La présente invention a pour objet un procédé d'obtention d'un nouvel extrait végétal et, plus précisément, un procédé d'obtention d'un nouvel extrait de cynara scolymus. On connatt déjà de longue date des procédés d'obtention d'extraits de cynara scolymus, c'est-à-dire d'artichauts, que l'on utilise en thérapeutique sous forme d'extraits totaux aucun des principes actifs isolés jusqu a ce jour n'ayant montré l'ensemble des-propriétés pharmacologiques de l'extrait total. Ces procédés, qui consistent habituellement en une expression du suc de feuilles fraîches de cynara scolymus ayant macéré dans l'eau, ou en l'épuisement des feuilles sèches, produisent des extraits totaux renfermant de nombreux composés difficiles à isoler et à caractériser, et dont certains ne possèdent que peu ou pas d'activité pharmacologique. I1 en résulte que, d'une part, lesdits extraits exercent une activité thérapeutique limitée et variable du fait de la présence de produits inertes comme les sels minéraux et les chlorures (dont la teneur est augmentée par macération), et, d'autre part, qu'ils ne sont pas lyophilisables car la concentration en sels minéraux y est telle qu'elle entraîne des phénomènes de décongélation rapide donnant des cycles trop longs et une teneur en eau finale trop élevée pour pouvoir assurer une bonne conservation. Par voie de conséquence, pour administrer les doses élevées de principes actifs nécessaires à certains traitements, on est obligé d'introduire dans l'or- ganisme des volumes importants de solution. Pour remédier à ces inconvénients, la présente invention préconise un procédé d'obtention d'un nouvel extrait végétal, se caractérisant par une phase de traitement à la soude concentrée du jus de feuilles fraîches de cynara scolymus porté à l'ébullition. Selon un mode de mise en oeuvre préféré du procédé selon l'invention, le jus de feuilles fraîches de cynara scolymus est obtenu par simple expression du suc desdites feuilles récoltées avant maturité des inflorescences et hachées, et est à la fois purifié et enrichi - avant le traitement à la soude, par une ébullition à l'air libre suivie d'une filtration et d'une concentration sous vide, avant d'etre traité par la soude, et - après ledit traitement, par une décoloration au charbon actif. Ainsi, l'extrait résultant du procédé selon l'invention est débarassé des produits inertes comme les sels minéraux et les chlorures, de sorte qu'il présente une activité thérapeutique augmentée, et - il peut être lyophilisé. On donne ci-dessous à titre d'exemple un mode de mise en oeuvre du procé dé selon l'invention. Les feuilles fraîches de cynara scolymus sont récoltées avant maturité des inflorescences, hachées et exprimées. On obtient ainsi un jus auquel on fait subir une ébullition d'une heure à l'air libre afin de le débarrasser par précipitation des matières pectiques et d'une grande partie des matières protéiques. Celles-ci sont ensuite éliminées par filtration, et le filtrat est concentré'sous vide jusqu'à une densité d'environ 1,120. On calcule à poids constant à 1étuve à 1000C l'extrait sec d'une partie aliquoteqde ce concentré et on procède alors à un traitement à ébullition avec de la soude (NaOH) à 360 Beaumé pendant une heure, les doses utilisées étant de 12,5 ml de NaOH 10 N pour 100 grammes d'extrait sec trouvés. Alternativement, le filtrat de densité 1,120 peut être concentré jusqu'à siccité à des fins de stockage au lieu de subir immédiatement le traitement à la soude. Ce traitement peut être accompli ultérieurement après redissolution de l'extrait sec obtenu. Le traitement à la soude entraîne une précipitation importante, partiellement minérale, mais essentiellement organique. Les produ-its restés en solution manifestant, du point de vue qualitatif, l'ensemble de l'activité thérapeutique connue pour les extraits d'artichauts totaux, ce traitement constitue un deuxième enrichissement et une purification. La solution résultant du traitement à la soude est alors filtrée, diluée de moitié avec de -l'eau déminéralisée, et-on procède à la décoloration au charbon actif, jusqu'à obtention d'une solution légèrement ambrée. L'opération est terminée par une filtration et un rinçage. La décoloration, en éliminant de nouveaux composés inactifs ou de faible activité, constitue un troisième enrichissement de la solution. Il est à noter que la décoloration avant le traitement à la soude reste médiocre et que touteélévation de température en-particulier une stérilisation entraîne une recoloration notable. L'ordre des opérations : traitement à la soude puis décoloration est donc bénéfique. En outre, les meilleurs résultats sont obtenus en réalisant la décoloration en plusieurs phases par l'emploi successif de différentes qualités de charbon actif, lesdites phases étant éventuellement- séparées par un traitement à chaud. Pour le premier traitement au charbon actif, la qualité " CX " de la Société C.E.C.a. donne de bons résultats. On obtient d'emblée une solution légèrement ambrée La solution obtenue est évaporée sous vide une nouvelle fois jusqu'à une densité voisine de 1,120. Elle est ensuite passée à l'autoclave à 1000C pendant une heure et redécolorée par du charbon actif, de qualité " 50 S ". Cette opé ration qui facilite la fixation plus poussée sur le charbon et permet d'obtenir un produit plus actif ne se recolorant pas à une nouvelle stérilisation à 1000C, peut être renouvelée plusieurs fois jusqu'à obtention d'un résultat final convenable. La diminution de la densité par l'ensemble de ces traitements montre qu'il y a donc encore une élimination de principes peu ou pas actifs. Le traitement au charbon actif constitue donc un troisième enrichissement tout en permettant d'obtenir des solutions incolores, parfaitement limpides et directement propres à des injections thérapeutiques intraveineuses et intramusculaires. On réajuste le pH à une valeur de 5,5 par HC1 normal et procède ensuite à une filtration stérilisante sur filtre type MILLIPORE. I1 a été constaté que les solutions de pH 5,5 sont les seules à être stables en pH avec le temps ; en effet, dans le cas de solutés de pH plus faible ou plus élevé, le pH évolue lentement à froid et plus rapidement à chaud ou à l'ébullition. Pour l'emploi de doses massives, la demanderesse a cherché à obtenir un produit sec, mais immédiatement solubilisable, les solutés concentrés présentant une certaine instabilité par précipitation, cristallisation partielle, etc... I1 s'est avéré que la lyophilisation était particulièrement indiquée dans ce cas, les autres méthodes de dessication conduisant invariablement à une caramélisation qui rend le produit inutilisable. L'expérience a montré que les produits préparés suivant la technique décrite plus haut sont faciles à lyophiliser et rendent aisée la préparation de produits utilisables à doses massives, en perfusions ou en injections. Les caractères d'identification et et les résultats des études pharmacolo- giques, toxicologiques, cliniques de l'extrait lyophilisé sont exposés ci-après. Etude analytique de l'extrait lyophilisé obtenu par le procédé selon l'invention. 1") Caractères organoleptiques : le lyophilisat se présente sous forme d'une masse solide, blanche ou blanc-crème, de saveur salée. 2") Solubilité : la solubilisation de l g de lyophilisat dans 20 ml d'eau distillée est complète et rapide, et la solution obtenue est limpide et incolore, ou légèrement jaune. 30) pH de la solution aqueuse : une solution à 5% présente un pH compris entre 5 et 6. 40) Réactions d'identification Elles ont pour but de mettre en évidence la présence, dans le lyophilisat - d'acides alcools - d'acide quinique - d'un composé, ou d'un groupe de composés agissant sur la paranitroaniline diazotée. a) réaction d'identification des acides alcools : 2 ml de la solution précédente (à 5%) sont additionnés de 3 ml d'eau distillée et de 2 gouttes de solution aqueuse d'alun de fer ammoniacal à 2 G/o. I1 se développe une coloration jaune. b) réaction d'identification de l'acide quinique : on introduit 1 ml de la solution de lyophilisat à 5% dans un ballon jaugé de 100 ml et on complète à ce volume avec de l'eau distillée. A 1 ml de cette dilution, on ajoute 0,1 ml d'acide sulfurique 0,1 N et 1 ml d'acide periodique 0,025 N dans l'acide sulfurique 0,1 N. Au bout de 10 mn exactement, on arrête l'oxydation par addition de 2 ml de solution d'arsénite de sodium à 2% dans l'acide sulfurique 0,5 N. Lorsque la libération d'iode est terminée, on ajoute 2 ml de solution d'acide thiobarbiturique à 0,60% dans un tampon pH 5. On porte au bain-marie bouillant pendant 30 mn, laisse refroidir. I1 apparaît une coloration rose. c) réaction à la paranitraniline diazotée : avant la mise en oeuvre de la réaction à la nitraniline diazotée, la verrerie devant être utilisée est lavée à l'acide sulfochromique, puis rincée à l'eau distillée et séchée. - Pour la préparation du réactif, on utilise les solutions suivantes 1 - un tampon boraté de pH = 7, obtenu par mélange - de 4,08 g de phosphate monopotassique, - de 1,6 g de tétraborate de sodium, 10 H20 - de 12,7 cm3 de soude aqueuse, le volume du mélange étant amené à 100 cm l'aide d'eau distillée, 2 - une solution d'acide chlorhydrique normal, 3 - une solution de paranitraniline obtenue par mélange de 2 g de paranitraniline et de la quantité d'acide chlorhydrique 0,1 N nécessaire pour amener à un litre le volume du mélange, cette solution étant ensuite filtrée, 4 - une solution de nitrite de sodium à 2,7 % (extemporannée) - le réactif est préparé de la manière suivante, à l'aide des solutions ci-dessus on ajoute goutte à goutte 2,5 ml de solution de nitrite de sodium à 00C dans 25 ml de solution de paranitraniline, elle-même à la même température, agite et laisse en contact à la glacière pendant une heure exactement. - La solution de dosage est obtenue en mélangeant successivement 1 1 ml de solution de lyophilisat à 2,5 mg/ml 2 2 ml d'eau distillée, 3 3 ml de tampon boraté de pH = 7, et en portant ce tube dans l'eau glacée à OOC. - La réaction à la paranitraniline diazotée nécessite les étapes suivantes: 3 1 -onajoute dans le tube contenant la solution à doser cm du réactif à la nitraniline prêt à l'emploi, et laisse en contact à la glacière pendant 25 minutes, puis on ajoute 1 cm3 de la solution d'acide chlorhydrique normale, et laisse en contact à la température ambiante pendant 25 minutes. Il se développe une coloration jaune dnt l'intensité s'est révélée être fonction dela richesse de l'extrait, et en particulier de saconcentration en principes actifs dudit extrait. La réaction à la p-nitraniline permet donc d'effectuer un dosage colorimétrique de l'extrait obtenu et de vérifier la constance du résultat de la mise en oeuvre du procédé revendiqué. 5 ) Dosage des ions Na , K+ et Cl + On dose successivement les cations Na et K au spectrophotomètre de flamme, et l'anion Cl par la technique de SCHALES exposée dans le Journal of Biological Chemistry, 1941, 140, 879. a) dosage du cation Na+ On dissout 1 g de lyophilisat dans 10 ml d'eau bidistillée, dilue cette solution à 1/4 et en prélève une partie pour le dosage du cation Na Pour le dosage du sodium, on dilue la solution obtenue è l'étape précédente au 1/500è, et on l'examine au spectrophotomètre de flamme. On porte le résultat obtenu sur une courbe établie avec des solutions-étalon contenant, par litre, 100, 110, 120, 130, 140 et 150 méquivalents de sodium, et diluées à 1/500è pour la mesure. On trouve ainsi que la solution examinée contient environ 0,25 méquivalent de sodium par litre, de sorte que la teneur en sodium par gramme de lyophilisat est de : 5 méquivalents -+ 0,5 b) dosage du cation K On dissout 1 g de lyophilisat dans 10 ml d'eau bidistillée et on dilue à 1/100 cette solution. Puis, pour le dosage du potassium, on dilue la solution obtenue à l'étape précédente au 1/50è , et on l'examine au spectrophomètre de flamme. On porte le résultat obtenu sur une courbe établie avec des solutions étalon contenant, par litre : 3 ; 3,5 ; 4 ; 4,5 ; et 5 méquivalents de potassium, et diluées au l/50è pour la mesure. On trouve ainsi que la solution examinée contient environ 0,064 méquivalents de potassium par litre, de sorte que la teneur en potassium par gramme de lyophilisat est de : 3,2 méquivalents - 0,3. Remarque : la quantité de sodium présente dans une solution influant sur le dosage du potassium, il importe que les solutions-étalon de potassium contiennent environ 100 méquivalents de sodium par litre. c) dosage de l'anion Cl Le dosage de l'anion Cl par la technique de SCHALES repose sur le principe suivant : en milieu acide de pH inférieur à 3, les ions mercuriques réagissent sur les ions chlore pour donner naissance à des molécules non dissociées de chlorure mercurique. L'indicateur de fin de réaction est la diphénylcarbazone, qui donne un complexe violet avec les ions mercuriques, complexe stable en milieu acide dilué. Les divers réactifs utilisés sont les suivants I - Solution saturée de diphénylcarbazone dans l'méthanol à 950 (la solution est conservée au réfrigérateur, à l'abri de la lumière). II - Solution normale d'acide nitrique préparée - soit en introduisant 75 ml d'acide nitrique de densité 1,39 dans un ballon de 1 000 ml, - soit en introduisant 90 ml d'acide nitrique de densité 1,33 dans un ballon de 1 000 ml, et en complétant à 1 000 ml par de l'eau distillée. III - Solution étalon de chlorure de sodium à 1 g pour 1 000. IV - Réactif au nitrate mercurique : HN03 nM 40 ml nH 3 40 ml eau bidistillée 300 ml nitrate mercurique 3 g eau bidistillée q.s.p. 1000 ml - On titre la solution IV avec la solution de NaCl à 1 g p. 1 000, et on l'ajuste de telle sorte que 1 ml de cette solution IV corresponde à 1 mg de NaC1 soit 1 ml de la solution III. Ce réactif permet une lecture directe en chlore. - Technique du dosage On dissout 1 g de lyophilisat dans 20 ml d'eau bidistillée. Dans un bécher on introduit - 1 ml de solution à doser - 4 ml d'eau bidistillée - 4 gouttes de réactif 1 (diphénylcarbazone) - on titre avec la solution IV (nitrate mercurique) jusqu'à virage au violet. Si le virage est obtenu avec n ml de la solution IV, le nombre de méquivalents de Cl contenus dans 1 g de lyophilisat est de : n x 20 58,5 On trouve entre 3 et 4 méquivalents de Cl 6 ) Humidité : elle est déterminée selon la méthode de Karl FICHER sur 0,50 g de lyophilisat (CODEX 1965, p 1547,) on trouve au maximum 2 % d'eau. Etude pharmacologique L'étude pharmacologique de l'extrait lyophilisé a permis de constater, entre autres, qu'il agissait sur le métabolisme du pentobarbital et qu'il avait un effet diurétique. I - Diminution de la durée du sommeil provoquée par le pentobarbital chez la souris. a) le ler essai a porté sur 40 souris mâles d'un poids moyen de 23 g, réparties en 4 groupes, dont l'un sert de témoin. Les animaux ont été traités de la manière suivante : ils ont reçu par voie intra-péritonéale l'extrait lyophilisé à dose convenable, administrée sous un volume de 0, 2 ml pour 20 g de poids corporel puis, après un délai de 20 minutes, par la même voie le pentobarbital, à raison de 40 mg par Kg. Les animaux servant de témoins reçoivent, avant la narcose au pentobarbital, 0,2 ml de solution physiologique pour 20 g de poids corporel. Pendant le temps de leur narcose, les animaux sont placés dans une enceinte thermostatée à 28"C. On considère que le sommeil - s'est installé lorsque les animaux acceptent la position de décubitus, et - qu'il s'achève lorsque l'animal reprend son attitude normale après trois tentatives de remise en position de décubitus. b) le deuxième essai a porté sur 40 souris mâles d'un poids moyen de 22 g, auxquelles on a appliqué le protocole expérimental indiqué ci-dessus. Les résultats obtenus sont répertoriés dans le tableau I suivant Doses d'extrait Durée de la narcose f Pourcentage de variations lyophilisé en secondes par rapport aux témoins administrées (en mg/kg) ler essai 5 mg/kg 337 + 110 - 66 L 10 mg/kg 512 1 189 - 48 % 20 mg/kg 560 + 200 - 43 % Témoins 989 + 225 2ème essai 20 mg/kg 292 + 102 - 60 % 50 mg/kg 364 + 135 - 50 % Témoins 726 + 120 L'examen de ces résultats montre que l'administration préalable de ltex- trait lyophilisé raccourcit d'une manière importante la durée du sommeil provo qué ?ac l;- I"r.tobarbital chez la souris. Sans écarter catégoriquement l'éventualité d'une action nerveuse du produit, on peut attribuer l'effet de l'extrait lyophilisé, au moins pour une part, à l'augmentation de la biotransformation et de l'élimination du barbiturique. II - Propriétés diurétiques de l'extrait lyophilisé administré en perfusion. A) chez le rat alcoolisé et hydraté 20 rats mâles d'un poids variant de 260 à 310 g ont été utilisés pour cet essai après avoir reçu par tubage gastrique - une heure avant ltessai, 40 ml d'eau par kg de poids corporel, et - une demi-heure avant le début de la préparation chirurgicale, 50 ml par kg de poids corporel d'une solution d'éthanolà à 10 pour cent en volume, permet- tant de réaliser un blocage hypothalamique. Après régularisation du débit basal d'urine sur une période de 15 minutes, les animaux ont été répartis en deux groupes qui ont reçu les traitements suivants Groupe nO 1 Les animaux ont reçu une solution de l'extrait lyophilisé dont la concentration a été fixée de manière à administrer une dose de 100 mg par kg en 45 mn. L'injecteur continu (modèle Braun) étant réglé sur le débit de 4,5 ml à l'heure. Groupe nO 2 Les animaux servant de témoins aux groupes précédents ont reçu du liquide de Tyrode à la place de l'extrait lyophilisé avec les mêmes caractéristiques de débit et dans le même temps. Les résultats moyens obtenus sont donnés par les histogrammes (figure unique du dessin annexé) L'examen de ces résultats permet d'attribuer à l'extrait lyophilisé une activité diurétique importante chez le rat alcoolisé et hydraté lors de son administration en perfusion veineuse. B) Chez le chien anesthésié Un chien mâle de 15 kg a été utilisé pour cet essai. Après anesthésie au chloralose, l'animal a reçu par voie gastrique 20 ml d'eau par kg. Sur cet animal, on a enregistré - la pression artérielle à l'aide d'un manomètre de Ludwig, - la vasomotricité rénale par oncographie, et - la diurèse par rhéographie électrique après cathétérisme des deux uretères. Après enregistrement des tracés de base, l'extrait lyophilisé a été administré en 30 minutes en perfusion veineuse à l'aide d'un perfuseur Braun à débit constant, à la dose de 2,5 mg par Kg sous un volume total de 15 ml. Dès l'installation de la perfusion, on note une augmentation de la diurèse qui atteint son maximum peu avant la fin de l'injection. Cette augmentation peut être évaluée à 43 % environ sur les trois périodes de 10 minutes de l'essai. I1 n'a pas été noté de modifications-des enregistrements de pression artérielle et du volume rénal, les modifications observées sur ce dernier tracé correspondant à des artefacts provoqués mécaniquement par les mouvements respiratoires de l'animal. Une seconde administration a été réalisée en 30 minutes dans les mêmes conditions, à la dose de 10 mg par kg sous un volume de 15 ml. Une augmentation nette de la diurèse a également été notée. Les observations sont faites sur des périodes de 10 minutes. L'augmentation de la diurèse par rapport à la diurèse initiale, peut s'évaluer à 57 % pour la première période, 150 % pour la seconde, et 34 % pour la troisième. Une troisième administration a été réalisée en 30 minutes à la dose de 25 mg par kg, sous le même volume total de 15 ml. L'augmentation de diurèse peut s'évaluer à 70 % dans la première période, 260 % dans la seconde, et un chiffre d'accroissement supérieur pour la dernière période où le décompte des gouttes est devenu impossible. Enfin, une dernière administration a été réalisée en injectant rapidement une dose de 50 mg par kg sous un volume de 10 ml. Dans ces conditions apparaît une augmentation fugace de la diurèse, tandis que l'on observe une modification biphasique de la pression artérielle (hypotension, puis hypertension), et que l'enregistrement du volume rénal traduit une vasodilatation importante et transitoire. Etude toxicologique I - Toxicité aigue chez la souris Le tableau II suivant donne, pour différents modes d'administration de l'extrait lyophilisé, - les doses DL O et DL 100 déterminées expérimentalement et - les doses DL 50 calculées par la méthode de Behrens et Kärber. TABLEAU II Voie d'administration DL O DL 100 DL 50 Intraveineuse 400 mg/kg 1000 mg/Kg 725 mg/kg Intrapéritonéale 4 g/kg 6 g/kg 5,167 g/kg 7 g/kg 6,1 g/kg Sous-cutanée 5 g/Kg 7 g/kg 5 g/kg II - Toxicité à moyen terme, et tolérance locale chez des rats mâles recevant l'extrait lyophilisé par voie sous-cutanée. Pour des doses administrées allant jusqu'à 200 mg par kg et par jour, et ce, pendant 71 jours, on n'observe - aucun symptôme de toxicité, et - aucune modification de croissance chez les animaux traités, par rapport aux témoins. En outre - un examen nécropsique a révélé une bonne tolérance locale du produit aux concentrations de 2,5 et de 10 %, et - des pesées portant sur le foie et les reins des animaux traités d'une part, et des animaux témoins, d'autre part, n'ont montré aucune différence significative dans le poids des organes des 2 catégories envisagées. Enfin, un examen hématologique ne permet pas d'observer de variations systématiques dans le nombre et la dist-ribution des cellules sanguines chez les animaux traités par rapport aux témoins, ce qui permet d'écarter une éventuelle activité toxique du produit sur les lignées sanguines. Il ressort de l'étude portant sur les propriétés pharmacologiques et sur la toxicité de l'extrait préparé par le procédé selon l'invention, et, plus précisément, de la comparaison entre les doses pharmacologiquement actives et les doses léthales, que ledit extrait est utilisable en thérapeutique. De ce point de vue, quelques cas cliniques sont rapportés ci-après 1") Un malade de 63 ans, atteint d'un éthylisme très ancien et souffrant depuis deux mois de varices oesophagiennes, d'une décompensation ictérique et d'une sclérose hépatique, est traité par l'extrait selon l'invention, à la dose de 1 g par jour par voie intraveineuse. De 0,750 litres avant traitement, la diurèse moyenne passe à 1, 750 litres au cours du traitement. 2") Un malade de 71 ans, atteint d'éthylisme, est en traitement pour une troisième poussée ascitique d'une cirrhose hépatique éthylique. L'aldactazine n'ayant plus d'effet sur le patient,cnhisubstitue l'extrait selon l'invention à raison de 1 g par jour par voie intraveineuse. On note une remarquable reprise de la diurèse Après 14 jours de ce traitement, on observe une remontée de la natrémie, et une efficacité seconde de l'aldactazine. 3 ) Un malade de 35 ans, porteur d'une insuffisance rénale associée à une hypertention sévère, probablement essentielle, est traité par l'extrait selon l'invention et des médications hypotensives, tout en étant soumis au régime hypoprotidique désodé. L'extrait est administré par perfusion à la dose de 1,5 g par jour. On observe une amélioration de l'état général, de la symptomatologie fonctonnelle, et des perturbations rénales. 40) Une malade de 65 ans, porteuse d'une insuffisance rénale secondaire à une néphrite, est soumise au traitement par l'extrait selon l'invention. La thérapeutique, bien tolérée, améliore la symptomatologie digestive et le bilan biologique rénal. REVENDICATIONS 1. Procédé d'obtention d'un extrait végétal, se catactérisant par une phase de traitement du jus de feuilles fraîches de cynara scolymus porté à l'ébullition par de l'hydroxyde de sodium, en une proportion pondérale, par rapport à l'extrait sec de cynara scolymus, inférieure à 20 %. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la proportion pondérale d'hydroxyde de sodium par rapport à l'extrait sec de cynara scolymus, est de 5 %. 3. Procédé selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que le jus de feuilles fraîches de cynara scolymus est obtenu par sîmple expression du suc desdites feuilles récoltées avant maturité des inflorescences et hachées. 4. Procédé selon la revendication 1, 2 ou 3, caractérisé en ce que le jus de feuilles fraîches de cynara scolymus subit une ébullition à l'air libre suivie d'une filtration et d'une concentration sous vide, avant d'être traité par l'hydroxyde de sodium. 5. Procédé selon la revendication 1, 2, 3 ou 4, caractérisé en ce que le traitement à l'hydroxyde de sodium est suivi d'une décoloration au charbon actif. 6. Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce que la décoloration est réalisée en plusieurs phases par l'emploi successif de différentes qualités de charbon actif, lesdites phases étant éventuellement séparées par un traitement à chaud. 7. Procédé selon l'une des revendications 5 et 6, caractérisé en ce que le produit résultant de la décoloration est additionné d'acide chlorhydrique de façon à ajuster le pH à 5,5 puis est soumis à une filtration stérilisante. 8. Procédé selon l'une des revendications 5, 6 et 7, caractérisé en ce qu'on soumet l'extrait obtenu à une lyophilisation. 9. A titre de produit nouveau, l'extrait végétal obtenu par la mise en oeuvre du procédé selon l'une quelconque des revendications I à 8. 10. A titre de médicament, l'extrait végétal obtenu par la mise en oeuvre du procédé selon l'une quelconque des revendicat:ions I à 8.