On a déja proposé de nombreux procédés et dispositifs pour lutter contre la pollution de la mer, notamment dans le cas d'une pollution par des liquides, tels que des hydrocarbures, répandus à la suite d'un accident, en particulier aux navires qui les transportent. C'est ainsi qu'on a proposé de pomper un mélange de liquide polluant et d'eau de mer que l'on envoie dans une installation de traitement et de séparation montée sur un navire spécial. L'eau de mer est rejetée et le liquide polluant récupéré est dirigé dans les citernes de navires traditionnels qui sont ensuite acheminés vers des stations terrestres d'utilisatison, par exemple vers des stations de raffinage de pétrole. Malgré ses avantages, cette technique antérieure semble présenter au moins deux graves inconvénients. En effet, le navire spécial comportant l'installation de séparation du mélange pompé est très important son tirant d'eau élevé ne lui permet pas de s'approcher des zones polluées, soit en raison de la proximité de rochers, soit en raison de hauts-fonds aux abords immédiats des cotes. En outre, le prix d'un tel navire spécial empêche d'en prévoir de nombreuses unités disséminees, en vue d'une intervention rapide, au voisinage des zones susceptibles d'entre sinistrées. La présente invention a donc tout d'abord pour objet un procédé pour la récupération des liquides polluants, éliminant les inconvénients qui viennent d'entre soulignés et présentant en outre divers avantages. Selon l'invention, on utilise au moins un premier navire de faible port en lourd, de préférence inférieur à 5000 tonnes, dit navire écrémeur, que l'on fait pénétrer à faible vitesse dans la nappe de liquide polluant en vue de recueillir directement un melange d'eau de mer et de liquide polluant, puis, lorsque le navire est intégralement rempli dudit mélange, on l'éloigne de la zone polluée et on le décharge dans au moins un deuxième navire de plus grande capacité, par exemple supérieure a 100 000 tonnes ; enfin, on dirige ce deuxième navire vers des installations de traitement disposées, de préférence, sur un site terrestre, en vue d'effectuer la séparation des constituants du mélange et la récupération des liquides pplluants. Le navire "écrémeur" sera avantageusement maintenu à un tirant d'eau constant, aussi faible que possible, par exemple voisin de 5 mètres, ce qui lui permettra de se rapprocher des zones dangereuses ou des hautsfonds, cependant que le deuxième navire, d'un type traditionnel pour le transport des liquides en vrac, aura été affrété spécialement pour ce transport exceptionnel de mélange polluant. Grâce à ces dispositions, la construction et l'immobilisation du matériel nouveau > nécessité par la mise en oeuvre du procédé selon l'in vention,n'entraineront qu'un investissement modéré puisque les installations de séparation du mélange polluant existent déjà en différentes régions et que, d'autre part, les navires servant au transport du mélange polluant ne seront affrétés à cet effet que dans des circonstances exceptionnelles. En outre, des navires "éerémeurs" pourront Entre répartis dans différents ports et permettront une intervention rapide.Enfin, on soulignera que ces navires "écrémeurs" pourront etre avantageusement utilisés, en dehors des périodes exceptionnelles pour lesquelles ils sont destinés, a des opérations de transport spéciales, par exemple d'engins de poids très élevé. L'invention a également pour objet un navire "écrémeur" pour la mise en oeuvre du procédé ci-dessus défini.- Selon l'invention, ce navire comporte un compartiment unique s'étendant sur toute sa longueur et présentant à l'avant et à l'arrière (dans le sens de la pénétration dans la nappe de liquide polluant) au moins une ouverture obturable, le niveau inférieur de l'ouverture avant étant situé au-dessus du niveau supérieur de l'ouverture arrière. Diverses autres caractéristiques de l'invention, aussi bien du procédé que du navire "écrémeur" et de son utilisation, apparattront au cours de la description qui va suivre, donnée uniquement à titre d'exemple, d'un mode de réalisation de l'invention. A cet effet, on se reportera au dessin annexé dans lequel - la figure 1 est une coupe longitudinale d'un navire "écrémeur" selon l'invention - la figure 2 est une coupe horizontale du navire suivant II-II de la figure 1 ; et - la figure 3 est une coupe transversale suivant III-III de la figure 1. Si l'on se reporte au dessin, on voit un navire "écrémeur", du type"catamaran", comportant deux coques étanches et résistantes 1 et 2 constituées chacune par une pluralité de caissons étanches 3. Ces deux coques sont réunies, comme on le voit bien sur la figure 3j par un pont principal 4 également résistant et constitué, lui aussi, par une pluralité de caissons étanches 5. Des membrures appropriées assurent une liaison rigide de chaque coque avec le pont principal. Le navire comporte donc un unique compartiment intérieur 6 parallélipédique délimité par les faces internes 7 et 8 des deux coques 1 et 2, par la face interne inférieure 9 du pont principal et par un fond inférieur mince 10. Bien entendu, en fonction de la longueur du navire, il pourra etre nécessaire de prévoir des cloisons intermédiaires 11, mais celles-ci seront percees de larges ouvertures 12, convenablement renforcées, permettant une communication facile entre les différentes parties du compartiment unique 6. A l'avant, situee à droite sur les figures 1 et 2, l'extrémité 13 du compartiment 6 présente au moins en partie la forme d'un cylindre horizontal et transversal se raccordant au fond 10 a sa partie inférieure. A sa partie supérieure, la zone cylindrique 13 comporte une ouverture 14, de préférence en forme de fente allongée horizontalement et transversalement et s'étendant sensiblement sur toute la largeur du compartiment 6. La génératrice du cylindre constituant le bord supérieur 15 de l'ouverture est située notablement au-dessus de la face inférieure 9 du pont principal pour des raisons qui apparattront plus loin, tandis que le bord inférieur 16 est situé très en dessous de cette face inférieure. L'ouverture 14 est cependant obturable et, dans l'exemple représenté, il est prévu à cet effet un volet 17 constitué par un secteur sensiblement cylindrique pivotant autour d'un axe horizontal et transversal 18 au moyen de vérins hydrauliques 19.Ainsi qu'on le verra plus loin, il est avantageux que des moyens de commande des vérins 19 soient situés tout à fait à l'avant du navire, en un endroit tel que l'ope- rateur puisse apercevoir facilement ltouverture 14. A l'arribre, l'extrémité du compartiment 6 est constituée par un panneau plan 20 dans lequel est ménagée l'ouverture arriere 21. Dans la pratique, il sera sans doute avantageux de limiter la hauteur du panneau 20, de sorte que son bord inférieur soit situé environ à mi-hauteur du compartiment, c'est- -dire très en dessous de la face inférieure 9 du pont principal et, par conséquent, de l'ouverture avant 14. L'ouverture 21 présente ainsi une forme sensiblement rectangulaire s'étendant sur toute la largeur du compartiment. Une porte 22, coulissant verticalement, permet d'obturer en totalité ou en partie l'ouverture 21 dont le bord inférieur est constitué par le fond 10 du navire. Bien que le navire selon l'invention, et tel qu'il a été décrit jusqu'à présent, puisse etre simplement remorqué, il semble néanmoins avantageux de le rendre autonome et de le munir de moyens de propulsion. A cet effet, et comme on le voit sur la figure 1; un-co;partiment moteur 23 est situé au-dessous du pont principal 4. La puissance motrice est fournie à des propulseurs orientables 24 montés à l'arrière de chacune des coques 1 et 2 au moyen d'une transmission appropriée, de préférence hydraulique. Au-dessus du compartiment moteur 23 se trouve le poste de pilotage 25. Gracie ces dispositions, il semble inutile de prévoir un gouvernail, la manoeuvre du navire étant obtenue au moyen des propulseurs orientables. I1 convient encore de souligner que les caissons étanches latéraux 3 sont équipés aussi bien de moyens pour les mettre en communication avec la mer que de moyens de pompage permettant leur vidange. E-nfin, il est évident que le compartiment 6 est équipé de moyens de pompage très puissants (non représentés) permettant sa vidange dans un délai aussi court que possible. Le fonctionnement et l'utilisation du navire "écrémeur" qui vient d'étire décrit s'effectuent de la façon suivante. Avant de recueillir le mélange de liquide polluant et d'eau de mer, le compartiment 6 est complètement rempli d'eau de mer, la porte arrière 22 étant relevée, l'air s'échappant par l'ouverture avant 14. La flottabilité du navire est assurée par les caissons étanches 3 et 5. Toutefois, les caissons 3 sont remplis d'eau de mer, en partie, pour donner au navire une assiette correcte et surtout pour permettre d'amener son plan de flottaison sensiblement au niveau de la face inférieure 9 du pont principal 4, de préférence légèrement au-dessus de cette face inférieure 9. Cette opération préliminaire étant terminée, le tirant d'eau du navire restera constant, et sensiblement égal à la hauteur du compartiment 6, pendant toute la durée des opérations qui vont suivre. Le navire est alors amené,soit par ses propres moyens, soit par remorquage, dans la nappe de liquide polluant recueillir et y pénètre par son avant, situé à droite sur les dessins. Sa vitesse reste très faible, par exemple voisine de 1 ou 2 noeuds, en fonction de l'état de la mer et de l'épaisseur de la nappe de liquide polluant. L'ouverture avant 14 est dégagée par abaissement du volet orientable 17 dont le bord horizontal supérieur est maintenu, au besoin par un réglage permanent à partir de l'avant du navire, juste au-dessous de la nappe de liquide polluant. La porte arrière 22 est complètement relevée, dégageant l'ouverture arrière 21. Au fur et à mesure que le navire pénètre dans la nappe à recueillir, un mélange d'eau et de liquide polluant entre dans le compartiment 6 et repousse l'eau qui s'y trouvait et qui s'évacue par l'ouverture arrière 21. Le liquide polluant se rassemble en principe dans les zones supérieures du compartiment, mais finit par sortir lui aussi par l'ouverture arrière 21. La porte 22 est alors progressivement abaissée, puis l'ouverture complètement obturée, lorsque le compartiment 6 est plein de mélange d'eau de mer et de liquide polluant. Le volet orientable 17 est alors, lui aussi, placé dans sa position d'obturation de l'ouverture avant 14. Comme on l'a déjà indiqué, toute l'opération de remplissage du compartiment 6 par le mélange polluant s'est effectuée sans modification sensible du tirant doleau (aux variations de densité près), le compartiment 6 étant toujours plein. Le navire "écrémeur" sort alors en marche arrière de la nappe polluante et peut Entre dirigé au voisinage d'un navire traditionnel de transport de liquides en vrac, par exemple un pétrolier, stationné dans une zone non polluée et présentant une profondeur suffisante. Un tel navire pourra etre affrété spécialement pour ces circonstances exceptionnelles et,après que le mélange polluant contenu dans le compartiment 6 du navire "ecrémeur" aura été transféré dans ses citernes, il sera dirigé vers une station de traitement en vue d'y effectuer la séparation des constituants du mélange. Bien entendu, l'invention ne limite pas le nombre de navires "écrémeurs" qui peuvent Btre utilisés simultanément ni le nombre de navires de transport de mélange. En raison de leur court modéré, des navires "écrémeurs" peuvent etre stationnés dans différents ports ; en l'attente des circonstances exceptionnelles pour lesquelles ils ont été conçus, ils peuvent être utilisés pour certains transports spéciaux. De plus, leur rusticité et la simplicité des installations qu'ils comportent ne nécessitent que peu d'entretien, de sorte que les frais de maintenance sont également peu élevés. Enfin, il est évident que l'invention n'est pas limitée au mode de réalisation ou au mode d'exploitation qui ont été décrits, mais en couvre au contraire toutes les variantes. REVENDICATIONS 1. Procédé pour la récupération des liquides polluants répandus en mer, notamment des hydrocarbures, au moyen de navires caractérisé en ce que l'on utilise au moins un premier navire de faible port en lourd, de préférence inférieur à 5000 tonnes, dit navire "écremeur", que l'on fait pénétrer à faible vitesse dans la nappe de liquide polluant en vue de recueillir directement un mélange d'eau de mer et de liquide polluant, puis, lorsque le navire est intégralement rempli dudit mélange, on l'éloigne de la zone polluée et on le décharge dans au moins un deuxième navire de plus grande capacité, par exemple supérieure a 100 000 tonnes, et en ce qu'enfin on dirige ce deuxième navire vers des installations de traitement disposées, de préférence, sur un site terrestre en vue d'effectuer la séparation des constituants du mélange et la récupération des liquides polluants. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le navire "écrémeur" est maintenu à un tirant d'eau constant, de préférence au plus égal a 5 mètres, et en ce que l'on recueille le mélange par l'avant du navire. 3. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le deuxième navire est d'un type traditionnel pour le transport des liquides en vrac, notamment des hydrocarbures, et a été affrété spécialement pour le transport du mélange polluant. 4. Navire "écrémeur" pour la mise en oeuvre du procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il comporte un unique compartiment intérieur présentant à l'avant et à l'arrière (dans le sens de la pénétration dans la nappe de liquide polluant) au moins une ouverture obturable, le niveau inférieur de l'ouverture avant étant situé au-dessus du niveau supérieur de l'ouverture arrière. 5. Navire selon la revendication 4, caractérisé en ce qu'il comporte sur toute sa longueur une pluralité de caissons latéraux étanches susceptibles d'etre remplis d'eau en partie, cependant que la poutre-navire est constituée par lesdits caissons étanches reliés rigidement par des membrures appropriées à un pont principal résistant, comprenant également une pluralité de caissons étanches, de sorte que le compartiment unique du navire est délimité par les faces internes étanches des caissons latéraux et du pont principal ainsi que par un fond inférieur étanche ne participant pas necessairement à la resistance d'ensemble du navire. 6. Navire selon l'une des revendications 4 et 5, caractérisé en ce qu'il est du type catamaran, les caissons latéraux constituant deux coques étanches. 7. Navire selon l'une quelconque des revendications 4 à 6, carac térisé en ce que le compartiment de l'appareil propulsif est situé au-dessus du pont principal résistant. 8. Navire selon l'une quelconque des revendications 4 à 7, carac terse en ce qu'il comporte uniquement des propulseurs orientables, de préférence entraînés par l'intermédiaire d'une transmission hydraulique. 9. Navire selon la revendication 4, caractérisé en ce que chacune des ouvertures avant et arrière du compartiment unique sont constituées par des fentes s'étendant sur une largeur aussi voisine que possible de la largeur du compartiment. 10. Navire selon l'une quelconque des revendications 4 à 9, caractérisé en ce que le seuil inférieur de l'ouverture avant est réglable en hauteur et en ce que le seuil supérieur est situé au-dessus de la face infe- rieure étanche du pont principal. 11. Navire selon l'une quelconque des revendications 4 à 10, carac térisé en ce que le seuil supérieur de l'ouverture arrière est réglable en hauteur et en ce que le seuil inférieur est situé de préférence au meme niveau que le fond inférieur du navire 12.Navire selon l'une quelconque des revendications 4 à 11, carac terse en ce que la région avant du compartiment est délimitée par une forme sensiblement cylindrique à axe horizontal, transversal par rapport au navire, dans laquelle est ménagée ltouverture avant,etence qu'il est prévu un volet articulé autour de l'axe de la forme cylindrique de la région avant, ledit volet étant lui-mAme constitué par un secteur de surface sensiblement cylindrique, délimité à sa partie supérieure par une génératrice horizontale et susceptible d'obturer ladite ouverture de façon à peu près étanche. 13. Navire selon l'une quelconque des revendications 4 à 12, carac terse en ce que la region arrière du compartiment unique est constituée par un panneau sensiblement plan dans lequel est ménagée l'ouverture arrière, et en ce qu'il est prévu, en regard de ladite ouverture, un volet plan coulissant et réglable en hauteur dont le cOté inférieur est horizontal. 14. Procédé pour le remplissage en mélange polluant d'un navire "écrémeur" selon l'une quelconque des revendications 4 à 13, caractérisé en ce qu'on remplit tout d'abord d'eau de mer le compartiment unique et au moins partiellement certains caissons latéraux, de façon que la face inférieure étanche du pont principal soit située dans le plan de flottaison ou légèrement en dessous de celui-ci, puis, après avoir ouvert d'une quantité convenable les ouvertures avant et arrière du compartiment, on fait avancer le navire dans la nappe de liquide polluant, le seuil supérieur de l'ouverture avant étant de préférence réglé en permanence en hauteur, pour recueillir une quantité minimale d'eau de mer.