La présente invention se rapporte a un procédé pour la préparation de fils élastiques texturés assembles ; elle concerne également les fils élastiques texturés assemblés ainsi obtenus. Il est connu depuis fort longtemps de préparer des fils volumineux élastiques dits "texturés". Plusieurs procédés ont été proposés a cet effet. Le plus largement répandu est le procédé dit de fausse-torsion dans lequel schématiquement le fil (fil a filaments continus) est soumis en continu å une forte surtorsion, puis à une fixation par un chauffage dans cet état tordu et a un brusque refroidissement, et enfin a une détorsion dans le sens opposé à la surtorsion, puis éventuellement a une refixation thermique à l'étant relaxé.Le fil texturé ainsi produit est dénommé dans l'industrie et le commerce sous les expressions de "fil mousse", "fil FT" lorsqu'il s'agit d'un fil n'ayant pas subi le deu xième traitement thermique de refixation, ou "fil FTF" ou "fil refixé" si le fil a subi ce deuxième traitement thermique. Comme on le sait, un fil mousse ou un fil FT et à un degré moindre un fil FTF ou refilé présentent un couple de torsion résiduelle résultant de la torsion subie pendant le traitement de fausse-torsion. Si le sens de la torsion communiqué au fil par la broche de fausse-torsion est en S (torsion de gauche à droite), le couple de torsion résiduelle dénommée également "torque" est en S. De meme si la torsion initiale était en Z, le couple de torsion résiduelle sera en Z. Du fait de cette torsion résiduelle, le fil a la fâcheuse tendance a se vriller sur lui-même, ce qui le rend impropre pour son utilisation tel que en tissage ou en tricotage. Pour pallier cet inconvénient rédhibitoire, notamment lorsque l'on désire utiliser ces fils texturés, élastiques ou non, en tissage, notamment dans le sens de la chaine, on a suggéré de les assembler et de les retordre. Pour ce faire, on assemble entre eux deux fils l'un tordu en S, l'autre tordu en Z (assemblage dit "compensé"), puis l'on tord le fil assemblé a une torsion moyenne de quelques centaines de tours par metre. Par exemple pour la fabrication de tissus channe et trame élastiques dans le sens de la longueur, on réalise depuis plusieurs décennies, ce fil assembléretordu par assemblage de deux fils S et Z texturés mousse et retordage à environ trois cent (300) tours par mètre en Z. Ces opérations d'assemblage-retordage peuvent s'effectuer de plusieurs façons. On a tout d'abord suggéré d'utiliser le moulin simple torsion. Cette solution s'est toujours soldée par un échec si on utilise directement les bobines de fil issues des métiers de texturation, de sorte qu'elle nécessite un dévidage préalable sur bobines à joues pour éviter des risques d'éboulements. On a ensuite proposé l'assembleuse-retordeuse à anneaux avec prise du fil à la défilée ou à la déroulée, ou bien le moulin à broches double-torsion. Les fils ainsi réalisés ont toutefois des performances textiles limitées car lors du retordage, on fait subir une torsion à deux fils élémentaires qui ont un comportement différent du fait de leur torsion initiale.Pour l'un des fils cette torsion est facilement acceptée, alors que pour l'autre elle l'est moins, car elle est contraire à son couple de torsion résiduelle. Plus récemment, on a suggéré de remplacer cette technique d'assemblage-retordage des fils texturés par une technique dénommée "SPZ", qui consiste à assembler au fuseau creux deux fils texturés ayant chacun un couple de torsion résiduelle de sens opposé. Par exemple, pour l'emploi de ces fils comme fils de chaîne en tissage, on assemble à trois cents (300) tours par mètre en Z par guipage au fuseau creux un fil d'âme texturé mousse en Z et un fil enrobant texturé mousse en S. Cette technique quoique largement répandue, présente l'inconvénient d'être coûteuse et de nécessiter un investissement élevé. La présente invention pallie ces inconvénients. Elle vise un procédé simple, économique et rapide pour la préparation de fils elastiques texturés assemblés, dans lequel on assemble deux fils élémentaires textures. Ce procédé perfectionné se caractérise en ce qu'il consiste à assembler par doublage deux fils texturés ayant un couple de torsion résiduelle dans le même sens, puis à retordre ces deux fils avec une torsion ayant le même sens que le couple de torsion résiduelle des deux fils texturés élémen- tares. En pratique, l'assemblage-doublage des deux fils texturés élémentaires de même sens de torsion s'effectue de manière connue sur le métier même de texturation. Le retordage s'effectue avantageusement sur un moulin à broches double-torsion. La manière dont l'invention peut être réalisée, et les avantages qui en découlent, ressortiront mieux des exemples de réalisation qui suivent, donnés à titre indicatif et non limitatif. Exemple I Sur un métier de texturation fausse-torsion commercialisé par A.R.C.T. sous l'appelation FT 415, on travaille sur deux positions côte à côte deux fils, avec les réglages suivants : - fil polyamide 66, de soixante dix (70) deniers dix sept (17) brins, - vitesse de broche quatre cent mille (400 000) tours par mètre, - sens de rotation : S, D'une maniere connue, on assemble par doublage ces deux fils sur la machine elle-même,.en faisant passer ces deux fils dans un oeillet et en renvidant les deux fils assemblés-doublés, sous forme de bobine, sur une seule position. La bobine ainsi obtenue, est placée sur un moulin à broches double-torsion, par exemple du type DT 2055 construit par A.C.B.F., dont la vitesse de rotation de la broche est réglée à dix mille (10 000) tours par mètre, de manière à obtenir une torsion de retordage d'environ trois cents (300) tours par mètre en S. Le fil assemblé-retordu obtenu convient parfaitement comme fil de chaîne pour la fabrication de tissus élastiques. Exemple~ 2 Avec la même machine de texturation, type FT 415, le même fil de départ (polyamide 66 de soixante dix (70) deniers dix sept (17) brins) et les mêmes réglages qu'à l'Exemple 1, on prépare deux fils mousse réceptionnés séparément - l'un tordu en S, - l'autre tordu en Z. Comme décrit dans le préambule (technique SPZ), on assemble par guipage ces deux fils sur une broche à fuseau creux, de manière à ce que la torsion de guipage du fil enrobant sur le fil d'âme soit d'environ trois cents (300) tours par metre en Z. Le fil obtenu, qui est adapté également à la réalisation de chaine pour tissage, est comparé au fil de l'Exemple 1 de la ma nière suivante. Les deux fils selon l'Exemple 1 et 2 sont transformés en échevettes. Ces deux échevettes qui ont la même longueur à l'état tendu sont ensuite traitées sans tension par de la vapeur afin de réveler l'effet mousse, c'est-à-dire la voluminosité du fil. Chaque échevette relaxée est placée entre les deux mors d'un dy namomètre dont l'écartement est réglé à dix (10) centimètres. On applique à chaque échevette une force déterminée pour connaî- tre la force 'daîlongement de chaque fil, puis on supprime cette force de manière à laisser revenir librement le fil et ainsi mesurer la force de retour élastique de chaque fil. D'une manière connue, on enregistre ces déformations sous forme de graphique. Sur le graphique joint, on a porté - en absisse l'allongement A en pour cent de chaque échevette de fil, - en ordonnées la force F, appliquée à chaque fil. Le trait plein représente la courbe de déformation du fil selon l'Exemple 1, c'est-à-dire selon l'invention, alors que le trait en pointillé représente la courbe de déformation du fil selon l'Exemple 2, c'est-à-dire selon la technique actuelle SPZ largement répandue. Le sens des flèches indique que l'on applique la force (force de charge ; flèche allant de droite à gauche) ou que l'on supprime la force (force de retour élastique : flèche allant de gauche à droite). A la lecture de ce graphique, on a constaté que pour un allongement donné - la force de charge est plus grande avec le fil selon l'art antérieur (Exemple 2) qu'avec un fil selon l'invention (Exemple 1), - en revanche la force de retour élastique du fil selon l'invention (Exemple 1) est supérieure à celle du fil selon l'art an térieur (Exemple 2). On réalise ensuite deux échantillons de tissu, armure d'emploi courant pour la fabrication de fuseaux de ski, en utilisant en trame respectivement chacun des deux fils ci-dessus. Sinon mesure au dynamomètre les deformations de ces tissus, on fait les meme observations que précédemment. Par ailleurs, on sait qu'un tissu élastique est d'autant plus confortable que pour la même force, il s'retend le plus et que lorsque l'on supprime cette force il a le retour élastique le plus rapide avec le moins d'hystéresis, on s'aperçoit donc que le fil selon l'invention se trouve plus près encore de cette solution idéale que les solutions proposées jusqu'à ce jour. Il est inattendu qu'un fil ayant la force d'étirage la plus faible ait également le retour élastique le plus fort. Cela est contraire aux enseignements antérieurs et résulte par ailleurs d'une méthode opposée à ce qu'il était connu de faire, puisque cette technique enseignait jusqu'à ce jour qu'il fallait toujours assembler des fils de torsion opposée. R E V E N D I C A T I O N S REVENDICATION S 1/ Procédé pour la préparation de fils élastiques texturés assemblés du type dans lequel on assemble deux fils élémentaires texturés caractérisé en ce qu'il consiste à assembler par doublage deux fils texturés ayant un couple de torsion résiduelle dans le même sens puis à retordre ces deux fils avec une torsion ayant le même sens que le couple de torsion résiduelle des deux fils texturés élémentaires. 2/ Procédé selon revendication 1 caractérisé en que l'assemblage doublage des deux fils texturés élémentaires de même sens de torsion, s' effectue sur le métier même de texturation. 3/ Procédé selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisé en ce que le retordage s'effectue sur un moulin broches doubletorsion. 4/ Procédé selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que le couple de torsion résiduelle des fils texturés élé- mentaires est sensiblement égal d'un fil élémentaire à l'autre. 5/ Procédé selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que les fils texturés élémentaires ont été texturés par le procédé fausse-torsion. 6/ Fil texturé assemblé, obtenu par la mise en oeuvre du procédé selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce qu'il se compose de deux fils texturés élémentaires ayant un couple de torsion résiduelle dans le même sens, retordus ensemble avec une torsion ayant le même sens que le couple de torsion résiduelle des deux fils textures élémentaires.