La présente invention concerne un matériau de couverture bitumeux et un procédé pour le former et plus particulièrement un matériau de couverture bitumé d'une construction unitaire comprenant une armature en tissu non tissé bouffant formé de filaments longs en fibres synthétiques, et un bitume saturant complètement le matériau de base et couvrant aussi les deux faces du tissu non tissé. Une structure étanche à l'eau obtenue par fusion et étalement de bitume naturel sur une structure support pour former une membrane continue afin d'établir une couche étanche à l'eau sur une structure support est utilisée depuis longtemps en Europe. Une telle structure formée simplement de bitume ne peut pas supporter des contractions et des fendillements ou la répétition de ces phénomènes provoqués dans la structure support et qui entrainent la rupture de la structure étanche à l'eau et, de plus, cette structure a l'inconvénient de ne pas résister aux conditions atmosphériques, c'est-à-dire a tendance à se fendiller ou à fondre quand elle est soumise à des variations importantes de la température.L'invention concerne une structure étanche à l'eau perfectionnée n'ayant pas ces inconvénients, cette structure comportant une armature en forme de feuille noyée dans le bitume. Une structure en bitume armé de ce type est formée en préparant d'abord un matériau d'armature analogue à un feutre en fibres à papier, en saturant ensuite ce matériau d'armature avec un bitume obtenu par fusion directe pour obtenir un "feutre bitumé" et en enduisant les deux faces de ce feutre bitumé par pulvérisation de bitume pour obtenir un matériau bitumé de couverture. Cette structure a été encore améliorée en utilisant des fibres de coton ou de lin augmentant la résistance de l'armature, ou une armature en fibres d'amiante qui augmentent la résistance à la décomposition. Ce matériau d'armature est saturé de bitume et il est revetu de bitume par pulvérisation, comme dans le cas de la structure du type "feutre bitumé", pour obtenir une structure à trois couches ayant une ame constituée par l'armature. Tous ces matériaux d'armature semblables à du feutre utilisés jusqu'ici absorbent l'eau et ils sont fabriqués sous une forme poreuse, de sorte qu'une structure étanche à l'eau formée en utilisant un tel matériau analogue à un feutre a des défauts du point de vue de l'étanchéité d'une couverture en raison des trous très fins subsistant dans la couche de matériau de base et/ou la couche formant un revetement. Un matériau d'armature de ce type a de plus l'inconvénient de se briser facilement dans le cas de contractions et de fissurations de la structure support, des vibrations du batiment ou d'efforts de cisaillement répétés et, en outre, les matières autres que l'amiante ont tendance à se décomposer. Pour éviter les défauts ci-dessus > il est possible d'utiliser.un matériau d'armature en fibres synthétiques et en particulier un tissu non tissé. Le tissu non tissé, s'il est formé de fibres discontinues, a des inconvénients similaires à ceux indiqués ci-dessus de la structure semblable A du feutre et, par suite, il convient mal pour la structure de couverture bitumée. Il a été proposé d'utiliser un tissu non tissé formé de filaments continus,-mais un tel tissu n'a pas été encore réellement utilisé pour former des couvertures bitumées. Un tissu non tissé formé de filaments longs continus peut etre fabriqué par un procédé à "adhésif" qui comporte l'arrangement de filaments de fibres synthétiques extrudées, cet arrangement étant obtenu au moyen d'une buse par l'faction d'un moyen mécanique ou d'un courant d'air pour former une nappe de fibres synthétiques stratifiées au hasard et ensuite en appliquant un adhésif par pulvérisation ou trempage, en essorant la quantité en excédent d'adhésif de la nappe au moyen de cylindres et en séchant ensuite la nappe.En variante, un tissu non tissé de ce type peut etre fabriqué par un procédé de "pressage à chaud" comportant la préparation d'une nappe comme dans le cas du procédé à adhésif indiqué ci-dessus et ensuite en pressant cette nappe à partir d'un côté ou des deux au moyen de cylindres chauds ayant des surfaces lisses ou au moyen de cylindres chauds ayant des parties sai-llantes, afin de provoquer la liaison par fusion des filaments. Dans le cas d'un tissu non tissé du type à adhésif, le tissu contient une quantité plus importante d'adhésif dans les régions voisines de la face avant et de la face arrière, et il a été constaté que la quantité d'adhésif d'une région superficielle peut atteindre trois fois la quantité d'adhésif dans la région intérieure du tissu, ce qui se traduit par une construction extremement déséquilibrée. Par suite, le tissu non tissé & adhésif est rigide et manque de souplesse et un matériau bitumé de couverture comportant ce tissu non tisse comme matériau d'armature a encore l'inconvénient d'une tendance au fendillement quand il est plié, et des parties adhérentes peuvent se séparer quand le matériau de couverture est plissé, de sorte que des fissures ou des décollements de couches ont tendance à apparaître dans le bitume du fait de mouvements de la structure support et, dans certains cas, le matériau bitume de couverture peut avoir les meme8 inconvénients qu'avec un feutre de papier. Dans le cas d'un tissu non tissé du type formé par pressage chaud, les fibres sont liées thermiquement à leurs points de croisement par l'action des cylindres chauffants agissant sur la face avant ou sur les deux, ou bien les fibres sont liées par point les unes aux autres par l'action de parties saillantes existant sur les cylindres chauffants. De toute façon, les fibres doivent etre liées les unes aux autres par fusion conjointement avec une pression, de sorte que le tissu non tissé ainsi obtenu a une densité relativement importante de fibres et une structure analogue à celle d'un papier rigide. Par suite, bien qu'un matériau bitumé de couverture comportant un tissu non tissé de ce type puisse avoir des caractéristiques un peu supérieures à celles d'un matériau du type à adhésif, en ce qui concerne le fendillement du fait du pliage ou la séparation de couches du fait d'un plissement, un inconvénient résulte du fait que le taux de saturation du tissu par le bitume est plus faible en raison de la plus grande densité de fibres, de sorte que le tissu doit etre traité A une température plus élevée pour augmenter le taux de saturation. De plus, un matériau de couverture de ce type a encore l'inconvénient de piqûres produites dans le bitume dans le cas de craquements ou d'autres mouvements de la structure support. Un matériau bitumé de couverture comportant l'un des types mentionnés ci-dessus de tissu non tissé a d'autres inconvénients indi qués ci-après. Le matériau bitumé est fabriqué de la meme façon que les matériaux avec fibres à papier considérés ci-dessus par un procédé comportant deux étapes de saturation du tissu non tissé par le bitume fondu (du bitume soufflé de bonne qualité) et ensuite l'application de bitume du mEme type sur les deux faces du tissu imprégné. Quand une couche étanche à l'eau est formée par ce matériau bitumé, il est nécessaire d'utiliser du bitume fondu à une température élevée, par exemple 240"C à 2500C pour que le matériau bitumé de couverture adhère à la structure support ou que les couches du matériau adhèrent les unes aux autres. Comme un matériau bitumé de ce type a une épaisseur relativement faible (environ 2 om y compris les couches extErieures), l'ensemble de ce matériau se ramollit quand il est soumis à cette température élevée, de sorte que le matériau a tendance à se froisser ou à former des plis après le refroidissement. Par suite, l'application du matériau bitumé nécessite une main-d'oeuvre qualifiée. Comme il a été indiqué ci-dessus, le tissu non tissé sert à augmenter la résistance mécanique et la résistance à la décomposition du matériau bitumé, mais il a encore certains inconvénients et, par suite il reste à déterminer si un tel matériau semblable à du papier rigide peut etre utilisé comme matériau d'armature pour un matériau bitumé de couverture. Autrement dit, le tissu non tissé formé de fibres entrecroisées librement se déforme du fait de la contraction ou de l'allongement des fibres quand il est en contact avec le bitume fondu à une température élevée et, de plus, il est déformé par les différents cylindres nécessaires pour la fabrication continue. I1 peut etre cherché à éviter ces déformations en augmentant la quantité d'adhésif, en ajoutant une matière adhésive résistant à la chaleur (par exemple de l'amidon qui est une substance hautement polymérisée naturelle) ou en comprimant le tissu pour augmenter ltenchevetrement des fibres, mais ces mesures pour empêcher la déformation du tissu entrainent nécessairement une perte de la souplesse et la formation d'une structure semblable à du papier rigide.Autrement dit, cette solution est contraire A la présente invention qui concerne la formation d'une armature convenable pour un matériau bitumé et un procédé pour former ce matériau sans déformation du tissu, cette conception ayant principalement pour but d'empecher la déformation du tissu non tissé meme quand un matériau bitumé de couverture est produit à partir de ce tissu. Un tel tissu non tissé rendu résistant est efficace pour empecher la déformation, la contraction ou l'allongement au moment du trempage dans du bitume fondu, mais ce tissu ne peut pas supporter différentes conditions résultant des craquements ou d'autres mouvements de la structure support, comme il a été expliqué ci-dessus, dans le cas de la préparation d'une feuille bitumée étanche à l'eau dont l'étanchéité est obtenue du fait de l'imperméabilité du bitume lui-meme, de sorte qu'un tissu non tissé de ce type ne peut pas etre considéré comme permettant d'obtenir une bonne couverture bitumée. Pour cette raison, un matériau bitumé comportant un tel tissu non tissé n'a pas été couramment utilisé jusqu'ici. Un tissu non tissé d'un autre type est apparu récemment. Ce tissu non tissé est produit par aiguilletage. Le tissu non tissé de ce type est entièrement différent de ceux des deux types mentionnés ci-dessus, c'est-à-dire qu'il est supérieur du point de vue de la résistance à la traction, de la résistance à la compression, de la récupération des formes et d'autres caractéristiques du fait de la structure entremêlée compliquée à trois dimensions de nombreuses fibres et d'autre part il a une épaisseur relativement importante et un aspect semblable å celui d'un feutre bouffant. Ce dernier tissu non tissé a en outre l'avantage qu'une force de traction exercée pour étirer le tissu dans une direction de droite à gauche provoque le rapprochement des fibres du tissu et augmente la résistance aux efforts de traction et, de plus, cette force agit sur les fibres horizontales disposées au hasard pour les réarranger dans la direction de l'étirage en tirant les fibres hors de la région aiguilletée, de sorte que le tissu peut subir un allongement considérable avant de casser et récupère sa forme initiale quand l'effort de traction est supprimé. Une telle propriété ne peut pas etre obtenue dans les tissus non tissés des deux types mentionnés ci-dessus > et c'est une caractéristique supérieure du tissu non tissé aiguilleté. Ce tissu non tissé est actuellement largement utilisé dans l'isolation thermique, pour des coussins, des filtres, des buvards, des tapis et d'autres matériaux en raison de sa souplesse et de son bouffant. Cependant, il a été considéré d'une façon générale qu'un tissu non tissé de ce type ne peut pas etre utilisé pour la fabrication d'un matériau bitumé de couverture parce que les fibres n'adhèrent pas les unes aux autres et qu'il est excessivement flexible, étirable et bouffant, de sorte qutil est déformé quand il est en contact avec le bitume fondu à haute température. Pour cette raison, un matériau bitumé comportant un tissu non tissé de ce type n'a pas actuellement été mis sur le marché mondial. L'invention concerne un matériau bitumé obtenu par un procédé comportant l'utilisation d'un tissu non tissé aiguilleté comme armature du matériau bitumé) le remplacement poussé de l'air contenu dans ce tissu par le bitume en fusion de façon que ce tissu soit saturé uniformément de bitume, cette opération étant faite en une seule étape avec du bitume d'un seul type, c'est-à-dire sans utiliser deux étapes ni deux types de bitume, du bitume soufflé et du bitume naturel comme pour les matériaux bitumés classiques et la formation d'un matériau bitumé de couverture flexible et volumineux ayant des caractéristiques supérieures d'allongement et ayant une construction réellement unitaire apparaissant comme si le matériau de base était scellé dans une couche de bitume. Jusqu'ici, un matériau bitumé de couverture n'a pas été utilisé en feuille ou couche unique parce que le matériau bitumé classique a une épaisseur faible et que, par suite, il a été nécessaire d'appui quer une première couche de matériau bitumé sur une structure support en utilisant une couche de bitume fondue entre les deux pour provoquer leur adhérence, ensuite d'appliquer une seconde couche de matériau bitumé sur la première couche en appliquant entre les deux une seconde couche de bitume fondu et ainsi de suite jusqu'à obtenir une structure étanche à l'eau ayant l'épaisseur désirée.Cette façon d'appliquer plusieurs couches d'un matériau de couverture nécessite du personnel qualifié et de nombreux aides en raison des opérations compliquées nécessaires pour éviter la déformation du matériau bitumé à cause de la température élevée du bitume fondu utilisé entre les couches. Les couches étanches à l'eau ainsi formées doivent avoir l'aspect d'une construction unitaire meme en l'absence d'une solution aux problèmes mentionnés ci-dessus. Cependant, ce revêtement étanche est en fait une structure stratifiée comportant des couches de bitume qui ont pour fonction primordiale de constituer des couches imperméables et des couches de renforcement qui servent à supporter ces couches de bitume. Les couches de ces deux types, bien qu'elles coopèrent les unes avec les autres, sont essentiellement différentes du point de vue de leurs fonctions, de leurs caractéristiques et de leur construction. Ces différences entraient fréquemment une étanchéité insuffisante. La présente invention a pour objet un matériau bitumé de couverture constituant une structure complètement étanche. L'invention a aussi pour objet un procédé pour former ce matériau bitumé. L'invention a aussi pour objet un matériau bitumé de couverture comportant un tissu non tissé bouffant formé de filaments longs en fibres synthétiques pour constituer l'armature. L'invention a aussi pour objet un procédé pour former un matériau bitumé de couverture dans lequel le tissu non tissé bouffant est saturé uniformément et complètement par du liquide d'un seul type. Suivant un aspect, l'invention concerne un matériau bitumé de couverture comportant un tissu non tissé bouffant formé de filaments de fibres synthétiques entrecroisées au hasard les unes avec les autres ce matériau ayant une épaisseur substantielle et le tissu étant uniformément et complètement saturé de bitume, le bitume couvrant aussi les faces opposées du matériau de base. Selon un autre aspect, l'invention concerne un procédé pour former un matériau bitumé de couverture, ce procédé comportant la préparation d'un tissu non tissé épais et bouffant formé de filaments longs de fibres synthétiques entremêlés au hasard les unes avec les autres, l'entrainement de ce tissu non tissé le long d'un trajet vertical dans un bain de bitume fondu afin que l'air contenu dans le tissu échappe progressivement verticalement à travers le tissu lui-raeme vers l'atmosphère en permettant la saturation complète du tissu par le bitume fondu, et ensuite l'extraction du tissu du bitume fondu et le séchage du produit à l'air libre. Les caractéristiques de l'invention ressortiront plus particulièrement de la description suivante, donnée à titre d'exemple. L'invention est décrite ci-apres en considérant des essais de comparaison de matériaux bitumés de couverture selon l'invention et de matériaux comportant des tissus non tissés du type à "adhésif" et du type à "chauffage sous pression" (ce dernier étant habituellemént utilisé sous une forme stratifiée à deux ou plus de deux couches). Habituellement les essais de résistance à la traction et d'allongement sont effectués sur une machine d'essai du type Shopper. Avec ces essais classiques, le rapport entre la résistance à la traction et l'allongement après rupture d'une éprouvette peut etre mesuré, mais les résultats concernant la perméabilité à l'eau du fait des trous minuscules du type trous d'aiguilles produits avant la rupture d'une éprouvette ne peuvent pas etre obtenus. Par suite, un essai de rupture a été effectué d'une façon différente expliquée ci-après. L'échantillon utilisé pour cet essai est une plaque d'ardoise ayant une entaille en V dans sa face arrière perpendiculairement à la direction de la force de traction exercée. Un échantillon du matériau bitumé de couverture est collé à la face avant de cette plaque d'ardoise au moyen de bitume fondu. La force de traction est exercée pour étirer la plaque d'ardoise afin de provoquer la rupture de cette plaque à l'endroit de l'entaille en V et ensuite d'étirer l'échantillon adhérant à cette plaque. L'existence de trous minuscules dans l'échantillon de matériau bitumé de couverture est déterminée par le passage de lumière provenant drune source de lumière située en dessous de la plaque d'ardoise. La résistance à 18 traction et l'allongement après la rupture peuvent aussi etre mesurés par cette méthode d'essai. - Il est bien connu qu'un effet de plissement d'un matériau bitumé de couverture résulte de l'allongement et de la contraction répétés verticalement et horizontalement, d'une fissure dans une structure support, d'une variation de la température, de vibrations ou d'une cause analogue, cet effet de plissement ayant une influence considérable sur la couche imperméable. Pour reproduire cet effet de plissement, des essais de cisaillements ont été effectués de façon répétée. Pour cet essai, il a été utilisé une paire de plaques horizontales, c'est-8-dire une plaque pouvant vibrer verticalement et une plaque fixe, ces plaques étant disposées pour. etre en contact l'une avec l'autre le long de leurs bords. Une pièce d'essai du matériau bitumé de couverture a été placée sur les deux plaques et chaque pièce a été fixée à la plaque correspondante par des supports mécaniques en des points situés à 5 trua à droite et à gauche, respectivement, des bords respectifs en contact. L'effet de plissement a été provoqué par déplacement vertical de la plaque vibrante d'une distanc de 10 mm en une seconde. Après 2.000 vibrations, mesurées par un compteur automatique, la pièce d'essai au cisaillement a été soumise à l'essai pour la perméabilité à l'eau par application d'eau sous une pression de 10 kg/cm pendant 10 mn. Ensuite, les essais de perméabilité à l'eau ont été effectués successivement après 2.500 fois, 3.000 fois, et ainsi de suite, en meme temps que les contrôles usuels.A ce point de vue, il doit Btre noté qu'aussi bien pour l'effet de rupture que pour l'effet de cisaillement des structures stratifiées comportant chacune deux couches collées l'une à l'autre ont été utilisées comme pièces d'essai du matériau bitumé de couverture comportant des armatures en tissus non tissés du type à adhésif et å chauffage sous pression, tandis qu'une seule couche d'une épaisseur de 4 mm a été utilisée comme pièce d'essai du matériau bitumé de couverture selon l'invention. Les résultats des essais et les procédés d'essais sont expliqués ci-après. Le tableau ci-dessous donne les résultats des essais de comparaison. TABLEAU "B" "C" 2 couches 2 couches 1 couche pressées collées selon à chaud l'invention Epaisseur (mm) 5,5 6,0 5,5 Poids 2) 6 > 0 6,0 6,5 4,5 (kg/mm) Essai de traction (25 C) 2 Résistance à la rupture (kglcm ) 20 30 62 Allongement à la rupture (X) 33 14 80 Essai de rupture trou rupture pas de (-3 , -50C) d'aiguille A 13 mm rupture à 12 mm à 30 mm Essai de cisalllement répeté 3.000 3.600 15.000 (-7 ~ -8 C) fois fois fois Perméabilité à l'eau après perméable perméable non l'essai de cisaillement répété perméable (pression de l'eau 10 kg/cm2) Sur le tableau ci-dessus, la pièce d'essai à la rupture A a provoqué la transmission de lumière ou l'apparition d'un trou d'aiguille quand la largeur de la cassure produite dans la plaque d'ardoise a atteint 12 mm et ensuite la pièce d'essai a été cassée pour une largeur de cassure de la plaque de 15 mm. La pièce B a formé des trous et en môme temps a été cassée pour une largeur de cassure de 13 mm de la plaque. La plaque d'essai C selon l'invention n'a pas formé de trous d'aiguilles meme après une largeur de cassure de la plaque de 30 mm, ce qui était la limite de la machine d'essai, et elle ne s'est pas cassée sans qu'une condition anormale soit provoquée. Dans les essais au cisaillement, l'essai de perméabi lité à l'eau a été effectué dans les conditions décrites ci-dessus après A i'eaye n'a été constatée dans les pièces A, B et C. Ensuite, les essais de perméabilité à l'eau ont été effectués après 500 mouvements verticaux supplé dentaires; Une perméabilité à l'eau a été constatée pour la pièce d'essai A après 3.000 mouvements. Ensuite, des essais ont été effectués après 200 mouvements verticaux supplémentaires.Il n'a pas été constaté de perméabilité à l'eau pour les pièces d'essai B et C après 3.400 mouvements et une perméa bilité à l'eau de la pièce d'essai B a été constatée après 3.600 mouvements. Les essais ont été ensuite poursuivis uniquement sur la pièce d'essai C. Cependant, aucun changement n'a été constaté après 5.000 et 10.000 répétitions des mouvements et meme après 15.000 répétitions, et l'essai a par suite été considéré terminé. Par comparaison avec un matériau bitumé de couverture d'une construction sandwich comportant une ame en matériau d'armature saturé de bitume appliqué directement et une paire de revetements en bitume soufflé, le matériau bitumé de couverture selon l'invention est caractérisé par une construction entièrement unitaire sous la forme d'une couche unique épaisse de bitume soufflé dans laquelle est noyé un tissu non tissé bouffant formé de filaments continus de fibres synthétiques disposés sous une forme tridimensionnelle dans des directions d'avant en arrière, de droite a gauche et de haut en bas et entrelacés d'une façon compliquée.La couche de bitume, qui doit constituer une structure primaire étanche à l'eau, est ainsi direc tement renforcée par le tissu non tissé qui sert à augmenter la résistance à l'allongement et à la traction et la résistance à la rupture et à augmenter la possibilité d'adaptation à l'effet de froissement. De plus, contrairement au cas du matériau de couverture bitumé classique qui doit etre utilisé sous une forme stratifiée comportant au moins deux ou trois couches, le matériau de couverture bitumé selon l'invention peut etre utilisé en couche unique, de sorte que le poids par unité de surface est substantiellement réduit, sans diminution des avantages techniques, ce matériau constituant une couche réellement intégrée étanche à l'eau permettant l'élimination complète des inconvénients résultant des fonctions différentes des couches d'une structure stratifiée classique étanche à l'eau. Le matériau bitumé de couverture selon l'invention apporte de nombreux avantages, directement ou indirectement, non seulement dans le domaine de l'étanchéité, mais aussi dans le domaine de la construction ainsi que dans le travail du sol, la construction de routes et l'agriculture. Par exemple, il est avantageux en réduisant le poids d'un toit en terrasse, en particulier pour les gratte-ciel, en permettant d'augmenter la vitesse de construction du fait de l'absence de travail pour la stratification, avec une réduction correspondante de la durée du travail, de la consommation de matières telles que le combustible et l'adhésif, et en permettant une unification et une simplification des produits et par suite en réduisant le besoin de main-d'oeuvre qualifiée et de main-d'oeuvre auxiliaire. Le matériau bitumé selon l'invention peut etre avantageusement utilisé, en plus de la préparation de structures étanches à l'eau pour des toits plats, pour la construction de réservoirs ouverts, de viviers, de canaux d'amenée, pour la réparation des routes, la préparation des fondations pour des voies ferrées, la construction de murs ou de cloisons d'insonorisation et pour différents autres domaines. Jusqu'ici, il a été de pratique courante d'utiliser comme matière d'armature de la pate à papier ou un produit analogue. Suivant la technique courante, cette matière d'armature est saturée de bitume en introduisant cette matière à grande vitesse à partir de l'extrémité supérieure d'un trajet incliné dans un bain de bitume fondu à une température élevée, par exemple d'environ 200"C, et en sortant ensuite du bitume fondu le produit, et en répetant plusieurs fois ces opérations. Avec ce traitement de saturation, l'air présent dans la matière d'armature est chauffé et se dilate, et il échappe dans le bitume en fusion tandis que le bitume en fusion s infiltre dans la matière d'armature.Les fibres constituant l'armature ne forment pas toujours des espaces homogènes et, par suite, l'air sortant d'espaces plus grands ou plus petits forme dans le bitume en fusion des bulles d'air de différentes dimensions. Certaines bulles peuvent se combiner à d'autres pour former des bulles plus grosses et certaines des bulles peuvent former des groupes de bulles, tandis que d'autres peuvent étire divisées en bulles plus petites. Une partie de ces bulles de différentes dimensions peut sortir du matériau de base et remonter à la surface, tandis que d'autres peuvent adhérer à la face avant ou arrière de l'armature et être entraînées par celle-ci.Dans ces conditions, la partie de tete de l'armature dégage une grande quantité de bulles d'air de différentes dimen sions au passage dans le bitume en fusion, tandis que la partie arrière de cette armature contenant de l'air froid pénètre progressivement dans le bitume en fusion contenant ces bulles d'air, de sorte que la production de bulles d'air est encore augmentée, alors que le temps nécessaire pour que les bulles.d'air arrivent à la surface augmente du fait que la viscosité du bitume fondu est considérable, même quand ce bitume est maintenu à une température élevée pour le rendre fluide. En particulier avec les procédés classiques suivant lesquels l'armature avance le long d'un trajet incliné dans le bitume fondu, toutes les bulles d'air sortant de la face arrière ou surface inférieure de l'armature ont tendance à adhérer à la surface arrière de cette armature quand elles arrivent à la surface et ces bulles d'air adhérant ainsi à la surface de l'armature sont entrainées quand celle-ci avance vers le bas dans le bain de bitume fondu, de sorte que le déplacement des bulles vers la surface du bain est empêché. Ce phénomène est constaté couramment dans la production classique des matériaux bitumés, et une quantité considérable de bulles d'air est produite par ce procédé.Par suite, il est très difficile de saturer complètement l'armature de bitume en fusion, en particulier dans les parties à grande densité de fibres3 de sorte que certaines parties peuvent ne pas etre complètement saturées par le bitume. Dans le cas d'un matériau bitumé comportant un tissu non tissé en fibres synthétiques comme armature, les défauts des matériaux bitumés comportant de la pate å papier, du coton, de la toile, de l'amiante ou des matières analogues sont pratiquement éliminés, mais un matériau bitumé de ce type est très mince3 par exemple 1 mm ou même moins, contrairement au cas d'un matériau bitumé comportant le tissu non tissé utilisé selon l'invention (ce tissu étant par exemple en filaments de polypropylène) qui est bouffant et dont l'épaisseur est plusieurs fois supérieure. Un tissu non tissé et bouffant a aussi été produit de la façon indiquée cidessus, mais un tissu classique de ce type est sujet à l'amollissement des fibres et par suite à la déformation à la contraction et à l'allongement quand il est plongé dans du bitume fondu à une température d'environ 1600C. De plus, le tissu non tissé de ce type a tendance å une déformation considérable du fait de la traction exercée par les cylindres d'entraînement pendant l'avance dans la cuve d'imprégnation. Si le bitume fondu est porté à une température plus basse pour éviter la déformation, il peut n'adhérer qu'à la surface du tissu non tissé et,meme s'il pénètre légèrement dans ce tissu, il ne peut jamais atteindre la partie centrale du tissu pour le saturer complètement. C'est la raison pour laquelle les matériaux bitumés de couverture comportant un tissu non tissé bouffant comme matière de charge n'ont pas été réellement utilisés juequ'ici, bien que le tissu non tissé bouffant de ce type soit déjà connu. Partie procédé selon I'invention, le tissu non tissé bouffant en filaments de polypropylène formé par le procédé dtaiguilîetage est introduit dans une cuve d'imprégnation de façon qu'il pénètre verticalement dans le bain de bitume en fusion dans lequel le gradient de température est maintenu d'une température relativement basse à la surface à une température supérieure au fond, afin que le tissu non tissé descende à travers le bitume en fusion en étant d'abord soumis à un préchauffage et à la formation d'une couche mince dans la zone ayant la température la plus basse près de la surface, qu'ensuite le tissu soit soumis à des conditions d'échappement des bulles et de saturation par le bitumé dans la zone à température intermédiaire et que finalement il soit soumis à la saturation complete dans la zone à température la plus élevée pres du fonds le tissu non tissé remontant ensuite le long d'un trajet incliné jusqu'à l'air libre en étant soumis successivement à un refroidissement progressif et A la formation de couches pelliculaires. Ce processus de saturation permet la fabrication d'un matériau bitumé de couverture conservant la largeur et l'épaisseur de l'armature et ne contenant aucun vide ni dans la zone extérieure ni dans la zone intérieure, le bitume fondu prenant complètement la place de l'air contenu dans le tissu non tissé. Suivant un exemple d'utilisation du procédé pour la fabrication d'un matériau bitumé de couverture selon l'invention, la cuve d'imprégnation utilisée a une capacité de 5 tonnes. Le bitume soufflé en fusion est envoyé d'un réservoir séparé de chauffage et d'accumulation à la cuve d'imprégnation à travers une entrée située au fond de celle-ci et le bitume en fusion est recyclé à partir de la région de la surface du bain contenu dans la cuve d'imprégnation vers le réservoir de chauffage. Dans la cuve d'imprégnation, un cylindre récepteur est monté à une profondeur d'environ 70 cm à partir de la surface du bitume en fusion.La cuve d'imprégnation est organisée pour maintenir le bitume en fusion à 1500C dans la région du fond au voisinage du cylindre récepteur, à 1450C dans la zone intermédiaire à une profondeur de 40 å 50 cm de la surface et à 1400C dans la région superficielle. Un cylindre d'alimentation est disposé au-dessus de la surface du bain de bitume en fusion. Le tissu non tissé bouffant en filaments de polypropylène est entraîné du cylindre d'alimentation vers le cylindre récepteur suivant un trajet vertical perpendiculaire à la surface du bitume en fusion. Le tissu non tissé pénétrant dans le bitume en fusion est d'abord en contact avec le bitume maintenu à 140"C, de sorte que le tissu est revêtu de façon continue d'une pellicule de bitume. La formation de ce revetement mince de bitume résulte de la température du bitume en fusion à la surface de contact, cette température étant légèrement abaissée par le contact avec l'air froid contenu dans le tissu non tissé.Ce phénomène est en accord avec le fait que, quand le tissu non tissé classique est trempé dans un bain de bitume en fusion à une température relativement basse, il est revêtu sur sa surface d'une pellicule de bitume qui ne permet qu'une légère imprégnation ou meme aucune imprégnation du tissu par le bitume en fusion. La présente invention a une caractéristique originale du fait qu'elle tire parti de ce phénomène, comme il est expliqué ci-après. Conformément à l'invention, la pellicule de bitume formée sur la surface du tissu non tissé agit, conjointement avec l'action de la pression du bitume fondu liquide,pour empêcher l'échappement de l'air contenu dans le tissu non tissé à travers les surfaces latérales de ce tissu vers le bitume en fusion, de sorte que l'air contenu dans le tissu non tissé remonte à travers le tissu non tissé lui-même et échappe à l'air libre à travers la partie non traitée du tissu.La pellicule de bitume sert de plus à empêcher le ramollissement du polypropylène pendant que le tissu non tissé passe vers la zone intermédiaire de la cuve d'imprégnation, zone maintenue à 145"C. Pendant le passage vers la zone intermédiaire, la pellicule de bitume ainsi formée est chauffée et renduefluide, tandis que l'air restant dans le tissu non tissé continue à échapper vers le haut à travers le tissu lui-mSme, de sorte que la pellicule de bitume devenue fluide commence à pénétrer facilement à l'intérieur du tissu non tissé dont l'air a échappé vers le haut. Comme la pellicule de bitume ainsi formée est tenue par les fibres des surfaces du tissu non tissé, il ne s'écoule jamais d'un autre emplacement et pendant que le tissu non tissé pénètre dans le bain de bitume en fusion, la pellicule de bitume a tendance àpénétrer progressivement vers la partie centrale du tissu non tissé sous l'action du bitume environnant dont la température et la pression augmentent progressivement. La couche de bitume présente dans le tissu non tissé augmente ainsi progressivement d'épaisseur, vers la partie centrale du tissu, pendant que le tissu descend vers la zone à température supérieure située à une profondeur d'environ 70 cm de la surface, cette température étant maintenue à 1500C. La couche de bitume pénétrant dans le tissu non tissé vient en contact avec les fibres du tissu non tissé et avec l'air contenu dans ce tissu, de sorte que le bitume est légèrement refroidi et que par suite la couche de bitume est toujours maintenue à une température légèrement inférieure à celle du bitume en fusion se trouvant au même niveau et qu'un gradient de température existe dans le tissu à partir de la température inférieure dans la partie centrale juSu'à la température supérieure à l'extérieur du tissu.Du fait de cette légère différence des températures, les tensions provoquées dans le tissu non tissé par le cylindre d1alimenta- tion et le cylindre récepteur sont réduites et la résistance dynamique pendant le passage à travers le bitume en fusion est réduite, ce qui évite la déformation, la contraction ou l'allongement du tissu non tissé. Quand le tissu non tissé atteint la zone à la température supérieure de 1500C du bitume en fusion, les pellicules de bitume ayant pénétré dans le tissu non tissé à travers les deux faces de celui-ci se rapprochent jusqu'à se rejoindre dans la partie centrale du tissu immédiatement avant que celui-ci atteigne le cylindre récepteur, ce qui sature complètement le tissu de bitume. Immédiatement apres le passage sur le cylindre récepteur, le tissu non tissé saturé remonte le long d'un trajet incliné vers l'air libre et ensuite il est entrainé sur un autre cylindre d'entraînement situé au-dessus de la cuve d'imprégnation, et il est soumis à un post-traitement, de sorte qu'un matériau bitumé volumineux de couverture est obtenu. Pour vérifier la saturation complète du tissu non tissé par le bitume, un échantillon a été prélevé dans la partie du tissu non tissé située entre la surface du bitume en fusion et le cylindre récepteur. Après enlèvement du bitume en excédent des surfaces de cet échantillon, celui-ci a été coupé le long d'une ligne longitudinale.Sur la tranche de l'échantillon coupé, il a été constaté qu'il n'est passé presque pas de bitume dans le tissu non tissé, non seulement dans la partie centrale, w is aussi dans les deux parties superficielles (les parties de surface avant et arrière) dans la zone voisine de la surface du bain de bitume en fusion, le tissu étant ainsi pratiquement à l1état initial et il a été trouvé des épsisseurs progressivement croissantes de bitume dans chaque partie superficielle vers le fond du bain de bitume en fusion, de sorte qu'un profil de saturation en forme de V a été constaté sur la tranche de ltéchantillon. La partie à l'intérieur de ce profil en V était constituée de fibres non saturées et d'air, tandis que les parties à l'extérieur de chaque côté formaient des couches de bitume d'épaisseur croissant progressivement. Au point immédiatement ayant la pointe du profil en V, à une profondeur d'environ 70 cm, les couches de bitume des deux côtés se rejoignaient pour former une partie completement fermée, c'est-à.-dire une partie complètement saturée. Il ressort de ce qui précède qu'avec-le procédé selon l'invention l'air et l'humidité contenus dans le tissu non tissé et ayant été chauffés et s'étant dilatés sous l'action du bitume chaud environnant échappent vers le haut à travers le tissu non tissé non saturé avec un écoulement rapide de l'air vers le haut vers l'air libre, et que les pellicules de bitume devenues fluides pénètrent dans les espaces du tissu à partir desquels l'air et l'humidité ont été expulsés.Le remplacement -de l'air et de l'humidité par le bitume dans le tissu peut ainsi avoir lieu d'une façon uniforme et progressive, de sorte que les fibres et le bitume sont liés fortement et de façon homogène les uns aux autres sans qu'il subsiste de trous d'aiguilles ou de cavités entre des fibres non saturées de bitume quand la saturation du tissu non tissé est complète. De plus, avec le procédé selon l'invention, il n'y a pas production de bulles dans le bitume en fusion parce que l'air s'écoule et échappe à l'air libre en passant entièrement à travers le tissu lui-même, de la façon expliquée ci-dessus. Quand la saturation du tissu non tissé par le bitume est complète, le tissu quitte le cylindre récepteur vers le haut le long d'un trajet incliné à l'intérieur du bain de bitume en fusion dans lequel le tissu vient en contact avec du bitume à une température décroissant progressivement. Le tissu non tissé est ainsi refroidi progressivement. Aucun changement violent des conditions d'écoulement n'a lieu du fait du gradient de température maintenu dans les fibres et dans le bitume imprégnant le tissu, et la pression du bitume en fusion sur le tissu décroît progressivement, de sorte que le tissu reprend sa forme en raison de l'élasticité des fibres. Le tissu est revêtu de bitume en fusion sur ses deux faces, le bitume étant maintenu à une température relativement basse au voisinage de la surface du bain, de sorte qu'il est obtenu une bonne stabilité des dimensions. Le matériau bitumé de couverture ainsi obtenu en partant d'une armature en tissu non tissé bouffant est entrainé par un cylindre d'entraînement monté au-dessus de la cuve d'imprégnation et le bitume en excédent est enlevé par une- raclette ou un dispositif équivalent pour établir une épaisseur un peu supérieure à l'épaisseur initiale du tissu non tissé. Le matériau bitumé est ensuite refroidi et est bobiné pour obtenir un rouleau de matériau bitumé de couverture. Pour la comparaison, il a été effectué un essai suivant lequel le tissu non tissé a été introduit dans le bain de bitume en fusion contenu dans la cuve d'imprégnation en le faisant passer le long d'un trajet incliné de la façon classique. Pendant cet essai, le tissu non tissé s'est recourbé vers le haut entre le cylindre d'alimentation et le cylindre récepteur du fait de sa flottabilité, et les pellicules de liquide formées sur les surfaces du tissu de la façon décrite ci-dessus ont été cassées du fait de la grande pression produite dans le tissu par l'air chauffé et se dilatant dans des régions ayant une densité relativement faible de fibres, de sorte que l'air a été éjecté dans le bitume en fusion.Cet air éjecté a ainsi formé de nombreuses bulles dans le bitume en fusion près de la surface de celui-ci, pendant que le bitume en fusion s'est infiltré dans les regions à faible densité de fibres du tissu. D'autre part, la région à densité relativement forte de fibres a été entourée par les régions précédentes et successives à faible densité de fibres et par suite l'air contenu dans ces régions a été isolé de l'air se trouvant dans la partie supérieure du tissu. De ce fait, le tissu n'a pas été complètement saturé de bitume en fusion dans les régions à grande densité de fibres, même après le passage du tissu au fond du bain de bitume en fusion et a comporté des vides ne contenant pas de bitume. De nombreuses bulles produites ont adhéré à la face inférieure ou arrière du tissu et la quantité de bulles produites a été supérieure à celle produite dans le cas du tissu non tissé mince indiqué ci-dessus, ce qui s'est traduit par un matériau bitumé de couverture non saturé uniformément par le bitume, et ayant de nombreuses déformations. La présente invention a de nombreuses caractéristiques particulières, non seulement du fait de la fabrication d'un matériau bitumé de couverture avec une armature formée par un tissu non tissé bouffant, mais aussi en ce qui concerne l'équipement pour la fabrication de ce matériau. En ce qui concerne l'équipement de fabrication, l'invention apporte de nombreux avantages tels qu'une simplification considérable de l'équipement d'imprégnation (en dehors du réservoir fusion) par exemple représentant 1/20e de l'équipement classique, l'élimination des bruits résultant du fonctionnement continu de nombreux cylindres, l'augmentation de la vitesse d'imprégnstion, la commande précise du traitement continu et la réduction correspondante des traitements de fabrication, l'économie de matière, la diminution de la consommation de chaleur et de force motrice, la réduction du travail manuel et l'uniformité et la supériorité des produits. L'invention est illustrée plus particulièrement par les exemples suivants. EXEMPLE 1 Le traitement de saturation a été effectué en utilisant un tissu non tissé en filaments de polypropylène formé par aiguilletage (8 deniers, 400 g/m2, épaisseur 4,0-4,2 mm, densité d'aiguilletage 120/cm2) et du bitume soufflé (point de ramollissement 950C, pénétration 40 à 250C, allongement 2,0 à 0 C). Le bitume fondu a été envoyé à partir d'un réservoir de chauffage et d'accumulation à la cuve d'imprégnation d'une capacité de 5 tonnes, à travers le fond de la cuve, pour maintenir une température de 150 C dans la région du fond près du cylindre récepteur placé à une profondeur de 70 cm dans la cuve, de 145C dans la région intermédiaire au milieu entre le cylindre récepteur et la surface du bain et de 140"C dans la région superficielle. Le bitume en fusion a été recyclé à partir de la région superficielle vers le réservoir de chauffage et d'accumulation} pour maintenir un niveau constant de bitume en fusion dans la cuve d'imprégnation. Le tissu non tissé tiré d'un rouleau d'alimentation placé au-dessus du niveau de bitume en fusion a été entraîné vers le cylindre récepteur le long d'un trajet vertical perpendiculaire à la surface du bitume en fusion. Le tissu a été introduit à une vitesse de 3 m/mn dans le bain de bitume en fusion. Pendant l'entrée du tissu dans le bain de bitume, une convection lente a eu lieu à la surface du bitume en fusion vers les surfaces avant et arrière du tissu et des pellicules de bitume ont été formées sur les surfaces du tissu pendant la descente vers le fond du bain. Quand le tissu non tissé subissant l'imprégnation par le bitume en fusion a atteint la profondeur de 70 cm à 1500C, il a été passé autour de la partie inférieure du cylindre récepteur et ensuite a été entraîné immédiatement vers le haut le long d'un trajet incliné dans le bain. Ensuite, le tissu non tissé a été passé dans la fente de 4 mm établie entre deux cylindres formant une essoreuse disposée au-dessus du niveau du bitume en fusion pour enlever de façon continue la quantité de bitume en excédent des surfaces avant et arrière du tissu afin de maintenir ltépaisseur prédéterminée pour le tissu et des surfaces ayant un fini lisse. Le tissu a ensuite été soumis an refroidissement et ensuite a été bobiné. Le produit ainsi obtenu a été un matériau bitumé de couverture long constitué par un tissu non tissé bouffant complètement saturé de bitume et noyé dans ce bitume ce matériau ayant une épaisseur de 4 mm et un poids de 4 kg/m. Pendant cette construction continue du matériau bitumé de couverture,il n'a été constaté aucune production de bulles d'air à la surface du bitume en fusion et il n'a été trouvé aucun trou d'aiguille ni aucune cavité dans le matériau bitumé de couverture terminé, ce qui a été déterminé par des essais effectués sur des échantillons. Il a ainsi été vérifié qu'avec le procédé selon l'invention le matériau bitumé de couverture ayant une armature en tissu non tisse bouffant formé de filaments de polypropylène est complètement saturé par le bitume. EXEMPLE 2 Le traitement de saturation a été effectué dans la cuve d'imprégnation utilisée suivant l'exemple 1, dans les mêmes conditions de différence des températures, avec le cylindre récepteur placé à une profondeur de 80 cm, pour saturer un tissu non tissé formé par aiguilletage (15 deniers, 450 g/m, épaisseur 4,5-4,7 mm, densité d'aiguilletage 120/cm2) avec un bitume caoutchouté (point de ramollissement 1000C, pénétration 35 à 250C, allongement 2,2 à OOC) avec une vitesse d'entrainement de 4 m/mn. Suivant cet exemple 2, la grosseur des fibres du tissu non tissé a été double de celle des fibres de l'exemple 1, de sorte que le nombre de fibres par unité de volume du tissu non tissé était nettement plus faible que dans le cas de l'exemple I, et que l'entremêlement des fibres était plus faible entrainant une augmentation de la tendance à l'allongement ou à la déformation du tissu sous la force de traction exercée entre le cylindre d'alimentation et le cylindre récepteur. Pour éviter cette tendance à l'allongement ou à la déformation, la durée de séjour du tissu non tissé dans le bitume en fusion a été réduite. De plus, suivant l'exemple 2, la grosseur des fibres du tissu. non tissé était supérieure, comme il a été indiqué ci-dessus et, par suite, ces fibres présentaient une résistance supérieure au bitume en fusion. Par suite, pour favoriser la saturation du tissu par le bitume caoutchouteux ayant une viscosité supérieure à celle du bitume en fusion de l'exemple 1, la pression du liquide a été augmentée en abaissant la position du cylindre récepteur, c'est- -dire en augmentant la profondeur de ce cylindre dans le bain, et le tissu non tissé a été entraîné à une vitesse supérieure pour augmenter la longueur de la zone de traitement du tissu non tissé dans le bitume en fusion pendant la descente du tissu vers le fond du bain, par comparaison avec le cas de l'exemple 1. Le tissu a été soumis au même traitement consécutif que dans l'exemple 1 pour obtenir un matériau en bitume caoutchouté contenant une armature en tissu non tissé bouffant formé de fibres synthétiques. Le produit obtenu a été un matériau long d'une épaisseur de 4,5 mm. Un tel produit long et épais constituant un matériau bitumé de couverture n'avait pas encore été obtenu jusqu'ici. Bien entendu, la description qui précède n'est pas limitative et l'invention peut être mise en oeuvre suivant d'autres variantes, sans que l'on sorte de son cadre. R E V E N D I C A T I O N S 1. Matériau bitumé de couverture caractérisé par un tissu non tissé bouffant formé de filaments de fibres synthétiques entremelés les uns avec les autres ce tissu d'armature ayant une épaisseur substantelle, et un bitume saturant complètement et uniformément ce tissu d'armature et couvrant aussi les deux côtés de ce tissu d'armature. 2. Matériau bitumé selon la revendication 1 caractérisé en ce que le tissu non tissé est un tissu formé par aiguilletage. 3. Matériau bitumé selon la revendication 1 ou 2 caractérisé en ce que le tissu non tissé est en filaments de fibres de polypropylène. 4. Procédé pour former un matériau bitumé de couverture ayant une épaisseur substantielle, caractérisé par la préparation d'un tissu non tissé bouffant et épais formé de filaments de fibres synthétiques entremêlés au hasard les uns avec les autres, l'entrarnement de ce tissu non tissé le long d'un trajet vertical dans un bain de bitume en fusion afin que l'air contenu dans ce tissu échappe progressivement et verticalement à travers le tissu lui-même vers l'atmosphère en permettant la saturation complète du tissu par le bitume en fusion et ensuite l'extrac- tion de ce tissu du bain de bitume en fusion à l'air libre et le refroidissement du matériau obtenu. 5. Procédé pour former un matériau bitumé de couverture d'une épaisseur substantielle caractérisé par la préparation d'un tissu non tissé bouffant et épais formé de filaments de fibres synthétiques entremêlées au hasard les uns avec les autres, l'entrainement de ce tissu non tissé le long d'un trajet vertical dans un bain de bitume en fusion dans lequel est maintenu un gradient de température entre une température inférieure d'environ 1400C près de la surface et une température supérieure d'environ 1500C près du fond du bain, afin de soumettre progressivement ce tissu à un préchauffage, le dégazage et la saturation par le bitume en fusion, en permettant l'échappement verticalement de l'air contenu dans le tissu à travers le tissu vers l'atmosphère pour que le tissu dégazé soit saturé par le bitume en fusion, ensuite ltentraSnement du tissu à partir du fond du bain vers la surface du bain le long d'un trajet incliné pour soumettre le tissu à un refroidissement progressif et à la formation de revêtements sur les deux faces et ensuite l'entraînement du tissu à l'air libre et le séchage du matériau obtenu. 6. Equipement pour fabriquer un matériau bitumé de couverture d'une épaisseur substantielle par saturation uniforme et complète par du bitume en fusion d'un tissu non tissé bouffant et épais formé de filaments de fibres synthétiques entremêlés au hasard les uns avec les autres, caractérisé par une cuve d'imprégnation contenant un bain de bitume en fusion dans lequel un gradient de température est maintenu entre une température supérieure dans la région du fond et une température plus basse dans la région de la surface, en passant par une température intermédiaire dans la région située entre le fond et la surface, un réservoir de chauffage et d'accumulation du bitume fondu, un dispositif pour envoyer le bitume en fusion de ce réservoir de chauffage et d'accumulation dans le fond du bain du bitume en fusion de la cuve d'imprégnation, et un dispositif pour faire circuler le bitume en fusion de la région de la surface du bain vers le réservoir de chauffage et d'accumulation, le tissu non tissé bouffant et épais étant entraîné le long d'un trajet vertical dans le bain de bitume en fusion contenu dans la cuve d'imprégnation en étant soumis successivement à un prdchauffage, à la formation de pellicules sur les surfaces, au dégazage et à la saturation complète par le bitume en fusion, et ensuite l'entrainement vers le haut le long d'un trajet incliné pour provoquer un refroidissement progressif et la formation de revetements sur les faces afin de former un matériau bitumé de couverture comportant une matière d'armature en tissu non tissé bouffant.