La présente invention concerne l'endodontie, et, plus spécialement, l'élargissement de l'entrée des canaux radiculaires des dents, et elle vise spécialement les instruments d'alésage commandés par des moyens mécaniques appelés couramment "instruments d'endodontie" et elle a pour objet un instrument canalaire pour l'élargissement de l'entrée et l'alésage des canaux radiculaires des dents. En vue de faire ressortir plus clairement les aspects nouveaux de l'invention, on fera les remarques suivantes 1) Les canaux radiculaires présentent, le plus souvent, des courbes sur toute leur longueur, ce qui est par exemple le cas pour les canaux mésiaux des molaires inférieures et les canaux vestibulaires des molaires supérieures, ou encore le troisième apical des monoradiculaires et des prémolaires. 2) Dans le cas précis des canaux vestibulaires des molaires supérieures et des canaux mésiaux des molaires inférieures, très souvent l'entrée n'est pas coaxiale a la partie courbe du canal qui, de plus, est couverte d'éperons d'ivoire formés par les cloisons de la chambre au point où elles se prolongent par le revêtement de la chambre pulpaire, de sorte qu'il est nécessaire de les régulariser è l'aide des fraises tronconiques de Bats qui enlèvent la moitié supérieure du triangle d'ivoire, représenté en traits interrompus sur les figures 4 et 5, avant de commencer l'alésage, la non-exécution de cette opération provoquant une mauvaise commande du mouvement d'alésage des instruments canalaires avec, pour conséquence, le risque de la formation de gradins, de la perforation de la paroi radiculaire du canal ou encore, ce qui n'est pas moins grave, la rupture de l'instrument. 3) I1 y a une discordance très nette entre la forme des instruments d'alésage et la morphologie des canaux radiculaires. Les instruments connus d'alésage présentent, en effet, une longueur d'alésage de 16 mm à la pointe et une conicité normalisée, de sorte que, compte tenu de la variation du rapport diamètre longueur entre les divers canaux radiculaires, il est impossible d'assurer avec ces instruments connus un alésage régulier de toutes les parois des canaux, de sorte que le nettoyage et, par suite, l'herméticité du plombage radiculaire, sont insuffisants. Les déchets organiques restant dans le canal radiculaire ont tendance a se retirer, de sorte qu'il se forme des espaces libres non désirés. Afin de remédier à cet inconvénient, on a envisagé de procéder à un remodelage du canal pour lui donner une forme telle qu'après avoir chassé les éléments organiques non minéralisés (en faisant appel à l'alésage chimique si l'alésage mécanique n'est pas suffisant), il devient possible d'effectuer un alésage efficace des parois et d'obturer de façon hermétique le canal radiculaire. La technique d'alésage ou de remodelage des canaux repose sur l'utilisation, dans un ordre bien défini, d'une série d'instruments dont le diamètre va en croissant à partir du plus mince, cette série arrivant à parcourir tout le canal en aboutissant à l'apex et fournissant, par radiographie, la longueur du canal. On remplace ainsi, de proche en proche, un instrument par un autre de plus grand diamètre, toujours après avoir placé sur la tige de l'instrument d'alésage une butée spéciale d'enfoncement, jusqu'à obtention du remodelage complet du canal. En agissant de cette façon, on obtient les conséquences suivantes a) Dans les canaux longs, étroits et-courbes, l'alésage effectué avec la pointe de l'instrument est difficile, risqué et commandé par les courbes du canal, par l'étroitesse de l'entrée et par le frottement que la partie active des instruments d'alésage minces rencontre sur toute sa longueur ; lorsque l'on passe ensuite aux instruments de numéros et de diamètre supérieurs pour élargir le canal, l'augmentation du diamètre de cette instrument a pour conséquence d'augmenter la rigidité de ce dernier qui s'adapte mal à toute courbure éventuelle du canal b) Dans le cas des canaux courts et larges, pour pouvoir aléser la paroi du canal, surtour dans la partie la plus large tournée vers l'entrée, en utilisant les instruments connus (entièrement à l'intérieur), il faut amincir considérablement la paroi du troisième apical. Dans la plupart des cas, un tel amincissement provoque l'éclatement de l'apex au cours de la manoeuvre de réduction de volume du matériau spécial d'obturation. Une variante de la solution indiquée ci-dessus, consiste à aléser avec des instruments d'alésage du type "reamers" ou fraises à partir de l'apex, en utilisant l'instrument de plus grand diamètre, avec approfondissement décroissant. De cette manière, on risque de créer, à l'intérieur du canal, des gradins d'ivoire qui empêchent de parcourir facilement le canal. Pour éviter ces inconvénients, on a réussi à réaliser le redressement des courbes et l'élargissement des canaux en utilisant, de préférence, les limes Hedstrom en traction d'alésage axial. Ces instruments, plus efficaces et moins dangereux si on les utilise convenablement, au lieu de découper en tournant comme les "reamers" ou fraises, une fois atteint l'apex sont tirés vers l'extérieur le long des parois du canal dans les diverses directions mésiales, distales, linguales ou palatinés et vestibulaires. I1 en résulte le redressement des courbes, l'élargissement du canal et le raclage des parois du troisième apical du canal près de l'entrée. Au lieu des gradins résultant de l'application de la technique de l'alésage à l'aide de "reamers" ou fraises de diamètre dé décroissant, on obtient des sillons longitudinaux que l'on peut régulariser partiellement à l'aide de limes ou de limes Hedstrom, montées sur des instruments d'endodontie. Dans tous les cas, quel que soit le procédé appliqué et quels que soient les instruments utilisés, il est toujours bon et utile de faire précéder l'alésage par î'éîargissement de l'entrée du canal, en d'autres termes de commencer l'alésage de l'entrée vers l'apex et non pas dans le sens inverse. En effet, en élargissant l'entrée, on facilite l'introduction et l'utilisation de l'instrument d'alésage en lui permettant l'accès aux parties courbes du canal par simple déplacement latéral de l'axe de pénétration, ce qui a pour conséquence de diminuer les risques de rupture des instruments qui, autrement, seraient soumis à des torsions excessives avec un frottement excessif. On trouve sur le marché des instruments d'élargissement de l'entrée, munis de lames tranchantes à pointe lisse, et de profils divers. De tels instruments présentent les inconvénients suivants la conduite des opérations de ces instruments repose uniquement sur l'habileté de l'opérateur, qui doit agir de façon que l'élargissement de l'entrée soit le plus possible coaxial au canal, en insistant vers la zone située dans le sens opposé à la convexité de la courbe, afin d'assurer les conditions idéales d'introduction et de déplacement latéral des instruments canalaires dans les canaux ; l'absence pour de tels instruments d'un guide capable de bien orienter cet instrument d'élargissement de l'entrée pour qu'il agisse suivant l'axe du canal et le manque de souplesse de ces instruments ont souvent pour conséquence la formation d'élargissements dans de mauvaises directions et un renforcement de l'action de l'instrument dans des zones qui, au contraire, n' auraient pas dû subir l'action de l'instrument (par exemple la zone de bifurcation des polyradiculaires). Un résultat irréparable est celui qui résulte de l'utilisation de forets montés sur les instruments et tournant dans des canaux courbes sur les parois desquels la pointe de ces instruments creuse des gradins qui, souvent, empêchent définitivement de parcourir ces canaux. L'invention vise à remédier aux inconvénients que l'on a exposés ci-dessus et elle concerne, en particulier, un instrument canalaire destiné à l'élargissement de l'entrée des canaux radiculaires des dents et à l'alésage complet de ces canaux, cet instrument possédant des caractéristiques telles que, aussi bien l'élargissement de l'entrée que l'alésage du canal se produisent de façon guidée et progressive, sans risque de formation de gradins ou de fausses pistes. De façon plus précise, l'instrument selon l'invention se caractérise par le fait qu'il comprend, à partir de la pointe une première partie terminale souple, dépourvue d'organes coupants, une seconde partie faisant immédiatement suite à la première et munie d'organes coupants et une troisième partie, faisant immédiatement suite à la seconde et constituant la tige de l'instrument. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront de la description qui va suivre, faite en regard des dessins annexés et donnant, à titre explicatif mais nullement limitatif, deux formes de réalisation. Sur ces dessins : la figure 1 représente, considérablement agrandi, et vu de face, l'instrument selon l'invention la figure 2, représente, dans les mêmes conditions, une seconde forme de réalisation de l'instrument selon l'invention la figure 3 représente, en coupe, l'instrument de la figure 2 ; et les figures 4 et 5, représentent, à titre purement indicatif, les instruments des figures 1 et 2, en position de travail, à l'intérieur des canaux radiculaires de deux dents vues en coupe. Comme on le voit sur les figures 1 à 3, l'instrument selon l'invention comprend une première partie (1) à son extrémité, cette partie étant souple et dépourvue d'organes coupants, puis une seconde partie (2), à surfaces coupantes ou structures coupantes (3) et enfin une partie arrière (4) constituant la tige de l'instrument. Si l'on observe les figures 4 et 5, on voit qu'en introduisant l'instrument selon l'invention dans le canal qu'il s'agit de traiter, la partie terminale 1 de l'instrument pénètre sans efforts appréciables dans le canal radiculaire en épousant, en raison de sa souplesse propre, la forme courbe du canal. Dans ces conditions, la partie 2 de l'instrument agit sur les parois du canal en étant parfaitement guidée par la partie 1, laquelle, de plus, en épousant la forme courbe du canal, tend à forcer la partie coupante 2 dans le sens contraire à la courbe, de manière à favoriser l'expulsion du matériau par l'instrument, surtout dans la partie de cloison qui empêche un accès facile à la courbe du canal. Grâce à la partie terminale I non coupante et souple, on obtient toujours une direction parfaite du travail de l'instrument. En utilisant l'un après l'autre une série d'instruments selon l'invention, dont la partie qui assure l'alésage est de plus en plus étendue vers la pointe de l'instrument, on peut arriver progressivement à agir sur la partie du canal voisine de l'apex, sans que l'instrument risque de s'engager sur de mauvais parcours, ce qui permet d'obtenir avec un tel instrument un alésage complet du canal, et sans risquer de provoquer fâcheusement des gradins et/ou des perforations dans les parois du canal. En plus du fait qu'il permet d'élargir l'entrée du canal et d'aléser le canal de façon guidée, l'instrument selon l'invention permet de réduire au minimum les risques de rupture dues à des efforts de torsion de l'instrument lui-même. La partie ou structure coupante 2, en effet, intervient progressivement et uniquement dans la mesure voulue et sur la longueur voulue, dans les parois du canal, tandis que la partie 1 n'offre aucune résistance au déplacement de l'instrument. En plus de cela, tout en pouvant commencer l'élargissement du canal à partir du troisième apical de l'entrée, on obtient un meilleur entrainement vers l'extérieur de l'ivoire scié et du matériau organique enlevé au cours de l'élargissement et de l'alésage. Dans la forme de réalisation représentée sur les figures 2 et 3, on obtient la structure coupante 2 en formant sur l'instrument une série d'éperons d'accrochage que l'on noie ensuite dans un mortier 6 de résine synthétique, à la surface duquel on ajoute une poudre abrasive composée de préférence de diamants et de silice. Grâce à une telle structure coupante on peut obtenir un effet parfait et régulier sur toute la longueur du canal sur laquelle agit l'instrument, avec un degré élevé de finition, même d'alésages déjà effectués. On peut bien entendu apporter des variantes à l'instrument, sans sortir du cadre de l'invention ; c'est ainsi, par exemple, que la partie 2 peut avoir une forme quelconque et des organes coupants disposés de façon quelconque. REVENDICATIONS 1. Instrument canalaire, en particulier pour l'élargissement de l'entrée des canaux radiculaires des dents et pour l'alésage de ces canaux, cet instrument étant caractérisé par le fait qu'il comprend, à partir de la pointe, une première partie terminale souple, suffisamment longue et dépourvue d'organes coupants, une seconde partie faisant immédiatement suite à la première et munie d'organes coupants ou d'une structure coupante, et une troisième partie faisant immédiatement suite à la seconde et constituant la tige de l'instrument. 2. Instrument canalaire selon la revendication 1, caractérisé par le fait que ladite structure coupante comprend un support en matière plastique enroulé autour de l'instrument dont il est solidaire, en regard de la partie de cet instrument qui fait immédiatement suite à la partie terminale souple, ce support comprenant une poudre abrasive.