Le nouveau dérivé hydrosoluble de la rutine est préparé par la réaction de Mannich à partir de la rutine, de la diéthanolamine et du formol selon le schéma C32H41NO18 . H2O = 745,5 Mode opératoire On chauffe au reflux pendant deux heures le mélange suivant : 2,1 g (0,02 mole) de diéthanolamine, 2 ml de solution aqueuse de formaldéhyde à 37%, 12,2 g (0,02 mole) de rutine et 100 ml de méthanol. On laisse refroidir le mélange réactionnel, on essore le précipité, on le lave par de l'éther puis on le sèche à 80 C sous pression réduite. - quantité obtenue : 13,2 g - rendement : 88,5 % Propiété physico-chimiques Poudre jaune foncé, se décomposant vers 18500 sans fondre au blanc Köfler, très soluble dans l'eau peu soluble dans le méthanol, l'éthanol à 95 C, insoluble dans l'éther. Analyse C H N Calculé : 51,55 5,77 1,88 Trouvé : 51,38 5,98 1,99 ETUDE TOXICOLOGIQUE Voie orale On administre par voie orale à 10 souris mâles de race Swiss, pesant 20 g, 0,5 ml de solution aqueuse contenant 60 mg de dérivé du [N-(diéthanolamino)méthlène]-8 rutine, soit l'équivalent de 3000 mg/kg. Après cinq jours d'observation, on ne constate ni manifestation pathologiaue, ni mortalité. DL 50 > 3000 mg/kg Voie veineuse Déterminée par voie veineuse à partir desix lots de 10 souris (durée d'injection 30"), la DL 50 est égale a' 1900 mg/kg. ETUDE PHARMACOLOGIQUE Essai du nouveau médicament comme protecteur capillaire. Principe Pour tester de tels produits, on place les animaux d'expé- rience (cobayes) dans des conditions particulières de carence alimentaire qui favorise l'apparition progressive d'une fragilité vasculaire (capillaire). Régime permettant de carencer rapidement les animaux en vitamine C et P, en deux ou trois jours Amidon ... 70 p. 100 Caséine ... 18 p. 100 Mélange salin d'Osborne et Mendel... 4p. 100 donné sous forme de galettes. On ajoute a' cette alimentation un mélange vitaminique vitamines B1, B2, PP (1 mg/jour) vitamines A et D (100 Ut par jour) L'augmentation progressive de la fragilité capillaire est évaluée tous les cinq Jours grâce au test de Lavallay (modifié). Les animaux utilisés sont des cobayes au préalable sélectionnés (ne présentant pas d'anomalie basale de leur perméabilité capillaire avant la carence alimentaire et ayant une résistance capillaire constante pendant plusieurs jours consécutifs). La peau est soigneusement épilée à la racine des membres postérieurs. Quelques heures après, on applique sur cette peau un tube de verre à bord mousse dont le diamètre interne est de 6 mm, relié à une trompe à vide munie d'un manomètre à dépression. Le vide est appliqué pendant 45 secondes consécutives pour chaque niveau de dépression choisi (20, 30, 40, 45, 50, 55, 60 cm Rg). La plus petite dépression suffisante pour faire apparaître quelques pétéchies sur la peau du cobaye est notée. Cette valeur permet de calculer un index de fragilité Ca- pillaire : I.F.C. I valeur théorique de dépression maximale (applicable dans les conditions expérimentales : 60 cm Hg) moins dépression effective qui entraine l'apparition des premières pétéchies. I.F.C. = 60 - x. Par exemple, si sur un cobaye, on obtient les premières pétéchies à 45 cm Hg de dépression, on peut dire que l'I.F.C. est de 60 - 45 . 15. Plus I.P.C. est élevé, plus la fragilité capillaire est grande. Expérimentation Chaque produit est administré par voie orale (mélangé à l'alimentation) tous les jours à partir du début du régime de carence. Un groupe de sept cobayes recevant le produit est testé tous les cinc; Jours (mesure de l'I.F.C.) et comparé à un autre groupe de sept cobayes témoins (soumis au régime carencé et ne recevant aucun produit protecteur). De plus, la plupart du temps, un autre groupe de cobayes (7 animaux) est étudié parallèlement, recevant comme protecteur vasculaire un produit classique servant de référence (la rustine, par exemple, considérée comme au premier rang des substances actives renforçant la résistance des vaisseaux capillaires Sevin ; CRAC. Sa. 1943, 216, 505). Les cobayes supportent mal le régime carencé, et des morts surviennent fréquemment au cours de l'expérimentation : la meilleure survie d'un groupe peut aussi être un reflet de l'effet protecteur d'un produit. 1ère série : trois groupes de cobayes sont étudiés 1 - groupe témoin (animaux carencés sans protecteur vasculaire) 2 - groupe rutine (7 animaux carencés recevant en plus 4,6 mg de rutine par cobaye et par Jour) 3 - groupe du N-(diéthanolamino)méthylène -8 rutine (7 animaux carencés recevant en plus 5,3 mg du nouveau médicament par cobaye et par Jour). Résultats 1ère série (la figure 1 est un graphique facilitant la compréhension). L'I.F.C. s'élève peu chez les animaux traités par a rutine; ce qui souligne une bonne protection (il y a peu de morts dans ce groupe puisque le dixième Jour les 7 cobayes sont tous encore vivants ; le quinzième Jour, 2 morts seulement). Le nouveau médicament, sans Btre aussi puissant que la rutine lors de ce test, protège encore très bien, l'I.F.C. étant inférieur à 15 le quinzième jour alors que chez les animaux témoins il est supérieur à 35 (survie à peu près comparable au groupe "rutine"). 2ème série: L'hydrosolubilité a une importance capitale dans l'activité des facteurs P. Les facteurs solubles possèdent une activité protectrice supérieure à la rutine insoluble. Aussi, dans cette série, il-a été comparé le nouveau médicament à la solurutine (un autre produit de référence est ici essayé : la naringine). Quatre groupes d'animaux sont constitués (7 cobayes chacun): 1 - groupe témoin 2 - groupe solurutine (4,6 mg/cobaye/P) 3 - groupe nouveau médicament (5,3 mg/cobaye/j) 4 - groupe naringine (4,6 mg/cobaye/J). Résultats de la 2ème-série La solurutine semble exercer une protection complète puisque l'1.P.C. n'augmente que très peu pendant les quinze Jours du test. Le [N-(diéthanolamine)méthylène] -8 rutine et la naringine présentent un effet protecteur net par rapport aux témoins, mais moins fort que la solurutine. La survie des animaux est parfaite pour le groupe solurutine (7 survivants sur 7 le quinzième Jour), moins bonne pour les deux autres produits (4 survivants sur 7 pour ehaque groupe le quinzième Jour), mauvaise chez les témoins (deux survivants sur 7 le quinzième Jour). 3ème série (voir figure 2) La solurutine présentant associé dans le produit de l'acide ascorbique, le [N-(diéthanolamine)méthylène] -8 rut ine est comparé à la solurutine, nouveau médicament simple et nouveau medicament associé à la vitamine C d'où quatre groupes 1 - témoin 2 - solurutine (4,6 mg/cobaye/;) 3 - nouveau médicament (seul) (5,3 m/cobaye/J) 4 - nouveau médicament + acide ascorbique (5,3 mg/cobaye/J) + (57 mg/cobaye/J). Résultats de la 3ème série Le 2 -(diNthanolamine)méthylèneg -8 rutine + acide ascorbique protège au moins aussi bier que la solurutine. il semble donc bien que l'addition de vitamine C favorise encore la protection capillaire qu'entrînait déjà le produit seul. La survie du groupe nouveau médicament + acide ascorbique est bonne (6 survivants sur 7 le quinzième jour). CONCLUSIONS Dans les conditions expérimentales actuelles, le diéthanolamine)méthylèneu -8 rutine peut être considéré comme un bon protecteur vasculaire, rivalisant largement avec les produits classiques testés, et se montrant particulièrement actif lorsqu'il est associé à la vitamine C. UTILISATION THERAPEUTIQUE Ltutilisation thérapeutique est basée sur l'action vitaminique P qui diminue la perméabilité des canillaires et augmente résistance. Le nouveau médicament peut donc être utilisé comme médicament des capillaires et des veines, en particulier dans les cas de fragilité capillaire : oedème, varices, hémorroldes, etc. Le produit peut être administré chez l'adulte par voie orale, rectale ou parentérale, à la dose de 200 mg à 800 mg par Jour répartis en plusieurs prises. Il est donné, à titre d'exemples, quelques formes possibles d'utilisation de- ce nouveau médicament EXEMPLE 1 [N-(diéthanolamine)méhylène] -8 rutine ...... 0,200 g excipient q.s.p. ............................ 1 gélule EXEMPLE 2 [N-(diéthanolamine)méhylène] -8 rutine ....... 4 g excipient hydroalcoolique q.s.p. ............. 100 ml EXEMPLE 3 [N-(diéthanolamine)méhylène] -8 rutine ....... 0,036 g excipient aromatisé q.s.p. 1 ampoule buvable de 10 ml EXEMPLE 4 [N-(diéthanolamine)méhylène] -8 rutine ....... 0,050 g eau pour préparatiors in.jtctables q.s.p. ... 5 ml Le principe actif peut être associé à d'autres substances telles que l'acide ascorbique, le pentosane polysulfate, etc. REVENDICATIONS 1 - Nouveau médicament pour le traitement de la fragilité capillaire, en particulier pour le traitement des oedèmes, varices, hémorroldes, caractérisé en ce qu'il comporte comme produit actif un dérivé hydrosoluble de la rutine, le LN-(diéthanoîamine) méthylène -8 rutine. 2 - Nouveau médicament suivant la revendication 1, caractérisé en ce que la formule est : [N-(diéthanolamine)méhylène] -8 rutine ....................................... 0,200 g excipient q.s.p. ............................. 1 gélule 3 - Nouveau médicament suivant la revendication 1, caractérisé en ce que la formule est : [N-(diéthanolamine)méhylène] -8 rutine ....................................... 4 g excipient hydroalcoolique q.s.p. ... 100 ml 4 - Nouveau médicament suivant la revendication 1, caractérisé en ce que la formule est : [N-(diéthanolamine)méhylène] 8 rutine ... ... 0,036 g excipient aromatisé q.s.p. 1 ampoule buvable de 10 ml 5 - Nouveau médicament suivant la revendication 1, caractérisé en ce que la formule est : [N-(diéthanolamine)méhylène] -8 rutine ... 0,050 g eau pour préparations injectables q.s.p. .... 5 ml