La présente invention concerne un métier à tisser du type comprenant, à l'une des extrémités latérales de la foule, une tuyère d'insertion principale et, devant le peigne, une série de tuyères auxiliaires distribuées sur toute la largeur de la 5 foule, ladite tuyère principale et lesdites tuyères auxiliaires servant à introduire et à transporter le fil de trame au moyen d'un fluide sous pression à travers un tunnel ménagé dans la foule et qui est délimité au moins partiellement par les lames dudit peigne du métier. 10 Un tel métier à tisser est par exemple décrit dans le brevet français n° 1 531 957 et dans la demande de brevet français n° 69 27 532 déposée le 11 AOUT 1969 au nom de la Demanderesse. Le tunnel ménagé dans la foule est, dans ce cas, délimité, à son extrémité arrière, par le bord de battage des lames du 15 peigne, tandis que les côtés supérieur et inférieur de ce tunnel sont délimités par des poutrelles eu jumelles du peigne s'étendant vers l'avant ou par des branches ou languettes frontales des lames du peigne et par des voiles d'un fluide sous pression produits par des tuyères auxiliaires supplémentaires ou par d'au-20 très moyens convenables pour éviter tout contact au niveau de ce tunnel entre le fil de trame et les fils de chaîne. On tend aujourd'hui, lorsqu'on utilise un fluide sous pression et notamment pour le tissage pneumatique, à réduire de plus en plus les dimensions dudit tunnel pour l'insertion du fil 25 de trame et, ainsi, à réaliser une hauteur de pas effective de plus en plus réduite. Dans le cas où le tunnel pour le passage du fil de trame est délimité par l'ensemble des lames du peigne qui présentent, à cet effet, une branche ou languette s'étendant vers l'avant, on a déjà réduit la distance entre les bords situés 30 l'un en regard de l'autre des branches ou languettes supérieures et inférieures des lames de peigne et ainsi la hauteur dudit tunnel ou la hauteur de pas effective de 12 mm à 9 mm ou encore à des valeurs inférieures à 9 mm. Les dimensions réduites du tunnel présentent essentiellement l'avantage d'une consommation ré-35 duite de fluide sous pression et d'une réduction des risques de l'influence des fils de chaîne, délimitant la foule, sur le comportement du fil de trame en mouvement. La recherche des hauteurs de pas effectives de plus en plus réduites conduit à une réduction de la distance entre les tuyères auxiliaires et le bord de 40 battage du peigne pour concentrer le plus possible l'air envoyé 71 13684 2086212 à travers les tuyères dans le tunnel délimité par les lames du peigne et pour obtenir un transfert d'énergie avantageux et un effet de guidage d'air sur le fil de trame. La faible précision de la direction de lancement de la 5 tuyère principale constitue, dans ce cas, un facteur de perturbation. Ceci est dû au fait que cette précision doit être maintenue pour différentes raisons à une valeur minimum fonction du diamètre de l'orifice de sortie de la tuyère principale. Lorsque la position du fil de trame varie dans cet orifice de la tuyère 10 principale, la position dans laquelle l'extrémité avant du fil de trame arrive au niveau de la première tuyère auxiliaire varie également. De telles variations du point d'arrivée de la tête du fil au niveau de la première tuyère furent en particulier observées pour des sections de fil de trame dites A et B d'un fil de 15 double longueur introduit sous forme d'une boucle. De plus, le fil de trame lancé par la tuyère principale est, au début de son avance à travers la foule et lorsque sa vitesse d'avance est encore relativement faible, relativement instable et sa direction d'avance est ainsi variable. A cause de cet inconvénient, la po-20 sition d'arrivée de l'extrémité avant du fil de trame au niveau de la première tuyère auxiliaire peut varier, même lorsque la position du fil dans l'orifice de sortie de la tuyère principale reste constante. Avec une hauteur de pas réduite et ainsi avec une distance réduite correspondante entre le bord de battage du 25 peigne et la première tuyère auxiliaire, il est possible que le fil de trame lancé arrive dans une position peu avantageuse et il est, dans ce cas, probable qu'il passe du mauvais côté de cette tuyère et quitte au moins temporairement le tunnel, ce qui entraîne un freinage du fil et conduit inévitablement à des 30 défauts de tissage. L'invention a pour objet de concevoir un métier à tisser dudit type permettant de remédier audit inconvénient. Dans le métier à tisser selon l'invention, lesdites tuyères auxiliaires sont disposées séparément ou par groupes à une 35 distance du bord de battage du peigne qui décroît avec la distance croissante des tuyères auxiliaires par rapport à ladite tuyère principale. Grâce à cette disposition dans laquelle la distance entre la première tuyère auxiliaire et le bord de battage du pei-40 gne est plus grande que la distance correspondant à une faible 71-13684 3 2086212 hauteur du pas avantageuse, on assure que le fil de trame lancé arrive toujours dans le tunnel et dans le jet d'air envoyé par la première tuyère auxiliaire et est ainsi transporté à travers ce tunnel. Etant donné que les variations de la direction de la 5 trajectoire du fil de trame sont, dans une large mesure, corrigées par la première tuyère auxiliaire ou le premier groupe de tuyères auxiliaires et que la stabilité du fil est plus grande à cause de la vitesse croissante du fil, les variations de la position d'arrivée au niveau de la tuyère auxiliaire suivante 10 ou du groupe de tuyères suivant sont beaucoup plus réduites et les tuyères suivantes peuvent, sans risque, être disposées plus près du bord de battage du peigne» L'invention permet ainsi une réduction supplémentaire de la hauteur du pas et, ainsi une réduction plus importante de la consommation d'air comprimé. 15 Suivant un autre mode de réalisation du métier selon l'invention, le diamètre de passage des orifices de projection desdites tuyères auxiliaires décroît avec la distance croissante des tuyères auxiliaires par rapport à ladite tuyère principale. La disposition selon l'invention est particulièrement 20 avantageuse lorsque lesdites tuyères auxiliaires sont alimentées séparément ou par groupes successivement avec de l'air comprimé en synchronisme avec l'avance du fil de trame dans la foule, comme décrit dans ladite demande de brevet français n° PV. 69 27 532. 25 Suivant un autre mode de réalisation du métier selon l'invention, la hauteur dudit tunnel ménagé à l'intérieur de la foule décroît en direction de l'avance du fil de trame. Ceci permet de réduire la hauteur effective du pas au voisinage de la tuyère principale à la plus petite valeur admissible avec la pré-30 cision de lancement en direction verticale de la tuyère principale et la stabilité du fil lancé, tandis que plus loin dans la foule, à des niveaux auxquels la précision de direction est augmentée et le fil est plus stable, on peut encore réduire la hauteur effective du pas. Ceci peut être réalisé par exemple en 35 utilisant des lames de peigne présentant une languette supérieure et une languette inférieure s'étendant vers l'avant et dont la distance mutuelle décroît progressivement ou pas à pas dans la direction de l'avance du fil de trame. L'invention sera mieux comprise à la lecture de la des-40 cription qui va suivre en se référant aux dessins annexés, sur 71 13684 4 2086212 lesquels : Fig. 1 est une vue en perspective de la foule d'une partie du peigne d'un métier à tisser selon l'invention comprenant une série de tuyères d'injection auxiliaires, 5 Fig. 2 est une vue en coupe transversale de la foule et du peigne au voisinage de la tuyère d'injection principale, et Fig„ 3 est une vue en coupe transversale similaire à celle représentée à la figure 2 mais ^dans un plan plus éloigné de ladite tuyère d'injection principale. 10 A la figure 1, les références 1 à 7 désignent une série de tuyères auxiliaires dont les orifices d'injection s'étendent dans la foule délimitée par la chaîne supérieure 7, par la chaîne inférieure 8 et par le peigne 10 d'un métier à tisser. A la figure 1, on ne voit qu'un nombre limité de lames ou dents 11 du 15 peigne 10. La référence 12 désigne l'orifice de sortie dirigé dans la foule de la tuyère d'injection principale. A l'intérieur de la foule est formé un tunnel dans lequel est injecté le fil de trame W par la tuyère principale 12 20 et ensuite transporté à travers la foule au moyen des jets d'air envoyés par les tuyères auxiliaires 1 à 7. Ce tunnel est, dans le mode de réalisation représenté ici, délimité essentiellement par les lames 11 du peigne et notamment par le bord 13 et les bords supérieur et inférieur 14 et 15 des branches ou languettes 25 lia et 11b s'étendant dans le sens de l'avance du peigne (figures 2 et 3). La distance S entre les bords situés l'un en regard de l'autre des branches lia et 11b détermine la hauteur du tunnel à travers lequel est transporté le fil de trame et cette hauteur 30 peut être considérée comme hauteur effective du pas. La hauteur effective du pas S_ peut par exemple être de 6 mm. Les tuyères auxiliaires 1 à 7 s'étendent par leurs orifices de sortie 1* à 7* à une distance £ du bord de battage 13 des lames et cette distance diminue avec la distance des tuyères 35 auxiliaires 1 à 7 par rapport à la tuyère principale 12. La distance £ est par exemple de 13 mm pour la tuyère auxiliaire 1, la plus proche de la tuyère principale et qui est représentée en coupe transversale à la figure 2, tandis que l'orifice de sortie 7' de la tuyère auxiliaire 7 représentée en coupe transversale à 40 la figure 3 est éloigné d'une distance p = 9 mm du bord de bat 71 13684 5 2086212 tage 13 du peigne. Les tuyères auxiliaires 2 à 6 peuvent être espacées du bord 13 d'une distance diminuant-progressivement de 13 à 9 mm» x-lais, dans la pratique, il est plus avantageux de maintenir la distance d constante pour des groupes de tuyères 5 auxiliaires par exemple pour chaque groupe de six tuyères auxiliaires» On notera que la figure 1 ne montre qu'une partie de la largeur totale de la foule et ainsi seulement une partie du nombre total des tuyères auxiliaires. Pour un métier d'une largeur utile de par exemple 1,8 m et une distance entre les axes des 10 tuyères auxiliaires de par exemple 5 cm, la foule comprend 36 tuyères auxiliaires. Avec la diminution de la distance £, le diamètre de sortie des orifices 1' à 7' des tuyères auxiliaires diminue également. L'orifice 1* de la tuyère auxiliaire 1 présente, par exem-15 pie, un diamètre de 1,2 mm, tandis que le diamètre de l'orifice 7* de la tuyère 7 est seulement de 0,6 mm. Les tuyères auxiliaires envoient en service des jets d'air coniques (avec un angle au sommet d'environ 15° par exemple) qui sont dirigés par leurs axes en un point situé à l'inté-20 rieur du tunnel et dans le voisinage du plan de la tuyère suivante qui est espacée du bord de serrage 13 du peigne d'une distance inférieure de l'ordre de 2 mm à 3,5 mm à celle de la tuyère précédente. Dans le mode de réalisation représenté ici, le fil de 25 trame est envoyé et transporté à partir d'un seul côté de la foule et à travers celle-ci. Mais il peut, bien entendu, également être envoyé à partir de l'autre côté latéral de la foule et, à cet effet, on prévoit, de l'autre côté du métier, une tuyère principale de la même construction que ladite tuyère 12. Lors— 30 qu'on utilise, dans ce cas, des tuyères auxiliaires qui peuvent être orientées vers la gauche et vers la droite, la distance £ décroît d'un côté du métier jusqu'au centre de la foule et croît ensuite à partir du centre de la foule dans les mêmes mesures jusqu'à l'autre côté du métier. Dans des métiers présentant une 35 largeur utile considérable, on obtient grâce à la partie centrale avantageuse de la foule une économie considérable dans la consommation totale de l'air comprimé. Aux figures 2 et 3, on voit, de plus, que les lames 11 du peigne 10 sont fixées par leur extrémité supérieure dans un 40 guide ou une jumelle 17 et, par leur extrémité inférieure, dans 71 13684 6 2086212 un logement d'un support ou d'une jumelle 18 représenté partiellement aux dessins annexés. Les tuyères auxiliaires 1 à 7 sont fixées sur l'une des faces du support 18 par l'intermédiaire de blocs d'alimentation 5 19 qui présentent, sur leur face inférieure, une ouverture d'arrivée pour le branchement d'un conduit d'alimentation d'air comprimé non représenté. Bien entendu, l'invention n'est pas limitée au mode de réalisation décrit et représenté, on peut y apporter de nombreu-iO ses modifications de détails, sans sortir, pour cela, du cadre de l'invention. 71 13684 7 2086212 R_E_V_E_N_D_I_C_A_T_I_;0_N_S 1° - Métier à tisser du type comprenant, à l'une des extrémités latérales de la foule, une tuyère d'insertion principale et, devant le peigne, une série de tuyères auxiliaires dis-5 tribuées sur toute la largeur de la foule, ladite tuyère principale et lesdites tuyères auxiliaires servant à introduire et à transporter le fil de trame au moyen d'un fluide sous pression à travers un tunnel ménagé dans la foule et qui est délimité au moins partiellement par les lames dudit peigne du métier, carac-10 térisé en ce que lesdites tuyères auxiliaires sont disposées séparément ou par groupes à une distance du bord de battage du pei gne qui décroît avec la distance croissante des tuyères auxiliai res par rapport à ladite tuyère principale. 2° - Métier à tisser suivant la revendication 1, carac-15 térisé en ce que le diamètre de passage des orifices de projection desdites tuyères auxiliaires décroît avec la distance crois santé des tuyères auxiliaires par rapport à ladite tuyère principale. 3° - Métier à tisser suivant les revendications 1 et 2, 20 caractérisé en ce que lesdites tuyères auxiliaires sont alimentées, séparément ou par groupes, successivement avec de l'air comprimé en synchronisme avec l'avance du fil de trame dans la foule. 4° - Métier a tisser suivant les revendications 1, 2 et 25 3, caractérisé en ce que la hauteur dudit tunnel ménagé à l'intérieur de la foule décroît en direction de l'avance du fil de trame.