La présente Invention concerne le traitement de feuilles de verrojet notamment le traitement des bords de feuilles qui présentent des arêtes vives dans les cas où l'on chauffe la feuille en vue de la bomber ou de la tremper. 5 lies procédés actuels pour le traitement des bords de feuilles de verre avant cintrage ou trempe comportent un léger chanfreina-ge opéré à la meule sur chacune des arêtes vives que la feuille présente après avoir été détachée, par incision et cassure, d'une feuille plus grande. On peut opérer ce meulage à la main ou automatique-10 aent, mais dans les deux cas il risque d'endommager la feuille de verre du fait de la manutention supplémentaire qu'il implique. Par exemple, le meulage des bords d'une feuille de verre peut faire apparaître dans les bords de celle-ci de légères griffes ou filandres qui constituent dans la feuille des points de «oindre résistance. 15 II est nécessaire de chanfreiner ou d'arrondir les bords des feuilles de verre pour éliminer les arêtes vives qui risqueraient de couper le vitrier pendant pose d'une vitre sur une fenêtre. Ces arêtes vives risqueraient aussi de couper le joint en caoutchouc qu' il est classique d'utiliser pour soutenir des vitres ou glaces, no-20 tamment dans les véhicules à moteur. En outre, on pense qu'en supprimant les arêtes vives d'une feuille de verre, on contribue à éviter l'apparition de griffes ou filandres dans les bordB en cas de trempe ultérieure de la feuille. La présente invention a pour but principal de proposer un pro-25 cédé et un appareil pour le traitement de feuilles de verre, destiné à en éliminer les arêtes vives sans avoir à prévoir aucun traitement mécanique des bords. Elle a pour objet un procédé pour le traitement d'une feuille de verre, présentant des arêtes vives, destinée à subir un chauffa-30 ge préalable à son bombage ou à sa trempe, caractérisé en ce que pendant ou après bombage imprimé par serrage à la feuille, on laisse exposée la périphérie de la feuille et on lui imprime un chauffage supplémentaire destiné à arrondir les dites arêtes. Suivant un mode de mise en oeuvre de l'invention, on opère le 35 chauffage des bords en soumettant la périphérie exposée de la feuille à l'action d'un gaz chaud projeté le long des bords. Suivant une variante préférée de mise en oeuvre de l'invention, on opère le chauffage des bords en revêtant la zone marginale ou périphérique de la feuille d'au moins une couche de matière électriquement con-40 ductrice et en faisant passer du courant électrique à travers cette 6907831 2 2004291 couche ou ces couches pour fondre partiellement le verre dans la dite partie marginale. On prévoit de préférence deux couches de revêtement, formées chacune par une bande conductrice longeant un bord de la feuille 5 sur l'une de ses grandes faces. En variante, les deux couches de revêtement peuvent être formées chacune par une bande de matière conductrice longeant l'une des arêtes de la tranche périphérique de la feuille. Quand on sépare la feuille par cassure d'une feuille plus gran-10 de, on définit de préférence le bord de la feuille en entamant la grande feuille à l'aide d'un moyen propre à y ménager une ligne de moindre résistance, et l'on applique simultanément la matière conductrice aux deux grandes faces de la feuille à détacher par cassure le long de cette ligne de moindre résistance au moyen d'un dis-15 positif enducteur fixe par rapport au moyen qui ménage cette ligne. Des électrodes sont de préférence disposées près des bords de la feuille de verre, mais sans les toucher, et une source de haute torsion est reliée à des paires respectives d'électrodes, pour faire jaillir des arcs entre les électrodes et le revêtement conducteur 20 et faire ainsi traverser le revêtement par du courant de chauffage. Le revêtement est de préférence formé de carbone finement divisé, qui est brûlé par le courant qui le traverse. L'appareil suivant l'invention pour le traitement de feuilles de verre comprend deux matrices à bomber, des moyens propres à 25 chauffer une feuille de verre préalablement à son cintrage ou à sa trempe et à placer, la feuille chauffée entre lesdites matrices de manière à exposer une zone marginale ou périphérique continue de la feuille ét des moyens de chauffage périphérique, fixes par rapport aux matrices, destinés à chauffer la tranche exposée de la 30 feuille pour l'arrondir quand les matrices sont réunies. Suivant un mode de réalisation de l'invention, les moyens de chauffage périphérique comprennent une série de brûleurs montés sur cadre qui entoure les matrices en positions de réunion, les brûleurs étant dirigés vers la région occupée par la zone périphérique 35 d'une feuille enserrée entre les matrices. On peut prévoir des moyens de préhension de bord destinés à suspendre une feuille à traiter par son bord supérieur, les matriw ces étant mobiles horizontalement l'une par rapport à l'autre. Quand les matrices ont la forme voulue pour cintrer la feuille, on 40 opère de préférence le chauffage des bords de la feuille pendant 6907831 3 2004291 «# que celle-ci demeure enserrée entre les matrices après avoir été cintrée par elles. Pour faire plus clairement comprendre l'invention, on va maintenant en décrire à titre d'exemple certains modes de réalisation, 5 en se référant aux dessins annexés, sur lesquels : la figure 1 est une vue schématique en perspective d'une partie d'appareil pour le cintrage de feuilles de verre, agencé suivant un mode de réalisation de l'invention ; la figure 2 est une vue schématique en perspective d'un appa-10 reil à cintrer les feuilles, analogue à celui qu'on voit sur la figure 1 mais agencé suivant une variante, et la figure 3 montre schématiquement en perspective l'appareil représenté sur la figure 2 à la fin d'une opération de cintrage de feuille de verre, les matrices étant séparées. 15 Sur les dessins, les pièces homologues portent sur toutes les figures les mêmes références numériques. Sur la figure 1, on voit en 1 une feuille de verre suspendue verticalement par des pinces 2 pendant qu'elle est portée, dans un four (non représenté), à son point de ramollissement. La feuille 1 20 est amenée, par un transporteur suspendu partiellement indiqué en C, entre deux matrices 3 et 4, montées chacune sur un piston plongeur 5, 6, pour se rapprocher et s'écarter horizontalement l'une de l'autre. Les matrices 3, 4 présentent des surfaces complémentaires, de sorte que lorsqu'elles sont réunies comme représenté, elles 25 impriment par déformation à la feuille 1 une courbure désirée. Bien que les matrices 3, 4 représentées à titre d'exemple ne présentent qu'une courbure horizontale, il est bien entendu que l'invention est aussi applicable à des matrices 3, 4 à double courbure. La feuille 1 et les matrices 3» 4 sont à température sensible-30 ment uniforme à la fin du cintrage, comme décrit dans la demande de brevet français n° PV 164 811 du 2 Septembre 1968 pour : "Perfectionnements à la fabrication de verre bombé". Les pinces 2 peuvent être du genre décrit dans le brevet britannique n° 664 104. Les matrices 3, 4 ont les dimensions voulues pour laisser ex-35 posée, en positions de réunion (figure 1), une zone périphérique continue de la feuille de verre 1. Cette zone périphérique présente en général des arêtes vives, notamment lorsqu'on a séparé la feuille de verre 1 d'une feuille plus grande par découpage ou cassure. On prévoit des moyens de chauffage périphérique destinés à chauffer 40 cette zone exposée pour fondre au moins partiellement le verre à la 6907831 4 2004291 , périphérie et arrondir ainsi les arêtes vives. Solvant le mode de réalisation illustré par la figure 1, les moyens de chauffage périphérique comprennent une série de brûleurs 7 montés sur un cadre 8, fixe par rapport à la position de réunion des matrices 3, 4 et qui 5 entoure la région étroite occupée par la périphérie de la feuille de verre 1 quand les matrices 3 et 4 sont réunies. Le cadre 8 comporte un collecteur tubulalre alimenté en gaz combustible, de préférence exempt de soufre tel que propane. Chaque brûleur 7 comprend un ajutage aplati et évasé, allongé suivant la direction du bord de 10 feuille situé en regard. Le gaz envoyé aux brûleurs 7 brûle dans an excès d'air, l'inflammation étant assurée par un tube- Allumeur 9 monté au débouché de l'un des ajutages de brûleur 7. Les flammes émanant des brûleurs 7 sont projetées simultanément sur toute la périphérie exposée de la feuille de verre 1 pen-15 dant un temps bref, typiquement d'environ 3 secondes, immédiatement après réunion des matrices 3 et 4. On éteint ensuite les brûleurs 7, on sépare les matrices 3 et 4 et l'on fait transporter par les pinces 2 la feuille de verre bombée suspendue au poste de traitement suivant, qui peut être un poste de trempe ou de recuisson, selon 1' 20 usage à faire de la feuille. Les figures 2 et 3 illustrent le traitement de feuilles de verre suivant une variante de l'invention; On a encore illustré l'application du procédé à un processus de bombage de feuilles, aa cours . duquel une feuille de verre chauffée 4 est déformée entre deux gta-25 trices 3 et 4» toute sa périphérie étant exposée. Suivant cette variante, le chauffage périphérique est assuré électriquement et l'on applique à cette fin un revêtement électriquement conducteur 12 à la périphérie de la feuille, avant de chauffer celle-ci. Le revêtement est avantageusement formé d'une couche mince de carbone finement dl-30 visé et on peut l'appliquer au verre sous forme de graphite colloïdal, à la main, en utilisant soit une brosse, soit un ajutage de projection combiné à un écran convenable protégeant les parties des grandes faces de la feuille immédiatement intérieures à la périphérie. En variante, le revêtement peut être pâteux et formé d'une sus-35 pension de carbone finement divisé dans un liant organique. Après avoir appliqué le revêtement à travers un écran en soie, on laisse le liant sécher à l'air avant que la feuille de verre ne pénètre dans le four de chauffage. Pendant chauffage, le liant organique est éliminé, seul le carbone finement divisé subsistant sur la surface 40 du verre. 6907831 5 2004291 En variante, on peut appliquer mécaniquement le revêtement 12 à l'aide d'un galet parcourant les bords de la feuille. On peut par exemple déposer deux bandes étroites 12', 12" (indiquées en traits mixtes sur la figure 3) de carbone sur la feuille 5 près des deux bords à arête vive de sa périphérie, soit sur les deux grandes faces de la feuille, soit sor ses tranches, chaque bande ayant par exemple une largeur d'environ 3 mm ou moins. Quand on sépare la feuille par cassure d'une feuille plus grande, on peut a-vantageusement appliquer les revêtements de carbone 12', 12" sur 10 les deux faces de la grande feuille lorsqu'on ménage dans celle-ci la ligne de moindre résistance, à l'aide de deux galets enducteurs fixes par rapport à l'outil qui trace cette ligne et agencés pour déposer chacun une bande de carbone sur uns grande face de la feuille, en deçà de la ligne de moindre résistance. 15 Sur l'une des matrices, matrice 4 dans l'exemple choisi, sont montées une série d'électrodes 10, disposées chacune de manière à ce que, quand les matrices 3 et 4 sont réunies et qu'une feuille 1 est interposée entre elles (figure 2), l'électrode 10 se situe tout près d'un bord de la feuille 1, mais sans le toucher, chaque élec-20 trode couvrant la distance qui sépare les deux arêtes vives de la feuille. On dispose avantageusement une électrode 10 en chaque coin de la matrice 4, où il est prévu comme représenté des taquets paral-lélépipédiques. Les électrodes 10 qui se succèdent immédiatement à la périphérie de la matrice 4 sont agencées pour recevoir des pha-25 ses opposées d'une source 11 de courant alternatif biphasé sous haute tension, typiquement de 1 000 volts, à 500 périodes par seconde. Cette haute tension s'applique entre les paires successives d'électrodes 10, pendant quelques secondes, immédiatement après réunion des matrices 3, 4, de sorte que des arcs jaillissent dans les 30 petits espaces séparant chaque paire d'électrodes 10 des revêtements de carbone situés en regard. Du courant électrique peut ainsi passer à travers les revêtements de carbone, entre les électrodes 10 des paires successives, brûlant le carbone et fondant légèrement la tranche périphérique de la feuille pour l'arrondir convenable-35 ment. En variante, les électrodes 10 peuvent être équidistantes autour du pourtour de la feuille, les électrodes immédiatement voisines recevant des phases opposées de la source 11. Une fois les bords de la feuille arrondis, on cesse d'appliquer la haute tension aux électrodes 10 et l'on sépare les matrices 40 3 et 4 (figure 3). La feuille de verre 1 suspendue aux pinces 2 6907831 6 2004291 passe alors aa poste de traitement suivant, par exemple poste de trempe ou de recuisson, comme déjà exposé à propos de la figure 1. On s'est référé, pour décrire les modes de réalisation choisis à titre d'exemple, au traitement des bords d'une feuille de verre 5 chauffée suspendue verticalement par son bord supérieur. Toutefois, on conçoit que l'invention est aussi applicable à une feuille de verre soutenue horizontalement sur un moule de cintrage périphérique. On place une feuille de verre plat sur un moule horizontal a-yant la courbure à lui imprimer. On fait défiler la feuille et le 10 moule dans un four dans leçnal ils sont portés à une température é-gale ou supérieure au point de ramollissement du verre, la feuille de verre s'affaissant ensuite sous l'action de son propre poids pour épouser le moule périphérique. Pendant que le verre est encore chaud et avant de le sortir du four, on opère le traitement destiné à ar-15 rcmdir les tranches vives de la feuille à l'aide soit de brûleurs,' coaas décrit à propos de la figure 1» soit de courant traversant on revêtement de carbone précédemment appliqué, comme décrit à propos des figures 2 et 3. Lorsqu'on doit appliquer le traitement suivant l'invention aux 20 bords d'une feuille de verre chauffée à tremper ensuite sans la cintrer, il est commode de suspendre la feuille verticalement et de 1' immobiliser par rapport à des moyens fixes convenables de chauffage périphérique, en utilisant des matrices à face plane, des fils métalliques rigides ou tous autres moyens commodes pour maintenir la 25 feuille de verre pendant que les moyens de chauffage chauffent ses bords exposés. On réalise une économie considérable sur les frais de chauffage en appliquant le traitement thermique suivant l'invention aux bords d'une feuille de verre déjà chauffés en vue de son cintrage 30 ou de sa trempe. Une feuille de verre dont les bords ont subi le traitement suivant l'invention présente des tranches régulièrement arrondies du fait de la fusion partielle subie par le verre au niveau de ces tranches. En conséquence, l'invention vise encore une feuille de 35 verre traitée par le procédé et à l'aide de l'appareil décrit- ci-dessus. 6907831 7 2004291 EEVESDICi-TIONS 1) Procédé pour le traitement de feux!les de verre présentant des arêtes vives, destinées à subir un chauffage de préparation à une opération de bombage ou de trempe, caractérisé en ce que pendant ou après bombage imprimé par serrage à la feuille, on laisse 5 exposée la périphérie de la feuille et on lui imprime un chauffage supplémentaire destiné à arrondir lesdites arêtes. 2) Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on opère le chauffage des bords en soumettant la périphérie exposée de la feuille à l'action d'un gaz chaud projeté le long des bords. 10 3) Procédé selon la rèvendication 1 ou 2, caractérisé en ce qu'on opère le chauffage des bords en revêtant la partie marginale ou périphérique de la feuille d'au moins une couche de matière é-lectriquement conductrice et en ce qu'on fait passer du courant é-lectriquô à travers cette cobche ou ces couches pour fondre partiel- 15 lement le verre dans ladite partie marginale. 4) Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'on prévoit deux couches de revêtement, formées chacune par une bande conductrice longeant un bord de la feuille sur l'une de ses grandes faces. 20 5) Procédé selon l'une quelconque des revendications précéden tes, caractérisé en ce que les deux couches de revêtement sont formées chacune par une bande de matière conductrice longeant l'une des arêtes de la tranche périphérique de la feuille. 6) Procédé selon l'une quelconque des revendications précéden- 25 tes, caractérisé en ce que la ou les couches de revêtement conducteur sont en carbone finement divisé. 7) Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que, quand on sépare la feuille par cassure d'une feuille plus grande, dans laquelle son bord est défini par 30 une ligne de moindre résistance, on applique simultanément la matière conductrice aux deux grandes faces de la feuille à détacher par cassure, le long de cette ligne de moindre résistance, au moyen d* un dispositif enducteur fixe par rapport au moyen qui ménage cette ligne. 35 8) Procédé selon l'une quelconque des revendications précéden tes, caractérisé en ce qu'on opère le chauffage des bords de la feuille de verre pendant que cette feuille demeure enserrée entre des ma- 6907831 8 2004291 f v trices de bombage complémentaires, après avoir été bombée par ces matrices. 9) Appareil pour le traitement de feuilles de verre à arêtes vives, caractérisé en ce qu'il comprend deux matrices à bomber, des 5 moyens propres à chauffer une feuille de verre préalable ment à son cintrage ou à sa trempe et à planer la feuille chauffée entre les dites matrices de manière à exposer une zone marginale ou périphérique continue de la feuille et des moyens de chauffage périphérique, fixes par rapport aux matrices, destinés à chauffer la tranche 10 exposée de la feuille pour l'arrondir quand les matrices sont réunies. 10) Appareil selon la revendication 9, caractérisé en ce que les moyens de chauffage périphérique comprennent une série de brûleurs montés sur un cadre qui entoure les matrices en position de 15 réunion, les brûleurs étant dirigés vers la région occupée par la zone périphérique d'une feuille enserrée entre les matrices. 11) Appareil selon la revendication 9 ou 10, caractérisé en ce que les brûleurs comprennent des ajutages respectifs à débouchés allongés suivant la direction prise par les bords d'une feuille de 20 verre enserrée entre les matrices. 12) Appareil selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il est prévu des moyens permettant d' appliquer on revêtement électriquement conducteur à la zone périphérique de la feuille, les moyens de chauffage périphérique coa- 25 prenant des électrodes agencées pour se situer à une distance faible, mais non nulle, des bords d'une feuille de verre enserrée entre les matrices, et une source de haute tension reliée à des paires respectives d'électrodes pour faire jaillir des arcs entre les électrodes et le revêtement conducteur et faire traverser ainsi le 30 revêtement par on courant de chauffage. 13) Appareil selon l' une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il comporte des dispositifs de préhension de bord destinés à suspendre une feuille à traiter par son bord supérieur, les matrices étant mobiles horizontalement l'une 35 par rapport à l'autre.