La présente invention a pour objet des cigarettes a taux de tabac réduit ou nul, en vue de l'imiter ou supprimer les effets néfastes sur la santé de l'homme de la nicotine que contient le tabac. Il est en effet bien connu que cette nicotine est toxique et l'on a donc déjà cherché à remplacer le tabac partiellement ou totalement, dans les cigarettes et le tabac à pipe. Divers végétaux ont été proposés a titre de substituts, par exemple les feuilles de laitue , de tussilage, de rose, diverses herbes, éventuellement en mélange avec des substances aromatiques. Ces tentatives ont eu lieu notamment aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Dans tous les cas, l'administration du pays a demande de lettre en évidence que le nouveau produit n'était pas cancérigène et la difficulté de cette démonstration a empêché la commercialisation de plusieurs de ces tabacs de remplacement. D'autres n'ont pas eu la faveur du public,parce qu'ils sont difficiles à fumer ou qu'ils ont un gout ou une odeur peu agréables. Le but de l'invention a donc été de trouver un substitut qui soit, par expérience, réputé non cancérigène, qui présente les qualités de souplesse de la feuille de tabac pour pouvoir être travaillé comme celui-ci et dont l'odeur soit agréable. Si l'on se tourne vers les végétaux proposés pour les cigarettes pharmaceutiques, il faut récuser le datura (antiasthmatique, mais toxique à forte dose) et l'eucalyptus (non toxique, mais dont les feuilles très rigides et fortement nervurées ne se prêtent pas à un traitelent correct, les cigarettes pharmaceutiques d'eucalyptus se présentant un peu comme des fagots). Il est fait appel suivant l'invention à la feuille de menthe, que l'on utilise avec une proportion réduite de tabac, en vue d'une désaccoutumance progressive, ou même que l'on utilise seule. La menthe dévrait être admise par l'administration , d'une part, parce que la Régie française des Tabacs, dénommée la S.E.I.T.A., vend des cigarettes de tabac auquel est mêlé du menthol, d'autre part, parce qu'il est vendu en pharmacie, avec visa pharmaceutique, mais sans ordonnance, des cigarettes contenant 40% en poids de feuilles de menthe (voir Dictionnaire Vidal, Cigarettesdu Docteur Cléry). L'innocuité de la menthe semble, en conséquence, admise. Si donc les cigarettes proposées précédemment, à base de feuilles de laitue, de feuilles de rose ou d'autres matières végétales, ont été jusqu'alors refusées en France, l'adninistration française devrait accepter les cigarettes à base de feuilles de menthe. .Toutefois, le but de l'invention n'est pas d'employer les feuilles de menthe telles quelles, contrairement à ce qui a lieu dans les cigarettes pharmaceutiques, telles que lesdites Cigarettes du Docteur Cléry, dans lesquelles on utilise les propriétés thérapeutiques de la menthe.L'invention a pour premier objet un procédé particulier de fabrication de cigarettes non toxiques à base de feuilles de menthe, ayant le gout et l'odeur des cigarettes au tabac mentholé du commerce, ce procédé étant caractérisé en ce que l'on fait bouillir dans de l'eau les feuilles de menthe pendant un temps prolongé allant de 10 mn à plusieurs heures, afin d'extraire de ces feuilles la plus grande partie des substances aromatiques qu'elles contiennent et d'atténuer ainsi leur goût et leur odeur, on soumet les feuilles, soit seules, soit en mélange avec une proportion réduite de feuilles de tabac, au traitement classique des feuilles de tabac employées pour la production du tabac pour cigarettes, en vue d'obtenir une souplesse comparable à celle de ces feuilles, partant un meilleur mélange s'il y a lieu, puis on fabrique des cigarettes suivant la méthode habituelle avec les feuilles de menthe ainsi traitées. Lorsque du tabac est ajouté à la menthe, on adopte pour le trai tement du mélange feuilles de menthe - feuilles de tabac, le mode opératoire particulier auquel on a habituellement recours pour la variété de tabac choisie. Les cigarettes obtenues,lorsqu'on les fume, ont le goût et l'odeur des cigarettes classiques de tabac au menthol, auxquelles le public est maintenant habitué, sans en avoir la toxicité. La phase initiale d'ébullition dans l'eau des féuilles de menthe est capitale pour leur faire perdre la majeure partie de leur goût et de leur odeur. En effet, les feuilles de menthe, choisies parce qu'elles sont souples et réputées non cancérigènes tout en étant aromatiques, doivent devenir, pour l'application envisagée ici, un support très faiblemeAL parfumé la menthe, l'intensité du parfum étant réglable par la durée de l'ébullition dans l'eau, qui est elle-même fonction de la proportion d'eau. Pour limiter celle-ci et maintenir les feuilles immergées dans la masse d'eau, on peut placer dans le récipient de traitement une plaque perforée ou en grillage, portée par des oieds lourds reposant sur le fond du récipient, la plaque occupant une surface approximativement égale à la section du récipient, les feuilles de menthe étant placées -et retenues sous ladite plaque et le niveau de l'eau dans le récipient dépassant celui de la plaque, de 2 cm par exemple au départ. La durée du traitement à l'eau et la quantité d'eau employée sont déterminées empiriquement, pour l'obtention du degré de dénaturation conve nable des feuilles de menthe. On peut maintenir le niveau constant, ou arrêter le traitement quand l'eau atteint le niveau de la plaque, le volume convenable d'eau au dessus de la plaque ayant été prédétermine. Dans la fabrication des cigarettes pharmaceutiques à la menthe, on n'a pas recours à cette phase de longue ébullition dans l'eau, qui enlève les principes actifs à effet d'aérosol de la menthe en les dissolvant dans l'eau de traitement. Mais sans l'attenuation prévue suivant l'invention de l'arôme de la menthe, le gout d'une cigarette de menthe à teneur réduite ou nulle en tabac serait trop fort, presque désagréable et, d'ailleurs, le but visé n'est pas du tout d'utiliser les propriétés thérapeutiques de la menthe ; on cherche uniquement à obtenir une matière fumable non cancérigène et légèrement parfumée, pouvant se travailler comme la feuille de tabac et pouvant aussi constituer le support non toxique d'une proportion réduite de tabac, par exemple de l'ordre de 5 à 20% en poids.On choisit alors de préférence un tabac à goût fort, tel que celui qui constitue les cigares italiens. Le procédé décrit cidessus fournit en outre un sous-produit intéressant, à savoir un extrait sec de menthe résultant du traitement des feuilles de menthe par l'eau à lébullition. En effet, l'eau de traitement amenée à sec peut fournir une tisane de menthe hydrosoluble, qui est un produit du même type que le café soluble. Ce sous-produit récupérable diminue d'autant le prix de revient des présentes cigarettes et n'est donc pas négligeable sur le plan des conditions économiques du procédé considéré. Outre le procédé défini ci-dessus, la présente invention a pour objet les cigarettes obtenues par ce procédé, qui sont caractérisées en ce qu'elles sont composées de feuilles de menthe à teneur réduite en leurs constituants aromatiques et éventuellement d'une faible proportion de tabac mélangé à la menthe, lesdites feuilles de menthe ayant été soumises, avant leur emploi pour la confection des cigarettes, au traitement classique des feuilles de tabac, éventuellement en mélange avec celles-ci, après un traitement préliminaire d'extraction partielle des substances aromatiques qu'elles contiennent. La'proportion de tabac peut être de 0% à 20% en poids, la proportion de feuilles de menthe variant alors de 100% à 80% en poids. Des modifications de détail peuvent etre apportées au procédé décrit ci-dessus et aux cigarettes qui en résultent, sans que l'on sorte pour cela du domaine de l'invention. REVENDICATIONS 1.- Procédé de fabrication de cigarettes contenant des feuilles de menthe et A taux de tabac réduit ou nul, caractérisé en ce que l'on fait bouillir dans de l'eau les feuilles de menthe pendant un temps prolonge allant de 10 mn à plusieurs heures, afin d'extraire de ces feuilles la plus grande partie des substances aromatiques qu'elles contiennent et d'atténuer ainsi leur goût et leur odeur, on soumet les feuilles, soit seules, soit en mélange avec une proportion réduite de feuilles de tabac, au traitement classique des feuilles de tabac employées pour la production du tabac pour cigarettes, en vue d'obtenir une souplesse çomparable à celle de ces feuilles, partant un meilleur mélange s'il y a lieu, puis on fabrique des cigarettes suivant la méthode habituelle avec les feuilles de menthe ainsi traitées. 2.- Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que, lorsque du tabac est ajouté à la menthe, on adopte pour le traitement du mélange feuillesde menthe - feuillesde tabac, le mode opératoire particulier auquel on a habituellement recours pour la variété de tabac choisie. 3.- Procédé suivant la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce qu'on limite la quantité d'eau nécessaire pour le traitement à l'eau tout en maintenant les feuilles immergées dans l'eau de traitement, en disposant A un certain niveau dans la masse d'eau une plaque perforée ou en grillage, sous laquelle les feuilles sont retenues. 4.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 3, carac térisé en ce qu'on mélange avec les feuilles de menthe une proportion de feuilles de tabac de 08 à 20% en poids. 5.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 4, carac terse en ce que l'on amène à sec l'eau de traitement des feuilles de menthe pour récupérer, à titre de sous-produit, une tisane de menthe hydrosoluble. 6.- Cigarettes à taux de tabac réduit ou nul, ayant le goût et l'odeur des cigarettes au tabac mentholé du commerce, obtenues par le procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisées en ce qu'elles sont composées de feuilles de menthe à teneur réduite en leurs constituants aromatiques et éventuellement d'une faible proportion de tabac mélangé à la menthe, lesdites feuilles de menthe ayant été soumises, avant leur emoloi pour la confection des cigarettes,au traitement classique des feuilles de tabac, éventuellement en mélange avec celles-ci, après un traitement prélimi naire d'extraction partielle des substances aromatiques qu'elles contiennent. 7.- Cigarettes suivant la revendication 6, caractérisées en ce qu'elles contiennent 100% à 80% en poids de feuilles de menthe et 0% à 20% en poids de tabac.