La présente invention concerne un perfectionnement apporté aux métiers à tisser sans navette. Elle a trait plus particulièrement à un procédé et un dispositif permettant la prise du fil de trame à la sortie de la foule. Dans les métiers à tisser sans navette les plus courants, la trame est saisie à sa sortie de la foule par une pince marginale alors qu'elle est encore tenue par son moyen d'in- sertion. Ce procédé demande du temps car, s'il s'agit parexemple d'insertion par projectile, il faut arrêter celui-ci et le placer en position afin que la pince marginale puisse le prendre. Toutes ces manoeuvres impliquent des pertes de temps. Pour les éviter, il a été construit des métiers dans lesquels le projectile lâche le fil avant son arrêt. Le fil est alors aspiré à proximité de son point de libération puis saisi par une pince marginale. Ce dernier procédé présente l'inconvénient de nécessiter l'adjonction d'une pompe aspivante qui absorbe de la puissance.De plus, il n'est pas aussi fiable qu'un moyen mécanique car les forces d'aspiration agissant sur le fil sont toujours relativement faibles. Le moment de l'arrivée du projectile à la sortie de la foule, c'est-à-dire l'instant de la libération du fil étant variable, il a été envisagé de commander la pince marginale par le passage du projectile. Ceci peut être réalisé soit directement par un moyen mécanique, soit indirectement par l'intermédiaire d'un circuit électrique. La commande mécanique présente l'inconvénient d'un choc entre l'organe de commande et le projectile se déplaçant à une vitesse de l'ordre de 20 à 40 mètres par seconde, choc pouvant produire des déformations inacceptables. La commande électrique est réalisable par exemple au moyen de détecteurs de proximité reagissant au passage du projectile et déclenchant l'organe de commande à l'aide d'un électro-aimant. Ce procédé introduit un retard minimal de quatre millisecondes, ce qui représente une longueur de trame de quatre vingts millimètres lorsque la vitesse du projectile varie de 20 à 40 mètres par seconde à la sortie de la foule. Dans les métiers sans navette utilisant pour passer la trame à travers la foule l'eau, l'air ou l'énergie cinétique de la masse du fil tel que lta décrit le demandeur dans le brevet français nO 1 562 147.le fil est libre à sa sortie de la foule et doit être pris par un moyen quelconque pour éviter un ressaut et égaliser sa tension. Généralement le fil sortant est aspiré dans un tube et la longueur du fil pénétrant dans ce tube pour assurer sa rétention provoque des pertes en trame considérables. Ces pertes peuvent être diminuées en retirant à travers la foule une partie du fil retenu, ce qui implique une perte de temps. La présente invention vise à surmonter tous ces inconvénients. D'une manière générale l'invention concerne un procédé pour retenir un fil de trame libéré à la sortie de la foule d'un métier à tisser, la trame étant tirée d'une réserve située hors de la foule; ce procédé se caracterise par le fait qu'une surface mobile se déplaçant dans son plan est disposée sur le trajet du fil libéré de telle sorte que celui-ci entre en contact avec cette surface et soit transporté vers une deuxième surface sensiblement parallèle à la première qui pince et maintient le fil sous une tension déterminée. L'invention concerne également un dispositif perfectionné permettant de mettre en oeuvre le procédé précité. Ce dispositif pour retenir un fil de trame libéré à la sortie de la foule de métier à tisser se caractérise par une première surface située sur la trajectoire du fil libéré à la sortie de la foule, cette surface se déplaçant dans son plan et ayant des moyens pour entraîner le fil dans le sens de son mouvement vers une deuxième surface, sensiblement parallèle à la pre mière et frottant sur elle avec une pression réglable, le fil entraîné entre ces deux surfaces étant tenu sous une tension déterminée. Eventuellement, après avoir été serré entre les deux surfaces, le fil est porté dans la zone d'une pince marginale qui se ferme en rythme avec le métier à tisser sur le fil introduit entre ses deux mâchoires par le mouvement de la surface mobile. L'invention et les avantages qu'elle apporte sont cepèndant mieux compris grâce à la description qui suit et qui est illustrée par les figures annexées, cette description étant donnée à titre indicatif mais non limitatif. La figure 1 représente une vue de profil d'un métier à tisser à projectile sur lequel est monté un dispositif conforme à l'invention. La figure 2 est une vue en plan du même métier. La figure 3 montre une vue de face du même métier. La figure 4 représente une vue en plan d'un métier à insertion de trame par l'énergie cinétique contenue dans la masse du fil sur lequel est monté un dispositif conforme à l'invention. La figure 5 montre une vue de face du même métier. Le fil de trame 1 a traversé la foule formée par les fils de chaîne 2 et le peigne 4, tiré par le projectile 3. Le peigne 4 est solidaire du battant 5. Le projectile 3, après avoir glissé sur le peigne 4 pénètre dans le guide 6 qui se déplace avec le peigne commandé par le battant 5. Sous ce guide 6, une pièce fixe 7 présente une gorge 8 de forme arrondie dont le centre de courbure coïncide avec le centre de rotation d'une brosse 9. La position de cette brosse est définie de telle sorte qu'elle frotte le flanc du projectile 3 le long duquel se déploie le fil de trame 1. Pour assurer la continuité de la surface contre laquelle frotte la brosse 9, le guide 6 présente également le même rayon de courbure que la brosse 9. Celle-ci tourne dans le sens de la flèche 10 avec le disque 11 sur lequel elle est fixée.Une pince 13-16 est logée entre le peigne 4 et le guide 6 ; sa partie fixe possède un pied 14 qui est fixé au battant 5 de la même ma nière que le peigne 4 et le guide 6. Un décrochement 15 laisse la place à la partie mobile 16 de la pince. Cette partie mobile 16 pivote autour d'un axe 17 fixé dans le décrochement 15. La partie mobile 16 comporte deux branches : l'une pour pincer la duite 1 sous l'effet d'un ressort (non représenté), l'autre pour ouvrir la pince au moyen du double levier 18 mu par une commande 19 et agissant sur le levier 16 par l'intermédiaire d'une vis de réglage 20. Ce levier 18 tourne autour d'un axe 21 solidaire de la partie fixe 7. Le fonctionnement du dispositif selon l'invention est le suivant Lorsque le projectile arrive au niveau de la brosse 9, le fil de trame 1, libéré du projectile est entraîné vers le bas par ladite brosse 9 ; il glisse ensuite dans le logement cylindrique 8 prévu dans le guide 6 et dans la partie fixe 7. Pendant ce mouvement, le fil est tiré sur la pièce 13 dans la pince 13-16 qui est ouverte. Lorsque le battant débute sa course, la pince 13-16 s'éloigne de la vis 20 et se ferme avant que le fil ne se dégage de l'action de la brosse. La version représentée par les figures 4 et 5 est adaptée à l'insertion de trame par la seule énergie cinétique contenue dans la masse du fil. Le fil est lancé sous la forme d'une boucle qui se déroule dans la foule en transformant son énergie cinétique en une force qui se déplace avec la boucle et tend le fil. La trame 30 est lancée dans la foule formée par les fils de chaîne 31 et le peigne 32. Le peigne 32 possède un renfort 33 situé à une certaine distance de la dernière dent, ceci pour laisser le passage à une pince 34. Une brosse rotative 35 touche légèrement la partie extérieure du renfort 33. Un ciseau 36 est prévu à quelques millimètres du tissu au point de façure. Lorsque la boucle du fil 30 arrive sur la brosse 35, son déroulement est interrompu et la force de déroulement T est annulée ; il s'en suit un ressaut de la branche 30' du fil 30 à une vitesse qui est fonction de la chute de tension, de l'é- lasticité du fil et de sa masse spécifique. ressaut C où T = tension en grammes N = numéro métrique du fil g = constante de gravitation C = vitesse de propagation de la perturbation où m = masse spécifique du fil E = module d'élasticité du fil Par ailleurs, la tension T créée par le déroulement de la boucle est connue : v2 T-- Ng d'où : V2 v - ressaut C V étant la vitesse de la boucle. Exemple : boucle de fil de coton se déplaçant à la vi tesse de 30 mètres par seconde. La vitesse de perturbation C pour un fil de coton est connue comme étant d'environ 1500 mètres par seconde, d'où ressaut 0,6 m/s I1 suffit de donner à la brosse 35 une vitesse VB dans le sens de la flèche pour que le fil déposé soit porté entre la brosse 35 et le renfort 33 avant d'être complètement retiré par le ressaut à la vitesse VR. Si la longueur du brin 30" est 1 et la longueur entre le premier impact de la boucle sur la brosse et le renfort 33 1', la vitesse de la brosse VB devra être supérieure à VR.l'/l soit, dans l'exemple numérique donné VB > 0t3 m/s Par ce procédé, on peut retenir une duite libérée. Pendant les premiers centimètres du déplacement du peigne vers le tissu 37, le bout de la duite continuera à être retenu entre la brosse 35 et le renfort 33 ; pendant ce temps, la pince se refermera et maintiendra le fil tendu pour faciliter sa coupe par le ciseau 36. Par ce procédé, il est possible de retenir une duite libérée à la sortie de la foule sans prendre sur le temps d'insertion du fil, c'est-à-dire sans diminution de production. La nature de la brosse doit être choisie en fonction du fil à travailler. La brosse peut également être remplacée par une surface homogène, lisse ou rugueuse, plus ou moins élastique. Cependant il est essentiel que le coefficient de frottement de cette surface soit assez grand. Une solution particulièrement avantageuse consiste à utiliser une surface chargée électrostatiquement ou utilisant toute autre force attractive. Le mouvement de cette surface peut être soit continu, comme dans les exemples représentés, soit cyclique commandé par le métier. Une autre forme de surface mobile est avantageusement constituée par un treillis métallique ou une plaque perforée fermant un canal d'aspiration. -REVENflICAT IONS 1/ Procédé pour retenir un fil de trame libéré à la sortie de la foule d'un métier-à tisser, la trame étant tirée d'une réserve située hors de la foule, caractErisEe par le fait qu'une surface mobile se déplaçant dans son plan est disposée sur le trajet du fil libéré de telle sorte qu'il entre en contact avec cette surface et soit transporté vers une deuxième surface sensiblement parallèle à la première qui pince et maintient le fil sous une tension déterminée. 2/ Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon la revendication 1 destiné à retenir un fil de trame libéré à la sortie de la foule d'un métier à tisser caractérisé en ce qu'une première surface située sur la trajectoire du fil libéré à la sortie de la foule, se déplace dans son propre plan ét possède des moyens pour entraîner le fil dans le sens de son déplacement vers une deuxième surface, sensiblement parallèle à la premiere et frottant sur elle avec une pression réglable, le fil entraîné entre ces deux surfaces étant tenu sous une tension déterminée. 3/ Dispositif selon la revendication 2,caractérisé en ce que la surface mobile est une brosse tournante. 4/ Dispositif selon la revendication 2,caractérisé en ce que la surface mobile est une surface isolante portant une charge électrostatique, le fil étant plaqué sur cette surface par les forces électrostatiques. 5/ Dispositif selon la revendication 2, caractérisé en ce que la surface mobile est constituée par une surface perforée ou un treillis métallique fermant un canal d'aspiration, le fil étant plaqué sur cette surface par un courant d'air. 6/ Dispositif selon l'une des revendications 2 à 5, caractérisé en ce que le fil entraîné entre les deux surfaces est introduit entre les deux mâchoires d'une pince marginale dont la fermeture et l'ouverture sont commandées par le métier à tisser. 7/ Dispositif selon l'une des revendications 2 à 5, caractérisé en ce que le fil entraîné entre les deux surfaces est porté devant une bouche d'aspiration par le mouvement de la surface mobile. 8/ Dispositif selon l'une des revendications 2 à 5 dans lequel le fil est tiré dans la foule par un organe dtinsertion, le fil se déployant sur une des faces de cet organe d'insertion, caractérisé en ce que la surface mobile se déplace transversalement du mouvement de ltorgane d'insertion sur la face coopérant avec le fil, puis sur une face de guidage du projectile formant la continuation de ladite face de l'organe d'insertion. 9/ Dispositif selon l'une des revendications 2 à 5 dans lequel le fil de trame est inséré en forme de boucle à travers la foule par son énergie cinétique propre, caractérisé en ce que la surface mobile est placée en travers de la trajectoire du fil de trame et que sa surface au point d'impact du fil est sensiblement perpendiculaire au mouvement du fil.