La présente invention se rapporte à des dérivés du Monorden, à leur préparation et à leurs utilisations et en particulier à leurs utilisations thérapeutiques. Le Monorden est un composé connu, c est la lu-lactone de l'acide 5-chloro-6-(7,8-époxy-10-hydroxy-2-oxo-3,5-undécyldiényl)-ss- résorcylique. Le brevet des Etats-Unis d'Amérique nO 3.428.526 décrit la préparation du Monorden et indique que ce composé possède un fort effet inhibiteur sur la croissance des cellules tumorales dumastocytome p. 815 de la souris in vitro. La préparation du Monorden est également décrite par McCapra et col., Tetrahedron Letters, pages 869-875 (1964) et par Hirrington et coll., Tetrahedron Letters, pages 365-370 (1964). Ces derniers auteurs décrivent la conversion du Monorden en diméthoxy-monordenpar réaction avec le carbonate de potassium et l'iodure de méthyle. La présente invention concerne de nouveaux dérivés du Monorden qui se caractérisent en ce qu'ils répondent à la formule générale dans laquelle chacun des symboles R, identique ou différent, représente un groupe alkyle en C2-C8. En raison des procédés de synthèse utilisés, les groupes R sont en général identiques. I1 peut s'agir de groupes droits ou ramifiés qui contiennent de préférence chacun de 2 à 4 atomes de carbone. Comme exemples particuliers de composés selon l'invention, on citera le diéthoxymonorden, le dipropoxy-monorden, le diisopropoxy-monorden, le dibutoxy monorden, le diisobutoxy-monorden et le dioctyl-monorden. En dehors de son nom chimique qui, comme on l'a dit plus haut, est /u-lactone de l'acide 5-chloro-6-(7,8-époxy-10-hydroxy-2-oxo- 3,5-undécyldiényl)-p-résorcylique, le Monorden est également désigné dans la littérature technique sous le nom de Radicicol ou sous le nom de Rhi 12-648. Les composés selon l'invention peuvent donc etre désignés en tant que dérivés du Radicicol ou sous leurs noms scientifiques. La préparation du Monorden est décrite dans les publications mentionnées ci-dessus. En utilisant le Monorden comme produit de départ, on prépare les dérivés dialkoxylés selon l'invention par alkylation, de préférence selon la méthode de synthèse de Williamson. Dans ce procédé, on fait réagir le Monorden avec un halogénure d'alkyle répondant à la formule R-Hal en présence d'un agent neutralisant les acides. On peut également utiliser un mode opératoire analogue à celui décrit par Mirrington et col. pour la préparation du dérivé diméthoxylé. Plus précisément, les dérivés selon l'invention sont préparés par réaction du Monorden avec le carbonate de potassium et l'iodure d'alkyle approprié dans un solvant organique qui dissout les réactifs mais ne réagit pas avec eux. En général, le rapport molaire entre le Monorden et l'iodure d'alkyle va d'environ 1 à 1,5. Les solvants qui conviennent sont entre autres l'acétone et d'autres cétones, telles que l'heptanone, l'hexanone et la méthyléthylcétone. On n'utilise pas des solvants tels que des alcools ou des acides en raison des risques de réactivité. On peut également utiliser des éthers, par exemple l'éther éthylique et le dioxanne. La réaction est en général effectuée à une température d'environ 30 à 120"C et en une durée d'environ 2 à 10 h.On peut agir sur des facteurs tels que la durée, la température, la pression, les proportions relatives des réactifs, la nature du solvant et ses proportions, de manière à parvenir aux meilleurs rendements. On ne pense pas qu'unie de ces variables constitue un facteur critique en ce sens qu'il n'est pas nécessaire de respecter une valeur déterminée pour que la réaction se produise. D'une manière générale, les conditions de réaction se rapprochant de celles indiquées ci-dessus donnent satisfaction. Lorsqu'on utilise un iodure d'alkyle comme décrit ci-dessus, on peut suivre les progrès de la réaction par colorimétrie, si on le désire. Après la réaction, on isole le dérivé dialkoxylé du mélange de réaction par des techniques classiques. Ainsi, par exemple, on élimine le solvant tel que l'acétone par distillation et on reprend le résidu sec dans ur. solvant moins polaire tel que le chloroforme, ce qui permet d'éliminer le carbonate de potassium résiduel. On réduit le volume de la solution chloroformique de manière à pouvoir la manipuler facilement (par exemple à un volume de 1 ml pour 25 mg environ de produit) et on soumet cette solution à chromatographie sur un support approprié, par exemple la silice ou l'alumine. On peut éluer à l'aide de chloroforme ou de mélange chloroforme/hexane. On contrôle les éluats de manière à isoler la fraction donnant le rendement maximal en le dérivé dialkoxylé. On a constaté que les dérivés du Monorden préparés comme décrit ci-dessus inhibaient la croissance des cellules nasopharyngiennes cancéreuses humaines (cellules KB) in vitro.Or, il s'agit là d'un test admis pour reconnaître l'activité antitumeur; on pourra consulter par exemple Cancer Chem. Rpts., 25, 52 (1962). Les dérivés du Monorden présentent également une activité sur les cellules leucémiques lymphocytiques de la souris in vitro (P 388). Or, il s'agit là également d'un test admis pour reconnaître une activité antitumeur : cf. par exemple National Cancer Institute Protocol, Drug Screening Section. Les dérivés de Monorden selon l'invention sont également des nématocides. Les exemples qui suivent illustrent l'invention sans toutefois en limiter la portée; dans ces exemples, les indications de parties et de pourcentages s'entendent en poids, sauf mention contraire. EXEMPLE 1 DiFthoxy-monorden On dissout 200 mg, 0,0055 mole, de Monorden dans 8,3 ml d'acétone sèche (distillée sur carbonate de potassium). A ce mélange, on ajoute 0,7746 g, 0,0055 mole, de carbonate de potassium anhydre et 0,652 mi, 0,0082 mole, d'iodure d'éthyle. On porte le mélange au reflux au bain-marie à 56"C pendant 6 h. On pipette les fractions solubles dans l'acétone et on les sèche; on obtient 357,2 mg de produit. On extrait la matière sèche par le chloroforme, ce qui permet d'éliminer le carbonate de potassium. Les fractions solubles dans le chloroforme représentent 199,6 mg. On procède à des chromatographies sur couche mince de l'extrait dans un mélange chloroforme/methanol, 9:1, le méthanol et le chloroforme. On constate que la meilleure séparation est obtenue avec le chloroforme. On jette ensuite 3 199,6 mg de diéthoyx-monorden impur sur une colonne de 134 cm de gel de silice et on élue au chloroforme. Le diéthoxy-monorden est élué en composant principal; on le recristallise dans le méthanol; on obtient de fins cristaux en forme d'aiguilles jaune clair. Ces cristaux constitués de diéthoxy-monorden ont les propriétés caractéristiques rapportées dans le tableau ci-après. EXEMPLE 2 Di-n-propoxy-monorden On prépare ce composé par un mode opératoire analogie à celui décrit dans l'exemple 1 à partir de 200 mg de Monorden (0,0055 mole) dans 8,3 ml d'acétone sèche. On ajoute à ce mélange 774,6 mg, 0,0055 mole, de carbonate de potassium anhydre puis 0,796 ml, 0,0082 mole, de l-iodopropane. On porte le mélange au reflux à 60-70"C. On ajoute la quantité d'acétone nécessaire pour maintenir le mélange en solution. Au bout de 6 h, on prélève à la pipette les fractions solubles dans l'acétone et on les sèche sous vide à l'évaporateur rotat-f. Pour élimination du carbonate de potassium, on extrait les fractions solubles dans l'acétone sèche à l'aide de chloroforme.On sépare les fractions solubles dans le chloroforme sur une colonne de Porasil A (produit du commerce pour colonne chromatographie à ligand à haute pression) avec un mélange CHC13/hexane à parties égales. Les extraits dans le mélange solvant sont évaporés à sec et le résidu sec est recristallisé dans l'hexane. Le-produit obtenu a les propriétés indiquées dans le tableau ci-après. EXEMPLE 3 Diisopropoxy-monorden On dissout 200 mg, 0,0055 mole, de Monorden dans 8,3 ml d'acétone sèche (distillée sur carbonate de potassium) et on ajoute 0,7746 g, 0,0055 mole, de carbonate de potassium anhydre puis 0,815 ml, 0,0082 mole, de 2-iodopropane. On porte le mélange au reflux à 56"C pendant 6 h, puis on ajoute de l'acétone sèche en quantité suffisante pour maintenir le mélange en solution. On décante les fractions solubles dans l'acétone et on élimine le solvant sous vide. On extrait le résidu sec au chloroforme. On isole le diisopropoxy-monorden par cristallisation à l'aide du méthanol. Les caractéristiques physiques du diisopropoxy-monorden sont rapportées dans le tableau ct-après. EXEMPLE 4 Activité sur les cellules tumorales On utilise des cellules nasopharyngiennes tumorales humaines (également désignées sous le nom de cellules KB). En suivant le mode opératoire décrit dans Cancer Chem. Rpts. 25, 52 (1962), on cultive ces cellules 'et on les inocule avec des concentrations variées de diéthoxymonorden. On établit ainsi une DE50 de 3,1/ut pour ce composé. Avec le mode opératoire d'essai prescrit, des concentrations de 4/ug/ml ou moins conduisent à une activité significative sur les cellules tumorales. Les valeurs de DE50 pour le di-n-propoxy-monorden et le diisopropoxy-monorden sont respectivement de 3,1 et 3,9/ug. Le diméthoxy-monorden qui est un composé connu présente une valeur de DE50 de 1,9/ug. EXEMPLE 5 Activité nématocide On prépare des suspensions de diéthoxy-monorden (DEM) dans l'eau en dissolvant au départ 2 mg de DEM dans 200/ug de diméthylsulfoxyde (DNSO). On disperse ensuite rapidement cette solution dans 1,8 ml d'eau déminéralisée; on obtient ainsi une suspension de DEM microcristallin. On soumet cette suspension à des dilutions en série en triple exemplaire dans des tubes à essai normaux de 13 x 100 irna. Chaque tube contient 1 ml de la suspension diluée de DEM. Les concentrations de DEM observées en mg/ml sont respectivement de 0,0005, 0,0015, 0,0045, Q, 0135, 0,0405, 0,1100, 0,3300 et 1,0. Dans chaque tube, on place 1 ml d'eau contenant environ 20 nématodes en suspension et on mélange avec la suspension de DEM. Les nématodes ont été recueillis au préalable à partir d'un échantillon de terre par immersion de cette dernière dans l'eau et concentration des trématodes par filtration. Au bout de 16 h, on observe la viabilité des nématodes par examen microscopique. L'absence de mouvement est considérée comme un signe de mortalité.A titre d'échantillon témoin, on mélange 1 ml d'eau contenant environ 20 nématodes en suspension avec une solution aqueuse contenant 1001ug de DMSO, c'est-à-dire la concentration la plus forte en DMSO susceptible d'être trouvée dans les suspensions de DEM. Au bout de 16 h, la mortalité dans le témoin est d'environ 20%. En utilisant la technique décrite par Reed et Muench (Am. J. Hygiene 27 493-497, 1938), on détermine la concentration en DEM conduisant à une mortalité de 50% (c'est-à-dire la CL50) au bout de 16 h. Pour le DEM, la CL est de 0,2 mg/ml, ce qui 50 prouve que ce composé est un nématocide efficace. En opérant de la même manière, on trouve une CL50 de 0,8 mg/ml pour le diisopropoxy-monorden, ce qui indique également que le composé est un nématocide efficace. TABLEAU Diéthoxy- Dipropoxy- Diisopropoxy monorden monorden monorden Point de fusion 142-144"C 136-319"C 140-141"C Maximum W 280 nm 280 nm 280 nm Maxima du spectre IR 1750 1705 1705 (Nujol) 1690 1690 1688 1670 1662 1662 1610 1608 1605 1595 1593 1590 1460 1570 1568 1440 1468 1468 1425 1460 1460 1400 1425 1422 1388 1408 1403 1380 1380 1379 1355 1353 1368 1330 1332 1350 1305 1318 1330 1290 1300 1315 1280 1278 1297 1260 1260 1272 1250 1247 1258 1200 1230 1240 1180 1190 1277 1152 1145 1190 1140 1130 1140 1120 1115 1125 1112 1098 1110 1078 1070 1092 1032 1048 1068 950 1035 1042 930 1000 1030 870 985 1007 860 978 994 825 950 980 TABLEAU (suite) Diéthoxy- Dipropoxy- Diisopropoxy monorden monorden monorden Maxima du spectre IR 800 920 972 (Nujol) 740 903 962 720 860 943 830 912 820 900 745 890 720 856 825 818 740 715 R E V E N D I C A T I O N S 1. Dérivés dialkoxylés du Monorden, caractérisés en ce qu'ils répondent à la formule dans laquelle les deux symboles R, identiques ou différents, représentent chacun un groupe alkyle en C2-C8. 2. Composés selon la revendication 1, caractérisés en ce que les symboles R représentent des groupes identiques. 3. Composés selon la revendication 1 ou 2 caractérisés en ce que les groupes R sont en C -C 4. Composé selon la revendication 2, caractérisé en ce que les symboles R représentent des groupes éthyle. 5. Composé selon la revendication 2, caractérisé en ce que les symboles R représentent des groupes propyle. 6. Composé selon la revendication 2, caractérisé en ce que les symboles R représentent des groupes isopropyle. 7. Procédé de préparation des composés selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, ce procédé se caractérisant en ce que l'on soumet le Monorden à alkylation. 8. Procédé selon la revendication 8, caractérisé en ce que l'on fait réagir le Monorden avec un halogénure d'alkyle répondant à la formule R-Hal en présence d'un agent neutralisant les acides. 9. A titre de médicaments nouveaux, utiles notamment en raison leurs propriétés antitumeur, les composés selon l'une quelconque des revendications 1 à 6. 10. Compositions thérapeutiques contenant comme constituant actif un composé au moins selon l'une quelconque des revendications 1 à 6. 11. Formes d'administration des compositions selon la revendication 10. 12. Utilisation des composés selon l'une quelconque des revendications 1 à 6 en tant que nématocides.