Un procédé de conservation bien connu des produits périssables consiste à leur incorporer en faible quantité un agent inhibiteur tel qu'un bac téricide ou un fongicide. Pour certains produits, il suffit même d'imprégner le matériau de l'emballage d'un agent inhibiteur sans en mettre dans le produit périssable lui-même. Ainsi pour la conservation à l'état frais des produits laitiers, le brevet français 1.214.010 décrit l'intérêt qu'il y a à imprégner d'acide sorbique ou de divers sorbates, le papier paraffiné ou la colle au contact du produit. L'acide sorbique, ou le sorbate incorporé dans le matériau d'emballage dans la proportion de 5 à 15 %, suffit généralement à interdire la prolifération de microorganismes et l'apparition de moisissures. L'action protectrice de ces agents inhibiteurs est généralement due à leur migration lente et progressive dans le produit à partir de la paroi imprégnée. La quantité d'agent inhibiteur passant ainsi de la paroi dans le produit et par suite absorbée par le consommateur est minime sans être néanmoins absolument négligeable. Au cours des recherches pour fournir au consommateur des produits toujours de meilleure qualité et plus purs, il est apparu qu'une source de contamination importante provenait de l'atmosphàre au contact du produit, en particulier de l'air emprisonné dans le récipient lors de sa fermeture. Il s'est avéré que pour un certain nombre de produits périssables correctement traités et conditionnés dans des emballages aseptiques, il n'était pas nécessaire d'incorporer d'agent inhibiteur dans le produit, ou meme dans la paroi du récipient, pour prévenir l'altération du produit pendant une durée importante, si l'on parvenait à éliminer la contamination atmosphérique. Ceci a été particulierement vérifié pour un certain nombre de produits laitiers tels que les yaourts ou petits suisses. Mais, opérer un conditionnement dans une atmosphere vraiment asep tiqu-e, est pratiquement impossible et serait au moins extrêmement onéreux. Il est apparu alors d'une façon surprenante, qu'il pouvait suffire d'incorporer à l'avance un agent inhibiteur dans la colle thermo-fusible du type hotmelt utilisée pour assurer l'adhérence du couvercle sur le récipient. La durée de conservation du produit à l'état frais est fortement prolongée et ceci bien qu'au cours du conditionnement et des manutentions, la colle thermofusible, et donc l'agent inhibiteur incorporé, ne viennent jamais au contact du produit périssable lui-même, mais seulement de l'atmosphere confinée sous le couvercle au-dessus du produit. Dans la fabrication des yaourts et petits suisses, le récipient généralement en matière plastique, ou papier paraffiné, est fermé par un opercule mince adhérant au récipient par thermoscellage. L'agent inhibiteur à incorporer dans la colle thermo-fusible de l'opercule est alors de l'acide sorbique, ou mieux, un sorbate, tel que du sorbate de potassium ou de calcium. La proportion pondérale d'acide sorbique ou de sorbate incorporée dans la colle thermo-fusible est inférieure à 15 % et de préférence comprise entre 4 % et 6 %. La proportion optimale est déterminée par des essais en fonction du produit à conserver, de la colle utilisée, et de la durée de conservation souhaitée.L'opération de thermoscellage est réalisée en chauffant à plus de 1000C, généralement vers 1200C, le couvercle qui est le plus souvent un simple opercule en feuille mince d'aluminium enduite de colle. Cette opération doit se réaliser en chauffant le moins possible le corps du récipient et surtout le produit contenu. La colle thermo-fusible est ellemême portée à une température suffisante pour qu'une minime quantité d'acide sorbique ou de sorbate soit vaporisée et suffise à détruire les germes parasites se trouvant dans le faible volume d'air confiné entre la surface du produit et le couvercle. La quantité d'acide sorbique vaporisée est minime et l'on ne peut déceler à la surface du produit, que des quantités infimes d'acide sorbique de l'ordre de 1 à 2 ppm. En regle générale, avec les emballages actuellement utilisés, on obtient de bons résultats si la colle thermo-fusible est, elle-même, portée à une température minimale de 900 pendant au moins 1 seconde, et de préférence 2 à 5 secondes. Si'la température excede 900C, il faut évidemment réduire la durée de chauffage pour ne pas altérer le produit périssable. L'invention sera mieux comprise par l'examen de l'exemple décrit ci-apres et illustré par le dessin joint. Sur ce dessin, on voit une chaîne (1) transportant des pots (2) de 0,15 1 environ, et de 56 mm de diamètre à la partie supérieure. Ces pots en carton paraffiné contenant du yaourt, sont fermés par des opercules (3) en feuille d'aluminium. La chaîne transporteuse (1) se déplace dans le sens de la fleche (D) en traversant un petit tunnel (4) de longueur 70 cm. Au centre de ce tunnel débouchent deux tuyauteries (5) reliant un ventilateur (6) au tunnel (4). Ces tuyauteries sont réglées pour déboucher à 5 mm au-dessus des opercules défilant dans le tunnel. Sur chacune des deux tuyauteries (5) se trouve une résistance électrique (7) de 3 kw.Lé ventilateur (6) aspire par l'orifice (8) environ 2000 1/min d'air ambiant qui, par passage sur les résistances (7), sont portés à plus de 250"C. L'air parvient sensiblement à la même température à la partie supérieure du tunnel (4) à 5 mm au-dessus des opercules. Il chauffe ces opercules (3) avant de s'échapper par les deux côtés du tunnel (4). Le fonctionnement de la chaîne de fabrication est le suivant les pots (2) sont d'abord remplis de 0,12 1 de lait ensemencés de ferment de yaourt et portés à 400C environ. Les opercules (3), préalablement enduits d'une couche de colle thermo-fusible sur leur face inférieure, sont posés sur les pots. La colle thermo-fusible contient elle-même 5 % de sorbate de potassium. Les pots (2) avec les opercules (3) simplement posés dessus, parviennent au tunnel (4) comme on le voit à gauche de la figure. Ils traversent le tunnel en 2 à 5 secondes selon le débit de la chaîne qui peut varier sans difficulté de 6000 à 12000 pots/heure. Pour 6000 pots/heure, on réduit le débit d'air ainsi que la puisance des résistances électriques (7), limitée alors à environ 3 kw au total. Les opercules (3) passent à environ 5 mm en-dessous de l'orifice de tuyauteries (5) dans le tunnel (4). Ils reçoivent directement le flux d'air chaud et sont portés à environ 1200C. La couche de colle thermo-fusible est portée à environ 900C, tandis que la paroi des pots ne dépasse pas 600 C, et le produit contenu 450C au maximum. La colle thermo-fusible dont est enduite la partie inférieure des opercules (3), passe à l'état pâteux vers 900C dans le tunnel, et fait adhérer les opercules de façon étanche sur les bords des pots (2). Bien que, à 90"C, sorbates et acide sorbique soient à l'état solide, leur tension de vapeur n'est pas négligeable. Il apparaît qu'une quantité suffisante est vaporisée pour inhiber les germes en suspension dans les 3 à 4 cl d'air emprisonnés sous la capsule. On doit remarquer d'ailleurs que l'acide sorbique est un acide faible, et qu'il est normalement déplacé de ses sels par des acides comme l'acide lactique. A la sortie du tunnel (4), les pots et surtout les opercules (3) en aluminium mince, se refroidissent rapidement. Grâce à cette incorporation de sorbate uniquement dans la colle thermo-fusible, la durée de conservation des yaourts à l'état frais est majorée de 25 Z. La durée de péremption autorisée par les organismes officiels passe de 18 à 25 jours, ceci sans addition d'agent de conservation dans le produit périssable, ni-même dans le matériau de l'emballage. On doit noter que ce procédé ne pollue aucunement le produit périssable lui-même, si bien que 1 1on n'a pu doser plus de 1 à 2 ppm d'acide sorbique à la surface du yaourt. La colle thermo-fusible utilisée, de la famille des "hot-melt", était constituez de copolymère d'éthylène et d'acétate de vinyle ; terpolymère d'éthymène, acétate de vinyle-acide organique ; résine du type styrénique ; compo sés parafiniques. Ce procédé de protection contre les moisissures et microorganismes est tout aussi bien utilisable avec des pots en verre au en autre matière plastique, telle que du polystyrène. Ceci évidemment à la condition que les parois du récipient ne soient pas porteuses de germes nuisibles. REVENDICATIONS 1. Procédé de protection de produits périssables contre les moisissures et microorganismes, caractérisé par le fait que l'on incorpore à l'avance un agent inhibiteur dans une colle thermo-fusible (hot-melt) utili s?e pour assurer l'adhérence d'un couvercle sur un récipient, la colle et l'agent inhibiteur incorporé, se trouvant en contact avec l'atmosphère à la surface du produit, mais jamais au contact du produit périssable lui-même. 2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé par le fait que l'agent inhibiteur est de l'acide sorbique. 3. Procédé selon là revendication 1, caractérisé par le fait que l'agent inhibiteur est un sel de l'acide sorbique, de préférence le sorbate de potassium ou de calcium. 4. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1, 2 ou 3, caractérisé par le fait -que la proportion,pondérale d'agent inhibiteur incorporée dans la colle thermo-fusible est inférieure à 15 %. 5. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1, 2, 3 ou 4, caractérisé par le fait que la proportion d'agent inhibiteur incorporée dans la colle thermo-fusible est de préférence comprise entre 4 et 6 Z. 6. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1, 2, 3, 4 ou 5, caractérisé par le fait qu'au cours de l'opération de fermeture du récipient, la colle thermo-fusible elle-même, est portée àune température supérieure à 900C pendant une durée supérieure à 1 seconde. 7. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1, 2, 3, 4 ou 5, caractérisé pa'r le fait que la colle thermo-fusible elle-même, est portée à une température de'l'ordre de 900C pendant une durée minimale de l'ordre de 2 secondes. 8. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1, 2, 3, 4, 5, 6 ou 7, caractérisé par le fait que le chauffage du couvercle se fait par-dessus, celui-ci étant porté à une température de l'ordre de 1200C, la paroi du récipient restant à une température maximale de l'ordre de 600C, tandis que la température du produit périssable lui-même ne dépasse pas 450C. 9. Application du procédé selon l'une quelconque des revendications 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 ou 8, à des produits laitiers tels que les yaourts et petits suisses.