L'expérience prouve de toute évidence que le travail accompli par un corps de charrue est d'autant meilleur que son soc a une forme plus parfaite et est en bon étant. La forme donnée aux socs s'est par suite élaborée de plus en plus, ce qui a rendu nécessaire, en cotre partie, de conter l'affutage et le rebattage des socs usés à des specialistes aux fins de leur restituer leur forme primitive. On a par ailleurs été amené à concevoir des corps spécial à pointe mobile pour les-ch.arrues devart travailler dans des terres caillouteuses et dures ou elles tiennent mal en raie et où les socs ordinaires stuseraient avec une trop grande rapidité et ce avec les conséquences néfastes exposées précédemment. Dans les corps de ce type dort le principe a été schématisé sur la figure 1, la partie extrême avant du soc 1 qui est la plus exposée est protégée par la pointe 2A d'une barre en acier trempé 2 de section généralement carrée qui est fixée, derrière le versoir 3, obliquement par rapport au patin 4, au moyen dun système de fixation non représenté sur la figure 1 et sur lequel on reviendra en détail plus loin. Cette barre, en plus de son rôle de protection du soc, participe à Itobtention d1une bonne pénétration de lten- semble. La pointe de Ba barre, en raison même de son inclinaison, s-tuse dissymétriquement et il s'averse nécessaire de la retourner dès qu'elle est émoussée au point de ne plus assurer une bonne pénétration du COl'pS. Au. fur et à mesure de ltusure et des retournements de la barre, cette dernière se raccourcit et doit en outre être avancée peu à peu afin que son porte-à-faux par rapport à la pointe avant du soc reste sensiblement constant. Dans les terres de Sologne notamment, il s'avère qu'en cours de labour la barre des socs doit entre retournée toutes les deux heures environ. lie problème primordial des pointes-barres réside donc en leur fixation qui doit permettre tout à la fois un blocage effioaeeS un démontage et un réglage aisés. Il existe à l'lieur actuelle trois systèmes de fixation couramment utilisés que lton a représenté en perspective sur les figures 2, 3 et 4, la barre 2 elle-même n1 étant représentee sur ces figures que dans la seule partie ou elle est bloquée. Suivant un premier système représenté sur la fifre 2, la barre 2 est pourvue d'une série de trous -la traversant de part en part, tels que 5As 5Bs 50 S qui sont répartis uniformément sur sa longueur Par ailleurs, la barre 2 est adaptée dans un manchon 6 de section homologue et légèrement supérieure à la sienne, qui est soli daine du corps proprement dit 7o Ce manchon est pourvu lu.i-mseme de deux orifices opposés 8A, 8B en l'alignement desquels on amène ltun des trous, par exemple 5A' de la barre.Il ne suffit plus alors que de bloquer cette dernière dans le manchon 6 au moyen dtun boulon 9A, traversant les orifices 8A, DA et 83 et dtun boulon A chaque fois qutil y a lieu de retourner la barre ou ltajus- ter à une nouvelle lorgueu.r, il faut retirer le boulon 9A et procéder de nouveau comme il a été exposé précédemment. Suivant le deuxième système représenté sur la figure 3, le manchon 6 ne comporte qu5un seul orifice qui cette fois est fileté pour recevoir une vis de pression 11 dont l'extrémité 11A vient porter, lorsquton la serre, dans ltune des cuvettes 12A, 12B, 12e. pratiquées dans les deu.x faces opposées de la barre 2. Suivant le troisième système représenté sur la figure 4, la barre 2 est maintenue en place contre l'élément 7 du corps au moyen d'une bride 13 elle-même bloquée au moyen de quatre boulons et vis tel que i4AS 14B traversant, suivant les flèches F , F2 F3 et F4, quatre orifices tels que 15AiN153 pratiqués tant dans les pattes de la bride que dans l'élément -7 du corps. Tous ces systèmes de fixation actuellement utilisés ont en commun l'inconvénient primordial d'employer des vis ou boulons et écrous qui, dans les conditions particulièrement rustiques d'emploi du matériel agricole, ne tardent pas à rouiller ou à se bloquer en raison de la poussière ou de la boue envahissant les filets ou, au contraire, si lton prend soin de les graisser, de se desserrer intempestivement sou.s l'action des vibrations engendrées dans la masse des corps, et notamment dans les barres en cours de labour. il en résille, par ailleurs, que le simple retournement des pointes-barres qui, comme on l2a vu plus haut ne devrait constituer qu2une simple opération de réglage survenant de façon fréquente au cours du labour, se transforme en une opération délicate demandant beaucoup de précaution et, drune durée excessive, particulièrement lorsqu'on utilise une charrue multisoc, ce qui est en contradiction avec l t esprit même suivant lequel le matériel agricole doit etre conçu. La présente invention concerne un corps de charrue du type à pointe mobile obviant totalement aux inconvénients des systèmes ac tuellement utilisés en ce qu'il permet, à 12 inverse de ces derniers, de procéder au retournement et au réglage en longueur de la pointe barre, d'une façon quasi instantanée et en ce que les vibrations auxquelles sont soumis les corps provoquent une augmentation du serrage de la barre dan son manchon. de maintien. lie corps de charrue à pointe mobile conforme à 11 invention se caractérise essentiellement par le fait qu2il comporte en combinaison - un manchon de maintien de la barre dont la section transversale a une largeur constante égale, au jeu près, à celle de la barre et une hauteur qui augmente progressivement, de l'arrière vers l'avant, suivant une loi linéaire déterminant une section longitudinalement trapézoïdale du manchon - une pointe-barre, comportant,sursa face supérieure et sa face inférieure, des séries de cuvettes identiques, uniformément réparties sur la longueur - et un coin de blocage dont le volume externe est complémentaire du volume vide existant entre le manchon et la barre, une fois introduite dans ce dernier, la face inférieure dudit coin étant pourvue d2un ergot de forme complémentaire de celle des cuvettes pratiquées dans la barre, grâce à quoi le blocage en position de la barre dans le manchon est obtenu, après avoir logé 11 ergot du coin dans la cuvette appropriée de la barre, par enfoncement à force de 11 ensemble barre-coin à l'intérieur du manchon0 La partie antérieure du patin du corps de charrue est munie de deux surfaces de guidage orthogonales sur lesquelles viennent respectivement porter la face inférieure et la face latérale tournée vers le soc de la barre-pointe. Les cuvettes sont réparties sur la longueur de la barre de façon telle, d'une part, que lorsque l'ergot du coin de blocage se trouve engagé dans la cuvette la plus proche de la pointe de la barre le porte-à-faux de cette dernière-par rapport au soc soit optimum et, autre part, que 11 écart entre deux cuvettes successives corresponde à la longueur maximum d'usure de la pointe de la barre compatible avec le maintien d'une bonne pénétration en terre du corps de charrue. lies caractéristiques, avantages et particularités de la présente invention ressortiront davantage de la description qui est donnée ci-après, d'une forme de réalisation~préfërentielle de ladite invention, en référence aux figures 5 et 6,sur lesquelles la figure 5 est une vue éclatée en perspective des éléments constitutifs d'un corps de charrue conforme à l'invention, le versoir dudit corps n'étant pas représenté pour la clarté du dessin; et la figue 6 est une vue en élévation-coupe longitudinale, à plus grande échelle, de la partie antérieure du corps représenté sur la figure 5, les divers éléments étant cette fois assemblés entre eux, Le corps de charrue représenté sur les figures 5 et 6 comporte, à la façon habituelle, un soc 1 fixé au support 1A luimême solidaire du patin 4,lequel est muni de l'élément 7 servant à la fixation de l'ensemble du corps sur l'étangon(non représenté)de la charrue.En avant de la partie médiane supérieure du patin 4 est fixé,par exemple par soudure,le manchon désigné par la référence générale 6 servant au maintien de la barre 2 dont la pointe 2A sert de pointe mobile de protection du soc lo Conformément à une caractéristique essentielle de l'invention la section transversale interne du manchon a une largeur l!cons- tante et égale,au jeu près, à la largeur l2 de la barre mobile 2, tandis que sa hauteur h augmente progressivement, de l'arrière versl'avant,suivant une loi linéaire déterminant une section longitudinale du manchon qui est trapézoïdale. Par ailleurs la pointe-barre 2,qui est avantageusement de section carrée, comporte tant sur sa face supérieure23 que sur sa face inférieure OC une série de cuvettes identiques uniformément réparties sur la longueur, à savoir 15A, 15B, 15C....15N pour la face supérieure et 16A, 16B, 16C....16N pour la face inférieule. GrAace aux dispositions précédentes, on voit que lorsque la barre est mise en place dans le manchon de façon que sa face inférieure 2c repose sur la face interne inférieure 6c du manchon, ses faces latérales portent sur les faces latérales internes du manchon tandis que sa face supérieure 2B détermine avec la face interne supérieure 6B et latérales internes dudit manchon un volume vide en forme générale de coin à faces latérales parallèles. Suivant une autre caractéristique de l'invention, est prévu un coin de blocage 17 dont le volume externe est complémentaire du volume vide existant entre la barre et le manchon dont il a été question ci-dessus, ledit coin étant pourvu, à sa face inférieure, d'un ergot 18 dont le volume externe est lui-mweme complémentaire de celui des cuvettes 15A ... 15 N, 16A ... 16 g pratiquées dans la barre 2. La position de l'ergot 18 sur le coin, 17 est déterminée de façon que lorsqu on l'adapte dans la première cuvette 15A de la barre, celle-ci ntayant encore jamais été mise en service, et qu' on enforce l'ensemble barre-coin à force dans le manchon, la barre se trouve automatiquement bloquée en position dans le manchon à la longueur voulue pour que le porte-à-faux de la pointe 2A de la barre par rapport au socle 1 corresponde aux normes d'utilisation optimale du corps de charrue muni de cette pointe mobile. Par ailleurs, l'écart entre deux cuvettes successives correspond à la longueur maximum d'usure de la pointe 2A de la barre compatible avec le maintien d'une bonne pénétration en terre du coprs de charrue. Pour parfaire le maintien de la barre la partie antérieure du patin 4 est avantageusement munie de deux surfaces de guidage orthogonales, l'une verticale 19, l'autre 20 qui est inclinée vers le bas dans le prolongement de la face interne inférieure- 6C du manchon, ces surfaces de guidage recevant respectivement la face latérale interne et la face inférieure 2a de la barre. Il apparaît immédiatement que contrairement aux systèmes antérieurs les vibrations engendrées dans le corps de charrue au cours du labour ont ici 11 effet favorable d'augmenter le serrage de la pointe-mobile dans le manchon. Par ailleurs, le retournement de la barre après usure est quasi instantané puisqu'il suffit de frapper sur l'extrémité arrière de la barre pour 12 extraire avec le coin du manchon et procéder sur l'autre face, comme il a été exposé précédemment. Enfin, il apparaît de toute évidence que la boue, la poussière et la rouille, sont ici sans conséquence puisque l'on n emploie aucune vis, boulons ou écrousour assurer le blocage en position de la pointe mobile. Il ressort à l'évidence de la description qui précide que le corps de charrue à pointe mobile conforme à l'invention est applicable à toutes les charrues portées, semi-portées ou traînées. Il va d'ailleurs de soi que la présente invention n' a été décrite et représentée qu'à titre d'exemple préférentiel et quton pourra apporter des équivalences dans ses éléments constitutifs, sans pour autant sortir du cadre de ladite invention qui est défini dans les revendications qui suivent. REVENDICATIONS 1. Corps de charrue perfectionné du type à pointe mobile plus particulièrement adapté au travail dans des terres caillouteuses et dures, caractérisé en ce qutil comporte en combinaison un manchon de maintien de la barre dont la section transversale a une largeur constante égale, au jeu près, à celle de la barre et une hauteur qui augmente progressivement, de l'arrière vers l'avant, suivant une loi linéaire déterminant une section longitudinalement trapézoïdale du manchon - une pointe-barre, comportant sur sa face supérieure et sa face inférieure, des séries de cuvettes identiques uniformément réparties sur la longueur ;; - et un coin de blocage dont le volume externe est complémentaire du volume vide existant entre le manchon et la barre, une fois introduite dans ce dernier, la face inférieure dudit coin étant pourvue d'un ergot de forme complémentaire de celle des cuvettes pratiquées dans la barre, grâce à quoi le blocage en position de la barre dans le manchon est obtenu, après avoir logé l'ergot du coin dans la cuvette appropriée de la barre, par enfoncement à force de l'ensemble barre-coin à l'intérieur du manchon. 2. Corps de charrue suivant la revendication 1, caractérisé en ce que la partie antérieure du patin du corps de charrue est munie de deux surfaces de guidage orthogonales sur lesquelles viennent respectivement porter la face inférieure et la face latérale tournée vers le soc de la barre-pointe. 3. Corps de charrue suivant les revendications précédentes, caractérisé en ce que les cuvettes sont réparties sur la longueur de la barre de façon telle, d'une part, que lorsque l'ergot du coin de blocage se trouve engagé dans la cuvette la plus proche de la pointe de la barre le porte-à-faux de cette dernière par rapport au soc soit optimum et, d'autre part, que l'écart entre deux cuvettes successives corresponde à la longueur maximum d'usure de la pointe de la barre compatible avec le maintien d'une bonne pénétration en terre du corps de charrue.