La présente invention concerne les éléments moulés destinés à être fixés, par emboîtement l'un dans l'autre, à un autre élément. Il a trait no- tamment parmi ces éléments âceuxqui sont moulés avec une lèvre de fixation, faisant corps avec eux, qui fait saillie, soit vers l'intérieur soit vers l'ex- térieur, et qui s'engage dans une rainure ou évidement de l'autre élément lors de l'assemblage des deux éléments. L'invention concerne également un procédé de moulage d'un tel élément et un outil de moulage pour sa mise en oeuvre. Le moulage de la lèvre saillante d'un tel élément pose des problè- mes conduisant normalement à un compromis dans la conception de l'élément, soit de manière générale, soit dans ce qui concerne la forme de la lèvre et/ou le procédé de moulage utilisé. Lors du démoulage de l'élément moulé par extrac- tion du noyau ou par éjection de l'élément moulé, la lèvre doit casser une partie du moule, ou bien elle doit être moulée entre deux partiesdemoule à noyau, mobiles l'une par rapport à l'autre, qui délimitent chacune partielle- ment la lèvre. Dans le premier cas, l'élément doit présenter une souplesse suffi- sante à proximité de la lèvre pour lui permettre de casser la partie de moule délimitant la lèvre, la forme optimale de la lèvre ne peut être fréquemment envisagée, la durée du cycle de moulage est inévitablement longue parce qu'il faut laisser refroidir la pièce moulée suffisamment longtemps pour qu'elle ne soit pas endommagée lorsqu'elle est séparée de la partie du moule, et on ne peut obtenir normalement la forme optimale de l'élément dans son ensemble et/ ou de la région autour de la lèvre de celui-ci. Dans le dernier cas, l'élément est d'une conception plus favorable en ce qui concerne les aspects mentionnés, mais sa forme doit être adaptée au procédé de moulage. Ce procédé est ordinai- rement 4,r-s compliqué en raison de la nécessité d'extraire le noyau selon deux directions avec une augmentation correspondante du coût d'outillage, et de toute façon la forme de l'élément exclut ce procédé de moulage de la lèvre. Le but principal de l'invention est de réaliser un élément moulé, et de fournir un procédé de moulage d'un tel élément, comportant une lèvre de fixation par emboîtement qui permettent d'écarter les inconvénients et les pro- blèmes cités ci-dessus. A cette fin, une lèvre de fixation conforme à l'invention qui fait saillie vers l'intérieur ou vers l'extérieur sur une surface d'un élément mou- lé en matériau souple est inclinéepar rapport à cette surface avec un dégage- nment arrière et présente une forme en section transversale incluse dans les limites d'un angle qui est de préférence inférieur, et certainement pas supé- rieur, à l'angle incluant ledit dégagement arrière. L'invention concerne en outre un procédé de moulage d'un tel élé- ment selon lequel l'extraction ou l'éjection de l'élément par rapport à une partie du moule qui délimite la lèvre et le dégagement lors du moulage, se fait dans un sens tel que la partie de moule se déplace par rapport à l'élément le long de ladite surface suivant la direction générale selon laquelle la lèvre fait saillie. En termes plus généraux, une lèvre de fixation saillante conforme à la présente invention est moulée avec un dégagement arrière de façon que, lors du mouvement de séparation relatif à la fin du procédé de moulage entre l'élément et une partie de moule délimitant la lèvre lors du moulage, la lèvre puisse entrer dans le dégagement arrière progressivement ouvert pour permettre ce mouvement. Ainsi, en particulier, un tel mouvement ne nécessite pas une dé- formation radiale de l'ensemble de l'élément à proximité de la lèvre. Diverses formes et dispositions de la lèvre sont envisageables dans le cadre de l'in- vention, la caractéristique essentielle principale de celle-ci étant que la lèvre est moulée avec un dégagement arrière suffisant pour recevoir la lèvre sans déformation générale de l'ensemble de l'élément au voisinage de la lèvre. Ainsi, on s'affranchit de la limitation des lèvres de fixation, qui sont appe- lées à casser la partie du moule les délimitant, à savoir la nécessité d'une déformation du matériau constituant l'élément à proximité des lèvres. Il s'en suit que l'invention apporte l'avantage de permettre de mouler un élément ayant des lèvres internes et externes qui sont délimitées par une même partie de moule. Cela n'a pas été possible jusqu'à présent. Le dégagement arrière a pour résultat une configuration en gradin de la surface de l'élément, la lèvre inclinée se trouvant dans la zone en gra- din. En d'autres termes, lorsque la surface est cylindrique, elle présentera des gradins avec des portions de diamètres différents qui se confondent dans la lèvre qui fait saillie par rapport à la portion ayant le diamètre du gradin "supérieur" et qui est inclinée sensiblement dans un sens l'éloignant de cette portion. Dans le cas d'une lèvre interne, le diamètre du gradin "supérieur" est le diamètre le plus petit, tandis que l'inverse est vrai pour une lèvre exter- ne. Le moulage d'une lèvre avec un dégagement arrière, comme on l'a décrit, implique la mise en oeuvre de nouveaux moules. Ainsi, selon un autre aspect, un moule conforme à l'invention comprend une cavité de moulage déli- mitant un élément à mouler muni d'une lèvre de fixation saillante, le moule comprenant une partie à surface de moulage en gradin qui, dans la zone en gra- din, délimite la lèvre de fixation qui est inclinée par rapport à cette surfa- ce ainsi qu'un dégagement à l'arrière de la lèvre, ce dégagement étant suffi- sant pour recevoir la lèvre lorsqu'elle se courbe lors du mouvement de sépara- tion relative entre cette partie de moule et l'élément moulé à la fin de l'opération de moulage. A titre d'éxemple, une application déterminée et particulièrement avantageuse de l'invention, application qui fournit un avantage commercial notable, concerne la réalisation d'un élément constituant une "roulette" ou un "patin" pour meuble ou analogue. Dans cette application de l'invention, le corps est moulé de façon à comprendre un perçage muni d'une lèvre intermé- diaire faisant saillie vers l'intérieur permettant la fixation, par emboîtement élastique, du corps sur un axe de montage, cet axe étant ordinairement maté- rialisé par une tige métallique comportant une rainure périphérique destinée à coopérer avec la lèvre lorsque l'axe est enfoncé dans le corps moulé. Toute- fois, on conçoit aisément que Vautre élément avec lequel la lèvre coopère peut également, dans beaucoup de cas, être un élément moulé. Une forme d'exécution de la présente invention sera décrite ci- après à titre d'exemple, en référence aux dessins annexés dans lesquels: la figure 1 est une vue en plan d'un patin de meuble comprenant, pour la fixation d'un axe de montage, une lèvre interne confor- mément à la présente invention, - la figure 2 est une vue en coupe transversale, suivant la ligne Il-II de la figure 1 représentant le patin monté sur l'axe de montage-; - la figure 3 est une vue partielle représentant, à plus grande échelle, un détail de la figure 2 et - la figure 4 est une vue en coupe transversale analogue à celle de la figure 2 mais représentant un élément doté de ladite mo- dification et le moule lors du moulage de l'élément. Le mode de réalisation représenté sur les figures 1 à 3 montre comme exemple un patin pour meuble, dont la construction est essentiellement analogue à celle décrite dans le brevet n0 1 496 170. Il comprend un élément moulé en matière plastique formant corps 1 comportant une surface convexe in- férieure 2 en contact avec le sol et un moyeu vertical 3 perçé d'un trou bor- gne 4 destiné à recevoir un axe de montage 5. L'axe 5 inséré dans le trou y est retenu afin de fixer le patin sur l'axe, grâce à une lèvre de fixation moulée en une seule pièce avec le patin conformément à la présente invention. Un élément supérieur moulé -en matière plastique formant coiffe 7 s'emboîte par sa périphérie sur la surface périphérique 8 de l'élément moulée. Cette coiffe moulée 7 comprend une zone 9, perçée d'une ouverture, qui entoure le moyeu 3 sur lequel elle s'emboîte élastiqrtement. Pour réaliser cet emboîte- ment, le moyeu 3 comprend une partie extrême 3a de plus grand diamètre exté- rieur, sur lequel s'emboîte la coiffe moulée 7 pour réunir les deux éléments moulés 1 et 7. La nouvelle forme de la lèvre de fixation 6 est représentée à plus grande échelle sur la figure 3. La lèvre 6 fait saillie vers l'intérieur du perçage 4 depuis la surface de celui-ci, tout en étant inclinée par rapport à cette surface vers l'extérieur du trou. Elle est moulée avec un dégagement arrière 10, et à cette fin le trou comprend un gradin qui constitue la zone d'implantation de la lèvre 6, la partie extérieure 4a du perçage 4 ayant de manière correspondante un plus grand diamètre. Le perçage 4 comporte à son extrémité borgne une zone centrale convexe bombée qui constitue une surface de butée pour l'axe 5 qui tourne librement dans le perçage de montage 4, vers l'intérieur par rapport à la lèvre 6 qui, en vue de la fixation de l'axe 5, s'engage dans une rainure annulaire 12 de l'axe. En se référant à la figure 3, on voit que la lèvre 6 a une section transversale conique à sommet arrondi 13 et des flancs latéraux intérieur et extérieur sensiblement droits 14 et 15. Les flancs 14, 15 font entre eux un angle inclusA sensiblement inférieur à l'angle inclusB du dégagement arrière , angle formé par la paroi de la partie 4a du perçage et le flanc extérieur de la lèvre 5. L'espace 10 présente un faible rayon inférieur mais est assez grand, grâce à la différence entre les angles A et B, pour recevoir la lèvre 6 lorsque celle-ci se courbe pour permettre l'extraction du corps de mou- lage du perçage 4, et cette extraction ne nécessitant pas de déformation ra- diale du moyeu 3 dans son ensemble, ce moyeu peut Ctre contenu radialement à l'intérieur du moule lorsque le noyau passe devant la lèvre 6 lors de son ex- traction. Lors de l'extraction du noyau, la lèvre 6 se courbe et le dégagement arrière 10 s'ouvre progressivement suffisamment pour la recevoir, en raison de l'extraction simultanée de la partie du noyau qui délimite le dégagement à l'intérieur de la cavité du moule. Ainsi, la même partie de moule peut servir pour mouler le moyeu 3, qu'il soit interne ou externe, en d'autres termes un noyau séparé n'est pas nécessaire. Dans le mode de réalisation illustré, les angles A et B sont res- pectivement de 20 et de 350 et pour obtenir un dégagement 10 assez grand pour recevoir la lèvre 6, il va de soi que V'angle A ne doit pas être supérieur, et de préférence inférieur à l'angle B. Du fait que le noyau, réalisant le trou 4 avec la lUre 6, peut Utre extrait pendant que le moyeu 3 est retenu radialement, il est possible de réaliser une lèvre de fixation semblable extérieurement du moyeu 3, afin de retenir la coiffe 7, et de réaliser les deux lèvres (et l'élément formant corps dans son ensemble au-dessus de la surface inférieure de celui-ci) avec une même partie de moule. Une telle modification est représentée sur le figure 4, sur laquelle la lèvre interne 6 destinée à retenir l'axe 5 est complétée par une lèvre externe 16 de forme sensiblement analogue qui sert à retenir la coiffe moulée 7 lorsqu'elle s'emboîte sur le corps moulé 1. Grâce à cette mo- dification, on peut utiliser un simple moule 17 en deux parties,une partie in- férieure 18 délimitant simplement la surface inférieure 2 du corps et une par- tie supérieure 19 qui délimite le reste du corps moulé, notamment le moyeu 3 avec les deux lèvres 6 et 16. La partie de moule 19 se compose d'une plaque 19a sur laquelle une broche formant noyau 19b et une partie de corps entouran- te 19c sont fixées rigidement. Après que le moule a été ouvert, la pièce moulée est éjectée de la partie 19 par un manchon d'éjection 20, déplacé par une plaque d'éjection 21 de manière classique et, pendant cette éjection, les lèvres 6, 16 se courbent simultanément indépendamment du reste de la pièce moulée pour rentrer dans les dégagements arrières respectifs qui s'ouvrent progressivement pour permettre le mouvement d'éjection relatif entre la pièce moulée et le moule 19. REVENDICATIONS 1. Elément moulé en une matière souple comprenant une lèvre de fixation faisant saillie sur une surface de l'élément, caractérisé en ce que la lèvre (6) est inclinée par rapport à ladite surface (4), et moulée avec un dégagement arrière (10) et présente une forme en section transversale comprise à l'intérieur d'un angle inclus (A) qui n'est pas supérieur à un angle inclus (B) dudit dégagement arrière (10). 2. Elément selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'angle inclus(A) de la lèvre (6) est inférieur à l'angle inclus (B) du dégagement arrière (10). 3. Elément selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que ladite surface (4) est cylindrique et présente une configuration annulaire à gradin, la lèvre inclinée (6) étant située au niveau de la zone en gradin de cette surface,-présentant ainsi des portions de surface de diamètres différents qui se confondent dans la lèvre qui fait saillie par rapport à la portion ayant le diamètre du gradin "supérieur" et est inclinée sensiblement dans une direction l'éloignant de cette portion. 4. Elément selon la revendication 3, caractérisé en ce que la lèvre (6) est une lèvre interne prévue dans un perçage circulaire à gradin (4) de l'élément, le diamètre du gradin "supérieur' étant alors une portion de plus faible diamètre du perçage. 5. Elément selon la revendication 4, caractérisé en ce que la lèvre (6) est conçue pour retenir un axe (5) dans ledit perçage (4) de l'élément (1) et pour permettre de fixer l'axe (5) par emboîtement élastique dans l'élé- ment. 6. Roulette ou patin pour meuble, caractérisée en ce qu'elle comprend un corps muni d'un élément moulé selon la revendication 5, ledit axe (5) étant un axe de montage de la roulette. 7. Procédé de moulage d'un élément selon la revendication 1, caracté- risé en ce que le retrait ou l'éjection de l'élément (1) d'une partie de moule qui délimite la lèvre (6) et le dégagement (10) lors du moulage, se fait dans une direction telle que la partie de moule se déplace par rapport à l'élément (1) le long de ladite surface (4) sensiblement dans la direction selon laquelle la lèvre (6) fait saillie depuis ladite surface. 8. Procédé de moulage selon la revendication 7 d'un élément comprenant une lèvre de fixation qui fait saillie sur une surface de l'élément, caractérisé en ce que la lèvre (6) est moulée avec un dégagement arrière (10) de sorte que, lors du mouvement de séparation relatif à la fin du procédé de moulage entre l'élément (1) et une partie de moule qui délimite la lèvre (6) lors du moulage, la lèvre (6) peut entrer dans le dégagement arrière (10) qui s'ouvre progres- sivement pour la recevoir, permettant ainsi ce mouvement sans déformation radiale de l'élément dans son ensemble à proximité de la lèvre. 9. Procédé de moulage selon la revendication 7 bu 8, caractérisé an ce que l'élément (1) est moulé avec des lèvres interne et externe (6, 16), chacune de ces lèvres étant dotée d'un dégagement arrière (10) destiné à recevoir la lèvre lors du mouvement de la partie du moule correspondante qui délimite le deux lèvres lors du moulage. 10. Moule pour la mise en oeuvre du procédé selon la revendication 7, comprenant une cavité de moulage définissant un élément devant être moulé avec une lèvre de fixation saillante, caractérisé en ce qu'il comprend une partie avec une surface de moulage à gradin qui, dans-la zone des gradins, définit a la lois la lèvre de fixation qui est inclinée par rapport à cette surface et un dMgagement à l'arrière de la lbvre, ce dégagement arrière étant suffisant pour recevoir la lèvre (6) lorsqu'elle se courbe lors d'un mouvement de sépara- tion relatif entre la partie de moule et l'élément moulé à la fin d'une opéra- tion de moulage.