Matériaux de construction à base d'hydroxyde d'aluminium et procédé pour les fabriquer. La présente invention se rapporte à un matériau de construction tel que des plaques pour plafonds et parois, et elle concerne plus Particulièrement un-matériau de construction dont l'élément principal est l'hydroxyde d'aluminium renforcé d'un-matériau fibreux; la présente invention concerne également un procédé pour fabriquer ce matériau de construction. Il va sans dire que l'industrie de la construction utilise cou- ramment une grande variété de matériaux de construction en fonction des exigences particulières de la construction et de son emplacement. Les exi- gences relatives aux matériaux de construction sont tellement diverses qu'un matériau approprié à une construction n'est pas toujours utilisable dans une autre. Cependant, plusieurs caractéristiques ont toujours une im- portance fondamentale dans n'importe quel type de construction et, parmi ces caractéristiques, on mentionnera par exemple, les résistances mécani- ques, la non-inflammabilité ou l'inflammabilité retardée, l'isolation ther- mique et acoustique ainsi que le bas prix de revient. En ce qui concerne le bas prix de revient des matériaux de cons- truction, si on peut traiter ou transformer des déchets industriels pour en faire des matériaux de construction présentant des caractéristiques satis- faisantes, on peut obtenir simultanément un double avantage: la dispari- tion du problème de la pollution de l'environnement,causée par des déchets encombrants, et le bénéfice commercial réalisé avec des matériaux de cons- truction produits à partir de ces déchets à un prix de revient remarquable- ment bas. En conséquence, on a assisté à diverses tentatives d'utilisation de déchets industriels inutiles pour fabriquer des matériaux de construc- tion. On connaît malheureusement très peu d'exemples de réussite de fabri- cation de matériaux de construction excellents et appropriés à un usage pratique, dont la matière principale de base est un déchet industriel par ailleurs inutile ou même nuisible. Si l'on considère maintenant d'une manière générale les indus- tries qui présentent un problème sérieux d'élimination des déchets, de ma, nière à éviter la pollution de l'environnement, les usines fabriquant des articles en aluminium sont bien connues pour les difficultés qu'elles ren- contrent à se débarrasser de leurs déchets. Comme il est bien connu de l'homme de l'art, les articles en aluminium fabriqués au cours des derniè- res années sont rarement utilisés bruts de filage à la presse, de fonderie ou d'un autre moyen de formage, les surfaces -métalliques de l'aluminium restant à découvert; presque toujours, ces articles sont utilisés après avoir subi un finissage de la surface, Le procédé de finissage de la surface le plus largement utilisé dans l'industrie de l'aluminium est, bien entendu, l'anodisation de surfa- ce dans laquelle la surface de l'article en aluminium est électrolytique- ment oxydée dans-un bain électrolytique acide de manière à être recouver- te d'une couche mince -mais dense d'alumine qui lui donne une plus grande stabilité chimique et physique ainsi que de l'esthétique. Une difficulté due au traitement d'anodisation des articles en aluminium réside dans le fait qu'une quantité importante d'aluminium est inévitablement dissoute dans le bain électrolytique, et cet aluminium ainsi dissous précipite fi- nalement sous la forme d'hydroxyde d'aluminium amorphe lorsque la solu- tion électrolytique est neutralisée en vue de son élimination. L'hydroxyde d'aluminium ainsi précipité forme généralement des boues analogues à un gel, contenant des quantités importantes d'impuretés provenant des divers stades de fabrication des articles en aluminium, telles que des sulfates et, par exemple, du sulfate d'aluminium, du sul- fate oxydéhydraté d'aluminium, du sulfate de sodium et autres sulfates analogues, ainsi que de l'aluminate de sodium. Les boues analogues à un gel contiennent habituellement des quantités importantes d'eau, par exem- ple de 70 à 90 ' en poids, mais elles sont difficilement filtrables de sorte que le séchage de ces boues d'hydroxyde d'aluminium est pratiquement impossible. Par conséquent, dans l'art antérieur, la seule façon d'élimi- ner les boues d'hydroxyde d'aluminium consiste à les déverser sur des ter- rains amendés ou dans l'océan sous leur forme analogue à un gel. Bien entendu, ce procédé d'élimination des déchets n'est pas tout à fait acceptable, même si l'on écarte la question du prix élevé du transfert de ces déchets aqueux sur des terrains amendés ou dans l'océan. Par exemple, un terrain amendé qui reçoit ces boues analogues à un gel pré- sente naturellement une résistance mécanique faible du sol, ce qui a pour résultat une moindre utilisation du terrain. Le déversement de ces boues dans l'océan est également soumis à des réglementations afin d'empêcher la pollution de l'eau. L'élimination des boues d'hydroxyde d'aluminium analo- gues à un gel représente donc le problème le plus embarrassant de l'indus- trie de la fabrication des- articles en aluminium. La présente invention a donc pour objet de fournir un matériau nouveau de construction constitué principalement d'hydroxyde d'aluminium amorphe transformé au moins partiellement en ettringite par réaction avec une matière calcifère et mis à la forme désirée à l'aide d'une-matière fi- breuse de renfort. Les propriétés mécaniques du corps formé peuvent en ou- tre être améliorées par l'utilisation combinée d'un matériau hydraulique tel que le ciment Portland. Un autre objet de la présente invention est de fournir un pro- cédé nouveau et perfectionné pour fabriquer le matériau de construction mentionné ci-dessus à partir des boues d'hydroxyde d'aluminium analogues à un gel, mentionnées ci-dessus, produites dans le procédé d'anodisation de surface d'articles en aluminium. Dans le procédé qui fait l'objet de la présente invention, les boues d'hydroxyde d'aluminium amorphe analogues à un gel sont d'abord mé- langées à une matière calcifère, telle que la chaux ou le gypse, avec la- quelle elles réagissent du moins partiellement pour former de l'ettringite 6 CaO A1203.3S02'31H20; les boues d'hydroxyde d'aluminium contenant l'et- tringite sont mélangées à une matière fibreuse de renfort et, si on le dé- sire, à un ciment Portland, après quoi elles sont-mises à la forme désirée et séchées. Le matériau de construction décrit ci-dessus et qui fait l'objet de la présente invention, est très avantageux pour l'industrie de la cons- truction car, outre son prix de revient remarquablement bas, il présente une résistance-mécanique élevée due à la structure entravée de la matière fibreuse de renfort, de l'hydroxyde d'aluminium et (ou) de l'ettringite, et une excellente inflammabilité retardée ou non-inflammabilité due à la grande quantité d'eau de cristallisation contenue dans l'ettringite sui- vant la formule donnée ci-dessus. Comme on l'a indiqué ci-dessus, le principal matériau de base utilisé dans la présente invention est constitué de boues d'hydroxyde d'alu- minium amorphe analogues à un gel, produites en grande quantité sous for- me de déchets difficiles à éliminer dans le traitement d'anodisation d'ar- ticles en aluminium. Ces boues contiennent généralement de 70 à 90 % d'eau en poids ou, en d'autres termes, seulement 10 à 30 % de matières solides en poids, et elles présentent une bonne fluidité. Les boues contiennent plusieurs genres d'impuretés provenant des divers stades du traitement d'anodisation, y compris le traitement préliminaire et le traitement ulté- rieur. Par exemple, la solution alcaline épuisée contenant de l'aluminate de sodium forméeau cours du traitement préliminaire de dégraissage à l'hy- droxyde de sodium et suivant le lavage à l'eau, se combine aux solutions acides épuisées formées pendant l'anodisation dans un bain d'électrolyte acide, et pendant le lavage ultérieur à l'eau des articles en aluminium contenant de i uluriq&e du lfate d'aluminium, du sulfate oxy- déhydraté d'aluminium et d'autres produits analogues selon les conditions de neutralisation. Les boues 'hy drox e d'almiiiniim sont mélangées à une quantité appropriée de matièr-. c:iifère avec laquelle peut réagir l'hydroxyde d'alu- minium pour former de l'ettringite en coop6ration avec des constituants sul- fatés présents dans les boues. Divers genres de matières calcifères sont appropriées à cette action, y compris la chaux vive ou la chana éteinte, c'est-adire l'oxyde de calcium ou l'hydroxyde de calcium, le carbonate de calcium, le gypse, c'est-a-dire le sulfate de calcium, et autres pro- duits analogues. Les chaux sont préférées du fait de leur pouvoir élevé de réaction avec l'hydroxyde d'aluminium. Par exemple, le résidu d'hydroxyde de calcium produit par la réaction du carbure de calcium avec l'eau pour former du gaz acétylène, est utilisé de-manière appropriée. On préfère par- fois l'oxyde de calcium, cependant, parce que l'oxyde de calcium est effica- ce pour contrôler la teneur en eau des boues résultantes, en réagissant avec l'eau contenue dans les boues pour former de l'hydroxyde de calcium, et pour élever la température du mélange grâce à la chaleur de réaction avec l'eau, ce qui accélère la formation de l'ettringite. Bien entendu, si on le désire, on peut diluer davantage les boues avec une quantité supplé- mentaire d'eau, mais aucune addition d'eau n'est normalement nécessaire du fait de la teneur élevée en eau des boues d'hydroxyde d'aluminium de départ. Le sulfate de calcium, c'est-à-dire le gypse, est également une matière calcifère bon marché obtenue, par exemple, dans la désulfurisation des gaz d'échappement provenant de la combustion de l'essence. Le gypse déshydraté est préféré, bien que le gypse anhydre et le gypse calciné ou plâtre de Paris puissent être utilisés. Il est parfois avantageux d'utiliser deux ou plusieurs types de matières calcifères en combinaison. En particulier, l'utilisation combinée d'oxyde de calcium et de gypse déshydraté est re- commandée lorsque l'équilibre entre les ions d'aluminium, de calcium et de sulfate doit être pris en considération pour faciliter la formation de l'ettringite. La quantité de matière calcifère à ajouter aux boues d'hydroxyde d'aluminium dépend naturellement de la composition des boues ainsi que du type de matière calcifère, encore que cette dépendance ne se limite pas par- ticulièrement à ces deux facteurs. On doit bien noter que l'utilisation d'une quantité excessivement importante d'oxyde de calcium ou d'hydroxyde de calcium n'est pas souhaitable car la chaux libre restant dans le pro- duit résultant et qui n'a pas réagi avec l'hydroxyde d'aluminium est pré- judiciable à la stabilité du -matériau de construction qui fait l'objet de la présente invention. A ce sujet, une formule préférée est la suivante kg de boues d'hydroxyde d'aluminium sont d'abord mélangés avec 15 à kg d'oxyde de calcium et ce mélange est lui-même mélangé avec du gypse désyhdraté, dans la proportion de 1 à 1,2 fois ou, encore mieux, de 1,15 à 1,2 fois en poids la quantité sèche du mélange d'oxyde de calcium et de boues. Les boues d'hydroxyde d'aluminium ainsi mélangées uniformément avec la matière calcifère conservent leur fluidité, malgré l'augmentation lia de la température due à la chaleur de réaction avec l'eau lorsque la chaux est utilisée comme -matière calcifère. On laisse ensuite reposer le mélange à la température ambiante ou au-dessus de cette température, pendant 24 à 48 heures, de sorte que la réaction a lieu entre l'hydroxyde d'aluminium amorphe et la matière calcifère afin de former l'ettringite dont la for- mule est 6CaO.Al203.3S03.31H20. On peut, si on le désire, accélérer la ré- action en chauffant le mélange lorsqu'on dispose d'un moyen approprié de chauffage. La formation de l'ettringite est facilement détectable par l'a- nalyse par diffraction des rayons X et la réaction se poursuit jusqu'à ce que le mélange, qui est le siège de la réaction, ait atteint une stabilité sensible. Comme le montre l'analyse par diffraction des rayons X, après que la réaction est terminée, le mélange contient presque toujours plusieurs autres composés cristallins tels que la calcite, la gibbsite, la woodfor- dite et autres composés analogues, en plus de l'ettringite, selon la compo- sition des boues de base ainsi que le genre de matière calcifère. Le stade suivant est le mélange d'une matière fibreuse de ren- fort aux boues d'hydroxyde d'aluminium analogues à un gel, obtenues ci- dessus et au moins partiellement transformées en ettringite. Lorsqu'une matière fibreuse a été mélangée et bien intégrée aux boues, la coagulation a lieu dans le mélange lorsque les fibres sont entravées par la masse, ana- logue à un gel, d'hydroxyde d'aluminium et (ou) d'ettringite présente dans les boues. La matière fibreuse peut être organique ou inorganique selon les besoins. Les matières fibreuses organiques appropriées comprennent: la pâte de bois, les fibres cellulosiques séparées obtenues par le battage de papiers-mis au rebut, et divers genres de peluches fibreuses provenant d'usi- nes de traitement des fibres telles que les filatures et les usines de tis- sage. Ces matières fibreuses organiques sont préférées lorsqu'on désire obtenir des matériaux légers de construction présentant une bonne isolation thermique. D'autre part, les matières fibreuses inorganiques appropriées comprennent t l'amiante, la laine minérale, les fibres de verre et autres matières analogues et elles sont préférées lorsqu'on recherche une non- inflannmmabilité élevée ou une inflammabilité retardée du matériau de cons- truction suivant la présente invention. La quantité de matière fibreuse utilisée est naturellement dé- terminée en fonction de difers facteurs. On doit bien noter qu'aucune ré- sistance mécanique satisfaisante, et en particulier de résistance à la flexion, ne peut t ore donnée au matériau de construction fini qui fait l'objet de la pîêseînte inventien, lorsque la quantité utilisée de matière fibreuse de renfort est trop faible. L intégration ainsi obtenue de la maitière fibreuse de renfort au mélange contenant de 'ettringite permet de donner aU matériau de construction la forme désirée de plaques pour plafonds ou parois et autres formes analogues; pour cela3 on utilise un procédé approprié de mise en forme qui est fonction de la consistence du imlange. il comnient de noter que ce mélange est lui-même-mélangé ensuite à un matériau hydraulique, c'està-dire à un matériau durcissable par réaction avec l'eau, tel qu'un ciment Portland ou du gypse. Divers genres de ciments hydrauliques sont également appropriés et, au lieu de ciment Portland, on peut utiliser du ciment alumineux, du ciment de laitier de haut-fourneau, du ciment sili- ceux et autres ciments analogues. Lorsqu'on recherche un processus de mise en forme industriellemient avantageux, il est recommandé d'utiliser un ci- ment à résistance initiale élevée en combinaison avec du gypse. Bien que le -mélange supplementaire avec un matériau hydraulique soit optionnel, les proportions reconmmnandées en poids de mélange contenant de 1 'ettringite, de matiére fibreuse de renfort etde matériau hydraulique sont les suivantes pour une fourmule classique: de 20 à 80 % ou, mieux en- core, de 40 5 60 %e de mélange contenant de l1ettringite; de 15 à 55 % ou, mieux encore, de '30 50 Z de matériau hydraulique; et de 10 à 55 % ou, mieux encore, de 15 a 25 % ide matière fibreuse de renfort. L'addition du matériau hydraulique a pour effet d'améliorer l'aptitude au moulage du mé- lange, la résistance miécanique et la stabilité dimensionnelle du matériau de construction fini. Le mélange contenant de l'ettringite, auquel on a ajouté la ma- tière fibreuse de renfort avec ou sans addition de matériau hydraulique, est ensuite mis à la forme désirée telle qu'une plaque pour plafond ou pa- roi, à l'aide d'un procédé approprié de formage similaire à celui qui est utilisé, par exemple, dans la fabrication de plaques en fibrociment, Le matériau de construction qui fait l'objet de la présente invention et qui est fabriqué de la manière décrite ci- 1,3 kg/cm3 après prise complète et séchage. En conséquence, par ces carac- téristiques avantageuses, le-matériau de construction qui fait l'objet de la présente invention est très utile pour la construction non seulement d'usines et d'entrepôts--mais également d'immeubles d'habitation en géné- ral lorsqu'on prévoit un finissage esthétique ou décoratif de la surface du matériau de construction. Il convient de noter que, lorsqu'on utilise la chaux, c'est-à- dire l'oxyde de calcium ou l'hydroxyde de calcium, comme matière calcifère, la présence de chaux libre dans leimatériau de construction fini n'est pas souhaitable, en raison de la diminution de la résistance mécanique et de la stabilité du matériau dans le temps; il est donc souhaitable de transformer la chaux libre en une forme stable telle que le gypse. A ce sujet, il est parfois avantageux d'ajouter un sulfate, tel que le sulfate d'aluminium, au mélange avant sa-mise en forme de telle sorte que la chaux libre soit trans- formée en gypse, c'est-à-dire en sulfate de calcium, par la double réaction de décomposition. Il convient de noter en outre qu'on peut obtenir une certaine amélioration de la résistance mécanique, par exemple dela résistance à la flexion, en remplaçant partiellement l'hydroxyde d'aluminium qui constitue les boues d'hydroxyde d'aluminium analogues à un gel, par un hydroxyde d'aluminium de qualité commerciale et qui est plus ou moins cristallin. Dans certains des cas les plus favorables, on peut augmenter la résistance à la flexion du matériau de construction résultant,de 20 à 35 % par rapport à la valeur obtenue si on ne remplace pas une partie des boues d'hydroxyde d'aluminium par de l'hydroxyde d'aluminium cristallin. Ce remplacement ne doit pas cependant se faire dans une proportion supérieure à 20 ' de la quantité totale d'hydroxyde d'aluminium constituant le mélange car la ré- sistance mécanique du matériau de construction diminue plutôt lorsque ce dernier contient une quantité excessive d'hydroxyde d'aluminium cristallin. En outre, il serait désavantageux sur le plan économique d'utiliser une trop grande quantité de ce matériau relativement coûteux. Par conséquent, le remplacement se fera dans une proportion égale,de préférence, à 15 % ou moins ou, de préférence, entre 3 et 10 % On donnera -maintenant quelques exemples, pour illustrer plus en détail la présente invention, mais sans aucune intention de limiter en -quoi que ce soit la portée de la présente invention. D;:s r - - 3e 1 e lues B'hydroxyde analogues à un gel et provenant d'une usine d'anodisation d'articles en aluminium, ont été mélan- gees avec de 'ode: 4. calcium et du ypse déshydraté qui était le sous- proadui obtenu dan i d4sulfurisation des gaz d'échappement provenant de la combustion de 1:ince. Les quantités de chaux et de gypse ajoutées ont été respectiveéent de 5 kg et de 35 kg pour 40 kg de matière sèche dans les boues. En Rélangeant l'oxyde de calcium, on a fait monter de manière notable la teipérature du mélange et, après un mélange complet, on a laissé reposer pendant 48 heures l'ensemble qui a consevé une certaine fluidité. L'analyse du mélange par diffraction des rayons X après 48 heures de repos, a indiqué que le constituant calcium avait presque complètement réagi et qu'il s'était transformé en ettringite. Les boues contenant de l'ettringite ainsi obtenue ont été mélan- gées ensuite avec 8 kg de pâte de bois et 12 kg d'amiante. Lorsque ces ma- tières fibreuses ont été bien intégrées aux boues, la matière solide des boues contenant l'ettringite a entravé les fibres de la pâte et de l'amiante et les a coagulées. Le iflange ainsi obtenu était relativement sec et ca- pable d'être décomposé en blocs sensiblement sans eau libre. On a donné au mélange la forme d'une plaque de 6,8 mm d'epais- seur par des techniques analogues à celles qu'on utilise dans la fabrica- tion des plaques de fibrociment, c'est-à-dire à l'aide d'une calandre pour feuilles sous un effort de compression lineaire de 35 kg/cm et le durcisse- ment de la plaque ainsi formée s'est poursuivi pendant 7 jours, suivis d'un séchage complet pour obtenir une plaque finie. La plaque avait un poids spé- cifique apparent de 0,94 g/cm3 et une résistance à la flexion de 82,9 kg/cm2, ces valeurs étant des moyennes établies sur 100 plaques préparées de la mê- me manière. Les plaques ont été utilisées comme matériau de construction. Dans un deuxième exemple, on a suivi sensiblement le même proces- sus expérimental que dans l'exemple 1, sauf qu'on a ajouté 10 kg de ciment Portland aux boues contenant l'ettringite, en même temps que les matières fibreuses dont les fibres cellulosiques n'étaient pas de la pâte de bois mais une pâte de récupération obtenue à partir de papiers mis au rebut. Le matériau résultant constituant les plaques avait un poids spécifique apparent de 1,15 kg/cm3 et une résistance à la flexion de 128,5 kg/cm2, ces valeurs étant des moyennes établies sur 100 plaques pré- parées de la même manière. Dans un troisième exemple, on a suivi sensiblement le même pro- cessus expérimental que dans l'exemple 2, sauf qu'on a ajouté 3 kg d'hydro- xyde d'aluminium de qualité conmmerciale au mélange formé dans les boues d'hydroxyde d'aluminium analogues à-un gel, de l'oxyde de calcium et du gypse. Le matériau résultant constituant les plaques avait un poids spécifique apparent de 1,17 g/cm3 et une résistance à la flexion de 176,5 kg/cm2, ces valeurs étant des moyennes établies sur 100 plaques préparées de la même manière. La présente invention n'est pas limitée aux exemples de réali- sation qui viennent d'être décrits, elle est au contraire susceptible de variantes et de modifications qui apparaîtront à l'homme de l'art. R E Y E N D I C A T I 0 N S 1, Matériau de construction caractérisé en ce qu'il est formé d'un mélange uniforme comprenant un hydroxyde d'aluminium amorphe trans- fornié au moins partiellement en ettringite par la réaction de boues d'hy- droxyde d'aluminium analogues à un gel avec une matière calcifère et une matière fibreuse de renfort. 2. Matériau de construction suivant la revendication 19 carac- térise en ce que la matière fibreuse de renfort est une matière fibreuse cellulosique. 0 3. Matériau de construction suivant la revendication 1, carac- térisé en ce que la matière 'fibreuse de renfort est l'amiante, 4. Matériau de construction suivant la revendication 1, carac- térisé en ce que la matière calcifère est l'oxyde de calcium ou 1 'hydro- xyde de calcium. 5. Matériau de construction suivant la revendication 1, carac- terisé en ce que la matière calcifere est le gypse. 6. Matériaude construction suivant la revendication 4, caractée- risé en ce qu'il est sensiblement exempt d'oxyde de calcium ou d'hydroxyde de calcium n'ayant pas reagi. 7. Matériau de construction suivant la revendication 1, carac- térisé en ce que le mélange comprend en outre un matériau hydraulique. 8. Matériau de construction suivant la revendication 7, carac- térisé en ce que ce-matériau hydraulique est un ciment Portland. 9. Procéde de fabrication d'un matériau de construction formé d'un mélange comprenant un hydroxyde d'aluminium amorphe transformé au moins partiellement en ettringite par la réaction de boues d'hydroxyde d'alumi- nium analogues à, un gel avec une matière calcifère et une matière fibreuse de renfort, ce procédé étant caractérisé en ce qu'il comprend les stades de a) mélange d'une matière calcifère avec des boues d'hydroxyde d'alumi- nium analogues à un gel de manière à provoquer une réaction entre l'hydro- xyde d'aluminium analogue à un gel et la matière calcifère afin de former l'ettringite; b) addition d'une-matière fibreuse de renfort au mélange ob- tenu contenant l'ettringite, de telle sorte que les fibres de la matière fibreuse de renfort soient entravées par la matière solide dans le mélange contenant l'ettringite; c) mise en forme du mélange contenant l'ettringite et la matière fibreuse de renfort, de manière à constituer un corps ayant la forme d'un matériau de construction; et d) séchage du corps ainsi cons- titué en forme de matériau de construction. 10. Procéde suivant la revendication 9, caractérisé en ce que 11i la matière calcifêre est l'oxyde de calcium. 11. Procédé suivant la revendication 9, caractérisé en ce que la matière calcifère est une combinaison d'oxyde de calcium et de gypse. 12. Procédé suivant la revendication 9, caractérisé en ce que la matière fibreuse de renfort est une pâte de fibres cellulosiques. 13. Procédé suivant la revendication 9, caractérisé en ce que la matière fibreuse de renfort est l'amiante. 14. Procédé suivant la revendication 9, caractérisé en ce qu'il comprend en outre l'addition d'un matériau hydraulique au mélange, en même temps que la -matière fibreuse de renfort. 15. Procédé suivant l'une des revendications 10 ou 11, carac- térisé en ce que du sulfate d'aluminium est ajouté au mélange après la réaction de l'hydroxyde d'aluminium analogue à un gel avec la matière cal- cifêre afin de transformer en sulfate de calcium, par une double réaction de décomposition, l'oxyde de calcium qui n'a pas réagi. 16. Procédé suivant la revendication 9, caractérisé en ce que l'hydroxyde d'aluminium amorphe, présent dans les boues d'hydroxyde d'alu- minium analogues à un gel, est remplacé en partie par un hydroxyde d'alu- minium cristallin. 17. Procédé suivant la revendication 14, caractérisé en ce que le-matériau hydraulique est un ciment Portland.