lia présente invention concerne l'application de certains composés connus doués de propriétés herbicides, comme substances actives destinées à améliorer 11 aptitude à la cuisson de céréales. I1 est déjà connu que des herbicides dont l'activité est basée sur une inhibition de la photosynthèse peuvent, lorsqu'on les utilise en quantité sublétale, modifier la composition de plantes cultivées de telle façon que les plantes traitées présentent une teneur élevée en protéine. Une telle modification de la composition chimique de plantes cultivées peut être obtenue notamment à l'aide de s-triazines, d'uraciles, d'urées et de 1 ,2,4-triazinones doués d'activité herbicide (voir "Science" 165, 73 (1969) ; ITOan. J. Plant Sci." 49, 155 (1969) ; brevet des Etats-Unis d'Amérique N 3 567 424 ; "Pestic. Biochem. Physiol." 2, 312 (1972) ; "Pestic. Sci." 4, 653 (1973) et C. Fedtke, "Die Reaktion von Weizenpflanzen auf Behandlung mit Methabenzthiazuron : eine "Schattenanpassung", article publié dans les "Mitteilungen der Biologischen Bundesanstalt für Landund Forstwirtschaft",fascicule 151, page 184 (1973)). Comme l'indique la littérature, il existe entre l'augmentation de la teneur en protéine des plantes d'une part et une inhibition partielle de la production par photosynthèse d'autre part, une relation de cause à effet. Il est en outre connu qu'une application judicieuse d'un herbicide des groupes définis ci-dessus permet également d'accroître la teneur en protéine de la récolte. La Demanderesse vient de découvrir que des herbicides connus dont l'activité est attribuée à une inhibition de la photosynthèse, conviennent remarquablement pour améliorer l'apti- tude à la cuisson de céréales, pour autant que les substances actives sont appliquées à des concentrations sublétales à une époque déterminée avant la récolte. La très bonne activité des substances utilisables conformément à l'invention pour améliorer l'aptitude à la cuisson de céréales doit entre considérée comme très surprenante, car si l'on considère l'état actuel de la technique, on doit admettre simplement qu'une augmentation de la teneur en protéine de plantes ne peut être obtenue qu'à l'aide des substances inhibant la photosynthèse. Toutefois, il était tout à fait imprévisible que les substances utilisables conformément à l'invention pourraient également influencer la composition de la protéine végétale dtune manière favorable au processus de cuisson.La composition de la protéine végétale revêt justement une grande importance attendu que le processus de cuisson, qui est extr8mement complexe et qui n'a pas encore pu être expliqué en détail, dépend non seulement de la teneur en protéine en général, mais aussi dans une mesure considérable de fractions protéiniques bien déterminées de la farine. On doit remarquer notamment que les substances utilisables conformément à l'invention, notamment la 1-(2-benzo thiazolyl)-1 ,3-diméthylurée, conviennent très bien pour améliorer l'aptitude à la cuisson du blé cultivé en Europe Centrale, dont lt.aptitude à la cuisson n'est pas assez grande et n'est pas cons- - tante.La possibilité d'utiliser conformément à l'invention les substances herbicides inhibant la photosynthèse comme substances actives améliorant l'aptitude à la cuisson de céréales, représente donc un précieux enrichissement de la technique. On peut utiliser conformément à l'invention les substances herbicides qui influencent la croissance des végétaux en inhibant la photosynthèse. Ce sont de préférence les s-triazines, les uraciles, les 1 ,2,4-triazinones, les bis-carbamates et les urées substituées doués de propriétés herbicides.8 titre d'exemples de composés utilisables conformément à l'invention qui se sont montrés particulièrement convenables pour le but indiqué, on mentionne en particulier les composés suivants 2-chloro-4,6-bis-éthylamino-1,3,5-triazine 2-chloro-4-éthylamino-6-isopropylamino-1,3,5-triazine 3-cyclohexyl-5,6-triméthylène-uracile 3-tertiobutyl-5-chloro-6-méthyluracile 3-sec.-butyl-5-bromo-6-méthyluracile 4-amino-6-tertiobutyl-3-méthylthio-1,2,4-triazino5-one 4amino-6-phényl-3-méthylthio-1 , 2, 4-triazin-5-one 3-mothoxyearbonylaminophényl-(3'-méthylphényl)-carbamate 3-phényl-I , I -diméthylurée 3-(3-chloro-4-méthylphényl)-1,1-diméthylurée 1-(2-benzothiazolyl)-1,3-diméthylurée. Les composés que l'on peut utiliser conformément à l'invention-sont connus en tant qutherbicides (Voir R. Wegler, "Chemie der Pflanzenschutz- und Schädlingsbekämpfungsmittel", Tome 2, Springer-Verlag, Berlin-Heidelberg, 1970). Leur utilisation pour améliorer l'aptitude à la cuisson de céréales est cependant nouvelle. On entend désigner par céréales, au sens du présent mémoire, toutes les espèces courantes de céréales. Ce sont notamment l'avoine (Avena), l'orge (Hordeum), le seigle (Secale) et le froment (Triticum). - A titre d'exemple spécial d'application, on mentionne l'amélioration de l'aptitude à la cuisson du blé d'été, a' l'aide de la 1-(2-benzothiazolyl)-1,3-diméthylurée. Comme on l'a déjà mentionné, les substances utilisables conformément à l'invention conviennent pour améliorer l'aptitude à la cuisson-de céréales lorsqu'on les applique à une dose sublétale à une époque déterminée avant la récolte. Généralement, l'application est effectuée à une époque qui se situe entre la levée et quelques semaines avant la récolte, de préférence à l'un des moments suivants : fin de la floraison, formation du grain ou époque de maturation du lait. Oh entend désigner par dose sublétale une quantité appliquée de substance active qui n'altère pas encore visiblement les plantes. Ainsi, selon la compatibilité de la substance active choisie, les quantités appliquées peuvent varier entre des limites déterminées. Généralement, la quantité appliquée se situe entre 5 et 25 % en poids de la quantité que l1on appliquerait si l'on utilisait la substance active en question comme herbicide. L'utilisation d'une dose sublétale de substance active applicable conformément à l'invention peut souvent occasionner, en plus de l'amélioration désirée de l'aptitude à la cuisson des céréales, une baisse de rendement allant de légère à moyenne. Par le choix correct du moment d'application, on peut toutefois limiter à un minimum cette baisse de rendement. Les substances actives conformes à l'invention peuvent Qtre incorporées dans les formulations classiques telles que solutions, émulsions, suspensions, poudres, pates etgranules. On prépare ces formulations d'une manière connue, par exemple en mélangeant les substances actives avec des diluants, c'est-à- dire des solvants liquides, des gaz liquéfiés sous pression et/ou des supports solides, en utilisant éventuellement des agents tensio-actifs, ctest-à-dire des émulsifiants et/ou des dispérsifs et/ou des agents moussants. Lorsqu'on utilise l'eau; comme diluant, on peut par exemple utiliser aussi des solvants organiques comme solvants auxiliaires.Comme solvants liquides, on considère principalement des hydrocarbures aromatiques tels que le xylène, le toluène, le benzène ou des alkylnaphtalènevs, des hydrocarbures aromatiques ou aliphatiques chlorés tels que des chlorobenzènes, des chloréthylènes ou le chlorure de méthylène, des hydrocarbures aliphatiques tels que le cyclohexane ou des paraffines, par exemple des fractions de pétrole, des alcools tels que le butanol ou de glycol ainsi que leurs éthers et esters, des cétones telles que l'acétone, la méthyléthylcétone, la méthylisobutylcétone ou la cyclohexanone, des solvants fortement polaires tels que le diméthylformamide et le diméthylsulfoxyde, ainsi que l'eau on entend désigner par diluants ou supports gazeux liquéfiés des liquides qui sont gazeux à la température et à la pression normales, par exemple des gaz propulseurs pour aérosols tels que le dichlorodifluorométhane ou le trichlorofluorométbane ; comme supports solides, on considère des poudres minérales naturelles telles que les kaolins, les argiles, le talc, la craie, le quartz, l'attapulgite, la montmorillonite ou la terre de diatomées et des poudres minérales synthétiques telles que la silice, l'alumine et les silicates fortement dispersés ; comme émulsifiants, on considère des émulsifiants non ionogènes et anionogènes tels que des esters polyoxyéthyléniques d'acides gras, des éthers polyoxyéthyléniques d'alcools gras, par exemple des éthers d'alkyl- arylpolyglycols, des alkylsulfonates, des alkylsulfates et des arylsulfcnates ; comme dispersifs, on considère par exemple la lignine, les liqueurs résiduaires sulfitiques et la méthylcellulose. Les substances actives conformes à l'invention peuvent être présentes dans les formulations en-mélange avec d'autres substances actives connues. Les formulations contiennent généralement entre 0,1 et 95 % en poids de substance active, de préférence entre 0,5 et 90 %. Les substances actives peuvent etre utilisées telles quelles, sous la forme de leurs formulations ou sous les formes d'application qui en dérivent, telles que solutions, émulsions, mousses; suspensions, poudres, potes et granules pr8ts à ltemploi. L'application est effectuée de la manière usuelle, par exemple par arrosage, pulvérisation, aspersion, dispersion, fumigation, application sous la forme d'une mousse, etc. il est en outre possible d'utiliser les substances actives dans le procédé à très bas volume. L'application et le mode d'action des substances utilisables conformément à l'invention pour améliorer l'aptitude à la cuisson de céréales, ressortent de l'exemple suivant. ExemPle Amélioration de l'aptitude à la cuisson dans le cas du blé d'été On applique sur du blé d'été après la floraison, un herbicide du commerce appelé "Uribunil 70 WP", qui contient comme substance active la 1-(2-benzothiazolyl)-I ,3-diméthylurée. Après la récolte, on évalue l'aptitude à la cuisson du grain. On détermine la valeur de sédimentation et l'indice de chute comme mesures permettant d'apprécier l'aptitude à la cuisson. L'aptitude à la cuisson du grain est d'autant meilleure que la valeur de sédimentation et l'indice de chute sont plus grands. En outre, on détermine le pourcentage d'amidon ainsi que le pourcentage de protéine de la masse sèche de grain et on exprime par un pourcentage chaque écart observé de rendement par rapport aux plants témoins non traités. O. % signifie alors qu'il n'y a pas d'écart de rendement, c'est-à-dire que le rendement correspond à celui des plants témoins non traités. Une valeur négative caractérise une baisse de rendement, tandis qu'unie valeur positive indique une augmentation du rendement. La substance active, les quantités appliquées et les résultats obtenus ressortent du tableau suivant TABLEAU Amélioration de l'aptitude à la cuisson dans le cas du blé d'été Substance active Quantité de Teneur en Valeur de Indice Teneur en Ecart de rensubstance protéine, sédimenta- de chute amidon, % dement (%) active, g/ha % sur base tion base sèche sèche - 0 15,6 66,6 466 62,6 0 (Témoin) 1-(2-benzothia- 150 19,3 73,3 523 57,6 -9,0 zolyl)-1,3- 450 17,8 68,7 500 59,1 -12,9 diméthylurée Ce tableau fait apparaître que les grains des plantes traitées avec la I-(2-benzothiazolyl)-I,3-diméthylurée présentent non seulement une plus forte teneur en protéine, mais aussi une plus grande valeur de sédimentation et un plus grand indice de chute que ceux des plants témoins non traités. Par conséquent, le grain qui provient des plantes traitées a une meilleure aptitude à la cuisson que le grain provenant des plants témoins non traités. Par ailleurs, le traitement à la 1-(2-benzothiazolyl) 1,3-diméthylurée engendre une baisse de rendement et le grain contient moins d'amidon que celui des plants témoins non traités. Cela est da à une réduction partielle et temporaire due à l'herbicide de la production de glucides par photosynthèse, qui est également la cause d'une élévation de la teneur en protéine. Dans d'autres essais, on a effectué un traitement de blé d'été avec la substance- active indiquée ci-dessus après la formation du grain ou au moment de la maturation du lait. constate que pour la meme quantité de substance active, il nry a pas de différence appréciable par rapport aux résultats indiqués sur le tableau précédent. R1BYENDICATIONS 1. Composition destinée à améliorer l'aptitude à la cuisson de céréales, caractérisée par le fait qu'elle contient au moins une substance active herbicide inhibant la photosynthèse. 2. Composition suivant la revendication 1, caractérisée par le fait qu'elle contient de la 1-(2-benzothiazolyl)-1,3diméthylurée. 3. Procédé pour améliorer l'aptitude à la cuisson de céréales, caractérisé par le fait qu'il consiste à faire agir des herbicides suivant la revendication 1 à la dose sublétale à une époque déterminée avant la récolte sur des céréales ou sur leur milieu. 4. Application de substances herbicides suivant la revendication 1, à la dose sublétale, à l'amélioration de l'aptitude à la cuisson de céréales. 5. Application suivant la revendication 4, caractérisée par le fait que la substance herbicide est la 1-(2-benzothiazolyl) 1,3-diméthylurée.