La présente invention concerne un procédé de construction d'une route et la route obtenue par ce procédé. La construction d'une route comprend, d'une façon classique, plusieurs étapes. Dans un premier temps, on défriche et nivelle le terrain défriché appelé dans la suite terrain de base. Puis on dépose un ensemble de couches appelées couches de préparation, de granulométrie variable, qui assurent la stabilité de la route. Enfin, la dernière couche de préparation est revêtue d'une chape généralement à base de bitume. Bien que cette technique soit largement utilisée, elle ne donne pas entière satisfaction. En effet, elle exige la mise en oeuvre de quantités très importantes de matériaux. De plus, dans le cas de routes à circulation tant soit peu importante, la stabilité de l'ensemble se dégrade assez rapidement du fait de l'action conjuguée des intempéries et des pressions dues au trafic. Pour remédier à ces inconvénients, on a proposé plusieurs solutions. Par exemple, on renforce la chape de revêtement en noyant dans le bitume une armature fibreuse sous forme de nappe. Bien que ce procédé apporte des améliorations, il ne permet pas de pallier suffisamment l'instabilité due à l'infiltration de l'eau dans les couches de préparation. Selon une technique récente, on remplace la couche de préparation la plus profonde, dite couche anticontaminante, c'est-à-dire celle séparant le terrain de base de l'ensemble "couche de préparation - chape", par une nappe non tissée. En dépit du gain obtenu quant à la stabilité et au temps de construction de la route, il était nécessaire de trouver des solutions à la fois au moins aussi sûres, plus rapides et plus économiques pour faire face à la circulation d'un nombre croissant de véhicules. La présente invention a pour but de fournir une telle solution. Elle concerne une route d'une grande stabilité et de construction simplifiée, constituée d'une étoffe non tissée, de contexture serrée, reposant sur le terrain de base et surmontée directement d'une chape en bitume ou matériau analogue. Eventuellement, on peut disposer, entre le terrain de base et la nappe non tissée, une ou plusieurs couches de drainage. On a en effet constaté d'une façon surprenante qu'une telle route, même si elle ne comprend pas de couches de préparation, présente une stabilité comparable à celle des constructions routières connues. L'invention a trait également à un procédé de construction d'une telle route qui consiste à déposer, sur un terrain de base, éventuellement préalablement recouvert d'une couche de drainage, une étoffe de contexture serrée, de préférence non tissée puis, directement sur cette nappe, au moins une couche formant la chape en bitume ou matériau analogue. L'étoffe non tissée utilisable selon l'invention doit présenter une contexture serrée. Le plus souvent, on utilise une nappe non tissée à base de fibres synthétiques en raison de leur résistance à l'eau, la préférence étant donnée aux nappes en filaments continus du type spunbonded, en particulier ceux à base de matière synthétique résistant aux températures de dépôt des enrobés à chaud. En soi, une nappe non tissée formée par des filaments continus disposés au hasard à travers la nappe est un produit connu. Dans la littérature américaine, on désigne parfois ce produit de commercialisation récente sous l'expression générique "spunbonded" (expression que l'on adoptera par mesure de simplification dans la suite de la description). La fabrication de ces articles, souvent décrite, consiste schématiquement à extruder à travers une filière percée de trous, un polymère organique fondu, voire même dissous, à orienter les filaments extrudés par étirage du faisceau au moyen d'un ou plusieurs jets de fluide (air comprimé) et, enfin, à recevoir le faisceau de manière déterminée sur un tapis mobile, la vitesse et la direction d'avancée de ce tapis étant réglées de façon à former une nappe non tissée sensiblement régulière et d'épaisseur voulue.En pratique, à ce stade du procédé de fabrication, on effectue un calibrage ou un calandrage, de préférence à chaud, de sorte que les filaments élémentaires soient liés les uns aux autres au moins en surface, ce qui augmente notablement la cohésion de ces nappes. En général, un calibrage léger suffit. Pour la mise en oeuvre de la présente application, les filaments empalés de la nappe "spunbonded" sont avantageusement à base d'une matière synthétique supportant sans décomposition ni fusion ou ramollissement, des températures élevées de préférence de l'ordre de 1700C et plus. De préférence, les filaments seront à base de polyester (notamment polytéréphtalate d'éthylène) ou de polyamide (polycaproamide, polyhexaméthylène adipamide), bien que l'utilisation d'autres fibres organiques (chlorure de polyvinyle ou de polyvinylidène et leurs dérivés, acétate de cellulose, polyacrylonitrile, vinylal, etc...) ne soit nullement exclue. Pour obtenir des produits économiquement valables, on a déterminé qu'avec les fibres de polyester, le titre de chaque filament élémentaire doit être d'au moins 0,5 denier, de préférence compris entre 3 et 10 deniers. On a constaté qu'il est souhaitable que la nappe textile soit aiguilletée, cela essentiellement pour donner de la cohésion et de la ténacité à la nappe textile Eventuellement, la nappe non tissée pour l'invention peut comporter une armature textile (nappes de filaments ou de crins, parallèles ou non, tissus-grilles, etc...) avec charge, ou un adjuvant (liant, colorant, apprêt). Une caractéristique essentielle réside dans la densité de se contexture, une nappe trop lâche n'assurant pas une séparation suffisante entre le terrain de base et le bitume. 2 On a constaté que des nappes de poids compris entre 150 et 800 g/m conviennent généralement bien. Selon le procédé de l'invention, dans un premier temps, on dépose, par exemple par simple déroulement, l'étoffe non tissée sur le terrain de base, dont la surface peut être sensiblement plane ou encore convexe ou concave selon le profil désiré pour la route. Une foins la nappe non tissée déposée sur le terrain de base, on dépose une couche de bitume chaud qu'on laisse refroidir. Sur cette couche, on peut encore, si besoin est, couler une ou plusieurs couches de bitume pour avoir l'épaisseur de chape voulue. Ces couches de bitume peuvent avantageusement être renforcées par des armatures constituées notamment par des fibres ou des nappes textiles. Pour des raisons de simplification, la description de l'invention a porté sur une route mais il est bien évident que toute structure analogue telle que aire de stockage, terrain de sports, trottoirs, allées de jardin, qui nécessite la pose. d'une chape de bitume, mortier ou matériau analogue sur un terrain de base, fait partie de l'invention. Le procédé selon l'invention permet d'obtenir une route ou structure analogue, de stabilité comparable à celle des routes connues, même sur des terrains peu stables par eux-mmes, et ce avec une économie considérable de matériau et de mise en oeuvre. La figure annexée représente schématiquement une coupe d'une route selon l'invention. Sur ce schéma - (1) représente le terrain de base, - (2) représente une nappe non tissée de contexture serrée, - (3) représente la chape de bitume constituant la bande de roulement de la route. L'exemple suivant est donné à titre indicatif mais non limitatif pour illustrer l'invention. Exemple Sur un terrain argileux très plastique, présentant une certaine élasticité, on construit une route selon le schéma commenté ci-dessus. Pour cela, après défrichage du terrain, on dépose sur ce terrain défriché, sur une longueur de 60 m, et sur une largeur de 5 m, une nappe non tissée de 300 g/m obtenue de la façon suivante : dans une boudineuse monovis, on fond du granulé de polytéréphtalate d'éthylène de viscosité intrinsèque 0,65 après séchage diterminée à 25 C sur une solution à 0,5 % dans I'orthochlorophénol), avec un taux d'humidité résiduel inférieur à 0,01 %. Au moyen d'une pompe, on envoie la masse fondue dans une filière chauffée à 2900C, percée de 45 trous de 0,9mm de diamètre. Le débit en matière extrudée est réglé à 3,9 g/mn/trou.En continu, on rassemble le faisceau de filaments dans une buse d'étirage disposée à 175 cm de la filière, de sorte que, pendant ce trajet filière-buse, le faisceau 2 se refroidisse. On alimente la buse d'étirage en air comprimé à 6 kg/cm (pres- sion lue au manomètre). Après étirage, les filaments ont les propriétés suivantes - titre moyen, 6 deniers - allongement, 50 7 - ténacité, 3,5 g/denier. Au moyen d'un déflecteur oscillant, on renvoie le faisceau de filaments orientés sur un tapis mobile sans fin sur lequel il se forme une nappe non tissée constituée de filaments continus disposés au hasard de façon non parallèle, 2 pesant environ 280 g/m . En continu, on calibre cette nappe par passage entre deux cylindres chauffés à 1200C et dont l'écartement est réglé à 1,5 mm. Ensuite, on passe cette nappe "spunbonded" dans un métier à aiguilleter, équipé d'aiguilles à neuf barbes, réglé de façon à obtenir une densité de perçage de 2 2 75 coups/cm et une épaisseur de 3 mm environ. La nappe pèse alors 300 g/m Sur cette nappe mise en place, on coule, on nivelle et on compacte une couche de 13 cm d'épaisseur puis, par dessus la première, une seconde couche d'épaisseur 9 cm avec des gravillons enrobés à chaud avec du bitume. Après refroidissement des couches bitumineuses, on obtient une portion de route.Sur une largeur égale, en prolongement de la première portion, on construit une seconde portion de route constituée de deux couches de bitume analogues aux précédentes mais posées sur le sol défriché préalablement recouvert d'une couche de 10 cm de concassés de cylindrage. Sur ces deux pistes mises bout à bout, on fait passer des camions chargés de terre et de graviers. Très rapidement, la seconde portion se fis et sure, se casse/un mois après la pose devient inutilisable alors que la première ne présente, pour un même nombre de passages, aucune déformation ni fissure. REVENDICATIONS 1. Route caractérisée en ce qu'elle est constituée d'une étoffe de contexture serrée, de préférence non tissée, reposant sur le terrain de base et surmontée directement d'une chape en bitume ou matériau analogue. 2. Route selon 1 caractérisée en ce que l'étoffe est une nappe non tissée à base de matières fibreuses chimiques. 3. Route selon l'une des revendications 2 et 3, caractérisée en ce que la nappe non tissée est à base de filaments chimiques continus disposés au hasard au travers de la nappe. 4. Route selon l'une des revendications 2 et 3, caractérisée en ce que la nappe est à base de fibres de polyester. 5. Route selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisée en ce que la nappe est aiguilletée. 6. Route selon l'une des revendications 1 à 5 dans laquelle la nappe est à base de fibres thermoplastiques rétractées. 7. Procédé pour la fabrication d'une route selon chacune des revendications 1 à 6, qui consiste à déposer sur un terrain défriché une étoffe de préférence non tissée, de contexture serrée, puis, directement sur cette étoffe, au moins une couche formant la chape, en bitume ou matériau analogue.