L'invention concerne un procédé de précontrainte ainsi que les pieces et ouvrages obtenus au moyen de ce procédé. La création durable de forces de précontrainte, en particulier dans les pièces en béton armé, est obtenue de manière conventionnelle avec des armatures en acier à haute limite élastique, dont la résistance à la rupture varie de 110 kg/mm2 à plus de 200 kg/mm2. Ces armatures sont tendues initialement à la limite du domaine plastique et différents traitements préalables assurent leur aptitude à l'utilisation (résistance à la fatigue, à la corrosion, réduction de la relaxation). Dans certains cas, c'est-à-dire dans les cas qu'on appelle cas de précontrainte mixte, les armatures de précontrainte tendues sont accompagnées d'armatures non tendues pour assurer à la pièce ou à l'ouvrage des qualités particulières, par exemple stabilité en cas d'incendie (planchers, poteaux), réduction de la fissuration (réservoirs, outrages exposés aux intempéries). Dans d'autres cas on rencontre cette association des deux sortes d'armatures, c,est-à-dire lorsque le rapport R entre la charge maximum devant entraîner la ruine et la charge normale d-'utilisation sous laquelle la pièce ou l'ouvrage en béton dit avoir une fissuration limitée ou nulle est plus élevé que le rapport usuel des ouvrages conventionnels sollicités en flexion, pour lesquels ce rapport est voisin de 2. C'est en particulier le cas des pièces telles que des poteaux élancés soumis à des flexions de sens opposés et dans lesquels le rôle essentiel de la précontrainte ou des armatures de complément est de réduire les déformations susceptibles d'augmenter les flexions. C'est encore le cas despièces pouvant être soumises à des efforts anormaux particulièrement élevés : ossatures en zones sismiques, traverses de chemin-de-fer, pour lesquelles le rapport R peut atteindre des valeurs égales ou supérieures à 4. Enfin l'association des deux catégories d'armatures est utilisée lorsque la sollicitation principale est l'action des efforts tranchants dans des pièces fléchies précontraintes à la méthode de la prétension. Dans ce cas, la rupture par glissement d'une armature tendue de prétention sollicitée par un supplément de tension dans une fissure proche de la zone d'appui est un phonos mène dangereux par sa brutalité et pour lequel les régles habituelles d'additivité des effets des armatures ne s'appliquent pas. I1 est alors nécessaire de disposer des armatures de complément non tendues et convenablement armées, et cela d'autant plus que les armatures de précontrainte à haute limite élastique ont généralement une mauvaise adhérence de type béton armé visà-vis de l'ancrage des surtensions de part et d'autre de la fissure. Dans cette situation se trouvent les planchers très chargés et de faible portée, les poteaux précontraints par prétension et encastres dans leur fondation, les traverses de chemin-de-fer. Le but de l'invention est d'obtenir un procédé de précontrainte utilisable dans les cas de précontrainte mixte, et en particulier dans les cas énumérés ci-dessus, avec des armatures d'un type unique grace au fait qu'elles sont constituées en un acier présentant des caractéristiques particulières. A cet effet l'invention a pour objet un procédé de précontrainte pour les cas de précontrainte mixte caractérisé en ce que on utilise des armatures d'un type unique dont la résistance à la rupture est comprise entre 60 kg/mm2 et 120 kg/mm2, c'est-à-dire entre celle des aciers habituels d'armature de béton armé et celle des aciers à haute limite élastique (H.L.E.) destinés à la précontrainte. L'invention a aussi pour objet toutes les pièces et ouvrages obtenus au moyen du procédé précité. La description qui va suivre montrera les autres particularités et caractéristiques de l'invention. Pour fabriquer les pièces ou contruire des ouvrages suivant l'invention les armatures du type spécial indiqué plus haut sont soumises à des traitements complémentaires. Dans certains cas on fait un traitement préalable par écrouissage, revenu ou autre conduisant à une régularisation de la courbe contrainte-déformation de 1'acier afin d'obtenir un contrôle de la mise en précontrainte par vérification de 1 'allongement. Dans d'autres cas on fait un traitement préalable, par tension préliminaire, éventuellement complétée d'un traitement tileririque, à une force telle que la tension dans l'armature lors de l'application de la précontrainte au béton soit en particulier une fonction linéaire de l'allongement. D'une façon générale, ce traitement adapte l'armature aux performances requises pour la relaxation, la susceptibilité à la fragilité ou à la corrosion et à la résistance à la fatigue. Cette tension préliminaire est adaptée à la tension résiduelle requise pour chaque pièce ou chaque ouvrage. Elle dépend également des méthodes de fabrication ou de construction (par exemple traitement thermique du béton). Revendications 1.- Procédé de précontrainte pour les cas de précontrainte mixte caractérisé en ce que on utilise des armatures d'un type unique en acier dont la résistance à la rupture est comprise entre 60 kg/mm2 et 120 kg/mm2, c'est-àdire entre celle des aciers habituels d'armatures de béton armé et celle des aciers à haute limite élastique (H.L.E. > destinés à la précontrainte. 2.- Procédé suivant la revendication I, caractérisé en ce que on Sit un traitement préalable, par écrouissage, revenu outre, conduisant à une régularisation de la courbe contraintedéformation de l'acier, afin d'obtenir un contrôle de la mise en précontrainte par vérification de l'allongement. 3.- Procédé suivant la revendication I, caractérisé en ce que on fait un traitement préalable, par tension préliminaire, à une force telle que a tension dans l'armature lors de l'application de la précontrainte au béton soit une fonction linéaire de l'allongement. 4.- Pièces et ouvrages obtenus au moyen du procédé suivant l'une queoconque des revendications 1 à 3.