La présente invention concerne un dispositif de piège à relâchement de pression. Comme on le sait, un piège à relâchement de pression est un dispositif qui sert à provoquer l'explosion d'une charge explosive au moment où un objet posé sur ledit piège est soulevé. Les pièges peuvent être munis de leur propre charge explosive et servent alors à piéger un objet quelconque. Ils peuvent également être placés sous des charges explosives, telles que des mines, afin de provoquer l'explosion desdites charges explosives lorsque cellesci sont soulevées. La manipulation de ces différents types de pièges est habituellement très dangereuse lorsqu'ils ne comportent pas de dispositif de sécurité de pose efficace. La présente invention propose un piège à relâchement de pression qui garantit la sécurité du personnel aussi bien pendant le stockage que lors de la pose, même en cas de maladresse ou de mise en place défectueuse. Le piège à relâchement selon l'invention se caractérise essentiellement en ce qu'il comprend un système de sécurité et un sys tème d'actionnement provoquant le fonctionnement du piège, lesdits systèmes pouvant être amenés chacun respectivement, indépendamment l'un de l'autre, dans une position de stockage et dans une position de service, le fonctionnement normal du piège ne se produisant que lorsque lesdits systèmes ont été amenés, dans un ordre prédéterminé, dans leur position de service. Un mode de réalisation particulier de l'invention sera décrit à présent en regard des dessins annexés dans lesquels La figure 1 est une vue en élévation et en coupe d'un piège à relâchement de pression selon l'invention, avec ses différents eléments en position de stockage ; La figure 2 est une vue en élévation et en coupe du piège disposé sous un objet à piéger ; et La figure 3 illustre le cas du piégeage dtune mine mal posée sur le piège. Avec référence aux figures 1 et 2, le piège à relâchement de pression 10 comprend un boîtier fermé 11 partagé par une cloison 12 en un premier compartiment rempli d'une charge explosive 14 et en un second compartiment 16 dans lequel sont disposés le mécanisme de fonctionnement et le système de sécurité du piège. Le boîtier repose sur le sol par sa paroi inférieure 18. Sur sa paroi supérieure 20, il présente, du côté du compartiment 16, un orifice 22 à travers lequel émerge l'extrémité d'un plongeur 24 susceptible de se déplacer verticalement dans un logement cylindrique 26 venant de corps avec la paroi supérieure 20 du boîtier. Le plongeur 24 est repoussé vers le haut en position saillante, par un ressort 28 qui prend appui sur le fond 30 du cylindre et sur une rondelle 32 solidaire du plongeur. L'extrémité inférieure du plongeur fait saillie dans le compartiment 16 à travers un orifice 34 formé dans le fond 36 du logement 26 et comporte un évidement 38 situé entre une partie terminale 40 et une partie moyenne 42, toutes deux pleines et dont les rôles respectifs seront expliqués par la suite. A l'intérieur du compartiment 16 est montéecoulissantesur le fond 18, une semelle 44 solidaire d'un poussoir 46 monté coulissant dans un orifice 48 formé dans une paroi latérale 50 du compartiment 16. Le poussoir est creux et renferme la tête 52 d'un percuteur 54 dont la pointe 56 fait saillie à l'intérieur du compartiment 16. Le percuteur est disposé perpendiculairement au plongeur 24 et il est repoussé en direction de celui-ci par un ressort 58. En position de stockage, représentée sur la figure 1, la semelle 44 est déplacée complètement vers la gauche et le poussoir 46 fait saillie à l'extérieur du compartiment 16. La semelle est maintenue dans cette position par une goupille 60 qui traverse le poussoir 46. En face du percuteur 54 se trouve une amorce 62 suivie dwun détonateur 64 relié, par l'intermédiaire d'un cordeau détonant 66, à l'entrée d'un interrupteur de chaîne pyrotechnique 68 à écoulement de microbilles par gravité. Un tel interrupteur est décrit en détail dans la demande de brevet nO 75 19275 déposée le 19 Juin 1975 au nom de la Demanderesse. La sortie de l'interrupteur se fait par un cordeau détonant 70 relié à un renforçateur de détona tion 72 placé au sein de la charge explosive 14. En position de stockage, l'écoulement des microbilles 74 est empêché par une bille 76 en matière plastique reçue dans un logement 78 formé dans la semelle 44, et la partie pleine terminale 40 du plongeur 24 est interposée entre le percuteur 54 et l'amorce 62, ce qui élimine toute possibilité de contact entre ces deux éléments dans le cas ou un utilisateur appuierait inopinément sur le poussoir 46 après avoir retiré la goupille 60. Le fonctionnement normal du piège selon l'invention sera expliqué à présent en regard des figures 1 et 2. Le dispositif à relâchement de pression 10 est placé au-dessous d'une mine ou de l'objet 80 que l'on désire piéger, comme le montre la figure 2. Dans cette position, le fond de l'objet 80 appuie sur le plongeur 24 et l'enfonce à l'intérieur du boîtier 11 en comprimant le ressort 28. La partie moyenne 42 du plongeur se trouvant au-dessus de l'évidement 38 vient alors en regard du percuteur 54, empêchant ce dernier d'atteindre l'amorce 62. On retire ensuite la goupille 60 et on appuie sur le poussoir 46 de la semelle 44. Le percuteur 54 vient alors en appui contre la partie moyenne 42 du plongeur et est poussé par le ressort 58 qui est alors comprimé. Dans le mouvement d'enfoncement du poussoir 46, un ergot 82 solidaire du poussoir a soulevé un ergot élastique 84 fixé à l'intérieur du boîtier et qui retombe ensuite derrière l'ergot 82 pour maintenir la semelle 44 en position poussé". Le déplacement de la semelle 44 a également entraîné celui de la bille 76 en matière plastique. Les microbilles 74 contenues à l'intérieur de l'interrupteur 68 s'écoulent alors dans le compartiment 16, ce qui a pour effet de provoquer la fermeture de la chaîne pyrotechnique entre les cordons détonants 66 et 70 au bout du temps correspondant au délai d'armement. A partir de ce moment, si l'on soulève l'objet à piéger 80, le plongeur 24 est rappelé vers le haut par le ressort 28. Le percuteur 54, poussé par le ressort 58, est projeté vers l'amorce 62 en passant au travers de l'évidement 38 ménagé dans le plongeur. La percussion de l'amorce 62 provoque la détonation du détonateur 64, des cordeaux détonants 66 et 70, du renforçateur 72 et de la charge explosive 14. On donnera à présent quelques exemples de pose défectueuse du piège n'affectant pas la sécurité du poseur. 10) Si le piège a été posé à l'envers, l'écoulement des microbilles ne peut pas se faire et le piège ne peut donc pas s'armer. 20) La mine 80 que l'opérateur veut piéger n'appuie pas ou appuie imparfaitement sur le piège 10, comme le montre la figure 3. Si le plongeur 24 n'est pas du tout enfoncé, sa partie inférieure 40 reste entre le percuteur 54 et l'amorce 62, comme dans la position de stockage (figure 1). Après enfoncement du poussoir 46, l'interrupteur de chaîne pyrotechnique 68 fonctionne normalement en assurant la sécurité du poseur pendant le temps prévu, mais la mine ne sera pas piégée. Si le plongeur 24 a été partiellement enfoncé, le percuteur 54 pénétrera dans l'évidement 38, mais sans qu'il y ait compression du ressort 58 : il n'y aura donc pas de percussion de l'amorce 62. De toute façon, dans ce cas, la sécurité totale du poseur est assurée pendant le temps nécessaire à l'armement de l'interrupteur de chaîne pyrotechnique. 30) Dans un autre cas non représenté, l'opérateur n'a pas suivi l'ordre normal des opérations de pose et a enfoncé le poussoir 46 de la semelle 44 avant de poser la mine 80 sur le piège 10. Dans ce cas, le ressort 58, comprimé par l'enfoncement du poussoir, vient appuyer le percuteur 54 sur la partie inférieure 40 du plongeur 24. La percussion de l'amorce et la détonation, non dangereuse pour l'opérateur, du détonateur 64 se produiront lorsque l'opérateur aura appliqué la mine sur le piège. Le délai d'armement de l'inter- rupteur pyrotechnique n'étant pas épuisé, la détonation ne se transmet pas au cordeau détonant 70, et le piège devient inerte. REVENDICATIONS 1.- Piège à relâchement de pression caractérisé en ce qu'il comprend un système de sécurité et un système d'actionnement provoquant le fonctionnement du piège, lesdits systèmes pouvant être amenés chacun respectivement, indépendamment l'un de l'autre, dans une position de stockage et dans une position de service, le fonctionnement normal du piège ne se produisant que lorsque lesdits systèmes ont été amenés, dans un ordre prédéterminé, dans leur position de service. 2.- Piège selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit système d'actionnement comprend d'une part, un percuteur mobile entre une première position rétractée pour laquelle il charge un premier ressort et une seconde position vers laquelle il est projeté par ledit ressort contre une amorce reliée pyrotechniquement à un détonateur et à une charge explosive, et, d'autre part, un plongeur se déplaçant sensiblement perpendiculairement au percuteur, dans un plan compris entre ce dernier et l'amorce, le plongeur étant amené, lorsque l'objet à piéger prend appui sur lui, à une position pour laquelle il charge un second ressort et s'interpose entre le percuteur et l'amorce, et étant rappelé par le second ressort, lorsque l'objet à piéger est soulevé, vers sa position de stockage pour laquelle il ne fait plus obstacle au déplacement du percuteur vers l'amorce. 3.- Piège selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisé en ce que le dispositif de sécurité est constitué par un interrupteur de chaîne pyrotechnique, par exemple du type à écoulement de microbilles par gravité, interposé dans la chaîne pyrotechnique entre le détonateur et la charge explosive, l'écoulement des microbilles étant commandé par le déplacement manuel d'un obturateur relié élastiquement audit percuteur par l'intermédiaire dudit premier ressort. 4.- Piège selon la revendication 3, caractérisé en ce que l'obturateur est constitué par une bille en matière plastique reçue dans un logement formé sur une semelle mobile pourvue d'une extrémité creuse en forme de poussoir dans laquelle sont retenus prisonniers la tete du percuteur et ledit premier ressort, le mouvement de la semelle étant tel que le percuteur qu'elle porte se déplace en direction de l'amorce. 5.- Piège selon la revendication 4, caractérisé en ce que ladite extrémité de la semelle mobile est montée coulissante dans une ouverture formée dans un boîtier renfermant les différents éléments du piège et en ce que la semelle est maintenue en position de stockage pour laquelle la bille qu'elle porte obture l'interrupteur de chalne pyrotechnique. 6.- Piège selon la revendication 2, caractérisé en ce qu'il comporte un boîtier pourvu d'une paroi supérieure présentant une ouverture dans laquelle est montée coulissante une extrémité du plongeur, et une paroi latérale sensiblement perpendiculaire à la paroi supérieure et qui présente une ouverture dans laquelle l'extrémité en forme de poussoir de la semelle est montée coulissante. 7.- Piège selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que le plongeur comporte un évidement à travers lequel le percuteur est susceptible de passer pour atteindre l'amorce, ledit évidement étant situé entre une portion pleine supérieure et une portion pleine inférieure de plongeur1 contre lesquelles le percuteur est susceptible de venir buter en chargeant ledit premier ressort associé, lorsque le plongeur est, soit dans sa position enfoncée, soit dans sa position sortie et lorsque la semelle est déplacée dans le sens qui provoque l'écoulement des microbilles de l'interrupteur de chaîne pyrotechnique. 8.- Piège selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la semelle est retenue dans sa position sortie pour laquelle la bille obture l'interrupteur de chaîne pyrotechnique, au moyen d'une goupille. 9.- Piège selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la semelle est retenue dans sa position enfoncée par la coopération d'un ergot rigide solidaire de la semelle et d'un ergot élastique solidaire du boîtier et qui est susceptible de s'effacer pendant le mouvement d'enfoncement de la semelle et de retomber derrière l'ergot rigide lorsque la semelle est relâchée.