L'invention est relative å un procédé de rénovation des vêtements de cuir ou de peau. Elle 5?applique à tous les vêtements constitués à partir d'un matériau devant être nourri tel que les peaux, les cuirs lisses, cuirs-velours, double-face (mouton retourné), nubuck ou produits analogues. On sait que ltentretien de tels vêtements est délicat, et qu'ils ne peuvent être traités avec les vêtements de textile classiques. Ainsi le déposant a déjà proposé dans son brevet français No 1. 265.959 un procédé de traitement de ces divers vêtements. Leur rénovation comprend générale- ment une phase de lavage, elle-même décomposée en deux stades de dégraissage, et dtimperméabilisation-nourriture; puis deux autres phases successives de séchage, et de finition-reformage-veloutage-recoloration. Par suite de l'évolution du marché des vêtements vle cuirs et peaux, on rencontre actuellement des matériaux de qualite très diverse en choix, en tannage, en nourriture et en teinture. En outre il est devenu courant, en confection de vêtements, de mélanger les peaux de qualités et même de couleurs très différentes (telles que rouge vif, bleu marine et gris clair), sans se préoccuper de la solidité des teintures. Cette situation erée pour le teinturier qui utilise un procédé de nettoyage en milieu aqueux, tel que celui décrit dans le brevet No 1.265. 959 par le déposant, un dilemme parfois insoluble, et un risque important de détérioration des vêtements traités ; sans qu'il soit possible de déceler avant le travail les matériaux comportant un tannage ou une teinture inaptes à supporter le nettoyage en milieugqueux ; ni de prélever un morceau pour effectuer un essai préalable. Le procéda de rénovation selon la présente invention vise à éviter les inconvénients précédents et permet d'être mis en oeuvre sur les vêtements de peau ou de cuir fabriqués actuellement. Les vêtements ainsi traités présentent un bon aspect, un bon toucher dûs à la nourriture bien fixee, mais aussi à une recoloration et imperméabilisation donnant toute satisfaction. Ce procédé présente encore l'avantage d'être plus rapide et de nécessiter moins de main d'oeuvre. Les différents stades du procédé ont été réduits au minimum pour le rendre plus économique quant aux matières premières utilisées, et au temps d'exécution. Le procédé de rénovation des vêtements en cuir ou peau selon l'invention consiste a au moins dégraisser, nourrir et imperméabiliser la matière, et est caractérisé par le fait que l'on fait agir, en un seul passage, sur les vêtements une émulsion constituée à partir d'un émulgateur, d'eau, d'une huile de nourriture et d'un impebilisant, dans un solvant. Une caractéristique importante de l'invention, est d'opérer selon le langage des teinturiers, "à sec", en remplaçant la presque totalité de l'eau par un solvant afin de pouvoir traiter des matières et des couleurs très hétérogènes. Comme décrit plus loin, la rénovation permet un recyclage écono mique du solvant, ce qui nécessite une moindre utilisation d'énergie et de solvant. Les opérations de dégraissage, d'imperméabilisation et de nourriture telles qu'elles seront présentées ultérieurement présentent une originalité du fait qu'elles ont pu être combinées en une seule en un nettoyage rénovation dit "à sec". L'invention sera bien comprise en se référant à la description suivante dans laquelle on citera à titre d'exemple non limitatif les proportions de constituants entrant dans les différentes phases du procédé. Le procédé selon l'invention, sera mis en oeuvre dans des machines à dégraisser classiques actuellement en service dans les teintureries. On peut citer celles vendues sous le nom de BUFFAUT-ROBATEL, BOWE, SPENCER, qui sont des machines en cycle clos munies de plusieurs réservoirs, filtres et systèmes de distillation. Elles utilisent de marnière classique pour le dégraissage un solvant chloré tel que le perchloréthylène. Ce genre de solvant, très puissant, à pouvoir dégraissant élevé, ne peut être en'ployé seul, car il éliminerait complètement l'huile de nourriture des cuirs et peaux ainsi que leur imperméabilisation 3t une grande partie de leur couleur. Utilisé sans précautions, il donne un vilain aspect aux vêtements, un toucher carteux et une propension à tacher à l'eau. I1 a donc été indispensable de compenser l'action de ce solvant par une huile de nourriture et un imperméabilisant. Dans la mise en oeuvre du procédé, on introduit dans le tambour rotatif de la machine les vêtements à nettoyer, secs. Le dégraissage est opéré par un mélange d'eau, d'émulgateur et de solvant. L'émulgateur joue en partie le rôle de savon en abaissant la tension superficielle et permet aussi de disperser l'eau dans le solvant pour éliminer en grande partie les t aches non grasses normalement insolubles dans le perchloréthylène. Dans un premier mode d'exécution du procédé les produits substantifs à savoir huile de nourriture, l'imperméabilisant et l'émulgateur sont en partie absorbés par la peau comme dans le cas d'un colorant. Cette façon d'opérer dans ce premier mode d'exécution amène à une absorption des produits substantifs par la peau qui se fait dans une proportion différente des constituants du bain. Ainsi après un premier traitement, l'on ne dispose plus d'un bain identique à celui d'origine et il faut procéder à un réajustement des proportions de certains produits. Cet émulgateur peut être par exemple un complexe mixte d'etheroxydes phosphosulfuriques d'ALKYL ART L neutralisés. A titre d'exemple, on utilisera 8 à 35 cm3 d'émulgateur par litre de bain, ctest-à-dire par litre de contenance du réservoir utilisé, et 10 à 30 % d'eau par rapport à l'émulgateur. L'huile de nourriture constituée par de l'huile de spermaceti sulfonée et une huile minérale, doit être utilisée en pourcentage soigneusement calculé pour éviter des taches blanches si l'on utilise un pourcentage trop faible, ou un toucher gras si on utilise un pourcentage trop élevé. On a obtenu de bons résultats avec 20 à 50 cm3, par litre de bain,dthnile de de nourriture commercialisée par SANDOZ sous le nom de Dermafinish F. 51. L'agent imperméabilisant, à base de sel de chrome, a été employé pour 7 à 18 cm3 par litre de bain, et est commercialisé par CIBA sous le nom de PHOBOTEX C. R. C. L'ensemble de ces produits est en contact avec les vêtements de sept à vingt minutes suivant la fragilité du coloris, l'ancienneté des peaux et leur degré de souillure. Ce procédé a pu être mis en oeuvre de maniè re rapide et économique car tous les produits utilisés, et notamment l'huile de nourriture et l'agent imperméabilisant sont miscibles entre eux, solubles dans le perchloréthylène et miscibles à l'eau. I1 s sont absorbés par lea peaux ou cuirs au cours du contact-rotation, puis sont essorés en cvcle clos. Le perchloréthylène est recyclé, et le reste est éliminé par décantation. I1 est préférable de respecter un ordre d'introduction en effectuant tout d'abord un mélange primaire qui sera constitué successivement à partir de I'émulgateur, de lteau dissoute dans l'émulgateur, de l'huile de nourriture et de l'imperméabilisant. On procèdera a une dilution progressive de ce mélange dans une dizaine de % du solvant a utiliser. Ainsi, pour un bain de 2. 00 litres, on a obtenu d'excellents résultats en préparant le mélange primaire suivant - 2 litres d'émulgateur ; 0,4 litre d'eau ; 4 litres d'huile de nourriture ; 2 litres d'imperméabilisant ; 10 litres de solvant. Ce mélange a été ensuite dilué avec les 182 litres de solvant constituantle complément du bain. On peut également effectuer ce travail simultané en un seul bain, de nettoyage et de nourriture - imperméabilisation en-utilisant en grande partie des produits non substantifs qui agissent sur la peau par imprégnation. On préférera le deuxième mode d'exécution du procédé qui sera décrit ci-après car, du fait des constituants choisis, il présente l'avantage de restituer après le traitement une solution de nettoyage présentant exacte ment les mêmes proportions de produits que la solution initiale. On comprend ainsi l'intérêt de ce deuxième mode d'exécution qui, comme on le verra plus loin permet un réemploi de la solution de nettoyage en évitant toute opéra tion intermédiaire de distillation. Dans un deuxième mode d'exécution du procédé, l'émulgateur choi si est une combinaison de composés azotés, de phosphates organiques et d'esters cireux, commercialisés par BAYER-STOCKHAUSON sous les noms de SEBOSAN T.W.A. ou ESTOSINE T.W.A. qui est en outre un agent adou cissant puissant et anti-électricité statique afin d'éviter le phénomène de peluchage des peaux traitées. Ces émulgateur permet de disperser de 5 à 20 % de son poids en eau dans le solvant perchloréthylène. Cet émulgateur se combine aisément avec deux a- trois fois son poids d'une huile animale de nourriture très riche, telle que l'huile de pied de boeuf. I1 permet également d'adjoindre a l'huile de pied de boeuf un di xième environ de son poids en agent imperméabilisant tel que le sel de chrome (PHOBOTEX C.R.C.) décrit précédemnjent; dans le but de parfaire la résistance a la "tache d'eau". Le tout constitue une émulsion parfaite et stable dans le perchlo r éthylène. L'ordre d'introduction des composants est avantageusement ce lui-ci, pour la constitution d'une solution-mère 1) I'émulgateur SEBOSAN : 40 a 60 parties, 2) l'huile de pied de boeuf : 90 a 160 parties, 3) l'imperméabilisatn PHOBOTEX : 10 a 30 parties, 4) le percwhIoréthylène: : 40 a 60 parties, 5) l'eau: 4 à 10 parties. On prélève ensuite de cette solution mère pour rajouter, sans précaution spéciale, a raison de 40 100 cm3 par litre de perchloréthy lène contenu dans le réservoir de la machine. Ceci constitue le bain de ré novation prêt a l'usage. Le temps de traitement est variable, comme dans l'exemple précédent, selon la fragilité des coloris et le degré de souillure des vête ments. Par le fait mulon opère ici par le principe de l'imprégnation qui ne modifie pas les proportions des composants, l'allongement du temps pour pousser le dégraissage n'a que très peu, ou pas d'influence sur l'intensité de la nourriture et de l'imperméabilisation. Dans les deux modes d'exécution, on procède a l'essorage des vêtements en cycle clos, et on évacue la solution qui a été utilisée. Dans le deuxième mode d'exécution, le bain est simplement renvoyé au réservoir, et servira plusieurs fois de suite sans autre recharge autre que celle rela tive a la perte de la solution. La compensation en solution de nettoyage pour ramener l'ensemble au volume nécessaire a un deuxième traitement est en général de l'ordre de 5 a 10 % du volume de bain. On opère ensuite un séchage en cycle clos a une température dégressive de 600 C, puis 500 C dans le tambour, amélioré par une légère pulvérisation de vapeur d'eau détendue qui évite la dessication des peaux, On procède, pour terminer, a une désodorisation usuelle par courant d'air, dans le tambour. Les vêtements de peau présentent a la sortie de la machine un.bon aspect et un bon toucher, une imperméabilisation qui évite qu'ils ne se tachent a l'eau, et une altération de la couleur très faible a nulle, fa cilement remédiable. La finition habituelle, décrite dans le brevet No 1.265.959 est considérablement facilitée et simplifiée par le fait que les vêtements ont été traités " sec". Ils sont en effet beaucoup moins chiffonnés, car l'eau incorporée au mélange a l'étant dispersé est peu mouil lante, et ne contracte pas la peau. Le travail de remise en forme est donc très simplifié. A noter que le traitement du deuxième mode d'exécutionspermet d'abaisser encore le prix de revient en supprimant la majorité des distillations : par un artifice de tuyauteries modifiées sur la machine, il devient possible de filtrer en permanence le bain de nettoyage, même pendant les phases de séchage-désodorisation, qui sontassez longues. Ce filtrage éli mine les souillures des vêtements dissoutes, et simultanément décolore la perte de colorants consécutiize a l'action du perchloréthylène sur les peaux. I1 est avantageusement effectué au moyen d'argiles calcinées associées du charbon actif. Les composants du bain traversent ensemble la matière filtrante et de ce fait le bain de nettoyage rénovation peut servir plusieurs fois en conservant une composition constante et son activité. Les distillations ne sont plus nécessaires. On a ainsi décrit un procédééconomique, rapide et sûr, per mettant d'être appliqué en un seul bain à tous les vêtements de peaux, de matières et de couleurs très différentes. R EVENDICA TIONS 1) Procédé de rénovation de vêtements en cuir ou en peau consistant a au moins dégraisser, nourrir et imperméabiliser la matière, caractérisé par le fait que lton fait agir en un seul passage sur les vête ments une émulsion constituée a partir d'un émulgateur, d'eau dtune huile de nourriture et d'un imperméabilisant, dans un solvant. 2) Procédé de rénovation suivant la revendication précédente, caractérisé par le fait que l'émulgateur, l'huile de nourriture et l'imper méabilisant sont miscibles entre eux, solubles dans le solvant et miscibles a l'eau. 3) Procédé de rénovation suivant la revendication 1 caractérisé par le fait que l'émulgateur et l'imperméabilisant sont solubles dans le solvant et miscibles a l'eau, l'huile de nourriture est miscible a l'émul mateur et soluble dans le solvant. 4) Procédé de rénovation selon la revendication 3 caractérisé par le fait que l'huile de nourriture utilisée est de l'huile de pied de boeuf qui n'est pas naturellement miscible a l'eau mais qui sous forme de com posé émulgateur huile de pied de boeuf-perchloréthylène devient miscible a l'eau. 5) Procédé de rénovation de vêtements en cuir ou peau selon les revendications 1 ou 2, caractérisé par le fait que le bain de nettoyage comprend à l07o près : l7o d'émulgateur, 47 > d'huile, 0,67 > d'agent im perméabilisant et 0, 2% d'eau, dans 947 > de solvant. 6) Procédé de rénovation selon la revendication 1, caractérisé par le fait que l'émulsion est constituée a partir d'un mélange primaire, dilué dans l'ordre dans une partie du solvant, d'un émulgateur, de l'eau, de l'huile de nourriture et de l'agent imperméabilisant. 7) Procédé de rénovation de vêtements en cuir ou peau selon l'une quelconque des revendications 1 ou 2 ou 3, caractérisé par le fait que le solvant est du perchloréthylène. 8) Procédé de rénovation selon l'une quelconque des revendica tions précédentes, caractérisé par le fait que l'on procède, après le nettoyage, a un séchage a 600 C, puis a 500 C, avec pulvérisation de vapeur détendue, 9) Procédé de rénovation selon la revendication 3, caractérisé par le fait (traitement par imprégnation), le filtrage du bain s'effectue de façon continue; que les composants du bain traversent ensemble la matière filtrante sans se dissocier, et que de ce fait le bain peut servir plusieurs fois en conservant son activité, sans distillation.