On sait que, dans les lignes de télécommunications constituées par l'assemblage de tronçons de câbles à quartes-étoile, les déséquilibres de capacité des quartes des différents tronçons produisent, aux points de jonction entre ces derniers, des perturbations qui se traduisent principalement par l'apparition de diaphonie entre les deux circuits de la quarte. Pour remédier à ce défaut, il était jusqu a présent nécessaire de mesurer les déséquilibres de capacité de toutes les quartes de deux tronçons successifs et d'effectuer le raccordement de ces tronçons en fonction des résultats de ces mesures afin de réduire au miniumum les effets perturbateurs de ces déséquilibres. Cette opération était évidemment longue et fastidieuse et nécessitait un personnel spécialisé. L'invention a pour objet un procédé de raccordement qui permet de s'affranchir de ces inconvénients, qui évite toute mesure, qui peut être mis en oeuvre par du personnel non spécialisé, avec l'avantage de conserver, d'un bout à l'autre de la ligne constituée par un grand nombre de tronçons raccordés, d'une part le maintien du repérage des circuits en paires tel qu'il se présente dans les longueurs de tronçons individuels qui après raccordement forment la ligne, d'autre part les circuits combinés, fantômes ou super-fantomes, constitués à partir de ces câbles à quartes, circuits qui peuvent servir à la transmission et aussi à la téléalimentation. Le procédé objet de l'invention est caractérisé par le fait qu'il consiste à croiser à un ou plusieurs endroits donnés de la ligne les fils d'une même paire, puis, à un ou d'autres endroits, différents des précédents, à croiser ceux de la deuxieme paire. Les emplacements des endroits de croisement sont avantageusement choisis en fonction des paramètres de transmission correspondant aux fréquences mises en jeu dans l'exploitation de la liaison. A titre d'exemple non limitatif, un procédé systématique simple consiste à raccorder avec croisement les deux fils d'une première paire de la quarte sans croiser les fils de l'autre paire, puis, à l'endroit de la jonction suivante, à raccorder avec croisement les fils de la seconde paire sans croiser ceux de la premiere, et ainsi de suite. En d'autres termes, si l'on considère les fils d'une première paire de la quarte, on les raccorde avec croisement à toutes les jonctions impaires, tandis que les fils de l'autre paire sont raccordés avec croisement à toutes les jonctions paires. La figure 1 ci-annexée représente schématiquement, à titre d'exemple non limitatif, la disposition obtenue. Sur cette figure, 1, 2, 3, 4 ... désignent les tronçons successifs d'une quarte composée de deux paires A et B formées respectivement de deux fils a, a' et b, b'. Conformément à l'invention, à l'endroit de la jonction entre les deux premiers tronçons 1 et 2, on effectue les raccordements de la façon suivante En ce qui concerne la paire A, on raccorde les fils a1 et a'1 du tronçon 1, respectivement aux fils a'2 et a2 du tronçon 2, c'est-à-dire en effectuant un croisement de ces fils, tandis qu'en ce qui concerne la paire B, on raccorde les fils b1, b' 1 du tronçon 1 respectivement directement aux fils b2, b'2 du tronçon 2, c'est-à-dire sans croisement. Par contre, à la jonction entre les tronçons suivants 2 et 3, pour la paire A on raccorde les fils a2, a'2 du tronçon 2 sans croisement aux fils a3, a'3 du tronçon 3, tandis que pour la paire B on raccorde les fils b2, b'2 du tronçon 2 aux fils b'3, b3 du tronçon 3, c'est-à-dire avec croisement. On opère successivement ainsi pour toutes les jonctions, en alternant à chacune d'elles la paire de fils qui sont croisés, cette opération se faisant systématiquement et sans aucune mesure préalable et pouvant donc être exécutée par du personnel non spécialement qualifié. Il en résulte en outre un gain de temps considérable dans l'assemblage des tronçons. On va maintenant exposer l'avantage technique qui résulte de l'application de ce procédé à l'exemple considéré ci-dessus. Des avantages analogues seraient obtenus dans d'autres variantes du procédé selon l'invention. On désignera respectivement par A 1' A 2 A s les déséquilibres de capacité entre les deux paires des tronçons 1, 2...n. Dans chacun de ces tronçons, on désignera par ( le déséquilibre de capacité entre la paire a et la terre et par s b le déséquilibre de capacité entre la paire b et la terre. b On va maintenant considérer d'abord les déséquilibres de capacité A entre. paires. Au premier point de jonction j1 entre les tronçons 1 et 2, le déséquilibre de capacité entre les paires aboutissant à ce point est en valeur absolue égal à A 2 - A 2' à cause du croisement dans la paire a, alors qu'en l'absence de ce croisement il aurait été #1 + #2. Au point de croisement suivant i2, il sera ( Ai - b 2) ~ A 3 à cause du croisement dans la paire b, alors qu'il aurait été ( A 1 + A 2 + A 3 sans ce croisement. On voit que, si l'on raccordait toutes les paires bout à bout sans permutation, tous les déséquilibres de capacité s'ajouteraient algébriquement et se cumuleraient donc au bout de la ligne. Par contre, en utilisant le procédé de raccordement selon l'invention, chaque déséquilibre se retranche algébriquement du précédent à chaque jonction. Certes, ces soustractions s'effectuent en valeur algébrique, de sorte que, si le déséquilibre de chaque tronçon est aléatoire -ce qui a lieu si ces tronçons proviennent de fabrications différentes- il peut se faire que la différence des déséquilibres de deux tronçons quelconques soit, en valeur absolue, supérieure à leur somme. Mais au bout d'un assez grand nombre de tronçons, comme c 'est le cas en pratique dans une liaison, et en raison même du caractère aléatoire de leurs déséquilibres, on peut affirmer que le déséquilibre global d'une ligne raccordée selon l'invention n'est pas supérieur à celui d'une ligne avec raccordements sans croisement. Par contre, le procédé selon l'invention a son maximum d'efficacité quand les tronçons que l'on livre sur le chantier pour être raccordés l'un à l'autre proviennent de mêmes longueurs de fabrication, car en général les défauts importants de déséquilibre de capacité sont dans ce cas systématiques, et se trouvent sensiblement répartis sur chacun des tronçons en grandeur et en signe. Le tableau selon la figure 2 ci-annexée donne un exemple de l'amélioration qu'il est ainsi possible d'obtenir sur une section de 1800 mètres constituée par six tronçons de 300 mètres chacun d'eux, provenant d'une même longueur de fabrication. Sur ce tableau, on a fait figurer les points à 90, 95 et 99% de la courbe de répartition statistique des déséquilibres de capacité obtenus en fin de section, dans le cas d'un raccordement droit d'une part, d'un raccordement selon l'invention d'autre part. La dernière colonne du tableau illustre le gain réalisé grâce au procédé selon l'invention, gain qui s'échelonne entre 46% et 55%. On va maintenant considérer les déséquilibres de capacité entre les paires d'un tronçon et la terre, en prenant à titre exemple une ligne formée de quatre tronçons. Pour un tronçon donné, on désignera paru le déséquilibre de capacité a entre la paire a et la terre, et parRrb le déséquilibre de capacité entre la b paire b et la terre. Si l'on considère l'extrémité aval du tronçon n 2 selon la figure 1, le déséquilibre de capacité pour la paire a est b 2 en raison du croisement de fils au point j1 ; par contre, le déséquilibre de capacité pour la paire b est &gamma;b1 + &gamma; b2 puisqu'il n'y a pas de croisement. En aval du tronçon n 4, les déséquilibres de capacité sont (&gamma;a1 - &gamma;a2) + (&gamma;a3 - &gamma;a4) pour la paire a, et b1 +2) - +) b2) pour la paire b. On conçoit que l'on arrive ainsi, surtout dans le cas de tronçons provenant d'une meme longueur de fabrication et ayant des défauts systématiques de déséquilibres de capacité dite "réel-terre", a une réduction très sensible de ce déséquilibre global. le tableau de la figure 3, établi selon les mêmes bases que celui de la figure n 2, donne un exemple d'amélioration qu'il est ainsi possible d'obtenir pour les déséquilibres "réel-terre" ; on voit sur ce tableau que le gain obtenu varie entre 43% et 48% selon les points extrêmes de la courbe statistiques considérés. REVEND ICAT IONS 1/ Procédé de raccordement de tronçons de quartes-étoile d'une ligne de transmission, caractérisé par le fait qu'il consiste à croiser les fils de la première paire en un ou plusieurs points de la ligne, puis les fils de la seconde paire en un ou plusieurs autres points différents des précédents. 2/ Procédé de raccordement de tronçons de quartes-étoile selon la revendication 1, caractérisé par le fait qu'il consiste à croiser systématiquement les fils de la première paire sans croiser ceux de la deuxième paire, puis au point de raccordement suivant, à raccorder en les croisant les fils de la deuxième paire sans croiser ceux de la première, et ainsi de suite. 3/ Procédé de croisement selon les revendications 1 et 2, caractérisé par le fait qu'il est appliqué au raccordement de tronçons de quartes-étoile découpés dans une longueur fabriquée d'un seul tenant.