La présente invention a trait à une première de semelle, au procédé de fabrication de cette première ainsi qu'aux chaussures incorporant une telle première. I1 existe déjà un certain nombre de chaussures incorporant des premières dites premières anatomiques qui épousent plus ou moins parfaitement la forme de la face inférieure du pied. Cependant du fait des différences anatomiques très importantes qui existent entre les différents individus, la forme de la première est obligatoirement un compromis qui ne donne guère de satisfaction dans les cas où les écarts morphologiques demandent précisément une adaptation plus étroite, notamment pour le soutien de la voûte plantaire. On a déjà cherché à remédier à ces inconvénients en réalisant des chaussures dont la partie intérieure est formée directement par moulage autour du pied de l'utilisateur. Une telle technique présente cependant l'inconvénient majeur de ne pas se prêter à une fabrication industrielle et son expansion se trouve donc nécessairement limitée. La présente invention se propose de remédier à ces différents inconvénients et de fournir une chaussure comportant une première de semelle adaptée de façon très étroite à la morphologie du pied de l'utilisateur et permettant ainsi de donner à la chaussure un maximum d'efficacité, notamment par exemple dans le domaine de la chaussure de sport. L'invention se propose également de fournir une première anatomique qui soit susceptible de se conformer progressivement à la morphologie du pied de l'utilisateur tout en présentant d'excellentes qualités de confort et de résistance et en étant d'un prix de revient faible. La présente invention a pour objet une première de semelle caractérisée par le fait qu'elle présente une forme adaptée initialement à la morphologie habituelle de la partie inférieure du pied et par le fait qu'elle est constituée d'un matériau susceptible d'une déformation permanente et présentant une densité variable permettant, sous l'effet de la pression du pied de l'utilisateur, une déformation permanente différentielle, variable selon les zones, la densité de la matière présentant une valeur maximale sous le calcanéum et une valeur minimale au niveau du sommet de la voûte plantaire ainsi qu'une valeur maximale ou intermédiaire au niveau de l'extrémité antérieure des métatarsiens. De cette façon on comprend que seule une déformation permanente nulle ou faible est possible au niveau du talon alors qu au contraire une déformation importante est possible au niveau de la voûte plantaire, permettant une bonne adaptation de la première à la morphologie de l'utilisateur. De façon avantageuse, la partie de la première disposée au niveau des phalanges peut également avoir une densité intermédiaire de façon à permettre une certaine déformation sans excès en raison des pressions importantes qui peuvent s'exercer sur cette partie par moments. De préférence, la première est réalisée en un matériau alvéolaire ou en une mousse de matériau synthétique. Parmi les mousses de matériau synthétique on peut notamment citer les mousses de polyéthyiène expansé et d'autres thermoplastiques similaires. Dans le cas d'une mousse de polyéthylène expansé les densités de matière peuvent avantageusement être de l'ordre de 200 kg/m3 au niveau du talon, de 70 à 120 kg au niveau de la voûte plan taire, de 150 kg au niveau de l'extrémité du métatarse et d'environ 100 kg au niveau des phalanges1 les valeurs indiquées pouvant varier en plus ou en moins par exemple d'environ 10 %. D'une façon générale, le choix de la matière et de sa densité est tel que les déformations maximales pour une personne de poids moyen au niveau des différentes zones sont de l'ordre de 2 mm au niveau du talon, de 1 à 5 mm au niveau de la voûte plantaire, de 3 mm au niveau de la zone d'appui métatarsienne et de 2 mm au niveau des phalanges. Ces déformations sont pour l'essentiel permanentes mais il peut arriver qu'au bout d'un certain temps de non utilisation un certain retour de l'ordre de 10 % de la déformation se produise. De façon avantageuse la première peut comporter un revete- ment, de préférence textile, destiné à améliorer les caractéris- tiques d'hygiène et de confort en assurant un effet de porosité permanent, une capacité d'absorption et de transmission des vapeurs de transpiration et une meilleure répartition de la charge. Ce revêtement peut être par exemple une nappe non tissée imprégnée ou non mais également un tissu, tricot ou autre. Dans un perfectionnement de l'invention on peut prévoir dans le volume de la première des volumes vides ou des décrochements susceptibles de permettre l'insertion d'éléments complémentaires pouvant permettre de faire varier certaines caractéristiques de l'ensemble en fonction de l'usage de la chaussure. Des moyens peuvent également être prévus pour ménager un matelas d'air entre la première et la semelle, des conduits de liaison assurant une libre circulation de cet air. L'invention a également pour objet un procédé de fabrication d'une telle première, procédécaractérisé par le fait que l'on réalise tout d'abord une ébauche de première en un matériau de densité homogène, l'épaisseur de ladite ébauche variant de préférence progressivement en augmentant depuis la partie antérieure de l'ébauche jusque vers sa partie postérieure et que l'on soumet cette ébauche à un processus de densification, par exemple un moulage par pression soumettant les différentes parties de l'ebau- che à des compressions différentes de façon à réaliser une pre mière dans laquelle la matière présente des différences de den sités conformément à l'invention. Dans un mode de mise en oeuvre particulièrement simple on peut prévoir la réalisation d'une ébauche ayant deux faces planes inclinées l'une par rapport à l'autre pour former un coin. Toutefois, en variante il serait également possible d'avoir une ébauche ayant des épaisseurs variant de façon non réguliere, par exemple discontinue. L'invention a également pour objet les chaussures incorporant de telles premières, lesdites chaussures pouvant comporter des moyens coopérant avec la forme inférieure de la première et ses volumes vides ou décrochés pour améliorer encore le confort de la chaussure. D'autres avantages et caractéristiques de l'invention apparaitront à la lecture de la description suivante, faite à titre d'exemple non limitatif et se référant au dessin annexé dans lequel - la figure 1 représente une vue en coupe longitudinale d'une ébauche, - la figure 2 représente une vue en coupe longitudinale de la première à l'état terminé, - la figure 3 représente une vue de dessus de cette première. En se référant à la figure 1 on voit une ébauche en mousse de polyéthylène 1 ayant une densité de l'ordre de 70 kg/m3. Cette ébauche présente une face supérieure 2 inclinée et une face inférieure 3 horizontale de sorte que son épaisseur varie en augmentant progressivement depuis sa partie antérieure 4 vers sa partie postérieure 5 ; l'épaisseur de l'extrémité antérieure 4 est de 8 mm alors que l'épaisseur de l'extrémité 5 est de 16 mm. On voit par ailleurs sur la figure 3 la forme du contour périphérique vertical de l'ébauche. Pour réaliser la première à partir de cette ébauche on insère l'ébauche entre les deux plateaux d'une presse de moulage. On peut comprendre facilement la forme des empreintes de ces deux plateaux en se référant à la figure 2 où l'on voit les lignes qui matérialisent les surfaces inférieure 6 et supérieure 7 de la première 8 à l'état terminé. On voit par exemple que le plateau -inférieur est plat pour l'essentiel, à l'exception de la partie arrière correspondant au talon et située dans la zone A où se trouve disposé un épaulement correspondant à la partie 6a de la surface inférieure 6 et, tout-à-fait à l'extrémité arrière, une saillie destinée à former le contour périphérique 6b légèrement incliné au niveau du talon. Par contre, on voit que l'empreinte du plateau supérieur présente un bossage au niveau de la zone de talon A, bossage destiné a former la cavité aplatie du talon alors qu'au contraire l'empreinte présente une partie concave dans la zone B qui correspond au sommet de la voûte plantaire. Dans la zone C qui correspond à la partie antérieure de la voûte plantaire l'empreinte du plateau supérieur pénètre de façon progressive dans l'encombrement géométrique de l'ébauche pour présenter une partie sensiblement plate dans la zone B puis une courte portion concave qui permettra de réaliser une surépaisseur au niveau de la zone E correspondant sensiblement aux premières phalanges alors que la zone terminale F de l'extrémité antérieure est à nouveau sensiblement plate. On comprend donc que dans sa transformation en première, l'ébauche aura subi une compression maximale dans la zone A, une compression nulle ou minimale dans la zone B, une compression moyenne dans la zone D et des compressions intermédiaires entre la compression minimale et la compression moyenne dans les zones C, E et F. A titre d'exemple, la compression est telle, lorsque les proportions du dessin sont respectées dans les moyens de moulage, que la densité moyenne dans les différentes zones est la suivante A : 200 kg/m3 B : 70 kg/m3 C : 120 kg/m3 D : 150 kg/m3 E : 80 kg/m3 F : 100 kg/m3. I1 s'agit là de densités moyennes qui peuvent bien entendu évoluer d'une part dans les zones de transition, d'autre part entre deux zones en fonction de la conformation que l'on peut donner aux différentes zones précitées car celles-ci peuvent bien entendu avoir de légères variations d'épaisseur également dans le sens transversal. Il en résulte que lorsque l'utilisateur porte des chaussures comprenant les premières ainsi réalisées, il provoquera une déformation permanente, adaptée à son anatomie, de la première en mousse qui sera fonction d'une part de la densité de chaque zone et d'autre part des efforts subis par la zone. Dans les zones denses A et D les déformations permanentes seront faibles ou même quasiment nulles. Elles pourront être maximales dans la zone B, par exemple en cas d'affaissement de la voûte plantaire et plus ou moins importantes dans les autres zones en fonction des besoins. Par ailleurs, on comprend que la résistance mécanique est la plus importante dans les zones les plus comprimées, c'est-à-dire les zones A et D, ce qui correspond justement aux zones qui subissent le maximum d'efforts. Bien entendu l'invention est susceptible de nombreuses variantes et modifications. Ainsi il serait possible tout d'abord de prévoir dans ou au niveau de la première un certain nombre de volumes vides, par exemple le volume 9 situé à la partie inférieure de la zone A, ces volumes recevant des parties complémentaires de la chaussure. Par ailleurs, il serait possible au lieu d'utiliser une ébauche en forme de coin, d'utiliser une ébauche présentant une forme plus complexe, par exemple à étages avec des épaisseurs différentes. En outre, ces épaisseurs peuvent également varier, soit au niveau de l'ébauche, soit au niveau de la-première terminée, non seulement dans le sens longitudinal comme décrit, mais également dans le sens transversal pour tenir compte des différences morphologiques entre les parties internes et externes du pied, par exemple entre l'arcade plantaire interne et l'arcade plantaire externe. De même, le procédé de fabrication peut lui-même être llob- jet de nombreuses variantes en utilisant différentes autres techniques susceptibles de provoquer des modifications de densités, par exemple le thermoformage, des usinages ou traitements mécaniques etc... Bien que l'invention ait été décrite à propos d'une forme de réalisation particulière il est bien entendu qu'elle n'y est nullement limitée et qu'on peut lui apporter diverses modifications de formes ou de matériaux sans pour cela s'éloigner ni de son cadre ni de son esprit. REVENDICATIONS 1. Première de semelle caractérisée par le fait qu'elle présente une forme adaptée initialement à la morphologie habituelle de la partie inférieure du pied et par le fait qu'elle est constituée d'un matériau susceptible d'une déformation permanente et présentant une densité variable permettant sous l'effet de la pression du pied de l'utilisateur, une déformation permanente différentielle, variable selon les zones de densité, la densité de la matière prenant une valeur maximale sous le calcanéum et une valeur minimale au niveau du sommet de la voûte plantaire ainsi qu'une valeur intermédiaire ou maximale au niveau de l'ex trémité antérieure des métatarsiens. 2. Première selon la revendication 1, caractérisée par le fait que dans la partie antérieure de la zone de la voûte plantaire la densité de la matière est intermédiaire entre la densité minimale du sommet de la voûte plantaire et la densité au niveau de l'extrémité antérieure des métatarsiens. 3. Première selon l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisée par le fait que son extrémité avant disposée au niveau des phalanges possède une densité intermédiaire entre la densité minimale et la densité maximale. 4. Première selon la revendication 3, caractérisée par le fait qu'une courte zone de faible densité est prévue entre la zone de l'extrémité antérieure des métatarsiens et la zone des phalanges, l'épaisseur de cette courte zone étant supérieure à l'épaisseur des zones adjacentes. 5. Première selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisée par le fait qu'elle est réalisée en un matériau alvéolaire ou une mousse de matériau synthétique. 6. Première selon la revendication 5, caractérisée par le fait qu'elle est réalisée en une mousse de polyéthylène expansé. 7. Première selon la revendication 6, caractérisée par le fait que les densités sont de l'ordre de 200 kg/m3 au niveau du calcanéum, de 70 à 120 kg/m3 au niveau de la voûte plantaire, de 150 kg au niveau de l'extrémité du métatarse et d'environ 100 kg au niveau des phalanges, lesdites valeurs étant susceptibles de varier en plus ou en moins d'environ 10 %. 8. Première selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisée par le fait qu'elle comporte un revêtement pour l'amélioration des caractéristiques d'hygiène et de confort. 9.Première selon la revendication 8, caractérisée par le fait que ce revêtement est constitué en une nappe non tissée. 10.Première selon l'une quelconque des revendications 1 à 9, caractérisée par le fait qu'elle comporte des volumes vides ou décrochements permettant l'insertion d'éléments complémentaires de la chaussure. 11,Premiére selon l'une quelconque des revendications 1 à 10, caractérisée par le fait qu'elle comporte des moyens pour créer un matelas d'air entre la première et la semelle, des conduits de liaison assurant une libre circulation de cet air-. 12.Procédé de fabrication d'une première selon l'une quelconque des revendications 1 à 11, caractérisé par le fait que l'on réalise tout d'abord une ébauche de première en un matériau de densité homogène, l'épaisseur de ladite ébauche variant en augmentant depuis la partie antérieure de l'ébauche jusque vers sa partie postérieure, et que l'on soumet cette ébauche à un processus de densification pour y créer les différentes densités de matière. 13.Procédé selon la revendication 12, caractérisé par le fait que l'on soumet l'ébauche à un moulage par pression en soumettant les différentes parties de l'ébauche à des compressions différentes de façon à réaliser une première dans laquelle la matière présente lesdites différences de densité. 14.Procédé selon l'une quelconque des revendications 12 et 13, caractérisé par le fait que l'on utilise une ébauche ayant deux faces planes inclinées l'une par rapport à l'autre pour former un coin. 15.Chaussure incorporant une première selon l'une quelconque des revendications 1 à 11.