La présente invention concerne un procédé et/appareil d'électropho- un rèse à courant forcé. L'électrophorèse à courant forcé permet la séparation, en milieu aqueux, de composés mobiles dans un champ électrique. 5 On sait que le pouvoir séparateur d'une cellule d'électrophorèse ou d'électrolyse peut être amélioré en divisant la cellule au moyen d'un élément filtrant (en matériau non conducteur) transversalement au champ électrique, l'élément filtrant ayant une porosité choisie pour laisser passer-les composés (ions, micelles ou molécules) mobiles dans le champ électrique au moins dans 10 un sens mais pour freiner le passage de ces composés en sens inverse sous naturels l'effet de la simple diffusion et des mouvements/du liquide traité. Dans l'électrophorèse on a trouvé qu'il est avantageux de superposer, à la force électrique produite par la tension aux bornes de la cellule, une force hydrodynamique fonction de la viscosité du .liquide soumis à l'électro-15 phorèse et de son sens de circulation (courant forcé)» Dans ces conditions le pouvoir séparateur est fonction de la charge électrique des composés à séparer mais peut être rendu indépendant de leur poids moléculaire. Divers perfectionnements ont été proposés à cette technique. Par 20 exemple Bier (brevet américain 3 079 313 puis Trans. A.S.A.I.O. XVI (1970) 325-334) propose notamment : l'immersion des électrodes dans un électrolyte indépendant, séparé du liquide à traiter par une membrane di^lysanté ; l'élimination de la chaleur produite par le passage du courant au 25 moyen d'un électrolyte refroidi, séparé du liquide à traiter par des membranes dialysantes ; la réduction des variations de concentration ionique par équilibrage de la composition des différents électrolytes ; l'immersion des électrodes dans un électrolyte commun circulant en les 30 parallèle dans leurs deux compartiments,/deux courants d'électrolyte étant réunis avant leur recyclage ; la circulation d'un électrolyte auxiliaire de part et d'autre des compartiments d'électrophorèse avec réunion des différents courants de cet ûlectrolyte puis recyclage. 35 Ces perfectionnements sont toutefois insuffisants et ne permettent voisins pas, par exemple, une séparation nette de produits/tels que les béta et gamma globulines. La présente invention, à la réalisation de laquelle a participé 71 11180 2 2131859 Monsieur Guy BOURAT, concerne un procédé de fractionnement en continu, par électrophorèse à courant forcé, d'un liquide aqueux contenant au moins deux composés dont les mobilités relatives dans un champ électrique varient en fonction du pH, pour obtenir une fraction enrichie et une fraction appauvrie 5 en l'un au moins de ces composés, ainsi qu'un appareil spécialement adapté à la mise en oeuvre dudit procédé. L'invention permet d'opérer avec une sécurité et une sélectivité améliorées. Le procédé selon l'invention fait appel à une ou plusieurs des tech-10 niques connues rappelées ci-avant, et se caractérise en ce que les courants d'électrolyte auxiliaire circulant de part et d'autre des compartiments d?élec-trophorèse ont des pH moyens différents. On entend par pH moyen le pH qu'aurait un électrolyte rendu homogène dans son compartiment entre son entrée et sa sortie. 15 L'invention comprend également une cellule d'électrophorèse convenant à la iiiise en oeuvre du procédé ci-avant et caractérisée en ce que les compartiments extrêmes, qui contiennent respectivement l'anode et la cathode, sont séparés des compartiments intermédiaires par des membranes ion-sélectives de polarités inverses, line membrane anion-sélective (imperméable aux cations) du 20 côté de la cathode et une membrane cation-sélective (imperméable aux anions) du côté de l'anode. Le procédé selon l'invention permet d'obtenir des produits notablement plus purs qu'avec les procédés antérieurs. En effet il permet d'établir dans l'un au moins des compartiments d'électrophorèse un pH correspondant au 25 maximum de mobilité d'un compas6 à séparer, alors que le pH de l'autre compar-timentjsoit n'est pas modifié,soit assure le transport en sens inverse d'au moins un autre produit. Ainsi,dans l±s exemp1es qui illustrent l'invention, le compartiment anodique d'électrophorèse reçoit^sang qui doit retourner au donneur avec un minimum de modification, et en particulier dont le pH doit rester 30 constant. La composante hydrodynamique dirigée vers la cathode entraîne dans le compartiment cathodiquq^ïes^composés non ioniques et les moins mobiles des anions (notamment les globulines) en plus des cations. En n'élevant le pH que dans ce compartiment cathodique on peut augmenter la différence de mobilités entre les diverses globulines et obtenir à la sortie du compartiment anodique 35 un sang réinjectable et à la sortie du compartiment cathodique une solution de gamma globulines exempte de globulines alpha et béta. Bien que la nature de 1'électrolyte principal (baignant les électrodes) ne soit pas critique dans le cas général, on utilise de préférence une base telle que la soude en solution aqueuse : elle peimet l'emploi d'électrodes 71 11180 3 2131859 en acier inoxydable au lieu d'électrodes en platine.En outre,dans le cas du sang, i ,.SeAa spude dans l'êlectrolyte auxiliaire ^ la neutralisation/par l'acide chlorhyarique/n'apporte pas d'ions gênants. La différence de pH moyens dans les compartiments adjacents aux compartiments d'électrophorèse peut être obtenue en alimentant chaque compar-5 timent avec son propre électrolyte auxiliaire/des débits, pH et pouvoirs tampons choisis à l'avance, mais ceci impose deux installations de fourniture (et, éventuellement, de régénération) d'électrolyte. On préfère généralement utiliser des électrolytes/'âe ' meme pH et de même pouvoir tampon, et les faire circuler dans leurs compartiments respectifs moyennes 10 avec des vitesses/choisies pour que le pH optimum s'établisse dans l'un au moins des compartiments sous l'effet du transfert d'ions. Il est alors commode d'utiliser une source commune d'électrolyte auxiliaire et de la diviser en deux courants alimentant chacun un compartiment particulier. Si on le désire, on peut ensuite réunir les deux courants et les recycler après correction 15 éventuelle de leur composition. Bien que cela ne soit pas indispensable, il est avantageux que les courants d'électrolyte auxiliaire ou de liquide à fractionner présentent un pouvoir tampon dans l'une au moins des zones de pH intéressantes. On peut naturellement opérer avec des solutions non tamponnées, mais la stabilisation des 20 pH est plus délicate et nécessite des réglages plus précis des paramètres interdépendants (composition initiale des liquides, débits, tension entre les électrodes). La préparation du liquide à fractionner, son débit à l'entrée et à la sortie de la cellule et la tension eîit-re les électrodes n'appellent pas 25 de remarques spéciales et sont déterminés cas par cas de la meme manière que pour les procédés antérieurs. Ainsi on adapte généralcraent la tension aux électrodes au débit de la fraction de liquide extraite après passage à travers la maabrane filtrante, le sens de la polarité étant de préférence choisi pour que cette fraction corresponde aux composés filtrant le plus facilement. Le 30 rapport des débits des deux fractions est choisi en fonction de la pureté désirée ou du rendement d'extraction, il dépend de la différence de pression de part et d'autre de la membrane et de la porosité de cette dernière. Le réglage de la tension en fonction du débit de liquide à travers la membrane filtrante permet de maintenir la zone de séparation des deux frac-35 tions au niveau de la membrane. En même temps la tension dépend des vitesses linéaires des électrolytes au contact des membranes séparatrices : des vitesses trop faibles y entraînent l'apparition d'une couche limite immobile dans laquelle les ions ne se renouvellent pas : ce phénomène amène à élever la tension aux électrodes, donc à augmenter la puissance consommée. 71 11180 4 2131859 L'appareil scion l'invention permet une mise en pratique remarquablement simple du procédé, et il évite la diffusion de produits gênants à partir des électrodes. Ainsi, lorsque l'êlectrolyte principal est une solution de soude, 5 une membrane cation-sélective du côté de l'anode permet seulement le passage des ions Na+ et une membrane anion-sélective du côté de la cathode permet seulement le passage des ions OH : le champ électrique a donc pour effet d'injecter de la soude/^l*électrolyte auxiliaire et les seules corrections qu'il peut être avantageux ou nécessaire d'effectuer, selon les cas, sont 10 - pour l'êlectrolyte principal, l'addition de soude, en quantité correspondant à l'intensité du courant électrique à travers la cellule - pour l'êlectrolyte auxiliaire, la neutralisation de la soude par l'équivalent d'un acide convenable, acide chlorhydrique par exemple lorsque le liquide traité contient ou peut recevoir des chlorures. De plus, la présence 15 de la membrane cation-sélective empêche les ions chlorure d'aller former du chlore à l'anode, formation néfaste aussi bien pour une anode en acier que pour la plupart des liquides traités. Lorsqu'on désire utiliser un électrolyte principal acide, on choisit de préférence un oxy-acide tel que l'acide sulfurique, qui se régénère 20 à l'anode avec simple départ de l'oxygène. Si la présence d'ions de cet oxy-j. , . . . .le comp/artiirient acide est genante dans le liquide a fractionner, on peut alimenter/anoditque seul en cet acide, la cathode baignant dans un autre acide plus approprié, par exemple l'acide chlorhydrique. Dans tous les cas la memfërân e^anoà. i que arrête les anions provenant du compartiment cathodique et les maintient dans 25 l'êlectrolyte auxiliaire. La suppression de la formation de chlore permet généralement de conserver l'êlectrolyte auxiliaire avec un minimum de traitements pour équilibrer sa composition, il suffit alors de neutraliser le composant d'électrolyte principal entraîné par électrolyse puis de recycler l'êlectrolyte 30 auxiliaire. Des membranes ion-sélectives convenables sont bien connues et disponibles dans le commerce. L'élément filtrant est généralement du type microporeux, avec un diamètre moyen d'ouvertures permettant le passage des éléments entraînés par 35 la composante hydrodynamique. Les membranes séparant les compartiments d'électrophorèse des compartiments à électrolyte auxiliaire sont généralement du type dialysant ou ultrafiltrant, avec tin seuil d'arrêt correspondant aux ions ou molécules dont on désire éviter la migration : le seuil d'arrêt correspond généralement à un faible poids moléculaire, par exemple 1000, 500 ou même moins. 71 11180 5 2131859 Des membranes en cellulose régénérée conviennent généralement. La cellule peut être constituée, selon les techniques habituelles, d'éléments annulaires concentriques ou d'éléments plats superposés. Dans le dernier cas la hauteur des compartiments est généralement supérieure à leur 5 largeur, de préférence dans un rapport de 3/1 à 5/1• L'épaisseur des compartiments est faible, généralement inférieure à 10 mm et de préférence de 1 à 4 mm. Les différents compartiments d'une même cellule ont avantageusement des sections utiles sensiblement superposables. Selon les techniques courantes également, plusieurs cellules peuvent 10 être groupées en batteries (série, parallèle ou série-parallèle). Naturellement les différents paramètres et caractéristiques de la cellule peuvent être adaptés par le technicien selon chaque cas particulier. Les dessins ci-annexés illustrent l'invention. La figure 1 est une coupe en long schématisée d'une cellule d'élec-15 trophorêse avec ses annexes. La figure 2 est une vue éclatée d'une moitié de la cellule, montrant un exemple de réalisation de ses divers éléments. La figure 3 est un schéma d'ensemble montrant la mise en pratique de l'invention en laboratoire. 20 Selon la figure 1, la cellule d'électrophorèse (l) est divisée en 6 compartiments par 5 membranes, et on trouve de gauche à droite : - un compartiment anodique ($)^contenant l'anode (3) et traversé par un électrolyte principal entre des orifices opposés (15) et (16) ; - une membrane (10) cation-sélective; _ 25 - un compartiment îinodique (4) intermédiaire, parcouru, par un électrolyte auxiliaire entre des orifices opposés (17) et (18) ; - une membrane (11) perméable aux ions et molécules à poids moléculaire inférieur à 500 ; - un compartiment anodique (5) d'électrophorèse parcouru par le 30 liquide à traiter entre des orifices opposés (19) et (20) ; - une membrane (12) microporeuse perméable aux constituants à extraire ; - un compartiment cathodique (6) d'Sîectrophorèse parcouru par le liquide filtré à travers (12) jusqu'à l'orifice (21) ; 35 - une membrane (13) analogue à (11) ; - un compartiment cr.thodiqu'- (7) intermédiaire-parcouru un électrolyte auxiliaire entre des orifices opposés (22) et (23) 5 - une membrane (14) anion-sélective ; d'électrode - un compartiment cathodique (8)/contenant la cathode (9) et tra-40 versé par l'êlectrolyte principal entre des orifices opposés (24) et (25). 71 11180 6 2131859 Le liquide à traiter est introduit dans le compartiment (5) par l'orifice (19). Il passe au contact de l'élément filtrant constitué par la membrane microporeuse (12). En établissant une différence de pression hydrostatique de part et d'autre de (12), on fait passer une portion du liquide et 5 de ses constituants filtrables de (5) en (6). Les fractions filtrée et non filtrée du liquide traité sortent respectivement par les orifices (21) et (20). L'êlectrolyte principal est introduit simultanément par les orifices (15) et (24) dans les compartiments anodique et cathodique. Il est évacué, 10 avec les gaz éventuellement formés aux électrodes,par les orifices (16) et (25). Les deux fractions d*électrolyte principal sont réunies dans un bac (26) et recyclées à l'aide d'une pompe (27). Les gaz peuvent s'évacuer au niveau du bac (26) dans lequel on peut introduire les compléments (41) d'électrolyte nécessaires pour assurer un fonctionnement permanent. 15 L'êlectrolyte auxiliaire est introduit simultanément par les orifi ces (17) et (22) dans les compartiments (4) et (7) 5 il traverse ces compartiments puis est évacué par les orifices (18) et (23). Les deux fractions d'électrolyte auxiliaire sont réunies dans un bnc (29) et recyclées à l'aide d'une pompe (30). 20 Les débits d'électrolyte dans les compartiments (4) et (7) sont réglés respectivement par les vannes (31) et (32) et mesurés par les débit-mètres (33) et (34). Un échangeur thermique (35), commandé par un thermostat (45), est immergé dans le bac (29) et assure le maintien de températures appropriées dans la cellule. On peut introduire dans le bac (29) le réactif (42) 25 nécessaire pour maintenir constante la valeur du pH contrôlée par l'appareil (28) et assurer un fonctionnement permanent. Les électrodes (3) et (9) sont reliées à un générateur de courant continu d'un type connu, comportant par exemple un redresseur et un transformateur variable. On peut mesurer à chaque instant l'intensité du courant four-30 ni et la tension appliquée à l'aide respectivement d'un ampèremètre A et d'un voltmètre V (voir figure 3). Un exemple de réalisation de l'appareil est représenté partiellement en vue éclatée figure 2. On y a représenté les trois compartiments (6), (7) et (8) correspondant à la moitié cathodique de l'appareil. L'autre moitié est 35 disposée symétriquement par rapport au plan de la membrane microporeuse (12). La cellule d'électrophorèse est constituée par un empilement de membranes et de cadres intercalaires plans, serrés entre deux plateaux rigides tels que (36) par un jeu de tiges filetées enfilées dans les trous tels que (43) et d'écrous (non représentés). 71 11180 7 2131859 Les cadres intercalaires (37), (3") et (39) sont évidés au centre pour former les divers compartiments. Ils comportent, ainsi que les membranes, des trous tels que (44) dont l'alignement constitue les canaux de distribution des fluides entre les divers compartiments et les faces externes des 5 plateaux tels que (36). Les cadres sont en tous matériaux convenables isolants et compatibles avec les fluides venant à leur contact. Par exemple, dans le cas du traitement du sang, ils peuvent être constitués ou recouverts par des polymères fluorés ou des élastomères silicones. Les électrodes peuvent être constituées chacune par une grille 10 d'acier inoxydable avec passage des fils d'alimentation (40) dans l'épaisseur de l'intercalaire. Dans les autres compartiments, on dispose avantageusement des grilles constituées par exemple de deux nappes de fils croisés et thermo-scellés, en polyéthylène ou en matière plastique inerte équivalente, le cas échéant siliconée. Elles ont pour but de soutenir les membranes, de répartir t5 ics £i5$SI8èS!nt dans chaque compartiment et de provoquer les turbulences nécessaires à de bons échanges. Le procédé selon l'invention va être explicité plus en détail en se référant à l'appareil de la figure 1 et en illustrant l'isolement de gammaglobulines à partir de sang d'animal en circulation extracorporelle. Ce traite-20 ment nécessite un maximum de précautions et de sélectivité. L'application du procédé au fractionnement d'autres liquides peut s'en déduire en modifiant les différents paramètres dans le sens nécessaire. Les conditions à remplir dans le cas illustré sont que, le sang devant être restitué à l'animal, il importe ""de-ne modifier ni sa température, ni 25 son pH,ni sa concentration ionique, ni sa pression osmotique, ni sa teneur en éléments figurés, et que le compartiment sang au moins doit être stérilisable et en matériaux non thrombogènes. L'êlectrolyte auxiliaire est constitué par une solution aqueuse à 9 g/l de chlorure de sodium, en équilibre ionique avec le sang et au même pH 30 (7,4) et contenant 0 à 5 g/l de citrate de sodium. L'êlectrolyte principal est une solution de soude 0,154 N, également iso-ionique en Na+. La migration des ions Na+ et 0H sous l'effet du champ électrique est compensée par une addition continue de soude concentrée dans le bac (26) à électrolyte principal, à un débit proportionnel à l'intensité du courant dans le cellule. Du côté de l'élec-35 trolyte auxiliaire, l'enrichissement en soude est compensé dans le bac (29) par une addition correspondante d'acide chlorhydrique 0,154 N (iso-ionique en Cl ) contenant une quantité d'acide citrique équivalente à celle de l'êlectrolyte auxiliaire. Le débit d'acide est contrôlé par vérification du pH, qui doit rester compris entre 7,35 et 7,45. L'acide citrique apporte son pouvoir tampon 40 à l'êlectrolyte et, en complexant le calcium, joue un rôle anticoagulant dans 71 11180 8 2131859 l'appareil* Les ions citriques entraînés dans le compartiment anodique d'électrophorèse à travers les membranes (13) puis (12) ne sont pas dangereux pour l'animal car ils sont rapidement métabolisés. Le débit d'électrolyte auxiliaire cathodique est réglé pour que son 5 pH monte entre 8 et 9 à la sortie du compartiment (?). Dans le compartiment anodique (4) le débit d'électrolyte auxiliaire est réglé pour que le pH reste à 7,35-7f45. Cette disparité des pH est rendue possible par suite des différences de pouvoir tampon dans les deux compartiments d'électrophorèse : le compartiment amont (anodique)d'électrophorèse contient les éléments figurés du sang 10 et la majeure partie des protéines solubles, il bénéficie donc du pouvoir tampon du COg fixé par l'hémoglobine et (bien qu'à un moindre degré) de celui des protéines solubles. Par contre le compartiment aval (cathodique) d'électrophorèse ne reçoit que les molécules neutres (glucose, sels) et les globulines qui n'ont pratiquement aucun pouvoir tampon, 15 Si on doit purifier des gamma-globulines en milieu non tamponné, on peut encore utiliser le procédé selon l'invention : il suffit de réduire le débit de l'êlectrolyte auxiliaire anodique à une valeur telle qu'il apparaisse une couche limite pratiquement immobile au contact de la membrane cation-sêlec- .f. tive. Cette couche s'appauvrit en ions Na qui sont remplacés en partie par 20 des ions H+, ce qui empêche l'élévation du pH dans le liquide non tamponné du compartiment (5)» Le réglage précis du'pH est toutefois délicat par suite du mauvais pouvoir tampon de l'êlectrolyte et de la solution à fractionner» Il est plus simple d'ajouter de l'albumine à la solution,l'effet tampon obtenu dans le compartiment amont d'électrophorèse (5) est suffisant 25 pour stabiliser le pH, Les exemples suivants précisent les conditions d'opérations expérimentales d'extraction de gamma-globulines à partir d'un lapin équipé d'un shunt artêrio-veineux carotide-jugulaire et à partir d'une solution aqueuse. EXEMPLE 1 30 On utilise une cellule d'électrophorèse selon les figures 1 et 2 constituée comme indiqué ci-après et alimentée en sang et électrolytes comme indiqué ci-avant. Deux plaques de polycarbonate de dimensions 19 x 6,5 x 2 cm enserrent une succession de cadres en élastomère silicone de dimensions 19 x 6,5 x 35 0,15 cm et dont le centre est évidé pour former des compartiments de 13 x 3 x 0,15 cm environ. Les compartiments extrêmes (1) et (8) contiennent chacun une électrode en toile d'acier inoxydable reliée à un pôle d'un redresseur de courant alimenté par un transformateur-variateur de tension. Les compartiments intermédiaires (4,5,6,7) sont garnis chacun par 40 une grille en copolymère éthylène-acétate de vinyle de mêmes dimensions, la grille du compartiment (5) étant enduite d'élastomère silicone. 71 11180 2131859 La membrane microporeuse (12) est une feuille en triacétate âe cellulose de porosité 0,45 ji supportée du côté de (5) par un tissu de monofilaments en nylon de diamètre 30 p, ouverture de maille 40 fi, laminé puis sili-conê par imprégnation avec une solution à 1 % d'élastomère dans le cyclohexane. 5 Les membranes dialysantes(11 et 13) sont en cellulose régénérée pe sant 60 gr/m2, tendue sur un cadre en acétate de cellulose pour (13) et en résine fluorée pour (il). Les membranes ion-sélectives (l0) et (14) sont constituées par des résines échangeuses d'ions dispersées dons un copolymère chlorure de vinyle/ 10 malêate de butyle comme décrit dons le brevet français 1 584 187 ('60 % de résine et 40 % de copolymère contenant 4 % en poids de motifs malêate) et supportées par un tissu de polypropylène à 24 mailles au centimètre (ouverture 0,25 mm) pesant 77 g/m2. La membrane anion-sêlective contient une résine à groupements ammonium quaternaire, elle a une résistance électrique de substi-15 tution de 6-fi/cm2 et une permsélectivité de 82 % ; la membrane cation-sélective contient une résine à groupements acide sulfonique, résistance 8-i~i/cm2, permsélectivité 80 % (mesurées comme décrit dans le brevet précité). La température du bac (29) est réglée à 40°C, et on remplit les compartiments d'électrophorèse (4 et 5) et leurs tubulures (élastomère sili-20 cone) avec du sérum physiologique héparine à 50 u/cm3, en tampon phosphate pH 7,4. On branche la sortie artérielle/lu shunt sur l'appareil en (19) en suppléant à la pression artérielle par une pompe péristaltique/débitant 360 cm3/h, la sortie (21) étant fermée. (53) Lorsque le sang apparaît à la.sortie du tube/qui prolonge l'orifice , par l'intermédiaire dfuh"filtre débulleur (54-) , , 25 (20;, on raccorde ce tube a la branche veineuse au sftuntA Par suite de la perte de charge dans le tube de retour du sang et dans le catheter intraveineux, la pression dans le compartiment (5) est d'environ 100 mm Hg« On met en marche la circulation d'électrolyte principal, à un débit moyen voisin de 50 l/h (soit 25 l/h par compartiment) puis la circulation 30 d'électrolyte auxiliaire en réglant les débits à 65 l/h pour le compartiment anodique et à 50-55 l/h pour le compartiment cathodique. Il est avantageux de maintenir dans les 4 compartiments à électrolytes (2, 4, 7, 8) la même pression que dans (5), ce qui limite les déformations des différentes membranes. On établit aux électrodes une tension de 14 V, qui assure une inten-35 sité de 2 A (soit 70 jnA./cm2) et on commence à rééquilibrer les électrolytes -par addition d'acide chlorhydrique 0,154 IT citraté dans le bac (29), au débit de 480 cm3/h, débit légèrement inférieur au débit théorique, avec compensation périodique selon les indications du pHmètre ; l'excédent de volume correspondant à cette addition est évacué du bac par trop plein j 10 71 11180 2131859 - par addition de soude 7,7 N dans le bac (26) au débit de 10 aiû/h avec correction périodique également. On ajuste les débits en (4) et (7) pour avoir des pH respectifs de 7t4 et 8,6. 5 On ouvre la sortie (21) du compartiment aval (6) en réglant le dé bit de sortie à 12 cm3/h. Pour maintenir constante la concentration globulaire, on injecte au même débit dans le sang, en amont de la cellule, une solution à 1 g/l de glucose hêparinée à 200 u/cm3 dans du tampon phosphate (soit environ 8 U/h/cm3 de sang) .par une pompe (52). 10 Le réglage tension aux électrodes/débit en (21) est choisi pour que la concentration en gamma-globuline dans la solution extraite soit environ la moitié de e^rconcentration dans le sang non traité. On récupère ainsi en (35) une solution à environ 2,5 g/l âe gammaglobulines exempte de béta-globulines mais contenant (a) un peu (0,8 g/l) de 15 fibrinogène qui peut être séparé facilement par précipitation au moyen de thrombine et (b) les petites molécules (glucose, urée, sels minéraux) qui sont éliminables par dialyse. Après 18 h d'un tel traitement, réparties sur 3 jours en séances de 6 heures,, on a obtenu à partir d'un même lapin 200 cm3 de solution, soit 20 500 mg de gamma-globulines immunoélectrophorétiquement pures (immunoglobulines G exemptes d'immunoglobulines M par la technique d'OUCHTERLQMY). Une élévation de la tension aux électrodes améliore le pouvoir séparateur et permet donc d'augmenter le débit de passage à travers la membrane microporeuse (12). Ainsi on peut opérer sous 37 V avec un débit de 24 cm3/h. 25 II convient alors de porter à 95 et 75 l/h, respectivement, les débits d'électrolyte auxiliaire dans les compartiments anodique et cathodique. Dans ces conditions encore le débit du sang n'est pas critique et pourrait varier sans inconvénient entre 300 .et 900 cm3/h. EXEMPLE 2 non tamponnée 30 On traite une solution isotoniqucy à 2 g/l de gamma-globuline conte nant 2 g/l d'hémoglobine dans la même cellule et avec les mêmes paramètres qu'à 1'exemple 1. En quelques minutes on constate l'élévation du pH dans le compartiment anodique d'électrophorèse, et le fractionnement n'est plus satisfaisant. 35 On réduit alors le débit d'électrolyte auxiliaire anodique, de 65 l/h à 55 l/h, ce qui a pour effet de ramener son pH à 7,4. On soutire alors du compartiment cathodique d'électrophorèse line solution de gamma-globuline exempte d'hémoglobine. 71 11180 2131859 EXEMPLE 3 On opère comme dans l'exemple 2 mais, au lieu de modifier le débit d'électrolyte auxiliaire anodique, on ajoute de l'albumine à la soltuion de gamma-globuline, jusqu'à une teneur de 25 g/l. Le pH de la solution anodique reste stable et on soutire du compartiment cathodique d'électrophorèse une solution de gamma-globuline exempte d'hémoglobine. 71 11180 2131859 REVENDICATIONS 1° Procédé de fractionnement en continu par électrophorèse à courant forcé d'un liquide aqueux contenant au moins deux composés dont les mobilités relatives dans un champ électrique varient en fonction du pH, pour obtenir 5 une fraction enrichie et une fraction appauvrie en l'un de ces composés, consistant simultanément à - introduire le liquide à traiter dans une cellule d'électrophorèse au contact d'une face d'un élément filtrant perméable à l'un au moins desdits composés, 10 - appliquer un champ électrique entre deux électrodes disposées de part et d'autre de l'élément filtrant, - faire passer une fraction dudit liquide à travers l'élément filtrant et soutirer séparément la fraction filtrée et la fraction non filtrée, - faire circuler au contact de chaque électrode un électrolyte principal 15 indépendant du. liquide à fractionner. - faire circuler deux courants d'électrolytes auxiliaires entre des membranes perméables aux ions les séparant d'une part d'un courant d'électrolyte principal et d'autre part respectivement du liquide filtré et du liquide non filtré 20 caractérisé en ce que, entre leur entrée et leur sortie de la cellule, les deux courants d'électrolytes auxiliaires ont des pH moyens différents. 2° Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que les électrolytes auxiliaires pénètrent dans la cellule avec des pH différents. 3° Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que les 25 électrolytes auxiliaires pénètrent dans la cellule avec des pH identiques et circulent dans la cellule avec des vitesses moyennes différentes. 4° Procédé selon la revendication 3, caractérisé en ce qu'on divise un courant unique d'électrolyte auxiliaire en deux courants qui circulent indépendamment dans la cellule, on les réunit à la sortie de la cellule et 30 on les recycle. 5° Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on recycle les différents électrolytes en maintenant constantes leurs compositions moyennes. 6° Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'élec-35 trolyte principal est une base en solution aqueuse et l'êlectrolyte auxiliaire une solution tamponnée au pH du liquide à fractionner. 7" Procédé selon les revendications 1 et 6 pour l'isolement des gammaglobulines du sang, caractérisé en ce que le sang circule du côté anodique 71 11180 13 2131859 de 11 élément filtrant et en ce qu'on règle les pH moyens des couréints d'électrolytes auxiliaires entre 8 et 9 pour le compartiment cathodique et entre 7,35 et 7,45 pour le compartiment anodique. 8° Cellule d'électrophorèse à courant forcé, pour le fractionnement 5 en continu d'un liquide aqueux contenant des composés aolloïdaux mobiles dans un champ électrique en une fraction enrichie et une fraction appauvrie en l'un au moins desdits composés, la cellule comprenant de l'anode à la cathode six compartiments séparés par des membranes ioniquement perméables, les deux compartiments centraux étant sépares par une membrane microporeuse perméable à 10 1'un au moins des constituants dudit liquide et séparés des compartiments intermédiaires par des membranes dialysantes, caractérisée en ce que les compartiments extrêmes contenant l'anode et la cathode sont séparés des compartiments intermédiaires par des membranes ioniquement sélectives imperméables respectivement aux anions et aux cations, 15 9°'Cellule selon la revendication 8 dans laquelle l'un au moins des électrolytes est recyclé, caractérisée en ce que le circuit de recyclage de l'êlectrolyte est associé à une source de réactif et à des moyens permettant le maintien de sa composition.