i 2034559 La présente invention concerne de nouveaux produits enzymatiques protéolytiques ayant la propriété fondamentale de pouvoir provoquer in vivo une optimisation de la viscosité des mucus, notamment du mucus intestinal, du mucus bronchique et du mucus cervical. . Elle concerne également la préparation 5 et les applications alimentaires, vétérinaires, diététiques" et pharmaceutiques.. Le développement constant de l'élevage intensif des animaux dans les pays industrialisés, et la sévère carence en protéines animales dans les pays en voie de développement, rendent de plus en plus nécessaires des études visant à l'augmentation de -la vitesse de croissance des animaux et 10 à la diminution de leur indice de consommation. On a déjà étudié récemment l'influence d'une addition dans les aliments composés pour animaux de différents enzymes ordinaires (protéolytiques, lipolytiques, amylolytiques) susceptibles de faciliter la digestion des principaux constituants de ces aliments (protides, lipides, glucides). On 15 pouvait supposer en effet que ces enzymes exogènes, en venant en complément des enz^mBS endogènes, faciliteraient la digestion in vivo et par suite la croissance des animaux. Toutes ces études n'ont pas conduit jusqu'ici à des résultats pratiquement valables : l'amélioration légère et inconstante de la vitesse de croissance et de l'indice de consommation qui a parfois été observée, 20 est. apparue finalement trop faible et inconstante eu égard au prix des enzymes ajoutés. Au contraire, l'invention vise des enzymes qui se distinguent des enzymes ordinaires par leur aptitude à optimiser la viscosité du mucus intestinal, et donc à augmenter la vitesse d'absorption des aliments digérés, 25 comme d'ailleurs celle des médicaments pris par voie orale. La muqueuse intestinal^ fragile comme toutes les muqueuses, est protégée contre les agressions du milieu extérieur par une couche de liquide visqueux : le mucus intestinal. La viscosité de ce mucus est liée à la présence de macromolécules de mucines et de mucopolysaccharides qui, 30 reliées entre elles par des ponts de protéines, forment une structure réticulaire serrée. Le mucus intestinal constitue ainsi une sorte de barrière protectrice entre la muqueuse et le bol alimentaire en cours de digestion. Cette barrière évite à la paroi intestinale un contact trop étroit avec les 35 grosses molécules d'enzymes endogènes (trypsine, chymotrypsine) qui provoquent la digestion des aliments, mais pourraient finir par attaquer la muqueuse elle-même. Par contre, cette barrière doit laisser filtrer rapidement les petites molécules d'aliments digérés qui ont à franchir cette paroi intestinale pour rejoindre le courant sanguin. 70 04271 2 2034559 S'il est excessivement visqueux, le mucus intestinal risque de freiner le passage dans le sang des aliments digérés ; s'il l'est insuffisamment, il risque de perdre son rôle protecteur normal vis-à-vis de la muqueuse. On conçoit donc qu'entre ces deux états opposés, un qatimum de viscosité 5 s'établisse rarement. Or, l'invention est précisément fondée sur les deux constatations surprenantes suivantes : A - Il est possible de fabriquer industriellement par fermentation des enzymes protéolytiques capables de conférer in vivo au mucus intestinal 10 l'optimum de viscosité en question. Donnés par voie orale, c'est-à-dire pratiquement ajoutés dans les aliments et/ou l'eau de boisson, ces enzymes provoquent une réduction ménagée et réversible de la viscosité du mucus intestinal, et par suite, une augmentation sélective de la vitesse d'absorption pour les aliments digérés, comme d'ailleurs pour les médicaments qui seraient donnés par voie orale, en même temps que ces enzymes ou immédiatement après eux. 15 Les enzymes protéolytiques ordinaires, qui ont déjà été essayés sans succès en alimentation animale, ont au contraire sur la viscosité du mucus intestinal une action soit insuffisante, soit excessive. Dans le premier cas, la vitesse d'absorption à travers la paroi intestinale demeure sans changement. Dans le deuxième cas, l'action excessive de l'enzyme, comme d'ailleurs toute 20 autre action irritante, provoque une brusque décharge dans l'intestin du contenu des glandes à mucus, avec reformation accélérée du contenu de ces glandes ; cette indésirable hypersécrétion réactionnelle de mucus, qui apparaît nettement par un simple examen à l'oeil nu de la paroi intestinale des animaux autopsiés, est comparable à l'indésirable hypersécrétion réactionnelle 25 de sébum provoquée par un shampooing trop détergent. L'existence d'enzymes protéolytiques capables d'optimiser la viscosité du mucus intestinal, c'est-à-dire capables de réduire notamment cette viscosité sans risque d'hypersécrétion réactionnelle, n'était donc pas évidente à priori. 30 B - De cette optimisation de la viscosité du mucus, et par suite, de cette augmentation de la vitesse d'absorption pour les aliments digérés, il résultera une augmentation de la vitesse de croissance des animaux et une diminution de leur indice de consommation. Cette dernière conséquence n'était.pas non plus évidente. 35 En effet, étant donné la longueur du transit intestinal, les aliments finissent toujours par être complètement absorbés, et l'expérience montre qu'il ne reste normalement dans les fèces que des rétdus sans valeur alimentaire appréciable. Cependant, cette absorption complète n'est pas un critère suffisant 70 04271 3 2034559 d'utilisation optimale des aliments. Sans doute pouvait-on supposer qu'il convenait que le sang contienne simultanément et en concentration suffisante tous les facteurs delà synthèse anabolique. Mais seule l'expérience pouvait confirmer la loi suivante, non évidente a priori : pour maximiser la 5 vitesse de croissance; il est préférable d'obtenir une concentration sanguine maximale des aliments digérés pendant un temps relativement court, plutôt qu'une concentration moyenne pendant un temps plus long, même si dans les deux cas la quantité totale d'aliments passés dans le sang est finalement la même. Les produits enzymatiques selon l'invention capables de 10 provoquer in vivo une optimisation adéquate du mucus sont caractérisés d'une part par comparaison de leur action in vitro sur le mucus intestinal avec celles de deux enzymes protéolytiques à action optimisante naturelle : la trypsine et la chymotrypsine, ladite comparaison étant effectuée selon le test de la réduction ménagée de la viscosité (en abrégé test RW), et, d'autre part par 15 leur insensibilité vis-à-vis des inhibiteurs trypsiques, cette dernière condition assurant une action in vivo. Plus précisément la réduction de la viscosité du mucus intestinal par lesdite produits enzymatiques doit être comprise à + 5 % près par rapport à la viscosité dudit mucus non traité, entre les valeurs de la 20 réduction de viscosité dues à la trypsine et à la chymotrypsine, c'est-à-dire respectivement entre 60 + 5 = 65 % et 40 - 5 = 35 % par rapport à la viscosité dudit mucus non traité, dans les conditions définies plus loin. Selon une caractéristique de l'invention, la réduction in vitro de la viscosité du mucus intestinal, due auxdits produits enzymatiqufes est 25 exactement comprise entre celles dues à la trypsine et la chymotrypsine (60 - 40 7o). Le procédé selon l'invention par fermentation de microrganismes producteurs d'enzymes protéolytiques est également fondé sur le test RMV, la fermentation étant arrêtée dès que les substances enzymatiques élaborées, don-30 nent en pourcentage par rapport à la viscosité dudit mucus non traité, une réduction de ladite viscosité~ê ga le -au moins entre à due à la chymotrypsine diminuée de 5 %, et, au plus à celle de la trypsine augmentée de 5 % (les pourcentages étant toujours évaluée par rapport à la viscosité dudit mucus non traité). Ledit procédé comprend également les traitements nécessaires 35 pour purifier lés produits obtenus dès que ces derniers se sont révélés insensibles aux inhibiteurs trypsiqués. 70 04271 4 2034559 Les microrganismes producteurs sont sélectionnés parmi ceux qui donnent des produits enzymatiques répondant aux deux conditions *: Test ErST positif et insensibilité aux inhibiteurs trypsiques. Parmi les microrganismes qui conviennent! l'inventeur s'est plus particulièrement intéressé aux cham= 5 pignons du genre Streptomyces et de l'espèce fradiàe. Ce fait ne peut être considéré comme limitatif en raison du grand nombre de microrganismes susceptibles de convenir. A - Description du test R.M.V. a) Préparation du produit enzymatigue à étudier. 10 On fait fermenter selon les techniques classiques un siicrorgar-isr. s produisant en quantités notables des mélanges d'enzymes protéolytiques. En fin de fermentation, le milieu est filtré, concentrés lyophilisé ou atomisé * on obtient ainsi un produit enzymatique brut; ou de préférence, après filtra-tion et concentration, le produit obtenu par précipitation avec du sulfate d'ammonium et séché sous vide, on obtient ainsi un produit enzypatique partiellement purifié qui, suivant la technique classique de Ansom, doit titrer au moins 1000 unités par mg. Une unité-Ansom (ou en abrégé U.A.) est ici définie comme étant la quantité d'enzyme qui, incubée pendant 10 minutes à 25°C et à pH 7,5 en 20 présence d'hémoglobine dénaturée, libère de ce substrat l'équivalent de 1 rc. g de tyrosine, déterminé par absorption photométrique à 280 myu sur le filtrat non précipitable à l'acide trichloracétique. b) Mesure On utilise comme substrat du mucus de veau ou de porc. Aussitôt 25 après abattage de l'animal à la diète depuis 24 h, on prélève à partir de l'estomac 3 sections successives d'intestin d'environ 1 mètre chacune. On ligature une extrémité, et par pression faible, on fait sortir de l'autre extrémité le mucus superficiel qu'on élimine; ensuite par pression forte eu par raclage de la paroi interne de l'intestin préalablement fendu, on recueille 30 le mucus profond, dont on sépare la phase soluble par lavage avec 3 volumes d'eau suivi de centrifugation. On recueille en moyenne 50 ml de mucus insoluble par animal; ce mucus peut être conservé plusieurs jours à - 20°C, ou utilisé immédiatement pour les études viscosimétriques. On utilise pour ces études le microviscosimètre cône-plateau de Brookfield qui permet de travailler sur 1 g de mucus insoluble. La vitesse 35 angulaire du cône mobile est réglée généralement à 12 tr/mn et la température à 37°C. Une échelle graduée de 0 à 100 permet de déterminer la viscosité relative par lecture directe. Avec le mucus seul, on règle l'index sur 100, 70 04271 5 2034559 puis on ajoute 0,1 ml d'une solution tamponnée à pH 7,5 contenant le produit enzymatique à étudier. Si ce produit est actif, la viscosité baisse rapidement et on peut enregistrer la courbe de réduction de viscosité en fonction du temps. Les enzymes de référence trypsine, chymotrypsine sont uti-5 lisés de préférence sous forme hautement purifiée, titrant respectivement 16.000 et 20.000 U.A./mg. Ils provoquent sur le mucus une réduction de viscosité qui atteint un palier en moins de 30 mn3 de sorte que -la durée d'un essai peut être fixée à 30 mn. Pour une concentration de 50 D.A. par gramme de mucus, ces enzymes provoquent une réduction de viscosité de 20%; pour une 10 concentration 5 fois supérieure, soit de 250 U.A. par g de mucus, ils provoquent une réduction de viscosité qui est généralement de 60 et 40% respectivement. Le mucus de veau ou de porc varie d'ailleurs d'un animal à l'autre, de sorte que ces résultats peuvent varier suivant l'échantillon de mucus utilisé; si on obtient des résultats trop éloignés des valeurs précédentes, 15 on peut soit éliminer l'échantillon de mucus, soit le traiter par précipitation fractionnée et remise en suspension, de façon à retrouver approximativement ces valeurs. Avec un tel échantillon de mucus, on détermine la réduction de viscosité provoquée par 250 U.A. du produit enzymatique à étudier pour 1 g 20 de mucus. Si cette réduction est comprise de préférence entre 40 etôO 7=, et plus généralement entre 35 et'65%, le produit enzymatique est sélectionné comme étant satisfaisant au test R.M.V. et donc comme étant capable de provoquer l'optimisation recherchée de la viscosité du mucus» L'action des enzymes sur le mucus est illustrée par la figure 1 25 qui donne en fonction du temps (en mn) en abscisses le pourcentage de réduction en ordonnées. Cette figure rassemble les courbes obtenues avec la trypsine (courbe n° 1) et la chymotrypsine (courbe n° 2), avec un enzyme qui ne satisfait pas au test R.M.V. par défaut (papaîne, courbe na 3), avec un enzyme qui satisfait exactement au test R.M.V. (enzyme de Streptomyces fradiae 30 lot 2, courbe n° 4), enfin avec un enzyme qui ne satisfait pas au test R.M.F. par excès (enzyme de Bacillus subtilis, courbe n° 5). Les résultats obtenus par utilisation de ces enzymes en alimentation animale sont d'ailleurs décrits plus loin (exemple 1). c) Mode d'action - caractérisation indirecte 35 Si certains produits enzymatiques provoquent ainsi une réduction ménagée de la viscosité du mucus, c'est en fait parce qu'ils ont une action ménagée sur les protéines, qui, dans le mucus, forment des ponts 70 04271 6 2034559 entre les macromoléeules de mucines et de mucopolysâccharides. De tels produits dégradent les protéines jusqu'au stade polypçtides sans aller systématiquement jusqu'au stade acides aminés. Cette remarque permet de reconnaître indirectement les produits 5 satisfaisant au test R.M.V. : ce sont les produits qui dégradent les protéines du mucus, et par extension certaines autres protéines,,endormant des polypeptides dont la taille moyenne est comparable à celle des polypeptides obtenus par action de la trypsine et la chymotrypsine sur ces mêmes protéines Le procédé direct et le procédé indirect de reconnaissance des 10 produits satisfaisant au test RMV donnent des résultats qui, sans être entièrement identiques, sont, cependant largement concordants ; on pourra donc sélectionner ces produits par l'un ou l'autre de ces procédés. B - Spécificité du test R.M.V. La sélection par le test. R.M.V. est l'une des deux conditions 15 essentielles que doivent remplir les produits enzymatiques utilisables selon l'invention. L'autre de ces conditions, ainsi qu'on le verra plus loin (exemple 1), est que ces produits soient pratiquement insensibles aux inhibiteurs trypsiques. Les produits enzymatiques satisfaisant au test R.M.V. sont 20 déjà une petite minorité face à la grande majorité des produits ne satisfaisant pas à ce test, soit par défaut, soit par excès. Les produits qui satisfont au test R.M.V., et qui en outre sont pratiquement insensibles aux inhibiteurs trypsiques, constituent donc une minorité encore plus réduite» La double condition précédente peut être dite caractéristique. 25 En effet, ainsi que nous le verrons plus loin sur un exemple particultor (exemple 1), l'expérience montre que les produits enzymatiques temp'lissant cette double condition ont une influence favorable sur la croissance des animaux, et plus gênralement une efficacité réelle dans les compositions alimentaires, vétérinaires, diététiques et pharmaceutiques ssLon l'invention. Inversement, 30 ainsi que nous le verrons dans le même exemple, les produits ne remplissant pas cette double condition ont sur la croissance des animaux une influence défavorable, nulle ou légère et inconstante ; cette influence est alors du même ordre que celle de s produits enzymatiques déjà proposés en alimentation animale avant l'invention, et qui, n'ont pu finalement s'imposer sur le marché 35 en raison de la médiocrité des résultats obtenus. Le grand intérêt d'une sélection des produits enzymatiques par le moyen de la double condition caractéristique précédente est qu'elle permet de reconnaître, d'une manière pratique, rapide et efficace, les produits 70 04271 7 2034559 susceptibles de convenir au but poursuivi avec une probabilité de réussite extrêmement grande. Cette sélection préalable évite de longues et coûteuses expériences sur d'importantes séries d'animaux, qui ont souvent été tentées, mais n'ont conduit jusqu'ici qu'à des résultats insuffisants pour être utilisables 5 en pratique. La présente sélection des produits enzymatiques selon le test RMV ne diffère guère de celle décrite dans la spécification britannique provisoire n° 9619 du, 21.2.69 qui consistait à comparer le produit enzymatique avec lui-même par deux concentrations différentes. Le produit satisfaisant devait 10 avoir sur le mucus intestinal une action qui n'augmentait que faiblement avec , i l'augmentation de la concentration. Ainsi, pour une concentration 5 fois supérieure à celle provoquant en 60 mn une réduction de viscosité de 20 % la réduction devait être comprise de préférence entre 40 et 60 %. Cette méthode avait l'inconvénient d'exiger la détermination préalable, 15 par approximations successives, de la concentration provoquant une réduction de 20 7o, or, cette détermination était relativement imprécise pour une telle valeur de la réduction de la viscosité. La méthode de sélection actuelle qui consiste à comparer directement in vitro le produit enzymatique avec la trypsine et la chymotrypsine 20 donne des résultats plus sûrs tant en étairt équivalents. Pour préparer des produits enzymatiques conformés à la l'invention on a fait appel à deux souches de Streptomyces fradiae (n° 1998 et n° 2019 de la collection du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris). Par les techniques classiques de fermentation, on met en 25 culture l'une de ces souches dans un milieu de production industrielle dont la composition en g/1 de milieu est la suivante : farine de soja 30g/l> glucose 30 g/1, phosphate dipotassique 0,8 g/1, carbonate de calcium 10g/l$ pH 7.0. La température de fermentation est fixée à 28°C et l'aération à 0,3 volume d'air stérile par volume de milieu et par minute. 30 Dans ces conditions, le Streptomyces fradiae ne -produit pas d'anti biotiques et produit en revanche au moins 5 protéases et 2 peptidases. Ces différents enzymes ne peuvent être mis en évidence que par des longues techniques analytiques impraticables en routine, et cependant, il est nécessaire d'éviter autant que possible la formation de certains de ces enzymes et notamment des 35 peptidases qui en concentration trop importantes sont nettement indésirables. Mais l'essentiel est que le mélange enzymatique obtenu satisfasse au test R.M.V. qui est d'une exécution rapide et peut donc être adapté à la routine industrielle. 70 04271 2034559 En général, ce mélange enzymatique ne satisfait pas par défaut au test R.M.V. en début de fermentation, satisfait au test R.M.V. au milieu de fermentation et ne satisfait pas par excès au test R.M.V. en fin de fermentation. En utilisant la méthode précédemment décrite, on arrête la fermentation 5 lorsque l'action sur le mucus du mélange enzymatique obtenu commence à dépasser celle de la chymotrypsine, sans atteindre encore celle de la trypsine. Cette durée de fermentation peut varier d'une-fabrication à l'autre, en fonction de variations minimes et pratiquement incontrôlables des conditions de la fermertation ; cette durée demeure cependant généralement comprise entre 60 et 10 84 h, et le titre total du milieu fermenté est généralement voisin de 3.000 U.A./ml. Par les techniques elàssiqu'es d'extraction mais toujours sous le contrôle du test R.M.V., on prépare à partir de ce milieu fermenté les produits suivants : 15 Produits A : le milieu fermenté filtré est concentré sous vide ; on obtient un produit enzymatique brut liquide titrant au moins 50 000 U.A./ml. Produit B : A partir du produit A,, par atomisation, on obtient un produit enzymatique brut, solide titrant au moins 100 U.A./mg. Produit C : A partir du produit A, par précipitatim saline (sulfate d'ammonium) 20 et séchage sous vide, on obtient un produit enzymatique partiellement purifié titrant au moins 1000 U.A/mg. Produit D : A partir du produit A, par une série de précipitations avec du sulfate d'ammonium et des solvants notamment .1 '.acétone suivies-de remise en solution:,; et par ; séchage sous vide du précipité final, on obtient 25 un produit enzymatique moyennement purifié titrant au moins 10 000 U.A/mg et présentant une relative monôdispersion électrophorétique de l'activité enzymatique. Produit E : A partir du produit D par électrophorèse, en phase liquide,ou 30 chromatographie sur colonne, dialyse et lyophilisation, on sépare l'enzyme prédominant sous forme hautement purifée titrant au moins 50 000 U.A./mg et présentant une absolue monodispersion électrophorétique. Tous ces produits satisfont par définition au test R.M.V. Pour être utilisables selon l'invention, ils doivent encore être pratiquement 35 insensibles aux inhibiteurs trypsiques, comme nous le verrons plus loin (exemple 1). L'expérience montre que c'est bien le cas des produits précédents. Ces produits constituent par conséquent un groupe particulier de produits enzymatiques utilisables selon l'invention. D'ailleurs, toujours par la mise 70 04271 9 2034559 en oeuvre du test R.M.V., d'autres groupes particuliers de produits enzymatiques utilisables selon l'invention peuvent être obtenus à partir d'autres Streptomyces que le fradiae, ou à partir de microrganismes appartenant à d'autres genres3 notamment au genre Bacillus. 5 Les produits A, B ou C ci~dessus définis sont utilisables pour la préparation des compositions alimentaires pour animaux qui pourront être formulées sur la base des exemples suivants : A - Essais sur rats Exemple 1 ~ Rats recevant un aliment de Me Collum 10 * La composition de cet aliment est la suivante : sucre 60%, farine de blé 12%, caséine 18%, levure 3%s suif 3%, sels de Me collum 4%. Des rats blancs albinos, âgés de 3 semaines et pesant environ 40 g sont répartis à raison de 5 mâles ou 5 femelles par cage; ils reçoi-vent à volonté l'aliment ainsi que l'eau de boisson; ils sont pesés individuellement 2 fois par semaine pendant 3 semaines; la croissance quotidienne moyenne est alors déterminée sur des groupes de 10 animaux (5 mâles et 5 femelles). Le groupe témoin reçoit l'aliment de Me Collum. 2q Les groupes expérimentaux reçoivent ce. même aliment supplémenté en enzymes, soit à la dose de 100 UA/g, soit à la dose de 1000 UA/g. En admettant qu'un rat en croissance consomme par jour le l/10e de son poids en aliment (soit 10 g d'aliments par jour pour 1 rat de 100 g) ces doses correspondent respectivement à 10.000 et 100 000 UA par kg 2çj de poids vif et par jour. Les enzymes utilisés sont ceux dont l'action sur le mucus est illustrée par la figure 1. Outre l'enzyme S.F. lot 2 (S.F. = Streptomyces fradiae)qui provoque sur le mucus une réduction de viscosité de 50%, on utilise les enzymes S.F. lot 1 et S.F. lot 3 qui provoquent sur le mucus une 30 réduction de viscosité de 40 et 60% respectivement. Ces 3 lots satisfont au test R.M.V. pris au sens large, puisqu'ils provoquent une réduction de de viscosité comprise entre 35 et 65%, mais seul le lot 2 satisfait au test R.M.V. au sens étroit normalement préféré. Ces 3 lots correspondent au produit C ci-dessus défini, et titrent environ 2000 TJA/mg. 35 Les résultats obtenus sont donnés par le tableau I : 70 04271 10 2034559 10 15 TABLEAU I Influence des enzymes sur la réduction de viscosité du mucus (suivant test R.M.V.) et sur la croissance des rats. Nature de 1'enzyme Papaïne SF Lot 1 SF Lot 2 SF Lot 3 B. S. Réduction de viscosité % 0 30 40 50 60 80 Sans enzyme g/jour 2T&5 Croissance des rats. Avec 100 UA Avec 1000 UA par par g d'aliment g d'aliment a/i°ur % g/i°ur % 2,85 3,45 4,15 3,25 3,00 100 121 145 114 105 2,85 3,40 4,05' 2,95 2,40 100 119 142 103 .84 SF : enzyme de Streptomyces fradiae BS : enzyme de Bacillus subtilis 20 25 30 35 L'enzyme SF lot 2 dont l'action sur le mucus est exactement comprise entre celle de la trypsine et de la chymotrypsine (réduction de viscosité : 50%) provoque une augmentation de la vitesse de croissance des rats comprise entre 40 et 45% pour les 2 doses utilisées. Pour l'enzyme SF lot 1 dont l'action sur le mucus est comparable à celle de la chymptropsine (réduction de viscosité : 40%) cette augmentation est plus faible, mais demeure voisine de 20% pour les deux doses utilisées. Pour l'enzyme SF lot 3 dont lkition sur le mucus est comparable à celle de la trypsine (réduction de viscosité : 60%), cette augmentation est encore de 14% à faible dose, mais devient presque nulle à forte dose. Ainsi, les lots d'enzymes de SF qui satisfont de façon inégale au test R.M.V. ont une influence favorable inégale sur la croissance des rats. D'ailleurs, lorsqu'on met en fermentation un SF sans appliquer le procédé de fabrication selon l'invention, on obtient généralement des lots d'enzymes qui ne satisfont pas au test R.M.V. par excès, et qui ont sur la croissance des rats une influence nettement défavorable. La papaïne qui ne satisfait pas au test R.M.V. par défaut est sans influence sur la croissance des rats. Un enzyme de Bacillus subtilis qui ne satiëfàit pas au test R.M.V. par excès, présente à faible dose une légère influence favorable sur la croissance des rats, mais cette influence est inconstante; d'ailleurs à forte dose, elle devient nettement défavorable. A l'autopsie, la paroi intestinale des rats ayant reçu cette forte dose montre à l'oeil nu des signes évidents d'une hypersécrétion de mucus qui suffit à expliquer le ralentissement de croissance observé. Enfin, la trypsine et la chymotrypsine provoquent une légère et inconstante augmentation de la vitesse de croissance des rats, qui demeure toujours inférieure à 10%. Ces enzymes pancréatiques qui, in vitro.ont sur le mucus une action comparable à celle des enzymes SF lots 1, 2 et 3 ont donc 70 04271 ii 2034559 In vivo sur la croissance des rats une action nettement inférieure.- Cette anomalie peut s'expliquer du fait que la trypsine et la chymotrypsine en excès sont susceptibles d'être bloquées in vivo par les inhibiteurs trypsiques endogènes, tels que l'inhibiteur pancréatique de Kunitz; en revanche, l'en-5 zyme prédominant dans les lots 1, 2 et 3 obtenus à partir de Streptomyces fradiae est pratiquement insensible à cet inhibiteur, de même qu'il est pratiquement insensible aux inhibiteurs exogènes tels que l'inhibiteur du soja. . Exemple II Rats recevant un aliment riche en protéines de soja. 10 Cet aliment, normalement utilisé pour la croissance des poulets, a la composition suivante : farine dë maîs 60%, farine de soja 33%, suif 3%; composé minéral et vitaminique 4%. L'essai est effectué sur des groupes de 10 rats mâles, dans les mêmes conditions générales que l'essai précédent. Le groupe témoin a une croissance moyenne de 5,25 g/jour. 15 Le groupe expérimental 1 qui reçoit le même aliment supplémenté en enzyme SF lot 2 à la dose de 1000 UA/g (ce qui correspond à environ 100000 UA par kg de poids vif et par jour) à la même croissance quotidienne moyenne. Le groupe expérimental 2 qui reçoit le même aliment, mais reçoit une eau de boisson dans laquelle on a dissous l'enzyme SF lot 2 à la dose de 20 500 UA/ml (ce qui correspond également à environ 100 000 UA par kg de poids vif et par jour) à une croissance moyenne de 7,3 g/jour, qui est donc augmentée de 39%. L'insuccès observé pour le groupe expérimental .1 n'est pas dû à la présence dans le soja de l'inhibiteur trypsique de Northrop, car cet 25 inhibiteur avait été détruit par le traitement thermique normalement effectué par le fournisseur de cette matière première. Cet insuccès est dû plutôt au fait que l'enzyme semble avoir une affinité particulière pour les protéines du soja, qui lorsqu'elles sont ajoutées dans l'aliment en concentration élevée, peuvent capter la totalité de l'enzyme; dès lors, cet enzyme ne pourra plus 30 agir sur les protéines du mucus dont .la viscosité ne sera plus réduite. Mais, si on ajoute l'enzyme dans l'eau de boisson au lieu de l'ajouter dans l'aliment, cette captation sera en partie évitée, d'où le succès obtenu avec le groupe expérimental 2. Il est donc en général préférable d'ajouter 1'enzyme dans l'eau de boisson; l'expérience montre d'ailleurs que la sta-35 bilité de l'enzyme en solution est suffisante pour que ce mode d'administration soit praticable dans les élevages industriels. Exemgle III = Travaux sur anse intestinale isolée Ces travaux ont pour but de mettre en évidence directement 1'augmentation de la vitesse d'absorption des aliments à travers la paroi intestinale. \ 70 04271 12 2034559 On opéré sur cinq rats .à la diète depuis 24 heures, pesant environ 150 g et anesthésiés. à l'uréthane. Après ouverture de la cavité abdominale, 6n isole environ 10 cm d'iléon, chaque extrémité étant , mise par sonde en communication avèc l'extérieur; on lave l'iléon, puis on. 5 introduit 0,4 ml d'une solution d'hydrolysat de caséine contenant 2,5 mg d'azote. On laisse là solution en place dans l'iléon pendant 10 mn puis on la recueille et on introduit une solution de rinçage .que l'on recueille également ; on dose l'azote résïduatre dans les salutions ainsi recueillies. Sur le même rat; on*refait le même essai mais en introduisant préalablement 10 0,05 ml d'une solution à 0,5 mg/ml d'enzymes SF lot 2, soit environ 50 U.A. On constate que le pourcentage d'azote absorbé varie beaucoup d'un animal à l'autre dans les essais témoins sans enzyme et qu'il est en moyenne de 5 % ; dans les essais expérimentaux ce. pourcentage est moins variable et il est beaucoup plus élevé puisqu'il atteint en moyenne 17 %. 15 Par cette même technique, on peut étudier la vitesse d'absorp tion des autres aliments, et son augmentation éventuelle sous l'influence de l'enzyme. On constate que cette augmentation est en général plus grande pour les protides que pour les glucides ou les lipides. L'augmentation de la vitesse de croissance par l'enzyme doit doncose faire au profit des tissus musculaires 20 de l'animal plutôt qu'au profit de ses substances de réserve ; on peut donc dire que la croissance de l'animal est améliorée non seulement en quantité, mais aussi en qualité. - Par cette même technique, on peut étudier également la vitesse d'absorption des médicaments, dont le passage à travers la paroi 25 intestinale peut d'ailleurs être ou non sous la dépendance d'un transporteur spécifique. On constate que cette vitesse d'absorption est en général augmentée par l'ènzyme,'mais de façon inégale suivant les médicaments. B - Essais sur poulets - Exemple IV - Poulets élevés au sol 30 ■ Des poulets mâles de souche Ârbor-Acres sont d'abord élevés tous ensemble et reçoivent le même aliment de démarrage. A l'âge de 12 jours, ils sont répartis en 4 groupes de 25 ayant le même poids moyen. (124 g) et la même déviation standard (3.28). Le groupe témoin 1 reçoit un aliment à base de maîs et de 35 soja ayant une concentration faible en protéines (16 %). En fin d'essai à .l'âge de, 58 jours, soit après 46 jours d'essai, le poids moyen est de ' - " ' . \ ' 1 430 g et l'indice de consommation (rapport du poids d'aliment 'consommé au poids des animaux) est de 2.30. 70 04271 13 2034559 Le groupe expérimental 1 reçoit le même aliment supplémenté par 4 g/kg du produit B ci-derssus défini, titrant 100 U.A/mg ; la dose d'enzyme est ainsi de 400 U.A/kg d'aliment, ce qui correspond à environ 40 000 U.A/kg de poids vif et par jour. En fin d'essai, le poids moyen 5 est de 1553 (+ 8 %) et l'indice de consommation de 2.15 (- 7 %). Le groupe témoin 2 reçoit un aliment à base de maîs et de soja, ayant une concentration normale en protéines (22 %). En fin d'essai, le poids moyen est de 1 676 g et l'indice de consommation 2.09. Le groupe expérimental 2 reçoit le même aliment également 10 supplémenté à la dose de 400 U.A par kg d'aliment. En fin d'essai, le poids moyen est de 1 772 g (+ 6 %) et l'indice de consommation de 1.98 (-5 %). Exemple V - Poulets élevés en batterie. L'essai porte sur 2 lots d'environ 6 000 poulets de souche Vauguard-Garrison élevés en batterie. Le lot témoin reçoit sous forme de 15 farine un aliment commercial à base de soja et de maîs dans lequel on trouve par analyse 21 % de protéines et 5 °U de lipides ; cet aliment est garanti contenir 8 mg/kg de pénicilline-procaîne et 25 mg/kg de tétracycline. Le lot expérimental reçoit le même aliment supplémenté par 400 mg/kg du produit C ci-dessus défini, titrant 2 000 U.A/mg ; la dose d'enzyme est ainsi de 20 800 U.A par kg d'aliment, ce qui correspond à environ 80 000 U.A/kg de poids vif et par jour. Au 30ème jour de l'essai, les poulets ont apparemment le même développement dans les 2 lots, mais chaque poulet a consommé en moyenne 1 080 g d'aliment dans le lot témoin, et seulement 903 g dans le lot 25 expérimental d'où une économie d'environ 16 % sur l'aliment. A partir du 40ème jour, il se développe dans l'ensemble de l'élevage une épidémie à laquelle le lot expérimental résiste beaucoup mieux. En fin d'essai à 60 jours, les mortalités sont de 5 % pour le lot témoin et seulement 1,6 % pour le lot expérimental. 30 Les poids moyens sont de 1 346 g et 1319 g respectivement. Cette faible différence en moins pour le lot expérimental s'explique par le fait que, dans ce lot, des animaux de faible constitution ont survécu, alors qu'ils seraient probablement morts en l'absence d'enzyme. Les indices de consommation sont de 2.8 et 2.63 respectivement, 35 d'où une économie de 6,5 % sur l'aliment pour le lot expérimental. Un calcul économique simple montre que les bénéfices pour 1000 poulets sont de 64 F. et 266 F respectivement, compte non tenu du prix de l'enzyme. 70 04271 14 2034559 Essai de contrôle : Au début de l'essai principal, on prélève dans chaque lot un groupe de 25 poulets qui sont élevés au sol dans un local séparé où les conditions hygiéniques sont meilleures. La mortalité est nulle pour ces groupes. Les poids moyens sont de 1 603 g pour le groupe témoin; et de 5 1746 g (+ 9 %) pour le groupe expérimental. Les indices de consommation sont de 2.68 et de 2.41 (-10 %) respectivement. Exemple VI - Répétition de l'exemple V Cependant l'exemple V correspond à un essai effectué en plein été pendant une vague chaleur dont les animaux ont visiblement souffert, tandis 10 que l'exemple IV correspond à un essai effectué en automne-dans des conditions climatiques plus normales. En fin d'essai â 60 jours, les mortalités sont de 7,9 % pour le lot témoin et de 4,8 % pour le lot expérimental. Les poids moyens sont de 1 338g et de 1 356 g respectivement. J 15 Les indices de consommation sont de 2.73 et de 2.38 respective ment, d'où une économie de 12,4 "U sur l'aliment pour le lot expérimental. Un calcul économique simple montre que les bénéfices pour 1000 poulets sont de 77 F. et 469 F respectivement, compte ùon tenu du prix de l'enzyme. 20 Remarque - Ces essais sur poulets ont été effectués avant d'avoir suspecté le risque de captation de l'enzyme par les protéines du sdja, et d'y avoir remédié par addition de l'enzyme dans l'eau de boisson comme dans l'exemple II. On peut obtenir sur.-. poulets des résultats bien meilleurs, et 25 notamment des augmentations de la vitesse de croissance comparables à celles observées dans l'exemple II (+ 39 %), en ajoutant l'enzyme dans l'eau de boisson au lieu de l'ajouter dans l'aliment. C - Essais sur veaux 30 Dans ce cas particulier, outre son action principale sur le mucus intestinal, un produit enzymatique selon l'invention peut exercer aussi une action non négligeable sur l'aliment lui-même. En effet, entre le moment où le lait reconstitué à partir de lait en poudre est porté à 37°C, et le moment où il est consommé par les veaux, il s'écoule souvent environ 35 1/2 heure. Cette durée est suffisante pour que, en milieu liquide à 37°C, les protéines du lait soient partiellement dégradées par le produit enzymatique, ce qui contribue aussi dans une certaine mesure à l'amélioration globale de la croissance des veaux. 70 04271 15 2034559 • >v. Les exemples V et VI montrent que dans les élevages en ferme : industrielle3 la mortalité est nettement abaissée pour les lots expérimentaux :-et ;cetjter constatation peut recevoir différentes interprétations. ... En particulier., on sait que les microrganismes pathogènes sont 5 . ^parfois..abondants dans la couche du mucus profond,, et que les coccidies ou d'autres parasites contribuent parfois à la formation de cryptes intestinales où ils se logent; lorsque ces microrganismes, ces coccidies ou ces parasites , ,sont,enrobés dans un mucus trop visqueux, ils peuvent échapper à l'action des .antibiotiques, des anticoccidies ou des antiparasitaires normalement ajoutés 10 dans les aliments. Les enzymes capables de provoquer une réduction ménagée de la viscosité du mucus intestinal peuvent donc arçoir un effet activateur sur les- antibiotiques, les anticoccidies et les antiparasitaires; ainsi peut s'expliquer en partie la diminution de mortalité observée pour les lots expéri-.yaent^ux. Les produits enzymatiques selon l'invention peuvent donc permettre .14,.„de.Réduire la dose des antibiotiquess des anticoccidies et des antiparasitaires ; ...- .normal.emen.t ajoutés dans les aliments composés pour animaux, sans diminution de l'a protection assurée par ces 3 types de produits. D'autre part, les produits enzymatiques selon l'invention permettent d'augmenter la vitesse d'absorption à travers la paroi intestinale 20 de certains médicaments vétérinaires, ains qu'on peut le mettre en évidence ..par..la technique décrite dans l'exemple III. _ .. Ces produits sont donc utilisables pour la préparation de différentes compositions vétérinaires. ... Les compositions alimentaires pour les animaux comprennent en -25 -association avec un excipient physiologiquement acceptable au moins un des produits A, B ou C. Elles sont administrées à la dose de 1000 à 20000 UA par kg de poids corporel et par jour. Par excipient on entend soit des solides tels que le lactose, soit des solvants,soit encore les enrobages protégeant les.produits enzymatiques avant leur utilisation. 30 Les compositions vétérinaires agissant au niveau du mucus intes tinal, pour faciliter l'absorption des médicaments contiennent au moins un des produits A, B ou C, et elles sont administrées à la dose de 5000 à 200000 UA/kg de poids corporel et par jour. ... La forme d'administration la plus convenable dans les deux cas 35 est celle qui convient par voie orale. . Les résultats précédemment décrits relatifs aux essais effectués chez l'animal sont extrapolables aux êtres humains. Dans ce but, afin d'obtenir 70 04271 « ' 2034559 en toute sécurité l'effet désiré au lieu d'utiliser un produit enzymatique brut ou partiellement purifié on prendra un produit moyennement purifié, par exemple le produit D. On réalisera ainsi des spécialités diététiques et pharmaceutiques agissant au niveau du mucus intestinal. Les compositions 5 diététiques contiennent au moins un des produits D ou E, et sont administrées à la dose de 1000 à 20000 UA/kg de poids corporel et par jour. Les compositions pharmaceutiques agissant au niveau du mucus intestinal pour améliorer l'anabolisme ou augmenter l'efficacité des médicaments contiennent au moins un des produits D ou E et sont 10 administrées à la dose de 5000 à 200000 UA par kg de poids corporel et par jour. Comme le mucus intestinal, le mucus bronchique doit en partie sa viscosité à la présence de macromolécules de mucines reliées entre elles par des ponts de protéines. Le principe d'une action ménagée sur la viscosité du mucus par action ménagée sur les protéines de ce mucus est dont également 15 applicable. De ce fait, la trypsine et la chymotrypsine ont déjà été proposées en thérapeutique bronchique, mais leur utilisation s'est trouvée limitée par diverses raisons, et notamment par l'existence dans le mucus bronchique d'inhibiteurs trypsiques, d'ailleurs différents de l'inhibiteur de Runitz. 20 Par contre, l'expérience montre que ces inhibiteurs sont sans action sur les produits enzymatiques appartenant au groupe particulier ci-dessus décrit. Ces produits sont donc utilisables pour réduire modérément la viscosité du mucus bronchique, ce qui facilitera l'évacuation du mucus en excès et l'action des antibiotiques. 25 La muqueuse bronchique étant plus fragile et moins étendue que la muqueuse intestinale, ces produits qui pourront être donnés en aérosol, ou sous une autre forme convenable d'administration, seront de préférence des produits très purifiés, tels que le produit D pour les animaux et les produits D ou E pour les être humains, et seront utilisés à doses relativement faibles comprises 30 généralement entre 500 et 50000 UA par kg de poids corporel et par jour. Comme le mucus intestinal, le mucus cervical doit en partie sa viscosité à des macromolécules de taille particulièrement grande, reliées entre elles par des ponts de protéines. Le principe d'une action ménagées sur la viscosité du mucus par action ménagée sur les protéines de ce mucus 35 est donc également applicable. L'action ménagée sur la viscosité du mucus cervical apparaît nettement souhaitable dans la pratique de l'insémination artificielle chez les bovins, qui est en plein développement actuellement. En effet, le taux 70 04271 17 2034559 de réussite à la première intervention n'est encore que de 65% en moyenne, ce qui peut s'expliquer en partie par le fait qu'un mucus cervical trop visqueux provoque parfois la formation d'un véritable bouchon cervical venant obturer le col de l'utérus et empêcher la progression des sperma-5 tozoïdes. En outre, il est maintenant reconnu que la réussite d'une insémination est en partie conditionnée par la présence dans la semence d'une activité trypsique suffisante, propre à assurer la capacitation des spermatozoïdes. Il est également reconnu que le mucus cervical peut contenir 10 certains inhibiteurs trypsiques. les produits enzymatiques appartenant au groupe particulier ci-dessus défini, ayant une activité du type trypsique, et étant généralement insensibles aux inhibiteurs trypsiques, peuvent donc provoquer une réduction ménagée de la viscosité du mucus cervical, et contribuer à la capacitation 15 des spermatozoïdes. Ils pourront ainsi faciliter le traitement par les antibiotiques des malades affectant les voies génitales, et augmenter le taux de réussite à la première intervention en insémination artificielle, comme d'ailleurs en insémination naturelle. Les muqueuses vaginale et utérine étant plus fragiles et moins 20 étendues que la muqueuse intestinale, les produits enzymatiques qui serviront à la préparation des ovules seront de préférence des produits très purifiés, tels que le produit D pour les animaux et les produits D ou E pour les êtreshumains, et seront utilisés à doses relativement faibles (comprises généralement entre 500 et 50.000 D.A. par kg de poids et par jour). TABLEAU II Doses à administrer par jour et titre minimal du produit enzymatique selon les applications. O O -E* K> Titre minimal du produit enzymatique Animaux Doses à administrer par jour Thérapeutique Niveau d'action Mucus intestinal Mucus bronchique Mucus cervical Alimentation Etres Humains Thérapeutique Niveau d'action Mucus intestinal Mucus bronchique Mucus cervical Diététique 50.000 UA/ml 100 UA/mg 1.000 UA/mg 10,000 UA/mg 50.000 UA/mg 5.000 à 200.000 ( UA/kg de poids corporel 1000 à 20.000 UA/kg de poids corporel 500 à 500 à 50.000 UA/kg 50.000 de poids corporel UA/kg de poids corporel 5.000 à 200.000 UA/kg de poids corporel 500 à 50.000 UA/kg de poids corporel I 500 à 50.000 UA/kg de poids corporel 1000 à 20.000 UA/kg de poids corporel K3 O ou Cn Cn •O 70 04271 19 2034559 REVENDICATIONS 1 - Produits enzymatiques protéolytiques destinés à optimiser in vivo la viscosité des mucus intestinal, bronchique et cervical, caractérisés en ce que, d'une part, in vitro à 37 °C la réduction de viscosité de 1 g de mucus intestinal traité par 0,1 ml d'une solution tamponnée à pH 7,5 de 5 250 UA desdits produits enzymatiques est, toutes choses égales d'ailleurs, comprise entre, au maximum, la réduction de viscosité due à.250 UA de trypsine pure plus 5 % et, au minimum, la réduction de viscosité due à 250 UA de chymotrypsine pure moins 5 %, la diminution de viscosité étant exprimée en pourcentage par rapport à la viscosité du mucus non traité et étant pour 10 le mucus de porc et de veau' respectivement de 60 % pour la trypsine et de 40 % pour la chymotrypsine après 30 mn de dégradation enzymatique et, d'autre part, lesdits produits enzymatiques sont insensibles aux inhibiteurs trypsiques. 2 - Produits enzymatiques selon la revendication 1, caractérisés 15 en ce que, in vitro, la réduction deviscosité du mucus intestinal due auxdits produits enzymatiques est exactement comprise entre celle de la trypsine et celle de la chymotrypsine. 3 - Produits enzymatiques selon l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisés en ce qu'ils sont obtenus par fermentation de microrga- 20 nismes producteurs de protéases, puis extraction. 4 - Produits enzymatiques selon la revendication 1, caractérisés en ce qu'ils sont obtenus à partir de Streptomyces. 5 - Produits enzymatiqtres" selon la revendication 4, caractérisés en ce qu'ils sont obtenus à partir de'"Streptomyces fradiae. 25 6 - Produits enzymatiques selon la revendication 5, caractérisés en ce qu'ils proviennent des souches de Streptomycés fradiae, n" 1998 et 2019 de la collection du Muséum National D'histoire Naturelle de Paris. 7 - Produits enzymatiques selon l'une quelconque des revendications 4 à 6, obtenus sous forme solide ou liquide par extraction des jus de 30 fermentation. 8 - Produits enzymatiques selon la revendication 7, titrant au moins 50 000 UA/ml. 9 - Produits enzymatiques selon la revendication 7, titrant au moins 100 UA/mg. 70 04271 20 2034559 10 - Produits enzymatiques selon la revendication 7,titrant au moins 1 000 UA/mg. 11 - Produits enzymatiques selon la revendication 7,titrant au moins 10 000 UA/mg. 5 12 - Produits enzymatiques selon la revendication 7, titrant au moins 50 000 UA/mg et présentant une monodispersion absolue par éleetro-phorèse. 13 - Procédé de préparation de produits enzymatiques protéolytiques optimisant in vivo la viscosité des mucus intestinal, bronchique et cervical, 10 à partir d'un microrganisme, ledit procédé étant caractérisé en ce que la fermentation dudit microrganisme est stoppée dès que la réduction de la viscosité de 1 g de mucus intestinal à 37aC in vitro par 0,1 ml d'une solution de 250 UA de produits enzymatiques obtenus est, toutes choses étant égales d'ailleurs, comprise entre, au maximum, la réduction de viscosité due à 15 250 UA de trypsine pure plus 5 % et, au minimum, la réduction due à 250 UA de chymotrypsine pure moins 5 %, la diminution de viscosité exprimée en pourcentage par rapport à la viscosité du mucus de porc ou de veau non traité étant respectivement de 60 7» pour la trypsine et 40 % pour la chymotrypsine après 30 mn de dégradation enzymatique, la souche sélectionnée devant éga-20 lement fournir des produits insensibles aux inhibiteurs trypsiques et en ce que lesdits produits enzymatiques sont susceptibles d'être purifiés. 14 - Procédé de préparation selon la revendication 13, caractérisé en ce que la fermentation de la souche productrice est stoppée dès que la réduction de viscosité du mucus intestinal est exactement comprise entre les 25 valeurs de celle de la trypsine (diminution de 60 %) et celle de la chymotrypsine (diminution de 40 %). 15 - Procédé de préparation selon la revendication 14, caractérisé en ce que la souche productrice de produits enzymatiques est choisie parmi les Streptomyces. 30 16 - Procédé de préparation selon la revendication 15, caractérisé en ce que la souche est un Streptomyces Fradiae. 17 - Procédé selon la revendication 16, caractérisé en ce que la souche est choisie parmi les souches na 1998 et 2019 de la collection du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris, 35 18 - Procédé selon la revendication 17, caractérisé en ce que ladite souche est cultivée à 28°C sur une liqueur nutritive contenant en gramme par litre de milieu 30 g/1 de farine de soja, 30 g/1 de glucose, 0,8 g/1 70 04271 21 2034559 de phosphate disodique, 10 g/1 de carbonate de calcium, à pH 7,0, l'aération étant de 0,3 volume d'air stérile par volume de milieu et par minute, la durée de fermentation étant de 60 à 84 heures et le titre final du milieu de fermentation étant de l'ordre de 3 000 UA/ml, 5 19 - Procédé selon la revendication 18, caractérisé en ce que le jus filtré de fermentation est concentré sous vide jusqu'à un titre de 50 000 UA/ml au moins. 20 - Procédé selon la revendication 19, caractérisé en ce que, par atomisation dudit jus concentré, on obtient un solide titrant au moins 10 100 UA/mg. 21 - Procédé selon la revendication 19, caractérisé en ce que, par précipitation avec du sulfate d'ammonium et séchage sous vide dudit jus concentré , on obtient un solide titrant au moins 1 000 UA/mg. 22 - Procédé selon la revendication 19, caractérisé en ce que, 15 par une série de précipitations avec du sulfate d'ammonium et de l'acétone suivies de redissolution, puis séchage sous vide, on obtient un solide titrant au moins 10 000 UA/mg. 23 - Procédé caractérisé en ce que l'on fait subir une électro-phorèse en phase liquide ou chromatographie sur colonne au produit obtenu 20 selon la revendication 22 pour obtenir un produit titrant au moins 50 000 UA/mg. 24 - Compositions alimentaires, vétérinaires , diététiques ou pharmaceutiques, caractérisées en ce qu'elles contiennent, en association avec un support physiologiquement acceptable, au moins un des produits enzy- 25 matiques selon l'une quelconque des revendications 1 à 12. 25 - Compositions alimentaires pour animaux selon la revendication 24, en vue de favoriser la croissance de ces derniers en qualité et quantité, caractérisées en ce qu'elles contiennent comme produit enzymatique optimisant la viscosité du mucus intestinal un produit choisi parmi ceux qui titrent au 30 moins 50 000 UA/ml, au moins 100 UA/mg et au moins 1 000 UA/mg et en ce que ledit produit enzymatique est administré per os, à la dose de 1 000 à 20 000 UA par kg de poids corporel et par jour. 26 - Compositions vétérinaires selon la revendication 24, en vue d^augmenter l'efficacité des médicaments administrés per os, caractérisées 35 en ce qu'elles contiennent comme produit enzymatique optimisant la viscosité du mucus intestinal, un produit choisi parmi ceux qui titrent au moins 50 000 UA/ml, au moins 100 UA/mg et au moins 1 000 UA/mg et en ce que ledit produit enzymatique est administré per os à la dose de 5 000 à 200 000 UA/kg de poids corporel et par jour. 70 04271 2034559 27 - Compositions diététiques pour les êtres humains selon la revendication 24, caractérisées en ce qu'elles contiennent un produit enzymatique optimisant la viscosité du mucus intestinal choisi parmi ceux titrant au moins 10 000 UA/mg et 50 000 UA/mg et en ce que ledit produit enzymatique 5 est administré per os à la dose de 1 000 à 20 000 UA/kg de poids corporel et par jour. 28 - Compositions pharmaceutiques selon la revendication 24 en vue d'améliorer l'anabolisme et d'augmenter l'efficacité des médicaments, caractérisées en ce qu'elles contiennent,comme produit enzymatique optimisant 10 la viscosité du mucus intestinal, un produit choisi parmi ceux qui titrent au moins 10 000 UA/mg et 50 000 UA/mg et en ce que ledit produit enzymatique est administré per os à la dose de 5 000 à 200 000 UA par kg de poids corporel et par jour. 29 - Compositions vétérinaires selon la revendication 24, pour le 15 traitement des affections des voies respiratoires, caractérisées en ce qu'eiles contiennent un produit enzymatique optimisant la viscosité du mucus bronchique titrant au moins 10 000 UA/mg et en ce que ledit produit enzymatique est administré sous forme d'aérosol ou sous toute autre forme acceptable à la dose de 500 à 50 000 UA par kg de poids corporel et par jour, ' 20 30 - Compositions pharmaceutiques selon la revendication 24, pour le traitement des affections des voies respiratoires, caractérisées en ce qu'elles contiennent un produit enzymatique optimisant la viscosité du mucus bronchique choisi parmi les produits enzymatiques titrant,d'une part, au moins 10 000 UA/mg et, d'autre part, au moins 50 000 UA/mg et en ce que ledit pro- 25 duit enzymatique est administré sous forme d'aérosol ou sous toute autre forme convenable à la dose de 500 à 50 000 UA par kg de poids corporel et par jour. 31 - Compositions vétérinaires selon la revendication 24 pour le traitement des affections génitales et notamment le traitement de la stérilité, caractérisées en ce qu'elles contiennent un produit enzymatique opti- 30 misant la viscosité du mucus cervical, titrant au moins 10 000 UA/mg, et en ce que ledit produit enzymatique est administré notamment sous forme d'ovule à la dose de 500 à 50 000 UA par kg de poids corporel et par jour. 32 - Compositions pharmaceutiques selon la revendication 24, pour le traitement des maladies affectant les voies génitales et notamment le trai- 35 tement de la stérilité, caractérisées en ce qu'elles'contiennent un produit enzymatique optimisant la viscosité du mucus cervical choisi parmi les produits enzymatiques titrant, d'une part, au moins 10 000 UA/mg et, d'autre part, au moins 50 000 UA/mg et en ce que ledit produit enzymatique est administré notamment sous forme d'ovule à la dose de 500 à 50 000 UA/kg de poids corporel 40 et par jour.