La présente invention concerne un portique perfectionné destiné au transport et à la manutention d'éléments d'ouvrages d'art sous voies ferroviaires et notamment à la manutention (pose et dépose) de tabliers de ponts provisoires ou définitifs. On sait que la réalisation d'ouvrages d'art sous voies ferroviaires en service pose des problèmes au niveau de l'exploitation de la ligne du fait que le trafic doit être quantitativement maintenu pendant la durée des travaux. Il s'ensuit que ces opérations qui se traduisent à un moment donné sur un chantier par la suppression des rails, donc de la voie, doivent être réaliseesdansdes intervalles de circulation de convois qui peuvent être de courte durée, notamment sur les lignes importantes. Or, s'il existe à l'heure actuelle des portiques répondant à ces conditions, ceux-ci ne peuvent être efficacement utilisés que dans le cas de ponts ou d'ouvrages d'art ne dépassant pas 20 mètres. Ils sont principalement constitués d'une poutre reposant à chacune de ses extrémités sur un wagon-porteur, cette poutre étant elle-même équipée de dispositifs de levage commandés à partir de l'un des wagons-porteurs par tout moyen approprié. De façon avantageuse, le montage de cette poutre est réalisé de maniere que chacune de ses extrémités puisse pivoter autour d'un axe vertical pour tenir compte r du décalage des positions des wagons-porteurs sur des voies en courbe. En outre, les dispositifs de levage sont conçus pour pouvoir effectuer une translation latérale dite "chariotage transversal". Au-delà de cette longueur de 20 mètres, les dimensions à assigner à chaque élément constitutif de l'ensemble du portique ne permettent plus de satisfaire aux exigences d'inscription dans les gabarits très précis que l'on contact dans le domaine ferroviaire. En effet, on comprendra aisément qu'un portique du type ci-dessus décrit dont la poutre aurait une portée de l'ordre d'une trentaine de mètres, en circulation ou immobilisée sur une voie en courbe et/ou sur une voie telle que les variations de dévers entre chaque wagon-porteur soient importantes, engagerait nécessairement le gabarit prescrit. Une telle situation ne saurait être tolérée pour des raisons evidentes. Or, la présente invention vise un portique dont la poutre a une longueur supérieure à 27 mètres tout en repondant aux exigences des gabarits en vigueur sur les réseaux ferroviaires et s accommodant des variations de courbes ou de dévers des voies. Le portique, selon l'invention, est essentiellement caracterise par le fait qu'il comprend - une poutre de longue portée comportant ses-dispositifs de levage et montee à chacune de ses extrémités sur le châssis d'un wagon-porteur par l'intermediaire d'un appui coulissant pour permettre à la poutre d'effectuer à volonté un mouvement de translation, appui lui-même supporté par un ensemble formant balancier susceptible d'osciller autour d'un axe sensiblement horizontal ; - des moyens pour immobiliser ledit ensemble balancier ; - des moyens sur ledit ensemble balancier pour permettre le pivotement de la poutre autour d'un axe sensiblement vertical ; - des moyens pour maintenir au besoin ledit appui l'horizontale ; - et, des moyens de stabilisation transversale éventuelle de l'ensemble de l'appareil. Suivant un mode de réalisation avantageux - l'appui coulissant est commandé par au moins un verin agissant directement sur l'extremite de la poutre ; - l'ensemble formant balancier est constitué par un châssis monté oscillant autour d'un axe sensiblement horizontal prévu sur le châssis du wagon-porteur et il comporte un axe de pivotement autour duquel est monté un élément de liaison avec l'appui coulissant ; - les moyens pour immobiliser au besoin ledit ensemble balancier, les moyens pour maintenir éventuellement ledit appui a l'horizontale ainsi que les moyens de stabilisation transversale sont constitués par des vérins. D'autres caractéristiques et avantages de llinvention ressortront plus c:alrement ae a aescription qui va suivre i^aile eri regari des ressuis annexés sur lesquels - la figure 1 est une vue schématique en élévation d'un portique selon l'invention, - la figure 2 est une vue er perspective à plus grande échelle des dispositifs d'appui de la poutre sur les wagons-porteurs, cette vue ayant été allégée de tous les equipements annexes ainsi que des bogies et des plateformes de ces wagons. En se référant à ces dessins, on a représenté sur la figure 1 un portique selon l'invention avec ses principaux éléments constitutifs, a savoir : la poutre 1 (de grande portée), les dispositifs de levage 2 qui lui sont associés et les wagons-porteurs 3. L'invention visant principalement le montage de la poutre 1 sur les wagons 3, on se reportera plus spécialement à la figure 2 illustrant ce montage. Cette poutre comporte à chacune de ses extrémités des chapes 4-4a munies de sabots 5-5a montés articules en 6-6a et dont les bords sont réalisés, d'une part, de manière à pouvoir cqulisser le long des glissières 7-7a, et d'autre part, de manière à s'opposer à leur désengagement. Les sabots 5-5a sont rendus solidaires du corps d'un vérin 9 logé entre ces glissières et dont les tiges sont attelées aux pièces d'extrémités 8-8a. L'ensemble ainsi réalisé est monté sur un chassis 10, dit ci-après châssis oscillant, lui-même porté par le châssis porteur 11 du wagon 3 correspondant. Ce châssis oscillant est avantageusement cruciforme. Ses deux branches latérales 12-12a portent à leurs extrémités les patins 12b-12c ; elles sont raccordées à sa branche médiane sensiblement horizontale qui est elle-même monté dans le châssis 11 par son axe d'oscillation 13. Il comporte par ailleurs un dispositif dit de pivotement constitué de deux tourelles 14 et 15 entre lesquelles est inzÉrpP lino rniirnnnp aalot.s 16. ta tourelle 14 est rendue solidaire dudit châssis oscillant 10 alors que la tourelle 15 est rendue solidaire du dispositif à glissières précédemment décrit par l'intermédiaire d'une traverse de liaison 17 au contact des patins 12b-12c. Pour ce qui est du châssis porteur 11, celui-ci comporte ses crapaudines d'appui sur bogies 18, et, de préférence, des vérins dits de correction du niveau du châssis oscillant (dont le rôle ressortira de la description qui va suivre). Un de ces vérins apparait sur la figure 2 et il est désigne par la référence 19 ; ils sont prévus sous les branches 12-12a du châssis oscillant 10. De plus, ce châssis porte latéralement et de chaque côté, par rapport à l'axe d'oscillation 13, un dispositif constitué d'un groupe de vérins dits de stabilisation 22 dont le fût est solidaire d'une entretoise supérieure 21 et la tige solidaire d'une entretoise inférieure 21a. Celle-ci, liée au châssis 10 par les bielles 20-20a, est munie d'un patin tel que 23. Le portique selon l'invention comprend de plus des postes pour la commande de l'ensemble des vérins dont il est question ci-dessus y compris la commande des groupes de levage et de leur déplacement le long de'la poutre à laquelle ils sont associés, ces commandes se faisant de toute façon connue en soi n'entrant pas dans le cadre de la présente invention. Le portique dont les caractéristiques viennent d'être décrites est utilisé de la même manière qu'un portique actuellement existant. Etant donné Ta longueur de sa poutre, il permet d'intervenir sur des ouvrages d'art de plus grande dimension tout en satisfaisant aux exigences de gabarits, de stabilité et de charge sur rails, grâce à sa structure et au montage spécial de cette poutre. En effet, l'action sur le vérin 9 permet la translation de la poutre 1, le long des glissières 7-7a, de manière à la maintenir à l'aplomb de son lieu de travail ; en outre, l'action sur les vérins tels que 19 assure le maintien en position strictement horizontale de l'ensemble du châssis oscillant 10 et, par voie de conséquence, desdites glissières d'appui. La précision de cette horizontalité est rendue possible par tout dispositif automatique ou manuel, asservi ou non, connu en soi permettant toute correction de variation de niveau, En position de travail, la stabilité de chaque ensemble porteur peut etre assurée par la mise en appui sur la plateforme ferroviaire des "béquilles" constituées par le groupe des vérins 22 (amenés en position sous l'action des bielles 20-20a écartant du châssis l'entretoise inférieure 21a), le contact au sol étant réalisé par le patin 23. Au cours d'une operation de manutention, tout chariotage transversal d'une charge suspendue à l'un et/ou l'autre des dispositifs de levage 2, jusqu'à son emplacement voulu, se fait par le déplacement transversal de la poutre le long des glissières 7-7a. Une telle translation est effectuée en indépendance sur chacun des ensembles porteurs. La course de la poutre est évidemment conditionnée par le dégagement du gabarit limité du materiel de la voie voisine. On peut également concevoir une translation possible de la charge elle-même comme cela se fait du reste sur les portiques actuellement connus à la condition toutefois de satisfaire les exigences de gabarit. Dans le cas où un désaxement complementaire d'une dalle de pont, par exemple, serait nécessaire pour atteindre son emplacement. définitif, une correction de la position des palonniers des systemes de levage sur cette dalle pourra être obtenue par une translation appropriée de l'une et/ou de l'autre extrémité de la poutre. A noter que ce deplacement s'effectuera en sens inverse du déplacement d'ensemble à obtenir. Dans le cas de circulation "à vide" du portique selon l'invention, à vitesse normale, la poutre 1 est maintenue centrée sur les porteurs. Toutefois, l'oscillation du châssis oscillant 10 autour de'l'axe 13 est empêchée sur l'un des ensembles porteurs 11 grâce aux vérins 19 immobilisés en position par clapets anti-retour asservis contre la partie inférieure de l'ensemble balancier. L'autre ensemble balancier de l'autre ensemble porteur est, par contre, libre d'osciller, les vérins 19 correspondants étant en position "libres". Une telle disposition est indispensable pour s'accommoder des variations de dévers entre chaque wagon-porteur 3. Les portiques existants ne permettaient pas de répondre à-cette exigence. Toutefois, sur l'un et l'autre des ensembles porteurs le pivotement de la tourelle 15 ou sa rotation au-dessus de la couronne 16, n'est nullement entravé, permettant ainsi le rattrapage des variations de positions résultant d'une circulation sur des voies en courbe. En cas de transport et de circulation "en charge" à vitesse réduite, une translation limitée de la poutre est possible pour éviter les obstacles proches de la voie. Toutefois, les appuis de la poutre, c'est-à-dire les ensembles des châssis oscillants 10 sont constamment maintenus horizontaux par action sur les vérins de correction des niveaux 19 par l'intermédiaire des dispositifs détecteurs appropriés. Ce maintien à l'horizontale présente davantage de reduire les moments de renversement que doivent supporter les ensembles porteurs et d'augmenter par ailleurs le dégagement des obstacles situés du côté du centre de la courbe. On comprendra alors aisément qu'il est souhaitable que les charges soient le mieux centrées possible, d'ou l'intérêt de pouvoir agir sur la position relative de la poutre par rapport aux ensembles porteurs et l'intérêt de pouvoir lui imprimer, par ses extrémités, des mouvements de translation tout en restant constamment à l'aplomb. Il. va de soi que la presente invention n'a été décrite qu'à titre purement explicatif et nullement limitatif et que toute modification utile pourra-y être apportee sans sortir de son cadre tel que défini par les revendications ci-apres. REVENDICATIONS 1. - Portique perfectionné destiné à la réalisation d'ouvrages d'art sous voies ferroviaires, caractérisé par le fait qu'il comprend - une poutre de longue portée (1) comportant ses dispositifs de levage (2) et montée à chacune de ses extrémités sur le châssis d'un wagon-porteur (3) par l'intermédiaire d'un appui coulissant (5-5a-9) pour permettre à la poutre d'effectuer à volonte un mouvement de translation, appui lui-même supporté par un- ensémble formant balancier (10) susceptible d'osciller autour d'un axe sensiblement horizontal (13) - des moyens (19) pour immobiliser ledit ensemble balancier - des moyens (15-16-17), sur ledit ensemble balancier, pour permettre le pivotement de la poutre autour d'un axe sensiblement vertical ;; - des moyens (19) pour maintenir au besoin ledit appui a l'horizontale - et, des moyens de stabilisation transversale eventuile (20-21-22-23) de l'ensemble de l'appareil 2. - Portique selon la revendication 1, caractérisé par le fait que l'appui coulissant est commandé par au moins un vérin (9) agissant directement sur l'extrémité de la poutre (1). 3. - Portique selon la revendication 1 ou 2, caractérisé par le fait que l'ensemble formant balancier (10) est constitué par un châssis monté oscillant autour d'un axe sensiblement horizontal (13) prevu sur le châssis du wagon-porteur et il comporte un axe de pivotement autour duquel est monté un élément de liaison (17) avec l'appui coulissant. 4. - Portique selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé par le fait que les moyens pour immobiliser ledit ensemble balancier et les moyens pour maintenir au besoin ledit appui à l'horizontale ainsi que les moyens de stabilisation transversale sont constitués par des vérins (19).