' L'invention se rapporte à une installation pour préparer, en vue de leur filature, des fibres libériennes et plus particu- lièrement, mais non exclusivement, du lin teillé jusqu'à en former un rubanayant déjà une certaine homogénéitéyqui pourra ensuite être repris avec d'autres pour être soumis à des opéra- tions d'étirage-doublage puis de filage proprement dit. On sait qu'en sortie de la teilleuse, o les pailles de lin roui ont subi un travail mécanique en vue de séparer l'écorce et le bois des fibres textiles, ces fibres de lin dites fibres techniques ne sont pas des fibres isolées mais des assemblages de fibres élémentaires enrobées de pectines d'o il résulte qu'avant de pouvoir en faire du fil, ces fibres doivent subir une préparation en trois phases: - Dans la première phase, il faut diviser le lin en poignées 1.5 A cet effet, dès la sortie de la teilleuse, le lin teillé est divisé à la main en poignées plus ou moins régulières, de deux cents grammes environ, puis, lors de leur reprise en vue du peignage évoqué ci-après, ces poignées sont de nouveau divisées manuellement en poignées plus petites et plus régu- Mères de cinquante ou de quatre vingt dix grammes environ. - Dans la seconde phase, il faut peigner ces petites poignées de lin teillé, afin d'en paralléliser les fibres techniques et de les diviser en éléments plus fins tout en les débarras- sant des déchets: A cet effet, sont utilisées des peigneuses qui, depuis leur invention par Philippe de Girard comprennent chacune deux ta- pis sans fin, garnis dgaiguilles, placés verticalement en regard l'un de l'autre de manière à ménager entre eux un espace libre, avec, pour leur entraînement, outre deux tambours de renvoi, deux tambours moteurs, animés de mouvements inverses de rotation continue. Les poignées de lin teillé sont pincées en leur milieu entre deux plaques métalliques constituant une presse. La presse ainsi garnie descend lentement entre les deux tapis mobiles gar- nis d'aiguilles, puis remonte. On procède ainsi à un premier peignage, qui se poursuit dans les mêmes conditions, la presse étant décalée d'une quantité égale à sa largeur pour venir tra- vailler en face d'aiguilles plus fines que les premières, et ainsi de proche en proche, ces m9mes opérations se reproduisant de dix à seize fois suivant le degré de peignage désiré. Naturel- lement, en marche normale, la peigneuse comprend autant de 2 2463826 presses qu'il y aura d'opérations de peignage successives. A la sortie de la machine, on n'a peigné que la moitié des poignées de lin engagées dans les presses. Aussi, doit-on disposer d'une seconde peigneuse identique pour peigner la seconde partie du lin, cela se faisant après avoir retourné automatiquement les presses à la sortie de la pre- mière peigneuse, pour les engager dans la seconde peigneuse. - Dans la troisième phase, il faut que, sur le tapis sans fin dc# une machine dite table d'étalage, une à une les poignées de fibres soient déposées parallèlement au sens d'avance du ta- pis dont la vitesse est réglée pour que les poignées se recou- vrent partiellement et forment une bande continue qui passera ensuite dans un premier élément d'étirage qui mélangera les fibres des différentes poignées pour réaliser un ruban qui aura déjà une certaine homogénéité. Cette homogénéité relative sera évidemment renforcée par les opérations ultérieures d'étirages doublages successifs avant fi- lature mais ces dernières opérations, sortant du cadre de la présente invention n'ont pas à être exposées plus largement En effet, les installations du type de celle objet de l'inven- tion starrêtent toujours après le stade de formation du ruban du fait que celui-ci est alors mis en pot; et entreposé en atten- dant d'être repris généralement, avec trois, cinq ou sept autres rubans pour être regroupé avec ceux-ci dans des opérations ulté- rieures d'étirage-doublage. Ces installations connues présentent de nombreux inconvénients - la division manuelle en grosses, puis en petites poignées est un travail pénible qui exige de la compétence et une grande dextérité l'alimentation manuelle de la peigneuse, la perte de temps pour le retournement des poignées et enfin la délicate re- prise des poignées de fibres peignées verticalement pour les étaler horizontalement font que cette peigneuse a un débit très faibles rarement supérieur à cent kilogrammes de lin teillé à l'heure, tout en étant complexe et formant à elle seule une partie très importante de l'installation. Un résultat que l'invention vise à obtenir est une installa- tion du type précité dans laquelle le peignage ne nécessite plus de retournement des poignées et peut donc s'opérer en continu. 4o Est également un résultat de l'invention une telle installa- tion dans laquelle le peignage s'opère pendant le déplacement des poignées dans un plan horizontal. Un autre résultat est accessoirement une telle installation qui, de manière entièrement automatique divise les fibres tech- niques en petites poignées très régulières, puis peigne ces poignées et enfin les étale et les étire pour réaliser un ruban. Pour cela, l'invention a pour objet une installation du type cité plus haut, composée d'au moins une peigneuse, notamment caractérisée en ce qul elle comprend, tout d'abord, un ensemble formé: - d'une part, de deux courroies dont les brins sont locale- ment appliqués l'un sur l'autre pour former une presse dans la- quelle les poignées de fibres sont engagées perpendiculairement à l'axe du déplacement des courroies qui les entraînent et - d'autre part, sensiblement dans le plan de la presse, d'au moins deux lits horizontaux répartis de part et d'autre de la presse et chacun garni de peignes se déplaçant de la presse jusqu'à l'extrémité des fibres et comprend ensuite, au moins un autre ensemble du type ci-des- |20 sus, mais dont l'axe de-la presse est décalé par rapport à ce- lui de la presse du premier ensemble. L'invention sera bien comprise à l'aide de la description ci- après faite, à titre d'exemple non limitatif, en regard du des- sin ci-annexé qui représente: - figure 1: le schéma bloc de l'installation - figure 2: en vue face à sa sortie, le dispositif diviseur en poignées figure 3: une coupe selon III III de la figure 2 - figure 4: le plan de peignage en vue de dessus - figure 5: une coupe selon V V de la figure 4. En se reportant figure 1, on voit que dans le processus opéra- tionnel, l'installation 1, objet de l'invention est placée à la suite de la teilleuse 2. En sortie de cette teilleuse 2, les fibres techniques peuvent emprunter deux voies. Dans l'une (3) de ces voies, les fibres sont directement en- voyées à l'installation, alors que dans l'autre voie 4 les fi- bres sont tout d'abord envoyées à un poste de conditionnement 5 en vue de leur stockage d'o elles ne seront reprises qu'après un temps plus ou moins long. Lors de cette reprise, les fibres sont conduites à l'instal- lation soit directement 6 soit, notamment à la suite d'une lon- gue période de stockage, par l'intermédiaire d'un poste 7 détas- sant les fibres techniques par exemple par un peignage plus ou moins grossier. Quelle que soit la voie empruntée par les fibres techniques issues de la teilleuse, à leur entrée dans l'installation 1, elles passent par un diviseur 8 formant des petites poignées de fibres puis dans une peigneuse 9 et sont enfin déposées sur une auto-étaleuse 10 avant de sortir de l'installation 1 sous la forme d'un ruban 11. En sortie de l'installation 1, le ruban 11 passe à un poste de condtionnement 12 d'o il ne sera repris qu'ensuite et avec d'autres rubans 13,14,15 pour 8tre regroupé en un seul ruban 16 1.5 par une étireuse-doubleuse 17. Le diviseur 8 formant des petites poignées de fibres comprend (figures 2 et 3) une trémie 18 qui présente une section cons- tante sur toute sa largeur qui est au moins légèrement supérieure à la longueur des fibres 19 qui y sont déposées transversalement que ce soit à la main ou à la machine. L'inclinaison que présente au moins l'une (20) des parois transversales 20,21 de la trémie 18 favorise le redressement des fibres et leur rangement horizontalement et ce perpendicu- lairement à l'axe longitudinal (flèche 22) du diviseur. Le rangement horizontal des fibres est encore accentué par le fait que la trémie présente un fond plat 23 dont le prolongement externe 24 réalise une table sur laquelle s'opère la division de la nappe 25 des fibres sortant de la trémie par l'orifice 26 prévu à cet effet à la base de la paroi transversale 21 de la trémie. Dans un mode préféré, une t8le 27 parallèle à la table 24 est raccordée à cette paroi transversale juste à la limite de l'ori- fice pour réaliser avec la table un passage 28 de hauteur constante et égale à celle de l'orifice 26. Par l'orifice 26, les fibres 19 sortent de la trémie 18 en cou- lissant sur le fond 23 de celle-ci puis sur la table 24 sous it action de tout moyen connu 29 pourvu de griffes ou d'un peigne dont les dents parviennent dans la trémie en traversant des - lumières longitudinales du fond de cette trémie. Le réglage de la pénétration desdents permet d'ajuster l'é- paisseur de la nappe 25 desfibres engagées dans le passage 28. En vue de la répétition de l'opération, après division de la nappe 25 par le dispositif ci-après décrit, un autre moyen connu 31 pourvu de griffes ou de dents de peigne 32 s'engage; dans 1' intervalle créé par le dispositif de division à l'intérieur de la nappe et chasse la petite poignée 33 de fibres détachées de la nappe. Les dents du peigne 32 pénètrent à cet effet dans le passage et se déplace vers sa sortie en coulissant dans des lu- mières longitudinales 34 de la table 24, voire même de la t8le 27 de couverture du passage. Selon une forme préférée de réalisation de l'invention, le dispositif diviseur proprement dit comprend un poinçon 35 qui, vu de profil (figure 3) a une forme de coin afin que, d'une part, sa crête 36 s'.isère aisément entre les fibres de la nappe 25 et qu'ensuite, d'autre part, par effet de coin au moins l'une de ses faces transversales 37,38, et de préférence celle, 38 tour- née vers la sortie provoque et accentue la division entre les fibres situées des deux cêtés de sa crête 36 et ce, non seule- ment sur la largeur "L" du poinçon 35 mais aussi dans les zones '#Z" immédiatement adjacentes aux faces latérales du poinçon. La nappe n'étant pas homogène, certaines des fibres qui la composent peuvent présenter un léger défaut de perpendicularité par rapport à l'axe longitudinal de la diviseuse. Afin que de ce fait le poinçon ne présente pas une ligne de crête pouvant quelquefois être sécante avec une fibre qui pour- rait alors être brisée, dans un mode préféré, en vue de face (figure 2) le poinçon 35 présente également une forme en coin et de ce fait son extrémité active 36 est pointue et s'insère aisé- ment entre les fibres. Pour accentuer la division ainsi obtenue dans la zone médiane des fibres, le poinçon 35 pénètre profondément et à cet effetpla t8le de couverture 27 et la table 24 présentent chacune pour son passage un orifice (39,40). Cela est évidemment insuffisant pour étendre cette division sur toute la largeur de la nappe. A cet effet, deux palettes 41,42 montées sur des moyens de commande en translation telles des cha nes 43,44, s'introduisent chacune dans l'espace ouvert sur le c8té du poinçon par l'action de celui-ci. Ensuite, en se déplaçant transversalement dans une direction opposée au poinçon, chacune des palettes 41,42, 6 2463826 sépare les fibres jusqu'à leur extrémité et termine donc la divi- sion entre le reste de la nappe et la poignée 33 qui vient d' être formée. Pendant cette opération, le reste de la nappe est maintenue par un talon 45 que présente le poinçon 35 sur sa face transver- sale tournée du c8té de l'entrée 37. Ce maintien du reste de la nappe est de préférence poursuivi pendant l'action des dents du second peigne 32 chassant la poi- gnée 33 vers la sortie du passage Jusqu'à l'engager perpendi- culairement entre les brins localement horizontaux et appliqués l'un sur l'autre de deux courroies plates 46,47 formant une presse mobile qui pince localement la poignée et la conduit au poste 9 de peignage. Les courroies plates 46,47 dont les brins précités forment ladite presse mobile font d'ailleurs partie de la peigneuse. Leur axe longitudinal 48 est parallèle à celui 49 de la pei- gneuse. Ces axes 48,49 peuvent être confondus mais de préférence ils sont décalés l'un de l'autre. Deux lits horizontaux 50/51 garnis de peignes 52 sont prévus de part et d'autre des courroies 46,47 afin que les poignées reposent sur eux. Les peignes 52 se déplacent pour que, de cha- que c8té et ce depuis un point proche de la presse, les poi- gnées soient travaillées jusqu'à leur extrémité libre. Pour maintenir les poignées perpendiculairement aux courroies, 2.5 tout en procédant à un peignage en continu et donc pendant que la presse 46/47 se déplace, l'axe 53 de déplacement des peignes 52 est incliné vers l'tavant par rapport à la perpendiculaire à la presse, afin que pendant le peignage en plus de son mouve- ment vers l'extrémité de la poignée, ce peigne se déplace vers la sortie de la peigneuse d'une- valeur égale à l'avance de la presse. L'inclinaison de cet axe 53 est donc déterminée en fonction de la vitesse de déplacement des courroies 46,47. Etant donné que la zone saisie par la presse et les portions, entre celle -ci et le point d'engagement des peignes,n'ont pas pu ôtre travaillées, avant dégagement des courroies 46,47, les poignées sont dans une zone déjà travaillée, reprises de même manière entre les brins horizontaux et appliqués l'un sur 1' autre de deux autres courroies plates 54,55 constituant une se- conde presse dont l'axe longitudinal 56 est suffisamment décalé 7 2463826 par rapport à celui (48) de la première presse pour libérer la zone non encore travaillée. Deux autres lits 57,58 garnis de peignae52 sont prévus de chaque c8té de la seconde presse et se déplacent chacun dans une direction parallèle à celle (53) des peignes des premiers lits 50,51. Dans un mode préféré, les peignes 52 se présentent sous la forme de barrettes portées chacune par une platine 59 associée en au moins deux points 60,61 à des courroies ou chaînes 62,63 passées sur des roues 64,65 commandant le déplacement selon la direction 53 précitée. Afin que, sur toute leur longueur, les barettes attaquent les poignées le plus près possible des presses, les platines sont parallèles auxdites presses. Pour leur commande, elles sont de ce fait associées aux courroies ou aux chalnès à l'aide de rotules 60,61. Au fur et à mesure de l'approche de la sortie, les peignes peuvent Atre de plus en plus fins pour assurer un peignage de plus en plus poussé. En sortie de la peigneuse 9, les poignées parviennent sur le tapis 66 de l'auto-étaleuse 10 dont l'axe (flèche 67) est per- pendiculaire à celui (49) de la peigneuse afin que les poignées y soient déposées longitudinalement. L'avance du tapis de l'auto-étaleuse se poursuivant pendant l'intervalle de temps qui sépare la sortie de la peigneuse de deux poignées successives, celles-ci se déposent en se superpo- sant mais avec un certain décalage. Ce décalage s'ajuste évidemment en réglant la vitesse du ta- pis 66 et ce en fonction du débit de la peigneuse. Après étalage de ce ruban, celui-ci subit encore un premier étirage à un banc 68 inclus dans l'auto-étaleuse 10 puis sort de l'installation 1. REVENDICATIONS 1. Installation destinée à préparer, en vue de leur filature des fibres libériennes teillées, laquelle installation de prépa- des fibres ratlon/est composee d'au moins une peigneuse, cette peigneuse étant c a r a c t é r i s é e en ce qulle comprend, tout d'a- bord, un ensemble formé: - d'une part, de deux courroies dont les brins sont locale- ment appliqués l'un sur l'autre pour former une presse dans la- quelle les poignées de fibres sont engagées perpendiculairement à l'axe du déplacement des courroies qui les entraînent et - d'autre part, sensiblement dans le plan de la presse, d'au moins deux lits horizontaux répartis de part et d'autre de la presse et chacun garni de peignes se déplaçant de la presse jusqu'à l'extrémité des fibres 1.5 et comprend ensuite, au moins un autre ensemble du type ci-dessus mais dont l'axe de la presse est décalé par rapport à celui de la presse du premier ensemble. 2. Installation selon la revendication 1, caractérisée en ce que les peignes se déplacent selon une direction inclinée vers la sortie de la peigneuse par rapport à la perpendiculaire à la presse. 3. Installation selon la revendication 1 ou 2 caractérisée en ce que les peignes sont portés par des platines parallèles à l'axe de la presse et associées par des rotules à des liens sans fin passés sur des roues de support et de commande. 4. Installation selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, destinée à préparer, en vue de leur filature des fibres libériennes teillées jusqu4à en former un ruban ayant déjà une homogénéité suffisante pour ensuite être repris avec d'autres en vue d'8tre soumis à des opérations communément dites d'éti- rage-doublage puis de filage proprement dit, laquelle installa- tion de préparation des fibres, outre la peigneuse, comprend au moins une table sur laquelle les fibres teillées sont divi- sées en petites poignées régulières qui sont amenées à ladite peigneuse qui en parallélise les fibres et les divise en élé- ments plus fins et enfin une auto-étaleuse qui reçoit une à une les poignées de fibres peignées qui se superposent partiellement et subissent un premier étirage pour former le ruban continu recherché, cette installation étant caractérisée en ce qulle comprend encore un dispositif automatique de division des fibres en poignées régulières et des moyens pour l'alimentation conti- nue de ladite peigneuse avec ces poignées de fibres à peigner et d'autre part, en aval de la peigneuse, des moyens pour déposer automatiquement ces poignées peignées sur l'auto-étaleuse.