06-531 2080808 10 15 20 25 30 35 La présente invention concerne un procédé pour la production de tôles d'acier se prêtant mieux à un emboutissage profond grâce à un réglage judicieux des variables de la composition de l'acier et du traitement. Actuellement, deux types d'aciers à tôles à basse teneur en carbone sont utilisés dans l'industrie pour des opérations d'emboutissage profond. Il s'agit des aciers effervescents à basse teneur en carbone et des aciers calmés par de l'aluminium. Les aciers effervescents à basse teneur en carbone sont plus économiques et ont de meilleures caractéristiques superficielles que les aciers calmés par de l'aluminium ; cependant, ils ne possèdent pas les propriétés d'étirabilité très élevées des aciers calmés à l'aluminium qui sont nécessaires pour des emboutissages extrêmement profonds. D'autres éléments, en particulier le titane, qui ont une affinité élevée pour l'oxygène, sont également parfois utilisés, seuls ou en combinaison avec des désoxydants classiques, tels que l'aluminium, pour produire des aciers effervescents. Des aciers à l'aluminium et au titane ou des aciers calmés au moyen d'aluminium/ titane, quoique supérieurs quant à leurs aptitudâSà l'emboutissage profond ne paraissent pas intéressants pour les opérations de coulée continue. Ces aciers sont également onéreux en raison du prix de revient élevé des additions de désoxydants et du faible rendement de lingots ainsi que des frais élevés de conditionnement de la surface de ces lingots. Cela étant, il est souhaitable de mettre au point un acier nouveau pour emboutissage profond qui soit relativement peu onéreux et qui puisse être produit par des procédés de coulée classiques ou continus. L'emboutissabilité d'une tôle peut être évaluée par de simples essais de traction. Lorsque l'on allonge une éprouvette de feuillard par traction, sa largeur et son épaisseur diminuent. Le rapport des déformations plastiques peut servir d'indication du degré d'anisotropie mécanique de la tôle. Ce rapport est appelé "valeur R" et est défini comme étant le rapport du pourcentage de variation de largeur (e est la déformation en largeur) au pourcentage de variation d'épaisseur (efc est la déformation en épaisseur), c'est-à-dire R = e /e, \-r t ou COPY 71 06431 2. 2080808 25 R = ln (W./Wf) ln (LpW^/L.W.) f f7 il 5 où W et L représentent la largeur et la longueur respectivement de la section mesurée de l'êprouvette et les indices i et f ont trait aux mesures initiale et finale (avant et après déformation) de ces dimensions. Cette expression est basée sur la supposition que le volume de la section mesurée reste constant pendant l'essai et elle 10 élimine la mesure directe de l'épaisseur qui, en raison de sa faible valeur dans une tôle, donne des résultats moins précis. La valeur R est, par conséquent, un paramètre utile pour indiquer le degré d'anisotropie mécanique d'une matière donnée. Pour une tôle anisotrope, la valeur R est égale à 1. Si R est inférieur 15 à 1, la tôle s'amincit de manière excessive et ne convient, par conséquent, pas pour des opérations d'emboutissage. Pour des emboutissages très profonds, il est préférable que les valeurs R soient égales ou supérieures à 1,5, de préférence à 1,7. Pour obtenir une valeur R moyenne, on exécute des essais de 20 traction sur diverses éprouvettes à différents angles, habituellement 0,45 et 90°, par rapport au sens du laminage. Une valeur R moyenne de la tôle peut alors être obtenue de manière suivante : R = R0° + 2R45° = R90°)/4 La différence parmi les valeurs R individuelles indique la tendance de la tôle à former des plis pendant l'emboutissage. Une valeur uniforme de R est également souhaitable. La variation de R dans le plan de la tôle est parfois désignée par [SR, qui est défi-30 ni de la manière suivante : _ (R9Q° + V) _ tiK - 45° 35 40 Quoique l'égalité AR = O n'indique pas nécessairement l'absence de tout plissage, elle est utile pour décrire 1'anisotropie planaire de la tôle. Au cours de ces dernières années, les propriétés d'emboutissage des tôles d'acier ont été mises en corrélation avec les structures cristallographiques. Une bonne emboutissabilité et des valeurs de R élevées sont associées à une structure "cube sur pointe" 71 06431 3. 2080808 avec laquelle les plans (III) sont parallèles au plan de la tôle. La seconde orientation intéressante par ordre d'intérêt pour l'obtention de bonnes propriétés de formage est l'orientation (112). Des valeurs R moins élevées sont associées à la structure "cube 5 sur face" (100) et à la structure "cube sur arête" (110). Par conséquent, pour obtenir de bonnes propriétés d'emboutissage, il faut réduire au minimum la quantité des structures les moins favorables. Pour assurer une emboutissabilité optimum, les structures idéales comprennent les orientations statistiques des plans (111) dans le 10 plan de la tôle, c'est-à-dire une structure fibreuse (111) avec le plan de la tôle perpendiculaire comme l'axe des fibres. On détermine normalement la structure cristallographique d'une éprouvette en construisant des figures polaires complètes à partir de mesures d'intensité de rayons X ; cependant, pour déce-15 1er de faibles variations d'une structure, une comparaison directe des deux figures polaires ne peut pas révéler quantitativement les différences détaillées. Cela étant, on a constaté qu'il vaut mieux mesurer les intensités de crête intégrées de plusieurs réflexions à partir du plan de la tôle et les exprimer en unités 20 d'intensité de crête correspondantes d'une éprouvette choisie au hasard. Les valeurs numériques de ces intensités relatives ainsi obtenuessont proportionnelles aux densités polaires d'un plan spécifique parallèle au plan de la tôle. Comme 1'emboutissabilité d'une tôle dépend de la population relative des plans cristallogra-25 phiques spécifiques dans le plan de la tôle, cette technique est très utile. Les intensités de cinq réflexions différentes, c'est-à-dire (110), (200), (112), (310) et (222) sont mesurées. L'intensité de la réflexion (222) qui est la réflexion du second ordre de la (111) représente par conséquent l'importance de la structure 30 (111). De même, l'intensité de la réflexion (200) représente la quantité de la structure (100) , respectivement. La corrélation établie entre les valeurs R et la structure paraît être très régulière dans les résultats réels des essais. On sait qu'une tôle d'acier ayant une valeur de R supérieu-35 re à 1,20 accuse une emboutissabilité supérieure et les tôles connues embouties profondément possédaient, en général, des valeurs R maxima proches de cette dernière valeur, par exemple comme décrit dans le brevet américain de E. H. Mayer et consorts n° 3 244 565. On connaît des valeurs ae n plus élevées, par exemple comme décrit dans 40 te brevet américain de la Demanderesse N° j. 71 06431 4. 2080808 élevées ont jusqu'à présent été associées à des teneurs en carbone très basses telles qu'on en obtient, par exemple, par des traitements de recuit de décarburation prolongés qui sont décrits dans les brevets que l'on vient de mentionner. 5 L'exposant n qui représente le durcissement par déformation plastique est un second facteur fondamental intervenant dans l'aptitude à l'emboutissage profond, conjointement avec les valeurs de R. L'exposant n est déterminé expérimentalement en tant que pente de la courbe déterminée par le logarithme des contraintes vraies -*-0 en regard du logarithme des déformations vraies dans la région où les déformations sont uniformes. Des valeurs de n élevées, comme des valeurs de R élevées, sont favorables à 1'emboutissabilité quoique la valeur de n dépende davantage de facteurs microstructurels que de la structure cristallographique; Pour des aciers à basse teneur en carbone, n varie habituellement entre 0,20 et 0,30 environ dans des aciers de qualité permettant l'emboutissage. Cela étant, l'invention a pour but de produire une tôle d'acier comportant une structure cristallographique avec une prédominance. de plans (111) et (112.) dans le plan de la tôle. 20 L'invention a également pour but de procurer une composi tion d'acier, qui, lorsqu'elle est traitée par le procédé suivant l'invention, donne des valeurs de R extrêmement élevées, c'est-à-dire des valeurs supérieures à environ 1,5 et de préférence supérieures à environ 1,7 en même temps que des bonnes valeurs de n. L'invention a encore pour but de procurer une composition à teneur en carbone simplement modérément basse qui produise une combinaison de valeurs de R élevées et de valeurs de ÔR peu élevées sans sacrifier la limite apparente d'élasticité et sans que l'on doive soumettre les tôles à un traitement de décarburation onéreux. 30 L'invention a toujours pour but de procurer un procédé pour produire des tôles des compositions qui précèdent qui permette d'atteindre une valeur de R maximum. Suivant l'invention pour produire un acier à tôles présentant une emboutissabilité exceptionnelle : a) on règle la composition d'une masse d'acier en fusion de manière qu'elle présente une composition contenant, en pour-cent en poids, 0,005 à 0,15% de manganèse, 0,03 à 0,1% de carbone, 0,004 à 0,03% de soufre, moins de 0,015% d'oxygène, 0,06% au maximum de silicium, 0,02% au maximum de phosphore et, pour le reste, 40 du fer avec des impuretés sidérurgiques accidentelles ; 71 06431 5. 2080808 b) on lamine à chaud une brame préparée à partir de cette masse en fusion, à une température suffisamment élevée pour empêcher la formation de ferrite proeutectoïde ; c) on lamine ensuite la tôle obtenue à froid pour réduire 5 son épaisseur de 60 à 80%, et d) on égalise normalement les contraintes dans une tôle laminée à froid à une température comprise entre 649 et 732°C pendant une période comprise entre 12 et 3 0 heures de manière à produire une structure cristallographique comportant une prédominance 10 de plans (111) et (112) dans le plan de la tôle. L'invention est basée sur la découverte qu'un certain nombre de variables de composition et de traitement sont critiques pour obtenir des valeurs R maxima. Pour maintenir les limites apparentes d'élasticité élevées qui sont nécessaires, la teneur en 15 carbone des aciers se prêtant à un emboutissage profond est, en général, comprise entre 0,03 et 0,1%. Ainsi, si l'on règle la masse fondue d'un tel acier de manière que sa teneur Mn soit maintenue en dessous d'environ 0,15% et sa teneur en oxygène en dessous d'environ 0,015%, les traitements thermiques et mécaniques ulté-20 rieurs critiques produissent un acier possédant les valeurs de R élevées souhaitables. Il est essentiel pour l'invention que la brame coulée qui possède une composition comprise dans la gamme précitée, soit laminée à chaud à une température suffisamment élevée pour assurer que la passe de laminage à chaud finale soit effectuée 25 à une température supérieure à celle à laquelle de la ferrite proeutectoïde se forme. Après ce laminage à chaud, il faut que l'acier soit aminci de 60 à 80% par laminage à froid et qu'il subisse ensuite un recuit d'égalisation pendant au moins 12 heures à une température comprise entre 649 et 732°C. On a maintenant constaté que 30 si l'on traite de la manière décrite plus haut une composition d'acier contenant des quantités bien limitées de carbone, de manganèse et d'oxygène ainsi que des quantités maxima réglées de soufre, de phosphore et de silicium, on obtient des tôles d'acier se prêtant à un emboutissage profond qui possèdent des valeurs de R 35 exceptionnellement élevées, supérieures à 1,5, et de bonnes valeurs de n. La composition de ces aciers est telle que représentée au tableau suivant. 71 06431 2080808 LOR, en poids 10 15 20 Elément Carbone Manganèse Silicium Soufre Phosphore Oxygène Fer Large 0,03 à 0,10 0,005 à 0,15 0,06 max. 0,004 à 0,03 0,02 max. 0,015 max. Préférée 0,03 à 0,075 0,005 à 0,07 0,06 max. 0,01 à 0,2 3t 0,01 max. 0,01 max. 25 30 le reste à l'exception d'impuretés sidérurgiques accidentelles £ la limite supérieure de 0,02% de soufre est établie par la nécessité de maîtriser la fragilité à chaud. Si l'on réduit cette tendance en ajoutant d'autres éléments (par exemple Al ou Ti), des valeurs légèrement plus élevées sont souhaitables pour réduire au minimum 1'anisotropie planaire. Le caractère critique de la composition ainsi que des diverses opérations du traitement ressortira clairement de la description détaillée donnée ci-après, avec référence au dessin annexé dans lequel : la Fig. 1 est un graphique illustrant comment la valeur de R que l'on peut obtenir est fonction de la température de laminage à chaud ; la Fia. 2 est un graphique rapportant la teneur en manganèse des compositions d'acier suivant l'invention aux valeurs de R que l'on peut obtenir pour des tôles traitées comme décrit plus haut. Acier TABLEAU I Mn Composition des aciers éprouvés (% en poids) Si P Cu Ni Cr N Al, PPm I 0, 05 0,46 0,011 0,052 0,008 0,015 0,011 0,003 002 240 II 0,07 0,005 0,006 0,0031 0,005 0,006 0,004 0,0006 002 20 A 0, 05 0,05 0,005 0,04 0,015 0,003 0,002 A O 002 40 B 0,06 0,10 0,004 0,04 tl It It 0,002 0,003 tl 30 C 0,06 0,14 0,004 0,04 II II II 0,003 0,001 tl 20 D 0,04 0, 20 0,004 0,04 II II tt 0,003 0,003 It 60 E 0,04 0,30 0,004 0,04 If II tl 0,004 0,003 II 50 F 0,05 0,38 0,004 • 0, 04 II II 0,016 0,005 0,002 tl 40 G 0,04 0,56 0, 004 0,04 II II 0,016 0,006 0,001 It 30 H 0,05 0,06 0,004 0,03 0,003 0,001 o, 002 45 I 0,05 0,06 0,0075 0,03 II tl 0,002 tl 0,001 It 90 J 0,05 0,06 0,013 0,03 II II 0,003 tl 0,001 II 90 K 0, 05 0,06 0,016 0,03 II It 0,003 tl 0,001 II 50 L 0,05 0,06 0,020 0,03 II II 0,003 tl 0,001 II 65 M 0,05 0,06 0,029 0,03 tl II 0,002 tl 0,001 tl 50 N 0,06 0,08 0,08 0,006 0,014 0,008 0, 007 270 0 0,06 0,08 0, 004 0,08 II II 0,007 0,016 0,008 0, 010 290 P 0,06 0,09 0,012 0,08 II It 0,006 0,018 0,008 0, 008 350 Q 0,06 0,10 0,024 0,04 II tl 0,007 0,019 0,007 0, 04 250 w 0,06 0,05 0,013 O O J—1 0,02 0,002 0,0015 0, 002 35 O o- LU K) O oo o CD o œ 71 06431 8. 2080808 Deux compositions (tableau I, éprouvettes I et II) ont été laminées jusqu'à une épaisseur finale de 2,54 mm en six passes de laminage presque égales. Après chaque passe, la tôle a été réchauffée pendant 2 minutes pour rétablir sa température ? le sens du 5 laminage est inversé à chaque passe. Les feuillards sont refroidis à l'air, amincis de 70% par laminage à froid et recuits dans du H2 sec, par chauffage à 710°C (à raison de 19,8°C/heure), cette température étant ensuite maintenue pendant 20 heures (c'est-à-di-re le procédé du brevet américain n° 3 404 407). L'effet de la 10 température de laminage sur la valeur de R est indiqué par la Fig. 1. Quoique l'effet de la température de laminage soit très important pour les deux aciers, il est encore plus prononcé pour l'acier à basse teneur en Mn et en 0 (II) . La valeur îilaximum de R est atteinte par un laminage juste au-dessus de la température A^. A des 15 températures de laminage plus élevées, cette valeur décroît mais pas aussi rapidement qu'aux températures moins élevées. L'importance de la teneur en manganèse est illustrée ci-dessous (tableau II) et à la Fig. 2. On lamine à chaud une série d'aciers,.que l'on a fait fondre sous vide (tableau I, ëprouvet-20 tes A-G), à 927°C en six passes puis on les lamine à froid et on les recuit pendant 20 heures à 704°C dans une atmosphère contenant 6% de H^, 94% de N2> Pour atteindre une valeur de R supérieure à 1,5, l'acier doit contenir moins d'environ 0,15% de Mn. Dans l'industrie, il est très difficile de maintenir un réglage aussi pré-25 cis de la température de laminage à chaud que dans les essais que l'on vient de décrire ; cela étant, pour assurer l'obtention d'une valeur de R supérieure à 1,5, il est en général nécessaire d'utiliser une teneur en manganèse bien inférieure, par exemple de 0,005 à 0,07% environ. 71 06431 9. 2080808 TABLEAU II Effet de la teneur en manganèse sur les propriétés mécaniques de la tôle d'acier à basse teneur en carbone. Acier %.Mn R Ro R45 R90 R Limite ap Grosseur parente du cirain d'élastici ASTM de té moyenne 1'acier en kg/cm^ recuit A 0,05 2,07 2,12 1,52 3,12 + 1,10 2.011 9 B 0,10 1,71 1,96 1,10 2,67 + 1, 09 1.997 9 C 0,14 1,60 1,36 1,08 2,43 + 1,07 2.018 9 D 0,20 1,36 1,74 0,80 2,10 + 1,12 1.940 8,5 E 0,30 1,17 1,43 0,75 1,72 + 0,83 1.989 8,5 F 0,38 1,05 1, 08 0,67 1,78 + 0,76 1.926 8,5 G 0,56 1,07 1,23 0,74 1,58 + 0,67 1.961 6,5 L'effet de la teneur en soufre sur le développement de la structure et sur la valeur de R est indiqué au tableau III. Le la-25 minage à chaud, le laminage à froid et le recuit sont en substance tels que décrits plus hauts. 71 06431 10. 2080808 TABLEAU III Effet de la teneur en soufre sur les propriétés mécaniques d'une tôle d'acier à basse teneur en carbone. Acier %S R Rn R.r Rnr R Limite ap- Grosseur 0 4b y u parente du grain d'élasti- astm de cité mo- l'acier yenne en recuit kq/cm^ H 0,004 1,85 1,96 1,42 2,61 + 0,87 2.271 9,5 I 0,0075 1,81 1,76 1,48 2,52 + 0,66 2.341 10 J 0,013 1,89 1,92 1, 58 2, 47 + 0, 62 2.573 10,5 K 0,016 1,91 1,74 1,74 2,41 + 0,34 2.594 10,5 L 0,020 1,91 1,45 1,84 2,50 + 0,14 2.601 10,5 M 0,029 1,80 1,17 1,90 2,20 - 0,22 2.671 10,5 Les résultats indiquent que, quoiqu'une teneur en soufre peu élevée ne soit pas essentielle pour obtenir des valeurs de R élevées, il est cependant possible, (dans un acier à basse teneur en manganèse); en réglant judicieusement la teneur en soufre, de produire un acier présentant une anisotropie planaire minimum, c'est-à-dire des valeurs de&R moins élevées. Les figures polaires (non représentées) construites à partir de mesures d'intensité de rayons X ont démontré que cet échange de valeurs de R à 0 et 45° est en rapport avec les variations suivantes de la structure cristallographique : 1) une structure fibreuse un peu plus informe dans le plan de la tôle et une composante (112) accrue qui augmentent toutes deux R à 45°. 2) un accroissement de la composante (200) qui diminue R pour la direction 0°. Il est donc souhaitable d'utiliser une gamme de soufre de 0,01 à 0,03% environ, à la fois pour réduire au minimum l'aniso-tropie planaire et pour augmenter la limite apparente d'élasticité (par exemple voir également les aciers N à Q). La limite supérieu- 71 06431 2080808 re est déterminée par la tendance de ces aciers à basse teneur en manganèse à accuser une certaine fragilité à chaud. Evidemment, si l'on utilise des éléments d'addition tels que Al ou Ti pour éviter ou réduire cette difficulté, on peut utiliser une teneur en 5 soufre légèrement plus élevée. Une autre variable de la composition qui paraît très importante aux fins de l'invention est la teneur en oxygène qui doit être faible pour réduire au minimum ou empêcher la fragilité à chaud de l'acier pendant le laminage à chaud. Il ressort du ta-10 bleau IV que, lorsque la teneur en oxygène de l'acier atteint 250 à 300 parties par million, elle entrave le développement d'un acier orésentant des valeurs £e R élevées. TABLEAU IV Valeur du rapport des déformations plastiques d'un acier à basse 15 teneur en carbone et en manganèse à des niveaux d'oxygène de 250 à 350 parties par million et à des teneurs en soufre variables. Limite ap- Grosseur parente du grain d'élastici-ASTM de té moyenne l'acier recuit N 0,027 1,57 1,75 0,97 2,58 + 1,20 2 .039 9 0 0,029 1,53 1,45 1,21 2,24 + 0,64 3 .250 9,5 P 0,035 1,48 1,30 1,24 2,16 + 0,49 2 .559 10 Q 0,025 1,39 1,00 1,21 2,15 + 0(37 2 .573 10 30 Cet effet adverse peut être dû au fait que l'oxygène qui a la forme d'inclusions d'oxyde et/ou de silicate, se comporte comme des points de nucléation préférés pour la recristallisation. 35 Pour atteindre les valeurs de R désirées suivant l'invention, il est par conséquent nécessaire de réduire la teneur en oxygène de l'acier jusqu'à environ moins de 150 parties par million et ce, d'une manière générale, par une désoxydation du carbone sous vide. Quoique les températures d'envidage en bobine ne paraissent 40 pas être critiques dans la gamme de températures habituellescom- Acier Poids R R._ R.,- Rnn AR O 45 90 20 en % O 71 06431 12. 2080808 prise entre 538 et 649°C, il vaut mieux qu'elles ne dépassent pas 621°C pour que l'on obtienne des propriétés optima. Pour simuler un processus d'envidage, on lamine l'acier W à chaud à 932°C en six passes jusqu'à 2,667 mm. On traite quatre éprouvettes distinctes de la manière suivante avant de les amincir de 70% par laminage à froid et de les recuire comme décrit plus haut. a. Refroidies à l'air jusqu'à la température ambiante. b. Refroidies à l'air jusqu'à 538°C, maintenues pendant 4 heures à cette température, puis refroidies à l'air. c. Refroidies à l'air jusqu'à 593°C, maintenues pendant 4 heures à cette température, puis refroidies à l'air. d. Refroidies à l'air jusqu'à 649°C, maintenues pendant 4 heures à cette température, puis refroidies à l'air. TABLEAU V Effet de la température d'envidage simulée sur les données d'un essai de résistance à la traction d'un acier W R Rq R^g Rqq ÛR Limite appa- Grosseur du rente d'élas- grain ASTM ticité moyen- de l'acier ne recuit a 1,97 2,00 1,64 2,57 + 0,65 2.453 10 b 2,11 1,92 1,87 2,79 + 0,49 2.341 9,5 - 10 c 2,26 2,12 2,07 2,76 + 0,37 2.369 10 d 1, 92 1,91 1,55 2,68 + 0,75 2.390 10 Exposant de durcissement par déformation plastique, n, et ductilité de l'acier c (ci-dessus) (moyenne de deux mesures). Direction n Ductilité uni- Ductilité totale d'essai forme sur 2,5 cm à la cassure 0° 0,266 35% 51% 45° 0,250 33% 45% 90° 0,254 31% 48% Comme l'indique le tableau qui précède, une température de 71 06431 13. 2080808 refroidissement simulée de 649°C produit une valeur de R légèrement moins élevée et une valeur de AR plus élevée. Les données qui précèdent montrent qu'une tôle d'acier à basse teneur en carbone présentant des valeurs de R supérieures à 5 1,7 et de valeurs de n normales peut être élaborée en opérant dans les limites du traitement et de la composition prescrites par l'invention. Les qualités exceptionnelles de cet acier sont directement en rapport avec sa structure cristallographique qui comprend principalement une structure fibreuse (111) dans le plan de la tôle, formée pendant le recuit en caisse final. La composition de la tôle d'acier se prête d'elle-même à une fabrication par coulée en lingots normaJLe ou Dar coulée.. continue. Le produit suivant 11 invention peut être obtenu de la manière suivante. On fait fondre la charge jusqu'à obtenir la composition prescrite. On utilise une désoxydation du carbone sous vide de la masse fondue pour réduire la teneur en oxygène de l'acier à 150 parties par million ou moins de telle sorte que la brame d'acier obtenu (produite par un processus de coulée en lingots classique ou un processus de coulée continue) ait une composition située dans la gamme prescrite. Les brames sont laminées à chaud 20 (réchauffées s'il le faut) à une température suffisamment élevée (à peu près 1232°C) pour assurer que la passe de laminage à chaud finale soit effectuée à une température supérieure à celle à laquelle de la ferrite proeutectoïde se forme. L'acier est ensuite envidé à environ 538 - 621°C et est refroidi à l'air jusqu'à tem-25 pérature ambiante. Les battitures de laminage à chaud sont éliminées et l'acier est aminci par laminage à froid de 60 à 80% jusqu'à son épaisseur finale. Les valeurs de R maxima désirées ne sont pas aussi facilement obtenues avec une réduction par laminage à froid à l'extérieur de cette gamme et il est, par conséquent, 30 préférable de régler l'épaisseur du produit laminé à chaud de telle manière qu'une réduction à froid finale d'environ 70% donne l'épaisseur finale. Le feuillard est alors envidé sans serraae et recuit en caisse par des procédés classiques, c'est-à-dire qu'on le chauffe lentement à sa température d'éqalisation et qu'on le 35 maintient à cette température d'égalisation de 704°C pendant 12 heures au minimum, 20 heures environ étant préférables pour obtenir la structure désirée et les valeurs de R élevées conformes à la présente invention. 71 06431 14. 2080808 REVENDICATIONS 1 - Procédé pour produire un acier à tôles présentant une emboutissabilité exceptionnelle, caractérisé en ce que : a) on règle la composition d'une nasse d'acier en fusion de manière qu'elle contienne, en pour-cent en poids, 0,005 à 0,15% de manganèse, 0,03 à 0,1% de carbone, 0,004 à 0,03% de soufre, moins de 0,015% d'oxygène, 0,06% au maximum de silicium, 0,02% au maximum de phosphore et, pour le reste, du fer avec des impuretés sidérurgiques accidentelles ; b) on lamine à chaud une brame produite à partir de la masse en fusion à une température suffisamment élevée pour empêcher la formation d'une ferrite proeutectoïde, c) on amincit la tôle obtenue de 60 à 80% par laminage à froid, et d) on fait subir à la tôle laminée à froid un recuit d'égalisation à une température comprise entre 649 et 73 2°C, pendant une période de 12 à 3 0 heures, de manière à produire une structure cristallo.graphique comportant une prédominance de plans (111) et (112) dans le plan de la tôle. 2 - Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'on réduit au minimum 1'anisotropie planaire de la tôle en réglant la teneur en soufre de la masse en fusion à une valeur supérieure à 0,01%. 3 - Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'on règle la teneur en manganèse à une teneur inférieure à 0,07% pour assurer l'obtention d'une valeur de R supérieure à 1,5 dans des conditions de laminage à chaud industrielles. 4 - Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'on règle la teneur en oxygène dans la phase a) par une désoxy-dation du carbone sous vide. 5 - Procédé suivant la revendication 4, caractérisé en ce .qu'on effectue la passe finale dans le processus de laminage à chaud à une température comprise entre 927 et 999°C. 6 - Procédé suivant la revendication 5, caractérisé en ce que la réduction d'épaisseur par laminage à froid est d'environ 7 0% et la température d'égalisation est d'environ 704°C de manière à maximaliser la valeur de R de la tôle. 7 - Procédé suivant la revendication 5, caractérisé en ce que la masse de métal en fusion est coulée de manière continue 71 06431 15. 2080808 pour former la brame. 8 - Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'on règle la composition de la masse de métal en fusion de manière qu'elle contienne essentiellement, en pour-cent en poids, sidérurgiques accidentelles. 9 - Acier à tôles élaboré conformément au procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes avec une valeur de 15 R supérieure à 1,5. 10 - Acier à tôles suivant la revendication 9, présentant une valeur de R supérieure à 1,7, sa teneur en manganèse étant de 0,005 à 0,07. 11 - Acier à tôles suivant la revendication 10, caractérisé 20 en ce qu'il présente une limite apparente d'élasticité supérieure 2 à 2.100 kg par cm et une teneur en soufre supérieure a 0,01%. 10 5 carbone manganèse silicium soufre phosphore oxygène fer 0,03 à 0,075 0,005 à 0,07 0,06 max. 0,01 à 0,02 0,01 max. 0,01 max. le reste à l'exception d'impuretés