Système optique pour la lecture de films radiochromiques et procédé de fonctionnement afférent. L’invention concerne un système optique (1) pour la lecture d’un film radiochromique, comprenant : - une source lumineuse (2) comprenant au moins une diode électroluminescente (LED) agencée pour éclairer le film radiochromique, la longueur d’onde d’émission de la diode LED étant adaptée pour correspondre à celle du pic d’absorption maximal du film radiochromique, - une lentille bi-télécentrique (3) agencée pour recevoir le faisceau optique émis par la(les) diode(s) (LED) et ayant traversé le film radiochromique, - un imageur (4) couplé optiquement à la lentille bi-télécentrique. Figure pour l’abrégé : Fig. 1 Système optique pour la lecture de films radiochromiques et procédé de fonctionnement afférent. La présente invention concerne le domaine général de la métrologie des radiations ionisantes. Elle a trait plus particulièrement à la lecture des films radiochromiques. Un film radiochromique est un dosimètre à 2 dimensions considéré comme détecteur idéal avec des propriétés lui permettant d’être utilisé pour tout type d'application impliquant des rayonnements ionisants. En pratique, un film radiochromique est composé de monomères qui, sous l’action des rayonnements ionisants, vont polymériser et créer un noircissement du film, directement corrélé à la quantité de rayonnement auquel il a été soumis. Les rayonnements ionisants sont aujourd'hui largement utilisés dans de nombreuses applications, comme par exemple dans le domaine médical. La surveillance de la dose de rayonnement délivrée aux patients au cours de ces procédures médicales est d'une grande importance. Plus particulièrement, la délivrance de la dose lors d'un traitement de radiothérapie externe doit être préalablement contrôlée de manière personnalisée. Cette vérification est particulièrement critique dans les techniques de radiothérapie utilisant des champs d’irradiation de petite taille et des niveaux de dose élevés. Pour ce faire, une mesure à l'aide d’une matrice de détecteurs dans un fantôme simulant le patient est systématiquement réalisée et comparée au calcul prévisionnel réalisé en amont dans le cadre d’un plan de traitement proposé par le personnel médical. Une autre approche consiste à obtenir directement la cartographie bidimensionnelle de la distribution de dose à partir de l'irradiation d'un film radiochromique. Actuellement, les films radiochromiques les plus couramment utilisés sont de la marque GAFchromic™, et en particulier les modèles EBT3 et EBT-XD. L'utilisation de ce dosimètre est néanmoins sous exploitée aujourd'hui. La quantification du changement d'absorption avec la dose doit être fiable et précis, ce qui est problématique en utilisant des scanners commerciaux en tant que densitomètres d’images en 2D. Les films radiochromiques sont actuellement lus avec des scanners photographiques commerciaux tels que ceux commercialisés sous les dénominations Epson® 10000XL, 11000XL,12000XL, V700, V750Pro ou V800. Un grand nombre de publications scientifiques a mis en évidence les difficultés d'utilisation, les artefacts de lecture et l'insuffisance du scanner photographique à plat pour obtenir une dosimétrie fiable et assurer la traçabilité métrologique requise pour tous les autres détecteurs dosimétriques : [1], [2], [3], [4], [5], [6]. Ces scanners ont été initialement développés pour des applications photographiques et ne sont pas bien adaptés à des applications scientifiques. Les logiciels associés sont en quelque sorte des boîtes noires qui masquent souvent des informations utiles concernant le traitement numérique appliqué aux images pour un meilleur rendu visuel. De plus, ces systèmes optiques comprenant chacun un scanner photographique et son logiciel associé, ne sont pas des instruments de mesure et ne sont pas donc pas adaptés pour des applications scientifiques. On peut classer essentiellement en trois catégories les systèmes optiques existants pour lire les films radiochromiques : les systèmes de microdensitomètre à rayons X avec caméra CCD (acronyme anglo-saxon pour « Charge- Coupled Device »), comme décrit dans le brevet US5623139; les scanners à plat ; les systèmes de densitométrie laser (LDS acronyme anglo-saxon pour « Laser Densitometry System »). Le brevet US9128053B2 et la publication afférente [6] décrivent un tel système LDS qui consiste en l'utilisation d'un laser couplé à une photodiode pour effectuer un balayage point par point du film radiochromique. Les inventeurs ont fait l’inventaire des caractéristiques principales affichées et leurs inconvénients, synthétisés dans le tableau 1 suivant. [Tableau 1] : Catégorie des systèmes optiques existants pour la lecture de films radiochromiques Caractéristiques Microdensitomètre à rayons X avec caméra CCD selon US5623139 Scanners à plat Densitomètres laser LDS selon [6] Spectre de la source lumineuse Lumière rouge émettant au pic d’absorption du film radiochromique Lumière blanche (spectre continu ou ligne spectrale) Laser émettant à 635nm Homogénéité de l’éclairement du film Eclairage continu par un nombre de 60 LEDs de faible intensité (50 mcd / LED) Très inhomogène à cause de la source lumineuse utilisée, de l'optique et du balayage. Illumination du film partielle, scanné en deux dimensions en le déplaçant sous le spot laser Taille de capteur Capteur CCD de basse résolution (375x 242 pixels), avec des pixels de 23 x 27 µm. Capteur CCD linéaire couleur Taille d’une photodiode avec collimateur à trou d'épingle Filtre optique Non Filtres intégrés dans capteur CCD et très larges en longueur d’onde (rouge, vert et bleu). Pas optimisés par rapport au pic d’absorption des films radiochromiques. Refroidissement Oui Non Non Plage dynamique dans l’image Convertisseur de 16 bits A / D pour caméra 16 bits ADC par canal. Plutôt 8-9 bits exploitables en pratique du fait du capteur utilisé et de l’électronique. 12 bits Polarisation Utilisation de miroirs, modifiant la polarisation selon l’angle d'incidence. Sensibilité du capteur dépend de l'incidence de l’angle de la lumière entrante En raison de la polarisation de la lumière laser, la réponse mesurée du film se révèle dépendante de l'orientation: il faut veiller à conserver strictement le même alignement pour les films d'étalonnage et d'application (dépendance de l'angle) Stabilité et reproductibilité Dérive importante dans le temps. Processus de recalibrage interne incontrôlé Stabilité du rayon laser et du courant de photodiode Résolution Basse Importante en théorie, mais limitée en pratique en raison du balayage, de l'optique et du capteur utilisés. Haute résolution artificielle par traitement du logiciel du chevauchement des pixels et la plupart des scanners ont des pixels rectangulaires. Le logiciel essaie de compenser cela mais la précision est perdue. Seule une partie des pixels est utilisée en pratique lors de l'extraction des données du canal de couleur rouge Résolution jusqu'à 34 µm en théorie, mais il faut déjà 2 min pour numériser un film de 5x5 cm² avec une résolution de 352 µm Défauts optiques Distorsions géométriques de l’image Eventuelles distorsions chromatiques et géométriques liées avec le phénomène de balayage lors de la numérisation et les optiques utilisées. Saturation du capteur Les taches dans la lumière laser créent de petites taches de lumière non uniformes variant dans le temps qui ne sont pas contrôlées et peuvent introduire du bruit dans la lecture d'absorption au niveau du capteur photo. Temps d’exposition Supérieur à 100ms Géré en interne par le scanner, risque de surexposition et saturation du capteur, qui empêche la mesure de densités optiques. 6 ms par point de mesure (soit 2 min pour acquérir 142 x 142 points de mesure, sans compter les temps de trajet du spot). Ce temps d'intégration est nécessaire pour saturer chaque pixel. Ce temps limite la résolution de l'image réalisable avec ce système. La taille du point laser et les taches sont un problème. Temps d’acquisition Environ 1 min par film dépendant de la résolution choisie et la nécessité de scanner plusieurs fois le film Le scan en 2D est long: 2 min pour scanner un film de 5x5cm² avec une résolution de 352 µm Sensibilité à la T° du film radiochromique Pas de régulation thermique Surchauffe à long terme. Pas de régulation thermique Surchauffe localisée au point laser. Le densitomètre est placé dans une enceinte thermique. Acquisition des images Non Obligation d'utiliser le logiciel d'acquisition fourni avec le scanner. Aucun contrôle ni informations sur les corrections, les interpolations et les étalonnages appliqués aux images Tous les paramètres d’image sont contrôlables. Reconstruction d’image point par point Si l’on s’intéresse spécifiquement aux systèmes de densitométrie laser, le temps nécessaire élevé pour acquérir une image (2 min pour un film 5x5cm² et une résolution de 72dpi), rend difficile la transposition en milieu hospitalier pour un usage clinique de routine. L'utilisation d'un laser fait apparaître des problèmes de moucheture, de forme et de chevauchement de la tâche. Le balayage permet d’augmenter la zone d’acquisition mais entraîne un chevauchement et des problèmes de mosaïque. Le balayage lors de la numérisation peut aussi générer des distorsions géométriques. Les lasers sont plus chers et les intensités d'éclairage sont plus difficiles à contrôler. Il est difficile d’assurer un éclairage uniforme du film lors du balayage de la zone. Il existe donc un besoin pour améliorer les systèmes optiques de lecture de films radiochromiques, notamment afin de pallier les inconvénients des microdensitomètres à rayons X avec caméra CCD, des scanners optiques à plats et des densitomètres laser existants. Le but général de l'invention est alors de répondre au moins en partie à ce besoin. Pour ce faire, l’invention a tout d’abord pour objet un système optique pour la lecture d’un film radiochromique, comprenant : - une source lumineuse comprenant au moins une diode électroluminescente (LED) agencée pour éclairer le film radiochromique, la longueur d’onde d’émission de chaque diode LED étant adaptée pour correspondre à celle du(des) pic(s) d’absorption(s) principal (ux) de sensibilité du film radiochromique, - une lentille bi-télécentrique agencée pour recevoir le faisceau optique émis par la(les) diode(s) (LED) et ayant traversé le film radiochromique, - un imageur couplé optiquement à la lentille bi-télécentrique. Par « imageur », on entend ici et dans le cadre de l’invention, le sens technologique usuel, à savoir tout dispositif à au moins un capteur photographique qui convertit un rayonnement électromagnétique d’au moins une LED en un signal électrique analogique. Ce signal est ensuite amplifié, puis numérisé par un convertisseur analogique-numérique et enfin traité pour obtenir une image numérique. Un imageur selon l’invention peut être au moins un capteur photographique mettant en œuvre n’importe quelle technologie. Il peut s’agir d’un capteur CCD (acronyme anglais pour « Charge-Coupled Device ») ou un capteur CMOS (acronyme anglais pour « Complementary Metal–Oxide–Semiconductor »). Avantageusement, l’imageur est un imageur sCMOS (acronyme anglais pour « scientific Complementary Metal–Oxide–Semiconductor »). De préférence, la source lumineuse comprend au moins une matrice de diodes LED. La source lumineuse peut avoir une grande homogénéité et une intensité élevée, typiquement jusqu'à 35500 mcd par matrice de LED. En outre, une ou des, notamment trois, plaques de verre diffusant est(sont) agencée(s) au-dessus des LED pour éliminer les points chauds des lumières émises par les LEDS individuellement. Les plaques en verre diffusant homogénéisent les lumières en un seul profil d’émission. De préférence encore, chaque diode LED dispose d’une longueur d’émission dans le rouge, fournissant une lumière quasi-monochromatique qui garantit avec la lentille bi-télécentrique l'absence de distorsions géométriques et chromatiques. En particulier, le traitement de surface de la lentille bi-télécentrique permet d’éviter les aberrations chromatiques, i.e. la focalisation à des distances différentes selon la longueur d’onde. Le système comprenant au moins un contrôleur de courant adapté pour chaque rangée de la matrice de LED et d’une alimentation en tension suffisante pour rendre les courants constants pour toute la matrice de LED. Ainsi la lumière de sortie est constante pour toutes les matrices LED de la source lumineuse. Avantageusement, les LEDs peuvent être montées en parallèle avec pour chaque rangée, un contrôleur de courant qui permet d’absorber les variations de tension telles qu’en sortie, l’intensité est constante pour chaque rangée, et donc pour chaque LED de cette rangée. En outre, le fait de mettre un contrôleur par rangée permet d’avoir une intensité de toutes les LED plus uniforme. Selon un mode de réalisation avantageux, l’imageur est une caméra monochrome comprenant des capteurs sCMOS. Selon ce mode, et une variante de réalisation avantageuse, une microlentille est agencée devant chaque pixel d’un capteur sCMOS de la caméra. Avec des microlentilles, on minimise les effets de diaphonie optique. Selon une configuration avantageuse, le système optique comprend: - un support transparent à la longueur d’onde de la(des) diodes (LED), le support étant adapté pour supporter le film radiochromique et agencé pour laisser passer le faisceau optique émis par la(les) diode(s) (LED), - une plaque de compression d’indice optique proche de celui du film radiochromique, la plaque étant montée pour être appliquée contre le support de sorte à aplatir le film radiochromique. La plaque de compression, notamment en verre anti-Newton permet de garantir la planéité du film radiochromique lors de l'image. Par « verre anti-Newton », on entend ici et dans le cadre de l’invention un verre dépoli dont la surface n’est pas parfaitement lisse de sorte à laisser une présence d’air entre la plaque de compression et le film radiochromique, empêchant la formation de franges d’interférences dites anneaux de Newton. Selon un autre mode de réalisation avantageux, le système comprend une enceinte étanche à la lumière extérieure dans laquelle sont logés au moins la source lumineuse, la lentille bi-télécentrique, et le cas échéant le support avec la plaque de compression. De préférence, les parois de l’enceinte sont en matériau isolant thermiquement. Le système comprend un dispositif de régulation thermique pour réguler la température de la source lumineuse. Le dispositif de régulation thermique est avantageusement un échangeur de chaleur relié à un thermostat à circulation. Un tel dispositif permet d’obtenir une stabilité chromatique et thermique de la source lumineuse. L’invention a également un procédé de fonctionnement du système optique tel que décrit précédemment, selon lequel le pilotage de la(des) diode(s) LED est indépendant de celui de la caméra. Selon un mode de réalisation avantageux, le procédé comprend les étapes suivantes : - pilotage de la(des) diode(s) LED en mode pulsé, - acquisition d’images par la caméra pendant l’éclairage du film radiochromique par la(les) diode(s) LED. Le film est numérisé avec un temps de pose de quelques ms et une moyenne peut être obtenue en acquérant plusieurs images à une fréquence d'images élevée. En pratique, le temps d’exposition est géré par l'utilisateur pour ne pas saturer le capteur sCMOS, pour pouvoir mesurer des densités optiques. En effet, une saturation du capteur ne permet pas de connaître la quantité de lumière incidente. L'obturateur global du capteur sCMOS a besoin d'un contrôle externe de la lumière. Dans le cadre de l’invention, on peut envisager principalement deux modes d’obturation du capteur sCMOS : le premier consiste à réaliser une lecture en ligne mais en faisant en sorte que chaque ligne n’a pas la même quantité de lumière reçue, le deuxième consiste en ce que l’intégralité de la surface du capteur soit exposée et lue simultanément. Ce deuxième mode nécessite un éclairage de type flash et une protection contre la lumière externe. Si le flash domine l’exposition et que la lumière externe est supprimée, chaque pixel reçoit la même quantité de lumière. La lecture par ligne ainsi que les différents temps d’exposition des lignes n’ont plus aucune importance, puisque la lumière externe ne pénètre plus. Les inventeurs pensent que ce deuxième mode de synchronisation de la source lumineuse avec le capteur sCMOS en flash est préférable, avec en outre les avantages suivants : le fait de générer des pulses de lumière permet de dissiper moins de chaleur que dans le cas d’une émission de lumière continue. Le refroidissement est donc plus aisé à réaliser, la durée de vie de la source de lumière est augmentée car elle ne fonctionne que quelques ms par image. Selon une variante de réalisation avantageuse, l’étape d’acquisition comprend l’acquisition d'images de correction appelées décalées, plates et foncées (respectivement « offset », « flat » et « dark » en anglais). Selon une autre variante de réalisation avantageuse, le procédé comprend une étape de prétraitement par l’acquisition d’images de correction afin d’obtenir des images de référence dites images maîtres du film avant irradiation et après irradiation. De préférence, le procédé comprend un traitement des images maîtres du film comprenant les étapes suivantes : - conversion en densité optique des valeurs de pixel des images maîtres du film avant irradiation et après irradiation, - correction de la densité optique des images maîtres du film avant irradiation et après irradiation au moyen de filtres neutres étalonnés de sorte à obtenir les images du film étalonnées en densité optique, avant irradiation et après irradiation, - recalage en sub-pixel des images maîtres du film avant irradiation et après irradiation, - soustraction des deux images du film, étalonnées en densité optique avant et après irradiation en prenant en compte l’image du film avant irradiation comme bruit de fond, - application d’une courbe d'étalonnage aux images établie à partir de films, irradiés à des doses connues traçables à des références primaires établies, de sorte à obtenir la dosimétrie du film. Tout organisme disposant des moyens d’irradiation appropriés et de matériel de mesure dosimétrique étalonné peut réaliser une telle courbe d’étalonnage des films radiochromiques. C’est la réalisation d’une courbe d’étalonnage de la densité optique en fonction de la dose absorbée dans un fantôme, généralement en eau ou équivalent dans des conditions dans lesquelles la dose peut être traçable métrologiquement, et son application aux mesures ultérieures réalisées avec des films du même lot de fabrication, qui permet d’obtenir une information dosimétrique des films. Ainsi, l’invention consiste essentiellement en un système optique comprenant une source LED uniforme, un imageur, avantageusement un imageur sCMOS, de préférence monochrome, couplé à une lentille optique bi-télécentrique. L’utilisation d’une lentille bi-télécentrique permet de rendre l’imageur insensible à la polarisation du film. Le procédé de fonctionnement du système permet la détermination de la dose après l'irradiation du film en mesurant la densité optique à deux dimensions sur le film. L'utilisation de filtres neutres étalonnés permet de rétablir la traçabilité métrologique en densité optique par rapport à des scanners à plat selon l’état de l’art. Autrement dit, l’invention permet des mesures fiables de densité optique de films radiochromiques. Par construction, les scanners optiques à plats selon l’état de l’art ne permettent pas des mesures fiables des densités optiques pour diverses raisons parmi lesquelles l'utilisation de la lumière blanche incidente, l'inhomogénéité de la source lumineuse, la saturation du capteur et le recalibrage interne. En utilisant les mesures de doses traçables à des références primaires établies par un organisme, ainsi que les filtres neutres étalonnés, le système selon l’invention est un instrument entièrement traçable métrologiquement dont les performances peuvent être quantifiées en termes d’incertitudes. Ses performances dépassent largement celles des scanners optiques à plat selon l’état de l’art. Les avantages de l’invention sont nombreux parmi lesquels on peut citer : un instrument scientifique dédié, dimensionné pour la lecture de films radiochromiques, afin de disposer in fine d'une information dosimétrique fiable, tout en obtenant la double traçabilité métrologique de la densité optique et de la dose de rayonnement, la mise en œuvre des composants optiques du système, dont on peut contrôler précisément et indépendamment les caractéristiques permet d’éviter les artefacts de lecture connus avec les scanners à plat existants, avec des performances métrologiques rigoureusement qualifiées, le système est suffisamment grand pour reproduire toute la taille d'un film de 6x6 cm², voire de dimensions supérieures si le support est déplaçable sur deux axes, l'imageur sCMOS ayant une résolution soigneusement adaptée à l'objectif pour fournir une taille de pixel idéale sur le film pour capturer les détails fins dans le motif exposé, un instrument très stable grâce à l’ajout de contrôleurs de courant et reproductible par l’étalonnage périodique du système en densité optique, le contrôle indépendant de chaque composant optique du système permet une plus grande flexibilité pour l'acquisition (séquences d'images, contrôle du temps d'exposition) et le traitement des images, une véritable quantification des incertitudes sur le résultat est réalisable, ce qui fait actuellement défaut avec les systèmes de scanners à plat selon l’état de l’art. L’invention peut être envisagée pour toutes applications et domaines industriels mettant en œuvre des mesures de dose 2D dans les applications médicales des rayonnements ionisants, ainsi que pour l'estimation de la dose aux patients pour la caractérisation du champ de rayonnement. L’invention peut même être mise en œuvre pour reconstruire une dose en 3D, en empilant plusieurs films radiochromiques en alternance avec des tranches de façon à reconstituer un fantôme, la reconstruction ayant lieu par interpolation entre les tranches. Par exemple, un accélérateur linéaire, des générateurs de rayons X ou des sources isotopiques peuvent générer ces champs de rayonnement non exclusivement. Une application particulièrement intéressante de l’invention est pour les physiciens médicaux des services de radiothérapie ou de radiologie et pour tout producteur d'appareils et d'instruments du domaine médical. D'autres avantages et caractéristiques ressortiront mieux à la lecture de la description détaillée, faite à titre illustratif et non limitatif, en référence aux figures suivantes. la est une vue en perspective et partiellement éclatée d’un système optique pour la lecture de films radiochromiques selon l’invention. la est une vue en coupe longitudinale d’une partie du système optique selon la . la est un synoptique du protocole de prétraitement des images obtenues grâce à un système optique selon l’invention. la est un synoptique de la séquence du processus de traitement d'images obtenues grâce à un système optique selon l’invention. la est une illustration d’un film radiochromique irradié par un faisceau de photons d’un système optique selon l’invention. Système optique (1) pour la lecture d’un film radiochromique, comprenant : une source lumineuse (2) comprenant au moins une diode électroluminescente (LED) agencée pour éclairer le film radiochromique, la longueur d’onde d’émission de chaque diode LED étant adaptée pour correspondre à celle du(des) pic(s) d’absorption(s) principal(ux) de sensibilité du film radiochromique, une lentille bi-télécentrique (3) agencée pour recevoir le faisceau optique émis par la(les) diode(s) (LED) et ayant traversé le film radiochromique, un imageur (4) couplé optiquement à la lentille bi-télécentrique. Système optique (1) selon la revendication 1, la source lumineuse comprenant au moins une matrice de diodes LED. Système optique (1) selon la revendication 1 ou 2, chaque diode LED disposant d’une longueur d’émission dans le rouge. Système optique (1) selon la revendication 2, comprenant, au moins un contrôleur de courant adapté pour chaque rangée de la matrice de LED et d’une alimentation en tension suffisante pour rendre les courants d’alimentation constants pour toute matrice de LED. Système optique (1) selon l’une des revendications précédentes, l‘imageur étant une caméra monochrome dite sCMOS. Système optique (1) selon la revendication 5, comprenant une microlentille agencée devant chaque pixel d’un capteur CMOS de la caméra. Système optique (1) selon l’une des revendications précédentes, comprenant : - un support (20) transparent à la longueur d’onde de la(des) diodes (LED), le support étant adapté pour supporter le film radiochromique et agencé pour laisser passer le faisceau optique émis par la(les) diode(s) (LED), - une plaque de compression (21), d’indice optique proche de celui du film radiochromique, la plaque de compression étant montée pour être appliquée contre le support de sorte à aplatir le film radiochromique. Système optique (1) selon l’une des revendications précédentes, comprenant une enceinte étanche à la lumière extérieure dans laquelle sont logés au moins la source lumineuse, la lentille bi-télécentrique, et le cas échéant le support avec la plaque de compression. Système optique (1) selon la revendication 8, les parois de l’enceinte étant en matériau isolant thermiquement. Système optique (1) selon la revendication 8 ou 9, comprenant un dispositif de régulation thermique (5) pour réguler la température de la source lumineuse. Système optique (1) selon la revendication 10, le dispositif de régulation thermique étant un échangeur de chaleur relié à un thermostat à circulation. Procédé de fonctionnement du système optique selon l’une des revendications précédentes, selon lequel le pilotage de la(des) diode(s) LED est indépendant de celui de l’imageur. Procédé de fonctionnement selon la revendication 12, comprenant les étapes suivantes : pilotage de la(des) diode(s) LED en mode pulsé, acquisition d’images par l’imageur pendant l’éclairage du film radiochromique par la(les) diode(s) LED. Procédé de fonctionnement selon la revendication 13, l’étape d’acquisition comprend l’acquisition d'images de correction appelées décalées, plates et foncées. Procédé de fonctionnement selon la revendication 14, comprenant une étape de prétraitement afin d’obtenir des images de référence dites images maîtres du film avant irradiation et après irradiation. Procédé de fonctionnement selon la revendication 15, comprenant un traitement des images maîtres comprenant les étapes suivantes : conversion en densité optique des valeurs de pixel des images maîtres du film avant irradiation et après irradiation, correction de la densité optique d’images maîtres du film avant irradiation et après irradiation au moyen de filtres neutres étalonnés, de sorte à obtenir les images du film étalonnées en densité optique, avant irradiation et après irradiation, recalage en sub-pixel des images maîtres du film avant irradiation et après irradiation, soustraction des deux images du film étalonnées en densité optique avant et après irradiation en prenant en compte l’acquisition avant irradiation comme bruit de fond, application d’une courbe d'étalonnage aux images établie à partir de films, irradiés à des doses connues traçables à des références primaires établies, de sorte à obtenir la dosimétrie du film.