La présente invention concerne un nouveau composé, le fluorogermanate d'indius, 1n2(GeF6)3, et des compositions orales, pour la prophylaxie de caries, contenant le susdit composé. L'expression "compositions orales" telle qu'elle est utilisée au cours de la description suivante doit s'entendre comme désignant des produits qui ne sont pas intentionnellement ingérés en cours ordinaire d'usage, mais qui sont utilisés dans la cavité buccale et y sont retenus de façon à y entrer en contact avec les tissus oraux durs. Parmi de tels produits figurent, par exemple, des dentifrices, des eaux dentifrices ou collutoires, des pâtes pour la prophylaxie dentaire, et des solutions aqueuses a' administrer localement (dites "topiques"). I1 est communément reconnu que la présence de petites proportions (c'est-à-dire d'environ 1,0 jlgjml) d'ion fluorure dans de l'eau potable utilisée comme eau de boisson exerce un effet significatif sur la diminution de la fréquence des caries dentaires observables sur des êtres humains . C'est ainsi, par exemple, que l'on a introduit du fluorure de sodium dans l'eau distribuée au public dans un certain nombre de villes, avec de bons résultats. Cette méthode d'apport de fluorure n'est toutefois pas utilisable lorsque l'eau de boisson provient de sources privées a' faible débit et trop pauvres en fluorures (sources telles que des puits individuels, etc.) au lieu de provenir de sources publiques communes dont l'eau est fluorurée (soit naturellement, soit par enrichissement artificiel).En outre, l'addition de fluorures à des sources publiques communes d'eau n'est pas toujours acceptée ou permise, et elle n'est non plus toujours completement efficace. Des applications topiques ou locales de solutions aqueuses de fluorures par des dentistes ou des hygiénistes spécialisés constituent une excellente mesure de protection contre des caries dentaires. Divers composés fluorurés ont été utilisés à cette fin, y compris fluorure de sodium et fluorure stanneux. D'une manière analogue, on sait que des dentifrices, collutoires ou analogues comprenant divers composés fluorurés manifestent une activité anticariogène. Bien qu'une protection effective contre des caries dentaires ait été obtenue par utilisation des composés fluorurés sus-mentionnés, on a constaté parfois des effets secondaires nuisibles avec certains agents anticariogènes connus, en particu lier avec certains sels contenant des ions stanneux. Par exemple, une pigmentation brunâtre de certaines lésions du type carie a été observée après l'application locale de solutions d'agents anticariogènes contenant l'ion stanneux sur les dents lorsque les dents ne sont pas convenablement nettoyées avec une brosse à dents à la suite d'un tel traitement.Bien qu'une pigmentation de telles lésions ne soit pas nécessairement indésirable d'un point de vue physiologique, il serait néanmoins avantageux, pour des raisons esthétiques, d'avoir à sa disposition un agent anticariogène au moins aussi actif et efficace, mais qui ne pigmente pas l'émail carié. En outre, les possibilités d'utilisation de certains des agents anticariogènes de la technique antérieure ont été limitées par leur degré de solubilité dans des milieux aqueux. Par exemple, le fluorure de sodium (NaF) n'est soluble que jusqu'd concurrence de 4% dans l'eau. La solubilité peut, bien entendu, limiter la quantité d'ions anticariogènes fournis par un agent et qui sont disponibles pour réagir avec la surface dentaire. La relative insolubilité de certains des agents anticariogènes de la technique antérieure limite leur valeur en vue de leur utilisation dans des compositions du type des pâtes prophylactiques étant donné que le volume d'eau est substantiellement limité dans de telles pâtes. Enfin, il apparatt que certains des agents anticariogènes de la technique antérieure sont relativement instables en solutions aqueuses. Par exemple, les ions stanneux sont sujets à l'oxydation et à l'hydrolyse et, pour cette raison, des compositions contenant des ions stanneux doivent ordinairement être fraichement préparées ou doivent être utilisées conjointement avec des anions complexants afin de développer leur effet anticariogène optimal. L'efficacité anticariogène des agents de la technique antérieure s'est donc trouvée limitée du fait des problèmes susmentionnés. En outre, les possibilités d'utilisation de ces agents a été quelque peu limitée par leur relative toxicité. Le pourcentage de tels agents contenu dans des compositions orales doit tre soigneusement maintenu à une valeur relativement basse afin d'eap8cher que ces agents développent dans le corps une toxicité chronique . Il est donc impossible obtenir, par l'utilisation de ces agents, une efficacité anticariogène maximumo Un but essentiel de la présente invention est donc de réaliser des compositions orales, pour la prophylaxie de caries dentaires, comprenant un agent anticariogène possédant une haute efficacité anticariogène. Un autre but de la présente invention est de réaliser un agent anticariogène du genre décrit et qui manifeste une stabilité ionique substantielle. Un autre but de la présente invention est de réaliser un agent anticariogène du genre décrit et qui soit substantiellement dépourvu de toxicité à l'égard d'êtres humains. Encore un autre but de la présente invention est de réaliser un agent anticariogène du genre décrit qui ne pigmente pas les tissus oraux durs ou n'en altère pas la coloration pendant ou après usage. Encore un autre but de la présente invention est de réaliser un agent anticariogène du genre décrit qui puisse être utilisé à des concentrations relativement élevées par comparaison avec des composés anticariogènes connus contenant des fluorures. Conformément à la présente invention, on a découvert qu' il est possible d'obtenir des compositions orales nouvelles et plus efficaces pour la prophylaxie de caries en utilisant, comme agent anticariogène, un nouveau composé : le fluorogermanate d'indium, In2(GeF6)3. De telles compositions orales (pouvant-se présenter sous la forme de dentifrices, pâtes prophylactiques, solutions topiques, collutoires et analogues) comprend en poids d'environ 0,01 à 50% dudit fluorogermanate d'indium. Les buts sus-mentionnés ainsi que d'autres buts, avantages et particularités de la présente-invention ressortiront à la lecture du complément de description qui suit, et qui concerne différents modes de réalisation de ladite invention choisis à titre d'exemples non limitatifs, ci-après décrits en détail. Le fluorogermanate d'indium, In2(GeF6)3, est une fine poudre cristalline blanche. Cette substance est thermiquement stable jusqu'à 170-C, température à laquelle intervient une modification encore non-identifiée. La deuxième matière est stable jusqu'à 600'C, température à laquelle se produit une deuxième màdification. A aucun moment au cours du chauffage il n'apparait des oxydes identifiables, bien qu'il soit assez raison nable de conclure que ce sont les produits finalement formés0 On peut convenablement préparer le fluorogermanate d'indium par des opérations de co-précipitation ou de fusion. Pour préparer ce composé par co-précipitation, on dissout compléte- ment, au total, 11,92 g de fluorogermanate d'ammonium (NH4)2GeF6, dans 20 ml d'eau redistillée.Dans un récipient séparé, on dissout 8,14 g de chlorure d'indium, InCl3, dans 20 ml d'eau redistillée. Lorsqu'on mélange les deux solutions, il intervient une réaction faiblement exothermique. On obtient le produit, 1n2(GeF6)3, par évaporation. On chauffe le produit à 85"C pour volatiliser le NH4C1 formés In2(GeF6)3 est ainsi formé avec un rendement d'environ 90%. L'équation chimique de la réaction de co-précipitation est la suivante 3(NH42GeF6 + 2InCl3 ; 1n2(GeF6)3 + 6NH4Cl Pour préparer du fluorogermanate d'indium par une opération de fusion, on mélange 5,96 g de (NH4)2GeF6 et 4,07 g de InCl3 dans un creuset en platine.On chauffe le mélange sur une flamme nue jusqu'à ce que l'on obtienne une masse en fusion (il s'échappe une fumée blanche pendant le chauffage final). On dissout le produit dans de l'eau bouillante, puis on filtre la solution et on l'évapore dans une étuve à 85.C pour volatiliser le NH4Cl. La réaction de fusion s'effectue selon la même équation chimique, donnée ci-dessus, que pour l'opération de coprécipitation. Des analyses chimiques théoriques et réelles de ce produit correspondent aux valeurs indiquées dans le Tableau lo Tableau I.- Analyses. Elément Pourcentaqe théorique Pourcentaqe réel In 29,09 29,08 - 29,19 Ge 27,59 27,59 - 26,94 F 43,32 43,33 - 43,87 Le fluorogermanate d'indium est relativement soluble dans l'eau à la température ambiante ordinaire. Un fluorogermanate d'indium fraichement préparé est soluble dans l'eau à la température ambiante ordinaire à des taux atteignant jusqu'à 33,1X en poids. Le pH de solutions aqueuses de fluorogermanate d'indium est indiqué dans le Tableau Il. Tableau-II Concentration (X) pH 5,0 2,80 10,0 2,90 15,0 2,95 20,0 3,00 25,0 3,05 30,0 3,10 35,0 (solution sursaturée) 3,10 On a caractérisé le fluorogermanate d'indium, In2(GeF6)3, par la technique classique de diffraction des rayons X (méthode dite des poudres, ou de Hull-Debye-Scherrer), afin de produire par photographie un spectre du diagramme de diffraction sur film avec des temps de pose de quatre heures dans une chambre de diffraction de rayons X normale (diamètre 114,6 mm), avec 14 kV et 18 mA sur un tube à anode de cuivre et filtre en nickel.Comme le savent fort bien tous les spécialistes, tous les composés chimiques cristallisés diffractent les rayons X en donnant un diagramme spécifique pour chaque composé, ce diagramme étant composé de lignes ou raies caractéristiques,à partir de l'espa- cement et de l'intensité relative desquelles il est possible d'identifier le composé.A des fins de comparaison, on obtient des valeurs-correspondantes pour (NH4)GeF6, InCl3 et NH4Cl. Le spectre pour In2(GeF6)3 est typique et permet de distinguer ce composé des autres composés examinés On peut appliquer le composé en question sur les dents sous forme d'une solution aqueuse simple (comme dans un traitement topique) ou sous forme d'un collutoire (solution pour lavage de bouche) aqueux ; toutefois, il convient bien aussi en applications sous forme d'autres compositions orales (pour la prophylaxie des caries) contenant au moins un adjuvant ioniquement compatible. En général, des compositions orales produites conformément à la présente invention contiennent en poids d'environ 0,01 à 50% de fluorogermanate indium. Des compositions orales établies en vue d'une utilisation relativement fréquente, telles que des dentifrices et les collutoires, contiennent de plus faibles proportions de fluorogermanate d'indium que des compositions appliquées moins fréquemment (telles par exemple que des pâtes prophylactiques et des solutions topiques).Ainsi, des dentifrices contiennent de préférence, en poids, depuis environ 0,1% jusqu'à environ 1,oS de fluorogermanate d'indium, tandis que des pâtes prophylactiques en contiennent de préférence,en poids, environ de 10 à 30%, et des solutions topiques en contiennent de préférence environ de 5 à 40%, toujours en poids0 Dans des dentifrices faisant l'objet de la présente invention, la substance nettoyante et polissante peut représenter, en poids, environ de 20 à 95% de la composition totale.Des pâtés dentifrices contiennent de préférence, en poids, de 20 à 60% d'agent nettoyant et polissant, tandis que des poudres dentifrices en contiennent de 60 à 95%. Comme exemples non limitatifs d'agents nettoyants et polissants utilisables dans un dentifrice, on peut citer : pyrophosphate de calcium, Ca2P207 ; dihydrate d'hydrogénophosphate de calcium, NaHP04.2H20 ; hydrogénophospha- te de calcium anhydre, CaHP04 ; métaphosphate de sodium insoluble, (NaP03)x ; carbonate de calcium, CaC03 ; des résines mélamine-formaldéhyde (brevet E.U.A. nO 3.070.510) ; et de préférence du silicate de zirconium et des mélanges de silicate de zirconium avec d'autres agents nettoyants et polissants, ainsi qu'on l'a décrit dans la demande de brevet France nO 69 09675 déposée ce jour au même nom pour "Perfectionnements aux compositions dentifrices nettoyantes et polissantes et aux procédés pour leur préparation et leur utilisation" (correspondant à la demande de brevet E.U.A. nO 673.283 au nom de la demande resse, déposée le 620,67), On peut aussi utiliser des mélanges d'au moins deux de ces agents nettoyants et polissants. il faut incorporer,à des pâtis dentifrices,une substance liante afin de leur conférer des propriétés de texture adéquates. On peut utiliser à cette fin des liants du type gommes naturelles telles que gomme adragante, gomme karaya (ou de Bassorah), gomme arabique, etc., et des substances tirées des algues telles que la mousse d'irlande et des alginates, et des- dérivés cellulosiques solubles dans l'eau tels qu'hydroxyéthyl-cellulose et dérivé de sodium de la carboxyméthyl-cellulose. il convient d'utiliser celles de ces substances qui sont les plus compatibles avec l'ion fluorure0 On accorde plus spécialement la préférence à des liants qui ne comportent pas de groupes ioniques, liants tels que l'hydroxyéthyl-cellulose. On peut aussi obtenir des améliorations de texture en incorporant une substance additionnelle telle qu'un silicate colloldal de magnésium et aluminium. On peut utiliser des agents épaississants en proportion comprise entre 0,5 et 5,0% en poids pour former une pâte dentifrice satisfaisante. il est classique d'incorporer à des pâtes dentifrices des agents moussants du type savon ou analogues. Parmi de tels agents moussants,-on peut citer, sans que cette énumération soit limitative : des alcoyl-sulfates solubles dans l'eau et comportant de 8 à 18 atomes de carbone dans le radical alcoyle, et tels que le lauryl-sulfate de sodium ; des sels, solubles dans l'eau, de monoglycérides sulfonés d'acides gras comportant de 10 à 18 atomes de carbone dans le radical alcoyle, tels que le monoglycéride-sulfonate de sodium dérivant des acides gras de la noix de coco ; des sels d'acides gras-amides de taurines tels que le sel de sodium du N-méthyl-palmitoyl-tauride ; et des sels d'esters gras de l'acide iséthionique. Des agents moussants sont utilisables dans les compositions selon la présente invention en une proportion comprise entre environ 0,5% et environ 5,0% du poids de la composition totale. il est désirable aussi d'incorporer, à une pâte dentifrice, une proportion adéquate d'un agent humectant empêchant cette pâte de durcir. Parmi des substances communément utilisées à cette fin, on peut citer la glycérine, le sorbitol, et d'autres alcools polyhydriques. Les humectants peuvent représenter jusqu'à 35% de la composition dentifrice sous forme de pâte. On peut aussi incorporer, à une pâte dentifrice, des substances aromatisantes (faibles proportions d'essences de Wintergreen et de menthe poivrée), et des agents édulcorants tels que saccharine, dextrose, lévulose. On donne ci-après un exemple, bien entendu non-limitatif, d'une composition dentifrice établie conformément à la présente invention. Exemple I. Constituant pour cent en poids fluorogermanate d 'indium 0,20 silicate de zirconium 40,00 sorbitol 20,00 glycérine 10,00 sel de sodium de la carboxyméthyl-cellulose 1,08 acides de noix de coco-monoglycéridesulfonate de sodium 0,81 lauryl-sulfate de sodium 0,70 aromatisant et ingrédients mineurs 1,84 eau distillée le reste Des compositions pour pâtes prophylactiques contenant du fluorogermanate d'indium constituent un autre mode de réaliser tion préféré de la présente invention.De telles pâtes prophylactiques contiennent les composants habituels, y compris un abrasif compatible tel que de la ponce de lave ou plus spécialement du silicate de zirconium à raison d'environ -30 à 80% en poids pour former une pâte prophylactique utilisable par des dentistes ou des hygiénistes spécialisés pour des opérations pé- riodiques de nettoyage et de polissage des dents. Des pâtes prophylactiques au silicate de zirconium préférées sont décrites dans le brevet E.U.A. n- 3,257.2:82 délivré à la demanderesse le 26 juin 1966. L'exemple suivant illustre xlws pa^te prophylactique selon la présente invention. Exemple II.- Constituant pour cent en poids fluorogermanate d'indium 20 silicate de zirconium 55 liquides (eau, liants, ingrédients mineurs) 25 Des collutoires aqueux contenant du fluorogermanate d'indium constituent un autre mode de réalisation préféré de la présente invention. L'exemple suivant illustre-la formule d'une composition de ce type. Exemple III. Constituant pour cent en poids fluorogermanate d 'indium 0,07 éthanol (aqueux à 50) 86,43 aromatisant S,O lauryl-sulfate de sodium 7,5 acide acétique 1,0 On peut démontrer l'efficacité anticariogène du fluorogermanate d'indium par une expérience portant sur des caries dentaires sur des rats (animaux d'expérience normalement utilisés pour des études anticariogéniques). L'effet de diverses compositions dentifrices se traduisant par une diminution de la solubilité de l'émail dentaire dans un acide indique à coup sûr le caractère anticariogène. On peut déterminer les caractéristiques de solubilité de l'émail exercée par des compositions dentifrices ou analogues par mise en oeuvre d'un certain nombre d'épreuves bien connues des spécialistes.L'essai particulier décrit ci-après, servant à mesurer la diminution de solubilité de l'émail, consiste essentiellement à comparer la solubilité d'une dent donnée dans un acide avant et après un traitement par la composition donnée à essayer. Cette comparaison est exprimée en "DSE", c'est-à-dire en diminution de la solubilité de l'émail. Pour déterminer la DSE in vivo sur des rats, le mode opératoire normalisé mis en oeuvre en un jour est décrit ci-après. Les dents d'un groupe de rats d'essais convenablement sélectionnés sont brossées trois fois au cours d'une période de quatre heures en utilisant diverses compositions dentifrices dont certaines contiennent divers fluorures et dont les autres'en contiennent pas. Une heure après le dernier brossage, on-sacrifie les animaux par inhalation de chloroforme. On prélève chaque hémimâchoire mandibulaire, puis sur chacune de ces pièces anatomiques, on décalcifie les couronnes cliniques dans un tampon à l'acétate de sodium 0,2 N (pH 4,0) pendant vingt minutes. On analyse ensuite les solutions de décalcification pour y doser le phosphore par une méthode colorimétrique (selon Fisk et Subbarow : nThe Colorimetric Determination of Phosphorous" - "le dosage colorimétrique du phosphore" - Je Biol. Chem., 66, 375, 1925). On compare la libération de phosphore, à partir des dents brossées avec diverses compositions dentifrices, avec celle observée avec une composition-témoin ne contenant pas de fluorure, et on note les résultats d'une telle comparaison sous forme de pourcentage de diminution de la solubilité de l'émail (c'est-à-dire DSE). En mettant en oeuvre le mode opératoire d'essai normalisé décrit ci-dessus, on détermine sur des rats l'effet de plusieurs dentifrices contenant des constituants des types fluorure et phosphate. On divise en un certain nombre de groupes un nombre convenable de rats d'expérience. On prépare spécialement des dentifrices en utilisant divers ingrédients des types abrasif, fluorure et phosphate. Les composés abrasifs utilisés dans ces dentifrices spécialement préparés sont une association 1:3 ZrSiO4- talc, Ca2P207, et un talc contenant une minime proportion de trémolite comme impureté. Le fluorogermanate d'indium,1n2(GeF6)3, est le composé du type fluorure utilisé dans ces dentifrices.On compare ces dentifrices à un dentifrice-témoin au pyrophosphate de calcium ne contenant pas de fluorure et à un dentifrice du commerce, contenant du pyrophosphate de calcium et du fluorure stanneux ; dans les différents dentifrices, le reste des ingrédients est essentiellement équivalent. La Tableau III groupe les données recueillies sur la DSE pour chaque dentifrice essayé. Ces données prouvent que le fluorogermanate d'indium possède une efficacité anticariogène substantielle par comparaison avec celle du dentifrice-témoin et avec celle du dentifrice du commerce contenant du pyrophosphate de calcium et du fluorure stanneux. Tableau III Constituants du dentifrice (% en poids) Données sur la DSE concentration diminution moyenne système abrasif fluorure de fluorure (%) Ca 2P207 Ca2P207 SnF2 0,4 22,0 Ca2P207 In2(GeF6)3 0,2 49,3 ZrSiO4: talc (mélange 1:3 en poids) In2(GeF6)3 0,2 45,4 Mg3Si4010(OH)2 * 1n2(GeF6)3 0,2 30,6 * contenant 18% de trémolite comme impureté. On procède encore à d'autres essais par mise en oeuvre du mode opératoire d'essai normalisé, portant sur une journée, décrit ci-dessus. Tous les dentifrices utilisés au cours de cet essai contiennent Ca2P207 comme constituant abrasif. On prépare spécialement des dentifrices contenant Ca2P207, du fluorogermanate d'indium,In2(GeF6)3, et du tiVictamide" (sel d'ammonium d'un produit de condensation dtammoniac, NH3, et de pentoxyde de phosphore, P401o, tel que décrit dans le brevet E.U.A. n 2.122.122 et commercialisé sous la marque déposée "Victamide" par la Stauffer Chemical Company). On compare ces dentifrices à un dentifrice-témoin ne contenant ni fluorure, ni "Victamide", et à un dentifrice du commerce contenant du pyrophosphate de calcium et du fluorure stanneux.Les résultats de ces essais sont indiqués dans le Tableau IV. Ces données prouvent que le fluorogermanate d'indium possède une efficacité anticariogène substantielle. Tableau IV Constituants du dentifrice DSE Système fluorure Concentra- pho sphate Concentra- diminuabrasif fluorure tion de phosphate tion de tion mo fluorure phosphate yènne ~~~~~~~~ ~~~~~~~ (%) ~~~~~~~~ t%) % Ca2P2O7 Snif, SnF2 0,41 Sn2P207 1,0 37,3 -d-- In2(GeF6)3 0,20 "Victamide" 10,0 55,4 -d-- 1n2(GeF6)3 0,20 tVictamide" 10,0 41,8 ~de~ In2iGeF6)3 0,20 "Victamide" 10,0 49,8 Le fluorogermanate d'indium ne possède pas seulement une grande activité anticariogène : il est avantageux aussi en rai- son de sa faible toxicité, et se compare de ce point de vue très favorablement avec d'autres fluorures anticariogènes comme le prouvent les résultats d'études expérimentales décrites ci-après. On a déterminé la toxicité du fluorogermanate d'indium sur des souris (animaux d'expérience normalement utilisés à cette fin). A chacune des souris d'un groupe de 191 animaux pesant chacun entre 15 et 25 g, on fait absorber (au moyen d'un tube stomacal) diverses quantités de fluorogermanate d'indium. Les résultats de cette étude sont indiqués dans le Tableau V ; ils prouvent que la DL50 ("dose léthale" provoquant la mort de 50% des animaux d'expérience qui la reçoivent) de fluorogermanate d'indium pour des souris est approximativement de 85 mg de fluorure par kilogramme de poids du corps. Par comparaison, la DL50 pour NaF est trouvée approximativement égale à 36 mg/kg. Les résultats prouvent donc que le fluorogermanate d'indium est comparable ou supérieur aux fluorures connus. Tableau V Concentration de Nombre initial Nombre d'animaux Mortali 1n2(GeF6)3 (en mg d'animaux morts en 24 té de F par kg de poids heures du corps) 25 3 0 0,0 50 3 0 0,0 60 10 0 0,0 70 10 1 10,0 75 13 3 23,1 80 23 2 8,7 85 10 5 50,0 90 41 30 73,2 109. 46 34 73,9 110 23 18 78,3 120 3 2 66,7 125 3 3 100,0 150 3 3 100,0 D'autres études effectuées sur des animaux révèlent encore que le fluorogermanate d'indium, lorsqu'il est topiquement appliqué, n'endommage pas le tissu gingival des animaux d'épreuve, lesquels sont de jeunes rats de 100 à 200 g ou de jeunes hamsters de 100 g, répartis en groupes d'une importance appropriée. On prépare des compositions d'essai contenant In2(GeF6)3 à des concentrations suffisantes pour fournir 1000 p.p.m. de fluorure soit sous forme d'une solution aqueuse, soit sous forme d'un dentifrice.On place doucement les solutions localement, au moyen d'applicateurs, dans le vestibule voisin des molaires pendant 30 secondes ; on applique les dentifrices soit à l'aide d'une brosse à dents, soit à'aide d'applicateurs en coton directement sur la surface mandibulaire des molaires pendant 30 secondes. On applique à intervalles prédéterminés ces traitements aux animaux d'expérience que l'on sacrifie ensuite, soit une heure, soit vingt-quatre heures après le traitement final. On prélève chirurgicalement le tissu oral (muqueuses et structures supports) et on le prépare de la manière normale en vue d'un examen histologique. Un tel examen ne révèle, dans le tissu gingival, aucune modification décelable. Bien que l'on ait décrit ci-dessus l'invention en se référant à certains de ses modes de réalisation choisis à titre d'exemples, il convient d'insister encore sur le fait que le spécialiste peut facilement imaginer et utiliser bien d'autres variantes, modifications et altérations tant en ce qui concerne les substances utilisées qu'en ce qui concerne leurs proportions et les modes de préparation des compositions, et ce sans s'écarter pour autant de l'esprit ni de la portée de ladite invention. R E V E N D I C A T I O N S 1. Fluorogermanate d'indium, correspondant à la formule In3(GeF6)3. 2. Composition,pour la prophylaxie des caries dentaires, caractérisée en ce qu'elle contient essentiellement du fluorogermanate d'indium et un véhicule adéquat. 3. Composition selon la revendication 2, caractérisée en ce que le fluorogermanate d'indium y est présent à raison d'une proportion en poids comprise entre environ 0,01 et 50%. 4. Composition selon la revendication 3, caractérisée en ce que le véhicule est constitué par une préparation dentifrice et en ce que le fluorogermanate d'indium y est présent à raison d'une proportion en poids comprise entre environ 0,1 et 1,0%. 5. Composition selon la revendication 4, caractérisée en ce que le dentifrice contient en poids de 20 à 70% d'agents nettoyants et polissants compatibles avec des fluorures0 6. Composition selon la revendication 3, caractérisée en ce que le véhicule est constitué par une pâte pour prophylaxie dentaire et en ce que le fluorogermanate d'indium y est présent à raison d'une proportion en poids comprise entre environ 5 et 30%. 7. Composition selon la revendication 6, caractérisée en ce que la pâte pour prophylaxie dentaire contient en poids environ de 30 à 80% d'agents nettoyants et polissants compatibles avec des fluorures. 8. Composition selon la revendication 2 ou 3, caractérisée en ce que le véhicule se prête à une application topique directe, sous une forme aqueuse,à des dents. 9. Procédé, pour la préparation du fluorogermanate d'indium selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il consiste essentiellement à faire réagir du chlorure d'indium avec du fluorogermanate d'ammonium. 10. Procédé selon la revendication 9, caractérisé en ce que l'on effectue la réaction par co-précipitation en présence d'eau. 11. Procédé selon la revendication 9, caractérisé en ce que l'on effectue la réaction par fusion de fluorogermanate d'ammonium et de chlorure d'indium. 12. Procédé selon l'une quelconque des revendications 9 à 11, caractérisé en ce que l'on fait réagir le fluorogermanate d'indium et le chlorure d'indium selon un rapport molaire de 3 à 2. 13. Procédé, pour la préparation d'une composition orale destinée à la prophylaxie de caries dentaires, caractérisé en ce que l'on incorpore, à une composition dentifrice ou analogue adéquate, une proportion anticariogène du fluorogermanate d'indium selon la revendication 1. 14. Procédé, pour réaliser la prophylaxie de caries dentaires, caractérisé en ce qu'il consiste essentiellement à appliquer, notamment aux tissus oraux durs, une composition selon l'une quelconque des revendications 2 à 8.