La presente invention a pour objet un procédé de fabrication d'un lait stérilisé à teneur réduite en sodium, ainsi que le lait, sous forme liquide, obtenu selon ce procédé. Ce lait peut être de longue conservation, conditionné et stérilisé selon les techniques connues. Le procédé peut s'appliquer aux laits gras ou écrémés, et convient spécialement aux laits demi-écrémés. Le lait de vache contient entre environ 450 et 600 mg de sodium (Na) par litre ; lorsqu'on ramène cette teneur en sodium à la matière sèche du lait, on trouve environ 400 mg de sodium pour 100 g de matière sèche ; c'est pourquoi le lait est classé parmi les aliments riches en sodium. Les régimes hyposodés sont de plus en plus répandus. Ils sont notamment prescrits dans les cas d'insuffisance cardiaque, d'infarctus, d'hypertension artérielle, de certains oedèmes, de ltobésité, et sont également recommandés au cours de la gros sasse Le problème fondamental du régime hyposodé a été défini ainsi : "Diminuer la quantité de sodium ingéré par jour est relativement facile ; réduire la quantité de sodium tout en maintenant une quantité suffisante de protides du régime et très difficile, c'est pourquoi il faut toujours vérifier l'apport protidique des régimes désodés" (CRAPLET, Alimentation d'ajourd'hui et de demain, 1971). La présente invention contribue à résoudre le problème de l'apport protidique des régimes pauvres en sel. Le lait à teneur réduite en sodium offre donc pour un régime hyposodé un double intérêt - du fait de sa faible teneur en sodium, - du fait de son apport en protéines. Le tableau ci-après permet la comparaison des apports respectifs de protéines et de sodium par le lait naturel, le lait à teneur réduite en sodium et par la viande (matière sèche). (voir tableau page suivante) Matière Protides Sodium Sodium (mg) sèche (g) (g) (g) pour 100 g de protides Lait naturel 100 30 400 1333 Lait à teneur réduite en 100 30 40 133 sodium Viande 100 20 70 350 Un lait à teneur réduite en sodium peut donc apporter pres de trois fois moins de sodium que de la viande, pour un meme apport protidique. Le lait selon l'invention a l'avantage de pouvoir se substituer au lait stérilisé habituel, car il se présente sous la forme liquide. Le type de conditionnement (par exemple bouteille plastique) est donc identique à celui du lait stérilisé traditionnel. Par rapport aux laits désodés connus, qui sont sous forme de poudre, le lait selon l'invention permet d'éviter le problème pratique, bien connu, de la mise en solution. Enfin, du point de vue de sa conservation, le lait à teneur réduite en sodium se conserve non ouvert pendant plusieurs semaines à température ambiante, comme tout autre lait stérilisé. La teneur en sodium visée par la présente invention se situe aux environs de 50 mg par litre, soit une réduction de 10 à 12 fois de la teneur initiale du lait de vache. I1 va de soi que, moyennant quelques modifications évidentes du procédé, il serait possible d'obtenir des teneurs en sodium plus réduites. Cependant, lorsque lton cherche à trop désoder le lait, on agit au détriment de la rentabilité du procédé et des qualités organoleptiques du produit obtenu. En moyenne la composition du lait obtenu selon l'invention est la suivante (pour 100 g de lait liquide) Lipides 1,55 g Glucide 4,7 g Protides 3,25 g Sodium 5 mg Potassium 200 mg Calcium 110 mg Calories 46 Le principe qui est à la base de la présente invention est le passage du lait sur des résines cationiques, de façon à provoquer la modification de la composition saline du lait. Mais, outre 11 échange d'ions proprement dit, le procédé selon l'invention comprend d'autres étapes, sans lesquelles le procédé ne saurait être exploité de façon satisfaisante. I1 est en effet bien clair pour l'homme du métier que, pour remplacer les ions de sodium d'une solution ou d'une émulsion par d'autres ions, il suffit de faire passer le liquide sur des résines échangeuses d'ions. Cependant, du point de vue de la pratique, il se pose alors le probleme de la réutilisation des résines, de leur régénération, de leur conservation, ainsi que des problèmes d'ordre hygiénique et d'ordre économique, problèmes qui doivent être nécessairement résolus pour que le procédé soit susceptible d'une application industrielle rentable et satisfaisante sur le plan de la qualité du produit obtenu. Les diverses étapes du procédé seront décrites en détail ci-après, compte tenu des dessins annexés, dont la figure 1 représente de façon schématique un exemple de dispositif destiné à la mise en oeuvre du procédé de l'invention, et la figure 2 est un diagramme des diverses étapes dudit procédé. Sur la figure 1, le sens d'écoulement des divers fluides est symbolisé par des flèches. Divers organes accessoires, tels que robinets, vannes à une ou plusieurs voies, nécessaires au fonctionnement de ltensemble, ntont pas été representés, pour des raisons de simplification. L'homme du métier n'auraaucune difficulté à établir l'emplacement et la nature desdits organes. Les significations des références données sur le dessin sont les suivantes : 1) Colonne échangeuse d'ions. 2) Entrée en tête de la colonne. 3) Trop-plein de la colonne 4) Sortie a la base de la colonne, vers cuve d'entre posage, égout(5) ou bac de nettoyage (19). 5) Evacuation des rejets vers l'égout. 6) Arrivée du lait à désoder. 7) Débitmètre. 8) Conduite pour rinçage à contre-courant dans la colonne 1. 9), 10) Conduites d'air comprimé, dirigé soit vers le haut de la colonne (9), soit vers le bas (10). 11) Source d'air comprimé. 12) Pompe à débit réglable. 13) Liaison entre pompe et débitmètre. 14) Bac de lavage et de rinçage. 15) Bac de régénération, avec agitateur. 16) Arrive d'eau de ville. 17) Adoucisseur d'eau. 18) Conduites d'eau adoucie vers bas 14 ou bac 15. 19) Retour de la colonne 1 pour circulation en circuit fermé. La colonne 1 de résines, placée verticalement, est munie d'une entrée 2 et d'un trop-plein 3 placés en tête, et d'une sortie 4. Lors d'un fonctionnement à contre-courant, la conduite 4 joue le rôle d'entrée, la sortie de la colonne s'effectuant par le trop-plein 3. La colonne 1 peut être munie de hublots, placés à diverses hauteurs. Elle est garnie de résines échangeuses d'ions, de préférence seulement jusqu'à une hauteur maximale de 2/3 de la hauteur totale. Les dimensions de la colonne sont choisies de telle manière que la hauteur occupée par les résines soit d'environ 5 à 10 fois le diamètre de la colonne, de préférence d'environ 7 fois ce diamètre. Les résines cationiques à utiliser sont évidemment à choisir parmi celles qui sont admises pour le contact avec les denrées alimentaires. Les résines utilisées de préférence selon la présente invention sont les resines dénommées Zéolites, à squelette de copolymère styrène-divinylbenzène et groupement fonctionnel sulfonique. Lors du passage du lait, les résines sont sous la forme K + Ca ; au fur et à mesure du déroulement du procédé, elles prennent peu à peu la forme Na. Après le passage du lait, on trouve dans la colonne des résines sous forme K et Ca, mais surtout sous la forme Na I1 est possible d'échanger les ions de sodium du lait uniquement contre des ions de potassium, mais le lait obtenu de cette manière est alors pratiquement décalcifié, et son apparence et son goût sont profondément modifiés. On peut également envisager d'utiliser seulement des résines uniquement sous forme calcium. Mais il se pose alors des problèmes au cours des opérations de lavage et de régénération, par suite de la formation de chaux, ce qui rend l'installation inutilisable dans la suite. Pour un bon déroulement du procédé, il convient donc d'utiliser des résines qui sont partiellement sous forme K et partiellement sous forme Ca, la proportion entre les deux formes étant obtenue au cours de la régénération des résines décrite ci-après. L'étape de traitement du lait proprement dite se déroule de la façon suivante : le lait issu de la cuve où il est entreposé arrive dans la conduite 6, par exemple au moyen d'une pompe (non représentée), passe dans le débitmètre 7 et pénètre en 2 dans la tête de la colonne 1. I1 traverse la couche de résines et sort en 4 par le bas de la colonne, d'où il est dirigé vers une cuve d'entreposage. Des prélèvements peuvent éventuellement être effectués au niveau de la sortie 4, à des fins de contrôle. La quantité de lait que l'on peut faire passer sur un même volume de résines, compte tenu de la teneur maximale de 50 mg/l de sodium que l'on veut atteindre, est d'environ 8 volumes de lait pour 1 volume de résine. Cette proportion peut varier de 5 à 10, selon l'origine du lait que l'on traite. Elle peut, évidemment, varier dans de larges limites si l'on désire obtenir des teneurs plus faibles ou plus fortes du sodium dans le lait obtenu. Le débit du lait à travers les résines est également à choisir en fonction de la teneur finale en sodium. Ainsi, pour 8 volumes de lait passant sur un volume de résines, on ajuste un débit constant pour que la durée du passage se situe entre 1 et 2 heures, de préférence entre 1h 10 et 1h 30. Lorsque la quantité voulue de lait est passe à travers les résines, on ferme l'arri vée 2 et l'on ouvre le trop-plein 3, afin de mettre le haut de la colonne à pression ambiante. Lorsque les résines ont fini de s'égoutter, on peut pousser les dernières fractions de lait en injectant de l'air comprimé par la conduite 9, le trop-plein étant fermé. Lorsque le lait a fini de s'écouler par la sortie 4, il reste à l'agiter dans sa cuve, afin d'en homogénéiser la teneur en sodium. I1 est alors prêt à être préstérilisé puis stérilisé, selon les méthodes habituelles. Les autres phases du procédé selon l'invention ne concernent plus, à proprement parler, le traitement du lait. Elles constituent cependant une partie essentielle de l'invention, sans laquelle l'ensemble du procédé serait inutilisable. La phase qui suit le passage du lait est celle du rinçage du circuit précédemment parcouru par le lait. Ce rinçage se fait simplement à l'eau chaude à environ 800C. Il est économique d'utiliser directement de l'eau de ville, ou bien, comme cela est représenté sur le dessin annexé, de l'eau adoucie au moyen d'un adoucisseur 17. L'eau est introduite dans un bac 14, où elle est chauffée par barbotage de vapeur ou par un moyen équivalent puis, au moyen de la pompe 12, on l'injecte dans le haut de la colonne 2, à travers le débitmètre 7. L'eau de rinçage, brunâtre, est rejetée à l'égout par les conduites 4 et 5. Après une trentaine de minutes, à un débit du même ordre que celui du lait au cours de la phase précédente, on effectue encore un rinçage d'une quinzaine de minutes à contre-courant, l'eau passant par les conduites 8 puis 4, pour être rejetée par le trop-plein 3. Le passage à contre-courant de l'eau de rinçage provoque un détassage des résines. On peut parfaire ce détassage en injectant un courant d'air comprimé par la conduite 10. La pression de l'air à l'intérieur de la colonne décolle ainsi les impuretés des résines. On remplit alors à nouveau la colonne avec de l'eau, par le bas ; on laisse retomber les résines, puis on évacue les impuretés surnageantes par le trop-plein 3. La quantité d'eau utilisée pour le rinçage est d'environ 2 volumes pour 1 volume de résine. Les résines étant rincées et détassées, il est alors possible de les nettoyer complètement par un lavage en présence d'un agent mouillant. Ce nettoyage a pour but d'éliminer les traces de matières organiques du lait telles que matières grasses, protéines, lactose, qui restent accrochées sur les résines après les rinçages. La Demanderesse a constaté que les nettoyages alcalins provoquaient la formation de précipités très peu solubles, diminuant ainsi le pouvoir d'échange de résines. L'agent mouillant à utiliser est évidemment choisi parmi ceux qui sont autorisés pour le nettoyage du matériel pouvant se trouver au contact des denrées alimentaires. I1 s'agit par exemple d'agents non-ioniques polyoxyéthylés. Le nettoyage se fait, selon l'invention, en circuit fermé. Pour cela on prépare la solution de lavage dans le bac 14, au moyen d'eau tiède adoucie ou non, et d'agent mouillant et on l'injecte dans le haut de la colonne, comme au cours de l'étape de rinçage à cocourant. A la sortie 4 de la colonne, le liquide de nettoyage est ramené vers le bac 14 par la conduite 19. Cette phase de lavage peut être interrompue par quelques injections d'air comprimé ou d'eau au bas de la colonne, afin de brasser les résines. Les résines lavées sont alors rincées une nouvelle fois à l'eau de ville chaude, puis froide, puis, lorsqu'il n'y a plus formation de mousse, à l'eau adoucie froide. La propreté des résines peut se vérifier par un examen à travers les hublots de la colonne 1. Les résines lavées et rincées peuvent alors être régénérées, c'est-à-dire mises sous forme K et Ca. Mais pour obtenir un résultat satisfaisant, la demanderesse a constaté qu'il était indispensable, avant de régénérer les résines, de mettre d'abord celles-ci complètement sous la forme Na. Pour cela on épuise les résines en y faisant passer une solution aqueuse de chlorure de sodium d'une concentration de 20 à 40 g/l, à raison d'environ 3 à 6 volumes de solution par volume de résine. On prépare la solution de chlorure de sodium dans le bac 15, par dissolution de sel dans de l'eau adoucie, avec agitation et, lorsque tout le sel est dissous on fait passer la solution, au moyen de la pompe 12, vers le haut 2 de la colonne, le bas 4 de la colonne étant raccordé à l'égout (5). Après passage de la solution de chlorure de sodium, on effectue un-rinçage à l'eau adoucie, jusqu'à disparition du goût salé de l'eau à la sortie de la colonne. Les résines, entièrement sous la forme sodium, sont alors prêtes à être régénérées. Ainsi qu'on l'a précisé plus haut, il est nécessaire selon l'invention, de mettre les résines sous la forme K + Ca, l'utilisation de l'un seul de ces cations jouant de façon défavorable sur la qualité du lait obtenu et sur le bon déroulement du procédé. On prépare donc une solution contenant à la fois l'ion potassium et l'ion calcium, à raison de 50 à 100 g de chlorure de potassium et de 20 à 80 g de chlorure de calcium par litre d'eau adoucie. Le mélange et la dissolution s'effectuent dans le bac 15, préalablement rincé du chlorure de sodium qu'il contenait lors de l'étape précédente. Puis on fait passer cette solution sur la colonne, à débit constant, à raison d'environ 3 à 6 volumes par volume de résine. On effectue ensuite un nouveau rinçage, à l'eau adoucie, jusqu'à disparition d'ions chlorure dans l'eau de rejet, ce que l'on peut vérifier grâce à une solution de nitrate d'argent, par comparaison avec l'eau adoucie injectée en tête de colonne. Les résines sont alors prêtes pour une nouvelle opération de traitement de lait. Si l'on ne désire pas faire fonctionner l'installation de traitement de lait de façon continue, il est possible d'interrompre le cycle des étapes décrites ci-dessus par une étape de conservation des résines en milieu bactériostatique. Cette étape se placera de préférence après le rinçage.qui suit l'étape de nettoyage des résines, c' est-à-dire au moment où celles-ci sont sous la forme Na + K + Ca. Pour cela on prépare dans le bac de nettoyage 14 une solution aqueuse de formol, que l'on fait circuler en circuit fermé au moyen de la pompe 12, avec retour par la conduite 19, pour purger l'eau pure qui se trouve dans la colonne 1. Lorsque le liquide en circulation est homogène (teneur en formol de 1 à 2 %), on arrête la pompe 12 et on ferme la sortie 4 de la colonne 1.Celle-ci est alors remplie d'eau formolée, dans laquelle les résines peuvent séjourner ju'à la prochaine utilisation, c est-à-dire jusqu a la prochaine mise sous forme sodium des résines, opération qui sera bien entendu -Iécedée d'un rinçage, à cv-cournnG et à contre-courant1 avec, éventuellement, injection d'air comprimé afin de brasser et délasser les résines. La figure 2 du dessin annexé représente un diagramme des diverses étapes du procédé selon l'invention. L'exemple ci-apres illustre la présente invention. EXEMPLE L'installation utilisée correspond à la figure 1 des dessins annexés, elle comporte une colonne en acier inoxydable d'une hauteur de 360 cm et d'un diamètre de 31 cm, elle est munie de deux hublots, l'un au-dessus du niveau des résines, l'autre en dessous. Le volume occupé par les résines est de 150 litres. Au début de l'essai, les résines sont conservées dans la colonne, dans une solution aqueuse à environ 1,5 % de formol. Elles sont sous forme Na + K + Ca, à la suite d'une utilisation antérieure. Première phase : rinçage des résines. On fait passer de l'eau adoucie, à un débit de 750 à 800 1/heure, du haut (2) en bas (4) de la colonne, pendant 30 à 35 minutes ; l'eau de rinçage est rejetée en 5. Puis, au même débit, on rince pendant 15 minutes à contre-courant, l'eau de rinçage étant rejetée par le trop-plein 3. On injecte alors de l'air comprimé par le bas de la colonne (10), pendant 5 minutes, pour détasser les résines; on ferme l'arrivée d'air comprimé et on termine par 10 minutes d'un dernier rinçage à co-courant. Deuxième phase : mise sous forme Na des résines. Dans le bac 15 contenant 400 litres d'eau adoucie, on introduit 8 kg de sel marin épuré, que l'on dissout corplètement grâce à l'agitateur. On fait ensuite passer cette solution sur les résines, au moyen de la pompe 12, avec un débit d'environ 750 1/h. Au bout de 35 à 40 minutes, le bac 15 est vide ; on procède alors à un rinçage à l'eau adoucie, issue du bac 14, pendant que l'on prépare une nouvelle charge de 400 1 d'eau adoucie et 8 kg de sel dans le bac 15. Lorsque cette deuxieme solution est prete, on la fait passer sur la colonne, comme précédemment ; on rince alors le bac 15, pour éliminer toute trace de sodium. Troisième phase : rinçage des résines sous forme Na : on fait passer de l'eau adoucie dans la colonne, à un débit de 750 l/h, jusqu'à disparition du goût salé à la sortie 4 de la colonne ; ce rinçage dure de 10 à 15 minutes. Quatrième phase : régénération des résines. Pendant que s'effectue la troisième phase, on prépare dans le bac 15 la solution de régénération, en y introduisant d'abord 300 à 350 litres d'eau adoucie, 34 kg de chlorure de potassium, 17 kg de chlorure de calcium, en agitant le mélange jusqu'à dissolution complète, en complétant le volume à 450 litres avec de l'eau adoucie, et en homogénéisant l'ensemble par une dernière agitation. On fait alors passer cette solution sur les résines, à raison de 700 à 750 l/h. Les rejets vont à l'égout (5). Au bout de 35 à 40 minutes les résines sont régénérées, c'est-à-dire qu'elles sont sous forme K-+ Ca. Cinquième phase : rinçage après régénération. On fait passer de l'eau adoucie à un débit de 700 à 750 l/h, pour éliminer l'excès de chlorures. Au bout d'une quinzaine de minutes, on peut commencer à vérifier l'absence ou la présence de chlorures dans les rejets, au moyen d'une solution de nitrate d'argent. On compare le trouble obtenu à celui que produit un témoin à l'eau adoucie issue directement de l'adoucisseur. La durée de ce rinçage peut varier entre 20 et 40 minutes. On arrête alors le passage d'eau adoucie et on ajuste, dans la colonne 1, le niveau d'eau à celui des résines, au moyen de la vanne placée à la sortie 4 de la colonne. Les résines sont alors prêtes pour le traitement du lait. Sixième phase : passage du lait. On se propose de traiter 1000 litres de lait pasteurisé à 15,5 g/l de matière grasse et 445 mg/l de sodium. Juste avant d'introduire le lait par la conduite 6, au moyen d'une pompe non représentée, on vide l'eau contenue dans la colonne 1, en la rejetant à l'égout, et en poussant les derniers restes au moyen d'air comprimé (11,9). On fait alors passer le lait sur les résines, à 750 l/h, on s'assure qu'il ne coule plus d'eau a la sortie 4 de la colonne, et on relie celle-ci à une cuve réceptrice. Après avoir recueilli 100 litres de lait traité, on change de cuve. On recueille ainsi successivement des fractions respectives de 100, 200, 200, 250 et 250 litres dont on analyse la teneur en sodium après les avoir homogénéisées. Les résultats sont indiqués dans le tableau ci-dessous. Après passage des 1000 litres de lait, on met le haut de la colonne 1 à pression atmosphérique, et, lorsque le niveau du lait est visible dans le hublot du bas, on pousse les dernières fractions au moyen d'air comprimé, après avoir fermé la sortie 3 du trop-plein. (voir tableau page suivante) TABLEAU Teneurs en sodium du lait avant et après traitement (en mg/l) Lait initial 445 1ère fraction : 100 1 27 2ème fraction : 200 1 28,5 3ème fraction : 200 1 30 4ème fraction : 250 1 50 Sème fraction : 250 1 118 Mélange homogénéisé : 1000 1 56 Septième phase : rinçage et détassage des résines. Pendant le passage des derniers litres de lait, on emplit le bac 14 d'eau adoucie, ou, plus économiquement, d'eau de ville, que l'on chauffe en y injectant de la vapeur jusqu'à environ 80"C. Puis on fait passer cette eau dans la colonne, vidée du lait, à raison de 800 à 900 l/h à co-courant pendant 30 minutes, puis à contre-courant pendant 15 minutes. Ensuite, on détasse les résines en injectant de l'air comprimé pendant 5 minutes dans le bas de la colonne, on remplit complètement la colonne d'eau, et on laisse reposer, le temps que les résines retombent et que les impuretés surnageantes se rassemblent à la surface de l'eau ; ces dernières peuvent alors être éliminées grâce à une vanne placée en tete de colonne. On vide ensuite partiellement l'eau de la colonne, par le bas, jusqu'au niveau des résines. Huitième phase : nettoyage des résines Dans le bac 14 contenant 400 litres d'eau chaude à 800C, on verse 2 litres d'agent mouillant CEMULSOL (Rhône-Poulenc), puis on fait circuler ce liquide au moyen de la pompe 12, de haut en bas de la colonne, avec retour par la conduite 19, à un débit de 650 l/h. Ce nettoyage dure 30 minutes ; on l'interrompt au bout de 15 minutes pour brasser les résines au moyen d'air comprimé injecté au bas de la colonne. Neuvième phase : rinçage des résines. Le bac 14 étant rincé, on remplit d'eau à 800C, et on rince la colonne à co-courant et à 800 l/h pendant environ 40 minutes, puis à contre-courant. Les eaux de rinçage sont rejetées à l'égout. Si l'on a utilisé de l'eau de ville, on complète ce rinçage par un deuxième rinçage à l'eau adoucie, d'abord à co-courant puis à contre-courant. Pour finir on ajuste le niveau d'eau dans la colonne, à celui des résines. Ces dernières sont alors prêtes à être régénérées, avec mise préalable sous forme Na (2ème phase, voir ci-6essu5;. On peut aussi, si lton désire interrompre le cycle de fabrication du lait à teneur réduite en sodium, les conserver en milieu bactériostatique. Dixième phase : conservation des résines sous eau formolée. Dans le bac 14 contenant de l'eau adoucie, on verse 5 litres d1aldéhyde formique à 30 %, puis l'on fait circuler le liquide en circuit fermé (retour par la conduite 19) pour l'homogénéiser, pendant environ 30 minutes avec un débit de 700 l/h. Après ce temps on vide la colonne jusqu'au niveau des résines, et on rince le bac 14. Les résines peuvent ainsi se conserver jusqu'à leur prochaine mise en service (première phase, voir ci-dessus). Résultats obtenus Le lait à teneur réduite en sodium ainsi obtenu a l'apparence et la couleur du lait stérilisé obtenu selon les techniques habituelles de stérilisation. Son goût est légèrement plus fade du fait de sa faible teneur en sodium. REVENDICATIONS 1 - Procédé de préparation de lait liquide à teneur réduite en sodium, caractérisé en ce qu'il comprend les phases suivantes a) passage du lait naturel stérilisé sur une colonne de résines échangeuses d'ions, b) rinçage des résines à l'eau chaude, c) nettoyage des résines en présence d'un agent mouillant non ionique, d) rinçage des résines nettoyées, e) mise sous forme sodium des résines, f) rinçage des résines sous forme sodium, g) régénération des résines pour les mettre sous forme potassium et calcium, h) rinçage des résines ainsi régénérées. 2 - Procédé selon la revendication 1, caractérisée en ce qu'on utilise une colonne dans laquelle la hauteur occupée par les résines est d'environ 5 à 10 fois le diamètre de la colonne, de préférence d'environ 7 fois, ladite hauteur n'étant pas supérieure aux 2/3 de la hauteur de la colonne. 3 - Procédé selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisé en ce qu'on régénère les résines, préalablement mises sous forme sodium, au moyen d'une solution aqueuse contenant à la fois des ions potassium et des ions calcium. 4 - Procédé selon la revendication 3, caractérisé en ce qu'on utilise une solution aqueuse contenant de 50 à 100 g/l de chlorure de potassium et de 20 à 80 g/l de chlorure de calcium. 5 - Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce qu'on l'interromp, après la phase d, par une phase de mise en conservation des résines en milieu bactériostatique. 6 - Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce qu'on conserve les résines dans une solution aqueuse de 1 à 2% d'aldéhyde formique. 7 - Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce qu'on traite un lait demi écrémé. 8 - Lait à teneur réduite en sodium, obtenu par un procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 7.