cette manière de faire amène plusieurs inconvénients dont les deux inconvénients fondamentaux sont la longueur des poils limitée à 4 cm et l'opération de tondage après tissage. Cette hauteur maximum de 4 cm ne permet pas d' imi- ter convenablement les fourrures à longs poils, telles que les renards, le loup, le lynx, etc.... On peut y remédier en décalant la lame du métier en double pièce de façon à ce que l'une des pièces ait une hauteur de poil de 7 cm mais alors l'autre pièce est totalement perdue ce qui n'est pas économique. L'opération de tondage après tissage exige un matériel spécial et coûteux, du simple fait par exemple, de la main d'oeuvre de surveillance et de manutention. De plus, cette opération élimine de la matière qui est totalement perdue. La présente invention est destinée à remédier à ces divers inconvénients et permet, comme on l'expliquera plus loin, d'obtenir des effets nouveaux qui peuvent avoir des applications intéressantes dans le domaine de la mode. Suivant l'inventlon, on prévoit l'emploi d'un dispositif susceptible de couper les poils suivant un profil quelconque de manière à ce que des poils longs sur une pièce correspondent à des poils courts sur l'autre pièce, et inversement. L'invention prévoit aussi que ce profil de coupe de poils puisse etre modifiable en cours de tissage. Suivant un mode préféré d'application, on utilise le dispositif de llln- vention aux tissus dont les poils sont en matière synthétique susceptible de subir un thermo-coupage en utilisant, pour séparer les deux pièces, une lame chauffante en forme. Cette lame est, par exemple, une lamelle en métal constituant une résistance électrique, maintenue par des supports isolants lui donnant le profil voulu et traversée par un courant électrique suscepti ble de porter ladite lame à une température suffisante pour couper les poils reliant les deux pièces.Ladite lame a quelques millimètres de largeur et est supportée par des colonnettes isolantes disposées, suivant le profil souhaité, sur un banc qui est, de préférence, en plusieurs partes pour pouvoir déplacer les colonnettes indépendamment. Suivant une variante, le banc comporte des moyens susceptibles de déplacer les colonnettes verticalement et horizontalement. On prévoit aussi de pouvoir déplacer ces colonnettes pendant le fonctionnement du métier. Les colonnettes peuvent avoir toutes les dispositions appropriées au profil que l'on veut donner aux deux pièces, par exemple en quinconce, pour donner à la lame un profil en ligne brisée ; elles peuvent être disposées pour donner à la lame un profil en ondes rectangu ladre8 ou encore être disposées en différents arcs de cercle pour donner à la lame un profil ondulé. Suivant une autre variante, on prévoit un mdcanisme qui déplace l'ensemble des colonnettes latéralement, soit à droite, soit à gauche après un certain nombre de duites. Avec le dispositif qui vient d'entre décrit succintement, on peut obtenir des tissus pelucheux en double pièce dont les poils ont des hauteurs variables, directement à l'issue du tissage, les poils les plus longs ayant une longueur supérieure à 40 mm, pouvant aller Jusqu'à une longueur de l'ordre de 80 mm environ et même plus, lesdits tissus étant symétriques pour les deux pièces. Quand on utilise une disposition des colonnettes donnant à la lame un profil en ligne brisée ou en dent de scie, on pourrait croire que le profil du tissu fini a aussi un profil en dent de scie à angles vifs. Un résultat inattendu de l'invention est qu'en fait, il n'en est rien car les poils les plus longs, formant la pointe des dents de scie ont tendance à s'affaisser en entraînant les poils voisins ce qui donne, en réalité, une forme arrondie imitant le profil bombé des poils d'un animal Ltimitation de fourrure ainsi fabriquée n'a donc plus besoin de traitement ultérieur relatif à l'amélioration du profil et on économise, de cette façon, de la matière. La disposition mobile des bancs supportant les colonnettes permet de créer très facilement des profils très divers. On peut augmenter le nombre de bande s de l'lmitatlon de fourrure en modifiant l'amplitude de la dent de scie et la longueur d'onde de celle-ci. En prévoyant de déplacer l'ensemble des colonnettes latéralement après un certain nombre de duites, on peut faire varier les découpes et obtenir des volumes de matière en forme de hauteurs différentes comme dans le patchwork, par exemple. Celà sera expliqué plus en détail ci-apres. Avec un système de déplacement transversal dans le sens du métier, on peut obtenir un décor original ressemblant à des écailles de poissons. L'invention sera mieux comprise à l'aide de la description ci-après qi en donne quelques exemples non limita- tifs de réalisation pratique et qui sont illustrés par les dessins Joints dans lesquels la figure 1 est une vue en perspective schématique du travail de la lame séparant les deux pièces dans un métier tradltlonnel, la figure 2 est une vue en perspective schématique, similaire à celle de la figure 1, montrant le principe de la lame coupante chauffante, suivant '1' invention, la figure 3 est une vue en persective de détail montrant la réalisation d'un banc support de colonnette, la figure 4 est une coupe longitudinale axlale d'une colonnette, les figures 5, 6, 7 et 8 sont des représentations schématiques de profils que l'on donne aux lames coupantes chauffantes et, par conséquent, aux deux pièces tissées, la figure 9 est une vue en perspective montrant un tissu en écailles de poissons tel qu'il a été brièvement décrit ci-des sus. Dans un métier à tisser en double pièce classique, on tisse deux dossiers 1, 2 reliés par des fils de channe 3 qui sont coupes, à mi-hauteur, par un couteau 4 animé d'un mouvement de va-et-vient suivant les flèches 5, 6 pour constituer les poils 7 de la piece supérieure 8 et les poils 9 de la pièce inférieure 10. Pour des questions pratiques, les distances entre les dossiers 1 et 2, avant leur séparation par le couteau 4, ne peuvent dépasser 80 mm si bien que les poils 7 ou 9 ont 40 mm au plus. Si on décale la lame 4 vers le haut ou vers le bas, on augmentera la hauteur des poils de la pièce du dessous 10 ou de la pièce-du dessus 8, respectivement, mais, obligatoirement, on réduira de façon correspondante la hauteur des poils de l'autre pièce, ce qui n'est pas économique. Dans les exemples représentés aux figures 2 à 9, on a représenté des-réalisations easentielles de l'invention dans lesquelles les fils de channe 3, destinés à constituer les poils 7 et 9, sont en matière synthétique susceptible de subir un thermo-coupage ; par exemple, il s'agit de poils acryliques ou modacryliques. Dans la figure 3, on a représenté une vue similaire à celle de la figure 1 où le couteau 4 a été remplacé par une lame chauffante 11 qui est disposée suivant une ligne brisée par des supports isolants 12, représentés en détail à la figure 4 et disposés sur un banc, non représenté.La lame chauffante 11 est en réalité une lamelle constituant une résistance électrique et qui est traversée par un courant susceptible d'apporter une température de l'ordre de 1750C, suffisante pour couper les fils de chaîne 3 et constituer les poils 7 et 9 des deux pièces 8 et 10. A la figure 3, on a représenté un banc constitué de deux traverses 13, 14 dans lesquelles viennent s'encastrer les supports isolants 12, qui ont la forme de colonnettes. Les traverses 13, 14 peuvent constituer un meme cadre que l'on peut laisser fixe ou déplacer alternativement suivant la flèche 15. On peut aussi prévoir de déplacer latéralement, alternative- ment et séparément la traverse 13 et la traverse 14 respectivement suivant les flèches 15 et 16. Ce déplacement nécessite alors un glissement de la lame 11 au bout des colonnettes 12. On peut aussi prévoir d'animer les traverses 13, 14 suivant des mouvements verticaux représentés par les flèches 17 et 18. Ces mouvements peuvent être simultanés ou dissociés. On peut encore prévoir de supporter les colonnettes 12 par les supports indépendants susceptibles de leur imprimer des mouvements voulus indépendants. Tous ces mouvements des colonnettes 12 se font pendant le fonction- nement du métier afin de produire sur les peluches fabriquées les effets particuliers dont certains sont indiqués aux figures 5 à 9 et qu'on examinera plus en détail un peu plus loin. Les colonnettes 12 sont encastrées dans des trous 19 des traverses telles que 13 ou 14. Elles sont constituées par une enveloppe extérieure métallique tubulaire 20 qui serre un cylindre isolant 21, notamment dans un retreint 22 pour mainte nir une aiguille 23 axiale, dans le chas 24 de laquelle passe la lame chauffante 11. Dans une réalisation préférée (figures 2, 3 et 7), la lame chauffante 11, de 2 à 3 mm de largeur, est alimentée en courant par un transformateur variable susceptible de modifier la tension, par conséquent le courant, suivant la longueur de la résistance 11 pour compenser les pertessde température qui se produisent dans les chas 24 et par la découpe. La lame 11 subit un parcours en ligne brise si bien que la pièce de dessous 25 prend un profil en "toit" successif avec des bosses 26, 27, 28 et des creux 29, 30. La pièce du dessus 31 présente un profil complémentaire avec des bosses 32, 33 et des creux 34, 35.Aux creux 29, 30 de la pièce du dessous 25 correspondent les bosses 32, 33 de la pièce du dessus 31 et aux bosses 26, 27, 28 de la pièce du dessous 25 correspondent des creux tels que 34, 35 de la pièce du dessus 31. On pourrait penser que le profil des pièces 25 et 31 avec des bosses 26, 27, 28, 32, 33 et des creux 29 > 30, 34, 35 donnerait à l'ensemble de la peluche un profil en dents de scie à aretes vives. I1 est assez surprenant de constater qu'en réalité il n'en est rien car les extrémités de poils s'affaissent légèrement et donnent une forme arrondie imitant le profil des poils dorsaux des peaux d'animaux. On peut créer des variations sur les profils en modifiant la position des supports ou colonnettes 12 : en les rapprochant ou en les éloignant latéralement, suivant les flèches 15, 16, 17, 18 de la figure 3. On peut modifier, de cette fanon, l'angle (a) à la figure 7 et meme prévoir des angles (a) différents dans un meme profil. A titre documentaire, on a indiqué à la figure 5 qu'on pouvait aussi obtenir une découpe rectiligne 36, déjà obtenue avec le couteau 4. A la figure 6, on a représenté une découpe suivant une onde rectangulaire 37 réalisant les socles de cannelures dans les imitations de fourrures. h la figure 8, on a représenté une découpe ondulée 38 qui est inutile de commenter mais qui stobtient en multipliant les supports 12 de la lame 11. Un profil original est représenté en perspective A la figure 9 et blobtient en décalant les traverses 13, 14 en même temps soit à gauche, soit à droite (flèches 15, 16) après un certain nombre de duites, ce décalage ayant une amplitude telle que les bosses 27, 28 se mettent dans l'alignement des creux 29, 30 et inversement ainsi successivement, on obtient le profil en "écaille de poisson" tel qu'il est représenté à la figure 9. Dans un autre profil (non représenté) légèrement différent de celui de la figure 9, on fait varier, en plus, la position des supports ou colonnettes 12 verticalement, suivant les flèches 17, 18 si bien que l'on obtient une découpe et un volume de matière de forme et de hauteur différentes similaires à un patchwork. Avec le procédé de l'invention, sur les bases du tissage actuel, on peut facilement obtenir des poils de 7 cm de hauteur, ctest--dire que l'on a presque doublé les possibilités actuelles des métiers. On arrive ainsi à copier plus réellement les fourrures de renard, de loup, de lynx, etc..., naturellement après des traitements appropriés apportés aux pièces 25, 31 qui ont été préalablement fixées sur des métiers en double pièce munis du dispositif de l'invention. REVENDICATIONS 10/ Perfectionnements aux métiers à tisser en double pièce, en particulier au dispositif de séparation des deux pièces, c a r a c t é r i s é s par le fait qu'on emploie un dispositif susceptible de couper suivant un profil quelconque de manière à ce que des poils longs sur une pièce correspondent à des poils courts sur l'autre pièce, et inversement. 2 / Métier à tisser, tel que défini dans la revendication 1, c a r a c t é r i s é par le fait que le profil de coupe des poils est modifiable en cours de tissage. 3 / Métier à tisser, tel que défini dans l'une ou l'autre des revendications 1 ou 2, prise isolément, applicable aux tissus dont les poils sont en matière synthétique susceptible de subir un thermocoupage, c a r a c t é r i s 6 par le fait qu'on utilise, pour séparer les deux pièces, une lame chauffante en forme. 40/ Métier à tisser, tel que défini dans la revendication 3, c a r a c t é r i s é par le fait que la lame chauffante est une lamelle en métal constituant une résistance électrique, maintenue par des supports isolants lui donnant le profil voulu, ladite lamelle étant traversée par un courant électrique susceptible de la porter à une température suffisante pour couper les poils reliant les deux pièces. 5 / Métier à tisser, tel que défini dans la revendication 4 > c a r ac t é r i s é par le fait que la lame, de quelques millimètres de largeur, est supportée par des colonnettes isolantes disposées, suivant le profil souhaité, sur un banc. 60/ Métier à tisser, tel que défini dans la revendication 5, c a r a c t é r i s é par le fait que le banc est en plusieurs parties pour pouvoir déplacer les colonnettes indépendamment. 7 / Métier à tisser, tel que défini dans l'une ou l'autre des revendications 5 ou 6, prise isolément, c a r a c t é r i s é par le fait que le banc comporte des moyens susceptibles de déplacer les colonnettes verticalement et horizontalement. 80/ Métier à tisser, tel que défini dans la revendication 7 > c a r a c t é r i s é par le fait qu'on prévoit de pouvoir déplacer les colonnettes pendant le fonctionnenient du métier. g / Métier à tisser, tel que défini dans l'une ou l'autre des revendications 3 à 8 > prise isolément, c a r a c t é r i s é par le fait que les colonnettes sont disposées en quinconce pour donner à la lame un profil en ligne brisée. 10 / Métier à tisser, tel que défini dans l'une ou l'autre des revendications 3 à 8, prise isolément, c a r a c t é r i s é par le fait que les colonnettes sont disposées pour donner à la lame un profil en ondes rectangulaires. lid/ Métier à tisser, t-el que défini dans l'une ou l'autre des revendications 3 à 8, prise isolément c a r a c t é r i s é par le fait que les colonnettes sont disposées pour donner à la lame un.profil ondulé. 120/ Métier à tisser, tel que défini dans l'une ou l'autre des revendications 9 à. 11, prise isolément, c a r a c t é r i s é par le fait qu'un mécanisme déplace l'ensemble des colonnettes latéralement, soit à droite, soit à gauche, après un certain nombre de duites. 130/ Tissus à poils obtenus à l'aide des métiers à tisser tels que définis dans l'une quelconque des revendi cations 1 à 12, prise isolément, c'est-à-dire peluche dont les poils ont des hauteurs variables directement à l'issue du tissage, les poils les plus longs ayant une longueur supérieure à 40 mm, pouvant aller Jusqu'a une longueur de l'ordre de 83 mm environ et même plus, lesdits tissus étant symétriques pour les deux pièces.