- 1 - L'invention concerne la conversion du charbon en divers constituants utiles, principalement des constituants gazeux, et la conversion de ces constituants gazeux en d'autres distillats; plus particulièrement, l'invention concerne la conversion de charbon en produits désirés tes que des hydrocarbures sous forme liquide ou gazeux, par réaction du charbon avec un réactif particulier, en présence d'eau, de vapeur d'eau et/ou d'hydrogène, à une température basse ou modérée et à la pression atmosphérique. L'invention concerne encore la conversion de charbon en diverses fractions choisies à l'avance, principalement en constituants gazeux, au moyen d'un réactif spécifique, le charbon se convertissant, en présence de ce réactif, d'eau, de vapeur d'eau et/ou d'hydrogène, en matières de décompositions utiles. Celles-ci sont principalement des hydrocarbures gazeux que l'on peut recycler pour obtenir des distillats liquides. Finalement, aux températures élevées, le charbon, en présence du réactif et de vapeur d'eau, cause la formation d'une certaine quantité d'hydro- gène. Le résidu de ce charbon comprend de la cendre et du réactif et on peut en retirer le réactif pour le réutiliser. Il est devenu de plus en plus évident que les ressources en hydrocarbures liquides et gazeux comme le pétrole et le gaz naturel s'épuisent si rapidement qu'un effort intensif est nécessaire pour faire face aux besoins futurs à prévoir et obtenir des sources d'énergie ou matières premières de remplacement. L'une des sources les plus accessibles d'hydrocarbures est le charbon. Antérieurement, il n'y avait pas de moyens faciles permet- tant de fabriquer des hydrocarbures en partant du charbon sans investissements importants et sur une base justifiable économiquement. on connait divers procédés de conversion du charbon par gazéification à température élevée, par exemple au-dessus de 600'C, à haute pression, par exemple au-dessus de 25 bars, mais on ne dispose pas d'un procédé - 2facilement praticable, à plus basse température et à basse pression, permettant de convertir facilement le charbon en constituants hydrocarbures. On citera à titre d'exemple les brevets US 3 926 775, 3 933 475, 3 944 480, 3 960 513, 3 957 503, 4 018 572, 4 030 893# 4 057 422 et 4 078 917. On a trouvé maintenant que, lorsqu'on traite le charbon par un réactif particulier, on peut le convertir, en présence de ce réactif et en présence de vapeur d'eau, en diverses fractions d'hydrocarbures, principalement des fractions gazeuses formées d'hydrocarbures contenant 1 à atomes de carbone, par exemple le méthane, l'éthane, l'éthène etc... En outre, on a établi que, lorsqu'on exécute cette conversion à différentes températures, c'est-à-dire en utilisant la vapeur d'eau et le charbon et en élevant la température par paliers, on peut modifier la proportion des divers hydrocarbures tirés du même charbon. Aux plus basses températures, on obtient des hydrocarbures liquides volatils. Aux températures plus élevées, on obtient principalement des hydrocarbures gazeux. On a trouvé en outre que divers charbons, à savoir des lignites de diverses compositions et des charbons sub-bitumineux, présentent des points de distillation différents, bien qu'il se forme encore des hydrocarbures liquides et gazeux. Les charbons de meilleure qualité donnent plus de distillat liquide que les charbons de moins bonne qualité, tandis que d'autres modifications du procédé ou des réactifs permettent d'obtenir davantage de distillats liquides. De façon générale, il semble que, lorsqu'on ajoute au charbon une solution alcoolique de KHS, seul ou avec du soufre, il se produit la réaction s KHS + S2 1/2 H28 + 1/2 K S. Il résulte de ce qui 2H+ 2 2 5 précède que l'on peut utiliser KHS sans addition de soufre. Toutefois, le soufre tend à stabiliser KHS sous - 3 - forme de polysulfure moins hydrolysé. Il se produit une certaine décomposition de KHS en K2S en présence d'eau. Cette décomposition est partielle. Par suite, dans l'hydrogénation du charbon, il faut que KHS et K S soient tous deux présents dans la réaction. Quand on ajoute du soufre, on obtient un polysulfure moins hydrolysé et donc plus stable en présence de l'eau. On a indiqué la réaction pour KHS, mais NaHS peut servir aussi; toutefois, il semble donner le meilleur résultat sans addition de soufre élémentaire. Il est possible aussi d'utiliser KHS ou NaHS à sec, c'est-à-dire sans addition d'alcool. NaHS est disponible comme produit industriel, généralement sous forme de paillettes qui, en vrac, contiennent environ 30 % en poids d'eau. Quand le KHS et divers polysulfures correspondants réagissent sur le charbon, ils attaquent préférentielle- ment l'oxygène, le soufre et l'azote présents dans le charbon sous forme combinée en retirant ces constituants du charbon. Etant donné que ces constituants se forment en présence de vapeur ou d'eau, la scission des liaisons des divers constituants du charbon et l'élimination de l'oxygène, de l'azote et du soufre permet l'introduction d'hydrogène et donc la formation de composés hydroaromati- ques, aromatiques et aliphatiques à chaîne courte. On a trouvé que l'oxygène doit être présent dans le charbon. A cet effet, des charbons de basse qualité comme les lignites conviennent très bien. A mesure que la qualité du charbon s'améliore, comme dans le charbon subbitumineux, la quantité d'oxygène contenu diminue et, par suite, la possibilité de gazéification diminue et/ou on obtient davantage de constituants en phase liquide. On a trouvé aussi que l'on peut même, selon le présent procédé, convertir le charbon sub-lignitique et la tourbe en divers constituants de type hydrocarbure. L'invention est illustrée par le dessin annexé, dont - 4 - la figure unique montre schématiquement la chatne de réaction comprenant la conversion du charbon et la récupération des constituants. Sur la figure, le réacteur 11 est typiquement une cornue ou un appareil similaire auquel on amène du charbon à l'état finement broyé. Typiquement, la grosseur de particules du charbon est de 6,35 mm au maximum pour le lignite et elle peut être supérieure puisque la réaction dépend de la grosseur. Pour le charbon sub-bitumineux, la grosseur de particules peut aller jusqu'à 6,35 mm, mais elle est de préférence d'environ 0,8 mm. Une fois que l'on a d'abord purgé le système pour éliminer l'oxygène en introduisant un gaz inerte tel que l'hydrogène ou l'azote etc..., on introduit K2S ou EHS (ou un réactif équivalent) dans de l'alcool. On ferme alors le système et on élève la température à 651C, point o l'alcanol distille du réactif. Etant donné que le gaz inerte, c'est-à- dire l'azote ou l'hydrogène, assure l'agitation, l'expulsion continue de l'eau se poursuit en même temps que l'expulsion de l'alcanol. Typiquement, l'alcanol est le méthanol ou l'éthanol mais on peut utiliser des alcools supérieurs, par exemple des alcanols contenant jusqu'à 4 atomes de carbone. Une fois que la température désirée est atteinte (après distillation de l'alcanol si l'on utilise celui-ci dans le procédé) et que l'on introduit dans le système de la vapeur d'eau à une température appropriée, il se peut qu'on n'ait plus besoin du gaz inerte tel que l'azote, d'abord utilisé pour purger le système d'oxygène. Le récipient à vapeur d'eau 12 est muni de moyens de chauffage de l'eau dans celui-ci ou bien un chauffage auxiliaire peut être assuré, par exemple on peut chauffer le tuyau qui va du générateur de vapeur 12 au réacteur 11. On peut aussi prévoir un moyen de contrôler ou de commander la réaction dans le réacteur, par exemple des serpentins de chauffage ou de refroidissement, des 246 3176 _ 5- thermomètres, des éléments de commande de chaleur, des agitateurs etc... Le réacteur peut aussi être chauffé extérieurement. Les produits de réaction venant du réacteur sont introduits dans le réfrigérant 13, qui peut être du type à reflux, la température d'entrée et de sortie de l'eau étant réglée de manière à condenser la fraction lourde du charbon qui passe la première. La fraction lourde peut se condenser sur les parois du réfrigérant l3a et descendre alors jusqu'à ce qu'elle arrive au collecteur inférieur 14, duquel on peut retirer ces produits liquides pour les récupérer et les analyser de temps en temps. Du collecteur inférieur 14, on envoie alors l'effluent gazeux à un deuxième réfrigérant 15 o les produits gazeux sont refroidis davantage et introduits dans les laveurs 16. Dans ces laveurs 16, on maintient des liquides de lavage appropriés, de manière à recueillir la fraction de produit désirée dans chacun des liquides de laveur. A l'échelle industrielle, il peut être plus pratique d'effec- tuer la séparation dans une colonne à distiller. Le constituant non solubilisé, mais lavé, sous sa forme gazeuse, est introduit à son tour dans le laveur suivant duquel on sépare d'autres constituants (comme il sera expliqué plus loin). Bien que l'on ait représenté sept postes de lavage, leur nombre dépend des fractions gazeuses que l'on vise à récupérer. Par suite, on peut augmenter ou diminuer le nombre des sections de lavage. La fraction gazeuse finale est mesurée par le débitmètre 17 et on peut la recueillir et la traiter, par exemple par nouveau lavage et purificationg c'est-à-dire distil- lation, ou bien l'utiliser directement. De façon bien connue, étant donné que la fraction gazeuse provenant de la gazéification de charbons est une fraction assez étroite formée principalement de fractions gazeuses contenant 1 à 6 atomes de carbone ou de liquides qui en sont proches, on peut aussi utiliser - 6 - le fractionnement pour récupérer les divers produits de réaction. Des moyens de fractionnement typiques sont par exemple une tour à distiller et un tamis moléculaire. Ces moyens de séparation et de distillation sont bien connus de l'homme de l'art et n'ont pas besoin d'être décrits. Toutefois, aux fins de l'invention, on a représenté un mode d'exécution qui permet de séparer diverses frac- tions sur la base de la solubilité des hydrocarbures contenant 1 à 6 atomes de carbone. On peut pratiquer ce procédé en continu. Ainsi, on peut effectuer la séparation des divers réactifs se peut qu'une purge par gaz inerte ne soit pas nécessaire. De chacun des laveurs 16, on peut séparer le constituant dissous, par des moyens classiques, et en séparer le liquide utilisé dans ce laveur. Les solubilités indiquées ici concernent typiquement le gaz indiqué, à la température ambiante normale, définie comme étant de 220C. Etant donné que l'on peut conduire le processus de lavage à la température ambiante et au voisinage de la pression atmosphérique, les solubilités correspondent à ces conditions. Il faut noter que l'on peut aussi utiliser des pressions plus élevées, par exemple dans un train de distillation, de manière à éviter des températures trop basses. A nouveau, lorsqu'on modifie les conditions de pression, la récupération que l'on peut effectuer aux pressions variables est bien connue des praticiens de la distillation. Sur la base des facteurs de solubilité bien connus, fournis par exemple par des ouvrages de référence, on indique ci-après la solubilité des hydrocarbures tirés du système. La solubilité des hydrocarbures en C, à C6 - 7- est la suivante: L'éthène est soluble dans l'éther, légèrement soluble dans l'alcool, l'acétone et le benzène et insoluble dans l'eau. L'éthane est soluble dans le benzène, légèrement soluble dans l'alcool et l'acétone et insoluble dans l'eau. Le propane est soluble dans l'eau et l'alcool, très soluble dans l'éther et le benzène et légèrement soluble dans l'acétone. Il est aussi très soluble dans le chloroforme. Le propène est très soluble dans l'eau, l'alcool et l'acide acétique. Le butane est très soluble dans l'alcool, l'éther et le chloroforme et soluble dans l'eau. Le butène (1 et 2) est très soluble dans l'alcool et l'éther, soluble dans le benzène et insoluble dans l'eau. Le pentène (1, 2 et trans) est miscible à l'alcool et à l'éther, très soluble dans l'acide sulfurique dilué, soluble dans le benzène, mais insoluble dans l'eau. Le pentane est miscible à l'alcool, à l'éther, à l'acétone, au benzène, au chloroforme et à l'heptane et légèrement soluble dans l'eau. L'hexane est soluble dans l'éther et le chloroforme, très soluble dans l'alcool et insoluble dans l'eau. L'hexène (1, 2, trans, 3) est soluble dans l'alcool, l'éther, le benzène, le chloroforme et les éthers de pétrole et insoluble dans l'eau. Le méthane est soluble dans l'eau, l'alcool, l'éther, le benzène, le méthanol et le toluène et légèrement soluble dans l'acétone. Le réactif tel que l'hydrosulfure de potassium ou de sodium ou un polysulfure correspondant se reconstitue de telle sorte que, dans l'un des réacteurs, lorsque le liquide de lavage contenu est formé de KOH ou NaOH alcano- liques, il se forme le sulfure ou l'hydrosulfure approprié selon la quantité de H2S réagissant sur l'hydroxyde. Typiquement, dans ces conditions, le réactif précipite sous forme de précipité blanc, par exemple de formule K2S (hydraté) ou Na2S (hydraté). Dans l'éthanol ou les alcanols supérieurs, on peut retirer du système le sulfure -8- alcalin qui n'est que légèrement soluble en retirant simplement le précipité du laveur. On retire convenablement du réacteur 11 la cendre qui y reste et on la traite, par exemple, en dissolvant les matières solubles qu'elle contient et en extrayant par exemple de cette cendre le potassium, en vertu de la solubilité différente de l'hydroxyde de calcium et de l'hydroxyde de potassium, c'est-à-dire que l'on extrait le potassium par l'hydroxyde de sodium en précipitant du sulfate de calcium et en retirant de l'hydroxyde de potassium. L'hydroxyde de sodium est présent dans la cendre en moindres quantités et on peut le récupérer de la même façon ou de façon différente, ainsi qu'il est bien connu. Etant donné que le sodium est présent dans le charbon en proportions beaucoup plus petites que le potassium, il peut être-nécessaire d'augmenter la quantité de sodium pendant le processus continu, si l'on utilise un réactif à base de sodium. Le charbon contient suffisam- ment de potassium. Comme il est évident par ce qui précède, à de plus basses températures, pour le lignite, comme indiqué dans l'exemple ciaprès, la réaction donne une fraction d'hydrocarbures en C3 à C6, avec prédominance de la fraction C en moyenne. Typiquement, on récupère cette fraction jusqu'à environ 1200C. A 2200C, on obtient la fraction allant du méthane au butane, y compris les hydrocarbures à doubles liaisons. De 360 à 4500C, on obtient typiquement l'éthène et, éventuellement, une certaine quantité d'hydrogène. Pour assurer qu'il n'y ait pas d'hydrogène sulfuré expulsé, on lave le courant de produit dans une solution alcanolique saturée d'hydroxyde alcalin, par exemple d'hydroxyde de potassium ou de sodium. L'hydrogène sulfuré réagit sur l'hydroxyde en régénérant le réactif, c'est-à-dire K2S et Na2S et, en présence d'eau, régénère KHS et NaHS. Dans le courant gazeux ainsi lavé, l'hydrogène sulfuré est présent en très petite quantité, par exemple moins de 0,01 % en - 9 - volume. Le procédé décrit ci-dessus est illustré par les exemples suivants qui ne sont pas limitatifs. EXEMPILE 1 On utilise comme réactif de base 50 ml d'une solution d'hydrosulfure de potassium dans le méthanol, contenant 0,37 g/ml d'hydrosulfure de potassium. On utilise 71 g d'un lignite qui contient, à sec et en l'absence de cendres, 66 % de carbone, 3,97 % d'hydrogène, 18,2 % d'oxygène et 0,9 % d'azote en poids, plus une petite quantité de substances volatiles. Le lignite brut contient 33 % d'eau et 9 % de cendre sèche. (Tel qu'il est livré, & l'état humide, il contient 6 % de cendre). La teneur en soufre organique de ce lignite est de Q,69 % et la teneur en soufre pyritique est inconnue. On opère avec un lignite que l'on a séché pendant 2 heures à 135 C et avec un lignite qu'on n'a pas encore séché. La différence principale entre les lignites sec et humide est que le lignite humide donne naissance à des hydrocarbures gazeux très légers, & des températures inférieures au point d'ébullition de l'eau, pendant le temps o* l'on élève la température. L'eau provenant du lignite fournit l'hydrogène pour la formation de ce distillat d'hydrocarbures. Aux autres points de vue, la réaction se déroule de la même façon. On ajoute du soufre élémentaire au lignite. On peut aussi l'ajouter à la solution alcoolique de KHSo La quantité totale de soufre présent est de 8, 25 g, ce qui comprend la teneur en soufre organique du lignite. L'appareil comprend un récipient et un conduit destiné a l01hyrogene ou à l'azote comẻ gaz inertes de balayage (voir la figure). Ces gaz inertes peuvent être amenés directement ou bien on les fait passer par un générateur de vapeur d'eau et e les introduit dans le réacteur 11 par un tuyau & vapeur. Le tuyau & vapeur est chauffé à 'C et entre dans le réacteur près du fond de celui-ci, - 10 - chauffé à cette température. Des moyens de mesure de la température sont aussi prévus. Typiquement, le tuyau à vapeur entre par l'ouver- ture centrale du réacteur. Initialement, l'azote ou l'hydrogène assurent l'agitation tandis que le méthanol de la solution de réactif distille. On peut effectuer aussi une agitation par différents moyens, par exemple à l'aide d'un agitateur. La présence d'eau dans le lignite brut donne, pendant cette distillation, un hydrocarbure gazeux soluble dans le méthanol (ou l'éthanol)* Cette formation d'hydrocarbure liquide est minimisée quand on utilise le lignite sec. Le réacteur 11 peut être de forme appropriée mais dans cette expérience, on utilise un ballon à fond rond présentant, au sommet, des orifices d'introduction appropriés. Un autre orifice d'introduction est destiné à l'addi- tion (et au retrait) du lignite. On introduit le réactif par une ouverture appropriée qui est fermée pendant l'opération. Un autre orifice encore conduit à un réfrigérant vertical à eau qui se vide dans un ballon de condensation rond 14 muni d'un orifice de sortie à cet effet et, au fond, d'un orifice pour le retrait de distillats. Les gaz résiduels se rendent du ballon de condensation 14 à un deuxième réfrigérant refroidi à l'eau, 15, avanta- geusement placé au-dessus du ballon de condensation 140 Les gaz venant du ballon de condensation, c'est-à-dire les gaz restants, traversent alors une série de laveurs. Les laveurs comprennent au moins ce qui suit: a) un lavage à l'eau, b) un lavage à l'éthanol (ou au méthanol), c) une solution de 1 mole de KOH dans 135 ml de méthanol, d) un lavage au benzène, e) une solution de 1 mole de KOH dans 2 moles d'eau, f) un lavage à l'acide sulfurique, avec une solution à environ 24 % de H SO à 98 %. Pour 2. 4 empêcher un retour de flamme, on peut utiliser un laveur vide. - il - Les gaz restants passent ensuite par un conduit et sont convenablement recueillis par des moyens collecteurs appropriés. Un tube de chromatographie peut être inséré avant le débitmètre à gaz 17 (placé entre les laveurs et les moyens collecteurs) de sorte que l'on peut analyser des échantillons de gaz. On peut aussi insérer si on le désire un tube de chromatographie dans le train de récupération et analyser les gaz ou distillats. Un débitmètre à gaz placé sur ce tuyau donne le volume total cumulatif d'hydrocarbure gazeux récupéré. Dans la conduite du processus, on place le lignite (et le soufre qu'il contient) dans le réacteur et on les chauffe entre 35 et 500C. On ajoute 50 ml de réactif, après avoir balayé le système à l'hydrogène ou à l'azote pour expulser l'oxygène atmosphérique. On ferme le système et on élève la température à 65'C, niveau o le constituant méthanol du réactif distille. Comme on l'a dit, l'hydrogène ou l'azote introduits peuvent assurer une agitation suffisante du mélange de réactif et de lignite. Le réactif contient aussi de l'eau, présente à la fois comme impureté des ingrédients servant à fabriquer le réactif et comme eau supplémentaire formée lors de la formation du réactif. On distille l'eau présente dans le réactif et le charbon à des températures atteignant 135'Co Le distillat formé lors de la distillation du méthanol (ou de l'éthanol) contient des constituants hydrocarbures solubles dans le méthanol ou l'éthanol, y compris des gaz. On distille l'eau de la masse de réaction, une fois que l'on a éliminé la majeure partie du méthanol, et elle est le plus souvent limpide. Cette eau peut contenir une petite quantité d'hydrocarbures liquides de couleur ambrée (cette quantité augmentant avec la qualité du charbon). A une température de 135 à 1900C, mais typiquement de 135 à 190C, il se forme à partir de la masse de réaction une petite fraction d'hydrocarbures liquides; à nouveau, cette quantité augmente avec la qualité du _ 12 - charbon. Cet hydrocarbure liquide se condense dans le réfrigérant à eau l3, sur les parois 13a# sous forme solide ou semi-solide. Une fois que le mélange dreau et de méthanol a été distillé de la masse de réaction, on peut facultativement couper l'introduction d'hydrogène-ou d'azote. A ce stade, c'est-à-dire entre 170 et 1900C environ, on utilise de la vapeur d'eau seulement pour agiter le mélange ou bien on peut utiliser un agitateur approprié. On n'introduit pas de vapeur d'eau dans le réacteur avant que le mélange de méthanol et d'eau n'ait distillé parce que le mélange d'eau et de méthanol maintient la température dans un intervalle déterminé pendant cette distillation. Après l'introduction de la vapeur d'eau, ou l'intro- duction de la vapeur d'eau et la poursuite de l'introduc- tion d'hydrogène, divers lignites et charbons sub-bitumineux présentent, selon leur composition inhérente, différents points de distillation dans la fabrication de quantités notables d'hydrocarbure gazeux. Il est suggéré de cesser l'introduction d'azote lorsqu'on injecte de la vapeur d'eau dans le réacteur parce qu'on ne peut pas lire à l'instrument la quantité exacte (volume) de gaz sortant de l'appareil pendant qu'on y introduit de l'hydrogène. Toutefois, des moyens appropriés tels qu'un deuxième débitmètre prévu sur le réservoir à hydrogène donneraient une indication de la quantité d'hydrogène arrivant dans le système et on pourrait la soustraire de la lecture totale du débitmètre final 17. Il faut mentionner que l'on utilise une partie de l'hydrogène pour hydrogéner les charbons et qu'on ne peut pas mesurer cette quantité par ces moyens. Généralement, pour un charbon de basse qualité, une formation soutenue d'hydrocarbures gazeux commence au point d'ébullition du méthanol ou de l'éthanol et continue d'augmenter à mesure que l'on chauffe la masse à environ 2800C. Pour un charbon de plus haute qualité, à ces basses - 13 - températures, c'est-à-dire jusqu'à environ 2801C, il ne se forme que peu ou pas du tout de gaz, Ces gaz sont principalement absorbés dans le système de laveurs et on obtient une très faible lecture sur le débitmètre 17. Si l'on élimine le système de laveurs (et si l'hydro- gène sulfuré formé initialement par la réaction entre le réactif alcanolique et le soufre élémentaire et organique - ce dernier étant contenu dans le charbon - est évacué séparément ou mesuré ou lavé avec un réactif aqueux approprié), on peut mesurer la quantité de gaz. Comme on l'a dit plus haut, selon le charbon dont il s'agit, la quantité initiale de gaz est faible, par exemple en partant du lignite, à des températures inférieures à 2800C, on obtient environ 0,708 & 1,416 litre de gaz par 50 g de charbon humide. Le méthane se dégage généralement le premier et c'est le plus soluble dans tous les liquides du système de laveurs, en comparaison de chacun des autres hydrocarbures récupérés. Le pentane, l'hexane, l'hexène et le pentène ont chacun une solubilité considérable dans les liquides de lavage utilisés dans le système, excepté l'eau. Les hexènes et hexanes se condensent dans le réfrigérant à eau et ne se gazéifient plus que sous l'influence de la pression partielle des autres gaz plus légers qui passent par le liquide. L'un des constituants du gaz récupéré et entrant au débitmètre 17 est l'éthène. L'éthène a une solubilité limitée dans le pétrole lampant et une faible solubilité dans l'eau et l'alcool, aux divers postes de lavage 16. L'éthène a une odeur caractéristique d'hydro- carbure insaturé tandis que les hydrocarbures saturés gazeux sont inodores. On peut tirer parti de la solubilité des hydrocarbures gazeux insaturés dans l'acide sulfurique pour les séparer des hydrocarbures saturés, Quand la température atteint 335cC, les 100 g initiaux de lignite ou charbon sub-bitumineux humides donnent une production de gaz plus rapide dans la gamme de C1 a C5. - 14 - La production de gaz augmente notablement quand on arrive à 360 C et, quand la température finale est de 380 à 4500C, on observe une production de gaz très rapide et une certaine formation d'hydrogène. A une température de 360 à 380C, il se forme aussi du sulfure de carbonyle et dans le charbon sub-bitumineux, par exemple, 4,7 % du poids total d'hydrocarbure gazeux peut être formé de sulfure de carbonyle. A la température supérieure, les gaz passent par les laveurs et sont enregistrés par le débitmètre. Par exemple, en partant de 100 g de charbon sub-bitumineux humide, déduction faite de l'hydrogène sulfuré, on peut généralement obtenir aux températures supérieures jusqu'à 39,6 litres de gaz par 47 g de carbone (base sèche) présent dans le charbon. A la température et à la pression normales, environ 3,7 moles de gaz contenant 47 g de carbone indiquerait une teneur moyenne en carbone de 2, 25 pour un produit. A nouveau, il faut noter que les produits formés à différents niveaux de température sont formés de différentes fractions de décomposition. L'analyse par chromatographie gazeuse du produit de l'exemple 1 indique fortement 2 atomes d'hydrogène par atome de carbone dans les gaz. Le lignite initial contenait l atome d'hydrogène par 1,38 atome de carbone ou, pour une comparaison directe, 0,725 atome d'hydrogène par atome de carbone. L'analyse par chromatographie gazeuse n'indique pas de quantité notable d'oxygène et montre que les gaz recueillis sont formés presque entièrement d'hydrocarbures. Les hydrocarbures gazeux de 1 à 6 atomes de carbone contenus dans cette fraction sont des gaz ou des liquides très volatils, Les laveurs éliminent bien le dioxyde de carbone sous forme de carbonate de potassium, en tant que précipité, dans la solution de KOH dans l'éthanol ou le méthanol. Généralement, on utilise une solution de 1 mole de KOH - 15 - dans 2 moles d'eau et on peut ajouter l'alcanol à cette -solution aqueuse d'hydroxyde alcalin. EXEMPLE 2 On mélange 25 g de paillettes d'hydrosulfure de sodium de qualité industrielle à 100 g de charbon sub- bitumineux Naverick0 Le NaHS de qualité industrielle est sous forme de paillettes et a une analyse variables cet échantillon particulier contient environ 30 % d'eau. On place ces paillettes par dessus le charbon dans le réacteur. L'analyse du charbon est la suivante: humidité 3,3 % t cendre 12,9 %; soufre 0,69 %; carbone 70,2 % t hydrogène 4,4 %; azote 1,13 %; oxygène 6, 16 % en poids. Le pouvoir calorifique du charbon est de 29 400 kJ/kg. On chauffe le mélange à 2800C dans un réacteur. On injecte de la vapeur d'eau à 1400C au fond du réacteur pour assurer l'agitation et fournir de l'hydrogène pour l'hydrogénation du charbon. On injecte la vapeur d'eau une fois qu'une température de 1750C est atteinte. Il semble que l'hydrosulfure se décompose au moins partielle- ment en sulfure pendant ce chauffage à cause de la teneur en eau du réactif et du charbon. En dessous de 1750C, quelques gouttes limpides d'hydrocarbure distillent avec l'eau expulsée initialement. Le réactif forme des bulles à 1750C, apparemment par suite de la formation d'un sulfure de sodium moins hydraté, entraînant une libération d'eau. A 2800C, l'hydrocarbure gazeux se dégage en continu et une flamme peut être entretenue à l'extrémité du système dans le tube de verre. On lave les gaz à l'eau avant de les brûler. A 3500C, on met fin à l'opération, environ la moitié du charbon ayant réagi. Le distillat liquide, refroidi et condensé dans un réfrigérant à eau, représente 15 ml et contient, à l'analy- se, 9,8 % d'hydrogène, 87 % de charbon, 0,67 % de soufre et 0,07 % d'azote. A l'analyse chromatographique, les gaz sont principalement formés d'éthylène. On obtient 2 46 317 6 - 16 - environ 22,7 litres de gaz. Sans que l'invention soit liée à une théorie particulière, il semble que l'oxygène, le soufre et l'azote sont éliminés du charbon par une série de réactions complexes permises par des composés soufrés de potassium ou, de façon équivalente, par les autres composés soufrés de métaux alcalins, comme on l'expliquera plus loin. Les réactions, en passant par les molécules d'eau et d'hydrogène sulfuré, fournissent de l'hydrogène pouvant réagir sur le charbon au point o le charbon est désoxygéné, désulfuré ou désazoté. Par suite, pour la pratique de l'invention, il est nécessaire que le charbon contienne de l'oxygène, mais on obtient aussi les avantages de l'invention quand le charbon contient le soufre et l'azote sous une forme telle qu'une espèce organique soufrée ou azotée. En outre, il se peut que les charbons de plus haute qualité comme le charbon bitumineux ne se convertissent pas aussi facile- ment en hydrocarbures gazeux bien que l'on puisse encore le faire, comme expliqué ci-après, en modifiant convena- blement le schéma de réaction. On a-trouve qu'un charbon ayant une teneur en carbone inférieure à environ 70 % se gazéifie presque complètement, le distillat solide et/ou liquide ne représentant pas plus de 5 %. Un charbon contenant environ 75 % de carbone donne un distillat liquide de 10 %; le reste est formé de gaz. Un charbon contenant 82,5 % de carbone donne 33 % de distillat liquide; le reste est formé de gaz. Un anthracite à 92 % de carbone donne peut de gaz et seulement environ 2 % de distillat liquide et solide. Lorsqu'on utilise le sodium au lieu du potassium, on obtient à peu près la même quantité de distillats liquides mais moins de gaz. Pour cette raison, l'invention vise de préférence de la gazéification du lignite et du charbon sub-bitumineux. En outre, l'invention est applicable à la gazéification du sub-lignite et même de la tourbe mais par suite de facteurs économiques, le procédé n'est pas aussi avantageux, - 17 - vu la faible teneur en carbone de ces matières premières. Bien que le rubidium soit également actif, l'hydro- sulfure de potassium est préférable pour des raisons pratiques. Le sodium est aussi utile, étant donné que l'hydrosulfure de sodium et les polysulfures subissent effectivement les réactions nécessaires. Les hydrosulfures et polysulfures de césium, de rubidium, de potassium et de sodium sont utiles mais le césium et le rubidium ne sont pas d'un prix avantageux. On peut aussi utiliser le lithium, mais il est moins efficace que le sodium. On peut utiliser un mélange de sulfures de rubidium, de potassium et de sodium (au sens général) avec une plus grande efficacité que les sulfures individuels (au sens général). Lorsqu'on dit ici "au sens général", c'est pour inclure la série des sulfures qui va des hydrosulfures aux polysulfures. La proportion préférentielle est de 14 % de sulfures de rubidium, 26 % de sulfures de potassium et 60 % de sulfures de sodium (au sens général)0 en poids de métal élémentaire. Le mélange ci-dessus correspond & un rapport respectif de 1:(105 à 2,5):(3,5 à 4,5). La quantité d'hydrosulfure de potassium est de 5 à g par 100O g de charbon et on utilise normalement 10 à g. Typiquement, on utilise environ 18 g d'hydrosulfure de potassium par 100 g de charbons Toutefois, comme on l'expliquera plus loin, ce réactif se reconstitue. Si l'on convertit en hydrosulfure le potassium de la cendre, on n'observe pas de perte d'hydrosulfure de potassium et le bilan de réactifs de la réaction, sur base discontinue ou continue, est très favorable. En général, il faut souligner qu'il faut des quantités suffisantes de soufre, de sulfure, d'hydrosulfure ou de polysulfure pour absorber le soufre expulsé du charbon par l'oxygène pendant la désoxygénation et empêcher ainsi le soufre expulsé de déshydrogéner la houille â une température supérieure à 175 C. Il faut aussi préserver l'intégrité des diverses espèces de réactifs au-dessus - 18 - de 3250C car si l'on élève la température au-dessus de ce niveau, il en résulte une déshydrogénation lente du charbon par l'hydroxyde alcalin fondu. Etant donné que le soufre cause la formation de polysulfures et que le polysulfure alcalin s'hydrolyse moins à mesure que sa teneur en soufre augmente, la décomposition du produit d'hydrolyse c'est-à-dire de l'hydrosulfure par la vapeur d'eau (ou l'eau sous une autre forme) est ainsi empêchée. Par conséquent, le choix de la quantité nécessaire de réactif est assez déterminé pour chaque type de charbon et on peut facilement la déterminer pour ce charbon sur la base des gammes larges indiquées plus haut pour les réactifs et pour les quantités de soufre contenues dans le charbon. Pour calculer le soufre contenu dans le charbon, on tient seulement compte du soufre organique, c'est-à-dire du soufre combiné à du carbone. L'azote contenu dans le charbon se convertit en ammoniac et, pour l'application sur une grande échelle, on peut le récupérer en tant que sous-produit précieux. Comme indiqué plus haut, on utilise la vapeur d'eau à une température à laquelle on vise à conduire la réaction, c'est-à-dire qui dépend du type de charbon et des taux de décomposition du charbon ainsi que du produit désiré. La vapeur d'eau constitue aussi une source d'hydrogène, apparemment sous forme de (apparemment, non fourni par OH). On peut avantageusement engendrer de la vapeur d'eau à la température choisie dans le générateur 12 repré- senté par la figure. Avantageusement, on utilise par exemple suffisamment de vapeur d'eau pour fournir de l'hydrogène en vue d'hydrogéner le charbon en donnant comme produit final des hydrocarbures contenant 1 ou 2 atomes de carbone. Si l'on recherche une moindre hydrogé- nation, on utilise moins de vapeur d'eau. A mesure que l'on augmente la teneur en soufre du réactif, celle-ci étant fournie par le soufre du charbon - 19 - et le soufre élémentaire ajouté, la température de réaction s'abaisse. Par exemple, une température de réaction de 380'C s'abaisse à 3100C lorsque le bilan de soufre est représentatif d'un composé théorique K2S3, formé et maintenu dans les conditions de réaction. Un corollaire de ce phénomène est que l'on obtient de plus grosses molécules, par exemple du pentane et de l'isopentane. En outre, la qualité du charbon a une influence sur la composition du distillat; plus le charbon est de haute qualité, plus la proportion de distillats liquides est grande, dans des conditions équivalentes# par exemple quand on utilise le composé théorique K2S3 dans les mêmes conditions de température. Bien entendu, comme on l'a indiqué plus haut, lorsqu'on fait varier la température, la composition du produit varie. En outre, comme indiqué plus haut, quand on modifie la quantité de soufre du réactif, la composition du produit se modifie aussi. Ainsi, sur la base de ce qui précède, on peut faire varier la température, la teneur en soufre, la qualité du charbon et utiliser un recyclage de distillats absorbés dans l'alcool (comme expliqué plus loin) pour obtenir la fraction de produit désirée. Dans le cadre des variations d'une fraction de produit, on envisage le recyclage de divers autres distillats dans le train de récupération représenté par la figure. Les variations décrites ci-dessus sont comprises dans les limites suivantes: température 4250C au maximum mais la distillation commence entre 40 et 500C, teneur en soufre du réactif correspondant par exemple, pour le potassium, & X2S mais la teneur en soufre peut atteindre celle qui correspond à K2S5: la qualité de charbon se situe avantageusement entre le lignite et le charbon bitumineux. Dans le cas de l'anthracite, les résultats sont moins avantageux bien que l'on puisse obtenir un distillat à +3800C et en utilisant un réactif tel que K2S4. - 20 - Pour le sodium, les espèces soufrées utiles sont NaHS et les sulfures de Na S à Na S; NaHS est plus 2 a2S2 stable que KHS en présence de l'eau contenue dans le charbon ou de la vapeur d'eau et commence à réagir en donnant un distillat à des températures d'autant plus basses (environ 10 à 200C de moins) que dans le cas du potassium, bien qu'en quantités un peu moindres. Le rubidium, bien que son prix ne soit pas avantageux, est au moins égal et souvent même supérieur au potassium. Si l'on recycle du séparateur 14 au réacteur 11 le distillat alcoolique (y compris tous les hydrocarbures présents), on peut aussi faire varier la composition du produit. En outre, on peut aussi faire varier le taux de recyclage. Ainsi, jusqu'à environ 280C, on peut faire tendre le produit vers une composition constituant un distillat liquide d'un point d'ébullition inférieur à 1800C environ. A une température de réaction allant jusqu'à environ 3101C, il se forme des distillats de paraffine lorsqu'on utilise le recyclage d'alcool mentionné vers le réacteur. Comme précédemment, et dans ces conditions de recyclage, la présence d'eau, c'est-à-dire de vapeur d'eau à une température d'environ 1351C et audessus, est nécessaire pour que la réaction se produise. Pour le recyclage d'alcool, le méthanol est l'alcanol préférentiel. Comme on peut le voir par cet aspect du recyclage, le distillat alcoolique assure une autre modifi- cation du produit, les produits de réaction initiaux dissous dans l'alcool étant utilisés dans le réacteur. Grâce à cet aspect, on peut obtenir davantage de distillats liquides. Lorsqu'on commence le processus à peu près dans les conditions ambiantes (en élevant la température), on ajoute du soufre élémentaire au charbon ou au réactif pour obtenir la teneur en soufre choisie pour le réactif. Dans ces conditions, le H2S formé dans le système pendant la réaction du soufre et du réactif est éliminé du courant de gaz et du système de lavage pour reconstituer le réactif. 2 463176 - 21 - A mesure que l'on élève la température, sans utiliser de vapeur d'eau, toute hydrogénation du charbon qui se produit est due à la teneur en eau du charbon ou du réactif. A environ 1351C, on peut ajouter de la vapeur d'eau, si l'on désire des distillats légers. Toutefois, on ajoute typiquement de la vapeur à peu près à la température o un hydrate du réactif commence à se reformer ou se reconstitue en un hydrate inférieur de celui-ci* Pour un réactif à base de potassium, on choisit une température d'addition de vapeur d'environ 170'C. A mesure que les hydrates progéniteurs se réarrangent en hydrates inférieurs et cèdent de l'eau d'hydratation, il se libère des quantités copieuses de vapeur d'eau. Ainsi, cet état de choses signale le point o l'on peut introduire la vapeur d'eau sans inconvénient, à condition que l'eau d'hydratation ait quitté le réacteur. On peut aussi pratiquer le procédé en continu. Généralement, on choisit un niveau particulier de tempéra- ture et on introduit du charbon et du réactif dans la zone de réaction, on retire les cendres, on en récupère le réactif et la teneur en métal alcalin du réactif et on reconstitue celui-ci, par exemple au moyen d'hydrogène sulfuré. On récupère typiquement les fractions liquide et gazeuse dans une colonne à distiller ou des laveurs appropriés, y compris l'hydrogène sulfuré. Par conséquent, un procédé entièrement continu avec reconstitution et recyclage du réactif est possible sur la base de ce qui est expliqué ici et on obtient une fraction désirée de produit pour la température choisie et les autres condi- *tions de fonctionnement. En définissant les stades complexes par lesquels les réactions semblent se dérouler, il faut se rappeler que les connaissances actuelles sont basées sur des hypothèses, étant donné que de nombreuses réactions se déroulent simultanément. Par conséquent* l'explication ci-après est seulement proposée pour faciliter la compréhension, sans - 22 - préjuger du fait qu'une théorie particulière soit exacte ou non, car on peut comprendre l'invention et la mettre en pratique sans se référer à aucune théorie. S'il était exact que K2SO5 réagit sur l'oxygène du charbon, à température élevée, dans un système fermé, exempt d'oxygène atmosphérique en formant directement K2SO4, tout le soufre coordonné de l'ion pentasulfure étant déplacé par l'oxygène, la réaction s'arrêterait quand K2SO5 est converti en K2SO4 Ainsi, K2 SO4 serait inerte dans le système à moins qu'il ne se convertisse en monoxyde de carbone et K2S par réduction sous l'action du carbone contenu dans le charbon. En fait, si cela se produisait, il existerait un danger dû à la réaction des sulfures de potassium sur le monoxyde de carbone, formant du carbonylpotassium, composé très explosif* Toutefois, selon l'invention, il est assez clair que les gaz analysés, dans les conduits de chromatographie, ne contiennent pas de quantité appréciable de monoxyde de carbone ni de dioxyde de carbone. Il est connu aussi que le soufre sous forme élémen- taire déshydrogène le charbon à des températures supérieures à 175eC (Mazumdar et alo, Fuel, volume 41, pages 121 sqo (1962)). En outre, l'oxydation du pentasulfure de potassium par l'air donne du soufre élémentaire, du thiosulfate de potassium (K2S203) et du tétrathionate de potassium (K2S406) (Letoffe et alo, Journal Chimie Physique, volume 71, pages 427 à 430 (1974)). Le pentasulfure de potassium se décompose en tétrasulfure de potassium et en soufre à 300 C, cette réaction est lente et augmente progressive- ment à mesure que l'on élève la température au-dessus de 300 C. Le sulfure de potassium retient 5 molécules d'eau d'hydratation jusqu'à 150eC, niveau o il se transforme en dihydrate, et le dihydrate se décompose, à 2700C, en un hydrate inférieur solide et en eau et il se convertit 24 63176 - 23 - en un hydrate encore inférieur entre 779 et 8400C, tempé- rature à laquelle le sulfure de potassium se décompose en disulfure et potassium élémentaire. Le potassium élémentaire est soluble dans le sulfure solide. Le thio- sulfate (K2S203) se décompose au-dessus de 2000C en donnant le sulfate plus le pentasulfure et le pentasulfure, à son tour, se décompose en tétrasulfure et soufre à partir de 300C. Quand on utilise comme réactif l'hydrosulfure de potassium (dans un alcanol), la teneur en eau du charbon et l'eau présente dans la solution d'hydrosulfure de potassium réagissent, causant une hydrolyse, puis une décomposition en hydrogène sulfuré et hydroxyde de potas- sium. L'hydroxyde de potassium réagit sur l'hydrosulfure de potassium non décomposé en formant du sulfure de potassium (sous forme hydratée) et de l'eau. Le pentasul- fure de potassium (formé par la réaction sur le soufre organique du charbon et le soufre élémentaire ajouté) forme de l'hydrosulfure de potassium, par la réaction: KS+2S=l1/2 5 / 2S. Pour le sodium, la réaction est s NaHS + 1,5 S = 1/2 Na2S4 + 1/2 H2S. Il ne se forme pas de polysulfures à teneur intermédiaire en soufre (qui sont par définition les sulfures contenant 2 à 5 atomes de soufre) dans la réaction sur le potassium et vu l'insuffisance de soufre, il reste du KHS inaltéré. Toutefois, cette réaction se produit seulement dans des solutions alcooliques. Pour les composés de sodium, il se forme seulement le tétrasulfure. Les sulfures de potassium ayant une teneur en soufre inférieure à celle du pentasulfure sont décomposés par l'oxygène et donnent du potassium. En résumé, étant donné que l'on élimine l'oxygène aussi bien que l'azote et le soufre organique, l'eau ou l'hydrogène sulfuré (continuellement formé par contact entre l'eau et les réactifs) fournissent de l'hydrogène - 24 - au charbon au stade o le charbon est désoxygéné, désulfuré ou désazoté; l'azote se sépare principalement sous forme d'ammoniac: le soufre se sépare en formant un polysulfure alcalin (par exemple de potassium) et, à de plus basses températures, forme un mercaptan avec l'alcanol qui sert de solvant..Les mercaptans s'absorbent dans l'alcool et dans la solution alcoolique de KOH. Le KOH contenu dans le méthanol de lavage du courant gazeux d'effluent donne le thiosulfate insoluble dans l'alcanol. Cette réaction globale se déroule par réduction de l'hydrogène sulfuré gazeux en soufre et eau, le soufre réagissant ensuite sur le KOH pour former le thiosulfate de potassium et le sulfure de potassium comme indiqué plus haut. Le sulfure de potassium peut alors emprunter un supplément de soufre à l'hydrogène sulfuré pour former du polysulfure de potassium et ce sont les réactifs utilisés dans la réaction. En général, à différents niveaux de température, les produits de décomposition du charbon ont une composition différente. On peut choisir ces niveaux de température en vue de la composition désirée des distillats volatils et des fractions gazeuses convenant à un usage final particulier. Par exemple, à une température de 340 à 3650C, on obtient l'analyse de gaz suivante pour un produit gazeux tiré d'un charbon sub- bitumineux: méthane 80,19 %, éthane 9,12 %, éthène 1,41 %, propane 2,67 %, propène 1,41 %, isobutane 0,16 %, butane(n) 0,31 %, hydrogène sulfuré 0, 001 %, sulfure de carbonyle 4,72 %, le reste étant formé de constituants gazeux non identifiés. D'après ce qui précède, il est démontré que l'on peut tirer du charbon une source facilement accessible d'hydro- carbures, par un procédé qui se pratique à basse température et à basse pression tout en reconstituant le réactif dans le cadre du procédé. - 25 - REVENDICATIONS l- Procédé de conversion de charbon en hydrocarbures gazeux et distillats volatils, caractérisé par le fait que l'on fait réagir du charbon ou de la tourbe et un hydro- sulfure ou sulfure de métal alcalin, ou des mélanges de ces corps, en présence d'eau et facultativement de soufre, à une température de 50 à 4500C, et que l'on récupère des distillats liquides volatils et des hydrocarbures gazeux. 2.- Procédé de conversion de charbon en hydrocarbures gazeux et distillats volatils, caractérisé par le fait que l'on fait réagir du charbon et une solution alcanolique d'un hydrosulfure, sulfure ou polysulfure alcalin ou d'un mélange de ces corps, à une température de 500C ou au- dessus, en présence d'eau, que l'on poursuit la réaction à une température atteignant 450'C et que l'on récupère des distillats liquides volatils et des hydrocarbures gazeux. 3.- Procédé selon la revendication 2, caractérisé par le fait que l'on ajoute du soufre élémentaire à la solution alcanolique d'hydrosulfure alcalin. 4.- Procédé selon la revendication 2, caractérisé par le fait que l'hydrosulfure alcalin est l'hydrosulfure de potassium, l'hydrosulfure de sodium, ou un mélange d'hydrosulfures et sulfures de rubidium, de potassium et de sodium. 5.- Procédé de conversion du charbon en hydrocarbures gazeux et distillats volatils, caractérisé par le fait que l'on fait réagir un charbon ou une tourbe contenant de l'oxygène, du soufre ou de l'azote sous forme combinée sur un réactif qui est un hydrosulfure ou polysulfure alcalin ou un mélange de ceux-ci, éventuellement dérivé de différents métaux alcalins, entre 135 et 450'C en présence de vapeur d'eau, que l'on récupère des distillats volatils ou des hydrocarbures gazeux et que l'on reconstitue le réactif. 6.- Procédé selon la revendication 5, caractérisé par le fait que le charbon est un lignite, un sub-lignite, un charbon bitumineux ou sub-bitumineux. - 26 - 7.- Procédé selon la revendication 5, caractérisé par le fait que le métal alcalin est le potassium ou le sodium. 8.- Procédé selon la revendication 5, caractérisé par le fait que l'hydrosulfure, sulfure ou polysulfure est dérivé d'un mélange de rubidium, de potassium et de sodium. 9.- Procédé selon la revendication 5, caractérisé par le fait que l'on ramène une partie du distillat sous forme de solution alcoolique pour participer à la réaction entre le charbon ou la tourbe et le réactif. 10.- Procédé selon la revendication 5, caractérisé par le fait que l'on conduit la réaction entre 135 et 4500C. 11.- Procédé selon la revendication 8, caractérisé par le fait que l'on conduit la réaction entre 170 et 3800C. 12.- Procédé continu de conversion du charbon en hydrocarbures gazeux et distillats volatils, caractérisé par les étapes suivantes: - on introduit en continu, dans une zone de réaction maintenue au-dessus de 1600C et au maximum à 4500C, du charbon ou de la tourbe traités par de la vapeur d'eau à une température de 100C et au-dessus et à la température de la vapeur d'eau, de manière à expulser de l'air du charbon ou de la tourbe, - on introduit en continu comme réactif un hydrosulfure, sulfure ou polysulfure d'un ou plusieurs métaux alcalins ou un mélange d'hydrosulfures, sulfures et polysulfures, ou une solution alcoolique de ce réactif, - on introduit de la vapeur d'eau dans la zone de réaction à une température de 160 à 4500C, - on fait réagir en continu le charbon ou la tourbe et le réactif, dans ladite zone, à une température prédé- terminée, en présence de la vapeur introduite, - on récupère des distillats volatils et/ou des 2 4 63176 - 27 - produits gazeux venant de la zone de réaction, - on récupère de l'hydrogène sulfuré ou du sulfure de carbonyle venant de la zone de réaction, - on récupère de la cendre de charbon ou de tourbe venant de la zone de réaction, - on récupère du réactif inaltéré contenu dans la cendre ainsi que le métal alcalin qu'elle contient, sous forme d'hydroxyde alcalin, - on fait réagir des hydroxydes alcalins sur de l'hydrogène sulfuré libéré pendant la réaction et on reconstitue le réactif, - on introduit dans la zone de réaction une quantité suffisante du réactif reconstitué pour poursuivre la réac- tion du charbon ou de la tourbe et du réactif. 13.- Procédé selon la revendication 12, caractérisé par le fait que l'on maintient la zone de réaction à une température prédéterminée pour l'obtention d'hydrocarbures gazeux. 14.- Procédé selon la revendication 12, caractérisé par le fait que l'on maintient la zone de réaction à une température convenant à la récupération d'une fraction prédéterminée d'hydrocarbures. 15.- Procédé selon la revendication 12, caractérisé par le fait que l'on recycle vers la zone de réaction une solution alcoolique contenant une partie du distillat dissous. 16.- Procédé selon la revendication 12, caractérisé par le fait que le charbon mis à réagir est le lignite. 17.- Procédé selon la revendication 12, caractérisé par le fait que l'on utilise comme réactif le sulfure de potassium, le polysulfure de potassium, l'hydrosulfure de potassium ou un mélange de ceux-ci# l'hydrosulfure, un sulfure ou un polysulfure de sodium et de potassium ou un mélange de ceux-ci; un mélange de polysulfures, de sulfures ou d'hydrosulfures de rubidium, de potassium et de sodium, ou des mélanges de ceux-ci; ou de l'hydrosulfure - 28 - de sodium industriel. 18.- Procédé selon la revendication 12, caractérisé par le fait que la température de la zone de réaction est de 135 à 450'Co 19.- Procédé selon la revendication 12, caractérisé par le fait que la température de la zone de réaction est de 170 à 450'C. 20.- Procédé selon la revendication 12, caractérisé par le fait que l'on reconstitue le réactif en faisant réagir un hydroxyde alcalin en solution alcoolique saturée sur l'hydrogène sulfuré et en précipitant le réactif sous la forme d'un mélange de sulfure et d'hydrosulfure du métal alcalin et en ce que l'on récupère ce précipité comme réactif pour le faire réagir sur le charbon. 21.- Procédé selon la revendication 12, caractérisé par le fait que l'on lave l'hydrocarbure gazeux dans une solution d'hydroxyde alcalin de manière à éliminer l'hydrogène sulfureux de l'hydrocarbure gazeux en tant que produit de réaction sur le métal alcalin et que l'on récupère ensuite le réactif pour le recycler. 22.- Procédé selon la revendication 12, caractérisé par le fait que l'on distille les hydrocarbures gazeux obtenus pour récupérer une fraction de produit désirée. 23.- Procédé selon la revendication 12, caractérisé par le fait que l'on utilise comme réactif une composition théorique K2S3, sur la base du bilan de matière. 24.- Procédé selon la revendication 12, caractérisé par le fait que l'on fait réagir partiellement de l'anthra- cite sur le réactif.