La présente invention à pour objet un procédé et un dispositif de contrôle du fonctionnement des colonnes en charge au niveau des vannes de prises d'incendie. On sait que, dans les immeubles d'une hauteur supérieure à cinquante mètres, il est obligatoire d'installer à demeure des tuyauteries, dites colonnes en charge ou colonnes humides, susceptibles de permettre l'alimentation des lances à incendie, en cas de sinistre. Ces colonnes sont elles-memes alimentées par un ou plusieurs réservoirs généralement prévus au sommet de l'immeuble, cet emplacement n'étant cependant pas imposé. Les caractéristiques des colonnes en charge sont fixées par des textes réglementaires et doivent répondre à des normes précises. En particulier, le débit minimal de chaque colonne doit être de 1000 I/mn et la pression statique, à débit nul, comprise entre 4,5 et 8,5 bars. La différence, soit 4 bars7 correspond à une colonne d'eau de 40 mètres de haut. On conçoit donc que, dans le cas d'un immeuble de grande hauteur, les valeurs imposées pour la pression ne peuvent pas etre respectées en utilisant une colonne unique du haut en bas de l'immeuble. En effet, ou la pression serait bien de 4,5 bars à l'extrémité supérieure de la colonne et elle serait très supérieure à 8,5 bars à l'extrémité inférieure de cette dernière, ou la pression serait bien de 8,5 bars à l'extrémité inférieure et nettement trop faible à l'autre extrémité. On est donc amené à tronçonner la colonne trop haute et à réunir chaque tronçon, décalé du précédent et du suivant, par l'intermédiaire d'un détendeur et d'une vanne. Malheureusement, il arrive, par suite d'une absence prolongée d'urge que la vanne et/ou le détendeur se détériorent ou s'obstruent, interrompant l'alimentation du tronçon qu'ils équipent. De tels défauts de fonctionnement peuvent aussi etre provoqués par la fermeture accidentelle des robinets de sectionnement disposés sur les colonnes et destinés à en permettre la mise hors service, en cas de besoin. Ces robinets sont normalement plombés en position d'ouverture. II peut, cependant, arriver qu'ils aient été plombés, par erreur, en position de fermeture ou que, postérieurement au plombage, ils aient été fermés à tort par un ouvrier non qualifié ou par des enfants louant dans les cages d'escalier. Les défaillances des colonnes en charge ne se révèlent malheureusement qu'au moment du branchement des lances à incendie sur les prises prévues à cet effet, c'est à dire précisément lorsqu'un sinistre s'est déclaré. II serait donc tout a fait souhaitable de pouvoir contrôler régulièrement le bon fonctionnement des colonnes en charge. Un tel contrôle présente, cependant, des difficultés en ce sens que l'ouverture des vannes obturant les prises d'incendie provoque l'écoulement d'une quantité d'eau considérable, en raison, d'une part, de la section des colonnes et de la pression qui y règne, et d'autre part, du temps nécessaire à l'ouverture complète et à la fermeture desdites vannes. II faudrait donc prévoir spécialement, au niveau de chaque prise d'incendie, des moyens d'évacuation de très grande section. Certes, il a déjà été proposé d'effectuer des contrôles en branchant sur la prise d'incendie desdispositifs qui ne permettent l'écoulement que d'une très petite quantité d'eau dont on mesure le débit et la pression, les valeurs trouvées étant ensuite ramenées, par calcul, aux valeurs supposées réelles, compte tenu des caractéristiques desdits dispositifs. L'inconvénient de ces dispositifs réside dans le fait que, par suite de l'extrapolation qu'ils impliquent, les résultats obtenus ne sont pas nécessairement conformes à la réalité Le but que s'est fixé l'invention est de remédier à cet inconvénient, en effectuant des mesures en vraie grandeur. A cette fin, le procédé selon l'invention consiste à raccorder la vanne de prise d'incendie à un réservoir collecteur par l'intermédiaire d'une conduite d'un diamètre voisin de celui de ladite vanne, ladite conduite étant pourvue au voisinage de son extrémité aval, d'un manomètre monté en amont d'un diaphragme calibré pour permettre un débit donné sous une pression donnée, à mettre en communication, pendant un bref instant, la colonne en charge et le réservoir collecteur, et à lire la presion indiquée par le manomètre tandis que l'eau s'écoule dans un réservoir maintenu à la pression atmosphérique. II est entendu que, dans la présente description et dans les revendications, on doit comprendre les termes "amont" et "aval" par référence au sens d'écoulement de l'eau dans la conduite. En pratique, le diaphragme est calibré de manière à permettre, pour le diamètre de la vanne de prise d'incendie considéré, l'écoulement minimum requis sous la pression minimum requise. Pour procéder à la mesure, on effectue donc le raccordement de la conduite à la vanne de prise d'incendie, les moyens d'obturation à ouverture rapide étant fermés, on ouvre ensuite ladite vanne de la prise d'incendie, puis ouvre lesdits moyens d'obturation.L'eau s'écoule alors dans la conduite et est recueillie dans le réservoir collecteur, après passage dans le diaphragme calibré. II suffit de lire la pression indiquée par le manomètre monté en amont dudit diaphragme pour savoir si l'installation satisfait aux normes règlementaires, puisque si la pression est suffisante, le débit est nécessairement, lui aussi, suffisant. II apparart donc que, selon l'invention, on a la possibilité d'effectuer une mesure sur l'écoulement qui a réellement lieu, sans qu'il soit pour autant nécessaire de disposer de moyens d'évacuation spéciaux, et ce, grâce à la rapidité de la mesure (ouverture instantantanée des moyens d'obturation de la conduite, simple lecture du manomètre et fermeture instantanée desdits moyens d'obturation) Le dispositif utilisé pour la mise en oeuvre de l'invention est relativement simple. II comprend un réservoir muni, à son extrémité supérieure, d'une conduite d'alimentation ayant un diamètre voisin de celui de la vanne de la prise d'incendie, ladite conduite étant pourvue au voisinage de son extrémité amont de moyens d'obturation à ouverture rapide et, au voisinage de son extrémité aval, d'un manomètre monté en amont d'un diaphragme calibré pour permettre un débit donné sous une pression donnée. II s'agit donc d'un dispositif de faible encombrement facilement transportable, par un ouvrier, d'une prise d'incendie à une autre. En pratique, le réservoir présente, au voisinage de son extrémité inférieure, un orifice d'évacuation sur lequel est monté une conduite de vidange obtura- ble par un robinet convenable. Cette disposition permet de vider le réservoir sous un faible débit -et donc dans n'importe quel moyen d'évacuation- après chaque mesure. Avantageusement, la conduite d'alimentation et la conduite de vidange sont flexibles pour en faciliter la manipulation. Une forme d'exécution de l'invention est représentée schématiquement à la figure unique du dessin annexé qui représente le dispositif branché sur une prise d'incendie. Sur la figure, on voit une colonne en charge 1 disposée dans un un immeuble dont on n'a dessiné qu'un plancher 2. La colonne 1 est pourvue d'une prise d'incendie 3, obturée par une vanne 4. Le dispositif selon l'invention comprend un réservoir 5 fermé par un couvercle 6. Le couvercle est percé d'une ouverture 7 pour le passage d'une condui te d'alimentation 8 flexible, pourvue à son extrémité opposée au réservoir 5 de moyens de raccordement 9. Il est en outre prévu, sur la conduite 8, un robinet à ouverture instantanée 10, tel qu'un robinet à boisseau, un manomètre 11 et un diaphragme 12 calibré. Le couvercle 6 présente des lumières 13 servant d'évents. Le réservoir 5 présente, au voisinage de son fond, un orifice d'évacuation 14 relié à une conduite de vidange 15 flexible sur laquelle est prévu un robinet 16. L'extrémité libre de la conduite 15 plonge dans une bouche d'évacuation quelconque 17. Le diaphragme 12 est calibré de manière à permettre le passage du débit minimum sous la pression minimum éxigée, c'est à dire 15 m3/h sous une pression de 4 bars par une vanne de 40 mm de diamètre et 30 m3/h sous une pression de 4 bars pour une vanne de 65 mm de diamètre. Etant donné que les règlements prévoient deux tailles de prise d'incendie (40 mm et 65 mm), il est nécessaire de disposer de deux tailles de diaphragme calibré, pour pouvoir effectuer les mesvres sur les deux types de vanne. Le contrôle du fonct1onneent de la colonne en charge s'opère de la manière suivante Dans un premier temps, on branche les moyens de raccordement 9 sur la prrse d'incendie 3 de la colonne 1, les robinets 10 et 16 étant fermés. On ouvre, ensuite, complètement la vanne 4, puis on ouvre instantanément le robinet 10. Tandis que l'eau s'échappe de la colonne 1, dans la conduite 8, vers le réservoir 5 de la colonne 1, on lit la pression indiquée par le manomètre. A partir de cette seule lecture, l'opérateur sait si le débit est inférieur, égal ou supérieur au débit minimum imposé selon que la pression lue est inférieure, égale ou supérieure à la pression minimum imposée, et ce, grace au diaphragme calibré. On ferme alors la vanne 4 et débranche les moyens de raccordement 9. On peut alors ouvrir le robinet 16 pour vider, dans la bouche d'évacuation 17, l'eau contenue dans le réservoir 5. Il appariai) donc que l'invention permet facilement de mesurer, en vraie grandeur, le débit et la pression de l'eau dans la conduife en charge. Elle rend donc possible un contrôle fréquent, par exemple, annuel, du bon état des installations de lutte contre l'incendie. L'invention ayant maintenant été exposée et son intéret justifié sur un exemple détaillé, le demandeur s'en réserve l'exclusivité, pendant toute la durée du brevet, sans limitation autre que celle des termes des revendications ci-après. REV EN D ICAT lO N S 1- Procédé de contrôle du fonctionnement des colonnes en charge au niveau des vannes des prises d'incendie, caractérisé en ce qu'il consiste à raccorder la vanne de prise d'incendie à un réservoir collecteur par l'intermédiaire dune conduite d'un diamètre voisin de celui de ladite vanne, ladite conduite étant pourvue au voisinage de son extrémité amont, de moyens d'obturation à ouverture rapide et, au voisinage de son extrémité aval, d'un manomètre monté en amont d'un diaphragme calibré pour permettre un débit donné sous une pression donnée à mettre en communication, pendant un bref instant, la colonne en charge et le réservoir collecteur, et à lire la pression indiquée par le manomètre, tandis que l'eau s'écoule dans le réservoir maintenu à la pression atmosphérique. 2- Dispositif pour la mise en oeuvre du procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comprend un réservoir muni, à son extrémité supérieure, d'une conduite d'alimentation ayant un diamètre voisin de celui de la vanne de la prise d'incendie, ladite conduite étant pourvue au voisinage de son extrémité amont de moyens d'obturation à ouverture rapide et, au voisinage de son extrémité aval d'un manomètre monté en amont d'un diaphragme calibré pour permettre un débit donné sous une pression donnée. 3- Dispositif selon la revendication 2, caractérisé en ce que le diaphragme est calibré de manière à permettre, pour le diamètre de la vanne de- prise d'incendie considérée, l'écoulement minimum requis sous la pression minimum requise. 4- Dispositif selon la revendication 2 ou 3, caractérisé en ce que le réseivoir présente, au voisinage de son extrémité inférieure, un orifice d'évacuation sur lequel est monté une conduite de vidange obturable par un robinet convenable. 5- Dispositif selon l'une quelconque des revendications 2 à 4, caractérisé en ce que la conduite d'alimentation est flexible. 6- Dispositif selon la revendication 4 ou 5, caractérisé en ce que la conduite de vidange est flexible.