On sait que dans la technique classique le désensimage et le foulage des textiles (pièces d'habillement, tissus en général) s'effectuait en milieu aqueux. On était ainsi amené à utiliser des quantités d'eau considérables, ce qui posait des problèmes parfois très difficiles de disposition des eaux usées ; en outre, le travail était lent, il exigeait un personnel qualifié et les résultats obtenus étaient souvent assez moyens. Pour remédier à ces inconvénients on a imaginé d'effectuer ces opérations au sein d'un solvant, tel par exemple que le perckloré- thylène (éthylène tétrachloré), convenablement chargé en eau. Les quantités d'eau à mettre en oeuvre se trouvent ainsi réduites et le problème des eaux usées ne se pose pratiquement plus. Par contre le solvant comportant un fort pourcentage d'eau ne peut etre filtré par les filtres habituels à terre de diatomées ou analogues, qui retiennent l'eau ; il faut donc le régénérer après chaque opération par distillation, ce qui augmente considérablement à la fois les frais d'investissement du fait de la puissance exigée des appareils à distiller, et le prix de revient en raison des quantités de chaleur nécessaires et des inévitables pertes de solvant.On peut ajouter que jusqu'à ce jour les résultats obtenus par os procédés, mis en oeuvre avec les machines usuelles a dégraisser (ou de lavage à sec), n'ont pas correspondu à ce qu'on attendait d'eux. Les articles traités ne peuvent être considérés comme de qualité supérieure. De plus un triage est nécessaire tant pour déterminer leur qualité exacte que pour vérifier leurs dimensions qui se trouvent très souvent modifiées. Ces inconvénients présentent une importance telle que certains fabricants n'ont pas hésité à revenir à l'ancien procédé en milieu aqueux en dépit de tous ses défauts. La présente invention vise à remédier aux difficultés auxquelles on s'est heurté jusqu'ici dans la technique du désensimage et du foulage, et à permettre d'établir un procédé grâce auctiel ces opérations puissent s'effectuer en milieu solvant avec d'excellents résultats et une parfaite régularité, en mettant en oinre a ^eF effet les machines usuelles prévues pour le nettoyage à sec ou dégraissage. Conformément à l'invention l'on traite A ' rd les articles dans la machine par un premier bain de solvant re-ferman me faible proportion d'une solution aqueuse d'un émulgateur, puis, préférablement après un léger essorage, par un sezond bain plus chargé en émulgateur aqueux, après quoi l'on essore et seche. Suivant une autre caractéristique de l'invention, avant d'introduire le second bain dans la machine, on le fait passer à travers un filtre à grande surface, susceptible de se laisser traverser non seulement par le solvant, mais également par toute l'eau qu'il renferme en suspension. Cette filtration préalable a pour double rôle d'une part de régénérer le bain avant sa mise en contact avec les articles chargés dans la machine, de manière qu'il ne soit plus nécessaire de distiller après chaque opération, d'autre part d'assurer une très fine dispersion de l'eau ou solution aqueuse dans le solvant et par conséquent une action parfaitement régulière du bain sur les tissus. Le procédé suivant l'invention permet de se contenter des installations de distillation associées aux machines à laver à sec existantes. I1 réduit donc au minimum les aménagements qu'il faut leur faire comporter pour leur permettre d'assurer les opérations d'ensimage et de foulage. En fait les modifications à envisager se limitent aux suivantes 10 Adaptation d'un filtre spécial à grande surface et à couche filtrante de faible épaisseur, les filtres habituellement prévus pour les machines du genre en question étant exclus du fait qu'ils retiennent par trop les solutions aqueuses. 20 Adjonction d'une petite pompe permettant d'injecter une solution aqueuse dans ce filtre en amont des surfaces filtrantes, de manière à maintenir à la valeur voulue le degré hygrométrique du solvant (ce degré tenant compte aussi bien de l'eau dissoute que de celle en suspension). 30 Adjonction d'un petit réservoir permettant de préparer la solution aqueuse d'émulgateur. 40 Adjonction d'un hygromètre permettant de déterminer la teneur en humidité du solvant. 50 Adjonction d'une minuterie en vue de régler de façon très exacte les temps des diverses phases opératoires, de manière à réaliser une parfaite régularité de traitement. 60 Adjonction enfin d'un thermostat permettant de maintenir les deux bains de solvant aux températures respectives les plus favorables (généralement comprises entre 34 et 370C). 70 Prévision dans la gaine de ventilation d'un filtre à poussières, de nature métallique et non pas en toile, comme celà est généralement le cas dans les installations de dégraissage. 80 Prévision d'un dispositif humidificateur de l'air envoyé dans la machine, ceci en vue d'éviter les cassures et de supprimer la formation de charges d'électricité statique. 9 Au besoin, augmentation de la puissance du ventilateur ae séchage. Une fois la machine ou l'installation ainsi modifiée, la mise en oeuvre du procédé suivant l'invention ne comporte aucune difficulté. L'exemple ci-après illustrera les explications qu'on vient de donner. I1 s'applique à une opération simultanée de désensimage et de foulage. Dans une machine à laver à sec à tamDour ayant une capacité nominale de 60kg l'on introduit 40kg de tricots à traiter. On remplit le tambour d'un premier bain de perchloréthylène légèrement chargé d'une solution aqueuse d'émulgateur, prélevée à partir du petit réservoir associé à la machine. Proportions de la solution : 2/3 d'eau, 1/3 d'émulgateur. Concentration du bain en émulgateur sec : environ 3 à 4g par litre. Volume total du bain ainsi prélevé : 350 litres. On fait tourner le tambour pendant environ 3 minutes, puis on renvoie le bain vers son réservoir de stockage. On procède à un léger essorage d'environ une minute at demie. On envoie alors dans la machine un second bain de perchloréthylène plus chargé en émulgateur. La solution ae l'émulgateur est la même que pour la première phase, mais la concentration de celuici dans le bain s'élève à environ 7g par litre. On fait tourner le tambour et simultanément l'on fait circuler le bain à travers le filtre spécial à grande surface et à faible épaisseur de couche filtrante. Pendant l'opération on mesure le degré hygrométrique du bain (eau dissoute + eau en suspension) et on l'amène à la valeur voulue par adjonction d'eau émulsionnée dans le filtre à l'aide de la pompe prévue à cet effet. Pression de refoulement de la pompe environ 2kg/cm2, teneur en eau désirable environ 14% du poids sec des articles soit 5,60 litres d'eau pour la totalité du vain. Duree de l'injection environ 3 à 4 minutes. On laisse le tambour tourner pendant environ 4 à n:ínutes suivant la fragilité des articles traits. On renvoie le second oain à son réservoir de stockage, on essore pendant environ 2 à 3 minutes, rugis o. ~-cne en air chaud sans jamais dépasser v C environ. temps d Secnaae de l'ordre de 10 à 11 minutes, d'ailleurs variable su > w-ant ies articles. La durée totale de l'opération, chargement et déchargement compris, est de l'ordre de 30 minutes, ce qui est remarquablement faible. Les bains peuvent servir un grand nombre de fois successives avant qu'il ne soit nécessaire de procéder à leur distillation, la régénération par filtrage s'avérant suffisante entre temps. Les résultats obtenus sont d'une qualité parfaite, très supérieure à qu'on peut réaliser par les procédés anciens soit en solvant, soit en milieu aqueux. La manipulation des articles est réduite à sa plus simple expression, le gain de temps est considérable, le prix de revient est inférieur à celui des meilleurs procédés de traitement en solvant connus à ce jour. La régularité des résultats est absolue et la fidélité dimensionnelle est parfaitement respectée. I1 doit d'ailleurs etre entendu que la description qui précède n'a été donnée qu > à titre d'exemple et qu'elle ne limite nullement le domaine de l'invention dont on ne sortirait pas en remplaçant les détails d'exécution décrits par tous autres équivalents. R E V E N D I C A T I O N S 1 - Procédé pour le désensimage et le foulage des textiles en milieu solvant, notamment perchloréthylène, convenablement chargé d'eau et d'un produit émulgateur, dans une machine normalement prévue pour le dégraissage ou lavage à sec, notamment du type à tambour tournant, caractérise en ce qu'il consiste - d soumettre dans la machine ies articles à traiter à l'action a un premier bain de solvant renfermant une faible proportion d'un émulgateur - puis à soumettre dans la machine les articles ainsi pré-traités à l'action d'un second bain de solvant renfermant une plus forte proportion d'émulgateur. 2 - Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu' on fait comporter au premier bain une concentration d'environ 3 à 4g d'émulgateur par litre de bain. 3 - Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'on fait comporter au second bain une concentration d'environ 7g d'émulgateur par litre de bain. 4 - Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que pendant la phase opératoire correspondante l'on fait circuler le second bain dans un filtre à grande surface et à couche filtrante de faible épaisseur propre à se laisser traverser non seulement par le solvant, mais également par la solution aqueuse qu'il tient en suspension. 5 - Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'on maintient les bains de solvant à une température comprise entre 34 et 370 C. 6 - Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu' au début de la seconde phase opératoire l'on mesure le degré d'humidité totale du solvant (eau dissoute + eau en suspension) et en ce qu'on l'ajuste à la valeur désirable par injection de solution aqueuse d 'émulgateur. 7 - Procédé suivant l'ensemble des revencloations 4 et 6, caractérisé en ce qu'on injecte la solution aqueuse d'émulgateur dans le filtre. 8 - Procédé suivant l'une quelconque des revncicatior.s b et 7, caractérisé en ce que le degré d'humidité ajusté correspond à une quantité totale d'eau dans le bain - à environ 14 s du poids sec des articles traités. 9 - Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'on essore au moins en partie les articles sortant de la première et de la seconde phase opératoire. 10 - Procédé suivant l'une quelconquc des revendications qui précèdent, caractérisé en ce qu'on sèche les articles traités dans la machine elle-même par le moyen d'un courant d'air chaud à une température ne dépassant pas environ 600 C.