La présente invention a pour objet de nouveaux amides dérivés de la théophylline, leur procédé de préparation et leur application en thérapeutique. Les nouveaux dérivés selon ltinvention répondent à la formule générale I : ou R désigne un radical alkyle, linéaire ou ramifié, saturé ou insaturé et contenant de 1 à 4 atomes de carbone. Le procédé selon l'invention consiste à faire reagir un dérivé de la théophylline de formule II : où R a la même signification que dans la formule I, sur un dérivé de l'acide diméthyl-&alpha; , d valérianique, de formule III le couple (x,y) étant choisi parmi les suivants : (-NH2, -Cl) ; (-NH2, -OC2H5) ; (-Cl, NH2) Les préparations suivantes sont données à titre d'exemples, pour illustrer l'invention. Exemple [N-(diméthyl-&alpha;, &alpha;valéryl) aminoéthyl]-7 théophylline. Référence : AM-L1 1.-Préparation de la [N-(diméthyl-&alpha;, &alpha;valéryl) aminoéthyl]-7 théophylline par réaction des composés de formules Il et III, le couple (x,y) étant le suivant (-NH2, -Cl). Un équivalent d'aminoéthyl-7 théophylline est mis en solution dans 250 cn3 de chloroforme. On ajoute 1,2 équivalent de triéthylamine ou de pyridine ou d'amine elle-même pour neutraliser l'acide chlorhydrique dégagé par la reaction. On ajoute goutte à goutte un équivalent de chlorure de l'acide diméthyl - valérianique sous agitation et en maintenant le mélange à température ambiante. Le précipite formé est essoré, lavé à l'acétate d'éthyle sec et bouillant. Les solutions sont rassemblées et évaporées et le résidu recristallisé deux fois dans l'acétate d'éthyle. . Point de fusion : 143 C . Rendement : 45 Z Formuel brute : C16H2503N5 . Analyse élémentaire C H N O Calculé (%) 57,20 7,41 21,00 14,10 Trouvé (%) 57,29 7,51 20,88 14,31 Par ailleurs, ce composé est peu soluble dans l'eau (1/200), mais très soluble dans l'alcool et les solvants organiques en général. 2.-Préparation de la [N-(diméthyl-&alpha;, &alpha; valéryl) aminoéthyl]-7 théophylline par réaction des composés de formulesSII et III, le couple (x, y) étant le suivant : (-Cl, NH2). Le diméthyl-&alpha;, &alpha; valéramide est sodé par l'amidure de sodium dans le benzène ou l'ammoniac liquide. Le dérivé sodé obtenu réagit sur la chloroéthyl7 théophylline, pour conduire à un produit présentant les mêmes caractéristiques que celles du dérivé résultant de la mise en oeuvre de la précédente préparation. Les dérivés de formule I ont été testés chez l'animal de laboratoire et ont montré des propriétés antispasmodiques et cardioprotectrices au cours de l'anoxie. On indique ci-dessous, à titre d'exemple, les résultats obtenus avec la [N-(diméthyl-&alpha;, &alpha; valéryl) aminoéthylJ-7 théophylline de formule I. On indique également, pour cettains tests, les résultats obtenus avec l'aminophylline, utilisée comme produit de référence pour la comparaison de l'activité des produits selon l'invention à l'activité des composés antérieurement connus. I.- ACTION ANTISPASMODIQUE 1.- Action antispasmodique sur l'intestin isolé de Les expériences ont été réalisées sur un fragment d'ilion de cobaye selon la technique décrite en 1904 par MAGNUS. L'intestin est prélevé sur un cobaye à jeun depuis 24 heures et sacrifié par saignée. Un fragment d'iléon est maintenu en survie dans une solution nutritive (type Tyrode) à la température de 380 C et oxygénée. Les mouvements de cet intestin sont enregistrés sur un cylindre enfumé par l'intermédiaire d'un levier amplificateur. a) Action antispasmodique vis-à-vis de la contraction provoquée par l'acétylcholine (action neurotrope). On ajoute de l'acétylcholine au milieu de survie, à la concentration de 1.10 g/ml et attend que la courbe transcrivant la contraction montre un plateau. Les substances à étudier sont alors ajoutées au bain nutritif. Le tableau I ci-dessous rapporte les résultats obtenus. TABLEAU I Concentrations Pourcentage de Produit testé utilisées diminution de la contraction (g/ml) (%) Dérivé de référence 4.10-4 95 AM-L1 2.10-4 75 1.10-4 35 Aminophylline 1.10-3 75 8.10-4 65 4.10-4 30 L'analyse de ces résultats nous permet de conclure que le dérivé de référence AM-L1 exerce une action-antagoniste vis-à-vis de la contraction acétylcholinique. Cette action semble quadruple de celle de l'aminophylline. En effet, les DE 50 semblent se situer pour des concentrations de l'ordre de pour le dérivé de référence AM-L1 et 6,10 pour l'aminophylline. b) Action antispasmodique vis-à-vis de la contraction provoquée par le chlorure de baryum (action musculotrope). Le chlorure de baryum est ajouté au milieu de survie à la concentration de 1.10 4 g/ml. Les substances à étudier, quant à elles, sont ajoutées audit milieu de survie lorsque la courbe transcrivant la contraction montre un plateau. On note, dans le tableau II ci-dessous, les résultats obtenus sur la contraction de l'intestin isolé de cobaye. TABLEAU II Concentration Pourcentage de Produit testé utilisées diminution de la contraction (g/ml) (%) Dérivé de référence 2.10-4 45 AM-L1 8.10-5 35 4.10-5 25 Aminophylline 5.10-4 50 2.10-4 15 Le dérivé de référence AM-L1 agit donc dès les faibles concentrations. En outre, on peut estimer, grossièrement qu'il est doué d'une activité antispasmodique vis-à-vis du chlorure de baryum, double de celle de l'aminophylline. c) Action antispasmodique vis-à-vis de la contraction provoquée par l'histamine (action antihistaminique) On ajoute de l'histamine au milieu de survie, à la concentration de 1.10-7 g/ml, et attend que la courbe transcrivant la contraction montre un plateau. On ajoute alors les substances à étudier au bain nutritif. Le tableau III ci-dessous répertorie les résultats obtenus. TABLEAU III Concentrations Pourcentage de diminution de Produit testé utilisées la contraction (g/ml) (%) Dérivé de référence 1,6.10-4 87 AM-L1 8.10-5 40 4.10-5 25 Aminophylline 5.1 -4 80 2.10-4 65 Le dérivé de référence AM-L1 exerce donc une action antagoniste de la contraction histaminique particulièrement intense, dès les concentrations de l'ordre de 10-4 g/ml. Cette activité est évaluée à sensiblement 1,5 fois celle de l'aminophylline. 2.- Action antispasmodique sur la vésicule biliaire isolée de cobaye Les expériences sont réalisées sur la vésicule biliaire de cobaye selon une technique inspirée de celle décrite en 1943 par CHIRAY, BESÂNCON et DEBRAY. Toutefois, on n'enregistre pas les mouvements comme le préconisaient à l'époque ces auteurs, mais les variations de pression à l'intérieur de la vésicule. La vésicule biliaire est prélevée sur un cobaye à jeun depuis 24 heures et sacrifié par saignée. Après ligature du canal cystique, le plus près possible du cholédoque, la vésicule est isolée avec précaution. Un cathéter en polyéthylène est introduit dans le canal cystique et fixé de telle manière que son extrémité se trouve au centre de l'organe. Puis, la vésicule est immergée dans une solution de Tyrode maintenue à la température de 380 C et oxygénée. L'extrémité libre du cathéter est réunie à un capteur de pression, de type Racia basé sur le principe des microcapacimetres. La pression intravésiculaire est équilibrée à 5 cm d'eau. Une heure de repos est nécessaire avant le début des expériences. On recherche l'activité antispasmodique après contraction de la vésicule par l'acétylcholine à la concentration de 1.10-7, 7. Après chaque essai, la vésicule est lavée plusieurs fois puis laissée au repos pendant une heure, car la répétition trop fréquente des essais entraînerait l'apparition de contractions spontanées, rythmiques et amples, con-s l'ont montré J.R. BOISSIER et ses collaborateurs. On trouve ainsi que le dérivé de référence AM-L1, à la concentration de 1,5.10 4 glml, permet de réduire de 35 % la contraction acétylcholinique de la vésicule biliaire, tandis que l'aminophylline, à la concentration de 2.10 4 g/ml permet de réduire de 30 Z ladite contraction. Le produit de référence AM-L1 présente donc, vis- -vis de la contraction acétylcholinique des fibres lisses de la vésicule biliaire, une activité comparable, et plus précisément supérieure à celle de l'aminophylline. 3.-Action antispasmodique sur les brouches du cobaye non anesthésié Cette action est mesurée par la méthode d'Armitage. a) Méthode On expose individuellement dans une cloche à vide d'un diamètre et d'une hauteur de 25 cm des séries de 5 à 8 cobayes à un aérosol d'histamine à 0,4 Z. L'animal présente rapidement une dyspnée et l'on mesure le temps (T) écoulé entre le moment où on le met dans la cage et le moment où il tombe sur le côté, en apnée. On effectue trois passages à deux jours d'intervalle, le traitement étant appliqué par voie intrapéritonéale 20 minutes avant le second passage. On calculé de la manière suivante le pourcentage de protection : p p = (1-T1) x 100 T2 les temps T1 et T2 ayant dans cette formule les significations suivantes .T1 est la moyenne des temps de réaction 2 jours avant et 2 jours après traite ment, et .T2 est le temps de réaction le jour du traitement. Dans la technique d'Armitage, il est convenu de ne pas prolonger l'exposition des animaux traités à l'aérosol au-del de 600 secondes, si aucun signe de précoma n1 est apparu à ce moment. La formule utilisée ne permet pas d'obtenir une protection de 100 Z, puisque T1 est strictement positif. Le pourcentage maximum pouvant être obtenu dépend de la valeur de ce temps témoin, qui est généralement d'un ordre moyen de 120 secondes. La protectio maximale est donc de l'ordre de Pmax = (1-###) x 100 = 80 % b) Protocole On utilise deux lots de cinq cobayes tricolores chacun, chaque animal pesant entre 300 et 400 grammes. Le lot 1 reçoit 100 mg/kg de dérivé AM-L1 en suspension dans 10 % de gomme arabique, et le lot 2 reçoit 100 mg/kg d'aminophylline en solution dans l'eau, toutes les administrations étant faites par voie intrapéritonéale, à raison de 1 ml/100 g. c) Résultats Ils sont rapportés dans le tableau IV ci-dessous et montrent que le dérivé de référence AM-L1 exerce une activité notoire vis-à-vis du bronchospasme à l'histamine. TABLEAU IV Temps de réaction - (secondes) Produit # P(%) testé Avant Après T traitement traitement T1 2 Dérivé de référence 145 158 151 347 56 AM-Lî II.- ACTION CARDIO-PROTECTRICE AU COURS DE L'ANOXIE a) Méthode On utilise la méthode décrite par CAHN, dans les Comptes Rendus de la Société Biologique en 1961, 155, 257-261. On injecte par voie intrapéritonéale chez des souris mâles d'un poids moyen de 20 grammes, 15 mg/kg de d.tubocurarine, et suit l'évolution de ltélec- trocardiogramme enregistré en dérivation à partir de l'injection jusqu'à la disparition des complexes ventriculaires. b) Protocole expérimental Des souris de race Swiss ont été divisées en trois lots de 8 animaux lot n 1 - lot témoin : chaque souris reçoit 30 minutes avant l'injec- tion de d.tubocurarine, 0,4 ml/20 g de sirop de gomme dilué. lot n 2 - lot traité par l'aminophylline : chaque souris reçoit, 30 minutes avant l'injection de d.tubocurarine, 200 mg/kg d'aminophylline, sous un volume de 0,4 ml/20 g de sirop de gomme dilué. lot n 3 - lot traité par le dérivé de référence AM-L1 : chaque souris reçoit, 30 minutes avant l'injection de d.tubucurarine, 200 mg/kg de dérive de référence AM-L1, sous un volume de 0,4 ml/20 g de sirop de gomme dilué. c) Résultats Les résultats obtenus sont rapportés dans le tableau V suivant TABLEAU V Durée du Lot traité fonctionnement Pourcentage @@@ @@aile cardiaque de protection (secondes) (x) lot n 1 267 lot n 2 367 37 lot n 3 347 30 L'administration du dérivé de référence AY-L1 permet donc de prolonger le temps de fonctionnement du coeur lors d'une anoxie consécutive à une paralysie respiratoire curarique, d'une durée très proche de celle résultant de l'administration de l'aminophylline. Les dérivés selon l'invention sont peu toxiques et leur toxicité est en outre bien inférieure à celle de l'aminophylline, comme cela ressort - du tableau VI suivant, rapportant pour le dérivé de référence AM-L1 et l'ami nophylline les DL 50 par voie orale chez la souris TABLEAU VI DL 50 (mg/kg/p.o.) mesurée par la méthode de Composé testé # BARBER et BEHRKNS MILLER et TEINTER Dérivé de référence AM-L1 820 800 Aminophylline 530 520 et - du tableau VII ci-dessous, indiquant les résultats d'expériences de recherche de toxicité aigue par voie orale sur le rat male Witsar U.S.A., d'un poids de 250 g, l'observation durant 10 jours TABLEAU VII Dose administrées 400 500 600 900 800 100 1200 (mg/kg/p.o.) Aminophylline 1 3 7 10 Nombre de morts sur Dérivé de 10 animaux référence 0 0 0 AM-L1 On déduit de ces tableaux que les dérivés de formule I - peuvent être utilisés en thérapeutique, puisque l'écart entre les doses pharmacologiquement actives et les doses léthales est suffisant, et qu'ils - présentent un intérêt tout particulier, puisqu'ils sont moins toxiques que l'aminophylline, ellemême notamment moins toxique que la théophylline. Les dérivés de formule I sont indiqués comme analeptiques-cardiaques et antispasmodiques dans le traitement des insuffisances cardiaques, de l'angor, de l'infarctus du myocarde, de la dyspnée, de l'asthme et des coliques hépatiques ou néphrétiques, notamment. REVENDICATIONS 1.- A titre de produits industriels nouveaux, les dérivés répondant à la formule générale I où R désigne un radical alkyle, linéaire ou ramifié, saturé ou insaturé et contenant de 1 à 4 atomes de carbone. 2.- A titre de produit industriel nouveau, le dérivé selon la revendication 1, où R désigne un radical éthyle. 3.- A titre de médicaments, plus particulièrement utilisables comme toni-cardiaques et antispasmodiques, dans le traitement des insuffisances cardiaques, de l'angor, de l'infarctus du myocarde, de la dyspnée, de l'asthme et des choliques hépatiques notamment, les dérivés selon l'une quelconque des revendications 1 et 2. 4.- Procédé de préparation des dérivés selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il consiste à faire réagir un dérivé de la théophylline de formule II où R a la meme signification que dans la formule I sur un dérivé de l'acide diméthyl-OC, , &alpha; valérianique, de formule III le couple (x,y) étant choisi parmi les suivants : (-NEt2, -C1) ; (-NH2, -C2H5); (-Cl, NH2)