L'invention concerne les ancrages en mer de structures devant résister à des efforts extérieurs importants dans des sols pouvant être de très mauvaise qualité, c'est-à-dire de mauvais sols de fondation. De nombreux types d'ancrages existent actuellement, tels que les ancres à bêches mobiles ou fixes, ancres à pelles, métalliques ou en béton, les ancrages-poids type corps-morts, les ancrages à pieux, les ancrages ventouses. Il est certain que les terrains mous, tels que la vase molle, posent des problèmes très délicats. Face à ces difficultés, on a été amené à penser à des ancrages enfouis dont le principe est séduisant car l'ancrage est seulement assuré par la masse de la portion enfouie et la réaction du sol sur ladite portion au niveau d'enfouissage. Il a été ainsi proposé un système d'ancrage comportant une ancre et une ligne d'ancrage, basé sur la conception suivante : l'ancre consiste en une plaque métallique propulsée dans le terrain par une charge explosive, et dont la position du point d'amarrage à la ligne de traction est telle que la plaque tourne dans le terrain pour se placer perpendiculairement à l'axe de traction. L'effort limite de traction est proportionnel à la surface de la plaque et au coefficient de cohésion du terrain au niveau d'enfoncement considéré. Ce système intéressant a néanmoins deux inconvénients importants il est d'abord limité dans son domaine d'application à un effort de traction de 360 tonnes, ensuite la profondeur d'enfoncement de l'ancre n'est pas maîtrisée, ce qui ne permet pas de calculer avec certitude l'effort de traction dont sera capable l'ancre en place, puisque celui-ci est proportionnel à la profondeur d'enfoncement dans la limite de la capacité de la ligne. L'invention a pour objet de proposer un ancrage enfoui ne présentant pas les inconvénients précités, permettant notamment d'établir un ancrage fiable dans des terrains de toutes qualités y compris la vase molle, et résistant à des efforts multidirectionnels dépassant les limites de rupture des chaînes les plus importantes (citons des chaines dont le fil atteint un diamètre de 152 mm et qui ont une limite de rupture de 1610 tonnes). L'invention doit aussi présenter l'avantage d'établir un ancrage de très forte capacité avec des moyens de levage modestes ne dépassant pas ceux nécessaires à la manipulation de la ligne, par exemple 100 tonnes pour la chatne citée plus haut et une profondeur d'eau de 200 mètres). Il s' agit plus particulièrement d'un ancrage enfoui comportant une portion principale enfouie dans le sol, et une ligne d'ancrage connectée à ladite portion et servant à la liaison fonctionnelle d'ancrage, la retenue dudit ancrage dans le sol résultant de la masse de la portion principale enfouie et de la réaction du sol sur ladite portion au niveau d'enfouissage, caractérisé par le fait que la portion principale est essentiellement constituée par une sphère de béton réalisée in situ dans une enveloppe souple servant de coffrage perdu, et un élément rigide oblong dont est solidaire ladite sphère, connecté à la ligne d'ancrage et dont la portion inférieure permet la pénétration de l'enveloppe souple vide à une profondeur d'enfouissage prédéterminée. L'ancrage de l'invention peut présenter en outre l'une au moins des caractéristiques suivantes - l'élément rigide oblong comporte un axe autour duquel est disposée l'enveloppe souple, ledit axe étant connecté à son extrémité supérieure à la ligne d'ancrage et étant prolongé à son extrémité inférieure par un sabot de forme générale conique à pointe tournée vers le sol, - de préférence alors, l'axe est intérieur à l'enveloppe souple, la fixation mécanique et étanche de ladite enveloppe audit axe étant assurée par des moyens de serrage mécaniques aux extrémités superieure et inférieure dudit axe. L'invention concerne aussi un procédé d'obtention d'un tel ancrage enfoui, caractérisé par le fait qu'il comporte les étapes successives suivantes - dans un premier temps, on descend jusqu'au niveau du fond 1 'élément rigide oblong et l'enveloppe souple vide qui lui est connectée, - dans un deuxième temps, on enfonce la portion principale jusqu'à la profondeur d'enfouissage prédéterminée, - dans un troisième temps, on procède au pompage du béton dans l'enveloppe jusqu'à un degré de remplissage prédéterminé de celle-ci, ladite enveloppe se déformant alors progressivement jusqu'à une allure sensiblement sphérique tout en poussant sur le terrain environnant. L'invention concerne encore un dispositif de mise en oeuvre du procédé d'obtention, caractérisé par le fait qu'il comporte une unité rigide d'enfouissage de la portion principale de l'ancrage enfoui, et une unité de pompage pour le remplissage en béton de l'enveloppe souple, l'unité rigide d'enfouissage étant essentiellement constituée par un dispositif de battage et un élément prolongateur reliant rigidement ledit dispositif de battage à l'élément rigide de la portion principale, et l'unité de pompage étant essentiellement constituée par un ensemble flottant permettant de délivrer un coulis de béton à une pression déterminée et un tuyau souple reliant ledit ensemble flottant à l'enveloppe souple de la portion principale. Le dispositif de mise en oeuvre peut présenter en outre l'une au moins des caractéristiques suivantes - l'élément prolongateur comporte une portion tubulaire fixée au dispositif de battage, et une virole fendue longitudinalement prolongeant ladite portion tubulaire et solidaire de celle-ci, ladite virole, fixée par une liaison cassante à la portion inférieure de l'élément rigide de la portion principale de l'ancrage, entourant l'enveloppe souple et ledit élément rigide, la fente longitudinale permettant le passage du tuyau de remplissage et de la ligne d'ancrage, - de préférence alors, l'extrémité inférieure de la virole fendue vient se loger dans un sabot conique formant la portion inférieure de l'élément rigide, ledit sabot présentant en son bord supérieur une rainure circulaire à cet effet, - la fente de la virole s'arrête au niveau du passage du tuyau de remplissage et/ou de la ligne d'ancrage. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront plus clairement à la lumière de la description qui va suivre, donnée à titre illustratif mais nullement limitatif, en référence aux figures du dessin annexé où - la figure 1 est une coupe illustrant un ancrage enfoui conforme à l'invention et tout à fait opérationnel, - la figure 2 illustre schématiquement le dispositif permettant la formation de l'ancrage de la figure 1, et en particulier une unité rigide d'enfouissage et une unité de pompage, - les figures 3 et 4 illustrent à plus grande échelle l'unité d'enfouissage de la figure 2, - la figure 5 illustre schématiquement une application possible d'un ancrage enfoui conforme à l'invention. Figure 1, l'ancrage comporte une portion principale 1 enfouie dans le sol 2, et une ligne d'ancrage 3 connectée à ladite portion et servant à la liaison fonctionnelle d'ancrage, la retenue dudit ancrage dans le sol résultant de la masse de la portion principale enfouie et de la réaction du sol sur ladite portion au niveau d'enfouissage. Conformément à l'invention, la portion principale 1 de l'ancrage est essentiellement constituée par une sphère de béton 4 réalisée in situ dans une enveloppe souple 5 servant de coffrage perdu, et un élément rigide oblong 6 dont est solidaire ladite sphère, connecté à la ligne d'ancrage 3 et dont la portion inférieure 7 permet la pénétration de l'enveloppe souple 5 vide à une profondeur d'enfouissage prédéterminée. De préférence et ainsi que représenté en figure 1, l'élément rigide oblong 6 comporte un axe 8 autour duquel est disposée l'enveloppe souple 5, ledit axe étant connecté à son extrémité supérieure à la ligne d'ancrage 3 et étant prolongé à son extrémité inférieure par un sabot 7 de forme générale conique à pointe tournée vers le bas. Il sera revenu plus loin sur les différentes fonctions que remplit le sabot conique, la première rencontrée ici étant de faciliter la pénétration dans le sol en amont de l'enveloppe souple vide. Il est avantageux que l'axe 8 soit intérieur à l'enveloppe souple 5, la fixation mécanique et étanche de ladite enveloppe audit axe étant assurée par des moyens de serrage mécaniques, respectivement schématisés par des bagues 9, 10, aux extrémités inférieure et supérieure dudit axe. On a schématisé en 11 le tuyau d'arrivée de béton pour l'injection in situ. Il est important de noter qu'axe et sabot forment un organe de transmission des efforts à la masse de béton. Ces éléments peuvent être naturellement remplacés par tout système équivalent reprenant l'effort de cisaillement dans le béton provoqué par les efforts de traction sur la ligne d'ancrage ; cependant l'utilisation, en remplacement > d'une chaîne de surface suffisante pour reprendre l'effort de cisaillement, quoique possible, serait moins performante. Il a été dit plus haut que l'ancrage de l'invention, utilisable même dans les terrains les plus défavorables, devait être capable de reprendre les efforts maxima des plus gros calibres de chaines ou de câbles. Il va être donc précisé ci-après comment peut se déterminer, au moins en valeur approchée, le calcul de l'effort multidirectionnel que l'ancrage peut ancaisser, avec un enfouissage prédéterminé en-dessous du niveau moyen 12 du fond marin. Il est certain que pour justifier l'effort de traction admissible il faudrait se livrer à un calcul par ordinateur en utilisant une méthode de calcul par éléments finis en domaine élasto-plastique pour lequel il a été élaboré des programmes très performants. Mais le calcul approché suivant, basé sur les essais d'ancres déjà effectués, peut donner une approximation suffisante. Pour déterminer l'effort vertical admissible; il faut tenir compte de quatre paramètres principaux, qui sont le poids apparent de l'ancrage, la réaction du sol, le poids et le frottement du terrain - poids apparent F1 de l'ancrage : smrD3 il est donné par la formule F1: (d-1) x 6 dans laquelle d et le poids spécifique du béton et D le diamètre de l'ancrage (ici de la sphère en béton), - réaction du sol F2 (par similitude avec les essais d'ancres) :: #D elle est donnée par la formule F2 = Cu(x) x S x K = goZ 4 x K dans (z) o 4 laquelle C T/m2 est la cohésion du terrain, soit donc go x Z. (Z en mètres u O2 étant la cote d'enfoncement dans le sol, et gO en tonnes/m2/m étant le gradient de cohésion de terrain drainé), et K un coefficient qui dépend du terrain et de la forme de l'ancrage ; pour un terrain de très mauvaise qualité (vase), on retiendra : gO = 0,2 T/m2/m, et K = 10 pour une ancre bêche ou K = 5 pour une sphère. - poids du terrain F3 : #D il est donné par la formule F3 = 4 x&gamma;t x Z dans laquelle&gamma;t est le poids apparent du terrain (0,5 pour la vase par exemple). - frottement du terrain F4: pour le cas d'un terrain cohérent, c'est le frottement du cylindre vertical circonscrit à l'ancrage ; F4 est alors donné par la formule F4 = Cu mOyseXrx D D x Z moyen dans laquelle Cu moy. = 2 ( Cuz-Co (Co étant la cohésion du terrain en surface ) ; pour la vase, on a CO = o, donc Cu moy. = 1 go.Z car Cuz= go. Z 2 L'effort de traction limite admissible T1 sera donné par la formule Cet effort devra toujours être inférieur à la somme du poids et du frottement du terrain.Il devra donc vérifier la relation #D T1 # F3 + F4 = 4 x &gamma;t x Z + Cu moy x #DZ, soit T1# # D.&gamma;t + 1 go x Z) (2) 4 2 Dans le cas de la vase où l'on peut prendre gO = 0,2T/m/m et &gamma;t= 0,5 T/m3, et pour un ancrage présentant une sphère en béton (d =2,5 T/m3) de diamètre D = 8m enfouie à une profondeur de 25m (comptée pour son centre), l'équation (1) donne pour l'effort de traction limite admissible : T1 = 16,76 (24 + 75) = 1660 tonnes (1) et la condition posée par l'inéquation (2) est bien vérifiée car T1 4 628,32 (1 + 2,5) = 2200 tonnes (2). L'effort maxi admissible limite est donc bien supérieur à la charge de rupture d'une chatne de 152mm de diamètre de fer (1.610 tonnes) correspondant aux plus fortes channes du commerce. notons que l'effet de ventouse qui intervient pour un sol cohérent (non perméable) sous l'action d'efforts instantanés n'est pas pris en compte. Le calcul approché précédent est donc conservateur dans le cas de l'exemple choisi. Nous allons maintenant revenir au procédé d'obtention de l'ancrage de l'invention, et au dispositif de mise en oeuvre de ce procédé, en se référant aux figures 2, 3, 4. Le principe du procédé de l'invention peut se concentrer en trois étapes successives essentielles - dans un premier temps, on descend jusqu'au niveau du fond l'élément rigide oblong et l'enveloppe souple vide qui lui est connectée, - dans un deuxième temps, on enfonce la portion principale jusqu'à la profondeur d'enfouissage prédéterminée, - dans un troisième temps, on procède au pompage du béton dans l'enveloppe jusqu'à un degré de remplissage prédéterminé de celle-ci, ladite enveloppe se déformant alors progressivement jusqu'à une allure sensiblement sphérique tout en poussant sur le terrain environnant. Signalons déjà qu'entre les deuxième et troisième temps, on procède à la remontée de l'équipement d'enfouissage lorsque la profondeur prédéterminée est atteinte, équipement qui va être décrit plus loin en détail. Pour mettre en oeuvre ce procédé, le dispositif conforme à l'invention comporte une unité "rigide" d'enfouissage de la portion principale de l'ancrage enfoui , et une unité de pompage pour le remplissage en béton de l'enveloppe souple. Figure 2, l'unité d'enfouissage est essentiellement constituée par un dispositif de battage 13 et un élément prolongateur 14 reliant rigidement ledit dispositif de battage à l'élément rigide de la portion principale, et l'unité de pompage est essentiellement constituée par un ensemble flottant 15, ici une barge, permettant de délivrer un coulis de béton à une pression déterminée et un tuyau souple 16 reliant ledit ensemble flottant à l'enveloppe souple 5 de la portion principale. L'élément prolongateur 14 comporte ici une portion tubulaire 17 fixée au dispositif de battage 13, et une virole 18 fendue longitudinalement prolongeant ladite portion tubulaire et solidaire de celle-ci, ladite virole, fixée par une liaison cassante (c'est-à-dire qui cède sous un effort de traction calibré) au sabot conique 7, entourant l'enveloppe souple 5 et l'élément rigide de l'ancrage, la fente longitudinale 19 (figures 3 et 4) permettant le passage du tuyau de remplissage 16 et/ou de la ligne d'ancrage 3. Ainsi, figures 2 à 4, le sabot conique 7 muni d'une gorge circulaire 20 est solidaire de la partie inférieure de l'axe 8. L'enveloppe souple 5 pliée le long de l'axe 8 est logée à l'intérieur de la virole fendue 18 dont l'extrémité inférieure s'emboite(légèrement en force) dans la gorge 20 du sabot. La partie supérieure de la virole 18 est solidaire d'un marteau de battage 13 par l'intermédiaire du tube 17. Le marteau de battage est manoeuvré depuis la surface par cable 2 et flexible 22. La ligne d'ancrage 3 solidaire de l'axe 8 par l'intermédiaire de la pièce d'attache 23 ainsi que le tuyau d'injection passent par la fenêtre 19 de la virole fendue pour rejoindre la surface.Signalons qu'un marteau de battage est performant en cas de travail sous l'eau, mais pourrait aussi bien être remplacé par un vibrofonceur électrique disposé dans un caisson étanche, si ce n' est que le pneumatique (marteau de battage) reste préférable à l'électrique pur (vibrofonceur). Le sabot 7 et la virole fendue 18 sont rendus solidaires à titre provisoire par des "bosses cassantes" 24 (par exemple en cordage de chanvre). Une barge-grue 25 en surface équipée de treuils sert aux diverses manoeuvres et possède une petite centrale à béton avec pompe ainsi que la réserve nécessaire d'agrégats, de sable et de ciment. L'ensemble monté est descendu jusqu'au niveau du sol, puis enfoncé par battage au niveau d'enfouissage désiré. Le niveau étant atteint, la traction sur le câble de retenue 21 du marteau, conjuguée avec l'action du marteau 13 travaillant en -a.rracheur, libère la virole fendue 18 du sabot 7 en brisant les "bosses cassantes" 24 . Marteau et virole sont remontés en surface, laissant en place sabot 7, tige 8 et enveloppe souple 5. Cette enveloppe est ensuite remplie de béton ou de coulis de ciment par pompage à partir de la barge 25 par l'intermédiaire du tuyau 16, de sorte que ladite enveloppe prend sa forme sphérique en poussant sur le terrain environnant. Lorsque le béton a fait prise, l'effort de traction de la ligne d'ancrage est repris par l'appui du sabot solidaire de la tige contre la sphère de béton retenue dans le sol par sa masse et la réaction du sol au niveau d'enfouissage. Signalons que la forme conique du sabot 7 présente de nombreux avantages la partie inférieure conique du sabot aide à la pénétration de l'ensemble rigide au moment du battage, 'a partie supérieure plane sert à la transmission des efforts, et les bords coupants de cette partie supérieure aident à la coupure des bosses cassantes sous une traction déterminée. Il a donc été expliqué comment l'ensemble monolithique constitué par la virole, le tube prolongateur et le marteau était enfoncé dans le sol par battage, jusqu'à une profondeur calculée en fonction de la qualité du sol et l'effort de traction souhaité pour le travail de l'ancrage. Mais il reste à montrer comment peut être déterminée la pression de pompage du béton dans l'enveloppe souple, car aucun contrôle visuel n'est alors possible en raison de l'enfouissage, de sorte que le "gabarit" de l'ancrage ntest déterminable que par la masse de béton et la pression de pompage, grandeurs qui sont elles mesurables au niveau de la barge en surface. Le calcul de la pression de pompage du béton est conduit de la façon suivante soit PL = Po + 6,5 Cu la pression limite pressiométrique MENARD, où Cu est le coefficient de cohésion du sol déjà rencontré plus haut, et Po est la somme de la pression hydrostatique au niveau Z, soit (Z + H) W, et la pression du sol, soit 1 3 2 Ro. { x Z, expressions dans lesquelles 3 est le poids spécifique de l'eau (soit 1,025), ' est le poids spécifique apparent du sol, Ko est le coefficient des terres au repos, H est la hauteur d'eau au-dessus du sol. On a donc la relation PL = (Z + ) gW + 1 + 2 Ko ' x Z + 6,5 Cuz w 3 En reprenant les conditions du calcul mené plus haut pour le calcul des efforts de traction, c'est-à-dire avec un sol vaseux, on arrive aux résultats qui suivent. On choisit une profondeur d'enfouissage Z = 25m. et une hauteur d'eau H = 40m ; de sorte que Cu(25) = 0,2 x 25 = 5 T/m ; pour la vase, Ko = 0,7, donc 1 2Ko = 0,8, et t' = 0,5 T/m3. On arrive donc à 3 PL : (25 + 40) x 1,025 + 0,8 x 0,5 x 25 + 6,5 x 5 soit PL = 65 + 10 + 32,5 = 107,5 T/m2, ctest-à-dire environ 10,75 bars. Cette valeur de PL est donc la pression intérieure de l'enveloppe pour que celle ci prenne sa forme sphérique dans le terrain et au niveau considérés. Si le remplissage se fait au coulis de ciment, ou mortier, la pression de refoulement de la pompe PR est donnée par la relation P B: PL - (H + Z) x K coulis, soit ici PR = 107,5 - 65 x 1,3 = 23 T/m, c'est-à-dire environ 2,3 bars. La pompe à béton devra refouler à une pression supérieure à 2,3 bars pour obtenir le remplissage correct de l'enveloppe. Le remplissage sera contrôlé par le volume de mortier refoulé. Le mortier fera prise autour de l'axe de l'ancrage, et effort de traction sera repris par la butée du sabot sur le béton de mortier qui aura pris sa forme de sphère, puisque dans ces conditions la pression interne dans l'enveloppe sera légèrement supérieure à la pression limite du milieu ambiant. L'enveloppe plastique devra donc être conçue pour résister à cette différence de pression et à l'effet mécanique de poussée sur le terrain ambiant. Les applications de l'ancrage de l'invention peuvent être variées citons l'ancrage de plates-formes semi-submersibles ou flottantes en mer (on a illustré en figure 5 l'ancrage d'une structure offshore 26), l'ancrage de réservoirs flottants, les ancrages tendus à action verticale ou oblique qui ne peuvent être réalisés par les moyens classiques ne supportant pas d'efforts verticaux (ancres ou corps morts), et plus généralement la stabilisation des plates-formes sur la vase. L'ancrage de l'invention apparait donc comme un système simple, peu onéreux, ne nécessitant pas de gros moyens de mise en oeuvre, applicable à tous les terrains même les plus mauvais, et reprenant les efforts maxima des plus gros calibres de chaines ou de câbles. Il va de soi que l'invention n'est nullement limitée aux exemples qui en ont été donnés à titre illustratif, mais comprend toute variante reprenant avec des moyens équivalents la définition générale donnée aux revendications. En particulier notamment, tige et sabot peuvent être remplacés par tout système équivalent reprenant l'effort de cisaillement dans le béton provoqué par la force de- traction, la mise en place du système peut être remplacée par un système équivalent tel que projection à l'explosif ou par détente de gaz, et l'étanchéité haute et basse de l'enveloppe sur la tige peut être réalisée par tout système mécanique équivalent. REVENDICATIONS 1/Ancrage enfoui comportant une portion principale enfouie dans le sol, et une ligne d'ancrage connectée à ladite portion et servant à la liaison fonctionnelle d'ancrage, la retenue dudit ancrage dans le sol résultant de la masse de la portion principale enfouie et de la réaction du sol sur ladite portion au niveau d'enfouissage, caractérisé par le fait que la portion principale est essentiellement constituée par une sphère de béton réalisée in situ dans une enveloppe souple servant de coffrage perdu, et un élément rigide oblong dont est solidaire ladite sphère, connecté à la ligne d'ancrage et dont la portion inférieure permet la pénétration de l'enveloppe souple vide à une profondeur d'enfouissage prédéterminée. 2/ Ancrage selon la revendication 1, caractérisé par le fait que l'élément rigide oblong comporte un axe autour duquel est disposée l'enveloppe souple, ledit axe étant connecté à son extrémité supérieure à la ligne d'ancrage et étant prolongé à son extrémité inférieure par un sabot de forme générale conique à pointe tournée vers le sol. 3/ Ancrage selon la revendication 2, caractérisé par le fait que l'axe est intérieur à l'enveloppe souple, la fixation mécanique et étanche de ladite enveloppe audit axe étant assurée par des moyens de serrage mécaniques aux extrémités supérieure et inférieure dudit axe. 4/ Procédé d'obtention de l'ancrage enfoui conforme à l'une des revendications 1 à 3, caractérisé par le fait qu'il comporte les étapes successives suivantes - dans un premier temps, on descend jusqu'au niveau du fond l'élément rigide oblong et l'enveloppe souple vide qui lui est connectée, - dans un deuxième temps, on enfonce la portion principale jusqu'à la profondeur d'enfouissage prédéterminée, - dans un troisième temps, on procède au pompage du béton dans l'enveloppe jusqu'à un degré de remplissage prédéterminé de celle-ci, ladite enveloppe se déformant alors progressivement jusqu'à une allure sensiblement sphérique tout en poussant sur le terrain environnant. 5/ Dispositif de mise en oeuvre du procédé de la revendication 4, caractérisé par le fait qu' il comporte une unité rigide d'enfouissage de la portion principale de l'ancrage enfoui, et une unité de pompage pour le remplissage en béton de l'enveloppe souple, l'unité rigide d'enfouissage étant essentiellement constituée par un dispositif de battage et un élément prolongateur reliant rigidement ledit dispositif de battage à l'élément rigide de la portion principale, et l'unité de pompage étant essentiellement constituée par un ensemble flottant permettant de délivrer un coulis de béton à une pression déterminée et un tuyau souple reliant ledit ensemble flottant à l'enveloppe souple de la portion principale. 6/ Dispositif selon la revendication 5, caractérisé par le fait que l'élément prolongateur comporte une portion tubulaire fixée au dispositif de battage, et une virole fendue longitudinalement prolongeant ladite portion tubulaire et solidaire de celle-ci, ladite virole, fixée par une liaison cassante à la portion inférieure de l'élément rigide de la portion principale de l'ancrage, entourant l'enveloppe souple et ledit élément rigide, la fente longitudinale permettant le passage du tuyau de remplissage et de la ligne d'ancrage. 7/ Dispositif selon la revendication 6, caractérisé par le fait que l'extrémité inférieure de la virole fendue vient se loger dans un sabot conique formant la portion inférieure de l'élément rigide, ledit sabot présentant en son bord supérieur une rainure circulaire à cet effet. 8/ Dispositif selon l'une des revendications 6 et 7, caractérisé par le fait que la fente de la virole s'arrête au niveau du passage du tuyau de remplissage et/ou de la ligne d'ancrage.