17k6k 2092149 La présente invention concerne un procédé de traitement anti-feutrant pour fibres animales, notamment pour l'apprêt de tissus en pièces. Jusqu'à présent deux types d'apprêt anti-feutrant ont été surtout utilisés dans la pratique : 5 - les procédés de traitement chimiques oxydants dans lesquels les fibres sont soumises à un traitement entraînant une. modification dans la structure des molécules. - les procédés utilisant les apprêts à base de résines synthétiques qui ont pour effet de revêtir les fibres d'un film évitant la formation de flocons. 10 Ces deux procédés connus entraînent toutefois un durcissement au toucher du tissu ; ce durcissement est proportionnel à l'effet anti-feutrant que l'on veut obtenir et il est donc d'autant plus marqué que l'effet anti-feutrant est important. On utilise par exemple dans l'industrie textile des apprêts anti-feutrants pour des tissus en fibres animales qui sont utilisés à titre de doublure afin de fixer et d'assurer le maintien d'un tissu principal de surface; il s'agit en règle générale de tissus ou tricots montés avec des mailles larges et et obtenus en utilisant par exemple une chaine en fils de laine fine et une trame en fils à base de poils de chameaux; ces tissus de doublure sont revetus d'une mince couche d'adhésifs thermo-durcissables déposée par points suivant un réseau très fin et ces tissus de doublure sont contrecollés sur un tissu de surface pour réaliser des vêtements; dans les cas de ce genre les traitements anti-oicydant faisant appel à l'acide per-sulfurique, au chlore et à ses composés libérant du chlore, comme par exemple le dichloroisocyanurate, sont insuffisants pour éviter le feutrage du tissu de doublure et pour empêcher une migration des fibres animales depuis le tissu de doublure à travers le tissu de surface. On peut sans doute recourir également à un traitement complémentaire utilisant un appi'êt à base de résines synthétiques; toutefois on ajoute alors une autre source de durcissement au toucher qui est particulièrement désagréable et 3 0 que l'on cherche au contraire à prohiber. De plus il est nécessaire pour procéder au traitement des tissus par des apprêts anti-feutrants à base de résines synthétiques d'utiliser des solvants organiques, ce qui requiert une installation assez importante. 15 20 25 71 17464 2 2092149 Enfin les traitements oxydants des tissus ou des pièces de tricots finis risquent d'entrainer une détérioration matérielle du tissu en ouvrant des mailles dans la chaine ou dans la trame et pour éviter cela on est obligé de réaliser des installations mécaniques importantes; enfin l'utilisation des fibres ayant subi 5 un traitement anti-feutrant est rendue délicate notamment pour réaliser des tissus non tissés en raison du caractère cassant des fibres à la suite du traitement, La présente invention a pour objet de remédier à ces divers inconvénients et concerne un procédé pour l'apprêt de pièces textiles notamment pour tissus 10 de doublures à base de fibres animales en utilisant les appareillages actuels mais réduisant considérablement le durcissement au toucher; le procédé d'apprêt selon l'invention évite de façon très nette le feutrage et une migration ou un déplacement des fibres lorsque le tissu est intégré dans un vêtement soumis à des opérations de nettoyage. 15 L' invention concerne à cet effet un procédé pour le traitement de pièces textiles, caractérisé en ce que l'on traite les fibres par une solution de diamines ou po-lyamines aliphatiques ou cycloaliphatiques en milieu aqueux et en ce que l'on procède ultérieurement à un traitement anti -feutrant déjà connu en soi en utilisant une deuxième solution aqueuse constituée d'une solution de sels, éven-20 tuellement tamponnée d'un polymère basique adhérant à la fibre sous l'action de la chaleur. Il est certain que l'on connaissait déjà l'utilisation de diamines dissoutes dans du diméthyl-formanide en vue d'obtenir des effets anti-feutrants (voir Meilland 9/1969 pages 112 - 114). Cependant l'action combinée d'un bain aqueux de di ou 25 de pôlyamines avec un bain aqueux de sels de bases polymères (connues en elle mêmes) produisent un effet synergétique qui n'avait pas été obtenu et observé jusqu'à présent. Toutes les di ou pôlyamines solubles dans l'eau pourront être utilisées, comme par exemple l'éthylène-diamine, l'héxaméthylène-diamine, dicyclohexyL-diami ne, 30 diéthylè ne-tri ami ne, di pr opylè ne-tri amïne, triéthylène-tétramine. Pour obtenir l'effet souhaité la proportion de 1 à 10 milligrammes d'amine par grammes de fibres animales sera suffisante, la fonction aminé étant calculée par groupe NH et HN^. Le pourcentage d'amine pourrait être augmenté jusqu'à atteindre environ 20 71 17464 3 2092149 milligrammes d'amine par grammes de fibres animales. Le traitement des fibres peut être réalisé en laissant tremper le fil da^is la solution aqueuse de l'amine considérée, la solution étant chauffée à une température de l'ordre de 95° C, la durée du traitement sera de 10 à 30 minutes. On peut également procéder par trempage des pièces textiles peignées dans le bain défini ci-dessus. De préférence toutefois le traitement sera effectué par foulardage, les pièces textiles, au sortir de tissage ou de tricotage étant mises à tremper sur le foulard; on procède ensuite au séchage : la température de séchage ne doit pas dépasser 140 à 160° centigrade; le temps de séchage à cette température pourra être de l'ordre de 2 minutes. Après ce traitement préliminaire utilisant la solution aqueuse de di ou polyamine on procède dans une deuxième phase de l'opération au trempage de l'élément textile dans la solution d'un sel d'une base polymère; cette dernière se dépose et adhère sur les fibres textiles sous l'influence de la chaleur; éventuellement une substance est incorporée sous forme de base libre pour tamponner la solution. Un autre mode d'apprêt est possible par le traitement des pièces entières de tissus peignées dans la solution aqueuse chaude de di ou polyamine. Cependant, l'apprêt est effectué de préférence par foulardage des pièces dont le tissage ou le tricotage a été achevé. Après trempage sur le foulard, on procède au séchage et à l'étuvage. La température de séchage ne devrait pas dépasser 160° C. A 140° C, un passage d'environ 2 minutes est suffisant. Après ce traitement préliminaire avec de la solution aqueuse d'amine intervient dans une deuxième phase d'opération, le passage dans la solution d'un sel d'une base de polymère, qui se dépose sous l'influence de la chaleur - le cas échéant une substance tampon est ajoutée sous forme de base libre. On connait déjà des produits anti-feutrants tels que des halogènures de sulfonium combinés avec des résidus de polyuréthane et qui sont spécialement bien appropriés à l'utilisation proposée en combinaison avec le traitement à base de sels d'amines. D'autres sels de polymères basiques susceptibles d'être utilisés sont les sels de polyamido-amines dont les groupes aminés libres peuvent 71 17464 4 2092149 réagir avec des acides organises ou minéraux pour former des sels d'addition acides. Lorsqu'on compare l'effet anti-feutrant des fibres traitées seulement avec des foalogénures de sulfonium, avec l'effet obtenu pour les fibres qui, dans la phase d'opération précédente, ont été prétraitées avec la solution 5 aqueuse d'amine s, on peut constater que dans le dernier cas de la moitié à un tiers de la quantité d'halogénure est suffisante pour obtenir le même effet anti-feutrant, le toucher du produit se rapprochant cependant davantage de celui du produit non traité. Aux solutions de sels de polymères basiques on peut ajouter en cas de besoin 10 des composés méthyloliques, du formaldéhyde, des composés libérant du for-maldéhyde, comme l'urotropine et d'autres produits d'apprêt en phase equeuse, accompagné d'adjuvants de dispersion, par exemple des dispersions réactives telles que dispersions de méthacrylate,de polyéthylènes, des résines à base d'urées,des résines à base de mélamineetc... 15 L'action synergétique du traitement complémentaire utilisant une solution aqueuse d'amine ressort des exemples suivants ; Exemple 1 Trois pièces de tissu de doublure à larges mailles comportant une chaine en laine et une trame en poil de chameau ayant un poids de 110g sont dégraissées 20 et mises en place sur un dispositif d'apprêt usuel et traitées immédiatement sur un foulard, chacun avec une solution aqueuse différente et qui comprend respectivement 0g, 20g et 40g/l de héxaméthylène-diamine. L'absorption en solution d'amine est de 50g/l00 g de fibre. Le tissu imbibé est séché 2 minutes à 140°C. 25 Les pièces séchées sont foulardées dans une deuxième phase d'opération avec une solution tamponnée avec de l'acétate de sodium, de faible turbidité, d'un complexe polyuréthane-halogénure de sulfonium. La solution comprend : 75 g/l de polyuréthane-halogénure de sulfonium à 70% 30 (synthappret 4387, Société Bayer) 2, 5 g/l d'urée 2, 5 g/l d'acétate de sodium. 71 17464 5 2092149 Dans ce cas, l'absorption est de lOOg/lQ0 g de tissu. Après séchage on étuve à 140°C pendant 2 minutes. On dépose un revêtement thermocollant par points avec un copolyamide ter-naire 6, 6/6, 12 en déposant 20g/m . Une découpe de chacun des tissus de 5 doublure revetus par points est fixée sur un tissu de surface en polyester. Les échantillons contrecollés sont lavés trois fois dans une machine à laver à 30°C en ajoutant un produit détergent pour lavage fin. Après ces trois opérations de lavage, on obtient les résultats suivants : Rétrécissement g/l aminé en chaine en trame Aspect du tissu de surface 0 11, 0 6, 6 très ridé 20 2, 0 2, 1 lisse 40 1,5 1,2 lisse Des résultats similaires sont obtenus dans le cas du nettoyage à sec, lorsque 15 le taux d'humidité de l'air au dessus de bain dè nettoyage dépasse environ 80 à 85%. On ne peut pas constater une différence au toucher entre les pièces des trois échantillons ci-dessus, c'est à dire que le traitement d'amine complémentaire ne change pas ou ne change guère le toucher. 20 Exemple 2 Des échantillon s de fils dégraissés bobinés sur bobines croisées, en laine de mouron et en poil de chameau, sont l'incés pendant 25 minutes avec trois solutions aqueuses de dipropylène-triamine chauffées à 95° C, qui, sur 100 g de fibres animales contiennent respectivement 0g, 0, 5 g et 1, 5 g de dipropylène-triamine. 25 Après ce traitement, les bobines croisées sont lavées à l'eau froide, puis essorées et séchées à nouveau par de 1 1 eau à 120° C.Les fils en laine de mouton et en poil de chameau traités d'une façon similaire sont tissés en trois tissus de doublure d'un poids environ de llOg/m, puis ils sont foular-dés avec une solution de polyuréthane-halogénure de sulfonium tel que dans l'ex-30 emple 1, puis on continue leur traitement. 71 17464 6 2092149 Après trois lavages des trois échantillons de doublure on note les résultats s uivants : g aminé/ I 00 g de fil Rétrécissement en chai ne en trame Aspect du tissage 5 0 0.5 1, 5 6, 6 1,2 1,2 très ridé irrègulier lisse Ici également, on obtient des résultats similaires dans le nettoyage à sec, lorsqu'on fait en sorte que le taux d'humidité de l'air au dessus du bain de net-10 toyage égale ou dépasse 80 à 85 %. Il n'y a pas non plus de différence au toucher entre le produit non traité avec de I'amine et le produit traité avec de l'amine. Le mode de traitement combiné proposé n'est pas seulement limité à des tissus de doublure. Toute fibre animale, dans toutes les applications justifiant un 15 traitement anti-feutrant, peut être traitée conformément au présent procédé. La description qui précédé n'a été donnée qu'à titre d'exemple et d'illustration de l'invention, on pourra à partir des éléments décrits réaliser diverses variantes et formes de réalisation sans franchir les limites de l'invention. 71 17464 7 2092149 REVENDICATIONS 1 - Procédé d'apprêt anti-feutrant pour fibres animales par revêtement des fibres d'un film à base de résines synthétiques, caractérisé en ce qu'on dépose des diamines ou pôlyamines aliphatiques ou cycloaliphatiques en solution aqueuse sur la fibre et en ce qu'on procède ensuite au moyen d'une deuxième 5 solution aqueuse à un traitement anti-feutrant déjà connu en soi, par immersion des fibres dans la solution d'un sel d'un polymère basique qui revêt les fibres et s'y dépose sous l'influence de la chaleur. 2 - Procédé d'apprêt anti-feutrant selon la revendication 1 ci-dessus, caractérisé en ce que les aminés utilisées sous forme de diamines ou de pôlyamines 10 sont dissoutes dans l'eau dans une proportion pondérale de 0, 1 à 1%. 3 - Procédé selon la revendication 1, ci-dessus caractérisé en ce que l'amine utilisée est l'éthylène-diamine. 4 - Procédé selon la revendication 1, ci-dessus, dans lequel l'amine utilisée est l'héxaméthylène - diamine. 15 5 - Procédé selon la revendication 1 ci-dessus, dans lequel 1' aminé utilisée est la diéthylène-triamine. 6 - Procédé selon la revendication 1, ci-dessus , dans lequel l'amine utilisée est la dipropylène-triamine. 7 - Procédé selon la revendication 1, ci-dessus, dans lequel l'amine utilisée 20 est la dicyclohexyl-diamine. 8 - Procédé selon la revendication 1, ci-dessus, dans lequel 1' aminé utilisée est la triéthylène-tétramine. 9 - Procédé selon la revendication 1 ci-dessus, caractérisé en ce que les fibres textiles sont, après traitement dans la solution aqueuse de diamines ou 25 pôlyamines. soumises a un traitement par immersion dans la solution d'un sel d'un polymère basique constitué par unhalogénure de sulfonium combiné avec d;i polyurélha-ie, 10 - Procédé selon la revendication 1, ci-dessus, caractérisé en ce que l'on ajoute au sel de polymère basique des adjuvants constitués de composés 71 17464 2092149 methylolique de formaldehyde ou de composés libérant du formaldéhyde notamment de l'urotropine. 11 - Procédé selon la revendication 10 caractérisé en ce que la solution d'un sel depolymère basique comporte également des agents de dispersion constitués de dérivés méthacr yliques, de polyéthylène ou de résines à base d'urée.