Le sertissage des pierres précieuses ou autres est généralement assuré par l'intermédiaire de griffes faisant partie d'une monture de support et rabattues sur le dessus des pierres pour en assurer le maintien et l'immobilisation à l'intérieur d'alvéoles ou de chatons de réception. Le plus souvent, les griffes sont constituées par des segments de tige métallique qui sont rapportés sur les montures ou qui, éventuellement, en forment les éléments constitutifs.Un tel mode de fixation assure un maintien convenable de chaque pierre, mais présente l'inconvénient de laisser subsister sur la face normalement apparente du bijou et, plus particulièrement dans le plan de la ou des pierres serties, les extrémités des griffes, lesquelles s'accrochent très facilement, par exemple1 dans les tissus, tricots, ainsi quten général dans tout vêtement Outre la détérioration partielle des vetements, il en résulte, à plus ou moins brève échéance, une déformation des griffes qui sont, le plus souvent, déplacées ou tordues par rapport à leur point de fixation d'origine, en sorte qutil existe un risque non négligeable de perte de la pierre sertie. Pour remédier à cet inconvénient, on a proposé de réaliser le sertissage des pierres précieuses ou autres par l'intermédiaire d'étriers qui sont disposés sur la monture perpendiculairement à l'alignement des pierres à maintenir et selon la zone intermédiaire entre deux alvéoles de réception, de ma.nière que ces étriers chevauchent partiellement et de façon sécante le bord périphérique de chaque pierre. Un tel procédé, s'il permet de résoudre en partie le problème posé ci-dessus, ne donne pas entière satisfaction notamment sur le plan de l'esthétique, car l'effet apparent, normalement recherché par l'alignement de plusieurs pierres précieuses ou autres, se trouve diminué par la présence des segments d'étriers perpendiculaires à cet alignement et qui procurent un aspect de segmentation préjudiciable.On peut évidemment tenter de pallier cet inconvénient en utilisant des étriers de faible section transversale, mais, alors, se pose le problème de la résistance mécanique de ces étriers, d'une part1 ainsi que de la qualité de l'immobilisation et du sertissage d'une pierre, sinon de deux, par un segment de faible section, d'autre part. Un inconvénient supplémentaire du procédé ci-dessus se rencontre dans le cas d'application à la réalisation d'alliances comportant sur toute la circonférence une suite ininterrompue de pierres. En effet, on sait que dans ce genre d'application, il est rare de pouvoir disposer d'un nombre entier de pierres pour couvrir exactement la circonférence des alliances de toutes tailles. Dans la réalité, il est donc nécessaire de choisir un nombre de pierres dont l'alignement est égal par défaut à la longueur de la circonférence et de répartir la mesure différentielle également pour chaque intervalle entre pierres.Les pierres ne sont donc pas dans chaque cas jointives, mais au contraire distantes d'une mesure certes faible, mais non constante pour deux alliances. I1 en résulte que les étriers du procédé rappelé ci-dessus ne conviennent bien que rarement au sertissage pratique réel à moins d'adapter leur section ou diamètre à chaque cas particulier. Si ceci s'avère possible, il est certain que l'aspect esthétique conféré s'en trouve à chaque fois modifié. L'objet de l'invention est de résoudre le problème ci-dessus en créant une nouvelle monture pour le sertissage de pierres précieuses, plus particulièrement conçue pour supprimer les inconvénients mentionnés et pour offrir simultanément la possibilité de pouvoir fabriquer, à partir d'une telle monture, tout type de bijou que l'on désire obtenir et sur lequel sont posées des pierres précieuses ou autres. Conformément à l'invention, la monture de sertissage d'une pierre précieuse ou autre est caractérisée en ce qu'elle comprend, d'une part, un segment tubulaire présentant, dans l'une de ses faces annulaires transversales, un siège annulaire tronconique dont la petite base est dirigée vers la seconde face dudit segment de manière à définir un chaton de réception et de support d'une pierre et, d'autre part, au moins deux organes de sertissage fo rmant chacun, en saillie par rapport au plan passant par la grande base du chaton, une partie supérieure en forme de pont destinée à etre rabattue sur la pierre. L'invention concerne également les bijoux obtenus à partir de montures ci-dessus ainsi que les procédés de fabrication d'une telle monture et de bijoux conformes à 1 ' invention. La fig. I est une perspective d'une monture conforme à l'invention. La fig. 2 est une coupe-élévation représentant une monture munie d'une pierre. Les fig. 3 et 4 sont des perspectives illustrant deux phases du procédé conforme à l'invention. Les fig. 5a à 5c sont des élévations montrant trois variantes de réalisation de l'un des éléments constitutifs de la monture. La ftg 6 est une perspective illustrant une autre phase du procédé de construction conforme à l'invention La fig. 7 est une vue en plan montrant l'une des dispositions constructives de la monture. Les fig. 8 à 12 sont des perspectives illustrant différentes variantes de mise en oeuvre de la monture conforme à l'invention pour l'obtention de bijoux. La fig. 1 montre que la monture pour le sertissage de pierres précieuses ou autres1 conforme à l'invention, comprend une base ou un segment tubulaire 1 en forme de bague ou d'anneau pouvant etre de toute section convenable recherchée, à savoir circulaire, ovale, polygonale, régulière ou non. Le seg ment tubulaire 1 présente dans l'une de ses faces annulaires transversales un siège ou chaton 2, de préférence du type tronconique, dont la grande base coincide avec llextrémité correspondante du segment, tandis que la petite base est dirigée vers la seconde face annulaire transversale du segment 1.Le segment tubulaire 1 est par ailleurs muni à sa périphérie d'au moins deux organes de sertissage 3, respectivement en forme de U inversé, comportant chacun une partie supérieure 4 en forme de pont s'étendant au-delà du plan définissant la grande base du siège ou chaton 2, ainsi que l'extrémité supérieure transversale du segment tubulaire 1. La fig. 2 montre que la monture conforme à l'invention peut recevoir une pierre 5 posée d'une façon connue sur le chaton 2. L'immobilisation de la pierre 5 est obtenue en rabattant sur cette dernière les ponts 4 à la manière des griffes habituelles, de façon à assurer centrage, ainsi que l'immobili- sation axiale La monture conforme à l'invention présente l'avantage de pouvoir etre aisément exécutée et réalisée en fonction du diamètre ou de la surface de la pierre 5 à maintenir qui est immobilisée de façon certaine par l'intermédiaire des organes de sertissage 3 dont les ponts 4 peuvent etre assimilés à des paires de griffes doubles qui seraient réunies entre elles, pour chaque paire, par une barrette joignant leurs parties supérieures. La conformation particulière des organes 3 selon l'invention supprime totalement les risques d'accrochage dans les vetements et confère une grande sécurité dans le sertissage des pierres 5. Par ailleurs, le fait de réaliser une monture individuelle pour chaque pierre 5 offre une grande souplesse de création et de construction de bijoux, étant donné qu'il est alors possible ensuite de réunir, soit directement des montures individuelles entre elles par toute opération de brasage classique, soit d'adapter une ou plusieurs montures indépendantes sur une monture de support principale formant partiellement ou totalement un bijou. Selon l'invention, le procédé de fabrication de la monture ci-dessus consiste à utiliser un tube 6 qui est choisi, en fonction du but recherché, pour la nature de sa matière constitutive, pour ses diamètres extérieur et/ou intérieur ainsi que pour la forme géométrique de sa section transversale. La première opération consiste à tronçonner le tube 6 par tout moyen convenable acceptable de manière à isoler, à partir d'une coupe 7, un segment tubulaire 1 dont la mesure axiale dépend, soit de la pierre à supporter, soit de la forme du bijou que l'on désire créer. Une seconde opération du procédé conforme à l'inven- tion consiste ensuite à exécuter le siège ou chaton 2 à partir de l'une des extrémités transversales du segment tubulaire 1.A cet effet, la fig. 4 montre que le siège ou chaton 2 peut etre constitué par une fraisure tronconique exécutée par l'intermédiaire d'une fraise 8 en métal ou en aggloméré abrasif. L'opération subséquente consiste ensuite à réaliser les organes de sertissage 3. A cet effet, on utilise des tronçons de tige pliés sensiblement en U de manière à comporter deux branches parallèles 3a et 3b (fig. 5a) réunies entre elles par une âme commune 3c. Les fig. 5b et 5c montrent qu'en variante de réalisation, les organes 31 32 peuvent etre réalisés pour comporter des branches 3a et 3b non parallèles présentant entre elles, soit une divergence, soit une convergence ou éventuellement des branches 3a et 3b contre coudées à proximité de l'amie 3c pour conférer à cette dernière une largeur plus importante que celle, constante, séparant lesdites branches 3a et 3b.Une dernière opération consiste alors à assurer l'assemblage ou le montage des organes de sertissage 3 sur le segment tubulaire 1. Comme cela apparat à la fig. 6, les différents organes de sertissage 3 mis en oeuvre sont rapportés sur la face périphérique extérieure du segment tubulaire 1 par brasage, de façon que les branches parallèles 3a et 3b soient intégrées solidement à cette paroi périphérique extérieure et forment avec l'amie 3c un pont 4 saillant au-delà du plan passant par la grande base du chaton 2.La fig. 6 montre de façon claire que chaque organe de sertis sage 3 est réalisé.pour que les branches 3a et 3b présentent entre elles un écartement leur conférant sensiblement l'aspect d'une paire de griffes traditionnelles dont les parties supérieures seraient réunies par une barrette, en l'occurrence l'âme 3c. La fig. 7 montre que, dans certains cas, il est également possible de monter sur chaque segment tubulaire 1 plus de deux organes de sertissage 3, par exemple trois, qui sont alors répartis de façon équidistante à la périphérie du segment 1. La monture conforme à l'invention offre de multiples possibilités de fabrication de bijoux en présentant toujours les mimes avantages de souplesse de fabrication propre et de sécurité d'immobilisation des pierres serties. La fig. 8 montre une broche 9 représentant, en quelque sorte, par elle-meme, une monture principale sur laquelle il est possible de rapporter une ou plusieurs montures, telles que décrites ci-dessus, munies à chaque fois d'une pierre 5. Le motif décoratif 10 ainsi constitué peut etre formé par l'association de montures côte-à-côte et jointives ou éventuellement par la disposition d'un certain nombre de montures 1 rapportées sur la broche 9 sans liaison entre elles.Cette dernière possibilité offre donc une souplesse de construction particulièrement remarquable qui est justement conférée par la disposition constructive de l'invention consistant,d'une part, à réaliser pour chaque pierre une monture individuelle et, d'autre part, à assurer l'immobilisation d'une pierre sur chaque monture par l'intermédiaire d'organes de sertis sage du type décrit précédemment.Dans l'exemple d'application selon la fig. 8, le motif décoratif 10 peut etre constitué par des montures 1 affectant entre elles une disposition groupée jointive, mais il est évident qu'il est également possible d'adopter une disposition alignée, telle que cela est représentée à la fig. 9, qui montre un exemple d'application concernant une bague 11. Dans cet exemple, les montures 1 occupent une disposition rayonnante et peuvent présenter alors entre elles, selon le diamètre de l'anneau de la bague 11, des solutions de continuité apparentes préjudiciables à l'aspect esthétique. Pour supprimer cet inconvénient, une variante du procédé conforme à l'invention consiste alors à exécuter sur la périphérie extérieure de chaque monture un ou plusieurs méplats 12, tels que représentés à la fig. 10.Ceci permet d'augmenter la surface de contact entre les montures jointives et de les disposer côte-à-côte à la périphérie extérieure d'une meme circonférence sans laisser subsister entre elles de solution de continuité apparente. Bien que cela ne soit pas représenté, il est évident que les méplats 12 peuvent etre pratiqués de façon régulière et constante parallèlement à l'axe du segment 1 lorsqu'un ré sultat analogue à celui décrit ci-dessus est recherché pour la constitution d'un motif tel que 1 0 Dans les exemples ci-dessus, on constate que les montures 1 sont assemblées entre elles ou éventuellement sur une monture de support telle que 9 et 11 par rapport auxquelles elle représente des motifs décoratifs.Il est évident qu'il est également possible de réaliser des bijoux sans monture de support au moyen de montures 1 assemblées entre elles. Ceci est le cas dans l'application à la réalisation d'alliances présentant sur toute la périphérie une suite ininterrompue de pierres 5 côte-à-côte. Dans ce cas, une telle alliance est alors construite à partir d'un gabarit définissant sa taille et dans lequel les différentes montures 1 sont disposées, après exécution des méplats nécessaires 12, de façon à pouvoir etre assemblées par brasage. Les morSures 1 peuvent etre disposées dans un tel gabarit de manière que l'alliance résultante présente sur ses deux faces transversales des organes de sertissage 3, disposées de façon parallèle au plan de l'alliance comme représenté à la fig. 9. Les montures 1 peuvent aussi etre disposées pour que les organes de sertissage 3 soient, au contraire, placés sur les deux faces transversales obliquement par rapport au plan de l'alliance comme illustré par la fig. 11. Cette disposition a pour effet de placer les organes de sertissage de chaque monture à proximité de la zone de raccordement avec les montures contigues et confère à l'alliance un aspect esthétique différent de celui procuré par la disposition constructive selon la fig. 9. Une disposition identique peut également etre mise en oeuvre pour des applications différentes, c'est-à-dire dans tous les cas où existe un alignement de montures 1 I1 est aussi possible de réaliser l'assemblage des montures individuelles 1 avant la mise en place des organes de sertissage 3 pour former, soit un motif décoratif 10, soit une alliance. Ceci permet ensuite de rapporter les organes de sertissage 3 de façon que les branches 3a et 3b de chacun soient alors fixées à la périphérie de deux montures assemblées, comme cela apparait à la fig. 12. Dans cette variante de réalisation, les parties supérieures 4 sont ensuite rabattues sur deux pierres 5 successives. Les organes de sertissage 3 apparaissent comme disposés au droit des creux ou alvéoles résultant de l'assemblage des montures et confèrent au motif 10 ou à l'alliance un aspect esthétique plus compact et continu que ceux procurés par les dispositions selon les fig. 10 et 11. Dans la variante du procédé d'assemblage selon la fig. 10, les méplats 12 peuvent etre exécutés pour tenir compte, de façon la plus précise possible, de la taille du bijou définitif, s'il s'agit d'un anneau, ou du volume ou de l'importance du motif décoratif sans que ces considérations aient une incidence sur la sureté d'immobilisation des pierres serties. I1 devient ainsi possible de réaliser tout bijou désiré comportant des pierres pouvant etre, dans tous les cas, placées de façon jointive pour offrir un aspect esthétique particulièrement remarquable. Outre les facilités de fabrication et de composition offertes par l'objet de l'invention, il y a lieu de noter qu'il devient possible aussi de réaliser à l'avance des stocks de montures de caractéristiques différentes correspondant à des types de pierres généralement disponibles et, par conséquent, de disposer d'une grande souplesse dans la création ou la composition en fonction de la demande. En plus des avantages ci-dessus, il faut préciser que la constitution de chaque organe de sertissage 3 sous la forme d'un pont lui confère une résistance mécanique supérieure à celle des moyens actuellement connus, car toute contrainte de déformation susceptible d'etre appliquée est prise en charge simultanément, de façon totale ou partielle, par les deux branches 3a et 3b, étant donné leur faible écartement et ur liaison par lt me 3 c. Ceci confère donc une sureté accrue contre tout risque de dessertissage accidentel d'une pierre. REVENDICATIONS 1 - Monture de sertis sage d'une pierre précieuse ou autre, caractérisée en ce qu'elle comprend, d'une part, un segment tubulaire présentant, dans l'une de ses faces annulaires transversales, un siège annulaire tronconique dont la petite base est dirigée vers la seconde face dudit seime nt de manière à définir un chaton de réception et de support d'une pierre et, d'autre part, au moins deux organes de sertissage formant chacun, en saillie par rapport au plan passant par la grande base du chaton, une partie supérieure en forme de pont destinée à etre rabattue sur la pierre. 2 - Monture suivant la revendication 1, caractérisée en ce qu'elle comprend un segment tubulaire présentant en section transversale une forme circulaire. 3 - Monture suivant la revendication 1, caractérisée en ce qu'elle comprend un segment tubulaire présentant en section transversale une forme polygonale. 4 - Monture suivant l'une des revendications 1 à 3, caractérisée en ce qu'elle comprend un segment tubulaire muni à sa périphérie d'au moins deux organes de sertissage respectivement constitués sous la forme de deux griffes faisant saillie au-delà du plan de la grande base du chatonlprésentant entre elles un écartement relativement faible et réunies entre elles par une âme avec laquelle elles constituent une partie saillante en forme de pont. 5 - Bijou comprenant au moins une monture faisant application des moyens selon l'une des revendications 1 à 4. 6 - Bijou selon la revendication 5, caractérisé en ce qu'il comprend au moins deux montures dont les organes de sertis sage sont placés parallèlement à l'alignement défini par les deux montures. 7 - Bijou selon la revendication 5, caractérisé en ce qu'il comprend au moins deux montures dont les organes de sertissage sont placés de façon obliques par rapport à l'alignement défini par les montures. 8 - Bijou selon la revendication 5, caractérisé en ce qu'il comprend au moins deux montures dont les organes de sertis sage sont situés dans les zones de raccordement, de jonction et d'assemblage de façon à etre chacun commun à deux montures. 9 - Bijou suivant l'une des revendications 5 à 8, caractérisé en ce qu'il est constitué par n montures assemblées pour former par elles-memes le bijou proprement dit. 10 - Procédé de fabrication de la monture selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce qu'on utilise un tube dont les caractéristiques sont choisies en fonction de l'application future de la monture, en ce qu'on tron çonne un segment dudit tube, en ce qu'on exécute une fraisure dans l'une des faces annulaires transversales dudit segment tubulaire de manière que la petite base de la fraisure soit orientée en direction de la seconde face annulaire transversale du segment, en ce qu'on rapporte par brasure les organes de sertissage préalablement conformées par pliage d'une tige. 11 - Procédé de fabrication selon la revendication 10, caractérisé en ce qu'on exécute, sur la périphérie extérieure de la monture, un méplat pour sa liaison par brasage avec une monture contigue.