La présente invention est relative à de nouveaux dérivés du naphtacène de formule générale leur préparation, leurs sels et les composition? qui les contiennent. Dans la formule générale ( I) R représente un atome d'hydrogène ou un radical hydroxy; R1 et R2 ,identiques ou différents, représentent chacun un atome d'hydrogène ou d'halogène, de préférence un atome de chlore, ou un radical alcoyle contenant 1 à 4 atomes de carbone, ou blénR, et R2 forment ensemble un radical alcoylène contenant 3 ou 4 atomes de carbone. Selon la présente invention les nouveaux produits de formule générale (I) peuvent être obtenus par action d'un anhydride de formule générale dans laquelle R1 et R2 sont définis comme précédemment, sur un dérivé du naphtacène de formule générale dans laquelle R est défini comme précédemment. Généralement la réaction s'effectue à une température comprise entre 10 et 300C en milieu aqueux tamponné à un pH compris, de préférence entre 7,5 et 9, et, éventuellement en présence d'un solvant organique tel qu'un alcool (méthanol, éthanol). Le pH du milieu peut être maintenu à la valeur désirée par addition, au cours de la réaction, d'une base minérale telle que la soude. Le produit de formule générale (III) dans laquelle R représente un atome d'hydrogène est appelé daunorubicine ou 9-acétyl-7-(3-amino-2,3,6-tridésoxy-L-lyohexosyl)-5,l2-dioxo- 6,9,11-trihydroxy-4-méthoxy-5,7,8,i,10,12-hexahydronaphtacène. Ce produit et sa préparation ont été décrits dans le brevet belge No. 632.391. Le produit de formule générale-(III) dans laquelle R représente un radical hydroxy est appelé adriamycine ou 9 hydroxyacéFyl-7-(3-amino-2,3,6-tridésoxy-L-lyXohexosyl)-5,12- dioXo-6,9,11-trShydroxy-4-méthoxy-5,7,8,9,10,12-hexahydronaphta- cène. Ce produit et sa préparation cnt été décrits dans le brevet belge No. 713.773. La daunorubicine et l'adriamycine possèdent des propriétés anti t umorales remarguables. Lorsque, dans le produit de formule générale (II), les symboles R1 et R2 sont différents, il peut se former, au cours de la réaction sur le produit de formule générale (III), des produits isomères de position. Ces produits isomères entrent dans le cadre de la présente invention. Les nouveaux produits de formule générale (I) peuvent être éventuellement purifiés par des méthodes physiques telles que la chromatographie. Les nouveaux produits selon la présente invention peuvent être éventuellement transformés en sel métallique, en sel d'ammonium ou en sel d'addition avec une base azotée par application des méthodes connues en soi. Ainsi, ces sels peuvent être obtenus par action d'une base alcaline ou alcalino-terreuse, de l'ammoniaque ou d'uné amine sur un produit de formule générale (I) dans un solvant approprié tel qu'un alcool, un éther, une cétone ou l'eau. Le sel formé précipite éventuellement après concentration de sa solution, et il est séparé par filtration ou décantation. I1 peut être également obtenu après lyophilisation de sa solution. Les produits de formule générale (I) et leurs sels présentent des propriétés antitumorales remarquables jointes à une faible toxicité. L' activité des produits selon la présente invention est fonction du pH du milieu dans lequel ils agissent. Ainsi ces produits sont stables et peu actifs en milieu neutre ou faiblement basique tandis que leur activité augmente lorsque le pH devient acide. I1 est important de remarquer que, dans un organisme vivant, le pH des cellules normales est voisin de 7,2 tandis que celui des cellules tumorales est voisin de 6. I1 en résulte que les produits de formule générale (I) pourront agir sélectivement sur les cellules tumorales sans léser les cellules normales. Les nouveaux dérivés du naphtacène de formule générale (I) et leurs sels sont particulièrement actifs sur les tumeurs greffables de la souris à des doses comprises entre 0,1 et 5 mg/kg par voie intrapéritonéale sur la leucémie L1210, la leucémie P388 et la leucosarcomatose. Peut être plus spécialement mentionnée, la "N-citraconyl-daunorubicine" (formule I : R = H ; R1 = CH3 ; R2 = H) dont la toxicité chez les souris se traduit par une dose létale 50 % (DL50) de 16 mg/kg i.pl environ, la dose maximale tolérée étant voisine de 6,25 mg/kg i.p. Chez la souris, vis-à-vis de la leucémie L1210, ce produit présente une DA150 voisine de 1 mg/kg i.p. Le produit présente un indice chimiothérapeutique (DL50/DA150) voisin de 16 tandis que, dans les mêmes conditions, celui de la daunorubicine est compris entre 6 et 10. Les exemples suivants, donnés à titre non limitatif, montrent comment l'invention peut être mise en pratique. EXEMPLE 1 --Préparation de la N-citraconyl-daunorubicine (formule I : R = H ; R1 = CH3 ; R2 = H) On On dissout 1,5 g de daunorubicine dans 15 cm3 d'un tampon phosphate 0,lM à pH 8,0. On ajoute alors 0,8 cm3 d'anhydride citraconique. Le milieu réactionnel est agité pendant une heure a une température voisine de 20"C tout en maintenant le pH au voisinage de 8,0 par addition de soude 5N. Après lyophilisation du milieu réactionnel, le résidu est repris par un mélange de 50 cm3 de chloroforme et de 25 cm3 de méthanol. La solution est filtrée sur une colonne de 80 g de silice en éluant avec le mélange chloroforme-méthanol (2-1, en volumes) et 3 en recueillant des fractions de 200 cm . Les fractions 2 à 6 sont concentrées à sec sous pression réduite (25 mm de mercure). Le résidu est repris par 50 cm3 d'eau et la solution est lyophilisée. On obtient ainsi 1,56 g de sel de sodium du 9-acétyl- 7- (3-citraconylamino-2, 3, 6-tridesoxy-L-lyxohexosyl) -5 ,l2-dioxo- 6,9,11-trihydroxy-4-méthoxy-5,7,8,9,10,12-hexahydronaphtacène (ou N-citraconyl-daunorubicine) sous forme d'une poudre rouge orangé fondant à 200-2010C avec décomposition. Rf : 0,69 / gel de silice ; dichlorméthane-méthanol-eau-acide formique (85-15-1-2, en volumes) 7. EXEMPLE 2 - Préparation de la N-citraconyl-adriamycine (formule I : R = OH ; R1 = CH3 ; R2 = H) On dissout 40 mg 'd'adriamycine dans 10 cm3 d'un tampon phosphate O,lM à pII 8,0. On ajoute alors 50 ru d'anhydride citraconique et 1 cm de méthanol. Le milieu réactionnel est agité pendant une heure à une température voisine de 20"C, le pH étant maintenu au voisinage de 7,5 par addition de soude N. La solution est lyophilisée et le résidu est repris par 3 100 cm de méthanol. La solution est filtrée sur papier Whatman No. 42.Après concentration du filtrat a sec sous pression réduite, on obtient 46 mg de sel de sodium du 9-hydroxyacétyl-7 (3-citraconylamino-2,3,6-tridesoxy-L-lyxohexosyl)-5 t 12-dioxo-6, 9,11-trlhydroxy-4-methoxy-5,7,8,9,10,12-hexahydronaphtácène (ou N-citraconyl-adriamycine) sous forme d'une poudre rouge orangé. Rf = 0,59 L gel de silice ; dichlorométhane-méthanol-eau-acide formique (85-15-1-2, en volumes)~/. EXEMPLE 3 - Préparation de la N-diméthylmaléyl-daunorubicine (formule I : R = H ; R1 = R2 = CH3) On dissout 100 mg de daunorubicine dans 10 cm3 de tampon phosphate O,lM à pH 8,5. On ajoute lentement 45 mg d'anhydride diméthylmaléique tout en maintenant le pH compris entre 8 et 9 par addition de soude N. Lorsque la réaction est terminée, c'est-à-dire lorsque le pH reste stable, la solution 3 est lyophilisée. Le résidu est repris par 10 cm d'un mélange chloroforme-méthanol (1-1 en volumes). On filtre la solution sur 80 g de gel de silice en éluant avec un mélange chloroformeméthanol (1-1 en volumes) et en recueillant des fractions de 3 200 cm . Les fractions 2 à 6 réunies sont concentrées sous pression réduite (25 mm de mercure).On obtient ainsi 107 mg de sel de sodium du 9-acétyl-7-/ 3-(2,2-diméthyl-maléyl) amino 2!3,6-tridesoxy-L-lyxohexosyl/-5,12-dioxo-6,9,11-trihydroxy-4- methoxy-5,7,8,9,10,12-hexahydro-naphtacene (ou N-diméthylmaléyldaunorubicine) sous forme d'une poudre rouge orangé. Rf = 0,18 / gel de silice ; chloroforme-méthanol-eau- (120-20-1, en volumes)7. EXEMPLE 4 - Préparation de la N-(3,4,5,6-tétrahydro)-phtalyl- daunorubicine (formule I : R = H ; R1 et R2 forment ensemble un alcoylène à 4 atomes de carbone). - 3 On dissout 100 mg de daunorubicine dans 10 cm de tampon phosphate 0,lM à pH 8,5. On ajoute 50 mg d'anhydride 3, 4- ',5,6-tétrahydrophtalique. On agite à une température voisine de 200C pendant une heure tout en maintenant le pH compris entre 8 et 9 par addition de soude N. Le milieu réactionnel est lyophilisé et le résidu est repris par 20 cm3 de chloroforme. La solution est filtrée sur 80 g de gel de silice en éluant avec un mélange chforoforme-méthanol (85-15 en volumes) et en recueillant des fractions de 200 cm3. Les fractions 2 à 6 sont réunies et concentrées à sec sous pression réduite (25 mm de mercure).On obtient ainsi 114 mg de sel de sodium du 9-acétyl-7-/ (2-carboxy-cyclohexène-l-yl) carbonylamino-- 2,3,6-tridésoxy-L-lyxohexosyl/-5,12-dioxo-6,9,11-trihydroxy-4- méthoxy-5,7,8,9,10,12-hexahydronaphtacène ou N-(3,4,5,6-tétrahydro-phtalyl)-daunorubicine sous forme d'une poudre rouge orangé. Rf : 0,38 L gel de silice ; chloroforme-méthanol-eau (120-20-1 en volumes) 7. La présente invention comprend également les compositions médicinales contenant les produits de formule générale (I) en association avec tout autre produit pharmaceutique acceptable, qu'il soit inerte ou physiologiquement actif. Ces compositions peuvent être présentées sous toute forme appropriée à la voie d'administration prévue. La voie parentérale est la voie d'administration préférentielle et notamment la voie intraveineuse. Les compositions selon l'invention pour administration parentérale peuvent être des solutions stériles aqueuses ou non aqueuses, des suspensions ou des émulsions. Comme solvant ou véhicule, on peut employer le propylèneglycol, le polyéthylèneglycol, les huiles végétales, en particulier l'huile d'olive, et les esters organiques injectables, par exemple l'oléate d'éthyle. Ces compositions peuvent également comprendre des adjuvants en particulier des agents mouillants, émulsifiants et dispersants. La stérilisation peut se faire de plusieurs façons, par exemple à l'aide d'un filtre bactériologique, en incorporant à la composition des agents stérilisants, par irradiation ou par chauffage. Elles peuvent également être préparées sous forme de compositions stériles solides qui peuvent être dissoutes ou dispersées au moment de l'emploi dans de l'eau stérile ou tout autre milieu stérile injectable. Les produits de formule générale (I) et leurs sels sont plus particulièrement utilisés dans le traitement des cancers à des doses journalières généralement comprises entre 2 et 4 mg/kg par voie intraveineuse pour un adulte. L'exemple suivant illustre une composition selon l'invention. EXEMPLE 3 On prépare une solution contenant 31 mg/cm3 de sel de sodium du 9-acétyl-7-(3-citraconylam.ino-2,3 ,6-tridésoxy-L- lyXohexosyl)5,12-dioxo-6,9,11-trihydroxy-4-méthOxy-5,7,8,9,10, 12-hexahydro-naphtacène en dissolvant 3,1 g de ce produit dans du soluté physiologique en quantité suffisante pour obtenir 100 cm3. La solution obtenue est répartie aseptiquement en ampoules à raison de 5 cm par ampoule. Les ampoules sont scellées et contiennent chacune 150 mg de produit non salifié. Bien entendu diverses modifications peuvent être apportées par l'homme de l'art au produit et au procédé qui viennent d'être décrits uniquement à titre d'exemples non limitatifs sans sortir du cadre de l'invention. REVENDICATIONS 1. Nouveaux dérivés du naphtacène, caractérisés en ce qu'ils répondent à la formule générale dans laquelle R représente un atome d'hydrogène èu un radical hydroxy, R1 et R2 identiques ou différents, représentent chacun un atome d'hydrogène ou d'halogène ou un radical alcoyle contenant 1 à 4 atomes de carbone, ou bien R1 et R2 forment ensemble un radical alcoylène contenant 3 ou 4 atomes de carbone, ainsi que leurs sels et leurs isomères de position. 2. Dérivé de naphtacène suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'il est constitué par un descom- posés suivants N-citraconyl-daunorubicine (formule I, R = H R1 C CH3 ; 2 ) N-citraconyl-adriamycine (formule I, R = OH R1 = CH3 ; R2 = H) N-diméthylmaléyl-daunoricine (formule I, R = H ; R1 = R2 = CH3) N-(3,4,5,6-tetrahydro)-phtalyl-daunorubicine (formule I, R = H ; R1 et R2 forment ensemble un alcoylène à 4 atomes de carbone) ainsi que les sels de ces composés. 3. Procédé de préparation des produits selon l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisé en ce que l'on fait réagir un anhydride de formule générale dans laquelle R1 et R2 sont définis comme dans la revendication 1, sur un dérivé de naphtacène de formule générale : dans laquelle R est défini comme dans la revendication 1, on isole le produit obtenu et le transforme éventuellement en sel. 4. Procédé suivant la revendication 3, carac térisé en ce que la réaction a lieu à une température comprise entre 10 et 300C en milieu aqueux tamponné dont le ph est de préfe- rence, compris entre 7,5 et 9, éventuellement en présence d'un solvant organique tel qu'un alcool. 5. Composition pharmaceutique, caractérisée en ce qu'elle contient un produit selon l'une quelconque des revendications 1 et 2 ou un mélange de ces produits en association avec un ou plusieurs diluants ou adjuvants compatibles et pharmaceutiquement acceptables. 6. Composition suivant la revendication 5, convenant pour l'administration parentérale sous forme de solution, suspension ou émulsion stérile prête à l'emploi, ou sous forme de composition solide stérile destinée à être mise en solution, dispersion ou émulsion au moment de l'emploi. 7. Utilisation d'un composé suivant l'une quelconque des revendications 1 et 2, éventuellement sous forme d'une composition telle que définie dans les revendications 5 et 6 pour le traitement de tumeurs cancéreuses, de préférence par voie parentérale à une dose journalière de 2 à 4 mg/kg de composé actif pour un adulte.