La présente invention concerne de nouveaux dérivés réserpiniques. Ces dérivés sont caractérisés en ce qu'ils sont substitués en position 1 du noyau B, c'est-à-dire sur l'azote indolique, par une chaîne fonctionnelle. L'invention concerne également le procédé de préparation desdits nouveaux dérivés. On connaît déjà certains dérivés d'alcaloides indoliques qui, notamment dans la série de la réserpine, possèdent des propriétés antihypertensives. Ce sont des dérivés à substitution amine, reliée en diverses positions du noyau de la réserpine, tels que la ll-diméthylaminodéserpidine décrite dans le brevet français n" 1 238 752. On connaît également des dérivés dialkylaminoalkyle en position 1 du yohimbane et de la yohimbine tels que ceux décrits dans les BSM 102M et 360M. Ces derniers dérivés sont préparés d'une manière générale par condensation, sur l'atome d'azote indolique, de l'halogénure de dialkylaminoalkyle correspondant. On a maintenant découvert que certains nouveaux composés réserpiniques comme la réserpine, la rescinnamine, la méthoserpidine qui portent, rattachée à l'azote indolique, une chaîne fonctionnelle obtenue, dans un premier stade réactionnel, par cyanoéthylation, possèdent des propriétés pharmacologiques intéressantes. Bien qu'ils conservent l'activité recherchée de l'alcaloide initial, par exemple une activité antihypertensive dans le cas de la réserpine, ils sont dépourvus d'effets secondaires (sédatifs ou dépresseurs par exemple) sur le système nerveux central. D'une manière générale, les dérivés selon la présente invention ont une toxicité nettement inférieure à celle des alcaloses de départ. La présente invention concerne les nouveaux dérivés réserpiniques de formule générale dans laquelle R1 et R2 identiques ou différents représentent chacun un atome d'hydrogène ou un groupe méthoxy ; h représente l'un des groupes suivants et R représente l'un des radicaux suivants 2-cyanoéthyle -CH2-CH2-CN 3-oximino-3-amino-propyle 3-amino-propyle 2-carbamidino-éthyle 3-guanidino-propyle 3-nitroguanidino-propyle L'invention concerne en particulier les dérivés l-propionitrile, l-propionamidoxime, l-propylamine, l-propionamidine et l-propylguanidine des composés de la série réserpinique : OCH3 réserpine Fl : OCH3 ; R2 : H ; R3 : OCO OCH3 OCH3 res cinnamine méthoserpidine L'invention concerne également le procédé de préparation de ces nouveaux composés. Le premier stade de ce procédé consiste en une cyanoéthylation de l'alcaloîde de départ, c'est-à-dire en une réaction, sur cet alcalose, de l'acrylonitrile, en présence d'un catalyseur tel que l'hydroxyde de benzyltriméthylammonium, dans un solvant organique inerte. On obtient ainsi respectivement les dérivés l-propionitrile précités. Les dérivés propionamidoxime selon l'invention sont obtenus, dans un second stade, par action de l'hydroxylamine sur les dérivés propionitrile obtenus au premier stade. En effectuant une hydrogénation ménagée, qui conserve le squelette de l'alcalotde, des dérivés propionitrile, on obtient les dérivés l-propylamine selon l'invention. Cette hydrogénation ménagée consiste à faire réagir, sur le dérivé propionitrile, l'ammoniac gazeux en présence de nickel Raney dans l'alcool absolu, en autoclave, à une température égale au minimum à 100"C environ et sous une pression d'environ 120 atmosphères. D'autre part, à partir des dérivés propionitrile, on prépare les dérivés propionamidine selon l'invention en formant d'abord l'imino-ester par réaction avec l'éthanol absolu en presence d'acide chlorhydrique gazeux. L'imino-ester, traité par ammoniac gazeux fournit alors lramidine. Enfin, les dérivés propylguanidine sont préparés à partir des dérivés propylamine par réaction, en milieu alcoolique, avec la S-méthylisothiourée ou la N-nitro-S-méthyl-isothiourée ; on peut encore former le radical 3-guanidinopropyle par hydrogénation du radical 3-nitroguanidinopropyle. Le schéma ci-dessous représente les différentes étapes de la synthèse précitée ; on n'a représenté que l'azote indolque en position 1 des alcaloides réserpiniques. CH2=CH-CN H CK2 P CH2 CH2 12 0% CINH2 CN $ C ~ NH2 \ eee NOH C 2 H + \ OH HCl gazeux N CH aH2 fH2 / NH C1H2 CH2 C NH C1H2 12 CH3-S ç/H NH2 CH3-S- NM2 Z \ C2H5 SNH-Na2 / 7 \Ni / CH (\H2 H CHZ 2 CIH2 CçH NH CH2 iH2 2 H2 NH NII NH NH2 MNH C 02N-HN X NH Les exemples suivants sont destinés à illustrer le procédé de préparation selon l'invention, mais ne sont en aucun cas limitatifs. EXEMPLE 1 Réserpine-l-propionitrile 18,2 g (0,03 mole) de réserpine sont mis en suspension dans 250 m1 de benzène anhydre, puis on ajoute 200 ml d'acrylonitrile. On opère dans un réacteur en verre avec agitation mécanique et réfrigérant. Après avoir porté la température du milieu réactionnel à 40"C, on verse 1,5 ml de Triton B (solution méthanolique à 40 % d'hydroxyde de benzyltriméthylammonium). La réaction s'initie rapidement, s'accompagnant d'une dissolution totale de la suspension, puis d'une précipitation de polymère. On laisse la réaction se poursuivre pendant 45 minutes à 60 C. Après avoir concentré la solution à sec, on sépare le polymère du nitrile formé en extrayant ce dernier au benzène au reflux. Le nitrile brut est obtenu par concentration de la solution benzénique. Le nitrile est purifié par cristallisation du méthanol. F = 230 C (Kofler) rendement 80 %. Analyse : C36H43N309 i PM 661,72 Théorie Trouvé C = 65,33 65,51 H = 6,54 6,35 N = 6,35 6,25 0 = 21,76 21,59 Spectre infrarouge : bande caractéristique du groupe -l - C a N à 2 260 cm EXEMPLE 2 Réserpine- 1-propionamidoxime 6,6 g (0,01 mole) de réserpine-l-propionitrile sont mis en suspension dans 200 mI d'alcool éthylique à 950C. On opère dans un réacteur en verre avec agitation mécanique et réfrigérant. On ajoute à la suspension de nitrile 5 fois la quantité théorique de chlorhydrate d'hydroxylamine (3,5 g) ; on libère l'hydroxylamine en ajoutant une solution saturée de C03Na2. Le pH du milieu réactionnel ne doit pas dépasser 7. Le mélange est abandonné 15 heures à une température500C. Par concentration de la solution réactionnelle, on obtient l'ami- doxime à l'état brut. Les sels minéraux sont éliminés par extraction. L'amidoxime cristallise du méthanol. cris taux incolores F = 165 C (Kofler) rendement : 65 %. Analyse : C36H46N4010 ; PM 694,75 Théorie Trouvé C = 62,23 62,18 H = 6,67 6,78 N = 8,06 7,91 0 = 23,03 22,94 Spectre infrarouge : =N-OH 3 460 cm-1 N-H . . . . H 3 360 cm-1 3 180 1 1 660 cm EXEMPLE 3 Réserpine-l-propylamine 10 g de réserpine-l-propionitrile, 200 ml d'alcool absolu, 2,6 g d'ammoniac gazeux et 5 g de nickel de Raney sont placés dans un autoclave. On opère la réduction à 130 C sous 120 atmosphères pendant 6 heures. Après élimination du catalyseur, l'amine formée -est isolée sous forme de dichlorhydrate cristallisé dans l'isopropanol F = 241 C (Kofler) rendement : 95 %. Analyse : C36H49N309 , 2 ClH ; PM 738,68 Théorie Trouvé C - 58,53 58,37 H = 6,68 6,75 N = 5,69 5,51 0 = 19,49 19,30 C1 = 9,60 9,19 EXEMPLE 4 Rérserpine-1-propylnitroguanide 3 g d'aminopropylréserpine et 0,6 g de N-nitro-S-méthyl-isothiourée sont mis en suspension dans 60 ml d'éthanol absolu. On chauffe 20 heures à 500C puis on laisse réagir 2 jours à température ambiante. On concentre à sec et on procède à l'isolement du composé par chromatographie sur Al2O3. Le produit est isolé sous forme de chlorhydrate qui cristallise dans le mélange benzène-acétone (1 = 3). On obtient des cristaux jaunâtres fondant à 2100C Analyse : C27H48N6O11 , HCl Théorie Trouvé C = 56,30 56,04 H = 6,26 6,22 N = 10,65 10,43 O = 22,30 22,20 Cl = 4,49 4,46 EXEMPLE 5 On hydrogène Og500 de nitroguanidine à 60 sous 50 atmosphères pendant 3 heures en milieu alcoolique, le produit cristallise dans l'acétone. Début de fusion 205 Fnet 230 au banc Kofler. EXEMPLE 6 Reserpine-l-propionamidine a) Préparation du réserpine-l-(imino-propionate d'éthyle) Dans un ballon tricol de 250 ml, muni d'une agitation magnétique, réfrigérant et tube plongeant, permettant l'arrivée d'HCl gazeux, on place environ 1/200 mole (3,3 g) de réserpine-l-propionitrile, 80 ml d'éthanol absolu et 80 ml de benzène anhydre. Après dissolution, on porte le mélange entre 0 et 50C et on fait barboter HC1 gazeux pendant 2 heures et-demie. On laisse reposer 48 heures en glacière. b) Préparation de la réserpine-l-propionamidine L'iminoester ainsi obtenu, repris par 60 ml d'éthanol absolu est traité pendant 30 minutes à température ordinaire par un courant d'ammoniac. On porte ensuite au reflux 30 minutes et concentre à sec. Le-chlorhydrate d'amidine est cristallisé dans l'isopropanol. F = (Kofler) : fusion pâteuse à partir de 245 - 250"C. Analyse : dichlorhydrate C36H48N409C12 ; PM 751,68 Théorie Trouvé C = 57,52 57,37 H = 6,44 6,58 N = 7,45 7,57 O = 19,16 19,19 C1 = 9,43 9,30 EXEMPLE 7 Rescinnamine-l-propionitrile On opère comme à l'exemple 1 en -partant toutefois de La rescinnamine. On obtient le produit de formule brute Analyse : C38H45N309 ; PM 687,79 Théorie Trouvé C = 66,36 66,24 H = 6,59 6,83 N = 6,11 6,39 O = 20,94 20,54 EXEMPLE 8 Res cinnamine-l-propionamidine a) Préparation du rescinnamine-l-(imino-propionate d'éthyle? Dans un ballon tricol de 500 ml, on place le rescinnamine-l- propionitrile préparé comme à l'exemple 10, à raison de 4 g (0,0058 mole), l'éthynol absolu 130 ml, du benzène anhydre 130 ml. Le nitrile se dissout. On maintient le mélange entre 0 et 50C. On fait barboter HCl gazeux pendant deux heures et demie tout en maintenant la température initiale. On laisse reposer pendant 48 heures en glacière. b) Préparation de la rescinnamine-l-propionamidine On concentre à sec la solution obtenue selon a), on reprend par de l'éthanol absolu et on fait barboter à température ambiante et pendant 30 minutes de l'ammoniac. On porte au reflux pendant 30 minutes. On concentre à sec et on reprend par du chlorure de méthylène, On filtre, concentre le filtrat à sec, puis- on extrait le nitrile restant par le benzène. On recristallise l'insoluble dans l'isopropanol. La purification de l'amidine peut être faite par chromatographie sur alumine ou parfristallisation dans un mélange acétone-benzène. Analyse : monochlorhydrate C38H49N409C1 ; PM 741,26 Théorie Trouvé C = 61,56 61,39 H = 6,66 6,80 N = 7,56 7,42 0 = 19,42 19,59 C1 = 4,78 4,64 F Kofler = 200 - 220"C (très étalé). En opérant comme indiqué aux exemples ci-dessus, on prépare les autres dérivés selon la présente invention définis au déhut de la spécification. Etude pEarmacologique On a voulu évaluer l'action des nouveaux composés selon ltinven tion sur le S.N.C. ainsi que leur activité antihypertensive et leurs effets cardiovasculaires. Ont été principalement étudiés les produits des exemples 1, 2 et 3. I - ETUDE DU COMPORTEMENT ET DETERMINATION DE LA DL50 APPROXIMETIVE Les composés sont administrés à des lots de 3 souris par voie orale ou intraveineuse à des doses variant en progression géométrique de raison 2 ou 3 (5, 10, 30, 60, 100 mg/kg de poids corporel). Les résultats montrent que les 3 produits des exemples 1, 2 et 3, étudiés par voie I.V., sont moins toxiques que la réserpine dont la DL50 par voie I.V. chez la souris est voisine de 25 mg/kg. Les composés des exemples I et 2 ne provoquent pas la mort des souris aux doses respectives de 100 et 60 mg/kg. La DL50 par voie I.V. chez la souris du composé de l'exemple 3 est voisine de 80 mg/kg. Pour les 3 produits, on retrouve à doses fortes (30 à 60 mg/kg) des symptômes observés pour la réserpine à des doses de l'ordre de 2 mg/kg : ptôse, diminution de l'activité spontanée, diminution de la sensibilité au toucher, tremblements, passivité, diminution de la force d'agrippement, somnolence, troubles respiratoires, défécation, position foetale. Le composé de l'exemple 1 a été étudié également par voie orale comparativement à la réserpine. Les symptômes observés ne se produisent qu'à des doses au moins 10 fois supérieures à celles de la réserpine qui est toutefois plus toxique (DL50, 80 mg/kg per os). II - EPREUVES D'EXPLORATION GENERALE DU SYSTEME NERVEUX CENTRAL Les essais sont pratiqués sauf exception sur des lots de 10 souris mâles, les doses injectées représentant des fractions plus ou moins importantes de la DL50. Les résultats sont exprimés soit en pourcentage d'animaux qui réagissent en fonction du temps, soit en pourcentage d'augmentation ou de diminution d'un effet donné, soit en utilisant une cotation arb-itraire. Les essais mis en oeuvre sont les suivants 1) Test du "Rota-rodtt ou d-e la tige tournante : selon TRIPOD j. et col. Arch. int. Pharmacodyn 112, 319 (1957). 2) Test de la cheminée : d'après BOISSIER j.R. et col, Medicina Exp. 3, n" 1, 81 (1960) 3) Test de la traction : d'après COURVOISIER S. J. Clin. Exper. Psychopathol. 17, 25-37 (1956). Les résultats de ces 3 tests n" 1 à 3 sont les suivants D'après les tests du Rota-rod et de la cheminée, les composés des exemples 2 et 3 ne sont actifs qu'à doses assez fortes (40 et -30 mg/kg), des doses plus faibles ne donnant aucun résultat pour les composés des exemples 1 et 2. Le test de la traction était négatif pour les 3 composés. La réserpine à-faible dose est très active d'après ces 3 tests. 4) Potentialisation de la narcose barbiturique Le barbiturique (penthiobarbital) est injecté par voie intrapéritonéale à la dose de 40 mg/kg, 20 minutes après la substance étudiée. On note la durée du sommeil, le critère du sommeil étant la perte du réflexe de retournement. Les résultats sont exprimés en pourcentage d'animaux endormis en fonction du temps. Le composé de l'exemple 3, pratiquement inactif à la dose de 15 mg/kg par voie I.V., potentialise nettement la narcose au penthiobarbital à la dose de 30 mg/kg par voie I.V. Les composés des exemples 1 et 2 aux doses respectives de 10 et 40 mg/kg par voie I.V. sont inactifs. La réserpine, par contre, a un effet très important à la dose de 2,5 mg/kg. 5) Potentialisation de la narcose au chloral La technique adoptée est celle exposée par L. BUCHEL et col. /Thérapie, XVII, 1053-1094 (1962)/. L'hydrate de chloral est administré à la dose de 325 mg/kg par voie I.P. à des lots de 10 souris, 20 mn après administration par voie I.V. du composé à l'essai. La narcose au chloral est nettement potentialisée par les composés des exemples 2 et 3 aux doses de 40 et 30 mg/kg par voie I.V. L'action du composé de l'exemple 1 à la dose de 10 mg/kg est très discrète. 6) Antagonisme à l'égard des effets du pentétrazol 20 minutes après l'administration du produit étudié, le pentétrazol est administré par voie I.V. à une dose yoisine de la DL10 & (60 mg/kg) On note les pourcentages de tremblements, de crises eut de morts. Aucun des 3 composés étudiés n'antagonise les effets du pentétrazol. 7) Activité par actographie La méthode consiste à enregistrer le nombre de passages d'un animal devant deux rayons lumineux perpendiculaires. Des souris isolées ou groupees par 2 sont introduites dans des cages d'activité type DEWS (ac timètre- photo-électrique APELAB) après injection I.V. des produits étudiés. On mesure l'activité après 5 et 20 mn. On exprime les résultats en-pourcentage d'augmentation ou de diminution d'activité par rapport aux témoins. Les composés des example 2 et 3 n'ont pas d'action sur l'activité par actographie, alors que la réserpine la diminue fortement, déjà à la dose de 1 mg/kg par voie I.P. 8) Potentialisation de la toxicité de la yohimbine Ce test a été décrit par Quinton R.M., Brit. J. Pharmacol. 21, 51;66. Seul, le composé de l'exemple 1 potentialise la toxicité de la yohimbine, à la dose de 100 mg/kg per os (40 % de mortalité). 9) Action antagoniste vis-à-vis de la strychnine administrée en perfusion lente. Les produits à tester ont été administrés 30 mm avant la perfusion lente, Celle-ci a été effectuée à la vitesse de 0,1 ml/mn à l'aide d'une pompe BRAUN comportant une seringue de 50 ml prolongée par un très fin cathéter portant à son extrémité une fine aiguille placée dans la veine de la queue de la souris. La concentration de la solution de strychnine perfusée a été de 0,075 mgiml. On a noté successivement 2 temps : temps nécessaire pour obtenir -la crise tonique et temps nécessaire pour obtenir la mort. A partir de ces temps et en tenant compte du poids de chaque animal, on a calculé les doses en mg/kg pour lesquelles se produisent les symptômes d'intoxication (crise tonique) et la mort. Le composé de l'exemple 3 a été administré à 2 doses : 30 et 60 mg/kg, 30 mn avant perfusion, par voie I.P A la plus forte dose on n'a noté aucune différence significative avec les témoins aussi bien en ce qui concerne la dose qui provoque la crise tonique que la dose qui provoque la mort. A 30 mglkg par contre, une différence significative (pour P Après administration du composé de L'exemple 2 à la dose de 40 mg/kg, 30 mn avant perfusion, liapparition de la crise tonique se produit plus tardivement , pour une dose plus élevée que chez les animaux témoins (différence significative pour 0,05 > P > 0,01). I1 n'existe par contre aucune différence entre les doses qui provoquent la mort. En conclusion, et en tenant compte des DL50 par voie I.V des nouveaux composés qui sont beaucoup moins toxiques que la réserpine, l1ac- tion dépressive de ceux-ci est donc atténuée par rapport à celle de la réserpine, pour les dérivés l-propionitrile et l-propylaminé et très atténuée pour le dérivé l-propionamidoxime. III - ACTION ANTIHYPERTENSIVE CHEZ LE RAT EN HYPERTENSION RENFLE Pour obtenir des rats hypertendus, on a utilisé la méthode.de PAGE E.W. et col. /Am. J. Obstetr. Gynecol. 41, 53 (1941)7 destinée à créer une périnéphrite au collodion. Pour étudier traction antihypertensive des composé à l'essai on a utilisé deux protocoles expérimentaux différents a) soit l'administration d'une faible dose chaque jour pendant plusieurs jours et étude des modifications de la pression artérielle au cours du temps, b) soit l'administration d'une dose unique et étude des modifications de la pression artérielle pendant les 24 heures ou 48 heures qui suivent 1 ' injection. Avec le premier protocole (a), on a étudié le composé de l'exemple 1 qui a été administré en solution dans L'acide ascorbique à 3 % dans le soluté physiologique, à 6 rats hypertendus à la dose quotidienne de 1 mg/kg par voie I.P. pendant 13 jours, puis le traitement a-été interrompu pour laisser remonter la tension. La réserpine a été administrée comme produit de référence à 6 rats hypertendus à la dose de 1 mg/kg par voie I.P. dans les mêmes conditions, le traitement étant également arrêté après 13 jours. Les résultats de l'essai effectué avec le composé de l'exemple 1, montrent qu'en 13 jours, une baisse nette de la pression artérielle (-25 7 pour la pression moyenne et -16,5 % pour la pression maxima par rapport aux témoins hypertendus) s'est produite pour le lot traité avec le composé de l'exemple 1 à la dose quotidienne de 1 mg/kg par voie I.P. Une baisse moins importante a été enregistrée pour le lot traité à la réserpine utilisée à la même dose (pression moyenne : -16,5 % au lléme jour, -11 % au 13ème jour ; pression maxima : -147 au Llème jour, -11,5 % au 13ème jour). Après l'arrêt du traitement, les pressions ont retrouvé leurs valeurs initiales au bout du 45ème jour après début de l'expérience. Le composé de l'exemple 1 parait donc un peu piu actif que la réserpine, après ce protocole expérimental assez sévère. Selon le deuxième protocole (b) l'action antihypertensive des composés des exemples 1, 2 et 3 a été étudiée par administration par voie I.P. d'une dose équivalente au 20ème de la DL-50 (I.P.) chez le rat produit de l'exemple 1 750 -u 37 mg/kg 20 395 produit de l'example 2 # 20 mg/kg 20 produit de l'exemple 3 58 N 3 mg/kg. 20 les principes actifs étant en suspens ion (produit 1) ou solution (2 et 3) dans le soluté physiologique de chlorure de sodium à 9 % La réserpine utilisée comme produit de référence a été administrée à une dose sensiblement équivalente de 2,5 mg/kg par voie I.P. Les modifications tensionnelles provoquées par ces produits ont été comparées à celles pouvant se produire spontanément chez des rats témoins hypertendus ayant reçu du soluté physiologique de NaCl à 9 g 70rnrvoie I.P. Les pressions moyennes (ou diastoliques) et maxima (ou systoliques) ont été mesurées 1 heure, 3 heures, 5 heures, 24 heures, 30 heures et 48 heures après administration des composés. L'étude a porté sur 7 rats dans le cas des témoins et du produit 2 et sur 5 rats pour les produits 1 et 3 et la réserpine. A partir des mesures effectuées aux différents temps et pour chacun des rats des différents lots, on exprime les variations de pression moyenne ou maxima en plus ou en moins par rapport aux pressions initiales enregistrées avant administration des substances. On effectue ensuite la somme algébrique des variations de pression artérielle et caleule pour chaque lot les valeurs moyennes.Les résultats obtenus au cours du temps pour cha cün des produits sont comparés à ceux enregistrés pour les témoins hypertendus par le test t de Student. Les résultats généraux font l'objet des tableaux n I et II. TABLEAU I ACTION ANTIHYPEBTENSIVE DE LA RESERPINE ET DES COMPOSES SELON LES EXEMPLES 1, 2 et 3 : VARIATIONS DE PRESSION MOYENNE Témoins Réserpine Produit de Produit de Produit de hyper- 2,5 mg/kg IP l'exemple 1 'exemple 2 l'exemple 3 Temps tendus 37mgikg TP 20mg/kg TP mg/kg TP après amid nistra- #lm* en #lm en #lm en #lm en #lm en tion cm Hg S.D** cm Hg S.D. cm Hg S.D. cm Hg S.D. 1 heure -0,004 -1,2 N.S. -1,6 N.S. -2,1 p=0,05 +0,1 N.S 3 heures -0,3 -2,1 p=0,05 -2,1 p=0,05 -3,4 p=0,001 -1,1 N.S. 5 heures -0,07 -3,1 p=0,05 -3,3 p=0,02 -1,8 N.S. -2,4 N.S. 24 heures -1,2 -2,2 N.S. -5,9 p=0,001 -3,3 p=0,05 -3,2 p=0,05 30 heures -0,37 -3,1 p=0,01 -4,3 p=0,01 -3,1 p=0,05 -2,8 N.S. 48 heures -0,44 -2 N.S. -4,8 p=0,001 -2 p=0,01 -0,6 N.S. * #lm = Variations de pression moyenne en cm de mercure ** s = Signification de la différence par rapport aux témoins N.S = non significatif. T A B L E A U II ACTION ANTIHYPERTENSIVE DE LA RESERPINE ET DES COMPOSE SELON LES, EXAMPLES 1,2 et 3 : VARIATIONS DE PRESSION MAXIMA Témoins Réserpine Produit de Produit de Produit de hyper- 2,5 mg/kg IP l'example 1 l'example 2 l'example 3 Temps tendus 37 mg/kg IP 20 mg/kg IP 3 mg/kg IP adminis #1M* en #1M en #1M en #1M en #1M en cm Hg cm Hg S.D.** cm Hg S.D. cm Hg S.D. cm Hg S.D. 1 heure -0,08 -1,8 NiS | -1,4 | N.S -2 N.S -0,1 | N.S. 3 heures -0,42 -2,4 p=0,05 -2,8 p=0,02 -3,6 p=0,001 -0,7 N.S. 5 heures -0,41 -3,7 p=0,01 -3,8 p=0,01 -2,1 N.S. -2,8 p=0,05 24 heures -1,1 -2 N.S. -6,4 p=0,01 -3,5 p=0,05 -3,1 N.S. 30 heures -0,40 -4,1 p=0,001 -4,6 p=0,01 -3,4 p=0,01 -2,8 p=0,05 48 heures -0,45 -2,6 p=0,01 -5,5 p=0,001 -2 p=0,02 -0,6 N.S. *#1M = = Variations de pression maxima en cm de mercure S.D = Signification de la différence par rapport aux témoins N.S = non significatif. Ces résultats appellent les commentaires suivants 1) Rapidité des effets Parmi les 4 produits étudiés, seul le produit 2 développe rapins dement ses effets puisque la chute de pression moyenne atteint 2)1 cm Hg (P = 0,05) une heure après administration. L'action de la reserpine et du produit 1 apparaît nettement au bout de 3 heures. Enfin celle du produit 3 ne devient nette qu'après 5 ou 24 heures. 2) Durée de l'action La durée de l'action est prolongée. Les diminutions de pression moyenne ou de pression maxima sont encore significatives après 48 heures pour la Réserpine et les produits 1 et 2. Le produit 3 a des effets plus brefs qui disparaissent au-delà de 24 heures. 3) Cinétique et intensité de l'action Le produit 1 semble le plus actif au point de vue intensité des effets, la différence entre ce produit et les trois autres étant significative après 24 heures. Enfin signalons que le produit 2 présente une courbe d'action en deux phases : chute tensionnelle rapide suivie d'une remontée au bout de 5 heures puis installation après 24 heures d'une hypotension semblable à la première mais beaucoup plus prolongée (phénomène retrouvé plusieurs fois qui indique sans doute un mécanisme d'action double) IV - ACTION CAEDIOVASCULAIRE CHEZ LE CHIEN NORMDTENDU ANESTHESIE Les chiens sont anesthésiés au chloralose à la dose de 100 mg/kg par voie I.V. Au cours de l'anesthésie si les animaux ont tendance à se réveiller on leur administre également une dose convenable de Nembutal par voie I.V. pour provoquer le réendormissement. On enregistre, sur physiographe SANBORN la pression artérielle à l'aide d'une canule placée dans la carotide et reliée à une jauge de pression, le débit fémoral et le volume rénal. Le rythme cardiaque est calculé à partir de l'enregistrement de l'électrocardiogramme. On enregistre les réactions consécutives à diverses stimulations courantes et notamment - injection d'Adrénaline 5 Cr/kg - injection de Sérotonine 20 nr/kg Ces essais sont repris après injection I.V. du produit essayé. On note également les réactions qui peuvent suivre l'administration du composé. On a ainsi étudié, d'après ces tets, l'action cardiovasculaire du composé de l'exemple 2. Chez le chien, par répétition de doses de llor- dre de 5 mg/kg ou 10 mg/kg du composé de l'exemple 2, on a obtenu les résultats suivants : On n'a pas observé de changements appréciables du rythme- cardiaque, du débit fémoral et du volume rénal. Les réactions consécutives à la pression des globes oculaires (réflexe oculocardiaque) à la stimulation du X périphérique et à l'injection d'Adrénaline ou de sérotonine ne sont pas modifiées après traitement par le composé de l'exemple 2. Par contre, on a noté, après répétition des injections de ce composé, une baisse progressive nette de la pression artérielle au cours du temps Pressions artérielles Nombre d'in- Pressions artériel avant injection jections les après injections Chien n" I : 11,6 cm Hg 2 fois Smg/kg 9 cm Hg 1 heure après 1ère injection Chien n" II : 15,4 cm Hg 3 fois Smg/kg 13,5 cm Hg 2 heures après 1ère injection Chien nO III : 14,4 cm Hg 2 fois l0mg/kg lI cm Hg 2 heures après lère injection On peut considérer ces résultats comme significatifs car normalement la tension d'un chien dans les conditions d'expérience utilisées reste très stable pendant plusieurs heures si on ne lui fait que les stimulations et injections prévues dans le protocole expérimental indiqué ci-dessus. L'hypertension provoquée par l'occlusion de la carotide ou par la stimulation du X central est très diminuée ou annulée ; ce qui suggérerait que l'action antihypertensive du composé de l'exemple 2 relève d'un mécanisme central. D'après les essais décrits ci-dessus, on peut tirer les conclusions suivantes - les 3 dérivés étudiés sont nettement moins toxiques que la réserpine, le composé de l'exemple 2 étant le plus intéressant à cet égard. - L'activité psychotrope semble très atténuée, par rapport à celle de la réserpine ou même nulle suiyant les doses utilisées La classification des 3 composés dans l'ordre d'activité psychotrope décroiss-ante est la suivante : Composé de l'exemple 1 > composé de l'exemple 3 > composé de l'exemple 2. - L'activité antihypertensive des 3 produits est moins intense que celle de la réserpine et semble décroître dans l'ordre : Composé de l'exemple 1 > - composé de l'exemple 3 > composé de exemple 2. Toutefois l'action reste encore nette à faibles doses non dépures sives, notamment pour le composé de l'exemple 2 qui présente l'intérêt de conserver une action antihypertensive convenable, alors que 1:activité psychotrope a disparu. - Le composé de l'exemple 2 présente une action hypotensive no table mais lente à s'établir chez le chien normotendu anesthésié. En ce qui concerne le mécanisme d'action des composés de 1'LnvEc- tion, on peut formuler l'hypothèse quelle se ferait par blocage de la libération d'Adrénaline au niveau des récepteurs, ou blocage ganglionnaire, ou peut-être par blocage central. En effet, certains réflexes centraux sont atténués ou abolis comme indiqué ci-dessus. Cependant, cette hypothèse n'est nullement destinée à limiter la présente invention dans son cadre et son esprit. V - ACTION CARDIOVASCULAIRE CHEZ LE RAT NORMOTENDU AMESTHESIE Des rats mâles de souche CD Charles River, d'un poids moyen de 500 g ont été anesthésiés à l'uréthane à la dose de 1,25 g/kg par voie intrapéritonéale. Une canule a été placée dans la veine du pénis pour lladmi- nistration des produits à essayer. Un cathéter rempli de soluté physiologique de chlorure de sodium hépariné a été placé dans la carotide et relié au capteur à mercure de la chaîne de mesure de pression d'un polygraphe RAClA à deux plumes. L'électrocardiogramme a été enregistré en dérivation D2. Les animaux ont reçu de l'héparine par voie I.V. pour éviter tout risque de coagulation au niveau de la carotide. Une 1ère injection de produit a été effectuée à la 40ème mn de l'expérience pour le composé de l'exemple 2. Les résultats ont porté sur 9 animaux traités par le composé de l'exemple 2 à la dose de 10 mg/kg I.V. On a également étudié à titre comparatif dans les mêmes conditions les effets de la réserpine à la dose de 2 mg/kg I.V. sur la tension et le rythme cardiaque de 5 rats. RESULTATS 1 - Action sur la pression artérielle Après première injection, on observe que : la réserpine produit au cours du temps une diminution nette de la tension qui atteint -30 7 à la 105ème minute suivant ltinjection ; pour le composé de l'exemple 2, lvhypotension obtenue est plus discrète ; elle atteint -20 7 à la 30 ème minute et remonte ensuite légèrement pour se stabiliser à un niveau inférieur à la normale. 2 - Action sur le rythme cardiaque La réserpine ainsi que le composé de l'invention n'affectent pas de manière significative le rythme cardiaque après 1ère ou 2ème injection. 3 - Modifications des effets tensionnels de l'Adrénaline (5 &gamma;/kg) et de la Noradrénaline (5 &gamma;/kg) après injection des produits. La réserpine potentialise l'Adrénaline et la Noradrénaline surtout en ce qui concerne la flèche hypertensive. Après l'injection du composé de l'exemple 2, la flèche et la durée d'hypertension obtenues avec l'adrénaline sont très nettement augmentées. Les effets de la noradrénaline sont inchangés après la lèpre injection et seule la flèche hypertensive est augmentée de manière discrète après 2ème injection. En conclusion,- chez le rat normotendu anesthésié - Pour le composé de exemple 2, on constate - Un effet hypotenseur assez net et prolongé - Une potentialisation des effets hypertenseurs de l'adrénaline - Peu de modifications des effets de la noradrénaline. R E V N D I C A T I O N I - Procédé de préparation de nouveaux dérivés réserpiniques dépourvus d'effets secondaires et répondant à la formule générale dans laquelle R1 et R2 identiques ou différents représentent chacun un atome d'hydrogène ou un groupe méthoxy ; R3 représente l'un des groupes suivants et et R représente l'un des radicaux suivantes : 2- cvyanoéthyle -CH2-CH2-CN 3-oximino-3-amino-propyle 3-aminopropyle -CH2-CH2-CH2-NH2 2-carbamidino-éthyle 3-guanidino-propyle, 3-nitroguanidino-propyle procédé caractérisé en ce : a) lton effectue une cyanoéthylation sur l'atome d'azote indolique de l'alcaloide de départ dans un solvant inerte et en présence d'un catalyseur pour préparer le dérivé propionitrilé (R :: CH2CH2CN) b) l'on transforme la fonction nitrile du dérivé précédent sans modifier le squelette de l'alcaloide en fonction amidoxime, amine et amidine par traitement avec (respectivement) l'hydroxylamine, l'hydrogène, et l'éthanol absolue présence degaz chlorhydrique pour former un imino-ester que l'on fait réagir ensuite avec I'ammoniac c) l'on transforme la fonction amine obtenue en 20) en guanidine par réaction avec une S-méthyl-isothiourée. 2 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'al caloîde de départ est la réserpine ou la rescinnamine. 3 - Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le catalyseur de la cyanoéthylation est l'hydroxyde de benzyltrimethylammonium. 4 - Procédé de préparation d'un dérivé réserpinique propioaminé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'hydrogénation du nitrile réserpinique est réalisée avec de l'ammoniac gazeux en présence de nickel de Raney dans de l'alcool absolu à une température minimale de 100 C sous 120 atmosphères. 5 - Procédé de préparation selon la revendication l d'un dérivé rés erpini que substitué en 1 par un radical 3-nitroguanidinopropyle, caractérisé en ce que le dérivé aminé correspondant est traité avec la N-nitro S-méthyl-isothiourée. E - Procédé de préparation selon la revendication 1 d'un dérivé réserpinique substitué en 1 par un radical 3-guanidino-propyle, caractérisé en ce que l'on hydrogène le dérivé nitroguanidino analogue, on traite le dérivé aminé analogue avec la S-méthylisothiourée. 7 - Nouveaux dérivés réserpiniques, caractérisés en ce qu'ils répondent à la formule générale dans laquelle R1 et R2 identiques ou différents représentent chacun un atome d'hydrogène ou un groupe méthoxy ; R3 représente l'un des groupes suivants et et R représente l'un des radicaux suivantes : 2-cynaoéthyle -CH2-CH2-CN 3-oximino-3-amino-propyle 3-amino-propyle -CH2-CH2-CH2-NH2 2-carbamidino-éthyle 3-guanidino-proyple 3-nitroguanidino-propyle 8 - Compositions pharmaceutiques, caractérisées en ce qu'elles contiennent au moins un des composés selon la revendication 1 ou leurs sels non toxiques comme ingrédient actif. 9 - Réserpine-l propionitrile et ses sels non toxiques 10 - Réserpine-l propionamidoxime et ses sels non toxiques. 11 - Réserpine-l propylamine et ses sels non toxiques. 12 - Réserpine-l propionamidine et ses sels non toxiques. 13 - Réserpine-l propylguanidine et ses sels non toxiques. 14 - Réserpine-l propylnitroguanidine et ses sels non toxiques. 15 - Rescinnamine-l propionitrile et ses sels non toxiques. 16 - Rescinnamine-l propionamide et ses sels non toxiques.