La présente invention concerne des compositions fongicides à base d'esters phosphoriques de la 8 hydroxyquinoléine. Elle concerne plus particulièrement des compositions utilisables pour la lutte contre les maladies fongiques des plantes, notamment en viticulture, arboriculture, cultures maraichères et florales, contenant comme matière active des dérivés de la 8 hydroxyquinoléine, répondant à la formule générale dans laquelle R et R', identiques ou différents, sont des radicaux alcoyle contenant de I à 5 atomes de carbone, alcoxyalcoyle de formule RI0R2 dans laquelle : RI est un radical alcoyle contenant de I à 5 atomes de carbone; R2 est un radical alcoylène contenant de I à 5 atomes de carbone, RI et R2 pouvant, en outre, former, avec l'atome d'oxygène un cycle tétrahydrofurfurylique. X représente un atome d'oxygène ou de soufre. A représente un atome d'hydrogène ou d'halogène. B représente un radical alcoyle contenant de I à 3 atomes de carbone. "m" et "n" sont des nombres entiers de O à 4, sous réserve que leur somme m + "n' est au plus égale à 4. Ces composés peuvent être préparés comme il est décrit dans la demande française NO 72 I0668 au nom de 1'ANVAR, demande qui mentionne les propriétés insecticides de cette famille de composés, propriétés relativement prévisibles dans la mesure où l'on sait que la famille des dérivés organiques du phosphore a donné naissance à de très nombreux composés insecticides. Or, la.demanderesse a maintenant découvert que ces composés présentent d'excellentes propriétés fongicides et qu'ils peuvent être utilisés comme matières actives de compositions fongicides pour le traitement des plantes. Ces produits peuvent être préparés selon un procédé décrit dans la demande française ci-dessus, en faisant agir un phosphonate de formule dans lequel R, R' et X ont la même signification que précédemment avec une 8 hydroxyquinoléine, éventuellement substituée, en présence d'un accepteur d'acide chlorhydrique, en particulier la triéthylamine, dans du tétrachlorure de carbone. A l'aide de ce procédé, ont été préparés les produits suivants w NO X R R' Am B . I O -CH3 CH3- H H 2 O -CH3 CH3-0-CH-CH2-CH2- H H CH3 3 O -CH3 CH3-O-CH-CH2'CH2 5C1 H CH3 4 0 4 O -CH3 CH3-0-CH-CH2-CH2- 5-7C12 2CH3 CH S O -CH3 n CH2- H H CH2 6 O -C2H5 -C2H5 H H 7 0 7 O -C H CH3-O-CH2-CH2 - H H 8 O -C2H5 3 CH3 CH3 2 2 9 O -C2H5 CH3-0-CH-CH2-CH2- H H CHU 1 IO O -C2HS CH3-0-CH-CH2-CH2 SC1 H ::H3 II O 'C2Hg CH3 -O-CH-CH -CH2 5-7C12i 2CH3] CH 3 12 O CH3 CH3 l CH30-CH-CH2-CH2 CH3-O-CH-CH2-CH2- H H o X R R' Am B n 3 S -CH3 CH3 H H CH3-0-CH-CH2-CH2 Les exemples suivants sont donnés à titre indicatif mais on limitatif pour illustrer les propriétés fongicides de ces produits. Exemple I : Test, in vitro, de germination des spores On étudie l'action des produits selon l'invention sur la germination des spores des champignons suivants - Alternaria solani responsable de l'alternariose - Botrytis cinerea responsable de la pourriture grise - Monilia fructigena responsable de la moniliose - Piricularia orozae responsable de la piriculariose du riz - Uromyces appendiculatus responsable de la rouille de haricot Pour chaque essai, on procède de la façon suivante sur des lames de verre, on dépose un mélange d'un volume d'une suspension aqueuse contenant environ 80.000 spores/cm3 du mycète et d'un volume d'une solution acétonique à O,I g/l de la matière à tester. Puis, on laisse incuber pendant 24 heures à 200C dans une atmosphère à I00 % d'humidité relative. On effectue ensuite le contrôle du nombre de spores germés, exprimé en pourcentage de germination par rapport à un témoin non traité. Dans ces conditions, à la dose de 0,05 g/l, on observe que - sur Alternaria solani : les composés nO I, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, IO, I2 et I3 ont un effet total d'inhibition de la germination de ce champignon; - sur Botrytis cinerea : les composés nO I, 2, 3, 4, 5, 7, 8, 9, TO, I2 et I3 ont un effet total d'inhibition de germination de ce champignon; - sur Monilia fructigena : les composés n I, 2, 3, 5, 7, 8, 9, IO, I2 et I3 ont un effet total d'inhibition de la germination de ce champignon; - sur Firicularia orvzae : les composés n I, 3, 4, 5, 7, 8, 9, IO, II, I2 et 13 ont un effet total d'inhibition de la germi nation de ce champignon; - sur Uromyces appendiculatus : les composés I, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8,9, IO, I2 et I3 ont un effet total d'inhibition de la germi r de ce champignon. Exemple 2 : Test, in vitro, de croissance mycélienne On étudie l'action des produits selon l'invention sur la croissance mycélienne des champignons suivants - Botrytis cinerea - Piricularia oryzae - Fusarium oxysporum - Rhizoetonia solani - Pythium de Barynium Pour chaque essai, on procède de la façon suivante dans une boite de Pétri, on verse une suspension, dans de la gélose (agar-agar), contenant environ 70.000 spores/cm3 du mycète, à une température d'environ 500C. On laisse cette suspension se solidifier et on pose des rondelles de papier filtre imbibées d'une suspension de la matière à tester à diverses concentrations. On prend comme témoin une boite de Pétri contenant des rondelles imbibées d'eau distillée. Au bout de quatre jours, à 200C, on note les concentrations pour lesquelles on obtient une zone d'inhibition. Dans ces conditions, on observe que - sur Botrytis cerea : les composés nO 2, 3, 9 et IO donnent lieu à une zone dtinhibition pour une concentration de 0,05 g/l tandis que la concentration correspondante est de O,I.g/l pour le composé nO 4; - sur Piricularia oryzae : les composés nO 3, 4, 9, IO et II donnent lieu à une zone d'inhibition pour une concentration de O,I g/l; - sur Fusarium oxysporum : les composés r 2, 3, 4, 5, 7, 8, 9, IO, II et I2 donnent lieu à une zone d'inhibition pour une concentration de O,I g/l; - sur Rhizoctonia solani : les composés nO 2, 9 et IO donnent lieu à une zone d'inhibition pour une concentration de O,I g/l; - sur Pythium de Barynium : les composés 3, 4, IO et II donnent lieu à une zone d'inhibition pour une concentration de O,I g/l. Exemple 3 : Test sur le mildiou de la vigne (Plasmapora viticola) Sur des feuilles de vigne fraichement coupées, on dépose une goutte d'un mélange d'une suspension de spores à raison de 80.000 unités/cm3 environ, et d'une suspension à la dilution désirée d'une poudre mouillable de même composition que celle décrite à l'exemple 3. On élimine ensuite la goutte et on expose la feuille à la lumière. On effectue le contrôle au bout de 7 jours. Dans ces conditions, on observe un bon effet d'inhibition à la dose de O,I g/l pour les produits 4 et II. Exemple 4 : Test, in vivo, sur Alteraria solani et Botrytis cinerea, sur feuilles de tomate en survie Un plant de tomate âgé de 60 à 75 jours, est traité par pulvérisation à l'aide d'une suspension aqueuse contenant la matière à tester, à la dose considérée. Au bout de 24 heures, les feuilles sont coupées et mises dans des boites de Pétri, dont le fond est garni d'une rondelle de papier filtre humide. Sur les feuilles de tomate, on dépose, un tampon de papier filtre imbibé d'une suspension 3 nutritive contenant environ 80.000 unités/cm3 de spores. Au bout de quatre jours, en atmosphère à I00 % d'humidité relative et à 200C, on effectue le contrôle par observation du nombre de taches de pourriture. Dans ces conditions, on observe - sur Alternaria solani : une inhibition totale à la dose de 2 g/l pour les produits I, 2, 3, 4, 7, 8, 9 et IO; - sur Botrytis cinerea : (chaque résultat est la moyenne de I5 essais) - un bon effet d'inhibition à la dose de 2 g/l pour les pro duits nO I, 4, 5, 7 et IO, - un bon effet d'inhibition à la dose de I g/l et une inhibi tion totale à la dose de 2 g/l pour le produit n0 3, - un bon effet d'inhibition à la dose de 0,5 g/l et une inhi bition totale à la dose de I g/l pour le produit n 9, - un bon effet d'inhibition à la dose de 0,25 g/l et une inhi bition totale à la dose de 0,5 g/l pour le produit ne 2 Dans les mêmes conditions, on constate que la 8 hydroxyquinolélne n'a qu'une activité très insuffisante à la dose de I g/l, et nulle à la dose de 0,5 g/l. Exemple 5 : Test, in vivo, sur la rouille du haricot (Uromyces phaseoli) On traite par pulvérisation au pistolet des plants de haricots âgés de IO à I2 jours, cultivés en pots, sur la face inférieure des feuilles avec une suspension à raison. de 0,5 g/l de matière à tester, le test étant répété deux fois par matière. Au bout de 24 heures, la contamination est effectuée par pulvérisation sur la face inférieure des feuilles d'une suspension de 80.000 ur,ités/cm3 environ de spores de Uromyces phaseoli. Les pots sont ensuite placés, pendant quarar,te-huit heures, en cellule d'incubation à I00 % d'humidité relative et à 200C. On effectue le contrôle des plants I2 jours après l'infestation. Dans ces coriditions, on observe un bon effet dtin- hibition à la dose de 0,5 g/l pour les produits 3, 4, 9 et IO. Cette série de tests montre bien l'excellent comportement fongicide et la polyvalence des produits selon l'invention. A noter, en particulier, l'action remarquable de plusieurs de ces produits sur le Botrytis cinerea qui constitue l'un des parasites les plus importants de la vigne, et d'autres cultures maraîchères. En outre, il convient de constater qu'aucun des produits testés n'a montré la moindre phytotoxicité. Les produits selon l'invention sont donc utilisables pour la lutte, à titre préventif ou curatif, contre les champignons parasites que l'on rencontre en arboriculture, viti culture,.culture ornementale et légumière. Dans les conditions d'utilisation pratique, les doses d'emploi peuvent varier dans de larges limites selon la virulence du champignon à combattre et les conditions climatiques. D'une manière générale, des doses comprises entre O,OI à 5 g/l de matière active conviennent bien. Pour leur emploi pratique, les produits selon l'invention peuvent être utilisés purs, mais le plus souvent, ils seront mélangés avec différentes charges et adjuvants liquides ou solides destinés à rendre leur emploi plus facile pour l'utilisateur et aussi à permettre aux matières actives d'exercer au mieux leur action antiparasitaire. Les formulations ainsi réalisés peuvent être liquides ou solides, prêtes à l'emploi ou devant être diluées à l'eau ou avec un solvant organique au moment de l'emploi. Parmi les formulations solides, on peut citer les poudres mouillables, les poudres pour poudrage et les granulés. Parmi les formulations liquides, on peut citer les solutions dans un solvant organique ou inorganique, les émulsions directes ou inversées, les concentrés émulsionnables, les formules pour aérosols. Ces différentes formulations comprennent outre la matière active, des diluants (solvants quand il s'agit de liquides, charges quand il s'agit de solides) et des adjuvants divers tels que : mouillants, défloculants, antimottants, adhésifs, agents de pénétration, etc..., destinés à donner à la formulation des qualités physico-chimiques nécessaires. Des détails sur ces formulations et notamment sur les charges et adjuvants utilisables peuvent etre trouvés dans l'ouvrage : E. Torgeson - Fungicides (vol. I) chap. 6 Formulation - Editeur : Academic Press. REVENDICATIONS I - Compositions fongicides à usage industriel, agricole, horti cole, caractérisées en ce qu'elles contiennent comme matière active un composé de formule générale dans laquelle R et R', identiques ou différents, sont des radicaux alcoyle contenant de I à 5 atomes de carbone, alcoxyalcoyle de formule RIOR2 dans laquelle : RI est un radical alcoyle contenant de I à 5 atomes de carbone; R2 est un radical alcoylène contenant de I à 5 atomes de carbone, RI et R2 pouvant, en outre, former, avec l'atome d'oxygène un cycle tétrahydrofurfurylique. X représente un atome d'oxygène ou de soufre. A représente un atome d'hydrogène ou d'halogène. B représente un radical alcoyle contenant de I à 3 atomes de carbone. "m" et "n" sondes nombres entiers de O à 4, sous réserve que leur somme m + "n" est au plus égale à 4. 2 - Procédé de lutte contre les maladies fongiques des plantes notamment en culture viticole, arboricole, maraîchère et florale, caractérisé en ce que l'on traite, à titre pré ventif ou curatif, les plantes avec une composition selon la revendication I.