La présente invention se rapporte d'une manière générale à la reproduction de documents photographiques, et notamment de ceux présentant une valeur esthétique et/ou# affective, en vue de les utiliser comme éléments de décoration et/ou d'assurer leur préservation à très long terme. Plus particulièrement, l'invention concerne un procédé permettant d'ob- tenir des reproductions de tels documents sur un support pratiquement indestructible et sous un aspect original parfaitement stable dans le temps. Les documents photographiques sont habituellement reproduits sur un sup port souple fait de papier ou carton, d'un composé cellulosique ou d'une matière synthétique de propriétés analogues, qui est non seulement susceptible d'altération par vieillissement, mais en outre peut être détruit par l'effet de la chaleur ou de l'humidité et par déchiquetage ou lacération. Un autre support quelquefois utilisé est le verre, sujet au risque de bris. Par ailleurs, l'image reproduite est formée par développement et fixation de pigments dans une couche photosensible préalablement étalée sur le sup- port puis impressionnée. Cette image risque donc d'être détruite par décollement ou abrasion de cette couche etiou par altération de ces pigments, Ainsi donc, toute reproduction d'un document photographique obtenue par les procédés usuels est par nature périssable, et doit faire l'objet de précautions spéciales pour sa préservation à long terme. D'autre part, une telle reproduction se présente sous un aspect banal - en dépit de ses qualités esthétiques propres, éventuellement accentuées par des traitements spéciaux tels que le tramage, le tirage au trait, la solarisation ou l'emploi de fausses couleurs - en raison du manque de caractère de son support, même si il est par exemple strié ou granité ou autrement valorisé. Pour ces raisons et dans le but de préserver l'image comme d'en souligner l'intérêt esthétique, il est habituel de présenter une reproduction photographique sous une glace de protection éventuellement entourée d'un encadrement propre à mettre en valeur le sujet reproduit. L'invention vise à supprimer ces sujétions par la mise en oeuvre d'un procédé nouveau permettant d'obtenir des reproductions photographiques d'une part indestructibles et inaltérables par nature et donc ne requérant aucune protection, et d'autre part d'aspect flatteur et original sans qu'il soit besoin d'encadrement, ou d'un quelconque gaufrage ou autre effet de surface L'invention concerne de manière corollaire les reproductions photographiques monochromes ou polychromes obtenues par ce procédé et constituant ou bien un objet individualisé - par exemple un portrait ou une médaille - ou bien un motif à usage décoratif ou signalétique porté par un support collectif - par exemple un panneau mural ou une enseigne - ou encore un document devant rester lisible à très long terme - par exemple une plaque d'identification. Le procédé conforme à l'invention est caractérisé en ce qu'il consiste essentiellement à déposer par voie photochimique sur un support métallique un masque galvanique lacunaire, fait d'une matière isolante et formant une image tramée du document à reproduire, éventuellement retouchée ou complétée à la main, à graver par voie chimique les portions de la surface du support restant exposées à travers les lacunes du masque, pour former des alvéoles, des sillons et/ou dépressions d'autres configurations, présentant de préférence une profondeur non négligeable devant leur moindre dimension transversale, puis à combler ces alvéoles et/ou dépressions par dépôt électrolytique à travers le masque isolant d'un métal ou composé métallique faisant corps avec celui du support mais présentant un aspect différent. Des reproductions polychromes peuvent être obtenues par simple répétition de ce processus, après reconstitution du masque et avec emploi d'un dépôt électrolytique de couleur différente. Une reproduction d'un document photographique obtenue par ce procédé est en conséquence caractérisée en ce qu'elle est essentiellement constituée par un support métallique dont une face porte une image tramée du document reproduit, formée par un ensemble d'alvéoleset/ou autres dépressions comblées chacune par un métal ou composé métallique rapporté, faisant corps avec celui du support mais présentant un aspect différent. La surface d'une telle reproduction peut être polie et simplement laissée nue ou bien revêtue d'une couche de protection, transparente et continue, formée par oxydation, anodisation ou autre opération de passivation, et donc faisant corps avec le substrat. On remarquera que certaines des opérations mises en oeuvre par le proche dé comme certaines des structures des reproductions obtenues sont en elles-m#mes connues : Ainsi et notamment, l'emploi de masques photochimiques est courant par exemple pour la confection des clichés d'imprimerie ou la fabrication des ci# cuits intégrés. L'apport d'un métal d'aspect différent de celui du support par incrustation fait l'objet de l'art traditionnel du damasquinage, depuis longtemps pratiqué. Ces remarques ont pour intérêt de démontrer que d'une part, le procédé selon l'invention met en oeuvre des techniques parfaitement maîtrisées dans leurs nombreuses variantes, et que d'autre part, les produits obtenus sont par- faitement durables et peuvent présenter des aspects très variés. Il reste que l'invention se distingue de l'art antérieur connu, non seulement par l'emplci combiné d'un masque isolant et d'un dépôt électrochimique, mais encore par la liaison intime qui en résulte entre les métaux ou alliages de support et d'apport. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront plus clairement à la lecture de la description qui suit de quelques exemples de mise en oeuvre, dont l'un est schématiquement illustré par le dessin annexé, sur lequel : Les Figures 1 b 6 représentent les étapes successives de la préparation d'une reproduction de document photographique selon l'invention, de manière symbolique et avec une forte exagération de ltéchelle relative en épaisseur. La Figure 1 illustre la première phase, dite d'insolation : La face supérieure d'une plaque de cuivre ID, destinée à constituer le support de la reproduction, est recouverte d'une mince couche 20 de matière photosensible elle même recouverte par un film transparent 30 comportant des plages claires 31,33, 35,37 et des plages opaques 32,34,36 bien séparées et de faible étendue, qui forment une image négative tramée du document à reproduire. L'ensemble est il lutiné par une lampe L produisant une lumière actinique. Selon un aspect essentiel de l'invention, la matière photosensible constituent la couche 20 est une substance polymérisable du genre dit "photoresist" soluble dans un solvant approprié et dont l'exposition à la lumière provoque la condensation sous forme de polymère insoluble, doué de bonnes propriétés non seulement d'adhérence mécanique mais surtout d'isolation électrique. En conséquence, après rinçage par le solvant et comme montré sur la Figure 2, il ne subsiste de la couche 20 prélablement insolée que des ilôts ou filets 21,23,25,27 de substance polymérisée isolante, séparés par des lacunes ou fenëtres 22,24,26 laissant à découvert la surface de la plaque 10. La Figure 3 illustre l'opération suivante, qui consiste à plonger cette plaque ainsi recouverte d'un film lacunaire isolant - et dont le dos et les chants sont éventuellement protégés par un enduit - dans un bain 8 contenant un agent whinique A, capable d'attaquer le métal de la plaque 10 mais sans action sur le film lacunaire la recouvrant, par exemple du perchlorure de fer pour une plaque en cuivre. De la sorte, les zones de la surface de la plaque protégées par les flats du masque galvanique restent en l'état, tandis que celles exposées à travers ses lacunes sont attaquées par le bain B. il en résulte la gravure dans la plaque 10 d'alvéoles 12,14,16 bien séparées et de faible étendue, dont la profondeur dépend de la durée d'immersion dans le bain B et de la concentration de l'agent actif dans ce dernier, voire de la température. Ces trois facteurs notamment permettent de fixer à volonté la profondeur relative des alvéoles à une valeur de préférence non négligeable devant leur moindre dimension transversale. Dans ce cas en effet, l'attaque se poursuit lgèrement en retrait des rebords des ilots isolants 21. ..27 et les alvéoles présentent une section sensiblement en queue d'aronde La phase suivante, illustrée par la Figure 4, consiste à immerger la plaque 1G ainsi gravée - c'est à dire creusée d'alvéoles 12,14,16 mais toujours recouverte de son masque galvanique lacunaire 21...27 - dans une cuve C renfermant une anode soluble 40, par exemple en chrome, plongée dans un bain d'électrolyte de composition appropriée à la nature des métaux ou composés métalliques constituant la plaque et l'anode, respectivement couplées aux bornes d'une pile (en pratique, un groupe transformateur/redresseur) engendrant la force électromotrice E requise pour assurer le transfert du matériau de l'anode 40 sur la plaque 10 sous forme de dépôts électrolytiques D. Par sa double action de protection mécanique et d'isolation électrique, le masque galvanique lacunaire 21...27 contraint les ions arrachés à l'anode 40 à se déposer sélectivement dans les alvéoles 12,14,16 en formant des depôts discrets 42,44,46 qui - si les conditions opératoires sont choisies à cet effet finissent par combler totalement lesdites alvéoles. En outre, ces conditions opératoires peuvent être ajustées pour que les dépôts obtenus soient parfaitement cohérents et solidaires de la plaque, mais présentent un aspect superficiel très différent, par exemple du chrome dit "noirs contrastant avec le cuivre dans le cas pris pour illustration. La Figure 5 représente l'une des opérations consécutives possibles, à savoir l'abrasion du masque et le polissage de la surface de la plaque 10 et de ses dépôts incrustés 42,44,46 à l'aide d'une meule M. Ces actions pourraient aussi bien être effectuées par d'autres moyens, et par exemple par voie chimique ou électrochimique ou encore par simple cuisson. On remarquera que le processus jusqu'à présent décrit pourrait être re- pété au moins une fois, avec reconstitution d'un masque de configuration différente et dépôt d'un métal ou composé métallique d'aspectdifférent notamment par sa couleur, en vue de réaliser une reproduction polychrome. La Figure 6 illustre le résultat d'une dernière opération - optionnellequi consiste à soumettre la reproduction obtenue par le processus décrit à un traitement de surface connu en soi, par exemple d'oxydation, anodisation ou passivation, aboutissant à former sur la plaque 10 et ses inclusions 42,44,46 une couche superficielle intégrée 11 transparente et chimiquement inerte. Cette couche protectrice pourrait aussi bien être constituée par apport d'un vernis ou par collage d'un film transparent, renouvelé périodiquement si besoin est. En effet, la reproduction métallique obtenue, qu'elle soit laissée ou mise à nu, peut être nettoyée sans dommage au moyen d'un produit solvant, lessivant et/ou abrasif, pour retrouver son éclat premier ou se prêter à la réfection de son revêtement- protecteur. A ce propos, on remarquera qu'une reproduction conforme à l'invention peut être manipulée sans précaution ou exposée aux intempéries, sans risque de dommages irrémédiables. Pour ces raisons, une reproduction photographique conforme à l'invention peut être utilisée non seulement en intérieur comme objet meublant ou décoratif, à la manière d'un cadre-photo ou d'un sous-verre classique, mais se prête aussi bien à des usages très différents, par exemple la décoration de porte-clefs, insignes, macarons et articles similaires fréquemment manipulés, ou encore à la confection de plaques signalétiques ou panneaux indicateurs implantés à ltexté- rieur, par exemple une enseigne ou une épitaphe. En outre, comme le procédé selon l'invention peut être mis en oeuvre sans grand problème sur des supports métalliques de bien plus grande surface que la reproduction ellememe (par exemple, par emploi de cuves mobiles sans fond ou par travail au jet), il permet de réaliser notamment des plateaux, des tables w des panneaux muraux décorés de motifs incrustés, et cependant insensibles à l'usure et faciles à nettoyer. Cet avantage peut présenter un intérêt particulier pour la décoration de lieux publics objet de fréquentes opérations de nettoyage et désinfection, tels que les couloirs et stations de métro. Dans tous ces cas, le sujet reproduit peut être indifféremment la photographie de personnes, scènes ou paysages, le fac-simile de gravures ou tableaux ou bien un cliché abstrait tel qu'un motif décoratif ou un idéogramme, ou enfin un texte, chiffre ou monogramme lisible. Ces divers genres de sujets peuvent d'ailleurs être facilement combinés par les techniques de composition utilisées en photogravure, avec possibilité d'effectuer à la main des retouches ou compléments tels qu'une légende ou signature ou un filet d'encadrement. Comme par ailleurs la variété des couples électrochimiques de métaux ou composés métalliques d'aspects différents respectivement utilisables pour constituer le support et les dépôts incrustés est très grande, l'invention permet en fait de reproduire un quelconque sujet sous toute forme désirée, en bénéficiant de tous les avantages déjà mentionnés. C'est dire que d'une manière plus générale, l'invention n'est nullement limitée aux exemples de mise en oeuvre et d'application décrits et indiqués, mais au contraire comprend tous les moyens techniques et tous les emplois possibles équivalant à ceux mentionnés et entrant dans le cadre des revendications qui suivent. REVENDICATIONS 1. Procédé pour la reproduction-de documents photographiques, notamment pour leur préservation à long terme à des fins utilitaires et/ou décoratives, caractérisé en ce qu'il consiste essentiellement 8 déposer par voie photochimique sur un support métallique un masque galvanique lacunaire, fait d'une matière isolante et formant une image tramée du document à reproduire, éventuellgment retouchée ou complétée à la main, à à graver par voie chimique les portions de la surface du support restant exposées à travers les lacunes du masque, pour former des alvéoles, des sillons et/ou des dépressions d'autres configurations, présentant de préférence une profondeur non négligeable devant leur moindre dimension transversale, puis à combler ces alvéoles et/ou dépressions par dépôt électrolytique à travers le masque isolant d'un métal ou composé métallique faisant corps avec celui du support mais présentant un aspect différent. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il est répété au moins une fois sur le même support, après reconstitution d'un noveau masque, pour le dépôt électrolytique d'un autre métal ou composé métallique, dont 1' apparence et notamment la couleur diffère de celle du précédent dépôt. 3. Procédé selon la revendication 1 ou la revendication 2, caractérisé en ce que le masque est éliminé q l'issue du processus précité par une opération de décapage mécanique, chimique et/ou thermique de la surface du support et des dépôts, éventuellement suivie de son polissage. 4. Procédé selon la revendication 3, caractérisé en ce que la surface décapée ou polie est revêtue d'une couche intégrée de protection par une opération d'oxydation, anodisation ou autre passivation. 5 Procédé selon la revendication 3, caractérisé en ce que la surface décapée ou polie est revêtue d'une couche rapportée de protection par une opération d'enduction, vernissage ou collage d'un film. 6. Reproduction d'un document photographique, utilisable notamment pour sa préservation à long terme à des fins utilitaires et/ou décoratives, caractérisée en ce qu'elle est essentiellement constituée par un support métal lique dont une face porte une image tramée du document reproduit, formée par un ensemble d'alvéoles et/ou autres dépressions comblées chacune par dépôt électrolytique d'un métal ou composé métallique faisant corps avec celui du support mais présentant un aspect différent. 7. Reproduction selon la revendication 6, caractérisée en ce qu'elle comporte des alvéoles etlou dépressions respectivement comblées par des dépôts d' apparences et notamment de couleurs différentes. 8. Reproduction selon la revendication 6 ou la revendication 7, caractérisée en ce quesonsupport précité est une plaque ou autre objet en métal de dimensions comparables, ou bien un panneau ou autre surface métallique de bien plus grandes dimensions. 9. Reproduction selon l'une quelconque des revendications 6 à 8, caractérisée en ce que la face du support portant l'image est polie. 10. Reproduction selon l'une quelconque des revendications 6 à 9, caractérisée en ce que la face du support portant l'image est revêtue d'une couche de protection continue et transparente. 11. Reproduction selon la revendication 10, caracterisée en ce que la couche de protection précitée fait partie intégrante du support et de ses dépôts soumis à un traitement en surface d'oxydation, anodisation ou passivation. 12. Reproduction selon la revendication 10, caractérisée en ce que la couche de protection précitée est constituée par un enduit, vernis ou un film rapporté par collage.