La présente invention concerne un procédé pour fabriquer des projectiles et, plus particulièrement, un procé- dé pour fixer une ceinture de guidage et/ou une coiffe sur le corps d'un projectile ou d'une autre munition, comme un obus d'artillerie. Les projectiles de gros calibre comportent géné- ralement à leur partie arrière une ceinture de guidage desti- née à obturer l'âme du canon et à provoquer, sous l'effet du rayage de celui-ci, la rotation du projectile dans le canon lors de la mise à feu. La ceinture de guidage est généralement constituée d'une matière plus molle que le reste de l'obus, principalement en vue de diminuer l'usure du rayage du canon. - Pour empêcher les gaz de propulsion d'atteindre la charge du projectile ou d'une autre munition, il est déjà connu d'équiper la surface arrière du projectile à l'aide d'un couvercle de protection, comme par exemple une plaque ou un capuchon, ce qu'on appelle une coiffe, destiné à résis- ter à la pression du gaz et aux températures élevées engendrées dans le canon lors de la mise à feu. Au cours de la fabrication des projectiles, la ceinture de guidage et la coiffe sont habituellement fixées séparément sur le corps du projectile. Pour fixer la ceinture de guidage sur le corps d'un obus d'artillerie, on utilise couramment un ajustage à la presse ou l'on combine des ajusta- ges à la presse et à retrait. Cependant, en raison des nouvel- les exigences de vitesses et portées accrues, de tels ajus- tages classiques à la presse ou à retrait risquent de ne pas être assez solides pour retenir à sa place la ceinture de guidage en présence des forces puissantes influant sur cette ceinture de guidage lors de la mise à feu du canon. De nouveaux procédés pour fixer une ceinture de guidage sur la surface périphérique d'un projectile ont donc été mis au point. Un exemple d'un tel procédé nouveau est décrit dans la demande de brevet suédois NO 79 02 040-0, qui décrit un procédé pour fixer la ceinture de guidage sur la surface périphérique du projectile par soudage par frotte- ment. Les coiffes sont habituellement métalliques, par exemple en acier, et elles servent à protéger la surface du projectile sur laquelles les gaz de propulsion agissent. Elles étaient jusqu'à présent fixées par des opérations classiques de soudage ou de brasage. Cependant, ces deux types de procédé sont relati- vement onéreux. Même si le soudage par frottement d'une cein- ture de guidage donne une résistance mécanique satisfaisante pour de nombreuses applications, la ceinture de guidage ris- que de se relâcher par exposition à des vitesses extrêmement élevées au cours de la mise à feu. De plus, la fixation de la coiffe présente des difficultés, notamment dans le cas des projectiles dont la surface arrière est, pour des raisons aérodynamiques, en forme de coupelle. La présente invention concerne un nouveau procédé pour fixer une ceinture de guidage ainsi qu'une coiffe sur le corps d'un projectile. Selon l'invention, la ceinture de guidage aussi bien que la coiffe sont fixées par placage à l'explosif sur la partie arrière du projectile. La technique de placage à l'explosif permet d'ob- tenir un ajustage ayant de remarquables propriétés de résis- tance mécanique. Ce nouveau procédé permet de terminer l'usi- nage de la ceinture de guidage et de la coiffe après leur fixation. Même les gorges destinées à monter la partie du tube d'obus formant cartouche peuvent être usinées directement dans la matière disposée sur le corps du projectile par le placage à l'explosif. Un autre avantage du procédé de placage à l'explo- sif consiste en la possibilité de fixer simultanément, c'est- à-dire en une seule et même phase de travail, la ceinture de guidage et la coiffe sur le corps du projectile. De préférence, la matière devant former la ceinture de guidage et la coiffe est en forme de coupelle et elle est disposée par placage à l'explosif sur la partie arrière du corps du projectile, puis la ceinture de guidage, les gorges éventuelles et la coiffe sont usinées à leurs dimensions voulues. Un procédé selon la présente invention permet une fabrication rapide et efficace de projectiles et d'obus. Il est facile d'adapter la fabrication à des types différents d'obus, simplement en modifiant la forme de la "cloche" de la 24 75299 matière de placage disposée sur le corps du projectile ou de l'obus, de manière que sa forme corresponde,déjà plus ou moins dès le débuttà la forme de la partie arrière du corps de l'obus. Un procédé selon l'invention sera maintenant décrit plus en détail, à titre illustratif et non limitatif, en se référant aux figures annexées sur lesquelles la figure 1 montre la partie arrière d'un corps de projectile, la figure 2, un dispositif pour la mise en oeuvre du placage à l'explosif selon l'invention et la figure 3 une coupe de la partie arrière d'un projectile ou d'une munition après le pla- cage à l'explosif et l'usinage de finition. La figure 1 montre schématiquement la partie ar- rière d'un corps 1 de projectile ou d'obus non terminé, com- portant une surface périphérique 2, sur laquelle une ceinture de guidage doit être fixée, et une surface arrière 3 sur la- quelle une coiffe doit être appliquée, après quoi la périphé- rie du projectile est usinée à ses dimensions finales. Comme illustré sur la figure, la surface arrière 3 est en forme de coupelle, ce qui a antérieurement compliqué l'application de plaques ou de coiffes de protection. La figure 2 montre schématiquement un dispositif pour le placage à l'explosif de la ceinture de guidage et de la coiffe sur la partie arrière du corps du projectile. Le dispositif comprend un caisson 4 métallique cylindrique externequi est ouvert à sa base mais fermé à son sommet par une surface extrême 5 sur laquelle est disposée un amorceur électrique 6. Un manchon 7, fermé à une extrémité,ou une "cloche", en la matière devant constituer la ceinture de gui- dage ainsi que la coiffe, est disposé à l'intérieur du cais- son métallique 4. La forme du manchon 7 correspond alors es- sentiellement à celle de la partie arrière du corps du projec- tile ou de l'obus non terminé. L'espace entre le caisson 4 et le manchon 7 de matière à plaquer est garni d'un explosif ordinaire 8. Pour fabriquer le projectile, on en introduit la partie arrière dans la cavité 9 du dispositif illustré sur la figure 2. Puis l'amorceur électrique 6 est actionné et l'explosif 8 détone. En raison de la pression élevée qui se développe lors de la détonation de l'explosif 8, le manchon 7 est projeté avec une force énorme sur le corps du projec- tile auquel il se lie. Le-placage à l'explosif donne une li- aison extrêmement solide entre la matière 7 à plaquer et le corps du projectile, ce qui permet d'effectuer sur la matière plaquée à l'explosif l'usinage final du projectile sans aucun risque de relâchement de la matière 7. La figure 3 illustre schématiquement un corps de projectile terminé, c'est-à-dire que l'on voit ce corps-après le placage à l'explosif et l'usinage final. Comme illustré sur la figure 3, des parties de la matière plaquée à l'explo- sif ont été *enlevées par l'usinage final, de sorte qu'il ne reste que la ceinture de guidage 10, des couronnes circonfé- rentielles 11, 12 pour monter la cartouche sur le corps du projectile 1et la coiffe 13. Toutes ces parties ont été appli- quées sur le corps du projectile en une seule et même phase de travail par cette technique de placage à l'explosif. L'usi- nage de la matière ainsi plaquée permet de donner leurs dimen- sions finales à la ceinture de guidage, aux gorges circonfé- rentielles et à la coiffe. La technique du placage à l'explosif donne une liaison si extrêmement solide qu'il est possible également de réaliser même les gorges circonférentielles 14, 15 pour l'assemblage de la cartouche en usinant au tour la matière de placage. Cela n'a pas été possible jusqu'à présent et les gorges ont été obtenues par usinage du corps du projectile lui-même. Il est avantageux d'usiner les gorges dans la matière de placagelcar les couronnes restantes 11 et 12 peuvent alors servir également de ceinture de guidage. Il va de soi que, sans sortir du cadre de l'in- vention, de nombreuses modifications peuvent être apportées à la forme de réalisation du procédé décrit plus en détail ci-dessus en regard des figures. Il est évident que le procédé peut être utilisé même lorsqu'il ne s'agit que d'appliquer une ceinture de guidage sur le corps du projectile. Il est également évident que l'on peut faire varier, selon la forme et les dimensions du produit final à obtenir, la forme et la structure du dispositif représenté sur la figure 2 et desLi- né ai la mise en oeuvre du procédé, ainsi que la forme de la matière de placage. REVENDICATIONS 1. Procédé pour fixer une ceinture de guidage ou une coiffe, ou les deux, sur le corps d'un projectile ou d'une autre munition, comme un obus d'artillerie, procé- dé caractérisé en ce que la ceinture de guidage (10) ou la coiffe (13), ou les deux, est ou sont fixées par placage à l'explosif sur la partie arrière du corps (1) du projectile. 2. Procédé selon la revendication 1, caracté- risé en ce que la ceinture de guidage (10) ainsi que la coiffe (13) sont fixées par placage à l'explosif sur la partie ar- rière du corps (1) du projectile. 3. Procédé selon la revendication 2, caracté- risé en ce que la ceinture de guidage (10) et la coiffe (13) sont fixées simultanément, c'est-à-dire en une seule et même phase de travail, sur le corps (1) du projectile. 4. Procédé selon la revendication 3, caracté- risé en ce que la matière (7),destinée à constituer la cein- ture de guidage et la coiffeest disposée par placage à l'ex- plosif sur la partie arrière du corps (1) du projectile, puis la ceinture (10) et la coiffe (13) sont usinées à leurs di- mensions finales. 5. Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce que les gorges circonférentielles (14, 15) destinées à l'assemblage de la partie du tube d'obus formiant cartouche sont usinées dans la matière (7) plaquée à l'explosif.