La présente invention se réfère aux ponts-bascules qu'on utilise plus particulièrement pour le pesage de véhicules sur route ou sur rails. Dans leur construction classique les ponts du genre en question comprennent un tablier supporté par un système de leviers logé à l'intérieur d'une fosse dont le tablier constitue en quelque sorte le couvercle. Le système en question est relié par une transmission appropriée à un appareil indicateur et/ou enregistreur disposé latéralement. Cette construction, dans laquelle le tablier constitue une véritable couverture de protection des divers mécanismes de démultiplication d'effort et de transmission, donne en géné- ral toute satisfaction dans la plupart des applications pratiques, mais elle comporte l'inconvénient d'exiger le creusement de la fosse, opération qui comporte parfois des difficultés importantes et entrain de ce fait des frais élevés ou des sujétions inadmissibles. Aussi a-t-on imaginé d'établir des ponts-bascules sans fosse. En pareil cas le tablier, disposé légèrement au-dessus du sol entre des rampes d'accès appropriées, comporte des montants latéraux qui prennent appui sur deux systèmes de leviers ou analogues prévus de part et d'autre de ce tablier, les deux systèmes en question étant reliés à un même appareil indicateur sur lequel. leurs charges respectives s'additionnent. On évite bien ainsi la fosse des ponts classiques, mais au prix de la réalisation de montants latéraux complexes et délicats, ainsi que de l'exposition des mécanismes de leviers et autres aux intempéries ainsi qu'aux risques de chocs ou plus généralement d'interférence avec des objets voisins susceptibles de gener leur fonctionnement normal.En outre la liaison de ces deux systèmes entre eux et celle de leur ensemble avec l'appareil indicateur posent des problèmes qui n'ont pas été jusqu'ici résolus de façon parfaitement satisfaisante. L'invention vise au contraire à permettre de réaliser un pontbascule sans fosse comportant en guise de montants latéraux des organes particulièrement robustes, dans lequel les systèmes mécaniques qui supportent ces organes ou montants se trouvent parfaitement protégés, la liaison de ces systèmes entre eux et avec l'appareil indicateur ou enregistreur étant assurée de façon simple et sûre. Conformément à l'invention le tablier est bordé par deux parois latérales gui s'élèvent au-dessus de lui pour se terminer chacune par un rebord substantiellement horizontal.dépassant en direction de l'extérieur, lesquels rebords prennent appui sur les systèmes mécaniques prévus de part et d'autre du tablier afin de supporter celui-ci. Suivant une autre caractéristique de l'invention la liaison entre les deux systèmes mécaniques est assurée par le moyen d'un organe intermédiaire passant sous le tablier et articulé autour d'un axe transversal de manière à travailler en torsion. Cet organe intermédiaire, qui peut avantageusement entre réalisé sous la forme d'un arbre tubulaire oscillant autour soit de son axe propre, soit plutôt d'un autre axe décalé latéralement par rapport à celui-ci, est préférablement relié à son tour à l'appareil indicateur et/ou enregistreur à l'aide d'une transmission à leviers et tringle de traction grâce auquel ledit appareil peut être disposé en tout point voulu au voisinage du tablier. Le dessin annexé, donné à titre d'exemple, permettra de mieux comprendre l'invention, les caractéristiques qu'elle présente et les avantages qu'elle est susceptible de procurer. Fig. 1 est une vue en perspective d'un pont-bascule sans fosse comportant application de l'invention. Fig. 2 est une vue de côté partielle correspondante, avec coupe du sol, d'une rampe d'accès et des divers ensembles de maçonnerie associés au pont. Fig. 3 est une coupe transversale suivant III-III (fig. 2). Fig. 4 est une coupe de détail suivant IV-IV (fig. 3). Fig. 5 est une vue de côté partielle d'une variante de pont-bascule suivant l'invention, cette vue étant orientée l'op- posé de celle de fig. 2. Fig. 6 est une vue partielle en plan correspondant à fig. 5. Comme plus particulièrement montré en fig. 1 à 3, le pontbascule représenté comprend un tablier horizontal 1 supporté légè- rement au-dessus du niveau du sol (indiqué en A-A en fig. 3) par deux systèmes latéraux de leviers qu'on décrira ci-après, entre deux rampes dtaccès 2 équipées de bornes de protection 3. Le tablier 1 est fait en ciment convenablement armé (pour ne pas surcharger le dessin les fers d'armature n'ont pas été représentés en fig. 3). I1 est solidaire de deux parois latérales la qui s'élèvent à la façon de murettes pour se terminer chacune par un rebord horizontal -lb dépassant en direction de l'extérieur.L'ensemble du tablier 1, des parois la et des rebords lb se présente ainsi en section transversale (fig. 3) sous la forme d'une sorte de gouttière rectangulaire épaisse et rigide à bords rabattus extérieurement. La face inférieure libre de chaque rebord lb porte deux talons 4 (fig. 2) disposés vers ses extrémités longitudinales et à égales distances de celles-ci. Fig. 2 ne montrant pas l'extrémité du tablier 1 qui se trouve à droite en fig. 1, l'on n'y aperçoit qu'un seul talon 4, l'autre étant disposé symétriquement par rapport au plan vertical transversal moyen B-B du tablier. Chaque talon 4 repose à articulation (par l'intermédiaire d'un palier approprié) sur un levier 5 substantiellement horizontal orienté longitudinalement et lui-meme articulé sur un support 6 porté par un petit massif de maçonnerie 7. Comme montré, -le support 6 est disposé audelà du talon 4 par rapport au plan transversal B-B (donc à gauche en fig. 2).Bien entendu les articulations sus-mentionnées, ainsi d'ailleurs que celles dont il sera question plus loin, sont établies suivant toute technique appropriée, par exemple au moyen de couteaux. L'extrémité du levier 5 opposée au support 6 est à son tour attelée à l'une des extrémités d'un autre levier 8, de plus grande longueur, articulé sur un support 9 également porté par le massif 7. Ce second levier 8 s'étend vers le plan B-B précité pour s'arrêter à une faible distance de celui-ci, symétriquement par rapport au levier 8 qui correspond au talon 4 non visible en fig. 2 et situé sous le même rebord lb. On a représenté en 10 un petit contrepoids d'équilibrage monté sur l'extrémité de chaque levier 8 opposée au plan B-B. Les extrémitésen vis-à-vis des deux leviers 8 afférents à un même rebord lb sont attelées par des tringles 11 avec un levier commun de transmission 12 articulé sur un support'l3 qui repose sur le fond 14a d'une rigole transversale en ciment 14 noyée dans le sol de façon à passer sous le tablier 1 et à renfermer ainsi les deux leviers 12 correspondant à l'un et à l'autre rebord -lb. Les axes géométriques de ces deux leviers 12 sont alignés transversalement et les leviers en question sont rigidement solidarisés l'un avec l'autre par un arbre tubulaire 15 auquel ils sont soudés de façon à réaliser ainsi un ensemble substantiellement rigide susceptible de travailler à la torsion, sur lequel viennent s'additionner les actions des quatre leviers 8 précités. On notera en fig. 2 que les deux tringles d'attelage 11 afférentes à un même côté du tablier 1 agissent sur le levier commun 12 à des distances différentes de l'axe géométrique d'articulation de celui-ci sur le support 13, de sorte que pour des efforts de traction duaux, ces tringles imposent audit levier 12 et à l'arbre 15 des couples différents. Mais cela est facile à corriger en prévoyant les deux ensembles 5-8 auxquels ces tringles correspondent de façon à corriger la différence précitée. Par exemple si l'on désigne par 2 le rapport des distances entre les points d'articulation des tringles 11 au levier 12, il suffit que les deux ensembles précités assurent des démultiplications d'effort différentes comportant entre elles le rapport inverse l/p. En variante on pourrait également prévoir les choses de manière que les deux leviers 8 en vis-à-vis soient situés dans deux plans longitudinaux très légèrement décalés l'un par rapport à l'autre. Les tringles Il pourraient alors se trouver toutes les deux dans le plan de symétrie B-B, le levier 12 étant réalisé sous la forme d'une fourche pour qu'elles puissent s'articuler à l'une et l'autre de ses deux branches à la même distance de son axe géométrique d'articulation au support 13. Pour relier l'ensemble 12-15-12 à l'appareil indicateur ou enregistreur classique on a prolongé l'arbre 15 au-delà du levier 12 correspondant au côté sur lequel cet appareil doit se trouver et sur ce prolongement, référencé 1-5a en fig. 3 et 4, on a calé un bras 16 dont l'extrémité libre est attelée à un levier inverseur 17 articulé sur un support 18 porté par le fond 14a de la rigole 14, convenablement prolongé à cet effet. Le levier 17 actionne à son tour un levier 19 articulé sur un support 20 également monté sur le fond 14a précité et dont l'extrémité opposée est reliée à l'appareil en question (non figuré) par une tringle 21. Dans le pont qu'on vient de décrire les systèmes mécaniques qui supportent le tablier (leviers 5, 8, tringles 11, leviers 12) sont recouverts par les rebords lb qui les protègent efficacement. Cette protection peut d'ailleurs être aisément complétée par des tôles latérales 22, 23 (voir fig. 1) fixées soit au sol (en les arrêtant alors un peu au-dessous des rebords lb), soit aux rebords lb eux-mêmes (auquel cas elles doivent évidemment s'arrêter un peu audessus du sol). Ces tôles pourraient, si désiré, s'étendre sur toute la longueur du tablier. La rigole 14 peut être prévue à profondeur très réduite. I1 serait même possible éventuellement de faire coincider son fond 14a avec le sol lui-même en surélevant légèrement le tablier 1. La partie de cette rigole qui s'étend latéralement en dehors dudit tablier peut être recouverte, comme indiqué en 24 en fig. 1. L'invention a donc bien permis de réaliser un pont-bascule sans fosse dans lequel tous les organes essentiels sont parfaite ment protégés. La variante de fig. 5 et 6 ne se distingue de la forme d'exécution précédemment décrite qu'en ce qui concerne la transmission entre le bras 16 et l'appareil indicateur et/ou enregistreur. Ici l'extrémité dudit bras 16 est attelée par une bride 25 à l'une des branches d'un levier en équerre 27 articulé sur un support 28 reposant sur le fond 14a de la rigole 14. A l'autre branche de ce levier s'attelle une tringle horizontale 29 qui s'étend dans un tuyau enterré 30 pour aboutir à un renvoi en équerre 31, articulé sur un support 32 porté par le fond d'un logement 33 de faible profondeur prévu sous l'appareil précité (également non figuré en fig. 5 et 6). C'est à ce renvoi 31 qu'est attelée la tringle verticale 21 de commande de cet appareil. L'avantage de la disposition de fig. 5 et 6 est qu'il est possible d'orienter comme on le désire le plan dans lequel oscille le levier en équerre 27, de sorte que la tringle 29 (avec son tuyau protecteur 30) peut toujours aboutir au-dessous de l'appareil indicateur et/ou enregistreur quelle que soit la position que celuici occupe par rapport au tablier du pont. On notera à cet égard que dans l'exemple représenté cet appareil est disposé vers l'une des extrémités du tablier, immédiatement sur le côté de la rampe d'ac cès 2 correspondante. Mais les tracés en traits mixtes 29', 29" indiquent d'autres orientations possibles de la tringle 29. I1 doit d'ailleurs être entendu que la description qui précède n'a été donnée qu'à titre d'exemple et qu'elle ne limite nullement le domaine de l'invention dont on ne sortirait pas en remplaçant les détails d'exécution décrits par tous autres équivalents. REVENDICATIONS 1. Pont-bascule du genre dans lequel le tablier est solidaire de pièces latérales formant montants et par l'intermédiaire desquelles il prend appui sur des systèmes mécaniques situés en partie au moins au-dessus du sol, ces systèmes étant reliés à un appareil indicateur et/ou enregistreur approprié, caractérisé en ce que son tablier (1) est bordé par deux parois latérales (la) qui s'élèvent au-dessus de lui pour se terminer chacune par un rebord (lb) substantiellement horizontal dépassant en direction de l'extérieur, lesquels rebords prennent appui sur les systèmes mécaniques (5, 8, 11) prévus de part et d'autre du tablier afin de supporter celui-ci. 2. Pont-bascule suivant la revendication 1, caractérisé en ce que chaque système mécanique correspondant à l'un des cotés du tablier (1) comprend pour chaque moitié de celui-ci de part et d'autre de son plan transversal moyen, un premier levier (5) sur lequel le rebord (lb) correspondant prend appui, un second levier (8) auquel le premier est attelé, une tringle (11) attelée à l'extrémité opposée de ce second levier, et des moyens pour combiner sur un organe unique (12) les efforts transmis par les deux tringles respectivement afférentes à l'une et à l'autre moitié du tablier. 3. Pont-bascule suivant la revendication 2, caractérisé en ce que l'organe unique sur lequel les efforts transmis par les tringles (11) sont combinés est constitué par un levier commun (12), les deux leviers communs ainsi prévus sur l'un et l'autre côté du tablier (1) étant rendus solidaires l'un de l'autre par un organe de liaison (15) substantiellement rigide en torsion. 4. Pont-bascule suivant la revendication 3, caractérisé en ce que les tringles (11) s'attellent au levier commun correspondant (12) en des points situés à des distances différentes de l'axe géométrique d'articulation de ce levier sur son support (13), la différence qui en résulte pour les couples appliqués audit levier commun étant compensée par une différence inverse entre les démultiplications d'effort des deux ensembles de leviers (5, 8). 5. Pont-bascule suivant la revendication 3, caractérisé en ce que l'organe de liaison est constitué par un arbre transversal tubulaire (15). 6. pont-bascule suivant la revendication 3, caractérisé en ce que l'arbre transversal (15) est fixé aux leviers communs (12) à une certaine distance de l'axe géométrique d'articulation de ceux ci sur leurs supports respectifs (13). 7. Pont-bascule suivant la revendication 6, caractérisé en ce que l'arbre tubulaire (15) se prolonge sur un côté du tablier (1) au-del du levier commun (12) correspondant à ce côté, pour porter un bras (16) dont l'extrémité est reliée à un appareil indicateur et/ou enregistreur par une transmission appropriée. 8. Pont-bascule suivant la revendication 7, caractérisé en ce que le bras (16) est directement relié à l'appareil par deux leviers successifs (17, 19) et une tringle verticale (21). 9. Pont-bascule suivant la revendication 7, caractérisé en ce que la liaison entre le bras (16) et l'appareil comprend un levier en équerre (27) susceptible d'être monté à toute orientation désirée et avec lequel le bras est accouplé par une bride (25) ou équivalent, une tringle horizontale (29), un renvoi d'équerre (31) et une tringle verticale (21).