ú2L475364 Procédé de formage d'une nappe de tabac reconstitué et produit à fumer obtenu par un tel procédé. La fabrication de cigarettes produit une certaine quan- tité de débris de tabac sous forme de particules de dimensions trop faibles pour un usage commercial. On a donc cherché à reconstituer les débris de tabac sous forme de nappes utilisa- bles dans le commerce, par exemple en tant que charge pour cigarettes. Un procédé connu de retraitement des débris de tabac consiste à former un mélange de particules de tabac broyées, de liant et d'au moins 84 % en poids d'eau et d'étaler cette bouillie au moyen d'un cylindre alternatif sur une bande d'acier o elle est séchée pour former une nappe de tabac re- constitué. Toutefois, du fait de la teneur élevée en eau de la bouillie, le séchage de la nappe consomme une énergie consi- dérable, ce qui rend le procédé onéreux. Si on abaisse la teneur en eau de la bouillie à environ 30 % en poids, pour ré- duire les frais de séchage, il faut alors traiter la bouillie dans un système à plusieurs cylindres pour obtenir une nappe de l'épaisseur voulue. Or l'emploi d'un système à plusieurs cylindres augmente le prix de revient de la nappe car ce sys- tème est complexe, onéreux à l'achat et d'un entretien couteux. Le procédé suivant l'invention pour le formage d'une nappe continue de tabac consiste: a) à préparer une bouillie comprenant de 36,5 à 60 % en poids de particules de tabac broyé d'une dimension parti- culaire inférieure à 250 microns, 3,5 à 10 % en poids de liant et 30 à 60 % d'eau; b) à extruder cette bouillie entre deux cylindres tour- nant en sens inverse pour former une nappe extrudée; c) et à sécher la nappe. L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description détaillée qui va suivre et à l'examen des dessins annexés qui représentent, à titre d'exemples non limitatifs, plusieurs modes de réalisation de l'invention. Sur les dessins, les figures 1 et 2 représentent sché- matiquement chacune un mode de réalisation de l'installation pour la mise en oeuvre du procédé suivant l'invention. 2 2475364 On prépare une bouillie à partir de débris de tabac et d'une solution de liant. Les débris bruts composés de tiges et d'autres rebuts de tabac sont introduits par un conduit 2 dans un broyeur à marteau à sec 11. Le tabac est broyé en particu- les de dimensions inférieures à 250 microns et est acheminé par un conduit 13 à un trieur à air ou tamis 14. Dans le trieur 14, les particules de dimensions supérieures à 250 mi- crons sont séparées et évacuées par un conduit 15 pour être broyées de nouveau dans le broyeur 11. Les particules de tabac de dimensions acceptables sont alors acheminées par un conduit 16 vers un silo de stockage 17. A la sortie du silo, le tabac broyé est dosé dans un dispositif 18 et acheminé par une vis d'alimentation 36 vers un mélangeur à bouillie 19 par un conduit 20. On prépare la solution de liant pour la bouillie en mélangeant des additifs et de l'eau dans un mélangeur 21. Les additifs comprennent du carboxy-méthyl-cellulose de sodium (CMCS) et un agent mouillant de renforcement tel que du glyo- xal. La solution ainsi obtenue est pompée par une pompe 38 dans un réservoir 23 via un conduit 22. A la sortie du réser- voir, la solution est dosée dans un dispositif 24 et pompée par un conduit 25 vers le mélangeur à bouillie 19 au moyen d'une pompe 37. La bouillie introduite dans le mélangeur 19 par l'in- termédiaire des dispositifs doseurs 18 et 24 a une formule comprise dans les limites suivantes - teneur en CMCS 4 à 6 % en poids - teneur en glyoxal 0,5 à 2 % en poids sec - teneur en tabac broyé- 35 à 45 % en poids. Selon un mode de réalisation préféré de la composition suivant l'invention, la bouillie comprend 39,6 % de tabac, 4,5 % de CMCS et 0,9 % de glyoxal (poids sec), c'est-à-dire - 45 % de solides et 55 % d'eau. Une fois la bouillie intimement mélangée, on l'achemine par un convoyeur à vis 26 vers un autre réservoir 27. De ce réservoir 27, la bouillie est acheminée par une vis d'alimentation à vitesse variable 28 vers un ensemble de cylindres 29. L'ensemble de cylindres 29 comprend un con- voyeur à bande d'étalement en acier inoxydable 30 sur lequel 3 ú475364 on extrude la bouillie en la faisant passer sous un cylindre 31. Le cylindre 31 est entraîné de façon à tourner périphéri- quement dans le même sens que le convoyeur 30. On peut faire varier la vitesse de rotation du cylindre 31 au moyen d'un entraînement à vitesse variable 32 de façon à obtenir le rap- port de vitesse cylindre/convoyeur approprié qui est de 1 à 3. La nappe humide laminée obtenue circule sur le convoyeur 30 dans un four 33 o elle est séchée jusqu'à ce que sa teneur en humidité soit de l'ordre de 18 à 20 %. A l'extrémité du con- voyeur 30, la nappe séchée est détachée par une racle 34. La nappe peut ensuite être découpée longitudinalement ou trans- versalement au format voulu par un dispositif 35. La figure 2 représente un deuxième mode de réalisation d'installation pour la mise en oeuvre du procédé de l'inven- tion. Les références numériques 11 à 28 désignent des disposi- tifs identiques à ceux de la figure 1 et les étapes initiales de l'opération sont les mêmes. Cependant, dans ce cas, la bouillie préparée contient en tout de 60 à 70 % en poids de solides, c'est-à-dire qu'elle contient de 30 à 40 % d'eau. Une composition préférée contient 57,4 % de tabac, 6,4 % de CMCS, 1,2 % de glyoxal et 35 % d'eau. Cette teneur accrue en solides appelle un ensemble de cylindres tel que représenté en 39. L'ensemble de cylindres 39 comprend une paire de cylindres 40, 41 entraînés indépendamment l'un de l'autre de façon à tourner en sens inverse. On peut faire varier la vitesse de rotation du cylindre 40 au moyen d'un entraînement à vitesse variable 42. La nappe laminée obtenue tombe sur un convoyeur à toile métallique classique 44 et est séchée par passage sous un four jusqu'à ce que sa teneur en humidité soit de l'ordre de 18 à 20 %. A l'extrémité du convoyeur 44 la nappe séchée est déta- chée par une racle 46 et est découpée longitudinalement ou transversalement par un dispositif 47. Le tableau ci-après indique les diverses propriétés des nappes obtenues suivant le procédé de l'invention par rap- port à une nappe de tabac obtenue par un procédé classique. Résultats d'essais sur les propriétés physiques de la nappe Dimensions des Tnu Dimensions des Traction Allongement Poids de base eneur Rigidité Epaisseur particules de e (Nml1) M(% M) e t (n) (/1 la nappe extrudée (g m2) humidité (mN)mm/100) L4475364 Pour la fabrication de la nappe suivant l'invention, on peut utiliser d'autres liants, tels qu'une pectine ou au- tres gommes de cellulose naturelles ou synthétiques. La fabrication d'une nappe de tabac reconstitué sui- vant l'invention entraîne une économie d'énergie de l'ordre de à 1 par rapport à un procédé classique par coulée, avec une faible teneur en solides. Une partie du liant et des additifs peut être intro- duite dans le mélangeur 21, tandis que le reste est introduit directement dans le mélangeur 19. La bouillie peut également contenir d'autres additifs tels que des agents humidificateurs, modificateurs de combus- tion et aromates, ainsi que de faibles quantités de fibres de cellulose pour donner du corps à la nappe. La solution de liant peut comprendre, en poids de bouillie, de 3 à 6 % d'un liant de cellulose tel que du CMCS et de 0,5 à 2 % d'un agent de renforcement humide tel que du glyoxal. La préparation d'une bouillie, dont la composition est comprise dans la plage définie ci-dessus et comportant des particules ayant les dimensions précitées, permet l'extrusion des nappes de tabac au moyen d'un système de cylindres plus simple que ceux utilisés jusqu'ici, ce qui représente une économie d'énergie du fait du séchage réduit de la nappe. La simplicité du système de cylindres réduit également le prix de revient et d'entretien de l'installation. Bien entendu, l'invention n'est nullement limitée au mode de réalisation de l'exemple décrit et représenté, elle est susceptible de nombreuses variantes accessibles à l'homme de l'art, suivant les applications envisagées et sans s'écar- ter pour cela du cadre de l'invention. 6 ú475364 REVENDICATIONS 1. Procédé de fabrication d'une nappe continue de tabac, caractérisé en ce qu'on prépare une bouillie compre- nant de 35 à 60 % en poids de particules de tabac broyé ayant moins de 250 microns, de 4 à 10 % en poids d'un liant et de à 60 % en poids d'eau; on extrude la bouillie entre deux cylindres tournant en sens inverse pour former une nappe ex- trudée; et on sèche la nappe. 2. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'on extrude la bouillie entre les cylindres sur un con- voyeur à toile métallique sur lequel on sèche ladite bouillie. 3. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce que l'un des cylindres supporte un convoyeur sans fin de coulée sur lequel la bouillie est extrudée et séchée. 4. Procédé suivant la revendication 2, caractérisé en ce que la bouillie comprend 65 % en poids de particules de tabac broyé. 5. Procédé suivant la revendication 3, caractérisé en ce que la bouillie comprend 40 % en poids de particules de tabac broyé. 6. Procédé suivant l'une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que le liant comprend de 3 à 6 % en poids de la bouillie d'un liant à base de cellulose et de 0,5 à 2 % en poids de la bouillie d'un agent de renforcement humide. 7. Procédé suivant la revendication 6, caractérisé en ce que le liant constitue de 4 à 6 % en poids de la bouillie. 8. Procédé suivant l'une des revendications 1 à 7, caractérisé en ce qu'on sèche la nappe extrudée jusqu'à ce que sa teneur en humidité soit de 18 à 20 %. 9. Produit à fumer à base de tabac, caractérisé en ce qu'il est fabriqué suivant le procédé de l'une des revendica- tions 1 à 8.