La présente invention est relative à un procédé et une installation d'extraction continue du sucre à partir de bagasse par immersion et diffusion, avec production directe de jus épurés et clairs, bons pour la concentration. Selon l'invention, le procédé est caractérisé en ce outil consiste à faire circuler la bagasse en continu à travers une série de vases par débordements supérieurs et inférieurs alternés et à faire passer du liquide désucrant de haut en bas à travers la bagasse uniquement sur les portions de trajet de celle-ci orientées suivant cette direction, en réintroduisant le liouide extrait à la fin de l'une desdites portions de trajet, au début d'une autre portion de trajet. Ainsi, sur chaque portion de trajet, la bagasse, en suspension dans le liquide désucrant, est brassée avec ce liquide. La bagasse brassée sur une portion de trajet se trouve ensuite partiellement essorée avant un nouveau brassage avec du liquide désucrant moins riche en sucre sur une autre portion de trajet et l'ensemble du brassage et de l'essorage a lieu un certain nombre de fois jusqu'à extraction d'une part d'un liquide riche en sucre et d'autre part d'une bagasse pauvre en sucre et partiellement essorée. Les vesous provenant de la réduction de la canne en bagasse et le liquide désucrant peuvent cotre traités chimiauement pour leur épuration, chauffés, puis envoyés pour circuler sur au moins une portion du trajet pour en chauffer la bagasse et se filtrer avant d'en autre extraits définitivement, épurés et clairs. On peut prévoir leur envoi sur une, deux ou trois portions de trajet. La bagasse est toujours complètement immergée dans du liquide désucrant à pH voisin de la neutralité, à la température optimale pour son désucrage et l'épuration des jus. Ce procédé repose sur les constatations suivantes La canne broyée dans un moulin convenablement aménagé donne d'une part des vesous et d'autre part une bagasse grossière douée d'une grande flottabilité, qui est d'une texture très ouverte facilitant son désucrage et qui possède un grand pouvoir adsorbant et filtrant une fois cuite. Cette bagasse en suspension dans un liquide désucrant et ce menue liquide désucrant, dont la réaction a été rendue voisine de la neutralité, supportent, sans aucun dosage pour la qualité des jus sucrés et pour le rendement en sucre ensaché, les températures auxquelles ils sont soumis, Cette bagasse complètement immergée dans un récipient clos se rassemble en un matelas flottant dont le niveau inférieur est horizontal et qui exerce sur la face supérieure du récipient une pression correspondant à sa force de flottabilité. Un matelas flottant de bagasse cuite immergée dans un récipient clos a une compacité telle, par suite d'une part de la perte de toute rigidité des fibres de bagasse par la cuisson et d'autre part de son auto-compression, qutil est imperméable à tout liquide circulant de bas en haut. Si ce matelas flottant est immergé dans un récipient clos et est traversé par un liquide de haut en bas, sous une charge légèrement supérieure à la force de flottabilité du matelas, le liquide circulant pousse alors une partie de la bagasse constituant le matelas et brasse ainsi toute la bagasse de ce matelas. Si une ouverture est ménagée dans la paroi supérieure dudit récipient, elle laisse échapper une bagasse partiellement essorée, avec une force proportionnelle à la compression qu'elle subit du fait de sa propre force de flottabilité et de toute pression hydrostatique exercée sous son matelas. Par ailleurs, l'installation selon l'invention est caractérisée en ce qu'telle comprend, montés en série, des vases dont chacun est divisé par une cloison en deux compartiments communiauant par-dessous cette cloison, le second compartiment d'un vase communiquant par ailleurs à sa partie supérieure avec le premier compartiment du vase suivant, chacun des premiers compartiments présentant une entrée de liquide désucrant à sa partie supérieure et une extraction de liquide désucrant à sa partie inférieure. Le premier compartiment reçoit à sa partie supérieure la bagasse et le liquide désucrant; le second compartiment reçoit la bagasse du premier compartiment par-dessous la cloison et la délivre par sa partie supérieure dans le premier compartiment du vase suivant. Aucun liquide n'étant introduit au haut du second compartiment, la bagasse y est comprimée sous l'effet de sa propre force de flottation et de la pression hydrostatique du vase considéré s'exerçant sur la face inférieure du matelas. Ouand la somme de ces deux forces est supérieure à celle du vase situé en aval, la bagasse pénètre, partiellement essorée, dans celui-ci. La bagasse peut ainsi progresser du vase de tette de la batterie au vase de queue. Les liquides désucrants peuvent passer d'un vase au vase situé en amont (considéré par rapport à la circulation de la bagasse) par simple gravité ou au moyen de pompes qui élèvent à chaque fois la pression hydrostatique du vase de queue vers le vase de tête, ce qui assure ainsi la circulation de la bagasse du vase de tete au vase de queue. Une partie du liquide désucrant extrait de la batterie peut étre traitée chimiquement, seule ou mélangée à des boues de décantation ou aux vesous d'extraction des moulins, chauffée à 1020C et réintroduite dans au moins un vase dont elle chauffe la bagasse et où elle se filtre sur cette bagasse avant d'entre soutirée définitivement de la batterie, épurée et limpide. La bagasse diffusée est expulsée comprimée hors du second compartiment du vase de aueue et donc hors de la batterie du fait de sa propre force de flottabilité et de la pression hydrostatique dudit vase. La bagasse est donc expulsée partiellement essorée. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront de la description qui va suivre uniquement à titre d'exemples non limitatifs. Aux dessins annexés la Fig. 1 représente une vue en élévation schématique d'une installation conforme à l'invention dont les vases sont disposés adjacents au même niveau; la Fig. 2 représente une vue analogue d'une seconde installation conforme à l'invention dont les vases sont superposés; La Fig. 3 représente une vue en perspective d'une autre installation conforme à l'invention dont les vases sont accolés à mi-hauteur et superposés, cette vue étant limitée à la colonne de vases. Les trois installations représentées par ces figures comportent six vases identiques numérotés de 1 à 6(en commençant par le vase 1 qui reçoit la bagasse)pour la réalisation de la Fig. 1 et respectivement la à 6a et 1b à 6b pour les réalisations des Fig.2 et 3. L'installation de la Fig. 1 comporte ainsi unie batterie de six vases 1 à 6 qui sont disposés adjacents et alignés au mime niveau. Chaque vase est parallélépipédique avec un fond en forme de toit renversé à arête perpendiculaire à l'alignement des vases et il est divisé en deux compartiments 11 à 16 et 21 à 26 par une cloison verticale 31 à 36 qui est étanche avec le plafond et les parois du vase sur une hauteur h et est distante de y du fond du vase, son bord inférieur étant horizontal. Les compartiments 11 à 16 sont nettement plus grands que les compartiments 21 à 26. Les vases communiquent entre eux par des passages 41 à 45 aménagés dans leurs parois communes entre le haut du second compo timent 21 à 25 d'un vase et le haut du premier compartiment 12 à 16 du vase suivant. Le compartiment 26 du vase de queue 6 s'élève au-dessus du reste du vase et est fermé par un clapet 46 imperméable à la bagasse, qui pivote autour d'un axe horizontal faisant corps avec un contrepoids réglable. Le vase de tête 1 comporte de plus deux cloisons 7 et 8 plus ou moins verticales et étanches chacune avec une pente du fond et avec les parois du vase jusqu'à une certaine hauteur; ces cloisons divisent le compartiment 11 en trois parties qui communiquent pardessus ces cloisons. Le vase 6 est associé à un bac 56 à niveau constant et en charge sur ce vase par un conduit 9 comportant un obturateur 10; ce bac est remplacé dans les installations des Fig. 2 et 3 par un conduit d'introduction de liquide désucrant 56a ou 56b. Les vases 1 à 6 sont associés à a) cinq autres bacs 51 855disposés à des niveaux de plus en plus bas, mais le dernier au-dessus du bac 56, et en charge respectivement sur les vases 2, 3, 1, 4 et 5 par l'intermédiaire de conduits 17 qui relient le fond de ces bacs à des pompes 61 à 65 dont les conduits de refoulement 18 donnent dans la partie supérieure des premiers compartiments 12, 13, 11, 14 et 15; b) cinq conduits 19 partant du fond de chacun des vases 1, 2 et 4 à 6 et débouchant à un niveau de plus en plus bas respectivement dans les bacs 51 à 55. Chacun des bacs 51 à 56 peut comporter un trop-plein 20 de sécurité donnant dans un bac de niveau inférieur ou pour le bac 56 à I'égoat. Le niveau du trop-plein 20 du bac 56 est supérieur au niveau de l'ajutage du conduit 19 dans le bac 13, ajutage qui est lui-meme à un niveau supérieur au niveau supérieur du vase 6. Le vase 1 est de plus associé a) par un divergent 27 ouvrant à la base de son compartiment 11 et un conduit 28, une trémie 29 en charge sur toute l'instal latin; b) à une pompe 30 aui aspire au point le plus bas de la partie du compartiment 11 située entre la cloison 8 et le divergent 27 et aui refoule par un conduit 37 dans la partie supérieure du compartiment 11; c) à une pompe 38 qui aspire au point le plus bas de la partie du compartiment 11 située entre les cloisons 7 et 8 et qui refoule dans la trémie 29 par un conduit 39. Les conduits 18 de refoulement des pompes 61, 62 et 63 comportent chacun un réchauffeur 71, 72 ou 73 avant de déboucher dans leur compartiment respectif 12, 13 ou 11. Enfin, un conduit 40 de soutirage part du fond du vase 3. L'installation représentée par la Fig. 2 ne diffère de a celle de la Fig. 1 que par la disposition relative des vases 1 à 6a les uns par rapport aux autres. Ces vases sont à fond plat et empilés l'un au-dessus de l'autre, le vase 6a au-dessus des autres, mais les vases pairs sont orientés symétriquement de façon que le a second compartiment d'un vase, par exemple le compartiment 2 du vase 3a se prolonge verticalement au-dessus du plafond du vase de façon à déboucher à la partie supérieure du premier compartiment a du vase supérieur, ici le compartiment 14 du vase 4 , par une porte 43a qui est délimitée avec le plafond de ce vase supérieur par un prolongement vertical de la cloison du vase inférieur, ici la cloison 33a, qui traverse le plafond du vase inférieur.Le reste de l'installation est identioue, mais pour des raisons de clarté les trop-pleins sont pas été représentés, ni l'introduction d'épurant et la commande de l'obturateur 10a L'installation représentée par la Fig. 3 ne diffère également de celle des Fig. 1 et 2 que par la disposition relative des vases 1b à 6b les uns par rapport aux autres; l'ensemble est en effet enfermé dans une enveloppe cylindrique verticale qui est supposée ôtée sur la figure et à l'intérieur de laquelle les compartiments sont délimités par une cloison verticale diamétrale plane 66 s'étendant sur toute la hauteur de l'enveloppe, par sept plateaux horizontaux semi-circulaires 80 à 86 disposés à des niveaux équidistants, mais alternativement de part et d'autre de la cloison 66 et par six gaines verticales 91 à 96; chacune de ces gaines traverse à son tiers supérieur l'un des plateaux 81 à 86 et elle est délimitée à son extrémité supérieure par un secteur prolongeant le plateau immédiatement supérieur au plateau que la gaine traverse et à son extrémité inférieure par le deuxième plateau inférieur au plateau que la gaine traverse (par exemple d'une part un secteur prolongeant le plateau 83 et d'autre part le plateau 80 pour la gaine 92 qui traverse le plateau 82), sauf évidemment pour l'extrémité inférieure de la première gaine 91 qui s' ou- vre au-dessus du fond tronconique 67 de l'enveloppe et pour l'extrémité supérieure de la dernière gaine 96 qui débouche à l'exté- rieur; les gaines 91 et 94 sont à section rectangulaire et s'appuient sur la partie centrale de la cloison 66, l'une d'un côté et l'autre de l'autre; les gaines 92, 93 et 95 sont à section en secteur d'anneau circulaire et s'appuient à la fois sur la cloison 66 et sur l'enveloppe extérieure et par endroits sur les gaines 91 et 94, la gaine 92 traversant une entaille ménagée à l'extrémité droite du plateau 82, la gaine 93 une entaille à droite du plateau 83 et la gaine 95 une entaille à gauche du plateau 85; la gaine 96 est à section rectangulaire et s'appuie uniquement sur l'enveloppe extérieure.On ménage ainsi en-dessous du plateau 80 un compartiment initial 68 dans lequel débouche le divergent 27b, des compartiment 11b entre le plateau 81, la cloison 66 et le fond 67, 12b entre les plateaux 80 et 82, 13b entre les plateaux 81 et 83, 14b entre les plateaux 82 et 84, 15b entre les plateaux 83 et 85, et 16b entre les plateaux 84 et 86, et des compartiments 21b, 22b, 23b, 24b 25b et 26b dans les gaines 91 à 96; des entailles 69 sont ménagées d'une part dans la cloison 66 en-dessous du plateau 80 de part et d'autre de la gaine 91 pour le passage du comparti b ment 68 au compartiment 11b et d'autres entailles les unes à la base des parois des gaines 92 à 96 et les autres soit au sommet des parois des gaines 91 à 95, soit au méme niveau dans la cloison 66 de façon à permettre les passages voulus entre les divers compartiments dans l'ordre llb-21b-12b-22b-13b-23b-14b~24b~l5b~ 25b-16 -26, les entailles supérieures constituant les portes 41b à 45b Le reste de l'installation est analogue aux parties correspondantes des deux premières installations. Le fonctionnement de l'installation ainsi décrite est le suivant Le bac 56 est maintenu toujours plein de liquide désucrant L au niveau de son trop-plein 20. L'installation est remplie de liquide par ouverture de l'ob- turateur 10. La pompe 38 fait circuler en circuit fermé du liquide du vase 1 par le conduit 39, la trémie 29, le conduit 28 et le divergent 27. La bagasse à désucrer B est envoyée dans la trémie 29 d'où elle est entraînée par le liquide de la pompe 38 dans le vase 1 tandis que les pompes 61 à 65 sont mises en marche. Les particules lourdes de la bagasse fratche introduite dans le compartiment 11 et qui se détachent des morceaux doués de flottabilité, s'accumulent contre le fond de la cloison 8 du côté du divergent 27, sont aspirées avec du liquide par la pompe 30 qui les refoule par le conduit 37 dans la partie supérieure du compartiment 11 et sont finalement absorbées par l'amas de bagasse flottant qui remplit le haut de ce compartiment. La partie flottante de la bagasse s'accumule dans la partie supérieure du compartiment 11 et finit par déborder en-dessous du bord inférieur de la cloison 31 dans le compartiment 21 où elle s'élève pour remplir le compartiment 12 étant donné que la pression hydrostatique du compartiment 11 qui reçoit toujours de la bagasse et aussi du liquide par la pompe 63 monte et pousse la bagasse du compartiment 21 dans le compartiment 12 et de là dans le compartiment 22; et cela ainsi de suite jusqu'à l'arrivée de la bagasse dans le compartiment 26 d'où elle déborde hors de l'appareil par la porte 46. La bagasse remplit ainsi tous les compartiments 11 à 16 jusqu'au bord de leur cloison 31 à 36, sous forme de matelas compacts obtenus par auto-compression. Le liquide désucrant, tel que de l'eau, envoyé dans le bac où 56 (Fig. 1) ou par les conduits 56 ou 56b (Fig. 2 et 3) est in- troduit dans le vase 6 en une quantité réglée par l'ouverture de l'obturateur 10. Il traverse le matelas de bagasse qui occupe le haut du compartiment 16 jusqu'au bord de la cloison 36, puis par le conduit 19 va dans le bac 55, d'où la pompe 65 l'aspire pour le refouler par le conduit 18 à travers le matelas du compartiment 15 et le conduit 19 dans le bac 54; la pompe 64 aspire le liquide dans le bac 54 pour le refouler à travers le matelas du compartiment 14 et le conduit 19 dans le bac 53 d'où la pompe 63 l'aspire pour le refouler à travers le réchauffeur 73, le matelas du compartiment 11 et le conduit 19 dans le bac 51; la pompe 61 aspire le liquide dans ce bac 51 pour le refouler à travers le réchauffeur 71, le matelas du compartiment 12 et le conduit 19 dans le bac 52 d'où la pompe 62 l'aspire pour le refouler à travers le réchauffeur 72, le matelas du compartiment 13 et le conduit 40 de soutirage, hors de l'installation, du jus sucré S. Le niveau du liauide dans les bacs 51 à 56 est automatiquement inférieur à celui des ajutages d'arrivée des conduits 19 dans ces bacs. Il en résulte que les pressions hydrostatiques dans les parties inférieures des vases 1,2 et 4 à 6 correspondent chacune 1 2 4 6 au niveau n , n et n à n du débouché de leur conduit 19 res- pectif dans les bacs 51 à 55. De la sorte, la bagasse à désucrer est, le long de son chefinement de la trémie 29 à sa sortie du compartiment 26, traversée en sens inverse par le liquide désucrant introduit dans le vase 6 et se désucre en même temps que le liquide désucrant s'enrichit en sucre jusqu'à sa sortie par le conduit de soutirage 40 dont la sortie est à un niveau n intermédiaire entre les niveaux n et n4 des ajutages des bacs 52 et 53. Au point de vue épuration, le bac 53 sert de bac de traitement, c'est-à-dire qu'il reçoit les épurants-E et, Si l'on veut, les vesous des moulins ou à défaut les boues de décantation des épurations réalisées hors de l'installation ou meme le liquide du vase 4. Le liquide traité est introduit par la pompe 63 dans le compartiment 11 dont il traverse le matelas de bagasse qu'il brasse en même temps tout en partageant son épurant avec le liquide libre (c'est-à-dire hors des cellules fermées) de cette bagasse. Le liquide ainsi traité va ensuite par le conduit 19 dans le bac 51, puis la pompe 61 et à travers le réchauffeur 71 dans le compartiment 12. Le réchauffeur 71 porte ce liquide à 1020C et assure sa défécation. Le liquide, en traversant le matelas du compartiment 12, chauffe sa bagasse en même temps au'il se filtre. Il va ensuite par le bac 52 et la pompe 62 et à travers le réchauffeur 72 dans le compartiment 13. Le réchauffeur 72 porte ce liquide partiellement refroidi par son contact avec la bagasse du compartiment 12, à nouveau à 1020C. Le liquide traverse le matelas du compartiment 13, en chauffe la bagasse en meme temps qu'il se filtre, puis sort par le conduit 10 hors de l'installation, épuré et limpide. La bagasse sort du compartiment 23 à une température relativement élevée et donc dans de bonnes conditions pour permettre l'osmose du sucre de ses cellules fermées dans le liquide désucrant de moins en moins riche qu'elle va rencontrer. Une épuration secondaire, si l'on veut obtenir du sucre blanc par exemple, peut entre réalisée dans le bac 51 ou 52. Au point de vue désucrage dans les vases 1 à 3, il y a homogénéisation du liquide désucrant avec le jus libre de la bagasse à désucrer et commencement de désucrage des cellules fermées dès que la température a tué ces cellules, et ceci proportionnellement à la différence de concentration en sucre du jus des cellules fermées et du liquide baignant. Dans les vases 4, 5 et 6, la bagasse rencontre des liquides désucrants de teneur en sucre rapidement décroissante par le fait, d'une part, que le liquide entrant dans le vase 6 ne contient pas de sucre et, d'autre part, que le compartiment 23 n'est traversé par aucun liquide parce que la pression hydrostatique la plus élevée du vase amont ne peut traverser de bas en haut son matelas de bagasse, cette bagasse qui sort du compartiment 23 étant comprimée par sa propre force de flottation et entraînant avec elle une faible quantité de liquide riche de 13, et cela de même pour les vases 4, 5 et 6 qui suivent Ce qui précède sous-entend que les compartiments 21 à 26 contiennent toujours de la bagasse, c'est-à-dire que la différence des pressions hydrostatiques de deux vases voisins est suffisante pour faire avancer la bagasse, mais pas assez élevée pour dégager les compartiments 21 à 26 de toute bagasse compacte et comprimée, sans quoi le liquide désucrant reviendrait vers la queue de l'appareil. Pour que la bagasse passe d'un second compartiment de vase dans le premier compartiment du vase suivant par la porte intermédiaire, il faut que la poussée de la bagasse côté aval soit inférieure à celle côté amont de cette porte. Soit H et H + d les niveaux respectifs des ajutages des conduits 19 sur deux bacs qui se suivent, par exemple les bacs 54 et 55. La pression hydrostatique s'exerçant sur la bagasse près de la porte 44 cdté amont est H + d et côté aval H + kh; où h est la hauteur de la cloison et k la force de flottabilité ou poussée d'Archimède des matelas de bagasse par unité d'épaisseur. En première approximation, on admet k constant quels que soient l'épais- seur du matelas et le vase considéré. Dans le cas de vases accolés au même niveau (Fig. 1), la poussée d'Archimède exercée par la bagasse du côté amont de la porte (second compartiment 24) est k(h-x) où x est la hauteur de compartiment sur laquelle il n'y a pas de bagasse compacte et, du cdté aval (premier compartiment 15) elle est kh. I1 y a équilibre de poussée sur la bagasse des 2 côtés de la porte quand il y a égalité des sommes des pressions hydrostatiques et d'Archimède précédentes, soit quand H + kh + kh = H + d + k(h-x), c'est-à-dire quand d = k(x+h) Comme x peut varier de O à h, il faut donc que kh Quand donc d satisfait à cette inégalité, une arrivée de bagasse dans le second compartiment 24 diminue x et augmente la pression amont tandis que la poussée aval reste inchangée. Il y aura passage de bagasse par la porte. En raisonnant de même, on trouve que l'équilibre des poussées de part et d'autre des portes est obtenu dans le cas de vases superposés (Fig. 2) avec -ky d rC 2kh et dans le cas de vases à mi-hauteur (Fig. 3) avec -k h 2 Y En fixant donc la différence de niveau d des ajutages d'entrée des conduits 19 dans les deux bacs consécutifs à l'intérieur des limites des inégalités précédentes, l'avancement de la bagasse du vase 4 dans le suivant 5 se fait convenablement, et ceci de façon analogue pour les autres bacs et les autres vases. Il faut remarquer que les forces de frottement des matelas de bagasse sur les parois des compartiments sont faibles et négligeables étant donné que l'on a de grandes sections et que tout baigne dans du liquide. En tous cas, une différence des niveaux relativement élevée surmonte ces forces de frottement. On remarque également que la compression de la bagasse dans la partie supérieure d'un second compartiment et d'un premier compartiment de vases voisins est constante et égale à kh. Dans les seconds compartiments, cette compression peut être augmentée en utilisant des clapets de retenue de bagasse analogues au clapet 46 prévu pour la sortie de la bagasse hors du compartiment 26; ces clapets pivoteraient alors autour d'un axe horizontal traversant les parois des vases et faisant corps avec un contrepoids. extérieur à la batterie de vases. En réglant le contrepoids et la différence de niveau d correspondant, la compression de la bagasse peut être plus ou moins élevée. Il faut enfin remarquer que, par mesure de précaution pour le cas d'une interruption de la circulation des liquides, en vue d'éviter tout débordement, il est prévu sur les bacs 51 à 56 des trop-pleins 20 ramenant les liquides vers le bac 56 qui est en charge sur le vase de queue 6 qui est lui-meme pourvu d'un tropplein à l'égoflt. Le réglage de l'installation s'effectue de la façon suivante, seule la Fig. 1 montrant les appareils de régulation pour des raisons de clarté L'ouverture de l'obturateur 10 est commandée par la densité du liquide soutiré du vase 3 par l'intermédiaire d'un relais agissant sur cet obturateur et commandé par un densimètre 47 interposé sur le conduit 40 de soutirage. La température des liquides sortant des réchauffeurs 71, 72 et 73 est réglée, par des thermostats agissant sur la vapeur de chauffage de ces réchauffeurs, à la valeur fixée par l'utilisateur. La quantité d'épurant E employée dans le bac 53 est réglée par un potentiomètre 48 qui mesure le pH des liquides sortant de ce bac 53 et qui agit par l'intermédiaire d'un relais sur une soupape 49 d'introduction de ltépurant dans le bac. Les installations décrites plus haut schématiquement et à titre purement indicatif peuvent présenter, outre des variantes concernant la situation relative des vases et leur forme et outre la présence de clapets de retenue de bagasse déjà indiquée, d'autres variantes telles que les suivantes - des vases peuvent être munis d'un circuit fermé de chauffage comportant un réchauffeur et se refermant sur le vase ; un tel circuit est représenté en traits mixtes sur le vase 1 de l'installation de la Fig. 2, avec un conduit 50 qui part du fond du vase en-dessous de la cloison 31a pour aboutir dans le haut du compartiment 11a et sur lequel sont interposés successivement une pompe 57, un obturateur 58 commandé par un thermostat 59 monté sur le conduit 19 qui sort du fond du compartiment 12 et un réchauffeur 60 - les vesous peuvent être traités hors de l'installation ou dans celle-ci et leurs boues, dans le premier cas, rentrées dans l'installation - les pompes 61 à 65 qui aspirent dans les bacs 51 à 55 et refoulent dans les vases 1 à 5 peuvent être installées à la sortie des vases sur les conduits 19 et refouler dans les bacs, ceux-ci étant alors pourvus de trop-plein situés à des hauteurs respectant les inégalités voulues pour d et donnant chacun dans le vase situé à l'aspiration de la pompe considérée - les bacs qui ne servent pas à l'épuration peuvent être remplacés par des cols de cygne pourvus d'un évent à leur partie supérieure et respectant les différences de niveaux d voulues - les eaux d'essorage de la bagasse épuisée ou tout autre liquide peuvent être introduites dans l'installation à l'aide de l'un des bacs ou en tout autre point d'un vase. Dans les installations décrites, les pressions hydrostatiques individuelles des vases 2 à 6 sont créées, pour chaque vase, par une pompe située en amont de ce vase et refoulant, à travers ce vase, dans un conduit débouchant à un niveau bien déterminé dans un bac maintenu vide par la pompe du vase amont. D'autres dispositifs peuvent être envisagés pour créer les différences de pression hydrostatique d entre vases. En particulier, la pression hydrostatique des vases peut être créée par des bacs qui sont directement en charge sur les vases par l'intermédiaire d'un conduit débouchant à leur partie supérieure, qui sont alimentés chacun par une pompe aspirant sur un vase aval et dont le trop-plein revenant à l'aspiration de la pompe fonctionne en permanence et maintient son niveau constant à la hauteur exigée par les différences de niveau d. Dans ce cas, le débit du soutirage est réglé par un densimètre des jus soutirés agissant sur un obturateur situé sur le conduit de soutirage du liquide sucré hors de l'appareil. Les avantages des installations décrites sont multiples Tout d'abord, l'installation de diffusion ne comporte aucune pièce mécanique, d'où des frais d'installation et d'entretien très faibles. Un ou deux coupe-cannes rotatifs et un seul moulin convenablement aménagé suffisent pour fabriquer une bagasse douée des qualités recherchées. Un seul moulin ou une seule presse suffit pour essorer la bagasse diffusée, car celle-ci sort de la diffusion appréciablement essorée du fait de l'auto-compression. Ensuite, le désucrage de la bagasse est facilité par - la présence de 95 % environ de cellules ouvertes prêtes à abandonner leur jus sous un simple lavage et de 5 % de cellules fermées seulement dont les parois sont en contact direct avec le liquide désucrant - les températures élevées qui sont sans inconvénient étant donné que le milieu est neutre - le brassage de la bagasse par le liquide désucrant qui traverse le matelas - l'essorage de la bagasse par auto-compression quand elle passe d'un vase dans un autre. Par ailleurs, la qualité des jus soutirés est élevée du fait que leur épuration se fait en milieu neutre et stérile et que, du début du broyage de la canne à l'entrée des jus à la concentration, la durée est faible. Quant aux frais de main-d'oeuvre, ils sont réduits vu l'automatisme simple et complet et la grande souplesse d'allure de l'installation qui ne nécessite aucune intervention quand l'alimentation en bagasse varie. Enfin, les dépenses de combustible sont réduites en raison de la faible force motrice utilisée, ce qui permet la revalorisation par compression d'une forte proportion de vapeurs froides, de l'emploi possible d'eau chaude de récupération pour la diffusion, de la capacité réduite des appareils avant la concentration des jus, de la rapidité de l'extraction, ce qui réduit les pertes de calories par conversion et évaporation directes et, pour terminer, de l'épuration. REVENDICATIONS 1. Procédé d'extraction continue du sucre à partir de bagasse par immersion et diffusion à l'aide d'un liquide désucrant, caractérisé en ce qu'il consiste à faire circuler la bagasse en continu à travers une série de vases par débordements supérieurs et inférieurs alternés et à faire passer du liquide désucrant de haut en bas à travers la bagasse uniquement sur les portions de trajet de celle-ci orientées suivant cette direction, en réintroduisant le liquide extrait à la fin de l'une desdites portions de trajet, au début d'une autre portion de trajet. 2. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'on introduit par gravité la bagasse à désucrer en suspension dans du liquide désucrant neutre et chaud. 3. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'on reprend les particules lourdes de bagasse dans l'installation, en suspension dans du liquide désucrant et on les renvoie pardessus le matelas de bagasse compact et flottant qui circule. 4. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ne qu'on traite chimiquement et on chauffe le liquide désucrant avant de le faire passer sur la bagasse sur certaines portions de trajet. 5. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé en ce qu'on règle le débit de l'introduction initiale de liquide désucrant en fonction de la densité du jus soutiré. 6. Installation d'extraction continue du sucre à partir de bagasse par immersion et diffusion à l'aide d'un liquide désucrant, caractérisée en ce qu'elle comprend, montés en série, des vases dont chacun est divisé par une cloison en deux compartiments communiquant par-dessous cette cloison, le second compartiment d'un vase communiquant par ailleurs à sa partie supérieure avec le premier compartiment du vase suivant, chacun des premiers compartiments présentant une entrée de liquide désucrant à sa partie supérieure et une extraction de liquide désucrant à sa partie inférieure. 7. Installation suivant la revendication 6, caractérisée en ce qu'une trémie d'alimentation en bagasse est disposée en charge sur le premier compartiment du premier vase et reçoit une alimentation en bagasse à désucrer et un circuit de liquide désucrant provenant d'un vase suivant et muni d'un dispositif de traitement chimique et d'un réchauffeur. 8. Installation suivant la revendication 6, caractérisée en ce qu'elle comprend un conduit qui relie le fond du premier compartiment du premier vase a la partie supérieure de ce compartiment et qui comporte une pompe. 9. Installation suivant la revendication 6, caractérisée en ce que le second compartiment du dernier vase communique par sa partie supérieure avec l'extérieur, grâce à un clapet muni d'un contrepoids réglable. 10. Installation suivant la revendication 6, caractérisée en ce qu'un bac est disposé en charge sur chaque vase par l'intermédiaire d'un conduit sur lequel est interposé un obturateur pour le dernier vase et une pompe pour les autres et qui est raccordé à la partie supérieure du premier compartiment du vase tandis qu'un second conduit relie la partie inférieure de ce compartiment à un autre bac, les bacs étant disposés et les pompes réglées en débit de façon que les volumes de liquide qui se trouvent dans les seconds conduits exercent sur les vases associés des pressions hydrostatiques constantes et croissant du premier au dernier vase. 11. Installation suivant la revendication 10, caractérisée en ce qu'au moins l'un des bacs en charge est muni d'un dispositif de traitement chimique du liquide désucrant. 12. Installation suivant la revendication 10, caractérisée en ce qu'un réchauffeur est installé sur au moins l'un des conduits reliant les bacs à la partie supérieure des premiers compartiments des vases.