-1 2460479 Description Domaine Technique La présente invention concerne le domaine de la fabrication des circuits intégrés à semi-conducteurs et plus particuliè- rement un procédé de caractérisation de la teneur en oxygène de barreaux de semi-conducteur, typiquement en silicium, tirés selon la méthode de Czochralski. Les tendances actuelles de la micro-électrique qui conduisent à- des blocs semi-conducteurs, de plus en plus intégrés, exigent une connaissance de plus en plus poussée en physique du solide, des substrats utilisés. Généralement ces derniers sont en silicium monocristallins obtenu, soit par la méthode de Czochralski, soit par la méthode de zone flottante. Il est reconnu que les barreaux de silicium tirés selon la méthode de Czochralski (appelés ci-après barreaux CZ) ont une teneur en oxygène supérieure à celle des barreaux obtenus par la méthode dite à zone flottante (appelés ci-après barreaux FZ). En effet cette contamination est provoquée par la réaction du silicium liquide avec les parois en silice du creuset, qui produit du SiO, il en résulte une incorporation non négligeable d'oxygène dans le silicium. Les barreaux CZ ont une teneur moyenne en oxygène comprise entre 2 et 20. 1017 at/cm3 de silicium, tandis que les barreaux FZ ont une teneur moyenne.comprise entre 0,01 et 0,2. 1017 at/cm3 de silicium. Cette concentration importante en oxygène a pour le silicium des conséquences importantes, tant du point de vue électrique que du point de vue de la pureté cristal- line. En effet, en ce qui concerne le premier point, les atomes d'oxygène ont tendance à diffuser lors du tirage et à se regrouper pour former des aggrégats, de composition successive SiO2, SiO3,..., S'On' certains d'entre eux agissent en tant que donneurs, et peuvent donc prendre une part prépondérante dans le type de conductivité et la résis- tivité du silicium. 2 2460479 La résistivité est un paramètre essentiel du matériau semi- conducteur, on peut déterminer à partir d'elle, les impuretés électriquement actives. La résistivité sera mesurée par la méthode classique dite des quatre pointes. Le type de conduc- tivité sera déterminé par la méthode classique thermo- électrique. Pour donner un ordre de grandeur de la sensibilité de la résistivité à la présente d'oxygène, la génération de 1014 donneurs par cm3 dans une tranche de type P de résistivi- té 16 Q.cm porte sa résistivité à 18 S2.cm, et la génération de 5.1014 donneurs/cm3 la portera à 36 R.cm; alors qu'une is. 3 génération de 2. 1015 donneurs/cm convertira le matériau de type P en type N, avec une résistivité de 15 fl.cm. On pourra se référer aux travaux d'Irvin: Bell System Techn. Journal Vol. 41, pp. 387-410, mars 1962 sous le titre: "Resistivity of bulk silicon and of diffused layer". Par ailleurs, la présence de ces agglomérats dans la structure cristalline peut être source de dislocations et de défauts divers, qui peuvent nuire à la qualité cristalline du matériau et donc à la fiabilité du produit final. Cependant dans la mesure o le phénomène est bien contrôlé il est généralement admis que la présence d'oxygène dans les substrats de silicium est généralement bénéfique. Ces agglo- mérats ou précipités seront ultérieurement utilisés comme centres de piégeage d'impuretés non désirées au cours des différents cycles thermiques que comporte la fabrication de circuits intégrés. Ce problème est décrit en détail dans la demande de brevet français No. 78 26223 déposée le 8 sep- tembre 1978 par la demanderesse et intitulée: "Procédé pour accroître l'effet de piégeage interne des corps semi-conduc- teurs". Dans la présente demande il ne sera pas tenu compte de la contamination provoquée par les atomes de carbone dont l'influence est certainement plus faible que celle des atomes d'oxygène, mais ne peut cependant être tenue pour négligeable. La concentration en oxygène interstitiel est généralement 3 2440479 mesurée par spectromètrie infrarouge (I.R.) à partir du pic d'absorption situé à la longueur d'onde de 9 pm. Un coefficient d'absorption aox proportionnel à la concentration en oxygène est ainsi obtenu; la constante de proportionnalité sera définie à partir d'échantillons dont le niveau d'oxygène a été mesuré par d'autres techniques (exemple: analyse par activation). Dans notre cas cette constante de proportionnalité, en accord avec les standards américains ASTM, est de 0, 63 ppmA/cm. L'unité ppmA qui signifie "part per million atomic" correspond à 0,5 x 1017 atomes par cm3 de silicium. La technique infrarouge est généralement précise, mais des précautions doivent être prises en ce qui concerne l'état de surface de l'échantillon et des corrections liées aux nombres de porteurs doivent être parfois apportées. Description du problème et état de la technique Les tranches de silicium obtenues à partir des barreaux CZ, contiennent de l'oxygène, il est essentiel de connaître le comportement de ces tranches lors des différent traitement thermiques ultérieurs auxquels elles seront soumises (diffusion, oxydation,...), et notamment de comprendre les raisons de certaines modifications notables de la résistivité, ou même du type de conductivité. L'étude de l'influence de l'oxygène sur les propriétés électriques des substrats de silicium CZ a été conduite expérimentalement à l'aide de recuits, effectués à des températures différentes. Fuller et al (Physical Review 96, 833(A) 1955 ont montré que des recuits effectués dans la gamme des températures comprises entre 400 et 5000C avaient un impact considérable sur la résistivité des barreaux CZ. Pour des températures inférieures à 400'C, il y a génération de complexes donneurs, mais pas de maximum sensible même après un recuit de 500H: W. Kaiser et al, Phys. Rev. 112, 1546, 1958. Ce même auteur a mis en évidence (Phys. Rev. 105, 1751, 1957) d'une part un maximum pour la génération de donneurs pour un recuit à 450'C, pendant environ 100 H et 4 2460479 d'autre part le lien entre la concentration initiale d'oxygène et le nombre de complexes donneurs. On sait également qu'aux environs de 650'C, même pendant un temps relativement court (30mn), il se produit la destruction de ces complexes électriquement actifs formés à 4500C, les atomes d'oxygène précipitent sous une nouvelle phase électri- quement inactive (SiO2). C'est la raison pour laquelle cette température est universellement employée pour le recuit dit de stabilisation, qui fige la résistivité des barreaux CZ. Le recuit de stabilisation peut être également réalisé à 10000C pendant des temps relativement longs (20H) mais cette température présente évidemment moins d'intérêt que la température de 6500C mentionnée précédemment. Actuellement le procédé consiste à découper toutes les tranches à partir d'un barreau CZ stabilisé à 650'C et rectifié. Ces tranches sont ensuite rodées, puis polies, et leur niveau d'oxygène est mesuré par des techniques IR, enfin elles sont triées une par une, pour ne garder que les tranches bonnes en spécification oxygène. Ce procédé est très coûteux, et limite considérablement la productivité des lignes "matériaux". La présente invention, à la lumière des enseignements déve- loppés dans cette demande fournit un procédé de caractérisation des tranches à partir du décalage en résistivité mesuré sur des bouts de barreaux CZ à qui on a fait subir des traitements thermiques spécifiques: à une température comprise entre envi- ron 6000C et 9000C, pendant un temps compris entre environ 1 et 10 heures. Le besoin se fait sentir aujourd'hui d'avoir des tranches de silicium à concentration d'oxygène contrôlée, précipitant plus ou moins rapidement suivant les dispositifs que l'on va fabriquer et qui doivent rester à l'intérieur de spécifications très serrées en résistivité. Dans une première application aux produits bipolaires on veut détecter les parties de barreaux dont le niveau d'oxygène est approximativement inférieur à 35-36 ppmA. Dans une autre 2450479 application aux produits unipolaires on veut détecter les parties de barreaux dont le niveau d'oxygène est approximati- vement supérieur à 30 ppmA. C'est donc un premier objet de l'invention que de décrire un procédé sensible et précis permettant de caractériser la teneur en oxygène des barreaux de silicium afin de ne traiter que la partie qui correspond à la concentration d'oxygène désirée. C'est un autre objet de l'invention que de pouvoir prévoir la forte précipitabilité en oxygène de certaines tranches découpées à partir de barreaux CZ. C'est encore un autre objet de l'invention que de fournir aux lignes de fabrication des tranches découpées à partir de barreaux CZ, stables en résistivité (ou qui ne varieront que d'une quantité prévue à l'avance). De façon connue les barreaux CZ sont stabilisés, en résistivité à une température voisine de 6000C (située entre les deux pics de résistivité, 450'C et 750'C qui seront mis en évidence ci-après) et pendant un temps de 0,5 à 3 heures (ce qui évitera toute génération de donneurs). Le procédé de caractérisation de l'invention comporte alors les étapes suivantes: découper une portion d'environ lcm d'épaisseur en tête ou en queue de barreau (suivant que J'on veuille garantir une spécification d'oxygène maximum ou minimum); mesurer sa résistivité; recuire cette portion à une température comprise entre 600 et 9000C pendant un temps suffisant dans une atmosphère neutre (N2); décaper chimiquement la surface de la portion pour la nettoyer et mesurer l'incrément de résistivité; c'est la valeur mesurée de cet incrément qui caractérisera finalement la teneur en oxygène du barreau. Pratiquement, comme on le verra, la tem- pérature sera comprise entre 6500C et 8500C et le temps compris entre 1 et 6 heures. 6 2460479 Cette technique de mesure indirecte du niveau d'oxygène nous permettra de reconnaître rapidement les parties des barreaux CZ bonnes en spécification oxygène et par conséquent de ne découper, roder, et polir que des tranches dont on sera certain qu'elles seront utilisables sur les lignes de fabrication. Dans une réalisation préférée, pour garantir une spécification maximum d'oxygène de 35-36 ppmA, la température de recuit sera de 8250C, le temps voisin de 2 heures et l'incrément de résistivité de la portion découpée en tête de barreau sinon nul du moins très faible. En effet pour une tranche de type p initialement autour de 19 2.cm, une génération de 1014 donneurs/cm3 fait varier sa résistivité de 3 2.cm (voir les travaux précités d'Irvin), on se rend compte de la sensibilité du présent procédé. De plus dans le cas.o une génération de précipités est désirée pour accroître le piégeage interne on pourra suivant les enseignements du brevet No. 78 26223 précité, faire subir au barreau des traitements thermiques adaptés et caractériser la précipitation suivant le procédé décrit dans ce brevet. Toutefois, si les tranches ont été traitées en dessous de 850'C, de très fortes générations de précipités pourront être détectées à partir des variations de résistivité. Ces variations se corrigeront généralement lors des traitements thermiques en lignes de fabrication. D'autres objets, caractéristiques et avantages de la présente invention ressortiront mieux de l'exposé qui suit, fait en référence aux dessins annexés à ce texte, qui représentent un mode de réalisation préféré de celle-ci. Brève description des figures La figure 1 représente le nombre de donneurs générés (ND) en fonction de la durée du recuit (t) en heures à 450'C pour diverses concentrations initiales d'oxygène EU]. La figure 2 représente le nombre de donneurs générés par 7 246O479 heure de recuit (MDGH) en fonction de la concentration initiale d'oxygène iO- donnée en ppmA à 450'C. La figure 3 représente le nombre de donneurs ND générés en fonction des durées de recuit t en heures, pour différentes températures de recuit pour des tranches présentant une concentration initiale d'oxygène ú01 = 38,3 ppmA. Les figures 4, 5, 6, 7 et 8 représentent d'une part le nombre de donneurs générés ND et d'autre part la précipitation de l'oxygène en ppmA en fonction de la durée de recuit (t), à des températures de recuit respectives de 6000C, 6500C, 750'C, 8250C et 9000C pour diverses concentrations d'oxygène; La figure 9 représente le nombre de donneurs maximum générés par heure de recuit MDGH en fonction des températures de recuit (t) pour différentes concentrations initiales d'oxygène E0]. La figure 10 montre l'évolution du nombre de donneurs générés lors d'un recuit à 4500 pendant 20 heures, en fonction du temps t pour un second recuit effectué à 6500C et pour différentes concentrations initiales d'oxygène [O] en ppmA. La figure 11 représente l'annihilation à 10000C des donneurs générés par un recuit de 5 heures à 7500C en fonction de la durée de recuit (t) pour des tranches ayant différentes concentration initiales d'oxygène [O] en ppmA. Les premier et second chiffres indiquent respectivement la concentration initiale et finale en oxygène (en ppmA) c'est-à-dire avant et après le recuit à 7500C. La figure 12 représente l'évolution des donneurs générés ND en fonction de la concentration initiale d'oxygène [U] à 8250C pour des durées de recuit de 2 heures et de 5 heures. La figure 13 représente l'évolution des donneurs générés N D en fonction de la concentration initiale d'oxygène [U] pour un recuit de 6 heures à 7500C. 8 2460472 Description de l'invention 1. Génération par traitement thermique de donneurs liés à l'oxygène a) Autour de 450'C: Les travaux de Fuller, cités plus haut avaient posé le problème pour des traitements thermiques voisins de 4500C. Kaiser dans ses diverses publications a proposé des théories explicatives basées sur la génération, à ces températures, de complexes donneurs type SiO4, qui étaient détruits à des températures plus élevées Xv 6000C. Leur génération suivait une loi en E0]4 et passait par un maximum, ce qui était conforme aux expériences. Les résultats de la figure 1 confirment les travaux de Kaiser; toutefois les informations sur l'oxygène qu'on peut tirer à partir des variations de résistivité sont trop imprécises (voir les écarts types-élevés sur la figure 2) pour être utilisées industriellement. b) Aux températures supérieures à 4500C: Les courbes représentées sur la figure 3 nous indiquent que, pour des tranches à fort niveau d'oxygène, des donneurs sont générés très rapidement aux tempéra- tures voisines de 7500C. Les résultats des études systématiques conduites aux températures de 6000C, 6500C, 7500C, 8250C et 9000C sont montrées sur les figures 4 à 8. On peut observer en parallèle une précipitation de l'oxygène qui suit les mêmes lois, exception faite de la température de 9000C; ce phénomène n'avait pas été détecté à 4500C. Par ailleurs, on peut voir sur la figure 4 que pour des temps inférieurs à 5 heures, il n'y a pas de génération de donneurs; c'est pour cette raison qu'il est recommandé de stabiliser la résistivité des barreaux (ou des tranches) à cette tempéra- ture. 2. Etude du phénomène a) Pics de résistivité Pour quantifier le phénomène pour des concen- trations initiales d'oxygène différentes, on définit un nouveau paramètre MDGH qui correspond au nombre de donneurs maximum générés par heure de recuit (le MDGH correspond donc à la pente maximale des courbes ND - f(t) représentées sur les figures 4 à 8). Si on reporte le MDGH en fonction des températures de recuit T allant de 300 à 900*C pour des concentrations [0] différentes, on trouve la très intéressante courbe de la figure 9. On retrouve le pic prévu par Kaiser à 450çC bien connu dans la littérature, mais ce qui apparaît nouveau c'est l'existence d'un deuxième pic de résistivité aux environs de 750'C. Ce pic est sur- tout mis en évidence entre les températures de 650 et 8500C bien qu'en fait il soit sensible entre 600 et 9000C. b) Relation entre les deux pics Quoique tous deux reliés à l'oxygène, les deux pics sont de nature différente pour les raisons suivantes: Existence d'un minimum à 6000C 25. Précipitation de l'oxygène observée uniquement lors du second pic. Toutefois pour confirmer ce point on a généré des donneurs à 4500C pendant un temps de vingt heures puis on a traité les tranches à 6500C (figure 10). On peut voir que les donneurs générés à 4500C sont complètement détruits avant que les nouveaux (de nature donc différente) soient générés. c) Stabilité des différents donneurs Les donneurs relatifs au pic de 450çC sont très 2460472 parfaitement détruits (comme Kaiser l'a montré ou comme on peut s'en rendre compte sur la figure ), ils sont de ce fait peu gênants actuellement. On a vu ci-dessus que la guérison des donneurs générés à 750'C est beaucoup plus difficile que la guérison des donneurs générés à 450'C. Des traitements prolongés à hautes températures sont nécessaires, comme le montre la figure 11, pour les faire disparaître. Le point est effectivement très important ici, pour le contrôle de la résis- tivité des produits FET, susceptible d'être soumis à des dépôts chimiques en phase vapeur et à basse pression (LPCVD) qui se situent précisément autour de 7500C. Un tel procédé est particulièrement bien décrit dans le brevet français No. 76 35591 déposé par Motorola le 25 novembre 1976 et intitulé: "Procédé pour déposer du nitrure de silicium sous vide". Dans ce cas on peut choisir de ne garder que les tranches qui ont une teneur en oxygène suffisante pour assurer un piégeage interne (gettering) appré- ciable. 3. Applications industrielles des résultats montrés sur la figures 9 a) Stabilisation de la résistivité La meilleure température pour la stabilisation de la résistivité se situera au minimum entre les deux pics soit vers 600'C. Les temps devront être inférieurs à 3 heures (figure 4) pour éviter toute génération de donneurs. En fait la stabilisation peut être effectuée de façon satisfaisante entre 550 et 6500C avec une durée comprise entre 1 et 5 heures environ. il 2460479 b) Contrôle du niveau d'oxygène des barreaux CZ et définition du procédé de caractérisation de ces barreaux Le problème posé est donc celui de déterminer avec précision la concentration ou teneur en oxygène EO] des barreaux CZ, parce que selon cette teneur on aura (ou on n'aura pas) de génération de don- neurs dans les procédés thermiques ultérieurs, qui provoquent des variations souvent non désirées de la résistivité. Le pic de 4500C n'est pas utilisable à cet effet, les résultats montrés sur la figure 2 sont trop imprécis comme on l'a écrit ci-dessus (paragraphe l.a). Par contre ce qui apparaît, avec plus ou moins d'amplitude sur les figures 4 à 8, c'est que l'effet de génération de donneurs est une fonction très sen- sible de la concentration initiale en oxygène EU]. Sur la figure 7 qui correspond à T=825', on voit que la génération de donneurs est pratiquement nulle pour EOJ 36. La différentiation est donc très nette. En outre, cet effet est très rapidement sensible, il suffit en effet de recuire entre 1 et 10 heures pratiquement entre 1 et 6 heures pour que l'on puisse distinguer les comportements. Des temps de recuit supérieur peuvent bien sr s'envi- sager mais ils présentent un faible intérêt indus- triel. Sur la figure 9, on peut se rendre compte que l'effet de génération de donneurs autour du pic de 7500C est en fait sensible dans la gamme de 600'C à 9000C. Cette dernière correspond pratiquement à la gamme utile. En effet, à 600'C, (figure 4), l'effet existe mais il faut recuire longtemps pour distinguer les différentes concentrations -12 2460472 initiales, pratiquement au moins 20 heures, cette température correspond donc à la température limite basse du présent procédé de caractérisation. A 900'C (figure 8) on voit que l'effet de généra- tion de donneurs a pratiquement disparu, cette température n'est guère intéressante et correspond donc à la température limite supérieure du présent procédé. La teneur en oxygène décroissant généralement de la tête du barreau (près de la semence) vers la queue, on mesurera la valeur maximum sur une portion du barreau, en fait une tranche d'environ 1cm d'épaisseur, que l'on aura découpée en tête du barreau; (inversement, on mesurera la valeur minimum sur une portion découpée en queue du barreau). Le procédé de caractérisation de la présente invention consistera donc: 1) à découper cette portion en tête du barreau stabilisé (en queue) et à mesurer sa résis- tivité, 2) à recuire cette portion à une température comprise entre environ 650'C et 850'C pendant un temps compris entre environ 1 et 6 heures sous une atmosphère neutre d'azote.par exemple, 3) à décaper chimiquement la surface de cette portion pour exposer le silicium qui a pu être oxydé et mesurer de nouveau la résisti- vité, 4) si l'incrément de résistivité est supérieur (ou inférieur) à un certain nombre de 2.cm correspondant à une génération significative de donneurspar exemple 1014 donneurs/cm,3 qui correspond finalement à une concentra- tion initiale d'oxygène non désirée, on 13 2460479 recommencera la même procédure après avoir éliminé 3 à 4cm de barreau, en découpant une nouvelle portion du barreau. Exemples: Pour les produits bipolaires on veut garantir une spécification de 36 ppmA d'oxygène maximum, ce qui assure l'absence de l'effet de généra- tion de donneurs et même une légère annihila- tion qui est souhaitable, pour la stabilité de la résistivité du barreau. Dans ce cas la tranche épaisse provenant de la tête du barreau sera recuite par exemple à 8250C pendant approximativement deux heures et l'incrément de résistivité devra être nul ou du moins très faible ce qui correspond à une génération de porteurs nulle ou très faible (voir figure 12). On pourrait définir une valeur critique de l'incrément de résistivité correspondant à une génération significative de donneurs. Par exemple la valeur critique sera de 3 R.cm pour un barreau de silicium de type P de 19 fl.cm ce qui correspond d'après les courbes d'Irvin à la génération de 1014 donneurs par cm3. Les figures 7 et 12 nous montrent la précision de la mesure (pas d'incrément à 34,8 ppmA et incrément très fort au-dessus de 37 ppmA); comparable à la précision de l'infrarouge qui est de 2 ppmA. On voit en particulier sur la figure 12 que le recuit à 8250C pendant 2 heures permet de caractériser les tranches ayant une concentra- tion initiale en oxygène inférieure à 36 ppmA tandis qu'une durée de 5 heures est plus appropriée pour la valeur de 33-34 ppm.A. Dans le cas de barreaux destinés aux lignes de fabrication de produits FET, un niveau 14 2460472 minimum d'environ 30 ppmA est indispensable pour assurer l'effet de piégeage interne désiré. La tranche épaisse provenant de la queue du barreau sera recuite par exemple à 750'C pendant 6 heures et l'incrément de résistivité devra être sensible pour être certain qu'il y a eu génération de donneurs. Par exemple l'in- crément minimum autorisé sera de 3 n.cm pour une valeur initiale de résistivité d'un barreau de type P d'environ 19 2.cm, ce qui correspond comme on l'a vu ci-dessus à une géné- ration de donneurs de 1014 donneurs/cm3, valeur qui peut être considérée comme significative. Si l'incrément de résistivité est inférieur on recommencera la même procédure après avoir éliminé 3 à 4cm du barreau en découpant une nouvelle portion du barreau. La figure 13, nous montre là aussi, la précision de la technique. Ainsi ce procédé de caractérisation, associé à un choix judicieux d'une température de recuit (comprise entre 650 et 8500C) et d'une durée de recuit (comprise entre 1 et 6 heures), appropriées permet de caractériser différents besoins en barreaux. On a donné ci-dessus deux exemples importants pour les lignes de fabri- cation, mais qui ne sont pas limitatifs. c) Prévision de la forte précipitabilité des tranches, et des variations de résistivité. Dans le cas o des traitements de génération de précipités ont été faits pour accroître le piégeage interne (suivant le brevet français précité No. 78 26223) et que la température choisie est inférieure à 850'C; les tranches à très forte précipitabilité pourront être détectées suite à la variation de résistivité (ceci s'explique facile- ment vu la relation observée dans les figures 4 à 2460479 7 entre la précipitation et l'effet donneur). De plus pour les tranches ayant légèrement évolué on peut prévoir leur valeur finale lorsque les donneurs auront été éliminés durant les traitements en ligne de fabrication. 4. Avantages du procédé de caractérisation a) Sur le tri en oxygène des tranches La partie de barreau bonne en spécification d'oxygè- ne est connue sans qu'il y ait à découper et polir des tranches minces, d'o un gain considérable de productivité. En effet le procédé utilisé auparavant consistait à découper toutes les tranches à partir d'un barreau CZ stabilisé à 6500C et rectifié. Ces tranches étaient ensuite rodées, puis-polies et enfin leur concentration d'oxygène était mesurée par des techniques infrarouge qui demandent un bon état de surface. Un profil d'oxygène était alors établi en fonction d'une gorge en biais qui avait été faite sur le plat de la tranche (voir IBM Technical Disclosure Bulletin, Vol. 20, No.8, janvier 1978, pages 3154 un article intitulé "Reference mark for locating a wafer in semiconductor rods" par D. Mallejac; les tranches étaient alors triées une à une pour ne garder que les tranches bonnes en spécification d'oxygène. Cette procédure était donc très lourde et coûteuse pour la produc- tion, d'o l'intérêt de nouveau procédé. b) Sur la stabilité de la résistivité et la précipitabilité de l'oxygène Cette étude nous donne des informations précieuses sur ces deux paramètres fondamentaux sur lesquels des spécifications sont prévisibles très rapidement. Bien que l'on ait décrit dans ce qui précède et représenté sur les dessins les caractéristiques essentielles de l'invention 16 2460470 appliquées à un mode de réalisation préféré de celle-ci, il est évident que l'homme de l'art peut y apporter toutes modifications de forme ou de détail qu'il juge utiles, sans pour autant sortir du cadre de ladite invention. 17 2460479 REVENDICATIONS 1. Procédé de caractérisation de barreaux en silicium tirés selon la méthode de Czochralski destinés à fournir des tranches à teneur en oxygène contrôlé, caractérisé en ce qu'il comporte les étapes suivantes: 1. stabilisation du barreau, 2. découper une première portion de barreau voisine d'une première extrémité du barreau et mesurer sa résistivité, 3. recuire cette portion à une température comprise entre environ 6000C et 9000C pendant un temps suffisant pour générer des donneurs le cas échéant, dans une atmosphère neutre, 4. nettoyer cette portion et déterminer l'incrément de résistivité pour en déduire la concentration initiale d'oxygène EU] recherchée. 2. Procédé selon la revendication 1 caractérisé en ce que la gamme de température est comprise entre 6500C et 850'C et la durée de recuit entre 1 et 6 heures. 3. Procédé de caractérisation selon la revendication 1 ou 2 caractérisé en ce que ladite première extrémité est la tête du barreau et que si l'incrément de résistivité est inférieur à la valeur critique qui correspond à une génération de donneurs significative, la portion res- tante du barreau est sélectionnée pour être traitée sur les lignes de fabrication de produits bipolaires. 4. Procédé de. caractérisation selon la revendication 3 caractérisé en ce que si l'incrément est supérieur à cette valeur critique on recommence les étapes 1 à 4 avec une nouvelle portion approximativement adjacente à 18 246047P la première portion et plus éloignée de la tête du barreau. 5. Procédé de caractérisation selon la revendication 3 ou 4 caractérisé en ce que pour sélectionner les barreaux qui ont une concentration en oxygène inférieure à 36 ppmA la température de recuit est de 8250C et la durée de recuit voisine de 2 heures. 6. Procédé de caractérisation selon la revendication 1 ou 2 caractérisé en ce que ladite première extrémité est la queue du barreau et que si l'incrément de résistivité est supérieur à la valeur critique qui correspond à une génération de donneurs significative, la portion restante du barreau est sélectionnée pour être traitée sur les lignes de fabrication de produits unipolaires. 7. Procédé de caractérisation selon la revendication 6 caractérisé en ce que si l'incrément est inférieur à cette valeur critique, on recommence les étapes 1 à 4 avec une nouvelle portion approximativement adjacente à la première portion et plus éloignée de la queue du barreau. 8. Procédé de caractérisation selon la revendication 6 ou 7 caractérisé en ce que pour sélectionner les barreaux qui ont une concentration supérieure en oxygène à ppmA la température de recuit est de 750'C et la durée de recuit voisine de 6 heures. 9. Procédé de caractérisation selon l'une quelconque des revendications ci-dessus, caractérisé en ce que la stabilisation du barreau s'effectue à 600'C pendant un temps compris entre 1 et 3 heures. 10. Procédé de caractérisation selon l'une quelconque des revendications ci-dessus, caractérisé en ce que l'atmosphère neutre est l'azote et que l'étape de nettoyage comprend l'élimination de la mince couche 19 2460479 d'oxyde superficiel dans un bain d'acides NO3H + HF. 11. Procédé de caractérisation selon l'une quelconque des revendications ci-dessus, caractérisé en ce que la génération significative de donneurs correspond à la génération de 1014 donneurs/cm3 d'après-les courbes d'Irvin. 12. Procédé de caractérisation selon la revendication 11 caractérisé en ce que la valeur critique est égale à 3 ohms.cm pour une tranche P de 19 ohms.cm de résisti- vité. 13. Procédé de caractérisation selon l'une quelconque des revendications ci-dessus, caractérisé en ce que la première portion est une tranche épaisse de barreau d'épaisseur lcm environ.