L'invention concerne une composition à usage externe dit kératolytique, plus précisément destinée à la disparition définitive des cors et oeils de perdrix ou cors interdigitaux. On sait que les cors et oeils de perdrix naissent à partir de l'épiderme du fait d'un continuel frottement d'une peau irritée ou sensibilisée soit sur elle-même (contact interdigital) soit sur des parties dures qui la traumatisctt(cals des mains au cours du travail manuel). Les produits kératolytiques d'autre part sont, comme leur nom l'indique, des composés formés pour l'essentiel d'un produit chimique activement agressif en tant que destructeur des épithéliums durcis. Ce produit est soit un acide organique (acide salicylique, acide benzol- que...) soit un phénol (résorcine, dioxyanthranol etc...) soit une base très alcaline (triéthanolamine...), ce produit étant dilué dans un ou plusieurs excipients passifs pour former une pommade. Du fait du caractère destructeur des produits cidessus cités, les parties du tissu épithélial qui viennent à être traitées se retrouvent du fait même du traitement dans un état sinon ulcéreux, au moins fragilisé, en tout cas dépourvu de protection contre les traumatismes et donc particulièrement sensibles à ce traumatisme permanent que représente la simple marche pour un tissu mis à vif. Ainsi les conditions les plus favorables à la réapparition du mal se trouvent-elles créées par le remède même qui a e été employé pour sa destruction. De ce fait, tous les malades constatent la réapparition de leur mal sitôt celui-ci détruit. Manifestement, les parties dures se reforment automatiquement à partir des chairs mises à vif et ce sous l'influence de la simple pression interdigitale ou de la pression du soulier. Ce phénomène est logique car les parties durcies ne s'étaient durcies que pour mieux protéger le derme sous-jacent une fois détruites elles se reforment à nouveau pour la même raison. Ainsi, tous les produits kératolytiques proposés à ce jour restent-ils pratiquement sans effet durable, non pas tant qusils soient inefficaces "en soi", c'est-à-dire sans effet superficiel éphémère de par leur caractère effectivement destructeur, mais en tant qu'ils ne peuvent pas engendrer un état durable de gufirison parce qu'ils recrèent très précisément à l'endroit même où ils ont e' éte déposés les mauvaises conditions qui sont connues pour être la source même du mal. Les produits classiques utilisés juqutici sont basés sur l'unique idée de détruire le cor et de l'ane- antir si possible jusqu'à la racine ; après l'avoir détruit, ils laissent toutefois la partie antérieurement malade en de si mauvaises conditions que le mal ne tarde pas à réapparaître; rien jusqu'ici n'a été proposé pour rétablir après la destruction du cor, des conditions saines propres à une guérison définitive. En résumé, la conception des produits kératoly- tiques actuels repose sur un cercle vicieux ; ils chassent bien effectivement le mal,mais en le détruisant ils recrèent précisément les conditions en quelque sorte nécessaires et suffisantes pour le faire réapparaître de sorte qu'il réapparait toujours là où on l'a detruit et aussitôt après qu'on l'ait détruit. On a essayé d'ameliorer le remède destructif proposé par addition de produits "anti-ulcéreux" destinés a soigner le mal provoqué par le remède. Les produits anti-ulcéreux n'apportent cependant pas 1'amélioration souhaitée. Les produits anti-ulcéreux et cicatrisants divers appartiennent à toutes sortes de catégories chimiques diverses et leur mode d'action est très mal défini ; ils ne sont d'ailleurs le plus souvent que de simples composés anti-acides-destines à neutraliser la plaie, voire de simples imperméabilisants protecteurs passifs des plaies.La liste des produits anti-ulcéreux est longue et inutile à citer ici ; nous ne donnerons qu'un seul exemple, celui du diméthicon (polyméthylsiloxanne) pour faire état d'un certain désir théorique d'amélio- ration des produits kératolytiques qui est resté de fait sans effet pratique faute d'avoir employé un véritable reconstituant actif du tissu en se contentant d'ajouter un produit passivement protecteur de la plaie. Il faut enfin rappeler que c'est quantitativement l'acide salicylique qui est l'agent le plus couramment employé en kératolyse où il est proposé à la concentration de 10 5o dans la vaseline ou de 30 % dans la lano léine. La présente-invention s'est donne pour but de remédier à ces inconvenients.- C'est ainsi qu'elle propose d'associer au produit agréssif destructeur (du tissu malsain ou durci) un produit bourgeonnant ou accélérateur de l'épithélialisation (du tissu sain ou mou) de manière à reconstituer aussitôt (et dans le tempsmême où l'on détruit les parties malades) un tissu sain de rechange. La réapparition rapide d'un tissu sain extério- risant une surface 'raichement reconstituée et molle évite de passer par les conditions propres a' la reprise automatique du mal.On assure ainsi définitivement le rétablissement d'un épiderme protecteur en excellente santé, c'es*-à-dire pr t à supporter les éventuels frot- tements et traumatismes superficiels sans réactions pathologiques (en particulier le frottement interfacial ou interdigital impossible å éviter). Il en résulte une guérison complète qui écarte définitivement la reprise d'un mal réputé chronique. Les produits bourgeonnants ou accéiérateurs dé l'épithélialisation des tissus n'ont jamais donnés lieu à notre connaissance, à des recherches spéciales en lit- térature dermatologique. Ils appartiennent seinble-t'il à une classe de produits chimiques relativement bien définie. On cite particulièrement l'allantoïne (ou uréido 5-hydantotr.e, ou encore cordianine) et11l'oxyf'erriscorbone" (composé ferrisodé de l'acide alloxanique et de l'acide gluconique). Ces deux composés comportent chimiquement le cycle hydantoinique dans leur formule. L'invention a donc pour objet une composition à usage kératolytique qui comporte l'association d'un produit agressif destructeur de l'épiderme tel que l'a- cide salicylique et d'un produit bourgeonnant, accélérateur de l'épithélialisation choisi parmi l'allantoïne etnltoxyferriscorbone" en présence d'un excipient adapté. Comme dans toute pommade, l'ensemble des produits proprement pharmaceutiques doit être dissous dans un excipient huileux qui n'a pas par lui-mEme d'activité propre, sinon la propriété physique de solvatation et de viscosité qui permet de coller au mieux les produits actifs sur les parties malades sans en déborder et en favorisant autant que faire se peut la migration des produits jusqu'au derme. cet effet, parmi les produits classiques depuis longtemps connus, on utilise de pré féroce le Sorbitol qui apporte des, élements nourriciers, favorables à la reconstitution de l'épiderme. Selon un mode de réalisation préféré de l'inven- tion, la composition est constituée de 20 à 50 % et de préférence de 30 % d'acide salicylique, de 5 à 20 ,o et de préférence de 10 % d'allantoïne, dans une quantité suffisante de Sorbitol, pris comme excipient. L'application de pommade doit avoir lieu après avoir pris un bain de pied suffisamment prolongé pour permettre le gonflement des parties durcies que l'on peut ainsi enlever facilement au rasoir (ces parties faisant naturellement barrière au iraitement) C'est donc sur la chair mise à vif, sans saignement, que sera déposée la pommade. Eventuellement, on peut séparer produit agressif et produit bourgeonnant en deux pommades distinctés pour les appliquer l'une après l'autre en deus couches successives. Ce procéde permet de concentrer et de localiser d'abord l'attaque agressive sur la partie malade seule puis ensuite d'étaler au-dessus une quantité plus large et inoffensive de pommade reconstituante débordant sur les parties saines pour les faire proliferer et de ce fait les isolant par là même du produit agresseur. Outre l'avantage de détruire d'abord pour reconstruire ensuite, ce procédé permet d'éviter d'utiliser les auréoles de feutre bien connues qui maintiennent les produits agressifs au bon endroit de crainte qui n'attaquent aussi les parties saines. L'inventeur a pu constater les effets spectaculaires de la composition selon l'invention. Une seule application a permis d'éliminer un oeil de perdrix particulièrement rebelle à tout autre traitement classique. La guérison a été totale en 48 heures. I1 est évident que l'on peut ajouter à la composition selon l'invention d'autres composés susceptibles d'en parfaire les effets sans toutefois toucher à son activité thérapeutique essentielle. C'est ainsi que l'on peut y adjoinre des composés antiseptiques, antiinflammatoires et/ou conservateurs. Ces composés sont alors ajoutés pour leur propriété propre déjà connue, à savoir prévenir autant que faire se peut les risques éventuels d'infection ou d'inflammation qui sont en I'occurence si faibles que ces produits ne figurent qu'a' titre tout-à-fait secondaire et en quantités mineures par rapport aux produits réellement revendiqués comme actifs, c'est-à-dire l'un qui dé-- truit et l'autre qui reconstruit le tissu et dont les activités contraires aboutissent à produire l'effet globalement satisfaisant recherché grâce à leuis concentrations respectives. L'acide salicylique et l'allantoine ne sont ni l'un ni l'autre à aucun tableau (A, B ou C) et sont l'un comme l'autre déjà séparement largement employésà usage externe et ce, très précisément, en raison de leur inocuité. Quant aux adjuvants possibles, leur concentra tion très faible les exonèreraient de leur toxicité éventuelle s'ils en avaient à l'état pur. - REVENDICATIONS i - Composition à usage kératolytique, caractérisée en ce qu'elle comporte l'association d'un produit agressif destructeur de l'épiderme et d'un produit bourgeonnant, accélérateur de l'épithélialisation1 en présence d'un excipient adapté. 2 - Gomposition selon la revendication 1, caractérisée en ce que le produit agressif destructeur de l'é- piderme est choisi parmi les acides organiques, les phé nols et les bases très alcalines. 3 - Composition selon la revendication 2, caractérisée en ce que le produit agressif destructeur de l'épi- derme est l'acide salicylique. 4 - Composition selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée en ce que le produit accélérateur de l'épitbélialisation est choisi parmi les hydan tomes substituées telles que l'allantoïne et1,l' oxyferris corbone," 5 - Composition selon l'une quelconque des revendications i à 4, caractérisée en ce que le produit agressif destructeur de l'épiderme et le produit accélérateur d'épithélialisation sont appliqués en une formulation commune. 6 - Composition selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisée en ce que- le produit agressif destructeur de l'épiderme et le produit accélérateur d'épithélialisation sont appliqués en deux formulations distinctes. 7 - Composition selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisée en ce qu'elle est constituée de 20 à 50 So et de préférence de 30 % d'acide saiicylique, de 5 à 20 % et de préférence de 10 Io dlallantolne dans une quantité suffisante de Sorbitol, pris comme excipient.