i 2101109 La présente invention concerne la détection des ruptures de gaine des éléments de combustible dans les réacteurs nucléaires, les termes "éléments de combustible" étant pris dans un sens très large et 5 désignant tout élément susceptible de relâcher des produits de fission. Elle vise plus particulièrement à fournir un dispositif permettant d'assurer tout à la fois la surveillance globale de l'ensemble du réacteur et la pré-localisation, 10 c'est-à-dire la détermination de la zone du coeur du réacteur, parmi plusieurs zones prédéterminées de celui-ci, où se trouve une gaine qui laisse fuir des produits de fission. Il existe déjà de nombreux dispositifs de détection 15 de rupture de gaine qui fournissent une alarme lorsque l'une des gaines laisse fuir des produits de fission: Dans le cas des réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium fondu, on prévoit en général au moins deux dispositifs de ce type; l-'un décèle la> contamination du matelas 20 de gaz inerte, qui surmonte le sodium dans la cuve du réacteur et 11 autre détecte les émetteurs de neutrons différés (brome et iode en particulier) qui apparaissent dans le sodium. Ces dispositifs, s'ils ont l'avantage de fournir une alarme rapide, ont en contrepartie l'inconvénient 25 de ne donner aucune indication sur la localisation, même approchée, de la fuite. On connaît par ailleurs des dispositifs de détection de rupture de gaine qui localisent la gaine fautive: dans le cas des réacteurs à neutrons rapides, ces dispositifs 30 comprennent des tubulures de prélèvement de sodium à la sortie de chacun des assemblages. Une vanne de sélection dirige les ' prélèvements, à tour de rôle, vers un organe de détection. Ces dispositifs ont l'inconvénient grave de ne donner une indication qu'avec beaucoup de retard s'il se trouve que la 35 rupture de gaine est intervenue juste après la vérification de l'assemblage correspondant. 70 30915 2 2101109 La présente invention vise à foyrnir un dispositif répondant mieux que ceux existant antérieurement aux exigences de la pratique, notamment en ce qu'il pallie dans une large mesure les inconvénients ci-dessus. 5 Dans ce but, l'invention propose un dispositif de détection de rupture de gaine comprenant des tubes.dont chacun prélève en permanence du réfrigérant, chaque prélèvement étant représentatif du réfrigérant qui sort d'un groupe d'éléments de combustible, des 10 conduites de circulation desdits prélèvements de réfrigérant réparties à intervalles angulaires réguliers suivant un cylindre, des détecteurs à neutrons thermiques répartis sur un cylindre concentrique au premier, séparés des conduites par une couche de matériau modérateur d'épaisseur déterminée 15 et par une couche de matériau absorbant les rayonnements gamma, chaque conduite étant directement associée à au moins un détecteur qui est également influencé dans une moindre mesure par les conduites adjacentes à celle à laquelle il est directement associé, et des moyens de 2 0 totalisation des activités détectées par lesdits détecteurs et de comparaison de l'activité mesurée par chaque détecteur avec la moyenne des activités, lesdits moyens localisant une rupture de gaine par détermination de celui ou ceux des détecteurs qui prélèvent une activité dépassant nettement 25 la moyenne et une valeur prédéterminée. Le terme "conduite" utilisé ci-dessus et par la suite devra être interprété comme désignant un volume allongé, en général cylindrique, parcouru parallèlement S son axe par un prélèvement à une vitesse qui peut être beaucoup 30 plus faible que dans les tubes de prélèvement de façon à augmenter le temps de séjour et le volume émetteur, et par là, la sensibilité du dispositif. La disposition ci-dessus définie permet d'éviter tous mélanges des prélèvements, contrairement aux dispositifs 35 de localisation qui utilisent une répartition matricielle et dans lesquels tous les prélèvements correspondant à une même ligne ou à une même colonne de la matrice sont mélangés et présentés à un même détecteur. 70 30915 3 2101109 Des écrans en matériau modérateur (par exemple en graphite) sont avantageusement interposés entre les conduites suivant une distribution en étoile de façon que le détecteur ou chaque détecteur associé à une conduite ne 5 "voit" les conduites adjacentes qu'à travers un des écrans de graphite. L'épaisseur de modérateur interposée entre les détecteurs, constitués par exemple par des compteurs au trifluorure de bore, et les conduites est choisie pour 10 donner un contraste maximum entre les neutrons rapides provenant des radioéléments à déceler (provenant des bromes et iodes notamment) et les neutrons d'autres origines (neutrons de fission par exemple). L'épaisseur de modérateur à interposer entre 15 chaque conduite et le détecteur (ou chacun des détecteurs) qui lui est directement associé dépend donc de la répartition (abondance en fonction de l'énergie) du spectre d'émission de neutrons des produits de fission éventuellement contenus dans le réfrigérant arrivant auk conduites et de celui 20 des neutrons constituant le bruit de fond. Or, le spectre d'un échantillon donné se modifie dans le temps à partir du moment où il quitte le coeur étant donné que les demi-vies des différents émetteurs sont largement différentes et s'étalent pratiquement entre 2 secondes et 55 secondes. Si 25 par exemple, on se place dans le cas d'une durée de transit de l'ordre de 20 secondes depuis le coeur du réacteur jusqu' aux conduites, et d'un temps de séjour de 6 secondes environ dans les conduites, on constate l'existence d'un pic vers 400 KeV (correspondant aux neutrons émis par les iodes et 30 les bromes qui ont des énergies comprises entre 250 et 450 KeV) et d'un second pic dans le domaine des faibles énergies vers 100 KeV. L'épaisseur de modérateur sera dans ce cas choisie pour favoriser au maximum la détection des neutrons dont l'énergie est de l'ordre de 400 KeV. 35 Par ailleurs à chaque conduite sont avantageusement associés non pas un, mais deux ou même trois détecteurs de façon qu'une alarme ne soit déclenchée qu'en cas d'excès de comptage de deux détecteurs sur deux ou de deux détecteurs sur trois et que les alarmes erratiques soient éliminées. 70 30915 4 2101109 Si l'on utilise un seul détecteur par conduite, il sera avantageusement aligné radialement avec la conduite. Si on utilise deux détecteurs, ils seront disposés symétriquement et si l'on en utilise trois, ils seront placés 5 l'un radialement l'un par rapport à la conduite et les deux autres symétriquement par rapport au premier. Pratiquement, pour que le dispositif fournisse des signaux interprétables sans difficultés, il est nécessaire . que la disposition des détecteurs et la constitution des 10 chaînes de mesure associées soit telle que, lorsque l'émission neutronique en provenance de l'une des conduites double, l'écart entre la mesure fournie par le détecteur (ou les détecteurs) directement associé à la conduite et les détecteurs adjacents soit d'au moins 30 à 40%. Un tel 15 contraste est en effet nécessaire pour fournir une prélocalisation sûre. Dans un mode de réalisation qui permet d'éviter la présence de toute canalisation sur une face du dispositif dans le sens axial, les prélèvements parviennent tous à 20 une conduite*de retour unique qui est placée suivant l'axe du cylindre sur lequel sont répartis les conduites d'arrivée et les détecteurs. La présence de la conduite de retour augmente évidemment d'une même quantité le taux de comptage enregistré par tous les détecteurs. 25 L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui suit de dispositifs constituant des modes de réalisation donnés à titre d'exemple non limitatifs'. La description se réfère aux dessins qui l'accompagnent, 30 dans lesquels: - la fig. 1 montre un premier dispositif, représenté en coupe suivant un plan perpendiculaire à son axe, - les fig. 2,3, 4 et 5, similaires à la Fig.l mais à plus petite échelle, montrent des variantes de mise en 35 oeuvre, - la fig. 6 montre schëmatiquement le dispositif et un système de calibrage qui lui est associé, en coupe suivant le plan passant par l'axe du dispositif. çij£iËgL_b. 70 30915 5 2101109 Le dispositif représenté en Fig.l est destiné à détecter des ruptures de gaine dans un réacteur nucléaire refroidi par circulation de sodium fondu en décelant la présence dans le réfrigérant d'émetteurs de neutrons 5 différés tels que les bromes et les iodes. Ce dispositif est prévu d'une part, pour fournir une détection de rupture de gaine générale, c'est-à-dire pour fournir une alarme lorsque des produits de fission apparaissent n'importe où dans le réacteur et, d'autre part, pour fournir une pré-10 localisation, c'est-à-dire pour déterminer, parmi des zones du réacteur, ici au nombre de six, quelle est celle d'où proviennent les produits décelés. Pour atteindre ce résultat, des prélèvements représentatifs du réfrigérant à.la sortie des six zones doivent être amenés au dispositif. Ce résultat est 15 atteint de façon relativement simple dans le cas d'un réacteur Cî comportant six boucles distinctes de refroidissement, associées chacune à un groupe d'éléments de combustibles: le réfrigérant est prélevé à l'entrée de chaque boucle d'échange, après mélange des débits de sodium provenant des 20 divers éléments de combustibles alimentant la boucle. Le dispositif représenté en Fig.l comprend six conduites de forme cylxndrique, indiquées par les repères 10^, 102, .... iOg* réparties à intervalles angulaires réguliers autour d'une conduite centrale de retour 12. 25 Chacune des conduites,quî par la suite seront désignées de façon générale par la référence 10, est alimentée en prélèvement à son extrémité inférieure et débouche à son extrémité supérieure dans un pot de mélange (non représenté) qui alimente la conduite de retour 12. Le sodium devant être 30 maintenu dans les conduites à une température suffisante pour éviter sa solidification, chaque conduite est munie d'un élément chauffant électrique 14. L'élément chauffant 14 associé à la conduite de retour 12 est enfermé dans un tube 16 de protection, en acier par exemple. 35 La conduite centrale 12 est séparée des conduites 10 par une masse centrale 18 de matériau modérateur. Ce matériau doit résister à la température élevée à laquelle il est porté: on utilisera en général le graphite. Cette masse 70 30915 6 2101109 comporte des prolongements de forme généralement hexagonale, tous identiques, qui font saillie radialement par rapport aux conduites 10 et dont le rOle apparaîtra plus loin. La masse de graphite munie de ses prolongements usinés est 5 enfermée dans une virole interne 20. Autour de cette virole est placée une gaine 22 de matériau isolant thermique, destinée à soustraire les organes placés autour à l'action thermique des conduites 10. Cette gaine annulaire est enfermée dans deux enveloppes concentriques 24 et 26. Entre 10 l'enveloppe interne 24 et la virole 20 est réservé un jeu dans lequel subsiste une lame de gaz assurant une coupure thermique et qui constitue en même temps un jeu de dilatation. Autour de la gaine 22 de calorifugeage est disposée une masse de matériau lourd destinée à absorber le rayonnement 15 gamma provenant des conduites (rayonnement provenant notamment du sodium 24). Cette masse de matériau (plomb par exemple) est maintenue de façon classique entre deux tubes. Entre cette masse et le calorifuge, subsiste un jeu de l'ordre du centimètre dans lequel on fait avantageusement circuler un 20 courant de gaz de refroidissement. Autour de la masse de plomb 28, d'épaisseur constante, est disposée une couronne 3 0 en matériau modérateur. Dans cette couronne, sont placés, parallèlement aux conduites, des organes détecteurs. Dans le mode de réalisation illustré 25 en Fig.l, il est prévu, pour chaque conduite 10, deux détecteurs désignés de façon générale par 32 et 34 disposés symétriquement par rapport au plan radial passant par la conduite. Les jeux de détecteurs associés aux diverses conduites sont donc répartis à intervalles angulaires égaux, 30 les axes des détecteurs étant à la même distance de l'axe du dispositif. Un passage 35 entre la couronne 30 et la gaine 28 est parcouru par un gaz réfrigérant. La fig. 1 montre que la saillie des prolongements de la masse de matériau modérateur 18 par rapport aux con-35 duites 10 est telle que chacun des détecteurs associés à une conduite donnée (détecteurs 32^ et 34^ par exemple) ne "voit" les conduites adjacentes 10 et 10,. qu'à travers 2 D ces prolongements. Par ailleurs, l'épaisseur de modérateur 70 30915 7 2101109 de la couronne 30 interposée entre chaque détecteur et la conduite 10 correspondante, est telle que l'efficacité maximum de détection corresponde à l'énergie des neutrons à déceler. 5 L'épaisseur optimum de modérateur peut être déterminée par le procédé décrit et revendiqué dans la demande de brevet déposée ce même jour par l'organisme demandeur sous le titre "Procédé et dispositif d'analyse d'un flux de neutrons rapides". 10 Chaque compteur voit ainsi les conduites 10 adja centes à celle à laquelle il est directement associé à travers une épaisseur de modérateur plus forte que l'optimum, ce qui lui donne une certaine sélectivité. Etant donné que la couronne 30 de modérateur n'est pas soumise à la température 15 du sodium qui parcourt les conduites, il est possible d'utiliser un modérateur hydrogéné, nettement plus efficace que le graphite (polyéthylêne par exemple). Enfin, la couronne 30 de matériau modérateur est entourée par une protection contre les neutrons ambiants. 20 Cette protection consiste, dans le mode de réalisation illustré, en une feuille 36 de matériau absorbant les neutrons thermiques (cadmium par exemple) et une couche de matériau modérateur 38 (polyéthylêne par exemple). La feuille de cadmium absorbe les neutrons thermiques ambiants et les 25 neutrons rapides parasites thermalisés par la couche de polyéthylêne 38. Quant à la masse de plomb 28, elle a pour rôle de réduire le niveau d1 activité gamma- au niveau des détecteurs à une valeur tolërable. En effet, tous les détecteurs de neutrons thermiques sont sensibles à l'action 30 des rayonnements gamma. Lorsque l'on utilise des compteurs à trifluorure de bore, on peut pratiquement admettre que ' l'activité gamma à laquelle ils sont soumis ne doit pas dépasser 1 R/h. A titre d'exemple, on peut indiquer qu'un 35 dispositif a été réalisé dans lequel la longueur utile des compteurs était de 45 cm, la longueur totale des conduites étant de 62 cm. Les compteurs étaient répartis sur un cercle de 1100 mm de diamètre et séparés des conduites 70 30915 8 '2101109 par 200 mm de plomb qui réduisait à un niveau suffisamment faible le rayonnement gamma, dû en particulier au sodium 24. A chaque détecteur était associée une chaîne de mesure munie d'un ictomètre. Les signaux de sortie de ces 5 ictomètres étaient comparés par un système de traitement de données entre eux et, après pondération et établissement d'une moyenne, à une valeur de référence. Le dispositif représenté en figure 2, sur laquelle les organes correspondant à ceux de la figure 1 sont 10 désignés par le même numéro de référence, se différencie essentiellement du précédent par la constitution du calorifuge. Celui-ci comprend non seulement une gaine 22, mais aussi des coins 40 disposés entrë^'les prolongements de la masse de modérateur 18. Cette masse 18 est elle-même 15 constituée d'une série de pièces assemblées de façon jointive. Les jeux 35 entre la masse de plomb 28 et le modérateur 30 et 42 entre le plomb et le calorifuge sont parcourus par un courant d'air de ventilation. Un dispositif du genre illustré en Fig. 2 a été 20 réalisé dans lequel lés douze compteurs étaient placés à 210 mm de l'axe. Le sodium circulait dans des conduites 10 de 69 mm de diamètre interne et de 1,67 litre de capacité et revenait par une conduite centrale 12 de 50 mm de diamètre interne. 25 ' Le dispositif de la Fig. 3 se .différencie des précédents non seulement par la disposition du modérateur, mais aussi par la forme des conduites 10 dont la section droite est triangulaire au lieu d'être circulaire: ce genre de sections droites a l'avantage de s'inscrire parfaitement 30 entre les branches de la masse centrale de modérateur 18. Le calorifuge, au lieu de former une gaine continue se présente sous forme de secteurs cylindriques 44 interposés entre les conduites 10 et le jeu 42 et de plaques 46 qui revêtent latéralement les prolongements de la 35 masse de modérateur 18. Le mode de réalisation de la Fig. 4 se différencie notamment de celui de la Fig.3 en ce que les secteurs 44 70 30915 9 2101109 de calorifuge délimitent un volume en forme de prisme hexagonal régulier, les conduites 10 étant cylindriques comme dans le cas des Fig. 1 et 2. Le passage ménagé dans la masse de plomb présente des faces parallèles à celles 5 du calorifuge. Le mode de réalisation de la Fig.5 comporte trois conduites 10 seulement, associées chacune à trois détecteurs 32, 34 et 46o Les deux premiers sont disposés symétriquement par rapport au troisième, placé dans le plan radial occupé 10 par l'axe de la conduite 10 correspondante.. Dans ce cas, comme dans les précédents, les prolongements de la masse centrale de matériau modérateur 18 sont de dimensions tè-tles qu'aucun des compteurs associés à une conduite n'est en vue directe des conduites 15 adjacentes. Au dispositif de détection proprement dit, est associé un ensemble de calibrage et d'étalonnage fournissant un flux de neutrons d'intensité déterminée et d'énergie connue, pouvant être supprimé en dehors des périodes 20 d'étalonnage. On peut notamment utiliser le dispositif ne comportant pas de pièces mobiles qui est schématisé sur la Fig.6. Sur cette figure l'emplacement des conduites 10 et de la conduite de retour 12 a été indiqué ainsi que l'encombrement du dispositif de détection. Au-dessus de ce dispositif 25 est placé l'ensemble de calibrage, comprenant une source 48 n'émettant pas de gamma durs de particules alpha (source au plutonium 238 ou à l'américium 241 par exemple). Cette source 48, placée sur l'axe du dispositif, est entourée par un écran 50 de matériau fournissant des neutrons sous 30 l'action des particules alpha (lithium ou béryllium par exemple). La distance qui sépare la source 48 de l'écran 50 est une fraction du libre parcours des particules alpha lorsque par exemple, de l'air ou tout autre gaz sous pression atmosphérique occupe une enceinte 52 qui-contient la source et l'écran. 35 Pour éviter une absorption trop importante de neutrons, la paroi de l'enceinte 52 peut être en aluminium ou alliage léger. 70 30915 10 2101109 Une conduite 54 reliée à line alimentation en air ou en gaz lourd sous pression (argon sous une pression de douze atmosphère par exemple) permet d'établir à la demande dans l'enceinte soit une atmosphère telle que le libre parcours moyen des 5 particules alpha devienne une fraction faible de la distance entre la source et l'écran, soit la pression atmosphérique. En fonctionnement normal du dispositif de détection, on maintient dans l'enceinte 52 la pression nécessaire pour que la fraction des particules alpha qui atteint l'écran et 10 provoque une émission de neutrons soit négligeable. Lors des étalonnages, on relie l'enceinte à l'atmosphère. Le rayonnement gamma mou éventuel de la source (plutonium 238 ou amëricium 241) n'atteint pas les compteurs, protégés par la masse de plomb et éventuellement un écran supplémentaire. 15 A titre illustratif, on peut noter que le libre parcours moyen des particules alpha de l'américium 241 dans l'air à pression atmosphérique est de l'ordre de 2,5 cm. L'ensemble de calibrage qui vient d'être décrit présente une symétrie de révolution; il donne donc un accroisse-20 ment de signal qui est le même pour tous les détecteurs lorsqu'il est mis en oeuvre. Le bon fonctionnement des chaînes de mesure se traduit d.onc par une augmentation de signal bien déterminé, identique pour toutes les chaînes. D'autres réalisations sont évidemment possibles. On 25 peut en particulier utiliser un ensemble de calibrage comprenant une cible de matériau fournissant des neutrons sous l'action du rayonnement gamma du sodium circulant dans les conduites et un mécanisme pour le déplacer entre une position sur l'axe du dispositif, où la cible est soumise à 30 ce rayonnement, et une position éloignée. Cette solution présente par rapport à la précédente des inconvénients : elle exige un système pneumatique ou mécanique de déplacement de la cible et nécessite des précautions. Si la cible est constituée d'eau lourde elle doit être protégée pour 35 éviter l'ébullition de celle-ci. 70 30915 ii 2101109 Si on remplace la cible en eau lourde par une cible en béryllium, (Be 9 donnant naissance à des neutrons lorsqu'il est soumis à un flux gamma d'énergie supérieure à 1,67 MeV, valeur inférieure au pic gamma à 5 2,75 MeV du sodium 24), on obtient un rendement de conversion qui est beaucoup plus faible que pour l'eau lourde. Par ailleurs, la technique décrite est directement transposable aux réacteurs à eau, chaude ou non, 10 ou à liquide organique. 70 30915 12 2101109 REVENDICATIONS 1°) Dispositif de détection de rupture de gaine comprenant des conduites destinées à être parcourues par des prélèvements permanents de réfrigérant, représentatifs 5 du réfrigérant provenant de groupes différents d'éléments de combustible, conduites réparties à intervalles angulaires réguliers suivant un cylindre, des détecteurs à neutrons thermiques répartis sur un cylindre concentrique au premier, séparés des conduites par une couche de matériau modérateur 10 d'épaisseur déterminée et par une couche de matériau absorbant les rayonnements gamma, chaque conduite étant directement associée à. au moins un détecteur qui est également influencé dans une moindre mesure par les conduites adjacentes à celle â laquelle il est directement associé, 15 et des moyens de totalisation des activités détectées par lesdits détecteurs et de comparaison de l'activité mesurée par chaque détecteur avec la moyenne des activités, lesdits moyens localisant une rupture de gaine par détermination de celui ou ceux des détecteurs qui prélèvent 20 une activité dépassant.nettement la moyenne et une valeur prédéterminée. 2°) Dispositif suivant la revendication 1, caractérisé en ce que l'épaisseur de la couche de matériau modérateur est choisie pour donner un contraste maximum 25 entre les neutrons rapides retardés provenant des produits à déceler et les neutrons d'autres origines. 3°) Dispositif suivant la revendication 2, caractérisé en ce que, le temps de parcours de prélèvement pour arriver au dispositif étant d'une vingtaine de 30 secondes par exemple, l'épaisseur de modérateur fournit un optimum de détection pour des neutrons dont 11 énergie est de l'ordre de 400 keV. 4°) Dispositif suivant la revendication 1, 2 ou 3, caractérisé par des écrans en matériau modérateur répartis 35 en étoile entre les conduites de façon que le détecteur ou chacun des détecteurs associé à une conduite soit séparé des conduites adjacentes par au moins un des écrans de matériau modérateur. 70 30915 13 2101109 5°) Dispositif suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que les détecteurs sont constitués par des tubes compteurs au trifluorure de bore. 5 6°) Dispositif suivant l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que deux détecteurs sont associés à chaque conduite et en ce que lesdits moyens de comparaison ne fournissent une indication de rupture de gaine qu'en cas de dépassement d'un taux prédéterminé 10 de comptage par les deux détecteurs simultanément. 7°) Dispositif suivant l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que trois détecteurs sont associés à chaque conduite et en ce que lesdits moyens de comparaison ne signalent une détection de rupture 15 de gaine qu'en cas de dépassement d'un taux prédéterminé de comptage par deux détecteurs sur trois au moins. 8°) Dispositif suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé.en ce qu'il comporte n conduites alimentées, par des prélèvements 20 provenant de l'entrée de n boucles d'échange thermique alimentées par des zones distinctes du coeur. 9°) Dispositif suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé par une conduite de retour unique, placée suivant l'axe du cylindre suivant 25 lequel sont réparties les conduites parcourues par les prélèvements et séparée de celles-ci par une masse de modérateur. 10°) Dispositif suivant la revendication 9, caractérisé en ce qu'il comprend une conduite centrale de 30 retour, n conduites réparties à intervalles angulaires? égaux à une même distance de la conduite centrale et raccordées à - celle-ci à une extrémité, une masse centrale de matériau modérateur occupant l'intervalle entre la conduite centrale de retour et les n conduites et faisant saillie entre lesdites n 35 conduites, une couche tubulaire de matériau absorbant les 70 30915 14 210 i 109 rayons gamma entourant complètement les n conduites et concentrique à celle-ci, un tube de matériau modérateur dans lequel sont répartis, à intervalles angulaires réguliers n détecteurs ou n jeux de détecteurs, chacun des détecteurs 5 de jeux de détecteurs étant face à une conduite et voyant les conduites autres que celle à laquelle il est directement associé à travers des portions en saillie de la masse centrale de modérateur. 11°) Dispositif suivant l'une quelconque des 10 revendications précédentes pour réacteur refroidi par circulation d'un métal fondu, caractérisé en ce que chacune des conduites est munie de moyens électriques de chauffage, en ce qu'une couche de calorifuge est interposée entre les conduites et la masse de matériau absorbant les 15 rayonnements gamma et en ce que le matériau modérateur constituant la masse centrale est du graphite. 12°) Dispositif suivant la revendication 11, caractérisé par des jeux radiaux entre le calorifuge d'une part, la masse centrale de modérateur et le matériau 20 absorbant les rayons gamma d'autre part. 13°) Dispositif suivant la revendication 10, caractérisé par un tube de matériau modérateur entourant les détecteurs et séparés de ceux-ci par une feuille de matériau absorbant les neutrons thermiques, tel que le 25 cadmium.