La présente invention se rapporte à une plaque de blindage à revêtement intérieur pour char d'assaut, destinée à protéger de l'action des projectiles anti-char, en particulier des projectiles à compensation d'équilibre, des projecti les à tête aplatie et des projectiles à charge creuse. On connaît déjà un certain nombre de plaques de blindage à revêtement pour chars d'assaut qui ont pour but, par leurs diverses conformations et par le choix des matériaux, d'empêches un projectile de les traverser ou tout au moins de le freiner. Par contre, l'expérience montre qu'il n'est guère possible d'obtenir une protection suffisante contre la perforation par des projectiles très puissants, par exemple les projectiles à compensation d'équilibre sous-calibrés ou les projectiles à charge creuse. En plus du danger que représente le projectile qui traverse le blindage, les éclats secondaires que ce projectile détache de la face intérieure de ce blindage représentent un grave danger pour l'équipage et pour les munitions. En raison de leur grande énergie cinétique et thermique et du fait qu'ils sont dispersés en essaims à l'intérieur de l'espace qufil s'agit de protéger, ces éclats secondaires représentent souvent un danger plus grand que le projectile qui traverse le blindage. Des essais de tir au but ont montré que les munitions atteintes par des éclats chauds explosent, alors que si elles sont traversées par un projectile à compensation d'équilibre ou même par un projectile à charge creuse, il ne se produit pas de détonation. De même, il a été constaté au cours des récents combats de chars (1973 guerre du -Yom Kippour) que de nombreux véhicules ont été traversés par des projectiles à charge creuse sans que l'équipage s'en aperçoive. Partant du fait qu'il n'est guère possible d'obtenir, sans grandes dépenses, une protection suffisante contre la perforation par des projectiles puissants et que le danger principal provient souvent des éclats secondaires qui sont arrachés de la face intérieure du blindage lorsque celui-ci est atteint ou traversé par un projectile, l'invention vise à empocher la formation d'éclats secondaires ou tout au moins à ramener leurs énergies cinétique et thermique à une valeur qui les rend inoffensifs. L'invention est caractérisée par le fait que la plaque de blindage comporte sur sa face intérieure un revête ment en un matériau dont la densité est plus faible que celle de la plaque et est avantageusement comprise entre 1,0 et 1,6, ce matériau possédant un grand coefficient d'allongement à la rupture et étant en liaison intime avec ladite plaque. Si un projectile atteint une plaque de blindage selon l'invention, une partie importante de lténergie de l'onde de choc qui se propage dans cette plaque est transmise au revêtement voisin, qui l'absorbe grâce à ses bonnes pro- priétés d'amortissement. Dans de nombreux cas-, cela permet déjà d'empecher la la production d'éclats se détachant de la plaque, car l'énergie résiduelle de l'onde de choc qui agit encore sur la face intérieure de cette plaque, ntest plus suffisante pour engendrer des contraintes de traction assez fortes pour en arracher des éclats. Pourtant, si l'énergie résiduelle reste encore assez grande pour que des éclats soient projetés, ils sont fortement freinés dans le revêtement, en raison de sa grande résistance à la rupture. I1 est possible d'augmenter encore cette action en incorporant une toile, par exemple en acier, en fibres de verre ou de carbone, dont la ténacité et la résistance à la rupture sont encore plus grandes, car cela permet de transmettre l'énergie des éclats à d'autres parties du revêtement. Pendant que l'éclat traverse ce rev8tement, celui-ci en absorbe aussi l'énergie thermique. Il est possible de renforcer l'action de refroidissement au moyen d'un liquide contenu dans des cavités du revêtement. L'invention sera décrite plus en détail en regard des dessins annexes à titre d'exemple nullement limitatif et sur lequel la figure 1 est une coupe d'une plaque de blindage selon l'invention ; et la figure 2 représente en coupe cette plaque après deux coups au but. Sur la plaque 1, qui peut être en acier trempé ayant une densité d'environ 7,6 est fixé, au moyen d'une couche de colle 2, un revêtement 3 en un matériau dont la densité est comprise entre 1,0 et 1,6 et qui possède un coefficient élevé d'allongement à la rupture. Des élastomères, tels que le caoutchouc, possèdent ces propriétés et ils peuvent être reliés à la plaque 1 au moyen d'une couche 2 de colle au caoutchouc synthétique ou naturel. Il est important que cette liaison entre la plaque 1 et le revêtement 3 soit réalisée sans laisser de poche d'air, car sinon il ne serait pas possible d'obtenir le résultat visé par l'invention. En effet, l'onde de choc qui se propage dans la plaque sous l'effet de l'impact d'un projectile ne pourrait alors pas être transmise à ce revêtement adjacent 3.Ce dernier peut aussi être constitué de couches de caoutchouc de duretés différentes, afin d'améliorer les possibilités de liaison par collage ou vulcanisation au matériau de la plaque. Par ailleurs, cela permet de rendre le revêtement 3 plus résistant aux contraintes mécaniques et de mieux adapter au matériau de la plaque des surfaces de natures différentes. La figure 2 est une coupe d'un blindage qui a été atteint par des projectiles de deux genres, dont l'un a traversé la plaque 1, puis la couche 2 et le revêtement 3, tandis que les éclats secondaires 4 arrachés à la face intérieure de cette plaque 1 ont été retenus dans ce revêtement 3. De tels impacts sont dus en particulier à des coups au but de projectiles sous-calibrés à compensation d'équilibre ou de projectiles à charge creuse. L'autre point d'impact représenté sur la figure 2 montre un coup au but d'un projectile à tête aplatie. Etant donné que le danger particulier de ces projectiles provient avant tout du fait qu'ils sont destinés à créer des éclats secondaires, un blindage réalisé conformément à l'invention permet d'obtenir justement une protection efficace contre les projectiles de ce genre. Le revêtement 3 peut être recouvert sur sa face intérieure de diverses autres matières afin d'augmenter sa résistance aux chocs ou d'assurer une protection contre l'inflammation. I1 est de même possible de le recouvrir de couches isolantes, réfléchissant la chaleur, etc. Par ailleurs, ce revêtement 3 et éventuellement les couches additionnelles peuvent être façonnes plastiquement de façon à pouvoir loger et maintenir des objets et appareils non attachés. Dans ce cas, ses bonnes propriétés d'amortissement ont un effet avantageux, en particulier pour diminuer les contraintes de choc et améliorer l'insonorisation. Par ailleurs, il est possible d'incorporer dans le revêtement 3 une toile 5, par exemple en acier, en fibres de verre ou de carbone, ce qui permet de transmettre lténergie des éclats à d'autres parties du revêtement 3. I1 va de soi qu'il est possible d'apporter diverses modifications à la plaque de blindage décrite, sans s'encarter du domaine de l'invention. REVENDICATIONS 1. Plaque de blindage à revêtement intérieur pour char d'assaut, destinée à protéger de l'action des projectiles anti-char, en particulier de l'action des projectiles à compensation d'équilibre, des projectiles à tête aplatie et des projectiles à charge creuse, plaque caractérisée par le fait qu'elle porte sur sa face intérieure un revêtement (3) en un matériau dont la densité est inférieure à celle de cette plaque (1) et est comprise avantageusement entre 1,0 et 1,6, ce revêtement (3) ayant un coefficient élevé d'allongement à la rupture et étant en liaison intime avec ladite plaque (1). 2. Plaque de blindage selon la revendication 1, caractérisée par le fait que le matériau du revêtement (3) est en élastomère. 3. Plaque de blindage selon la revendication 1 ou 2, caractérisée par le fait que le revêtement (3) est lié à cette plaque (1) au moyen d'une couche (2) de colle à base d'élastomère, 4. Plaque de blindage selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée par le fait qu'une toile (5) à grande résistance à la rupture est noyée dans le rev8tement (3). 5. Plaque de blindage selon la revendication 4, caractérisée par le fait que la toile (5) est en acier de grande ténacité. 6. Plaque de blindage selon la revendication 4, caractérisée par le fait que la toile (5) est en fibres de verre. 7. Plaque de blindage selon la revendication 4, caractérisée par le fait que la toile (5) est en fibres de carbone. 8. Plaque de blindage selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée par le fait que le revêtement (3) entoure des cavités contenant un agent de refroidissement.