La présente invention concerne un procédé de stérilisation de milieux nutritifs destinés au développement in vitro de cellules d'animaux multicellulaires, et, de préférence, de cellules de mammifères, ainsi que les milieux solides stables et secs obtenus au moyen de ce procédé. tes techniques de culture de cellules ou de tissus animaux constituent le moyen par lequel des cellules, des tissus et des fragments d'organes peuvent être maintenus en vie extra-corporelle dans un milieu artificiel, et leur physiologie peut être préservée dans des conditions réglées, soit indéfiniment, soit pendant des périodes limitées de temps. La culture en masse de cellules animales, par exemple de cellules de mammifères, est pratiquée à l'échelle industrielle, et les cultures résultantes sont utilisées dans de nombreux domaines de la biologie et de la médecine expérimentale, à savoir la cytologie, l'histologie, l'embryologie, l'immunologie et l'étude des tumeurs et des virus. Le terme "cellules" utilisé dans le présent mémoire désigne à la fois le tissu auquel les cellules appartiennent et les cellules elles-mêmes. On utilise de cette façon des cellules d'animaux vertébrés tels que lthomme, les poulets et les pissons et des cellules d'animaux invertébrés tels que les insectes et les schistosomes. tes cellules de mammifères, en particulier, sont très utilisées comme h8tes pour le développement de virus, et les cultures de tissus de ces cellules constituent les techniques principales permettant d'isoler, d'identifier et de multiplier ces agents.Des exemples de cellules de mammifères comprennent les populations mixtes de cellules fraîchement prélevées sur des tissus animaux normaux et cultivées dans des milieux artificiels qui contiennent habituellement du sérum, par exemple des cellules rénales de singe et des cellules d'embryon de poulet. Cc sor également des lignées cellulaires et des clones ou des souches obtenues par des sous-cultures en série à partir des types mentionnés ci-dessus, par exemple des cellules épithéliales de peau humaine, de reins de singe et de foie de souris. I1 s'agit, en outre, de lignées cellulaires extraites de tissus néoplastiques, par exemple la lignée Pela, qui dérivent/ carcinome cervical humain.Ces deux derniers types peuvent être multipliés indéfiniment en sous-cultures dans des milieux artificiels qui contiennent du sérum ou une autre source quelconque de protéine. Jusque vers 1950, le milieu de culture utilisé pour la multiplication cellulaire in vitro était habituellement dérivé de l'organisme lui-même et consistait en plasma sanguin, sérum sanguin,exsudats corporels et extraits aqueux de tissus et d'organes. Bien que ces milieux naturels aient obtenu un certain succès, leur complexité et leur variabilité ont donné des résultats expérimentaux contradictoires et peu précis, qui ont obligé à rechercher des milieux artificiels contenant des substances favorisant la croissance, réglées en quantité et en qualité. L'expression "milieu de culture" utilisée dans le présent mémoire désigne des compositions qui contiennent généralement des substances nutritives telles que des aminoacides, des vitamines, des co-enzymes, des sources de lipides, des dérivés diacide nucléique, des sels minéraux, etc. tes milieux peuvent aussi etre additionnés de substances telles que des sérums animaux lyophilisés. tes besoins nutritifs de cellules de mammifères cultivées in vitro sont spécialisés, mais remarquablement similaires. On estime que treize amino-acides, huit vitamines, du glucose et certains ions minéraux dans un milieu isotonique sont essentiels. Des cellules isolées de mammifères requièrent de la sérine. L'omission d'un seul amino-acide entrain la mort de la culture. On a trouvé jusqu'à présent, dans le commerce, deux types de milieux de culture,à savoir les milieux liquides stériles et les poudres non stériles. Un milieu liquide stérile est une solution qui a été stérilisée par filtration, par exemple par ultra-filtration, emballée dans des récipients stériles et distribuée sous la forme d'un liquide stérile preAt à l'emploi. Le second type de milieu a consisté en une composition en poudre non stérile, formulée de la façon suivante : un poids donné doit tout d'abord être dissous dans un volume donné d'eau, puis le mélange doit être stérilisé par l'utilisateur final, et soumis à un contrôle sévère de qualité. Il est possible de préparer une poudre stérile par lyophilisation, mais à cette fin, le milieu doit tout d'abord être stérilisé, alors qu'il se trouve encore à l'état liquide. Par conséquent, des milieux lyophilisés représentent un produit plus coûteux, parce que deux étapes de préparation sont impliquées.le récipient utilise pour des milieux séchés lyophilisés est basé sur le volume de la solution nutritive initiale, en sorte que bien qu'on puisse réaliser une économie de poids pour l'équipement, il n'y a pas d'économie de volume. Par conséquent, il était nécessaire de trouver un milieu stérile en poudre qui soit convenable pour la culture de cellules et de tissus et notamment pour le développement de cellules de mammifères, ayant à la fois les avantages des formes liquides et des formes en poudre. t'invention concerne un nouveau milieu de culture stérile, solide, à l'état sensiblement sec, qui convient pour la culture de cellules et de tissus, et notamment un milieu stérile, solide et sec, pour la culture de cellules d'animaux multi-cellulaires, notamment des cultures de mammifères, ce milieu se prêtant à la culture in vitro, et les propriétés d'activité et de nutrition de ces ingrédients individuels étant maintenues sensiblement stables. Comme indiqué dans ce qui précède, les besoins nutritifs de cellules de mammifères (et aussi de cellules d'insectes) sont très spécialisés et très stricts. Treize aminoacides, huit vitamines, du glucose et certains ions minéraux sont essentiels. Ces amino-acides comprennent les formes lévogyres de l'arginine, de la cystine, de la glutamine, de l'histidine, de l'isoleucine, de la leucine, de la lysine, de la méthionine, de la phénylalanine, de la thréonine, du tryptophane, de la tyrosine et de lialine. il est connu que beaucoup de ces amino-acides sont instables à la chaleur et à d'autres influences. Cette instabilité est particulièrement caractéristique de la L-glutamine, qui est le principal amino-acide utilisé, et qui peut représenter jusqu'à 55 9S en poids du total des amino-acides présents. Ainsi, dans ltouvrage intitulé "Biology rata Book" (1964) de la Fédération des Sociétés Américaines de Biologie Expérimentale, page 392, il est indiqué que la glutamine a un point de fusion de 1850C, et que la plupart des aminoacides se décomposent à la fusion. Ils sont encore moins stables à la chaleur en présence d'eau. Ceci signifie que si l'on utilise des procédés thermiques de stabilisation, on doit le faire avec précaution, qu'il n'est pas possible d'effectuer un autoclavage, mais que l'on doit recourir à ia chaleur sèche, les températures étant alors encore plus hautes et les périodes de temps plus longues. Dans ces conditions, la glutamine dont le point de fusion est dans les limites de la gamme de stérilisation, serait décomposée à un haut degré et perdue. A cause de l'instabilité de la/glutamine, meme aux températures ambiantes,la pratique ccurante a consisté à omettre cet amino-acide dans des formulations du-commerce, et à 11 emballer séparément pour l'ajouter au milieu sous la forme d'un concentré congelé, juste avant l'usage. De même, parmi les vitamines dont au moins huit sont essentielles, et qui comprennent la biotine, le pantothénate de calcium, le chlorure de choline, l'acide folique, l'inositol, le nicotinamide, la riboflavine et la thiamine, la plus importante, à savoir le chlorhydrate de pyridoxal (vitamine B-6) est facilement altérée par la chaleur.Conformement à l'ouvrage "Biology Data Book" précité, page 396, le chlorhydrate de pyridoxal peut être chauffé à 1200C, mais se décompose au-dessus de cette température, ce qui exclut également la stérilisation à la chaleur. Autre substance essentielle de milieux culture de cellules animales, le glucose (dextrose) fond à 1460C, c'est-à-dire bien au-dessous de la température classique de stérilisation thermique de 2300C, et tend à se caraméliser par autoclavage. D'autres composants facultatifs du milieu tels que le co-enzymelA et divers nucléotides7sont encore plus sen sibles à la chaleur. En raison de la sensibilité de ces milieux de culture de cellules et de tissus aninaux aux techniques classiques de stabilisation thermique, certains spécialistes ont conclu que la préparation d'un milieu solide stérile sec était irréalisable. En outre, la stérilisation par des moyens chimiques impliquerait des réactions chimiques entre le milieu et l'agent chimique stérilisant. L'équilibre précis des substances nutritives serait affecté et certaines substances telles que la glutamine et la cystine seraient même inactivées et le pH du mélange serait profondément modifié. Comme mentionné, la stérilisation à la chaleur inactiverait certaines substances nutritives, par exemple les amino-acides particuliers, le glucose, les vitamines et l'ion bicarbonate. ta stérilisation par irradiation a aussi été considérée jusqu'à présent comme irréalisable, parce que la radiation produirait, comme on doit s'y attendre, des ions actifs de nature toxique. Ainsi, la littérature indique que l'irradiation du sucre entraîne la production de substances toxiques dérivées ae peroxydes ("Hydroxylated Peroxides and the Toxicity of Irradiated Sucrose", J. Schubert et Collaborateurs, International Journal of Radiation Biology, 13:485-9 (1967). De plus, l'irradiation de protéines et d'aminoacides libres aboutit à la destruction de la liaison peptidique. tes amino-acides particulièrement sensibles à la radiation sont la cystine, la méthionine, la phénylalanine, l'histidine, la thréonine et la tyrosine, chacun étant essentiel pour le développement in vitro de cellules de mammifères. (Voir "After Effects of Amerlo Acids", E. Hussman, Strahlentherapic, volume 135, 489-492 (1968). Par conséquent, il n'existe aucun mémoire scientifique concernant un milieu solide stérile sec du type décrit. On a découvert le fait surprenant et inattendu, et ceci fait l'objet de la présente invention, que des milieux de culture de cellules et tissus, à l'état sec et solide, et en particulier des milieux qui sont adaptés au développement in vitro de cellules de mammifères, peuvent être emballés en petites quantités, et stérilisés par une opération qui consiste à soumettre le milieu sous la forme solide sèche à une radiation de forte énergie, en utilisant des intensités d'irradiation qui sont réglées dans les limites d'une gamme déterminante. Dans les conditions utilisées dans la pratique de la présente invention, le milieu est irradié sous la forme solide entière- ment sèche, de préférence sous atmosphère d'un gaz inerte tel que l'azote ou l'hélium, et la stérilisation totale est obtenue sans baisse de l'activité biologique ou nutritive de l'un quelconque des ingrédients, même ceux qui sont les plus sensibles à la chaleur. Ainsi, le procédé de la présente invention permet, pour la première fois,de produire un milieu solide de culture qui est entièrement stable, stérile, léger, compact, et requiert très peu de place pour l'expédition et l'entreposage. En outre, par suite de la stabilité du milieu irradié, les ingrédients instables tels que la t-glutamine et le chlorhydrate de pyridoxal peuvent à présent être inclus dans la formulation initiale. L'intensité de la radiation de grande énergie, qui est un facteur déterminant pour maintenir la stabilité des composants sensibles du milieu, tout en obtenant la stérilité, se situe avantageusement dans la gamme d'environ 0,8 à environ 10 mégarads, et de préférence entre environ 2,4 et environ 5,6 mégarads. L'intensité spécifique préférée dans la pratique de l'invention est égale à 4 + 1,6 mégarads. Il n'est pas nécessaire de limiter l'invention à tout procédé particulier d'irradiation, tant que les effets stérilisants restent le mêmes, quelle que soit la source de radiation. On peut obtenir des radiations ionisantes, par exemple en utilisant des radio-isotopes, des réacteurs nucléaires ou des accélérateurs de particules de grande énergie. Des eaemples de radio-isotopes que l'on peut utiliser comprennent le cobalt 60 pour la radiation gamina et le strontium 90 pour la radiation bêta. Des réacteurs nucléaires en fonctionnement peuvent être utilises comme. source de rayons gamma ou de neutrons, ou les deux. On peut utiliser également des accélérateurs de particules tels qu'un cyclotron, un bévatron, un synchrotron, un accélérateur du type "Van de Graaff" ou des appareils produisant des rayons X. La radiation de forte énergie utilisée conformément à la pratique de l'invention peut consister en radiations alpha, bêta et gamma, en rayons X mous et durs, en rayons cathodiques, en protons, neutrons, positrons et rayons cosmiques. La radiation gamma constitue actullement la source préférée. Bien que le milieu de culture puisse être soumis à la radiation conformément à l'invention sous toute forme physique convenable, pa-r exemple des solutions et des poudres sèches, des granules et des pastilles, il est préférable de traiter le milieu sous la forme de comprimés. Chaque comprimé contient donc une quantité prédéterminée et mesurée avec précision des composants solides du milieu de culture. Par conséquent, on peut préparer toute quantité désirée de milieu liquide à partir des comprimés ps dissolution d'un ou plusieurs comprimés dans le solvant. Plus particulièrement, les poids des comprimés vont de 0,923 g (concentration normale) à tout poids désiré, pour donner 100 ml de solution de culture. Toutefois, les mêmes unités de poids peuvent être formées de poudre sèche ou de granules secs. te milieu solide est dissous dans de l'eau distillée ou de l'eau désionisée. Un comprimé typique doit mesurer environ 12,7 mm de diamètre et environ 6,35 mm d'épaisseur. Un milieu de culture qui convient particulièrement pour la culture de cellules de mammifères est le milieu essentiel minimal (Eagle) décrit par H. Eagle dans "Science",volume 130, page 432 (1959) dont la composition est donnée ci-après: COMPOSANTS mg/l AMINO-ACIDES Chlorhydrate de L-arginine 125,4 L-cystine 24,0 L-glutamine 292,0 Chlorhydrate hydraté de L-histidine 41,9 T-isoleucine 52,5 L-leucine 52,4 Chlorhydrate de t-lysine 73,1 L-méthiomime 14,9 L-phénylalanine 33,0 L-thréonine 47,6 t-tryptophane 10,2 L-tyrosine 36,2 L-valine 46,8 VITAMINES D-pantothénate de calcium 1,0 Chlorure de choline 1,0 Acide folique 1,0 i-inositol 2,-0 Nicotinamide 1,0 Chlorhydrate de pyridoxal 1,0 Riboflavine 0,1 Chlorhydrate de thiamine 1,0 SELS MINERAUX ET AUTRES COMPOSANTS SOLUTION EQUILIBREE DE SELS DE EARLE CaCl2.2H2O 265,0 KCl 400,0 MgSO4.7H2O 200,0 NaCl 6 800,0 NaHCO3 2 200,0 NaH2PO4H2O 140,0 Dextrose 1 000,0 Rouge de phénol 10,0 SOLUTION EQUILIBREE DE SELA DE HANKS CaCl2.2H2O 186,0 (Suite) COMPOSANTS mg/l HCl 400,0 KH2PO4 60,0 MgCl2.6H2O 100,0 MgSO4.7H2O 100,0 NaCl 8 000,0 NaHCO3 350,0 Na2HPO4.7H2O 90,0 Dextrose 1 000,0 Rouge de phénol 20,0 POUR CULTURES EN SUSPENSION KCl 400,0 NaCl 6 800,0 NaHCO3 2 200,0 NaH2PO4.H2O 1 500,0 MgC12 . 6H20 200,0 Un autre milieu de culture de cellules qui illustre les milieux spéciaux de ce type est le milieu "NCTC-109" décrit par V.J. Evans et Collaborateurs dans "Cancer Res.", 16 77-86 (1956) et W.T. McQuilkin et Collaborateurs dans "J. Natl.Cancer Inst." 19, 885-896 (1957), qui a la composition suivante COMPOSANTS m/l AMINO-ACIDES L-alanine 31,5 Acide L-alpha-aminobutyrique 5,5 Chlorhydrate de L-arginine 3,12 L-asparagine 8,0 Acide L-aspartique 9,9 Chlorhydrate de L-cystéine 259,9 L-cystine 10,5 Acide L-glutamique 8,3 L-glutamlne 136,0 L-glycine 13,5 Chlorhydrate hydraté de S-histidine 25,7 L-hydroxyproline 4,1 (Suite) COMPOSANTS g/ml L-isoleucine 18,0 L-leucine 20,4 Chlorhydrate de L-lysine 38,4 T-méthionine 4,4 L-ornithine 7,4 T-phénylalanine 16,5 t-proline 6,1 T-sérine 10,8 t-taurine 4,2 L-thréonine 18,9 L-trypthophane 17,5 L-tyrosine 16,4 L-valine 25,0 VITAMINES Acide p-aminobenzoique 0,125 Acide ascorbique 49,900 D-biotine 0,025 Calciférol 0,250 D-pentothénate de calcium 0,025 Chlorure de choline 1,250 C ocarboxylas e 1,000 Acide folique 0,025 i-inositol 0,125 Ménadione 0,025 Nicotinamide 0,063 Acide nicotinique 0,063 Chlorhydrate de pyridoxal 0,063 Chlorhydrate de pyridoxine 0,063 Phosphate de DL-alpha-tocophérol (Na2) 0,025 Chlorhydrate de thiamine 0,025 "Tween" 80 12,500 Riboflavine 0,025 Vitamine A 0,250 Vitamine 312 10,000 (Suite) COMPOSANTS g/ml AUTRES COMPOSANTS Co-enzyme A 2,5 Déoxyadénosine 10,0 Chlorhydrate de déoxycytidine 10,0 Déoxyguanosine 10,0 Dextrose 1 000,0 Nucléotide tétrahydraté de diphosphopyridine (DPN.4H2O) 7,0 Flavine adénine dinucléotide (FAD) 1,0 D-glucosamine 3,2 D-glucuronolactone 1,8 L-glutathion 10,1 5-méthylcytosine 0,1 Rouge de phényle 20,0 Acétate de sodium.3H2O 83,0 Glucuronate de sodium 1,8 Thymidine 10,0 Sel monosodique de triphosphopyridinenucléotide (TPN) 1,0 5'-triphosphate d'uridine, sel tétrasodique tétrahydraté (UTP) 1,0 SELS MINERAUX CaCl2. 2 R20 265,0 XCl 400,0 MgSO4. 7 H20 200,0 NaCl 6 800,0 NaHCO3 2 200,0 NaH2PO4 . H2O 140,0 Les cellules animales, qu'il s'agisse de cellules d'animaux vertébrés ou invertébrés, requièrent du point de vue nutritif les mêmes ingrédients essentiels, par exemple les es amîno-acides et les mes vitamines.Toutefois, les cellules de mammifères nécessitent un degré isotonique spécial, équivalant à 0,85 Vo de NaCl total en solution. tes cellules d'animaux autres que les mammifères, qui peuvent aussi être des cellules d'animaux vertébrés, requièrent une isotonicité différente pour chaque espèce, par exemple les cellules de grenouilles nécessitent au total 0,40 % de sodium. Lorsqu'on traite le milieu de culture sous la forme de comprimés, avec une radiation de forte énergie, on comprime le milieu en poudre sèche sous atmosphère d'azote inerte pour former des comprimés du type défini ci-dessus, et on disposeunou plusieurs comprimés, sous atmosphère inerte anhydre, dans une fiole de verre à fond plat, munie d'un bouchon vissé en matière plastique, à garniture de caoutchouc. On place les fioles dans une série de récipients à partie supérieure ouverte qu'on fait passer devan * e source de radiation de forte énergie, par exemple de radiation gamma. te cas échéant, une fiole donnée peut être enfermée dans une seconde fiole de verre, ce qui donne un emballage du type encapsulé dans lequel le milieu stérile peut être manipulé par des mains humaines jusqutau dernier moment, avant la mise en solution, sans perte appréciable de la qualité de stérilité. Lorsque le milieu de culture doit être stérilisé sous la forme d'une poudre en vrac, on peut le faire tomber par gravité sur une courroie de transport continu installée dans un tunnel fermé dans lequel on fait passer un courant de gaz inerte anhydre sous pression, par exemple un courant d'azote ou d'hélium. La poudre est transportée dans le tunnel devant une source de radiation de forte énergie, qui produit un faisceau de rayons d'énergie et de largeur suffisantes pour stériliser tout le milieu passant devant la source. La poudre peut aussi être enfermée dans des capsules de gélatine simples ou doubles. Lorsque la source de radiation doit émettre des rayons bêta, il peut s'agir d'un accélérateur de particules du type "Dynamatron", de 1,5 million de volts, utilisant la source d'ions positifs décrite dans le brevet des Etats-Unis d'Amérigue NO 3 178 600. Lorsqu'il s'agit d'une radiation gamma, on peut utiliser le cobalt 60 comme source. D'autres sources convenables comprennent les sources du type décrit dans la publication "Radiation Preservation of Food", U.S. Iïrmy Quatermaster Coips., PB 151493, U.S. Goverrinent Printing Office, Washington, D.C,, 461 pages.On mentionne à titre d'exemple (a) le dispositif représenté page 361, figure 30-5, utilisant un accélérateur "Arco" marque I conjointement avec un appareil stérilisé de mise en botte (b) le dispositif représenté page 363, figure 30-7, utilisant un accélérateur linéaire "Arco" de 12 NeV, 30 kV ; et (c) l'appareil mobile d'irradiation gamma auquel il est fait allusion page 367 et qui est décrit par L.E. Brownell et Collaborateurs dans "Operation of the Fission Products Laboratory", U.S. Atomic Energy Comission, compte rendu N AECU-3050, Con. N AT(11-1)-162, Mai 1955. On peut prévoir une paroi protectrice entourant la zone de radiation et les zones périphériques, pour protéger les opérateurs qui y travaillent. Dans le cas de l'irradiation d'un milieu en poudre, le milieu est transporté sur la courroie vers une buse de distribution qui le décharge dans un récipient spécial alimentant une machine d'emballage. A titre de variante, le milieu en poudre peut autre chargé dans un tunnel dans lequel une soufflerie engendre une pression suffisamment élevée pour faire passer la poudre devant une source de radiation et pour la faire sortir par la buse de distribution. En général, énergie du faisceau de radiation, si l'on suppose un balayage uniformément dispersé, dépend de variables telles que la nature des ingrédients du milieu et des impuretés impliquées ou que l'on désire éliminer. En ce qui concerne ces dernières, par exemple, la sensibilité des micro-organismes aux radiations dépend de ltespèce, de la concentration, de la température ambiante et de l'état physique, de l'age et de la composition du milieu, ainsi que du type de radiation qui est impliqué. La dose minimale aux fins de la présente invention peut donc entre exprimée par la quantité de dose de radiation suffisante pour détruire tous les organismes qui contaminent le milieu. Toutefois, il est préférable que la dose de radia tion soit plus forte et désactive et/ou détruise réelleme-nt les impuretés les plus résistantes, avec une marge raison nable de sécurité ; dans le cas drun milieu de culture, la dose doit donc entre suffisamment grande pour stériliser efficacement le milieu en poudre contaminé par le microorganisme Bacillus subtilis produisant des spores (l'une des formes les plus résistantes d'impuretés) ou d'autres inEuretés plus résistantes si elles sont présentes, comme déterminé par les méthodes classiques d'essai décrites dans "Public Health Service Regulations',, 43, partie 73, paragraphe 73.73. Bans essai indiqué, des échantillons irradiés sont reconstitués avec de l'eau distillée stérilisée et soumis à un essai de stérilité par sous-culture dans un bouillon au thioglycolate, pendant un minimum de 7 jours. On a constaté qutune dose de 4 mégarads est normalement suffisante pour des milieux et que la durée d'exposition ntest pas très importante ; du moment que la dose requise est appliquée, le milieu semble se stériliser en une très courte période de temps et aucune amélioration importante ne résulte d'une prolongation de l'application de la dose. ta dosc maximale de radiation est de préférence exprimée par une quantité drirradiation capable de produire les conditions stériles désirées, sans altérer notablement aptitude du milieu à entretenir la croissance de cellules simples dans un essai déterminé, ou bien la quantité d'irradiation qui n'engendre pas de sous-produits toxiques résultant d'une irradiation excessive d'un ou plusieurs composants du milieu. L'invention est illustrée par les exemples suivants, donnés à titre non limitatif. Exemple 1 On charge 100 millilitres (0,929 g) de milieu en poudre dans des capsules doubles en gélatine et on les irradie avec quatre mégarads (radiation bêta) pendant une période de quatre secondes en utilisant l'accélérateur de particules radiation Dynamicsn décrit ci-dessus. On reconstitue des échantillons avec de liteau distillée stérile et on soumet ces échantillons à un test d'activité biologique déterminant l'efficacité relative de développement sur plaque de Heta S-3. On constate que les échantillons sont stériles et qu'ils ont un rendement relatif de formation de clones après irradiation de 104 % du témoin.Ceci illustre l'utilisation de la technique dtirradiation par des rayons b8ta. te milieu utilisé est le milieu de base de Eagle défini dans un article publié par H. Eagle/"Journal Experimental Medicine", volume 102, page 595 (1955). Exemple 2 On transforme en comprimés de dimensions précises, sous atmosphère d'azote gazeux, et on place dans une fiole de verre en vue du traitement, des quantités équivalentes de 100 ml (0,965 g) de milieu essentiel minimal de Eagle poudre, comme défini dans un article publié par H. Eagle dans 1,Science", volume 130, page 432 (1959). Initialement, on divise les comprimés en cinq groupes sur la base des taux d'irradiation : 20, 10, 5, 2,5 et O mégarads pour une période d'exposition de 4 secondes. Chacun des cinq groupes principaux est subdivisé et une moitié de à 10% chaque groupe est mise en présence de sérum dialysé de veau/.Ces dix groupes sont de nouveau subdivisés et la moitié est contaminée avec Bacillus subtilis. tes comprimés sont soumis à une irradiation gamma, avec une source de cobalt 60. Tous les comprimés recevant une dose d'irradiation gamma de 5 mégarads ou plus sont stériles et biologiquement actifs. Une contamination se manifeste dans trois des 16 échantillons irradiés à la dose de 2,5 mégarads. En outre, les trois échantillons contaminés représentent la moitié des six échantillons irradiés à la dose de 2,5 mégarads ou moins, qui sont au préalable volontairement contaminés avec Bacillus subtils. La dose optimale de stérilisation pour obtenir des résultats à 100 % d'efficacité, se situe donc entre 2,5 et 5,0 mégarads, de préférence à environ 4,0 mégarads, d'après les résultats de l'exemple 1. Exemple 3 On introduit dans 1000 capsules de gélatine "00" des quantités équivalentes de 100 ml de poudre de Earle sous la forme d'une solution équilibrée de sels (comme décrit par W.R. Earle, "Journal National Cancer Institute', volume 4, pages 165-212 (1943). On place ensuite ces capsules dans des capsules de gélatine du type 10OOll et on irradie 500 capsules avec des rayons bêta à un taux de 5 mégarads pendant une période de 4 secondes. tes échantillons irradiés sont soumis à un test de stérilité, par enlèvement de la capsule extérieure et introduction de la capsule intérieure dans une bouteille de 100 ml de thioglycolate, préalablement soumise à un test de stérilité. On fait ensuite incuber les bouteilles à 340C pendant une semaine.Dans quelques cas, la capsule extérieure se disloque ou se fendille; ces échantillons sont jetés. On garde quelques autres échantillons pour autres essais. Parmi les échantillons contaminés avec Bacillus subtilis avant l'irradiation, on constate que tous sont stériles et biologiquement actifs, tandis que 99,2 % des échantillons du groupe témoin préparés dans les mêmes conditions mais non irradiés sont contaminés et par conséquent impropre 1 l'utilisation. Exemple 4 On place des quantités équivalentss de 500 ml (4,64 g) de milieu de base en poudre de Eagle dans la solution équilibrée de sels de Earle, dans des tubes de Leighton à bouchon de caoutchouc. On soumet six de ces échantillons à une irradiation de 30 mégarads au cobalt 60. Six échantillons sont irradiés de nouveau. Tous les échantillons sont reconstitués avec de l'eau distillée stérile et soumis à un test de stérilité par sous-culture dans un bouillon au thioglycolate pendant une période de trois semaines. Ltun des échantillons non irradiés est stérilisé par filtration et comparé avec un échantillon irradié non filtré en ce qui concerne l'activité biologique. Cet échantillon est soumis à un test d'efficacité sur plaque avec des cellules HeLa S-3 dans des conditions de formation de clones à raison de 200 cellules/5 mur dans une boîte de Pétri de 35 mm, dans un essai de développement d'une durée de 7 jours à 37 C dans un mélange d'air et d'anhydride car bonique à 5 . Les six échantillons non irradiés sont contaminés. Cinq des six échantillons irradiés sont stériles. tes échantillons irradiés ont une efficacité de développement sur plaque de 100 , comparativement à l'échantillon avant l'irradiation. Lorsqu'on ajoute de la glutamine, l'échantillon irradié a une efficacité de développement sur plaque de 100 % comparativement à l'échantillon avant l'irradiation. Exemple 5 Un milieu de culture de tissu tel que le milieu essentiel minimal de Eagle est préparé sous la forme d'une poudre sèche en vrac, par un procédé normal. Ensuite, le milieu est transformé en comprimés sous atmosphère d'azote anhydre, chaque comprimé ayant un poids normal équivalant à 100 ml de milieu liquides comprimés sont emballés dans des tubes cylindriques en verre ou en matière plastique contenant une atmosphère d'azote anhydre. tes tubes sont irradiés avec une dose de 4 + 1,6 mégarads au moyen de cobalt 60. On sacrifie 10 % des comprimés pour les essais, notamment (1) pour déterminer l'absence de bactéries, de myccplasmes et de champignons ; et (2) pour déterminer ltaptitude à la croissance de cellules individuelles de mammifères in vitro, de même que l'aptitude à l'entretien d'une multiplication continue de cultures en masse. tes autres tubes sont envoyés à divers postes d'essai, où ils sont expérimentés dans des conditions défavorables (a) un lot est expédié sans réfrigération par bateau vers la région désertique du Sahara, et transporté, sans réfrigération, par une caravane de chameaux vers le le poste d'essai. Chaque comprimé y est dissous dans de l'eau de puits distillée, obtenue localement, et soumis à des tests de stérilité et de croissance. On constate que dans ces conditions de chaleur et de sécheresse, le milieu irradié est supérieur au iilieu g iquides normaux du commerce qui se détériorent manifestement dans les conditions dans lesquelles une conserva%;L'on convenable au frais ne peut pas être réalisée. (b) un second lot a été expédié sans réfrigération ni dessiccation vers le Congo. Il y a été soumis à des essais comme indiqué en (a). Dans ces conditions de chaleur et d'humidité, le milieu irradié s'est montré supérieur aux milieux liquides normaux. On a également constaté qutil est supérieur aux milieux en poudre non stérile, parce que les comprimés individuels de poids connu peuvent être utilisés pour préparer rapidement un volume quelconque de milieu liquide, ce qui supprime le problème des variations continues de poids lors de la pesée d'une poudre sèche déliquescente, absorbant constamment de liteau. tes portions non utilisées de la poudre sèche normale, non stérile, continuent d'absorber de l'eau, d'entretenir la croissance de bactéries, et toute la portion inutilisée doit être jetée. La supériorité des milieux stériles de culture à l'étant sec de la présente invention est démontrée par le fait que les cellules se développent plus rapidement, dans un temps donné, que dans le cas de mil eux liquides stériles classiques. te milieu stérile sec de la présente invention est supérieur aux milieux solides déjà connus du fait qu'il est à la fois stérile et pratique. Aucune stérilisation par filtration n'est requise lorsque l'opérateur le dissout. En outre, après que le milieu a été dissous, attendu qu'il est stérile en premier lieu, il n'est pas nécessaire de le soumettre pendant une période de 21 jours à un test de stérilité par incubation, pour observer si une contamination se développe; Ceci économise du temps et élimine le contr8lc de qualité auquel l'utilisateur devrait procéder.En outre, dans la préparation d'une solution du milieu de culture, le comprimé de l'invention à la dose normale, mesurée avec précision, supprime la nécessité d'effectuer des dosages quantitatifs. Nême lorsque le test classique de stérilité est omis par l'utilisateur, celui-ci court vn risque minimal de contamination de 0,5 Vo seulement, ce qui reste dans la probabilité de 11 erreur technique de fabrication. Comparativement à des solutions stériles de milieux de culture que l'on rencontre actuellement sur le marché, les milieux stériles de culture à l'état sec de la présente invention constituent une forme bien moins coûteuse à expédier que les formes liquides et écartent les dangers de rupture des récipients et de contamination. De plus, leur entreposage demande moins de place que des milieux liquides qui doivent, en outre, être conservés au frais à environ 40C. REVENDICATIONS 1. Procédé de préparation d'un milieu stérile de culture, stable à l'état sec, conçu pour la croissance in vitro de cellules d'animaux multicellulaires, caractérisé par le fait qu'il consiste à soumettre le milieu de culture sous la forme solide sèche à une radiation de forte énergie à une dose comprise entre 0,8 et environ 10 mégarads pour stériliser le milieu sans le dégrader. 2. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé par le fait que les cellules sont des cellules de mammifères et la radiation de forte énergie a une intensité comprise entre environ 2,4 et environ 5,6 mégarads. 3. Procédé suivant l'une des revendications 1 et 2, caractérisé par le fait que les cellules sont des cellules de mammifères et la radiation de forte énergie consiste en une radiation gamma. 4. Procédé suivant l'une des revendications 1 et 2, caractérisé par le fait que les cellules sont des cellules demammif ères et la radiation de forte énergie consiste en une radiation bêta. 5. Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé par le fait que les cellules sont des cellules de mammifères et le milieu de culture est soumis à une radiation de forte énergie après transformation en comprimés. 6. Procédé suivant l'une des revendications 1 à 4, caractérisé par le fait que les cellules sont des cellules de mammifères et le milieu de culture est soumis à une radiation de forte énergie, après avoir été transformé en poudre. 7. Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé par le fait que les cellules sont des cellules de mammifères et le milieu de culture contient des amino-acides instables à la chaleur, entre autres la t-gluts.mine. 8. Procédé suivant l'une des revendications précédentes, caractérisé par le fait que les cellules sont des cellules de mammifères et le milieu de culture contient des vitamines instables à la chaleur entre autres du chlorhydrate de pyridoxal. 9. Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 5 et 7 ou 8, caractérisé par le fait que les cellules sont des cellules de mammifères et le milieu de culture est transformé en comprimés sous atmosphère inerte anhydre avant le traitement par irradiation. 10. Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 4 et des revendications 6 à 8, caractérisé par le fait que les cellules sont des cellules de mammifères et le milieu de culture est transformé en poudruis soumis à un traitement par irradiation dans une atmosphère inerte anhydre, le milieu renfermant le co-enzyme A sensible à la chaleur et du glucose caramélisable. 11. Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 5, 7, 8 et 9, caractérisé par le fait que les cellules sont des cellules de mammifères et les comprimés sont emballés dans des récipients en verre sous atmosphère inerte anhydre avant le traitement par irradiation. 12. A titre de produits industriels les produits obtenus notamment au moyen d'un procédé conforme à l'une quelconque des revendications précédentes.