La présente invention est relative à la préparation et à la séparation d'amides gras de mélanges organiques complexes. I1 est connu jusqu'à présent de faire croitre des microorganismes sur un substrat hydrocarboné en présence de milieux nutritifs et d'oxygene. Les procédés appropriés pour la croissance des cultures de levures ont déjà été décrits par la demanderesse, notamment dans les brevets a-his N 9l4567,Si4j68,ki7%, 1017 1 017 585, 1 021 697, 1021 698, 1 049065, 1049 066, 1 049 067, 1 059 881, 1 059 886, 1 059 887, 1 059 891 , 1 089 093, 1 095 182, 1 095 183. Les hydrocarbures dans lesquels les cultures de levure croissent, sont de préférence des fractions pétrolières obtenues directement à partir d'huile brute. Les mélanges d'hydrocarbures à chaine droite supérieurs, plus particulièrement d'hydrocarbures comprenant 10 atomes de carbone, constituent le '1substrat1 dans lequel les microorganismes croissent, ledit substrat contenant de préférence 10 à 15 P d'alcane à chaine droite. Les levures utilisées dans ces procédés sont classés conformément à la classification donnée dans "the Yeasts, a taxonomic study" J. LODDER et W. J. KREGER VAN RIJ publié par Norts Holland Publishing C 4 (Amsterdam 1952). Les levures utilisées dans de tels procédés sont de préférence des levures appartenant à la famille des tryptococcacae, notamment de la sous famille des Cryptococcoideae, mais on peut également utiliser, si on le désire, des levures Ascosporogènes de la sous famille des Saccharomyccoideae. Les genres préférés de la sous famille des Cryptococcoideae sont les levures Torulopsis ou également connues sous le nom de Torula et Candida. Les espèces de levures préférées sont les suivantes parmi lesquelles on utilise de façon préférentielle la souche particulière ayant le numéro indiqué de référence Baarn, c'est-à-dire se rapportant à la souche CBS détenue par "The Centraal Bureau vor Schimmelculture" à Baarn (Hollande) et la souche INRA détenue par l'institut National de la Recherche Agronomique" Paris (France). Candida Lipolytica Candida Pulcherrima CBS 610 Candida Utilis Candida Utilisis variati major CBS 841 Candida Tropicalis CBS 2 317 Torulopsis Colliculosa CBS 133 Hansenula Anomala CBS 110 Oidium Lactis Neurospora Sitophila Mycoderma Cancoillote INRA : STV 11 Parmi les souches mentionnées ci-dessus, on préfère plus particulièrement Candida Lipolytica. Le microorganisme utilisé dans ledit procédé peut également être une moisissure. Des moisissures convenables sont par exemple des Penicillìum et plus particulièrement Penicillium expansum. D'autres genres appropriés appartiennent aux Aspergillus. Le microorganisme peut également être une bactérie. Les bactéries préférées appartiennent à l'un des ordres suivants qui sont : Pseudomonales, Eubacteriales et Actinomycetales. Les bactéries utilisées appartiennent de préférence aux familles suivantes : Corynebacteriaceae, Micrococcaceae, Achromobacteraceae, Actinomycetaceae, Rhinzobiaceae, Bacillaceae et Pseudomonadaceae. On préfère plus particulièrement Bacillus megaterium,Bacillus sub- stilis et Pseudomonas aeruginosa. D'autres espèces qui peuvent entre utilisées sont Bacillus amylobacter Pseudomonas natriegens Arthrobacter sp. Micrococcus sp. Corynebactérium ep. Pseudomonas syringae Xanthomona s begoniae Flavobacterium devorans Acetobacter sp. Actinomyces sp. Nocardia opaca. Les microorganismes sont en général séparés avec un peu de matière première non métabolisé? et un milieu nutritif aqueux de la masse de la fraction de la matière première non métabolisée. De préférence, la séparation est obtenue au moyen d'une décantation ou en effectuant soit à titre de variante ou de façon supplèmentaire une centrifugation. Les hydrocarbures préférés dans le procédé de culture de microorganismes sont soit des hydrocarbures présents dans des fractions de gasoil obtenues à partir de pétrole brut,soit des n-alcanes. Les gasoils distillant en général dans la gamme de températures comprise entre 225 et 4000C et le point d'ébullition -des acides carboxyliques étant également compris dans cette gamme, l'utilisation d'une distillation simple afin de séparer les acides gras des gasoils résiduels est peu efficace.On constate en effet, lorsqu'on utilise par exemple comme milieu de croissance un gasoil que les acides obtenus sont principalement des acides gras comportant entre 14 et 18 atomes de carbone, parmi lesquels l'acide myristique ayant un point de distillation de 2500C sous 100 mm de Hg, l'acide palmitique ayant un point de distillation compris entre 340 et 3500C et l'acide stéarique ayant un point de distillation de 383toc. Les milieux de culture sont également susceptibles de contenir des substances tensio-actives provoquant des émulsions pour former des mélanges huile dans eau. On appelera extrait de lipides dans la suite de I' invention, la partie d'une culture de microorganismes croissant sur un substrat hydrocarboné, séparée des microorganismes par extraction ou par solvant.Les extraits de lipides constituent approximativement 10 % de la culture séchée, et contiennent essentiellement comme mentionné plus haut, des acides carboxyliques, des hydrocarbures résiduels du milieu de croissance, des microorganismes résiduels, des sels minéraux, des milieux nutritifs et un groupe complexe de produits chimiques renfermant de façon fondamentale, des lipides simples, des phospholipides, des caroténoides et des stérides. Le problème posé est donc d'essayer de valoriser les principaux constituants de ces extraits de lipides, en particulier dans l'industrie des corps gras. Les études entreprises jusqu a présent visaient essentiellement à valoriser les extraits des lipides aussi bien en l'état qu'après transformation chimique de certains de leurs constituants. Toutes ces études ont montré qu'il était préférable d'éliminer les hydrocarbures résiduels présents dans les extraits de lipides. Les tentatives effectuées dans ce sens, ont été basées les unes sur la distillation à pression atmosphérique ou à pression réduite des extraits de lipides en l'état ou modifiés par des traitements chimiques acides ou alcalins, ou par des procédés physiques connus tels que en particulier, l'extraction au moyen d'un solvant approprié des hydrocarbures résiduels contenus dans les extraits de lipides traités chimiquement afin qu'ils deviennent le seul constituant essentiel soluble dans le solvant. La demanderesse a découvert maintenant un procédé simple d'élimination des hydrocarbures résiduels présents dans les extraits de lipides, essentiellement caractérisé par le fait qu'il comporte trois étapes, dont la première consiste à hydrolyser par de liteau en phase liquide et en milieu neutre, les extraits de lipides afin de libérer en particulier la phase organique contenant essentiellement un mélange d'acide gras libre et d'hydrocarbures résiduels, et dont la seconde étape consiste à traiter le mélange par de 1' ammoniac, afin de transformer les acides gras libres en amides gras correspondants et enfin, à récupérer par recristallisation à basse température dans un solvant approprié, ledits amides alors que les hydrocarbures résiduels restent en solution dans ledit solvant et sont de ce fait éliminés. Le procédé ainsi défini permet d'obtenir des amides gras purs à partir des extraits de lipides, qui peuvent servir plus particulièrement de matière première dans toutes les applications industrielles des amides, gras tels que notamment la fabrication d'acide gras, d'amines grasses, d'alcools gras de composés hétérocycliques L'invention a donc pour objet un procédé d'hydrolyse adapté en vue de la séparation d'hydrocarbures résiduels des extraits de lipides, suivie d'une réaction d'amidation des acides gras présents dans le mélange ainsi hydrolysé, et d'une élimination des hydrocarbures résiduels du produit d'amidation. L'invention a également pour objet un dispositif permettant la mise en oeuvre du procédé tel que défini précédemment. L'hydrolyse des extraits lipidiques mise en eouvre dans la première étape du procédé suivant l'invention, a pour but de libérer les acides gras de leur combinaison avec des triglycérides, des phospholipides, de façon à obtenir à côté d'une phase aqueuse, une phase organique appelée hydrolysat, ne contenant plus qu'un mélange d'acides gras libres et d'hydrocarbures résiduels. L'hydrolyse est effectuée suivant un principe connu utilisé en particulier dans l'industrie des corps gras, consistant essentiellement à mettre en contact intime les extraits lipidiques avec de l'eau maintenue en phase liquide. L'hydrolyse est réalisée en milieu neutre. On sait en effet que l'hydrolyse des corps gras classiques tels que les triglycérides, les huiles ou les graisses d'origine animale ou végétale n'est pas une réaction qui se déroule à l'interface eau/huile, mais après une période d'induction d'une durée variable, cette réaction se déroule en phase grasse, homogène par l'intermédiaire de l'eau dissoute. On sait également que les triglycérides ne dissolvent que très peu d'eau Ka basse température, environ 0,3 % à 100 C, la solubilité de l'eau dans les corps gras augmente par contre assez rapidement avec la température. D'autres facteurs provoquant la Téaction d'hydrolyse sont dus au fait que les acides gras libérés au cours de cette réaction sont totalement solubles dans les triglycérides et dissolvent nettement plus d'eau 1 à 1,5 % environ à 1000C que ces derniers. La période initiale d'induction sus-mentionnée, correspond au déroulement d'une réaction d'hydrolyse lente des triglycérides en phase hé térogène, à l'interface eau-huil-e. Lorsqu'une quantité suffisante d'eau est solubilisée dans la phase grasse, la réaction s'accélère et on constate qu'elle est alors du premier ordre par rapport aux triglycérides, ce qui confirme qu'elle a lieu en phase homogène. Dans ces conditions, la vitesse ne dépend pas de la quantité totale d'eau mise en oeuvre. La période d'induction susmentionnée peut être notablement diminuée, voire supprimée, si on augmente au départ la solubilité de l'eau dans la phase grasse. Cette opération peut etre effectuée en opérant à température supérieure à 1000C, c'est-à-dire sous pression pour maintenir l'eau à l'état liquide, ou en partant d'un mélange contenant déJà des acides gras dans une proportion comprise entre 10 à 20 % par exemple. On sait également que l'hydrolyse des triglycérides est une réaction équilibrée, limitée par la réaction inverse d'estérification des acides gras par le glycérol. La quantité totale d'eau mise en oeuvre intervient donc comme réactif lorsqu'elle est dissoute dans la phase grasse et également pour limiter la réaction d'estérification des acides gras par le gly -cérol dissout dans la phase grasse. Le glycérol est en effet très peu soluble dans les glycérides et les acides gras, et sa solubilité croît notablement avec la teneur en eau dissoute dans la phase grasse. En augmentant ainsi la quantité totale dleau, on diminue la concentration du glycérol dans la phase grasse, ce qui permet d'obtenir en fin de réaction, un taux d'hydrolyse plus élevé. La demanderesse a découvert que l'on pouvait appliquer le procédé d'hydrolyse des corps gras classiques à l'hydrolyse des esters des extraits de lipides, en adaptant ledit procédé aux conditions partiotières de la composition à traiter, essentiellement caractérisée par le fait qu'elle comporte plus de 10 % d'hydrocarbures résiduels susceptibles de modifier la solubilité de l'eau dans la phase grasse, où se déroule la réaction d'hydrolyse, et qu'elle contient comme constituant majeur différents phospholipides qui représentent plus de 50 % en poids du total avec leur mode de scission spécifique, leur caractère émulsionnant, la solubilité des produits de leur hydrolyse dans les phases en présence, etc..., qui sont également susceptibles de modifier -les paramètres de la réaction d'hydrolyse- en ellemême, en particulier lorsqu'elle a lieu à contre-courant. Compte-tenu de la nature particulière de la matière première telle que définie ci-dessus, l'hydrolyse doit etre poussée à un degré suffisant pour être sar que les phospholipides soient totalement dissociés afin d'éviter la formation d'une zone d'émulsion entre les deux phases organiques et aqueuses en fin de réaction. La présence -d'une telle phase émulsionnée nuirait au but même de- l'invention qui est la séparation des hydrocarbures des autres éléments présents dans lesdits extraits, car elle entraînerait une mauvaise séparation des phases, et la présence notamment de substances aqueuses dans la phase organique et inversement la présence de substances organiques dans la phase aqueuse. Ce problème est particulier à la présente invention et ne se rencontre pas dans les procédés classiques de traitement des corps gras. En effet, les corps gras ne contiennent généralement que des triglycérides ou au pire 2 à 3 % en phospholipides qui peuvent etre retirés avant l'hydrolyse par complexation avec l'acide phésphorique suivie d'une extraction par filtration et centrifugation. Dans ce cas, on aboutit généralement à la formation de deux phases aqueuses et organiques quelque soit le degré d'hydrolyse. Une autre difficulté rencontrée par la demanderesse lors du traitement desdits -extraits réside dans la nature meme des acides gras libérés par l'hydrolyse, qui sont surtout des acides insaturés- qui sont de ce fait sensibles à la température. Pour aboutir à une bonne séparation des phases aqueuses et organiques sans émulsion -intermédiaire, la demanderesse a mis au point un procédé d'hydrolyse comportant préférentiellement au moins deux étapes, la première contribuant essentiellement a dégrader les phospholipides et la seconde permettant, après récupération de l'hydrolysat, de dégrader les triglycérides. La réaction d'hydrolyse des extraits de lipides se déroule ainsi à des conditions de température comprises entre 100 et 2500C et de préférence entre 150 et 230 C. La température la mieux adaptée au procédé s'est révélée être de 2200C et correspond à la valeur maximale du taux d'hydrolyse. La demanderesse a en effet constaté une diminution de la valeur du taux d'hydrolyse en raison probablement d'un début de polymérisation des acides gras insaturés, lorsque la température de réaction est supérieure à 2300C. Ledit taux d'hydrolyse ou degré d'hydrolyse est représenté par la formule dH = LAZZIS où IA représente l'indice d'acide ou quantité d'acides gras libres présents dans l'hydrolysat, déterminé suivant la méthode normalisée AFNOR T 60204 et Is-représente l'indice de saponification ou quantité totale d'acides gras libres et combinés présents dans l'hydrolysat lorsque le phosphore a été totalement éliminé, déterminé par la méthode normalisée AFNOR T 60206. La pression lors du procédé d'hydrolyse est de préférence maintenue de telle façon que l'eau d'hydrolyse soit maintenue à l'état liquide, à la température considérée.Le rapport entre la quantité d'eau d'hydrolyse et la quantité d'extrait de lipides de départ est égal à au moins 0,05 en poids et plus particulièrement voisin de 1 en poids. La mise en oeuvre du procédé dans les conditions telles que définies plus haut, peut être réalisée en opérant en discontinu dans un autoclave métallique résistant à la corrosion provoquée par la libération des acides gras. Suivant ce type de mise en oeuvre en discontinu, on effectue deux hydrolyses successives dans les mêmes conditions, dont la première permet de dégrader les phospholipides et un peu de triglycérides et la seconde effectuée sur l'hydrolysat organique séparé par centrifugation permet de poursuivre la dégradation des glycérides restants. Naturellement, on peut multiplier le nombre d'hydrolyses en série, mais on s' aperçoit qu'après les deux premières hydxiyses, le taux d'hydrolyse n'augmente pas de façon sensible avec le nombre de réactions. I1 est possible également de laver à l'eau chaude en milieu neutre 1'hydrolysat obtenu à la fin de chacune des hydrolyses. On atteint ainsi au bout de plusieurs hydrolyses effectuées en série suivie chacune d'un lavage à l'eau, un degré d'hydrolyse qui peut atteindre 0,96. Le procédé objet de la présente invention peut également être mis en oeuvre en continu avec circulation à contre-courant de l'eau d'hydrolyse. Les principes d'un tel procédé sont connus et utilisés en eux-memes dans l'industrie des corps gras pour lthydrolyse des huiles ou des graisses telles que les triglycérides. Ainsi, l'hydrolyse des extraits de lipides peut entre réalisée dans deux réacteurs verticaux fonctionnant en série sous pression pour empecher la formation d'une phase de vapeur d'eau. Les extraits de lipides, préchauffés à la température de réaction pénètrent dans le premier réacteur par une entrée latérale située au-dessus de la zone de décantation inférieure et s'élèvent dans ce réacteur à contre-courant dey'eau d'hydrolyse, laquelle est éliminée par le fond du réacteur, chargée de glycérol, de phosphates et d'aminoalcools plus ou moins combinés. Cette eau d'hydrolyse peut provenir du second réacteur ou être de l'eau pure déminéralisée préchauffée et elle pénètre dans ce premier réacteur par une entrée latérale- située dans la partie supérieure dudit réacteur. L'hydrolysat organique contenant un mélange d'acides gras libres, de glycérides et d'hydrocarbures résiduels quitte le premier réacteur à sa partie supérieure et est envoyé dans le second réacteur d'hydrolyse où il pénètre par une entrée latérale située au-dessus de la zone de décantation inférieure. I1 s'élève dans ce réacteur à contre-courant de l'eau dlhydrolyse, laquelle s'écoule par le fond dudit rédacteur. L'hydrolysat organique qui sort du second réacteur à sa partie supérieure, ne contient de façon essentielle, qu'un mélange d'acides gras libres et d'hydrocarbures résiduels. Ledit mélange est ensuite envoyé dans la zone d'amidation. L'installation utilisée dans la mise en oeuvre du procédé suivant l'invention est équipée de façon à réaliser des échanges thermiques nécessaires au déroulement de la réaction, tout en récupérant au maximum les calories utilisées. La présence de phospholipides dans l'alimentation d'extraits de lipides crée une particularité propre à l'invention dans le fonctionnement du premier réacteur. En effet, alors que lthydrolyse des corps gras classiques conduit essentiellement à l'obtention de deux phases, une phase aqueuse et une phase grasse, la première étape d'hydrolyse des extraits de lipides conduit à l'obtention de trois phases, à la phase supérieure se trouve la phase organique contenant les triglycérides, les acides gras libérés et les hydrocarbures résiduels ; à la partie inférieure se trouve la phase aqueuse -contenant l'eau, le glycérol libre ou combiné, les phosphates et aminoalcools et entre les deux, se situe une phase d'émulsion due aux phospholipides non dégradés. Les acides gras ainsi obtenus par cette hydrolyse des extraits de lipides sont essentiellement des acides monocarboxyliques comportant 14 à 18 atomes de carbone. La plupart des acides gras présentent un nombre impair d'atomes de carbone (55 % environ). L'acide gras prédominant est l'acide cis-n-heptadécène-9 orque qui constitue environ 33 % en poids du mélange total. L'hydrolysat issu de l'étape d'hydrolyse est mis en contact à température élevée avec de l'ammoniac sous pression dans un autoclave équipé d2n agitateur. Cette étape a pour but de transformer les acides gras présents dans ledit mélange en amides gras. L'autoclave utilisé dans le procédé d'amidation suivant l'invention est équipé d'un système de détente en continu des effluents gazeux afin de permettre d'eliminer en continu l'excè-s d'ammoniac et la vapeur produites au cours de la réaction qui peut s'éerire acide gras amide gras L'élimination de l'eau entraine d'autre part, un déplacement de l'équilibre réactionnel vers la production des amides. La température doit être choisie de telle façon qu'il se forme non pas des nitriles comme dans le procédé classique de préparation des amines, mais des amides, afin de réaliser les buts de l'invention, c'està-dire l'élimination du gasoil résiduel des extraits lipidiques, élimination qui serait plus problématique si l'on. se trouvait en présence diamines. La température-de la réaction d'amidation est de ce fait comprise entre 150 et 25oc, et de préférence entre 180 et 2000 C. La pression de réaction est comprise entre 3 et 10 bars et elle est de préférence égale à 5 bars. Le rapport entre le débit gazeux d'ammoniac en volume mesuré dans les conditions normales de pression et de -température/heure -et le débit d'hydrolysat en volume à 200C par heure, est pris de préférence égal à 36. Le temps de séjour de -i'-hydrolysat dans le réacteur est compris -entre I et 5 heures, et de préférence entre 1 h 30 et 4 heures. En fin de-réaction on détermine l'indice d'acide du produit d'amidation par la méthode AFNOR T 60204 adaptée, ainsi que la teneur en hydrocarbures résiduels par une méthode de chromatographie liquide. Le produit résultant de la-réaction d'amidation est mélangé, après ledit traitement, avec un hydrocarbure paraffinique normal dans lequel les hydrocarbures résiduels sont normalement solubles, afin d'é-liminer lesdits hydrocarbures résiduels du produit d'amidation. Ce solvant paraffinique a de préférence un nombre d'atomes de carbone supérieur à 4 et de préférence égal à 6, et il est choisi de telle façon que les amides gras puissent précipiter par cristallisation au sein du milieu liquide, lorsque la température est progressivement abaissée, alors qu'il retient les hydrocarbures résiduels en solution dans ce milieu, dans les mêmes conditions. Le rapport entre le poids de solvant paraff inique et le poids de produit d'amidation de départ est compris entre 1 et 13 et de préférence égal à 2,3. La demanderesse a découvert que l'on pouvait procéder en ajoutant sous agitation, la quantité de solvant paraff inique tel que défini précédemment au produit d'amidation, à une température comprise entre 40 et 500C, et de préférence égale à 500C, pour obtenir un mélange liquide monophasique, puis en refroidissant progressivement ce mélange jusqu'8 une température comprise entre -5 et + 50C, et de préférence égale à OOC pour obtenir des cristaux d'amide gras. Ladite température de refroidissement du mélange est choisie de façon préférentielle, pour être suff-isamment basse pour précipiter les amides gras avec un rendement maximal et suffisamment élevée pour empêcher les chaînes longues d'hydrocarbures paraffiniques normaux présentes dans les hydrocarbures résiduels de-co-précipiter par cristallisation avec lesdits amides gras au sein dudit milieu solvant. Le précipite d'amide gras ainsi cristallisés est séparé ensuite du milieu solvant par des procédés connus en eux-memes tels que par centrifuation, filtration sur tambour, etc... en opérant à la température de cristallisation telle que définie ci-de-s-sus. Le précipité est ensuite lavé par tout dispositif connu opérant à la température de cristallisation, puis séché, par exemple sous vide. Les différentes fractions de solvant paraffiniques contenant les hydrocarbures résiduels sont rassemblées et distillées pour- en séparer la fraction de solvant qui est recyclée au début de 11 étape d'extraction des hydrocarbures résiduels, ces derniers étant recueillis séparément et utilisés à-des fins pétrolières ou pétrochimiques. Le procédé de mise en oeuvre du procédé suivant l'invention et en particulier du procédé d'amidation de l'hydroîysat organique obtenu au cours de la première étape, peut fonctionner en continu à la suite du procédé d'hydrolyse choisi dans la première étape. Une mise en oeuvre particulière de l'invention est expliquée par référence à la figure unique. L'hydrolysat pénètre dans le réacteur d'amidation 1 chauffé à la vapeur si nécessaire gracie au circuit 2 par la ligne 3 et la pompe 4, après avoir traversé l'échangeur 5. L'ammoniac gazeux pénètre dans le réacteur par la ligne 7 alimentée d'une part par de l'ammoniac frais par la ligne 6, et d'autre part, par l'excédent d'ammoniac recyclé à partir du réacteur. Cet ammoniac mélangé à de la vapeur d'eau produite au cours de la réaction d'amidation, quitte le réacteur 1 par la ligne 8, est détendu dans la vanne 9, pénètre dans le ballon séparateur 10 où il est séparé en majeure partie de l'eau par condensation, quitte ce ballon séparateur par la ligne 11, traverse une capacité de sèchage 12 et arrive à l'aspiration du compresseur 13 par la ligne 7. L'ammoniac comprimé traverse l'échangeur 14 chargé de le refroidir et retourne en partie au réacteur par la ligne 7. L'eau condensée dans le ballon séparateur 10 contient de l'ammoniac dissout et est évacuée par la ligne 15 et traitée ensuite par exemple par distillation dans la colonne 16, afin de séparer l'ammoniaque qu'elle contient qui peut être recyclé par la ligne 17 à l'entrée du dispositif de sèchage 12. L'eau traitée peut réchauffer éventuellement l'hydrolysat dans l'échangeur 5, avant d'être recycléepar la ligne 18 vers le second réacteur d'hydrolyse. Le mélange amides gras - hydrocarbures résiduaires quitte le réacteur 1 par la ligne 19 et la pompe 20, en traversant l'échangeur 21 et il arrive dans le bain de cristallisation 22, refroidi par la détente de l'ammoniac ciruclant dans la ligne 7, puis passe dans le système de filtration lavage au solvant, séchage 23 opérant dans les mêmes conditions de température. Les amides gras cristallisés quittent ce dernier par la ligne 24 constituée par tout système connu de transport de matière solide. Le sombrant d'extraction contenant les hydrocarbures résiduels en solution quitte ie dispositif 23 par la ligne 25 et la pompe 26 avant autre envoyé dans la colonne de rectification 27, après avoir éte réchauffé dans l'échangeur 21. Les hydrocarbures résiduels sortent en fond de colonne 27 par la ligne 28. En tête de colonne, le solvant pur emprunte la ligne 29. I1 est envoyé d'une part dans le système de lavage du précipité d'amides gras 23 par la pompe 30 et d'autre part dans le circuit d'alimentation du système de cristallisation 22 par la pompe 31. L'introduction dans ce circuit peut être réalisée par tout moyen connu tel que par exemple une buse dtin- jection 32. Les exemples -suivants sont destinés à illustrer l'invention, sans toutefois présenter un caractère limitatif pour celle-ci. EXENPLE 1 Hydrolyse d'un extrait de lipides On soumet un extrait de lipides possédant les caractéristiques suivantes - densité à 25 C : 0,993 - teneur en acides gras totaux : 49,2 % en poids - viscosité cinématique à 790C : 517 cst - teneur en phosphore total : 2,2 % en poids - teneur en hydrocarbures résiduels : environ 15 % en poids, à une série de cinq hydrolyses successivement dans un autoclave équipé d'un système d'agitation fonctionnant dans les memes conditions dans les cinq cas, c'est-à-dire à une température de 2200C, une pression d'hydrolyse de 25 bars, la durée pour chaque hydrolyse étant égale à 2 heures. L'hydrolysat de la première hydrolyse est séparée de l'effluent liquide par simple décantation, les hydrolysats obtenus au cours des hydrolyses suivantes sont séparées de la meme façon. Chaque hydrolysat est ensuite lavé à l'eau à une température de 980C avec un rapport eau de lavage/hydrolysat égal à 0,5 en poids. A la fin de lavage, la couche d'hydrolysat organique est recueillie et analysée. Le tableau I suivant résume l'évolution des différentes constantes telles que l'indice de l'acide, indice de saponification, le taux d'hydrolyse et la teneur en acides gras libres et la teneur en phosphore total au cours des différentes hydrolyses. TABLEAU I CARACTERISTIQUeS Hydrolyse Hydrolyse Hydrolyse hydrolyse hydrolyse 1 2 3 4 5 Indice d'acide IA mgKOH/g 103,2 121 126 130 132,5 Indice de saponifica tion IS mgKOH/g 137,8 139,1 137,2 140,3 138,2 taux d'hydrolyse 0,75 0,87 0,92 0,925 0,96 Teneur en acides gras libres % poids 49,8 58,5 61 62,8 64 Teneur en phosphore to tale % poids. (o,oi 0,01 O-,O1 401 EXEMPLE 2 L'extrait de lipides tel que défini dans l'exemple 1, est envoyé en continu dans un premier réacteur d'hydrolyse du type de celui décrit dans la description et mis en contact avec l'eau nécessaire à l'hydrolyse circulant à contre-courant à l'intérieur dudit réacteur. On maintient la température d'hydrolyse à 2200C et la pression d'hydrolyse à 25 bars au cours de la réaction présente. A la sortie du réacteur, 1'hy- drolysat organique est analysé.On refait les mêmes réactions, en modifiant le rapport débit d'eau d'hydrolyse/débit d'extraits de lipides à l'entrée du réacteur d'hydrolyse pour différents temps de séjour de l'extrait de lipides dans-ce dernier réacteur. Les résultats sont consignés dans le tableau Il suivant ;; TABLEAU II HYDROLYSAT ORGANIQUE Référence Débit Temps de séjour -H20/extraits- extraits lipi- IA Ig taux d' entrée des (heures) mugi g mg/KOH/g hydlyse total p a 1 2 90 138 0,65 > 0,01 b 2 2 94 139,5 0,67 0,01 c 3 2 95 137,5 0,69 0,01 d 1 4 95 139 0,68 0,01 e 2 4 102 139 0,73 0,01 L'hydrolysat obtenu dans l'exemple 2 a) est mis en contact avec de l'ammoniac gazeux dans les conditions suivantes - température de réaction : 1800C - pression de réaction : 5 bars - temps de séjour de I'hydrolysat dans le réacteur : 2 heures 30 - débit d'ammoniac gazeux/debit d'hydrolysat (volume dans les conditions normaleslvolume à 250C) : 36. A la sortie du réacteur on ajoute au mélange amides gras + hydrocarbures résiduels, un solvant paraffinique tel que le n-hexane à une température de 500 C, de telle façon que le rapport n-hexane/phase organique issue de ltamidation soit égal à 2,3 en poids. On refroidit ensuite progressivement l'ensemble à OOC, les amides gras précipitent sous forme cristallisée au sein du milieu ; ils sont séparés de ces derniers par filtration puis lavés au n-hexane à la même température. Les résultats obtenus sont les suivants - indice d'acide de l'hydrolysat de départ (exemple 2a) 90 mgKOH/g - indice de saponification de I'hydmlysat de départ 138 mgKOH/g. - teneur en acides gras libres : 44 % en poids, - indice d'acide de la phase organique après amidation 6,2 mgKOH/g - teneur en acides gras libres de la phase organique après amidation : 3 % en poids - teneur an amides gras extractibles avec le n-hexane de la phase organique après amidation : 44 % en poids - teneur en hydrocarbures résiduaires des amides gras extraits au n-hexane : 0,07 % en poids. EXEMPLE 3 On met en contact l'hydrolysat obtenu dans l'exemple 2 e), avec de l'ammoniac gazeux dans le-s mêmes conditions que celles définies dans l'exemple 2, à l'exception du temps de séjour de l'hydrolysat dans le réacteur d'amidation fixé à une heure trente minutes. Ltopération-d'extrac- tion est conduite comme indiqué ci-dessus ; on obtient les résultats suivants - indice d'acide de l'hydrolysat de départ (exemple 2 e) 102 mgKOH/g - indice de saponification : 139 mgKOH/g teneur en acides gras libres de cet hydrolysat :-49 % en poids, - indice d'acide de la phase organique après amidation : 11,6 mgKOH/g - teneur en acides gras libres de la phase organique après amîdation : 5,6 % en poids, - teneur en amides gras extractibles au n-hexane de la phase organique après amidation : 44 % en poids, - teneur en hydrocarbures résiduels des amides gras extrits au au n-hexane : 0,07 % en poids. EXEMPLE 4 On transforme les extraits de lipides en amides gras débarrassés d'hydrocarbures résiduels suivant le procédé résumé de la façon suivante w Extraits de lipides tels que définis dans l'exemple 1 : 100 parties en poids Eau d'hydrolyse 100 parties en poids HYDROLYSE : 2200C-25 bars-2heures de de temps de séjour. I 1 Extraits de lipides hydrolysés : 73 parties Phase aqueuse dont 36 parties 127 parties IA/5= 0,75 - d'acides gras libres AMMONIAC : 1800C-5bars-temps de séjour 2,5 heures NH /hydrolysat : 36 (en volume Amides gras bruts : 73 parties (dont 36 parties d'amides gras purs) n-HEXANE : 5o0C puis refroidissement progressif à OOC hexane/amides gras bruts 2,3 (en poids). Amides gras purs 33 parties solubles dans le Teneur en hydrocarbures résiduels : 0,07 % n-hexane : 40 par en poids; ties (dont 13,5 en poids; parties d'acides gras combinés REVENDICAT IONS 1. Procédé de transformation d'extraits de lipides en amides gras, caractérisé par le fait que l'on soumet lesdits extraits de lipides à une hydrolyse aqueuse en phase liquide et en milieu neutre, puis à un traitement à l'ammoniac entraînant la transformation des acides gras présents dans l'hydrolysat en amides gras 'et enfin à une séparation par recristallisation desdits amides gras. 2. Procédé de traitement d'extraits de lipides suivant la revendication 1, caractérisé par le fait que l'hydrolyse est effectuée à une température comprise entre 100 et 2500C, et de préférence entre 150 et 2300C. 3. Procédé de traitement d'extraits de lipides selon l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisé par le fait que la pression d'hydrolyse est choisie de telle façon que l'on maintient l'eau d'hydrolyse à l'état liquide à la température considérée. 4. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé par le fait que le rapport d'eau d'hydrolyse à l'extrait de lipides est au moins égal à 0,05 en poids, et de préférence égal à 1. 5. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé par le fait que iton effectue l'hydrolyse au moins en deux étapes, la première contribuant à dégrader essentiellement les phospholipides, la seconde consistant à hydrolyser les triglycérides présents dans l'hydrolysat séparé après la première hydrolyse. 6. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé par le fait que le traitement par l'ammoniac de l'hydrolysat est eSEctué a une température comprise entre 160 et 250 C et de préférence comprise entre 180 et 200 C. 7. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérise par le fait que le traitement par l'ammoniac est effectué à une pression comprise entre 3 et 10 bars. 8. Procédé selon la revendication 6, caractérisé par le fait que la pression est de 5 bars. 9. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé par le fait que le rapport entre le débit gazeux d'ammoniac en volume mesuré dans les conditions normales de température et de pression par heure et le débit d'hydrolysat en volume à 200C par heure est égal à environ 36. 10. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé par le fait que le temps de séjour de l'hydrolysat dans le réacteur est compris entre 1 et 5 heures et de préférence entre 1 h 30 et 4 heures. 11. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 10, caractérisé par le fait que le mélange résultant du traitement à l'ammoniac est melangé avec un hydrocarbure paraff inique normal dans lequel les hydrocarbures résiduels sont solubles , afin de séparer lesdits hydrocarbures résiduels du produit d'amidation. 12. Procédé selon la revendication 11, caractérisé par le fait que la séparation est effectuée par cristallisation des amides gras au sein du milieu liquide contenant ledit hydrocarbure paraffinique, par abaissement progressif de la température. 13. Procédé selon la revendication 11 ou 12, caractérisé par le fait que le rapport en poids du solvant paraff inique au produit d'amidation est compris entre 1 et 13. 14. Procédé selon la revendication 12, caractérisé par le fait que ledit rapport est égal à 2,3. 15. Procédé selon l'une quelconque des revendications Il à 14, caractérisé par le fait que l'on ajoute sous agitation ledit hydrocarbure paraffinique au mélange résultant du traitement par l'ammoniac sous agitation à une température comprise entre 40 et 500C, afin d'obtenir un mélange liquide monophasique-puis que l'on refroidit ledit mélange à une température suffisamment basse pour précipiter les amides gras et suffisamment élevée pour empecher la précipitation des hydrocarbures paraffiniques normaux. 16. Procédé selon la revendication 15, caractérisé par le fait que l'on refroidit le mélange à une température comprise entre -50C et + 5eC et est égale de préférence à 000.