Des matériaux servant à transférer des cultures de moisissures (inoculums) sur des substrats naturels ou synthétiques contiennent conme constituants les spores des moisissures et/ou des parties du mycélium (hyphes). Pour obtenir une préparation aussi active que possible, il faut effectuer la conversion des cultures primitives en des formes utilisables techniquement de façon telle que le nombre des parties aptes à la germination soit particulièrement grand. On peut y parvenir en préparant des cultures ou fractions de cultures liquides, nemi-humides, séchées ou lyophilisées, si l'on effectue la préparation dans des conditions déterminées.Pour des raisons de durabilité et aussi pour des raisons financières (frais de transport), il est à conseiller, dans la préparation de grandes quantités d'inoau- lut, d'utiliser la forme lyophilisée. Toutefois, étant don- né la structure particulière des spores de moisissures et du mycélium, cette forme a des inconvénients pratiques notables. Dans le cas d'inoculums destinés à des usages te ch-' niques, cas où il s'agit par exemple de recouvrir aussi ra ridement que possible dtun tapis dense d'une moisissure dé-. airée la surface de denrées alimentaires (saucisse, fromage etc..), on a besoin d'un-satériau d'ensemencement dont la densité de germes soit par exemple 100 ou 1000 fois suprieure à celle d'un matériau destiné par exemple à des collections de souches. Après ces remarques préliminaires, il est évident qu'on ne peut obtenir une telle augmentation de la densité de germes et aussi de la dispersion que il l'on perfectionne notablement le procédé de séchage. Si l'on obtient par lyophilisation usuelle, à partir de cultures entières ou de suspensions, des préparations sèches, on n'arrive pas à rétablir au moyen de liquides le degré de dispersion primi- tif des cultures et de leurs spores. Si l'on utilise les inoculums décrits pour former des suspensions aqueuses dans lesquelles il s'agit par exemple d'inoculer des saucisses par immersion, on constate que la distribution des germes sur la surface des saucisses est très inégale.On obtient une croissance ponctuelle et à côté de celle-ci, des endroits où aucune croissance n'a eu lieu. les saucisses de ce genre n'ont pas une apparence appétissante et en outre, aux endroits non recouverts, il peut s'établir des moisissures étrangères, ce qui est naturellement contraire au sens véritable d'une inoculation dirigée. Il faut donc arriver à pouvoir obtenir, après lyophilisation et remise en suspension dans l'eau, des préparations de grande uniformité qui, lors de l'immersion, recouvrent d'un tapis uniforme de moisissure la surface des matières inoculées. Si l'on examine au microscope une préparation de moisissure lyophilisée, on constate que les spores aussi bien que les hyphes sont sous une forme grumeleuse. Cela s'explique facilement puisque la structure filamenteuse des hyphes facilite un "feutrage" et que 'autre part la surta- ce des spores est occupée par de fines protubérences.Oelles- ci ont pour rible, dans la nature, de favoriser I 'adhérence des spores a' une base appropriée. Pendant la lyophilisation, les protubérances ont pour effet que des spores et des hy phes se lient fermement entre elles. Cette liaison ne peut pas être rompue ensuite par la mise en suspension dans l'eau pour l'utilisation comme liquide d'immersion.Il reste des grumeaux qui me forment précisément, sur la surface & inoculer, que des *îlots*. Si l'on voulait obtenir avec un inoculas de ce genre un tapis de moisissure uniforme, il fau- drait adopter une concentration excessive de germes (spores), ce qui est impossible, ne serait-ce que pour des raisons de prix. Ainsi, d'après les conceptions scientifiques exposées ci-dessus, on ne peut préparer un inooulurP très actif et donnant des tapis de moisissure uniformes que si I 'on arrive & empêcher les spores de s'agglomérer entre elles et au réseau mycélien. On ne peut y parvenir qu'en ajoutant des corps qui, lors du processus de séchage, recouvrent d'un collolde protecteur les spores et hyphes, pouvant être considérées comme des colloïdes, et qui, lors du processus de mise en suspension, assurent complètement la dispersion des spo res. Ces corps peuvent aussi faire déjà partie du milieu nutritif qui sert à la culture initiale et Qui doit alors être traité en même temps.Du point de vue de la chimie des colloïdes, on a un sol irréversible qui est transformé en sol réversible par un collolde protecteur. L'invention a pour objet la préparation de sols colloïdaux bien dispersibles à partir de spores et fractions de mycélium de moisissures, avec utilisation de colloldes protecteurs appropriés. Ces colloldes protecteurs peuvent etre en principe tous les corps connus par la littérature. La seule limitation est ici posée par la législation en vigueur sur les denrées alimentaires, dans la mesure où les revêtements de moisissures sont formés sur des produits dont les revêtements sont consommés aussi. On citera comme exemples, sans que cela limite l'idée de l'invention: Groupe 1 : hydrates de carbone moyens polymères et hauts polymères. Groupe 2 : produits protéiniques. Groupe 3 : agents de dispersion, détersifs, émulsifiants,etc. d'origine synthétique. Exemple du groupe 1 : h des inoculums d'une souche de moisissure appropriée techniquement et toxicologiquement, cultivés sur des milieux nutritifs de composition en ellemême connue, on ajoute 1/ó d'une solution de dextrine à 20% et ensuite, on lyophilise le tout. Le produit sec, mis en suspension dans de l'eau, donne une suspension bien disper sée qui permet une formation entièrement uniforme du tapis de moisissure. Exemple du groupe 2 : On effectue la préparation comme indiqué à l'exemple 1, avec cette différence que l'on utilise comme agent de dispersion une addition de 3% d'albumine que l'on ajoute de la façon décrite, an solution aqueuse, avant la lyophilisation. Le résultat est semblable à celui de l'exemple 1. Exemple du groupe 3 : ku milieu nutritive où l'on cultive la souche de moisissure, on ajoute 59 de méthylcel lulose. Dans la mesure où le milieu nutritif est liquide, on peut lyophiliser immédiatement après la maturation. Dans le cas de milieux nutritifs solides, il faut tout d'abord diluer avec de l'eau et homogénéiser pour obtenir l'effet de dispersion. Après la lyophilisation on obtient un inoculum bien dispersé, facilement réversible lorsQu'on le dilue à l'eau. 2ème exemple du groupe 3 : On met en suspension dans l'eau et on lyophilise une culture en surface d'une souche de moisissure. Avant l'utilisation comme liquide d'immersion, on ajoute 0,01% de polyoxyéthylèneglycol. On obtient une suspension bien dispersée qui donne une croissance uniforme en tapis sur des surfaces immergées. REVENDICATIONS 1. lnoculum lyophilisé pour l'obtention d'un tapis de moisissure sur les denrées alimentaires, caractérisé par le fait Qu'il est additionné d'un corps qui forme un colloi- de protecteur pour les spores et les hyphes et qui, lorsqu' on prépare la solution d'inoculation, assure une fine dispersion des spores. 2. Inoculun selon la revendication 1, caractérisé par le fait que l'on utilise comme agents de dispersion des hydrates de carbone moyens polymères et hauts polymères, par exemple les dextrines, les amidons, les pectine. 3. lEloculua selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on utilise comme agents de dispersion des pro tétines ou des produits protéines tels que le blanc d'oeuf de poule, la poudre d'oeuf entier séché, la poudre de lait, la gélatine, le sérum de bovin. 4. Inoculai selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on utilise comme ageats de dispersion des corps synthétiques ou semi-synthétiques ayant une action de dispersion, par exemple le glycolate de cellulose, les produits de sulfonation d'alcools gras, les polyoxyéthylèneglycols. 5. Procédé de préparation d'un inoculum selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé par le fait que l'on ajoute à l'inoculum, avant ou après la lyophilisation, un corps formateur de colloSde protecteur. 6. Inoculez selon 1a revendication 5, caractérisé en ce que l'on ajoute les corps au milieu nutritif des cultures juste au moment de la culture et que l'on ajoute alors ce milieu, en même temps, à l'inoculum.