La présente invention concerne un perfectionnement aux métiers circulaires à tricoter (ou métiers à tricoter. circulaires). Les métiers circulaires à tricoter sont connus depuis fort longtemps. I1 est donc inutile de les décrire en détail. Généralement, ces métiers se composent d'un organe de réserve (porte-bobines) circulaire placé au-dessus du metier, et sur lequel sont fixées les assiettes horizontales destinées à recevoir les bobines de fil à tricoter.avec au centre les broches verticales de centrage de ces bobines. Cette solution, bien que très largement répandue, présente de nombreux inconvénients. Par exemple, par suite de la hauteur du porte-bobines,pour laisser le passage en dessous de l'opérateur, les opérations de garnissage, de changement de bobines ou de rattache se font en hauteur et sont difficiles, surtout dans le cas des métiers à grand nombre de chutes (48 et au-delà), car les rangées de bobines, d'oeillets et de casse-fil ne sont accessibles qu'avec un escabeau ou analogue.Par ailleurs, ce système avec assiettes horizontales, d'une part, interdit en pratique l'emploi de rattache, de bobines de réserve, reliées à la bobine en travail par une queue de rattache, et, d'autre part, notamment avec les fils glissants (fils synthétiques notamment), entraine des arrêts fréquents de la machine. En effet, dans ce dir- nier cas, les spires de fil ont la fâcheuse tendance à glisser le long de la bobine, donc à modifier la tension, ce qui provoque des arrêts ou des défauts. Pour pallier ce dernier défaut, on a suggére de placer la bobine sur un feutre, mousse, peluche ou analogue malheureusement, même dans cette solution, le dévidage des spires voisines du feutre ne peut se faire sans à-coups de tension, ce qui occasionne encore des défauts et rend la rattache pratiquement impossible. Dans une forme de réalisation peu répandue à ce Jour, on a suggéré de mettre les broches du porte-bobines circulaire en position horizontale. Cette solution permet de travailler avec des bobines de fil en réserve (rattache) en disposant les bobines les unes sur les autres sur des niveaux concentriques. Malheureusement, cette disposition ne donne pas encore entièrement satisfaction car, par suite de la position des bobines llune sur l'autre pour avoir une rattache,donc un oeillet de guidage commun à deux bobines superposees, on est obligé de faire varier l'angle d'inclinaison de la broche et, par conséquence, de modifier, soit la longueur, soit la tension de défilage du fil. On obtient encore des défauts sur le tricot.De plus, cette solution n'est pas encore satisfaisante en ce qui concerne l'accès aux bobines, notamment aux bobines les plus hautes, puisque le porte-bobines est situé en dessus du métier à tricoter, du moins de la tête de tricotage. On a également suggéré de remplacer les portes-bobines par des cantres séparés du métier, disposés à même le sol. Cette solution reste néanmoins encore très encombrante, puisqu'en pratique elle se traduit par une augmentation de la surface du métier au sol d'au moins trente pour cent, et elle ne permet pas, d'une part, un passage commode-de l'opérateur autour du métier et, d'autre part, un stockage et un entrepot commode des matières d'approvisionnement (bobines, etc...). La-présente invention pallie ces inconvénients. Elle se rapporte à un métier à tricoter circulaire dans lequel le fil est dévidé d'une bobine placée sur une broche disposée sur un organe de réserve solidaire du bâti du métier, passe ensuite dans un oeillet de guidage, voire d'épuration, de là eventuellement dans un casse-fil provoquant l'arrêt de la machine en cas de casse du fil, puis enfin dansun dispositif fournisseur distribuant le fil à la tête circulaire de tricotage.Ce métier perfectionne se caractérise en ce que l'organe de réserve, suspendu à des traverses solidaires du bâti du métier, se compose d'au moins deux cantres sensiblement symétriques par rapport au métier et sur lesquels les broches sont disposées sensiblement à l'horizontale, chacun de ces cantres portant sensiblement un nombre de bobines de fil en travail égal au nombre de bobines en travail divisé par le nombre de cantres, et en ce que l'intervalle compris entre chaque cantre et le métier forme un passage pour l'opérateur. Avantageusement, l'organe de réserve se compose de deux cantres suspendus, disposes de part et d'autre du métier, chacun portant ainsi la moitié du nombre de bobines -en travail. Néanmoins, pour des métiers à tricoter comportant un très grand nombre de chutes (48 ou au-delà), il serait envisageable d'avoir plusieurs cantres disposés alors à égale distance et du métier, et les uns par rapport aux autres. Avec les métiers actuels, deux cantres suffisent. En pratique, sur le haut du métier, on fixe en haut,eur des traverses sur lesquelles vient se fixer perpendiculairement au sol le cadre sur lequel sont fixees les barres porte-broches. Pour des raisons de commodité, le cadre est sensiblement rectangulaire, et les barres porte-hroches sont parallèles les unes aux autres et perpendiculaires au sol. Les broches peuvent être fixes, pivotan tes ou coulissantes. Chaque cadre porte deux fois plus de broches que de bobines de fil en travail (on rappelle que le nombre de bobines en travail est égal au nombre de chutes du métier) de manière à recevoir une bobine de réserve. Dans une forme de réalisation perfectionnée, la bobine en réserve est placée sur la broche-voisine de la broche portant la bobine en travail, toutes deux étant sensiblement conte nues dans le meme plan horizontal. De même, les axes des deux bro ches voisines destinées à recevoir deux bobines de fil reliées en tre elles par une queue de rattache, forment un triangle isocèle avec l'orifice de l'oeillet correspondant. Pour éviter le glissement des bobines de fil tant vers 1 'inté- rieur que vers l'extérieur du cantre, on a détermine que les axes des broches doivent former avec le plan horizontal un angle de fai ble ouverture. On obtient les meilleurs résultats avec un angle voisin de 5 degrés d'angle. Pour des valeurs supérieures (10 de grés et plus), la tranche des bobine toucherait les montants du cantre ; cela, d'une part, produirait des A-coups de tension au défilage et, d'autre part, éraillerait le fil. Enfin, cette dispo sition avantageuse permet de supprimer les organes spéciaux, tels que des ressorts, mandrins ou autres systèmes, que l'on fixait jusqu'a ce jour à l'extrémité libre des broches pour maintenir les bobines en place. Chaque cantre est réglable en hauteur. De préférence, le can tre est placé à une hauteur telle que touteslfb)obines soient facilement accessibles a l'opérateur, sans effort ou mouvement particu liers. Si on le désire, on peut faire varier cette hauteur par rapport au sol, par exemple par articulation des cantres autour des traverses. Pour diminuer l'encombrement de l'ensemble au sol, les cantres ont sensiblement la même largeur que le métier à tricoter. Enfin, on peut-faire varier la distance entre les bobines et les oeillets de guidage de manière à l'adapter au type de fil trai té en fonction du ballon de ce dernier. La manière dont l'invention peut être mise en oeuvre et les avantages qui en découlent ressortiront mieux de la description de l'exemple de realisation qui suit donné à titre indicatif et non limitatif, à l'appui des figures annexées. La figure 1 représente une vue en coupe d'un métier à tricoter conforme à l'invention. La figure 2 montre schématiquement une vue de dessus de ce même métier. La figure 3 illustre une vue de côté de ce métier (vu côté cantre). Les figures 4, 5 et 6 schématisent d'autres formes d'exécution de l'invention. Sur la figure 1, pour des raisons de commodité et pour ne pas surcharger inutilement le dessin, on a représenté seulement une bobine de fil, mais il est entendu que le dispositif comporte autant de bobines que nécessaire, suivant le nombre de chutes. Sur le bâti 1 d'un métier circulaire à tricoter 2, d'un type en soi connu, on place quatre traverses. verticales 3 sur lesquelles sont fixés deux groupes de deux autres traverses horizontales. Les traverses supérieures 5 servent essentiellement au maintien du cantre en position verticale et sont constituées par exemple par un fer carré de 30 mm ; en revanche, les traverses inférieures 6 assurent à la fois la tenue verticale du cantre et servent à supporter celui-ci et forment l'élément inférieur d'un parallélogramme déformable nécessaire au déplacement vertical du cantre. Elles sont constitutées par des fers plus forts, par exemple des fers en U de 60 x 30 mm. A chaque extrémité de ces traverses, on suspend deux cantres rectangulaires, respectivement 8 et 9, symétriques par rapport au bâti 1 du métier. La description qui suit se rapportera au cantre 8, étant entendu que son symétrique 9 dispose exactement des mêmes éléments. Ce cantre (voir figure 3) se compose d'un cadre métallique 10 sur lequel sont fixées les barres porte-broches.ll, qui sont perpendiculaires au sol. La largeur du cadre 10 est sensiblement égale à celle du bâti 1 du métier. Sur chaque barre porte-broches 11, on fixe des broches 12 en nombre approprié, en fonction du nombre de chutes du métier. Chacun des cantres 8 et 9 reçoit la moitié du nombre de bobines en travail. Par exemple, avec un métier 24 chutes sur lequel on travaille avec queue de rattache (une bobine de fil pour une bobine en travail), le cantre 8 comporte 24 broches disposées quatre à quatre par groupes de deux, sur trois rangées horizontales (voir figure 3) et le cantre 9 autant. Avec un métier à 48 chutes, il en sera de même en doublant le nombre des bobines par cantre. - Les broches 12 sont inclinées à 5 degrés d'angle par rapport à l'horizontale. Comme déjà dit, elles peuvent,être fixes, pivotantes ou coulissantes. En pratique, on travaille avec réserve, aussi la broche 13 qui porte la bobine en réserve -(voir figure 2 et 3) est placée dans le même plan horizontal que la broche 12 voisine qui porte la bobine de travail. Les axes de ces deux broches 12 et 13 forment un triangle isocèle avec l'oeillet 14, dont ce dernier forme le sommet. Les oeillets en céramique 14, souvent doublés d'un épurateur ou d'un tendeur ravaleur (non représentés) sont portés par des barres 15 perpendiculaires au sol. On peut faire varier la distance entre les bobines et les oeillets 14 en modifiant la distance entre les deux barres ll et 15, par exemple au moyen d'une tige filetée 16. La distance entre le cantre B (ou 9) et le bâti 1 du métier à tricoter est suffisante pour permettre le passage de l'operateur- et les opérations sur le cantre. A titre indicatif, une distance entre le bâti 1 et les barres 15 de l'ordre de 50 centimètres est satisfaisante. On peut faire varier la-hauteur du cantre par rapport au sol, par exemple par articulation autour des traverses 5 et 6. Dans ce cas, ces traverses sont formées en deux parties articulablespar déformation de parallélogramme et suspension par vérins. Le schéma de parcours du fil sur ce dispositif est le suivant. Le fil 20 se défile d'une bobine de fil en travail 21, en formant un ballon (voir figure 1) dont le sommet (ventre) est-sensible-ment l'oeillet 14. Cette bobine 21 est reliée par une queue de rattache 22 à une bobine en réserve 23 située dans le même plan hori zonal En sortant de l'oeillet 14, le fil monte à un casse-fil 24 porté par une barre porte casse-fil 25. De 1à, le fil poursuit par le fournisseur positif 26, d'un type en soi connu, pour terminer à la tête de tricotage 2 où il est cueilli par les aiguilles. Pour la commodité du dessin, on n'a représenté 'un seul fournisseur 26 mais, comme on le sait, ceux-ci sont disposés sur un cercle porté par le haut du bâti 1 du métier Dans l'exemple de réalisation qui précède, les cantres sont rectangulaires. Si on le désole, ils peuvent également avoir une forme courbe (voir figure 4), étant bien entendu que la forme rectangulaire est plus économique par sa construction. De même, pour des métiers ayant un grand nombre de chutes (au delà de 48), on peut avoir plus de deux cantres séparés et symétriques (voir figures 5 et 6). En outre, le bâti du métier à tricoter peut être de forme quelconque, circulaire comme cela est généralement le cas, ou rectangulaire, comme dans le cas des métiers denommés JUMBERCA, auxquels le.dispositif de l'invention est particulièrement adapté. Avec ce dernier type de métier à bâti rectangulaire, on utilise de préférence deux cantres symetriques, mais on peut également en utiliser quatre (figure 6), voire plus. Par rapport aux solutions connues et exploitées à ce jour, le dispositif conforme à l'invention présente de nomb-reux avantages - grande facilité d'accès, soit sur le devant des bobines pour surveiller le défilage, soit sur le derriere pour faciliter la rattache, ce qui permet d'encantrer (charger) devant ou derrière, - accessibilité et passage autour du métier facilités, - possibilité de disposer un maximum de métiers dans un espace donné, tout en réservant un passage pour I'opérateur, - mise en place du fil plus simple, puisque toutes les opérations s'effectuent à la portée de la main, - du fait de la suppression des angles morts, pour un metier identique au nombre de chutes, on diminue la surface au sol d'environ 30 %, - le fil se défile à des tensions très régulières, ce qui réduit considérablement les à-coups de tension, donc les arrêts du métier, et ce qui, par voie de conséquence, augmente la productivité, - en cas de casse de fil, l'intervention est facilitée et de courte durée, de même lors d'un encantrage (changement des bobines), - possibilité de régler la distance bobine-oeillet et de faire varier la hauteur des cantres par rapport au sol, - à titre de comparaison, on a déterminé que la disposition selon l'invention permet à un même opérateur de mener deux fois plus de métiers qu'avec des métiers circulaires à tricoter avec broches verticales, et une fois et demi plus de métiers qu'avec des métiers circulaires à tricoter avec broches horizontales, sans compter, dans ce dernier cas, une plus grandé facilité d'accès et une fatigue moindre. Le cantre en soi est un organe bien connu en textile, notamment en tissage On ne peut donc pas imaginer que l'application de ce moyen connu aux métiers circulaires à tricoter et selon une disposition particulière, permette d'obtenir des r-ésultats aussi inattendus et un progrès technique et économique aussi considérable. Tous ces avantages font que l'on peut utiliser avec succès le dispositif selon l'invention avec tous les métiers à tricoter circulaires,de n'importe quel type. R E V E N D I C A T I O N S REVENDICTIONS 1/ Métier à tricoter circulaire dans lequel le fil est dévidé d'une bobine placée sur une broche disposée sur un organe de réserve solidaire du bâti du métier, passe ensuite dans un oeillet de guidage, de là éventuellement dans un casse-fil, puis enfin dans un dispositif fournisseur distribuant le fil à la tête circulaire de tricotage, caractérisé en ce que - l'organe de réserve suspendu à des traverses solidaires du bâti du métier se compose d'au moins deux cantres sensiblement sy- métriques par rapport au métier et sur lesquels les broches sont disposées sensiblement à l'horizontale, chacun de ces cantres portant sensiblement un nombre de bobines de fil en travail égal au nombre total de bobines en travail divise par le nombre de cantres, - et en ce que l'intervalle compris entre chaque cantre et le métier forme un passage pour l'opérateur. 2/ Métier à tricoter circulaire selon revendication 1, caractérisé en ce que, sur chaque cantre, il y a deux fois plus de broches que de bobines en travail, chaque bobine en travail étant reliée par une queue de rattache à une bobine en réserve, les axes des broches portant ces deux bobines étant sensiblement situés dans le même plan horizontal. 3/ Métier à tricoter circulaire selon revendication 2, caractérisé en ce que les axes desdites broches associées forment un triangle isocèle avec l'oeillet correspondant, dont ce dernier constitue le sommet. 4/ Métier à tricoter circulaire selon revendication 1, caractérisé en ce que le plan contenant les axes des broches forme un angle de faible ouverture avec le plan horizontal. 5/ Métier à tricoter circulaire selon revendication 4, caractérisé en ce que l'angle des deux plans est voisin de cinq degrés. 6/ Métier à tricoter circulaire selon revendication 1, caractérisé en ce que l'on peut faire varier la distance entre les broches et les oeillets. 7/ Métier à tricoter circulaire selon revendication 1, caractérisé en ce que la hauteur des cantres par rapport au sol est réglable par articulation des traverses de suspension sur le bâti du métier et en ce que lesdites traverses forment un parallélogramme déformable. 8/ Métier à tricoter circulaire selon revendication 1, carac térisé en ce que la largeur des cantres est sensiblement égale à celle du bâti du métier à tricoter. 9/ Métier à tricoter circulaire selon l'une des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que chaque cantre est placé à une hauteur telle que toutes les bobines sont facilement accessibles à l'opera- teur. 10/ Métier à tricoter circulaire selon l'une des revendications 1 à 9, caractérisé en ce qu'il comporte deux cantres symétriques.