La présente invention concerne un nouveau support pour le captage du naissain, c'est-å-dire des larves d'huStres, et Son utilisation. Le naissain est actuellement capté sur des fagots de bois, des barres métalliques, des tuiles de terre cuite chaulées, des ardoises chaulées, des coquilles d'autres vides, etc... Le support le plus utilisé est la tuile de terre cuite chaulée, de forme plate ou romaine. Ce matériau présente certains inconvénients : les tuiles ont une durée d'utilisation relativement courte par suite des détériorations causées par leur manipulation ou par les mouvements de l'eau. Elles sont traitées à chaque saison par trempage dans un mortier de chaux afin de recouvrir les 2 faces d'une couche relativement friable, permettant de fixer le naissain dans les conditions requises. A chaque opération de chaulage correspond au préalable une opération de nettoyage de chaque tuile.La qualité du chaulage n'est pas constante ; elle dépend des conditions atmosphériques. Or, si le chaulage a été mauvais, le captage se fait mal ou pas du tout, au détriment de la production d'une année. On a également proposé des tuiles en matière thermoplastique chaulées régulièrement suivant le même processus. Ce matériel est moins fragile que la tuile mais l'opération hasardeuse du chaulage ntest pas éliminée. Le support selon la présente invention, à la réalisation de laquelle a participé Monsieur Bernard MAILLY, supprime toute opération de chaulage et par conséquent de nettoyage, facilite le détroquage (désolida risation des huttes de leur support) sans blesser l'huttre et réduit les besoins en main-d'oeuvre. Ce support est formé par une nappe fibreuse cohérente, à fibres libres ou faiblement lites, perméable à l'eau, associée à une armature résistant à la déformation. Le support fibreux utilisable selon l'invention peut être constitué par une nappe de fibres organiques ou minérales, naturelles ou chimiques, imputrescibles, capables de supporter les conditions de fabrication et d'emploi de l'article dont elles font partie ; par exemple ; verre, rayonne, esters de cellulose, polyamides, polyesters, polymères et copolymères du chlorure de vinyle ou de l'acryîonitrile, polyoléfines, polyuréthanes. Les fibres peuvent être continues ou discontinues (longueur pratique minimum 10 mm), frisées ou non, de section quelconque (titre pratique maximum 100 dtex), isolées ou groupées sous forme de filés. Elles peuvent autre extensibles ou non. Les "laminettes" et autres lanières d6- coupées dans des pellicules, les matières fibreuses obtenues par autres procédés tels que fibrillation, conviennent également La nappe fibreuse dQt entre suffisaxment cohérente pour conserver sa forme et sa structure malgré les manipulations (notamment le détroquage) et les mouvements de l'eau. Cette cohésion peut lui être donnée par l'un au moins des moyens habituels tels qu'aiguilletage, couture sur support, imprégnation par adhésifs.Il importe que les fibres individuelles soient libres ou faiblement liées entre elles, afin de pouvoir s'arracher partiellement au cours du detroquage sans que l'huttre soit blessée ; il est facile de déterminer par expérience quelles sont les nappes qui ne conviennent pas. Cette nappe est le plus souvent une nappe non tissée, bien qu'on puisse également utiliser un tissu ou un tricot suffisamment laches en filé de fibres gonflantes. Une nappe donnant particulièrement satisfaction est la nappe dite "spunbonded" qui est décrite notamment dans le brevet français 1 457 339. La nappe fibreuse peut autre tendue sur un cadre suffisamnent résistant aux déformations, Généralement on préfère la doubler d'une armature convenable, résistant aux déformations et de préférence perméable à l'eau. Cette armature peut être un treillis de bois, une claie, une feuille (perforée ou non) ou un grillage en matière résistant à l'eau de mer. La fixation de la nappe, de préférence sur les deux faces de l'armature, peut se faire par les moyens habituels convenant aux matériaux en présence agrafage, collage, couture, soudure en lignes ou par points. Un support donnant particulièrement satisfaction comprend une armature en matière plastique prise entre deux nappes fibreuses et dans laquelle est noyée 1 'une des faces de chaque nappe. Dans ce cas la matière plastique associée au matériau fibreux peut Etre toute matière capable de durcir après Xetre passée par un état piteux. Clest généralement une matière thermoplastique mise en oeuvre, soit à la sortie d'une extrudeuse ou d'une couleuse à fente, soit après réchauffage d'une feuille ou d'un grillage pré- existants. Ce peut être un prépolymère thermodurcissable.Parmi les conditions que doit remplir la matière plastique (et en plus des conditions dic tées par l'emploi de l'objet terminé) on peut citer - viscosité suffisante pour ne pas traverser le matériau textile, mais permettant une pénétration partielle dans ce matériau, éventuellement sous la pression d'une calandre ou autre presse - vitesse de durcissement compatible avec une fabrication industrielle. La viscosité convenable est généralement réglée par la température de mise en oeuvre. Elle peut être élevée par des charges, abaissée par des diluants (notamment si la nappe fibreuse est sensible à la chaleur).Parmi les matières plastiques utilisables, on peut citer les esters de cellulose, les polymères et copolymères de composés éthyléniques (polyéthylènes, poly- propylène, chlorure de polyvinyle, polystyrène, polyméthacrylate de méthyle), les polyamides, les phénoplastes, isocyanates, résines d'époxydes, poly enesters. Les supports de nais sain peuvent ttre utilisés isolément, mais en général on préfère les grouper en éléments plus importants. Bien qu'ils puissent etre de forme plate, on leur donne avantageusement une forme tridimensionnelle telle que la forme des tuiles romaines ou des autres matériaux traditionnels. La mise en forme peut être obtenue de diverses manières, par exemple - emboutissage à chaud d'éléments prédécoupés et superposés (exemple "spunbonded"/grillage ou feuilles polyéthylène haute densité/"spunbonded") - calandrage sur cylindres rectilignes du grillage ou de la feuille chauds pour accrochage sur les matières fibreuses puis emboutissage pour mise en forme et découpage - calandrage direct sur cylindres en forme puis découpage et toute autre technique permettant d'obtenir un résultat similaire. Les supports ainsi obtenus peuvent ètre empilés par couches superposées, orientées perpendiculairement les unes par rapport aux autres, de manière à former un "fardeau" d'une dizaine de couches. L'ensemble est ensuite solidarisé (et de préférence enfermé) par un grillage dont la dimension des mailles garantit un maximum de protection contre les animaux prédateurs : araignées de mer, crabes, étoiles de mer, etc. Les cages obtenues sont lestées convenablement et mises à l'eau sur les lieux de captage. Avec les supports selon l'invention, le détroquage est facilité par la structure fibreuse du support qui s'arrache partiellement lors de l'opération tout en étant suffisamment résistant pour permettre des utilisations ultérieures assez nombreuses. L'invention permet également un filtrage de l'eau au travers du support. Les risques de cassage de tuile lors des manipulations ou en cours d'immersion sont supprimés. Le matériel est parfaitement imputrescible. La préparation des cages de captage peut etre réalisée à n'importe quelle époque de l'année par les ostréiculteurs afin de procéder à l'immersion à la date prévue. (Il n'est plus besoin de respecter des conditions climatiques particulières comme pour le chaulage). Les exemples suivants illustrent l'invention sans la limiter. EXEMPLE 1 On extrude une feuille de polyéthylène haute densité de 0,6 mm d'épaisseur avec une filière plate de 500 mm de largeur montée sur une boudineuse SMIAFOR vis V 132, diamètre 65 mm, L/D 26. En sortie de filière, on déroule sur les deux faces de cette feuille, encore chaude, une nappe non tissée de fibres continues en polytéréphtalate d'éthylène (titre 0,7 dtex) aiguilletée pesant 200 g/m2. Ce complexe passe alors entre les rouleaux d'une calandre, ce qui a pour effet de lier les trois épaisseurs entre elles. On recoit ce complexe sur une table de massicot et le coupe en feuilles de 650 mm de largeur. Ces feuilles sont ensuite réchauffées et mises en forme par thermoformage, afin d'obtenir un groupe de 3 "tuiles", demi cylindriques, parallèles, solidaires les unes des autres. Ces trois tuiles accolées forment un plateau de 500 mm x 500 mm. (figure t : vue en perspective figure 2 : vue en coupe, à plus grande échelle). On empile 10 plateaux les uns sur les autres en les décalant de 900. On obtient ainsi un fardeau de 30 tuiles qui est ensuite enferme dans un grillage mis en forme de botte cubique. Le grillage est lui-m8me en polyéthylène à haute densité Ces assemblages (fardeaux) sont lestés de grosses pierres et immergés dans liteau de mer en différents points de la cate Atlantique et de la Hanche. La récolte de nais sain sera faite sur ces tuiles. EXEMPLE 2 On découpe une feuille de polyéthylène à haute densité de 0,6 x 650 x 500 mm et on la fait chauffer dans une machine à thermoformer à deux châssis paraboliques chauffants. Sur les deux parties du moule (en forme de 3 tuiles accolées), on a disposé une nappe non tissée telle que décrite à l'exemple 1 et une fois la feuille de polyéthylène à une température suffisante pour la rendre collante, on ferme le moule sous une pression d'environ 20 bars. Après un séjour de 25 à 30 secondes dans le moule, on extrait la pièce formée et contre-collée. Cette pièce est utilisée pour constituer des fardeaux, comme précédemment. EXEMPLE 3 On répète l'exemple précédent, en remplaçant la feuille de polyéthylène par un grillage de meme matière, à fils de diamètre 2 mm et à mailles "losange" de 5 mm de c8té. Le grillage est chauffé de la même façon et mis en forme sous une pression de 20 bars pendant 25 à 30 secondes. Le collage sur les deux nappes non tissées qui étaient disposées de part et d'autre du grillage adhère parfaitement et permet d'obtenir des plateaux de 3 tuiles parfaitement formés. L'emploi d'une armature sous forme de grillage donne la possibilité à l'eau de mer de passer au travers des deux couches fibreuses et d'årrêter le naissain qui a alors la possibilité de se fixera Ce matériau est particulièrement adapté au captage du naissain d'huîtres "portugaises". EXEMPLE 4 On repète exemple précédent avec un grillage spécial à mailles très serrées et ondulées : l'espace libre entre les mailles est de 2 mm, le diamètre des fils est de 1 mm. On obtient un matériau particulièrement adapté au captage du naissain d'huîtres "plates", REVENDICATIONS -1 - Support pour larves d'huîtres, caractérisé en ce qu'il est constitué par une nappe fibreuse cohérente, à fibres libres ou faiblement liées, perméable à l'eaux associée à une armature résistant à la déformation. 2 - Application du support selon 1 au captage des larves d'huttres.