La présente invention est relative a un obstacle sélectif s'opposant au passage du bétail tout en autorisant celui des personnes ou de véhicules, destiné notamment à l'aménagement des sentiers et chemins ruraux qui traversent les clôtures de parcs à bestiaux. En zones rurales où se pratique l'élevage du bétail, il est fréquent, notamment dans les régions touristiques, que des voies d'accès, telleS que sentiers pédestres ou autres chemins, traversent des pâturages où des bestiaux sont parqués. Des barrières mobiles sont parfois prévues qu'il faut ouvrir pour passer et refermer derrière soi, ce qui nécessite de s'arrêter et de procéder aux manipulations nécessaires avant de reprendre sa progression. Or il arrive bien souvent que certains usagers tels que promeneurs, pêcheurs ou chasseurs, négligent d'apporter le soin nécessaire à une remise en place correcte des barrières, ce qui peut permettre au bétail de s'échapper et de vagabonder. Pour éviter cet inconvénient, on fait souvent appel à des passages en chicane ménagés dans les clôtures. Ceux-ci, s'ils sont assez peu coûteux, ne permettent malheureusement que le passage de piétons, ce qui exclut notamment les cyclistes et motocyclistes et oblige en région montagneuse et en hiver, les skieurs à déchausser leurs skis pour emprunter le passage. Les passages doivent donc être ouverts ou démontés dans les zones touristiques de plus en plus nombreuses ou se pratique le ski nordique. En outre, ils nécessitent une surveillance et un entretien régulier pendant la saison de pacage car les fils tendus des clôtures ont tendance à en écarter les piquets au point de les rendre éventuellement inopérants.Dans ces conditions les propriétaires de bétail qui n'autorisent le libre passage que selon leur bon vouloir en l'absence de servitude établie, préfèrent souvent obturer ou supprimer les passages dont ils n'ont pas eux-mêmes besoin, ce qui oblige les passants qui veulent traverser tout de même à escalader les clôtures ou à passer entre les fils barbelés tendus en les écartant, au détriment bien sûr de l'état de ces clôtures et, souvent, de celui des vêtements de ces passants. Une solution pour les passages que sont susceptibles d'emprunter des véhicules a été proposée. Elle consiste à prévoir une fosse maçonnée au-dessus de laquelle sont disposés des rouleaux métalliques dans le sens transversal par rapport au passage. Les roues des véhicules peuvent passer sur ces rouleaux, de même que les piétons et skieurs, alors que le bétail se trouve dans l'impossibilité d'y trouver une assise convenable pour y poser les pieds et progresser. Cette solution est extrêmement lourde et coûteuse et de ce fait n'est utilisée qu'en cas de nécessité absolue. La présente invention a pour objet une solution légère, peu coûteuse et néanmoins fiable au problème posé, et qui ne présente pas les autres inconvénients évoqués de l'état de la technique connu. Elle propose un obstacle infranchissable par le bétail mais permettant le passage des piétons, skieurs, véhicules à deux roues, automobiles et tracteurs, sans qu'il soit nécessaire de trop ralentir ou de s'arrêterai d'ouvrir et refermer une barrière mobile quelconque. L'obstacle selon l'invention est constitué d'éléments juxtaposés recouvrant la surface du sol et formant une configuration répétitive en creux et en reliefs telle que le bétail, du fait de la conformation de ses sabots et de son allure ne puisse y poser le pied et porter son poids sur celui-ci sans ressentir une sensation de douleur, d'inconfort ou de déséquilibre le contraignant à reculer. De préférence, ces éléments se présenteront sous la forme de dents à pointes dressées vers le haut, d' angle solide assez grand pour ne pas occasionner de blessures, et réparties de manière à ne pas laisser entre elles d'espace suffisant pour qu'un sabot puisse normalement y trouver un appui. Ces éléments seront disposés sur toute la largeur du passage et sur une profondeur suffisante pour que l'obstacle ne puisse être enjambé par le bétail. L'invention va être exposée plus en détail a la lumière d'exemples préférentiels d'exécution dans la description qui suit et pour l'intelligence de laquelle on se référera aux dessins parmi lesquels - la figure 1 représente en vue de dessus un passage réalisé selon l'invention au travers d'une clôture, - la figure 2 montre le détail de la forme d'un élément de base particulier pouvant être utilisé pour la réalisation d'un obstacle selon l'invention tel que celui de la figure 1, - la figure 3 illustre la constitution d'un obstacle pour un passage plus large que celui de la figure 1 et mettant en oeuvre des plaques modulaires constituées d'éléments de base tels que celui de la figure 2 et assemblées entre elles. On voit, illustré schématiquement en vue de dessus à la figure 1 un passage réalisé dans une clôture 1 selon un mode préférentiel d'exécution de l'invention. La clôture 1 est interrompue entre deux piquets 2,2' dont l'écartement définit la largeur du passage. Recouvrant la surface du sol entre les piquets 2,2' et sur une profondeur de part et d'autre de la ligne de clôture 1 supérieure à la distance que le bétail est susceptible d'enjamber sans toucher, sont disposés des éléments 3 constituant l'obstacle au franchissement du passage.Les éléments 3 sont juxtaposés, de préférence en rangées successives et en quinconce de manière à former une configuration répétitive en creux et en reliefs dans toute direction, et leurs dimensions sont adaptées à la taille des sabots du bétail parqué de sorte que celui-ci n'y puisse trouver la place pour poser le pied de façon normale, et que du fait de la conformation de ses sabots et de son allure ou manière de marcher, s'il venait à y poser le pied, il ne pourrait porter son poids sur celui-ci sans ressentir aussi tôt une sensation d'inconfort, de déséquilibre ou de douleur induisant immédiatement le réflexe de retrait du pied et de recul. Toute forme pour les éléments 3 permettant d'atteindre ce résultat peut évidemment être adoptée Il est cependant intéressant de chercher à éviter au maximum les parties planes d'inclinaison voisine de celle du sol. Des éléments 3 en forme de dents dont la pointe est dressée vers le haut répondent à cette condition.Ces dents peuvent pour des raisons de simplicité être d'allure conique ou pyramidale, et pour éviter qu'elles puissent causer des blessures au bétail, leur pointe doit présenter un angle solide assez important. Pour des raisons de commodité d'assemblage, on donnera la préférence à une forme pyramidale régulière permettant la juxtaposition en lignes et rangées sans vide entre les éléments 3.Cette forme permet en outre de s'arranger pour que les faces des pyramides se prolongent au delà de leurs bases de manière à couper celles des pyramides voisines pour former entre les pyramides en relief des pyramides en creux, les bases de toutes ces pyramides étant dans un plan parallèle au sol. Des pyramides à bases carrées disposées de manière que les bases contiguës soient deux à deux en contact par un sommet se prêtent assez bien à l'obtention de l'effet recherché. On donnera cependant la préférence pour atteindre le même effet à des pyramides à bases triangulaires équilatérales et disposées de manière que les sommets d'une pyramide et des deux pyramides contiguës appartenant à une rangée voisine forment également un triangle équilatéral, ce qui va donner en projection horizontale, comme l'illustre l'exemple de la figure 1, une configuration en hexagones réguliers disposés en nid d'abeille. Cette solution présente l'avantage supplémentaire que si l'on donne aux pyramides un sommet formant un trièdre trirectangle, toutes les faces présentées par les éléments 3 de l'obstacle seront des carrés (figure 2), forme extrêmement simple, l'ensemble de l'obstacle se présentant comme une succession de rangées de cubes en quinconce, dressés sur un son;met, la diagonale qui en est issue étant verticale. Effectivement, l'obstacle peut être réalisé par l'utilisation de tels cubes juxtaposés, un sommet fiché dans le sol. I1 est également possible de ne conserver que les trois faces 4 supérieures de ces cubes et de les compléter par des parois verticales (5) réunissant leurs côtés inférieurs à la surface du sol, ce qui donne des éléments plus stables. Un tel élément est représenté à la figure 2 en vue de dessus au centre et en vues latérales de chaque côté, de droite, gauche, avant et arrière. Les diverses solutions quant à la forma et à la distribution des éléments 3 qui viennent d'être-évoquées se prêtent à une réalisation autre qu'en éléments discrets posés sur le sol les uns à côté des autres. I1 est en effet avantageux d'exécuter des éléments 3 déjà solidaires les uns des autres sous forme de plaques (6) obtenues par déformation d'un matériau en feuille. Certains plastiques le permettent qui allient la légèreté à la résistance mécanique. On peut ainsi réaliser des plaques modulaires 6 qui, posées sur le sol, seront combinées de manière à recouvrir la surface nécessaire. L'appui mécanique sur le sol se fera par l'envers des parties en creux entre les éléments en relief, ces parties pouvant s'enfoncer plus ou moins dans le sol jusqu'à ce que le tassement donne une assise stable aux plaques modulaires 6. La figure 3 illustre cette possibilité de construction modulaire. Dans le cas préférentiel de configuration hexagonale, similaire à l'illustration de la figure 1, des plaques modulaires 6 seront avantageusement limitées par des rangées continues d'éléments, les seuls éléments de bordure étant dotés des parois verticales 5 évoquées précédemment et réunissant les côtés inférieurs des faces carrées 4 au sol. Le bord inférieur de chaque plaque se présentera comme une ligne brisée régulière en dents de scie figure 2), les dents de la plaque 6 voisine venant s'encastrer dans des parties en creux de la plaque 6 adjacente, ce qui donnera un aspect de continuité au recouvrement du sol. En outre, entre ces dents peuvent être prévus des voiles horizontaux sur lesquels reposeront les dents de la plaque voisine, ce qui solidarisera d'autant mieux les plaques 6 en en rendant le soulèvement quasi impossible. Avantageusement ces voiles seront porteurs de dispositifs d'accrochage tels que des proéminences coopérant avec les parois verticales 5 des dents qui s'appuient sur eux. Un contour extérieur avantageux pour les plaques modulaires 6 est fourni par une forme en losange (figure 3) qui se prête à de nombreuses variantes d'assemblage pour l'obtention des surfaces couvertes appropriées au besoin. Les plaques modulaires 6 résultant de la déformation d'une feuille, comme déjà dit, pourront être empilées et emboîtées les unes sur les autres pour le transport sur place ce qui donne un encombrement minimal. En place, les plaques modulaires 6 assemblées reposeront sur le sol le long de leur contour extérieuroet par les pointes que constituent les sommets des pyramides en creux. L'assise sera donc très bonne et la pression de contact très bien répartie sous la charge due au passage d'un piéton ou d'un véhicule qui se fera donc sans dommage. Ne comportant aucun organe mobile, l'obstacle constitué par les plaques modulaires pourra remplir son office en toutes circonstances, sans autre entretien qu'un nettoyage périodique qui pourra être facilement fait à la fourche au début de la saison de pacage. Les dimensions des éléments 3 utilisés sont telles que la distance entre deux sommets soit de l'ordre de grandeur de la dimension moyenne des sabots du bétail pour que l'inaptitude à marcher, due à la configuration en relief et en creux, avec, le cas échéant, des faces obliques et glissantes, soit effective. Ainsi pour le gros bétail, tel que les bovins, la distance entre sommets pourra être d'environ 10 cm et pour le menu bétail tel que les ovins d'environ 5 cm. La profondeur dans la direction du franchissement pourra être pour le gros bétail d'environ 1,20 m et de 1 mètre pour le menu bétail.Par ailleurs, dans le cas de la configuration hexagonale, on pourra améliorer l'efficacité de l'obstacle en disposant les éléments 3 de sorte qu'une arête des trièdres trirectangles soit tournée vers l'intérieur du parc (partie inférieure de la figure 1), cette arête ayant tendance à écarter les doigts des bestiaux, ce qui va dans le sens de l'effet recherché. En outre,les piquets de clôture 2,2', pour empêcher un franchissement en oblique par le bord de l'obstacle pourront avantageusement être disposés sur une partie de l'obstacle lui-même comme représenté à la figure 3. Les plaques modulaires 6 éventuellement utilisées seront au préalable convenablement percées et les piquets 2,2' renforceront encore la fixité de l'obstacle, ce qui doit dissuader toute tentative de vol ou de mise hors service par des personnes malveillantes. Les plaques modulaires 6, solidaires les unes des autres entre les piquets 2,2' tendent de plus à contrecarrer la tendance à l'écartement des piquets 2,2' sous l'influence de la tension des fils de clôture. De la description qui précède, on comprend que l'obstacle, selon l'invention, joue bien son rôle de filtre sélectif, de construction simple, légère et peu coûteuse, ne nécessitant pas l'aménagement d'une infrastructure dans le sol pour sa pose. Par ailleurs son efficacité contre les velléités de franchissement par le bétail parqué et, par contre, sa facilité de franchissement sans désagrément caractérisé pour les usagers autorisés, ont été confirmées expérimentalement sur le terrain. REVENDICATIONS 1 - Obstacle sélectif s'opposant au passage du bétail tout en autorisant celui des personnes ou de véhicules, caractérisé par le fait qu'il est constitué d'éléments (3) de dimensions adaptées à la taille des sabots du bétail, juxtaposés recouvrant la surface du sol, formant une configuration répétitive en creux et en reliefs, telle que le bétail, du fait de la conformation de ses sabots et de son allure ne puisse y poser le pied et porter son poids sur celui-ci sans ressentir une sensation de douleur, d'inconfort ou de déséquilibre le contraignant à reculer. 2 - Obstacle selon la revendication 1, caractérisé par le fait que les éléments (3) se présentent sous la forme de dents dont la pointe est dressée vers le haut. 3 - Obstacle selon la revendication 2, caractérisé par le fait que les dents sont disposées en rangées successives. 4 - Obstacle selon la revendication 3, caractérisé par le fait que les dents de chaque rangée sont disposées en quinconce par rapport à celles des rangées contiguës. 5 - Obstacle selon la revendication 3 ou le revendication 4, caractérisé par le fait que les dents sont en forme de cônes. 6 - Obstacle selon la revendication 3 ou la revendication 4, caractérisé par le fait que les dents sont en forme de pyramides. 7 - Obstacle selon la revendication 6, caractérisé par le fait que les pyramides sont régulières. 8 - Obstacle selon la revendication 7, caractérisé par le fait que les pyramides sont disposées les unes par rapport aux autres de manière que les plans des faces des pyramides voisines se coupent pour former les arêtes de pyramides en creux. 9 - Obstacle selon la revendication 8, caractérisé par le fait que les pyramides ont pour base des triangles équilatéraux et que les sommets d'une pyramide et des deux pyramides contiguës appartenant à une rangée voisine forment un triangle équilatéral. 10 -Obstacle selon la revendication 9, caractérisé par le fait que les sommets des pyramides constituent des trièdres trirectangles de sorte que les faces des pyramides en relief prolongées par celles des pyramides en creux définissent des facettes carrées (4) ce qui donne en projection une structure formée d'hexagones adjacents. ll - Obstacle selon la revendication 10, caractérisé par le fait que les éléments (3) constituant les bords latéraux de l'obstacle servent de limite supérieure à des parois verticales (5). 12 - Obstacle selon la revendication 11, caractérisé par le fait que les bords de l'obstacle sont constitués en projection par une rangée d'hexagones. 13 -Obstacle selon la revendication 12, caractérisé par le fait qu'il se présente sous la forme de modules (6) dont les bords s'emboîtent dans ceux des modules (6) adjacents. 14 -Obstacle selon la revendication 13, caractérisé par le fait que les modules (6) se présentent sous la forme générale de parallélogrammes. 15 -Obstacle selon la revendication 14, caractérisé par le fait que les parallélogrammes sont des losanges. 16 -Obstacle selon l'une quelconque des revendications 13 à 15, caractérisé par le fait qui les parois verticales (5) sont cqmplétées par des voiles horizontaux portant des dispositifs pour la solidarisation des modules entre eux.