L'invention concerne des produits dentifrices sous forme de solutions, de gels, de pâtes, de poudres, de tablettes, de dragées, d'onguents, de lotions ou de gommes à matcher, qui sont caractérisés par le fait qu'ils contiennent de I'hydrofluorure de monoéthanolamine en combinaison avec un ou plusieurs aminoacides. On n'est actuellement pas en mesure de mener une-progbylaxie de la carie en s'attaquant aux causes, car les facteurs étiologiques essentiels des caries sont inconnus à ce jour. Par contre, on connalt de multiples facteurs qui favorisent le développement de caries, notamment les soins défectueux des dents et de la bouche, la structure de la surface dentaire ainsi que la composition des aliments absorbés, à laquelle est directement liée la formation du tartre dentaire.La formation de couches de tartre dentaire est à l'origine du développement de lésions de carie dans l'émail qui se trouve au-dessous de ces couches, du fait que les hydrates de carbone entrant dans la composition du tartre sont décomposés en produits de dégradation acides par les bactéries présentes. Bye tartre dentaire peut donc être toujours considéré comme étant en rapport de cause à effet avec la formation de caries. Les mesures de prophylaxie contre la carie actuellement connues consistent d'une part à empêcher le développement du tartre ou à éliminer aussi rapidement et complètement que possible une couche de tartre existante. Nais la méthode la plus fréquemment appliquée consiste à accroftre la résistance de la surface de l'émail contre les produits de dégradation acides qui résultent de la décomposition bactérienne des hydrates de carbone contenus dans le tartre. Cela s'effectue en général par l'administration de composés fluorés, de préférence dissociables, par exemple par l'introduction de tels composés dans les produits d'hygiène dentaire et buccale ou par la fluoruration de l'eau de boisson. Il a été également proposé, dans le mémoire du brevet aUe- mand nO 971 375, d'ajouter aux produits dentifrices, à titre de composé fluoré dissociable, de l1hydrofluorure d'éthanolamine en même temps que du carbonate de calcium et de conférer ainsi à la surface de lté- mail dentaire une plus grande résistance contre les acides0 Le mémoire du brevet belge nO r714 785 de la Demanderesse décrit des produits dentifrices fluorés qui contiennent de l'hydrofluorure d'éthanolamine titre de source de fluor et en outre un agent de polissage qui est constitué en majeure partie de phosphate dicalcique.Grâce à l1utili- sation de cet agent de polissage, l'absorption de fluor pendant le dépit du produit dentifrice est pratiquement exclue. Or, il a été découvert qu'on pouvait obtenir des produits dentifrices contenant de lthydrofluorure d'éthanolamine et ayant, en comparaison des préparations connues, une aptitude fortement accrue à réduire la solubilité dans l'acide de l'émail dentaire, si 1'on ajoutait encore à ces produits dentifrices un ou plusieurs aminoacides. Manifestement, il se produit dans ces conditions un effet synergique dont le mécanisme précis n T a pas encore été élucidé présentement. A titre d'aminoacides utilisables en combinaison avec l'hydrofluorure d'éthånolamine dans le cadre de l'invention, on mentionnera par exemple les suivants : glycine, alanine, acide aminobutyrique, acide amino-isobutyrique, vanine, leucine, isoleucine, phénylalanine; proline, sérine, thréonine, cystéine, cystine, méthionine, tryptophane, tyrosine, asparagine, glutamine, acide aspartique, acide glutaminique, lysine, arginine et histidine. La glycine, la méthionine et/ou la sérine représentent des aminoacides utilisables de façon particulièrement avantageuse dans le cadre de l'invention. La proportion dthydrofluorure d'éthanolamine dans les produits dentifrices de l'invention se situe de préférence aux alentours de 0,5 à 15 % en poids, celle des aminoacides dans la gamme comprise entre 0,01 et 10,0 ffi en poids de la composition totale. Le pH des produits dentifrices de l'invention sera compris entre 3,5 et 6,5 environ en milieu aqueux. Le compte-rendu d'essai suivant démontre la supériorité de la composition d'hydrorluorure d'éthanolamine et d'amino-acides selon l'invention, par rapport à l'hydrofluorure d'éthanolamine ajouté isolément, en ce qui concerne la réduction de la solubilité de 11 émail dentaire. Procès-verbal d 'essai Les incisives de trente sujets répartis en trois groupes étaient badigeonnées pendant trois jours successifs, à raison drune fois par jour, avec les solutions A, B et C respectivement, et la résistance à 11 acide de l'émail dentaire était déterminée au moyen du test CRT, la valeur initiale avant l'application du badigeon et la valeur finale au quatrième jour étant déterminées au niveau de la première incisive.Dans ces conditions, on a obtenu les résultats suivants. p Solution Â (eau) Sujet nO Valeur initiale Valeur finale Différence (en secondes) (en secondes) (en secondes) 1 53 65 + 12 2 65 66 + 1 3 63 58 - 5 4 62 60 - 2 5 68 70 + 2 6 88 60 - 28 7 60 68 + 8 8 60 70 + 10 9 68 70 + 2 10 65 60 - 5 Valeur moyenne - 0,5 Solution B (solution aqueuse d'hydrofluorure d'éthanolamine à 13 0 = = 4) Sujet nO Valeur initiale Valeur finale Différence (en secondes) (en secondes) (en secondes) 11- 49 55 + 6 12 46 58 + 12 13 44 - 50 + 6 14 51 54 + 3 15 44 50 + 6 16 50 60 + 10 17 50 52 + 2 18 38 60 + 22 19 46 56 + 10 20 45 50 + 5 Valeur moyenne + 8,2 Solution C (solution aqueuse de 13,0 % d'hydrofluorure d'éthanolamine et de 0,1 % de sérine ; pH = 4) Sujet n Valeur initiale Valeur finale Différence (en secondes) (en secondes) (en secondes) 21 45 65 + 20 22 40 66 + 26 23 42 55 + 13 24 38 58 + 20 25 50 60 + 10 26 40 56 + 16 27 53 63 + 10 28 44 54 + 10 29 41 58 + 17 30 45 50 + 5 Voleur moyenne + 14,7 Comme il ressort sans contexte des essais comparatifs, on obtient déjà, après un traitement de trois jours avec une solution de la combinaison de l'invention, une solubilité dans l'acide de l'émail dentaire qui est nettement réduite, à savoir de 14,7 s en moyenne, en comparaison de l'utilisation de l'hydrofluorure d'éthanolamine seul (solubilité dans l'acide réduite de 8,2 s). Comme on l'a déjà mentionné ci-dessus, la solubilité dans l'acide de la surface de l'émail était mesurée au moyen du test ORD, Le test CRT donne une mesure de la réduction de solubilité de l'émail atteinte et il est décrit dans II.. Walter, Helv. odont. jacta 2, 40 (1958) H.R.- Mühlemann et F. Wolgensinger, Helv. odont. Acta , 35(1959), ainsi que dans H.J. Gülzow, Deutsche Zahnärztliche Zeitschrift 21,290 (1966).- Ce test Crut est basé sur le principe suivant Un petit disque de papier-filtre, de dimensions définies, est imprégné d'un indicateur coloré de pH (cristal-violet) et chargé d'un acide chlorhydrique défini. Dans ces conditions, il se produit évidemment un changement de couleur ds l'indicateur. Si le d-isque imbibé d'acide est alors placé sur la surface de la dent, l'acide élimine le calcium de l'émail et est ainsi neutralisé. Au fur et à mesure de la neutralisationS le pX pH s'élève et le disque d'indicateur reprend sa couleur primitive Le temps d'application du disque jusqu'au retour à la couleur primitive est déterminé et constitue une mesure de la solubilité du calcium. Les produits dentifrices selon 11 invention peuvent entre utilisés sous forme de solutions, de gels, de pattes, de poudres, de tablettes, de dragées, de lotions, d'onguents ou de gommes à matcher, donc pratiquekent sous toutes les formes d'application permettant un con tact avec les dents.Ils contiennent les adjuvants ordinairement intro duits dans les produits dentifrices, par exemple des agents de polis sage dans les dentifrices en pâte et en poudre ; des liants et des épaississants ainsi que des humidifiants dans les pâtes dentifrices des substances tensio-actives, par exemple des sulfates d'alcools gras, des sulfonates d'oléfines, des produits de condensation d'acides gras, des aminoxydes et /ou des composés d'ammonium quaternaire. Il est en outre judicieux d'ajouter des substances aromati ques et gustatives, par exemple différentes huiles essentielles telles que l'essence de pipermenthe, l'essence d'eucalyptus, ltessence de winter-green, de cannelle ou de girofle , ainsi que du menthol et ses dérivés. Il est particulièrement à conseiller d'utiliser des substances aromatiques déterpènées ou au moins pauvres en terpènes. Pour la conservation des produits dentifrices selon l'invention, on utilisera de préférence un ester d'acide p-hydroxybenzoique, mais on peut également avoir recours à toutes les autres substances jusqu'ici proposées à cette fin. En outre, on peut associer dans les produits dentifrices selon l'invention contenant de l'hydrofluorure d'éthanolamine et des aminoacides, des substances dont l'utilisation dans les produits den tifrices est connue en soi, ayant par exemple un effet d'activation de l'irrigation sanguine ou un effet astringent. Les exemples suivants serviront à illustrer l'invention et ne constituent en aucune manière une limitation. Les chiffres indiqués correspondent à des pourcentages en poids. Exemple 1 - Solution d'attouchement à usage local dans la pratique de la dentisterie. Hydrofluorure d'éthanolamine 12,0 Méthionine 0,2 Glycine 0,3 Bau - 87,5 Exemple 2 - Bain de bouche Hydrofluorure d'éthanolamine 4,5 Glycine 0,5 - -- Substances aromatiques et gustatives 4,0 Laurylsulfate de sodium 2,5 Alcool éthylique (à 96 0) 40,0 Eau 48,5 Exemple 3 - Pite dentifrice Hydrofluorure d'éthanolamine 1,5 Sérine 0,1 Glycine 0,1 Méthionine 0,1 Sorbite à 60 % 8,0 Glycérine à 86 % 8,0 Carboxyméthyl-cellulose 1,5 Laurylsulfate de sodium 1,7 Métaphosphate de sodium insoluble 10,0 Dihydrate de phsophate dicalcique 20,0 Substances aromatiques et gustatives 1,5 Eau 47,5 Exemple 4 - Tablettes dentifrices Hydrofluorure d'éthanolamine 4,5 Glycine 0; ;3 L-le ucine 0,2 Dihydrate de phosphate dicalcique 45,0 Anhydride de phosphate dicalcique 30,0 Métaphosphate de sodium insoluble 10,0 Polyvinyl-pyrrolidone 3,0 Substances gustatives et aromatiques 3,5 Laurylsulfate de sodium 3,5 Exemple 5 - Produit dentifrice sous forme de gel Hydrofluorure d'éthanola2line 3,5 L-alanine 0,5 Gel de bioxyde de silicium (Syloid 63Rde la firme Grace GmbH, grosseur de particules 10 microns, surface 830 m2/g) 15,0 Gel de dioxyde de silicium (Sylold 72 R de la firme Grace GmbH, grosseur de particules 3 microns, surface 370 m2/g) 10,0 Sorbite à 60% 10,0 Glycérine à 86 % p 22,0 N-lauroylsarcoside de sodium 2,0 Préservatif 0,2 Substances gustatives et aromatiques 1,2 Eau 35,6 REVE I C-AT IONS 1. Produits dentifrices sous forme de solutions, de gels, de pâtes, de poudres, de tablettes, de dragées, de lotions, d'onguents ou de gommes à måcher, caractérisés par le fait qu'ils contiennent des mélanges d'hydrofluorure de monoéthanolamine et d'un ou de plusieurs aminoacides et/ou de leurs sels. 20 Produits dentifrices selon la revendication 1, caractérisés par le fait qu'ils contiennent 0,5 à 15,0 0 en poids dthydro- fluorure d'éthanolamine et 0,01 à 10,0 % en poids d'aminoacides et/ou de leurs sels par rapport à la composition totale, 2 Produits dentifrices selon les revendications 1 et/ou 2, caractérisés par le fait qu'ils contiennent, à titre d'aminoacides, de la glycine, de la méthionine et/ou de la sérine. 4. Produits dentifrices selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisés par le fait que le pH en milieu aqueux est compris entre 3,5 et 6,5.