L'invention concerne un procédé pour le traitement de films cinématographiques, notamment de films usagés, en vue de récupérer la bande de triacétate de cellulose qui supporte la couche de gélatine et de matière photosensible de ces films, et de permettre une réutilisation immédiate de la bande ainsi traitée dans l'industrie cinématographique. L'acéto-cellulose étant un composé coûteux, il a déjà été proposé de la récupérer à partir de films usagés, c'est-à-dire dont la pellicule photosensible a été impressionnée. tes traitements connus, utilisés à cet effet, présentent toutefois l'inconvénient au'ils impliquent le broyage du film avant de procéder au lavage et à la récupération du triacétate. Or il est bien connu qu'il est avantageux de récupérer les bandes de film dans leur état normal, sans les déchiquetter, pour pouvoir les réutiliser sous cette forme dans l'industrie cinématographique. Des bandes de film non impressionnées, mais opaques ou colorées, servent en effet fréquemment de raccord entre des bandes impressionnées ou de compléments de celles-ci. On les utilise, en effet, comme support d'inter-titres,#comme amorces de départ de bobines de film, comme bandes employées en post-synchronisation ou encore comme bandes de "silence", dans les laboratoires de sonorisation des films. Dans ce but, on utilisait jusqu'à présent des films mifs non utilisés, mais "voilés", provenant de malfaçons de fabrication. Cette source de matière première présente toutefois l'inconvénient d'être relativement limitée. En outre, il n'est pas possible d'adapter aux besoins la couleur de fond du film. La présente invention vise à remédier à cet inconvénient > en proposant un traitement de films cinématographiques qui soit applicable à des films usés, qui permette de récupérer la bande de triacétate de cellulose sans la détériorer, qui se prete à une coloration simultanée de cette bande en n'importe quelle teinte et qui conduise à une bande directement utilisable dans l'industrie cinématographique pour les emplois mentionnés ci-dessus. te procédé conforme à l'invention est essentiellement caractérisé en ce que l'on applique de façon uniforme sur le film à traiter, préalablement débarrassé par lavage de la couche de gélatine dont il est revêtu, une encre de sérigraphie cellulosique, éven tellement diluée, le film ainsi enduit étant ensuite séché par tout moyen approprié. Dans une forme de mise en oeuvre préférée de l'invention, le film lavé et séché est avantageusement préchauffé , par exemple à 400C, avant d'être enduit d'encre de sérigraphie cellulosique, de façon à favoriser l'homogénéisation superficielle de la couche d'encre appliquée et à permettre une meilleure adhésion de la peinture, tout en évitant les coulures de celle-ci. Pour permettre à cette couche de s'taler sur le film sous une épaisseur parfaitement uniforme, la phase de séchage comprendra avantageusement deux étapes successives, consistant à porter d'abord la bande à une température modérée, de l'ordre de la température ambiante (2000), puis à élever ensuite cette température, par exemple jusqu'à 400C, de manière à provoquer le séchage proprement dit, sous forte ventilation. tés phases de préchauffage de la bande vierge, de chauffage de la bande enduite d'encre et de séchage de celle-ci peuvent par exemple être effectuées en continu dans une même enceinte chauffante comprenant trois zones distinctes. t'encre#de sérigraphie cellulosique sera de préférence appliquée sur la bande à l'aide d'une projection ou d'une pulvérisation au pistolet. t'épaisseur choisie pour la couche appliquée dépendra uniquement de l'opacité recherchée pour le film. te choix de l'eau de sérigraphie cellulosique sera fonction de l'effet désiré et de la couleur recherchée. A titre d'exemple, on mentionnera l'encre sérigraphique fabriquée par les Etablissements Falk et Roussel, qui permet d'obtenir une teinte brillant satiné d'excellente qualité. L'encre sérigraphique peut être utilisée telle quelle avec son liant habituel, ou diluée par exemple avec de l'acétone. Le film utilisé peut naturellement être lavé par tout procédé connu, permettant de le débarrasser de la couche de gélatine dont il est revêtu et des corps gras ou adjuvants qu'il comporte. On pourra toutefois utiliser avec avantage le processus suivant : on commence par humecter le film avec un extrait de javel, dans lequel on le plonge, et on le laisse ensuite au contact de l'air jusqu'à ce que la gélatine se ramollisse. On procède alors à un premier rin çage, qui élimine une première partie de la gélatine. On immerge alors le film dans un bain de soude, avec laqueltela gélatine réagit, et l'on procède à un second rinçage. Un dernier passage dans une solution d'hypochlorite de sodium (eau# i javel) suivi d'un rinçage, suffit à éliminer les dernières traces de gélatine.Pour faire disparaitre les dernières traces de corps gras, on utilise alors un bain dissolvant approprié, par exemple à base du composé commercialisé sous l'appellation Galosan"Galosan TR IS, Après rinçage et séchage, la bande de film est alors prête à recevoir l'applXcatlon d'encre sérigraphique. tes films traités conformément à l'-nvention se pretent particulièrement bien à un emploi dans l'industrie einématographiquesiu type des applications mentionnées ci-dessus. I ] s ont en effet une résistance mécanique inaltérée par le traitement et ils présentent une excellente résistance au grattage, supérieure même à celle de la gélatine du film de départ. ils ne freinent absolument pas le déroulement de la bobine de film dans laquelle ils ont été incorporés et ne poudrent pas. ils résistent aux dissolvants du type du trichloréthylène. Enfin, leur fixation sur une autre bande de film s'effectue de façon particulièrement simple, par collage, sans grattage préalable, après un nettoyage au dissolvant. Le procédé conforme à l'invention constitue donc un moyen avantageux et facile à mettre en oeuvre pour récupérer et réutiliser des films cinématographiques usagés. REVENDICATIONS 1.- Procédé pour le traitement de films cinématographiques, caractérisé en ce que l'on applique de façon uniforme sur le film à traiter, préalablement débarrassé par lavage de la couche de géla- tine dont il est revêtu, une encre de sérigraphie cellulosique, éventuellement diluée, le film ainsi enduit d'encre étant ensuite séché par tout moyen approprié. 2.- Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le film à traiter est préalablement chauffé, par exemple à 40 C. 3.- Procédé selon l'une des revendications i et 2, caractérisé en ce que la phase de séchage du film enduit d'encre sérigraphique comprend deux étapes successives, d'abord un chauffage à une température modérée, de l'ordre de 200C, puis un chauffage à une température plus élevée, de l'ordre de 400C, sous une forte ventilation. 4.- Procédé selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que l'encre de sérigraphie est appliquée par pulvérisation au pistolet. 5.- Procédé selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que la phase de lavage du film à traiter comprend des traitements successifs avec de l'eau de javel, une solution de soude, à nouveau de l'eau de javel, et éventuellement un bain dissolvant, chaque traitement étant suivi d'un rinçage.