L'invention concerne un engrais artificiel à oligoéléments, contenant un ou plusieurs sels inorganiques de fer et destiné à être apporté au sol afin de remédier aux maladies des plantes par déficience en fer et de traiter préventivement ces maladies. I1 est connu que le fer est un élément indispensable pour la nutrition et le métabolisme des végétaux. On sait que le fer est un composant essentiel de ferments de là respiration qui contre lent le transfert d'oxygène dans l'organisme végétal. Une déficience en fer peut donner lieu à des perturbations importantes du métabolisme et à des maladies qui se manifestent par un piètre développement, des pertes de récoltes et, extérieurement, par des phénomènes de jaunissement des feuilles, appelés chlorose. les prairies et les herbages, les pelouses décoratives, les arbres fruitiers, la vigne, les céréales et un grand nombre de plantes ornementales sont facilement atteints par les maladies de carence en fer. tes causes de cette carence peuvent être attribuées à une teneur insuffisante du sol en fer, à un pH trop élevé, mais aussi, quoique plus rarement, à une déficience en autres substances nutritives principales ou en autres oligo-élé- i ments. - Etant donné que le problème de l'approvisionnement en fer de nos cultures revêt une importance économique considérable, on a fait des tentatives, depuis longtemps déjà, pour remédier aux carences en fer existantes par amendement avec des sels de fer, par exemple le sulfate de fer, le sulfate ferrique, le sulfate d'ammonium ferreux ou le ferrocyanure de potassium. Or, il s'est avéré que la plupart des espèces végétales ne sont pas capables, ou tout au moins dans une très faible mesure, d'absorber du fer à liaison inorganique à partir du sol. Cela vaut en particulier pour les sols alcalins chargés de calcaire.En outre, l'application de sels inorganiaues du fer aux doses minimales nécessaires à cette fin est toujours liée au risque dendom- magement des plantes. De meilleurs résultats ont été obtenus au cours de ces dernières années avec des acides organiques chélateurs du fer, par exemple l'acide éthylène-diamine-tétraacétique, l'acide hydroxy éthyl-éthylène-diamine-triacétioue, l'acide diéthylène-trianinepentaacétique et autres chélateurs semblables. Bien que ces composés offrent certains inconvénients, en ce sens que leur application nécessite ltemploi simultané de grandes quantités d'eau et qu'il en résulte en outre une destruction microbienne relativement rapide dans le sol, leur utilisation peut être néanmoins considérée comme un progrès. Malheureusement les chélateurs du fer sont d'autre part suffisamment motteux pour que leur application ne soit généralement envisageable que lorsque des pertes sérieuses de cultures de prix élevé entrent en Jeu. Or, on a trouvé, selon l'invention, que les sels inorga niques du fer peu coûteux, par exemple le sulfate ferreux ou le; sulfate ferrique, sont absorbés facilement et rapidement par les plantes, contre toute attente des spécialistes, lorsqu'un produit de condensa tion du formaldéhyde et de l'urée leur est ajouté;en proportions effi caces. Ces produits de condensation sont, comme on le sait, composés essentiellement de méthylène-diurée, de diméthylene-triurée, de trimé- , thylène-tétraurée et de tétraméthylène-pentaurée qui se décomposent dans le sol à différentes vitesses et qui sont utilisés dans les en grais à titre de source d'azote à écoulement lent.Si l'on forme des mélange s intimes de tels produits de condensation du formaldéhyde et de l'urée avec des composés ferreux inorganiques, par exemple par granulation des matières réduites à l'état de poudre, on observe, après application sur le sol carentiel, un pouvoir d'utilisation du fer par les plantes que l'on ne connaissait jusqu'ici qu'avec des chélateurs du fer. On n'a pas pu élucider pour l'instant sur quoi repose l'amélioration spécifique de l'effet d'amendement ferreux observée sous la forme combinée décrite ici. On peut toutefois supposer, d'après le mode d'action, que des complexes de chélation du sulfate de fer peuvent se former, de préférence avec les composants moins condensés, plus facilement solubles dans l'eau et, par suite, plus rapidement disponibles, du mélange de produits de condensation du for maldéhyde-urée et, sous cette forme, sont absorbés avec une facilité particulière par les racines des plantes.Avec cette hypothèse concorde le fait observé cue des mélanges intimes des produits de condensation de l'urée-formaldéhyde avec des sels de fer, et surtout ceux qui sont préparés par granulation des composants finement pulvérisés, manifes- tent de façon particulièrement nette l'effet d'amendement ferreux mentionné. Par contre, on n'obtient pas le même effet avec des produits dans lesquels des sels de fer sont introduits au cours du traitement de condensation du formaldéhyde et de l'urée.Il reste à déterminer si la température élevée et le pH intervenant dans la condensation déter- minent une forme de iaison d'un autre genre du sulfate de fer su si cette liaison est formée de préférence avec des composants plus fortement condensés et plus lentement solubles. Les deux possibilités donnent une explication du fait que des produite dont le composant ferreux a été introduit par addition au cours de la condensation demandent souvent des semaines avant cue leur effet d1 amendement ferreux ne commence à se manifester, tandis que des mélanges intimes du genre ici décrit manifestent le plus souvent l'effet recherche' au bout de quelques jours seulement. Une preuve très simple et rapidement perceptible de l'absorption du fer par les plantes peut etre faite sur des pelouses de gazon. ta plupart des espèces d'herbe présentent. sur un sol pauvre en fer, une coloration vert clair qui tourne au vert-jaune ou au jaune dans de mauvaises conditions de croissance. Certes, les engrais minéraux favorisent la croissance des plantes, mais ils ne modifient pas la coloration malsaine. l'application de fer sulfaté vert, que l'on a essayée à des fins comparables en agriculture à raison de 200-450 kg/ha de FeSO4.7H2O, n'a apporté que rarement une amélioration et a souvent abouti à l'altération de l'état des plantes.Un amendement avec un produit de condensation de l'urée-formaldéhyde du commerce a certes permis d'améliorer dans une certaine mesure l'état général et la croissance du gazon, mais en cas de pénurie de fer, ni la coloration malsaine, ni la vulnérabilité du gazon à l'égard des carences et des maladies n'ont pu être éliminées. En cas d'application combinée d'un produit de condensation de l'urée-formaldéhyde (avec par exemple une teneur de 35 à 38 % en azote) et de sulfate de fer (fer sulfaté vert) dans une proportion de 10/1 à 1/10 environ, à raison de 5-10 kg/ha seulement de fer, en observe, en quelques jours selon les conditions atmosphériques et les conditions de croissante, un verdissement intense du gazon qui atteint une couleur vert foncé soutenu. Parallélement à l'activation de la formation de chlorophylle, les plantes herbacées deviennent plus vigoureuses et plus résistantes et des feuilles plus larges se développent. La présence du produit de condensation de l'urée-formaldéhyde a donc rendu accessible et utilisable pour les plantes le sel de fer qu'elles ne pouvaient autrement absorber que difficilement, sinon nullement. Si on analyse la teneur en fer des plantes, on constate avant le traitement des teneurs en Fe de l'ordre ae 20 à 25 ppm, qui s'élèvent au double ou au quadruple en quelque 1 à 2 semaines à la suite de l'application du mélange fertilisant. De meme, des essais spectaculaires peuvent être exécutés en arboriculture lorsqu'on applique le même mélange fertilisant sur le sol dans la région des racines des arbres. Dans ces conditions, il est caractéristique que le fer sulfaté vert est converti sous une forme assimilable par l'organisme végétal en présence de produits de condensation de l'urée-formaldéhyde, ce qui ne se produit qu'à peine avec le fer sulfaté vert employé isolément. les mélanges des deux composants mentionnés peuvent contenir d'autres substances nutritives principales ou d'autres oligoéléments, par exemple à base de phosphore, de potasse, de magnésium, de cuivre, de bore, de manganèse, de zinc, etc.. A l'occasion d'essais effectués avec des mélanges de ce genre ou avec leurs composants, en ajoutant à chaque fois des composés ferreux, il est toujours manifeste que seule l'association du produit de condensation de l'urée-formaldéhyde avec des sels de fer produit dans le sol l'effet décrit d1amen- dement ferreux, comparable à celui des chélateurs de fer. exemple 1 Un mélange homogène de 9 parties d'un produit de condensation d'urée-formaldéhyde ayant une teneur en N de 37,5 % et de 1 partie de sulfate ferreux FeSO4.7R20 (20 % Fe env.) est transformé, selon la technique usuelle, en granulés ayant un diamètre moyen de 1 à 2 ma. Sur 100 m d'un gazon ornemental croissant sur un sol pauvre en fer, on répand 7,5 kg de cette matière. Au bout de quelques jours, le gazon, dont la couleur était jusqu'ici comprise entre le jaunâtre et le vert pâle prend une coloration de plus en plus soutenue jusqu'au vert foncé, il devient dense et vigoureux. Exemple 2 Selon un procédé connu en soi, on granule un mélange homogène de 40 % d'un produit de condensation d'urée-formaldéhyde (teneur en N, 37,5 % env.) tO % de sulfate ferreux FeSO4.7H20 10 % de nitrate d'ammonium 20 % de superphosphate (18 ffi P205) 10 % de sulfate de potassium (47 % K2O) 10 % de sulfate de magnésium (epsomite, MgSO4.7H20) en grains de 1 à 3 mm de diamètre.Appliqué sous toutes les formes d'utilisation habituelles, principalement sur des sols dépour-zus de fer et avec des plantes ayant des besoins ferreux élevés, par exemple en mélange avec de la terre de bruyère, en horticulture, en arbori-t culture, en viticulture et en exploitation céréalière, cet engrais complet manifesté, en l'espace de quelques jours, un effet de verdissement intense et un accroissement surprenant de la formation. de chlorophylle J qu'il est impossible d'atteindre avec l'application de sels inorganiques du fer et qui ne peuvent être obtenus par ailleurs que par l'utilisation de complexes de chélation au fer coûteux.A la place du sulfate ferreux dans la formule ci-dessus, on peut utiliser avec les mêmes résultats du sulfate ferrique, du sulfate d'ammonium ferreux, du ferrocyanure de potassium ou d'autres composés inorganiques du fer. Exemple 3 Par un procéaé connu, on granule en grains de 1 à 2 mm de diamètre un mélange homogène de 40 % de produit de condensation de l'urée-formaluéhyde (teneur en N, 37,5 % env.) 10 % de sulfate ferreux (7 H20) 10 % de nitrate d'ammonium 20 % de superphosphate 10 % de sulfate de potassium 8 % d'epsomite (MgSO4.7H2O) 2 % d'amide de l'acide 2,4-dichlorophénoxyacétique 2 Cet engrais, utilisé à raison de 7,5 kg/1OO m2-environ, donne des résultats remarquables quant à l'amélioration de la qualité de gazon ornemental et de pelouses de sports, en particulier sur un sol pauvre en fer, tout en luttant contre les mauvaises herbes à larges feuilles. R R V B N t I C A T I O N S 1.- Agent fertilisant à oligo-éléments, contenant un ou pIuieurs sels inorganiques de fer et destiné à être apporté au sol afin de remédier aux maladies des plantes par déficience en fer et de traiter préventivement ces maladies, caractérisé par le fait qu'il lui est ajouté en mélange, pour accroître ou permettre l'action du sel de fer, des quantités actives d'un produit de condensation de l'urée et du formaldéhyde. 2.- Agent fertilisant selon la revendication 1, caractérisé par le fait que le sel de fer est un sulfate de fer et que l'agent fertilisant contient en mélange au moins 10 % de produit de condensation d'urée-formaldéhyde par rapport à la quantité detsulfate de fer. 3.- Agent fertilisant selon les revendications 1 et 2, caractérisé par le fait que le produit de condensation de l'uréeformaldéhyde a une teneur en azote N- de 35 à 38 %. 4.- Mode d'application de l'agent fertilisant selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, par application au sol dans une proportion qui correspond à 5 - 10 kg de fér par hectare, avec éventuellement d'autres éléments nutritifs principaux et/ou oligo-éléments et/ou agents'de protection des plantes et/ou agents de destruction des parasites et/ou herbicides.