La présente invention concerne les médicaments comprenant comme substance active au moins un composé choisi parmi les sels de quinuclidinium à activité antibactérienne. Ces sels sont des composés répondant à la formule générale : dans laquelle R représente une chaîne aikyle comportant un certain nombre d'atomes de carbone, généralement de C8 à C16 , x représente un halogène, généralement le chlore ou le brome et R' repré8en- te un atome d'hydrogène, un atome d'oxygène, les groupes hydroxyle ou acétoxy. On connaît auJourd'hui de nombreux sels de quinuclidinium préparés pour la plupart en vue d'applications thérapeutiques et présentant souvent une activité sur le système nerveux autonome. La préparation de sels N-alkylés à longue chaîne carbonée et l'étude de leurs propriétés antibactériennes ntont cependant pas été en reprises systématiquement. La quinuclidine, àù le doublet électronique libre de l'azote se trouve bien dégagé grgce au repliement des channes carbonées insérées dans un système cyclique, se prête facilement à la réaction de quaternisation qui s'accomplit dans la plupart des cas, avec de bons rendements. On peut préparer les sels de quinuclidinium selon le procédé de RUBSTOV (M.V. RUBSTOV, E.S. NIKITSKAYA, A.D, YANINA, V.S.USOVSKAYA, Khim. i Med., 1953, 15, p. 16-28). On dissout la quinuclidine ou ses dérivés substituées dans un solvant, généralement l'acétone ou le diméthylformamide; on ajoute l'halogénure d'alkyle goutte à goutte en refroidissant ou à la température du laboratoire. Le sel quaternaire se sépare sous forme drun précipité blanc soit immédiatement, soit par refroidissement. Dans d'autres cas,il est nécessaire d'extraire le produit par élimination du solvant ou de l'insolubiliser par addition d'éther sulfurique. Le produit brut obtenu par l'une de ces méthodes est recristallise le plus souvent dans la méthyléthylcétone, mais aussi dans le dioxanne ou dans les mélanges : méthyléthylcétone/éther isopropylique (50/50), benzène/dichloro-l-2-éthane (25/75), acétone/éthanol (80/20), éther isopropylique/éthanol (90/10). Ces sels quaternaires se présentent sous forme de produits blancs, cristallisés, souvent très txydroscopiques, solubles dans l'eau en donnant des solutions moussantes, solubles dans lalcool. Les sels de quinuclidinium peuvent servir à la préparation de médicaments pour l'usage externe, tels que collyres, collutoires, solutions, crèmes, pommades, destinés à des applications sur la peau et les muqueuses. Ils sont bien tolérés et ne créent aucune irritation ou réaction de type eczématiforme. La concentration du composé actif est avantageusement de 0,25 à I pour mille. Des solutions aqueuses à 1 pour mille de bromure de N- pentadécyl-acétoxy-3 quinuclidinium et des solutions analogues de bromure de N-hexadécyl-acétoxy-3 quinuclidinium sont instillables dans l'oeil du lapin sans créer d'hyperhémie conjonctivale. Les instillations de solutions à 1 pour mille de ces deux halogé- nures peuvent être répétées plusieurs fois quotidiennement et pendant plusieurs jours sans déclencher de réaction d'intolérancs. De plus, aucun effet sur la pupille n'a été noté, en partiealier,au- cun effet myotique tel qu'on l'observe avec l'acétoxy-3-quinucli- dinde. Les sels de quinuclidinium comportant une chaise N-alkyîe de 12 à 16 atomes de carbone sont des substances antibactériennes remarquables sur diverses souches pathogènes rencontrées en clinique humaine, ainsi qu'il ressort des expériences suivantes. L'activité antibactérienne a été recherchée par la technique des dilutions sériées en milieu solide vis-à-vis des souches bactériennes suivantes : staphylococcus Oxford, Streptococcus D, Kiebsiella pneumoniae, Eberthella typhosa, Bacillus subtilis,E. Coli, Proteus vulgaris, Pseudomonas aeruginosa. On détermine ainsi vis-à-vis d'une souche bactérienne donnée la concentration minima inhibîtrice0 Le tableau ei-Joint indique les concentrations minima inhibitrices en fonction des souches bactériennes, de la nature du substituant à l'azote R et du substituant éventuel R' sur le carbone 3. T A B L E A U I Concentrations minimales inhibitrices des bromododécylates des quinuclidinium de formule : # R' en fonction de R' Staphylococcus Streptococcus Klebsiella Escheri- Eberthel- Proteus Pseu- Ba Oxford D Pneumoniae chia coli la Typhosa Vulgaris domonas cil Aeru- lus gino- subsa tilis -H 2,5 10 5 30 20 150 150 10 =O 20 20 20 80 30 250 200 20 -OH 40 40 20 250 50 250 750 50 -O-CO-CH3 50 40 20 250 80 500 > 1000 50 T A B L E A U II Concentrations minimales inhibitrices de dérivés de l'acétoxy-3 quinuclidinium # X- en fonction de R. R X Staphylococ- Streptococ- Klebsiel- Escherichia Eberthel- Proteus Pseudo- Bacilcus Oxford cus D la pneu- coli la Typho- vulga- monas lus moniae sa ris Aerugino- subtisa lis -C12H25 Br 50 40 20 250 80 500 > 1000 50 -C15H31 Br 0,4 0,8 0,8 3,12 1,6 3,12 6,25 0,4 -C16H33 Br 0,4 0,4 0,8 3,12 1,6 6,25 12,5 0,4 sera mieux comprise à la lecture de la description détaillée qui va suivre, de plusieurs exemples non limitatifs de modes de réalisation suivant l'invention. EXEMPLE 1: - Bromure de N-dodécyl-acétoxy-3-quinuclidinium C 21 R 40 02 N Br PM = 418 On met à réagir dans l'acétone 5,6 g (0,033 mole) dtaeétoxy-3 quinuclidine et 8,3 g. (0,033 mole) de bromure de dodécyle.Après une heure de chauffage à reflux, élimination d'une partie du solvant et refroidissement, il se forme un précipité blanc qui est recristallisé dans le dioxanne. - - 1080 - 1090C Rendement : 95 ra Analyse : Théorie Trouvé C % 60,2 60,2 R 9,56 9,87 N 3,34 3,57 Br 19,1 19,04 EXEMPLE 2 :- Bromure de N-pentadécyl acétoxy-3-quinuclidinium C24 H46 02 N Br FM = 460 On met à réagir dans l'acétone 2,6 g (0,0217 mole) d'acétoxy-3 quinuclidine avec 6,9 g. (0,0217 mole) de bromure de pentadécyle. Après 30 minutes de chauffage, il se forme un précipité blanc;le chauffage est poursuivi encore 30 minutes, le précipité est isolé et recristallisé dans la méthyléthylcétone PF = 1530 - 1540 C Rendement = 85 % analyse : Théorie Trouvé C % 62,60 62,6l R 10,00 9,83 N 3,04 2,94 3r 17,39 17,50 EXEMPLE 3 :- Bromure de N-hexadécyl acétoxy-3 quinuclidinium C25 H48 02 N Br PM = 474 On met à réagir dans l'acétone 9,6 g. (0,021 mole) d'acétoxy-3 quinuolidine avec 7 g. (0,021 mole) de bromure d'hexadécyle.Après une heure de chauffage à reflux, on isole un précipité blanc qui est recristallisé dans la méthyléthylcétone. PF = 1680 C Rendement = 82 % Analyse : théoric Trouvé C % 62s29 62,40 H 10,12 10,30 N 2,95 2,88 Br 16,87 17,04 EXEMPLE 4 : - Bromure de N-dodécyl hydroxy-3 quinuclidinium C19 H38 O N Br PM = 376 On met à réagir dans l'éthanol 4,2 g (0,033 mole) de quinucli dinol-3 avec 9 g. (0,033 mole) de bromure de dodécyle .Après une heure de chauffage, évaporation du solvant, reprise par l'acétone, on isole un produit solide blanc, qui est recristallisé dans le mélange benzène-dichloréthane (33/67). PF = 209 C Rendement = 78 % Analyse : Théorie Trouvé C % 60,6 60,66 H 10,1 10,15 N 3,72 3,52 Br 21,2 20,95 EXEMPLE 5 : - Bromure de N-dodécyl oxo-3 quinuclidinium C19 H36 0 N Br PM = 374 On met à réagir dans l'acétone 3,34 g. (0,027 mole) de quinuclidine-3 et 7,20 g. (0,027 mole) de bromure de dedécyle. Après 1 heure de chauffage à reflux, on isole un précipité blanc qui est recristallisé dans la méthyléthylcétone. Pp = 264 C Rendement = 80 % Analyse : Théorie Trouvé c % 60,96 60,66 H 9,62 9,53 N 3,74 3,68 Br 21,3 21,3 EXEMPLE 6 : - Bromure de N-dodécyl-quinuclidinium C19 H38 N Br PM = 360 On met à réagir dans le chloroforme 6 g. (0,054 mole) de quinuclidine avec 13,4 g (0,054 mole) de bromure de dodécyle. Après 1 heure de chauffage à reflux, le solvant est chassé en partie et on isole par refroidissement un précipité qui est recristallisé dans la méthyléthylcétone. PF = = 2050C Rendement = 60% Analyse : Théorie Trouvé c % 63,3 62,72 H 10,5 10,33 N 3,95 3,77 Br 22,2 23 EXEMPLE 7 :- Un patient agé de 3 ans, est atteint de conjonctivite bilatérale avec forte hyprhémie, mais absence de sécrétion purulente. Un traitement par collyre au bromure de N-hexadécylacétoxy-3 quinucîidinium à 0,25 pour mille est institué six fois par jour. La guérison est obtenue au bout de 48 heures. EXEMPLE 8 :- Un màlade agé de 53 ans, présente à l'oeil gauche une conjonctivite soignée depuis une semaine par le chloram phénflcol. I1 persiste un écoulement abondant et une importante hyperhémie conjonctivale. Après instillation six fois par jour d'un collyre à 0,25 pour mille de bromure de N-pentadécyl-acétoxy-3 quinuclidinium, la guérison est obtenue en 48 heures avec disparition de l'hyperhémie et des sécrétions. EXEMPLE 9 :- Un malade-agé de ll ans, présente à l'examen une rhinite purulente chronique, avec sécrétions mucopurulentes bilatérales. On le traite par trois instillations nasales quotidiennes de solution à 0,25 pour mille de N-dodécyl-acétoxy-3 quinuclidi- nium. Le résultat est très bon et l'adénoSdectomie peut être pratiquée au bout d'un mois. EXEMPLE 10 :- Une patiente Agée de 38 ans , est atteinte de sinusite maxillaire droite. On pratique deux ponctions-lavages de sinus pendant 3 semaines, suivies d'instillation d 1une solution à 0,25 pour mille de N-dodécyl-quinuclidinium .Le résultat est bon: on note une disparition des phénomènes infectieux et une atténuation des douleurs. Bien entendu, l'invention n'est nullement limitée aux exemples décrits, elle est susceptible de nombreuses variantes, accessibles à 11 homme de l'art, suivant les applications envisagées et sans qu'on s'écarte pour cela du cadre de l'invention. REViDICADIONS 1.- Compositions pharmaceutiques à activité antibactérienne contenant comme substance active au moins un sel quaternaire de quinuclidinium de formule générale : où R représente un groupe alkyle ayant environ 8 à 16 atomes de carbone, X représente un atome d'halogène et avantageusement le chlore ou le brome, et R' représente un atome d'hydrogène, un atome d'oxygène, les groupes hydroxyle ou acétoxy , à condition que lorsque R' est l'hydrogène R soit un groupe allyle de 11 à 16 atomes de carbone. 2.- Compositions pharmaceutiques suivant la revendication 1 sous forme de solutés, collyres, collutoires, pommades, crèmes, caractérisées en ce que la substance active est à la concentration d'environ 0,25 à environ 1 pour mille 3.- Application des compositions suivant 1 ou 2 pour le traitement des conjonctivites bactériennes.