La présente -invention concerne l'obtention de vicine et l'application de cet hétéroside au traitement des arythmies cardiaques. La vicine a été identifiée par Bendich et Clements en 1953 (Bioch. Biophys. Acta 1953, 12, pp. 462-477) et par Lin et Ling en 1962 (J. Formosan Med. Assoc. 1962, 61,pp. 484-489). Ces auteurs ont pu établir qu'elle était présente dans diverses espèces de Vicia et en ont donné la structure, qui correspond à la formule brute C10 H16 N407, H2 et à la formule développée suivante : On sait également que la vicineest présente dans les graines et les fleurs de Vicia faba L., des légumineuses, et que ces dernières sont à l'origine, chez certains sujets qui y sont prédisposés, d'une maladie appelée favisme.Ce terme de favisme désigne un syndrome observé chez lés sujets ayant une déficience congénitale en glucose 6 phosphate déshydrogénase (G6PD) érythro- cytaire, après l'absorption de fèves, notamment de fèves fratches. Le tableau clinique des accidents faviques qui peuvent survenir chez les sujets déficients en G6PD consiste essentiellement en une crise hémolytique aigue massive, qui survient quelques heures après l'ingestion de fèves; dans la plupart des cas, un traitement par transfusion sanguine est nécessaire, le plus rapidement possible, pour éviter le coma dû à la lyse globulaire. Si tous les sujets déficients en G6PD ne sont pas nécessairement exposés à de telles crises d'anémie hémolytique, il n'en demeure pas moins qu'environ 100 millions d'individus sont de nos jours affectés par cette anomalie génétique. I1 serait donc hautement souhaitable de séparer les principes toxiques des fèves, ou plus généralement des légumineu- ses apparentées notamment pour disposer d'un produit nutritif et reconstituant mais exempt de toxicité. Les fèves sont en effet l'objet de nombreuses recherches visant à en faire une source de protéines pour l'alimentation humaine, tandis que l'adjonction de farine de fève est autorisée dans une faible proportion pour la panification. Or > on a pu montrer que, parmi les composants réputés toxiques des fèves et autres légumineuses en contenant, c'est la vicine qui est essentiellement responsable de la toxicité aigre dont on a indiqué les effets plus haut. La vicine provoque, ainsi qu'on a pu l'établir après l'avoir administrée par voir orale à des souris, d'abord une action inhibitrice de la G6PD immédiatement après son administration, et,ensuite,l'orientation du catabolisme glucidique vers la voie des pentoses s'installe, ce qui provoque d'une part une anémie use à une hémolyse d'une partie des globules rouges et d'autre part une augmentation secondaire importante de la G6PD dans les hématies restantes. On a maintenant mis au point un procédé pour l'obtention de vicine à partir des graines de certaines légumineuses en contenant. Sous un premier aspect, l'invention concerne un procédé amélioré pour la séparation de la vicine, et éventuellement des autres produits toxiques pouvant l'accompagner, des autres composants, des graines de légumineuses eontenant, et la purification de la vicine obtenue. On a également trouvé de façon inattendue que la vicine présente une action brachycardisante, sans intervention du système nerveux autonome,et une action antifibrillante. L'invention a donc également comme objet une composition pharmaceutique comprenant de la vicine en tant que principe actif contre les arythmies cardiaques et administrable par voie intraveineuse. Le procédé selon l'invention pour l'obtention de vicine à partir des graines de légumineuses en contenant consiste à soumette un broyat desdites graines > séparées du hile et des téguments à une percolation par un alcool , à concentrer le percolat, à éliminer les pigments par dilution dudit percolat à l'eau et extraction à ltéther éthylique, à éliminer sous vide l'alcool encore présent, à sécher l'extrait aqueux, et à soumettre le produit obtenu, dénommé "extrait total", à au moins une séparation en vue de recueillir séparément la vicine et d'autres constituants,etiio- tamment des acides aminés. Les produits de départ mis en oeuvre dans ce procédé peuvent être des graines de toutes légumineuses contenant de la vicine, et notamment des graines de Vicia sativa, ou des graines de Vicia faba. On notera que les variétés cultivées de Vicia faba sont très nombreuses, en raison notamment des hybridations naturelles ou des hybridations artificielles destinées à améliorer soit l'aspect soit la teneur en protéines de la plante, et peuvent autre rattachées à trois sous-espèces, à savoir Vicia faba minor, Vacia faba equina et Vicia faba faba. Il faut remarquer également que, bien que ce soit d'un intérêt industriel moindre, le produit de départ du procédé selon l'invention peut aussi,en remplacement ou en supplément desdites graines, être constitué par le pollen extrait des fleurs desdites légumineuses. De façon pratique, il convient alors de récolter ces fleurs quelques jours avant qu'elles aient attient leur maturité, afin d'éviter de perdre trop de pollen. Afin de donner à l'homme de l'art les moyens de déterminer si une légumineuse est susceptible d'être utile dans le procédé selon l'invention, on donnera ci-après des indications sur les essais à effectuer dans ce but afin d'identifier la présence de vicine et/ou dtautres produits toxiques dans ladite légumineuse. Pour conduire ces essais, on peut opérer comme suit on réalise des extraits de la partie utile de la légumineuse à tester, notamment de ses graines vidées et décortiquées, par simple macération dans une solution tampon appropriée et,\après pas sage sur un filtre moléculaire permettant ss emparer les fractions protéiques ou polypeptidiques des fractions de plus faible poids moléculaire, on réalise un essai de toxicité sur les globules rouges comme décrit dans Bull. Soc. Chim. Biol. 1970, 52, (II), pp. 1305-1308, par J. Loiselet et J.C. Chaumeil. Pour la mise en oeuvre du procédé selon l'invention, les graines sont tout d'abord soumises à un broyage, par exemple dans un granulateur rotatif. Le broyat réalisé est ensuite soumis à une percolation par un alcool, notamment par de alcool éthylique. Si les graines broyées traitées sont des graines franches, il est avantageux d'utiliser dans cette étape du procédé un alcool éthylique à 95e. En variante, on peut traiter des graines qui ont été préalablement broyées et lyophilisées de façon connue et il convient alors d'utiliser pour cette même étape de percolation un alcool éthylique à 50e. Le produit de percolation ou percolat, qui est un extrait hydro-alcoolfque, est ensuite concentré, de préférence sous vide, de manière à ce que la proportion d'alcool soit réduite au maximum. On dilue ensuite avec de l'eau la solution obtenue et on extrait les pigments contenus dans cette solution avec de l'éther. On sèche l'extrait aqueux par élimination de alcool encore présent, de préférence sous vide. A ce stade, on obtient un extrait total qui peut être soit utilisé immédiatement dans l'étape ou les étapes ultérieures de séparation,goit soumis à une lyophilisation. Une variante du procédé consiste/à lyophiliser cet extrait total pour obtenir une poudre sèche, de couleur brune, qui est très hygroscopique et que lton conserve à l'abri de la lumière et de I'humidité, en présence d'anhydride phosphorique et sous vide. A partir de cet extrait total, fratchement préparé ou lyophilisé , on peut réaliser trois types de séparations, qui ne s'excluent pas mutuellement et peuvent au contratre être combinées en une séquence appropriée, éventuellement répétitive, si l'on désire une séparation particulièrement fine. Selon un premier mode de réalisation du procédé de l'invention, qui en est le mode préféré, on réalise cette séparation par chromatographie préparative, sur papier ou sur cellulose en couche épaisse, obtenant ainsi séparément de la vicine, de la convicine, de la L.Dopa, et des acides aminés. Un second mode de réalisation, qui peut remplacer le premier ou le précéder, consiste en une chromatographie sur colonne de silice désactivée avegtuie élution par de l'acétate d'éthyle et du méthanol, séparant ainsi deux mélanges constitués pour l'un d'hétérosides de pyrimidines substituées, de vicine et de convicine, et pour l'autre d'acides aminés. Selon un troisième mode de réalisation, qui peut précéder le premier et/ou le second ou remplacer le second, on réalise avec l'extrait total en solution aqueuse ajustée à pH 7,6, une chromatographie sur résine échangeuse d'ions du type ammonium quaternaire (telle qu'une résine Dowex I x I), selon la technique de Brownet Roberts (Phytochem. 1972, 11, pp. 3203-3206),séparant ainsi un mélange de vicine + convicine, un mélange de vicine+ convicine et certains acides aminés, et un mélange d'autres acides aminés. En variante on peut, dans des conditions favorables, parvenir dans le procédé selon l'invention à une cristallisation spontanée de la vicine au terme de l'étape de concentration du percolat. La vicine obtenue est un hétéroside de formule brute C10 H16 N4 07 H20 et ayant la structure développée (I) donnée plus haut. De la variété de fèves Vicia faba equina, on a pu séparer par ce procédé environ 0,20 g de vicine pure par kg de graines décortiquées fratches traitées. Par les méthodes analytiques habituelles, on a déterminé les constantes physiques de la vicine obtenué qui sont les suivante s: P.F. = 244-2480C (avec décomposition) [&alpha;]D = -12,5 (c = 1 dans NaOH 0,2 N) Spectre U.V. : #max. eau (nm) (log #) 214 (3,45) i 237 (3,04) épaulement 275 (3,39) min. (nm) : 232; 250 Spectre IR. : (K Br) 2 cm 1 : 3350; 3200; 2950; 1650; 1450; 1240; 1070; 1020; 8go; 780. Spectre de masse (après blocage des fonctions hydroxyle par acétylation) m/e (%) : 331 (7); 229 (2); 211 (51); 187(2); 169 (55); 127 (100); 109 (44); 85 (26). Analyse (pour C10H16N4O7, H2O) : calculé (%) : C : 37,26; H : 5,59 ; N : 17,39, trouvé (%) (2 essais sont rapportés) C : 37,23; H : 5,47; N : 17,25 37,32 5,65 17,27 La vicine cristallise dans l'alcool éthylique à 50c. D'un point de vue pharmacologique, Sharaf et coll. ont signalé dans Rual. Plant. Mat. Veg. 1972, 22, (1), pp. 99-105, que l'extrait de fèves présentait un effet hypotenseur chez le chien; mais , outre que cet essai n'est pas spécifique, puisque de nombreux extraits végétaux provoquent ce type d'action, ces travaux n'ont,pas permis de trouver d'effet sur le myoearde et n'ont pas été effectués en vue d'élaborer un médicament , mais seulement dans un but d'étude toxicologique. Sous un autre aspect, l'invention concerne des compositions pharmaceutiques utiles pour le traitement des arythmies cardiaques, caractérisées en ce qu'elles comprennent une quantité thérapeutiquement efficace de vicine, ou d'un dérivé thérapeutiquement acceptable de la vicine, diluée dans un soluté isotonique, notamment dans une solution isotonique de chlorure de sodium, et sont administrables par voic intraveineuse. On a en effet pu établir, par des essais in vivo chez l'animal, que la vicine présente des propriétés antifibrillantes et que les compositions pharmaceutiques susdites, quand elles sont administrées par voie intraveineue,sont efficaces dans le traitement des arythmies cardiaques. Des essais pharmacologiques s'y rapportant seront développées plus loin. L'invention est décrite plus en détail dans les exemples ciaprès qui ne la limitent aucunement. EXEMPLE 1 Extraction de la vicine à partir de graines. On a récolté des graines de Vicia-faba sous-espèce equina,que l'on a immédiatement vidées et décortiquées, c'est-à-dire séparées du hile et des téguments. Ces graines avaient une longueur de 18 à 25 mm. On a conSltué un échantillon de 1 kg des cotylédons ainsi préparés, que l'on a broyés ensuite dans un broyeur du type broyeur à viande ou du type granulateur rotatif. On a introduit ce broyat dans un percolateur et on a extrait par de l'alcool éthylique à 95c ,jusqu'à épuisement des produits aminés, ce que l'on a vérifié par réaction à la ninhydrine et/ou par l'absence de produit fluorescent après chromatographie sur couche mince de cellulose . En pratique, l'alcool avait un titre de 50Cenviron à la fin de la percolation. On a débarassé au maximum le percolat de l'alcool qu'il contenait, par évaporation sous vide. On a dilué le résidu aqueux par cinq fois son volume d'eau et on a éliminé les pigments par plusieurs extractions à l'éther en cascade. On a placé la solution aqueuse sous vide, avec un chauffage léger ne dépassant pas 5O0C, pour éliminer les traces d'éther et le reste de l'alcool. (I1 faut noter que, dans l'un au moins des essais effectués selon ce schéma opératoire, on a obtenu dès ce stade 250 mg de vicine cristallisée, cette cristallisation s'étant alors faite spontanément). On a ainsi obtenu un "extrait total" que l'on pouvait, si on le désirait, lyophiliser (le lyophilisat ainsi obtenu représentait 30 à 45 g environ) et conserver le lyophilisat sous vide à l'abri de la lumière, en présence d'anhydride phosphorique. On a mélangé lOg de l'extrait total avec un poids égal de silice désactivée avec 20 ffi d'eau (activité V), puis on a chromatographié sur une colonne de 290 g de silice désactivée, en éluant avec de l'acétate d'éthyle enrichi progressivement en méthanol. On a ainsi obtenu successivement la vicine en mélange avec de la convicine (60 mg), puis des mélanges d'acides aminés. La vicine et la convicine pouvaient être ensuite séparées par chromatographie sur plaque de cellulose ou sur papier, suivant le mode opératoire décrit ci-après (Exemple 3). EXEMPLE 2 On a opéré comme indiqué dans l'exemple 1, pour obtenir un extrait total que l'on a lyophilisé et conservé sous vide à l'abri de la lumière, en présence d'anhydride phosphorique. On a prélevé 10 g de cet extrait total lyophilisé et on les a dissous dans 50 ml d'eau, le pH de la solution étant ajusté à 7,6 avec de l'ammoniaque diluée au 1/10 éme . On a fait passer cette solution sur une colonne de 200 mi de résine Dowex I x I, préalablement traitée à l'acide formique à 10 %. La colonne a été lavée avec 5 fois son volume d'eau, les fractions obtenues, non retenues par la résine, ont été séchées par lyophilisation. On a ainsi pu recueillir 3 types de mélanges - un mélange de vicine + convicine, - un mélange de vicine + convicine + leucine + isolencine, - un mélange d'autres acides aminés. ExEMPI'3 On a opéré comme indiqué dans l'exemple 1, et on a repris le mélange de vicine et de convicine obtenu pour le redissoudre dans un volume minimum d'eau et on a déposé cette solution sur des plaques de cellulose. Le solvant de migration utilisé était constitué d'isopropanol,d'ammoniaque et d'eau dans les rapports en volumes respectifs de 7/1/2. On a ainsi séparé la vicine et la convicine et on a élué ces deux composés par de alcool à 800, après repérage par fluorescence sous une lampe U.V. EXEMPLE 4 On a suivi le mode opératoire de l'exemple 1 et on a soumis l'extrait total fratchement obtenu à une chromatographie préparative sur papier épais (papier Whatmann n 17), ce qui permettait éventuellement de traiter des quantités plus importantes. Dans ce cas, on a réalisé l'élution en suivant la méthode de Dent (Bioch. J. 1947, 41, pp. 243-247). On a ainsi obtenu la vicine et la convicine, purifiées par recristallisation dans l'alcool à 50C, et on a séparé les acides aminés suivants : leucine + isolenoine, valine, tyrosine, L Dopa, acide glutamique, arginine. NOTA: A des fins d'identification, on a purifié chaque éluat d'aci- de aminé sur une colonne de résine Dowex 50 (H+ avec H C1 2 N) et on a élué avec de l'ammoniaque 2 N , puis évaporé sous vide à 500C. On a identifié les acides aminés par chromatographie sur couche mince de cellulose en deux dimensions, suivant la technique de Heathcote (J. Chromat. 1973, 78, pp. 181-191), avec pour solvant de la première dimension isopropanol-acide formique-eau dans le rapport en volume 4/0,2/1 et pour solvant de la deuxième dimension butanol tertiaire-méthyéthylcétone-ammoniaque dans le rapport en volume 5/1/1. ESSAIS PHARMACOLOGIgUES - Expériences démontrant l'action antifibrillante de l'extrait de fèves. On a opéré selon la technique de Malinow, qui consiste à pro vouer par injection intraveineuse mortelle de chlorure de calcium qui CaC12 , des troubles cardiaques/sont enregistrés sur un électro- cardiogramme. Dans ces expériences, l'extrait de fève était constitué par l'extrait total obtenu dans le procédé selon l'invention à partir de Vicia faba sous-espèce ruina, Les animaux étaient des rats "s.p.f." de sexe mâle agés d'environ 3 à 4 mois. On a anesthésié les animaux au "Mébubarbital" (60 mg/kg par injection intrapéritonéale). Les injections de l'agent fibrillant et du produit antagoniste éventuel se faisaient, sur ces animaux anesthésiés, par canule dans la veine jugulaire. Sur cinq rats témoins, l'activité fibrillante a été vérifiée par injection de 0,2 g/kg de Ca C12 en solution dans l'eau à 10 %. On a ainsi fait apparattre successivement les troubles cardiaques suivants :flutter, extrasystoles, tachycardie ventriculaire et, enfin, fibrillation ventriculaire. On a alors injecté l'extrait total de fève à un autre lot de rats, à la concentration de 200 mg/ml (soit environ 1 mg/ml de vicine pure) dans du sérum physiologique ou solution isotonique de chlorure de sodium. On a enregistré l'électrocardiogramme pendant 2 minute afin d'observer lteffet du produit, et on a ensuite injecté à son tour la solution de Ca C12. On a porté sur le tableau I les valeurs trouvées pour le rythme cardiaque avant injection, pour le rythme cardiaque instantanément après. la première injection, et pour le rythme cardiaque 1 et 2 minutes après celle-ci. Le délai de l'apparition et la durée de la fibrillation ont été mésurés. L'intensité de la fibrillation a été estimée par rapport aux animaux ayant reçu seulement les injections témoins. On a également mesuré la durée de la protection contre la mortalité, à partir du moment de l'in3ection de chlorure de calcium. L'essai ainsi réalisé est un des plus sélectifs pour les produits antifibrillants, mais il est d'interprétation difficile. Les résultats peu nets sont donc à écarter. Malgré la dispersion impOrtante des résultats , on peut conclure que : - A toutes les doses,un ralentissement cardiaque important est apparu; ce ralentissement était de courte durée et,à la deuxième minute qui suivait l'inJection, le rythme n'était que légèrement inférieur au rythme de départ, dans tous les cas. - Dans 5 cas sur 7, a fibrillation était retardée; ce retard était important dans 3 cas; seul un rat n'a pas fait de fibrillation. - L'intensité de la fibrillation n'était diminuée qu'à partir de la dose dé 200 mg/kg. La dose de 50 mg/kg laissait par contre apparattre une fibrillation aussi intense que chez les animaux témoins et un seul des deux essais à 100 mg/kg a donné une diminution de l'intensité de la fibrillation. Ce n'est qu'à partir de la dose de 200 mg/kg que la diminution de la fibrillation devenait nettement appréciable. - La protection contre la mortalité provoquée par le chlorure de calcium a été dans deux cas de très longue durée : elle a été de 22 minutes pour le rat nO 10 (dose d'injection : 300 mg/kg), après une fibrillation de 11 secondes apparue 3 secondes après TABLEAU I Protection contre la fibrillation au chlorure de calcium par voie IV chez le rat (technique de Malinow). Rats rythme car- dose Rythme après l'injection Fibrillation après injection Mortadiaque départ d'ex- (pulsations/min.) Délai d'ap- intensité durée lité (pulsa- trait parition (en (en (en tions/min.) de fè- sec.) sec.) sec.) ves in- Temps 0 1 minute 2 minutes jectée (mg/kg) témoin 1 350 0 350 350 350 instantanée ++ 60 60 témoin 2 370 0 370 370 370 instantanée ++ 68 95 témoin 3 360 0 360 360 360 instantanée ++ 35 75 témoin 4 300 0 300 300 300 instantanée ++ 40 110 témoin 5 400 0 400 400 400 instantanée ++ 44 75 traité 6 324 50 210 300 300 18 ++ 66 85 traité 7 330 100 270 310 310 3 ++ 71 75 traité 8 260 100 240 240 240 instantanée + 59 120 traité 9 190 200 120 180 160 2 + 40 90 traité 10 324 300 132 288 300 3 + 11 1320* (22 mn) traité 11 330 400 90 250 280 absence de fibrillation 360** (6 mn) traité 12 320 400 150 280 280 instantanée + 2 22 traité 13 290 400 160 160 260 47 + 14 85 * une fibrillation plus nette est apparue à la 5ème minute, de courte durée (10 s.). La mortalité n'est survenue qu'à la 22ème minute. ** à la 6ème minute une deuxième injection de chlorure de calcium a été pratiquée : le rat est mort sans fibriller. 11 injection de chlorure de calcium et une deuxième fibrillation de 10 secondes à la 5ème minute suivant cette injection. Pour le rat n 11, auquel on avait injecté 400 mg/kg d'extrait total, 6 minutes se sont écoulées après 1'inJection de chlorure de calcium sans qu'il apparût de fibrillation. Afin de prouver que la vicine est le principe actif responsable de cette ation,nn a réalisé une série d'expériences sur l'oreillette isolée de cobaye. - Détermination de l'activité anti-arythmique sur l'oreillette isolée de cobaye. On a utilisé pour ces expériences des cobayes mâles âgés de 4 à 5 mois. La technique consistait à stimuler électriquement l'oreillette droite isolée de cobaye. De façon pratique, la fréquence des stimulations est augmentée pour permettre de déterminer la fréquence maximale qui entrasse régulièrement une systole sans apparition dtextrasystole.Le contact avec une substance anti-arythmique, en provoquant l'L)i ongement da la période réfractaire du myocarde,donne ~ e valeur de la fréquence maximale de 'déclenchement inférieure celle trouvée avant traitement par ladite substance anti-arythmique. En opérant selon la technique de Dumont et e Laurent (J.Pharmacol. 1971, 2(3), pp. 381-384), on a prélevé 11 oreillette droite sur un cobaye de 400 g environ. On a mis l'extrémité inférieure de l'orga- ne en contact avec un fil métalltRe constituant la cathode et on a relié 11 extrémité supérieure au système d'enregistrement On a plongé 11 oreillette dans un bain de survie (Solution de Locke-Ringer, constituée de NaCl 9 g, KCl 0,42 g, CaCl2 0,24 g, NaHC03 0,50 g, glucose 1 g, et eau distillée, qsp 1 litre) fortement oxygéné par un barbotage d'oxygène à 290C.Après 30 minutes d'attente pour que la préparation soit stabilisée, on a recherché la tension-seuil donnant une stimulation de ltoreillette,la valeur de la tension étant ensuite fixée au double de cette valeur pour la suite de l'essai. On a augmenté les fréquences de stimulation jusqu'à la valeur maximale f1 ne donnant pas d'extrasystole. On a répété la mesure à 10 minutes d'intervalle et à 3 reprises. On a alors ajouté dans le bain la substance à tester du point de vue de ses qualités anti-arythmiques. Après 10 minutes de contact, la nouvelle valeur f2 de la fréquence maximale ne donnant pas d'extrasystole a été déterminée com me précédemment. On a essayé 3 concentrations croissantes en lavant et en étalonnant à nouveau la préparation entre chaque essai. Le pourcentage d'inhibition de la fréquence provoqué par la substance testée, en l'occurence la vicine obtenue par le procédé selon l'invention, est donné par la formule % = f1 - f2 x 100 f1 On peut ainsi tracer une droite d'inhibition à partir des concentrations en valeur logarithmique, pour calculer la DE3O. Les résultats sont rapportés sur le tableau II ci-après. Sur ce tableau sont indiquées, à titre de référence, les valeurs obtenues sur la même préparation avec des produits réputés anti-arythmiques, savoir le propanolol et le sulfate de quinidine.Ces valeurs sont comparées d'une part avec les valeurs données par Dumont et Laurent (article cité) et d'autre part avec les valeurs obtenues avec la vicine préparée selon l'invention. Afin de vérifier que la vicine n'agissait pas par un mécanisme cholinergique in situ, on a répété le même essai en présence de 0,5 mg/l de sulfate d'atropine ajouté dans le pain (cette concentration est cellindiquée par le Codex pour les essais des substances histaminiques). Dans ces conditions, deux doses de vicine obtenue selon l'invention ont été essayées, à savoir des doses de 5 et 10r-g ml. Les pourcentages d'inhibition apportés dans le tableau III cidessous) sont d'un ordre comparable à ceux obtenus en l'absence d'atropine, ce qui peut être confirmé aisément si l'on construit le graphique de corrélation. TABLEAU III Essai de la vicine sur l'oreillette isolée de cobaye en présence de sulfate d'atropi ne (0,5 mg/l) Concentration Fréquence maximale Fréquence maximale Pourcendans le bain avant traitement après traitement tage (en y/ml) (coups/minute) (coups/minute) d'inhibi tion 5 300 270 10 10 320 270 15,6 Cette méthode très spécifique des substances douées d'une activité anti-arythmique est extrAemement sensible, puisqu'il ne faut que de très faibles concentrations de produit pour que l'on obtienne des variations interprétables de la fréquence maximale de TABLEAU II Essai de la vicine sur l'oreillette isolée de cobaye Concentration dans le bain Fréquence maximale Fréquence maximale Pourcentage DE 30 (en &gamma;/ml) avant traitement après traitement d'inhibition &gamma;;/ml (coups/minute) (coups/minute) 2 350 340 2,9 4 370 350 5,4 18 10 340 270 20,6 Comparaison de la vicine avec le propanolol et le sulfate de quinidine (Valeurs de la DE 30) Essai selon l'invention Valeurs trouvées par Dumont et Laurent Propanolol 9,5 # 1,5# 4,5 Sulfate de 11,5 # 2,5# 4 Quinidine Vicine 18 # moyenne de 3 essais. stimulation. Compte tenu des résultats de ces essais et des conditions dans lesquelles lesdits essais ont été réalisés, on peut affirmer que les compositions pharmaceutiques selon l'invention, comprenant une quantité thérapeutiquement acceptable de la vicine, diluée dans un soluté isotonique, notamment dans une solution isotonique de chlorure de sodium, et administrables par voie intraveineuse, sont utiles pour le traitement des arythmies cardiaques. On notera qu'il peut être avantageux que la vicine, dans ces compositions injectables, soit pfésente sous la forme d'un de ses dérivés plus solubles qutelle-meme dans l'eau ou dans le soluté isotonique. REVENDICATIONS 1. Procédé pour ltobtention de vicine à partir des graines de légumineuses en contenant, caractérisé en ce qu'il consiste à soumettre un broyat desdites graines séparées du hile et des téguients à une percolation par un alcool, à concentrer le percolatd éliminer les pigments par dilution dudit percolat à l'eau et extraction à l'éther éthylique, à éliminer' sous vide l'alcool encore présents sécher l'extrait aqueux et à soumettre le produit obtenu, dénommé "extrait total", éventuellement lyophilisé au préalable, à au moins une séparation en vue de recueillir séparément la vicine et d'autres constituants, notamment des acides aminés. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que les graines sont des graines de Vicia sativa, ou des graines de Vicia faba. 3. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le produit de départ est constitué , au moins pour partie, de pol- len extrait des fleurs desdites légumineuses. 4. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu' on soumet des graines fratchement broyées à une percolation en présence d'alcool éthylique à 95c. 5. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu' on soumet des graines broyées et conservées lyophilisées à une percolation en présence d'alcool éthylique à 50 c. 6. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 5,caractérisé en ce qu'il comprend, en tant qu'une des étapes de séparation, une chromatographie préparative sur papier ou sur cellulose en couche épaisse, procurant séparément de la vicine, de la convicine, de la L-Dopa et des acides aminés. 7. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 6 caractérisé en ce qu'il comprend en tant qu'une des étapes de séparation, une chromatographie sur colonne de silice désactivée, avec une élution par de l'acétate d'éthyle et du méthanol,procurant deux mélanges constitués pour l'un dthétérosides de pyrimidines substituées, de vicine et de convicine, et pour l'autre d'acides aminés. 8. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 7,caractérisé en ce qu'il comprend, en tant qu'une des étapes de séparation, une chromatographie de l'extrait total en solution aqueuse ajustée à pH 7,6 sur une résine échangeuse d'ions du type ammonium quaternaire, procurant ainsi un mélange de vicine+convici ne, un mélange de vicine + convicine et certains acides aminés, et un mélange d'autres acides aminés. 9. Procédé selon l'une quelconque des revendications 6 à 8, caractérisé en ce que lesdites étapes de séparation sont combinées en une séquence appropriée, éventuellement répétitive 10. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce qu'il comprend la cristallisation de la vicine dès l'étape de concentration du percolat. 11. Vicine obtenue par le procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 10. 12. Compositions pharmaceutiques utiles pour le traitement des aryhtmies cardiaques, caractérisées en ce quelles comprennent une quantité thérapeutiquement efficace de vicine, ou d'un dérivé thérapeutiquement acceptable de la vicine, dans un soluté isotonique, et sont administrables par voire intraveineuse.