La présente invention concerne un nouveau mélange de sels sous forme de granulés, destiné au traitement des chaussées recouvertes de neige ou de verglas. Pratiquement jusquta ce jour, on se servait principalement des sels de dégel au moment de la chute de la neige ou de la formation du verglas, ou bien après leur apparition, afin de faire fondre les couches de neige ou de glace comprimées par la circulation sur les chaussées ou autres voies. Plus récemment, on a effectué des essais renouvellés, dont le principe est de répandre ces sels, avant l'apparition du verglas ou de la neige glacée, et d'utiliser de plus en plus dans la pratique ce traitement préventive. Il s'est avéré que, le fait de saler, avant ltapparition du phénomène atmosphérique conduisant à la transformation des routes en patinoires, est susceptible de présenter des avantages très importants sur épandage traditionnel après l'apparition de ce phénomène. Lors de l'épandage préventive, sur une route encore normalement praticable, les véhicules chargés de cette opération peuvent atteindre des rendements bien supérieurs à ceux que l'on obtient lors de la dispersion traditionnelle sur une route déjà difficilement praticable, verglacée ou recouverte de neige glacée, de sorte que l'on peut traiter avec un parc de véhicules plus réduit un réseau routier plus étendu, et on économise des frais importants de personnel et de machines.Avec ce traitement préventive, effectué sur une chaussée mouillée, avant l'apparition du gel, ou d'un autre phénomène atmosphérique générateur de verglas, on ne constate absolument pas de formation de celui-ci. Cet épandage préventive, précédant une chute de neige, empêche l'adherence et le durcissement en glace de celle-ci sur le revêtement de la route, ce qui facilite le déblaiement ultérieur de la neige par les engins chargés de ltenlèvement, sans qu'il subsiste de plaques de neige fortement glacée, rendant nécessaire un nouveau salage.La neige et le verglas se manifestent avant tout fréquemment, la nuit, et exigent lors de épandage habituel, l'intervention avant le lever du jour des véhicules chargés de I'opération, et ce dans I'obscurité, Le traitement préventif par contre peut s'effectuer à la lumière du jour et pendant les horaires normaux de travail, ce qui facilite le travail et économise grandement le coût du personnel. Mais il s'est montré avant tout que, par l'utilisation de sels de dégel appropriés, aussi bien le nombre de dispersions requises, que les quantités de sel nécessaires, sont plus réduites lors du traitement préventif qu'avec épandage traditionnel.La réduction du nombre des interventions des véhicules chargés de ce traitement a pour conséquence une économie importante sur les frais de machines et de personnel. La réduction des quantités de sel requises ne signifie pas seulement une économie sur le coût des matériaux, mais présente une grande valeur dans le cadre de la protection de lten- vironnement, car, les quantités de sel utilisées parviennent, en grande partie, par exemple par les canalisations, dans les ruisseaux et les fleuves. Bien que les avantages énormes précités du traitement préventif soient connus depuis des années, (cf. la publication périodique "Strasse und Verkehr" 1966, N 2 du 18 Février 1966), celui-ci n'a pu s'imposer généralement dans la pratique malgré des essais renouvelés. En effet, les sels de dégel usuels, se trouvant jusqu'ici sur le marché, ne conduisent pas, tant sur le plan technique que sur le plan économique, à un résultat satisfaisant, en partie parce qutils sont relativement chers, en partie parce que leur action préventive ne s'exerce que pendant un laps de temps relativement court. Le chlorure de sodium (NaCl) est le sel de dégel le plus facilement accessible et leEeilleur marche ; il possède, aux températures allant jusqutà -100C, de beaucoup le plus grand pouvoir de fusion, parmi les sels de dégel courants, c'est-à-dire que, pour faire dégeler un kilogramme de glace on utilise une quantité de chlorure de sodium bien inférieure à celle qui serait nécessaire avec d'autres sels. Mais par contre, le chlorure de sodium présente l'inconvénient d'agir assez lentement, de se solubiliser lentement et de façon endothermique, d'être d'une utilisation recommandable seulement jusqu'à -10 C et de ne plus entre économique aux tem pératures plus basses. Le chlorure de sodium, obtenu' sous forme de sel raffiné par cristallisation à partir de l-a saumure, et ayant une granulation fine et uniforme de tordre de 0,15 à 0,9 mm, présente l'avantage d'avoir une surface relativement étendue, ce qui accélère sa solubi libation. Sur les chaussées humides, les fins grains de sel adhèrent à la surface de la route, et il en résulte une action persistante relativement durable. Mais sur les chaussées sèches, les grains de sel fins et légers sont balayés par le vent, en particulier par le vent créé par la vitesse des automobiles, vers le bord de la route, de sorte que, dans ces conditions, un traitement pré ventif n'a pas d'action suffisamment prolongée. Le chlorure de sodium, obtenu sous forme de sel gemme par abattage minier dans les gisements de sel, et ayant une granulation de l'ordre de 0,16 à 5 mm,en raison de cette granulation plus grossière demeure plus facilement sur la route. Mais, par suite de cette granulation plus grande, il présente une surface plus faible par unité de poids et il en découle une capacité de réaction plus petite. Comme le grain de sel dur ne se laisse que difficilement écraser par les roues des véhicules, il est nécessaire d'en utiliser une plus grande quantité, pour atteindre une densité de diffusion comparable à celle que l'on obtient avec le sel raffiné plus fin.Le sel gemme destiné à être répandu, contient fréquemment des souillures insolubles dans l'eau, qui forment sur les carrosseries et les pare-brise des véhicules un revêtement fortement adhérent, et sur la route une pellicule visqueuse qui porte préjudice à la sécurité de la circulation. Le sel de potasse, que l'on trouve dans le comnerce, sous forme de marchandise en vrac de grain grossier, est constitué par un mélange de chlorure de potassium, chlorure de magnésium, sulfate de magnésium, et dans une proportion de 10 à 90% (50 à 90% dans les bons sels) de chlorure de sodium. Le pouvoir de fusion s'al- tère à mesure que la teneur en chlorure de potassium croit. La teneur en sulfates peut avoir un effet défavorable sur les revétemerrts des routes en béton. Généralement le sel de potasse contient encore de l'argile, de la Kieserite et de l'Anhydrite. Ces impuretés salissent les routes et forment un enduit glissant, qui porte préjudice à la sécurité de la circulation par augmentation du danger de dérapage. Le chlorure de calcium, que l'on obtient en particulier en tant que produit secondaire de la fabrication de la soude et que l'on trouve dans le commerce, sous forme d'écailles, avec une teneur en CaCl2 de l'ordre de 77 à 80 ou 85%, demeure actif à des températures plus basses, existant dans la pratique, à savoir jusqutà -350C. En raison de son pouvoir hygroscopique, son action n'est pas entravée méme par un froid très sec. A I'opposé de ce qui se produit pour le chlorure de sodium, la solubilisation du chlorure de calcium se produit exothermiquement, de sorte qu'il se dégage une partie de la chaleur nécessaire pour la masse fondue, et cela provoque une fusion rapide.Mais le chlorure de calcium présente l'inconvénient, par suite de sa grande hygroscopicité, de tomber en déliquescence à l'air par absorption de l'humidité, cela oblige à l'entreposer dans des sacs, tonneaux, etc. étanches à l' air. En raison de propriétés analogues, il provoque la formation sur la route d'une couche humide et visqueuse, qui influe défavorablement sur le freinage. Le chlorure de calcium est en outre re- lativement coûteux et exige, par suite de sa granulation grossière et de son aptitude plus faible à provoquer la fusion, une densité d'épandage plus élevée. A cause de son prix plus fort et de sa manipulation plus compliquée, le chlorure de calcium n' est utilisé à bon escient qu'à des températures inférieures à -100C. Le chlorure de magnésium (N1gCl2) se présente dans le commerce sous forme d'écailles ou de produit broyé ayant une teneur en chlorure de magnésium de l'ordre de 44 à 46%. Il est également très hygroscopique et est rarement utilisé comme sel de dégel. Au reste, les développements précédentyiur le chlorure de calcium valent pour le chlorure de magnésium. On a aussi utilisé des mélanges de chlorure de sodium et de chlorure de calcium ou de magnésium, en particulier pour des températures inférieures à -100C, afin de combiner l'activité du chlorure de sodium, peu coûteux, avec celle, rapide et prolongée aux températures inférieures, du chlorure de calcium ou de magnésium (cf. "Strasse und Verkehr" N02 du 18 Février 1966 et le brevet allemand nO 759 666). Les avantages et les inconvénients décrits ci-après des mélanges chlorure de sodium-chlorure de calcium, sont sensiblement identiques à ceux des mélanges chlorure de sodium-chlorure de magnésium.Le mélange des sels a pour but d'obtenir que, aussitat apyres le début d'une chute de neige, ou l'apparition d'humidité se congelant, commence l'action du chlorure de calcium qui se manifeste par la formation d'une masse fondue, déclenchant ainsi également l'action du chlorure de sodium qui, plus lente en soi, se trouve accélérée. Le mélange doit également rester actif si la température décroît ultérieurement. Les proportions, utilisées dans le mélange, varient selon l'effet et recherché par son emploi, en particulier selon les températures extérieures existantes. De tels mélanges présentent comme avantage le fait que l'on obtient une action préventive meilleure qu'avec le chlorure de sodium seul; les prix sont inférieurs à ceux que l'on atteint par ltemploi du chlorure de calcium seul.Par contre ces mélanges présentent les grands incon vénie-nts suivants : en raison de l'import-ante hygroscopicité du chlorure de calcium, et de son mauvais comportement cité plus haut, lors du stockage, le mélange tout formé présente aussi le même mauvais comportement lors de ltentreposage, de sorte que les bonnes propriétés du chlorure de sodium au stockage viennent à disparattre. Pratiquement, on doit donc entreposer les deux sels séparément, et soit les répandre de mime, ce qui nécessite deux processus d'épandage et en conséquence des dépenses plus élevées, soit préparer leur mélange justeavant leur utilisation, ce qui entratne une opération supplémentaire et de ce fait de nouvelles dépenses, ou bien mélanger l'un avec l'autre sur le véhicule chargé de la dispersion,les sels maintenus jusqutalors séparés, mais dans ce cas, l' obtention d'un bon mélange uniforme avec le rapport de produits voulu est très problématique.Lors de l'opération de traitement d'une rue, à certains endroits de la chaussée il tombe des grains de chlorure de sodium et à d'autres des écailles de chlorure de calcium, de sorte que l'action favorable recherchée du chlorure de calcium, savoir former rapidement une masse fondue, et ainsi amorcer et accélérer l'action du chlorure de sodium, ne peut s'exercer au maximum sur les grains de celui-ci se trouvant un peu plus loin. En outre, le constituant chlorure de sodium du mélange, présente les inconvénients décrits plus haut, savoir que lors de l'utilisation de sel raffiné, ses grains fins et légers sont rapidement entraînés par le vent de la course des véhicules vers le bord de la route, de sorte que l'efficacité du traitement préventif n'est que de courte durée. Lors de l'utilisation de sel gemme, ses grains dus et grossiers ne sont que difficilement brisés par les roues des véhicules, de sorte qu'il faut une quantité plus forte de sel pour atteindre la densité d'épandage exigée. Il existe déjà un sel de dégel se présentant sous forme d'un granulé dont le grain possède un noyau constitué par du chlorure de sodium, entouré d' une couche de chlorure de calcium (brevet suisse nO 463 557). Ce granulé de sel de dégel présente sur les mélanges précités l'avantage de rendre possible une action se déclenchant uniformément, rapidement, pour tous ces grains, grâce à leur couche protectrice constituée par du chlorure de calcium. Après la destruction par fusion de cette couche protectrice, le noyau, ainsi libéré de chlorure de sodium, doit trouver dans le voisinage amené à l'état fondu par le chlorure de calcium les conditions pour une action bien plus rapide.Mais ce granulé connu de sel de dégel présente les inconvénients suivants : la préparation technique du granulé exige l'utilisation d'une installation de système à tourbillon, à laquelle est amené de façon continue du chlorure de sodium en grains, qui est mis en suspension par des gaz de combustion à une température par exemple de 600 C. Une solution aqueuse de chlorure de calcium est projetée de façon continue sur le système à tourbillon de chlorure de sodium, et s'évapore du fait des gaz chauds, formant ainsi sur les grains de chlorure de sodium une couche de chlorure de calcium. Les gaz chauds, seuls, exigent déjà une consommation extraordinairement élevée d'énergie, de sorte que, au coût supérieur du chlorure de calcium en tant que matériau, s' ajoutent les frais élevés de fabrication, ce qui rend le granulé très cher.Comme la surface de ce granulé est constituée par du chlorure de calcium hygroscopique, le produit présente de mauvaises propriétés à l'entreposage, identiques à celles qui sont décrites plus haut pour le chlorure de calcium, de sorte que les bonnes propriétés à cet égard du chlorure de sodium disparaissent et que 1' on doit effectuer le stockage, ainsi que le transport, des granulés dans des silos, sacs en matière plastique, tonneaux, etc., clos. Le procédé de fabrication décrit précédemment, lorsqu'on part de grains anguleux de chlorure de sodium, conduit aussi obligatoirement dans ce cas à un granulé de forme plus ou moins sphérique, qui, lors de la dispersion traditionnelle sur la neige ou le verglas, en raison de sa rapide action de dégel, peut y pénétrer et ainsi n'est pas emporté par le vent.Lors du traitement-préventif des rues encore libres cependant, l'aptitude à rouler des granulés sphériques favorise leur balayage rapide vers le bord de la route par le vent et la course des véhicules, de sorte que l'action préventive sur le revêtement de la route ntest que de courte durée, et l'on doit répéter à intervalles relativement brelESs/dispersions -------- -----avec ce produit coûteux, ce qui entraîne des frais extraordinairement élevés. Un autre inconvénient essentiel réside dans le fait que la grosseur du grain du granulé tout prêt, dépend de la grosseur du grain de chlorure de sodium utilisé comme matière première pour le noyau de ce granulé, ainsi que de l'épaisseur de lt enveloppe de chlorure de calcium, qui dépend elle-meme du rapport voulu dans le produit de ses constituants chlorure de sodium et chlorure de calcium. Matière première, rapport des constituants dans le produit, et grosseur du granulé ne peuvent donc pas être indépendants les uns des autres, et ne peuvent pas être modifiés de manière quelconque, de sorte que l'on n'atteint pas de valeurs optimales.Ainsi, par exemple, si l'on utilise pour les noyaux de chlorure de sodium un sel raffiné dont la grosseur du grain est de l'ordre de 0,2 à 1 mm, il en résulte une proportion de chlorure de calcium d'au moins 65%, c'est-à-dire un rapport ClNa/Cl2Ca de 1/2, et un granulé de 0,5 à 3 mm seulement. D'un c8té il ne se forme ainsi qu'un granulé très petit et léger, facilement emporté, d'autant qutil a une forme sphérique. D'un autre c8té ce granulé entraine une hausse des dépenses par le fait que l'on utilise une quantité grandement superflue de Ca Cl2 coûteux, sans obtenir ainsi un avantage technique, comme l'ont montré des expériences connues avec les mélanges préparés mécaniquement décrits plus haut ; en effet des rapports inverses de mélange de 3/1 à 2/1 ou au plus de 1/1, ctest-à-dire une proportion de CaCl2 de 25% jusqu'à 50% au plus, offrent des avantages suffisants et atteignent des efficacités pleinement satisfaisantes. Si en conséquence on part pour la fabrica tionaes granulés, de ClNa de granulation identique à celle qui est indiquée précédemment, que l'on enveloppe d'une couche plus mince de C12Ca, de façon que la proportion de celui-ci ne soit que de 25%, on aboutit à des granulés sphériques encore plus petits qui sont encore plus facilement balayés par le vent de la course des véhicules.Il ne reste que la solution d'utiliser comne matière première un sel gemme ayant une grosseur de grain suffisante que lton obtiendrait par tamisage, la fraction renfermant des grains de dimension inférieure n'étant pas utilisable pour la granulation. Mais ce noyau dur de ClNa ne se laisse, par contre, que difficilement écraser par la circulation des véhicules, d'où il s'ensuit l'inconvénient d'un granulé ne possédant pas de surface active satisfaisante ou devant être répandu en quantité inutilement importante. Ce granulé est donc peu approprié à être utilisé pour le traitement préventif. Même lors d'une dispersion traditionnelle ultérieure sur une couche de neige ou de glace existante, ce granulé présente des inconvénients. Au début,seulement, il présente une action de dégel rapide, de sorte qui creuse un trou dans la ou couche de neige/de glace. Mais cette action de dégel plus rapide s' affaiblit des que l'enveloppe de CaCl2, disparait par dissolution. Le noyau de NaCl restant, a bien un pouvoir de dégel supérieur, mais cependant aux températures inférieures il présente une efficacité moindre pour la fusion. D'après cela, aucun des sels de dégel connus ne remplit les conditions satisfaisantes que devrait présenter un sel de dégel destiné à être utilisé préventivement, aussi bien du point de vue technique qu'économique, afin que les grands avantages, décrits au début, que lton peut atteindre avec un tel traitement, soient accessibles. Ces conditions sont en premier lieu un prix économique pour le sel de dégel, une bonne possibilité de dosage et un bon é- coulement, une répartition uniforme sur la chaussée, une bonne adhérence à la surface de celle-ci, une grande surface active, une action de dégel rapide, même aux températures inférieures, ainsi qut un pouvoir de fusion élevé. La présente invention permet d'éviter les inconvénients de l'art antérieur, et d'obtenir un sel de dégel remplissant les conditions précitées. Le nouveau sel de dégel, suivant l'invention, est constitué par un mélange de chlorure de sodium avec du chlorure de cal clum ou/et du chlorure de magnésium, caractérisé en ce qu'il est en grains compacts, formés de fines particules des constituants dur mélange. Le procédé, pour la préparation du sel suivant l'invention, consiste à mélanger des poudres fines de NaCl et CaCl2 ou/et Merl2 et à agglomérer le mélange, de façon à produire des grains compacts. Les explications concernant l'invention, données ultérieurement à propos d'un mélange ClNa-Cl2Ca, sont également valables pour les mélanges ClNa-Cl2Mg, et les mélanges ClNa-Cl2Ca-Cl2Mg. Pour la préparation du sel de dégel selon l'invention, on peut utiliser avantagèusement comme chlorure de sodium un sel raffiné, humide de la centrifugeuse, qui se laisse facilement mélanger avec du chlorure de calcium finement broyé, et atteint également le degre de déssication utile à l'opération d'agglomération compacte, grâce à quoi on peut économiser le prix du séchage du C1Na. D'autre part, ce chlorure de sodium présente également la granulation fine, voulue, de sorte qu'un broyage du sel n'est plus nécessaire. Un chlorure de calcium du commerce, ayant une teneur en CaCl2 de 80 à 85%, est finement broyé, et mélangé avec du chlorure de sodium.Le mélange des sels à l'état de grains fins, finement broyés, a l'avantage de donner un bon brassage aboutissant à un mélange homogène, dans lequel les deux sels sont uniformément répartis en granulation fine. De ce mélange uniforme et à l'état finement granuleux des sels, résultent les avantages importants, explicités ultérieurement du sel de dégel selon l'invention. Le mélange est alors traité en un granulé par aggloméra tion compacte. Cette opération s'effectue de manière connue en soi, dans une installation de type classique pour ce genre d'opération, dans laquelle le mélange en grains fins est par exemple comprimé, de façon continue, par laminage en plaques d'épaisseur voulue, qui sont ensuite brisées en grains de finesse choisie, dans un atelier de broyage ; les grains, due grosseur convenable, sont ensuite séparés par tamisage, tandis que les fractions de taille non désirée sont renvoyées à l'installation d'agglomération. Le besoin en énergie d'une installation de compactage est comparativement très faible, de sorte que la fabrication du granulé n'est pas ocreuse, d'autant que l'on peut choisir un rapport optimal de mélange des sels, et que l'emploi du granulé est très économique. L'utilisation des sels à l'état finement broyé permet de les mélanger l'un avec l'autre, dans tout rapport choisi, et ainsi chaque grain contient automatiquement les deux (ou trois) sels dans le rapport de mélange choisi. -Le rapport du mélange peut donc ainsi être adapté aux conditions particulières d'utilisation, c'est-àdire que la teneur du granulé en Cl2Ca, produit coûteux, peut être limitée à la proportion optimale, nécessaire, de sorte que le granulé peut être fabriqué économiquement, avec le coût le plus faible possible.Selon les données expérimentales, il convient de prendre en considération une proportion de CaCl2 comprise entre 10 et 50%, de préférence entre 20 et 30%, et le mieux de l'ordre de 30 à 35% en poids. Comme les sels sont mélangés puis agglomérés à ltétat finement granuleux, il est possible de fixer, indépendamnent de la groe- seur des grains originels des sels, la dimension la plus appropriée pour le granulé, et de choisir cette dimension lors du réglage de l'installation d'agglomération compacte. On a constaté que les dimensions les plus convenables des grains sont de 1 à 7 mm, et de préférence entre 2 et 4 mm. Ce granulé s'écoule bien, et il est facilement dosable, de sorte que l'on peut ajuster, de façon précise, la quantité à épandre, ce qui permet un épandage économique, peu abondant. L'atelier de broyage de l'installation d'agglomération produit des grains anguleux, n'ayant pas tendance à rouler, de sorte que ce granulé se laisse bien répartir lors de l'épandage. Les essais effectués ont donné un épandage remarquablement uniforme. Ces essais ont en outre montré que le granulé, en raison de la grosseur de son grain et de son poids, aussi bien que du fait de sa forme anguleuse, oppose une résistance optimale au mouvement de roulement, en particulier au balayage par le vent ou par le déplacement d'air provoqué par la circulation des véhicules.De plus, on obtient très tôt, après l'épandage, une bonne adhérence des grains, meme sur un revêtement de route tout à fait sec, du fait que le mélange des sels, ayant été réalisé à l'état finement broyé, atteint une grande homogénéité, il s'ensuit que la surface du granulé contient, en tout lieu uniformément réparties, les moindres particules de Cal2, qli spontanément attirent l'humidité de4'air, de sorte qui se forme près de chaque petit grain de C1Na une solution saturée de CaCl2, qui colle ce petit grain sur la route, comme le C1Na pur se colle sur le revêtement humide de la route. Les essais de dispersion ont montré qutaprès un traitement préventif, le sel de dégel selon l'invention est encore présent après un temps suffisamment long et en quantité suffisante sur la chaussée ; grâce à ce sel de dégel, un traitement préventif, satisfaisant du point de vue technique et économique, est rendu possible, et l'on peut atteindre ainsi leshrands avantages d'un tel traitement, mentionnés au début de la présente description. Un autre avantage du sel de dégel selon l'invention réside en ce que ses grains se laissent facilement briser et broyer par la circulation des véhicules ; ils se divisent ainsi en leurs constituants finement granuleux et hautement actifs. Simultanément, le chlorure de calcium, libéré à l'état de grains très fins attiré, gracie à sa grande surface libérée, spontanément, de la manière décrite plus haut, l'humidité de l'air, de sorte qu'il se forme près de chaque petit grain de C1Na une solution saturée de Cl2Ca, qui colle sur la route le grain de ClNa. De cette manière on aboutit à une action de surface remarquable du sel de dégel lors d'une chute de neige ou d'une tendance à la formation de verglas.Les essais de dispersion ont aussi montré que, sur les routes à forte circulation, après un temps très long, une quantité suffisante de sel de dégel à l'état le plus finement divisé est encore visible, et exerce encore une action préventive suffisante. La perte en grains de ClNa, due à la circulation des véhicules, est extrèmement faible. Le revêtement de la route est imprégné de façon homogène avec le sel de dégel combiné, grâce à quoi l'action de dégel rapide, provoquée par Cl2Ca, qui subsiste à des températures inférieures à -100C, et le pouvoir de fusion supérieur du C1Na interviennent pleinement. L'efficacité sur le dégel du mélange de sels, se situe à peu près entre celle du chlorure de sodium pur et celle du chlorure de calcium pur. En dépit des grands avantages qu'offre un traitement préventif par les sels de dégel connus à ce jour, et leurs mélanges, on a tendance présentement, dans ltintéret de la protection de 1' environnement, et aussi en raison des colts élevés en personnel et en matériaux, à ne plus utiliser ce procédé. Mais, avec le sel le dégel selon l'invention, ce traitement préventif devient à nouveau possible et commode, parce que le produit peut être utilisé économiquement conformément aux avantages mentionnés précédemment. De mdme le sel de dégel selon l'invention convient aussi remarquablement pour la dispersion sur une couche déjà existante de neige ou de verglas.De plus, ce sel, grâce à sa nature homogène, présente, mdme aux températures inférieures à -100C, un pouvoir constant de fusion, qui se manifeste par une vitesse de fusion constante, ne faiblissant pas, attendu que, lors de la séparation par fusion des grains de granulé, du début jusqu'à la fin, intervient toujours le même rapport de mélange des deux sels. De ce fait, le grain de granulé aggloméré de façon compacte traverse rapidement jusqu'à sa complète dissolution la couche de neige ou de glace, jusqu'à la surface de la route et en détache la couche du revetement, de sorte quton peut enlever celle-ci sans effort, mécaniquement, à la main, ou à l'aide d'un moteur.A partir de la mEme matière première, de granulation identique, on peut obtenir par correction un granulé convenant, en ce qui concerne la dimension de ses grains et sa composition, c'est-à-dire le rapport de mélange des sels, à chaque ensemble de conditions climatiques, de sorte que soient toujours présentes les propriétés principales du granulé aggloméré de façon compacte, à savoir un mélange uniforme des particules de sel finement granuleux à l'intérieur de chaque grain de granulé, et une aptitude de ce dernier à entre détruit par la circulation des vdhi- cules. Dans les dessins annexés, la figure 1 représente, en fonction du temps exprimé en heures, la vitesse de l'action de différents sels de dégel, et plus exactement la quantité de glace en grammes, fondant à une température de -150C, lors de l'adjonction de 6 g de sel de dégel. Les parties des courbes représentées en discontinu correspondent à des Valeurs extrapolées.La courbe 1 montre la vitesse d'action du C1Na pur ; la courbe 2, celle d'un granulé renfermant 75% de CINa et 25% de poudre de C12Mg.4 H20 du commerce à 55% environ ; la courbe 3, celle d'un mélange à 75% CîNa et 24% C12Ca sous forme d'écailles (teneur 77-80%) ; la courbe 4, celle d'un granulé selon l'invention renfermant 75% C1Na et 25% CL~Ca (broyé à 80-85%) ; la courbe 5, celle d'un granùlé selon 1' invention constitué par 67% C1Na et 33% Cl2Mg.4 H20 ; la courbe 6, celle d'un granulé selon l'invention contenant 60% C1Na, 20% Cl2Ca (broyé, à 80-85%) et 20% de poudre de Cl2Mg.4H20 ; la courbe 7w celle d'un granulé selon l'invention constitué par 67% C1Na et 33% C12Ca (broyé, à 80-85/o) ; et la courbe 8, celle d'écailles de C12Ca (à 77-80%). La figure 2 montre le résultat de deux traitements préventifs effectués l'un (courbe A) avec du chlorure de sodium, et l' autre (courbe B) avec un granulé selon l'invention, sur une route sèche, comportant un trafic d'environ mill(eqveghJicules par jour, à une température de -11 à -250C. Ces courbes indiquent la diminution des quantités de sel de dégel sur la chaussée en fonction du temps. On constate que la quantité de C1Na répandue diminue bien plus rapidement que celle du granulé selon l'invention, dont il reste encore 64S après 24 heures, alors qutil ne subsiste que 22% de la quantité initiale de C1Na. La figure 3 montre le résultat d'un essai similaire sur une route humide. Ici on constate également la supériorité du granulé selon l'invention (courbe B) sur le chlorure de sodium (courbe A). De ces essais il ressort ce qui suit. Si l'on admet que les sels de dégel ont été distribués en quantités telles que, lors du début du phénomène atmosphérique (par exemple chute de neige ou formation de verglas), il doive en rester encore 50% pour avoir une action suffisante, dans le cas d'une route sèche, en ne peut effectuer l'épandage que 2 à 3 heures, dans le cas de l'utilisation de Dîna, avant l'arrivée du phénomène atmosphérique attendu, alors que dans le cas de l'utilisation du granulé selon l'invention, on peut opérer au contraire jusqu'à 30 heures avant ce phénomène. Cela signifie inversement que l'on doit effectuer 3 à 4 heures après la dispersion préventive, dans le cas de l'utilisation de ClNa, et par contre seulement 30 heures environ après, lors de l'utilisation du granulé selon l'invention, un complément d'épandage ou même sa répétition. Dans le cas de la route humide, ces temps s'allongent jusqu'à 6 à 8 heures pour Cita, et jusqu'à 35 à 40 heures pour le granulé selon l'invention.En conséquence, le granulé selon l'in- vention convient bien mieux pour le traitement préventif, ctest-à- dire qu'on peut l'épandre déjà 24 heures avant l'apparition du phénomène atmosphérique attendu, sans qu'il soit nécessaire de renouveler épandage dans cet intervalle de temps ; cela permet dtobtenir de très nettes économies, et présente une grande importance, non seulement du côté des prix et du personnel, mais également du point de vue de la protection de l'environnement. D'autres essais ont montré que la neige, fratchement tombée, se laisse plus rapidement dissoudre par le chlorure de sodium, en raison de la surface plus importante due à sa plus grande finesse, que par le granulé selon l'invention ; cependant, la neige nouvellement tombée colle beaucoup moins sur un revêtement de route préalablement traité avec le granulé, que sur un revêtement prétraité avec ClNa. Avec le granulé selon l'invention il n'apparais pas, comme c'est le cas avec C1Na, aux températures inférieures à -70C de phénomène d'agglomération altérant si nettement l'aptitude à la dispersion et à l'écoulement du chlorure de sodium, qu'il peut conduire à ltarrêt de la machine distributrice.Une route sèche, traitée avec le granulé selon ltinventîon, par une humidité atmosphérique relative, correspondante, ne devient que peu humide, à l'opposé de ce qui se passe pour une route traitée avec Cl2Ca qui, en raison de l'hygroscopicité de celui-ci, devient mouillée. Le granulé se loryl'invention, en mélange à 50% de C1Na et 50% de C12Ca, possède aussi aux températures extrèmement basses, toutes les bonnes propriétés du chlorure de calcium pur sous forme d'écailles, sans en présenter les inconvénients. Ce granulé se laisse utiliser très avantageusement pour éliminer le verglas sur les trottoirs, entrées de garages, etc., les grains anguleux agissant, de plus, sur le verglas, comne produit neutralisant. Ce granulé subsiste également plus longtemps par temps humide, variable, avec risques de verglas, de sorte qu'il empOche la formation de celui-ci, et rend inutile pour une plus grande durée un renouvellement de l'épandage. REVENDICATIONS 1. Nouveau sel de dégel sous forme de granulés, constitué par un mélange de chlorure de sodium avec du chlorure de calcium et/ou du chlorure de magnésium, caractérisé en ce qutil est en grains compacts, formés de fines particules des constituants du mélange. 2. Sel de dégel selon la revendication 1, caractérisé en ce que la proportion en Cl2Ca est comprise entre 10 et 50, de préférence entre 20 et 30, et mieux entre 30 et 35% en poids. 3. Sel suivant la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce qu'il contient 60 à 75% en poids de C1Na. 4. Sel de dégel selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que la dimension des granulés est comprise entre 1 et 7 mm, de préférence entre 2 et 4 mm. 5. Sel suivant une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que ses grains sont anguleux. 6. Procédé de fabrication des granulés du nouveau sel de dégel selon l'une des revendications 1 à 5, par mélange des chlorures correspondants, caractérisé en ce quril comporte une aggloméra tion compacte des chlorures pris à ltétat finement granuleux, suivie d'un broyage. 7. Traitement préventif des chaussées par le sel selon l'une des revendications 1 à 5.