L'invention se rapporte aux essieux pour véhicules roulant sur voies ferrées. La différence d'écartement que présentent les voies ferrées de pays limitrophes tels que la France et l'Espagne est un obstacle à la circulation des trains devant se rendre d'un pays dans l'autre. Deux méthodes sont actuellement utilisées pour surmonter cet obstacle. Elles permettent de modifier l'écar- tement des roues porteuses des wagons ou voitures de voyageurs, l'une sans changement, l'autre avec changement des organes de roulement, La première méthode, connue sous l'appellation de g'système Talgol, met en oeuvre une raern spéciale dont les organes de roulement sont conçus de manière que les roues passent progressivement d'un.écartement à l'autre en franchissant une zone évolutive interposée entre la voie à l'écartement français et la voie à l'écartement espagnol. De part et d'autre de cette zone évolutive, les voies courantes comportent des aménagements agissant sur des organes mécaniques de blocage des roues à un écartement donné afin d'en commander le déverrouillage, puis le reverrouillage une fois la variation deécartement effectuée. Dans la zone évolutive elle-mtme, des glissières continues contraignent les roues à suivre l'évolution de la largeur de la voie. Cette méthode a le grand mérite de ne pas exiger le changement des organes de roulement. Mais, pour éviter toute complication excessive à ceux-ci, on a dû réaliser chaque essieu sous la forme de deux demi-essieux séparés. A cause de cela, le système Talgo ne peut etre appliqué en France qu'à des véhicules légers frappés au surplus d'une limitation de vitesse. L'autre méthode consiste à changer les organes de roulement après avoir levé les wagons au moyen d'élévateurs encadrant une voie mixte. La SNCF utilise cette méthode en gare d'Hendaye pour les voitures de voyageurs, par substi- tution de leurs boogies. La société Transportes ferroviaros especiales SA, dite Transfesa, la pratique également pour son pare de wagons de marchandises dans as installations de Cerbère et d'Hendaye, mais en n'intervenant qu'au niveau des essieux. Cette méthode présente l'inconvénient d'exiger des installations de très grande emprise au sol pour stocker soit les boogies, soit les essieux correspondant à l'un et l'autre écartement; en outre, la manutention de tels organes implique de plus en plus d'équipements mécanisés ainsi qu'un personnel toujours plus nombreux pour répondre aux exigences de l'évolution du trafic. Dans ces conditions, on comprend que la méthode idéale est certainement une méthode qui mettrait en oeuvre des organes de roulement pouvant s'adapter indifféremment aux deux écartements des réseaux ferroviaires voisins, les deux roues d'un même essieu étant toujours, conformément aux normes de sécurité en usage en France, intimement solidaires d'un corps d'essieu monolithique. L'invention a donc pour objet de proposer-un essieu dit "à écartement variable" qui, bien que de struc- ture simple et légère, réponde rigoureusement aux critères de sécurité et de fiabilité imposés et puisse 8tre utilisé aussi bien sur wagons de marchandises que sur voitures de voyageurs, et même sur engins moteurs, sans limitation particulière de charge ni de vitesse. A cet effet, l'invention concerne un essieu pour véhicule ferroviaire à écartement variable, portant une paire de roues déplaçables entre deux positions verrouil- lées, respectivement d'écartement normal et de grand écartement. Selon l'invention, cet essieu est monolithique o et comporte, à chaque extrémité, deux portées coniques dont l'ensemble a la forme d'un diabolo, et chaque roue peut se déplacer sous l'action d'un vérin qui soit la repousse vers l'extérieur (par rapport au centre de l'essieu) et la maintient constamment dans sa position de grand écartement o une première portée conique interne de moyeu qu'elle comporte, conjuguée de la portée conique extérieure de l'essieu, vient s'appliquer et s'appuyer fermement contre cette portée conique, soit la tire vers l'intérieur et la mabtient constamment dans sa position d'écartement normal o une deuxième portée conique interne de moyeu que la roue comporte, conjuguée de la portée conique intérieure de l'essieu, vient s'appliquer et s'appuyer fermement contre cette portée conique. De préférence, le vérin est un vérin à autoblocage qui assure le verrouillage des roues dans leur deux positions d'écartement différent. Pour bien comprendre les avantages qu'apporte l'essieu selon l'invention par rapport aux essieux à écartement variable connus, il convient d'abord de se rappebr la structure dtun essieu monté classique. Les deux roues sont emmanchées et calées à la presse sur deux portées cylindriques usinées à cet effet aux extrémités de l'essieu. Ce calage à la presse solidarise intimement les roues sur l'essieu, de sorte que la contrainte de pression existant entre chaque roue et l'essieu est suffisante pour s 'oppcser simultanément aux efforts de trois types dont la roue est le siège: 1; Les efforts dynamiques transversaux qui, dans leurs limites normales, de doivent en aucune mesure entraîner un glissement axial de la roue sur l'essieu, qui aurait pour conséquence de modifier l'écartement des roues. Les efforts dynamiques verticaux de matage des portées, occasionnés par les accélérations verticales imprimées au4nasses suspendues du fait du passage sur-les joints de raccordement des rails ou de l'existenee d'irré- gularités sur la voie ou sur le cercle de roulement du bandage des roues. 3 Les efforts de glissement de torsion entre l'alésage des roues et les portées de l'essieu, liés aux couples de freinage appliqués au cercle de roulement des- roues par les sabots de frein ou aux couples de traction dans le cas d'un engin moteur. L'essieu objet de la présente invention répond à la triple condition de résister aux efforts que l'on vient de définir, en raison de sa structure particulière permet- tant, pour chaque écartement, un blocage des roues par coopération de portées coniques conjuguées appartenant aux roues et à l'essieu, l'effort de blocage appliqué axiale- ment sur les roues pour presser l'une contre l'autre lesdites portées coniques étant maintenu constamment, de préférence grâce à l'usage d'un vérin à auto-blocage. On sait qu'un vérin à auto-blocage, dit "auto- lock", est un vérin hydraulique doté sur sa tige d'une frette alésée à un diamètre inférieur à celui de la tige, le mouvement de coulissement de la tige n'étant rendu possible qu'après application d'une pression hydraulique dilatant suffisamment la frette. Au repos, la frette enserre ferme- ment la tige du vérin et l'immobilise dans la position qu'elle avait prise. Ainsi, dans la forme d'exécution préférée o l'on utilise un vérin à autoblocage, celui-ci réalise, en l'absence de pression hydraulique appliquée à la frette, un a mblage entre roue et essieu de même nature que celui qui existe dans un essieu traditionnel. Les efforts transversaux sont alors repris - dans un sens - directement par les portées coniques et - dans l'autre sens - par le vérin autobloqué, lequel est d'ailleurs capable de reprendre les efforts indiffé- remment dans l'un et l'autre sens. La contrainte de blocage de l'assemblage conique élimine tout jeu entre chaque roue et l'essieu, de sorte que les efforts dynamiques verticaux ne risquent pas d'engendrer des phénomènes de matage nuisibles à l'efficacité de l'assemblage. Enfin, pour les mêmes raisons découlant du blo- cage des-roues sur l'essieu, les efforts de torsion sont repris exactement comme dans le cas des roues montées sur un essieu traditionnel. On doit remarquer en outre que, du fait du main- tien positif des roues par les portées coniques, l'indéter- mination du mode de calage traditionnel sur portées cylin- _5 driques, qui oblige à surdimensionner la liaison roue- essieu, est levée. En conséquence, un essieu selon l'inventin peut être calculé pour un effort n'excédant pas sensible- ment la valeur limite des efforts transversaux quela voie 247190O peut supporter. De préférence, le vérin précité commande les mou- vements d'écartement et de rapprochement des roues par l'intermédiaire d'une paire de bras articulés démultipli- cateurs de déplacement dont chacun est couplé à la roue correspondante par un pivot et un roulement calé sur le moyeu de la roue. Les forces de blocage du vérin sont ainsi multipliées au niveau des roues. Le fait que les census de poussée sur les portées coniques soient sensiblement confondus avec le centre d'application de l'effort de roulement sur une roue conduit à prévoir des portées coniques d'étendue assez grande sui- vant l'axe de l'essieu. Pour augmenter cette étendue en tenant compte des impératifs pratiques de construction, il convient de prévoir un chevauchement des portées corÈques des roues. A cet effet, selon l'invention, les deux portées coniques de chaque roue sont complémentairement discontinues et s'interpénêtrent, les deux portées de chaque extrémité de l'essieu étant de même diséontin' afin de permettre encore les déplacements axiaux des roues. De préférence, les deux portées coniques de chaque roue sginterpénètrent totalement. Quant auL deusx portées coniques de chacune des extrémités de l'essieu, elles peuvent s'interpénétrer. mais seulment partiellement. - Les interpénétrations prévues sont rendues possibles dans une forme d'exécution préférée de l'inven- tion o les paires de portées coniques que comportent les roues et l'essieu sont constituées chacune par une couronne de patins individuels de Rrme identique, disposés parallè- lement à l'axe de l'essieu, périphériquement c8te à côte et alternativement dans un sens et dans l'autre de manière que l'ensemble des surfaces d'appui obliques qu'offrent les patins d'un même sens forment la surface conique de l'une des portées (correspondant à l'un des écartements), les surfaces obliques des autres patins formant ensemble la surface conique de l'autre portée (correspondant à l'autre écartement). De préférence, les patins constituant les por- tées coniques de chaque roue ont la forme d'un coin et sont *- v: 2471903 logés dans un alésage central de la roue, entre des ner- vures de calage circonférentiel, des moyens de calage axial étant en outre prévus. Pour leur part, il convient que les patins constituant les portées coniques de l'essieu aient la forme d'un coin prolongé à son extrémité la moins éisse Er uneextension d'épaisseur constante sensiblement égale à l'épaisseur minimale de la partie en forme de coin, et que ces patins soient disposés autour d'une portée cylindrique prévue à chaque extrémité de l'essieu et logés entre des lO cannelures de calage circonférentiel, des moyens de calage axial étant en outre prévus. Pour assurer aux roues un guidage au cours de leurs changements de position sur l'essieu, il convient que chacun desdits patins de roue comporte une gorge creusée parallèlement à l'axe de l'essieu, dans laquelle est logé et immobilisé un barreau de même longueur que le patin, et que ce barreau coulisse par sa partie émergeant de la gorge dudit patin dans une gorge conjuguée pratiquée en regard dans le patin d'essieu correspondant, sur toute sa longueur. On notera que ces barreaux de guidage en coulissement sont en outre eux-m9mes de nature à-s'opposer à tout glissement de torsion, c'est-à-dire en rotation, des roues par rapport à l'essieu. La description qui va suivre en regard des dessins annexés à titre d'exemples non limitatifs, permettra de bien comprendre comment l'invention peut être mise en.: pratique. Les figures 1 à 5 illustrent schématiquement le principe mis en oeuvre dans un essieu à écartement variable selon l'invention. Les figures 6 et 7 représentent respectivement un cfté et le dessus d'un wagon équipé d'essieux montés selon l'invention. La figure 8 représente,.à la manière de la figure 7 mais à plus grande échelle, un essieu monté selon l'invention. - La figure 9 représente une coupe suivant la ligne IX-IX de l'objet de la figure 8. 2471903' 7 - La figure 10 représente une moitié d'essieu monté en coupe axiale suivant la ligne X-X de la figure 12. Les figures.11 et 12 représentent des coupes de l'objet de la figure 10 respectivement suivant les lignes XI-XI et XII-XII. Les figures 13 et 14 représentent en perspec- tive une partie des port,ées coniques'-d'essieu et de roue composées de patins individuels. On voit sur la figure 1, représentés très schématiquement, un essieu 1, constitué par un arbre monolithique, et sa paire de roues 3;-Celles-el peuvent être déplacées au moyen d'un vérin 7 suivant l'axe de l'essieu 1 entre une position Fo elles sont -à l.'écarte- - ment français et une position E oẻllssnt 'à'l'écartement es- pagnol (plus grand que l'écartement français). ' L'essieu 1 comporte à chaque extrémité une double portée conique 4, 5, en forme de diabolo, tandis que chaque roue comporte une double portée conique 4', 5' conjuguée. Ces portées sont conçues de-telle manière que, à l'êcartement français, la première portée 4' de chaque roue 3 coopère avec la.portée intérieure 4 de l'essieu, c'est-à-dire la portée-la plus proche du milieu de l'arbre 1, contre laquelle elle est pressée par le vérin 7, et que, à l'écartement espagnol, la deuxième portée 5' de chaque roue 3, 'qui s'est déplacée d'une quantité d vers l'extérieur sous l'action'du vérin 7,coopère avec -la portée extérieure de l'essieu, contre laquelle elle estpressée par le vérin 7. ' Afin d'élargir l'asise de chaque roue 3 sur l'une ou l'autre portée de la double portée 4, 5 correspondante- de l'essieu, les portées 4' et 5' de la roue au lieu d'être * continues, peuvent être fractionnées en éléments distincts juxtaposés côte à c'tê'ettete boche (figures2 et 3, cette dernière montrant partiellement, ainsi que la figure 5, le développement des'portées d'essieu et de roue, la roue - étant en position E), savoir en des éléments 4'a, 4'b, etc, orientés pour coopérer avec la portée intérieure 4 de l'essieu, en position F, 'et séparés par des éléments- 2471903' 'a, 5'b, etc, semblables mais orientés en sens inverse pour coopérer avec la portée extérieure 5 de l'essieu, en po- sition E. L'étendue des portées 4' et 5' de chaque roue 2 suivant la direction axiale de l'arbre 1 peut alors être accrue et devenir -égale à. l'étendue des portées correspon- dantes 4 et-5 de l'essieu, ces dernières. devant évidemment présenter alors, pour permettre les déplacements de la roue, une structure analogue à celle des portées 4', 5' de la roue, c'està-dire être composées respectivement d'éléments 5a, 5b, eto et d'éléments 4a, 4b etc séparés par des intervalles équivalents, les éléments d'une portée 4 ou 5 étant placés dans l'alignement des intervalles entre éléments de l'autre portée 5 ou 4, comme cela est visible sur -la figure 3. ' Il est possible, comme le montrent les figures 4 et 5, d'augmenter encore l!étendue axiale des surfaces coopérantes des portées 4, 5 et 4', 5' en accroissant l'étendue axiale des portées 4, 5 de l'essieu et en faisant s'interpénétrer leurs éléments 4a, b-...> 5a, b... à la manière des éléments de portées coniques de la roue, mais bien entendu partiellement seulement, sur une-longueure. C'est sous cette dernière forme qu'est réalisé l'éxemple d'exécution de l'invention qui va maintenant être décrit Les figures 6--et-7 montrent tout d'abord - l'organisation générale d'essieux selon l'invention équipant- un wagon 20. Chacun des deux essieux de ce wagon est monté sous le châssis 21 de celui-ci par l'intermédiaire de bottes d'essieux 2 classiques, dont les organes de suspen- sion au châssis 21 n'ont pas été représentés. Le vérin 7 de chaque essieu, disposé parallèlement à l'arbre 1 de cu-cL, est articulé par l'extrémité de sa tige et le fond de son carter aux extrémités d'une paire de bras 8 donles autres extrémités sont reliées par une barre articulée 10 suspendue en son milieu au châssis 21 par une jambe anti-couple 11. Le vérin 7, la barre 10 et les-bras 8 forment un trapèze symétrique par rapport au plan de symétrie de l'essieu et du châssis du wagon. Chacun des bras 8 est articulé, à peu près en son milieu, au moyeu de la roue 3 correspondante par l'intermédiaire d'un roulement à rouleauxl3. Les deux chambres d'alimentation d vérins 7, à double effet, sont reliées par des conduites 22, 24 à des prises de raccordement rapide 25, 38 situées en façade du châssis du wagon. La frette gonflabie-26 de chaque vérin 7, du type à auto-blocage, est reliée de même par une conduite 27 à des prises de raccordement 28. Par actionnemert des vérins 7, il est possible de modifier l'écartement des roues 3 qui viennent se bloquer sur les portées coniques soit intérieures, soit extérieures des essieux 1. La figure 8 montre plus en détail la constitu- tion d'un essieu à écartement variable selon l'invention. On reconnaît sur cette figure l'arbre 1 et les bottes 2 d'essieu, les roues 3 (en écartement français), les portées coniques 4, 5 de l'arbre 1, les roulements à-rouleaux 153 les bras 8, le vérin 7, son manchon de frette "auto-lock" 26 et enfin la barre 10 et sa jambe de soutien il. Comme on peut le voir sur la figure 9, les bras 8 comportent deux branches 8a,8b pMnt de part et d'autre des roulements à rouleaux 13 et sont couplés à la cage externe 13a desdits roulements par des articulations à pivots vertieaux 9. D'autre part, chaque roulement 13 est ealé sur une jupe de moyeu 3a qu'offre la roue 3 correspondante. On voit également sur la figure 9,à chaque extrémité du bras 8 représenté, une articulation d'axe vertical couplant ce bras respecti- vement au vérin 7 par l'intermédiaire d'une chape 7a et à la barre 10. La figure 10 explicite la structure des portées coniques de l'une des roues 3 d'un essieu et de l'extrémité correspondante de l'arbre 1 de celui-ci. Sur cet arbre est usinée une portée cylindrique 29, semblable à celles des essieux classiques destinées à-recevoir les roues par emmanchement à frce. Cette portée cylindrique est toutefois - ici cannelée (figurE 11 et 12) et comporte seize cannelures séparées par seize gorges dans lesquelles prennent place les éléments ou patins 4a à 4h, 5a à 5h de la double portée conique 4, 5 mentionnée précédemment. La base des- dits patins présente une forme conjuguée de la forme des 2471903 - gorges de la portée cylindrique 29; la forme choisie dans le présent exemple correspond à une section droite en V. Ces patins sont ainsi calés angulairement. Ils sont calés longitudinalement par des talons 30, 31 qu'ils possèdent à leurs extrémités; les talons 30 prennent appui contre la bordure extérieure 41 de la portée cylindrique 29 et s'engagent sous une bague de serrage 39; les talons 31 sont tenus-par une autre bague 32 fixée autour de ladite portée, à son autre extrémité. Les patins 4'a à 4'h, 5'a à 5th de la roue 3 sont montés en couronne à l'intérieur d'un alésage de moyeu 33 pratiqué au centre de la roue. Toutefois, dans la région médiane de cet alésage sont laissées des nervures 34 servant d'entretoises d'écartement auxdits patins etassurant le calage angulaire de ceux-ci. D'autre part, le fond 35 de la gorge apparaissant entre ces nervures 34 est légèrement réhaussé; les patins de roue - présentent à leur base une forme complémentaire grace à une partie fraisée 36, de sorte qu'ils se troufvent calés longitudinalement dans les deux sens par de petites marches 40 (figure 14). Les patins de l'essieu 1 ont la forme représen- tée à la figure 13. Ils comportent chacun une partie 14 ou en forme de coin, l'ensemble des parties 14 constituant la portée conique 4 et l'ensemble des parties 15 la portée conique 5, et une partie 114 ou 115 dont l'épaisseur et ' sensiblement égale ou un peu inférieure à celle de l'extré- mité la moins épaisse de la partie 14 ou 15 attenante. Les parties 14, 114 et 15, 115 des patins juxtaposés successifs se présentent tête b8che, les parties inclinées 14, 15 se 3 o chevauchant sur la longueur e déjà mentionnée. Les patins de oue 4'a à 4'ih 5'a à 5'h sont tous identiques. Ils sont montés tête btche dans l'alésage central 33 de la roue (figure 14), de manière que les portées coniques 4' formée par les faces obliques 44' des pa- tins 4'a à 4'h et5' formée par les faces obliques 45' des patins 5'a à 5'h s'interpénètrent complètement. Bien entendu, la pente desdites faces d'appui obliques 44', 45' de ces patins est rigoureusement identique à celle des faces 2471 903 il d'appui conjuguées 14, 15 des patins d'essieu. Pour réaliser industriellement les patins individuels composant les diverses portées coniques de roue et d'essieu, on pourra procéder par division d'un cylindre creux dont la paroi externe (pour les patins d'essieu) ou la paroi interne (pour les patins de roue) aura préalablement été tournée suivant la conicité requise pour les portées (de l'ordre de 10%) et dont l'autre paroi interne ou externe est usinée au profil cannelé des portées cylindriques 29 deessieu ou de l'alésage central des roues. Ce mode opératoire- garantit avec une précision optimale la concentricité des patins de chaque portée conique, indispensable à la.fiabilité de l'assemblage par portées coniques.. Chacun des patins de roues et d'essieu comporte une cavité longitudinale 23 de section ronde, -siouvrant sur les faces en regard des- patins et formant- des demi-logements- pour des barreaux 6 qui y sont insérés et qui sont retenus et immobilisés dans les patins de roue, dont ils ont la longueur, par des clavettes 12. Le déplacement de chaque roue 3 entre ses positions E êt F s'effectue ainsi par glissement de translation des barreaux6 dans les demi- logements des patins d'essieu. La puissance-de blocage -des vérins 7 à frett.e "auto-lock" est déterminée en fonction des seuls ef0oits À transversaux tendant-à faire varier l'écartement des roues, eux-mêmes définis directement -- l'indétermination de calage des roues d'essieux classiques ayant-disparu grace à la présence des portées coniques - par la- valeur limite des efforts transversaux que la voie peut supporter, ainsi qu'on l'a déjà expliqué. En France, cette valeur limite est d'environ 8 tonnes. En négligeant tout frottment de contact, la puissance de blocage peut théoriquement, dans-ces conditions et compte tenu de la démultiplication des bras articulés 8, Otre fixée à 4 tonnes. Le7 choix d'une puissance de blocage de 10 tonnes offrirait donc un large coefficient de sécurité. Comme rien ne s'oppose à lamise en oeuvre d'un "auto-lock" encore plus puissant, il est clair qu'un essieu selon. l'invention-peut offrir un coeffi- cient de sécurité au moins égal à celui d'un essieu monué traditionnel. On parvient ainsi aisément à un- essieu à écartement variable de charge nominale égale à 20 ou 22 tonnes pour une vitesse de circulation supérieure à 'km/h, qui est interchangeable sans difficulté avec un essieu classique. Pour effectuer les changements d'écartement d'un train dont les wagons sont équipés d'essieux selon l'inven- tion, on peut imaginer, par exemple à la frontière franco- espagnole, une voie mixte comportant une file à écartement français et une file à écartement espagnol, cette voie étant bordée, de part et d'autre, d'élévateurs avec commande mécanisé -de sortie ou d'effacement de bras de levage. Un wagon étant immobilisé, un opérateur commande l'engage- ment des bras de levage sous la caisse du wagon,-puis l'élé- vation de ce dernier, d'une dizaine de centimètres seulement, pour dégager le boudin des roues compte tenu de la détente des suspensions. Il lui suffit alors de raccorder les circuits d'alimentation du vérin et de sa frette d'auto- blocage au moyen des prises d'accouplement rapide 25, 28 et 39 à autoobturation (figure 7) à un groupe générateur avec organes de distribution, installé-au sol.-Avec un groupe'de quelques kilowatts, les opérations peuvent alors se dérouler très rapidement, suivant les temps approximatifs ci-après - une à deux secondes pour la mise en pression des fret s d'auto-blocage 26 en vue de libérer la tige des vérins 7; - - une dizaine de secondes pour que la tige des vérins effectuent sa course totale (égale au double de la diffé- renee des écartements français et espagnol, soit 468 mm); - un temps négligeable pour le blocage des frettes 26; - une à deux secondes pour la décompression des vérins 7; - dix à quinze secondes pour la déconnexion des trois - raccords rapides 25, 28, 38. En vue d'une' sécurité parfaite, on peut prévoir, de part et d'autre des rails, des capteurs électriques ! 247-1903 pour constater que le positionnement des roues est correct et donner le feu vert à l'évacuation du.wagon. En ce qui concerne les applications pratiques des essieux selon l'invention, il y a lieu-de distinguer le cas des wagons de marchandises dupcas des voitures de voyageurs. Les wagons de marchandises représentant un parc très important et très diversifié, leur équipement doit 8tre le plus simple et le plus léger possible. Il est donc souhaitable.que, dans ce cas, l'équipement néces- saire au fonctionnement des essieux - centrale hydraulique et organes de commande - soit placé au sol, avec les ins- tallations fixes, conformément à l'exposé précédent sur la mise en oeuvre des essieux selon l'invention. Dans le cas des voitures de voyageurs, compte tenu de leur plus petit nombre et de leur prix beaucoup plus élevé, il est préférable au contraire que l'équipe- ment générateur soit placé à bord, afin de permettre une automatisation complète des opérations de changement - d'écartement. REVENDICATIONS 1.- Essieu pour véhicule ferroviaire à écarte- ment variable, portant une paire de roues déplaçables entre deux positions verrouillées, respectivement d'écartement normal et de grand écartement, caractérisé par le fait qu'il est monolithique et comporte, à chaque extrémité, deux portées coniques dont l'ensemble.a la forme d'un diabolo, et que chaque roue peut se déplacer sous l'action d'un vérin qui, soit la repousse vers l'exiieur et la maintient constamment dans sa position de grand écartement o une première portée conique interne i';r de moyeu qu'elle comporte, conjuguée de la portée conique extérieure de l'essieu, vient s'appliquer et s'appuyer fermement contre cette portée conique, soit la tire vers tl'intérieur et la maintient constamment-dans sa position d'écartement normal o une deuxième portée conique interne de moyeu que la roue comporte, conjuguée de la portée *;,.conique intérieure de l'essieu, vient s'appliquer et s'appuyer fermement contre cette patée conique. 2.- Essieu selon la revendication 1, caractérisé par le fait que le vérin est un vérin à auto-blocage qui . assure le verrouillage des roues dans eurs deux positions. 3.- Essieu selon la revendication 1 ou 2, carac- térisé par le fait que le vérin commande les mouvements d'écartement et de rapprochement des roues par lVintermé- *. diaire d'une paire de bras articulés démultiplicateurs de déplacement dont chacun est couplé à la roue corres- pondante par un pivot et un roulement calé sur le moyeu de la roue. -30 4.- Essieu selon l'une quelconque des revendica- tions 1 à 3, caractérisé par le.fait que les deux portées coniques de chaque roue sont complémentairement discon- tinues et s'-interpénètrent, les deux portées de chaque :. ' extrémité de l'essieu étant de même discontinues. 5.- Essieu selon la revendication 4, caractérisé par le fait que les deux portées coniques de chaque roue s'interpénètrent totalement. 6.- Essieu selon la reverfLcation 4 ou 5, caractéisé i24719,03 par le fait que les deux portées coniques de chacune- de ses extrémités s'interpénètrent partiellement. 7.- Essieu selon l'une quelconque des revendica- tions 4 à 6, caractérisé par le fait que les portées coniques sont constituées chacune par une couronne de patins individuels de forme identique, disposés-parallè- lement à l'axe de-l'essieu, périphériquement cete-à cote et alternativement dans un sens et dans l'autre de- manière que l'ensemble des surfaces d'appui obliques que comportent les patins d'un même sens forment la surface conique de l'une des portées, les surfaces obliques des autres patins formant ensemble la surface conique de l'autre portée.. - 8.- Essieu selon la revendication 7, caractérisé par le fait que les patins constituant.les portées coni- ques de chaque roue ont la forme d'un coin et sont logés- dans un alésage central de la roue, entre des nervues de calage circonférentiel, des moyens de calage axial- - étant en outre-prévus. 9.- Essieu selon la revendication 7 ou 8, caract- térisé par le iit que les patins constituant les portées coniques de l'essieu ont la forme d'un coin pnlongé à son extrémité la moins épaisse par une extension d'épais- seur constante sensiblement égale à l'épaisseur minimale de la partie en forme de coin, et que ces patins sont disposés autour d'une-portée cylindrique' prévue. à chaque extrémité de l'essieu et logés entre des cannelures de calage circonférentiel, des moyens de calage axial étant en outre prévus. 10.- Essieu selon l'une quelconque des revendi- cations 7 à 9, caractérisé par le fait que chaque patin de roue comporte une gorge creusée parallèlement à l'axe de l'essieu, dans laquelle est logé et immobilisé un barreau de même longueur que le patin, et que ce barreau coulisse par sa partie émergeant-de la gorge dudit patin dans une gorge conjuguée pratiquee en regard dans le patin d'essieu correspondant, sur toute sa longueur, de manière à guider la roue dans ses changements de position.