L'invention a pour objet, à titre de nouveaumédicament utilisable notamment comme antispasmodique et comme antiulcéreux, le dipropylacétyl-homatropine. Il stagit du dérivé di-n-propylacétylé de lthomatropine répondant à la formule suivante : Son poids moléculaire est de 401,33 et son point de fusion est de 1370 à 140 C. Il est identifiable aussi par son procédé de fabrication qui consiste à faire réagir à froid de l'homatropine dans l'acétone avec du chlorure de dipropylacétyle, à filtrer, à concentrer sous vide le filtrat jusqu'à obtention dtune huile, à faire cristalliser dans l'éther de pétrole et à sécher. On détaillera maintenant les propriétés pharmacologiques de la di-n-propylacétyl-homatropine en la désignant, pour plus de facilité, par son nom de code B.5167. Les essais effectués pour apprécier la toxicité et l'activité ont été conduits en comparant le B.5167 à plusieurs antispasmodiques connus et utilisés : leXsulfate d'Atropine, le méthylbromure dthomatropine (Novatropine), l'Homatropine base et le bromure de n-butylscopolamine (Buscopan). 10/ Mesure de la toxicité aiguë a) par voie sous-cutanée (s.c.) Les produits ont été administrés chez la souris, par voie sous-cutanée, en solution aqueuse, sauf pour l'Homatropine base qui, insoluble dans l'eau à ces concentrations, a été injectée en solution huileuse. Les DL 50 ont été calculées par la méthode de Karber et Behrens, la mortalité ayant été relevée 48 heures après ltadmi- nistration des produits. Dans ces conditions, nous avons obtenu les chiffres suivants : B.5167 ........................ 1000 mg/kg Sulfate d'Atropine ........... 1330 mg/kg Novatropine ............... 130 mg/kg Homatropine base .............. 1800 mg/kg Buscopan ...................... 420 mg/kg b) par voie intrapéritonéale Nous avons comparé ici la toxicité du B.5167 et de l'Homatropine base. Les produits ont été administrés par voie intrapéritonéale, en solution aqueuse. Dans les mimes conditions de stabulation que dans 11 essai pré cédent, nous avons obtenu les résultats ci-dessous B.5167 ........................ 102 mg/kg Homatropine base .............. 370 mg/kg c) par voie orale Comme dans 11 essai précédent, les produits ont été administrés en solution aqueuse. Les résultats obtenus sont les suivants : B.5167 ........................ 1100 mg/kg Homatropine base .............. 1307 mg/kg 20) Evaluation de l'activité antiuicéreuse METHODES EMPLOYEES a) Protection contre l'ulcère de contrainte par contention Des rats mâles ou femelles sont immobilisés pendant 20 heures au moyen du dispositif suivant. Chaque animal après anesthésie légère à 11 éther (on introduit le rat dans un bocal contenant un tampon imbibé d'éther) est placé dans un rectangle de grillage métallique flexible dans lequel ont été pratiqués quatre trous bordés par une rondelle de caoutchouc. Ces ouvertures sont destinées au passage de chacune des pattes antérieures et-postérieures. Celles-ci sont maintenues en place par traction vers le bas par l'un des manipulateurs, tandis que l'on referme le- grillage autour du corps de l'animal de telle façon qu'une fois la fermeture consolidée par enroulement de sparadrap autour du grillage, le corps de l'animal ne puisse absolument pas bouger. Cette opération terminée, les pattes sont à leur tour maintenues étroitement en place par une bague épaisse de leucoplrst les attachant deux à deux et les empêchant de ressortir par l'orifice d'entrée. Autour de chaque cylindrè constitué par le grillage entourant l'animal, sont passés deux anneaux métalliques terminés par un crochet pour permettre la suspension de l'ensemble. L'appareil de suspension est constitué par une potence sur laquelle sont fixées des tiges orientées perpendiculairement au support, tiges sur lesquelles on accroche le système précédemment décrit0 Les animaux sont maintenus ainsi pendant 20 heures et sacrifiés par un gaz au terme de l'expérience. L'estomac est prélevé, ouvert le long de la petite courbure, débarrassé des aliments et soigaeu- sement examiné à la loupe avant et après lavage. On note la coloration de la muqueuse gastrique, l'existence de points hémorragiques et d'ulcères. Chez les rats témoins n'ayant reçu aucun traitement thérapeutique, on trouve dans tous les cas une muqueuse fortement himorra- gique avec présenee de plusieurs ulcères. Pour évaluer l'éventuelle action antiulcéreuse dBun produit donné, celui-ci est administré aux animaux immédiatement avant la mise en contention, tandis que les rats sont encore somnolents après l'anesthésie à l'éther. Après 20 heures de contention, les estomacs sont examinés et les résultats sont exprimés au moyen de la cotation suivante : O : estomac normal 1 s taches hémorragiques sans ulcère 2 : ulcère 3 s plusieurs ulcères 4 : perforation b) Protection contre l'ulcère de contrainte à l'électricité Des rats mPles ou femelles sont placés individuellement dans une enceinte de verre dont le plancher est constitué par des barreaux de cuivre espacés de 1,5 cm environ.Ces barreaux sont reliés à une prise électrique (courant alternatif 220 volts) de telle façon qu'un barreau sur deux soit branché sur la même phase. Le rat placé dans cet appareil doit, pour éviter de recevoir le courant, trouver la position dans laquelle toutes les parties de son corps (queue, pattes) ne sont en contact qu'avec des barreaux homologues et la garder, ce qui contraint à une immobilité presque totale. Une ampoule au néon stéclaire lorsque l'animal établit le contact, permettant de savoir de façon précise à quel moment il reçoit le courant et dtobserver son comportement. Par ailleurs, cette lampe de 110 volts possédant sa propre résistance, absorbe une partie du courant et dans ces conditions l'animal n'est soumis qu'à une tension de 40 volts environ (contr8le fait à ltoscil- loscope). Les rats sont laissés pendant 24 heures dans l'appareil. Les témoins ne reçoivent rien et les animaux traités reçoivent le produit essayé par la voie ehoisie avant la mise en état de contrainte (l'anesthésie est ici facultative). Au terme de l'expérience les @nimaux sont sacrifiés et les estomacs examinés dans les mêmes conditions que pour l'ulcère de contrainte par contention. Chez les témoins t les zitérations de la muqueuse à type d'inflammation ou d'hémorragie s@@@ constantes, mais il n'y a pas tonjours d'ulcère, car les conditions expérimentales sont moins sévères. La cotation utilisée est la mme que précédemment. RESULTATS Les résultats sont exposés dans le tableau I ci-dessous t Tableau I Dose en Meyenne effectuée sur mg/kg les résultats appréciés Produit Nombre d'animaux ert voie selon la cotation d'admi- décrite ci-dessus nistration contention électricité contention électricité Tém@ins 0 10 10 3 2,8 B.5167 5 s.c. 10 5 1,1 1 Sulfate d'Atropine 5 s.c. 10 5 1 0,9 Novatropine 5 s.c. 10 5 1,9 1,1 Homatropine base 5 s.c. 10 5 2 1,8 Buscopan 5 s.c. 10 5 2,7 2,6 3 ) Mesure de l'activité antispasmodique Ces essais ont été effectués sur des fragments d'intestin isolé de lapin, selon la classique méthode Magnus. La cuve de l'appareil était jaugée à 80 ml, le liquide de Tyrode étant maintenu à 37e et à pH 7,2. a) Action sur l'intestin normal A la concentration de 1 ig pour 80 ml le B.5167 provoque très rapidement une chute de tonus accompagnée drun arrêt total de contractions. Aux mimes concentrations, le sulfate d'Atropine provoque une diminution de l'amplitude des contractions accompagnée d'une légère chute de tonus, alors que Novatropine, Homatropine base et Buscopan sont inactifs. b) Action sur le spasme à l'acétylcholine L'intestin étant spasmé par l'addition dans la cuve de 80 ml. de 1 mg d'acétylcholine, on antagonise ce spasme à l'aide de : - 0,1 mg de B.5167, ce produit étant le seul pour lequel la chute de tonus staccospagne de ltarret total des contractions - 0,2 mg de sulfate d'Atropine - 0,6 mg de Novatropine - 1 mg d'Homatropine base - 2 ng de Buscopan c) Action sur le spasme au chlorure de L'intestin étant spasmé par l'addition dans la cuve de 80 ml, de 5 mg de Cl2Ba, on antagonise ce spasme avec retour du tonus et des contractions à la normale, à l'aide de :: - 0,5 mg de B.5167 - 0,8 mg de sulfate d'Atropine - 1 mg de Novatropine - 2 mg d'Homatropine base - 1 mg de Buscopan 40) Actions secondaires a) Action mydriatique L'un des principaux inconvénients des antispasmodiques dérivés de l'Atropine étant leur activité mydriatique, on a étudié ltacti- vité du B.5167 à doses équimoléculaires en ester tropique du tropanol en comparant : - 1 mg/kg de B.5167 à 1,50 mg/kg de sulfate d'Atropine - 2 mg/kg de B.5167 à 1,60 mg/kg de chlorhydrate d'Homatropine. Cette expérience a été réalisée chez le rat, en injectant les produits par voie s.c. en solution aqueuse. La mydriase a été notée de la façon suivante-: O : pupille normale2 : pupille dilatée du double de la normale 3 w w I du triple t 4 : I du quadruple " 5 : dilatation maximale. On a utilisé des lots de-cinq rats. Les résultats sont portés sur le tableau II. Tableau il Temps au bout duquel les examens ont été pratiqués 1/2 h 1 h 2 h 3 h 5 h 6 h 7 h Sulfate d'Atropine 1,50 mg/kg 5 5 5 5 3,4 1,6 0,8 Chlorhydrate d'Homatropine 1,60 mg/kg 3 3 1,6 0,8 0 B.5167 1 mg/kg 1,2 1,2 0,4 0 B.5167 2 mg/kg 1,6 1,2 0,4 0,4 0 Les chiffres figurant dans les colonnes sous ltindication du temps expriment la moyenne de la mydriase sur cinq animaux, selon la cotation définie plus haut. Le B.5167 apparatt donc comme nettement poins mydriatique que les autres dérivés du tropanol. b) Action sur les sécrétions On sait que l'Atropine et ses dérivés diminuent, puis tarissent, pendant une durée assez prolongée, mEne à dose faible, la sXcrd- tion de la glande sous-saxillaire et de la glande sublinguale. On a donc comparé, chez le chien, après cathétérisme des canaux salivaires, l'action du B.5167 et de l'Homatropine base, en provoquant la sécrétion salivaire soit par excitation électrique de la corde du tympan, soit par injection intraveineuse de Pilocarpine. Les essais ont été faits sur trois chiens mâles de 10 kg, après anesthésie au Nesdonal en injection intraveineuse à raison de 30 mg/kg d'une solution à 50 mg/ml. Après dissection de la région cervicale sous-maxillaire, on a cathétérisé les deux canaux de iharton et lié les deux canaux parotidiens (technique de Schneyer et coll.). On déclenche la sécrétion soit par excitation électrique de la corde du tympan, soit par injection intraveineuse de ?ilocarpine (1 mg/kg). Le débit est mesuré à différents moments après l'injection de Pilocarpine. Moyenne des résultats obtenus Avec le B.5167 (2,2 mgZkg en injection intraveineuse), le débit est diminué de 50% par rapport an débit te-in obtenu avec la même dose de Pilocarpine, mesuré aux mêmes instants. Trente minutes plus tard, une nouvelle injection de Pilocarpine redonne une sécrétion presque normale. Avec l'Homatropine (1,5 mg/kg, dose équimoléculaire), il y a presque tarissement complet de la sécrétion, le débit est diminué de 90% et malgré une nouvelle injection de Pilocarpine trente minutes plus tards la sécrétion reste extrtnement basset On peut donc affirmer que le B.5167 est moins desséchant que l'Homatropine et que son action sur les sécrétions est de beaucoup plus courte durée. En conclusionj le B.5167 est une molécule particulièrement intéressante : - sur le lan de l'activité : elle est d'une activité antispasmodique et antiulcéreuse sensi blement égale à celle du sulfate dtAtropine qui est le plus actif, expérimentalement, des produits de cette classe ; - sur le Plan de la toxicité : sa toxicité aiguë le place dans la zone des autres esters du tropanol. Compte tenu de son activité, la marge thérapeutique semble particulièrement bonne ; - sur le plan des effets secondaires : aux doses actives, parmi les esters du tropanol, c'est la molé cule qui possède le moins d'action mydriatique et d'action antisécrétoire. On donnera maintenant deux exemples d'application thérapeutique du médicament de l'invention : a) un homme de 35 ans souffre de violentes douleurs, plus particu lièrement après chaque repas, à la suite d'un ulcus duodenal. La prise, le matin, d'un suppositoire dosé à 5 mg de dipropyl acétyl-homatropine fait rapidement céder la douleur et l'effet dure toute la journée b) une jeune femme de 28 ans est victime de douleurs hépatiques chroniques à la suite d'une lithiase des voies biliaires. La priset au moment où stinstalle la douleur, d'un suppositoire dosé a 5 mg de dipropylacétyl-homatropine permet la sédation rapide de celle-ci. REVENDICATIONS 1 / A titre de médicament nouveau, utile notamment comme antispasmodique et antiulcéreux, le dérivé di-n-propylacdtylé de lthomatropine répondant à la formule suivante : ayant un poids moléculaire de 401,33 et un point de fusion de 137' à 140 C. 20/ Les compositions pharmaceutiques renfermant le com- posé de la revendication 1 en association avec un support pharmaceutique acceptable.