La présente invention est relative à la préparation et à l'uti- lisation d'aliments pour bétail. Plus particulièrement, la présente invention est relative à de nouvelles compositions contenant de la moelle de canne à sucre à utiliser comme aliments pour bétail, ainsi qu'à un procédé pour leur préparation, leur conservation et leur utilisation. Pour nourrir la population mondiale sans cesse croissante, il est important d'améliorer ltefficacité de la production d'aliments pour animaux en utilisant de façon plus efficace les installations existantes, en introduisant des types nouveaux de cultures et de bétail et en mettant au point de nouvelles techniques de traitement des aliments pour animaux. Les tendances actuelles, dans l'alimentation du bétail utilisé pour nourrir lthommessont importantes, à cause de la concurrence directe entre l'alimentation du bétail et l'alimentation de lthomme, telle que mise en évidence, par exemple, par les quantités importantes de grains habituellement incorporées dans les rations fournies au bétail. Malgré cette concurrence, il existe une place presque indispensable pour l'agriculture destinée au bétail dans le schéma global de la production de produits alimentaires. tandis que dans certains cas le bétail fait fortement concurrence à l'homme, dans d'autres cas ce problème ne se pose pas, lorsqu'il s'agit par exemple d'herbivores, en particulier de ruminants tels que des bovidés qui possèdent un pouvoir digestif que l'homme nta pas. Une caractéristique du tube digestif des ruminants, qui les distingue de celui de l'homme, est son pouvoir de digérer la cellulose Ce pouvoir est déterminé par la présence d'un estomac complexe, à compartiments multiples qui, par la présence de divers micro-organismes, hydrolyse les liaisons chimiques de la cellulose et finit par produire de l'énergie et libérer des constituants cellulaires végétaux qui sont également utilisés par l'animal. La cellulose est le constituant structurel de toutes les cellules végétales et est le composé organique, considéré individuellement, qui est le plus largement réparti dans le règne végétal. lalgré cette abondance, seuls les herbivores, et particulièrement les ruminants, peuvent utiliser la cellulose comme source d'énergie car les autres espèces n'ont pas un système digestif permettant de réaliser la décri dation de la cellulose. La cellulase, l'enzyme responsable de cette dégradation, est produite par des m -ro organismes présents dans 1' estomac complexe des ruminants. Les acides gras volatil - produits par ces micro-organismes servent de source d'énergie effective à l'afin mal qui sert d'hôte. Sous les tropiques, la concurrence entre l'homme et le bétail pour son alimentation n'est pas aussi grave que dans les régions tempérées car on fait pousser les céréales essentiellement pour la consommation de l'homme et on laisse le bétail, par exemple les bovins, se procurer son alimentation à partir d'autres sources, y compris à partir de cannes à sucre entières et de sous-produits de la canne à sucre. La canne à sucre, herbe géante, est largement cultivée dans les pays tropicaux pour la production sucrieré, principalement destinée à l'exportation. Cette culture fournit l'une des formes les meilleur marché d'aliment énergétique, l'unité de terrain nécessaire par unité d'énergie produite étant la plus basse qui existe. Bien que le sucre ne puisse servir d'aliment complet pour lthomme, il représente envi oi le septième de son absorption énergétique totale. Du point de vue de l'efficacité de la production énergétique, il a été estimé que 1' énergie produite par un hectare sous canne à sucre est équivalente à celle produite par sept hectares sous blé, vingt hectares sous production laitière et plus de cent hectares sous production de boeuf. Toutefois, malgré le potentiel énergétique de la canne à sucre, on n' a pas largement recommandé son utilisation dans les aliments pour bétail et les tentatives antérieures d'utilisation de la canne à sucre et de sous-produits de canne à sucre dans l'alimentation du bétail n'ont pas été bien couronnées de succès. On a utilisé des cannes à sucre mûres, entières, en quantités limitées, pour alimenter du bétail. Toutefois, du fait de la teneur élevée en lignine qui accroît sensiblement la rigidité de l'écorce externe, le tube digestif des ruminants peut présenter des lésions graves, par exemple peut être perforé, en raison de la nature rugueuse et acérée des tiges de canne à sucre entières. Les extrémités supérieures des cannes à sucre étaient également consommées par les animaux de trait dans les champs de canne à sucre, mais il est douteux que leur seule utilisation soit efficace tout au long de l'année car la valeur nutritive des extrémités supérieures tombe à un niveau significativement plus bas au cours de la saison sèche, dans les pays tropicaux, par comparaison avec son niveau pendant la saison des pluies. La bagasse, le résidu fibreux grossier de certains procédés d' extraction du jus de la canne à sucre, est utilisée principalement à la sucrerie comme combustible permettant de faire fonctionner les installations. Suivant l'efficacité de l'opération de broyage, la bagasse peut présenter une teneur en sucre variable bien qu'en tout cas ce sucre représente une fraction relativement faible de la bagasse. Pour le bétail, la bagasse est un aliment d'un goût désagréable lorsqu'il est utilisé seul, mais on a amélioré sa consommation et sa teneur en énergie en ajoutant de la mélasse, un autre des sous-produits de la canne à sucre. L'utilisation de la bagasse par le bétail est principalement limitée par sa teneur élevée en substance hautement lignifiée, comme par exemple les fibres dures de l'écorce, qui perforent le système digestif du bétail.En outre, des études ont montré qu'il faut plus d'énergie pour digérer la bagasse que le bétail n'en retire. La moelle de bagasse, autre sous-produit de la canne à sucre, est obtenue en exprimant le jus sucré de la canne à sucre et en séparant au tamis les fibres dures de l'écorce externe. Là encore, comme il se peut que la dépense en énergie nécessaire à la digestion de moelle de bagasse soit supérieure à l'énergie retirée du produit, on a mélangé de la mélasse à de la moelle de bagasse comme décrit, par exemple, dans le brevet des E.U.A. No. 707.113. Qu'on utilise de la canne à sucre ou des sous-produits de canne à sucre, on ajoute habituellement des ingrédients azotés supplémentaires à l'aliment, à titre de substituts de protéine, l'urée étant le substitut azoté de protéine le plus couramment utilisé. L'inconvénient, toutefois, est qu'il a été rapporté que l'urée a un effet toxique sur les ruminants lorsqu'on l'utilise en proportion trop élevée dans leur alimentation. En conséquence, la présente invention a pour but principal de fournir un aliment pour bétail à partir de canne à sucre, aliment qui évite à peu près complètement ou remédie à un ou plusieurs des inconvénients des aliments suivant les techniques antérieures. L'invention a également pour buts: - de fournir un procédé d'alimentation du bétail 'a, l'aide d'une composition alimentaire ayant une teneur élevée en énergie et qui con vienne conne constituant unique du régime alimentaire, qui soit très agréable au goût et qui soit facilement digestible; - de fournir une composition alimentaire pour ruminants, qui permette l'incorporation de quantités élevées d'urée sans effets toxiques sur les ruminants; - de ournir un procédé de préparation de ces aliments pour béteil, à partir de canne à sucre; - sse tournir un procédé pour conserver ces compositions alimentaires pour bétail. autres buts, avantages et caractéristiques de l'invention apparaîtront dans la description qui va suivre. ijcntion vise un procédé d'alimentation du bétail qui consis te à fournir au bétail une composition alimentaire comprenant de la moelle de vanne ) sucre qui contient pratiquement tout le jus sucré présent à l'état naturel, c'est-a-dire:une proportion importante du jus sucré initialement présent dans la moelle est retenue dans la moelle. Cette moelle de canne à sucre contient les fines fibres internes situées à l'intérieur de la canne à sucre, mais est pratiquement exempte des fibres hautement lignifiées de l'écorce externe de la canne à sucre et s'est avérée ne pas perforer le système digestif du bétail.En outre, l'absorption volontaire de cette moelle par le bétail s'est avérée comparable à celle d'une ration du commerce pour production laitière. Suivant un mode de réalisation de la présente invention, cette moelle de canne à sucre est associée ou mélangée à des substituts azotés de protéine tels que l'urée, pour obtenir un aliment encore meilleur pour ruminants. On a découvert, de façon surprenante, que des substituts azotés de protéine tels que l'urée peuvent etre mélangés avec la moelle de canne à sucre en proportions plus élevées que dans des aliments antérieurs, sans effets toxiques sur les ruminants. Suivant un autre mode de réalisation, cette moelle de canne à sucre est associée ou mélangée avec des extrémités supérieures hachées de canne à sucre afin d'obtenir un aliment encore meilleur pour ruminants. Cn a découvert que des ruminants tels que les bovins semblent encore préférer un aliment comprenant un mélange de moelle et d'ex trémités supérieures de canne à sucre à un aliment contenant de la moelle mais pas d'extrémités supérieures. Un aliment comprenant un mélange dc moelle et d'extrémités supérieures est également bénéfique en ce sens qu'un tel mélange a une valeur nutritive supérieure à celle des herbes des pâturages sous les tropiques pendant la saison sèche. Suivant un autre de ses aspects, l'invention vise un procédé de préparation d'aliments pour ruminants à partir de canne à sucre, consistant à ouvrir ou fendre longitudinalement la tige de canne à sucre sans exprimer une proportion significative du jus sucré de la moelle, à séparer la moelle de l'écorce externe ou fibres externes hautement lignifiées tout en retenant sensiblement tout le jus sucré dans la moelle, puis à ajouter à la moelle séparée un substitué azoté de protéine telle que l'urée. L'invention vise également un procédé de conservation d'aliment pour bétail consistant à sécher la moelle de canne à sucre jusqu' ce qu'elle soit sensiblement exempte d'humidité, puis à conserver la substance séchée dans un récipient étanche; ou consistant à placer dans un silo la moelle de canne à sucre ainsi qu'au moins un microorganisme producteur d'acide alcoyl(inférieur)carboxylique tel que Lactobacillus. Au dessin annexé, donné uniquement à titre d'exemple, la Fig. unique représenteune section représentative de tige de canne à sucre. Cette partie de la tige 10 présente deux noeuds 12, la partie entre eux étant un entre-noeud. La région fibreuse de l'écorce externe 14 est dure, hautement lignifiée, et est constituée principalement par des faisceaux fibrovasculaires communiquant entre eux. Un mince épiderme, principalement constitué par des fibres minces et fines, recouvre l'écorce et se colle, de façon lâche, sur les faisceaux fibrovasculaires plus forts et plus gros. L'intérieur 15 de la tige est principalement constitué par de la moelle molle qui contient la majeure partie du jus sucré naturel. La moelle molle située à l'intérieur de la tige contient également -- ou est entremêlée avec -- de minces et fines fibres internes qui ne sont pas aussi hautement lignifiées que les fibres externes de l'écorce.Il a été surprenant de découvrir que ces fines fibres internes ne perforent pas et ne lèsent pas le système digestif du bétail. Lorsqu'on le sépare de l'écorce externe 14, l'intérieur 15 de la tige est parfois appelé moelle. L' extérieur de l'entre-noeud mûr est habituellement recouvert d'une mince pellicule de velouté cireux ou de cuticule de cire, comme on l'appelle souvent. On trouve également de la cire dans toute la masse de l'écorce ainsi que sur la surfse- Un anneau 16, au-dessous du noeud 12, contient une concentration élevée de cire Une banda 17, au-dessus de l'anneau de cire 16, est appelée la cicatrice de la feuille. Une bande radiculaire 18 est une petite section du noeud, juste audessus de la cicatrice de la feuille 17, qui diffère habituellement de l'entre-noeud par sa couleur et qui présente de nombreux petits points. Lorsque les conditions dthumidité sont favorables, une racine peut apparaître en chaque point, si la section de tige 10 est placée sur le sol. Juste au-dessus de la bande radiculaire 18, et ne s'en distinguant habituellement pas nettement, se trouve une zone de transition appelée anneau de croissance 19. L'allongement et la croissance de l'entre-noeud se produit dans cette zone. Un bourgeon ou oeil 20, lorsqu'il est exposé à des conditions favorables d'humidité et de température, et est soumis à un stimulus approprie, peut donner une nouvelle pousse.L'agrandissement du diamètre de la tige 10 peut provoquer l'apparition de fentes de croissance 21 qui peuvent s'étendre vers l'intérieur, à travers l'écorce. Des craquelures subéreuses plus petites, à peine distinctes, peuvent se produire le long de l'entrenoeud et séparer la matière fibreuse de ltécorce sur de courtes distances. La composition particulière de la canne à sucre est variable suivant 11 espèce, ainsi que suivant les conditions du terrain, du climat et des modes de culture. Par exemple, une tige de canne à sucre peut contenir en moyenne de 8 à 16% de fibres sèches et de 84 à 92 d'eau et de solides solubles (surtout des sucres). En outre, la moelle peut constituer de 75 à 8/ó de la tige de la canne à sucre et peut contenir d'environ 12 à 18 de sucres (surtout du saccharose, certaines contenant du glucose et du fructose). Comme dit ci-dessus, la moelle de canne à sucre séparée, utilisée suivant la présente invention, contient une proportion substantielle de jus sucré présent à l'état naturel et est essentiellement exempte de fibres hautement lignifiées de l'écorce extérieure. Il est également bien entendu que la moelle de canne à sucre séparée utilisée suivant l'invention contient également de minces et fines fibres internes, comme décrit ci-dessus. Il est préférable que la moelle de canne à sucre séparée retienne suffisamment de jus sucré pour que la moelle contienne plus de 10R environ de sucres et notamment de 15 à 2N > de sucres. Il est très préférable que la moelle de canne à sucre contienne sensiblement tout le jus sucré initialement présent. Au bout d'un certain temps, la moclia séparée peut perdre un peu de sa teneur en eau, sous lteffet de l'évaporation, et un peu de sa teneur en sucre, par suite de décas position chimique. Toutefois, ces pertes sont normalement négligeables en ce qui concerne l'effet de la moelle en tant ou'aliment pour bétail. La moelle de campe à sucre utilisée suivant la 2présente invention est de préférence séparée de l'écorce externe, dure, de la tige de canne à sucre en ouvrant ou fendant longitudinalement la tige ans exprimer de proportion significative de jus sucré de la moelle, puis en séparant la moelle des fibres externes de l'écorce, tout en retenant sensiblement la totalité du jus sucré dans lp moelle. Il est préférable de fendre la tige et de séparer la moelle en utilisant les procédés et appareils décrits dans les brevets des EIIA. 3.24.611, 3.424.612, 3.464.877 et 3.464.881 ainsi que dans les demandes de brevets aux E.U.A. 692.185 déposée le 20 décembre 1967, 692.237 déposée le 20 décembre 1967 et 714.896 déposée le 21 mars1968. Tel qu'ellessontdéerites,la fente et la séparation de la moelle impoli quent que les tiges de cannes à sucre doivent être manipuléesindivi- duellement plutôt qu'en masse, comne c'est le cas dans les opérations de broyage sur cannes entières dans lesquelles des masses de cannes à sucre orientées au hasard sont fournies en masse à des dispositifs de traitement massifs qui coupent, broient, déchiquètent et rompent les tiges des cannes entières et, sous pression élevée, expriment à force les jus sucrés naturels. Par exemple, on peut obtenir la moelle de canne à sucre utilisée suivant la présente invention en présentant positivement une tige alignée à une arête permettant de couper ou fendre les tiges, qui ouvre la tige longitudinalement, puis en détachant la moelle de la partie interne exposée de la tige fendue en brossant, grattant, évidant ou en la séparant d'une autre façon. Ces opérations sont effectuées sans aucun pincement ou aucune compression réelle de la moelle afin que le jus sucré puisse être retenu dans la moelle. Le dispositif utilisé pour réaliser ces opérations n'entre pas dans le cadre de l'invention et ne sera pas décrit de façon plus détaillée. cause de la valeur énergétique élevée de la moelle de canne à sucre non comprimée, on peut de façon appropriée, selon l'invention, l'utiliser comme seul aliment pour nourrir du bétail, par exemple des ruminants tels que des bovins et des ovins, et des non-ruminants tels que des porcs. Toutefois, des suppléments alimentaires peuvent être ajoutés à la moelle de canne à sucre pour améliorer son utilisation comme aliment pour bétail. Lorsqu'on utilise de tels suppléments alimentaires, la moelle peut constituer, par exemple, au moins 10%7 et, de prèféren ce d'environ 20 à 9: et, mieux, d'environ 50 à 80C1; e l'aliment, tel que donné, suivant la quantité de supplément incorporée à l' & i- ment. contre exemple d'élément nutritif pouvant etre out a la moelle le @@@@@@ à sucre non comprimée afin d'améliorer la valeur nutritive de la moelle dans mi aliment pour ruminant, on citera un substitut azoté le protéide qui peut etre converti en protéine par le bétail C'est-à-dire qu un facteur limitant i'utilisation Ces fourrages gros- siers par des ruminants tels que du bétail peut etre constitué par un apport insuffisant d'azote permettant de satisfaire les besoins de croissance de la population microbienne de l'estomac complexe du ruminant.Bien qu'on puisse utiliser de nombreux composés azotés non protéiniques pour satisfaire ces besoins, l'urée est le composé le plus souvent utilisé. un a rapporté l'incidence de cas de toxicité due à l'urée par ulilisation de concentratiors élevées d'urée dans la ration alimen taiic te ruminants. Toutefois, la présente invention permet l'incor poration de proportions plus élevées d'urée dans l'aliment pour bétail qu'il était possible jusqu a présent, sans effet toxique notable ou autre effet nuisible notable sur les animaux concernés. Par exemple, on peut incorporer l'urée dans l'aliment en une proportion représentant d'environ 1 à 5%, de préférence de 1 à 2% et, mieux, d' environ 1,5 à 2% du poids d'aliment donné à l'animal. L'utilisation de biuret , pour remplacer la totalité ou une partie de l'urée dans l'aliment, entre également dans le cadre de l'invention. Comme autre exemple d'élément nutritif particulier pouvant être ajouté 1 la moelle de canne à sucre non comprimée pour améliorer la vapeur nutritive de la moelle dans un aliment pour ruminants, on citera les extrémités supérieures hachées des cannes à sucre, c'est-à- dire les 20 à oc, notamment les OS supérieurs environ, en poids, de la plante, laquelle partie supérieure est hachée ou réduite en plus petits morceaux afin de faciliter son ingestion par le bétail. Ces extrémités supérieures de cannes à sucre hachées peuvent être incorporées dans l'aliment en une proportion d'environ 20 à 40%, de préférence d'environ 25 à 35 et, notamment, d'environ 30 /o du poids d'aliment donné. Comme exemploed'élémentsnutritifs particuliers pouvant êtreajoutés à la moelle de canne b sucre pour améliorer la valeur nutritive de la moelle dans un aliment pour bétail non-ruminant, par exemple pour porcs et volailles, on citera des sources non-végétales de protéines telles que la farine de poisson ou le sang desséché. Ces sources non végétales de protéines peuvent être incorporées dans l'aliment en une proportion d'environ 1 à 405/tos de préférence d'environ 20 à 30 /o du poids d'aliment donné. D'autres suppléments protéiniques peuvent également être ajoutés à la ration du bétail. Par exemple, des sous-produits de brasserie ou des suppléments protéiniques végétaux tels que soja, trèfle pois, arachides, graines de coton et l'huile de coco peuvent être ajoutés sous forme de farine ou autre forme appropriée et en une proportion représentant d'environ 1 à 90%, de préférence d'environ 40 à 80fo du poids d'aliment donné. On peut aussi ajouter des suppléments minéraux à la ration du bétail, par exemple sous forme de sels dans un mélange sec, afin de faciliter la manipulation et l'utilisation. Ces sels fournissant des minéraux peuvent contenir des anions nécessaires, par exemple chlorure, bromure, iodure, sulfate, phosphate, nitrate, carbonate, etc.. de diverses substances élémentaires pour favoriser de façon approprié la croissance et la fonction des animaux. De même, les éléments métalliques et non-métalliques nécessaires, tels que sodium, potassium, calcium, fer, cuivre, phosphore, soufre, azote, etc.. peuvent également être ajoutés sous une forme appropriée. Le supplément minéral peut etre présent dans l'aliment en une proportion d'environ 1 à 20 /ó et, de préférence, d'environ 1 à 5% de la quantité d'aliment donnée. Par exemple, un mélange minéral approprié peut contenir de 10 à 20% de calcium, de 5 à 10% de phosphore, de 25 à 507; de chlorure de sodium et d'environ 0,001 à 2,C d'iode. Comme autres éléments nutritifs pouvant être mélangés ou ajoutés à la composition suivant l'invention on citera des vitamines, qui sont biochimiquement nécessaires pour l'entretien de la croissance et delafonctiondes tissus de l'crgans:c & Gomme exemples de vitamines particulières on citera, entre autres' '?%i A, nécessaire pour maintenir l'intégrité du tissu épithélial, i vitamine E qui aide à prévenir l'anémie pernicieuse, la vitamine B12, la riboflavine, la thiamine ainsi que les vitamines C, D et E, pour n'en citer que quelques unes. Il va de soi qu'on peut ajouter d'autres ingrédients à la composition alimentaire pour bétail suivant l'invention, afin de la modifier, tout en restant dans le cadre de la présente invention. Par exemple, on peut utiliser divers additifs liquides ou semi-liquides pour permettre de comprimer l'aliment en boulettes, pains ou afin de faciliter la manipulation. On peut évebtuellement ajouter des armes naturels ou artificiels pour encore améliorer le goût agréable de l'aliment. On peut aussi ajouter à l'aliment divers autres compo sés ou compositions curatifs ou préventifs, par exemple des médicaments sous forme de poudres, de granulés, de comprimés, ou de liquides de viscosité variable. De même, on peut ajouter ou incorporer d' autres composés à l'aliment, pour obtenir des effets souhaités sur le bétail. On peut conserver les compositions alimentaires pour bétail décrites ci-dessus pendant un certain temps, par divers procédés. L'un de ces procédés consiste à sécher la moelle de canne à sucre jusqu'à ce qu'elle soit sensiblement exempte d'humidité, par exemple jusqu'à une teneur en humidité de moins de 10%, puis à emmagasiner ou à placer le produit séché dans un récipient ou logement étanche. Par exemple, on peut sécher la moelle de canne à sucre dans un dispositif de séchage à air chaud de type à suspension, puis placer le produit sec dans des sacs en polyéthylène scellés. La température de séchage est variable, mais habituellement comprise entre 25 et 1250C, environ.On peut éventuellement broyer la moelle de canne à sucre obtenue après séchage, afin d'obtenir une poudre s'écoulant librement qui peut être agglomérée en boulettes afin d'augmenter la densité apparente du produit. On peut aussi conserver les compositions alimentaires pour bétail décrites ci-dessus en les ensilant, procédé consistant à placer la moelle de canne à sucre produite, dans un silo, en contact avec au moins un micro-organisme producteur d'acide alcoyl(inférieur)carboxylique. On utilise l'expression "silo" dans son sens classique, englo fiant les silos de type silo-fosse, silo-cuve, ainsi que les récipie*; verticaux ou horizontaux tels que des cylindres, scellés afin d'en exclure l'air et utilisés pour conserver les fourrages ensilés. Comme dit ci-('essus, on place la moelle de canne à sucre produite dans un silo, en contact avec des micro-organismes producteurs d'acide alcoyl(inférieur)carboxylique. On peut placer la moelle de canne à sucre produite dans un silo, en contact avec une quantité suffisante de micro-organismes produit teurs d'acide alcoyl(inférleur)carboxylique pour donner au produit un pH inférieur à 4 environ, par exemple d'environ 3 4, au bout d'un temps d'ensilage initial de 7 jours. Habituellement, la moelle de canne à sucre obtent telle que séparée de la substance formant 1' corce externe, contient ne proportion suffisante de ces microorganismes producteurs d'acide alcoyl(inférieurcarbexyltque pour conserver la moelle lorsqu'on procède par ensilage.On pense que la présence de ces microorranismes producteurs d'acide alcoyl(inférieur)carboxylique résulte de l'infestation de la canne à sucre croissant dans les champs, par les microorganismes. Toutefois, si nécessaire ou souhaitable, on peut ajouter à la moelle, avant ensilage, d'environ 0,1 à 1020 d'une culture active en fermentation du microorganisme approprié. Comme exemples de microorganismes appropriés on citera ceux de type Lactobacillus, par exemple Lactobacillus delbruechii et L. pentoaceticus, et de type Acetobacter, par exemple Acetobacter melanoge- num. La production d'acides carboxyliques inférieurs par des microorganismes est bien connue en elle-meme. On se référera,par exemple, à la description de la préparation d'acide acétique à l'aide d'Acetobacter, à la préparation d'acide lactique e l'aide de Lactobacillus et à la préparation d'acide citrique à l'aide de Citromyces ainsi qu' à la description de cultures actives en fermentation dans l'Encyclo- pedia of Chemical Technoioy, Kirk et Othmer, Interscience Inc., Xew York, 1951, Vol.6, pages 317 à 375. On pense que ces microorganismes réagissent sur le sucre de la moelle en donnant ces acides carboxyliques inférieurs qui vagissent comme conservateurs de la moelle de canne a sucre. Les exemples non limitatifs suivants sont donnés à titre d'illustration de l'invention. Sauf autre indication, les parties et pous centages indiqués dans les exemples sont en poids. Exemple 1 On a opéré à une altitude d'environ 365 m au-dessus du niveau de la mer, la température, pendant la période d'essai, variant entre une température minimale de 220C et une température maximale de 31 oC. Les pluies atteignent en moyenne 134 mm par mois, la moyenne mensuelle la plus élevée étant de 169 mm. Six des bovins utilisés dans cet essai sont des bouvillons Senepol (croisement de 3/4 de Sénégal avec 1/4 de Re Poll)qui représentent du bétail producteur de boeuf en puissance, ce croisement étant réalisé pour du bétail vivant en milieu tropical. Les bouvillons Senepol sont en bon état au début de l'essai et pèsent de 90 à 182 lig. Les autres bouvillons utilisés dans cet essai sont des Holstein et représentent du bétail essentiellement élevé aux fins de production laitière dans des conditions tropicales. Ces bouvillons Holstein ont de 4 à 8 mois et pèsent de 72 à 93 kg, leur état physique étant quelque peu moins bon que celui des bouvillons Senepol. Les bouvillons utilisés dans cet essai sont logés individuellement, pour permettre de les alimenter et de les abreuver séparément. La première partie de l'essai est constituée par une période d' alimentation intensive de 77 jours. On essaie deux rations différentes sur les bouvillons. On place quatre bouvillons de chaque race sur une ration alimentaire de moelle de canne à sucre fraîche supplémentée et deux autres bouvillons de chaque race sur une ration témoin constituée par une ration pour production laitière et une ration de pulpe de citrus. Au cours de ces 77 jours, les bouvillons sort logés en stalles séparées et sont nourris et abreuvés séparément. Initialement, on nourrit les bouvillons une fois par jour mais, au cours du dernier mois d'essai, les bouvillons consommant la quantité la plus élevée d'aliment sont nourris deux fois par jour. On jette toujours 13 moelle de canne à sucre restant de l'alimentation du jour précédent. On détermine le poids de chaque bouvillon tout au long des 77 jours d'essai. La seconde phase de l'essai comprend une période d'alimentation suppîmentaire de 21 jours pendant lesquels on enlève les séparations entre les stalles occupées par le bétail et on alimente en groupe les dix bouvillons, c'est-b-dire les huit précédemment nourris l'aide de la ration f, base de moelle de canne à sucre supplémentée plus les deux bouvillons Senepol précédemwent iourris à l'aide de la ration de référence, en leur donnant, pendant tout ce temps, la ration de moelle de canne à sucre supplémentée. On utilise cette période de prolongation pour déterminer l'effet de l'alimentation en groupe comparé à celui de l'alimentation individuelle sur les résultats obtenus sur le bétail.On pèse les bouvillons au début et à la fin de l'intervalle de temps des 20 jours, bien qu'on ntaitpas recueilli de renseignements sur la consommation individuelle d'aliment pendant cette période. La moelle de canne à sucre utilisée dans la ration d'aliment supplémenté est obtenue quotidiennement à partir de tiges de cannes à sucre mures qui auraient normalement été utilisés pour produire du sucre. On fend tout d'abord les tiges en moitiés, longitudinalement, et on passe chacune dans un séparateur similaire à celui décrit dans la demande de brevet-aux E.U.A. déposée le 20 décembre 1967 sous le No. 692.185 précitée. En utilisant le procédé et l'appareil décrits dans le brevet, on sépare la moelle des portions de tiges fendues et on l'obtient, sous forme d'une masse duveteuse ou floconneuse, contenant pratiquement tout le jus sucré initialement présent, et contenant les minces fines fibres de l'intérieur moelleux de la tige de canne à sucre. On donne au bétail un supplément ayant la composition suivante, à raison de 0,908 et 0,454 kg par jour par animal, respectivement aux Senepols et aux Hoîstein: PourcentaRe Farine de soja (44% de protéines) 67 Urée (42 d'azote x 6,25 = 262% de protéine brute) 13 Mélange minéral (farina) 20 La composition approximative du mélange minéral est indiquée par le fabricant et est environ la suivante: Calcium 13 à 15 Phosphore (non inférieur à) 6,5 Iode (non inférieur à) 0,0006 Chlorure de sodium 40 à 45 On ajoute un pré-mélange de vitamine A (10.000 Unités Internationales/gramme) à raison de 0,50 g pour 450 g de supplément.On prépare le supplément frais tous les jours, et on le mélange au tiers supérieur de la moelle de canne à sucre donnée à volonté aux bouvillons, c'est-à-dire que les bouvillons consomment autant de moelle de canne à sucre qu'ils le désirent. On alimente les animaux témoins à l aide d'une association de ration pour production laitière à raison de 1,8 kg par animal et par jour et de pulpe de citrus séchée donnée à volonté. La ration commerciale pour production laitière comprend 16% au minimum de protéine brute ne contenant pas plus de 5% d'équivalents de protéine brute de l'urée, 2,3% au minimum de graisse brute et 14ç0 au maximum de fibres brutes, suivant la description fournie par le fabricant. Pendant la majeure partie de la période d'essai, on estime le poids des deux bouvillons Senepol les plus gros à l'aide d'un dispositif de mesure à ruban calibré (par exemple de type "Weight Band" fourni par la Société Cooper, McDougall et Robertson, Ltd., Berkhamstead, Verts. Angleterre) à cause de leur grande taille qui empêche d'utiliser la balance disponible. Les modifications du poids corporel des bouvillons, au cours de la première période d'essai de 77 jours sont résumées au tableau I et au tableau II. L'augmentation de poids des bouvillons Senepol est presque double de celle des bouvillons sIolstein lorsqu'on leur donne la ration de moelle de canne à sucre supplémentée.On peut attribuer la différence du taux d'augmentation entre les deux races au poids initial plus élevé des bouvillons Senepol ainsi qu'à l'absorption réduite de ration de la part des bouvillons Holstein (Tableau I) et qu'à leur état généralement plus médiocre. TABLEAU I Moelledecanne à sucre Aliment de réfnace Hoîstein Senepol SenePol iloîstein Nombre de bouvillons 4 4 2 2 Poids initial moyen,kg 82,1 125 136,5 81 Poids final moyen, kg 107,0 173 154,2 132 Gain moyen total , kg 24,9 48 17,7 51 Gain quotidien moyen, kg 0,323 0,623 0,23 0,66 Consommation alimentaire journalière Moelle de canne à sucre, kg 7,438 11,430 -- - Supplément, kg (tel que donné) 0,454 0,862 -- - Pulpe de citrus, kg (tel quedonn -- -- 1,3 1,3 Ration laitière,kg(tel que donné) -- -- 1,5 1,8 Total (tel que donné), kg 7,892 12,292 2,8 3,1 Efficacité de l'aliment (Tel que donné) 26,7 19,9 1',4 4,7 TABLEAU Il Modifications du poids vif des bouvillons au cours de la période de 77 Jours (kg) Bouvillon Ration Poids Poids Gain Gain No ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ iriLtial final total lournalier S1 Moelle de canne à sucre 160,6 221,80 61,2 0,79 S2 i;;oelle de canne à sucre 106,1 144,2 38,1 0,49 S3 Moelle de canne à sucre 111,58 161,4 9,89 C,64 S4 Moelle de canne à sucre 124,28 167,82 43,54 0,56 s5 Témoin 90,7 94,3 3,6 0,045 S6 Témoin 182,3 214,0 31,7 0,41 111 Noelle de canne à sucre 80,7 112,4 31,7 0,41 112 Moelle de canne à sucre 77,1 94,3 17,2 0,22 3 Moelle de canne à sucre 78,0 94,3 16,3 0,21 H4 Moelle de canne à sucre 93,5 127,9 34,4 0,445 H5 Témoin 89,8 145,1 55,3 0,718 H6 Témoin 72,6 118,8 4G,2 0,6 18 = Eouvillons Senepol 2H = Bouvillons Hoîstein Les tableaux III et IV illustrent les modifications du poids corporel des animaux au cours de la seconde phase de l'essai, c'est à-dire de la période supplémentaire de 21 jours. Les résultats montrent que les animaux alimentés à l'aide de le ration de moelle de canne à sucre supplémentée, dans des conditions d'alimentation en groupe, ont un taux d'augmentation encore plus élevé que lorsqu'ils sont alimentés individuellement. TABLEAU III Modifications du poids au cours de la période supplémentaire de 21 jours (kg) 6 Senepol 4 Holstein Poids initial moyen (31 août) 167,4 107,0 Poids final moyen (20 septembre) 184,6 115,2 Gain de poids moyen, kg 17,2 8,2 Gain de poids journalier moyen 0,82 0,39 Au tableau IV suivant:S = Bouvillons Senepol Il = Bouvillons Holstein TABLEAU IV hiodifications du poids de bouvillons nourris avec de la moelle de canne à sucre pendant la période supplémentaire d'alimenta tion de 21 jours (kg) Poids Poids Gain Gain jour Bouvillon No. initial final total nalier moyen S1 221,8 244 22,2 1,04 52 144,2 157,8 13,6 0,648 S3 161,5 176,4 14,9 0,709 54 167,8 187,3 19,5 0,93 55 94,3 112,4 18,1 0,86 SG 214,1 229,9 15,8 0,75 111 112,4 122,4 10 0,476 2 94,3 107,9 13,6 0,647 H3 94,3 104,3 10 0,476 H4 127,9 127 -0,9 A titre comparatif, des bovins des pays tropicaux, en pâturage, recevant une bonne alimentation à la meilleure période de l'année, réalisent généralement un gain de poids satisfaisant d'environ 0,34 kg par jour. On peut donc voir que la moelle de canne à sucre fraîche est très satisfaisante lorsqu'on l'utilise dans une ration, à titre de source principale d'énergie pour du bétail. En résumé, si on compare le gain de poids journalier moyen des bouvillons Senepol pendant les deux périodes de 77 et 21 jours, à celui obtenu avec les systèmes actuels d'élevage des bovins dans les pays tropicaux, on peut voir que la production, à l'aide d'une ration à base de moelle de canne à sucre, est supérieure il celle obtenue nor également Exemple 2 On opère a' peu près dans les memes conditions climatiques qu'à l'exemple 1. On utilise, dans cet essai, c moutons males indigènes pleinement développés pesant entre 1v et 27 kg. On naintient les animaux en cages individuelles afin de pouvoir recueillir les eycrements totaux et de déterminer la consommation volontaire. La premiere phase de l'essai consiste à donner aux moutons la même composition que celle donnée aux bouvillons de l'exemple 1, à savoir, de la moelle de canne à sucre donnée à volonté, et 200 g de supplément. La période d'essai effective de 7 jours utilisée pour obtenir les valeurs désirées suit une période d'adaptation de cinq semaines pendant laquelle tous les animaux recoivent de la moelle de canne à sucre à volonté avec un mélange de supplément en quotité croissante qui finit par atteindre les 200 g. La seconde phase consiste à donner aux animaux la moelle de canne à sucre à volonté et 100 g de supplément, pendant sspt jours.Immédiatement au bout d'une période d'adaptation de 7 jours pendant laquelle on donne aux animaux le temps de s'habituer au changement de régime alimentaire, on réduit le taux de supplément à la seconde phase de l'essai, afin de déterminer si les éléments nutritifs autres que ceux fournissant de 1' énergie limitent l'utilisation de la moelle de canne à sucre. Aux deux phases de essai on détermine les valeurs de digestibilité et d'absorption volontaire. On prépare la moelle de canne à sucre et le supplément comme décrit à l'exemple 1, le mélange de supplément destiné à chaque mouton étant préalablement pesé et ensaché individuellement. Tous les moutons disposent constamment de l'aliment et d'eau. On détermine la consommation journalière, la quantité d'aliment fournie chaque jour successif étant de 10 supérieure à la consommation du jour précédent par animal. On analyse également journellement des échantillons de 1' aliment, par analyse chimique. On recueille également les excréments des animaux, pendant tous les jours des périodes de 7 jours, aux fins d'analyse chimique. On peste les animaux svant et après avoir recueilli les excréments, afin d'obtenir les données permettant de calculer 1 Absorption Relative de la ration.Les moutons s'adaptent à leur nouveau milieu, se nourrissent sssez rapidement, et ne présentent aucun trouble au cours de l'essai. On effectue des analyses chimiques (tableau V) sur la teneur en matière sèche et la teneur en protéine brute des échantillons d'aliment et d'excréments, suivant le protocole opératoire de l'Association of Official Agricultural Chemists (Official Methods of Analysis, 10è édition, 1965). On calcule la teneur en protéine brute après dosage de l'azote par le procédé de Kjeldahl puis en multipliant la valeur obtenue par 6,25. On mesure la teneur en cellulose de l'alimentation et des excréments par un procédé décrit par Donefer et al, dans Journal of Animal Science, 19, 545 #se calorimètre å bombe à oxygène pour déterminer la valeur énergétique de l'alimenta- tion et des excréments. L'analyse chimique de l'alimentation utilisée est raT/liertée au tableau V ci-dessous. TABLEAU V Analyse chimique des constituants de la ration Ingrédients Matière Valeur éner- Protéine Cellu sèche gétique brute brute lose k.cal/g % Moelle de canne k sucre 91,9 4,25 1,5 17,5 Mélange de supplément 87,3 3,44 70,9 8,0 On peut remarquer, d'après le tableau V, que la teneur en cellulose de la moelle de canne à sucre est plus élevée que celle qu'on trouve noemalenent dans des graines de grains, par exemple de mais, d' orge, d'avoine, etc.. La valeur énergétique brute relativement basse du mélange de applémentation résulte de l'addition de constituants minéraux qui sont des substances non énergétiques. La teneur élevée en protéine brute donne une image de l'urée contenue dans le supplément qui équin vaut à plus de 250% de protéine brute. La valeur de la teneur en cellulose est quelque plus élevée, indiquant un apport de la part de la farine de soja qui contient environ 10% de cellulose. On a calculé les coefficients de digestibilité apparente de la matière sèche, de l'énergie brute, de la protéine brute et de la cellulose, en utilisant la formule suivante: Coefficient de digestibilité %0 = dans laquelle F = grammes d'aliment consommés o F. = grammes d'excréments À = pourcentage d'aliments nutritifs dans l'aliment o A. = pourcentage d'éléments nutritifs dans les excréiens (par éléments nutritifs" on entend désigner la matière sèche, la pse téine brute, la cellulose ou kilocalories d'énergie brute par gramme, toutes les valeurs étant converties sur la base de la matière sèche). Le coefficient de digestibilité est fonction de l'efficacité de l'appareil digestif de l'aI al, tandis q-ue l'énergie brute est 1' énergie totale théoriquement disponible pour la digestion à partir d'une ration alimentaire. On calcule l'Absorption relative de chaque produit alimentaire d'après la formule suivante: Absorption observée Absorption relative = x 100 80 (w0,75 ) kg (w0,75) dans laquelle kg est la dimension métabolique de l'animal qui tient compte du poids de l'animal. On obtient l'Indice de Valeur Nutritive (IvN) des aliments en multipliant l'Absorption Relative de l'aliment par son pourcentage de digestibilité d'énergie brute. IVN = Absorption Relative x digestibilité d'énergie brute, ss L'Absorption Relative est une mesure de l'absorption volontaire et est comparée à celle de fourage normalisé haute qualité. L'IVN est un indice de valeur nutritive de l'aliment, qui est le produit de l'absorption relative et de la digestibilité d'énergie brute d'une composition alimentaire particulière. Les valeurs de digestibilité apparente de matière sèche, d'éner gsie brute, de protéine brute et de la cellulose, ainsi que l'absorption relative et l'indice de valeur nutritive sont résumées au tableau VI. TABLEAU VI Résumé des valeurs de digestibilité apparente, d' absorption relative et d'indice de valeur nutritive d'une ration de moelle de canne à sucre supplémen tée donnée à des noutons Taux de supplémentation 100 g 200 g Digestibilité apparente (,-) ratière sèche 77,2 77,6 Energie brute 76,1 76,8 Protéine brute 71,8 80,8 Cellulose 57,1 9,6 Absorption relative S4,9 99,2 Indice de valeur nutritive 64,7 76,2 Ces valeurs indiquent que tous les constituants étudiés sont digérés de façon adéquate et que l'utilisation métabolique de 1'éner git fournie par la moelle de canne à sucre n'est pas limitée par une carence en substances nutritives.La valeur élevée de la digestibilité de la cellulose est particulièrement intéressante en ce qu'elle suggère que l'utilisation de la cellulose n'est pas limitée de façon appréciable par un complexe de lignine. En outre, la valeur d'absorption relative de 99,2 observée sur l'aliment à base de moelle de cas ne à sucre à un taux de supplémentation de 200 g est essentiellement la même que celle de fourrage de légumineuses de haute qualité tel qu'un fourrage de luzerne ou de foin à base de trèfle. On peut attribuer la légère augmentation de la digestibilité de la cellulose à un taux de supplémentation élevé à une activité microbienne accrue dans l'appareil digestif de l'animal. Ceci repose sur l'hypothèse que l'apport accru en éléments nutritifs à un taux de supplémentation plus élevé peut avoir agi comme stimulant vise vis des microorganismes responsables de la dégradation de la cellulose. L'énergie brute fournie par la ration de canne à sucre supplémentée (d'environ 75ffi3 est de l'ordre de celle observée avec du grain de haute qualité tel que l'orge. On remarquera, toutefois, que les valeurs de digestibilité présentées représentent des apports à la fois de la part de la moelle de canne à sucre et de la part des constituants supplémentaires de la ration. ìalgré cela, ces valeurs d'énergie peuvent être en majeure partie attribuées à la moelle de canne à sucre, car elle représente environ 85, de la ration totale. En fait, l' énergie fournie par la moelle de canne à sucre seule doit être plus élevée que celle rapportée à propos du mélange, car le supplément auquel on l'ajoute n'est pas considéré comme étant une bonne source d' énergie. Les gains de poids des moutons soumis à chacun des protocoles d' alimentation pendant les périodes d'essai de 7 jours sont rapportés au tableau VII. Les résultats indiquent que les animaux prennent plus de poids lorsque le taux de supplémentation est plus élevé. Les resultats indiquent aussi l'effet d'un apport supérieur en éléments nutritifs, ayant pour résultat un accroissement pondéral. TABLEAU VII Modifications du poids vif de moutons aux rations fournies pendant des périodes d' essai de 7 jours Taux de dupplémentation 100 R 200 gaz Prise de poids totale moyenne (g) 269 766 Prise de poids moyenne par jour (g) 38,4 109,4 1 Les valeurs représentent la moyenne sur huit moutons ExemPle 3 En opérant dans à peu près les mêmes conditions climatiques qu' à l'exemple 1, on alimente un taurillon Holstein à volonté, pendant environ 4 semaines, en ne lui donnant que dela moelle de canne à sucra On prépare la moelle comme décrit à l'exemple 1, à cette exception près qu'on n'utilise pas le moindre supplément. Le taurillon reste en bonne santé et ne présente aucun effet défavorable au cours de cette période d'alimentation.Lorsqu'on abat le taurillon, le tube digestif parait sain et normal, sans signes de perforations ou autres lésions. Exemple 4 En opérant à peu près dans les mêmes conditions climatiques qu' à l'exemple 1, on procède par ensilage pour conserver de la moelle de canne à sucre fraîche pendant plusieurs mois. On construit un silo-cuve de 9,1 m de long, 2,4 m de large et de 1,8 m de profondeur à une extrémité et de 0,9 m de profondeur à l'autre extrémité, avec un fond en pente. On construit un puisard à 1' extrémité profonde, afin de recueillir tout effluent formé. Le silo est entièrement tapissé et recouvert de feuille de polyéthylène. On remplit le silo de moelle de canne à sucre fraîche en contact avec Acetobacter melanogenum et Lactobacillus delbrueckii naturellement présents, en bourrant, et on recouvre pendant 6 semaines. Puis on ouvre le silo à son extrémité la moins profonde et on analyse des échantillons du produit ensilé, obtenant les résultats suivants: Matières sèches 35,04 yó pH 3,20 Acides présents acide acétique, acide lactique On donne la moelle ensilée aux animaux utilisés à l'exemple 2, pour savoir Si elle est agréable au goût. D'après les observations effectuées, les animaux consomment ce produit r ;- aussi volontiers qu'ils avaient consommé la moelle de canne a sucre fi.aiAcherent preparée. Exemple 5 On sèche complètement plusieurs k8 de moelle de canne à sucre fraîchement préparée dans un séchoir à air chaud de type à suspension à 1O00C. On broie tout d'abord une partie du produit séché afin d' augmenter sa densité apparente, puis on le conserve en sacs de polyéthylène scellés pendant environ un an, après quoi on examine le produit, on l'analyse, les résultats obtenus démontrant qu'il n'y a eu aucune détérioration en cours de stockage. Exemple 6~ En opérant sensiblement dans les mêmes conditions climatiques qu'à l'exemple 1, on donne à plusieurs porcs, comprenant à la fois des adultes et des porcelets sevrés, une ration similaire à celle utilisée à exemple 1, à cela près qu'on utilise de la farine de poisson au lieu d'urée. En outre, on donne aux animaux des eaux de cuisine résiduelles. Tous les animaux semblent bien profiter et ne présente vett pas de signes d'effets nuisibles au cours de cette période d' alimentation. ExemPle 7 En opérant sensiblement dans les mêmes conditions qu'à l'exemple 1, on donne à des bovins, à volonté, un mélange d'environ 70 de moelle de canne à sucre et de 30% d'extrémités supérieures hachées de cannes à sucre. Les bovins semblent préférer ce mélange à de la moelle de canne à sucre seule, et tous les animaux semblent bien profiter et ne présentent pas de signes d'effets nuisibles au cours de cette période d'alimentation. REVENDICATIONS 1. Procédé d'alimentation du bétail selon lequel on donne au bétail un aliment comprenant de la moelle de canne à sucre qui contient sensiblement tout le jus sucré naturellement présent ainsi que les fines fibres internes de l'intérieur de la tige de la canne b sucre, et qui est sensiblement exempt de fibres externes de l'écorce. 2. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que la moelle de canne à sucre contient plus de lQ environ, en poids, de sucres présents à l'état naturel. 3. Procédé suivant la revendication 1, pour l'alimentation de ruminants, caractérisé en ce qu'on fournit aux ruminants un aliment pour bétail comprenant (a) de la moelle de canne a sucre qui est essentiellement exempte de fibres externes de l'écorce et qui contient sensiblement tout son jus sucré présent à l'état naturel ainsi que les fines fibres internes de l'intérieur de la tige de la canne à sucre, et (b) un substitut azoté de protéine. 4. Procédé suivant la revendication 3, caractérisé en ce que la moelle de canne à sucre contient plus de 10'jó environ des sucres présents à l'état naturel et en ce que le substitut azoté de protéine est l'urée. 5. Procédé suivant la revendication 3, caractérisé en ce qu'on fournit en outre aux ruminants des extrémités supérieures hachées de cannes à sucre associées à la moelle de canne à sucre. 6. Procédé suivant la revendication 1, pou l'alimentation de non-mminantsS caractérisé en ce qu'on fournit aux non-ruminants un aliment pour bétail comprenant (a) de la moelle de canne à sucre qui est sensiblement exempte des fibres externes de l'écorce et qui contient sensiblement tout son jus sucré présent à l'état naturel ainsi que les fines fibres internes de la tige de la canne à sucre, et (b) une source de protéine naturelle. 7. Procédé suivant la revendication 6, caractérisé en ce que la source de protéine naturelle est du sang ou de la farine de poisson et en ce que la moelle de canne a sucre contient plus de 10, environ, en poids, de sucres présents b l'état naturel. 8. Con position alimentaire pour bétail à utiliser dan le procédé défini à la revendication 1, corprenant: (a) de la moelle de cas ne à sucre qui contient sensiblement tout son jus sucré présent à l'état naturel ainsi que les fines fibres internes de l'intérieur de la tire rie la canne à sucre et qui est sensiblement exempte de fibres sternes cle lFécorce, et (b) un substitut azoté de protéine ou une source naturelle non végétale de protéine. 9. Composition suivant la revendication 8, destinée à l'alimen station de ruminants, caractérisée en ce qu'elle contient en outre des trités supérieures hachées de cannes à sucre. 0. Corìposition suivant la revendication 8, destinée à l'alimentation de bétail ruminant, caractérisée en ce qu'elle comprend un mélange de: (a) de moelle de canne à sucre qui contient sensiblement tout son jus sucré présent à l'état naturel ainsi que les fines fibres internes de l'intérieur de la tige de la canne à sucre, et qui est sensiblement exempte de fibres externes de l'écorce, (b) d'une source végétale de protéine, (c) d'un substitut azoté de protéine et (d) d' un mélange minéral. 11. Procédé de préparation d'un aliment pour bétail utilisable dans le procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que: (A) on ouvre longitudinalement des tiges de cannes à sucre sans exprimer une proportion significative du jus sucré contenu dans la moelle et (b) on sépare la moelle des fibres externes de l'écorce tout en retenant sensiblement tout le jus sucré contenu dans la moelle ainsi nue sensiblement toutes les fines fibres internes de l'intérieur de la tige des cannes à sucre. 12. Procédé suivant la revendication 11, caractérisé en ce qu'on ajoute en outre à la moelle séparée un substitut azoté de protéine ou une source naturelle de protéine. 13. Procédé suivant 1 revendication 12, caractérisé en ce que le substitut azoté de protéine est l'urée, et en ce qu'on ajoute en ou tre à la moelle séparée une source végétale te protéine ainsi qu'un mélange minéral. 14. Procédé suivant la revendication 11, caractérisé en ce qu'on seche la moelle jusqu a ce qu'elle soit à peu près complètement exempte d'humidité, puis on enferme la moelle dans un récipient étanche 15. Procédé de préparation d'un aliment nour bétail ruminant partir "le canne à sucre , utilisable dans le procédé suivant la re venc'icatiol: 5, caractérisé en ce que: (a) on ouvre longitudinalement des tiles de cannes à sucre sans exprimer de proportion sivnificative du jus sucré contenu dans la moelle, (b) on sépare la moelle des fibres externes de l'écorce tout en retenant sensiblement tout le jus sucré contenu dans la moelle et sensiblement toutes les fines fibres internes de l'intérieur des tiges des cannes à sucre, (c) on hache les parties supérieures des cannes à sucre et (d) on ajoute à la moelle séparée (1) de l'urée, (2) une farine de soja, de trèfle ou de luzerne, (3) un mélange minéral et (4) les parties supérieures hachées des cannes a' sucre. 16. Procédé d'ensilage de la moelle de canne à sucre préparée suivant le procédé de la revendication 1, qui contient sensiblement tout son jus sucré présent à l'état naturel et qui est sensiblement exempte des fibres de l'écorce externe, caractérisé en ce qu'on place la moelle de canne à sucre dans un silo, en contact avec au moins un microorganisme producteur d'acide alcoyl(inférieur)carboxylique. 17. Procédé suivant la revendication 16, caractérisé en ce que le microorganisme est choisi parmi les microorganismes de type Lactobacillus et Acetobacter. 18. Un produit ensilé lorsqu'il est obtenu par le procédé suivant la revendication 16.