Capsules contenant le principe actif d'un allergène et procédé pour leur préparation La présente invention concerne des capsules contenant le principe actif d'un allergène, ainsi qu'un procédé pour leur préparation. Plus particulièrement, la présente invention concerne des capsules contenant le principe actif d'un allergène, ces capsules étant parti- culièrement indiquées pour être administrées par inhalation. l O Ainsi qu'il est connu, lorsqu'un individu atteint d'asthme ou de rhinite allergique inhale la substance à laquelle il est sensible, il se produit une réaction cellulaire qui conduit à une dégranulation des mastocites et à la libération dans les tissus de substances provoquant une obstruc- tion des voies respiratoires, le spasme branchial et la rhinite Afin d'éviter ou de limiter cette réaction cellulaire, on a adopté avec de plus en plus de succès au cours de ces dernières années, un traitement connu de désensibilisation spécifique, qui consiste à administrer au sujet, à doses croissantes, l'allergène auquel il est sensible. L'administration de 1 'allergène se fait généralement par voie parenté- rale ou par aérosol avec des solutions aqueuses d'allergène Toutefois ces types d'administration ne sont pas dépourvus d'inconvénients Ainsi, la thérapie de désensibilisation par voie parentérale présente les in- , convénients suivants: a) La possibilité que par suite d'une erreur de dosage, d'une exécution imparfaite ou d'une réactivité biologique exagérée du sujet, il se produi- se des réactions systématiques qui risquent même de conduire à un choc anaphylactique b) Il est nécessaire que l'administration soit faite sous contrôle mé- dical, ou mieux sous celui du spécialiste allergologue, à cause juste- ment du danger qu'elle représente pour le sujet c) L'allergène administré par voie parentérale ne parvient pas directe- ment à l'organe, siège du processus pathologique Par ailleurs, l'admi- 38 nistration de l'allergène par inhalation, tout en permettant une dimi- -2- nution satisfaisante de la réactivité brochiale chez certains sujets asthmatiques,nécessite en premier lieu l'emploi d'équipements spécifi- ques importants (aérosol-),et entraîne d'autre part une diminution de l'activité de l'allergène, due à son instabilité fréquente en solution aqueuse D'autre part, l'administration du matériel brut, par exemple la culture dans le cas des acariens, est difficile, la quantité de prin- cipe actif étant variable et la présence de matériaux étrangers, par exemple le terrain de culture, pouvant entraîner des phénomènes indé- sirables et incontrôlables comme l'irritation. t Le but de la présente invention est de réaliser un système d'administra- tion permettant d'amener le principe actif de l'allergène à l'état anhydre directement en contact avec l'organe siège du processus patho- logique. Plus particulièrement, le but de la présente invention est de réaliser une forme d'allergène qui, sans modifier son activité biologique, permet- te l'introduction de sa partie active à l'état anhydre, directement dans le siège du processus pathologique, c'est-à-dire dans les voies aériennes supérieures et inférieures. On a maintenant trouvé, et ceci forme l'objet de la présente invention, que ce but ainsi que d'autres sont obtenus en utilisant des capsules, de préférence dures, dites également operculées, contenant le principe actif-d'un ou plusieurs allergène dispersés dans un ou plusieurs exci- pients dépourvus d'action de constriction des bronches et d'irritation de la muqueuse nasale. Les capsules ainsi obtenues sont administrées au moyen d'un inhalateur courant, dont différents types peuvent être trouvés dans le commerce, et peuvent être utilisées aussi bien dans des buts thérapeutiques que dans des buts diagnostiques, c'est-à-dire comme tests de provocation. Le principe actif d'un allergène peut être préparé en soumettant le matériau brut pur à une extraction aqueuse La température, la valeur du Ph, le temps d'extraction, la concentration saline de la solution dans le processus d'extraction varient toutefois d'un allergène à 38 l'autre Ainsi, par exemple, dans le cas des acariens, l'extraction peut -3avantageusement être effectuée pour un p H de 7,2, à une température de + 40 C, une concentration de la solution contenant des phosphates monobastiques et bibasiques de sodium de 0,15 Mole, et sous agitation pendant une durée de 24 heures Le principe actif de l'allergène se dissout dans l'eau,et après des centrifugations et des filtrations successives, il se présente sous forme d'un extrait limpide et homo- gène qui peut être déshydraté, par exemple par lyophilisation. Pour préparer les capsules abjetsde la présente invention, on peut utiliser le principe actif de n'importe quel allergène A titre d'exem- ple, on peut citer les allergènes des acariens, comme par exemple les Dermatophagoides, les allergènes des pollens, des squames animales, des mycophytes, et similaires Les excipients peuvent être choisis dans une vaste gamme de composés connus, à condition de n'etre pas susceptibles de provoquer des actions de constriction des bronches,des irritations des muqueuses nasales ou autres effets secondaires. -Parmi les excipients pouvant être avantageusement utilisés dans la pré- paration des capsules, on peut mentionner à titre d'exemple le glucose, le lactose, le saccharose, etc En addition ou en remplacement de l'excipient, il est également possible d'ajouter à l'allergène une ou plusieurs substances ayant un effet actif. En ce qui concerne les capsules (ou gélules), celles-ci sont de préfé- rence du type dur; dites également operculées Elles sont généralement constituées de gélatine moulée de manière à former deux petits cylin- dres fermés à leurs extrémités, et dimensionnés de manière à pouvoir s'encastrer parfaitement l'un dans l'autre en délimitant une cavité destinée à contenir le médicament, ou bien L'excipient contenant le médicament, qui dans le cas présent est constitué par le principe actif de l'allergène ou des allergènes. Il est également possible d'utiliser des capsules fabriquées avec des matériaux différents, à condition de présenter des caractéristi- ques appropriées à l'usage auquel elles sont destinées En effet, dans l'utilisation prévue par la présente invention, les capsules jouent uniquement le rôle de contenant et par conséquent, il n'est pas indis- 38 pensable qu'elles soient réalisées dans une matière assimilable par 12670 -4- l'organisme. Dans les capsules objetsde la présente invention, le contenu du - principe actif de l'allergène peut varier dans une large mesure Géné- ralement, pour obtenir l'effet désiré, il suffit de petites quantités allant de quelques millièmes à quelques millionièmes de grammes par dose Les quantités d'allergène utilisées dans la pratique varient à l'intérieur de ces valeurs suivant le type d'allergène utilisé dans la thérapie et le stade de la thérapie o en est le patient, la thé- rapie de désensibilisation prévoyant généralement l'administration de quantités d'allergène progressivement croissantes Quant à la quantité d'excipient à utiliser, elle pourra varier dans une large mesure suivant l'allergène, comme par exemple entre 1:1 et 50 000:1. Les essais effectués par le demandeur ont permis de constater que, pour que la thérapie de désensibilisation utilisant les capsules objets de la présente invention puisse donner des résultats positifs et cons- tants, il est nécessaire tout d'abord d'utiliser le principe actif de l'allergène, et ensuite que la dispersion de ce dernier dans l'excipient soit homogène, de manière que l'allergène soit distribué d'une manière uniforme dans toute la masse de l'excipient Ainsi par exemple, si la dispersion de l'allergène dans l'excipient est effectuée par agitation des composants à l'état sec finement fractionnés, il peut se produire, et cela même si l'agitation est prolongée pendant un temps très long ( 24 heures ou plus), que le mélange ne soit pas parfaitement homogène. Ceci peut avoir comme conséquence des réactions organiques variables du malade aux inhalations successives d'une même quantité de mélange d'allergène-excipient, ou encore provoquer des réactions anormales et indésirables dues à une inhalation d'allergène supérieure à la va- leur théorique. A ce point de vue, le processus de préparation de la dispersion de l'allergène dans l'excipient est d'une grande importance Les méthodes de préparation permettant d'obtenir des résultats optimaux en ce qui concerne l'activité et le rendement constant du produit sont les sui- vants: 38 A) La solution aqueuse du principe actif de l'allergène est disper- -5 sée par agitation à température ambiante dans la masse de l'excipient, par exemple du lactose, dans une quantité appropriée permettant d'obte- nir non pas la dissolution de l'excipient ou la formation d'une masse molle, mais la formation d'une masse humide ayant l'aspect et la consis- tance d'une poudre Des résultats satisfaisants ont pu être obtenus par dispersion de 125 millilitres de solution aqueuse contenant le principe actif dans une masse de 1 000 grammes de lactose en poudre Si l'aller- gène se présente à l'état sec, par exemple lyophilisé, on procède à sa dissolution dans une même quantité d'eau. La masse humide ainsi obtenue est soigneusement mélangée et homogénéisée par passages successifs à travers un tamis doté de mailles assez larges, par exemple un tamis avec des mailles de 500 microns. Successivement, on fait sécher la masse ainsi obtenue à une température appropriée de manière à ne pas altérer le produit ( 300-500 C), par exem- ple par étuvage dans une étuve à courant d'air La masse poudreuse est ensuite raffinée par passages successifs à travers des tamis dotés de mailles de plus en plus fines Par exemple par passages successifs à travers des tamis en acier inoxydable dotés de mailles de 180, 100 et 500 microns. Le produit ainsi obtenu est ensuite réparti dans des capsules de géla- tine rigide (gélules), par exemple dans une quantité de 50 mg par capsu- le. B) L'excipient est dissous dans l'eau, en faisant par exemple dissou- dre 1 Kg de lactose dans 6 litres d'eau On ajoute ensuite à la solu- tion obtenue le principe actif de l'allergène soit en solution, soit déshydraté, par exemple lyophilisé, et l'on agite longuement le mélan- ge ( 1 à 10 h), jusqu'à ce que son homogénéité soit parfaite La masse anhydre ainsi obtenue est concassée dans un mortier et ensuite finement pulvérisée, soit par passages successifs à travers des tamis dotés de mailles de plus en plus fines comme décrit au point A), ou bien au moyen d'un microniseur du type dans lequel le boyage du matériau est obtenu à l'aide d'un moulin à jet fluide. 38 En utilisant le microniseur, on est parvenu à obtenir une poudre consti- -6 - tuée par du lactose et de l'allergène avec des particules présentant les dimensions suivantes: 90 %' inférieures à 10 microns et les 10 " restants inférieurs à 20 microns. Le matériau en poudre fine ainsi obtenu est réparti dans des capsules de gélatine rigide, par exemple dans une quantité de 50 mg par capsule. L'administration au patient du principe actif de l'allergène contenu dans les capsules pourra être effectuée en introduisant la capsule dans n'importe quel inhalateur par voie orale ou nasale de type connu. Le fonctionnement de ces inhalateurs varie d'un type à l'autre et consis- te généralement à percer la capsule pour permettre la sortie de la pou- dre à travers des perforations appropriées sous l'effet d'un flux d'air. L'exemple suivant permettra de mieux comprendre l'objet de la présente invention, sans pour autant constituer une limitation de cette dernière. Exemple On prépare un mélange de culture pure de Dermatophagoides dans une solu- tion de phosphates mono et bibasiques de sodium pour une concentration de 0,15 mole, tamponnée pourun p H de 7,2 Le mélange est maintenu à 40 C sous agitation pendant 24 heures Après des centrifugations et des fil- trations successives du mélange aqueux, on obtient un extrait limpide et homogène. Successivement, 125 ml de cet extrait, contenant 2 mg/ml de principe actif, sont dispersés par agitation dans 1000 gr de lactose en poudre. Le matériau est ensuite mélangé jusqu'à obtenir une poudre humide homo- gène On fait passer cette poudre humide successivement à travers des tamis dotés de mailles de 500 microns, après quoi le granulat obtenu est séché dans une étuve à-circulation d'air à 350 C pendant touteune nuit Ensuite, on fait passer le mélange ainsi obtenu à travers des tamis dotés de mailles de plus en plus petites: 180, 100 et 80 microns. Le matériau très finement en poudre ainsi obtenu est ensuite réparti dans des capsules de gélatine rigide, à raison de 50 mg par capsule. 12670 -7- En fonction du titrage du contenu allergénique, suivant la technique dite du RAST-direct ou de la RAST-inhibition (voir méthode d'yman 1 et coll, Develop biol Standard, Karger Basel, vol 29, pages 151-165,1975), on a trouvé que la différence entre le contenu allergénique des différentes capsules est très faible, (inférieure à 10 %), et que ce contenu corres- pond à celui du matériau de départ. La capsule est ensuite disposée dans un inhalateur du type couramment commercialisé et aspirée par le patient. L'administration du produit à de nombreux patients sensibles à l'aller- gène en examen, n'a jamais provoquée de phénomènes anormaux de constric- tions de bronches, même après plusieurs administrations. Il va de soi que la préparation et l'utilisation des capsules objets de la présente invention peuvent faire l'objet de nombreuses modifications 17 et variantes, évidentes pour l'homme de l'art. -8- Revendications 1 Capsules, destinées à être administrées à l'aide d'un inhalateur courant, contenant le principe actif d'un ou plusieurs allergènes dispersés dans un ou plusieurs excipients, dépourvus d'action de cons- triction des bronches et d'irritation de la muqueuse nasale. 2 Capsules selon la revendication 1, caractérisées-par le fait qu'elles sont dures et réalisées en gélatine moulée de manière à former deux cy- lindres fermés à une de leurs extrémités, et dimensionnés de manière à pouvoir s'encastrer parfaitement l'un dans l'autre en délimitant une cavité destinée à contenir le médicament. 3 Capsules selon les revendications 1 et 2, caractérisées en ce que lesdits principes actifs peuvent etre des allergènes des acariens, des pollens, des squames animales, des mycophytes ou d'autres allergènes. 4 Capsules selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractériséesen ce queles excipients sont des excipients dépourvus de la capacité de provoquer toute actionbroncho-constrictive ou d'irri- tation des muqueuses nasales, ou tout autre effet secondaire. Capsules selon la revendication 4, caractérisées en ce que l'exci- pient est du glucose, du lactose, du saccharose ou similaires. 6 Capsules selon l'une quelconque des revendications précédentes, carac- térisées en ce que les quantités du principe actif de l'allergène pour chaque capsule, est comprise entre quelques millièmes et un millionième de gramme. 7 Capsule selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisées en ce que le rapport entre excipient et principe actif de l'allergène est compris entre 1:1 et 50 000:1. 8 Procédé pour la préparation des capsules selon l'une quelconque des revendications précédentes, consistant à extraire le principe actif d'un allergène à partir du matériau brut, par extraction aqueuse et par des opérations successives de centrifugation et de filtration; 39 à disperser par agitation l'extrait limpide ainsi obtenu dans la masse *de l'excipient en poudre jusqu'à obtenir une poudre humide; à me- langeret à homogénéiser la poudre humide ainsi obtenue par des pas- sages successifs à travers un tamis doté de préférence de mailles de 500 microns; à faire sécher la poudre homogénéisée ainsi obte- nue et à raffiner cette même poudre par passages successifs à travers des tamis dotés de mailles de plus en plus fines, de préférence des mailles de 180, 100 et 50 microns. 9 Procédé pour la préparation des capsules selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, consistant à dissoudre l'excipient dans l'eau; à ajouter à la solution ainsi obtenue le principe actif de l'allergène soit sous forme d'extrait aqueux, soit sous forme de poudre lyophilisée; à agiter le mélange jusqu'à ce que son homogénéité soit parfaite; à déshydrater la solution homogène par lyophilisation; à concasser la masse anhydre ainsi obtenue et à pulvériser la masse concassée, soit par des passages successifs à travers des tamis dotés de mailles de plus en plus fines, soit à l'aide 18 d'un microniseur.