la présente invention concerne la protection des yeux contre les radiations des régions infrarouges et ultraviolettes du spectre électromagnétique par des filtres complexes dits ci-après "filtres protecteurs". On sait que, seules, les radiations du milieu du spectre visible, ayant des longueurs d'onde de l'ordre de 400 nm à 700 nm, sont sans danger pour les yeux, tandis que les radiations infrarouges (ou calorifiques) et ultraviolettes sont dangereuses. On a proposé un grand nombre de moyens pour protéger les yeux contre ces radiations, notamment les lunettes dites "de soleil" et des filtres spéciaux pour les fenêtres. Généralement, on cherche à obtenir cette protection par l'introduction d'un . colorant particulier dans le verre ou dans la matière plastique, formant le support d'un filtre. Le problème est ainsi mal résolu et ces filtres sont fondamentalement mauvais, car ils laissent passer une fraction trop grande des radiations infrarouges et ultraviolettes, tout en absorbant trop les radiations visibles. Pour compenser l'affaiblissement de la lumière visible, l'iris de l'oeil s'ouvre davantage, si bien que, en définitive, l'énergie rayonnée dans les régions infrarouge et ultraviolette et tombant sur la rétine peut être plus grande qu'en l'absence de toute protection. Certaines matières spéciales peuvent être ajoutées aux verres pour arrêter les radiations infrarouges et ultraviolettes, mais il s'agit de produits coûteux et les verres de lunette à bon marché n'en contiennent pas. Outre les innombrables compositions spéciales de verres et de matières plastiques proposées comme filtres protecteurs, d'autres solutions à ce problème ont été proposées, notamment l'utilisation de feuilles métalliques très minces, notamment de feuilles d'or ou de cuivre. Les brevets des Etats-Unis 3 112 731, 1 222 043, 2 087 302 et 2 854 349 proposent d'arrêter par des moyens de ce genre les fractions infrarouge et/ou ultraviolette du spectre électromagnétique. Ces solutions donnent parfaitement satisfaction pour certaines applications, notamment pour la protection des yeux des soudeurs. Néanmoins, cette solution ne peut pas être appliquée dans le cas général, parce que la lumière arrivant derrière le filtre se réfléchit sur la feuille métallique et peut devenir gênante ou dangereuse. De tels filtres ne conviennent donc pas pour les lunettes de soleil, utilisées essentiellement en plein air. Bien que l'or ou autre métal soit appliqué le plus souvent à l'état de couche sur un support, on désignera l'élément métallique, dans la présente description et dans les revendications qui suivent, par "feuille" d'or, etc. La transmittance d'un filtre protecteur idéal doit être maximale dans la zone de plus grande sensibilité de l'oeil, entre 400 rjr. environ et 7CG nm environ, pour que l'oeil réagisse correctement à une lumière intense par fermeture de l'iris et se protège ainsi contre les radiations nocives et invisi- BAD ORIGl 69 05772 2 2003177 bles; d'autre part, cet écran idéal ne devrait pas présenter une face postérieure réfléchissante. L'invention a pour but la fabrication d'un filtre, protégeant les yeux contre les fractions nocives, infrarouges et ultraviolettes, du spectre électromagnétique, se rapprochant beaucoup de ce filtre 5 idéal. Le nouveau filtre à plusieurs couches suivant l'invention qui est destiné à protéger les yeux contre les rayonnements nocifs du spectre électromagnétique, et qui comprend un support transparent sur au moins une face duquel est appliqué un élément filtrant formé d'une feuille d'or, de cuivre ou d'un métal est 1C équivalent placée entre deux couches transparentes,/caractérisé en ce qu'il comprend une couche anti-reflets formée d'un métal, d'un élément semi-métallique ou d'un alliage ayant un indice complexe de réfraction dont la partie réelle et la partie imaginaire sont dans un rapport compris entre 0,1 et 10, déposée sot l'une au moins des couches transparentes, à la surface de cette 15 couche qui est opposée à la surface contigue à la feuille métallique. L'invention a également pour objet un procédé de protection des yeux contre les radiations nocives du spectre électromagnétique, consistant à placer devant les yeux un filtre protecteur, caractérisé en ce qu'on place devant les yeux le filtre défini ci-dessus, la couche anti-reflets étant placée entre l'oeil 20 et la couche métallique. Au dessin annexé : - la Fig. 1 est un graphique comprenant les courbes de transmittance de divers filtres commerciaux et du filtre idéal (courbes transmittance/longueur d'onde) ; 25 - la Fig. 2 est un graphique analogue relatif à deux filtres suivant l'invention ; - les Fig. 3 à 5 sont des coupes transversales de filtres suivant divers modes de réalisation de l'invention ; et - la Fig. 7 est un graphique montrant, en fonction de la longueur d'onde, 30 les réflexions sur les diverses surfaces des couches entrant dans la structure des filtres suivant l'invention. La courbe en trait plein de la Fig. 1 correspond au filtre idéal, ne transmettant rien dans les régions infrarouge et ultraviolette. La courbe 1 est celle d'un assez bon filtre, vendu dans le commerce, qui est opaque à l'ultra-35 violet, mais laisse passer beaucoup d'infrarouge. La courbe 2 est celle d'un filtre usuel en matière plastique,(lunette dite "de soleil")contenant des colorants pour plastiques, laissant passer beaucoup d'ultraviolet et encore plus d'infrarouge. La courbe 3 est relative à un filtre polarisant, élément de lunettes de soleil, qui laisse aussi passer beaucoup d'infrarouge. 40 La Fig. 2 montre les transmittances de deux filtres "suivant l'invention : BAD ORIGINAL^ «4î 69 05772 3 2003177 on voit que ceux-ci ne laissent passer que très peu d'infrarouge et très peu d'ultraviolet. Celui qui correspond à la courbe 2 est particulièrement bon. la Fig. 3 montre un mode de réalisation de l'invention particulièrement simple. Le filtre représenté comprend un élâitent 10 filtrant formé drune mince 5 feuille de métal, avantageusement d'or, prise entre deux couches 14, 16 de matière transparente. La surface externe de la seconde couche 15 transparente est recouverte d'une couche 18 de matière réduisait les réflexions parasites (couche dite "anti-ref1ets")de la lumière arrivant par la face postérieure du filtre et venant frapper l'oeil, quand ce filtre est un élément d'une paire de 10 lunettes de soleil ou d'une vitre de fenêtre. Le filtre ainsi formé est fixé sur un support 20 transparent, qui est en contact avec la couche anti-reflets. Divers métaux, tels que l'argent, l'aluminium, plus particulièrement le cuivre et surtout l'or, peuvent servir à former la couche métallique. Les couches transparentes peuvent être faites de matières très diverses, usuelles dans la 15 fabrication des lunettes de soleil. D'une manière générale, on peut utiliser toute matière transparente dont l'indice de réfraction est au moins voisin de 1,5, telle que le bioxyde de titane; l'oxyde de plmob, l'oxyde de bismuth et, plus particulièrement, le sulfure de zinc. Il est essentiel que cette matière transparente ait un grand indice de 20 réfraction, car on obtient ainsi une meilleure transparence de la couche métallique dans le spectre visible. En choisissant convenablement les constantes optiques de la feuille métallique et des couches transparentes accolées, on peut réduire les effets optiques indésirables aux surfaces de séparation entre cette feuille métallique et les couches transparentes voisines. Ceci est, d'ailleurs, 25 connu. L'épaisseur des couches transparentes est très critique, car il est recomman-dable que les chemins optiques soient d'environ une demi longueur d'onde dans chacune des couches jouxtant la feuille métallique, si bien que les images parasites produites par réflexion sur les deux interfaces de la couche transparen-30 te , dans la même direction, ont une différence de phase correspondant à une desni longueur d'onde, et s'affaiblissent donc par interférence. On fera cette compensation avantageusement pour la longueur d'onde de 550 nm, environ. En choisissant convenablement les indices de réfraction de la feuille métallique et de la couche transparente, la lumière réfléchie par l'interface métal/couche 35 transparente et par la face opposée de la couche transparente s'équilibrent en grande partie dans la région visible du spectre : autrement dit, la transmit-tance de l'ensemble est accrue pour cette région du spectre. Cet effet est marqué tout particulièrement au voisinage du maximum de transparence de la feuille métallique. Cette association de couches présente, entre autres avantages 40 supplémentaires, celui de réduire la transparence du métal pour les plus grandes o*D OR1G 69 05772 4 2003177 longueurs d'onde, c'est-à-dire dans l'infrarouge. L'association d'une feuille d'or et d'une couche de sulfure de zinc est particulièrement avantageuse. Les feuilles minces d'or et de cuivre, qui sont les feuilles minces métalliques les plus avantageuses dans la pratique, comme il a été dit, donnent des 5 colorations variables suivant l'épaisseur des couches transparentes et le mode de formation de la feuille métallique, tes meilleures feuilles métalliques pour des limettes de soleil sont celles qu'on obtient par dépôt rapide de vapeur métallique sur la couche récemment formée par vaporisation d'une matière transparente, telle que du sulfure de zinc, la température de vaporisation 10 étant comprise entre 1000°C environ et 1400°C environ. Les feuilles minces d'or, préparées par vaporisation sous vide ou par d'autres moyens usuels, transmettent les radiations de longueurs d'ondes comprises entre 450 nm et 600 nm. La longueur d'onde du maximum de transparence dépend de la matière sur laquelle la feuille métallique a été déposée, de la vitesse de dépôt et de 15 l'épaisseur. On trouvera des précisions sur ce point dans l'ouvrage de L. Holland ï "Vacuum Déposition of Thin Films", pages 505 à 508. Quand on a recouvert une feuille d'or d'une couche de matière transparente identique ou non à la matière de la couche de support, l'ensemble de trois couches ainsi formé présente une couleur vert grisâtre ou paille, suivant l'épaisseur optique des 20 couches transparentes. Il existe diverses manières de déposer la feuille métallique, d'or ou de cuivre par exemple. On peut ainsi utiliser la pulvérisation cathodique, l'électro-lyse ou un procédé purement chimique de dépôt. On utilise avantageusement le procédé d'évaporation et de condensation du métal, car c'est celui qui donne 25 la couche la plus uniforme et la plus parfaite optiquement. Bien que l'épaisseur des couches transparentes puisse varier considérables-..' ment, entre des limites raisonnables, les meilleurs résultats sont obtenus quand l'épaisseur des couches transparentes est de l'ordre de 30 nm à 50 nm et que celle de la feuille d'or, de cuivre ou autre métal, est de l'ordre de 30 nm 30 à 70 nm. Avec ces épaisseurs, le phénomène d'interférence qui renforce la transmittance de la feuille métallique intercalée entre les deux feuilles transparentes, expliqué précédemment, est particulièrement important et, comme • il sera expliqué dans la suite, l'efficacité de la couche anti-reflets est accrue. On obtient des résultats supérieurs quand les deux couches transparen-35 tes ont des épaisseurs comprises entre 35 nm environ et 45 nm environ et que la feuille métallique a une épaisseur comprise entre 35 nm et 60 m. Les couches transparentes peuvent être obtenues par n'importe quelle technique usuelle. L'une d'elles consiste à former une couche par évaporation sous vide, à température élevée, de matière placée dans une nacelle de tungstène. 40 Quand cette matière estr comme il est très recommandable, du sulfure de zinc, I I 5 69 05772 5 2003177 celui-ci doit être extrêmement pur ; il doit être de la qualité préparée industriellement pour fabriquer•les écrans phosphorescents des tubes cathodiques. La température d'évaporation est alors de 1200°C environ. Quand du sulfure de zinc de cette qualité particulière est ainsi évaporé, et que la 5 couche obtenue subit une cuisson à 70°C au moins pendant plusieurs heures, cette couche devient pratiquement insoluble dans l'eau et les solutions basiques, très dures et transparentes dans tout le spectre visible. Le métal, alliage ou composé semi-métallique qui forme là couche antireflets ne doit pas avoir un grand pouvoir réflecteur. Cette caractéristique 10 peut être quantifiée en considérant 1'indice complexe de réfraction n = n - ik Les matériaux métalliques ou semi-métalliques utilisables sont ceux pour lesquels les parties réelle et imaginaire de l'indice complexe sont du même ordre de grandeur, le rapport k/n étant compris entre 0,1 et 10. Les métaux pour 15 lesquels ce rapport est supérieur à 10 sont trop réfléchissants en eux-mêmes ; ceux pour lesquels ce rapport est inférieur à 0,1 sont trop transparents et insuffisamment absorbants. La couche de matière anti-reflets peut être une couche métallique, presque tous les métaux autres que ceux qu'on considère habituellement comme des métaux 20 alcalins et alcalino-terreux, tels que le sodium, le potassium ou le calcium, étant utilisables. On préfère utiliser du nickel, du titane, du fer ou du chrome pour former la couche anti-reflets, mais on peut aussi utiliser l'aluminium, le lanthane, l'indium, l'étain, le plomb, le tantale, le tungstène, le cobalt, le molybdène, l'osmium, l'iridium, le platine, l'yttrium, le zirconium, 25 le niobium, le zinc, le cadmium, le vanadium, l'hafnium, le rhénium ou le thallium. On peut aussi utiliser des éléments semi-métalliques, c'est-à-dire des éléments présentant à la fois des caractères métalliques et des caractères non-métalliques, tels que le silicium, le germanium, l'arsenic, l'antimoine ou le tellure. On peut aussi utiliser des alliages, tels que l"lInconel" et les 30 autres alliages de nickel, qui sont tout à fait recommandables . Les alliages présentent des propriétés d'évaporation particulièrement avantageuses. Il est recommandable d'utiliser des couches anti-reflets qui ne changent pas la coloration de la lumière transmise. C'est le cas des couches de niclcel et d'alliages de nicfcel. 35 Le rôle de la couche anti-reflets est, comme il a été expliqué, de réduire la réflexion de la lumière sur la face postérieure de la feuille métallique. Le meilleur moyen d'obtenir ce résultat consiste à absorber la lumière qui doit traverser la couche anti-reflets avant de se réfléchir sur la face postérieure de la feuille métallique. Il est particulièrement avantageux d'obtenir BAD OR1GW 69 05772 6 2003177 une absorption partielle et une transmission partielle de la lumière visible dans cette couche réduisant les réflexions. C'est dans ces conditions qu'on obtient les meilleurs résultats : d'une part, la lumière qui vient dans le sens normal est filtrée quand elle traverse la feuille métallique et peut traverser 5 la couche anti-reflets par suite de sa transparence partielle, si bien que cette lumière peut atteindre l'oeil, èt, d'autre part, la lumière qui vient dans l'autre sens et traverse la couche anti-reflets est affaiblie par absorption partielle. Le reste de la lumière peut soit traverser la feuille métallique, soit être réfléchi vers l'arrière et doit à nouveau traverser la couche 10 anti-reflets, ce qui l'affaiblit considérablement à nouveau par une seconde absorption partielle. La lumière venant dans le sens normal ne traverse qu'une fois la couche anti-reflets, tandis que celle qui arrive de l'autre côté de l'écran doit traverser deux fois cette couche anti-reflets et est donc affaiblie suffisamment pour être tolérée par l'oeil, même si la couche anti-15 reflets présente une transmittance notable. Pour améliorer encore l'efficacité de la couche anti-reflets, la couche transparente placée entre la feuille métallique et la couche anti-reflets doit avoir une épaisseur optique approximativement égale au quart de la longueur d'onde de la lumière réfléchie. Il est donc extrêmement avantageux que l'épais-20 seur de cette couche transparente soit comprise entre 30 nm environ et 50 nm-environ. Quand la couche transparente a une telle épaisseur, un phénomène d'interférence se produit entre les ondes lumineuses réfléchies par les deux surfaces de la couche transparente, contribuant à un affaiblissement de la quantité de lumière réfléchie. 25 Pour obtenir une couche anti-reflets suffisamment transparente dans le spectre visible, n'affaiblissant pas sensiblement la lumière visible transmise à travers l'ensemble formé par les deux couches transparentes entourant la feuille métallique, et ne produise pas d'effet intempestif en se comportant comme une couche filtrante indépendante, il faut que l'épaisseur de cette 30 couche anti-reflets soit relativement petite. Cette épaisseur peut varier de 5 nm environ à 20 nm environ, et est avantageusement comprise entre 10 nm et 18 nm. La couche anti-reflets peut être appliquée directement sur le support ou sur la couche transparente par vin quelconque des procédés indiqués ci-dessus 35 pour le dépôt de la feuille métallique. D'autre part, le support et/ou la couche transparente peuvent être enduits d'une couche d'accrochage qui facilite l'adhérence de la couche anti-reflets sur le support et sur la couche transparente et qui peut aussi être appliquée pour obtenir une interface parfaitement transparente entre le métal et les couches adjacentes. 40 II faut noter que si on respecte les limites d'épaisseur indiquées ci- 05772 7 2003177 dessus pour la couche anti-reflets, le pouvoir réflecteur de l'ensemble formé par la feuille métallique et les deux couches qui la jouxtent peut être plus faible que celui des verres et des lentilles optiques usuelles. Le filtre décrit ci-dessus, formé d'une feuille métallique enchâssée entre deux couches transparentes, puis muni d'une couche anti-reflets, peut être monté sur un support transparent, qui peut être fabriqué avec une matière transparente usuelle, dont la nature est à peu près indifférente. Par exemple, ce support peut être en verre transparent; ce peut être une feuille de matière plastique; il peut être teinté avec des colorants ou des pigments soit pour produire un effet coloré particulier, soit pour réduire la transmittance dans le visible, si ce résultat est souhaitable. La condition essentielle est que ce support ait une transparence suffisante ; sa nature précise est indifférente. L'efficacité de la couche de nickel comme couche anti-reflets, évitant les réflexions parasites de la lumière venant par la face postérieure de l'écran est illustrée par la Fig. 7. La courbe 1 montre le pouvoir réflecteur d'une simple couche d'or; la courbe 3 celui d'une surface nue de support 20 transparent ; la courbe 2 montre la réflexion sur la face postérieure d'un filtre protecteur de l'oeil formé d'un support transparent, d'une couche de nickel, d'une couche de sulfure de zinc, d'une couche d'or et d'une seconde couche de sulfure de zinc. Si c'est nécessaire, la réflexion sur le support 20 lui-même peut encore être réduite par application d'une couche de fluorure de magnésium, ce qui a l'inconvénient d'exiger une opération supplémentaire de fabrication. Le problème de la réflexion dorsale parasite est résolu de manière satisfaisante par l'application de la couche anti-reflets sur la face postérieure du filtre suivant l'invention. Comme le montre la Fig. 4, qui représente un autre mode de réalisation de l'invention, le support 20 peut être fixé à la face postérieure du filtre 10; autrement dit, le support peut être contigu à la surface libre de la première couche 14 transparente de l'élément 10 de filtre, construit comme il a été décrit. Suivant ce mode de réalisation, c'est donc la surface libre de la couche 16 anti-reflets qui est la surface externe placée du côté de l'oeil. Les filtres suivant l'invention, formés de plusieurs couches, sont stables dans des conditions normales d'utilisation ; néanmoins, une manipulation maladroite peut les détériorer, et laisser, notamment, des empreintes digitales. Il est donc recommandable de les protéger, soit en déposant à leur surface une couche de matière polymère, soit en les recouvrant d'une autre pellicule par laminage. L'enduction avec une matière polymère peut être faite par le procédé de dépôt à l'état de vapeur décrit au brevet des Etats-Unis d'Amérique 3 322 565, qui utilise un faisceau d'électrons pour produire ce 69 05772 8 2003177 dépôt. Par conséquent, il est recommandable de construire les filtres suivant l'invention de la manière représentée à la Fig. 5. La surface exposée de l'élément 10 de filtre, qui est, en ce cas, la surface externe de la couche 5 transparente 14, est recouverte d'une couche 22 superficielle protectrice transparente, telle qu'une couche stable dans le temps et dure, telle qu'une couche de polyêthylène, de polypropylène ou de poly(téréphtalate d'éthylènegly-col), ce qui a pour but de protéger la couche molle et plus fragile de l'élément de filtre contre les égratignures, l'abrasion et les frottements divers. 10 Comme le montre la Fig. 6, si le support 20 et l'élément 10 de filtre sont disposés comme représenté à la Fig. 4, ce qui a été décrit précédemment', la couche 22 superficielle peut être appliquée contre la surface libre de la couche 18 anti-reflets, qui forme la surface externe de l'ensemble représenté à la Fig. 4. La couche anti-reflets est ainsi protégée contre les dégra-15 dations par choc ou par abrasion. Cette couche superficielle protectrice peut être une couche de verre, de matière plastique transparente, telle qu'une couche de polyêthylène, de polypropylène, de poly(téréphtalate d'éthylèneglycol) ou de toute autre matière plastique suffisamment résistante. On peut appliquer cette couche superficiel-20 le protectrice sur la couche transparente par un procédé quelconque d'application, tel que le dépôt sous forme de vapeur, décrit précédemment, par évapora-tion, par luminage, au trempé, etc. La composition de la couche protectrice n'est limitée que par les facteurs qui limitent la composition de la matière de support elle-même : autrement 25 dit, la matière utilisée doit être transparente, compatible avec la feuille métallique ou avec la couche transparente contigue. Elle ne doit pas produire de déformation. Cette couche est soit la première couche, soit la dernière couche rencontrée par la lumière dans la traversée des filtres suivant l'invention, selon le mode de réalisation choisi. 30 Dans les divers modes de réalisation décrits, et quel que soit l'ordre adopté pour les couches, le filtre peut être fabriqué en déposant sur le support la couche qui le jouxte, puis en déposant successivement les couches les unes sur les autres, en leur donnant l'épaisseur prévue, jusqu'à obtention du produit complet. Par exemple, on peut préparer un filtre correspondant à la 35 Fig. 5 en déposant d'abord la couche anti-reflets sur le support par un des procédés indiqués ci-dessus, puis on dépose la couche transparente et, enfin, les autres couches, dans l'ordre. Il est à noter i$ie le filtre le meilleur, dont la courbe de transmittance en fonction de la longueur d'onde se rapproche le plus de la courbe idéale 40 de la Fig. 1, doit avoir des couches d'épaisseurs déterminées comme il a été 69 05772 Q 2003177 décrit. 3i les épaisseurs diffèrent de celles qu'on a indiquées, on obtient des filtres plus ou moins satisfaisants, mais l'ensemble des résultats avantageux rapportés ici n'est obtenu que si les épaisseurs indiquées sont respectées. 5 Les filtres protecteurs suivant l'invention peuvent faire partie intégrante de lunettes de soleil d'aspect courant; ils peuvent former la totalité du système optique de ces lunettes, ou seulement une partie de ce système optique. Le support transparent comprendra alors généralement une partie concavo-convexe disposée dans une monture de manière que la surface concave du support 10 transparent soit tournée du côté de l'oeil du porteur de lunettes. L'élément filtrant qui est fixé au support concavo-convexe est alors également concavo-convexe et il est construit de manière que la couche anti-reflets soit placée dans la concavité de l'élément filtrant. La disposition précise des couches peut correspondre à l'une quelconque des Fig. 3 à G à la condition que la cou-15 che anti-reflets soit placée dans la concavité de l'élément de filtre. Il serait d'ailleurs possible de fabriquer des lunettes de soleil à verres plans ou même convexo-concaves, bien que ce ne soit pas pratique ; une telle fabrication n'est pas usuelle actuellement. Les réalisations les plus avantageuses de l'invention correspondent aux 20 dispositions de couches montrées aux Fig. 4 et 6, et on oriente les filtres pour que la couche anti-reflets soit placée entre le support transparent et l'oeil du porteur de lunettes. Les exemples suivants illustrent l'invention. EXEMPLE 1. 25 On prépare un filtre suivant l'invention en opérant dans une cloche à vide (modèle "VEK-775" fabriquée par la firme Velco Instruments, Inc. aux Etats-Unis d'Amérique). On dispose une feuille de poly(téréphtalate d'éthylèneglycol) ou de triacétate de cellulose, ayant une longueur de 250 mm, une largeur de 125 mm et une épaisseur de 0,175 mm sur un support en forme de dôme, situé à 30 37 cm environ des sources de vapeur, qui sont trois nacelles de tungstène, situées sous le support à recouvrir et vers le centre de celui-ci. Une des nacelles contient du nickel, une autre contient du sulfure de zinc et la troisième contient de l'or. Un dispositif de mesure de 1'épaisseur des couches déposées, dont l'organe essentiel est un cristal de quartz vibrant (appareil 35 fabriqué aux Etats-Unis d'Amérique par la firme Sloan Instruments Corporation) est placé au voisinage du support et dans le même plan que lui. On fait le vide dans l'appareil, la pression étant de 0,01 à 0,03 mm Hg et on produit une décharge luminescente pour bombarder le support. Cette opération de nettoyage dure environ dix minutes, puis on pousse le vide à une valeur comprise entre _ rr 4D 1,0.10 mm Ilg et 3f0.10 mm Hg. On dépose successivement les couches sans 69 05772 10 2003177 interrompre le vide en chauffant alternativement et successivement les diverses nacelles aux températures d'évaporation des substances qu'elles contiennent. On obtiendra la courbe 2 de transmission de la Fig. 2 en déposant sur le support line couche de nickel ayant une épaisseur de 9 nm, puis une couche de 5 sulfure de zinc ayant une épaisseur de 45 nm, qu'on recouvre le plus vite possible d'une feuille d'or ayant une épaisseur de 55 nm; enfin, on dépose une couche de sulfure de zinc, ayant une épaisseur de 45 nm. On rétablit ensuite la pression atmosphérique. EXEMPLE 2. - En opérant de manière analogue, on obtient la courbe 1 de la Fig.2 10 en déposant une couche de nickel de 13 nm, une couche de sulfure de zinc de 40 nm, une feuille d'or de 33 nm et enfin une couche de sulfure d,e zinc de 40 nm. Bien entendu, on peut répéter la préparation de la couche anti-reflets sur l'autre face du filtre, s'il est utile de limiter aussi les réflexions provenant de la face antérieure de celui-ci. Dans bien des cas, il y aura alors 15 lieu de réduire l'épaisseur de la couche anti-reflets située sur la face opposée du filtre pour que l'absorption totale produite par les deux couches antireflets ne soit pas exagérée et permette la vision à travers le filtre. 69 05772 11 2003177 REVENDICATIONS. 1. Filtre à plusieurs couches, qui est destiné à protéger les yeux contre les rayonnements nocifs du spectre électromagnétique, et qui comprend un support transparent sur au moins une face duquel est appliqué un élément filtrant 5 formé d'une feuille d'or, de cuivre ou d'un métal équivalent, placée entre deux couches transparentes, caractérisé en ce qu'il comprend une couche anti-reflets formée d'un métal, d'un élément semi-métallique ou d'un alliage ayant un indice complexe de réfraction dont la partie réelle et la partie imaginaire sont dans un rapport compris entre 0,1 et 10, déposée sur l'une 10 au moins des couches transparentes, à la surface de cette couche qui est opposée à la surface contigue à la feuille métallique. 2. Filtre conforme à la revendication 1, caractérisé en ce que la couche antireflets est formée d'une matière comprise dans le groupe formé par le nickel, le fer, le chrome, le titane, l'aluminiumj le lanthane, l'indium, 15 l'étain, le plomb, le tantale, le tungstène, le cobalt, le molybdène, l'osmium, l'iridium, le platine, l'yttrium, le zirconium, le niobium, le zinc, le cadmium, le vanadium, l'hafnium, le rhénium, le thallium, le silicium, le germanium, l'arsenic, l'antimoine, le tellure et les alliages de ces éléments. 20 3. Filtre conforme à la revendication 2, caractérisé en ce que la couche antireflets est formée de nickel, de fer. , de chrome, de titane ou d'alliage de nickel. 4. Filtre conforme à l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que la couche anti-reflets a une épaisseur comprise entre 5 nm et 25 20 nm, avantageusement entre 10 nm et 18 nm. 5. Filtre conforme à 1'une quelconque des revendications précédents, caractérisé en ce que l'indice de réflexion des couches transparentes est supérieur à 1,5. 6. Filtre conforme à la revendication 5, caractérisé en ce que les couches 30 transparentes sont des couches de bioxyde de titane, d'oxyde de plomb ou d'oxyde de bisntuth. 7. Filtre conforme à la revendication 5, caractérisé en ce que les couches transparentes sont constituées de sulfure de zinc. S. Filtre conforme à l'une quelconque des revendications précédentes, caracté- 35 risé en ce que l'épaisseur des dites couches transparentes est comprise entre 30 nm et 50 nm, avantageusement entre 35 nm et 45 nm. 9, Filtre conforme à l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que 1'épaisseur de la dite feuille métallique est comprise entre 30 nm et 70 nm, avantageusement entre 35 nm et 60 nm. 40 10.Filtre conforme à l'une quelconque des revendications précédentes, BAD ORW3 69 05772 12 2003177 caractérisé en ce que le support transparent est en verre ou en matière plastique. 11. Filtre conforme à l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que ce support est teinté. 5 12. Filtre conforme à l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'une des couches transparentes est contigue au support. 13. Filtre conforme à l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'une surcouche protectrice transparente est appliquée sur la face du support opposée à celle qui porte l'élément filtrant. 10 14. Filtre conforme à la revendication 13, caractérisé en ce que la surcouche protectrice est une couche de verre ou de matière polymère. 15. Filtre conforme à la revendication 14, caractérisé en ce que la couche protectrice superficielle est une couche de polyêthylène, de polypropylène ou de poly(téréphtalate d'éthylèneglycol). 15 16. Filtre conforme à l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il présente line forme concavo-convexe.