PROCEDE D'INCRUSTATION ET PRODUITS OBTENUS PAR CE PROCEDE La présente invention a trait à un procédé d'incrustatoq, en particulier, mais non exclusivement, de métaux danse a laque polyester ainsi qu'aux produits obtenus par ce procédé. L'effet décoratif obtenu par incrustation de métaux est connu depuis très longtemps et peut être appliqué à de très nombreux objets : meubles, panneaux, objets d'art etc... Les techniques employées jusqu'à ce jour ne peuvent être acquises que par quelques artisans d'art hautement qualifiés et très spécialisés car ces techniques néces sitent un travail particulierement minutieux et délicat. Compte tenu de la précision nécessaire à l'usinage et à l'ajustage des pièces à encastrer et de leur support, le travail est long et donc très onéreux. Par ailleurs, s'il est possible d'effectuer suivant ces méthodes des incrustations dans des matériaux de base tels que le bois, les métaux etc..., l'incrustation dans certains matériaux comme la laque polyester est impossible car ces matériaux sont cassants et ne peuvent être ni sculptés, ni ciselés. Certaines tentatives pour améliorer ces techniques ont vu le jour sans toutefois donner entière satisfaction. C'est ainsi que dans le brevet français 1 237 895, il est décrit un procédé d'incrustation dans lequel une pièce de matériau dur est découpée et collée sur un support, un matériau durcissant étant ensuite répandu autour de cette pièce jusqu'à affleurer sa surface supérieure. Après durcissement, le polissage ou le ponçage de l'ensemble confère à celui-ci son aspect décoratif définitif. Certes, un tel procédé permet d'obtenir en série des objets offrant un aspect de travail artisanal d'incrustation ou de marqueterie.Cependant, le decoupage de pièces en matériau dur ne peut se faire de façon industrielle ou tout au moins reproductive que pour des pièces présentant un certain volume et exclut de ce fait tout élément de décoration de grande précision, par exemple de la taille d'une tête d'épingle ou de faible grandeur transversale, par exemple de l'ordre de quelques dizièmes de millimètres. D'autre part, le fait de répandre la matière durcissante provoque une mauvaise répartition de cette matière, nuisible à son aspect décoratif et due à des phénomènes de capillarité empêchant un remplissage optimum des cavités situées entre le support et la pièce découpée, ainsi qu'à des phénomènes exothermiques provoquant, en particulier pour la laque polyester, des bouillonnements générateurs de bulles et de craquelages. Par ailleurs, le brevet français 1.446.422 décrit un procédé de marquage ou de décoration consistant à obtenir par moulage ou formage des reliefs sur un support, à recouvrir ce support d'une teinture, puis à usiner ce support pour mettre à nu les parties en relief. Un tel procédé qui vise à fournir un motif en relief sur le support permet sans aucun doute la fabrication industrielle de plaques minéralogiques ou analogues etc..., mais ne permet pas d'obtenir des effets décoratifs poussés, en particulier de très petites dimensions, et le relief persistant ne procure pas l'aspect fini d'une surface lisse et polie. L'objectif principal de la présente invention est de remédier à ces inconvénients et propose un procédé d'incrustation industriel, relativement rapide et de coût réduit, et permettant l'obtention de surface lisse et polie présentant des incrustations de toutes dimensions, en particulier de dimensions réduites, de l'ordre de quelques dizaines de mm. Un autre objectif de la présente invention est de fournir un procédé industriel d'incrustation de métaux dans de la laque polyester. La caractéristique essentielle du procédé d'incrustation selon la présente invention réside dans le fait que on réalise en reliefs et creux sur une plaque constituée du matériau à incruster, une gravure correspondant au motif d'incrustation, on applique sur toute la plaque une pluralité de couches successives de laque couvrant aussi bien les reliefs que les creux de celle-ci de façon à obtenir une surface laquée continue, après durcissement de'la laque, on élimine une épaisseur prédéterminée de laque et de plaque de fa çon à atteindre le niveau de relief rendant le motif d'incrustation apparent, on polit la surface en vue de conférer un aspect lisse et brillant aux parties laquées et aux incrustations apparentes. Une autre caractéristique du procédé selon la présente invention réside dans le fait qu'avant d'appliquer les couches de laques, on applique une couche d'impression opaque de même couleur que la laque, en vue de masquer la plaque gravée et d'éviter que le matériau de celle-ci puisse apparaitre par transparence à travers les faibles épaisseurs de laque. D'autres caractéristiques du procédé d'incrustation selon l'invention et des produits obtenus par ce procédé seront mises en évidence par la description ci-après, en regard des dessins annexés, donnés à titre d'exemple et dans lesquels la figure 1 représente une vue en perspective d'un élément de décoration conforme à l'invention, les figures 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9 illustrent en coupes schématiques les étapes du procédé de l'invention, la figure 10a est une coupe à échelle dilatée correspondant à celle de la figure 8, cependant que les figures 10b et 10c montrent en vue de dessus les deux motifs d'incrustation obtenus en ponçant l'élément jusqu'à deux niveaux différents. Dans l'exemple qui suit, le procédé conforme à l'invention consiste à incruster un métal, du laiton par exemple, dans de la laque polyester. Il est bien évident que ces matériaux sont choisis à titre d'exemple non limitatif et que le procédé peut être appliqué à d'autres matériaux. A la figure 1, on aperçoit un élément de décoration fini 1, de surface supérieure plane, lisse et polie, comportant des motifs d'inscrustation tels que 2. La grandeur de cet élément peut être quelconque : il peut être de la taille d'une boite d'allumettes, peut être un panneau mural ou encore un dessus de meuble. On se rend compte que s'il s'agit d'un élément de la taille d'une boîte d'allumet- tes, aucun procédé industriel connu jusqu'à ce jour ne permet l'obtention de motifs incrustés aussi fins que la pointe 2a du point d'exclamation ou que le symbole central 2b. Pour obtenir ce résultat, on utilise une plaque 3 (figure 2) constituée par le matériau que l'on veut incruster, en l'exemple du laiton. Cette plaque 3, convenablement dégraissée, est gravée de sorte que le motif final apparaisse en relief. Sur la figure 3, on a représenté en coupe schématique les motifs de la figure 1. Ces motifs sont inscrits dans un cadre 4. La gravure est effectuée selon une méthode connue en soi et l'homme de l'art pourra déterminer la méthode la mieux appropriée selon certains critères tels que la nature du matériau, les dimensions de la plaque support, en particulier son épaisseur, les motifs eux-mêmes, etc... La gravure peut donc faire appel à un procédé manuel mécanique, chimique ou photochimique. Certains de ces procédés présentent l'avantage d'être facilement reproductible donc industrialisable et également de pouvoir, à partir d'un original, obtenir les motifs dans des tailles différentes par réduction ou agrandissement. La plaque 3 ainsi gravée est ensuite collée sur l'élément-support 5 à décorer, par exemple un panneau de bois (figure 4). On applique ensuite une couche d'adhérence 7 en vue de favoriser l'adhérence des couches suivantes sur le métal (Fig. 5). Par ailleurs, notamment lorsque la gravure est peu profonde, la plaque 3 pourrait être visible par transparence aux endroits où la laque se trouve peu épaisse (en fin de procédé) ; pour éviter ce défaut, on applique sur la plaque gravée rendue adhérente, par exemple par vaporisation, une couche d'impression opaque 8 de la même couleur que la laque (Fig. 5). On applique ensuite (Figures 6, 7 et 8) plusieurs couches successives de laque 10, 11, 12 de façon à recouvrir entièrement la plaque 1. Plusieurs couches minces, par exemple au nombre de 8 à 10, sont appliquées successive ment d'une part pour limiter les réactions exothermiques et d'autre part, pour éliminer les phénomènes de capillarité sur les bords des creux de la plaque, phénomènes qui empêcheraient une bonne adhésion de la laque sur ces bords et favoriseraient des craquelages. Ces couches sont appliquées les unes après les autres lorsque la polymérisation de la couche précédente n'est pas encore terminée. Lorsque la polymérisation de la dernière couche de laque est terminée, on ponce (figure 9) l'ensemble obtenu de façon à éliminer une épaisseur prédéterminée de celui-ci et à atteindre le niveau de relief rendant apparent le motif d'incrustation désiré. Le fini est ensuite obtenu par polissage. Grâce aux figures 10a, 10b, 10c, on peut se rendre compte de l'importance de cette opération tendant à éliminer en surface une épaisseur donnée : un ponçage pratiqué jusqu'au niveau B proche de la surface supérieure des reliefs de la plaque 3 (Fig. 10a) donnera un motif d'incrustation 13 (Fig. 10b) différent de celui 14 (Fig. 10c) résultant d'un ponçage plus profond jusqu'au niveau C. I1 est à noter que certaines phases du procédé ne sont pas toujours indispensables. C'est ainsi que pour décorer des éléments métalliques, par exemple des piètements de meubles, il n'est pas nécessaire de coller un élé menBsupport sur l'élément métallique : ce dernier est constitué par le piètement lui-même, la gravure s'effectuant directement dans le métal dudit piètement. De même, lorsqu 'on utilise une plaque de forte épaisseur, il n'est pas nécessaire d'appliquer la couche d'impression opaque Si la profondeur de la gravure et l'épaisseur de la laque sont telles que des phénomènes de transparence ne soient pas à craindre. Le terme de "plaque" employé n'est pas limitatif, celle-ci pouvant avoir toute forme adaptée à celle de l'élément à décorer et constituer l'élément à décorer lui-même. Dans la description qui précède, le procédé a été décrit pour l'incrustation d'une seule plaque. I1 est cependant possible de traiter sir,rultanément plusieurs plaques juxtaposées ou imbriquées, par exemple constituées de métaux différents en vue d'obtenir d'autres effets décoratifs. Enfin, il est évident que de nombreuses modifications pourraient être apportées car l'invention ne se limite pas à la description qui précède, mais en comprend au contraire toutes les variantes ; en particulier, on peut faire subir à la plaque un traitement de surface ou appliquer sur cette plaque une couche d'adhérence facilitant la liaison de la laque avec la plaque support. En outre, il est possible d'effectuer par électrolyse un fin dépôt (dorure, argenture ou autre) sur les incrustations métalliques apparentes en vue d'accroître l'aspect hautement décoratif de l'ensemble ou d'obtenir une protection durable, sans consommation excessive de produits précieux. REVENDICATIONS 1/ - Procédé d'incrustation en vue de faire apparaître dans de la laque un motif d'incrustation en un matériau déterminé, en particulier en métal, caractérisé par la combinaison des opérations suivantes on réalise en reliefs et creux sur une plaque (3) constituée du matériau à incruster, une gravure correspondant au motif d'incrustation (2), on applique sur toute la plaque (3) une pluralité de couches successives de laque (10, 11, 12) couvrant aussi bien les reliefs que les creux de celle-ci de façon à obtenir une surface laquée continue, après durcissement de la laque, on élimine une épaisseur prédéterminée de laque et de plaque de fa çon à atteindre le niveau de relief rendant le motif d'incrustation apparent, on polit la surface en vue de conférer un aspect lisse et brillant aux parties laquées et aux incrustations apparentes. 2/ - Procédé d'incrustation selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on applique sur la plaque (3) un traitement de surface adapté pour favoriser l'adhérence des couches suivantes disposées sur ladite plaque. 3/ - Procédé d'incrustation selon l'une des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que, préalablement à l'application de la laque, l'on applique sur la plaque (3) une couche opaque d'impression (8) de la même couleur que la laque en vue de masquer la plaque et d'éviter que le matériau de celle-ci puisse apparaitre ensuite par transparence à travers les faibles épaisseurs de laque. 4/ - Procédé d'incrustation selon l'une des revendications 1, 2 ou 3, dans lequel la plaque (3) est mé tallique. 5/ - Procédé d'incrustation selon l'une de' revendications 1, 2, 3 ou 4, caractérisé en ce que la laque est appliquée couche après couche, un temps déterminé de séchage étant laissé entre deux couches de façon que la couche suivante soit appliquée sur la couche précédente, avant le complet séchage de celle-ci en vue d'assurer l'adhérence des différentes couches. 6/ - Procédé d'incrustation selon l'une des revendications 1, 2, 3, 4 ou 5, dans lequel la laque est une laque polyester. 7/ - Procédé d'incrustation selon l'une des revendications 1, 2, 3, 4, 5 ou 6, caractérisé en ce que les différentes couches de laque sont appliquées par vaporisation. 8/ - Elément de décoration, caractérisé en ce qu'il est obtenu par mise en oeuvre du procédé d'incrustation conforme à l'une des revendications 1 à 7.