La présente invention a pour objet une composition herbicide à base d'un chlorate alcalin et un procédé pour l'obtention d'une telle composition. I1 est connu, depuis longtemps, d'utiliser un chlorate alcalin, en narticulier du chlorate de potassium ou de sodium, pour le désherbage total des surfaces comme les cours, les allees, etc-... Le chlorate est, en effet, recherché pour son effet rapide sur les plantes par brûlure. Pour faciliter son épandage en évitant qu1il ne se prenne en mottes, il a été proposé, dans le brevet belge 645.093, de lui ajouter de 0,5 à 2% en poids de silice amorphe précipitée à grains très fins. En raison de la faible teneur en humidité, la composition se présente sous la forme d'une poudre sèche. Pour diminuer les risques d'incendie et d'explosion dus à la manipulation des chlorates alcalins, il est connu de les mélangeur avec un borate alcalin hydraté qui, par léger chauffage, libère son eau d'hydratation qui humidifie le mélange. Cependant, celui-ci se présente sous la forme d'une poudre sèche ou de granulés, selon qu'on veut utiliser le chlorate en solution aqueuse ou directement par épandage. Les risques précités augmentent encore lorsqu'on associe un chlorate alcalin dont l'action est peu persistante avec un herbicide total organique assurant une action désherbante de longue durée. L'inflammabilité résulte des propriétés réductrices de certains des produits organiques utilisés. En particulier, les mélanges chlorate herbicides organiques rémanentes sous forme de granulés présentent de nombreux inconvénients, notamment une grande sensibilité au choc, la difficulté de pouvoir les appliquer de façon uniforme en surface et une action qui dépend beaucoup des conditions pluviométriques. A ceci s'ajoute le fait non négligeable que ces mélanges ont un prix de revient élevé. On a bien envisagé d'ajouter un borate alcalin fortement hydraté, mais cette solution conduit à une poudre sèche qui n'a pas trouvé d'application pratique. Ceci est peut-être du au fait que les mélanges homogènes chlorate-désherbant organique sont difficilesà obtenir en raison d'une stratification de ces produits, ce qui les rend pratiquement inutilisables. Or, en raison de l'augmentation du nombre des jardins,-ll se fait une demande croissante d'un mélange homogène de chlorate et d'un herbicide organique exempt de risques d'incendie ou d'explosion. La présente invention propose une solution à ce problème. Elle a pour objet une composition herbicide comprenant à la fois - au moins un chlorate alcalin, - au moins un herbicide organique rémanent, - une charge chimiquement inerte antimottante, - une faible quantité d'eau, caractérisée en ce que ladite composition contient : - au moins 2 % en poids d'une charge antimottante hydrophile, - de 4 à 20 % en poids d'eau. Cette eau peut être aisément déterminée par des méthodes connues en elles-mêmes, telles que celle de distillation azéotropique de Dean et Stark ou la méthode de Karl Fisher. De plus, la demanderesse a constaté que cette eau se trouve sous deux formes : la première partie assurant la saturation de la charge antimottante hydrophile et une autre partie (désignée dans la suite par eau en excès") faisant partie intégrante de la composition sans pour autant être fixée par la charge antimottante. De préférence, cette eau en excès se trouve à raison de 2 à 5 % en poids dans la composition. De préférence, la charge antimottante est une silice de nature diverse suivant qu'elle a été fabriquée selon un procédé de précipitation, pyrogénation, etc... Des résultats particulièrement intéressants ont été obtenus en utilisant des compositions contenant 2 à 4 % en poids de silices possédant des propriétés hydrophiles et 3 à 4 % d'eau libre. En plus d'au moins un chlorate alcalin, la composition selon l'invention contient au moins un herbicide organique rémanent, tel que notamment une urée substituée, comme par exemple, le fénuron, le monuron, le diuron, une triazine telle que, par exemple, la simazine, l'atrazine, la prométryne, etc..., des acides aliphatiques ou aromatiques halogénés ou leur sel, leur ester ou amide, par exemple l'acide trichloracétique ou TCA et l'acide 2,2-dichloropropionique ou dalapon, des uraciles tels que bromacil, etc... Cette liste n'est pas limitative et d'autres herbicides organiques, de préférence totaux, peuvent être utilisés. La proportion des matieres actives dans la composition selon l'invention n'est pas critique. Elle dépend des doses efficaces de ces matières actives prises seules, de l'enherbement de la surface à désherber, des conditions dthumidi- té de l'air et du sol, etc... En utilisant un chlorate alcalin et du diuron ou de la simazine, des proportions respectives de 70 à 95 % et de 2 à 5 % se sont révélées intéressantes. La composition selon -l'invention peut être préparée par simple mélange à sec ou à l'humide du chlorate, de la silice et du désherbant organique, l'eau étant ajoutée ensuite. D'une manière plus industrielle, on mélange d'abord à sec le chlorate avec la silice, puis on ajoute ensuite progressivement le désherbant organique, le mélange étant, simultanément ou peu après, arrosé d'eau. Une partie de cette eau est absorbée jusqu'd saturation par la silice, tandis que le reste constitue ce qu'on appelle l'eau en excès. On obtient ainsi une composition qui présente le double avantage d'une grande homogénéité assurant donc un désherbage de qualité constante et d'une grande sécurité en raison de la présence d'eau. Mais de façon tout à fait inattendue, cette composition se présente sous une forme très particulière ressemblant à du sable humide d'une grande fluence et d'excellentes propriétés antimottantes même après de longues périodes de stockage. Cette présentation particulière permet son utilisation soit pour être dissoute dans l'eau à fin d'arrosage ou de pulvérisation, soit pour être épandue à la main ou mécaniquement, telle quelle sur le sol. Cette composition allie, en effet, sous une même présentation - les avantages des granulés : - grains suffisamment lourds pour ne pas s'envoler, donc securité d'emploi - facilité de manipulation par épandage manuel ou méca nique, sans risque de souillure pour l'opérateur, sans en présenter les inconvénients (teneur en matière active ne dépassant pas 70 % en raison a d'une charge importante, tendance à rouler dans les rigoles du ter rain, d'où inégalité du traitement en surface). - et les avantages de la poudre mouillable, ou soluble, à savoir - haute teneur en matière active, - régularité du traitement par arrosage ou pulvérisation, - un prix de revient économique, sans en avoir les inconvénients (envol de la poudre au moindre courant d'air). Cette présentation est obtenue pour une teneur en eau libre comprise dans les limites indiquées ci-dessus. En particulier, si la teneur en eau est sensiblement inférieure à 2 %, la composition a le comportement d'une poudre sèche, tandis que, pour des teneurs supérieures à 5 %, l'eau n'est plus fixée dans le mélange et coule, ce qui rend la composition inutilisable pour l'épandage. L'invention comprend également l'utilisation des compositions ci-dessus pour le désherbage total de cours, allées, terrasses, voies de chemin de fer, etc..., mais aussi pour le désherbage sélectif de certaines cultures comme celles des palmiers à huile, des hévéas (au moins pour les plantations jeunes). D'une manière générale, ce désherbage peut être effectué à l'aide de compositions contenant de 10 à 300 kg/ha de matière active. Les exemples suivants sont donnés à titre indicatif, mais non limitatifs pour illustrer l'invention. Sauf indication contraire, les pourcentages sont exprimés en poids de la composition. Exemple 1 On prépare la composition suivante chlorate de sodium 87 % diuron 3 % charge antimottante 3 % eau de saturation 3 % eau libre 4 % La charge antimottante est une silice 2 hydrophile précipitée, de surface spécifique d'environ 250 m et d'une finesse telle qu'il n'y a pas de particules de dimension supérieure à 38 microns. Cette composition a la consistance d'un sable fin humide de bonne fluence, l'humidité ne suintant pas lors de la manipulation. Au bout d'un an de stockage dans un emballage plastique non soudé, mais simplement fermé à l'aide d'une ficelle, l'analyse de la composition ne révèle pas de diminution du degré d'humidité. Exemple 2 On obtient des résultats analogues, lorsque, dans la composition de l'exemple 1, on remplace la silice par un silicate de calcium. L'utilisation comme charge antimottante d'un kaolin donne des résultats un peu inférieurs notamment du point de vue mottage. Exemple 3 On prépare deux compositions analogues à celle de l'exemple 1, si ce n'est que la teneur en eau libre est différente : 1,5 % pour la première et 5,5 % pour la seconde, donc au delà des limites définies ci-dessus. La première des compositions a un aspect pulvérulent qui présente l'inconvénient de voler au moindre courant d'air lors de la manipulation. De plus, elle ne peut être utilisée par épandage, mais seulement par mise en solution aqueuse à fin d'arrosage ou de pulvérisation. La seconde regorge d'eau qui coule dans l'emballage et dans les mains de l'utilisateur, lors de la manipulation. Exemple 4 On utilise la composition de l'exemple 1 à une dose de 200 kg de matière active (soit 174 kg/ha de chlorate et 6 kg/ha de diuron) en solution aqueuse par arrosage sur des parcelles présentant un enherbement uniforme, abondant et bien établi. Les pourcentages de destruction ci-apres sont des moyennes de deux répétitions, chacune comprenant trois controles respectivement au bout de 15 jours, 50 jours et 5 mois 1/2. Dans ces conditions d'enherbement très dense, la composition selon l'inven- tion donne une destruction de 80 %.Pour obtenir un effet du même ordre, il faut sur une parcelle analogue traiter à raison de 20kg/ ha à l'aide d'une composition classique du commerce très active contenant - 25 % d'aminotriazole (herbicide à action de choc) - 35 % de diuron, Cependant, il faut noter qu'au bout de 15 jours, le pourcentage de destruction atteint déjà 7; % avec la composition selon l'invention alors qu'il n'est que de 60 % avec la composition commerciale prise pour référence. Enfin, dans ce même test, une dose de 250 kg/ha de chlorate de sodium donne un pouvoir de destruction de 70 % inférieur à celui de la composition selon l'invention. En pratique, la composition de l'exemple 1 donne déjà d'excellents résultats à des doses voisines de 100 kg/ha. Exemple 5 Dans les mêmes conditions d'enherbement qu'à l'exemple précédent, on utilise, par épandage à la main, à une même dose de 200 kg/ha - d'une part la composition de l'exemple 1 colorée en jaune par une petite quantité de chromate de sodium, - et d'autre part, une composition granulée contenant 75 % de chlorate de sodium 2,5 % de diuron q.s.p.100 d'une charge inerte colorée en jaune à l'aide d'une petite quantité de chromate de sodium. Dès l'épandage, on observe, grâce à la couleur des deux compositions, que celle selon l'invention est répartie beaucoup plus régulièrement que les granulés qui sont, par endroits, rassemblés dans les rigoles du terrain. A la fin de l'essai, on constate que le pourcentage de destruction obtenue avec les granulés est de l'ordre de 65 % alors qu'il est de 80 % avec la composition selon l'invention. De plus, comme on pouvait l'attendre au vu de l'appréciation visuelle de la répartition, la régularité de l'effet avec cette composition est supérieure à celle obtenue avec le granulé. Exemple 6 Des résultats analogues à ceux de la composition décrite à l'exemple 1 sont obtenus lorsqu'on remplace poids pour poids le diuron par de la simazine. REVENDICATIONS 1) Composition herbicide comprenant à la fois - au moins un chlorate alcalin, - au moins un herbicide organique rémanent, - une charge chimiquement inerte antimottante, - une faible quantité d'eau, caractérisée en ce que cette composition contient - au moins 2 % en poids d'une charge antimottante, - de 4 à 20 % en poids d'eau. 2) Composition selon la revendication 1, caractérisée en ce qu'elle contient 2 à 5 % en poids de la composition d'eau en excès de l'eau de saturation de la charge antimottante. 3) Composition selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisée en ce que la charge antimottante est hydrophile. 4) Composition selon la revendication 1, caractérisée en ce que la charge antimottante est une silice. 5) Composition selon la revendication 1, caractérisée en ce que la charge antimottante est un silicate. 6) Composition selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisée en ce qu'elle contient de 2 à 4 % de charge antimottante et de 3 à 4 % d'eau. en excès de l'eau de saturation de ladite charge. 7) Composition selon l'une des revendications 1 à 4 caractérisée en ce que l'herbicide organique rémanent est une NN' alcoyl phényl urée. 8) Composition selon l'une des revendications 1 à 4, carac térisée en ce que l'herbicide organique rémanent est une triazine. 9) Procédé de fabrication d'une composition selon l'une des revendications 1 à 6 qui consiste à mélanger au moins un chlorate alcalin avec au moins 2 % en poids d'une charge antimottante hydrophile éventuellement en présence d'eau, puis à mélanger le produit obtenu avec un herbicide organique rémanent, enfin d'ajuster l'humidité du mélange de manière à ce qu'il contienne de 2 à 5 % d'eau en excès de l'eau de saturation de la charge antimottante. 10) Procédé de désherbage total ou sélectif caractérisé en ce qu'on utilise une composition selon l'une des revendications 1 à 9.