L'invention est relative à un nouvel immunsérum contenant des anticorps spécifiques des protéines d'un lait, l'inununsérum et les protéines en question étant ceux de deus espèces animales distinc tes . L'invention est également relative au procédé de préparation de cet immunsérum, et également à l'application de celui-ci au contrôle de la pureté du lait d'une espèce animale, ou de la pureté des produits dérivés de ce lait. Le prix élevé de certains laits de consommation comme par exemple le lait de chèvre ou celui de brebis, par rapport au lait de vache, et les risques qui en résultent de voir réaliser des mé- langes non identifiés comme tels obligent les industriels inté- ressés, de même que les services officiels chargés de contrôler la qualité des produits, à pratiquer de façon systématique l'analyse des laits susceptibles d'avoir subi de tels mélanges. I1 est donc nécessaire de disposer de méthodes adaptées à ces contrtles. Les méthodes actuellement utilisées pour le contrôle du lait présentent toutes des inconvénients : soit leur utilisation-est incommode, soit leur sensibilité est insuffisante. Par exemple, une première méthode pour rechercher du lait de vache dans du lait de chèvre est basée sur l'éleetrophorèse du lait sur un matériau approprié, par exemple un gel d'acrylamide, pour mettre en évidence la présence d'une caséine propre au lait de vache. La mise en oeuvre de cette méthode demande environ une semaine, et sa sensibilité ne permet pas de descendre en dessous d'une teneur en lait de vache de l'ordre de 4 à 5 %. Une deuxième méthode consiste à ajouter au lait à analyser une goutte d'un antisérum de lapin spécifique des caséines du lait de vache, et d'observer la formation d'un floculat. Cette méthode ne permet de déceler la présence du lait de vache que pour des teneurs supérieures à 5 %. Une troisième méthode a été proposée, dans laquelle on utilise une technique dwimmunodiffusion sur gélose. A cet effet, un antisérum spécifique des protéines sériques présentes dans le lait de vache est préparé sur des lapins. L'antisérum est rendu spécifique des protéines de vache par réaction avec du sérum de chèvre pur, éliminant ainsi les constituants susceptibles, au moment du dosage, de réagir avec les protéines sériques présentes dans le lait de chèvre. Cependant, il en résulte un appauvrissement très important de l'antisérum rendant son utilisation délicate. Cette méthode requiert environ 48 heures, et sa sensibilité au lait de vache ne permet pas de détecter des proportions de lait de vache inférieures à environ 5 % dans du lait de chèvre. Pour répondre au mieux aux exigences de la pratique, les méthodes de dosage doivent etre à la fois sensibles et d'exécution rapide. la présente invention a donc pour but de fournir une telle méthodeoainsi que les moyens pour la mettre en oeuvre. la demanderesse a montré qu'il est possible de réaliser une telle méthode au moyen d'un immunsérum issu d1 animaux appartenant à l'espèce dont on veut analyser le lait, plus particulièrement les ovins, les caprins ou les bovins, cet immunsérum contenant des anticorps spécifiques de protéines sériques présentes dans le lait de l'espèce animale différente et dont on recherche la présence éventuelle. En pratique, il s'agit le plus couramment de rechercher la présence de lait de vache dans un lait de chèvre ou de brebis, et l'immunsérum de chèvre ou de brebis contient donc des anticorps spécifiques des protéines sériques présentes dans le lait de bovine Eventuellement, il peut aussi s'agir de déceler la présence de lait de chèvre dans du lait de brebis ou l'inverse, et, dans ce cas, on utilise respectivement un immunsérum d'ovins contenant des anticorps spécifiques des protéines sériques présentes dans le lait de caprins, ou un immunsérum de caprins contenant des anticorps spécifiques de ces protéines du lait d'ovins. Dans la suite de la description de l'invention, on fait plus particulièrement référence, par commodité, aux immunsérums contenant des anticorps spécifiques des protéines sériques présentes dans le lait de bovins, mais ce qui est exposé à ce propos s'appli- que également aux immunséruns spécifiques des protéines sériques présentes dans le lait d'autres espèces animales. La demanderesse a constaté que certaines au moins des protéines du lait de bovins portent des déterminants antigéniques suffisamment spécifiques pour que ces protéines puissent déclencher des réactions de type immunitaire à l'égard de ces protéines chez les espèces animales considérées par le-s spécialistes comme étant très voisines, notamment chez les caprins et les ovins qui font partie, comme les bovins, de la famille de mammifères des bovidés. I1 est remarquable que l'on trouve de tels déterminants antigéniques spécifiques quand on considère des espèces aussi proches, notamment, que les bovins, ovins et caprins. I1 est également remarquable que la présence de ces déterminants antigéniques permette d'obtenir des immunsérums très sensibles aux antigènes antagonistes, autrement dit, dont la concentration en anticorps spécifiques de ces protéines soit relativement forte. En plus de leur grande sensibilité, ces immunsérums présentent l'avantage, par rapport à ceux connus antérieurement et qui étaient préparés notamment sur des lapins, de pouvoir & re utilisés directement.Il n'est pas nécessaire d'éliminer de ceux-ci tous les anticorps susceptibles de réagir indifféremment avec les protéines du lait de vache ou celles du lait de chèvre ou de brebis. L'immunsérum selon l'invention, provenant suivant le cas de caprins ou d'ovins, ne renferme en effet pas d'anticorps contre des protéines du lait des animaux de l'espèce dont il provient. De façon avantageuse, les immunsérums selon l'invention contiennent des anticorps spécifiques des immunoglobulines contenues dans le lait. Les immunoglobulines présentent en effet la meilleure spécificité antigénique parmi les protéines du lait. Contrairement aux caséines, leur structure antigénique n'est pas modifiée au cours de la transformation du lait en fromage. On les retrouve donc intactes dans ce dernier, ce qui permet d'effectuer les contrôles aussi bien sur le lait que sur les fromages. Dans le cas du lait de vache, l'immunoglobuline G1 est particulièrement avantageuse, étant donné qu'il lui correspond la spécificité antigénique la plus marquée. On peut utiliser d'autres protéines sériques présentes dans le lait, et notamment le sérum-albumine. Pour obtenir les immunsérums selon l'invention, on injecte, suivant le cas à un caprin, un ovin ou un bovin, une quantité de protéines sériques présentes dans le lait d'une espèce animale différente, cette quantité étant suffisante pour déclencher chez l'animal traité une réaction de type immunitaire se traduisant par l'apparition d'anticorps spécifiques de ces protéines. On récupère ensuite le sérum contenant ces anticorps en effectuant des prélèvements sanguins sur l'animal ainsi immunisé. En pratique, nous l'avons vu, on immunise surtout des ovins ou des caprins à l'aide de protéines du lait de bovins. le choix des protéines sériques présentes dans le lait utilisées pour engendrer la réaction immunitaire est, comme on l'a dit plus haut, orienté vers les protéines qui portent la spécificité antigénique la plus forte et sont en quantité suffisante dans le lait pour pouvoir tre facilement dosées. Dans la préparation utilisée pour l'immunisation de l'animal produisant l'immunsérum, il est préférable d'employer une variété de protéines purifiée pour favoriser au mieux la production abondante d'anticorps parfaitement spécifiques. Dans le cas de la préparation d'un immunsérum anti-lait de vache, on utilise ainsi, de préférence, une préparation contenant des immunoglobulines G1 purifiées. Ces immunoglobulines sont extraites de lait de vache, ou mieux encore du colostrum dans lequel elles sont présentes en forte proportion. Eventuellement, le colostrom, après élimination de la matière grasse et des caséines, peut être utilisé tel quel dans la préparation d'immunisation injectée, mais de préférence on procède à une séparation et une purification des immunoglobulines qu'il renferme. Dans ce cas, on élimine les lipides, la caséine, et l'on purifie et concentre les immunoglobulines qui peuvent être éventuellement conservées sous forme lyophilisée.Par exemple, on peut eliminer les lipides par centrifugation et séparation ultérieure des phases, et la caséine par précipitation en milieu acide (pE de l'ordre d'environ 4,6). Une purification très poussée des immunoglobulines G1 peut être obtenue par des techniques habituelles de purification des protéines, notamment par des procédés chromatographiques. L'immunisation des animaux producteurs de l'immunsérum peut s'effectuer suivant des méthodes usuelles. Pour stimuler au maximum la réponse immunitaire et obtenir un sérum riche en anticorps spécifiques, l'antigène constitué par la ou les protéines du lait est avantageusement administré avec une émulsion d'un adjuvant huileux du type adjuvant complet de Freund. Par ailleurs, toujours pour favoriser la réponse immunitaire, il est préférable de procéder à des injections de rappel. Avantageusement, lorsque l'on immunise des caprins ou des ovins avec des immunoglobulines G1 de vache, la dose injectée par voie intradermique se situe entre 1 et 10 mgy et l'injection est renouvelée plusieurs fois à quelques jours d'intervalle. B'appari- tion des anticorps spécifiques est relativement rapide (une quinzaine de jours après la première injection). Des prélèvements sanguins effectués sur les animaux immunisés conduisent au sérum après élimination des globules par coagulation et centrifugation0 Le sérum recueilli à partir des animaux immunisés est contrôlé. On vérifie tout particulièrement sa spécificité, c'est-à-dire qu'il ne réagit qu'avec du lait de 11 espèce animale dont provenaient les protéines de la composition immunisante injectée. Cette spécificite peut etre contrôlée par exemple par immunodiffusion double ou par toute autre méthode immunologique traditionnelle. L1immunsérum obtenu est conservé dans des conditions habituelles, par exemple à basse température (de préférence de l'ordre de - 200 C) avec ou sans glycérine pour en améliorer la conservation, ou encore sous forme lyophilisée. I1 faut remarquer qu'il est possible de déterminer 11 origine des immunsérums, tels que ceux qui font l'objet de l'invention, par des méthodes immunologiques traditionnelles d'identification. I1 est possible, par exemple, d'effectuer une immunoélectrophorèse en utilisant un ou plusieurs sérums auxiliaires, antisérums de différentes espèces animales, et d'observer celui avec lequel l'immunsérum étudié réagit. De cette façon, il est très facile de distinguer les immunsérums selon l'invention, préparés sur chèvre ou sur brebis, de ceux antérieurement obtenus, notamment avec des lapins. On dispose ainsi, grâce à l'invention, d'inmunsérums de caprins, d'ovins ou de bovins spécifiques des protéines du lait d'une espèce animale distincte. Selon un autre de ses aspects, l'invention concerne également des méthodes pour déceler et doser les mélanges de lait, soit dans le lait lui-mEme, soit dans les produits laitiers qui en dérivent. Les méthodes d'analyse selon l'invention mettent en oeuvre, directement ou indirectement, une réaction de type antigène-anticorps entre, d'une part, les protéines d'un lait étranger au lait (ou produit laitier) contrôlé et, d'autre part, un immunsérum spécifique de ces protéines et provenant d'un animal de la même espèce que celui dont on analyse le lait. Comme on l'a indiqué précédemment, en pratique il s'agit essentiellement de déterminer la présence de lait de vache dans du lait de chèvre ou dans celui de brebis. Le procédé selon l'invention est donc plus particulièrement caractérisé en ce que l'on met en contact le lait, ou produit laitier, de l'espèce animale qui doit Qtre contrôlé, tel que par exemple du lait de chèvre, avec un immunsérum originaire de cette meme espèce animale et spécifique de protéines caractéristiques du lait de l'autre espèce animale dont la présence éventuelle est recherchée ou suspectée dans le lait à contrôler, dans des conditions propres à produire, directement ou indirectement, la susdite réaction de type antigène-anticorps, dans le cas où, effectivement, le lait contrôlé contient du lait de l'autre espèce animale. A cet effet, on peut utiliser les méthodes traditionnelles pour la détection ou la mesure des réactions in vitro antigèneanticorps, c1est-à-dire principalement pour-les protéinesJdes réactions de précipitation, d'agglutination. De telles méthodes sont notamment l'immunodiffusion, 1' immunoélectrophorèse, 1 timmunofluo- rescence, etc.De préférence aux techniques dtimmunodiffusion ou d'immunoélectrophorèse dont la mise en oeuvre est relativement longue, ou aux techniques dtimmunofluorescence qui nécessitent une installation importante et des opérateurs qualifiés, on préfère, selon l'invention, une méthode dthémagglutination qui présente l'avantage d'être rapide, sensible et ne requiert qu'un minimum de matériel. Selon une méthode préférée, on effectue une réaction d'inhibition de l'hémagglutination, et plus particulièrement une méthode dans laquelle on utilise un immunsérum spécifique des immunoglobulines. Pour cette méthode, l'échantillon à contrôler est mis en présence de l'immunsérum spécifique des immunoglobulines du lait dont on cherche la présence éventuelle. On laisse le mélange réactionnel ainsi formé le temps suffisant pour que la réaction éventuelle s'effectue, puis on ajoute ensuite des hématies "sensibili-sées" au préalable par ces mêmes immunoglobulines, et lton observe la qualité de la sédimentation des hématies après quelques minutes d'incubation à une température variable comprise entre environ 40C et 370C. Le principe du dosage par inhibition de I'hémaglutination est le suivant. Des hématies sont "sensibilisées", c1 est-à-dire qu'elles sont couplées à une protéine en présence d'un agent dit de couplage, tel que le glutaraldéhyde. Ces hématies "sensibilisées" mises en suspension sédimentent sous l'effet de leur propre poids (ou, le cas échéant, par centrifugation), le dépôt. se fait dans le tube d'analyse sous la forme d'un culot bien regroupé. Lorsque, dans la suspension de ces hématies, on introduit un immunsérum contenant des anticorps spécifiques des protéines fixées sur les hématies, celles-ci ont tendance à s'agglutiner et le dépôt formé par sédimentation se présente sous la forme d'un réseau assez étalé dans le fond du tube. Si maintenant, avant cette réaction, llimmunsérum est mélangé avec un échantillon à analyser contenant éventuellement les mimes protéines, les anticorps ayant réagi avec ces protéines ne sont plus disponibles pour agglutiner les hématies "sensibilisées". Dans le cas du contrôle du lait selon l'invention, le résultat de l'analyse est donné par la forme du dépôt : en l'absence de protéines étrangères au lait contrôlé, l'immunsérum mis au contact de l'échantillon de lait ne réagit pas avec celui-ci et agglutine ultérieurement les hématies ; dans le cas contraire, une quantité plus ou moins grande de l'immunsérum est fixée par les protéines du lait étranger et l'agglutination des hématies en est réduite d'autant. L'analyse en dilutions croissantes de l'échantillon de lait comparativement à des laits témoins permet de déterminer la quantité de lait étranger présent dans l'échantillon.Dans ce qui précède, nous avons envisagé l'agglutination des globules rouges, ce qui correspond au mode traditionnel; néanmoins, le même type de réaction peut être réalisé avec d'autres particules que les globules rouges , à condition que ces particules soient insolubles et que l'on puisse leur fixer la protéine du lait par une réaction de couplage. En utilisant l'immunsérum selon l'invention, et par cette méthode ou par une méthode analogue, on peut déceler des teneurs en lait étranger aussi faibles que 0,1 % avec une erreur relative d'environ 30 %. Cette méthode est donc-beaucoup plus sensible qu'aucune de celles connues antérieurement. En outre, les résultats de l'analyse sont obtenus dans un délai très court, ne dépassant pas 1 heure au maximum. Divers facteurs peuvent intervenir pour modifier la sensibilité ou la rapidité de la méthode. Ainsi, pour accrortre la rapidité, on choisit de préférence, selon l'invention, des hématies de poules au lieu de celles de moutons habituellement utilisées dans les techniques d'hémagglutination. Les hématies de poules, ellip 30ides, nuclées et plus grosses que celles de moutons, sédimentent plus vite (environ 20 minutes au lieu de 60) et le résultat peut être lu plus rapidement sans que la sensibilité de la méthode soit changée. Par ailleurs, la sensibilité de la méthode dépend en grande partie des deux réactifs utilisés pour la réaliser : les hématies sensibilisées, d'une part, et l'immunsérum, d'autre part. La sensibilisation des hématies par les immunoglobulines doit être réalisée de telle façon que la quantité d'immunoglobulines fixée sur les hématies soit suffisante pour sensibiliser effectivement celles-ci, c'est-à-dire leur permette de s'agglutiner lorsqu'elles sont mises en présence d'une quantité appropriée d'anticorps spé cifiques de ces immunoglobulines, sans dépasser le seuil au-delà duquel les hématies "sensibilisées" auraient tendance à s'aggluti- ner spontanément.On règle donc à la fois la quantité d'immunoglobuline et la quantité d'agent couplant utilisés pour cette sensibilisation. il est remarquable que, pour sensibiliser les hématies, on peut, selon l'invention, utiliser soit une préparation purifiée d'immunoglobulines, soit encore directement le colostrum qui les contient. le nombre d'unités hémagglutinantes utilisées dans la réaction conditionne la qualité et la sensibilité des résultats.De façon simplifiée, l'unité hémagglutinte correspond à la dilution la plus élevée de l'immunsérum pour laquelle la réaction anticorpshématies sensibilisées est positive. (le détail du dosage de l'immunsérum et la définition de l'unité hémagglutinante sont donnés dans les exemples illustrant l'invention.) Avec 2 ou 3 unités hémagglutinantes, la réaction est extrêmement sensible mais les lectures sont plus délicates. Avec 15 à 20 unités, les lectures sont très nettes, mais la sensibilité plus faible. Pour atteindre à la meilleure sensibilité, il est possible à la fois de modifier la concentration de l'immunsérum ou celle de l'échantillon étudié. L'invention concerne encore une présentation destinée à faciliter la mise en oeuvre du procédé de dosage par inhibition de l'hémagglutination précédemment décrit. Cette présentation comprend, d'une part, de l'immunsérum lyophilisé, dosé, spécifique d'immunoglobulines d'un lait, d'autre part, luis suspension d'hématies sensibilisées par les mimes immu noglobulînes, et, en outre, des préparations lyophilises contenant des mélanges de lait dans des proportions connues. A cette présentation peuvent également etre associés des moyens de dosage (seringue, pipette, etc.) et des récipients standardisés dans lesquels sont effectuées les analyses. De façon pratique, pour les analyses systématiques, on utilise comme récipients des plaques comportant des cupules ou alvéoles disposés en séries. L'invention est expliquée plus en détail dans les exemples suivants de préparation d'un immunsérum et d'une application de celui-ci pour le dosage de mélanges lait de chèvre-lait de vache. 10) preDaration diun immunsérum de chèvre contenant des anticorps spécifiques des immunoglobulines G1 de vache a) Purification des immunglobulines G1 à partir du colostrun de vache Le colostrum est centrifugé, pour éliminer la crème, à 3000 g pendant 30 minutes à 40C, dilué au 1/4 en eau désionisée, puis la caséine est précipitée à 370C par addition, goutte à goutte, d'HCl 1N jusqu'à ltobtention du pH 4,6.Après centrifugation à 9000 g pendant 30 minutes, le surnageant est dyalisé pendant 48 heures contre un minimum de 500 fois son volume d'TI20 désionisé, puis lyo- philisé. Les IgG1 sont purifiées, à partir de ce lyophilisat, par chromatographie sur DEAE cellulose (diéthyl-amino-éthyl-cellulose), de la Société SERVA, puis sur gel de dextran commercialisé sous le nom SEPHADEX G 200 par la Société PII!IACTA. La pureté de la préparation obtenue est contrôlée par électrophorèse sur gel de polyacrylamide, immunoélectrophorèss et immunodiffusion double sur plaque, respectivement suivait les méthodes de ORNSTEIN et DAVIS (1964), SCEEIDEGGER (1955) et 0UCHTERL0NY (1948). b) Préparation de l'antisérum spécifigue l'antisérum spécifique Des chèvres sont immunisées à l'aide des IgGj purifiées obtenues précédemment. le protocole d'immunisation est le suivant. 2 à 10 mg IgG1 sont solubilisés dans 1 ml de solution NaCl 0,15 molaire. Cette solution est émulsionnée avec 1 ml d'adjuvant complet de Freund (commercialisé par la Société DIFCO). La suspension est in jectée par voie intradermique (en points multiples) à une chèvre. l'injection est renouvelée quatre à- cinq fois à une semaine dtin- tervalle. l'e prélèvement sanguin est effectué une dizaine de jours après la dernière injection. On laisse le sang coaguler pendant 24 heures, puis lton centrifuge le sérum exsudé pour éliminer les derniers globules rouges. On obtient ainsi un sérum fortement précipitant. La spécificité de l'immunsérum obtenu est vérifiée par immunoélectrophorèse et immunodiffusion double (OUCHTERLÖNY) en présence de sérums et de laits de vaches et de chèvres. 20) Dosage du lait de vache présent dans le lait de chèvre Pour ce dosage, une méthode a été mise au point, qui met en oeuvre une réaction d'inhibition de l'hémagglutination. Selon cette méthode, un échantillon du lait à analyser est mis en contact de l'immunsérum spécifique préparé préalablement. Au mélange ainsi constitué, on ajoute des globules rouges sensibilisés aux IgG1. On observe la forme des globules rouges précipités. a) Préparation et sensibilisation des globules rouges A 2 ml de sang de poule, on ajoute un volume égal de solution dlAlsever (solution contenant 20,5 g de glucose, 8 g de citrate trisodique pentahydraté, 0,44 g d'acide citrique et 4,2 g de chlorure de sodium par litre). Les globules rouges récupérés sont lavés trois fois avec une solution IfaCl 0,15 M, puis mis en suspension dans 9,6 ml de la même solution. On ajoute à cette suspension de 2 à 15 mg de colostrum ou d'IgG1 dissous dans 1 ml de solution NaCl 0,15 M. On ajoute ensuite goutte à goutte, sous agitation lente, 1 ml de solution de glutaraldéhyde à 5 % dans de l'eau distillée. Après 1 à 2 heures d'incubation avec agitation, ces globules rouges sont lavés trois fois avec la solution NaCl 0,15 PI, centrifugés à 2000 rpm pendant 1 à 2 minutes, récupéres et remis en suspension dans 2 ml de NaCl 0,15 M. On ajoute alors 2 ml d'une solution de lysine 0,1 M, pli 7,4, et on laisse incuber sous agitation pendant 1 heure. Après trois lavages avec la solution NaCl 0,15 M, le culot de globules rouges "sensibilisés" est remis en suspension dans 200 mi d'une solution NaCl 0,15 M contenant 0,1 % d'azothydrate de sodium (avide) et 0,2 ffi d'albumine humaine. b) Exécution du dosage Tous les titrages sont effectués dans des plaques de réaction dites "mierotiter" et commercialisées par la Société COURE, conte nant 96 cupules à fond en V. Les gouttes de réactifs sont distribuées à l'aide de compte-gouttes calibrés à 0,025 ml (COOKE) et les dilutions de raison 2 réalisées avec une microseringue de 0,050 ml ou des pipettes à cônes interchangeables. - Dosage préliminaire de l'antisérum Avec le compte-gouttes, on dépose 0,025 ml de diluant (NaCl 0,15 M + azide 0,1 % + phosphate monopotassiqus 0,1 % + phosphate dipotassiqus 0,2 % + albumine humaine 0,2 %0, pH = 6,9) dans toutes les cupules d'une rangée, sauf la première. On ajoute ensuite une goutte de l'antisérum (dilué au 1/1000 dans le même diluant) dans les deux premières cupules. Avec la microseringue, on aspire et on refoule trois fois le contenu de la cupule 2 et on transvase 0,025 ml de la cupule 2 dans la cupule 3. On aspire et on refoule à nouveau, et on procède ainsi jusqu'à la dernière cupule de laquelle on jettera 0,025 ml.On dépose dans toutes les cupules 0,025 ml de diluant, puis 0,025 mi de la preparation de globules rouges. Pour contrôler la qualité des globules rouges utilisés, on place dans une cupule 0,050 ml de diluant et 0,025 ml de globules rouges. On tapote latéralement les quatre côtés de la plaque de fa çon à bien mélanger les réactifs. La plaque est couverte d'un papier aluminium et on laisse les globules rouges déposer à la température du laboratoire pendant 20 à 30 minutes. La lecture est facilitée par l'intermédiaire d'un miroir (COOKE) incliné à 45fil sous la plaque. Les globules rouges agglutinés par l'anticorps se déposent sur toute la surface du fond de la cupule. Pour les cupules correspondant aux dilutions de l'-antisé- rum où il n'y a plus assez d'anticorps,- les globules rouges se tassent au centre de la cupule sous forme d'un petit culot brun, La dilution qui donne une réaction intermédiaire contient une unité 50 ffi hémagglutinante. Le témoin globules rouges + diluant doit sédimenter sous forme de culot ; dans le cas contraire, les globules rouges sont inutilisables car auto-agglutinants. - Dosage du lait de vache dans le lait de chèvre Le lait à analyser est coagulé par l'addition d'une goutte de présure, puis centrifugé. le lactosérum est dilué au 1/10 par le diluant, de façon à titrer les mélanges à partir d'environ I % de lait de vache. Avec cette dilution au 1/10, on réalise dans les cupules une série de dilutions de raison 2 sous un volume de 0,025 ml en procédant de la façon décrite pour le titrage de l'antisérum, mais en utilisant comme diluant le lait pur chèvre au 1/10. Pour les dosages de routine, quatre dilutions sont généralement suffisantes car elles permettent dtanalyser les mélanges compris entre 1 et 10 %0. On peut ainsi réaliser économiquement 24 ana- lyses par plaque. On ajoute dans chaque cupule 0,025 ml de l'anti- sérum dilué de façon à ce qu'elles contiennent de 5 à 10 unités hémagglutinantss 50 /30 ; on tapote la plaque et on laisse incuber 10 minutes à la température du laboratoire. On ajoute enfin 0,025 ml de la suspension de globules rouges, on tapote la plaque et on laisse déposer pendant 20 minutes. Systématiquement, pour chaque analyse, on contrôle la qualité des globules rouges comme il a été dit plus haut, et l'activité de l'antisérum en réalisant le mélange : antisérum + globules rouges + diluant. Pour étalonner la réaction, on effectue sur la même plaque des essais témoins en utilisant des échantillons contenant Far exemple 1,25 - 2,5 - 5 et 10 % de lait de vache. - Application aux fromages A '10 g de fromage, on ajoute 40 ml d'eau acidulée à pli 4 à 4,6. On homogénéise et on centrifuge. On traite le lactosérum obtenu par un volume égal de tétrachlorure de carbone, et on centrifuge pour récupérer le lactosérum complètement dégraissé. On effectue le titrage comme précédemment, sans diluer l'é- chantillon au REVENDICATIONS 1 - Immunsérum de caprin d'ovin ou de bovin, caractérisé en ce qu'il contient des anticorps spécifiques des protéines sériques présentes dans le lait diune espèce animale différente. 2 - Immunsérum de caprin ou d'ovin selon la revendication 1, caractérisé en ce que les anticorps qu'il contient sont spécifiques des protéines sériques présentes dans le lait d'une des espèces animales du groupe comprenant les bovins, les ovins (lorsqu'il s'agit d'immunsérum de caprin) et les caprins (lorsqu'il s'agit d'imrnunsérum d'ovin). 3 - Immunsérum selon la revendication 1 ou la revendication 2, caractérisé en ce que les anticorps qu'il contient sont spécifiques des immunoglobulines. 4 - Immunsérum selon la revendication 2 ou la revendication 3, caractérisé en ce que les anticorps qu'il contient sont spécifiques des immunoglobulines G1 du lait de bovin. 5 - Procédé d'obtention d'immunsérum selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'on injecte respectivement à un caprin, un ovin ou un bovin une dose d'au moins une protéine sérique présente dans le lait d'une espèce animale différente, cette protéine portant un ou plusieurs déterminants antigêniques spécifiques de ladite espèce, la dose injectée étant suffisante pour déclencher une réponse de type immunitaire chez l'animal traité, se traduisant par la formation d'anticorps spécifiques desdites protéines, et que l'on récupère le sérum de l'animal ainsi immunisé. 6 - roczdé-selon la revendication 5, caractérisé en ce que l'on immunise des caprins ou des ovins par injection de protéines sériques présentes dans le lait de bovin. 7 - Procédé selon la revendication 6, caractérisé en ce que l'on immunise des ovins ou des caprins par injection dtimmunoglobu- lines G1 ou de colostrum de bovin. 8 - Procédé selon l'une quelconque des revendications 5 à 7, caractérisé en ce que l'immunsérum obtenu est conservé par lyophilisation ou à une température inférieure à OOC. 9 - Méthode de contrôle de lait ou de produits dérivés du lait de caprins ou d'ovins pour déceler la présence d'un lait d'une espèce animale différente, caractérisée en ce que l'on effectue directement ou indirectement une réaction de type antigène-anticorps entre, d'une part, les protéines sériques du lait étranger éventuellement présent dans le lait contrôlé et, d'autre part, un imnnLnsérum selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, ou obtenu par un procédé selon l'une quelconque des revendications 5 à 8. 10 - Méthode selon la revendication 9, caractérisée en ce que l'on effectue une réaction d'inhibition de l'hémagglutination comprenant la mise en contact de l'échantillon avec l'immtmsérum, 11 incubation du mélange pendant un temps suffisant pour que la réaction s'effectue, l'addition d'hématies préalablement sensibilisées par des protéines antagonistes des anticorps spécifiques de l'immunsérum utilisé, ou de toute autre particule insoluble sur laquelle les protéines puissent être fixées, et une incubation au terme de laquelle le résultat du contrôle est fourni par la nature du dépôt observé. 11 - Méthode selon la revendication 9 ou la revendication 10, caractérisée en ce que l'on utilise un immunsérum contenant des anticorps spécifiques des immunoglobulines G1 de bovins, et des hématies de poules sensibilisées au moyen de ces mêmes immunoglobulines. 12 - Méthode selon l'une quelconque des revendications 9 à 11, caractérisée en ce que, pour effectuer le dosage du lait étranger dans le lait contrôlé, l'on effectue une série de dilutions croissantes de l'échantillon auxquelles on ajoute une même quantité d'immunsérum, les résultats étant comparés à ceux obtenus avec des échantillons témoins étalonnés. 13 - Présentation pour la réalisation d'une méthode de contre le du lait selon l'une quelconque des revendications 9 à 12, comprenant dans des récipients distincts, d'une part, un immunsérum et, d'autre part, une suspension d'hématies sensibilisées et, en outre, des -préparations lyophilisées contenant des mélanges de lait dans des proportions connues. 14 - Présentation selon la revendication 13, caractérisée en ce qu'elle comprend, en outre, des moyens pour le dosage des différents réactifs, ainsi que des plaques comportant des alvéoles ou cupules.