La présente invention concerne une seringue pour délivrer ou prélever de façon précise des fluides contre une résistance rela- tivement élevée du fluide ou opposée au fluide et plus particulièrement une seringue capable de délivrer un fluide en quantités dosées avec précision et sous une pression relativement élevée avec seulement de faibles efforts manuels. Les seringues sont bien connues dans la médecine et sont couramment utilisées pour injecter un liquide dans une veine ou une cavité naturelle du corps ou pour le délivrer à un dispositif tel qu'une sonde ou un cathéter. On les utilise également pour aspirer des quantités dosées de liquide. De telles seringues comportent un corps cylindrique creux qui présente une ouverture ou un ajutage à une extrémité appelée base et dans lequel coulisse un piston manoeuvrable à la main par une tige dépassant de l'extrémité opposée du corps. Comme le piston forme un joint étanche avec la paroi intérieure du corps, du liquide peut être éjecté par l'ajutage lorsque le piston est approché de lui et du liquide peut être aspiré à l'intérieur du corps à travers l'ajutage lorsque le pis- ton est écarté de lui. A l'ajutage peut être adaptée une aiguille creuse, une sonde ou un autre dispositif. Dans certains cas, le liquide rencontre une forte résis- tance à son expulsion du corps de la seringue et la pression manuelle nécessaire pour déplacer le piston est assez élevée. Si, en pareil cas, le piston et son organe de commande sont déplacés par rapport au corps par une poussée manuelle sur l'organe de commande, il est difficile de délivrer le liquide en doses précises. Il arrive aussi que la contrepression varie pendant le mouvement du piston> ce qui peut le rendre irrégulier, même si la pression exercée sur le piston reste sensiblement la meme. Il a été proposé d'attacherune telle seringue à un organe de commande possédant un rochet et un dispositif limitant le mouvement vers l'avant afin de doser avec précision les quantités de liquide délivrées par suite du mouvement du piston, voir, par exemple, le brevet des Etats-Unis d'Amérique n0 4 022 207. Non seulement un tel organe de commande est relativement coeteux et ne peut donc pas être jeté après un seul usage, il est en plus d'un emploi assez mal- commode. En outre, les forces appliquées manuellement doivent vaincre la contrepression sur les liquides et des variations de cette contre- pression font varier le débit du liquide. L'invention vise à créer une seringue,complète par elle- même, qui permette le transport de fluide à travers l'ouverture de la seringue, c'est-à-dire l'écoulement de fluide hors ou dans la seringue, en quantités précises, avec un débit régulier et par des efforts ma- nuels relativement faibles, même si la résistance extérieure à la seringue à l'écoulement de fluide est élevée; qui puisse être remplie rapidement et facilement avec le fluide à transporter (éjecter) à travers l'ouverture de la seringue; et qui soit de construction si simple et de fabrication si économique qu'elle puisse Ètre distribuée dans un emballage stérile et jetée après un seul usage. Selon le mode de réalisation préféré de l'invention, la seringue comporte un corps cylindrique creux dont l'extrémité formant la base présente une ouverture à travers laquelle s'effectue le trans- port de fluide. L'extrémité du corps opposée à la base est ouverte et reçoit un piston monté rotatif au bout d'une tige filetée dont l'autre bout porte un bouton moleté. La tige porte en outre une bague vissée sur elle. L'extrémité du corps opposée à la base présente deux pro- tubérances en forme de pattes, sur lesquelles peut être fixée la bague, de sorte que, après que, le corps a été rempli partiellement avec un fluide à éjecter, le piston étant en place dans le corps, la bague peut être tournée sur la tige jusqu'à ce qu'elle bute contre les pattes, sur lesquelles elle est ensuite fixée, de sorte que la bague ne peut plus etre déplacée dans le sens de l'axe du corps. Lorsque, ensuite, la tige est tournée par le bouton, le piston est déplacé axialement dans le corps et du fluide est délivré par l'ouverture de la base. Si la seringue doit être utilisée pour aspirer du fluide, le piston est inséré dans l'extrémité ouverte et enfoncé suffisamment dans le corps vide, la bague est fixée sur les pattes puis la tige filetée est tour- née dans le sens opposé, pour que le piston s'éloigne de la base. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront plus clairement de la description qui va suivre d'un exemple de réalisation non limitatif, ainsi que du dessin annexé, sur lequel: - la figure 1 est une vue de c8té d'une seringue selon le mode de réalisation préféré de l'invention; la figure 2 est une vue de coté partielle de la tige filetée avec la bague et le piston de la seringue de la figure 1, le piston étant détaché de la tige, la figure 3 est une vue en bout du coté de la base du corps de la seringue de la figure 1; et la figure 4 est une coupe transversale prise suivant la ligne IV-IV de la figure 1. La seringue représentée sur le dessin comporte un corps cylindrique 1 en plastique transparent ou semi-transparent, ce qui permet le contrele visuel du contenu de la seringue. La surface ex- térieure du corps 1 porte une graduation 2 qui permet de doser le mouvement du piston 3, donc également le volume du fluide transporté à travers l'ajutage 4, lequel présente un orifice 5 et est entouré par un manchon fileté 6 qui permet d'attacher d'autres dispositifs, tels qu'une sonde, à la seringue. Le piston 3 est ajusté dans le corps cylindrique 1, de manière à former un joint étanche avec sa paroi intérieure, et il est en matériau élastique, en caoutchouc néoprène par exemple. Le piston 3 est conformé intérieurement de manière qu'il puisse être encliqueté pardessus un collet 7 a l'extrémité de la tige filetée 8 et qu'il ne tourne pas lorsque la tige 8 est tournée. La tige 8 fait saillie de l'extrémité du corps 1 située à l'opposé de la base, portant l'ajutage 4 avec l'orifice 5, et le bout de tige opposé à celui portant le piston 3 est pourvu d'un bou- ton moleté 9. Celui-ci peut faire corps avec la tige 8 mais il peut également être fixé sur elle, par exemple par une goupille 10. La tige 8 et le bouton 9 sont de préférence des pièces moulées de matière plastique, de polypropylène par exemple. La tige 8 porte une bague 11, laquelle peut etre faite de la même matière qu'elle, dont l'ouverture présente un filetage qui correspond à celui de la tige 8. Ces deux filetages coopèrent de pré- férence de manière que, lorsque la bague 11 est détachée de pattes 12, 13 sur le corps 1, elle puisse être tournée très rapidement en vue de son réglage rapide dans le sens de l'axe de la tige 8. Les pattes 12 et 13 sur le corps 1 et des encoches 14 et de la bague 11 forment des dispositifs coopérant et s'interpéné- trant pour la fixation amovible de la bague Il sur le corps 1. Le diamètre extérieur des pattes 12, 13 est de préférence légèrement plus grand que le diamètre intérieur des encoches 14, 15 et/ou les dimensions axiales des encoches 14, 15 sont de préférence légèrement plus petites que les dimensions axiales des pattes 12, 13, de manière que, lorsque les pattes 12, 13 se trouvent à l'intérieur des encoches 14, 15, la friction entre elles emptche la bague 11 de tourner lors de la rotation de la tige 8. Cependant,la bague 11 et les pattes 12, 13 sont conformées comme indiqué sur le dessin et les dimensions des encoches 14, 15 et des pattes 12, 13 sont choisies pour que la bague ll puisse être détachée du corps 1 en la tournant à la main d'un quart de tour par rapport au corps 1. La bague 11 ayant été détachée, la tige 8 et le piston 3 peuvent Étre insérés dans le corps 1 ou etre retirés de celui-ci par le mouvement de la tige 8 dans le sens de l'axe du corps 1, sans rotation. Après fixation de la bague 11 sur les pattes 12, 13, les- quelles se trouvent donc à ce moment dans les encoches 14, 15, la rotation de la tige 8 par le bouton 9 provoque le déplacement axial du piston 3 dans le corps 1 sans que.le piston tourne. Lorsqu'on désire utiliser la seringue selon l'invention pour délivrer un fluide, on détache d'abord la bague 11 du corps 1 en tournant la bague par rapport au corps jusqu'à ce que les pattes 12, 13 soient sorties des encoches 14 et 15. On tire ensuite sur la tige 8- dans le sens de l'axe du corps 1, sans la tourner, pour dégager la bague 11 complètement des pattes 12 et 13 et pouvoir la tourner sur la tige 8 jusqu'à ce que la distance entre la bague 11 et le piston 3 soit suffisante pour que le piston 3 puisse venir s'appliquer, ou presque, contre la base du corps 1, présentant l'orifice 5. On fait ensuite avancer le piston 3 dans le corps 1 jusqu'à la base ou jusqu'à proximité de la base, présentant l'ajutage 4 ou un autre élément pos- sédant un canal à fluide qui se termine par une ouverture de récep- tion de fluide, laquelle est immergée dans le fluide désiré. La bague 11 étant toujours détachée des pattes 12, 13, on déplace la tige 8 vers la droite, dans la représentation de la figure 1, sans la tourner, jusqu'à ce que la quantité de fluide désirée soit aspirée dans le corps 1. Après cela, on tourne la bague 11 sur la tige 8 jusqu'à ce que les pattes 12, 13 soient engagées dans l1encoches 14 et 15. Ensuite, lorsqu'on désire éjecter du fluide à travers l'ajutage 4, on tourne la tige 8 (dans le sens des aiguilles d'une montre vu de la droite dans la représentation de la figure 1 si le filetage de la tige 8 a un pas à droite), ce qui a pour effet que la tige 8 et le piston 3 sont déplacésvers la gauche et que du fluide est éjecté par l'ajutage 4. La démultiplication obtenue et la quantité de mou- vement du piston 3 pour une rotation donnée de la tige 8 dépendent bien entendu du pas des filetagesde la tige et de la bague 11. Ce pas correspond de préférence à environ 8 tours de la tige pour un déplacement axial du piston de 25 mm, le filet ayant de préférence une section droite rectangulaire ou analogue. Avec une seringue selon l'invention, la position du piston 3 peut etre réglée avec précision, de sorte que la quantité de fluide délivré peut également être dosée de façon précise. De plus, en raison de la démultiplication procurée par les filetages, le fluide peut Étre délivré sous une pression relativement élevée sans que cela demande l'application de grands efforts manuels au bouton 9. En outre, si la résistance à l'écoulement de fluide baisse brusquement, il ne se produit pas une brusque élévation du débit de fluide pendant le laps de temps qui sépare cette baisse de sa cons- tation par l'opérateur et l'action correctrice de celui-ci. Bien entendu, les pattes et les encoches décrites et représentées peuvent être remplacées par d'autres moyens coopérant et s'assemblant pour la fixation amovible de la bague Il sur le corps 1; il est notamment possible de prévoir des filets à quart de tour sur le corps 1 et la bague 11 ou encore un joint du type à baïonnette. Quoi qu'il en soit, de tels dispositifs sont cependant de préférence du type à fixation et détachement rapides. Il est possible aussi de remplacer le manchon 6 par un autre élément pour attacher un dispo- sitif supplémentaire à la seringue; de plus, bien que cela ne soit pas préféré, en raison de l'augmentation de l'effort nécessaire pour la rotation, le piston 3 peut Stre fixé à la tige 8 de manière qu'il tourne avec elle. L'invention n'est donc nullement limitée aux formes de réalisation décrites et l'homme de l'art pourra y apporter diverses autres modifications sans pour autant sortir de son cadre. R E V E N D I C A T I O N S 1. Seringue actionnée manuellement, comprenant un corps creux, un orifice de transport (éjection ou absorption) de fluide à une extrémité du corps formant la base de la seringue et une ouver- ture de réception de piston a son extrémité opposée, un piston dis- posé coulissant à joint étanche dans le corps, de manière à pouvoir etre approché et écarté de l'orifice, ainsi qu'un organe de commande manuelle pour l'actionnement de la seringue en vue de l'éjection ou de l'absorption de fluide à travers l'orifice, caractérisée en ce que l'organe de commande est formé par, d'une part, une tige filetée (8) reliée par un bout au piston (3) et faisant saillie à l'extérieur du corps (1) par l'ouverture de réception de piston, d'autre part, une bague (11) à filetage intérieur qui est vissée sur la tige (8) et peut Otre fixée de façon détachable sur l'extrémité du corps (1) opposée A la base et définissant l'ouverture de réception de piston, de sorte que la rotation de la tige (8) par rapport & la bague (11) fixée sur le corps (1) produit le déplacement axial de la tige (8) et du piston (3). 2. Seringue selon la revendication 1, caractérisée en ce que la base du corps (1) porte un élément (manchon 6) pour y attacher un dispositif tubulaire dont l'alésage est aligné avec l'orifice (5). 3. Seringue selon la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce que le piston (3) est en matériau élastique flexible et est monté rotatif sur la tige (8), de sorte que la rotation de la tige ne fait pas tourner le piston. 4. Seringue selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée en ce que le bout extérieur de la tige (8) porte un bouton de commande manuelle (9). 5. Seringue selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisée en ce que l'extrémité du corps (1) opposée à la base porte deux protubérances en forme de pattes (12, 13) qui sont disposées a distance l'une de l'autre sur le pourtour du corps (1) et sont diri- gées radialement vers l'extérieur, la longueur circonférentielle des pattes (12, 13) étant inférieure à la moitié de la circonférence du corps (1), et la bague (11) présente des encoches (14, 15) pour rece- voir les pattes (12, 13), avec application des pattes contre les flancs des encoches, lorsque la bague (11), se trouvant à ladite extrémité du corps, est tournée sur une partie de tour. 6. Seringue selon la revendication 5, caractérisée en ce que les pattes (12, 13) sont disposées diamétralement l'une en face de l'autre sur le corps (1) et ont chacune une longueur circonféren- tielle ne dépassant pas un quart environ de la circonférence du corps.