La présente invention a pour objet un procédé de récupération de l'uranium présent dans des solutions d'acide phosphorique, en particu- lier dans des solutions d'acide phosphorique ob- tenues à partir de minerais phosphatés. On sait que les minerais phosphatés comprennent des teneurs non négligeables en ura- nium qui, lors de l'attaque de ces minerais par une solution sulfurique, passent dans la solution d'acide phosphorique obtenue. Aussi, il est inté- ressant de récupérer l'uranium présent dans ces solutions qui constituent une source complémen- taire importante d'uranium. Les procédés connus actuellement pour récupérer l'uranium présent dans de telles solu- tions, font généralement appel à l'extraction au moyen de solvants organiques appropriés. Parmi les solvants utilisés jusqu'à présent, de bons résultats ont été obtenus avec des solvants com- prenant un mélange synergique d'extractants, par exemple des mélanges d'acide dialkylphosphorique et d'oxyde neutre de phosphine, tels que ceux dé- crits dans la demande de brevet français n0 EN 78 33543 déposé le 28.11.78 au nom du Com- missariat à l'Energie Atomique. Bien que ces systèmes d'extractants permettent d'obtenir des résultats satisfai- sants, on a développé des recherches pour trouver d'autres systèmes d'extractants capables de con- duire à des taux d'extraction en uranium plus im- portants. La présente invention a précisément pour objet un procédé de récupération de l'ura- nium au moyen d'un solvant organique qui permet d'obtenir de meilleurs taux d'extraction en ura- nium que les solvants connus actuellement. Le procédé, selon l'invention, de ré- cupération de l'uranium présent dans une solution d'acide phosphorique par mise en contact de ladi- te solution avec un solvant organique apte à ex- traire l'uranium, se caractérise en ce que ledit solvant organique comprend un système d'extrac- tants constitués respectivement par: - un oxyde neutre de phosphine de formule M R-P=O M R3_ /- dans laquelle R1, R2 et R3 qui sont identiques ou différents, représentent des radicaux alky- le, aryle, ou alcoxyalkyle; et - un composé organophosphoré acide répondant à la formule: R4 - O \ P e(I R5- 0 /OH dans laquelle R4 et R5 qui sont identiques ou différents, représentent un radical alkoxyal- kyle linéaire ou ramifié comportant au moins un groupement -CH2-0-CH2- ou un radical aryloxy- alkyle. Selon l'invention, le radical alkoxy- alkyle a avantageusement de 9 à 23 atomes de car- bone. Selon l'invention, le composé organo- phosphoré acide peut être constitué par un ester phosphorique d'alcool secondaire ou par un ester phosphorique d'alcool primaire. Dans le cas des esters phosphoriques d'alcool primaire, ceux-ci répondent avantageusement à la formule: R6_0 (CH) n- o p (III) R7-O-(CH2)n-O OH dans laquelle R6 et R7 qui sont identiques ou différents, sont des radicaux alkyle ou aryle, et n est un nombre entier de 1 à 3. En effet, on a trouvé que dans le cas des esters d'alcools primaires, la présence de plusieurs fonctions éther-oxyde n'améliorait pas les résultats obtenus, et que par ailleurs, le pouvoir extractant augmentait lorsque la fonc- tion éther-oxyde était plus proche du groupement phosphate. Aussi, n est de préférence égal à 2. De plus, si l'on veut réaliser la ré- extraction de l'uranium au moyen d'une solution aqueuse telle qu'une solution de carbonate d'am- monium et d'ammoniaque, il est préférable que les radicaux alkyle R6 et R7 aient au moins 8 atomes de carbone pour éviter la formation d'une troi- sième phase lors de cette réextraction. A titre de composés de ce type suscep- tibles d'être utilisés, on peut citer le composé dans lequel R6 et R7 représentent le radical éthyl-2-hexyle, et n est égal à 2. Le composé organophosphoré acide peut aussi être constitué par un ester phosphorique d'alcool secondaire répondant à la formule IV: R -O-(CH2)PHC CH-O O0 R9-O*(CH 2)q P (IV) p CH-O OH Ril-0- ( CH) dans laquelle R8, R9, R et R qui sont identi- ques ou différents, représentent un radical alky- le ou aryle, et p, q, r, s sont des nombres en- tiers de 1 à 3. De préférence, p, q, r et s, sont égaux à 1, car le pouvoir extractant du système augmen- te lorsque la fonction éther-oxyde du composé or- ganophosphoré acide est proche du groupement phosphate. Par ailleurs, pour permettre également la réextraction de l'uranium dans une solution aqueuse de carbonate d'ammonium et d'ammoniaque, les radicaux R8, R9, R10 et Ril ont de préférence au moins 4 atomes de carbone pour éviter la for- mation d'une troisième phase lors de cette ré- extraction. A titre d'exemple d'ester phosphorique d'alcool secondaire susceptible d'être utilisé, on peut citer le composé de formule (IV) dans laquelle p, q, r et s sont égaux à 1 et R8, R9, R10 et Ril représentent le radical butyle. En effet, des essais de réextraction effectués en utilisant comme système d'extrac- tants le composé de formule (IV) dans laquelle R8, R9, Rio et Ril représentent le radical propy- le et p, q, r et s, sont égaux à 1 et de l'oxyde de di-nhexyloctoxyméthylphosphine (POX 11) ont montré que la solubilité des sels alcalins du composé acide est telle qu'elle conduit à la for- mation d'une troisième phase. En revanche, si l'on augmente le nombre d'atomes de carbone des chaînes alkyle de ce composé acide on peut éviter ce phénomène. Selon l'invention, l'oxyde neutre de phosphine répondant à la formule I précitée com- prend, de préférence, au moins un radical alcoxy- alkyle, par exemple, un radical alcoxyméthyle ayant de 4 à 12 atomes de carbone. Lorsque les autres radicaux sont des radicaux alkyle, ceux-ci ont généralement de 4 à 12 atomes de carbone, et ils sont de préférence linéaires. A titre d'exemples de tels oxydes neu- tres de phosphine susceptibles d'être utilisés, on peut citer l'oxyde de di-isobutyl-octoxymé- thylphosphine, l'oxyde de di-n-butyl-octoxymé- thylphosphine, l'oxyde de di-n-pentyl-octoxymé- thylphosphine, et l'oxyde de di-n-hexyl-octoxy- méthylphosphine (POX 11). On peut également utiliser des oxydes de trialkylphosphine dans lesquels les radicaux alkyle ont de 4 à 14 atomes de carbone, par exem- ple l'oxyde de tri-n-octylphosphine (TOPO). Pour la mise en oeuvre du procédé de l'invention, on dilue généralement le système d'extractants dans un solvant organique inerte constitué par exemple par un hydrocarbure saturé ayant au moins 8 atomes de carbone tel que le dodécane. Avantageusement, dans le solvant orga- nique les concentrations en composé organophos- phoré acide et en oxyde neutre de phosphine sont telles que le rapport molaire du composé organo- phosphoré acide sur l'oxyde neutre de phosphi-ne, soit compris entre 1 et 9, et de préférence de 2 à 4. On précise que le procédé de l'inven- tion peut être mis en oeuvre dans tout appareil classique d'extraction tel que des batteries de mélangeurs décanteurs, des colonnes pulsées, des extracteurs centrifuges, etc... Selon l'invention, l'uranium extrait dans le solvant organique peut être réextrait en- suite dans une solution aqueuse d'acide phospho- rique contenant éventuellement un agent réduc- teur de façon à réduire l'uranium VI en uranium IV pour faciliter sa réextraction. De préférence selon l'invention, on réalise la réextraction de l'uranium dans un ap- pareil de réextraction comportant au moins deux étages. Dans ce cas, on met en circulation dans lesdits étages, ledit solvant organique conte- nant l'uranium en l'introduisant dans le premier étage, on met en circulation dans lesdits étages, à contre-courant dudit solvant organique, une so- lution aqueuse de carbonate d'ammonium en l'in- troduisant dans le dernier étage en quantité telle qu'elle représente 50 à 80% de la quantité stoechiométrique nécessaire pour neutraliser le composé organophosphoré acide et pour transfor- mer l'uranium présent dans le solvant organique en uranyl tricarbonate d'ammonium, et on ajoute de l'ammoniac sous forme de gaz ou de solution aqueuse à la solution de carbonate d'ammonium circulant dans le premier étage pour maintenir le pH dudit premier étage à une valeur comprise en- tre 8 et 9,5, et de préférence entre 8 et 8,-5. De préférence, on purifie le solvant organique ammonié sortant du dernier étage de ré- extraction en le faisant réagir avec un acide pour éliminer l'ammonium sous forme de sel d'am- monium, et on réutilise le solvant organique ainsi purifié pour réaliser l'extraction de l'uranium. Avantageusement, l'acide est choisi dans le groupe comprenant l'acide sulfurique, l'acide chlorhydrique et l'acide phosphorique. De préférence, encore, on purifie le solvant organique ammonié sortant du dernier éta- ge de réextraction en le faisant réagir avec l'acide phosphorique récupéré à la fin de l'extraction de l'uranium. Ce mode préférentiel de réextraction de l'uranium permet d'obtenir en fin de réextrac- tion une solution aqueuse d'uranium à partir de laquelle on peut récupérer facilement l'uranium sans cycle de purification complémentaire, soit sous forme d'oxyde, soit sous la forme d'un ura- nate alcalin ou alcalino-terreux, avec un rende- ment global de récupération en uranium supérieur à 90%. Par ailleurs, il conduit à la formation de produits réutilisables. En effet, le solvant organique qui a été purifié par traitement avec de l'acide phosphorique peut être réutilisé pour l'extraction de l'uranium, et le phosphate d'am- monium obtenu lors du traitement de purification du solvant organique est un produit commerciali- sable ou recyclable dans une unité d'engrais par exemple. Selon l'invention, on effectue de pré- férence la réextraction de l'uranium dans trois étages. Dans ce cas, on met en circulation le solvant organique contenant l'uranium du premier au troisième étage et on introduit dans le troi- sième étage une solution aqueuse de carbonate d'ammonium ou un mélange de gaz carbonique et d'ammoniac préalablement dissous dans l'eau sous forme de carbonate représentant 50 à 80% de la quantité stoechiométrique nécessaire pour neu- traliser le composé organophosphoré acide du solvant organique et pour transformer l'uranium en uranyl tricarbonate d'ammonium. Cette solu- tion circule du troisième étage au premier étage et on lui ajoute avant son entrée dans le premier étage de l'ammoniac sous forme de gaz ou de solu- tion aqueuse, la quantité ajoutée étant telle qu'on maintient le pH du premier étage à une va- leur comprise entre 8 et 8,5. En effet, pour des pH inférieurs à 8, le taux de réextraction d'uranium décroît et pour des pH supérieurs à 8,5, la quantité d'ammoniac introduite, sans permettre d'obtenir une amélio- ration du taux de réextraction en uranium, con- duit à la formation d'émulsions. De préférence, on ajoute l'ammoniac sous la forme d'une solution aqueuse ayant une concentration molaire en ammoniac de 5M à 7,5M. Dans ces étages, le solvant organique chargé en uranium et contenant également du fer se transforme peu à peu au contact de l'ammoniac en un sel d'ammonium hydraté et la phase aqueuse qui se déplace à contrecourant, s'enrichit en uranium et en fer, le carbonate d'ammonium for- mant avec l'uranium l'uranyl tricarbonate d'am- monium qui reste en solution et le fer se trans- formant en hydroxyde ferrique qui précipite et qui peut être séparé par décantation de la phase aqueuse. A la sortie du troisième étage, le sol- vant organique ammonié est de préférence purifié par traitement au moyen d'un acide tel que l'aci- de sulfurique, l'acide chlorhydrique ou l'acide phosphorique, ce qui permet de récupérer une phase organique ne contenant plus d'ions ammonium et une phase aqueuse contenant un sel d'ammonium. De préférence, pour ce traitement, on utilise une fraction de l'acide phosphorique ré- cupéré à la fin de l'étape d'extraction de l'ura- nium. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront mieux à la lecture des exemples suivants donnés bien entendu à titre illustratif et non limitatif, en référence aux dessins annexés sur lesquels: - la figure 1 représente les variations du coefficient de partage D de l'uranium (cour- be 1) et du fer (courbe 2) en fonction des te- neurs respectives en extractants du solvant orga- nique; - la figure 2 représente les variations du coefficient de partage D de l'uranium en fonc- tion de la concentration en H3PO4 de la phase aqueuse, pour trois systèmes d'extractants; - la figure 3 représente les variations du coefficient de partage D de l'uranium en fonc- tion de la température pour différents systèmes d'extractants; - la figure 4 représente les variations des coefficients de partage de l'uranium (cour- be 1) et du fer (courbe 2) en fonction du temps d'extraction; - la figure 5 illustre les variations de la teneur en uranium (mg.11) du solvant orga- nique en fonction de la teneur en uranium de la phase aqueuse, pour trois systèmes d'extrac- tants, et - la figure 6 illustre les variations de la teneur en uranium (courbe 1) et en fer (courbe 2) du solvant organique en fonction du nombre de contacts. EXEMPLE 1 Cet exemple se rapporte à la récupéra- tion de l'uranium présent dans une solution d'acide phosphorique 6M contenant lg/l d'uranium (VI) et il illustre l'effet de la température et de la nature du système d'extractants sur le taux d'extraction en uranium. Dans cet exemple, on utilise les diffé- rents composés organophosphorés acides du ta- bleau 1 avec de l'oxyde de trioctylphosphine (TOPO) ou avec de l'oxyde de di-n-hexyl-octoxymé- thyl phosphine (POX 11). Les deux extractants sont dilués dans l'hyfrane 120 qui est un hydro- carbure saturé ramifié de nombre de carbones moyen égal à 12 et la teneur en composé organo- phosphoré acide du solvant est de 0,5 M et sa teneur en oxyde de phosphine est de 0,125 M. On réalise l'extraction dans les con- ditions suivantes: on met en contact à 230C ou à WC pendant environ 15 mn, un volume de la solu- tion aqueuse d'acide phosphorique avec un volume du solvant organique, on agite mécaniquement les deux phases en présence, on les sépare par cen- trifugation, puis on prélève et on analyse chacu- ne des phases afin de déterminer sa concentration en uranium, celle-ci étant mesurée par spectro- photométrie au dibenzoyl méthane, l'uranium étant préalablement extrait dans une solution d'oxyde de trioctylphosphine; on détermine en- suite le coefficient de partage D de l'uranium qui est égal au rapport de la concentration en uranium de la phase organique sur la concentra- tion en uranium de la phase aqueuse. Les résultats obtenus sont donnés dans le tableau 1, ci-joint. Au vu de ces résultats, on constate que l'effet de synergie est le plus important avec les composés 7 et 8 qui sont des esters phospho- 2494258; il riques d'alcools secondaires. Cependant, l'effet de synergie est également très important avec les composés 3 et 5 dans lesquels la fonction éther- oxyde est proche du groupement phosphate. On constate par ailleurs que l'intro- duction de deux fonctions éther-oxyde permet seu- lement d'améliorer les résultats lorsque ces deux fonctions sont introduites suffisamment près du groupement phosphate comme dans le cas des compo- sés n0 7 et 8, alors que l'effet obtenu avec deux * fonctions en ligne (composé n06) est plutôt né- faste. Dans tous les cas, le coefficient de partage de l'uranium augmente avec le nombre d'atomes de carbone des chaînes alcoxy. EXEMPLE 2 Dans cet exemple, on étudie l'influen- ce des teneurs respectives en composé organophos- phoré acide et en oxyde neutre de phosphine sur l'extraction de l'uranium. Le solvant organique est constitué par de l'hyfrane 120 contenant un mélange d'hydrogénophosphate de bis 1,3-propyl-2), c'est-à-dire du composé n08 du ta- bleau 1 et d'oxyde de di-n-hexyloctoxyméthyl- phosphine (POX 11) pour récupérer l'uranium à partir d'une solution d'acide phosphorique 6N contenant 1,1 g par litre d'uranium VI. On utili- se dans chaque cas une concentration totale de 0,5 M en extractants et on réalise l'extraction dans les mêmes conditions que celles de l'exem- ple 1. Les résultats obtenus sont donnés sur la courbe (1) de la figure 1, qui représente les variations du coefficient de partage D de l'ura- nium en fonction de la teneur en composé organo- phosphoré acide du solvant organique. Sur cette figure, la courbe 2 représen- te les variations du coefficient de partage D du fer en fonction de la teneur en composé organo- phosphoré acide du solvant lorsqu'on réalise l'extraction dans les mêmes conditions à partir d'une solution d'acide phosphorique 6M contenant 1,1 g/i de fer III. On précise que la teneur en fer des deux phases a été déterminée par absorption ato- mique. Au vu de cette figure, on constate que les meilleurs résultats présentant le moins de risque de variation du coefficient d'extraction sont obtenus lorsque le solvant organique con- tient 0,36 M de composé organophosphoré acide et 0,14 M d'oxyde de phosphine, et que de bons ré- sultats sont obtenus lorsque le rapport molaire du composé organophosphoré acide sur l'oxyde neu- tre de phosphine est de 1 à 9. EXEMPLE 3 Cet exemple illustre l'influence de la concentration en acide phosphorique de la solu- tion aqueuse sur l'extraction de l'uranium VI, à 230C, au moyen des systèmes d'extractants n0 I, II et III du tableau 2 dilués dans de l'hyfra- ne 120. Dans cet exemple, on réalise l'extraction dans les mêmes conditions que celles de l'exem- ple 1. Les résultats obtenus sont donnés sur la figure 2 qui représente les variations du coefficient de partage D de l'uranium VI en fonc- tion de la concentration en acide phosphorique de la phase aqueuse. Sur cette figure, les courbes I, II et III illustrent respectivement les résul- tats obtenus avec les systèmes d'extractants 1, II et III du tableau 2. Dans tous les cas, le coefficient de partage D de l'uranium décroît en fonction de la concentration en acide phosphorique, mais il dé- croît de façon moins importante avec les systèmes d'extractants II et III de l'invention. EXEMPLE 4 Cet exemple illustre l'influence de la température sur l'extraction de l'uranium VI. On réalise l'extraction dans les mêmes conditions que celles des exemples 2 et 3 en faisant varier la température de 10 à 600C et en utilisant les systèmes d'extractants I à IV du tableau 2 dilués dans de l'hyfrane 120. Les résultats obtenus sont représentés sur la figure 3 o les courbes I, II, III et IV se rapportent respectivement aux systè- mes I, II, III et IV. Au vu de cette figure, on constate que le coefficient de partage de l'uranium VI décroît lorsque la température augmente. Cependant à 600C, le coefficient de partage obtenu avec le système n0 III selon l'invention, est encore deux fois supérieur à celui obtenu à 401C avec le sys- tème NO I de l'art antérieur. EXEMPLE 5 Dans cet exemple, on réalise l'extrac- tion de l'uranium à partir d'une solution d'acide phosphorique 6M contenant 1,06 g/l d'uranium VI et 4,70 g/l de fer III, en utilisant le système d'extractants n0 III du tableau 2 dilué dans l'hyfrane 120 et en opérant dans les mêmes condi- tions que celles de l'exemple 1, mais en détermi- nant les coefficients de partage de l'uranium VI et du fer III après différentes durées d'extrac- tion. Les résultats obtenus sont donnés sur la figure 4 qui représente l'évolution du taux d'ex- traction (en %) dans la phase organique de l'ura- nium (courbe 1) et du fer (courbe 2) en fonction de la durée d'extraction (en secondes>. Au vu de cette figure, on constate que l'uranium VI est extrait plus rapidement. La sé- lectivité à l'équilibre défini par la formule: DuvI DFIII est égale à 20, et elle peut être doublée lors- qu'on utilise des temps de contact inférieurs à secondes. EXEMPLE 6 Dans cet exemple, on récupère l'ura- nium à partir d'une solution d'acide phosphorique industriel titrant 27% en P205 et 130 mg/l en uranium, en utilisant comme solvant organique les systèmes d'extractants I, III et IV du tableau 2 dilués dans le produit vendu sous la marque Escaid 110, qui est un kérosène désaromatisé, avec une concentration de 0,5 M en composé orga- nophosphoré acide et une concentration de 0,125 M en oxyde de phosphine. Pour réaliser l'extraction, on met en contact successivement 8 fractions de l'acide phosphorique avec une fraction de solvant organi- que, chaque fraction ayant un volume de 50 ml, en opérant dans une ampoule à décanter à double en- veloppe, thermostatée à 400C et agitée manuelle- ment pendant 5 mn. Après décantation des deux phases, on détermine la teneur en uranium du sol- vant organique et la teneur en uranium de la so- lution d'acide phosphorique. Les résultats obte- nus sont donnés sur la figure 5 dont les courbes 1, III et IV illustrent respectivement la teneur en uranium VI (en mg/l) du solvant organique en fonction de la teneur en uranium (mg/l) de l'aci- de phosphorique, pour les systèmes d'extractants 1, III et IV. Au vu de cette figure, on constate que le système d'extractants n0 III de l'invention est nettement supérieur aux systèmes d'extrac- tants NO I et IV de l'art antérieur. Sur la figure 6, on a illustré égale- ment les résultats obtenus en ce qui concerne l'extraction du fer en fonction du nombre de con- tacts. Sur cette figure, la courbe 2 représente l'évolution de la concentration en fer du solvant organique en fonction du nombre de contacts, et la courbe 1 représente l'évolution de la concen- tration en uranium du solvant organique en fonc- tion du nombre de contacts, lorsqu'on utilise le système d'extractants III de l'invention. Le solvant organique ainsi obtenu qui contient 798 mg/l d'uranium et 775 mg/l de fer est mis en contact avec une solution de carbonate d'ammonium à 140 g/l et 0,5 M en NH4OH pour ré- extraire l'uranium en solution et séparer le fer sous forme d'hydroxyde. A la fin de cette réex- traction, la phase organique contient seulement 0,4 mg/1 d'uranium et 1 mg/l de fer. L'exploitation des courbes de la figu- re 5 selon la méthode de Mac Cabe et Thieler con- duit aux conclusions suivantes: avec un taux de récupération en uranium de 99%, on obtient un facteur de concentration de 6,1 pour 5 étages avec le système d'extractants NO III alors que dans le cas des systèmes de l'art antérieur (n0 I et IV) on obtient respectivement des facteurs de concentration de 2,3 et de 3,0. Ainsi, le système d'extractants n0 III extrait plus de trois fois mieux l'uranium que le système classique de l'art antérieur (système n0 I) et plus de deux fois mieux que le système n0n IV de l'art antérieur. De ce fait, on peut réduire le volume de phase organique et donc li- miter les consommations en carbonate d'ammonium et en ammoniaque lors de l'opération de réextrac- tion. T A B L E.A U Composé Nature des chaiînes aikyle (R4=R5) des Oxyde de Phos ine. acide composés de formule (I) POX 1 POX il TOPO N0______________________O 23 C 40 C 23 C. éthyl-2-hexyle n-C4H9-CH-CH2 C2H5 butoxyéthyle nC4H9-O-C2H4 hexoxy éthyle nC6 H13-O-C2H4 pentoxy propyle nC5Hll-O-C3H6 éthyl-2-hexoxy éthyle C4H9-CH-CH2-O-C2H4 C2H5 octoxy-éthoxy-éthyle nC8H17-O-C2H4-O-C2H4 dipropoxy-1,3 propyle-2 C3H7-O-CH2 C CH C3H7-O-CH2 dibutoxy-1,3-propyle-2 C4H9-O-CH2,CH C4H9-O-CH2 6,3 ' ,2 ,1 3,6 12,9 2,2 ,5 18,5 3,4 4,1 8,1 8,2 9,7 4,3 4,9 9,7 ,5 t Co Cus I4t 0% (%r Nu r- H- T A B L E A U 2 Système Composé organophosphoré acide Oxyde de phosphine d'extractants (0, 5 M) (0,125 M) i _... , n I composé n 1l du tableau 1 TOPO n II composé n 7 du tableau 1 POX il n III composé n 8 du tableau 1 POX il n IV composé n 1 du tableau 1 POX 11 Ln c%j REVENDICATIONS 1. Procédé de récupération de l'uranium présent dans une solution d'acide phosphorique par mise en contact de ladite solution avec un solvant organique apte à extraire l'uranium, caractérisé en ce que ledit solvant organique comprend un système d'extractants constitués respectivement: par un oxyde neutre de phosphine de formule: R1 R2 P = (I) R3 dans laquelle R1, R2 et R3 qui sont identiques ou différents représentent des radicaux alkyle, aryle ou alcoxyalkyle, et - par un composé organophosphoré acide de formule: R4-O R4O / \ "-, P\ (II) R -O OH dans laquelle R4 et R5 qui sont identiques ou dif- férents, représentent un radical alkoxyalkyle li- néaire ou ramifié comportant au moins un groupement -CH2-O-CH2- ou un radical aryloxyalkyle. 2. Procédé selon la revendication 1, ca- ractérisé en ce que le composé organophosphoré acide répond à la formule: R6-O-(CH2) -0 0 7 P(III) R7-O-(CH2)-O/ OH dans laquelle R6 et R7 qui sont identiques ou diffé- rents, sont des radicaux alkyle ou aryle et n est un nombre entier de 1 à 3. 3. Procédé selon la revendication 2, ca- ractérisé en ce que n est égal à 2 et en ce que R6 et R7 sont des radicaux alkyle ayant au moins 8 atomes de carbone. 4. Procédé selon la revendication 2, ca- ractérisé en ce que n est égal à 2, et R6 et R7 repré- sentent un radical éthyl-2-hexyle. 5. Procédé selon la revendication 1, ca- ractérisé en ce que le composé organophosphoré acide répond à la formule: R9O-(CH2)r / H \ f R 8-O-(CH2) p l10 9 --CH-O OH R9-O-(CH2) r/,P (IV) R10O(CH 2) rCH/O Rl-O-(CH2) / dans laquelle R8, R9, R10 et R11 qui sont identiques ou différents, représentent des radicaux alkyle ou aryle, et p, q, r et s sont des nombres entiers de 1 à 3. 6. Procédé selon la revendication 5, ca- ractérisé en ce que p, q., r et s sont égaux à 1 et R8, R9, R10 et Rl sont des radicaux alkyle ayant au moins 4 atomes de carbone. 7. Procédé selon la revendication 5, ca- ractérisé en ce que p, q, r et s sont égaux à 1, et les radicaux R8, R9, R10 et Rl représentent le radi- cal butyle. 8. Procédé selon l'une quelconque des re- vendications 1 à 7, caractérisé en ce que dans la formule de l'oxyde neutre de phosphine, l'un au moins des radicaux R1, R2 et R3 est un radical alcoxy-alky- le. 9. Procédé selon la revendication 8, ca- ractérisé en ce que l'oxyde neutre de phosphine est l'oxyde de di-n-hexyl-octoxyméthylphosphine. 10. Procédé selon l'une quelconque des re- vendications 1 à 7, caractérisé en ce que l'oxyde neutre de phosphine est l'oxyde de tri-n-octylphos- phine. 11. Procédé selon l'une quelconque des re- vendications 1 à 10, caractérisé en ce que le rapport molaire du composé organophosphoré acide sur l'oxyde neutre de phosphène est de 1 à 9, et de préférence de 2 à 4. 12. Procédé selon l'une quelconque des re- vendications 3, 4, 6 et 7, caractérisé en ce qu'il comprend une étape de réextraction de l'uranium extrait dans ledit solvant organique, cette étape de réextraction étant réalisée dans un appareil de ré- extraction comportant au moins deux étages, et con- sistant à mettre en circulation dans lesdits étages ledit solvant organique contenant l'uranium en l'in- troduisant dans le premier étage, à mettre en circu- lation dans lesdits étages à contre-courant dudit solvant organique une solution aqueuse de carbonate d'ammonium en l'introduisant dans le dernier étage en quantité telle qu'elle représente 50 à 80% de la quantité stoechiométrique nécessaire pour neutrali- ser le composé organophosphoré acide et pour trans- former l'uranium présent dans le solvant organique en uranyle tricarbonate d'ammonium, et à ajouter de l'ammoniac sous forme de gaz ou de solution aqueuse à la solution de carbonate d'ammonium circulant dans le premier étage pour maintenir le pH dudit premier étage à une valeur comprise entre 8 et 9,5 et de pré- férence entre 8 et 8,5.