L’invention concerne un procédé de traitement d’images médicales de tissus humains d’une zone du corps d’un patient et en particulier du sein au moyen d’un dispositif (1) d’imagerie médicale comprenant un réseau de sondes micro-ondes constitué de K > 1 sondes espacées les unes des autres, le réseau comprenant P > 1 configurations différentes définissant des sondes émettrices et des sondes réceptrices pour une ou plusieurs position(s) autour de la zone, dans lesquelles les sondes émettrices sont configurées pour émettre des signaux micro-ondes de manière à éclairer une zone du corps et les sondes réceptrices sont configurées pour recevoir des signaux micro-ondes après diffusion et réflexion dans la zone, les sondes pouvant, de manière complémentaire, être configurées pour émettre et recevoir simultanément. Figure pour l’abrégé : FIGURE 3 Procédé de traitement morphologique d’images radar micro-ondes dans le domaine médical utilisant différentes hypothèses sur le milieu traversé par les signaux micro-ondes. L’invention concerne le domaine de l’imagerie médicale utilisant les ondes électromagnétiques dans la bande des fréquences micro-ondes et concerne plus particulièrement l’imagerie médicale pour l’analyse de tissus ou d’organes humains perméables aux ondes électromagnétiques. Et l’invention trouve notamment application dans l’imagerie du sein et la détection des pathologies mammaires. ETAT DE LA TECHNIQUE Les techniques d’imagerie micro-ondes permettent d’imager des organes humains perméables aux ondes électromagnétiques et sont des techniques prometteuses dans le domaine de l’imagerie du sein et la détection de pathologies telle que les cancers du sein. L’imagerie micro-ondes met en œuvre des sondes d’émission configurées pour éclairer tout ou partie de l’organe à imager au moyen d’ondes électromagnétiques. Les ondes émises traversent la zone à imager et sont reçues par des sondes de réception. Les sondes peuvent, de manière complémentaire, être configurées pour émettre et recevoir simultanément. Les ondes reçues ont traversé la zone à imager en ayant subi des réflexions sur les obstacles rencontrés, aux endroits des contrastes diélectriques (par exemples une lésion cancéreuse située dans des tissus sains). L’ensemble des coefficients de transmission ainsi mesurés entre les sondes émettrices et les sondes réceptrices forment une acquisition multistatique. Ces acquisitions multistatiques servent d’entrée à des modules de traitement d’imagerie radar et permettent d’obtenir une image radar 2D ou 3D de l’organe ou d’une partie de l’organe. Pour obtenir des images représentant au mieux la zone à imager il est nécessaire de connaitre a priori le milieu diélectrique le long des différents chemins parcourus par les ondes électromagnétiques entre les sondes d’émission, chaque point de la zone à imager considérée, et les sondes de réception. Or cette connaissance a priori des propriétés diélectriques des organes à imager n’est pas accessible et nécessite de faire des hypothèses sur le milieu traversé ce qui conduit à des images qui peuvent être de mauvaise qualité. L’invention permet d’améliorer la qualité des images radar pour l’analyse de tissus ou d’organes humains. A cet effet, l’invention propose, selon un premier aspect, un procédé de traitement d’images médicales de tissus humains d’une zone du corps d’un patient et en particulier du sein au moyen d’un dispositif d’imagerie médicale comprenant un réseau de sondes micro-ondes constitué de K > 1 sondes espacées les unes des autres, le réseau comprenant P > 1 configurations différentes définissant des sondes émettrices et des sondes réceptrices pour une ou plusieurs position(s) autour de la zone, dans lesquelles les sondes émettrices sont configurées pour émettre des signaux micro-ondes de manière à éclairer une zone du corps et les sondes réceptrices sont configurées pour recevoir des signaux micro-ondes après diffusion et réflexion dans la zone, les sondes pouvant, de manière complémentaire, être configurées pour émettre et recevoir simultanément, le procédé comprenant les étapes suivantes mises en œuvre dans une unité de traitement du dispositif d’imagerie médicale : acquisition des signaux produits dans P > 1 configurations du réseau d’antennes ; le procédé comprenant pour chaque configuration : traitement des signaux acquis pour N > 1 ensembles de Ai > 1 valeurs, , d’un paramètre caractéristique du milieu traversé par les signaux, de manière à obtenir images radar élémentaires micro-ondes ; sélection dans chacun des N ensembles, d’une image radar élémentaire micro-ondes, chaque image élémentaire sélectionnée correspondant à une des valeurs du paramètre (pcfib) de l’ensemble ; une image élémentaire par ensemble étant sélectionnée pour une configuration ; le procédé comprenant pour chaque ensemble : reconstruction à partir des images radar élémentaires sélectionnées de chacune des configurations d’une image radar de la zone du corps d’un patient de manière à reconstruire une image radar 3D par ensemble ; traitement morphologique de chaque image radar reconstruite de manière à obtenir une image morphologique sur laquelle est identifiée une ou plusieurs régions d’intérêt, si existante(s), évaluation de la persistance de chaque région d’intérêt sur les différentes images morphologiques obtenues de manière à valider morphologiquement la région d’intérêt. L’invention est avantageusement complétée par les caractéristiques suivantes, prises seules ou en une quelconque de leur combinaison techniquement possible : - le traitement morphologique consiste à déterminer la solidité d’une ou plusieurs régions de pixels de l’image, une région d’intérêt étant identifiée si la solidité associée est supérieure à un seuil. - on considère au moins N=2 ensembles, de préférence au moins N=3 ensembles de Ai > 1 valeurs, , de paramètre caractéristique (pcfib) du milieu traversé par les signaux. - les ensembles se recoupent totalement ou partiellement en termes de plages de variation et/ou en termes de valeurs. - l’évaluation de la persistance consiste à déterminer un pourcentage de présence d’une région d’intérêt sur les images morphologiques, une région d’intérêt étant validée pour un pourcentage supérieur à un seuil. - le réseau de sondes comprend K > 1 sondes disposées autour de la zone à imager, ledit réseau étant mobile selon des positions verticales autour de la zone à imager, chaque configuration étant un secteur de sondes chacun composé de M > 1 sondes avec M L’invention propose selon un deuxième aspect, un produit programme d’ordinateur comprenant des instructions de code de programme pour l’exécution des étapes du procédé selon le premier aspect de l’invention, lorsque ce procédé est exécuté par au moins un processeur. L’invention propose selon un troisième aspect un dispositif d’imagerie médicale comprenant une unité de traitement configurée pour mettre en œuvre un procédé selon le premier aspect de l’invention. La combinaison de plusieurs configurations et l’utilisation comme hypothèses de plusieurs valeurs caractéristiques du milieu traversé permet de gérer l’hétérogénéité des propriétés diélectriques non connues a priori de la zone à imager. En outre, la persistance d’une région d’intérêt identifiée morphologiquement pour au moins B > 1 ensembles parmi N ensembles (avec B/N 1) implique une validation de la région d’intérêt c’est-à-dire une forte probabilité qu’elle corresponde à un objet physique/lésion présente dans la zone imagée versus artefact. De manière complémentaire, le critère de solidité utilisé est un descripteur de forme qui permet une identification morphologique avantageuse des régions d’intérêts. PRESENTATION DES FIGURES D’autres caractéristiques, buts et avantages de l’invention ressortiront de la description qui suit, qui est purement illustrative et non limitative, et qui doit être lue en regard des dessins annexés sur lesquels : - la illustre schématiquement un système d’imagerie médicale à micro-ondes conforme à un mode de réalisation de l’invention ; - la illustre des étapes d’un procédé de traitement morphologique d’images radar micro-ondes selon l’invention ; - la illustre une image radar micro-ondes obtenue au cours d’un procédé selon l’invention ; - la , la , la , la , la illustrent des images morphologiques du sein d’une patiente, obtenues au moyen d’un procédé de traitement morphologique d’images radar micro-ondes selon l’invention. - la , la , la , la illustrent des images morphologiques du sein d’une patiente, obtenues au moyen d’un procédé de traitement morphologique d’images radar micro-ondes selon l’invention. Sur l’ensemble des figures les éléments similaires portent des références identiques. DESCRIPTION DETAILLEE La illustre un dispositif 1 d’imagerie médicale à micro-ondes comprenant une table d’examen 11 sur laquelle une patiente 12 est allongée. En particulier, la patiente 12 est allongée en position couchée sur le ventre. La table d’examen 11 comprend une ouverture 13 de préférence circulaire permettant l’immersion du sein 14 de la patiente dans une cuve 15 remplie d’un liquide de transition biocompatible dont les propriétés diélectriques sont optimisées pour améliorer la transmission des ondes électromagnétiques à l’intérieur du sein. Un réseau 16 de sondes 161 d’émission/réception micro-ondes (ci-après schématisées par des tirets) est disposé autour de la cuve 15 et permet en émission d’illuminer le milieu observé et en réception de recevoir les signaux réfléchis depuis la scène à imager. Les sondes 161 sont avantageusement régulièrement réparties autour de la cuve et préférentiellement selon un anneau entourant la cuve comme cela est illustré sur la . Avantageusement, les sondes sont configurées pour émettre des signaux dans la bande de fréquences 0,5 - 6 GHz. Plus généralement, le système d’imagerie fonctionne de manière multistatique et permet d’illuminer le milieu à imager en exploitant plusieurs sondes en émission et plusieurs sondes en réception et selon différentes configurations autour du milieu à imager. Les sondes peuvent, de manière complémentaire, être configurées pour émettre et recevoir simultanément. A chaque acquisition multistatique, tout ou partie du milieu à imager est éclairé successivement par des sondes présélectionnées qui fonctionnent en émission. Les sondes en émission du réseau et leur nombre sont choisis en fonction de la zone du sein à imager. Pour chaque sonde qui émet, le signal est reçu par des sondes présélectionnées qui fonctionnent en réception. Les sondes en réception du réseau et leur nombre sont choisis en fonction de la zone du sein à imager. On considère alors que chaque acquisition multistatique correspond à une série d’émissions/réceptions de signaux par des sondes selon une configuration déterminée. On entend ainsi par configuration la définition d’un ensemble de sondes d’émission et la définition d’un ensemble de sondes de réception permettant d’effectuer une acquisition multistatique de tout ou partie du sein, ces sondes étant disposées d’une certaine manière dans l’espace autour du sein. Pour passer d’une configuration à une autre et pour piloter les différentes acquisitions multistatiques, le système comprend une unité 17 de pilotage du réseau de sondes qui est connectée à une unité 18 de contrôle et de traitement (par exemple un processeur et/ou un calculateur). Une telle unité 18 de contrôle et de traitement est configurée pour piloter le réseau, procéder aux acquisitions, assurer le stockage des données acquises, effectuer des traitements d’imagerie radar et mettre en œuvre un procédé de traitement morphologique d’images qui sera décrit ci-après. Une unité 19 de stockage permet de stocker l’ensemble des données multistatiques acquises et un certain nombre de données qui peuvent être utilisées pour les étapes du traitement d’imagerie ou produites par le traitement d’imagerie. En outre, une unité 20 d’affichage permet d’afficher et de visualiser des images obtenues. L’unité 18 de contrôle et de traitement, l’unité 19 de stockage et l’unité 20 d’affichage peuvent être intégrées directement dans l’appareil d’imagerie ou bien déportées physiquement. Les traitements d’imagerie peuvent être réalisés a posteriori (off-line). Comme on l’aura compris, pour imager l’ensemble du sein plusieurs configurations successives de sondes d’émission et de sondes de réception sont définies. Ces configurations de sondes d’émission et de sondes de réception couvrent des zones différentes du sein à imager et sont choisies de façon à englober au final l’ensemble du sein à imager. Pour chaque configuration, les acquisitions multistatiques des coefficients de transmission entre les sondes d’émission et les sondes de réception permettent, après traitement d’imagerie radar, d’obtenir une image radar élémentaire. L’ensemble des images élémentaires obtenues permettent de reconstruire une image radar 2D ou 3D de la zone imagée, ici le sein. Pour le traitement radar des signaux multistatiques d’émission/réception permettant la reconstruction des images radar 2D ou 3D, on pourra par exemple se référer aux publications suivantes : - A.J. Devaney, Time reversal imaging of obscured targets from multistatic data, IEEE Trans. Antennas Propag. (2005). doi:10.1109/TAP.2005.846723; - Marengo, E.A.; Gruber, F.K.; Simonetti, F. Time-reversal MUSIC imaging of extended targets. IEEE Trans. Image Process. 2007, 16, 1967–1984. doi:10.1109/TIP.2007.899193; - Hossain, M.D.; Mohan, A.S. Cancer Detection in Highly Dense Breasts Using Coherently Focused Time-Reversal Microwave Imaging. IEEE Trans. Comput. Imaging 2017, 3, 928–939. doi:10.1109/TCI.2017.2737947; - A. Fasoula, B.M. Moloney, L. Duchesne, J.D.G. Cano, B.L. Oliveira, J. Bernard, M.J. Kerin, Super-resolution radar imaging for breast cancer detection with microwaves: the integrated information selection criteria, in: 41st Annu. Int. Conf. IEEE Eng. Med. Biol. Soc., 2019. Les images radar 2D ou 3D obtenues sont avantageusement exploitées dans le cadre d’un procédé de traitement qui va être décrit ci-après. Comme mentionné, en introduction, la détermination de chaque image radar élémentaire nécessite en théorie de connaitre a priori le milieu diélectrique du sein le long du chemin parcouru entre chaque sonde d’émission et chaque sonde de réception. Or ceci n’est pas accessible. Comme il va être décrit, l’invention met en œuvre un paramètre pcfib qui correspond à une hypothèse sur la constitution moyenne du milieu traversé par l’onde électromagnétique dans le sein (ou de manière plus générale, la zone imagée) en termes de permittivité diélectrique. Ce paramètre pcfib correspond à un pourcentage de mélange de tissus fibro-glandulaires et de tissus adipeux du sein. Par exemple pcfib = 30% correspond à un milieu contenant 30% de tissus fibro-glandulaires et 70% de tissus adipeux. Les propriétés diélectriques du tissu mammaire sont alors définies comme une moyenne pondérée (pondération par pcfib) des propriétés diélectriques des tissus fibro-glandulaires et des tissus adipeux. Pour des exemples de valeurs des permittivités diélectriques des tissus fibro-glandulaires et des tissus adipeux du sein, on pourra par exemple se référer aux publications suivantes : - T. Sugitani, S.I. Kubota, S.I. Kuroki, K. Sogo, K. Arihiro, M. Okada, T. Kadoya, M. Hide, M. Oda, T. Kikkawa, Complex permittivities of breast tumor tissues obtained from cancer surgeries, Appl. Phys. Lett. (2014). doi:10.1063/1.4885087; - M. Lazebnik, L. McCartney, D. Popovic, C.B. Watkins, M.J. Lindstrom, J. Harter, S. Sewall, A. Magliocco, J.H. Booske, M. Okoniewski, S.C. Hagness, A large-scale study of the ultrawideband microwave dielectric properties of normal breast tissue obtained from reduction surgeries, Phys. Med. Biol. (2007). doi:10.1088/0031-9155/52/10/001. On décrit ci-après un procédé de traitement morphologique d’images radar micro-ondes en relation avec la . Dans un premier temps on définit P > 1 configuration(s) du réseau de sondes (étape E0), de manière à pouvoir englober l’ensemble du sein à imager et reconstruire, par la suite, une image radar 3D du sein. Puis pour chaque configuration, une acquisition multistatique des coefficients de transmission mesurés entre les sondes émettrices et les sondes réceptrices est réalisée (étape E1). On dispose alors de plusieurs acquisitions multistatiques (P > 1 acquisitions multistatiques). Ensuite, les signaux acquis pour chaque configuration sont traités afin d’obtenir des images radar élémentaires micro-ondes pour chacune des configurations (étape E2). En particulier, pour traiter ces signaux on considère plusieurs ensembles (N > 1 ensembles) de Ai valeurs (Ai > 1 valeurs, avec ) du paramètre pcfib. On a alors valeurs de paramètres pcfib par configuration. Ainsi, on obtient à partir des signaux de chaque acquisition multistatique images radar élémentaires micro-ondes chacune ayant été obtenue pour une valeur du paramètre pcfib. L’idée ici est d’obtenir des images élémentaires selon différentes hypothèses sur le milieu traversé par les ondes électromagnétiques. De manière avantageuse, les ensembles de valeurs du paramètre pcfib se recoupent totalement ou partiellement en termes de variation et/ou en termes de valeurs. Par exemple, on peut avoir un ensemble comprenant les valeurs 10%, 20% et un autre ensemble comprenant les valeurs 5%, 15% 25%. Dans cet exemple on a un ensemble dont les valeurs varient entre 10% et 20% et un autre ensemble dont les valeurs varient entre 5% et 25%. Ces deux ensembles ont donc une plage de variation commune entre 10% et 20%. Dans un autre exemple, on peut avoir un ensemble comprenant les valeurs 10%, 20% et un autre ensemble comprenant les valeurs 20%, 25%, 30%. Dans cet exemple les ensembles possèdent une valeur en commun, 20%. Dans encore un autre exemple, on peut avoir un ensemble comprenant les valeurs 10%, 20%, 25% et un autre ensemble comprenant les valeurs 5% 10% 30%. Dans cet exemple, ces deux ensembles ont une plage de variation commune entre 10% et 25% et une valeur commune 10%. On considère au moins deux ensembles de valeurs du paramètre pcfib dont un ensemble pouvant avoir une plage de variation des valeurs du paramètre pcfib plus large que la plage de variation de l’autre ensemble. Ici les termes large et étroit sont des termes relatifs qui s’entendent en comparant les plages de variation. L’idée ici est d’avoir des recoupements entre les ensembles de valeurs. Le choix des plages de variation du paramètre pcfib pour les différents ensembles est effectué en lien avec la variabilité existante en termes de compositions et de densité des seins. De manière avantageuse, des plages de variation larges conduisent à des images comprenant une représentation plus complète de la région d’intérêt et les plages de variation étroites conduisent potentiellement à des représentations partielles des lésions détectables. Par exemple, dans le cadre de l’imagerie du sein on peut choisir N=5 ensembles de variation : trois ensembles avec des plages de variation étroites : entre 10% et 20%, le paramètre pcfib prenant par exemple les valeurs suivantes dans cette plage :10%, 15%, 20% entre 30% et 40%, le paramètre pcfib prenant par exemple les valeurs suivantes dans cette plage : 30%, 35%, 40% entre 50% et 60%, le paramètre pcfib prenant par exemple les valeurs suivantes dans cette plage : 50%, 55%, 60% deux ensembles avec des plages de variation larges : entre 20% et 50 %, le paramètre pcfib prenant par exemple les valeurs suivantes dans cette plage : 20%, 25%, 30%, 35%, 40%, 45%, 50% entre 10 et 60%, le paramètre pcfib prenant par exemple les valeurs suivantes dans cette plage : 10%, 15%, 20%, 25%, 30%, 35%, 40%, 45%, 50%, 55%, 60%. Pour chaque ensemble, une image radar élémentaire micro-ondes est sélectionnée (étape E3) et correspond à une des valeurs du paramètre (pcfib) de l’ensemble ; pour chaque configuration, une image élémentaire par ensemble est donc sélectionnée. Dans l’exemple précédent, on a alors cinq images élémentaires par configuration (une image élémentaire par ensemble) qui vont être utilisées pour la reconstruction. Une telle sélection consiste notamment à utiliser des critères de focalisation d’image (en anglais, image focusing metrics) tels que, par exemple, les critères décrits dans les documents suivants : - S. Pertuz, D. Puig, M.A. Garcia, Analysis of focus measure operators for shape-from-focus, Pattern Recognit. (2013). Doi :10.1016/j.patcog.2012.11.011. - O’loughlin, D.; Krewer, F.; Glavin, M.; Jones, E.; O’halloran, M. Focal quality metrics for the objective evaluation of confocal microwave images. Int. J. Microw. Wirel. Technol. 2017, 9, 1365–1372. Doi :10.1017/S1759078717000642. On note que d’une configuration à l’autre, la sélection de l’image élémentaire pour un même ensemble donné peut avoir été effectuée avec des valeurs différentes du paramètre pcfib appartenant à cet ensemble. A partir des images élémentaires obtenues pour les différentes configurations, une image radar 2D ou 3D de la zone imagée est reconstruite pour chacun des ensembles (étape E4). Ainsi, on dispose d’une image radar reconstruite par ensemble de valeurs de pcfib. Sur chaque image radar micro-ondes ainsi reconstruite de la zone imagée est appliqué un traitement morphologique de manière à détecter des régions d’intérêt, si existantes (étape E5). Le résultat obtenu est une image dite morphologique micro-ondes contenant aucune, une ou plusieurs régions d’intérêt identifiée(s). Un tel traitement morphologique consiste notamment à identifier les objets connectés dans l’image en utilisant un procédé de seuillage et à retenir comme régions d’intérêt les objets connectés qui correspondent à un ensemble de caractéristiques morphologiques, notamment, la taille volumétrique de l’objet connecté, le niveau de solidité de l'objet connecté, le niveau d'intensité à l’intérieur de l'objet connecté, le niveau de contraste entre l'intensité à l’intérieur de l'objet connecté et l'intensité à l’intérieur d'autres objets connectés potentiellement identifiés dans la même image. A ce stade, on dispose alors de plusieurs images morphologiques du sein, chaque image morphologique étant obtenue par ensemble de valeurs de pcfib ; chaque image morphologique contenant aucune, une ou plusieurs régions d’intérêt identifiée(s). De manière préférée, le traitement morphologique est basé sur le critère de solidité. La solidité est calculée comme le rapport entre le volume de l’objet et le volume de l’enveloppe convexe de l’objet. En général, plus la solidité d’une région d’intérêt augmente, plus cette région d’intérêt sera « remplie » (région d’intérêt sans trous), plus elle possédera un contour bien défini et convexe et donc plus elle aura une probabilité importante de correspondre à une masse. Dans le cas de l’imagerie du sein, ce critère de solidité peut être destiné à soutenir la différenciation entre une masse mammaire et une asymétrie focale («îlot» de tissu mammaire normal, sans bordure extérieure convexe définie). Cette notion de contour bien défini et convexe d’une masse mammaire solide est, par exemple, explicitée dans les publications suivantes : - T.F. de Brito Silva, A.C. de Paiva, A.C. Silva, G. Braz Júnior, J.D.S. de Almeida, Classification of breast masses in mammograms using geometric and topological feature maps and shape distribution, Res. Biomed. Eng. (2020). doi:10.1007/s42600-020-00063-x ; - N. Safdarian, M. Hedyezadeh, Detection and Classification of Breast Cancer in Mammography Images Using Pattern Recognition Methods, Multidiscip. Cancer Investig. (2019). doi:10.30699/acadpub.mci.3.4.13. En pratique la solidité d’une région d’intérêt doit dépasser un niveau donné pour que cette région d’intérêt puisse être identifiée dans une image morphologique d’un ensemble donné. Puis, la persistance de chaque région d’intérêt préalablement identifiée est évaluée sur les différentes images morphologiques. L’objectif est de valider morphologiquement les régions d’intérêt qui sont persistantes pour plusieurs hypothèses sur le milieu traversé par les ondes électromagnétiques (étape E6). On entend par évaluation de la persistance le fait d’avoir sur plusieurs images morphologiques la présence d’une région d’intérêt localisée en 3D dans une même zone. Ici on va évaluer si des régions d’intérêt identifiées par le traitement morphologique se trouvent sur plusieurs images dans une même zone. Une telle évaluation consiste notamment à utiliser des critères comme, par exemple, le regroupement spatial (en anglais, spatial clustering criterion) pour associer entre elles les régions d’intérêt détectées. La persistance permet donc de valider morphologiquement la région d’intérêt, c’est-à-dire son association à un objet physique si la région d’intérêt est présente sur une proportion déterminée du nombre d’images morphologiques. Comme indiqué, de manière avantageuse, on considère au moins deux ensembles de valeurs de pcfib et de préférence au moins trois ensembles de valeurs de pcfib. Ceci est important pour mettre en œuvre l’étape d’évaluation de la persistance. En effet, une région d’intérêt sera considérée comme valide si elle est persistante sur plusieurs images morphologiques. Dans le cas de deux ensembles, pour que la région d’intérêt soit valide il faut qu’elle soit présente sur les deux images. Dans le cas de trois ensembles, pour que la région d’intérêt soit valide il faut qu’elle soit présente sur deux images sur trois ou trois images sur trois. De manière générale, on va considérer qu’une région d’intérêt est persistante si elle est présente sur au moins un pourcentage d’images morphologiques qui doit être définit en fonction du type de région recherché. Ces régions d’intérêt ainsi validées au moyen de la persistance ont alors une forte probabilité de correspondre à une lésion ou une tumeur réelle, plutôt qu’à un artefact par exemple. Cette persistance peut être associée à un degré de confiance au niveau de la détection. De manière complémentaire, on considère que le système d’imagerie comprend un réseau circulaire horizontal de K > 1 sondes de mesure placées autour d’un cylindre en matériau diélectrique. Le réseau circulaire a la possibilité de se déplacer suivant l’axe vertical. L’organe sous test (sein) est placé dans le cylindre et est donc entouré par ce réseau. Un milieu de transition diélectrique contenu dans le cylindre où le sein est placé permet d’optimiser la pénétration des ondes électromagnétiques émises par les sondes à l’intérieur du sein. Les positions verticales du réseau sont prédéfinies, avec des intervalles de distance constants ou variables entre chaque position, et couvrent l’étendue verticale du sein. Des mesures multistatiques sont réalisées pour chacune des positions verticales du réseau de sondes. Comme exemple de mise en œuvre de l’étape d’acquisition, L > 1 secteurs composés chacun de M > 1 sondes du réseau de sondes (M Pour chacun des secteurs de M=6 sondes, chacune des sondes est en émission à tour de rôle, et pour chaque sonde émettrice, les autres sondes du secteur reçoivent successivement le signal correspondant aux échos provenant des obstacles rencontrés, notamment dans le sein. L’ensemble des coefficients de transmission mesurés entre les sondes émettrices et les sondes réceptrices du secteur considéré forment une acquisition multistatique. Cette acquisition multistatique est répétée pour l’ensemble des L=18 secteurs de M=6 sondes. Puis le réseau vertical est déplacé d’un intervalle suivant l’axe vertical et les mesures multistatiques sont répétées de nouveau pour les différents secteurs. Une configuration du réseau correspond alors à un secteur à une position verticale donnée. Les acquisitions par secteur permettent de faire le tour du sein en faisant plusieurs hypothèses sur les valeurs de pcfib à chaque secteur à chaque position verticale. Ceci permet de tenir compte de manière optimale de la structure variable et hétérogène du sein en termes de propriétés diélectriques qui peuvent changer selon les différentes positions d’observation et de révéler la réponse angulaire non uniforme des lésions mammaires. Ainsi, on profite de la sectorisation de la zone à imager en combinaison avec les différentes hypothèses sur le paramètre pcfib pour améliorer la détection des régions d’intérêt. Types d’images obtenues avec l’invention La figure 3 illustre une image radar micro-onde reconstruite pour un ensemble de valeurs de pcfib telles que . Cette image radar est représentée dans la vue coronale du sein. Sur cette image radar plusieurs régions de pixels ressortent en termes d’intensité. L’objectif du traitement morphologique est de traiter ce type d’images radar pour identifier des régions d’intérêts qui pourraient correspondre à des zones suspectes. Les figures 4a , 4b , 4c , 4d et 4e illustrent plusieurs images morphologiques du sein d’une patiente, obtenues après traitement morphologique des images radar micro-ondes reconstruites pour cinq ensembles de valeurs du paramètre pcfib. Ces images morphologiques sont représentées dans la vue coronale du sein. Dans cet exemple, les images morphologiques correspondent à cinq ensembles de valeurs pour le paramètre pcfib : figure 4a : figure 4b : figure 4c : figure 4d : figure 4e : Au regard de l’image radar de la , le traitement morphologique a permis de n’identifier qu’une seule région d’intérêt. Cette région d’intérêt est persistante sur les cinq images morphologiques et est donc validée. On remarque que sur chaque image morphologique la région d’intérêt identifiée possède des contours différents, ce qui confirme que la signature radar micro-ondes de l’objet détecté varie en fonction des ensembles des valeurs pcfib considérés. Les figures 5a , 5b , 5c et 5d illustrent des images morphologiques du sein d’une autre patiente obtenues après traitement morphologique des images radar micro-ondes reconstruites aussi pour cinq ensembles de valeurs du paramètre pcfib. Ces cinq ensembles de valeurs sont identiques à ceux considérés dans le cas des figures précédentes (la patiente précédente). Dans cet exemple, le traitement morphologique a permis d’identifier une seule région d’intérêt qui était persistante sur quatre des cinq images morphologiques. Cette région d’intérêt est donc validée. La cinquième image morphologique correspondant à l’ensemble des valeurs n’est pas représentée car aucune région d’intérêt persistante n’y a été identifiée. A la différence de l’exemple précédent, la région d’intérêt identifiée se présente sous une forme de constellation mais qui reste un même et seul objet connecté d’après les traitements précédemment appliqués. Cela illustre que la signature radar micro-ondes de l’objet détecté varie très significativement en fonction des ensembles des valeurs pcfib considérés. La région d’intérêt correspond à une lésion de forme distribuée, très irrégulière et d’une texture hautement hétérogène. Procédé de traitement d’images médicales de tissus humains d’une zone du corps d’un patient et en particulier du sein au moyen d’un dispositif (1) d’imagerie médicale comprenant un réseau de sondes micro-ondes constitué de K > 1 sondes espacées les unes des autres, le réseau comprenant P > 1 configurations différentes définissant des sondes émettrices et des sondes réceptrices pour une ou plusieurs position(s) autour de la zone, dans lesquelles les sondes émettrices sont configurées pour émettre des signaux micro-ondes de manière à éclairer une zone du corps et les sondes réceptrices sont configurées pour recevoir des signaux micro-ondes après diffusion et réflexion dans la zone, les sondes pouvant, de manière complémentaire, être configurées pour émettre et recevoir simultanément, le procédé comprenant les étapes suivantes mises en œuvre dans une unité de traitement du dispositif d’imagerie médicale : - acquisition (E1) des signaux produits dans P > 1 configurations du réseau d’antennes ; - le procédé comprenant pour chaque configuration : - traitement (E2) des signaux acquis pour N > 1 ensembles de Ai > 1 valeurs, , d’un paramètre caractéristique (pcfib) du milieu traversé par les signaux, de manière à obtenir images radar élémentaires micro-ondes ; - sélection (E3) dans chacun des N ensembles, d’une image radar élémentaire micro-ondes, chaque image élémentaire sélectionnée correspondant à une des valeurs du paramètre (pcfib) de l’ensemble ; une image élémentaire par ensemble étant sélectionnée pour une configuration ; - le procédé comprenant pour chaque ensemble : - reconstruction (E4) à partir des images radar élémentaires sélectionnées de chacune des configurations d’une image radar de la zone du corps d’un patient de manière à reconstruire une image radar 3D par ensemble ; - traitement morphologique (E5) de chaque image radar reconstruite de manière à obtenir une image morphologique sur laquelle est identifiée une ou plusieurs régions d’intérêt, si existante(s), - évaluation (E6) de la persistance de chaque région d’intérêt sur les différentes images morphologiques obtenues de manière à valider morphologiquement la région d’intérêt. Procédé selon la revendication 1, dans lequel le traitement morphologique (E5) consiste à déterminer la solidité d’une ou plusieurs régions de pixels de l’image, une région d’intérêt étant identifiée si la solidité associée est supérieure à un seuil. Procédé de traitement selon l’une des revendications précédentes, dans lequel on considère au moins N=2 ensembles, de préférence au moins N=3 ensembles de Ai > 1 valeurs, , de paramètre caractéristique (pcfib) du milieu traversé par les signaux. Procédé selon la revendication 3, dans lequel les ensembles se recoupent totalement ou partiellement en termes de plages de variation et/ou en termes de valeurs. Procédé selon l’une des revendications précédentes, dans lequel l’évaluation de la persistance consiste à déterminer un pourcentage de présence d’une région d’intérêt sur les images morphologiques, une région d’intérêt étant validée pour un pourcentage supérieur à un seuil. Procédé selon la revendication précédente, dans lequel le réseau de sondes comprend K > 1 sondes disposées autour de la zone à imager, ledit réseau étant mobile selon des positions verticales autour de la zone à imager, chaque configuration étant un secteur de sondes chacun composé de M > 1 sondes avec M Produit programme d’ordinateur comprenant des instructions de code de programme pour l’exécution des étapes du procédé selon l’une des revendications 1 à 6, lorsque ce procédé est exécuté par au moins un processeur. Dispositif d’imagerie médicale comprenant une unité de traitement configurée pour mettre en œuvre un procédé selon l’une des revendications 1 à 6.