La présente invention concerne le domaine des compo- sitions destinées à introduire des quantités réglées d'ions fluor dans l'appareil circulatoire. La composition de la pré- sente invention est une gomme à mâcher ou "chewing-gum" con- tenant du fluorure de sodium et du carbonate de calcium sous forme de coquille d'huître. Elle offre une voie nouvelle pour l'administration orale des ions fluor pour leur absorption en phase oro-buccale. Des études poussées, effectuées il y a plusieurs dizaines d'années déjà par le Service de la Santé Publique et de l'Hygiène des Etats-Unis d'Amérique,ont établi que la flu- oruration de l'eau peut être utilisée comme mesure pratique en vue de diminuer l'apparition des caries dentaires. I] est main- tenant nettement établi, sur la base d'études à grande échelle effectuées dans un certain nombre de-groupes et communautés, que la fluoruration de l'eau jusqu'à une concentration de un millionième constitue une mesure d'hygiène sûre et pra- tique entraînant de 50 à 66, % de diminution de l'apparition des caries des dents permanentes. Il existe également des signes montrant que l'application locale de 2 o de fluorure de sodium aux dents des enfants peut réduire d'une proportion pouvant atteindre 40%, l'apparition des caries. Plus récemment, il a été démontré au cours d'une étude de 15 ans que l'administration du fluorure de sodium en des quantités relativement faibles au cours de la grossesse a entraîné une élimination quasi-totale des caries dentaires chez les enfants nés par la suite (Glenn, Journal of Dentistry for children, Janvier 1980). On a également décrit dans les brevets, par exemple dans les brevets des Etats-Unis d'Amérique NO'2 627 493 et NO 2 700 012, l'incorporation du fluorure de sodium à un chewing-gum. Les descriptions de ces deux brevets sont iden- tiques et tous deux concernent l'inclusion du fluorure de sodium dans des bases pour chewing-gum. Le problème que ces brevets des Etats-Unis d'Amérique ont tenté de résoudre a été l'interaction du fluorure de sodium avec des composés du calcium, notamment le carbonate de calcium présent comme ingrédient dans la chicle ou comme charge. Dans le brevet NO 2 627 493 précité, on est parvenu à résoudre le problème en extrayant le composé de calcium pa-r dissolution dans un acide fort, puis en éliminant par lavage le sel résultant. Dans le brevet NI2 700 012 précité, le calcium a été plus ou moins désactivé par sa réaction avec un oxalate, un phosphate ou un composé analogue qui, selon la théorie exprimée dans la description en cause, immobilise le calcium et l'empêche de réagir avec le fluorure de sodium. L'abso-rption des ions fluor à partir du tube diges- tif varie considérablement. Un certain nombre de préparations de fluorures sont disponibles sous forme liquide, de gels, de comprimés et de poudres enfermées dans une capsule de gélatine. Les essais de telles préparations ont été décrits par Deka et ses collaborateurs dans "The Laryngoscope", Volume 88 (1978). Cet article a décrit l'adsorption, au niveau gastrique et/ou intestinal, de cinq préparations différentes de fluorure de sodium, mesurée par l'excrétion urinaire en dix heures. Il a été trouvé que la meilleure absorption a été réalisée dans le cas du fluorure de sodium ne comportant pas un enro- bage entérique. Les trois préparations comportant un enro- bage entérique ont toutes présenté une absorption plus médio- cre avec de nettes variations individuelles. La combinaison du fluorure de sodium et du carbonate de calcium présents dans la coquille d'huître a été mieux absorbée que des comprimés à enrobage entérique et n'a été que légèrement moins absor- bée que du fluorure de sodium seul. La présente invention propose une composition per- fectionnée pour l'administration orale des fluorures avec une base pour chewing-gum. En particulier, la présente invention utilise une combinaison de fluorure de sodium et de carbonate de calcium provenant de la coquille d'huître dans une base pour chewing-gum comme agent à action plus rapide et de plus longue durée pour introduire des ions fluor dans le métabo- lisme des os et de la dentition. Un bâton du chewing-gum aé- lioré peut être considéré comme une forme de dose unitaire de la composition et il contient typiquement, pour chaque bâton de 3 grammes, environ 1,1 à 8,3 mg de fluorure de sodium et de 54 à 364 mg de coquille d'huître. La composition peut également comporter un agent édulcorant, naturel ou synthé- tique. Il a été trouvé que la composition de la présente invention élimine de nombreux défauts antérieurement associés à l'administration orale d'un fluorure. Comme antérieurement observé, les préparations ora- les,actuellement disponibles et qui comprennent des fluorures, présentent diverses caractéristiques d'absorption à partir du tube digestif. Cette absorption subit l'influence du quotient de solubilité du fluorure utilisé et peut subir l'influence de l'administration simultanée d'autres éléments comme l'aluminium, le magnésium ou le calcium, pouvant se combiner à l'ion fluor et former des composés relativement moins solubles et donc moins adsorbables. En outre, certains états comme la déminéralisation des os, qui se produit dans le cas de l'ostéoporose, demande une administration orale d'ions calcium et magnésium en même temps que des ions fluor dans le cadre du plan thérapeutique, ce qui augmente la probabilité de la formation de fluorures relativement moins solubles. Il peut exister certains autres états qui influent également sur la phase gastro-intestinale de l'absorption du fluor, à savoir des syndromes de mauvaise absorption gastro-intes- tinale, des troubles de la déglutition, le cas de patients ayant subi une gastrostomie, qui ont été soumis à des rac- cordements de l'intestin, présentant une résection de l'intestin,- recevant des anti-acides à base de calcium, d'aluminium ou de magnésium, recevant des cathar- tiques ou des compléments ali- mentaires. Les meilleurs résultats obtenus à l'aide de la pré- sente invention ont été confirmés par une étude de l'absorp- tion et de l'excrétion du fluor, qui a montré que, lorsqu'une combinaison de fluorure de sodium et de carbonate de calcium de coquille d'huître est incorporée à une base pour chewing- gum, il se produit une phase oro-buccale, jusqu'à présent non prévue ni étudiée, d'absorption du fluor. Cette phase oro-buccale constitue une nouvelle voie d'administration orale du fluor, qui est efficace pour traiter les patients nécessitant un supplément de fluor et qui peuvent également se trouver dans les catégories précitées, cette voie élimi- nant le risque de formation de fluorures moins solubles ou minimisant les conséquences d'une altération de l'absorption dans l'intestin par suite d'une maladie ou d'une intervention chirurgicale. La coquille d'huître utilisée comme source de car- bonate de calcium (en plus de tout le carbonate de calcium normalement présent dans la base de la gomme) consiste en environ 97,% de carbonate de calcium et 3,% d'un mélange d'oligo-éléments et d'éléments présents à l'état de traces, comme le magnésium, le silicium, le manganèse, le fer, l'alu- minium, le cuivre, le sodium, le strontium, le potassium et le zinc. On pense que ces éléments amplifient nettement les caractéristiques d'absorption de la nouvelle composition. La base la plus courante pour du chewing-gum est la chicle. En outre, divers types de gommes naturelles ou synthé- tiques peuvent être utilisées comme matière constituant le support de la combinaison fluorure de sodium/coquille d'huître. Des bases convenables pour une gomme comprennent du guta-per- cha, du jelutong, du "balata", du caoutchouc de namaquland, de la gomme almeidana, du caoutchouc d'abba et les diverses variétés de caoutchous ou gommes guttes. Les bases pour gommes peuvent également être des résines comme des résines de coumarone, de la gomme copal, de la gomme de kauri, de la gomme dammar, de la gomme de laurier, de la gomme de sapin et des baumes. La base pour chewing-gum peut également con- sister en des élastomères synthétiques comme du polyiso- butylène, du polyisoprène et des copolymères du butadiène et du styrène. On peut également utiliser des huiles végétales hydrogénées ou partiellement hydrogénées, comme de l'huile de soja, de l'huile de graines de coton, de l'huile de mai's de l'huile d'arachide et de l'huile de. palme ou des graisses 5. animales comme du suif et du lard ou du saindoux. La paraffine, la cire d'abeilles, la cire de pétrole, des polyéthylènes et des polymères polyvinyliques constituent d'autres exemples de matières utilisables. Chaque bâton de 3 grammes de gomme peut contenir environ 1,1 à 8,3 mg de fluorure de sodium et 54 mg à 364 mg de coquille d'huître. Les valeurs optimales sont de 2,34 mg de fluorure de sodium et 103,92 mg de coquille d'huître. De façon générale, il doit y avoir environ 40 à 50 fois plus de coquille d'huître que de fluorure de sodium. La composition peut également comporter un édulco- rant naturel ou synthétique présent en une proportion d'en- viron 10 à 80% du poids de la composition totale. De tels édulcorants comprennent le dextrose, le fructose, le sorbitol, le xylitol, le mannitol, la saccharine ou des composés ana- logues. En associant le fluorure de sodium au carbonate de calcium, sous forme de coquille d'huître, dans une base pour chewing-gum, on permet à ces agents de descendre plus lentement de la cavité buccale dans l'estomac, contrairement à l'acte direct de déglutition d'une capsule ou d'un liquide sous forme d'un bol ou d'une grosse pilule contenant ces com- posés. La rapidité inopportune de l'excrétion urinaire du fluor associée à l'effet de bol ou de grosse pilule est éli- minée, et l'on obtient une absorption plus lente et plus soutenue du fluor. Il a été trouvé au cours de l'étude précitée que des personnes mastiquant la gomme améliorée de la présente invention ont présenté des nettes élévations des taux urinai- res de fluor immédiatement après le masticage de la gomme, ce qui indique une assimilation rapide du fluor (ou du fluorure) dans l'appareil circulatoire. Il apparaît donc que le fluorure incorporé au chewing-gum permet l'absorption orale ou buccale de l'ion fluor. Après la rapide élévation initiale, les taux urinaires de fluor ont varié chez chaque sujet. Cette divergence se comprend mieux si l'on suppose qu'après l'élévation initiale du taux de fluor, chaque sujet a bu environ 300 ml d'eau distillée, ce.qui a entrainé,par lavage de sa bouchela salive, contenant le fluor résiduel, vers le tube digestif. Or, la variation de l'absorption des ions fluor à partir du tube digestif est bien connue. Les compositions de la présente invention constituent donc un moyen sûr et efficace d'administration orale du fluor de façon soutenue. Il va de soi que, sans sortir du cadre de l'inven- tion, de nombreuses modifications peuvent être apportées à la composition décrite. REVENDICATIONS 1. Composition destinée à améliorer l'absorption des ions fluor, caractérisée en ce qu'elle comporte une base pour gomme à mâcher ou "chewing-gum", ainsi qu'un mélange de fluorure de sodium et de carbonate de calcium sous forme de coquille d'huître distribué dans cette base, la coquille d'huître étant présente en une proportion suffisante pour amplifier l'absorption des ions fluor à partir du tube diges- tif et notamment de la muqueuse orale et buccale. 2. Composition selon la revendication 1, caractéri- sée en ce qu'elle est sous forme de dose unitaire dont chacune comporte 1,1 à 8,3 mg de fluorure de sodium. 3. Composition selon la revendication 2, caractéri- sée en ce qu'elle contient de 54 à 364 mg de coquille d'huître par dose unitaire. 4. Composition selon la revendication 3, caractéri- sée en ce que la forme de la dose unitaire est un bâton de gomme pesant environ 3 grammes. 5. Composition selon la revendication 1, caracté- risée en ce qu'elle comporte également un édulcorant.