L'invention a pour objet un procédé de décapage d'un ruban de tôle oxydée. On sait qu'une des plus grosses difficultés rencontrées lors de la fabrication de tôle, notamment de tôle d'acier, que ce soit 5 après le laminage à chaud, ou après le recuit consécutif au laminage à froid, est le décapage, c'est-à-dire l'élimination de la couche d'oxyde qui recouvre la surface de cette tôle. Bien que la partie externe de cette couche d'oxyde,appelée calamine, ait quelques fois tendance à s'écailler lors du refroidissement, la surfa-10 ce de la tôle reste recouverte d'une couche sous-jacente tenace qui ne cède qu'à des traitements électrochimiques répétés qu'il faut souvent faire précéder d'un traitement mécanique de dégrossissage et faire suivre de traitements chimiques de finition. Dans la pratique, notamment lorsqu'il s'agit d'acier inoxydable, le traite-15 ment mécanique de dégrossissage est un "grenaillage", au cours duquel on bombarde la tôle de petits grains de matière dure, par exemple d'acier, projetés à grande vitesse sur sa surface. Ce grenaillage à deux buts: premièrement, il doit arracher la partie superficielle de la couche d'oxyde, deuxièmement, il doit fissurer 20 la couche d'oxyde qu'il n'est pas parvenu à éliminer, de façon à faciliter la pénétration des liquides des bains successifs dans lesquels ont lieu les traitements électrochimiques subséquents. Faute d'une telle fissuration, en effet, les traitements électrochimiques devraient être plus longs ou plus nombreux. Or on a intérêt à ré-25 duire le nombre des traitements électrochimiques successifs ainsi que la durée de chacun d'eux. En effet, ces traitements sont coûteux, car ils nécessitent des bacs de grandes dimensions, qui occupent une place importante; de plus, leur emploi exige des précautions de manipulation, étant donné l'agressivité chimique des li-30 quides qu'ils mettent en oeuvre; enfin, ces liquides doivent être renouvelés régulièrement car leurs propriétés décapantes s'épuisent progressivement. Or, on ne peut accroître l'efficacité du grenaillage au-delà d'une certaine limite. En outre, il ne faut pas que, lors du fissu-35 rage de la couche d'oxyde, l'impact des grains soit trop énergique, car la tôle, qui joue en quelque sorte le rôle d'une "enclume" sur laquelle l'oxyde est martelé, subirait des micro-déforamtions superficielles localisées qui, en la rendant trop rugueuse, diminueraient 71 24967 2 2098244 l'aspect brillant du produit fini. Le procédé de décapage qui fait l'objet de l'invention élimine les inconvénients cités et améliore l'efficacité des bains électro-chimiques qu'utilisent les procédés connus. 5 Ce procédé est caractérisé par le fait que l'on fait subir au dit ruban de tôle au moins un traitement érosif par étincelaqe en soumettant chacune de ses faces à l'imnact d'une pluralité d'arcs électriques qui sont distribués sur toute la larqeur de cette face et qui se répète à une fréquence élevée, et par le fait que l'on 10 procède ensuite à au moins l'un des traitements électrochimiques et/ou chimiques des procédés de décapage conventionnels. L'invention a aussi pour objet une installation pour la mise en oeuvre de ce procédé. Cette installation est caractérisée par le fait qu'elle comprend au moins un poste d'étincelage, ce poste 15 d'étincelage étant disposé en amont du premier au moins de ces bains et étant formé de deux moitiés dont chacune agit sur l'une des deux faces dudit ruban de tôle, chacune de ces moitiés comprenant une électrode disposée suivant la largeur de ce ruban et étant formée d'une pluralité de pointes, alimentées par un générateur délivrant 20 une suite d'impulsions de courant se répétant à haute fréquence et donnant naissance auxdits arcs. La description qui va suivre se rapporte au procédé qui fait l'objet de l'invention, et à titre d'exemple, à une installation pour la mise en oeuvre de ce procédé. Cette description est illus-25 trêe par le dessin annexé, dans lequel: la fig. 1 représente schématiquement l'installation, sous forme d'une coupe longitudinale, la fig. 2 est un schéma électrique explicatif d'un élément de l'installation, 30 la fig. 3 est un schéma électrique se rapportant à un deuxième élément de l'installation, la fig. 4 est un schéma électrique se rapportant à une partie de la fig. 3, la fig. 5 est un schéma qui montre la disposition d'une autre 35 partie de la fig. 3, la fig. 6 montre, en coupe, une variante d'une pièce visible aux fig. 1 et 3. Le procédé qui fait l'objet de l'invention consiste â incorpo- 71 24967 3 2098244 rer dans la suite des opérations de décapage classique au moins une opération d'étincelage. Pour cela, on soumet chacune des faces de la tôle à l'impact d'une succession très rapide d'étincelles (c'est-à-dire de petits arcs intermittents) qui sont distribués en 5 une pluralité de points disposés côte à côte, en ordre serré, selon une bande qui couvre toute la largeur du ruban de tôle. Ces étincelles se succèdent à une fréquence élevée qui peut atteindre plusieurs kilohertz. De préférence, on fait jaillir ces étincelles successivement en chacun des points de cette bande, de manière à 10 "balayer" tous ces points en un temps inférieur à la période de répétition des étincelles. Chacune de ces étincelles donne naissance au passage d'une impulsion de courant dont l'intensité de crête est très élevée (jusqu'à plusieurs centaines d'ampères), de sorte que ces impulsions constituent des arcs intermittents dont 1'impact 15 sur la surface de la tôle a une action érosive importante. Du fait de l'avancement du ruban, cette action érosive répétée se manifeste en des points différents de la surface, de sorte que l'on obtient finalement une action érosive qui intéresse toute la surface de la tôle. On peut modifier la qualité du décapage résultant de cette 20 action érosive en faisant varier l'intensité du courant de crête des impulsions et la fréquence de répétition de celles-ci. Selon l'invention, on recourt à cette deuxième possibilité pour maintenir un taux de décapage sensiblement constant, indépendamment du taux d'oxydation initial, lequel peut être fort variable d'une 25 qualité de tôle à l'autre. Pour réaliser ce réglage, on procède, à l'entrée du bain électrochimique qui suit 1'ëtincelage, à une mesure du taux de décapage obtenu et on fait varier en conséquence la fréquence de répétition des arcs. Cette mesure peut être obtenue par tout moyen adéquat; mais une solution pratique consiste à faire 30 une mesure de la résistance qu'offre la surface de la tôle au passage du courant électrique. Cela peut se faire, par exemple, en appliquant une tension électrique de valeur fixe entre le bain et la tôle, et en mesurant en permanence l'intensité du courant qui traverse l'interface bain/tôle, intensité qui dépend de la quantité 35 d'oxyde présente à cette interface. On fait alors varier la fréquence de répétition des arcs en fonction de la valeur instantanée de cette mesure : si l'intensité est faible, ce qui est l'indice de la présence d'une couche d'oxyde résiduel relativement importante, 71 24967 4 2098244 on augmente la fréquence : si l'intensité est élevée, indice d'une couche d'oxyde résiduel très faible, voire inexistante, on réduit la fréquence. Bien entendu, toutes les précautions doivent être prises pour que la mesure de résistance ne soit pas sujette à des per-5 turbations qui seraient sans rapport avec la couche d'oxyde. Ainsi, dans le cas de la mesure du courant selon le mode qui vient d'être décrit, on doit tenir compte de la conductibilité électrique propre du liquide du bain, afin d'éliminer les perturbations qui pourraient provenir d'une variation de cette conductibilité sous l'effet d'une 10 fluctuation de température, ou d'une fluctuation de concentration. Cette manière de mesurer le taux de décapage (par le truchement d'une mesure de résistance) n'est qu'une possibilité parmi plusieurs, qui est donnée ici à titre d'exemple; on pourrait aussi procéder à une mesure optique ou acoustique (notamment par ultra-15 sons) ou par tout autre moyen. Le fait d'incorporer dans la suite des opérations usuelles de décapage un traitement par étincelage et de procéder à cet étince-lage avant de soumettre la tôle à l'action de l'un au moins des bains êlectrochimiques ou chimiques offre l'avantage d'accroître 20 l'efficacité de ces derniers. En effet, l'étincelage érode, au moins localement, la couche d'oxyde, de sorte que même s'il ne l'élimine pas entièrement, il en modifie la structure, en ce sens qu'il la rend"poreuseH, car chaque impact d'un arc d'étincelage la creuse localement, voire même, dans le cas le plus favorable, 25 la perce jusqu'au métal. Cette "porosité" facilite la pénétration du liquide du bain ëlectrochimique ou chimique subséquent. C'est pourquoi on a avantage à procéder à 1'étincelage avant que la tôle pénètre dans le premier bain, c'est-à-dire immédiatement après le grenaillage. Dans les cas favorables, on peut même renoncer au gre-30 naillage et remplacer ce dernier par l'étincelage, ce qui offre 1'avantage supplémentaire de diminuer la rugosité de la tôle décapée : ainsi, dans des expériences portant sur une tôle d'acier inoxydable, on a pu réduire la rugosité d'une valeur de 15 à 20 microns à laquelle conduisait le grenaillage, à une valeur de 5 35 microns obtenue en recourant à l'étincelage en lieu et place du grenaillage. Cette diminution de la rugosité permet d'obtenir une tôle qui, du fait de son état de surface très lisse, est de qualité supérieure. 71 24967 5 2098244 Même si le grenaillage doit être maintenu, l'introduction d'un traitement par étincelage dans la suite des opérations de décapage conventionnelles permet de simplifier cette suite en diminuant le nombre de bains nécessaires. 5 L'installation qui met en oeuvre le procédé est représenté schématiquement à la fig. 1. On y reconnaît le ruban de tôle 1 qui se déplace en continu dans le sens de la flèche 2 et passe devant un poste d'étincelage 3 avant de traverser, guidé par les- rouleaux 4, un bain de décapage électrochimique ou chimique 5. A l'entrée du 10 bain 5 se trouve une cellule de mesure du taux de décapacre 6. Le poste d'étincelage 3 ainsi que la cellule de mesure 6 sont doubles, en ce sens qu'une de leurs moitiés est affectée à la surface supérieure du ruban 1 et que l'autre de ces moitiés est affectée à la surface inférieure : ces deux moitiés étant identiques, on se con-15 tentera de décrire l'une d'entre elles, seulement, en l'occurrence la moitié affectée à la surface supérieure. Le poste d'étincelage 3 comprend une électrode 10 constituée par une pluralité de pointes 11 noyées dans un bloc isolant 12. Les extrémités supérieures de chacune des pointes 11 sont reliées 20 à un circuit distributeur 13 dont l'entrée est connectée à la borne principale 16 d'un générateur d'impulsions 14, l'autre borne principale 17 de ce générateur étant connectée à la masse. Le générateur 14 est agencé de manière à délivrer une suite d'impulsions très brèves d'un courant très intense: ces impulsions se succèdent 25 à une fréquence élevée dont la valeur peut être modifiée en injectant un signal sur une borne de commande 15 que porte le générateur 14. Le circuit distributeur 13 est agencé de manière à appliquer ces impulsions successivement à chacune des pointes de l'électrode 10, le "balayage" de l'ensemble de ces pointes étant effectué en 30 un temps inférieur à la période du générateur 14. La cellule de mesure 6 comprend une électrode de mesure 20, qui est plane et qui est immergée dans le liquide 31 du bain 5, à une distance fixe de la surface du ruban de tôle 1. Cette électrode 20 est reliée, par l'intermédiaire d'une résistance 21, à l'un des 35 pôles d'une source électrique 22, délivrant une tension de valeur fixe; l'autre pôle de cette source est connecté à la masse. La source 22 alimente aussi, par l'intermédiaire d'une résistance 23, une paire d'électrodes auxiliaires 24, immergées au voisinage im- 71 24967 2098244 médiat de l'électrode de mesure 20. La tension apparaissant à la sortie de la résistance 21 est acheminée vers un circuit comparateur 25 qui reçoit, par ailleurs, la tension apparaissant à la sortie de la résistance 23 insérée dans le circuit des électrodes 5 auxiliaires 24. Ce circuit comparateur 25 est agencé de manière à délivrer à sa sortie 26 un signal qui est égal à la différence entre les tensions prélevées aux résistances 21 et 23, et qui, de ce fait, ne dépend que de l'importance de la couche d'oxyde recouvrant la surface de la tôle 1 et ne dépend pas de la conductibi-10 lité propre du liquide 31, laquelle peut varier à la suite d'une fluctuation de la température ou de la concentration de ce liauide. Ce liquide est un liquide corrosif (par exemple une solution d'acide chlorhydrique) capable d'attaquer la couche d'oxyde se trouvant à la surface du ruban de tôle 1. 15 On voit que, comme le montre la fig. 2, la cellule de mesure 6 forme, en fait, un pont de Wheatstone dont l'une des branches contient, en plus de la résistance 21, le volume de liquide du bain qui est compris entre la tôle 1 et l'électrode de mesure 20, et dont l'autre branche contient, en plus de la résistance 23, le vo-20 lume de liquide de ce bain qui est compris entre les électrodes auxiliaires 24. La sortie 26 du circuit comparateur 25 est reliée par une ligne 27 à la borne de commande 15 du générateur d'impulsions 14, de manière que la fréquence de ce dernier soit commandée par le 25 signal issu de la cellule de mesure 6. Cette ligne 27 constitue par conséquent une ligne de rétro-action qui fait que la fréquence des impulsions délivrées par le générateur 14 est réglée en fonction de la qualité du décapage réalisé nar l'étincelage, ce réglage permettant d'obtenir un taux de décapage sensiblement con-30 stant même si le taux d'oxydation initial varie. Si le décapage est insuffisant, la couche d'oxyde résiduel que porte la surface de la tôle 1 est plus importante et 1'intensité du courant qui traverse la résistance 21 diminue: le signal de rétro-action véhiculé par la ligne 27 provoque alors une élévation de la fréquence, ce qui 35 active le décapage par étincelage. Si le décapage est bon, la couche d'oxyde résiduel présente une moindre résistance au passage du courant et l'intensité qui traverse la résistance 21 augmente : le signal transmis par la ligne 27 provoque alors une 71 24967 7 2098244 diminution de la fréquence, évitant ainsi qu'un étincelage trop prononcé provoque une érosion du métal même de la tôle. Le liquide corrosif 31 peut aussi être une solution d'acide nitrique, laquelle, dans certains cas, produit sur une tôle d'acier, 5 une passivation rapide, qui est d'autant plus importante que la tôle est mieux décapée. Comme cette passivation accroît la résistance de l'interface liquide-tôle, on agence le générateur d'impulsions 14 de manière que l'action du-signal issu du circuit comparateur 25 soit l'inverse de ce qu'on vient de décrire: plus la 10 résistance est élevée, signe d'un bon décapage, plus la fréquence d'étincelage décroît, alors que plus la résistance est faible, signe d'un mauvais décapage, plus la fréquence d'étincelage croît. Le générateur d'impulsions 14 est un générateur d'un type quelconque, capable d'engendrer des impulsions de puissance, de forte 15 intensité, se succédant à une cadence élevée. Toutefois, comme l'électrode 10 se trouve à une certaine distance de la tôle, il y a avantage à utiliser un générateur comprenant deux circuits, dont l'un engendre une impulsion d'amorçage» à haute tension (de l'ordre de plusieurs kilovolts) mais de faible intensité, capable 20 de créer le chemin ionisé permettant à l'impulsion de puissance, à basse tension mais à très forte intensité, de passer par ce chemin ionisé et de donner naissance à l'arc d'étincelage. La fig. 3 représente, à titre d'exemple, un schéma fonctionnel possible pour un tel générateur. Un oscillateur pilote 40, capable d'osciller à 25 une fréquence qui peut être ajustée à une valeur donnée, sous l'effet d'un moyen d'ajustage représenté par un.bouton 41, attaque en parallèle deux circuits : un circuit d'amorçage 42 et un circuit de puissance 43. Le premier engendre l'impulsion d'amorçage et le second l'impulsion de puissance. Ces deux impulsions sont distri-30 buées successivement aux différentes pointes lia, 11b,..., etc., de l'électrode 10 par le circuit distributeur 13. Ce dernier revêt par exemple, comme le montre la fier. 4, la forme d'une ligne à retard comprenant une pluralité de cellules LC 32, 33, 34,...: la self L de chaque cellule constitue le primaire d'un transfor-35 mateur, dont le secondaire est connecté à l'une des pointes de l'électrode. C'est ce que l'on voit par exemple pour la self 38 de la cellule 33 qui constitue le primaire d'un transformateur dont le secondaire 37 est connecté à une des pointes 11 de l'électrode 71 24967 a 2098244 10. Les autres extrémités de tous les secondaires sont reliés à une ligne commune qui les connecte à la sortie du générateur de puissance 43. Avec une telle disposition on est certain que la décharge ne va pas se localiser sur une pointe seulement, mais que 5 chaque pointe d'étincelage va, â tour de rôle, donner naissance à un arc. Mais le retard total qu'introduit la ligne à retard doit être bien inférieur à la période de l'oscillateur pilote 40 de façon qu'une impulsion ait balayé toutes les pointes avant au'apparaisse l'impulsion suivante. L'oscillateur pilote 40 est agencé 10 de manière que sa fréquence puisse varier, sous l'effet d'une tension de commande appliquée à une borne de commande 44, autour de la valeur imposée à l'aide du moyen d'ajustage 41. C'est à cette borne de commande 44 (qui constitue la borne de commande 15 représentée à la fig. 1) qu'est connectée la ligne de rétroaction 27. 15 Quant au circuit de puissance 43, il comprend un moyen de réq- lage de l'intensité de crête des impulsions de courant qu'il délivre, moyen de réglage qui est schématisé sous la forme d'un bouton 39. Il peut y avoir avantage à munir l'oscillateur pilote 40 d'un 20 circuit auxiliaire qui bloque le circuit d'amorçage 42 après chaque impulsion d'amorçage, la durée de ce blocage étant supérieure au temps de désionisation de l'espace compris entre l'électrode 10 et la tôle 1 : un tel circuit garantit en effet l'extinction des arcs jaillissant sour les pointes 11 et empêche la formation d'arcs 25 continus. L'installation décrite fonctionne de la manière suivante: Les décharges qui jaillissent périodiquement entre les pointes 11 de l'électrode 10 et la surface du ruban de tôle 1 (fig. 1) éliminent, par leur effet érosif, une partie au moins de l'oxyde qui 30 se trouve sur la portion de la surface de ce ruban située au-dessous de cette électrode. Comme ce ruban défile dans le sens de la flèche 2, sa surface entière est soumise progressivement au décapage par étincelage. La qualité de ce décapage est mesurée par la cellule de mesure 6, placée à l'endroit où le ruban pénètre dans 35 le bain 5. Le signal que transmet la ligne de rétro-action 27 fait varier la fréquence d'étincelage autour de la valeur imposée par le moyen d'ajustaqe 41 (fig. 2) et assure le réglage de cette fréquence de façon que la qualité du décapage par étincelage reste 71 24967 9 2098244 constante. Ce décapage a lieu simultanément sur la face supérieure de la tôle 1 et sur sa face inférieure, puiscrue le poste d'étincelage 3 et la cellule de mesure 6 sont doubles, chacune des moitiés du poste d'étincelage 3 étant réglée indépendamment l'une de l'autre 5 par la moitié correspondante de la cellule de mesure 6. On voit que le poste d'étincelage 3 travaille selon un principe proche de celui selon lequel fonctionne un poste d'électro-érosion: à ces différences près, toutefois, que 1'électro-érosion se fait en milieu liquide alors que l'étincelaqe A lieu dans l'air, et que, 10 dans un poste d'électroérosion, l'électrode est très rapprochée de la pièce à traiter, tandis que, dans le poste d'étincelage décrit, l'électrode se trouve à une distance de la tôle qui est relativement grande (entre 1 et 10 mm). C'est cet éloignement qui motive le recours à une décharge d'amorçage pour créer l'ionisa-15 tion nécessaire au passage de l'arc d'étincelage. Une variante consiste à utiliser, en lieu et place des pointes pleines représentées aux fig. 1 et 3, des pointes creuses constituées comme le montre la fig. 6. Une telle pointe creuse revêt la forme d'un barreau cylindrique 51 qui est pourvu d'un alésage 52 20 formé à sa partie inférieure par un rebord 53 laissant libre un trou circulaire 54. Dans l'alésage 52 est montée une tige d'amorçage 55, dont l'extrémité inférieure 61 prend place dans le trou 54 et affleure le bord inférieur du barreau 51. A la partie supérieure de ce barreau, la tige d'amorçage 55 sort de l'alésage 52 25 par une traversée isolante 56. A cette partie supérieure du barreau 51 est en outre fixé un tuyau 57 qui débouche dans l'alésage et qui est relié à une source (non représentée) d'un gaz comprimé (par exemple de l'air ou un gaz réducteur), de manière à insuffler en permanence dans l'alésage 52 un courant de ce gaz, lequel s'ë-30 chappe par la partie annulaire du trou 54. La tige d'amorçatre 55 est connectée à l'une des extrémités du secondaire 58 d'un transformateur 59, l'autre extrémité de ce secondaire étant connectée au barreau 51. Ce dernier est relié au circuit de puissance 43 (fig. 4). Le primaire 60 du transformateur 59 est la self L d'une 35 des cellules LC d'une ligne à retard constituant un circuit distributeur analogue à celui de la fig. 4, de sorte que le transformateur 59 a le même rôle que le transformateur 37, 38 visible sur cette figure. Au moment où apparaît une impulsion à la sortie du circuit d'amorçage 42, le transformateur 59 applique entre le bar 71 24967 10 2098244 reau cylindrique 51 et la tige d'amorçage 55 une tension élevée qui donne naissance à une décharge disruptive entre l'extrémité inférieure 61 de la tige 55 et le rebord 53 du barreau 51. Cette décharge produit une forte ionisation au sein de la partie annu-5 laire du trou 54 et, comme il y a en permanence un écoulement de gaz a travers cette partie annulaire, la décharge est soufflée à l'extérieur du barreau 51, de sorte que le volume ionisé prend la forme d'un "dard" 62. Ce dard est formé par un milieu conducteur, et sa présence constitue une sorte d'appendice du barreau 51, ap-10 pendice aui prolonge la pointe d'étincelage et raccourcit artificiellement la distance entre cette dernière et la tôle 1. Ce raccourcissement est tel que la tension appliquée à la pointe d'étincelage par le générateur 4 3 suffit à faire éclater l'arc d'étincelage. Cette variante présente l'avantage d'assurer un re-15 froidissement efficace de la pointe d'étincelage, et d'éliminer grâce au courant de gaz qui s'échappe du trou 54 les particules d'oxyde arrachées par l'arc d'étincelaoe. En outre, le soufflage que produit cet écoulement permet d'accroître la fréquence de répétition des arcs, car, en renouvelant l'atmosphère au voisinage 20 de la pointe, il provoque une élimination forcée des ions, laquelle est beaucoup plus rapide que l'élimination due à la seule désionisation par recombinaison. Les avantages du soufflage peuvent d'ailleurs être exploitas aussi avec une électrode à pointes pleines, telle que l'électrode 25 10 des fig. 1 et 3. Il suffit pour cela de munir cette électrode d'un dispositif d'amenée de gaz comprimé, agencé de manière à produire, par soufflage latéral, un courant de gaz dirigé parallèlement au ruban de tôle et, de préférence, en sens opposé au mouvement de ce dernier. 30 On a représenté à la fig. 1 un poste d'étincelage 3 situé en avant du bain 5. Comme, en général, une installation de décapage comprend plusieurs bains successifs électrochimiques et/ou chimiques, il peut y avoir intérêt à prévoir d'autres postes d'étincelage disposés en amont de l'un ou l'autre des bains suivants. Né-35 anmoins, l'installation comprend en tous cas un poste d'étincelage disposé en amont du premier bain, ce poste d'étincelage pouvant même, pour certaines qualités de tôle, prendre la place du poste de grenaillage des installations connues, lequel peut être sup 71 24967 2098244 primé, ce qui constitue une simplification appréciable. Si, dans certains cas, un poste de qrenaillage doit être maintenu, le poste d'étincelage est situé entre celui-ci et le premier bain : le grenaillage opère alors un décapage grossier et l'étincelage opère un 5 décapage fin, le ou les bains électrochimiques et/ou chimiaues opérant un décapage de finition. Une telle installation convient à priori à tous les métaux ferreux ou non ferreux qui sont susceptibles de s'oxyder au cours d'une phase de leur production (par exemple au cours d'un laminage à chaud 10 ou au cours d'un recuit consécutif à un laminage à froid). Mais elle est plus particulièrement destinée au traitement des tôles en métaux ferreux, en particulier des tôles en acier inoxvdable faiblement allié. Ainsi, dans le cas d'une tôle ferritique à 17 % de chrome, qui était revêtue d'une couche d'oxyde de l'ordre de 15 0,01 mm d'épaisseur, on a obtenu un décapage excellent, c'est-a-dire une mise à nu complète de la surface du métal, en étincelant la tôle 1 avec une électrode 10 formée de pointes ayant un diamètre d = 10 mm (fig.5) : ces pointes étant distribuées au sein de cette électrode de manière telle que les lignes 46 qu'elles balayaient 20 sur la tôle 1 fussent séparées par une distance e = 2 mm, l'électrode elle même étant placée à 3 mm de la surface à décaper et étant alimentée par un générateur délivrant des impulsions dont le courant de crête était de l'ordre de 500 A, la durée de l'ordre de 1 ms et la fréquence de 200 Hz, tandis que la tôle défilait à une 25 vitesse de 30 cm/sec. ' 71 24967 " 2098244 REVENDICATIONS 1. Procédé de décapage d'un ruban de tôle oxydée, caractérisé par le fait que l'on fait subir audit ruban de tôle au moins un traitement érosif par étincelage en soumettant chacune de ses faces à l'impact d'une pluralité d'arcs électriques qui sont dis- 5 tribués sur toute la largeur de cette face et qui se répètent à une fréquence élevée, et par le fait que l'on procède ensuite à au moins l'un des traitements électrochimiques et/ou chimiques des procédés de décapage conventionnels. 2. Installation pour la mise en oeuvre du procédé selon la re-10 vendication 1, comprenant au moins un bain de décapage, électro- chimique et/ou chimique, caractérisée par le fait qu'elle comprend au moins un poste d'étincelage, ce poste d'étincelage étant disposé en amont du premier au moins de ces bains et étant formé de deux moitiés dont chacune agit sur l'une des deux faces dudit ru-15 ban de tôle, chacune de ces moitiés comprenant une électrode disposée suivant la largeur de ce ruban et étant formée d'une pluralité de pointes alimentées par un générateur délivrant une suite d'impulsions de courant se répétant à haute fréquence et donnant naissance auxdits arcs. 20 3. Procédé selon la revendication 1, caractérisé par le fait que l'on détermine en permanence la qualité dudit traitement érosif par étincelage en mesurant la quantité d'oxyde qui subsiste après ce traitement, et que l'on règle la fréquence de répétition desdites étincelles en fonction du résultat de cette mesure, de 25 façon à maintenir constante cette qualité. 4. Procédé selon l'ensemtDe des revenàicatLans 1 et 3, caractérisé par le fait que l'on procède à ladite mesure à l'entrée du bain auquel ladite tôle est soumise immédiatement après le traitement érosif par étincelage. 30 5.Procédé selon l'aosartble des revendications 1' 3 et 4 , caractérisé par le fait que l'on procède à ladite mesure en déterminant la résistance électrique de l'interface entre ledit ruban de tôle et le liquide dudit bain. 6. Procédé selon la revendication 1, caractérisé par le fait 35 que l'on fait subir audit ruban un traitement de grenaillage avant de le soumettre audit traitement érosif par étincelage. 7. Installation selon la revendication 2, caractérisée par le 71 24967 13 2098244 fait que ladite électrode est munie d'un dispositif d'amenée d'un gaz comprimé, ce dispositif provoquant un soufflage de ce gaz dans une direction parallèle à la surface dudit ruban de tôle. 8. Installation selon la revendication 2, caractérisée par le 5 fait que chacune des pointes de ladite électrode est constituée par un barreau conducteur pourvu d'un alésage communiquant avec l'extérieur par un trou axial ménagé à l'une des extrémités de ce barreau, d'une tige conductrice qui pénètre dans cet alésage à travers une pièce isolante et dont la partie terminale est dis-10 posée axialement dans cet alésage, son extrémité étant placée au centre de ce trou, et d'un raccord relié à une source d'un gaz sous pression capable de produire à travers cet alésage et ce trou un écoulement de ce gaz dans une direction perpendiculaire à la surface dudit ruban de tôle, ledit générateur comprenant un cir-15 cuit d'amorçage capable d'appliquer entre cette tige et ce barreau une succession d'impulsions à haute tension donnant naissance à des étincelles d'amorçage jaillissant entre cette extrémité et le bord de ce trou, et un circuit de puissance capable d'appliquer lesdites impulsions de courant à ce barreau. 20 9. Installation selon la revendication 2, caractérisée par le fait qu'elle comprend, pour chaque poste d'étincelage, un dispositif de mesure délivrant un signal de commande qui renrésente une grandeur physique caractéristique de la quantité d'oxyde résiduel subsistant à la surface dudit ruban de tôle après crue ce dernier 25 a franchi ce poste d'étincelage, ce dispositif de mesure étant connecté au générateur d'impulsions du poste d'étincelage correspondant par une ligne de rétro-action et ce générateur d'impulsions étant agencé de manière que sa fréquence dépends de ce signal de commande, cette dépendance étant telle que cette quantité d'oxy-30 de résiduel reste constante quelle que soit la quantité d'oxyde recouvrant ce ruban avant son passage à travers ce poste d'étincelage. 10. Installation s «Ion l'ensemble des revendications 2 et 9, caractérisée par le fait que ledit dispositif de mesure comprend une cellule 35 sensible à la résistance électrique de l'interface entre le liquide dudit bain et ladite tôle, cette résistance électrique constituant ladite grandeur caractéristique. 11.Installation seQon l'ensemble des revendications 2, 9 et 10, caracté 71 24967 14- 2098244 risée par le fait que ladite cellule comprend une source électrique délivrant une tension de valeur fixe, une électrode de mesure immergée dans le liquide dudit bain, parallèlement à, et à courte distance de ladite tôle, une paire d'électrodes auxiliaires im-5 mergées dans ce même liquide à proximité de cette électrode de mesure, deux résistances, et un circuit comparateur, ces éléments étant connectés entre eux de manière à former un pont de mesure alimenté par cette source et contenant, dans l'une de ses branches, l'une de ces résistances, ladite tôle et le volume de li-10 quide compris entre cette tôle et cette électrode de mesure, et, dans l'autre de ses branches, l'autre résistance et le volume de liquide compris entre ces électrodes auxilaires, ce circuit comparateur étant connecté aux deux extrémités de la diagonale de ce pont, de manière que le signal qu'il délivre dépende de 15 la grandeur et du sens de la tension dans cette diagonale, ce signal constituant ledit signal de commande. §AD ORIGINAL