La présente invention concerne des acides gras, des dérivés de ceux-ci et un médicament contenant de tels composes, utilisable pour le traitement curatif ou préventif d'affections thrombo-emboliques. On sait qutil existe de nombreuses substances agissant sur l'agrégation des plaquettes, mais, connaissant les effets d'une substance particulière sur l'agrégation des plaquettes in vitro, on ne peut pas dire à l'avance si cette substance aura un effet inhibiteur ou un effet stimulant, ou pas d'effet du tout, sur la formation de thrombus in vivo. Cette impossibilité. est essentiellement due à ce qu'on ignore ce qui déclenche la formation d'un thrombus ou d'un embolus, par exemple dans le cas d'une attaque ou d'un infarctus du myocarde. C'est ainsi que l'aspirine est un bon inhibiteur de l'agrégation des plaquettes in vitro et in vivo mais n'est pas un agent anti-thrombose et, en particulier, ne peut pas disperser un thrombus déjà formé. M.J. Silver, J.B. Smith, et al. (Prostaglandins Dec. 1973, Tome 4, NO 6, pages 863 à 875) ontmontré que bien des composés peuvent modifier les effets qu'exercent in vitro, sur l'agrégation des plaquettes, l'acide arachidonique ou acide eicosa-tétraéne-5,8,11,14 orque, qui est une substance importante en diététique.Cet acide est désigné par l'abréviation acide C20:4 ; n-6, qui veut dire qu'il s'agit d'un acide gras contenant 20 atomes de carbone, ayant quatre doubles liaisons carbone-carbone cis, celle de ces doubles liaisons qui a le plus haut indice de position étant à la position 6 à partir de l'extrémité de la molécule opposée au groupe carboxy, et n étant le nombre des atomes de carbone en channe droite. I1 est impossible d'établir une relation dépourvue d'ambiguité entre ces essais in vitro effectués sur le plasma humain citraté riche en plaquettes et le comportement in vivo sur les mammifères ( notamment l'homme) prédisposés à la formation de thrombus. M. J.Silver et al. ont trouvé, au cours de leurs essais, que l'agrégation des plaquettes induite par l'acide arachidonique, sous la forme de l'arachidonate de sodium, peut être inhibée par de nombreuses substances, notamment l'adénosine, le B-naphtol, des agents anti-inflamma toires non stéroidiques, tels que l'indométacine, le salicylate de sodium et 1'aspirine, l'albumine humaine, des acides gras insaturés tels que l'acide eicosatriène-11,14,17 oSque, l'acide eicosatriène-8,11,14 olque (ou acide dihomo--linolénique, DHLA), l'acide eicosapentaène-5,8,11,14,17 oïque, l'acide eicosatétrayne 5,8,11,14 oïque et l'acide docosahexaène-4, 7,10,13,16,19 oSque. Ces auteurs ont également trouvé que l'agrégation des plaquettes induite par le collagène et une seconde vague d'agrégation des plaquettes induite par l'adénosine-diphosphate (ADP) peuvent être inhibées par le 9-naphthol, l'aspirine, l'acide eicosatriène 8,11,14 osque, l'acide eicosapentaène-5,8,ll,14,17 oSque et l'albumine humaine. Silver et al. ont en outre trouvé que divers acides gras, n'induisent pas par eux-mêmes l'agrégation des plaquettes.Les acides qu'ils mentionnent sont l'acide eicosa triêne-8, 11,14 oïque, l'acide eicosatriène-11,14,17 oïque, l'acide eicosapentaène-5,8,11,14,17 oïque, l'acide eicosa tétrayne-5,8,11,14 olque, l'acide docosahexaène-4,7,lO,13,16,l9 oïque, l'acide linolénique, l'acide linoléique, l'acide oléique, l'acide arachidique, l'acide stéarique et l'acide décanoïque. Notons que parmi les composés qui ont, d'après les découvertes de Silver et al., un effet d'inhibition sur l'agrégation des plaquettes, beaucoup sont inutilisables en thérapeutique. Par exemple l'adénosine est rapidement absorbée par les cellules et nepourrait pas être disponible dans le corps pendant une durée suffisante. Le ss-naphtol, qui est un composé phénolique, est toxique. L'albumine ne convient pas car elle entrainerait une surcharge genante du rein et pourrait provo quer des lésions au niveau des glomérules.Les antiinflamma toires non steroidiques donnent souvent lieu a des lésions gastriques et c'est pourquoi il vaut mieux éviter de les utiliser dans un traitement prophylactique peroral a long terme, comme cela arrive fréquemment dans le traitement des maladies cardiovasculai res. Silver et al. semblent conclure que l'acide arachidonique occupe une place importante dans l'hémostase et la thrombose et que ses effets peuvent être inhibés in vitro par différents composés, en particulier par l'albumine. Ils suggèrent que l'albumine peut etre un important facteur de de prévention dans l'hémostase et que la propriété qu'a l'albumine de fixer l'acide arachidonique dans le sang circulant pourrait être la voie pour inhiber les effets de l'acide arachidonique. Ils ont en outre suggérer que l'aptitude de l'albu~ mine à s'unir à l'acide arachidonique peut dépendre, entre autres l'existence de sites disponibles et de la concurrence entre l'acide arachidonique, d'autres acides gras et des substances d'autres catégories pour ces sites.C'est probablement la raison pour laquelle plus il y a de substances agissant comme concurrentes, en particulier d'autres acides gras, plus il doit y avoir d'acide arachidonique libre et plus l'agrégation des plaquettes doit être probable et par conséquent, si ces phénomènes sont liés, plus la formation de thrombus doit être probable.Cela induit à penser qu'il conviendrait de supprimer du régime alimentaire d'autres acides gras. On a effectué des essais pour étudier, chez l'homme, les effets de divers acides gras sur les maladies impliquant la formation de thrombus mais on n'est pas parvenu à des conclusions claires. Par exemple l'expérience norvégienne "Norwegian Vegetable Oil Experiment" de 1965 - 66 a été effectuée avant les travaux de Silver et al et est décrite par H. Natvig, Chr. F. Borchgrevink et al.dans Scand. J. Clin. Lab. Invert. 22, Suppi. 105, 1-20, 1968. L'étude compare les effets de deux régimes alimentaires sur le taux de la mortalité humaine provoquée par différentes maladies des coronaires, y compris l'infarctus du myocarde, l'un des deux régimes utilisant l'huile de tournesol (environ 63 % d'acide linoléique) et l'autre utilisant l'huile de lin (environ 55 % d'acide linolénique), 10 mi de l'une ou l'autre de ces huiles étant absorbés par jour. On trouve que le groupe qui prend l'acide linolénique, composé davantage insa turé, court plus de risque que le groupe prenant l'acide linoléique. On sait que l'acide linoléique et, chez le rat, l'acide eicosapentaénoique et l'acide docosahexaénotque abaissent la cholestérolémie, laquelle1 pense-t-on, n'est pas étrangère à l'athérosclérose. L'athérosclérose est fréquemment observée chez des personnes ayant souffert d'un infarctus du myocarde. I1 ne semble toutefois pas y avoir de relation de cause à effet étant donné que Robertson (Lancet, (1959), i, o4j a trouvé à la JamaZquer ou l'athérosclérose étendueest régulièrement observée à la nécropsie chez les indigènes, que cette maladie est très rarement associée à des thrombus secondaires ou à un infarctus du myocarde. En outre, l'infarctus du myocarde peut survenir sans qu'il y ait d'athéroscîérose très développée. Un autre facteur diététique possible dont on a suggéré (P.B. Kernoff, A.L. Willis, K.J. Stone, J.A. Davis and G.P McNicol, British Med. J., 1977 2, 1441-1444) qu'il pouvait favoriser à une inhibition de la thrombose est le DHLA. te DHLA est un précurseur biosynthétique de la prostaglandine E1 (PIGE1), qui est un puissant inhibiteur de la fonction plaquettairé re et dont on a dit qu'il pouvait constituer un intéressant agent antithrombose . On a trouvé qu'il y a, comme on l'espérait, une augmentation (en moyenne 55%) de la production de la PGE1 voulue mais, chez six des huit sujets soumis à l'essai, on a observé également une augmentation (moyenne 33 %) de la pro duction de la prostaglandine E2 (PGE2) indésirable. En outre ces résultats n'ontpas été mis clairement en rapport avec les doses. On observé également un abaissement de l'activité antihéparinique du plasma, et on a trouvé que cette activité était élevée dans'les états thrombotiques.Néanmoins, les auteurs ne savent pas jusqu' à quel point l'activité antihéparinique reflete des mécanismes pathologiques de base, et ainsi la re lation avec la thrombose n'est pas claire. Les auteurs de l'article pensent que de petites doses de DHLA peuvent être, sinon plus efficaces, du moins équi valents à des manipulations diététiques majeures. dans les trai tements préventif et curatif de ces états ("Perhaps small doses of DHLA may be equally if not more effective than major dietary manipulations in preventing and treating these conditions"), c'est-à-dire l'athérosclérose et la maladie coronarienne.Toute fois, l'auteur d'un éditorial dans la même edition du journal (pages 1437et1438) est plus prudent et pense qu'il faut effec tuer des essais sur des substances et des régimes' qui modifient le mécanisme de l'action des prostaglandines sur les plaquettes avant de pouvoir dire si les résultats obtenus par McNicol et ses collègues peuvent avoir une application clinique ("Trials of agents and regimens that modify the platelet prostaglan din mechanisms must be carried out before we can tell whether the results obtained by McNicol and his colleagues have any clinical application"). La raison de cette circonspection est que l'on ignore quels sont les mécanismes mis en jeu in vivo dans les états thrombotiques, les essais effectués n'ayant porté que du sang extracorporel. Ce travail très intéressant, du moins en partie, effectué sur le DHLA, jette quelques doutes sur l'opinion, fréquemment citée, selon laquelle les acides gras très insa turés sont plus bénéfiques, dans l'alimentation,que leurs analogues plus saturés, en particulier puisque les acides linoléique et linolénique peuvent être métabolisés en DHLA, qui est davantage insaturé.Ce doute est renforcepar le fait que l'acide arachidonique, qui est indésirable (voir Silver et al et Kernoff et aXci-dessus),est encore moins saturé (quatre doubles liaisons carbone-carbone cis) que le DHLA (trois doubles liaisons carbone-carbone cis). Cela étant, la Demanderesse a trouvé que, parmi les nombreux acides gras, l'acide (tout-Z) eicosapentaène-5,8,11, 14,17 olque et ses sels,esters et amides peuvent être utilisés pour traiter efficacement, ou pour prévenir efficacement, les états thrombo-emboliques, plus simplement nommés ci-dessous "thromboses". Ces composés sont particulièrement intéressants par exemple pour le traitement curatif ou préventif de maladies cardiovasculaires provoquées par la formation d'un ou de thrombus, par exemple l'infarctus du myocarde, l'attaque ou la thrombose veineuse profonde au cours d'interventions chirurgicales. La Demanderesse a trouvé que l'acide (tout Z) eicosapentaène-5,8,11,14,17 olque (désigné ci-dessous, pour sim plifier, acide eicosapentaenoique), lorsqu'il est injecté en intraveineuse à des lapins, augmente leur temps de saignement, ce qui indique une diminution de la tendance du sang à former des thrombus ou à adhérer à un tissu lésé. Cela permet de modi fier et/ou de maîtriser la cicatrisation des plaies.Lorsqu'il est administré au lapin en perfusion intrapulmonaire, l'acide eicosapentaénoique se révèle etre une substance ayant un puis sant effet inhibiteur sur l'agrégation des plaquettes sanguines (thrombocytes). L'acide l'cosapentaénoique a également ltimpor- tante proprieté, peu courante, de disperser ou de désagréger des thrombus ou des agglutinats plaquettaires déjà formés. Par exemple on laisse le sang d'un lapin anesthésié s'écouler goutte à goutte sur une bande de collagène prélevé sur le tendon d'Achille d'un autre lapin, bande que l'on pèse continuellement. Etant donné que le sang coule sur la bande, les plaquettes et d'autres cellules y adhèrent pour former un thrombus, jus qu'à ce qu'l n'y ait plus d'augmentation de poids de la bande. Le sang est renvoyé au premier lapin par gravité. Lorsqu'on ajoute de l'acide eicosapentaénoique au sang passant sur la bande chargée on observe une diminution de poids, ce qui montre qu'au moins une partie de l'agglutinat de plaquettes et autres cellules a été désagrégée et séparée de la bande chargée . La propriété qu'a l'acide eicosapentaénorque de disperser ou de désagréger les thrombus est importante dans le traitement curatif des thromboses, et également dans- leur traitement préventif. Lorsqu'un thrombus est en cours de formation dans une artère (ou dans une veine) il se produit une diminution de la vitesse d'écoulement du sang (écoulement qui pourrait être complètement arrêté si le vaisseau se bouchait complètement). La diminution du débit sanguin occasionne I'isché- mie, qui produit une douleur.Le flux sanguin, même réduit, peut cependant véhiculer les substances thérapeutiques jusqu'à l'endroit de la formation du thrombus.In vivo, avec l'acide eicosapentaénoque, le flux sanguin résiduel et un écoulement sanguin dans la circulation collatérale peuvent amener l'acide à l'endroit de la formation du thrombus, ou l'acide eicosapenta énolque et ses métaholites peuvent désagréger le thrombus et rétablir le flux sanguin total. En conséquence, l'invention fournit également un procédé pour restaurer le plein écoulement sanguin d'un vaisseau partiellement obturé, par administration d'acide eicosapentaénolque. On peut également administrer ce composé à titre préventif pour favoriser le maintien en bon état des vaisseaux sanguins. La Demanderesse a également trouvé que les pla quettes humaines lorsqu'elles ont été pré-incubées avec de l'acide eicosapentaénoïque, puis incubées avec de l'acide arachidonique et stimulées par de 1'ADP, s'agglutinent plus difficilement que lorsque la pré-incubation a été effectuée avec de l'acide arachidonique. Cela incite à penser que si les plaquettes humaines pouvaient être "apprêtées" par de l'acide eicosapentaénoique elles seraient moins sensibles à la stimulation par 1'ADP et, ainsi, moins sujettes à former des thrombus. La Demanderesse pense - mais cette opinion ne limite en rien la portée de son invention - que, contrairement a l'acide arachidonique, l'acide eicosapentaénoïque, in vivo, a non seulement par lui-même un effet anti-agrégation sur les plaquettes sanguines mais que ses métabolites probablement des prostaglandines de la sérieB-17, ont également un effet de ce genre sur les plaquettes, ou, en tout cas, un effet d'agrégation réversible, alors que bien des métabolites de l'acide arachidonique, tels que PGH2 et TXA2, ont un effet d'agrégation irréversible sur les plaquettes. C'est à ce profil d'ensemble anti-agregation que l'acide eicosapentaenolque, d'après la Demanderesse, doit ses propriétés extrêmement intéressantes. La dose d'acide eicosapentaénoique nécessaire pour l'obtention d'un effet curatif ou préventif varie avec la voie d'administration et avec l'état à traiter. En général elle est d'au moins 1 g, de préférence de 1,5 à 7,5 g, plus spécialement de 2 à 6 g, par exemple de 5 g par jour. C'est là la dose pour un homme d'un poids moyen de 70 kg. Pour des sujets d'un autre poids ou pour des animaux la dose varie généralement proportionnellement à leur poids, c'est-à-dire d'environ 20 à 100 mg/kg. On peut ajouter l'acide eicosapentaénorque au sang en circulation extraoerporelle afin d'empêcher, dans une large mesure ou totalement, l'agrégation des plaquettes sanguines induite par le contact avec l'appareil ou avec d'autres matériaux non tissulaires. On sait qu'il y a de l'acide eicosapentaénoique dans les huîtres et dans d'autres aliments marins, dans l'huile de foie de morue et dans d'autres huiles, par exemple l'huile de menhaden, produits desquels on peut lgextraire par des métho des connues. I1 est également possible de faire la synthèse de l'acide eicosapentaénoïque par des méthodes classiques de chimie organique de synthèse La voie choisie dépendra des possibilités d'approvisionnement en matières premières appro priées et des coûtsrelatifs des différents moyens disponibles pour obtenir un acide eicosapentaénoique de bonne qualité pour l'emploi en médecine humaine ou vétérinaire. I1 convient de prendre des précautions, dans les procédés d'extraction et de préparation , pour éviter, ou du moins pour maintenir à un faible niveau, l'isomerisation des doubles liaisons cis en doubles liaisons trans. Les quantités d'acide eicosapentaénoïque existant dans les matières naturelles ou dans les matières pouvant être extraites facilement, par exemple dans l'huile de foie de morue ou dans l'huile de menhaden, sont telles qu'il ne serait pas possible d'obtenir la quantité désirée d'acide eicosapentaénoique si on les administrait sans égale ment administrer de trop grandes quantités de calories sous la forme d'autres acides gras.En outre, étant donné que l'huile de foie de morue (et d'autres huiles de poissons) est riche en vitamine A (au moins 850 unités internationales par gramme) et en vitamine D (au moins 85 U.I. par gramme), administrer suffi samment d'huile de foie de morue pour atteindre la quantité nécessaire d'acide eicosapentaénoïque reviendrait à administrer des quantités de ces vitamines dépassant de beaucoup les doses quotidiennes recommandées pour l'homme et conduiraient à des hypervitaminoses.Les doses quotidiennes recommandées sont de 5000 U.I. pour la vitamine A et de 400 U.I. pour la vitamine D, chez l'homme. Aux Etats-Unis d'Amérique, la Food and Drugs AiLbis- tration à prescrit que la prise quotidienne de vitamine A ne doit pas excéder 10 000 U.I. et celle de vitamine D 400 U.I, Des quantités plus élevées nécessitent une prescription médicale. Ainsi, pour éviter les complications qui risquent de survenir du fait que le patient prend des vitamines pour d'autres raisons médicales ou de son propre chef, il vaut mieux prescrire une formulation qui comprend de l'acide eicosapenta énoïque, ou l'un de ses sels, esters ou amides acceptables du point de vue pharmaceutique, et un excipient, également acceptable du point de vue pharmaceutique, la formulation en question étant pratiquement dépouvue de vitamines. En raison des effets complexes, et dans une certaine mesure incertains, des acides moins insaturés que l'acide eicosapentaénorque il est préférable de réaliser une formulation comprenant de l'acideeicosapentaenoïque ou l'un de ses sels, esters ou amides acceptables du point de vue pharmaceutique, et un excipient acceptable du point de vue pharmaceutique, la formulation en question étant pratiquement dépourvue d'autres acides moins insaturés, ou de leurs sels estersou amides.Dans l'acide eicosapentaénoïque obtenu à partir de sources naturelles, telles que les huiles de poissons, il y a brdinairement une certaine proportion d'acide (tout Z) docosapentaène-7,10,13,16,19 osque tomme ci-dessous acide docosapentaénoïque) et/ou d'acide (tout Z) docosahexaène-4,7,10, 13,16,19 oïque (nommé ci-dessous acide docosahexaénoïque), à l'état libre ou sous la forme de dérivés, c'est-a-dire d'esters, de sels ou d'amides. I1 n'est pas nécessaire d'essayer d'éliminer ces acides (ou dérivés) qui sont aussi insaturés ou plus insaturés : ils se comportent en effet de la même façon que l'acide eicosapentaénofque, bien qu'étant moins actifs. L'apport calorique excessif dont il a été ques tionci-dessus, qui se produit par exemple lorsqu'on utilise l'huile de foie de morue ou l'huile de menhaden comme source d'acide eicosapentaénoique, peut être surmonté dans une large mesure, quoi qu'un certain contrôle de l'apport calorique dans le reste du régime alimentaire puisse encore être nécessaire, par adminis tration d'une formulation comprenant de l'acide eicosapentaéno ïque, ou l'un de ses sels, esters ou amides acceptables du point de vue pharmaceutique, et un excipient acceptable du point de vue pharmaceutique, au moins 50 % en poids, par exem ple plus de 56 %, de la teneur en acides gras de la formulation étant fournis par l'acide eicosapentaénoïque. Toutefois, si l'acide eicosapentaénoique doit être administré sans modifi cation du régime alimentaire du patient, cet acide (et eventuellement l'acide docosapentaénolque ou l'acide doco sahexaénoique) doit représenté au moins 90 % en poids, de pré férence au moins 95 % ou la totalité, de la teneur en acides gras du produit administre. Il est préférable qu'il n"y ait pas d'acide arachidonique ou que celui-ci ne représente pas plus de 5 t de la quantité d'acides gras. Ainsi, un acide eicosapenta énoique de bonne qualité contiendra au moins 90 z de cet acide, environ 2 e d'acide arachidonique et à peu près la même quantité d'acide dihomo--linolénique, le reste étant constitué d'acides docosahexaénoique, docosapentaénoïque, palmitique ou oléique et d'autres acides gras acceptables du point de vue pharmaceutique. I1 peut y avoir des vitamines mais pas en trop grande quantité de telle façon que l'apport quotidien recommandé en ces vitamines ne soit pas dépassé. Les formulations conformes à l'invention doivent également être dépourvues d'acides gras saturés ainsi que de leurs sels, esters et amides. I1 est bon qu'elles ne contiennent pas de matières insaponifiables. Si l'on administre l'acide eicosapentaénoïque sous la forme d'une composition dans laquelle cet acide représente au moins 50 % des acides gras, de préférence au moins 90 %, on peut éviter d'apporter des changements important au régime alimentaire des patients, sauf peut être à réduire légèrement la teneur en calories du régime afin de tenir compte des calories supplémentaires apportées par l'acide eicosapentasnoïque (et les autres acides gras).Toutefois, Si on le juge bon, on peut administrer l'acide eicosapentaéno;ique en remplaçant, par exemple, le beurre et/ou la margarine ordinaire par une margarine spéciale, par exemple du type émulsion, ayant une composition telle que, lorsque le patient en fait un usage normal, il absorbe la quantité voulue d'acide eicosapentaénoique. On peut de même modifier la composition d'huiles de graisses de cuisine de manière qu'elles contiennent l'acide eicosapentaé nique. L'acide eicosapentaénoique (de même que les autres acides) n'a pas besoin d'être utilisé à l'état d'acide libre il peut très bien se trouver sous la forme d'un de ses sels, esters ou amides acceptables du point de vue pharmaceutique (dérivés qui sont évalués en équivalents de l'acide). On peut utiliser des esters ou des amides susceptibles d'être transformés in vivo en l'acide ou en d'autres produits acceptables du point de vue pharmaceutique, l'ester préféré étant le triglycéride ou l'ester éthylique bien que l'on puisse peut être utiliser également l'ester méthylique. L'alcool estérifiant l'acide sera de préférence un alcool non polymere ne contenant pas plus de trois groupes hydroxy .De plus, l'ester dérivant du cholestérol est déconseillé car cet alcool risquerait d'être libéré et d'augmenter la cholestérolémie. Pour la même raison, le médicament qui fait l'objet de 11 invention est de preférence dépourvu de cholestérol, tel quel ou sous la forme d'un de ses dérivés pouvant libérer du cholestérol dans le corps du patient. Les sels que l'on préfère sont les sels sodium ou de potassium ou un quelconque autre sel solide acceptable du point de vue pharmaceutique ; les sels conviennent mieux pour la fabrication de comprimés. Les comprimés peuvent renfermer un dérivé solide acceptable du point de vue pharmaceutique, par exemple un sel, de l'acide eicosapentaénolque. Etant donné que l'acide eicosapentaénoique est très insaturé il s'oxyde facilement, de meme que ses dérivés, et les formulations qui en contiennent seront de préférence additionnées d'antioxydants, tels que l'hydroxy-toluène butylé, 1 'hydroxy-anisole butylé, le gallate de propyle, une quinone acceptable du point de vue pharmaceutique et l'-toco- phérol. Certains antioxydants peuvent également participer à l'action anti-thrombo-embolique. Bien qu'il soit préférable d'administrer la substance active, c'est-a-dire l'acide eicosapentaenorque ou l'un de ses sels, esters ou amides, par la voie orale, qui est un moyen commode pour l'administration de routine, la substance active peut être administrée par n'importe quelle voie permettant sa bonne absorption, par exemple par la voie parentérale (c'est-à-dire Sous-cutanée, intramusculaire ou intraveineuse), par la voie rectale ou, chez la femme par la voie vaginale. I1 est certes possible d'administrer la substance active sous la forme d'un composé chimique brut ou d'un simple mélange de composantes, mais il vaut mieux la présenter sous la forme d'une composition pharmaceutique ou formulation. Qu'elles soient destinées à la médecine vétérinaire ou à la médecine humaine les formulations qui font l'objet de l'invention comprennent la substance active telle que définie ci-dessusP associée à un ou plusieurs excipients acceptables et, éven- tuellement, d'autres ingrédients doués de propriétés thérapeu- tiques. Les excipients doivent être "acceptables"ecrest- -dire compatibles avec les autres ingrédients de la formulation et inoffensifs pour le patient qui en absorb Les formulations qui contiennent l'acide eicosapentaénoique lui-meme sont de préférence non aqueuses.Les unités de prises, par exemple les comprimés ou les capsules, contiennent généralement de 0,25 à 1,0 g de la substance active, par exemple 0,5 g. Le patient prendra généralement trois de ces unités par jour. Les formulations qui peuvent être utilisées comprennent celles qui conviennent pour l'administration par la voie orale, rectale, vaginale ou parentérale (notamment souscutanée, intramusculaire ou intraveineuse). L'acide eicosapentaénoique étant un liquide d'un goût plutôt désagréable il est préférable, lorsqu'on doit l'administrer par la voie orale, qu'il soit dans une capsule, par exemple une capsule de gélatine molle, de telle façon que le patient n'en perçoive pas le goût. La capsule sera généralement d'une taille permettant l'administration de la dose requise d'acide eicosapentaénoïque en une, deux ou trois prises ; une capsule aura par exemple une capacité d'environ 0,5 ml. Une autre façon de masquer le goût de l'acide est de le mettre sous la forme d'une émulsion à prendre per os. L'acide peut également être formule de manière à être sponta nément émulsionnable après avoir été pris par la voie orale ou après avoir été dilué avant administration. Une émulsion peut également être du type multiple ; par exemple l'acide peut être sous la formule d'une emulsion LH (c'est-à-dire huile-dans -l'eau) avec unfsurfactif acceptable et cette émulsion peut ensuite être émulsionnée dans une autre huile, par exemple dans de l'huile d'arachide. L'acide peut également être mis sous la forme d'une émulsion HL (c'est-à-dire eau-danel'huile) et cette émulsion peut ensuite être elle-meme émulsionnée dans l'eau. Les différents types d'émulsions peuvent être présentés sous la forme de gels à prendre par la voie orale ou sous la forme d'émulsions rigides,par exemple d'une margarine. Une autre façon de masquer le gout consiste à faire absorber l'acide par un ou plusieurs supports, tels que le kaolin, la craie, le phosphate de calcium, le sulfate de calcium, l'amidon, une cellulose microcristalline, la méthyl-cellulose ou une autre cellulose modifiée. La poudre obtenue peut être vendue telle quelle ou après avoir été parfumée ; elle peut être mise sous la forme de comprimés ou de capsules, chaque comprimé ou capsule contenant par exemple environ 0,5 g d'acide eicosapentaénoique à l'état libre ou sous la forme d'un de ses dérivés solides.Les comprimés peuvent être enrobés d'une pellicule ou de sucre. Quant auxsels,par exemple les sels de sodium ou de potassium, ils ont également un goût plutôt désagréable et s comprimés qui en contiennent, par exemple en une dose correspondant à 0,5 g de acide, seront de préférence enrobés, par exemple d'une pellicule ou de sucre. On peut également avoir recours à d'autres méthodes pour l'administration orale, par exemple à des cachets ou à des pastilles, dans des circonstances appropriées. Les esters et les amides peuvent être formulés de la même façon que l'acide ou les sels, selon qu'ils sont respectivement liquides ou solides. Si on le désire une formulation pour la voie orale peut être présentée sous la forme d'une formulation à libération prolongée, par exemple sous la forme de perlesou de microcapsules dans une capsule. Une formulation pour l'administration intramusculaire peut être sous la forme d'une émulsion. Une formulation pour l'injection intraveineuse peut être sous la forme d'un mélange capable de s'émulsionner spontanément après injection. Pour l'administration par la voie rectale l'acide ou son dérivé peut être présenté sous la forme d'un suppositoire dans une base de triglycérides, par exemple beurre de cacao, Witepsol ou Suppocire, ou mis dans une capsule de gélatine molle pour suppositoire. I1 peut être commode de présenter les formulations sous la forme d'unités de prise , que l'on prépare par l'une quelconque des méthodes bien connues en pharmacie. Toutes les méthodes comprennent l'étape consistant à associer la substance active avec l'excipient qui constitue un ou plusieurs ingrédients accessoires.En général on mélange uniformément et intimement la substance active avec les excipients liquides ou les excipients solides finement divisés, ou les deux à la fois, puis, si cela est nécessaire, on donne au produit la forme voulue Dans le présent mémoire, le terme excipient" désigne notamment un excipient qui peut être administré à un patient et qui comprend essentiellement la matière efficace, par exemple le corps d'une capsule ou 11 enrobage appliqué sur un comprimé enrobé Pour améliorer l'activité de l'acide eicosapentaénolque on peut également ajouter à la formulation un inhibiteur de la phosphodiestérase,tel que la théophylline ou le dipyridamole. Ainsi, la présente invention apporte (a) l'acide (tout Z) eicosapentaène-5,8,1I,l4,l7 oSque, ou l'un de ses sels, esters ou amides acceptables du point de vue pharmaceutique, pour le traitement curatif ou préventif d'états thrombo-embo liques; (b) une formulation comprenant de l'acide (tout Z) eicosapentaène 5,8,11,14,17 orque, ou l'un de ses sels, esters ou amides acceptables du point de vue pharmaceutique, et un excipient acceptable du point de vue pharmaceutique, au moins 50 % de la totalité des acides gras contenus dans la formulation étant représentés par l'acide (tout Z) eicosapentaène-5,8,11,l4,17 olque (tel quel ou sous la forme d'un de ses dérivés);; (c) une formulation comprenant de l'acide (tout Z) eicosapentaène5,8,11,14,17 tique, ou l'un de ses sels, esters ou amides acceptables du point de vue pharmaceutique, et un excipient acceptable du pont de vue pharmaceutique, la formulation étant pratiquement dépourvue de vitamines ; (d) une formulation comprenant de l'acide (tout Z) eicosapentaène5,8,11,14,17 tique, ou l'un de ses sels, esters ou amides acceptables du point de vue pharmaceutique, et un excipient acceptable du point de vue pharmaceutique, la formulation etant pratiquement dépourvue d'autres acides moins insaturés (tels quels ou sous la forme de dérives) ; (e) un procédé de préparation d'une formulation pharmaceutique selon (b), (c) ou (d) ;; (f) une margarine, un beurre, une huile de cuisine ou une graisse de cuisine renfermant de l'acide (tout Z) eicosapentaène 5,8,11,14,17 oSque, ou l'un de ses sels, esters ou amides, en une quantité fournissant au moins 3 % en poids de l'acide eicosapentaénoique (tel quel ou sous forme d'un dérivé) ;; (g) un procédé pour le traitement curatif ou préventif d'un état thrombo-embolique chez un mammifère, entre autre chez l'homme, procédé selon lequel on administre une quantité antithrombo-embolique thérapeutique ou prophylactique d'acide (tout Z) eicosapentaène-5,8,11,14,17 oSque ou d'un de ses sels, esters ou amides acceptables du point de vue pharmaceutiques (h) un procédé selon (g) dans lequel on utilise une formulation selon l'un quelconque des points (b), (c) et (d) (i) un procédé pour augmenter le temps de saignement d'un mammifère, notamment l'homme, procédé selon lequel on administre une quantité efficace d'un acide (tout Z) eicosapentaène-5,8,11,14,17 osque ou d'un de ses sels, esters ou amides (j) un procédé pour disperser ou désagréger un thrombus ou un agglutinat de plaquettes déjà forme, chez un mammifère, notamment chez l'homme, procédé selon lequel on administre une quantité efficace d'acide (tout Z) eicosapentaène-5,8,11,14,17 orque ou d'un de ses sels, esters ou amides (k) un procédé pour modifier et/ou diminuer l'adhérence de plaquettes sanguines à des tissus lésés, chez un mammifère, notamment chez l'homme, procédé selon lequel on administre une quantité efficace d'acide (tout Z) eicosapentQène-5,8,11,14,17 oSque ou d'un de ses sels, esters ou amides ; ; (l)un procédé pour diminuer, chez un mammifère, notamment chez l'homme, la tendance des plaquettes sanguines à s'agréger et/ou pour les rendre plus faciles à désagréger les unes des autres, procédé selon lequel on administre une quantité efficace d'acide (tout Z) eicosapentaène-5,8,11,14,17 olque ou d'un de ses sels, esters ou amides (m) un procédé selon l'un quelconque des points (i) à (in) , dans lequel on utilise une formulation selon l'un quelconque des points (b), (c) et (d) (n) un procédé de circulation sanguine extra-corporelle vers et d'un mammifère, entre autres l'homme, procédé selon lequel on ajoute au sang, dans le corps ou en dehors du corps, une quantité, efficace pour empêcher, dans une large mesure ou totalement, l'agrégation des plaquettes sanguines, diacide (tout Z) eicosapentaène-5,8,11,14,17 olque ou d'un de ses sels, esters ou amides ; et (o) un procédé pour rétablir ou maintenir le plein flux sanguin dans un vaisseau sanguin partiellement oblitéré, chez un mammifère, notamment chez l'homme, procédé selon lequel on administre l'acide eicosapentaénoïque ou l'un de ses sels, esters ou amides. Les exemples suivants illustrent la présente invention. EXEMPLE 1 Sur des sujets volontaires n'ayant pas pris d'as- pirine au cours des deux semaines précédentes on fait des prises de sang par une veine anté-cubitale et on recueille le sang dans du citrate de sodium (0,11M), à raison dfune partie de citrate pour 9 parties de sang.On sépare le plasma du sang par centrifugation à une accélération de 160 g (5 minutes) sous la forme d'un plasma riche en plaquettes (PRP) Les examens sur les plaquettes sont effectués avec l'acide aracnidonique (AA), 1'acide eicosapentaénoïque (EPA), tous deux à l1étatde sels potassiques (voir Schror, K., Moncada, S., Ubatuba, F.B., et Vane, J.R., Eur. J. Pharmac., 1978, 47, 103), et avec de 1'ADP ou de la thrombine dans un appareil à coagu lation, par exemple dans l'appareil "Fibromate" (Bie & Bernsted Copenhague, Danemark). On enregistre l'agrégation à la fois par turbidimétrie et par néphélométrie dans une cuvette cylindrique qui contient 300 ut de PRP à 370 C, tout en agitant avec un agitateur magné tique à 800 ppm ; on se sert également d'un agrégomètre à double conduit Payton, avec 500/ul de PRP. L'acide eicosapentaénoïque, contrairement a l'acide arachidonique, ne provoque pas d'agrégation dans le PRP humain à des concentrations (1,33, 2,66 et 5,33 mM) au moins quatre fois supérieuzea celles de l'acide arachidonique (0,33, 0,66 et 1,3 mM). A des concentrations plus faibles, comprises entre O, et 0,5 mM, 1'EPA inhibe légèrement l'agré- gation des plaquettes induite par 1'ADP ( 2,ut) dans le PRP humain. L'effet anti-agrégation de 1'EPA (0,065 mM) n'est cependant pas du à sa transformation par la cyclooxygénase des plaquettes puisque cet effet s'observe avec des plaquettes traitées par de l'aspirine qui sont insensibles à 1'AA (0,065 mM) mais sont agrégées par la thrombine (0,04-0,4 U/ml), et l'effet anti-agrégation est également présent dans la première phase d'agrégation induite par 1'ADP (2 a 5 /uM) sur des plaquettes traitées par l'aspirine. EXEMPLE 2 Sur des rats fraîchement tués on prélève un tissu vasculaire (aorte thoracique et abdominale). On hache a peu près 100 g du tissu et on le lave une fois dans du tampon Tris (0,05 M, pH = 7,5) refroidi par de la glace. Après avoir testé son aptitude à empêcher l'agrégation des plaquettes induite parla thrombine lorsqu'il à été introduit dans la cuvette de plaquettes, le tissu est lavé plusieurs fois dans 10 ml de tampon Tris refroidi par de la glace pour éliminer le sang et les plaquettes qui y adhèrent. Le tissu est ensuite congelé rapidement à -600C, il est broyé en une poudre grossière et il est remis en suspension dans cinq volumes de tampon Tris. La suspension de tissu vasculaire est conservée dans de la glace pendant les essais et elle est utilisée pour des études d'incubation. On prélève du sang par la veine anticubitale sur des sujets volontaires qui ont pris de l'aspirine (1,5 g par jour) pendant les trois jours précédant la prise de sang . A partir de ce sang on obtient des thrombocytes humains lavés de la manière décrite par Vargaftig, B.B., Tranier, Y et Chignard, M., (Prostaglandins, 1974, 8, 133). Les essais d'agrégation sont effectués comme à l'exemple 1. Pour voir Si la suspension de tissu vasculaire est capable de faire la synthèse d'une quelconque substance ayant un effet anti-agrégation sur des plaquettes humaines, on isole des plaquettes comme décrit ci-dessus à partir du sang de volontaires ayant pris de l'aspirine, de telle façon que leurs plaquettes ne puissent pas produire des endoperoxydes de prostaglandines qui pourraient être utilisés par le tissu vasculaire pour faire une matière anti-agrégation. De plus on utilise des plaquettes lavées afin d'éviter que le tissu vasculaire puisse utiliser de l'acide arachidonique dans le plasma.Dans ces conditions, une activité anti-agrégation ne pourrait être créée par le tissu vasculaire qu'à partir de précurseurs endogènes ou ajoutés ( exogènes), La suspension initiale de tissu vasculaire (de 10 à 50 ut) décrite ci-dessus inhibe l'agrégation induite par la thrombine (de 0,04 à 0,4 U/ml).On peut supprimer cette activité inhibitrice en effectuant plusieurs lavages (de 5 à 20) du tissu par centrifugation (30 secondes dans une centrifugeuse d'Eppendorffl, décantation du surnageant, et remise en suspension dans du tampon frais (0,5 mI). Le niveau général de l'activité inhibitrice contre l'agrégation de la phase primaire induite par 1'ADP (de 2 à 5 /uM) ou l'agrégation induite par la thrombine (de 0,04 à 0,4 U/ml > peut être rétabli par addition de tissu vasculaire lavé et d ' EPA aux plaquettes lavées provenant de volontaires traités par l'aspirinat'apparition d'une activité anti-agrégation est empêche-e par le traitement avec de l'indométacine (de 5 à 10Zug/ml} du tissu vasculaire lavé. Ainsi, la cyclo-oxygénase de la paroi vasculaire peut utiliser 1'EPA pour développer une activité anti-agrégation. L'activité anti-agrégation qui est apparue pourrait être due au déplacement de l'AA endogène par 1'EPA et non à l'utilisation directe de 1'EPA, Toutefois, les memes concentrations de DHLA incubé avec du tissu vasculaire lavé ne conduit pas à la formation d'une matière anti-agrégation et ainsi le DHLA ne déplace pas l'AA. EXEMPLE 3 Effet de l'acide eicosapentaénoique sur le temps de saignement, chez le lapin. On anesthésie quatre lapins blancs maltes de Nouvelle Zélande (Ranch), pesant chacun de 2,0 à 2,5 kg, avec de la pentobarbitone sodique (40 mg/kg). On installe une aiguille dans la veineauriculaire marginale en vue d'effectuer des perfusions (0,1 ml/mn) d'acide eicosapentaenoïque. On dissout le sel potassique de l'acide eicosapentaénolque '(d'une pureté de 95 % et renfermant à peu près 2 z d'AA et 2 % de DHLA, le reste étant constitué d'acides gras en C-19 dans un tampon Tris-HCl 50 mM à pH 8,0 qui est conservé sur de la glace et protégé contre la lumière. On perfuse soit le véhicule Tris soit l'acide eicosa pentaénolque 5 minutes avant et continuellement pendant la mesure du temps de saignement. On rase soigneusement la surface interne de l'oreille qui ne porte pas l'aiguille. On éclaire l'oreille en transparence de telle façon que les vaisseaux sanguin s soient nettement visibles. Avec la lame d'un scalpel neuf on pratique des incisions, d'environ 0,4 cm de longueur et ayant une profondeur suffisante pour provoquer un saignement en 15 secondes, dans une zone dépourvue de vaisseaux sanguins visibles et dans une direction parallèle au vaisseau sanguin le plus proche. Toutes les 15 secondes on sèche délicatement l'incision avec du papier filtre (Whatman N01). On mesure le temps de saignement aux 15 secondes les plus proches à partir du moment de l'incision jusqu'à ce qu'on ne puisse plus voir, sur le papier filtre, des taches ponctuelles de sang. S'il y a un exudat plasmatique s'écoulant de la coupure on considère comme point final le moment où l'exudat cesse d'avoir une teinte rougeâtre. Si le temps de saignement est supérieur à 10 minutes on sèche la coupure toutes les 30 secondes. Pour chaque dose le temps de saignement est la moyenne de trois estimations. Deux lapins sont pré-traités par de l'aspirine, a la dose de 100 mg/kg, par injection intraveineuse, 4 heures avec l'expérience. A deux lapins servant de témoins on administre de la même façon 0,5 ml de Tris à pH 7,5 dans 4 ml d'une solution saline. Les résultats obtenus sont consignés dans les tableaux I et II. TABLEAU I Témoins, c'est-à-dire sans aspirine Dose d'EPA Temps de saignement en /ug/kg.mn en minutes Lapin 1 Lapin 2 0 3,5 3,0 50 16,0 100 19,8 16,5 200 **23,0 T A B L E A U II Lapins pré-traités par de l'aspirine en injection intraveineuse, à la dose de 100 mg/kg, 4 heures avant le début de l'essai Dose d'EPA Temps de saignement en /ug/kg.mn en minutes Lapin 3 Lapin 4 0 5,3 4,7 100 7,3 6,3 200 4,5 Moyenne de 3 estimations Débit de la perfusion : 0,2 ml/mn. On voit que les lapins traités par l'aspirine ont un temps de saignement légèrement augmenté ou non augmenté Un lapin traité par de 1WEPA dtune pureté de 75 % donne des résultats similaires compte-tenu de la plus faible pureté de l'acide EXEMPLE 4 : Conversion de l'acide eicosapentaénoque dans la circulation chez le chien. Sur le chien anesthésie au chloralose une perfusion intraveineuse d'acide eicosapentaénolque (de 0,2 à 2 mg.kg 1.mn 1) provoque une hypotension générale et pulmonaire. On sait que des bandes isolées d'artère coronaire bovine et d'artère coeliaque de lapin, plongées dans du sang, sont relachées par la PGI (de 5 à 10 ng/ml), substance qui a 2 une puissante activité anti-agrégation. Lorsqu'ils ont été traités par des antagonistes de catécholamines et l'angiotensine II, ces tissus de bio-essais, baignant dans du sang artériel, se relâchent au cours de la perfusion d'acide eico sapentaênoique (de 0,6 à 2 mg.kg l.mn 1, deux-chiens), d'une quantité équivalente à environ 10 à 20 ng/ml de PGI2 au débit le plus élevé.Sur l'un de ces chiens, après administration d'indométacine (5 mg/kg), une perfusion ultérieure d'acide eicosapentaénoique (2 mg.kg 1 mn 1 pendant 10 minutes) provoque encore une hypotension mais ne déclenche pas d'activité dans les tissus de bio-essais. EXEMPLE 5 Effet de désagrégation de l'acide eicosa pentaénolque chez le lapin. Des lapins pesant chacun de 2 à 3 kg sont anesthésiés avec de la pentobarbitone sodique à la dose de 30 mg/kg et héparinisés (2000 U/kg). On excise une artère coronaire, on extrait le sang et, au moyen d'une pompe à rouleaux,on le fait s'écouler sur une bande de collagène provenant du tendon d'Achille d'un autre lapin. Etant donné que le sang s'écoule sur la bande de tendon, celle-ci augmente de poids pendant 35 minutes jusqu'à un maximum de 180 à 200 mg. Après cela, une diminution de poids est dueà la désagrégation des plaquettes. L'acide eicosapentaénoïque, administré en perfusion intraveineuse (de 50 à 500 /ug/kg.mn) à cinq lapins, provoque de légers effets de désagrégation (environ 20 mg). On peut inhiber ces effets de l'acide eicosapentaénoïque en prétraitant les lapins par de l'aspirine (150 mg/kg). EXEMPLE 6 On stérilise une capsule de gélatine molle d'une capacité d'environ 0,5 ml, puis on la remplit dBune composition renfermant plus de 90 % d'EPA, environ 2 % d'AA, environ 2 % de DHLA et, pour le reste, notamment de l'acide palmitique et de l'acide oléique. La capsule est ensuite scellée. La capsule utilisée peut être transparente ou colorée, et elle peut également être du type gélatine dure ou être faite,par exemple en un polyméthacrylate de méthyle. EXEMPLE 7 Voici la composition d'un comprimé : eicosapentaénoate de sodium 281 mg amidon 62 mg lactose 250 mg poly-vinylpyrrolidone 3,5 mg stéarate de magnésium 3,5 mg hydroxytoluène butylé 2 ppm 600 mg. On enrobe le comprime avec du sucre, mais on peut aussi utiliser pour cela d'autres produits de revêtement. EXEMPLE 8 : On utilise la formulation de 1'exemple 7, alors qu'elle est sous la fonmed'une poudre non comprimée, pour remplir des capsules de gélatine dure, à raison de 600 mg de la formulation par capsule. EXEMPLE 9 : On mélange soigneusement environ 250 g d'une formulation de margarine molle usuelle avec 8 g d'acide eicosapentaénoïque jusqu'à ce qu'on ait obtenu une pâte lisse. EXEMPLE 10 : A des lapins mâles de Nouvelle Zélande (de 2 à 2,5 kg) on donne de l'aspirine (de 10 à 100 mg/kg par la voie intraveineuse). A un lot témoin on n'administre que l'excipient liquide utilisé pour dissoudre l'aspirine. Deux à quatre heures plus tard on anesthésie les animaux avec de la pentobarbitone et on mesure le temps de saignement cutané comme décrit à l'exemple 3, avant et pendant la perfusion d'EPA (sel potassique, pureté de 95 %, tel que celui qui a été utilisé à l'exemple 3) à différents débits (1, 50, 200 ou 400 Les mesures sont effectuées en double ou en triple pour chaque situation. Les résultats obtenus sont rassemblés dans le tableau III (vide infra).L'aspirine (10 mg/kg) produit une augmentation légère mais significative (p la moyenne de trois mesures sur cinq lapins est de 489 + 27 s (moyenne + e.t.m.) alors que sur les témoins elle est de 278+48 s. La valeur de 288 + 11 s que l'on obtient sur les animaux trai tés par une forte dose (100 mg/kg) d'aspirine n'est pas signi ficativement plus elevée que celle des témoins. Dans le lot d'animaux ne recevant pas d'as pirine, 1'EPA (1 g/kg.mn.)allonge la durée de saignement de plus de 100 % (p mentaire du temps de saignement à des débits due perfusion plus élevés et on atteint une valeur palier d'environ 1000 secondes au débit de 50 /ug/kg.mn. Sur les animaux traités par de l'aspirine (10 ou 100 mg/kg) 1'EPA ne produit pas une modification significati ve du temps de saignement. T A B L E A U III EPA en g.mg l.mn 1 Prétraitement ô 1 50 200 400 Aucun 278 + 48 642 + 69 861 + 69 961 + 87 1020 + 89 n=8 n=5 n=5 n=4 n=4 ASA 10 mg/kg 489 + 27 607 + 97 678 + 115 839 + 160 693 + 112 n=5 n=5 n=5 n=5 n=4 Ase 100 nni 288 + 11 309 + 13 327 + 82 428 + 86 384 + 26 n = 5 n = 3 n = 3 n = 4 n = 3 Temps de saignement moyen en seconde + e.t.m. ASA = aspirine. EXEMPLE il En appliquant la méthode de l'exemple 3 on étudie les effets qu'exercent différents acides gras sur l'agrégation, induite par l'acide epoxymethano-11&alpha;, 9&alpha; hydroxy-15 prostadiène-5,13 olque (analogue de PGH2) (Upjohn ), de plaquettes traitées par 1 'aspirine dans du PRP humain (PRP = plasma riche en plaquettes). Dans chacun des essais on fait incuber l'acide gras avec les plaquettes pendant environ 6 minutes avant d'ajouter l'analogue de PGH2 ; la quantité d'acide gras utilisée est d'environ 1,5 mM. Les valeurs d'inhibition obtenues 6 minutes après l'addition de l'analogue de PGH2 sont données dans le tableau IV. T A B L E A U IV Acide Inhibition en % Acide eicosapentaénoique 100 Acide (tout Z) octadécatriène9,12,15 olque 40 Acide (tout Z) octadécadiène 9,12 oïque 55 Acide (tout Z) octadécatriène6,9,12 osque 63 Acide Z octadécénoïque-9 68 Témoin O L'acide eicosapentaénoïque fait également preuve d'une inhibition de 100 % à une concentration de 1,0 mM et d'en viron 95 e à une concentration de 0,5 mM. I1 convient de signaler que l'acide (tout Z) octadécatriène-9,12,l5 olque et l'acide (tout Z) octadécatriène6,9,12 olque, qui sont des analogues dinor-2,3 de l'acide eicosatriène-11,14,17 oïque et de l'acide eicosatriène-8,ll,14 olque utilisés dans l'étude de Silver et al. mentionnée ci-dessus, ne sont pas très efficaces en tant qu'agents anti-agrégation en comparaison de l'acide eicosapentaenoïque. REVENDICATIONS 1.- Formulation,en particulier médicament, renfermant de l'acide (tout Z) eicosapentaène-5,8,11,14,17 oïque, ou l'un de ses sels, esters ou amides acceptables du point de vue pharmaceutique, et un excipient également acceptable du point de vue pharmaceutique, au moins 50 % en poids de la totalité des acides gras présents dans la formulation étant fournis par l'acide (tout Z) eicosapentaène-5,8,11,14,17 oïque ou ses dérivés. 2.- Formulation selon la revendication 1, dans laquelle au moins 90 % en poids de la totalité des acides gras présents dans la formulation sont fournis par l'acide (tout Z) eicosapentaène-5,8,11,14,17 oSque ou ses dérivés. 3.- Formulation selon l'une des revendications 1 et '2, dont3la partie acides gras renferme environ 2 % d'acide arachidonique, environ 2 z d'acide dihomo--linolénique, le reste étant constitué de corps acceptables du point de vue pharmaceutique et comprenant del'acide docosahéxaénoique, de l'acide docosapentaénoique, de l'acide palmitique, de l'acide oléique ou d'autres acides gras, ou des dérivés de ces acides. 4.- Formulation renfermant de 1' acide (tout Z) eicosapentaène-5,8,11,14,17 oïque, ou l'un de ses sels, esters ou amides acceptables du point de vue pharmaceutique, et un excipient également acceptable du point de vue pharmaceutique, ladite formulation étant pratiquement dépourvue d'autres acides moins insaturés ou de dérivés de tels acides. 5.- Formulation selon l'une des revendications 1 et 2, qui est pratiquement dépourvue d'autres acides moins insaturés et de dérivés de tels acides. 6.- Formulation renfermant de l'acide (tout Z) eicosapentaène-5,8,11,14,17 oïque, ou l'un de ses sels esters ou amides acceptables du point de vue pharmaceutique, et un véhicule également acceptable du point de vue pharmaceutique, ladite formulation étant pratiquement dépourvue de vitamines. 7.- Formulation selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, qui est pratiquement dépourvue de vitamines. 8.- Formulation selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, dans laquile l'acide eicosapentaénoïque est sous la forme de son sel sodique ou potassique. 9.- Formulation selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, dans laquelle l'acide eicosapentaénoique est sous la forme de son triglycéride ou de son ester éthylique. 10.- Formulation selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, qui contient l'acide eicosapentaénoïque lui-meme. 11.- Formulation selon l'une quelconque des revendications 1 à 10, qui contient un anti-oxydant. 12.- Formulation selon l'une quelconque des revendications I à 11, qui contient un parfum. 13.- Formulation selon l'une quelconque des revendications 1 à 12, dans laquelle l'excipient est ou comporte une capsule enfermant le reste de la formulation 14.- Formulation selon l'une quelconque des revendications 1 à 12, caractérisée en ce que l'acide eicosapen taénoïque ou son sel, ester ou amide forme une phase dispersée dans l'excipient qui est un liquide. 15.- Formulation selon la revendication 14, caractérisée en ce qu'elle se présente sous la fo'rme'dun capsule. 16. - Formulation selon l'une quelconque des revendications I à 12, caractérisée en ce qu'elle se présente sous la forme d'un comprimé, l'excipient etantalors solide. 17.- Formulation selon l'une. quelconque des revendications I à 16, qui se présente sous la forme d'une unité de prise. 18.- Formulation selon la revendication 17, qui contient de 0,25 à 1,0 g d'acide eicosapentaénoique,' tel quel ou sous la forme d'un de ses sels, esters ou amides. 19.- Formulation selon l'une quelconque des revendications 1 à 18, qui est pratiquement dépourvue d'acides gras saturés et de leurs sels, esters et amides. 20.- Comprimé qui renferme un dérivé solide de l'acide (tout Z) eicosapentaène-5,8,11,14,17 orque, 21.- Procédé de'préparation d'une formulation selon l'une quelconque des revendications 1 à 20, caractérisé en ce qu'on réalise une association efficace avec les divers constituants. 22.- Margarine, beurre, huile de cuisine ou graisse de cuisine qui renferment de l'acide (tout-Z) eicosapen taène-5,8,11,14,1? orque ou l'un de ses sels, esters ou amides, en une quantité telle qu'il y ait, dans la composition, au moins 3 % en poids d'acide eicosapentaénoïque sous la forme de l'acide lui-meme ou d'un de ses dérivés. 23.- Margarine selon la revendication 22, sous la forme d'une margarine émulsion. 24.- Procédé pour réaliser une circulation extracorporelle du sang vers et en provenance d'un mammifère, notamment de l'homme, procédé selon lequel on ajoute au sang,à l'intérieur ou a l'extérieur du corps, une quantité, efficace pour empêcher dans une grande mesure ou totalement l'agrégation des plaquettes sanguines, d'acide (tout Z) eicosapentaène-5,8,11, 14,17 osque ou d'un de ses sels, esters ou amides acceptables du point de vue pharmaceutique. 25.- Acide (tout Z) eicosapentaène-5,8,11,14,17 oïque et ses sels, esters et amides acceptables du point de vue pharmaceutique, en tant que substances actives pour le traitement de troubles ou maladies thrombo-emboliqueschez un mammifère. 26.- Formulation selon l'une quelconque des revendications 1 a 23, en tant que médicament pour le traitement de troubles ou maladies thrombo-emboliques chez un mammifère.