La présente invention concerne un procédé d'application régulière de compositions liquides sur des articles textiles planiformes. Aujourd'hui, pour imprégner des articles textiles planiformes avec des solutions et/ou des dispersions de colorants, de produits chimiques, de résines synthétiques et d'autres agents de finissage on se sert surtout du foulard. Bien qu'il soit très employé cet appareil présente certains inconvénients. L'un d'eux réside dans le fait que, lors d'une imprégnation au foulard, le taux ,d,'absorption du bain ne peut être abaissé au-dessous d'une limite déterminée (par rapport au poids de la marchandise) Pour le coton, cette limite est comprise entre 60 et 70 % poids, et pour les fibres de cellulose régénérée elle est de 80 à 90 % en poids. Cet état de fait est défavorable à deux points de vue 1. Le liquide appliqué doit être évaporé dans une opération de séchage qui fait suite au foulardage. Aujourd'hui plus que jamais cette opération, grande consommatrice d'energie, est regardée, comme particulièrement néfaste. 2. Lors de l'application de bains chimiques pour le fixage de colorants sur la fibre on cherche souvent à appliquer une quantité de bain aussi faible que possible, également pour des raisons colori,stiques. Cela est valable en particulier pour le fixage au mouillé d'impressions réalisées avec des colorants de cuve et des colorants réactifs. Sans utiliser le foulard on peut effectuer l'application des produits mentionnés au moyen d'une mousse, conformément au premier.fascicule publié de la demande de brevet de la République Fédérale d'Allemagne NO 2 214 377. Bien que l'on puisse, dans ce cas, maintenir la quantité de bain appliquée à un niveau très bas on a tout de même besoin de certains appareils pour cette opération, d'ailleurs tous les produits ne peuvent pas être appliqués sous la forme d'une mousse. Or, la Demanderesse a trouvé que l'on peut effectuer une application de compositions liquides réduite en comparaison du foulard, mais néanmoins régulière, sur des articles textiles planiformes constitués de fibres cellulosiques seules ou de mélanges de celles-ci avec des fibres synthétiques, en opération continue, si l'on arrose la surface de la bande, laquelle se déplace horizontalement, par le bain arrivant sous la forme d'au moins deux jets de liquide parallèles, continus, disposés transversalement par rapport à la direction de marche de la marchandise. Par le procédé de l'invention on applique sur la matière fibreuse avant tout des solutions ou dispersions de colorants, de préférence dans un milieu aqueux, également des agents de finissage dissous ou dispersés ou des agents de fixage dissous, la quantité de bain ainsi appliquée représentant de 30 à 60 z du poids de la marchandise, de préférence de 35 à 50 %. Selon le procédé revendiqué on-applique le liquide sur la marchandise au moyen d'une série d'ouvertures de tuyères qui ont un diamètre allant de 0,6 à 1,5 mm et qui sont placées à une distance de 5 à 20 cm, de préférence à environ 10 cm, au-dessus de la matière textile en bande dans la direction de la trame. La vitesse à laquelle la matière textile planiforme défile au-dessous des ouvertures de tuyères est comprise entre 5 et 40 mètres par minute, de préférence entre 10 et 30 m/mn. Etant donné la technique mise en jeu dans le procédé de l'invention, selon lequel le bain est appliqué sur des sections de tissu séparées, on peut trouver étonnant que le résultat soit d'une aussi parfaite régularité et qu'il n'y ait, entre sections voisines, ni chevauchements ni intervalles ayant échappé au traitement - par exemple à la teinture. Le principe de cet effet surprenant est très simple Lorsqu'on applique le liquide goutte à goutte, la fibre n'est d'abord imprégnée qu'à sa l:imite de saturation. Pour le coton, cette valeur est de 35 à 45 % du poids de la marchandise. I1 en est de même si l'on applique un jet fin de liquide sur une bande de tissu en mouvement. En réglant convenablement l'arrivée du bain et la vitesse de la marchandise on peut diminuer le taux d'absorption de bain de manière à l'amener dans le domaine de saturation des fibres. Par une combinaison de plusieurs endroits d'arrivée et un réglage approprié on peut ainsi obtenir un mouillage régulier d'un article textile planiforme. On peut controler très facilement la régularité de l'application du bain en imprégnant la matière avec des bains de colorants on constate alors que les bandes colorées" parallèles se fondent l'une dans l'autre sans lignes de jonction. Lorsquton applique des liquides de traitement sur des tissus de fibres cellulosiques, même au moyen du foulard le plus moderne, il n'est généralement pas possible d'abaisseur le taux d'absorption du bain au-dessous de 60 % par rapport au poids de la marchandise. Au contraire, le nouveau mode d'application qui fait l'objet de l'invention convient très bien pour des quantités de liquides très faibles. Dans le cas de tissus faits uniquement de fibres cellulosiques, l'absorption de solutions aqueuses est comprise entre environ 35 % et environ 45 % de la saturation des fibres. On ne peut pas arriver à ces valeurs au moyen d'un foulard.La teneur en eau de la marchandise est donc très faible : grâce à cela la quantité d'énergie nécessaire pour le séchage de tissus de cette nature est bien moindre que dans les autres méthodes. Le séchage qui succède au traitement de l'invention est plus rapide que d'ordinaire et il est beaucoup plus économique. La conséquence en est souvent une simplification de l'ensemble du procédé. Un autre avantage du procédé de l'invention réside dans le fait qu'il n'y a guère de migration de la substance active appliquée. Ainsi, point n'est besoin d'ajouter des épaississants aux compositions liquides comme on devait le faire jusqu' présent pour les bains de foulardage, justement pour éviter la migration. C'est également par l'absence de ces adjuvants de foulardage ou épaississants que l'on obtient un séchage plus rapide de la marchandise. I1 faut cependant, pour le procédé de l'invention, que la matière fibreuse se mouille rapidement. Le procédé de l'invention convient particulièrement pour tous les procédés de teinture dans lesquels il faut exécuter un séchage après l'imprégnation, laquelle était effectuée jusqu'à présent sur le foulard. Si l'on travaille selon le procédé d'imprégnation-enroulement, il est également possible de maintenir la quantité du bain présent sur le tissu un niveau très bas. Ainsi on évite un affaissement de ce bain dès le début, et l'on n'a donc pas besoin de faire tourner le rouleau. Le nouveau procédé est ainsi favorable parce que, du fait que la quantité de bain retenue est considérablement abaisse par rapport à la technique classique de foulardage, la quantité d'eau à évaporer dans le séchage est moindre. Par conséquent on économise de grandes quantités d'énergie de séchage, pour chaque application de bain suivie de son séchage. Conformément à la présente invention on peut appliquer, sur la matière textile en bande, des colorants réactifs avec ou sans alcali, ou seulement l'alcali nécessaire pour le fixage de teintures et d'impressions. Le procédé mentionné ci-dessus convient également pour des colorants de cuve sous la forme d'une dispersion, auquel cas on peut appliquer la cuve blanche comme décrit ci-dessus, dans une seconde opération. De cette manière on peut très bien appliquer des solutions de naphtolate car alors on ne doit dépenser qu'une quantité d'énergie fortement réduite pour le séchage, en comparaison de la méthode usuelle, Pour un développement ultérieur de ces teintures on peut également appliquer une solution de sels de teinture de la même manière.En outre, dans des conditions d'opération déterminées, il peut être nécessaire d'appliquer par ce procédé des dérivés leuco de colorants esters de cuve et de les développer ensuite. D'une manière analogue à celle décrite pour les colorants et les produits chimiques de fixage on peut appliquer, selon le procédé revendiqué, des produits pour l'ennoblissement de qualité. Les colorants, les agents de finissage et les produits chimiques de fixage utilisés selon le procédé de l'invention sont déjà connus pour le but désiré. Le dessin annexé, qui comprend trois figures, fera mieux comprendre comment l'invention peut être réalisée. L'appareil utilisé pour effectuer le procédé de l'invention est constitué d'un tube (1) disposé transversalement par rapport à la direction de défilement du tissu et ayant un diamètre de 20 à 100 mm, tube qui est muni de conduites d'alimentation (2) réglables pour le liquide de traitement (3). Sur le côté du tube tourné vers la marchandise (4) il y a des tuyères en saillie (5) d'une longueur comprise entre 10 et 30 mm et d'un diamètre de 0,6 à 1,5 mm. L'intervalle entre deux tuyères consécutives va de 10 à 25 mm il est déterminé par le diamètre des tuyères et par la vitesse de déplacement assignée à la marchandise. Le tube décrit ci-dessus peut être d'une pièce (figure 1) ou être constitué- de segments a - d individuels à régler séparément (figure 2).L'appareil peut également etre composé de plusieurs tubes e - g séparés l'un de l'autre et alterné quant à la distance à la bande (figure 3). En principe l'appareil décrit ici convient toujours pour l'application de petites quantités de bain I1 est inutilisable pour de grandes quantités de bain alors que le foulard, au contraire, ne permet d'appliquer que de grandes quantités de bain. Les exemples suivants illustrent la présente invention. EXEMPLE 1 Sur un sergé de coton mercerisé, absorbant bien, qui défilé au large horizontalement à une vitesse de 20 m/min., on amène, à l'aide d'un tube disposé transversalement par rapport à la direction du déplacement de la matière textile et muni d'ouverturés pour la projection du liquide de teinture, un bain aqueux contenant par litre 25 g du colorant Reactive Blue 19, C.I. No. 61 200, 20 g de carbonate de sodium calciné et 50 g d'urée, bain auquel on peut encore ajouter 10 g du sel sodique de l'acide de m-nitro-benzène sulfonique. Dans ce cas, l'intervalle entre la marchandise et les tuyères est de 10 cm, L'absorption du bain par le tissu est de 42% du poids de la marchandise. La matière fibreuse ainsi traitée est ensuite séchée pendant 90 secondes à une température allant de 140 à 150 OC pour le fixage du colorant, et le lavage de la teinture est effectué de la manière habituelle. On obtient une teinture bleue intense, uniforme et bien unie, On n'observe pas de migration du colorant appliqué. EXEMPLE 2 Sur une matière de coton analogue à celle décrite à l'exemple 1 on applique, d'après la méthode décrite dans ledit exemple, une solution aqueuse de 40 g du colorant réactif répondant à la formule (Cu-Pc = phtalocyanine de cuivre), mais sans utiliser aucun additif chimique, et on soumet la marchandise à un séchage intermédiaire. On imprègne ensuite la matière textile, dans une seconde opération, avec un bain aqueux contenant 20 ml/litre de lessive de soude caustique à 38 Bé et 50 g/litre de sel de Glauber. Après cela on vaporise la marchandise ainsi traitée pendant 30 secondes à une température comprise entre 103 et 10500 pour le fixage du colorant, et on la lave de la manière habituelle. On obtient une teinture bleu turquoise très unie et exempte de migration. EXEMPLE 3 : On obtient des résultats de teinture analogues à ceux mentionnés dans l'exemple 2 si, dans la seconde opération, on imprègne la marchandise qui a été teinte et séchée de la manière décrite dans ledit exemple avec une solution aqueuse contenant 30 ml/litre de lessive de soude caustique de 38 Bé et 50 g/litre de sel de Glauber, et quton effectue le fixage du colorant par un séjour à froid à la température ambiante pendant 4 heures, Lorsqu'on utilise le foulard pour appliquer la solution saline utilisée comme alcali pour le fixage il faut, selon la technique tinctoriale de l'état antérieur, pour les exemples 2 et 3, de 200 à 250 g/litre de sel de Glauber chaque fois. EXEMPLE 4 Sur un tissu de coton à armure toile, solide et absorbant- bien, on fait arriver une dispersion aqueuse contenant 30 g/litre du colorant Vat Orange 7, C.I. No 71 105 cela en opérant comme décrit à l'exemple 1. Après avoir terminé l-applications on soumet la matière fibreuse, qui a été enroulée, amans séchage intermédiaire, à un traitement habituel sur le jigger avec de la lessive de soude caustique et de l'hydrosulfite pour le fixage et le développement du colorant. On obtient une teinture orange brillante. EXEMPLE 5 On imprègne un tissu mixte de polyester et de coton (sergé; rapport de mélange 67/33) selon la méthode décrite à l'exemple 1 avec une dispersion aqueuse contenant 8 g/litre du colorant de dispersion répondant à la formule 4 g/litre du colorant de dispersion répondant à la formule et 3,5 g/litre du colorant Vat Orange 7, C.I. No 71 105. L'absorption de bain est de 37 du poids de la marchandise. Après le séchage on soumet la matière textile à un traitement de thermosolage pendant 40 secondes à 2100C, afin de fixer le colorant de dispersion, Ensuite on développe le colorant de cuve sur le jigger de la manière habituelle. On n'observe pas de migration de colorant en aucune phase du procédé de teinture considéré dans son ensemble. On obtient une teinture orange régulière. EXEMPLE 6 On imprime un tissu de coton écru de la manière habituelle avec une pâte contenant 40 g/litre du colorant réactif répondant à la formule et 450 g/litre d'un épaississant aqueux à 4% à base d'alginate de sodium. Après le séchage on imprègne la marchandise imprimée, selon la méthode décrite à l'exemple I, avec une solution aqueuse contenant 20 ml/litre de lessive de soude caustique à 380 Bé et 50 g/litre de sel de Glauber. La vitesse de la marchandise est dans ce cas d'environ 15 m par minute afin qu'un mouillage satisfaisant soit assuré. On vaporise ensuite l'impression, sans séchage intermédiaire, pendant 30 secondes à une température de 115 à 1200C pour le fixage du coloriant. Les impressions obtenues sont parfaites. REVENDICATIONS 1.- Procédé pour appliquer régulièrement des compositions liquides en des quantités aussi faibles que possible sur des articles textiles planiformes constitués de fibres cellulosiques seules ou de mélanges de celles-ci avec des fibres synthétiques, en opération continue, procédé caractérisé en ce qu'on arrose la surface de la bande, laquelle se déplace horizontalement, par le bain arrivant sous la forme d'au moins deux jets de liquide parallèles, continus disposés transversalement par rapport à la direction de marche de. la marchandise. 2.- Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le bain est appliqué en une quantité allant de 30 à 60 %, de préférence de 35 à 50 % du poids de la marchandise. 3.- Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisé en ce que l'on applique des colorants dissous ou dispersés. 4.- Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisé en ce que l'on applique des agents de finissage dissous ou dispersés. 5.- Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisé en ce que l'on applique des agents de fixage dissous.