La présente invention concerne des perfectionnements apportés au traitement de matières organiques biodégradables telles que glucides et matières protéiques. Des suspensions ou solutions de glucides se rencontrent fréquemment sous la forme d'effluents d'installations de traitement de produits alimentaires, ou de papeteries. Les glucides des effluents d'installations de traitement de produits alimentaires contiennent souvent une proportion notable de sucres, généralement en solution bien que ces glucides puissent comprendre également des constituants insolubles en suspension, comme des amidons et des substances cellulosiques. On trouve également dans ces effluents des matières protéiques. Les glucides des effluents de papeteries sont le plus souvent constitués en totalité de matières insolubles en suspension. Des solutions et suspensions d'autres matières organiques biodégradables peuvent se rencontrer comme sous-produits ou effluents d'usines chimiques de diverses catégories. Il est difficile de se débarrasser de ces effluents. Ils sont parfois stockés provisoirement dans des cuves où les matières solides se déposent partiellement, avant l'envoi de ces effluents à l'égout et leur traitement dans les installations normales de traitement des eaux usées, ou leur rejet dans des cours d'eau. Les pouvoirs publics concernés font généralement payer le traitement de ces effluents indésirables, ou le droit de les déverser dans les cours d'eau. Lorsque des solides se sont séparés dans des cuves de décantation, ils sont ensuite dirigés vers des fosses creusées à cet effet. Ces pratiques représentent des dépenses considérables, et ne sont que des pis-aller au point de vue de l'environnement. A une époque relativement récente, certaines organisations industrielles se sont équipées de leurs propres installations de traitement, comprenant des cuves à boues activées, des filtres biologiques et des bassins de rejet. Ces installations sont comateuses en équipement, fonctionnement et entretien et occupent des surf#aces de terrain importantes. On a envisagé divers procédés pour le traitement biologique de ces effluents dans des cuves de fermentation. Ces procédés ne sont généralement économiques que pour des effluents relativement concentrés. S'ils sont dilués comme c'est souvent le cas, ces procédés fonctionnent mal ou même pas du tout. De plus, il est généralement nécessaire que les effluents soient stériles. Un objet de la présente invention est un procédé de traitement des effluents des types mentionnés, et particulièrement efficace pour le traitement des effluents dilués. Le procédé faisant l'objet de 11 invention est un procédé biologique, fournissant des produits bilogiques du genre généralement qualifié de-"biomasses". Une "biomasse" peut être utilisée comme base de produits utiles et commercialisables, comme des aliments pour animaux. Le procédé peut ainsi dans certains cas arriver à donner un bénéfice, au lieu de la perte générale ment associée aux procédés couramment employés pour se débarrasser desdits effluents. Bien que l'invention ait été conçue essentiellement en vue du traitement des effluents, elle n'est pas limitée à cette application, c'est-à-dire aux déchets d'installations industrielles, et peut être appliquée au traitement de solutions ou de suspensions de divers produits organiques biodégradables. Elle est ainsi applicable à des solutions ou suspensions spécia lementpréparées pour être traitées en vue de l'obtention d'une biomasse. On a déjà entrepris la production de biomasses dans des tours de fermentation. Ces installations comportent une chambre de traitement en forme de colonne verticale contenant un micro-organisme qui "digère" une matière biodégradable traversant la chambre de bas en haut. Elles sont utilisées dans la production industrielle de liquides, par exemple d'alcool à partir de sucres (brasserie), d'acide acétique à partir d'alcool (fabrication du vinaigre), d'acide citrique à partir de mélasses et autres hydrates de carbone. On a proposé divers procédés, continus, semi-continus ou discontinus, aérobies ou anaérobies, utilisant diverses levures, bactéries et champignons dans des tours de fermentation.Dans les procédés continus et semi-continus, on fait passer de bas en haut à travers la tour la solution ou suspension biodégradable, en général avec un gaz contenant de l'oxygène, le liquide et le gaz formés sortant de la chambre de traitement par des issues distinctes. La tendance de ces procédés à produire des mousses ou des écumes à la surface du liquide de la chambre est souvent une source de difficultés. Aussi inénage t'on souvent au-dessus de la sortie du liquide de la chambre de traitement une chambre d'expansion dans laquelle s'accumule la mousse. Le micro-organisme peut ainsi se déposer dans la chambre de traitement lorsque la mousse s'affaisse, au lieu d'etre entraîné avec la mousse, tandis que le gaz formé sort de la chambre d'expansion par une sortie séparée disposée dans la partie supérieure de la chambre de traitement. Dans les procédés de fermentation pour la production de liquides, on règle les conditions opératoires de façon à réduire au minimum la multiplication du micro-organisme et à maintenir celui-ci dans la chambre de traitement. Il a été proposé de modifier les conditions opératoires en vue d1 augmenter la production de certains micro-organismes pour produire une biomasse pouvant être évacuée de la chambre de traitement avec le liquide, dont elle est ensuite séparée à l'état de produit utilisable. Bien que la chose soit réalisable, les facteurs intervenant dans les procédés continus et semi-continus sont si complexes, leur connaissance étant par ailleurs très incomplète, que ces procédés sont très peu employés On a utilisé jusqu a présent pour la production industrielle des biomasses des procédés (qualifies dans ce qui suit d'anciens procédés") employant des cuves de fermentation avec entraînement par l'air, ou à cycle sous pression, ou un réacteur à cuve agitée Le procédé généralement préféré est celui dit "à cuve agitée", car il est plus facile d'y établir et d'y maintenir des conditions permanentes.Dans ce procédé, on fait arriver dans une cuve contenant un micro-organisme pouvant vivre sur le produit biodégradable un courant continu d'une solution ou suspension du produit biodégradable avec les sels et substances azotées nécessaires à la multiplication du micro-organisme. On introduit de l'air dans la solution ou la suspension et le contenu de la cuve est brassé par un agitateur mécanique. Au cours de ce traitement, le micro-organisme enlève au moins la majeure partie du produit biodégradable. Comme le micro-organisme continue à se multiplier, il devient excédentaire et cet excès est entraîné avec le liquide sortant de la cuve. Ce micro-organisme, ou biomasse peut être séparé et utilisé après un nouveau traitement comme aliment pour animaux. Comme il va être expliqué, la présente invention présente des avantages par rapport aux anciens procédés Suivant l'invention, dans un procédé de traitement d'un matériau organique biodégradable, un courant de liquide contenant ledit matériau passe de bas en haut dans une chambre de traitement verticale dont l'allongement (qui sera défini plus loin) est au moins égal à 3/1.Un micro-organisme floculant capable de digérer au moins une partie du matériau organique biodégradable est cultivé dans la chambre de traitement, et un gaz contenant de l'oxygène est introduit dans la chambre pour permettre le développement du micro-organisme, le procédé étant caractérisé en ce que le micro-organisme est essentiellement floculant dans toute l'éten- due de la chambre, et en ce que le mélange formé par le liquide traité, le gaz et l'excédent de micro-organisme sort par un même orifice au sommet de la chambre. #Une différence importante entre le procédé suivant l'invention et les anciens procédés utilisant des tours de fermentation réside en ce que le liquide traité, le micro-organisme excédentaire (biomasse) résultant de la prolifération dans la chambre4 et toutes autres substances liquides ou solides engendrées dans le procédé ou constituant des résidus des produits de départ, sortent de la chambre de traitement avec le gaz. Ce mélange liquide-solide-gaz, qui sera dans ce qui suit appelé "produit de la réaction" est de préférence évacué au sommet de la chambre ou à son voisinage. La partie supérieure de la chambre' va de préférence en se rétrécissant, étant par exemple tronconique ou en forme d'un dame au sommet duquel se trouve la sortie du produit de la réaction.Cette forme empêche, ou 1au moins réduit,# l'obstruction de la sortie par les produits solides contenus dans le produit de la réaction, et fait partie des caractéristiques avantageuses du procédé. Suivant une forme préférée de la réalisation, l'orifice de sortie du produit de la réaction est un tube ayant la forme d'un U renversé. Dans le procédé suivant L'invention, la formation de mousses ou d'écumes, non seulement ne pose pas de problèmes, mais est même un avantage. En effet, l'expérience montre que le courant de gaz joue un rôle de "pompe" pour les solides et les liquides contenus dans le produit de la réaction et les entraîne de bas en haut vers la sortie. Aux faibles taux de renouvellement (qui seront définis plus loin), des quantités importantes de liquides mousseux ont tendance à sortie par à-coups, de sorte que le niveau du liquide s'abaisse periodiquement au-dessous du sommet de la chambre, en laissant un espace empli de gaz. Pour des taux de renouvellement plus élevés, bien que le même phénomène se produise, cette décharge est plus fréquente, et le volume de l'espace gazeux est plus faible.Dans la pratique, la surface du liquide se trouve dans la partie inférieure du tube de sortie, de sorte qu'il ngy a pas d'espace gazeux dans la chambre elle-même. On entend par "taux de renouvellement" le rapport A/B entre : A) le volume du liquide contenant le matériau biodégradable et les substances auxiliaires assurant le développement du micro-organisme, qui est introduit par heure dans la chambre de traitement ; B) le volume de liquide présent dans la chambre de traitement Le gaz introduit dans la chambre de traitement peut être, soit de l'oxygène pur, soit un mélange d'oxygène et d'un autre gaz ne jouant aucun rôle dans les réactions chimiques de la chambre de traitement. L'air en particulier peut constituer la source d'oxygène. En pratique, l'oxygène pur est généralement moins efficace et moins économique que l'air.On constate généralement que si l'on remplace l'air par l'oxygène, la quantité d'oxygène nécessaire est environ moitié de celle de l'air, bien que celui-ci ne contienne qu'environ un cinquième d'oxygène. Il semble que l'intérêt d'un mélange d'oxygène et d'un autre gaz soit dA à la raison suivante : Pour un volume donné d'oxygène introduit dans la chambre par unité de temps, le volume total de gaz est augmenté. Les bulles formées par le gaz dans le liquide abaissent la densité apparente du milieu fluide de la chambre. Il en résulte un accroissement de la différence de densité entre les flocons du micro-organisme et le fluide baignant les flocons, de sorte que 11 effet de la pesanteur sur les flocons est augmenté, ce qui facilite leur maintien dans la chambre.Un avantage supplémentaire de l'emploi d'un mélange d'oxygène et d'un autre gaz est que l'accroissement du volume gazeux introduit par unité de temps dans la chambre améliore la circulation à 1' intérieur de celle-ci, et par suite l'-efficacité de la réaction. Comme le gaz a tendance à monter dans le liquide de la chambre, et qu'il est souhaitable que le contenu total de la chambre soit convenablement oxygéné, le gaz est de préférence introduit à la base de la chambre ou au voisinage de cette base. Pour la même raison, cette introduction se fait de préfé rence sous forme de fines bulles ce qui facilite d'autre part la dissolution rapide de l'oxygène. D'où l'avantage à introduire le gaz, non par une buse unique, mais par un système distributeur créant de petites bulles. Suivant une construction avantageuse le gaz traverse une plaque perforée disposée au fond de la chambre, le liquide restant au-dessus de la plaque sans la traverser. Si la chambre a un diamètre relativement faible, cette plaque peut être remplacée par un disque de verre fritté. Un tel disque pourrait être insuffisamment résistant pour supporter le poids du liquide dans une chambre de fort diamètre, auquel cas on peut employer une plaque de métal ou de matière plastique à trous percés individuellement. Si le débit du gaz introduit est trop faible, la multiplication du micro-organisme est freinée par le manque d'oxygène, et le procédé ne peut opérer de façon satisfaisante. Si l'oxygène est introduit en quantité excédentaire par rapport aux besoins du micro-organisme, la quantité d'oxygène dissous dans le liquide augmente considérablement. Un mode opératoire relativement simple consiste donc à introduire d'abord l'oxygène en quantité excédentaire, puis à réduire le débit jusqu'à ce que la quantité d'oxygène dissous tombe brusquement presque à zéro (mais non pas à zéro). On est ainsi au débit optimal. Une mesure commode~ du volume gazeux introduit dans la chambre est ce qu'on appellera la vitesse gazeuse superficielle. On désigne ainsi le quotient du volume gazeux introduit dans l'unité de temps par la section transversale de la chambre de traitement. L'expérience montre que, pour un appareil de type donné, la vitesse gazeuse superficielle optimale est pratiquement constante et indépendante du volume de la chambre. Avec l'air, cette vitesse est de préférence comprise entre 1 et 10 cm par seconde, une valeur type pour une chambre de Petites dimensions étant de 2 cm/seconde. D'une manière générale, les chambres de grand volume permettent des vitesses supérieures. Si cette vitesse se arrive à un certain maximum, le système devient instable et son fonctionnement cesse d'être satisfaisant. La valeur de ce maximum augmente avec le volume de la chambre de traitement. Les micro-organismes utilisés suivant l'invention doivent être floculants, c'est-à-dire former, dans le cas des champignons des colonies sensiblement sphériques d'hyphes et, dans le cas des levures, des agrégats sensiblement sphériques de cellules. Il a été observé que, de façon générale, les flocons du micro-organisme tendent à se développer à partir de cellules individuelles ou de petits amas de cellules, d'où la formation de flocons en forme de pastilles ou de granules dont la surface peut, soit être lisse, soit porter des filaments rayonnants ou hyphes. Quel que soit leur aspect, les flocons ont tendance à se rompre en donnant des cellules individuelles ou des amas dont chacun peut servir d'amorce à un nouveau flocon.Il a été trouvé que la morphologie des micro-organismes peut être facilement contrôlée dans le procédé suivant l'invention, des mesures spéciales n'étant généralement pas nécessaires. La floculation peut être facilitée par des moyens connus, comme par des agents floculants, par exemple le chlorure d'aluminium ou le chlorure de calcium pour certaines levures. En raison de la facilité du contrôle morphologique, le procédé possède une efficacité élevée dans une large gamme de concentrations des solutions ou suspensions biodégradables, et de débits de passage. Le micro-organisme est essentiellement floculant dans toute la chambre de traitement. La plus grande partie (au moins 75% et dans tous les cas le plus possible) du microorganisme doit être sous cette forme. Le présent procédé diffère en cela du procédé à cuve agitée, dans lequel l'action de l'agitateur tend à briser les flocons, au moins au voisinage des palettes de l'agitateur. La dimension type des flocons est comprise entre 0,5 mm et 20 mm, et plus particulièrement entre 2 et 10 mm. Une forte dimension est préférée, comme empêchant les flocons d'être entraînés prématurément hors de la chambre. Le micro-organisme peut être une espèce unique ou un mélange de plusieurs espèces. Une espèce unique est de préférence présente dans la chambre de traitement. Le microorganisme s'alimente sur les produits nutritifs biodégradables, et les métabolise en formant une biomasse protéique. Les microorganismes adaptés à des produits biodégradables donnés à traiter résultent de l'expérience. On peut utiliser les levures floculantes, mais le procédé de l'invention est particulièrement avantageux dans le cas de champignons filamenteux, dont un exemple type est Asperqíllus niger. Cependant, bien que A. niger digère aisément le sucre, il digère moins facilement les glucides a' longue chaîne comme les amidons et les matériaux cellulosiques ou protéiques.D'autres micro-organismes sont toutefois capables de digérer au moins certains des glucides à longue chaîne. Un micro-organisme type étant dans ce domaine Trichoderma viride. Seule l'expérience peut montrer quelles souches de micro-orgànismes sont les mieux adaptées à des substances données. Comme autres champignons filamenteux, on citera Sporotrichum thermo#ile, Penicillium roquefortii, Geotrichum candidum, Rhizopus, Mucor et Fusarium. Parmi les levures floculantes, on peut utiliser Saccharomyces cerevisiae NCYC 1026 et Saccharomyces carîbergensis (uvarum) Il semble que, dans la mise en pratique du procédé de l'invention, la proportion entre les flocons d'une part, les cellules individuelles et les petits amas d'autre part, soit plus élevée dans la chambre de traitement que dans la biomasse extraite de cette chambre.Les flocons de micro-organismes tendraient donc à rester dans la chambre de traitement par suite, semble-t' il, des effets de la pesanteur, bien que la concentration en micro-organismes ne varie pas notablement entre différentes régions de la chambre, la turbulence résultant du passage du gaz agitant suffisamment le contenu pou#r amener une uniformité approchée dans toute la chambre. Il a été constaté que dans certaines circonstances, par exemple pour des chambres de dimensions relativement élevées, la concentration des micro-organismes peut varier suivant les régions. Mais une fois qu'un état stable a été atteint, la concentration en un point donné devient sensiblement constante, même si la teneur de la solution ou de la suspension en matériau biodégradable varie. Un autre phénomène constaté est la propriété des micro-organismes, en particulier des micro-organismes filamenteux, à enrober toutes les particules insolubles ne pouvant pas être digérées, et à les entraîner hors de la chambre de traitement. Ce phénomène s'oppose à l'accumulation de ces particules dans la chambre de travail. Les matériaux biodégradables pouvant titre traités par le procédé de l'invention peuvent par exemple provenir des effluents dérivant des installations suivantes de traitement de produits alimentaires :laiteries, fromageries, usines de trai tement des pommes de terre, par exemple pour la préparation de "chips" ou autres produits de la pomme de terre; traitement d'autres végétaux amylacés, destinés par exemple à la confiserie; traitement des haricots et des pois pour leur mise en boîtes; production de l'huile de palme; mise en oeuvre du sucre pour la fabrication de bonbons, de boissons diverses, de caramels. L'invention est aussi applicable aux effluents d'usines de fermentation, contenant des acides organiques comme l'acide citrique et l'acide acétique. Des solutions et suspensions biodégradables peuvent aussi être spécialement préparées en vue de leur traitement par le procédé de l'invention. Le milieu liquide est généralement l'eau. Pour que le micro-organisme puisse se développer,on doit lui fournir des quantités relativement faibles de substances azotées et des quantités encore plus faibles de certains sels. La nature de ces substances et sels est bien connue Les substances appropriées peuvent se trouver initialement dans la solution ou suspension à traiter,en particulier si l'effluent provient de certaines usines de produits alimentaires, mais si certaines d'entre elles sont absentes, elles doivent être fournies au microorganisme. Elles sont de préférence ajoutées àla solution ou suspension avant le début du traitement, bien qutelles puissent théoriquement être introduites au cours du traitement. Pour la commodité de la description, la solution ou suspension contenant les substances azotées nécessaires et les sels cités plus haut sera, dans ce qui suit, qualifiée de "produit de départ". Pour une mise en oeuvre satisfaisante de l'invention, ce produit de départ doit être pur, c' est-à-dire en fait n'être pas appréciablement souillé par des substances toxiques, et ne pas contenir une proportion trop élevée de microorganismes indésirables. La stérilisation du produit de départ n est cependant pas nécessaire. L'expérience montre qu'un micro- organisme étranger introduit dans la chambre de traitement avec le produit de départ n'entre pas en compétition avec le microorganisme sélectionné et est entraidé hors de la chambre avant d'avoir pu s'y fixer. Cet effet est particulièrement marqué aux taux de renouvellement élevés. Par ailleurs, si l'on utilise des champignons filamenteux, le pH tend à baisser considérablement du fait de la production d'acides pendant la prolifération des champignons, acidité qui s'oppose au développement des micro organismes concurrentiels, tels que des levures et bactéries. D'autre part, dans l'emploi des anciens procédés, on doit normalement stériliser le produit de départ pour empêcher des microorganismes indésirables de pénétrer dans la chambre de traitement et d'y proliférer en concurrence avec le micro-organisme sélectionné. On a également constaté que, lorsque le procédé de l'invention est arrivé à un état d'équilibre, si l'on interrompt l'apport du produit de départ pendant un certain temps, le microorganisme continue à vivre dans la chambre de travail, et le procédé peut être remis en route sans précautions spéciales. Si par exemple on cesse d'introduire le produit de départ pendant 48 ou 60 heures, ce qui arrive dans le cas d'effluents d'une installation arrêtée le samedi et le dimanche, le procédé peut en général être remis en route sans difficulté. Pendant la période d'arrêt, il ne circule pas de liquide dans la chambre de traitement et tous les micro-organismes étrangers peuvent se développer et s'établir à des concentrations beaucoup plus fortes que lors du fonction nement normal du procédé.On constate néanmoins en général, que lors de la remise en route, les micro-organismes étrangers sont éliminés très rapidement, et le procédé revient à un état d'équilibre voisin de l'état d'équilibre original. Grâce au procédé de l'invention, en particulier si le micro-organisme employé est un champignon filamenteux, on peut atteindre un état tel que si l'on augmentait progressivement le taux de renouvellement seul, la concentration du micro-organisme dans la chambre diminuerait progressivement. Or, le procédé est particulièrement efficace s'il est exécuté dans cet état. Pour vérifier s'il est atteint dans le cas considéré, il suffit de mesurer la concentration du micro-organisme dans la chambre pour divers taux de renouvellement après avoir atteint dans chaque cas un état d'équilibre ou régime constant. Cet état ne peut pas s'établir avec les procédés anciens, par exemple celui dit de la cuve agitée. Dans ce dernier si la concentration en matériaux biodégradables dans le produit entrant à la cuve (correspondant à la chambre de traitement) avec un taux de renouvellement constant est augmentée jusqu'à ce que la concentration du micro-organisme dans la cuve ne puisse être relevée par une nouvelle augmentation de la concentration en matériaux biodégradables, et qu a ce moment on augmente graduellement le taux de renouvellement, on constate que la concentration initiale du micro-organisme dans la cuve reste sensiblement la même, et que lorsqu'un certain taux critique de renouvellement est atteint, la concentration du micro-organisme décroît fortement.Le micro-organisme devient brusquement incapable de résister à cette augmentation du débit, et il est ainsi entraîné hors de la cuve, le procédé cessant ainsi d'être opérant. Ce taux critique de renouvellement dépend d'un certain nombre de facteurs, dont le plus important est le type du micro-organisme utilisé. Dans le procédé de la cuve agitée, le taux critique est de l'ordre de 0,1 à 0,5 (par heure). Bien que le procédé de l'invention ait également ses taux critiques de renouvellement, ceux-ci se rencontrent généralement après la baisse importante de la concentration en micro-organisme indiquée plus haut, et sont généralement plus élevés que ceux du procédé de la cuve agitée. C'est ainsi par exemple que le procédé de l'invention peut être conduit à des taux de renouvellement allant jusqu'à 7 (par heure). De même, à la différence du procédé de la cuve agitée et des procédés analogues, il a été trouvé que dans le cas du présent procédé, au moins quand la concentration en matériau biodégradable du produit de départ reste dans des limides normales, la concentration du micro-organisme dans la cuve de traitement, bien que variable avec le taux de renouvellement et éventuellement avec la composition du produit de départ, ne chan pas notablement lorsque la concentration en matériau biodégradable, c'est-à-dire la teneur du produit de départ, varie.Bien entendu, si cette teneur descend à une valeur très basse, il arrive un moment où il nty a plus assez de matériau biodégradable dans le produit de départ pour permettre une prolifèration intense et continue du micro-organisme dans la chambre de traitement et le procédé cesse de fonctionner efficacement. Pour de basses teneurs du produit de départ et pour un taux donné de renouvellement, le microorganisme peut se développer dans la cuve de traitement, mais ce développement est alors si lent que l'excédent produit est très faible. Si la teneur du produit de départ augmente à nouveau, le taux de renouvellement restant constant, la prolifération du micro-organisme augmente. Mais comme la concentration du micro organisme dans la chambre de traitement reste constante, il y a production de biomasse à une vitesse accrue.Quand la teneur du produit de départ dépasse une certaine valeur, avec le même taux de renouvellement, la production de biomasse atteint une valeur maximale, et un excédent de matériau biodégradable est évacué avec le produit. Dans la mise en oeuvre du présent procédé, on constate en général que la productivité maximale augmente fortement avec le taux de renouvellement, jusqu'à ce que, pour des taux élevés*( par exemple au moins 3), le micro-organisme commence à être entraîné hors de la chambre. Ceci est en opposition avec le procédé de la cuve agitée dans lequel, bien que la productivité augmente beaucoup plus rapidement quand le taux de renouvellement augmente jusqu'à atteinte d'une valeur maximale, cette productivité retombe rapidement à une valeur très basse, ceci se produisant au taux critique de renouvellement, taux généralement beaucoup plus bas que le taux critique de renouvellement dans le procédé suivant 1 'invention. Les figures 1 et 2 des dessins annexés représentent des courbes types, montrant certaines des différences entre le procédé de l'invention et le procédé de la cuve agitée. Sur les graphiques de ces figures, les échelles sont linéaires, avec une origine zéro. Les taux de renouvellement sont en abscisses, à la même échelle sur les deux figures. Les ordonnées traduisent, sur la figure 1 la concentration du micro-organisme pour chaque taux de renouvellement, et sur la' figure 2 la production maximale pour chaque taux de renouvellement. Sur les deux figures, la courbe en trait continu correspond à une mise en oeuvre type du procédé de l'invention, et la courbe en pointillé à#une mise en oeuvre type du procédé de la cuve brassée. On voit sur la figure 1 que dans le procédé de l'invention, la concentration en micro-organisme (à l'état d'équilibre) dans la chambre de traitement décroît rapidement quand le taux de renouvellement augmente, ce qui correspond au fait que la concentration maximale en micro-organisme dans le cas du procédé en cuve agitée peut être beaucoup plus élevée que dans le cas du procédé de l'invention, dans une certaine zone des taux de renouvellement. On notera toutefois que la con centration maximale en micro-organisme dans le procédé de la cuve agitée varie avec la teneur du produit de départ, la ligne pointil lée représentant simplement les valeurs pour une teneur donnée. La figure 2 montre de même que la productivité de la cuve agitée est, dans la même zone des taux de renouvellement, plus élevée que celle du présent procédé. Il peut donc être préférable dans certains cas d'utiliser le procédé à cuve agitée quand le taux de renouvellement est compris entre certaines limites. Comme la productivité maximale augmente avec le taux de renouvellement, et que les taux élevés offrent d'autres avantages,il est normal d'utiliser le nouveau procédé avec un taux de renouvellement relativement élevé. Ceci implique que la concentration du micro-organisme dans la chambre de traitement est relativement faible et que la teneur du produit de départ est relativement basse. Si l'on applique-le procédé au traitement d'un produit de départ à teneur relativement élevée, il peut être préférable de le diluer avant le traitement. Le procédé de l'invention convient donc particulièrement bien pour le traitement de produits relativement dilués, par exemple de solutions ou de suspensions contenant par litre de 0,1 g à 20 g de matériau biodégradable. Cette teneur est de préférence d'au moins0,5 gpl, et en particulier comprise entre 1 et 10 gpl. Cependant, ces teneurs peuvent être plus élevées, par exemple jusqu'à 100 gpl dans certains cas. Dans la pratique du procédé, la vitesse effective de passage du produit de départ à travers la chambre de traitement est relativement faible. Il n1 est donc pas indispensable dtintro- duire le produit dans la chambre en continu et à débit constant. L'introduction peut être intermittente, c'est-à-dire semicontinue, ou à vitesse non constante, ou les deux à la fois, à condition que la marche du procédé ne diffère pas notablement de celle d'une introduction continue et à débit constant. Le produit de départ est généralement introduit au voisinage de la base de la chambre de traitement. Cette disposition n'est cependant pas obligatoire, et le produit peut par exemple être introduit à mi-hauteur de la chambre. Le facteur le plus #important de l'émplacement de l'entrée est la nécessité d'assurer une circulation convenable dans la chambre, et d'éviter qu'il n'y ait des zones où le produit séjourne beaucoup plus longtemps que la durée moyenne. Le procédé est conduit de préférence en conditions telles que, tous autres facteurs restant constants, si la concentration en matériaux organiques biodégradables dans le produit de départ est augmentée, un excédent de matière biodégradable est évacué avec le produit. Bien qu'on cherche généralement à conduire le procédé de façon qu'il n'y ait que peu ou pas de matière biodégradable évacuée avec le produit, cette condition n'est pas impérative, et cette évacuation peut parfois être désirable. Dans ce cas, le produit sortant de la chambre de traitement peut être réutilisé comme produit de départ ou comme base de ce produit, ou être traité par un autre-procédé, semblable ou différent, comme par exemple l'un des anciens procédés.Le produit de départ du présent procédé peut de même contenir un matériau provenant d'un autre procédé de traitement Comme il a été dit plus haut, la chambre de travail doit avoir un allongement au moins égal à 3/1. Ce terme d',,allonge- ment" désigne le rapport de la hauteur de la chambre à son diamètre, la chambre étant supposée de forme cylindrique. Dans le cas d'une forme différente, l'allongement est le même que celui d'une chambre qui serait à section circulaire et aurait un fonctionnement équi- valent. L'"allongement" d'une chambre non cylindrique doit donc être déterminé expérimentalement. Au-dessous d'un allongement de 3/1, le procédé ne fonctionne généralement pas, et se rapproche du procédé de la cuve agitée, c'est-à-dire que la concentration maximale en microorganisme est pratiquement indépendante du taux de renouvellement tant que le taux critique de renouvellement n'est pas atteint. Dans la pratique de l'invention, l'allongement est de préférence non inférieur à 5/1, les valeurs préférées étant comprises entre 7/1 et 15/1, et plus particulièrement entre 10/1 eut'12/1. Si l'allongement est supérieur à 15/1, la chambre de traitement se rapproche d'un tuyau, et il y a risque que le micro-organisme soit entraîné hors de la chambre aux faibles taux de renouvellement. Toutefois, la situation est différente de celle du procédé de la cuve agitée en ce que, tant que le micro-organisme n'est pas entraî- né hors de la chambre de traitement, la concentration en microorganisme dans la chambre décroît fortement quand le taux de renouvellement augmente. Les dimensions de la chambre de traitement dépendent du volume de produit à traiter par unité de temps et de la teneur de ce produit. Comme il a été dit plus haut, cette teneur fixe le taux maximal de renouvellement pouvant être utilisé si l'on veut n'entrainer qu'un minimum de matière organique biodégradable avec le produit. Le taux maximal de renouvellement associé au volume de produit de départ à traiter par unité de temps, détermine lui-même le volume de la chambre de traitement. Comme il est généralement avantageux de conduire le procédé à des taux de renouvellement relativement élevés, la chambre de traitement n'a pas besoin d'avoir de grandes dimensions. Par ailleurs, à la différence du procédé à la cuve agitée, une agitation mécanique n'est pas souhaitable dans le procédé de l'invention. Le coût de l'opération est ainsi réduit et la sécurité de fonctionnement est accrue. Enfin, un mélange en retour avec diffusion remontant le courant peut être souhaitable, et la présence de cloisons ou chicanes et de plateaux perforés dans la chambre de traitement n'est donc pas nécessaire, contrairement à ce qui a lieu dans d'autres procédés de fermentation en tours. La figure 3 représente schématiquement un appareil type pour la mise en oeuvre de l'invention. Cet appareil comprend un récipient 10 dont la plus grande partie constitue la chambre de-traitement il, qui a la forme d'un cylindre à axe vertical et à section circulaire. La chambre de traitement se termine à sa base par une plaque perforée 12 voisine de l'extrémité inférieure du récipient, cette plaque assurant la distribution de l'air qui arrive en 13 à l'extrémité inférieure du récipient. Le produit de départ à traiter arrive en 14, un peu au-dessus de la plaque perforée Le sommet de la chambre 15 est hémisphérique, et raccordé à un tube 16 de sortie en forme d'U renversé, pour la raison indiquée plus haut. Une chemise 17 à circulàtion d'eau permet de refroidir ou de réchauffer le récipient de façon à maintenir son contenu à la température désirée. L'appareil comporte divers accessoires : une prise d'échantillon 18 à la base, un thermomètre 19, un régulateur de température 20, une prise d'échantillon 21 pour la mesure de la teneur en oxygène dissous du liquide de la chambre, une prise 22 de mesure du pli, une prise d'échantillon 23 au sommet, une entrée 24 pour introduction d'un produit dans la chambre de traitement et une prise 25 de mesure du pH. Le récipient peut être en tout matériau approprié, par exemple une matière plastique. L'expérience montre que le contenu de la chambre de traitement peut devenir acide, et descendre jusqu'à un pH de 1,5. Le revêtement du récipient doit donc être choisi de façon à ne pas être attaqué par les acides. Le produit sortant du récipient peut être traité par la chaux, ou autrement, pour être neutralisé ou rendu moins acide. Ce traitement n'est généralement pas nécessaire. Suivant la nature du produit de départ, et d'autres facteurs comme la variation possible de sa teneur dans le temps, le procédé de l'invention peut être utilisé isolément, ou en combinaison avec d'autres procédés. C'est ainsi qu'un effluent à teneur relativement élevée peut être traité d'abord par le procédé de la cuve agitée, mais dans des conditions telles que certains sucres, ou des substances à base de sucres, sortent avec le produit , qui est ensuite traité par le présent procédé après séparation de la biomasse. On peut aussi commencer le traitement par le présent procédé. Celuirci peut également constituer une étape préliminaire d'un ancien procédé de traitement. Une usine fabriquant des produits alimentaires peut par exemple avoir sa propre installation de traitement des effluents. Si l'usine s'agrandit, cette installation peut devenir insuffisante.Pour éviter d'avoir à construire une seconde installation de traitement parallèle à la première, il peut y avoir intérêt à traiter la totalité de l'effluent par le procédé de l'invention, et à envoyer-les produits sortants à l'installation existante. Le procédé de l'invention peut être utilise pour réduire la demande biologique en oxygène, ou "DBO", et la teneur en solides d'un effluent industriel, de façon à autoriser le rejet de celui-ci par les moyens classiques. La biomasse contenue dans le produit peut être séparée du reste par tout procédé convenable. La séparation peut par exemple être effectuée par gravité dans une cuve de décantation, bien qu'une difficulté provienne de ce qu'une partie de la biomasse a tendance à flotter, et doit donc être "écrémée". La biomasse, totale ou restante, peut également être séparée par centrifugation ou filtration, par exemple au moyen d'un filtre tournant à vide. Les particules solides retenues dans la biomasse peuvent y être laissées1 ou en être séparées. Après sa séparation, la biomasse peut être séchée, puis pulvérisée ou granulée; avant stockage ou nouveau traitement. Les micro-organismes relativement gros pouvant être employés dans la présente invention rendent plus facile une séparation de la biomasse par filtration. Par ailleurs, la morphologie du micro-organisme est telle que les matières solides colloi- dales ou en suspension peuvent être entraînées dans des conditions permettant de les isoler par les techniques habituelles de filtration, ce qui évite d'avoir recours à des séparations compliquées. La teneur en protéines de la biomasse dépend de la nature du produit de départ et du micro-organisme utilisé. Le procédé suivant l'invention convient en particulier à l'obtention d'une biomasse riche en protéine (par exemple au moins à 30% en poids de protéines). Les protéines résultantes contiennent de nombreux acides aminés, et leur valeur nutritive est plus élevée que celle des protéines de la plupart des légumes et céréales. Le procédé de l'invention permet l'obtention d'une biomasse utilisable dans l'alimen- tation humaine ou animale, par exemple pour des poissons, des animaux familiers, le bétail, ou comme fertilisant ou engrais. Les exemples qui suivent illustreront l'invention. EXEMPLE 1 L'effluent d'une usine de produits laitiers est traité par un procédé appliquant la présente invention, dans un appareil semblable à celui de la figure 3. Cet effluent contient par litre 2,5 g de solides (en appelant ainsi les constituants restant après évaporation de la phase liquide) formés par 65% de saccharose et 35% de substances solides venant du lait : lactose, protéines (y compris la caséine), sels et vitamines. L'effluent est traité dans un récipient comportant une chambre de traitement d'environ 1000 litres de capacité, d'allongémnt lO/l, avec 5 m de hauteur et 0,5 m de diamètre. La chambre de traitement contient une souche d'Aspergillus niger, capable de digérer le saccharose et au moins une partie du glucose.Pour que le micro-organisme ait suffisamment d'azote à sa disposition, on ajoute du nitrate dlammonium à raison de 0,2 gpl, ainsi que du phosphate neutre disodique à raison de 0,05 gpl. L'effluent passe dans la chambre de traitement à un taux de renouvellement de 0,17 à l'heure. Le contenu de la chambre est maintenu à température de 30 C. L'activité du micro-organisme dégage de la chaleur, et il n'est normalement pas nécessaire de chauffer pour maintenir la température d la valeur désirée. On fait passer de l'air dans le récipient à une vitesse gazeuse superficielle de 2 cm par seconde. Quand un état d'équilibre s'est établi, on constate que la concentration du micro-organisme est, dans la chambre, de 2,0 gpl (mesurée en poids sec), et un peu inférieure à 1,0 gpl dans l'effluent.Au moins 90% de la caséine sont retenus par le micro-organisme et sortent avec lui de la chambre. Le pH est descendu à 2,9. On ne stérilise pas l'effluent1 mais on constate dans la chambre la présence de quelques micro-organismes indésirables. Le microorganisme contenu dans le produit évacué est séparé sur un tamis vibrant, bien qu'on puisse aussi utiliser une centrifugeuse ou un tamis à vide. La concentration des solides dans le produit évacué est de 0,2 gpl. EXEMPLE 2 On effectue une série d'essais en suivant le procédé décrit à l'exemple 1, mais avec diverses concentrations en substances solides dans le produit de départ, et des taux variables de renouvellement. Le produit de départ contient dans tous les cas une solution de saccharose dans l'eau,avec les petites quantités habituelles de produits azotés et autres sels. Le produit de départ est stérilisé en autoclave. Les essais sont effectués dans une chambre de 10,5 litres de capacité. Les résultats sont traduits par les figures 4 et 5. Sur la figure 4, les taux de renouvellement (par heure) sont en abscisses et les concentrations du micro-organisme, en gpl, dans la chambre de traitement, en ordonnées, mesurées après atteinte de l'état d'équilibre. Les concentrations en saccharose du produit de départ sont exprimées par les symboles suivants 055,0 gpl e 27,5 gpl a 10,0 gpl 5,0 gpl 2 2,5 gpl A la concentration de 2,0 gpl, un état d'équilibre (état de régime) n'est pas atteint. Il est à noter que, dans les limites des erreurs d'expérience, la concentration en micro-organisme dans la chambre de traitement est indépendante de la teneur en saccharose du produit de départ. Par ailleurs, la concentration en micro-organisme dans la chambre de traitement diminue rapidement lorsque les taux de renouvellement augmentent. Sur la figure 5, les taux horaires de renouvellement sont de nouveau en abscisses, mais les ordonnées mesurent des productivités, définies par le poids (à sec) de micro-organisme dans le produit sortant de la chambre de traitement, par unité de volume de la chambre et unité de temps (grammes par litre et par heure). On peut noter que, pour un taux de renouvellement donné, la productivité augmente en même temps que la teneur en saccharose, jusqu'à une valeur maximale, indépendante de la teneur en saccharose. On notera aussi que la productivité maximale augmente en même temps que le taux de renouvellement. On déduit de ces résultats que, dans le traitement d'une quantité donnée de saccharose par unité de temps, on obtient souvent une productivité supérieure en augmentant la dilution du produit de départ et en augmentant le taux de renouvellement, de façon qu'il entre par unité de temps toujours la même quantité de saccharose dans la chambre. EXEMPLE 3 On effectue une série d'essais, analogues à ceux de l'exemple 2, avec la différence que la solution de saccharose, n'est pas stérilisée, et qu'on n'emploie qu'une solution à la concentration unique de 2,5 gpl. Les essais sont conduits à des taux de renouvellement semblables à ceux utilisés pour les essais de l'exemple 2, mais aussi à des taux très supérieurs. Les résultats sont traduits par les courbes des figures 6 et 7. Sur la figure 6, les abscisses représentent des taux de renouvellement horaires, et les ordonnées les concentrations du micro-organisme, en gpl, dans la chambre de traitement. Sur la figure 7, les abscisses indiquent de même des taux de renouvellement et les ordonnées des productivités, en grammes par litre et par heure. La partie gauche de la figure 6, jusqu'au point A, correspond au graphique de la figure 4, bien que les concentrations en micro-organisme pour différents taux de renouvellement ne soient pas les mêmes que celles de l'exemple 2, en raison de ce que la solution n'est pas stérilisée. Après le nivellement de la courbe, la concentration du micro-organisme continue à décroftre lorsque les taux de renouvellement augmentent. Au-dessus d'un taux de renouvellement horaire d'environ 1,5, la courbe recommence à baisser, et audessus d'un taux horaire d'environ 3,0, elle baisse plus rapidement, bien que régulièrement. La figure 7 traduit les valeurs correspondantes de la productivité. On peut voir que l'augmentation de productivité avec le taux de renouvellement se poursuit jusqu'à un taux de renouvellement d'environ 3,0, après quoi la productivité diminue. Au-dessus de ce taux de 3,0, l'entraînement commence à se produire, mais l'effet est beaucoup moins prononcé que dans le cas du procédé de la cuve agitée. On doit souligner que ces taux de renouvellement sont beaucoup plus élevés que ceux utilisés dans le procédé de la cuve agitée. EXEMPLE 4 Les résultats expérimentaux ci-après traduisent les variations de la concentration du-micro-organisme dans la cuve de traitement quand on fait varier la vitesse gazeuse superficielle. Le produit de départ est le même que celui de l'exemple 2, la teneur en saccharose étant de 27,5 gpl. Le produit de départ est introduit dans la cuve de 10,5 1, d'allongement 12/1 d'un appareil semblable à celui de la figure 3, avec un taux-de renouvellement de 0,088 par heure. La température est de 3O0C. Quand un état d'équilibre a été atteint, on mesure la concentra-tion du micro-organisme (A.niger) . On a les résultats suivants (poids à sec). V.g.s. en cm/sec. Concentrations en gpl 1 2,39 2 3,60 3 5,27 EXEMPLE 5 On traite par le procédé de l'invention l'effluent d'un moulin à huile de palme. Les noix de palme sont traitées pour en extraire l'huile. Les noix sont broyées en présence d'eau et le mélange résultant est distille la vapeur. Le distillat est un mélange d'huile de palme et d'une fraction aqueuse qui se séparent spontanément. On enlève l'huile et on réunit la fraction aqueuse au résidu de la distillation. Le mélange constitue l'effluent. Cet effluent, formé principalement de cellulose, de fibres et de sucre, était jusqu'à présent rejeté dans une rivière. L'effluent soumis aux essais contient par litre 8,38 g de solides totaux, dont 4,48 g de glucides. On lui ajoute du sulfate d'ammonium et du phosphate de sodium dihydrogéné, chacun en quantité égale au dixième du poids de glucides. L'effluent est traité dans un appareil comme celui de la figure 3, d'une capacité de 10,5 litres et d'un allongement 12/1. On injecte de l'air à une vitesse gazeuse superficielle de 2 cm/sec. La température de la chambre de traitement est maintenue à 300C. Avec un taux de renouvellement horaire de 0,10, un état d'équilibre étant atteint, le total des solides filtrables dans la chambre de traitement, compté à sec, est de 6,7 gpl, et celui du micro-organisme (A. niger), également compté à sec est de 5,79 gpl. Avec un taux de renouvellement horaire de 0,20, un état d'équilibre étant atteint, le total des solides filtrables est de 3,5 gpl et celui du micro-organisme de 2,93 gpl. REVENDICATIONS 1.- Procédé de traitement de matières organiques biodégradables dans lequel un courant de liquide contenant la matière passe de bas en haut dans une chambre de traitement verticale d'allongement non inférieur à 3/1, un micro-organisme floculantcapable de digérer au moins une partie de la matière organique biodégradable étant cultivé dans la chambre de traitement, et un gaz contenant de l'oxygène étant introduit dans la chambre pour permettre le développement du micro-organisme, ce procédé étant caractérisé en ce que le micro-organisme est essentiellement floculant dans toute l'étendue de la chambre, et en ce que le mélange formé par le liquide traité, le gaz et l'excédent de microorganisme est évacué par un orifice commun au sommet de la chambre. 2.- Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que le mélange est évacué au-sommet même de la chambre ou à son voisinage immédiat. 3.- Procédé suivant l'une des revendications 1 ou 2 caractérisé en ce que la chambre va en se rétrécissant dans sa partie supérieure. 4.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que la partie supérieure de la chambre est tronconique ou en forme de dôme. 5.- Procédé suivant l'une des revendications 3 et 4, caractérisé en ce que ledit orifice commun est placé au sommet de la partie supérieure de la chambre. 6.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que ledit orifice commun est un tube en forme d'U renversé. 7.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il est mis en oeuvre dans des conditions telles que si l'on augmentait progressivement le taux de renouvellement, la concentration du micro-organisme dans la chambre diminuerait rapidement. 8.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il est mis en oeuvre dans des conditions telles que, tous les autres facteurs restant constants, si llon augmentait la concentration en matériau biodégrada- ble dans le milieu liquide, un excédent de matériau biodégradable serait évacué avec le mélange résultant. 9.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précébentes, caractérisé en ce qu'une seule espèce de micro-organisme floculant est cultivée dans la chambre de traitement. 10.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le micro-organisme floculant est un champignon filamentaire. 11.- Procédé suivant la revendication 10, dans lequel le champignon est Aspergillus niger. 12.- Procédé suivant la revendication 10, dans lequel le champignon est Trichiderma viride, Sporotrichum thermopile, Penicillium roquefortii, Geotrichum candidum, Rhizopus spp.,Mucor spp. ou Fusarium spp. 13.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 9, dans lequel le micro-organisme est une levure floculante. 14.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le matériau biodégradable contenu dans le milieu liquide est un effluent d'une installation de traitement de produits alimentaires ou provient d'un tel effluent. 15.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le matériau biodégradable contenu dans le milieu liquide est un effluent d'une installation produisant de huile de palme ou provient d'un tel effluent. 16.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel le milieu liquide est de l'eau. 17.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le matériau biodégradable est en solution ou en suspension dans le milieu liquide. 18.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le milieu liquide contient également des substances azotées et des sels permettant au micro-organisme de se multiplier dans la chambre. 19.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que la chambre présente un allongement non inférieur à 5/1. 20.- Procédé suivant la revendication 19, caractérisé en ce que l'allongement de la chambre est compris entre 7/1 et 15/1. 21.- Procédé suivant la revendication 20, caractérisé-en ce que l'allongement de la chambre est compris entre 10/1 et 12/1. 22.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le gaz est un mélange contenant de l'oxygène et un autre gaz. 23.- Procédé suivant la revendication 22, dans lequel le gaz est de l'air. 24.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le gaz est introduit à la base de la chambre ou au voisinage de sa base. - 25.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le gaz est réparti dans le milieu liquide à l'état de fines bulles. 26.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le gaz est employé à un débit tel que la quantité d'oxygène dissoute dans le miLieu liquide est voisine de zéro. 27.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le gaz est l'air, et en ce que la vitesse gazeuse superficielle, c'est-à-dire le quotient du volume de gaz introduit par. unité de temps par la surface transversale de la chambre de traitement'est compris entre 1 et 10 cm/seconde. 28.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le matériau biodégradable contenu dans le milieu liquide est introduit dans la chambre à l'extrémité inférieure de celle-ci ou à son voisinage. 29.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en- ce que la quantité de matériau biodégradable dans le milieu liquide-eist comprise entre O,l~g et 20 grammes par litre 30.- Procédé suivant la revendication 29, dans lequel ladite quantité est comprise entre 0,5 et 20 grammes par litre. 31.- Procédé suivant la revendication 30, dans lequel ladite quantité est comprise entre 1 g et 10 g par litre; 32.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications 1 à 28, caractérisé en ce que la quantité de matériau biodégradable dans le milieu liquide est inférieure ou égale à 100 gpl. 33.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que la majeure partie du micro-organisme est sous forme floculante. 34.- Procédé suivant la revendication 33, caractérise en ce que 75t du micro-organisme est sous forme floculante. 35.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que la plus grande partie possible du micro-organisme est sous forme floculante. 36.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que la dimension des flocons du micro-organisme est principalement comprise entre 0,5 mm et 20 mm. 37.- Procédé suivant la revendication 36, dans lequel ladite dimension est principalement comprise entre 2 et 10 mm. 38.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le contenu de la chambre n'est pas agité par des moyens mécaniques. 39.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le mélange en retour du contenu de la chambre n'est pas contrarié par des cloisons ou chicanes ou des plaques perforées. 40.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le taux de renouvellement tel que défini est supérieur à 0,5 par heure. -41.- Procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il est exécuté dans un appareil semblable à celui décrit avec référence à la figure 3. 42.- Biomasse produite par un procédé suivant l'une quelconque des revendications précédentes, et son utilisation, notamment comme nourriture pour animaux, engrais ou produit d'amendement des sols.