La presente invention concerne un complément pour l'alimenta tion des ruminants contenant de l'urée et une substance amylacée et un procédé de préparation de ce complément. Celui-ci peut être utilisé soit comme constituant principal de la ration, soit comme aliment complémentaire. On sait que les ruminants tels que les bovins et les ovins ont un tube digestif complexe comprenant un estomac à plusieurs poches, la première de ces poches étant appelé -rumenO Les bactéries et autres microorganismes du rumen sont capables d'assurer I'hydrolyse de l'urée en ammoniac et cet ammoniac est à son tour utilisé par les bactéries du rumen pour former des aminoacides puis des protéines microbiennes qui sont digérées par l'animal au cours du transit digestif ultérieur. Les quantités d'urée que l'on peut introduire dans les rations alimentaires sont limitées. Le processus d'hydrolyse de l'urée est plus rapide que celui de transformation de l'ammoniac en aminoacides et il faut empêcher qu'il y ait àun moment donné un trop grand excès d'ammoniac dans le rumen. En effet, l'ammo- niac en excès est absorbé à travers la paroi du rumen et il est transféré au foie où il est converti en urée puis éliminé par les reins. Une fraction de-- l'urée introduite dans la ration alimentaire est donc perdue. De plus si l'ammoniac est absorbé à travers-la paroi du rumen plus rapidement qu'il n'est converti en urée, il provoque une intoxication qui peut entraîner la mort de l'animal. On sait que la présence d'amidon permet d'augmenter la quantité d'uré qu'il est possible d'introduire dans la ration alimentaire et accroît le rendement en azote transformé en proteinac On a également proposé dtemployer de l'amidon gélatinisé pour améliorer l'utilisation de l'urée chez le ruminant. La présente invention concerne un complément pour l'alimen- tation des ruminants contenant de l'urée et des substances amy- lacées dans lequel une fraction de l'amidon est souks une forme telle que le mélange constitue une source encore plus efficace d'azote queleas autres formes d'amidon utilisées jusqu'à présent. La présente invention concerne un complément pour l'alimentation des ruminants contenant de l'urée et une substance amylacée caractérisé par le fait que la substance amylacée contient au moins 3% en poids par rapport à l'amidon initial de produits d'hydrolyse de l'amidon solubles dans l'éthanol à 80. Le test de solubilité dans l'éthanol est couramment utilisé dans l'analyse des amidons. I1 est effectué de la façon suivante, On disperse 1g de produit sec dans 35ml de solution tampon-de phosphate 5m à 37"C. On ajoute ensuite immédiatement à 5 ml de la dispersion obtenue 25 ml d'éthanol à 95. On dose les produits solubles dans l'alcool par la méthode à l'anthrone décrite par Loewus F.A. (Anal. Chem. 24, 219, 1952). Les produits solubles dans ltéthanol à 80%, obtenus par hydrolyse de l'amidon, sont des mélanges de glucose et d'oligosides dont le poids moléculaire peut aller jusqu'à 2.000. Les oligosides sont par exemple le maltose et le maltotriose. L'hydrolyse est obtenue soit par attaque acide de l'amidon, soit pat traitement par des enzymes amylolytiques telles que les On a constaté que la présence dans la ration alimentaire d'oligosides provo-;ue une diminution apparente de l'ammoniogénèse et permet une meilleure utilisation métabolique de l'azote, caran- térisée par une uramie plus régulière. I1 semble que la présence dans le rumen d'oligosides de faible poids moléculaire qui constituent une source carbonée facilement utilisable par les microorganismes permet à ces microorganismes de fixer plus rapidement l'ammoniac. La diminution de l'ammoniogénèse apparaît pour des teneurs en produits d'hydrolyse de l'amidon solubles dans l'éthanol à 80% égales à 3 0. Pour des teneurs supérieures à 20% i n'y a plus d'amélioration notable. I1 est par conséquent inutile d'utiliser des substances amylacées hydrolysées ayant des taux d'hydrolyse supérieurs. La substance amylacée peut provenir de céréales concassées, d'amidon, de-tubercules (pomme de terre, igname, manioc), de marrons, de fèves ou de mélange de ces composés. La quantité d'urée présente dans le complément selon l'invention est variable. Elle dépend des aliments auxquels on le mélange. Elle n'est pas la même selon le type d'animal à alimenter (animaux à l'engrais, vaches laitières). En général la quantité d'urée en poids par rapport au poids de substance amylacée ne dépasse pas 36% car le produit obtenu devient difficile à sécher. Pour des raisons économiques on emploie de préférence des quantités d'urée supérieures à 4%. Le complément selon la présente invention'peut également contenir des sels minéraux. C'est le cas, comme on le verra cidessous quand la substance amylacée a été traitée par un acide minéral. On peut également ajouter d'autres sels minéraux tels .que par exemple des sels d'oligoéléments . On peut également introduire des vitamines, des antibiotiques ou des agents améliorant le goût et la valeur alimentaire : corps gras animal ou v- gétal tel que suif, graisse, huile végétale, hydrolysats de protéines, dérivés de légumineuses (soja,féveroles) et autres tourteaux, mélasses alimentaires. Un mode de préparation préféré du complément selon l'inven tion consiste à effectuer une hydrolyse- acide en milieu aqueux ou pateux de la substance amylacée, à neutraliser, à ajouter l'urée et éventuellement des produits complémentaires de la ration tels que vitamines, antibiotiques, sels minéraux ou agents améliorant le goût. L'hydrolyse est effectuée par un acide organique ou minéral. Tout acide dont les sels ne sont pas toxiques pour les animaux peut être utilisé. On emploie de préférence l'acide chlorhydri que qui,-après neutralisation par la soude, est sous forme de chlorure de sodium dans le complément, ce qui constitue un facteur d'appétence pour les animaux. De même l'acide phosphorique après neutralisation par la chaux ou le carbonate de calcium fournit une partie des élément minéraux de la ration. L'attaque se fait par une solution d'acidé dans liteau ou, éventuellement, dans un autre liquide physiologique (eau de végétation des végétaux, lait, lactosérum et dérivés par exemple).Dans le cas de l'acide chlorhydrique onSutilise une solution environ 0,5 N à 3 N et dans le cas de l'acide phosphorique de 0,6 N à 1 N. Le mélange de substance amylacée et-d'acide est malaxé à une température de 20 à 100 C pendant un temps qui dépend du degré d'hydrolyse désiré et de la température. Par exemple quand on traite dans des conditions identiques par ailleurs du mais, par l'acide phosphorique 0,66 N le temps nécessaire pour obtenir 5% de produits d'hydrolyse de l'amidon solubles dans I'éthanol à 80% est de 30 mn à 80C et de 1 heure à 50 C. Cette attaque peut être faite dans tout type de mélangeur ou malaxeur, éventuellement muni d'un dispositif de chauffage. Le mélange acide obtenu est neutralisé par un produit basique dont les sels ne sont pas toxiques pour l'animal. On utilise par exemple la soude, l'ammoe niac,- la chaux, le carbonate de calcium On utilise de préférence un produit basique contenant une quantité d'eau aussi faible que possible. On ajoute ensuite au mélange la quantité d'urée désirée et, éventuellement, les autres produits complémentaires. Le produit obtenu peut être utilisé tel que, après une éventuelle cuisson I1 est de préférence séché à une température ne dépassant pas 1i0 C. Les exemples donnés ci-dessous à titre non limitatif permettront de mieux comprendre l'invention. Exemple 1. On introduit dans un malaxeur muni d'un dispositif de chauffage 5 kg de mais broyé de façon à passer àtravers un grille de 1,5 mm contenant 63,8% d'amidon et 12% d'eau et on ajoute 5 1 d'une solution d'acide phosphorique contenant 108 g de P04H3. On obtient une pâte à environ 46% de matière sèche. On maintient le mélange à -650C (à 5 C près) pendant 30 mn. On neutralise par 92sW de chaux dispersée dans un minimum d'eau. On ajoute 266 g d'urée à 46% de matière azotée totale, mélange et sèche à 1300C sur un cylindre muni d'un couteau. Le film est refroidi par un jet d'air au niveau du couteau de façon à obtenir un film cassant.Le produit obtenu contient 89,6% de mals contenant 5% de produits > hy- drolyse de l'amidon solubles dans l'éthanol à 80% par rapport au poids d'amidon contenu dans le mais et 1,4% (par rapport au mais humide) de glucides préexistants. I1 contient également 4,88% de phosphate de calcium et 5,46% d'urée. Exemple 2. On utilise le même appareillage que dans l'exemple 1 et on traite le même mals. On attaque 5 kg de mals par 5 litres d'une solution d'acide chlorhydrique 2,5 N. On neutralise le produit obtenu par 1,25 litres de soude à 30% puis ajoute 0,690 kg d'urée à 46ck de matière azotée totale. On obtient un produit ayant en poids la composition suivante: 81,7% de mais sec par rapport à la matière sèche totale 5,8% de ClNa " " 12,5% d'urée t( t et 20, de produits d'hydrolyse de l'amidon solubles dans l'étha- nol à 80 par rapport au poids d'amidon initialement contenu dans le mais. Exemple 3. Trois tests comparatifs ont été effectués sur des moutons à l'aide des régimes suivants Régime 1 : mais cru, urée, foin de fétuque. Régime 2 : mais cru, produit A, foin de fétuque. Régime 3 : mais cru, produit B, foin de fétuque. Le produit A contient de l'amidon gélatinisé. Il est préparé selon le procédé décrit dans le brevet français 1 506 147 du 27 Décembre 1966 et a la composition suivante 22z5 S-ö d'urée 12% d'eau 55,1% d'amidon 1,03% de glucides solubles dans l'éthanol à 80 , 7,9% de glucides hydrosolubles, Le produit B est un produit préparé selon l'exemple 2. Les quantités d'urée distribuées quotidiennement ont été identiques pour les trois régimes. Régime 1 : 380g de mais cru broyé + 20g d'urée. Régime 2 : 235g de mais cru broyé + 65g de produit A. Régime 3 : 235g de mals cru broyé + 165g de produit B. Trois moutons-adultes porteurs chacun d'une canule du rumen, d'une canule du duodénum et dlune canule de la valvule iléocoeca- le ont été -utilisés. Les aliments ont tété testés pendant 3 périodes de 5 semaines réparties de la façon suivante -- 3 semaines d'adaptation - 1 semaine de mesure de la digestibilité - 1 semaine au cours de laquelle on a effectué des préève- ments de jus du rumen et de contenus intestinaux pendant une période de 24 heures. On a également prélevé des échantillons de sang jugulaire pour déterminer l'urémie au cours des 8 heures après le repas. Les animaux cnangeaient de régime alimentaire pour chaque période. La digestibilité des différents régimes est bonne et à peu près-identique pour les trois régimes. L'évolution de la concentration en ammoniac du jus du rumen a été etudiée~pendant une période de 24 heures en effectuant des prélèvements très rapprochés après chaque repas, puis en les es paçant ensuite (O, 15, 30, 45, 60 mn, 1,30, 2, 4, 6, 8, 10 et 12 heures). Les repas R1 t R2 étaient espacés de 12 heures mais le temps écoulé entre le premier repas R1 et celui de la veille était de 16 heures. Sur les courbes représentées sur la figure 1 sont portés en ordonnée la concentration en ammoniac en milligramme pour 100ml des jus de rumen et en abscisse le temps. La courbe (1) correspond au régime 1, la courbe (2) au régime 2 et la courbe( au régime 3. Ces courbes montrent que les teneurs maximales en ammoniac sont inférieures avec le produit selon l'invention qu'avec les autres produits contenant des substances amylacées. La figure (2) montre l'évolution post-prandiale de l'urémie après le repas du matin. Les résultats sont exprimés en pourcent de la valeur initiale pour éliminer les variations individuelles. Les courbes 1, 2, 3 correspondent aux mêmes régimes que pré cédemmentO Elles indiquent une meilleure utilisation de l'ammoniac dans le cas du régime 3. Exemple 4. Deux tests comparatifs ont été effectués sur des moutons recevant chaque jour un des deux régimes suivants Régime A : mais cru (480g), urée (20g) et foin de fétuque(1000g) Régime B : mais cru (170g), produit obtenu selon l'exemple 1 (330g) et foin de fétuque (1000g). Les mesures ont été faites sur une période de 24 heures comportant deux repas espacés de 12 heures. Sur les courbes représentées sur la figure 3 la concentration en ammoniac en milligramme pour 100 ml de rumen est portée en ordonnée et en abscisse le temps La courbe (1) correspond au régime A et la courbe (2) au régime B. REVENDICATIONS 1) Complément pour l'alimentation des ruminants, contenant de l'urée, des substances amylacées et éventuellement des produits complémentaires de la ration: sels minéraux, vitamines, antibiotiques et- agents améliorant le goûtccaractérisé par le fait que la substance amylacée contient au moins 3X en poids par rapport à l'amidon de produits d'hydrolyse de l'amidon solubles dans ltéthanol à 80%. 2) Complément pour l'alimentation selon la revendication 1 contenant au plus 20% en poids de produits d'hydrolyse de l'amidon solubles dans l'éthanol à 80%. 3) Procédé de préparation du complément selon les revendica- tions 1 ou 2 caractérisé par le fait que l'on effectue une hydrolyse acide de la substance amylacée, on neutralise, et on ajoute l'urée et éventuellement des produits complémentaires de la ration : vitamines, antibiotiques, sels minéraux ou agent améliorant le goût. 4) Procédé selon la revendication 3 caractérise par le fait que l'on effectue l'hydrolyse acide à une-température comprise entre 20 et 100"C. 5) Procédé selon la revendication 3 caractérisé par le fait que l'on effectue une hydrolyse par l'acide chlorhydrique. 6) Procédé selon la revendication 3 caractérisé par le fait que l'on effectue l'hydrolyse par l'acide phosphorique.