L'invention a pour objet un procédé relatif à la confection de manière optimale, à partir de peaux d'animaux présentant des défauts divers localisés, d'un jeu de pièces découpées dans ces peaux et destinées à être assemblées pour constituer un article fini. L'invention est applicable principalement à la fabrication des chaussures; bien qu'elle ne doive pas être restreinte nécessairement à ce domaine c'est pourtant à ce dernier que l'on se référera plus loin pour donner une explication concrète de la mise en oeuvre du procédé qui en fait l'objet. L'une des particularités de la confection de pièces diverses en cuir naturel découpées dans des peaux est que celles-ci présentent inévitablement des défauts variés et localisés dont l'emplacement et l'étendue sont différents d'une peau à l'autre; pour cette raison il n'est pas possible de superposer les peaux pour en faire un matelas qui serait découpé en une seule fois ainsi qu'il est connu et pratiqué couramment dans d'autres domaines comme celui de la confection des vêtements. Il est nécessaire d'opérer sur chaque peau individuellement pour essayer d'en tirer le plus grand nombre possible de pièces en évitant les défauts. Jusqu'à présent, il a paru logique et rationnel de procéder de la façon suivante. Chaque peau est prise séparément et on effectue manuellement le placement, en dehors des défauts, du contour de pièces diverses, variées en forme et en dimensions, afin d'exploiter au mieux la surface utilisable de la peau. En général, le placement ne se fait pas à l'aide de gabarits de traçage mais directement à l'aide d'emporte-pièce de découpage de sorte que le placement et le découpage sont deux opérations qui, en pratique, s'exécutent en même temps.Quand il est nécessaire de traiter un grand nombre de peaux pour obtenir la quantité voulue des diverses pièces à employer, le nombre des emporte -pièce est lui-même élevé; en outre l'exploitation optimum d'une peau exige un grand nombre d'opérations de montage sur une presse, et de démontage, des emporte-pièce utilisés successivement en fonction des possibilités de leur placement sur la surface utile d'une peau en dehors des défauts. Le cott de fabrication des nombreux emporte-pièce et la somme immobilisée dans cet outillage atteignent une valeur consi dérable. On notera aussi que la découpe à l'emporte-pièce oblige à laisser entre deux pièces un intervalle de quelques millimètres car la tangence du contour de deux pièces voisines ne permettrait pas d'obtenir deux pièces découpées correctement dans la zone du point de tangence. Il en résulte à chaque peau une perte de matière qui n'est pas négligeable si l'on tient compte du prix élevé du cuir naturel. L'invention a pour but principal d'apporter un nouveau procédé de placement et de découpe des pièces en cuir naturel tirées de peaux d'animaux traitées individuellement, qui rend inutile l'emploi d'emporte-pièce et qui permet en outre des économies supplémentaires de cuir grâce à un placement plus serré des pièces sur une peau quelconque donnée. Selon l'invention, on procède de la façon suivante. On confectionne des gabarits qui présentent chacun le contour d'une pièce déterminée et on identifie chaque gabarit en y apposant un code lisible par des organes de lecture connus en soi. On introduit dans une mémoire d'un ordinateur le code des gabarits et la définition de leur contour. En partant d'une peau de laquelle on doit tirer le plus grand nombre possible de pièces, on procède au placement manuel des gabarits sur cette peau en évitant les défauts. On détermine à l'aide d'une table dite de digitalisation, connue en soi, la position des gabarits sur la peau au moyen du repère que porte chaque gabarit et on enregistre dans la mémoire de l'ordinateur ladite position en association avec un repère individuel affecté à la peau en question. Après cette opération on pourrait procéder aussitôt à la découpe de la peau mais il est préférable selon un aspect de l'invention de garder la peau repérée et de ne la découper que plus tard, lorsqu'on a besoin des pièces dont le placement a été fait sur elle. Selon l'une ou l'autre manière de faire, on découpe la peau à l'aide d'un laser, connu en soi, dont le fonctionnement est commandé par l'ordinateur dans la mémoire duquel le placement des gabarits sur cette peau et la dé5i- nition du contour de ces gabarits ont été préalablement enregistrés, comme on l'a dit plus haut. L'emploi d'un laser comme moyen de découpe du cuir naturel n'offre pas de difficulté particulière, à part le réglage des conditions de fonctionnement, mais ce réglage est à la portée de l'homme du métier. Il n'est donc pas nécessaire de donner une description détaillée de cette opération. Le laser convient parfaitement à la commande de la découpe par un ordinateur en raison de son aptitude à suivre exactement les contours les plus complexes. La coupe du cuir est tout à fait nette et, de plus, les contours peuvent être très proches les uns des autres jusqu'à être tangents les uns avec les autres sans que l'exactitude du contour des pièces découpées en souffre.En outre, un laser est apte à exécuter sur chaque pièce des opérations complémentaires impossibles à réaliser pour la plupart avec les moyens classiques de découpe comme par exemple l'exécution d'entailles ou de fentes ou de parties prédécoupées ou encore le marquage des lignes des coutures qui seront faites par la suite. A la mise en oeuvre que l'on vient de décrire du procédé de l'invention, on peut apporter plusieurs perfectionnements. Au lieu de faire le placement sur la peau à l'aide de gabarits en grandeur réelle on peut faire le placement par projection optique de leur image sur la peau; dans ce cas, les gabarits ou plutôt les dessins ou tracés qui en tiennent lieu n'ont pas besoin d'être réalisés aux dimensions réelles; ils peuvent être en réduction et leur image peut être agrandie lors du placement. Un avantage du procédé de l'invention est qu'il devient facile et rapide de passer d'un jeu de pièces constituant un premier article de référence aux jeux de pièces qui constituent des articles dérivés de ce premier article puisqu'un ordinateur est apte à exécuter cette transposition quand les contours des pièces du premier article lui ont été fournis Selon un perfectionnement supplémentaire de l'invention, on définit un contour général des peaux pour en faire un contour normalisé dont on introduit les données dans la mémoire de l'ordinateur. Ensuite, à partir de chaque peau individuelle ayant ce contour général normalisé, on repère sur chacune d'elles les défauts qu'elle présente et on laisse l'ordinateur faire le placement par une méthode d'optimisation connue en soi. La codification des gabarits et la définition de leur contour peuvent se faire par tout moyen convenable. Selon l'invention, il est préférable d'employer un code à barres pour identifier les divers gabarits et leur contour et de marquer en plus sur chaque gabarit deux points A et B facilement reconnaissables par des organes automatiques de lecture optique, ces points étant espacés d'une distance déterminée propre à chaque gabarit en relation avec son contour. Bien entendu, ce marquage peut se faire aussi à l'aide de marques magnétiques susceptibles d'être lues par des moyens électromagnétiques. Le procédé de l'invention a été mis au point spécialement pour le traitement des peaux en cuir naturel qui est une matière que l'on peut appeler hétérogène en raison de l'existence de défauts variables et de zones de qualités diverses. Toutefois, il est évident qu'il convient bien aussi à la découpe des matériaux homogènes qui se présentent en plaques ou en rouleaux. Dans ce cas, le placement n'a pas à éviter des défauts de survenance aléatoire; il peut donc être exécuté directement sur chaque plaque à l'aide de gabarits de taille réduite projetés optiquement. Un autre perfectionnement peut être apporté au procédé de l'invention, qu'il soit appliqué au cuir naturel ou à une matière homogène. Quand on a mis en mémoire le type et l'emplacement des gabarits placés sur une surface en vue de la découpe des pièces, il est avantageux, quand cette découpe a été exécutée, d'utiliser des moyens automatiques ou au moins semi-automatiques de préhension, de déchargement et de rangement des pièces découpées. Ces moyens sont asservis à l'ordinateur et réalisent le rangement des pièces selon un classement prédéterminé en fonction des données relatives aux gabarits correspondants qui ont été mises en mémoire. REVENDICATIONS 10/ Procédé de découpe de pièces dans une matière ho mogène en plaque ou dans une peau d'animal à l'aide de gabarits présentant chacun le contour d'une pièce à découper, selon lequel on place les gabarits sur chaque peau en évitant les défauts de celle-ci, caractérisé en ce qu'on identifie chaque gabarit à l'aide d'un repère de codification lisible par des organes automatiques de lecture connus en soi, on introduit dans la mémoire d'un ordinateur le repère de chaque gabarit et la définition de son contour, après placement sur la peau on détermine à l'aide d'une table dite de digitalisation connue en soi la position des gabarits sur la peau au moyen du repère de chacun d'eux et on enregistre cette position dans la mémoire de l'ordinateur en association avec un repère individuel de la peau en cause, on découpe la peau à l'aide d'un laser connu en soi dont le fonctionnement est commandé par l'ordinateur dont la mémoire contient d'une part la définition du contour des gabarits associé à leur repère et d'autre part les données de la position des gabarits sur ladite peau. 20/ Procédé selon la revendication 1 caractérisé en ce que le repère de codification des gabarits comprend un code à barres associé au contour et un ensemble de deux points espacés d'une distance déterminée propre à chaque gabarit en relation avec son contour. 30/ Procédé selon la revendication 1 caractérisé en ce que les gabarits sont de taille réduite et sont projetés optiquement pour leur placement sur une peau donnée. 40/ Procédé selon la revendication 1 caractérisé en ce qu'on donne à chaque peau un contour général normalisé, on repère les défauts de chaque peau et on fait effectuer par l'ordinateur l'opération de placement sur chaque peau par une méthode d'optimisation connue en soi. 50/ Procédé selon l'une quelconque des revendications 1, 4 caractérisé en ce qu'on effectue sur les pièces en même temps que l'opération de découpe à l'aide du laser des opérations supplémentaires telles que: exécution d'entailles, de fentes, préparation de parties prédécoupées, marquage de lignes de couture. 6 / Procéda selon la revendication 1 caractérisé en ce qu'après la découpe des pièces on les fait saisir et ranger par des moyens semi-automatiques au moins asservis è l'ordinateur et qui classent ces pièces en fonction des repères d'identification et de placement dés gabarits correspondants mis en mémoire dans cet ordinateur.