La présente invention concerne un procédé pour supprimer des fuites des fluides dans une cavite et des dispositifs pour sa mise en oeuvre. On sait qu'il est délicat de stopper les fuites qui peuvent se produire à partir de canalisations lorsque le débit des fluides contenus dans celles-ci ne peut être arrêté. Ainsi, par exemple, on ne disposait pas jusqu'à présent d'un proce- dé simple et rapide à mettre en oeuvre pour stopper les fuites de matière polluante, par exemple des fuites d'hydrocarbures d'un pipe-line ou d'une canalisation de forge, ou encore de vapeur d'eau à l'intérieur ou à la sortie d'échangeurs de chaleur. En effet, dans certains cas, il test pas possible d'une part d'ar rêter le débit du fluide en amont de la fuite et d'autre part, de colmater immédiatement la fuite soit par impossiblité physique (chaleur élevée, milieu clos ou peu accessible, repérage précis de la fuite délicate, etc. .) ou encore chimique (milieu toxique, impossibilité d'utiliser des matériaux de bouchage sans stopper le fluide, etc...). De même dans le domaine médical, il est délicat de stopper un écoulement souvent important de fluide biologique sans procéder à une intervention chirurgicale. Ainsi, en cas d'hémorragie dans une cavité du corps humain, que cela soit au niveau des fosses nasales, des sinus ou de l'utérus, ou encore, bien que cela soit plus délicat, au niveau du tube digestif (estomac, intestin) ou des oreilles par exemple, on ne dispose pas d'un moyen iimnédîat, non traumatique et d'administration facile permettant d'arrêter cette hémorragie. En particulier, si on prend le cas d'une hémorragie des fosses nasales, le médecin, dans la plupart des cas, procede à l'introduction de meches qui ont pour but, d'une part, d'absorber le sang et, d'autre part, d'effectuer une vasoconstriction par compression sur les parois des fosses nasales. Lorsque le saignement est arrêté, le médecin peut alors procéder, si besoin est, à la cautérisation des vaisseaux ou de la zone muqueuse responsables du saignement. On constate toutefois que cette opération nécessite l'intervention du praticien, qu'elle est assez longue et que de toutes façons elle est souvent traumatisante et douloureuse pour le patient. La présente invention permet de remédier à ces inconvénients tout en apportant des avantages supplémentaires importants. Elle concerne un procédé pour circonvenir des fuites de canalisations contenant des fluides, ces canalisations étant entourées de cavités et est remarquable en ce qu'on injecte sous pression dans lesdites cavités, de façon à créer dans celles-ci une compression déterminant des pertes de charge suffisantes dans les canalisations pour stopper lesdites fuites, une matiere absorbante de composition telle qu'elle subit un gonflement notable lorsqu'elle entre en contact avec le fluide des canalisations. Elle concerne aussi des dispositifs pour la mise en oeuvre du procédé, ces dipositifs étant du type pulvérisateur, distributeur aérosol ou pistolet sous pression aptes à délivrer une mousse de consistance solide et remarquables en ce qu'ils comportent des embouts susceptibles de pénétrer dans les cavités où les fuites de fluides se produisent afin de remplir en quasi totalité lesdites cavités de mousse apte à gonfler au contact du fluide au niveau desdites fuites. Enfin, elle concerne les produits délivrés pour lesdits dispositifs et leurs applications en tant que médicaments, ces produits étant tels qu'ils se présentent de préférence sous forme de mousse semi-solide injectée dans la cavité biologique où se produit une perte de fluide biologique, par exemple le sang, cette mousse ayant pour propriété de se gonfler au contact dudit fluide biologique. Les produits sous forme de mousse peuvent être du type ouate divisée d'alginate de calcium, mélange d'éthylene glycol ou de propylene glycol et de sulfate alcoyle de sodium ou de préférence une poudre de granulométrie importante de méthyl-cellulose oxydée. En outre, dans le cas où le médicament est destiné à stopper des saignements, il peut comprendre un ou plusieurs produits hémostatiques de type connu comme le nitrate d'argent, l'acide chromique, l'anhydride chromique, l'eau oxygénée ou une solution oligo-colloidale de thromboplastine ou d'adrénalone. On peut y adjoindre des antifibrinolytiques, des vitamines de type Kl ou encore des analgésiques locaux du type tétracaine ou xylocaine. D'autres avantages et caractéristiques de la présente invention seront aisément compris à l'aide des exemples ci-apràs et des figures annexes données à titre d'exemple non limitatif et relatives au domaine médical parmi lesquelles la figure 1 représente une cavité nasale soumise à un saignement en amont de laquelle on a place des mèches et la figure 2 représente la meme cavité nasale traitée à l'aide d'un produit et selon le procédé suivant l'invention. Selon la figure 1, si on prend le cas d'un saignement de nez important consécutif à la rupture d'un vaisseau sanguin 2 de la cavité nasale 1, le praticien, pour stopper ce saignement et après avoir dégagé les caillots éventuels, bourre de meches 3 la cavité nasale en amont du saignement 2 de façon à comprimer les cornets 4 pour créer une vasoconstruction sur la péri phérie de la cavité nasale. Ainsi, le sang n'afflue plus par compression vers le vaisseau 2 que l'on peut alors cautériser ou coaguler. Cette façon de procéder, courante jusqu a présent est toutefois douloureuse pour le patient, car il faut agir mécaniquement sur les mèches pour les mettre en place et ne présente ni une efficacité optimale, car les pressions locales exercées par les meches sur les parois ne sont pas uniformes en raison de la forme des mèches et de la configuration géométrique tourmentée de la cavité nasale, ni une commodité optimale, car dans le cas où la rupture du vaisseau sanguin est dans la partie haute de la cavité, il n'est pas possible de mettre en place assez de meches sous peine de ne plus pouvoir conserver assez d'espace pour utiliser les instruments nécessaires à la coagulation ou à la cautérisation du vaisseau. Au contraire, en se référant à la figure 2, en cas de rupture d'un vaisseau 2 dans une cavité nasale 1, après avoir dégagé les éventuels caillots formés, on utilise un dispositif du type bombe aérosol 6 délivrant par l'intermédiaire d'un embout 7 une masse de mousse 5 se répartissant de façon informe dans toute la cavité nasale I quelle que soit la forme de cette derniere dont on a représenté les cornets 4. De plus, cette mousse ayant la propriété de se gonfler par absorption du sang, la compression se fait progressivement et sans effet traumatique. En outre, la mousse conservant une plasticité suffisante, il devient possible d'utiliser les instruments nécessaires pour ligaturer le vaisseau quelle que soit la quantité de mousse utilisée et le volume occupé. Selon une forme de réalisation préférentielle de l'invention, cette mousse est à base de cellulose oxydée telle que celle décrite par Edward C. Yackel et William 0. Kenyon dans J. Am. Chem. Soc. 64, 121 (1942). En effet, sous forme divisée, cette cellulose oxydée forme au contact du sang une mousse qui se gonfle par absorption en devenant gélatineuse et qui est de plus résorbable et bien tolérée. Selon d'autres variantes conformes à l'invention, toujours pour des raisons de tolérance locale, on peut utiliser un mucilage, une ouate d'alginate de calcium divisée, de l'éthylene ou du propylène glycol ou encore de la méthyl cellulose divisée, de préférence en solution visqueuse, car dans ce cas, elle n'exerce pas d'action toxique et elle freine le mouvement ciliaire. Comme propulseur, on peut utiliser soit l'air ambiant lorsqu'on injecte le produit à l'aide d'un pulvérisateur classique, soit un gaz comprimé neutre tel que l'azote quand on utilise un des dispositifs d'administration du type bombe aérosol, cela de préférence aux fréons en raison de leur toxicité éventuelle, mais qui sont néanmoins utilisables. Les compositions suivant l'invention peuvent contenir des hémostatiques divers pharmaceutiquement acceptables tels que l'eau oxygénée, le nitrate d'argent, une solution oligo-coll & dale de thromboplastine ou des cicatrisants classiques. En outre, il peut être avantageux d'ajouter à la composition un désinfectant, notamment dans le cas d'utilisation en gynécologie. A titre d'exemple, ce désinfectant peut être de l'acide propionique en quantité telle que le PH du mélange soit compris de préférence entre 6,5 et 8,3 de façon à ne pas acidifier la muqueuse et éviter, lors d'un traitement d'épistaxis, la paralysie ciliaire. Enfin, il est souhaitable que la composition ne soit pas hypoosmotique, mais elle peut par contre être légèrement hyperosmotique, ce que l'on obtient en ajustant à l'aide de glucose ou de chlorure de sodium. A titre d'exemple, on a réalisé un mélange délivrant une mousse constituée d'une émulsion de sulfate de sodium alcoyle avec de l'éthylène glycol auquel a été adjoint environ 5 % en poids d'un mélange désinfectant maintenant la solution à un PH voisin de 8,5, ce mélange comprenant environ 38 % en poids de triéthanolamine, 5 x en poids d'acide propionique q.s.p. et 57 Z en poids d'éthyldiéthylène glycol. La toxicité des différents constituants étant parfaitement connue aux doses indiquées puisque les produits sont déjà utilisés pour des applications médicales, on a traité avec satisfaction un ensemble de cas cliniques dont on peut donner à titre d'exemple quatre échantillons. Premier cas : Un enfant de six ans présente une épistaxis importante qui se révèle diffuse à l'examen de sorte qu'il n'est pas possible de repérer avec précision le point dessaignement. Une pulvérisation de mousse hémostatique est faite dans les deux narines après avoir fait moucher les caillots. On obtient une vasoconstriction de la muqueuse nasale ainsi qu'une accélération du processus coagulant, l'hémorragie étant rêtée 30 secondes après l'administration du produit. Deuxième cas : Une femme de 56 ans est l'objet d'un saignement nasal intermittant depuis plusieurs jours, ce saignement reprenant à chaque mouchage important. Une pulvérisation effectuée 3 fois par jour dans les deux narines stoppe le processus en 24 heures. Troisième cas : Un enfant de 12 ans présente une légère hémorragie nasale que l'examen permet de localiser au niveau de la tache vasculaire gauche. Une pulvérisation de mousse coagulante stoppe l'hémorragie. Le produit est ensuite administré de façon préventive toutes les six heures et on constate que la muqueuse est cicatrisée dès le lendemain. Quatrième cas : Une femme de 45 ans présente depuis plusieurs jours des saignements vaginaux de- faible intensité que l'examen au speculum permet de situer au niveau du col de l'utérus. Des pulvérisations du produit effectuées avec un embout vaginal toutes les heures permettent de stopper l'hémorragie en 24 heures. Cinquième cas :Un homme de 34 ans, ancien ulcéreux gastrique ayant subi une gastrectomie du type FINSTERER 11 ans auparavant, présente une hémorragie diffuse après la prise exagérée d'aspirine : la gastroscopie met en évidence une muqueuse très hémorragipare sur le versant vertical du moignon droit. L'injection par sonde souple à ce niveau d'une quantité suffisante de mousse hémostatique amène une vasoconstriction globale de la muqueuse gastrique avec aténuation progressive des douleurs. L'hématénièse cesse au bout de 20 minutes et le melcena est très minime 5 heures après Par sécurité la mousse hémostatique est renouvelée le lendemain. Aucun phénomène du type occlusif n'est à noter. Sixième cas : Une jeune fille présentant une rectocolite hémorragigue présente une hémorragie diffuse des segments intestinaux distaux. Par l'intermédiaire du conduit de l'aspiration d'un fibroscope, un volume suffisant de mousse hémostatique est étalé sous pression modérée sur plusieurs centimètres. Le résultat est spectaculaire. Dans les cas de traitement de l'intestin, on a remarqué qu'il pouvait être utile de prévoir une aspiration après la fin du traitement par sonde de la mousse injectée ou encore sa désagrégation par injection de solvants physiologiquement acceptabrns afin de prévenir toute occlusion possible. D'autre part, des essais ont ete effectués pour le traitement de plaies superficielles à la surface du corps humain. Les résultats obtenus sont excellents, en particulier lorsque la mousse contient de l'ouate divisée d'alginate de calcium. Toutefois, dans le cas de saignements importants, l'efficacité des produits est augmentée si l'on applique après pulvérisation un pansement permettant de restituer l'effet de cavité décrit plus haut, car la mousse en se gonflant par absorption du sang exerce alors un effet de vasoconstriction en prenant appui sur le pansement. Un effet remarquable de cette méthode est par ailleurs obtenu en ajoutant à la composition un produit du type collodion riciné qui forme une pellicule en séchant sur la plaie après pulvérisation tout en maintenant les principes actifs et la mousse au contact de la plaie, réalisant ainsi une vasoconstriction par gonflement sous la pellicule de collodion ou d'un autre produit également imperméable ou adhésif. Ainsi, on dispose d'un produit hémostatique pouvant isoler une plaie de souillures possibles et d'une facilité d'utilisation très grande. En outre, ce produit peut être employé dans tous les cas où un pan sement est difficile a faire. Par exemple, dans le cas d'une blessure au front chez un enfant, après un nettoyage soigneux, on peut recouvrir la plaie d'une fine pellicule hémostatique en pulvérisant une composition imperméable et adhésive contenant par exemple de l'alginate de calcium finement divisé, une substance hémostatique classique du type décrit ci-dessus et du collodion riciné. Ce pansement sous forme de "spray" remplace avantageusement les pansements classiques dans un certain nombre de cas. D'autre part, en ce qui concerne les applications industrielles du procédé selon l'invention, on peut citer à titre d'exemple la colmatation de fuites d'hydrocarbures d'un pipe-line souterrain. Lorsque la fuite est détectée, il suffit d'injecter sous pression des granulés obtenus en broyant un non-tissé de polypropylène, éventuellement enrobé, de type connu ou en injectant une masse de polyuréthane. Ce type de matériau a pour propriété de retenir les hydrocarbures et la masse injectée gonfle comme une éponge au contact des fluides créant ainsi une perte de charge suffisante pour stopper les fuites relativement peu importantes. Dans les cas de fuites importantes, cette technique permet au moins de les limiter de façon notable. Bien entendu, d'autres avantages, variantes et applications de l'invention peuvent être apportées par l'homme de l'art sans pour cela sortir du cadre de l'invention. REVENDICATIONS 1. Procédé pour circonvenir les fluides se produisant dans une cavite à partir des canalisations contenant des fluides caractérisé en ce qu'on injecte sous pression dans ladite cavité une substance absorbante du fluide de composition telle qu'elle subit un gonflement notable lorsqu'elle entre en contact avec le fluide, cette injection se faisant au moyen de dispositifs du type pulvérisateur, pistolet sous pression et distributeur aérosol de mousse et de poudre. 2. 2. Application du procédé selon la revendication 1 à la limitation de fuites de fluides du type hydrocarbures caractérisée en ce que l'on utilise comme substance absorbante délivrée sous pression une substance du type polypropylène en granulés ou mousse de polyuréthane. 3. Application du procédé selon la revendication 1 à la suppression de fuites de fluide biologique du corps humain caractérisée en ce que l'on Ir tilise comme matière absorbante une mousse de consistance semi-solide se gonflant au contact dudit fluide biologique. 4. Produits pour l'application de la revendication 3 utilisables en thérapeutique caractérisés en ce que ladite matière absorbante du type de la classe constituée par l'alginate de calcium, l'éthylène glycol, le propy lène glycol, le sulfate alcoyle de sodium et la méthyl cellulose oxydée en poudre. 5. Produits utilisables en thérapeutique selon l'une quelconque des revendications 3 et 4 caractérisés en ce qu'ils comprennent une substance hémostatique du type de la classe constituée par le nitrate d'argent, l'acide et l'anhydride chromique, l'eau oxygénée, la thromboplastine et l'adrénalone en solution oligo-colloidale. 6. Produits utilisables en thérapeutique selon l'une quelconque des revendications 3 à 5 caractérisés en ce qu'ils comportent des substances antifibrinolytiques. 7. Produits utilisables en thérapeutique selon l'une quelconque des revendications 3 à 6 caractérisés en ce qu'ils comportent des vitamines du type K1. 8. Produits utilisables en thérapeutique selon l'une quelconque des revendications 3 à 7 caractérisés en ce qu'ils comportent des analgésiques locaux du type tétracaine, xyloeaine et chloroforme. 9. Dispositifs pour la délivrance des produits conformes à l'une quelconque des revendications 3 à 8# du type pulvérisateur, pistolet sous pression et distributeur aérosol caractérisés en ce qu'ils comportent des sondes et des embouts aptes à pénétrer dans les cavités biologiques où les fuites de fluides se produisent de façon à délivrer lesdits produits dans lesdites cavites afin de provoquer un effet de vasoconstriction en amont desdites fuites.