La présente invention concerne le domaine du traitement des matières à base de caséine. Elle a plus par- ticulièrement pour objet un procédé dans lequel on traite des phiosphocaséinates de cations monovalents ou leurs déri- vés. L'invention est également relative aux produits obte- nus par un tel procédé, notamment des fractions enrichies en phosphopeptides et en peptides non phosphorylés, respecti- vement. L'invention concerne également les applications des produits ainsi obtenus, en particulier comme produits ali- mentaires devant répondre à des besoins spécifiques de la nutrition. On sait que les caséines des matières premières laitières, et tout particulièrement du lait, contiennent des phosphosérines qui confèrent aux peptides dans lesquels el- les se trouvent des propriétés physico-chimiques, techno- logiques et physiologiques intéressantes. On trouvera notam- ment des indications sur les protéines du lait, dans l'ouvra- ge de Me KENZIE H.A. (1971) intitulé "Milk proteins" vol. 1 et 2 Academic Press New-York. L'ultrafiltration sur membranes, étant donné les progrès réalisés tant dans les appareillages que dans la com- préhension des phénomènes observés, s'est largement répandue dans l'industrie laitière, pour le traitement du lait (voir par exemple Maubois J.L., Mocquot G. (1971) - Préparation de fromages à partir de pré-fromages liquides obtenus par ultra- filtration du lait - Revue "LE LAIT" fascicule 51 508, 495- 533). Lors du passage du lait sur la membrane d'ultrafiltra- tion, l'eau, les sels minéraux solubles, le lactose, les com- posés azotés de faible poids moléculaire (peptides, acides aminés libres) et les vitamines hydrosolubles, traversent la membrane sous forme d'ultrafiltrat ou perméat, alors que les protéines et les constituants associés (calcium, phosphore), les globules gras et les éléments lipophiles sont retenus et se concentrent au fur et à mesure de l'élimination de la phase aqueuse: ils constituent le rétentat ou concentré pro- téique. L'obtention de concentrés protéiques de pureté éle- vée nécessite la mise en oeuvre d'une ultrafiltration ain- si que d'une diafiltration. Dans la diafiltration, on ef- fectue une addition d'eau ou de solution aqueuse contenant des sels, en continu ou en discontinu, dans le rétentat-d'- ultrafiltration. On élimine simultanément ou successivement une quantité équivalente de perméat. Une telle opération a pour conséquence d'appauvrir le rétentat en éléments fil- trables. L'avantage de la technique d'ultrafiltration sur membranes est de conserver les protéines du lait à leur état natif. Le procédé de l'invention tire profit de l'ul- trafiltration sur membranes pour opérer un fractionnement des constituants des matières premières à base de caséine, mais en combinant cette ultrafiltration à une opération d'- hydrolyse enzymatique. On connait un certain nombre de procédés pour l'hydrolyse des protéines, par exemple des protéines de lait. L'hydrolyse acide conduit effectivement. l'obtention de so- lutions d'acides aminés libres, mais elle en détruit certains. L'hydrolyse alcaline préserve le tryptophane mais entraîne une insolubilisation qui diminue fortement la valeur nutri- tionnelle des concentrés protéiques initiaux. La protéolyse enzymatique est connue et prati- quée depuis fort longtemps à des fins analytiques ou à des fins alimentaires, le but principal étant de solubiliser les protéines. La littérature fait largement état de nombreuses utilisations alimentaires d'hydrolysats de protéines de soja / voir ARAI S.,NOGUCHI M.,KUROSAWA S., KATO H., et FUJIMAKI M. (1970) Applying proteolytic enzymes on soybean, 6deodorization effect_/, des protéines de poissons: voir HEVIA P., WHITAKER J.R. et OLCOTT H.S. (1976) - Solubiliza- tion of a fish protein concentrate with proteolytic enzy- mes. J. Agric. Food Chem. Vol 24 (2) 383-385, ou de colza, par action de protéase animale, microbienne ou végétale. L'application de ces techniques aux protéines laitières au niveau industriel reste cependant très limitée. La protéolyse enzymatique ne présente pas les inconvénients des méthodes chimiques. Les conditions d'hy- drolyse sont modérées et préservent ainsi la qualité nutri- tionnelle des produits. En général, l'hydrolyse conduit à des peptides ayant un goût amer prononcé. Ce caractère limite l'utilisa- tion de ces hydrolysats en alimentation humaine. L'intensi- té de l'amertume d'un hydrolysat dépend principalement de la nature du substrat protéique et de la spécificité des en- zymes. Pour éliminer l'amerture, on a suggéré de faire agir des exopeptidases. Voir par exemple ARAI S., YAMASHITA M., KATO H, FUJIMAKI M. , (1970) Agric. Biol. Chem., 34,729, ainsi que CLEGG K.M., SMITH G. et WALKER A.L.,(1974) Produc- tion of an enzymatic hydrolysate of casein on a kilogram scale. J. Food Technol. 9, 425-431. On a également proposé de modifier les peptides par addition d'acides glutamiques avant réaction plastéique. Il est également possible de re- courir à une élimination des acides aminés hydrophobes. Cependant, toutes ces techniques connues ne sont pas satisfaisantes et ne peuvent pas répondre aux besoins de l'invention. En effet, une solubilisation poussée, causée par la mise en oeuvre d'exopeptidaseaugmente le taux d'aci- des aminés libres et plus spécialement l'arginine, la lysi- ne, la tyrosine, la valine, la phénylalanine, la méthionine et la leucine, ce qui aurait pour effet direct d'encombrer les systèmes de transport, au niveau de la barrière intes- tinale, des acides aminés libreset donc d'entraîner une moin- dre efficacité nutritionnelle des hydrolysats. Par ailleurs, la qualité intrinsèque des hydrolysats est modifiée car l'é- quilibre en acides aminés est lui-même changé, ce qui néces- site une supplémentation en acides aminés libres. Sur le plan technologique, l'hydrolyse enzymati- que fait le plus souvent appel à un système de réacteur dis- continu. L'enzyme est ajoutée à la solution protéique à traiter. Après un temps de séjour plus ou moins long, dans des conditions favorables à l'activité enzymatique et à l'at- taque du substrat, le pH est modifié et un traitement thermi- que léger inactive l'enzyme. Une centrifugation peut être faite pour éliminer la fraction insoluble non digérée. Mais, selon cette technique de réaction d'hydrolyse enzymatique discontinue, il est difficile d'utiliser un rapport enzyme/ substrat élevé. Or, on connaît, voir ROBINS R.C. (1978) - Effect of ratio of enzymes to substrate on amino acid pat- terns released from proteins in vitro. Internat. J. Vit. Nutr. Res., 48, 44-52, l'influence décisive du rapport en- zyme/substrat sur la nature des acides aminés libres et les peptides libérés lors de la protéolyse. Avec un procédé dis- continu, il faut détruire les enzymes en fin d'hydrolyse lorsque cells-ci sont en excès ce qui serait indispensable avec les rapports élevés précités. On a également proposé d'utiliser des réacteurs à enzymes fixées. Cependant,ceux-ci présentent de notables inconvénients sur le plan pratique. En effet, les conditions optimales d'activités des enzymes, en particulier les condi- tions de pH, se déplacent,de sorte que le fonctionnement du réacteur ne donne pas satisfaction en permanence. On cons- tate également des problèmes bactériologiques, le colmatage des lits de fixation ainsi que l'adsorption des protéines sur le support. En outrela réaction enzymatique a tendan- ce à s'inhiber au cours du temps en raison de la formation de complexe enzyme-fragment protéique. L'inhibition peut ê- tre également due à la nature du support. Il est par-ail- leurs très difficile d'utiliser des systèmes multi-enzymes en raison des phénomènes de compétition des enzymes vis-à- vis du support et de la stabilité différente des enzymes au cours du temps. L'invention a mis à profit les moyens déjà con- nus dans certaines autres applications et qui consistent à faire appel à des réacteurs enzymatiques à membranes. On peut se référer par exemple à l'article de CHEFTEL C. (1972)_ Solubilisation enzymatique continue du concentré protéique de poisson. Essai de recyclage des enzymes. Ann. Technol. Agric. 21, (3) 423-433,qui décrit un réacteur à membranes, appliqué à la protéolyse de concentrés protéiques de pois- son. La membrane d'ultrafiltration permet de retenir l'en- zyme en solution dans le réacteur ainsi que le substrat pro- téique. Seuls les produits de l'hydrolyse, les peptides, sont éliminés au fur et à mesure de leur formation. Cepen- dantdans la pratique, la mise en oeuvre d'un tel réacteur n'est pas aisée comme le souligne CHEFTEL. Le substrat doit être complètement solubilisable par l'enzyme et la solution protéique doit présenter une qualité bactériologique irré- prochable. Selon l'invention, le procédé de traitement est appliqué à des solutions protéiques dépourvues d'ions biva- lents, tels que le calcium et le magnésium. On utilise es- sentiellement, en effet, une matière première à base de ca- séine contenant des phosphocaséinates de cations monovalents ou leurs dérivés. Sous sa forme la plus générale, le procédé de l'invention est caractérisé en ce qu'on soumet la matière première définie ci-dessus à une hydrolyse enzymatique à l'aide d'au moins une enzyme protéolytique capable de re- constituer la digestion protéique qui prend place in vivo dans l'organisme humain, en ce qu'on soumet l'hydrolysat ob- tenu à au moins une ultrafiltration sur des membranes lais- sant passer dans le perméat tous les peptides de l'hydroly- sat, en ce qu'on ajoute au perméat au moins un sel de cation bivalent pouvant former des agrégats avec la fraction phos- phorylée desdits peptides, ce qui conduit à une solution contenant essentiellement des agrégats de phosphopeptides et des peptides non phosphorylés, et en ce qu'on sépare par au moins une ultrafiltration les peptides non phosphorylés et les phosphopeptides, lesquels ont une grosseur de parti- cule supérieure,par mise en contact de la solution avec au moins une membrane capable de retenir les phosphopeptides. Les matières premières à base de caséine sus- ceptibles d'être traitées par le procédé de l'invention contiennent des phosphocaséinates de cations monovalents, tels que les phosphocaséinates de sodium, de potassium ou - d'ammonium. On peut également traiter une matière première contenant des dérivés desdits phosphocaséinates, notamment la paracaséine. Tous ces composés sont connus de l'homme de l'art et accessibles par des voies industrielles. Par exemple, pour préparer des caséinates monovalents tels que le caséinate de sodium, on prépare d'abord la caséine, par exemple en partant de lait, par précipitation au point isoélectrique. Après lavage de celle-cion additionne au précipité de caséine de l'hydroxyde de sodium, hydroxyde de potassium, hydroxyde d'ammonium ou autres composés basi- ques comportant des ions monovalents, et capables de reso- lubiliser la caséine. On obtient finalement une solution protéique contenant lesdits caséinates de cations monova- lents, de préférence les caséinates de sodium ou de potas- sium. De telles substances peuvent servir directement de matière première pour le procédé de l'invention. En variante, on peut utiliser des dérivés des- dits caséinates, en particulier sous forme de paracaséine. A cet effet, on traite au préalable la solution de phospho- caséinate de cations monovalents en lui ajoutant de la pré- sure, qui provoque une réaction d'hydrolyse. Le produit d'hydrolyse contient des paracaséinates, et les caséinoma- cropeptides (CMP). On effectue ensuite la précipitation de la paracaséine par tout moyen connu, de préférence par aci- dification à pH 4,6 avec un acide alimentaire quelconque, organique ou inorganique, par exemple l'acide chlorhydri- que, l'acide phosphorique, l'acide sulfurique, l'acide acé- tique, l'acide lactique et autres acides analogues. Dans la pratiqueon préfère l'acide chlorhydrique. On sépare alors la solution surnageante, qui contient les caséinomacropep- tidesde la paracaséine précipitée. Cette dernière sert à son tour de matière première pour le procédé de l'invention. Dans cette variante, on obtient une solution contenant du caséinomacropeptide qui peut constituer un produit de va- leur. Pour le purifier et le séparer, on peut neutraliser la- dite solution par un composé basique, tel que l'hydroxyde de sodium. Le CMP peut être préparé sous forme concentrée par ultrafiltration de la solution, après addition de chlo- rure de calcium. Dans une forme de réalisation préférée de la variante décrite ci-dessus, la caséinate de sodium en solu- tion dans l'eau (3%) a été hydrolysé par la présure (20 ml/ 1). La paracaséine a été ensuite précipitée par acidi- fication (pH 4,6) avec HCl. La solution surnageante contenant le caséinomacropeptide a été ensuite neutralisée (pH 7,0) par l'hydroxyde de sodium, et concentrée par ultrafiltra- tion après addition de 0,5 g de CaC12. A partir de 1000 li- tres de solution de caséinate à 3%, cette variante permet d'obtenir environ 30 à 40 litres de solution de caséinoma- cropeptide à 3 %. Quelle que soit la matière première utilisée dans le procédé de l'invention, la première étape consiste en une hydrolyse enzymatique à l'aide d'au moins une enzy- me protéolytique capable de reconstituer la digestion proté- ique qui prend place in vivo dans l'organisme humain. Ainsi qu'on l'a mentionné précédemment, une telle hydrolyse est avantageusement mise en oeuvre dans un dispositif qui com- bine un équipement d'ultrafiltration à un réacteur enzyma- tique, permettant ainsi une réalisation continue. Dans un tel mode de réalisation, l'hydrolyse enzymatique est réalisée en continu en introduisant la ma- tière Pfebase de caséine dans une zone de réaction en vue d'une mise en contact intime avec l'enzyme, on soutire en continu le produit de réaction en l'amenant de la zone de réaction dans une zone d'ultrafiltration, de laquelle on soutire également en continu un perméat qui constitue 1'- hydrolysat peptidique. Au cours de l'hydrolyse enzymatiquele pH doit être ajusté entre 7 et 9. A cet effet, on introduiten con- tinu ou en discontinudans la zone de réaction, un composé basique qui peut être l'hydroxyde ou le carbonate de sodium, l'hydroxyde ou le carbonate de potassium, l'hydroxyde d'am- monium ou un mélange de ces produits. Le choix d'un composé basique particulier dépendra de la destination du produit final. A titre d'enzyme, on met en oeuvre de préféren- ce au moins une enzyme protéolytique capable de reconstituer la digestion protéique qui prend place in vivo dans l'orga- nisme humain. On utilise donc avantageusement la pancréati- ne qui est un mélange complexe contenant de la trypsine, de la chymotrypsine et d'autres enzymes protéolytiques secon- daires. Dans la pratique,on peut faire appel à un extrait pancréatique naturel disponible sur le marché et aisément ac- cessible. Toutefois, si besoin est, on peut également met- tre. en oeuvre des enzymes résultant d'un mélange synthéti- que, par exemple d'alphachymotrypsine et de trypsine. De pré- férenceon utilise un mélange synthétique dont la composi- tion se rapproche de la pancréatine, avec par conséquent pré- sence des enzymes secondaires contenuesdans l'extrait pan- créatique naturel. On a trouvé selon l'invention qu'au pH com- pris entre 7 et 9, et de préférence entre 7 et 8,5, par exem- ple à 8, la pancréatine et autres enzymes analogues répondant aux besoins de l'invention présentaient une stabilité maxi- male. Il convient d'observer également des condi- tions assez strictes de température dans la zone d'hydrolyse enzymatique. On a constaté en effet que l'activité des enzy- mes était davantage influencée par la température que par le pH. Des essais ont montré notamment,selon l'invention, qu'a- vec la trypsine-la température maximale au cours de l'hydro- lyse enzymatique ne devait pas être supérieure à 540C, et, avec la chymotrypsine5cette température ne devait pas dépas- ser 45 C. Dans la pratiquelorsque l'on utilisera la pancré- atine, onadoptera un compromis tenant compte à la fois des conditions optimales de la protéolyse intestinale in vivo (température de l'ordre de 370C) et du fait que des tempéra- tures plus élevées sont moins favorables au développement des germes et permettent d'obtenir des débits d'ultrafiltra- tion supérieurs. En généralon choisit des températures de l'ordre de 37 à 40çC, et de préférence encore voisines de 370C. Il va sans dire que les paramètres de la réac- tionc'est-à-dire le pH et la température d'hydrolyse en- zymatiquesont liés. L'homme de l'art pourra donc choisir les conditions les plus favorables dans chaque cas d'espèce. Pour réaliser une hydrolyse enzymatique opti- male, il convient également de choisir avec soin la membra- ne d'ultrafiltration à utiliser en relation avec le réac- teur. Les membranes utilisées sont de type quelconque, or- ganique ou inorganique. Une organisation des membranes ayant donné de bons résultats est celle des modules à fi- bres creuses. A titre particulier>on peut utiliser les mem- branes de la société AMICON disponibles sur le marché sous la dénomination H1OP5 (seuil de coupure 5000) et HlOP10 (seuil de coupure 10. 000) ainsi que les membranes de la société ROMICON disponibles sur le marché sous la dénomina- tion PM2 (seuil de coupure 2000) ou PM 50 (seuil de coupure 50.000). La seule condition à respecter est que la membra- ne, en fonctionnementretienne efficacement l'enzyme, tout en présentant des performances satisfaisantesen particu- lier sur le plan de la longévité. Le procédé de l'invention peut être mis en oeu- vre en deux étapes séparées: une première étape consistant en l'hydrolyse enzymatique, et une deuxième étape consistant en l'ultrafiltration associée à ladite hydrolyse. Les équi- pements pour la mise en oeuvre de chacune de ces opérations peuvent être séparés ou intégrés. Mais, en variante, le pro- cédé peut également ëtre exécuté en continu, les deux éta- pes ci-dessus étant réalisées dans un appareillage unique. Pendant les premiers instants de fonctionnement, par exemple pendant une heure environ, le perméat (liquide passant à travers la membrane) est recyclé dans la zone d'hydrolyse afin d'obtenir le taux d'hydrolyse désiré de la matière à base de caséine. Après l'hydrolyse, on introduit dans le réacteur la matière première à base de caséine à traiter à un débit identique à celui du perméat. * Ainsi, une forme préférée de réalisation de l'invention consiste à combiner et à mettre en oeuvre en continu l'hydrolyse enzymatique et lultrafiltration sur membrane, ce qui permet de récupérer dans le perméat tous les peptides de l'hydrolysat. Les caractéristiques de la membrane d'ultrafiltration utilisée en combinaison avec l'hydrolyse enzymatique doivent etre telles qu'elle lais- se passer librement tous les peptides de l'hydrolysat. Des membranes ayant un pouvoir de coupure de 50.000 ou supé- rieur se sont avérées convenables. Conformément à une caractéristique essentiel- le de l'invention, on ajoute ensuite au perméat au moins un sel de cations bivalents pouvant former des agrégats a- vec la fraction phosphorylée des peptides. On a constaté en effet que la complexation des cations bivalents facili- te l'agglomération des phosphopeptides entre eux, ce qui permet de les séparer des peptides non phosphorylés. La séparation des phosphopeptides et des peptides non phospho- rylés obtenus après hydrolyse enzymatique repose sur l'ap- titude des phosphosérines à complexer les alcalino-terreux, en particulier les ions calcium et magnésium. Lorsque, com- me c'est le cas du procédé de l'invention,l'hydrolyse s'ef- fectue sur des solutions protéiques dépourvues de calcium et/ou de magnésium, il importe d'ajouter aux solutions pep- tidiques obtenues après hydrolyse les cations bivalents en cause, qui exercent la fonction de comptexation. Dans la pratique, on préfère utiliserez titre de cations bivalents de complexation, des cations calcium, par exemple qui sont apportés par le chlorure de calcium. La quantité d'agent de complexation des peptides à base de cations bivalents qui, conformément à l'invention, doit être ajoutée à la solution peptidique, n'est pas critique. Dans la pratique, des quantités de chlorure de calcium de l'or- dre de 0,5% en poids par rapport à la solution de peptides ont été jugées convenables. Il va sans dire que l'homme de l'art pourra choisir les composés bivalents et la quantité à mettre en oeuvre, en tenant compte également des caractéristiques de l'étape consécutive de séparation entre les agrégats de phosphopeptides et les peptides non phosphorylés, ladite séparation étant, conformément à l'invention, effectuée par une ultrafiltration. En d'autres termes, il faudra no- tamment tenir compte du seuil de coupure de la membrane d'- ultrafiltration, de manière que les agrégats phosphopepti- diques ne traversent pas la membrane. Selon un mode de réalisation qui a donné de bons résultats, on associe à l'agent de complexation, un phosphate minéral, tel que le phosphate acide de sodium P04HNa2. La présence d'un tel composé de phosphate peut fa- voriser la complexation et la formation de gros agrégats phosphopeptidiques. Dans certains cas cependant, en parti- culier si l'on souhaite obtenir à l'issue du procédé des fractions de phosphopeptides qui ne sont pas enrichies exa- gérément en phosphate minéral, on peut diminuer la quanti- té de phosphate ajoutée, et même y renoncer totalement, dès lors qu'on utilise à la fin du procédé une membrane capable de retenir les phosphopeptides, dont le seuil de coupure se situe de préférence entre 2000 et 50.000, et avantageusement entre 2000et lO.000. Ainsi qu'on l'a mentionné précédemment, chacune des ultrafiltrations ci-dessus peut être suivie d'une dia- filtration au cours de laquelle on ajouteen continu ou en discontinu, un liquide tel que l'eau ou une solution sali- ne, en vue de purifier davantage les produits de l'ultra- filtration. Dans le procédé de l'invention, l'eau s'est avé- rée-un moyen de diafiltration approprié. Comme résultat de l'ultrafiltration et de la diafiltration qui suivent l'hydrolyse enzymatique, on ob- tientd'une part,une solution peptidique qui est traitée complémentairement par le procédé de l'invention, et d'au- tre part une fraction (rétentat) constituée de résidus pro- téiques et d'enzymes résiduelles. Comme résultat de l'ul- trafiltration et de la diafiltration réalisées à la fin du procédé de l'invention, on obtient d'une part, à titre de perméat, des peptides non phosphorylés et, d'autre part, à titre de rétentat, des phosphopeptides. Dans un mode de mise en oeuvre préféré, la pré- paration des fractions peptidiques a été effectuée à partir d'une solution de caséinate de sodium à 6%. L'hydrolyse en réacteur enzymatique a été réalisée avec de la pancréatine à raison de 4 g /1 à pH 8 et à 370 C. Le contenu du réacteur a été ensuite diafiltré à l'eau. La solution de peptides a été alors acidifiée à pH 6,2, l'agrégation étant réalisée par addition de CaC12 (0,5%) et de PO4HNa2 (0,2%). La solu- tion de peptides a été ensuite ultrafiltrée et diafiltrée. En partant de 1000 litres de caséinate de sodium à 6%, on peut obtenir 900 litres de solution peptidique non phos- phorylée à 45g/litre et 100 à 120 litres de solution de phosphopeptides à 80 g/litre. Les phosphopeptides ainsi obtenus à l'issue du procédé de l'invention constituent le produit de valeur le plus intéressant. I1 présente en effet une teneur élevée en phosphosérines et une faible teneur en acides aminés aro- matiques (phénylalanine, tyrosine, tryptophane). La fraction obtenue,riche en phosphopeptides3 peut donc se caractériser par sa composition particulière en acides aminés ainsi que par une teneur élevée en matiè- total atdn re minérale (cendres) par rapport à l'azote étant don- né que la fraction phosphopeptidique a complexé les sels ajoutés. Le tableau I qui suit indique les principales caractéristiques des produits de l'invention, avec à la pre- mière colonne, celles du caséinate monovalent à titre de référence. TABLEAU I :Caséinate de:Peptides non:Phosphopep-: : K ou Na:phosphoryls: tides: :Somme des acides:: :: :aminés aromati-:: :: :ques (Tyr, Phe,:: :: Trp): 12 %: >12%: 4%: :Serines: 4,9%: 4%: 20%: :::: > 8% : :: ::: : Ca + Mg + P: 0,2: : NT ():: :: :: ::: :Acides aminés: -: Les phosphopeptides obtenus grâce au pro- cédé de l'invention peuvent recevoir de nombreuses applica- tions dans le domaine alimentaire. Les produits de l'invention sont utiles dans l'alimentation, en particulier dans l'alimentation hu- maine,et dans la nutrition thérapeutique. On sait en effet quedans le lait humain, le phosphore dit organique, c'est- à-dire lié aux protéines et lié aux lipidesest relative- ment plus important que dans d'autres laits, notamment le lait de vache. Ainsi, le rapport phosphore organique phosphore total est d'environ 0,83 dans le lait humain contre 0,34 dans le lait de vache. Plus précisément le rapport phosphore organique lié à l'azote pnospnore inorganique est d'environ 0,70 dans le lait humain contre 0,36 dans le lait de vache. Lesproduits de l'invention trouvent donc appli- cation dans le domaine connu sous le nom de maternisation des laits. Maisd'une façon générale, il est recon- nu que la qualité essentielle des protéines du lait de fem- me est d'assurer un anabolisme azoté remarquable associé à une charge osmotique rénale et une charge en ions H+ parti- culièrement faible. Or, cette conjonction anabolisme azoté très élevé, charge osmotique rénaleet charge en ions H+ fai- bles est particulièrement recherchée en réanimation et en nutrition thérapeutique o coexistent très souvent des be- soins d'anabolisme élevé et une insuffisance rénale fonc- tionnelle. Les produits de l'invention peuvent per- mettre de répondre à ce besoin. Les produits de l'invention, pour certaines applications,ont une teneur insuffisante en certains acides aminés essentiels (phénylalanine, tyrosine, tryptophane, cystine). Ils peuvent alors avantageusement être associés à d'autres protéines ou peptides ou homolo- gues alpha-céto-acides ou alpha (OH) acides d'acides aminés essentiels, pour que soit rétabli unbon équilibre en acides aminés aboutissant à une valeur biologique optimale. On notera aussi que de tels produits (phos- phopeptides) ont une affinité élevée vis à vis des macro- éléments (calcium, magnésium) et des oligoéléments tels que, particulièrement, le fer, le zinc, le cuivre, le chrome, le nickel, le cobalt, le manganèse et le sélénium. Les phosphopeptides selon l'invention peu- vent être avantageusement transformés en sels desdits élé- ments par des moyens usuels. Ainsi, pour obtenir un tel sel organophosphoré,on peut utiliser, à titre de solution de dia- filtration lors de la purification des phosphopeptides, une solution du sel contenant l'élément à introduire, par exem- ple une solution de chlorure de fer dans le cas du fer. Ces sels organophosphorés sont très solubles et peuvent avanta- geusement être utilisés pour véhiculer les éléments en cau- se. Les produits de l'invention répondent aux besoins nutritionnels des malades souffrant d'insuffisance pancréatique, de maladies métaboliques, d'insuffisance ou de détresse nutritionnelle associée ou non à une insuffisan- ce rénale fonctionnelle ou organique, en particulier lors- qu'ils sont associés à des peptides, des acides aminés es- sentiels ou des homologues d'acides aminés essentiels. L'invention trouve donc une application directe dans des aliments diététiques ou des produits de nutrition thérapeutique parfaitement assimilables par l'or- ganisme humain. Quelle que soit la source de protéines, de peptides ou d'acides aminés utilisés, ces phosphopeptides permettent de réguler, de la manière la plus souhaitable, le taux de phosphore organique lié à l'azote dans la formule que l'on désire créer. L'invention sera maintenant illustrée sans être aucunement limitée par la description ci-après et les exemples qui suivent. La description est faite en référence aux dessins annexés sur lesquels: Fig. 1 représente schématiquement les di- verses étapes du procédé de l'invention. Fig. 2 est un schéma d'un réacteur enzy- matique utilisable dans le procédé de l'invention. Comme le représente la figure 1, la ma- tière première A à base de caséinate monovalent (sodium ou potassium) peut être directement soumise au procédé (réfé- rence 1) ou bien subir un traitement préalable par la voie en variante 2. Selon cette variante, la matière première est hydrolysée par la présure pour fournir une solution con- tenant le paracaséinate correspondant (sodium ou potassium) et le caséinomacropeptide. La paracaséine est précipitée par acidification (HCl) . On effectue ensuite la séparation de la paracaséine précipitée et du caséinomacropeptide. Ce- lui-ci (CMP) constitue un sous-produit G du procédé qui peut être, sans que ces opérations aient été représentées, neu- tralisé, par exemple par l'hydroxyde de sodium, et ensuite concentré par ultrafiltration après addition de chlorure de calcium. La matière première du procédé est donc soit le caséinate A, soit son dérivé, la paracaséine. La première étape du procédé est une hy- drolyse (référence 3) en réacteur enzymatique. On a repré- senté au dessin l'addition d'une base permettant d'attein- dre un pH de 8, en vue d'un bon déroulement de l'hydrolyse à l'aide d'une enzyme protéolytique telle que la pancréati- ne. Le produit de l'hydrolyse est ensuite soumis à une ul- trafiltration (4) puis à une diafiltration (5) avec de 1'- eau. On obtientd'une part,une fraction peptidique E,et une fraction résiduelle F contenant les protéines et l'enzyme résiduelles. C'est/la fraction peptidique E qui est traitée complémentairement dans le procédé. L'étape consécutive est une complexation (référence 6) au cours de laquelle on ad- ditionne la fraction E de chlorure de calcium et éventuel- lement d'un phosphate PO4HNa2. Après complexation ou agré- gation des peptidesle produit est soumis à une ultrafil- tration 7, puis à une diafiltration 8 avec de l'eau. On ob- tient ainsifinalement, une fraction B (perméat) enrichie en peptides non phosphorylés, et une fraction C enrichie en phosphopeptides. La figure 2 représente un réacteur enzy- matique à membrane qui peut être utilisé pour le procédé de l'invention. Celui-ci comporte d'abord une cuve à ré- action désignée par la référence générale 15. L'alimenta- tion continue en phosphocaséinates se fait par la canalisa- tion 16. Un appareil 17 sert à la fois à mesurer et à main- tenir le pH dans la cuve de réaction en neutralisant les ions H+ libérés lors de la coupure des liaisons peptidiques. L'appareil était un pH-stat Mettler comprenant un amplifi- cateur de potentiel, un présélecteur du point d'équivalence et une burette automatique de distribution du réactif, ce dernier étant un composé basique tel que mentionné ci-des- sus. Aucun encrassement excessif del'électrode n'a été cons- taté. Le produit d'hydrolyse prélevé dans la cuve de réac- tion par la canalisation 18 est acheminé par une pompe pneu- matique 19 à membrane.Un exemple pratique est la pompe mo- dèle AMICON LP 20 A, capable de débiter 720 1/h à 1,7 bar. Au refoulement de la pompe, le produit passe dans une cana- lisation 20 et est amené sur un préfiltre 21 ayant une poro- sité de 150 microns. La référence 22 désigne le module d'ul- trafiltration. Dans un exemple spécifique, on a utilisé le système DC 10 S de la Société AMICON comprenant des cartou- ches d'ultrafiltration à fibres creuses. Le perméat était ré- cupéré dans une canalisation 23 et constituait l'hydrolysat peptidique recherché. Le rétentat du module 22 était prélevé par la canalisation 24, introduit sur un échangeur 25 et acheminé par la canalisation 26 pour être recyclé dans la cu- ve de réaction 15. Les membranes utilisées étaient du type fi- bres creuses ayant les caractéristiques suivantes: À:: .' À : Type: Seuil de: Surface: Fabricant: :: coupure: :: :: 2 : H 10 P 5 5000 0,9 m: AMICON : H 10 P 10: 10.000::: :: : 2:: : PM 2: 2000: 1,4 m: ROMICON: : PM 50: 50.000::: :: : _:: EXEMPLE 1 Dans cet exemple, on utilise le caséina- te de sodium comme matière première. Les préparations de caséinomacropeptide et des fractions peptidiques selon le procédé décrit dans la figure 1 ont été effectuées en deux étapes: 1) Le caséinate de sodium en solution dans l'eau (3%) a été hydrolysé en cuve par la présure ( 20 ml/100 litres - présure BOLL 1/10. 000) à 37 C à pH 6,8 pendant 50 minutes. La paracéséine a été ensuite pré- cipitée par acidification à pH 4,6 avec de l'acide chlo- rhydrique 4 N; 440 ml d'acide pour 100 1 de sérum ont été nécessaires. Après décantation, le surnageant conte- nant le CMP a été filtré sur toile, puis centrifugé (1000 g pendant 8 min) après réajustement du pH à 6,6 par de la potasse 2N. Cette solution a été ensuite concentrée par ul- trafiltration sur membrane après addition de CaCl2 (0,5 g/l). L'appareillage utilisé était un module Amicon type DC 10 équipé de membranes Romicon Hollow Fiber type XM 50 de surface 1,4 m. Les analyses chimiques des différents pro- duits obtenus au cours de cette fabrication sont rassemblées dans les tableaux II et III. TABLEAU III Composition en acides aminés (g d'acide aminé pour 10Og) Asp 6,9 Gly 1,4 Ile 10,3 Thr 9,6 Ala 6,1 Leu 3,5 Ser 3,1 Cyst E Tyr F Glu 23,2 Val 8,7 Phe 1,7 Pro 12,7 Met 1,5 Lys 6,6 His 0,6 Arg 0,9 2) Le caséinate de sodium en solution dans l'eau à 6,2% a été hydrolysé dans un réacteur enzymatique à membrane identique à celui représenté sur la figure 2. Les membranes utilisées étaient du type fibres creuses XM 50, d'une surface de 4,9 m. L'enzyme (pancréatine Sigma d'o- rigine bovine d'activité 4 NF) était ajoutée à une concen- tration de 4 g/litre.Le pH du réacteur était maintenu à 8 par addition d'hydroxyde de potassium 2N. L'hydrolyse était TABLEAU II ES:N x 6,38 TCA 6% NPN TCA 12% TCA 6%T ::T :::: : Caseinate départ (A): 31,2 : 27,1: -: : Caséinate après action::: :: : présure: - : -: 182,5: 95,4: :Lactosérum présure après centri-::: : :fugation, réajustement du pH et::: addition de CaC12 3,45 1,88 166,8 105, 8 : :: : ::: :Lactosérum concentré par ultra-::: : :filtration ou CMP (G): 31,3 : 30, 1: 2649: 1191 :Perméat fin ultrafiltration 2,07 3%:: :: : :: :: : ::: :Perméat fin ultrafiltration: 2,07: 0,3%: -: -: Composition chimique des produits exprimé en ppm d'azote. exprimée en g/kg sauf pour l'azote non protéique (NPN) cH Mi -P- I-J 9- Co Pla %M conduite à 37 - 40 C. Le perméateavant d'être collecté,a été recyclé dans la cuve pendant une heure. Le perméat ain- si obtenu contenait les phosphopeptides et les peptides non phosphorylés. Le perméat a été acidifié à pH 6,4,puis on a provoqué 1' agrégation des phosphopeptides par addition de CaC12 (0,6%) et de P04HNa2 (0,1%). On a ensuite procédé au de fractionnement des deux groupes/peptides en ultrafiltrant et en diafiltrant avec de l'eau afin d'éliminer toute la fraction de peptides non phosphorylés. Les opérations de con- centration et diafiltration ont été réalisées sur membranes de type XM 50 à pH 6,5 et à une température de 8 C. Le con- centré diafiltré obtenu correspondait à la fraction phospho- peptidique. Les analyses des différents produits sont re- présentées dans les tableaux IV et V suivants: TABLEAU IV Composition chimique des produits obtenus : ES : : g/kg : (A) Caséinate: : départ: 62,3 : (E) Peptides: : totaux 62,3 : (B) Peptides: : non phospho-: 53,7 : rylés :(C) Phospho-: 15,0 : peptides : : NT x 6,38 : g/kg : 54,2 : 45,9 : 47,3 *7,90 : Ca : g/kg -235 : 2,35 : Cendres : g/kg : -63 : 6,3 TABLEAU V Compositions en acides aminés des phosphopeptides (g d'acide aminé pour 100 g). Asp 5,6 Cys Thr 3,3 Met 0,45 Ser 18,5 Ile 9,5 Pro 4,7 Leu 2,9 Glu 36,8 Tyr E Gly 1,7 Phe t Ala 2,8 Lys 0,9 lis 0,5 Val 8,7 Arg 0,3 Des exemples illustratifs concernant l'ap- plication des produits de l'invention seront indiqués ci- après, à titre nullement limitatif. EXEMPLE 2 Cet exemple concerne un produit de réanima- tion destiné à un usage: par voie entérale chez des malades nécessitant un apport protéique de l'ordre de 7 à 15% de l'apport calorique total (ACT), par exemple dans les affections suivantes: mucovis- cidose ou fibrose kystique du pancréas, insuffisance rénale, malades présentant une atteinte infectieuse ou inflammatoi- re de la paroi intestinale, détresse nutritionnelle exigeant et un anabolisme intense, une charge rénale osmotique une chargeen ions H réduites.Ces protéines sont amenées de préférence sous forme pré-digérée. Exemple de formule centésimale selon l'invention Phosphopeptides de 4 à 8%) Peptides de lac-) tosérum 60% Peptides de casé-) 2,50 g ine de 32 à 36%) CMP de 0 à 4% - lipides: mélange à parties égales de: huile de beurre triglycéride à chaîne moyenne (TCM) huile de mais huile de tourne- sol monostéarate de glycérol 0,5 g) O,5g 0,5 g) 0,5 g 2, g) 2,1lg) glucides polymères de glucose 10 g glucose 1,5 À galactose 1,5 - vitamines A, D, E, B1, B2, PP, B5, B6) ) B12, acide folique, Biotine, Vit. C) - éléments minéraux (calcium, sodium, potassium, me sium, phosphore, zinc, fer, ct manganèse, chlore, iode) - eau distillée EXEMPLE 3 r r ) ) ) ) 13,00g selon les recommanda- tions FAO/OMS tgné- uivre, ) ) ) ) 0,455 g q.s.p. 100 Cet exemple concerne un produit de réanima- tion destiné à un usage par voie entérale chez des malades nécessitant un apport protéique de l'ordre de 12 à 25% de l'Apport Calorique Total, sous forme de protéines. Une telle alimentation est appropriée à toute situation nécessitant un anabolisme azoté important et une surcharge en P organi- que). Exemple de formule centésimale - mélange de petits peptides selon l'in- vention phosphopeptides de 8 à 28%) peptides de lactosérum de 22 à 60% de 3 à 6,25 g peptides de) caséine de 12 à 70%) 4,10 g - lipides T.C.M. 2, 30g Huile très riche en acides gras essen- tiels 0,50g 5. Emulsifiant O,lOg - glucides: À petits polymères de glucose de 8,25 à 10 À glucose de 2 à 2,5g galactose de 2 à 2,5g - vitamines A,D,E,B1,B2,PP,B5,B6,B12l acide folique, Biotine, [ se Vitamine C, éléments minéraux Calcium, sodium, potassium, ma- gnésium,phosphore,zinc,fer,cui- vre,manganèse, chlore,iode) - eau distillée ) ) ) ) ) 2,90 g de 12,25 à 15,5g g) ) ) on les recommandations FAO/OMS 0,455g q.s.p. 100 EXEMPLE 4 Cet exemple concerne un produit de réanimation à un usage par voie entérale chez des malades nécessitant un ap- port protéique de l'ordre de 7 à 12% de 1'A.C.T., notamment dans les affections suivantes: mucoviscidose ou fibrose hystique du pancréas, insuffisance rénale, malades présen- tant une atteinte infectieuse ou inflammatoire de la paroi intestinale, détresse nutritionnelle exigeant un anabolisme intense et une surcharge rénale osmotique, une surcharge en ions H+ réduite. Ces protéines sont amenées de préférence sous forme pré-digérée. Exemple de formule centésimale - Mélange de petits peptides selon l'invention: phosphopeptides 4%) peptides de caséine 36%) ) À peptides de lactosé-) 2,50 g rum 40%) 35. CMP 20%) - lipides mélange à parties égales de huile de beurre 0,5 g TCM 0,5 g huile de mals 0,5 g huile de tournesol 0,5 g monostéarate de glycérol 2,1 g - glucides polymères de glucose 10 g glucose 1,5 g galactose 1,5 g vitamines A,D,E,B1, B2, PP, B5, B6,) B12, acide folique, Biotine, ) Vit. C) - éléments minéraux -) (calcium, sodium, potassium,) ) magnésium, phosphore, zinc,) fer, cuivre, manganèse, chlore,) iode) ) ) ) ) ) ) ) ) ) ) ) 4, 10g 13,00g selon recommandations FAO/OMS 0,455 g - eau distillée q.s.p. 100 Le mélange de peptides contenant les phos- phopeptides de l'invention peut avantageusement comprendre les peptides obtenus conformément au procédé décrit dans la demande de brevet français déposée le 26 Juin 1979 sous le N 79.16.483 au nom de L'INSTITUT NATIONAL DE LA RE- CHERCHE AGRONOMIQUE pour: "Hydrolysat enzymatique total de protéines de lactosérum, obtention et applications". On rappellera qu'un tel hydrolysat peptidique ne contient pra- tiquement pas de protéines résiduelles et que 50% des pep- tides contiennent 2 à 5 acides aminés.Plus particulièrement, l'hydrolysat contient 70 à 90% de l'azote présent sous forme de peptides ayant un nombre d'acides aminés inférieur à 10. Sous une forme spécifiquel'hydrolysat répond à l'amino- gramme ci-après: Aminogramme: Ile 6,0 Arg 2,7 Leu 9,9 His 1,7 Lys 9,2 Ala 4,9 Cys 1,8 Asp 9,5 Phe 3,2 Glu 17,6 Thr 6,7 Gly 1,7 Tyr 3,6 Pro 6,2 Trp 2,0 Ser 5,5 Val 5,5 Met 2,0 Le procédé pour l'obtention d'un tel hy- drolysat consiste à effectuer d'abord l'ultrafiltration du lactosérum puis son hydrolyse enzymatiqueet il est plus particulièrement remarquable en ce qu'on met en contact le rétentat d'ultrafiltration avec une enzyme protéolytique ca- pable de reconstituer la digestioyprotéique qui prend place in vivo dans l'organisme humain, ladite enzyme étant de pré- férence la pancréatine, l'hydrolyse étant conduite jusqu'à ce que le produit ne contienne plus de protéines résiduel- les, c'est-à-dire ne présente aucun azote précipitable par l'acide trichloroacétique à 12%, après quoi on récupère l'hy- drolysat obtenu qui représente l'hydrolysat enzymatique to- tal recherché. REVENDICATIONS 1. Procédé de traitement d'une matière à base de caséine contenant des phosphocaséinates de cations monovalents ou leurs dérivés, caractérisé en ce qu'on sou- met ladite matière première à une hydrolyse enzymatique à l'aide d'au moins une enzyme protéolytique capable de re- constituer la digestion protéique qui prend place in vivo dans l'organisme humain, en ce qu'on soumet l'hydrolysat ob- tenu à au moins une ultrafiltration sur des membraneslais- sant passer dans le perméat tous les peptides de l'hydro- lysat, en ce qu'on ajoute au perméat au moins un sel de ca- tion bivalent pouvant former des agrégats avec la fraction phosphorylée desdits peptides, ce qui conduit à une solution contenant essentiellement des agrégats de phosphopeptides et des peptides non phosphorylés, et en ce qu'on sépare par au moins une ultrafiltration les peptides non phosphorylés et les phosphopeptides, lesquels ont une grosseur de parti- cule supérieure, par mise en contact de la solution avec au moins une membrane capable de retenir les phosphopeptides. 2. Procédé selon la revendication 1, carac- térisé en ce qu'on traite des phosphocaséinates de cations monovalents, tels que les phosphocaséinates de sodium, de potassium ou d'ammoniumou des dérivés desdits phosphoca- séinates, tels que la paracaséine. 3. Procédé selon l'une des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce qu'on traite au préalable la matiè- re à base de phosphocaséinates de cations monovalents en l'additionnant de présure, en précipitant la paracaséine contenue dans le produit d'hydrolyse, notamment par acidi- fication à pH 4,6, et en séparant la paracaséine précipitée de la solution surnageante qui contient du caséinomacro- peptide CMP. 4. Procédé selon l'une quelconque des reven- dications 1 à 3, caractérisé en ce qu'on effectue l'hydroly- se enzymatique dans un dispositif qui combine un équipement d'ultrafiltration à un réacteur enzymatique, constituant ainsi un réacteur enzymatique à membrane. 5. Procédé selon la revendication 4, ca- ractérisé en ce qu'on réalise en continu l'hydrolyse enzyma- tique en introduisant la matière première à base de caséine dans une zone de réaction en vue d'une mise en contact inti- me avec l'enzyme, on soutire en continu le produit de réac- tion en l'amenant de la zone de réaction dans une zone d'ul- trafiltration, de laquelle on soutire également en continu un perméat qui constitue l'hydrolysat peptidique. 6. Procédé selon l'une quelconque des re- vendications 1 à 5, caractérisé en ce qu'on ajuste le pH en- tre 7 et 9, de préférence entre 7 et 8,5, par exemple à 8 environ, au cours de l'hydrolyse enzymatique. 7. Procédé selon l'une quelconque des re- vendications 1 à 6, caractérisé en ce qu'à titre d'enzyme, on utilise une pancréatine sous forme d'extrait pancréatique naturel, ou des mélanges synthétiques de trypsine et d'alpha- chymotrypsine. 8. Procédé selon l'une quelconque des re- vendications 1 à 7, caractérisé en ce que la température d'hydrolyse est choisie entre 37 et 450C, de préférence en- tre 37 et 40'C et, avantageusement, de l'ordre de 37 C. 9. Procédé selon l'une quelconque des re- vendications 1à 8, caractérisé en ce que, dans le réacteur enzymatique à membrane, on utilise des membranes capables de retenir efficacement l'enzyme. 10. Produits tels qu'obtenus par le pro- cédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 9, en par- ticulier des phosphopeptides et des peptides non phosphory- lés. 11. Phosphopeptides selon la revendication , caractérisés par les paramètres ci-après somme des acides aminés aromatiques > 4% taux de sérine supérieur à 8% et inférieur à 20% rapport Ca + Mg + P > 0,2 rapport eaméNT teneur en acides aminés libres 2474829; 12. Application des produits selon l'une des revendications 10 ou 11 comme aliments ou compléments a- limentaires répondant à des besoins spécifiques nutrition- nels. 13. Aliments diététiques ou de nutrition thérapeutique contenant un phosphopeptide selon l'une des revendications 10 ou 11 en association éventuelle avec un véhicule neutre convenant à l'alimentation orale ou entérale. 14. Aliments selon la revendication 13 contenant en outre des sources complémentaires d'acides ami- nés essentiels. 15. Aliments selon l'une des revendications 13 ou 14, dans lesquels les phosphopeptides sont présents sous forme de sels organophosphorés.