La présente invention a pour objet un nouvel engrais phosphaté. La tendance actuelle, dans le domaine de l'enrichissement des sols, est de réaliser des engrais ternaires (azote, phosphore, potassium) de plus en plus concentrés en ces trois éléments et, par conséquent, de plus en plus pauvres en autres constituants (calcium, magnésium, soufre et oligo-éléments). Il s'ensuit que la mise en application des méthodes de fertilisation modernes se traduit par des insuffisances ou des carences en ces autres constituants, carences qui sont néfastes à la croissance des végétaux. La présente invention a pour but de remédier à ces inconvénients en réalisant un nouvel engrais capable d'apporter aux sols, outre des phosphates, l'ensemble des constituants qui leur font défaut. Ces constituants sont essentiellement le soufre, le magnésium et le calcium ainsi que divers oligo-éléments tels que le fer, le manganèse, le zinc, le bore, le cuivre, le molybdène, le cobalt, etc... Il est un produit qui renferme à la fois des phosphates et les constituants précités, hormis le soufre : les scories de déphosphoration qui résultent, en tant que sous produit, de la fabrication de l'acier Thomas obtenu à partir de minerais de fer phosphoreux, en particulier de la minette de Lorraine. Les scories ont été utilisées pendant plus d'un siècle, avec succès, comme engrais malgré le fait qu'elles ne renferment pas de soufre, car cet élément indispensable était apporté par le superphosphate autrefois largement utilisé. Aujourd'hui, cependant, on n'a plus guère autant recours au superphosphate, ce qui se traduit par des carences en soufre, qui apparaissent de plus en plus nombreuses. L'utilisation du sulfate de calcium, comme additif aux scories, capable d'apporter ltélément soufre, paratt de toute évidence être la plus satisfaisante en raison de sa teneur en soufre. Ce sulfate de calcium existe à l'état naturel et est également obtenu par voie de synthèse. Le sulfate de calcium naturel, qui est pratiquement réservé à la fabrication du plâtre, ne peut être utilisé, dans la composition des agents de fertilisation, en raison de son prix de revient trop élevé. On ne peut donc envisager que l'emploi du sulfate de calcium obtenu par synthèse. Ce sulfate se forme au cours de la préparation de l'acide phosphorique par voie humide, le soufre entrant dans la composition dudit sulfate provenant de l'acide sulfurique nécessaire à l'attaque des phosphates et le calcium, du phosphate tricalcique soumis à cette attaque. Le but de la fabrication étant la production de l'acide phosphorique, le sulfate de calcium, que l'on désigne dans ce cas précis par l'expression "phosphogypse", est un sous-produit, jusqu'à présent inutilisé, de cette fabrication. L'emploi du phosphogypse comme additif aux scories serait donc très économique puisqu'il s'agit d'un produit de récupération (qui est actuellement soit rejeté en mer ou en rivière, soit stocké en terrils) et permettrait de compenser en partie les frais entraînés par l'achat du soufre nécessaire à la fabrication de l'acide phosphorique, soufre qui, selon la technique actuelle, se trouve éliminé du circuit de fabrication après utilisation. Ces considérations économiques, industrielles et agronomiques ont conduit à l'élaboration du nouvel engrais selon l'invention qui est caractérisé en ce qu'il est constitué, outre de scories, de phosphogypse. Les scories renferment normalement environ 18 % de phosphates estimés en P205. L'adjonction de phosphogypse aux scories a bien évidemment pour conséquence d'abaisser la teneur en P205 du mélange résultant puisque le phosphogypse ne renferme pas de phosphates. Pour ramener à 18 %, la teneur finale en P205 de l'engrais selon l'invention, il est avantageux d'y ajouter au moins un phosphate en quantité suffisante. Dans un mode de réalisation préféré, l'engrais est composé de - 50 7. de scories renfermant 18 % de P205 - 30 % de phosphate moulu renfermant 30 /0 de P205 - 20 % de phosphogypse séché et renferme 18 % de P205 Le phosphate ajouté peut 8trie, par exemple, du phosphate de chaux. D'autres éléments fertilisants peuvent entrer dans la composition de l'engrais si on le désire. L'engrais selon l'invention peut se présenter soit à l'état pulvérulent, soit à l'état granulé. La granulation s'effectue par toute méthode classique, par voie sèche ou humide. La granulation par compactage constitue un procédé de fabrication particulièrement bien adapté et avantageux. REVENDICATIONS 1. - Engrais à base de scories de déphosphoration, caractérisé en ce qu'il renferme, outre des scories, du phosphogypse. 2. - Engrais selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il renferme, de plus, au moins un phosphate. 3. - Engrais selon la revendication 2, caractérisé en ce qu'il comprend - 50 Z de scories renfermant 18 Z de P205 - 30 Z de phosphate moulu renfermant 30 Z de P205 - 20 Z de phosphogypse séché.