La présente invention concerne un procédé de préparation d'une composition gélifiée à base de liquide organique inerte, capable de véhiculer un gaz. Elle se rapporte également à la composition ainsi obtenue, qui peut être utilisée notamment en médecine et dans un cer- tain nombre d'industries dont celle des produits cosméti- ques. On connait de nombreux liquides organiques iner- tes,capables de véhiculer des gaz, c'est-à-dire qui pré- sentent un pouvoir solvant élevé vis-à-vis ddgaz comme oxygène, azote, dioxyde de carbone, gaz inertes, et leurs mélanges, y compris l'air. Parmi les nombreux groupes de liquides organiques inertes, présentant ces propriétés, se trouvent des huiles de silicone à faible viscosité et des fluorocarbures liquides, non miscibles à l'eau. Ces groupes de liquide sont décrits dans le brevet U.S. nc 3 850 753 de Chibata et coll., concernant la culture de microorganismes aérobiques. Toutefois, il n'est pas fait mention dans ce brevet d'émulsions ou de compositions gélifiées. D'autres perfluorocarbures, leurs émulsions et leurs pro- priétés sont décrites dans les brevets U.S. suivants: n0 4 220 606 et n0 4 143 079 de R.E. Moore; n0 4 105 798 et n0 4 041 086 de Moore et coll.; n0 3 911 138 de L.C. Clark; n0 3 962 439 et nO 3 993 581 de K. Yokoyama et coll.; n0 4 187 252 et n0 4 110 474 de R.J. Lagow et coll.; et n0 3 641 167 de Moore et coll. Il existe égale- ment un procédé de David C. White pour le traitement de blessures, telles que brûlures, par la mise en contact de celles-ci avec un perfluorocarbure liquide, soit directe- ment, soit par l'intermédiaire d'une éponge, ou encore sous forme de mousse, de vaporisation ou de gel. Mais il r'y est pas question d'une composition de gel spécifique, ou de tout procédé pour la préparer. On connait des techniques de séparation de dif- férentes substances sous forme de particules, à partir du milieu aqueux au sein duquel elles se sont formées ou ont été traitées. Ainsi, par exemple le brevet U.S. n02 107839 décrit l'isolation sous forme de poudre sèche, de l'agent thérapeutique dérivé du latex naturel du Lactuca, qui con- siste à laisser se rompre l'émulsion au repos, puis à fil- trer ou centrifuger, pour séparer la solution aqueuse, contenant le constituant actif. En outre, il est connu que différents gels sont produits à partir de suspensions aqueuses, par précipita- tion, décantation, filtration (y compris filtration par membrane) et centrifugation. Ces produits sont communé- ment isolés sous forme de substances sèches, et sont ap- pelés "gels" apparemment parce qu'au contact de l'eau ils repassent à l'état semi-solide, quelque peu plastique ou gonflé. Ils présentent une porosité élevée et sont utili- sés pour différents usages, selon leur origine, leur poro- sité et leur aptitude au gonflement. Parmi ces substances figurent les complexes de gélatine-carboxyméthyl cellulose du brevet U.S. n0 2 824 092; les hydrogels de protéinate de soja du brevet U.S. n0 3 218 307; le produit gélatineux, floconneux obtenu par fermentation d'un polysaccharide na- turel, suivie de centrifugation, comme dans le brevet U.S. n0 3 096 293; des éthers d'hydroxy alkyle inférieur de galactomannanes, produits sous forme d'hydrocollotdes sta- bles, secs, par filtration et centrifugation, comme dans le brevet U.S. n0 3 326 890; les gels d'agarose secs du brevet U.S. n0 3 527 712; et les gels de silice produits comme dans les brevets U.S. n0 3 346 507 et a 560 400. Mais, dans aucun de ces brevets n'est décrite ou suggérée la concentration d'une émulsion, accompagnée par la formation d'une substance gélatineuse, ni la préparation d'une substance gélatineuse contenant un liquide organique inerte, non miscible à l'eau, véhiculeur de gaz. La présente invention permet d'obtenir des agents véhiculeurs de gaz, sous forme de gels, présentant l'avan- tage sur les émulsions d'une capacité de transport de gaz par unité de volume, bien supérieure, puisqu'une forte proportion de la substance véhiculante non-gazeuse, à sa- voir l'eau, en est éliminée. Le procédé de préparation du nouveau gel selon l'invention consiste à mélanger un liquide organique, i- nerte, non miscible à l'eau, capable de véhiculer un gaz, avec de l'eau et un agent émulsionnant approprié, dans des conditions d'agitation et de proportions propres à favori- ser la formation de l'émulsion, à concentrer l'émulsion réalisée, pour entraîner la formation d'une phase gel et d'une phase liquide, et à séparer en partie ou en totalité la phase liquide de la phase gel. Le gel résultant est une composition stable, qui peut être utilisée par exemple comme pommade, baume ou onguent, pour le traitement de blessures ou irritations de la peau, ou dans toute condition nécessitant la présence d'un gaz tel que l'oxygène. Le terme "gel", utilisé ici, désigne une subtan- ce semi-solide, d'apparence homogène, qui peut être élas- tique et avoir l'aspect d'une gelée (comme de la gélatine), ou être plus ou moins rigide. Contrairement à ce qui est indiqué dans les brevets cités plus haut, les "gels" selon l'invention ne peuvent être amenés à l'état de particules sèches, poreuses, ni ne peuvent présenter, au contact de l'eau, un degré appréciable de gonflement. C'est pourquoi ici "gel" est utilisé dans le sens le plus général d'un caractère gélatineux ou d'aspect de gelée. Par "perfluorocarbure", on entend ici une sub- stance fortement ou complètement fluorée, qui se présente généralement, mais non nécessairement, à température et pression ambiantes, à l'état liquide et qui a le pouvoir de véhiculer des gaz tels qu'oxygénejdioxyde de carbone. "Fortement fluorée" signifie que la plupart des atomes d'hy- drogène d'un composé ont été remplacés par des atomes de flLor, de telle sorte qu'un remplacement supplémentaire n'augmente pas fortement le pouvoir transporteur de gaz de la substance. On pense que ce niveau est atteint lorsqu'il y a remplacement d'au moins 80 à 90% des atomes d'hydrogè- ne par des atomes de fluor. Dans les brevets U.S. n 3 911 138 et n 4 105 798, mentionnés plus haut, l'apti- tude à véhiculer l'oxygène dépend de la solubilité d'un gaz comme l'oxygène dans les substances. On suggère dans ces brevets que les substances perfluorêes absorbent 1C à 100 ml d'oxygène/100 ml de substance, à 25 C, sous 760 mm de mercure. Toutefois, il est préférable d'avoir un taux de remplacement des atomes d'hydrogène d'au moins %, oimieux supérieur à 98% et atteignant même 100%. Conviennent comme substances fluorées, confor- mément à l'invention, notamment des substances désignées en gros sous le nom de perfluorohydrocarbures cycliques, ainsi que leurs dérivés. On peut citer à titre d'exemples des composés polycycliques du fluor, chimiquement inertes, en C9 à C18, tels que composés de bicyclononanes comme bicyclof3,3,17nonane, diméthyl-2,6 bicyclo3,3,1gnonane ou méthyl-3 bicyclo[3,3,1]nonane; d'adamantane et de ses dérivés comme méthyl-, diméthyl-, éthyl-, diéthyl-, éthyl- diméthyl-, triéthyl- ou méthyléthyl-adamantane; de tétra- hydrodicyclopentadiène; de méthyl- ou diméthyl-bicyclooc- tane; de tétrahydrobinor-S; de méthyl- ou triméthyl-dia- damantane; de pinane; camphane; diméthano-1,4,6,9 déca- line; de bicyclo[4,3,2jundécane; de bicyclo[5,3,0]décane; et similaires ainsi que leurs mélanges. Conviennent égale- ment perfluorotributylamine, perfluoro butyl-2 tétrahydro- furanne, perfluoro butyl-2 furanne, perfluoro n-heptane, perfluoronaphtalène, perfluoro méthyl-1 naphtaline, per- fluoro N-méthyl morpholine, et perfluoro méthyl-1 décaline, ainsi que des perfluoroéthers comme éther tétrafluoro-1,2,2, 2 éthylique de perfluoro (triméthyl-2,5,8 trioxa-3,6,9 do- décanol). Certains des atomes de fluor des substances ci- dessus peuvent être remplacés par des atomes d'autres ha- logènes comme le brome. Figurent, par exemple,parmi ces composés des dérivés monobromês comme bromo-1 pentadéca- fluoro isopropyl-4 cyclohexane, bromo-1 tridécafluoro hexane, bromo-1 pentadécafluoro octane, et bromo-1 penta- décafluoro isopropyl-3 cyclopentane, ainsi que leurs ana- logues dibromés. On peut utiliser, conformément à l'invention, des substances perfluorées en C8 ou inférieures, jusqu'à en C18 ou supérieures, y compris leurs analogues partiel- lement bromées, ainsi que des mélanges de ces différents composés perfluorés. Ceux des composés fluorés précédents, qui sont solides à température ambiante, peuvent être dissous dans un solvant approprié, ou dans d'autres perfluorocarbures liquides à température ambiante, et le mélange résultant peut être utilisé pour former l'émulsiort le gel selon l'invention. Par "liquide" on entend dans cette descrip- tion, lorsqu'il s'agit de fluorocarbures, aussi bien un fluorocarbure liquide en soi à la température ambiante, qu'une solution d'un fluorocarbure solide dans un solvant fluorocarboné. Les huiles de silicone utilisables conformément à l'invention, comme celles qui son*entionnées dans le brevet U.S. n 3 850 753,doivent avoir une viscosité de l'ordre de 0,65 à 15 centipoises, comme c'est le cas pour l'huile de silicone "DC-200-1CD" fabriquée par Dow Corning Corporation, qui a un poids moléculaire de 316, une densi- té de 0,85, et un pouvoir solvant vis-à-vis de l'oxygène de 100 ml/100 ml de liquide à 25 C. D'autres fluides de silicone, de la Dow Corning Corporation utilisables con- formément à l'invention, sont généralement désignés par la dénomination de fluides "DC-200". Chimiquement, les huiles de silicone sont des polydiméthyl siloxanes, et sont également connues comme étant des méthyl silicones liquides. Des fluides de silicone similaires sontigale- ment fabriqués par General Electric Company. Au cours du premier stade de préparation des gels, le liquide organique inerte, véhiculeur de gaz est émulsionné dans l'eau en présence d'un agent émulsion- nant. Cet agent est choisi de telle sorte que, lors de son mélange avec l'eau et le liquide organique, il se produise un émulsionnage efficace avec stabilité du gel; il doit être compatible avec le liquide organique, et ne doit pas produire d'effet nocif, lorsque le gel obtenu est appliqué par exemple sur la peau humaine. Bien que l'on préfère les émulsionneurs non- ioniques, parce qu'ils sont actifs en eau douce et en eau dure, et quteur action ne dépend pas du pH, on peut éga- lement utiliser des émulsionnants anioniques, cationiques ou amphotères. Conviennent notamment comme émulsionnants non-ioniques, des alkylphénoxypolyéthoxyéthanols comportant des groupe- ments alkyle de 7 à 18 atomes de carbone environ, et de 1 à 60, ou plus, unités oxyéthylène, comme heptyl-, octyl-, méthyloctyl-, nonyl-, et dodécyl-phénoxypolyéthoxyéthanols et similaires; des dérivés polyéthoxyéthanoliques d'al- kylphénols liés par du méthylène; des agents contenant du soufre comme ceux que l'on prépare par condensation de 1 à 60, ou même plus, moles d'oxyde d'éthylène avec nonyl-, dodécyl-, tétradécyl- et t-dodécyl-thiol, et mercaptans similaires, ou avec des alkylthiophénols dont les groupe- ments alkyle comportent de 6 à 15 atomes de carbone; des dérivés d'oxyde d'éthylène d'acides carboxyliques à longue chalne comme les acides laurique, myristique, palmitique, oléique et similaires, ou de mélanges d'aCides comme ceux que l'on trouve dans l'huile de tale, contenant de 1 à 60 unités d'oxyéthylne/molécule; des produits de condensa- tion analogues d'oxyde d'éthylène et d'alcools à longue chatne comme les alcools octylique, décylique, dodécy- lique ou cétylique; des dérivés d'oxyde d'éthylène de composés polyhydroxy éthérifiés ou estérifiés, comportant une chaine hydrocarbonée hydrophobe, comme le monostéa- rate de sorbitane contenant de 1 à 60 unités d'oxyéthylè- ne; des produits de condensation d'oxyde d'éthylène et d'amines à longue chatne ou à chaîne ramifiée comme dodé- cylamine, hexadécylamine et octadécylamine, contenant 1 à 60 groupements oxyéthylèniques; et des copolymères sé- quencés d'oxyde d'éthylène et d'oxyde de propylène, com- prenant une partie oxyde de propylène hydrophobe combinée avec une ou plusieurs parties oxyde d'éthylène hydrophile. Parmi les émulsionnants anioniques intéressants on peut citer les savons ordinaires comme les sels de mé- taux alcalins, d'ammonium et d'alkanolamines d'acides gras, y compris oléate de sodium, palmitate de potassium, stéa- rate d'ammonium, laurate d'éthanolamine et similaires, ainsi que des savons acides de colophane et de colophane déshydratée; des substances saponacées synthétiques com- prenant des sulfonates et sulfates aliphatiques supérieurs comme sulfate de lauryle sodique, sulfate de cétyle sodi- que,sels sodiques d'huiles de paraffine sulfonées, sels so- diques des acides dodécane-1- et octadécane-1- sulfonique et similaires; des alkarylsulfonates comme isopropylben- zènesulfonate de sodium et isopropylnaphtalène-sulfonate de sodium; des sels de métaux alcalins d'amides et d'es- ters d'acides dicarboxyliques sulfonés comme sulfosuccina- te de dioctyle sodique, N-octadécyl sulfosuccinamide sodi- que; des alkyl phénoxyéthoxyéthanols sulfonés ou sulfatés, comportant de 1 à 50 unités d'oxyéthylène/molécule, dans lesquels le groupement alkyle présente de 4 à 18 atomes de carbone, comme hexyle, n-octyle, tert-octyle, lauryle, hexadécyle et octadécyle et similaires. Conviennent comme émulsionnants cationiques, mo- nophosphate ou nitrate de stéaramidopropyldiméthyl-béta- hydroxyéthy] ammonium, stéaroguanamine, produits de ré- action de l'oxyde d'éthylène et de la stéaroguanamine, sels d'octadécylamine de l'acide octadécylcarbamique et sels d'octadécyl guanamine de l'acide octadécyl carbami- que ayant réagi avec de l'oxyde d'éthylène, octadécyl- À... ae coloDnan amine tétraéthylène glycol, produits de réaction d amine/ avec l'oxyde d'éthylène, et similaires. Conviennent éga- lement l'undécylimidazoline et ses produits de réaction avec l'oxyde d'éthylène et l'oxyde de propylène; le chlo- rhydrate d'oléylaminodiéthylamine; les produits de con- densation d'acides gras et de protéines dégradées; le sulfate de monostéaryléthylènediamine triméthylammonium; les alkyl benzène imidazolines; le bromure de cétyl py- ridinium; le sulfate ou le chlorure d'octadécyl pyridi- nium; l'acétate d'octadécylméthylène pyridinium; l'oxyde de lauryluréeéthylène; le sulfate de méthyle et de di- méthyl octadécyl sulfonium; les produits de condensation d'halogénohydrines et d'amines, polyamines et ammoniac; des composés d'alkyl phosphonium, des produits de conden- sation d'oxyde d'éthylène et d'alkyl phosphonium, des amines de colophane condensées evec de l'oxyde d'éthylène et de l'oxyde de propylène; du chlorure de cétyl diméthyl benzyl ammonium, du chlorure de diméthyl distéaryl ammo- nium, du chlorure de stéaryl diméthyl benzyl ammonium, du chlorure de nalkyl diméthyl benzyl-ammonium, du chlorure de méthyldodécylbenzyl triméthyl ammonium, du dichlorure de méthyl dodécyl xylène bis(triméthylammonium), du bromure de cétyl triméthyl ammonium, et similaires. Les émulsionnants amphotères appropriés, selon l'invention, comprennent le N-coco béta-aminopropionate de sodium, l'a- cide N-coco béta-aminopropionique, le N-lauryl béta-imino- dipropionate disodique, le sel de diéthanolamine de dérivé dicarboxylique de noix de coco, le sel sodique de dérivé palmitique dicarboxylique, C-cétyl bétaIne, et N-lauryl bé- taIne. Les produits tensio-actifs de tout type conte- nant du fluor sont intéressants, qu'ils soient ioniques ou non-ioniques. On peut citer,parmi ceux de type anioni- que, les perfluoroalkylsulfonates d'ammonium, et de potas- sium, les alkylcarboxylates fluorés de potassium, et les perfluoro alkyl carboxylates d'ammonium. En ce qui concer- ne le type non-ionique, on peut mentionner par exemple des esters d'alkyle fluoro. Les produits tensio-actifs ci-dessus, et d'autres produits tensio-actifs contenant du fluor, sont disponibles dans le commerce sous les désigna- tions de tensio-actifs FC-93, FC-95, FC-128, FC-143, FC-430 et FC-431, vendus par 3M Company. Certains émulsionnants existant à l'état naturel, ou leurs dérivés, s'avèrent également intéressants: ils comprennent notamment les alginates, des dérivés de cellu- lose comme la méthyl cellulose et la carboxyméthylcellulose, des gommes solubles dans l'eau comme la gomme arabique et la gomme adragante, des phospholipides comme les lécithines, et des stérols. Les émulsionnants préférés sont les non-ioniques Pluronic F-68 et Pluronic F-108, ainsi que les phospholipi- des du jaune d'oeuf. Les Pluronic sont des polyoxyéthylènes et polyoxypropylènes fabriqués par Wyandotte-BASF. Le plus souvent, l'émulsionnant, ionique ou non-ionique, est utili- sé e. uantité représentant jusqu'à environ 10% en poids de la composition d'émulsion totale, ou jusqu'à environ 5% en poids de l'eau utilisée pour former l'émulsion. On peut é- ventuellement utiliser des quantités supérieures. Les émul- sionnants peuvent être utilisés chacun pris isolément, ou en combinaison à plusieurs pourvu qu'ils soient compatibles au point de vue ionique. Les quantités et proportions de liquide organique, inerte, véhiculeur de gaz, d'eau et d'agent émulsionnant, utilisés pour former l'émulsion et le gel, peuvent varier grandement. En général, les quantités de chaque consti- tuant sont telles qu'elles permettent la formation d'une émulsion, et elles peuvent être facilement déterminées par l'homme de l'art sans expérimentation excessive. Tou- tefois, la concentration préférée en liquide organique s' inscrit dans un intervalle/de 1 à 70% en poids environ, au mieux de 10 à 50%, de la composition totale. Dans une autre forme de réalisation de la pré- sente invention, le gel peut #tre traité de façon à con- tenir plus d'oxygène qu'il n'en serait autrement. Une tel- le technique consiste à mettre en contact le liquide or- ganique avec un supplément d'oxygène, avant de le combi- ner avec les autres substances. Par exemple, le liquide organique peut être soumisavant l'émulsionnage, à un environnement it 100% d'oxygène, sous une pression égale ou supérieure à 760 mm de mercure. Ou bien, le gel ré- sultant est soumis à un environnement de 100% d'oxygène, qui peut être à une pression égale ou supérieure à 760mm de mercure. Le mélange de liquide organique, d'eau et d'a- gent émulsifiant, est émulsionné par tout moyen classique de brassage, par exemple agitation manuelle, aération, par hélice ou par turbine, broyage colloïdal, homogénéisation, application de hautes fréquences, vibration ultrasonique et similaires. Dans la plupart des cas, on opère à tempé- rature ambiante. Toutefois, avec certains des moyens d' agitation précédents, il peut, au cours de la formation de l'émulsion et/ou du gel, y avoir production d'un excès de chaleur,qui doit être éliminée par des moyens connus, par exemple enveloppe réfrigérante. La quantité d'apport d'énergie mécanique, provenant des différents moyens d'a- gitation, peut varier fortement selon, par exemple, la quantité de substance à traiter, et l'appareillage utilisé. Au cours du second stade de préparation des gels, selon l'invention, l'émulsion est concentrée pour donner 1 1 naissance à une phase gel et à une phase liquide. On uti- lise dans ce but une centrifugation à vitesse élevée (ul- tracentrifugation), par exemple à la vitesse de 10 000 à 000 tours/minute, le choix de la vitesse dépendant de la proportion de liquide organique dans l'émulsion (moins il y a de liquide organique plus la vitesse est grande). On obtient un liquide surnageant, limpide, et un solide à consistance de pâte, c'est-à-dire la phase gel, qui tom- be au fond du récipient. Au cours du troisième stade, la phase gel et la phase liquide sont séparées par dépôt, évaporation, décan- tation, ou filtration, notamment sous pression ou sous vide. La séparation peut être partielle ou complète, selon ce qui est requis pour le traitement ultérieur. Ainsi par exemple, si à ce moment on souhaite ajouter au gel d'au- tres adjuvants, comme agents antimicrobiens, produits pharmaceutiques, humectants, parfums, colorants ou autres additifs connus de l'homme de l'art, il peut être préfé- rable de laisser un peu de liquide au contact du gel. D'au- tre part, dans le cas o on envisage une utilisation ou un emballage immédiat, il peut être souhaitable d'avoir une séparation complète du liquide. La description précédente des second et troisième stades constitue un procédé de concentration et de sépara- tion réalisées successivement. Ces stades peuvent aussi ê- tre réalisés simultanément par microfiltration (ou ultra- filtration). Toutefois, la microfiltration n'est efficace que pour des émulsions dont la dimension des particules est relativement grosse,de l'ordre de plus d'un micron, car la plupart des membranes de microfiltration du commerce ont un diamètre apparent de pore allant de 1 à 0,002 micron. Ainsi, lorsque les particules de l'émulsion sont très fi- nes, elles peuvent passer au travers de la membrane de microfiltration, et il n'y a pas de séparation. Comme plu- sieurs des émulsions selon l'invention ont des particules dont la dimension est comprise entre 0,1 et 10 microns environ, la microfiltration constitue un procédé pratique pour simultanément concentrer l'émulsion, afin de former un gel, et séparer ce gel de la phase liquide surnageante, résultante. Conviennent, comme membranes de microfiltra- tion, des produits disponibles chez Millipore Company et Amicon Corporation, et décrits par exemple dans les bre- vets U.S. n0 3 615 024 et n0 3 856 569. En général, lorsqu'on souhaite, simultanément, former le gel, et le séparer de la phase aqueuse, il est souhaitable que la dimension de particule de l'émulsion soit grosse. Ces sortes d'émulsions se forment lorsque les constituants sont utilisés dans les proportions sui- vantes: Liquide organique inerte.... 10-50% en volume Produit tensioactif........ 2-25% en poids Eau...... ........ 25-90% en poids Ces proportions peuvent varier en dehors de ces interval- * les, selon les caractéristiques du liquide inerte organi- que et du produit tensio-actif. On peut éventuellement utiliser conjointement à la microfiltration, la décantation ou la filtration sous vide ou sou eression. La filtration sous pression est pré- férée à la filtration sous vide, car on observe au cours de cette dernière une tendance à la formation de mousse. On peut éventuellement incorporer dans les gels selon l'invention, un agent antibactérien et/ou un agent antibiotique. L'agent antibactérien contrecarre le déve- loppement des bactéries aérobiques qui peuvent se multi- plier en présence du gel, puisque celui-ci renferme de grandes quantités d'oxygène. Conviennent comme agents an- tibactériens les acides quinoléine carboxyliques, les nitro- furannes et les sulfonamides. Les agents appropriés sont ceux qui n'altèrent pas le gel, ou qui ne sont pas altérés par lui. Conviennent parmi les agents-antibiotiques, ami- noglucosides, ansacrolides, chloramphénicol et ses ana- logues, lincosaminides, macrolides, nurléosides, oligo- saccharides, peptides, phénazines, polyènes, polyéthers, tétracyclines et similaires. Les agents précédents sont décrits avec plus de détail dans Encyclopedia of Chemical Technology, Vol. 2, pages 752-1036 et Vol. 3, pages 7-78, 3ème Edition. Les agents cités plus haut, peuvent être in- corporés dans le gel à n'importe quel stade de sa prépa- ration, par exemple par addition au constituant liquide avant l'émulsification (par exemple par dissolution dans l'eau), par dispersion dans l'émulsion pendant ou après l'émulsionnage, ou par mélange avec le gel après sépara- tion. Le gel résultant peut 4tre utilisé comme onguent, appliqué sur la peau des mammifères supérieurs, y compris l'homme,pour le traitement des blessures, contusions ou irritations. Ce gel peut aussi être formé ou incorporé dans un pansement, qui est ensuite appliqué sur la peau. Le mot "pansement", utilisé ici, comprend toute substance appropriée pour la mise en contact (y compris une blessure) avec le gel, et le maintien de ce contact, par exemple gaze, bandages, enveloppements chirurgicaux, et similaires. Les exemples non limitatifs suivants illustrent plusieurs formes de réalisation de la présente irnvention. EXEMPLE 1 4 g (2 ml) de F-tributylamine (perfluorotributylamine) et 18 ml d'eau contenant 5% en poids de Pluronic F-68 (agent tensio-actif), sont places dans un tube à essai. Le per- fluorocarbure est dispersé uniformément dans l'eau par vi- bration à ultrasons. Le tube à essai, contenant cette émul sion analogue à du lait, est alors soumis à une centrifuga- tion à 10 000 tours/minutes pendant 10 minutes. Il en ré- sulte un liquide surnageant limpide, et au fond un solide de type péteux (gel). Le liquide limpide est décanté, lais- sant derrière lui dans le tube le gel. Ce gel est enlevé du tube à l'aide d'une spatule et mis dans un autre ré- cipient; il a l'aspect de la vaseline et pèse 5 g. A ce gel, on ajoute 5 ml d'éthanol: 4 g de F-tributyl- amine, la quantité utilisée pour former initialement l'é- mulsion, se séparent de la couche eau-éthanol, sous forme d'une couche liquide limpide, ce qui montre que le gel contenait 80% en poids de fluorocarbure. On répète le mode opératoire précédent, sauf en ce qui concerne l'addition d'éthanol, et l'on obtient un gel que l'on garde dans une fiole à large embouchure. Au bout de jours, onde constate aucun changement visible dans 1' aspect physique du gel, tel que séparation du perfluoro- carbure de l'eau, ce qui indique que le gel est stable. EXEMPLE 2 On ajoute 1,35 g de produit tensio-actif Pluronic F-68, à ,65 g d'eau. Ce mélange aqueux est additionné de 3 ml (6 g) de F-tributylamine. La composition résultante est soumise à des vibrations par ultrasons, ce qui donne une émulsion opalescente, dont la dimension des particules est relativement grosse, environ 1 à 10 microns en moyenne. On filtre cette émulsion sous pression d'azote voisine de 1,75 bar, à travers une membrane microporeuse de Milli- pore de dimension apparente de pore de 0,45 microns. Il se forme un gel qui demeure sur le filtre, et que l'on trans- vase facilement dans un récipient de stockage. EXEMPLE 3 On reprend la technique préparatoire de l'exemple 2 dans ses lignes principales, à ceci près que l'on remplace la F-tributylamine par du F-triméthylbicyclononane. On ob- tient un gel d'aspect pratiquement équivalent. EXEMPLE 4 Une émulsion est préparée, pratiquement comme décrit dans l'exemple 1, par formation d'une solution contenant 23,5 ml d'éau et 5% en poids de Plufonic F-68, addition de 2,5 ml d'huile de silicone SF 96-50 de General Electric, et vibration par ultrasons, ce qui donne une émulsion d'un blanc laiteux. L'huile de silicone utilisée a une vis- cosité de 50 centistokes, une densité de 0,963, un point éclair de 238 C, et un point d'écoulement de -55 C. Cette émulsion est alors centrifugée à 14 000 tours/minute pen- dant 20 minutes, à la suite de quoi un gel blanc, pâteux se sépare; le fluide est ensuite séparé de cegel par dé- cantation. Revendications- 1. Procédé de préparation d'un gel véhicule de gaz, caractérisé en ce qu'on mélange un liquide organique, inerte, non miscible à l'eau et capable de véhiculer un gaz, avec de l'eau et un agent émulsionnant approprié, dans des conditions d'agitation et de proportions pro- pres à favoriser la formation de l'émulsion, et on con- centre l'émulsion réalisée pour entrainer la formation d'une phase gel et d'une phase liquide, que l'on sépare partiellement ou en totalité. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le liquide organique inerte est un fluorocarbure, de préférence un perfluorocarbure, ou une huile de sili- cone de faible viscosité. 3. Procédé selon l'une des revendications 1 Ou 2, caractérisé en ce que les opérations de concentration et de séparation s'effectuent l'une après l'autre. 4. Procédé selon une des revendications 1 à 3, carac- térisé en ce que l'opération de concentration est réali- sée par centrifugation. 5. Procédé selon une des revendications 1 Ou 2, carac- térisé en ce que les opérations de concentration et de sé- paration sont effectuées simultanément. 6. Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce que les opérations de concentration et de séparation sont réalisées par passage de l'émulsion au travers d'un microfiltre. 7. Procédé selon une des revendications 1 à 6, carac- térisé en ce que/'on incorpore un agent antimicrobien dans le gel,pendant ou après sa fornstion. 8. Procédé selon une des revendications 1 à 7, carac- térisé en ce que le gaz est de l'oxygène que l'on intro- duit dans le perfluorocarbure avant ou pendant la prépara- tion du gel. 9. Procédé selon une des revendications 1 à 7, ca- ractérisé en ce que le gaz est de l'oxygène, que l'on introduit dans le gel de perfluorocarbure après sépara- tion de la phase liquide. 10. Gel obtenu par le procédé selon une des reven- dications 1 à 9. 11. Application du gel suivant la revendication 10, en tant qu'onguent cosmétique ou thérapeutique.