La présente invention a trait à unetlentille de contact lenticulaire molle à réfraction négative dont la face convexe extérieure comporte au moins deux surfaces courbes. On le sait, les lentilles à réfraction négative, et notamment à forte réfraction négative, sont de forme "lenti- culaire", c'est-à-dire que leur zone optique centrale présente une différence correspondante entre ses rayons de courbure intérieure et extérieur, tandis que l'épaisseur accrue que la lentille présente à la circonférence de la zone optique est à nouveau réduite en direction de la circonférence de la len- tille par la surface à courbure la plus accusée. En général, ces deux surfaces extérieures de la lentille, qui se rejoi- gnent, sont sphériques pour des raisons d'ordre technologique. Simultanément, il est évident que l'on modifie nécessairement la forme de l'anneau périphérique, de courbure sphérique ou autre, suivant la puissance dioptrique de la lentille, par rapport à l'épaisseur très variable que la lentille présente à la circonférence de la zone optique. Avec des lentilles fortement négatives, l'aplatissement de la zone optique appa- rait dans l'épaisseur de la lentille jusqu'au pourtour même de celle-ci si la transition entre le pourtour de la zone op- tique et celui de la lentille est assurée, suivant le procédé récent, en donnant à la zone périphérique une surface sphéri- que. De manière analogue, la transition entre des zones op- tiques à courbures différentes est encore marquée par un chan- gement d'épaisseur très accusé jusqu'au pourtour même de la lentille si l'on donne aux surfaces périphériques d'autres courbures, par exemple ellipsoldales. C'est presque uniquement la conception de la partie péri- phérique d'une lentille qui est importante quant à l'interac- tion mécanique de la lentille avec l'oeil, parce que la partie périphérique joue le rôle de corset de support au niveau de la région conjonctive, fortement asphérique, de l'oeil et détermine le mode de centrage de la lentille. En outre, la pression exercée par la partie périphérique de la lentille, qui peut réduire fâcheusement l'irrigation sanguine des tissus oculaires, dépend beaucoup du profil d'épaisseur présenté par la lentille danssa partie périphérique. Il en résulte que, pour les jeux de lentilles à réfractions négatives diverses récem- ment adoptés, le comportement mécanique de la lentille sur l'oeil dépend fortement du degré de réfraction négative. Ainsi, l'épaisseur fortement accrue de l'anneau périphérique de lentilles de contact à réfraction fortement négative exerce des effets défavorables sur le métabolisme des tissus oculaires sous-jacents, à un degré qui dépend dans une grande mesure de l'épaisseur moyenne de la lentille, déterminée avant tout par l'épaisseur que la lentille présente dans sa partie principale, c'est-à-dire dans son anneau périphérique. La conception de lentille selon la présente invention ré- duit sensiblement les inconvénients précités et, simultanément, unifie les lentilles même dans la plus grande fourchette de leurs caractéristiques optiques. L'invention a trait à une lentille de contact lenticulaire molle à réfraction négative dont la face convexe extérieure comporte au moins deux surfaces courbes, dans laquelle la face convexe extérieure est formée par une surface courbe centrale et par un anneau courbe périphérique qui sont reliés par une surface conique, laquelle rejoint tangentiellement l'anneau courbe périphérique. La surface courbe centrale et/ou l'anneau courbe périphérique sont avantageusement des surfaces sphéri- ques. L'anneau courbe périphérique a avantageusement une épaisseur, uniforme à + 20 % près, supérieure à 0,05 mm et inférieure à 0,3 mm, et sa courbure est constante pour un type de lentilles donné, indépendamment de la réfraction de la surface courbe centrale. L'arête de jonction entre la surface courbe centrale et la surface conique est avantageusement arrondie. Cet agencement supprime la plupart des inconvénients liés à la conception récente de lentilles de contact lenticulaires négatives; l'épaississement de la lentille, nécessaire à l'obtention d'une réfraction négative, est ainsi limité à une bande relativement étroite bordant la zone centrale, la partie périphérique la plus étendue de la lentille demeurant aussi mince que pour des lentilles à très faible réfraction ou des lentilles lenticulaires à forte réfraction positive. La transition entre la zone optique et la surface conique centrale est un peu plus accusée que dans les modèles récents, dans lesquels elle se fond avec la surface courbe avoisinante. On pourrait craindre que l'arête plus vive n'irrite la pau- pière qui la balaie à chaque battement de paupière. Toutefois, il s'avère que cette arête n'est pratiquement pas perçue par la paupière, même pour les plus fortes réfractions, et l'on supprime entièrement soneffet en l'arrondissant, ce qui ne réduit la zone optique que dans une mesure négligeable. La lentille de contact lenticulaire molle selon l'invention peut avantageusement servir dans un jeu de lentilles du modèle nouveau décrit, comportant des lentilles toutes semblables par leur épaisseur et par la forme de l'anneau périphérique à paroi mince, courbe sur les deux faces, même pour des ré- fractions allant de 0 à -22 dioptries. Cette similitude assure un résultat important, à savoir que le mode d'interaction avec un oeil de forme donnée est pratiquement le même quel que soit le degré de réfraction négative. Il en découle une facilité exceptionnelle de choix d'une lentille mécaniquement optimale d'après la forme, déterminée par mesure, de l'oeil de l'uti- lisateur. Avec cet agencement et en vue d'un tel choix, on peut classer sans ambiguité les lentilles en un nombre faible de formes types différant seulement, en gros, par le rapport longueur sagittale/diamètre de la lentille. La mise en oeuvre pratique de l'invention est possible par application de toute technologie connue de fabrication de lentilles de contact molles. Mais ce nouveau modèle est par- ticulièrement facile à réaliser, aussi par fabrication en grandes séries, par les procédés hautement efficaces de mou- lage en rotation ou de moulage statique en moule fermés élastiques. On va maintenant décrire plus en détail l'invention, ainsi qu'un mode de mise en oeuvre concret, en se référant aux dessins schématiques annexés, sur lesquels: la figure 1 représente en coupe la configuration générale de la lentille de contact selon l'invention; la figure 2 représente en demicoupe axiale des lentilles de contact dotées de trois réfractions différentes; et la figure 3 est une vue en demi-coupe axiale de lentilles de contact ayar4 les mêmes réfractions que celles selon la figure 2, mais conçues selon le procédé récent, cette figure n'étant présentée qu'aux fins de comparaison. La face convexe extérieure de la lentille de contact selon l'invention est constituée par la surface courbe centrale A (lenticulaire) (figure 1) et par l'anneau courbe périphéri- que B, reliés l'un à l'autre par la surface conique C de façon qu'il n'apparaisse pas d'arête entre l'anneau courbe périphérique B et la surface conique C parce que ces deux surfaces se rejoignent tangentiellement, c'est-à-dire avec des pentes égales, tandis que l'arête formée à la jonction en- tre la surface courbe centrale A et la surface conique C est arrondie. la figure 2 représente parallèlement trois lentilles à réfractions différentes réalisées selon.l'invention. La courbe 1 délimite sur la face de lentille intérieure une surface commune aux trois lentilles; les courbes 2, 3 et 4 délimitent des surfaces courbes centrales A( figure 1) ayant trois cour- bures différentes, et donc trois diffractions différentes, la courbe 5 définit le profil extérieur de l'anneau courbe périphérique B, qui est rigoureusement le même pour les trois lentilles, et les droites 6 et 7 définissent les surfaces coniques qui réunissent l'une à l'autre les surfaces courbes A et B. La courbe 8 représente la surface de lentille non lenticulaire, qui a la même courbure sur toute la face exté- rieure de la lentille et représente le cas limite de surfaces lenticulaires ne coïncidant pas avec les surfaces lenticulai- res décrites que dans l'anneau courbe périphérique. Les droi- tes 6 et 7 se fondent uniment avec la courbe 5 et ont donc au- point de jonction la même pente que celle-ci. L'arête 9 formée à la jonction entre la surface courbe centrale A et la surface conique C est avantageusement arron- die. La figure 3 représente, à titre comparatif, trois lentilles lenticulaires réalisées suivant le récent procédé courant, qui ne coïncident avec les lentilles selon la figure 2 que par les surfaces courbes centrales (courbes 2,3,4), mais dans les- quelles les surfaces courbes centrales et le pourtour de len- tille sont réunis par des surfaces à profilsdifférents (courbes 10, 11, 12) jusqu'au bord extérieur de la lentille. La courbe 10, délimitant le type limite non lenticulaire de lentille, est bien entendu identique à la courbe 8 de la fi- gure 2. Les fortes différences apparaissant sur l'épaisseur de l'anneau courbe périphérique pour des zones optiques à fortes réfractions diverses sont évidentes d'après la figure 3. C' est là que réside la différence notable avec les lentilles optiquement analogues selon l'invention représentées sur la figure 2, dont la zone périphérique est la même quelle que soit la puissance optique de la lentille. Exemple On réalise un jeu de lentilles en gel hydrophile mou gon- flant à l'eau (copolymère de méthacrylate d'hydroxyéthyle et de diméthacrylate d'éthylène) de façon que l'anneau péri- phérique de toutes les lentilles corresponde à une lentille non lenticulaire, de 14,1 mm de diamètre, à face intérieure en forme d'ellipsoïde à excentricité de 0,6 et à rayon central de 7,6, et à face extérieure en forme d'ellipsoïde ayant la même excentricité, mais un rayon central de 7,8. L'épaisseur centrale de cette lentille non lenticulaire d'une réfraction de -1,7 dioptrie constitue la limite pour ce jeu de lentilles. Les lentilles du jeu dotées de la plus forte réfraction né- gative sont conçues sous forme lenticulaire de façon que la surface centrale sphérique atteigne toujours un diamètre de 8 mm et se continue par la surface conique qui rejoint tangen- tiellement l'anneau périphérique. Ainsi, une lentille ayant par exemple une réfraction de 6,1 dioptries présente une zone optique de 8,5 mm de rayon et se poursuit au-delà du cercle de 8 mm de diamètre par un cône dont la surface, inclinée à 54,70 sur l'axe de la lentille, rejoint l'anneau périphérique de 11 mm de diamètre. Les autres lentilles du jeu sont conçues de la même manière. Posées sur des yeux ayant le même type de forme, c'est-à-dire à cornées de 14,1 mm de diamètre ayant pratiquement le même volume et la même hauteur sagittale, elles exercent avec l'oeil des interactions mécaniques très similaires. Leur choix optimal s'en trouve grandement facilité par rapport à des lentilles dont l'épaisseur d'anneau péri- phérique dépend fortement de la réfraction. REVENDICATIONS 1. Lentille de contact lenticulaire molle à réfraction négative dont la face convexe extérieure comporte au moins deux surfaces courbes, caractérisée en ce que sa face convexe extérieure est formée par une surface courbe centrale (A) et par un anneau courbe périphérique (B), reliés l'uneà l'autre par une surface conique (C), laquelle rejoint tangentiellement l'anneau courbe périphérique (B). 2. Lentille de contact lenticulaire molle selon la reven- dication 1, caractérisée en ce que la surface courbe centrale (A) et/ou l'anneau périphérique (B) sont des surfaces sphéri- ques. 3. Lentille de contact lenticulaire molle selon les reven- dications 1 et 2, caractérisée en ce que l'anneau courbe périphérique (B) a, à + 20 % près, une épaisseur uniforme su- périeure à 0,05 mm et inférieure à 0,3 mm et une courbure constante pour un type de lentilles donné, indépendamment de la réfraction de la surface courbe centrale (A). 4. Lentille de contact lenticulaire molle selon les reven- dications 1 à 3, caractérisée en ce que l'arêre reliant la surface centrale courbe (A) à la surface conique (C) est arrondie.