I 2459476. L'invention se situe dans le domaine de l'inspection électromagnétique de produits métalliques, par courants de Foucault, pour détecter les défauts super- ficiels. Un certain nombre de méthodes électromagnétiques de sondage des défauts de surface sont déjà connues. Pour la plupart, elles sont basées sur une magnétisa- tion à saturation du produit, cette dernière provoquant une discontinuité du champ magnétique au droit des défauts ainsi que l'apparition de lignes de fuite. Les hétérogénéités du champ peuvent ensuite être matérialisées par saupoudrage de limaille de fer, qui s'accumule aux emplacements des défauts; cette méthode, désignée sous le terme de magnétoscopie, est assez fine, cependant elle ne donne pas de bons résultats sur les produits calaminés, ne fournit pas d'indication sur la profondeur des défauts et s'effectue de façon presque totalement manuelle, sur- tout dans la partie repérage des défauts qui est visuelle. La détection optique est basée sur le même principe, mais l'emploi d'une poudre magnétique colorée per- met l'observation du produit à l'aide d'une caméra de télévision et le repérage de défauts peut être automatisé. La méthode du flux de fuite consiste à mesurer le champ magnétique par utilisation de sondes de Hall, elle ne convient guère que pour les produits décalaminés, mais, pour ces derniers, elle est relativement quantitative et permet d'apprécier l'importance des défauts, elle est également facilement automatisable. Toutes ces techniques ont pour inconvénients principaux de ne s'appliquer, dans des conditions de sensibilité satisfaisantes, qu'aux pro- duits préalablement décalaminés et de nécessiter une magnétisation préalable puis une désaimantation du produit après sondage. Ces deux étapes consomment de l'éner- gie, en quantité variable selon le produit, mais toujours élevée, ce qui, notamment dans le cas de demi-produits, confère à ces méthodes un coût souvent prohibitif. Un autre type de technique, dont le procédé selon l'invention fait partie, est l'utilisation des courants de Foucault. En effet, l'impédance d'une bobine couplée électromagnétiquement avec le produit examiné varie avec un certain nom- bre de paramètres liés à ce dernier, tels que sa perméabilité magnétique (si l'on est en-dessous du point de Curie dans le cas de l'acier), sa résistivité, la présence de défauts et la distance bobine-produit. Ces méthodes présentent, par rapport à la détection de variations locales de champs magnétiques, à l'ex- ception de la méthode du flux de fuite, l'avantage de permettre une évaluation de l'importance des défauts. Cependant, elles possèdent généralement le même inconvénient majeur: la nécessité de magnétiser, puis de désaimanter les pro- duits afin d'éliminer les variations locales de perméabilité magnétique et, par conséquent, consomment autant d'énergie. Le but de la présente invention est précisément de fournir un procédé entiè- rement automatique permettant de détecter les défauts de surface et d'évaluer leur profondeur ou leur longueur, applicable à des produits non décalaminés avec 2 2459476 une sensibilité satisfaisante. A cet effet, l'invention a pour objet un procédé d'inspection par courants de Foucault d'un produit métallique couplé électromagnétiquement avec une plu- ralité de bobines d'induction, en mouvement relatif par rapport au produit, grou- pées par paires dans des ponts dont on détecte les signaux de déséquilibre, procédé selon lequel: - on effectue des échantillonnages des tensions de déséquilibre des ponts à des intervalles de temps prédéterminés, - on transforme ces tensions en signaux numériques, - on met en mémoire les valeurs obtenues, - on calcule la moyenne de ces valeurs pour obtenir la ligne de base, - on effectue la différence entre la ligne de base et chacune des valeurs numériques mises en mémoire, - on compare ces différences, ou leurs valeurs absolues, à deux seuils prédé- terminés, - on détermine, en fonction de la longueur du produit, des fenêtres, de ma- nière que la somme des largeurs des fenêtres soit sensiblement égale à la lon- gueur du produit, - on calcule, pour chaque fenêtre, la somme des valeurs absolues des diffé- rences entre la ligne de base et chacune des valeurs numériques mises en mémoire, - on compare chacune de ces sommes à un seuil prédéterminé. Selon une variante d'exécution du procédé suivant l'invention, applicable dans le cas de séries de produits de même nature, on utilise comme ligne de base la valeur obtenue pour le produit précédent. De préférence, les signaux fournis par les ponts de mesure sont démodulés en phase par projection sur un axe choisi à l'avance. Afin d'assurer une meilleure sensibilité, les fenêtres sont imbriquées et de largeur réglable. L'invention a également pour objet un dispositif de mise en oeuvre du procé- dé, constitué par une alimentation en courant alternatif, des bobines d'induction en nombre pair, groupées deux à deux dans des ponts, un premier échantillonneur bloqueur pour la démodulation synchrone, un second échantillonneur bloqueur asso- cié à un convertisseur analogique numérique pour constituer le système d'échan- tillonnage et un calculateur du type microprocesseur. L'invention s'applique de façon particulièrement avantageuse au sondage des billettes carrées ou rectangulaires. Comme on le comprend, le procédé selon l'invention est basé sur la détection et le traitement des signaux de déséquilibre d'un pont dont deux branches sont constituées par des bobines inductrices couplées électromagnétiquement avec le produit à inspecter, ces signaux étant fonction notamment de la présence de 3 2459476 défauts superficiels. En fait, même en l'absence de variation de paramètres in- fluant sur l'impédance des bobines, dans une zone saine du produit en particu- lier, les ponts sont rarement équilibrés et on peut mesurer en permanence une tension résiduelle variable au cours du temps. Ce phénomène est causé par des dérives électroniques, thermiques et des déréglages des appareils ainsi que par des variations de nuance et de température du produit ou des modifications de positionnement de la sonde. La présence, lors de l'inspection d'une zone saine, d'une tension résiduelle est extrêmement gênante lorsqu'on évalue des variations d'un paramètre par comparaison des signaux fournis par le pont à des seuils d'amplitude. En effet, ces seuils sont générés à partir du zéro électrique et donc fixes par rapport à ce dernier, alors que la ligne de base, correspondant à cette tension résiduelle, est essentiellement variable en fonction des conditions expérimentales et peut se placer n'importe o par rapport aux seuils. On risque par conséquent de ne pas voir certains défauts et on ne peut en évaluer le nombre. Une solution à ce problème consiste à asservir les seuils à la ligne de ba- se, mais cette méthode nécessite l'utilisation d'un système de filtrage complexe dans sa réalisation et d'utilisation difficile. De plus, certains défauts longs peuvent être confondus avec une variation de la ligne de base, si la tension qu'ils produisent dure assez longtemps, et ne sont par conséquent pas détectés. Une autre possibilité consiste à utiliser un rééquilibrage électronique permanent du pont, mais elle présente le même inconvénient: les défauts longs sont masqués, du moins partiellement. On pourrait, bien entendu, dans les deux cas, évaluer la longueur du défaut le plus long pouvant être rencontré et imposer un retard supérieur à cette valeur, mais alors la perte de sensibilité des deux méthodes devient trop importante. La solution objet de l'invention procède d'une démarche analogue: lier les seuils à la ligne de base, mais met en oeuvre un moyen différent: la détermina- tion effective de la ligne de base à partir des tensions des ponts mesurées par rapport au zéro électrique, par calcul de la moyenne des valeurs obtenues par échantillonnage. Ensuite, suivant l'application envisagée: produits différents les uns des autres ou série de produits de même type (même composition chimique, même perméabilité magnétique, même résistivité), on peut procéder de deux maniè- res: soit calculer pour chaque produit la ligne de base, soit utiliser pour un produit donné la valeur de la ligne de base obtenue pour le produit précédent. La première méthode est, bien entendu, plus exacte et plus précise, cependant, elle présente deux inconvénients: tous les calculs de comparaison par rapport aux seuils sont effectués après le passage du produit, leur obtention nécessite par conséquent un certain temps, d'autre part, il faut stocker toutes les va- leurs en mémoire et donc disposer d'une mémoire de grande capacité. Dans la se- conde variante, tous les calculs sont faits en temps réel, c'est-à-dire au fur 4 2459476 et à mesure que le produit défile sous la sonde, le temps d'attente après le passage du produit est par conséquent réduit et la capacité de mémoire nécessai- re moins grande. L'invention sera, de toutes façons, bien comprise au vu de la description qui va suivre, donnée en référence à la planche de dessin annexée sur laquelle la figure unique schématise un dispositif de mise en oeuvre du procédé selon l'invention. L'exemple choisi, donné à titre purement illustratif, concerne l'inspection à froid de billettes carrées. Ce sondage est effectué sans magnétisation préala- ble, grâce à la symétrie des billettes et au montage différentiel employé, ce qui entraîne une forte diminution de l'énergie consommée par rapport aux méthodes connues. Cependant, dans le cas de produits présentant de fortes variations de perméabilité magnétique, il serait peut-être nécessaire d'y recourir. La billette 1 est inspectée, sur chacune de ses faces, par quatre détec- teurs semblables, seule la sonde 2, disposée au-dessous de la face supérieure, a été représentée pour ne pas surcharger la figure. Ce détecteur est identique à celui décrit dans la demande de brevet français n0 77/39.415 à laquelle on pourra se reporter, pour plus de détails, si nécessaire. Il est constitué de paires de bobines plates aa', bb', cc', décalées longitudinalement et transversalement les unes par rapport aux autres, ici au nombre de quatre, logées dans un bloc de matière diélectrique rigide. Des moyens de roulement, comme des galets, ou de glissement, non représentés, sont prévus pour conférer à l'ensemble un mouvement relatif par rapport à la billette. Les bobines aa', bb', cc', sont groupées deux à deux dans des ponts 3, dont les deux autres branches sont constituées par des potentiomètres réglables, reliés à une alimentation 4 en courant alternatif, à la fréquence de 100 kHz dans l'exemple considéré. Les tensions fournies par les quatre ponts de chacune des faces de la bil- lette sont envoyées dans un premier échantillonneur bloqueur 5 précédé d'un étage d'amplification 6. L'échantillonneur bloqueur 5 effectue une démodulation synchrone du signal à 100 kHz, ce qui correspond à une projection du vecteur re- présentatif de la tension de déséquilibre sur un axe judicieusement choisi, que l'on peut déterminer expérimentalement à l'aide de quelques essais. Cette projec- tion permet d'éliminer l'effet des variations de distance entre les sondes-et la billette. Les signaux de déséquilibre démodulés sont envoyés dans un système d'échantillonnage et de conversion analogique numérique 16 entrées, constitué par un second échantillonneur bloqueur 7 associé à un convertisseur analogique numé- rique 8. L'échantillonneur bloqueur fournit, à intervalles choisis à l'avance, permettant d'obtenir une précision suffisante, une tension analogique que le con- vertisseur analogique numérique 8 transforme en signal numérique. En général, on considère, compte tenu de la vitesse de la billette, qu'il faut trois points 2459476 d'échantillonnage le long du diamètre d'une bobine. Le début et la fin de l'acqui- sition des données sont déclanchés par les passages respectifs de la tête et de l'extrémité de la billette devant un détecteur de présence du produit classique, par exemple de type inductif, non représenté. Les signaux numériques de sortie Xi du convertisseur analogique numérique 8 sont introduits dans un calculateur 9. Dans l'exemple considéré, le calcula- teur 9 utilisé est du type microprocesseur et a une capacité de mémoire de 64 Kmots de 16 bits, il permet d'effectuer le sondage avec calcul de la moyenne à postériori, mais il aurait été possible d'employer un calculateur de capacité de mémoire plus faible. Le microprocesseur 9 met en mémoire les valeurs Xi puis effectue le calcul de la moyenne de ces valeurs pour obtenir la ligne de base ou tension OFF. Il effectue ensuite toutes les différences Xi - OFF et en compare la valeur absolue à deux seuils positifs S1 et S2. Les différences supérieures à S1 en valeur absolue correspondent à la présence de défauts et l'emploi d'un second seuil S2 supérieur au premier, permet d'évaluer l'importan- ce de chacun de ces défauts. Pour les défauts longs, il est également intéressant de pouvoir apprécier la longueur. Pour cela, on détermine des fenêtres dont la largeur est choisie à l'avance et dont le nombre dépend de la longueur de la billette examinée. On peut soit utiliser des fenêtres adjacentes, dont la somme des largeurs est sen- siblement égale à la longueur de la billette, soit, pour obtenir une précision meilleure, des fenêtres imbriquées. Pour chacune des fenêtres, on effectue la somme des valeurs absolues des différences Xi - OFF et on la compare à un seuil S3. Les valeurs supérieures à S3 correspondent à la présence d'un défaut long dans la fenêtre considérée et le nombre de fenêtres sur lesquelles ce défaut ap- paraît permet d'en évaluer la longueur. Toutes ces opérations de calcul ne sont pas immédiates et l'on conçoit aisé- ment que, pour ne pas ralentir la cadence de l'installation o les billettes ar- rivent toutes les dix secondes environ, il est avantageux, dans le cas de sonda- ge de séries de billettes identiques, d'utiliser de la seconde à la dernière billette, la valeur de la ligne de base calculée pour la billette précédente. Les dérives dues à l'appareillage sont en effet suffisamment lentes pour être négligeables entre deux billettes successives. De plus, pour des billettes de 12 m par exemple, il faut pour assurer une bonne détection des défauts courts, échantillonner environ 5 000 points par voie, donc, au total 48 000 points. Compte tenu du nombre de données à stocker, il est alors nécessaire d'employer un calculateur à grande capacité de mémoire. En fin de sondage de la billette 1, le microprocesseur 9 a en mémoire le positionnement et le type des défauts (longs ou courts) ainsi que l'appréciation 6 2459476 de leur longueur ou de leur importance. Ces résultats peuvent être exploités de diverses manières, soit en prévoyant des dispositifs de marquage qui projettent des peintures de couleur différente suivant la classe de défaut, soit des dispo- sitifs de cartographie reliés à l'ordinateur, ce dernier peut même, en fonction de critères choisis à l'avance, effectuer directement le classement des billettes. L'invention ne saurait être limitée dans sa portée à l'exemple choisi, mais est d'application générale et permet de détecter les défauts longs et d'obtenir des résultats satisfaisants sur des produits calaminés. 7 2459476 REVENDICATIONS 1. Procédé d'inspection par courants de Foucault d'un produit métallique couplé électromagnétiquement avec une pluralité de bobines d'induction, en mou- vement relatif par rapport au produit, groupées par paires dans des ponts dont on détecte les signaux de déséquilibre, procédé caractérisé en ce que: - on effectue des échantillonnages des tensions de déséquilibre des ponts à des intervalles de temps prédéterminés, - on transforme ces tensions en signaux numériques, - on met en mémoire les valeurs obtenues, - on calcule la moyenne de ces valeurs pour obtenir la ligne de base, - on effectue la différence entre la ligne de base et chacune des valeurs numériques mises en mémoire, - on compare ces différences ou leurs valeurs absolues à deux seuils prédé- terminés, - on détermine, en fonction de la longueur du produit, des fenêtres de ma- nière que la somme des largeurs des fenêtres soit sensiblement égale à la lon- gueur du produit, - on calcule, pour chaque fenêtre, la somme des valeurs absolues des diffé- rences entre la ligne de base et chacune des valeurs absolues mises en mémoire, - on compare chacune de ces sommes à un seuil prédéterminé. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en en que, dans le cas de séries de produits de même nature, on retranche des valeurs numériques mises en mémoire la ligne de base obtenue pour le produit précédent et on effectue les comparaisons avec les trois seuils à partir des valeurs obtenues. 3. Procédé selon l'une des revendications I et 2, caractérisé en ce que l'on effectue une démodulation synchrone des tensions de déséquilibre des ponts par projection sur un axe choisi à l'avance, avant de procéder à l'échantillonnage. 4. Procédé selon l'une des revendications I à 3, caractérisé en ce que les fenêtres sont en nombre supérieur à celui nécessaire pour couvrir tout le produit et se recouvrent partiellement. 5. Procédé selon l'une des revendications I à 4, caractérisé en ce que les fenêtres sont de largeur réglable. 6. Dispositif d'inspection par courants de Foucault d'un produit métalli- que, comprenant des bobines d'induction en nombre pair, groupées deux à deux dans des ponts reliés à une alimentation en courant alternatif, dispositif ca- ractérisé en ce qu'il comprend en outre: - un échantillonneur bloqueur précédé d'un étage d'amplification, - un second échantillonneur bloqueur associé à un convertisseur analogique numérique pour constituer le système d'échantillonnage, - un calculateur. 8 2459476 7. Dispositif selon la revendication 6, caractérisé en ce que les bobines, décalées les unes par rapport aux autres, sont disposées à l'intérieur d'un bloc de matière diélectrique rigide constituant une sonde, muni de moyens pour assurer son déplacement relatif par rapport au produit. 8. Dispositif selon l'une des revendications 6 et 7, caractérisé en ce que le calculateur est du type microprocesseur. 9. Application du procédé selon les revendications 1 à 3 et du dispositif selon les revendications 6 à 8 au sondage à froid de billettes carrées ou rec- tangulaires. 10. Application selon la revendication 9, caractérisé en ce que les quatre faces de la billette sont inspectées simultanément à l'aide de sondes identiques.