L'invention est relative à un succédané du lait pour lté- levage et lengraissement des veaux, lequel contient une quantité de poudre de lait maigre qui est essentiellement inférieure à celle considérée jusqu'ici comme indispensable. Les succédanés du lait contenaient jusquià présent une très forte proportion de poudre de lait maigre que les prescriptions de normalisations legislatives fixaient à au moins 50% pour les aliments d'élevage et à au moins 60% pour les aliments d'engrais des veaux. Du fait de cette forte proportion de poudre de lait maigre contenue par les aliments de ce genre, ils donnaient lieu en réalité à un gros gaspillage d'albumines, car une grande partie des acides aminés qu'ils contiennent ne pouvait pas etre assimilée par les animaux. I1 y a donc interet à réaliser un suc cédané du lait qui, relativement à ses composants protéiques ait une composition permettant son assimilation la plus complète possible par les animaux. Un autre problème est l'utilisation de la poudre de petit lait dont on dispose en grandes quantités et qui ne trouve que des débouchés bien limités. Le petit lait était jusqu'à présent simplement jeté aux égouts par les fabricants de fromage. Cette manière de procéder a été interdite par certaines nouvelles législations. Du fait que, pour se débarrasser du petit lait de la manière pratiquée jusqu'alors, il faudrait mettre en oeuvre des installations d'épuration spéciales, qui entraineraient des investissements financiers considérables, on en est venu de plus en plus à déshydrater le petit lait pour en faire de la poudre de petit lait. L'invention a pour but d'éliminer le problème du gaspillage de matières protéiques dans l'alimentation des bestiaux à l'aide de succédanés du lait présentant une teneur en poudre de lait maigre, telle que celle utilisée jusqu'ici, de manière à pouvoir abaisser le prix de revient de tels aliments tout en apportant simultanément une solution au problème de l'utilisation de la poudre de petit lait. Ces problèmes sont résolus par un succédané du lait à teneur en matières protéiques contrôlée, dans lequel la poudre de lait maigre est remplacée partiellement par de la poudre de petit lait. Sous le nom de poudre de petit lait, on comprend de la poudre de petit lait frais et/ou de la poudre de petit lait caillé. Le succédané de lait pour l'élevage ou l'engraissement des veaux, conforme à l1invention, est caractérisé par une teneur de 21 à 45 en poudre de petit lait, par une teneur d'au plus 50X en poudre de lait maigre, la somme des teneurs en poudre de petit lait et en poudre de lait maigre étant de 60 à 85S, éventuellement par une teneur de 0,05 à 1% de lysine ou/et de méthionine, ainsi que par une teneur en graisses, substances minérales, vitamines, antibiotiques, produits amylacés et matières protéiques végétales en quantités et en proportions relatives usuelles.Il est surprenant de constater que le succédané de lait conforme à l'invention convient au moins aussi bien, et parfois meme mieux, pour l'élevage et l'engraissement des veaux que les aliments pour bestiaux usuels présentant la teneur en poudre de lait maigre beaucoup plus élevée considérée comme indispensable jusqu'alors. La poudre de petit lait se distingue de la poudre de lait maigre surtout par l'absence de caséineprotéines de haute valeur nutritive, de sorte que les éléments constitutifs quantitativement les plus importants de la poudre de petit lait sont les albumines, les globulines et le lactose. Jusqu'alors, on était d'avis qu'un succédané du lait devait contenir au moins 50 ou 60% de poudre de lait maigre pour donner de bons résultats. Les normes législatives prescrivent donc une telle teneur minimale. Ceci démontre clairement que l'ensemble des spécialistes considérait comme-indispensable une teneur en poudre de lait maigre de cet ordre de grandeur. Mais de très nombreuses expériences ont établi que le succédané de lait conforme à l'invention, non seulement permettait d'obtenir des résultats exactement aussi bons que les aliments pour bestiaux utilisés jusqu'à présent, mais permettait en partie d'obtenir des résultats supérieurs même, bien que la teneur en protéines brutes soit essentiellement réduite. La teneur en poudre de petit lait dans le succédané de lait conforme à l'invention est, de préférence, comprise entre 30 et 40%. La teneur en poudre de lait maigre est comprise, de préférence, entre 25 et 35Z. L'aliment pour bestiaux conforme à l'invention contient de préférence aussi de faibles quantités des acides aminés,lysine et méthionine. On a en effet mis en évidence que ces deux acides aminés constituent les facteurs qui déterminent les limites de l'assimilation des protéines du lait Par leur addition à l'ali ment pour bestiaux conforme à l'invention, il est possible d'obtenir une assimilation particulièrement complète des protéines du~lait. Une très faible addition de l'un de ces deux acides aminés permet déjà d'obtenir un effet perceptible.Mais il est préférable d'utiliser ensemble ces deux acides aminés, ce qui donne lieu à une action synergique car, par exemple, l'augmentation de poids chez les veaux est, dans le cas de l'addition si- multanée des deux acides aminés, supérieure à la somme des aug tentations de poids que l'on peut obtenir par addition d'un seul des deux acides aminés. De préférence, la lysine et la méthionine sont incorporées à l'aliment pour bestiaux conforme à l'invention dans une proportion de 0,1 à 0,5% pour chacune d'elles. L'aliment pour bestiaux conforme à l'invention contient des graisses, des substances minérales, des oligoéléments, des vitamines, des antibiotiques, des produits amylacés et des ma vires protéiques végétales en quantités et en proportions relatives usuelles dans les aliments de ce genre et qui sont fixées essentiellement par des normes législatives. Selon ces normes, la teneur en matières grasses brutes est d'au moins 5% pour un aliment d'élevage et d'au moins 15% pour un aliment d'engraissement de veaux.D'autre part, elles prescrivent des vitamines A à raison de 16.000 unités internationales par kilogramme, des vitamines D à raison de 2.000 unités internationales par kilogramme et des vitamines E à raison de 20 mg par kilogramme, ainsi que 60 à 120 mg de chlorotétracycline ou d'un autre antibiotique approprié. En outre, on peut ajouter à un aliment d'élevage de veaux, ou à un aliment d'engraissement de veaux (pour lequel les indications ont été portées entre parenthèses) au maximum 15 % (30%) dqraisses, 20% (20%) de poudre de lait de beurre de caséine alimentaire, de lactose, jusqu'à;5% (5%) d'extrait de poisson déshydraté, jusqu'à 10% (10%) de tourteau oléagineux de graines de lin ou de fèves de soja, jusqu'à 10% de farine de graine de -lin et/ou de farine de fèves de soja, ainsi que de flocons de cé réales, d'avoine, de germes de blé, de chapelure de boulangerie et de pâtisserie, de substances amylacées dégradées, de fécule dé blé saccharifiée, de gluten de mals, de levures, ainsi que des substances organiques servant de support pour des substances actives. On peut ajouter aussi de la caséine alimentaire et du lactose. Comme vitamines, les aliments en question peuvent contenir les vitamines B1, B2, B6, B12, l'acide panthothénique, l'acide nicotinique, l'acide folique, la choline et la biotine. Comme oligoéléments le zinc, le manganèse, le fer, le cuivre, l'iode et le cobalt sont également admissibles en très faibles quantités. La fabrication de l'aliment pour bestiaux conforme à l'in- vention s'effectue en mélangeant les divers composants de manière usuelle. On n'ajoute les graisses, de préférence, qu'à la fin du processus de mélange. Le succédané de lait conforme à l'invention offre une nouvelle utilisation à la poudre de petit lait, réduit la teneur en protéines à haut pouvoir nutritif sans réduire pour autant la valeur nutritive de l'aliment pour bestiaux, abaisse le coût de l'élevage et de l'engraissement des veaux et évite la profusion de protéine jusqu'alors utilisée en empêchant son gaspillage. Les exemples non limitatifs qui suivent font mieux comprendre l'invention. Exemple 1.- Composition d'un succédané du lait pour l'élevage des veaux - poudre de lait maigre (déshydraté entre cylindres) 30,0% " " (déshydraté par pulvérisation) 6,0% - " " petit lait frais (déshydraté par pulvé risation) 35,0% - mélange de matières grasses (graisse de boeuf a limentaire raffinée, graisse de coco raffinée, huile de palme bi-raffinée, lécithine de soja 5 : 3,5 : 1 : 0,5) 15,0% - farine fine de soja 6,8X - amidon de malus gonflé et saccharifié 3,8X - flocons de froment 2,03% Mélange de substances minérales - chaux phosphatée fourragère 0,780% - chlorure de sodium, iodé 0,100% - oxyde de magnésium, dense 0,100% -chlorure de calcium 0,100% - oligoéléments (Fe:Zn:Cu:Mn:Co = 5:8:1,5:1:0,2) 0,020X - Aurofac 40 (adjuvant de fourrage) 0,2% - vitamines A+D +E+H+C, concentrat sur support de farine de moment 0,07X Exemple 2.- Composition d'un succédané du lait pour l'en graissement des veaux. - poudre de lait maigre (déshydraté entre cylindres) 29,5% - 't t " lt (déshydraté par pulvérisation) 6,0% - " " petit lait frais ( 't " 1? ) 35,0 - mélange de matières grasses (graisse de boeuf alimentaire raffinée : graisse de coco raffinée huile de palme bi-raffinée : lécithine de soja = 5:3,5:1:0,5) 15,0% - farine fine de soja 6,8 - amidon de mais gonflé et saccharifié 3,8% - flocons de céréales 2,03% mélange de substances minérales - chaux phosphatée fourragère 0,780% - chlorure de sodium iodé 0,100 h - oxyde de magnésium, dense 0,100% - chlorure de calcium 0,100% - oligoéléments (Fe : Zn : Cu : Mn :Co = 5 : 8 : 1,5 : 1 : 0,2) 0,020% - Aurofac 40 (adjuvant de fourrage) 0,2 % - Vitamines A + D3 + E + B + C, concentrat sur support de farine de froment 0,07% - lysine L 0,3% - méthionine DL 0,2% Exemple 3.- Les aliments pour bestiaux conformes à l'invention, réalisés suivant les formules des exemples 1 et 2 ont été comparés à un succédané de lait usuel du commerce, destiné à l'en- graissement des veaux.Celui-ci présentait la composition suivante - poudre de lait maigre (déshydraté entre cylindres) 54,0 h - tr tt " E (déshydraté par pulvérisation) 6,0% - " " petit lait ( " " " ) 9,2% - mélange de matières grasses (graisse de hoeuf alimentaire raffinée, graisse de coco raffinée huile de palme bi-raffinée : lécithine de soja 5 : 3,5 : I : 0,5) 15,0% - farine fine de soja 6,0% - amidon de mais gonflé et saccharifié 3,8% - flocons de froment 2,93% Melange de substances minérales - poudre de petit lait appauvrie en sucre 0,800% - chaux phosphatée fourragère 0,780% * Amilac spécial de la firme Meggle à Wasserburg - dorure de sodium iodé 0,200; - oxyde de magnésium, dense 0,100% - chlorure de calcium 0,100; - oligoéléments (Fe : Zn : Cu : Mn : Co = 5 : 8 : 1,5 : 1 : 0,2) 0,020; - Aurofac 2A (mélange d'adjuvants de fourrage) 1,0% - vitamines A + D3 + E + B + C, concentrat sur support de farine de froment 0,07% Cette expérience d'alimentation de veaux avec les trois aliments pour bestiaux à comparer a été répétée deux fois durant chaque fois dix semaines. Des veaux de 10 à 20 jours (35 femelles et 19 mâles, dont 80% appartenaient à une race brune allemande) ont été installés dans une étable expérimentale. Après une période d'acclimatation de 5 à 7 jours, on en a formé trois groupes de même poids,à chacun desquels groupes, tirés au hasard, a été attribué l'un des aliments Les pesées étaient effectuées à des intervalles de 14 jours. La bouillie était donnée deux fois par jour ; les quantités de bouillie non absorbées par les animaux étaient ensuite pesées. On a observé le plan de distribution de bouillie suivant. Plan de distribution de bouillie (valeurs de consiqne) litre de bouil- g de succédané de lie/jour lait/litre de bouillie lère semaine 2 x 3,3 128 2ème " 2 x 4,0 160 3ème " 2 x 4,0 170 4ème " 2 x 4,5 200 5ème in 2 x 5,0 290 6ème " 2 x 5,5 7ème " 2 x 5,5 8ème " 2 x 5,5 220 9ème " 2 x 5,5 220 lOème " 2 x 5,5 220 Les résultats obtenus sont consignés dans les tableaux 1, 2 et 3 ci-dessous. Tableau 1 - Poids et accroissement depoids/kg Aliment distribué Produit de Produit se- Produit se comparaison lon exemple lon exemple 1 2 Nombre d'animaux 18 17 17 Début de l'expérience 61,3 (100) 61,0 (100) 61,8 (101) nombres relatifs+) 2ème semaine 75,5 (100) 74,3 ( 98) 74,5 ( 99) 4ème semaine 92,1 (100) 90,7 ( 98) 91,9 (100) 6ème semaine 109,9 (100) 106,8 ( 97) 109,0 ( 99) 8ème semaine 126,9 (100) 123,6 ( 97) 127,8 (101) 10ème semaine 143,4 (100) 139,0 ( 97) 144,9 (101) 10ème semaine 82,1+7,0 (100 78,0+9,2 ( 95) 82,6+5,9(101) accroissement de poids et écart-type Tableau 2 - Accroissement de poids cumulatif journalier/g. Aliment Produit de Produit se- Produit sedistribué comparaison lon exemple ion exemple 1 2 Nombre d'animaux 18 17 17 2ème semaine 1015 (in0)+ 950 (94) 872 (86) 4ème semaine 1100 (100) 1061 (96) 1059 (96) 6ème semaine 1157 (100) 1091 (94) 1112 (96) 8ème semaine 1172 (-100) 1118 (95) 1170 (100) 10ème semaine 1173 (100) 1114 (95) 1180 (101) + nombres relatifs entre parenthèses. Tableau 3 - Assimilation cumulative de l'aliment / (g de succédané de lait/g d'accroissement de poids) Aliment Produit de Produit se- Produit sedistribué comparaison lon exemple lon exemple 1 2 Nombre d'animaux 18 17 17 2ème semaine 1,07 (100)+ 1,46 (136) 1,27 (119) 4ème semaine 1,22 (100) 1,29 (106) 1,24 (102) 6ème semaine 1,35 (100) 1,44 (107) 1,39' (103) 8ème semaine 1,45 (100) 1,51 (104) 1,44 ( 99) 10ème semaine 1,56 (100) 1,64 (105) 1,54 ( 99) + nombres relatifs entre parenthèses. Le produit de l'exemple 1 présente une teneur en protéines brutes inférieure de 23% par rapport à l'aliment pour bestiaux connu, utilisé pour la comparaison. Bien que le produit de l'exemple 1 ne soit pas destiné à l1engraissement, mais à l'élevage des veaux, et qu'on la comparé cependant à un produit destiné à l'engraissement des veaux, les résultats obtenus sont satisfaisants et aucune diminution de l'accroissement de poids n'est à rapprocher de la diminution considérable de la teneur en protéines brutes présentée par le produit conforme à l'invention. Avec le produit de 11 exemple 2, lequel est comme le produit de comparaison destiné à l'engraissement des veaux, on a même observé une amélioration, quoique très faible de l'accroissement de poids par rapport au produit utilisé à titre de comparaison, bien qu'ici aussi on ait réduit d'environ 23% la teneur en protéines brutes en l'amenant d'environ 26 à environ 20%. L'étant sanitaire des veaux des trois groupes comparés était excellent et on nea observé aucune différence entre ces groupes. Comme il va de soi, et comme il résulte d'ailleurs déjà de ce qui précède, l'invention ne se limite nullement à ceux de ses modes d'application, non plus qu'à ceux des modes de réalisation de ses diverses parties, ayant été plus spécialement envisagés ; elle en embrasse, au contraire, toutes les variantes. REVENDICATIONS 1. Succédané du lait pour l'élevage et ltengraissement des veaux, caractérisé par une teneur de 21 à 45% de poudre de petit lait, par une teneur d'au plus 50 en poudre de lait maigre, la somme des teneurs en poudre de petit lait et en poudre de lait maigre étant de 60 à 85%, par une teneur de + 0,05 à 1% de lysine ou/et de méthionine, ainsi que par une teneur en graisses, substances minérales, oligoéléments, vitamines, antibiotiques, produits amylacés et matières protéiques végétales en quantités et en proportions relatives usuelles. 2. Succédané de lait selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il contient 30 à 40 de poudre de petit lait. 3. Succédané de lait selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce qu'il présente une teneur de 0,1 à 0,5 S de lysine et une teneur analogue de méthionine.