FR 2507889 A3 19821224 FR 8210606 A 19820617 Lentille intra-oculaire. La présente invention concerne une lentille pour correc- tion chirurgicale de l'aphakie qui se manifeste après le retrait du cristallin de l'oeil, ou de défauts de réfraction tels que la myopie, l'hypermétropie ou l'astigmatisme. Le globe oculaire est un globe sensiblement sphérique comprenant des parois externes de consistance fibreuse, ferme et élastique, pour sa plus grande part opaque à l'exception de la région située à l'avant de l'iris et qui est transpa- rente La partie non transparente est appelée sclérotique ou cornée opaque, alors que la partie transparente est la cornée. A l'intérieur de l'oeil, l'espace compris entre l'iris et la cornée est appelé chambre antérieure, remplie d'un liquide aqueux transparent, l'humeur aqueuse, alors que la partie restante est pratiquement entièrement remplie d'un gel trans- parent appelé humeur vitrée. A l'arrière de l'iris et à l'avant de l'humeur vitrée se trouve la chambre postérieure, constituée par le cristallin et le corps ciliaire circulaire qui le supporte, cette cham- bre étant également remplie-d'humeur aqueuse. Après retrait du cristallin (par exemple quand il y a une opération de la cataracte), on constate la formation d'une forte hypermétropie que l'on corrigeait dans le passé en utilisant des lunettes ou des lentilles de contact Mais il est possible de restituer une meilleure vision en faisait appel à l'utilisation moderne de lentilles intra-oculaires implantées chirurgicalement, dans la chambre antérieure ou dans la chambre postérieure Dans le cas d'une myopie pro- noncée ou de tout autre défaut de réfraction, l'implant doit être inséré dans la chambre antérieure, à l'avant du cris- tallin qui est toujours présent. Toutes les lentilles intra-oculaires, qui existent dans l'état actuel de la chirurgie ophtalmique sous forme de versions différentes très nombreuses, ont un diamètre minimum de 5 à 6 mm, alors que les chambres antérieure et postérieure du globe oculaire précédemment mentionnées ont un diamètre interne qui est respectivement d'environ 10-11 mm et 12-13 mm. Il en résulte que pour que la lentille soit placée en correspondance de la pupille, c'est-à-dire l'ouverture circu- laire située au centre de l'iris, il est nécessaire qu'elle comporte une partie haptique de support qui se présente sur le marché sous une variété de formes qui sont toutes plus ou moins fonctionnelles et qui comprennent en général deux ou trois boucles filiformes flexibles fixées à une extrémité de la lentille et se prolongent sur une certaine distance au- delà du rebord périphérique de cette dernière, chacune étant orientée dans une direction prédéterminée. Pour assurer le support du corps de la lentille dans la position mentionnée ci-dessus, la partie haptique concernée de tous les modèles de l'art antérieur est suspendue entre au moins deux points diamétralement opposés du périmètre de base de la chambre antérieure ou postérieure, selon le type de l'implant Quand la lentille est placée dans la chambre antérieure, ladite partie haptique est supportée dans l'angle compris entre la surface antérieure de l'iris et la cornée, alors que dans la chambre postérieure, elle est disposée dans l'angle compris entre la surface postérieure de l'iris et le corps ciliaire, ou bien si sa forme convient, elle est à cheval sur l'ouverture de la pupille o elle est logée à la manière d'un bouton de col de chemise, la partie haptique étant responsable de l'équilibre vertical. Tous les types antérieurs de lentille intra-oculaire ont une longueur diamétrale totale, y compris les parties optique et haptique, qui ne dépasse pas au maximum de 11 à 13 mm, c'est-à-dire le diamètre interne respectif de la chambre antérieure et de la chambre postérieure. Un inconvénient du type classique de lentille intra- oculaire que l'on ne doit pas sous-estimer est la difficulté de maintenir une position stable du corps de la lentille en correspondance exacte de la pupille, du fait de la tendance des tissus oculaires de support à subir un processus d'atro- phie da à la compression des tissus oculaires aux points de contact avec les parties haptiques de la lentille, et cet inconvénient n'a pas été éliminé en prévoyant la possibiltié de pouvoir suturer certains types de lentilles sur l'iris, du fait du manque de consistance et de la mobilité de cet orga- ne. Le but de la présente invention est de proposer une lentille intra 6oculaire qui, bien qu'elle appartienne au concept général des lentilles similaires de l'art antérieur, comporte une partie haptique de support perfectionnée auto- risant la fixation définitive du corps de la lentille en correspondance de l'ouverture de la pupille, sans courir le risque, même après une période indéfinie de temps, du moindre mouvement de la partie optique, du fait de l'impossibilité de l'atrophie des tissus semi-rigides de la paroi de la scléro- tique à laquelle elle est ancrée et du fait de la grande dimension de la surface de contact entre les tissus de l'oeil et la partie haptique de la lentille, ce qui réduit au mini- mum le poids de l'implant. La lentille intra-oculaire selon la présente invention est caractérisée par le fait que la partie haptique de sup- port a une forme et une longueur appropriées à son maintien et à son ancrage dans une incision pratiquée dans la paroi de la sclérotique de l'oeil pendant une opération chirurgicale. Ainsi, la longueur minimale de 19 mm du présent implant dépasse largement la longueur maximale de l'un quelconque des implants de l'art antérieur qui doit être fixé à la manière d'un ressort dans la chambre antérieure ou dans la chambre postérieure En fait, les parties haptiques de support de la lentille intra-oculaire de la présente invention ont une longueur d'au moins 7 mm, et elles sont noyées dans la paroi de la sclérotique au moyen d'une incision appropriée de cette sclérotique, dans l'épaisseur de laquelle elles pénètrent sur une longueur d'au moins 4,5 mm avant de perforer ladite paroi en correspondance de la base de l'iris, pénétrant ainsi dans la chambre antérieure et parvenant à la lentille à proximité de l'ouverture de la pupille. Ainsi, la lentille intra-oculaire de la présente inven- tion constitue une prothèse présentant des caractéristiques très différentes de celles déjà existantes, dont la forme dépend des caractéristiques anatomiques invariables de l'oeil humain Même la technique chirurgicale nécessaire à l'insertion de cette nouvelle lentille est totalement différente de celles qui ont été utilisées jusqu'ici. La présente invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui suit, donnée à titre d'exemple non limi- tatif, avec référence aux dessins ci-annexés dans lesquels: la figure 1 est une vue de la lentille intra-oculaire en cause, vue par le dessus, la figure 2 est une vue semblable à la figure 1 d'un mode de réalisation de la lentille intra-oculaire en question, la figure 3 est une vue semblable à celle des figures 1 et 2 et représentant un autre mode de réalisation de la lentille intra-oculaire, la figure 4 représente une autre variante du mode de réalisation, et la figure 5 est une vue schématique de la lentille intra- oculaire selon l'invention, implantée dans un oeil aphakique. Référence étant faite aux figures, celles-ci représentent un corps de lentille apte à la correction chirurgicale de l'aphakie au moyen d'une implantation, en correspondance de la pupille d'un oeil ayant subi le retrait du cristallin. Aux figures 1 à 4, le cercle en tiretés représente la circonférence moyenne de la chambre postérieure de l'oeil, dont le diamètre est de 12 à 13 mm. La figure 1 représente une forme d'un mode de réalisation général de la lentille intra-oculaire de la présente inven- tion Le corps de la lentille est indiqué par la référence 1 et les parties haptiques 11, 12 sont fixées sur son périmè- tre, de préférence à des intervalles angulaires constants. Les parties haptiques sont constituées par des fils, dont la section est de préférence de 0,1 mm, et pouvant se présenter sous la forme de boucles ou de fils libres Dans le cas de fils libres, ceux-ci peuvent avoir une longueur totale de 5 à 6 cm, ce qui fait que le chirurgien peut disposer la longueur appropriée dans une incision préparée à cet effet dans la sclérotique, en utilisant la partie restante du fil pour réaliser une suture d'ancrage dans la sclérotique Ces fils peuvent être en matière plastique, en métal ou tout autre matériau approprié ayant l'épaisseur et l'élasticité voulues, et ils peuvent également avantageusement se terminer sous la forme d'aiguilles atraumatiques ou de petites boucles termi- nales Ces fils, quand ils sont réalisés en matière plastique telle que du polypropylène, une fois qu'ils sont coupés à la longueur voulue pendant la chirurgie, peuvent avoir leur extrémité chauffée (par exemple par cautérisation) et augmen- ter ainsi l'ancrage perfectionné dans les tissus Une vue frontale de ce type d'ancrage est représentée à la figure 3. Les fils qui constituent les parties haptiques doivent être réalisés en un matériau à la fois inerte et stable vis-à-vis des tissus oculaires, ainsi que cela est nécessaire pour toute intervention chirurgicale. Le choix entre l'utilisation des boucles ou des fils libres dépend du cas individuel du patient qui subit l'opéra- tion, le fait constant étant que dans chaque cas les parties haptiques sont noyées dans la paroi de la sclérotique. La présente invention a l'avantage additionnel de permet- tre le choix de la forme de la lentille intra-oculaire parmi diverses possibilités, cette possibilité n'existant pas quand on a recours aux techniques antérieures des lentilles intra- oculaires, ces dernières étant strictement limitées par les caractéristiques anatomiques de l'intérieur de l'oeil La longueur totale des implants utilisés jusqu'ici doit donc dépasser légèrement le diamètre interne de la chambre anté- rieure ou de la chambre postérieure o ils sont fixés à la manière d'un ressort On peut donc voir aux figures 1 à 4 qu'alors que les parties haptiques concernant des lentilles intra-oculaires utilisées jusqu'ici s'étendent au maximum jusqu'à la circonférence indiquée en tiretés, les boucles et les fils de la lentille intra-oculaire de la présente inven- tion constituent un prolongement notable desdites parties haptiques audelà de la circonférence en tiretés, et ces parties qui s'intègrent dans les tissus résistants de la sclérotique assument une fonction de support en maintenant et en retenant la lentille intra-oculaire elle-même. A la figure 2 est représentée une lentille intra-oculaire comprenant trois boucles disposées à 1200 les unes par rap- port aux autres et fixées au corps 1 de la lentille. Dans le mode de réalisation représenté à la figure 3, la partie haptique est constituée par trois fils 10 fixés à la lentille 1 et présentant à leur extrémité libre un élargisse- ment servant à l'ancrage dans l'épaisseur de la paroi de la sclérotique. Cette partie élargie peut être obtenue en chauffant l'extrémité du fil lorsqu'il a été coupé à la longueur voulue par l'opérateur en fonction du patient concerné. En variante et pour ancrer les fils dans les tissus de la paroi de la sclérotique, chacun des fils peut se terminer par une aiguille atraumatique ou par une petite boucle. Un autre exemple est représenté à la figure 4, dans lequel la partie haptique est formée par deux boucles 3 disposées à 1800 l'une par rapport à l'autre. Bien que dans leur conformation essentielle, les boucles ne soient pas différentes des boucles classiques, leur parti- cularité par rapport à ces dernières consiste dans leur longueur plus importante, ce qui permet de révolutionner le procédé de l'application chirurgicale de la lentille intra- oculaire de la présente invention par comparaison avec celui des lentilles semblables déjà connues. La longueur totale de la partie haptique des lentilles intra-oculaires réalisées jusqu'à présent, en plus du diamètre du corps de la lentille, ne doit pas dépasser le diamètre maximal de la section du globe oculaire en correspondance de la chambre antérieure ou de la chambre postérieure, du fait des procédés d'implant utilisés jusqu'ici et mentionnés ci- dessus. Comme on peut le voir sur la figure 5, quand il s'agit de l'application chirurgicale de la lentille intra-oculaire en question dans un oeil aphakique (c'est-à-dire dépourvu de cristallin), et alors que la première section des boucles ou des fils et plus précisément la partie allant jusqu'à la circonférence en tiretés des figures 1 à 4, correspondant à la longueur des boucles classiques, passe, comme ces derniè- res, dans l'humeur aqueuse sur la largeur totale de la cham- bre antérieure 4 de l'oeil limitée par la cornée 5 et l'iris 6, le prolongement de chaque boucle ou de chaque fil selon la présente invention est disposé dans l'incision respective 7 pratiquée dans la paroi 8 de la sclérotique qui représente le seul tissu de l'oeil qui n'est pas mou, dont la consistance est dure et élastique et qui permet un ancrage résistant des boucles ou des fils, en éliminant toute tendance de dépla- cement du corps 1 de la lentille par rapport à sa position correcte et en correspondance précise de la pupille 9, comme ceci peut par contre arriver avec les lentilles connues de même type. Le chirurgien a le choix et il peut allonger les parties haptiques de la lentille dans la mesure qu'il désire au-delà de ladite circonférence en tiretés, un minimum de 3 à 3,5 mm étant cependant souhaitable. Ainsi, la longueur totale de l'implant est d'au moins 19 mm, par comparaison aux 13 mm des implants les plus impor- tants disponibles jusqu'ici. Comme il va de soi, et comme il résulte déjà de ce qui précède, l'invention ne se limite nullement à ceux de ses modes de réalisation, non plus qu'à ceux des modes de réali- sation de ses diverses parties, ayant été plus spécialement envisagées; elle en embrasse, au contraire, toutes les variantes. REVENDICATIONS 1 Lentille intra-oculaire comprenant un corps de len- tille muni d'une partie haptique de support constituée par au moins deux éléments filiformes fixes à la lentille et orien- tés de façon appropriée, caractérisée par le fait que chacun des éléments filiformes ( 2, 3, 10, 11, 12) a une longueur lui permettant d'être disposé dans une incision ( 7) respective pratiquée chirurgicalement dans le tissu de la paroi de la sclérotique de l'oeil de manière à déterminer un ancrage résistant qui limite toute tendance au déplacement dudit corps ( 1) de la lentille par rapport à sa position correcte en correspondance précise de la pupille de l'oeil. 2 Lentille intra-oculaire selon la revendication 1, caractérisée par le fait que ladite partie haptique de sup- port du corps de la lentille est constituée par des éléments filiformes ( 10, 11, 12) sensiblement droits et espacés symé- triquement ou asymétriquement les uns des autres. 3 Lentille intra-oculaire selon la revendication 1 ou 2, caractérisée par le fait que lesdits éléments filiformes ont une longueur d'au moins cinq centimètres et peuvent être coupes à la longueur souhaitée. 4 Lentille intra-oculaire selon la revendication 1, caractérisée par le fait que la partie haptique de support du corps de la lentille est constituée par des éléments filifor- mes se présentant sous la forme de boucles ( 3, 11) espacées symétriquement ou asymétriquement les unes des autres. Lentille intra-oculaire selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée par le fait que chacun desdits éléments filiformes ( 2, 3, 10, 11, 12) présen- te à son extrémité libre une conformation permettant l'an- crage dans la paroi de la sclérotique. 6 Lentille intra-oculaire selon la revendication 5, caractérisée par le fait que chacun desdits éléments fili- formes comprend une partie élargie à son extrémité libre. 7 Lentille intra-oculaire selon la revendication 5, caractérisée par le fait que chacun desdits éléments filifor- mes comprend une petite boucle formée à son extrémité libre. 8 Lentille intra-oculaire selon la revendication 5, caractérisée par le fait que lesdits éléments filiformes comportent une aiguille atraumatique appliquée à leur extré- mité libre. 9 Lentille intra-oculaire selon la revendication 1, caractérisée par le fait que la longueur utile desdits élé- ments filiformes est d'au moins 7 mm. Lentille intra-oculaire selon la revendication 2, caractérisée par le fait que ladite partie haptique de sup- port du corps de la lentille est constituée par trois fils sensiblement droits et disposés à 1200 les uns par rapport aux autres. 11 Lentille intra-oculaire selon la revendication 4, caractérisée par le fait que ladite partie haptique de supe- port du corps de la lentille est constituée par trois éléments filiformes se présentant sous la forme de boucles et disposés à 1200 les uns par rapport aux autres. 12 Lentille intra-oculaire selon la revendication 4, caractérisée par le fait que ladite partie haptique de sup- port du corps de la lentille est constituée par deux éléments filiformes se présentant sous la forme de boucles et disposés à 1800 l'un par rapport à l'autre. 13 Lentille intra-oculaire selon la revendication 1, caractérisée par le fait que ladite partie haptique de sup- port du corps de la lentille est constituée par un élément filiforme se présentant sous la forme d'une boucle et de deux fils sensiblement droits, disposés à 1800 les uns par rapport aux autres.