Llinvention a pour objet un dispositif permettant de fabriquer des feutres à partir d'une suspension de fibres composée exclusivement, ou au moins en forte proportion, de fibres artificielles. Les machines existantes comportent un bac alimenté en suspension de fibres par un conduit, adjacent à un tarais d'é-gouttage avec une série d'aspirateurs sur lesquels glisse le tamis dans la zone de formation du feutre. Bac et tamis sont conçus ou disposés de façon à ce que la formation du feutre se fasse à l'abri de l'air. Les agglomérés de fibres artificielles ont d'intéressantes propriétés, notamment une résistance élevée à la rupture aussi bien à l'état humide qu'à l'état sec, ainsi qu'une bonne tenue superficielle, mais ces avantages mêmes sont une source de difficultés dans leur fabrication, ce qui fait que les machines- à agglomérer les fibres artificielles doivent être construites autrement que les machines à papier à tamis sans fin. Les fibres synthétiques à l'état de suspension ont en effet une forte tendance à floconner, ou, lorsqu'il s'agit de fibres de verre, à s'assembler parallèlement pour se former en "mèches", ce qui aboutit souvent à un feutre de structure et de surface irrégulières, présentant de fortes variations d'épaisseur, de résistance et de transparence. Lorsqu'on travaille pour les pâtes à papier avec les fibres naturelles, on pallie ces inconvénients en utilisant des cylindres perforés qui, en créant une certaine turbulence, donnent aux fibres une répartition uniforme, qui n'est pas obtenue avec les fibres artificielles, les cylindres perforés aggravant plutôt en pareil cas la situation. L'expérience a montré par exemple que des fibres de verre en suspension dans un cylindre à perforations ont tendance à venir sur les bords des trous s'assembler en faisceaux, en créant dans le feutre en formation des protubérances irrégulières. C'est pourquoi il faut éviter, autant que possible, de monter dans le bac contenant la suspension des organes supplémentaires comme les cylindres perforés en question. Pour réaliser un façonnage régulier des feutres de fibres artificielles, on est obligé d'employer d'autres méthodes, et notamment de mettre ces fibres en suspension aqueuse beaucoup plus diluée qu'on ne le fait pour les fibres naturelles, et de les faire passer, à ce degré de dilution, au tamis d'égout- -tage. 69 45182 2 liais cette forte dilution suppose, évidemment des conduits plus larges, un bac de plus grande contenance, et des pompes plus puissantes. L'invention a pour objet de procurer une machine capable de fabriquer, à partir d'une suspension pas trop diluée de fibres artificielles et spécialement de fibres de verre, des feutres d'une grande régularité. C'est ce que réalise l'invention en disposant, dans le courant de la suspension de fibres, un râteau à nombreux bâtonnets placé juste à l'entrée du bac, ou dans le bac lui-même, chaque bâtonnet étant de section.au moins approximativement circulaire, et d'une longueur au moins deux fois plus grande que celle des fibres les plus longues. Des râteaux de ce genre créent, dans le courant formé par une suspension de fibres artificielles, une turbulence suffisante pour que les flocons de fibres déjà formés se désagrègent en fibres isolées, et pour que ces fibres isolées se répartissent uniformément et changent de direction. Grâce à la forme particulière des bâtonnets, il n'y a aucun risque que les fibres s'y accrochent. Les machines ainsi conçues donnent des agglomérés d'une grande régularité dans la répartition des fibres et leur enchevêtrement. Les bâtonnets d'un tel râteau peuvent, en principe, être disposés comme on le désire, mais en général parallèlement.entre eux, dans un sens différent de c elui du courant. Les premières machines à tamis sans fin comportaient, il est vrai, des bacs avec corps résistants dentelés s'avançant au niveau de la buse d'arrivée, dans le courant de la suspension de fibres (brevet allemand 370.422) mais ces appareils sont très différents des machines modernes à agglomérer, et ne conviennent pas au traitement des fibres artificielles à propriétés spéciales, comme les fibres synthétiques ou les fibres de verre, de sorte que le dispositif décrit dans ce brevet ne saurait permettre à l'homme de l'Art de trouver la solution ici proposée. Le rateau fixe décrit ci-dessus permettrait déjà de résoudre le problème; cependant pour créer des turbulences plus complexes, il vaut mieux que les bâtonnets du râteau soient mobiles et, en particulier, qu'ils puissent tourner autour d'un axe commun. Ceci peut se réaliser de diverses façons. Si les 69 45182 3 2034927 bâtonnets sont parallèles entre eux, le râteau peut, par exemple, être rendu rotatif autour d'un axe parallèle ou perpendiculaire aux bâtonnets. Ceux-ci peuvent aussi être disposés suivant plusieurs plans normaux à l'axe. On peut aussi imaginer un 5 agencement radial des bâtonnets, dans lequel l'axe de rotation passe par leur centre commun et leur est perpendiculaire. Au lieu d'être tournants, les bâtonnets pourraient également être animés d'un mouvement de va et vient. On peut non seulement associer bâtonnets fixes, ou bâtonnets mobiles, mais il peut 10 être intéressant d'associer fixes et mobiles* Une variante de l'invention recommande, dans ce dernier cas, de disposer les bâtonnets fixes entre les bâtonnets mobiles. Les fibres synthétiques en suspension ayant particulièrement tendance à floconner lorsqu'on les retire de la sus-15 pension, il est utile, dans le cas où les bâtonnets sont mobiles, de leur donner une forme ou une disposition telles qu'à n'importe quelle phase de leur mouvement ils soient plongés en majeure partie, sinon totalement, au sein de la suspension de fibres. 20 Suivant une autre variante de l'invention, les bâton nets placés dans le conduit à section circulaire qui alimente le bac, ent un axe de rotation coaxial à ce conduit. L'invention est décrite plus en détail à l'aide des dessins ci-après. 25 La fig.l est une coupe longitudinale sur un bac à deux râteaux fixes avec vue partielle du tamis d'égouttage d'une machine à agglomérer; La fig.2 est une vue en plan des deux râteaux; La fig .3 une coupe longitudinale sur un bac avec 30 ion râteau à axe de rotation horizontal avec vue partielle du tamis d'égouttage d'une autre machine à agglomérer. La fig.4 est une vue en plan d'un râteau rotatif avec son mode d'actionnement; La fig.5 est une coupe schématique d'une autre sorte 35 de machine à agglomérer avec râteau rotatif placé en avant du bac. Sur les figs.l et 2, le bac 1 comporte une entrée 2 et une sortie 3 avec son tamis d'égouttage 4, qui glisse sur les aspirateurs 5» Les deux râteaux sont en forme de peigne 40 et consistent en un support horizontal 6 d'où plongent presque 69 45182 4 2034927 perpendiculairement à la suspension les bâtonnets 7 de section circulaire. Sur les figs.3 et 4, le râteau rotatif comporte un arbre 8 avec ses bâtonnets 17 a section circulaire. Le râteau 5 est monté à ses deux bouts sur des paliers 9 et actionné par un moteur 10 avec sa transmission 11. Sur la fig.5} le bac de la machine comporte un conduit d'alimentation 12 qui, sur une partie de sa longueur, est pourvu d'un tuyau amovible 13 de plus grand diamètre, dans lequel est 10 logé coaxialement un râteau rotatif avec son arbre ê et ses bâtonnets 27, paliers et mode d'actionnement étant semblables à ceux de la fig.4. A la paroi intérieure du tuyau 13 sont prévus des bâtonnets fixes 14 qui s'avancent dans l'intervalle des plans de rotation des bâtonnets mobiles 27. 69 45182 5 2034927 REVENDICATIONS 1. Dispositif pour fabriquer des feutres de fibres artificielles comportant un bac avec conduit d'alimentation et sortie sur l'étendue de laquelle le feutre vient se former, à l'abri de l'air, sur un tamis d'égouttage qui se déplace de- 5 vant la sortie en passant devant une série d'aspirateurs, ca ractérisé en ce que, dans le courant de la suspension de fibres, un râteau à nombreux bâtonnets est placé soit dans le conduit d'alimentation avant l'entrée-du bac, soit dans le bac lui-même, chaque bâtonnet étant de section à peu près circulaire et -10 d'une longueur au moins deux fois plus grande que celle des fibres les plus longues. 2. Machine selon 1, caractérisée en ce que les bâtonnets du râteau sont mobiles et de préférence rotatifs autour du même axe de rotation. 15 3. Machine selon 1 et 2, caractérisée en ce que cLes bâtonnets fixes alternent avec des bâtonnets mobiles. 4. Machine selon 3, caractérisée en ce que bâtonnets fixes et bâtonnets mobiles sont disposés dans l'intervalle les uns des autres. 20 5. Machine selon 2 à 4, caractérisée en ce que les bâtonnets mobiles sont formés et/ou placés de façon à être plongés plus ou moins complètement dans la suspension de fibres, dans toutes les phases de leur mouvement. 6. Machine selon 2 à 5, caractérisée en ce que les 25 bâtonnets placés dans le conduit à section circulaire d'alimentation du bac, ont un axe de rotation coaxial à ce conduit.