L'invention est relative aux baies vitrées de véhicules (ferroviaires, routiers, fluviaux, maritimes ...) qui sont normalement fermées et sont susceptibles de constituer, en cas d' cident, des issues de secours. Dans son brevet France 75 16157 du 23 mai 1975, la demanderesse a déjà proposé de constituer de telles baies de façon qu'elles soient facilement éjectables vers l'extérieur du véhicule moyennant une manoeuvre simple effectuée depuis l'intérieur de ce véhicule par un voyageur, en vue de permettre la sortie de ce dernier hors dudit véhicule à travers l'ouverture ainsi dégagée après un accident se traduisant par le blocage des issues normales. La présente invention propose une construction permettant, dans le même but que précédemment, I'éjection, ou plus précisément le démontage, d'une baie du genre ci-dessus vers l'intérieur du véhicule moyennant encore une manoeuvre particulièrement simple d'un voyageur présent dans ce véhicule. Les baies en question, perfectionnées par l'invention, comprennent encore, d'une façon connue en soi, un panneau vitré limité extérieurement par un cadre rigide, un dormant rigide ou précadre fixé sur la caisse du véhicule, un joint d'étanchéité interposé entre cadre et précadre, et des moyens pour appliquer horizontalement le cadre contre le précadre en serrant le joint entre eux. Ces baies selon l'invention sont essentiellement caractéririsées en ce que lesdits moyens d'application comprennent - supérieurement, des portées prévues sur le tronçon supérieur du précadre et permettant d'appliquer contre ce tronçon le tronçon supérieur du cadre sans accrochage vertical mutuel de ces deux tronçons, - et inférieurement, d'une part au moins un pène propre à coulisser verticalement, à l'encontre d'un ressort de rappel, dans une gâche évidée dans le tronçon inférieur du précadre, ledit pène présentant sa face oblique active vers l'intérieur du véhicule, et d'autre part au moins un poussoir reposant sur ledit pène et terminant l'un des deux bras d'un levier coudé monté pivotant sur le tronçon inférieur du cadre autour d'un axe horizontal parallèle à ce tronçon, le second bras dudit levier s'étendant vers le bas, vers l'intérieur du véhicule et étant terminé par une poignée de manoeuvre. Dans des modes de réalisation préférés, on a recours en outre à l'une et/ou à l'autre des dispositions suivantes - les portées ci-dessus sont des rampes obliques délimitant vers l'intérieur du véhicule des gorges en V ouvertes vers le bas et propres à recevoir une lèvre verticale du tronçon supérieur du cadre, - le tronçon inférieur du cadre comprend une chape ouverte vers le bas propre à chevaucher le pivot du levier et ce pivot, ou un bossage arrondi prolongeant inférieurement celui-ci, repose sur le tronçon inférieur du précadre, - le pivot du levier s'étend axialement le long de la plus grande partie du tronçon inférieur du cadre, l'extrémité du premier bras de ce levier comprend une pluralité de poussoirs propres à coopérer avec autant de pènes répartis le long du tronçon inférieur du précadre, et l'extrémité de l'autre bras de ce levier comprend une poignée centrale unique s'étendant parallèlement à l'axe de pivotement, - la poignée de manoeuvre est disposée dans un bottier à couvercle transparent protégé vis-à-vis des ouvertures intempestives, - des moyens de sécurité sont prévus pour interdire l'actionnement de la poignée tant que la vitesse du véhicule dépasse un seuil prédéterminé L'invention comprend, mises à part ces dispositions principales, certaines autres dispositions qui s'utilisent de préférence en même temps et dont il sera plus explicitement question ciaprès. Dans ce qui suit, lton va décrire un mode de réalisation préféré de l'invention en se référant au dessin ci-annexé d'une manière bien entendu non limitative. La figure 1, de ce dessin, montre en coupe verticale schématique une baie de véhicule établie selon l'invention. La figure 2 montre schématiquement cette baie vue de face. La figure 3 montre schématiquement en plan le levier de manoeuvre compris par une telle baie. La baie considérée, qui fait de préférence partie d'une voiture de chemin de fer, comprend - un panneau vitré composé de glaces 1 enchâssées dans un cadre rigide 2, généralement de forme rectangulaire à angles arrondis, ledit cadre étant constitué de profilés prolongés extérieurement, du côté de l'extérieur E du véhicule, par une lèvre périphérique verticale 3, - un bâti dormant.4 - qu'on appelle "précadre" dans le présent texte - rapporté sur la caisse du véhicule et prolongé intérieurement, du côté de l'extérieur E du véhicule, par une lèvre périphérique verticale 5, - et un joint d'étanchéité 6 disposé horizontalement entre les deux lèvres 3 et 5, ce joint étant supposé, sur le dessin, rapporté sur la seconde lèvre 5. Pour appliquer horizontalement de l'intérieur I du véhicule vers l'extérieur E le cadre contre le précadre, on prévoit deux sortes de moyens respectivement au sommet et à la base de la baie. Les moyens supérieurs comprennent essentiellement une rampe oblique 7 faisant partie du précadre 4 ou de taquets isolés rapportés sur celui-ci, ladite rampe délimitant latéralement, du côté de l'intérieur du véhicule, une gorge rectiligne 8 ouverte vers le bas selon un V à angle aigu, l'autre côté de cette gorge étant formé par la lèvre 5. Cette rampe oblique s'étend donc vers le bas vers l'intérieur du véhicule, et sert de guide au tronçon supérieur de la lèvre 3 du cadre, qu'elle chevauche. On comprend facilement que le glissement de cette lèvre contre cette rampe lors d'une légère élévation du panneau après introduction de ladite lèvre dans la gorge 8, se traduise par une application horizontale de cette lèvre contre la lèvre 5 avec écrasement du joint 6~interposé entre elles. Les moyens inférieurs comprennent essentiellement des pè- nes 9 et un levier coudé 10 de manoeuvre. Les pènes 9 sont montés jointivement coulissants dans des gâches cylindriques 11 de directrice verticale et de section transversale généralement rectangulaire. Ils sont repoussés vers l'extérieur de leurs gâches par des ressorts 12, généralement hélicordaux de compression. Ils sont orientés de façon à présenter leur face oblique en direction de l'intérieur I du véhicule et l'emplacement de leurs gâches Il est tel que les faces verticales des pènes tournées vers l'extérieur E du véhicule soient écartées horizontalement de la facesen regard de la lèvre 5 d'une distance légèrement inférieure à la somme des épaisseurs horizontales de la lèvre 3 et du joint 6: de la sorte lorsque les pènes 9 font saillie en dehors de leurs gâches 11, ils appliquent le tronçon inférieur de la lèvre 3 contre le tronçon inférieur de la lèvre 5 en écrasant le tronçon de joint 6 interposé entre eux. Le levier coudé 10 comprend - un pivot 13 d'axe horizontal XX s'étendant parallèlement à la base de la baie, - un premier bras 14 sensiblement horizontal s'étendant à partir du pivot vers l'extérieur E du véhicule et terminé par un poussoir 15 reposant sur chaque pène 9, - et un second bras 16 s'étendant à partir du pivot vers le bas et vers l'intérieur I du véhicule, terminé par une poignée de manoeuvre 1 7. Ce levier 10 est agencé et monté de façon telle qu'une traction ascendante sur la poignée 1 7 dans le sens de la flèche F se traduise par un enfoncement des pènes 9 dans leurs gâches 11 suffisant pour que la base du panneau vitré puisse être libérée et déplacée vers l'intérieur I du véhicule. Dans le mode de réalisation préféré illustré, - le pivot 13 est chevauché par une chape 18, ouverte vers le bas, prévue sur le tronçon inférieur du cadre 2, - et ce pivot 13 est prolongé inférieurement par un bossage arrondi 19 centré sur l'axe X et reposant directement sur le tron çon inférieur du précadre 4. Cette disposition permet de séparer très facilement la poignée 17 du cadre 2, ce qui présente certains avantages comme il sera exposé plus loin. Le même effet de séparation pourrait être obtenu en faisant reposer directement le pivot 13 sur le précadre 4, si son diamètre est suffisant, ou en le faisant reposer sur ce précadre par l'intermédiaire decGes ou sabots les à agoe 3ors de l"'éjection" du panneau, par exemple à l'aide des poussoirs 15 présentant à cet effet des redans d'accrochage. Comme indiqué plus haut, la rampe oblique 7 peut courir tout le long du bord supérieur de la baie ou être au contraire constituée par un certain nombre de segments interrompus formant des taquets de maintien indépendants (fig.2). De même on pourrait prévoir que le pène 9 soit unique, monobloc et s'étende sur une assez grande distance le long de la base de la baie, la gâche 11 étant alors constituée par une gorge d'un profilé constitutif du tronçon inférieur du précadre. Mais on préfère prévoir une pluralité de tels pènes isolés les uns des autres et logés respectivement dans des gâches distinctes. Ces différents pènes pourraient être actionnés à partir d'un poussoir 15 unique , mais on préfère les actionner par des poussoirs en nombre identique à celui des pènes, ces poussoirs faisant de préférence tous partie d'un seul et même levier 10 dont le pivot 13 s'étend de préférence le long de la plus grande partie de la base de la baie (fat.3). On pourrait prévoir également que la poignée 17 soit constituée par des segments successifs, mais on préfère la constituer par un seul élément de relativement grande longueur disposé sensiblement au centre de la largeur de la baie. Pour éviter des manoeuvres intempestives de cette poignée, on la dispose de préférence a' l'intérieur d'un boîtier 20 présentant un couvercle 21 en matériau transparent dont l'ouverture est normalement verrouillée à l'aide de moyens appropriés. Cette ouverture et/ou la manoeuvre de la poignée peut être en outre rendue impossible par des moyens de sécurité tant que la vitesse du véhicule dépasse un seuil prédéterminé : c'est ainsi que l'on pourrait prévoir un système de verrouillage excité électriquement à partir d'un dispositif tachymétrique sensible à ladite vitesse. Ceci étant, le fonctionnement de la baie décrite ci-dessus est le suivant. Pour monter ladite baie, il suffit de présenter le panneau vitré, depuis l'intérieur I du véhicule, avec le tronçon supérieur de sa lèvre 3 légèrement incliné vers l'extérieur E, puis d'introduire ce tronçon dans la gorge 8 et de soulever le panneau dans une telle position inclinée. Lorsque ce soulèvement est suffisant, on redresse ledit panneau en le faisant pivoter autour de la ligne de contact entre le tronçon supérieur de la lèvre 3 et la rampe oblique 7 lors de ce redressement, le tronçon inférieur de la lèvre 3, garni de son levier 10, est repoussé vers l'extérieur E du véhicule et repousse lui-meme les pènes 9 dans leurs gâches en glissant contre les surfaces obliques de ces pènes. Lorsque ce tronçon inférieur de la lèvre 3 a dépassé horizontalement lesdits pènes 9, ceux-ci font saillie élastiquement hors de leurs gâches en interdisant tout retour dudit tronçon vers l'intérieur I du véhicule, ce qui verrouille le panneau en sa position de montage. Pour cette position, le cadre 2 repose sur le précadre 4 le long de portées appropriées formant par exemple des pistes horizontales transversales (non représentées) et le bossage 19 du levier 10 repose sur le précadre. Pour dégager le panneau, il suffit d'opérer successivement sur la poignée 17 une traction ascendante selon la flèche F, puis une traction horizontale vers l'intérieur I du véhicule. Au cours de la première traction, le levier 10 se déplace angulairement autour de son pivot 13, ce qui enfonce les pènes 9 dans leurs gâches 11 et déverrouille ainsi la base du panneau 2. Lors de la deuxième traction, cette base libérée est attirée vers l'intérieur du véhicule, ce qui lui permet de dépasser des obstacles tels qu'une rampe de climatisation courant horizontalement sous la baie, à l'intérieur de l'habitacle et contenant le boîtier 20, ce dépassement pouvant le cas échéant être facilité par des rails ou autres guides appropriés. Le panneau peut alors glisser verticalement dans l'habita- cle puisque rien ne le retient à sa partie supérieure. En général ce glissement vers le bas est limité par des éléments intérieurs au véhicule tels que des accoudoirs et l'espace alors libéré entre le sommet du panneau et le tronçon supérieur du précadre 4 est insuffisant pour livrer passage au voyageur. Pour libérer complètement l'ouverture il suffit alors de faire glisser horizontalement le panneau libéré le long de la paroi du véhicule. On comprend que, pour assurer ce glissement,il convient de séparer le levier 10 de la base du panneau, ce qui est automatique du fait du montage envisagé pour le pivot 13 de ce levier, ce dernier pouvant "tomber" purement et simplement au-dessous dudit panneau à partir du moment où son bossage 19 ne repose plus sur un support tel que le tronçon inférieur du précadre 4. En suite de quoi, et quel que soit le mode de réalisation adopté, on dispose finalement de baies de véhicules susceptibles d'être utilisées comme issues de secours, baies dont la constitution et la manoeuvre résultent suffisamment de ce qui précède. Ces baies présentent un certain nombre d'avantages par rapport à celles antérieurement connues, notamment celui d'assurer un démontage très simple de leurs panneaux vitrés vers l'inte- rieur du véhicule, ce qui évite tout accident dû aux projections de ces panneaux vers l'extérieur et permet une récupération très facile desdits panneaux. Comme il va de soi et comme il résulte d'ailleurs déjà de ce qui précède, l'invention ne se limite nullement à ceux de ses modes d'application et de réalisation qui ont été plus spécialement envisagés; elle en embrasse, au contraire, toutes les variantes, notamment celles où les moyens d'application horizontale du tronçon supérieur du cadre contre le tronçon supérieur du précadre seraient constitués autrement que par des rampes obliques 7 du précadre, par exemple par des rampes obliques du cadre, ou encore par des pènes montés verticalement coulissants dans des gâches ménagées dans le tronçon supérieur du précadre et faisant saillie hors de ces gâches vers le bas, le montage du panneau étant alors assuré non plus par une translation ascendante oblique suivie d'un basculement, mais par une translation horizontale unique, ce qui peut être plus avantageux pour la tenue et le maintien en place du tronçon supérieur du joint 6. REVENDICATIONS l. Baie de véhicule susceptible de constituer une issue de secours, comprenant un panneau vitré limité extérieurement par un cadre rigide, un dormant rigide fixé sur la caisse du véhicule, un joint d'étanchéité interposé entre cadre et dormant, et des moyens pour appliquer horizontalement le cadre contre le dormant en serrant le joint entre eux, caractérisée en ce que le cadre est disposé du côté de l'intérieur du véhicule par rapport au dormant et en ce que les moyens d'application comprennent - supérleurement des portées (7) prévues sur le tronçon supérieur du dormant (4) et permettant d-'appliquer contre ce tronçon le tronçon supérieur du cadre (2) sans accrochage vertical mutuel de ces deux tronçons, - et inférieurement des butées (9) prévues sur le tronçon inférieur du dormant et permettant de verrouiller horizontalement le tronçon inférieur du cadre, ces butées étant associées à des moyens, commandables de l'intérieur du véhicule, pour les escamoter et libérer ainsi horizontalement ledit tronçon inférieur du cadre. 2. Baie de véhicule selon la revendication 1, caractérisé en ce que chacune des butées de verrouillage horizontal du tron çon inférieur cadre est constituée par un pène (9) propre à coulisser verticalement, à l'encontre d'un ressort de rappel (12), dans une gâche (ll) évidée dans le tronçon inférieur du dormant, ledit pène présentant sa face oblique active vers l'intérieur (I) du véhicule, et en ce que les moyens de commande de ce pène comprennent au moins un poussoir (15) reposant sur ledit pène et terminant l'un des deux bras (14) d'un levier coudé (10) monté pivotant sur le tronçon inférieur du cadre autour d'un axe horizontal parallèle à ce tronçon, le second bras (16) dudit levier s'étendant vers le bas, vers l'intérieur du véhicule et étant terminé par une poignée de manoeuvre tel7). 3. Baie selon la revendication 2, caractérisée en ce que les portées (7) sont des rampes obliques délimitant vers l'intérieur (I) du véhicule des gorges (8) en V ouvertes vers le bas et propres à recevoir une lèvre verticale (3) du tronçon supérieur du cadre. 4. Baie selon l'une quelconque des revendications 2 et 3, caractérisée en ce que le tronçon inférieur du cadre comprend une chape (18) ouverte vers le bas, propre à chevaucher le pivot du levier et en ce que ce pivot, ou un bossage arrondi (19) prolongeant inférieurement celui-ci, repose sur le tronçon inférieur du dormant. 5. Baie selon l'une quelconque des revendications 2 à 4, caractérisée en ce que le pivot (13) du levier stétend axialement le long de la plus grandepartie du tronçon inférieur du cadre, en ce que l'extrémité du premier bras (14) de ce levier comprend une pluralité de poussoirs (15) propres à coopérer avec autant de pènes répartis le long du tronçon inférieur du dormant, et en ce que l'extrémité de l'autre bras (16) de ce levier comprend une poignée centrale unique (17) s'étendant parallèlement à l'axe de pivotement. 6. Baie selon l'une quelconque des revendications 2 à 5, caractérisée en ce que la poignée de manoeuvre est disposée dans un bortiér (20) à couvercle transparent (21) protégé vis-à-vis des ouvertures intempestives. 7. Baie selon l'une quelconque des revendications précédents, caractérisée en ce que des moyens de sécurité sont prévus pour interdire l'actionnement des moyens de commande du déverrouillage tant que la vitesse du véhicule dépasse un seuil prédéterminé.