La synthèse des alcools à partir des hydrocarbures éthyléniques est une réaction bien connue, étudiée en parti- culier par F. VACHEZ dans un article paru dans la Revue de l'Institut Français du Pétrole, XVIII, no 5, pp. 724-758. L'hydrocarbure est absorbé dans un acide sulfurique dont la concentration varie en sens inverse du nombre d'atomes de carbone de l'hydrocarbure utilisé. Après hydrolyse de l'hydro- carbure et distillation de l'alcool obtenu, il reste un acide sulfurique dilué contenant des matières organiques dissoutes. L'économie du procédé implique une concentration et un recyclage de cet acide. Cependant, au cours de ces opéra- tions, les matières organiques dissoutes s'accumulent et for- ment des goudrons qui finissent par se déposer en obstruant les canalisations, ce qui oblige à des arrêts de fabrication pour des nettoyages longs et coteux. De nombreuses solutions ont été proposées pour éviter cet inconvénient. En particulier, 1'USP 2 955 920 et la DE-AS 1 074 019 préconisent l'oxydation totale des matières organiques par de l'acide nitrique en excès. Ces techniques éliminent effectivement les matières hydrocar- bonées, mais conduisent à l'obtention d'un acide sulfurique contenant de l'acide nitrique et de l'acide nitreux qu'il est nécessaire d'éliminer avant le recyclage, élimination obtenue par chauffage à 300-3200C. Cette opération supplémentaire assez onéreuse oblige à concentrer l'acide sulfurique à 96-98 %, concentration qui n'est pas nécessaire pour les hydrocarbures éthyléniques dont le nombre d'atomes de carbone est supérieur à 2, et produit des gaz d'évent chargés en oxydes d'azote toxiques qui doivent impérativement être éliminés avant rejet. La demanderesse a mis au point un procédé de puri- fication de l'acide sulfurique résiduaire qui permet d'éviter l'accumulation des matières organiques qui y sont dissoutes et ne nécessite qu'une étape de traitement de l'acide, les gaz d'évent pouvant quant à eux être rejetés directement, car non toxiques. Le procédé de l'invention consiste à concentrer l'acide sulfurique résiduaire à un minimum de 70 % par une technologie classique, à le porter à une température minima de 150'C dans un premier réacteur dans lequel on introduit de l'acide nitrique à une concentration minima de 60 %, à raison d'au maximum une molécule d'acide nitrique par atome de carbone dosé dans l'acide sulfurique à traiter. Dans la pratique, on utilise entre 0,5 et 1 molécule de HNO3 par atome de carbone de façon à obtenir une élimination suffisante des matières organiques. Le liquide est ensuite transvasé par débordement dans un deuxième réacteur maintenu ou non à la même tempéra- ture que le premier, mais de toute façon à une température supérieure à 1500C, et dans lequel les matières organiques résiduelles achèvent de consommer la totalité de l'acide ni- trique introduit et de l'acide nitreux formé après réaction. Les gaz d'évent ne contiennent comme oxyde d'azote que du protoxyde d'azote N 20 non toxique et peuvent être rejetés directement sans purification. Le temps de réaction total peut varier dans de grandes proportions suivant la température du traitement, il est par exemple de l'ordre de 4 heures lors- qu'on opère à 160'C. Il est possible d'utiliser un nombre plus important de réacteurs en série, mais il est nécessaire que le dernier réacteur ne reçoive plus d'ajoute d'acide nitrique. L'acide sulfurique ainsi purifié peut être recyclé directement à l'absorption d'hydrocarbures éthyléniques. Ce procédé peut s'appliquer à d'autres acides résiduaires contenant des matières organiques, tels par exem- ple ceux provenant de la purification des hydrocarbures dans les opérations de raffinage. Les exemples suivants illustrent l'invention sans toutefois la limiter. EXEMPLE 1 On dispose de deux réacteurs de deux litres munis d'une agitation et d'un chauffage et disposés en série. Le premier réacteur reçoit par des tubes plongeants séparés l'acide sulfurique à traiter et l'acide nitrique qui sont introduits par des pompes doseuses. Il déborde par trop- plein dans le second réacteur qui se déverse lui aussi par trop-plein dans une recette. Chaque réacteur est surmonté d'un condenseur à reflux qui rétrograde les vapeurs entraînées et stabilise la température des gaz. Les évents des deux réacteurs sont reliés entre eux et envoyés vers un chromatographe qui permet de les analyser puis vers un compteur qui en mesure le débit. Dans le premier réacteur on introduit simultanément et en continu 800 g/h d'acide sulfurique à 75 X à traiter, contenant 0,78 % de carbone dissous sous forme de matières organiques, et 49,5 g/h d'acide nitrique à 61 %, ce qui correspond à un rapport molaire acide nitrique rapporté au carbone de 0,92. La température des réacteurs est maintenue à 1600C. A la sortie du second réacteur on recueille 829 g/h d'acide sulfurique traité ne contenant plus que 0,26 % de carbone à l'état de matières organiques et ne contenant ni acide nitrique ni acide nitreux. Cet acide sulfurique peut être recyclé soit tel quel, soit après concentration dans un procédé d'hydratation d'hydrocarbure éthylénique. Les gaz d'évent qui ont un débit de 14 1/h ne contiennent comme oxyde d'azote que du protoxyde d'azote N20 non toxique. EXEMPLE 2 Dans le même appareillage que celui de l'exemple 1, on alimente en continu et simultanément 830 g/h d'acide sulfu- rique 75 So, contenant 0,78 X de carbone sous forme de matières organiques et 56,1 g/h d'acide nitrique 61 Se, soit un rapport molaire acide nitrique rapporté au carbone de 1. La température est maintenue à 1600C. Par l'écoulement du second réacteur on recueille 850 g/h d'acide sulfurique traité contenant 0,20 % de carbone sous forme de matières organiques et ne contenant ni acide nitrique ni acide nitreux. Le seul oxyde d'azote présent dans les gaz d'évent est le protoxyde d'azote N 20 non toxique. L'acide obtenu est recyclable tel quel dans le procédé d'hydratation des éthyléniques. EXEMPLE 3 Dans le même appareillage que celui de l'exemple 1, on introduit simultanément et en continu 1 980 g/h d'acide sulfurique 75 % contenant 1, 05 Sa de carbone sous forme de matières organiques et 109,8 g/h d'acide nitrique 61 %, soit un rapport molaire acide nitrique rapporté au carbone de 0,61. La température est maintenue à 1601C. Au débordement du second réacteur on recueille 2 043 g/h d'acide traité titrant 0,38 % de carbone sous forme de matières organiques et ne contenant ni acide nitrique ni acide nitreux. Par l'évent se dégagent ,4 1/h de gaz ne contenant comme oxyde d'azote que du proto- xyde d'azote N20 non toxique. L'acide obtenu est recyclable tel quel ou après concentration au titre souhaité. EXEMPLE 4 Dans le même appareillage que celui de l'exemple 1, on introduit simultanément et en continu 1 500 g/h d'acide sulfurique 77 % titrant 0, 15 % de carbone sous forme de matières organiques et 13,4 g/h d'acide nitrique 61 %, soit un rapport molaire acide nitrique rapporté au carbone de 0,7. La tempéra- ture des réacteurs est de 160'C. Au débordement du second réacteur on recueille 1 510 g/h d'acide traité contenant 0,06 % de carbone sous forme de matières organiques. Il ne contient pas de quantité mesurable d'acide nitrique et nitreux. Les gaz d'évent ne contiennent comme oxyde d'azote que du protoxyde d'azote N 20 non toxique. L'acide obtenu peut être recyclé tel quel ou après concentration pour l'hydratation des oléfines. Les exemples qui suivent sont destinés à montrer que si les conditions de l'invention ne sont pas respectées on retrouve les inconvénients des procédés antérieurs. EXEMPLE 5 Dans le même appareillage que celui de l'exemple 1, on introduit en continu et simultanément 800 g/h d'acide sulfurique 75 % contenant 1,34 % de carbone sous forme de matières organiques et 117,7 g/h d'acide nitrique 61 %, soit un rapport molaire acide nitrique rapporté au carbone de 1,22. La température est maintenue à 160'C. Par débordement du second réacteur on recueille 896 g/h d'acide traité contenant 0,35 % de carbone sous forme de matières organiques. Il ne contient pas d'acide nitrique ou nitreux. En revanche le gaz d'évent, d'un débit de 28,5 1/h contient 16,5 % d'oxyde azotique NO et est fortement coloré en rouge ce qui indique la présence de peroxyde d'azote NO2 ou (NO2)2, produit d'oxydation par l'air de l'oxyde azotique. L'acide est utilisable tel quel mais le gaz d'évent devra être traité avant rejet. EXEMPLE 6 Dans-le même appareillage que celui de l'exemple 1 on introduit en continu et simultanément 1 500 g/h d'acide sulfurique 77 % titrant 0,15 % de carbone sous forme de matières organiques et 13,25 g/h d'acide nitrique 61 %, soit un rapport molaire acide nitrique rapporté au carbone de 0,69. La tempé- rature est de 105'C. Au débordement du second réacteur on recueille 1 510 g/h d'acide traité contenant 0,12 % de car- bone sous forme de matières organiques mais également 0,177 % d'acide nitreux et 0,012 % d'acide nitrique. Les gaz d'évent (2,16 1/h) sont colorés en rouge ce qui indique la présence de peroxyde d'azote NO2 ou (NO.)2, donc aussi de NO. Dans ce cas, outre que le traitement est peu efficace en ce qui con- cerne l'élimination du carbone, l'acide obtenu et les gaz d'évent doivent subir un traitement supplémentaire. REVENDICATIONS 1. Procédé de purification de l'acide sulfurique rési- duaire provenant de la fabrication des alcools par hydratation des hydrocarbures éthyléniques correspondants consistant à ajouter à l'acide sulfurique préalablement concentré à un minimum de 70 % de l'acide nitrique concentré à 60 % minimum de HNO3, caractérisé par le fait que l'on ajoute à une tempé- rature minima de 150'C l'acide nitrique en quantité inférieure a une molécule d'acide nitrique par atome de carbone dissous sous forme de matières organiques dans l'acide sulfurique à purifier. 2. Procédé seon la revendication 1 dans lequel on introduit l'acide nitrique à raison de 0,5 à 1 molécule d'acide nitrique par atome de carbone dissous sous forme de matières organiques dans l'acide sulfurique à purifier. 3. Procédé selon l'une des revendications 1 ou 2 dans lequel l'oxydation de la matière organique a lieu dans au moins deux réacteurs continus étagés en série, le dernier réacteur au minimum n'étant pas alimenté en acide nitrique.