La présente invention a trait au domaine des dispositifs servant de supports et de buts pour les projectiles. Elle concerne tout spécialement une nouvelle cible destinee a recevoir des flèches et convenant particuliere- ment bien comme cible de tir a l'arc. On sait que, dans les exercices de tir a l'arc, les flèches, gé néralement -tfrées a des distances variant de 30 a 90 mètres, parviennent sur la cible avec une vitesse extrêmement élevée et sont capables de traverser des épaisseurs de bois de plus de 5 cms. Traditionnellement, les cibles utilisées dans la plupart des pays ou l'on exerce ce sport sont réalisées a base de paille comprimée ou de paille tressée en boudins, lesquels sont souvent disposés concentriquement pour former une butte de dimensions convenables. On connait les inconvénients de ce type de matériau et, notamment, sa putrescibilité et sa tendance a la désagrégation dès que des éléments a pointe acéree, comme par exemple des enferrons de flèches les pénètrent à grande cadence et sous forte pression.En outre, les fleches enfoncées sont difficiles à retirer du fait de la formation de barbes dans le sens de la penetration du projectile et l'extraction entrain la formation de zones de moindre résistance ou les flèches ultérieures sont alors incapables de rester fichées horizontalement. Par ailleurs, les fils métalliques servant a tresser les boudins émoussent les enferrons des flèches. Enfin, ces buttes sont lourdes et d'un maniement peu commode. Pour obvier a ces inconvénients, on a suggéré une cible composée de deux cadres distants et paralleles soudes a un support perpendiculaire servant de poignée de transport. L'un des cadres comporte une feuille de faible résistance, par exemple en carton, alors que sur l'autre est tendu un tissu a mailles en polyamide de grande élasticité permettant une forte flexion lors de la pénétration de la flèche puis un rappel dynamique de celle-ci lors de l'extraction (brevet français N"74.34112 publié sous le n"2247696). Ce materiel, quoique mal commode pour le transport, représente certes un progrès par rapport a la paille. Toutefois, les fleches subissent des deviations qui s'averent très gênantes lors de tirs successifs groupes.En effet, du fait que la hampe de la flèche, ou son talon, n'est pas maintenue-par la première feuille souple, il se produit une notable inclinaison du projectile par rapport a l'horizontale. En outre, il faut changer fréquemment cette première feuille qui se transperce extrêmement vite. Enfin, le coût peut paraitre prohibitif pour certains joueurs. Un des buts de l'invention est de mettre a la disposition des joueurs et des clubs de tircs a l'arc une cible non soumise a la désagrégation et facile a transporter. Un autre but est de proposer un matériau de réception des fleches qui ne se détériore pas rapidement lors de l'enfoncement et de l'ex traction des enferrons d'une flèche. Un autre but encore est d'offrie une cible dans laquelle la flèche pénètre sans aucune déviation et avec une résistance opposée de plus en plus grande. Selon sa définition la plus gén8rale, la nouvelle cible selon l'invention comprend, depuis la partie avant recevant le premier impact des flèches jusque vers l'arrière : une première couche de mousse souple en materiau thermoplastique apte à recevoir les flèches sans déviation et dont les perforations se referment après impact ; une seconde couche de mousse d'épaisseur et de densité supérieures à la première, en matériau thermoplastique different, capable de jouer le rôle de frein pour les flèches ; un support rigide au dos de la seconde couche ; le matériau sandwich constitué par les deux couches de mousse étant protégé sur son pourtour par une ceinture en caoutchouc compact ou analogue. Ainsi, le matériau de réception des flèches est constitué par une structure complexe de deux mousses thermoplastiquesde caracteristiques différentes dont la résistance de pénétration croit depuis l'extérieur de la cible jusqu'au support ou dos rigide retenant ladite structure. En réalité, pour obtenir les excellents résultats visés par l'invention il faut realiser un bon compromis d'une part dans le choix du type de mousse pour les deux couches du complexe et, d'autre part, par la sélection des propriétés, notamment de la densité et de l'épaisseur de chaque couche de la structure-sandwich. Il importe en effet que la première couche facilite la pénétration, sans déviation, de la flèche et que la seconde couche, de densité notablement supérieure, joue très rapidement le rôle de frein ou l'amortisseur pour le projectile. Selon une caractéristique avantageuse de l'invention, la première mousse plastique est de type souple, peu élastique et de preference à cellules fermées. La densite de cette mousse est choisie dans la gamme comprise entre 20 et 80 kg/m3 et de préférence 25 à 40 kg/m3. Lorsque la densité est trop forte, par exemple egale ou superieure à 100 kg/m3, les perforations formées par les pointes des flèches ne se renferment pas ; quand, au contraire, la densité s'abaisse en dessous de 20 kg/m3, il faut utiliser des épaisseurs de mousse relativement importantes, par exemple d'au moins 100 mm ce qui augmente l'encombrement de la cible et son prix de revient.En pratique, il s'est avere avan tageux de mettre en oeuvre des mousses d'homo-ou copolymères de polyolefines, comme par exemple de polyéthylène, dans des épaisseurs comprises entre 30 et 70 mm, par exemple voisines de 40 mm pour des densités de la gamme précitée, par exemple de l'ordre de 30 kg/m3. Cette première couche de mousse peut etre réalisée sous forme de bloc unitaire ou être constituée de multicouches de quelques mms d'épaisseur associées entre elles par flammage ou encore par collage avec des feuilles plastiques intermediaires ; ces multicouches peuvent être chacune issues d'une mousse de même densite ou avoir des densites-differentes, par exemple progressives, au sein de la gamme préférentielle precitée. Selon l'autre caractéristique essentielle de l'lnvention, la seconde mousse plastique possède une élasticité nettement supérieure a la première et des densités notablement plus élevées,généraienent comprises entre 80 et 200 kg/m3 par exemple de l'ordre de 100 a 160 kg/m3. Ainsi, si les flèches de tir a l'arc étaient envoyees directement dans ce matériau, elles ne pénétre- raient pratiquement pas et reviendraient sur le tireur. En pratique, on adopte des épaisseurs de mousse, pour cette seconde couche, de l'ordre de 40 a 150 mm, avantageusement de 70 a 90 ou 100 mm. Divers types de matériaux thermoplastiques peuvent être utilisés pour la réalisation de cette seconde mousse, comme par exemple du chlorure de polyvinyle ou polyêther. Il a cependant été trouvé particulièrement avantageux, notamment pour des raisons de coût, d'utiliser un aggloméré de polyuréthanne a base de polyether et polyester obtenu par reconstitution de déchets de récupération. Conformément a un mode de réalisation préférentiel et particulièrement avantageux, la zone centrale de la cible, est amovible sur la totalité de son épaisseur de façon à pouvoir changer cette partie plus vulne- rable sans supporter le coût d'achat d'une autre cible complète. Afin de faciliter et de rendre rapide ce changement, ladite zone centrale est taillee en forme de tronc de cône dont le sommet jouxte le carton de cible. Le support rigide, au dos de la seconde couche de mousse > peut être constitué par tout matériau convenable, par exemple du boisde type contre-plaqué marine ou analogue. Ce support peut être muni de poignée pour son transport et il est destine a une pose sur chevalet. Selon une variante, le support peut être munifpieds repliables ou démontables de façon a jouer le rôle de chevalet. Comme dit ci-dessus, les blocs de mousses différentes comportent sur leur pourtour une bande de matériau compact et par exemple élastique comme du caoutchouc ou analogue. On peut évidemment adopter toute conformation desiree pour une telle cible ; en pratique, cependant, les formes les plus commodes sont de type carrée ou circulaire. L'invention sera mieux comprise par la description qui suit relative a des exemples de réalisation non limitatifs. Exemples On a tout d'abord réalisé une série d'expériences de pénétration de flèches de tir a l'arc en utilisant comme matériau pour les cibles un seul type de mousse a base de polyéthyltne, fixée sur un support bois. Pour cela on a confectionne et assemblé par flammage des couches de différentes densités et de diverses épaisseurs, par exemple variant entre 30 et 200 k3/m3 pour les densités et 20 a 80 mm pour les épaisseurs. On s'est aperçu qu'il était difficile sinon impossible de réaliser un bon compromis : résistance/fermeture des trous apres dégagement des flèches/prix, avec ce seul type de mousse.En effet, ou bien il fallait mettre en oeuvre des épaisseurs tres élevées (jusqu'a 180 mm et plus) en utilisant des densités de mousse de l'ordre de 30 a 90 kg/m3 correspondant a un matériau apte à une fermeture correcte des perforations dues aux flèches, ou bien on était obligé de placer en surface une ou plusieurs couches de mousse (par exemple de 20 a 40 mm d'épaisseur) de densités très élevées comprises entre 100 et 200 kg/m3 et, dans ce cas, les enferrons des flèches provoquaient des détériorations telles que la durée de vie de la mousse devenait très courte, donc le prix de revient tres élevé pour la cible. Dans une seconde série d'experiences, on a donc été amené a realiser une cible à partir d'un complexe comprenant deux mousses de types dif- ferventes, conformement a l'invention, dont un mode d'exécution non limitatif est illustre sur les figures 1 et 2 du dessin annexé. Une telle cible était constituée par une première mousse 1 en polyéthyiène, puis une seconde mousse 2 en déchets de polyuréthanne agglomérés et appliquée au dos d'un support 3 en bois de 10 à 15 mm environ d'épaisseur. Les deux mousses 1 et 2 étaient ceinturées par une bande 4 en caoutchouc compact.Afin de pouvoir procéder au changement de la zone centrale, après utilisation intensive, sans nécessité de remplacer en totalite la cible, on a prévu dans la couche 1 et éventuellement la couche 2 une découpe taillee au moins partiellement en forme de cône 5 dont le sommet 6 etait dispose sur la face extérieure de la cible. Les autres éléments 2 et 3 sont, sur la figure 2, munis également de découpes 7 et 8 de dimensions différentes. Grace a cette configuration, la zone centrale amovible ne se désolidarise pas du bloc de mousse adjacent lors de l'enlèvement des flèches ; par ailleurs l'extraction et le remplacement de cette partie amovible sont effectués tres facilement par l'arrière de la cible après démontage de l'ouverture amovible du support de bois 3. Dans ces essais, on a utilisé des densités et epaisseurs variables pour chacune des deux mousses de façon à pouvoir parvenir aux solutions les plus efficaces et les plus économiques. On a obtenu ainsi un excellent compromis en mettant en oeuvre une mousse de polyéthylène de densité 30 kg/m3 et d'épaisseur 42 mm avec une mousse de polyuréthanne (déchets agglomérés) de densité 120 kg/m3 et d'épaisseur 80 mm. Le support de bois, en contre-plaqué marine avait une épaisseur de 10 mm environ. Des series d'essais de tirs à l'arc, a des distances variant entre 30 et 90 mètres ont montré que la pointe des flèches s'arrêtait a des longueurs comprises entre 68 et 103 mm. Il restait donc une reserve suffisante (19 mm) avant le support rigide.On a constaté que, pour la to talité des tirs, les fleches tenaient bien droites dans la couche 1 puis la couche 2 en restant parallèles, sans subir de deviation ; en outre, lors de l'extrac- tion des flèches après le tir, les perforations produites dans la mousse par les enferrons se refermaient suffisamment pour constituer un milieu apte a recevoir de nouveaux projectiles retenus sans déviation dans la cible. De telles cibles selon l'invention peuvent, bien entendu, être réaliséesen divers formats, par exemple compris entre 40 X 40 cms et 120 X 120 cms. L'invention n'est évidemment pas limitée aux modes de réalisation susdécrits. Par exemple, selon une variante de realisation, il est possible de prévoir entre les deux blocs précités de mousse, une autre couche-intermédiaire d'un matériau compact tel que, par exemple, en carton ou en matière plastique. R E V E N D I C A T I O N S 1. Cible pour tir à l'arc, caractérisé en ce qu'elle comporte, depuis 3.a partie avant recevant le premier impact des flèches jusque vers l'arrière : une première couche de mousse souple en matériau thermoplastique apte à recevoir les flèches sans déviation et dont les perforations se referment après impact ; une seconde couche de mousse d'épaisseur et densité superieures à la première, en matériau thermoplastique différent, capable de jouer le rôle de frein pour les flèches ; un support rigide au dos de la seconde couche ; le matériau-sandwich constitué par les deux couches de mousse étant protegé sur son pourtour par une ceinture en caoutchouc compact ou analogue. 2. Cible selon la revendication 1, caractérisée en ce que la premi ère couche est constituée par une mousse d'homo-ou copolymère d'olefine(s) de densité comprise entre 20 et 80 kg/m3 et d'épaisseur comprise entre 30 et 70 mm, alors que la seconde couche est à base de mousse de polyuréthanne de densite 80 à 200 kg/m3 et d'épaisseur 40 à 150 mm. 3. Cible selon la revendication 2, caractérisée en ce que le polymère d'oléfine est un polyéthylène sous forme de mousse de densité 25 a 40 kg/ m3, utilisée en une épaisseur totale de 35 a 50 mm en un seul bloc ou en plusieurs feuilles, d'épaisseurs identiques ou différentes, associees entre elles. 4. Cible selon l'une quelconque des revendications 2 ou 3, caractérisée en ce que la mousse de polyuréthanne est à base de polyether-polyester et se trouve constituée par un bloc de déchets aggloméres d'épaisseur 70 à 100 mm et de densité comprise entre 100 et 160 kg/M3. 5. Cible selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caracte- risée en ce que la partie centrale est amovible sur toute l'épaisseur des couches de mousse et du support rigide et est taillee au moins partiellement en forme de tronc de cône dont la base constitue partie de la surface dudit support, de façon à pouvoir extraire la zone fortement chargée d'impacts pour son remplacement. 6. Cible selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caracterisée en ce que le support rigide est constitué par un panneau de bois portable ou apte à être posé sur chevalet mobile démontable, la conformation générale de la cible étant avantageusement carrée ou circulaire.