La présente invention concerne un nouveau tissu tricoté, un procédé de fabrication de ce tissu et une machine à tricoter adaptée à cette fabrication. On sait que les tissus tricotés présentent l'avantage sur les tissus tissés de se prêter davantage à des contraintes de déformation grSce a l1élasticité que leur confèrent les mailles dont ils sont constitués. Cette qualité se traduit, pour l'usager qui porte des veAtementsen tissu tricoté, par un meilleur confort, une aisance de mouvements accrue, etc. Toutefois, jusqutà présent, cet avantage se trouvait fortement atténué par le fait que les tissus tricotés ont tendance, a la longue, â se déformer sous l'action répétée de contraintes très localisées ce qui est le cas notamment pour les pantalons.Malgré tous les efforts effectués pour remédier à cet inconvénient, aucune solution simple et totale n 1a pu jusqu'à présent être trouvée. En effet, pour réduire la déformabilité de tissus tricotés, on a cherché jusqu'à présent à réaliser un 'blocage1 du tricot (c'est-b-dire a réduire l'extensibilité naturelle des mailles) soit en utilisant des mélanges de fils dans lesquels des fils pas ou peu extensibles entrent en proportion importante; toutefois, dans ce cas, on obtenait des articles ayant moins de douceur au toucher, un aspect moins attrayant, et procurant moins de confort que des articles tissés réalisés en laine; soit en réalisant des armures qui par nature sont complexes en travaillant sur des machines à deux fonhures formant des faces endroit et envers reliées par une liaison intermédiaire; mais ce système nécessitait l'emploi de plusieurs sortes de fils et ne permettait qu'une production relativement lente; soit encore en combinant l'emploi de fils peu ou pas extensibles avec l'utilisation d'armures, ce qui entraînait un cumul des inconvénients ci-dessus. Ce problème du blocage des tissus tricotés rendait jusqu'a présent difficile sinon impossible la fabrication de tissus tricotés utilisant des fils de laine dans une proportion supérieure b 6096 du poids total du tissu et excluant par conséquent l'utilisation de fils autres que la laine pour améliorer la tenue mécanique du tissu. Or, seuls des tissus tricotés présentant une telle proportion de fils de laine pourraient atteindre les qualités de toucher, d'aspect et de confort des tissus tissés en laine, qualités sanctionnées par le droit b l'utilisation du Label Woolmark". Cette quasi impossibilité de fabrication est liée essentiellement au fait que la laine est un produit très cher, ce qui nécessite que son emploi soit optima lisé c'est-b-dire que l'on cherche à utiliser un poids de laine aussi faible que possible pour un confort et une tenue du tissu déterminés. On se trouve donc en présence de deux exigences contradictoires, b savoir - recherche d'économie en limitant le poids de laine utilisé - recherche d'une tenue mécanique satisfaisante du tissu. Or, si pour obtenir la tenue désirée, on réalise le tissu tricoté sur une machine à deux fontures, on se trouve dans le cas de la constitution d'une armure qui entrain - un accroissement du poids du tissu sans amélioration sensible de ses qualités de toucher, de confort et d'attrait, cet accroissement de poids (donc de cotit étant seulement justifié par un impératif de tenue mécanique - subsidiairement, un ralentissement du rythme de fabrication qui est rendue plus délicate. On remarquera que ces inconvénients subsisteront quel que soit le ti trage du fil utilisé. Si, par contre, par souci d'économie, on réalise le tissu tricoté sur une machine à simple fonture, en utilisant le titrage conseillé par les fabricants de machine et qui est fonction de la jauge employée (nombre d'aiauilles pour 25,4 millimètres), le rythme de fabrication sera plus élevé et le poids du tissu sera plus faible mais, par contre, la tenue du tissu ne sera pas satisfaisante et ce dernier sera sujet à des déformations indésirables. La présente invention propose un certain nombre de solutions simples pour obtenir des tissus tricotés utilisant des fils de laine à raison de plus de 60% du poids total du tissu et ayant les qualités du tissu tissé. Elle concerne donc, en premier lieu, un tissu tricoté alliant les qualités de confort du tricot et d'indéformabilité du tissu caractérisé en ce qu'il est réalise en jersey à l'aide de fils dans une proportion de 60 b 100 % de fils pure laine et de 0 à 40 % de fils naturels ou synthétiques autres que la laine. Elle concerne ensuite un procédé de fabrication d'un tissu tricoté, ayant une proportion de fils de laine supérieure à 60 % en poids, selon lequel on tricote un jersey sur une machine à tricoter à une seule fonture puis on soumet le tricot obtenu à un traitement destiné à réaliser la stabilisation du tricot et consistant essentiellement . 8 pratiquer sur le tricot une opération de foulage réalisant un feutrage de la laine, le tricot étant lavé et blanchi ultérieurement, puis à fa ire passer à la mme ledit tricot pour régler sa largeur et le fixer a une dimension déterminée. Le traitement de foulage et de passage b la rame est classique pour les tissus de laine tissés. Toutefois, la réalisation industrielle de ce traitement est difficile sinon impossible pour les tissus tricotés sur une machine circulaire à simple fonture pour la raison essentielle que lorsqu'on ouvre une gaine tricotée de façon classique, -ce qui est nécessaire pour le passage à la rame- les bords de la gaine d'un tissu simple jersey ont une tendance marquée à rouler, ce qui s'explique aisément étant donnée la texture maillée de ce genre de tricot. Le procédé de fabrication dê la présente invention permet justement l'obtention d'un tissu tricoté sur une machine circulaire à simple fonture qui après ouverture de la gaine présente naturellement des bords plats c'est-à-dire qui n'ont pas tendance à rouler. Cette caractéristique assure un bon maintien du tricot sur la rame pour son traitement ultérieur après ouverture de la gaine et élimine tout problème lors de l'opération de tondage à laquelle le tissu tricoté est soumis après le foulage. Selon l'inventiont la phase du procédé de fabrication permettant d'obtenir des bords plats d'une gaine tubulaire ouverte réside dans le fait qu'on constitue dans le tissu, au cours de la fabrication sur la machine à tricoter circulaire, une lisière s'étendant sensiblement le long d'une génératrice de la gaine, ladite lisière étant réalisée par des brides de grande longueur et constituant la zone de découpe de la gaine pour sa mise à plat. De préférence, les brides de la lisière sont obtenues par simple suppression d'aiguilles dans une zone déterminée de la fonture de la machine à tricoter, l'absence d'aiguilles évitant la formation de mailles à cet endroit; de préférence le nombre d'aiguilles supprimé est compris entre dix et seize. Selon un autre aspect du procédé selon l'invention, on utilise, pour réaliser le tissu tricoté selon l'invention, un titrage de fil de 50 à 700 % supérieur à celui qui est conseillé habituellement pour une jauge déterminée de la machine à tricoter. Ainsi, on utilisera un titrage compris entre 1/18 (soit un fil de 18 kilomètres par kilogramme) à 1/28 (28 kilomètres par kilogramme de fil) pour une machine de jauge comprise entre 18 et 24 (la jauge étant le nombre d'aiguilles par pouce soit 25,4 millimètres). Plus particulièrement, on utilisera de préférence un fil titrant 1/20 (20 kilomètres par kilogramme) pour une jauge 20, alors que les constructeurs recommandent d'utiliser, pour une jauge 20, des fils titrant entre 1/34 (34 kilomètres par kilogramme) et 1/50 (50 kilomètres par kilogramme).On constate donc que l'on travaillera, selon l'invention, avec des fils beaucoup plus gros, ce qui permettra d'obtenir un tissu plus dense et moins extensible. On se trouve ici en présence d'un aspect important de l'invention dans la mesure où l'on considérait comme impossible de travailler des fils de titrage excédant largement celui qui avait été déterminé par.les constructeurs comme étant normal et necessa; re pour un bon fonctionnement de la machine. De plus, on utilisera de préférence un fil non retors qui lors de l'opération de foulage, provoquant le feutrage du tissu, permettra un meilleur tassement des fibres dans les mailles et assurera ainsi un bon blocage du tissu tricoté. Enfin, l'invention concerne également une machine à tricoter à simple fonture adaptée à la fabrication du tissu tricoté défini ci-dessus, ladite machine étant caractérisée en ce qu'en une zone déterminée de la fonture, celle-ci est dégarnie d'aiguilles ; avantageusement le nombre d'aiguilles supprimé est de pré- férence supérieur à dix pour éviter tout risque d'enroulement sur lui-meme du bord du tissu et inférieur à seize pour éviter une rupture du fil lors de la fabrication. De plus, ladite machine utilisant un fil de titrage compris entre 1/18 et 1/28 est de jauge comprise entre 18 et 24 (soit 18 ou 24 aiguilles pour 25,4 millimètres). On décrira maintenant l'invention, à titre d'exemple non limitatif, en référence aux dessins annexés dans lesquels - la figure 1 est un schéma de mailles pour une machine à simple fonture utilisable pour une qualité de tissu tricoté selon l'invention de type uni ; - la figure 2 est un schéma de la partie de la fonture de la machine au niveau de laquelle se forme la lisière ; - la figure 2a représente une aiguille travaillant avec un fil selon l'invention ; - la figure 3 représente schématiquement une gaine de tissu tricoté obtenu selon l'invention1 en cours d'ouverture ; - la figure 4 représente un bord du tissu tricoté après foulage ; - la figure 5 montre le comportement du tissu selon l'invention fixé pour le passage à la rame. A la figure 1, on a représenté symboliquement un schéma de mailles pour l'obtention d'un tissu tricoté de qualité uni, pour des raisons de clarté d'ex posé. On comprendra cependant que l'on pourrait obtenir des tissus à motifs tels que chevrons ou autres, le schéma de mailles étant alors adapté de façon classique. A la figure 1, on a représenté en 1 les aiguilles de la fonture unique de la machine, les chiffres romains I, II et lil montrant trois rangées de mailles formées au cours de trois "chutes successives. On notera que dans le motif simple choisi, d'une chute à l'autre, il y a un décalage des mailles de une aiguille vers la droite dans la sélection. De plus, pour chaque chute, deux aiguilles successives sont sélectionnées, la troisième n'étant pas sélectionnée. Ainsi constitue-t-on des groupes de deux mailles 2 reliées par des brides 3 qui sont des longueurs de fil sans maille participant à la tenue du tissu tricoté. Par ailleurs, on voit que toute la partie 4 de la fonture est démunie d'aiguilles, treize aiguilles ayant été atées dans l'exemple représenté. Dans ce cas, à la première chute 1, il se forme à cet emplacement une bride 5 correspondant à treize aiguilles; à la deuxième chute Il, une bride 6 correspondant b quatorze aiguilles, la première aiguille suivant la zone 4 n'étant pas sélectionnée pour respecter le décalage d'une aiguille mentionnée précédemment; et à la troisième chute III, une bride 7 correspondant à quatorze aiguilles, la dernière aiguille précédant la zone 4 n'ayant pas été sélectionnée. La figure 2 représente schématiquement la fonture 8 correspondant à la figure 1 munie de ses aiguilles 1 dont on voit les crochets en 9. Comme on l'a dit précédemment, selon l'invention, on utilise un titrage de fil de laine supérieur à celui qui est habituellement préconise par les fabricants de machine. La figure 2a représente, à cet égard, une tête d'aiguille 1 dont on voit le crochet 9 destiné à cueillir le fil. Le type d'aiguille représenté sur cette figure correspond à une machine de jauge 20. Pour une telle aiguille, les constructeurs recommandent d'utiliser un fil titrant entre 1/34 et 1/50 et on a repre- sente en 10 en trait interrompu la section d'un fil moyen de 1/40. Selon l'invention, on utilisera avec ce type d'aiguille un fil beaucoup plus gros et notamment un fil de 1/20 comme représenté en trait continu en 17. A la figure 3, on a représenté une portion d'une gaine de tissu tricoté selon l'invention obtenue sur une machine à tricoter circulaire, la lisière provenant de la création des brides 5, 6, 7 de la figure 1 étant indiquée en 12. Natu rellement, dans le dessin, on a exagéré l'écartement entre les brides pour des raisons évidentes de clarté. On notera que cette lisière s'étend pratiquement selon une génératrice de la gaine étant donné que les brides 5, 6, 7 se forment toujours au meme endroit pour chaque chute. Toujours à la figure 3, on a représenté en 13 un ciseau passant approximativement par la ligne médiane de la bride 12 afin de réaliser l'ouverture de la gaine. On voit nettement que les brins 14 dépassant du tissu sont sensiblement rectilignes et ntont aucune tendance à rouler. La figure 4 représente une partie de la bordure du tissu après l'opération de foulage qui est une opération classique consistant à feutrer la laine par passage dans une machine de foulage de tout type connu que l'on ne décrira donc pas. Le foulage permet notamment, au niveau des mailles, à remplir celles-ci par tas sage des fibres de laine et donc de réaliser un blocage des mailles. Au niveau de la bordure 15 résultant de la lisière 12 de la figure 3, le foulage a réalisé un feutrage des brins de laine 14 qui se sont meulés les uns aux autres en constituant une bande feutrée continue et plane. On constate que la bordure 15, lorsque le tissu est abandonne à lui-meme, empêche le roulage des bords du tissu. Grtce à cette disposition, on comprend qu'il est aisé de maintenir le tissu tricoté de l'invention en place sur un cadre tel que le cadre 16 de la figure 5 pour le passage à la rame pour le traitement classique de stabilisation du tissu. Pour cette opération, les bordures 15 du tissu sont maintenues de place en place par des pinces 17. On comprend que grâce à la constitution de bordurespIanos comme indiqué précédemment, les bords du tissu n'auront pas tendance à rouler conttairement à ce qui se produirait si le tissu était démuni de telles bordures. On a d'ailleurs schématisé en trait interrompu en 18 l'allure que prendrait un tel tissu tricoté ne présentant pas de bordure selon l'invention. On conçoit que la présence de tels rouleaux 18 empêcherait un un traite- ment convenable du tissu, notamment lors de l'opération de tondage, l'outil réa- lisant cette opération risquant de sectionner les bords du tissu roulé en créant ainsi une perte de matière préjudiciable et une présentation incompatible avec une utilisation industrielle. L'invention ayant maintenant été exposée et son intérêt justifié sur des exemples détaillés, les demandeurs s'en réservent l'exclusivité pendant toute la durée du brevet sans limitation autre que celle des termes des revendications ciaprès. REVENDICATIONS 1 - Tissu tricot alliant les qualités de confort du tricot et d'indéformabilité du tissu notamment pour vêtements soumis à des contraintes de déformation, caractérisé en ce qu'il est réalisé en jersey à l'aide de fils dans une proportion de 60 à 100 % de fils pure laine et de 0 à 40 % de fils naturels ou synthétiques autres que la laine. 2 - Procédé de fabrication d'un tissu tricoté à base de fils de laine dans une proportion supérieure b 60 % en poids alliant les qualités de confort du tricot et d'indéformabilité du tissu, caractérisé en ce que on tricote un jersey sur une machine à tricoter à une seule fonture on soumet ensuite le tissu tricoté à une opération de foulage, puis à un lava ge et un blanchiment ultérieurs éventuels puis on termine le traitement par un passage b la rame pour régler la largeur du tissu tricoté et le fixer à une dimension déterminée. 3 - Procedé de fabrication selon la revendication 2 dans lequel le tissu tricoté est obtenu sur une machine à tricoter circulaire b simple fonture permettant d'obtenir un tricot sous forme d'une gaine tubulaire, caractérisé en ce qu'on constitue dans le tissu une lisière s'étendant sensiblement le long d'une génératrice de la gaine tubulaire du tissu tricoté, ladite lisière étant réalisée par des brides de grande longueur et constituant la zone de découpe de la gaine pour sa mise à plat. 4 - Procédé selon la revendication 3, caractérisé en ce que les brides de la lisière sont obtenues par la suppression d'aiguilles dans une zone déterminée de la fonture. 5 - Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que le titrage du fil utilise est de 50 à 100 % supérieur au titrage conseillé pour une jauge déterminée des machines a tricoter. 6 - Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce qu'on utilise un titrage de fil de 1/18 (18 kilomètres au kilogramme) à 1/28 (28 kilomètres au kilogramme) pour une machine dont la jauge est comprise entre 18 et 24. 7 - Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce qu'on utilise un titrage de fil de 1/20 (20 kilomètres au kilogramme) pour une machine de jauge 20. 8 - Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'on utilise un fil simple non retors. 9 - Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'à chaque chute, au moins une aiguille sur deux ne travaille pas afin de constituer des brides égales ou supérieures Q une aiguille. 10 - Machine à tricoter à simple fonture pour mettre en oeuvre le procédé selon les revendications 3-et 4, caractérisée en ce qu'en une zone déterminée de la fonture, celle-ci ne présente pas d'aiguilles. 11 - Machine selon la revendication 10 caractérisée en ce que le nombre d'aiguilles manquant dans la fonture est supérieur à dix et inférieur à seize. 12 - Machine destinée à fabriquer un tissu tricoté selon le procédé des revendications 5 et 6 utilisant un fil de titrage 1/18 à 1/28, caractérisée en ce que ladite machine est de jauge comprise entre 18 et 24.