Un volume important d'eau potable est habituellement utilisé pour assurer la chasse des matières dans les water-closets. Cette opération augmente considérablement le volume des matières a traiter et par conséquent celui des ouvrages d'épuration des eaux. Par ailleurs un nombre important d'usagers ne pouvant se raccorder sur le réseau de tout-à-l'égout installe des fosses septiques, des décanteurs digesteurs, des mini-stations d'épuration ou toutes autres installations qui ont comme point commun d'être coûteuses à installer et d'avoir des capacités d'épuration incertaines (sensibilité aux produits chimiques, mauvais réglage, grandes variations de débit...). Du point de vue de l'efficacité de la lutte contre la pollution, une solution satisfaisante serait le stockage des matières dans une cuve étanche périodiquement vidangée vers une station d'épuration. Malheureusement, leautonomie d'un tel système est extrêmement réduite par suite de la dilution importante des excréments due aux chasses d'eau et cette formule ne peut être retenue. La présente invention a donc pour objet un water-closet dans lequel le nettoyage de la cuvette ou similaire est assuré à l'aide d'un fluide de chasse de faible densitéS inodore et non miscible avec les excréments. Ce fluide, qui ne tolère aucun oxygène dissout, joue un rôle bactériostatique car les conditions chimiques dans la phase aqueuse (élévation du pH par formation d'urée) bloque toute prolifération microbienne. De plus, il doit avoir une tension de vapeur telle qu'il ne s'évapore pas dans les conditions d'utilisation. Ce fluide est susceptible d'être remis en circulation pour de nouvelles opérations de nettoyage. De cette façon, l'autonomie de la cuve est suffisante pour que cette solution puisse présenter un grand intérêt. Le water-closet suivant l'invention peut être autonome puisque aucune canalisation ni raccordement n'est nécessaire. La mise en oeuvre est facilitée et le risque de pollution nul puisque la cuve est étanche et que le fluide de chasse assure aussi la couverture des excréments (absence d'odeurs). Un tel système, qui diminue de manière considérable la quantité d4atière à évacuer, ne peut évidemment fonctionner de façon acceptable qu'à condition que le fluide de chasse soit maintenu à l'état pratiquement pur, c'est-à-dire à l'abri de toute suspension indésirable ; à défaut ce fluide de chasse serait rapidement pollué et, devenant inutilisable, devrait être remplacé. A cet effet, suivant l'invention on associe au fluide de chasse une phase liquide de densité supérieure à celle dudit fluide tout en étant inférieure à celle des excréments, de façon à ce que cette phase à densité intermédiaire soit traversée par le fluide précité et assure de la sorte la filtration de celui-ci. D'autres dispositions remarquables de l'invention ressortiront de la description qui va suivre en référence au dessin annexé, lequel dessin, donné à titre d'exemple, permettra de mieux comprendre l'invention, les caractéristiques qu'elle présente et les avantages qu'elle est susceptible de procurer La figure unique de ce dessin est une coupe verticale schématique d'un water-closet autonome à recirculation du fluide de chasse, réalisé conformément à l'invention. Sur cette figure la référence 1 désigne la cuvette du watercloset, équipée d'un dispositif de chasse 2 de type usuel. Le fond de la cuvette 1 se raccorde à une canalisation verticale d'évacuation 3 qui plonge dans la cuve inférieure 4 prévue au-dessous du local pour la réception des excréments ; on remarquera que la canalisation 3 présente un profil tronconique à grande base tournée vers le bas, tandis que le fond 4a de la cuve 4 comporte deux pentes opposées qui déterminent une forme en V, dont l'axe médian se trouve légèrement décalé par rapport à l'axe de ladite canalisation 3. Dans la partie inférieure de la cuve 4 plonge un tuyau 5 qui aboutit à un poste extérieur 6 à partir duquel s'effectue la vidange de ladite cuve ; à ce poste 6 aboutit également un évent 7 destiné à la communication avec l'atmosphère. La partie arriere du poste 6 sert à loger l'appareillage pour la circulation du fluide de chasse ; dans l'exemple de réalisation considéré on a supposé que s'agissant d'un cabinet autonome, l'énergie électrique nécessaire au fonctionnement de cet appareillage était fournie par une batterie d'accumulateurs 8 qui alimente un groupe électro-pompe 9 pour le remplissage du dispositif de chasse 2. La tubulure d'aspiration de ce groupe 9 est raccordée par une canalisation flexible à une crépine 10 agencée de manière à flotter à l'intérieur de la cuve 4 afin de prélever la phase à plus faible densité du liquide qui emplit ladite cuve. Lors de la première mise en fonctionnement du water-closet ainsi établi, on introduit dans la cuve 4, outre une petite quantité d'eau, une première phase liquide à faible densité (inférieure à 1), qui va ainsi créer une couche supérieure référencée il, et une se conde phase liquide dont la densité, toujours inférieure à 1, est toutefois supérieure à celle de la première phase 11, de façon à déterminer une couche intermédiaire 12. Pour la constitution de la phase ou couche supérieure 11 on peut avoir recours soit à des mélanges d'hydrocarbures de type aliphatique à point éclair de 56QC et de densité d'environ 0,77, ou de type aromatique à 1000 avec point éclair égal à 730C et densité de l'ordre de 0,87, soit à des huiles minérales techniques à densité appropriée, soit encore à des huiles minérales Codex dont la densité est comprise entre 0,825 et 0,835, avec point éclair à 160 ou 1700C et point feu de 1900C. La phase ou couche intermédiaire 12 doit comporter des propriétés mouillantes plus importantes et renfermer une suspension col lordale propre à améliorer son effet de filtrage. On peut la constituer à l'aide d'un dérivé cellulosique du type Ethyl-hydroxy-éthylcellulose ou équivalent. La quantité de liquides introduite lors de la mise en état initiale du water-closet doit bien entendu être suffisante pour atteindre la base ouverte de la canalisation 3. Lors de chaque utilisation le dispositif de chasse 2 est manoeuvré à la manière habituelle, de telle sorte que celui-ci envoie sous pression dans la cuvette 1 une quantité appropriée du fluide de chasse correspondant à la phase ou couche supérieure 11, prélevée à travers la crépine flottante 10 et le groupe 9, lequel peut être du type à pression permanente et à cloche. On remarquera que le large débouché inférieur de la canalisation 3 permet de retenir les corps flottants (allumettes, mégots, etc...) et évite de la sorte le colmatage de la crépine 10 ; par ailleurs il s'oppose à tout risque d'obturation intempestive par leséwréments solides. De plus le profil du fond 4a de la cuve 4 favorise le glissement des excréments refoulés par le fluide de chasse et évite tout entassement à leur point de chute. En tout état de cause les excréments qui sont introduits dans la cuve 4 lors de chaque utilisation s'accumulent au-dessous de la phase ou couche intermédiaire 12. A chaque fois le fluide de chasse doit traverser successivement l'ensemble de la masse semi-liquide des excréments antérieurement accumulés, ainsi que la phase ou couche 12, avant de reformer la couche supérieure 11. Cette double traversée assure un filtrage très efficace et les essais ont démontré que le fluide de chasse restait exempt de toute matière en sus pension quel que soit le nombre des utilisations ou recirculations successives. En certains cas le dispositif de chasse 2 peut être remplacé ou complété par un système d'écoulement en continu propre à déterminer la présence permanente d'un film de fluide de chasse sur la paroi intérieure de la cuvette 1. Le water-closet est avantageusement doté d'un mécanisme propre à avertir l'usager que la cuve 1 doit être vidangée ; ce mécanisme comprend un voyant lumineux 13 commandé par un interrupteur 14 qui est actionné lorsque le niveau liquide atteint une hauteur déterminée. I1 doit d'ailleurs être entendu que la description qui précède n'a été donnée qu'à titre d'exemple et qu'elle ne limite nullement le domaine de l'invention dont on ne sortirait pas en remplaçant les détails d'exécution décrits par tous autres équivalents. R E V E N D I C A T I O N S 1. Water-closet à recirculation du fluide de chasse, caractérisé en ce que la cuve renferme, outre un fluide de chasse, une phase liquide dont la densité est comprise entre celle dudit fluide et celle de la phase liquide des excréments, de façon à ce que la phase intermédiaire ainsi créée agisse à la manière d'un filtre qui évite toute pollution du fluide de chasse précité lors de sa remontée en surface. 2. Water-closet suivant la revendication 1, caractérisé en ce que le fluide de chasse est constitué par un mélange d'hydrocarbures de type apliphatique ou aromatique. 3. Water-closet suivant la revendication 1, caractérisé en ce que le fluide de chasse est constitué par une huile minérale technique ou Codex. 4. Water-closet suivant l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que la phase liquide intermédiaire est constituée par un dérivé cellulosique du type Ethyl-hydroxy-éthyl-cellulose ou équivalent. 5. Water-closet suivant l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que la canalisation d'évacuation qui relie la cuvette à la cuve collectrice comprend une partie terminale à profil tronconique, avec la grande base dudit profil tournée vers le bas. 6. Water-closet suivant l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que le fond de la cuve présente un profil en forme de V dont l'axe médian se trouve légèrement décalé par rapport à l'axe de la canalisation d'évacuation.