La présente invention concerne des produits alimentaires et leur préparation, destinés à être ingérés par de très petits animaux aquatiques, comme les stades d"'alimentation initiale" ou larvaires de certains poissons, crustacés et mollusques, qui ont besoin que leur nourriture comprenne des granules ayant une dimension maximale inférieure à 300 microns. La perspective d'élever des espèces de poissons marins comme le turbot, la sole, le flétan et la perche de mer en captivi té sur une échelle industrielle est très attrayante . Toutefois une pierre d'achoppement majeure a été la production d'une nourriture artificielle acceptable par les larves de ces poissons, pour remplacer les organismes vivants qui sont couramment utilisés comme nourriture. Le recours antérieur à des nourritures vivantes dans les stades initiaux de 11 élevage de ces poissons est indésirable, parce que les organismes vivants servant de nourriture sont eux-mêmes coûteux à produire et que leurs caractéristiques nutritives sont difficiles à régler.De hautes mortalités inacceptables ont été observées quand le passage d'une nourriture vivante à une nourriture artificielle a été essayée en captivité sur une base expérimentale. La nourriture vivante qu'on utilise le plus couramment pour l'élevage de larves de poissons de mer est le crustacé branchiopode des eaux saumâtres Artemia, dont les plus petits ont environ 45 microns de diamètre. Evidemment, une nourriture artificielle pour des poissons au stade d"'alimentation initiale" pour les larves d'une espèce donnée doit comprendre des granules d'une grosseur telle que les larves puissent les ingérer: cela est imposé par l'ouverture de bouche des créatures. Pour des larves de turbot au stade d"'alimentation initiale", un aliment pour poissons doit comprendre des granules dans l'intervalle de 50 à 100 microns.Pour des larves de sole et de flétan, l'intervalle optimal est de 100 à 250 microns" La nature peu satisfaisante des nourritures artificielles qui ont été utilisées jusqu'à présent dans l'élevage de larves de poissons peut etre attribuable à deux causes distinctes une médiocre composition d'ensemble du point de vue nutritif ou du point de vue du goût et des propriétés physiques médiocres comme une absence d'uniformité de la composition ou un comportement peu approprié dans l'eau. Tous défauts de ce genre, s'ils sont sévères, peuvent rendre la nourriture absolument inacceptable pour les larves. Les problèmes associés à la production d'un aliment ayant une composition d'ensemble convenable pour une es pèce donnée quelconque de larves marines sont immenses et dans le contexte de la présente invention on ne revendique aucun progrès à ce propos.La présente invention concerne uniquement la production d'aliments dont les granules individuels sont physiquement plus acceptables pour les larves. D'une manière classique, on prépare des aliments pour poissons en pastillant, broyant et tamisant un mélange d'ingrédients. A moins que les ingrédients individuels de ces aliments ne soient broyés très finement avant le pastillage, il est probable que les pastilles broyées, que l'on appelle habituellement fragments ou granules, n'auront pas une composition uniforme, parce qu'il existe une tendance pour les pastilles à se fragmenter en redonnant les particules primaires à partir desquelles elles ont été préparées. Dans l'opération de broyage, on ne peut avoir que peu ou pas du tout d'action sur la plage de grosseurs des granules produits et ainsi il y a beaucoup de matière à recycler, ou de matière perdue, après le tamisage. En raison de l'absence d'uniformité propre à ces aliments, il existe un risque considérable qu'une larve ingère une particule constituée uniquement d'un seul constituant de sa nourriture. Par exemple, un gros cristal de minéral, qui pourrait subsister intact dans le procédé classique de préparation d'aliments artificiels pour poissons, pourrait constituer une dose excessive mortelle en cas d'ingestion par une très petite larve. De plus, on pense qu'une larve ne continue pas à se nourrir si elle rencontre des particules de nourriture d'un goût désagréable, et ainsi l'uniformité de composition est essentielle aussi pour l'obtention de bons régimes d'alimentation. Une autre propriété essentielle dans un aliment artificiel pour larves de poissons est que les granules de l'aliment doivent facilement se mouiller et se disperser quand on les place dans liteau, de façon que les granules individuels deviennent accèssibles aux larves. Si les granules ont une forte tendance à rester sous la forme d'agrégats, trop gros pour entre ingérés par les larves, la nourriture sera perdue et il peut y avoir un risque sévère de pollution de l'environnement des larves. On pense que cette pollution a été un autre problème qui a gêné jusqu'à présent l'utilisation d'aliments artificiels dans ce domaine. Une autre propriété préférée est que, quand c'est approprié pour l'espèce concernée, les granules individuels doivent tomber au fond de l'eau plutôt que rester dans la pellicule superficielle. Dans le brevet britannique N" 1 226 799, est décrit un procédé de préparation de produits alimentaires sous la forme de granules sphériques ayant des diamètres compris entre 1000 et 6000 microns par les étapes consistant à faire arriver une matière alimentaire broyée en particules sur une surface porteuse d'un élément de support rotatif incliné par rapport au plan horizontal à un angle compris entre 30 et 50 degrés et à pulvériser un liquide (de l'eau, contenant éventuellement des micro-additifs ou des vitamines) sur la matière en particules située sur la surface de l'élément de support de manière que la matière en particules soit soumise à une granulation.Le principal avantage revendiqué pour le-procédé tel que décrit est qu'il conduit à une plus grande uniformité de la composition, et en particulier que les micro-additifs et les vitamines sont distribués uniformément dans la nourriture granulée. Il est incontestable que le procédé tel que décrit dans le brevet britannique NO 1 226 799 peut conduire à une plus grande uniformité de la composition que le procédé classique déjà décrit ci-dessus. Toutefois, le procédé tel que décrit ne donne apparemment pas de granules ayant un diamètre inférieur à 1000 microns. La technique de granulation utilisée dans le procédé décrit dans le brevet britannique NO 1 226 799 est un exemple du procédé couramment appelé granulation en cuve ou pastillage par disques. L'essence d'un tel procédé est qu'un lit agité d'un substrat finement divisé est soumis à une pulvérisation d'un liquide et qu'en continuant l'agitation des particules de substrat humidifiées on cause l'agglomération des particules en granules. Un granulateur à cuve est un récipient cylindrique droit ouvert à une extrémité et pouvant tourner autour de l'axe du cylindre, lequel axe est généralement maintenu, durant l'opération, à un angle de 20 à 40 par rapport à l'horizontale de manière que l'extrémi- té ouverte du cylindre soit en haut. La cuve est chargée de substrat en fines particules, qui forme un lit de poudre agité quand on fait tourner la cuve, Dans un granulateur à cuve typique, on peut faire varier- la vitesse de rotation de la cuve, de manière échelonnée, d'environ 10 tpm à environ 50 tpm.La cuve peut être pourvue de déflecteurs internes qui ont une action sur le mouvement d'agitation du substrat Des granules similaires peuvent être préparés dans un agglomérateur à tambour, dans lequel l'agglomération d'un substrat humidifié finement divisé est effectuée tandis que le substrat forme un lit agité descendant le long d'un cylindre rotatig allongé incliné. En dépit du progrès technique indiscutable que représente le procédé décrit dans le brevet britannique Nu 1 226 799, à savoir une contribution à la résolution du problème d'uniformité de composition que l'on rencontre dans les produits alimentaires classiques ayant des grosseurs de granules allant jusqu'à 1000 microns et plus, on a trouvé que quand le simple concept de fabrication d'un produit alimentaire dans un lit humidifié est appliqué à la fabrication d'un aliment ayant une grosseur de granules appropriée pour des larves de poissons, ni le procédé ni le produit ainsi formé ne sont satisfaisants. L'utilisation d'eau seulement comme liquide d'agglomération conduit à une dispersion excessive des grosseurs dans le produit granulé, ce qui rend le produit inefficace en ce qui concerne les rendements en granules dans l'intervalle de grosseur désiré.De plus, le comportement des granules résultants quand on les place dans l'eau peut être loin d'être satisfaisant. Grâce à l'invention, il est possible de produire un aliment artificiel susceptible d'être ingéré par de très petits animaux aquatiques, comprenant des granules arrondis de composition sensiblement uniforme et ayant un bon comportement quand on les place dans l'eau, et dont plus de 10% en poids ont une dimension maximale de moins de 300 microns. L'invention fournit aussi un procédé pour la préparation d'un aliment susceptible d'ingestion par de très petits animaux aquatiques qui ont besoin que leur nourriture comprenne des granules discrets ayant une dimension maximale de moins de 300 microns, procédé selon lequel un lit agité d'ingrédients alimen taires essentiellement solides finement divisés ayant une grosseur moyenne de particules non supérieure à 150 microns est aggloméré par pulvérisation sur lui d'une solution aqueuse d'une matière polymère non-toxique et le produit aggloméré résultant est séché (si nécessaire) à une teneur en humidité de moins de 15% en poids, et le produit aggloméré est classé physiquement (si nécessaire) de manière qu'il contienne plus de 10% en poids de granules ayant une dimension maximale de moins de 300 microns. Par "granules arrondis", on veut dire que les granules sont principalement de forme sensiblement sphérique, en d 'autres termes, bien qu'il soit peu probable que beaucoup des granules soient vraiment sphériques, néanmoins peu d'entre eux, sinon aucun, auront des surfaces notablement angulaires et ainsi au moins la plupart des granules auront une section transversale arrondie dans chaque dimension. En ce qui concerne la composition sensiblement uniforme nécessaire dans les granules individuels dans un aliment selon l'invention, quand un aliment comprend de petits granules préparés à partir de plusieurs ingrédients, il est évidemment irréaliste de s'attendre à ce que chaque granule isolé contienne chaque ingrédient, et spécialement chaque ingrédient dans les proportions dans lesquelles ces ingrédients sont présents dans l'aliment dans son ensemble. Néanmoins, il est possible d'utiliser l'invention pour préparer un aliment dans lequel au moins 50% en poids des granules contiennent individuellement chaque ingrédient majeur de la composition. Ainsi, au moins 50% en poids des granules représentent une "bouchée" de nourriture qui n'est pas totalement déséquilibrée.De préférence, au moins 70% et idéalement au moins 90% en poids des granules satisfont individuellement à cette exigence. Il y a lieu de noter que pour fabriquer un granule de composition sensiblement uniforme et de petit diamètre, il est nécessaire que la grosseur de particules à laquelle les constituants solides individuels du substrat sont subdivisés soit bien plus petite. Idéalement, les constituants individuels du substrat doivent être utilisés à une grosseur moyenne de particules ne dépassant pas 35% de la grosseur moyenne de granules nécessaire pour l'aliment. Quand les constituants individuels du substrat ne peuvent pas être achetés déjà broyés à une grosseur appropriée de particules, ils doivent etre broyés avant utilisation. Un appareil pour broyage fin disponible dans le commerce, tel qu'un broyeur à marteaux articulés, est parfaitement utilisable pour cette opération.De préférence, la grosseur moyenne de particules des ingrédients dans le lit agité n'est pas supérieure à 300 microns et idéalement n'est pas supérieure à 50 microns. La matière polymère non-toxique qui est appliquée au lit agité au moyen de la solution aqueuse pulvérisée est une particularité essentielle de l'invention et on a trouvé quelle joue un rôle majeur dans la production de bons rendements en petits granules dans la plage de grosseurs requise.Des gommes coeiesti- bles d'origine animale ou végétale peuvent être utili3ee$, mais les matières polymères non-toxiques peuvent aussi être, par exemple, des protéines qui ne seraient pas considérées habituellement comme des gommes : la caséine est un bon exemple. les gommes préférées sont des gélatines et des polysaccharides co-estibles solubles dans l'eau tels que des alginates, en particulier des algina- tes de sodium, mais on peut utiliser d'autres gommes comme la gomme de guar, la gomme de caroube et la gomme arabique.Des variantes sont : des amidons et des amidons dégradés tels que des dextrines et des celluloses substituées telles que des carboxyalcoyl celluloses, par exemple des carboxyméthyl celluloses sodiques et des alcoyl celluloses, par exemple des méthyléthyl celluloses et des méthylhydroxyéthyl celluloses.On peut aussi utiliser des polymères synthétiques solubles dans l'eau, tels que des polyacrylaoi- des, des polyacrylates, de l'alcool polyvinylique et du polywinyl- propylène. I1 y a lieu de noter que toutes ces matières polymères disponibles dans le commerce peuvent être obtenues dans un inter- valle de masses moléculaires et que leurs solutions aqueuses peuvent avoir des viscosités très différentes. I1 n'est donc pas possible de donner des intervalles définitifs de concentration dans lesquels ces matières devraient être présentes dans la solution aqueuse utilisée pour agglomérer un aliment selon l'invention. A un extrême, évidemment, la viscosité de la solution ne doit pas être si forte qu'il soit impossible de la pulvériser dans des conditions opératoires pratiques. La concentration minimales par ailleurs, est dictée par l'exigence selon laquelle la polymère doit être présent en quantité suffisante pour donner naissance à un effet discernable sur la distribution des grosseurs de particules du produit granulé. I1 sera évident pour l'homme de l'art que la mise en oeuvre d'un procédé selon l'invention impliquera nécessairement un certain nombre d'essais préparatoires, et cela comprendra un contrôle des concentrations optimales auxquelles le polymère particulier choisi doit être utilisé.Toutefois, comme indication générale, on a trouvé que pour les gélatines et la caséine, la concentration dans la solution aqueuse devra être en général d'au moins 2%, et habituellement de pas plus de 15%, en poids, et un intervalle opératoire typique pour ces polymères sera de 5 à 10% en poids. Pour l'alginate de sodium, la concentration sera en général d'au moins 0,1%, et habituellement de pas plus de 1,5% en poids, avec un intervalle optimal de typiquement 0,5 à 1,0%. Pour la carboxyméthylcellulose sodique, la concentration sera comprise en général entre 0,1 et 5% en poids. A titre de comparaison, pour les polymères synthétiques, tels que les polysaccharides, un intervalle optimal peut être de 30 à 200 ppm, typiquement de 50 à 80 ppm. Le volume de la solution aqueuse qu'on applique au lit agité sera compris en général entre 5 et 30%, de préférence entre 5 et 15%, en poids par rapport au lit sec. En général, la solution aqueuse peut être appliquée au lit agité à la température ambiante. Toutefois, pour des solutions concentrées de certains polymères, comme de gélatine, qui se prendraient en masse à la température ambiante, la solution doit être maintenue au-dessus du point de gélification de la solution. Pour des solutions de gélatine, une température de 600C environ est idéale. En plus de la matière polymère non-toxique, la solution aqueuse qui est appliquée au substrat peut contenir un ou plusieurs constituants mineurs de l'aliment, comme des vitamines ou des médicaments. La solution aqueuse est appliquée au substrat sous la forme de très fines gouttelettes. La solution aqueuse doit être amenée sous une forte pression à un ajutage de pulvérisation dirigé vers le lit agité de particules de substrat. Des ajutages de pulvérisation provenant de fabricants différents devront probablement être utilisés à des pressions de service différentes et aucune indication particulière ne peut être donnée sur ce point. Toutefois, en général, la pression opératoire sera comprise entre 1,4 et 7 kg/cm2. Typiquement, après que la solution aqueuse a été appliquée au substrat et qu'un degré suffisant de granulation a été obtenu, la teneur en eau de l'aliment granulé sera de tordre de 10 à 35% en poids. Quand c'est nécessaire, l'aliment granulé sera de préférence séché à une teneur en eau non supérieure à 12% environ, idéalement non supérieure à 10% environ, en poids, pour inhiber le développement de moisissures et d'autres microorganismes durant le stockage. Le séchage doit être conduit dans des conditions modérées, de manière que les protéines et d'autres ingrédients délicats dans l'aliment ne soient pas altérés dans une mesure excessive.Durant la granulation, et spécialement durant toute opération de séchage ultérieure, la température doit être maintenue aussi basse que possible pour empêcher une dénaturation excessive des protéines présentes dans l'aliment pour poissons. On recherchera habituellement des températures ne dépassant pas 600C environ, et de préférence ne dépassant pas 500C environ. Sous cette réserve, les techniques utilisées pour le séchage ne sont pas critique; Le substrat dans le lit agité peut être une combinaison quelconque des matières essentiellement solides normalement incorporées dans des aliments pour poissons. Ces matières sont décrites en détail ci-après. De plus, une quantité strictement limitée de n'importe quel constituant huileux peut être présente dans le substrat, si on le désire, du moment que la quantité totale de liquide dans le substrat avant la granulation n'est pas grande au point que le substrat ne forme pas un lit s'écoulant librement quand il est placé dans le granulateur rotatif. Quand on désire inclure une huile dans l'aliment, l'huile peut être pulvérisée sur le lit agité avant que la solution d'agglomération ne soit appliquée au lit. Dans un mode de mise en oeuvre particulièrement préféré de l'invention, on a trouvé qu'il est avantageux de combiner au nains une partie de toute huile libre avec au moins une partie de la solution aqueuse de la matière polymère non-toxique pour produire une émulsion, laquelle émulsion peut être pulvérisée sur le lit agité durant l'opération de granulation. Dans la plupart des cas, toute telle huile libre sera un constituant mineur seulement de l'émulsion, qui sera donc une émulsion d'huile dans l'eau. En tout cas, la phase aqueuse de l'émulsion, qutelle soit continue ou discontinue, comprendra la solution aqueuse de la matière polymère non-toxique et ainsi 1 'u- tilisation d'une émulsion est comprise dans le concept large de l'invention décrite et revendiquée icie Les avantages de l'utilisation d'une émulsion sont, tout d'abord, qu'une addition préalable séparée d'huile libre au substrat dans le lit agité peut être évitée, ce qui est avantageux parce qu'une telle addition préalable peut conduire à une agglomération prématurée du substrat avec la nécessité résultante que les agglomérés riches en huile soient enlevés ou fragmentés avant que l'agglomération désirée par la solution aqueuse puisse être effectuée. De plus, on évite la nécessité d'une pulvérisation intermittente ou d'installations de pulvérisation en double. En deuxième lieu, l'effet d'agglomération de l'huile dispersée dans l'émulsion peut faciliter le procédé d'ensemble en réduisant le volume de solution aqueuse nécessaire pour que l'on obtienne un degré donné d'agglomération, conduisant à des exigences de séchage réduites. La quantité d'huile libre ajoutée sous la forme de l'émulsion peut aller jusqu'à environ 20%, par rapport au poids du lit sec. En général, la quantité d'huile libre ajoutée de cette manière sera comprise entre 1 et 15%, en poids par rapport au lit sec. L'émulsion peut être préparée simplement en mélangeant l'huile et la phase aqueuse dans un agitateur à grande vitesse. Généralement, il est préférable de préparer d'abord la solution aqueuse de la matière polymère non-toxique, laquelle solution sert ensuite de phase aqueuse dans la préparation de l'émulsion. Généralement, une émulsion suffisamment stable peut être formée sans que des agents émulsionnants particuliers soient nécessaires, en premier lieu parce que dans beaucoup de cas il s'écoulera seulement un court laps de temps entre la préparation de l'émulsion et son utilisat ?n dans l'opération de granulation selon l'invention et en deuxième lieu parce que beaucoup des matières polymères envisagées dans l'invention ont elles-même certaines propriétés émulsionnantes et aident ainsi à stabiliser l'émulsion. On a déjà spécifié que la présente invention ne concerne pas la composition d'aliments pour larves de poissons de mer et d'autres animaux aquatiques très petits. Néanmoins, on envisage que de tels aliments peuvent être composés de manière optimale à partir d'ingrédients qui sont déjà utilisés dans des aliments qui se sont révélés utilisables pour des poissons plus gros élevés efficacement en captivité avec des nourritures artificielles. A cet effet, il est approprié d'indiquer ici les types d'ingrédients qui sont utilisés dans les aliments classiques pour poissons. En général, les aliments pour poissons sont caractérisés par une haute teneur en protéines et par le fait qu'une proportion importante de la source d'énergie est de l'huile. Un aliment pour poissons typique peut comprendre, en poids, au moins 30% environ, de préférence au moins 40% environ et généralement pas plus d'environ 80% de protéine; jusqu'à environ 40% d'hydrates de carbone; jusqu'à environ 20% d'huile; et diverses substances minérales et vitamines constituant ensemble jusqu'à 15% environ de l'aliment pour poissons. Les sources de protéines utilisables comprennent : des farines de poissons, parmi lesquelles celles qu'on utilise le plus couramment sont la farine de harengs et la farine d'anchois; la farine de foie; des farines de graines oléagineuses, comme la farine de soja et la farine de graines de coton; des levures et des protéines à une seule cellule la farine de sang; la poudre de petit lait et le lait écrémé en poudre; la caséine; la gélatine; des sous-produits de distillerie; et la farine de viande. Les hydrates de carbone sont généralement présents sous la forme de céréales, comme par exemple : farine de germes de blé, son de blé et farine de blé complet; mais; orge; millet; avoine; et riz. Les huiles utilisées sont habituellement : des huiles végétales comme l'huile de mais, l'huile de soja et l'huile d'arachide; et des huiles de poissons comme l'huile de hareng, l'huile de capelan et l'huile de foie de morue. Les sources usuelles de substances minérales sont la farine d'os, le phosphate dicalcique et la pierre à chaux. De plus, un large éventail de vitamines peuvent être présentes, comme les vitamines A, B1 (thiamine), B2 (riboflavine), B3 (acide pan tothénique), B12 , C, D, E et K. I1 y a lieu de noter que les ingrédients individuels qui sont mélangés ensemble pour constituer un aliment sont souvent eux-mêmes des mélanges complexes, et peuvent ainsi contribuer à plus d'une des catégories d'ingrédients ci-dessus. I1 a déjà été mentionné que les farines de poissons peuvent contenir de huile. Une source d'hydrates de carbone telle qu'une céréale peut contribuer notablement à la teneur totale en protéines de l'aliment. La plupart des ingrédients naturels fourniront des oligo-éléments et des vitamines. Après granulation de l'aliment et séchage suivant le besoin pour réduire sa teneur en eau à moins de 15% en poids, il sera habituellement nécessaire de classer physiquement le produit granulé de manière à éliminer toutes quantités importantes de granules trop fins ou trop gros. Dans certains cas, il sera approprié de diviser le produit en fractions granulométriques distinctes. Un mode de réalisation particulièrement utile de l'in ventlon -est un aliment comprenant des granules arrondis de composition sensiblement uniforme, dont au moins 40% et de préférence au moins 80% en poids ont une dimension maximale de moins de 250 microns, mais de pas moins de 45 microns.Les valeurs de 45 et de 250 microns proviennent des dimensions des tamis normalisés que l'on a utilisés pour classer les aliments. I1 y a lieu de noter aussi que la façon dont on effectue le tamisage peut avoir une influence sur les résultats obtenus, et toutes les grosseurs de particules exprimées dans la présente description concernent des grosseurs déterminées en utilisant des tamis normalisés de la manière décrite dans la norme britannique 1796 de 1952.Des opérations de tamisage industrielles peuvent conduire à des erreurs allant jusqu'à 5% au moins dans les grosseurs apparentes enregistrées. I1 y a lieu de mentionner en outre qu'étant donné la petite quantité de nourriture exigée par les animaux aquatiques de la taille à laquelle l'invention se rapporte, il est économique de produire et de commercialiser un aliment dans lequel tout juste 10% en poids des granules totaux ont une dimension maximale assez petite pour ingection par les animaux concernés, Idéalement, toutefois, la proportion de granules de grosseur appropriée est plus grande. Les exemples suivants illustrent la préparation d'aliments granulés selon l'invention. Exemple 1 On prépare un substrat en mélangeant les ingrédients suivants dans un mélangeur à poudres Hobart normal Ingrédient % en poids Farine de poissons (teneur en huile 9%) 68 Poudre de lait écrémé 13 Mélange vitamine/substance minérale 10 Huiles comestibles 9 On broie tant la farine de poissons que le mélange vitamine/substance minérale en utilisant un broyeur Mokropulatomiser NU 5 de manière qu'une proportion de 90% passe à travers un tamis de 45 microns, ce qui implique une grosseur moyenne de particules de moins de 50 microns. La poudre de lait écrémé est achetée dans le commerce et utilisée sans broyage car elle est déjà suffisamment fine. Durant l'opération de mélange, l'huile libre cause un peu d'agglomération, et on élimine les grumeaux par tamisage. On introduit 5 kg du substrat dans un granulateur à cuve de 50 cm de diamètre, maintenu à 300 par rapport à l'horizontale, et on le fait tourner à 20 tpm environ. On pulvérise sur le substrat 0,7 litre d'une solution aqueuse, contenant 5% en poids de gélatine (qualité Bloom 120, provenant de Croda) et maintenue à 60pu, en utilisant un ajutage Delavan-Watson WG 076 à une pression opératoire de 5,6 kg/cm2. Le produit granulé est séché pendant 90 minutes à 500C dans un four à plateaux, à une teneur en eau d'environ 10% en poids. Une analyse par tamisage du produit séché donne les résultats suivants Grosseur des granules (microns) % en poids de produit ;t 355 28,5 250 - 355 14,5 106 - 250 44,0 45 - 106 10,0 45 3,0 Le produit granulé comprend ainsi une fraction de 44% ayant une plage de grosseurs appropriée pour des larves de sole et de flétan (106-250 microns) et une fraction de 10% appropriée pour des larves de turbot (45-106 microns). L'uniformité de la composition d'un granule à un autre est déduite de l'examen microscopique. On détermine la dispersion et la vitesse de chute au fond en observant de petites quantités de granules tombant sur la surface d'eau de mer dans un bécher. La plupart des granules sont mouillés et tombent individuellement, très peu d'agglomérats étant observés; le mouillage demande 10 secondes environ. La vitesse à laquelle les granules tombent au fond est telle qu'une quantité de 0,25 g ajoutée à la surface de 1 litre d'eau de mer dans un bécher de 1 litre produit un niveau relativement constant de granules dans la masse d'eau pendant 10 minutes environ. Un peu de matière, principalement des granules assez petits, reste sur la surface et on ne peut la faire tomber au fond que par agi tation. CeAa n'est pas considéré comme un problème sérieux, car un certain degré d'agitation sera normalement présent dans un bassin d'élevage. Ainsi, il est évident que l'invention représente un procédé satisfaisant pour préparer de très petits granules avec un rendement raisonnable et avec un bon comportement dans 1 t eau. On démontre l'acceptabilité physique de l'aliment granulé pour les larves de poisson plat en donnant à manger la fraction 106-250 microns à des larves de sole commune. Antérieurement, ces larves n1 ont été nourries efficacement initialement dans un environnement captif qu'en utilisant une nourriture vivante, habituellement le crustacé branchiopode des eaux saumâtres Artemia salina . Une fois que les larves se sont métamorphosées, c'est-àdire ont pris leur forme plate caractéristique et se nourrissent au fond au lieu d'être pélagiques, il est déjà bien établi qu'on peut les faire passer à des nourritures artificielles et les élever efficacement avec ces nourritures. Dans un premier essai, des larves de sole commune nouvellement écloses sont alimentées avec la nourriture artificielle. Aucune des larves ne survit à la métamorphose, mais par examen régulier des larves on observe qu'une proportion importante de ces larves absorbent la nourriture et que comme dans de nombreux cas on peut observer que l'intestin contient plusieurs granules, elles le font de manière importante. Ainsi, il est au moins clair que la forme physique de l'aliment est acceptable. La mort finale est due très probablement à une déficience nutritive dans l'alimentation et peut-être à une hygiène inadéquate de l'environnement. Dans un deuxième essai, des larves survivent en fait à la métamorphose dans la proportion de 0,1%. Bien que cela ne se compare pas avantageusement, à première vue, aux taux de survie qui peuvent être obtenus en utilisant des nourritures vivantes (80% ou plus en utilisant Armenia dans les mêmes conditions d'environnement), un taux de survie de même 0,1% est très significatif parce que, pour autant qu'on sache, c'est une des rares occasions où des larves de sole commune ont été élevées depuis l'éclosion jusqu'à la métaphorphose entièrement avec une nourriture artificielle. Des progrès dans la composition nutritive des nourritures artificielles, et peut-être dans les systèmes d'environnement de l'élevage, devraient augmenter considérablement le taux de survie. Exemple 2 On répète le procédé de l'exemple 1, à ceci près qu'au lieu de mélanger les huiles comestibles dans le substrat dans le mélangeur à poudres, on les pulvérise sur le lit agité avant l'application de la solution aqueuse de gélatine. Cela facilite considérablement la résolution du problème d'agglomération prématurée du substrat par les huiles libres mentionné dans l'exemple 1. Le produit séché final a une distribution des grosseurs de granules et un comportement dans l'eau sensiblement identiques à ceux du produit de l'exemple 1. Exemple 3 On prépare un substrat en broyant d'abord une farine de poissons d'une teneur en huile de 9% en poids dans un broyeur Hosakawa "Victory" de manière qu'une proportion de 100% en poids passe à travers un tamis de 106 microns et qu'une proportion de 60% en poids passe à travers un tamis de 50 microns. La farine de poissons broyée (68 parties en poids) est mélangée avec 13 parties de poudre de lait écrémé et 10 parties de mélange vitamine/ substance minérale, comme dans l'exemple 1, et on introduit 4,55 kg du substrat résultant dans un granulateur à cuve de 50 cm de diamètre réglée à un angle de 30 par rapport à l'horizontale et tournant à environ 20 tpm. La grosseur moyenne des particules du substrat est estimée être de 60 microns environ. Sur le lit de substrat agité, on pulvérise 0,45 kg d'huiles comestibles au moyen d'un ajutage Delavan-Watson WG 126 et ensuite on pulvérise sur le substrat 0,3 litre d'une solution aqueuse contenant 5% en poids d'alginate de sodium (Manucol KMF provenant d'Alginate Industries) à la température ambiante (200C environ) au moyen du même ajutage à une pression opératoire de 5,6 kg/cm2. Quand la granulation est terminée, on sèche le produit à 500C à une teneur en eau d'environ 10% en poids.Le produit final donne à l'analyse par tamisage les résultats suivants Grosseur des granules (microns) . % en poids de produit 250 52,0 106 - 250 46,5 5 Le procédé donnai ainsi un rendement de 46,5% en aliment granulé dans un intervalle de grosseurs approprié pour des larves de poisson, avec une fraction de 52W utilisable pour des poissons dans l'état post-larvaire. La fraction larvaire a une bonne uniformité de composition et un comportement très acceptable dans l'eau. Exemple 4 On prépare un substrat en mélangeant les ingrédients suivants dans un mélangeur à poudres Hobart : 2,72 kg de farine de poissons broyée (teneur en huile 9% en poids) et 0,92 kg d'un mélange vitamine/substance minérale dans un véhiule de poudre de lait écrémé. La farine de poissons a été broyée en utilisant un Mikropul-atomiser NO 5, et 90% en poids passe à travers un tamis de 45 microns, ce qui implique une grosseur moyenne de particules de moins de 50 microns. On prépare une émulsion en mélangeant dans un homogénéiseur Silverson 0,72 litre d'une solution aqueuse contenant 0,5% en poids d'alginate de sodium (Manucal KMF provenant d'Alginate Industries) avec 0,36 kg d'un mélange 50:50 d'huile de foie de morue et d'huile de soja. On introduit la totalité du substrat dans un granulateur à cuve tournant à 20 tpm et réglé à un angle d'environ 300 par rapport à l'horizontale. On pulvérise l'émulsion sur le lit de substrat agité au moyen d'un ajutage Delavon-Watson WG 126 à une pression opératoire de 5S6 kg/cm2. Le produit granulé est séché pendant environ une heure à 600Co Une analyse par tamisage du produit séché donne les résultats suivants Grosseur des granules (microns) 7o en poids de produit 7 355 39 250 - 355 25 106 - 250 27 / 106 9 Une optimisation supplémentaire des conditions et de la quantité d'émulsion utilisée conduirait probablement à un rendement amélioré en fractions d'assez petit diamètre. Néanmoins, les résultats ci-dessus indiquent un rendement de 27% en granules ayant une plage de grosseurs appropriée pour des larves de sole et de flétan (106-250 microns) et un rendement de 9% en granules appropriés pour des larves de turbot ( C 106 microns). Les granules plus gros seraient évidemment utilisables pour de tels poissons ayant dépassé le stade de l'alimentation initiale. Cet exemple montre ainsi qu'une émulsion peut en principe être utilisée dans le procédé selon l'invention. REVENDICATIONS 1) Un procédé pour la préparation d'un aliment susceptible d'ingestion par de très petits animaux aquatiques qui ont besoin que leur nourriture comprenne des granules ayant une dimension maximale de moins de 300 microns, caractérisé en ce qu'un lit agité d'ingrédients alimentaires essentiellement solides finement divisés ayant une grosseur moyenne de particules non supérieure à 150 microns est aggloméré par pulvérisation sur lui d'une solution aqueuse d'une matière polymère non-toxique, que le produit aggloméré ainsi formé est séché (si nécessaire) à une teneur en eau de moins de 15% en poids et que le produit est classé physiquement (si nécessaire) de manière qu'il contienne plus de 10% en poids de granules ayant une dimension maximale de moins de 300 microns. 2) Un procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que les ingrédients dans le lit agité ont une grosseur moyenne de particules non supérieure à 100 microns. 3) Un procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que les ingrédients du lit agité ont une grosseur moyenne de particules non supérieure à 50 microns. 4) Un procédé selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que la quantité de solution pulvérisée sur le lit agité est comprise entre 5 et 20% en poids. 5) Un procédé selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'aliment contient de l'huile libre et que l'huile libre est pulvérisée sur le lit agité avant l'application au lit de la solution aqueuse. 6) Un procédé selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que la solution aqueuse constitue la phase aqueuse d'une émulsion contenant de l'huile libre, l'émulsion étant pulvérisée sur le lit agité. 7) Un procédé selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la matière polymère est une gomme comestible. 8) Un procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce que la solution aqueuse pulvérisée sur le lit agité contient de 2 à 15% en poids de gélatine. 9) Un procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce que la solution aqueuse pulvérisée sur le lit agité contient de 0,1 à 1,5% en poids d'alginate. 10) Un procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce que la solution aqueuse pulvérisée sur le lit agité contient de 0,1 à 5% en poids de carboxyméthylcellulose sodique. 11) Un procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce que la solution aqueuse pulvérisée sur le lit agité contient de 30 à 200 ppm d'un polyacrylamide. 12) Un procédé selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que le produit granulé est séché (si nécessaire) à une teneur en eau de pas plus d'environ 12% en poids. 13) Un procédé selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il est mis en oeuvre dans un granulateur à cuve. 14) Un aliment granulé, caractérisé en ce qu'il a été préparé par un procédé selon l'une des revendications précédentes. 15) Un aliment granulé selon la revendication 14, caractérisé en ce que plus de 10% en poids des granules ont une dimension maximale de moins de 250 microns. 16) Un aliment granulé selon la revendication 15, caractérisé en ce qu'au moins 40% en poids des granules ont une dimension maximale de moins de 250 microns, mais de pas moins de 45 microns. 17) Un produit granulé selon la revendication 15, caractérisé en ce qu'au moins 80%';en poids des granules ont une dimension maximale de moins de 250 microns, mais de pas moins de 45 microns.