La présente invention se rapporte à un dispositif destiné à accoupler des lames de machine à tisser avec des tiges d'entraînement à mouvement de montée et de descente. Une opération importante dans le tissage consiste à accoupler les lames d'une machine à tisser avec le mécanisme d'entraînement afin d'assurer la formation de la foule dans cette machine. Chaque lame doit être reliée séparément à ce mécanisme, une ratière par exemple, par des tiges ou platines d'entraînement. Il existe diverses formes de réalisation de ces dispositifs. En général, les tiges d'entraînement sont mises en prise avec la barre inférieure d'une lame. Dans les dispositifs connus de ce genre, les extré- mités des tiges d'entraînement sont introduites individuelle- ment dans des garnitures réceptrices complémentaires du cadre de lames. Etant donné qu'un grand nombre de lames sont utili- sées dans une machine à tisser, ce mode de liaison présente l'inconvénient d'être long. Par ailleurs, avec des éléments d'accouplement disposés sur le support de la tige d'entrai- nemient, il faut ménager un certain jeu à la fabrication pour le montage, ce qui peut provoquer un battement des paliers et une vibration indésirable du cadre. Dans un autre dispositif connu d'accouplement des tiges d'entraînement, décrit dans la demande de brevet DE-OS 2 656 380, les tiges d'entraînement ont la forme de griffes, dont il est possible d'écarter deux parties élastiques pour réaliser l'accouplement, en faisant pivoter un levier qui peut être inséré perpendiculairement à travers toutes ces tiges. Avec ce dispositif, la liaison par griffes élastiques rend problé- matique la possibilité de transmettre l'effort d'entraînement de manière sûre et sans jeu. Il est remédié partiellement à ces inconvénients dans le dispositif décrit dans la demande de brevet DE-AS 2 609 964. A cet effet, un premier organe d'accouplement est monté sur une barre de la lame et un second est monté sur la platine d'entraînement. L'un de ces organes comporte un élément d'entraînement qui peut être inséré entre deux branches de l'autre organe. Ces deux branches font partie d'une pièce en forme de manchon formant un canal dans lequel l'élément d'en- traîneent peut être inséré par le haut. Cet élément est amené en prise avec un organe d'accouplement en forme de griffe ou denté, disposé à l'intérieur de ce manchon, par déplacement latéral de la barre. Il n'y a pas de verrouillage spécial des éléments en prise, et il faut au contraire que des organes de guidage latéral de la lame dans la machine coopèrent avec des organes de guidage latéral des platines d'entraînement pour assurer la liaison d'accouplement. Il est vrai que ce mode d'accouplement entre la lame et les platines respectives est rapide, mais, pour absorber les effets d'accouplement, il faut que les platines soient articulées ou maintenues de manière correspondante, ce qui rend nécessaires les organes de guida- ge spéciaux précités et d'autres organes de liaison en forme de bielles entre lesdites platines et les leviers de renvoi du mécanisme d'entraînement. La complication que ces organes re- présentent entraîne des frais élevés de fabrication et ces organes de transmission supplémentaires tendent à vibrer. L'invention part du dispositif mentionné en dernier lieu, c'est-à-dire d'un dispositif d'acco uplement comportant un organe d'accouplement sur la lame et un organe d'accouple- ment sur la tige d'entraînement, l'un de ces organes compor- tant un élément d'entraînement insérable entre deux branches parallèles de l'autre organe. Elle concerne un dispositif d'ac- couplement entre lame et tige d'entraînement, assurant par une manoeuvre simple une liaison sans jeu et composé d'éléments faciles à fabriquer. Conformément à l'invention, l'élément d'entraîne- ment est une pièce en forme de crochet comportant des rampes perpendiculaires au sens de l'effort subi et divergeant vers l'ouverture de ce crochet; une pièce profilée comportant des rampes complémentaires et venant en prise avec le crochet, est montée entre les branches de façon à pouvoir pivoter d'un angle limité; et l'organe d'accouplement monté sur la tige d'entraînement peut être amené, avec cette tige, dans le plan de la lame pour s'engager dans l'autre organe et y être ver- rouillé. Lors de l'assemblage des deux organes d'accouplement, les rampes divergentes, orientées perpendiculairement au sens de l'effort principal, en coopération avec la pièce profilée pivotante, assurent une transmission de force sans ieu entre la tige d'entraînement et la lame. Le point d'articulation de cette tige indispensable à son fonctionnement, est incorporé dans cette pièce profilée, ce qui rend superflu l'organe de liaison en forme de bielle nécessaire avec le dispositif connu mentionné plus haut. Selon une autre caractéristique de l'invention, la pièce profilée comporte une autre rampe, sensiblement parallèle au sens de l'effort principal, qui a même avantageusement une forme courbe. Un cliquet de verrouillage monté sur l'autre or- gane d'accouplement et sollicité par un ressort, applique les rampes des deux organes les unescontre les autres de façon que ceux-ci soient serrés perpendiculairement au sens de l'ef- fort principal et qu'il n'y ait pas de jeu gênant entre eux. Un autre avantage du dispositif selon l'invention réside dans le fait que, lorsque les tiges d'entraînement sont introduites dans les garnitures des lames, les cliquets s'en- clenchent automatiquement, ce qui évite une manipulation des divers éléments d'accouplement et facilite beaucoup le montage. Toutes les lames sont déverrouillées en même temps au moyen d'une glissière qui peut être insérée perpendiculairement dans un évidement des ^garnitures réceptrices et qui ouvre les cli- quets en libérant les tiges d'entraînement. Il est bien entendu possible aussi de les libérer individuellement. Pour que la pièce profilée de l'un des organes d'accouplement puisse bien être insérée avec sécurité dans l'élément en forme de crochet de l'autre organe, une butée ou un élément analogue limite l'amplitude du pivotement de cette pièce à la valeur nécessaire en service courant. En ce qui concerne les frais de fabrication du dis- positif selon l'invention, le nombre réduit de pièces simples se traduit par un faible prix de revient. Il n'y a pas besoin de pièces spéciales pour maintenir ou guider les tiges d'en- trainement pendant la manoeuvre d'accouplement. Selon le concept de l'invention, le choix de celui des organes d'accouplement qui coopère avec la lame n'a pas d'importance. C'est ainsi qu'il est possible par exemple de monter le premier organe, portant le crochet, sur la lame et d'articuler la pièce profilée du second organe sur la tige d'en- traînement, ou de faire le contraire. Le nombre des éléments nécessaires et le mode de liaison restent inchangés. Cela ne nuit pas non plus à la qualité de la liaison établie. L'invention sera décrite plus en détail en regard du dessin annexé à titre d'exemples nullement limitatifs et sur lequel la figure 1 est une perspective de l'ensemble du dispositif selon l'invention; et la figure 2 représente un détail d'une variante de ré- alisation. Le dessin ne représente que les organes d'accouple- ment dans un but de clarté, leur disposition dans une machine à tisser n'a pas été indiquée. Le numéro de référence 6 désigne une barre d'une lame. A cette barre est fixé un premier organe la, qui a la forme d'un crochet comportant deux rampes lc et ld. Celles-ci sont orientées sensiblement perpendiculairement au sens 5 de l'effort principal et elles divergent vers l'ouver- ture du crochet. Cette outerture est tournée dans le sens de l'axe longitudinal de la barre. Le second organe d'accouplement, complémentaire du premier, est monté sur une tige d'entraîne- ment 4a. Il comporte deux branches 4c, qui prolongent parallèle- ment cette tige 4a et dont l'une a été représentée avec arra- chement partiel dans un but de clarté. Une pièce profilée 2a est articulée entre ces deux branches 4c. Sa portée est figurée par une bague 2b. Cette pièce 2a comporte des rampes 2c et 2d, correspondant aux rampes lc et ld du crochet. Le mouvement d'accouplement de.ces deux organes est indiqué par les droites en traits mixtes entre le crochet la et la pièce profilée 2a. Cet accouplement est effectué par exemple par insertion de la tige 4a dans l'organe fixe de la lame 6. Lorsque les deux organes d'accouplement la et 2a ont été assemblés, ils sont verrouillés automatiquement par un cli- quet 3a. Celui-ci est rappelé élastiquement ainsi que l'indique le ressort 3b. Ce cliquet 3a coopère avec une autre rampe 2e de la pièce 2a, qui est sensiblement parallèle au sens 5 de l'ef- fort principal exercé par la tige d'entraînement. Au lieu d'être rectiligne, cette rampe 2e peut présenter une concavité tournée vers le cliquet 3a. Les centres respectifs de rotation et de courbure de ce cliquet 3a et de cette rampe 2e sont différents, de sorte que ces deux pièces bloquent le premier organe la contre la pièce 2a, en réalisant un ajustement sans jeu dans le sens 5 de l'effort principal. Il n'est pas nécessaire d'in- sérer une broche ni de monter un boulon de liaison. Pour éviter toute difficulté lors de l'accouplement des deuLx organes, l'amplitude du pivotement de la pièce profi- lée 2a sur sa surface d'appui 2b est limitée. A cet effet- cette pièce 2a comporte une encoche 2f et une tige de butée 4b est disposée entre les deux branches. En coopération avec cette tige 4b, les flancs de l'encoche 2f limitent l'amplitude du pivotement de la pièce 2a à la valeur nécessaire pour per- mettre à la tige 4a de fonctionner en service. Afin de permettre de déverrouiller les deux organes d'accouplement, le crochet la comporte un évidement lb. Quand le cliquet 3a occupe sa position de verrouillage, une partie de ce cliquet, son bras supérieur 3c par exemple, recouvre partiellement cet évidement lb. Une coulisse 7 à extrémité bi- seautée peut être insérée dans ledit évidement pour effectuer le déverrouillage. Elle repousse le bras 3c du cliquet en sup- primant le verrouillage. Si toutes les lames 6 d'une machine à tisser sont disposées en. hauteur et que toutes les garnitures et leurs évidements lb sont alignés, il est possible de déver- rouiller simultanément toutes ces lames. Il est bien entendu possible de modifier le dispositif de déverrouillage en utili- sant le même principe. C'est ainsi par exemple qu'au lieu de percer dans le crochet un évidement lb pour guider la glissière 7, il est possible de prévoir sur l'autre organe, sur la tige 4a ou sur les branches 4c, un élément de guidage de cette glis- sière tel qu'un talon saillant ou un élément analogue. De même, il est aussi possible d'assembler ou de séparer simultanément toutes les lames et les organes d'accou- plement d'une manière non représentée, par exemple au moyen de barrettes analogues à la glissière 7, passant perpendiculai- rement dans l'empilage des lames, en déplaçant en même temps toutes les tiges* d'entraînement 4a. La figure 2 représente schématiquement un disposi- tif basé sur le concept de l'invention avec cette différence que, dans ce cas, le montage des deux organes d'accouplement la, 2a sur la lame-6 et sur la tige d'entraînement 4a est in- versé par rapport à celui de la forme de réalisation de la figu-- re 1. Il va de soi qu'il est possible d'apporter diverses modifications au dispositif d'accouplement décrit sans s'écar- ter du domaine de l'invention. EEVENDICATIONS 1. Dispositif d'accouplement d'une lame de machine à tisser avec des tiges d'entraînement à mouvement de montée et de descente, comportant un premier organe d'accouplement monté sur le cadre de la lame et un second organe d'accouplement monté sur la tige, l'un de ces organes comportant un élément d'entraî- nement insérable entre deux branches parallèles de l'autre or- gane et ces organes coopérant par l'intermédiaire de surfaces complémentaires orientées perpendiculairement au sens d'entraî- nement des tiges, dispositif caractérisé en ce que l'élément d'entraînement est une pièce en forme de crochet (la), compor- tant deux rampes (lc, ld) qui sont sensiblement perpendiculaires au sens (5) de l'effort principal exercé par les tiges d'entraî- nement (4a) et qui divergent vers l'ouverture du crochet; en ce qu'une pièce profilée (2a), qui comporte des rampes complémen- taires (2c, 2d) disposées de manière correspondante et vient en prise avec le crochet (la), est montée entre les branches (4c) de la tige (4a) de façon à pouvoir pivoter d'un angle limité; et en ce que l'organe (2a) monté sur cette tige (4a) peut être amené, avec cette dernière, dans le plan de la lame (6) pour venir en prise avec l'autre organe (la) et y être verrouillé (3a). 2. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que la pièce profilée (2a) comporte une autre rampe (2e), qui est sensiblement parallèle au sens (5) de l'effort principal et qui coopère avec un cliquet de verrouillage (3a, 3b) monté sur l'autre organe d'accouplement (la) et sollicité par un res- sort, pour appliquer les deux organes (la, 2a) l'un contre l'autre. 3. Dispositif selon la revendication 2, caractérisé en ce que l'autre rampe (2e) a une forme courbe. 4. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que la pièce profilée (2a) comporte une encoche (2f) dont les deux flancs limitent, avec une butée (tige 4.b par exemple), l'amplitude de son pivotement. 5. Dispositif selon la revendication 2, caractérisé en ce que l'un des organes d'accouplement (la) comporte un moyen de guidage (lb), dans lequel peut être insérée une glissière (7) déverrouillant le cliquet (3a). 6. Dispositif selon la revendication 5, caractérisé en ce que les organes d'accouplement (la, 2a) de plusieurs lames (6) disposées les unes derrière les autres peuvent être déver- rouillées par une seule et même glissière (7> insérée dans tous les moyens de guidage (lb) alignés.