La présente invention concerne un procédé pour récupérer de l'acide iodhydrique (iodure d'hydrogène) pratiquement anhydre à partir d'un mélange contenant de l'acide iodhydri- que, de l'eau et de l'iode. Le brevet des Etats-Unis d'Amérique n0 4 089 940 décrit un procédé de production thermochimique d'hydrogène qui repo- se sur l'emploi de la réaction de Bunsen: 2H20 + SO2 + I2 vH 2SO4 + 2HI Dans ce procédé, on effectue la réaction de Bunsen avec un excès d'iode pour créer un mélange réactionnel à deux pha- ses. La phase inférieure de ce mélange, que l'on sépare ensui- te physiquement de la phase supérieure, contient la majeure partie de l'acide iodhydrique qui est produit avec de l'eau et de l'iode. Pour récupérer efficacement l'hydrogène élémen- taire de l'acide iodhydrique de ce mélange, selon une réaction de décomposition catalytique ou similaires, il est nécessaire d'isoler tout d'abord de l'acide iodhydrique relativement anhydre. Le brevet des EtatsUnis d'Amérique n0 4 122 644 décrit un procédé de distillation extractive pour récupérer l'acide iodhydrique d'un mélange liquide d'H20, I2 et HI qui utilise de l'acide phosphorique pour produire un courant de vapeur d' HI relativement anhydre. La distillation extractive constitue un stade opératoire consommant beaucoup d'énergie et la re- concentration ultérieure de l'acide phosphorique est également un stade consommant une assez grande quantité d'énergie. On désire utiliser des stades moins coûteux en énergie ou réduire au minimum l'emploi de ces stades coûteux en énergie. Le brevet des Etats-Unis d'Amérique n0 4 176 169 décrit un procédé pour extraire à contre-courant l'iode d'une solu- *tion liquide contenant de l'iode, de l'acide iodhydrique et de l'eau par emploi d'acide phosphorique concentré. On peut réduire fortement le pourcentage d'iode d'une telle solution liquide; bien entendu cette extraction ajoute de l'H3PO4 à la solution. On peut utiliser ce procédé d'extraction à contre- courant avant un procédé de distillation extractive produisant un courant de tête constitué d'acide iodhydrique relativement anhydre. Bien qu'une telle combinaison de procédés consomme moins d'énergie que la réalisation de la totalité de la sépa- ration par distillation extractive, on recherche de nouvelles améliorations. La demanderesse a découvert un procédé pour obtenir de l'acide iodhydrique pratiquement anhydre à partir d'un mélan- ge contenant de l'acide iodhydrique, de l'iode et de l'eau, caractérisé en ce qu'on ajuste la composition du mélange pour que les quantités d'eau et d'iode présentes ne dépassent pas des limites maximales prédéterminées et on soumet le mélange à une pression supérieure à la pression atmosphérique suffi- sante pour provoquer l'apparition de phases liquides distinc- tes, dont l'une est constituée d'HI et de pas plus de 1% en poids d'eau par rapport au poids de HI, et on sépare cette phase liquide de l'autre phase. Donc une de ces phases est constituée d'acide iodhydrique liquide pratiquement anhydre et la proportion qui se forme de cette phase est déterminée par la proportion relative des composants du mélange après l'ajustement de la composition globale. Même si on utilise un quatrième composant, c'est-à-dire de l'acide phosphorique, pour effectuer l'ajustement et que, de ce fait, de l'acide phosphorique est présent dans le compo- sition ajustée, les phases liquides distinctes se forment ce- pendant lorsqu'on soumet la composition à la pression supé- rieure à la pression atmosphérique. L'invention sera mieux comprise à la lecture de la des- cription détaillée qui suit faite en regard des dessins anne- xés dans lesquels: - la figure 1 est un diagramme ternaire, en pourcentages molaires, du système HI, I2 et H20; - la figure 2 est une vue déployée des faces du tétraèdre régulier qui représente le système quaternaire HI, I2, H20 et H3PO4; et - la figure 3 est une perspective éclatée des régions in- dividuelles du diagramme tétraédrique du système quaternaire, dont les faces sont illustrées par la figure 2. Dans l'invention on utilise une pression supérieure à la pression atmosphérique pour créer au moins deux phases liqui- des distinctes à partir d'un mélange contenant de l'eau, de l'iode et de l'acide iodhydrique. Bien que le procédé décrit dans le brevet des EtatsUnis d'Amérique no 4 176 169 précité permette d'abaisser fortement la teneur en iode d'un mélange liquide de ce type, la séparation finale entre l'acide iodhy- drique et l'eau est compliquée par le fait qu'une distilla- tion simple est inefficace car l'acide iodhydrique et l'eau forment un azéotrope à 57,3 % en poids de HI et 42,7% en poids d'eau. Dans le mélange liquide, une bonne partie de l'iode est complexée avec l'acide iodhydrique pour former des rnoliodures d'hydrogène par exemple HI3, HI5, HI7, ect.; cependant la complexation ne gène pas la création des phases liquides séparées dont on a découvert la formation et par conséquent, ci- après, on ne tient pas compte de façon générale de la complexation de HI et I2. Egalement, bien qu'il soit pratique de considérer le système global comme un mélange liquide, en réalité les di- vers composants sont mutuellement solubles et il ne serait pas inapproprié d'appeler ce système une solution liquide. La demanderesse a découvert que lorsqu'on élève la pres- sion d'un mélange de HI, H O et I2 dont la composition est comprise dans une certaine gamme, au-dessus d'une pression mi- nimale appropriée à une température appropriée, on peut créer deux phases liquides non miscibles ou plus, dont l'une est constituée de façon prédominante de HI. Ceci produit une sé- paration spontanée efficace du pointde vue thermodynamique de HI, d'un mélange HI-H20-I2 La figure 1 est un graphique ternaire en pourcentage mo- laires du système HI-H20-I2 qui illustre les caractéristiques principales du comportement des phases du mélange. Le point à 100% d'eau est le sommet supérieur, le point à 100% de HI est le sommet inférieur de gauche et le point à 100% de 12 est le sommet inférieur de droite. Dans la zone géométrique marquée X, il existe deux phases liquides non miscibles et dans la zone géométrique marquée Y, il se crée également deux phases liquides non miscibles avec du I2 solide. La figure 1 correspond aux valeurs à la température ordi- naire, (297 K, 240C) et à une pression d'environ 730 kPa. En général, comme le montrent des études expérimentales, à des températures plus élevées, un processus de séparation utili- sant la région X ne présente pas une forte dépendance vis-à- vis de la température, et bien qu'il soit pratique d'opérer au voisinage de la température ordinaire, on peut utiliser des températures aussi basses que 00C et aussi élevées que 1850C. D'autre part les études expérimentales montrent une diminu- tion de la surface de la région Y lorsque la température s' accroît si bien que l'emploi de cette région apparaît être surtout limitée aux températures plus basses. Actuellement on ne voit aucun avantage à opérer à des températures inférieures à la température ordinaire. Selon les caractéristiques de température du courant ef- fluent de mélange liquide à traiter, il serait souhaitable d' opérer à une température élevée. Selon les.stades opératoires auxquels on soumet ensuite la phase séparée, il peut n'y avoir aucun intérêt à élever la température de ce courant; cepen- dant également il serait souhaitable d'effectuer la sépara- tion pratiquement sans refroidir sous réserve que la pression correspondante soit considérée comme appropriée. Bien que la limite supérieure de température, c'est-à-dire 1850C, soit au-dessus de la température critique de l'HI pur qui est d' environ 1500C, il semble que certains mélanges présentent - une température pseudo-critique supérieure à celle de l'HI pur, à laquelle la séparation des phases liquides demeure pos- sible. Donc la température opératoire est comprise de façon générale entre 00C et environ 1500C et on préfère actuellement opérer entre environ 1200C et environ 150'C. La séparation de phases se produit lorsque l'on accroît la pression au-dessus du mélange. Bien que l'on puisse effec-. tuer un accroissement hydrostatique du mélange liquide, on accroît généralement la pression par compression et la vapeur qui existe audessus d'un tel mélange que l'on comprime est constituée principalement d'acide iodhydrique. L'importance de la surpression par rapport à la pression atmosphérique que l'on doit exercer sur le mélange à une température donnée, est approximativement égalé à la tension de vapeur de l'acide io- dhydrique à cette température. Si l'on applique par compres- sion une pression plus élevée, la vapeur d'HI se condense. Dans le présent contexte la tension de vapeur de HI corres- pond au système particulier que l'on traite. L'interaction des composants du système liquide abaisse légèrement la ten- sion de vapeur de HI en dessous de celle du HI pur; cepen- dant il convient de noter qu'une pression supérieure à celle du HI pur peut être nécessaire si l'on crée une surpression hydrostatique en l'absence d'une phase de vapeur. Il ressort de ce qui vient d'être dit qu'une surpres- sion par rapport à la pression atmosphérique plus importante est nécessaire lorsqu'on effectue la séparation à une tempé- rature plus élevée. Au voisinage de la température ordinaire (250C) on peut utiliser une pression d'environ 760 kPa tandis que par exemple à 500C on peut utiliser une pression d'environ 1 460 kPa. A environ 700C, la pression utilisée serait d'en- viron 2 200 kPa tandis qu'à environ 950C on utiliserait une pression d'environ 3 500 kPa. Donc on doit tenir compte de la tension de vapeur approximative de l'acide iodhydrique à une température particulière pour déterminer la température opéra- toire la mieux appropriée. Dans la zone géométrique désignée par X dans la figure 1, figurent plusieurs lignes d'union réunissant des points supé- rieurs et inférieurs. Ces lignes d'union réunissent les points qui représentent les compositions respectives de HI, I2 et H20 dans les deux phases non miscibles qui se créent sponta- tément par suite de l'élévation de la pression au-dessus d'un mélange liquide ayant une composition comprise en un point quelconque d'une ligne d'union. La quantité relative de chaque phase particulière qui est créée est déterminée en proportion inverse de la distance entre la composition de départ et les extrémités respectives de la ligne d'union. Par exemple si le mélange de départ a la composition in- diquée par le point AB, qui est placé à environ un quart de la longueur de la ligne d'union par rapport à l'extrémité infé- rieure et à environ trois quarts de la longueur par rapport à l'extrémité supérieure, les volumes des phases liquides sé- parées qui y sont crées sont dans un rapport de 3 à 1. La pha- se légère qui est pratiquement totalement constituée d'acide iodhydrique, constitue environ 75% du volume total et la phase dense qui contient une proportion prépondérante d'eau consti- tue 25% du volume. Dans la plupart des cas la phase liquide contenant l'acide iodhydrique anhydre est la plus légère des deux phases. Cependant la densité des phases est inversée pour les teneurs très faibles en iode car la densité de la phase aqueuse qui ne contient qu'une petite quantité d'iode est in- férieure à celle de la couche d'acide iodhydrique anhydre. La zone à deux liquides marquée X de la figure l est par- ticulièrement intéressante car une des deux phases obtenues est constituée pratiquement totalement d'acide iodhydrique. Par exemple la phase d'acide iodhydrique ne contient généra- lement pas plus d'environ 1% en poids d'eau et, selon la com- position de départ, elle peut ne contenir qu'environ 0,1% d' eau ou moins. Lorsqu'on opère à la température ordinaire, la teneur en iode de cette phase d'acide iodhydrique déshydraté est généralement comprise entre environ let i4% en poids. A des températures plus élevées, la teneur en iode peut s'ac- croître; cependant cette phase contient encore un pourcenta- ge élevé d'acide iodhydrique. Dans ce système à deux phases, la composition de l'autre phase varie dans un intervalle éten- du, comme le montre l'éloignement des extrémités des lignes d'union de la figure 1. En général, l'autre phase contient en- tre environ 5 et 20% d'eau et entre environ 40 et 65% d'acide iodhydri- que, le reste étant de l'iode. Les lignes d'union de la figure 1 permettent de connaître les valeurs numériques exprimées en pourcentages molaires de la phase d'acide iodhydrique et de l'autre phase. La zone géométrique marquée Y de la figure 1 est une ré- gion à trois phases (deux liquides et une solide) o l'accrois- sement approprié de la pression crée deux phases liquides et de l'iode solide (à une température inférieure au point de fu- sion de l'iode). Cette région est appelée "invariante" car les compositions individuelles des trois phases (y compris la pha- se solide de I2) qui sont créées demeurent les mêmes quelle que soit la composition globale du mélange de départ compris dans cette région que l'on met sous pression. L'emplacement de la composition globale initiale du mélange dans cette zone géométrique détermine la quantité relative des trois phases; cependant dans tous les cas les compositions des phases sont les mêmes. L'iode solide est en équilibre avec les deux phases liquides. Comme précédemment indiqué, dans la plupart des cas le mélange liquide HI + 12 + H20 n'a pas une composition comprise dans les zones géométriques X et Y du diagramme ternaire de la figure 1. Si le courant de produit à traiter est compris dans l'une de ces régions, la simple élévation de la pression de l'acide iodhydrique à la valeur appropriée supérieure à la pression atmosphérique, permet d'effectuer la séparation. Ce- pendant normalement un certain ajustement de la composition est nécessaire et cet ajustement peut fort bien incorporer un quatrième composant au mélange liquide. Dans le cas o le cou- rant de produit contient un pourcentage d'iode si élevé qu'il sort des régions géométriques X et Y, on doit éliminer de 1' iode du mélange. Comme le montre la figure 1, on ajuste de façon générale la teneur en iode à une valeur inférieure à environ 35 moles % lorsqu'on désire opérer de façon efficace dans la région à deux liquides, comme on le préfère actuellement. Généralement on réduit la teneur en iode en dessous de 20 moles % et de préférence en dessous d'environ 10 moles %, pour se rapprocher de l'extrémité inférieure d'une des lignes d'union illustrées. Egalement la teneur en eau du courant de produit à traiter peut devoir être réduite et le diagramme montre que la teneur en eau doit être inférieure à la quantité azéotrope qui est indiquée sur la figure 1 par une ligne marquée AZ qui repré- sente un pseudo-azéotrope après la ligne quittant le sommet de gauche du diagramme triangulaire. De façon générale l'ajus- tement doit être tel que la concentration finale correspondan- te à moins de 45 moles % d'eau et comme précédemment indiqué, on abaisse de préférence la teneur en eau à moins d'environ moles % de façon à être proche de l'extrémité inférieure d'une des lignes d'union. On peut effectuer l'ajustement par diminution de la te- neur d'iode et/ou d'eau selon un procédé approprié quelconque ou par emploi d'un additif approprié quelconque; cependant aucun additif qui se dissout dans le mélange ne doit gêner la formation de deux phases non miscibles après application d'une pression supérieure à la pression atmosphérique. L'acide phos- phorique constitue un de ces.agents efficaces pour réduire la teneur en iode et pour décaler la ligne du pseudo-azéotrope vers l'axe H20-I2 et permettre ainsi d'effectuer d'autres sta- des opératoires réduisant la teneur en eau en dessous de la ligne initiale du pseudo-azéotrope. Si l'on utilise suffisam- ment d'H3PO4 on peut rompre l'azéotrope. Lorsqu'on opère ainsi, l'acide phosphorique se dissout dans le mélange aqueux et tant qu'il demeure en solution, un diagramme quaternaire tri- dimensionnel et non un diagramme ternaire, devient nécessaire pour décrire le système. Ce diagramme est illustré par la fi- gure 3. Des essais ont montré qu'en présence d'acide phospho- rique dissous, le principe sur lequel repose l'invention, c' est-à-dire la création spontanée d'une phase d'acide iodhydri- que liquide déshydraté par application d'une certaine pres- sion supérieure à la pression atmosphérique, demeure. La figure 2 illustre les quatre faces séparées du dia- gramme quaternaire sous forme d'un tétraèdre régulier, les va- leurs étant exprimées en pourcentages molaires. La perspecti- ve éclatée de ce tétraèdre régulier, qu'illustre la figure 3, montre chacune des régions tridimensionnelles individuelles. du système quaternaire HI-I2-H20-H3PO4. Le triangle central de la figure 2 représente la face du tétraèdre o la teneur en acide phosphorique est nulle et est semblable au diagramme ternaire illustré par la figure 1. Dans les figures 2 et 3, on utilise les lettres "P à "U" pour repérer les divers som- mets des différentes régions et faciliter la compréhension de leur assemblage mutuel. Ce système quaternaire comporte plusieurs régions tridi- mensionnelles o il est possible d'effectuer le traitement de séparation. La région A, qui se trouve dans la partie centrale supérieure de la figure 3, est une région à deux liquides qui est la continuation de la région à deux liquides appelée ré- gion X dans la figure 1, o une phase liquide est constituée d'acide iodhydrique pratiquement anhydre et l'autre phase est une phase aqueuse. Une autre face de cette région tridimen- sionnelle A apparait dans le diagramme ternaire au sommet su- périeur gauche de la figure 2 qui est le diagramme ternaire pour HI-H20H3P4P Comme dans le cas du diagramme ternaire illustré par la figure 1, on considère que le diagramme quaternaire est rela- tivement indépendant de la température. Les considérations précitées relatives à la pression ont également un effet sur le système quaternaire et en particulier les considérations relatives à la pression supérieure à la pression atmosphéri- que correspondant environ à la tension de vapeur de l'acide iodhydrique à la température envisagée. Par exemple on a sou- mis un mélange correspondant à la région A à une pression d' environ 740 kPa et deux phases liquides se sont formées. On a analysé la phase inférieure qui contenait 95,7 moles % d'HI, 3,2 moles % de I2$ 0,48 mole % d'H3PO4 et 0,57 mole % d'eau. En pourcentage pondéral ces concentrations correspondent à en- viron 93,3 % en poids de HI et environ 0,08% en poids d'eau. D'autres mélanges correspondant à la région A, lorsqu'on les a soumis à une pression semblable, ont formé une phase infé- rieure dans laquelle l'eau n'était pas présente en une quan- tité mesurable. La région B qui apparaît au voisinage du sommet de gau- che de la figure 3 est une région à deux liquides et un soli- de qui est une continuation de la région invariante précédem- ment appelée zone Y de la figure 1. Bien que la région B pénè- tre relativement peu profondément dans le volume du tétraèdre, ses deux phases liquides comportent une phase de HI presque pur et elle conserve donc un intérêt potentiel. La région tri- dimensionnelle B ne possède pas la propriété d'invariance que possède la zone géométrique Y située sur la face du tétraèdre. La région C qui apparaît en dessous de la région A sur la figure 3 est une région à trois liquides qui se trouve en- tièrement à l'intérieur du volume du tétraèdre. Deux des trois phases liquides sont des phases aqueuses dont l'une a une te- neur relativement élevée en iode et une teneur relativement faible en acide phosphorique et l'autre a une teneur relati- vement plus élevée en acide phosphorique et plus faible en iode. La troisième phase liquide est constituée de HI presque pur et par conséquent rend compte de l'intérêt potentiel qu'il y a à opérer dans cette région. Par exemple on a soumis un mélange correspondant à la région C à une pression d'environ 740 kPa, à la température ordinaire et on a analysé la phase moyenne des trois phases formées qui contenait 94,1 moles % en HI et moins de 1 mole % de H20. La région D est une région pyramidale entièrement à l'in- térieur du tétraèdre régulier et est une région à trois liqui- des et un solide qui est invariante par les compositions des phases individuelles (comme précédemment exposé pour la zone géométrique Y). La région D apparaît de façon générale au cen- tre de la figure 3, juste à la droite de la région B et elle s'étend vers le bas vers le sommet de I2* Par conséquent les trois autres points qui définissent les sommets de cette py- ramide définissent la composition des trois phases liquides non miscibles qui sont créées. La phase de densité intermé- diaire des trois phases liquides qui sont ainsi créées par le traitement d'une composition correspondant à cette région, est particulièrement intéressante car elle est constituée principalement de HI avec moins d'environ 1 mole % d'eau. La région E est une autre région en forme de pyramide qui est siutée en dessous de la région D dans le diagramme tétraèdrique et c'est une région à deux liquides et non soli- de dont la composition des phases non miscibles varie. La phase liquide inférieure a une teneur en HI supérieure à 90 moles % et une teneur en eau inférieure à 1 mole % et consti- tue la région intéressante. Une des utilisations à laquelle cette phase est destinée ainsi que les phases correspondantes des autres régions, est l'obtention d'un courant d'alimenta- tion d'acide iodhydrique anhydre pour une opération de cra- quage catalytique. La région F est une région allongée relativement petite qui est située entièrement à l'intérieur du tétraèdre. C'est une région à deux liquides mais aucune des deux phases liqui- des n'a une composition qui semble avoir un intérêt particu- lier. La région G est en forme de coin et elle est située de façon générale au centre de la figure 3; elle s'étend jusqu' au sommet de I2* La région G est une région à deux liquides et un solide dont la composition des phases liquides ne sem- ble pas avoir un intérêt particulier. La région N est une grosse région de solution aqueuse qui s'étend vers le haut jusqu'au sommet de H20 et vers le bas jusqu'au sommet de H3P04 mais qui ne crée pas de phases sépa- rées lorsqu'on applique une pression élevée. La région I est une région liquide-solide, semblable à la région H mais qui ne crée pas de phases liquides non miscibles. En général, lorsqu'on opère à la température ordinaire dans l'une quelconque des régions A à E, il se produit de fa- çon efficace une phase liquide non miscible constituée d'au moins environ 90 moles % d'acide iodhydrique, moins de 1 mole il % d'eau, moins de 1 mole % de H3PO4 et moins de 7 moles % de I2 (qui constitue la concentration de saturation de l'iode dans l'acide iodhydrique au voisinage de la température ordi- naire), et on ne considère pas que des températures plus éle- vées nuisent à la formation de phases non miscibles. Par conséquent, selon la composition du courant affluent, fourni, on choisit la meilleure façon d'ajuster la composi- tion pour l'amener à un emplacement désiré dans une région particulièrement favorable. Par exemple, si on utilise de 1' acide phosphorique dans les stades d'ajustement, on emploie des techniques classiques du génie chimique pour déterminer l'opération globale la plus favorable du point de vue économi- que. Parmi ces considérations dont on tient compte, figurent normalement l'évaluation de l'appareillage nécessaire, le temps global de traitement et l'évaluation des besoins en énergie ainsi que les rendements stade par stade et l'impor- tance du recyclage nécessaire lorsqu'on désire opérer en con- tinu. On préfère par exemple ajuster la composition du courant de telle sorte que la phase de HI anhydre désirée constitue au moins 50% en volume du courant mis sous pression; cepen- * dant d'autres facteurs peuvent amener à opérer dans des con- ditions telles que la proportion de la phase désirée ne soit que de 20% en volume. L'exemple suivant illustre un mode de réalisation du procédé de préparation danslequel on utilise une caractéris- tique particulière du diagramme ternaire des phases (figure 1) Il convient de noter cependant que cet exemple ne fait qu'il- lustrer le procédé de l'invention qu'il ne limite en aucune mesure et qu'il existe de nombreuses autres formes différentes de ce procédé. Par exemple il existe des formes potentielles o on peut séparer directement des mélanges contenant du H3PO4 (figure 3) sans qu'il soit nécessaire de distiller pour obte- nir des mélanges HI-I2-H20 dépourvus de H3PO4, comme on le fait dans l'exemple particulier présenté. Le choix de la tech- nique de séparation dépend de nombreux facteurs dont on doit tenir compte pour optimaliser un système de traitement parti- culier. EXEMPLE Dans une application particulière d'une décomposition thermochimique de l'eau, on obtient un courant de liquide provenant de la phase acide inférieure formée dans la réac- tion de Bunsen, qui est conposé d'environ 39 moles % de I21 12 moles % de HI et 49 moles % de H2O. Sa température est d' environ 950C et sa pression d'environ 207 kPa. La composition ci-dessus correspond au point K de la figure 1. Comme le point est éloigné des régions X et Y (o les séparations liquide- liquide peuvent se produire), un traitement est nécessaire pour permettre la mise en oeuvre de la technique de sépara- tion. On traite tout d'abord le courant liquide dans une co- lonne de séparation de l'iode à contre-courant, o on le fait s'écouler à contre-courant en contact liquide-liquide avec un courant aqueux à 95% en poids de H3PO4. Le débit du courant d'acide phosphorique est égal à environ 0,75 fois le débit molaire de la composition affluente à traiter et il se produit dans la colonne une réaction exothermique qui élève la tempé- rature en sortie à environ 1500C. Le courant qui sort par le fond de la colonne, dans ces conditions, est constitué d'iode presque pur composé d'environ 98% en poids de I2 et de 2% en poids de H3PO4. Le courant qui sort au sommet de la colonne de séparation est composé d'environ 6 moles % de HI, 2 moles % de I2, 47 moles % de H2O et 45 moles % de H3PO4, cette com- position étant comprise dans la région H exclusivement liquide de la figure 3. La température et la pression de ce courant effluent sont d'environ 150'C et 207 kPa, et le débit molaire de ce courant effluent est égal à environ 150% du courant affluent. On introduit ce courant effluent à l'extrémité supérieure d'une colonne de distillation extractive à contre-courant à plateaux multiples. On alimente-également la colonne avec de l1'I 3PO4 à environ 100% à un débit équivalent à environ 0,05 fois le débit molaire du courant affluent de composition K. Le courant qui sort en bas de la colonne de distillation à en- viron 150'C consiste en une solution aqueuse à environ 85% en poids de H3PO4. A la partie supérieure il sort un courant ga- zeux de HI-I2-H20 dont la composition dépend principalement de la structure de la colonne de distillation et on peut donc ajuster la quantité d'H20 que contient ce courant gazeux (pres- que indépendamment de la composition en HI et en I2) par le choix du nombrecdoplateaux de la colonne de distillation et bien entendu la température a également un effet global. Ces conditions opératoires conduisent à un courant de gaz effluent composé de 57 moles % de HI, 15 moles % de I2 et 28 moles % - de H2O. Cette composition correspond au point K' de la figure 1 et est comprise dans la région X. Ce courant effluent a un débit molaire égal à environ 0,18 fois celui du courant d'ali- mentation affluent de composition K. On comprime ce courant gazeux et on ajuste sa températu- re (si on le désire) pour effectuer la séparation. Bien qui' une compression à environ 740 kPa àla température ordinaire soit efficace, des températures et des pressions plus élevées sont souhaitables pour qu'on obtienne un courant liquide d' acide iodhydrique convenant à la décomposition catalytique qui constitue le stade suivant du processus global de production d'hydrogène. Pour cela on abaisse la température du courant de gaz effluent à environ 1200C et on porte sa pression à environ 5200kPa. Le mélange liquide obtenu se divise spontanément en deux liquides non miscibles de volume comparable, le liquide supérieur consistant en une phase d'acide iodhydrique déshy- draté composée d'environ 97 moles % de HI le reste étant es- sentiellement du I2 avec moins de 0,5 % d'H O et la phase li- quide inférieure étant composée d'environ 33 moles % de HI, 22 moles % de I2 et 45 moles % de H20. On sépare la phase supé- rieure et on peut la conduire directement à un stade de décom- position catalytique de l'acide iodhydrique tandis qu'on recy- cle la phase inférieure au niveau du plateau approprié de la colonne de distillation à étages multiples. La phase supérieu- re d'acide iodhydrique déshydraté constitue environ 50% du volume du mélange comprimé; donc la technique de séparation spontanée liquide-liquide fournit une composition essentielle- ment dépourvue d'eau sans qu'on ait à effectuer la distilla- tion complète du mélange HI-I2-H20 et avec seulement une peti- te fraction de la quantité de H3PO4 à 100 % qui serait par ailleurs nécessaire. REVENDICATIONS 1. Procédé pour obtenir de l'acide iodhydrique pratique- ment anhydre à partir d'un mélange contenant de l'acide iodhydrique, de l'iode et de l'eau, caractérisé en ce qu'on ajuste la composition du mélange pour que les quantités d'eau et d'iode présentes ne dépassent pas des limites maximales prédéterminées et en ce qu'on soumet le mélange à une pres- sion supérieure à la pression atmosphérique suffisante pour provoquer l'apparition de phases liquides distinctes, l'une de ces phases étant constituée d'acide iodhydrique et de plus de 1% en poids d'eau par rapport au poids de l'acide iodhydri- que et en ce qu'on sépare cette phase liquide de l'autre phase 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on ajuste le mélange pour qu'il ne contienne pas plus de 35 moles % d'iode et 45 moles % d'eau par rapport aux moles totales d'iode, d'eau et d'acide iodhydrique. 3. Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que le mélange est vaporisé pendant le stade d'ajustement. 4. Procédé selon la-revendication 1, caractérisé en ce. qu'on ajuste la composition du mélange pour qu'elle soit com- prise dans une des régions géométriques X ou Y du diagramme ternaire de la figure 1. 5. Procédé selon l'une quelconque des revendications pré- cédentes, caractérisé en ce que la pression supérieure à la pression atmosphérique est environ égale à la tension de va- peur de l'acide iodhydrique à sa température. 6. Procédé selon l'une quelconque des revendications pré- cédentes, caractérisé en ce qu'on effectue le stade de créa- tion de phases liquides distinctes à une température comprise entre 00C et 1500C. 7. Procédé selon l'une quelconque des revendications pré- cédentes, caractérisé en ce que pour ajuster la composition, on ajoute de l'acide phosphorique au mélange. 8. Procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce que le mélange dont la composition a été ajustée contient une quantité notable de H3PO4. 9. Procédé selon la revendication 8, caractérisé en ce que ladite phase liquide ne contient pas plus de 1 % en poids de H3PO4 par rapport au poids de l'acide iodhydrique. 10. Procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce qu'on ajuste la composition du mélange pour qu'elle soit com- prise dans une des régions géométriques A, B, C, D et E du diagramme quaternaire de la figure 3. 11. Procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce qu'on opère en continu et en ce que l'ajustement comporte un stade de distillation extractive. 12. Procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce qu'on opère en continu et en ce que l'ajustement comporte un stade d'extraction à contrecourant suivi d'une distillation extractive. 13. Procédé selon la revendication 12, caractérisé en ce que pendant la distillation extractive, on élimine pratique- ment la totalité du H3P04 du mélange dont on a ajusté la com- position. 14. Procédé selon la revendication 12, caractérisé en ce que le courant de tête de la distillation extractive a une pression accrue et forme des phases liquides distinctes dont ladite phaseconstitue au moins environ 50% du volume.