-1 L'invention concerne les dispositifs optiques interférométriques excités en lumière laser, et s'inté- resse en particulier aux- gyromètres laser passifs. Les aberrations présentes sur le trajet optique du faisceau laser sont gênantes dans ces dispositifs, tout particulièrement dans les gyromètres, o deux ondes se propagent en sens inverse sur un circuit sensiblement fermé. Il est tout d'abord difficile de rendre et mainte- nir ces deux ondes rigoureusement colinéaires, d'o il résulte un décalage et une dérive de zéro. Il se produit aussi un "bruit optique", lié aux fluctuations de chemin optique. Bien que divers expédients permettent d'arriver à des gyromètres donnant satisfaction, il demeure vivement souhaitable d'améliorer la situation. La présente invention vient précisément per- mettre une très bonne compensation des aberrations sur les trajets optiques du dispositif. A cet effet, l'invention propose un dispositif optique interférométrique, qui comporte - une entrée prévue pour recevoir un rayonnement laser, - une lame séparatrice définissant deux trajets aval différents pour le rayonnement laser, - deux organes-miroirs interposés respectivement sur l'un et l'autre des trajets aval, pour renvoyer du rayonnement laser incident suivant le même trajet, mais en sens inverse, - l'un au moins des deux organes-miroirs étant un organe formant miroir à conjugaison de phase, et - des moyens aptes à comparer par interférence les deux rayonnements laser ainsi renvoyés, cette comparaison étant représentative de non-réciprocités optiques existant sur l'un et/ou l'autre desdits trajets. De préférence, le miroir à conjugaison de phase comporte un'milieu optiquement non-linéaire. Avanta- geusement, on applique à ce milieu deux ondes pompes de 2503 862 -2- sens inverse. En pratique, les ondes pompes sont définies à partir d'un prélèvement effectué sur le rayonnement laser d'entrée. Dans une réalisation préférentielle de l'inven- tion, les deux organes-miroirs sont des organes formant miroir à conjugaison de phase. Plus particulièrement, les moyens de coeparaison coxn- prennent la lame séparatrice déjà citée et une autre lame séparatrice placée sur le trajet du rayonnement laser dans sa partie comune aux deux trajets aval différents et deux dispositifs photo- détecteurs qui reçoivent respectivement les rayonnements extraits par les deux lames séparatrices. - Différentes variantes et/ou aménagements prati- ques sont avantageux. En particulier, on peut, dans l'un au moins des deux trajets aval différents, interposer un ou plusieurs des éléments suivants - filtre spatial, par exemple du type trou d'épingle, - polariseur, tel qu'un prisme de Glan, - déphaseur optique et ses moyens de commande, modulation optique, réciproque ou non, avec en principe démodulation synchrone au niveau des détecteurs. Par ailleurs, les deux miroirs à conjugaison de phase peuvent, dans certains cas au moins, être réunis en un seul. Selon une caractéristique tout particulièrement intéressante de l'invention, les deux miroirs à conjugai- son de phase sont proches l'un de l'autre, et les deux trajets aval forment ensemble au moins une boucle (de surface non nulle). On obtient ainsi un gyromètre à laser. La plupart du temps, on prévoit la disposition symétrique suivante: les deux trajets aval différents forment deux circuits sensiblement fermés, qui sont sen- siblement de même géométrie, et spatialement rapprochés l'un de l'autre (superposés par exemple). Dans un mode de réalisation préférentiel de l'invention, les trajets aval différents sont définis, 2503 862 -3- au moins en partie, par des fibres optiques. Selon une réalisation particulière, les fibres optiques sont des fibres multimodes. D'autres caractéristiques et avantages de l'in- vention apparaîtront à la lecture de la description déteis qui va suivre, faite en référence aux dessins annexés, donnés pour illustrer à titre d'exemple non limitatif dif- férents modes de réalisation de la présente invention, et sur lesquels - la figure 1 illustre le schéma de principe de l'inter- féromètre selon la présente invention, équipé de deux miroirs à conjugaison de phase; - la figure 2 illustre un schéma plus détaillé de l'inter- féromètre de la figure 1; - les figures 2A et 2B illustrent les courbes de réponse au niveau des détecteurs Dl et D2, pris dans les figu- res 1 ou 2; - la figure 3 est un schéma illustrant le mode de réalisa- tion préférentiel de miroir à conjugaison de phase; - les figures 4A et 4B illustrent respectivement le mode de fonctionnement d'un miroir classique et d'un miroir à conjugaison de phase; - les figures 5 à 8 illustrent différentes variantes de réalisation de l'invention, appliquées ici à l'inter- féromètre de la figure 1; - la figure 9 illustre un premier mode de réalisation de gyromètre à laser passif, selon la présente invention, auquel sont incorporés des miroirs à conjugaison de phase;et - la figure 10 illustre une variante de réalisation par- ticulièrement avantageuse du gyromètre de la figure 9, dans laquelle les trajets optiques sont définis par des fibres optiques. Sur la figure 1, la référence E désigne symbo- liquement une entrée, par exemple un- écran perforé, à tra- vers laquelle un rayonnement laser RL peut entrer dans un interféronitre, qui est ici du type Michelson ou plus précisément T[ynan-Gr 2503 862 -4- Une lame séparatrice Si divise le faisceau laser en deux parties, qui suivent respectivement des trajets optiques Tl et T2 différents. Lesmots'trajets optiques différents" s'entendent ici en ce que les che- mins optiques peuvent être différents, ou en ce que, les chemins optiques étant en partie les mêmes, le faisceau laser divisé va les parcourir en sens inverse. Une partie du faisceau laser traverse donc la lame séparatrice Si pour suivre un trajet optique Tl, et aller vers un premier miroir à conjugaison de phase noté MCP1. Une partie de cefaisceau laser incident est réfléchieen sens inverse sur le trajet Ti, pour être renvoyée en retour sur la lame séparatrice Si. Par ré- flexion sur celle-ci, le faisceau ayant subi le trajet Tl va se trouver pour partie dérivé vers un détecteur Dl. L'autre partie du faisceau va traverser la lame séparatrice Si, pour reprendre le trajet d'entrée du rayonnement. De préférence, on prévoit également une autre lame séparatrice S2, qui permettra-de détourner à nouveau une partie du même faisceau réfléchi vers un autre photodétecteur D2. La partie du faisceau incident RL qui sera réfléchie par la lame séparatrice S2 peut être utilisée par exemple pour servir de référence sur l'in- tensité du rayonnement laser incident. Si l'on revient maintenant au rayonnement laser incident, lorsqu'il arrivait sur la lame séparatrice Si, l'autre partie de ce rayonnement incident va se trouver réfléchie sur la lame séparatrice Si vers le bas, suivant un second trajet optique T2, aboutissant de préférence à un second miroir à conjugaison de phase MCP2. A son tour, celui-ci réfléchit une partie du faisceau qu'il reçoit, et cette partie est donc retournée par la lame séparatrice Si. Une partie de ce rayonnementréfléchi va traverser la lame séparatrice Si pour aller elle aussi vers le photodétecteur Dl. Une autre partie va 2503 862 -5 - se trouver réfléchie sur la lame séparatrice SI, puis sur la lame séparatrice S2, pour aller frapper le photo- détecteur D2. Comme on le verra plus loin, les signaux obtenus au niveau du photodétecteur Dl, et éventuellement au niveau du photodétecteur D2 lorsque celui-ci est prévu, sont représentatifs de non-réciprocités optiques existant sur l'un et l'autre des trajets Tl et T2. Sur la figure 1, le cadre tireté noté NR représente une telle non-récipro- cité. Bien qu'il soit préférable d'utiliser deux miroirs à conjugaison de phase, ou bien comme on le verra plus loin, un seul miroir à conjugaison de phase jouant ce rôle à la fois sur les deux trajets Tl et T2, on peut aussi, lorsque la non-réciprocité existe seulement sur l'un des trajets, ici Tl, utiliser le miroir à conjugai- son de phase en liaison avec ce trajet optique, et utili- ser un miroir classique à la place du miroir MCP2. Les miroirs à conjugaison de phase peuvent être de différents types. La réflexion avec conjugaison de phase suppose, a priori un retournement du front d'onde, et également, en toute rigueur, une phase de l'onde ren- voyée qui soit opposée à celle de l'onde incidente, à une phase cons- tante près, spécifique du miroir, et indépendante de l'onde incidente (mais ce critère sur la phase n'est pas toujours considéré cOErme ipe- ratif). Pour réaliser un miroir à conjugaison de phase, on peut, par exemole,faire une exploration du front d'onde du rayonnement laser au moyen d'une mosaique de détecteurs hétérodynes. A l'aide d'un laser formant oscillateur local, on mesure la phase au niveau de chaque détecteur, puis par des asservisse- ments, on agit sur des déphaseurs qui vont fabriquer l'onde conjuguée renvoyée. On a également proposé d'uti- liser une mosalque de rétroréflecteurs,constituée d'un très grand nombre de petits prismes en coin de cube, pour certaines applications. 2503 862 -6- La présente invention utilise avantageusement un effet non-linéaire dans un milieu optique. On connaît là-dessus l'effet Raman stimulé, l'effet Brillouin sti- mulé, les mélanges à trois ondes (amplificateurs para- métriques), ou les mélanges à quatre ondes, par exemple. Toutefois, la présente invention préconise actuellement l'usage d'un miroir à conjugaison de phase stricte, fondé sur un mélange dégénéré à quatre ondes, de la manière illustrée schématiquement sur la figure 3. Le mélange est dit dégénéré lorsque les quatre ondes ont la même fréquence. Pour les rayonnements de longueur d'ondes visi- bles, les milieux optiquement non-linéaires ou ONLM, actuellement considérés comme préférentiels, sont les cristaux d'oxydes de bismuth et de silicium (Bi12 Si 020) ou de titanate de baryum (Ti 03 Ba). On considère une onde incidente, définie sur la figure 3 par son champ électrique Ei en représentation complexe, avec E. = U. exp [i(wt - kz + (1) L'onde est définie par la partie réelle de cette expression complexe. U est ici une grandeur, éventuelle- ment complexe, de la forme Eo. f(x, y, z), représentant l'amplitude de l'onde incidente (Eo) et sa géométrie f(x, y, z). exp désigne la fonction exponentielle com- plexe, i désigne le symbole habituel des nombres com- plexes, w désigne la pulsation angulaire de l'onde inci- dente, t désigne le temps, k est le nombre d'onde, z dé- signe une mesure de la coordonnée spatiale de propagation de l'onde suivant l'axe Oz de la figure 3, et i est re- présentatif de la phase de l'onde à l'instant t = O et au point pour lequel z = O. Dans une direction OY, on applique au milieu optiquement non-linéaire ONLM deux ondes pompes, notées 2503 8 62 -7- en général 0P+ et OP_, leurs champs électriques respec- tifs étant notés Ep+ et Ep, et possédant respectivement des expressions de la forme suivante: Ep+ = V. exp [i(wt + ky + +)] (2) P Ep = W. exp [i(t ky + p_)] (3) Dans ces équations, V et W sont des paramètres d'amplitude, de préférence non complexes et indépendants de l'espace autant-que possible. k désigne à chaque fois le nombre d'onde de ces ondes pompes suivant la direction parallèle OY, et p+ et _ sont représentatifs des phases initiales des deux ondes. Bien que les choses soient en pratique assez complexes, on peut les faire comprendre schématiquement à l'aide de l'explication ci-après, qui ne fait inter- venir qu'un développement dit "perturbatif" en physique, c'est-à-dire en puissantes croissantes du champ, o l'on ne retient que l'ordre le plus bas. Le milieu optiquement non-linéaire ONLM étant susceptible d'une polarisation diélectrique, que l'on notera ci-après P, il correspond.à cette polarisation diélectrique une composante d'interaction P de la forme: P proportionnelle à (Ep+). (Ep). (Ei) (4) Dans cette relation, le symbole Eié représente D a s cterlton esmoeE le complexe conjugué du champ électromagnétique incident Ei, et est de la forme: Ei = U. exp E-i (wt kz + vi)] (5) Dès lors que les deux ondes pompes sont des ondes planes, et colinéaires, l'homme de l'art comprendra que l'expression de la grandeur P peut être finalement écrite sous la forme suivante: P proportionnelle à U*exp i(wt + kz - i). exp i(y++_) (6) 2503 862 -8 - Cette polarisation rayonne un champ électro- magnétique réfléchi (E c), proportionnel lui aussi à l'équation (6), et qui manifeste la conjugaison de phase. Ce champ conjugué réfléchi est en tous points, à un coefficient complexe constant près, obtenu par renver- sement du temps dans l'expression de l'onde incidente. Cela signifie que, spatialement, le front d'onde revien- dra exactement avec la même géométrie que celle qu'il avait avant de rencontrer le miroir à conjugaison de phase. Ceci est illustré très schématiquement sur les figures 4A et 4B, pour le retournement du front d'onde. Sur la figure 4A, on suppose un front d'onde plan incident F1, qui traverse un barreau de verre. A cause de la vitesse de propagation différente dans le verre, à la sortie du barreau de verre, l'onde plane F1 sera transformée en une onde F2, qui demeure plane, sauf dans une partie formant un décrochement arrière au niveau o l'onde à traversé le barreau de verre. Après réflexion sur un miroir classique MC, l'onde revient en F3, le décrochement ayant maintenant changé de côté, suivant les lois de réflexion de l'optique traditionnelle. Après qu'elle ait à nouveau traversé le barreau de verre BV, l'onde en F4 aura un décroche- ment qui est maintenant d'amplitude double. Les choses se passent très différemment dans le cas d'un miroir à conjugaison de phase, comme le montre la figure 4B. En effet, l'onde plane incidente F'1 comporte bien toujours un décrochement, illustré en F'2, après avoir traversé le barreau de verre. Mais, après la réflexion sur le miroir à conjugaison de phase MCP, l'onde F'3 revient avec un décrochement qui se trouve du même côté que le décrochement précédent. Le décrochement en question peut donc être rigoureusement annulé après la nouvelle traversée du barreau de verre BV au cours du trajet retour, et l'onde F'4 se présente alors à nouveau comme une onde plane rigoureuse. 2503 862 Cet exemple simple montre qu'une réflexion sur un miroir à conjugaison de phase permet de s'affran- chir de toute anomalie ou aberration optique présente sur le trajet de propagation d'une onde, dont l'exemple d'un barreau de verre n'est qu'une illustration schéma- tique. Si l'on revient à l'équation (6), on voit que celle-ci fait intervenir un terme indépendant du temps et de l'espace, qui ne caoorte (uelesphases Y. et c des deux ondes pompes. Dans le cas o la présente inven- tion fait usage de deux miroirs à conjugaison de phase, il est souhaitable que les phases desdeux ondes pompes permettent que ce terme ne joue pas. La manière la plus simple de le réaliser consiste à utiliser les mêmes ondes pompes pour les deux miroirs à conjugaison de phase, comme le montre la figure 2. Plus précisément encore, sur cette figure 2, les ondes-pompes sont définies à partir d'une fraction du rayonnement laser incident RL, réfléchi tout d'abord par une troisième lame séparatrice S3. Le trajet des ondes pompes à partir de S3 est défini par un trait tireté long, et comporte tout d'abord une réflexion sur un miroir classique MC1, la traversée aller du premier miroir à conjugaison de phase MM2, une nouvelle réflexion sur un second miroir classique MC2, la traversée aller du miroir à conjugaison de phase MCPI, une réflexion pure et simple sur le même trajet par un miroir MC3, qui est soit un miroir classique, soit de préférence un rétro-réflecteur en coin de cube ou un oeil de chat. Après réflexion, il se produit un trajet retour dans MCP1, puis un trajet retour dans MCP2 après réflexion sur MC2, l'onde retournant finalement par MC1 pour être renvoyée vers S3 qu'elle traverse pour partie, ce rayonnement étant perdu ou absorbé, de même que celui qui retourne dans la direc- tion de l'incidence du rayonnement laser. La cavité 2503 862 -10- génératrice du rayonnement laser d'entrée peut inclure le trajet des ondes pompes, MC3 étant l'un des miroirs de la cavité, et la structure étant un peu différente côté entrée E et lame S3. On comprend maintenant que les ondes retournées par conjugaison de phase sur les trajets Tl et T2 respec- tivement par les miroirs MCP1 et MCP2 vont revenir de ma- nière totalement indépendante des aberrations optiques pouvant exister sur ces trajets. Dans chacun des bras ou trajets tels que Tl et T2 de l'interféromètre, l'onde retour, au niveau d'une séparatrice telle que Si ou S2, est indépendante du tra- jet optique dans ce bras, ainsi que de la distance par- courue par l'onde, sauf lorsque les trajets Tl et/ou T2 sont sujets à des non-réciprocités. Parmi les non-réciprocités (cadre en trait tire- té NR sur la figure 1), que l'on peut détecter et mesurer avec le dispositif de la figure 1 ou de la figure 2, on peut citer: - l'effet Faraday, qui correspond à une non-réciprocité dans les milieux magnétiques, - la dispersion saturée, qui correspond au comportement nonlinéaire d'un milieu en amplitude, étant observé que l'intensité de l'onde réfléchie par le miroir à conjugaison de phase est généralement différente de l'intensité de la lumière incidente sur celui-ci; par exemple l'iode gazeux contitue un milieu satura- ble à la longueur d'onde de 5 145 Angstr6ms (C.R.Acad. Sc. Paris 277B, 381, (1973)). La dispersion saturée peut être appliquée à la spectroscopie sous Doppler et à l'asservissement en fréquence des lasers. Les figures 2A et 2B montrent l'allure des signaux détectés parles photodétecteurs Dl et D2 des figures 2 ou 1. Cette amplitude est portée en ordonnée, l'abscisse étant représentative d'un paramètre relatif à 2503 867 -11- la non-réciprocité du milieu présent dans l'un et/ou l'autre des deux bras Ti et T2. Plus précisément, ce paramètre représente la différence de trajet optique entre les deux bras, créée par la non-réciprocité. En l'absence de toute non-réciprocité, les deux ondes qui reviennent vers le laser auront subi exactement le même déphasage puisque les déphasages sur les deux trajets et à la réflexion ou à la transmission de la sé- paratrice Si sont annulés par la conjugaison de phase; il y a donc interférence constructive et le signal détec- té en D2 est maximum lorsque le paramètre de non-récipro- cité PNR est nul (figure 2B). Au contraire, pour le signal détecté en DI, on attend une interférence destructive et, en principe, un signal nul pour une non-réciprocité nulle (figure 2A). On vérifie cette situation par une opération de renversement du temps appliquée au dispositif: ce renver- sement du temps doit redonner, vers le laser, une onde semblable à l'onde incidente, et conjuguée de celle-ci. Pour des raisons pratiques, le seul signal obtenu au niveau du détecteur Dl n'est généralement pas suffisant, et l'on prévoit donc de préférence un second détecteur en D2, avec la lame séparatrice associée S2, pour utiliser soit seulement le signal obtenu en D2, soit une combinaison des deux signaux obtenus en Dl et D2, qui peut être par exemple la différence Dl - D2. On décrira maintenant en référence aux figures à 8 différentes variantes de réalisation qui peuvent être utilisées en combinaison, et permettre notamment d'améliorer l'utilisation des signaux détectés. Sur la figure 5, on voit qu'un polariseur, tel qu'un prisme de Glan, est interposé sur le trajet Tl constituant l'un des bras de l'interféromètre. Ce polariseur permet d'obtenir une sélectivité sur l'onde conjuguée, en éliminant les éventuels signaux parasites, provenant par exemple du miroir à conjugaison de phase. 2503 862 -12- Bien entendu, un polariseur du même genre peut être placé sur l'autre bras T2, dont seul le début est illustré sur la figure 5, tout comme sur les figures 6 à 8. Sur la figure 6, on a interposé dans le bras Tl de l'interféromètre un filtre spatial, constitué d'un diaphragme du type trou d'épingle, placé au foyer d'un télescope, schématisé sur la figure 6 par deux lentilles de part et d'autre du trou d'épingle. Ceci permet de réaliser la sélection du mode de propagation électro- magnétique classiquement désigné par TEMQQ, et permet par là une meilleure réjection des signaux parasites. Là encore, un tel filtre est avantageusement interposé également sur l'autre bras T2 de l'interféromètre. La figure 7 illustre une autre variante, qui fait intervenir un déphasage du rayonnement sur l'un au moins des deux bras de l'interféromètre, ici le bras Tl. La partie active du déphaseur, notée VPM, est cons- tituée par un milieu capable de jouer sur la.phasede l'oncle, qui peut être constitué lui aussi par un système non réciproque, mais connu, et contrôlé par un dispositif de commande de phase CDPH. Pour réaliser un tel déphaseur, on peut utiliser par exemple l'effet Faraday, déjà cité, de manière connue en soi. La disposition de la figure 7 présente l'avantage important de permettre un réglage du point de fonctionnement de l'interféromètre, puis- qu'il permet de faire varier la phase sur l'un des tra- jets, ou bien de la faire varier différemment sur les deux trajets Tl et T2. On peut alors déplacer par exemple le point de fonctionnement de l'interféromètre pour l'amener au point P de la figure 2A, ou bien encore au point Q de la figure 2B. De la sorte, en faisant par exemple la différence des signaux recueillis en Dl et D2, on aura finalement un signal qui passe des valeurs néga- tives aux valeurs positives, la valeur nulle correspondant à l'absence de non-réciprocité dans la partie à analyser, notée NR sur les figures 1 et 2. 2503 862 -13- Une autre variante est illustrée sur la figure 8, et elle fait intervenir une modulation sur le trajet Tl. On interpose donc un modulateur de phase LM sur le trajet Tl de l'interféromètre, ce modulateur étant alimenté à partir d'une source de fréquence F, source ce qui est noteHORL sur la figure 8. Les signaux électriques recueillis par les photodétecteurs Dl et D2 sont appliqués respectivement à des étages de détection synchrones schématisés en SD1 et SD2, étages qui re- çoivent eux aussi la fréquence de modulation F. Une telle modulation facilite beaucoup l'utilisation des signaux détectés. Cette modulation peut être ou non réciproque, ce qui dépend notamment du temps de réponse des miroirs à conjugaison de phase utilisés. Dans une réalisation préférentielle, on réalise de la manière illustrée sur la figure 8 une modulation de phase dans un sens sur le bras Tl de l'interféromètre, et une modulation de phase en opposition à la même fréquence sur l'autre bras T2 de l'interféromètre, qui n'est qu'esquissé sur la figure 8. Enfin, si l'on retourne à l'équation (6) déjà notée, il apparaît que l'onde renvoyée par les miroirs à conjugaison de phase comporte un terme qui dépend des phases Ai etpT des ondes pompes; pour réaliser la modulation qui vient d'être citée ou le réglage de phase, on peut agir directement sur les phases des ondes pompes, au lieu d'interposer un modulateur de phase ou un varia- teur de phase sur les trajets Tl et T2, comme le mon- traient les figures 8 et 7. Le mode de réalisation préférentiel de la présente invention concerne les gyromètres passifs à laser, dont on décrira maintenant deux réalisations, en référence aux figures 9 et 10. 2503 862 -14- Sur la figure 9, le rayonnement laser incident RL est appliqué tout d'abord à la lame S2, puis à la lame séparatrice Si. La partie du rayonnement qui traverse Si suit un trajet TI, qui passe sur les miroirs classiques MCii, puis MC12, pour faire un circuit sensiblement fer- mé, qui aboutit à un premier miroir à conjugaison de phase MCPI, placé près de la lame séparatrice Si. La partie du rayonnement incident qui est ré- fléchie par la lame séparatrice Si suit le trajet illus- tré en trait d'axe, et noté T2, qui va tout d'abord vers un miroir MC21, proche de MC12, puis vers un miroir MC22, proche de MCli, pour aboutir finalement à un second mi- roir à conjugaison de phase MCP2, proche de la lame séparatrice Si et surtout de MCP1. Les deux miroirs à conjugaison de phase renvoient respectivement les ondes qu'ils reçoivent pour qu'elles retournent vers le même trajet qu'auparavant, ce qui les ramène donc respective- ment par les trajets TI et T2 vers la lame séparatrice Si. Il se produitalors des interférences au niveau de la lame séparatrice Si, et le signal optique qui en résulte est perçu par le photodétecteur DI. D'autres interférences, différentes, se produisent comme précé- demment indiqué au niveau de la lame séparatrice S2, et le signal optique qui en résulte est perçu par l'autre photodétecteur D2. * Il apparaît donc que les deux trajets suivis par les deux rayonnements laser en aval de la lame sépa- ratrice Si forment deux circuits sensiblement fermés, qui sont sensiblement de même géométrie, et quasi superposés l'un à l'autre. L'homme de l'art comprendra que ceci permet de réaliser un gyromètre passif, comparable sur le principe physique au dispositif dit de Sagnac. En effet, lorsque l'ensemble du système tourne, il en résulte une non- réciprocité optique de sens inverse sur les deux trajets, 2503 862 -15- d'o la possibilité d'obtenir un signal représentatif de ladite rotation. Cette structure avec des miroirs à conjugaison de phase est très avantageuse dans le cas d'un gyromètre passif, puisqu'elle permet en particulier de s'affranchir de toutes les aberrations rencontrées par les rayonnements électromagnétiques sur les trajets séparés Tl et T2 en d'autres termes, le dispositif optique est automatique- ment réglé quelles que soient les aberrations sur les trajets optiques, et aussi les différences de marches réciproques et stationnaires. Bien entendu, et comme précédemment, on aura avantage, pour faciliter l'utilisation de signaux détec- tés, à utiliser les variantes décrites à propos des figures 5 à 8. En particulier, en faisant intervenir une modulation réciproque de phasesur l'un des bras, ou sur les deux bras, au moyen d'un modulateur de phase placé immédiatement après la séparatrice Si, on obtient un dispositif très performant (la durée finie du trajet aller et retour sur chaque bras déphase l'action du modulateur sur les faisceaux aller et retour). Plus généralement, avec un tel gyromètre passif incluant deux miroirs à conjugaison de phase, l'état d'interférences détecté sur Dl ou D2 est indépendant de la position des miroirs, et de toutes différences de marches réciproques susceptibles d'intervenir sur les bras. On obtient donc ainsi un système particulièrement intéressant, en ce que par construction, la combinaison de moyens utilisés n'est sensible qu'au phénomène à mesurer, à savoir la rotation du gyromètre. La figure 10 illustre un mode de réalisation de gyromètre encore plus intéressant, susceptible des mêmes variantes que précédemment. Pour clarifier le dessin, on a représenté une seule lame séparatrice S, 2503 862 -16- qui correspond à Si précédemment, et qui reçoit le rayonnement laser incident. Une première fibre optique Tl, représentée en trait continu épais, reçoit le rayon- nement qui traverse la lame séparatrice S. Cette fibre fait N tours sur elle-même, pour finalement aboutir à un miroir à conjugaison de phase MCP. De l'autre côté de la lame séparatrice S, une seconde fibre optique, illus- trée en trait d'axe épais, définit un trajet T2, très proche du trajet Tl, comportant le même nombre de tours N, mais s'enroulant en sens inverse, pour aboutir lui aussi sur le miroir à conjugaison de phase MCP. On voit que les deux trajets optiques Tl et T2 sont là encore sensiblement fermés, le miroir MCP étant très proche de la lame séparatrice S; ces trajets optiques présentent sensiblement la même géométrie, et sont spatialement rapprochés l'un de l'autre. Le mode de réalisation de la figure 10 fait apparaître une autre caractéristique de l'invention, suivant laquelle un seul miroir à conjugaison de phase MCP peut, dans certaines configurations, jouer le rôle de deux miroirs MCPI et MCP2 précédemment utilisés. 1 Bien entendu, sur la figure 10 comme sur la figure 9, le ou les miroirs à conjugaison de phase sont convenablement excités par des ondes pompes OP+ et OP_, qui peuvent provenir elles aussi du rayonnement laser incident (variante non représentée), tandis que le retour de l'onde pompe pour obtenir les deux sens de la propa- gation est assurée par un miroir classique MC3, préféren- tiellement du type coin de cube ou oeil de chat. L'état d'interférences présent au niveau de la lame S de la figure 10 est détecté par un photo- détecteur D, et peut être traité comme précédemment, ou de toute autre manière connue pour obtenir un signal représentatif de la rotation du gyromètre. De la même 2503 862 -17- manière que dans les autres modes de réalisation, on peut bien entendu prévoir une autre lame séparatrice placée en amont de S, et associée à un second détecteur. Le mode de réalisation de la figure 10 présente encore un autre avantage très important: en combinaison avec les miroirs à conjugaison de phase d'un tel gyro- mètre, on peut utiliser des fibres optiques multimodes, ce qui n'était pratiquement pas possible avec les gyro- mètres passifs de la technique antérieure. De plus, on peut réaliser des miroirs à conju- gaison de phase dont l'onde conjuguée est amplifiée par rapport à l'onde incidente. Ceci permet d'utiliser des fibres optiques très longues, et par conséquent d'aug- menter d'au moins un ordre de grandeur la sensibilité du gyromètre. Bien entendu, la présente invention n'est pas limitée au mode de réalisation décrit, mais s'étend à toute variante conforme à son esprit. 2503 862 -18- REVENDICATIONS 1. Dispositif optique interférométrique, caracté- risé par le fait qu'il comporte: - une entrée (E) prévue pour recevoir un rayonnement laser (RL), - une lame séparatrice (Si) définissant deux trajets aval différents (Tl, T2) pour le rayonnement laser, - deux organes-miroirs (MCP1, MCP2) interposés respective- ment sur l'un (Tl) et l'autre (T2) des trajets aval, pour renvoyer du rayonnement laser incident suivant le même trajet (Tl, T2), mais en sens inverse, - l'un au moins (MCP1, MCP2) des deux organes-miroirs étant un organe formant miroir à conjugaison de phase,et - des moyens (S1, Dl; S2, D2) aptes à comparer par inter- férence les deux rayonnements laser ainsi renvoyés, cette comparaison étant représentative de non-réciprocités optiques existant sur l'un et/ou l'autre desdits trajets (Tl, T2). 2. Dispositif optique interférométrique selon la revendication 1, caractérisé par le fait que le miroir à conjugaison de phase (MCP1 ou MCP2) comporte un milieu optiquement non linéaire (ONLM, figure 3). 3. Dispositif optique interférométrique selon la revendication 2, caractérisé par des moyens pour appliquer à ce milieu deux ondes pompes (OP+, OP-) de sens inverse. 4. Dispositif optique interférométrique selon l'une des revendications 2 et 3, caractérisé par le fait que les deux ondes pompes sont de même fréquence. 5. Dispositif optique interférométrique selon la revendication 4, caractérisé par le fait que les ondes pompes (OP., OP_) sont définies à partir d'un prélèvement (S3, figure 2) effectué sur le rayonnement laser d'entrée (RL). 6. Dispositif optique interférométrique selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisé par le fait 2503 862 -19- que les deux organes-miroirs (MCP1 et MCP2) sont des organes formant miroir à conjugaison de phase. 7. Dispositif optique interférométrique selon l'une des revendications 1 à 6, caractérisé par le fait que les moyens de comparaison comprennent la lame sépa- ratrice (Si) déjà citée, une autre lame séparatrice (S2) placée sur le trajet du rayonnement laser dans sa partie, commune aux deux trajets aval différents (T1,T2) et deux dispositifs photodétecteurs (D1,D2) qui reçoivent respec- tivement les rayonnements extraits par les deux lames séparatrices. 8. Dispositif optique interférométrique selon l'une des revendications 1 à 7, caractérisé par le fait que l'un au moins des deux trajets aval différents com- porte un filtre spatial (FS) (figure 6). 9. Dispositif optique interférométrique selon l'une des revendications 1 à 8, caractérisé par le fait qu'il comporte des moyens pour polariser le rayonnement laser parcourant l'un au moins des deux trajets aval différents (PG, figure 5). 10. Dispositif optique interférométrique selon l'une des revendications 1 à 9, caractérisé par le fait qu'il comporte des moyens de déphasage optique du rayon- nement laser parcourant l'un au moins des deux trajets aval différents (VPM, CDPH, figure 7). 11. Dispositif optique interférométrique selon l'une des revendications 1 à 10, caractérisé par le fait qu'il comporte des moyens de modulation en phase du rayon- nement laser parcourant l'un au moins des deux trajets aval différents, la modulation (LM, figure 8) s'effectuant à fréquence prédéterminée (HORL) , et qu'il est prévu une démodulation synchrone (SD1, SD2) à la même fréquence des signaux délivrés par les moyens de comparaison. 12. Dispositif optique interférométrique selon l'une des revendications 1 à 11, caractérisé par le fait que les deux organes formant miroir à conjugaison de phase 2503 862 -20- (MCP1, MCP2) sont proches l'un de l'autre, et que les deux trajets aval forment ensemble au moins une boucle. 13. Dispositif optique interférométrique selon l'une des revendications 1 à 12, caractérisé par le fait que les deux organes formant miroir à conjugaison de phase sont réunis en un seul (MCP, figure 10). 14. Dispositif optique interférométrique selon l'une des revendications 1 à 13, caractérisé par le fait que les deux trajets aval différents forment deux cir- cuits sensiblement fermés (figure 9), qui sont sensible- ment de même géométrie, et spatialement rapprochés l'un de l'autre. 15. Dispositif optique interférométrique selon l'une des revendications 1 à 14, caractérisé par le fait que les trajets aval différents sont définis, au moins en partie, par des fibres optiques (figure 10). 16. Dispositif optique interférométrique selon la revendication 15, caractérisé par le fait que les fibres optiques sont des fibres multimodes.