L'invention a pour objet un procédé et une machine de traitement d'une bande d'étoffe en déplacement et plus particulièrement une machine pour dégraisser par solvant des bandes de textile en continu. Pendant la fabrication de types variés de produits textiles tels que des produits tissés ou tricotés, certaines impuretés s'accumulent dans la nappe de tissu. Par exemple, de petites quantités d'huile sont appliquées sur l'étoffe ou tissu à titre de lubrifiant, en particulier aux premiers stades de la fabrication du tissu. I1 faut enlever ces huiles ainsi que d'autres impuretés à un stade ultérieur pour obtenir un produit propre et fini. La demande de brevet français nO 74 13 056 déposée le 12 avril 1974 au nom de la demanderesse décrit un procédé et une machine qui sont particulièrement utilisables pour le dégraissage par solvant de bandes de tissus plates de section tubulaire ou en pleine largeur et pour le séchage subséquent de la bande sans allongement de celle-ci ni aucune autre déformation. Un but de l'invention est de fournir un procédé et une machine pour appliquer un liquide, tel qu'un solvant de dégraissage, suivant une couche continue de manière à empêcher que l'étoffe ne soit rayée. Un autre but de l'invention est d'apporter des perfectionnements à des bottes d'aspiration qui permettent l'enlèvement du liquide en excès d'une bande ou nappe de tissu en déplacement. La machine selon l'invention pour traiter par un liquide tel qu'un solvant de dégraissage ou un autre liquide analogue une nappe de tissu plate en mouvement comprend une bande transporteuse ajourée destinée à recevoir et transporter le tissu ou étoffe le long de son brin supérieur, une série de barres d'aspersion disposées au-dessus du brin supérieur de la bande et un déflecteur arqué monté sur chaque barre d'aspersion pour transformer le jet projeté par celle-ci en une nappe continue de liquide destinée à être répandue sur l'étoffe et sur la bande. Une botte d'aspiration située sous le brin supérieur de la bande transporteuse est destiné à enlever le liquide en excès de l'étoffe.Cette botte comporte une ouverture en forme de fente occupant toute la largeur de la bande et une paire de rideaux souples tratnent sur la face supérieure de la bande respectivement des deux côtés de celle-ci, pour obturer efficacement la fente de la botte d'aspiration en dehors de la largeur de l'étoffe. Les rideaux sont effilés et fixés à un rouleau de fixation au moyen duquel ils peuvent être allongés ou raccourcis en fonction de la largeur de l'étoffe en cours de traitement. L'invention sera bien comprise par la description qui suit, faite à titre d'exemple et en se référant au dessin annexé dans lequel la figure 1 est une vue un peu schématique en coupe et en élévation latérale d'une machine de traitement d'étoffe selon l'invention; la figure 2 est une coupe latérale détaillée représentant une barre d'aspersion selon l'invention; la figure 3 est une vue en élévation frontale d taillée de la barre d'aspersion; la figure 4 est une vue en plan de dessus du mécanisme de fermeture de la boite d'aspiration selon l'invention; et la figure 5 est une vue détaillée en coupe et en élévation latérale du mécanisme d'obturation de fente. La référence 10 désigne, dans son ensemble, une machine de traitement de tissu ou étoffe comportant des éléments d'enveloppe modulaires 12 et 14 liés l'un à l'autre d'une manière amovible le long d'un joint vertical 16. En général, l'élément antérieur 12 sert de chambre de dégraissage par solvant tandis que l'élément postérieur 14 sert de chambre de séchage. Bien que la machine soit principalement destinée au dégraissage d'étoffes, elle peut évidemment être employée dans différentes autres applications comportant l'application de liquides sur une nappe d'étoffe en mouvement. La machine 10 est enfermée presque entièrement dans l'enveloppe formée par des parois latérales 18, des parois d'extrémité 20 et 22, des parois inférieures 24 et 26 et des parois supérieures 28 et 30. Une nappe d'étoffe 32 en déplacement qui peut être en pleine largeur comme dans le cas de tissus, ou sous forme d'un tube plat comme dans le cas d'articles tricotés, est élevée par un transporteur 34 en pente et tombe sur un toboggan 36 incliné vers le bas, qui pénètre dans le premier compartiment 12 et se termine un peu au-dessus du brin supérieur d'un transporteur 38 orienté horizontalement. Un palpeur 40 est disposé entre l'orifice de sortie du toboggan 36 et le début du transporteur 38 pour commander la ten sion de la nappe d'étoffe 32 au fur et à mesure que celle-ci est amenée au transporteur. Le palpeur coopère avec un des tambours d'entratnement du transporteur d'alimentation 34 et sert à commander la vitesse d'amenée de la nappe dans la chambre de dégraissage.Si l'amenée est trop rapide, la nappe se drape lache- ment lorsqu'elle quitte le toboggan tandis qu'elle se tend si elle est amenée trop lentement. En tout cas, le palpeur détecte l'état et produit, par l'intermédiaire de l'élément de commande, une correction pour empêcher qu'il apparaisse une surtension ou du mou dans la nappe. Plusieurs groupes de barres d'aspersion 42, 44 et 46 sont montés au-dessus du brin supérieur du transporteur 38, mutuellement espacés et parallèles suivant une direction transversale au transporteur, leurs positions étant telles qu'ils répandent des nappes continues successives 48 de solvant sur la nappe 32 au fur et à mesure que celle-ci passe sous les groupes de barres. De façon spécifique, chaque groupe de barres d'aspersion peut comporter trois barres constituées chacune par un tube 50 relié à une source de liquide comprimé, tel qu'un solvant dégraissant, et comportant une série d'orifices 32 espacés et tournés vers l'ar rière, ou vers la droite selon les figures 1 et 2. Un déflecteur arqué 54 est monté sur la partie supérieure de chaque tube 50 par exemple au moyen d'une soudure ou d'une manière analogue et s'étend derrière le tube et vers le bas, suivant un arc d'environ 1800, son rayon étant supérieur à celui du tube de sorte que le bord inférieur se dirige vers l'avant jusqu'à un point situé sensiblement directement sous le tube 50 et au-dessus de l'étoffe 32. La fonction du déflecteur arqué consiste à transformer les jets sortant des différents orifices 52 en une nappe 48 continue de liquide de dégraissage occupant toute la largeur de l'étoffe 32. Comme représenté sur la figure 3, les jets projetés par les orifices 52 heurtent la surface intérieure du déflecteur 54 et s'étalent de manière à fusionner avec des jets adjacents et à descendre le long du déflecteur en formant une nappe continue occupant toute la largeur de la bande sans aucune discontinuité. Ceci a l'avantage d'éviter que le tissu ne soit rayé et assure un lavage très efficace. Chaque groupe de tubes d'aspersion 50 comprend trois tubes et est relié par un conduit respectif 56, 58 et 60 à sa propre pompe 62, 64 ou 66. Chacune des pompes est reliée par un conduit 68, 70 ou 72 à un réservoir ou cuve collectrice 74, 76 ou 78, respectivement. Les cuves collectrices 74,76 ou 78 sont montées cote-à-côte tout en étant décalées verticalement l'une par rapport à l'autre, le réservoir 74 étant au-dessous du niveau du réservoir 76, lequel est, lui-même au-dessous du niveau du réservoir 78. Les liquides en ruissellement à partir des barres d'aspersion situées au-dessus du transporteur sont recueillis dans la cuve, la majeure partie de ces liquides descendant une paroi inclinée 80 pour pénétrer dans la première cuve 78. La paroi 80 est située directement sous une barre d'aspersion 82 de structure semblable à celle des autres barres d'aspersion, disposée à la fin des groupes de barres d'aspersion et reliée par un conduit 84 à un alambic à partir duquel seul du solvant frais et propre est répandu sur la nappe de tissu avant que celle-ci ne quitte la chambre de dégraissage. Ainsi, la cuve 78 provoque, conjointement avec la pompe 66, les conduits 70 et 72 et les barres d'aspersion 46, une recirculation du solvant relativement propre à ce stade puisqu'il est le plus proche du solvant frais provenant de la barre d'aspersion 82. Le trop-plein de la cuve 78 tombe dans la cuve médiane 76, laquelle recueille aussi une partie du liquide qui ruisselle à partir des barres d'aspersion associées situées directement audessus de cette dernière cuve et qui contient les impuretés enlevées par lavage par le groupe de barres d'aspersion 42. Ainsi, le second groupe de barres d'aspersion 44 lave l'étoffe avec un solvant qui est moins propre que le solvant traversant les barres d'aspersion 46 mais qui est cependant plus propre que le solvant s'écoulant dans le premier groupe de barres d'aspersion 42. Le trop-plein de la cuve 76 tombe dans la cuve 74 où il est remis en circulation à partir du premier groupe de barres d'aspersion 42 par une pompe 62.Puisque l'étoffe qui pénètre dans la première partie du poste de dégraissage subit son premier nettovage au premier poste, le solvant en circulation est relativement sale par rapport aux autres stades auxquels le solvant est de plus en plus propre jusqu'au moment où l'étoffe passe sous la barre d'aspersion 82 et auquel du solvant frais tout à fait propre est répandu et l'étoffe est entièrement dégraissée. Un tel recyclage du solvant assure une très grande capacité de lavage et un lavage très efficace en maintenant à un minimum la gurntité totale de solvant nécessaire malgré le grand volume de pompage. Le tropplein de la cuve 74 se déverse dans un collecteur 86 d'où il sort par un conduit 88 puis est ramené par pompage à l'alambic où le solvant est purifié puis ramené au poste de dégraissage par le conduit 84.Un équipement accessoire, tel qu'un réservoir de stockage et des pompes associées, est prévu et est relié à l'alambic pour compenser les pertes dues à l'évaporation, à des fuites, etc.. Un tel recyclage du solvant multiplie le rendement de nettoyage. Par exemple, si on suppose que la capacité de pompage à partir de l'alambic est de 2271 litres/minute, ce volume de liquide de lavage est multiplié à peu près par quatre par les phases de recyclage, et le facteur de multiplication en question dépend du nombre de phases de recyclage. L'efficacité de dégraissage est encore accrue si la bande est soumise à des vibrations en passant par le poste de dégraissage. Celles-ci peuvent être produites par un rouleau 90 excentré en rotation monté sous le brin supérieur de la bande transporteuse 38 et destiné à faire vibrer la courroie ainsi que l'étoffe au passage de cette courroie. A la sortie de l'étoffe transportée par le transporteur 38 de la chambre de dégraissage, cette étoffe passe devant une boite d'aspiration 92 montée sous le brin supérieur de la bande transporteuse et reliée par un tuyau 94 à une pompe à vide qui renvoie le solvant récupéré dans l'alambic. En pratique, la bande transporteuse 38 se présente sous forme d'un crible ou d'une trame pouvant être traversé(e) librement par le solvant. La botte d'aspiration 92, représentée en particulier sur les figures 4 et 5, peut avoir une structure tubulaire comportant,le long de sa partie supérieure, une ouverture 96 en forme de fente par-dessus laquelle la bande transporteuse 38 se déplace avec l'étoffe 32. La fente 96 occupe toute la largeur de la bande transporteuse 38 pour s'adapter à des bandes d'étoffe de largeurs différentes susceptibles d'être transportées par le transporteur. Du fait que des nappes d'étoffe de différentes largeurs sont traitées par la machine, il est prévu des moyens pour obturer les extrémités de la fente qui ne sont pas recouvertes par l'étoffe 32. On comprendra que, si une nappe étroite passait devant la fente, il passerait plus d'air à travers les extrémités non obturées de la fente qu'à travers l'étoffe et l'efficacité d'aspiration en ce qui concerne la nappe d'étoffe serait notablement réduite. Une paire de rideaux souples 98 et 100 sont prévus pour assurer que tout l'air qui pénètre dans la botte d'aspiration est dirigé à travers l'étoffe 32. A une extrémité, les rideaux sont enroulés sur un rouleau de fixation 102 monté au-dessus de la courroie 38 et commandé au moyen d'un volant à main 104, ou un élément analogue en saillie sur le côté de l'enveloppe.Comme représenté en particulier sur la figure 4, les bords extérieurs extremes des rideaux 98 et 100 sont parallèles aux bords de la bande transporteuse 38 tandis que les bords intérieurs opposés convergent intérieurement l'un vers l'autre à partir de la zone la plus étroite située à l'extrémité libre du rideau de sorte que les parties des rideaux qui sont enroulées sur le rouleau de fixation 102 sont plus larges. Quand la bande transporteuse 38 fonctionne en se déplaçant dans le sens des flèches, les extrémités étroites des rideaux traînent à partir du rouleau de fixation 102 sur la bande transporteuse vers la droite, selon les figures 1 et 5, et par-dessus la partie supérieure de la botte d'aspiration de manière à couvrir les extrémités extérieures de l'ouverture 96 en forme de fente.La longueur du rideau qui est traînée à partir du rouleau de fixation 102 est réglée par le volant 104 à main de telle manière que seules les parties de la fente qui ne sont pas couvertes par l'étoffe 32 sont couvertes par les rideaux 98 et 100. Les rouleaux doivent être laissés déroulés de manière à rencontrer la fente sur les bords de l'étoffe, comme représenté en particulier sur la figure 4. Dans l'éventualité du traitement d'une nappe d'étoffe plus large, on fait tourner le rouleau de fixation dans le sens de l'enroulage de manière à amener en position des parties plus étroites des rideaux tandis, que, dans l'éventualité du traitement d'une nappe d'étoffe plus étroite, une surface plus importante de la fente doit être couverte et on fait tourner le rouleau de fixation dans le sens du déroulage pour amener en position des parties plus larges des rideaux. En pratique, les rideaux sont constitués par une matière appropriée à usure lente qui n'est pas altérée par des liquides employés dans le procédé. Différents types de matières qui ne se détériorent pas dans des solvants sont disponibles et peuvent être utilisées avantageusement. A partir de la botte d'aspiration 92, l'étoffe est amenée sous une barre d'aspersion 106 destinée à répandre un produit chimique liquide sur toute la largeur de l'étoffe. La barre d'aspersion est reliée par un conduit 108 à une pompe et des réservoirs de stockage associés et le liquide en excès est récupéré au moyen d'une cuvette collectrice 110. A ce poste, il est possible d'appliquer différents types de produits chimiques tels que, par exemple, un produit chimique de finition vendu sous le nom commercial "Scotchguard" par la Compagnie 3M. A partir du poste de finition 106, la nappe d'étoffe est amenée dans la région de séchage 14 qui comporte une série de bandes transporteuses 112, 114 et 116 qui sont disposées l'une au-dessus de l'autre et qui sont décrites d'une manière plus détaillée dans la demande de brevet précitée. La nappe d'étoffe traverse la chambre de séchage suivant des trajets en sens inverses et est extraite par un transporteur incliné 118 ascendant puis sort de la chambre de séchage. REVENDICATIONS 1.- Procédé de traitement d'une nappe d'étoffe en déplacement, caractérisé en ce qu'on transporte la nappe plate et reld- chée le long d'un trajet prédéterminé, en ce qu'on transforme des écoulements distincts d'un liquide de traitement en des nappes continues de liquide transversales au trajet en question, en ce qu'on applique lesdites nappes de liquide à différents emplacements espacés le long dudit trajet, et en ce qu'on sèche la nappe d'étoffe. 2.- Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on met sous vide une portion de la nappe d'étoffe pour enlever au moins une partie du liquide de celle-ci après que cette nappe ait reçu un jet de liquide frais. 3.- Machine de traitement d'une nappe d'étoffe en mouvement, caractérisée en ce qu'elle comprend un moyen transporteur destiné à transporter la nappe d'étoffe dans un état sensiblement plat le long d'un trajet prédéterminé, une série de postes de distribution de liquide qui sont espacés le long dudit trajet et destinés à répandre du liquide sur la nappe d'étoffe, chaque poste comportant un tube monté au-dessus du transporteur, parallèlement à celui-ci et percé d'une série d'orifices espacés et orientés dans une direction généralement parallèle au trajet du transporteur et un déflecteur arqué monté parallèlement au tube en face desdits orifices de telle sorte que le liquide traversant le tube par pompage passe à travers lesdits orifices pour frapper le déflecteur et fusionner suivant une nappe continue de liquide avant de quitter le déflecteur en direction du transporteur. 4.- Machine selon la revendication 3, caractérisée en ce qu'elle comporte une chambre de séchage enfermant ledit trajet, un ventilateur relié à la chambre de séchage pour faire circuler à travers celle-ci de l'air et de la vapeur, des moyens de chauffage communiquant avec le ventilateur pour chauffer l'air et la vapeur, et un condenseur communiquant avec la chambre pour condenser au moins une partie de la vapeur. 5.- Machine selon la revendication 4, caractérisée en ce qu'elle comprend des moyens de vibreur qui attaquent le transporteur dans ladite chambre pour faire vibrer la nappe d'étoffe. 6.- Machine selon la revendication 4, caractérisée en ce qu'elle comporte un moyen d'aspiration interposé entre ladite chambre et lesdits postes pour enlever une partie du liquide de la nappe d'étoffe. 7.- Machine selon la revendication 4, caractérisée en ce qu'elle comporte, le long dudit trajet, des moyens d'application de produits chimiques sur la nappe d'étoffe. 8.- Machine selon la revendication 3, caractérisée en ce que ladite chambre est reliée auxdits postes d'une manière amovible, la construction étant modulaire. 9.- Machine selon la revendication 4, caractérisée én ce que le moyen d'aspiration comprend une botte d'aspiration montée sur le transporteur et comportant une fente supérieure orientée transversalement au transporteur, un rouleau de fixation monté au-dessus du transporteur devant la fente et une paire de rideaux effilés fixés aux extrémités opposées du rouleau de fixation et traînant sur le transporteur et par-dessus les extrémités de la fente. 10.- Dispositif pour obturer sélectivement les extrémités d'une fente d'une botte d'aspiration par-dessus laquelle une bande transporteuse ajourée transporte une nappe d'étoffe, caractérisé en ce qu'il comprend un rouleau de fixation monté audessus de la bande transporteuse avant la fente, une paire de rideaux effilés qui sont fixés, à leur extrémité large, aux extrémités opposées du rouleau, dont les extrémités libres trois nent sur la bande transporteuse et par-dessus les extrémités de la fente, et qui ont des bords extérieurs parallèles au transporteur et des bords intérieurs convergeant mutuellement vers le rouleau, et des moyens de mise en rotation du rouleau pour allonger ou raccourcir sélectivement les rideaux de telle sorte que les extrémités des fentes puissent être effectivement ouvertes et fermées.