PrrcEds pour la fabrication d'aubes de turbine refroidies au moyen d'un corps poreux et produit obtenu suivant ce procédé. La présente invention a pour objet un procédé pour la fabrica- tion d'aubes de turbine refroidies au moyen d'un corps poreux et le produit obtenu suivant ce procédé. Les aubes de turbine refroidies utilisées actuellement font appel à des artifices de fonderie sophistiqués tels que la présence à l'intérieur des aubes creuses de picots, pontts, ailettes, perturbateurs, etc. Ces organes intérieurs de l'au- be sont réalisés à partir de noyaux céramiques compliqués et coûteux qu'il faut ensuite dissoudre après la coulée et qui rend la tache des fondeurs délicate. Il est également possible d'obtenir un refroidissement sa- tisfaisant des aubes en remplissant la cavité des aubes creuses d'un matériau poreux qui présente en outre l'avan- tage de participer à leur tenue mécanique par l'amortisse- ment des vibrations. Des essais ont été effectués avec un matériau constitué à partir de microbilles brasées par diffusion, mais, dans un tel matériau, les pertes de charge sont importantes et il faut une très forte pression pour faire circuler l'air de refroidissement. Par ailleurs, on connait un matériau poreux constitué à partir de copeaux métalliques, et qui a fait l'objet de la demande de brevet français 78 21894, ledit matériau présen- tant une porosité cinq à six fois plus importante que celle du matériau constitué à partir de billes. Conformément à la présente invention, on utilise un procédé pour la fabrication d'aubes de turbine refroidies au moyen d'un corps poreux caractérisé en ce que la cavité de l'au- be dont le fond est muni d'un moyen d'obturation provisoire 248351! est remplie soit d'un mélange de copeaux métalliques et d'une poudre constituée à partir de métaux à bas point de fu- sion, soit de copeaux métalliques revêtus de métaux à bas point de fusion, l'ensemble étant soumis à une opération de chauffage afin d'obtenir une liaison des copeaux entre eux et aux parois de l'aube par brasage diffusion au moyen du- dit métal fusible. La forme de ruban et la forme en virgule présentées généra- lement par les copeaux entraînent plusieurs conséquences faborables à la fois sur la tenue mécanique de l'aube et sur le coefficient d'échange. En plus de la tenue mécanique on a constaté que le remplissa- ge permet de changer la fréquence de résonance de la masse vibrante. La liaison des deux parois par l'intermédiaire d'un remplissage de copeaux apporte un effet intermédiaire entre celui que l'on obtenait avec des pontets rigides et celui obtenu avec une aube creuse. La masse de remplissage absorbe ici du travail et joue un rCle d'amortisseur, con- tribuant à éliminer- lteffet de vibration relative entre les deux parois. - - On notera qu'au cours de l'opération de remplissage les co- peaux ont tendance, au voisinage des parois, à s'ordonner de façon à ce que leur cnté plat soit en partie au contact de la paroi, offrant ainsi une surface de contact suffisan- te pour la liaison par brasage diffusion. Par rapport à l'emploi de micro-billes comme matériau de remplissage on évite un inconvénient qui avait été constaté au moment de l'opération de liaison au moyen d'une poudre constituée de métaux à bas point de fusion. On aboutissait en effet à la formation de petits ménisques entre les sphè- res, ayant pour effet de diminuer considérablement la poro- sité. 24835 13 En ce qui concerne les avantages sur le plan de l'échange thermique, on a constaté que l'effet de conduction métalli- que apporté par les copeaux peut se superposer à l'effet de convection apporté par la grande surface d'échange offerte, réalisant ainsi un trajet allongé de transfert de la chaleur vers ltair de refroidissement circulant dans la partie cen- trale de l'aube. On a constaté enfin que, du fait de leur usinage, les co- peaux présentent toujours une surface rayée dont les aspé- rités forment perturbateurs, cassant la couche limite lami- naire qui pourrait abaisser le coefficient d'échange. Le procédé suivant l'invention permet dtobtenir des aubes présentant un refroidissement aussi performant que celui qu'on obtient actuellement, sans faire appel à des disposi- tifs compliqués et de réalisation coûteuse. L'augmentation du coefficient d'échange que permet l'utilisation de copeaux métalliques entraîne une diminution du débit nécessaire pour obtenir un A t déterminé pour les aubes. Enfin, le procédé permet une amélioration de la tenue mé- canique des aubes. D'autres caractéristiques et avantages de luinvention se- ront mieux compris à la lecture de la description qui va suivre de plusieurs modes de réalisation et en se référant aux dessins annexés, sur lesquels - la figure 1 est une vue en perspective d'une aube de turbine réalisée conformément au procédé suivant l'inven- tion; - la figure 2 est une vue en perspective d'une aube compurtant une cloision intérieure verticale; - la figure 3 est une vue en perspective d'une aube comportant des cloisons verticales et transversales; - la figure 4 est une vue en perspective d'une aube dans laquelle le tassement des copeaux varie dans le sens radial; - la figure 5 est une vue en perspective d'une aube comportant une cloison transversale; - la figure 6 est une vue en perspective d'une aube comportant des passages radiaux le long des parois. A la figure 1 on a représenté une aube de turbine 1 présen- tant une cavité 2 qui est remplie d'un corps poreaux 3 réa- lisé suivant le procédé de l'invention. Le corps poreux est constitué de copeaux réalisés à la fraise ou par tournage ou par tout autre moyen d'usinage dans un matériau métallique très conducteur. En réglant la vitesse de coupe et la profondeur de passe, on obtient des copeaux qui se brisent à une longueur pratiquement uniforme. Suivant le procédé ayant fait l'objet de la demande de bre- vet français 78 21894, on mélange les copeaux à une poudre constituée à partir de métaux à bas point de fusion. Le mélange comporte environ 85 à environ 99,5 % en poids de copeaux dlun matériau de base choisi parmi le nickel, le chrome, le tungstène, le molybdène, le fer et le cobalt et les divers alliages de ces métaux, et envion 15 à 0,5 % en poids d'un métal auxiliaire fusible choisi parmi l'étain, ltindium, le gallium, le germanium, l'antimoine ainsi que les mélanges et les alliages desdits métaux. On remplit la cavité 2 de l'aube avec le mélange 3 défini ci-dessus, après avoir provisoirement obturé le fond de la cavitd de l'aube à l'aide d'une plaquette soluble ou d'un montage spécial introduit par le pied 4 de l'aube. L'aube 1 ainsi remplie de ce mélange est passée au four afin d'obtenir un brasage difrision des copeaux entre eux et aux parois de l'aube. Ltensemble est chauffé sous une atmosphère contr8lée et en absence de pression, à une température pen- dant une durée suffisante pour provoquer la fusion et la dif- fusion du métal fusible dans les copeaux, et dans la paroi de l'aube. Un matériau poreux conforme à l'invention, mais réparti dtune façon uniforme à l'intérieur de l'aube, peut, dans certaines applications, empocher que l'aube ne soit isotherme. Pour tenir compte de cette nécessité, on peut faire varier la porosité du matériau 3 et son coefficient d'échange tant axialement que radialement, ou transversalement. A la figure 2, on a représenté une aube qui comporte une cloison 5 disposée axialement, et-qui divise la cavité prin- cipale de l'aube en deux cavités 6 et 7, ddnt l'une, 6, re- çoit une certaine quantité de copeaux 8 que l'on peut com- primer davantage avant leur passage au four. On peut utiliser dans les différentes cavités délimitées par une ou plusieurs cloisons axiales, telles que 5, des copeaux d'un module différent, ou encore ne remplir qu'une seule cavité 6 comme représenté à la figure 2 et laisser vide la cavité 7. La cloison 5 séparant les cavités 6 et 7 peut Jtre provi- soire, notamment en silice qui est dissoute après la coulée. Cette cloison, lorsqu'elle est dissoute laisse subsister une colonne vide qui peut être utilisée pour alimenter en air de refroidissement les colonnes poreuses. Comme représenté à la figure 3, on dispose dans la cavité de l'aube 1 une cloison axiale 9 ramifiée par des cloisons trans- versales 10 qui, après dissolution, laissent subsister des espaces pour moduler l'alimentation en air suivant le niveau radial de l'aube. Il faut noter que par les méthodes de fonderie actuelles la cavité du bord d'attaque est difficile à réaliser en raison de son faible rayon; or, c'est la zone la plus chaude de l'aube. C'est à cet endroit que se situe le point d'arrêt et on peut noter la présence de deux zones d'accélération de part et d'autre de la ligne d'arr9t, cette accélération con- duisant à un coefficient d'échange défavorable (davantage de calories cédées à la paroi du bord d'attaque. Pour une aube fixe, on peut utiliser deux alimentations d-ont une par le bas et Vlautre par le haut. En outre, le bord d'attaque peut être percé par un procédé électrolytique et cela permet de combiner l'effet de suda- tion aux effets de conduction et de-convection forcée dans le matériau. Suivant un autre mode de réalisation représenté à la figure 4, le tassement des copeaux peut varier dans le sens radial, afin de créer des zones I,II et III dans lesquelles le coef- ficient d'échange du matériau évolue du pied au sommet de l'aube (zone I). Cette variation du coefficient d'échange peut 9tre également obtenue en faisant varier le module des copeaux. Une faible porosité dans la zone intermédiaire II, comme illustré dans l'exemple-de la figure 4, correspond avanta- geusement au profil de répartition de température de l'au- be et favorise à la fois un refroidissement par conduction et un refroidissement par convection, dû à l'accélération du fluide caloporteur dans les canaux multiples de cette -7 zone-. De même, pour une aube présentant des hétérogénéités de tem- pérature entre lintrados et l'extrados, il est prévu une cloison II soluble ou non, s'étendant transversalement en- tre le bord d'attaque et le bord de fuite, de manière à créer deux cavités 12 et 13 intéressant respectivement l'ex- trados et l'intrados de l'aube. Cette disposition permet d'utiliser dans les cavités 12 et 13 un tassement ou module de copeaux différents sur une face ou sur l'autre, et de faire varier radialement le tassement ou le module sur une face ou sur les deux. A la figure 6, on a représenté une aube dans la cavité de laquelle sont prévues des colonnettes 14 et 15 droites ou ramifiées, qui sont disposées le long des parois. Après dissolution des colonnettes 14 et 15, on obtient ainsi des passages radiaux pour la circulation de l'air dans les dif- férentes couches du matériau poreux. REVENDICATIONS 1. Procédé pour la fabrication d'aubes de turbine refroidies au moyen d'un corps poreux, caractérisé en ce que la cavité (2) de l'aube (1) dont le fond est muni d'un moyen d'obtura- tion provisoire est remplie d'un mélange (3) de copeaux mé- talliques et d'une poudre constituée à partir de métaux à bas point de fusion, ledit mélange étant soumis à une opéra- tion de chauffage afin d'obtenir une liaison des copeaux en- tre eux et aux parois de l'aube par brasage diffusion au mo- yen dudit métal fusible. 2. Procédé pour la fabrication d'aubes de turbine refroidies au moyen d'un corps poreux, caractérisé en ce que la cavi- té (2) de l'aube (1) dont le fond est muni d'un moyen d'ob- turation provisoire est remplie d'un mélange (3) de copeaux métalliques revêtus de métaux à bas point de fusion, ledit mélange étant soumis à une opération de chauffage aFin d'obtenir une liaison des copeaux entre eux et aux parois de l'aube par brasage diffusion au moyen dudit métal fusi- ble. 3. Procédé suivant la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que le mélange est constitué d'environ 85 à environ 99,5 % en poids d'un matériau de base choisi parmi le ni- ckel, le chrome, le tungstène, le molybdène, le fer et le cobalt et les divers alliages de ces métaux, et environ 15 à 0,5 % en poids d'un métal auxiliaire fusible choisi par- mi l'étain, l'indium, le gallium, le germanium, l'antimoine, ainsi que les mélanges et les alliages desdits métaux. 4. Procédé suivant la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que l'aube comporte au moins une cloison verticale (5) délimitant des cavités dont au moins une (6) est remplie de copeaux métalliques. 5. Procéde suivant la revendication 4, caractérisé en ce que l'aube comporte au moins une cloison verticale (9) et des cloisons (10) s'étendant transversalement, délimitant des cavités remplies de copeaux. 6. Procédé suivant la revendication 5, caractérisé en ce que les différentes cavités sont remplies de copeaux métalliques d'un module différent. 7. Procédé suivant les revendications 4 et 5, caractérisé en ce que la cloison est provisoire et dissoute après la coulée, de manière à laisser une colonne vide dans le matériau po- reux utilisé pour alimenter en air les colonnes poreuses. S. Procédé suivant l'une des revendications 1 ou 2, caracté- risé en ce que le tassement des copeaux varie dans le sens radial de telle sorte que le coefficient d'échange du maté- riau évolue du pied au sommet de l'aube. 9. Procédé suivant l'une des revendications 1 ou 2, caracté- risé en ce que le module des copeaux varie dans le sens ra- dial, de telle sorte que le coefficient d'échange du maté- riau évolue du pied au sommet de l'aube. 1O.Procédé suivant ltune des revendications 1 ou 2, caracté-_ risé en ce que l'aube est munie d'une cloison soluble ou non (11) s'étendant transversalement entre le bord d'atta- que et le bord de fuite, de manière à créer deux cavités (13,12) intéressant respectivement l'intrados et l'extrados et qui sont remplies de copeaux métalliques. 11.Procédé suivant l'une des revendications 1 ou 2, carac- térisé en ce qu'il est prévu le long des parois de l'aube des colonnettes solubles droites ou ramifiées (14, 15) constituant, après leur disparition, des passages radiaux dans le matériau poreux. 12. Aube refroidie au moyen d'un corps poreux réalisée con- formément au procédé suivant les revendications 1 à 11, ca- ractérisée en ce que la cavité de l'aube renferme un corps poreux constitué de copeaux métalliques liés entre eux et à la paroi de l'aube par brasage diffusion au moyen d'un métal fusible. 13. Aube refroidie suivant l'une des revendications 1 à 11, caractérisée en-ce qu'elle présente des orifices dans la paroi mettant en communication au moins une cavité avec l'extérieur.